Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 24 juillet 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Nigeria/Lutte contre le terrorisme - Somalie/Assassinat d'une dĂ©putĂ©e - Soudan du Sud/Nomination de Mme Ellen Margrethe Løj au poste de reprĂ©sentante spĂ©ciale du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies - Canada - Russie/Ukraine - AlgĂ©rie - Disparition du vol Air AlgĂ©rie - Crash Ă  TaĂŻwan (Paris, 24/07/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Nigeria - Lutte contre le terrorisme (23 juillet 2014)

La France salue l'engagement pris hier à Niamey par les chefs d'État nigérian, camerounais, nigérien et tchadien de contribuer à une force multinationale afin de lutter contre la menace terroriste au Nigeria, dans le cadre de la commission du bassin du Lac Tchad.

Cet engagement s'inscrit dans la continuité du plan d'action défini lors du sommet de Paris du 17 mai pour la sécurité au Nigeria et de la réunion de suivi du 12 juin à Londres, visant à renforcer la coopération régionale dans la lutte contre le terrorisme dans le respect des droits de l'Homme.

Cette décision constitue une avancée positive dans la lutte contre le terrorisme, alors qu'une nouvelle attaque a fait hier de très nombreuses victimes à Kaduna, dans le nord du pays. Nous condamnons cet acte odieux et exprimons nos condoléances aux familles des victimes.

2 - Somalie - Assassinat d'une députée (Mogadiscio, 23 juillet 2014)

Nous avons appris avec tristesse l'assassinat hier à Mogadiscio de Mme Sado Ali Warsame, femme courageuse, députée et artiste engagée.

La France exprime ses condoléances à sa famille et à l'ensemble du peuple somalien.

Il ne saurait y avoir d'impunité pour ce crime, dont les responsables devront être traduits devant la justice.

La France se tient aux côtés du gouvernement fédéral somalien dans sa lutte contre le terrorisme et ses efforts de stabilisation du pays.

3 - Soudan du Sud - Nomination de Mme Ellen Margrethe Løj au poste de représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies (23 juillet 2014)

La France salue la nomination de Mme Ellen Margrethe Løj au poste de représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan du Sud et chef de la mission des Nations unies au Soudan du Sud.

Face à la crise politique, sécuritaire et humanitaire, le conseil de sécurité a assigné en mai trois priorités à cette mission : protection des civils, respect des droits de l'Homme et facilitation de l'aide humanitaire. Il reviendra à Mme Løj de mettre en oeuvre ce mandat pour contribuer à améliorer la situation des populations civiles et favoriser le retour à la paix.

Mme Løj pourra compter sur l'appui de la France dans l'accomplissement de sa mission.

4 - Canada

Q - Confirmez-vous la mise en vente des locaux du consulat général de France à Québec, c'est-à-dire la maison dite «Maison Kent» qui fait partie du patrimoine historique du Québec et où a été signée la capitulation de la ville de Québec aux Britanniques en 1759 ?

Le groupe France-Québec de l'Assemblée nationale a demandé au gouvernement français de renoncer à cette vente. Allez-vous suspendre cette vente après cette demande ?

R - La commission interministérielle chargée d'émettre un avis sur les opérations immobilières de l'État à l'étranger (CIME) a émis un avis favorable au principe de la vente des locaux du consulat général à Québec (25, rue Saint-Louis).

Ce bâtiment, qui nécessiterait des travaux considérables de sécurisation et de modernisation, n'est plus adapté aux missions d'un consulat général moderne. Il est peu fonctionnel et difficile d'accès.

Les élus locaux et la communauté française ont été informés de cette décision.

Un nouveau site a été identifié, dans un immeuble rénové proche du centre politique et administratif de Québec. Il répondrait aux normes d'accessibilité, de sécurité et de surface en vigueur.

5 - Russie - Ukraine

Q - Laurent Fabius a parlé ce matin sur France Inter à propos du Mistral d'une «règle qui est que les contrats signés et payés sont honorés». Dans quel document législatif ou réglementaire français pouvons-nous trouver cette «règle» ?

R - En matière internationale, comme en matière nationale, «le contrat est la loi des parties».

Q - Le ministère des affaires étrangères de Russie a déclaré que des étrangers prennent part aux combats dans l'est de l'Ukraine, parmi eux des citoyens français. Pouvez-vous confirmer cette information ?

R - Je ne suis pas en mesure de confirmer cette indication.

6 - Algérie

Q - Confirmez-vous avoir donné votre accord à une commission rogatoire d'Alger pour qu'un juge puisse entendre deux anciens de la DGSE dans le cadre de l'enquête algérienne sur la mort des moines de Tibhirine ? Confirmez-vous que cet accord va pouvoir débloquer la mission du juge français Trévidic ?

R - S'agissant de la question spécifique du déroulement d'une procédure judiciaire en cours, nous n'avons pas de commentaire à formuler.

7 - Disparition du vol Air Algérie

Q - Y a-t-il des Français dans l'avion d'Air Algérie qui a disparu ?

R - Nous sommes totalement mobilisés, tant à Paris au centre de crise qu'à Alger et Ouagadougou, où nos ambassades sont en contact permanent avec les autorités locales et la compagnie aérienne.

Nous procédons actuellement à des vérifications.

Une cellule de réponse téléphonique, au sein du centre de crise, est joignable au + 33 1 43 17 56 46.

8 - Crash Ă  TaĂŻwan

Q - Pouvez-vous nous donner des indications sur les deux étudiantes en médecine tuées dans le crash à Taiwan : étaient-elles résidentes dans ce pays ? En touristes ? Pouvez-vous nous donner leur âge et leur lieu d'attache en France, leurs noms, si c'est possible ?

R - Par respect pour les victimes et leurs familles, et afin de les protéger dans ce moment douloureux, nous ne communiquons aucun élément sur leur identité./.

Retour sommaire


2. Vol Air AlgĂ©rie - DĂ©claration Ă  la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 24/07/2014)

À l'heure où je vous parle, voici les informations précises dont nous disposons :

Le vol d'Air Algérie AH5017 a quitté Ouagadougou (Burkina Faso) pour Alger peu avant une heure ce matin.

Contact a été perdu avec cet avion, de type Mac Donnell-Douglas 83, à 1h47, peu après que l'équipage ait indiqué devoir sortir de sa route pour des raisons météorologiques. L'appareil survolait alors vraisemblablement l'espace aérien malien.

Malgré des recherches intensives, aucune trace de l'appareil n'a encore été retrouvée. L'avion s'est probablement écrasé. Les recherches se concentrent à ce stade sur une vaste zone du territoire malien, autour de la région de Gao.

D'après les dernières informations qui nous ont été communiquées par le gouvernement burkinabé, 51 Français se trouvaient à bord. Mon collègue algérien, avec qui je viens de parler, évoque une cinquantaine de Français, soit près de la moitié des passagers qui se trouvaient à bord, ainsi que 14 autres nationalités, dont l'équipage espagnol.

Comme toujours lorsqu'il s'agit d'un accident à l'étranger, la cellule de crise du Quai d'Orsay a été immédiatement activée. Elle assure la coordination de tous les ministères. Nous avons d'ores et déjà traité plus de 1000 appels. Les familles dont des membres se trouvent sur la liste des passagers qui nous a été remise par les autorités burkinabées sont en train d'être prévenues.

Nos ambassades à Ouagadougou, à Alger et à Bamako ont ouvert des cellules de réponse téléphonique.

Le ministère de la défense déploie ses moyens dans la région pour repérer des traces de l'appareil. Les Algériens et les forces des Nations unies font de même. Deux Mirage 2000 basés à Niamey effectuent depuis ce matin des vols de reconnaissance. Nos moyens militaires dans la région, y compris médicaux, sont mobilisés.

L'accueil des familles des passagers dont la destination finale était la France (Paris-CDG et Orly, Marseille, Lyon, Toulouse) a été mis en place. Il est assuré par des équipes du ministère de l'intérieur et d'ADP. Les préfectures des lieux de destination finale de nos compatriotes ont été mises en alerte.

Le président de la République, le Premier ministre et le secrétaire d'État aux transports sont mobilisés.

La secrétaire d'État, Fleur Pellerin, en charge des Français de l'étranger, se rend immédiatement dans la région afin d'être en contact avec les familles et le gouvernement burkinabé.

Le président de la République réunira à 17h les membres du gouvernement concernés.

Si cette catastrophe est confirmée, il s'agit d'une tragédie majeure qui frappe toute la nation et beaucoup d'autres. Nous nous tenons aux côtés des familles touchées par ce drame comme de toutes celles, si nombreuses, qui ont été récemment endeuillées./.

Retour sommaire


3. IsraĂ«l - Territoires palestiniens - Rencontre avec des ONG françaises prĂ©sentes Ă  Gaza - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 24/07/2014)

Le président de la République a reçu les organisations non gouvernementales françaises actives et mobilisées à Gaza. Elles lui ont fait part de la gravité de la situation, de l'ampleur des besoins humanitaires de la population civile palestinienne et de la difficulté par les humanitaires d'accéder aux victimes.

Le président de la République a annoncé que le gouvernement français allait débloquer une aide de 11 millions d'euros pour faire face à l'urgence (aide budgétaire et aide humanitaire). Il a annoncé la mise en place, par le ministère des affaires étrangères, d'un fonds dédié qui permettra de mutualiser les moyens des collectivités territoriales qui souhaitent se mobiliser et de l'État, autour de projets significatifs pour venir en soutien aux populations.

Cette aide d'urgence s'inscrit dans le cadre d'un engagement constant de la France aux côtés de l'Autorité palestinienne./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


4. IsraĂ«l - Territoires palestiniens - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

Q - Vous rentrez d'une tournée diplomatique en Égypte, en Jordanie, en Israël où vous avez plaidé pour l'instauration d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, en visite lui aussi en Israël, évoque ce matin des progrès dans les discussions. Quelles sont les chances ce matin d'obtenir un cessez-le-feu ?

R - Nous avons parlé hier au téléphone avec John Kerry. Je me suis également entretenu avec le ministre des affaires étrangères égyptien, la ministre de la justice israélienne, le ministre des affaires étrangères du Qatar. Il y a un certain nombre d'avancées mais il faut rester très prudent dans cette tragédie. La seule avancée qui comptera vraiment, c'est quand il y aura un cessez-le-feu.

Q - Qu'est-ce qui coince aujourd'hui encore ?

R - Je ne vais pas entrer dans tous les détails de la négociation mais disons que la difficulté est celle-ci : certains disent qu'il faut un cessez-le-feu immédiat et qu'ensuite il y aura une négociation sur le fond.

Q - Le Hamas dit qu'il faut d'abord lever le blocus sur la bande de Gaza, c'est le préalable.

R - Il faut d'abord une négociation et ensuite il y aura un cessez-le-feu. Il faut sortir évidemment de cette difficulté. Sur ma proposition et celle du ministre des affaires étrangères allemand, l'Europe a apporté un élément qui peut paraître latéral mais qui est assez important : l'un des éléments de la discussion, c'est qu'il faut desserrer le blocus de Gaza. Il faut donc que les Palestiniens puissent circuler davantage, en tout cas c'est notre conception. L'un des points de circulation, c'est entre Gaza et l'Égypte, le passage de Rafah.

Or, l'Europe a accepté de dire : «Si du côté égyptien c'est accepté, nous pouvons envisager d'envoyer des observateurs européens qui vont surveiller le passage entre Gaza et l'Égypte». Bien évidemment, cela suppose que ce soit l'Autorité palestinienne qui règle cela, mais il peut y avoir en plus des observateurs européens. Je pense que dans le débat, cela peut faciliter les choses, et c'est une des propositions que j'ai faites dans le voyage que j'ai terminé dimanche dernier.

Q - Par la voix de son Haut-commissaire aux droits de l'Homme, l'ONU a dénoncé hier le bombardement de populations civiles à Gaza et évoque même de possibles crimes de guerre commis par l'armée israélienne. Une mission doit aller enquêter sur place. Pourtant, hier soir, lors du vote au Conseil des droits de l'Homme, la France comme d'ailleurs la plupart de ses voisins européens, s'est abstenue. Pourquoi ?

R - Tous les Européens se sont abstenus. Le rapport de la Haut-commissaire Navi Pillay était un portrait sévère d'Israël, même s'il dénonçait aussi un certain nombre de violations du côté palestinien.

Q - Des exactions commises aussi par le Hamas, mais «crimes de guerre» est un mot qu'elle a utilisé pour le côté israélien.

R - «De possibles crimes de guerre» effectivement, et c'est évidemment une accusation très, très grave.

Q - Pourquoi la France s'est-elle abstenue ?

R - Pour deux raisons essentielles. Nous avons d'abord voulu respecter une unité européenne. Parmi les Européens, certains voulaient voter contre, d'autres voulaient voter pour et d'autres voulaient s'abstenir.

Q - Vous voulez dire que, pour une fois, l'Europe a parlé d'une seule voix mais c'était la position médiane, celle qu'on a du mal à lire ce matin.

R - C'est exact. D'autre part, on parle souvent de la constance ou de l'inconstance de la France mais nous avions pris la même position en 2009 lorsqu'un problème identique avait été posé.

Si je vais maintenant au fond du sujet et c'est celui-là qu'il faut traiter, il n'empêche que ce qui se passe aujourd'hui, ce que vous voyez sur votre télévision tous les jours, est absolument inacceptable. On vient de dépasser sept cents morts, dont plus de cent enfants du côté palestinien, il y a aussi des victimes du côté israélien.

C'est pourquoi, dès le début, la France a dit : «Objectif numéro un, cessez-le-feu». C'est la raison pour laquelle nous soutenons la proposition égyptienne de cessez-le-feu. Je me suis d'ailleurs entretenu par téléphone hier encore, et je le ferai de nouveau ce matin, avec mon collègue Sameh Choukri, ministre égyptien des affaires étrangères.

Q - Laurent Fabius, des ONG présentes sur place dans la bande de Gaza affirment que l'armée israélienne utilise des bombes à fléchettes qui provoquent des dégâts considérables. Elles frappent à l'aveugle puisque les fléchettes sont disséminées après l'explosion à plusieurs centaines de mètres. Vous en avez la confirmation ?

R - Non. Je n'ai pas eu d'élément de confirmation là-dessus mais j'ai effectivement vu cette imputation grave.

Q - Ces armes sont légales ?

R - Non, je ne pense pas.

Q - C'est ce que disait, semble-t-il, le porte-parole de l'armée israélienne dans le reportage de notre envoyé spécial tout à l'heure qui reconnaissait implicitement avoir utilisé ces armes. Si c'est le cas ? Si elles sont utilisées ?

R - De toutes les manières, on peut à l'infini discuter du type d'arme mais ce qui compte, tragiquement, c'est que ces armes tuent.

Q - Et tuent en majorité des civils.

R - Exactement. C'est la raison pour laquelle il faut arrĂŞter - arrĂŞter ! - ce qui est attaques et massacres.

(...)

Q - Pourquoi la Russie est menacée de sanctions pour avoir annexé la Crimée, mais jamais l'État d'Israël ?

R - Ce sont deux questions différentes, dans les faits et dans le droit. Au Nations unies, en 1948, des décisions ont été prises. Ensuite, il y a eu plusieurs conflits, vous les avez rappelés. Aujourd'hui, la position internationale et celle de la France, est de dire qu'il faut des négociations pour arriver à la paix, mais la paix n'est possible que si, d'une part, Israël est assuré de sa sécurité et si, d'autre part, les Palestiniens sont respectés dans leur droit.

Les Palestiniens ont droit à un État, c'est la raison pour laquelle la France, depuis très longtemps - c'est la position qui est maintenue -, milite - avec d'autres bien sûr - pour qu'il y ait deux États et que ces populations puissent vivre côte à côte avec Jérusalem comme capitale. Cela passe par des négociations. Il y en a eu dans le passé récent, avec les Américains en soutien ; malheureusement, cela n'a pas débouché. Une fois que le cessez-le-feu, je l'espère le plus vite possible, va avoir lieu, il faudra reprendre ces discussions. Il n'y a pas de solution durable au problème gravissime israélo-palestinien si on ne reconnaît pas la sécurité d'Israël et si on ne reconnaît pas les droits des Palestiniens dans deux États.

Voilà la position de la France, qui est une position internationale, acceptée très largement et défendue encore très récemment par le secrétaire général des Nations unies. C'est une position constante avec laquelle il ne faut pas transiger.

Q - Ne pensez-vous pas qu'il faudrait que la France, avec l'Europe, reconnaisse sans délai l'État palestinien sous les frontières de 1967 ?

R - Sur la question de la reconnaissance de l'État palestinien, qui se pose depuis déjà pas mal de temps, nous souhaitons évidemment qu'il y ait une négociation et que les deux parties arrivent à se mettre d'accord dans le cadre d'un accord international. Si ce n'est pas possible, il est évident que cette question se posera.

Il y a quelques mois, lorsque la question s'est posée aux Nations unies, de savoir si oui ou non on admettrait la Palestine comme État observateur non membre des Nations unies, la France a pris très courageusement position et cette position a été suivie par beaucoup d'autres.

La préférence absolue est donc la négociation qui permette aux uns et aux autres de se mettre d'accord, mais si durablement cette négociation n'aboutit pas, la question que vous posez va évidemment être de plus en plus soulevée. (...)./.

Retour sommaire


5. Irak - ChrĂ©tiens d'Orient - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Je voudrais qu'on dise un mot de ce qui se passe en ce moment en Irak.

R - Avec les chrétiens d'Orient. C'est extrêmement grave.

Q - Oui, avec les chrétiens d'Orient menacés par les djihadistes qui contrôlent le nord du pays qu'ils ont transformé en califat, notamment à Mossoul la deuxième ville d'Irak. Des milliers de chrétiens ont été chassés de la ville ; ils devaient se convertir. Que peut faire la France ?

R - C'est une situation effrayante. D'une part, la France a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies qui a fait lundi une déclaration très ferme pour condamner cette attitude. La France a envoyé une aide financière, plusieurs centaines de milliers d'euros, pour permettre d'accueillir les uns et les autres. Plus largement, la France par sa prise de position condamne en Irak et ailleurs ces exactions qui sont absolument inadmissibles.

Q - Aucun contact possible avec les djihadistes pour négocier le sort de ces milliers de chrétiens ?

R - En ce qui concerne ce groupe terroriste EIIL, ce sont les plus barbares des barbares.

Q - On ne parle pas avec eux, on ne négocie pas avec eux évidemment.

R - Non. Rappelez-vous qu'ils se sont séparés d'Al Qaïda parce qu'ils trouvaient Al Qaïda trop mou ! S'il y a une hiérarchie dans le terrorisme, ce sont les pires. Cela veut dire qu'en Irak, il faut absolument lutter contre ce groupe terroriste et en même temps essayer d'éviter - je dis bien essayer d'éviter - qu'il y ait un éclatement de l'Irak qui ne ferait que jouer le jeu de ces terroristes (...)./.

Retour sommaire


6. Russie - Navires Mistral - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Autre dossier dans lequel vous êtes engagé ces dernières semaines, c'est bien sûr l'Ukraine. L'Europe devrait accroître aujourd'hui les sanctions économiques contre la Russie. Avec le feu vert de la France ?

R - Oui. Il y a une réunion ce matin et cet après-midi où quatre nouveaux secteurs sont envisagés : le secteur de la finance, le secteur de la défense, le secteur des nouvelles technologies et le secteur des biens qu'on dit à usage dual, c'est-à-dire civil et militaire. Depuis le début, nous disons, vis-à-vis de la Russie, à la fois dialogue et en même temps fermeté et pression pour que la Russie évolue dans son comportement. Cela n'a pas été le cas ces dernières semaines, il y a eu une tragédie épouvantable avec l'attentat du MH17. Nous avons donc estimé qu'il fallait exercer une pression supplémentaire : c'est la liste de ces sanctions possibles qui doit être arrêtée aujourd'hui.

Q - La France est pointée du doigt ces derniers jours par les États-Unis mais aussi par nos voisins anglais pour la vente des deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie. «Ce serait impensable chez nous» vous a même tancé le Premier ministre britannique David Cameron. Que lui répondez-vous ?

R - Je lui ai répondu aimablement que ce serait par exemple impensable en France que la France attaque un autre pays en disant qu'il y a des armes de destruction massive alors qu'il n'y en a pas. Ça, ce serait impensable en France.

Q - Référence à l'Irak ?

R - Vous m'avez compris. Ce que je veux dire, c'est que les Britanniques sont nos amis et nous avons depuis longtemps de très bonnes relations avec eux, mais il faut tout de même que les choses soient mises sur la table. En ce qui concerne le contrat Mistral, ils ont été signés en 2011.

Q - Sous Nicolas Sarkozy.

R - Oui. Ce n'est pas le gouvernement actuel mais peu importe. Il y a une règle qui est que les contrats signés et payés soient honorés. Il faut bien sûr qu'il y ait une pression supplémentaire sur la Russie, on en parlait, mais il faut que chacun fasse sa part. C'est la raison pour laquelle on peut donc par exemple s'interroger sur le fait qu'il y ait tellement d'oligarques russes à Londres, de même que vos confrères journalistes ont publié hier, je crois, une liste disant que les Britanniques encore aujourd'hui avaient deux cent cinquante autorisations d'exportation d'armes vis-à-vis de la Russie. Je n'ai pas vérifié.

Q - Liste issue d'un rapport parlementaire britannique publié hier...

R - Oui. Je ne l'ai pas vérifié mais je pense que c'est tout à fait exact. Je crois qu'il faut regarder ça posément, il faut que l'ensemble des pays d'Europe, sans entrer dans je ne sais quelle «guéguerre» interne, fasse le maximum pour que la pression soit exercée, afin que là aussi le conflit cesse.

Q - Sur cette affaire du Mistral, François Hollande a déjà prévenu que le premier navire sera bien livré mais il a émis un doute sur la livraison du second, en fonction du comportement de Vladimir Poutine. Le Mistral est une arme de guerre ou pas pour vous ?

R - C'est un porte-hélicoptères qui n'est pas armé au moment où il est livré, mais qui peut l'être ensuite.

Q - Quatre cent cinquante hommes, seize hélicoptères, soixante blindés, un hôpital sur place. Cela s'appelle une arme de guerre, non ?

R - Cela peut devenir une arme de guerre, mais parlons de choses concrètes. La Russie produit chaque année à peu près cinquante milliards d'euros d'armes. Cinquante milliards, c'est beaucoup. Elle exporte vers l'Europe trois milliards deux cent millions d'euros. Elle importe d'Europe en moyenne trois cents millions d'euros. N'inversons donc pas les proportions.

Q - Ce n'est pas un navire de plus qui va tout changer, c'est ce que vous dites.

R - Je dis que la Russie est une grande productrice d'armes et je dis aussi, ce qui est incontestable, que le missile qui a touché tragiquement et provoqué la destruction de l'avion malaisien était un missile qui n'était pas exporté de tel ou tel pays, mais qui était un missile russe. Je pense que sur ces affaires très délicates, je le reconnais, il faut respecter un principe que respectent tous les pays. C'est-à-dire que les contrats passés sont honorés et payés et en même temps, il faut éviter que l'Europe se déchire. (...)./.

Retour sommaire


7. Ukraine - Vol Malaysia Airlines - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Les Pays-Bas et la communauté internationale peuvent-ils espérer voir les responsables des 298 du vol MH17 de la Malaysia Airlines traduits devant une cour pénale internationale ? Peut-on parler d'un simple accident quand on utilise un matériel de guerre aussi complexe ? Et, enfin, cet acte ne pourrait-il pas tout simplement être qualifié d'acte de guerre ?

R - Ce n'est pas un accident, c'est un attentat, vous avez raison de le souligner.

Avant-hier, nous avons eu une réunion avec notre collègue, le ministre des affaires étrangères des Pays-Bas. Ce sont pourtant des professionnels qui étaient là, mais il y avait vraiment une émotion terrible, lorsqu'il nous a raconté que, pendant plusieurs jours, on a empêché les enquêteurs de venir sur le terrain mais qu'on a pu voir quand même qu'un certain nombre de corps étaient détroussés, que des bagues de certaines personnes étaient enlevées de leur doigt - c'est mon collègue, ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, qui me l'a dit.

À l'issue de cette réunion, et c'était évidemment notre intention initiale, nous avons exigé que l'enquête soit poursuivie et que les responsables, puisqu'il y en a, soient traduits devant les tribunaux. Malheureusement, cela prend du temps et il y a des gens qui freinent, qui bloquent, et c'est toute la question de l'attitude russe. Nous exigeons que les coupables soient découverts et punis parce que c'est un attentat, parce que c'est un crime./.

Retour sommaire


8. RĂ©publique centrafricaine - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 24/07/2014)

Je salue la signature à Brazzaville de l'accord de cessation des hostilités. Je rends hommage à la détermination de la présidente Samba-Panza, ainsi qu'à l'action du président Denis Sassou Nguesso, avec l'ensemble des dirigeants de la région, l'Union africaine et l'ONU.

Les participants au forum de Brazzaville ont pris l'engagement de renoncer Ă  la violence, pour faire repartir la RĂ©publique centrafricaine sur de nouvelles bases. Cet engagement doit ĂŞtre soutenu.

Il s'agit maintenant de répondre aux attentes de la population centrafricaine, en respectant la parole donnée et en mettant en oeuvre le processus de désarmement. Il s'agit aussi, pour toutes les parties prenantes, de poursuivre le dialogue politique et d'assurer le succès de la transition devant conduire aux élections./.

Retour sommaire


9. TaĂŻwan - Accident d'avion - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 23/07/2014)

Nous avons appris avec tristesse l'accident d'avion qui, lors d'un atterrissage en urgence à Taïwan, a coûté la vie à de nombreux passagers.

Deux de nos compatriotes se trouvaient à bord et sont décédées dans cet accident. C'est avec une profonde émotion que nous présentons nos condoléances à leurs familles. Le ministère des affaires étrangères et du développement international est mobilisé et en relation étroite avec les autorités locales et les familles.

Dans ces circonstances douloureuses, la France assure de sa solidarité l'ensemble des proches des victimes de cette tragédie./.

Retour sommaire


10. AntisĂ©mitisme - RĂ©ponse de M. Manuel Valls, Premier ministre, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 23/07/2014)

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, Monsieur le Président Le Roux, manifester est un droit, une liberté. Manifester pour la paix au Proche-Orient ; manifester pour dire son horreur de la guerre, son émotion, son indignation face à la souffrance des populations civiles palestiniennes de Gaza - comment, d'ailleurs, ne pas partager cette émotion devant les images insupportables de femmes et d'enfants victimes des bombardements ? Manifester aussi sa solidarité à l'égard des Israéliens qui vivent la peur au ventre à cause des centaines de roquettes tirées par le Hamas ; manifester pour crier son horreur, son émotion - les mots sont faibles - face aux 170.000 morts en Syrie depuis trois ans, face au sort réservé aux minorités en Syrie ou en Irak, ou à celui des chrétiens d'Orient que, bien sûr, nous n'oublions pas.

Ce sont autant d'occasions de manifester. Manifester est donc un droit, parfois un devoir. C'est une liberté, et c'est l'esprit de la République. Mais, et je fais là écho à la question de Jérôme Chartier, manifester pour s'en prendre à des synagogues ou des commerces tenus par des Juifs, cela ne porte qu'un seul nom : l'antisémitisme. Et l'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Cela appelait une réponse claire et ferme. Au vu des incidents graves et des actes antisémites constatés lors de la manifestation du 13 juillet à Paris, au vu des informations que le ministre de l'intérieur détenait et des risques encourus, le préfet de police a décidé d'interdire la manifestation du 19 juillet à Paris. Cette décision s'imposait.

Au vu d'éléments très précis en sa possession, le maire de Sarcelles, votre collègue François Pupponi, a demandé l'interdiction de la manifestation prévue dans sa ville le 20 juillet. Il a eu raison lui aussi, les faits le démontrent. M. Chartier rappelait ce qui s'est produit à Sarcelles : des commerces, une pharmacie, des épiceries ont été incendiés parce qu'ils étaient prétendument tenus par des commerçants juifs. On a également essayé de lancer des cocktails Molotov sur des synagogues, sans y parvenir parce que les forces de l'ordre étaient présentes. Cela s'appelle, je le redis, des actes antisémites. C'est insupportable, c'est intolérable et malheureusement, le hasard faisait que cela s'est déroulé le jour où nous commémorions la rafle du Vél d'Hiv. Il faut nommer ces actes, il faut en appeler à la conscience : ce sont des actes antisémites.

Mesdames et Messieurs les Députés, comme l'a rappelé le ministre de l'intérieur, sur les soixante-six manifestations qui ont eu lieu ces derniers jours, quatre ont été interdites, pour des motifs parfaitement légitimes. Le ministre de l'intérieur, dont je salue l'action, fera à chaque fois analyser ces manifestations par les préfets avec la plus grande attention. Rien ne peut justifier la violence à l'égard des forces de l'ordre, dont je veux saluer l'engagement, le professionnalisme et le sang-froid.

Rien ne peut justifier l'antisémitisme. Je veux aussi m'adresser à nos compatriotes, aux juifs de France qui vivent avec la peur, qui ont non seulement connu les morsures de l'histoire, mais aussi les événements de ces dernières années : l'assassinat d'Ilan Halimi, les attentats de Toulouse et de Montauban et l'attentat récent commis par un Français au musée juif de Bruxelles. Chacun doit être pleinement conscient ici que dans ces manifestations ou sur les réseaux sociaux, des groupes radicaux, extrémistes, abritent derrière la mise en cause d'Israël et un antisionisme de façade leur antisémitisme et la haine des Juifs. Il faut aussi le dire, et dire la vérité à ceux qui peuvent se retrouver dans ces manifestations.

Je l'ai dit ici même il y a quelques mois : il existe un nouvel antisémitisme qui s'est banalisé. Il mêle cause palestinienne, djihadisme, détestation d'Israël et haine de la France et de ses valeurs. Ce nouvel antisémitisme reprend la thèse ignoble, insupportable, du complot juif. Ces mots, les slogans entendus ont fait mal. Ils blessent la République, ils blessent la France, et ils peuvent tuer. Il faut regarder cette vérité en face.

Même si tout cela est le fait d'une minorité, et je ne fais pas d'amalgame entre cette minorité et ceux qui manifestent, quand on se rend à une manifestation qui a été interdite parce que, quelques jours auparavant, des slogans et des actes antisémites ont été constatés, et que l'on est un élu de la République, un maire d'arrondissement, on fait attention où l'on met les pieds et avec qui l'on manifeste !

J'en appelle donc au rassemblement et à l'esprit de responsabilité. Je salue tous ceux, dans la majorité comme dans l'opposition, qui se sont exprimés avec gravité et sens de l'État, en particulier trois anciens premiers ministres : Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et François Fillon. Ce n'est pas l'interdiction des manifestations qui a provoqué la violence, mais ce sont les violences qui ont justifié l'interdiction. Face à la violence, face à l'antisémitisme, on ne se laisse pas aller à je ne sais quel doute ou je ne sais quel questionnement.

Oui, vous avez raison, on peut débattre de tout, on peut mettre en cause la politique du gouvernement, on peut interroger le gouvernement, et Laurent Fabius répondra dans un moment sur la position de la France au Proche-Orient. Mais on ne peut pas, face à l'antisémitisme, au racisme et à la violence, se laisser aller. On tient, avec fermeté, avec gravité.

Les Français attendent que nous agissions dans l'unité. Il n'y a pas, en France, plusieurs communautés qui se divisent en fonction de ce qui se passe à l'extérieur. Il n'y a qu'une seule communauté : la communauté nationale, qui doit se retrouver autour de notre devise, donc de la fraternité - qui doit se retrouver autour de l'idéal de la France !./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

Retour sommaire


11. AntisĂ©mitisme - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Je souhaite exprimer mon sentiment de française et de juive. J'accuse les pouvoirs publics d'aveuglement qui n'est que le masque d'une impuissance totale face à la montée en puissance de l'islamisme en France. Aujourd'hui, tout le monde est rassuré, mais comment peut-on être soulagé aujourd'hui devant la prétendue absence de débordement dans les manifestations d'hier, quand se déploie des caricatures antisémites et des drapeaux du djihad ? Comment peut-on être rassuré quand toutes les analyses, en particulier médiatiques, relèvent du simplisme le plus caricatural, le pathos le plus épidermique. Je me trouvais hier dans un magasin dans lequel trois vendeurs musulmans se laissaient aller publiquement à leur haine du juif, réclamant «des kalachnikovs pour tous les tuer». Quelle a été ma réaction Monsieur Fabius ? Eh bien, j'ai fui. Pourquoi ? Parce que j'ai peur. Je n'ai jamais projeté d'aller vivre en Israël mais j'accuse aujourd'hui le pays où je vis. Je suis écoeurée, je veux pouvoir vivre en France sans avoir peur et cela ne pourra se faire qu'avec la lucidité et la fermeté, en actes, des pouvoirs publics, notamment de la justice.

R - Je ne peux qu'être totalement d'accord avec votre analyse et votre émotion. Les juifs en France ne doivent pas avoir peur. Or beaucoup d'entre eux, vous venez de l'exprimer, ont peur à cause de toute une série de manifestations d'antisémitisme. Par rapport à cela, il faut une fermeté absolue. C'est fermeté doit être bien sûr dans les propos des uns et des autres mais elle doit être, vous avez raison, dans les démarches et les actes de justice. L'antisémitisme n'est pas une opinion mais un délit et ce délit doit être condamné. Là-dessus, François Hollande, Manuel Valls et moi-même, ainsi que tous les membres du gouvernement, sommes d'une fermeté absolue. L'antisémitisme ne doit pas avoir droit de cité. (...)./.

Retour sommaire


12. Diplomatie Ă©conomique - Vente d'armes - Areva - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Quelle est votre position sur les ventes d'armes à des pays qui clairement viole le droit international, sur la circulation des produits qui proviennent des colonies israéliennes qui viole, là aussi, le droit international et sur les activités d'Areva au Niger ?

R - Le Niger est un pays malheureusement très pauvre et une de ses ressources est l'uranium. Areva exploite ces gisements d'uranium. Si Areva n'exploitait pas l'uranium et si le Niger se retrouvait dans l'impossibilité de l'exploiter, non seulement cela ne l'enrichirait pas, mais cela appauvrirait le pays. Cela étant dit, les conditions d'exploitation doivent évidemment être justes. Le gouvernement a favorisé un accord qui est d'ailleurs intervenu il y a quelques semaines.

En ce qui concerne les ventes d'armes, nous ne cachons rien. La France est un producteur d'armement comme d'ailleurs la plupart des grands pays dans le monde et des conditions précises sont fixées pour ces ventes d'armes. Il y a des commissions qui donnent ou pas les autorisations d'exportation. Il y a des choses qui sont interdites et la France évidemment respectent ces règles que d'autres ne respectent pas.

Sur la diplomatie en général, qu'ai-je à l'esprit ? La France est un pays qui a un rayonnement international important parce qu'il est membre permanent du conseil de sécurité, parce que nous avons notre tradition d'aide au développement, parce que nous avons notre langue française.

Mais j'ai considéré - et je pense que tout le monde partage ce sentiment - que, si économiquement nous nous affaiblissions, très vite notre influence politique, notre rayonnement s'affaiblirait aussi. J'ai donc demandé aux ambassadeurs de développer, autant qu'ils le peuvent - cela passe par les entreprises - à la fois les exportations de la France vers d'autres pays, les investissements de l'étranger vers le nôtre et le développement du tourisme étranger, cela va dans le même sens.

L'Ă©conomie ne s'oppose pas Ă  la politique, l'Ă©conomie doit respecter un certain nombre de principes et doit permettre de renforcer notre politique. (...)./.

Retour sommaire


13. Diplomatie Ă©conomique - Tourisme - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - C'est une bonne idée d'ouvrir les musées sept jours sur sept ?

R - Cela va être une nécessité. J'irai même plus loin, il y a une telle augmentation du nombre de touristes - qui est très souhaitable puisque cela représente beaucoup d'emplois non délocalisables et beaucoup de recettes - qu'on peut se demander si, à terme, on ne va pas être obligé d'ouvrir pas mal de sites la nuit ; avec Aurélie Filippetti, nous lançons une étude sur cette question.

Les chiffres sont les suivants : vous avez actuellement un milliard de touristes qui voyagent dans le monde. Dans 25 ans, il y en aura deux milliards, c'est-à-dire un milliard de touristes supplémentaires, et il faut espérer que beaucoup vont se rendre en France parce que cela nous rapporte beaucoup d'emplois et beaucoup de devises. Pour cela, il faut diversifier la fréquentation hors de Paris car il y a beaucoup de régions magnifiques en France. Nous avons de nombreux musées dans toute la France, et il faut les rendre plus accessibles. Cela pose toute une série de problèmes, mais un gouvernement doit anticiper.

Q - A-t-on déjà les premières tendances touristiques pour l'été 2014 ?

R - Nous avons les chiffres de 2013 qui montrent une progression du nombre de touristes étrangers et une augmentation des nuitées : nous sommes passés de 83 millions à 84,7 millions. Il y a donc une certaine progression. Pour 2014, j'espère que ce sera bien, malgré un temps défavorable. (...)./.

Retour sommaire


14. Aide publique au dĂ©veloppement - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «France Inter» (Paris, 24/07/2014)

(...)

Q - Sur la baisse du budget d'aide au développement, moins 10 % l'an dernier, moins 2,5 % cette année dans le budget que la France consacre au développement...

R - Il y a des restrictions budgétaires qui touchent la totalité des départements, et cela touche également le département des affaires étrangères malheureusement. À l'intérieur de ces baisses, nous essayons au maximum de préserver l'aide au développement parce qu'elle est, effectivement, très importante. Ce n'est pas toujours compris par nos compatriotes mais c'est quelque chose à quoi nous tenons. (...)./.

Retour sommaire