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Déclarations officielles de politique étrangère du 21 avril 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Afghanistan/D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international - Isra√ęl/Territoires palestiniens/Attaque terroriste √† J√©rusalem - Chine/Diplomatie √©conomique/Signature d'un contrat pour le nouveau tramway de Shanghai par Alstom - Somalie/Fin du moratoire sur la peine de mort au Somaliland (Paris, 21/04/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Afghanistan - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères et du développement international

700 personnels civils de recrutement local, pour la plupart afghans, ont travaillé avec les forces françaises présentes en Afghanistan de 2002 à 2014. Une commission a été mise en place pour étudier leurs demandes d'installation en France. 258 dossiers ont été déposés. À ce jour, 73 demandes de visa ont été acceptées, concernant 179 personnes.

La France a des devoirs envers ses personnels ; elle ne s'y dérobera pas. Si le fait d'avoir travaillé avec la France ne peut ouvrir un droit absolu à s'y installer, la réalité du risque encouru doit évidemment être prise en compte.

C'est pourquoi les demandes en attente seront traitées dans un délai de deux mois. Les dossiers ayant donné lieu à un refus feront l'objet d'un réexamen dans le même délai, sur simple demande des intéressés.

2 - Isra√ęl/Territoires palestiniens - Attaque terroriste √† J√©rusalem (15 avril 2015)

La France a pris connaissance des d√©clarations de la police isra√©lienne concluant au caract√®re terroriste de l'attaque qui a co√Ľt√© la vie √† J√©rusalem, le 15 avril, √† un de nos compatriotes, M. Shalom Yohai Cherki. Elle condamne cet attentat.

Nous exprimons nos condoléances à la famille de notre compatriote.

Toute la lumi√®re doit √™tre faite sur ce l√Ęche assassinat, dont les responsables doivent √™tre traduits devant la justice.

3 - Chine - Diplomatie économique - Signature d'un contrat pour le nouveau tramway de Shanghai par Alstom (21 avril 2015)

Alstom et son partenaire, Shanghai Rail Traffic Equipment Development (SRTED), viennent de remporter un contrat pour la fourniture de 30 tramways destin√©s aux deux premi√®res lignes de la ville de Songjiang (p√©riph√©rie de Shanghai). Il s'agit de la premi√®re installation du tramway ¬ęCitadis¬Ľ en Chine.

Ce contrat prévoit une forte participation des sites industriels français et mobilisera notamment les équipes d'Alstom à La Rochelle, au Creusot, à Villeurbanne et à Tarbes.

D'un montant de 72 millions d'euros, le projet vise √† dynamiser la vie urbaine, tout en participant √† la protection de l'environnement. Il t√©moigne de la vitalit√© de notre coop√©ration bilat√©rale apr√®s la neuvi√®me visite en Chine de M. Laurent Fabius en janvier 2015 et les visites d'√Čtat des pr√©sidents fran√ßais et chinois en 2013 et 2014.

4 - Somalie - Fin du moratoire sur la peine de mort au Somaliland (13 avril 2015)

La France déplore la reprise des exécutions au Somaliland, après un moratoire observé depuis près de neuf ans.

Nous rappelons notre opposition déterminée et constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.

La France encourage le Somaliland à rétablir un moratoire sur les exécutions, première étape vers une abolition complète./.

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2. Indon√©sie - Situation de M. Atlaoui - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, et de son homologue cubain - Propos de M. Fabius (Paris, 21/04/2015)

(...)

Q - Concernant l'affaire du ressortissant français, M. Atlaoui, qui en Indonésie a eu son dernier recours contre la peine de mort rejeté, que peut-on faire ?

R - Je ne sais pas si mon coll√®gue cubain est au courant de cette tragique affaire. Un Fran√ßais, M. Atlaoui, est d√©tenu en Indon√©sie. Il a √©t√© condamn√© √† mort et le gouvernement indon√©sien menace de l'ex√©cuter. Nous avons multipli√© les recours √† l'intention du gouvernement indon√©sien ; le pr√©sident fran√ßais a lui-m√™me joint le pr√©sident indon√©sien. J'ai moi-m√™me convoqu√© √† deux reprises l'ambassadeur d'Indon√©sie en France et nous sommes bien s√Ľr en contact avec la famille de M. Atlaoui.

Nous en parlions encore, ce matin, avec la ministre australienne, puisqu'il y a aussi des Australiens qui sont dans la même situation.

Vous savez que la France est totalement opposée à la peine de mort, que ce soit en France ou à l'étranger.

Ce qui nous choque dans cette affaire, c'est bien √©videmment le sort de notre compatriote mais aussi le fait que tout le monde reconna√ģt qu'il n'a jou√© qu'un r√īle mineur, √† supposer qu'il ait jou√© un r√īle, et que ceux qui dirigeaient cette affaire de drogue - et qui eux sont des Indon√©siens - n'ont pas √©t√© condamn√©s √† la m√™me peine.

Le procès en première instance s'est déroulé dans des conditions extrêmement discutables, puisqu'il n'y avait même pas d'interprète. La procédure elle-même donne lieu à beaucoup de contestations. Nous continuons à espérer un geste de clémence mais nous sommes extrêmement préoccupés par cette décision et cette menace qui, si elle était mise à exécution, aurait évidemment des conséquences sur les relations entre ce pays et la France. (...)./.

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3. Afghanistan - D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Paris, 21/04/2015)

700 personnels civils de recrutement local, pour la plupart afghans, ont travaillé avec les forces françaises présentes en Afghanistan de 2002 à 2014. Une commission a été mise en place pour étudier leurs demandes d'installation en France. 258 dossiers ont été déposés. À ce jour, 73 demandes de visa ont été acceptées, concernant 179 personnes.

La France a des devoirs envers ses personnels ; elle ne s'y dérobera pas. Si le fait d'avoir travaillé avec la France ne peut ouvrir un droit absolu à s'y installer, la réalité du risque encouru doit évidemment être prise en compte.

C'est pourquoi les demandes en attente seront traitées dans un délai de deux mois. Les dossiers ayant donné lieu à un refus feront l'objet d'un réexamen dans le même délai, sur simple demande des intéressés./.

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4. Cuba - Climat - Relations bilat√©rales - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, et de son homologue cubain - Propos de M. Fabius (Paris, 21/04/2015)

Mesdames et Messieurs,

Merci beaucoup de votre présence. Nous allons, avec mon collègue ministre des relations extérieures de Cuba et moi-même, vous dire quelques mots.

J'ai le plaisir d'accueillir aujourd'hui le ministre des relations extérieures de Cuba, M. Bruno Rodriguez Parrilla.

C'est notre 3ème rencontre en un an mais c'est sa première visite officielle en Europe et il a décidé de la commencer par la France.

C'est une visite que nous considérons comme particulièrement importante et c'est la raison pour laquelle le président de la République a souhaité recevoir ce matin mon collègue et ami, le ministre des finances également et juste après cet entretien et ce déjeuner que nous avons pris ensemble, le ministre des relations extérieures de Cuba sera reçu par le Premier ministre.

J'avais été le premier ministre français des affaires étrangères à me rendre à Cuba depuis plus de 30 ans, c'était il y a quelques mois. J'avais eu le plaisir et l'honneur d'être reçu par le président cubain et nous avions cher collègue, tous deux exprimé le souhait d'un renforcement des relations entre nos deux pays. Aujourd'hui, c'est le cas. Nous travaillons à renforcer ce partenariat par un développement de notre dialogue dans tous les domaines sur lesquels nous sommes à la fois très en phase et très clairs ; s'il y a des difficultés, nous les abordons ensemble mais nous avons pu au cours de ce déjeuner faire un tour d'horizon à la fois des relations bilatérales et des relations internationales.

Nous entretenons avec Cuba un dialogue confiant et partageons les mêmes préoccupations sur de nombreux dossiers. Nous sommes, les uns et les autres, très attachés à notre indépendance et à une volonté d'agir concrètement pour rechercher des solutions aux défis internationaux.

Nous coopérons dans toute une série de domaines. Par exemple, - cela n'est pas tellement connu alors que c'est très important - nos équipes médicales en Guinée pour la lutte contre Ebola qui en est une illustration.

Nos relations économiques, universitaires et culturelles sont aussi en plein développement. Nous y attachons une grande importance, comme le rappellera le président de la République lors de sa visite des nouveaux locaux magnifiques de l'Alliance française de la Havane. D'ailleurs, j'ai dit en plaisantant à mon collègue cubain que nous aurions un développement exponentiel de l'apprentissage du français. Le développement de nos relations est aussi un moyen de nouer un dialogue plus étroit avec la société civile cubaine et, de façon générale, entre Cuba, l'Europe et la France.

Nos √©changes ont naturellement port√© en priorit√© sur la pr√©paration du d√©placement historique - je crois que le mot pour une fois n'est pas galvaud√© - qu'effectuera dans trois semaines le pr√©sident de la R√©publique √† Cuba. Ce sera en effet le premier d√©placement d'un chef d'√Čtat fran√ßais dans ce pays. Cette visite s'inscrit dans un contexte positif √† plusieurs √©gards :

Elle fait partie de la strat√©gie initi√©e par notre gouvernement, depuis 2012, de renforcement de la pr√©sence fran√ßaise en Am√©rique latine et dans les Cara√Įbes. Cuba est un pays-cl√© de cette zone avec lequel nous souhaitons d√©velopper un partenariat privil√©gi√©.

Cette visite intervient alors que Cuba est en voie d'√™tre pleinement r√©int√©gr√© dans son environnement international apr√®s la rencontre historique entre les pr√©sidents Castro et Obama. La France, qui a jou√© √† cet √©gard un r√īle pionnier que nos amis cubains veulent bien reconna√ģtre, notamment en poussant √† la reprise du dialogue entre l'UE et Cuba, se r√©jouit de cette √©volution qui va dans le sens de l'Histoire et qui est b√©n√©fique pour tous les peuples.

Ce nouveau contexte l√®ve un certain nombre d'obstacles aux √©changes √©conomiques, humains et culturels avec Cuba. La France s'est constamment oppos√©e √† l'embargo am√©ricain, elle encourage les √Čtats-Unis √† lever rapidement l'embargo. Il en va de m√™me pour le retrait de Cuba de la liste am√©ricaine des √Čtats qui soutiennent le terrorisme, qui rel√®ve de l'√©vidence.

Enfin, cette visite a lieu en amont de la Conf√©rence de Paris sur le Climat, la fameuse COP21. Je suis convaincu, nous en avons parl√©, que Cuba, dont l'influence est reconnue, peut jouer et va jouer un r√īle tr√®s positif pour faire de la conf√©rence de Paris un succ√®s. Nous avons d√©cid√© avec mon coll√®gue Bruno Rodriguez d'y travailler ¬ęmain dans la main¬Ľ./.

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5. Australie - Relations bilat√©rales - Crises internationales - Climat - D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† l'issue de l'entretien avec son homologue australienne - Propos de M. Fabius (Paris, 21/04/2015)

Mesdames et Messieurs,

Merci d'être là. Je voudrais dire le plaisir que c'est pour moi de recevoir Mme Julie Bishop qui est la ministre des affaires étrangères d'Australie et qui effectue, en tout cas depuis quelques temps, sa deuxième visite en France.

Nos discussions extrêmement chaleureuses ont confirmé la qualité excellente, j'insiste sur l'excellence, des relations entre nos deux pays qui sont liés par une vieille amitié et en particulier depuis trois ans, par un partenariat stratégique.

Cette visite s'inscrit dans une phase tout √† fait remarquable pour la relation franco-australienne avec d'une part, la visite d'√Čtat du pr√©sident fran√ßais en Australie en novembre 2014. J'accompagnais le pr√©sident fran√ßais et je me rappelle √† quel point nous avions √©t√© tr√®s bien accueillis, c'√©tait d'ailleurs une premi√®re historique. La pr√©sidence de l'Australie au conseil de s√©curit√© en 2013 et 2014 et sa pr√©sidence du G20 ont permis de renforcer le dialogue entre nos deux pays sur les questions internationales.

Les commémorations de la Grande guerre sont l'occasion de rendre hommage aux 45.000 soldats australiens qui sont tombés sur notre sol pendant la première guerre mondiale. Cette question de la mémoire partagée entre nos deux nations et d'une communauté de valeurs démocratiques est très importante et l'actualité vient tous les jours nous rappeler l'importance de ces valeurs communes.

Dans quelques jours, le Premier ministre M. Tony Abbott sera ici et nous l'accueillerons avec un très grand plaisir.

L'ensemble de ces relations permet de progresser dans la mise en oeuvre concrète de notre partenariat stratégique. J'insisterai sur trois ou quatre points :

D'abord le renforcement de notre dialogue sur les crises internationales o√Ļ nous partageons en g√©n√©ral les m√™mes analyses, qu'il s'agisse de la situation irakienne, du dossier de l'Iran - puisque Mme Bishop s'est rendue il y a quelques jours en Iran -, de la situation g√©n√©rale vis-√†-vis du terrorisme et nous avons marqu√© notre souhait de renforcer notre coop√©ration face au terrorisme, puisque nous luttons ensemble contre la menace djihado-terroriste.

Nous avons aussi souligné notre coopération en matière de défense, à la fois sur le plan opérationnel et sur le plan des équipements. Nous sommes très honorés que la France ait été sélectionnée parmi les trois pays autorisé à soumettre une offre pour le renouvellement de la flotte de sous-marins australiens. Je suis convaincu que l'offre française répondra aux besoins des forces armées australiennes et nous donnerons le meilleur, Chère Julia.

Nous devons aussi intensifier nos √©changes sur le climat. Nous avons salu√© la contribution de l'Australie au Green Climate Fund et Mme Bishop m'a confirm√© la volont√© de son pays de contribuer au succ√®s de la conf√©rence de Paris. Nous ambassadeurs du c√īt√© australien et du c√īt√© fran√ßais ainsi que Mme Laurence Tubiana vont travailler ensemble et l'Australie aura l'occasion de publier sa contribution lorsqu'elle le jugera utile, d'ici quelques semaines ou quelques mois.

Sur le plan économique, nous avons un potentiel énorme en commun. Et j'ai demandé à Ross McInnes, qui est ici, qui est le patron de Safran - qui est un magnifique groupe -, d'être mon représentant spécial. Et je ne doute pas que M. McInnes, qui d'ailleurs a la double nationalité - il est à la fois Français et Australien -, est le meilleur symbole pour développer nos relations économiques sur lesquelles à la fois l'Australie et la France comptent énormément.

Je rappelle que l'Australie est notre cinquième excédent commercial mondial mais nous pouvons encore faire mieux.
Nous sommes ouverts - je l'ai dit à ma collègue et amie - à la perspective d'un accord de libre-échange parce qu'il y a ce dossier sur la table avec l'Europe.

Nous souhaitons le d√©veloppement des investissements crois√©s et il y a des opportunit√©s, √† la fois en Australie et en France, consid√©rables. La visite de M. Abbott sera certainement l'occasion d'encore mieux faire conna√ģtre la France aux investisseurs australiens.

Voilà en quelques mots - j'ai certainement oublié des aspects importants - le sens de cette visite. J'accueille Julie Bishop avec un grand plaisir et je dois dire qu'au-delà des relations excellentes entre l'Australie et la France, c'est un plaisir personnel particulier de travailler avec une collègue de grand talent./.

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6. Migrants en M√©diterran√©e - R√©union d'urgence du Conseil de l'Union europ√©enne - D√©clarations de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, et de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'int√©rieur, √† l'issue du Conseil extraordinaire de l'UE (Luxembourg, 20/04/2015)

Laurent Fabius - La situation en Méditerranée est d'une gravité exceptionnelle et c'est le sens de la réunion qui vient de se tenir, à laquelle participaient les ministres de l'intérieur, donc Bernard Cazeneuve, et les ministres des affaires étrangères, donc moi-même.

La cause de ce drame terrible, vous la connaissez, c'est à la fois l'addition de la misère, du trafic, et de l'anarchie politique dans un certain nombre de pays. Et donc le commissaire Avramopoulos a proposé dix mesures qui, nous l'espérons, vont être efficaces, même si, il faut bien le dire, les choses sont extrêmement difficiles.

Parmi ces mesures, il faut appeler l'attention en particulier sur la volonté de détruire, je dis bien détruire, les bateaux des trafiquants, bien évidemment avant que ces bateaux n'accueillent les migrants, et sur une lutte - d'une manière générale - extrêmement déterminée contre le trafic, parce que les passeurs, et ceux qui les financent, sont des criminels.

Il y a aussi des mesures en direction des pays d'origine, parce que ces pauvres gens ne viennent pas de nulle part. Il faut donc avoir des contacts, des actions, avec les pays d'origine. Et puis, quand ils arrivent sur le sol européen, il faut faire la distinction entre ceux qui ont droit à l'asile - et bien évidemment il faut que cet asile soit organisé dans les différents pays - et puis ceux qui viennent pour des raisons économiques et qui ne pourront pas rester sur le sol européen.

En tout cas, la détermination de la France est totale. Nous ne pouvons pas accepter que la Méditerranée se transforme en cimetière ; c'est le sens des actions que nous menons.

Q - Est ce qu'il ne faut pas renforcer les moyens de Frontex et de la Mission Triton en particulier ?

R - Bernard Cazeneuve - Oui, en complément de ce que vient d'indiquer le ministre des affaires étrangères et pour répondre à votre question, nous avons essentiellement insisté sur quatre points.

D'abord, non pas la n√©cessit√© de changer la nature de Triton, qui est √† la fois une op√©ration de contr√īle des fronti√®res ext√©rieures de l'Union europ√©enne, en m√™me temps qu'elle est une op√©ration qui doit conduire les moyens mobilis√©s √† intervenir en cas de naufrage, parce que le droit de la Mer s'applique √† Triton. Donc il faut plus de moyens, plus de bateaux. Nous avons d'ailleurs tous converg√© pour indiquer que cette allocation de moyens suppl√©mentaires √©tait n√©cessaire pour sauver des vies et pour permettre aussi √† Triton de remplir le mandat qui lui a √©t√© donn√© √† l'origine.

Deuxi√®me point, comme le disait Laurent Fabius √† l'instant, il faut lutter de fa√ßon tr√®s forte contre les fili√®res de l'immigration irr√©guli√®re. Il y a une convention internationale qui a √©t√© prise √† Palerme en 2000, √† laquelle a √©t√© ajout√© un protocole concernant la traite des √™tres humains. Il faut que cette convention soit appliqu√©e de fa√ßon rigoureuse dans tous les √Čtats, et qu'il y ait une v√©ritable p√©nalisation dans tous les √Čtats du comportement de ceux qui se livrent √† cette traite des √™tres humains, o√Ļ qu'ils se trouvent, et √ßa c'est un √©l√©ment tr√®s important, par-del√† la coop√©ration entre les services de police et de renseignement pour atteindre l'objectif de la lutte contre les fili√®res de l'immigration irr√©guli√®re.

Pour ce qui concerne la destruction des bateaux, elle sera d'autant plus efficace que nous aurons un véritable travail de coopération entre les polices pour identifier les filières de l'immigration irrégulière et procéder à la destruction de ces bateaux.

Troisièmement, il y a un travail à faire à partir des pays de provenance. Plus nous parviendrons à nous organiser, notamment avec l'OIM, pour faire en sorte que ceux qui relèvent de l'asile soient identifiés dès les pays de provenance, moins il y aura d'espace laissé à ces acteurs de l'immigration irrégulière, et plus nous sécuriserons le déplacement de ceux qui relèvent de l'asile en Europe - et ça c'est un point très important sur lequel nous sommes également tombés d'accord.

Enfin, il faut aussi muscler Triton et y adjoindre √©ventuellement des moyens des diff√©rents √Čtats en Italie, l√† o√Ļ arrivent les migrants, pour pouvoir distinguer, comme le disait Laurent Fabius √† l'instant, ceux qui rel√®vent de l'asile et ceux qui rel√®vent de l'immigration irr√©guli√®re. Si nous voulons bien accueillir les migrants qui rel√®vent de l'asile, il faut pouvoir, dans le cadre d'accords tr√®s √©troits avec les pays notamment d'Afrique de l'Ouest, organiser dans des conditions humaines le retour de ceux qui rel√®vent de l'immigration irr√©guli√®re.

R - Laurent Fabius - Vous le voyez, c'est une s√©rie de dix d√©cisions tout √† fait pr√©cises. Maintenant il ne faut pas se cacher qu'elles seront √† la fois d'application ferme mais difficile, parce que c'est un probl√®me extraordinairement difficile, et on aura besoin de toute l'√©nergie des chefs d'√Čtat et de gouvernement, qui vont se r√©unir jeudi, pour donner encore plus d'impulsions politiques √† ces d√©cisions que nous avons prises aujourd'hui.

Merci./.

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7. Migrants en M√©diterran√©e - R√©union d'urgence du Conseil de l'Union europ√©enne - D√©claration de M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, √† son arriv√©e au Conseil affaires √©trang√®res (Luxembourg, 20/04/2015)

Le nouveau drame qui s'est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche en Méditerranée sera suivi d'autres si des décisions fortes ne sont pas prises. Nous avons donc demandé que puisse se tenir une réunion des ministres des affaires étrangères et des ministres de l'intérieur en toute urgence. Cette réunion se tiendra cet après-midi. Il y a urgence car la situation aujourd'hui est celle de ces trafics, de ces nouveaux esclavagistes qui mettent sur des bateaux des milliers de migrants, d'hommes, de femmes, et qui les livrent à la mort en Méditerranée.

Des actions doivent être prises, en particulier dans quatre domaines.

Le premier, c'est le renforcement du contr√īle de la fronti√®re, et donc de l'op√©ration qui est men√©e sous l'√©gide de Frontex, qui aujourd'hui n'est pas dimensionn√©e de fa√ßon suffisante. Il y a aujourd'hui 21 bateaux, 4 avions, 1 h√©licopt√®re. Il faut des moyens beaucoup plus cons√©quents pour cette op√©ration de contr√īle de la fronti√®re, de surveillance de la fronti√®re et aussi d'organisation, quand c'est n√©cessaire, du secours aux personnes qui sont menac√©es de naufrage.

Deuxi√®mement, une lutte r√©solue doit √™tre men√©e contre les fili√®res qui organisent le trafic d'√™tres humains, en particulier dans les pays de transit, mais aussi les pays de provenance, et donc une coop√©ration judiciaire, polici√®re renforc√©e. Il y a des points qui sont sensibles, notamment la r√©gion d'Agadez et la r√©gion d'Arlit, au Niger, qui dont devenus des points de passage pour ces fili√®res. Bien s√Ľr il y a aussi la situation en Libye, qui fera l'objet de la r√©union des ministres des affaires √©trang√®res ce matin. Il est indispensable qu'en Libye il y ait un soutien international tr√®s fort √† la constitution d'un seul gouvernement, autour d'un seul Parlement, et que soit restitu√©e une autorit√© l√©gitime sur l'ensemble du territoire, et que soient combattus les groupes de trafiquants qui sont souvent aussi des groupes terroristes qui tentent d'utiliser le chaos en Libye pour constituer un sanctuaire terroriste ; on le voit encore avec les massacres de populations, notamment de minorit√©s chr√©tiennes.

Enfin, il y a un combat qui doit être mené d'une façon générale pour la stabilité, pour le développement des pays de la rive Sud de la Méditerranée. La coopération doit être renforcée avec la Tunisie, qui a réussi sa transition démocratique mais qui est confrontée aujourd'hui à d'immenses défis économiques et de développement. C'est le cas aussi avec les pays de la Corne de l'Afrique, avec les pays d'Afrique de l'Ouest, qui sont touchés aujourd'hui par les violences conduites par Boko Haram.

Il faut donc que la politique extérieure, la politique de sécurité commune de l'UE soit tournée vers son voisinage Sud. Il y a évidemment des problèmes de stabilité à l'Est. Nous nous sommes occupés de ces problèmes avec l'accord de Minsk sur la situation en Ukraine. Mais le Sud est une priorité aussi importante pour la sécurité et la stabilité de l'Europe.

Enfin, il faut que la politique d'immigration et d'asile commune soit mise en place au niveau europ√©en, et qu'il n'y ait pas aujourd'hui seulement 5 pays qui accueillent les r√©fugi√©s politiques. Il faut √™tre en mesure d'identifier ceux des migrants qui rel√®vent de la protection internationale, et donc du droit d'asile, qui doivent faire l'objet d'une r√©partition pour √™tre accueillis dans l'ensemble des 28 √Čtats membres de l'UE, non pas simplement dans quelques-uns, et faire la distinction avec ceux qui rel√®vent d'une migration √©conomique, ill√©gale, parce qu'il y a ces trafiquants, ces fili√®res criminelles, qui abusent de leur situation, et organiser les conditions de leur retour dans leurs pays, et de leur r√©insertion dans leurs pays.

C'est donc un agenda extrêmement important, extrêmement lourd qui est à l'ordre du jour de ces réunions : la réunion de cet après-midi des ministres des affaires étrangères et des ministres de l'intérieur, qui portera donc spécifiquement sur la réponse d'urgence à apporter à la situation en Méditerranée et sur une stratégie globale en matière de politique d'immigration et d'asile, et la réunion de ce matin qui portera notamment sur la situation en Libye, qui est devenue aujourd'hui un véritable trou noir.

Il y a une urgence humanitaire contre des bandes criminelles mafieuses, terroristes, qui mettent en danger la vie de milliers de personnes - et qui ont d√©j√† provoqu√© √† travers ces naufrages la mort de plusieurs milliers de personnes. Et puis, il y a aussi une urgence politique, parce que c'est un enjeu aussi de cr√©dibilit√© pour l'UE. Il faut montrer la capacit√© collective par de nouvelles mesures fortes pour apporter une r√©ponse claire et solide en termes de surveillance et de contr√īle de la fronti√®re, en termes de lutte contre les bandes criminelles qui organisent ces trafics et de combat de ces fili√®res criminelles en termes humanitaires et de stabilit√©, de s√©curit√© et de d√©veloppement./.

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8. R√©publique centrafricaine - R√©unions du FMI et de la Banque mondiale - Intervention de Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat charg√©e du d√©veloppement et de la Francophonie (Washington, 17/04/2015)

Je remercie la Banque mondiale d'avoir bien voulu organiser cette année avec nous une table ronde sur la situation en République centrafricaine, comme nous l'avions fait l'an dernier. La table ronde de 2014 avait permis une première mobilisation de la communauté internationale en faveur de la République centrafricaine et en appui aux efforts du gouvernement de transition, qui venait alors d'être nommé.

Il s'agit aujourd'hui d'√™tre coh√©rent avec nos engagements d'hier, de maintenir, et si possible accro√ģtre, nos appuis √† la R√©publique centrafricaine, de rester mobilis√©s. Il s'agit de continuer √† accompagner les actions de stabilisation, de r√©tablissement de l'administration et des services publics essentiels, afin de permettre au processus de transition de parvenir √† son terme et de remettre en marche les moteurs du d√©veloppement √©conomique et social.

Je souhaite adresser des remerciements particuliers aux deux représentants parmi nous de la République centrafricaine, Mme Limbio, ministre du plan de l'économie et de la coopération internationale, et M. Kadre, ministre des finances et du budget, qui vont vous exposer dans un instant les efforts déjà déployés et les premiers fruits de leur travail.

Le 11 mars dernier, à Bangui, la présidente de transition, Mme Catherine Samba-Panza a eu l'occasion d'exposer aux ambassadeurs du Conseil de sécurité des Nations unies les avancées et les efforts conduits par les autorités centrafricaines, ainsi que leurs attentes vis-à-vis de la communauté internationale. Avant-hier, Mme Limbio et M. Kadré ont dressé un état des lieux du processus de transition et des besoins persistants en RCA devant le comité d'aide au développement de l'OCDE, que préside M. Erik Solheim, dont je salue la présence parmi nous aujourd'hui.

De ces diff√©rentes interventions, il ressort clairement que le gouvernement de transition a enclench√© les r√©formes n√©cessaires, m√™me si les d√©fis restent immenses, pour aller jusqu'aux √©lections, r√©tablir l'√Čtat de droit et les fonctions gouvernementales de base, redresser les finances publiques, engager le processus de d√©sarmement-d√©mobilisation-r√©int√©gration et relancer l'√©conomie.

Ces efforts ont besoin d'√™tre encore soutenus et nous devons encourager de fa√ßon d√©termin√©e les processus positifs en cours afin qu'il permette un redressement dans la dur√©e de la R√©publique centrafricaine. Dans l'imm√©diat, trois urgences sont devant nous qui menacent le processus de transition et de stabilisation, si elles ne sont pas trait√©es rapidement. Elles se traduisent par trois besoins imm√©diats, trois priorit√©s (¬ęgaps¬Ľ) de financement auxquels il convient de r√©pondre :

- humanitaire : le plan de réponse humanitaire de l'ONU pour la République centrafricaine en 2015, évalué à 615 millions de dollars, n'est financé aujourd'hui qu'à hauteur de 11% ;

- √©lectoral : alors que le processus de pr√©paration des op√©rations √©lectorales a commenc√© gr√Ęce aux premi√®res contributions re√ßues, notamment de l'Union europ√©enne, dans le fonds (basket fund) √©lections g√©r√© par le PNUD, ce dernier accuse encore un d√©ficit de 16 millions de dollars. Ce serait un comble que le processus √©lectoral en RCA soit frein√© par des questions de logistique alors qu'il constitue une √©tape essentielle de la sortie de crise ;

- budg√©taire : notre r√©union doit permettre d'√©changer plus pr√©cis√©ment sur ce sujet. Des efforts importants de redressement des finances publiques sont en cours, qui doivent, eux aussi, √™tre encourag√©s par la communaut√© internationale, pour maintenir les services publics essentiels et pour r√©tablir l'autorit√© de l'√Čtat.

L'enjeu que représente la RCA, notamment pour la sécurité de l'Afrique, sont tels qu'ils nécessitent l'attention de tous. Un processus est engagé, il amène des progrès visibles et doit continuer d'être encouragé.

Au-del√† de son engagement dans le domaine de la s√©curit√©, la France s'est associ√©e l'an pass√©, avec l'Allemagne et les Pays-Bas, √† la d√©cision de la Commission europ√©enne de cr√©er le fonds multi-bailleurs (trust fund) B√™kou pour la RCA - B√™kou signifiant ¬ęespoir¬Ľ en langue sango. Comme vous l'expliquera tout √† l'heure le commissaire europ√©en au d√©veloppement, M. Mimica, dont je salue la pr√©sence parmi nous, le Fonds B√™kou produit ses premiers r√©sultats sur le terrain, et est pr√™t √† s'ouvrir √† de nouveaux contributeurs, y compris extra-europ√©ens.

Le 26 mai prochain, je serai √† Bruxelles aux c√īt√© du commissaire Mimica dans le cadre d'une nouvelle r√©union internationale sur la RCA, qui sera davantage centr√©e sur les besoins humanitaires et sur les conditions d'un redressement √† moyen et long terme. Ce sera notamment l'occasion, je l'esp√®re, de valoriser les r√©sultats du Forum de Bangui qui doit se tenir √† la fin du mois et qui constitue une √©tape essentielle du processus de stabilisation du pays.

Je vous remercie encore pour votre présence, et je cède maintenant la parole à nos partenaires centrafricains./.

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9. Monaco - R√©union de la commission de coop√©ration franco-mon√©gasque - Communiqu√© (Monaco, 21/04/2015)

La 8√®me r√©union de la commission de coop√©ration franco-mon√©gasque s'est tenue au minist√®re d'√Čtat le 21 avril 2015 sous la pr√©sidence conjointe de M. Michel Roger, ministre d'√Čtat de la Principaut√©, et de M. Christian Masset, secr√©taire g√©n√©ral du minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international.

Cette commission, dont la pr√©c√©dente session a eu lieu en octobre 2013, est pr√©vue par le trait√© du 24 octobre 2002 qui a notamment rappel√© que les relations √©troites et privil√©gi√©es entre la Principaut√© de Monaco et la R√©publique fran√ßaise s'inscrivaient dans une ¬ęcommunaut√© de destin¬Ľ.

La délégation monégasque comprenait notamment les cinq conseillers de gouvernement et l'ambassadeur de Monaco en France. Au sein de la délégation française figuraient l'ambassadeur de France à Monaco ainsi que le secrétaire général de la préfecture des Alpes Maritimes, représentant le préfet.

Les deux parties ont échangé sur les perspectives européennes depuis l'ouverture des négociations d'un accord d'association entre la Principauté et l'Union européenne, le 18 mars dernier à Bruxelles. Elles sont convenues de se concerter sur les points d'intérêt commun, notamment sur l'impact de ces négociations sur les traités bilatéraux existants.

Le gouvernement monégasque a profité de cette session pour rappeler son plein soutien à la France dans l'objectif d'obtenir un accord global, ambitieux et contraignant pour faire face au défi du dérèglement climatique à l'occasion de la conférence Paris Climat 2015 qui se tiendra en fin d'année.

Par ailleurs, le ministre d'√Čtat a saisi l'occasion pour faire visiter au secr√©taire g√©n√©ral et √† l'ambassadeur de France le centre de contr√īle de la mission Solar impulse, qui poursuit son tour du monde en avion solaire./.

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10. Alg√©rie - Hommage aux victimes de S√©tif - Communiqu√© du minist√®re de la d√©fense (Paris, 20/04/2015)

Jean-Marc Todeschini, secr√©taire d'√Čtat aupr√®s du ministre de la d√©fense, charg√© des anciens combattants et de la M√©moire, s'est rendu aujourd'hui avec Tayeb Zitouni, son homologue alg√©rien, √† S√©tif pour d√©poser une gerbe et se recueillir devant le Mausol√©e de Saal Bouzid, premi√®re victime alg√©rienne des massacres de S√©tif, de Guelma, de Kherrata.

C'est la premi√®re fois qu'un membre du gouvernement fran√ßais se rend √† S√©tif. Jean-Marc Todeschini souhaite rappeler ¬ęqu'il a tenu √† d√©buter son voyage m√©moriel en Alg√©rie par S√©tif, en cette ann√©e du 70e anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, au nom de l'amiti√© franco-alg√©rienne¬Ľ.

Le secr√©taire d'√Čtat indique ¬ęque ce geste est la traduction des propos tenus par le pr√©sident de la R√©publique devant le parlement alg√©rien en d√©cembre 2012¬Ľ. Jean-Marc Todeschini inscrit cette visite ¬ędans une d√©marche d'amiti√©, de respect et dans le souci de continuer √† appr√©hender notre m√©moire commune de mani√®re apais√©e¬Ľ. Le secr√©taire d'√Čtat a poursuivi sa visite en Alg√©rie en se rendant √† Mers-el-K√©bir puis √† Oran √† la n√©cropole du Petit Lac. Il continuera son d√©placement demain √† Alger./.

(Source : site Internet du ministère de la défense)

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11. Syrie - Camp de r√©fugi√©s palestiniens de Yarmouk - D√©claration de la Haute repr√©sentante, au nom de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 18/04/2015)

L'Union europ√©enne est gravement pr√©occup√©e par la d√©gradation persistante de la situation humanitaire et de la s√©curit√© en Syrie. Les conditions qui r√®gnent dans le camp de r√©fugi√©s palestiniens de Yarmouk sont devenues critiques et il est imp√©ratif de r√©agir de toute urgence. Subissant depuis 3 ans le si√®ge impos√© par le r√©gime syrien, le camp de Yarmouk conna√ģt ces derniers temps une recrudescence des violences commises par diff√©rentes parties au conflit, qui menace gravement la population vivant dans le camp.

Il est intolérable que le régime syrien et d'autres belligérants continuent d'empêcher l'accès humanitaire aux réfugiés du camp de Yarmouk.

Toutes les parties devraient cesser les hostilités afin que l'aide humanitaire puisse parvenir dès à présent et sans condition aux personnes qui en ont besoin, et pour que tous les civils qui veulent quitter le camp puissent le faire en toute sécurité, conformément aux résolutions 2139, 2165 et 2191 du CSNU.

Nous invitons toutes les parties à user de leur influence sur les groupes combattants pour rendre possible un accès humanitaire immédiat et inconditionnel et assurer le libre passage de tous les civils qui veulent quitter Yarmouk.

Au nom de l'Union europ√©enne, nous saluons le travail important qui est accompli par l'UNRWA et nous continuerons de coop√©rer avec le Commissaire g√©n√©ral de l'UNRWA, Pierre Kr√§henb√ľhl, et tous les autres partenaires afin de contribuer √† soulager les souffrances des personnes qui sont dans le plus grand d√©nuement. La Commission europ√©enne a d√©gag√© √† cette fin un financement d'urgence imm√©diat de 2,5 millions d'euros pour les op√©rations men√©es par l'UNRWA afin d'apporter aux r√©fugi√©s palestiniens en danger de mort en Syrie l'assistance dont ils ont besoin, sous forme d'une aide en esp√®ces et d'une distribution d'articles de premi√®re urgence. L'aide accord√©e dans le cadre de l'enveloppe humanitaire allou√©e par l'UE √† la Syrie pour 2015 facilitera en outre une intervention humanitaire rapide destin√©e √† r√©pondre aux besoins des familles vuln√©rables. Ce financement s'√©tend √† toutes les r√©gions de Syrie touch√©es par le conflit, avec une attention toute particuli√®re pour Yarmouk, Idlib, Dara'a et Alep, th√©√Ętres de violences r√©centes.

Au nom de l'Union européenne, nous demandons à M. Staffan de Mistura, l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, de coopérer avec toutes les parties à la mise en oeuvre intégrale du communiqué de Genève du 30 juin 2012 devant conduire à une véritable transition politique qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien et lui permette de déterminer son propre avenir, de manière indépendante et démocratique. Nous continuerons de soutenir pleinement les victimes de la crise syrienne./.

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12. Sahel - Plan d'action r√©gional - Conseil affaires √©trang√®res - Conclusions (Luxembourg, 20/04/2015)

1. Le Conseil adopte ce jour le plan d'action r√©gional en faveur du Sahel pour la p√©riode 2015-2020, qui fixe un cadre g√©n√©ral aux fins de la mise en oeuvre de la strat√©gie de l'Union europ√©enne (UE) pour la s√©curit√© et le d√©veloppement dans la r√©gion du Sahel, qu'il a adopt√©e et revue dans ses conclusions respectivement des 21 mars 2011 et 17 mars 2014. L'adoption de ce plan d'action intervient √† un moment crucial pour les pays de la r√©gion du Sahel. Le Conseil accueille avec satisfaction ce plan d'action, qui r√©affirme que l'UE continue de s'investir dans la r√©gion du Sahel et qu'elle soutient un d√©veloppement politique et socio√©conomique durable profitant √† tous, le renforcement des droits de l'Homme, de la gouvernance d√©mocratique et de l'√Čtat de droit, ainsi que la r√©silience, pour faire face √† la crise multidimensionnelle qui touche la r√©gion du Sahel. Le renforcement de la s√©curit√© dans la r√©gion par la lutte contre le terrorisme, les trafics, la radicalisation et l'extr√©misme violent reste l'objectif principal de l'UE. Dans le cadre de son approche globale, y compris la contribution des institutions de l'UE, du repr√©sentant sp√©cial de l'UE (RSUE) pour le Sahel ainsi que des √Čtats membres de l'UE, l'UE confirme qu'elle est d√©termin√©e √† soutenir des initiatives pilot√©es et prises en charge au niveau r√©gional et par les pays concern√©s dans le cadre du plan d'action, en utilisant tous les outils dont elle dispose en la mati√®re, notamment les programmes indicatifs r√©gionaux et nationaux relevant du Fonds europ√©en de d√©veloppement, ainsi que les programmes des √Čtats membres et les missions PSDC EUTM Mali, EUCAP Sahel Niger et EUCAP Sahel Mali, et l'instrument contribuant √† la stabilit√© et √† la paix.

2. L'objectif stratégique initial de la stratégie de l'UE pour la région du Sahel, qui met l'accent sur le lien existant entre développement et sécurité ainsi que sur les quatre volets de sa mise en oeuvre, reste d'actualité à tous égards et fournit un cadre global pour l'action de l'UE au Sahel. Le plan d'action constitue une base solide permettant de poursuivre les objectifs visés par la stratégie et de centrer plus fortement l'action de l'UE sur quatre domaines extrêmement importants pour la stabilisation de la région, à savoir la prévention de la radicalisation et la lutte contre ce phénomène, la mise en place de conditions appropriées pour les jeunes, les migrations, la mobilité et la gestion des frontières, la lutte contre les trafics et la criminalité transnationale organisée. L'UE souligne en particulier qu'il importe de favoriser des synergies plus étroites entre les pays de la région, ainsi qu'entre le Sahel et les pays voisins. Compte tenu de la proximité du Sahel avec l'UE et son voisinage immédiat, l'UE note qu'il est nécessaire, afin de s'attaquer plus efficacement aux questions transfrontalières, d'examiner de manière plus approfondie la possibilité d'un espace commun de dialogue et de coopération entre le Sahel, le Maghreb et l'UE dans des secteurs pertinents, tels que la sécurité et les migrations. Cela devrait se faire dans le cadre des mécanismes et des dialogues existants tels que les processus de Rabat et de Khartoum sur les migrations et le développement.

3. L'UE r√©affirme qu'elle est dispos√©e √† continuer de travailler en √©troite coop√©ration avec les pays de la r√©gion du Sahel afin de les soutenir dans les efforts qu'ils d√©ploient pour parvenir √† la paix, √† la s√©curit√© et au d√©veloppement. La mise en oeuvre du plan d'action incombera au premier chef aux pays concern√©s, qui en auront la ma√ģtrise totale, en coordination avec les principales organisations internationales et r√©gionales et d'autres partenaires, en particulier les Nations unies, l'Union africaine (UA), la Communaut√© √©conomique des √Čtats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union √©conomique et mon√©taire ouest-africaine (UEMOA), le G5 du Sahel, la Commission du bassin du lac Tchad et la Banque mondiale, ainsi qu'avec la soci√©t√© civile. √Ä cet √©gard, l'UE insiste sur l'importance que rev√™t la poursuite de cette coordination internationale et r√©gionale √©troite, y compris entre le RSUE pour le Sahel, l'envoy√© sp√©cial du Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies pour le Sahel, le repr√©sentant sp√©cial du Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies pour le Mali et le Haut repr√©sentant de l'UA pour le Mali et le Sahel, l'objectif √©tant d'√©tablir les synergies n√©cessaires √† la mise en oeuvre des diff√©rentes strat√©gies.

4. Le Conseil invite la haute repr√©sentante, la Commission et les √Čtats membres √† commencer √† mettre en oeuvre le plan d'action r√©gional en faveur du Sahel. Le Conseil reviendra sur cette question en tant que de besoin et au moins une fois par an./.

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13. Protection consulaire - Communiqu√© du Conseil de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 20/04/2015)

Une directive adopt√©e ce jour (20 avril 2015) rend plus ais√© l'acc√®s des citoyens de l'Union europ√©enne aux services consulaires dans les pays tiers o√Ļ leur propre pays n'a pas de repr√©sentation diplomatique ou bien n'est pas en mesure de leur fournir une protection.

Les citoyens de l'UE se trouvant dans un pays tiers o√Ļ leur pays n'est pas repr√©sent√© ont le droit de b√©n√©ficier de la protection consulaire offerte par un autre √Čtat membre, aux m√™mes conditions que celui-ci applique √† ses propres ressortissants.

Ce nouveau dispositif pr√©cise la mani√®re dont les √Čtats membres coop√©reront afin que les citoyens puissent exercer ce droit. Il est en quelque sorte le fruit du trait√© de Lisbonne, qui a renforc√© le statut de la citoyennet√© de l'Union.

L'assistance consulaire à l'égard de citoyens de l'UE dont le pays n'est pas représenté peut s'appliquer dans les cas suivants :

- l'arrestation ou la détention ;

- le fait d'être victime d'un crime ou d'un délit ;

- un accident ou une maladie grave ;

- le décès ;

- l'aide et le rapatriement en cas de situation de détresse ;

- le besoin de titres de voyage provisoires.

Dans les pays tiers, les d√©l√©gations de l'Union, en √©troite coop√©ration avec les missions diplomatiques et consulaires des √Čtats membres, contribuent √† la mise en oeuvre du droit de protection consulaire des citoyens de l'Union, ainsi que le pr√©voit le trait√©.

Les √Čtats membres ont jusqu'au 1er mai 2018 pour adapter leur droit national aux dispositions de la directive./.

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