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Déclarations officielles de politique étrangère du 24 janvier 2017


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Vanuatu/Rencontre de M. Jean-Marc Ayrault avec une délégation conduite par le Premier ministre - Égypte/Attaques contre des soldats dans le Sinaï (Paris, 24/01/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Vanuatu - Rencontre de M. Jean-Marc Ayrault avec une délégation conduite par le Premier ministre (Paris, 25 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault s'entretiendra le 25 janvier avec M. Charlot Salwaï Tabimasmas, Premier ministre du Vanuatu, accompagné de M. Bruno Leingkone, ministre des affaires étrangères et de M. Matai Seremaiah, ministre de l'agriculture.

Il rappellera l'importance que la France, nation du Pacifique, attache à cette région et en particulier au Vanuatu qui a conservé une relation particulière avec notre pays et entretient des liens très étroits avec la Nouvelle-Calédonie voisine.

M. Jean-Marc Ayrault soulignera l'importance des petits États insulaires en développement dans les négociations sur le climat, la nécessité que leur voix y soit entendue et qu'ils puissent prendre part à la mise en oeuvre de l'accord de Paris.

Il fera également le point avec ses interlocuteurs sur les priorités de notre coopération bilatérale, notamment dans le domaine de l'éducation et de la Francophonie. Le Vanuatu est le seul État du Pacifique membre de l'organisation internationale de la Francophonie.

2 - Égypte - Attaques contre des soldats dans le Sinaï (22 janvier 2017)

La France condamne l'attaque qui a coûté la vie à cinq soldats dans le Sinaï le 22 janvier.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes.

La France réitère à l'Égypte sa pleine solidarité dans la lutte contre le terrorisme./.

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2. Chili - Relations bilatérales - Déclaration de M. François Hollande, président de la République, au palais de la Moneda (Santiago du Chili, 21/01/2017)

Mesdames, Messieurs,

Ministres, Parlementaires, Ambassadeurs, Amis de la France et du Chili,

Je vous retrouve ici, Madame la Présidente, au Palais de la Moneda qui est pour le monde entier un lieu chargé de symboles.

Pour mes compatriotes, le Chili a été longtemps le merveilleux monde du bout du monde, selon la belle expression de votre poète Luis Sepulveda. Et nous sommes conscients que dès le 19e siècle, beaucoup de Français sont venus ici bâtir leur vie, en créant une communauté. Des centaines de milliers de descendants portent un nom français, vous aussi Madame la Présidente.

L'histoire récente du Chili a profondément marqué le peuple français ; et l'ultime sacrifice de Salvador Allende demeure à jamais une leçon de courage pour tous les défenseurs de la liberté.

Dès le lendemain du coup d'État du 11 septembre 1973, la France a accueilli de nombreux chiliens venus y trouver l'asile. Ils ont enrichi considérablement notre pays par leur talent, par leur travail, par leurs créations.

Et nous sommes aussi à vos côtés depuis longtemps pour la reconstruction démocratique de votre pays, vous y êtes parvenus. Aujourd'hui, le Chili a trouvé l'apaisement, sans céder à l'oubli et je l'ai mesuré en visitant le musée de la mémoire.

Et de voir tous les visages de ces suppliciés, de ces torturés, de ces victimes était pour nous un moment intense d'émotion. Il y avait d'ailleurs sur le mur, Madame la Présidente, le visage de votre père.

La France mettra à la disposition du Chili ses propres archives, pour que la vérité soit pleinement établie sur cette période. Mais depuis 25 ans, votre pays s'est imposé comme un modèle de stabilité politique, de solidité économique et se hissant au premier rang des pays de l'Amérique latine en termes de richesse par habitant.

Le Chili a su entreprendre des réformes courageuses sous votre direction, qui vont dans le sens d'une plus grande justice pour l'éducation, pour la santé, pour les droits des femmes. Et là encore, vous êtes regardés comme une référence.

Le Chili est aussi un modèle d'intégration régionale, puisque vous participez à la fois à l'UNASUR, à la CELAC, à l'Alliance du Pacifique qui souhaite elle-même se rapprocher du MERCOSUR. Et la France appuie aussi l'actualisation de votre accord d'association avec l'Union européenne.

Je suis ici en visite officielle et je tenais à le faire, puisque vous-même vous étiez rendue deux fois sous ma présidence à Paris. Je voulais le faire parce qu'au-delà de l'histoire, la France est un tout premier partenaire du Chili et 230 entreprises françaises sont présentes ici. Beaucoup de chefs d'entreprise peuvent en témoigner, employant plus de 50.000 personnes.

Nous avons également pu bâtir une coopération scientifique, universitaire, technologique exemplaire et nous l'avons démontré aujourd'hui en lançant «l'année de l'innovation». Et je veux saluer ici universitaires et chercheurs qui y ont contribué.

Nous avons également voulu rapprocher nos meilleures entreprises, nos start-up et nous avons pu en donner un exemple notamment dans le domaine de la santé. La santé justement, c'est la responsabilité de Marisol Touraine, elle est très attachée à ce que nous puissions être en avant-garde avec le Chili et vous en connaissez les raisons.

Nous voulons également avoir avec vous une coopération en matière d'éducation, la France est le 3ème pays d'accueil des étudiants chiliens dans le monde et nous voulons qu'ils soient encore plus nombreux. Et c'est pourquoi nous avons signé un accord, c'était l'année dernière, pour la reconnaissance mutuelle des diplômes.

La culture est également un lien entre nos deux pays, et comment ne pas évoquer ici Pablo Neruda qui fut ambassadeur à Paris et l'ami de Louis Aragon. Un film qui connaît un grand succès en France, je sais ce qu'il en est au Chili, retrace la vie de Pablo Neruda.

Je veux aussi saluer tous ceux qui sont venus dans l'exil apporter à la France leurs talents : les peintres José Balmes, Guillermo Nunez ; les cinéastes Patricio Guzman, Raoul Ruiz et la cinémathèque à Paris a rendu hommage l'an dernier à ce cinéaste.

Puis, il y a aussi les musiciens, Isabel et Angel Parra et Parra disait que tous les Chiliens ont quelque chose en commun avec les Parisiens, il aurait pu dire avec les Français. Ils ont bon coeur et mauvais caractère. Mais ils aiment ensemble la culture.

Je veux souligner aussi le rôle du Chili pour la paix, je n'oublie pas que vous avez participé à des missions de maintien de la paix des Nations unies, notamment en République centrafricaine, en Haïti. Et je sais le rôle du Chili pour accompagner la Colombie et le président Santos, pour l'accord avec les FARC et je serai demain également en Colombie.

Je salue aussi le Chili pour ce qu'il a fait pour la réussite de la COP21, car il a fallu que nous puissions conjuguer nos efforts pour aboutir à cet accord. Mais il va falloir maintenant qu'il est signé, qu'il est ratifié, il va falloir le mettre en oeuvre et le défendre, par rapport à ceux qui voudraient le mettre en cause ou nier la réalité du réchauffement climatique.

Donc nous savons que nous aurons encore beaucoup à faire pour mener à bien le combat qui est le nôtre pour la planète. D'ailleurs, c'est la planète qui doit d'abord être notre priorité, d'abord la planète, d'abord la démocratie, d'abord la solidarité, d'abord la liberté avant de penser à chacun de nos pays.

Mais la solidarité, je veux également l'exprimer ici alors que le Chili fait face à des incendies. Nous en avons parlé vous et moi et nous sommes prêts, la France, à mettre à la disposition du Chili un détachement de sapeurs-pompiers, des experts en matière de lutte contre l'incendie, pouvant venir ici d'ici 3 jours pour apporter - autant qu'il est possible - une coopération technique face à ce fléau.

Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs, je reviens à Salvador Allende qui dans son ultime message aux Chiliens - et finalement au monde entier - déclarait : allez de l'avant, tout en sachant que bientôt s'ouvriront de grandes avenues sur lesquelles passeront des hommes libres, libres de construire une société meilleure. Oui, il faut aller de l'avant et c'est ce que vous faites ici, au Chili, pour que vous puissiez avoir l'espérance qui vous a été promise.

Nous, nous savons que la démocratie, que la liberté ne sont jamais des biens acquis pour toujours et que ces valeurs doivent être défendues. Nous savons que le Chili sera toujours là avec la France pour défendre ces principes, ces valeurs universelles. Et il faudra dans ces prochaines années être ensemble face à un certain nombre de dangers ou de menaces.

Nous sommes pour l'ouverture, nous pensons que le monde doit être maîtrisé, régulé, organisé et que nous sommes ouverts au monde et nous ne voulons jamais nous replier.

Je voudrais conclure en disant qu'au-delà de tout, il y a entre les Chiliens et la France une passion commune qui est le vin. Et donc je ferai une entorse à tous les protocoles et je saluerai le vin chilien ce soir en levant mon verre pour l'amitié entre la France et le Chili.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Chili - Relations bilatérales - Conférence de presse conjointe de M. François Hollande, président de la République, et de Mme Michelle Bachelet, présidente de la République du Chili - Propos de M. François Hollande (Santiago du Chili, 21/01/2017)

Madame la Présidente, Chère Michelle Bachelet,

Je vous avais reçue plusieurs fois à Paris et je vous avais fait la promesse de venir ici au Chili, voilà, j'y tenais tout particulièrement parce qu'il y a des liens très profonds qui unissent nos deux pays - vous les avez rappelés, l'Histoire - et il y a aussi des relations très fécondes, très fructueuses pour le développement économique, culturel, scientifique et nous voulons vraiment les intensifier à l'occasion de cette visite.

La dernière visite d'un président de la République française au Chili remonte à plus de dix ans, c'était Jacques Chirac qui était venu. J'ai conscience d'être là dans des circonstances particulièrement douloureuses pour votre pays puisqu'il y a des incendies terribles qui ravagent un certain nombre de vos régions suite à une sécheresse de plusieurs années qui confirme d'ailleurs l'engagement qui doit être le nôtre pour faire respecter l'accord de Paris sur le climat et je tiens à vous exprimer la solidarité de la France et vous dire que tous les moyens d'une coopération peuvent être mobilisés car il y a là encore une tradition entre nos deux pays en matière de sécurité civile.

J'évoquais les liens et ici dans ma génération, le Chili représente à la fois une douleur et une espérance. La douleur, ce fut quand il y a eu le coup d'État et lorsque le président Allende est mort ici dans ce palais ; et l'espérance, c'était ce que nous avions été capables de faire pour accueillir les exilés chiliens, puis ensuite pour l'accompagnement vers la démocratie. Et aujourd'hui, le Chili est un pays stable sur le plan politique, dynamique sur le plan économique et ouvert sur le monde et c'est un exemple pour beaucoup.

Vous avez, Madame la Présidente, mené des réformes courageuses ; il faut en faire, des réformes, et je pense que nous avons la même volonté pour l'éducation, pour la justice sociale, pour les droits, pour les droits des femmes auxquels vous êtes particulièrement attachée.

Alors nous avons voulu que nos relations, nos partenariats puissent porter les mêmes priorités ; d'abord la priorité pour la santé - ce qui explique l'accord qui a été passé - priorité pour la science, pour la recherche, pour l'innovation, pour les universités et c'est ce que nous avons aussi décidé de faire ensemble à travers cette année de l'innovation. Priorité pour l'éducation et nous avons là aussi une coopération pour la formation des enseignants et pour faire évoluer nos systèmes éducatifs. Et puis nous avons voulu donner une priorité aux énergies renouvelables et votre pays, là encore, est un exemple et je suis heureux que les entreprises françaises puissent, là encore, être avec vous, vous accompagner et notamment en matière d'énergies renouvelables puisque vous vous êtes fixé comme objectif 70% de production d'électricité à partir du renouvelable en 2050. Et demain, j'irai voir la centrale solaire où EDF fait en sorte de pouvoir être à vos côtés pour une réussite scientifique exceptionnelle.

Nous voulons être aussi partie prenante de votre développement économique, de nombreux chefs d'entreprise m'accompagnent ; il y a à peu près 250 entreprises françaises qui sont présentes ici au Chili et elles sont toutes décidées à investir davantage.

Nous voulons également mener à bien un certain nombre de vos projets en matière d'infrastructures, de transports, métro et tout ce qui peut permettre ce qu'on appelle la ville durable. Et là encore, il y a eu à l'occasion de ma visite une initiative en ce domaine de la ville durable.

Mais nous avons entre le Chili et la France aussi des principes communs qui gouvernent nos politiques étrangères respectives. Nous avons d'abord la volonté de faire prévaloir la paix - moi je n'oublie pas ce qu'a fait le Chili pour être avec nous et avec la mission des Nations unies en Centrafrique, en Haïti et, là encore, c'est un bel exemple que vous donnez au monde - et aussi c'est votre action, l'action de votre pays, pour le processus de paix en Colombie que vous accompagnez ; après-demain, je serai en Colombie et nous pourrons conjuguer nos efforts pour le développement d'un certain nombre de territoires en Colombie et faire en sorte que le processus aille jusqu'à son terme y compris avec l'ELN.

Nous avons aussi la même volonté de chercher le dialogue partout où c'est possible et notamment par rapport à la situation au Venezuela où nous sommes conscients qu'il faut rapprocher autant qu'il est possible les points de vue. Mais nous voulons aussi que notre action internationale puisse être guidée par des principes, notamment le multilatéralisme - vous êtes très attachée aux Nations unies, nous aussi - et nous voulons qu'il puisse y avoir le respect des droits fondamentaux - par exemple l'abolition universelle de la peine de mort, la dépénalisation de l'homosexualité, la lutte contre les violences faites aux femmes - voilà ce que nous portons ensemble partout dans le monde et aussi nous avons la même exigence pour que l'accord sur le climat soit mis en oeuvre et donc respecté.

Nous voulons aussi qu'il y ait des accords qui puissent être conclus entre plusieurs régions du monde ; entre l'Union européenne et le Chili, il y a un accord d'association qui sera actualisé ; nous vous accompagnerons. Il y a également des discussions qui existent entre l'Europe et l'Amérique latine et nous faisons en sorte que nous puissions avec l'Alliance du Pacifique, nouer une relation particulière ; nous sommes tout à fait conscients de ce que représente l'Alliance du Pacifique et nous sommes tout à fait opposés au protectionnisme. Nous sommes pour une mondialisation régulée ; nous sommes pour qu'il y ait des normes sanitaires, sociales qui puissent être posées dans les échanges entre les pays et entre les régions du monde mais le protectionnisme est la pire des réponses ; c'est celle qui en définitive, empêche les échanges, nuit à la croissance et affecte l'emploi y compris dans les pays qui prônent le protectionnisme et qui surtout l'installent.

Voilà pourquoi il était très important de montrer que nous pouvons avoir des valeurs, des principes, avoir conscience que le progrès est une lutte et en même temps que nous sommes ouverts, ouverts au monde ; nous n'en avons pas peur et nous pensons que nous pouvons aussi changer le monde grâce aux échanges que nous avons décidé d'organiser ensemble.

Je suis très heureux donc d'être ici au Chili pour porter ce message ; c'est vrai, Madame la Présidente, il y a la solidarité liée à l'Histoire mais il y a aussi la solidarité liée à un certain nombre de combats que nous avons à mener et aussi de projets que nous avons à mettre en oeuvre. Et ici, au Chili, il y en a de nombreux et je suis tout à fait heureux que des artistes, des universitaires, bien sûr des parlementaires m'accompagnent car cela signifie que les liens entre nos deux pays vont encore se renforcer.

Merci pour cette visite./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Chili - Relations bilatérales - Allocution de M. François Hollande, président de la République, devant la communauté française (Santiago du Chili, 21/01/2017)

Mes Chers Compatriotes,

Je suis heureux de vous retrouver ici à Santiago, vous, la communauté française présente au Chili ; vous êtes l'une des plus importantes en Amérique latine ; il y aurait 12.000 inscrits et sans doute davantage ; tous n'ont pas pu venir mais le coeur y était sûrement. Je salue aussi ici les amis de la France qui vivent au Chili. Nous sommes dans la résidence de France ; c'est un lieu plein de symboles puisqu'après le coup d'État contre Salvador Allende le 11 septembre 1973, des Chiliens qui craignaient pour leur vie, étaient venus ici chercher refuge et l'ambassade de France avait ouvert ses portes autant qu'il était possible. Et les Chiliens s'en souviennent. De même qu'ils se rappellent de ce qu'a été l'attitude de la France quand exilés, beaucoup ont choisi notre pays pour attendre le retour de la démocratie. Ils ont enrichi la France ; beaucoup y ont apporté leur talent, leur travail, leur culture et nous avons été transformés par les Chiliens venus en France.

J'ai tenu à me rendre moi-même avec la présidente Michelle Bachelet, au musée de la mémoire de Santiago ; c'est un moment très éprouvant et émouvant à la fois ; tous ces témoignages sur les tortures, les massacres et puis ces visages qui sont sur le mur ; il y avait d'ailleurs parmi ces victimes le visage du père de Michelle Bachelet. Et nous avons conscience de ce que le Chili a dû traverser comme épreuves pour arriver jusque-là. Ce musée de la mémoire est à la fois fait pour connaître la vérité, pour la transmettre aux générations qui viennent et aussi pour faire acte d'apaisement car il n'y a pas d'autre façon de progresser que de connaître sa propre histoire et de pouvoir ensuite se tourner vers l'avenir.

Je voulais venir ici, au Chili. J'avais promis à Michelle Bachelet qui elle-même depuis 2012 a été en visite deux fois en France et je voulais le faire pour montrer l'ampleur de la coopération entre la France et le Chili et l'intensité de l'amitié que vous représentez ici entre nos deux pays. C'est vrai qu'entre la France et l'Amérique latine, il y a une longue histoire et entre le Chili et la France. Il nous rappelle toujours que les Lumières venues de France ont éclairé l'émancipation et l'indépendance des Libertadores. Il nous rappelle aussi et c'était vrai ce matin lorsque j'étais avec les scientifiques et les universitaires, il nous rappelle qu'Auguste Comte, le positivisme, était une philosophie qui a beaucoup compté en Amérique latine et qui d'une certaine façon se perpétue avec, j'y reviendrai, une coopération scientifique et universitaire de très haut niveau.

Alors je suis venu avec une délégation importante : des ministres au premier rang desquels Marisol Touraine qui a des racines ici au Chili et qui a pu d'ailleurs mener, je ne sais si c'est grâce à cette culture familiale, mais une relation très étroite pour la santé entre nos deux pays ; Matthias Fekl qui est chargé du commerce extérieur mais aussi des Français de l'étranger, donc il est partout dans le monde chez lui ; et ici il y a une relation économique importante. Puis il y a des parlementaires, des présidents de groupes d'amitié, le député de la circonscription ici ; il y a également des chefs d'entreprise puisque beaucoup d'entreprises sont présentes ici au Chili, plus de 230 et vous êtes sans doute une bonne part à être salariés de ces entreprises ; il y a, je l'ai dit, des universitaires, des scientifiques parce que nous avons voulu que Madame Bachelet et moi-même, faire que cette visite puisse être tournée vers l'innovation, vers la connaissance, vers l'éducation vers la transmission.

Je reviens sur les liens entre l'Amérique latine et la France parce qu'il y a eu cette histoire et puis il y a des présidents de la République qui sont venus ici en Amérique latine ; le voyage le plus important a été effectué par le général de Gaulle en 1964. 52 ans après, il y en a qui s'en souviennent. Il était parti un mois ! Chaque fois que je rappelle cette durée, je suscite l'étonnement, peut-être parfois même le ravissement en se disant «un mois sans président de la République !» mais il était revenu quand même et cela avait été un voyage très important parce qu'il voulait montrer que la France était aux côtés d'une Amérique latine qui cherchait son chemin, qui connaissait à l'époque beaucoup de dictatures que les peuples voulaient renverser et voulaient trouver en la France un exemple, un partenaire. Puis ensuite, bien plus tard, François Mitterrand est venu en Amérique latine et Jacques Chirac ensuite au Chili en 2006. Cela faisait donc dix ans qu'il n'y avait pas eu de président de la République française ici au Chili. Il était temps donc que j'arrive, à tous égards.

Ensuite, il y a cette volonté qui nous est commune d'avoir un partenariat qui puisse être exceptionnel. On le dit souvent quand on visite un pays, mais c'est vrai pour le Chili ; d'abord il y a l'histoire que j'évoquais, les liens, la démocratie, la culture, la langue même si ici le français doit être promu mais j'y reviendrai aussi. Et puis il y a le partenariat économique car le Chili est devenu non seulement une grande démocratie mais un pays très dynamique sur le plan économique et ouvert à la région, à l'Amérique latine et au monde et la France, les entreprises françaises y ont trouvé leur place et qu'aujourd'hui, donc plus de 230 sont installées ici. Nous avons des échanges importants, notamment dans les infrastructures - ports, aéroports - et aussi dans les aménagements urbains et nous avons également une coopération en matière d'énergie, notamment d'énergies renouvelables. Et demain, j'irai visiter la centrale solaire dans un désert où il fait encore plus chaud qu'ici et où justement le solaire peut être une réponse à l'avenir énergétique du Chili, à la condition que les technologies soient partagées. Et c'est ce que nous faisons. Nous avons cette conception peut être différente d'autres pays, de vouloir qu'il y ait des relations qui puissent intéresser les entreprises locales, en l'occurrence ici chiliennes, et les entreprises françaises pour l'accès aux technologies. Et ce développement économique, nous pouvons encore l'amplifier parce qu'il y a des secteurs nouveaux qui apparaissent et notamment j'évoquais la question de l'urbanisation, de la ville durable, de ce qui peut être l'environnement et là nous avons beaucoup d'entreprises qui y contribuent.

Ensuite, il y a un deuxième partenariat qui est exceptionnel, qui est celui que j'évoquais en matière universitaire et scientifique. Tout à l'heure, les scientifiques m'ont présenté un tableau, bien sûr sur écran informatique, où l'on voyait tous les liens qui existent entre les établissements scientifiques français, les établissements scientifiques chiliens, les universités françaises, les universités chiliennes et c'est vrai que cela faisait presque un nuage très dense de relations, un réseau très étroit : 500 accords entre les universités françaises et les universités chiliennes, mille publications scientifiques communes, des accords entre établissements scientifiques - de nombreux chercheurs sont ici présents et je veux les saluer - parce que le Chili d'une certaine façon, nous nous offre un terrain d'observation exceptionnel. À tel point que nous essayons de les convaincre de participer à un satellite qui pourrait encore davantage observer ce qu'est la planète et nous avons d'ailleurs, le Chili et la France, la même conception de la préservation de la planète, d'où le rôle qu'a joué le Chili avec la France, pour la réussite de l'Accord de Paris qu'il faut maintenant traduire en actes et c'est ce que nous faisons, y compris à travers cette coopération scientifique.

Il y a aussi un domaine, je l'évoquais, la santé, où nous avons pu là-aussi, constater que l'innovation y avait toute sa place puisqu'une start-up a été capable de développer la télémédecine ici, dans la région et c'est, je crois, une très bonne expérience qui peut nous servir également en France. Les start-up, c'est aussi ce que nous voulons conjuguer au Chili comme en France, d'où l'année de l'innovation qui va tout à fait correspondre à ces intentions.

Il y a également une volonté d'avoir sur nos systèmes éducatifs autant d'échanges que possible - je sais que Mme Bachelet a mené des réformes courageuses en matière d'éducation - d'ailleurs, quand on dit des réformes pour l'éducation, elles sont forcément courageuses parce qu'il faut vaincre bien sûr un certain nombre de résistances, de conservatismes et ici, il y en a eu ; en France, ce ne serait pas possible de concevoir dans ce domaine quelques conservatismes ou quelques résistances mais je sais ce que c'est que de vouloir permettre l'accès à l'enseignement supérieur, de faire qu'il y ait des réformes de l'éducation et donc nous avons voulu transmettre notre expérience, former, former les chefs d'établissement, former les enseignants, former aussi pour les établissements professionnels, pour permettre à nos entreprises justement de disposer de savoir-faire et de main-d'oeuvre ici au Chili.

Alors il y a la langue française, il y a la culture française, il y a les établissements français ; je veux aussi saluer les enseignants, qui sont ici et qui travaillent dans les établissements ; il y a aussi le réseau des Alliances françaises - et là encore je veux les saluer parce que c'est ce qui contribue à diffuser non seulement la langue mais la culture - et puis il y a aussi tout ce qui est fait par l'Institut français pour que notre langue, la langue française, puisse être mise à la disposition des Chiliens.

Je veux enfin parler de la culture car j'ai voulu que nous puissions emmener des artistes français ici au Chili mais il y a déjà des artistes français présents au Chili et qui dirigent deux grands établissements, un pour le ballet et l'autre pour le théâtre, donc c'est très important que nous soyons ici représentés ; il y a beaucoup d'artistes chiliens qui eux aussi viennent en France et nous voulons là-encore mettre en place un partenariat d'excellence parce que la culture nous lie.

Voilà ce que je voulais vous dire, vous, communauté française, je le disais, composée de représentants des entreprises, de chercheurs, d'universitaires, également d'enseignants, de fonctionnaires car il y a aussi des fonctionnaires à l'étranger et qui doivent jouer leur rôle ; le réseau consulaire important, l'ambassade, les militaires qui sont ici et qui peuvent également participer à la sécurité du pays comme à la nôtre. Donc il y a toute cette présence ici française et qui contribue à l'amitié entre nos deux pays.

Nous avons, je l'évoquais, des valeurs et des principes en commun : la démocratie, la liberté, l'ouverture au monde et nous essayons de faire prévaloir ces principes-là partout où c'est possible. Le Chili joue son rôle ; par exemple, le Chili a participé à des opérations de maintien de la paix en République centrafricaine avec nous ; cela n'allait pas de soi pour le Chili d'aller aussi loin sur une terre qui leur était inconnue à ces amis chiliens. Ils l'ont fait. Ils sont présents également en Haïti, pays qui connaît des catastrophes. Et puis nos amis chiliens jouent aussi un rôle très important pour le processus de paix en Colombie, Colombie où je serai demain soir. La France accompagne également la Colombie vers la réconciliation mais le Chili joue un rôle avec d'autres très important.

Le Chili cherche aussi à apaiser la situation au Venezuela, donc nous devons être aux côtés du Chili. Nous avons également des valeurs communes ; nous considérons que le monde doit être ouvert, que s'il doit être régulé, maitrisé, s'il doit y avoir des normes qui doivent être fixées, environnementales, sociales, nous devons aussi garder le monde ouvert. Le protectionnisme est la pire des réponses parce que c'est finalement la restriction des échanges, la peur de tout ce qui vient de l'extérieur, la fausse sauvegarde des emplois et donc nous devons aujourd'hui que cette menace existe, qu'elle est prononcée, qu'elle est proférée, nous devons développer cette vision du monde parce que nous n'avons pas le droit d'avoir peur ; nous devons être présents dans le monde pour justifier qu'il puisse être ouvert à tous et notamment aux pays émergents comme ici, le Chili.

Nous devons aussi lutter contre le populisme qui peut même parfois s'emparer de l'État et qui là encore, laisse penser qu'il n'y aurait des solutions que dans l'enfermement, le repli et le doute ou la peur ; et avec le Chili, nous devons faire en sorte que nos principes de démocratie, nos principes d'ouverture, nos principes de liberté soient partagés. C'est une lutte, c'est un combat ; il ne faut jamais penser qu'il n'y a pas de nécessité d'intervention humaine, collective, que nous devrions être spectateurs. La France ne peut pas être un pays spectateur. Il ne peut pas non plus être un pays qui puisse être lui aussi tenté par le repli, par la peur, par cette idée que nous devrions renoncer à ce que nous sommes pour être protégés parce que ce serait finalement la première renonciation, le premier abandon de notre liberté. Et la France est toujours regardée, toujours observée et elle donne parfois l'exemple, nous souhaitons qu'il soit le bon mais c'est notre responsabilité.

La France aussi est un pays solidaire, solidaire de tous ceux qui peuvent à un moment être dans l'épreuve - nous l'avons été, dans l'épreuve, quand nous avons été frappés par le terrorisme - les Chiliens, beaucoup de peuples ont été les premiers à manifester parce qu'ils savaient que quand on voulait viser la France, on visait la liberté, la démocratie, la culture, un mode de vie. Alors quand le Chili est là encore dans l'épreuve avec ces incendies - je salue ici les sapeurs-pompiers qui vont jouer l'hymne national, les deux hymnes nationaux - oui, la France sera tout à fait disponible à toutes les demandes que le Chili pourra lui adresser pour lutter contre ces incendies.

Voilà Mesdames et Messieurs, pourquoi je voulais être là, pour rappeler l'Histoire sans doute, sûrement, parce qu'elle nous unit ; pour montrer la force du lien entre la France et le Chili, saluer tout ce que vous pouvez faire pour contribuer à le rendre encore plus humain, plus intense, plus fort mais également rappeler les valeurs, les valeurs de la République française parce qu'ici, les valeurs de la République française, elles trouvent un large écho et sont partagées.

Alors, Mesdames et Messieurs, soyez fiers d'être citoyens français. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Chili - Relations bilatérales - Accords scientifiques et technologiques - Discours de M. François Hollande, président de la République, à l'occasion du lancement du forum scientifique et économique (Santiago du Chili, 21/01/2017)

Monsieur le Ministre qui nous accueillez ici dans votre ministère des affaires étrangères,

Monsieur le Recteur qui avez fait un hymne à la science et à la culture française, auquel nous sommes très sensibles,

Mesdames, Messieurs,

Nous avons voulu avec la présidente Michelle Bachelet, placer la recherche, l'éducation, l'innovation au coeur de notre partenariat entre la France et le Chili parce que nous avons la même conviction que la connaissance, la transmission, la culture, la science sont les clés de la modernisation de nos économies et du progrès pour tous.

Pour porter haut ces ambitions, nous devons faire des réformes dans chacun de nos pays, des réformes pour l'éducation, pour l'ouverture de nos universités, d'établissements d'enseignement supérieur et également faire des réformes pour que la recherche puisse être une priorité. Et vous avez voulu, vous aussi, vous doter d'un ministère de la recherche au Chili et vous vous êtes fixé un objectif de dépenses pour la recherche et le développement en fonction de la richesse nationale et nous avons la même démarche et la même ambition.

La France est l'un des tout premiers partenaires scientifiques du Chili. J'en ai eu la démonstration à l'instant quand il s'est agi de voir toutes les liaisons qui existaient entre les établissements de recherche, les universités de nos deux pays et c'était autant qu'il était possible de le visualiser, un nuage mais un bon nuage, pas un nuage toxique, un nuage scientifique qui permettait de comprendre le réseau qui s'était constitué entre nos laboratoires de recherche - je vais en citer quelques-uns ici présents : le CNRS, l'IRD, l'INRIA - mais également des entreprises qui se sont elles-mêmes engagées pour conforter ce partenariat comme ENGIE et DCNS.

Je veux souligner ce dynamisme parce qu'il est considérable, il n'y en a pas d'autres, entre la France et le pays d'Amérique latine qu'est le Chili. 500 projets de recherche et de formation continue ; mille publications scientifiques communes ; 500 missions de chercheurs français au Chili ; dans le désert d'Atacama où je serai demain, se situent trois sites de la plus importante organisation scientifique et technique intergouvernementale, l'observatoire européen austral ; et la France en est l'un des membres fondateurs et un des principaux contributeurs. Et nous sommes fiers d'être dans ce mouvement.

Il y a un parc exceptionnel de télescopes, d'antennes, qui permettent à la communauté scientifique française et européenne d'être à la pointe en matière d'astronomie ; nous voulons regarder vers l'espace mais nous voulons aussi que de l'espace, nous puissions regarder notre planète - nous avons d'ailleurs un Français, Thomas Pesquet qui est (peut-être nous regarde-t-il, même nous entend-il) qui est dans l'espace et qui observe. Et s'il observe, il doit voir ce que la sécheresse est capable, hélas, de produire : des incendies, des catastrophes, je veux une fois encore exprimer la solidarité de la France.

Nous avons donc besoin de satellites d'observation. Je reviens à tous ces accords qui existent entre nos universités et nos établissements d'enseignement supérieur. Pour conforter ce partenariat, cette relation, lors de votre dernière visite en France -je dis bien la dernière parce qu'il y en a eu de nombreuses - c'était en 2016, nous avons établi ensemble un accord pour la reconnaissance mutuelle des diplômes, ce qui nous permettra d'accueillir encore davantage d'étudiants chiliens en France et de permettre aussi qu'il y ait davantage de jeunes Français qui viennent se former ici. Nous avons mis en place aussi et vous l'avez voulu, une coopération en matière de formation professionnelle dans des secteurs essentiels pour le développement du Chili comme les transports, les énergies ou le génie civil. Et nous avons aussi voulu qu'il y ait un exemple de ce que la science, la recherche, les universités peuvent produire de mieux pour l'être humain, c'est-à-dire son bien-être et sa santé. C'est la raison pour laquelle il a été signé un accord entre l'établissement français du sang et le ministère chilien de la santé - Marisol Touraine qui est à la fois Chilienne et Française était particulièrement bien placée pour faire cet accord - et aussi nous allons créer des diplômes de médecine transfusionnelle, je pense que là aussi, c'est unique dans la relation entre la France et l'Amérique latine.

Nous avons voulu, vous et moi, que l'année puisse être consacrée à l'innovation. L'innovation sous toutes ses formes. Et que nous puissions porter des projets communs dans des domaines comme l'astronomie et l'espace - je l'ai évoqué - la ville intelligente, l'agriculture innovante avec la mobilisation de l'INRA, la santé, les technologies de l'information et de communication, bref tout ce qui peut être la vie de demain, l'industrie de demain, la communication de demain, la santé de demain. Nous avons une trentaine de start-up françaises qui sont aujourd'hui au Chili et qui vont pouvoir dans des secteurs comme le solaire, les prothèses orthopédiques, les simulateurs 3D, les matériaux composites, faire des alliances avec des start-up chiliennes. C'est pour cela que j'ai tenu à ce que dans la délégation qui m'accompagne aujourd'hui, au-delà des parlementaires, des scientifiques qui sont là, des universitaires, il y ait également des chefs d'entreprise de PME innovantes et je vais prendre un exemple : ACCUHEALTH qui est une entreprise qui a été créée par un jeune médecin français et un ingénieur argentin mais à Santiago et ils ont créé de la télésurveillance médicale pour toute l'Amérique latine. La télémédecine, c'est un enjeu très important et c'est ici que finalement elle a été conçue et développée et qu'elle peut se diffuser partout.

Nous avons voulu aussi en France attirer les meilleurs créateurs, les meilleurs innovateurs ; nous avons donc lancé un concours, un concours mondial qui s'appelle - ce qui est insupportable pour la défense de la francophonie - French Tech Ticket, mais on pensait que c'était plus attractif, allez comprendre pourquoi... mais nous avons donc lancé cette opération, accueillir les meilleurs talents, les meilleurs créateurs et nous avons retenu 23 projets sur plus d'un millier de candidats. Et parmi ces 23, il y a trois Chiliens. Si nous avions lancé un concours en français, on en aurait eu encore davantage parce que peut-être n'ont-ils pas été informés... Mais trois Chiliens qui sont donc les meilleurs dans leur domaine. Et nous voulons installer ici, c'est une des raisons également de ma visite parmi beaucoup d'autres, c'est un French Tech Hub, en fait un réseau de technologie et d'innovation, pour porter ensemble ici au Chili, des projets dans tous les secteurs de pointe et pour toute la région.

Voilà ce qu'est la relation entre le Chili et la France. Bien sûr qu'elle se fonde sur la mémoire, le passé, l'accueil qui a pu être celui de nos universités à l'égard de Chiliens qui fuyaient la dictature. Beaucoup de Chiliens ont été formés en France et sont revenus ensuite dans leur pays, ici ; alors c'est ce qui donne de la force à notre relation et à notre amitié mais en même temps, nous voulons que cette force-là soit mise au service de la connaissance, de la science, du progrès et de tout ce qui peut être organisé au service du bien-être de la population. Et je pense en tout lieu à la lutte contre le changement climatique où nous devons conjuguer nos efforts ; nous avons fait le pari, vous et nous, des énergies renouvelables, notamment du solaire ; nous devons inventer un certain nombre de techniques de fabrication, de techniques de production et le deuxième enjeu lié au précédent, c'est la ville de demain, comment nous devons concevoir l'urbanisme pour être plus sobres en énergie, pour être avec des transports qui peuvent être plus là aussi économes, comment nous pouvons avoir de la mobilité et comment nous pouvons construire les logements de demain. Et puis enfin, nous avons un troisième enjeu qui est la révolution numérique et nous devons là encore la mettre au service de l'économie, de l'emploi, de la croissance et aussi du lien entre les populations.

Telles sont les priorités que nous partageons avec Mme la Présidente du Chili mais tel est aussi ce qui nous anime pour cette visite parce qu'elle est pour nous très importante sur le plan symbolique ; elle l'est aussi sur le plan politique de manière à ce que nous puissions nous-mêmes parce que nous sommes des pays indépendants, parce que nous avons été plus que d'autres attachés à la liberté, à la démocratie et donc à la science, au progrès, à l'éducation parce que c'est inséparable de ce que sont nos valeurs, que nous puissions définir ici un partenariat exceptionnel au service de tout ce qui a été notre construction démocratique et qui doit être encore notre avenir. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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6. Syrie - Sommet d'Astana - Propos de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, à «France Inter» (Paris, 23/01/2017)

La France n'est pas présente à Astana car le cadre que nous privilégions est celui des Nations unies - c'est donc Genève, où tout le monde est invité et sera partenaire -. Mais si les négociations d'Astana peuvent préparer Genève, nous disons : «pourquoi pas et tant mieux».

On voit bien, après la destruction d'Alep, la brutalité avec laquelle tout cela a été opéré et que ceux qui pensaient qu'il s'agissait d'une victoire russe ou de Bachar al-Assad ont vite déchanté. Car la réalité est que c'est toujours le chaos. Il n'y a que la voie politique et la voie de la négociation qui permettent d'en sortir. C'est ce que nous défendons. Au tout petit espace qui se dégage, nous donnons une chance./.

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7. G20 - Rencontre des ministres de l'agriculture - Communiqué du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt (Paris, 23/01/2017)

M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, participait dimanche 22 janvier à la rencontre des ministres de l'agriculture du G20 à Berlin à l'invitation de la présidence allemande. Cette participation était l'occasion de saluer la date anniversaire du Traité de l'Élysée, qui scellait définitivement en 1963 la réconciliation entre les deux pays.

Une déclaration ministérielle et un plan d'action ont été adoptés par les ministres du G20. Outre les TIC (technologies de l'information et de la communication) et la lutte contre l'antibiorésistance, le thème de l'eau agricole a été abordé pour la première fois par les ministres du G20 qui ont souligné l'enjeu pour le secteur agricole d'une gestion durable des ressources en eau. L'intérêt des outils de gestion des risques pour améliorer la résilience de l'agriculture a été reconnu dans ce cadre.

Les engagements pris précédemment ont également été rappelés : lutte contre la volatilité des prix, mise en oeuvre des objectifs de développement durable et de l'Accord de Paris pour lutter contre le changement climatique et des objectifs de développement durable.

Les participants ont également réitéré leur volonté de faire de ces rencontres des ministres de l'agriculture en format G20 un rendez-vous régulier et incontournable, pour avancer sur les questions agricoles et de sécurité alimentaire. Pour mémoire, c'est la France qui avait organisé la première réunion ministérielle agricole du G20 il y a 6 ans.

Lors de cet échange, Stéphane Le Foll a souligné l'importance de mettre la révolution digitale au service des agriculteurs et de la triple performance sociale, environnementale et économique. L'ère numérique est un formidable accélérateur de changement, et il doit s'opérer dans le respect des intérêts des utilisateurs.

Stéphane Le Foll a également mis l'accent sur la lutte contre l'antibiorésistance, appelant à passer des mots aux actes pour concrétiser la sortie de l'utilisation des antibiotiques comme promoteurs de croissance.

Stéphane Le Foll a invité ses homologues du G20 à rejoindre l'initiative «4 pour 1.000» lancée lors de la COP21 à Paris et qui vise à améliorer le stockage de carbone dans les sols pour lutter contre l'insécurité alimentaire et le changement climatique. La veille de la réunion du G20, l'Argentine a rejoint l'initiative qui compte désormais plus de 225 partenaires (pays, organisations internationales, organisations agricoles, centre de recherche, entreprises). L'Argentine est également devenue membre du consortium, organe décisionnel de l'initiative, qui compte désormais près de 100 membres./.

(Source : site Internet du ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt)

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