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Déclarations officielles de politique étrangère du 24 mai 2016


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Balkans occidentaux/Conf√©rence minist√©rielle - Union europ√©enne/Participation de M. Harlem D√©sir au conseil affaires g√©n√©rales - Semaine de l'Am√©rique Latine et des Cara√Įbes - Diplomatie √©conomique/Ouverture des inscriptions pour les rencontres ¬ęUn ambassadeur, un entrepreneur¬Ľ - Syrie - Russie/Sanctions europ√©ennes/Pr√©sence √† Paris du ministre russe de l'agriculture (Paris, 24/05/2016)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu à la question suivante :

1 - Balkans occidentaux - Conférence ministérielle (Paris, 24 mai 2016)

M. Jean Marc-Ayrault, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, et M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, accueilleront cet apr√®s-midi les ministres des affaires √©trang√®res des pays participant au sommet ¬ęParis Balkans 2016¬Ľ. Ce sommet se tiendra le 4 juillet prochain √† l'initiative du pr√©sident de la R√©publique.

La conférence ministérielle réunira les six pays des Balkans occidentaux (Albanie, Ancienne République yougoslave de Macédoine, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Serbie), l'Allemagne, l'Autriche, la Croatie, l'Italie et la Slovénie, ainsi que le commissaire européen chargé du voisinage et des négociations d'élargissement et le secrétaire général du service européen pour l'action extérieure.

Les participants feront le point sur les priorités du sommet du 4 juillet et sur le développement de la coopération régionale avec le soutien de l'Union européenne.

2 - Union européenne - Participation de M. Harlem Désir au conseil affaires générales (Bruxelles, 24 mai 2016)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, participe aujourd'hui au conseil affaires g√©n√©rales √† Bruxelles.

Les ministres prépareront le conseil européen des 28 et 29 juin, qui portera sur la réponse à la crise des réfugiés, sur le développement de l'emploi, de la croissance et de l'investissement en Europe ainsi que sur la stratégie européenne de sécurité. Le conseil européen fera aussi le point sur les résultats du référendum britannique du 23 juin.

Les ministres discuteront √©galement du respect de l'√Čtat de droit dans l'Union, notamment au regard de l'arriv√©e en Europe de r√©fugi√©s et de migrants.

3 - Semaine de l'Am√©rique Latine et des Cara√Įbes (24 mai-5 juin 2016)

Du 24 mai au 5 juin, la France c√©l√®bre pour la troisi√®me ann√©e cons√©cutive la ¬ęsemaine de l'Am√©rique latine et des Cara√Įbes¬Ľ. Le minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international coordonne cette manifestation n√©e d'une initiative du S√©nat et de la volont√© du pr√©sident de la R√©publique, avec l'appui des ambassades en France des pays de la r√©gion.

Plus de trois cents √©v√©nements dans cinquante villes mobiliseront les acteurs - publics, priv√©s et associatifs - des relations entre la France, l'Am√©rique latine et les Cara√Įbes.

De nombreux responsables politiques et √©conomiques d'Am√©rique latine et des Cara√Įbes seront pr√©sents √† Paris durant cette p√©riode et participeront √† cette semaine destin√©e √† illustrer et renforcer l'amiti√© entre la France et les pays de la r√©gion.

Pour plus d'informations : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/ameriques/evenements/article/semaine-de-l-amerique-latine-et-des-caraibes-24-05-05-06-16

4 - Diplomatie √©conomique - Ouverture des inscriptions pour les rencontres ¬ęUn ambassadeur, un entrepreneur¬Ľ (Paris, 29 ao√Ľt 2016)

√Ä la suite du succ√®s rencontr√© en 2015, le minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international reconduira cette ann√©e l'op√©ration ¬ęUn ambassadeur, un entrepreneur¬Ľ, ¬ęspeed-dating¬Ľ √©conomique organis√© √† l'occasion de l'√©dition 2016 de la semaine des ambassadeurs.

C'est ainsi que, le 29 ao√Ľt, les entrepreneurs qui souhaitent se d√©velopper √† l'international - en particulier √† la t√™te d'entreprises innovantes ou de PME et d'ETI - pourront √©voquer avec des ambassadeurs leurs projets de d√©veloppement √† l'√©tranger et le soutien dont ils peuvent b√©n√©ficier de la part du r√©seau diplomatique et des op√©rateurs publics fran√ßais.

Cet événement constituera l'un des temps forts de la semaine des ambassadeurs. Il témoigne de la mobilisation du ministère pour accompagner les entreprises françaises, notamment celles qui sont de petite taille.

La première édition avait permis, en 2015, à 430 chefs d'entreprise de près de 40 secteurs différents de discuter avec 169 ambassadeurs lors de 1.700 rendez-vous. Originaires de toute la France (dont 60% hors de l'Ile-de-France), ces entrepreneurs dirigeaient des entreprises petites ou moyennes : 59% des entreprises présentes avaient moins de 50 salariés et 33% moins de 10 salariés. Leurs projets internationaux portaient sur l'ensemble des régions du monde, de l'Afrique subsaharienne (22% des demandes de rendez-vous), à l'Asie-Océanie (19%) en passant par l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient (18%), l'Union européenne (17%) ou encore les Amériques (14%).

Pour s'inscrire en ligne (jusqu'au 24 juin) : www.1ambassadeur1entrepreneur.fr

5 - Syrie

Q - La Représentation du Rojava a été inaugurée hier soir à Paris. Quelle est la position du Quai d'Orsay s'agissant de la reconnaissance de cette représentation et des possibilités d'échange avec cette dernière? La représentation pourrait-elle par ailleurs organiser des collectes de fonds au nom du YPG ou entreprendre des initiatives diplomatiques si elle ne bénéficie d'aucun statut officiel en France?

R - Comme nous l'avons déjà indiqué le 19 mai, le haut comité de l'opposition syrienne est l'interlocuteur des autorités françaises.

La structure que vous mentionnez n'a aucun statut diplomatique.

6 - Russie - Sanctions européennes - Présence à Paris du ministre russe de l'agriculture

Q - Comment expliquez-vous la présence à Paris d'un ministre russe figurant sur la liste des personnalités frappées de sanctions ?

R - M. Alexandre Tkachev, ministre russe de l'agriculture, a été invité par une organisation internationale ayant son siège en France, l'organisation internationale de la santé animale (OIE), à participer à une réunion multilatérale.

L'acc√®s au territoire fran√ßais de M.¬†Alexandre Tkachev s'inscrit dans le cadre des obligations internationales et europ√©ennes de la France, en tant que pays h√īte de l'OIE./.

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2. Ukraine - Entretien en ¬ęformat Normandie¬Ľ - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 24/05/2016)

Le pr√©sident de la R√©publique et la chanceli√®re Angela Merkel se sont entretenus ce soir avec le pr√©sident Poutine et le pr√©sident Porochenko lors d'un appel t√©l√©phonique en ¬ęformat Normandie¬Ľ.

Les trois présidents et la chancelière ont rappelé leur attachement aux accords de Minsk ainsi que leur détermination à tout faire pour qu'ils soient appliqués dans leur intégralité le plus rapidement possible.

Ils ont insisté sur l'importance de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires à la consolidation du cessez-le-feu à l'est de l'Ukraine, à commencer par le retrait des armes et la planification du désengagement des forces, comme la libération des prisonniers.

Ils sont également revenus sur le travail qui avait été accompli sur les différentes questions politiques devant en particulier conduire à la tenue d'élections locales dans le Donbass, dans le respect de la loi ukrainienne et selon les standards de l'OSCE./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Autriche - √Člection pr√©sidentielle - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 23/05/2016)

Le président de la République félicite chaleureusement M. Van der Bellen pour son élection à la présidence de la République fédérale d'Autriche et se réjouit de coopérer avec lui.

Il compte également sur le nouveau chancelier autrichien, M. Christian Kern, pour poursuivre et intensifier sa coopération avec l'Autriche, au niveau bilatéral comme dans le cadre européen, afin que l'Europe soit toujours plus en mesure de relever les défis auxquels elle est confrontée./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Balkans occidentaux - Politique √©nerg√©tique - Jeunesse - Lutte contre le terrorisme - D√©claration de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Paris, 24/05/2016)

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux d'accueillir aujourd'hui, avec Harlem Désir, les ministres, qui peuvent venir autour de moi.

Juste quelques mots pour expliquer le sens de cette réunion et redire le plaisir que j'ai d'accueillir aujourd'hui les ministres de la région des Balkans occidentaux.

C'est d'ailleurs la première fois que cette réunion se tient à Paris dans ce format. Avec nos partenaires slovènes, croates, allemands, italiens et autrichiens, avec le commissaire Johannes Hahn qui est chargé de la politique de voisinage et des négociations d'élargissement, nous travaillons très concrètement, autant que possible, à l'amélioration de la coopération régionale dans les Balkans.

Ce travail ne date pas d'aujourd'hui puisqu'il a commencé dans le cadre d'un processus que l'on appelle le processus de Brdo-Brijuni, à l'initiative du président slovène, Borut Pahor, c'était en 2013, avec un sommet auquel le président François Hollande a participé à l'époque.

Puis, ces travaux se sont poursuivis à Brdo, en avril dernier, à l'invitation de notre collègue et homologue, le ministre slovène des affaires étrangères, Karl Erjavec et avec le ministre croate, aujourd'hui, Miro Kovac.

Notre réunion d'aujourd'hui, qui fait suite à celles de Berlin et de Vienne, a deux objectifs. Le premier est de préparer le sommet qui aura lieu le 4 juillet prochain à Paris. Ce sommet aura lieu avec tous les partenaires des Balkans, ce qui veut dire faire le point sur les initiatives qui ont été prises lors des réunions précédentes, celles de Berlin et de Vienne en 2014 et en 2015, dans les domaines de coopérations régionales qui sont les suivants :

D'abord, une question essentielle pour l'avenir de toute cette région, c'est la question de l'énergie et celle des transports. Un travail très concret a été entrepris sur les infrastructures énergétiques et de transports. La commission présentera l'état des travaux effectués depuis le début du processus, le chemin qu'il reste à parcourir d'ici au mois de juillet pour obtenir des résultats qui sont à la hauteur de nos ambitions collectives.

Puis, il y a le th√®me de la jeunesse, un th√®me qui avait √©t√© retenu comme le domaine central lors des r√©unions et des sommets pr√©c√©dents. La jeunesse, c'est une √©vidence de dire qu'elle constitue les forces vives de cette r√©gion, comme des n√ītres d'ailleurs. Et, cet avenir, l'avenir qui est le leur, ne peut √™tre prometteur que si on lui permet aussi d'engager des programmes et des projets qui la concerne, et en particulier, de faciliter sa mobilit√©, la mobilit√© √©tudiante en premier lieu, mais aussi de b√©n√©ficier sur le terrain, dans la r√©gion, de programmes de coop√©rations avec l'Union europ√©enne. C'est ce que l'on appelle l'agenda positif pour la jeunesse des Balkans. Ce sera l'un des √©l√©ments centraux du sommet du 4 juillet √† Paris. Et puis, avec une perspective d'un projet tout √† fait original, bas√© sur l'exp√©rience, notamment la n√ītre, franco-allemande, qui est la cr√©ation d'un office r√©gional pour la coop√©ration pour la jeunesse.

Notre r√©union sera √©galement l'occasion d'un √©change approfondi sur tous les d√©fis communs que nous devons affronter ensemble. Aujourd'hui, tout le monde le sait, ils sont les cons√©quences de la guerre aux portes de l'Europe, en Syrie et au Levant. Face √† l'afflux massif des r√©fugi√©s, chacun a d√Ľ faire face, chacun dans son pays. Et, au fil du temps, la coordination, la coop√©ration se sont am√©lior√©es.

Ici, nous avons la conviction que les réponses peuvent être européennes, des réponses qui passent par la coopération entre tous les pays. Nous savons que nous devons faire face au risque terroriste. Nos efforts, là-aussi, doivent être communs. Beaucoup a été fait, mais nous devons encore faire plus et surtout mieux, en renforçant encore notre capacité à lutter ensemble contre un phénomène qui menace directement la sécurité de nos concitoyens.

C'est l'ensemble de ces aspects - des questions difficiles, vous l'imaginez - que nous allons examiner cet après-midi et ce soir, avec un objectif qui est de renforcer encore nos actions communes. Nous savons bien que nous avons un destin commun, que l'Histoire nous a marqués et qu'elle présente aussi des exigences et nous devons être à la hauteur de ces exigences.

Pour y r√©pondre, nous devons le faire avec l'Union europ√©enne et les pays des Balkans occidentaux, car l'Union europ√©enne est aux c√īt√©s de ses partenaires des Balkans. La participation de Johannes Hahn en est la manifestation aujourd'hui, particuli√®rement concr√®te, celle d'une volont√© et celle d'un engagement.

Et puis, il y a les actions communes entre les pays des Balkans eux-mêmes, car nous avons la conviction que c'est aussi par une coopération régionale, renforcée - j'ai eu des entretiens bilatéraux cet après-midi avec un certain nombre de nos amis ici présents et je vais poursuivre ces échanges - que cette coopération progresse et je m'en félicite.

Le cheminement européen de chacun des pays de la région est en marche, il est en cours, il est exigeant, j'en suis conscient, mais c'est la voie de l'avenir.

Merci, Mes Chers Collègues, merci d'être là, merci au commissaire européen d'avoir répondu à notre invitation pour préparer cet autre rendez-vous celui du 4 juillet.

Bon travail./.

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5. Union europ√©enne - Schengen - Euro - Ukraine - R√©ponse de M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, √† une question √† l'Assembl√©e nationale, (Paris, 24/05/2016)

Merci, Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Oui, la France, évidemment, est au coeur de toutes les décisions qui sont prises aujourd'hui en Europe.

Quand il s'agit de n√©gocier avec la Russie et l'Ukraine,¬†aux c√īt√©s de l'Allemagne, pour que ce conflit puisse cesser, c'est le pr√©sident de la R√©publique qui prend l'initiative et cela s'appelle le ¬ęformat Normandie¬Ľ.

Quand il s'agit de décider de l'avenir de la zone euro, et c'était la négociation sur le maintien ou non de la Grèce au sein de la monnaie commune, c'est le président de la République qui convainc l'ensemble des membres de la zone euro d'y maintenir la Grèce, évidemment en accord avec l'Allemagne.

Quand il s'agit de faire face √† la crise des r√©fugi√©s et de dire que nous ne pourrons pas pr√©server Schengen, c'est-√†-dire cet acquis qui est la libert√© de circulation √† l'int√©rieur des fronti√®res, s'il n'y a pas un v√©ritable contr√īle de la fronti√®re ext√©rieure commune, c'est le ministre de l'int√©rieur, Bernard Cazeneuve, avec le ministre allemand de l'int√©rieur, Thomas de Maizi√®re, qui proposent la r√©vision du code Schengen, la mise en place d'un corps europ√©en de garde-fronti√®res et le r√©tablissement d'un vrai contr√īle de nos fronti√®res ext√©rieures communes.

Même quand il y a la remise du prix Charlemagne à une haute autorité morale, le pape François, vous venez de le rappelez, évidemment la France est représentée par un membre du gouvernement, Mme Najat Vallaud-Belkacem, qui remet au pape François une invitation de la part du président de la République à venir en France, et le pape accepte évidemment cette invitation, je peux vous le confirmer.

Oui, l'Europe est confrontée à des crises, nous y ferons face ensemble, avec les autres Européens, avec l'Allemagne qui est notre principal partenaire.

Je crois que sur tous les bancs de cette Assemblée, on devrait au contraire s'unir pour que la voix de la France soit entendue, celles d'une Europe fondée sur des valeurs, des valeurs qui permettent de battre l'extrême droite hier en Autriche, celles d'une Europe fondée sur la solidarité, celles d'une Europe fondée sur l'ambition de peser dans le monde de demain./.

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6. Union europ√©enne - Conseil affaires √©trang√®res - Conclusions relatives √† la strat√©gie r√©gionale de l'UE pour la Syrie et l'Irak, ainsi que pour la menace que constitue Daech (Bruxelles, 23/05/2016)

1. L'UE r√©affirme sa d√©termination, exprim√©e une premi√®re fois en mars 2015 dans la strat√©gie r√©gionale de l'UE pour la Syrie et l'Irak, ainsi que pour la menace que constitue Daech, √† instaurer une paix, une stabilit√© et une s√©curit√© durables en Syrie, en Irak et dans l'ensemble de la r√©gion, √† mettre fin aux souffrances des populations syrienne et iraquienne et √† pr√©server le caract√®re multiethnique, multireligieux et multiconfessionnel des soci√©t√©s syrienne et iraquienne ainsi que le riche patrimoine culturel de la r√©gion. √Ä cette fin, l'UE mobilisera toutes les ressources n√©cessaires sur le plan politique, de la s√©curit√© et du d√©veloppement. L'UE est fermement r√©solue √† fournir une assistance humanitaire conform√©ment aux principes en la mati√®re. Elle mettra en outre l'accent sur les efforts soutenus qu'il convient de d√©ployer pour lutter contre les causes profondes des flux de r√©fugi√©s. Depuis le d√©but du conflit, l'UE et ses √Čtats membres ont d√©gag√© 6,4 milliards d'euros pour rem√©dier aux causes et aux cons√©quences de celui-ci. Afin de combattre Daech sur le long terme, il est n√©cessaire de s'attaquer aux causes politiques et socio√©conomiques profondes qui ont facilit√© la propagation du terrorisme. L'UE renouvelle son soutien √† la coalition internationale, qui vise √† continuer d'affaiblir et, √† terme, √† d√©faire Daech. L'UE souligne une nouvelle fois qu'elle est d√©termin√©e √† prot√©ger ses citoyens, par une action conjointe de l'UE et de ses √Čtats membres, de la menace terroriste que font peser Daech et d'autres organisations consid√©r√©es comme terroristes par les Nations unies.

2. L'UE a fait le point de la mise en oeuvre de la strat√©gie et note que ses objectifs restent d'actualit√© et qu'il convient de poursuivre les efforts en vue de les r√©aliser. L'UE note que la situation a chang√© depuis que la strat√©gie a √©t√© adopt√©e. Afin de tenir compte de cette √©volution, la mise en oeuvre de la strat√©gie devrait √™tre adapt√©e selon les modalit√©s √©nonc√©es dans les pr√©sentes conclusions et en coordination √©troite avec les activit√©s men√©es par les √Čtats membres conform√©ment aux conclusions du Conseil de f√©vrier et de mars 2015. L'UE et ses √Čtats membres continueront de mettre en oeuvre la strat√©gie r√©gionale pour la Syrie et l'Irak, ainsi que pour la menace que constitue Daech, qui a √©t√© adopt√©e en mars 2015, et attendent avec int√©r√™t le prochain rapport semestriel sur sa mise en oeuvre.

Syrie

3. L'UE r√©affirme son attachement √† l'unit√©, √† la souverainet√©, √† l'int√©grit√© territoriale et √† l'ind√©pendance de l'√Čtat syrien et demande √† toutes les parties au conflit de s'abstenir de toute action susceptible de mener √† la division ou √† la d√©sint√©gration du pays.

4. L'UE estime par conséquent que le processus politique amorcé par le Groupe international d'appui pour la Syrie, unanimement approuvé par le Conseil de sécurité des Nations unies et dirigé par celles-ci, est le seul moyen de mettre fin à plus de cinq années de conflit en Syrie et elle continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la mise en oeuvre pleine et entière des résolutions 2254 et 2268 du Conseil de sécurité des Nations unies et du communiqué de Genève. Il est nécessaire d'assurer une transition politique qui soit dirigée et prise en charge par les Syriens, sur la base des principes du communiqué de Genève, si l'on veut parvenir à une paix durable dans le pays, y défaire Daech et permettre aux Syriens de regagner leurs foyers en toute sécurité et de contribuer à la reconstruction du pays. L'UE appelle toutes les parties à soutenir activement un tel processus, qui mènera à une transition crédible et sans exclusive. L'UE demande instamment au régime syrien de présenter enfin son plan pour mettre réellement en oeuvre une véritable transition politique. Il ne saurait y avoir de paix durable en Syrie sous le régime actuel et tant que les revendications et aspirations légitimes de toutes les composantes de la société syrienne n'auront pas été prises en compte.

5. L'UE se f√©licite des r√©sultats de la r√©union minist√©rielle du Groupe international d'appui pour la Syrie qui s'est tenue le 17 mai et insiste sur la n√©cessit√© pour tous les membres de ce groupe de ne m√©nager aucun effort pour renforcer dans les meilleurs d√©lais la mise en oeuvre et le suivi de la cessation des hostilit√©s, garantir l'acheminement de l'aide humanitaire sur tout le territoire national, y compris, s'il y a lieu, au moyen de parachutages et de ponts a√©riens, et progresser sur la question des personnes d√©tenues afin pr√©parer une reprise cr√©dible des pourparlers intra-syriens. Il est indispensable de mener des n√©gociations s√©rieuses pour parvenir d'ici le 1er ao√Ľt √† un accord sur une v√©ritable transition politique comportant l'√©tablissement d'un organe de gouvernement transitoire large, inclusif, non confessionnel et dot√© des pleins pouvoirs ex√©cutifs.

6. Aussi l'UE renforcera-t-elle son action collective visant à:

- intensifier, en tant que membre actif du Groupe international d'appui pour la Syrie, son soutien actif aux efforts déployés à l'heure actuelle par l'envoyé spécial des Nations unies pour faciliter les négociations intra-syriennes sans en exclure aucune partie, et veiller à ce que la société civile et les femmes participent activement au processus;

- intensifier le soutien √† l'opposition syrienne, et en particulier au Haut Comit√© des n√©gociations (HCN), en tant que d√©l√©gation de l'opposition dans le cadre des pourparlers men√©s sous l'√©gide des Nations unies √† Gen√®ve, notamment en tirant pleinement parti de l'initiative de paix globale pour la Syrie (¬ęComprehensive Syria Peace Initiative¬Ľ), et encourager le HCN √† continuer √† d√©velopper sa vision d'une transition politique et √† participer pleinement au processus de Gen√®ve;

- amener les principaux acteurs r√©gionaux √† oeuvrer √† la mise en oeuvre int√©grale de la feuille de route des Nations unies, et engager une nouvelle fois tous ceux qui exercent une influence sur les parties, notamment le r√©gime syrien, √† user de celle-ci pour les encourager √† jouer un r√īle constructif dans le processus;

- soutenir les efforts déployés par la task force du Groupe international d'appui pour la Syrie pour relancer et renforcer la cessation des hostilités, ainsi que pour instaurer un cessez-le-feu élargi. Il est essentiel de faire cesser les hostilités non seulement pour soulager les souffrances du peuple syrien, mais aussi pour que les différentes parties aient à nouveau confiance dans le processus politique. L'UE condamne toutes les attaques visant la population et les infrastructures civiles, en particulier les établissements médicaux, les écoles, les marchés et les camps de personnes déplacées. Elle condamne fermement ces attaques excessives et disproportionnées perpétrées par le régime syrien contre son propre peuple. L'UE rappelle que c'est aux autorités syriennes qu'il incombe au premier chef de protéger la population en Syrie;

- renforcer sa contribution à la task force humanitaire du Groupe international d'appui pour la Syrie, tout en poursuivant son action humanitaire sur le terrain, afin de faire en sorte que l'aide humanitaire parvienne sans entrave à ceux qui en ont besoin et que le droit international humanitaire soit respecté par toutes les parties. L'UE demande instamment au régime et à toutes les parties au conflit de permettre l'accès de l'aide humanitaire et de cesser de faire obstacle à l'acheminement rapide et continu de l'aide, y compris de matériel médical. Le recours comme tactique de guerre à des politiques dont le régime porte la plus grande part de responsabilité et qui consistent à affamer des civils en faisant le siège de zones peuplées est contraire au droit international. L'UE appelle à la libération immédiate de toute personne détenue arbitrairement, en particulier les femmes et les enfants, et demande à toutes les parties en Syrie de respecter les droits de l'Homme de chacun, y compris des minorités religieuses et ethniques;

- continuer de soutenir l'action de la coalition internationale pour combattre Daech en Syrie. L'UE condamne avec la plus grande fermeté toutes les attaques et atrocités perpétrées aveuglément par Daech et d'autres groupes considérés comme terroristes par les Nations unies contre le peuple syrien.

- intensifier son soutien √† la soci√©t√© civile syrienne, en commen√ßant par les r√©gions contr√īl√©es par l'opposition mod√©r√©e, dans des domaines tels que les capacit√©s locales de r√©silience, la fourniture de services publics et la gouvernance locale, les droits de l'Homme et l'obligation de rendre des comptes, la consolidation de la paix, et les questions relatives √† l'√©galit√© des sexes et aux minorit√©s, afin de renforcer sa capacit√© √† participer √† la transition et √† la stabilisation du pays;

- accro√ģtre son aide, en associant l'assistance transfronti√®re √† un soutien depuis l'int√©rieur de la Syrie, et viser √† acheminer de l'aide dans le cadre d'un effort de plus grande ampleur pour r√©pondre aux besoins de la population sur l'ensemble du territoire syrien et renforcer les capacit√©s locales de r√©silience.

- accélérer ses préparations afin de participer dès le début à l'effort de relèvement et de réhabilitation en Syrie, le but étant de fournir rapidement un soutien à la stabilisation, à la reconstruction et au retour des réfugiés, dès lors qu'une transition politique aura été assurée, notamment en apportant un soutien à la task force interinstitutions des Nations unies dans ses activités de planification et de coordination en vue de la stabilisation une fois l'accord intervenu.

7. Depuis le d√©but du conflit, l'UE et ses √Čtats membres ont soutenu les r√©fugi√©s syriens, les personnes d√©plac√©es et les communaut√©s qui les accueillent dans la r√©gion. L'UE et ses √Čtats membres repr√©sentent pr√®s des deux tiers des engagements pour 2016 pris lors de la conf√©rence de Londres sur le soutien √† la Syrie et √† la r√©gion; ils s'attacheront √† faire en sorte qu'ils soient honor√©s rapidement et √† aider les gouvernements de la r√©gion √† stimuler la croissance √©conomique, procurer des moyens de subsistance, fournir des services d'√©ducation et de sant√© et des possibilit√©s de travailler aux r√©fugi√©s syriens, l'objectif √©tant d'offrir des perspectives √† la population et de pr√©parer le retour des r√©fugi√©s dans leur pays. L'UE tirera le meilleur parti de tous les instruments dont elle dispose, notamment le fonds fiduciaire r√©gional de l'UE en r√©ponse √† la crise syrienne (le fonds ¬ęMadad¬Ľ), dont le montant s'√©l√®ve d√©sormais √† 730 millions d'euros en financements combin√©s de l'UE et des √Čtats membres, afin de faire face √† la crise syrienne et de contenir la propagation de l'instabilit√© dans la r√©gion, en particulier au Liban, en Jordanie et en Turquie. L'UE appelle les autres pays √† confirmer et √† accro√ģtre leurs propres contributions en r√©ponse √† la crise.

8. L'UE réaffirme son soutien résolu à la justice transitionnelle et à l'obligation de répondre de ses actes en ce qui concerne toutes les atteintes et violations graves des droits de l'Homme et en matière de droit international humanitaire, y compris toutes celles qui peuvent constituer un crime de guerre, commises en Syrie par toutes les parties, notamment Daech, et invite à nouveau le Conseil de sécurité des Nations unies à saisir la Cour pénale internationale du dossier. L'UE se félicite du renouvellement du mandat de la commission d'enquête et invite toutes les parties à coopérer et, plus particulièrement le régime syrien à fournir les accès nécessaires.

Irak

9. L'UE souligne qu'elle reste attach√©e √† l'unit√©, la souverainet√© et l'int√©grit√© territoriale de l'Irak, √©l√©ments essentiels de la stabilit√© du pays et de la r√©gion. L'UE r√©affirme qu'elle soutient r√©solument le gouvernement iraquien et le programme de r√©formes propos√© par le Premier ministre Haider al-Abadi et elle invite toutes les parties √† maintenir et respecter le bon fonctionnement d'institutions publiques ouvertes √† tous, dans le respect de la constitution. L'UE est vivement pr√©occup√©e par la situation politique int√©rieure et par l'absence de progr√®s quant √† la mise en oeuvre des r√©formes et au processus de r√©conciliation, et elle invite toutes les parties, aux niveaux f√©d√©ral et r√©gional, √† d√©montrer au peuple iraquien qu'elles peuvent mettre de c√īt√© leurs propres int√©r√™ts et accomplir les progr√®s n√©cessaires dont le pays et sa population ont imp√©rieusement besoin et qu'ils m√©ritent.

10. L'UE estime par ailleurs qu'il est urgent d'am√©liorer le fonctionnement des institutions publiques iraquiennes. L'UE et ses √Čtats membres s'efforceront de fournir une assistance technique suppl√©mentaire au gouvernement f√©d√©ral iraquien afin de renforcer la s√©curit√© et l'√Čtat de droit, de lutter contre une corruption g√©n√©ralis√©e, d'am√©liorer la fourniture de services aux citoyens iraquiens et de faire en sorte que ceux qui se rendent coupables d'exactions et de crimes aient √† r√©pondre de leurs actes.

11. L'UE demeure extr√™mement pr√©occup√©e par l'aggravation de la situation humanitaire en Irak. Consciente du fait que les campagnes visant √† lib√©rer de nouveaux territoires de l'emprise de Daech vont se poursuivre, l'UE accro√ģtra l'aide humanitaire qu'elle fournit √† tous les civils touch√©s par le conflit, tout en insistant sur la n√©cessit√© pour les parties √† celui-ci de respecter le droit international, notamment le droit humanitaire et le droit relatif aux droits de l'Homme, aussi bien au cours des hostilit√©s que, le cas √©ch√©ant, √† l'issue de celles-ci, et d'assurer l'acheminement sans entrave et en toute s√©curit√© de l'aide humanitaire dans toutes les zones. Les proc√©dures de contr√īle de s√©curit√© doivent √™tre conformes au droit national et international et les camps doivent conserver leur caract√®re humanitaire et civil. L'UE souligne que le retour des personnes d√©plac√©es vers leurs lieux d'origine doit se faire de mani√®re s√Ľre, √©clair√©e, volontaire et non discriminatoire, conform√©ment aux normes internationales en mati√®re de protection. De plus, l'UE et les autorit√©s iraquiennes examineront dans le cadre d'un dialogue les pr√©occupations de chacune des parties en ce qui concerne les migrations.

12. Compte tenu du fait que la dynamique de la campagne militaire doit √™tre maintenue, la stabilisation imm√©diate et fructueuse des territoires lib√©r√©s de Daech rev√™t un caract√®re hautement prioritaire dans la mesure o√Ļ il s'agit d'une condition pr√©alable au retour, sur une base volontaire et en toute s√©curit√©, des personnes d√©plac√©es √† l'int√©rieur de leur pays, ainsi qu'un √©l√©ment important de la r√©conciliation aux niveaux local et national. L'UE et ses √Čtats membres r√©fl√©chiront aux moyens d'accro√ģtre le soutien au processus de stabilisation, dans le cadre d'une coordination √©troite avec le gouvernement f√©d√©ral iraquien et les autorit√©s locales, la MANUI et la coalition internationale, gr√Ęce notamment au m√©canisme de financement du PNUD pour la stabilisation imm√©diate (FFIS) et au m√©canisme de financement pour une stabilisation renforc√©e (¬ęFunding Facility for Expanded Stabilisation - FFES¬Ľ). L'accent sera mis sur l'√©limination des engins explosifs, l'acc√®s aux services de base, la fourniture de moyens de subsistance, l'√Čtat de droit et le soutien au secteur de la s√©curit√©, notamment la formation de la police. L'UE renforcera la coordination et les synergies avec les actions des √Čtats membres dans le cadre de la coalition internationale. Elle insiste sur le fait que l'√©mancipation et la participation des femmes est un objectif essentiel de tous les efforts de stabilisation et de d√©veloppement. Le Conseil attend avec int√©r√™t les propositions, que le SEAE doit pr√©senter sous peu, concernant une mobilisation accrue destin√©e √† appuyer une stabilisation √† long terme, notamment dans les domaines de l'√Čtat de droit et de la s√©curit√©, en tenant compte de tous les instruments disponibles, conform√©ment aux conclusions du Conseil de d√©cembre 2015 et au mandat confi√© √† la haute repr√©sentante dans le cadre du Conseil des affaires √©trang√®res de janvier 2016. Cet appui sera essentiel √† la consolidation des succ√®s militaires remport√©s contre Daech.

13. L'UE condamne une nouvelle fois sans réserve les violations du droit humanitaire international, atrocités, assassinats et atteintes aux droits de l'Homme perpétrés par Daech en Irak, dont ont été victimes tous les Irakiens. Si les principales victimes de ces actes sont des musulmans, les minorités ethniques et religieuses telles que les Yézidis, les chrétiens et les Turkmènes ont été particulièrement visées. L'UE s'efforce de renforcer l'aide qu'elle apporte aux victimes de Daech et au gouvernement iraquien pour traduire en justice les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. Elle s'emploiera également à appuyer davantage les efforts déployés par la société civile pour consolider la paix. L'UE demande une nouvelle fois à l'Irak d'adhérer au Statut de Rome.

14. Compte tenu des difficult√©s financi√®res et budg√©taires auxquelles l'Irak est confront√©, l'UE cherchera de nouveaux moyens d'aider le gouvernement f√©d√©ral iraquien et le gouvernement r√©gional du Kurdistan √† r√©tablir leur situation √©conomique et financi√®re, en coop√©ration √©troite avec le FMI et la Banque mondiale, notamment en soutenant la r√©forme des finances publiques et des syst√®mes de gestion macro√©conomique. Le Conseil encourage la BEI √† envisager des projets d'investissement viables en Irak d√®s que l'accord-cadre op√©rationnel sera en place. Dans ce contexte, l'UE demande instamment au gouvernement iraquien et au gouvernement r√©gional du Kurdistan de mettre de c√īt√© leurs divergences, d'assurer une r√©partition transparente et √©quitable des ressources p√©troli√®res et gazi√®res et d'intensifier leurs efforts pour lutter contre la corruption.

15. L'UE et ses √Čtats membres continueront de coop√©rer avec les voisins de l'Irak, notamment l'Iran, la Jordanie, la Turquie et les pays du Golfe et de les inviter √† jouer un r√īle constructif dans la stabilisation et la r√©conciliation du pays. Il est essentiel que le programme de r√©formes du Premier ministre al-Abadi b√©n√©ficie d'un soutien au niveau r√©gional.

Lutte contre Daech

16. Daech repr√©sente une menace √©vidente pour la population de Syrie, d'Irak et d'autres pays de la r√©gion, notamment la Libye, ainsi que pour l'Europe, entre autres. L'UE et ses √Čtats membres condamnent sans r√©serve les attaques, atrocit√©s, tueries, violations des droits de l'Homme et autres atteintes au droit international humanitaire qui sont perp√©tr√©es aveugl√©ment et de mani√®re cibl√©e par Daech et d'autres groupes consid√©r√©s comme terroristes par les Nations unies, et ils continueront de chercher les moyens de les emp√™cher, conform√©ment √† la r√©solution 2249 (2015) du Conseil de s√©curit√© des Nations unies. Par ailleurs, l'UE est pr√™te √† soutenir les efforts d√©ploy√©s au niveau international pour pr√©venir et combattre la d√©gradation ou la destruction, le pillage, la contrebande et le trafic de biens appartenant au patrimoine culturel arch√©ologique. L'UE se f√©licite des succ√®s que la coalition internationale a remport√©s r√©cemment contre Daech et constate que la poursuite de la coop√©ration avec l'UE et les √Čtats membres permettra d'en r√©colter d'autres. L'UE adaptera son action √† la nature multiforme de la menace que repr√©sente Daech.

17. L'UE et ses √Čtats membres r√©affirment leur attachement aux efforts d√©ploy√©s par la coalition internationale pour lutter contre Daech, y compris en assurant la copr√©sidence des groupes de travail de la coalition et en y participant activement, ainsi qu'√† sa coop√©ration avec ses partenaires dans le cadre du Forum mondial de lutte contre le terrorisme.

18. L'UE souligne qu'il importe d'adopter une approche globale à long terme pour lutter contre le terrorisme et prévenir l'extrémisme violent en vue d'en éliminer les causes profondes. Elle est déterminée à priver Daech de ses bases arrières et de ses sources de financement et d'approvisionnement, en renforçant ses propres instruments de lutte contre le terrorisme international. L'UE est également résolue à empêcher Daech et les groupes qui s'en réclament d'étendre leur emprise dans des pays tiers. L'UE intensifiera encore sa lutte contre le terrorisme, par une coordination des aspects extérieurs et intérieurs, et ce:

- en approfondissant la coopération en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme au moyen d'un dialogue de haut niveau avec les pays de la région MENA, la Turquie, les Balkans occidentaux et des organisations régionales et internationales, dont le CCG et la LEA, afin d'endiguer la progression de Daech ainsi que les flux de combattants terroristes étrangers, de financements et d'armes, dans le plein respect des normes internationales en matière de droits de l'Homme;

- en renforçant sa contribution à la coalition internationale contre Daech en continuant d'aider les groupes de travail à réduire les flux de combattants étrangers, à stabiliser les régions libérées, à tarir le financement de Daech et à faire pièce à sa propagande, notamment en prenant part à leurs activités, et en aidant les pays de la région à mettre en oeuvre l'ensemble des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies. Conformément à la résolution 1373 (2001) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui fournit des orientations en vue d'une approche nationale pour lutter contre Daech, et à la résolution 2253 (2015), l'UE est résolue à mettre en oeuvre les sanctions relevant du régime des Nations unies et du régime autonome de l'UE qui ciblent Daech et les groupes qui s'en réclament, de manière à entraver le fonctionnement de l'organisation et à désorganiser les réseaux djihadistes;

- en renforçant l'assistance technique qu'elle apporte aux pays tiers en vue de l'élaboration de stratégies nationales destinées à prévenir et combattre l'extrémisme violent, conformément au plan d'action du Secrétaire général des Nations unies et en appuyant le plan d'action du Secrétaire général des Nations unies lors de la révision, en juin, de la stratégie antiterroriste mondiale de l'ONU;

- en luttant contre les risques chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires et liés aux explosifs dans la région par tous les moyens disponibles, ainsi que contre le trafic et le détournement d'armes, en particulier d'armes légères et de petit calibre, afin de contribuer à la stabilité et à la sécurité dans la région;

- en intensifiant l'action en mati√®re de lutte contre la radicalisation qu'elle m√®ne au sein de la coalition internationale et en coop√©ration avec les pays musulmans, en √©changeant de bonnes pratiques, en renfor√ßant la coop√©ration de l'UE avec les op√©rateurs Internet et les m√©dias sociaux, en encourageant le dialogue interculturel et interreligieux en vue d'√©liminer la radicalisation et de favoriser la tol√©rance, en instaurant un dialogue avec les responsables d'organisations de la jeunesse et en am√©liorant les activit√©s de communication strat√©gique et de sensibilisation, y compris par l'interm√©diaire de l'√©quipe de conseil en communication strat√©gique sur la Syrie, de la cellule de communication de la coalition internationale, de l'Institut international pour la justice et l'√Čtat de droit, du Centre Hedayah, du Fonds mondial pour la mobilisation et la r√©silience communautaires de Gen√®ve et du r√©seau europ√©en de sensibilisation √† la radicalisation (RSR);

- en intensifiant la lutte contre les combattants √©trangers, notamment au moyen de contr√īles renforc√©s aux fronti√®res ext√©rieures, gr√Ęce √† une alimentation coordonn√©e et syst√©matique des dossiers appropri√©s (syst√®me d'information Schengen de deuxi√®me g√©n√©ration, Europol, base de donn√©es sur les documents de voyage perdus ou vol√©s);

- en redoublant d'efforts pour désorganiser les activités de financement du terrorisme en accélérant la mise en oeuvre du plan d'action de l'UE en matière de lutte contre le financement du terrorisme, notamment le gel des avoirs des terroristes, la lutte contre le blanchiment de capitaux et le commerce illicite de pétrole et de biens culturels; en aidant davantage la région à se conformer aux recommandations pertinentes du Groupe d'action financière et en fournissant des initiatives d'assistance technique aux autorités et régulateurs financiers de la région./.

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7. Union europ√©enne - Conseil affaires √©trang√®res - Soudan du Sud - Conclusions (Bruxelles, 23/05/2016)

1. La formation du gouvernement d'union nationale de transition au Soudan du Sud le 29 avril 2016 constitue une avanc√©e importante dans la mise en oeuvre de l'accord de r√®glement du conflit au Soudan du Sud d'ao√Ľt 2015 (¬ęl'accord¬Ľ). L'Union europ√©enne (UE) se f√©licite des messages de paix et de r√©conciliation formul√©s par le pr√©sident Salva Kiir et le premier vice-pr√©sident Riek Machar lors de l'installation du gouvernement de transition.

2. Il est important que ces messages soient traduits en actes. Les défis politiques, économiques et humanitaires auxquels le Soudan du Sud est confronté sont considérables. Le gouvernement de transition doit en priorité prendre des mesures rapides et résolues pour rétablir la paix et la stabilité, en veillant à ce que toutes les parties respectent leur engagement à l'égard d'un cessez-le-feu permanent.

3. L'UE invite le gouvernement de transition √† faire progresser rapidement la mise en oeuvre de tous les √©l√©ments de l'accord, dont la mise en place des institutions qui y sont pr√©vues et la tenue d'√©lections au cours de la p√©riode de transition. L'ensemble des parties doivent s'abstenir de tout acte unilat√©ral susceptible de fragiliser l'accord. √Ä cet √©gard, l'UE souscrit au communiqu√© de l'Autorit√© intergouvernementale pour le d√©veloppement (IGAD) appelant instamment √† la suspension de toute mesure de mise en oeuvre du d√©cret pr√©sidentiel divisant le pays en vingt-huit √Čtats jusqu'√† ce qu'une commission de d√©limitation des fronti√®res comprenant toutes les parties √† l'accord ait propos√© des √Čtats et leurs fronti√®res.

4. L'UE est vivement pr√©occup√©e par l'aggravation de la situation humanitaire et par les souffrances qu'endurent les Sud-Soudanais, en particulier du fait que le pays conna√ģt sa plus grave crise alimentaire depuis son ind√©pendance et que des exactions continuent d'y √™tre commises. Les actes de violence incessants et les restrictions persistantes √† l'acc√®s des organisations humanitaires et de la soci√©t√© civile aux populations dans le besoin continuent d'entraver les op√©rations humanitaires; ces restrictions sont inacceptables. L'UE demande au gouvernement de transition de permettre et de faire en sorte que, conform√©ment aux dispositions pertinentes du droit international et des principes directeurs des Nations unies relatifs √† l'aide humanitaire, l'aide humanitaire soit apport√©e dans sa totalit√©, en toute s√©curit√© et sans entrave √† toutes les personnes qui sont dans le besoin. La situation des millions de d√©plac√©s internes et de r√©fugi√©s doit par ailleurs √™tre r√©gl√©e d'urgence. L'UE enjoint le gouvernement de transition d'assumer, en paroles comme en actes, la responsabilit√© qui lui incombe de prot√©ger tous les civils.

5. L'UE demande une nouvelle fois que les ressources du Soudan du Sud soient utilisées de manière responsable pour la reconstruction et le redressement du pays et au profit de l'ensemble des Sud-Soudanais. Il convient de réagir sans délai à la crise économique que traverse le Soudan du Sud au moyen de vastes réformes économiques, y compris des mesures visant à mettre fin à l'incurie et à la corruption, en prévoyant des objectifs réalistes pour les dépenses publiques ainsi qu'un mécanisme permettant une gestion transparente des fonds publics. L'UE engage le gouvernement de transition à coopérer étroitement à cette fin avec les institutions financières internationales et à adhérer aux instruments internationaux et régionaux pertinents, notamment l'Initiative pour la transparence des industries extractives.

6. L'UE, en étroite coopération avec les voisins du Soudan du Sud et tous les partenaires internationaux, se tient prête à soutenir les efforts du gouvernement d'union nationale de transition en ce qui concerne la mise en oeuvre de l'accord. Pour sa part, le gouvernement de transition doit s'employer à surmonter les divisions du passé récent et oeuvrer, dans un esprit de tolérance et d'ouverture, à la réconciliation nationale dans l'intérêt de tous les Sud-Soudanais. L'UE exhorte le Soudan du Sud à adhérer le plus rapidement possible à l'accord de partenariat de Cotonou. Une société civile dynamique, pluraliste et indépendante est indispensable pour la paix et la démocratie au Soudan du Sud; l'UE demande instamment au gouvernement de transition de veiller à ce que le cadre législatif régissant les activités des organisations non gouvernementales n'entrave pas leurs activités légitimes.

7. Compte tenu du rapport de la mission d'évaluation du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme du 10 mars 2016 et de la résolution 31/20 du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies sur la situation en matière de droits de l'homme au Soudan du Sud, l'UE rappelle qu'elle est vivement préoccupée par le fait que des violations flagrantes du droit international relatif aux droits de l'Homme et du droit international humanitaire, notamment des assassinats de civils, des viols et d'autres formes de violence sexuelle, ainsi que le recrutement d'enfants soldats, ont été perpétrées en toute impunité par toutes les parties au Soudan du Sud. Tous les actes de violence, de même que les violations des droits de l'Homme, doivent cesser immédiatement et leurs auteurs être tenus de rendre des comptes et traduits en justice. À cet égard, l'UE appelle à la mise en oeuvre rapide des éléments de l'accord concernant la justice et la réconciliation et exhorte l'Union africaine à faire avancer rapidement la mise en place de la Cour hybride du Soudan du Sud. L'UE demande à toutes les parties du Soudan du Sud de coopérer avec la commission des droits de l'homme du Soudan du Sud créée par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.

8. L'UE soutient le travail essentiel et impartial accompli par la Commission conjointe de suivi et d'√©valuation (JMEC) et son pr√©sident, Festus Mogae, par le M√©canisme de surveillance du cessez-le-feu et de suivi de l'application des dispositions transitoires de s√©curit√© (CTSAMM), par la repr√©sentante sp√©ciale du secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies au Soudan du Sud (RSSGNU), Ellen Margrethe L√łj, et par la mission des Nations unies en R√©publique du Soudan du Sud (MINUSS). L'UE salue le r√īle jou√© par la MINUSS dans la protection des civils au Soudan du Sud et en faveur de la mise en oeuvre de l'accord. Elle attend du gouvernement de transition qu'il coop√®re pleinement et sans aucune restriction avec la JMEC, le CTSAMM, la RSSGNU et la MINUSS.

9. La sécurité et la stabilité au Soudan du Sud sont également importantes pour la sécurité et la stabilité de la région. L'UE se félicite des efforts déployés par l'Union africaine et l'IGAD et exhorte les pays de la région à continuer de soutenir le travail de la JMEC. Elle demande au gouvernement de transition de respecter les accords conclus avec les pays voisins afin de régler les questions en suspens en matière de sécurité, de frontières et d'économie.

10. L'UE souligne la nécessité d'une mise en oeuvre effective de l'embargo sur les armes qu'elle a décrété contre le Soudan du Sud, en particulier par les pays qui se sont joints à cet embargo. Elle demeure prête à envisager des sanctions supplémentaires à l'encontre de toute personne faisant obstacle au processus de paix au Soudan du Sud./.

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8. G7 - Politique √©conomique - Lutte contre le financement du terrorisme - Lutte contre la fraude et l'√©vasion fiscales - Communiqu√© du minist√®re de finances et des comptes publics (Paris, 24/05/2016)

Les ministres des finances et gouverneurs de banque centrale du G7 se sont réunis à Sendai (Japon) les 20 et 21 mai. Lors d'un symposium qui a ouvert le sommet du G7, les discussions sur la situation économique ont porté sur le soutien à la croissance mondiale par les politiques de relance budgétaire. Le ministre français des finances a appelé les pays qui disposent de marges de manoeuvres à les utiliser pour soutenir la demande.

Selon Michel Sapin, ministre des finance et des comptes publics, ¬ęen zone euro, on doit avoir une politique budg√©taire accommodante [...] Cela peut se traduire par des pays qui doivent faire des efforts, comme la France, et d'autres qui ont des marges de manoeuvres comme l'Allemagne¬Ľ.

Michel Sapin a par ailleurs insisté sur la nécessité de maintenir l'effort du G7 en matière de terrorisme et de fiscalité. Il a obtenu que la lutte contre le financement du terrorisme, priorité à l'échelle européenne mais aussi française, fasse l'objet d'un plan d'action au niveau international.

Enfin, à la suite des Panama Papers, il s'agit pour le G7 de maintenir un haut niveau de mobilisation afin de mettre effectivement en oeuvre l'accord du G20 sur l'échange automatique d'informations sur les bénéficiaires effectifs et de lutter encore plus efficacement contre la fraude et l'évasion fiscales./.

(Source : site Internet du ministère de finances et des comptes publics)

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9. √Čtats-Unis d'Am√©rique - √Člection pr√©sidentielle am√©ricaine 2016 - Syrie - Russie - Iran - Chine - Audition de l'ambassadeur de France aux √Čtats-Unis devant la commission des affaires √©trang√®res, de la d√©fense et des forces arm√©es du S√©nat (Paris, 11/05/2016)

Merci Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Sénateurs.

Il est tr√®s difficile de faire des pr√©visions ou de d√©crire les √©lections am√©ricaines dans la mesure o√Ļ, en septembre dernier, j'avais r√©pondu √† des journalistes que la candidature de M. Daniel Trump serait oubli√©e dans trois mois. Personne, et pas seulement votre ambassadeur √† Washington, n'avait vu venir le ph√©nom√®ne Trump. En effet, vous avez d'un c√īt√© une situation √©conomique qui, globalement, est excellente puisque les √Čtats-Unis connaissent une croissance ininterrompue depuis sept ans. Avec un taux de ch√īmage officiellement √† 4,9%, les √Čtats-Unis viennent d'atteindre le niveau du plein emploi. Personne n'avait vu venir l'explosion populiste qui exprime le m√©contentement, le ressentiment et la col√®re d'une partie des Am√©ricains. Lorsque vous sortez de ces chiffres globaux, vous d√©couvrez, puisque maintenant tout le monde s'est pench√© sur cette question, que le niveau de vie de la moiti√© des Am√©ricains a stagn√© ou diminu√© depuis l'an 2000. En gros, la soci√©t√© am√©ricaine subit, un peu comme les soci√©t√©s europ√©ennes, les effets de la globalisation qui sont tr√®s positifs pour une partie de la population et pas pour l'autre.

√Ä cet √©gard, l'√Čtat de la Caroline du Nord est tr√®s int√©ressant : il s'agit d'un √Čtat tr√®s classique, avec des industries textiles et de fabrication de meubles, ainsi qu'avec une culture du tabac. Cet √Čtat est pass√© √† la nouvelle √©conomie et sa capitale Charlotte, ou la ville de Raleigh, est tr√®s impressionnante de modernit√©. Cependant, la nouvelle √©conomie cr√©e moins d'emplois que l'ancienne et surtout, elle ne cr√©e pas d'emplois pour ceux qui ont perdu le leur. Lorsque vous avez perdu votre emploi dans une usine de textile, √† 45 ans, vous n'allez pas √™tre engag√© dans la nouvelle √©conomie. La diff√©rence entre les √Čtats-Unis et la France est que ceux qui y perdent leur emploi ne deviennent pas ch√īmeurs, mais trouvent des petits emplois r√©mun√©r√©s √† un taux horaire entre 8 et 10 dollars et sont ainsi oblig√©s de cumuler deux emplois. La cons√©quence en est le m√©contentement de ces personnes et la force de M. Donald Trump est de l'avoir compris. Il a ainsi touch√© cette poche de m√©contentement et nourri cette forme de populisme qui, √† l'extr√™me droite, se revendique de lui, ainsi qu'√† l'extr√™me gauche - du moins ce que les Am√©ricains consid√®rent comme telle, avec le s√©nateur socialiste Sanders. Les Am√©ricains d√©couvrent la crise sociale et √©conomique dissimul√©e par des chiffres macro√©conomiques qui sont par ailleurs excellents.

Les valeurs morales constituent un second √©l√©ment de dislocation par la mondialisation. Dans un pays profond√©ment religieux o√Ļ pr√®s de 35% de la population se rendent au temple, √† la synagogue ou √† l'√©glise, celle-ci est profond√©ment conservatrice et se sent d√©stabilis√©e par les effets de la mondialisation et de l'√©volution des moeurs. Ce ph√©nom√®ne nourrit ainsi l'explosion populiste.

Maintenant, nous aurons donc M. Trump contre Mme Clinton dont la candidature incarne un certain statu quo. Je ne vais pas me risquer à faire des prévisions puisque tout le monde s'est trompé jusqu'à maintenant, mais je ne connais pas un démocrate ou un républicain qui pense que M. Trump puisse être élu. Le plafond de verre va jouer et tout le monde estime aujourd'hui, après s'être trompé hier, que Mme Hillary Clinton sera élue. Il n'en reste pas moins que cette campagne a révélé des tensions fortes au sein de la société américaine et la question qu'on peut se poser, même avec la candidate de l'establishment une fois élue, porte sur les conséquences que tirera la classe politique américaine de cette élection.

Je pense que les trait√©s de libre-√©change seront les premi√®res victimes de cette √©lection. Les Am√©ricains ont sign√© un trait√© de libre-√©change, le TransPacific Pact (TPP), avec onze √Čtats du Pacifique. Ce trait√© doit √™tre ratifi√© par le Congr√®s. Mme Clinton s'est prononc√©e contre sa ratification. Tout le monde pensait que sa ratification aurait eu lieu au moment de la Lame Duck session, c'est-√†-dire la p√©riode de novembre √† janvier o√Ļ le nouveau pr√©sident est √©lu tandis que son pr√©d√©cesseur ne part qu'en janvier. Ces trois mois marquent une p√©riode interm√©diaire, avec les anciens congr√®s et pr√©sident qui savent qu'ils n'ont pas d'avenir. Faire voter, durant cette session, une loi impopulaire est une habitude puisque tous deux s'en vont. Or, Mme Clinton a fait savoir qu'elle s'opposerait √† la ratification de ce trait√© avant m√™me son √©lection. Le TPP ne sera pas ratifi√© et sans doute Mme Clinton demandera une ren√©gociation, ce qui ouvre naturellement la voie √† une remise en cause de ce trait√©.

Le trait√© avec les Europ√©ens agite beaucoup plus ces derniers que les Am√©ricains eux-m√™mes. Washington sait qu'il s'agit d'un long processus. En effet, la n√©gociation du trait√© de libre-√©change avec le Canada a dur√© cinq ans et nous ne n√©gocions avec les Am√©ricains que depuis trois ans. Les sujets importants n'ont pas encore √©t√© abord√©s et les Am√©ricains ne comprennent pas vraiment l'√©chauffement des Europ√©ens √† l'√©gard de ce trait√©, dans la mesure o√Ļ la n√©gociation se poursuit √† son rythme. Les sujets les plus importants seront en effet abord√©s lors de la derni√®re ligne droite que marqueront les compromis n√©cessaires. Nous n'en sommes pas l√† et on ne fait pas ce genre de concession en p√©riode √©lectorale. Pour les Am√©ricains, il est √©vident que la n√©gociation se poursuivra jusqu'√† 2018-2019. Je pense n√©anmoins qu'avec cette r√©volte populiste, la n√©gociation sera tr√®s difficile.

Sur la personne d'Obama, je vous conseille vivement de lire une interview fleuve qu'il a accordé à la revue The Atlantic dans lequel il décrit sa vision du monde. Il y fait montre d'une conception particulière qu'on pourrait qualifier de néo-isolationnisme de gauche et de réalisme en politique étrangère. Donald Trump se revendique également de l'isolationnisme.

La question que vous me posiez, Monsieur le Président, portait sur les conceptions de politique étrangère de Mme Hillary Clinton. Celle-ci est ancrée dans une tradition politique tout à fait différente, celle de l'interventionnisme libéral, comme lors de l'intervention au Kossovo lors de la présidence de son mari. Elle aura très certainement la volonté de réaffirmer le leadership américain, comme c'est d'ailleurs la tendance générale dans le petit monde washingtonien. La question est de savoir si le pays en a vraiment envie. Quelles sont en effet les implications de la réaffirmation du leadership américain ? Je ne sens pas du tout une volonté du peuple américain de soutenir l'envoi de troupes à l'étranger et de recommencer les aventures de M. George W Bush.

La question est ouverte : si la volont√© d'un plus grand activisme de Mme Clinton est certes manifeste, jusqu'o√Ļ ira cette volont√© est une tout autre question. Cette question se posera en particulier sur deux gros dossiers : d'abord l'Ukraine dont le dossier a √©t√© sous-trait√© par le pr√©sident Obama √† l'Allemagne et √† la France. Il les a laiss√©s tout √† fait libres de n√©gocier et a refus√© de livrer des armes aux Ukrainiens, ce qui est vraiment caract√©ristique. Mme Clinton changera-t-elle de politique vis √† vis de la Russie¬†? Je pense que les Russes savent qu'ils ont tout int√©r√™t √† passer un accord avec M. Obama avant son d√©part et qu'√† part M. Trump √©videmment, ils n'auront pas, si je puis dire, de meilleur pr√©sident que M. Obama. Le second dossier concerne la Syrie o√Ļ les Am√©ricains ont √©galement refus√© d'intervenir dans un conflit majeur. Cette position est-elle structurelle ou conjoncturelle ? Les Am√©ricains dans le Moyen-Orient avaient comme int√©r√™ts d'abord le p√©trole et ils n'en ont d√©sormais plus besoin dans les vingt ans qui viennent gr√Ęce au gaz de schiste. Ce qui est capital.

D'autre part, en ce qui concerne le nucl√©aire iranien, l'accord a √©t√© sign√© avec l'Iran et le sujet a, d'une certaine mani√®re, √©t√© trait√©. Le troisi√®me sujet pour les √Čtats-Unis concerne la s√©curit√© d'Isra√ęl qui n'est pas menac√©e aujourd'hui par le conflit puisque, d'une mani√®re √©tonnante, vous pouvez parler du conflit sans mentionner le nom d'Isra√ęl qui se tient √† l'√©cart. De mani√®re tr√®s r√©aliste, le pr√©sident Obama en a conclu que ce conflit n'√©tait pas vital pour les √Čtats-Unis et qu'ils n'avaient pas √† y √™tre impliqu√©s. Lorsque les Russes sont intervenus, en septembre 2015, le pr√©sident Obama a d√©clar√© qu'il n'y aurait pas de confrontation russo-am√©ricaine sur la Syrie, ce qui √©tait une mani√®re de donner carte blanche aux Russes qui en ont profit√© pleinement. Les n√©gociations russo-am√©ricaines sur la Syrie se d√©roulent de mani√®re particuli√®rement amicales. L'administration am√©ricaine est donc actuellement sur la r√©serve : est-ce que Mme Clinton changera cela ? Elle aura la tentation de le faire. Y parviendra-t-elle ? C'est l√† une tout autre question.

S'agissant de la lev√©e des sanctions sur l'Iran, qui est un sujet tr√®s important, les Am√©ricains se rendent compte que celle-ci ne fonctionne pas. Les entreprises et les banques, europ√©ennes en particulier, ne vont pas en Iran, ce dont se plaignent les Iraniens. Le pr√©sident de la Banque centrale iranienne s'est rendu √† Washington et lorsque le pr√©sident Hollande a soulev√© cette question devant le pr√©sident Obama, il y a trois semaines, celui-ci a acquiesc√© quant au probl√®me, tout en soulignant l'importance de l'application de cet accord susceptible d'√™tre remis en cause, si la partie iranienne pouvait d√©montrer l'absence de cons√©quences positives pour l'Iran. Le pr√©sident Obama a indiqu√© qu'il ferait de son mieux pour aider √† la r√©alisation des termes de l'accord. Des d√©l√©gations ont alors √©t√© envoy√©es notamment √† Paris, o√Ļ elles ont rencontr√© le MEDEF et l'Association fran√ßaise des banques pour leur expliquer ce qu'ils pouvaient faire et ne pas faire. J'ai moi-m√™me rencontr√© un certain nombre de dirigeants am√©ricains, qui nous ont assur√© de leur aide en invitant les entreprises √† solliciter aupr√®s d'eux les licences et les banques les lettres de pr√©caution pour favoriser leur implantation en Iran. Le fonctionnement de cet accord, dans toutes ces dispositions, est d'un grand int√©r√™t pour les Am√©ricains. Je suis all√© voir personnellement les banques fran√ßaises qui ne souhaitent pas investir en Iran. Selon les Am√©ricains, il s'agit l√† du choix de nos banques, alors qu'ils se disent pr√™ts √† tout faire pour leur faciliter la t√Ęche. Cependant, toute op√©ration en dollars implique son traitement, √† un moment donn√©, sur le territoire am√©ricain. Or, si tel est le cas, tout citoyen am√©ricain peut porter plainte, en demandant le gel des sommes impliqu√©es dans ces √©ventuelles transactions au motif qu'il est une victime du terrorisme iranien. Dans le contexte am√©ricain marqu√© par une forte dimension juridique, les Am√©ricains refusent que les op√©rations avec l'Iran soient libell√©es en dollars, puisqu'aucune banque am√©ricaine n'acceptera de les porter, en raison de l'incertitude juridique qui les caract√©rise. Ils pr√©conisent ainsi l'utilisation d'autres devises tout en offrant leur assistance.

En outre, d'autres probl√®mes viennent se greffer √† cette situation. D'une part, les banques iraniennes, qui ont √©t√© isol√©es du monde pendant plus de dix ans, ne satisfont pas aux conditions minimales pos√©es par la communaut√© internationale en mati√®re de l√©gislation notamment contre le blanchiment d'argent. Certaines banques iraniennes sont ainsi totalement hors des clous. D'autre part, les soci√©t√©s europ√©ennes se demandent si le march√© iranien est s√Ľr et si les sanctions ne seront r√©tablies dans six mois. En outre, le ph√©nom√®ne dit de over compliance, selon lequel des grandes banques, comme la Soci√©t√© g√©n√©rale, le Cr√©dit Agricole, ou encore la Deutsche Bank ou HSBC, qui ont eu √† payer aux √Čtats-Unis des amendes consid√©rables par le pass√©, ne souhaitent nullement prendre de nouveaux risques. Telle est la situation actuelle.

Je continue de travailler avec les sociétés françaises, Air France, Airbus, Peugeot pour les aider à travailler avec l'administration américaine. Comme le président Obama en a convenu avec le président Hollande, le problème est comment convaincre les grandes banques à s'engager sur le marché iranien.

(Interventions des parlementaires)

Tout d'abord, sur la question des visas, la n√©cessit√© d'obtenir un visa avant d'entrer aux √Čtats-Unis pour ceux qui se sont rendus dans les pays soup√ßonn√©s de terrorisme a √©t√© impos√©e par le Congr√®s contre l'avis de l'administration. Elle ne concerne pas que l'Iran mais √©galement le Soudan et la Syrie. C'√©tait une fa√ßon pour le Congr√®s de marquer son d√©saccord avec la position du gouvernement Obama sur le dossier nucl√©aire iranien.

Le président Obama n'aurait pas pu utiliser son veto sur cette question car il aurait été battu sans aucun doute, les deux tiers du Congrès étaient favorables à l'instauration de visas. Ceci étant, les visas en question sont délivrés extrêmement rapidement par l'administration américaine comme le démontrent plusieurs exemples récents. L'administration regrette cette mesure.

Sur M. Donald Trump, en réponse à la question posée, il n'y a aucun groupe de réflexion autour de lui. Le discours de ce candidat est assez peu préparé à l'avance. Cela ne signifie pas qu'il faut sous-estimer sa grande capacité à comprendre les points susceptibles de toucher l'électorat. En critiquant les traités de libre-échange, il a compris la souffrance et remporté la sympathie de la classe ouvrière et de la classe moyenne inférieure qui souffrent de la globalisation. Il faut se rappeler que les Américains cherchent quelqu'un dont ils pensent qu'il ferait un bon commandant-en-chef et non un expert. Enfin, même si elles semblent réticentes aujourd'hui, les élites républicaines entoureraient le moment venu le candidat s'il était élu.

Il y a des réseaux, mais il y a surtout un débat dans la classe politique américaine qui reproche au président Obama de se montrer trop faible vis-à-vis de la Russie. Il faut se rappeler que le vice-président Biden s'est rendu à plusieurs reprises en Ukraine pour inciter le pouvoir ukrainien à remplir sa part des accords de Minsk et notamment réduire la corruption. Cela étant, si Mme Clinton était élue, la politique américaine se tendrait probablement à l'égard des Russes. Il faut se rappeler que le président Obama a refusé de livrer des armes aux Ukrainiens et qu'il était le seul à défendre cette position. Sur la question des sanctions vis-à-vis de la Russie et de nos banques, c'est toujours le même schéma qui se répète, l'accès à la place financière de New York est indispensable à la survie d'une grande banque. Le trésor américain joue là-dessus et impose ainsi l'extraterritorialité de l'application des lois américaines. Il avait ainsi été rappelé aux banques chinoises que leur coopération avec l'Iran leur fermerait les portes des marchés financiers américains.

En ce qui concerne la levée des sanctions, l'accord de Minsk ne sera jamais mis en oeuvre intégralement. Il s'agira donc d'une décision politique sur laquelle les 28 devront se mettre d'accord.

En ce qui concerne le processus de paix isra√©lo-palestinien, la relation entre Obama et le Premier ministre isra√©lien est mauvaise. Les Am√©ricains consid√®rent notre initiative avec sympathie mais sans croire qu'elle puisse aboutir compte tenu de l'absence de volont√© des deux c√īt√©s.

Dans sa r√©volte, l'√©lectorat am√©ricain se porte dans sa majorit√© vers l'extr√™me droite mais aussi pour partie vers la gauche. Les propositions de M. Sanders le placeraient au centre gauche de la politique fran√ßaise. Il est ainsi favorable √† une s√©curit√© sociale d'√Čtat. Il a r√©ussi √† sortir de l'anonymat et √† susciter l'enthousiasme des foules.

Les d√©mocrates sont une coalition¬†: les minorit√©s (hispaniques, africains am√©ricains, asiatiques), les femmes, les jeunes. Contrairement √† M. Sanders, Mme Clinton r√©ussit √† mobiliser les minorit√©s. Les femmes se divisent √† part √©gale entre les deux candidats. Chez les jeunes, c'est 80% pour Sanders et 20% pour Mme Clinton. Face √† Trump, il est √©vident que les √©lecteurs de Sanders se reporteront sur Mme Clinton, les jeunes risquant peut-√™tre plut√īt de s'abstenir. Mme Clinton ressent donc une pression sur sa gauche¬†: si elle s'est prononc√©e contre le trait√© de libre-√©change avec le Pacifique, c'est qu'elle a senti que sur ce sujet, Sanders rencontrait un large √©cho dans l'opinion.

Le probl√®me des D√©mocrates, c'est l'¬ęhomme blanc¬Ľ, qui vote √† 57% pour les R√©publicains. L'on pensait donc que Mme Clinton allait choisir comme vice-pr√©sident un homme blanc. √Ä pr√©sent, certains se demandent si elle ne va pas plut√īt choisir une personnalit√© de gauche. On pense alors √† Elisabeth Warren, mais cela ferait deux femmes...

En ce qui concerne la Russie, j'ai pu constater aupr√®s de la conseill√®re nationale de s√©curit√©, Susan Rice, que le discours des √Čtats-Unis n'√©tait pas un discours de guerre froide¬†: tout en actant la fin de la tentative d'engager avec les Russes une relation privil√©gi√©e, les Am√©ricains souhaitent continuer √† travailler avec eux. Les provocations militaires permanentes des Russes, qu'il s'agisse du comportement de leurs avions ou de leurs sous-marins, nous renvoient cependant √† la guerre froide. Elles ont entra√ģn√© une r√©action de l'OTAN et le d√©ploiement par les Am√©ricains d'√©quipements suppl√©mentaires en Europe de l'Est. Tout peut changer avec Mme Clinton, mais l'√©largissement de l'OTAN reste exclu.

La vie politique am√©ricaine a beaucoup chang√©. Le syst√®me ne peut fonctionner que s'il y a des compromis entre les partis. Il y avait toujours des compromis car certains D√©mocrates conservateurs √©taient √† la droite de certains R√©publicains mod√©r√©s, mais cela n'existe plus. Tous les √©lus des √Čtats du Sud, qui fournissaient beaucoup de D√©mocrates conservateurs, sont d√©sormais R√©publicains. Le Congr√®s est donc profond√©ment divis√©. Il y a en outre une radicalisation, en particulier √† droite, des opinions publiques, ce qui entra√ģne un durcissement des d√©bats. Si Mme Clinton est √©lue, elle aura les m√™mes probl√®mes que le Pr√©sident actuel avec le Congr√®s¬†: lorsqu'un s√©nateur est tent√© par un compromis, un autre s√©nateur va √† la t√©l√©vision pour dire qu'il trahit les √©lecteurs. Ceci √©tait notamment tr√®s pratiqu√© par Ted Cruz lorsqu'il voyait un s√©nateur R√©publicain s'engager dans un compromis avec l'administration.

Aujourd'hui, la majorit√© des enfants qui naissent aux √Čtats-Unis ne sont plus caucasiens, mais appartiennent aux ¬ęminorit√©s¬Ľ. Les R√©publicains voient ainsi leur √©lectorat traditionnel - compos√© d'hommes blancs et de personnes √Ęg√©es - diminuer. En d√©finitive, les R√©publicains se sont coup√©s des ¬ęminorit√©s¬Ľ. Ils se sont coup√©s des hispaniques - alors m√™me que ceux-ci sont socialement tr√®s conservateurs - √† cause de leur position sur l'immigration. Ils se sont coup√© des femmes √† cause de leur position sur l'avortement. Enfin, ils se sont coup√©s des jeunes √† cause de leur position sur le mariage gay - cette question √©tant devenu un √©l√©ment d√©terminant pour les jeunes am√©ricains.

Malgré tout, les Républicains gagnent généralement les élections intermédiaires, parce que dans ces élections, les jeunes et les minorités ne votent pas. 65% des Américains votent pour les présidentiels. 30% des Américains votent lors des élections intermédiaires. C'est ce qui permet aux Républicains de les gagner.

Concernant les entreprises et l'Iran, l'administration Obama a tout intérêt à faciliter les choses. L'administration Obama sait que les modérés à Téhéran sont l'objet de critiques virulentes des radicaux. Obama ne voudrait pas que l'accord sur le nucléaire iranien, qui est une de ses principales réalisations en politique étrangère, soit remis en question.

On peut s'attendre √† ce qu'Obama reste silencieux √† propos d'Isra√ęl jusqu'aux √©lections de novembre, pour ne pas porter pr√©judice √† Hillary Clinton. Entre novembre et janvier - p√©riode o√Ļ l'administration Obama sera toujours en place, mais o√Ļ l'enjeu des √©lections aura disparu -, Obama, qui n'a pas l'habitude de m√Ęcher ses mots, r√®glera probablement ses comptes par un discours comme il sait en faire.

La coop√©ration en mati√®re de terrorisme se passe plut√īt bien. Les Am√©ricains consid√®rent qu'ils ont affaire en Europe aux services de renseignement Britannique, Fran√ßais, et, Allemand. Ils ont envoy√© des √©quipes pour essayer d'aider d'autres services. Sur la question des visas, il est vraisemblable que si un Europ√©en se trouvait impliqu√© dans un attentat terroriste visant les √Čtats-Unis, s'en serait fini de l'exemption de visas accord√©e aux ressortissants de l'Union europ√©enne. Certains s√©nateurs D√©mocrates se sont d√©j√† exprim√©s en ce sens lors des d√©bats qu'ont suscit√©s les attentats de Paris et de Bruxelles. L'√©change de fichiers entre services europ√©ens appara√ģt crucial de ce point de vue, pour √©viter qu'un individu fich√© en Europe n'entre aux √Čtats-Unis. De mani√®re g√©n√©rale, les Am√©ricains pointent principalement le probl√®me de l'√©change de fichiers avec les Europ√©ens.

(Interventions des parlementaires)

On a souvent sous-estim√©, du c√īt√© europ√©en, √† quel point Obama est un Asiatique. Il faut se rappeler qu'il est n√© √† Hawa√Į et qu'il a fait toute son √©cole primaire en Indon√©sie avant d'arriver sur le continent am√©ricain √† 15 ans. Il consid√®re d'une certaine mani√®re les Russes comme anachroniques - pour lui, les Russes m√®nent des guerres du XIXe si√®cle avec des moyens du XXe si√®cle au XXIe si√®cle. Son tropisme asiatique l'a men√© √† signer 11 trait√©s parall√®les avec les pays de la zone Pacifique, et un trait√©-chapeau avec l'ensemble de cette zone, le trait√© transpacifique. Obama est aussi fascin√© par les nouvelles technologies, il est tr√®s proche de la communaut√© high-tech californienne.

√Ä l'√©gard de la Chine, la politique des √Čtats-Unis ressemble beaucoup au ¬ęcontainment¬Ľ. La situation g√©opolitique de la Chine, h√©rit√© du fameux ¬ęsi√®cle d'humiliation¬Ľ contraste avec son rang de deuxi√®me puissance √©conomique mondiale. Cette √©quation implique une p√©riode d'ajustement, qui inqui√®te ces voisins. Les √Čtats-Unis ont d√©fini une ligne rouge au niveau des √ģlots de la Mer de Chine du Sud. Ces √ģlots sont revendiqu√©s par la Chine depuis 1930, √† l'√©poque √† l'√©gard de la France. Je mentionnerai l'alliance renforc√©e avec le Japon, ou encore le retour des soldats am√©ricains aux Philippines.

Fondamentalement, les √Čtats-Unis ne comprennent pas la multipolarit√©. Les √Čtats-Unis n'ont jamais √©t√© dans un monde multipolaire : en 1945, ils repr√©sentaient 60% du PIB mondial ; lors de la Guerre froide, ils constituaient le parapluie militaire et √©conomique de l'ensemble du monde occidental ; dans la d√©cennie post-Guerre froide, ils ont connu une forme d'h√©g√©monie. Par ailleurs, les √Čtats-Unis n'ont jamais √©t√© menac√©s par leurs voisins./.

(Source : site Internet du Sénat)

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