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Déclarations officielles de politique étrangère du 27 février 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Union europ√©enne/Midi-Pyr√©n√©es/D√©placement de M. Harlem D√©sir √† Toulouse - Irak/Destruction du patrimoine culturel - Diplomatie √©conomique/Egypte/Extension du m√©tro du Caire - Conseils aux voyageurs - Y√©men - Ukraine - Agenda du ministre et des secr√©taires d'√Čtat - Principaux √©l√©ments publics (Paris, 27/02/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Union européenne - Midi-Pyrénées - Déplacement de M. Harlem Désir à Toulouse (27 février 2015)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, se rend aujourd'hui √† Toulouse afin de visiter le site d'Airbus, fleuron de l'excellence industrielle europ√©enne, et notamment la cha√ģne d'assemblage de l'Airbus A350 et le simulateur ¬ęIron Bird¬Ľ.

Il se rendra ensuite à la fondation des Apprentis d'Auteuil, bénéficiaire du fonds social européen et de l'initiative européenne pour l'emploi des jeunes, qui promeut l'alternance en vue de lutter contre les abandons scolaires. La région Midi-Pyrénées, éligible à cette initiative, recevra 5,1 millions d'euros pour promouvoir la formation et l'insertion professionnelle des moins de 26 ans sans emploi.

Au total, la région Midi-Pyrénées bénéficiera de 1,866 milliard d'euros de fonds structurels et d'investissements européens pour la période 2014-2020.

2 - Irak - Destruction du patrimoine culturel

La France condamne les destructions des sculptures et pièces millénaires du musée de Mossoul par Daech. Elle assure les autorités irakiennes de son soutien dans leurs efforts pour s'assurer que les auteurs de ces actes ignobles soient traduits en justice.

Le patrimoine de l'Irak, berceau de l'humanité, est en grand danger. Les attaques systématiques et intentionnelles perpétrées par Daech relèvent d'une logique d'anéantissement délibérée.

L'UNESCO, qui a adopt√© √† l'automne dernier une r√©solution sur la protection du patrimoine en Irak, joue un r√īle fondamental pour sauver ce patrimoine. Nous assurons sa directrice g√©n√©rale de notre soutien dans ses efforts pour mobiliser la communaut√© internationale.

Le conseil de s√©curit√© des Nations unies a adopt√©, le 12 f√©vrier, la r√©solution 2199 qui condamne notamment les destructions du patrimoine culturel irakien et syrien et appelle les √Čtats parties √† emp√™cher le commerce illicite des biens culturels. La France est actuellement mobilis√©e √† New York, avec ses partenaires, afin que cet enjeu soit pleinement pris en compte dans la r√©ponse de la communaut√© internationale.

3 - Diplomatie économique - Egypte - Extension du métro du Caire

La France se réjouit de la signature, au Caire le 25 février, de près de 440 millions d'euros de contrats pour l'extension de la ligne 3 du métro du Caire. Ces contrats ont été signés entre l'autorité égyptienne des transports et un groupement d'entreprises françaises (Vinci, Bouygues, Alstom, Thales, Colas, Eurovia), en consortium avec des entreprises égyptiennes (Orascom et Arab Contractors).

Cette r√©alisation majeure de la coop√©ration franco-√©gyptienne, dont les pr√©c√©dentes phases ont re√ßu un appui financier de l'√Čtat fran√ßais et des cofinancements europ√©ens, b√©n√©ficie quotidiennement √† pr√®s de 4 millions d'usagers.

En fournissant une solution efficace à la circulation urbaine, le métro du Caire contribue au développement durable et à l'amélioration de la vie quotidienne dans la capitale égyptienne.

4 - Conseils aux voyageurs

Q - A la suite de l'enl√®vement d'une Fran√ßaise au Y√©men, Le Monde.fr et La Nouvelle R√©publique.fr viennent de publier des articles, assortis de cartes, sur les pays o√Ļ il est d√©conseill√© de se rendre. Est-il vrai que tout d√©placement en Turquie implique, comme l'indique ces cartes ce matin, une vigilance renforc√©e ?

R - Le ministère des affaires étrangères et du développement international présente sur son site, France Diplomatie, des recommandations destinées à nos compatriotes envisageant de séjourner à l'étranger.

Notre analyse tient compte de la situation diff√©rente de chaque pays et, au sein d'un pays donn√©, de la situation dans chaque r√©gion. Elle donne lieu √† la fois √† un r√©f√©rencement par des codes couleur (vert, jaune, orange, rouge) et √† des recommandations √©crites. Ces ¬ęconseils aux voyageurs¬Ľ font l'objet d'une actualisation en temps r√©el. Nous proc√©dons ainsi √† plus de 1300 actualisations par an.

Les cartes auxquelles vous faites r√©f√©rence, publi√©es sous la responsabilit√© de sites internet, ne refl√®tent pas les informations de la rubrique ¬ęconseils aux voyageurs¬Ľ et les recommandations du minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international. S'agissant de la Turquie, contrairement √† ce qui est indiqu√© sur ces cartes, la quasi-totalit√© du territoire de ce pays est √† ce jour en vert (vigilance normale), √† l'exception des zones frontali√®res avec la Syrie, l'Irak et l'Iran.

Pour plus d'informations, nous invitons le public √† se r√©f√©rer directement aux ¬ęconseils aux voyageurs¬Ľ √† l'adresse suivante : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/conseils-aux-voyageurs/

5 - Yémen

Q - Est-ce qu'il y a eu une revendication de l'enlèvement du ressortissant français au Yémen ?

R - Comme l'a indiqu√© M. Laurent Fabius, les services de l'√Čtat sont totalement mobilis√©s pour obtenir la lib√©ration de notre compatriote.

Toutes les pistes sont actuellement étudiées pour y parvenir.

6 - Ukraine

Q - Quelle est l'évaluation de la France quant à l'application des accords de Minsk sur le terrain ?

R - La France relève avec satisfaction que le cessez-le-feu dans l'Est de l'Ukraine est globalement respecté par les parties.

Nous saluons la libération de 138 soldats ukrainiens et 52 combattants séparatistes le 21 février, dans le respect de l'échéancier prévu.

Nous encourageons également le processus en cours de retrait des armes lourdes, qui doit être mené conformément aux mesures adoptées à Minsk le 12 février.

La France salue l'engagement de la mission spéciale d'observation de l'organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et de ses observateurs sur le terrain. Nous appelons les parties à faciliter le suivi et la vérification du cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes par l'OSCE et à assurer à ses observateurs un accès entier à l'ensemble des zones.

La France rappelle son attachement à la mise en oeuvre des mesures adoptées le 12 février : seule leur application intégrale permettra de parvenir à un règlement pacifique et durable.

7 - Agenda du ministre et des secrétaires d'état du 2 au 8 mars 2015 -Principaux éléments publics

M. Laurent FABIUS

Lundi 2 mars

8h30 - Invité de la matinale de RMC/BFM TV

9h15 - R√©union de travail sur la pr√©paration de ¬ę Paris Climat 2015 ¬Ľ

11h - Entretien avec M. Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'organisation du traité de l'Atlantique Nord, Quai d'Orsay

14h - Entretien avec M. Louis Schweitzer, président du conseil des affaires étrangères, Quai d'Orsay

15h - Entretien avec M. Robert Douglas Nicholson, ministre des affaires étrangères du Canada, Quai d'Orsay

16h30 - Entretien du président de la République avec M. Philippe Couillard, Premier ministre du Québec, Elysée

18h30 - Entretien avec M. Tony Blinken, secrétaire d'Etat adjoint américain, Quai d'Orsay

Mardi 3 mars

8h30 - Entretien avec le président de la République, Elysée

11h30 - Entretien avec M. Jacques Maillot, professionnel du tourisme, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

18h - Audition devant les commissions des affaires étrangères, du développement durable, et des affaires européennes, Assemblée nationale

Mercredi 4 mars

8h30 - Réunion de suivi des assises du tourisme, Quai d'Orsay

10h - Conseil des ministres, Elysée

12h - Entretien avec M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

17h15 - Audition devant la commission des affaires étrangères et la délégation aux droits des femmes, Assemblée nationale

Jeudi 5 mars

9h30 - Entretien avec Mme Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, Quai d'Orsay

10h - Entretien avec Mme Massoumeh Ebtekar, vice-présidente iranienne chargée de l'environnement, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Sénat

16h30 - Entretien avec M. Arnaud Leroy, député des Français de l'étranger, et M. Cédric Frolick, président de Globe International, Quai d'Orsay

17h - Entretien avec M. Eladio Loizaga, ministre des relations extérieures du Paraguay, Quai d'Orsay

18h - Entretien avec M. Philippe Pinta, président de l'association générale des producteurs de blé et autres céréales, Quai d'Orsay

Vendredi 6 - Samedi 7 mars

Réunion informelle des ministres européens des affaires étrangères, Riga

M. Harlem D√ČSIR

Lundi 2 mars

14h30 - Entretien avec MM. Denis Simoneau et François Lafond, président et directeur d'Europanova, Quai d'Orsay

16h - Entretien avec M. Josko Klisovic, vice-ministre croate des affaires étrangères et européennes, chargé du commerce et de la diplomatie économique et commerciale, Quai d'Orsay

17h - Signature du plan d'action du partenariat stratégique entre la France et la Croatie, Quai d'Orsay

Mardi 3 mars

12h - Fête nationale bulgare, Paris

13h - Déjeuner avec M. Maurad Papazian, co-président du comité de coordination des Arméniens de France, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

19h - Débat sur la ratification de l'accord d'association entre l'Union européenne et la Moldavie, Sénat

Mercredi 4 mars

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

Jeudi 5 mars

11h - Réunion des membres du gouvernement, Matignon

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Sénat

Vendredi 6 mars

Déplacement du président de la République au Luxembourg

Mme Annick GIRARDIN

Lundi 2 mars

11h30 - Cérémonie en l'honneur de M. Philippe Couillard, Premier ministre du Québec, Invalides

Mardi 3 mars

Déplacement à Bruxelles

Mercredi 4 mars

Déplacement en Egypte

Jeudi 5 mars

Déplacement en Egypte

Vendredi 6 mars

11h - Rencontre du Premier ministre avec M. Philippe Couillard, Premier ministre du Québec, Paris

15h - Comité interministériel sur l'égalité et la citoyenneté, Paris

M. Matthias FEKL

Lundi 2 mars

13h - Déjeuner de travail avec les fédérateurs des familles prioritaires à l'export, Quai d'Orsay

15h - Entretien avec M. Brako Grcic, vice-Premier ministre croate et ministre du développement international et des fonds européens, Quai d'Orsay

17h - Réunion du comité d'organisation du congrès mondial sur les systèmes et services de transport intelligents, Boulevard Saint-Germain

Mardi 3 mars

11h - Entretien avec M. Jean-Louis Bianco, représentant spécial pour les relations franco-algériennes, Quai d'Orsay

15h - Questions d'actualité au gouvernement, Assemblée nationale

17h - Réunion de concertation avec les fédérations professionnelles des taxis, avec Mme Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée du commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire, Quai d'Orsay

Mercredi 4 mars

8h30 - Réunion de suivi des assises du tourisme, Quai d'Orsay

10h30 - Visite en France de M. Philippe Couillard, Premier ministre québécois, Bordeaux

Jeudi 5 mars

11h - Réunion des membres du gouvernement, Matignon

Vendredi 6 mars - Samedi 7 mars

Déplacement à Cuba./.

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2. D√©r√®glement climatique - Appel de Manille (Manille, 26/02/2015)

1. Nous, chefs d'√Čtat de la R√©publique des Philippines et de la R√©publique fran√ßaise, et personnalit√©s de diff√©rents pays d√©termin√©s √† agir pour le climat, r√©unis √† Manille aujourd'hui, d√©sirons rappeler √† la communaut√© internationale, √† l'ensemble des acteurs et √† l'opinion publique mondiale qu'il est urgent de lutter contre le changement climatique de mani√®re s√©rieuse, efficace et √©quitable.

2. À moins d'un an de la 21ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21) qui se tiendra à Paris en décembre 2015 et dont les résultats concerneront la vie de milliards de personnes, nous appelons la communauté internationale à conclure un accord ambitieux, équitable et universel sur le climat, qui soit conforme aux recommandations scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, afin de préserver notre planète pour permettre aux générations futures d'y vivre. À Manille aujourd'hui, nous espérons que nous écrirons ensemble l'Histoire à Paris en décembre et que nous ne nous contenterons pas de la regarder se dérouler en simples spectateurs.

3. Nous appelons à agir pour le climat.

4. En nous r√©unissant aux Philippines o√Ļ la population a subi une s√©rie sans pr√©c√©dent d'√©v√©nements climatiques extr√™mes ces derni√®res ann√©es, nous prenons conscience que les pays en d√©veloppement, qui ont le moins contribu√© au changement climatique, sont ceux qui souffrent le plus de ses effets. Certes, nous sommes confront√©s √† des menaces analogues et nous partageons les m√™mes faiblesses, mais nous disposons aussi d'atouts et de moyens diff√©rents pour relever ces d√©fis. Cependant, nous croyons qu'il est possible de r√©duire nos vuln√©rabilit√©s et notre exposition aux al√©as du climat. La population philippine a fait preuve d'une extraordinaire r√©silience √† cet √©gard.

5. Nous appelons à la solidarité et à la justice face au changement climatique.

6. Nous avons besoin d'un accord négocié et accepté par tous et pour tous, qui tienne compte de toutes les différences de situation et fasse converger diverses perspectives pour accélérer l'action collective. Nous avons besoin d'un accord pour réduire les émissions, créer des opportunités économiques et nous doter des moyens de gérer les risques associés qui sont déjà prévisibles dans un avenir proche.

7. Nous appelons à coopérer face au changement climatique.

8. La croissance économique, le développement durable et la lutte contre la pauvreté sont des objectifs qui doivent et peuvent être atteints ensemble. Mais assurer un accès équitable au développement durable pour tous nécessitera de disposer de moyens de mise en oeuvre accrus.

9. Nous appelons à la solidarité financière et technologique.

10. Considérant que nous atteignons le point de non-retour en matière de changement climatique et que nous devons passer des intentions à l'action, nous appelons solennellement :

a) tous les √Čtats √† travailler concr√®tement et rapidement pour lutter contre le changement climatique, en particulier contre ses impacts, et nous les invitons √† pr√©senter leurs contributions pr√©vues d√©termin√©es au niveau national, en fonction de leurs situations et capacit√©s nationales respectives ;

b) les pays développés et les pays en développement capables et désireux de le faire, à fournir aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables des moyens de mise en oeuvre adéquats pour les aider à se transformer en territoires résilients et en économies sobres en carbone ;

c) tous les acteurs, les √Čtats, les collectivit√©s territoriales, les entreprises, le secteur priv√©, la soci√©t√© civile, les organisations non gouvernementales, les universit√©s et les citoyens √† jouer pleinement leur r√īle dans la lutte contre le changement climatique et en particulier contre ses effets, et la r√©duction des risques de catastrophes naturelles li√©es au climat, par des efforts individuels ou des initiatives en coop√©ration; et,

d) chacun à diffuser cet appel et à faire prendre conscience de la nécessité d'agir rapidement et partout, et de parvenir à un accord mondial sur le climat en décembre à Paris./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. D√©r√®glement climatique - D√©claration de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, √† la suite de l'appel de Manille (Manille, 26/02/2015)

L'appel a été lancé et je remercie la sénatrice, Mme Loren Legarda, et Marion Cotillard de l'avoir prononcé. Nous sommes en effet réunis ici, tous ensemble, responsables politiques, dirigeants de grandes organisations internationales, personnalités économiques, culturelles, universitaires, pour convaincre le monde, pour mobiliser les opinions publiques.

Je remercie Nicolas Hulot d'avoir pris cette initiative parce que si nous voulons réussir en décembre prochain, il faudra que les diplomates soient au meilleur ; ils le sont. Il faudra que les instances de l'ONU puissent accompagner ce processus ; elles y sont prêtes. Il faudra que nous puissions avoir avec les dirigeants de la planète les explications nécessaires, de manière à ce que les engagements soient pris. Mais il faudra aussi et surtout la mobilisation de l'opinion publique. C'est le sens de cet appel.

C'est un appel qui se fait ici, √† Manille. Manille qui est, aux yeux du monde, un symbole de souffrance et d'espoir. La souffrance, c'est celle qu'ont v√©cue h√©las les victimes des typhons, des tsunamis, des catastrophes, des tremblements de terre. Ce sont des centaines de milliers de Philippins qui ont √©t√© d√©plac√©s. La souffrance, c'est celle aussi que beaucoup imaginent avec la mont√©e des eaux, la disparition des √ģles, l'augmentation et l'intensit√© m√™me des temp√™tes. Mais il y a l'espoir qui est aussi ici, √† Manille. Espoir d'un peuple qui r√©siste, qui lui aussi face √† l'√©preuve, se soul√®ve, se redresse et s'organise. C'est pourquoi nous voulions que ce soit √† Manille que l'appel puisse √™tre lanc√©.

Quel est le sens de cet appel ? C'est de pouvoir conclure √† Paris, lors de cette conf√©rence sur le climat, un accord g√©n√©ral et contraignant, pays par pays, pour assurer que le monde ne conna√ģtra pas un r√©chauffement qui l'exposerait √† des catastrophes encore bien plus consid√©rables que celles que nous avons connues.

Il y fallait une voix, la v√ītre, Monsieur le Pr√©sident Aquino, votre voix telle que je l'ai entendue lors des sommets internationaux, √† l'ONU, o√Ļ vous avez dit que nous pouvions tous faire quelque chose, prendre notre part, jouer notre r√īle. Il fallait aussi des voix multiples, celles qui sont entendues ici. Il y fallait la voix fran√ßaise parce que la France, et c'est son honneur, c'est aussi son devoir, sait prendre lorsque c'est n√©cessaire ses responsabilit√©s. Nous l'avons montr√© dans d'autres circonstances, face √† d'autres √©preuves.

Quel est maintenant le sens de cet appel ? C'est un appel à la justice. L'appel de Manille, c'est pour que le monde soit plus juste, entre les pays développés et les pays fragiles, entre les pays riches et les pays pauvres, entre les générations aussi, celles qui ont eu tout le temps, tout le loisir pour prélever des ressources sur la planète mais qui maintenant ont le devoir d'agir pour que leurs enfants, leurs petits-enfants puissent vivre, vivre tout simplement sur cette planète.

La justice, c'est aussi de permettre que tous les progr√®s de la science, de la technologie, de l'imagination humaine, de l'√©conomie soient au service de la construction, de la pr√©servation, de la r√©paration, de la pr√©vention et non pas de la destruction. C'est la raison pour laquelle une alliance doit √™tre conclue entre toutes les forces. Les forces des √Čtats, les forces √©conomiques, les forces associatives, les forces culturelles pour que nous puissions faire vivre l'appel de Manille.

L'appel de Manille, c'est aussi l'imagination. C'est notamment à travers le Fonds vert, les financements innovants, tout ce qui peut permettre de capter, de mobiliser des ressources pour les mettre au service du développement. L'appel de Manille, c'est un appel à l'invention parce que la lutte contre le changement climatique, qui est à la fois une obligation, c'est aussi une opportunité, puisque ça va nous permettre d'inventer une croissance nouvelle, une croissance verte.

Nous allons être meilleurs. Meilleurs parce que nous sommes contraints de l'être ; meilleurs pour les énergies renouvelables ; meilleurs pour stocker de l'énergie ; meilleurs pour organiser nos villes, pour assurer nos déplacements ; meilleurs pour inventer des technologies zéro carbone ; meilleurs pour organiser notre fiscalité ; meilleurs pour même établir une concurrence entre les entreprises avec un prix carbone. C'est l'agenda des solutions qui sera finalement l'expression de notre invention.

Enfin, l'appel de Manille c'est un appel √† la promotion d'un monde nouveau parce que ce qui est en cause, c'est un nouveau mode de d√©veloppement plus juste, plus respectueux. C'est un monde o√Ļ nous puissions nous dire que ce que nous faisons est utile, un monde o√Ļ chaque pays prendra ses responsabilit√©s en fonction de ses propres capacit√©s, un monde o√Ļ une solidarit√© nouvelle pourra voir le jour entre pays riches et pays √©mergents. Beaucoup ont, √† un moment dans leur d√©marche politique, imagin√© un monde nouveau. Ils n'ont pas toujours construit un monde meilleur mais celui que nous avons √† l'esprit, c'est un monde vivable, c'est un monde humain et c'est ce qui nous permet de nous rassembler.

C'est L√©vi-Strauss qui disait que ¬ęl'arc-en-ciel des cultures humaines aura fini de s'ab√ģmer dans le vide creus√© par notre fureur¬Ľ. Il faut mettre un terme √† la fureur et il faut mettre, dans le ciel, l'arc-en-ciel des cultures humaines. Ce monde, si nous le voulons, il sera dessin√© √† Paris dans trois cents jours. J'appelle donc les chefs d'√Čtat et de gouvernement √† tout mettre en oeuvre pour conclure un accord en d√©cembre. J'appelle les forces de la jeunesse, les citoyens mais aussi les acteurs √©conomiques, les artistes, les universitaires, √† s'engager, √† s'organiser pour nous √©lever, pour porter une cause qui peut tous nous rassembler.

Face à l'Histoire, il y a ceux qui la regardent, qui la contemplent, et il y a ceux qui la font. Aujourd'hui, il nous faut l'écrire. Ce sera à Paris dans trois cents jours./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. D√©r√®glement climatique - Allocution de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, devant la Communaut√© fran√ßaise de Manille (Manille, 27/02/2015)

(...)

Mais il est vrai que cette visite a un caract√®re exceptionnel. D'abord parce que je suis venu avec plusieurs ministres, le ministre des affaires √©trang√®res, M Laurent Fabius, la ministre de l'√©cologie S√©gol√®ne Royal, la ministre du d√©veloppement Annick Girardin. Mais nous sommes venus aussi avec un certain nombre de personnalit√©s parce que nous voulions, ici aux Philippines, lancer un appel. C'√©tait hier, c'√©tait l'appel de Manille, pour alerter la communaut√© internationale, c'est-√†-dire pas simplement les √Čtats, les gouvernements, m√™me si ce sont eux qui vont √™tre en premi√®re ligne pour la conf√©rence de Paris, mais aussi les acteurs associatifs, √©conomiques, culturels, parce que nous avons besoin de la mobilisation de toutes les opinions publiques.

Pourquoi les Philippines ? Parce que c'est ici, et vous en avez √©t√© les t√©moins, qu'il y a eu les pires catastrophes, notamment l'une d'elles en 2013 qui a vu des c√ītes d√©vast√©es, des populations d√©cim√©es, des maisons effondr√©es, des √©tablissements industriels d√©labr√©s, des lieux de culte √©galement d√©vast√©s. Alors nous voulions montrer au monde ce qu'est la cons√©quence du r√©chauffement climatique. Et ce que peut repr√©senter pour un pays comme les Philippines d'√™tre ainsi r√©guli√®rement victime tant√īt de typhons, tant√īt de tremblements de terre et puis j'oublie la mont√©e des eaux, les inondations ; tout ce qui fait l'inqui√©tude, l'angoisse de populations enti√®res.

En m√™me temps que nous lancions l'appel de Manille, nous voulions aller sur un site - je l'ai √©voqu√©, le village de Guiuan - pour que nous puissions montrer aux yeux du monde ce qu'√©tait une catastrophe, ce qu'elle pouvait encore avoir comme stigmates, comme s√©quelles, mais aussi ce qu'√©tait la r√©silience, la r√©sistance, le courage, la bravoure d'une population, celle que nous avons rencontr√©e. Gr√Ęce √† Nicolas Hulot, nous avons pu regrouper des personnalit√©s imminentes. Celles qui vont justement contribuer √† la n√©gociation de la conf√©rence sur le climat, des personnalit√©s qui d√©pendent des Nations unies, mais √©galement des organisations non gouvernementales, des experts notamment du GIEC avec une personne qui commence √† √™tre maintenant entendue - il √©tait, j'allais dire, temps - c'est M. Jean Jouzel. Et puis aussi des artistes comme Marion Cotillard et √©galement M√©lanie Laurent qui ont lu des textes aussi bien √† Manille hier qu'√† Guiuan tout √† l'heure.

Pourquoi cette mobilisation ? Elle peut para√ģtre dans un contexte que chacun conna√ģt : difficult√©s √©conomiques, drame, terrorisme. Il y a suffisamment d'images horribles qui nous parviennent. Encore ces derni√®res minutes ou ces derni√®res heures, on nous annon√ßait qu'il y avait eu √† Mossoul des destructions de biens culturels qui repr√©sentent pourtant, le patrimoine de l'humanit√©. Il y a des massacres, h√©las, qui se passent chaque jour en Syrie, en Iran mais √©galement au Nig√©ria. C'est vrai, pourquoi une fois encore rappeler l'urgence de la lutte contre le r√©chauffement climatique ? Parce qu'il s'agit finalement de notre propre survie d'abord, et de la vie de ceux et de celles qui sont scolaris√©s ici, nos enfants, pour certains nos petits-enfants. Nous devons donc prendre nos responsabilit√©s.

Je suis fier que ce soit la France qui accueille la conf√©rence sur le climat, parce que la France doit toujours prendre l'initiative. On nous appelle le plus souvent pour agir, quand il y a justement du terrorisme, lorsqu'il y a de l'ins√©curit√©, lorsque les droits de l'homme sont bafou√©s. C'est toujours vers la France que l'on se tourne. Parfois, c'est une charge qui peut √™tre lourde, une responsabilit√© m√™me qui peut √™tre risqu√©e. Nous y r√©pondons, mais toujours dans le respect du droit international. Nous disons √† d'autres : ¬ęNous avons montr√© le chemin. Suivez-nous.¬Ľ Il en est de m√™me pour le climat.

Nous aurions pu l√† aussi, d√©tourner notre regard et consid√©rer que nous avions suffisamment d'urgences en France : la lutte contre le ch√īmage, la lutte contre la pauvret√©, le souci qui est le n√ītre aussi, d'assurer les investissements qui pour nous sont essentiels pour notre avenir - l'√©cole, la recherche. Mais nous avons pens√© que tout √©tait li√© et que s'il y avait des catastrophes qui se produisaient parfois loin de chez nous, elles nous concernaient. D'abord parce que la France est un pays qui est repr√©sent√© sur tous les continents. Nous avons des √ģles nous aussi, qui peuvent √™tre menac√©es, des c√ītes qui peuvent √™tre submerg√©es. Nous sommes r√©guli√®rement, √† travers nos r√©gions d'Outre-mer mais quelquefois aussi en m√©tropole, frapp√©s par un certain nombre de cataclysmes, de catastrophes et nous devons prendre non seulement notre part, mais une fois encore, √™tre √† l'initiative.

Nous avons pris en charge, si je puis dire, l'organisation, la pr√©paration de la conf√©rence sur le climat, mais nous ne sommes pas simplement un pays h√īte, un pays d'accueil, m√™me si nous veillerons √† ce que toutes les d√©l√©gations - et il y en aura de nombreuses - soient bien accueillies. Nous devons aussi r√©ussir cette conf√©rence. Et r√©ussir cette conf√©rence, cela suppose que chaque pays dise quelle va √™tre sa contribution. Non pas sa contribution financi√®re m√™me si elle peut √™tre rappel√©e, mais sa contribution dans la r√©duction des √©missions de gaz √† effet de serre, de CO2. Nous devons aussi faire que les pays du Sud, les pays pauvres, les pays fragiles, puissent √™tre int√©ress√©s √† la n√©gociation. Or, il y a beaucoup de pays qui nous disent : ¬ęMais nous, nous ne sommes pas les √©metteurs de gaz √† effet de serre.¬Ľ Les Philippines sont parmi les pays qui √©mettent le moins de CO2. Nous n'avons pas pr√©lev√© de ressources qui pourraient nous rendre responsables et coupables. Nous n'avons pas de mode de d√©veloppement qui a consist√© √† spolier la nature. Pourquoi devrions-nous faire des efforts, m√™me si nous sommes √©galement touch√©s par le r√©chauffement climatique ?

Alors pour répondre à cette demande, nous avons fait en sorte que le Fonds vert puisse être créé, qui permette de soutenir les investissements des pays les plus fragiles pour assurer leur transition énergétique. Mais nous avons voulu aussi qu'il y ait une participation de tous les acteurs de la communauté internationale. C'est ce que nous appelons l'agenda des solutions ; faire que les entreprises, les grandes associations, les universités qui sont d'ailleurs ici représentées, toutes les innovations possibles puissent être rassemblées dans ce qu'on appelle cet agenda des solutions. Je lance un appel là aussi pour que tous les établissements scolaires, tous les établissements universitaires, tous les centres de recherche se mobilisent.

C'est d√©j√† le cas. M'accompagnent ici dans ce voyage des lyc√©ens des Mureaux qui ont fait un travail et qui vont le poursuivre pour savoir quel pourrait √™tre leur r√īle s'ils √©taient eux-m√™mes des d√©cideurs dans la n√©gociation sur le climat. Ces lyc√©ens des Mureaux ont dit qu'ils voulaient repr√©senter les Philippines dans la n√©gociation. Je voudrais les saluer, ils sont parmi nous et vous pouvez les applaudir parce que ce sont des Fran√ßais, et des Philippins de coeur.

Pour convaincre tous les r√©calcitrants, et il doit y en avoir encore, des gouvernements qui sont toujours frileux, des √Čtats qui pensent qu'ils peuvent une fois encore diff√©rer leurs obligations, des entreprises qui peuvent imaginer que la vie peut continuer sans qu'il y ait le moindre changement dans leurs param√®tres, dans leurs crit√®res ou dans leurs modes de consommation ou de production. Il nous faut continuer √† faire pression et ce voyage permet justement de faire pression.

D'abord parce que, m'exprimant ici à Manille, dans un pays qui a souffert, je peux également porter témoignage de ce qu'il a fait et de ce que nous avons fait pour lui. D'abord de ce qu'il a fait. Il s'est relevé après l'épreuve, et c'est un signe toujours de vitalité d'un peuple quand il est frappé. Ça a été aussi pour nous une illustration avec ce que nous avons vécu au mois de janvier et que vous avez suivi. Quand un peuple est frappé, quand une nation est atteinte, quand une épreuve la saisit, il y a deux façons de réagir. Soit la soumission, l'abandon, la résignation. Soit au contraire le sursaut, le courage, le rassemblement. C'est ce qu'ont fait les Philippins. Ils se sont ensemble mis au travail pour reconstruire, mais pas reconstruire comme avant : pour imaginer comment intégrer de nouvelles technologies, pour être moins victime des catastrophes. Sur ce port de pêche Guiuan, j'avais cette conviction qu'aucun peuple, s'il a la conscience de ce qu'il porte, aucun peuple ne peut être victime parce qu'aucun peuple ne peut rester sans réaction face à une épreuve. Je voyais dans les regards de ces hommes, de ces femmes, de ces enfants, la fierté d'avoir pu reconstruire.

Je veux aussi saluer tous ceux qui ont aid√© les Philippins. D'abord vous, Fran√ßais ici install√©s. Vous avez tous fait effort pour les apaiser, pour les accompagner, pour, avec vos associations, les soulager, parfois leur apporter votre propre aide financi√®re. Je veux √©galement dire que nos entreprises, celles qui sont ici implant√©es, ont √©t√© exemplaires parce qu'elles ont fait en sorte d'apporter leur savoir-faire, leur technologie et √©galement le meilleur de ce que leurs cadres pouvaient fournir pour aller l√† o√Ļ il y avait eu des catastrophes et faire en sorte que nous puissions √™tre partie prenante du redressement.

Il y a aussi ce que l'aide internationale a pu faire et l'aide fran√ßaise en particulier. J'ai une fois encore confirm√© que nous accompagnerions, avec une organisation humanitaire qui s'appelle ACTED, les victimes de la catastrophe de 2013. Mais ce que nous devons faire, c'est plus que cela. C'est d√©j√† anticiper et c'est l√† que la science peut √™tre notre meilleur soutien. La science, c'est la recherche, c'est la technologie, c'est le savoir. Dans cette conf√©rence sur le climat, nous devons faire une alliance pour que non seulement les √Čtats et les gouvernements se mettent au travail, mais que, pour pr√©parer l'avenir, les chercheurs, les scientifiques, les entreprises puissent int√©grer dans les choix qui vont √™tre les n√ītres, ce que la technologie peut nous donner de meilleur.

C'est ce que nous allons faire et c'est pourquoi l'aventure de la conférence sur le climat est une aventure écologique, une aventure aussi économique. Ce que nous allons préparer, c'est la croissance verte pour les prochaines années. Ici aux Philippines, elle est déjà engagée mais partout dans le monde et aussi en France parce que nous voulons être exemplaires. En France, nous avons fait voter des textes. Une loi est en cours de discussion au Parlement, qui nous permettra d'être non seulement conformes aux engagements que nous allons prendre lors de la conférence sur le climat, mais déjà d'être en avant-garde./.

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5. Philippines - Allocution de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, devant la Communaut√© fran√ßaise de Manille (Manille, 27/02/2015)

D'abord, merci de nous avoir attendus. Nous revenons de l'√ģle de Guiuan et c'√©tait pour nous, et j'y reviendrai, un moment tr√®s important. Mais je voulais terminer ce d√©placement, cette visite d'√Čtat, en vous rencontrant ici, dans ce lyc√©e. Je veux tout d'abord remercier le proviseur et les √©quipes p√©dagogiques pour la qualit√© de l'enseignement qui est fourni ici √† plus de trois cents √©l√®ves.

Cela n'a été d'ailleurs possible que parce qu'il y a eu des initiatives qui sont parties de Françaises et de Français, mais aussi d'Allemands. Ce qui fait que cet établissement est particulièrement original, puisqu'il peut enseigner en français et en allemand et qu'il a constitué ce qu'on appelle un Eurocampus.

Je veux insister sur la pr√©sence de nos √©tablissements √† l'√©tranger car, pour qu'il y ait des communaut√©s fran√ßaises qui puissent vivre, puissent aussi d√©velopper leur activit√©, il convient qu'il y ait aussi, des services publics et le premier d'entre eux est l'√©cole. Pour assurer ces services publics, il faut aussi des enseignants, des personnels et je veux m'adresser √† eux pour leur dire toute notre reconnaissance. Je sais aussi qu'il y a des contributions financi√®res √©lev√©es et qui sont particuli√®rement douloureuses pour un certain nombre de familles, d'o√Ļ la politique qu'a men√©e le ministre des Affaires √©trang√®res pour all√©ger un certain nombre de participations.

Je vous retrouve, je vous le disais, dans le cadre d'une visite d'√Čtat qui s'ach√®ve aux Philippines et qui traduit d'abord, l'amiti√© qui existe entre les Philippines et la France, amiti√© qui remonte √† loin et dont vous √™tes, d'une certaine fa√ßon, les repr√©sentants. Une amiti√© qui s'est forg√©e √† travers un m√™me combat pour la d√©mocratie et pour la libert√©. Et quand il y a eu cette r√©volution silencieuse, pacifique, ici aux Philippines et que Madame Aquino a pu devenir pr√©sidente de la R√©publique, le pr√©sident fran√ßais de l'√©poque, Fran√ßois Mitterrand, l'avait accueillie √† l'occasion du bicentenaire de la R√©volution fran√ßaise. Et cela, pour marquer ainsi, le symbole que repr√©sentait ce m√™me combat, celui des Philippins, celui des Fran√ßais, pour les droits de l'homme.

Cette amiti√© ensuite, s'est renforc√©e avec un certain nombre de coop√©rations qui ont pu √™tre men√©es √† bien. Et je veux souligner justement, le r√īle de votre communaut√© fran√ßaise, puisqu'il y a plus de cent entreprises qui sont ici, install√©es aux Philippines, et qui font travailler quarante mille salari√©s dans des domaines tr√®s diff√©rents, sans jamais cesser de trouver un dynamisme suppl√©mentaire.

Cela a d'ailleurs été, une des raisons de ma visite qui venait après celle du président Aquino à Paris il y a six mois, de renforcer nos échanges économiques à travers un comité qui va être créé et qui va se réunir tous les ans. La prochaine fois, ce sera à Paris au mois de juin, pour stimuler l'activité économique dans nos deux pays. Nous avons pu, notamment dans le domaine aéronautique, dans le domaine énergétique, dans le domaine des transports, pu faire déjà des pas en avant.

(...)

Voil√† ce que je voulais vous dire, Fran√ßaises et Fran√ßais ici install√©s aux Philippines. D'abord toute notre gratitude pour ce que vous entreprenez, ce que vous faites ici pour ce pays et pour le n√ītre, parce qu'il y a un courant d'√©changes qui ne cesse de se d√©velopper. Merci aussi de faire rayonner la culture fran√ßaise, d'abord √† travers cet √©tablissement mais aussi √† travers les alliances fran√ßaises, √† travers tout ce que l'on fait pour la promotion de la langue, pour la culture, parce qu'ici nous ne sommes pas qu'un pays. Nous sommes les repr√©sentants de la francophonie.

Merci aussi pour celles et ceux qui participent √† l'aide, au soutien aux populations les plus en difficult√©. Je salue vos associations. Je sais qu'il y en a de nombreuses, qui n'agissent pas d'ailleurs simplement sur les questions d'environnement ou de climat mais √©galement de r√©duction de la pauvret√©, de soutien aux familles et notamment aux femmes qui peuvent se trouver dans le d√©nuement ici √† Manille. Puis enfin, vous dire que notre pays avance, notre pays fait des choix, fait des r√©formes et que notre pays a subi lui aussi une attaque et une √©preuve. Vous avez √©t√© sans doute vous aussi participants √† des d√©fil√©s, m√™me s'ils √©taient moins nombreux qu'√† Paris, mais vous avez s√Ľrement ressenti la m√™me chose que nous, c'est-√†-dire la m√™me volont√© d'√™tre ensemble, la m√™me exigence de respect, de fraternit√©, le m√™me souci de s√©curit√© aussi et il doit √™tre absolument respect√©. Vous avez sans doute √©prouv√© la m√™me fiert√© quand le peuple fran√ßais se retrouve autour de ses valeurs, autour de la confiance qu'il a dans son destin, autour aussi de l'image qu'il porte partout dans le monde. Ce qui √©tait saisissant lors de ce d√©fil√© du 11 janvier, c'√©tait bien s√Ľr les foules consid√©rables qui s'√©branlaient. Mais c'√©tait √©galement le fait que beaucoup de chefs d'√Čtat et de gouvernement √©taient venus pour nous signifier leur soutien et leur solidarit√©, parce que la France est un pays qui est toujours regard√© pour savoir si l'on va dans la bonne direction, si nous sommes encore fid√®les aux valeurs que nous portons, si nous avons encore un message √† donner au monde.

Le message que je voulais livrer ici √† Manille avec vous, c'√©tait le message que la France est toujours en avance, mais elle ne pr√©tend pas √™tre en avance pour se retrouver seule. √áa ne sert √† rien d'√™tre seul. Ce que la France veut, c'est non seulement √™tre accompagn√©e mais c'est aussi de pouvoir rassembler. Nous avons fait en sorte que les Fran√ßais se rassemblent face √† l'√©preuve. Nous devons faire en sorte que le monde se rassemble face √† des risques de catastrophe. C'est tout l'enjeu de la conf√©rence sur le climat qui va se tenir √† Paris au mois de d√©cembre. Et d'une certaine fa√ßon, la conf√©rence sur le climat a commenc√© √† Manille le 27 f√©vrier gr√Ęce √† vous, gr√Ęce aux autorit√©s philippines, gr√Ęce aussi √† tous ceux qui nous ont accompagn√©s dans ce d√©placement. Voil√†, Paris c'est dans trois cents jours, et le chemin pour aller √† Paris passe par Manille.

Merci à tous. Vive la République et vive la France./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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6. Syrie - Tribune conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, et de M. Philip Hammond, ministre britannique des affaires √©trang√®res et du Commonwealth, publi√©e dans ¬ęLe Monde¬Ľ (Paris, 28/02/2015)

Le ma√ģtre de Damas ne peut pas √™tre l'avenir de la Syrie

Depuis le palais o√Ļ il est reclus, Bachar Al-Assad ne se contente plus de faire la guerre √† son propre peuple : il a lanc√© une d√©marche d'auto-r√©habilitation. Dans les m√©dias occidentaux, il tente de profiter de l'effroi suscit√© par les extr√©mistes pour se pr√©senter en rempart contre le chaos. Certains paraissent sensibles √† ce discours : face √† la terreur, disent-ils, l'injustice et la dictature seraient pr√©f√©rables au d√©sordre.

En réalité, Bachar représente à la fois l'injustice, le désordre et la terreur. Et nous, France et Royaume-Uni, nous disons non aux trois.

D'o√Ļ notre scepticisme lorsque Bachar Al-Assad pr√©tend accepter la proposition faite par l'envoy√© des Nations unies, Staffan de Mistura : un arr√™t pendant six semaines des bombardements sur la population civile d'Alep. Nous saluons le d√©vouement et les efforts de M. de Mistura. Nous partageons le souhait d'une r√©duction concr√®te et durable des violences. Mais, en raison de son action pass√©e, nous ne pouvons pas accorder de cr√©dit √† la parole de Bachar.

Il mène une guerre civile avec barbarie. La liste de ses crimes - crimes de guerre et crimes contre l'humanité - est longue. Ceux-ci ont prétendument été commis au nom de la lutte contre le terrorisme, mais ils l'ont été en réalité dans le cadre d'une politique systématique. N'oublions pas l'utilisation des armes chimiques, le recours aveugle à la violence contre les civils syriens, les terribles images de tortures et d'assassinats dans les prisons d'Assad révélées au monde par le transfuge du régime connu sous le nom de César.

En réalité, Bachar est plus faible qu'il y a un an et ne cesse de s'affaiblir. Son armée est exsangue, désertée de plus en plus par ses propres soldats et contrainte de recruter des mercenaires jusqu'en Asie. Il est devenu le vassal de ses parrains régionaux qui, tel le Hezbollah, font la loi dans le pays.

Règlement politique négocié

Bachar ne contr√īle plus r√©ellement son pays, ni au nord o√Ļ il a perdu du terrain et o√Ļ l'opposition mod√©r√©e se bat avec courage, ni √† l'est o√Ļ il n'oppose aucune r√©sistance √† Daech, ni √† l'ouest o√Ļ s'est install√©e une filiale d'Al-Qaida. Quant √† ses propres fronti√®res, elles sont infiltr√©es de toutes parts.

Proposer Bachar Al-Assad comme solution face √† l'extr√©misme, c'est m√©conna√ģtre les causes de la radicalisation. Apr√®s 220.000 morts et des millions de d√©plac√©s, il est illusoire d'imaginer que la majorit√© des Syriens consentent √† se placer de nouveau sous la coupe de celui qui les martyrise. Mettre fin √† leurs espoirs d'un avenir meilleur avec une Syrie sans Bachar, ce serait radicaliser encore davantage de nombreux Syriens, pousser des mod√©r√©s vers l'extr√©misme et consolider un bastion djihadiste en Syrie.

Pour notre propre sécurité nationale, nous devons venir à bout de Daech en Syrie. Nous avons besoin d'un partenaire pour agir contre les extrémistes, donc d'un règlement politique négocié entre les différentes parties syriennes et conduisant à un gouvernement d'unité. Celui-ci devrait réunir certaines structures du régime existant, la Coalition nationale et d'autres composantes qui ont de la Syrie une vision modérée, inclusive, respectant les différentes communautés du pays. Il est clair pour nous que Bachar Al-Assad ne peut s'inscrire dans un tel cadre.

Cette transition permettrait √† la fois de redonner au peuple syrien l'espoir en son avenir et de nous attaquer aux causes profondes de Daech. C'est √† cela que nous travaillons. La t√Ęche n'est pas ais√©e, et chacun doit y prendre sa part ; mais la France et le Royaume-Uni ne m√©nageront aucun effort pour y parvenir./.

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7. Syrie - Situation humanitaire - Conseil de s√©curit√© - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 26/02/2015)

Monsieur le Président,

Je remercie pour leurs exposés la sous-secrétaire générale pour les affaires humanitaires, Mme Kang, ainsi que le Haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, M. Antonio Guterres, et souhaite renouveler toute notre appréciation pour le travail remarquable des équipes du bureau de coordination des affaires humanitaires et du Haut-commissariat pour les réfugiés ainsi que les autres agences des Nations unies déployées sur le terrain et l'ensemble de leurs partenaires qui accomplissent leur mission au péril de leur vie.

Il est inadmissible que les travailleurs humanitaires en Syrie soient pris pour cible, attaqués, enlevés, tués. 72 sont morts depuis mars 2011 et je tiens ici à leur rendre hommage.

Monsieur le Président,

Le 15 mars prochain marquera les quatre ans du conflit syrien. Pourtant, rapport après rapport, force est malheureusement de constater que la situation humanitaire se dégrade de façon inquiétante et qu'aucune sortie de crise n'est perceptible. Malgré le message fort adressé par le Conseil au régime syrien et aux groupes armés à travers le renouvellement du dispositif d'acheminement de l'aide humanitaire en Syrie et le rappel aux parties au conflit de leur obligation de respecter le droit humanitaire international, la situation reste catastrophique, comme l'ont rappelé avec beaucoup de force Mme Kang et M. Gutierres.

Les chiffres sont là : 220.000 morts, 12,2 millions de personnes ayant besoin d'assistance, 7,6 millions de déplacés internes, 3,8 millions de réfugiés, 4,8 millions se trouvant dans des zones difficiles d'accès et 212.000 personnes assiégées privées de moyens de subsistance.

Les bombardements a√©riens, y compris l'usage indiscrimin√© de barils d'explosifs, par les forces gouvernementales continuent de faire des victimes civiles. Le r√©cent rapport de Human Rights Watch indique que depuis f√©vrier 2014 le gouvernement a bombard√© au moins 450 sites dans la r√©gion de Dera et 1 000 sites √† Alep en utilisant des barils d'explosifs. Les parties au conflit continuent √©galement de cibler des installations et des biens √† caract√®re civil d√©lib√©r√©ment, y compris des infrastructures et des services vitaux, des h√īpitaux, ce qui est contraire √† toutes les r√®gles du droit humanitaire, au respect de la dignit√© humaine et aux principes d'humanit√© les plus √©l√©mentaires.

L'interférence délibérée dans les opérations humanitaires, les limitations imposées à l'accès de l'assistance dans tout le pays ainsi que l'obstruction administrative du régime ne font que renforcer les souffrances d'un peuple exsangue. Cela doit cesser. Les obstacles à l'acheminement de l'aide humanitaire aux zones assiégées, le blocage des accès transfrontaliers ou la multiplication des entraves bureaucratiques sont en effet autant de pratiques contraires aux résolutions du Conseil de sécurité. En outre, conformément à la résolution 2139, il est nécessaire de mettre fin à l'impunité des violations du droit international humanitaire et des droits de l'Homme. Les responsables de ces violations en Syrie doivent être traduits en justice. Monsieur le Président,

Les conclusions du dernier rapport sur la mise en oeuvre des résolutions 2139, 2165 et 2191 sont claires et appellent des mesures immédiates de la part des parties au conflit : la levée des différents sièges, qui affectent 212.000 personnes, la levée des obstacles à l'acheminement des équipements médicaux et chirurgicaux, l'arrêt de l'utilisation des services de base - tel que l'accès à l'eau et à l'électricité - comme arme de guerre et la fin des attaques indiscriminées contre les civils, en particulier le recours aux barils d'explosifs. Les obstacles, on le sait, sont nombreux. Nous devons tous, collectivement, peser sur le régime syrien pour que ces obstacles soient levés immédiatement afin de soulager les souffrances du peuple syrien.

La situation qui prévaut aujourd'hui à Alep et dans la Ghouta ne fait que démontrer que le régime reste sourd aux appels de la communauté internationale. Les bombardements par les forces gouvernementales de la Ghouta orientale de Damas, début février, ont fait plus de 200 morts et 1 000 blessés. La France les a condamnés avec la plus grande fermeté, rappelant que ces bombardements violent les principes les plus élémentaires du droit international humanitaire et peuvent être constitutifs de crimes de guerre.
Monsieur le Président,

Quelles que soient les mesures prises pour limiter le co√Ľt du conflit en vies humaines et r√©duire les souffrances des populations, le drame humanitaire syrien ne pourra prendre fin qu'avec l'√©mergence d'une solution politique. Il convient d√®s lors de cr√©er les conditions de cette solution politique. D'abord, le r√©gime doit cesser imm√©diatement les bombardements a√©riens, le recours aux barils d'explosifs et les tirs d'obus de fa√ßon indiscrimin√©e, qui visent les civils et sont prohib√©s par les r√©solutions du Conseil de s√©curit√©.

Ensuite, notre objectif demeure plus que jamais de promouvoir une v√©ritable transition politique fond√© sur le communiqu√© de Gen√®ve, et non un simple repl√Ętrage du r√©gime. Par sa r√©pression brutale et son refus de toute transition depuis quatre ans, Bachar al Assad a favoris√© l'extr√©misme et le chaos. Tant que Bachar al Assad restera au pouvoir, Daech et Al Nosra continueront de se renforcer. Le r√©engagement rapide des Nations unies, en vue de la relance du processus politique, est primordial de ce point de vue et l'envoy√© sp√©cial du secr√©taire g√©n√©ral, Staffan di Mistura, doit naturellement jouer un r√īle important √† cet √©gard.

À cet effet, un dialogue concret sur les modalités d'une transition politique, fondée sur le communiqué de Genève, doit être relancé associant les principaux acteurs de la communauté internationale.

Il faut également soutenir les initiatives de rapprochement des diverses composantes de l'opposition syrienne autour de la coalition nationale syrienne. Sans une opposition modérée forte et crédible, aucune transition politique ne pourra être réussir. On le voit, l'amélioration durable de la situation humanitaire en Syrie suppose une solution politique qui implique elle-même l'engagement résolu de ce Conseil.

Je vous remercie./.

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8. Union europ√©enne - Inscription du Hamas sur la liste europ√©enne des organisations terroristes - R√©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† une question au S√©nat (Paris, 26/02/2015)

Le Hamas a √©t√© plac√© sur la liste des organisations terroristes par l'Union europ√©enne en 2003 sur le fondement de la position commune 2001/931/PESC du Conseil de l'Union europ√©enne. L'annulation par le tribunal de l'Union europ√©enne, le 17 d√©cembre 2014, de cette inscription est fond√©e uniquement sur des motifs de proc√©dure. En effet, pour justifier du maintien du Hamas sur cette liste, le Conseil aurait d√Ľ se fonder sur des faits appr√©ci√©s par des d√©cisions adopt√©es par des autorit√©s nationales comp√©tentes. Dans le cas d'esp√®ce, il s'est fond√© sur des d√©cisions nationales mais √©galement sur des faits qu'il a √©tablis lui-m√™me sur la base d'informations tir√©es de la presse et d'internet (des attentats revendiqu√©s par le Hamas).

Cette d√©cision juridictionnelle ne modifie en rien l'appr√©ciation de fond de la France sur la qualification du Hamas de groupe terroriste, ni sa d√©termination totale √† lutter contre toutes les formes de terrorisme. Elle n'aura pas non plus pour effet de conduire au retrait du Hamas de la liste des organisations terroristes de l'Union europ√©enne, dans la mesure o√Ļ le tribunal a maintenu les effets de l'inscription du Hamas (gel des fonds et avoirs) pour une p√©riode de trois mois (jusqu'au 17 mars 2015) √† compter du prononc√© de cet arr√™t.

En outre, afin d'assurer le maintien du Hamas sur la liste, le Conseil a pris la d√©cision, le 19 janvier 2015, de former un pourvoi contre l'arr√™t du tribunal en question, qui suspend l'effet de cet arr√™t jusqu'√† la cl√īture de la proc√©dure devant la Cour. Parall√®lement √† ce recours juridictionnel, un exercice de r√©vision de toutes les d√©signations relatives √† la position commune du 27 d√©cembre 2001 est en cours, √† Bruxelles. Les √Čtats membres auront donc la possibilit√© de communiquer des √©l√©ments compl√©mentaires, fond√©s sur des d√©cisions nationales, qui garantiront une nouvelle d√©signation du Hamas sur cette liste. Comme elle l'a d√©j√† indiqu√© publiquement ainsi que dans le cadre de ces travaux, la France est d√©termin√©e √† ce que le Hamas soit maintenu sur cette liste./.

(Source : site Internet du Sénat)

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9. Francophonie - R√©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† une question au S√©nat (Paris, 26/02/2015)

Le rapport remis par Jacques Attali au pr√©sident de la R√©publique fournit une analyse particuli√®rement int√©ressante et riche sur le poids √©conomique de la francophonie dans l'√©conomie mondiale et sur les enjeux qui s'y rapportent. Il identifie les secteurs porteurs o√Ļ elle peut √™tre cr√©atrice de croissance et d'emplois et pr√©cise les leviers sur lesquels il semble possible d'agir.

Ce rapport s'inscrit pleinement dans le cadre de la diplomatie √©conomique d√©finie par le ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, qui prend en compte l'atout consid√©rable que repr√©sentent, sur les cinq continents, le partage de la langue fran√ßaise et les liens tiss√©s au sein de l'organisation internationale de la Francophonie. Les recommandations contenues dans ce rapport font l'objet d'un examen attentif pour mesurer l'impact et le co√Ľt de chacune d'elles et de d√©finir des priorit√©s.

Parmi les diff√©rentes suggestions cit√©es, certaines rel√®vent d'une approche multilat√©rale et de long terme, comme celle relative √† la cr√©ation d'une Union √©conomique francophone tandis que d'autres pr√īnent un renforcement des politiques d√©j√† amorc√©es. C'est le cas en ce qui concerne la diffusion de contenus culturels francophones qui est actuellement assur√©e au travers du r√©seau des instituts fran√ßais dans le monde. C'est le cas √©galement pour la promotion de l'enseignement du fran√ßais, avec notamment l'initiative ¬ę100.000 professeurs pour l'Afrique¬Ľ lanc√©e au d√©but de l'ann√©e 2014. Comme le recommande Jacques Attali, les actions men√©es dans ces domaines sont poursuivies et amplifi√©es. S'agissant de la mobilit√© des √©tudiants, chercheurs et entrepreneurs, il convient de noter que l'introduction d'un passeport ¬ętalent¬Ľ s'inscrit dans cette perspective./.

(Source : site Internet du Sénat)

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10. Lutte contre l'islam radical - Violence envers les femmes et les enfants - R√©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† une question au S√©nat (Paris, 26/02/2015)

La France condamne les crimes et exactions commis par les groupes extr√©mistes violents partout dans le monde. Elle contribue activement √† mobiliser la communaut√© internationale pour condamner les actions de ces groupes. Devant la gravit√© des atteintes aux droits de l'Homme commises par Daech en Irak, en particulier √† l'encontre des femmes et des enfants issus des minorit√©s, la France a sollicit√© d√®s ao√Ľt 2014 la Haute repr√©sentante de l'Union pour la politique ext√©rieure et la s√©curit√© de l'Union europ√©enne, afin que l'Europe se mobilise face √† la crise humanitaire en Irak.

Par ailleurs, la France a port√© avec l'Irak une r√©solution au Conseil des droits de l'Homme, adopt√©e le 1er septembre 2014, qui √©tablit une mission d'enqu√™te du Haut-commissariat sur les exactions commises par Daech. Cette mission pr√©sentera son rapport en mars 2015. Il s'agit d'un premier pas pour pr√©parer le travail de la justice et lutter contre l'impunit√©. Suite aux attaques d'√©coles et aux exactions commises par la secte Boko Haram, la France a organis√© en mai 2014, √† la demande du pr√©sident du Nig√©ria, un sommet des chefs d'√Čtats de la r√©gion. Un plan d'action pour lutter contre l'organisation terroriste a √©t√© adopt√© √† cette occasion. L'action de la France se d√©cline ensuite par des programmes de coop√©ration avec les pays concern√©s.

La France conduit, avec ONU Femmes, l'UNICEF et des associations, des programmes de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants dans le monde arabe et en Afrique. Au Pakistan, o√Ļ la France soutient le travail d'ONG contre la violence domestique et pour la protection des enfants, la remise du prix Simone de Beauvoir en 2013 √† Malala Yousafza√Į, victime d'une tentative d'assassinat par les talibans pakistanais en 2012, t√©moigne de l'engagement de la France pour la promotion du droit des femmes √† l'√©ducation.

Dans le contexte de la crise syrienne, la France a par ailleurs favoris√© l'acc√®s aux soins des femmes r√©fugi√©es, y compris pour les victimes de violences sexuelles. La France travaille √† la lutte contre les st√©r√©otypes, √† la racine de la violence. Depuis la conf√©rence de Paris ¬ęlib√©rons les enfants de la guerre¬Ľ organis√©e avec l'UNICEF en 2007, la France est particuli√®rement mobilis√©e en faveur des enfants dans les conflits arm√©s. Elle a financ√© des actions en faveur de la r√©insertion des enfants, gar√ßons et filles, recrut√©s par des groupes arm√©s, notamment en RCA. Enfin, la France soutient la participation des femmes √† la gestion des conflits et au r√©tablissement de la paix.

D√®s 2010, la France s'est dot√©e d'un plan national d'action pour mettre en oeuvre les r√©solutions 1325(2000) et suivantes du Conseil de s√©curit√© dites ¬ęFemmes, paix et s√©curit√©¬Ľ. Ce cadre d'action vise non seulement √† prot√©ger les femmes des violences dans les conflits mais √©galement √† promouvoir leur r√īle dans le maintien de la paix. La lutte contre l'impunit√© constitue √©galement une priorit√© du plan national d'action de la France, avec des programmes favorisant la formation des magistrats et l'acc√®s √† la justice.

Le minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international participe en outre √† la promotion de l'acc√®s des femmes √† des postes de responsabilit√© avec le programme de coop√©ration ¬ęFemmes d'avenir en M√©diterran√©e¬Ľ lanc√© fin 2014./.

(Source : site Internet du Sénat)

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