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Déclarations officielles de politique étrangère du 23 octobre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - AlgĂ©rie/Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Abdelkader Messahel - Chine/DĂ©placement de M. Matthias Fekl Ă  Chengdu Ă  l'occasion de la foire internationale de la Chine de l'Ouest - Tourisme/RĂ©union du conseil de promotion du tourisme consacrĂ©e Ă  la gastronomie et Ă  l'oenologie - JĂ©rusalem - Zambie/50ème anniversaire de l'indĂ©pendance - AttractivitĂ© de la France/MobilitĂ© Ă©tudiante/«Nuit des Ă©tudiants du monde» 2014 - Colombie - Burkina Faso (Paris, 23/10/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Algérie - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Abdelkader Messahel, ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines (Paris, 24 octobre 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, recevra demain M. Abdelkader Messahel, ministre délégué algérien chargé des Affaires maghrébines et africaines, pour faire le point sur la situation au Sahel et la crise libyenne.

Comme l'a rappelé la présidence de la République à l'issue du conseil restreint de défense du 22 octobre, l'Algérie est en effet un partenaire régional important au Sahel. Nous saluons en particulier son rôle dans les négociations inter-maliennes et souhaitons que ces dernières permettent d'aboutir à une paix durable.

Nous nous concertons également étroitement sur la Libye. Nous apportons notre plein soutien à la médiation engagée par M. Bernardino León, qui doit parvenir rapidement, avec le concours de toutes les parties libyennes, à une stabilisation du pays.

2 - Chine - DĂ©placement de M. Matthias Fekl Ă  Chengdu Ă  l'occasion de la foire internationale de la Chine de l'Ouest (23-25 octobre 2014)

M. Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger, se rendra à Chengdu (Sichuan) pour participer à la 15ème foire internationale de la Chine de l'Ouest. Les présidents des régions Aquitaine (M. Alain Rousset), Rhône-Alpes (Jean-Jack Queyranne) et Midi-Pyrénées (Martin Malvy) participeront à ce déplacement, ainsi que M. Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre.

M. Matthias Fekl inaugurera le forum franco-chinois des petites et moyennes entreprises et rencontrera les représentants de notre communauté d'affaires en Chine.

Il rencontrera également nos compatriotes résidant dans la circonscription consulaire de Chengdu.

M. Matthias Fekl participera enfin au vernissage de l'exposition du sculpteur et peintre français Volti, organisée dans le cadre du cinquantième anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la République populaire de Chine.

3 - Tourisme - Réunion du conseil de promotion du tourisme consacrée à la gastronomie et à l'oenologie (Paris, 22 octobre 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international a réuni hier les membres du conseil de promotion du tourisme. Cette seconde réunion du conseil établi le 3 septembre, a permis d'examiner vingt propositions en faveur de la gastronomie et de l'oenologie françaises à l'horizon 2020. Présentées par Philippe Faure, président délégué du Conseil, et les rapporteurs Guy Savoy et Alain Ducasse, les mesures visent à mieux faire connaitre notre gastronomie et nos vins sur la scène internationale.

M. Laurent Fabius a annoncé un dispositif visant à accueillir des stagiaires étrangers dans les cuisines des chefs français, pour devenir des ambassadeurs de la gastronomie française à travers le monde.

À cette occasion, il a lancé avec les chefs partenaires l'opération «Good France» : 1.000 chefs serviront le 19 mars 2015 un «dîner à la française» sur les cinq continents.

Pour plus d'informations : http://int.rendezvousenfrance.com/fr/gout-france-good-france

4 - JĂ©rusalem (22 octobre 2014)

La France condamne l'acte criminel qui a provoqué la mort d'un enfant et causé plusieurs blessés le 22 octobre à Jérusalem. Elle présente ses condoléances à la famille de la victime et assure les blessés de sa solidarité.

Nous sommes préoccupés par l'exacerbation des tensions à Jérusalem.

La France appelle Ă  l'apaisement afin d'Ă©viter toute escalade.

5 - Zambie - 50ème anniversaire de l'indépendance (24 octobre 2014)

La France félicite les autorités et le peuple zambiens à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance, qui sera célébré demain.

Nous saluons à cette occasion l'engagement de la Zambie en faveur de la paix et du développement en Afrique.

La France forme le voeu que notre coopération bilatérale continue à se renforcer, dans l'esprit d'amitié qui préside aux relations entre nos deux pays.

6 - Attractivité de la France - Mobilité étudiante - «Nuit des étudiants du monde» 2014 (23 octobre 2014)

Une vingtaine de grandes villes universitaires françaises organisent ce soir, en partenariat avec les centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires et les établissements d'enseignement supérieur, la «Nuit des étudiants du monde» 2014, avec le soutien de l'association des villes universitaires de France et du réseau «Erasmus Student Network».

Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international, qui assure à l'étranger la promotion de l'enseignement supérieur français, se félicite que cette manifestation destinée à encourager l'installation des étudiants étrangers en France rassemble chaque année davantage de grandes villes.

L'accueil des étudiants et chercheurs constitue un enjeu majeur pour notre rayonnement universitaire et notre compétitivité. Avec 300.000 étudiants étrangers, la France est la troisième destination la plus attractive au monde.

Pour plus d'informations : www.nuitsdesetudiantsdumonde.org/nem

7 - Colombie

Q - Il est question que les négociations de paix entre les autorités colombiennes et la guérilla marxiste des FARC, qui se déroulent depuis près de deux ans à La Havane, soient transférées à Paris. Étudiez-vous cette hypothèse ou est-elle exclue ?

R - L'indication selon laquelle les négociations de paix entre les autorités colombiennes et les forces armées révolutionnaires de Colombie se dérouleraient à Paris est sans fondement.

La France réitère son plein soutien au processus de paix engagé entre le gouvernement de Colombie et les FARC depuis 2012 afin de régler le plus vieux conflit d'Amérique latine.

Nous restons convaincus que seule une solution négociée pourra constituer la base d'une paix durable en Colombie.

8 - Burkina Faso

Q - Quelle est la réaction de la France à l'annonce du processus de modification constitutionnelle au Burkina Faso ?

R - La France réitère son attachement au respect des principes définis par l'Union africaine sur les changements constitutionnels visant à permettre aux dirigeants de se maintenir au pouvoir. Le président de la République a écrit en ce sens au président Compaoré le 7 octobre.

La France a sur ce sujet un dialogue régulier avec ses partenaires africains, notamment l'Union africaine, et internationaux.

Le Burkina Faso est un partenaire important pour la France et joue un rôle essentiel dans la stabilité de la région et résolution des crises. Il est primordial qu'il envisage son propre avenir de manière consensuelle et apaisée./.

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2. Canada - Situation Ă  Ottawa - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique Ă  l'issue du conseil restreint de dĂ©fense (Paris, 22/10/2014)

Le président de la République a réuni le 22 octobre un conseil restreint de défense. (...).

Le président de la République s'est tenu informé tout au long de ce conseil de l'évolution de la situation à Ottawa. Il a exprimé la totale solidarité de la France à l'égard du Canada et tirera toutes les conclusions de ce qui vient de se produire./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Canada - Situation Ă  Ottawa - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international (Paris, 22/10/2014)

Nous avons été informés très vite de la situation à Ottawa et suivons cela minute par minute.

À notre connaissance, un ou plusieurs hommes ont pénétré dans l'enceinte du Parlement, l'un d'entre eux aurait été abattu. Les services de sécurité canadiens sont immédiatement intervenus.

Une consigne générale a été adressée à la population de rester à l'abri. L'ambassade de France à Ottawa est mobilisée pour garantir la sécurité de la communauté française et notamment des élèves du Lycée français.

Nous sommes en contact étroit avec les autorités canadiennes, que nous assurons de notre totale solidarité. Je m'entretiendrai dans la soirée avec mon collègue canadien./.

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4. Lutte contre le terrorisme - Irak - Syrie - Sahel - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique Ă  l'issue du conseil restreint de dĂ©fense (Paris, 22/10/2014)

Le président de la République a réuni le 22 octobre un conseil restreint de défense. (...)

En Irak, la France maintient son objectif d'affaiblissement des mouvements terroristes armés, afin d'assister les autorités dans le rétablissement de la souveraineté et de la sécurité dans l'ensemble du pays. Les missions et les frappes aériennes se poursuivent afin d'entraver la liberté d'action et de mouvement de Daech. L'Irak peut compter sur l'engagement de la France aussi longtemps que nécessaire et dans le cadre de la coalition internationale.

Le président de la République a salué l'entrée en fonction des nouveaux ministres de la Défense et de l'Intérieur ainsi que la prestation de serment des ministres kurdes. Les actions en faveur des différentes composantes du pays seront des éléments déterminants pour le succès de la lutte contre Daech.

En Syrie, la France se tient prête, aux côtés de ses partenaires, à mener des actions renforcées de formation et d'équipement.

Aujourd'hui, l'appui à la résistance des défenseurs de Kobané contre les attaques de Daech est une priorité. Le président de la République a pris note de la décision des autorités turques d'aider les combattants kurdes d'Irak à rejoindre la ville pour la défendre. Comme elle l'a fait en Irak, la France est prête à apporter aux forces kurdes un soutien dans leur lutte en Syrie.

Le président de la République a fait part de sa très vive préoccupation quant à la poursuite par l'armée de Bachar Al-Assad de bombardements massifs contre sa population en particulier dans la région d'Alep.

Le président de la République a maintenu les mesures de protection renforcées de notre territoire dans le cadre prévu par le plan Vigipirate qui font l'objet d'une évaluation constante au regard de l'évolution de la situation.

S'agissant de la zone sahélo-saharienne, le président de la République a tiré un bilan positif des opérations menées par les forces françaises depuis la mise en place du dispositif Barkhane. Néanmoins, les succès qui ont été remportés dans ce cadre ne doivent pas nous conduire à réduire notre vigilance.

Le président de la République a salué l'opportunité que constituent les discussions d'Alger pour la paix et la réconciliation au Mali.

Il a demandé aux forces françaises déployées au Sahel de poursuivre leur soutien aux forces des États de la région comme à la mission des Nations unies au Mali.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Ă‰pidĂ©mie Ebola - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec la chaĂ®ne «CBN TV» (Shanghai, 18/10/2014)

(...)

Q - Les menaces communes ne se limitent plus à la géopolitique locale mais s'étendent également au domaine de la santé. L'apparition du virus Ebola risque-t-elle de susciter la volonté de suspendre le développement de l'économie mondiale ?

R - La diffusion du virus Ebola est effectivement inquiétante et le monde entier devrait se mobiliser afin d'aider nos amis africains. La France soutient beaucoup la Guinée. Nous sommes conscients que la diffusion rapide du virus est en partie due au contexte mondialisé, tout comme le SRAS à l'époque. Pour y faire face, nous devons mener une coopération mondiale.

Q - Pensez-vous que la coopération mondiale est suffisante de nos jours ?

R - Je pense qu'elle est insuffisante. Certains pays s'investissent beaucoup tandis que d'autres ne s'estiment pas concernés. À l'ère de l'ouverture mondiale, l'orgueil national ne mène nulle part. La France apporte d'importants soins médicaux à la Guinée, qui découlent en partie de notre proximité historique. Nos chercheurs se sont installés sur le terrain et ont établi des hôpitaux et des centres de recherche dans la forêt en Guinée. La France ne cessera de soutenir la Guinée./.

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6. Ă‰pidĂ©mie Ebola - RĂ©ponse de Mme Annick Girardin, secrĂ©taire d'État chargĂ©e du DĂ©veloppement et de la Francophonie, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

La France est intervenue en Guinée en déployant des moyens matériels -notamment en termes de personnels - et financiers substantiels au cours des dernières semaines. Je me suis également rendue il y a un mois en Guinée, pour exprimer à ce pays la solidarité de la France.

Toutes les analyses faites sur le terrain indiquent, comme vous le disiez, que l'épidémie au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée va connaître un regain d'expansion. Une nouvelle mobilisation européenne est nécessaire ; elle a bel et bien lieu aujourd'hui. Laurent Fabius a pris l'initiative, lors du Conseil des Affaires étrangères du 20 octobre, de proposer un renforcement de l'action européenne.

(...)

Il était indispensable de nommer un coordinateur européen, afin de coordonner, au niveau national et international, les forces et les moyens européens qui ont été annoncés.

Les Nations unies, l'OMS et les ONG attendaient que l'on instaure un système d'évacuation sanitaire des volontaires internationaux qui oeuvrent aujourd'hui dans ces trois pays, car nous avons besoin d'eux. C'est maintenant chose faite ; cela permettra une plus grande mobilisation. Enfin, nous allons mener une analyse de l'ensemble des ressources dont nous avons besoin. Assurément, le défi est important et nous devons, tous ensemble, nous mobiliser pour le relever./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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7. Union europĂ©enne - Immigration - RĂ©ponse de M. Harlem DĂ©sir, secrĂ©taire d'État chargĂ© des Affaires europĂ©ennes, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, la situation que vous avez décrite est effectivement celle que nous connaissons. Votre question porte sur la nécessité de bâtir, aujourd'hui, une véritable politique d'immigration commune en Europe.

Elle doit porter à la fois sur le contrôle de nos frontières, sur la lutte contre les filières d'immigration clandestine ainsi que contre les réseaux, y compris dans les pays de provenance et de transit, mais aussi sur notre capacité à apporter la stabilité aux pays d'origine.

Je voudrais, en premier lieu, rappeler qu'une réforme de Schengen a été adoptée en juin 2013, permettant de renforcer certaines règles comme le mécanisme d'évaluation, ou encore de réintroduire, dans des circonstances exceptionnelles, des contrôles temporaires aux frontières intérieures.

Schengen nous permet, par la coopération, de mieux contrôler, ensemble, les entrées sur le territoire européen. Mais cela ne nous interdit pas, s'il y a des failles, de rétablir temporairement les frontières intérieures.

En second lieu, il nous appartient de nous assurer que ces règles sont effectivement appliquées par tous les États membres de l'espace Schengen.

Sur ce sujet, le gouvernement est à l'initiative. Bernard Cazeneuve, vous le savez, a, au nom de la France, et en lien avec les autres ministres de l'Intérieur européens, pris l'initiative de faire adopter un plan d'action global pour mieux gérer les flux migratoires.

Dans l'immédiat, il a été décidé lors du dernier conseil Justice et Affaires intérieures, qu'une opération FRONTEX renforcée, dénommée Triton, se substituera, dès le mois de novembre, à l'opération italienne Mare nostrum.

Il s'agira d'une opération de contrôle des frontières extérieures de l'Union, ce qui ne veut pas dire, d'ailleurs, qu'elle se déroulera sans appliquer le droit de la mer et sans sauver des naufragés, si cela devait advenir.

Aujourd'hui, un pays ne peut, seul, assurer la surveillance de ces frontières en Méditerranée.

Enfin, nous mettrons en oeuvre, intégralement et de façon cohérente, le régime européen commun d'asile, c'est-à-dire que l'arrivée des migrants sur le territoire européen doit être assurée et contrôlée./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Union europĂ©enne - Situation Ă©conomique - RĂ©ponse de M. Harlem DĂ©sir, secrĂ©taire d'État chargĂ© des Affaires europĂ©ennes, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Effectivement, Monsieur le Député, la situation économique dans la zone euro est la priorité numéro un, et elle sera au coeur des travaux du Conseil européen qui se réunit les 23 et 24 octobre prochains.

Le manque d'investissement est aujourd'hui tel, dans l'ensemble de l'Union européenne, que nous avons aujourd'hui du retard par rapport au niveau de l'investissement public et privé d'avant la crise de 2008. L'investissement public est en Europe, aujourd'hui, à un niveau inférieur, par exemple, à celui de l'investissement public aux États-Unis. Il représente moitié moins en proportion du PIB : 2 % du PIB en Europe; 4 % du PIB aux États-Unis, qui ne sont quand même pas un pays réputé pour être particulièrement soviétique.

Il y a dans ce retard de l'investissement non seulement quelque chose qui est préjudiciable à l'activité présente et peut concourir à cette longue stagnation que montrent malheureusement les chiffres d'une croissance atone et d'une inflation extrêmement basse, mais aussi quelque chose qui peut mettre en cause notre potentiel de croissance future. Nous prenons du retard par rapport à l'avenir.

C'est pourquoi vous avez raison de dire, Monsieur le Député, que nous nous sommes battus et que nous avons soutenu la proposition du nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour qu'il donne la priorité à un plan de soutien aux investissements. Le président Juncker a annoncé un plan de 300 milliards d'euros d'investissements publics et privés au cours des trois prochaines années.

Dans quoi ces investissements doivent-ils aller ? Tous les pays d'Europe sont concernés. En Allemagne, aujourd'hui, on débat d'un investissement de 80 milliards d'euros dans les infrastructures. Dans beaucoup de pays, ceux d'Europe de l'Est mais aussi ceux de la péninsule Ibérique, on débat de l'investissement dans les infrastructures énergétiques. Nous-mêmes, nous aurons besoin d'investir dans la transition énergétique, mais c'est plus particulièrement dans l'énergie, dans le numérique, dans la recherche et dans l'innovation que nous voulons que ce plan d'investissement nous permette de relever notre potentiel de croissance./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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9. Union europĂ©enne - TraitĂ© commercial transatlantique - RĂ©ponse de M. Matthias Fekl, secrĂ©taire d'État chargĂ© du Commerce extĂ©rieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'Ă©tranger, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, vous posez une question sur un sujet d'intérêt majeur. J'ai eu l'occasion, il y a quinze jours, de répondre ici même à une question concernant le traité avec le Canada, je le fais volontiers aujourd'hui s'agissant des négociations sur le traité transatlantique avec les États-Unis.

Dès le lendemain de ma nomination, je me suis saisi de cette question, faisant des démarches auprès de l'Union européenne, me rendant à Bruxelles, à Berlin et à Rome pour rencontrer l'ensemble des ministres du Commerce extérieur afin d'obtenir des avancées sur la transparence. Nous sommes d'accord sur ce point : il ne peut plus y avoir de négociations commerciales totalement opaques. Par conséquent, la France, avec l'Allemagne, la présidence italienne et d'autres États européens a enfin obtenu la transparence sur les mandats de négociation, et je m'en félicite.

Vous posez également la question des mécanismes d'arbitrage investisseurs-États. Je note à cet égard les propos qu'a tenus ce matin le nouveau président de la Commission européenne : il a indiqué clairement son refus de voir l'accès aux juridictions nationales limité et des juridictions secrètes avoir le dernier mot en la matière. C'est la preuve que lorsque la France, l'Allemagne et nos partenaires européens s'expriment ensemble, les choses avancent. J'ai également travaillé sur ce sujet avec mon collègue Harlem Désir, qui s'entretient régulièrement de cette question avec ses homologues européens.

Et puis, s'agissant du dernier mot pour le Parlement, je réaffirme ici avec force que les Parlements nationaux devront avoir le dernier mot, comme il est normal en démocratie./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. Union europĂ©enne - Politique Ă©nergĂ©tique - DĂ©règlement climatique - RĂ©ponses de Mme SĂ©golène Royal, ministre de l'Écologie, du DĂ©veloppement durable et de l'Énergie, Ă  des questions Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, vous avez fort bien résumé les enjeux de ce Conseil européen qui commence demain. C'est en effet un rendez-vous crucial, et pas un rendez-vous facile, parce que les pays européens ont des modèles énergétiques très différents. Ils doivent montrer leur force et leur capacité, le reste du monde les regarde et saura si l'Europe, au regard des enjeux de la conférence Paris Climat de l'année prochaine, aura la volonté, l'intelligence, la sagesse de se mettre d'accord sur des objectifs communs.

Il y a trois bonnes raisons pour que l'Europe réussisse à se mettre d'accord. D'abord, elle a une responsabilité à l'égard de la planète et elle doit préparer l'après-pétrole et l'après-charbon, avec l'objectif d'au moins 40 % de réductions des émissions de gaz à effet de serre. Ce sera demain la position de la France, qui sera d'autant plus en position de force que, grâce à vous, grâce à l'Assemblée nationale et grâce au vote de la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, nous avons pris nos responsabilités, nous avons montré notre ambition écologique et nous avons fait en sorte de pouvoir être un pays leader au niveau européen pour obtenir ces objectifs.

La deuxième, c'est que nous savons qu'il faut avoir vraiment confiance dans nos industries d'avenir. Disons-nous que ce défi climatique doit nous permettre de déclencher la croissance verte, la création d'emplois et la sortie de crise.

La troisième, c'est notre responsabilité à l'égard des pays qui subissent le plus durement le réchauffement climatique. Comme le disait Ban Ki-Moon, au sommet de New York pour le climat, l'Europe est très attendue parce que, de l'accord qui sortira demain, dépendra la possibilité d'un nouveau souffle et d'un nouvel espoir pour obtenir, à Paris aussi, des engagements concrets et opérationnels.

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Monsieur le Député, je vous remercie pour votre question, qui me donne l'occasion de préciser la réponse que j'ai faite tout à l'heure à M. François-Michel Lambert.

Je salue tout d'abord l'abstention de votre groupe lors du vote sur le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte : qui ne dit mot consent ! Je considère donc que vous avez apporté votre soutien au Gouvernement et à la majorité qui s'est engagée avec détermination.

En effet, la France se bat. Elle se bat grâce à l'Assemblée nationale, qui a voté le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte, que la Commission européenne a qualifié de texte le plus en avance au niveau européen, car il englobe tous les sujets, de l'efficacité énergétique jusqu'à la transparence démocratique, en passant par les énergies renouvelables, l'économie circulaire et la montée en puissance du mix énergétique.

Nous allons soutenir, premièrement, un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40 % ; deuxièmement, un objectif de 30 % d'efficacité énergétique ; troisièmement, un objectif de 27 % d'énergies renouvelables. Je vous rappelle que l'Assemblée nationale a voté un objectif de 32 % d'énergies renouvelables, mais nous pensons que le niveau de 27 % représente un juste compromis pour l'ensemble des pays européens.

L'accord n'est pas gagné : nous ne savons pas si ces objectifs seront adoptés. Cela se décidera demain et après-demain. Comme je l'ai dit tout à l'heure, beaucoup de pays rencontrent des difficultés dans leur politique énergétique. Certains ont même rouvert des mines de charbon ; d'autres ont des difficultés pour investir dans les énergies renouvelables. Je pense néanmoins que l'ensemble des chefs d'État et de gouvernement feront preuve de responsabilité, car l'Europe a un message de civilisation à transmettre au reste du monde.

Après la Seconde guerre mondiale, nous avons su faire l'Europe de l'énergie avec la Communauté européenne du charbon et de l'acier, la CECA. Aujourd'hui nous avons le même défi à relever : construire l'Europe de l'énergie du futur, avec la montée en puissance des énergies renouvelables et de la performance énergétique. Je suis convaincue que nous allons réussir./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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11. Union europĂ©enne - OpĂ©rations extĂ©rieures - RĂ©ponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la DĂ©fense, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, ma réponse à votre question viendra compléter celle que j'ai faite tout à l'heure sur le même sujet - je ne reviendrai donc pas sur les orientations du Conseil européen de décembre dernier.

Il est vrai que les situations de risque auxquelles nous sommes confrontés, la gravité des situations sur différents théâtres en Afrique et au Moyen-Orient ainsi que la pression des menaces permettent - à toute chose malheur est bon - de renforcer la nécessité de construire progressivement l'Europe de la défense.

Pour vous répondre plus concrètement, par exemple, au Mali, aujourd'hui, pour la formation de l'armée malienne, c'est l'Union européenne qui est à l'ouvrage. Il n'y a, sur les 500 militaires européens représentant vingt nations qui contribuent à la reconstruction de l'armée malienne, que 10 % de Français et le général est espagnol. De la même manière, en République centrafricaine, en ce moment même, les forces de l'EUFOR contribuent à la sécurité dans Bangui. Au large de la Corne de l'Afrique, l'Union européenne a diligenté une mission nommée Atalante, qui permet d'assurer la sécurité des trafics. Il y a donc des avancées, même si elles ne sont pas suffisantes.

Pour conclure, je voudrais offrir deux éléments à notre réflexion. Tout d'abord, s'agissant du financement du mécanisme Athéna, il n'est pas logique que seulement 10 % des frais engagés par les États intervenants soient couverts par l'Union européenne : cela n'est pas incitatif et ce doit être changé. Par ailleurs, il sera nécessaire de former demain la nouvelle armée de la République centrafricaine et je pense que l'Europe sera au rendez-vous. Vous voyez, l'Europe avance !./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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12. Union europĂ©enne - Politique de dĂ©fense - RĂ©ponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la DĂ©fense, Ă  une questions Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, je partage assez largement votre analyse. La construction de l'Europe de la défense est un chantier au long cours.

Je voudrais toutefois vous faire observer que, sur l'initiative de Laurent Fabius et de moi-même, le Conseil européen de décembre dernier a mis à l'ordre du jour les questions de défense et de sécurité, pour la première fois depuis cinq ans et la deuxième fois depuis dix ans. Vous me direz qu'il était temps ; quoi qu'il en soit, c'est arrivé.

Vous avez parlé, monsieur le Député, d'une force européenne d'intervention rapide. Le Conseil européen a fixé un certain nombre d'axes de travail dans le domaine opérationnel, afin de rendre les groupements tactiques européens mobilisables plus rapidement, et afin de renforcer l'interopérabilité des forces.

Le Conseil européen a aussi décidé de renforcer la mutualisation capacitaire -en particulier dans le domaine des drones, du ravitaillement en vol et du transport tactique- et de renforcer l'Agence européenne de Défense. Il a également décidé de renforcer la coopération industrielle en matière de défense ; c'est tout particulièrement le cas de la coopération franco-allemande dans le domaine de l'armement terrestre. Des avancées ont donc été accomplies ; la plus importante d'entre elles est que le Conseil européen a décidé de parler de ces questions tous les ans. La prochaine rencontre sur ce sujet aura lieu en juin prochain.

Il est vrai qu'un long chemin reste encore à parcourir. Il n'y a pas, à l'heure actuelle, d'autorité politique européenne capable de décider d'intervenir en premier sur un théâtre d'opération. Malgré cela, des progrès sont accomplis ; d'autres seront encore réalisés. Vous savez aussi que des progrès ont été enregistrés, en matière de coopération européenne, au sujet de différentes interventions de la France en Afrique.

Quoi qu'il en soit, sur les enjeux fondamentaux, il importe que la France poursuive ses efforts./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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13. Union europĂ©enne - Lutte contre la fraude fiscale - RĂ©ponse de M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Merci, Madame la Députée, d'attirer notre attention et celle de l'ensemble de l'Assemblée sur ces combats déterminants. En Europe, tous les citoyens sont sollicités pour payer des impôts et les budgets de tous les pays peinent à atteindre l'équilibre. Dans ce contexte, la fraude, qui était déjà moralement insupportable, est aujourd'hui ce que nous devons combattre avec le plus de détermination et d'efficacité.

La France et l'Europe le font. L'Allemagne est très déterminée à agir avec nous dans ce domaine. Nous portons cette parole au niveau européen, mais aussi au niveau mondial, parce que nous savons bien que nous ne pouvons lutter contre la grande fraude fiscale, celle des personnes comme celle des sociétés, qu'en établissant des échanges confiants entre les pays, les administrations, les services judiciaires qui poursuivent ces fraudeurs.

Aujourd'hui, nous nous heurtons à l'obstacle du secret bancaire, que vous avez évoqué. Mesdames et Messieurs les Députés, oui, le secret bancaire, ce sera terminé en 2017, parce que nous sommes en train de gagner ce combat.

En effet, l'Ă©change automatique d'informations servira de guide Ă  toutes les administrations d'Europe et Ă  la plupart des administrations du monde pour lutter contre cette grande fraude fiscale.

Mais il faut aussi agir contre ce qu'on appelle l'optimisation fiscale des grandes sociétés internationales, parfois virtuelles - enfin, virtuelles dans leur fonctionnement, mais pas virtuelles dans leurs résultats. Elles ont de gros bénéfices mais ne paient des impôts nulle part, parce qu'elles utilisent un certain nombre de failles fiscales.

Cette lutte contre l'optimisation fiscale, c'est le deuxième combat que nous portons en Europe, avec une très forte coopération entre les pays, et au niveau mondial. Je suis persuadé qu'au G20 de Brisbane, dans quelques semaines, nous obtiendrons aussi une avancée considérable qui nous permettra de lutter contre ce type de fraude fiscale insupportable./.

(source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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14. Union europĂ©enne - Situation de la zone euro - RĂ©ponse de M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Je vous remercie, Monsieur le Député, pour la question constructive que vous posez.

Nous sommes tous préoccupés, et c'est ce qui devrait nous rassembler, par la situation de la zone euro. Si nous voulons qu'elle retrouve une croissance suffisante dans un monde dont la croissance est plus forte que la nôtre mais qui s'interroge cependant sur son caractère durable, la France et l'Allemagne doivent travailler ensemble, pas seulement pour des raisons liées à l'histoire, parce que nous serions la France et l'Allemagne, mais pour des raisons extrêmement concrètes. La France et l'Allemagne représentent plus de 50 % de la production, de la richesse, allais-je dire, de cette zone euro, nous devons donc agir ensemble. Cela ne veut pas dire que les uns doivent donner des ordres aux autres. Chacun doit faire chez lui ce qu'il est nécessaire de faire pour que l'Allemagne aille mieux et que la France aille mieux, mais nous pouvons agir ensemble pour que les leviers que vous venez de décrire avec une grande pertinence soient activés avec efficacité.

Je ne reviens pas sur la politique monétaire. C'est le rôle de la Banque centrale européenne, la France considère que c'est la bonne politique qui est menée.

Je ne reviens pas sur la politique budgétaire. Il est nécessaire, la France le dit et nous partageons de plus en plus avec l'Allemagne la même préoccupation, de continuer à diminuer nos déficits, mais à un rythme compatible avec la possibilité d'avoir une croissance plus forte.

Enfin, il y a l'investissement. Cette question est décisive parce que l'investissement stimule immédiatement la demande, ce qui se traduit par plus de travail pour nos entreprises, et parce qu'il donne en même temps à nos économies la possibilité de se développer davantage si l'on investit dans les infrastructures de transport, les infrastructures énergétiques, les infrastructures virtuelles, la recherche et le développement, investissement lui aussi absolument nécessaire.

Il n'y a pas, d'un côté, l'investissement privé et, de l'autre, l'investissement public. Nous progressons ensemble. Les Allemands aussi ont besoin d'investissements publics et nous avons besoin, nous, de plus d'investissements privés. C'est ainsi que nous progressons et c'est ainsi que nous serons efficaces, Allemagne et France ensemble, pour une Europe plus forte./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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15. Tourisme - Conseil de promotion du tourisme - Point de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international (Paris, 22/10/2014)

Mesdames et Messieurs,

Nous avons voulu, après cette séance du conseil de promotion du tourisme faire un point devant vous. Je dirai donc quelques mots et ensuite, M. Alain Ducasse présentera l'opération «Goût de / Good France», qui traduit l'état d'esprit dans lequel nous travaillons.

J'avais déjà réuni une première séance du conseil de promotion du tourisme qui était consacrée à une prise de connaissance entre les différents membres de cet organisme extrêmement souple et qu'anime à mes côtés, Philippe Faure. Il est à la fois, et c'est une double qualité éminente, l'ancien secrétaire général de cette Maison et un gastronome accompli.

J'ai présidé aujourd'hui la séance de lancement du Conseil de promotion du tourisme. Gastronomie et oenologie : voilà le chantier que nous avons choisi pour démarrer - j'allais dire pour nous mettre en appétit.

Comme il n'y a pas de bonne introduction sans citer de bons auteurs, j'ai retenu cette phrase de Brillat Savarin : «La destinée des nations dépend de la manière dont elles se nourrissent.» Tout le monde connaît la qualité et l'importance des produits français pour le rayonnement de notre pays, mais là encore je vais citer un mot de Churchill qui, en oenologue averti, haranguait ainsi les troupes britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale : «Souvenez-vous que nous ne nous battons pas seulement pour la France : nous nous battons aussi pour le champagne !»

La cuisine et les vins, c'est le patrimoine de la France : le «repas à la française» est inscrit depuis 2010 au patrimoine de l'UNESCO. Mais c'est un patrimoine qu'il ne nous faut pas seulement contempler, glorifier ou savourer. C'est un patrimoine qu'il faut valoriser, dynamiser et faire fructifier.

Le président de la République a réuni dimanche dernier le «conseil supérieur de l'attractivité», auquel je ne participais pas parce que j'étais en Chine. Rendre la France plus attractive, c'est renforcer ses atouts. La gastronomie et l'oenologie sont deux atouts essentiels, deux avantages concurrentiels majeurs pour notre pays. Dans le monde, la compétition existe mais dans cette compétition-là, la France est vraiment au tout premier rang.

Ne pas s'y intéresser, ce serait commettre une double erreur. Une erreur culturelle : la gastronomie, les vins, la cuisine, ce n'est pas simplement une technique qui permet de manger et de boire, c'est une certaine culture. Un pays fait fausse route s'il ne valorise pas ce qui fait sa force. Une erreur économique : la restauration commerciale est le 5e secteur d'emplois en France : (600.000 salariés) et la filière du vin (550 000 emplois directs et indirects) est le 2ème secteur excédentaire dans notre balance commerciale des biens, après l'aéronautique. Et n'oublions jamais que le tourisme, ce sont des emplois non délocalisables.

Nous avons consacré notre session à essayer d'être lucides sur les atouts et les insuffisances en matière de gastronomie et d'oenologie, nous sommes très bons mais nous avons des marges de progression pour satisfaire encore davantage de personnes.

Voilà pourquoi, désormais en charge du tourisme, je veux contribuer à dynamiser la promotion de notre cuisine et de nos vins. J'ai demandé à Philippe Faure, qui co-préside le conseil de promotion du tourisme et dont je salue la compétence, de réfléchir à la question. Il l'a fait avec l'aide de plusieurs grands chefs ici présents (Alain Ducasse, Guy Savoy et Guy Martin, que je remercie pour leur engagement.) Je veux les remercier très chaleureusement pour leur engagement. Ils ont fourni un lourd travail, il y a eu une quarantaine d'auditions, qui a abouti à des propositions concrètes, qui vont nous permettre d'aller de l'avant.

À partir de leur pré-rapport, il y aura un rapport d'ensemble puisque nous avons décidé d'avoir plusieurs cessions. Celle-ci porte sur la gastronomie et l'oenologie et nous traiterons aussi du net, des destinations et de la formation, nous prendrons les principales questions et nous bâtirons un rapport. Et ce rapport sera suivi de décisions concrètes. Un exemple : dans les jours qui viennent, sera mis en place un «parcours d'excellence culinaire», destiné à faciliter la venue en France de stagiaires ou de professionnels souhaitant se former auprès de grands chefs. Les chefs nous ont expliqué que c'est l'un des problèmes qu'ils avaient et ils souhaitent avoir des stagiaires qui, une fois formés, seront les meilleurs ambassadeurs de la gastronomie française à travers le monde mais c'est assez difficile et même très difficile de les faire venir.

Grâce à la gentillesse de mon collègue et ami Bernard Cazeneuve, qui apporte son concours à ce projet, les démarches d'immigration seront facilitées radicalement dans ce cadre et dans les prochaines semaines.

Ce chantier autour de la cuisine et des vins n'est pas le seul. Le prochain chantier, intitulé «destinations et marques», sera lancé lors du prochain conseil de promotion du tourisme le 12 novembre. L'objectif est simple : mieux promouvoir le «site France», mieux valoriser les destinations touristiques qu'offre notre pays.

D'autres chantiers sont prévus - à chacun correspondra une séance du conseil de promotion du tourisme - : le numérique, l'hôtellerie, le tourisme de shopping, la communication, la formation. Ce sont les facettes d'une action globale, concrète, qui ne négligera aucun domaine stratégique. Je souhaite valoriser à 100 % les immenses atouts touristiques de la France. Je remercie les représentants de la profession et les parlementaires qui ont la gentillesse de nous accompagner.

Le rapport final, nous le présenterons à la fin de nos travaux, au printemps 2015. Mais la dynamique est lancée, la motivation est là et nous sommes au travail - au service du tourisme français.

Pour bien le montrer, je vais laisser maintenant la parole à Alain Ducasse avec l'opération «Goût de France» que nous lançons aujourd'hui. Le principe est tout simple: pendant une journée, le 19 mars 2015, le repas à la française sera mis à l'honneur par mille restaurants sur les cinq continents et dans toutes nos ambassades. L'objectif est de valoriser notre excellence et notre savoir-faire. On me demandera quel est le rapport avec la diplomatie, je pense que l'on peut créer la «gastrono-diplomatie» qui sera une nouvelle spécialité, mais qui ne peut être que positive pour la France.

Un site Internet dédié à l'opération est ouvert aujourd'hui même. Ce sera la vitrine de cette action inédite en faveur de notre gastronomie.

Monsieur le chef, vous avez la parole./.

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16. Pays-Bas - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec son homologue nĂ©erlandais - Propos de M. Fabius (Paris, 23/10/2014)

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d'accueillir, aujourd'hui, le nouveau ministre des Affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas, M. Bert Koenders.

C'est un grand plaisir, Monsieur le ministre, Cher Bert, et un honneur. Vous avez en effet souhaité réserver à la France votre premier voyage en-dehors du Bénélux. C'est le signe de la qualité et de l'importance des relations entre nos deux pays.

Nous nous connaissons déjà et nous nous retrouvons sur nombre de questions. C'est le cas de l'Afrique, puisque Bert Koenders a été représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire, puis représentant spécial pour le Mali et chef de la Mission des Nations unies, la MINUSMA. Je tiens à dire, Cher Bert, que vous avez réalisé un travail exceptionnel. Je veux profiter de l'occasion qui nous est donnée aujourd'hui pour vous en remercier chaleureusement.

Les Pays-Bas et la France sont des partenaires et des amis, qui partagent les mêmes valeurs, défendent les mêmes droits dans le monde et entendent, ensemble, apporter leur contribution à la résolution des crises - si nombreuses -, auxquelles nous avons à faire face.

Les Pays-Bas ont été confrontés directement à l'une de ces crises, lors du drame épouvantable du vol MH 17. Je veux rendre hommage au courage, à la dignité et à l'esprit de cohésion qui ont caractérisé la nation néerlandaise dans ce drame.

Je me souviendrai longtemps des mots de Frans Timmermans, lors du Conseil des Affaires étrangères du mois de juillet dernier, quelques jours après le drame. Ces circonstances ne peuvent que renforcer notre détermination à agir ensemble pour tenter de remédier aux très nombreux désordres du monde.

Nos coopérations sont très importantes en matière de politique étrangère. Au Mali, je viens de le citer, en République centrafricaine, en Irak où nous intervenons dans le cadre de la coalition pour lutter contre les terroristes de Daech, mais aussi en Syrie pour soutenir une population martyrisée avec de l'aide humanitaire, plus nécessaire que jamais.

Nos pays ont des relations très étroites, qui sont parfois insuffisamment connues. Des relations économiques importantes, et il y a beaucoup d'entreprises françaises au Pays-Bas et néerlandaises en France. Nous avons des relations universitaires, culturelles, humaines qui sont également très riches. Nous souhaitons encore les renforcer.

C'est pourquoi nous avons pensé que la création d'une «Initiative franco-néerlandaise», qui mettent nos sociétés, nos étudiants, nos entrepreneurs en relation, devait désormais couronner nos échanges. Et des initiatives publiques seront précisées dans les semaines qui viennent.

Nous partageons enfin la même ambition d'une Union européenne qui réponde concrètement aux préoccupations de ses citoyens. Les Pays-Bas, avec la nomination de Frans Timmermans comme vice-président de la Commission européenne, apportent comme toujours une contribution précieuse aux institutions européennes.

Nous travaillons et continuerons, avec Bert Koenders, à travailler en étroite relation sur l'ensemble des questions qui engagent l'avenir de nos pays et de l'Union européenne : la politique de l'énergie, la transition énergétique, la lutte contre les dérèglements climatiques.

Dans la situation économique difficile que traverse l'Union européenne, nous pensons l'un et l'autre qu'il faut, à la fois des politiques de sérieux budgétaire au niveau national et des mesures favorables à la croissance et à l'investissement au niveau européen. J'ajoute aussi que toute une série de déplacements sont prévus. Le Premier ministre se rendra très prochainement aux Pays-Bas, et son homologue néerlandais pourrait, du moins nous l'espérons, nous rendre visite au cours du premier semestre 2015. Et il y a une invitation à l'égard du Roi à une date qui doit être précisée. Et je terminerai en disant que le Tour de France 2015 va partir d'Utrecht et, à cette occasion, nous avons pensé avec Bert à un certain nombre de manifestations qui pourront traduire d'une façon très concrète la grande amitié entre les Pays-Bas et la France./.

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17. Russie - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec la chaĂ®ne «CBN TV» (Shanghai, 18/10/2014)

(...)

Q - Étant donné que l'économie est affaiblie, est-ce qu'il se pourrait que la France lève les sanctions économiques à l'égard de la Russie ?

R - La question est complexe. La France et la Russie entretiennent, historiquement de bonnes relations, mais la Russie a transgressé les règles internationales en portant atteinte à l'intégrité d'un territoire. Elle a d'abord envahi la Crimée puis s'en est emparée. Nous étions dès lors obligés d'adopter des sanctions à l'encontre de la Russie. Nous n'accorderons pas de concession à l'encontre de nos principes car la transgression des règles internationales peut engendrer de graves conséquences.

(...)./.

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18. Russie - RĂ©ponse de M. Harlem DĂ©sir, secrĂ©taire d'État chargĂ© des Affaires europĂ©ennes, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 22/10/2014)

Monsieur le Député, je sais le grand rôle que vous avez joué pour les relations entre l'Europe et la Russie au Conseil de l'Europe et celui que vous continuez à jouer.

Depuis le début de la crise ukrainienne, la France a une position : dialogue et fermeté.

Le dialogue, nous l'avons lancé le 6 juin en Normandie. Il s'est prolongé au début de septembre avec la signature de l'accord de Minsk le 5 septembre, prolongé le 19 septembre par un mémorandum, qui prévoit notamment un cessez-le-feu, qui est pour l'essentiel respecté. Des élections législatives auront lieu dans quelques jours en Ukraine. Un statut particulier transitoire pour les territoires sous le contrôle des séparatistes a été voté. Les grandes lignes de cet accord Russie-Ukraine-Union européenne sont respectées, sous l'égide de l'OSCE. Un accord sur le gaz est également en train de voir le jour.

Néanmoins, les réunions du sommet de Milan, au cours desquelles le président de la République et le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, ont pu rencontrer à la fois le président Poutine et le président Porochenko, ont montré la nécessité de rester ferme et vigilant.

Il faut d'abord vérifier que chacun tient ses engagements. La France, avec l'Allemagne, a proposé de déployer des drones d'observation pour mettre en oeuvre cette mission de l'OSCE. Ensuite, si, comme nous l'espérons, la désescalade se poursuit, nous devrons, avec nos partenaires européens, réfléchir aux moyens de l'accompagner, y compris en agissant sur les sanctions. À plus long terme, il faudra aussi redéfinir les relations que nous, Français et Européens, devons avoir avec la Russie.

L'Ukraine a été un terrain de confrontation. Notre objectif est que, demain, elle devienne un terrain de coopération. L'objectif de la diplomatie française, c'est de faire respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine, de faire en sorte que se rétablissent des relations de voisinage normales entre l'Ukraine et la Russie, mais aussi des relations de voisinage normales et de partenariat entre la Russie et l'Union européenne./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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19. Industrie nuclĂ©aire - Discours de Manuel Valls, Premier ministre, au salon mondial du nuclĂ©aire (Le Bourget, 15/10/2014)

Messieurs les Présidents,

Monsieur l'Administrateur général,

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie pour cette visite du premier salon du nucléaire. Un événement qui permet de prendre toute la mesure des enjeux de ce secteur et de ses savoir-faire venus du monde entier. Des savoir-faire de pointe qui sont notamment français.

Peu de secteurs industriels suscitent autant de réflexions, d'échanges, de débats passionnés que le nucléaire. Bien sûr, il y a des débats que l'on peut comprendre - et qu'il faut mener - sur les questions de sûreté. C'est encore plus vrai à la suite de l'accident de Fukushima qui ne peut que nous interpeller. Et nous avons réagi, je viens de voir la force d'intervention d'EDF qui en est une belle démonstration. Il y a aussi la question des liens entre nucléaire civil et militaire, des risques de prolifération qui conditionnent les grands équilibres mondiaux.

Mais au-delà de ces débats qui sont légitimes, qui doivent agiter la société et qui doivent être menés avec la plus grande transparence, au-delà de ces débats, il y a une certitude : nous avons besoin du nucléaire pour répondre à la demande énergétique. Le nucléaire est un secteur indispensable. Vital pour cette demande énergétique, mais aussi pour la recherche, pour l'innovation et donc pour bâtir l'avenir. Une société a bien besoin de progrès

Sans remonter jusqu'à Henri Becquerel, Marie et Pierre Curie - des grands Français, eux aussi récompensés par le Prix Nobel ! -, l'aventure de l'atome, cette grande aventure scientifique et industrielle, joue un rôle central pour notre pays. Sans le Commissariat à l'énergie atomique - et les travaux menés dans l'Essonne, à Saclay - sans la décision du Pierre Mendès-France d'engager un programme nucléaire militaire français - qui depuis a fait l'objet d'un consensus national - la France ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui.

Le nucléaire, c'est pour notre pays une filière stratégique : 46 milliards d'euros de chiffre d'affaires ; 2 500 entreprises - de toutes les tailles, des PME innovantes et des grands groupes - qui forment un tissu industriel très compétitif et reconnu à l'étranger. Ces entreprises, qui interviennent sur les marchés des centrales «clefs en main», du remplacement des pièces, de l'entretien, exportent et emploient directement ou indirectement 220.000 salariés, particulièrement qualifiés. J'ai encore pu m'en rendre compte, en juin dernier, alors que je visitais un site d'AREVA au Creusot.

Le nucléaire, c'est pour la France un facteur d'indépendance, et de puissance industrielle, économique, diplomatique, militaire. C'est un atout majeur pour le présent et pour l'avenir.

*

Ce salon donne, en effet, un bon aperçu des perspectives mondiales de la filière nucléaire. L'Agence internationale de l'énergie prévoit, d'ici 2030, une augmentation de près de 50 % de la puissance nucléaire et un renouvellement de 30 % des réacteurs existants. Ce sont là autant d'opportunités de marchés.

Nous le savons : la plupart des projets se situeront en dehors de l'Union européenne, notamment en Chine. Au-delà des nouveaux réacteurs - qui restent toujours des chantiers emblématiques -, ce sont également plus de services, plus de maintenance, plus de fournitures de combustibles que la filière nucléaire française, dans son ensemble, pourra offrir.

Cette filière intervient au coeur d'un contexte mondial qui a changé : depuis quelques années, la concurrence s'est intensifiée avec de nouveaux pays, ou de nouvelles alliances entre producteurs d'énergie et fournisseurs d'équipements.

Mieux structurer la filière française, c'est lui donner plus encore de visibilité à l'étranger. C'est nécessaire pour notre balance commerciale et pour nos emplois. Ceux d'aujourd'hui bien sûr, mais également ceux de demain, car le nucléaire, ce sont des métiers à fort niveau d'expertise et en perpétuelle évolution au rythme des progrès techniques, par exemple dans la chaudronnerie.

Le Comité stratégique de filière nucléaire a été l'un des derniers créés... et pourtant, en quelques mois, il a su s'organiser, en s'inspirant de la filière aéronautique. L'Association des industriels français exportateurs du nucléaire, l'AIFEN, organise aujourd'hui son premier salon. Et quel salon ! C'est le premier et déjà le plus important du monde avec près de 500 exposants et 7.000 experts internationaux et des centaines de visiteurs.

*

Ce salon souligne la place de premier plan que la France occupe dans l'industrie nucléaire mondiale. Et quand on est parmi les leaders mondiaux, on se doit de mettre en oeuvre des technologies avec le plus haut niveau de sûreté.

La France continuera donc à promouvoir les réacteurs de troisième génération que sont l'EPR et l'ATMEA. Un travail sur leur optimisation est probablement nécessaire ; je fais confiance à la coopération entre EDF et AREVA pour y parvenir.

Avec 58 réacteurs en France, EDF a une expérience sans équivalent de la gestion d'un parc. Ce qui lui vaut d'ailleurs, je le sais, de nombreuses sollicitations internationales afin de transmettre ses compétences.

EDF a également su s'adapter très rapidement aux nouvelles exigences de sûreté après Fukushima. Je pense notamment à la Force d'action rapide nucléaire : 150 collaborateurs, mobilisables en une heure, pour intervenir sur n'importe quelle centrale nucléaire. Un tel modèle doit être promu à l'international.

Un nucléaire sûr au niveau mondial nécessite également que les nouveaux entrants possèdent une expertise dans tous les domaines : recherche, industrie, autorité de sûreté. C'est pourquoi, la France doit conforter son offre institutionnelle pour accompagner, partout dans le monde, des programmes nucléaires sûrs et maîtrisés. J'aurai à coeur de mobiliser l'ensemble des acteurs - les industriels, les administrations, les établissements publics ou encore l'Institut international de l'énergie nucléaire - afin d'aider la filière nucléaire française à exporter ses expertises, ses savoir-faire. Je veux le dire très directement : cette mobilisation doit se faire de manière coordonnée. Il n'est pas question d'admettre que des rivalités puissent nuire à la France et à la signature de contrats.

L'Autorité de sûreté nucléaire a également un rôle à jouer à l'international, et son indépendance est un élément clé de la crédibilité du nucléaire français.

Assurer la sûreté, c'est aussi la capacité à se projeter vers l'avenir pour en anticiper tous les enjeux.

Je pense, bien sûr, aux réacteurs de quatrième génération. Ils permettront de recycler plusieurs fois le combustible et donc de renforcer notre sécurité d'approvisionnement. Ces réacteurs de demain doivent être une priorité de la recherche et développement, notamment dans le cadre des travaux du CEA. Les pays qui ont fait le choix du nucléaire, de le préserver, de le développer sont non seulement des pays qui se projettent dans l'avenir, qui souhaitent être davantage compétitifs, qui épousent le monde tel qu'il est, mais qui se donnent des atouts supplémentaires en matière de recherche et d'innovation et c'est pour cela que nous devons conforter cette filière.

Se projeter dans l'avenir, c'est également développer toutes les connaissances - notamment en robotique - nécessaires aux démantèlements des installations.

Enfin l'avenir, c'est la gestion pérenne des déchets radioactifs. Dans ce domaine, la France est particulièrement en avance. Des sites existent aujourd'hui pour certains types de déchets, comme ceux de faible activité. J'entends souvent dire que le nucléaire n'est pas une énergie propre parce qu'elle génère des déchets qui durent. Cela fait des décennies que de bonnes décisions sont prises par des hommes politiques responsables, que les élus locaux jouent le jeu, que la France est une référence. Nous devons poursuivre sur la voie de l'exigence et de l'excellence que nous avons su tracer. Nous avons la chance d'avoir avec l'Andra un acteur précieux, qui a un rôle très important à jouer.

*

Mesdames, Messieurs,

La France a une filière nucléaire parmi les toutes meilleures, et je veux en saluer tous les acteurs. . Ceci doit nous permettre d'avancer en matière de transition énergétique.

Cette transition - qui fait l'objet d'une loi portée par la ministre de l'Écologie, Mme Ségolène Royal, et votée, hier, à l'Assemblée nationale en première lecture, à une très large majorité - est une opportunité formidable. Contrairement à ce que l'on peut entendre, ce n'est pas une punition, ni pour les ménages - dont nous voulons préserver le pouvoir d'achat -, ni pour les salariés du nucléaire, qui incarnent - je le répète - le génie industriel français. La transition énergétique, c'est un facteur de dynamisme pour notre économie, pour sa compétitivité et pour sa croissance. C'est enfin et surtout - nous en sommes tous conscients - un impératif pour la préservation de notre environnement et de notre planète.

Dans ce domaine, nous nous sommes donné de grands objectifs : réduction des émissions de CO2 de 40 % d'ici à 2030, développement des énergies renouvelables à hauteur de 32 %, diversification de la production d'électricité, avec une part du nucléaire de 50 % à l'horizon 2025.

La démarche qui est la nôtre est pragmatique, car il faut préparer, anticiper, construire le modèle énergétique de demain. Il ne s'agit pas d'opposer les filières les unes aux autres ! Il s'agit de les rendre complémentaires, avec un objectif central : la diminution de nos gaz à effet de serre.

La France est une grande puissance. Une grande puissance énergétique. Une puissance qui doit être capable de faire travailler ensemble, d'inciter ses partenaires. Elle en aura l'occasion en 2015 pour la XXIe conférence sur le climat qui se déroulera à Paris. C'est une immense responsabilité car il faut que les pays, sous le regard des citoyens attentifs et exigeants, s'accordent et s'engagent.

La question climatique qui va nous rassembler, ce n'est pas une problématique nationale, ni même européenne. Elle doit également échapper aux clivages politiques traditionnels. C'est un sujet mondial. Un sujet qui concerne l'humanité tout entière. Les jeunes générations nous regardent. À nous donc de bâtir pour elles un modèle énergétique durable et performant. Et c'est avec vous, acteurs économiques, industriels, institutionnels et avec toute la société que nous devons le construire.

La France est un grand pays, la 5ème puissance économique mondiale, et la 2ème puissance économique de l'Europe. Si la France compte dans le monde - c'est l'Histoire qui lui a donné cette responsabilité et sa place au Conseil des Nations unies - si la France assume des responsabilités, diplomatiques et militaires, c'est parce que nous sommes aussi une grande nation économique et industrielle.

Bien sûr, nous sommes confrontés à de nombreux défis, la crise économique et financière est passée par là.

Mais nous devons être tournés résolument vers l'avenir pour notre économie, pour la compétitivité de nos entreprises, des PME, des ETI, des start-up, de ETI avec un capital familial, présentes à la fois sur le sol national mais également présentes sur les marchés internationaux.

Cette filière nucléaire que vous représentez, ces entreprises, ces chercheurs, ces salariés, ces femmes, ces hommes qui y croient, qui sont fiers, représentent donc à la fois un élément essentiel, un atout, et une des conditions de la réussite et de l'avenir de la France. Je vous remercie./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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20. Chine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec la chaĂ®ne «CBN TV» (Shanghai, 18/10/2014)

Q - C'est la 8ème fois que vous vous rendez en Chine, et la 2ème fois cette année. Chaque visite produit des résultats différents, quels sont ceux attendus cette fois-ci ?

R - Effectivement, je me déplace souvent en Chine ces derniers temps. Cet après-midi, nous avons inauguré la «Maison de la France» au sein de l'espace Rhône-Alpes. Nous avons assisté à la signature de contrats couvrant, notamment, les secteurs de l'alimentation, du tourisme et de la culture. Je me rendrai également à l'inauguration de l'exposition «la Trilogie des Modernes» organisée dans le cadre du 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques franco-chinoises, qui concerne les grands chefs-d'oeuvre de notre héritage artistique français.

Par ailleurs, la promotion des investissements bilatéraux est toujours un élément important lors de ces déplacements. En mai cette année, j'ai rencontré des investisseurs chinois intéressés par la France, comme plus tôt ce matin.

Q - Le nouveau gouvernement chinois est en place depuis un an. Les investisseurs français en Chine sont-ils satisfaits à cet égard de l'environnement d'affaires ?

R - Nous pensons que l'atmosphère entre nos deux pays est particulièrement propice aux investissements actuellement. De nombreux investisseurs français sont entrés sur le marché chinois récemment, en particulier à Shanghai. Pourquoi croyons-nous que cette tendance est positive ? Parce qu'actuellement les investisseurs chinois en France sont relativement peu nombreux, même si beaucoup d'entrepreneurs chinois se montrent intéressés par la perspective de développement en France. Ce n'est pas assez, la marge de progression des investissements bilatéraux reste très importante, et nous souhaitons voir davantage d'entreprises chinoises s'installer en France. C'est également vrai en ce qui concerne le tourisme. De plus en plus de touristes chinois se rendent en France, ce qui est extrêmement positif, mais nous voulons en accueillir encore davantage.

Q - Lors de votre visite de mai, votre première étape a été consacrée à un entretien avec Jack Ma dans la ville de Hangzhou. À ce jour, Alibaba est déjà entré sur le marché américain. Avez-vous encore des choses à dire à Jack Ma ?

R - C'est effectivement le cas. La dernière fois que je me suis rendu en Chine, grâce à la signature de l'accord avec Alibaba, nous avons lancé «la semaine des produits français», permettant de promouvoir des articles français sur le site T-Mall. Cela a donné des résultats très positifs, les ventes ont été en nette progression cette semaine-là. Comme avec cet accord, nous allons approfondir notre coopération avec Alibaba. Notre coopération la plus récente concerne la «semaine des célibataires» du 11 novembre, qui suivra le modèle de promotion utilisé pour la semaine française. Pour cette raison, nous serons rapidement amenés à signer un nouvel accord avec Jack Ma.

Q - Dans quelle mesure estimez-vous que le renforcement des investissements bilatéraux peut bénéficier aux PME ?

R - Les PME sont essentielles à l'économie française. Les grandes entreprises françaises sont déjà bien implantées en Chine depuis un certain nombre d'années. Nous souhaitons maintenant voire davantage de PME se développer sur le marché chinois. La «Maison de la France» au sein de l'espace Rhône-Alpes sera dans cette perspective une structure très utile, qui soutiendra les PME dans leurs projets en Chine. Car pour un entrepreneur de PME, il n'est pas possible d'arriver avec sa valise dans une ville étrangère, il est nécessaire d'avoir un soutien financier et en matière de conseil. La «Maison de la France» sera très utile à cet égard.

Q - La France vient d'obtenir récemment deux prix Nobel. Quels sont vos commentaires concernant la déclaration du Nobel d'économie Jean Tirole selon laquelle «la France n'est pas finie» ?

R - Tout d'abord, rappelons-nous que la France a obtenu trois prix «Nobel», celui de littérature, d'économie et de mathématiques, puisque la médaille Fields correspond au prix Nobel de mathématiques. Les propos du Nobel d'économie sont tout à fait justes. Bien que l'économie mondiale se trouve actuellement dans un système plutôt américain, la France demeure la cinquième puissance mondiale. Elle est membre permanent du conseil de sécurité des Nations unies ; c'est une puissance nucléaire ; plus de cent millions de personnes pratiquent la langue française dans le monde ; la France possède de nombreuses avancées technologiques ; et la gastronomie française est très appréciée dans le monde entier au même titre que la gastronomie chinoise. Certes l'économie connait des hauts et des bas et nous nous trouvons actuellement dans une phase difficile mais la Chine peut être convaincue que la France reste une grande puissance indépendante. L'amitié franco-chinoise s'inscrit dans une perspective prometteuse.

Q - La crise économique ne concerne pas uniquement la France car il semblerait que la croissance économique de l'Europe dans son ensemble soit entrée dans une phase de ralentissement. Comment l'Europe devrait-elle y remédier ?

R - En effet, la croissance économique de l'Europe n'est que de l'ordre d'un pour cent ; ce qui est largement insuffisant. D'abord, nous pensons que les investissements internes aux pays européens doivent s'intensifier. Ensuite, il faudrait développer les possibilités extérieures, comme en Amérique du Sud ou en Asie. Mais quel est l'essentiel ? Ce sont l'information, la recherche, l'investissement et l'éducation. L'Europe est très compétente dans ces domaines et il manque simplement un brin de dynamisme à notre économie. (...)./.

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21. Chine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec la chaĂ®ne «CCTV» (Shanghai, 18/10/2014)

Nous insistons sur tout ce qui peut faciliter les échanges entre les deux pays. Évidemment, nous célébrons le 50ème anniversaire de l'établissement des relations franco-chinoises. Le général de Gaulle fut le premier à établir de tels liens diplomatiques.

Nous souhaitons accueillir davantage de citoyens chinois en France, c'est la raison pour laquelle nous délivrons désormais des visas aux touristes chinois en 24h sans aucune difficulté. Nous souhaitons également que davantage de chinois viennent étudier en France et nous encourageons les entreprises à investir ici.

Ainsi, nous soutenons tout ce qui est bénéfique à notre amitié.

Il y a toujours un énorme potentiel à exploiter pour une coopération économique franco-chinoise.

Nous aidons les petites et moyennes entreprises à s'implanter en Chine pour qu'elles puissent tirer le meilleur profit du potentiel de ce marché. Les deux pays ont une longue tradition culturelle et artistique et ces échanges ont un rôle essentiel à jouer dans les relations bilatérales./.

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22. Chine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec la chaĂ®ne «ICS» (Shanghai, 18/10/2014)

Nous avons une coopération dans le domaine de l'hôtellerie, les nouvelles énergies, les soins de santé et les transports. Vous savez que la société Alstom a accepté de construire des lignes de tramway à Shanghai cette année.

Il y a un autre secteur dans lequel nous souhaiterions travailler avec la Chine, c'est la protection de l'environnement. Le gouvernement chinois a formé le voeu de lutter contre la pollution atmosphérique. Nous montrerons que nous sommes de bons partenaires./.

 

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23. Chine - Discours de Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, Ă  l'espace RhĂ´ne-Alpes de Shanghai (Shanghai, 18/10/2014)

Monsieur le Président Jean Jacques Queyranne,

Monsieur l'Ambassadeur de France,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Chers Amis,

D'abord je voudrais adresser mes félicitations à la région Rhône-Alpes qui a compris beaucoup de choses avant tout le monde. Vous avez compris en particulier que la Chine, c'était l'avenir. Vous avez compris qu'au sein de la Chine, Shanghai, après toute une période où elle était longtemps laissée à l'écart était un coeur battant de la Chine. Et vous avez compris que si on voulait trouver de la croissance et des perspectives, il fallait être présents ici ; et au moment où vous avez pris ces décisions, peu de gens pressentaient que ça se passerait ainsi.

Je veux rendre hommage non seulement à tous les anciens mais aussi à un homme qui a beaucoup fait, que j'aime beaucoup et que vous avez cité, M. Alain Mérieux.

J'étais hier en Italie avec à la fois le président français et le Premier ministre chinois, puisque nous avions un sommet de l'ASEM. Je suis aujourd'hui à Shanghai et demain à Pékin, dans le cadre du 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays. J'aurai le plaisir de me promener à côté du cheval-dragon que vous avez peut-être vu dans les journaux ou à la télévision : c'est un modeste animal d'une dizaine de mètres de haut, qui crache du feu et symbolise finalement à la fois l'amitié entre la Chine et France et le mariage entre la technologie - c'est une création technologique remarquable - et la culture. La Chine est responsable en grande partie de de mes déplacements puisque j'ai le bonheur d'effectuer mon 8ème déplacement en Chine en deux ans. Il est important de souligner la situation de Jean-Jack Queyranne - qui est un peu dans la même situation que moi - parce que les Chinois apprécient la stabilité, la ténacité, la constance. Et si les relations sont au beau fixe entre la Chine et la France, c'est en particulier parce que d'une part nous avons tellement de choses en commun, deux pays indépendants, deux puissances mondiales, deux pays de grandes cultures, mais aussi parce que nous savons sur les grands choix être côte-à-côte.

Le ministère des Affaires étrangères a compris qu'il fallait se redéployer vers les zones émergentes. Il a compris aussi qu'il fallait rassembler ce que vous avez appelé la diplomatie globale, c'est-à-dire à la fois les relations stratégiques mais aussi l'économie, la culture et le tourisme. D'autres ont compris cela : Ubifrance, qui a été rapproché de l'AFII et qui sera rapproché également de la Sopexa ; l'expertise française aussi - il ne faut pas que chacun ait son petit lot d'experts dans son coin, il faut que chacun travaille ensemble.

Ce qui est aujourd'hui à l'oeuvre, à partir de cette maison est tout à fait remarquable. En bon français je crois que cela s'appelle «French Tech Hub» et en anglais «Maison de la France». Vous avez fait un travail exemplaire. L'idée est que tout le monde se rassemble, qu'on sache que c'est ici, finalement, qu'est planté le drapeau de la France. Il reste quelques axes à nouer mais l'idée elle est excellente et elle est tout à fait en symbiose avec ce que nous voulons faire pour l'ensemble du pays.

Quand je parle de diplomatie globale, c'est exactement de cela qu'il s'agit. Jean-Jack Queyranne, vous l'avez fort bien dit dans votre propos. Il n'y a pas de puissance diplomatique s'il n'y a pas de puissance économique. Oui, nous sommes une grande puissance diplomatique, mais à condition que économiquement non seulement nous ne rétrogradions pas mais nous regagnions le terrain perdu. Cela appartient aux entreprises. Nous pouvons les aider, nous l'administration, mais ce sont les entreprises qu'il faut mettre au premier plan, ce que vous faites ici.

Les entreprises ne sont pas séparées de la restauration. La gastronomie est l'un de nos principaux flambeaux. J'ai réuni il y a quelque temps à Paris à la fois les grands chefs cuisiniers et les ambassadeurs. Le tourisme est lié : aujourd'hui il y a à peu près 150 millions de Chinois qui voyagent. Vous voyez, le niveau de vie augmente - dans 15 ans, 500 millions ? Chaque Chinois qui vient en France dépense en moyenne 1.600 euros. Aujourd'hui, ils sont 1.5 millions. Si nous en accueillons 5 millions, ce qui est peu de chose sur le total, le problème du déficit de la balance commerciale se posera autrement.

L'économie, la gastronomie, le tourisme, donc la culture ! Tout cela est lié. On dit que la France est en déclin, mais connaissez-vous un pays qui dans la même année a eu la médaille Fiels en mathématiques, le prix Nobel de littérature et le prix Nobel d'économie ? Ne soyons pas arrogants, on a beaucoup de progrès à faire, beaucoup de réformes à accomplir, chacun le sait, et ce n'est pas toujours facile. Mais je crois que notre pays a compris qu'il fallait chercher la croissance là où elle est, qu'il était indispensable de nouer des relations extraordinairement solides avec la Chine, ce qui est fait, et qu'il fallait des ambassadeurs et qu'en particulier une maison comme celle-ci sera un formidable ambassadeur de l'amitié entre la Chine et la France. Le 50ème anniversaire a été une très grande réussite. La visite d'abord du président français a été remarquable. La visite du président chinois, qui a commencé à Lyon, tout cela est gravé dans les mémoires. Et la Chine a une mémoire longue, elle connaît ses amis, de même que la France connaît les siens. C'est donc en pensant à cette amitié, à cette unité réalisée ici, tout le monde dans la même équipe, que je sais que ce qui est fait ici sera une grande réussite. En Chine, historiquement, pendant les années de guerre, on parlait de la nécessité d'un Front uni, et cette stratégie a si bien marché que ce qui s'appelle aujourd'hui le Département du Front uni demeure un organisme important au sein des institutions chinoises. Au moins dans l'esprit, sachons nous inspirer de ce Front uni, formons un Front uni à l'international, fédérons sous une bannière commune, la nôtre, celle de la France, tous les acteurs français, en assurant ainsi une meilleure efficacité de tous nos dispositifs.

Monsieur le Président, je veux vous féliciter, et vous tous Mesdames et Messieurs, parce que ce qui est fait ici est l'exemple même du travail à accomplir. Merci./.

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24. Chine - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, Ă  l'occasion du lancement de l'Ă©mission «Bonjour la France» (Shanghai, 18/10/2014)

Je suis très heureux d'être avec vous aujourd'hui pour le lancement de l'émission de télévision «Bonjour la France !», qui met à l'honneur la culture et l'art de vivre des français aujourd'hui.

Une telle émission ne pourra que renforcer les liens culturels qui unissent nos deux pays, avec un retentissement d'autant plus important que nous célébrons cette année le 50ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine.

Au rythme de 52 épisodes de 25 minutes diffusés chaque semaine, l'émission aura pour objectif de faire découvrir une France contemporaine et authentique auprès du public chinois avec entre autres, des interviews de personnalités, ainsi que des visites de lieux généralement tenus secrets ou encore des revues d'actualité. Une telle initiative témoigne de l'intérêt réciproque qui rapproche les cultures de nos deux pays, et qui ne cesse de grandir d'année en année.

En ce sens, qui d'autre que Jiang Qiong'er pour présenter et établir, à travers cette émission, un dialogue entre l'art de vivre français et chinois ? Depuis ses études en France en 2000 jusqu'à la création en 2010 de Shang Xia, la marque chinoise du groupe Hermès, Jiang Qiong'er s'est passionnée pour notre pays et oeuvre sans relâche à son rapprochement avec la Chine de ses origines. Elle est désormais une véritable ambassadrice de la culture française en Chine, à travers le développement de nombreux partenariats franco-chinois, dont «Bonjour La France» est un superbe exemple.

Je remercie chaleureusement tous ceux qui ont rendu possible la réalisation de cette émission, et tout particulièrement M. Lu Jiong, producteur de l'émission, Jiang Qiong'er évidemment, et le co-animateur français Fred Raillard. Je souhaite le plus grand succès à cette initiative inédite dans le panorama télévisuel chinois./.

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25. Chine - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, Ă  l'occasion de l'inauguration de l'exposition de photographie «la Trilogie des Modernes» de M. GĂ©rard Rancinan (musĂ©e Himalaya) (Shanghai, 18/10/2014)

Monsieur le Président Dai,

Monsieur le Directeur Wang,

Cher Gérard Rancinan, Chère Caroline Gaudriault,

Chers Amis,

Face aux évidents désordres du monde, il y a plusieurs attitudes possibles. La résignation, mais elle n'est pas productive. La gesticulation, pas plus. L'action réfléchie : c'est ce que nous, responsables politiques, sommes censés faire. Et enfin, il y a l'art et la pensée : c'est ce chemin que vous avez choisi, Chers Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault.

J'ai lu que votre «Trilogie des Modernes» était née du choc que vous aviez éprouvé face à la tragédie de Lampedusa, cette île italienne près de laquelle meurent des hommes, des femmes, des enfants venus d'Afrique, venus sur des radeaux de fortune dans l'espoir de trouver en Europe un avenir meilleur.

Face ce drame, vous vous êtes souvenus du fameux Radeau de la Méduse de Géricault - ou plutôt, vous avez voulu exprimer votre propre vision de cette tragédie, en «métamorphosant» pour reprendre un titre de votre trilogie, le tableau de Géricault. Le résultat est le superbe Radeau des Illusions, photographie qui ouvre cette exposition.

Ces débuts sont emblématiques de votre oeuvre novatrice. Une oeuvre centrée sur des photographies créatives, mises en scène savamment organisées, qui souvent réinventent de grands classiques de la peinture occidentale pour donner à voir, d'une manière grave ou ludique, une facette du monde contemporain. Vous avez métamorphosé la Cène de Léonard de Vinci, les Ménines de Velázquez, la Liberté guidant le peuple de Delacroix, avec le souci d'explorer avec originalité un aspect de nos civilisations modernes. Ces photographies peignent un monde troublé, chaotique - qui fait écho à la réalité à laquelle je suis confronté chaque jour dans mes fonctions ministérielles.

Votre oeuvre mélange, elle fait dialoguer l'image et l'écrit : les photographies se doublent de textes, qui les explicitent en se gardant d'en donner une lecture unique. Car, comme toute oeuvre d'art, ces photographies souvent énigmatiques posent des questions sur notre monde et sur nous-mêmes plus qu'elles ne fournissent de réponse définitive. À titre personnel, je suis très sensible à la critique d'une culture mondiale uniforme et aseptisée, qui émane du dernier volet de votre trilogie, Wonderful World.

Votre oeuvre, Chers Gérard et Caroline, connaît aujourd'hui une renommée planétaire. Vous auriez d'ailleurs de grandes chances d'obtenir, s'il existait, le Prix Nobel de photographie, car nous sommes en ce moment en France sur une très bonne lancée dans ce domaine...

Votre oeuvre a été exposée ces dernières années dans de grandes villes d'Europe, comme Paris et Milan. Il s'agit ici, à Shanghai, de la première fois qu'elle l'est en Asie. Je me réjouis que des artistes français novateurs et talentueux puissent être présentés en Chine, dans le cadre du programme de manifestations culturelles organisées à l'occasion du cinquantenaire de l'établissement des relations diplomatiques entre nos deux pays. Je remercie chaleureusement les responsables du magnifique Musée Himalayas, un lieu exceptionnel, qui ont rendu cette exposition possible.

Pour terminer, je citerai Caroline Gaudriault. Dans l'ouvrage qui accompagne le deuxième volet de la trilogie, Hypothèses, vous avez écrit : «Les hypothèses se multiplient sur un monde en recherche de lui-même, plein de promesses et dépassé par sa propre agitation». Hypothèses, agitation, promesses : notre travail à nous, responsables d'État, est d'apporter des réponses à cette quête de sens, de donner corps à ces promesses et d'essayer de résoudre les crises pour atténuer l'agitation du monde. Pour ce qui est en revanche de l'agitation que l'on trouve dans les photographies de cette exposition, je ne ferai rien pour la combattre car elle constitue un plaisir esthétique à savourer sans modération./.

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26. Chine - Discours de Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, Ă  l'occasion de la remise des insignes de Chevalier de la LĂ©gion d'honneur Ă  M. Yuk Kwok Cheung (Shanghai, 18/10/2014)

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Cher Yuk Kwok Cheung, vous réunissez les qualités qui ont fait le succès de votre pays au cours des trois dernières décennies : ouverture sur l'extérieur, dynamisme et capacité de travail. Ces qualités ont fait de vous l'un des hommes d'affaires les plus influents de Chine.

À l'image de votre pays, vous êtes un homme tourné vers le grand large. Rien d'étonnant pour un natif de Ningbo ! Votre famille est originaire de cette grande ville portuaire, qui fut dès la dynastie des Tang un centre commercial majeur et l'un des points de départ de la «Route maritime de la soie» chère au président Xi Jinping. Malgré son nom de «vague paisible», Ningbo - qui a pour grande qualité d'être jumelée avec Rouen, ville chère à mon coeur - est devenue en quelques années l'un des plus grands ports du monde.

Ningbo a la réputation de donner naissance à de grands entrepreneurs. Vous en êtes l'exemple, vous qui avez commencé très jeune une brillante carrière dans les affaires. À 24 ans, à un âge où certains s'interrogent encore sur leur voie, vous fondez la société Huashen. Vous vous distinguez vite par vos qualités : énergie, puissance de travail et talent pour les affaires. Cette alliance de talents fait rapidement de vous une personnalité économique de premier plan à Shanghai, Ningbo et Hong Kong - les trois villes entre lesquelles vous partagez votre temps. D'ailleurs, je crois comprendre que vous voyagez autant que moi !

Vous n'hésitez pas, tel le patriarche de la fable chinoise, à «déplacer les montagnes» pour bâtir la Chine de l'avenir. En 2002, vous rachetez l'hôtel Hilton Jingan - alors l'unique hôtel cinq étoiles de Shanghai. Toujours prêt à relever des défis, l'année suivante vous faites l'acquisition des droits de gestion du périphérique de Hangzhou. Et en 2009, vous fondez la société Sanli Holding, spécialisée dans le management hôtelier et la construction d'infrastructures. Bref, votre moteur est le défi de demain.

Des entrepreneurs conquérants et pleins de succès, nous en connaissons tous. Vous êtes plus que cela. Vous êtes porté par la conviction que votre réussite vous donne des devoirs envers la collectivité. Vous êtes animé par un esprit de partage, par la volonté d'améliorer le sort de vos concitoyens. En un mot, vous êtes, non seulement un grand homme d'affaires, mais un grand philanthrope.

Vous contribuez en effet à de nombreuses oeuvres caritatives, dans différents domaines : éducation, santé, lutte contre la pauvreté. Je voudrais citer particulièrement votre action en faveur des enfants en difficulté au travers des fondations Smile Angel et Shanghai Charity, dont vous êtes un bienfaiteur. Vous soutenez également depuis des années des écoles primaires à Pudong. Votre générosité s'exerce également dans le domaine de la santé, ainsi qu'au profit des victimes de catastrophes naturelles, comme en témoignent votre action en faveur des sinistrés du tremblement de terre au Sichuan en 2008 et vos dons réguliers à la Croix-Rouge de Chine.

Amoureux des arts, vous êtes également un mécène, comme peuvent en témoigner les nombreux amis artistes qui vous entourent ce soir. Vous avez permis la tenue de concerts d'artistes de premier plan, tels que le pianiste Lang Lang ou la chanteuse Tan Jing.

Vos bienfaits ne se limitent pas à la Chine, puisqu'en 2013, vous avez fait un don particulier destiné à la rénovation d'un fleuron du patrimoine français, le Château de La Celle-Saint-Cloud. Ce lieu apporte désormais une contribution précieuse aux échanges culturels internationaux, particulièrement avec la Chine. C'est avec une superbe exposition sur l'artisanat d'excellence chinois que la partie restaurée a été inaugurée. Je veux aujourd'hui, Cher Yuk Kwok Cheung, vous exprimer ma vive reconnaissance pour votre générosité.

Toutes ces facettes de votre vie font de vous un acteur engagé dans la société et le monde contemporain, fidèle à la grande tradition des lettrés chinois aux «grandes aspirations et nobles idéaux». C'est cet engagement que la France tient aujourd'hui à saluer.

Monsieur Yuk Kwok Cheung, au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'Honneur./.

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27. Chine - Discours de Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, Ă  l'occasion de la remise des insignes de Commandeur des Arts et des Lettres Ă  M. Chen Kaige (Shanghai, 18/10/2014)

Mesdames et Messieurs, Chers Amis, Cher Chen Kaige,

Nous sommes réunis pour saluer l'oeuvre et la carrière d'un artiste exceptionnel, qui a marqué et continue de marquer, par son talent et son audace, le cinéma chinois et le cinéma mondial.

Vous êtes né en 1952 à Pékin, votre père était cinéaste. Mais il serait faux d'imaginer une vie semblable à un long fleuve tranquille, où le fils succède sereinement au père. Ce serait oublier le tumulte de la Révolution culturelle, qui vous fit interrompre vos études à l'âge de 13 ans. Comme bien d'autres jeunes de votre génération, vous avez ensuite connu des années difficiles, à la campagne puis dans l'Armée. Des années âpres, mais qui seront aussi fondatrices pour votre art. Comme souvent, les souffrances forgent les grands artistes.

Vous venez au cinéma à 26 ans, en 1978, en intégrant la prestigieuse Académie de cinéma de Pékin. En 1984, vous achevez votre premier film, Terre jaune, oeuvre fondatrice pour vous mais également pour le mouvement de la «cinquième génération» des réalisateurs chinois. Pour les spectateurs français, qui découvrent grâce à vous la beauté de cette terre du nord-ouest de la Chine, creuset de la civilisation chinoise, c'est un choc esthétique, une ouverture sur un monde cinématographique nouveau.

C'est en 1993 que vous connaissez la consécration, avec votre chef-d'oeuvre Adieu ma concubine, qui fit de vous le premier réalisateur chinois à remporter la Palme d'Or du Festival de Cannes. On garde en mémoire cette fresque historique qui aborde l'amitié ambiguë entre deux chanteurs d'Opéra de Pékin entre 1920 et 1970. En toile de fond, les grands bouleversements du pays : l'occupation japonaise, la libération et la proclamation de la République populaire de Chine, la Révolution culturelle. Par cette oeuvre majeure et universelle, où brille la grande comédienne Gong Li, vous entrez dans l'Histoire du cinéma. Et par ce film, vous avez démontré qu'au cinéma, l'extrême qualité peut se combiner avec le succès de masse.

En artiste soucieux de vous renouveler, vous vous tournez ensuite vers d'autres genres. Ce seront les grandes productions épiques, avec L'Empereur et l'assassin en 1999, et Wu Ji, la légende des cavaliers du vent en 2005. Dans votre dernier film, Caught in the web, en 2012, vous traitez des préoccupations contemporaines, liées à l'usage d'Internet et à ses conséquences sur la vie privée. Nous attendons maintenant avec impatience votre prochain film, Le maître taoïste descend de la montagne, une nouvelle fresque historique qui sera, je n'en doute pas, l'un des grands succès de 2015.

Réalisateur célèbre dans le monde entier, vous êtes aussi un acteur reconnu, qui s'est notamment distingué dans Le dernier Empereur, de Bernardo Bertolucci, en 1987. Vous êtes enfin un écrivain de talent, auteur de romans et d'un récit autobiographique, Une jeunesse chinoise, traduit en français. Bref, vous êtes un artiste multi-talents ! C'est d'ailleurs exactement ce que je demande aux ambassadeurs français : non pas d'être des artistes, mais d'être multi-talents, de s'intéresser à tous les domaines - politique, économique, culturel.

Cher Chen Kaige, à travers ce résumé d'une si riche carrière, je perçois plusieurs lignes de force qui expliquent le souhait de la France de vous distinguer en tant que Commandeur des Arts et des Lettres.

D'abord votre engagement en faveur de la diversité culturelle. Rejetant toute standardisation, vous avez dit à de nombreuses reprises votre conviction qu'un cinéaste devait ancrer son travail dans la culture à laquelle il appartenait. Cet enracinement dans la civilisation chinoise à travers toute votre oeuvre vous vient sans doute de votre père, spécialiste notamment des films inspirés de l'opéra chinois. Mais cet enracinement est le contraire d'un repli sur soi : il est pour vous la condition d'une ouverture vers l'autre, qui s'est traduite par les nombreuses collaborations internationales que vous avez initiées.

Un autre fil directeur de votre oeuvre, c'est le souci des humbles, la volonté de faire connaître la vie des millions d'anonymes soumis aux turbulences de l'Histoire. Cette veine sociale et humaniste vient de votre expérience intime, de ces années de jeunesse que vous avez passées avec le peuple des campagnes, partageant leurs joies et leurs peines. C'est, au-delà de la puissance esthétique de vos oeuvres, ce qui donne sa force au récit de l'histoire chinoise qui forme la trame de beaucoup de vos films.

Enfin, vous avez noué un lien fort avec la France. Celle-ci vous aime, vous avez encore pu le constater le mois dernier à la cinémathèque de Toulouse où nous avons eu le plaisir de nous retrouver pour la rétrospective consacrée à votre oeuvre. Et je sais que vous aimez aussi la France. Cette histoire d'amour est ancienne, puisque l'un de vos premiers films, Le Roi des Enfants, a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes en 1988. Je sais que vous avez le projet de tourner bientôt un film en France, et je m'en réjouis !

Vous oeuvrez activement en faveur des coopérations et co-productions entre la Chine et la France dans le domaine du cinéma. À cet égard, laissez-moi vous dire ma joie lorsque j'ai appris que la Chine avait proposé Le Promeneur d'oiseau (Ye Ying), film chinois du réalisateur français Philippe Muyl, pour la représenter aux Oscars 2015. Après le Totem du Loup, adaptation du best-seller de Jiang Rong tournée en Chine par Jean-Jacques Annaud, c'est une nouvelle illustration de notre coopération en ce domaine. Quand deux grands pays de cinéma comme la Chine et la France travaillent ensemble, le succès est au rendez-vous ! Mais nous pouvons encore, je crois, aller plus loin. Beaucoup d'efforts ont été accomplis pour faire connaître en France le cinéma chinois, notamment vos chefs-d'oeuvre. J'espère de la même façon que les films français seront, dans un avenir proche, accessibles plus largement dans les salles de cinéma chinoises. Je sais pouvoir compter sur votre appui, Cher Chen Kaige.

Pour toutes ces raisons, je suis heureux de vous remettre aujourd'hui, Cher Chen Kaige, les insignes de Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres./.

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28. DĂ©sarmement - Intervention Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies du reprĂ©sentant permanent de la France auprès de la ConfĂ©rence du dĂ©sarmement (New York, 22/10/2014)

Monsieur le Président,

La France s'associe à la déclaration qui a été prononcée par l'Union européenne.

Cette année, le désarmement conventionnel et la maîtrise des armements ont connu des avancées majeures. Il faut naturellement s'en féliciter.

Car les enjeux du désarmement conventionnel sont toujours aussi importants. Les armes légères et de petit calibre (ALPC) sont aujourd'hui les armes qui font, de loin, le plus de victimes dans le monde. Elles ont un effet profondément déstabilisateur et constituent un frein au développement des États les plus fragiles.

L'année dernière, nous nous félicitions de l'adoption du Traité sur le commerce des armes (TCA). Cette année, nous sommes en mesure de saluer son entrée en vigueur. La rapidité avec laquelle nous avons atteint le seuil de 50 ratifications montre bien à quel point ce Traité était utile et attendu.

La France rappelle son soutien à la candidature de Genève pour accueillir le siège du secrétariat. Genève réunit en effet plusieurs critères : la présence d'une expertise en matière de désarmement et de maîtrise des armements, d'une expertise en matière de droit international humanitaire et sur les droits de l'Homme, d'une expertise en matière de commerce, ainsi que la proximité des organisations de terrain.

La mise en oeuvre du TCA sera déterminante. La déclaration finale du sommet de l'Élysée pour la paix et la sécurité en Afrique, qui s'est tenu à Paris les 6 et 7 décembre 2013, l'a pleinement soulignée. C'est pourquoi la France a organisé, les 2 et 3 octobre derniers à Paris, un séminaire destiné à identifier, en partenariat avec les pays d'Afrique et avec les organisations régionales africaines, les besoins en matière de mise en oeuvre du traité. Nous participerons également au financement du cours en français sur la mise en oeuvre du TCA organisé par le CPSG en décembre à Genève. Enfin, la France a pris en charge la traduction en français des conclusions de la réunion préparatoire à la première réunion des États parties au TCA, qui s'est tenue en septembre à Mexico.

Le détournement d'ALPC depuis des stocks existants jusqu'aux marchés illégaux menace la sécurité régionale et internationale. Dans ce contexte, la France se félicite de l'adoption par consensus du document final de la cinquième réunion biennale (BMS5) des États en application du Programme d'action des Nations unies sur les ALPC. À titre national, la France réalise des projets de sécurisation des dépôts d'armes et de destruction des munitions en excès au Mali, en Côte d'Ivoire, en République Centrafricaine, en Guinée et au Sud-Soudan.

Monsieur le Président,

L'année 2014 a également été marquée par les discussions tenues dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC/CCW) sur la question des systèmes d'armes létaux autonomes (SALA/LAWS). Le mandat, adopté en novembre dernier, a permis d'organiser 4 jours de débats substantiels sur cette question émergente. La réunion a permis d'approfondir les aspects techniques, juridiques, éthiques et opérationnels des SALA/LAWS. Je suis fier d'avoir présidé ces débats qui montrent que la CCAC est capable de se saisir des enjeux de l'avenir.

Le mois prochain, lors de la réunion des Hautes Parties contractantes, la France soutiendra un renouvellement du mandat pour une nouvelle réunion d'experts en 2015.

Également dans le cadre de la CCAC/CCW, la France coordonnera en 2015 en liaison avec la Moldavie les discussions sur la question des engins explosifs improvisés. Les engins explosifs improvisés sont une menace croissante qui prend des proportions inquiétantes. Le groupe des experts du protocole II amendé de la CCAC/CCW a sur cette question une réelle plus-value à apporter.

Je tiens enfin à féliciter l'Irak pour son adhésion à la convention, à son amendement et à ses cinq protocoles. Cette adhésion témoigne de la poursuite des progrès de l'universalisation de la convention.

En tant que présidente sortante de la réunion des hautes parties contractantes, la France introduira cette année à la première commission la résolution sur la CCAC/CCW. Le texte prend en compte les développements récents intervenus dans le cadre de la Convention, comme il est d'usage. Comme les années précédentes, nous souhaitons que la résolution soit adoptée par consensus.

Il y a également d'autres motifs de satisfaction dans le domaine du désarmement conventionnel en 2014, notamment le succès de la conférence d'examen de la Convention d'interdiction des mines antipersonnel à Maputo.

Enfin, la France a été nommée, à l'occasion de la réunion des États parties de la Convention d'Oslo sur les armes à sous-munitions co-coordinateur du comité sur la destruction des stocks d'armes à sous-munitions, avec l'Albanie.

Les crises dans le monde et l'usage d'armes aux effets humanitaires inacceptables viennent nous rappeler la pertinence de ces conventions. La France condamne l'usage d'armes incendiaires et d'armes à sous-munition en Syrie. Elle appelle ce pays à adhérer aux différentes conventions de désarmement humanitaire.

Je vous remercie./.

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29. Disparitions forcĂ©es - Intervention du reprĂ©sentant de la France auprès des Nations unies (New-York, 22/10/2014)

Merci Madame la Présidente,

Je remercie le Président du Comité et le Président du Groupe de travail pour la présentation de leurs rapports annuels.

Comme vous le savez, notre engagement dans la lutte contre les disparitions forcées est historique et demeure une priorité majeure. Vous savez pouvoir compter sur le soutien de la France dans l'accomplissement de vos mandats respectifs.

La mobilisation du Comité, du Groupe de travail, du Haut-Commissariat aux droits de l'Homme ainsi que de la société civile est indispensable pour continuer à lutter efficacement contre ce fléau que constituent les disparitions forcées.

Les disparitions forcées continuent de frapper, chaque année, des centaines de victimes dans toutes les régions du monde. Hier comme aujourd'hui, les régimes autoritaires en font régulièrement usage contre les opposants politiques, contre les journalistes, contre les défenseurs des droits de l'Homme.

C'est pourquoi la France saisit cette opportunité pour encourager de nouveau tous les États à ratifier la Convention contre les disparitions forcées, qui constitue un instrument indispensable pour éradiquer ce crime. La France présentera de nouveau cette année avec l'Argentine et le Maroc une résolution appelant à la ratification universelle. Je salue à cette occasion le Portugal, le Togo et le Lesotho pour leur ratification récente de la Convention.

Permettez-moi de vous poser une question :

Monsieur le Président du Groupe de travail, les disparitions forcées sont souvent liées à d'autres violations des droits de l'Homme : torture, détentions arbitraires, exécutions extrajudiciaires... Comment le Groupe de travail et le Comité coopèrent-ils avec les autres procédures spéciales concernées ?

Je vous remercie./.

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30. AttractivitĂ© de la France - Commerce extĂ©rieur - Entretien de l'ambassadrice dĂ©lĂ©guĂ©e aux investissements internationaux avec le quotidien «Les Échos» (Paris, 23/10/2014)

Q - Quel regard portez-vous aujourd'hui sur l'attractivité de la France et la capacité des entreprises à exporter ?

R - L'attractivité est plutôt bonne. La France est la première terre d'accueil des investissements industriels étrangers en Europe depuis 2011. L'an passé, 685 entreprises ont investi en France et créé plus de 29 000 emplois, en hausse de 14 % sur l'emploi, mais il y a une marge de progrès, comparé à nos voisins allemands et anglais. La mondialisation des chaînes de valeur crée des opportunités pour le pays. Beaucoup d'entreprises s'implantent en France pour créer une plate-forme et réexpédier leurs produits en Europe et en Afrique. 20 000 entreprises étrangères sont présentes en France, elles représentent 28 % de la R&D et un tiers de l'exportation. Le diagnostic du commerce extérieur est contrasté. La France ne compte que 120 000 entreprises exportatrices contre 400 000 en Allemagne et 250 000 en Italie. Et le tissu exportateur est très concentré : 1 000 entreprises très dynamiques réalisent 70 % des exportations.

Q - Quelle sera la fonction exacte de la nouvelle entité ?

R - La nouvelle agence fusionnée travaillera à la plus grande internationalisation de l'économie française. Directement ou indirectement, près de 6 millions d'emplois sont liés à l'exportation, soit 28 % des emplois en France, et les filiales d'entreprises étrangères représentent 2 millions d'emplois. L'internationalisation est une chance pour l'économie française. Il s'agit maintenant d'accélérer pour aller chercher la croissance là où elle est. Pour réussir, il faut faire émerger plus de PME et d'ETI (entreprises de taille intermédiaire) à l'exportation. Aujourd'hui, beaucoup d'entre elles n'ont pas le marché étranger en ligne de mire. Nous devons inventer une manière française d'aller à l'international, en étant groupés, et que les grandes entreprises emmènent les PME avec elles, comme par exemple dans la French Tech, les pôles de compétitivité et les familles à l'export.

Q - Quels seront les bénéfices de la fusion ?

R - Il s'agit d'abord de rendre plus lisible et plus simple l'action publique. Cette opération va aussi nous permettre d'agrandir la prospection à l'étranger puisque l'Afii est présente dans 22 pays et Ubifrance, dans 70. Ensuite, nous pourrons mettre les entreprises étrangères en relation avec un tissu de PME françaises, susceptibles de devenir fournisseurs ou partenaires. Enfin, nous pourrons mieux aider les investisseurs étrangers à exporter depuis le territoire français. Au final, le service aux entreprises sera plus efficace, personnalisé et collaboratif.

Q - Faut-il simplifier le dispositif français à l'international, souvent critiqué pour sa complexité ?

R - Cela va être une des vertus de la fusion. Parce que l'État montre l'exemple en simplifiant ses structures, les autres sont incités à le faire. Il existe aujourd'hui une cinquantaine d'institutions qui s'occupent du commerce extérieur. Vu des entreprises, rien n'est clair. Il nous faut partir du point de vue des entreprises et pas de l'intérêt des institutions. Notre partenariat avec bpifrance et la Coface pour accompagner 1 000 ETI à l'export en est un excellent exemple. Nous allons chercher un accord avec les réseaux consulaires pour créer un parcours export pour les PME, qui les aidera à évaluer leur projet, se projeter à l'étranger et s'y développer durablement. Notre partenariat avec les régions et leurs agences de développement sera renforcé. Nous voulons agir comme l'équipe de France internationale efficace et unie. L'ambassadeur ouvre les portes et mobilise tous les acteurs, et les services économiques de l'ambassade (DG Trésor) lèvent les obstacles. L'opérateur public de développement international du business que nous sommes s'inscrit dans ce contexte au service de la France et des entreprises./.

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