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Déclarations officielles de politique étrangère du 23 février 2017


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Syrie/Nations unies/Reprise des n√©gociations inter-syriennes - Andorre/Entretien de M. Harlem D√©sir avec M. Gilbert Saboya, ministre des affaires √©trang√®res - Chypre/Processus de n√©gociations (Paris, 23/02/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Syrie - Nations unies - Reprise des négociations inter-syriennes (Genève, 23 février 2017)

La France salue la reprise des négociations inter-syriennes, ce jeudi 23 février à Genève, sous l'égide des Nations unies et de l'envoyé spécial du secrétaire général, M. Staffan de Mistura, à qui nous réitérons notre plein soutien.

La France rappelle que seule une solution politique permettra une paix durable pour la Syrie. La feuille de route des négociations, agréée collectivement par la communauté internationale, est claire : le communiqué de Genève et la résolution 2254 du conseil de sécurité.

La France souligne la nécessité que les parties abordent ces négociations de bonne foi et avec la volonté d'aboutir. Elle souhaite que toute la communauté internationale contribue à leur succès.

Il est, par ailleurs, crucial que les pourparlers qui s'ouvrent se traduisent par des progr√®s significatifs pour un acc√®s humanitaire s√Ľr, imm√©diat et sans entrave aux populations dans le besoin et pour un strict respect de la cessation des hostilit√©s.

2 - Andorre - Entretien de M. Harlem Désir avec M. Gilbert Saboya, ministre des affaires étrangères (Paris, 23 février 2017)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, a re√ßu aujourd'hui M. Gilbert Saboya, ministre des affaires √©trang√®res d'Andorre.

Cet entretien a permis d'évoquer l'actualité européenne et de faire le point sur les négociations en cours en vue de la signature d'un accord d'association avec l'Union européenne.

3 - Chypre - Processus de négociations (Paris, 23 février 2017)

Nous regrettons l'annulation de la réunion prévue ce jour entre M. Nicos Anastasiades, président de la République de Chypre, et M. Mustafa Akinci, dirigeant de la communauté chypriote turque.

Cette rencontre aurait d√Ľ marquer la reprise des discussions inter-chypriotes.

La France se tient aux c√īt√©s des parties pour que l'objectif de la r√©unification, qui semble aujourd'hui √† port√©e de main, soit atteint./.

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2. Conseil repr√©sentatif des institutions juives de France - Discours de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Paris, 22/02/2017)

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Monsieur le Premier ministre,

Madame la Maire de Paris,

Mesdames, Messieurs les Parlementaires, les √Člus,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs qui représentez ici toutes les confessions de notre pays,

Monsieur le Président du CRIF,

Mesdames, Messieurs,

Le CRIF porte depuis plus de soixante-dix ans une voix forte et n√©cessaire : celle des institutions juives de France, dans toute leur diversit√©. Ce d√ģner annuel manifeste la permanence et la qualit√© du dialogue que vous avez su nouer avec les plus hautes institutions de l'√Čtat, malgr√© toutes les alternances qui se sont succ√©d√©.

Le d√ģner de ce soir n'est pas tout √† fait comme les autres, vous l'avez dit, Monsieur le Pr√©sident, ni pour vous, ni pour moi. Pour vous, comme pr√©sident du CRIF - et vous avez dit votre √©motion - vous avez une responsabilit√© immense qui est de parler au nom des Juifs de France et de faire en sorte que vous puissiez, non seulement vous faire entendre, mais vous faire comprendre.

Je veux, au-delà de vous, rendre hommage à vos prédécesseurs. Je pense notamment à Richard Prasquier et Roger Cukierman. Nous avons vécu ensemble des moments tragiques que nous n'oublierons jamais et je veux donc vous exprimer ce qu'a été pour moi votre action et la reconnaissance de la Nation par rapport au courage et à la dignité dont vous avez fait preuve, l'un et l'autre, dans l'exercice de vos responsabilités, dans des circonstances abominables. Je pense qu'il était important que votre voix, justement, puisse porter ce jour-là, ces jours-là et que votre chagrin puisse ne pas être simplement partagé entre vous, qu'il puisse être véritablement celui de toute la République dont vous êtes une composante.

Je voulais aussi, au-del√† de vous, saluer Henri Hajdenberg et exprimer mon respect √† Th√©o Klein. Th√©o Klein qui, au-del√† de tout ce qu'il a pu faire, a, en 1986, eu une heureuse id√©e : le d√ģner du CRIF.

J'ai particip√© de nombreuses fois, je n'arrive d'ailleurs pas √† exactement pr√©ciser le chiffre, au d√ģner du CRIF, dans toutes les fonctions que j'ai pu occuper. Mais aujourd'hui, c'est le dernier auquel je prends part comme pr√©sident de la R√©publique, et je tenais √† √™tre avec vous, parmi vous, pr√©cis√©ment parce que c'est le dernier et que je me dois de faire valoir ce que j'ai fait, au nom de la R√©publique, et rendre des comptes aussi devant vous pour les responsabilit√©s qui ont √©t√© les miennes dans les √©preuves que nous avons travers√©es.

J'y tenais aussi parce que nous nous retrouvons - vous l'avez dit, Monsieur le Président - dans un moment particulier de notre vie politique, puisque dans deux mois à peine, il y aura le premier tour de l'élection présidentielle. Sont rassemblés ici ceux qui ont gouverné hier, ceux qui gouvernent aujourd'hui et ceux qui aspirent à gouverner demain, ce sont parfois les mêmes, c'est à la fois la loi de l'alternance, mais c'est aussi - et c'est le symbole que je veux retenir - l'unité de la République.

Des clivages sont nécessaires, et il serait même périlleux de vouloir les effacer, de gommer les différences entre les sensibilités. Mais au-delà de tout, il y a une conscience commune d'appartenir à un ensemble, à une nation, de partager les mêmes valeurs et de rappeler aussi notre responsabilité et notre fierté. Nous sommes le pays qui, le premier, a déclaré que les hommes - et je dois dire : les femmes - naissent et demeurent libres et égaux en droit. Et c'est ce qui nous rassemble aujourd'hui.

Le message que je veux vous adresser ce soir est simple : ayons conscience que la d√©mocratie est notre bien le plus pr√©cieux, mais aussi le bien le plus fragile. Elle n'est jamais garantie, jamais acquise une fois pour toutes. L'Histoire nous l'enseigne suffisamment. C'est une conqu√™te qui doit √™tre d√©fendue √Ęprement, qui doit √™tre constamment rappel√©e et ce combat doit √™tre men√© contre toutes les forces, ici ou √† l'ext√©rieur, qui voudraient remettre en cause la d√©mocratie, notre mode de vie, notre id√©al commun, la libert√©.

D'abord, cette force, c'est le terrorisme islamiste qui a frappé notre pays : mars 2012, janvier 2015, novembre 2015, juillet 2016, autant de drames, de tragédies, autant de coups qui nous ont été portés, autant d'attentats odieux, et aujourd'hui encore, la menace n'a pas faibli, justifiant donc la vigilance dont nous devons faire preuve à tout instant, et la lutte que nous devons mener contre la radicalisation.

Là est et demeurera pour longtemps le danger majeur, et nous devons nous y préparer. Nous ne devons pas nous opposer, nous diviser sur cette question. Si j'ai une leçon à vous livrer, c'est que la République gagnera ce combat à une condition : qu'elle soit capable de s'unir et de porter ensemble, au-delà des sensibilités et des clivages, la même ambition, la même force. C'est ce que les terroristes redoutent, parce qu'ils veulent nous diviser.

Il y a d'autres défis que notre démocratie doit relever : l'extrémisme, qui prospère dans toute l'Europe, le nationalisme, y compris avec sa version économique, le protectionnisme, la dérive autoritaire, sans oublier le relativisme, la transgression, les provocations, l'équivalence des opinions, comme si les racistes pouvaient avoir les mêmes opinions avec les mêmes valeurs que les démocrates ! Notre devoir, c'est de remettre du sens, d'indiquer les repères et d'appeler à la conscience et à la responsabilité, de défendre la raison. Ce n'est pas le plus facile. Parce qu'être dans la raison, ce n'est pas céder aux passions, aux peurs, aux surenchères !

√ätre dans la raison, c'est √™tre fid√®le √† notre histoire, aux Lumi√®res. C'est, dans un monde qui a chang√©, √™tre capable de discerner le vrai du faux, d'√©carter les fanatismes et les facilit√©s de pens√©e. √ätre capable √† chaque fois au-del√† de la complexit√© du monde de dire o√Ļ nous allons et quelle est la direction. √ätre capable de ne pas c√©der √† la peur vile de la foule pour s'adresser au peuple tout entier.

L'antisémitisme est sans doute la haine la plus ancienne, il humilie et il tue depuis plus de 2.000 ans. Il a atteint son sommet il y a plus de 70 ans, ce fut la Shoah. Après cette horreur absolue nous avions pu croire que la haine des Juifs allait enfin se tarir, condamner sans appel par la ruine morale à laquelle elle avait conduit l'Europe. Eh bien non. En France, il y eut en 1980 l'attentat de la rue Copernic, je veux ici dire que nous avons obtenu il y a deux ans l'extradition du principal suspect et je vous assure, Monsieur le Président, que nous chercherons tous les auteurs et nous les ramènerons ici pour qu'ils soient jugés.

Et puis, il y eut la profanation du cimeti√®re de Carpentras en 1990, le supplice d'Ilan Halimi en 2006, le massacre de l'√©cole Ozar Hatorah de Toulouse en 2012, la trag√©die de l'Hyper Casher en 2015. L'antis√©mitisme est l√†, toujours l√†, il n'a pas perdu ses vieilles r√©f√©rences, il n'a pas chang√© de vocabulaire, il n'a pas renonc√© √† la th√©orie du complot mais c'est vrai, et vous l'avez dit, Monsieur le Pr√©sident, et j'y souscris, il s'abreuve aujourd'hui √† d'autres sources. La haine d'Isra√ęl lui sert de pr√©texte. Le r√©sultat c'est que dans certains quartiers de nos villes les Fran√ßais de confession juive ont peur et la R√©publique ne peut pas l'accepter. Mais elle ne doit pas se contenter de le dire, elle doit agir pour la s√©curit√© de tous les Juifs comme de tous les citoyens car si les premiers sont toujours au d√©but de la liste d'autres sont toujours frapp√©s √† un moment ou √† un autre.

J'ai voulu, pour r√©pondre √† cette menace, que les effectifs de nos forces de l'ordre, de nos services de renseignement puissent √™tre renforc√©s. Je regarde ce qui est dit par les candidats √† l'√©lection pr√©sidentielle et je me f√©licite que tous veuillent poursuivre cet effort, qu'ils ne le rel√Ęchent pas et qu'ils soient conscients que ce qui a √©t√© engag√© n'a pas √©t√© fait pour une majorit√©, pour une l√©gislature mais pour une dur√©e longue dans laquelle ils doivent s'inscrire. 10.000 militaires dans le cadre de l'op√©ration Sentinelle sont mobilis√©s sur le territoire national en renfort de la police et de la gendarmerie pour prot√©ger les lieux de culte, les √©coles, les centres culturels. Et l√† encore je mets en garde ceux qui voudraient nous priver de cet apport essentiel qu'est l'op√©ration Sentinelle, nous en avons besoin, c'est indispensable. Gr√Ęce √† ce d√©ploiement pr√®s de 820 sites juifs font l'objet de mesures de protection en m√©tropole et je vous assure, Monsieur le Pr√©sident, Mesdames, Messieurs, que la garde ne baissera pas.

J'ai voulu aussi que la lutte contre le racisme et contre l'antisémitisme soit érigée en priorité nationale, qu'un plan global soit conçu et appliqué et que la DILCRAH, que vous avez voulu saluer avec son responsable Gilles Clavreul, soit chargée de mettre en oeuvre ces mesures.

Lutter contre l'antisémitisme c'est d'abord le réprimer, en la matière aucun acte, aucun propos n'est anodin et rien ne doit être impuni. Une loi a été votée il y a quelques jours, la loi Egalite et Citoyenneté, elle fait en sorte que la motivation raciste, antisémite ou homophobe soit une circonstance aggravante pour tous les crimes et tous les délits. En outre, les règles de procédure prévues par la loi sur la presse de 1881 applicables aux délits de provocation, de diffamation, d'injures ont été modifiées afin de faciliter les poursuites. Quant aux auteurs, ils encourent à présent des peines beaucoup plus élevées, jusqu'à un an d'emprisonnement.

Lutter contre l'antisémitisme c'est aussi l'identifier, trop de victimes renoncent à porter plainte. Il faut lever ces réticences et c'est pourquoi il y a la possibilité aujourd'hui de recourir à des actions de groupe - elle a été étendue aux victimes de discrimination. Enfin, conformément à un engagement que j'avais pris, le ministère de la Justice publie désormais les statistiques relatives aux plaintes et aux condamnations parce que la transparence doit être assurée.

Vous avez √©voqu√© Internet qui est √† la fois un lieu d'information, auquel beaucoup donnent cr√©dit trop facilement, mais c'est aussi un d√©versoir o√Ļ les appels √† la haine s'abritent derri√®re la l√Ęchet√© de l'anonymat. La plateforme de signalement PHAROS a √©t√© justement con√ßue pour rep√©rer ces messages abjects, les faire supprimer et poursuivre leurs auteurs. L√† encore, Gilles Clavreul a la mission de signaler, sur le fondement de l'article 40 de la proc√©dure p√©nale, tout contenu discriminatoire sur Internet. Quant aux grands op√©rateurs d'Internet, je me suis pos√© la question comme vous, pourquoi ne parviendraient-ils pas √† interdire une fois pour toute les propos antis√©mites et racistes alors qu'ils le font pour les actes p√©dophiles ? Nous devons les mettre l√† encore devant leurs responsabilit√©s et les condamner s'ils ne le font pas.

Lutter contre l'antis√©mitisme, c'est aussi s'attaquer aux racines du mal en luttant contre les pr√©jug√©s et en √©tablissant toujours plus pr√©cis√©ment la v√©rit√© historique, en opposant sans rel√Ęche la v√©rit√© √† toutes les tentatives de falsification. La Shoah qui est au programme scolaire de CM2, de la 3√®me et de la 1√®re doit √™tre enseign√©e partout sans restriction dans toutes nos villes, dans toutes nos cit√©s et sur tous les territoires et c'est aussi le r√īle de l'enseignement moral et civique.

Cette mobilisation a produit des résultats puisque, vous l'avez souligné, les actes de violence et les menaces antisémites sont à leur plus bas niveau depuis 15 ans, en baisse de 58 %. Il en est de même pour les actes antimusulmans même si pour les actes antichrétiens nous avons connu une progression.

Mais j'entends votre appel, les chiffres n'expriment pas tout, ils ne reflètent pas la peur de la mère qui amène son enfant à l'école, l'angoisse du fidèle qui se rend à la synagogue, il n'exprime pas toute la réalité de ce phénomène qui consiste à avoir peur alors que nous sommes dans une République et que nous avons conscience que nous devons être en sécurité.

Cette peur n'est pas simplement celle des Juifs, elle est aussi celle des musulmans, des chr√©tiens et de ceux qui n'ont pas de confession et qui peuvent vivre √©galement dans ce temps o√Ļ la terreur peut √† un moment ou √† un autre ressurgir, oui, la terreur.

J'évoquais ce que nous avons vécu avec ces attentats terroristes. C'est vrai que le terrorisme islamiste nous a déclaré la guerre, qu'elle sera longue et que nous vaincrons. Ce combat se mène d'abord sur notre sol avec notamment un objectif, prévenir les attentats. Nous le faisons je n'ose pas dire chaque jour mais presque, sans que d'ailleurs ces informations soient publiques. Nous devons aussi identifier les personnes dangereuses, empêcher le départ de jeunes fanatisés vers les zones de conflit, Syrie et Irak, et puis les punir à leur retour. S'ils reviennent ils seront immédiatement arrêtés, c'est le cas d'ailleurs d'un certain nombre d'entre eux, et ils seront jugés en France comme la loi nous y oblige puisqu'une loi, celle de 2012, avait permis que les citoyens français soient jugés en France pour les crimes terroristes commis à l'étranger.

√Ä l'√©chelle europ√©enne, nous avons r√©vis√© le code Schengen pour renforcer les contr√īles aux fronti√®res car la menace terroriste, on l'a vu, ne concerne pas seulement la France mais a frapp√© toute l'Europe : Bruxelles, Copenhague, Berlin. Le combat contre le terrorisme justifie aussi l'intervention de nos arm√©es et je veux ici saluer le courage de nos soldats qui ont lib√©r√© le Mali de l'emprise djihadiste, qui aujourd'hui luttent contre Daech au Moyen-Orient. Aujourd'hui, nous soutenons les forces irakiennes qui se battent √† Mossoul pour arracher au fanatisme cette ville dont Daech avait pr√©tendu faire son fief.

Je veux saluer y√©zidis et chr√©tiens. Notre volont√© est qu'ils puissent revenir dans les villages o√Ļ ils vivaient jusqu'√† pr√©sent. Nous avons en France le record, si je puis dire, de r√©installations et de relocalisations en Europe. C'est-√†-dire que nous sommes le pays qui a fait le plus, et qui n'a fait sans doute pas assez, pour accueillir les r√©fugi√©s qui √©taient dans les camps ou qui √©taient d√©plac√©s sur les zones de combat.

Ils ne sont pas tous chrétiens, ils ne sont pas tous yézidis. Mais nous avons fait en sorte que les chrétiens d'Orient et les yézidis soient eux aussi prioritaires. Je remercie d'ailleurs toutes les associations, toutes les collectivités qui les ont accueillis parce que c'était notre devoir, parce que c'était notre honneur et que l'on ne distingue pas entre les réfugiés, je l'affirme ici, selon leur religion, selon leur origine. Les réfugiés ont le droit d'asile et nous devons leur assurer.

En Irak, notre volonté, c'est qu'ils puissent revenir dans les villages. Ce sont des musulmans qui ont érigé la croix sur les églises qui avaient été dévastées par Daech. C'est le sens de ce que nous voulons faire au Moyen-Orient, la réconciliation et, là encore, la capacité de vivre ensemble.

En Syrie, le d√©bat, je le dis, n'est pas entre le choix qu'il faudrait faire entre Bachar al-Assad et l'√Čtat islamique, avec une forme de hi√©rarchie dans l'horreur. Non. La solution est de pouvoir organiser une transition politique avec toutes les forces en pr√©sence sauf, bien s√Ľr, les terroristes. C'est ce que fait la France inlassablement et c'est ce qu'elle doit continuer √† faire en discutant avec tous les √Čtats, les √Čtats voisins, comme ceux qui p√®sent dans la situation en Syrie.

Dans ce monde dangereux - car il l'est - devenu plus incertain par un certain nombre de choix qui ont √©t√© faits, la France doit √™tre une force de stabilit√©, une nation d√©vou√©e au dialogue et √† la paix, ce qui ne veut pas dire renoncer au recours √† la force s'il est n√©cessaire. Mais notre r√īle, c'est de susciter des solutions. Nous sommes un des rares pays qui peuvent le faire. Nous pouvons le faire d'ailleurs d'autant plus que nous disposons d'une d√©fense nationale et aussi d'une capacit√© de politique √©trang√®re. Nous sommes sans doute le seul √† le faire en Europe, √† pouvoir le faire √† ce niveau. Avec le d√©part du Royaume-Uni de l'Union europ√©enne, nous serons le seul pays membre permanent du Conseil de s√©curit√©, disposant de la force de dissuasion, √† pouvoir donc emmener l'Europe vers davantage de responsabilit√©s √† l'√©chelle internationale.

C'est aussi notre r√īle au Proche-Orient. Je mesure l'attachement des Fran√ßais juifs √† Isra√ęl, je sais ce que cet √Čtat cr√©√© au lendemain de la Shoah repr√©sente pour les juifs du monde entier, la fiert√© qu'il inspire, l'espoir qu'il incarne. Je sais aussi la douleur que ressentent les juifs √† chaque attentat qui frappe Isra√ęl, encore en janvier dernier √† J√©rusalem, l'indignation qui est la leur quand Isra√ęl est attaqu√©, quand son droit d'exister est remis en cause. Aucun autre pays du monde n'est ainsi ni√© dans son existence m√™me.

Alors, soyons clairs, la critique du gouvernement isra√©lien et notamment de ses d√©cisions qui concernent les implantations est l√©gitime, comme celles d'ailleurs de tout gouvernement et ici, en France, personne ne s'en prive. Cette critique, elle s'exerce d'ailleurs √† l'int√©rieur d'Isra√ęl, et vous l'avez une fois encore rappel√©, parce qu'Isra√ęl est une d√©mocratie vivante et exigeante. Mais l'antisionisme n'est pas l√©gitime quand il n'est que le masque de l'antis√©mitisme. Cette position de la France d'√™tre ferme par rapport au droit d'Isra√ęl √† exister et √† vivre en paix. Nous avons eu l'occasion plusieurs fois d'en d√©montrer la justesse.

La France est √† l'origine de la reconnaissance par les 57 pays de l'OSCE du fait que le refus de la l√©gitimit√© d'Isra√ęl s'apparentait √† une forme d'antis√©mitisme. La France a combattu sans faiblesse le mouvement dit BDS dont l'objectif est simple, priver Isra√ęl de tout contact √©conomique, financier mais aussi culturel avec le monde ext√©rieur. La Cour de cassation a r√©cemment confirm√© que l'appel au boycott constituait un d√©lit de provocation √† la discrimination fond√©e sur l'appartenance √† une nation. La France est donc le seul pays √† avoir une l√©gislation interdisant l'appel au boycott et je vous assure que nous la ferons appliquer.

La France a toujours √©t√© l'amie d'Isra√ęl. Le pr√©sident Shimon Peres, mort l'ann√©e derni√®re, savait mieux que personne ce que la France avait fait pour la s√©curit√© d'Isra√ęl et il le rappelait √† chaque fois qu'il en avait l'occasion. Isra√ęl, de son c√īt√©, contribue √† la s√©curit√© des Fran√ßais, en particulier par la coop√©ration √©troite que nous avons dans la lutte contre le terrorisme.

Alors que nous nous appr√™tons √† c√©l√©brer les 70 ans de la cr√©ation de l'√Čtat d'Isra√ęl, alors que s'ouvrira l'ann√©e prochaine une saison crois√©e France-Isra√ęl qui sera bien s√Ľr financ√©e, c'est pour la s√©curit√© et l'int√©grit√© d'Isra√ęl et de tous les peuples de la r√©gion que la France agit. Notre pays - cela peut √™tre une tentation et elle a pu s'exprimer dans d'autres √©poques -, notre pays ne peut pas √™tre donneur de le√ßons ni distributeur de bl√Ęmes et d'√©loges. Il ne se pose pas en arbitre, pas davantage en m√©diateur entre des peuples et des √Čtats qui restent libres. Mais par ses liens particuliers au Proche-Orient, la France doit prendre ses responsabilit√©s.

Elle les a prises et je sais que cela a été une question entre nous et entre vous. Elle les a prises lors de la négociation de l'accord nucléaire avec l'Iran pour lequel nous avons veillé peut-être plus que les autres à ce que l'Iran offre des garanties solides. La France restera vigilante sur leur respect. En même temps, je justifie cet accord, il serait même dangereux qu'il puisse être remis en cause, sauf si les Iraniens s'en écartaient, car nous avons besoin qu'il puisse y avoir des règles et que nous puissions les vérifier. De la même manière, nous devons faire en sorte que jamais l'Iran ne puisse accéder à l'arme nucléaire.

Les responsabilit√©s, la France les a prises aussi sur la question isra√©lo-palestinienne dans les organisations internationales - et je vous ai entendus - en partant d'un principe simple que je vous r√©p√®te : tant que les Palestiniens, voisins d'Isra√ęl, n'auront pas de fronti√®res s√Ľres et reconnues, Isra√ęl n'en aura pas non plus. Pour la paix au Proche-Orient, la solution, nous la connaissons, c'est celle des deux √Čtats, Isra√ęl et Palestine, vivant c√īte √† c√īte en paix. C'est la seule garantie pour qu'Isra√ęl demeure ce qu'il est, un √Čtat pluraliste et d√©mocratique.

C'est vrai - et nous l'avons dit aussi - que la colonisation se poursuit √† un rythme qui est dangereux parce qu'il rend plus improbable la solution d'un √Čtat palestinien. Or, sans √Čtat palestinien, il n'y aura pas de paix. Mais une fois que j'ai dit cela, je veux ajouter deux pr√©cisions. La premi√®re, c'est que la solution ne sera jamais impos√©e par la communaut√© internationale, jamais. C'est aux Isra√©liens et aux Palestiniens qu'il reviendra de s'entendre sur chacune des questions du statut final et notamment sur celle de J√©rusalem. La seconde pr√©cision, c'est justement sur ce point. La France n'acceptera jamais que la pr√©sence et l'histoire juive √† J√©rusalem puissent √™tre ni√©es ni m√™me qu'elles puissent √™tre relativis√©es. La France continuera √† veiller √† la pr√©servation du statu quo √† J√©rusalem, c'est-√†-dire le libre acc√®s de culte pour tous les croyants juifs, chr√©tiens et musulmans. Cette libert√© est un acquis qui doit rester garanti internationalement. Voil√† la position de la France et je suis s√Ľr qu'elle ne changera pas.

Monsieur le Pr√©sident, vous avez rappel√© la figure de votre p√®re et vous l'avez fait avec beaucoup d'√©motion. Vous avez √©galement √©voqu√© votre regard d'enfant avec la fiert√© d'√™tre l√† o√Ļ vous √™tes aujourd'hui. Regard d'enfant aussi sur la France telle que vous la vouliez, telle que vous la r√™viez, telle que vous l'aimez aujourd'hui, g√©n√©reuse, fraternelle, protectrice de tous les siens sans distinction d'origine, de croyance et de religion.

J'√©voquerai aussi un autre regard, peut-√™tre le m√™me, que portait sur la France un autre enfant il y a √† peu pr√®s un si√®cle, il s'appelait Albert Cohen. Il avait 10 ans, il venait de Salonique avec ses parents juifs, il arrivait √† Marseille, il habitait un petit appartement et il √©crivait ainsi ce souvenir d'enfant : ¬ęJ'avais dress√© dans ma chambre un autel pour la France. Sur le rayon d'une armoire, j'avais pos√© un reliquaire des gloires de la France qu'entouraient des bougies, des miroirs, des coupes. Les reliques √©taient des portraits de Racine, de Corneille, de La Fontaine, de Jeanne d'Arc, de Pasteur. Il y avait aussi des petits drapeaux fran√ßais et puis des petites plaques votives avec ces inscriptions : ¬ęGloire √† la France¬Ľ.¬Ľ

Monsieur le Pr√©sident, Mesdames, Messieurs, la France ne d√©cevra pas la passion que vous lui portez, que lui portait cet enfant juif. La France sera toujours au rendez-vous de la libert√© et du droit. La France ne laissera pas passer l'obscurantisme. La France ne succombera jamais √† l'extr√©misme. La France, elle sera digne de sa parole et de l'affection que vous lui t√©moignez, comme ce soir, vous, les enfants de la R√©publique. La France, j'en suis s√Ľr, saura faire les choix qui correspondent √† son honneur et √† sa grandeur.

Vive la République et vive la France !./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Chine - Relations bilat√©rales - Entretien de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre, avec le quotidien ¬ęAujourd'hui en France¬Ľ - extraits (Paris, 23/02/2017)

Q - Quel message êtes-vous venu délivrer aux dirigeants chinois ?

R - Avec la Chine, nous travaillons main dans la main sur de nombreux dossiers : le spatial, l'aéronautique, le nucléaire civil, l'agroalimentaire, la silver économie. Ma visite est l'occasion d'approfondir cette relation, tout en rappelant que la France ne peut accepter un libre-échange qui s'affranchirait des normes sociales ou environnementales. Il est impératif que nous élaborions des règles. La première d'entre elles, c'est la réciprocité : dans un certain nombre de secteurs, la Chine doit ouvrir ses marchés.

Q - En France, la Chine fait peur avec ses investissements dans le Club Med, PSA ou l'aéroport de Toulouse. Peut-on parler de colonisation économique ?

R - Il faut des r√®gles, je le r√©p√®te. Mais prenez PSA et l'alliance avec Donfeng, qui a conduit l'√Čtat √† prendre ses responsabilit√©s d'actionnaire. En 2014, ce constructeur fran√ßais √©tait quasiment en situation de mort clinique. Trois ans plus tard, son redressement est incontestable sans qu'aucun emploi n'ait √©t√© d√©localis√©. Et aujourd'hui, des discussions sont engag√©es entre PSA et Opel pour cr√©er un g√©ant europ√©en. Nous sommes l√† dans le cadre d'un accord parfaitement gagnant-gagnant avec les Chinois. (...)./.

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4. Chine - Relations bilat√©rales - R√©union de promotion internationale de la ville durable franco-chinoise de Wuhan - Discours de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre (Wuhan, 23/02/2017)

(Seul le prononcé fait foi)

Madame la Ministre,

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Parlementaires,

Monsieur l'Ambassadeur de Chine en France,

Monsieur le Gouverneur de la province du Hubei,

Monsieur le Secrétaire du Parti adjoint de la province du Hubei et secrétaire du Parti de la municipalité de Wuhan,

Monsieur le Vice-Gouverneur de la province du Hubei,

Monsieur le Maire de Wuhan,

Mesdames et Messieurs,

Le Hubei, connu comme la ¬ęprovince aux mille lacs¬Ľ, est aussi la plus francophone des provinces chinoises. Je suis tr√®s heureux de me trouver √† Wuhan, parfois appel√© la ¬ępetite France¬Ľ de Chine, o√Ļ se b√Ętira bient√īt une ville durable fond√©e sur la coop√©ration franco-chinoise.

Si Wuhan nous est apparue comme la ville id√©ale pour r√©aliser ce projet, c'est d'abord parce qu'elle est une ville en pleine croissance et o√Ļ les entreprises fran√ßaises jouent de longue date un r√īle important.

Depuis l'arriv√©e pionni√®re de Citro√ęn en 1992, pr√®s d'une centaine d'entreprises fran√ßaises ont choisi de s'implanter √† Wuhan. Les deux grands champions de notre industrie automobile parient √† juste titre sur le d√©veloppement de votre ville. RENAULT a inaugur√© en f√©vrier son usine exploit√©e en joint-venture avec DONGFENG MOTORS. Le Groupe PSA a quant √† lui √©tabli en 2016 √† Wuhan son si√®ge pour la Chine et l'Asie du Sud-Est.

Outre l'automobile, plusieurs secteurs emblématiques de l'industrie française sont bien représentés ici : les transports avec KEOLIS, l'énergie avec EDF, l'eau avec SUEZ ou encore la chimie avec Air Liquide et SANOFI.

J'ajoute que la vitalité de la ville de Wuhan, que je découvre, fait forte impression puisque sa croissance était de 8% en 2016. Son expansion est favorisée par sa situation géographique privilégiée, qui fait d'elle un carrefour pour la circulation des hommes et des marchandises, à l'intérieur de la Chine mais aussi vers l'extérieur. Depuis 2012, la ligne Air France qui relie Paris et Wuhan a ainsi facilité l'implantation de nombreuses entreprises françaises et a incité les touristes chinois venus du Hubei, du Hunan et du Jiangxi à découvrir la France.

Wuhan dispose en outre de nombreux atouts qui expliquent le choix de créer ici une ville durable.

Wuhan est une ville ouverte √† la science et √† la technologie. J'ai visit√© ce matin le premier laboratoire de haute s√©curit√© biologique en Asie, de classe ¬ęP4¬Ľ, dont la ma√ģtrise d'ouvrage avait √©t√© confi√©e √† des soci√©t√©s fran√ßaises. Cette r√©alisation r√©sulte de notre accord intergouvernemental de 2004 pour la lutte contre les maladies infectieuses √©mergentes. Votre ville se trouve ainsi dot√© d'un √©quipement scientifique de tr√®s haut niveau, comme il en existe peu ailleurs dans le monde.

Wuhan est une ville dot√©e de capacit√©s industrielles exceptionnelles. Elle est en effet l'une des sept zones pilotes nationales pour les v√©hicules intelligents, notamment √©lectriques. Le p√īle automobile franco-chinois de Wuhan sera une vitrine de l'excellence technologique fran√ßaise et chinoise, de l'¬ęIndustrie du futur¬Ľ et du plan ¬ęMade in China 2025¬Ľ. J'ai pr√©vu d√©couvrir certaines de ces r√©alisations tout √† l'heure, lors de ma visite de Caidian.

Nous disposons enfin ici de toute l'expertise nécessaire pour mener à bien ce projet.

L'Institut sino-européen, coordonné par ParisTech, monte chaque année en puissance. Il réunit des entreprises françaises et chinoises qui sont à la pointe du progrès et de la technologie en matière d'énergies propres et d'énergies renouvelables.

Nous sommes heureux de constater, par ailleurs, que de nombreux √©tudiants chinois du Hubei choisissent chaque ann√©e de venir poursuivre leur formation en France, gr√Ęce aux multiples accords de coop√©ration qui existent entre nos √©tablissements sup√©rieurs. L'apprentissage de la langue fran√ßaise s'est d√©velopp√© fortement dans la r√©gion afin notamment de r√©pondre √† leurs besoins. Le d√©partement de fran√ßais de l'universit√© de Wuhan est ainsi une r√©f√©rence pour la qualit√© de ses enseignants et de ses chercheurs. Cette m√™me universit√© abrite depuis vingt ans une fili√®re m√©dicale francophone d'excellence, en coop√©ration avec l'Universit√© de Lorraine et le Centre hospitalier universitaire de Nancy. La ministre fran√ßaise de la Sant√©, Mme Marisol Touraine, visitera cet apr√®s-midi l'h√īpital Zhongnan.

La France et la Chine ont choisi d'exploiter ces atouts pour promouvoir ensemble, à Wuhan, un modèle urbain de développement innovant, celui de ville durable.

La Chine a d√©montr√© lors la Conf√©rence de Paris sur le climat son engagement √† placer les questions environnementales au coeur de son projet de d√©veloppement. √Ä cette occasion, nous avons abouti √† un accord ambitieux et contraignant permettant de limiter l'augmentation de la temp√©rature mondiale de 2¬įC par rapport aux niveaux pr√©industriels. La ratification de l'accord de Paris par le pr√©sident Xi Jinping, en septembre dernier, a donn√© une impulsion d√©cisive pour son entr√©e en vigueur.

La France a montré pour sa part qu'elle était un pays pionnier en matière environnementale. Elle a adopté en 2015 une grande loi sur la transition énergétique et la croissance verte. Le développement d'une urbanisation respectueuse de l'environnement est au coeur de son modèle de transition énergétique.

C'est dans cet esprit que la France et la Chine s'engagent aujourd'hui dans le projet de villes durables et sobres en carbone. Il s'agit de repenser la ville pour la rendre plus résiliente, capable de faire face aux défis du changement climatique et de contribuer à la lutte contre l'effet de serre.

Pour b√Ętir une ville durable, nous devons aborder de fa√ßon coordonn√©e un grand nombre de sujets : la planification urbaine et le logement, les transports propres, l'√©nergie d√©carbon√©e, le traitement de l'eau et des d√©chets, les services urbains, le patrimoine et de la culture, ou encore l'√©ducation. Aucun de ces aspects ne doit √™tre n√©glig√©.

Notre objectif doit être de créer ici ensemble un véritable laboratoire de la ville durable, qui pourra par la suite inspirer d'autres projets de développement urbain en France, en Chine, et dans le reste du monde.

Le projet de ville durable franco-chinoise de Wuhan se trouve aujourd'hui √† un tournant. La signature en mars 2014 d'une lettre d'intention intergouvernementale en pr√©sence des chefs d'√Čtat fran√ßais et chinois a donn√© un nouvel √©lan √† ce projet. Il s'agit √† pr√©sent de le concr√©tiser.

L'Agence française de développement (AFD) a financé en 2015 une mission d'experts dont les recommandations ont permis à des spécialistes français et chinois de préparer ensemble un document pour planifier l'édification de cette ville. Si ce projet est bien entendu conçu en fonction du contexte chinois, il porte également la marque de la conception française de la ville durable. Il met à ce titre l'accent sur la mixité de l'habitat, sur les transports verts, ainsi que sur la valorisation de la biodiversité.

Ce projet consiste aussi √† stimuler le d√©veloppement √©conomique de cette ville et son attractivit√©, afin d'accro√ģtre ses capacit√©s d'innovation. Cet objectif sera notamment atteint en encourageant le d√©veloppement d'entreprises franco-chinoises qui pourront tirer profit de l'expertise et de l'excellence technologique de nos deux pays.

L'inclusion de cette ville durable dans la zone de libre-échange que la province du Hubei est en train de créer offrira en outre un contexte favorable à son développement.

Mais une ville durable doit aussi se matérialiser à travers des projets concrets et exemplaires, à l'image de ce qui est prévu à Caidian. Je pense notamment à l'installation d'un système d'éclairage intelligent permettant d'économiser 30% d'énergie ; à l'instauration d'un bilan carbone permettant d'évaluer, pour la réduire, l'empreinte environnementale de la ville ; à l'aménagement du lac Shi, à sa restauration écologique et à sa valorisation ; ou encore à la création d'un réseau de tramways. Il faudra construire en outre des réseaux souterrains intégrés pour une meilleure distribution de l'eau potable et de l'énergie. Et comme la ville durable doit respecter des normes environnementales rigoureuses, vous avez, je le sais, le projet d'installer à Caidian un centre de certification qui garantira l'exemplarité des constructions.

Une ville durable comme celle dont nous avons le projet ici aura besoin d¬Ďacteurs priv√©s dynamiques, pr√™ts √† investir et √† innover.

Je veux saluer ici l'engagement des entreprises fran√ßaises, car plusieurs d'entre elles ont d√©j√† nou√© des liens particuliers avec des partenaires chinois pour travailler ensemble dans la ville durable. Je pense aux groupes AREP, KEOLIS, RENAULT pour les transports publics et la mobilit√© ; √† EDF, pour l'√©nergie et l'√©clairage public ; √† SUEZ et √† BIOTOPE pour l'environnement et la r√©habilitation √©cologique ; √† Bureau Veritas dans le domaine des normes et de la certification ; √† ECIC et Internat Energy pour l'√©valuation des √©missions de carbone. Et enfin √† des agences d'architecture telles qu'Arte Charpentier, Architecture Studio et Denis LAMING, qui sont pr√™tes √† concevoir √† Caidian les b√Ętiments de l'avenir.

Il me semble important, pour la réussite de notre projet commun, que ces entreprises soient régulièrement tenues informées des réflexions des autorités locales, en amont des initiatives qu'elles s'apprêtent à lancer, de façon à pouvoir y contribuer de la façon la plus utile.

Ce projet de ville durable doit aussi bénéficier du soutien sans faille des autorités françaises et chinoises.

C'est afin de manifester ce soutien et de faciliter notre dialogue que nous avons désigné Gérard Wolf comme fédérateur, pour la partie française, pour la ville durable. Je suis heureux de pouvoir vous le présenter aujourd'hui et de vous annoncer qu'il reviendra au mois d'avril prochain pour le comité de pilotage du projet.

De son c√īt√©, l'AFD pourrait participer au financement de certains de ces projets dans le cadre de son mandat de promotion des villes sobres en carbone, pour des projets dont l'attribution des march√©s fera l'objet d'une mise en concurrence.

Enfin comme chaque année, depuis 2014, un forum franco-chinois sur la ville durable, réunissant les acteurs français et chinois se tiendra à l'automne prochain.

Toutes les conditions sont donc réunies pour concrétiser ce projet exemplaire qui portera la marque de l'amitié franco-chinoise. Je forme le voeu que ma visite dans votre ville contribue à lui donner corps et débouche sur de nombreux partenariats entre les entreprises et les institutions françaises et chinoises qui y participent.

C'est à vous tous - décideurs politiques ou chefs d'entreprises, experts, chercheurs, étudiants - réunis à Wuhan aujourd'hui, qu'il appartient désormais d'être les artisans de cette ambition et de construire ensemble la ville de demain.

Je vous remercie./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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5. Chine - Relations bilat√©rales - C√©r√©monie d'accr√©ditation du laboratoire de haute s√©curit√© biologique P4 - Discours de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre (Wuhan, 23/02/2017)

(Seul le prononcé fait foi)

Madame la Ministre,

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Parlementaires,

Monsieur l'Ambassadeur (ambassadeur de Chine en France, M. Zhai Jun),

Monsieur le Gouverneur (gouverneur de la province de Hubei, M. Wang Xiaodong)

Monsieur le Secrétaire du Parti de la ville de Wuhan, (M. Chen Yixin)

Monsieur le Maire de la ville de Wuhan (M. Wan Yong)

Monsieur le Vice-Président de l'académie des sciences de Chine, (M. Zhang Yangmin)

Monsieur le Président-Directeur général de l'INSERM, (M. Yves Lévy)

La France est fière et heureuse d'avoir contribué à la construction du premier laboratoire de haute sécurité biologique P4 en Chine. Conçu par des experts français, puis mis en chantier à Wuhan en 2011, cet outil de pointe constitue un élément central de la réalisation de l'accord intergouvernemental de 2004 sur la coopération franco-chinoise en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses émergentes.

De m√™me que le nouveau laboratoire P4-Inserm de Lyon, con√ßu par les m√™mes soci√©t√©s fran√ßaises, celui o√Ļ nous nous trouvons est un mod√®le de technologie au plus haut niveau mondial. Parfaitement maitris√©es par nos entreprises d'ing√©nierie et nos √©quipementiers, ces technologies de laboratoire constituent un atout majeur pour garantir la s√©curit√© des populations tout en d√©veloppant une capacit√© nationale de gestion du risque biologique.

Depuis la pand√©mie de SRAS qui en 2003 a co√Ľt√© la vie √† des centaines de personnes, principalement en Asie, nous avons pu mesurer la gravit√© des risques et l'importance d'une coop√©ration internationale renforc√©e dans ces domaines. Car le d√©r√®glement climatique, la mondialisation des √©changes, l'accroissement de la mobilit√© des personnes, des esp√®ces animales et des denr√©es alimentaires ne connaissent pas de fronti√®res. La France et le monde ont √©t√© confront√©s, au cours des derni√®res ann√©es, √† des crises sanitaires majeures, qui repr√©sentent un d√©fi grandissant pour la communaut√© internationale. Je pense bien s√Ľr aux √©pid√©mies de Chikungunya, de Zika, et de fi√®vre h√©morragique Ebola.

Parce que les crises sanitaires portent avec elles des risques considérables de déstabilisation économique, sociale et politique, nous devons agir au niveau international en nous dotant d'une gouvernance solide. Soucieuse au plus haut point de la sécurité sanitaire mondiale, la France a compris la nécessité de renforcer les moyens de la recherche au plus près des lieux d'émergence des épidémies. C'est pourquoi elle a joint ses forces à celles de la Chine pour créer à Wuhan un laboratoire P4.

Renforcer la gouvernance internationale en mati√®re de s√©curit√© sanitaire, c'est encore l'objectif que vise notre pays en apportant √† l'Organisation mondiale de la sant√© un appui sans faille. Permettez-moi de rendre ici hommage √† Margaret Chan, directrice g√©n√©rale de l'OMS, pour son action √† la t√™te de cette organisation strat√©gique : son successeur aura √† poursuivre les r√©formes engag√©es pour lui permettre d'assumer son r√īle de pilier de l'organisation sanitaire mondiale.

Mesdames, Messieurs,

Ce laboratoire que nous avons b√Ęti ensemble sera un fer de lance de notre lutte contre les maladies √©mergentes. Il accro√ģtra consid√©rablement la capacit√© de la Chine √† conduire des recherches de pointe et √† r√©agir efficacement √† l'apparition de maladies infectieuses qui menacent les populations de l'ensemble du globe.

La France sera aux c√īt√©s de la Chine pour r√©pondre √† ces menaces, conform√©ment aux engagements scell√©s par l'accord de 2004 et son avenant de 2006. L'INSERM et l'acad√©mie des sciences de Chine ont en outre sign√© en juin 2016 un m√©morandum d'entente pr√©voyant que des programmes conjoints associent les laboratoires P4 de Lyon et de Wuhan.

Cette coop√©ration repose √©galement sur l'accord sign√© en 2014 entre l'INSERM, l'Institut Pasteur, la fondation M√©rieux et le Centre chinois pour le contr√īle et la pr√©vention des maladies (CDC), ainsi que sur les rapprochements entre l'Institut Pasteur en France, l'Institut Pasteur de Shanghai, la fondation M√©rieux et l'Institut de virologie de Wuhan.

Afin de soutenir cette dynamique de coop√©ration, l'√Čtat fran√ßais mettra √† disposition un budget d'un million d'euros par an sur cinq ans. J'ai demand√© au pr√©sident de l'INSERM, en sa qualit√© de pr√©sident de l'Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la sant√© (AVIESAN), de travailler rapidement √† l'√©laboration avec la Chine d'un programme de coop√©ration autour du P4 de Wuhan, dont les d√©tails pourront √™tre discut√©s au printemps lors de la prochaine r√©union du comit√© de pilotage de l'accord de 2004.

La France mettra en outre à la disposition de la Chine son expertise technique pour soutenir l'amélioration continue de la qualité et de la sécurité du laboratoire. Cette assurance qualité devrait permettre au laboratoire de Wuhan d'intégrer à terme le dispositif global d'alerte et de réponse aux crises sanitaires de l'OMS, ce qui constituera une contribution essentielle de nos deux pays au renforcement des politiques de santé publique en Asie et dans le monde.

L'action de l'Institut Pasteur, enfin, est essentielle : il participe ainsi, dans le cadre de sa stratégie internationale, à la mise en place de partenariats par le réseau des Instituts Pasteur en Asie et en Afrique.

La France est riche d¬Ďune longue tradition d'excellence scientifique et technologique. Fr√©quemment r√©compens√©e par la m√©daille Fields, elle est l'un des cinq pays ayant obtenu le plus grand nombre de prix Nobel, dont celui de chimie, attribu√© √† Jean-Pierre Sauvage en 2016.

Paris vient en outre d'accéder à la seconde place du classement des villes les plus innovantes d'Europe et talonne désormais Londres. En avril prochain, le plus grand incubateur du monde, la Station F, pouvant abriter jusqu'à 1.000 start-up, ouvrira ses portes à Paris. Les levées de fonds de nos start-ups ont augmenté de 22% en 2016, pour atteindre 2,7 milliards d'euros.

La France et la Chine travaillent ensemble dans de nombreux autres domaines scientifiques, comme la recherche spatiale o√Ļ elles coop√®rent pour la conception et le lancement de deux satellites d'observation, le premier destin√© √† l'astronomie, le second √† l'√©tude environnementale. L'assemblage de celui-ci aura lieu √† Xi'An et √† P√©kin avec l'aide d'√©quipes du Centre national d'√©tudes spatiales (CNES) et de partenaires fran√ßais √©tablis en Chine.

Dans le domaine de l'environnement, encore, l'Unité mixte internationale du CNRS à Shanghai représente un partenariat essentiel pour la mise au point de procédés chimiques permettant de limiter la dépendance aux énergies fossiles.

Ces projets montrent toute l'importance du dialogue étroit qu'ont su développer Pékin et Paris, dialogue sans lequel l'accord ambitieux obtenu lors de la COP21 n'aurait pas été possible.

En saluant aujourd'hui l'accréditation du laboratoire P4 de Wuhan, c'est l'ensemble de la coopération scientifique franco-chinoise que nous souhaitons célébrer. Loin de se limiter à Pékin et à Shanghai, elle embrasse désormais toute la Chine. Elle apporte à la recherche fondamentale un soutien décisif et la met au service de la prévention de risques qui nous menacent tous. Nos accords de coopération sur la sécurité sanitaire, signés à Paris en juillet dernier, y apporteront eux aussi une contribution majeure.

Permettez-moi enfin d'adresser mes félicitations à tous les acteurs engagés dans la coopération franco-chinoise qui ont permis la réalisation de ce projet essentiel

Je vous remercie./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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6. √Čtats-Unis d'Am√©rique - Lutte contre le terrorisme - Discours de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† l'occasion de la plantation d'un arbre offert √† la France par le M√©morial du 11 septembre de New York (Paris, 23/02/2017)

Madame et Messieurs les Ministres,

Chère Juliette,

Cher Harlem,

Madame la Charg√©e d'affaires de l'ambassade des √Čtats-Unis, Ch√®re Madame Uzra Zeya,

Chers Monsieur et Madame Saada,

Chère Madame Lohez,

Vous qui venez ici honorer la mémoire de vos proches disparus à New York le 11 septembre 2001, merci de votre présence, même si ce moment est douloureux pour vous, je le sais.

Je voudrais aussi saluer les repr√©sentants des associations fran√ßaises d'aide aux victimes. Je n'oublie pas non plus les repr√©sentants de la Croix-Rouge, des pompiers et des sapeurs-pompiers de la r√©serve sanitaire. Je voudrais aussi saluer le directeur de l'American School of Paris, et bien s√Ľr tous les √©l√®ves qui avez souhait√© vous associer √† cette c√©r√©monie. Bien s√Ľr, je veux saluer tous les diplomates pr√©sents, les ambassadeurs.

Mesdames et Messieurs, je voulais vous accueillir ici au Quai d'Orsay pour cette cérémonie.

Comme je vous le disais Madame, j'√©tais √† l'assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies en septembre dernier, et le 18 de ce m√™me mois, j'ai souhait√© me recueillir sur le site des attaques du 11 septembre 2001 pour dire que la France n'oublie pas la trag√©die survenue aux √Čtats-Unis il y a bient√īt 16 ans. La France demeure solidaire du peuple am√©ricain, tout autant que le peuple am√©ricain a su montrer sa solidarit√© avec la France apr√®s les attentats qui ont touch√© douloureusement notre pays √† Paris en janvier et en novembre 2015, puis √† Nice et √† Saint-√Čtienne-du-Rouvray en 2016.

Les Américains ont été nombreux à se joindre à nos compatriotes présents sur leur territoire lors des nombreux rassemblements organisés en hommage aux victimes de ces attentats. Nous sommes tous réunis aujourd'hui avec des sentiments mêlés, la gravité qu'inspire la douleur des épreuves que nous avons traversées, mais l'espoir aussi qui renforce notre détermination à faire front ensemble.

Avec le recul, les attaques du 11 septembre 2001 ont marqué le début du XXIe siècle de la façon la plus sinistre qui soit. Depuis, la menace terroriste s'est renforcée, transformée et a contraint nos démocraties à se mobiliser encore davantage pour protéger nos concitoyens et aussi défendre les valeurs universelles auxquelles nous croyons. Ces valeurs qui constituent le fondement-même de nos sociétés, des sociétés ouvertes, des sociétés libre pour défendre notre mode de vie.

C'est ce que nous sommes finalement, c'est notre manière d'être, de penser et de vivre que visent les terroristes en multipliant les actes de barbaries, en frappant des innocents et en détruisant des symboles. La meilleure réponse à leur opposer, c'est de rester ce que nous sommes profondément, c'est-à-dire avant tout, amoureux et défenseur de la liberté.

Le poirier de Chine que nous a remis le m√©morial du 11 septembre, nous l'avons plant√© aujourd'hui, devant le minist√®re des affaires √©trang√®res o√Ļ nous sommes. Cet arbre, c'est un survivant des d√©combres du World Trade Center. J'√©tais tr√®s √©mu lorsque l'on m'a remis ce petit pot √† New York en visitant le M√©morial, ce petit arbre qui repartait, ce ¬ęSurvivor tree¬Ľ que l'on n'imaginait pas possible quand on a visit√© les lieux et quand on voit ce qu'il reste. Quand on voit ce camion de sapeur-pompiers new yorkais calcin√©, on mesure quelle a √©t√© la souffrance de ceux qui voyaient ce qui √©tait en train de se produire et qui savaient que leur vie allait les quitter.

Ce petit arbre était là comme le symbole du refus du renoncement, comme le symbole de la vie et de la renaissance.

C'est donc ici au Quai d'Orsay que nous avons souhaité le replanter, ici en France, comme un symbole d'espoir. Un symbole fort tout d'abord, parce que quand il a été découvert dans les ruines des tours jumelles en octobre 2001, cet arbre aux racines arrachées et aux branches cassées aurait pu mourir. Il aura fallu plusieurs années de soin pour qu'il puisse être planté en 2010 sur le site-même des attentats. Il est donc devenu le symbole, le témoignage de cette capacité à surmonter les épreuves. Il est devenu le témoignage de cet élan vital et de la résilience de nos sociétés pour montrer leur capacité à se relever, sans jamais renoncer. Par sa seule existence, ce petit arbre que nous avons planté ici ce matin est un message d'espoir, comme ces arbres de la Révolution française, plantés en leur temps, pour célébrer la liberté durement acquise dans de nombreux villages de France et qui fleurissent depuis plus de deux siècles maintenant.

C'est aussi un symbole fort parce que c'est un arbre dont l'espèce est originaire d'Extrême-Orient, il doit son nom scientifique, Pyrus calleryana, poirier de Callery, à un Français, Joseph-Marie Callery qui l'avait rapporté de Chine en 1858. Il était lui-même agent du ministère des affaires étrangères de la France.

La boucle est donc boucl√©e et ce poirier retrouve au Quai d'Orsay la place qui est naturellement la sienne. C'est une histoire extraordinaire que j'ai d√©couverte en visitant le M√©morial. J'ignorais d'o√Ļ venait cet arbre et quel avait √©t√© son parcours.

Les premiers fruits de l'arbre survivant ont été récoltés à l'automne 2011. Deux années plus tard, des étudiants du Queens ont pris soin des jeunes plans qui résultaient de la récolte de ces fruits. C'est depuis lors que le Mémorial du 11 septembre fait don, chaque année, de plans de l'arbre, à trois lieux frappés par des attentats, des fusillades ou des catastrophes naturelles.

D'abord des villes américaines, puis Madrid lourdement touchée en 2004 lors de l'attentat de la gare d'Atocha. En 2016, c'était donc au tour de la France en même temps que celui des villes de San Bernardino et d'Orlando, elles aussi malheureusement frappées par le terrorisme, de recevoir ces plans.

Mesdames et Messieurs, je voudrais rendre hommage à Mme Alice Grunwald, directrice du musée du Mémorial du 11 septembre. Je salue les efforts entrepris par des institutions comme le Mémorial pour entretenir notre mémoire collective.

Je voudrais aussi rappeler le nom des cinq victimes fran√ßaises et franco-am√©ricaines des attentats du 11 septembre 2001, dont certaines des familles sont pr√©sentes aujourd'hui, et auxquelles j'adresse un salut fraternel et amical : Michel Colbert, Danielle Delie, J√©r√īme Lohez, √Čric Ropiteau, Thierry Saada. Ces noms symbolisent l'unit√© et la solidarit√© entre les peuples fran√ßais et am√©ricains. Ces liens entre nos peuples, Thierry Saada et Michel Colbert les incarnaient. Ils travaillaient tous deux dans le secteur de la finance chez Cantor Fitzgerald dont plus de 650 salari√©s sont morts dans les attentats. Thierry Saada allait √™tre p√®re d'un petit Lior n√© le 27¬†septembre 2001.

√Čric Ropiteau √Ęg√© seulement de 24 ans avait √©t√© recrut√© par la m√™me soci√©t√© deux mois auparavant.

Danielle Delie √©tait employ√©e dans la compagnie d'assurance Marsh & McLennan, elle vivait depuis de nombreuses ann√©es aux √Čtats-Unis.

Enfin, J√©r√īme Lohez travaillait comme ing√©nieur pour la soci√©t√© d'assurances Empire Blue Cross and Blue Shield. Il allait rencontrer aux √Čtats-Unis sa future femme qui a cr√©√© apr√®s sa mort, la ¬ęJ√©r√īme Lohez Fondation¬Ľ pour obtenir des bourses aux √©tudiants fran√ßais et am√©ricains qui souhaitent √©tudier en France ou aux √Čtats-Unis.

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Ce poirier nous est offert en hommage aux victimes du terrorisme qui a durement frappé notre pays ces deux dernières années, tuant 238 personnes.

Depuis 2001, des attentats ont √©t√© d√©jou√©s gr√Ęce √† la coop√©ration anti-terroriste, mais aussi gr√Ęce √† la bravoure de nos citoyens. Le pr√©sident Hollande a ainsi re√ßu trois jeunes soldats am√©ricains, Alek Skarlatos, Spencer Stone et Anthony Sadler qui, dans le Thalys reliant Amsterdam √† Paris, avaient d√©jou√© un attentat le 21 ao√Ľt 2015. Ils ont √©t√© d√©cor√©s de la l√©gion d'Honneur pour leur courage extraordinaire, un courage qui rappelait le sacrifice de leurs a√ģn√©s durant la Seconde Guerre mondiale, et qui avait d√©j√† permis de nous mobiliser ensemble pour d√©fendre la libert√© de tous les Europ√©ens.

La coop√©ration entre la France et les √Čtats-Unis est √©troite et particuli√®rement en mati√®re de lutte contre le terrorisme. La France veut maintenir cette coop√©ration au plus haut niveau, comme je l'ai dit au nouveau secr√©taire d'√Čtat des √Čtats-Unis que j'ai rencontr√© la semaine derni√®re en Allemagne. Je crois profond√©ment en la solidit√© de l'alliance franco-am√©ricaine contre la menace terroriste et la volont√© de nos deux pays de l'√©radiquer, notamment en Irak, en Syrie, o√Ļ les √Čtats-Unis et la France affrontent ensemble la barbarie de Daech.

Nous l'avons souvent affirm√© et je le r√©p√®te aujourd'hui, la France est le plus vieil alli√© de l'Am√©rique, son premier alli√© m√™me. La France est un pays ami de l'Am√©rique et des Am√©ricains et c'est au nom de cette amiti√© profonde que j'ai souhait√© que l'on puisse ensemble planter cet arbre qui je l'esp√®re va s'√©panouir dans ce jardin, devant ce b√Ętiment identifi√© √† la diplomatie fran√ßaise. Il nous rappellera chaque jour que nous ne sommes pas seuls dans la lutte contre le terrorisme et qu'√† l'instar de nombreux combats que la France et les √Čtats-Unis ont men√© c√īte √† c√īte, une nouvelle fois, nous vaincrons pour la d√©fense de valeurs communes qui pour nous sont des valeurs universelles.

Voilà Mesdames et Messieurs ce que je souhaitais vous dire aujourd'hui, en exprimant encore une fois ma gratitude pour toutes celles et tous ceux qui se mobilisent chaque fois que l'horreur nous atteint : tous ces secouristes, tous ces policiers, tous ces militaires, tous ces sapeurs-pompiers, tous ces médecins, tous ces psychologues, tous ces bénévoles, tous ces citoyens et toutes celles et tous ceux qui ne renoncent jamais.

Je pense bien s√Ľr aux associations qui savent qu'apr√®s la blessure physique, il y a aussi la blessure morale √† gu√©rir et ils seront toujours l√† √† leurs c√īt√©s pour les aider. Je voudrais aussi leur adresser toute ma reconnaissance.

Mesdames et Messieurs, c'√©tait un moment √©mouvant et c'est aussi un moment qui permet de rappeler l'ancienne et riche relation entre les √Čtats-Unis et la France. Je souhaite vraiment qu'elle puisse se poursuivre, qu'elle n'oublie jamais d'o√Ļ nous venons, les combats que nous avons men√©s, et en particulier celui pour la libert√©.

Merci de votre attention, vive la France, vive les √Čtats-Unis, vive l'amiti√© franco-am√©ricaine./.

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7. Lutte contre le terrorisme - R√©union informelle de l'Assembl√©e g√©n√©rale sur la r√©forme de l'architecture du contre-terrorisme aux Nations unies - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 22/02/2017)

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Président,

Permettez-moi tout d'abord de vous remercier chaleureusement de nous donner ainsi l'occasion d'échanger ensemble sur un sujet aussi important que l'architecture du contre-terrorisme aux Nations unies. Vous le savez, la lutte contre le terrorisme est une priorité de tout premier plan, une priorité de sécurité nationale pour la France.

En complément du discours qui sera prononcé par l'Union européenne, auquel la France souscrit pleinement, je souhaiterais formuler trois observations.

Tout d'abord, il est important de souligner que d'importants progrès ont été effectués au cours des dix dernières années en matière de lutte contre le terrorisme.

Les Nations unies jouent aujourd'hui un r√īle majeur dans de nombreux domaines : la cr√©ation de normes et le suivi de leur mise en oeuvre par les √Čtats ; l'analyse de la menace terroriste dans toutes ses dimensions ; l'identification des lacunes et des besoins en mati√®re de renforcement des capacit√©s et d√©sormais la pr√©vention de l'extr√©misme violent. Nous ne partons donc pas d'une feuille blanche, il y a d√©j√† un acquis, il y a d√©j√† des progr√®s sur lesquels nous pouvons construire.

Pour autant, et c'est ma deuxième remarque, il y a aujourd'hui une perception, de plus en plus largement partagée, que nous pouvons faire plus et surtout mieux.

Faire plus encore face à une menace terroriste qui ne cesse d'évoluer, ce qui exige que nous adaptions notre réponse. Faire mieux en matière d'orientation stratégique, de coordination interne et de visibilité des Nations unies vis-à-vis des acteurs extérieurs.

C'est cette volonté forte et sincère d'améliorer le système, de le rendre plus performant, qui a guidé la France lors des négociations relatives à la stratégie antiterroriste mondiale en juin dernier et qui continue de nous animer.

Dans ce contexte, la France se réjouit que vous ayez décidé, Monsieur le Secrétaire général, de vous saisir de cette question aussi rapidement à votre arrivée. Votre proposition de créer un bureau du contre-terrorisme dirigé par un coordinateur de haut-niveau répond pleinement aux préoccupations que nous avons exprimées par le passé. Et nous sommes prêts à vous soutenir dans vos efforts pour faire de cette réforme un succès.

Enfin, je voudrais terminer en soulignant l'importance de prendre pleinement en compte la dimension préventive.

Le plan d'action de votre prédécesseur avait formulé des recommandations précises, très utiles, sur les moyens à mettre en oeuvre pour prévenir la radicalisation menant au terrorisme. Et nous savons combien la prévention est pour vous une priorité.

C'est dans cet esprit que, en France, nous avons élaboré un plan de prévention et de lutte contre la radicalisation qui comprend de nombreuses mesures à mettre en oeuvre par toutes les branches de l'administration, en lien étroit avec la société civile.

Nous espérons que cette réorganisation de l'architecture du contre-terrorisme sera l'occasion de poursuivre les efforts engagés dans le sens de la prévention et nous nous réjouissons de voir que cela figure clairement dans votre proposition.

Soyez donc assuré, Monsieur le Secrétaire général, du plein et entier soutien de la France à vos efforts.

Je vous remercie./.

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8. OSCE - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies - Conseil de s√©curit√© (New York, 22/02/2017)

Monsieur le Président,

Je salue la pr√©sence aujourd'hui √† la table de ce conseil de M. Sebastian Kurz, ministre autrichien de l'Europe, de l'int√©gration et des affaires √©trang√®res, et f√©licite son pays pour son accession √† la pr√©sidence de l'OSCE cette ann√©e. L'Autriche sait pouvoir compter sur notre plein soutien dans la mise en oeuvre de son programme de travail, opportun√©ment articul√© autour des th√©matiques de la s√©curit√©, de la r√©solution des conflits, de la lutte contre la radicalisation et du terrorisme. L'OSCE est √† nos yeux, aujourd'hui plus que jamais, une bo√ģte √† outils indispensable au service de la s√©curit√© en Europe.

J'aborderai successivement deux points au cours de mon intervention : le r√īle central de l'OSCE dans les efforts que nous menons pour mettre fin √† la crise ukrainienne ; les d√©fis prioritaires sur lesquels nous devons, de mani√®re plus g√©n√©rale, amener l'OSCE √† se concentrer.

La crise qui se joue aujourd'hui à l'Est de l'Ukraine constitue l'une des violations les plus graves et les plus dangereuses des principes fondateurs de l'OSCE, actés à Helsinki il y a plus de 40 ans. C'est donc à juste titre que ce sujet a dominé l'agenda de l'Organisation, depuis trois ans maintenant.

L'OSCE a su r√©pondre pr√©sente, ce qui constitue pour nous un motif de satisfaction. Elle a pris la mesure de la responsabilit√© qui lui incombait en d√©ployant rapidement une mission sp√©ciale d'observation et en assumant depuis un r√īle central dans l'accompagnement de la mise en oeuvre des accords de Minsk, qui demeure la seule voie possible pour une r√©solution pacifique du conflit.

Comme j'ai déjà pu l'exprimer hier à l'occasion du débat ouvert sur les conflits en Europe, la France est vivement préoccupée par l'escalade récente des tensions sur le terrain, en particulier autour de la localité d'Avdiivka, ainsi que par ses conséquences directes en termes de bilan humain et de dégradation de la situation humanitaire.

La France est également déterminée, en lien avec nos partenaires allemands, à poursuivre nos efforts de médiation au sein du Format Normandie, car chaque résultat obtenu sur le terrain compte et car il n'existe aujourd'hui pas à nos yeux de solution alternative pour accompagner la mise en oeuvre des accords de Minsk. La réunion ministérielle qui s'est tenue samedi à Munich a permis de s'accorder sur des engagements précis dont l'objectif est de favoriser une amélioration rapide de la situation sur le terrain. Ces engagements portent notamment sur la mise en oeuvre d'un cessez-le-feu immédiat, le retrait des armes lourdes, la protection des infrastructures critiques, le désengagement effectif des zones les plus sensibles, l'échange de prisonniers et l'accès du CICR aux lieux de détention. Il est indispensable qu'ils soient mis en oeuvre dans les meilleurs délais et nous comptons que le soutien unanime du conseil en ce sens.

Nous restons plus que jamais convaincus que l'OSCE et ses missions sur le terrain ont un r√īle essentiel √† jouer pour assurer la mise en oeuvre sur le terrain des d√©cisions prises au niveau politique. √Ä cet √©gard, il est d√©terminant que la mission sp√©ciale d'observation soit en mesure d'exercer son mandat pleinement et sans entraves. Nous appelons une nouvelle fois au respect de la libert√© de mouvement de ses observateurs, dont la s√©curit√© doit √™tre garantie, et condamnons dans les termes les plus fermes toute violation de ces principes, qu'elle prenne la forme d'intimidation, de menaces ou d'interdiction d'acc√®s √† certaines zones. L'implication de l'OSCE dans la s√©curisation d'√©lections locales dans le Donbass sera √©galement n√©cessaire, selon des modalit√©s qui restent √† d√©terminer.

Enfin, je réitère l'attachement de mon pays à défendre la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Je rappelle que la France condamne fermement et ne reconnait pas l'annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol.

Au-del√† de l'Ukraine, l'OSCE reste plus que jamais un instrument essentiel pour promouvoir la paix et la s√©curit√© en Europe, dans un contexte marqu√© par la diversification des menaces. Cette situation doit encourager ses 57 membres √† abandonner les postures politiques pour retrouver cet ¬ęesprit d'Helsinki¬Ľ qui avait permis, il y a plus de 40 ans maintenant, de faire √©merger une vision commune de la s√©curit√© en Europe.

Dans ce contexte, nous pensons que travail de l'OSCE doit aujourd'hui mettre l'accent sur les problématiques suivantes :

  • La r√©solution des conflits r√©gionaux, tout d'abord : au-del√† du cas ukrainien, nous ne pouvons pas nous satisfaire de la persistance de conflits gel√©s √† divers endroits du continent europ√©en, qu'il s'agisse du Haut-Karabagh, de la Transnistrie ou encore des territoires s√©paratistes de G√©orgie. Nous sommes convaincus que le r√īle de l'OSCE y est √† chaque fois central, en lien avec les formats de m√©diation √©tablis, afin de promouvoir le dialogue et de restaurer la confiance. L'obtention de progr√®s concrets sur chacun de ces fronts est dans l'int√©r√™t des pays concern√©s mais √©galement de la r√©gion dans son ensemble. Nous y sommes particuli√®rement attach√©s.
  • La relance de la maitrise des armements conventionnels en Europe, ensuite : il ne saurait y avoir de stabilit√© strat√©gique sans un ensemble de r√®gles communes visant √† encadrer la comp√©tition militaire. Nous sommes ainsi favorables √† la poursuite des discussions sur la ma√ģtrise des armements et les mesures de confiance, de transparence et de r√©duction des risques initi√© l'an dernier sous pr√©sidence allemande dans le cadre du ¬ędialogue structur√© de l'OSCE¬Ľ.
  • La pr√©servation de la centralit√© du pilier ¬ęd√©mocratie et droits de l'Homme¬Ľ dans les travaux de l'OSCE, √©galement. Alors que l'approche multidimensionnelle a toujours √©t√© au coeur du fonctionnement de l'OSCE, nous sommes pr√©occup√©s par la tendance de certains √Čtats membres √† une politisation croissante voire m√™me √† un rejet du traitement des questions relatives √† la dimension humaine. L'introduction d'une approche s√©lective en mati√®re de lutte contre les discriminations n'est notamment pas acceptable.
  • Le d√©veloppement du r√īle op√©rationnel de l'OSCE en r√©ponse √† certains d√©fis √©mergents, enfin. Je pense notamment √† la lutte contre la traite d'√™tres humains, √† la pr√©vention de la radicalisation ou encore au changement climatique, Il importe, sur chacune de ces th√©matiques qui sont autant de d√©fis de premier plan pour la s√©curit√© en Europe, que l'OSCE travaille √† faire √©merger des r√©ponses concr√®tes allant au-del√† des simples prises de positions publiques et des postures.

Je conclurai cette intervention en rappelant les fortes convergences qui existent entre l'action de l'OSCE et celle des Nations unies, que ce soit sur le terrain, o√Ļ leurs missions respectives agissent toujours de mani√®re int√©gr√©e, des Balkans au Caucase en passant par l'Asie centrale, ou sur celui des principes, avec la d√©fense d'une approche commune alliant s√©curit√©, d√©veloppement et droits humains.

Je vous remercie./.

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9. Climat - Accord de Paris - Alliance - Communiqu√© du minist√®re de l'environnement, de l'√©nergie et de la mer (Paris, 22/02/2017)

Le mercredi 22 février, s'est tenue la première réunion de l'Alliance, annoncée par Ségolène Royal à la COP22. Elle a réuni bailleurs (Banque mondiale, Banque africaine de développement, Commission européenne, AFD, Fonds français pour l'environnement mondial), organisations internationales (CCNUCC, UNESCO, FAO, PNUE, Office des migrations internationales), scientifiques, ONG, représentants de gouvernements, de collectivités et d'entreprises.

Soutenue financièrement par la France, animée par la Plateforme océan climat, cette alliance fait suite à la mobilisation de la présidente de la COP21 qui a permis le lancement d'un agenda de l'action océan climat dès la Conférence de Paris en 2015.

1. La rencontre a permis aux partenaires de présenter l'avancement des 18 initiatives portées par l'Alliance, notamment :

- Le d√©veloppement d'√©conomies r√©silientes au climat en Afrique avec un objectif de mobilisation de 3 milliards de dollars pour l'¬ęAfrican Package for Climate-Resilient Ocean Economies¬Ľ. De nombreux projets pilotes ont √©t√© d√©clench√©s partout en Afrique. Le programme WACA, sur le risque c√ītier dans le golfe de Guin√©e, b√©n√©ficiera ainsi du soutien de la France en faveur de projets pilotes au Togo, au S√©n√©gal et au B√©nin et entend mobiliser 200 millions de dollars pour la r√©gion.

- L'Initiative internationale pour les r√©cifs coralliens (ICRI), co-anim√© par la France et Madagascar, mobilisera les √Čtats et les acteurs autour de plusieurs objectifs cl√© du plan d'action adopt√© en novembre : protection des r√©cifs, mangroves et herbiers par les √Čtats, suppression des microbilles plastiques, mobilisation des bailleurs autour de projets embl√©matiques de pr√©servations des r√©cifs et des mangroves.

- L'Alliance internationale pour combattre l'acidification des océans a initié des programmes de recherche et accompagnera les pays membres dans la mise en place de plans d'action face à ce phénomène.

- L'initiative CREWS sur les systèmes d'alerte précoce a déjà mobilisé 30 millions de dollars de dons, avec un objectif de 100 millions en 2020, et a lancé de premiers projets à la COP22.

- L'initiative √ģles durables (Sustainable Island Initiative), dot√©e de 5 millions d'euros, qui a permis de lancer des projets pilotes dans 13 √ģles pour aider les autorit√©s locales √† lutter contre le changement climatique (traitement des d√©chets, √©nergies renouvelables, gestion des ressources en eau, protection de la biodiversit√© et transition bas carbone).

- L'initiative pour les petits √Čtats insulaires en d√©veloppement ¬ęSIDs Lighthouse¬Ľ, qui a lanc√© 16 projets d'√©nergies renouvelables dans les √ģles depuis la COP21, repr√©sentant 368 MW et 1 milliard de dollars. La France appuie la r√©alisation d'une cartographie du potentiel d'√©nergie renouvelable marine dans les Cara√Įbes.

2. L'Alliance a confirmé l'engagement de la communauté scientifique internationale au service du climat et de l'océan.

3. L'Alliance s'est dotée d'une feuille de route pour 2017, avec :

- 3 rencontres de haut niveau : lors de la conférence sur l'ODD 14 en juin à New-York, lors de la Conférence Our Ocean à Malte en septembre et lors de la COP23 sous présidence fidjienne.

- Un rapport annuel sur la dynamique de l'action dans le champ océan-climat, afin d'assurer le sérieux dans le suivi des engagements et de contribuer aux échéances climat sur le relèvement de l'ambition.

4. Ségolène Royal a annoncé son soutien au lancement par la Plateforme océan climat, d'un incubateur de projets et précisé les objectifs de l'Alliance pour 2017 :

- Soutien d'ici fin 2017, à 10 projets de protection des mangroves, dans tous les continents (la France est elle-même déjà très mobilisée, avec des objectifs sur son territoire et plusieurs projets lancés, avec ses instruments de coopération, dans le golfe de Guinée, aux Philippines et au Costa Rica).

- Lancement d'une initiative sur les √©nergies marines dans la Grande Cara√Įbe, qui sera pr√©sente lors de la conf√©rence sur la protection de la mer des Cara√Įbes (Convention de Carthag√®ne), que la France pr√©side du 13 au 17 mars en Guyane.

- Mobilisation du transport maritime autour de projets de labels de suivi de leurs émissions de polluants.

La France se mobilise aussi pour soutenir les dynamiques r√©gionales autour de l'Oc√©an et du Climat : Plan M√©diterran√©e, risque c√ītier en Afrique, petits √Čtats insulaires, strat√©gie europ√©enne./.

(Source : site Internet du ministère de l'environnement, de l'énergie et de la mer)

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10. Union europ√©enne - Triangle de Weimar - Communiqu√© du minist√®re de l'√©conomie et des finances (Paris, 22/02/2017)

Les ministres des finances du triangle de Weimar (Allemagne, France et Pologne) se sont réunis à Bercy le 22 février. La lutte contre le financement du terrorisme et contre la fraude et l'évasion fiscales ainsi que les évolutions de l'Union européenne (UE) ont été abordés.

Michel Sapin, ministre de l'économie et des finances s'est entretenu avec Wolfgang Schäuble, ministre des finances allemand et Mateusz Morawiecki, vice-Premier ministre en charge de l'économie et des finances en Pologne.

1/ Les évolutions de l'UE : suivi du sommet de Bratislava et préparation de l'anniversaire du traité de Rome

Les ministres des finances sont tout d'abord revenus sur le Brexit, la notification formelle d'intention de retrait du Royaume-Uni étant attendue dans les prochaines semaines. Michel Sapin a rappelé que les relations futures du pays avec l'UE devront respecter les règles du marché intérieur.

Dans le prolongement du sommet informel de Bratislava de septembre 2016, Michel Sapin s'est réjoui du signal positif que constituent l'extension et l'amplification du plan Juncker. D'autre part, il a appelé à réfléchir à la mise en place d'un fonds européen de défense, et d'initiatives concrètes en matière d'harmonisation fiscale et sociale pour mettre fin aux comportements non coopératifs en Europe.

2/ Plus de transparence à l'échelle internationale

Le ministre français de l'économie et des finances a par ailleurs réagi positivement aux priorités définies par la présidence allemande du G20 pour 2017. La France soutient ainsi la réflexion sur la résilience de l'économie mondiale, l'attention sur l'Afrique et son développement, ou encore l'accent sur le numérique et l'équilibre à trouver entre l'innovation et un bon niveau de régulation, de transparence, et de sécurité.

Michel Sapin a profité de cette occasion pour rappeler les priorités françaises au G20 :

  • La fiscalit√© internationale : lutter contre les juridictions non coop√©ratives en mati√®re de fiscalit√©
  • La lutte contre le financement du terrorisme : mettre en oeuvre le renforcement du GAFI et traiter la question des ports francs
  • Le renforcement de l'architecture financi√®re internationale : la France oeuvrera en faveur de l'adoption de principes de financement soutenable et de principes de coordination entre les institutions financi√®res internationales.

Au sujet de la lutte contre la fraude et l'√©vasion fiscales, Michel Sapin a appel√© √† poursuivre les chantiers engag√©s dans l'UE (directives contre l'optimisation dans la ligne du projet BEPS ; liste fiscale des juridictions non coop√©ratives ; projet d'harmonisation de l'imp√īt sur les soci√©t√©s...). Michel Sapin et Wolfgang Scha√ľble ont appel√© leur homologue polonais √† s'impliquer en ce sens./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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11. Italie - Liaison Lyon-Turin - R√©ponse de M. Alain Vidalies, secr√©taire d'√Čtat charg√© des transports, de la mer et de la p√™che, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 22/02/2017)

Monsieur le Député, la loi de ratification de l'accord entre la France et l'Italie au sujet du tunnel de la ligne Lyon-Turin vient d'être publiée au Journal officiel. Le Lyon-Turin n'est donc plus un projet, mais un chantier, dont l'achèvement est prévu pour 2029. Ce tunnel permettra - vous l'avez rappelé fort justement - de renforcer l'attractivité de nos territoires, de stimuler l'emploi et de répondre à nos engagements pris en faveur du développement durable, en favorisant le report modal.

La part fran√ßaise est estim√©e √† 25% du co√Ľt du projet, soit 2,21 milliards d'euros, valeur 2012, en tenant compte du financement important et attendu par l'Union europ√©enne, √† hauteur de 40%. Lors de l'inauguration du tunnelier, le 21 juillet 2016, Manuel Valls a confirm√© l'engagement de la France sur toute la dur√©e du chantier, de l'ordre de 200 millions d'euros par an de 2017 √† 2029. Il a annonc√© que cela ne p√®serait pas exclusivement sur le budget de l'√Čtat, puisque ce projet pourrait b√©n√©ficier du Fonds pour le d√©veloppement d'une politique intermodale des transports dans le massif alpin, aliment√© par le r√©sultat des soci√©t√©s exploitant les tunnels routiers du Mont-Blanc et du Fr√©jus.

Reste la question de la mise en oeuvre de l'excellent rapport que vous avez r√©alis√© sur l'utilisation de ce que l'on appelle l'Eurovignette. Vous examinez en ce moment les moyens d'approfondir ces initiatives, dans une discussion avec la Commission europ√©enne - car nous devons prendre des garanties sur le plan juridique, au moment o√Ļ la Commission, elle-m√™me, songe √† apporter des modifications. En tout cas, cette question est importante et reste d'actualit√©. Ce projet, qui est aujourd'hui une r√©alit√©, est √† mettre au bilan du gouvernement./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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