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Déclarations officielles de politique étrangère du 02 juillet 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Pologne/Entretien de M. Harlem D√©sir avec son homologue - OCDE/Entretien de M. Harlem D√©sir avec les repr√©sentants permanents des pays de l'Union europ√©enne aupr√®s de l'OCDE - Soudan du Sud/Attaque contre la MINUSS et adoption de sanctions au Conseil de s√©curit√© des Nations unies - Philippines/Naufrage d'un ferry - Espionnage - Afrique/Visites du pr√©sident de la R√©publique - Ukraine (Paris, 02/07/2015)

 Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Pologne - Entretien de M. Harlem Désir avec son homologue (Paris, 2 juillet 2015)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des affaires europ√©ennes, a re√ßu ce matin son homologue polonais, M. Rafał Trzaskowski.

Ils ont évoqué les principaux sujets de l'actualité européenne : situation en Grèce, réponse au défi migratoire, lutte contre le terrorisme ainsi que questions énergétiques et climatiques dans la perspective de la COP21.

M. Désir et M. Trzaskowski ont également travaillé au renforcement de nos relations bilatérales, notamment dans le domaine économique.

2 - OCDE - Entretien de M. Harlem Désir avec les représentants permanents des pays de l'Union européenne auprès de l'OCDE (Paris, 2 juillet 2015)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des Affaires europ√©ennes, recevra aujourd'hui au Quai d'Orsay les repr√©sentants permanents des pays de l'Union europ√©enne aupr√®s de l'Organisation de coop√©ration et de d√©veloppement √©conomiques (OCDE).

Ils échangeront sur les sujets d'actualité européenne après le Conseil européen des 25 et 26 juin, en particulier sur les enjeux de croissance, d'investissement et d'emploi. Ils évoqueront aussi la lutte contre le dérèglement climatique et la préparation de la COP21.

3 - Soudan du Sud - Attaque contre la MINUSS et adoption de sanctions au Conseil de sécurité des Nations unies (1er juillet 2015)

La France condamne l'attaque contre la base de protection des civils de la mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) le 1er juillet à Malakal, qui a fait un mort et plusieurs blessés selon un bilan provisoire.

Nous demandons qu'une enquête soit conduite afin que les responsables de cette attaque, qui pourrait constituer un crime de guerre, répondent de leurs actes devant la justice.

Dans ce contexte, et comme cela avait été demandé par les dirigeants de l'Union africaine réunis au sommet de Johannesburg au mois de juin dernier, la France salue la décision du Conseil de sécurité d'adopter des sanctions ciblées contre six responsables militaires sud-soudanais des deux camps, qui représentent une menace à la paix et à la sécurité régionales.

4 - Philippines - Naufrage d'un ferry (2 juillet 2015)

Nous avons appris avec √©motion le naufrage du ferry Kim Nirvana, qui effectuait la liaison entre la localit√© d'Ormoc et l'√ģle de Camotes, qui a fait plusieurs dizaines de victimes.

Dans ces circonstances tragiques, la France exprime ses condoléances aux proches des victimes et fait part de sa solidarité aux autorités et au peuple philippins.

5 - Espionnage

Q - Quelle est la r√©action de la France √† la r√©v√©lation faite par le Nouvel Observateur selon laquelle Paris espionnerait aussi une quarantaine de pays par des c√Ębles sous-marins ?

Cet espionnage ne contredit il pas l'opposition française à la récente révélation de la mise sur écoute des trois derniers présidents de la République par la NSA ?

R - Nous ne commentons pas les rumeurs de presse.

Je vous rappelle les propos de M. Laurent Fabius le 24 juin apr√®s avoir convoqu√© l'ambassadrice am√©ricaine √† Paris : ¬ęautant on comprend qu'il puisse y avoir des √©coutes en ce qui concerne les terroristes, autant cela n'a rien √† voir avec l'√©coute de dirigeants alli√©s et amis¬Ľ.

6 - Afrique - Visites du président de la République

Q - Quels sont les enjeux de la visite du président François Hollande en Angola, au Bénin et au Cameroun ? Pourrait-on s'attendre à un rapprochement entre ces pays et la France, au niveau politique mais aussi économique ?

R - S'agissant de visites du pr√©sident de la R√©publique, je vous renvoie vers le service de presse de l'√Člys√©e.

7 - Ukraine

Q - Le président ukrainien Petro Porochenko a affirmé que les amendements à la Constitution de l'Ukraine ne prévoient pas d'accorder un statut spécial aux régions rebelles de Donetsk et Lougansk. À votre avis, est-ce que c'est conforme aux accords de Minsk ?

R - Comme l'a rappel√© M. Laurent Fabius, ¬ędans l'accord de Minsk, il est dit qu'il faut qu'il y ait d√©centralisation et changement institutionnel pour donner plus d'autonomie aux territoires de l'Est¬Ľ de l'Ukraine.

C'est dans ce cadre que nous sommes en train d'examiner le projet de réforme constitutionnelle, qui doit être soumis au législateur ukrainien.

Nous appelons de nouveau les autorités ukrainiennes à dialoguer avec les responsables des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk, et ces derniers à s'abstenir de toute initiative unilatérale de nature à compromettre la mise en oeuvre du point 12 des accords du 12 février relatif aux élections locales. À cet égard, la déclaration de M. Zakhartchenko selon laquelle des élections locales seraient organisées dans la République autoproclamée de Donetsk le 18 octobre ne contribue pas à la recherche d'un règlement politique de la crise./.

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2. Iran - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęParis Match¬Ľ (Paris, 01/07/2015)

(...)

Q - Vous √™tes √† Vienne pour la n√©gociation sur le nucl√©aire iranien. La France a-t-elle toujours une position ¬ędure¬Ľ ?

R - On personnalise m√™me, parfois, en disant : ¬ęFabius est trop ferme.¬Ľ Ce n'est pas une affaire personnelle. Nous ne sommes pas ¬ędurs¬Ľ : nous sommes coh√©rents.

L'Iran est un grand pays et les Perses une grande civilisation. Mais pour ce qui est de la négociation, il faut être clair: le nucléaire civil, oui; l'arme nucléaire, non. Si l'on veut éviter la prolifération nucléaire, l'accord doit être robuste. Sinon, cette prolifération aura lieu et ce sera très dangereux pour tout le monde. (...)./.

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3. Union europ√©enne - Gr√®ce - D√©claration de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, lors de la visite de la Compagnie nationale du Rh√īne (Lyon, 01/07/2015)

Q - La Grèce est face à son destin actuellement. Est-ce qu'elle doit renoncer à son référendum pour rester dans la zone euro ? Est-ce que vous en avez parlé avec M. Tsipras ?

R - Il y a des discussions qui se prolongent. Elles doivent être menées jusqu'au bout. La Grèce a annoncé qu'elle faisait un référendum. Il ne tient qu'à elle de le confirmer ou de le retirer. Ce que je veux, c'est que l'on puisse trouver un accord, mais en fonction des règles européennes.

Si cet accord peut être trouvé avant le référendum, cela ne donnera plus grand sens à cette consultation. Si l'accord ne peut pas être trouvé, alors le référendum aura lieu avec les conséquences que l'on sait. Il faut être clair, l'accord c'est tout de suite. Il ne pourra pas être différé. Cela fait tellement de temps que l'on parle de cet accord pour qu'il arrive.

Ensuite s'il vient, l√†, le gouvernement grec devra en tirer les conclusions. S'il ne vient pas, il faudra attendre un r√©f√©rendum, mais il y a toujours un risque. J'allais dire un risque, notamment si la r√©ponse est celle du ¬ęnon¬Ľ. Le risque c'est de rentrer dans une p√©riode de turbulence ou une p√©riode inconnue. Mieux vaut assurer g√©n√©ralement l'avenir par des certitudes plut√īt que par des sauts dans le vide.

Q - Vous êtes confiant sur le maintien de la Grèce dans la zone euro ?

R - Notre devoir c'est de faire que la Grèce reste dans la zone euro. Il ne dépend que d'elle qu'elle reste dans la zone euro, notamment s'il doit y avoir un référendum de la réponse des Grecs. Il dépend aussi de nous - de nous tous - parce que comme Européen, moi, je ne veux pas la dislocation de la zone euro. Je ne suis pas dans les affirmations péremptoires, dans les ruptures brutales. Je pense que nous devons toujours rechercher l'accord, la négociation, la raison. Faut-il encore que tout le monde en soit convaincu. La France, elle se bat. Elle n'est pas dans le véto, elle n'est pas dans la brutalité, elle est là pour qu'on obtienne un accord pour l'Europe, pour la Grèce, pour la France. C'est une grande nation européenne, même si je l'ai dit, il n'y a pas de risque majeur pour la France. En tant qu'Européen, en tant que Français, je suis désireux que nous puissions garder la Grèce dans la zone euro./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Union europ√©enne - Gr√®ce - R√©ponse de M. Manuel Valls, Premier ministre, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 01/07/2015)

Monsieur le Député, nous l'avons rappelé hier devant vous, avec Michel Sapin, en réponse à des questions d'autres députés : la situation de la Grèce est bien évidemment une préoccupation majeure pour la France. La France, le président de la République, s'engagent pleinement. Nous restons totalement à l'initiative.

Comme nous vous le disions hier, un accord est encore possible ; un accord est souhaitable. Le dialogue, qui avait été interrompu ce week-end, a repris, et la France y est pour beaucoup. Je veux croire qu'un accord est possible.

O√Ļ en sommes-nous ? Les autorit√©s grecques ont formul√© hier apr√®s-midi, et encore cette nuit, de nouvelles propositions. Ath√®nes propose √† ses cr√©anciers de conclure un accord sur deux ans permettant de couvrir ses besoins financiers tout en restructurant sa dette, en √©change de quoi le gouvernement grec accepterait de mener les r√©formes n√©cessaires qui s'imposent.

Ces propositions ont fait l'objet, hier soir, d'un premier échange lors d'une réunion de l'Eurogroupe, qui rassemble, comme vous le savez, l'ensemble des ministres des finances de la zone euro. Michel Sapin a participé à cette réunion. En ce moment même, ces propositions continuent d'être évaluées par l'ensemble des parties prenantes à ces négociations. Ce soir, en effet, vous le rappeliez, se tiendra à dix-sept heures trente une nouvelle réunion de l'Eurogroupe. Nous continuons donc à croire qu'un accord est possible.

Sur le fond, que voulons-nous ? Un accord √©quilibr√©, global et durable, c'est-√†-dire un accord qui pr√©voie les r√©formes n√©cessaires, y compris bien s√Ľr sur le plan budg√©taire, mais √©galement un volet de financement de l'√©conomie, avec des investissements au service de la croissance, et enfin un accord qui trace un chemin clair pour traiter la question de la dette. Voil√† ce que cherche la France, avec d√©termination et conviction.

Nous sommes convaincus, comme vous, que la place de la Gr√®ce est dans la zone euro, c'est-√†-dire pleinement dans l'Union europ√©enne. En ces heures tr√®s d√©licates de discussions et de n√©gociations o√Ļ il est possible d'esp√©rer un accord, mais o√Ļ les choses, reconnaissons-le, restent fragiles, j'invite chacun √† faire preuve de retenue, de responsabilit√© et de sang-froid.

Le président de la République a rappelé il y a un instant que la France se bat. Elle n'est pas dans le veto. Je veux également m'inscrire en faux contre toutes les déclarations, notamment celle d'un ancien président de la République, qui a déclaré que la Grèce était de fait sortie de la zone euro.

Ces pol√©miques et ces analyses trop rapides nuisent au d√©bat. Je veux saluer, en revanche, les d√©clarations responsables de trois anciens Premiers ministres - Alain Jupp√©, Jean-Pierre Raffarin et Fran√ßois Fillon -, lesquels savent que, dans de tels moments, o√Ļ se joue aussi le destin de l'Europe, chaque d√©claration compte, surtout quand elle vient de la France.

De telles déclarations sont contre-productives et ne sont pas responsables au regard de l'urgence dans laquelle nous nous trouvons.

Le gouvernement, lui, n'est pas dans la polémique ; il est, en lien avec ses partenaires, dans l'action. Je le redis encore une fois, faire réussir un accord est important pour la Grèce, pour la zone euro, pour l'Europe et pour la France./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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5. Union europ√©enne - Transports - Communiqu√© du Premier ministre (Paris, 29/06/2015)

Jean-Claude Juncker, pr√©sident de la Commission europ√©enne, et Violeta Bulc, commissaire aux transports, ont d√©voil√© les propositions de subventions de la Commission europ√©enne pour le financement des infrastructures de transport dans les √Čtats membres dans le cadre du M√©canisme pour l'interconnexion en Europe.

La France sera, avec un montant de subvention de 1,76 milliard d'euros sur la période 2016-2020, le premier bénéficiaire des crédits européens.

Ces financements sont une excellente nouvelle pour le pays. Ils vont permettre d'engager la réalisation de projets essentiels pour le développement de nos territoires et pour le report modal vers les transports les moins émetteurs de gaz à effet de serre.

En bénéficieront les grands projets de transport d'intérêt européen (canal Seine Nord Europe et tunnel ferroviaire Lyon-Turin en particulier), des projets de modernisation et extension du réseau ferré, des projets de développement de nos ports (Port Calais 2015, Le Havre, Rouen, Bordeaux, Nantes St Nazaire), des projets portant sur la mobilité verte, mais aussi les nouvelles lignes de métro du Grand Paris.

Ce soutien massif de l'Union européenne vient récompenser la qualité, la crédibilité et l'avancement technique des projets de transport élaborés dans notre pays.

Apr√®s la finalisation des contrats de plan avec les r√©gions par lesquels l'√Čtat s'engage √† apporter 12,5 Mrdseuro pour l'√©quipement du pays sur les 6 prochaines ann√©es, cette proposition illustre la r√©orientation de l'Europe voulue par la France vers la relance √©conomique, les investissements et la croissance./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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6. Chine - Relations bilat√©rales - COP21 - Communiqu√© du Premier ministre √† l'issue de sa rencontre avec son homologue chinois (Paris, 01/07/2015)

¬ęLa relation entre la France et la Chine est √† un niveau exceptionnel¬Ľ

Six mois apr√®s sa visite en Chine, Manuel Valls a re√ßu √† Matignon son homologue chinois Li Keqiang, qui effectue une visite de trois jours en France. 15 accords ont √©t√© sign√©s en pr√©sence des deux Premiers ministres, dont un portant sur la vente de 75 Airbus A330 (45 commandes fermes et 30 optionnelles). Les deux Premiers ministres cl√ītureront ensemble, jeudi 2 juillet √† Toulouse, un forum d'affaires franco-chinois ; d'autres accords seront sign√©s √† cette occasion, et lors d'une visite au si√®ge d'Airbus sur la cr√©ation d'un centre de finition √† Tianjin. Manuel Valls a aussi salu√© l'engagement de la Chine qui a choisi d'annoncer, ce mardi depuis Paris, sa contribution nationale pour la Conf√©rence de Paris sur le climat de d√©cembre prochain.
Manuel Valls s'est réjoui de recevoir à Paris le Premier ministre chinois, Li Keqiang, qui effectue durant trois jours son premier déplacement officiel en France. Manuel Valls et Li Keqiang ont pu discuter des progrès réalisés depuis janvier 2015, notamment en matière d'investissements économiques croisés et de délivrances de visas de longue durée.

COP21 : ¬ęJe tiens √† saluer l'engagement de la Chine¬Ľ

¬ęNous avons abord√© en particulier les enjeux li√©s au d√©r√®glement climatique¬Ľ, a tout d'abord indiqu√© Manuel Valls lors d'une conf√©rence de presse conjointe. ¬ęPour r√©ussir la COP21 que nous accueillons √† la fin de l'ann√©e, nous aurons besoin de la mobilisation de tous les acteurs et en particulier de la Chine, dont je tiens √† saluer l'engagement.¬Ľ La Chine est un acteur majeur des n√©gociations internationales sur le climat. En tant que premier √©metteur mondial de gaz √† effet de serre, sa participation est essentielle afin de parvenir √† un accord ambitieux √† Paris en d√©cembre 2015 qui permette de limiter l'augmentation de la temp√©rature mondiale en dessous de 2¬įC.

Mardi matin, √† l'√Člys√©e, le Premier ministre chinois a annonc√© officiellement la contribution de son pays √† la r√©duction des √©missions de CO2 dans la perspective de la COP21. Il a ainsi confirm√© sa volont√© d'atteindre le pic des √©missions de CO2 pour son pays ¬ęautour de 2030, tout en s'effor√ßant de l'atteindre au plus t√īt¬Ľ, avec l'engagement de porter la part des √©nergies non fossiles dans la consommation √©nerg√©tique primaire √† environ 20%.

¬ęLes investissements chinois sont les bienvenus en France !¬Ľ

Comme il l'avait fait en janvier, Manuel Valls a appel√© √† poursuivre le r√©√©quilibrage des √©changes commerciaux entre la Chine et la France, notamment via des ¬ęinvestissements crois√©s¬Ľ. ¬ęJe le r√©p√®te : les investissements chinois sont les bienvenus en France ! Nous venons de signer de nombreux accords ; d'autres le seront √† Toulouse jeudi en notre pr√©sence.¬Ľ Au total, pas moins de 53 accords seront conclus lors de la visite du Premier ministre Li Keqiang.

Cette visite est √©galement l'occasion d'avancer sur les partenariats en mati√®re de nucl√©aire civil et d'a√©ronautique, domaine dans lequel ¬ęnous d√©veloppons un partenariat industriel de grande envergure. L'accord que nous avons sign√© porte sur la vente de 75 Airbus A330 et un autre sera sign√© √† Toulouse jeudi sur la cr√©ation d'un centre de finition √† Tianjin.¬Ľ

Les succ√®s du nucl√©aire et de l'a√©ronautique doivent en inspirer dans d'autres secteurs porteurs d'emplois et de croissance, notamment l'agroalimentaire, a appel√© de ses voeux le Premier ministre fran√ßais, qui a aussi indiqu√© que les deux pays ont approuv√© un accord sur la coop√©ration franco-chinoise en pays tiers. La Chine a √©galement accept√© de reconna√ģtre l'indication g√©ographique des vins de Bordeaux, une ¬ęavanc√©e historique¬Ľ pour Manuel Valls.

Faciliter la délivrance des visas

¬ęNous avons pris, depuis deux ans, des mesures importantes pour faciliter la d√©livrance de visas aux ressortissants chinois¬Ľ, a rappel√© le Premier ministre. √Ä l'initiative de Laurent Fabius, tous les consulats fran√ßais de Chine d√©livrent depuis 18 mois les visas individuels en 48 heures. ¬ęNous sommes le seul pays √† offrir ce service. Cela a produit des r√©sultats exceptionnels : plus de deux millions de touristes chinois ont visit√© notre pays l'ann√©e derni√®re, ils seront bient√īt cinq millions.¬Ľ

En janvier dernier, il avait √©t√© convenu avec Li Keqiang d'aboutir tr√®s vite √† une solution sur la d√©livrance de visas multi-entr√©es valables plusieurs ann√©es. C'est le cas aujourd'hui. ¬ęNous avons d√©cid√© que les ressortissants de nos deux pays, Fran√ßais et Chinois, b√©n√©ficieraient plus largement de visas de longue dur√©e, jusqu'√† 5 ans, lorsqu'ils veulent venir faire des affaires ou du tourisme dans l'autre pays.¬Ľ Une d√©cision qui permettra de renforcer encore davantage les relations commerciales entre la France et la Chine.

Manuel Valls a enfin rappelé son souhait d'accueillir, à brève échéance, 50.000 étudiants chinois en France, contre 20.000 aujourd'hui./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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7. Lutte contre le terrorisme - R√©ponse de M. Manuel Valls, Premier ministre, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 01/07/2015)

Madame la Députée, vous posez une question légitime car quand on parle de guerre, comme je l'ai fait le 13 janvier à propos du terrorisme, du djihadisme, de l'islamisme radical, il faut se doter de moyens.

Les moyens pour lutter très directement contre le terrorisme ont été rappelés de manière précise dans un document distribué par le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, à l'occasion d'une rencontre avec les présidents des assemblées, les présidents de commission et les présidents des groupes de l'Assemblée et du Sénat.

Ces moyens sont consid√©rables. Ils impliquent bien s√Ľr nos services - la police, les renseignements, des moyens techniques suppl√©mentaires - et aussi, je tiens √† le rappeler, nos arm√©es dans le cadre de l'op√©ration Sentinelle puisque 7.000 militaires sont mobilis√©s, aux c√īt√©s des gendarmes et des policiers, pour surveiller ensemble 5.000 sites sensibles, tels que lieux de culte, √©coles, services publics. C'est un effort nouveau et consid√©rable, √† la hauteur, bien s√Ľr, de la menace terroriste. Il y a aussi des moyens suppl√©mentaires pour le minist√®re de la justice. Nous assumons financi√®rement cet effort dans le cadre du budget pour 2016, comme dans ceux qui vont suivre parce que nous savons que c'est une priorit√©. Pour ce qui concerne la s√©curit√©, Bernard Cazeneuve et Christiane Taubira savent qu'il s'agit de budgets prioritaires. Les moyens en postes mais aussi en termes de fonctionnement ont √©t√© augment√©s pour la police et pour la gendarmerie afin de lutter contre l'ins√©curit√© et pour faire face au terrorisme.

Pour ce qui concerne nos arm√©es, le ministre de la d√©fense est bien s√Ľr √† votre disposition, au service des parlementaires, pour revenir sur ce sujet comme il le fait r√©guli√®rement. Mais je souligne que dans la nouvelle loi de programmation militaire, nous avons aussi tir√© les cons√©quences de l'√©volution actuelle : tout d'abord, par cette loi elle-m√™me, vot√©e suite au Livre Blanc, puis lors de sa r√©vision, pr√©sent√©e par le ministre de la d√©fense il y a quelques semaines, et adopt√©e par votre assembl√©e. Il faut en effet, en ce domaine aussi, renforcer nos moyens. Il faut les renforcer pas seulement pour l'op√©ration Sentinelle mais aussi parce que nous savons - et nous en avons parl√© ensemble au Salon du Bourget - l'importance des moyens n√©cessaires, notamment en mati√®re de drones.

Par cons√©quent, les arm√©es fran√ßaises disposent des moyens pour faire face √† la menace terroriste et aussi pour mener des interventions et assumer leurs responsabilit√©s suite aux d√©cisions prises au plus haut niveau de l'√Čtat, par le pr√©sident de la R√©publique. C'est vrai pour l'op√©ration Barkhane, avec 3.500 militaires sur la zone du Sahel, comme cela l'a √©t√© pour l'intervention au Mali et actuellement en Irak, o√Ļ nous assumons nos responsabilit√©s dans le cadre de la coalition o√Ļ nous intervenons avec nos Mirage et nos Rafale pour combattre Daech.

Sur tous ces sujets, Madame la Députée, travaillons ensemble et ne polémiquons pas. Je vous demande d'être cohérente.

Vous ne pouvez pas demander, dans le cadre d'un d√©bat tout √† fait l√©gitime pour pr√©parer le rendez-vous de 2017, 100 milliards d'√©conomies suppl√©mentaires, des baisses d'imp√īts, tout en demandant que tout soit prioritaire, qu'il s'agisse de la s√©curit√©, de la d√©fense, de l'√©cole - nous l'avons dit avant vous -, des collectivit√©s territoriales. Vous nous demandez de faire des √©conomies, vous nous demandez de renoncer √† des r√©formes d'une grande importance comme celle concernant les allocations familiales. D√®s lors, madame la d√©put√©e, c'est bien de s'int√©resser √† la d√©fense, mais je vous demande de la coh√©rence, parce que c'est ce que les Fran√ßais attendent./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Lutte contre le terrorisme - Irak - Syrie - Libye - Tunisie - Daech - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęParis Match¬Ľ (Paris, 01/07/2015)

Q - La semaine dernière, le terrorisme a frappé le même jour dans cinq pays sur trois continents. Pensez-vous que Daech soit suffisamment organisé pour entreprendre ce type d'opération, ou s'agit-il d'un concours de circonstances ?

R - Daech fixe la ligne générale de l'horreur, sans même avoir toujours besoin de donner une instruction spécifique. Les opérations peuvent être centralisées ou individuelles, le résultat est malheureusement identique: c'est Terrorisme sans frontières. Sous prétexte de religion, ces criminels sont prêts à tuer quiconque refuse de se soumettre à leur loi désastreuse. Leurs premières victimes sont d'ailleurs des musulmans. Mais c'est un danger pour nous tous, à travers tous les continents. Il n'y a pas d'autre réponse que de s'organiser pour lutter contre ce mal, l'éradiquer, avec une coordination internationale et en sachant que cela prendra du temps.

Q - La stratégie des frappes aériennes s'est révélée insuffisante pour réduire le territoire de Daech. Y a-t-il un autre plan sur la table ?

R - Ces frappes aériennes sont nécessaires, parce que la coalition internationale doit aider les populations à l'emporter. C'est pourquoi nous y participons. Mais on ne peut pas gagner cette guerre de l'extérieur. Les populations locales doivent se mobiliser sur le terrain. En Irak, chiites, sunnites et Kurdes doivent se rassembler contre Daech. Cela implique que le gouvernement pratique une politique réellement inclusive, qui les respecte et les rassemble. C'est essentiel.

Q - À écouter les Kurdes d'Irak, ce n'est toujours pas le cas...

R - C'est pourquoi nous insistons. L'action militaire ne suffit pas. L'action politique d√©pend du gouvernement lui-m√™me et doit √™tre inclusive. De m√™me en Syrie, o√Ļ sont men√©es des actions militaires, la solution est politique, avec l√† aussi la n√©cessit√© d'un gouvernement d'union qui rassemble √† la fois l'opposition et des √©l√©ments du r√©gime, mais sans Bachar Al-Assad.

Q - Ne pensez-vous pas qu'il est nécessaire d'éviter l'effondrement de ce régime alaouite ?

R - Oui, il faut √©viter que les bases de l'√Čtat s'effondrent, cr√©ant une situation √† l'irakienne apr√®s la chute du r√©gime de Saddam Hussein. √Čvidemment, Bachar Al-Assad √©tant largement √† l'origine des 230.000 morts syriens et des millions de personnes d√©plac√©es, il ne peut pas √™tre l'avenir de la Syrie. Nous travaillons √† une solution politique avec √† la fois les pays de la r√©gion, les √Čtats-Unis, les Europ√©ens et la Russie. C'est difficile, long, trop long. Mais c'est la solution souhaitable.

Q - En Syrie, comme en Libye, on a l'impression que l'un des principaux adversaires cr√©dibles de Daech, sur le plan militaire, est Al-Qa√Įda qui, par exemple, a repouss√© l'√Čtat islamique √† Derna.

R - C'est pourquoi il est indispensable de renforcer l'opposition démocratique et de chercher la solution politique. Sinon, le risque serait d'avoir finalement à choisir entre une dictature criminelle et des groupes terroristes qui, d'ailleurs, se soutiennent souvent. N'oublions pas que Bachar Al-Assad est largement à l'origine du développement des groupes terroristes dans son pays.

Q - La tractation menée sous l'égide de l'ONU par Bernardino Leon peut-elle, selon vous, enrayer la spirale de violence en Libye ?

R - Il le faut. Nous soutenons les efforts de Bernardino Leon, qui en est à sa quatrième proposition de plan. L'objectif est un gouvernement d'union entre les forces de Tobrouk et celles de Tripoli. Nous mobilisons notre influence diplomatique pour appuyer cette solution et pressons les pays voisins d'aller dans le même sens. Les discussions sont difficiles, car chacun cherche à préserver ses avantages. Pourtant, l'accord est indispensable. Sinon, des groupes comme Daech en profiteront. Ce serait désastreux pour la Libye, pour les pays voisins et pour l'Europe, puisque le chaos libyen est partiellement responsable des mouvements migratoires, massifs et tragiques, en Méditerranée.

Q - La France n'a-t-elle pas une part de responsabilité dans ce chaos ? N'a-t-elle pas manqué de vision politique au moment de l'intervention en 2011 ?

R - Nous avions soutenu l'intervention fran√ßaise √† l'√©poque, m√™me si nous faisions partie de l'opposition. N'oublions pas que M. Kadhafi s'appr√™tait alors √† commettre des massacres. L'erreur grave a √©t√© le manque de suivi. Une intervention militaire ne peut, par elle-m√™me, transformer un pays comme la Libye, agr√©gat de tribus surarm√©es sans structure √©tatique en un r√©gime stable, √©quilibr√© et paisible. L'absence de suivi √† l'√©poque, ce que vous appelez l'absence de ¬ęvision politique¬Ľ, porte donc une part de responsabilit√©. Maintenant, il est essentiel de parvenir, en Libye aussi, √† une solution politique. Il existe des diff√©rences entre chaque situation g√©ographique, mais le plus souvent la solution est politique et n√©cessite des gouvernements d'union. Sinon, les terroristes ont beau jeu de profiter du chaos et de jouer avec certaines proximit√©s ethniques ou religieuses pour se renforcer et amplifier leurs actions macabres.

Q - Après l'attentat de Sousse, vous vous êtes entretenu avec des responsables politiques tunisiens. Ont-ils raison de craindre l'extension de Daech en Libye ?

R - Oui, les d√©sordres libyens comportent des cons√©quences directes sur la Tunisie voisine. Mais il existe d'autres raisons d'inqui√©tude. Parmi les combattants √©trangers sur les th√©√Ętres d'op√©ration r√©gionaux se trouvent beaucoup de Tunisiens. Ils peuvent malheureusement mettre √† profit leur exp√©rience criminelle dans leur propre pays. Les Tunisiens sont un peuple ami, courageux, qui a op√©r√© une r√©volution d√©mocratique ma√ģtris√©e: il doit √™tre soutenu totalement. Il n'a pas beaucoup de ressources naturelles. Sa richesse vient en partie du tourisme. C'est la raison pour laquelle les terroristes ont frapp√© l√†. Une coop√©ration internationale est indispensable. J'en ai discut√© encore hier et avant-hier avec mes homologues britannique et allemand, ils souhaitent aussi cette coop√©ration. Elle doit se d√©velopper tr√®s vite.

(...)./.

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9. Lutte contre le terrorisme - Tunisie - R√©ponse de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'int√©rieur, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 01/07/2015)

Monsieur le Député, vous avez eu raison d'insister, dans votre question, sur deux points qui sont essentiels pour réussir dans la lutte contre le terrorisme.

D'abord, l'unit√© nationale. Lorsque nous sommes frapp√©s, comme d'autres pays le sont, la r√©silience face au terrorisme d√©pend de la capacit√© d'un pays √† rassembler toutes ses forces politiques et r√©publicaines autour de ses forces de s√©curit√© et de ses institutions. Je tiens √† rendre hommage aux propos que vous avez tenus et qui sont √©minemment responsables, dans un contexte o√Ļ chacun doit faire en sorte, par ses paroles, de conforter l'unit√© nationale, laquelle est la condition de la r√©silience.

Il faut ensuite, bien entendu, une action internationale puissante. Celle-ci commence en Europe : nous avons multiplié les relations avec les pays amis de l'Union européenne pour renforcer les relations entre services de sécurité et forces de police.

Nous avons renforcé les coopérations au sein d'Europol et d'Interpol autour d'un certain nombre d'objectifs très précis : identifier les trafics d'armes, lutter contre les filières organisées du crime, le trafic de stupéfiants et d'êtres humains - car ces trafics sont désormais en lien avec les activités terroristes -, mais aussi contre la cybercriminalité. En effet, les terroristes utilisent les moyens d'internet et du darknet pour préparer la commission d'actes en dissimulant leurs intentions aux services de sécurité. De ce point de vue, la loi sur le renseignement sera extrêmement précieuse : elle nous permettra d'être plus efficaces dans la lutte contre le terrorisme.

S'agissant des relations avec la Tunisie, o√Ļ je me suis rendu avant-hier, dans un contexte extr√™mement difficile, nous avons √©voqu√© le d√©minage, la ma√ģtrise des fronti√®res, la lutte contre la fraude documentaire, l'√©quipement des forces de s√©curit√© et leur formation. Nous serons en situation, au mois de juillet, de signer nos accords bilat√©raux.

Enfin, concernant la coopération avec les pays de la bande sahélo-saharienne, il faut faire en sorte que, sur tous les enjeux que je viens d'évoquer, nous soyons, là aussi, ensemble./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. D√©r√®glement climatique - COP21 - Sommet mondial ¬ęClimat et Territoires¬Ľ - Discours de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Lyon, 01/07/2015)

Monsieur le vice-Pr√©sident de la Commission europ√©enne, je voudrais d'abord vous remercier pour les mots de solidarit√© que vous avez eus √† l'√©gard de la France apr√®s l'acte terroriste qui a √©t√© commis ici dans cette r√©gion, et qui a profond√©ment marqu√© les esprits, tant il nous rappelait d'autres attentats qui s'√©taient produits au d√©but de cette ann√©e en France. √Čgalement il faisait h√©las une triste co√Įncidence avec d'autres attentats et attaques terroristes en Tunisie et au Kowe√Įt.

Face au terrorisme nous devons avoir des principes, mais aussi des actions. D'abord la fermet√©. Elle est indispensable, elle est n√©cessaire. Ensuite le sang-froid. Cela vaut pour les gouvernants, cela vaut √©galement pour les peuples, ne pas se laisser entra√ģner l√† o√Ļ les terroristes veulent justement nous √©garer. Enfin de la solidarit√© entre les peuples, entre les Nations, entre les territoires. Nous sommes donc dans le sujet.

Lutter contre le r√©chauffement climatique, c'est lutter contre les in√©galit√©s √† l'√©chelle du monde. C'est lutter contre aussi une d√©valorisation de l'humanit√©. C'est exiger que nous portions nos valeurs l√† o√Ļ elles nous rendent encore plus responsables, c'est-√†-dire l'avenir de la plan√®te o√Ļ nous vivons, pour quelque temps.

Je veux aussi saluer le président de la région, Jean-Jack Queyranne, une région - si j'ai bien compris - à énergie positive avant même que la ministre Ségolène Royal en ait fait un drapeau commun. Je veux aussi dire à Gérard Collomb que sa ville, je le dis devant la maire de Paris, donc je fais très attention, qui est effectivement au coeur de la France, est également une ville qui est d'avant-garde et qui montre l'exemple.

Vous êtes ici des représentants de gouvernements locaux, de régions, de villes, de métropoles, parfois même de villages. Vous portez la même volonté, la volonté d'être utile et d'agir. C'est tout le sens de ce sommet climat-territoires.

Je veux f√©liciter les organisateurs, les animateurs qui ont fait beaucoup pour donner aussi une dimension humaine parce que quand on lit les textes, y compris pour la pr√©paration de la conf√©rence sur le climat, on a parfois du mal √† les comprendre : tellement de concepts, de chiffres, de calculs, o√Ļ on veut limiter le r√©chauffement de la plan√®te √† 2 degr√©s mais on ne sait plus quelle est la r√©f√©rence. En tout cas, on veut r√©duire le r√©chauffement, c'est d√©j√† pas mal.

Oui, il y a tellement de textes qui s'accumulent les uns, les autres, et qui finissent par occulter ce qu'est finalement l'attente des populations, mais surtout l'action des √Čtats, lorsqu'ils sont responsables, et des territoires, qui eux ont anticip√© le plus souvent. C'est ce que vous avez voulu donner comme t√©moignage.

Je veux saluer aussi les jeunes, non parce qu'ils seraient jeunes - c'est un destin qui ne pourra pas les mobiliser très longtemps - mais parce qu'ils sont conscients, peut-être plus que d'autres, de la nécessité d'agir. Parce que la planète est quand même pour eux, plus longtemps que pour nous.

√Ä cinq mois de la conf√©rence de Paris, votre rencontre, votre sommet est une √©tape importante. Elle marque une prise de conscience, je savais qu'elle existait, une d√©termination collective, et vous aurez l'occasion de la marquer √† travers la d√©claration que vous publierez demain. Votre r√©union aussi acc√©l√®re la mobilisation des territoires du monde entier puisque vous √™tes ici repr√©sentants de l'ensemble des continents, et parce qu'elle montre que l'action pour le climat est l'affaire de tous, des √Čtats, des gouvernants, des organisations non √©tatiques, c'est √† dire des entreprises, des associations, et des territoires.

D'abord l'√Čtat, les √Čtats doivent prendre leurs responsabilit√©s. √Ä Lima, lors de la COP 20, il y a eu une d√©cision tr√®s importante qui a √©t√© prise, puisqu'il a √©t√© √©tabli que chaque pays devait porter une contribution nationale, pour fixer des objectifs de limitation des √©missions de gaz √† effet de serre, et c'√©tait une premi√®re √©tape dans les n√©gociations climatiques internationales, qui n'avait jamais √©t√© franchie jusque-l√†.

L'Europe a également pris sa responsabilité. Elle a rassemblé tout ce que les Nations qui la composent voulaient produire pour en faire un document commun, un engagement commun, qui a été scellé par le président de la Commission européenne M. Juncker et par le président du Conseil européen M. Tusk.

Mais cela ne sera pas suffisant. La lutte contre le r√©chauffement climatique doit √©galement mobiliser tous les territoires. C'est-√†-dire aussi fortes que soient les contributions nationales, en r√©alit√© aussi vide sera cet engagement s'il n'est pas rempli par les territoires. Donc en tant que chef de l'√Čtat du pays qui va accueillir la conf√©rence sur le climat, j'attends de vous tous la contribution des territoires √† la conf√©rence sur le climat.

Vous avez déjà beaucoup avancé dans cette direction puisque ce sommet de Lyon marque une évolution qui était déjà engagée depuis plusieurs années, depuis la conférence de Bali en 2007, jusqu'au sommet de Rio+20, j'y étais, en 2012. Il y a eu des mobilisations de tous les réseaux de collectivités territoriales, des feuilles de route Climat des gouvernements locaux et internationaux. La maire de Paris a réuni les maires des principales capitales. Il y a eu l'appel de Paris, il y a eu l'appel de Bordeaux, l'appel de Yamoussoukro, l'appel du Québec. Je suis heureux qu'il y ait autant d'appels qu'il y ait de villes, mais faudrait-il encore que cela puisse converger et se rassembler.

Votre rassemblement, justement, c'est un moment de dialogue, d'échange, mais également de propositions. Vous abordez tous les thèmes, ceux de la conférence, la mobilité, le transport, les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, l'économie bas carbone, l'économie circulaire, le financement. Vous avez raison, parce que l'enjeu n'est pas sectoriel, il est global, il s'agit de prendre toutes les dimensions de toute l'organisation économique, sociale, et j'allais dire même politique, pour que nous puissions avoir le résultat.

Votre sommet s'inscrit √©galement dans un processus. Il y a un mois c'√©tait les entreprises du monde qui se r√©unissaient √† Paris √† l'UNESCO pour pr√©parer la conf√©rence sur le climat. C'est dans cette conf√©rence qu'il y a eu une d√©claration forte pour qu'il y ait un prix du carbone. Maintenant on dit un corridor du carbone. Mais je ne veux pas compliquer l'exercice. Un prix du carbone pour qu'il puisse y avoir ce signal envoy√© √† tous les acteurs √©conomiques qu'il y a un co√Ľt inflig√© √† la plan√®te chaque fois qu'il y a des √©missions de CO2. Ce sont les entreprises maintenant qui portent ce principe. Non pas par philanthropie - √ßa peut leur arriver, parce que les entreprises aussi, en tout cas les chefs d'entreprise, les cadres, les salari√©s sont conscients de l'enjeu - mais parce que c'est aussi un √©l√©ment qui doit leur permettre de faire de meilleurs investissements, de meilleurs choix, et √©galement d'√™tre plus comp√©titifs gr√Ęce √† ce prix du carbone.

Il y aura bient√īt aussi la conf√©rence des scientifiques du climat, toujours √† Paris, pour montrer qu'il n'y a plus de d√©bat sur les causes ou sur m√™me l'existence du r√©chauffement climatique. Avant il y avait encore quelques esprits qui √©taient embrum√©s ou congel√©s peut-√™tre, et qui n'avaient pas encore compris que les donn√©es scientifiques √©taient incontestables. Une nouvelle fois, elles seront rappel√©es apr√®s tant de rapports du GIEC, m√™me si nous savons tout cela, l'opinion publique, les populations doivent √™tre √©clair√©es, √©clair√©es par la science, par la raison, et pas simplement par la peur ou par l'√©motion.

Il y aura à la fin du mois de juillet une réunion également à Paris, le sommet des consciences. Ce matin j'ai rassemblé les différents cultes de France qui portaient eux-mêmes une contribution, une déclaration. Qui voulaient aussi être utiles pour soulever un sursaut citoyen de consciences, pour que nous puissions également prendre nos décisions en connaissance de cause.

À la fin du mois de juillet il y aura donc ce sommet des consciences avec les autorités spirituelles, pour que nous puissions justement éclairer, et donner un message d'espérance mais aussi de combat.

Quel est notre objectif pour la conférence sur le climat à Paris ? Nous, nous voulons - maintenant les principes sont connus - une alliance qui puisse reposer sur quatre piliers.

Le premier c'est un accord universel contraignant - je prends les mots maintenant usés jusqu'à la corde mais qui signifient quand même ce que nous voulons faire. Universel cela veut dire qui concerne tout le monde. Différencié, cela veut dire que ce ne seront pas les mêmes contraintes ou les mêmes règles qui seront posées selon les pays. On tiendra compte de leur niveau de développement. Et qui soit applicable à tous.

Le deuxi√®me pilier pour l'alliance, si nous voulons r√©ussir l'accord, c'est qu'il y ait des contributions qui soient port√©es par les pays, et qui soient rassembl√©es et √©valu√©es avant la conf√©rence. Aujourd'hui, une quarantaine de pays ont d√©pos√© une contribution, sur plus de 190. La Chine vient de d√©poser la sienne, et nous avons rappel√©, Nicolas Hulot l'a fait, l'importance de cette contribution. Le Premier ministre chinois, qui est l√† en ce moment en France, a voulu que ce soit en France qu'il puisse faire conna√ģtre la contribution de son pays. C'est une contribution forte, parce qu'elle porte √† la fois sur la r√©duction des √©missions de CO2, par la limitation voire la suppression √† terme du charbon, dans un certain nombre de centrales, et √©galement sur des actions qui doivent viser √† r√©duire l'intensit√© carbone de la croissance chinoise.

C'est encourageant. D'autres contributions sont en ce moment déposées. On peut imaginer qu'à l'automne prochain 90% des émissions de gaz à effet de serre seront couvertes par les contributions. Cela vaut pour tous les pays. Le Maroc a déposé aussi sa contribution. Le Gabon l'a fait. Si des pays plus pauvres ont besoin d'accompagnement, la France a déclaré qu'elle pouvait accompagner ces pays à travers l'Agence française de développement pour avoir une qualité dans la contribution, pour chaque pays.

Nous devons aussi, dans cet accord, avoir une dimension de financement. Ce sera le plus important. C'est là que cela va se jouer. En fait, que ce soit pour le climat ou pour d'autres sujets, c'est toujours autour de l'argent, du financement que les choses se font ou ne se font pas. Faut-il encore savoir comment rassembler ces financements et comment les utiliser.

La quatrième dimension de l'accord, c'est vous. C'est l'agenda des solutions, c'est tout ce que vont porter les territoires, les entreprises, les acteurs non gouvernementaux, non étatiques, pour lutter contre le dérèglement climatique.

C'est dans cette partie-là que vous pouvez prendre toute votre place. Vous devez mettre en avant les résultats concrets qui ont déjà été obtenus, ils sont considérables. Vous pourrez montrer les pratiques qui peuvent être justement diffusées, adaptées à la situation de chacun. Les investissements, qui ont déjà été réalisés et qui marchent dans les domaines de l'économie d'énergie, du renouvelable, des déchets, des transports, de la mobilité, de l'économie circulaire, tout ce que vous faites aujourd'hui ou ce que avez à l'esprit de faire demain et notamment à travers le concept décisif de villes durables. Parce que dans les pays émergents, dans les pays en développement, c'est la question de l'avenir des villes qui est posée. J'y reviendrai.

Comment réussir ?

Pour ce qui concerne la préparation de la conférence, j'y reviendrai.

C'est-à-dire avoir d'abord une accélération. Ce qui est vrai à l'échelle de chacun de nos territoires est vrai à l'échelle du monde, c'est toujours trop lent. Il y a toujours trop de gens qui veulent attendre, qui veulent passer du temps ; cela vaut aussi pour l'actualité européenne : pourquoi renvoyer à plus tard ce qui peut être fait aujourd'hui. Trop de temps est perdu. Pour la négociation sur le climat, si on n'accélère pas le processus, on aura un texte beaucoup trop tard.

Premier point, il faut donc acc√©l√©rer. Deuxi√®me point, il faut mobiliser les chefs d'√Čtat et de gouvernement. Ce sera l'occasion notamment de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies au mois de septembre, de pouvoir le faire.

Puis il faut aussi que vous, vous puissiez vous organiser. D'abord f√©d√©rer vos initiatives, rassembler les moyens qui sont aujourd'hui trop dispers√©s. Le sommet de Lyon, de ce point de vue est tr√®s important. Ensuite, nous devons recenser les initiatives et les pratiques qui marchent. C'est la plateforme dite NAZCA. J'ai d√©couvert ce concept aussi aujourd'hui. ¬ęNon state actor zone for climate action¬Ľ.

Cela s'appelle NAZCA. Cela change tout. Il faut faire le NAZCA, puisque cela permettra d'avoir une évaluation reconnue par tous pour les contributions des acteurs non étatiques. De manière à ce que nous puissions évaluer, noter, et pouvoir donc diffuser.

L'Agence française en charge de l'environnement et de la maitrise de l'énergie, l'ADEME, justement met au point une méthode permettant de faire cette évaluation.

Il faut ensuite rassembler les ressources et les moyens. Donc faire droit à votre proposition qui est que les collectivités locales, les gouvernements locaux, les territoires puissent accéder directement au fonds. Aux fameux 100 milliards de dollars que nous devons rassembler pour 2020.

Ces 100 milliards viendront. Il y a le fonds vert qui est une toute petite partie, 10 milliards de dollars, il y tous les autres fonds, toutes les autres ressources qui doivent √™tre mobilis√©es : publiques, priv√©es, des institutions internationales, les banques, les entreprises, les √Čtats. 100 milliards qui doivent √™tre chaque ann√©e mis au service des investissements, des technologies pour la transition √©nerg√©tique et √©cologique.

Qui accèdera à ces fonds ? Il faut donc qu'une partie de ces fonds puisse être directement accessible aux gouvernements locaux, aux collectivités territoriales, aux territoires. C'est l'enjeu majeur.

Il faut toujours s'imposer les règles qu'on édicte à l'échelle internationale pour soi-même. En France, nous avons donc d'abord fait voter une loi. En France, tout commence par une loi. On ne sait pas comment ça se termine, mais ça commence toujours par une loi. C'est la loi sur la transition énergétique et écologique.

Cette loi permet de dégager un fonds, qui n'est pas le seul, sur lequel les collectivités locales pourront puiser, mais qui est un des fonds, et c'est le fonds de transition énergétique. Les territoires ont été appelés dans le cadre du projet à énergie positive, exactement ce que nous proposons pour le monde. Je crois qu'il y a 500 villes et territoires en France qui ont répondu à l'appel, et 216 qui sont déjà en cours de signature.

Cela pourra g√©n√©rer 1 ou 2 milliards d'euros tr√®s rapidement de travaux, cr√©er, on parle de 100 000 emplois dans le secteur du b√Ętiment, des √©nergies renouvelables, de l'√©conomie circulaire, des nouvelles technologies, ce que nous avons vu d'ailleurs tout √† l'heure √† Lyon en √©tait l'illustration.

La Caisse des D√©p√īts - son directeur g√©n√©ral est l√† - va mettre en place 15 milliards d'euros pour le financement de la transition √©cologique et √©nerg√©tique. L'Europe, c'est le plan Juncker, m√™me esprit, d√©gager des fonds suppl√©mentaires pour les infrastructures, pour les √©nergies renouvelables, pour √©galement l'efficacit√© √©nerg√©tique, l'√©conomie circulaire, les transports. Pour le monde, nous devons avoir ces fonds-l√† √† un niveau encore plus important, mais essentiellement d√©di√©s aux pays en d√©veloppement et aux pays qui veulent acc√©der aux technologies.

Parce que la lutte contre le réchauffement climatique peut être une opportunité pour les pays développés de croissance, pour les pays en développement et les pays émergents d'avoir aussi un bien-être et des technologies qui puissent leur permettre de gagner du temps par rapport aux pays les plus riches et de partager donc les technologies.

Je veux insister sur l'enjeu urbain, parce qu'il est majeur. D'ici 2050, les villes dans le monde devraient accueillir - ce sont vos chiffres - les deux tiers de l'Humanité et donc émettre 70% de rejets de CO2. En 2050, la population mondiale dépassera 10 milliards d'habitants, essentiellement dans les villes. Ces chiffres donnent le vertige, d'une double façon.

D'abord, que vont devenir les espaces ruraux ? Est-ce que ce seront des espaces vides ? Des espaces d√©sertiques ? Des espaces o√Ļ il n'y aurait plus de vie possible ? Donc, pas d'alimentation, pas d'agriculture ? Pas de capacit√© √† pouvoir √™tre autonome, ind√©pendant ? Nourrir la plan√®te, cela fait partie aussi de l'enjeu de la Conf√©rence sur le climat. C'est en ce moment l'Exposition universelle de Milan, qui en a fait son ambition. Le premier enjeu avant de parler des villes, c'est de parler des espaces ruraux.

Ensuite, nous devons faire des villes diff√©rentes de celles qui existent aujourd'hui. Des villes qui sont d√©j√† construites, d'une certaine fa√ßon, il s'agit de les reconvertir, ce n'est pas facile, de r√©habiliter les logements, de mettre de l'efficacit√© √©nerg√©tique. Mais les villes qui ne sont pas encore construites, car dans les pays √©mergents et les pays en d√©veloppement, ce sont des villes futures que nous avons √† pr√©parer. Comment seront b√Ęties ces villes ? Comment seront-elles organis√©es ? Si c'est la reproduction de ce que nous voyons aujourd'hui, c'est une fatalit√© pour la plan√®te. Ce sont les m√™mes villes, partout, avec les m√™mes gaspillages, avec les m√™mes modes de construction, avec les m√™mes oublis sur le rapport √† l'autre et la capacit√© de pouvoir d√©velopper une d√©mocratie du quotidien.

Vous, les territoires, vous devez prendre votre part dans la construction de ces villes durables. J'ai voulu que nous puissions, à travers l'Agence française de développement, être à l'innovation pour ces villes durables. Nous avons voulu aussi qu'il puisse y avoir au niveau européen et au niveau mondial une organisation qui nous permette de mettre nos technologies, nos entreprises, nos modes de développement au service des pays les plus pauvres.

Je veux terminer pour vous appeler, vous aussi, à prendre votre part dans la négociation. Cette négociation, je vous l'ai présentée, elle est très compliquée, sur le contenu même de l'accord, chacun le sait. Elle est très compliquée dans son organisation, dans sa visibilité.

O√Ļ se passe la n√©gociation ? Il y a aujourd'hui deux n√©gociateurs qui sont charg√©s par les Nations unies de faire ce travail d'√©laborer un texte, avec des repr√©sentants de tous les pays. Il y a √©galement l'ONU qui joue son r√īle et je veux saluer le leadership de Ban Ki-moon l√†-dessus.

Il y a le r√īle des √Čtats et des gouvernements qui seront sollicit√©s, ou tout de suite avant la conf√©rence ou dans la conf√©rence. Parfois, dans la conf√©rence, il est trop tard, c'est ce qui s'est pass√© √† Copenhague la derni√®re fois.

Il y a les territoires et je veux que vous soyez associés à cette conférence. D'abord, cette conférence, elle est liée à une autre conférence qui est celle sur le développement, dont une réunion très importante va se tenir à Addis-Abeba, le 13 juillet, qui va elle-même trouver son aboutissement lors de l'Assemblée générale des Nations unies. Il faut lier le développement et le climat.

Mais il faut aussi qu'√† Paris, pendant tous les jours qui pr√©c√®deront la conclusion, il puisse y avoir cette mobilisation. Il y aura donc des √©v√®nements importants. Il y aura un √©v√®nement pour la jeunesse, puisqu'√† la fin du mois de novembre, il y aura la Conf√©rence sur la jeunesse. Le ministre M. Kanner en est, pour partie, charg√©, avec d'autres, o√Ļ il y aura plusieurs milliers de jeunes qui seront pr√©sents, de tous les pays du monde. Il faut qu'il y ait cette image et cette volont√©, cette implication.

Il y aura une journ√©e dans la conf√©rence qui sera uniquement consacr√©e aux territoires, o√Ļ les territoires ne prendront pas seulement la parole, mais participeront √† l'√©laboration de la n√©gociation et donc de sa conclusion.

Nous ne réussirons pas séparément. Il y a la volonté locale, celle que vous portez. Il y a la volonté nationale, ici, en France. Il y a, au-delà des sensibilités politiques, aujourd'hui une volonté qui s'exprime de vouloir que Paris soit un succès. Il y a la volonté européenne, elle est là. Et puis, il y a la capacité du monde à se mettre d'accord.

Mais s'il n'y a pas à un moment la traduction de cette volonté sur les territoires, la conférence, même si elle est un succès, même si elle aboutit à un accord, ne se traduira pas dans la vie de nos populations, et ne pourra pas avoir une portée sur les décennies à venir.

Je vous appelle, à mon tour, à prendre toute votre part dans la négociation et à prendre toute votre part dans la réussite de l'accord, et surtout dans la vie de la planète que vous avez aujourd'hui en charge. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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11. D√©r√®glement climatique - COP21 - Sommet mondial ¬ęClimat et Territoires¬Ľ - Discours vid√©o de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Lyon, 02/07/2015)

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Responsables locaux des cinq continents,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

J'aurais souhaité être personnellement et directement devant vous aujourd'hui. Malheureusement, la négociation sur le nucléaire iranien impose que je sois à Vienne en Autriche. Je ne puis donc communiquer avec vous que par ce message vidéo, à l'occasion de votre sommet consacré à l'engagement des territoires au service du climat.

Je reviens de New York o√Ļ le pr√©sident de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies a organis√© un √©v√©nement sur le changement climatique, avec l'ensemble des 195 pays. Le message est clair : la mobilisation internationale se renforce, tant mieux, mais le r√©chauffement climatique lui-m√™me se renforce et il faut acc√©l√©rer notre action contre le d√©r√®glement du climat. L'ann√©e 2014 a √©t√© la plus chaude jamais enregistr√©e, l'ann√©e 2015 risque de l'√™tre plus encore. Et ces jours-ci ne vont pas faire baisser les moyennes annuelles - au contraire !

Ce r√©chauffement, nous savons que nous devons le contenir √† 1,5 ou 2¬į C. Si les temp√©ratures augmentaient davantage - 3, 4, voire 5¬į C -, les effets pour la plan√®te et pour chacun de nos territoires seraient dramatiques. Pas seulement pour le climat, mais aussi pour la sant√© publique, le d√©veloppement, la s√©curit√© et la paix. Aucune r√©gion du monde n'√©chapperait aux cons√©quences de notre inaction.

***

√Ä cinq mois de la COP21, que j'aurai la responsabilit√© de pr√©sider, o√Ļ en sommes-nous ? Il y a plusieurs √©volutions positives. Un consensus entre les √Čtats sur la n√©cessit√© d'obtenir un accord universel et ambitieux √† Paris. Des pays grands √©metteurs de dioxyde de carbone qui s'engagent - les √Čtats-Unis et la Chine notamment, qui a pr√©sent√© avant-hier sa contribution √† l'occasion de la visite en France du Premier ministre Li Keqiang. √Ä cela s'ajoute une prise de conscience de beaucoup d'entreprises, d'acteurs financiers et de territoires - votre rassemblement √† Lyon l'illustre. Je constate aussi, et c'est tout √† fait important, le soutien de la communaut√© scientifique, l'appui de tr√®s hautes autorit√©s spirituelles et morales, le leadership d'un certain nombre de responsables √©minents, dont le Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies. Vous constatez enfin comme moi le soutien de l'opinion publique, notamment des jeunes, de la soci√©t√© civile et de ses organisations. Tout cela est positif et permet d'esp√©rer un accord historique √† Paris en d√©cembre sur le climat.

Pour autant, nous sommes lucides. Nous savons l'extr√™me complexit√© de la t√Ęche, nous savons le travail qui reste √† accomplir en peu de temps, et nous savons les obstacles √† surmonter. Il faut donc transformer la bonne volont√©, qui est acquise, en un bon accord, qui reste √† obtenir.

***

Au moins deux innovations importantes sont pr√©vues pour la COP21 par rapport aux pr√©c√©dentes. L'une concerne la mobilisation des √Čtats. Tous les pays se sont engag√©s √† √©tablir une ¬ęcontribution nationale¬Ľ - en anglais INDC -, fixant des objectifs de limitation de leurs √©missions. C'est la premi√®re fois dans les n√©gociations climatiques internationales. C'est un levier extr√™mement pr√©cieux, m√™me si parfois les engagements peuvent appara√ģtre d√©cevants ou n'ont pas encore √©t√© publi√©s. √Ä ce jour, 54 % des √©missions sont d√©j√† couvertes.

Les efforts des √Čtats sont essentiels, mais ils ne sont pas suffisants. Ils doivent √™tre renforc√©s par une mobilisation des acteurs non √©tatiques. C'est pourquoi - seconde innovation - nous voulons rassembler √† Paris les engagements et les initiatives concr√®tes de tous ces acteurs non √©tatiques en faveur du climat : c'est ce que nous appelons ¬ęl'agenda des solutions¬Ľ, l'Agenda Lima Paris.

√Ä cet √©gard, la mobilisation pour le climat des villes, des r√©gions, des territoires, la v√ītre, est absolument essentielle. Ce n'est pas une option, c'est une obligation. Par vos engagements, vous avez d'abord la capacit√© d'inciter les gouvernements √† se fixer des objectifs plus ambitieux et de renforcer nos chances de rester au-dessous de la limite des deux degr√©s.

Par vos engagements directs, vous pouvez d√©cider vous-m√™mes et conduire nos concitoyens √† adopter le r√©flexe ¬ęz√©ro carbone¬Ľ dans la vie quotidienne. Transports √©cologiques, b√Ętiments √† √©nergie solaire, valorisation des d√©chets... : en investissant dans ces secteurs vous d√©tenez des √©l√©ments tr√®s importants de la solution.

Vos engagements - je le sais pour avoir dirigé moi-même des collectivités locales - prennent plusieurs formes.

D'abord, des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, comme pour les gouvernements. Certains engagements importants ont déjà été pris dans ce sens et vous vous apprêtez à en annoncer de nouveaux. Je salue en particulier l'engagement pris par une centaine de grandes villes et régions du monde en septembre 2014 à New York de réduire leurs émissions d'ici 2030. Je salue l'engagement des villes européennes, mobilisées depuis longtemps dans ce sens, et qui se sont engagées à réduire leurs émissions de 20% d'ici 2020 et, déjà pour certaines d'entre elles, de 40% d'ici 2030. Je salue l'engagement ambitieux, pris en mai par plusieurs régions du monde sous l'impulsion du gouverneur de Californie, de réduire leurs émissions de 80 à 95% en 2050 par rapport à 1990 ou de plafonner les émissions par personne à 2 tonnes par an.

Au-delà, vous adoptez souvent des plans d'action en faveur du climat, avec des mesures extrêmement concrètes qui ont un impact immédiat. Y compris lorsqu'il s'agit de vous adapter aux impacts déjà en cours du dérèglement climatique - je pense notamment aux villes et aux régions des pays du Sud, très présentes dans ce sommet de Lyon.

Quand San Francisco se fixe un objectif ¬ęz√©ro d√©chets¬Ľ, cela change la donne. Quand Dakar se dote d'un plan climat pr√©voyant l'utilisation d'√©nergies renouvelables et une meilleure isolation des b√Ętiments, cela change la donne. Quand Helsinki annonce la mise en place d'un syst√®me de transport urbain permettant de r√©duire massivement l'usage des voitures individuelles d'ici 2025, cela change la donne. Quand S√©oul d√©ploie un programme volontariste de transports publics et d'extension des espaces verts, cela change la donne. Je pourrais citer bien d'autres exemples de territoires climato-exemplaires, qui montrent que les collectivit√©s locales sont les laboratoires actifs de la croissance verte.

En vue de la COP21, je vous encourage et j'encourage tous les territoires √† prendre des engagements, √† mettre en oeuvre des initiatives concr√®tes, et √† les faire conna√ģtre. Je vous invite √† les publier sur la plateforme num√©rique appel√©e NAZCA (Non-State Actor Zone for Climate Action), mise en place par les Nations unies en pr√©paration de la COP21. Cette plateforme va permettre de mieux recenser les initiatives et de diffuser les bonnes pratiques.

***

Mais soyons clairs : si l'action des collectivit√©s locales pour la plan√®te est absolument indispensable, elle ne se substitue pas √† l'action des √Čtats. Les gouvernements ont un r√īle central √† jouer, et nous devons montrer, nous aussi gouvernements, que nous sommes √† la hauteur des enjeux.

Cela implique une accélération des négociations. Il ne faut pas attendre la dernière minute pour espérer régler des questions difficiles. C'est la raison pour laquelle je réunirai à plusieurs reprises les ministres d'ici la COP21. Un accord est indispensable, il est possible, mais il faut accélérer.

Je sais que vous me transmettrez à l'issue de vos travaux une déclaration comprenant plusieurs demandes adressées aux négociateurs. J'en ferai état aux délégués en amont de la COP21. Et nous insisterons notamment sur deux points essentiels pour que l'accord de Paris soit un bon accord.

L'exigence de justice. La justice, cela signifie l'équité dans les efforts à accomplir par les différents pays, qui se trouvent dans des situations différenciées. Cela signifie aussi la solidarité financière envers les pays en développement ou pauvres. L'idée que les collectivités locales pourront bénéficier des financements climat internationaux est une excellente idée que l'on va essayer de faire avancer. Cela signifie une meilleure prise en compte de l'adaptation aux effets du changement climatique, et pas seulement de l'atténuation.

Une autre condition d'un bon accord, c'est qu'il soit durable, qu'il ne s'arr√™te pas brusquement en 2030, mais qu'il puisse se prolonger au-del√†, s'am√©liorer au fur et √† mesure, qu'il comporte donc une ¬ęclause de r√©vision¬Ľ, qui nous permette d'√©valuer collectivement les choses, de situer o√Ļ nous en sommes et de revoir r√©guli√®rement √† la hausse les engagements initiaux.

***

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Nous sommes √† cinq mois de la conf√©rence de Paris, l'accord est absolument indispensable et il est possible. Il appartient aux 196 parties √† la convention des Nations unies sur le climat d'adopter un dispositif ambitieux, juste, diff√©renci√© et durable. Par vos actions et vos engagements, il vous appartient de contribuer √† ce que cet accord soit le plus ambitieux possible. Les √Čtats et les territoires doivent √™tre des alli√©s pour le climat. Nous devons, nous, gouvernements, tenir le plus grand compte de votre message et vous devez, vous, apporter tout votre appui qui est absolument d√©cisif. Je vous donne rendez-vous d√©but d√©cembre pour le Sommet des √©lus locaux pour le climat √† l'H√ītel de Ville de Paris et pour la journ√©e qui sera consacr√©e √† l'action des villes et des r√©gions √† la COP21 elle-m√™me au Bourget. Je vous f√©licite pour ce que vous faites et que vous ferez pour les habitants de vos villes, de vos r√©gions et pour le monde. Merci./.

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12. D√©r√®glement climatique - COP21 - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, pr√©sident de la COP21, avec ¬ęParis Match¬Ľ (Paris, 01/07/2015)

(...)

Q - En prenant la présidence de la conférence climat 2015 COP21, vous vous faites une spécialité des négociations complexes. Espérez-vous aboutir à un accord en décembre prochain ?

R - Oui, m√™me si je sais qu'il s'agit d'une t√Ęche extraordinairement difficile. Car il faut mettre d'accord 196 ¬ęparties¬Ľ sur un sujet en lui-m√™me tr√®s complexe. Cela m√©rite tous nos efforts car, sans forcer le sens des mots, c'est notre avenir √† tous, celui de notre plan√®te, qui est enjeu. Il est imp√©ratif de convaincre tous les pays d'agir contre ce r√©chauffement climatique, sinon la plan√®te sera inhabitable. (...)./.

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13. Ouverture du capital de l'a√©roport de Toulouse-Blagnac - Situation de M. Mike Poon - Propos √† la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Toulouse, 02/07/2015)

Des éléments d'informations que j'ai, il n'y a aucune préoccupation sur la matière économique qui nous concerne. Cela ne remet pas du tout en cause les projets./.

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14. Arabie saoudite - Droits de l'Homme - Abolition de la peine de mort - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Alger, 15/06/2015)

(...)

Q - Monsieur le Pr√©sident, vous avez effectu√© en mai dernier une visite en Arabie saoudite, qui s'est sold√© par des contrats √©conomiques dont le montant est estim√© √† plusieurs dizaines de milliards d'euros. Le jour m√™me de votre visite, quatre Saoudiens ont √©t√© d√©capit√©s. Pas un mot, pas une allusion du c√īt√© de l'√Člys√©e. Est-ce √† dire que les droits de l'Homme, la d√©mocratie sont une valeur marchande ? Merci.

R - Je vous remercie pour votre question qui va me permettre d'apporter une r√©ponse sur ce sujet et au-del√† m√™me de l'Alg√©rie. Chaque fois que je me d√©place, o√Ļ que ce soit, - je dis bien o√Ļ que ce soit - j'√©voque toujours les questions des droits de l'Homme et les questions de d√©mocratie. Je le fais avec une m√™me m√©thode qui est de ne rien dissimuler. Quand je suis all√© en Arabie saoudite, cela a √©t√© le m√™me langage. Nous avons des relations √©conomiques fortes avec l'Arabie saoudite, c'est vrai. Nous avons aussi des relations politiques intenses avec les pays du Golfe et c'est tr√®s important que d'en avoir.

En même temps, nous avons dit ce que nous pensons de la peine de mort. La France est un des pays qui est à l'initiative pour l'abolition de la peine de mort partout dans le monde. Nous présentons même de résolution. Votre question me permet d'apporter ma réponse, elle était utile. (...)./.

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15. Alg√©rie - Relations bilat√©rales - Sahel - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Alger, 15/06/2015)

Mesdames, Messieurs,

Je sors d'un entretien de pr√®s de deux heures avec le pr√©sident Bouteflika et je voulais rendre compte de cette visite qui vient deux ans apr√®s celle que j'avais faite. C'√©tait en d√©cembre 2012 et c'√©tait la premi√®re visite d'√Čtat que j'effectuais comme pr√©sident de la R√©publique.

Là, il s'agissait d'un déplacement que je voulais bref parce que nous voulions avoir des discussions à la fois avec le président Bouteflika et aussi avec le gouvernement et le Premier ministre. Nous avons donc pu faire l'évaluation de ce qui s'est produit déjà depuis près de deux ans et demi, c'est-à-dire sur le plan politique une très grande confiance dans ce que nous pouvons porter comme préoccupations, j'y reviendrai tout à l'heure.

Sur le plan √©conomique, il y a eu des progr√®s significatifs puisqu'il y a eu des usines qui ont √©t√© cr√©√©es, ouvertes ; la plus symbolique √©tant RENAULT mais pas seulement RENAULT. Il y en a eu d'autres, ALSTOM, SANOFI, et un partenariat √©conomique et commercial qui n'a cess√© de se renforcer, notamment gr√Ęce √† une institution que nous avons cr√©√©e entre la France et l'Alg√©rie, c'est-√†-dire un comit√© pr√©sid√© par les Premiers ministres respectifs de nos deux pays et qui fait le point chaque ann√©e des actions qui sont d√©j√† engag√©es et des investissements ou des partenariats que nous pouvons ouvrir.

Nous avons aussi voulu évoquer les questions éducatives, universitaires, culturelles, parce que nous voulons développer autant qu'il est possible l'enseignement technologique et c'est une demande de nos amis algériens à travers des formations professionnelles qui peuvent être utiles à nos deux pays. Nous voulons - ce sont les Algériens qui sont souverains - mettre autant qu'il est possible à disposition tout ce qui peut permettre d'enseigner le français et nous voulons également que nos universités puissent coopérer encore davantage et avec des centres de recherche que nous voulons là encore mettre à la disposition commune de nos deux pays.

Sur le plan culturel, Jack Lang qui m'accompagne prépare des événements notamment dans le cadre de l'Institut du monde arabe qui mettront en lumière la création algérienne et ce sera une grande initiative qu'il présentera le moment venu.

Nous avons aussi voulu aborder les questions bilat√©rales qui sont toujours celles qui peuvent parfois ralentir ou retarder un certain nombre de d√©cisions. Nous avons donc pris l'engagement sur le plan administratif tout ce qui peut favoriser les √©changes, je pense notamment du c√īt√© fran√ßais √† la d√©livrance des visas, il y a eu de nombreux progr√®s - nous d√©livrons 350 000 visas - et nous avons vu le changement aussi de ce point de vue-l√†. Du c√īt√© alg√©rien, il y a tout ce qui peut faciliter le d√©veloppement du commerce, les investissements, l'arriv√©e des PME fran√ßaises, des partenariats qui peuvent √™tre nou√©s ; l√† aussi s'il doit y avoir des corrections, elles seront apport√©es, nous n'avons pas de doute l√†-dessus.

Je reviens notamment lors de l'entretien que j'ai eu avec le président Bouteflika sur les sujets internationaux. Nos deux ministres des affaires étrangères ont déjà depuis plusieurs mois noué une relation telle que nous pouvons dans les négociations qui sont en cours - je pense au climat mais je pense aussi à des crises qui peuvent parfois nous conduire à intervenir - ont une fluidité dans leurs relations qui permet d'être particulièrement efficace, mais avec le président Bouteflika nous avons pris tous les sujets.

Le Mali, parce que j'ai exprim√© ma gratitude √† l'√©gard des autorit√©s alg√©riennes pour l'organisation de ces discussions de paix qui ont abouti et qui maintenant permettent de signer des accords du c√īt√© malien avec toutes les parties prenantes. Le pr√©sident Bouteflika a salu√© l'intervention de la France dans le cadre des Nations unies avec l'appui de l'Union africaine et c'est cette intervention qui a permis justement d'acc√©l√©rer le cours et d'avoir maintenant l'accord de paix.

Nous avons aussi soulign√© notre pr√©occupation et notre solidarit√© √† l'√©gard de ce qui vient de se produire au Tchad avec un attentat terroriste particuli√®rement barbare, puisqu'il y a plus de 25 morts au moment o√Ļ je parle et plus d'une centaine de bless√©s. Il ne fait pas de doute que c'est Boko Haram qui en est le responsable et qui devra rendre compte de cette horreur nouvelle. Nous avons salu√© le courage du pr√©sident Deby, courage qu'il avait pu d'ailleurs montrer √† l'occasion de l'intervention au Mali, courage que nous avons pu aussi relever par rapport √† ce qui a √©t√© son action en Centrafrique et encore plus r√©cemment pour lutter contre Boko Haram et donc notre solidarit√© lui est donn√©e en totalit√©.

Nous avons √©galement parl√© de la Libye, de la recherche d'une solution politique indispensable, du rapprochement entre toutes les parties prenantes et de faire en sorte qu'il puisse y avoir un gouvernement et un seul en Libye. C'est ce qui nous permet d'appuyer les efforts de la communaut√© internationale, notamment du repr√©sentant du Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, et l'Alg√©rie comme la France seront aux c√īt√©s de toutes les solutions permettant justement d'avoir une stabilit√©, une s√©curit√© et d'en finir avec les trafics qui se produisent aujourd'hui en Libye. Nous avons parl√© de la Syrie, de l'Irak, du Proche-Orient et nous avons eu aussi des √©changes sur l'Ukraine, car, avec le pr√©sident Bouteflika, c'est le monde dans son ensemble que nous avons voulu appr√©hender.

Que retenir ? Je conclurai l√†-dessus. Une relation confiante entre la France et l'Alg√©rie, une relation fructueuse entre la France et l'Alg√©rie, notamment sur le plan √©conomique. Une relation chaleureuse entre la France et l'Alg√©rie. J'avais dit ce que je voulais dire lors de la visite d'√Čtat, sur le pass√©, sur l'Histoire, sur les m√©moires, sur la souffrance du peuple alg√©rien pendant la colonisation.

Aujourd'hui, nous sommes tournés vers l'avenir, entièrement vers l'avenir. Nous pouvons le faire avec justement cette lucidité, cette vérité et aussi cette volonté d'être dans l'espoir de nos populations. Il y a beaucoup de Français qui vivent ici, en Algérie, il y a beaucoup de Français d'origine algérienne, il y a aussi des Algériens qui vivent en France. Nous avons donc là une responsabilité commune qui est de fournir une espérance, un travail d'une construction qui ne peut être qu'originale entre la France et l'Algérie.

C'était le sens de cette visite, qui n'est pas une de plus, parce que chaque visite est importante. Lorsque le président de la République française va rencontrer le président de la République algérienne, c'est une visite importante. Nous avons pu faire avancer, non seulement notre relation bilatérale, mais je pense que le règlement ou l'espoir d'un règlement de beaucoup de sujets dans le monde.

Voil√† ce que je tenais √† dire. Je remercie toutes celles et tous ceux qui m'ont accompagn√© ; il ne s'agissait pas d'avoir une d√©l√©gation tr√®s importante, mais qu'il puisse y avoir des parlementaires de nos deux Assembl√©es, des responsables de r√©gion et notamment de l'une - la r√©gion Provence-Alpes-C√īte d'Azur qui est tr√®s li√©e √† la M√©diterran√©e en g√©n√©ral, mais √† l'Alg√©rie en particulier - aussi du d√©put√© qui a √©galement des liens avec ce pays, Jean-Louis Bianco, qui est notre repr√©sentant. Je ne vais pas tous les citer ; les intellectuels. C'√©tait surtout cette rencontre avec le pr√©sident Bouteflika qui a constitu√© le point fort de cette visite. Je suis pr√™t √† r√©pondre aux questions.

(...)

Q - Bonsoir. Monsieur le Président, vous avez rencontré en fin d'après-midi le président algérien. J'aimerais aborder avec vous la question de sa santé. Abdelaziz Bouteflika vous semble-t-il aujourd'hui en mesure physiquement d'assumer ses fonctions ?

R - Le pr√©sident Bouteflika m'a donn√© une impression de grande ma√ģtrise intellectuelle. M√™me, c'est rare de rencontrer un chef d'√Čtat qui a cette alacrit√©, cette capacit√© de jugement. Vous m'interrogez sur sa sant√©, je ne suis pas m√©decin et je ne viens pas comme m√©decin rencontrer un chef d'√Čtat ou un chef de gouvernement.

Ce que je peux vous dire, c'est que la qualité de la discussion que nous avons eue pendant près de deux heures était particulièrement intense et particulièrement élevée. Sur le plan physique, je vous confirme qu'il ne peut pas se déplacer facilement et je le sais depuis longtemps. Mais il a toutes les capacités et il l'a montré pour - je ne parle pas de ce qu'il peut faire pour l'Algérie - apporter sa sagesse et son jugement pour régler les crises du monde. Je le fais vraiment avec sincérité et franchise. Si tel n'était pas le cas, je vous le dirais.

Q - Bonsoir. Monsieur le Président, le gouvernement libyen a déclaré que le chef du groupe terroriste Mokhtar Belmokhtar a été abattu par les Américains. Est-ce que vous confirmez cette information ? Merci, Monsieur le Président.

R - Je ne peux pas la confirmer. Parce que nous n'avons personne sur place, en Libye, qui pourrait nous donner cette information. Ce que, en revanche, je peux vous dire, c'est que nous savions, par nos propres services, que Belmokhtar était en Libye. Si une opération a eu lieu - et elle a eu lieu - et qu'elle a pu frapper un site, c'est qu'il y avait de fortes probabilités pour que Belmokhtar soit sur ce site. Alors, tirons-en les conclusions.

Si je pouvais dire la chose suivante, c'est qu'il y a une très grande probabilité que Belmokhtar ait été tué dans cette opération. Comme sa mort a été plusieurs fois annoncée, je ne voudrais pas qu'il y ait là répétition. Il y a donc un faisceau d'informations qui nous laissent penser qu'il a bien été tué dans cette opération.

Je rappelle que Belmokhtar, vous le savez, est responsable d'un tr√®s grave attentat et agression terroriste √† In Amenas, o√Ļ il y a eu un mort fran√ßais et combien de morts aussi alg√©riens et de morts de toutes nationalit√©s. C'√©tait un - je parle √† l'imparfait - un terroriste particuli√®rement dangereux et particuli√®rement cruel.

Q - Monsieur le Pr√©sident, une question pour faire suite √† celle de mon confr√®re alg√©rien : est-ce que le minist√®re de la d√©fense, l'arm√©e, avait √©t√© inform√©e de cette op√©ration et au-del√† de cette op√©ration, est-ce que vous pouvez nous parler de ce que vous vous √™tes dit avec les dirigeants alg√©riens concernant la lutte antiterroriste et notamment sur deux points particuliers que sont le nord-Mali et bien s√Ľr la Libye ? Est-ce que des d√©cisions ont √©t√© prises ? Quels constats ont √©t√© faits ? Est-ce que d'autres coop√©rations ont √©t√© envisag√©es ? Merci.

R - Il y a deux questions : la première, c'est : est-ce que nous étions informés qu'une opération allait se faire en Libye ? Nous avions effectivement des informations mais nous n'avons pas organisé cette opération, elle s'est faite. Nous avions en revanche mené des opérations au nord du Mali, qui ont contribué à anéantir des groupes et parmi les terroristes qui étaient dans ces groupes, il y en a eu deux qui étaient particulièrement recherchés et qui ont donc été neutralisés. C'est pour nous très important qu'il puisse y avoir cette action conjuguée, autant que possible coordonnée, pour détruire des groupes terroristes et neutraliser leurs chefs.

Je veux √©galement souligner que j'ai exprim√© ma gratitude au pr√©sident Bouteflika et au Premier ministre Sellal, quant √† l'action qui a √©t√© men√©e pour retrouver les assassins de M. Gourdel, l√Ęchement tu√© pr√®s de Tizi-Ouzou et que tous les assassins - ou presque tous - ont √©t√© effectivement retrouv√©s et neutralis√©s. Que les autorit√©s alg√©riennes, d√®s le d√©part, ont √©t√© particuli√®rement efficaces et particuli√®rement solidaires de ce qui se passait pour notre compatriote Gourdel.

Sur ce que nous faisons au Nord Mali, nous sommes engagés, vous le savez, dans l'opération Barkhane, qui n'est pas que pour le Nord Mali, mais pour la zone Sahel et qui nous permet d'agir. Nous le faisons avec des coopérations des pays africains et également avec une bonne entente avec les autorités algériennes ; nous travaillons ensemble pour lutter contre le terrorisme.

Sur ce que nous faisons en Libye : nous ne sommes pas présents en Libye, nous sommes présents non loin de la Libye, mais pas en Libye. Il nous arrive effectivement, lorsque des groupes sortent de Libye, de pouvoir agir pour les mettre hors d'état de nuire.

Q - Bonjour Monsieur le Président, vous avez évoqué trois projets, trois grands projets en économie ; vous avez parlé de relation positive en économie. Mais à part ces trois projets, est-ce qu'il y en a d'autres qui sont importants mise à part une usine de montage ? Est-ce que PEUGEOT par exemple ouvrirait ou construirait une usine ici, de construction d'automobiles et d'autres projets ? Merci.

R - PEUGEOT est effectivement en discussion avanc√©e pour installer une usine et donc nous essayons, du c√īt√© alg√©rien comme du c√īt√© fran√ßais, de faciliter cette implantation qui aura des cons√©quences positives pour l'√©conomie alg√©rienne si cela se concr√©tise. √Čgalement pour l'√©conomie fran√ßaise, m√™me si ce sont des v√©hicules qui seront fabriqu√©s pour la r√©gion ; c'est en ce sens que RENAULT a donn√© l'exemple. Il y a d'autres projets qui sont possibles, forc√©ment cela a une valeur symbolique parce que PEUGEOT, RENAULT, cela √©voque beaucoup de choses ici, comme ailleurs d'ailleurs.

Il y a d'autres projets notamment sur le plan énergétique - nous en avons parlé avec le Premier ministre Sellal, aussi bien TOTAL qui revient vers l'Algérie, qu'un certain nombre de projets que nous avons évoqués ensemble, de renouvellement énergétique ou de projets plus industriels encore.

Et ce que nous voulons, c'est attirer des investisseurs ; investisseurs fran√ßais en Alg√©rie mais m√™me investisseurs alg√©riens - c'est arriv√© ces derniers mois - en France et cela s'est produit sur deux ou trois projets particuli√®rement utiles, notamment dans la fili√®re agroalimentaire. Les PME sont particuli√®rement bienvenues en Alg√©rie - les PME fran√ßaises - et nous devons leur apporter une s√©curit√©, d'o√Ļ l'importance des grands groupes pour leur donner ce cadre et aussi d'avoir un partenariat avec l'Alg√©rie qui soit clair et qui permette aux PME, aux PME fran√ßaises, de pouvoir nouer des alliances avec d'autres entreprises alg√©riennes et de pouvoir intervenir.

Nous avons cette volont√© aussi - je l'ai √©voqu√© - de nous tourner vers la jeunesse alg√©rienne parce qu'elle attend. Elle est bien form√©e, bien qualifi√©e et si elle ne l'est pas, nous avons ces centres de formation professionnelle qui peuvent y contribuer, et nous voulons qu'elle puisse avoir cette esp√©rance de travail et de r√©ussite ; c'est notre devoir, aussi bien du c√īt√© alg√©rien que du c√īt√© fran√ßais.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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16. Alg√©rie - Relations bilat√©rales - Allocution de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, devant la communaut√© fran√ßaise (Alger, 15/06/2015)

Monsieur l'Ambassadeur,

Madame,

Je vous remercie pour l'accueil que vous avez réservé à des représentants de l'Algérie : ministres, hommes d'affaire, responsables culturels, acteurs de toutes sortes, qui peuvent ainsi contribuer à la relation entre la France et l'Algérie.

Je salue le ministre des affaires étrangères qui m'accompagne une fois encore, ici dans cette résidence qui est chargée d'histoire - vous l'avez rappelé - et qui, pour moi, évoque beaucoup de souvenirs. Nul n'ignore qu'elle a été la résidence du général de Gaulle pendant cette période si décisive pour la libération de notre pays et qu'ensuite, elle fut, et elle est encore la résidence de l'ambassadeur de France en Algérie.

Moi-m√™me j'ai eu √† y venir plusieurs fois dans un moment de ma vie, puis ensuite comme responsable politique et, aujourd'hui, comme chef de l'√Čtat ; c'est la deuxi√®me fois. Vous avez rappel√© que la premi√®re c'√©tait √† l'occasion d'une visite particuli√®rement impressionnante, puisque c'√©tait une visite d'√Čtat, et particuli√®rement fructueuse parce que nous avons √©tabli avec le pr√©sident Bouteflika un partenariat qui aujourd'hui, peut √™tre √©valu√© comme ayant port√© de nombreux fruits.

Nous avons d'ailleurs voulu, avec le pr√©sident Bouteflika aujourd'hui et le Premier ministre Sellal et les membres de son gouvernement, √† la fois faire le bilan de ce qu'avaient √©t√© ces deux ans et demi pour les relations entre la France et l'Alg√©rie dans de nombreux domaines mais √©galement porter de nouvelles ambitions. Nous avons constat√© que, sur le plan politique, nous avons su √† la fois regarder le pass√© - c'√©tait l'objet de cette visite d'√Čtat - et, en m√™me temps, faire les gestes qui √©taient attendus. Aujourd'hui j'ai √©t√© particuli√®rement heureux de voir que ces questions des m√©moires √©taient bien s√Ľr pr√©sentes √† l'esprit mais qu'elles n'√©taient plus des sujets sur lesquels nous avions √† nous int√©resser pendant trop de temps parce que l'essentiel avait √©t√© dit.

J'ai ainsi veill√© √† ce que le secr√©taire d'√Čtat aux anciens combattants puisse venir ici en Alg√©rie √† l'occasion, h√©las, du souvenir de la trag√©die de S√©tif et qu'il puisse poser une gerbe devant celui qui fut la premi√®re victime de ce drame. Je vais √† l'instant saluer les anciens combattants qui sont ici ; anciens combattants qui ont port√© l¬Ďuniforme fran√ßais et qui ont permis la lib√©ration de notre pays. Ces anciens combattants sont Alg√©riens mais ils sont l√† aussi parce qu'ils ont √©t√© √† un moment d√©cisif de notre histoire des acteurs qui ont pu nous rendre notre libert√©.

Vous avez voulu, Monsieur l'Ambassadeur, évoquer la disparition d'un de vos collaborateurs, M. Philippe Pages, qui avait été particulièrement précieux justement pour faire ce travail de mémoire, pour récompenser les anciens combattants valeureux et pour traiter de problèmes administratifs particulièrement compliqués. Je veux donc dire à sa famille à la fois notre solidarité mais également notre gratitude à l'égard du travail de ce haut fonctionnaire qui était un ami de l'Algérie et qui était un grand serviteur de la France.

Je reviens sur l'entretien que j'ai eu avec le pr√©sident Bouteflika. Il est rare d'avoir un √©change aussi intense et je vous le dis tout aussi nettement que je l¬Ďai dit √† ceux qui √©taient avec moi dans cette rencontre et qui ont eu le m√™me sentiment ; parce que nous avons pu aborder de mani√®re forte, approfondie les sujets qui int√©ressent nos deux pays, c'est-√†-dire les crises qui peuvent exister √† nos fronti√®res - fronti√®re de l'Alg√©rie avec le Mali, fronti√®re j'allais dire que repr√©sente la M√©diterran√©e pour nous avec ce qui se passe en Libye - et √©galement les sujets qui, depuis trop longtemps, sont sur la table des n√©gociations internationales et n¬Ďaboutissent pas et je pense au Sahara occidental et au Proche-Orient.

Nous avons √©galement parl√© de l'Ukraine, parce que ce qui int√©resse l'Europe int√©resse l'Alg√©rie - comme ce qui int√©resse l'Afrique et le Maghreb int√©resse la France - et nous avons eu une discussion particuli√®rement √©lev√©e et qui nous a permis aussi d'√©voquer d'autres questions et, parmi les plus sensibles : c'est-√†-dire aussi bien ce qui se passe en Am√©rique latine, √† Cuba, pour la lev√©e de l'embargo, que sur une question qui mobilise toute la diplomatie et en particulier le ministre des Affaires √©trang√®res, la pr√©paration de la Conf√©rence sur le climat. Cette visite a donc √©t√© particuli√®rement chaleureuse et particuli√®rement intense gr√Ęce √† l'entretien que nous avons eu avec le pr√©sident Bouteflika.

Avec le Premier ministre Sellal - et des ministres ici sont présents - nous avons pu poursuivre le partenariat, évoquer quelques problèmes qui peuvent parfois nous retarder et puis nous placer dans une perspective la plus audacieuse possible pour les relations entre la France et l'Algérie. Nos deux pays ont forcément un devoir qui est de rendre une espérance, une espérance à beaucoup de jeunes - qui vivent ici en Algérie - qui veulent pleinement s'intégrer dans l'économie algérienne, trouver leur place et la France doit y contribuer avec une politique de formation qu'elle met au service de l'Algérie, avec des investissements qui doivent créer des emplois pour les jeunes Algériens et avec un courant d'échanges qui doit s'intensifier pour qu'il y ait encore plus d'activités économiques pour nos deux pays.

Nous avons aussi la volonté d'avoir une coopération éducative, universitaire, culturelle qui soit au meilleur niveau, là aussi parce que nos deux pays ont cette légitime ambition d'être des nations créatrices. Jack Lang qui est avec moi dans le cadre de cette visite a présenté un projet qu'il développera à l'Institut du monde arabe et qui mettra en lumière les créations contemporaines qui remontent à 10 000 ans, si j'ai bien compris, parce qu'avec Jack Lang, le contemporain peut se retrouver très loin dans notre histoire.

Nous avons aussi voulu qu'il y ait des liens, des √©changes qui puissent √™tre facilit√©s. La fameuse question des visas - quand je suis venu il y a deux ans et demi c'√©tait la question principale - et aujourd'hui, gr√Ęce √† l'effort qui a √©t√© engag√© par le ministre des affaires √©trang√®res, par les services, et j'√©voque ici les personnels consulaires, les personnels qui travaillent avec les Alg√©riens, pour que nous puissions fournir aux chefs d'entreprise, aux √©tudiants, aux chercheurs, √† tous ceux qui veulent venir en France et qui ont un projet particulier, les moyens d'y venir, et l'inverse est √©galement vrai.

Nous devons donc multiplier ces échanges. Quand je pense à ces Français, ils doivent être ici les représentants qui vivent en Algérie - quelquefois depuis longtemps - et qui ont une grande attente à l'égard de l'amitié entre la France et l'Algérie. Quand je pense à ces centaines de milliers de Français d'origine algérienne ou encore à ces Algériens qui ont gardé leur nationalité et qui vivent en France, je mesure ce qu'est l'espérance d'une relation forte entre nos deux pays. C'était aussi le sens de cette visite placée au meilleur niveau, au plus haut niveau, pour la coopération entre la France et l'Algérie.

Nous avons par l'histoire mais aussi par la réalité de la géographie, par ce que nous portons nous en Europe, l'Algérie pour le Maghreb et pour l'Afrique, des responsabilités particulières, ce qui fait que nous sommes des nations qui ont vocation à sortir de leurs frontières pour parler au monde, et la France et l'Algérie ont décidé sur les plus grands thèmes de la vie internationale d'être présentes ensemble et d'avoir ici en Algérie et aussi en France des coopérations qui peuvent nous donner des raisons de croire que l'avenir peut se construire entre nos deux pays de façon tellement différente du passé et en même temps en n'oubliant rien du passé. C'est la raison pour laquelle ici, je suis heureux de vous voir Algériens, Français, ensemble pour porter au plus haut niveau notre relation.

Vive la République, vive l'amitié entre la France et l'Algérie, vive l'Algérie et vive la France ! ./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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17. Nominations - Guin√©e √©quatoriale - Cor√©e (Paris, 02/07/2015)

Le Journal officiel du 2 juillet publie la nomination de M. Christian Bader, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Guinée équatoriale, en remplacement de M. François Barateau,.

Le Journal officiel du 2 juillet publie la nomination de M. Fabien Penone, en qualit√© d'ambassadeur extraordinaire et pl√©nipotentiaire de la R√©publique fran√ßaise aupr√®s de la R√©publique de Cor√©e, en remplacement de M. J√©r√īme Pasquier./.

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