Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 20 novembre 2017


Sommaire



1. Point de presse de la porte-parole - M√©diterran√©e/Climat/Participation de M. Jean-Yves Le Drian √† la conf√©rence ¬ęM√©diterran√©e du futur¬Ľ contre le r√©chauffement climatique - Zimbabwe - Climat/Fin des travaux de la COP23 - Nations unies/Journ√©e internationale des droits de l'enfant - Libye/Trafic d'√™tres humains - D√©placements des parlementaires √† l'√©tranger - Isra√ęl (Paris, 20/11/2017)

Au point de presse de ce jour, la porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - M√©diterran√©e - Climat - Participation de M. Jean-Yves Le Drian √† la conf√©rence ¬ęM√©diterran√©e du futur¬Ľ contre le r√©chauffement climatique (Marseille, 21 novembre 2017)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires √©trang√®res, interviendra mardi 21 novembre √† la conf√©rence ¬ęM√©diterran√©e du futur¬Ľ qui se tiendra √† Marseille √† l'initiative de la r√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur. Le prince Albert de Monaco, M. Renaud Muselier, pr√©sident du conseil r√©gional, et de nombreux ministres et personnalit√©s du monde m√©diterran√©en ainsi que des repr√©sentants de la Commission europ√©enne et de l'Union pour la M√©diterran√©e prendront part √† cette conf√©rence.

¬ęM√©diterran√©e du futur¬Ľ est la premi√®re √©dition de rencontres ouvertes aux acteurs publics et priv√©s reconnus pour leur contribution √† la d√©finition et √† la mise en oeuvre de solutions innovantes et ambitieuses en M√©diterran√©e. Cette premi√®re rencontre sera consacr√©e √† l'engagement commun des acteurs de la M√©diterran√©e pour lutter contre le r√©chauffement climatique et atteindre les objectifs fix√©s par les accords sur le climat, notamment l'Accord de Paris.

La conférence sera l'occasion de définir de nouvelles initiatives de pays méditerranéens sur les villes durables, l'économie verte et bleue, le financement innovant de projets d'atténuation du changement climatique, le développement d'une énergie propre et les engagements locaux en faveur des objectifs mondiaux de développement durable.

Le ministre insistera sur la nécessité de mieux associer les entrepreneurs, innovateurs et créateurs issus de la société civile à notre effort collectif de construction d'un espace partagé en Méditerranée.

Le minist√®re soutient plus de 300 collectivit√©s fran√ßaises engag√©es dans pr√®s de 700¬†projets de coop√©ration d√©centralis√©e avec une dizaine de pays du bassin m√©diterran√©en ainsi que les organisations de la soci√©t√© civile et les entreprises engag√©es dans l'espace m√©diterran√©en, notamment au travers des ¬ęr√©seaux r√©gionaux multi-acteurs¬Ľ en cours de constitution dans les 13 r√©gions fran√ßaises.

2 - Zimbabwe

En concertation avec ses partenaires, notamment européens, la France suit avec une grande attention les événements en cours au Zimbabwe. Elle rappelle son attachement à la légalité constitutionnelle et au respect des aspirations légitimes du peuple zimbabwéen. Elle encourage toutes les parties en présence à rechercher la résolution de leurs différends dans ce cadre et sans violences. Elle soutient à cet égard les efforts de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe).

Notre ambassade est pleinement mobilisée. Les consignes de prudence adressées à nos compatriotes résidents et de passage ces derniers jours restent d'actualité.

3 - Climat - Fin des travaux de la COP23 (Bonn, 6-17 novembre 2017)

La COP23 a permis d'avancer sur l'ensemble des sujets liés à la mise en oeuvre de l'Accord de Paris.

La France salue la conduite efficace et constructive des négociations par la présidence exercée par la République des Fidji. Elle a permis de rappeler la gravité et la réalité des enjeux du changement climatique pour les plus vulnérables.

Les négociations ont abouti à des premiers projets de texte sur l'ensemble des règles d'application de l'Accord de Paris. Le texte d'application de l'Accord de Paris devra être finalisé et adopté d'ici à la COP24, qui se tiendra fin 2018 à Katowice, en Pologne.

Par ailleurs, des avancées sont notables sur plusieurs sujets. Ainsi ont été adoptés une décision sur les pertes et dommages, un Plan d'action sur le genre ainsi que la plateforme des communautés locales et des peuples autochtones.

Cette étape franchie, le travail doit s'accélérer sur plusieurs plans :

- celui de la négociation d'un corpus finalisé de l'ensemble des règles de mise en oeuvre de l'Accord de Paris l'année prochaine ;

- celui de l'action climatique, l'ensemble des √Čtats et des acteurs de la soci√©t√© civile devant redoubler d'efforts pour contenir le r√©chauffement climatique et ses impacts ;

- celui des financements car les engagements pris par les pays développés devront être honorés afin d'appuyer la transition dans les pays en voie de développement et les plus vulnérables.

Pour relever le niveau d'ambition, les pr√©sidences marocaine et fidjienne de la COP, ont lanc√© le ¬ęDialogue de Talanoa¬Ľ, dialogue de facilitation d√©cid√© √† la COP21. Conduit √† partir de janvier 2018, il permettra un premier bilan des efforts accomplis et incitera les Parties √† relever l'ambition de leurs engagements nationaux. Ce dialogue prendra en compte les efforts des √Čtats dans le cadre de l'Accord de Paris et dans la p√©riode pr√©-2020, ainsi que l'action des acteurs non-√©tatiques. Les r√©sultats du rapport sp√©cial du GIEC sur l'objectif 1,5¬įC, qui doit √™tre remis en septembre 2018, y auront une place centrale.

Par ailleurs, la COP23 a d√©montr√© la mobilisation des acteurs engag√©s dans le cadre de l'agenda de l'action : publication du ¬ęYearbook¬Ľ, synth√®se des actions du Marrakech Partnership, d√©signation par la Pologne de son champion en vue de la COP24, Tomasz Chruszczow, et tr√®s nombreux √©v√®nements organis√©s par ou avec la France, dont des manifestations consacr√©es √† l'Alliance solaire internationale, √† l'initiative CREWS sur les syst√®mes d'alerte pr√©coce, ou √† l'initiative CAFI sur les for√™ts d'Afrique centrale ainsi que lancement de nouvelles initiatives comme l'Alliance pour la sortie du charbon ou le Partenariat Insuresilience.

4 - Nations unies - Journée internationale des droits de l'enfant (20 novembre 2017)

À l'occasion de la journée internationale des droits de l'enfant, la France appelle à renforcer encore la mobilisation internationale en faveur de la protection des enfants et de la promotion de leurs droits. C'est un sujet sur lequel le ministre a particulièrement insisté lors de son déplacement à New York les 30 et 31 octobre et qui a été une priorité de la présidence française du conseil de sécurité.

Nous sommes engagés à tous les niveaux en faveur de l'accès de tous à l'éducation, ainsi que dans la lutte contre les violences faites aux enfants, les pratiques néfastes et la mortalité maternelle et infantile.

La France oeuvre en particulier √† l'√©chelle internationale √† une protection renforc√©e des enfants dans les conflits arm√©s. C'est √† notre initiative qu'ont √©t√© cr√©√©s un m√©canisme multilat√©ral de surveillance et de communication de l'information sur les violations des droits de l'enfant ainsi qu'un groupe de travail du conseil de s√©curit√© charg√© de suivre ces violations. En f√©vrier dernier, en partenariat avec l'UNICEF, nous avons organis√© la conf√©rence ¬ęProt√©geons les enfants de la guerre¬Ľ pour marquer les dix ans de l'adoption des ¬ęPrincipes et engagements de Paris¬Ľ et relancer l'engagement international sur ce sujet. Aujourd'hui endoss√©s par 108 √Čtats, ils ont pour objectif une mise en oeuvre concr√®te de la protection des enfants et leur r√©insertion dans leur famille ou leur communaut√© ainsi que la pr√©vention et la lutte contre l'impunit√©. La France appelle les √Čtats qui ne l'ont pas encore fait √† endosser ces principes.

L'éducation est également un enjeu crucial pour protéger les vies des filles et adolescentes. Elle permet la réduction des mariages et grossesses précoces et contribue à l'autonomisation des jeunes filles. Dans ce contexte, la France soutient le partenariat mondial pour l'éducation. Elle appuie partout les activités de l'UNICEF. Depuis 2015, ce sont 27 millions d'euros qui lui ont été versés pour ses activités éducatives au profit des enfants réfugiés au Liban et en Jordanie. Nous travaillons aussi en faveur de la lutte contre les violences de genre en milieu scolaire et pour l'accès des jeunes et des adolescents à l'information et à l'éducation complète à la sexualité, afin d'améliorer leur santé et permettre une meilleure compréhension des risques auxquels ils sont exposés.

5 - Libye - Trafic d'êtres humains

La France condamne avec la plus grande fermeté les traitements inhumains et les violences dont sont victimes les migrants en Libye. Ces pratiques abjectes suscitent l'indignation de la France et choquent la conscience mondiale. La France prend note de l'ouverture d'une enquête par les autorités libyennes et souhaite que celle-ci aboutisse dans les meilleurs délais.

Comme l'a fait le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, M. Jean-Yves Le Drian, auprès du ministre de l'intérieur libyen le 4 septembre dernier, la France rappelle aux autorités libyennes leur devoir de protection et d'assistance envers les migrants présents sur leur territoire et la nécessité de pleinement coopérer avec l'OIM et le HCR auxquels la France apporte son plein soutien. Au-delà de la simple humanité, il en va de la crédibilité du gouvernement d'entente nationale comme de l'ensemble des acteurs libyens en situation de venir en aide aux migrants.

Conform√©ment aux engagements du sommet de Paris du 28 ao√Ľt, la France r√©affirme sa d√©termination √† lutter avec ses partenaires europ√©ens et africains contre le trafic de migrants sous toutes ses formes et √† d√©manteler le mod√®le √©conomique des trafiquants. Par ailleurs, une mission de protection a √©t√© conduite par l'OFPRA au Niger afin de proc√©der √† l'audition de demandeurs d'asile √©vacu√©s de Libye par le HCR. Cette mission s'inscrit dans les conclusions de ce sommet.

Il n'y aura de réponse durable aux violences et à la traite des migrants par des réseaux criminels que dans le cadre d'une solution politique inclusive et avec l'appui d'une armée unifiée, placée sous l'autorité du pouvoir civil. Dans la continuité de la réunion de La Celle-Saint-Cloud du 25 juillet, et en relation avec l'Union européenne et les partenaires régionaux, la France ne ménage aucun effort en ce sens, en appui de la médiation des Nations unies.

Enfin, la lutte contre le trafic des êtres humains appelle un engagement toujours plus fort de la communauté internationale, notamment des Nations unies. À ce titre, nous saluons la réunion organisée demain par les Nations unies à Tripoli sur la question migratoire.

6 - Déplacements des parlementaires à l'étranger

Q - Lors de la s√©ance des questions au gouvernement du 15 novembre, Mme¬†Nathalie Loiseau, ministre en charge des affaires europ√©ennes a d√©sapprouv√© le refus d'Isra√ęl d'accueillir une d√©l√©gation de parlementaires europ√©ens et fran√ßais qui avaient notamment l'intention de rencontrer Marwan Barhgouti, emprisonn√© en Isra√ęl pour sa responsabilit√© dans des attentats ayant caus√© la mort de nombreux civils. La ministre a exprim√© le souhait que ces parlementaires puissent partout avoir ¬ęacc√®s √† l'ensemble des interlocuteurs qu'ils souhaitent rencontrer pour remplir leur mission d'information¬Ľ. Si une d√©l√©gation de parlementaires √©trangers exprimait le d√©sir de rencontrer dans sa cellule Salah Abdeslam, ou toute autre personne impliqu√© dans les attentats sanglants commis ces derni√®res ann√©es en France, les autorit√©s fran√ßaises acc√®deraient-elles √† cette demande en consid√©rant que ces d√©tenus sont des ¬ęinterlocuteurs¬Ľ l√©gitimes ?

R - S'agissant des déplacements des parlementaires français à l'étranger, la ministre chargée de l'Europe a rappelé un principe général.

En ce qui concerne votre question sur Salah Abdeslam, je vous invite à vous adresser au ministère de la justice.

7 - Isra√ęl

Q - Pourriez-vous nous expliquer dans quel cadre l'arm√©e de l'air fran√ßaise a particip√© √† des exercices avec l'aviation isra√©lienne (ainsi que d'autres arm√©es europ√©ennes mais aussi des √Čtats-Unis), la semaine derni√®re ? Le ¬ęTimes of Isra√ęl¬Ľ affirme : ¬ęLes responsables de l'arm√©e isra√©lienne ont d√©clar√© que l'objectif de l'exercice √©tait triple : renforcer les relations diplomatiques entre les pays, exposer les arm√©es pr√©sentes √† de nouvelles tactiques et techniques, et am√©liorer la coop√©ration militaire via des exercices qui exigent que les arm√©es de l'air travaillent de concert¬Ľ. Ce qui tend √† montrer que le minist√®re de la d√©fense n'est pas seul concern√© mais √©galement le MAE fran√ßais. Quel est votre commentaire ? Faut-il mettre ces exercices en relation avec les r√©centes d√©clarations du ministre Jean-Yves Le Drian sur les missiles balistiques iraniens ?

R - La France entretient des relations anciennes avec Isra√ęl et a d√©velopp√© avec ce pays ami des coop√©rations dans tous les domaines. Des exercices militaires conjoints se tiennent r√©guli√®rement √† ce titre entre nos deux pays.

S'agissant des modalités de l'exercice auquel vous faites référence, je vous invite à prendre l'attache du ministère des armées./.

Retour sommaire


2. Moyen-Orient - Entretiens de M. Emmanuel Macron, pr√©sident de la R√©publique, avec des dirigeants internationaux - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 18/11/2017)

Le pr√©sident de la R√©publique s'est entretenu samedi 18 novembre dans l'apr√®s-midi avec le pr√©sident du Liban, Michel Aoun, le pr√©sident des √Čtats-Unis, Donald Trump, le pr√©sident √©gyptien, Abdel Fateh Al Sissi, le Prince h√©ritier d'Arabie saoudite, Mohamed ben Salmane Al Saoud, ainsi que le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, Antonio Guterres, afin d'√©voquer avec eux la situation au Moyen-Orient, les int√©r√™ts et les moyens de stabiliser la r√©gion et de construire la paix.

Le président français poursuivra ces échanges avec d'autres dirigeants internationaux dans les prochains jours./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. Union europ√©enne - Sommet social europ√©en - Intervention de M. Emmanuel Macron, pr√©sident de la R√©publique (G√∂teborg, 17/11/2017)

Thank you very much and hello everybody.

Je vais parler en français pour défendre la francophonie puisqu'il y a des traductions qui sont fournies. Le sommet du jour, Jean-Claude Juncker l'a rappelé et le Premier ministre suédois aussi, est un moment important parce que c'est une composante importante de la stratégie d'ensemble que nous avons. Et on ne peut pas parler constamment de compétitivité et d'ajustement si on ne parle pas en même temps de notre modèle social, parce que sinon ça veut dire qu'on renonce à notre modèle social et qu'on sera attiré vers un modèle qui est un modèle asiatique ou hyper libéral et qu'en quelque sorte, le facteur d'ajustement, ce sera toujours le moins disant social.

Le paradoxe c'est qu'on √©voque ce sujet √† un moment de profondes transformations de nos soci√©t√©s, Erna Solberg vient de le dire tr√®s bien, c'est-√†-dire un moment o√Ļ les comp√©tences sont essentielles, et o√Ļ pour les jeunes comme les moins jeunes, on a un besoin de transformation des comp√©tences tr√®s rapide. C'est d√Ľ √† quoi ? Une explosion du savoir mondial, une acc√©l√©ration de celui-ci par le num√©rique et une transformation de nos √©conomies qui sont impact√©es par les grands acteurs du num√©rique. Ce qui fait qu'aujourd'hui en Europe on a 15 millions de d√©crocheurs et 70 millions d'Europ√©ens qui n'ont pas les comp√©tences de base pour trouver un emploi ; √ßa veut dire qu'on peut faire tous les efforts qu'on veut d'ajustement en termes de comp√©titivit√©, de r√©duire les droits etc. - c'est ce que Stefan L√∂fven disait tout √† l'heure - et bien on n'arrivera pas √† faire travailler nos concitoyens avec ces conditions.

Et quand je parle de mon pays, la France, on a un million et demi de décrocheurs, 1,3 million exactement, et entre 1,5 million et 2 millions de gens qui n'ont pas les compétences.

Donc le coeur aujourd'hui de notre probl√®me de ch√īmage ce n'est pas simplement l'ajustement de nos march√©s du travail, c'est aussi √ßa, c'est ce que la ministre du travail fait en France avec les partenaires sociaux, c'est pour √ßa qu'on a un vrai d√©fi aujourd'hui chez nous qui est de r√©former l'apprentissage, la formation continue parce que notre organisation ne correspond plus √† ce d√©fi et on va investir 15 milliards d'euros sur le quinquennat sur ces priorit√©s.

Parce qu'√©videmment √ßa co√Ľte de l'argent et qu'il faut pouvoir investir parce que jusqu'alors on n'investissait plus sur les comp√©tences pendant le cycle de vie ; on vit quand m√™me collectivement dans des syst√®mes qui sont organis√©s avec une certitude de base, c'est qu'√† 20 ans, 22 ans ou 23 ans on est form√© pour toute la vie et qu'on n'aura plus besoin d'√™tre form√©.

Or les dernières études le montrent : l'obsolescence des compétences, c'est 5 ans ; ça veut dire que si vous n'entretenez pas vos compétences au bout de 5 ans il faut vous reformer. Donc on a besoin d'un investissement public, massif, mais qui suppose d'avoir la bonne organisation collective pour qu'il soit productif et qu'on utilise bien cet argent qu'on va devoir mettre.

Donc en France on fait une r√©forme profonde de transformation ¬ęapprentissage formation professionnelle¬Ľ et on met 15 milliards.

Je crois qu'on a beaucoup besoin dans cette période de l'Europe. Et l'Europe pour cela je pense qu'il faut qu'on réfléchisse pour les prochaines perspectives budgétaires à avoir sur ce volet-là une vraie priorité.

À court terme je pense que le plan Juncker 2, il faut le regarder aussi comme un plan sur les compétences, parce que quand on regarde comment investir dans nos sociétés, ça n'est pas que des infrastructures de transport ou des infrastructures publiques classiques, ce sont les compétences de nos concitoyens, si on veut que cette croissance soit inclusive. Et donc je souhaite qu'on ait vraiment une réflexion sur ce volet-là : comment activer ce qui a très bien marché sur la première génération du fonds Juncker, sur la formation des personnes.

Ensuite c'est de regarder comment on peut aussi adapter les instruments financiers qu'on a. Le fonds social européen il faut qu'on puisse beaucoup mieux l'utiliser sur ces plans de formation et des compétences.

On a la convergence entre les pays qu'il faut mieux utiliser et mieux conditionner. Je l'ai souvent dit parce qu'aujourd'hui on est √† un moment o√Ļ on a perverti la convergence au sein de l'Union europ√©enne, c'est plus une vraie convergence qu'on fait, parce qu'on a cr√©√© des mod√®les de dumping fiscal et social et on a un peu mis le point l√†-dessus quand on a travaill√© sur les travailleurs d√©tach√©s. Donc il faut utiliser le fonds social europ√©en pour aider dans tous les pays les moins form√©s, les d√©crocheurs, parce qu'il y a de la divergence sociale dans tous nos pays.

Et il faut pouvoir mieux utiliser le fonds d'adaptation à la mondialisation. Il est très important, il permet d'aller vers des idées qu'ont poussé certains ici en particulier chez les partenaires sociaux, je pense à vous Laurent Berger, ces contrats de transition territoriale qui permettent de dire que quand il y a des ajustements forts dans un endroit, une région, on est ici à Göteborg et Stefan Löfven a amené une vraie transition industrielle dans cet endroit, dans un lieu qui l'illustre parfaitement.

Il faut que l'Europe puisse aider à investir dans les compétences des gens beaucoup plus fortement. On a aujourd'hui des critères qui sont assez rigides, il y a ce critère de 500 emplois au moins supprimés pour pouvoir utiliser le fonds d'adaptation à la mondialisation ; il faut peut-être le revoir pour le rendre plus souple et activer cette poche financière un peu mieux, parce que partout en Europe on va avoir des transitions à faire pour reformer les gens, pour passer de, entre guillemets, la vieille économie à la nouvelle économie.

Donc je pense que l'Europe est très importante à cet égard. Dernier point c'est l'Erasmus professionnel. Quand on parle de nos décrocheurs et des jeunes, l'apprentissage - l'Allemagne en un très bon exemple, l'Autriche aussi et plusieurs autres ici présents - c'est l'apprentissage qui aide à faire entrer les jeunes. Et donc je pense qu'aujourd'hui déjà l'Erasmus ne marche pas suffisamment fort parce qu'on n'y a pas mis cet argent, parce que collectivement on est très hypocrite on dit à chaque fois c'est très bien, on fête les 30e anniversaire mais on ne veut jamais mettre de l'argent collectif, donc 50% quasiment des Erasmus ne sont pas honorés parce qu'on n'est pas l'argent communautaire. Si on a une vraie ambition pour l'Erasmus apprentissage mettons l'argent, mais mettons-le vraiment ! Parce que nos jeunes en ont besoin pour rentrer justement dans le monde du travail.

Tout dernier point de remarque par rapport à cette transformation, on doit être cohérent dans l'ensemble de nos politiques par rapport à ce défi. Moi je pense que ces défis sociaux on ne doit pas les regarder simplement dans les sommets sociaux une fois tous les 20 ans, et j'ai bon espoir qu'on le fera une fois tous les ans parce qu'on sera plusieurs à pousser. Mais cela doit être cohérent avec toutes nos politiques. On ne peut pas avoir une politique territoriale et de cohésion territoriale en ne regardant pas le sujet social ; donc moi je suis pour conditionner à la convergence sociale les fonds structurels et la cohésion.

On ne peut plus avoir un mod√®le ou on laisse se d√©velopper des business model de dumping social ou fiscal financ√©s par les fonds europ√©ens. Je suis pour que notre politique commerciale prenne en compte nos objectifs sociaux ; on ne peut pas dire ¬ęnous on veut √™tre le ¬ębest in class¬Ľ sur le mod√®le social mais ne pas d√©fendre nos travailleurs quand il y a du dumping, et √† cet √©gard moi je soutiens ce que la commission a fait, le parlement europ√©en et Antonio le rappelait tout √† l'heure, mais donc il faut prot√©ger nos travailleurs quand il y a du dumping parce que cela prot√®ge le mod√®le social europ√©en, mais dans nos accords commerciaux il faut aussi qu'on prenne en compte nos exigences sociales ; et quand on n√©gocie avec des r√©gions qui sont tr√®s diff√©rentes on ne doit pas chercher √† forc√©ment s'aligner, parce qu'on a une vision simplement mercantiliste au moment o√Ļ on regarde les accords commerciaux sur un mod√®le social moins disant ; il faut d√©fendre le mod√®le social ; et donc il faut d√©fendre une vraie convergence sociale et ses principes en sont le socle.

Aujourd'hui, on a une trop grande divergence sur le plan social entre les √Čtats membres. Et donc ce qu'on a su faire sur le plan mon√©taire, sur le plan √©conomique qui est de progressivement, en ayant une strat√©gie √† 10 ans, faire converger des gens autour d'un corridor puis d'un point unique, en quelque sorte avant un point de r√©f√©rence qui faisait converger nos √©conomies, on doit faire pareil sur le plan social, on doit d√©finir quel est notre standard commun. On a des diff√©rences, on a des pr√©f√©rences collectives qui ne sont pas forc√©ment les m√™mes, mais si on refuse toujours de dire ¬ęon doit avoir une esp√®ce de standard commun et puis on accepte des souplesses autour de celui-ci, mais on a une vision et un principe commun¬Ľ, on ne progressera jamais sur ce sujet et on restera tr√®s hypocrite.

Voil√†. J'ai √©t√© un peu long mais des sujets qui au-del√† du cas fran√ßais et europ√©ens de court terme me paraissent importants pour adresser ce d√©fi et avoir au sein de la mondialisation o√Ļ nous vivons un mod√®le social plus juste. Si l'Europe ne les fait pas personne ne le fera pour nous./.

Retour sommaire


4. Union europ√©enne - Sommet social europ√©en - Conf√©rence de presse conjointe de M. Emmanuel Macron, pr√©sident de la R√©publique, et de M. Stefan L√∂fven, Premier ministre su√©dois - Propos de M. Macron (G√∂teborg, 17/11/2017)

Merci beaucoup Stefan, merci beaucoup d'avoir organisé cet événement et ce sommet ce matin. Vous avez très bien résumé le contenu de nos discussions ce matin, le dialogue social et je suis convaincu d'une chose, c'est que ce que nous avons signé ce matin au niveau européen et le fait d'avoir une base pour la convergence sociale au niveau européen est essentiel ; c'était une étape très importante. Nous nous souvenons, ce matin le président Juncker nous l'a rappelé, la dernière fois, c'était il y a vingt ans, c'était une belle preuve de la nécessité d'avoir cette discussion. Votre initiative après le discours d'Uppsala était essentielle afin de promouvoir plus de convergences, en particulier la convergence sociale en Europe. Et je suis convaincu d'une chose : si nous avons eu un programme européen offensif, si nous souhaitons réellement transformer l'Europe, il est essentiel, en plus de la concurrence, de la finance et de tous les autres points politiques comme la défense, la sécurité, l'immigration, il est essentiel d'avoir une convergence sociale, une discussion sur les aspects sociaux de défense et d'environnement. C'est quelque chose d'essentiel dans ce contexte. Je vous remercie donc infiniment d'avoir lancé cette discussion et d'avoir organisé cet événement.

Je pense que nous avons un ADN commun, une vision commune concernant cette partie du projet europ√©en : √™tre en mesure de concilier la concurrence et l'√©quit√© et je suis convaincu que c'est quelque chose d'important. Vous avez r√©ussi dans les ann√©es 90 √† mener de grandes r√©formes dans votre pays qui ont compl√®tement transform√© l'√©tat d'esprit et les performances de votre pays. Aujourd'hui, cela fait partie de l'enjeu ; en France, nous avons des cultures tr√®s diff√©rentes, certes, toutefois dans mon pays, de nombreuses r√©formes que je dois faire passer ne consistent pas √† abandonner notre mod√®le, pas √† l'adapter √† la mondialisation mais plut√īt trouver un nouveau mod√®le afin d'√™tre concurrentiels, d'avoir une souplesse, d'√™tre flexibles afin de cr√©er plus d'emplois et √©galement d'√™tre plus √©quitables pour plus de s√©curit√© pour les personnes gr√Ęce √† l'√©ducation, la formation et la reformation des personnes tout au long de leur vie.

C'est le coeur de notre r√©forme sur laquelle travaille notre ministre du travail, Muriel Penicaud ; nous avons r√©form√© le march√© du travail et pendant le premier semestre de 2018, nous allons continuer √† avancer afin d'avoir une belle r√©forme de la formation professionnelle ; c'est quelque chose d'essentiel pour la performance de l'√©conomie. Et je dois vous dire une chose : le mod√®le su√©dois est connu et est une source d'inspiration pour la France. Vous avez en effet r√©ussi √† respecter cet engagement fort envers l'√©quit√© et l'ambition sociale. Et ce n'est pas tout : vous avez √©galement r√©ussi √† faire baisser votre taux de ch√īmage, vous avez r√©ussi √† cr√©er plus d'emplois ; c'est exactement la m√™me chose que nous souhaitons r√©aliser. Entre nos deux pays, nous avons de nombreux projets, de nombreux projets en commun et je tiens √† remercier Martin Lundstedt de nous accueillir dans ses nouveaux locaux du groupe Volvo ; je sais que c'est un groupe tr√®s important pour G√∂teborg. Ce petit voyage dans ce bus √©lectrique a √©t√© un bel exemple qui montre comment notre coop√©ration, y compris √©videmment avec Volvo, Saft, Air Liquide, Dassault Systemes, Alstom etc, comment cette coop√©ration peut amener √† des r√©sultats ; c'est un beau r√©sultat, le r√©sultat du travail de cette ann√©e.

Nous venons de signer un accord, un partenariat tr√®s important sur l'innovation et les solutions vertes comme nous l'avions annonc√© √† la fin du mois de juillet √† Paris lorsque vous m'avez rendu visite ; et nous avons pris une d√©cision : nous avons d√©cid√© d'accro√ģtre la coop√©ration dans plusieurs domaines sp√©cifiques afin d'√™tre bien plus agressifs en termes de cr√©ations d'emplois, d'innovation et √©galement afin de relier un petit peu plus nos √©conomies. Premier domaine : le transport, l'√©nergie verte et les villes intelligentes ; il s'agit bien √©videmment d'un des domaines les plus critiques de nos √©conomies dans les pays en d√©veloppement et les pays d√©velopp√©s ; la finance verte, vous l'avez compris, il est tr√®s important de faire preuve de coop√©ration afin d'avoir des projets, financer des projets en commun, des projets concrets. Nous avons vu comment la finance √©tait importante afin d'acc√©l√©rer le d√©veloppement de ce genre d'√©quipements. C'est exactement ce dont nous allons parler √† Paris lors du sommet One Planet le 12 d√©cembre : comment acc√©l√©rer cette transition environnementale afin de lutter contre le changement climatique gr√Ęce √† des solutions plus vertes. Deuxi√®me domaine, les smart-industries et le num√©rique ; c'est au coeur de toute cette transformation. Et troisi√®mement, le domaine sur lequel nous allons nous concentrer ; il concerne la sant√©, les sciences de la vie - nous avons vu d√©j√† une d√©monstration avec une de vos start-up ; il est tr√®s int√©ressant de voir comment on peut changer des vies gr√Ęce √† la sant√©.

Au cours des mois √† venir, nous allons d√©velopper des partenariats concrets pour des r√©sultats concrets ; c'est quelque chose d'essentiel. Ce que nous venons de formaliser gr√Ęce √† ce partenariat est une d√©cision commune, la d√©cision de g√©rer ces deux transitions ; la premi√®re, la transition verte √† cause du changement climatique et la deuxi√®me, la transformation num√©rique. Ces deux transitions peuvent √™tre acc√©l√©r√©es avec gr√Ęce √† ce type d'initiatives communes, √† ce genre d'engagement.

Vous avez décidé de lancer une grande initiative : le Global deal, qui permet d'articuler la concurrence et l'équité et je tiens à vous dire que nous avons décidé de rejoindre cette initiative, de faire partie du Global deal. Nous allons encourager les différentes parties prenantes à se joindre à cette initiative et à faire partie de cette initiative ; c'est la meilleure manière de réconcilier les aspects économiques aux aspects sociaux. En effet, on se retrouve dans une impasse lorsque l'on se contente d'avoir un agenda social ; je pense que sur le long terme, on se retrouve dans une impasse si on ne se concentre que sur la concurrence sans équité ou sans protéger les populations, sans avoir une approche équilibrée. Je pense que ce Global deal est exactement ce dont nous avons besoin pour nos économies et nos sociétés.

Voilà ce que je voulais récapituler, Mesdames et Messieurs, en remerciant à nouveau le Premier ministre, Cher Stefan, pour à la fois son accueil, le sommet de ce matin et l'intensité des relations bilatérales que nous avons entre nos deux pays mais pour lesquels nous pouvons encore faire je crois, vraiment davantage et nous avons décidé l'un et l'autre de faire encore davantage. Donc vous pouvez compter sur nous et nous comptons aussi beaucoup sur vous, Mesdames et Messieurs./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


5. Union europ√©enne - Sommet social europ√©en - Emplois et croissance - Conf√©rence de presse de M. Emmanuel Macron, pr√©sident de la R√©publique (G√∂teborg, 17/11/2017)

Avant une séquence bilatérale dans quelques instants, nous nous retrouverons avec le Premier ministre suédois et irons chez Volvo puis nous signerons un partenariat pour l'innovation et un accord pour l'action sociale commune.

Je voulais vous rendre compte du sommet qui s'est tenu aujourd'hui √† G√∂teborg sur les sujets sociaux puis de la r√©union informelle entre chefs d'√Čtat et de gouvernement sur les sujets d'√©ducation et de culture.

Nous sommes ici venus à Göteborg pour parler de l'Europe sociale avant tout. C'était une initiative conduite par le Premier ministre suédois et le président de la Commission européenne qui a donné lieu à la signature d'un texte important qui constitue l'un des ciments de notre unité qui est précisément ce socle des droits sociaux pour notre Europe. C'est le fruit d'un travail de plusieurs mois qui a permis ainsi de définir l'un des piliers important sur lesquels j'ai eu l'occasion de m'exprimer.

Nous avons eu ce matin des travaux multiples reposant d'ailleurs sur les textes pr√©par√©s par la Commission et l'ensemble des diff√©rents √Čtats membres qui nous ont permis d'avancer de mani√®re concr√®te.

Ce travail pour moi s'inscrit dans le cadre d'un processus qui a été déclenché il y a plusieurs mois et qui nous permet d'avancer de manière volontariste et concrète sur cette Europe sociale. Nous avons d'abord révisé le cadre relatif au détachement des travailleurs pour le rendre plus protecteur et plus juste pour tous les travailleurs européens. Et à cet égard, le fait que la révision de cette directive ait réuni le 23 octobre une très large majorité au conseil - et la ministre n'a pas ménagé ses efforts et je l'en remercie - a été un signal important.

Alors que depuis plusieurs années, il était considéré comme impossible de revenir sur le cadre de la directive travailleurs détachés, nous avons réussi à obtenir cet accord. Il faut maintenant que le plus rapidement possible le trilogue puisse parvenir aux accords indispensables pour mettre en oeuvre ce premier accord trouvé, mais surtout que nous mettions en oeuvre tout ce qui relève de la coopération bilatérale ou intergouvernementale.

Nous avons ainsi sign√© d√©j√† huit accords bilat√©raux dont des accords avec la Pologne et la Roumanie pour accro√ģtre, renforcer les contr√īles r√©ciproques pour lutter contre le travail d√©tach√© ill√©gal. Et donc, au-del√† de ce qui a √©t√© sign√© le 23 octobre dernier, qui est une √©tape fondamentale, nous continuons √† avancer de mani√®re tr√®s concr√®te.

J'ai ce matin discut√© lors d'une bilat√©rale avec le Premier ministre n√©erlandais qui a marqu√© son accord pour signer le neuvi√®me texte bilat√©ral de renforcement de nos moyens de contr√īle. Le texte de la directive permettra quant √† lui d'aller vers la cr√©ation d'une autorit√© europ√©enne qui permettra de renforcer encore davantage lesdits contr√īles.

Mais c'est un point extr√™mement important. Donc je me fixe comme objectif que dans les prochains mois, nous parachevions les signatures d'accords bilat√©raux pour renforcer le contr√īle et la lutte contre le travail d√©tach√© ill√©gal qui viendra en acte compl√©ter cet accord et qu'en 2018, on puisse au plus vite finaliser les textes additionnels et parachever l'autorit√© europ√©enne que pousse √©galement la Commission.

Aujourd'hui, nous avons marqu√© une deuxi√®me √©tape importante pour cette Europe sociale qui est la proclamation du socle europ√©en des droits sociaux. C'est un symbole mais ce sont aussi des initiatives l√©gislatives tr√®s concr√®tes pour reconna√ģtre et renforcer partout dans l'Union europ√©enne les droits sociaux - par exemple, le droit des aidants - et ce sont plusieurs principes importants qui sont justement partag√©s par l'ensemble des √Čtats membres.

Je l'ai dit notamment à la Sorbonne, le défi central, c'est celui de la convergence sociale et celui de la transformation des compétences et je me suis exprimé ce matin sur ces deux sujets importants. S'agissant de la convergence, nous devons en effet mettre en place des standards communs. Ce socle commence à le faire mais nous devons aller plus loin, notamment définir un salaire minimum dont le niveau et l'évolution seraient adaptés à la réalité économique de chaque pays.

Il ne s'agit pas de d√©finir un salaire minimum unique qui soit mon√©tairement le m√™me pour tous les pays europ√©ens, mais d'inscrire tous les pays europ√©ens dans un processus qui permette d'aller dans cette logique. Chaque pays a sa tradition : il y a des pays pour lesquels la fixation d'un salaire minimum l√©gal n'a pas de sens, le pays o√Ļ nous sommes tout particuli√®rement qui, quoi qu'ayant des standards sociaux tr√®s √©lev√©s, a toujours fonctionn√© par une n√©gociation collective qui s'est av√©r√©e plus efficace que la loi.

Donc il ne s'agit pas de normer, de surnormer tout cela, mais d'inscrire tous les pays européens dans la convergence d'une telle réflexion et d'un tel travail et mon souhait est que nous puissions, à horizon de 10 ans, définir un processus de convergence, comme nous l'avons fait par le passé sur les sujets monétaires et économiques.

Actuellement, 22 des 28 pays de l'Union ont un salaire minimum mais dans 10 pays, ce salaire n'atteint pas 50% du salaire médian. Donc la situation actuelle n'est pas satisfaisante d'un point de vue social et nous ne devons pas nous y tromper. C'est pourquoi ce sujet de convergence revêt pour moi une importance toute particulière et elle doit irriguer l'ensemble de nos réflexions.

C'est pourquoi je souhaite que lors des prochaines discussions financières, nous puissions intégrer des critères de convergence sociaux à la réflexion et en particulier aux aides de cohésion que nous avons avec les différents pays. Aujourd'hui, le fonds de cohésion ou les différents instruments de l'Union européenne sont parfois utilisés pour continuer à alimenter des modèles d'optimisation fiscale ou sociale, ce qui n'est pas du tout l'esprit de l'Union européenne.

Je rappelle à cet égard la belle formule de Jacques Delors qui disait que l'Europe était construite sur la concurrence qui stimule, la coopération qui renforce et la solidarité qui unit et on oublie parfois le deuxième et le troisième pilier de cette aventure.

De la même façon - j'ai insisté sur ce point ce matin -, cette convergence sociale, cette exigence commune doit irriguer nos travaux sur le plan de la politique industrielle ou commerciale et nous devons intégrer ces critères dans la lutte contre le dumping face à certaines autres puissances ou dans la négociation des traités commerciaux.

S'agissant des compétences, nous savons que d'ici 10 ans, un métier sur deux sera transformé. Il y a encore en Europe 15 millions de décrocheurs et 70 millions d'Européens qui ne disposent des compétences de base. En France, il y a 1,3 million de décrocheurs et il y a entre 1,5 et 2 millions de Françaises et de Français qui ne disposent pas des compétences de base. Cette situation rend indispensable un véritable investissement public dans le capital humain, c'est-à-dire dans les femmes et les hommes de notre pays pour qu'ils puissent trouver leur place. Et c'est l'indispensable complément d'une politique de compétitivité et de transformation du marché du travail que le gouvernement est en train de conduire.

Pour ce qui est de la France, c'est le coeur des r√©formes que conduit le gouvernement et en particulier la ministre pour r√©former l'apprentissage et la formation professionnelle, mais aussi qui conduira dans le quinquennat √† investir 15 milliards d'euros, d'une part, sur la Garantie Jeunes et sa d√©multiplication pour les d√©crocheurs, d'autre part et √† titre majoritaire pour l'ensemble des travailleurs et ch√īmeurs qui ont besoin d'avoir une requalification et de retrouver des comp√©tences indispensables pour trouver une place dans le march√© du travail compte tenu des changements profonds que conna√ģt celui-ci.

Ce travail français, nous le conduisons. Il suppose des réformes de fond et un investissement profond, mais il suppose aussi d'être relayé au niveau européen - c'est ce que nous avons évoqué ce matin - à travers des initiatives concrètes qui doivent se refléter dans nos perspectives financières.

Erasmus et Erasmus Apprentissage sont des instruments essentiels pour lutter contre le décrochage et construire un socle indispensable. J'y reviendrai dans quelques instants sur la culture. À ce titre, je le rappelais ce matin, quasiment un jeune sur deux qui se soumet au programme Erasmus a une réponse négative en raison des manques de moyens qui sont affectés à cette politique.

Je souscris à cet égard pleinement au doublement des moyens qui sont proposés par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Je pense que c'est une très bonne initiative et nous la défendrons de manière cohérente lors de la discussion sur les perspectives financières. Cet investissement est indispensable si nous voulons aussi construire vraiment un Erasmus de l'Apprentissage qui correspond à l'ambition que je viens d'évoquer.

Je souhaite aussi que nous puissions simplifier les instruments que nous avons aujourd'hui qui sont les compléments indispensables aux transitions économiques que vit l'Europe et en particulier, que nous ayons ces critères de formation intégrés dans le fonctionnement du Fonds social européen qui est un des instruments principaux pour pouvoir financer ces transitions, que le plan Juncker, aujourd'hui largement mobilisé sur des investissements en capital d'infrastructure, puisse être pour la deuxième génération orienté pour partie sur l'investissement en capital humain et la formation et que le Fonds européen d'adaptation à la mondialisation soit revu à la hausse et simplifié dans ses critères.

Aujourd'hui, il y a un seuil de restructuration à 500 salariés qui mériterait d'être baissé et qui s'inscrit complètement dans la logique de contrat de territoire et des contrats de transition que nous voulons mettre en oeuvre sur le territoire français.

Le d√©jeuner a ensuite √©t√© consacr√© √† une discussion informelle entre chefs d'√Čtat et de gouvernement sur les sujets de la culture et de l'√©ducation. La Commission a fourni un tr√®s grand travail sur ce sujet dans la ligne des √©changes que nous avions eus et des discours de Jean-Claude Juncker comme de celui que j'ai pu faire √† la Sorbonne. Nous avons repris l'agenda que j'avais expos√© en septembre √† ce titre et plusieurs convergences ont √©merg√© sur des sujets importants.

D'abord, la nécessité d'aller vers une simplification des études secondaires en Europe, non pas pour les rendre plus homogènes, mais pour permettre justement plus d'échanges et de passages entre les systèmes éducatifs européens. En effet, il est très difficile au collège et au lycée, en tout cas l'équivalent de ces cycles français dans le reste de l'Europe, d'avoir des échanges. Ce qui, d'une part, est un frein à la mobilité des travailleurs, d'autre part, est un frein aux échanges pour les plus jeunes entre les pays européens.

J'ai donc souhait√© lancer l'√©quivalent du processus de Bologne, tout au moins pour les lyc√©es. Ce processus de la Sorbonne, pour reprendre la terminologie utilis√©e par la Commission europ√©enne, va donc faire l'objet de travaux et permettre √† tous les √Čtats membres qui le souhaiteraient de s'inscrire dans un processus de convergence, en tout cas de correspondance de notre enseignement secondaire.

Ensuite, nous avons marqué cette volonté et, je crois, tous agréé à l'idée de mettre en place dans nos systèmes éducatifs les dispositifs qui permettront à chaque étudiant de parler au moins deux langues européennes d'ici 2024. Nous avons eu ensuite une longue discussion sur le développement d'universités européennes, comme je l'avais proposé, permettant de créer d'ici là aussi à 2024 plusieurs universités européennes. J'avais proposé qu'on ait 20 universités européennes en 2024, ce qui permettrait d'avoir des vrais cursus intégrés entre plusieurs sites universitaires européens

Sur ce sujet, je propose que nous avancions de mani√®re pragmatique et que tous les √Čtats membres qui souhaitent avancer sur ce sujet puissent se concerter et, dans le cadre d'une initiative dont nous d√©finirons au mois de d√©cembre les termes juridiques et le cadre politique, que nous puissions, durant les deux ann√©es qui viennent, faire √©merger d√©j√† quelques universit√©s de mani√®re concr√®te sur le plan europ√©en.

Il y a d√©j√† des parcours crois√©s entre plusieurs universit√©s, des syst√®mes d'√©change qui se sont structur√©s, c'est une √©tape suppl√©mentaire qu'il nous faut passer mais qui sera la condition, d'abord, de la construction d'une vraie culture europ√©enne de l'enseignement sup√©rieur, de v√©ritables √©changes d'enseignants et d'√©tudiants, d'autre part, qui permettra d'accro√ģtre l'attractivit√© de nos √©tablissements universitaires dans la comp√©tition internationale et d'avoir des vrais p√īles et des vrais √©tablissements comp√©titifs et attractifs √† l'√©chelle mondiale.

Nous avons évidemment sur ces sujets réévoqué l'importance des sujets Erasmus que je viens de mentionner et j'ai pu rappeler notre volonté, dans le cadre des perspectives financières, de soutenir les initiatives de la Commission.

Sur les sujets de culture, j'ai rappelé pour ce qui me concerne l'importance de ce sujet pour définir un des socles de ce qui unit là aussi l'Europe et la volonté claire de la France de définir les contenus culturels européens en ce qu'ils sont le socle même de notre identité commune.

Tous les Européens, si une chose les unit, c'est d'avoir appris enfant, d'avoir été ému à la lecture des aventures de Don Quichotte ou d'avoir croisé dans les cultures réciproques les grands héros de nos littératures, de nos opéras, de nos musiques. Et donc la culture est bien un socle qui dépasse les aventures politiques que nous sommes en train de conduire. Or, aujourd'hui, cette culture européenne est en risque et je pense que nous nous trompons grandement à considérer que le débat des droits d'auteur serait un débat anecdotique ou un débat défensif concernant la vieille économie. C'est une profonde erreur.

J'ai d'ailleurs dressé une analogie simple : lorsque nous parlons du pétrole ou du gaz, nous donnons une valeur au pétrole et au gaz et nous considérons les tubes comme accessoires. Et nous sommes prêts d'ailleurs à payer très cher le pétrole et le gaz à des puissances qui ne sont parfois pas amies parce que nous en avons besoin.

Et pour ce qui est des contenus, nous ne d√©cidons de ne valoriser que les tuyaux qui sont des propri√©t√©s ou anglo-saxonnes ou chinoises mais nous ne valorisons plus les contenus et nous sommes en train de rentrer, de nous laisser influencer par une doxa internationale qui n'est pas la n√ītre, qui consisterait √† dire que les contenus n'ont plus aucune importance.

Si le résultat est, dans 50 à 60 ans, d'homogénéiser les imaginaires au niveau mondial et, pour nos enfants, d'avoir des émotions ou des référents culturels qui ne soient plus européens, mais qui soient ou chinois ou américains, nous aurons tout perdu. Et donc il est indispensable pour toutes ces raisons, parce que c'est la défense même de notre identité, de ce qui nous fait, sur le plan de l'imaginaire politique et culturel, comme sur le plan de nos intérêts économiques, il est indispensable de réaffirmer l'importance de la bataille pour les droits d'auteur et je souhaite que nous soyons infiniment plus proactifs, infiniment plus offensifs dans la définition d'une stratégie collective sur les droits d'auteur, qu'il s'agisse du numérique ou du reste.

La propri√©t√© intellectuelle a un sens en ce qu'elle reconna√ģt la part des cr√©ateurs, quels que soient d'ailleurs les arts, de ceux qui cr√©ent un savoir ou le transforment, des traducteurs, des journalistes, de ceux qui apportent une valeur ajout√©e √† un contenu et qui font simplement autre chose que de propager la circulation d'informations ou de symboles interchangeables.

De la même façon, j'ai défendu l'idée des Assises du patrimoine que j'avais proposées à la Pnyx, à Athènes, en indiquant que sur ce sujet aussi, nous devions avoir une stratégie européenne de valorisation de nos patrimoines beaucoup plus forte.

J'ai enfin soutenu les idées italiennes d'une carte européenne étudiante qui me semble extrêmement structurante sur le plan de la circulation des étudiants en Europe, comme l'idée soutenue par l'Italie et la Grèce d'une valorisation là aussi de notre patrimoine par des dispositifs économiques adaptés.

Voilà en synthèse les discussions que nous avons eues ce midi. L'ensemble de ces discussions donnera lieu à des traductions concrètes, d'une part, dans les conclusions du sommet de décembre, mais d'autre part, dans des actions concrètes rapides que nous comptons lancer.

Vous l'avez compris, l'objectif de la journée, au-delà de la séquence bilatérale qui s'annonce, c'était de parler de ce que j'ai appelé l'Europe qui unit dans le discours de la Sorbonne, qui est ce deuxième pilier de notre initiative européenne, et d'avancer à la fois sur un dialogue permettant de ramener des positions communes, mais aussi sur des actions concrètes indispensables à la crédibilité collective. Je vais maintenant répondre à toutes vos questions./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


6. Union europ√©enne - D√©claration de la Haute repr√©sentante, au nom de l'Union europ√©enne, relative √† l'alignement de certains pays concernant des mesures restrictives √† l'encontre de la R√©publique de Guin√©e (Bruxelles, 15/11/2017)

Le 25 octobre 2010, le Conseil a adopté la décision 2010/638/PESC (publiée au Journal officiel de l'Union européenne, JO L 273 du 24.10.2017, p. 10). Cette décision proroge les mesures restrictives existantes jusqu'au 27 octobre 2018.

L'ancienne République yougoslave de Macédoine*, le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, et l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que la République de Moldavie, l'Arménie et la Géorgie se rallient à cette décision du Conseil.

Ces pays veilleront à ce que leurs politiques nationales soient conformes à cette décision du Conseil.

L'Union européenne prend acte de cet engagement et s'en félicite./.

*L'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

Retour sommaire


7. S√©n√©gal - Paix et s√©curit√© - Cybers√©curit√© - Climat - Discours de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires √©trang√®res, lors de la 4e √©dition du Forum de Dakar (Dakar, 14/11/2017)

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d'abord remercier les organisateurs d'avoir bien voulu me donner un temps de parole dans ce quatrième forum paix et sécurité. C'est pour moi une émotion de vous retrouver ici, puisque j'étais présent dès la première édition, à la suite des engagements du sommet Afrique-France de décembre 2013. Je vous rappelle que sur l'initiative du président Macky Sall, il avait été convenu d'organiser ce forum en Afrique. Nous avons fait en sorte qu'il ait lieu et qu'il reflète une grande densité que l'on a retrouvée au fur et à mesure des différentes éditions.

Je voudrais saluer tout particuli√®rement le CEIS qui est le bras arm√© de l'organisation, et le Centre des Hautes √Čtudes de D√©fense et de S√©curit√© du S√©n√©gal, qui sont les partenaires de ce forum.

Et puis, je voudrais vous rappeler quel était le point de départ : faire en sorte que ce forum ait une double vocation. D'abord, aboutir à ce qu'il y ait un creuset de réflexion, en Afrique, pour définir collectivement une pensée stratégique sur la sécurité et la paix en Afrique. C'est ce à quoi vous avez contribué au cours des forums précédents et c'est ce à quoi vous avez contribué singulièrement depuis le début de cette quatrième édition.

Et puis l'autre objectif - mais les deux objectifs sont li√©s - c'√©tait de faire en sorte qu'il y ait l'apparition d'une culture de la s√©curit√© commune au niveau africain. Que ce ne soit pas uniquement r√©serv√© aux chefs d'√Čtat lorsqu'ils se rencontrent, et que ce soit partag√© √† la fois par les politiques, les militaires, les industriels et la soci√©t√© civile.

Je crois que les deux buts sont atteints, même s'il va falloir poursuivre l'effort.

Cette année, cette rencontre prend une tournure particulière puisque nous allons avoir dans quelques jours à Abidjan le sommet entre l'Union africaine et l'Union européenne. Ce sera un événement, d'autant plus que pour la première fois, il y aura une déclaration d'intention, une sorte de feuille de route, liée à la paix et à la sécurité en Afrique, si bien que nous nous acheminons - et ce forum y aura sans doute servi à sa manière - vers un cadre de coopération tripartite entre l'Union africaine, l'Union européenne et les Nations unies, puisque le Secrétaire général assistera à cette rencontre à Abidjan. Ce qui montre les ambitions que nous avons collectivement et aussi l'enjeu sécuritaire qui est majeur pour le continent.

Il y a effectivement une urgence qui s'impose. Le rapport Kaberuka, qui a √©t√© expos√© hier par le pr√©sident Kagame, est le signe de cette prise de conscience. Il est le signe de la volont√© africaine qu'√† partir du moment o√Ļ les pays africains s'engagent √† prendre part - y compris financi√®rement - pour permettre aux op√©rations de paix africaines de gagner en capacit√© d'action et de r√©pondre plus rapidement et plus efficacement aux crises r√©gionales, alors il importera que l'ensemble de la communaut√© internationale soit au rendez-vous. C'est en tout cas le message important que je tenais √† faire passer, et qui est la base de ce partenariat √† trois, de ce triptyque qui s'affirmera √† Abidjan.

Je me souviens de la premi√®re √©dition, o√Ļ il √©tait dit que dans les op√©rations de maintien de la paix, il y a un d√©ploiement important des forces des Nations unies, parmi lesquelles des contributions africaines significatives, mais que si l'on donnait aux Africains les moyens d'agir, ils le feraient sans doute mieux, sans doute plus efficacement, sans doute plus utilement. J'ai entendu ce discours de r√©novation des dispositifs, de disponibilit√© des √Čtats africains pour agir. Il apparait que le rapport Kaberuka va aussi dans ce sens. Moi, je serais tent√© de dire, et c'est mon message central aujourd'hui¬†: chiche¬†! Faisons-le. Faisons en sorte que la mobilisation africaine conduise √† des op√©rations de maintien de la paix plus performantes, √† un dynamisme plus fort et √† de meilleurs r√©sultats. Il y a une forme de disponibilit√© √† cet √©gard.

Pour reprendre ce que disait ma coll√®gue Florence Parly hier, il y a une opportunit√©, une sorte de laboratoire, d'op√©ration pilote qui est disponible et qui concerne la force conjointe du G5 Sahel. Voil√† un √©v√©nement tout √† fait nouveau. D'abord parce que cette force conjointe est le r√©sultat d'une volont√© affirm√©e des chefs d'√Čtat concern√©s, ils l'ont dit √† plusieurs reprises, ensuite parce qu'elle dispose d'un mandat de l'Union africaine, endoss√© par le conseil de paix et de s√©curit√© de l'Union africaine, avec la volont√© de lutter contre les groupes terroristes et les trafics dans le Sahel, en commen√ßant par s√©curiser les fronti√®res¬†; et ensuite parce que le Conseil de s√©curit√© a aussi donn√© son aval. J'ai eu l'occasion, il y a quelques jours de pr√©sider le Conseil de s√©curit√© sur ce th√®me, et j'ai constat√© un soutien politique r√©el et fort. Donc, tentons l'exp√©rience et faisons ensemble la d√©monstration. Cela suppose, je l'ai bien entendu, qu'il y ait les moyens financiers n√©cessaires pour accompagner cette d√©marche novatrice, ce sera l'objet de la conf√©rence de soutien du 14 d√©cembre √† Bruxelles. Mais d√©j√†, des contributeurs - je pense √† l'Union europ√©enne - se sont identifi√©s et se sont signal√©s pour faire r√©ussir l'op√©ration. Et s'il s'agissait, finalement, d'un prolongement concret de nos r√©flexions engag√©es depuis la premi√®re rencontre ici en 2014, ce serait un aboutissement. Je le dis parce que, pour sa part, la France accorde √† cette d√©marche une importance majeure et que, sans doute, cela peut contribuer √† une r√©novation des actions d'op√©rations africaines de paix sur l'ensemble du continent.

Bien évidemment, la paix et la sécurité ne se limitent pas au modèle d'intervention militaire. Même si la prise en compte par les Africains eux-mêmes de la sécurité des Africains est une avancée considérable - et ce saut qualitatif mérite une attention toute particulière - il n'empêche qu'il faut intégrer tout cela dans une stratégie globale. D'abord au niveau militaire et paramilitaire, il faut aussi s'attacher à un certain nombre de causes, et faire en sorte qu'il y ait les moyens de garantir un espace nouveau dans le rapport de force qui concerne l'espace numérique, et de faire en sorte que la cybersécurité soit prise en compte à bras-le-corps par les autorités africaines.

C'est sans doute un sujet que l'on n'aurait pas abord√© de la m√™me mani√®re il y a quatre ans, il est maintenant d'actualit√©, et nous souhaitons que cet enjeu figure parmi les priorit√©s du futur au niveau de l'Union africaine et de la prise de conscience de cette n√©cessit√©. C'est un espace sur lequel la souverainet√© √©tatique doit pouvoir s'exercer, on le voit en Afrique comme ailleurs, lorsque la capacit√© des √Čtats √† prot√©ger leurs citoyens est vacante, lorsqu'il y a un vide laiss√© par les institutions, lorsque les capacit√©s de protection sont insuffisantes, c'est √† ce moment-l√† que les entreprises criminelles et terroristes p√©n√®trent les espaces, et l'espace num√©rique est majeur.

C'est le deuxième message que je voulais vous passer aujourd'hui : la France, dans cet état d'esprit de l'urgence de la cybersécurité, souhaite installer une école nationale à vocation régionale dans le domaine de la cybersécurité ici à Dakar. Et je voudrais que cela se fasse dans les plus brefs délais. J'ai eu l'occasion de m'en entretenir avec le président Macky Sall hier soir. Il s'agit d'un projet innovant, en vue de renforcer les capacités de nos partenaires africains dans la réponse aux menaces cyber, que ce soit la protection des réseaux, la réponse aux cyber-attaques, mais aussi la lutte contre la cybercriminalité et le terrorisme, qui sont des menaces tout à fait réelles qui ne sont pas limitées au monde européen ou au monde américain. On voit bien l'enjeu que cela représente, ici, pour Afrique. Nous allons mettre cela en oeuvre avec une dimension africaine affirmée, à partir du Sénégal. Cette mission va être diligentée très rapidement, et j'espère que lors du prochain forum, nous ferons le constat du caractère opératoire de cette école.

Il faut une r√©ponse globale, je l'ai dit, ce qui signifie aussi que la s√©curit√© maritime doit √™tre prise en compte singuli√®rement pour lutter contre les trafics, notamment de drogue, mais aussi ceux li√©s aux richesses africaines qui peuvent s'√©vaporer par ce biais. J'ai assist√© au sommet de Lom√© il y a peu de temps. La prise de conscience africaine est tr√®s forte, il s'agit maintenant de la mettre en oeuvre et de v√©rifier, mois apr√®s mois, la bonne clarification des enjeux et surtout la bonne compl√©mentarit√© des outils, c'est sans doute cela le plus d√©licat, faire en sorte que quel que soit le lieu maritime o√Ļ les initiatives sont prises, il y ait une bonne synergie avec l'ensemble des postes qui ont √©t√© affect√©s √† cela, singuli√®rement dans le golfe de Guin√©e.

Enfin, cela suppose aussi de faire en sorte que les capacités de développement soient prises en compte, car l'intervention militaire n'a pas de sens si parallèlement on ne s'attache pas aux causes. C'est pourquoi le président Macron a lancé le concept d'Alliance pour le Sahel qui doit être concomitant avec la mise en oeuvre de la force conjointe pour faire des propositions d'actions dont les retours doivent être beaucoup plus rapides que les actions de développement classiques. Pour, également, que l'ensemble des contributeurs - qui seront aussi mobilisés le 14 décembre à Bruxelles lors de cette réunion de planification - puisse agir ensemble et avoir des temps de retour identifiés et accélérés, à la fois dans le domaine de la formation mais aussi dans tous les domaines de développement qui sont aujourd'hui possibles en Afrique, singulièrement dans l'Afrique sahélienne. Cela concerne les cinq pays dits du G5 Sahel, cela concerne aussi, pour partie, le Sénégal, puisque le pays a une partie sahélienne non négligeable et qu'il n'est pas imaginable qu'il soit exclu de l'Alliance pour le Sahel, il s'agit d'un partenariat globalement sahélien. Nous allons le mettre en oeuvre et l'affirmer avec beaucoup de force lors du sommet d'Abidjan dans quelques jours.

Enfin, dernier message en ce qui me concerne, une réponse globale pour la paix et la sécurité signifie aussi réponse globale à l'urgence climatique. Je suis allé ce matin à Saint-Louis, j'ai pu constater les enjeux, les crises, la gravité de la situation si le réchauffement climatique se poursuit de cette manière, certaines villes peuvent disparaitre. L'action collective qui a été décidée par les Accords de Paris doit se poursuivre avec détermination, ce sera le cas lors du sommet de Paris du 12 décembre prochain, qui sera amené à vérifier la mise en oeuvre des Accords de Paris avec des exemples concrets, et ce sera aussi l'occasion d'affirmer la force que peut représenter l'Afrique dans ce défi que constitue la lutte contre le réchauffement climatique. Lors des Accords de Paris, il a été convenu que la force et la capacité que peuvent développer les territoires africains dans le développement des énergies renouvelables en particulier, doit être une priorité pour l'Afrique. Il a été décidé de mettre en oeuvre l'initiative africaine pour les énergies renouvelables, c'est un enjeu essentiel. Cet outil existe, il est constitutif de la dynamique paix et sécurité, il convient donc désormais de le mettre en pratique et de faire en sorte aussi, pourquoi pas, que dans les prochains forums, ce défi fasse partie de l'inventaire et des débats.

Voil√†, Chers Amis, les cinq points majeurs que je voulais souligner, en r√©affirmant que face aux enjeux, face aux risques migratoires, au risque terroriste et au risque climatique, il y a une r√©ponse, qui doit √™tre globale, int√©gr√©e et multidimensionnelle. Le forum de Dakar est le creuset o√Ļ l'on peut r√©fl√©chir √† tout cela pour permettre √† l'Afrique d'aller vers l'avenir avec s√©r√©nit√©. C'est comme cela que je le per√ßois. Merci de votre attention./.

Retour sommaire


8. Nations unies - Syrie/JIM - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies - Conseil de s√©curit√© (New York, 17/11/2017)

Monsieur le Président,

La France est atterrée par le résultat de ce vote, en raison du veto de la Russie, le troisième de ce pays sur le JIM, le cinquième sur le dossier chimique syrien cette année, et le onzième sur la Syrie.

Soyons clairs : nous respectons et respecterons toujours la Russie, à qui nous unissent tant de liens. Mais cette accumulation de vetos pose question. Et celui d'aujourd'hui est particulièrement grave, car il est potentiellement lourd de conséquences sur la lutte contre la prolifération et l'usage d'armes chimiques. Ce veto peut donc avoir pour effet de faire peser une menace sérieuse sur notre sécurité à tous.

De quoi s'agit-il ? Si le JIM n'est pas renouvelé ce soir avant minuit, il est dissous. Cela signifie que risque de disparaitre avec lui des mois d'efforts, des mois d'efforts communs, des mois d'efforts de bonne foi, pour lutter contre la prolifération et l'usage d'armes chimiques en Syrie.

Dans ce contexte, l'objet du projet de résolution déposé par le Japon, dont je souhaiterais saluer chaleureusement l'engagement, visait simplement à un renouvellement technique de ce régime pour un mois. Il ne s'agissait pas d'une prise de position politique, encore moins d'éléments de nature idéologique. Il s'agissait d'un texte neutre, technique, nous permettant de nous donner le temps nécessaire pour réfléchir, pour dialoguer, bref, pour tenter d'arracher un accord et de montrer ainsi aux yeux du monde entier que ce conseil peut assumer les responsabilités qui sont les siennes.

Si nous n'y prenons garde, Mesdames et Messieurs, le vote d'aujourd'hui, résultat du veto russe, risque d'avoir trois effets.

D'abord, il signifie ipso facto, sauf √©l√©ments nouveaux d'ici ce soir minuit ou cr√©ativit√© de proc√©dure, la disparition du JIM, ce m√©canisme mis en place par ce conseil, √† l'initiative de la Russie et des √Čtats-Unis, pour combattre la prolif√©ration et l'usage d'armes chimiques en Syrie.

Ce faisant, c'est la deuxi√®me cons√©quence, ce vote risque d'affaiblir m√©caniquement le r√©gime international de non-prolif√©ration chimique. Il sera interpr√©t√© en effet, par certains, comme donnant un blanc-seing √† la prolif√©ration et √† l'emploi de ces armes ailleurs, puisque nous n'avons pas √©t√© capables, collectivement, de l'emp√™cher et de le sanctionner en Syrie. Il risque de cr√©er de surcro√ģt le terreau le plus favorable pour le terrorisme chimique que nous redoutons tous.

Enfin, le régime international de non-prolifération chimique étant le plus abouti de tous, son affaiblissement risque de créer un précédent dangereux, potentiellement mortel, pour les autres régimes de non-prolifération. Des régimes que l'ensemble de nos pays ont élaborés et développés patiemment, année après année, pierre après pierre, au cours des décennies qui précèdent, et qui constituent aujourd'hui la colonne vertébrale de notre sécurité collective.

Bref, si tout cela se produit, nous payerions tous le prix fort du vote d'aujourd'hui.

Alors, Monsieur le Président, nous ne pouvons pas nous résigner à ces implications désastreuses. Si nous croyons dans ce que nous faisons, si nous croyons, les uns et les autres, que nous sommes ici pour une raison, avec une mission, alors il est impossible de nous résigner. Nous n'avons pas le droit.

C'est pourquoi je voudrais partager avec vous la conviction profonde de la France : le vote d'aujourd'hui, désastreux, ne doit pas, ne peut pas être le mot de la fin. La France ne se résignera ni à ce constat d'échec, ni aux jeux politiques qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Face à l'immensité et à la gravité de ces enjeux, alors que le monde entier nous regarde, nous n'avons pas le droit de renoncer. Nous n'avons pas le droit de nous décourager.

Et vous pouvez compter sur mon pays pour continuer ses efforts, dans toutes les enceintes appropriées, par tous les moyens à notre disposition, afin de lutter contre l'impunité, en Syrie et ailleurs, et afin de promouvoir toujours et partout la consolidation des régimes de non-prolifération dont dépend notre sécurité à tous.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


9. Nations unies - Probl√©matiques s√©curitaires en M√©diterran√©e - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies - Conseil de s√©curit√© (New York, 17/11/2017)

Monsieur le Président et Monsieur le Ministre,

Je voudrais d'abord remercier le Secrétaire général pour son intervention très éclairante et pour son engagement personnel sur la problématique qui nous rassemble aujourd'hui.

Je remercie également la présidence italienne d'avoir pris l'initiative de cette discussion importante sur nos défis communs en Méditerranée. Ce sujet est en effet d'une importance stratégique pour la sécurité et la stabilité régionales et internationales. C'est aussi une priorité au plan humanitaire : près de 3.000 personnes ont péri en Méditerranée depuis le début de cette année.

Je souhaiterais commencer par souligner l'urgence qui s'attache à relever les défis sécuritaires en Méditerranée. Carrefour entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient, la Méditerranée est confrontée à une multiplication sans doute sans précédent de crises régionales. Elle est le foyer de défis multiples sur le plan humanitaire, sécuritaire et du développement, qui touchent des populations particulièrement vulnérables. Il est donc de notre responsabilité d'agir collectivement face à ces menaces.

La lutte contre le terrorisme constitue le premier défi majeur, et une priorité de premier plan pour la France. Des efforts accrus sont indispensables pour répondre aux défis communs posés par le terrorisme : le retour ou la relocalisation des combattants étrangers, l'utilisation d'Internet par les groupes terroristes, ou encore le financement du terrorisme qui fera l'objet d'une conférence internationale organisée à Paris par le président de la République, M. Emmanuel Macron, en avril 2018.

Les liens entre la criminalité transnationale organisée et le terrorisme doivent aussi faire l'objet de toute notre attention. En Libye comme au Sahel, les divers trafics auxquels se livrent les réseaux criminels alimentent les groupes terroristes.

Le combat contre le terrorisme implique également de continuer à s'engager en faveur de la protection du patrimoine culturel. La résolution 2347, adoptée en mars dernier à l'initiative de la France et de l'Italie - vous l'avez dit, Monsieur le Ministre - a souligné combien la destruction, le pillage et le trafic illicite de biens culturels contribuaient à nourrir les conflits. Nous nous réjouissons de pouvoir revenir sur ce sujet lors de la réunion du 30 novembre.

Une seconde manifestation des défis sécuritaires en Méditerranée est la crise migratoire, qui touche l'Europe et laisse des millions de personnes dans un dénuement complet.

Un traitement purement sécuritaire de la question migratoire ne serait ni souhaitable ni efficace. Le défi migratoire impose une coopération européenne et internationale renforcée qui doit permettre d'appréhender l'ensemble du parcours migratoire, depuis les pays d'origine jusqu'aux pays de destination, dans le respect des droits des personnes concernées.

C'est la raison pour laquelle le pr√©sident de la R√©publique a fait de la question migratoire l'une des priorit√©s de premier plan de la France, en lien √©troit avec l'Italie √† laquelle je souhaite rendre hommage pour ses efforts consid√©rables en mati√®re d'accueil des r√©fugi√©s. √Ä l'initiative du pr√©sident Macron, une r√©union internationale s'est tenue √† Paris le 28 ao√Ľt, qui a conduit √† l'adoption d'un plan d'action sur les enjeux migratoires en M√©diterran√©e centrale, qui concerne notamment les pays de d√©part que sont le Niger et le Tchad.

Nous restons très préoccupés par les traitements inhumains dont sont victimes les migrants qui transitent par la Libye. Nous continuons d'appeler les autorités libyennes à tout mettre en oeuvre pour que les migrants soient traités dignement et dans le respect des droits de l'Homme. L'opération EUNAVFOR MED Sophia, qui sauve des dizaines de milliers de vies chaque année et dont le mandat a été récemment renouvelé, illustre l'engagement de l'Union européenne à lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée centrale.

Pour traiter ces questions sur le long terme, Monsieur le Président, nous devons promouvoir une approche transversale reposant sur la coopération entre l'Afrique, le Moyen-Orient et l'Europe. Les crises en Méditerranée ne seront pas résolues sans une approche politique cohérente de long terme conjuguant sécurité, développement et solidarité.

Le changement climatique aggrave les problèmes de développement dans la région méditerranéenne, et ses effets sont des sources potentielles d'instabilité et de conflit. C'est l'un des constats faits par ce conseil lors de sa mission dans le bassin du Lac Tchad, qui m'avait personnellement frappé.

Au Sahel, la France promeut une r√©ponse globale reposant sur le pilier de la s√©curit√© et sur celui du d√©veloppement et de la bonne gouvernance, ainsi que sur l'√©ducation et la pr√©vention contre l'extr√©misme violent. C'est dans cet esprit que nous soutenons activement l'initiative du G5 Sahel d'√©tablir une force conjointe menant des op√©rations transfrontali√®res afin de lutter contre la menace transnationale que font peser le terrorisme et les trafics sur les √Čtats de la r√©gion. Nous agissons, aux c√īt√©s des autres partenaires de l'Alliance pour le Sahel, afin de renforcer la mobilisation des principaux donateurs en faveur du d√©veloppement et de la bonne gouvernance dans les pays du Sahel. Le volet politique et la mise en oeuvre de l'Accord pour la paix et la r√©conciliation au Mali doivent progresser en parall√®le. Nous continuerons enfin √† mobiliser la communaut√© internationale pour qu'elle soutienne la force conjointe, dans le prolongement de la r√©union minist√©rielle du 30 octobre dernier pr√©sid√© par le ministre fran√ßais de l'Europe et des affaires √©trang√®res, M.¬†Jean-Yves Le Drian, et en vue de la conf√©rence de Bruxelles. Nous formulerons prochainement des propositions en ce sens, en tenant compte √† la fois des besoins exprim√©s sur le terrain et des sensibilit√©s qui existent autour de cette table.

Au Moyen-Orient, Monsieur le Président, les crises rendent nécessaires des solutions politiques inclusives vis-à-vis de toutes les populations. C'est pourquoi, en Syrie, la France soutient pleinement une transition négociée conforme à la résolution 2254 du conseil et au communiqué de Genève. Elle appelle la communauté internationale à appuyer les efforts de l'envoyé spécial, Staffan de Mistura, à l'approche des négociations de Genève de la fin du mois : il s'agit du seul processus politique susceptible d'aboutir à une solution politique durable.

En Libye, la solution passe par la r√©conciliation nationale et la restauration de l'autorit√© de l'√Čtat sur l'ensemble du territoire. Il s'agit aussi de la meilleure r√©ponse pour vaincre durablement le terrorisme et r√©pondre au d√©fi des migrations. Nous soutenons pleinement - comme nous l'avons dit hier devant ce conseil - les efforts du repr√©sentant sp√©cial du secr√©taire g√©n√©ral, Ghassan Salam√©.

√Ä Gaza, la crise humanitaire, doubl√©e d'une crise environnementale, a √©galement des causes politiques. Le processus de r√©conciliation inter-palestinienne doit se poursuivre - et nous saluons √† cet √©gard les efforts de l'√Čgypte. Ce processus doit permettre √† l'Autorit√© palestinienne d'exercer pleinement ses pr√©rogatives dans la bande de Gaza, y compris dans le domaine de la s√©curit√©, et de faciliter la lev√©e du blocus impos√©e √† la bande de Gaza. Cette r√©conciliation inter-palestinienne est dans notre esprit indissociable de la reprise du processus de paix fond√©e sur la solution des deux √Čtats.

Enfin, la protection des droits de tous, y compris des personnes appartenant à des minorités, est indispensable à la préservation du pluralisme et de la diversité du Moyen-Orient, à laquelle nous sommes profondément attachés. La France a co-organisé avec la Jordanie la conférence internationale de Paris en septembre 2015, qui a donné lieu à la présentation d'un plan d'action en soutien aux victimes de violences ethniques et religieuses au Moyen-Orient. La France, comme elle l'a rappelé cette année lors de la conférence de Madrid, est pleinement engagée dans la mise en oeuvre de ce Plan. Elle contribue à hauteur de 10 millions d'euros à son fonds d'urgence.

Il est essentiel de continuer de lutter contre l'impunit√© s'agissant des violations du droit international humanitaire et des droits de l'Homme. Nous nous f√©licitons de la mise en place, √† la suite de la r√©solution adopt√©e par ce conseil en septembre, d'une √©quipe d'enqu√™te pour documenter les crimes commis par Daech en Irak. Le renforcement du r√īle des femmes, notamment par leur participation effective aux processus politiques, doit √©galement faire pleinement partie de la r√©ponse. La France continuera de veiller enfin √† la protection des enfants, qui restent les premi√®res victimes des conflits.

Monsieur le Pr√©sident, l'ampleur des d√©fis pr√©sent√©s aujourd'hui impose un r√īle accru du conseil de s√©curit√© et de la communaut√© internationale.

Au-delà de la mobilisation de l'Assemblée générale, avec la négociation des pactes sur les migrations et sur les réfugiés, une mobilisation accrue du conseil est en effet indispensable.

La France poursuit son engagement pour renforcer sa coopération avec les pays des deux rives de la Méditerranée, les pays européens comme ceux du Maghreb, avec lesquels nous entretenons des liens historiques et culturels particulièrement étroits. C'est dans cet esprit que la France apporte son appui au développement économique des pays de la rive sud de la Méditerranée, notamment dans le cadre de l'initiative Tunisie 2020.

En conclusion, répondre aux défis multiformes de la zone Méditerranée nécessite une approche globale et intégrée : les efforts de prévention, de maintien et de consolidation de la paix doivent se renforcer mutuellement pour être pleinement efficaces. C'est aussi une exigence de solidarité à l'égard des pays voisins des zones de conflits, qui sont en première ligne face aux déplacements de populations. Plus que jamais, nous devons relever les défis que rencontre l'espace méditerranéen : nous le devons aux populations concernées, à nous-mêmes et au creuset de culture, de civilisation et de coexistence que représente la Méditerranée.

Je vous remercie./.

Retour sommaire