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Déclarations officielles de politique étrangère du 27 avril 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Bulgarie/Entretien de M. Harlem DĂ©sir avec Mme Meglena Kouneva, vice-Premier ministre - Vol Germanwings/Participation de M. Harlem DĂ©sir Ă  la cĂ©rĂ©monie d'hommage aux victimes - 150ème anniversaire de l'Union internationale des tĂ©lĂ©communications/Participation de M. Matthias Fekl Ă  la commĂ©moration - YĂ©men/Nomination de M. Ould Cheikh Ahmed aux fonctions d'envoyĂ© spĂ©cial du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies - Allemagne - Burundi - AlgĂ©rie - AzerbaĂŻdjan (Paris, 27/04/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Bulgarie - Entretien de M. Harlem DĂ©sir avec Mme Meglena Kouneva, vice-Premier ministre (Paris, 27 avril 2015)

M. Harlem Désir, secrétaire d'État aux affaires européennes, s'est entretenu aujourd'hui avec Mme Meglena Kouneva, vice-Premier ministre bulgare chargée de la coordination des affaires européennes et des politiques institutionnelles.

Ils ont travaillé au renforcement de nos relations bilatérales, dans le prolongement de la visite le 14 avril de M. Boïko Borissov, Premier ministre bulgare, et du forum d'affaires bilatéral organisé par Business France.

M. Désir et Mme Kouneva ont fait le point sur les grands enjeux européens, en particulier la lutte contre le terrorisme et le renforcement de la sécurité aux frontières extérieures.

Les échanges ont également permis d'évoquer notre coopération en matière de lutte contre le dérèglement climatique, dans la perspective de la COP21 que M. Laurent Fabius présidera.

2 - Vol Germanwings - Participation de M. Harlem Désir à la cérémonie d'hommage aux victimes (Barcelone, 27 avril 2015)

M. Harlem Désir, secrétaire d'État aux affaires européennes, se rend aujourd'hui en Espagne pour participer à la cérémonie d'hommage aux victimes du vol de la compagnie Germanwings.

Cette tragédie survenue le 24 mars dans les Alpes a coûté la vie à plus de 150 personnes de nombreuses nationalités. Elle a choqué tous les Européens.

M. Harlem Désir présentera, au nom de la France, nos plus sincères condoléances à l'ensemble des familles et des proches des victimes. Il témoignera au roi Felipe VI, à la reine Letizia et au gouvernement espagnol du soutien de la France dans cette épreuve.

3 - 150ème anniversaire de l'Union internationale des télécommunications (27 avril 2015) - Participation de M. Matthias Fekl à la commémoration

M. Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, du tourisme et des français de l'étranger, et Mme Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée de l'économie numérique, participeront aujourd'hui au Quai d'Orsay à la cérémonie de célébration du 150ème anniversaire de l'Union internationale des télécommunications.

L'Union internationale des télécommunications est l'unique instance de normalisation pour les nouvelles technologies (radiocommunications, satellites), au sein de laquelle les secteurs public et privé discutent, négocient et collaborent sur le développement de ces dernières dans le monde. Cette enceinte constitue un outil majeur pour le développement des télécommunications, de la cyber sécurité ou encore pour l'accès du plus grand nombre à ces technologies.

Membre fondateur de l'Union internationale des télécommunications, la France est très impliquée dans ses travaux et veille, avec l'ensemble des pays membres, à ce que la communauté internationale réponde toujours mieux aux enjeux stratégiques du développement des télécommunications.

4 - Yémen - Nomination de M. Ould Cheikh Ahmed aux fonctions d'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies (25 avril 2015)

La France félicite M. Ismaïl Ould Cheikh Ahmed pour sa nomination en tant qu'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Yémen.

Nous soutenons l'action des Nations unies en faveur d'un règlement politique inclusif de la crise au Yémen.

La France rappelle l'importance de la mise en oeuvre rapide et complète de la résolution 2216 adoptée par le conseil de sécurité le 14 avril. Nous appelons toutes les parties yéménites au retour à un processus de réconciliation nationale, seule voie pour parvenir à une solution politique.

5 - Allemagne

Q - Plusieurs médias évoquent un espionnage de responsables politiques français par les services allemands pour le compte des Américains. Quelles démarches avez-vous entrepris auprès de Berlin pour faire cesser cette surveillance ?

R - Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires allemands, qui ont indiqué publiquement procéder à une clarification interne sur les éléments rapportés par la presse.

6 - Burundi

Q - Burundi: après deux morts ce week-end lors d'une manifestation contre la candidature du président à un 3ème mandat, Washington a menacé les autorités de sanctions si le processus électoral n'était pas régulier. La France est restée de son côté silencieuse. Un commentaire ?

R - La France prend note de la désignation du président Pierre Nkurunziza comme candidat de la formation politique au pouvoir à un troisième mandat.

Elle déplore les affrontements survenus hier et exprime ses condoléances aux familles des victimes. Toute la lumière devra être faite sur ces violences.

La France rappelle l'impérieuse nécessité d'élections transparentes et pacifiques dans le respect de la constitution. Il est essentiel de sauvegarder, dans un esprit de réconciliation, les progrès accomplis par le pays depuis dix ans.

7 - Algérie

Q - Confirmez-vous que des diplomates français ont accompagné dimanche des membres de la famille d'Hervé Gourdel sur les lieux de son assassinat en Algérie ?

R - Par respect pour la mémoire de notre compatriote, nous ne communiquons pas sur ce type d'information.

8 - AzerbaĂŻdjan

Q - Le président Hollande s'est rendu ce week-end en Azerbaïdjan pour une rencontre avec M. Ilham Aliev. S'agissait-il uniquement d'une rencontre entre chefs d'État ou des représentants du Quai d'Orsay ont-ils également participé à la visite ? Plus globalement, quels sont les efforts de la France en faveur d'un règlement de la situation dans le Haut-Karabakh ?

R - Il s'agissait d'une rencontre entre le président de la République et son homologue azerbaïdjanais.

La France est pleinement engagée au sein du groupe de Minsk, qu'elle co-préside avec les États-Unis et la Russie, pour trouver une solution négociée et durable au conflit du Haut-Karabakh, qui n'a que trop duré. Le statu quo n'est dans l'intérêt de personne : ni de l'Arménie, ni de l'Azerbaïdjan.

C'est la raison pour laquelle le président de la République a souhaité reprendre l'initiative diplomatique en organisant à Paris, le 27 octobre 2014, un sommet en présence des présidents arméniens et azerbaïdjanais. Cette rencontre a permis de trouver un accord sur une première mesure de confiance à caractère humanitaire, sous la forme d'un échange de données sur les disparus au cours du conflit, qui a commencé à être mise en oeuvre. Cette rencontre avait également permis de relancer la dynamique des négociations dans le cadre du groupe de Minsk, sur la base des principes dits de Madrid : non-recours à la force, respect de l'intégrité territoriale des États et droit à l'autodétermination des peuples. La montée des tensions à laquelle nous avons assisté au cours des derniers mois confirme l'absolue nécessité de les faire respecter./.

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2. NĂ©pal - SĂ©isme - Ressortissants français - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 27/04/2015)

Le président de la République déplore le décès d'au moins deux ressortissants français dans le séisme survenu hier au Népal. Il présente ses condoléances à leurs proches. Plusieurs centaines de Français n'ont pas encore été localisés. Tout est mis en oeuvre pour les retrouver au plus vite.

Le président de la République a demandé au ministre des affaires étrangères d'affecter des moyens supplémentaires à ceux déjà mobilisés pour porter secours à nos compatriotes. Un avion gros porteur partira d'ici demain au Népal pour y apporter une aide de première urgence à la population. Il pourra rapatrier nos ressortissants qui en ont le besoin le plus urgent.

Le président de la République fera le point sur la situation et les mesures supplémentaires à prendre à 13H00 avec le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. NĂ©pal - SĂ©isme - Ressortissants français - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  l'issue de son entretien avec le prĂ©sident de la RĂ©publique (Paris, 27/04/2015)

Je suis venu faire le point auprès du président de la République sur la situation au Népal et, en particulier, sur la situation de nos compatriotes. Au Népal, vous connaissez le désastre. L'ampleur du séisme a été telle que le Népal est en ruines et le nombre de victimes ne cesse de s'alourdir.

En ce qui concerne les Français nous déplorons, malheureusement, la mort de deux de nos compatriotes. Nous avons déjà identifié près de 1.500 Français que nous avons pu recenser et qui sont sains et saufs. Il nous reste à localiser précisément 676 de nos compatriotes et nous le faisons par les méthodes que nous utilisons habituellement.

Nous avons déjà envoyé sur place une dizaine de précurseurs et ce soir il y a un avion qui part et qui sera sur zone demain avec une trentaine de spécialistes. Dès mercredi quarante tonnes d'aide humanitaire seront à Katmandou.

Les circonstances sont très difficiles car le temps est mauvais et les pistes de l'aéroport ne sont pas bonnes ce qui rend les choses très compliquées et les secours très délicats à organiser.

Une partie de notre personnel qui était à new Delhi est venue renforcer notre équipe à Katmandou. Nous travaillons très bien, et je veux les saluer, avec les ONG et il y a aussi une coordination européenne.

Je tiendrai l'opinion publique au courant au fur et à mesure des informations que nous recevons. Le président de la République m'a demandé d'assurer, à nouveau, le peuple et le gouvernement népalais de tout notre soutien que nous concrétisons dès maintenant.

Q - Peut-on craindre d'autres victimes ?

R - Malheureusement, oui parce que la secousse a été extrêmement forte et qu'il y a aussi de nombreuses répliques. En liaison avec les tours opérateurs nous faisons le recensement de toutes nos compatriotes présents au Népal et c'est une époque où il y a beaucoup de touristes au Népal. Je redis que tous ceux qui le souhaitent peuvent se signaler auprès du centre de crise et de soutien du Quai d'Orsay et qui a déjà reçu plus de 10 000 appels.

Q - Êtes-vous en contact avec les familles de Français sur place ?

R - Oui./.

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4. NĂ©pal - SĂ©isme - Ressortissants français - Point de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 27/04/2015)

J'ai fait le point ce matin sur le bilan du terrible tremblement de terre qui a ravagé, samedi, le Népal qui est en ruines. Malheureusement, le bilan humain ne cesse de s'alourdir. Il fait état de plus de 3.000 morts, de très nombreux blessés dont la moitié dans la vallée de Katmandou. Et nous considérons qu'il sera, vraisemblablement, encore plus lourd.

L'autorité népalaise de gestion des catastrophes, qui travaille dans des conditions extrêmement difficiles, est encore coupée de nombreuses régions du pays, ce qui explique qu'il faut être prudent sur le bilan. Plusieurs fortes répliques ont été enregistrées depuis samedi et les conditions climatiques sont mauvaises avec des pluies soutenues à Katmandou. Une nouvelle positive : l'aéroport de Katmandou est de nouveau opérationnel et l'aide internationale à commencer à arriver.

Ce matin, en liaison avec nos équipes sur place, j'ai fait le point sur la situation de nos compatriotes et sur la mobilisation de l'aide française. Nous avons pu localiser 1.400 français sains et saufs. Et, notamment, nous venons de retrouver un groupe de 8 trekkeurs, à propos duquel nous avions de vives inquiétudes.

Malheureusement, nous devons déplorer le décès de deux de nos compatriotes qui étaient en vacances et qui ont été tués à Katmandou par un éboulement.

Une dizaine de français sont blessés et nous sommes encore sans nouvelles de 676 de nos compatriotes en raison, notamment, des difficultés de communication, dans le pays. Nous cherchons activement à les localiser en liaison avec les tours opérateurs car beaucoup d'entre eux étaient en vacances.

Depuis 48 heures, la cellule de crise et de soutien du ministère des affaires et du développement international a traité plus de 10 000 appels et je rappelle son numéro : 01 43 17 56 46.

Dès hier, j'ai fait en sorte que notre ambassade à Katmandou, dont les installations ont été endommagées par le séisme, reçoive le renfort d'une équipe de gestion qui est venue de New Delhi. L'école française de Katmandou a été ouverte pour accueillir nos compatriotes sans abri. Dix personnels précurseurs de la sécurité civile et de l'Établissement de Préparation et de Réponses aux urgences sanitaires sont arrivés sur place ce matin depuis Paris. Un avion gros porteur est en cours d'affrètement pour transporter, d'ici demain matin mardi, une trentaine de secouristes en plus. À la demande des autorités locales et du coordinateur des Nations unies, cette équipe spécialisée va se concentrer en priorité sur la question de l'eau potable. L'appareil acheminera également plusieurs dizaines de personnels des ONG et il rapatriera de Katmandou ceux de nos compatriotes se trouvant dans la situation la plus précaire notamment des familles avec de jeunes enfants et les blessés.

Nous avons veillé à ce que quarante tonnes d'aide humanitaire, notamment des générateurs électriques, des tentes, des médicaments, du matériel chirurgical et des suppléments nutritionnels, soient envoyés d'ici mercredi soir par un vol spécial qui va emporter également du fret des ONG. Je veux saluer, particulièrement, l'engagement des services de l'État et de nos ONG. Médecins du Monde, Handicap International et Action contre la Faim participent aux opérations de secours et Médecins Sans Frontières compte déployer un hôpital gonflable pour prendre en charge les blessés à l'extérieur de Katmandou. Je veux souligner aussi l'action de Pompiers Humanitaires de l'Urgence, Électriciens Sans Frontières, le Secours Islamique de France et SOS Altitude qui collaborent à ces opérations de secours.

Dans ce Népal qui est en ruines, la solidarité de la France avec le gouvernement et le peuple du Népal est absolument totale et nous faisons le maximum pour localiser nos compatriotes frappés par ce désastre et pour aider à leur rapatriement. Je ferais, à nouveau, un point demain matin à la même heure.

Q - Avez-vous plus de nouvelles sur les deux victimes françaises ?

R - Malheureusement elles étaient là-bas en vacances et elles ont été tuées. C'était un couple dont l'un des membres travaillait au cabinet de Mme Fleur Pellerin.

Q - Sur la situation des personnes blessées, êtes-vous inquiet sur leur pronostic vital ?

R - Je ne peux pas me prononcer et ce que nous cherchons en priorité c'est de localiser les 676 français. Cela ne veut pas dire qu'ils se trouvent tous en danger. Mais dans le désordre total et évident qui règne dans ce pays en ruines, la priorité c'est de porter secours et de recenser nos compatriotes. Un très gros travail a été déjà été fait et je remercie vivement celles et ceux qui l'ont fait mais il reste encore beaucoup de travail à faire./.

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5. NĂ©pal - SĂ©isme - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 26/04/2015)

24 heures après le terrible tremblement de terre qui a frappé la vallée de Katmandou, le bilan des victimes et des destructions ne cesse malheureusement de s'alourdir.

Voici le point précis que je peux faire à 10h15 :

De nombreux Français, touristes et résidents, se trouvaient dans la zone au moment du séisme. Le centre de crise du Quai d'Orsay a traité depuis hier plus de 7 000 appels, contribuant à localiser sains et saufs 500 de nos compatriotes.

Les points de regroupement de l'ambassade de France sur place ont été ouverts et une équipe de renfort envoyée de New Delhi.

Nous continuons à rechercher activement les compatriotes dont nous sommes actuellement sans nouvelle. Je rappelle le numéro d'urgence de notre cellule de crise : 0143175646.

Une première mission de 11 secouristes ainsi que des produits de première nécessité décollent pour Katmandou aujourd'hui. D'autres moyens seront rapidement acheminés en fonction des besoins et des demandes des autorités et des ONG.
Tout est mis en oeuvre pour aider le gouvernement et le peuple népalais, auxquels je redis combien nous sommes à leurs côtés.

Je publierai Ă  nouveau un point de situation demain matin./.

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6. NĂ©pal - SĂ©isme - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 25/04/2015)

Le président de la République exprime la solidarité de la France aux autorités et au peuple népalais après le violent séisme qui a touché aujourd'hui la région de Katmandou, tuant plusieurs centaines de personnes et faisant de très importants dégâts.

La France est prête à répondre aux demandes de secours et d'assistance que les autorités du Népal pourront lui adresser.

Le ministère des affaires étrangères a activé le centre de crise pour répondre aux demandes concernant les français se trouvant dans la zone du séisme./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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7. NĂ©pal - SĂ©isme - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 25/04/2015)

Le ministère des affaires étrangères et du développement international suit avec la plus grande attention la situation au Népal après le tremblement de terre qui vient de s'y produire. Le bilan n'est pas encore définitif, mais il est déjà très lourd.

La France exprime sa solidarité avec le peuple et le gouvernement népalais. Notre ambassade à Katmandou est mobilisée pour venir en aide aux Français résidant ou voyageant au Népal, avec l'appui de notre ambassade à New Delhi.

Une cellule de crise a été mise en place au Quai d'Orsay./.

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8. Lutte contre le terrorisme - Australie - Partenariat stratĂ©gique - DĂ©claration conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, et de M. Tony Abbott, Premier Ministre australien (Paris, 27/04/2015)

Nous sommes convenus d'approfondir les aspects liés à la sécurité dans nos relations bilatérales, notamment en ce qui concerne notre coopération dans la lutte contre le terrorisme et nos efforts communs pour faire face à la menace que représentent les combattants terroristes étrangers.

Nous reconnaissons les défis pour la sécurité nationale que nos deux pays doivent relever, comme l'ont montré les attentats terroristes de Sydney en décembre 2014 et de Paris en janvier 2015.

Nous reconnaissons que l'EIIL (Daech) constitue une menace importante pour la sécurité mondiale et pour nos deux pays. Nous réaffirmons notre volonté de travailler avec nos partenaires au sein de la coalition internationale pour contrer, réduire et enfin détruire cette menace.

Nos efforts renouvelés se concentreront sur la lutte antiterroriste et la politique de sécurité nationale.

En nous appuyant sur les éléments relatifs à la coopération en matière de sécurité figurant dans notre Partenariat stratégique de 2012, nous avons décidé :

- de renforcer notre dialogue de haut niveau sur la sécurité internationale et le terrorisme ;

- d'intensifier nos échanges sur la politique de sécurité nationale, en particulier la réponse au terrorisme, la lutte contre l'extrémisme violent et la radicalisation en ligne ;

- d'élargir notre dialogue sur les problèmes que pose le phénomène des combattants étrangers ;

- d'approfondir encore notre coopération en matière de renseignement ; et

- de mettre en place un programme d'échanges sur la gestion de la lutte antiterroriste, et notamment la réponse tactique./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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9. Lutte contre le terrorisme - Point de presse conjoint de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, avec son homologue ukrainien - Propos de M. Hollande (Paris, 22/04/2015)

(...)

Q - Messieurs les Présidents, bonjour. Une question pour vous, Monsieur le Président. Le ministre de l'intérieur a annoncé ce matin qu'un attentat imminent avait été évité. L'individu était connu des services de renseignement. Était-il toujours suivi ? Et sinon, pourquoi est-il resté sans surveillance dans la nature ? Y a-t-il une faille des services de renseignement, de la police ou de la justice ?

R - Je vais dire devant nos amis ukrainiens, qui ne sont pas forcément informés au moment où je m'exprime - ce qui s'est produit en France. J'évoquerai aussi - c'est le sujet soulevé par les journalistes - le sort d'un de nos compatriotes qui est en Indonésie et qui risque de se voir non pas condamné à mort, il l'est déjà, mais exécuté.

Je reviens sur ce qui s'est produit. Un acte terroriste a été déjoué. Ce n'est pas le premier, il y en a eu d'autres ces dernières semaines et ces derniers mois. Celui-là avait commencé à être perpétré selon les informations dont nous disposons et il pouvait avoir d'autres conséquences puisqu'il apparaît qu'une cible était une église, avec sans doute des conséquences humaines qui auraient été encore plus graves. Mais elles le sont déjà puisqu'une jeune femme, selon toute vraisemblance, a été tuée par celui qui a été arrêté. Mais c'est à la justice de faire son travail.

De la même manière, il sera établi ce qui a été fait pour l'arrêter. Je veux saisir là encore cette occasion pour saluer les forces de police parce qu'elles n'ont pas simplement arrêté un individu qui se présentait à elles et qui laissait penser qu'il avait été victime d'une attaque. Les forces de police ont compris qu'il y avait un recoupement à établir et une enquête très rapide à engager si l'on voulait éviter le pire.

Alors, quelles conséquences j'en tire ? Première conséquence, nous sommes toujours sous la menace terroriste. Quand je dis nous, ce n'est pas simplement la France, de nombreux pays. Et nous devons donc continuer à être vigilants. Et c'est la raison pour laquelle j'avais maintenu le plan Vigipirate à son niveau le plus élevé depuis le début des attentats du mois de janvier. Cela mobilise de nombreuses forces : policiers, gendarmes, militaires. Et nous continuerons à mettre ce dispositif en place et, j'allais dire même, en mouvement, autant qu'il sera nécessaire.

Deuxième conséquence, c'est que nous devons toujours améliorer notre capacité de renseignement dans l'état du droit d'aujourd'hui et dans l'état du droit de demain, dans le respect des libertés. Et c'est la raison pour laquelle un texte est en discussion. Et je souhaite que ce texte puisse être adopté et avec toutes les garanties, puisque j'ai moi-même saisi le Conseil constitutionnel pour qu'il n'y ait aucun doute sur la constitutionnalité de ce texte sur des points précis.

Enfin il convient d'avoir une coopération exemplaire avec tous les services - services européens, services des pays également qui sont victimes ou qui peuvent l'être du terrorisme - de manière à ce que nous puissions suivre le parcours d'un certain nombre d'individus et enfin que nous puissions avoir une très grande vigilance sur ce qui se passe sur notre territoire et nous l'avons.

Dernier point - et c'est sans doute le plus important sur le plan de la cohésion nationale -, être unis, être rassemblés, avoir confiance dans la République, penser que ceux qui sont en capacité d'agir, en capacité d'intervenir le font à bon escient. Être unis aussi pour conjuguer tous nos efforts, pour ne pas céder au terrorisme, à ce qu'il veut, à ce qu'il recherche, c'est-à-dire la suspicion, la haine, la division qui altérerait les valeurs que nous portons, ces valeurs qui, aujourd'hui, sont portées bien au-delà de la France. Il se trouve que je suis avec le Président ukrainien. C'est au nom de la liberté que l'Ukraine cherche les moyens d'assurer son avenir et c'est pour la liberté que la France s'est toujours battue, encore aujourd'hui.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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10. Australie - Relations bilatĂ©rales - Entretien avec M. Tony Abbott, Premier ministre - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 27/04/2015)

Le président de la République a reçu ce matin le Premier ministre australien, M. Tony Abbott, pour un entretien qui a permis de constater leur grande convergence de vues sur les dossiers d'actualité internationale et leur détermination commune à approfondir la coopération bilatérale dans tous les domaines.

Le chef de l'État et M. Abbott ont notamment exprimé leur engagement commun pour la paix et la sécurité internationale et sont convenus de renforcer la concertation franco-australienne établie dans le cadre des opérations contre Daech et pour lutter contre le terrorisme. Ils sont également convenus de coordonner leurs efforts afin de favoriser le consensus international nécessaire à la conclusion d'un accord sur le climat lors de la conférence de Paris en décembre 2015.

Ils ont enfin rappelé que la France et l'Australie partagent un même attachement des droits de l'Homme et condamnent le recours à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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11. Lettonie - Union europĂ©enne - Entretien de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, avec Mme Laimdota Straujuman, Première ministre de Lettonie - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 27/04/2015)

Le président de la République a reçu Mme Laimdota Straujuma, Première ministre de Lettonie qui exerce la présidence tournante de l'Union européenne.

À la suite de la réunion extraordinaire du Conseil européen du 23 avril, ils ont évoqué la situation en Méditerranée. Mme Straujuma a confirmé l'engagement de la présidence de l'Union à organiser le travail en vue d'une mise en oeuvre rapide des décisions :

- le triplement des moyens de Frontex pour renforcer la surveillance de la Méditerranée et les interventions en mer, y compris le rapatriement des migrants ;

- le soutien aux pays qui se trouvent en première ligne ;

- la répartition volontaire des réfugiés dans toute l'Europe.

Le président de la République et Mme Straujuma sont revenus sur la situation économique, qui s'améliore en Europe. La Banque européenne d'investissement (BEI) a dévoilé le 22 avril les premiers projets qui bénéficieront des garanties du plan Juncker. La Première ministre lettone a confirmé l'intention d'aboutir à sa mise en oeuvre opérationnelle d'ici la fin de sa présidence de l'Union, au service des grandes priorités que sont notamment l'énergie, le numérique et les PME.

Le président de la République et Mme Straujuma ont également examiné ensemble les moyens engagés pour que le processus de Minsk se poursuive, afin de trouver une solution politique en Ukraine.

Le président de la République a confirmé sa participation au sommet du Partenariat oriental à Riga les 21 et 22 mai, qui sera l'occasion de faire le point sur la mise en oeuvre des coopérations entre l'Union européenne et les pays partenaires de l'Est./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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12. DĂ©règlement climatique - COP21 - Tribune de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, prĂ©sident de la COP21, dans les quotidiens «Le Figaro» et «l'International New York Times» (Paris, 25/04/2015)

La sécurité de l'Europe exige de stopper la dégradation du climat

En décembre, la France accueillera la 21ème conférence des Nations unies sur le climat, la COP21. L'objectif ? Conclure un accord universel qui limite, d'ici à la fin du siècle, la hausse des températures à 2 °C par rapport à la période préindustrielle. L'espoir de succès est réel, mais la tâche immense : en tant que futur président de cette COP21, mon rôle consistera à faciliter un compromis ambitieux entre 195 États - 196 parties avec l'Union européenne. Dans la négociation, les différences de situation entre des pays qui en sont à des stades de développement distincts créent des différences d'approche. Pour autant, des intérêts communs puissants nous rassemblent : c'est le cas de la sécurité, qui entretient avec le climat des rapports étroits.

Depuis toujours, le climat a été porteur de menaces sécuritaires. On insiste en général surtout sur l'aspect environnemental, mais les désordres climatiques bouleversent l'ensemble des équilibres économiques et sociaux : ils entraînent donc des risques pour la sécurité intérieure des États. En France, les historiens ont montré que les pluies diluviennes de l'année 1788 ont été, par leur impact sur les récoltes, à l'origine de la crise alimentaire qui a contribué au déclenchement de la Révolution française. Plus près de nous, en 2005, l'ouragan Katrina a provoqué un chaos qui s'est traduit par des troubles majeurs à l'ordre public, obligeant à un déploiement de l'armée sur le sol américain.

Les menaces à la sécurité résultent plus largement des risques de conflits internationaux pour la maîtrise des ressources vitales - notamment l'eau -, que les évolutions climatiques peuvent rendre plus disputée. Ce fut ou c'est le cas concernant par exemple les tensions entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie pour le Nil et ses affluents. Entre Israël et ses voisins pour le bassin du Jourdain. Ou encore entre la Turquie, la Syrie et l'Irak pour l'Euphrate.

Un autre facteur d'insécurité provient des déplacements massifs de populations. En rendant certaines zones inhabitables, les sécheresses et la montée des eaux placent des populations entières en déshérence. Celles-ci trouvent souvent refuge dans des régions déjà surpeuplées, entraînant de fortes tensions. Sans repères, elles peuvent devenir la proie de mouvements radicaux. À la fin des années 1970, c'est ce qui s'est produit au Sahel, les sécheresses extrêmes contribuant à l'exode vers la Libye de nombreux Touaregs, qui y ont pour la plupart été enrôlés dans la «Légion islamique» de Kadhafi. On en trouve encore la trace dans la déstabilisation du nord du Mali qui a conduit à l'intervention militaire de la France en janvier 2013.

La conclusion est claire : le dérèglement climatique est aussi un dérèglement sécuritaire. Que l'augmentation de la température dépasse 2 °C - ce qui sera le cas si nous n'agissons pas ou pas assez -, et les menaces pour la paix et la sécurité seront multipliées en nombre et en intensité. Une planète «climato-déréglée» deviendra alors une planète de tous les dangers. Ces risques n'ont rien d'une abstraction. En Égypte, une augmentation de 50 centimètres du niveau de la mer provoquerait le départ de 4 millions de personnes fuyant le delta du Nil, avec des conséquences sécuritaires dans toute la région. La désertification accrue de zones instables telles que le Sahel favoriserait encore davantage l'essor des réseaux criminels et des groupes armés terroristes qui y prospèrent déjà. De même, le dérèglement climatique exacerberait les menaces qui se concentrent aujourd'hui dans les régions situées du Niger au golfe Persique - qui feront partie des plus touchées. Cet «arc des crises» est en effet aussi un «arc des sécheresses».

Toutes ces raisons doivent nous convaincre d'une double nécessité. D'une part, il est impératif de limiter le réchauffement au-dessous de 2 °C. D'autre part, il faut réduire l'exposition des populations aux dommages causés par ce dérèglement - notamment en protégeant les côtes face à la montée des eaux et en organisant une meilleure gestion de l'eau dans les zones asséchées. Selon la terminologie des négociations internationales, cela s'appelle agir pour «l'adaptation», thème qui n'a pas toujours reçu l'attention qu'il mérite. L'adaptation devra occuper une place importante dans l'accord à trouver fin 2015, notamment en raison de ses incidences sur la sécurité.

Je veux insister sur un autre aspect essentiel : l'usage massif d'énergies carbonées (charbon, pétrole, gaz) constitue un accélérateur de conflits depuis que celles-ci se trouvent au coeur de nos économies. Pourquoi ? Parce que les gisements d'énergies fossiles sont très inégalement répartis. D'où des dépendances, des convoitises, des rivalités, qui représentent autant de menaces pour la sécurité internationale. Personne ne doit oublier que la mainmise sur les ressources charbonnières situées de part et d'autre du Rhin a été l'un des enjeux majeurs des conflits entre la France et l'Allemagne. C'est grâce à la communauté européenne du charbon et de l'acier et à la moindre dépendance envers le charbon que ces rivalités ont pu disparaître.

Aujourd'hui, aux portes mêmes de l'Europe, le contrôle des voies d'acheminement du gaz naturel se situe, lui aussi, au coeur de conflits qui menacent de déstabiliser notre continent - comme l'a montré la «guerre du gaz» entre la Russie et l'Ukraine en 2009. En Asie, dans l'archipel des Senkaku, l'exploitation des fonds marins riches en hydrocarbures et la sécurisation des voies d'acheminement de ces ressources sont pour beaucoup dans les tensions entre la Chine et le Japon.

J'en tire là aussi une conviction : nous avons besoin d'une «communauté mondiale de l'énergie propre» pour nous libérer de la dépendance envers les énergies fossiles et des risques de conflits qui lui sont liés. La décarbonation des économies améliore la sécurité - la sécurité énergétique et la sécurité tout court -, car elle égalise l'accès à l'énergie. Un pays qui développe chez lui la production d'énergie solaire ou éolienne ne prend rien à personne : la lumière et le vent qu'il utilise ne sont pas seulement renouvelables, ils appartiennent à tout le monde. Nous ne devons donc pas sous-estimer cet atout majeur pour la paix et la sécurité internationales.

Il résulte de tout cela qu'il est indispensable que la COP21 donne - en premier lieu aux pays en développement - les moyens concrets d'augmenter l'accès à l'énergie tout en décarbonant les économies. Le risque que l'énergie carbonée devienne une cause croissante de conflits dans les décennies à venir en serait considérablement réduit.

Aider les pays à réduire leur risque d'exposition aux dommages climatiques et démocratiser l'accès à l'énergie tout en décarbonant les économies : ces deux impératifs correspondent à nos besoins de sécurité profonds et immédiats. Autour d'eux le regroupement des intérêts mondiaux pourrait et devrait permettre de nouer un accord universel. Si nous voulons atteindre cet objectif - et c'est une question existentielle pour l'humanité -, nous aurons besoin des efforts de tous./.

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13. DĂ©règlement climatique - Burkina Faso - Discours de Mme Annick Girardin, secrĂ©taire d'État chargĂ© du dĂ©veloppement et de la Francophonie, devant la communautĂ© française (Ouagadougou, 26/04/2015)

(...)

Le climat, c'est notre grand défi, le grand défi de la France, mais aussi de tous ceux qui veulent agir pour un monde plus responsable. En décembre, la France accueillera, à Paris, la 21e conférence sur le changement climatique. Ce sera la plus grande réunion internationale jamais organisée en France. Nous attendons 40.000 participants, de tous les pays du monde. Nous voulons parvenir à un accord de Paris, universel, juste, équitable et surtout ambitieux. Notre ambition, c'est limiter le réchauffement climatique à deux degrés, et ainsi éviter des conséquences irréversibles.

Car ces effets, ce sont d'abord les plus pauvres qui en font les frais. Au Burkina, comme dans l'ensemble des pays des sahels, les enjeux sont déjà très concrets : un climat qui change, c'est de l'insécurité alimentaire en plus. Un climat qui change, c'est des problèmes d'eau plus aigus. Et la pauvreté, c'est souvent le lit des conflits, des violences dans une région, le Sahel, qui n'a aujourd'hui pas besoin qu'on lui rajouter une crise climatique, alors qu'elle se bat déjà, quotidiennement pour le développement, la paix et la sécurité.

D'après les données que j'ai pu consulter, au cours du siècle écoulé, les pluies se sont réduites de 20% à Ouagadougou. Impossible de dire que le changement climatique est la cause unique de ce phénomène, mais ce que prédisent les scientifiques, c'est que si nous ne faisons rien, cela risque d'être pire dans le siècle à venir.

Ces sujets, ils sont totalement connectés aux enjeux de développement et de lutte contre la pauvreté, dans un pays principalement agricole, où une grande partie du revenu des populations vient de l'agriculture et de l'élevage. Le changement climatique est une machine à produire de la pauvreté, si nous ne faisons rien.

C'est pour cela que notre objectif, à Paris, et plus généralement en 2015, ce doit être «zéro carbone et zéro pauvreté». Car si les pays les plus pauvres sont les plus touchés, nous ne pouvons pas leur demander d'agir si nous ne prenons pas en compte les besoins de développement. Or les solutions existent. J'ai lu avec beaucoup d'attention un article dans Libération la semaine dernière, qui décrivait dans le détail les stratégie d'adaptation des paysans du Burkina, qui construisent des murets pour retenir l'eau, protéger les culture, et augmenter les rendements. J'ai visité aussi des projets de terrain sur les foyers améliorés qui montrent que nous savons répondre en même temps au défi du développement, de la préservation des ressources - ici le bois - et de la santé des femmes, qui sont les premières victimes, avec les enfants, de l'utilisation de foyers à mauvaise combustion.

Limiter le réchauffement climatique est donc l'affaire de tous. Et c'est pour cela que je suis aujourd'hui au Burkina Faso. Et chacun doit agir, à son niveau, pour limiter ces dérèglements : chaque État va donc définir sa contribution nationale, c'est-à-dire son propre modèle pour arriver à « zéro carbone et zéro pauvreté. Je veux saluer ici l'engagement des pays africains, car au fond, ce sont eux qui ont le moins pollués, et pourtant aujourd'hui, ils prennent toute leur responsabilité, en s'engageant, bien sûr à la hauteur de leurs moyens comme les autres pays, la Chine, les États-Unis pour la préservation de la planète.

Il ne s'agit pas de freiner le développement du pays, qui enregistre ces dernières années un taux de croissance encourageant pour diminuer la pauvreté. Mais il s'agit au contraire de profiter des opportunités offertes par l'économie verte, les énergies renouvelables permettent aussi de faire reculer la pauvreté et de créer des emplois. Nous voulons que d'ici 2020, 100 milliards de dollars soient mobilisés, chaque année, pour aider les pays en développement à devenir des économies vertes, sans carbone et sans pauvreté. L'Afrique fait partie de la solution, et l'Afrique a ses solutions pour un développement durable et respectueux de l'environnement. C'est ce que je suis venu dire, c'est ce que je suis venu voir.

(...)./.

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14. IndonĂ©sie - Situation de M. Atlaoui - Point de presse conjoint de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, avec son homologue ukrainien - Propos de M. Hollande (Paris, 22/04/2015)

(...)

Q - Et un autre sujet suscite l'inquiétude en France, le sort de Serge Atlaoui en Indonésie. S'il est exécuté, quelle sera la réponse de la France ?

R - S'agissant de Serge Atlaoui, je suis intervenu il y a déjà plusieurs semaines auprès du président indonésien pour lui dire que la France participait à un grand mouvement qui est celui de l'abolition générale de la peine de mort. Nous avons également, avec le ministre des affaires étrangères, entamé toutes les démarches, pas simplement pour qu'il y ait des recours, mais pour qu'il puisse y avoir la grâce qui puisse être accordée et que la peine ne soit pas exécutée.

Encore aujourd'hui, je lance un appel pour qu'il n'y ait pas cette exécution qui serait dommageable pour l'Indonésie, dommageable pour les relations que nous voulons avoir avec elle, dommageable pour l'esprit qui doit être le nôtre. La justice doit rester à la justice mais la peine de mort ne doit plus être prononcée dans aucun pays du monde. Merci./.

(Source : Site de la présidence de la République)

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15. Ukraine - Russie - Point de presse conjoint de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, avec son homologue ukrainien - Propos de M. Hollande (Paris, 22/04/2015)

Mesdames, Messieurs,

J'ai accueilli aujourd'hui, une fois de plus, le président Petro Porochenko à Paris. Mais c'est la première fois qu'il venait dans le cadre d'une visite officielle.

Le président Porochenko était venu il y a déjà plusieurs mois lorsqu'il était candidat. Puis il était revenu à Paris récemment. C'était dans un moment particulièrement grave ; nous étions tous rassemblés ici même, chefs d'État et de gouvernement ; c'était le 11 janvier.

Mais, aujourd'hui, Petro Porochenko, président de l'Ukraine, venait avec son gouvernement, avant que le Premier ministre ukrainien ne soit à Paris dans une quinzaine de jours, pour ouvrir de nouveaux chapitres dans les relations entre la France et l'Ukraine.

Nous avons à l'évidence parlé de la situation dans l'est de l'Ukraine et notamment de l'application des accords de Minsk. Pour l'essentiel, le cessez-le-feu est respecté mais il y a encore des incidents. Pour l'essentiel, le retrait des armes lourdes est effectué mais il y a encore des armes lourdes qui restent en place. La seule ligne de conduite que nous devons rappeler, c'est celle de l'application intégrale des accords de Minsk et nous y travaillons.

Des réunions ont eu lieu cette semaine et il y en aura d'autres. Nous voulons que le calendrier fixé à Minsk ne puisse pas être entravé par d'autres considérations que celle de la recherche de la paix. Il y a aussi des mesures qui relèvent de décisions politiques et je sais que le président ukrainien veut les prendre.

Nous avons également évoqué le Sommet du Partenariat oriental de Riga. Cette réunion doit notamment fixer les relations entre l'Union européenne et l'Ukraine. Et la France veut montrer l'exemple. C'est la raison pour laquelle - le président Porochenko en a eu confirmation de la part des présidents des deux Assemblées - l'accord d'association sera ratifié dès les prochains mois, en tout cas avant l'été.

Mais je reviens à la relation bilatérale entre la France et l'Ukraine. Nous avons signé une déclaration conjointe et fixé de grandes orientations de travail. Le Premier ministre Iatseniouk reviendra le 13 mai prochain pour que nous puissions regarder leur mise en oeuvre. Je vais citer un certain nombre de domaines.

Les relations économiques d'abord. Une commission mixte se réunira d'ici la fin de l'année. Il y a de nombreux projets. Pour les financer, l'Ukraine a besoin d'un soutien international et d'un soutien européen. Le Fonds monétaire international, l'Union européenne et tous les amis de l'Ukraine se mobilisent. Il s'agit de donner corps à des projets qui vont avoir des effets pour la croissance économique de l'Ukraine. L'Ukraine a beaucoup souffert des événements qui se sont produits et est en récession. C'est d'ailleurs une des causes des troubles qui peuvent encore se prolonger. Donc nous devons tout faire pour que l'Ukraine retrouve la croissance et modernise son économie.

Nous avons également une coopération importante dans le domaine énergétique. Des opérateurs vont venir en Ukraine pour travailler à moderniser un certain nombre de réseaux.

Nous souhaitons aussi développer notre coopération agro-alimentaire. L'Ukraine est un grand pays agricole. Les ministres de l'agriculture vont travailler à l'organisation d'un forum qui pourrait se tenir en juin.

Nous voulons aussi une coopération universitaire de haut niveau. Le président de la conférence des présidents d'université, M. Salzmann, va se rendre avec ses collègues au mois de juin en Ukraine dans le cadre d'un Forum universitaire.

Nous avons également parlé du lycée français de Kiev. Nous voulons qu'il y ait une promotion de l'enseignement des langues dans le système éducatif ukrainien.

Enfin, nous avons parlé de la conférence sur le climat. Je l'ai dit moi-même, cela peut paraître loin la conférence sur le climat pour les Ukrainiens, quand ils sont dans le doute sur leur propre sécurité, quand ils s'interrogent sur l'unité de leur pays, sur leurs conditions de vie même. Et pourtant, la conférence sur le climat vise à donner des éléments de sécurité supplémentaires. Elle peut permettre qu'il y ait, à l'échelle de l'Europe, des politiques énergétiques qui renforcent l'indépendance, qui accroissent l'efficacité et qui permettent à des pays comme la France, comme l'Ukraine, d'avoir les moyens d'assurer leur développement.

Je veux terminer sur une remarque personnelle. Je voudrais dire à Petro Porochenko combien il a joué un rôle essentiel dans le processus de recherche d'une solution au cours des derniers mois. Nous nous sommes connus dans de nombreuses réunions nocturnes, diurnes, longues, plus courtes, téléphoniques très souvent. J'ai apprécié à la fois la volonté de Petro Porochenko - tenir bon par rapport à ses objectifs - et, en même temps, sa capacité à chercher un accord, à chercher des compromis nécessaires pour son pays.

Et je voulais saisir l'occasion de sa visite, la première visite officielle, pour lui dire officieusement que j'ai beaucoup apprécié son travail.

Merci.

Q - Nous savons que, vendredi, vous allez rencontrer le président Poutine à Erevan. Vous avez dit que vous avez évoqué la question de la livraison de Mistral. Comment allez-vous pouvoir trancher cette question ? Parce que nous comprenons que, dans ces moments difficiles pour l'Ukraine, la France ne peut pas livrer les armes à la Russie. Comment allez-vous vous en sortir ? Et aussi, est-ce que la question d'une mission de police ou d'une mission de force de la paix a été évoquée ? Est-ce que ces mécanismes ont été évoqués ? Merci beaucoup.

R - D'abord, pour les missions de force de la paix, le président Porochenko en avait fait la proposition dès Minsk et j'avais fait savoir que la France, si le Conseil de sécurité en décidait, jouerait son rôle. Mais faut-il encore que le Conseil de sécurité en décide. Nous n'en sommes pas là.

Aujourd'hui, ce qui est demandé, c'est qu'il y ait davantage de présence de l'OSCE, d'observateurs pour que l'accord de Minsk puisse être appliqué et que son respect puisse être vérifié. Mais si l'idée faisait son chemin, nous sommes, la France, si je puis dire, hélas, habitués à participer à des opérations de cette nature. Mais, pour l'instant, nous n'en sommes pas là.

Sur la rencontre que j'aurai avec le président Poutine, c'est à l'occasion du centenaire du génocide arménien. Nous parlerons de nos relations bilatérales, nous parlerons aussi de Minsk et de son application. Sur le Mistral, nous évoquerons toutes les hypothèses. Et pour l'instant - je l'ai dit -, la livraison de Mistral n'est pas, dans le contexte que nous connaissons, possible.

Q - Messieurs les Présidents. Pour prolonger la question de ma consoeur ukrainienne, le président Poutine a très clairement laissé entendre, très clairement dit même il y a quelques jours, qu'il voulait être remboursé si la France ne livrait pas les Mistral. Et on a le sentiment aujourd'hui que la France ne livrera pas les Mistral. Alors, dans ces conditions, Monsieur le Président, êtes-vous prêt à rembourser la Russie si effectivement vous ne livrez pas ces navires ?

R - Le président Porochenko a été clair, il n'y a pas de livraison parce qu'il n'y a pas de demande et parce que ce n'est pas l'intention de la France de livrer des armes létales. Pour ceux qui ne connaissent pas le sens des mots, létal, c'est ce qui donne la mort. Aujourd'hui, nous avons plutôt une mobilisation pour assurer la paix et pour éviter que des vies puissent être sacrifiées.

Sur la question que vous posez, qui fait suite à la précédente, si les bateaux ne sont pas livrés, je ne vois pas comment ils peuvent être payés. C'est quand même un principe assez simple, vous voyez ? Soit vous livrez, vous êtes payé ; soit vous ne livrez pas, vous devez rembourser ce qui a été payé. En tout cas, vous ne pouvez pas demander à être payé en plus. Avec la Russie, c'est exactement le même langage. De ce point de vue-là, avec le président Poutine, nous sommes parfaitement au clair. Donc, selon les différentes hypothèses, vous aurez paiement ou remboursement.

Q - C'est plutôt une précision et non pas une question, président Hollande. Est-ce que nous avons bien compris que la France est prête, au sommet de Riga, à défendre la position d'un régime sans visa pour l'Ukraine à partir de janvier 2016 ?

Et en ce qui concerne la question de privatisation, quels sites, quels projets seraient intéressants pour la France ? Quels projets structurants ?

Et aussi, il y a une troisième question. Certains hommes politiques européens sont un peu discordants concernant l'élargissement. Par exemple, le Commissaire européen en matière d'élargissement a dit que pour les dix prochaines années, l'Union européenne n'a pas l'intention d'envisager de nouveaux élargissements, alors que vous, vous avez dit que les perspectives... Vous avez parlé, Monsieur le Président, de la perspective européenne de l'Ukraine. Comment on peut concilier ces positions ?

(...)

R - Le président Porochenko a bien résumé les choses. Il y a une démarche qui a été prévue, des rapports qui doivent être remis. Et c'est sur la base de ces rapports, de la vérification, que des décisions pourront être prises. Chacun comprend bien les enjeux. Pour l'Ukraine, c'est de pouvoir avoir des facilités de déplacement et de pouvoir s'ouvrir. Et, en même temps, pour les Européens, c'est être sûrs, compte tenu de nombreuses incertitudes qui existent en Ukraine et à côté de l'Ukraine, qu'il n'y ait pas là pour le crime organisé, pour un certain nombre de groupes qui voudraient s'infiltrer, un risque pour notre propre sécurité. Il y a également l'enjeu migratoire. Donc, c'est sur ces questions-là que les rapports vont être les plus vigilants. Et en fonction de ce qui aura été constaté ou de ce qui aura été vérifié, les décisions seront prises ou pas.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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16. DĂ©veloppement - DĂ©règlement climatique - Lancement de «La France s'engage au sud» - Discours de Mme Annick Girardin, secrĂ©taire d'État chargĂ©e du dĂ©veloppement et de la Francophonie (Paris, 24/04/2015)

Cher Patrick,

Cher Martin,

Mesdames et Messieurs du jury,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

C'est avec une joie toute particulière que je lance, aux côtés de Patrick Kanner, «La France s'engage au Sud».

J'exprime à chacun d'entre vous ma gratitude pour votre mobilisation au service de ce grand chantier national, voulu et porté par François Hollande, et qu'il a souhaité voir se prolonger au Sud.

L'innovation sociale qui nait et se multiplie hors de nos frontières est au service d'un monde plus juste.

Un monde plus juste, c'est un monde ou la catastrophe du Rana Plaza, qui a tué plus de 1.000 travailleurs il y a deux ans jour pour jour, n'aurait plus lieu d'être.

C'est aussi pour cela que nous devons encourager l'innovation sociale par tous les moyens.

Vous le constatez tous les jours, les défis sont nombreux, partout sur la planète. Dans un monde où les économies, les sociétés ou les écosystèmes sont interdépendants, les défis localisés deviennent rapidement des défis planétaires. À l'image de ces défis, notre engagement, aujourd'hui, doit être planétaire.

Cette année 2015 est marquée par de grandes échéances internationales : nous évoquons beaucoup Paris Climat en France, mais elle sera précédée de la conférence d'Addis Abeba sur le financement du développement, et de celle de New York sur l'Agenda du développement durable. Les résultats de ces trois grands rendez-vous détermineront notre capacité à réagir et à prendre en main notre avenir.

Nous n'avons pas le droit d'échouer. Nous ne pouvons plus accepter une croissance économique qui creuse les inégalités et appauvrit les territoires, détruit les ressources naturelles, dérègle le climat, et met en péril l'avenir de nos enfants et la survie de la planète. Notre responsabilité est engagée. Faisons la preuve de notre solidarité et de notre engagement planétaire.

La réponse ne peut être que collective. Il faut que nous rassemblions nos forces, que nous soyons créatifs, imaginatifs, à l'écoute des sursauts d'énergie en France, mais aussi loin d'ici, sur les territoires du sud qui fourmillent d'initiatives innovantes.

Ces initiatives, j'en croise dans chacun de mes déplacements dans les pays que nous accompagnons. Je suis frappée par le nombre d'entrepreneurs, d'agriculteurs, de chercheurs, d'ONGs, qui chaque jour innovent pour proposer des solutions concrètes à des problèmes sociétaux souvent anciens. Je suis impressionnée par leur ingéniosité. Elles offrent des solutions nouvelles, de nouvelles manières de produire, de consommer, de vivre ensemble ...

Ce peuvent être des réponses apportées à des besoins de consommation courante pour des populations à faible revenu, ou isolées - comme le logement, l'alimentation ou l'accès à l'énergie dans les villages reculés.

Je pense à un projet que j'ai pu voir au Sénégal, près de Ziguinchor, où une ONG, une multinationale, une collectivité locale, avec un peu d'aide, sont parvenues à équiper un village isolé en énergie solaire et à la distribuer aux habitants.

Je pense à un projet que j'ai visité à Madagascar, porté par une entreprise sociale, aidée par une coalition d'acteurs, qui permet de lutter contre la malnutrition grâce à la distribution de farines infantiles dans des restaurants pour bébés.

Je pense aux habitants de Xochimilco, que j'ai rencontrés au Mexique, qui s'investissent dans un projet de préservation et d'aménagement durable de la zone patrimoniale, menacée par l'urbanisation anarchique.

Ce peut être également un soutien à des circuits d'approvisionnement durable - comme la sécurisation de débouchés pour la petite agriculture familiale ; et des initiatives innovantes, promues par de grandes entreprises, qui coopèrent avec des ONG et des bailleurs, montrent la voie pour soutenir cette priorité.

Et je tiens à ce sujet à saluer l'initiative Weccee de l'association Cool'eurs du Monde, présente dans la salle et que j'ai reçue ce matin. Ce projet de réciprocité met en place, avec l'Agence du Service Civique, un échange de 20 jeunes volontaires entre l'Aquitaine et le Sénégal. Ce matin, en les rencontrant, je n'avais plus besoin de définir la solidarité internationale, elle est là, devant mes yeux.

Ces initiatives, elles ouvrent la voie Ă  des programmes ou des politiques, celles de demain, pour un monde durable.

Je suis convaincue que nous avons beaucoup à gagner à les connaitre, à les aider, à accompagner leur diffusion. Quand une expérience a fait ses preuves sur un territoire, qu'elle a démontré son efficacité, notre devoir est de permettre sa démultiplication.

Vous l'aurez compris, je crois à ces innovations sociales, à ces initiatives hybrides qui reposent sur la créativité, sur la recherche d'une utilité sociale.

Je crois aux vertus de l'échange, du débat.

Je crois à la co-construction qui rassemble autour d'une même table des visions, des conceptions, des savoir-faire multiples et souvent complémentaires, au service d'un monde plus juste.

Cette envie d'engagement concerne toutes les générations, et en particulier les plus jeunes, et vous savez l'attachement que je porte à la jeunesse.

Les jeunes sont notre avenir, notre espoir. Au sud, il nous faut être à l'écoute, aussi, de cette jeunesse dynamique et créative qui porte le changement et ne demande qu'à être accompagnée.

L'engagement concerne des particuliers, des ONGs, des collectivités locales, des entreprises de l'économie sociale et solidaire, mais aussi du secteur lucratif. L'engagement n'est pas réservé à un type d'économie, à un secteur particulier. L'engagement nous concerne tous. C'est tout le sens de la France s'engage au sud, pour laquelle nous allons consacrer 500 000 euros par an de notre APD.

- Alors je remercie très chaleureusement Patrick Kanner et son équipe pour avoir encouragé l'extension de La France s'engage aux pays du Sud ;

- je remercie Martin Hirsch d'avoir immédiatement soutenu cette initiative et de faire généreusement le lien avec La France s'engage ;

- je remercie les membres du jury pour leur enthousiasme et leur engagement à nos côtés ;

- je remercie les équipes qui vont accompagner ce concours, à la DGM et à l'AFD, ainsi que dans le réseau (Ambassades, agences locales) ;

- je vous remercie, enfin, de nous accompagner aujourd'hui et de bien vouloir relayer ces informations Ă  vos correspondants partout au sud./.

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17. DĂ©veloppement - Burkina Faso - Discours de Mme Annick Girardin, secrĂ©taire d'État chargĂ© du dĂ©veloppement et de la Francophonie, devant la communautĂ© française (Ouagadougou, 26/04/2015)

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis burkinabè,

Mes Chers Compatriotes,

Je suis heureuse d'être parmi vous ce soir, à Ouagadougou, au Burkina Faso, où je suis venu parler de climat, et de développement.

Demain, j'aurai le plaisir de m'entretenir avec le ministre de l'environnement, pour parler avec lui du climat.

(...)

Je voudrais aussi vous parler, ce soir, de l'aide au développement. La France est un bailleur important dans ce pays, à travers les projets d'aide au développement mis en oeuvre par l'Ambassade et par l'Agence française de développement. Mais il est souvent difficile, pour le citoyen français, pour le contribuable, mais aussi pour le citoyen burkinabé qui bénéficie de cette aide, d'en avoir une vision claire. La transparence de l'aide est pourtant une exigence citoyenne ; c'est aussi notre grand combat. En 2013, au Mali, nous avons mis en place un site internet pilote, qui permet à tous les internautes de voir clairement qui bénéficie de l'aide, combien ça coûte, où sont les projets, comment ils avancent. J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer qu'à partir de demain, ce site internet dédié à la transparence de l'aide sera étendu aux 16 pays prioritaires de l'aide au développement française. Le Burkina Faso fait partie de ces pays. À partir de demain, en allant sur le site www.transparence-aide.gouv.fr, vous pourrez suivre et visualiser l'avancée des projets français au Burkina Faso. Ce site sera interactif : vous pourrez poster vos commentaires, vos questions ou des compléments d'informations, et exercer un véritable «contrôle citoyen» sur notre aide au développement.

Quand je parle de transparence dans l'utilisation des fonds publics, je parle en fait de bonne gouvernance. Les Français, comme les Burkinabè, réclament une meilleure gouvernance et une administration exemplaire. Vous vivez au Burkina Faso, vous aimez ce pays et vous contribuez à son développement. Vous savez à quel point la bonne gouvernance, c'est justement ce que le peuple burkinabé, notamment la jeunesse burkinabé, a réclamé lors des journées du 30 et du 31 octobre dernier. Après la démission de Blaise Compaoré, des autorités de transition ont été désignées, avec pour mission d'organiser des élections, afin de ramener le pays sur la voie de la démocratie. La France, comme le reste de la communauté internationale, continue d'appeler à une transition apaisée, responsable, inclusive et consensuelle Elle se tient aux côtés des institutions de transition pour garantir aux Burkinabé un avenir démocratique, une meilleure gouvernance et un développement juste et équitable.

Je vous remercie./.

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18. DĂ©veloppement - SantĂ© et journĂ©e mondiale contre le paludisme - CommuniquĂ© du ministère des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 25/04/2015)

À l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le paludisme et de la clôture de la campagne nationale de distribution de moustiquaires, Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du développement et de la Francophonie, s'est rendue cet après-midi à Port-Bouët. Elle y a rencontré Mme Raymonde Goudou Coffie, ministre ivoirienne de la santé et M. Mark Dybul, directeur du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Dans un pays où le paludisme demeure la première cause de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans, cette campagne permettra d'assurer une couverture universelle en moustiquaires pour prévenir de nombreuses contaminations.

«Au-delà du drame social et humain qu'il représente, le paludisme est un véritable frein au développement. C'est un fléau qu'il nous faut combattre sans relâche et avec tous les moyens. La France est un acteur majeur de la lutte» a notamment déclaré Annick Girardin.

Avec 16% des efforts mondiaux, la France est le 2ème financeur de la lutte contre le paludisme, à travers ses contributions multilatérales et son action bilatérale. La France soutient également la recherche, en particulier à travers l'institut de recherche pour le développement et l'Institut Pasteur.

La France s'engage aux côtés du Fonds mondial pour la prévention et le traitement des pandémies mais aussi pour renforcer les systèmes de santé, axe central de cette lutte. Elle contribue également à l'accélération de la mise sur le marché de produits innovants et adaptés aux contextes des pays du sud grâce aux programmes d'UNITAID (tests diagnostiques rapides, traitement du paludisme sévère ou chimio-prévention saisonnière).

À l'échelle mondiale, la carte du paludisme se rétrécit. Les progrès ont été remarquables, notamment en Afrique, où l'on observe une baisse de la mortalité de 54% depuis les années 2000. Mais les défis restent considérables, dont celui de la résistance à certains antipaludiques ou encore de l'impact du dérèglement climatique, qui pourrait, dans certaines zones, favoriser le développement ou la résurgence de la maladie./.

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19. AttractivitĂ© - Cycle international long de l'ENA - Allocution de M. Matthias Fekl, secrĂ©taire d'État chargĂ© du commerce extĂ©rieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'Ă©tranger (Paris, 24/04/2015)

Monsieur le Vice-président du Conseil d'État,

Monsieur le Secrétaire Général du ministère des affaires étrangères et du développement international,

Madame la Directrice Générale de l'administration et de la fonction publique

Madame la Directrice de l'École Nationale d'Administration,

Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de Services,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants du corps diplomatique,

Mesdames et Messieurs les Élèves de la «promotion Winston Churchill»,

C'est pour moi un honneur et un réel plaisir de présider cette cérémonie de remise des diplômes aux élèves de la promotion Winston Churchill du cycle international long de l'ENA. Je commencerai par adresser mes sincères et chaleureuses félicitations à chacune et à chacun d'entre vous. Non seulement vous avez brillamment obtenu votre diplôme, surmonté des épreuves dont seuls les initiés connaissent les tourments raffinés qu'elles infligent mais vous avez, avec vos camarades français, choisi un des plus beaux noms pour votre promotion : Winston Churchill. Félicitations à tous ces titres.

Winston Churchill avait décrit avec précision, bien avant que cette École n'ait vu le jour, le parcours d'un énarque en définissant le succès : «Le succès, disait-il, c'est la capacité à voler d'échecs en échecs sans jamais perdre de son enthousiasme. »

On ne saurait mieux dire. N'en déduisez pas pour autant que je ne garde que de cuisants souvenirs de ma scolarité. Ce serait oublier que mon enthousiasme est intact et que je le mets aujourd'hui au service du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des français de l'étranger. Je suis très heureux et très fier de travailler au service de l'attractivité de notre pays, et de son rayonnement.

Avant d'y venir, je saisis l'occasion pour vous remercier Madame la Directrice de votre engagement pour cette École, qui attire aujourd'hui de brillants élèves partout dans le monde. Preuve en est que nous nous rassemblons aujourd'hui pour honorer une promotion de 30 élèves de 22 nationalités issus de 5 continents. Le cycle international long est un succès qui ne se dément pas et qui contribue à donner toute sa place à l'ouverture internationale dans la formation des futurs hauts fonctionnaires.

La recherche comme la formation sont aujourd'hui mondialisés, et la concurrence y est très vigoureuse : concurrence entre les universités au niveau mondial, mais aussi entre les grandes écoles. Aujourd'hui 30% des élèves de nos grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce sont étrangers. Le nombre d'étudiants étrangers accueillis en France a pratiquement doublé en 16 ans passant de 149.000 en 1998 à 295.084 en 2014.

Sur 4 millions d'étudiants en mobilité dans le monde en 2012, la France en a accueilli près de 7% (plus de 200.000), à la 3ème place après les États Unis et le Royaume-Uni et devant l'Australie et l'Allemagne. Nous faisons partie des 5 pays qui accueillent 50% de la mobilité mondiale.

Dans cette compétition, la France a des atouts à faire valoir. Mais elle doit savoir les mettre en valeur. Je me réjouis que l'ENA se soit engagée en 2014 dans une réflexion avec le ministère des affaires étrangères et du développement international (MAEDI) sur sa stratégie d'action à l'international. C'est vital.

Pour que nos grandes écoles rayonnent dans le monde, il faut qu'elles répondent concrètement à des attentes de plus en plus exigeantes en matière de formation, d'accueil, de débouchés professionnels. M. Richard Descoings a révolutionné Sciences Politiques en faisant de l'ouverture à l'international l'une des clefs de la réforme. Cette exigence demeure aujourd'hui une référence forte.

Le point de vue des élèves que nous avons la chance d'accueillir est également une ressource précieuse. Ils portent, pour reprendre une expression de Claude Lévi-Strauss, un «regard éloigné» sur l'École, à même d'en voir les forces et les faiblesses, qui n'apparaissent pas toujours aux yeux des Français. Je souhaite que les Écoles, l'ENA en particulier, profitent de ce regard qui, fort de sa distance objective, est très instructif sur ce qu'elles sont et la manière dont elles fonctionnent.

L'ouverture au monde n'est pas seulement une affaire d'attractivité ou de compétition internationale. Elle doit aussi profondément être au coeur de la formation des hauts fonctionnaires. On connait l'estime réciproque que se portaient De Gaulle et Churchill, même si des témoins aussi incontestables qu'André Malraux révèlent qu'ils étaient l'un pour l'autre source d'agacement.

Mais l'on dit moins que ces deux hommes partageaient la même vision de la formation des hommes, et notamment de ceux qui sont appelés à exercer des fonctions dirigeantes, quelle que soit la nature de ces fonctions. De Gaulle disait que la «meilleure école du commandement» était la culture générale. Comme en écho, Winston Churchill disait aux universités que leur premier devoir était d'enseigner la sagesse et le caractère et pas seulement un savoir d'experts. En une formule dont il avait le secret, il affirmait : «nous voulons beaucoup d'ingénieurs dans le monde moderne, mais nous ne voulons pas d'un monde d'ingénieurs».

Ces propos s'appliquent parfaitement à la formation des hauts fonctionnaires. Ils doivent aujourd'hui servir un État en constante évolution, qui doit s'adapter à des transformations profondes des sociétés. Je pense bien sûr aux crises systémiques, qu'elles soient économiques, géopolitiques ou financières, mais aussi au numérique qui est le nouveau fait social total à l'échelle de la société. Il s'agit aussi de servir un État qui est confronté à des attentes aussi nombreuses que diverses, tout en voyant son statut discuté, voire remis en cause. Ces profonds changements appellent une formation qui favorise l'ouverture d'esprit comme l'ouverture sur le monde.

Je suis bien placé pour constater régulièrement que la «technocratie», l'approche purement technicienne des choses, le règne de l'expertise, tendent à se substituer à la confrontation des points de vue, à l'exercice de la démocratie. Il ne s'agit pas de nier que les compétences techniques sont utiles, ce serait méconnaitre la réalité de sociétés complexes. Mais il s'agit de répondre à des dérives préoccupantes.

En octobre 1945, la création de l'ENA avait répondu au besoin de donner une culture commune aux hauts-fonctionnaires et les compétences nécessaires à l'exercice de leurs fonctions. Mais aussi et il ne faut pas l'oublier, elle a répondu au déshonneur, à la honte suscité par le comportement de hauts fonctionnaires pendant la Seconde guerre mondiale, en créant une haute fonction publique fidèle aux valeurs de la démocratie et de la République. Promotion après promotion, les noms choisis par les élèves témoignent de leur attachement à ces principes : Jean Zay, République, René Cassin, Condorcet, Marc Bloch, Louise Michel, droits de l'Homme, Léon Blum, Voltaire, Charles de Gaulle. J'ajoute, au vu de l'actualité, Robert Badinter, incarnation de la justice, de l'État de droit, et du combat universel pour l'abolition de la peine de mort.

Ces valeurs sont plus que jamais chères à notre pays. Elles doivent s'incarner dans des organisations qui favorisent la mobilité, la diversité des profils, la multiplicité des approches, le débat contradictoire, la connaissance des différentes cultures. Il faut se battre contre tout ce qui contribue à rigidifier la formation, à fabriquer une société dans laquelle les destins sont scellés très tôt, trop tôt.

La France est dans son rôle lorsqu'elle porte ses valeurs à l'étranger et accueille tous ceux qui souhaitent partager notre expérience et notre vision de l'administration. Ces dernières années, près de 3.500 auditeurs étrangers ont ainsi pu bénéficier des diverses possibilités de formation offertes par l'ENA, dont un millier d'auditeurs pour le seul cycle International Long.

La France a également inspiré, dans de nombreux pays, la création d'institutions de formation pour les futurs hauts fonctionnaires. Aujourd'hui, avec le soutien de nos ambassades, l'ENA apporte son expertise à près d'une quarantaine d'écoles d'administration publique dans le monde dont une vingtaine en Afrique. L'ENA est un partenaire important de notre politique étrangère et un acteur majeur de notre expertise et de notre politique d'influence.

En tant qu'anciens élèves, à partir d'aujourd'hui, vous faites partie d'un réseau fondé sur la confiance, la tolérance, les liens de camaraderie, le souci du service public, l'usage commun de la langue française et le partage de compétences. Ce réseau doit être aussi une manière de partager une ambition et des valeurs pour soutenir l'action de l'État et de l'administration. Grâce à cette formation d'excellence, vous saurez j'en suis certain entamer une brillante carrière et faire honneur à vos pays. Vous serez aussi, je l'espère, des ambassadeurs dans vos pays d'origine, tant l'art des diplomates est de créer un langage commun au-delà de nos différences.

Vous voilà donc investis d'une mission, qui s'ajoute à mes voeux chaleureux de bonheur et de réussite.

Je vous remercie./.

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20. Canada - Accord de coopĂ©ration - CommuniquĂ© du ministère de la justice (Paris, 25/04/2015)

À l'occasion d'une visite officielle de deux jours et demi au Canada, Mme Christiane Taubira, garde des Sceaux, ministre de la justice, a renforcé la coopération judiciaire entre la France et le Canada. Elle a notamment rencontré M. Steven Blaney, ministre fédéral de la sécurité publique et M. Stéphanie Vallée, ministre de la justice du Québec.

«Nos histoires se sont plus souvent rejointes qu'éloignées» déclarait Mme Christiane Taubira, ministre de la justice mercredi soir alors qu'elle entamait sa visite officielle au Canada. Un préambule à un discours fourni donné dans les appartements de réception du président du Sénat, M. Pierre Claude Nolin, devant notamment les membres de l'association parlementaire franco-canadienne qui fête ses 50 ans d'existence et que préside depuis 2009 la sénatrice Mme Claudette Tardif. A l'issue de la réception, la garde des Sceaux fit le tour de cet imposant bâtiment néogothique et c'est en se dirigeant vers le hall d'honneur qu'elle put entendre le récit de l'attaque terroriste du 22 octobre dernier et constater les traces des impacts de balles dans le vestibule qui mène à la bibliothèque.

Le lendemain jeudi, la garde des Sceaux enchaînait alors les réunions. Tout d'abord avec M. Jean-Daniel Lafond, président de la fondation Michaëlle Jean, du nom de son épouse, actuellement secrétaire générale de la Francophonie, afin d'évoquer la réinsertion par l'art, objectif principal de la fondation.

Signature d'un accord de coopération et création d'un groupe de travail franco-canadien

A l'issue d'un entretien anglophone avec l'agence «Canadian press», la ministre de la justice rencontrait son homologue fédéral canadien de la sécurité publique M. Steven Blanney. Après un riche échange notamment sur les publics en détention qui sont dans de son périmètre et non celui de la justice, les deux ministres ont signé un accord de coopération, objectif principal de ce déplacement, dont les premières bases avaient été jetées en mars 2014 lors de la première visite officielle de Mme Christiane Taubira. Celui-ci permettra l'échange entre la France et la Canada de méthodes et de connaissances mutuelles en matière de lutte contre la récidive, la radicalisation en prison, la prise en charge de la santé mentale et la prévention du suicide en prison, et le développement de la justice réparatrice afin de contribuer à l'amélioration des pratiques professionnelles, d'élaborer des projets conjoints aux fins de recherches et d'études et de favoriser l'élaboration d'une réflexion commune à partir de projets innovants.

L'accord prévoit également la constitution d'un groupe de travail franco-canadien chargé de définir un programme biennal de coopération sur ces thématiques ainsi que des missions d'experts entre les deux pays et l'organisation de séminaires ou colloques sur des sujets d'intérêt commun.

Une séance de travail sur le Renseignement

M. Steven Blaney et Mme Christiane Taubira ont ensuite rejoint le ministre fédéral de la justice, M. Peter McCay. Comme elle le lui avait promis à Londres, au Global Law Summit en février dernier, Mme Christiane Taubira a effectué une séance de travail sur le projet de loi sur le Renseignement avec son homologue alors que le Canada prépare un dispositif législatif similaire

Il était temps ensuite de traverser les paysages encore hivernaux qui bordent la route entre les deux provinces Ontario et Québec pour visiter le «pénitencier» de Macaza. Outre la tranquillité et le calme qui règne dans l'établissement de niveau 2 de sécurité (il en existe 3), il était frappant de constater la présence de bâtiments pour les «communautés autochtones» (la constitution canadienne reconnait trois groupes de communautés autochtones : les Indiens souvent appelés «première Nation», les Inuits et les Métis) dont un tout particulièrement décoré (peintures, totems, ornements). La ministre a pu surtout échanger avec l'équipe dirigeante de l'établissement sur la prise en charge des longues peines et de la santé mentale des détenus (qui relève du domaine pénitentiaire ici et non du ministère de la santé comme c'est le cas en France) mais également des processus de réinsertion.

Vendredi, dernière journée, débuta par un entretien avec la ministre de la justice du Québec, Mme Stéphanie Vallée, également ministre de la condition féminine. C'est pourquoi les sujets d'égalité hommes-femmes, de lutte contre les discriminations furent abordés. Mme Stéphanie Vallée accompagnait ensuite la garde des Sceaux au Palais de justice, pour une très intéressante réunion dans une juridiction spécialisée, le tribunal des droits de la personne. Réjouissante également, l'audience fictive des mineurs à la chambre de la jeunesse de la Cour du Québec : des élèves de CM1/CM2 bénéficient d'un programme sur 20 semaines, afin de mieux appréhender le sens de la loi et les situations à risque, qui se termine par un procès fictif auquel assistent les parents.

La visite officielle s'achevait par une conférence à l'université de Montréal sur l'équilibre entre protection des citoyens et préservation des libertés, puis une présentation du projet de «e-cour» du laboratoire de cyber justice. A l'issue de celle-ci, un protocole d'entente et de coopération était signé avec notre direction des services judiciaires dans le cadre du dispositif Portalis, interface numérique qu'elle développe pour le grand public au sein de la réforme judicaire, le projet J21. Les studios de Radio Canada accueillaient ensuite la garde des Sceaux pour des interventions en radio comme en télévision, notamment sur le plateau du 24-60, célèbre émission d'actualité où la ministre fut à nouveau questionnée sur l'équilibre entre la protection des libertés individuelles et celle des citoyens, interrogation récurrente et légitime ces temps derniers des démocraties inquiètes./.

(Source : site Internet du ministère de la justice)

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21. Italie - Industrie spatiale - CommuniquĂ© du ministère de la dĂ©fense (Paris, 26/04/2015)

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, se félicite du succès du lancement dimanche 26 avril 2015 du satellite franco-italien de télécommunications militaires Sicral 2 (Sistema Italiano per Comunicazioni Riservate ed Allarmi). Sicral 2 a été mis en orbite depuis Kourou par une fusée Ariane 5 à 22 h 00, heure de Paris. Jean-Yves Le Drian a déclaré : «Cette réussite consolide la coopération franco-italienne dans le domaine spatial et contribue à renforcer les capacités opérationnelles européennes. Elle est le fruit de l'excellent niveau technologique de l'industrie spatiale européenne».

Sicral 2 est cofinancé par la France et l'Italie. Le montant de la part française de cet investissement est de 120 Millions d'Euros. Dans le cadre de cette coopération, la direction générale de l'armement (DGA) est l'interlocuteur français du ministère de la défense italien qui assure la maîtrise d'ouvrage du programme. Thalès Alenia Space a développé Sicral 2 en cotraitance avec Telespazio. L'assemblage du satellite a été effectué par Thalès Alenia Space sur son site de Cannes (Alpes-Maritimes). Ce projet a mobilisé 170 emplois à forte valeur ajoutée à Cannes et à Toulouse.

Sicral 2 vient compléter les capacités nationales actuelles, constituées des deux satellites militaires Syracuse IIIA et IIIB, lancés en 2005 et 2006, ainsi que le satellite franco-italien de communications civilo-militaire Athena-Fidus lancé en 2014. Cette constellation permet de répondre, en toute autonomie, aux différents besoins des forces armées pour des télécommunications à longues distances, sécurisées et résistantes à la menace de guerre électronique. La relève de ces capacités en France sera assurée au début de la prochaine décennie par le programme Comsat NG qui sera lancé pendant l'actuelle loi de programmation militaire 2014-2019.

Sicral 2, plateforme dont la durée de vie est prévue pour 15 ans, embarque trois charges de télécommunications séparées : deux pour l'Italie et une pour la France. La charge française utilise la bande de fréquences SHF, permettant l'emploi des stations au sol fixes et des terminaux déployables du système Syracuse./.

(Source : site internet du ministère de la défense)

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22. Syrie - Conseil de sĂ©curitĂ© - DĂ©bat sur la situation des rĂ©fugiĂ©s - Intervention du reprĂ©sentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 24/04/2015)

Monsieur le Président, Cher Monsieur le Ministre,

Permettez-moi en premier lieu de remercier la Jordanie pour avoir organisé ce débat, si nécessaire.

Je remercie Ă©galement l'ensemble des intervenants, Mme Valerie Amos, M. Antonio Guterres, Mme Ertharin Cousin, ainsi que Mme Angelina Jolie, pour leurs interventions poignantes.

Le constat est sans appel. La tragédie syrienne est comme un trou noir qui broie implacablement les humains, et avec eux, toutes nos valeurs. La population civile est la première victime d'un conflit qui, chaque jour, révèle son lot d'horreurs, nourrit l'extrémisme et signe le retour de la barbarie. Les chiffres sont édifiants et ont été rappelés : 220.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, 12,2 millions ont besoin de l'aide humanitaire, la moitié de la population syrienne a dû fuir son domicile et au moins 3,9 millions de personnes sont réfugiées dans les pays voisins.

Je tiens à saluer les efforts considérables déployés par la Jordanie, le Liban, la Turquie ainsi que l'Irak et l'Égypte, notamment, pour accueillir les réfugiés syriens. Ils sont directement touchés par ce conflit et l'afflux continu de réfugiés constitue pour eux, un véritable bouleversement sur le plan social et économique et, souvent, une pression supplémentaire sur les services sociaux et les ressources naturelles.

C'est pourquoi nous avons l'obligation d'agir. La France salue le succès de la conférence de Koweït, au cours de laquelle 3,6 milliards de dollars ont pu être mobilisés par les bailleurs. Mais le plan de réponse humanitaire pour 2015 n'est couvert à ce jour qu'à 16%. Il est donc important que les sommes promises soient rapidement décaissées. Ce qui permettra de répondre aux besoins urgents des agences onusiennes, aussi bien en Syrie que dans les pays voisins.

Mais au-delà des moyens financiers que nous devons collectivement réunir, il y a la question cruciale de l'accès aux populations dans le besoin qui continue de se détériorer en Syrie. Le régime syrien en est le premier responsable. Il continue de cibler délibérément les populations civiles, de poursuivre une stratégie méthodique de siège et d'imposer des obstacles de tous ordres à la délivrance de l'aide humanitaire, en violation directe du droit international humanitaire.

A titre national, la France est pleinement mobilisée en faveur des réfugiés syriens dans les pays voisins. Depuis le début de la crise syrienne, l'aide humanitaire française s'élève à 18 millions d'euros au Liban, 18,5 millions d'euros pour la Jordanie, 3,8 millions d'euros pour la Turquie, 2 millions d'euros pour l'Irak. Cette aide s'adresse aux réfugiés syriens mais aussi aux communautés hôtes qui subissent de plein fouet l'augmentation massive de la population. Au Liban par exemple, l'appui de la France aux communautés hôtes s'élève ainsi à plus de 12 millions d'euros, notamment par l'intermédiaire du fonds fiduciaire de la Banque mondiale. Une part importante de notre aide financera également l'action du programme alimentaire mondial dans la région. Face au défi grandissant que constitue la déscolarisation de millions d'enfants syriens, la France contribuera aussi aux programmes éducatifs du Haut-commissariat pour les réfugiés au Liban et de l'UNICEF en Jordanie.

Nous continuerons, enfin, à accueillir des syriens sur notre territoire, comme nous l'avons fait depuis le début de la crise, pour répondre à l'appel du HCR.

Il est, en outre, essentiel de faire d'avantage le lien entre l'aide humanitaire et les politiques de développement. La France répond à ce défi en finançant des projets de développement visant à soutenir les communautés hôtes et à permettre aux réfugiés non seulement de survivre, mais également de vivre dans des conditions socio-économiques décentes. L'ensemble des pays et des acteurs du développement doivent se mobiliser pour répondre à cet enjeu.

Monsieur le Président,

Comme l'a indiqué le ministre français des affaires étrangères M. Laurent Fabius, lors de la réunion ministérielle du Conseil de sécurité du 27 mars, nos efforts collectifs doivent aussi permettre aux personnes exilées, et notamment les victimes de violences ethniques et religieuses, de retrouver leur foyer, dans la sécurité et la dignité.

Mais tous les efforts engagés butent et buteront sur l'absence de règlement politique du conflit. Tant que le conflit se poursuivra, et avec lui son lot d'actes barbares, nos efforts sont une goutte d'eau dans la mer. C'est pourquoi la meilleure aide que nous puissions apporter au peuple syrien, c'est de mettre un terme à ce conflit odieux.

La voie est exigeante mais connue : elle passe par une solution politique inclusive fondée sur le communiqué de Genève. Seule une transition qui préserverait l'État syrien et protègerait ses minorités, mais sans Bachar Al-Assad, est à même de mettre un terme au conflit et de réduire durablement l'extrémisme.

La France plaide de toutes ses forces et depuis plusieurs mois en faveur d'une relance du processus politique sous l'égide des Nations unies. Seule l'ONU est légitime, en effet, pour relancer un dialogue sur la base du communiqué de Genève, qui constitue la seule base agréée au niveau international pour définir les paramètres indispensables à un règlement politique durable. La France se félicite de l'initiative de Staffan de Mistura d'engager des consultations en ce sens et est prêt à lui apporter son plein soutien.

Soyons collectivement à la hauteur de nos responsabilités. Nous n'avons pas le droit de renoncer.

Je vous remercie./.

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23. Ă‰vènements sportifs internationaux - CommuniquĂ© conjoint des ministères des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, du ministère de l'Ă©conomie, de l'industrie et du numĂ©rique et du ministère de la ville, de la jeunesse et des sports (Paris, 24/04/2015)

M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, M. Thierry Braillard, secrétaire d'État chargé des sports et M. Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger, lancent le comité stratégique de la filière sport consacré aux équipements et événements sportifs.

Les entreprises françaises démontrent sur tous les segments de l'économie du sport un savoir-faire et une expertise reconnus : matériel sportif, équipements, gestion des infrastructures, organisation événementielle, billetterie, ou encore architecture, BTP, énergie, transports, gestion des flux, sécurité, économie numérique. Le marché représente près de 60 000 emplois (hors pratique sportive) et un chiffre d'affaires de 35 milliards d'euros par an.

Dans les cinq prochaines années, les multiples grands événements sportifs internationaux (GESI) accueillis en France, au premier rang desquels l'Eurobasket 2015, l'Euro 2016 et l'ensemble des rendez-vous sportifs récurrents comme Roland Garros ou le Tour de France seront une vitrine de l'excellence française en la matière. A cet égard, le marché mondial des GESI, qui représente près de 50 milliards d'euros par an, constitue une opportunité majeure de développement.

La croissance de la demande sportive mondiale, notamment dans les pays émergents, ouvre en outre des opportunités très significatives à l'export pour les entreprises françaises, tant en matière d'équipements que d'offre de services.

Afin d'accompagner cette dynamique et le projet de candidature française aux JO 2024, les ministres MM. Emmanuel Macron, Patrick Kanner, Thierry Braillard et Matthias Fekl ont décidé de mettre en place un comité stratégique de filière. Son animation a été confiée à M. Olivier Ginon, président de GL Events - leader européen de l'événementiel -, qui sera chargé, à la tête du CSF Sport, de proposer, avant la fin de l'année, un contrat stratégique de filière contenant des propositions concrètes pour développer les atouts des entreprises françaises de l'économie du sport./.

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