Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 16 août 2017


Sommaire



1. Point de presse - Nigéria/Niger/Attaques de Boko Haram - Iran/Peine de mort - Iran - Situation de M. Loup Bureau - Migrations/Sahel - Syrie (Paris, 16/08/2017)

Au point de presse de ce jour, le porte-parolat a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Nigéria - Niger - Attaques de Boko Haram (15 août 2017)

La France condamne avec la plus grande fermeté les attentats perpétrés le 15 août à l'entrée d'un camp de déplacés dans la ville de Mandarari, dans l'État de Borno (Nigéria), qui ont fait une trentaine de morts et plus de quatre-vingt blessés.

Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

La France saisit cette occasion pour dénoncer les autres exactions commises par Boko Haram autour du Lac Tchad, notamment les assassinats et enlèvements perpétrés début juillet à Nguéléwa (Niger). Nous saluons l'engagement des forces de sécurité des pays de la région pour lutter contre le terrorisme dans le bassin du Lac Tchad et renouvelons notre soutien à la force multinationale mixte, créée à l'initiative du Cameroun, du Niger, du Nigéria et du Tchad.

2 - Iran - Peine de mort

La France condamne l'exécution en Iran, le 10 août 2017, d'Alireza Tajiki, mineur au moment des faits et lors de son jugement, et exprime ses préoccupations quant aux informations faisant état de l'exécution imminente de Mehdi Bohlouli, condamné à la peine capitale alors qu'il était lui aussi mineur.

Cette exécution est contraire aux engagements internationaux auxquels l'Iran a lui-même souscrit, en particulier la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Elle intervient par ailleurs à rebours de l'évolution positive constatée en matière de droits de l'Homme en Iran, avec, notamment, l'adoption par le parlement iranien d'une loi réduisant le champ de la peine de mort le 13 août.

La France rappelle son opposition constante à la peine de mort, partout dans le monde et en toutes circonstances. Elle encourage l'Iran à poursuivre ses efforts et à instaurer un moratoire en vue d'une abolition.

3 - Iran

Q - Pensez-vous que l'Iran prend le monde en otage avec l'accord nucléaire?

R - L'accord de Vienne a été conclu entre les E3/UE+3 et l'Iran le 14 juillet 2015. Il est en oeuvre depuis le 16 janvier 2016. Il s'agit d'un accord passé au nom de l'ensemble de la communauté internationale, qui n'a de sens que si toutes les parties mettent rigoureusement en oeuvre ses dispositions.

Depuis janvier 2016, la mise en oeuvre a été globalement satisfaisante mais a pu donner lieu à quelques difficultés, dont certaines apparaissent dans les rapports de l'agence internationale pour l'énergie atomique, comme les dépassements de la limitation des stocks d'eau lourde iranienne. Ces problèmes de mise en oeuvre ont toujours été résolus par la discussion, dans le cadre des réunions de la commission conjointe, qui rassemblent l'ensemble des parties à l'accord sur une base trimestrielle.

Cela implique néanmoins le maintien de la plus grande vigilance, qui a été la ligne constante de la France depuis janvier 2016. Nous comptons sur une attitude responsable de Téhéran et, par conséquent, sur la stricte mise en oeuvre de sa part de l'accord conclu avec le groupe E3/UE+3.

Le président de la République a réaffirmé cette ligne en rappelant l'importance de l'accord de Vienne, que la France ne souhaite ni rouvrir, ni renégocier, mais mettre en oeuvre de manière stricte et rigoureuse, en particulier sur son volet nucléaire. La France y a été très attentive depuis 18 mois, et continuera de l'être pendant toute sa durée.

4 - Situation de M. Loup Bureau

Q - Est-ce que l'avocat de Loup Bureau ainsi que les agents consulaires français ont eu accès à M. Bureau comme le prévoient les conventions internationales auxquelles la Turquie est partie ?

R - Les agents de notre consulat ont rendu une première visite consulaire à M. Bureau le 11 août. Ils ont pu s'entretenir longuement avec lui, notamment sur ses conditions de détention, et lui remettre une aide financière pour ses besoins en prison. Des livres et des magazines ont été également donnés aux services pénitentiaires pour remise à notre compatriote. Nous avons également rappelé aux autorités turques l'importance de ne pas le transférer dans une autre ville ou dans une autre prison et de lui permettre d'avoir des contacts téléphoniques plus fréquents avec sa famille. Par ailleurs, M. Bureau est autorisé par les autorités turques à rencontrer son avocat plusieurs fois par semaine.

5 - Migrations - Sahel

Q - Est-ce que les hotspots qui ont été proposés par la France pour trier les réfugiés au Niger ou peut-être le Tchad vont se concrétiser ?

R - Je vous renvoie aux déclarations du ministre à l'Assemblée nationale le 9 août dernier.

6 - Syrie

Q - Quand est-ce que le groupe de contact sur la Syrie qui a été proposé par la France va se réunir ?

R - M. Jean-Yves Le Drian a rappelé qu'une solution politique en Syrie devait associer «avec le soutien des Nations unies, les membres permanents du Conseil de sécurité et les pays de la région». Nous poursuivons nos discussions avec nos partenaires en ce sens, en coordination avec l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies./.

Retour sommaire


2. Turquie - Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec M. Recep Tayyip Erdogan, président de la République de Turquie - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 15/08/2017)

Le président de la République s'est entretenu par téléphone avec Recep Tayyip Erdogan. Sur la Syrie, le chef de l'État a rappelé son souhait de poursuivre le dialogue très étroit mis en place avec la Turquie sur la lutte contre le terrorisme et la recherche d'une solution politique inclusive pour la paix, la stabilité et l'unité du pays. Le président de la République a également exprimé sa préoccupation sur la situation de Loup Bureau, étudiant en journalisme détenu en Turquie et son souhait que notre compatriote puisse être de retour en France le plus vite possible. Sur ce dernier sujet, les deux dirigeants ont convenu de se reparler la semaine prochaine./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. Libye - Entretien téléphonique de M. Emmanuel Macron, président de la République, avec le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 14/08/2017)

Le président de la République s'est entretenu aujourd'hui par téléphone avec le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour la Libye, pour effectuer un point de situation sur la tournée qu'effectue Ghassan Salamé en Libye et dans la région. Il a souligné l'importance de maintenir la dynamique créée par la réunion de la Celle-Saint-Cloud, sous l'égide des Nations unies, et par la feuille de route adoptée à cette occasion. Le chef de l'État a salué le travail déterminant d'ores et déjà engagé par Ghassan Salamé pour que toutes les parties s'approprient cette feuille de route dans le cadre d'un processus inclusif. La France maintiendra ses efforts dans les jours et les mois à venir, aux côtés des Nations Unies et avec l'ensemble de ses partenaires dont l'Italie, pour la paix en Libye./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


4. Mali - Attaques contre la MINUSMA - Déclaration du porte-parolat du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (Paris, 15/08/2017)

La France condamne avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées hier contre la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, qui a coûté la vie à plusieurs personnes, dont un casque bleu togolais et un soldat malien.

Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes et aux autorités maliennes et togolaises et souhaitons un prompt rétablissement aux blessés.

La France réaffirme son plein soutien à l'action de la MINUSMA et sa détermination à lutter contre le terrorisme et pour la stabilité du Mali et du Sahel, avec ses partenaires de la région./.

Retour sommaire


5. Sierra Leone - Glissement de terrain - Déclaration du porte-parolat du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (Paris, 14/08/2017)

La France a appris avec une grande tristesse le glissement de terrain ayant emporté ce matin plusieurs centaines d'habitants de la ville de Regent.

Elle exprime ses sincères condoléances à la Sierra Leone, aux familles comme aux proches des victimes, et présente ses voeux de rétablissement aux blessés./.

Retour sommaire


6. Nations unies - Déploiement de la force anti-terroriste G5 Sahel - Conseil de sécurité - Intervention de la représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies (New York, 15/08/2017)

Je remercie le sous-secrétaire général Wane pour sa présentation très éclairante.

Je souhaite débuter mon intervention en réitérant la pleine solidarité de la France avec le Burkina Faso au lendemain de l'attaque terroriste qui a frappé un restaurant de Ouagadougou et occasionné la mort de 18 personnes. Nos condoléances vont également à la MINUSMA, au Mali et au Togo suite à la mort hier d'un casque bleu togolais et de 7 personnels civils et militaires maliens lors d'attaques contre des camps de la mission des Nations unies. Ces attaques nous rappellent tristement l'intensité de la menace terroriste à laquelle font aujourd'hui face les pays du Sahel, ainsi que la nécessité d'y apporter une réponse urgente.

La menace terroriste au Sahel met non seulement en péril la stabilité des pays de la région, mais elle a également des incidences directes sur la sécurité de nombreux autres pays, en Europe et dans le reste du monde. Elle appelle une mobilisation de la communauté internationale dans son ensemble, en soutien aux efforts des pays de la région et en n'omettant aucune dimension de cette crise. La France prend toute sa part à cet effort, à travers le déploiement sur le terrain des 4000 soldats de l'opération Barkhane, qui mènent des actions contre-terroristes dans la région à la demande et en soutien aux pays du Sahel ; 20 d'entre eux y ont donné leur vie. Le président Macron a également lancé, dans le cadre de sa participation au sommet du G5 le 2 juillet dernier à Bamako, une Alliance pour le Sahel, dont l'objet est de s'attaquer aux racines profondes du terrorisme dans les pays du G5, en y menant notamment des projets dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture et des énergies renouvelables comme le Sous-secrétaire général Wane vient de nous le rappeler. En outre, la situation sécuritaire au Sahel reste directement liée à la situation au Mali. Il est à cet égard crucial que les parties maliennes accélèrent la mise en oeuvre concrète de l'accord de paix et de réconciliation, sans lequel il n'y aura pas de paix et de stabilité durables au Sahel.

Monsieur le Président, le mode d'action particulier des groupes terroristes au Sahel, qui se jouent des frontières et se nourrissent des trafics en tout genre, notamment de drogue et d'êtres humains, nous impose d'apporter une réponse concertée et globale. C'est précisément cet objectif qu'ont recherché les pays du G5, en établissant leur Force conjointe destinée à apporter une réponse coordonnée sur les plans à la fois sécuritaire mais également économique, humanitaire et du développement. Leur initiative a été endossée par l'Union africaine ainsi que par ce Conseil, qui y a apporté un soutien politique clair et unanime dans le cadre de la résolution 2359. La mise en place de cette force conjointe est par ailleurs pleinement en phase, il faut le souligner, avec les réflexions de ce Conseil en faveur de la mise en place d'une architecture de sécurité africaine associant les Nations unies et les organisations régionale et sous-régionales dans le cadre d'une démarche partenariale.

La Force conjointe du G5-Sahel accompagnera et complétera en effet les efforts de la MINUSMA au Mali, en menant des activités contre-terroristes dans la région du Sahel tout entière, qui ne relèvent pas du mandat et du champ géographique de la MINUSMA. Elle permettra ainsi à la MINUSMA de se concentrer sur ses tâches prioritaires et facilitera la mise en oeuvre plus rapide de son mandat. Elle agira également en coordination avec les forces françaises de l'opération Barkhane, qui soutient sa montée en puissance. Il importera que les actions de la force conjointe s'inscrivent dans le plein respect de droit international humanitaire et des droits de l'Homme, comme cela est prévu dans son concept d'opération.

Monsieur le Président, nous nous félicitons de la détermination et des actions concrètes entreprises par les pays du G5 afin opérationnaliser la Force conjointe dans les meilleurs délais, avec pour objectif de mener d'ici au mois d'octobre de premières opérations dans la zone prioritaire du Liptako-Gourma, à la frontière conjointe entre le Mali, Niger et Burkina Faso. La finalisation dans les jours à venir des travaux de construction du Poste de commandement central de Sévaré est le premier pas important en ce sens. L'engagement des pays du G5 à consacrer chacun 10 millions de dollars par an à titre national au financement de la force, en plus de leurs contributions actuelles au maintien de la paix dans la région, témoigne également du fort niveau de priorité qu'ils accordent à ce dossier. Nous devons les soutenir dans ces efforts.

Monsieur le président, s'il revient en effet aux pays du G5-Sahel d'assurer un rôle de premier plan dans la mise en place de la Force conjointe, notre conviction est également que la communauté internationale a la responsabilité morale et politique d'apporter un soutien aux États africains qui s'unissent à l'échelle régionale pour lutter contre le terrorisme, en déployant des moyens complémentaires à ceux des opérations de maintien de la paix mises en place par ce Conseil. Nous nous réjouissons ainsi que l'Union européenne ait d'ores et déjà annoncé une contribution de 50 millions d'euros, qui devra notamment financer le fonctionnement des structures de commandement de la Force conjointe. La France apporte également son concours à titre national, via une aide matérielle conséquente à hauteur de plus de 8 millions d'euros, en complément de l'engagement de Barkhane sur le terrain.

Enfin, nous continuerons, en lien avec nos partenaires européens, à nous tenir aux côtés des pays du G5 pour mobiliser le soutien des bailleurs internationaux. Après un premier exercice en juin dernier à Paris, l'Allemagne et la France tiendront le 18 septembre prochain, à Berlin, un second atelier visant à identifier les contributions des pays européens afin d'accompagner le déploiement initial de la force. La tenue en décembre prochain de la conférence des donateurs évoquée dans le cadre de la résolution 2359 permettra en outre de réunir les contributions de l'ensemble de la communauté internationale, avec pour objectif cette fois-ci de permettre à la force conjointe d'atteindre sa pleine capacité opérationnelle d'ici à mars prochain.

Pour autant, la France demeure convaincue, aux côtés d'une large majorité des membres de ce Conseil, que le soutien des Nations unies à la Force conjointe du G5 demeure essentiel. Il s'agit tout d'abord, sur le plan politique, d'une caution irremplaçable qui apporte légitimité et légalité internationales aux efforts louables menés par les pays du G5 pour lutter contre le terrorisme et ses racines profondes. C'est aussi, sur le plan opérationnel, le meilleur moyen de garantir : premièrement, la bonne coordination des acteurs impliqués dans la lutte contre le terrorisme dans la région ; deuxièmement, une utilisation optimale des ressources que nous y consacrons ; troisièmement, l'indispensable soutien logistique, médical et mécanique que les forces internationales pourront apporter à la Force conjointe dans cet environnement complexe. Nous devons bien être conscients que sans ce soutien, les opérations de la Force conjointe n'auront qu'une portée limitée.

Enfin, la France continuera de se mobiliser en faveur d'un suivi attentif par le Conseil de ce dossier, qui engage notre sécurité à tous. Dans cet esprit, nous proposerons prochainement la tenue d'une mission du conseil de sécurité au Sahel, dont le but sera, notamment, de faire le point sur le degré d'opérationnalisation de la force conjointe sur le terrain. Le ministre français de l'Europe et des affaires étrangères présidera également, lors de la présidence française du Conseil, une réunion ministérielle sur le G5 Sahel qui sera l'occasion de poursuivre ensemble la réflexion sur les modalités de soutien de la communauté internationale à la force conjointe, dans le prolongement de la résolution 2359 et du rapport du Secrétaire général attendu au courant du mois d'octobre.

Monsieur le Président,

Les États du G5 ont courageusement pris leurs responsabilités en unissant leurs efforts dans le combat contre le terrorisme, qui nous concerne tous. La mise en place de leur force conjointe suscite de fortes attentes parmi les gouvernements et les populations de la région, qui veulent l'éradication du terrorisme et de ses causes. Notre responsabilité au conseil de sécurité est de ne pas décevoir ces attentes, et d'être à la hauteur de l'engagement du G5 et de nos prérogatives en faveur du maintien de la paix et de la sécurité internationales. Vous pouvez compter sur la détermination et la mobilisation continues de la France en ce sens. Merci./.

Retour sommaire