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Déclarations officielles de politique étrangère du 10 juillet 2017


Sommaire



1. Point de presse de la porte-parole - Syrie/Reprise des négociations de Genève - Irak - Maroc - Situation dans le Golfe (Paris, 10/07/2017)

Au point de presse de ce jour, la porte-parole a fait la déclaration et répondu aux questions suivantes :

1 - Syrie - Reprise des négociations de Genève (10 juillet 2017)

La France salue la reprise des négociations entre l'opposition et le régime syrien, menées sous l'égide des Nations unies à Genève. Nous réitérons notre plein soutien à la médiation de l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, M. Staffan de Mistura.

La France appelle les parties syriennes, à commencer par le régime, à s'engager de bonne foi dans les discussions afin que cette nouvelle session permette des avancées dans la voie d'une transition politique négociée dans le cadre du communiqué de Genève et de la résolution 2254 du conseil de sécurité. Seule une solution politique permettra de défaire durablement le terrorisme en Syrie, d'y ramener la paix et de faciliter le retour des réfugiés. Les quatre principaux sujets identifiés lors des précédentes sessions doivent être abordés dans le cadre d'un ordre du jour clairement établi : gouvernance, constitution, élections et lutte contre le terrorisme.

La France continuera d'apporter son appui à la délégation du haut comité des négociations dans le cadre des négociations, comme l'a rappelé le président de la République à l'occasion de son entretien téléphonique avec son chef, M. Riyad Hijab, le 6 juillet.

Les négociations doivent aussi être l'occasion pour toutes les parties de s'engager concrètement à assurer la protection des civils et permettre l'acheminement sûr, complet, immédiat et sans entrave de l'aide humanitaire à toutes les populations dans le besoin sur l'ensemble du territoire syrien. La cessation des hostilités, ainsi que l'arrêt définitif de l'emploi d'armes chimiques et le démantèlement complet des stocks, sont également des priorités impératives pour faire cesser les souffrances des populations et permettre au dialogue d'avancer à Genève. L'accord de désescalade obtenu dans les régions de Deraa, Qouneitra et Soueida constitue à cet égard une avancée positive qui doit permettre une véritable cessation des violences et l'arrivée de l'aide humanitaire. Cette démarche doit s'étendre à l'ensemble du territoire syrien, notamment dans le cadre des réunions d'Astana.

La France est engagée en faveur de la résolution du conflit et de l'aide à la population syrienne. Face au défi humanitaire, nous avons mobilisé 243 millions d'euros sur la période 2011-2016, notamment en soutien aux pays voisins de la Syrie. Pour l'année 2017, près de 75 millions d'euros, dont 60 millions pour les seuls pays voisins, seront engagés conformément à nos engagements pris lors des conférences de Londres sur la réponse internationale aux conséquences de la crise syrienne (4 février 2016) et de Bruxelles pour l'avenir de la Syrie et de la région (5 avril 2017).

Q - La France attend-elle quelque chose des négociations intersyriennes qui reprennent aujourd'hui à Genève ou pense-t-elle qu'un nouveau format de discussions est nécessaire ?

R - Nous vous renvoyons à la déclaration que nous venons de faire.

2 - Irak

Q - Après la chute de Mossoul, quelles sont selon vous les priorités à mettre en oeuvre ? Pensez-vous que le gouvernement Abadi a suffisamment de latitude et d'influence pour imposer une solution politique «inclusive» en Irak ?

R - La libération de Mossoul constitue une victoire majeure sur Daech. Des portions du territoire irakien restent néanmoins sous le contrôle de l'organisation terroriste, en particulier à Tal Afar, Hawija ou dans la province de l'Anbar. La France continuera à apporter tout son soutien à l'Irak pour vaincre définitivement l'organisation terroriste, dans le respect du droit international humanitaire et en particulier de la protection des civils.

La présidence de la République, qui a salué le 9 juillet le courage des forces irakiennes soutenues par la coalition internationale contre Daech, a formé le voeu que cette victoire ouvre une nouvelle page de l'histoire de l'Irak et lui permette de retrouver paix, stabilité et unité.

Cela nécessitera de répondre aux urgences humanitaire, économique et politique. Nous continuerons à apporter notre plein soutien à l'Irak et au gouvernement de M. al-Abadi pour relever les défis qu'il doit affronter, à la suite de la conférence organisée à Paris le 20 octobre dernier sur la stabilisation de Mossoul.

3 - Maroc

Q - Au Maroc s'ouvre aujourd'hui le procès du leader de la contestation dans le Rif. Plus d'une centaine d'opposants sont en détention et les contestataires s'inquiètent, notamment pour une figure féminine du mouvement, Sylia Ziani. Quelle est la réaction de Paris ?

R - La France est attentive à la situation complexe dans le Rif.

L'ouverture du procès de M. Zefzafi est un développement judiciaire dont nous prenons note. Pour mémoire, le Maroc est partie au pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantit à chacun le droit à un procès équitable.

4 - Situation dans le Golfe

Q - La crise entre le Qatar et ses voisins ne s'apaise pas. Après ses homologues allemand, britannique et américain, le ministre français va-t-il effectuer une tournée dans le Golfe ?

R - M. Jean-Yves Le Drian se rendra prochainement dans les pays arabes du Golfe.

Nous vous communiquerons plus de détails en temps utile./.

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2. G20 - Lutte contre le terrorisme - Commerce international - Climat - Afrique - Conférence de presse de M. Emmanuel Macron, président de la République, à l'issue de la réunion du G20 (Hambourg, 08/07/2017)

Mesdames et Messieurs.

Je souhaitais vous rendre compte de ce G20 qui s'est tenu hier et aujourd'hui à Hambourg.

Je souhaite d'abord remercier la chancelière Angela Merkel pour son accueil et l'immense travail qu'elle a accompli avec son équipe pour que ce G20 puisse se tenir et pour, durant plusieurs mois, le préparer.

Je souhaite aussi ici saluer les forces de l'ordre et de sécurité civile qui ont permis de sécuriser ce G20 qui ont subi de nombreuses attaques, souvent violentes, émanant non pas de ce que j'appellerais des militants mais plutôt des casseurs.

Et enfin je veux également saluer la ville de Hambourg et son maire, Olaf Scholz, parce que nous sommes dans une ville d'ouverture, d'accueil, de culture que j'ai ai eu à plusieurs reprises l'occasion d'apprécier avec, je dois l'avouer, un peu moins de monde, mais que les tensions des derniers jours ne doivent pas faire oublier.

Nous avons eu un sommet du G20, qui a été fait de discussions difficiles, nous le savions et cela s'est vérifié.

Il y a une explication à cela, c'est que le G20, créé il y a dix ans pour répondre aux turbulences, aux déséquilibres économiques et financiers de la crise qui sévissaient alors est devenu l'enceinte dans laquelle nous débattons aujourd'hui des grands sujets de la mondialisation, de ses régulations nécessaires, c'est-à-dire le commerce, le climat, le terrorisme, l'immigration et qu'au moment où nous parlons, il y a des divergences croissantes entre des grandes puissances, il y a des puissances autoritaires qui émergent et il y a au sein même du monde occidental des divisions, des incertitudes, des imprévisibilités qui n'existaient pas il y a quelques années.

C'est tout cela qui fait que ce qu'on avait pu pressentir au G7 se révèle plus dur encore au G20 et à ce titre, malgré ces difficultés, je considère que le communiqué et la nature des discussions à laquelle nous sommes parvenus ont permis de maintenir des équilibres indispensables, des déclarations d'intérêts conjoints et d'éviter toute marche en arrière. Et à ce titre, le rôle que la France a pu jouer durant ces deux jours est conforme à ce que sont à la fois les engagements que j'ai pu prendre et notre rôle.

Nous avons d'abord eu une discussion longue sur le sujet du terrorisme. Sur ce sujet-là, il y a des convergences certaines, compte tenu de la nature du défi et donc en matière de terrorisme, nous avons pu avancer sur la ligne de ce que la déclaration conjointe de Taormina avait permis de mettre en place, ce que le Conseil européen d'il y a quelques semaines avait permis aussi de faire avancer au niveau européen. Et je considère que la déclaration commune sur le terrorisme est une bonne déclaration qui permet des avancées, qui marque l'engagement de l'ensemble des membres du G20 dans la lutte contre la propagande sur Internet, qui engage une action résolue et demande en particulier aux opérateurs une responsabilité plus grande, une réactivité plus grande en matière de lutte contre la propagande terroriste et également qui met en place une action résolue, organisée, en matière de lutte contre le financement du terrorisme.

À ce titre, compte tenu de ce que je viens de rappeler, le G20 est la bonne enceinte et c'est à mes yeux l'un des principaux acquis de ce G20 pour lequel la France a beaucoup poussé et qui était une proposition française : acter le renforcement du Groupe d'action financière, le GAFI, qui est une structure trop peu connue mais qui joue un rôle crucial en matière de contrôle des financements pour en faire une instance stable, pérenne avec une continuité, basée sur son secrétariat général. Ce qui est aujourd'hui l'une des faiblesses du G20 c'est de ne pas avoir de structures permanentes. Il y en aura autour du GAFI en matière de lutte contre le financement du terrorisme et je pense c'est une avancée importante parce que quand on regarde l'ensemble des théâtres d'opérations qu'il s'agisse du Proche et Moyen-Orient ou du Sahel, c'est à chaque fois les trafics d'armes, de drogue, de personnes qui nourrissent les réseaux financiers du terrorisme et qui permettent dans la durée, la poursuite de ces activités ou leur développement.

Donc à ce titre, c'est à mes yeux une bonne avancée de ce G20.

Pour le reste, nous avons sur les sujets du commerce, du climat, du développement et de l'Afrique eu des discussions qui éclairent parfaitement les débats mondiaux qui sont aujourd'hui les nôtres, c'est-à-dire celle d'un doute qui s'est installé dans la régulation de la mondialisation, d'un doute qui s'est installé chez certains quant à la pertinence du multilatéralisme et d'une remise en cause d'un modèle dans lequel nous vivons depuis 1945.

Je le dis avec beaucoup de clarté, je ne concèderai rien à celles et ceux qui poussent dans cette direction et le sens de mes interventions durant ces deux jours a été celui-ci. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui plus encore qu'hier, nous avons besoin du multilatéralisme, d'une grande coordination et des instances qui ont été créées après la Deuxième Guerre mondiale. Sinon, nous revenons, nous reviendrons plus vite encore vers les égoïsmes nationaux et les grands déséquilibres.

En matière de commerce, nous avons besoin d'un commerce qui est à la fois libre et équitable. Nous avons vécu toutes et tous pendant deux jours dans une ville qui a été dévastée par des casseurs, auxquels je ne concèderai rien mais qui marquent aussi l'expression de sociétés civiles qui se mettent à douter de notre capacité collective à réguler la mondialisation, il faut l'entendre.

La réponse à cela, ce n'est ni le protectionnisme ni le dumping et il y a aujourd'hui des tentations différentes mais qui existent autour de la table qui consistent à dire d'un côté «le dumping est une pratique qu'on doit permettre et qui est une nouvelle grammaire du commerce», non ; et de l'autre côté des prises de parole, des positions qui consistent à dire, parce que le commerce mondial ne fonctionne plus comme il le faudrait, «nous allons fermer les frontières et aller vers des pratiques de protectionnisme renouvelées». Les deux sont de mauvaises réponses, on a besoin du libre commerce parce que c'est ce qui permet pour les citoyens, pour les entreprises, pour les consommateurs, un meilleur fonctionnement de la mondialisation. C'est ce qui pousse quand on est plus compétitif à gagner la partie, quand on l'est moins à la perdre, mais il faut que cette compétition internationale soit juste et elle ne l'est pas, quand on ne respecte pas les règles du commerce et de l'industrie. C'est le dumping et donc je me félicite que l'année dernière lors du G20 en Chine, il y ait eu des premières déclarations fortes qui aient été prises contre les surcapacités dans certains domaines, en particulier dans la sidérurgie ; je souhaite que nous continuions et en la matière. Compte est pris de ce sujet, la France continuera à être très vigilante.

La deuxième faute qu'on fait souvent, c'est en matière fiscale : la France continuera à porter une action résolue dans les enceintes internationales et en Europe pour lutter contre le dumping fiscal qui vient fausser le commerce international.

La troisième est en matière sociale : on ne peut pas accepter que le commerce mondial s'organise uniquement vers le moins disant socialement parce qu'alors, ce sont tous les pays qui sont perdants.

Et enfin, c'est le sujet environnemental et je le dis là pour vous montrer combien tout se tient : le commerce international fonctionne si tout le monde se donne les mêmes règles en termes d'émissions, en termes de contraintes environnementales. Si on considère qu'on peut optimiser sa position en ne respectant pas les règles du climat, alors on détériore la nature du commerce mondial et c'est ça ce qu'il y a derrière à la fois un commerce qui est libre mais juste, c'est-à-dire un commerce qui est fait de règles de réciprocité, de régulation. C'est ce que porte la France, c'est ce que nos discussions ont permis d'éclairer mais c'est aussi cela qui a permis de noter les tensions qui existent et les risques qui existent sur le commerce international.

J'ai, pour ma part, rappelé que l'approche qui consiste à ne regarder le commerce international que par des surplus ou des déficits bilatéraux est une erreur profonde qui va fragmenter à nouveau nos équilibres internationaux. Pourquoi ? Parce que quand j'achète un iPhone, certes aux États-Unis, je ne fais pas que grever mon déficit commercial à l'égard des États-Unis ; les États-Unis ont acheté un maximum de composants à la Chine, à d'autres pays et donc tout cela montre que nombre de nos productions aujourd'hui sont faites mondialement avec une répartition de la valeur ajoutée qui dépend de nos avantages comparatifs et de notre capacité à faire. Donc il ne faut tomber dans aucun des pièges de court terme vers lesquels nos opinions publiques ou nos difficultés peuvent parfois nous conduire.

La France a, en tout cas, défendu cette voie d'un libre et juste commerce et je pense qu'à cet égard les équilibres du texte permettent d'exprimer ce que nous pensons ; mais un texte n'efface pas les tensions qui existent et qui continueront à exister sur ce sujet pour un long moment.

Sur le sujet du climat, nous avons réitéré à 19 notre engagement et noté à 20 qu'il y avait un choix américain de ne pas rester dans l'accord de Paris. C'est une façon d'avoir une déclaration à 20 et je salue à cet égard, la volonté de la chancelière Merkel d'éviter d'avoir une déclaration limitée à 19 États membres et de pouvoir écrire quelque chose à 20. Il n'en demeure pas moins que pour ma part, je continue à penser que c'est une erreur qui est faite par les États-Unis d'Amérique, de ne pas rester dans l'accord de Paris ; je l'ai redit et je souhaite que, en aucun cas, cette décision américaine ne conduise à quelque retour en arrière que ce soit pour les signataires de l'accord et pour les avancées concrètes que nous devons faire.

Cela a été l'objet de mes discussions bilatérales et multilatérales sur ce sujet. J'ai noté avec satisfaction que le président Poutine avait la volonté de confirmer son adhésion à l'accord de Paris et donc sa volonté d'agir ; dans l'ensemble de mes discussions, j'ai noté aussi une vraie volonté de faire et d'arriver à des résultats concrets.

C'est d'ailleurs ce qui a permis durant l'échange bilatéral que j'ai eu avec le président Xi une vraie avancée et la volonté d'identifier des projets communs que nous pourrions inaugurer ensemble, en tout cas pousser un agenda partagé au-delà de ce que nos deux pays font déjà dans plusieurs domaines, en particulier le nucléaire civil. Et la Chine a réaffirmé sa volonté d'aller de l'avant en matière de transition environnementale. C'est ce que j'ai donc évoqué avec le président Poutine et c'est aussi ce que nous ferons très concrètement avec le Premier ministre Modi puisqu'avant la fin de l'année, je me rendrai en Inde pour le sommet de l'Alliance solaire internationale, qui est une concrétisation de l'accord de Paris qui nous permettra de lancer plusieurs projets, de rassembler aussi plusieurs pays en soutien et d'avoir une véritable action concrète en la matière.

J'ai pu aussi m'entretenir sur ce sujet du climat avec plusieurs autres homologues, la Banque mondiale, les Nations unies et je veux ici vous annoncer que le 12 décembre prochain, deux ans après l'adoption de l'Accord de Paris, je réunirai donc un Sommet afin de prendre de nouvelles actions pour le climat, notamment sur le plan de financement et donc la France abritera un sommet d'étape, deux ans après l'Accord de Paris qui permettra en particulier sur les financements prévus par ledit accord de mobiliser financements privés et publics, mais aussi d'identifier les projets qui pourront ainsi être financés et qui manifesteront une avancée concrète de ce que la France a permis de faire advenir, qui est un engagement international qui, aujourd'hui, mobilise 195, peut-être demain 194 États.

Je pense qu'en la matière, il est indispensable d'avancer de manière concrète et c'est la cohérence même du G20, qui est à l'oeuvre. J'ai essayé de l'expliquer à certains : on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme si on n'a pas une action résolue contre le réchauffement climatique ou alors il faut aller expliquer aux gens qui vivent au Tchad, au Niger et ailleurs que le climat n'est pas un problème. Aujourd'hui, le terrorisme, les grands déséquilibres dans notre monde, ce que nous sommes en train de vivre est lié au déséquilibre climatique que notre mode productif international a généré. Donc nous devons y répondre parce que tout est lié et si on veut traiter des questions de l'Afrique, du développement, de l'industrie et du climat de manière séparée, je pense que ça n'a aucun sens. Comme cet agenda est lié, notre responsabilité, c'est de tenir de manière cohérente l'ensemble de ces engagements.

Ce matin, nous avons eu un long échange sur le développement, en particulier le développement de l'Afrique et je veux ici saluer l'avancée concrète de ce G20, notamment la mise en place de partenariats avec plusieurs pays africains, des engagements clairs impliquant la Banque mondiale, la Banque africaine de développement et en la matière, la méthodologie qui a été retenue par ce G20 est à mes yeux la bonne. Là aussi si nous voulons une politique résolue en matière de développement, c'est le complément indispensable à la vraie politique de lutte contre l'insécurité que la France mène en particulier dans le Sahel et ce sont les deux piliers sur lesquels nous devons nous appuyer en permanence pour l'Afrique.

J'ai eu l'occasion de le rappeler, dimanche dernier, lorsque je me suis rendu à Bamako pour un sommet du G5 Sahel en annonçant l'Alliance pour le Sahel ; c'est exactement l'esprit de ce que nous avons aujourd'hui discuté, la volonté de rassembler l'ensemble des financements, de pouvoir associer à ces financements des pays partenaires, des organisations internationales et de travailler sur des projets concrets pour éviter la perte de temps, les intermédiaires inutiles et le gaspillage institutionnel.

Ce qui compte en matière de développement, ce sont les acteurs de terrain et les projets et donc c'est dans cet esprit que je souhaite avancer sur ce sujet et c'est dans cet esprit que nous avons discuté ce matin du développement pour l'Afrique.

Nous avons également parlé des migrations qui sont un défi mondial et durable qui a été l'objet de discussions la semaine dernière à Berlin, lorsque nous avons préparé ce Sommet et dont nous reparlerons à coup sûr mercredi prochain à quelques Européens au sommet de Trieste. Tous ces sujets là aussi vous le voyez sont liés et pour ma part, je ne partage rien de la schizophrénie dans laquelle certains peuvent parfois s'enferrer, qui consiste à penser qu'on puisse traiter une partie de ces sujets sans les regarder dans toutes leurs composantes.

Enfin, nous avons eu une discussion très consensuelle, celle-ci, sur la lutte contre la pauvreté, les pandémies, la volonté de mobiliser plus de financement en matière d'éducation, en particulier en Afrique et de prendre des actions concrètes en matière d'inclusivité de la croissance et en particulier d'égalité entre les hommes et les femmes. Nous avons pu rappeler nos engagements mutuels sur le plan national et notre volonté également d'aller de l'avant sur ces sujets.

Voilà rapidement brossé l'essentiel des sujets qui ont été couverts durant ce G20. Vous l'avez compris, il y a eu, à mes yeux, des avancées réelles en matière de lutte contre le financement du terrorisme, il y a eu des reculs évités sur beaucoup d'autres sujets et il y a aujourd'hui une prise de conscience qui doit se faire chez tout le monde : notre monde n'a jamais été aussi fracturé ; les forces centrifuges n'ont jamais été si fortes et les biens communs qui sont les nôtres n'ont jamais été aussi menacés. Quels sont ces biens communs ? La démocratie, le rapport aux libertés individuelles, l'égalité homme/femme, l'éducation et le climat. Quand on regarde aujourd'hui la planète, est-ce qu'on pense que ces sujets sont à l'optimum de ce qu'ils ont été depuis 60 ans ? Non ! Donc nous avons évité de dire le contraire dans les discours mais il y a encore beaucoup à faire pour que l'action soit à la hauteur de ce que nous devons à celles et ceux qui vivent aujourd'hui sur la planète mais aussi à celles et ceux qui y vivront demain.

Pour ma part, je considère que c'est le principal défi de notre génération et qu'à ce titre, il est indispensable que nous puissions très rapidement, dans les prochaines semaines et les prochains mois, sur nombre des sujets que j'ai évoqués, aller plus loin./.

(Source : service de presse de la présidence de la République)

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3. Australie - G20 - Lutte contre le terrorisme - COP21 - Relations bilatérales - Déclaration conjointe de M. Emmanuel Macron, président de la République et de M. Malcolm Turnbull, Premier ministre australien - Propos de M. Macron (Paris, 08/07/2017)

Bienvenue, je suis ravi que nous ayons l'opportunité d'un échange et d'un dîner avec nos équipes respectives dans quelques instants après ce G20 dont nous revenons.

Je vous dois une confidence : pour qui, comme mon épouse et moi, est né à Amiens, l'Australie n'est pas un partenaire comme les autres parce que sans l'Australie durant la Première Guerre mondiale et sans le courage des jeunes soldats australiens, la vie n'aurait sans doute pas été la même.

Et donc quand on parle d'ANZAC Day, si fondateur pour notre votre nation et notre relation et du combat qui a été menée à Villers-Bretonneux par vos soldats il y a près d'un siècle, cela a une signification toute particulière et intime, en tout cas pour notre part.

Et donc ce lien, c'est aussi celui qui nous dépasse et celui qui fait qu'à travers ce sacrifice qui a été fondateur pour votre nation et pour la nôtre, il y a quelque chose de très particulier entre nos pays.

Nous avons ensemble passé deux jours au G20, je crois pouvoir dire que sur tous les grands défis contemporains, nos deux pays se trouvent côte-à-côte. Sur le sujet de la lutte contre le terrorisme, la France et l'Australie partagent des visions extrêmement communes faites d'un grand réalisme et d'un grand pragmatisme et je crois que notre G20 a permis de vraies avancées et je sais que, qu'il s'agisse de la lutte la propagande sur Internet comme du contrôle des flux financiers, nous avons défendu la même vision des choses, jamais réductrice mais en tout cas toujours exigeante.

C'est la même vision qui nous unit, d'ailleurs, dans le cadre de la coalition contre Daech où nos deux pays sont impliqués ; l'Australie est un partenaire majeur dans cette coalition, puisque nous nous battons ensemble au Levant pour frapper justement le mal à la racine avec d'ailleurs des relations militaires, de renseignements qui sont, je crois pouvoir le dire ici, exemplaires.

C'est la même convergence de vues qui nous a unis sur les sujets commerciaux et le commerce et l'économie internationale et qui d'ailleurs est au coeur de la relation bilatérale qui nous unit, j'y reviendrai et c'est la même convergence que nous avons retrouvée sur le sujet du climat où je sais que vous avez tout particulièrement d'ailleurs durant tout le long de votre carrière politique eu le sens des responsabilités, pris des engagements forts et à ce titre, je veux vraiment remercier l'Australie à la fois du rôle qu'elle a joué au moment de la COP21, en portant l'accord, en le ratifiant et par les initiatives très concrètes que vous êtes en train de prendre en lançant avec nous des initiatives sur la prévention des catastrophes naturelles, sur la protection des océans et en réaffirmant cet engagement qui, là encore, est un engagement ambitieux mais je crois pouvoir dire aussi très pragmatique parce que l'un et l'autre, nous voulons développer l'économie de notre pays mais nous sommes convaincus que c'est la voie la plus pertinente pour le faire.

J'ai écouté également durant ce G20 et dans l'échange que nous avons eus ensemble au retour le Premier ministre sur l'Asie Pacifique, zone évidemment dans laquelle l'Australie est un acteur de tout premier plan mais qui est importante pour nous aussi, compte tenu de nos territoires ultramarins et de notre présence dans la région et cette zone qui est aujourd'hui la plus dynamique au monde, elle a largement bénéficié de la liberté de circulation de la primauté du droit et c'est aussi cet attachement qui est le nôtre et c'est ce leadership que porte l'Australie. Et mon souhait est d'ailleurs que, ensemble, dans la région, nous puissions faire davantage, en tout cas que nous puissions essayer à vos côtés d'y contribuer et c'est ce dont nous allons parler dans quelques instants.

Enfin, la relation bilatérale qui unit nos deux pays, au-delà de l'histoire que j'évoquais, c'est aussi celle d'une intensité dans la relation économique qui n'a jamais, je crois pouvoir le dire, connu une telle intensité et c'est le fruit de vos décisions, d'un choix qui est à la fois national et avec des conséquences internationales pour ce qui nous concerne, celui de développer véritablement une autonomie stratégique, de construire des sous-marins de classe océanique pour bâtir une industrie australienne justement souveraine et pérenne et pas simplement, si je puis dire, un contrat.

Et c'est le choix que vous avez fait en lançant cet appel d'offres, il y a plusieurs années, maintenant, en le concluant et je m'en félicite, avec des entreprises françaises, DCNS en particulier devenu NAVAL GROUP.

Plusieurs entreprises françaises sont évidemment incluses dans ce projet et vous irez demain à Cherbourg avec la ministre des armées pour visiter les chantiers navals, inaugurer le bureau australien sur le site.

Je veux vous dire combien j'ai conscience à travers ce choix qui honore l'industrie française et plus largement le savoir-faire français, civil et militaire en la matière, combien je mesure que nous avons destin lié parce que c'est un choix pour ma part que je vis comme un choix stratégique, un vrai partenariat et la volonté de construire une histoire commune dans ce secteur et je ne peux le lire qu'en écho avec le passé qui est le nôtre.

Et je veux vraiment vous dire ici qu'en tout cas en tant que président de la République, je ferai tout pour que nous prenions les dispositions nécessaires pour être évidemment à la hauteur des exigences de ce contrat, mais plus largement, vous accompagner dans ce partenariat stratégique.

Nous avons plus de 600 entreprises françaises qui sont implantées en Australie dans les transports urbains, les énergies renouvelables et ce sont aussi tous ces secteurs que je veux qu'ensemble nous puissions développer tout en développant également la présence australienne en France et en Europe et vos investissements.

L'Australie est un pays qui fascine les jeunes talents européens et français ; je continuerai à les encourager, mais je les encouragerai aussi, Monsieur le Premier ministre, à revenir parce que la France a besoin de cette énergie mais cela montre la proximité, cette volonté de nos jeunesses de communiquer et je me félicite qu'il y ait une communauté française qui soit extrêmement énergique, positive dans votre pays, parce qu'elle montre le visage qui est le vôtre ici.

Enfin pour conclure, je crois qu'il existe un proverbe aborigène qui dit que ceux qui ont cessé de rêver sont perdus ; je crois pouvoir dire qu'à un moment où beaucoup de gens doutent, où beaucoup de gens considèrent que rêver est devenu trop compliqué ou peut-être nécessaire pour le lendemain ou le surlendemain mais qu'il faut d'abord s'occuper des petites affaires quotidiennes ou céder au cynisme, nous, nous avons décidé de rêver, de rêver ensemble et donc j'ai bonne confiance dans notre avenir commun et je crois que nous ne sommes pas perdus ./.

(Source : service de presse de la présidence de la République)

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4. Lutte contre le terrorisme - Irak - Libération de Mossoul - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 09/07/2017)

La ville de Mossoul en Irak a été reprise à l'organisation terroriste Daech, après de longs et durs combats.

Le président de la République, Emmanuel Macron, salue cette victoire des forces de sécurité irakiennes soutenues par la coalition internationale contre Daech, et adresse ses félicitations aux autorités et à la population de la République d'Irak.

La reprise de Mossoul est une étape majeure dans la campagne menée depuis l'été 2014 pour stopper puis défaire Daech. Les pensées de la France vont aujourd'hui vers tous ceux qui, en Irak, ont fait le sacrifice de leur vie pour défendre la liberté face à l'horreur terroriste : membres des forces de sécurité irakiennes, peshmergas, volontaires. Elles vont aussi vers les populations civiles qui ont eu à endurer le joug de Daech et la violence des combats.

Le président de la République adresse un message particulier aux forces françaises de la coalition, aviateurs, artilleurs, formateurs, marins, qui par leur appui aux forces de sécurité irakiennes et aux peshmergas ont permis le succès des opérations menées à Mossoul depuis l'automne.

La campagne de la Coalition internationale n'est pas achevée et la lutte contre Daech doit être poursuivie avec détermination. La libération de tout le territoire irakien est en cours, tout comme l'anéantissement des bastions de Daech en Syrie, en particulier à Raqqa et dans la vallée de l'Euphrate. La France maintiendra son effort militaire. La lutte contre les terroristes se poursuivra également avec la plus grande détermination partout où ils se manifestent, y compris sur le territoire national.

Au lendemain de la reprise de Mossoul, les défis pour l'Irak sont immenses. Au plan militaire comme aux plans politique, humanitaire ou économique. Nombre de questions doivent encore faire l'objet, de la part des décideurs politiques comme de la société irakienne, de choix responsables. De la justesse de ces choix dépendront l'avenir de l'Irak comme celui de la région, et la poursuite du combat contre la menace terroriste. Le président de la République forme le voeu que la victoire de Mossoul ouvre une nouvelle page de l'histoire de ce pays, et lui permette de retrouver paix, stabilité et unité. La France se tiendra à ses côtés./.

(Source : service de presse de la présidence de la République)

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5. Lutte contre le terrorisme - Irak - Libération de Mossoul - Déclaration de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des affaires étrangères (Giverny, 10/07/2017)

La victoire des forces irakiennes à Mossoul est en cours, c'est une grande victoire. C'est une rupture majeure dans l'évolution de ce conflit parce que, rappelez-vous, c'est de Mossoul qu'Al-Bagdadi a annoncé la création du califat en juillet 2014, après que Daech a conquis une bonne partie du territoire irakien. Donc, le fait que la capitale soit en train de tomber est une belle victoire que nous apprécions et qui nous concerne directement puisque c'est de Mossoul et de Raqqa que ceux qui ont commis des attentats en France sont venus. C'est de Mossoul ou de Raqqa que venaient les ordres.

Mais maintenant, il y a d'autres enjeux qui s'ouvrent. Le premier, c'est toujours un enjeu sécuritaire. La victoire de Mossoul est une étape essentielle mais elle ne finit pas la guerre puisqu'il y a encore des éléments de Daech dans plusieurs sites d'Irak, en particulier dans l'Anbar, à Hawija et  aussi à Tal Afar. Il y a des endroits où les combats continueront d'être menés. Il faut donc poursuivre la stabilisation militaire, mais il faut surtout faire en sorte que l'issue politique soit maîtrisée et que les intentions et les déclarations du Premier ministre irakien M. al-Abadi puissent se traduire dans les faits. Il souhaite, et il a raison, que la solution politique à cette situation se fasse dans l'inclusion des différentes communautés, que ce soient la communauté chiite, la communauté sunnite, la communauté kurde ou les yézidis et les chrétiens.

Il faut que chacun retrouve sa place dans l'Irak de demain.

L'autre observation, c'est la nécessité de reconstruire. Mais, avant même de reconstruire, il faut que les personnes déplacées puissent retrouver progressivement leur maison, leurs lieux de vie. Il y a aujourd'hui plusieurs centaines de milliers de déplacés en Irak, entre 400 à 500.000 déplacés venus de Mossoul et d'autres parties de l'Irak, singulièrement dans la plaine de Ninive. L'effort qui nous attend collectivement est gigantesque mais l'étape qui a été franchie est tout à fait essentielle./.

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6. Israël - Territoires palestiniens - Jérusalem - Colonisation - Déclaration de la porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (Paris, 07/07/2017)

La France appelle les autorités israéliennes à reconsidérer l'approbation, ces derniers jours, de plans pour la construction de plus de 1500 logements dans des colonies de Jérusalem-Est. Elle est également très préoccupée par les informations faisant étant de plans supplémentaires qui pourraient être approuvés dans les prochains jours. Ces décisions menacent gravement la solution des deux États.

Comme l'a dit le président de la République le 5 juillet, la colonisation, illégale au regard du droit international, a atteint depuis le début de l'année «un niveau sans précédent et ces décisions envoient un signal très négatif qui ne peut que nuire à la confiance nécessaire»./.

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7. Ã‰gypte - Attaques terroristes dans le Sinaï - Déclaration de la porte-parole du ministère de l'Europe et des affaires étrangères (Paris, 07/07/2017)

La France condamne les attaques terroristes qui ont coûté la vie à de nombreux soldats égyptiens dans le Sinaï le 7 juillet 2017.

Nous présentons nos condoléances aux familles et aux proches des victimes et exprimons notre solidarité aux autorités et au peuple égyptiens dans cette épreuve.

La France se tient aux côtés de l'Égypte dans la lutte contre le terrorisme. Nos deux pays coopèrent étroitement face à cette menace./.

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