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Déclarations officielles de politique étrangère du 23 janvier 2017


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Diplomatie numérique/«Hackathon» - UE/Participation de M. Harlem Désir à la réunion informelle du conseil «affaires générales» - Jordanie/Entretien de M. Matthias Fekl avec M. Yarub Qudah, ministre de l'industrie et du commerce - Union pour la Méditerranée/Forum régional - Gambie/Dénouement de la crise politique - Pakistan/Attentat - Israël/Territoires palestiniens/Octroi de permis de construire à Jérusalem-Est - Assassinat de trois militantes kurdes en janvier 2013 (Paris, 23/01/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu à la question suivante :

1 - Diplomatie numérique - «Hackathon» (Paris, 25-26 janvier 2017)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, rencontrera les 25 et 26 janvier les participants du premier «hackathon» organisé par le ministère, marathon permettant à des développeurs d'imaginer des solutions numériques innovantes.

Durant ces deux jours, 92 participants et 26 équipes issus d'horizons divers (étudiants, développeurs, chercheurs, informaticiens issus du secteur privé et de l'administration) travailleront sur des propositions d'applications utiles au Quai d'Orsay et aux usagers. De la valorisation d'archives aux plateformes d'information aux voyageurs, en passant par les échanges universitaires, les domaines qui offrent des possibilités d'innovations numériques sont nombreux. Les meilleurs projets seront récompensés par un jury.

Cet événement illustre la priorité donnée à la diplomatie numérique par le ministère des affaires étrangères et du développement international et s'inscrit dans le cadre dans la présidence française du partenariat pour un gouvernement ouvert. Une consultation participative sur la stratégie internationale de la France pour le numérique a notamment été lancée le 23 novembre 2016 : https://strategie-numerique-internationale-maedi.fr/

Pour plus d'informations : www.diplomatie.gouv.fr

2 - Union européenne - Participation de M. Harlem Désir à la réunion informelle du conseil «affaires générales» (La Valette, 23-24 janvier 2017)

M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des affaires européennes, participera à la réunion informelle du conseil «affaires générales» qui se tient à La Valette les 23 et 24 janvier 2017.

Cette réunion portera sur les priorités de la présidence maltaise pour les six prochains mois et sur la relance du projet européen dans la perspective des sommets de La Valette (3 février) et de Rome (25 mars).

Dans le cadre de la journée franco-allemande marquant l'anniversaire de la signature du traité de l'Élysée, M. Harlem Désir et son homologue allemand, M. Michael Roth, rencontreront le Premier ministre maltais, M. Joseph Muscat. Ils se rendront au bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), dont le siège est à Malte. Ils interviendront également à l'Académie méditerranéenne des études diplomatiques de Malte pour un échange avec les étudiants sur «le tandem franco-allemand face aux défis actuels de l'Union européenne».

3 - Jordanie - Entretien de M. Matthias Fekl avec M. Yarub Qudah, ministre de l'industrie et du commerce (Paris, 23 janvier 2017)

M. Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, du tourisme et des Français de l'étranger, reçoit aujourd'hui M. Yarub Qudah, ministre de l'industrie et du commerce de Jordanie.

Cet entretien sera l'occasion d'évoquer le commerce bilatéral franco-jordanien, dont le volume a connu une forte hausse ces derniers mois. En 2015, nos échanges ont ainsi permis de dégager un excédent de près de 300 millions d'euros. La France est un investisseur majeur en Jordanie, où les entreprises françaises sont particulièrement présentes dans les secteurs des télécommunications, des services et des infrastructures urbaines.

Les deux ministres feront également le point sur la mise en oeuvre de l'accord entre l'Union européenne et la Jordanie adopté en décembre dernier et destiné à aider la Jordanie, qui accueille plus de 650.000 réfugiés syriens.

4 - Union pour la Méditerranée - Forum régional (Barcelone, 23 janvier 2017)

M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État chargé du développement et de la Francophonie, participe le 23 janvier à Barcelone à la réunion ministérielle du deuxième forum régional de l'Union pour la Méditerranée.

Cette réunion permettra de faire le point sur les principales crises régionales (Libye, Syrie, Irak, Sahel), sur le processus de paix au Proche-Orient ainsi que sur les priorités d'action de l'Union pour la Méditerranée. L'accent sera mis sur la nécessité de répondre aux attentes de la jeunesse, en particulier en matière de formation et d'insertion professionnelle, et de contribuer ainsi à lutter à la fois contre la radicalisation et contre les migrations illégales.

Les ministres doivent adopter une feuille de route identifiant les principaux axes d'action pour l'avenir.

5 - Gambie - Dénouement de la crise politique

La France se réjouit du dénouement de la crise politique en Gambie, qui permet de respecter le suffrage démocratiquement exprimé par le peuple gambien en élisant le nouveau président Adama Barrow.

Nous félicitons la CEDEAO, l'Union africaine, les Nations unies ainsi que les chefs d'État qui se sont engagés en faveur d'une issue négociée, en particulier les présidents Alpha Condé et Mohamed Ould Abdel Aziz.

Nous souhaitons que le président Adama Barrow puisse prendre rapidement ses fonctions à Banjul, afin de former son gouvernement et d'entamer l'immense tâche de réconciliation et de développement qui incombe aux nouvelles autorités.

La France, par son aide bilatérale comme par ses contributions européennes, continuera d'apporter son soutien à la Gambie. Le nouveau gouvernement peut compter sur notre solidarité.

6 - Pakistan - Attentat (21 janvier 2017)

La France condamne l'attentat commis le 21 janvier contre un marché de Parachinar (région de Kurram) qui a fait, selon un dernier bilan, 24 morts et près d'une centaine de blessés.

Dans ces circonstances tragiques, nous adressons nos condoléances aux familles des victimes.

La France assure le Pakistan de sa solidarité dans la lutte contre le terrorisme.

7 - Israël/Territoires palestiniens - Octroi de permis de construire à Jérusalem-Est (22 janvier 2017)

La France condamne l'octroi par les autorités israéliennes, le 22 janvier, de permis de construire pour 566 logements dans les colonies de Ramat Shlomo, Ramot et Pisgat Ze'ev, à Jérusalem-Est.

La résolution 2334 du conseil de sécurité des Nations unies du 23 décembre 2016 a rappelé l'illégalité de la colonisation en droit international et demandé son arrêt immédiat et complet.

La colonisation constitue une menace grave pour la solution à deux États, à laquelle la communauté internationale a rappelé son attachement lors de la conférence internationale de Paris le 15 janvier dernier. Cette solution des deux États demeure la seule perspective d'une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.

8 - Assassinat de trois militantes kurdes en janvier 2013

Q - Bonjour, la justice française devrait prononcer aujourd'hui l'extinction de l'action publique contre l'assassin présumé des trois militantes kurdes en janvier 2013 à Paris. Les juges ont clairement pointé le rôle trouble de membres du MIT turc dans cet assassinat et les parties civiles estiment que malgré le décès du principal suspect l'affaire n'est pas terminée. Est-ce que la situation actuelle en Turquie est de nature, selon vous, à permettre de mettre au jour l'implication de membres du MIT dans cette affaire? Où en est la coopération judiciaire franco-turque dans ce dossier?

R - Il s'agit d'une procédure judiciaire, qu'il ne nous appartient pas de commenter./.

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2. Syrie - Destruction du Tétrapyle de Palmyre - Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international (Paris, 20/01/2017)

C'est avec consternation que j'ai pris connaissance de la destruction par Daech d'une partie du Tétrapyle, ainsi que d'autres monuments emblématiques du site de Palmyre, joyau des civilisations antiques classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Je condamne avec force ces actes barbares.

Ces destructions prouvent, une fois de plus, la volonté du groupe terroriste de nier l'histoire et la diversité culturelle plurimillénaire du Proche-Orient.

La France, qui a été à l'initiative avec les Émirats arabes unis de la conférence internationale d'Abou Dabi des 2 et 3 décembre 2016 sur le patrimoine culturel en danger dans les zones de conflit, est pleinement engagée dans la lutte contre la destruction et le pillage des trésors archéologiques.

La France demeure plus que jamais mobilisée dans la lutte contre le terrorisme au côté de ses partenaires de la coalition internationale contre Daech. Elle appelle toute la communauté internationale à concentrer ses efforts contre ce groupe terroriste, en particulier en Syrie et en Irak./.

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3. Sommet France - Afrique - Sommet de Bamako pour le partenariat, la paix et l'émergence - Conférence de presse conjointe de M. François Hollande, président de la République, et de M. Ibrahim Boubacar Keïta - Propos de M. Hollande (Bamako, 14/01/2017)

D'abord je veux remercier le président malien pour le succès de ce sommet. Je l'ai plusieurs fois exprimé : c'était un défi pour le Mali, quand la responsabilité lui a été confiée, il y a maintenant trois ans, d'organiser cet événement. C'était pour lui une épreuve qui s'ajoutait à d'autres et c'était aussi une façon de montrer que le Mali était sorti de la crise qu'il avait connue et avait toutes les capacités pour mener à bien l'accueil d'une manifestation considérable puisqu'ici il y avait plus de 50 pays représentés, et de nombreux chefs d'État et de gouvernement. Sur le plan de la sécurité, sur le plan de la logistique, sur le plan de la préparation politique, le Mali a été une nouvelle fois à la hauteur de l'espoir que l'on avait mis en lui.

Le sommet a été consacré à deux sujets principaux : d'abord la sécurité du continent africain et ensuite le développement, l'émergence de ce continent d'avenir, l'Afrique. Sur la sécurité : la prise de conscience est maintenant globale. Il n'y a pas de région qui soit plus que d'autres menacée par les trafics, l'insécurité ou le terrorisme ; quand une l'est en particulier, les autres peuvent craindre de l'être à leur tour. C'est donc un plan global qui a été adopté, qui à la fois met chaque pays africain devant sa responsabilité pour constituer la réponse appropriée, et donne à l'Union africaine les capacités nécessaires pour constituer les forces régionales susceptibles de répondre aux défis. Enfin, la France a confirmé son soutien en termes de formation, en termes d'équipements, en termes d'accompagnement de l'Afrique pour assurer par elle-même sa sécurité.

Nous avons aussi évoqué des situations qui nous interpellent, qui nous alertent, notamment la Libye. Nous souhaitons qu'il puisse y avoir une solution politique avec le gouvernement Sarraj et avec l'armée nationale libyenne pour que l'on puisse à la fois préserver l'intégrité de la Libye mais aussi rétablir l'autorité de l'État. C'est la condition indispensable pour limiter les trafics, éviter qu'ils ne conduisent des personnes à risquer leur propre vie, à travers des migrations.

Puis nous avons évoqué le second sujet qui est celui du développement et de l'émergence. L'Afrique est un continent qui connaît une forte croissance mais qui en même temps doit être accompagné, appuyé, pour ses efforts d'investissements. Il y a eu plusieurs décisions : la première, c'est d'utiliser les résultats de la COP21, notamment les fonds qui ont été prévus pour la transition énergétique et pour le plan sur les énergies renouvelables. Il était tout à fait crucial que soit présents également à ce sommet le représentant de l'Union européenne : le commissaire chargé du développement et le président de la Banque africaine de développement. Plusieurs projets ont pu être présentés pour être financés.

La France a voulu montrer l'exemple en augmentant encore la participation qui avait été annoncée lors de la conférence de Paris. Plus globalement, 23 milliards d'euros seront mobilisés par l'Agence française de développement pour l'émergence africaine. Je viens, avec le président Keïta, de parrainer si je puis dire, le fonds franco-africain qui doit mobiliser des capitaux privés pour des investissements en Afrique.

Nous avons aussi insisté sur le numérique parce que les technologies peuvent être un levier considérable de croissance en Afrique. Enfin, nous avons évoqué des situations particulières et notamment, ce qui se passe en Gambie. Il y a eu des élections qui ont été considérées comme crédibles, transparentes ; donc le résultat des élections doit être respecté. Vous avez vu que le président élu a été accueilli à l'occasion de ce sommet et tout doit être fait pour que le 19 janvier, il puisse entrer effectivement dans ses fonctions. La CEDEAO a voulu se réunir parallèlement à ce sommet pour aboutir à ce résultat.

Voilà, Mesdames et Messieurs, je veux terminer sur une note plus personnelle puisque c'était pour ce qui me concerne le dernier sommet. En fait je n'en ai connu que deux, en 2013 et en 2017. Donc il y avait là pour moi la nécessité de confirmer l'engagement qui avait été le mien en 2013 à l'égard de l'Afrique, non seulement sur le plan de la sécurité mais aussi sur la question du développement de la croissance et de la place de la France en Afrique. Les propos qui ont été tenus tout au long de ce sommet, d'abord par le président Keïta mais ensuite par les chefs d'État et de gouvernement, ont été adressés à l'égard de la France pour montrer quelle était sa place, sa responsabilité, son rôle et l'attachement que l'Afrique lui portait dès lors que la France respecte des principes, porte des idéaux, et est en capacité de respecter ses promesses.

Je dois dire que j'ai pour l'Afrique des sentiments qui sont intenses parce que je rappelle l'Histoire et que je convoque l'avenir. L'Afrique, c'est à la fois ce continent avec lequel nous sommes liés, la France, y compris dans le tumulte de ce qu'a été notre présence ici, mais nous sommes conscients que l'Afrique est également notre avenir - je l'ai évoqué dans le discours que j'ai fait -, notre avenir est le leur et l'avenir de l'Afrique est le nôtre. Si l'Afrique connaît de l'instabilité, de l'insécurité, nous en aurons un certain nombre de conséquences. Si au contraire, ce que nous nous efforçons de faire, l'Afrique connaît un développement, une émergence, une croissance, une stabilité et la démocratie, alors la France, l'Europe pourront avec ce continent connaître un développement et une croissance qui sera durable. C'est pourquoi j'étais tout à fait heureux et fier de participer à ce sommet ici au Mali, à Bamako, là où j'étais venu en 2013 pour dire que c'était un jour très important. Eh bien c'est un autre jour très important qui vient aujourd'hui d'avoir lieu, grâce à toi Ibrahim, ici à Bamako.

Q - Ma question s'adresse au président Hollande. Hier vous avez dit à Gao et vous l'avez répété aujourd'hui, que le Mali a recouvré la totalité de son intégrité territoriale et Kidal. Depuis des années, certaines régions maliennes échappent au contrôle du pouvoir central ; les Maliens vous regardent et vous écoutent ; qu'est-ce que vous pouvez leur dire aujourd'hui concrètement ?

R - Je leur dis ce que j'ai toujours dit, c'est-à-dire que le Mali doit avoir l'intégrité de tout son territoire et l'autorité de l'État doit s'exercer sur l'ensemble du Mali. Les accords d'Alger doivent être mis en oeuvre pour assurer l'effectivité de cette autorité et c'est ce que nous faisons en commençant par la politique - c'est ce qui s'est produit avec les accords d'Alger - puis nous le faisons aussi sur le plan de la sécurité puisque des patrouilles mixtes doivent maintenant se déployer et permettre justement que le drapeau malien puisse flotter à Kidal.

Q - Ma question s'adresse à vous, Monsieur Hollande. Monsieur le Président, ce matin dans votre discours, vous avez évoqué vos 32 visites officielles en Afrique depuis 2012 et vous avez eu cette phrase : «je ressens un goût d'inachevé qui aurait pu justifier d'autres prétentions». Est-ce à dire Monsieur le Président, que vous regrettez votre décision de ne pas vous représenter ?

R - Non, je regrette de ne pas avoir visité tous les pays africains ! C'était le sens de cette réflexion qui était aussi un regret parce que j'aurais souhaité visiter tous les pays africains. J'ai reçu dans ces 32 visites un accueil qui a été remarquable, chaleureux, affectueux, sincère et comme l'a dit le président malien, aussi bien de pays qui étaient ce qu'on appelle dans la francophonie que d'autres qui représentent toutes les diversités du continent africain. Mais si vous voulez élargir le propos - et je sens bien quel est votre commentaire pour rester sur l'observation qui a été faite - le devoir peut être accompli mais rien n'est jamais achevé ; c'est le sens même de l'action humaine. Il faut toujours qu'il y ait d'autres défis, d'autres engagements et d'autres objectifs parce que nous n'en avons jamais terminé ; c'est le sens aussi de ce que je voulais dire ce matin.

Q - Bonsoir Messieurs les Présidents. Ma question est relative à l'immigration, elle s'adresse aussi aux deux présidents. Je voudrais savoir, beaucoup de nos compatriotes vivent en France là-bas ils sont en souffrance. Avant votre départ, Monsieur le Président, qu'est-ce que vous allez faire comme solution pour au moins alléger leurs douleurs aujourd'hui ou leurs souffrances ? Monsieur le Président ?

R - Pourquoi la France s'engage autant pour la sécurité et pour le développement en Afrique ? C'est d'abord par solidarité, et c'est aussi en fonction de nos intérêts économiques, culturels, humains, pour que les sources de l'immigration soient taries parce que ce n'est pas un projet d'avenir pour le Mali, comme pour d'autres pays africains, que de dire à sa jeunesse que c'est ailleurs qu'elle peut réussir sa vie et son destin. Donc nous devons travailler pour lutter contre l'immigration ici, et sur le continent européen parce que c'est ce que les trafiquants pourraient vouloir - je rappelle que ces trafiquants aussi alimentent le terrorisme.

Nous devons être fermes sur ces objectifs et en même temps, si générosité il doit y avoir - mais je ne pense pas que ce soit le mot qui simplement convienne si générosité il doit y avoir, c'est dans les actions pour le développement de l'Afrique, pour sa croissance, pour l'éducation des jeunes et pour la santé, pour qu'il puisse y avoir aussi une vie décente, pour l'alimentation, pour lutter contre le réchauffement climatique. Voilà ce que nous devons faire.

Quant aux situations humaines dont vous parlez, les Maliens qui sont en France et qui peuvent y être venus de manière irrégulière, je n'ai pas l'impression qu'ils veulent retourner au Mali. Donc ne laissons pas penser que la France les maltraiterait. La France applique ses lois parce que ce sont les lois que le peuple français - qui est attaché aux libertés mais aussi à des règles de vie - a décidées.

Je rappelle aussi qu'en termes d'accueil d'étudiants africains, de règles aussi en matière de visas, depuis 2012, il y a eu des changements importants qui sont intervenus.

Q - Monsieur le Président, Monsieur Hollande, d'abord, le ministère français de la défense aujourd'hui a indiqué qu'une enquête avait été ouverte sur la mort d'un jeune Malien lors d'une opération de Barkhane dans le Nord de ce pays. Le ministère parlait jusqu'à présent d'un membre d'un groupe terroriste. Est-ce qu'il y a eu volonté de minimiser ? Est-ce que cette affaire peut porter une ombre sur ce Sommet ?

Et deuxième question, bien au-delà de cette affaire, est-ce que les forces françaises sont ici, compte tenu de la situation sécuritaire et du lourd tribut que payent les forces françaises et maliennes à la lutte contre les groupes djihadistes ici - est-ce que les forces françaises sont ici pour longtemps ? Et vous, Monsieur Keïta, est-ce que vous pouvez nous dire si vous souhaitez qu'elles restent longtemps au Mali ?

R - D'abord sur cette question de savoir si les forces françaises sont ici souhaitées ou pas ?

(...)

R - Vous comprenez pourquoi j'ai laissé le président malien répondre à cette question parce que les forces françaises sont au Mali depuis janvier 2013 à la demande des autorités maliennes. Elles ne sont pas venues parce que j'en aurais moi-même décidé et que je l'aurais fait sans l'autorisation expresse du gouvernement et du président malien de l'époque et sans le respect du droit international et sans l'accord des pays de l'Union africaine. Nous sommes ici au Mali parce que nous sommes dans une opération internationale. La MINUSMA est là au Mali aussi dans ce cadre et pour répondre à votre question, nous resterons ici au Mali dans le cadre de l'opération «Barkhane» tant que les pays africains - car il n'y a pas que le Mali - en décideront. Notre objectif est de pouvoir former les armées africaines et leur permettre d'assurer la mission qui est la leur, de mettre en sécurité la zone sahélo-saharienne.

Mais ce sera long parce que nous avons en face de nous des groupes terroristes particulièrement armés et déterminés à déstabiliser l'ensemble de la région. C'est pourquoi nous lui avons porté des coups sérieux et que nous allons continuer à le faire toujours en commun. Le plus souvent, nos patrouilles sont mixtes : maliennes et françaises. J'ai ajouté qu'il y aurait même des patrouilles avec les groupes qui ont fait le choix de la paix.

Nous avons aussi à mener des opérations de combat, dans des zones où nos soldats sont confrontés à des risques majeurs. 18 sont morts au Mali et beaucoup ont été blessés, notamment à cause de ces mines qui sont posées sur des chemins qu'empruntent les véhicules de nos armées. Dans le cadre d'une opération de combat du 30 novembre dernier, il y a eu un mineur qui a été tué. Nous sommes toujours confrontés à cette précaution de ne jamais pouvoir porter atteinte à la population civile. C'est une règle que nous fixons et c'est pourquoi le ministre de la défense a diligenté une enquête le 16 décembre par rapport à cette opération ; nous aurons les résultats de cette enquête à la fin du mois ou au début du mois de février. Mais prenez conscience à la fois de la volonté de la France d'être toujours attentif aux populations civiles. Je l'avais exprimé aussi en Irak, pour l'Irak et pour la Syrie et cela nous distingue d'autres comportements.

Deuxièmement, prenez conscience aussi de la difficulté de la mission qu'exercent nos soldats. Sur la zone en question où cette opération a été menée, il y a eu un soldat français qui est mort peu de temps avant. Voilà ce que j'ai à vous dire, parce que ce nous faisons au Mali, nous ne le faisons pas pour servir le moindre intérêt. Nous n'avons rien à cacher. Nous avons simplement le souci de servir une cause qui est celle de la liberté qui est celle de l'intégrité du territoire malien. L'opération «Barkhane» est plus large que le seul Mali et nous sommes pleinement engagés avec l'ensemble des pays concernés pour extirper le terrorisme de cette région. Nous le faisons aussi avec un grand sens des responsabilités parce que nous ne voulons rien donner à ces terroristes comme prétexte ou comme justification. Alors, nous devons tous être conscients de nos responsabilités. Je suis ici au Mali pour ce Sommet de Bamako qui a été pour la France un moment très important de reconnaissance. Donc je ne laisserai surtout pas mettre la moindre tache sur l'action de la France au Mali./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Mali - Relations bilatérales - Toast de M. François Hollande, président de la République, à l'occasion du dîner d'État au palais Koulouba (Bamako, 14/01/2017)

Monsieur le Président,

Cher Ibrahim Boubacar Keïta,

Tu peux être fier ce soir parce que tu reçois ici les chefs d'État, les chefs de gouvernement, les représentants de toutes les nations africaines et tu le fais à l'occasion de ce sommet où l'Afrique et la France se rencontrent.

Tu peux être fier parce qu'il y a quatre ans, ton pays était en proie à la guerre, menacé par des groupes terroristes. Aujourd'hui, tu peux accueillir l'Afrique entière avec la légitimité que te donne le suffrage universel, avec le processus politique qui, grâce aux accords d'Alger, peut maintenant s'engager et aussi grâce à l'appui que les Africains, à travers leur union mais aussi les Nations unies et la France ont pu t'apporter.

Je voulais vous remercier vous tous, d'être ici à ce rendez-vous. Beaucoup étaient déjà présents à Paris et vous aviez promis d'être à Bamako. Vous êtes fidèles à votre engagement et je voulais vous dire tout simplement que la France est aux côtés de l'Afrique. Elle ne cherche rien pour elle-même, elle ne poursuit aucun autre intérêt que la paix, la sécurité, le développement, la santé. Elle veut porter un message d'espoir pour le continent africain. Nous considérons qu'il y a ici des ressources qui permettent à l'Afrique d'envisager un avenir prometteur mais il y a aussi tout ce qui la freine, tout ce qui la menace : la pauvreté, l'insécurité, les inégalités.

Donc par l'histoire, sûrement, mais par la responsabilité qu'a la France au regard des valeurs qu'elle porte, il est très important que l'on puisse régulièrement se retrouver tous ensemble et affirmer aussi un message au monde qu'il n'y a pas de fatalité ; qu'un pays comme le Mali qui pouvait craindre le pire, peut aujourd'hui entrevoir le meilleur. Ce qui vaut pour le Mali vaut pour d'autres régions du monde frappées par la guerre, menacées par le terrorisme.

Voilà ce que nous devons aussi dire aux peuples qui aujourd'hui s'interrogent sur la capacité des États, de la communauté internationale, de la politique de pouvoir changer le destin.

Merci pour les paroles que tu as prononcées à mon égard. La vie est longue. Je ne sais ce qu'elle réserve mais ce dont je suis sûr, c'est qu'à mon tour je suis fier d'être l'ami des Africains./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Italie - Relations bilatérales - Visite de M. Paolo Gentiloni, président du conseil des ministres italien - Déclaration de M. François Hollande, président de la République (Paris, 10/01/2017)

Mesdames, Messieurs,

J'ai accueilli avec beaucoup de plaisir le président du Conseil des ministres Paolo Gentiloni. C'est son premier déplacement officiel, en France, dans le cadre d'une journée européenne qu'il va mener à bien au cours des prochains jours et je le remercie très vivement d'avoir commencé par venir à Paris. C'est le signe de la qualité de l'amitié et de la relation entre la France et l'Italie. Je n'ai pas besoin d'y revenir, elle est fondée culturellement, politiquement, mais aussi économiquement.

Je rappelle que la France est le premier investisseur en Italie, son deuxième partenaire commercial, et nous avons des projets depuis longtemps en commun, dont le plus éminent, le plus symbolique mais aussi le plus important en termes d'ouvrage est le Lyon-Turin. La France va ratifier à la fin du mois l'accord international qui permet justement de réaliser ce grand ouvrage, ce grand chantier qui, depuis des années, a mobilisé nos diplomaties, nos gouvernements et nos entreprises. Nous sommes maintenant au point où nous pouvons aller clairement dans la réalisation de cet équipement.

Nous avons aussi un certain nombre de dossiers industriels en commun, et nous les avons évoqués. Nous avons cette volonté de faire en sorte que les entreprises françaises et les entreprises italiennes puissent être ensemble - parfois séparément - des championnes à l'échelle de l'Europe et du monde. Chaque fois que nous pouvons trouver des partenariats, il faut absolument les saisir, dans tous les domaines.

C'est vrai qu'il y a, dans le domaine de l'électronique, dans le domaine des nouvelles technologies, des possibilités encore d'agir ensemble. Il y a le sujet en France, de l'avenir de STX, avec la participation possible de FINCANTIERI. C'est pour nous effectivement une hypothèse très sérieuse. Nous travaillons dans cette direction mais avec la volonté que l'État puisse demeurer non seulement un actionnaire minoritaire mais un actionnaire qui puisse avoir la possibilité de blocage, et nous souhaitons qu'il y ait une solution avec un actionnariat multiple.

Nous voulons aussi que nous avancions sur l'Europe. L'Italie va recevoir au mois de mars l'ensemble des pays européens pour célébrer le 60e anniversaire de la signature du Traité de Rome. Nous pouvons en faire simplement une évocation, une page d'Histoire, ou nous pouvons écrire une nouvelle étape de la construction européenne. Le choix que nous avons fait, l'Italie et la France - mais je suis sûr qu'il sera partagé, et notamment avec l'Allemagne - c'est de faire que cette rencontre de Rome puisse, sur la perspective européenne, montrer clairement la direction que nous voulons engager.

D'abord la sécurité : sécurité des frontières, de manière à ce que nous puissions, notamment par rapport à la question des migrations, être à la fois humains, dignes, notamment pour assurer le respect du droit d'asile, et en même temps faire en sorte que nous puissions raccompagner les migrants qui n'ont pas vocation à entrer et à rester sur le territoire européen. Ce qui suppose d'avoir - nous l'avons déjà mené à bien - des garde-côtes, des gardes-frontières, des systèmes de vérification, et cela fait partie des engagements européens pour une durée longue et qui va d'ailleurs avec une politique de développement, et notamment de soutien de l'Afrique, et avec des politiques innovantes en matière de coopération. C'est la première direction.

J'ajoute une deuxième dimension, c'est la défense. Nous sommes confrontés à un monde incertain, dangereux. Il y a une menace terroriste qui a frappé plusieurs pays européens, la France, récemment l'Allemagne, et donc nous devons assurer une défense européenne et coordonner davantage encore que nous ne l'avons fait, nos services de renseignement, et d'une manière générale, assurer une augmentation et une meilleure qualité de nos capacités en matière de défense. C'est un enjeu essentiel, et je pense que nous pourrons, lors du 60e anniversaire, mettre en avant ce deuxième objectif de la construction européenne.

Enfin, la troisième dimension, c'est la croissance et l'emploi, le développement des nouvelles technologies, la capacité de pouvoir développer nos industries et d'assurer à la jeunesse son avenir à travers une formation, à travers des universités d'excellence et la Recherche. Voilà ce que nous voulons porter à l'occasion du 60e anniversaire de la signature du Traité de Rome : une nouvelle page pour l'avenir de l'Europe.

Je veux terminer pour dire combien nous allons soutenir l'Italie dans les prochains mois, puisque l'Italie va avoir la présidence du G7. C'est là que nous aurons à travailler sur le commerce mondial, le soutien à la croissance à l'échelle internationale, les règles que nous devons prévoir pour le respect des engagements en matière climatique, la question des migrations et, bien sûr, avoir aussi la capacité d'agir pour régler les crises. Nous avons évoqué deux grandes crises qui aujourd'hui menacent notre propre sécurité : la crise en Syrie - et nous travaillons pour qu'il y ait un retour aussi vite que possible à Genève, à la fois comme lieu de négociations et comme esprit, pour trouver une issue politique - et la deuxième qui est la crise en Libye pour que le gouvernement d'union nationale puisse être effectif, puisse aussi nous permettre d'assurer justement la protection de nos frontières et une action pour le respect de l'intégrité territoriale en Libye.

Voilà le sens de notre rencontre, et je remercie encore le président Gentiloni de nous avoir fait l'honneur de venir à Paris aujourd'hui./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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