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Déclarations officielles de politique étrangère du 14 février 2017


Sommaire



1. Point de presse du sous-directeur de la presse - Syrie/Rapport de Human Rights Watch sur l'utilisation d'armes chimiques - Pakistan/Attentat Ă  Lahore - RĂ©publique centrafricaine/Situation sĂ©curitaire - Francophonie/Lancement du «Grand tour 2017» - Turquie (Paris, 14/02/2017)

Au point de presse de ce jour, le sous-directeur de la presse a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Syrie - Rapport de Human Rights Watch sur l'utilisation d'armes chimiques (13 février 2017)

La France a pris connaissance avec préoccupation du contenu du rapport de Human Rights Watch du 13 février faisant état d'allégations d'attaques chimiques répétées perpétrées en Syrie. Il s'agit d'accusations très graves : au moins 8 attaques au chlore menées par le régime syrien contre la population civile à Alep y sont recensées entre le 17 novembre et le 13 décembre 2016. En appui à ces attaques, le régime a également utilisé de façon répétée des moyens militaires conventionnels.

Si ces informations étaient confirmées, elles constitueraient une nouvelle preuve que le régime de Damas ne se conforme toujours pas à ses obligations internationales et qu'il agit en violation des résolutions du conseil de sécurité des Nations unies. Nous rappelons que le JIM - le mécanisme d'enquête conjoint des Nations unies et de l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques - a établi de manière incontestable l'emploi d'armes chimiques par l'armée syrienne à trois reprises, et par Daech dans un cas.

Il revient au conseil de sécurité des Nations unies d'agir. Comme elle l'a fait jusqu'à présent, la France ne ménage pas ses efforts et continue de discuter avec ses partenaires du conseil de sécurité afin d'adopter une résolution sanctionnant les responsables de ces attaques.

L'emploi d'armes de destruction massive constitue un crime de guerre et une menace à la paix. L'impunité n'est pas une option.

Q - Est-ce que la France a abandonné le projet de résolution au conseil de sécurité pour sanctionner l'utilisation des armes chimiques par le gouvernement syrien et l'état islamique en Syrie ?

R - Je vous renvoie à la déclaration de ce jour sur le sujet.

2 - Pakistan - Attentat à Lahore (13 février 2017)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attentat commis le 13 février 2017, contre une manifestation pacifique à proximité de l'assemblée provinciale de Lahore, capitale de la province du Pendjab au Pakistan, qui a fait plusieurs dizaines de morts et de nombreux blessés.

Dans ces circonstances tragiques, la France adresse ses condoléances aux familles des victimes et ses voeux de rétablissement aux blessés.

Face au fléau du terrorisme, la France rappelle sa détermination sans faille et se tient aux côtés du Pakistan.

3 - République centrafricaine - Situation sécuritaire (14 février 2017)

La France est préoccupée par la poursuite des affrontements entre groupes armés dans la région d'Ippy et de Bambari. Elle condamne fermement ces violences et appelle l'ensemble des groupes armés à cesser les hostilités et à rejoindre le processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement (DDRR) conduit par les autorités centrafricaines. Tous les responsables de violences et de violations des droits humains devront en répondre devant la justice.

La France réitère son plein soutien au président Faustin Archange Touadéra et aux autorités centrafricaines en vue du rétablissement de la sécurité et de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire. La France renouvelle également son appui à l'action menée par l'opération des Nations unies (MINUSCA) et l'encourage à poursuivre la mise en oeuvre robuste de son mandat, afin d'assurer la protection des populations civiles. La France soutient pleinement la mission de l'Union européenne EUTM-RCA, à laquelle participent des militaires français, dans son travail de restructuration et de formation des forces armées centrafricaines.

4 - Francophonie - Lancement du «Grand tour 2017» (15 février 2017)

M. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État chargé du développement et de la Francophonie, lancera aux côtés de Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de la Francophonie, le «Grand tour 2017, voyage en francophonie», le 15 février, au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Placé sous le haut patronage du président de la République, le «Grand tour» est un voyage en francophonie qui se déroulera tout au long de l'année 2017 sur les cinq continents, en cent étapes dont une vingtaine en France, dans des domaines variés : de la danse à la photographie, en passant par la musique urbaine et la gastronomie, le jazz et le cinéma.

Un agenda, présenté sous la forme d'un «passeport francophone», mettra en valeur ces rendez-vous ainsi qu'un site web dédié (www.grand-tour2017.com) et des animations sur les réseaux sociaux.

5 - Turquie - Attentat Ă  Istanbul (1er janvier 2017)

Q - Selon des médias turcs, le terroriste qui a attaqué une boite de nuit à Istanbul le mois dernier possède aussi la nationalité française. Auriez-vous des commentaires à ce sujet ?

R - Ces informations sont inexactes./.

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2. DĂ©fense - OTAN - Entretien de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, avec M. Jens Stoltenberg, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OTAN - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 13/02/2017)

Le président de la République s'est entretenu ce jour avec le secrétaire général de l'OTAN, M. Jens Stoltenberg, à la demande de ce dernier.

Le président de la République a souligné l'importance de l'OTAN, concrétisation et symbole d'une relation transatlantique solidaire.

Dans le cadre des missions qui sont les siennes et face à l'évolution des menaces, l'OTAN doit continuer de faire la preuve de sa capacité d'adaptation.

Le chef de l'État a souligné que les engagements qui avaient été pris lors du sommet de Varsovie devaient être respectés et mis en oeuvre. La cohérence de l'action de l'Alliance est le meilleur gage de son efficacité.

Il a également rappelé l'attachement et l'engagement de la France au développement d'une politique européenne de défense plus ambitieuse./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Allemagne - Union europĂ©enne - Lutte contre le terrorisme - Discours de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre, Ă  l'issue de son entretien avec Mme Angela Merkel, chancelière de la RĂ©publique fĂ©dĂ©rale d'Allemagne (Berlin, 13/02/2017)

(Seul le prononcé fait foi)

Madame la Chancelière fédérale,

Mesdames et Messieurs,

Il était très important pour moi, quelques semaines après ma nomination comme Premier ministre, de pouvoir effectuer mon tout premier déplacement bilatéral européen en Allemagne et je tiens à remercier chaleureusement la Chancelière fédérale pour son invitation aujourd'hui.

L'axe franco-allemand n'est pas seulement le fruit de l'histoire, particulièrement important en ces temps troublés où les discours nationalistes, de peur et de repli sur soi se font plus bruyants, en Europe et dans le monde. Il est aussi une réalité tangible et quotidienne, dont j'ai mesuré toute la force et la portée ces dernières années dans mes fonctions passées de ministre délégué des affaires européennes puis de ministre l'intérieur, tout comme le président de la République tient à entretenir le dialogue extrêmement étroit, confiant et constructif qu'il a tissé avec vous, Madame la Chancelière, depuis près de cinq ans. Je souhaitais, en me rendant ici aujourd'hui, un peu plus d'un an après ma participation, à votre invitation, à un conseil des ministres allemand, réaffirmer avec force mon engagement personnel, celui de l'ensemble de mon gouvernement et celui de la France, à maintenir ce dialogue et cette confiance jusqu'au dernier jour de notre action. 

Cette solidarité entre Paris et Berlin, elle est plus que jamais nécessaire, alors que certains agitent le spectre d'une désunion de l'Europe, que la donne internationale évolue et que nous faisons face à des défis globaux majeurs : sécuritaires, migratoires, environnementaux et politiques.

Notre responsabilité commune, c'est surtout d'apporter des réponses très concrètes à ceux qui doutent de la valeur ajoutée de l'Europe, et de fournir des preuves tangibles de ce qu'ensemble, nous sommes plus forts pour répondre aux préoccupations et aux aspirations des citoyens européens.

C'est dans cet esprit que, dans quelques minutes, j'aborderai avec la Chancelière plusieurs des dossiers prioritaires auxquels nous devons continuer d'apporter des réponses communes.

Notre priorité, c'est d'abord d'assurer la sécurité des citoyens européens face à la menace terroriste. Nos deux pays ont connu, ces dernières années, le traumatisme d'attaques d'une violence inouïe. Je veux redire, au nom de tous les Français, notre soutien et notre amitié aux familles et aux victimes du terrible attentat qui a frappé Berlin le 19 décembre. Et je veux à nouveau remercier très chaleureusement les autorités et le peuple allemands pour les marques d'amitié et de solidarité qui ont accompagné la France pendant les tragiques événements que nous avons connus au cours des deux dernières années.

Vous savez, Madame la Chancelière, l'engagement inlassable qui a été le mien, en tant que ministre de l'intérieur, avec Thomas de Maizière, pour que l'UE se mobilise sur ce sujet. Beaucoup a été fait, mais face à la persistance de la menace terroriste, nous devons faire plus, et plus vite.

Cette impulsion commune, nous devons continuer à la donner pour faire progresser l'agenda de sécurité européen. D'abord, pour faire aboutir au plus vite les chantiers en cours, que nous avons, pour la plupart, lancés ensemble, sur l'interopérabilité et l'interconnexion des systèmes d'information européens, sur le renforcement de nos frontières extérieures. Ensuite pour dessiner de nouvelles orientations pour les mois à venir : pour que l'UE se saisisse pleinement du sujet de la cyber-sécurité et du chiffrement, pour que le code frontières Schengen soit encore renforcé en vue de faciliter les contrôles au sein du territoire de l'UE, ou encore pour lutter plus efficacement contre la radicalisation. Tous ces éléments pourraient utilement faire l'objet d'une feuille de route. Nos ministres de l'intérieur y travaillent actuellement.

La sécurité de l'Europe, elle ne se joue pas qu'en Europe. Il nous faut construire notre pleine autonomie stratégique. Chacun doit prendre sa part de l'effort : les Européens doivent se prendre en main dans ce domaine et davantage coopérer entre eux.

Notre devoir commun, c'est également d'assurer la stabilité et l'essor de l'économie européenne et de la zone euro, pour favoriser la croissance et l'emploi. Le dialogue franc entre la France et l'Allemagne a fait beaucoup, ces dernières années, pour faire bouger les lignes en Europe sur le sujet. Nous avons soutenu, ensemble, aux côtés du président Juncker, la création d'un plan d'investissement de 300Mdseuro et nous soutenons désormais son doublement. Nous portons ensemble un discours responsable sur l'application des règles communes que nous nous sommes fixées. La France a plaidé pour une application plus rationnelle et intelligente de ces règles.

Mais elle a aussi fait les efforts nécessaires pour les appliquer, et cela est tangible : notre déficit est repassé sous les 3%, notre dette est stabilisée. C'est indispensable pour le pays dont les comptes publics devaient être redressés. Et c'est aussi un gage de crédibilité vis-à-vis de nos partenaires.

Protéger le projet européen, c'est aussi continuer à porter haut les valeurs qui sont les siennes. Je pense notamment à l'État de droit, auquel je connais votre attachement Madame la Chancelière, et sur le respect duquel l'Europe doit rester intraitable, chez elle, comme vis-à-vis de ses partenaires.

Je pense aussi aux valeurs humanistes qui doivent conduire l'Europe à faire face à des flux migratoires exceptionnels en accueillant dignement tous ceux qui doivent l'être. Madame la Chancelière, la France est pleinement à vos côtés pour porter ce message que vous avez eu le courage d'affirmer avec force. Nous l'avons nous aussi porté, en France, en protégeant et en assurant l'accueil digne de dizaines de milliers de migrants qui avaient afflué dans des campements de fortune.

Ce défi humanitaire ne pourra être résolu sans un grand esprit de responsabilité et un sens aigu des réalités. Sur ces sujets aussi, l'axe franco-allemand est une réalité. Il se matérialise, notamment, dans le fait que nos deux pays parlent désormais d'une seule voix et portent une position commune sur la réforme du régime d'asile en Europe.

Sur les grands sujets régionaux et internationaux, Berlin et Paris parlent également d'une seule voix. Qu'il s'agisse de la lutte contre le terrorisme au niveau international, de la situation en Syrie, du dialogue avec les États-Unis, la Russie, l'Iran ou encore de la situation en Ukraine, de la mise en oeuvre de l'accord de Paris sur le climat ou du rôle de l'OTAN, nos deux pays partagent les mêmes préoccupations et les mêmes priorités.

Enfin, nos valeurs communes, elles vivent aussi par l'art, la culture, la langue. J'aurai l'occasion, ce soir, de célébrer notre vision partagée du rôle central de la culture dans l'ouverture de nos sociétés, et de saluer la richesse de notre coopération en la matière. Le festival de cinéma de la Berlinale est l'occasion de le constater, en présentant plusieurs films coproduits par la France et l'Allemagne dont deux qui ont bénéficié d'une aide franco-allemande issue du traité signé entre nos deux pays le 17 mai 2001.

La Foire du livre de Francfort en est une autre preuve, en faisant de la France son invitée d'honneur cette année, ce dont nous sommes très honorés. Nous créerons avec «Frankfurt auf Französisch», tout au long de l'année 2017, des temps de partage et d'échange autour de thèmes qui nous sont chers : la langue et l'hospitalité, la jeunesse et l'innovation et naturellement la relation culturelle franco-allemande.

Sur tous ces sujets, comme sur beaucoup d'autres, mon gouvernement et moi-même resteront totalement mobilisés, à vos côtés, pour faire de chaque jour un jour utile à nos deux pays, à l'Europe, et à travers elle au monde. C'est l'engagement que j'ai pris auprès du président de la République et que je prends auprès de vous, Madame la Chancelière, aujourd'hui./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. Diplomatie culturelle - Allemagne - SoirĂ©e française de la Berlinale - Discours de M. Bernard Cazeneuve, Premier ministre (Berlin, 13/02/2017)

(Seul le prononcé fait foi)

Messieurs les Secrétaires d'État,

Monsieur l'Ambassadeur,

Monsieur le Directeur général de la Foire du livre de Francfort,

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis d'être parmi vous ce soir pour fêter cette traditionnelle «Soirée française du cinéma» dans le cadre de la Berlinale et de pouvoir distinguer à cette occasion, au nom de la République française, trois personnalités éminentes et sympathiques du cinéma allemand : Birgit Kohler, Daniel Brühl et Max Riemelt.

Mais, avant de prononcer leur éloge, je voudrais souligner que, si cette soirée constitue une tradition, l'année 2017, elle, ne sera pas une année comme les autres pour les échanges culturels franco-allemands. Au mois d'octobre prochain, la France sera, comme vous le savez, l'invitée d'honneur de la Foire au livre de Francfort, pour la première fois depuis 1989. Et c'est une véritable année française en Allemagne que nous avons voulu célébrer à l'occasion de ce «Francfort en Français», et que j'ai le plaisir d'ouvrir symboliquement ce soir.

Ce cycle exceptionnel d'événements culturels placera la création, sous toutes ses formes, la langue et la jeunesse au coeur de la relation franco-allemande. Car cette relation si forte, indispensable au bon équilibre et sans doute aujourd'hui à la pérennité du projet européen, ne peut pas reposer seulement sur la conscience d'intérêts partagés. Elle exige que nous sachions partager des émotions et des goûts, que notre dialogue se nourrisse de celui des penseurs et des artistes, que notre jeunesse soit inspirée par des rêves et des aspirations voisines.

Toutes les formes de création seront donc mises à l'honneur dans le cadre de cette Année, à commencer par le cinéma, à l'occasion de cette Berlinale, mais aussi l'art contemporain lors de la Dokumenta de Kassel ou les musiques actuelles lors du Reeperbahn festival de Hambourg. Quant à la littérature d'expression française, elle ne sera pas seulement présente à Francfort, mais partout en Allemagne, au festival de Cologne comme lors de la foire de Leipzig, qui accueillera une «Nuit du Polar», dans les instituts français comme dans le remarquable réseau des LiteraturHaus.

Ces manifestations seront notamment l'occasion de constater comment l'âge numérique a bouleversé les conditions de création et de diffusion des oeuvres, en France comme en Allemagne. Partout, la technologie ouvre des possibilités radicalement nouvelles à l'artiste, comme elle multiplie pour le spectateur les modalités d'accès aux oeuvres. Mais l'arrivée du numérique doit nous inviter également à faire preuve de vigilance afin de protéger les droits des créateurs et de préserver les conditions d'une authentique diversité. La France et l'Allemagne travaillent de concert pour atteindre ces objectifs de politique culturelle et les faire partager en Europe et dans le reste du monde.

L'Allemagne et la France ont ainsi réaffirmé, en 2016, le rôle clé que joue le droit d'auteur comme fondement de l'activité de création et source de vitalité des secteurs culturels et créatifs en Europe et dans l'environnement numérique.

C'est la raison pour laquelle la modernisation du cadre européen du droit d'auteur, qui est en cours de négociation à Bruxelles, doit être intégrée à une véritable stratégie européenne pour la culture à l'ère numérique. Je rappelle que les industries culturelles et créatives représentent 4% du PIB européen. Nous devons donc avoir à l'esprit non seulement de favoriser l'accès des consommateurs aux oeuvres mais aussi de soutenir la création, la diversité des contenus, la juste rémunération de ceux qui créent et la pérennité des dispositifs vertueux de soutien.

La question du partage Ă©quitable de la valeur reste plus que jamais essentielle.

La diversité des oeuvres est inséparable de la merveilleuse richesse de nos langues. C'est pourquoi nous devons continuer à soutenir l'enseignement du français en Allemagne et l'enseignement de l'allemand en France. «Francfort en français» sera l'occasion de rendre plus familière encore au public allemand une langue parlée sur les cinq continents et désirée par les nombreux auteurs, de toutes origines, qui l'ont choisie pour s'exprimer : d'Alain Mabanckou, conseiller de la manifestation, à Patrick Chamoizeau, de Yasmina Reza à Leila Slimani, prix Goncourt 2016, d'Andrei Makhine au regretté Tzevan Todorov, disparu voici quelques jours.

La venue de 350 auteurs francophones en Allemagne sera aussi l'occasion de magnifiques échanges avec les écrivains allemands. Depuis le siècle des Lumières, ils ont pris l'habitude de correspondre et de se traduire les uns les autres, des deux côtés du Rhin. Ainsi, Goethe a-t-il traduit Le Neveu de Rameau de Diderot ; Rilke traducteur de Paul Valery a traduit lui-même en français ses propres oeuvres ; André du Bouchet a fait découvrir Paul Celan en France tandis que Walter Benjamin s'emparait de Baudelaire. Je veux donc rendre hommage aux passeurs d'aujourd'hui, écrivains, traducteurs, éditeurs et critiques, grâce auxquels plus de 1.200 titres français ont été traduits et édités en Allemagne l'an passé.

La même logique d'échange et de collaboration prévaut bien entendu entre nos deux pays dans le domaine du cinéma. Je vois que les productions et coproductions françaises sont particulièrement nombreuses cette année au programme de la Berlinale. Le nombre des coproductions, en particulier, montre que la France demeure au coeur de l'industrie cinématographique mondiale et qu'elle est au service de sa diversité. Pas moins de 10 films français présents à Berlin ont ainsi bénéficié du programme «cinéma du monde» du CNC et nous révèlent des talents venus du Sénégal, de Roumanie ou du Portugal. Et 8 autres films ont été coproduits par la France et l'Allemagne, dont deux ont bénéficié d'une aide spécifiquement franco-allemande dans le cadre du traité signé entre nos deux pays le 17 mai 2001. Ces beaux résultats doivent aussi beaucoup à la politique d'ARTE qui a tant fait, depuis 25 ans, pour rapprocher nos créateurs, nos entreprises et nos institutions culturelles.

C'est à la Jeunesse de nos deux pays que nous devons confier la tâche de poursuivre la construction de cette Europe de la diversité, de l'échange et de la traduction. Le succès de cette année culturelle française en Allemagne repose donc en grande partie sur ses épaules. Je veux remercier ce soir l'office franco-allemand pour la jeunesse et l'université franco-allemande pour leur engagement dans cette aventure.

Alors que le souvenir de la guerre - qui avait porté le désir de réconciliation et de paix des générations précédentes - s'estompe, alors que la tentation du repli sur soi s'insinue sur notre continent, nous comptons sur les jeunes Français et Allemands pour incarner la confiance dans la poursuite du projet européen.

Ce sont les mêmes valeurs de curiosité, d'ouverture, d'engagement européen, que nous célébrons ce soir, en distinguant trois personnalités qui les incarnent tout particulièrement.

La République française a souhaité les honorer et c'est pourquoi je vais à présent leur remettre les insignes de Chevalier dans l'ordre des Arts et Lettres. Cet ordre a été créé par André Malraux, ministre de la culture du Général de Gaulle, pour «les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu'elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde».

Je vais leur demander de me rejoindre, l'un après l'autre, sur cette estrade et de me permettre de faire, trop brièvement, leur éloge.

Chère Birgit Kohler,

À travers votre parcours, c'est une certaine idée de la culture qui est célébrée, faite d'ouverture sur le monde, d'engagement politique et social, et surtout d'un profond amour pour les oeuvres.

Dès 1990, vous avez pris part à plusieurs groupes de réflexion sur le cinéma, et organisé des conférences et des débats autour de la thématique «Cinéma, féminisme et théorie», au sein notamment de l'université libre de Berlin. Peu de personnalités représentent mieux que vous le foisonnement intellectuel et artistique du Berlin des années 1980 et 1990. C'est de cette époque que date votre engagement dans la programmation du Kino Arsenal, que tous connaissent aujourd'hui sous le nom d'Arsenal - Institut du Film et de l'Art vidéo. Vous en êtes depuis 2004 l'une de ses trois directrices artistiques. Votre programmation a fait découvrir aux Berlinois les films qui ont fait l'histoire du cinéma mondial, mais vous leur avez également présenté des créations nouvelles, venues de tous les pays. C'est la créativité du monde qui a ainsi été accueillie par votre institution.

Dans sa richesse et sa diversité, votre travail me semble avoir été guidé par quatre ambitions majeures.

Vous avez d'abord voulu permettre au plus grand nombre d'accéder au meilleur du cinéma. Vous y êtes parvenue par une programmation exigeante, mais toujours soucieuse de pédagogie Vous avez complété cette démarche par la création d'une base de données qui rend accessible à tous la collection des films de l'Arsenal, ainsi que par le lancement d'un nouveau site web qui contribue à réinventer la présentation des films et de l'art vidéo.

Parallèlement à cette mission patrimoniale, vous avez ouvert votre Institut aux formes les plus innovantes de l'art vidéo et du cinéma. Peut-être est-ce votre sélection pour la section «Forum» de la Berlinale qui manifeste le mieux votre intérêt pour le renouvellement de ces arts : toutes les tendances, les explorations formelles, le cinéma d'art et d'essai sont mis en valeur dans cette section du festival qui vous doit beaucoup.

Le féminisme et la sensibilité aux questions politiques constitue une autre caractéristique de vos travaux, souvent consacrés au cinéma documentaire contemporain. Votre programmation vous a aussi permis de faire mieux connaître le talent des réalisatrices que vous aimez, notamment Chantal Akerman, Claire Denis ou Agnès Varda.

Enfin, la francophilie est un trait constant de vos choix : vous avez fortement contribué à faire apprécier du public allemand de grandes figures du cinéma français, comme Eric Rohmer, Sandrine Bonnaire, Alain Resnais, ou Robert Bresson, auxquels vous avez consacré de nombreux hommages. Votre participation à la semaine du film français de Berlin joue elle aussi un rôle crucial pour sa réussite.

Chère Birgit Kohler,

Vous incarnez un idéal de culture ouverte aux échanges. Votre engagement au service du cinéma européen, ainsi que l'importance de votre contribution à la diffusion de la culture française en Allemagne, méritent notre reconnaissance.

C'est pourquoi, au nom de la République française, nous vous faisons Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.

Cher Daniel BrĂĽhl,

Vous êtes né à Barcelone en 1978, d'une mère espagnole et d'un père allemand : vous avez grandi à Cologne, et avez tourné en Europe et dans le monde entier.

Vous représentez la génération pour qui l'Europe est une évidence. Évidence de la diversité des langues, que vous pratiquez en famille comme dans votre travail. Évidence de la mobilité et des belles rencontres que permet le cinéma et qui fait que vous êtes aussi célèbre en France qu'en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis. Évidence des valeurs d'ouverture et de diversité que vous défendez.

À nouveau, je me contenterai de rappeler quelques étapes majeures de votre carrière déjà longue. En 2001, vous avez incarné dans DAS WEISSE RAUSCHEN (le son blanc) un jeune homme atteint de schizophrénie. Votre interprétation vous a valu en 2001 le Prix bavarois du meilleur espoir masculin, confirmé l'année suivante par le titre de meilleur acteur lors de l'attribution du Prix allemand du film.

En 2003, le personnage d'Alexander dans Good Bye Lénine ! vous rend mondialement célèbre. Vous y jouez le rôle d'un jeune homme qui cache tendrement à sa mère, clouée au lit, la disparition de la RDA. Nous avons tous ri et pleuré devant cette histoire touchante qui a réveillé en nous les souvenirs de la chute du Mur. Vous incarnez ainsi depuis 2003, Cher Daniel Brühl, aux yeux de beaucoup de Français, la «révolution pacifique» de 1989.

En 2005, vous interprétez dans Joyeux Noël de Christian Caron le rôle d'un officier allemand qui participe aux fraternisations de Noël 1914, bref moment d'humanité survenu alors que l'Europe s'enfonçait dans la Première guerre mondiale. Les Allemands et les Français sont unis dans sa commémoration, qui se poursuit cette année, et votre rôle, cher Daniel Brühl, a contribué à rendre vivant le souvenir de cet épisode trop souvent oublié.

En 2005 encore, vous êtes dans Les dames de Cornouailles un violoniste polonais recueilli sur une plage anglaise : après avoir parlé allemand, français et anglais, vous adoptez le langage de la musique en vous initiant au violon.

Votre carrière a pris depuis une dimension mondiale, notamment grâce à votre rôle dans Rush de Ron Howard. Si vous travaillez souvent aux États-Unis, vous ne délaissez pas les productions européennes, dont certaines portent sur les épisodes les plus sombres de l'histoire allemande. Vous avez ainsi joué en 2016 dans l'adaptation du chef-d'oeuvre antinazi d'Hans Fallada, Seul dans Berlin.

Cher Daniel BrĂĽhl,

Vous contribuez magistralement au rayonnement de la culture cinématographique en France, en Allemagne, en Europe et dans le monde. À travers vos rôles vous êtes un passeur d'émotions et un conservateur de la mémoire franco-allemande.

C'est pourquoi, au nom de la République française, nous vous faisons Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres.

Cher Max Riemelt,

Vous êtes aujourd'hui un jeune talent très apprécié du grand public et sollicité par les plus grands réalisateurs.

Dès votre enfance, passée à Berlin-Est, vous avez éprouvé une sorte de vocation pour les métiers de la scène. Vous avez fait vos débuts à onze ans en intégrant la troupe de théâtre de votre école. Quelques années plus tard, vous avez décroché le rôle principal dans la série Zwei Allein, avant de faire en 2001 vos premiers pas sur la scène internationale grâce à votre collaboration avec le réalisateur Dennis Gansel.

Celui-ci vous a offert en 2004 le rôle principal dans son drame Napola - Elite für den Führer, qui vous vaudra le titre de Shooting Star allemande au Festival international de Berlin en 2005. Vous avez ensuite poursuivi votre collaboration avec Dennis Gansel, notamment pour son film La Vague, cette évocation troublante des mécanismes du totalitarisme, salué dans toute l'Europe comme l'une des meilleures créations allemandes de 2008.

Votre filmographie est si riche qu'il est impossible de la retracer ici dans son intégralité. Pour m'en tenir à certaines de ses étapes les plus remarquables, je rappellerai le film franco-suisse de Barbet Schroeder, Amnesia, où vous donnez la réplique à Marthe Keller. Cette oeuvre offre une réflexion profonde sur la mémoire, intime et collective, sur l'appréhension de l'histoire et de ses séquelles. Située à Ibiza, l'intrigue présente, à travers la rencontre de cultures musicales différentes, le contraste entre les expériences historiques de deux générations allemandes. Amnesia a été présenté aux festivals de Cannes et de Locarno.

Cher Max Riemelt,

Vous êtes un grand comédien et vous êtes aussi un ami de la France. La distinction que je vous remets ce soir n'est donc pas un prix supplémentaire, mais un témoignage d'admiration pour l'ensemble de votre oeuvre et pour votre contribution au rayonnement des arts en Allemagne et dans le monde.

C'est pourquoi, au nom de la République française, nous vous faisons Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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5. Union europĂ©enne - Construction europĂ©enne - RĂ©ponse de M. Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 14/02/2017)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Je ne terminerai pas en partageant le dernier mot de votre conclusion. M. le président de la commission européenne, Jean-Claude Juncker, a dit qu'il ne se représenterait pas en 2019, mais nous sommes au début de l'année 2017. En revanche, vous avez affirmé un certain nombre de principes que je peux facilement partager. En effet, si on mesure tout le chemin parcouru, du point de vue de l'intérêt de la France, du point de vue de la paix, de la sécurité, du point de vue de la prospérité, ce qui a été engagé, je me le rappelle chaque fois que je traverse cette salle qu'est le salon de l'Horloge au Quai d'Orsay, c'est-à-dire depuis l'appel de Robert Schuman le 9 mai 1950 qui a permis la création de la communauté européenne du charbon et de l'acier, au début de la réconciliation franco-allemande. Le 25 mars 1957, autre grande date, dont nous fêterons le 60e anniversaire, c'est le Traité de Rome. Nous avons le devoir de mesurer le chemin parcouru, et de ne pas prendre le risque de laisser s'affaiblir et se déliter ce qui a permis de nous défendre et mieux nous protéger.

En effet, vous avez raison de le dire, l'Europe est face à son destin parce qu'aujourd'hui il y a eu des menaces. Il y a d'abord le Brexit qui risque de conduire l'Europe à se diviser, et l'essentiel dans cette période de négociation, c'est effectivement sa cohésion et sa solidarité.

Mais il y a des menaces qui viennent d'ailleurs, je pense aux déclarations récentes du président américain qui n'aime pas l'Europe et qui demande quand sera le prochain Brexit.

LĂ  non plus, il ne faut pas se laisser faire.

Il y a d'autres menaces qui viennent de l'intérieur et de tous les mouvements populistes qui exploitent les peurs.

C'est maintenant que l'Europe doit se ressaisir. La France est Ă  l'initiative en particulier dans la relation franco-allemande, c'est le moment et tous ceux qui le souhaitent et j'ai l'impression que vous le souhaitez, c'est le moment de se mobiliser./.

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6. Union europĂ©enne - Ukraine - DĂ©claration de la haute reprĂ©sentante, au nom de l'Union europĂ©enne, relative Ă  l'alignement de certains pays tiers concernant des mesures restrictives - CommuniquĂ© de presse du conseil de l'Union europĂ©enne (Bruxelles, 13/02/2017)

Le 19 décembre 2016, le Conseil a adopté la décision (PESC) 2016/2315 [publiée au journal officiel de l'Union européenne, JO L 345 du 20.12.2016, p. 65]. La décision du Conseil proroge les mesures existantes jusqu'au 31 juillet 2017.

Le Monténégro* et l'Albanie*, pays candidats, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'espace économique européen, ainsi que l'Ukraine, se rallient à cette décision du Conseil.

Ces pays veilleront à ce que leurs politiques nationales soient conformes à cette décision du Conseil.

L'Union européenne prend acte de cet engagement et s'en félicite./.

* Le Monténégro et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

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7. Union europĂ©enne - Afghanistan - Signature d'un accord de coopĂ©ration en matière de partenariat et de dĂ©veloppement - CommuniquĂ© de presse du conseil de l'Union europĂ©enne (Bruxelles, 13/02/2017)

Le 13 février 2017, le Conseil a décidé de signer un accord de coopération en matière de partenariat et de développement entre l'UE et l'Afghanistan. L'accord sera signé vendredi 17 février 2017 à 18h40, à Munich, par la haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Federica Mogherini, et le ministre afghan des finances, M. Eklil Ahmad Hakimi, en présence du président de l'Afghanistan, M. Ashraf Ghani.

L'accord de coopération en matière de partenariat et de développement constituera un nouveau cadre pour les relations entre l'UE et l'Afghanistan. Il formalise l'attachement de l'UE au développement de l'Afghanistan dans le cadre de la «décennie de la transformation» (2014-2024), sur la base des engagements pris lors de la conférence de Bruxelles sur l'Afghanistan tenue les 4 et 5 octobre 2016.

L'accord reflète les principes et les conditions sur lesquels le partenariat à venir sera fondé. Il met l'accent sur un dialogue politique régulier, y compris sur les questions relatives aux droits de l'Homme, en particulier les droits des femmes et des enfants. L'accord prévoit le développement de relations mutuellement bénéfiques dans un éventail de plus en plus large de domaines économiques et politiques, tels que l'État de droit, la santé, le développement rural, l'éducation, les sciences et les technologies, ainsi que des mesures visant à lutter contre la corruption, le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, la criminalité organisée et le trafic de stupéfiants. Il prévoit également une coopération dans le domaine des migrations, fondée sur l'action conjointe pour le futur sur les questions migratoires adoptée au début du mois d'octobre 2016. L'accord de coopération permettra en outre à l'UE et à l'Afghanistan de s'employer ensemble à relever conjointement les défis mondiaux que constituent par exemple la sécurité nucléaire, la non-prolifération et la lutte contre le changement climatique.

L'accord signé et conclu prendra la forme d'un accord «mixte». Cela signifie que, du côté de l'UE, il doit être signé à la fois par l'UE et par les États membres, et ratifié par l'ensemble des parlements nationaux et régionaux concernés. L'accord s'appliquera à titre provisoire, dans l'attente de sa ratification par l'ensemble des États membres. L'application provisoire concernera les questions relevant de la compétence de l'UE, notamment le dialogue politique, les droits de l'Homme, l'égalité entre les femmes et les hommes, la coopération au développement, la coopération en matière de commerce et d'investissement, la coopération dans le domaine des migrations et la coopération régionale./.

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8. Union europĂ©enne - Tunisie - DĂ©claration de la haute reprĂ©sentante, au nom de l'Union europĂ©enne, relative Ă  l'alignement de certains pays tiers concernant des mesures restrictives - CommuniquĂ© de presse du conseil de l'Union europĂ©enne (Bruxelles, 13/02/2017)

Le 27 janvier 2017, le Conseil a adopté la décision (PESC) 2017/153 [parue le 28.1.2017 au journal officiel de l'Union européenne L 23, p. 19]. La décision du Conseil proroge les mesures existantes jusqu'au 31 janvier 2018. Les mesures en question consistent en un gel des avoirs et une interdiction de mise à disposition de fonds à l'encontre de 48 personnes considérées comme responsables du détournement de fonds publics tunisiens avant 2011.

L'ancienne république yougoslave de Macédoine*, le Monténégro*, la Serbie* et l'Albanie*, pays candidats, la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, et l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'espace économique européen, ainsi que l'Ukraine, la république de Moldavie et la Géorgie se rallient à cette décision du Conseil.

Ces pays veilleront à ce que leurs politiques nationales soient conformes à cette décision du Conseil.

L'Union européenne prend acte de cet engagement et s'en félicite./.

*L'ancienne république yougoslave de Macédoine, le Monténégro, la Serbie et l'Albanie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

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9. Lutte contre le terrorisme - La protection des infrastructures critiques face Ă  la menace terroriste - Intervention du reprĂ©sentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies - Conseil de sĂ©curitĂ© (New York, 13/02/2017)

Merci beaucoup Monsieur le Président,

Permettez-moi en premier lieu de remercier l'Ukraine d'avoir pris l'initiative de ce débat important. Je voudrais également remercier les différents intervenants pour leurs présentations très éclairantes. La France s'associe au discours qui sera prononcé au nom de l'Union européenne.

Les exemples d'attaques terroristes ayant visé des infrastructures critiques, en particulier de transport, sont malheureusement nombreux, comme l'ont tragiquement rappelé les attentats perpétrés dans le métro et à l'aéroport de Bruxelles en mars 2016 et dans les aéroports d'Istanbul en décembre 2015 et juin 2016.

Ce débat nous offre l'occasion de passer à nouveau un message fort, un message uni du conseil de sécurité sur l'importance de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme, comme nous l'avons déjà fait par le passé à l'occasion d'autres réunions sur le financement du terrorisme, sur la lutte contre la propagande ou pour la coopération judiciaire internationale.

Cette lutte contre la menace terroriste doit porter sur tous les fronts, dans le respect du droit international et des compétences nationales des États. Il est en particulier nécessaire, au niveau de chaque pays, de se doter de moyens de prévention et de protection robustes, afin de dissuader les terroristes de mener des attaques contre des cibles potentiellement vulnérables, ou le cas échéant, afin de se trouver en mesure de réagir rapidement et efficacement.

Monsieur le Président,

La France fait de la protection de la population ainsi que de la garantie de la continuité des fonctions essentielles de la Nation une priorité stratégique. La France a mis en place, dès 2006, un dispositif de sécurité des «activités d'importance vitale» afin de les protéger contre les actes de malveillance tels que le terrorisme. Aujourd'hui, ce sont plus de deux cents opérateurs, publics et privés, qui ont été catégorisés «Organisme d'Importance Vitale» (OIV) qui font l'objet de règles et d'une vigilance particulières. La liste de ces infrastructures est gardée confidentielle : elle inclut des administrations, des médias, des entreprises de transports ou encore des industriels opérants dans différents secteurs. Tous assurent des activités indispensables au bon fonctionnement et à la survie de la Nation.

Dans ce contexte, la France se réjouit de l'adoption à l'unanimité de la résolution [2341], la première qui s'intéresse de si près à cette thématique essentielle. Et je tiens plus particulièrement à insister sur deux messages, particulièrement importants, que ce texte envoie :

- le premier concerne la prévention et la préparation aux éventuelles menaces. Il est indispensable d'identifier en amont les principaux défis et les vulnérabilités en matière de protection des infrastructures critiques, et d'élaborer une stratégie ciblée à mettre en place en cas d'attaque. Ces approches aident non seulement à réduire les risques, mais également à renforcer la réactivité ;

- le second message porte sur le constat que le renforcement de la protection des infrastructures critiques ne peut se faire de manière isolée. La coopération, qu'elle soit entre agences, inter-agences ou interétatique, est essentielle afin de garantir un niveau de protection adapté. Cela passe notamment par l'échange d'information, l'échange de connaissances et d'expériences. En raison de la nature même des activités assurées par ces infrastructures critiques, une coopération étroite entre les secteurs publics et les secteurs privés est absolument indispensable.

Monsieur le Président,

Les défis sont nombreux. Mais l'ampleur et le niveau particulièrement élevé de la menace terroriste aujourd'hui doivent nous inciter à renforcer nos efforts de protection des populations et nos efforts de garantie de la continuité des services essentiels de l'État.

Permettez-moi, pour conclure, de remercier à nouveau la présidence ukrainienne du conseil de sécurité pour ce débat très utile sur une question à la fois spécialisée et technique, mais qui touche de près la vie quotidienne de nos concitoyens. Soyez assurés Monsieur le Ministre, Monsieur le Président, que la France continuera de prendre toute sa part à ces efforts.

Je vous remercie./.

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10. Migrations - Royaume-Uni - Situation des mineurs - CommuniquĂ© du ministère de l'intĂ©rieur (Paris, 14/02/2017)

M. Bruno Le Roux, ministre de l'intérieur, exprime sa satisfaction concernant les transferts déjà réalisés en lien avec les autorités britanniques de mineurs non accompagnés hébergés en centre d'accueil et d'orientation pour mineurs et souhaite que le travail étroit entre la France et le Royaume-Uni se poursuive, dans un esprit constructif et dans l'intérêt supérieur de ces jeunes.

Ainsi que les ministres en sont convenus, la priorité actuelle va au réexamen de l'ensemble des dossiers faisant l'objet de contestation, selon une procédure souple. Des dizaines de mineurs ont ainsi pu rejoindre le Royaume-Uni dans ce cadre au cours des dernières semaines et d'autres le feront à brève échéance.

Comme le ministre de l'intérieur l'a rappelé à plusieurs reprises à son homologue britannique, ces réexamens contribuent à garantir un traitement juste et équitable de toutes les situations, dans le respect des critères fixés par le Royaume-Uni. L'objectif est de donner rapidement à chaque jeune une perspective claire sur son avenir, et la possibilité en conséquence de bâtir sa nouvelle vie.

À l'issue de ce processus d'examen mis en place dans le cadre de l'opération de mise à l'abri des occupants de l'ex-campement de Calais, le ministère de l'intérieur maintiendra un lien étroit avec les autorités britanniques pour réserver un traitement rapide aux dossiers qui continueront à lui être présenté dans le cadre d'une demande de réunification familiale prévue par le règlement Dublin III./.

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