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Déclarations officielles de politique étrangère du 27 juin 2016


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Arabie saoudite - Organisation de la coopĂ©ration islamique/«Iftar» - Prague/Participation de M. Ayrault Ă  une rĂ©union du groupe de Visegrad avec son homologue allemand - Nations unies/JournĂ©e internationale pour le soutien aux victimes de la torture - Nations unies/JournĂ©e internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues - Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme/Contribution française - Inde/Non-prolifĂ©ration - Madagascar - Liban - Syrie/Bombardements - Somalie/Attentat (Paris, 27/06/2016)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a rappelé la déclaration du ministre, fait les déclarations et répondu à la question suivante :

1 - Arabie saoudite - Entretiens de M. Jean-Marc Ayrault (Paris, 27-28 juin 2016)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, s'entretient le 27 juin avec le vice-prince héritier Mohamed bin Salman, ministre de la défense d'Arabie saoudite. Il s'entretiendra le lendemain avec son homologue, M. Adel al-Jubeir. À l'invitation de l'académie diplomatique internationale, ce dernier participera à une conférence-débat ouverte à la presse.

Avec ses interlocuteurs, M. Jean-Marc Ayrault fera le point sur nos priorités communes :  la paix et la sécurité au Moyen-Orient, y compris en Syrie, en Irak et au Yémen, la lutte contre le terrorisme. Les discussions porteront également sur l'initiative pour la paix au Proche-Orient.

Le partenariat franco-saoudien sera également évoqué, en particulier dans la perspective de la troisième commission conjointe franco-saoudienne qui, d'un commun accord, se tiendra à l'automne de manière à prendre en compte le plan de réforme saoudien «vision Arabie saoudite 2030».

2 - Organisation de la coopération islamique - «Iftar» (Quai d'Orsay, 27 juin 2016)

M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international, offrira ce soir au Quai d'Orsay un «iftar», dîner de rupture du jeûne en période de ramadan.

Cet événement permettra, comme chaque année, d'honorer les ambassadeurs des pays membres de l'organisation de la coopération islamique. La France entretient des liens étroits avec cette organisation, auprès de laquelle elle a nommé un envoyé spécial.

Les principaux responsables de l'islam de France seront aussi présents.

3 - Prague - Participation de M. Ayrault à une réunion du groupe de Visegrad avec son homologue allemand (27 juin 2016) - Rappel de la déclaration du porte-parole

Jean-Marc Ayrault se rend à Prague ce matin, où il participe avec son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, à une réunion avec le groupe de Visegrád. La République tchèque préside actuellement ce groupe qui compte également la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie.

La discussion portera sur les conséquences du référendum britannique.

Une conférence de presse conjointe est prévue à 10h au ministère tchèque des affaires étrangères (Informations disponibles ici : http://www.mzv.cz/jnp/en/event_calendar/meeting_of_v4_foreign_ministers_and.html).

Q - Selon les médias polonais, les ministres des affaires étrangères de la France et l'Allemagne présenteront aujourd'hui à Prague un projet d'un super-État européen. Avez-vous un commentaire?

R - Cette allégation est sans fondement. Comme nous l'avons indiqué dans la déclaration que nous venons de faire, la discussion entre les ministres français et allemand et leurs homologues du groupe de Visegrad a porté sur les conséquences du referendum britannique.

4 - Nations unies - Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture (26 juin 2016) - Rappel de la déclaration du porte-parole

A l'occasion des dix ans de l'entrée en vigueur du protocole facultatif à la convention contre la torture et de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture le 26 juin, la France réaffirme sa détermination à lutter contre cette pratique inhumaine et inacceptable.

La torture reste une réalité. Des milliers d'opposants politiques, de défenseurs des droits de l'Homme, de journalistes, de travailleurs humanitaires, de personnes stigmatisées en raison de leur orientation sexuelle ou de détenus de droit commun continuent à être victimes de la répression de régimes comme en Syrie ou des exactions de groupes terroristes.

La France demande le respect en toutes circonstances de l'interdiction absolue de la torture. Elle appelle les États qui ne l'ont pas encore fait à rejoindre la convention contre la torture ainsi que son protocole facultatif. Aucune menace ne saurait justifier le recours à la torture et le renoncement aux principes d'humanité et de dignité de la personne humaine.

Nous restons mobilisés pour lutter contre l'impunité et défendre les victimes.

5 - Nations unies - Journée internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues (26 juin 2016) - Rappel de la déclaration du porte-parole

À l'occasion de la journée internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues le 26 juin, la France réaffirme sa détermination à lutter, avec la communauté internationale, contre ce fléau.

À cette occasion, la campagne internationale «Listen First !» a été lancée pour promouvoir les politiques de prévention à destination des jeunes en s'adressant à la fois aux parents, professeurs et professionnels de santé. Plus de quarante pays venant des cinq continents se sont associés à cette initiative, portée par la France, la Suède, l'office des Nations unies contre la drogue et le crime et l'organisation mondiale de la santé.

L'assemblée générale des Nations unies a adopté lors de sa session extraordinaire le 19 avril une déclaration encourageant les États membres à renforcer leurs efforts pour apporter une réponse globale et équilibrée qui repose à la fois sur la prévention, le traitement, et la lutte contre les trafics, dans le respect des droits de l'Homme. Nous appelons nos partenaires à ne pas relâcher leurs efforts face à ce fléau qui menace la santé publique et la sécurité.

Pour plus d'informations : https://www.unodc.org/listenfirst/.

6 - Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme - Contribution française - Déclaration de M. Jean-Marc Ayrault-

Je salue l'annonce par le président de la République le 26 juin du maintien de la contribution française au Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme à hauteur de 1,08 milliard d'euros pour les trois prochaines années (2017- 2019).

La France est le deuxième contributeur au Fonds mondial. Il s'agit d'un signe fort de notre engagement dans la lutte contre les grandes pandémies.

La lutte contre le SIDA et les maladies transmissibles partout dans le monde est une priorité de la France. Outre notre soutien financier au fonds (plus de 3,8 milliards d'euros depuis 2002), nous mobilisons nos institutions de recherche. Nous sommes également mobilisés en faveur des systèmes de santés locaux et des personnes affectées, y compris s'agissant du respect de leurs droits fondamentaux. La France est à l'origine de la création de modes innovants de financement, en particulier la taxe sur les billets d'avion et celle sur les transactions financières.Je forme le voeu que le 16 septembre, à Montréal, le fonds puisse atteindre son objectif et mobiliser 13 milliards de dollars pour les 3 années à venir, de façon à sauver 8 millions de vies et éviter 300 millions de nouvelles infections.

7 - Inde - Non-prolifération - Adhésion de l'Inde au régime de contrôle de la technologie des missiles (27 juin 2016)

La France salue l'engagement de l'Inde dans la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

L'Inde participe depuis le 27 juin au régime de contrôle de la technologie des missiles (MTCR). La France a activement soutenu son adhésion, en faveur de laquelle nous avons travaillé de manière conjointe.

Cette adhésion contribuera à mieux encadrer la prolifération d'équipements susceptibles d'être utilisés dans des missiles ou des drones capables d'emporter des armes de destruction massive.

Pour plus d'informations :

http://www.mtcr.info/french/index.html

https://www.government.nl/binaries/government/documents/publications/2016/06/27/chairs-statement-on-the-accession-of-the-republic-of-india-to-the-mtcr/160627-chairs-statement-on-india.pdf

8 - Madagascar - Attentat (26 juin 2016)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attentat survenu à Tananarive le 26 juin, lors des célébrations de la fête nationale.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

La France assure les autorités malgaches de son soutien pour assurer la sécurité et la stabilité du pays.

9 - Liban - Attentat Ă  al-Qaa (27 juin 2016)

La France condamne les attaques terroristes menées aujourd'hui dans la localité de Qaa et qui ont causé la mort de plusieurs personnes.

Elle présente ses condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité avec les blessés.

La France continuera de prendre toute sa part dans le soutien que la communauté internationale doit apporter à la stabilité et la sécurité du Liban et à ses institutions.

10 - Syrie - Bombardements (25-26 juin 2016)

La France condamne les bombardements menés les 25 et 26 juin par le régime syrien et ses soutiens dans la province de Deir Ezzor, qui ont causé la mort de plusieurs dizaines de civils.

La France rappelle qu'il est impératif de tout faire pour protéger les populations civiles et respecter le droit international humanitaire.

11 - Somalie - Attentat (25 juin 2016)

La France condamne l'attentat mené le 25 juin 2016 par le groupe terroriste Al-Shabaab à Mogadiscio, qui a fait de nombreuses victimes.

Nous exprimons nos condoléances à leurs familles.

La France exprime sa solidarité avec les autorités somaliennes et les forces de la mission de l'Union africaine présentes en Somalie dans la lutte contre le terrorisme. Avec nos partenaires, notamment ceux de l'Union européenne, nous nous tenons à leurs côtés./.

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2. Union europĂ©enne - RĂ©fĂ©rendum britannique - DĂ©claration conjointe des ministres des affaires Ă©trangères français, allemand, belge, italien, luxembourgeois et nĂ©erlandais (Berlin, 25/06/2016)

Cette décision du peuple britannique constitue un tournant de l'histoire de l'Europe.

L'Union européenne perd non seulement un État membre mais un ensemble considérable d'histoire, de traditions et d'expérience.

Cet événement crée une situation nouvelle. Du fait de la décision du peuple britannique, l'accord auquel le Conseil européen des 18 et 19 février était parvenu cesse d'exister. Nous attendons à présent du gouvernement britannique qu'il fasse preuve de clarté en donnant effet à cette décision dès que possible. Les dispositions pertinentes du Traité de Lisbonne (article 50 du Traité sur l'Union européenne) permettent un départ en bon ordre. Nous sommes prêts à travailler avec les institutions lorsque les négociations en vue de définir et de clarifier les relations à venir entre l'UE et le Royaume-Uni auront commencé.

Nous demeurons fermement convaincus que l'Union européenne offre un cadre unique dans l'histoire et indispensable pour assurer la liberté, la prospérité et la sécurité de l'Europe, définir des relations pacifiques et mutuellement avantageuses entre ses peuples et contribuer à la paix et à la stabilité dans le monde.

Depuis sa création par les six membres fondateurs en 1957, l'UE a parcouru avec succès un long chemin. Elle a réuni l'Europe orientale et l'Europe occidentale et a apporté la plus longue période de paix que notre continent ait connue dans les temps modernes. De plus, elle a été une force motrice pour rassembler les peuples d'Europe et a, ce faisant, tenu la promesse dont nous avions pris l'engagement dans les traités : créer une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l'Europe. Nous poursuivrons nos efforts en faveur d'une Union européenne à 27 plus forte et ayant plus de cohésion, reposant sur des valeurs communes et sur la primauté du droit.

C'est à cette fin que nous reconnaîtrons également plusieurs niveaux d'ambition entre les États membres pour ce qui est du projet d'intégration européenne. Sans revenir sur ce que nous avons accompli, nous devons trouver de meilleurs moyens de traiter ces niveaux d'ambition différents afin de faire en sorte que l'Europe réponde mieux aux attentes de tous ses citoyens.

C'est dans cet esprit que nous réaffirmons fortement notre attachement commun à l'Union européenne. Toutefois, nous sommes conscients du fait que le mécontentement face à son fonctionnement tel qu'il est aujourd'hui est manifeste dans certaines composantes de nos sociétés. Nous prenons cela très au sérieux et sommes résolus à faire en sorte que l'UE fonctionne mieux pour tous nos citoyens. Ni un simple appel à davantage d'Europe ni une phase de pure réflexion ne peuvent être une réponse appropriée. Nous devons axer nos efforts communs sur les défis qui ne peuvent être traités qu'au moyen de réponses européennes communes, tout en laissant d'autres tâches au niveau national ou régional. Nous devons apporter de meilleures réponses aux questions auxquelles nous avons choisi de nous atteler au niveau européen. Nous devons aussi assumer la responsabilité qui nous incombe de renforcer la solidarité et la cohésion au sein de l'Union européenne.

Aujourd'hui, l'Europe est confrontée à des défis immenses dans un contexte de mondialisation qui nécessitent une Union européenne meilleure. Nous devons axer davantage l'action de l'UE sur les grands défis de notre temps : garantir la sécurité de nos citoyens face à des menaces externes et internes croissantes, établir un cadre stable en coopération pour traiter les migrations et les flux de réfugiés, stimuler l'économie européenne en favorisant la convergence de nos économies et une croissance durable et créatrice d'emplois et en progressant vers la réalisation de l'Union monétaire européenne. Ces défis s'inscrivent dans un contexte d'instabilité croissante et de changements géopolitiques à nos frontières européennes.

Nous exprimons notre confiance dans notre avenir européen commun./.

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3. Union europĂ©enne - RĂ©fĂ©rendum britannique - ConfĂ©rence de presse conjointe des six ministres des affaires Ă©trangères des pays fondateurs de l'UE - Propos de M. Jean-Marc Ayrault (Berlin, 25/06/2016)

(...)

Q - On a le sentiment que les Britanniques veulent faire traîner les choses pour la mise en oeuvre de l'article 50. Quand faut-il commencer le processus de sortie ?

R - Maintenant, on commence maintenant. Il faut être clair : le peuple britannique s'est prononcé après une initiative de M. Cameron. Il a pris ses responsabilités, il en assume aussi les conséquences d'un vote dont l'issue qui n'est pas celle qu'il avait souhaitée.

Les Européens, les 27 autres, ont accepté d'aider le Premier ministre britannique à organiser son référendum en adoptant une déclaration le 19 février dernier - donc nous n'avons pas fait preuve de mauvaise volonté. Aujourd'hui cet accord du 19 février, qui aurait dû être mis en oeuvre en cas de «remain», est caduc et il ne sera pas renégocié, c'est très clair.

Par contre, le peuple britannique ayant voté, il faut respecter son vote et nous demandons que les traités européens soient respectés, que l'article 50 de ce traité soit respecté. Il faut donc qu'il soit mis en oeuvre. Bien sûr, il faut désigner un nouveau Premier ministre, ça demande sans doute quelques jours, mais il y a une certaine urgence. Pourquoi ? Parce qu'il en va des intérêts des Britanniques comme des Européens à ce qu'on ne laisse pas une période d'incertitude qui aura des conséquences financières, qui peut avoir des conséquences économiques, qui peut avoir des conséquences politiques.

Nous respectons le Royaume-Uni, nous respectons le vote de son peuple qui est un grand peuple, même si nous regrettons son choix, mais nous demandons que l'Europe et les 27 autres soient respectés. C'est une question de cohérence et de logique, et c'est ce qui motive aussi la réunion que nous avons ici aujourd'hui à Berlin. Ce que nous voulons en étant ensemble à six, c'est-à-dire les pays fondateurs, c'est retrouver l'esprit des fondateurs, j'allais dire des «pères fondateurs», retrouver l'esprit du traité de Rome, qui sera commémoré pour son 60e anniversaire en mars prochain.

Retrouver l'esprit du traité de Rome, c'est revenir aux fondamentaux, revenir aux valeurs, celles qui font sens et aujourd'hui, s'il y a tant de désarroi, s'il y a tant de désillusion, c'est que le sens est en partie perdu. Aussi, il nous appartient, en particulier à nous les pays fondateurs, d'essayer de recréer cet esprit. Et pour terminer, il ne faut pas oublier ce que l'Europe a apporté, Frank-Walter y a fait allusion. Je pense à l'Espagne qui a vu dans l'Europe la liberté après la dictature franquiste, je pense aux Portugais qui ont vu dans l'Europe la liberté et la démocratie après la dictature de Salazar, les Grecs après la dictature des colonels, les Polonais, les Tchèques, les Slovaques, les pays baltes après la dictature communiste, et qui sont venus dans cette grande famille européenne, de l'Union européenne, et qui y ont vu un espoir. Nous n'avons pas le droit de décevoir cet espoir.

C'est en ce sens que nous disons aux Britanniques : vous avez fait votre choix, mais l'Europe que nous voulons, même s'il faut l'améliorer, même s'il faut la transformer, même s'il faut aussi être encore plus efficaces, nous voulons la faire vivre. C'est le sens de notre réunion ici, c'est aussi le message que nous voulons adresser à tous ceux qui croient en l'Europe, qui ont envie d'aimer l'Europe : nous, nous sommes déterminés à la faire aimer davantage.

(...)./.

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4. Union europĂ©enne - RĂ©fĂ©rendum britannique - RĂ©union des six pays fondateurs de l'UE - Echanges avec la presse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Berlin, 25/06/2016)

Q - (sur les objectifs de la réunion)

R - Il s'agit de retrouver l'esprit des fondateurs de l'Europe, qui, au fil du temps, a tendance à être oublié, alors que c'est le sens de la construction européenne qui manque, qui fait défaut aujourd'hui. Peut-être que la construction européenne, à cause de son fonctionnement à 28, maintenant à 27, est lourd et complexe. Quand une décision importante doit être prise, il faut du temps et parfois beaucoup trop de temps pour qu'elle soit prise et quand elle est prise, il faut du temps et parfois beaucoup trop de temps, pour la mettre en oeuvre. Il faut tirer les leçons de cela, qui porte préjudice à l'Europe, mais ce qu'il ne faut pas faire, c'est abandonner l'ambition commune.

C'est important et c'est pour cela que les six pays fondateurs, qui n'ont aucune vocation ni l'intention de jouer un quelconque rôle de gouvernement de l'Europe, ont souhaité se réunir à plusieurs reprises pour réfléchir, conscients de ces difficultés, à comment retrouver le souffle, comment retrouver la dynamique sans perdre l'essentiel. Il y a eu une première réunion à Rome, puis ensuite à Bruxelles, puis aujourd'hui à Berlin. Nous l'avions déjà programmée, il se trouve qu'elle a lieu au moment où le peuple britannique vient de décider de sortir de l'Union européenne, donc cette réunion avait encore plus de sens. On a abordé deux sujets, l'urgence et le respect de l'article 50. Il n'y a aucune raison, pour reprendre l'expression de Jean Asselborn, de «jouer au chat et à la souris». Si certains en ont l'intention, ce ne serait pas digne après avoir pris la décision d'organiser un référendum pour ou contre le maintien dans l'Union européenne.

On a eu le résultat, c'est le Brexit. Et par respect pour les Européens, pour tous les Européens, je pense qu'il faut que le Traité sur l'Union européenne, à travers son article 50, soit activé le plus vite possible. C'est une question de respect et d'intérêt aussi, sinon on laisse pourrir cette situation pendant des mois sous prétexte de problèmes internes à un parti. Maintenant le peuple s'est exprimé et il faut qu'il soit respecté. Nous souhaitons qu'on organise en bon ordre, dans le respect du traité et l'article 50, cette sortie, dans l'intérêt mutuel et en gardant son sang-froid et en évitant de jouer. Il faut vraiment que ce processus de négociation s'engage le plus vite possible et qu'il ne dure pas trop longtemps. Et puis il y a - et c'est l'idée des pays fondateurs - la question de que faire pour relancer l'Union ? Pour cela, je crois qu'il faut revenir aux fondamentaux. Je l'ai redit tout à l'heure, j'étais hier à Luxembourg, à la réunion du conseil affaires générales où les ministres des affaires étrangères ne vont pas, ou très rarement. Nous étions plusieurs et j'ai rappelé tout cela, l'esprit des fondateurs, qu'il ne faut pas l'oublier. Avec le temps, on oublie qu'il y a des pays qui vivaient sous la dictature - l'Espagne, le Portugal et la Grèce - et puis, pendant longtemps, la partie d'Europe centrale et orientale était séparée du reste de l'Europe. Après la chute du mur de Berlin, enfin nous sommes ensemble et qu'est-ce qui nous rassemble ? Une volonté commune, des valeurs communes, une ambition commune. Si on ne retrouve pas cela, alors peu à peu les peuples vont s'éloigner de l'Europe et c'est tout le projet intelligent et audacieux qui a été construit à partir de 1950 et ensuite avec le traité de Rome en 1957, qui risque d'être remis en cause, au détriment des Européens eux-mêmes.

Il y a juste un mot que je voudrais dire à propos du vote britannique : la jeunesse britannique est comme la jeunesse européenne, elle voit aussi où est son avenir. La jeunesse britannique a choisi de voter très majoritairement pour rester dans l'Europe. Je crois que pour nous, c'est un signal très fort. Si on veut rendre l'Europe plus populaire, qu'on l'aime à nouveau davantage, alors il faut aussi davantage répondre aux aspirations de la jeunesse, et notamment dans l'Europe des 27, il y a encore 14 millions de jeunes au chômage. Certains bénéficient certes d'Erasmus, mais tous les autres ? Il faut que l'Europe retrouve un souffle, une espérance. C'est notre responsabilité politique aujourd'hui. On est à un moment historique, ne le sous-estimons pas. C'est avec une certaine gravité que je m'exprime, il faut qu'on soit à la hauteur. Ça a commencé dès le jour des résultats, vendredi hier et puis ça continue aujourd'hui ici après Luxembourg à Berlin et lundi à nouveau avec la rencontre Angela Merkel, François Hollande et Matteo Renzi et puis le Conseil européen, où il y aura un moment fort, puisque l'on commencera à 28, avant de poursuivre à 27.

Q - Can I ask you a question? Are you going to miss us or are you glad that we are gone?

R - I was in favor of the remain, but I don't have to answer for the British people.  That was for British people to decide and British people did answer.  I am not pleased, but this is the reality. I regret that.

Q - But we were an obstacle to many European projects.  Are you now happy that it is not the case anymore?

R - Le Royaume-Uni va devenir un pays tiers, par son choix, le choix du vote du peuple. Je ne suis pas sûr que ceux qui ont poussé à ce résultat avaient un programme de rechange à proposer au peuple britannique. Ce que je constate, c'est qu'aujourd'hui, aussi bien M. Farage que peut-être M. Johnson, ne disent rien au peuple britannique. C'est leur problème, mais c'est aussi le problème du peuple britannique.

Dans l'intérêt du peuple britannique après le vote de Brexit, et dans l'intérêt des peuples européens, cette période d'attente ne doit pas se poursuivre longtemps, parce que là, on aura des problèmes très graves, des problèmes financiers, des problèmes économiques, vous le verrez et des problèmes politiques. Le Royaume-Uni a lui-même à faire face à des interrogations. Je pense à l'Ecosse, je pense à l'Irlande du Nord, donc il faut être responsable dans ces circonstances On ne fait pas de la tactique. Là il faut qu'on soit à la hauteur de l'Histoire.

Q - il s'agit de mettre la pression aux Britanniques ?

R - Mais c'est un message politique de responsabilité que nous adressons. On s'adresse d'abord au Premier ministre actuel et à son parti. Moi je fais la différence entre le vote populaire, le vote des citoyens : le peuple britannique a voté, nous n'avons fait aucune ingérence et nous n'avions pas à le faire, nous n'avions pas à dire ce qu'ils devaient faire. On a simplement exprimé notre souhait. On a aussi, au niveau européen, fait en sorte qu'il y ait un accord le 19 février, donc on n'a pas compliqué la tâche des dirigeants britanniques, mais le peuple a parlé.

Mais maintenant, il ne s'agit plus de faire traîner les choses, car il ne s'agit plus de l'expression du peuple mais du vote des adhérents d'une formation politique. Alors, je respecte beaucoup les formations politiques, mais il ne faut pas mélanger le vote populaire avec le vote interne à une organisation. Là maintenant, c'est une question d'intérêt général, d'intérêt majeur, donc il faut vraiment que chacun prenne ses responsabilités.

Q - Do you want to maintain free trade? Do you want business to be as easy with the United Kingdom as it is?

R - Pour répondre à toutes ces questions : il ne faut pas laisser le flou. Si on laisse le flou, c'est une grande période d'incertitude qui va commencer et qui aura des conséquences au détriment des citoyens britanniques, des travailleurs britanniques, des entreprises britanniques, de la finance britannique, mais qui aura aussi des conséquences sur l'Europe. Donc il faut après la décision de se séparer, le faire intelligemment et de façon responsable. C'est un divorce, il faut le traiter avec respect, responsabilité, mais en assumant la décision qui a été prise. Donc c'est ce qui doit être fait maintenant et sans tarder.

Q - (inaudible)

R - Moi je suis pour la sérénité et le calme, c'est le rôle des dirigeants. Il ne faut surtout pas se laisser aller à des invectives, mais simplement, il faut être clair. Si on veut que les citoyens comprennent, il faut qu'on leur dise très clairement ce qui doit être fait à nos yeux, et là nous sommes à un moment où des décisions importantes doivent être prises. Ça n'empêche pas le sang-froid, le sang-froid est même indispensable.

Q - il n'y a pas eu d'initiative franco-allemande ce matin ?

R - Non, ce matin, c'était la réunion des Six. Mais le travail que j'ai fait avec Frank-Walter Steinmeier, nous l'avons adressé à nos collègues pour qu'ils en prennent connaissance, mais ce n'était pas le sujet de cette réunion. Avec Frank-Walter Steinmeier, nous avons travaillé à une contribution que, lui comme moi, nous avons adressée ensemble au président de la République François Hollande et à la chancelière Angela Merkel pour montrer qu'il y a des possibilités de faire des propositions communes, qui peuvent être aussi reprises, si le débat a lieu, par l'ensemble des pays européens et l'unité des 27, parce qu'il faut bien mettre sur la table un certain nombre de propositions. C'est une contribution. Là je considère qu'on était dans notre rôle. Ce n'est pas nous qui décidons, mais c'est nous qui pouvons proposer.

Q - Sans modifier les traités ?

R - Mais, il n'y a pas besoin de modifier les traités pour faire beaucoup de choses. Je vais prendre un exemple : Schengen. Il faut parachever Schengen, qui n'est pas allé jusqu'au bout de sa propre logique, donc il faut faire le travail.

Est-ce qu'il faut changer de traité ? Alors il y en a qui, parce qu'ils sont dans le désarroi, parce qu'ils ne savent pas quoi proposer, disent «traité, traité», d'autres disent «constituante, constituante», d'autres qui disent «référendum, référendum». C'est plutôt des messages d'impuissance, parce que ce qu'il faut, c'est proposer des choses concrètes, des choses acceptables, des choses faisables, et acceptables par les 27, nous ne sommes pas seuls à décider. Ce n'est pas une pétition de principe. Ce n'est pas une déclaration en l'air qu'on fait. C'est comment redonner le sens au projet européen, comment redonner de la confiance et en même temps, en faisant des propositions concrètes, utiles à tous les citoyens européens./.

 

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5. Union europĂ©enne - RĂ©fĂ©rendum britannique - Relations bilatĂ©rales - Turquie - Entretien de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec le quotidien «Le Parisien» (Paris, 25/06/2016)

Q - Ce Brexit marque-t-il un coup d'arrĂŞt Ă  l'Europe ?

R - Bien sûr que non. Il ne faut pas se laisser décourager par la décision du peuple britannique. Mais c'est un choc. D'abord pour le Royaume-Uni, mais aussi pour l'Europe. Pour le Royaume-Uni, c'est une page qui se tourne. C'est la première fois qu'un pays européen depuis la création de l'Union européenne décide de la quitter. C'est une décision grave, mais ce n'est pas le chaos. Nous sommes dans un cadre institutionnel avec un traité qui a prévu une telle situation. Gardons notre sang-froid. Il faudra organiser une relation nouvelle entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, qui deviendra pour elle un pays tiers. Cela n'empêche pas l'UE d'avancer et de se réformer.

Q - N'y a-t-il pas un divorce entre les peuples et l'Europe ?

R - Il y a une montée d'inquiétude partout. Elle porte sur les questions de sécurité, le terrorisme, le phénomène migratoire et la crise des réfugiés, l'inquiétude sociale. Il faut y apporter des réponses, rendre l'Europe plus simple dans son fonctionnement. Mais il faut aussi mesurer ce qu'elle a apporté aux peuples européens.

Q - Mais, visiblement, les gens n'aiment plus l'Europe...

R - Je voudrais souligner qu'au Royaume-Uni, 70% des jeunes ont voté pour l'Europe. Cela signifie que, pour la jeunesse, l'Europe offre un avenir. Nous sommes à un tournant avec le retour des nationalismes ou des populismes. S'il y a un désir de revenir aux frontières, c'est parce qu'il y a une angoisse et des inquiétudes auxquelles il nous faut répondre.

Q - Comment relancer le projet européen et que peut faire le couple franco-allemand ?

R - Le débat doit avoir lieu entre les Vingt-Sept, mais le couple franco-allemand a toujours joué un rôle déterminant. Nous avons transmis des propositions qui portent sur des questions de sécurité, de défense, de relance de l'investissement, de citoyenneté.

Q - Mais concrètement ?

R - Une proposition concrète, c'est parachever Schengen en assurant la maîtrise et la protection des frontières extérieures de l'Europe. Si on ne le fait pas, certains voudront revenir aux frontières nationales. Cela signifie des moyens, des gardes-frontières européens. Il faut des propositions concrètes et réfléchir à une lutte plus efficace contre le terrorisme, à des avancées en matière de sécurité et de défense.

Q - Quelle relation y aura-t-il désormais avec le Royaume-Uni ?

R - La première discussion, qui sera à l'ordre du jour dès mardi au Conseil européen, c'est de tirer les enseignements du vote du peuple britannique. Il ne faut pas qu'il y ait d'atermoiement. Maintenant, il faut aller vite et mettre en oeuvre la procédure prévue par l'article 50 du traité, qui organise la négociation avec le pays qui sort de l'Europe. Il faut agir maintenant, sans délai, afin d'éviter les incertitudes qui peuvent avoir un impact économique, financier et politique considérable. En attendant, le Royaume-Uni reste membre de l'Union avec ses droits et ses devoirs.

Q - Cameron a-t-il fait une faute en décidant ce référendum ?

R - Il a joué avec le feu et on en voit les conséquences. Mais, à partir du moment où il y a eu un vote, il faut le respecter et aller jusqu'au bout.

Q - Le vrai changement ne serait pas de passer d'une Europe à la Merkel, marquée par la rigueur budgétaire, à une Europe de la relance, plus sociale ?

R - Ne soyons pas réducteurs. La question n'est pas l'austérité ou le social. Nous avons une monnaie commune, l'euro, et dans la zone euro il y a des règles du jeu à respecter. Notamment deux engagements communs : faire en sorte que l'endettement ne dépasse pas un certain seuil et que les déficits ne dépassent 3% du PIB.

Q - Craignez-vous un effet contagion ? Un Frexit - sortie de la France ?

R - C'est ce que veut Mme Le Pen, un référendum avec la même question qu'au Royaume-Uni. Mais ces partis nationalistes et populistes, comme M. Nigel Farage qui jubilait en parlant d'Independance Day, qu'ont-ils à proposer pour le peuple britannique après ? Rien ! C'est la chute de la livre, le désengagement possible des investissements internationaux, donc un affaiblissement de l'économie, une dégradation de la vie des Britanniques. Le programme de Mme Le Pen est exactement le même. La France va donc se battre pour améliorer l'Europe, pas pour la quitter.

Q - Se battre comment ?

R - La prochaine élection présidentielle sera l'occasion d'un grand débat sur l'avenir de la France dans l'Europe. C'est à ce moment que les citoyens se prononceront, choisiront ce qu'ils veulent, dans la clarté. Cela vaut tous les référendums./.

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6. Union europĂ©enne - RĂ©fĂ©rendum britannique - Relations bilatĂ©rales - Turquie - Entretien de Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «I-TĂ©lé» (Paris, 24/06/2016)

Q - Monsieur le ministre, ce «Brexit» est une gifle que les Européens n'ont pas vue venir. Est-ce que vous, vous l'aviez vu venir ?

R - Il y avait un risque majeur mais il faut se rappeler que la décision d'organiser ce référendum a été prise par le Premier ministre britannique, David Cameron, d'abord, pour régler un problème au sein de sa propre formation politique et sur une question majeure qui n'a jamais été posée dans aucun pays membre de l'Union européenne : êtes-vous favorables au maintien ou à la sortie de l'Union européenne ? Nous avons vécu des référendums en France et un référendum ce n'est jamais facile. Nous avons connu le référendum de Maastricht pour une Union européenne, y compris au plan économique et monétaire, nous avons connu le référendum sur le Traité établissant une constitution pour l'Europe, mais il n'y a jamais eu de référendum pour rester ou sortir.

C'est une décision grave et qui est un choc pour tous les Européens. Et donc il faut prendre conscience de la gravité de ce qui s'est passé. En même temps, vous avez pu remarquer que l'Europe a réagi tout de suite. L'Europe continue et les 27 continuent car il y a des traités. Les présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil européen se sont exprimés. La banque centrale européenne est intervenue pour protéger les intérêts des Européens.

Q - Mais ma question, c'était : est-ce que les dirigeants français, le président de la République, vous-mêmes et Laurent Fabius, votre prédécesseur, vous vous êtes assez mobilisés pour faire passer l'idée de cette Union européenne unie ?

R - Mais il y a encore beaucoup à faire pour redonner à l'Europe son adhésion populaire, même si une très grande majorité...

Q - Mais on le réalise aujourd'hui ?

R - Non, on ne le réalise pas aujourd'hui. Depuis longtemps, nous sommes conscients qu'il faut redonner à l'Europe plus d'attrait et c'est pour ça que je suis un Européen convaincu. Depuis que j'ai pris mes fonctions comme ministre des affaires étrangères, je n'ai eu de cesse de me déplacer en Europe et en particulier de travailler avec mon homologue le ministre des affaires étrangères allemand, que je connais depuis longtemps, à des propositions pour redonner de l'intérêt aux Européens pour qu'ils participent plus au projet européen. C'est un enjeu, mais ce n'est pas la question du référendum britannique.

La question du référendum britannique, c'est plus compliqué que ça. Je crois qu'il faut quand même se rendre compte que la Grande-Bretagne était depuis 43 ans dans l'Union européenne et là, elle décide de sortir. C'est le vote du peuple britannique, il doit être respecté. Et s'il doit être respecté, ça veut dire qu'il faut vite engager les négociations dans le cadre de l'article 50 du Traité sur l'Union européenne, pour que les intérêts des Européens soient préservés et que l'Europe continue et continue aussi de s'améliorer.

Q - Est-ce que vous en voulez à Cameron d'avoir organisé ce référendum et de l'avoir proposé à des fins électorales, pour se faire réélire durant la campagne législative ?

R - C'est un constat que vous faites mais moi, je ne juge pas Monsieur Cameron.

Q - Vous n'aviez pas d'amertume ce matin ? Quand vous avez vu ça, vous ne vous êtes pas dit : Cameron a joué les apprentis sorciers ?

R - Je suis triste pour le Royaume-Uni qui est un grand pays, une grande nation, un grand peuple. On a tous en mémoire l'attitude des Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est notre histoire commune. Alors ça ne veut pas dire qu'on ne va plus se parler, il y a des relations bilatérales qui vont continuer avec la Royaume-Uni qui est membre permanent du Conseil de sécurité, comme la France. Mais ce qui existait depuis 43 ans, c'est-à-dire un pays membre de l'Union européenne, c'est une page qui se tourne et c'est dommage. Je le regrette. Mais attention, c'est le vote du peuple britannique. Encore une fois, il doit être respecté.

Q - Comment relancer le couple franco-allemand ? C'est aujourd'hui la question centrale à laquelle vous, vous devez faire face.

R - Mais moi, j'y travaille tous les jours !

Q - D'autant plus aujourd'hui, après ce résultat du «Brexit». Lundi, François Hollande va à Berlin à l'invitation d'Angela Merkel qui a invité aussi Matteo Renzi. Concrètement, que va faire le couple franco-allemand ?

R - D'abord, on fait déjà beaucoup de choses ensemble, on se voit souvent. Moi, j'ai travaillé depuis plusieurs mois avec Frank-Walter Steinmeier à des propositions concrètes...

Q - Lesquelles ? ...

R - Qui vont porter sur la sécurité des Européens, pour assurer la sécurité intérieure des Européens, sur une politique de défense plus dynamique et plus forte car je crois qu'il faut faire face aux nouvelles menaces. Il faut aussi une politique qui soit concrète pour les Européens puisque aujourd'hui, il y a encore trop de gens au chômage, il y a des défis à relever. Et donc nous proposons des investissements massifs dans la transition énergétique, dans le numérique, dans la recherche, dans tout ce qui va permettre l'emploi.

Et puis nous proposons aussi une action beaucoup plus volontariste dans la relation entre l'Europe et l'Afrique, qui est en difficulté pour des raisons de sécurité mais aussi pour des raisons de développement. Et si on veut ne pas avoir à faire face à un énorme problème d'immigration dans les années à venir, il faut aider ce continent.

Puis enfin, il faut que l'Europe s'adresse à la jeunesse, parce qu'il y a bien sûr les jeunes qui sont bénéficiaires d'Erasmus, mais on doit penser à tous les autres. Et il faut leur faire des propositions concrètes. Et puis nous proposons aussi une Europe qui fasse davantage participer les citoyens à ses décisions.

Q - Hubert Védrine, l'un de vos prédécesseurs, expliquait qu'il fallait faire stop et réfléchir. Est-ce que vous pensez qu'il faut dire : «Stop et réfléchissons» ?

R - D'abord, il faut réfléchir. Mais dire stop, c'est quoi ? Je crois qu'il y a beaucoup de choses qui sont déjà engagées. Je prends un exemple : nous avons Schengen et ce que nous avons constaté depuis quelque temps, c'est que Schengen est inachevé et qu'il faut mieux protéger les frontières extérieures de l'Europe. Nous avons créé le fichier des données des passagers, le «PNR» pour contrôler les passagers dans les avions mais il faut aissi des gardes-frontières. Pour cela, il faut aller jusqu'au bout de Schengen. Si on devait faire la pause et arrêter, je crois qu'on ferait une erreur. Par contre, réfléchir sur ce que doit être l'Europe et comment elle peu être beaucoup plus convaincante pour les citoyens européens, oui, ça, c'est une bonne question.

Q - Est-ce qu'il faut faire moins d'Europe pour en faire mieux ?

R - Il faut surtout faire mieux d'Europe.

Q - Ne pas agir partout, ne pas réglementer partout, ça revient.

R - Il faut faire mieux d'Europe.

Q - Est-ce qu'il faut moins réglementer ?

R - Il faut que l'Europe soit plus efficace pour les citoyens. Je crois que ça, c'est clair. Mais il faut qu'elle protège mieux, qu'elle prépare davantage l'avenir. Mais je crois qu'il faut faire très attention par rapport à ceux qui proposent d'aller encore plus loin dans les transferts de compétences, de souveraineté, ceux qui disent : «Il faut faire une Europe fédérale, les États-Unis d'Europe.» Il ne faut pas brûler les étapes, il faut consolider ce qui a été entrepris mais surtout faire en sorte que ce que fait l'Europe soit efficace et concret pour les gens. Il y a encore trop de chômage, il y a encore trop de précarité. Dans le vote britannique, il y avait la peur de l'immigration qui a énormément joué dans le vote mais il y a aussi des personnes qui souffrent et puis il y a aussi des personnes qui sont attachées à un mode de vie, à un ordre social.

Et dans la mondialisation, il faut que l'Europe continue de défendre un certain modèle de société, pas tourné vers le passé mais qui porte aussi l'espoir de la jeunesse. J'ai noté quand même une chose parce que du point de vue de la jeunesse c'est intéressant : 70% des jeunes Britanniques ont voté pour le maintien dans l'Union européenne. C'est quand même leur avenir qui compte, donc ça doit faire réfléchir.

Q - Vous avez évoqué l'immigration, ça a été une question qui a beaucoup compté dans le résultat au Royaume-Uni. Concernant Calais, est-ce qu'il faut remettre en cause tout de suite les Accords du Touquet et redonner au Royaume-Uni sa frontière ?

R - Mais la frontière, elle est là où elle est ; c'est le fruit des Accords du Touquet qui ont été négociés entre la France et le Royaume-Uni. Avec le Royaume-Uni, il y a des accords bilatéraux très importants : l'un d'eux est très important, c'est un accord de défense - celui-là sera maintenu -, c'est l'accord de Lancaster House ; et puis il y a l'Accord du Touquet. Il y a ceux qui disent : «Il faut remettre en cause les Accords du Touquet, redonner la frontière non pas où elle est aujourd'hui, la remettre de l'autre côté de la Manche.» Vous voulez qu'ensuite, on mette en place les bateaux pour recueillir les personnes qui vont risquer de se noyer dans la mer ? Mais enfin, soyons un petit peu sérieux.

Q - Cela veut dire qu'il n'y a pas de remise en cause de ces Accords du Touquet ?

R - Non, ce serait totalement irresponsable. Je pense que ça, c'est quelque chose de précis, de clair. Et tous ceux qui nous proposent autre chose font preuve de beaucoup de légèreté. Et ce que je voudrais dire aussi, c'est que le débat au Royaume-Uni - ça m'a beaucoup frappé - a évolué au fil des semaines. Au début, ça portait beaucoup sur les conséquences économiques pour les Britanniques de la sortie de l'Europe. Et puis on est passé à un débat beaucoup plus émotionnel sur l'immigration, avec beaucoup de choses inexactes. Mais malgré tout, la conséquence aujourd'hui, c'est que pour les Britanniques, c'est une perte substantielle de pouvoir d'achat : la livre a perdu 10%. Et vous allez voir que le risque pour les Britanniques, ce sont les départs de sièges de certaines sociétés, ce sont les risques que des grands investisseurs internationaux se détournent du Royaume-Uni qui ne sera plus dans le marché unique. Donc tout l'enjeu dans les prochaines semaines - et il ne faut pas qu'on perde trop de temps -, c'est la négociation dans le cadre de l'article 50 du Traité sur l'Union européenne...

Q - Sur la sortie. Alors, justement, dans cette négociation...

R - ...De définir les relations entre l'Union européenne et le Royaume-Uni qui, il faut le dire, malheureusement, devient un pays tiers.

Q - Dans cette négociation, j'imagine que vous allez tout faire - c'est un peu comme dans un divorce -, pour que ça se passe le moins mal possible et retrouver rapidement des liens qui soient constructifs. Est-ce qu'en faisant ce travail, vous n'allez pas faire la démonstration qu'en fin de compte, sortir de l'Union européenne, ce n'est pas si grave et ouvrir ainsi le champ à des partis comme le Front national ?

R - Je crois qu'il faut surtout regarder ce qui se passe maintenant et ce qui risque de se passer encore pour les Britanniques. C'est grave mais c'est la conséquence de leur vote donc il faut le respecter.

Q - Vous n'avez pas peur d'un «Frexit» ? Vous n'avez pas peur de donner raison, que les faits d'aujourd'hui donnent raison à ceux qui veulent... ?

R - Oui, mais je sais ce que dit Mme le Pen et elle n'est pas la seule à le dire. Mais vous voyez, le leader du parti UKIP, de la même famille politique, Monsieur Farage, qui a mené la campagne. Il jubilait ce matin. Mais qu'est-ce qu'il propose au peuple britannique à la place de la sortie ? Rien ! Débrouillez-vous. Madame Le Pen, c'est exactement la même chose. Ce n'est pas rien de quitter l'Union européenne. J'étais à Luxembourg aujourd'hui à une réunion des ministres des affaires étrangères et des affaires européennes, il y avait une grande gravité autour de la table. Le secrétaire d'État britannique était là. Je peux vous dire que tout le monde mesurait bien que quelque chose était en train de se passer, et que ce ne serait plus comme avant, en tout cas pas pour les Britanniques.

(...)

Q - Et votre réponse, Jean-Marc Ayrault, c'est qu'il n'y aura pas de référendum dans notre pays ?

R - Pas sur cette question. En tout cas, moi, je ne le souhaite pas. Je ne suis pas contre les référendums. Il y en a eu, il pourra y en avoir, mais là, cette question...

Q - Parce que vous avez peur du résultat ?

R - Non, je pense que c'est la manière dont Madame Le Pen pose la question ; parce que la réalité, la conséquence de ce qui s'est passé, c'est que le Royaume-Uni ne sera plus dans le marché unique qui représente un grand avantage. Il n'y aura plus la libre circulation des personnes et c'est aussi un avantage. Il va falloir négocier point par point entre le Royaume-Uni et l'Union européenne et, à l'évidence, ce sera moins bien pour la Royaume-Uni. En tout cas, moi, je veux vous dire, le vrai vote, ce n'est pas celui qu'elle propose. Le vrai vote, c'est dans moins d'un an l'élection présidentielle. Là, on choisira un projet et on sera - là, j'en suis convaincu maintenant - au coeur des questions : l'avenir de la France, l'avenir de la France dans l'Europe et comment l'Europe peut aussi évoluer et, finalement, mieux répondre aux attentes des citoyens. Eh bien là, les Français choisiront ! Quand on dit : «On a peur du vote», moi, je n'ai pas peur du vote, je suis sûr qu'ils choisiront une Europe forte, une Europe qui protège, qui prépare l'avenir, qui préserve le modèle de vie, le modèle de société et les valeurs que représente l'Europe et ce ne sera pas le projet de Madame Le Pen.

Q - Nicolas Sarkozy qui est le patron des Républicains demande que l'on «stoppe le processus d'élargissement de l'Union et que l'on sorte de l'hypocrisie sur la Turquie qui n'a pas sa place dans l'Union européenne», dit-il.

R - Mais ce n'est pas le sujet du jour. L'élargissement de l'Europe à la Turquie, ce n'est vraiment pas la question d'actualité aujourd'hui. En tout cas, ça n'a même pas été évoqué pendant le référendum britannique.

Q - En tout cas, la levée des visas pour les ressortissants turcs, ça, c'est à l'ordre du jour.

R - C'est autre chose.

Q - Nicolas Sarkozy demande qu'on la stoppe Ă©galement.

R - Bien entendu. Mais, écoutez, il y a des conditions pour que les visas soient libérés. Il y a 72 conditions et pour l'instant, ces conditions ne sont pas toutes remplies. Donc, pour nous, tant qu'elles ne seront pas remplies, il n'y aura pas de libéralisation des visas, c'est clair. Il y a des règles pour pouvoir bénéficier d'un certain nombre d'avantages, il faut les respecter. Il y a des droits et il y a des devoirs. Et quand on est dans l'Union européenne, il y a des avantages, il y a des droits et des devoirs. Et moi, je redis, que pour le peuple britannique ce sera plus difficile. Je pense qu'effectivement, il faut respecter le vote des Britanniques mais, en même temps, être transparent, être clair et ne pas mentir avec la réalité.

R - Quel avenir pour le Royaume-Uni justement ? Est-ce que vous redoutez que l'Écosse qui a soutenu le remain dans l'Union demande un référendum sur son indépendance ? Pareil pour l'Irlande du Nord qui demande un référendum sur l'Irlande unifiée. Est-ce que ça peut exploser ?

R - Je ne le souhaite pas. Vous savez, le Royaume-Uni, c'est un grand pays mais aussitôt le vote intervenu, les Écossais, qui avaient déjà obtenu un référendum, en redemandent un autre. Ils ont voté très majoritairement pour l'Europe et ils veulent y rester. Et c'est une question qui va être posée au futur Premier ministre britannique. C'est une question lourde, vous savez. Et quant à l'Irlande, je ne souhaite pas non plus que les passions s'enveniment parce que ça a été longtemps douloureux et difficile. Donc vous voyez, quand on prend une décision politique,...

Q - Vous dites aux Écossais et aux Irlandais : «Ne bougez pas, ce n'est pas le moment» ?

R - Non, je ne veux pas dire aux Écossais et aux Irlandais ce qu'ils ont à faire. D'abord, l'Irlande est un pays indépendant. Il y a la République d'Irlande. J'ai eu au téléphone mon homologue Charles Flanagan cet après-midi qui, effectivement, m'a exprimé son inquiétude. Et puis il y a l'Irlande du Nord qui fait partie du Royaume-Uni, et qui a voté très majoritairement pour l'Union européenne. C'est vrai que c'est compliqué mais je pense qu'il faut laisser les dirigeants de ces pays prendre leurs responsabilités. Moi, je n'ai pas à dire ce qu'ils ont faire. Simplement, il faut constater une difficulté et elle est réelle.

Q - On a vu, durant deux ans, que la plupart des scrutins européens ont donné la victoire aux gens en colère, que ça soit en Autriche, que ça soit récemment en Italie aux élections municipales, que ça soit dans d'autres scrutins européens - en Espagne et aujourd'hui au Royaume-Uni. Est-ce que ça vous inquiète pour les prochaines élections, les prochaines échéances chez nous, en France ?

R - Oui, enfin, ce qui m'inquiète, c'est la montée des partis nationalistes. On dit populistes mais très souvent, ce sont les partis nationalistes qui veulent qu'au fond, on revienne en arrière par rapport à l'Europe et qu'on remette les frontières. On fait croire en tout cas aux citoyens que ça irait mieux pour eux. Je pense que là, il y a un vrai sujet mais il faut chercher les causes. Moi, je ne suis pas dans le jugement moralisateur du vote des citoyens. Si ça s'exprime, c'est que ça révèle sans doute un malaise. Il faut répondre aux questions. Alors il y a bien sûr aussi la peur de l'immigration. Je crois que ça pèse très lourd. Mais chaque pays aussi a ses spécificités. Vous parlez de l'Autriche ; on a aussi un système politique qui est bloqué. La cause de la montée du parti d'extrême droite, elle est aussi là. Je crois qu'il faut vraiment travailler pour améliorer le fonctionnement de notre démocratie dans chacun de nos pays mais aussi à l'échelle européenne pour mettre plus de liens entre le pouvoir politique et les citoyens, pour qu'ils se sentent vraiment représentés, vraiment défendus, qu'ils aient le sentiment qu'ils comptent et que ce qu'ils disent est pris en compte.

Q - Une dernière question, Jean-Marc Ayrault : est-ce que vous craignez qu'on se dirige vers une Europe à plusieurs vitesses au fond ?

R - Elle existe déjà, c'est-à-dire, par exemple, tout le monde n'est pas dans Schengen - ça, c'est un exemple -, tout le monde n'est pas dans la zone euro - c'est un autre exemple. Et pour autant, on est à 28, et on va passer à 27. Certains pays - c'est prévu par les traités - peuvent vouloir aller plus loin. Je crois qu'il faut accepter cette perspective. Ce n'est pas mettre en cause l'Europe, parce qu'il y aura encore un grand marché, il y aura la libre-circulation, il y a des règles de droit, des valeurs communes. Je crois que l'histoire européenne, vous savez, c'est quelque chose d'assez extraordinaire. Autour de la table à Luxembourg aujourd'hui, j'ai rappelé que pour beaucoup de pays, l'Europe, c'était la fin de la dictature en Espagne, au Portugal, en Grèce. Et puis après la chute du Mur de Berlin, c'était l'Europe centrale, les pays d'Europe de l'Est qui sont venus pour retrouver la liberté et la démocratie. Donc, ça, c'est notre acquis et on ne peut pas, aujourd'hui, laisser défaire ça. Et je peux vous dire que la France qui est un pays fondateur se battra pour que le projet européen non seulement demeure mais qu'il soit de plus en plus attractif. C'est vraiment notre responsabilité.

Q - Quand vous voyez les conséquences, l'impact de ce choix britannique sur l'ensemble du continent européen, est-ce que vous ne vous dites pas qu'il est temps de prendre conscience qu'il y a un espace politique commun et qu'il faut aussi que de temps en temps, on se mêle des affaires des autres parce que ça finit par nous concerner et que donc, politiquement, on arrête de se dire : ce sont les Britanniques qui votent, pas d'ingérence ?

R - Non, mais je crois franchement... Parce que j'ai vu dans certains papiers : «Pourquoi vous n'êtes pas allé faire campagne pour dire aux Britanniques ce qu'ils avaient à faire ?» je peux vous dire que je n'ai pas voulu le faire et je n'avais pas à le faire.

Q - Vous n'avez pas de regrets ?

R - Je pense que ça aurait été totalement contreproductif et ça n'aurait pas changé une voix, pas un vote. Et je pense que les citoyens britanniques, représentent un grand peuple, je l'ai dit tout à l'heure, et malheureusement, ils ont fait ce choix mais c'est leur choix. Donc, maintenant, ils doivent l'assumer. Pour autant, peut-être que ce qui s'est passé doit provoquer le reste de l'Europe et faire de l'Europe quelque chose de meilleur, quelque chose de plus attractif pour toute la population et pour la jeunesse et pour tous ceux qui, finalement, doutent le plus pour leur avenir. Je crois que ça peut servir d'électrochoc. Enfin, en tout cas, je le pense et je l'espère.

Q - Merci beaucoup Jean-Marc Ayrault d'être venu ce soir sur i Télé pour nous parler évidemment des conséquences de ce «Brexit».

R - Merci./.

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7. Nations unies - RĂ©fĂ©rendum britannique - Climat - Syrie - Afrique - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 25/06/2016)

Mesdames, Messieurs, j'ai reçu le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon. C'est la troisième visite qu'il effectue en moins de six mois à Paris, il était d'ailleurs présent le 3 juin lors de la conférence ministérielle que nous avons organisée ici pour le processus de paix au Proche-Orient.

Je saisis cette occasion pour lui dire combien nous sommes à ses côtés encore jusqu'à la fin de son mandat, et combien nous avions apprécié toutes les initiatives qu'il avait pu prendre, je pense notamment à celle sur les objectifs du développement durable qui ont été un grand succès puisqu'ils ont été approuvés par l'Assemblée générale au mois de septembre dernier. Et puis il y a eu l'Accord de Paris, sans le secrétaire général Ban Ki-moon, il n'aurait pas été possible d'avoir cette mobilisation internationale et cette conclusion.

Nous avons bien sûr évoqué le vote britannique, même s'il est sans conséquences sur la place du Royaume-Uni dans le système des Nations unies. Le Royaume-Uni est un membre permanent du Conseil de sécurité, le Royaume-Uni a une diplomatie et il continuera d'agir, comme il l'a toujours fait, pour la paix et pour régler les grandes questions du monde. Mais c'est vrai qu'il y a pour la planète entière une interrogation : que va-t-il se passer ?

J'ai profondément déploré le vote britannique. Je le respecte, parce que c'est la démocratie, et en même temps, nous devons en tirer toutes les conclusions et toutes les conséquences, dans le cadre de l'Union européenne quant à la participation du Royaume-Uni. Nous devons maintenant organiser cette séparation, mais nous devons le faire en bon ordre, et avec des règles qui sont celles prévues par les traités, qui doivent être mises en oeuvre. Mais nous avons aussi à maintenir des relations avec le Royaume-Uni et c'est ce que la France fera, notamment sur le plan économique, sur le plan de ses relations aussi quant à la question des migrants et des réfugiés, et ce sera également le cas en matière de défense.

Nous avons abordé les grands sujets. C'est d'abord de faire en sorte que l'Accord de Paris puisse être pleinement mis en oeuvre, ce qui suppose qu'il y ait la ratification par 55 pays au moins représentant plus de 55% des émissions. Nous avons bon espoir qu'à la fin de l'année, avant Marrakech, il puisse y avoir cette réunion permettant la ratification et donc la mise en oeuvre.

Nous avons aussi la volonté de régler de manière digne, humaine et responsable, la question des réfugiés. Je salue l'initiative qu'a prise le président Obama et le secrétaire général des Nations unies, et lors de la prochaine Assemblée générale au mois de septembre, à New York, nous aurons à faire en sorte que ces réfugiés puissent avoir une perspective et que nous puissions imaginer des politiques leur permettant notamment de valoriser autant qu'il est possible leurs savoirs, leurs atouts, au service des pays qui les accueillent.

Nous avons également abordé les sujets qui sont ceux de l'actualité internationale. D'abord, saluer l'accord qui est intervenu - il est historique - en Colombie, et qui met un terme à un conflit qui aura duré 50 ans. J'ai dit au président Santos toute ma reconnaissance et toutes mes félicitations pour ce qu'il a fait. Les négociations ont été longues à La Havane, mais elles ont abouti.

Il y a, hélas, encore des drames, des tragédies, et d'abord en Syrie. En Syrie, le cessez-le-feu n'est plus respecté. En Syrie, il y a des attaques incessantes. En Syrie, il y a des populations civiles qui sont frappées, et nous devons mettre en place une aide humanitaire. La France appuiera tous les efforts des Nations unies pour apporter aux populations qui souffrent le soutien nécessaire. Par ailleurs, la transition politique doit être recherchée. Il y a un travail qui a été engagé. Il y a, hélas, un certain nombre de résistances et de blocages ; nous devrons les vaincre car il y va de la stabilité de toute la région, et de la sécurité, on le sait bien, y compris pour lutter contre le terrorisme. Donc là encore, plein soutien de la France à toutes les initiatives des Nations unies. Et la France prendra ses responsabilités pour aider les populations qui sont martyres dans cette région.

Également, le secrétaire général va aller au Koweït évoquer la situation au Yémen. Moi-même, je recevrai le Prince Salman lundi. Et nous devons, là encore, faire en sorte qu'un accord puisse être trouvé, pour en finir avec un conflit qui a été très meurtrier, qui est encore très meurtrier, avec l'utilisation des enfants dans ces combats.

Enfin, sur l'Afrique, je salue les forces des Nations unies au Mali, en Centrafrique. Je souhaite que les moyens soient encore renforcés, de manière à ce que, au Mali notamment, il puisse y avoir une capacité de réaction par rapport à des groupes armés qui continuent de déstabiliser le nord du pays. Le gouvernement malien doit lui aussi prendre sa part. La France est présente avec Barkhane, mais nous avons absolument besoin d'une MINUSMA qui puisse avoir les capacités nécessaires.

Pour la Centrafrique, la France a été à l'initiative. Maintenant qu'il y a eu une transition politique, des élections, un président de la République centrafricaine qui est pleinement en action, nous avons réduit notre présence. Mais nous continuons à être là, et nous soutenons la MINUSCA. Rien n'est encore complètement acquis. On l'a vu, il y a eu un certain nombre de morts, des exactions qui ont été, une fois encore, constatées. Donc nous devons poursuivre nos efforts.

Voilà, Mesdames et Messieurs, une fois encore, la présence ici du secrétaire général Ban Ki-moon montre l'étroitesse des relations entre la France et les Nations unies, et la pleine convergence de nos initiatives. Et je ne doute pas que le secrétaire général Ban Ki-moon sera à Paris dans les prochains mois, parce qu'il y a, si je puis dire, maintenant ses habitudes. Et en plus, il va se faire remettre le titre de docteur honoris causa, donc nous voulons lui adresser toutes nos félicitations. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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8. Nations unies - JournĂ©e internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 26/06/2016)

À l'occasion de la journée internationale contre l'abus et le trafic illicite des drogues le 26 juin, la France réaffirme sa détermination à lutter, avec la communauté internationale, contre ce fléau.

À cette occasion, la campagne internationale «Listen First» ! a été lancée pour promouvoir les politiques de prévention à destination des jeunes en s'adressant à la fois aux parents, professeurs et professionnels de santé. Plus de quarante pays venant des cinq continents se sont associés à cette initiative, portée par la France, la Suède, l'office des Nations unies contre la drogue et le crime et l'organisation mondiale de la santé.

L'assemblée générale des Nations unies a adopté lors de sa session extraordinaire le 19 avril une déclaration encourageant les États membres à renforcer leurs efforts pour apporter une réponse globale et équilibrée qui repose à la fois sur la prévention, le traitement, et la lutte contre les trafics, dans le respect des droits de l'Homme. Nous appelons nos partenaires à ne pas relâcher leurs efforts face à ce fléau qui menace la santé publique et la sécurité.

Pour plus d'informations : https://www.unodc.org/listenfirst/.

./.

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9. Nations unies - JournĂ©e internationale pour le soutien aux victimes de la torture - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 26/06/2016)

À l'occasion des dix ans de l'entrée en vigueur du protocole facultatif à la convention contre la torture et de la journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture le 26 juin, la France réaffirme sa détermination à lutter contre cette pratique inhumaine et inacceptable.

La torture reste une réalité. Des milliers d'opposants politiques, de défenseurs des droits de l'Homme, de journalistes, de travailleurs humanitaires, de personnes stigmatisées en raison de leur orientation sexuelle ou de détenus de droit commun continuent à être victimes de la répression de régimes comme en Syrie ou des exactions de groupes terroristes.

La France demande le respect en toutes circonstances de l'interdiction absolue de la torture. Elle appelle les États qui ne l'ont pas encore fait à rejoindre la convention contre la torture ainsi que son protocole facultatif. Aucune menace ne saurait justifier le recours à la torture et le renoncement aux principes d'humanité et de dignité de la personne humaine.

Nous restons mobilisés pour lutter contre l'impunité et défendre les victimes./.

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10. Colombie - Accord de cessez-le-feu entre le gouvernement colombien et les FARC - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 24/06/2016)

Le président de la République salue l'accord de cessez-le-feu signé le 23 juin à La Havane entre le gouvernement colombien et les FARC. Il félicite le président Santos pour cette réussite.

Cet accord ouvre la voie à la résolution d'un conflit de 50 ans, qui a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes. Il montre que la recherche de la paix doit toujours être inlassablement poursuivie.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté en janvier une résolution qui prévoit une mission d'observation du cessez-le-feu. La France est prête à y participer avec ses partenaires européens./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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11. Fonds mondial de lutte contre le Sida - Entretien du prĂ©sident de la RĂ©publique avec M. Bill Gates - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 27/06/2016)

Le président de la République s'est entretenu avec M. Bill Gates, co-président de la Fondation Bill et Melinda Gates.

Alors que 1,2 millions personnes dans le monde décèdent encore chaque année à cause du VIH, ils ont évoqué les moyens de renforcer l'action de la communauté internationale contre les grandes pandémies et fait part de leur détermination à bâtir des systèmes de santé plus robustes, conformément aux objectifs de développement durable.

Dans la perspective de la conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme qui se tiendra à Montréal le 16 septembre prochain, le président de la République a confirmé que la France maintiendrait sa contribution à hauteur de 1,08 milliards d'euros pour la période 2017-2019, soit 360 millions d'euros par an.

Bill Gates a vivement salué cet effort très important, qui confirme la place de la France parmi les principaux bailleurs en santé dans le monde. La France et la Fondation Bill et Melinda Gates poursuivront et renforceront leur partenariat pour développer des actions innovantes dans ce domaine, en particulier en Afrique.

Dans cet esprit, le président de la République et Bill Gates appellent à la mobilisation générale de tous les bailleurs de fonds, afin que la conférence de reconstitution du Fonds mondial soit un succès et permette d'éradiquer les pandémies à l'horizon 2030.

En matière de lutte contre le changement climatique, le chef de l'État et Bill Gates ont également fait un point sur la mission innovation lancée pendant la COP21. La France sera pleinement active dans l'initiative au travers du programme des investissements d'avenir, dont le gouvernement vient d'annoncer le 3e volet avec une enveloppe de 10 milliards d'euros./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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12. Fonds mondial de lutte contre le Sida - Festival Solidays - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 26/06/2016)

Le président de la République apporte son soutien à la 18ème édition du festival Solidays, organisé depuis 1999 par l'association Solidarité Sida.

Même si d'immenses progrès ont été accomplis depuis 2000, 1,2 million personnes dans le monde sont décédées en 2014 d'une cause liée au VIH/Sida. En vue de la conférence de reconstitution du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et le paludisme à Montréal le 16 septembre prochain, le président de la République annonce que la France maintiendra sa contribution à hauteur de 1,08 milliard d'euros pour la période 2017-2019, soit 360 millions d'euros par an.

Cette contribution témoigne de l'engagement sans faille de la France dans le combat contre les grandes pandémies et pour le renforcement des systèmes de santé, notamment dans les pays d'Afrique. Aujourd'hui déjà deuxième donateur du Fonds mondial, la France est aussi le premier soutien financier de la centrale d'achat de médicaments UNITAID, grâce aux financements innovants pour le développement.

Le président de la République confirme aussi la volonté de la France de mener des projets visant à mieux protéger les populations vulnérables exposées au VIH/Sida et d'oeuvrer à l'universalisation des solutions de dépistage et de traitement les plus innovantes.

Le président de la République appelle maintenant à la mobilisation générale de la communauté internationale, afin que la conférence de reconstitution du Fonds mondial soit un succès et permette de sauver des millions de vies. Il aura l'occasion de s'en entretenir lundi 27 juin avec M. Bill Gates, co-président de la fondation Bill et Melinda Gates./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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13. Ă‰conomie numĂ©rique - OCDE - CommuniquĂ© du ministère de l'Ă©conomie, de l'industrie et du numĂ©rique (Paris, 25/06/2016)

Axelle Lemaire, secrétaire d'état chargée du numérique, a co-présidé la conférence ministérielle mondiale sur l'économie numérique, organisée par l'OCDE du 21 au 23 juin 2016. Quatre axes de travail ont été discutés :

1. «Un Internet ouvert au service de la croissance et de l'inclusion»

2. «Assurer une connectivité mondiale»

3. «Bâtir la confiance dans l'économie numérique»

4. «Les emplois et les qualifications de l'économie numérique».

Lors des deux panels relatifs à l'axe 3 sur la confiance que la ministre a présidés (le premier sur «la confiance des consommateurs et la croissance des marchés», et le second sur «la gestion du risque de sécurité numérique et d'atteinte à la vie privée pour la prospérité économique et sociale»), les participants ont mis en évidence que la confiance et l'innovation dans l'économie numérique rendaient nécessaire une évaluation de la régulation pour assurer une réelle transparence de l'information et le développement d'une concurrence juste. Il a aussi été réaffirmé que la sécurité numérique devait être prise en compte dans toute stratégie de développement économique, notamment en accompagnant les petites et moyennes entreprises.

La conférence a également été l'occasion de nombreuses rencontres bilatérales de la ministre avec ses homologues de Suède, Canada, Mexique, Japon, Corée, et États-Unis, lors desquelles un rendez-vous a été pris pour accroître nos partenariats dans le domaine de l'innovation notamment numérique, illustrant l'attractivité de la France pour les entrepreneurs et investisseurs étrangers. Des échanges de coopération doivent également se poursuivre sur le terrain des pratiques de régulation concurrentielle à l'heure du numérique pour assurer un Internet réellement ouvert, qui viendront nourrir les positions françaises dans les travaux menés par la Commission européenne sur ce sujet.

Pour Axelle Lemaire : «La garantie d'un Internet réellement ouvert et celle d'un bien-être social à l'ère du numérique n'impliquent pas nécessairement un laissez-faire absolu. Le rôle des pouvoirs publics dans l'atteinte de ces objectifs est d'assurer une concurrence juste et une information transparente vis-à-vis du consommateur. L'OCDE a permis de réunir de nombreux pays autour d'une déclaration commune qui promeut notamment ces principes. C'est une avancée qu'il faut poursuivre dans les autres instances multilatérales, qu'elles soient européennes ou mondiales»./.

 (Source : site Internet du ministère de l'économie, de l'industrie et du numérique)

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