Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 29 juin 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole adjoint - CoopĂ©ration dĂ©centralisĂ©e - Participation de Mme Annick Girardin Ă  la commission nationale de la coopĂ©ration dĂ©centralisĂ©e - Burundi - Appel au dialogue politique (Paris, 29/06/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations suivantes :

1 - Coopération décentralisée - Participation de Mme Annick Girardin à la commission nationale de la coopération décentralisée (Paris, 29 juin 2015)

Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du développement et de la Francophonie, préside aujourd'hui la réunion de la commission nationale de la coopération décentralisée.

Cette réunion permettra de valoriser l'action économique des collectivités territoriales à l'international, qui contribue à la diplomatie globale voulue par M. Laurent Fabius.

Elle sera également l'occasion, à l'approche de la conférence d'Addis Abeba sur le financement du développement et de l'adoption en septembre des objectifs de développement durable, d'un échange approfondi entre l'État et les collectivités locales sur la politique de développement.

2 - Burundi - Appel au dialogue politique

La France est préoccupée par la détérioration de la situation politique, sécuritaire et économique au Burundi.

Comme l'Union africaine et avec l'Union européenne, elle considère que les conditions indispensables à la tenue d'élections pacifiques et crédibles ne sont actuellement pas réunies.

Nous exhortons l'ensemble des acteurs burundais à reprendre sans délai le dialogue, comme le proposent l'Union africaine, la communauté d'Afrique de l'Est, la conférence internationale sur les Grands lacs et les Nations unies, afin de trouver une solution consensuelle à la crise dans le respect des textes et des principes existants./.

Retour sommaire


2. Iran - DĂ©claration Ă  la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Vienne, 27/06/2015)

La France, puissance indépendante et membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, agit au plan international pour la sécurité et la paix.

C'est cet objectif qui nous guide depuis le début des négociations nucléaires avec l'Iran.

Ce que nous voulons, c'est un accord robuste, reconnaissant à l'Iran le droit au nucléaire civil, mais garantissant qu'il renonce effectivement et définitivement à l'arme nucléaire.

Ă€ ce titre, au moins trois conditions sont indispensables :

- une limitation durable des capacités nucléaires iraniennes de recherche et de production ;

- une vérification rigoureuse des sites, y compris militaires ;

- un retour automatique des sanctions en cas de violation des engagements pris.

Ces trois conditions, qui respectent la souveraineté de l'Iran, ne sont pas encore acceptées par tous. Elles sont pourtant le triangle de base indispensable pour l'accord robuste que nous voulons./.

Retour sommaire


3. Tunisie - Attentat de Sousse - Propos Ă  la presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  l'issue du conseil restreint (Paris, 27/06/2015)

Mesdames et Messieurs,

Nous venons de tenir un conseil restreint sous la présidence du président de la République, où nous avons bien sûr examiné deux questions extrêmement lourdes. En ce qui concerne ce qui s'est passé en France, le ministre de l'intérieur vous fera le point dans un instant.

En ce qui concerne la Tunisie, le drame est épouvantable. Il y a déjà, d'après les renseignements que nous ont donnés les autorités tunisiennes, 38 morts et de nombreux blessés. À ce stade - je dis bien «à ce stade» -, il n'y a aucune victime française identifiée, mais il faut rester très prudent.

Le président de la République a eu son homologue, j'ai eu le ministre des affaires étrangères tunisien, notre ambassadeur est sur place avec une équipe consulaire. Mais, compte tenu des circonstances, il faut rester encore extrêmement prudent.
Il y a, en tout cas, malheureusement, beaucoup de victimes et en particulier des victimes britanniques et nous avons une pensée extrêmement forte pour ces victimes, pour leurs familles et, d'une façon générale, bien sûr pour la population tunisienne et pour tous ceux qui souffrent de cette situation effrayante.

Il y aura, dans quelques dizaines de minutes, au Quai d'Orsay, une réunion avec les tours opérateurs et nous leur avons demandé de rapatrier tous les Français qui souhaiteraient être rapatriés, et nous allons veiller à cela. Je vous tiendrai au courant au fur et à mesure de l'évolution de la situation. Mais il est évident que ce qui frappe la Tunisie, et compte tenu de la place que représente aussi le tourisme dans ce pays ami, est un coup extrêmement rude qui est porté au pays.

Merci./.

Retour sommaire


4. Tunisie - Attentat de Sousse - Entretien de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intĂ©rieur, avec «TF1» (Paris, 26/06/2015)

Q - On parlait de cette menace, Monsieur le Ministre, tout à l'heure. Pour cet attentat de Sousse, est-ce qu'on est sûr que des Français ne figurent pas parmi les victimes ?

R - Je n'ai pas d'autres informations à communiquer que celles qui ont été communiquées par le Quai d'Orsay au journaliste qui s'exprimait tout à l'heure. 38 morts, 42 blessés, un drame absolu qui a conduit le ministre Laurent Fabius et le président de la République à exprimer la solidarité de la France à l'égard de la Tunisie ; une coopération dans la lutte antiterroriste entre les pays de l'Union européenne, la Tunisie et notamment la France, qui m'a conduit au moment de l'attentat du Bardo, à me rendre en Tunisie pour approfondir encore cette coopération.

D'autres pays de l'Union européenne coopèrent également parce que la lutte contre le terrorisme, c'est une affaire de mobilisation nationale, c'est aussi une affaire de mobilisation européenne et c'est une affaire de mobilisation de tous ceux qui aspirent à vivre dans la paix et dans la liberté.

C'est la raison pour laquelle l'action de la France est également très forte en Europe : modification du dispositif Schengen pour faire en sorte qu'il puisse y avoir des contrôles systématiques et coordonnés aux frontières ; mise en place du PNR européen pour faire en sorte que nous soyons plus efficaces dans le rétablissement de la traçabilité du parcours des terroristes et que nous puissions judiciariser ceux qui reviennent sur le territoire européen après avoir franchi les frontières Schengen, coopération entre nos services de renseignement, renforcement d'EUROPOL, renforcement d'EUROJUST. C'est aussi cette action que nous conduisons au sein de l'Union européenne et qui nous mobilise, avec nos principaux partenaires, je pense aux Allemands notamment, aux Espagnols, aux Italiens, aux Britanniques./.

(Source : site Internet du ministère de l'intérieur)

Retour sommaire


5. Tunisie - Attentat de Sousse - Entretien avec des reprĂ©sentants des professionnels français du tourisme au Quai d'Orsay - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 27/06/2015)

Les représentants des professionnels français du tourisme ont été reçus cet après-midi au Quai d'Orsay pour faire le point sur la situation en Tunisie, 24h après l'attentat sanglant de Sousse.

Ils se sont de nouveau engagés à proposer une solution de retour anticipé pour chacun de leurs clients présents en Tunisie dans le cadre de voyages à forfait qui en ferait la demande. Ils ont souligné que très peu de demandes de ce type avaient été enregistrées à ce stade.

Toutes les mesures de souplesse commerciale ont par ailleurs été mises en oeuvre pour permettre à leurs clients ayant réservé un voyage à forfait en Tunisie pour la saison d'été 2015 de maintenir ou non le choix de cette destination./.

Retour sommaire


6. Tunisie - Attentat de Sousse - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 26/06/2015)

Le président de la République s'est exprimé à l'issue du Conseil de défense auquel M. Laurent Fabius a participé.

Le chef de l'État et le ministre des affaires étrangères et du développement international se sont entretenus avec leurs homologues tunisiens, auxquels ils ont exprimé la solidarité de la France dans cette épreuve.

Tout est mis en oeuvre pour identifier les victimes et leur nationalité. Les vérifications se poursuivent en liaison avec les autorités tunisiennes.

Nos services sont mobilisés en Tunisie et à Paris pour venir en aide à nos ressortissants sur place.

- À Paris, le Centre de crise et de soutien a ouvert une cellule de crise et mis en place un numéro d'urgence : 01 43 17 56 46

- À Tunis, notre ambassade a ouvert une cellule de crise qui peut être jointe au +216 31 31 50 65

- Une équipe consulaire est présente à Sousse, pour se tenir au contact des autorités tunisiennes et venir en aide à nos ressortissants./.

Retour sommaire


7. Mali - Entretien tĂ©lĂ©phonique de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique avec son homologue malien - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 29/06/2015)

Le président de la République s'est entretenu par téléphone avec le président de la République du Mali, M. Ibrahim Boubacar Keïta.

Il lui a adressé ses chaleureuses félicitations suite à la signature récente à Bamako de l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali. Cet accord, juste et équilibré, doit permettre d'assurer l'unité du pays, le redéploiement de l'État malien sur l'ensemble de son territoire et la réconciliation de tous les Maliens.

Le chef de l'État a assuré son homologue malien du soutien de la France à la mise en oeuvre de cet accord, dans ses différentes dimensions, qu'il s'agisse de défense et de sécurité, de développement socio-économique et culturel, de réconciliation ou de l'organisation décentralisée de l'État.

François Hollande et Ibrahim Boubacar Keïta sont convenus de poursuivre la coopération entre la France et le Mali en matière de lutte anti-terroriste, qui a permis d'obtenir des résultats significatifs depuis 2013./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


8. Union europĂ©enne - Grèce - Conseil restreint - DĂ©claration de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (Paris, 29/06/2015)

J'ai tenu ce matin un Conseil restreint consacré à la Grèce. La Grèce a décidé d'interrompre les négociations qui étaient en cours depuis des semaines, qui portaient sur un plan global, durable, et qui concernait les institutions européennes, le Fonds monétaire international, mais surtout l'ensemble des pays de la zone euro.

Je regrette ce choix parce que nous étions tout près d'un accord.

La Grèce a également décidé de consulter le peuple par référendum. C'est son choix souverain. C'est la démocratie et le droit du peuple grec de dire ce qu'il veut pour son avenir.

L'enjeu sera fondamental : il est de savoir si les Grecs veulent rester dans la zone euro. C'est leur place à mes yeux, mais c'est à eux d'en décider, ou de prendre le risque d'en sortir.

Nous savons qu'il y a encore quelques heures avant que la négociation pour la prolongation de ce que l'on appelle le programme de soutien à la Grèce soit définitivement close. Je souhaite que, si les Grecs en décident, cette négociation puisse reprendre mais c'est à eux, et à eux seuls, de le dire.

La France - c'était le sens de la réunion de ce matin - est disponible, toujours disponible pour que le dialogue puisse reprendre, puisse reprendre aujourd'hui, puisse reprendre demain. Aujourd'hui, il y a toujours la possibilité d'un accord ; demain cela dépendra de la réponse des Grecs au référendum qui leur est proposé. La France est pour que la Grèce reste dans la zone euro. La France est toujours prête à agir mais elle ne peut le faire que s'il y a cette volonté commune de parvenir à une solution.

Beaucoup de temps a passé. J'ai joué, avec le gouvernement français, et notamment le ministre Michel Sapin, tout le rôle qui revient à la France. Je l'ai fait en parfaite cohérence avec nos partenaires, notamment avec l'Allemagne, et avec l'ensemble des institutions et des pays de la zone euro, parce que c'était la responsabilité de la France, toujours, de favoriser une solution.

Aujourd'hui il y a des incertitudes, notamment en Grèce, même si la Banque centrale européenne a fait en sorte d'apporter des liquidités indispensables pour le fonctionnement jusqu'au moment du référendum. Il y a aussi des inquiétudes qui peuvent exister sur les marchés, mais je veux ici être clair là : des mesures très importantes ont été prises depuis déjà plusieurs mois pour consolider la zone euro - et l'Union Bancaire en a été le résultat -, pour faire en sorte qu'il y ait plus de cohésion dans la zone euro et plus de moyens de faire face à toute spéculation.

Enfin l'économie française n'est plus dans la même situation qu'il y a quatre ans. Il y a quatre ans, c'était la crise grecque, la peur qu'il y ait un désordre considérable. Il y avait déjà un désordre considérable sur les places financières.

Aujourd'hui, l'économie française est robuste, bien plus robuste qu'il y a quatre ans, et elle n'a rien à craindre de ce qui pourrait se produire. La France n'agit pas parce qu'elle aurait peur ou parce qu'elle serait inquiète. Elle agit parce que c'est sa responsabilité de le faire. Parce que nous devons faire en sorte que la zone euro, que l'Europe que nous avons voulue, puisse poursuivre sur les bases de la responsabilité et de la solidarité.

La solidarité est toujours possible quand la responsabilité est là. C'est cette idée de l'Europe que la France continuera à faire prévaloir dans les jours qui viennent.

Je vous remercie./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


9. Union europĂ©enne - Grèce - Eurogroupe - ConfĂ©rence de presse de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics (Bruxelles, 27/06/2015)

Je vais vous dire quelques mots sur cet après-midi, qui était un après-midi un peu particulier parce que la surprise a été, pour beaucoup d'entre nous, très importante lorsque le gouvernement grec a annoncé, hier soir tard, en commençant d'ailleurs en prévenant le président Hollande et Mme la chancelière Merkel, qu'il avait donc décidé de soumettre à un référendum le débat actuel.

Depuis le début et suite à l'élection d'une nouvelle majorité en Grèce, la France a dit combien elle était attachée à ce que, dans le contexte social, économique et politique de la Grèce, le dialogue puisse s'instaurer entre les autorités grecques légitimes et l'ensemble des institutions des autres pays de la zone euro, pour trouver la meilleure solution possible. Depuis le début, j'ai dit, je crois que ceci a été repris et cité encore tout récemment par M. Varoufakis, qu'il fallait respecter à la fois la démocratie en Grèce, qu'une alternance était intervenue, que personne ne pouvait faire comme si c'était le gouvernement précédent qui était encore là, et que tout changement de majorité devait forcément être pris en compte par les autorités et les autres pays au sein de la zone euro. C'est vrai pour la Grèce comme c'est vrai pour n'importe quel autre pays de la zone euro, sinon la démocratie ne sert à rien.

J'ai dit depuis le début aussi, tout particulièrement aux autorités grecques, au ministre des finances, aux autres que j'ai pu rencontrer, qu'il fallait également que la Grèce respecte les principes du bon fonctionnement de la zone euro et respecte les engagements qui sont les siens. Une négociation s'est ouverte, trop lentement, trop tardivement, puisqu'au fond il a fallu attendre les toutes dernières semaines, je n'ose pas dire les tout derniers jours, pour que cette négociation puisse porter sur le coeur des sujets et sur les éléments suffisamment précis de ces sujets.

Mais cette négociation était ouverte. Cette négociation a considérablement progressé à partir du moment où la France a été entendue. C'est-à-dire à partir du moment où nous avons recherché ensemble un accord global pour que ce soit un accord durable. Et un accord global ce n'était pas simplement le jugement porté par les institutions sur la situation, sur le programme en cours et sur les décisions que pouvaient prendre la Grèce du point de vue des institutions. Un accord global c'était aussi que soit sur la table la question dite du financement : comment permettre à la Grèce de traverser cette période difficile, non pas simplement les jours ou les semaines, mais les mois qui sont devant nous. C'était la question de l'investissement, du soutien à l'investissement en Grèce et des propositions précises ont été faites par M. Juncker dans ce domaine-là. C'était aussi parce que depuis le début nous disons que ce n'est pas une question taboue, la question de la soutenabilité de la dette dont chacun sait qu'elle est incroyablement forte, importante pour l'économie grecque.

Ces sujets étaient sur la table. Le gouvernement grec n'a pas souhaité que la négociation continue. Bien que tous ces éléments étaient sur la table et pouvaient être pris en compte dans une négociation, ils doivent être pris en compte dans une négociation.

Ă€ partir de lĂ  quelle est la position de la France ?

La première chose, c'est le respect de la démocratie. Il est légitime pour tout gouvernement, pour tout Parlement de faire appel, s'il le souhaite, par référendum, au vote de son peuple. Et nous devons donc respecter cette procédure alors qu'elle est décidée de manière constitutionnelle par les autorités légitimes grecques.

La deuxième chose, et je le dis avec force, c'est que la France est aujourd'hui disponible pour que, à tout moment, le dialogue puisse reprendre sur les bases que nous avons voulues. Ce sont celles qui permettent de trouver un accord global pour permettre à la Grèce de ne pas interrompre, de manière inachevée, un accord, en grec on appelle cela une symphonie, qui était en cours d'écriture. C'est ça l'intérêt de la Grèce, comme c'est l'intérêt de la zone euro. La France est donc disponible aujourd'hui, demain, après-demain, comme elle l'a été depuis le début pour continuer à être un élément de trait d'union qui permette de trouver un accord qui débouche sur une solution qui soit une solution solide, une solution sereine pour la Grèce.

Dernière chose, la Grèce est aujourd'hui membre de la zone euro. La monnaie de la Grèce, c'est l'euro. La Grèce reste dans l'euro. La Grèce, son destin, c'est de rester dans l'euro et aucun pays et surtout pas la France, ne souhaite la sortie de la Grèce de l'euro. Seules des décisions, des votes, des choix sont toujours possibles démocratiquement de la part de la Grèce, pourraient faire qu'il en soit autrement. Mais il est dans l'esprit d'aucun d'entre nous, et surtout pas de la France, de voir sortir la Grèce de la zone euro.

Je voudrais dire aussi ici avec force. Ce qui s'est passé aujourd'hui ce n'est pas la sortie de la Grèce de la zone euro. C'est la suite d'un débat, dans des conditions que nous n'avons pas souhaitées mais que le gouvernement grec a souhaité et il est légitime pour le souhaiter, au travers des jours qui viennent, à travers éventuellement un référendum dont je souhaite qu'il soit clair, que les questions posées soient claires.

Quand j'ai interrogé M. Varoufakis pour lui demander sur quoi va porter la question, j'ai dit : «est ce que cela porte uniquement sur ce que l'on appelle les propositions des institutions» ? Il m'a dit «non, je prends en compte l'ensemble, tout ce qui était sur la table, c'est-à-dire les propositions des institutions, les propositions en termes de financement et les propositions en termes de soutenabilité de la dette». Et c'est l'ensemble de ce paquet, qui de son point de vue, ne lui paraissait pas suffisant. Je regrette qu'il ait ainsi porté ce jugement. Mais la question doit être claire. Ce n'est pas simplement les institutions, ce n'est pas une question du FMI, ce qui a été mis sur la table en particulier par la France, c'est quelque chose de beaucoup plus large. C'est ce sujet qui est beaucoup plus large qui doit être pris en compte par les électeurs grecs s'ils devaient être au bout du compte consultés, le dimanche 5 juin prochain par référendum.

Q - Vous dites que cela n'est pas la sortie de la Grèce de la zone euro, est-ce qu'elle peut continuer dans une situation (inaudible) et sans tenir ses engagements ?

R - La décision de la Grèce pose des problèmes. Tout d'abord à la Grèce, ces problèmes il appartiendra d'abord à la Grèce d'y faire face dans un premier temps : la question de la liquidité et la question de la situation de ses banques. Mais la Grèce est membre de la zone euro, elle bénéficie, comme tout autre pays, des éléments de soutien qui sont ceux qui peuvent exister pour des pays qui traversent une difficulté.

Je vais être clair : il n'y a pas eu de choix aujourd'hui qui aurait été fait que la Grèce ne soit plus membre de la zone euro. Peut-être que cela peut être une conséquence du vote d'un référendum, mais le référendum n'est pas aujourd'hui, ni demain mais le dimanche d'après. Donc la Grèce est dans la zone euro, elle bénéficie des institutions de la zone euro et c'est dans ce cadre-là qu'elle pourra traverser les difficultés qui sont devant elle dans les jours qui viennent.

Q - Est-ce que vous avez discuté de l'extension du programme grec au-delà du 30 juin ? Est-ce que cela a été envisagé, accepté ou refusé ? Et deuxième chose, est ce que vous avez discuté d'un plan de contingentement d'un éventuel Grexit , notamment, ouverture ou fermeture des banques lundi en cas de bank run ?

R - Ont été abordées les difficultés éventuelles, qui n'ont rien avoir avec un Grexit, que pourraient rencontrer les banques. Difficultés en termes de liquidités des banques, on va le dire simplement, il manque des billets dans les distributeurs de billets, ce n'est pas un Grexit, c'est une difficulté d'approvisionnement en liquidités des banques elles-mêmes. Et la liquidité s'opère en euro en l'occurrence.

Nous en avons parlé, y compris avec les autorités grecques, et c'est normal, cela fait partie des difficultés qui sont devant nous. Quant à la demande d'une extension, pour reprendre le terme un peu technique au-delà de la date d'expiration du mardi, oui, bien sûr que cela a été clairement débattu puisque la Grèce avait souhaité que ce soit étendu. Mais on ne peut pas étendre ainsi un programme si par ailleurs le pays, déclare qu'il ne veut pas de ce programme et qu'il décide de prononcer ou de faire en sorte que son peuple vote non à un référendum qui porte ce programme. Il y avait là une contradiction réelle ce que chacun a bien compris.

Q - Envisagez-vous un sommet sur la dette grecque puisqu'on se trouve dans cette impasse, lĂ  ?

R - La France est peut être l'un des premiers pays qui ait dit clairement que la question de la dette devait être accordée dans le cadre d'un accord global. De quelle manière, je n'en sais rien. C'est ce dont il aurait fallu discuter de manière précise, c'est ce dont il n'a pas été discuté suffisamment, y compris par les autorités grecques. Il y avait là une ouverture réelle qui permettait, me semble-t-il, au gouvernement grec de faire en sorte que l'on progresse sur cette question de la soutenabilité de la dette.

Q - Vous dites qu'aucun pays ne souhaite la sortie de la Grèce de la zone euro, c'est un voeu pieu ou c'est une réalité puisqu'on a l'impression qu'il y a 14 pays qui décident aujourd'hui que la Grèce n'a plus rien à faire dans la zone euro.

R - C'est une impression qui est totalement fausse. Si vous posez la question à chacun des quatorze pays en question - je ne sais pas comment vous les trouverez, les quatorze en question ou comment vous ferez la différence par rapport aux quatre autres -, les dix-huit pays, hormis la Grèce, ont tous dit clairement que la Grèce était dans l'euro. Et qu'elle devait rester dans l'euro quelles que soient les difficultés du moment et que l'on aurait à rediscuter de tout cela si le référendum devait avoir lieu après les résultats du référendum.

Q - Monsieur le Ministre, vous nous avez dit que les discussions sur la dette avaient démarré trop lentement, en partie, ce sujet est arrivé trop tard sur la table. Pourtant les Grecs le réclament depuis très longtemps, est-ce que là ce n'est pas une façon de rejeter une partie de la faute aussi sur certains de vos partenaires, même si vous dites qu'ils veulent que la Grèce reste dans la zone euro ? Est-ce que certains des pays n'ont pas finalement freiné pour peut-être jouer politiquement ?

R - Tous les sujets ont été abordés trop tardivement, pour une raison simple c'est qu'on ne pouvait pas aborder l'un sans aborder l'autre. Chacun sait bien qu'il ne pouvait y avoir de confiance pour parler de la question de la dette s'il n'y avait pas de confiance pour parler des mesures nécessaires qui étaient indispensables pour que la situation financière et budgétaire de la Grèce soit aujourd'hui rétablie. Il n'y a pas l'un sans l'autre. Et c'est malheureusement parce que nous n'avons pas réussi à nouer ces sujets ensemble, parce qu'ils ont été tous abordés trop tardivement, qu'aujourd'hui nous sommes dans cette difficulté. Ce n'est pas parce qu'on est dans une difficulté que pour autant on est dans l'impossibilité. Et je le répète : la France est disponible à tout moment pour faire en sorte que dans les heures qui suivent, dans les jours qui suivent, avant ou après le 30 juin, nous puissions reprendre un dialogue qui est y compris et avant tout pour la Grèce.

Q - Que faut-il faire pour protéger l'Europe de toutes les conséquences sur les marchés financiers et avez-vous parlé avec le président Hollande ce soir ?

R - Que faut-il faire ? La mise en oeuvre claire, simple, naturelle des dispositions qui existent aujourd'hui. Là aussi, j'ai toujours dit, je ne vais pas être le seul à le dire, que la situation aujourd'hui n'était absolument pas la même que celle que l'on pouvait connaître il y a quatre ans. Il y a aujourd'hui des mécanismes de stabilité, des fonds que vous connaissez bien les uns et les autres, qui permettent de venir immédiatement, s'il le fallait, au secours de tel ou tel État. La seule chose qu'on ait pu faire, c'est de rappeler la réalité, cette réalité d'aujourd'hui qui fait que les banques européennes ne sont pas du tout en danger comme elles pouvaient l'être il y a quatre ans. Au contraire, elles sont totalement hors risque grec et les États, quels qu'ils soient, sont aujourd'hui beaucoup plus solides et beaucoup plus protégés qu'ils ne l'étaient auparavant. Nous avons simplement rappelé les réalités sans citer telle ou telle situation mais rappelé les réalités. La zone euro est une zone solide, ce n'est pas une raison pour laisser la Grèce ainsi dans la difficulté et c'est encore moins une raison pour laisser la Grèce sortir de l'euro, nous ne le voulons pas.

Q - Monsieur le Ministre, vous avez dit dans votre propos liminaire «si ce référendum est organisé» parce que dans vos discussions avec M. Varoufakis, vous avez eu le sentiment qu'il pourrait ne pas avoir lieu ? Deuxième question, pourquoi est-ce qu'il n'a pas été invité à participer à la deuxième partie de l'Eurogroupe, sachant que les conséquences vont aussi concerner la Grèce.

R - Alors sur le premier aspect, je dis «si» parce que je comprends qu'il y a des débats aujourd'hui au Parlement sur des questions de constitutionnalité ou autre. Je n'ai pas à m'insérer dans ces débats, ce sont des débats internes, je comprends que cette hypothèse existe. Mais je me place dans l'hypothèse bien entendu où le référendum a lieu, organisé en l'espace de 7 jours, ce qui est quand même une belle prouesse, pour permettre de sortir d'une situation d'instabilité qui est préjudiciable à la Grèce.

L'autre question, pourquoi a-t-il quitté la première séance à la fin ? C'est son choix tout à fait naturel, il avait dit tout ce qu'il voulait dire, l'Eurogroupe avait pris la décision de ne pas étendre le programme actuel, je crois que M. Varoufakis a considéré avec la délégation qu'il avait épuisé les sujets qu'il voulait voir abordés par l'Eurogroupe.

Q - Donc il n'y aura pas d'accord avant lundi matin, ouverture des marchés ?

R - Je répète ici que la France est disponible à tout instant pour aider à la reprise du dialogue.

Q - Quand vous dites «la France est disponible», est ce qu'on peut imaginer un autre format de négociation dans les heures et les jours qui viennent ? Deuxième question, est-ce que vous avez discuté de la possibilité de prolonger l'aide en liquidités qui est fournie par la BCE au-delà du 30 juin ?

R - Ce qui est de la responsabilité de la BCE est de sa seule responsabilité. Elle est la seule à pouvoir répondre à ces questions. Je peux comprendre que M. Draghi souhaitera, non pas ce soir mais peut-être demain, quand il aura réuni son conseil, apporter quelques éléments de précisions sur ces sujets.

Q - Donc un autre format de négociation c'est possible ?

R - Tout est possible, nous ne sommes pas formalistes. Tout est possible comme format : à un, deux, trois, dix-huit, dix-neuf, tout est possible. J'ai compris de ce qu'a dit M. Varoufakis, il a eu la gentillesse de me citer parmi ses amis, qu'il était lui aussi prêt à cela, y compris à éventuellement modifier le positionnement du gouvernement par rapport au référendum. Tant mieux, toutes ces mains tendues sont à prendre. Tous ces dialogues sont à mener. Je pense que la France est la mieux placée pour le faire, parce que depuis le début elle est dans cette situation de dialogue.

Q - M. Dijesselbloem a indiqué que ça n'était pas le moment de convoquer un sommet des chefs d'État dans une crise comme ça...

R - Les chefs d'État décideront, je n'ai pas à décider à leur place. Il me semble important de voir la campagne électorale sur ce référendum se dérouler et de connaître le résultat du vote du peuple grec lui-même. C'est aussi un élément important dans l'ensemble du paysage politique.

Q - Cela ne vous épate pas un référendum organisé en 6 jours ?

R - Je n'ai pas de commentaire à faire sur la capacité de mobilisation de l'administration grecque.

Q - Vous dites que la France est disponible. La France est-elle seule Ă  ĂŞtre disponible ou y a-t-il d'autres pays ?

R - La France n'est jamais seule.

Q - Vous avez parlé de surprise. La France a été avertie quand pour le référendum ?

R - Hier soir. Je crois que cela n'est un secret pour personne, cela a été dit du côté grec. M. Tsipras a eu là aussi l'élégance, compte tenu du rôle qu'avaient joué la chancelière et le président dans le dialogue avec les institutions, la délicatesse de les prévenir, juste avant qu'il ne l'annonce à la télévision.

Q - Il n'a pas eu la délicatesse de vous en parler le matin ?

R - Non, je ne suis même pas sûr qu'il l'avait décidé le matin.

Q - Est-ce que vous auriez négocié comme l'a fait le ministre néerlandais des finances ?

R - M. Dijsselbloem a été exceptionnel de bout en bout dans cette affaire. Je le dis comme je le pense. Étant membre par ailleurs d'un gouvernement dont le Premier ministre est particulièrement dur, j'ai trouvé qu'il donnait beaucoup de lui-même pour être dans le dialogue, maintenir le dialogue, faire en sorte de trouver des solutions. Je crois qu'il est le premier très déçu d'une forme de brutalité avec laquelle la Grèce a hier rompu les négociations en annonçant ce référendum.

Q - Concrètement, que va-t-il se passer avant le référendum ?

R - Si vous connaissez l'avenir, déjà qu'on a du mal à connaître son passé, vous m'en donnez les éléments. Nous nous construisons et je vois qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'inquiétudes et de questions en Grèce, dans nos propres pays, dans la zone euro. Nous sommes disponibles pour faire en sorte qu'à ces questions il y ait quelques réponses.

Q - Si la réponse au référendum est non, est ce que cela va être pris par les créditeurs comme un non à la zone euro et à l'Europe ?

R - C'est au peuple grec qu'il faut savoir ce que cela veut dire, pas pour nous. Quel sens cela aura pour le peuple grec, c'est lui qui le dira. Il y a une chose qui est certaine, c'est que le gouvernement grec ne pourra pas revenir avec un «non» en nous disant «donc maintenant on reprend les négociations». Cela n'existe pas. Sinon on ferait tous cela avec notre Parlement. Commencer par votez non, ensuite rediscuter et obtenir plus. Non, ça ne marche pas comme cela.

Après c'est au peuple grec, au débat démocratique grec de savoir quels sont les enjeux. Je ne veux pas le dire à la place des Grecs. Ce serait outrecuidant et peu respectueux d'une démocratie qui est certes née en Grèce il y a très longtemps mais qui doit continuer à vivre en Grèce.

Q - Vous aviez eu une ouverture sur la dette, mais elle n'a jamais été mise sur la table ?

R - Si, elle a été mise sur la place et prise en considération d'ailleurs par M. Varoufakis, qui l'a citée d'ailleurs, y compris dans ses tous derniers propos.

Q - Il n'y a pas deux poids deux mesures quand même : les Britanniques font pareil et mettent un référendum sur la table et disent «on va voter non, mais maintenant on négocie» ?

R - Si les Britanniques avaient l'euro comme monnaie, je crois que cela se saurait.

Merci Ă  tous./.

Retour sommaire


10. Union europĂ©enne - M. Jacques Delors - DĂ©claration de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (Paris, 27/06/2015)

Le Conseil européen a distingué Jacques Delors en le nommant aujourd'hui «citoyen d'honneur de l'Europe».

Je me réjouis tout particulièrement de cette décision exceptionnelle, par laquelle les chefs d'État et de gouvernement et le président de la Commission ont voulu saluer la contribution éminente de Jacques Delors à la construction européenne et le rôle historique qui a été le sien à des moments décisifs de l'histoire européenne, comme la réalisation du marché unique, la mise en oeuvre du traité de Maastricht, le lancement de l'Union économique et monétaire, la réunification de l'Allemagne.

Président de la Commission européenne durant dix années, il a su à la fois inspirer une profonde relance de la construction européenne et de ses réalisations économiques, et veiller à leur indispensable équilibre, avec l'adoption de la Charte sociale européenne ou le lancement du programme Erasmus.

Épris de justice et d'équilibre, attentif aux attentes de chacun tout en restant guidé par le souci de l'intérêt général européen, négociateur hors pair par sa force de persuasion et sa maitrise des enjeux les plus complexes, Jacques Delors reste un inspirateur et un exemple face aux défis auxquels l'Europe doit aujourd'hui répondre./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


11. Union europĂ©enne - M. Jacques Delors - DĂ©claration de M. Harlem DĂ©sir, secrĂ©taire d'État chargĂ© des affaires europĂ©ennes (Paris, 26/06/2015)

Je me réjouis de l'attribution par le Conseil européen aujourd'hui du titre de «Citoyen d'honneur de l'Europe» à Jacques Delors, pour sa contribution remarquable au projet européen. Cette décision honore un grand européen et elle honore la France.

Le nom de Jacques Delors est indissociablement lié à la défense de l'idéal européen et à la relance du projet européen, à l'élargissement de l'Europe à l'Espagne, au Portugal mais aussi à l'Autriche, la Finlande et la Suède, au marché unique et à l'audace historique de la création de l'euro.

Européen visionnaire, bâtisseur d'avenir et véritable ingénieur de l'Europe, Jacques Delors a inventé et lancé de grandes politiques européennes qui touchent directement la vie de nos concitoyens, en particulier Erasmus et la politique de cohésion.

À l'heure où l'Europe traverse tant de crises et doit relever d'immenses défis, son exemple doit plus que jamais nous inspirer et nous guider. C'est le sens de la décision du Conseil européen d'honorer cet européen d'exception qui a oeuvré tout au long de sa vie pour une Europe capable de conjuguer cohésion et croissance, élargissement et approfondissement, compétitivité et consolidation de notre modèle social./.

Retour sommaire


12. Union europĂ©enne - Questions migratoires - Conseil europĂ©en - Conclusions (Bruxelles, 26/06/2015)

1. L'Europe doit avoir, à l'égard des migrations, une approche équilibrée et d'une portée géographique globale, fondée sur la solidarité et la responsabilité. À la suite des décisions adoptées par le Conseil européen en avril dernier, des mesures concrètes ont été prises pour éviter de nouvelles pertes de vies humaines en mer, trouver de nouveaux moyens de lutter contre les passeurs et intensifier la coopération avec les pays d'origine et de transit, dans le respect du droit de chercher asile. Le lancement de l'opération EUNAVFOR MED, décidé le 22 juin par le Conseil, est une contribution importante à cet égard. Une action opérationnelle pour lutter contre les trafiquants et les passeurs conformément au droit international constitue un élément essentiel de notre approche globale.

2. Il convient de poursuivre les travaux sur tous les volets d'une approche globale et systémique, en se fondant sur l'agenda européen en matière de migration présenté par la Commission.

3. De plus vastes efforts, y compris le renforcement de la gestion des frontières extérieures de l'Union, doivent être déployés pour mieux endiguer les flux croissants de migration illégale. Aujourd'hui, le Conseil européen s'est concentré sur trois volets essentiels qu'il convient de développer en parallèle: relocalisation/réinstallation, retour/réadmission/réintégration et coopération avec les pays d'origine et de transit. Le Conseil évaluera régulièrement les progrès réalisés dans chacun de ces trois domaines et en rendra compte plus tard dans l'année.

Relocalisation/réinstallation

4. Compte tenu de la situation d'urgence dans laquelle nous nous trouvons et de l'engagement que nous avons pris de renforcer la solidarité et la responsabilité, et conformément à la décision qu'il a adoptée en avril sous tous ses aspects, y compris son point 3, le Conseil européen est convenu des mesures suivantes, qui sont liées entre elles, pour venir en aide à 60.000 personnes :

a) la relocalisation temporaire et exceptionnelle sur deux ans, depuis l'Italie et la Grèce, États membres situés en première ligne, vers d'autres États membres, de 40.000 personnes ayant manifestement besoin d'une protection internationale, mesure à laquelle tous les États membres (sans préjudice de la situation particulière du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark conformément aux protocoles 21 et 22 annexés aux traités. Le Royaume-Uni ne participera pas) participeront ;

b) l'adoption rapide par le Conseil d'une décision à cet effet; à cette fin, l'ensemble des États membres (sans préjudice de la situation particulière du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark conformément aux protocoles 21 et 22 annexés aux traités. Le Royaume-Uni ne participera pas) décideront par consensus, d'ici la fin juillet, de la répartition de ces personnes en tenant compte de la situation particulière de chaque État membre ;

c) la mise en place de dispositifs d'accueil et de premier accueil («hotspots») dans les États membres situés en première ligne, avec le soutien actif d'experts des États membres ainsi que du Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO), de Frontex et d'Europol pour assurer rapidement l'identification et l'enregistrement des migrants et le relevé de leurs empreintes digitales. Cela permettra de déterminer qui a besoin d'une protection internationale et qui n'en a pas besoin. La Commission, en étroite coopération avec les États membres d'accueil, élaborera, d'ici juillet 2015, une feuille de route sur les aspects juridiques, financiers et opérationnels de ces dispositifs ;

d) la fourniture immédiate d'une aide financière accrue aux États membres situés en première ligne, afin de contribuer à alléger les coûts de réception et de traitement des demandes de protection internationale ;

e) l'accord sur le fait que tous les États membres participeront, y compris au moyen de mécanismes multilatéraux et nationaux, à la réinstallation de 20.000 personnes déplacées ayant manifestement besoin d'une protection internationale, en tenant compte de la situation particulière de chaque État membre.

Retour/réadmission/réintégration

5. Des politiques effectives en matière de retour, de réadmission et de réintégration pour les personnes qui ne remplissent pas les conditions requises pour bénéficier d'une protection constituent un élément essentiel de la lutte contre la migration illégale, et elles contribueront à dissuader des personnes de risquer leur vie. Tous les outils seront mobilisés pour favoriser la réadmission des migrants en situation irrégulière dans les pays d'origine et de transit, sur la base des idées présentées par la Commission lors de la session du Conseil du 16 juin (Doc. 10170/15). En particulier :

a) des dialogues de haut niveau avec les principaux pays d'origine des migrants irréguliers devraient être lancés par la haute représentante dans les meilleurs délais, en étroite coopération avec les États membres. Le Conseil élaborera, avec la Commission, un paquet global afin d'appuyer les négociations avec les pays tiers concernés ;

b) la Commission veillera à ce que les engagements en matière de réadmission, notamment ceux pris au titre de l'accord de Cotonou, soient mis en oeuvre de manière effective dès que possible, et à ce que les négociations en cours portant sur des accords de réadmission soient accélérées et conclues au plus vite, tandis que de nouvelles négociations seront engagées avec d'autres pays tiers ;

c) sur la base du principe «donner plus pour recevoir plus», l'assistance et les politiques de l'UE seront utilisées pour inciter à la mise en oeuvre des accords de réadmission existants et à la conclusion de nouveaux accords de ce type. Les engagements qui figurent dans des accords commerciaux en ce qui concerne la présence temporaire de personnes pour la prestation de services devraient servir de mesures d'incitation à la conclusion d'accords de réadmission; les instruments de la politique de développement devraient accentuer le renforcement des capacités locales, y compris pour le contrôle aux frontières, l'asile, la lutte contre le trafic de migrants et la réintégration ;

d) les États membres mettront intégralement en oeuvre la directive «retour», en tirant pleinement parti de l'ensemble des mesures qu'elle prévoit afin d'assurer le retour rapide des migrants en situation irrégulière ; les décisions de retour prises par les États membres seront introduites dans le système d'information Schengen ;

e) la Commission déterminera, d'ici juillet 2015, comment Frontex apportera un soutien immédiat en matière de retour aux États situés en première ligne. La Commission a annoncé son intention de proposer de modifier le règlement Frontex afin de renforcer le rôle joué par cette agence, notamment pour qu'elle puisse entreprendre des missions de retour ;

f) afin d'accélérer le traitement des demandes d'asile, la Commission présentera, d'ici juillet 2015, les mesures à prendre afin de faire appel à l'EASO pour coordonner la mise en oeuvre des dispositions relatives au «pays d'origine sûr» figurant dans la directive sur les procédures d'asile. La Commission a fait part de son intention de renforcer les dispositions relatives au «pays d'origine sûr» dans cette directive, y compris par l'établissement éventuel d'une liste commune de l'UE recensant les pays d'origine sûrs ;

g) des moyens suffisants seront rapidement mis à disposition pour soutenir une politique effective de l'UE en matière de retour ; en outre, la Commission est invitée à présenter des propositions à cet égard dans le cadre du budget 2016 de l'UE et à mettre en place un programme européen spécifique en matière de retour.

Coopération avec les pays d'origine et de transit

6. Il est crucial de renforcer notre coopération globale avec les pays d'origine et de transit, à la fois pour endiguer l'afflux de migrants en situation irrégulière et pour s'attaquer aux causes profondes des migrations, de manière à réduire les facteurs qui incitent aux migrations illégales et à lutter contre les réseaux de trafiquants. L'aide au développement jouera un rôle important à cet égard.

7. La mise en place d'un véritable partenariat entre les pays européens et les pays africains, dans le cadre duquel ceux-ci coopèrent afin de s'attaquer aux migrations illégales de façon intégrée, est essentielle. Le sommet de La Valette visera notamment à atteindre, avec les partenaires africains, les résultats suivants :

a) aider les pays partenaires Ă  lutter contre les passeurs ;

b) renforcer la coopération en ce qui concerne une politique effective en matière de retour ;

c) mieux cibler la coopération au développement et intensifier les investissements en Afrique pour s'attaquer aux causes profondes des migrations, et offrir des perspectives économiques et sociales.

Dans la perspective du sommet de La Valette, le Conseil élaborera des propositions concernant des domaines de coopération avec les pays d'origine et de transit.

8. L'UE intensifiera par ailleurs sa coopération avec la Turquie et les pays concernés du Proche-Orient (notamment l'Irak, la Jordanie et le Liban).

9. Une conférence de haut niveau sera organisée afin de traiter les défis que pose la route des Balkans occidentaux.

(...)./.

Retour sommaire


13. Union europĂ©enne - SĂ©curitĂ© et dĂ©fense - Conseil europĂ©en - Conclusions (Bruxelles, 26/06/2015)

(...)

10. L'environnement de sécurité européen s'est profondément modifié. Aussi convient-il d'agir dans trois domaines qui sont étroitement liés :

a) dans le prolongement du «Programme européen en matière de sécurité» de la Commission et des conclusions du Conseil du 16 juin 2015, il sera donné suite aux travaux sur la stratégie de sécurité intérieure renouvelée pour l'Union européenne; la pleine mise en oeuvre des orientations relatives à la lutte contre le terrorisme définies d'un commun accord lors de la réunion de février 2015 reste une priorité ;

b) la haute représentante poursuivra le processus de réflexion stratégique en vue d'élaborer, en étroite coopération avec les États membres, une stratégie globale de l'UE concernant les questions de politique étrangère et de sécurité, qui sera soumise au Conseil européen d'ici juin 2016 ;

c) conformément aux conclusions du Conseil européen de décembre 2013 et aux conclusions du Conseil du 18 mai 2015, les travaux se poursuivront en vue de conférer à la PSDC davantage d'efficacité et de visibilité et de faire en sorte qu'elle soit plus axée sur l'obtention de résultats, de continuer à développer les capacités tant civiles que militaires et de renforcer l'industrie européenne de la défense, y compris les PME. Le Conseil européen rappelle qu'il est nécessaire que :

- les États membres consacrent à la défense un niveau de dépenses suffisant et utilisent au mieux les ressources ;

- le budget de l'UE garantisse un financement approprié de l'action préparatoire concernant la recherche liée à la PSDC, ouvrant la voie à un éventuel futur programme de recherche et technologie en matière de défense ;

- la coopération européenne en matière de défense soit davantage renforcée et systématisée afin de mettre en place les capacités essentielles, notamment en recourant aux fonds de l'UE ;

- les instruments de l'UE soient mobilisés afin de faciliter la lutte contre les menaces hybrides ;

- les partenariats, en l'occurrence avec les Nations unies, l'OTAN, l'OSCE et l'Union africaine, soient intensifiés ;

- les partenaires aient les moyens et les possibilités de prévenir et gérer des crises, y compris par des projets concrets de renforcement des capacités ayant une portée géographique souple.

Le Conseil européen continuera à examiner régulièrement les questions de politique de sécurité et de défense.

(...)./.

Retour sommaire


14. Union europĂ©enne - Emploi, croissance et compĂ©titivitĂ© - Conseil europĂ©en - Conclusions (Bruxelles, 26/06/2015)

(...)

11. Le Conseil européen a clôturé le semestre européen 2015 en approuvant de manière générale les recommandations par pays et en appelant à leur application. Il s'est félicité de l'accord intervenu sur le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) et a demandé que celui-ci soit mis en oeuvre rapidement.

12. Les technologies numériques offrent des perspectives extrêmement prometteuses pour l'innovation, la croissance et l'emploi. Afin de tirer pleinement parti de cette révolution technologique, nous devons nous attaquer au problème de la fragmentation du marché, veiller à disposer d'une réglementation pérenne, mettre en place les infrastructures de soutien, faciliter le passage des entreprises au numérique, créer des conditions propices à la croissance dans tous les secteurs et protéger nos citoyens. Le marché unique numérique devrait être utilisé comme vecteur de croissance inclusive dans toutes les régions de l'UE. Tout en soulignant l'importance que revêt chacune des dimensions de la stratégie de la Commission ainsi que la nécessité de mener une réforme ambitieuse du cadre applicable aux télécommunications, et notamment d'assurer une coordination plus effective du spectre tout en respectant les compétences nationales, le Conseil européen est convenu de ce qui suit :

a) il y a lieu d'adopter rapidement le règlement relatif au marché unique des télécommunications, y compris les dispositions sur l'itinérance, et la directive sur la sécurité des réseaux et de l'information; le paquet relatif à la protection des données doit quant à lui être adopté d'ici la fin de l'année ;

b) il faut prendre des mesures concernant les éléments fondamentaux de la communication de la Commission et notamment :

- lever les derniers obstacles à la libre circulation des biens et services vendus en ligne et s'attaquer aux discriminations injustifiées fondées sur la localisation géographique ;

- garantir la portabilité du contenu en ligne protégé par le droit d'auteur et faciliter son accessibilité transfrontière, tout en assurant un niveau élevé de protection des droits de propriété intellectuelle et en tenant compte de la diversité culturelle, et aider les industries créatives à prospérer dans un contexte numérique ;

- veiller à disposer d'instruments d'investissement efficaces et créer un climat plus favorable à l'innovation, en visant en particulier les PME et les jeunes entreprises ;

- définir et concrétiser rapidement les grandes priorités en matière de normalisation des technologies de l'information et de la communication ;

- assurer la libre circulation des données ;

- évaluer le rôle des plateformes et des intermédiaires en ligne ;

- renforcer les compétences numériques ;

- encourager l'administration en ligne.

13. Le Conseil européen a pris note du rapport sur l'Union économique et monétaire demandé par le Conseil européen en décembre 2014 et a invité le Conseil à l'examiner rapidement.

(...)./.

Retour sommaire


15. Union europĂ©enne - Royaume-Uni - Conseil europĂ©en - Conclusions (Bruxelles, 26/06/2015)

(...)

14. Le Premier ministre du Royaume-Uni a exposé ses projets concernant un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Le Conseil européen est convenu de réexaminer la question en décembre.

* * *

Le Conseil européen a exprimé sa reconnaissance à Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, pour sa contribution remarquable au développement du projet européen et a décidé de lui décerner le titre de «Citoyen d'honneur de l'Europe»../.

 

Retour sommaire


16. DĂ©règlement climatique - COP21 - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, prĂ©sident de la COP21, lors de l'ÉvĂ©nement de haut niveau sur le changement climatique organisĂ© aux Nations unies New York, 29 juin 2015 (New York, 29/06/2015)

Monsieur le Président de l'Assemblée générale des Nations unies,

Monsieur le Secrétaire général,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Ministres et Ambassadeurs,

Chers Collègues,

Il est totalement fini le temps où la réalité du changement climatique et son origine humaine pouvaient être contestées ; aujourd'hui, il est clair que nous savons.

Nous savons les effets dévastateurs pour la planète d'un réchauffement supérieur à 1,5 ou 2°C. Nous connaissons, non seulement les effets climatiques, mais également ceux sur la santé publique, sur le développement, sur la sécurité et sur la paix. Nous savons aussi les effets très positifs sur la croissance durable qu'aura une action réussie vers une économie nouvelle et moins carbonée.

Dans cette enceinte des Nations unies, la communauté internationale est confrontée depuis maintenant soixante-dix ans à des crises complexes, souvent extrêmement graves, mais géographiquement circonscrites. Nous savons qu'avec le dérèglement du climat, la menace est désormais planétaire et qu'aucune région, je dis bien aucune, n'échapperait aux conséquences de notre inaction.

Nous savons aussi, à cinq mois de la COP21, où nous en sommes. Et je résume. Côté positif, et à partir des acquis des COP précédentes et notamment celle de Lima, nous observons une volonté réelle des États en faveur d'un accord universel et ambitieux à Paris. Nous observons aussi l'engagement de pays grands émetteurs de dioxyde de carbone en ce sens ; une prise de conscience qui est nouvelle pour beaucoup d'entreprises, de collectivités locales et beaucoup de financiers qui doivent participer eux aussi à l'action avec de nombreuses réunions nationales et internationales pour avancer. Nous avons aussi - et c'est essentiel - le soutien de la communauté scientifique, l'appui de très hautes autorités spirituelles et morales, le leadership personnel d'un certain nombre de responsables éminents au premier rang desquels le Secrétaire général des Nations unies auquel je veux rendre hommage. Et nous savons enfin le large soutien de l'opinion publique, notamment des jeunes, et de la société civile et de ses organisations. Tout cela, nous le savons, est très positif et permet d'espérer que 2015 marque trois succès mondiaux conjoints : à Addis Abeba pour le financement du développement, à New York pour les objectifs du développement et à Paris pour le climat.

Mais pour autant, comme nous sommes lucides, y compris moi-même, en tant que timide futur hôte, nous savons l'extrême complexité de la tâche, nous savons le travail qui reste à accomplir en très peu de temps utile, nous savons les obstacles à surmonter et les leçons du passé à tirer, en particulier cette leçon-là : les principales décisions doivent être préparées soigneusement à l'avance, d'où, pour reprendre l'expression du Secrétaire général, la nécessité d'accélérer. Nous savons enfin que le réchauffement climatique lui-même et ses conséquences dramatiques se poursuivent, puisque l'année 2014 aura été la plus chaude jamais enregistrée, dépassée seulement peut-être par l'année 2015.

Au total, sachant comme vous tout cela, j'ai une conviction, que je souhaite vous faire partager : l'accord à Paris est indispensable et il est possible à une condition : qu'il respecte ce qu'on appelle généralement la justice.

***

La justice, c'est d'abord l'équité dans les efforts. Nous savons que nos responsabilités, passées et présentes, dans la dégradation du climat ne sont pas identiques. Nous savons que nos capacités à réduire les émissions ne le sont pas non plus. De là découle que les différences nationales devront être prises en compte dans l'accord.

Nous savons que la justice, c'est aussi la solidarité financière et j'ajouterai technologique. Un engagement a été pris par les pays développés : chaque année 100 milliards de dollars de financements publics et privés d'ici 2020 en priorité vers les pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Cet engagement doit être tenu. D'où la nécessité d'efforts supplémentaires sur le plan des financements et du partage des technologies.

Enfin, la justice, nous le savons, c'est une importance centrale accordée à «l'adaptation» aux effets du changement climatique et pas seulement à «l'atténuation». L'enjeu principal, on l'a fort bien dit pour beaucoup de pays, c'est de faire face aux conséquences, déjà en cours, du dérèglement : par exemple se protéger contre la montée des mers, organiser une meilleure gestion de l'eau dans les zones agricoles asséchées, ou généraliser les systèmes d'alerte précoce face aux catastrophes climatiques. L'accord de Paris devra y apporter des solutions concrètes, sans attendre 2020.

Donc l'équité, la solidarité financière et l'adaptation. À quoi j'ajouterai l'exigence que l'accord de Paris soit durable, c'est-à-dire qu'il puisse se prolonger au-delà de 2030 et qu'il nous conduise à revoir régulièrement nos objectifs à la hausse, car Paris doit être au moins autant un point de départ qu'un aboutissement.

À ces conditions-là, qui sont celles de la confiance et de la transparence, et puisque désormais nous savons tout cela, j'espère pouvoir dans cinq mois prononcer en votre nom ces six mots : «l'accord de Paris est adopté». Mais cela dépend maintenant de nous tous. Merci./.

Retour sommaire


17. Syrie - Attaques indiscriminĂ©es contre des civils syriens - Remarques Ă  la presse du reprĂ©sentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 26/06/2015)

(en français et en anglais)

Mesdames, Messieurs

Je dirai quelques mots, si vous en êtes d'accord, en français, Francophonie oblige, et en anglais.

D'abord en français pour nos amis francophones. À l'initiative de l'Espagne et de la France, le Conseil de sécurité était réuni ce matin en format Arria pour discuter d'une question vitale, celle des attaques indiscriminées contre les civils en Syrie.

Ce n'était pas une réunion comme les autres. Nous avons entendu les témoignages poignants et très précis à la fois, de personnalités syriennes qui ont fait le voyage jusqu'à New York et qui vivent au quotidien la réalité insupportable d'attaques sans distinction contre les civils. Après quelques mots de mon collègue et ami Roman je leur laisserai la parole et je voudrais déjà les remercier très chaleureusement : Nadim Houry, Human Rights Watch ; Bassam Alahmad, Violations Documentation Center in Syria ; Raed Saleh, Syria Civil Defense.

Pour tous ceux d'entre vous qui étaient avec nous dans la salle, je le signale au passage. Vous avez remarqué l'affluence de cette Arria, vous avez remarqué aussi la convergence des messages qui ont été passés tout au long de ces interventions. Ce sont des éléments à souligner.

Les attaques indiscriminées dont je faisais état sont hélas le fait de toutes les parties au conflit, mais l'utilisation massive de barils d'explosifs par le régime est responsable d'une grande partie des victimes civiles. Cette méthode de guerre primitive est par nature indiscriminée et inhumaine. Un an après l'adoption de la résolution 2139, le droit humanitaire international et les droits humains les plus fondamentaux sont encore bafoués tous les jours en Syrie.

Je citerai juste un élément éloquent qui résume tout : le mois de mai 2015 fut le plus meurtrier depuis le début du conflit, autrement dit le mois le plus meurtrier du conflit le plus meurtrier depuis le début du XXIème siècle.

Nous avons le devoir de tout essayer pour mettre fin à cette situation. C'était l'objet de cette Arria dont nous avons pris l'initiative avec nos amis espagnols. Et nos deux pays, avec d'autres bien sûr, vont travailler ensemble pour répondre à cette urgence, celle de la protection des populations civiles en Syrie, le faire d'une manière aussi opérationnelle que possible, et le faire en ayant toujours à l'esprit l'objectif qui est le nôtre : c'est une solution politique en Syrie qui mette un terme à la crise.

Just a few words in English and I will be brief. On the initiative of Spain and France the Security Council met today in Arria format to discuss this issue of indiscriminate attacks against civilians in Syria. It was not a usual meeting. We heard very powerful testimonies from Syrians who traveled all the way to New York and who live on a daily basis this unbearable reality of indiscriminate attacks against Syrian civilians, and I can tell you their words were very moving. Many of you were in the assistance, in the audience, it was a deeply moving but also powerful Arria meeting.

These attacks I was referring to are unfortunately led by all parties, but we know that a massive use of barrel bombs by the Syrian authorities is responsible of the majority of civilian casualties. This primitive, crude, cheap method of war is by nature indiscriminate and it is inhuman. One year after the adoption of resolution 2139, it is a fact that international humanitarian law and Human Rights law are violated every day in Syria.

Let me just quote one figure. The month of May 2015 was the deadliest month in Syria since the beginning of the conflict, the deadliest month of the deadliest conflict since the beginning of the 21st century. So it is our moral and political duty here to try everything we can to put an end to this situation. That's why Spain and France, along with their partners in the Security Council will work together to respond to this urgency, the protection of civilians in Syria, and to do it, with of course the perspective of a political solution in Syria that remains more than ever our key goal to put an end to the conflict. Without further ado, because I was already a bit long, I now give the floor to my colleague and friend, the Ambassador of Spain.

****

Q - [Question sur les suites de la réunion et l'action qui en découlera]

R - Since the question was asked in English. So there is a political message, and a strong political (inaudible) here behind this Arria meeting today. It was quite a success, the whole part of it. The political message is that we, as France of course, but also we, the international community, we will not give up. We will never give up actually on the humanitarian front for sure because the use barrel bombs killing civilians, among them many children and women, day after day, after day, is just something that is against human conventions and that is totally unacceptable if we believe in the values of the UN for its 70th anniversary we are celebrating today (inaudible).

And number two, we will not give up on the political front. We know it is difficult, for sure, but our conviction is that in supporting of course Staffan de Mistura's efforts we have to continue to fight to help pave the way for a political solution in Syria, and of course the two are related. Number one because pressure through what we want to do on the barrel bombs is in our views important to promote a political solution. And secondly, conversely, because a political solution, we all know that, is the only way to put an end to this deadly conflict and therefore to put an end to the use of these inhuman, discriminate weapons that kill civilians day after day. That is the spirit of this, and again you were witness of all this, very powerful Arria meeting. It is not the end of the story. This Arria meeting was conceived by us suddenly, by Spain also, by all those Human Rights Watch very good ranked among them to help bring this political impetus powerful message toward these two elements. We will not give up whether on the humanitarian front, nor on the political front. So yes, because that is the question you raised, yes, we want this Arria meeting to be a starting point of a process enabling us to use every option, tool, venue, at our disposal to make some progress, some real progress on these two fronts.

Sur ce, je vous remercie beaucoup./.

Retour sommaire


18. KoweĂŻt - Attentat contre une mosquĂ©e - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 26/06/2015)

La France condamne l'attentat contre la mosquée Al Iman Al Sadeq de Koweït, qui a coûté la vie à 25 personnes. Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes.

Nous assurons les autorités et le peuple koweïtiens du soutien de la France dans cette épreuve et de notre solidarité dans leur lutte contre le terrorisme./.

Retour sommaire


19. Ă‰gypte - Attentat contre le procureur gĂ©nĂ©ral - DĂ©claration du porte-parole adjoint (Paris, 29/06/2015)

La France condamne l'attaque qui a coûté la vie aujourd'hui au procureur général d'Égypte, M. Hicham Barakat, et fait plusieurs blessés.

Nous présentons nos condoléances à sa famille.

En ce moment difficile, la France assure le gouvernement et le peuple égyptiens de sa solidarité dans leur lutte contre le terrorisme./.

Retour sommaire


20. Nomination - RĂ©publique dĂ©mocratique populaire lao (Paris, 28/06/2015)

Le Journal officiel du 28 juin 2015 a publié la nomination de Mme Claudine Ledoux, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République démocratique populaire lao, en remplacement de M. Yves Carmona./.

Retour sommaire