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Déclarations officielles de politique étrangère du 18 octobre 2017


Sommaire



1. Point de presse de la porte-parole - OIAC/Entretien de M. Jean-Yves Le Drian avec M. Ahmet UzĂĽmcĂĽ, directeur gĂ©nĂ©ral de l'organisation d'interdiction des armes chimiques CorĂ©e du Sud/Deuxième session du dialogue stratĂ©gique franco-corĂ©en - Birmanie/Situation des Rohingyas - Madagascar/Aide sanitaire contre la peste - Conseil de l'Europe/Candidature de Pierre-Yves Le Borgn' au poste de commissaire aux droits de l'Homme - Syrie - Irak - Iran - Espagne (Paris, 18/10/2017)

Au point de presse de ce jour, la porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - OIAC - Entretien de M. Jean-Yves Le Drian avec M. Ahmet Uzümcü, directeur général de l'organisation d'interdiction des armes chimiques (17 octobre 2017)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, a reçu le 17 octobre M. Ahmet Üzümcü, directeur général de l'organisation d'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Ils ont fait le point sur le dossier chimique syrien, en particulier :

- le processus de destruction en cours des stocks déclarés par la Syrie et les incertitudes qui demeurent sur la déclaration initiale syrienne de 2013 à l'OIAC. En ratifiant la convention en 2013, la Syrie s'est engagée à soumettre à l'OIAC une déclaration initiale listant la totalité de ses stocks et capacités chimiques ;

- les enquêtes en cours sur les cas d'emplois de gaz de chlore et de gaz sarin recensés en Syrie par l'organisation au cours de l'année 2017.

M. Jean-Yves Le Drian a rappelé que la protection du régime de non-prolifération chimique est essentielle à la préservation de notre système de sécurité collective. Après les violations répétées par la Syrie de ses engagements, il en va de la responsabilité des États parties à la convention de la protéger et de s'engager pour n'accepter aucune impunité.

2 - Corée du Sud - Deuxième session du dialogue stratégique franco-coréen (Paris, 23 octobre 2017)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères, et Mme Kang Kyung-wha, ministre des affaires étrangères de la République de Corée, co-présideront la deuxième session du dialogue stratégique bilatéral le 23 octobre à Paris.

Face aux provocations de la Corée du Nord, M. Jean-Yves Le Drian réaffirmera le soutien et la solidarité de la France avec la Corée du Sud et ses partenaires de la région. Il évoquera également avec son homologue les questions globales et les principaux dossiers de l'actualité internationale. Les deux ministres travailleront en outre au renforcement de notre coopération bilatérale dans les domaines économique, technologique, scientifique et universitaire.

Le dialogue stratégique franco-coréen s'est tenu pour la première fois à Séoul en 2016. La Corée du Sud est pour la France un partenaire de tout premier plan en Asie et notre quatrième partenaire commercial dans la région (7,3 milliards euros d'échanges en 2016, avec un excédent commercial en notre faveur depuis 2013, les échanges ayant bénéficié de l'accord de libre-échange UE-Corée entré en vigueur en 2011). Les années croisées France-Corée 2015-2016, dans le contexte du 130ème anniversaire des relations diplomatiques bilatérales, ont donné un nouvel élan à nos échanges. Nous souhaitons par ailleurs développer nos coopérations industrielles et technologiques avec ce pays (start-up, technologies clés du futur), attirer davantage d'investisseurs sud-coréens en France et améliorer l'accès de nos produits à ce marché, notamment dans le secteur agro-alimentaire.

3 - Birmanie - Situation des Rohingyas

Les agissements de l'armée birmane à l'encontre de populations Rohingyas dont font état de nouveaux témoignages sont un sujet de grave préoccupation pour la France. Depuis le 25 août, ces violences ont conduit plus de 582.000 membres de la communauté Rohingya à chercher refuge au Bangladesh. La France réitère son appel ferme aux forces de sécurité birmanes à assurer la protection des populations civiles sans discrimination, comme elles en ont la responsabilité, et à permettre très rapidement le rétablissement d'un accès humanitaire sûr.

Avec ses partenaires européens, la France a décidé le 16 octobre de maintenir l'embargo européen sur les armes, de suspendre les invitations aux officiers de l'armée birmane et de poursuivre la réflexion sur de nouvelles mesures restrictives à l'encontre des forces de sécurité birmanes. La France a également décidé de suspendre toute coopération bilatérale avec l'armée birmane.

Au conseil de sécurité des Nations unies dont la France exerce actuellement la présidence, nous avons organisé le 13 octobre une réunion à huis clos autour de M. Kofi Annan, le président de la commission consultative sur l'État de l'Arakan. Cette réunion a permis de déterminer les moyens d'agir pour faire cesser les violences, rétablir l'accès humanitaire et organiser le retour volontaire des réfugiés. À cet égard, nous soutenons l'engagement du gouvernement civil birman à organiser ce retour, en lien avec les Nations unies, et encourageons la mise en place rapide du mécanisme annoncé par Aung San Suu Kyi le 12 octobre.

La France agit également pour que le conseil des droits de l'Homme fasse toute la lumière sur les violations des droits de l'Homme et les exactions subies par les populations civiles. Son mandat d'établissement des faits a été prolongé à cet effet le 29 septembre. Nous appelons les autorités birmanes à coopérer avec cette mission et à autoriser son accès à l'Arakan.

Sur le plan humanitaire, la France a renforcé son aide aux populations Rohingyas, au Bangladesh et en Birmanie. Cette aide sera portée incessamment à 3,2 millions d'euros pour l'année 2017.

4 - Madagascar - Aide sanitaire contre la peste

À la demande des autorités malgaches et à la suite à l'épidémie de peste, le centre de crise et de soutien du ministère de l'Europe et des affaires étrangères a coordonné l'envoi à Madagascar d'une aide humanitaire (sous la forme de matériel médical spécifique) et, en lien avec l'agence nationale de santé publique, d'une mission d'experts médicaux.

Prévue pour une durée de trois semaines, cette mission est composée de médecins et d'infirmiers spécialisés. Elle participera à la coordination médicale de la réponse à l'épidémie de peste en cours, mise en place par les autorités malgaches.

La France participe également aux efforts de solidarité régionale mis en oeuvre par la commission de l'océan indien pour soutenir des actions de lutte contre l'épidémie à Madagascar, notamment par l'envoi de matériels et d'équipements appropriés.

5 - Conseil de l'Europe - Candidature de Pierre-Yves Le Borgn' au poste de commissaire aux droits de l'Homme

La France présente la candidature de M. Pierre-Yves Le Borgn', ancien député et ancien membre de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, au poste de commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe.

Membre fondateur du Conseil de l'Europe et État du siège, la France a un lien étroit avec cette organisation. Alors que la défense et la promotion des droits de l'Homme à travers le continent européen restent des priorités, elle marque ainsi son engagement en faveur du rôle-clé du commissaire aux droits de l'Homme.

Le titulaire de ce poste, créé en 1999, promeut le respect des droits de l'Homme dans les 47 États membres de l'organisation.

Nous saluons l'action depuis 2011 de l'actuel commissaire, Nils Muiznieks. Nous sommes convaincus que M. Pierre-Yves Le Borgn' a l'expérience et la détermination que requièrent cette mission. En tant que député et membre de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, il a fait la preuve de son engagement indéfectible en faveur des droits de l'Homme et de sa compétence dans ce domaine.

6 - Syrie

Q - Après la chute de Raqqa, l'EI n'a quasiment plus de fief en Syrie et le «califat» n'existe plus. Quelle est la prochaine étape ? Allez-vous pousser pour une solution politique en Syrie et que fait concrètement le groupe de contact ?

R - Des territoires sont encore sous l'emprise de Daech en Syrie.

La France poursuivra donc son combat contre cette organisation, aux côtés de ses partenaires de la coalition.

Les progrès significatifs accomplis dans la lutte contre le terrorisme renforcent la nécessité d'aboutir rapidement à une solution politique qui réconcilie les Syriens, seule manière de prévenir durablement toute résurgence du terrorisme. Les efforts de la France pour rassembler au sein d'un groupe de contact les pays exerçant une influence en Syrie visent à faciliter l'aboutissement d'une telle solution.

Q - Qu'est-ce que vous aimeriez voir comme administration pour remplacer le type de gouvernance à Raqqa que l'État islamique avait mis en place? Que fait la France pour aider les populations civiles et avez-vous l'intention d'aider à restaurer l'infrastructure de base dans la ville? Êtes-vous prêt à débourser de l'aide financière pour la reconstruction de la région au long-terme ?

R - Dans la phase de stabilisation qui s'ouvre, la mise en place d'autorités de gouvernance efficaces et légitimes est une nécessité. C'est une priorité pour la France qui entretient un dialogue étroit à ce sujet avec ses partenaires de la coalition internationale contre Daech.

La France a débloqué des fonds supplémentaires pour l'aide humanitaire et la stabilisation des territoires libérés de Daech (aide d'urgence aux déplacés, déminage, santé, accès à l'eau, etc.).

S'agissant de la reconstruction, la France et ses partenaires européens se sont exprimés clairement. Il ne peut y avoir de reconstruction durable sans perspective politique claire et sans retour volontaire et en toute sécurité des réfugiés et des populations déplacées. Ces conditions ne sont pas encore réunies.

Q - Que va-t-il se passer pour les familles de djihadistes français qui se sont réfugiées dans des camps près de Raqqa et demandent à rentrer en France, selon des témoignages confiés à des médias sur place ?

R - Notre priorité est aujourd'hui d'obtenir une victoire complète contre Daech.

7 - Irak

Q - Êtes-vous inquiet du rôle de l'Iran dans la reprise des régions tenues par les kurdes au nord de l'Irak ?

R - La France est attachée à l'intégrité et à la souveraineté de l'Irak.

Dans ce moment décisif pour la réconciliation des Irakiens, la France demande que tous ceux qui exercent une influence en Irak contribuent à la recherche du consensus nécessaire à la victoire complète contre Daech et à la sortie de crise. C'est ce message qu'elle adresse notamment à l'Iran.

8 - Iran

Q - Téhéran a mis en garde hier les gouvernements européens contre toute tentation d'imposer de nouvelles conditions à la poursuite de l'accord sur le nucléaire, et a indiqué qu'il refuserait comme «conditions» des discussions sur l'influence régionale ou le programme balistique.

Quelle est votre réaction, alors que le ministre doit se rendre bientôt à Téhéran, à qui il a promis «un dialogue musclé» précisément sur ces questions ?

R - M. Jean-Yves Le Drian a réitéré notre position lors du conseil affaires étrangères du 16 octobre : «La prolifération est un enjeu crucial, un enjeu vital, une menace existentielle pour la sécurité et la paix dans le monde. Il y a un risque, si l'accord avec l'Iran n'est pas respecté, d'une relance de la course à l'armement nucléaire... Il y a eu une unité de vues sur l'accord de Vienne et sur la nécessité de le maintenir. Une déclaration a été adoptée à cet effet car même si nous considérons que la menace balistique ou les comportements iraniens dans la grande région du Moyen-Orient sont dangereux, nous considérons qu'il faut séparer la question nucléaire, la question de la prolifération de l'ensemble des autres questions. Et donc respecter intégralement l'accord de Vienne.»

9 - Espagne

Q - Le gouvernement espagnol a emprisonné deux principaux dirigeants du mouvement indépendantiste civil en Catalogne. Ce sont deux figures pacifistes qui ont dirigé et représenté des milliers de personnes dans les rues. Est-ce que la France s'inquiète qu'un pays européen se retrouve maintenant avec des prisonniers politiques ?

R - Il n'appartient pas à la France de s'immiscer dans les affaires politiques intérieures de l'Espagne, ni dans des procédures judiciaires en cours dans ce pays.

Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'exprimer, nous avons confiance dans la capacité de la démocratie espagnole à permettre un dialogue politique apaisé, respectueux de la légalité constitutionnelle et de l'État de droit./.

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2. DĂ©veloppement durable - Accord de Paris - Discours de M. Jean-Baptiste Lemoyne, secrĂ©taire d'État auprès du ministre de l'Europe et des affaires Ă©trangères, Ă  l'occasion du forum international sur les mobilitĂ©s durables (Paris, 17/10/2017)

(seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Premier Ministre du Sénégal, Cher Mahammed Dionne

Monsieur le Président Pépy,

Mesdames, Messieurs,

C'est un grand plaisir pour moi de clore les débats de cette troisième édition du forum international sur les mobilités durables organisée une nouvelle fois par la SNCF, que je tiens à remercier chaleureusement. Je vous souhaite à nouveau la bienvenue au ministère de l'Europe et des affaires étrangères : c'est un plaisir pour le ministre Jean-Yves Le Drian et pour moi de vous recevoir dans nos locaux.

Tout au long de cette journée, les tables rondes vous ont permis de confronter les points de vue et les analyses, ainsi que de partager les expériences concrètes d'élus locaux, d'experts renommés et d'entreprises sur la mobilisation du secteur du transport dans la lutte collective que nous menons pour la sauvegarde de la planète.

Ces acteurs de la mobilité durable sont français, mais aussi québécois, russes, saoudiens, indiens, suédois ou chinois, pour citer quelques-unes des 20 nationalités aujourd'hui présentes. La dimension internationale de cet événement justifie pleinement votre présence, dans ce ministère qui contribue chaque jour à l'action internationale en faveur de la préservation de la planète, dans le prolongement de la COP21 de 2015.

Je me réjouis de constater votre présence nombreuse et votre intérêt sur ce sujet capital et d'une actualité brûlante.

Pourquoi ce sujet est-il capital ?

En premier lieu, parce que la mobilité durable a un rôle clef à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les transports sont aujourd'hui l'une des principales sources de gaz à effet de serre dans le monde, avec un quart de celles liées à l'énergie. Ils sont même la principale source d'émission en France avec près de 30% du total. Par ailleurs, la demande de mobilité n'a jamais été forte sous l'effet de la croissance démographique, du développement économique et de l'urbanisation croissante. Un seul chiffre suffira à en témoigner : hors OCDE, le besoin en moyens de transports devrait être multiplié par trois d'ici 2050.

Nous ne parviendrons pas à tenir les engagements ambitieux pris lors de la COP21 de Paris sans avancées sur la question de la mobilité. Et nous devrons agir tous ensemble en ce sens. Les États sont des acteurs essentiels et ont ici un rôle considérable ; il faut favoriser et accélérer le développement de solutions innovantes pour gagner ce combat pour une mobilité durable notamment autour d'une exploitation du numérique pour développer de nouvelles façon de transporter. C'est le sens de l'action engagée par notre gouvernement et en particulier par la ministre des transports Elizabeth Borne, qui rappelait récemment que «Nous devons accomplir une véritable révolution de la mobilité propre en repensant les usages, les technologies, les politiques publiques».

Mais les États ne sauraient être les seules parties prenantes à ce combat, au regard de l'enjeu considérable qui est le nôtre. Les acteurs locaux et les entreprises ont une part essentielle à y prendre, comme le souligne «l'agenda de l'action» adopté lors de la COP21. Nous aurons besoin encore et toujours de volontarisme politique, mais aussi d'innovations et de progrès technologiques, pour contenir le changement climatique. Ici, tous les efforts doivent être de mise car, comme le disait le grand intellectuel canadien Mac Luhan, «il n'y a pas de passagers sur le vaisseau Terre. Nous sommes tous des membres de l'équipage.»

Les transports durables sont également un thème crucial dans la mesure où l'inéluctable développement de la mobilité durable, que nous appelons de nos voeux, est à la fois une opportunité pour les entreprises françaises et pour notre commerce extérieur, mais aussi un défi majeur à relever. Une opportunité parce que nos entreprises excellent dans la mobilité durable, contribuant ainsi à l'équilibre de notre commerce extérieur et à la présence internationale de notre pays.

Un défi parce que des mutations technologiques majeures sont en cours. Un seul exemple suffira à la souligner. Celui des batteries électriques indispensables au développement de la mobilité électrique. Aujourd'hui fonctionnant au lithium, elles seront demain au sodium ou à l'hydrogène et permettront une autonomie accrue à un prix réduit. Ceux qui n'emprunteront pas à temps ce tournant technologique risquent de ne pas faire partie des acteurs de la mobilité durable de demain. Plus que jamais dans ce domaine, nos entreprises doivent faire preuve de dynamisme et d'inventivité pour être à l'avant-garde de ce mouvement, l'accompagner, et non le subir.

C'est pourquoi le ministère place au coeur de ses préoccupations et de son action la lutte contre le réchauffement climatique et le soutien à l'exportation de nos entreprises et notamment de celles du secteur des transports.

Permettez-moi tout d'abord de revenir sur ce premier point. Comme vous le savez, la COP21 de Paris nous a permis de parvenir à un accord universel, juridiquement contraignant et comportant des objectifs extrêmement ambitieux. Pour la première fois, chaque État de la planète a pris des engagements de réduction de ses émissions de GES dans le cadre d'une contribution nationale, d'une INDC - selon les termes onusiens -, qui sera revue tous les 5 ans. Et ce, afin de parvenir à limiter la hausse de température du globe d'ici 2100 en dessous de deux degrés, voire d'un degré et demi. Devant ce qui apparaît ici comme une prise de conscience généralisée et salutaire, il y a de quoi se réjouir.

Se réjouir, mais pas s'assoupir. Car ce succès demeure cependant fragile comme est venu récemment le rappeler l'annonce du retrait des États-Unis de l'Accord de Paris. Dans ce contexte, nous devons tous redoubler d'efforts et ne pas renoncer ; car céder à la facilité n'est pas une option, c'est une reddition. Et c'est pourquoi le président Macron a décidé d'organiser, le 12 décembre prochain à Paris, soit deux ans jour pour jour après l'Accord de Paris, un sommet au niveau des chefs d'État et de gouvernement afin de prendre de nouvelles actions concrètes en faveur du climat. Ce sommet, co-organisé avec les Nations unies et la Banque mondiale, sera en particulier l'occasion d'aborder la question des financements publics et privés, de la réorientation des investissements et du développement de financements innovants à même de contribuer à la transition vers des économies bas-carbone. Et ce sommet vous concernera aussi directement car y participeront non seulement des gouvernements mais aussi des représentants de collectivités locales, du secteur privé et de la société civile. D'ailleurs, l'un des quatre panels sera consacré à la mobilisation des collectivités publiques infra-étatiques. Vous l'avez compris, nous comptons sur vous aussi, pour que cet évènement soit une grande réussite.

Chers Amis, comme vous le constatez, la thématique des transports durable a permis et permettra de resserrer les liens économiques tissés entre entreprises françaises et pays étrangers et de rapprocher de nombreux acteurs publics et privés de la France pour agir de concert. Ce sujet m'amène donc tout naturellement à un enjeu connexe, celui de la diplomatie économique, qui est au coeur de notre action au ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Vous le savez, nous sommes résolument engagés pour aider nos entreprises à exporter, et notamment celles du secteur des transports. Parce que celles-ci par leurs ventes à l'étranger contribuent significativement à notre balance commerciale. Mais aussi parce que nous disposons de champions mondiaux qui se sont résolument engagés dans la mobilité durable et offrent des solutions innovantes, au service de tous.

Je pense naturellement en premier lieu Ă  nos entreprises du secteur ferroviaire, comme Alstom, qui propose des solutions de transport urbain bas-carbone tels que les tramways mais aussi des trains Ă  haute performance environnementale.

Je pense également à nos acteurs maritimes tels que CMA CGM qui multiplient les liaisons et permettent ce faisant de diminuer considérablement les émissions de GES des camions de fret.

Je pense d'autre part aux constructeurs automobiles français, à savoir Renault et PSA, qui sont engagés pour atteindre les objectifs de La Déclaration de Paris sur l'électromobilité, à savoir au moins 20% de véhicules électriques en 2030.

De nombreux États, de nombreuses villes ont choisi des solutions françaises et je tiens à profiter de la présence du Premier ministre sénégalais pour remercier les autorités de son pays de leur confiance et pour avoir choisi une solution française pour le TER de Dakar.

Ce projet emblématique témoigne de la mobilisation exceptionnelle de la France. Non seulement des services compétents du Quai d'Orsay, et en premier de la direction des entreprises, mais aussi de «l'équipe France» de l'export dans son ensemble qui a notamment rendu possible la mise sur pied d'un financement très compétitif combinant les prêts du Trésor, de l'AFD et les crédit commerciaux garantis par BPI France.

Je veux à cette occasion rappeler l'importance de réfléchir à ces modes de financements permettant de mettre à profit toutes les forces et tous les efforts engagés dans l'objectif des transports durables. C'est d'ailleurs un objet de réflexion au coeur de la l'InfraWeek de Paris qui a lieu cette semaine, à l'initiative d'Europlace et du ministère de l'économie et des finances.

Comment enfin, féliciter nos champions, sans saluer tout spécialement l'engagement de la SNCF. Parce que cette dernière développe des solutions intermodales remarquables telles que les autoroutes ferroviaires afin de réduire l'impact du transport routier de marchandises par camion. Parce qu'elle est un leader mondial en matière de mobilité. Peu de gens savent que Keolis, qui est sa filiale de transports urbains et régionaux de voyageurs, est ainsi le premier opérateur de transport urbain en Australie, ou que Systra sa filiale d'ingénierie intervient dans la moitié des projets de LGV ou de métro dans le monde. Le groupe SNCF se développe chaque jour davantage à l'international : 34% de son chiffre d'affaires est réalisé hors de France et il a pour objectif d'atteindre 50% à l'horizon 2022. Il travaille avec les autres champions de la filière ferroviaire mais aussi avec l'écosystème des start-ups françaises pour démontrer partout dans le monde l'excellence française en matière de mobilité urbaine, suburbaine ou à grande vitesse. Depuis les premiers TGV ayant porté très haut l'ingénierie française, aux actuels projets de trains autonomes, de récupération de l'énergie générée par le freinage, ou aux investissements dans le projet Hyperloop, les rails qu'empruntent le groupe SNCF et à travers lui la France mènent vers l'avenir, suivent le chemin difficile mais nécessaire du progrès. Qu'il en soit remercié.

Mesdames, Messieurs,

La mobilité durable doit être plus que jamais au coeur de nos préoccupations et de notre action. C'est un défi majeur que nous devons relever tous ensemble. Il suppose une action déterminée au niveau politique, des sauts technologiques et des changements de mentalité et de modes de vie de nous tous. Mais c'est aussi une opportunité sur le plan économique. Vous pouvez compter sur le gouvernement français pour rester mobilisé. Je ne doute pas que vous resterez pleinement engagés pour relever ce défi capital.

Je vous remercie de votre attention./.

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3. Nations unies - JournĂ©e internationale pour l'Ă©limination de la pauvretĂ© - Intervention du reprĂ©sentant permanent de la France auprès des Nations unies, prĂ©sident du conseil de sĂ©curitĂ© (New York, 17/10/2017)

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

Nous sentons tous que cette rencontre n'est pas une rencontre comme les autres : parce qu'elle touche à l'essentiel ; parce que, comme vous l'avez dit avec vos témoignages aussi puissants qu'émouvants et dynamisants, le combat contre la pauvreté est la mère de toutes les batailles, celle dont dépendent beaucoup d'autres ; parce que ce combat contre la pauvreté est au coeur de l'action des Nations unies, telle que vient de le rappeler Antonio Guterres, le Secrétaire général de l'ONU ; parce que les armes de ce combat, le respect de soi et le respect de l'autre, la dignité, sont au coeur de ce que vous faites et doivent être au coeur de ce que nous faisons ici aux Nations unies ; parce que ce combat contre la pauvreté est inséparable du combat pour la paix : les deux participent d'un même élan, d'une même générosité. C'est ce que vous, les représentants, équipes et volontaires d'ATD Quart Monde, m'avez appris.

C'est dire combien je suis heureux et honoré d'être avec vous aujourd'hui. C'est une grande fierté pour moi, comme représentant de la France, de vous accueillir à l'ONU, qui porte nos idéaux les plus élevés. Vous faites honneur à l'une et à l'autre. Aujourd'hui, vous nous rendez tous très fiers. Donc un grand merci à vous d'être ici.

L'une des raisons aussi pour laquelle cette rencontre n'est pas une rencontre comme les autres, c'est qu'elle rassemble des gens qui pour beaucoup d'entre vous sont ici à l'ONU pour la première fois ou l'une des premières fois et des personnes, comme les représentants d'ATD Quart Monde, qui sont pour nous tous une source d'inspiration très profonde.

J'espère qu'après notre rencontre, le message que vous nous avez passé, avec une force communicative, soit comme un viatique qui reste dans la tête et dans le coeur de tous celles et ceux qui travaillent aux Nations unies.

Dignité, courage, respect : ce sont les mots qui vous caractérisent, qui caractérisent ATD Quart Monde. Votre expérience professionnelle de la pauvreté et de soutien aux personnes connaissant la pauvreté nous éclaire, dans les deux sens du terme. Votre sérénité, la profonde conviction que vous portez que la misère est une atteinte aux droits de l'Homme sont contagieuses.

Je suis particulièrement marqué par la paix, la sérénité et la force de votre message. Je vous ai rencontré à diverses reprises au cours de la période récente. C'est l'une de vos représentants, Susana, qui rappelait au cours des derniers jours que la paix n'était pas le contraire de la guerre, c'est le contraire de la violence, de toutes les violences, et parmi ces violences, la misère et la pauvreté tiennent leur part.

Combattre ces violences, à travers la lutte contre la pauvreté, c'est donc faire oeuvre de paix.

Dans une enceinte comme celle des Nations unies, ces mots nous parlent et parlent Ă  beaucoup d'entre nous. Et nous devons les entendre.

C'est justement pour les entendre et vous entendre que chaque année le 17 octobre, nous nous réunissons, ici aux Nations unies, comme de nombreuses autres personnes partout dans le monde pour affirmer notre combat contre la misère, pour affirmer la reconnaissance de la dignité et des droits de toutes les personnes qu'elle touche.

Cette année, le 17 octobre prend une dimension particulière, nous célébrons en effet plusieurs anniversaires :

• le centenaire de la naissance du père Joseph Wresinski, le fondateur d'ATD Quart monde ;

• le 60ème anniversaire de ce mouvement international ;

• le 30ème anniversaire de l'appel de Joseph Wresinski, en 1987, à reconnaître la dignité et les droits fondamentaux des victimes de la misère ;

• Enfin, cela fait 25 ans que les Nations unies ont fait de ce 17 octobre la journée internationale de l'élimination de la pauvreté.

La France a sa part dans cette histoire.

La lutte contre la pauvreté et l'exclusion est plus que jamais une priorité majeure de nos politiques, la solidarité et la recherche de la plus grande cohésion sociale sont des ambitions sans cesse renouvelées.

Après plusieurs années de mise en oeuvre d'un plan ambitieux de lutte contre la pauvreté dans toutes ses dimensions, le gouvernement français vient de proposer des orientations complémentaires pour lutter contre l'exclusion des enfants et des jeunes générations, qui, si je vous ai bien écouté, est au coeur de votre combat. L'une des ambitions est de rompre cette spirale de la pauvreté qui passe trop souvent d'une génération à l'autre. Nous refusons, grâce à vous, cette fatalité, cet héritage de la misère et de la pauvreté.

Nous devons construire - et construire ensemble - des mondes plus fraternels, plus solidaires, autour des familles, des lieux de vie, des communautés. À cet effet, la culture et l'éducation pour tous sont une voie incontournable de lutte contre la misère. Le président de la République, Emmanuel Macron, l'a rappelé avec force ici même lors de sa venue à l'Assemblée générale des Nations unies. La protection des plus vulnérables contre les grands fléaux, qu'ils soient sociaux, sanitaires ou environnementaux, est aussi cruciale. Après l'accord de Paris, le Pacte mondial pour l'environnement, qui est l'un de nos combats ici à l'ONU, est aussi de nature à y contribuer.

La lutte contre la misère et la pauvreté c'est aussi éviter que des personnes n'y tombent après des catastrophes naturelles, après des conflits ou des guerres, qui font partie de notre combat quotidien à l'ONU. Ce combat-là suppose que l'on puisse articuler de manière cohérente la lutte pour la paix, pour la sécurité, le maintien de la paix, les politiques de développement, l'aide humanitaire, en ne laissant personne derrière, en ne laissant personne de côté. Toute personne qui serait laissée de côté serait non seulement une tâche sur ce qu'on essaye de faire, non seulement un aveu d'impuissance, mais le signe que nous ne pourrons jamais trouver la bonne méthode de partenariat avec tous ceux qui luttent contre la pauvreté et qui en font le combat de leur vie.

Plus profondément ceux qui ont connu l'extrême pauvreté sont des artisans de paix et des partenaires pour la paix et doivent être reconnus comme tels. S'il y a un appel que je voudrais lancer aujourd'hui, c'est celui-là. C'est une autre leçon d'ATD Quart Monde, et d'autres militants auprès des plus vulnérables : c'est en aidant celles et ceux qui sont les plus fragiles, mais aussi en les écoutant et en en faisant de vrais partenaires, que l'on peut et que l'on pourra construire la paix pour tous.

Encore une fois, à chacune et chacun des représentants, équipes, volontaires, activistes d'ATD Quart Monde, sachez que ce n'est pas une rencontre comme les autres aujourd'hui, que nous repartons tous émus mais aussi plus forts, et que cette rencontre nous marquera profondément./.

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4. Nations unies - JournĂ©e internationale pour l'Ă©limination de la pauvretĂ© - CĂ©rĂ©monie - Allocution du reprĂ©sentant permanent de la France auprès des Nations unies, prĂ©sident du conseil de sĂ©curitĂ© (New York, 17/10/2017)

(en français et en anglais)

Mesdames et Messieurs, Chers Amis, quelques mots d'abord pour vous dire combien je suis honoré d'être avec vous aujourd'hui pour célébrer ce que nous avons d'essentiel en commun, à commencer par le combat contre la pauvreté, qui est la mère de toutes les batailles.

Je suis très heureux de saluer chacune et chacun d'entre vous, avec un mot particulier pour les élèves du Lycée français de New York qui sont avec nous aujourd'hui.

A commemorative stone, just like this one, was inaugurated 30 years ago in Paris, at the the Human Rights Plaza, at the very same place the Universal Declaration was signed in 1948.

This stone and the replica that France presented to the UN in 1996, on a different 17 October, bears the following quote from Joseph Wresinski :

«Le 17 octobre 1987, des défenseurs des droits de l'homme et du citoyen de tous pays se sont rassemblés sur ce parvis. Ils ont rendu hommage aux victimes de la faim, de l'ignorance et de la violence, ils ont affirmé leur conviction que la misère n'est pas fatale. Ils ont proclamé leur solidarité avec ceux qui luttent à travers le monde pour la détruire. Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l'homme sont violés. S'unir pour les faire respecter est un devoir sacré. »

[“On October 17, 1987, defenders of human rights and civil rights from every continent gathered here. They paid homage to the victims of hunger, ignorance and violence. They affirmed their conviction that human misery is not inevitable. They pledged their solidarity with all people who, throughout the world, strive to eradicate extreme poverty. Wherever men and women are condemned to live in extreme poverty, human rights are violated. To come together to ensure that these rights are respected is our solemn duty.”]

Ce devoir sacré, Mes Chers Amis d'ATD Quart Monde, vous le portez avec une force qui est pour nous une source d'admiration et d'inspiration, qui est à vous redonner foi à la vie.

These words from Father Wresinski still resonate today. They force us to think of extreme poverty as a human rights violation. They challenge us to uphold a moral imperative : to unite, we, citizens of all walks of life, to come together and commit ourselves individually and collectively to transforming our institutions and our societies, by supporting the efforts of those linving in extreme poverty.

By presenting this stone to the UN, and I know that there are 50 of them all around the world, France aims to share this message with all nations gathered here in support of peace.

The strength of this stone, of this symbol and the words of Joseph Wresinski reflect the strength, the courage and the hopes for peace of the victims of poverty. My heartfelt thanks to each and everyone of you./.

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5. Conseil des ministres - Accord entre la France et la Suisse en matière de fiscalitĂ© applicable dans l'enceinte de l'aĂ©roport de Bâle-Mulhouse (Paris, 18/10/2017)

Le ministre de l'Europe et des affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et le Conseil fédéral suisse relatif à la fiscalité applicable dans l'enceinte de l'aéroport de Bâle-Mulhouse.

Cet accord a été signé à Paris le 23 mars 2017, à l'issue de plusieurs années de négociations.

Il assure un règlement global et équilibré de la question de la fiscalité applicable dans l'enceinte de l'aéroport de Bâle-Mulhouse, en veillant au respect des intérêts des différentes parties concernées, État, aéroport, entreprises et collectivités territoriales.

Grâce à ce cadre juridique rénové, cet accord contribue à l'attractivité et au rayonnement de l'aéroport de Bâle-Mulhouse, infrastructure essentielle pour le développement économique et social de l'ensemble de la région.

Avec, pour l'année 2016, 7,3 millions de passagers, un chiffre d'affaires de 133,2 millions d'euros et un bénéfice net de 24,8 millions d'euros, l'aéroport de Bâle-Mulhouse représente le 5ème aéroport le plus important de France, hors aéroports de Paris et le 3ème aéroport pour la Suisse. Il dessert un bassin de population de 3,2 millions de personnes qui résident à moins de 60 minutes en voiture et génère directement plus de 6.000 emplois.

Cet accord témoigne enfin de l'excellence des rapports avec la Suisse./.

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6. Conseil des ministres - Revue stratĂ©gique de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© nationale (Paris, 18/10/2017)

La ministre des armées a présenté une communication relative à la revue stratégique de défense et de sécurité nationale.

La revue stratégique de défense et de sécurité nationale, confiée par le président de la République à la ministre des armées, a été conduite par un comité de rédaction présidé par M. Arnaud Danjean, député européen, et composé de représentants des institutions civiles et militaires ainsi que de personnalités qualifiées.

Fruit d'intenses travaux menés en un temps court, s'appuyant sur de nombreuses consultations tant en France qu'auprès de nos partenaires internationaux, cette revue relève en particulier que l'environnement stratégique actuel est dégradé de manière durable du fait la remise en cause du système international par les stratégies de puissance de certains États. De nouvelles formes de conflits émergent par ailleurs : dans un contexte d'enracinement d'un terrorisme islamiste en pleine mutation, le monde connaît une accélération du phénomène de prolifération mais aussi de transformation des conflits ; un risque d'escalade militaire est redevenu possible dans les espaces de conflictualité traditionnels mais aussi dans les espaces numérique et exo-atmosphérique.

Pour faire face à ces menaces, la France devra poursuivre une double ambition : renforcer son autonomie stratégique et entraîner ses partenaires pour promouvoir une défense européenne efficace. Cela passera par le renforcement des fondements industriels et opérationnels ainsi que par la construction pragmatique de la politique européenne de sécurité et de défense, tout en irriguant le ministère des armées d'un esprit d'innovation et d'agilité.

Les armées françaises devront ainsi être construites sur un modèle complet et équilibré, ouvert aux coopérations, renforçant les aptitudes clés dans cet environnement stratégique exigeant et s'appuyant sur des personnels compétents et reconnus.

Soumise au président de la République en conseil de défense et présentée aux commissions compétentes des deux Assemblées, la revue permet de démarrer au plus vite les travaux d'élaboration de la prochaine loi de programmation militaire 2019-2025 dont elle a vocation à constituer le socle./.

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7. Conseil des ministres - Nominations (Paris, 18/10/2017)

Mesures d'ordre individuel

Le conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre de l'Europe et des affaires étrangères :

- M. Pierre Duquesne, administrateur général, est nommé ambassadeur, délégué interministériel à la Méditerranée ;

- M. Jean-Michel Marlaud, ministre plénipotentiaire hors classe, est nommé conseiller diplomatique du gouvernement, pour une période d'un an ;

- M. Jean-François Blarel, ministre plénipotentiaire hors classe, est nommé conseiller diplomatique du gouvernement, pour une période d'un an ;

- il est mis fin aux fonctions d'ambassadrice chargée de l'adoption internationale exercées par Mme Odile Roussel./.

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