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Déclarations officielles de politique étrangère du 20 février 2017


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Nations unies/Conférence internationale «Protégeons les enfants de la guerre» - Irak/Lancement de l'offensive pour la reprise de la partie occidentale de Mossoul - Mali/Acte terroriste - Somalie/Attentat terroriste - République démocratique du Congo/Situation dans le Kasaï - Ukraine/Reconnaissance par la Russie des documents émanant des autorités de facto du Donbass (Paris, 20/02/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Nations unies - Conférence internationale «Protégeons les enfants de la guerre» (Paris, 21 février 2017)

À l'occasion de la conférence internationale «Protégeons les enfants de la guerre», organisée conjointement avec l'UNICEF, la France accueillera à Paris le 21 février 120 délégations représentant des États, des organisations internationales et la société civile. Cette conférence sera ouverte par le président de la République. Elle sera coprésidée par MM. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, et Anthony Lake, directeur exécutif de l'UNICEF. Y participera également Mme Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les enfants en temps de conflits armés.

Cette initiative s'inscrit dans la continuité de la conférence «Libérons les enfants de la guerre» qui s'était tenue à Paris en 2007. Elle avait conduit à l'adoption des «Principes et engagements de Paris», visant à protéger les enfants du recrutement par des forces ou des groupes armés. Ces principes et engagements ont reçu le soutien de 105 États. Dix ans après, la France entend amplifier la mobilisation internationale.

Les participants présenteront un état des lieux de la situation des enfants dans les conflits armés, rappelleront le cadre normatif existant afin d'en promouvoir la mise en oeuvre et identifieront les pistes de progrès possibles.

Cette conférence constitue une occasion de recenser les engagements volontaires des États à cet égard, notamment l'endossement des «principes et engagements de Paris» par de nouveaux pays.

2 - Irak - Lancement de l'offensive pour la reprise de la partie occidentale de Mossoul

La France salue l'annonce, le 19 février, par le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi de l'engagement des opérations en vue de la reconquête de la partie occidentale de Mossoul. Après la libération le mois dernier des quartiers orientaux de la ville grâce au courage et à l'efficacité des forces irakiennes, cette offensive doit permettre de libérer la ville de l'emprise de Daech et de poursuivre les progrès significatifs enregistrés depuis le début des opérations contre l'organisation terroriste en Irak.

Aux côtés de nos partenaires de la coalition internationale, la France continuera d'apporter tout son appui aux forces armées irakiennes dans la deuxième phase de l'opération de libération de Mossoul.

La France rappelle la vulnérabilité des populations civiles et insiste pour que leur protection soit assurée, conformément au droit international humanitaire. La France continue à soutenir l'action des agences humanitaires des Nations unies.

M. Jean-Marc Ayrault a eu l'occasion de rappeler à Munich lors d'un entretien bilatéral avec M. Haïder al-Abadi le soutien de la France à l'Irak dans la lutte contre le terrorisme et dans ses efforts pour oeuvrer à la réconciliation nationale, qui constitue la condition d'une paix durable dans ce pays.

3 - Mali - Acte terroriste (19 février 2017)

La France condamne l'attentat dont ont été victimes le 19 février les passagers d'un autocar dans la région de Gossi.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes et aux autorités maliennes. Nous souhaitons un prompt rétablissement aux blessés, dont une partie a été évacuée par la force Barkhane, en lien avec les forces armées maliennes.

Cette attaque illustre, plus que jamais, l'importance d'une mise en oeuvre complète des accords d'Alger.

4 - Somalie - Attentat terroriste (19 février 2017)

La France condamne l'attentat perpétré le 19 février dans un marché de Mogadiscio, qui a coûté la vie à de très nombreuses personnes.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes et aux autorités somaliennes.

La France salue l'action menée par les nouvelles autorités fédérales somaliennes pour restaurer la paix et la sécurité, avec l'appui de l'Union africaine. Avec nos partenaires, nous nous tenons aux côtés du président Mohamed Abdullahi Mohamed dans la lutte contre le terrorisme.

5 - République démocratique du Congo - Situation dans le Kasaï

La France exprime sa grave préoccupation après la diffusion sur internet d'une vidéo montrant des membres présumés des forces armées de la République démocratique du Congo se livrant à des exécutions extrajudiciaires contre la population civile, y compris des femmes et des enfants, dans la région du Kasaï.

Nous exhortons les autorités congolaises à faire au plus vite la lumière sur ces agissements inacceptables et à identifier les responsables, qui devront répondre de leurs actes.

La France condamne les violences meurtrières qui secouent la région du Kasaï depuis plusieurs mois. Elle appelle les autorités et les forces de sécurité congolaises à assumer leur responsabilité première de protection des populations civiles, dans le plein respect des droits de l'Homme.

6 - Ukraine - Reconnaissance par la Russie des documents émanant des autorités de facto du Donbass

La France a pris connaissance du décret du président de la Fédération de Russie sur la reconnaissance des documents officiels émis par les autorités de facto de certaines zones des régions de Donetsk et de Lougansk.

La France regrette cette décision qui n'est pas dans l'esprit des accords de Minsk.

Elle appelle les autorités russes à concentrer leurs efforts et à user de leur influence sur les responsables séparatistes afin que les accords de Minsk soient mis en oeuvre sans tarder. Il s'agit de la seule manière d'apporter une solution pacifique et durable à la crise à l'Est de l'Ukraine./.

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2. Décès de Xavier Beulin - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 19/02/2017)

C'est avec consternation et stupeur que le président de la République a appris le décès de Xavier Beulin.

Xavier Beulin était un agriculteur passionné, attaché aux valeurs du syndicalisme paysan. C'était aussi un chef d'entreprise particulièrement dynamique qui avait su construire, avec le groupe Avril, un champion français dont il était extrêmement fier des performances en matière d'emplois et d'exportations.

Il a contribué au développement de la filière oléagineuse, des biocarburants et de l'alimentation animale.

Toute sa vie, Xavier Beulin a travaillé inlassablement à construire des relations fortes au sein des industries agroalimentaires de notre pays.

Président de la FNSEA depuis 2010, il a été un partenaire exigeant qui s'est impliqué dans la négociation de la réforme de la PAC de 2013 et qui a su accompagner le monde agricole pour surmonter les crises majeures qui l'ont frappé ces dernières années.

Enfin, Xavier Beulin était convaincu du rôle majeur de la recherche et de l'innovation. Et il avait investi les organisations dont il avait la charge dans la préparation de la Conférence sur le climat qui a débouché sur les accords de Paris de décembre 2015.

C'est toute l'agriculture française qui est endeuillée par cette soudaine disparition. C'est aussi une perte majeure pour la France.

Le président de la République adresse à son épouse, Laurence, à sa famille et à ses proches ainsi qu'aux membres de la FNSEA, ses sincères condoléances./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Décès de Xavier Beulin - Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international (Paris, 19/02/2017)

J'apprends avec tristesse le décès de Xavier Beulin. Grande figure du syndicalisme agricole français, il aura, à la tête de la FNSEA, été un acteur majeur du dialogue social avec lequel j'ai eu l'occasion de m'entretenir à de nombreuses reprises.

Tout au long de sa vie, Xavier Belin avait manifesté son attachement à ce que l'agriculture continue à être un gisement de croissance pour notre pays.

J'adresse à sa famille et à ses proches mes plus sincères condoléances./.

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4. Ã‰tats-Unis - Union européenne - Russie - Entretien de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, avec l'hebdomadaire «Le Journal du Dimanche» (Paris, 19/02/2017)

Q - Après avoir rencontré pour la première fois le nouveau secrétaire d'État américain, y voyez-vous un peu plus clair sur l'agenda diplomatique de la présidence Trump?

R - C'est encore un peu trop tôt et j'avoue que Rex Tillerson, dans les entretiens que j'ai eus avec lui, est resté général et prudent. Il s'est davantage livré sur la question de la Syrie. Il a admis que la lutte contre Daech était prioritaire et qu'elle ne pourrait pas aboutir sans une négociation inclusive avec l'opposition syrienne et une transition politique. Je lui ai dit que, s'il tenait à vaincre Daech, ce ne serait pas par un accord avec la Russie sur le dos du peuple syrien et je crois que, sur ce point, j'ai été compris. Sur le Proche-Orient, en revanche, je suis inquiet. À la suite de Donald Trump, Rex Tillerson a laissé entendre que la «solution des deux États», Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix et en sécurité, n'était pas la seule, alors que chacun sait qu'il n'y en a pas d'autre. C'est très préoccupant.

Q - Est-ce que vous avez senti chez Rex Tillerson la même fibre «prorusse» qui semble animer l'équipe de Donald Trump depuis la campagne électorale et encore aujourd'hui ?

R - Non, je n'ai pas eu ce sentiment. C'est un homme qui, par ses fonctions d'ancien PDG d'Exxon, connaît bien la Russie, mais qui doit aujourd'hui l'appréhender en tant que secrétaire d'État. J'ai évoqué le dossier ukrainien en lui rappelant l'histoire de ce pays et le principe de l'intangibilité des frontières qui a été violé par l'annexion russe de la Crimée et l'intervention russe en Ukraine. Raison pour laquelle nous avons pris des sanctions, qui nous ont permis de négocier les accords de Minsk. J'ai senti qu'il comprenait cette approche et l'ai encouragé à regarder la Russie avec clairvoyance et sans naïveté. Il faut dialoguer avec la Russie, mais sans s'aligner sur elle.

Q - Les enquêtes qui se poursuivent aux États-Unis sur l'ingérence russe dans la campagne présidentielle ainsi que la démission du conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, expliquent-elles cette prudence chez vos interlocuteurs ?

R - Incontestablement. Il est probable que les responsables américains hésitent à prendre des positions qui seraient plus tard démenties par leur président. Mais certaines clarifications ont déjà été apportées. À Bruxelles, mercredi, le général Mattis, le nouveau ministre de la défense, a, par exemple, réaffirmé son soutien à l'Otan. Tout comme le vice-président, Mike Pence, samedi à Munich. Pour nous Européens, l'OTAN n'est pas une organisation «obsolète».

Q - Mettez-vous sur un même plan la déception ressentie par la France avec Barack Obama lors de son refus de bombarder le régime syrien en 2013 et les doutes actuels sur la fiabilité de l'allié américain ?

R - Ce n'est pas de même nature. Le recul du président Obama sur la Syrie n'a pas conduit l'Amérique à mettre en doute une conception multilatérale de la gestion des affaires du monde. Nous sommes confrontés à une incertitude beaucoup plus grande, à une forte imprévisibilité. Tous mes collègues partagent ce constat. Les enjeux complexes et importants, auxquels nous faisons face, se prêtent mal à des deals. De même, on ne règle aucune crise internationale en 140 caractères. Face aux périls, aux inégalités, au terrorisme, aux grands dangers du monde, si on ne prend pas ces problèmes à bras le corps collectivement, si c'est chacun pour soi, alors on laisse la voie libre aux extrémismes.

Q - Beaucoup ont l'impression que les Européens en sont restés au stade de la sidération qui a suivi l'élection de Donald Trump et qu'il n'y a pas d'unité parmi eux pour s'opposer à sa vision du monde...

R - C'est en train de changer et cette prise de conscience est largement due aux attaques répétées de Donald Trump contre l'Europe. Même Theresa May s'est sentie obligée de dire, que malgré le Brexit, l'intérêt des États-Unis était d'avoir pour partenaire une Europe forte. L'Europe reste une référence dans ce monde troublé et je fais le pari que la tentation de diviser les Européens pour mieux régner ne va pas fonctionner. Car les États-Unis n'ont absolument pas les moyens de compenser les avantages que l'Union européenne offre à ses membres.

Q - Vous croyez vraiment que Donald Trump et Vladimir Poutine veulent affaiblir l'Europe ?

R - Certaines attitudes ou déclarations peuvent le laisser penser. Il suffit de regarder pour quels candidats, à savoir Marine Le Pen ou François Fillon, la Russie exprime des préférences, dans la campagne électorale française, alors qu'Emmanuel Macron, qui développe un discours très européen, subit des cyberattaques. Cette forme d'ingérence dans la vie démocratique française est inacceptable et je la dénonce. La Russie est la première à rappeler que la non-ingérence dans les affaires intérieures est un principe cardinal de la vie internationale. Et je la comprends. Eh bien la France n'acceptera pas, les Français n'accepteront pas qu'on leur dicte leurs choix. Je le redis avec force, l'intérêt de la Russie, des États-Unis et du reste du monde, c'est d'avoir une Europe stable, qui fonctionne, assume ses responsabilités et joue tout son rôle en faveur de la paix, de la prospérité et du développement durable./.

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