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Déclarations officielles de politique étrangère du 17 mars 2015


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB)/DĂ©claration conjointe de MM. Laurent Fabius et Michel Sapin avec les autoritĂ©s allemandes et italiennes - Union europĂ©enne/Participation de M. Harlem DĂ©sir au CAG - RĂ©publique centrafricaine/Lancement de l'opĂ©ration EUMAM RCA - Climat/PrĂ©sentation du webdocumentaire «79° Nord» - Colombie/Relations bilatĂ©rales/DĂ©cès de M. Nicanor Restrepo - RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (Paris, 17/03/2015)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB) - La France, l'Italie et l'Allemagne annoncent leur intention de devenir membres fondateurs de l'AIIB - Déclaration conjointe de MM. Laurent Fabius et Michel Sapin avec les autorités allemandes et italiennes (17 mars 2015)

La France, l'Italie et l'Allemagne annoncent aujourd'hui leur intention de devenir membres fondateurs de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB).

Cette nouvelle banque d'investissement, qui aura vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d'investissement et de développement existantes, pourra jouer un rôle important dans le financement des infrastructures dont l'Asie a un besoin majeur. L'AIIB participera ainsi au développement économique et social de la région et contribuera à la croissance mondiale.

La France, l'Italie et l'Allemagne, en étroite collaboration avec leurs partenaires internationaux et européens, sont désireuses de s'associer aux membres fondateurs de l'AIIB pour travailler à la création d'une institution respectueuse des meilleures pratiques en termes de gouvernance, de sécurité, de prêts et de marchés publics.

Q - Est-ce que la France a décidé de participer à la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), comme quelque presse l'a rapporté ? Et pourquoi la France a choisi de participer à cette banque ? Quels intérêts amènera cette banque à la France et à l'Europe ?

Pouvez-vous nous confirmer que la France a décidé de joindre une banque de développement chinoise (Asian Infrastructure Investment Bank) ?

R - Je vous renvoie à la déclaration conjointe que nous venons de faire avec les autorités allemandes et italiennes.

2 - Union européenne - Participation de M. Harlem Désir au conseil affaires générales (Bruxelles, 17 mars 2015)

M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des affaires européennes, se rend aujourd'hui à Bruxelles pour participer au conseil affaires générales. Deux points principaux sont inscrits à l'ordre du jour :

- la préparation du conseil européen des 19 et 20 mars. Ce dernier sera consacré à la construction d'une union de l'énergie et aux questions économiques, en particulier la croissance et l'emploi. Il permettra également aux chefs d'État ou de gouvernement de discuter de la situation en Ukraine et de préparer le sommet du partenariat oriental qui se tiendra à Riga ;

- un déjeuner de travail avec M. Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission, sur l'amélioration du processus législatif de l'Union européenne. La Commission proposera prochainement une révision de l'accord interinstitutionnel visant à mieux légiférer, objectif que la France soutient.

3 - République centrafricaine - Lancement de l'opération EUMAM RCA (16 mars 2015)

La France salue le lancement de la mission militaire européenne de conseil EUMAM RCA, approuvé le 16 mars par M. Laurent Fabius et ses homologues européens lors du conseil affaires étrangères qui s'est tenu à Bruxelles.

Elle succède à la force opérationnelle européenne en République centrafricaine (EUFOR RCA), qui a pris fin le 15 mars. EUFOR RCA a assuré pendant près d'un an la sécurisation de l'aéroport et des 3ème et 5ème arrondissements de Bangui, en étroite coopération avec la mission internationale de soutien à la Centrafrique, l'opération africaine MISCA, puis la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) et l'opération française Sangaris qui l'appuie.

L'engagement de l'Union européenne pour le renforcement de la capacité des Centrafricains à assurer la stabilité de leur territoire s'inscrit ainsi dans la durée et s'adapte à l'évolution de la situation sur le terrain.

4 - Climat - Présentation du webdocumentaire «79° Nord» (17 mars 2015)

À l'occasion de la conférence «L'Arctique, sentinelle avancée du réchauffement climatique», à laquelle M. Laurent Fabius participe ce matin avec son homologue norvégien, le ministère des affaires étrangères et du développement international présente le webdocumentaire «79° Nord».

Composé de photographies de Frédéric de La Mure dans la perspective de la conférence «Paris Climat 2015», ce programme interactif a été réalisé dans l'archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), sur la base scientifique de Ny Alesund près du 79ème parallèle nord.

Les nombreux contenus multimédias de ce webdocumentaire permettent de mieux comprendre les effets du dérèglement climatique - et notamment du réchauffement qui est deux fois plus rapide en Arctique qu'ailleurs dans le monde - ainsi que la mobilisation scientifique sur ce thème qui mobilise des chercheurs du monde entier.

Pour plus d'informations : http://webdocs.diplomatie.gouv.fr/79nord/

5 - Colombie - Relations bilatérales - Décès de M. Nicanor Restrepo, co-président du comité stratégique franco-colombien (14 mars 2015)

C'est avec tristesse que nous avons appris la disparition le 14 mars de M. Nicanor Restrepo, ancien gouverneur de la région d'Antiochia et grand ami de la France. Nous adressons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

La Colombie perd une figure politique et économique majeure, qui a activement contribué au développement et à l'insertion internationale de la deuxième ville du pays, Medellin.

Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur, M. Nicanor Restrepo était un ami fidèle de la France. Nommé co-président du comité stratégique franco-colombien, dont l'objectif est de renforcer la relation bilatérale dans tous les domaines, il avait été reçu à Paris par le président de la République le 26 janvier 2015 à l'occasion de la visite officielle du président colombien Juan Manuel Santos.

6 - République démocratique du Congo

Q - Quelle est votre réaction aux arrestations de plusieurs membres de collectifs citoyens à Kinshasa ?

R - La France fait part de sa préoccupation après l'arrestation, le 15 mars à Kinshasa, de participants à un débat politique et de journalistes venus couvrir l'événement, parmi lesquels se trouvaient plusieurs ressortissants français qui ont ensuite été remis en liberté.

Au seuil d'un cycle électoral essentiel pour la stabilité de la République démocratique du Congo et l'enracinement de la démocratie dans ce pays, nous réitérons notre attachement au respect des libertés publiques, notamment la liberté de réunion./.

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2. Vanuatu - Cyclone Pam - Entretien avec M. Baldwin Lonsdale - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 17/03/2015)

Le président de la République s'est entretenu ce matin avec M. Baldwin Lonsdale, président du Vanuatu. Il lui a fait part de l'entière solidarité de la France face aux conséquences désastreuses du cyclone Pam et lui a présenté ses condoléances pour les familles et les proches des victimes. Il a salué le courage avec lequel le peuple et le gouvernement du Vanuatu font face à la catastrophe.

Le chef de l'État a assuré le président Lonsdale du plein soutien de la France dans cette épreuve. Il a indiqué que l'aide apportée dès dimanche serait amplifiée dans les prochains jours pour répondre à l'urgence de la situation, évaluer les besoins et permettre la reconstruction du pays.

Le cyclone Pam est un nouveau cri d'alarme pour que la communauté internationale prenne toutes ses responsabilités dans la lutte contre le changement climatique, qui touche en priorité les plus vulnérables. Le président de la République a rappelé sa détermination pour que la conférence de Paris en décembre prochain permette un accord ambitieux./.

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3. Vanuatu - Cyclone Pam - Mobilisation de la France - Accord Franz - CommuniquĂ© du ministère des outre-mer (Paris, 16/03/2015)

L'archipel du Pacifique a été dévasté par le cyclone PAM. «Tout est à reconstruire», a déclaré le président des Vanuatu, M. Baldwin Lonsdale, qui a appelé la communauté internationale à l'aide. La France y a répondu très rapidement en s'appuyant sur sa présence dans la zone, depuis la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française.

Comme l'avait indiqué, dès samedi, le président de la République, François Hollande, la France a répondu très rapidement aux demandes d'assistance du Vanuatu, touché par un cyclone qui a causé des dégâts considérables. Outre l'activation à Paris du centre de crise et de soutien du ministère des affaires étrangères, c'est depuis la Nouvelle-Calédonie que les premières actions de secours ont été conduites par la France, en lien étroit avec l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dans le cadre de l'accord Franz (1).

Ainsi, le haut-commissariat de la République à Nouméa a initié une mission d'assistance aux sinistrés avec le soutien des forces armées de Nouvelle-Calédonie (FANC) et en lien direct avec les acteurs de la sécurité civile en Nouvelle-Calédonie. Depuis Nouméa, la France a fait atterrir à deux reprises à Port-Vila un avion Casa avec, à son bord, une équipe d'évaluation des dégâts et plusieurs équipements : un véhicule tout-terrain, une unité de traitement de l'eau et un groupe électrogène. Une seconde rotation a permis de transporter une équipe de techniciens spécialisés dans la réparation des réseaux électriques.

Un autre avion Casa doit décoller de Polynésie française ce lundi avec trois tonnes de matériel et de l'outillage. Dans le cadre des partenariats «entreprises» du centre de crise, dès mercredi, deux hélicoptères de la société Airbus Helicopters renforceront le dispositif sur place au Vanuatu./.

(1) L'accord Franz a été signé le 22 décembre 1992 et engage ses signataires (France, Australie et Nouvelle-Zélande) à échanger leurs informations afin d'assurer le meilleur usage de leurs ressources pour les opérations de secours à la suite de cyclones et autres désastres naturels dans la région.

(Source : site Internet du ministère des outre-mer)

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4. Lutte contre le terrorisme - Protection des minoritĂ©s - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 17/03/2015)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Le projet des terroristes de Daech, qui est à la fois barbare et totalitaire, c'est au sens propre du terme, l'éradication de tous ceux qui ne pensent pas comme eux. C'est à la fois leur destruction physique et la destruction de leurs racines. C'est pourquoi ils persécutent les chrétiens d'Orient et les minorités.

Face à cela, la France - je pense toutes opinions confondues - a commencé de se mobiliser. Nous apportons tout d'abord une aide humanitaire aux déplacés et aux réfugiés. Je vais vous donner un chiffre : au cours des dernières années, ce sont 100 millions d'euros que nous avons consacré à la fois en direction de la Syrie de ce point de vue-là et en direction de l'Irak. Nous accueillons en France des réfugiés syriens et irakiens dont, depuis l'été 2014 plus de 1.500 chrétiens d'Irak.

Mais comme vous l'avez dit fort justement, ce n'est pas assez, c'est la raison pour laquelle j'ai pris l'initiative d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui est la plus haute instance qui existe et je la présiderai personnellement le 27 mars prochain avec, à mes côtés, le Secrétaire général des Nations unies.

Nous adresserons un double message, d'abord de détermination extrêmement forte contre les terroristes et ensuite de solidarité concrète avec les minorités. Parce que ce que nous voulons dire - et je pense que c'est le message de la France qui doit passer à l'extérieur, - c'est que les minorités sont constitutives de l'Histoire, de l'identité et de l'avenir de l'ensemble des pays d'Orient ; c'est ce que nous dirons fermement le 27 mars prochain./.

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5. DĂ©règlement climatique - ConfĂ©rence «l'Arctique, sentinelle avancĂ©e du rĂ©chauffement climatique» - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 17/03/2015)

Monseigneur,

Monsieur le Ministre, Cher Børge,

Monsieur le Directeur général,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Il y a quelques mois, mon homologue et ami Børge Brende et moi-même nous nous trouvions sur l'archipel Svalbard. Nous avions évoqué le projet de l'organisation d'une conférence sur le thème de l'Arctique et du dérèglement climatique et aujourd'hui, nous y voilà.

C'est un honneur et en même temps un plaisir de m'exprimer devant vous en ouverture de cette journée. Je me réjouis que cet événement se tienne ici-même dans cet amphithéâtre magnifique, en présence d'intervenants d'une extrême qualité.

Je veux d'abord saluer son Altesse Sérénissime, le Prince Albert II de Monaco, chacun connaît, Monseigneur, votre engagement pour la protection de la planète. Vous vous êtes rendu au pôle Nord, notamment en 2006, voyage qui, m'a-t-on dit, vous a marqué profondément. Par votre implication personnelle, par le travail de votre Fondation, vous prolongez le travail de sensibilisation aux questions environnementales engagé il y a près d'un siècle par le Prince Albert I.

Ces raisons font de vous un grand témoin privilégié pour notre réunion. Au nom de la France, je veux vous remercier pour votre présence et pour le témoignage que vous nous apporterez. Nous vous sommes reconnaissants que cette conférence ait lieu ici, dans le prestigieux amphithéâtre de la Maison des Océans.

Cher Børge,

C'est à votre invitation que je me suis rendu en juillet dernier dans l'archipel norvégien du Svalbard. J'ai pu observer de manière directe les effets spectaculaires et très inquiétants du dérèglement climatique en Arctique et je dois me rendre également au Groenland avec notre collègue danois d'ici quelques jours.

Mesdames et Messieurs les scientifiques du GIEC ont établi que le réchauffement est, là-bas, deux fois plus rapide que dans le reste du monde. Avec des décennies d'avance, on y constate les impacts du dérèglement sur les populations, notamment sur les modes de vie traditionnels des peuples autochtones, sur la flore et sur la faune, sur la montée du niveau des océans et sur la fonte de la banquise et des glaciers. Ces phénomènes sont étudiés grâce aux stations de recherche internationale et aux travaux, notamment, de l'Institut polaire français Paul-Émile Victor menés avec nos amis allemands et norvégiens.

Mesdames et Messieurs,

L'Arctique ne constitue pas seulement une illustration anticipée et exacerbée du péril climatique, l'Arctique joue aussi un rôle essentiel de régulateur de la machine climatique planétaire elle-même. Les scientifiques qui interviennent aujourd'hui l'expliqueront certainement mieux que moi; en renvoyant dans l'atmosphère l'énergie du soleil et en libérant le méthane emprisonné dans le permafrost, les écosystèmes de l'Arctique peuvent changer la donne. Si nous préservons leurs équilibres, ils peuvent nous aider à maintenir le réchauffement en dessous des deux degrés Celsius, par rapport à l'ère préindustriel. Si, en revanche, nous continuons à perturber ces équilibres, ils pourraient contribuer à un emballement vers trois, quatre voire cinq degrés, c'est-à-dire un scénario catastrophe.

Cette menace doit nous faire agir, les États membres du Conseil de l'Arctique en premier lieu mais aussi les pays observateurs dont la France. Le Conseil Arctique peut servir de plateforme utile pour organiser la coopération scientifique dans la région et pour traiter du problème spécifique des forceurs climatique à courte durée de vie (comme le méthane), dont l'impact local est fort ainsi que des polluants de manière générale. C'est avant par le biais de la Convention Climat des Nations unies que nous pouvons agir. Il s'agit de faciliter la conclusion d'un accord universel et ambitieux qui nous permette de tenir l'objectif des deux degrés, telle est la mission que s'est fixée la France pour la fameuse COP21 que j'aurai l'honneur de présider au mois de décembre prochain à Paris. La tâche, chacun le comprend, est immense mais l'espoir est réel et je ne peux m'empêcher de citer une anecdote que ceux qui m'ont déjà entendu me pardonneront de citer : lorsque la France a été désignée pour accueillir la COP21 - désignation facilitée il est vrai par le fait que nous étions les seuls candidats - de nombreux collègues sont venus me voir et je n'ai compris qu'après-coup le sens de leur discours qui était court puisqu'il tenait en deux mots : «Good Luck !» Maintenant je comprends.

L'Union européenne a rendu public ses objectifs climatiques pour 2030 qui sont les plus ambitieux au monde. La Norvège a choisi immédiatement de s'y associer dans une démarche de coopération que je veux saluer. Cette ambition et cette détermination à agir ensemble sont les piliers d'une mobilisation internationale croissante et nécessaire. Les États-Unis et la Chine sont parvenus à un accord que certains peuvent juger encore insuffisant mais qui est déjà historique pour maîtriser leurs émissions. Tous les pays du monde préparent en ce moment leur contribution nationale, c'est-à-dire les actions de réduction de leurs émissions, voire d'adaptation aux effets du dérèglement climatique qu'ils s'engagent à mettre en oeuvre chez eux dans les années qui viennent.

La COP20 à Lima au Pérou a fixé les conditions et les délais. L'Europe je l'ai dit vient de publier sa propre contribution, je souhaite et je le dis très officiellement ici que tous les pays publient leur contribution dans les meilleurs délais possibles. Ce que nous devons construire par ces engagements, puis par la conclusion d'un accord espéré à Paris, c'est un monde zéro carbonne et également zéro pauvreté et s'il on réfléchit bien, nous n‘aurons pas l'un sans l'autre. Vouloir répondre aux défis climatiques sans répondre en même temps aux défis du développement et de la pauvreté, ce serait condamner à l'échec nos négociations climat, ce serait nous priver des chances de rester en dessous des deux degrés. Ce serait aussi nous priver des avantages qu'offre la lutte contre le dérèglement climatique pour le développement en général, c'est-à-dire la réduction des pollutions locales, l'extension de l'accès à l'énergie, la sécurisation des approvisionnements en eau.

Cette approche qui embrasse les divers objectifs, la Norvège a montré qu'elle la partageait en devenant pour nous un partenaire précieux et même indispensable sur les enjeux d'énergie durable, de financement et de réduction de la déforestation. Pour relever ces défis, nous connaissons les clefs principales : des efforts de solidarité sur les financements et pour le transfert des technologies, des innovations vertes qui se diffusent à grande vitesse sur l'ensemble de la planète et des engagements nationaux ambitieux qui accélèreront la transition vers des économies résilientes et sobres en carbonne.

Le succès ne peut être que collectif, la conviction de la France est que nous devons former à Paris, en décembre ce que j'appelle une véritable alliance pour le climat qui regroupe l'ensemble des États certes, mais aussi, et c'est plus nouveau, les entreprises, les collectivités, les associations, les citoyens, bref, la société civile à commencer par les jeunes générations dont je constate avec plaisir qu'elles sont bien représentées aujourd'hui. Le défi climatique concerne tous les aspects de la vie, tous les secteurs de la société et de l'économie, toutes les régions, il doit donc impliquer tout le monde sans exception.

La catastrophe qui vient de se produire au Vanuatu, c'est-à-dire ce que j'appellerais l'hyper-cyclone Pam, avec des vents de plus de 300 km à l'heure, cette catastrophe montre, à l'autre bout du monde, combien il est essentiel et urgent de lutter contre le dérèglement climatique. Vous le savez, Mesdames et Messieurs, 70% des catastrophes appelées naturelles viennent du dérèglement climatique lui-même et la France, comme toutes les nations, doit faire le maximum pour sauver la planète.

J'aime cette phrase du Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-Moon, qui résume tout : il le dit en anglais, moi je le dis en français, il n'y a pas de solution B parce qu'il n'y a pas de planète B.

Altesse,

Mesdames et Messieurs,

De ma visite en Arctique l'an dernier, je garde le souvenir très vif et visuel de blocs de glace gigantesques se détachant de la banquise avec un bruit effroyable, c'était le craquement qu'ils produisaient. L'Arctique est bien la sentinelle avancée du dérèglement climatique et l'intitulé de cette conférence vise donc tout à fait juste. Cette région nous transmet depuis des années des signaux que nous n'avons plus le droit d'ignorer. La communauté internationale doit les entendre et les traduire en actes.

Toute cette année 2015 sera décisive avec toute une série de rendez-vous. La conférence de Sendaï au Japon, il y a quelques jours où je me trouvais, sur la réduction des risques de catastrophe, le sommet d'Addis-Abeba en juillet sur le financement, la réunion de New York en septembre et les objectifs de développement durable et enfin le point d'orgue espéré, l'accord ambitieux que nous devons conclure en décembre lors de la COP21 à Paris. Il faut être clair, il n'y a pas de solution de rechange. Notre conférence d'aujourd'hui est donc un appel bienvenu par son moment et son sujet, c'est un appel indispensable à l'action.

Je vous remercie.

(...)

Q - (Question en anglais sur les possibilités de succès de la COP21)

R - Je pense qu'il y a heureusement des éléments objectifs qui peuvent nous faire espérer un succès à Paris. Le premier élément, c'est qu'il y a un changement considérable dans la perception par l'opinion de la réalité scientifique. Il y a quelques années, y compris en France, le phénomène du dérèglement climatique était contesté. Son origine anthropique était également contestée. Aujourd'hui, la contestation n'existe quasiment plus, sauf dans certains pays comme les États-Unis d'Amérique, pour des raisons idéologiques. Le constat scientifique a énormément progressé ; il faut en remercier les scientifiques qui ont fait un travail remarquable. Il s'agit là du premier élément de changement.

Le deuxième élément de changement, c'est que les entreprises, le milieu économique a compris que non seulement c'était une tâche morale de lutter contre le dérèglement climatique, mais que la croissance verte offrait des possibilités de création d'emplois et de développement majeur dans le futur. L'attitude des entreprises, globalement, n'est plus du tout la même que ce qu'elle était il y a quelques années.

Le troisième élément de changement, c'est que beaucoup de responsables politiques ont compris que maintenant il fallait agir. Le changement majeur a été l'accord passé, il y a quelques mois, entre le président Obama et le président Xi Jinping autour de la notion de limiter les émissions de gaz à effet de serre. Il y a quelques années, c'était inconcevable ; maintenant, c'est vrai. Je ne dis pas que tous les responsables politiques en soient au même stade, je mesure les difficultés. J'ai dit tout à l'heure dans mon propos qu'il risquait d'y avoir un certain retard dans la production des contributions - ce qu'on appelle en anglais «INDCs» [Intended Nationally Determined Contributions] - mais il y a quand même une prise de conscience. Notre travail, aux uns et aux autres, c'est de convaincre que tout le monde doit être engagé. Je ne vais pas faire un «mapping» politique des bons et des moins bons élèves. D'autre part, les situations objectives sont différentes. Il y a des pays pour lesquels c'est plus facile que pour d'autres.

Toute notre tâche, au cours des mois qui viennent, va être de convaincre que chacun doit faire un effort, pour parvenir à l'accord de Paris qui devrait comporter quatre piliers.

Le premier pilier, celui qui constitue la novation principale, c'est un accord juridiquement contraignant, différencié et universel. Jusqu'à présent, nous n'y sommes pas parvenus. Vous vous rappelez les déceptions de Copenhague et d'autres COP. Nous travaillons sur cet accord pour que la production d'émissions de gaz à effet de serre reste en-dessous d'une augmentation de la température de deux degrés.

Le deuxième pilier, ce sont les contributions nationales. Il faut que chacun dise à quoi il s'engage pour les années et les décennies qui viennent.

Le troisième pilier, ce sont les questions de financement. Quand vous allez parler à tel ou tel pays en développement de la nécessité de limiter ses émissions de gaz à effet de serre, il vous dit d'abord qu'il en émet très peu et demande ensuite où sont les financements ? Où sont les technologies ? Il faut donc que nous avancions sur ce point.

Le quatrième pilier, c'est ce qu'on appelle l'agenda des solutions qui va engager dans l'opération non pas seulement les gouvernements mais aussi les grandes villes, les régions, les entreprises, le secteur économique et la société civile. Ce ne sont pas simplement les gouvernements qui ont une responsabilité, les grandes villes par exemple ont une responsabilité majeure. Bientôt aura lieu à Paris, une conférence des grands villes européennes et l'intention du maire de Paris, que je soutiens tout à fait, est de faire en sorte que les marchés publics soient bâtis de telle façon dans les grandes villes qu'ils limitent la production de gaz à effet de serre.

C'est l'ensemble de tous ces piliers qui doit nous permettre d'arriver à un résultat satisfaisant à Paris. Il y a encore de gros efforts à faire, mais il y a une dernière bonne nouvelle que j'aborde avec prudence mais qui est quand même tout à fait spectaculaire : il y a de cela cinq jours, l'agence internationale de l'énergie a publié des résultats - j'espère qu'ils seront confirmés - disant que l'année 2014 a été la première année où, alors même qu'il y avait une croissance économique moyenne dans le monde de 3%, il n'y a pas eu de croissance des émissions de CO2. Depuis 40 ans, cela ne s'est jamais produit. Depuis 40 ans, chaque année, nous observons une augmentation des émissions de CO2, sauf trois années où il n'y a pas eu de croissance économique. Là, pour la première fois, il y a une croissance économique moyenne mais pas d'augmentation du dioxyde de carbone. Les techniciens réfléchissent, comment expliquer cela ? Ils nous disent que ce serait dû pour une grande part à une évolution de la Chine qui a recourt moins qu'avant au charbon. Il y a d'autres éléments qu'il nous faut étudier, mais c'est une incitation - non pas à ne rien faire -, cela montre que les choses sont possibles. C'est nécessaire et c'est possible et il faut donc que chacun se mette à la tâche.

(...)

Q - (conséquences de l'élévation du niveau des mers)

(...)

R - Les indications données par son Altesse sont parfaitement exactes pour l'Europe. Comme il s'agit de moyenne, pour certains pays du monde ce sont des perspectives beaucoup plus importantes avec des territoires entiers totalement recouverts.

Cela doit nous faire penser à un autre aspect de notre réflexion. Le sujet n'est pas simplement environnemental mais au moins autant celui de la sécurité. Il faut bien comprendre qu'à partir du moment où des territoires sont atteints par des inondations ou par la sécheresse, il y a des mouvements de population qui aboutissent à des conflits. Quand vous regardez l'histoire du monde, les conflits sont largement déterminés par la conquête ou la protection d'un certain nombre de ressources. Nous avons l'exemple de l'eau quand elle est quantité insuffisante ou excessive.

Je pourrais faire la même démonstration en matière de santé. Ce qui me frappe dans le domaine de la déforestation c'est non seulement les conséquences dramatiques que l'on connaît mais, ce qui est moins connu, les conséquences en matière de santé. Les scientifiques nous apprennent que des virus à l'état latent se trouvent dans les forêts et quand celles-ci sont détruites alors les virus explosent. Cela a été le cas pour Ebola, par exemple. Ce n'est pas seulement une question environnementale au sens traditionnel de ce terme. C'est aussi une question de sécurité, une question de santé. C'est la question de la vie possible ou impossible sur notre planète. Désormais comme tout est connecté, ce qui se passe dans une région apparemment éloignée du monde, se passe ne réalité chez nous.

C'est cette perspective d'ensemble que l'on doit avoir et faire partager à nos concitoyens pour que cette grande action ne soit pas seulement réservée à une élite scientifique ou intellectuelle. Il faut que chacun comprenne bien qu'il est concerné et qu'il peut agir./.

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6. DĂ©règlement climatique - Tribune conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, et de M. Børge Brende, ministre norvĂ©gien des affaires Ă©trangères, publiĂ©e dans le site internet d'information «Liberation.fr» (Paris, 17/03/2015)

De l'Arctique au Sahel : mobilisons-nous contre le dérèglement climatique

Le changement climatique est plus rapide dans l'Arctique que dans la majeure partie du reste du monde. La vitesse de réchauffement de l'Arctique est près de deux fois plus élevée que la moyenne mondiale, comme le prouve le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Même une faible hausse de la température produira des effets considérables. Les glaciers connaîtront une fonte accélérée qui contribuera à une nouvelle élévation du niveau des mers, et celle du permafrost libérera des gaz à effet de serre en quantités accrues. La fonte de la banquise aura des conséquences dramatiques pour les moyens de subsistance des habitants de l'Arctique, et en particulier pour le mode de vie traditionnel des populations autochtones du Nord.

Les changements survenus dans l'Arctique sont la preuve manifeste des répercussions déjà flagrantes du réchauffement de notre planète et nous incitent à tirer la sonnette d'alarme sur l'avenir dangereux qui nous attend si nous n'agissons pas.

Le climat change partout dans le monde. Aucune région n'est épargnée, mais certaines régions sont plus fragiles que d'autres. Les ressources en eau se tarissent tandis que des événements météorologiques extrêmes détruisent des collectivités entières, font de nombreuses victimes et rendent de vastes zones inhabitables. Les moyens de subsistance durables, le bien-être et la sécurité de centaines de millions de personnes sont fondamentalement en danger.

Les régions vulnérables en danger

Dans les régions vulnérables, les pays les plus pauvres, qui ont le moins contribué au réchauffement climatique et ne disposent pas des ressources nécessaires pour s'y adapter, sont les plus menacés. Si nous poursuivons sur cette trajectoire d'un réchauffement de 4 à 6° C, la Banque mondiale estime que la production alimentaire pourrait être divisée par deux dans les zones très peuplées de l'Afrique du Nord et de l'Amérique latine. L'Afrique subsaharienne connaîtrait des sécheresses accrues qui anéantiraient tous les progrès que nous avons accomplis en matière de sécurité alimentaire. L'Asie du Sud et les petits États insulaires seraient parmi les plus touchés par l'élévation du niveau des mers et les événements météorologiques extrêmes. Des villes telles que Le Caire deviendraient inhabitables pendant six mois de l'année. De petits États insulaires pourraient être rayés de la carte.

Le dérèglement climatique, par ses effets néfastes sur les moyens de subsistance, qui exacerbent la pauvreté et compromettent la résilience, favorisera de plus en plus les grandes vagues de réfugiés et les conflits violents dans les pays en développement. Déjà, la détérioration du climat aggrave les crises humanitaires majeures, intensifie la violence et favorise la propagation des conflits dans certaines régions. Nous sommes vivement préoccupés par les effets du changement climatique sur la planète. Nous nous trouvons peut-être face au défi le plus difficile de notre temps pour notre sécurité. Le changement climatique doit donc être pris en compte dans nos stratégies nationales et internationales de sécurité.

Des progrès cruciaux sur la voie d'un développement plus durable

Des glaciers de l'Arctique qui fondent au désert du Sahel qui progresse, des rives dévastées des Philippines au brouillard polluant des mégalopoles, tous nos pays sans exception sont confrontés de manière croissante au changement climatique, même si c'est à des degrés très divers et avec des capacités très différentes pour le combattre et s'y adapter.

Nombre d'acteurs sont déjà engagés dans la lutte contre les conséquences catastrophiques du changement climatique. Cette situation est aussi l'occasion de s'adapter et d'innover dans un nouvel environnement. Nous voyons des États, mais aussi des entreprises, des villes et d'autres organisations faire des progrès cruciaux sur la voie d'un développement plus durable, d'une énergie plus propre, d'une consommation plus efficace et d'une croissance plus équitable. L'heure est venue de soutenir cette dynamique et de rendre notre monde plus sûr. Ces initiatives ne pourront réussir qu'en s'appuyant sur la coopération et la coordination internationales.

Une réunion déterminante de la Conférence des Nations unies sur le climat se tiendra à Paris en décembre de cette année. 195 pays devront s'asseoir autour de la table, lors de cette COP21 à Paris, et démontrer que le multilatéralisme peut effectivement instaurer un partenariat international solide et pérenne afin d'assurer le développement durable pour tous. La France et la Norvège sont déterminées à faire advenir cet accord./.

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7. DĂ©règlement climatique - Catastrophes climatiques - Entretien de Mme Annick Girardin, secrĂ©taire d'État chargĂ©e du dĂ©veloppement et de la Francophonie, avec le quotidien «LibĂ©ration» (Paris, 16/03/2015)

Près de 7.000 morts. 102 millions de personnes touchées. 110 milliards de dégâts. Voici le bilan humain et financier des catastrophes naturelles en 2014. On est certes loin de 2010, avec 300.000 morts provoqués par les tsunamis et les tremblements de terre, ou même de 2013 où le seul typhon Haiyan avait provoqué la mort de plus de 6.500 personnes.

Nous les appelons catastrophes «naturelles» comme si c'était une fatalité, mais les dernières données du bureau des Nations unies pour la réduction des risques montrent qu'en 2014, 87 % des catastrophes climatiques avaient un lien avec le réchauffement de la planète. Ce sont donc bien nos actions, notre pollution, notre déstabilisation du système climatique qui sont à l'origine du chaos dans lequel se retrouvent plongés les pays les plus vulnérables. Leurs habitants y sont exposés aux ouragans, à la montée des océans ou encore aux pluies diluviennes qui provoquent des inondations. Et que ce soit aux Philippines, face aux victimes des typhons, dans les petites îles du Pacifique, plus fragilisées que jamais face aux tsunamis à cause de la montée des eaux, ou encore en Amérique, ou en Afrique, qui connaît son lot de catastrophes naturelles, le verdict est sans appel : ce sont toujours les plus pauvres qui sont en première ligne.

Ces catastrophes sonnent comme un avertissement, une bande-annonce macabre de ce à quoi ressemblerait le monde si nous ne réussissons pas, nous, habitants de cette planète, à trouver des solutions à Paris en décembre en concluant un accord international sur le climat. Cet accord, pour éviter le pire, doit permettre de limiter la hausse des températures à 2 °C. Car au-delà de 2 °C, tempêtes, cyclones, canicules deviendront encore plus fréquents, encore plus violents, encore plus dévastateurs. Nous avons aujourd'hui une certitude, c'est que personne n'est à l'abri. Tout le monde a en mémoire les victimes de Katrina et de Sandy, et les rues dévastées à New York et à la Nouvelle Orléans. La France n'est pas immunisée : que ce soit sur son territoire métropolitain ou, surtout, dans ses Outre-Mers, de plus en plus de nos compatriotes subissent la recrudescence des cyclones et la hausse du niveau des mers.

Cette exposition au risque, nous devons l'anticiper. Grâce au savoir-faire de Météo France, à l'engagement des élus nationaux et locaux, aux médias, nous nous équipons de dispositifs visant à éviter les pertes humaines et économiques, nous avons tiré des leçons des tempêtes de 1999 ou de Xynthia en 2010. Si le risque zéro n'existe pas, nous sommes aujourd'hui mieux préparés, parce que mieux informés. Et face aux risques climatiques, prévoir, anticiper, c'est le meilleur moyen d'éviter les dégâts.

Notre expertise, mais aussi celle du Japon ou des États-Unis, nous oblige à la solidarité. Elle doit servir à tous ceux qui vivent «les pieds dans l'eau» ou dans l'angoisse de la catastrophe. Des systèmes d'alerte existent déjà pour avertir les populations. Mais ils doivent être affinés, étendus, adaptés. Il faut que chaque habitant des zones vulnérables puisse bénéficier d'ici 2020 d'une information précise en temps réel, par la téléphonie ou les médias traditionnels, qui lui permette de savoir quel territoire précis sera touché, et où se mettre à l'abri.

A Sendai, au Japon, s'est tenue le week-end dernier une conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophes. Je m'y suis rendue avec Laurent Fabius et nous avons discuté avec nos partenaires de la mise en place rapide de systèmes d'alerte simples, efficaces et peu coûteux.

La solidarité climatique n'est pas une simple option. Ce doit être l'un des piliers de l'accord de Paris. Nous devons apporter des réponses concrètes et immédiates aux plus vulnérables au dérèglement climatique. C'est notre responsabilité./.

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8. Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures - DĂ©claration conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, et de M. Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics (Paris, 17/03/2015)

La France, l'Italie et l'Allemagne annoncent aujourd'hui leur intention de devenir membres fondateurs de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB).

Cette nouvelle banque d'investissement, qui aura vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d'investissement et de développement existantes, pourra jouer un rôle important dans le financement des infrastructures dont l'Asie a un besoin majeur. L'AIIB participera ainsi au développement économique et social de la région et contribuera à la croissance mondiale.

La France, l'Italie et l'Allemagne, en étroite collaboration avec leurs partenaires internationaux et européens, sont désireuses de s'associer aux membres fondateurs de l'AIIB pour travailler à la création d'une institution respectueuse des meilleures pratiques en termes de gouvernance, de sécurité, de prêts et de marchés publics./.

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9. Commerce extĂ©rieur - Forum des PME Ă  l'international - Allocution de M. Matthias Fekl, secrĂ©taire d'État chargĂ© du commerce extĂ©rieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'Ă©tranger (Paris, 11/03/2015)

 La France compte beaucoup de PME innovantes et performantes dont les produits et services de grande qualité répondent à une demande internationale, notamment dans les pays émergents.

L'objectif recherché est aujourd'hui d'augmenter le nombre de PME françaises exportatrices, trop faible en comparaison d'autres pays européens, de diversifier les flux d'exportation et d'en accroitre la pérennité. Il est, plus généralement, de développer le réflexe de l'international pour les PME afin de leur permettre de croitre et de créer des emplois.

Nous devons pour cela répondre à leur besoin d'un service efficace pour détecter, qualifier et accompagner les exportateurs. L'action de l'État et de ses partenaires - publics et privés - doit être plus cohérente, accessible et lisible. Beaucoup de réformes ont été mises en oeuvre à cette fin dans les dernières années, qu'il importe de mieux faire connaitre. D'autres voies d'améliorations doivent être approfondies.

Le premier Forum des PME à l'international organisé le 11 mars a lancé une dynamique forte en ce sens. Destiné aux entreprises, en présence des acteurs et opérateurs du commerce extérieur, publics et privés, il a été l'occasion de recueillir leurs témoignages et leurs attentes.

Il a vocation à être décliné dans chacune des 13 futures grandes régions.

Le plan d'action présenté ici témoigne de la volonté politique forte de faire du soutien à l'internationalisation des PME un axe majeur de notre stratégie pour redresser le commerce extérieur de la France.

1. Simplifier le parcours de l'international et accompagner 3000 PME supplémentaires d'ici 2017

Une convention stratégique entre Business France, CCI international et CCI France international, signée le 11 mars, définit les rôles de chaque organisme dans l'accompagnement des PME à l'international :

- En France, CCI International et Business France s'engagent à un programme d'accompagnement commun simplifié, en lien avec les régions, dans les premières phases du parcours à l'export des entreprises. 3 000 entreprises, essentiellement pour les six familles prioritaires à l'export (agroalimentaire, santé, ville durable, nouvelles technologies de l'information et de la communication, tourisme, industries culturelles et créatives) en bénéficieront. Les CCI définiront le diagnostic export et le plan d'action de l'entreprise et Business France prendra en charge la prospection des marchés ciblés en vue de développer au moins 1 000 courants d'affaires.

- À l'étranger, le partenariat sera décliné au travers de conventions locales tenant compte de la nature des CCI françaises à l'étranger (associations de droit local) et du contexte propre à chaque pays, sous l'égide de l'ambassadeur et du chef de service économique. Il intégrera également tous les acteurs privés de l'export intéressés.

2. Créer un annuaire de contacts dédiés aux PME parmi les réseaux en France et à l'étranger des conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF)

Une convention, signée le 11 mars entre le comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CNCCEF), Business France et l'État, renforce le rôle des 3.500 conseillers du commerce extérieur actifs et leur articulation avec Business France, avec notamment :

- La désignation de 150 référents PME en France et à l'étranger disponibles avant fin 2015 pour des actions de parrainage.

- L'identification de référents en régions et à l'international pour les 6 familles prioritaires à l'export : agroalimentaire, santé, nouvelles technologies de l'information et de la communication, ville durable, tourisme et industries culturelles et créatives.

3. Viser le cap des 10.000 Volontaires Internationaux en Entreprise (VIE) en activité

Le volontariat international en entreprise (VIE), permet aux entreprises françaises de confier à un jeune de 18 à 28 ans, une mission professionnelle à l'étranger (prospection commerciale, animation de réseaux, renforcement d'équipes locales, accompagnement d'un contrat ou d'un projet, contrôle qualité...). Ses effets positifs pour l'export des PME et pour l'emploi des jeunes sont avérés. 8.500 VIE sont actuellement en poste.

Une montée en charge progressive du dispositif sera discutée dans le cadre du contrat d'objectifs et de performance avec Business France, avec un objectif de 10 000 à l'horizon 2017 soutenu par :

- L'appui des CCEF, qui contribueront à la promotion de la formule, aux côtés de Business France, en identifiant des PME-ETI potentiellement utilisatrices et en les mettant en relation avec Business France. Cette action vise à générer plusieurs centaines de VIE d'ici 2017.

- L'appui de l'État à Business France pour lever les obstacles administratifs existants parfois dans les pays d'accueil des VIE.

- L'appui des réseaux consulaires.

4. Simplifier et faciliter les démarches des PME

Un guichet unique national sera mis en place d'ici 2016 afin de simplifier les procédures douanières : 85 % des procédures en douane sont dématérialisées, mais les autorisations nécessaires pour exporter et importer des produits présentant des risques sanitaires, sécuritaires ou environnementaux sont à ce jour encore délivrées sous format papier par une quinzaine d'administrations différentes. Le guichet unique national permettra aux systèmes de dédouanement de communiquer avec les systèmes d'information des administrations partenaires pour permettre l'automatisation des contrôles douaniers et l'imputation électronique de ces autorisations.
Un chantier de simplification global de l'export pour les PME sera par ailleurs lancé : il s'agit de faire remonter du terrain, d'ici au 30 avril, des propositions de mesures à mettre en oeuvre pour simplifier et faciliter les démarches des entreprises à l'international. Les mesures proposées seront ensuite portées, en lien avec Thierry Mandon, secrétaire d'État à la réforme de l'État et de la simplification, dans le cadre des travaux de simplification du gouvernement. Un projet de loi pourra alors être proposé à l'automne. À cet effet, un questionnaire sera envoyé à l'ensemble des participants au Forum.

5. Associer systématiquement les PME aux déplacements ministériels

Au moins 30 % de PME composeront les délégations qui accompagnent le secrétaire d'État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger lors de ses déplacements internationaux.

Une procédure en ligne simple et rapide, visant à recueillir les manifestations d'intérêt, est disponible sur le site du ministère des affaires étrangères et du développement international.

6. Promouvoir en France les réussites internationales des PME

Des PME et ETI innovantes seront valorisées au 1er semestre 2015 dans une campagne «Creative France» à travers notamment une série d'évènements, dans les médias et sur les réseaux sociaux

Des initiatives seront prises en France et à l'étranger pour renforcer les liens entre le réseau diplomatique et les PME et ETI de croissance : la prochaine conférence des ambassadeurs à fin août 2015 comprendra ainsi une séquence dédiée aux PME. Le renforcement global du lien avec les PME, en France et dans les postes, figurera parmi les chantiers du MAEDI «ministère du XXIème siècle».

7. Renforcer et rénover les dispositifs de soutien financier public à l'export

L'amélioration de notre offre de financement est un élément clef de la stratégie de dynamisation du commerce extérieur de la France.

Le lancement en mai 2013 du plan d'action pour démocratiser l'accès des PME et des ETI aux soutiens financiers à l'export a permis de clarifier l'offre publique aux PME et ETI en matière d'aide à l'exportation, d'adapter les outils existants aux besoins spécifiques de cette catégorie d'entreprises et de renforcer la distribution des dispositifs publics de soutien via le lancement du label «Bpifrance export» et l'installation au sein des directions régionales de Bpifrance de conseillers internationaux d'Ubifrance et de développeurs de Coface.

Le président de la République a annoncé le 6 février dernier la création, d'ici fin mars 2015, d'une «banque de l'export», qui permettra de renforcer la compétitivité des offres des entreprises françaises à l'international. Le dispositif concernera tous les secteurs économiques et la quasi-totalité des destinations d'exportation, sans restrictions, et bénéficiera aux entreprises qui remportent des contrats supérieurs à 100 Meuro. Il bénéficiera également indirectement aux PME, qui interviennent comme sous-traitants de donneurs d'ordre.

Un évènement dédié aux financements exports sera organisé le 17 mars prochain au ministère chargé des finances. À cette occasion, il sera procédé à une présentation globale de notre offre en matière de soutien public et des réformes à venir, en particulier pour soutenir les PME.

8. Concentrer les moyens sur les couples pays/secteurs prioritaires pour les PME

Six familles prioritaires à l'export ont été lancées depuis 2012 : mieux vivre en ville, mieux se soigner, mieux communiquer, mieux se nourrir, mieux voyager, mieux se divertir et se cultiver.

Des fédérateurs sont chargés de structurer l'offre française dans ces six secteurs stratégiques pour le commerce extérieur de la France en lien avec les services de l'État : Michèle Pappalardo (ville durable, Vivapolis), David Sourdive (santé), Bruno Bonnell (nouvelles technologies de l'information et de la communication), Catherine Chavrier (agroalimentaire), Jean-Bernard Falco (tourisme), Isabelle Giordano (industries culturelles et créatives).

Business France renforcera la déclinaison opérationnelle de cette stratégie et en assure le soutien.

Compte tenu des tendances observées dans les chiffres du commerce extérieur en 2014, un accent spécifique sera mis en 2015 sur l'agroalimentaire (avec notamment le renforcement de l'effet de levier des réseaux des grands distributeurs français à l'international) et la santé (avec les clubs santé, la possibilité ouverte aux CHU de répondre aux appels d'offre internationaux, le lancement de plateformes pays en centrale, le lancement d'une certification internationale des établissements de soins et les enjeux spécifiques à la pharmacie).

Enfin, compte tenu des échéances liées aux négociations sur le climat, une action spécifique sera engagée pour aider à structurer et renforcer la filière des énergies renouvelables dans son volet export.

9. Renforcer l'évaluation de la qualité du service rendu

Les enquêtes et indicateurs de satisfaction et d'impact seront systématisés pour renforcer et harmoniser la démarche de qualité des opérateurs publics vis-à-vis des usagers. Une charte commune sera développée.

10. Renforcer l'accompagnement des entreprises et adapter l'offre de Business France

L'offre de services de Business France sera adaptée aux besoins spécifiques des entreprises en vue d'optimiser leurs chances de réussite à l'export, avec :

- Le lancement d'une nouvelle offre de prospection individuelle dédiée pour les TPE et PME sélectionnées en fonction de leur potentiel à l'export.

- La poursuite d'un programme ambitieux de solutions de prospections collectives efficaces pour la génération de nouveaux courants d'affaires, avec plus de 500 opérations collectives représentant 8.500 participants.

- L'amplification du partenariat entre Business France et Bpifrance au bénéfice des PME et ETI de croissance : fin 2014, 712 entreprises adhéraient au dispositif d'un accompagnement personnalisé à l'international fin 2014 et 391 ont démarré leur plan d'action ; 1 000 PME et ETI de croissance auront intégré le programme d'ici la fin 2015.

11. Renforcer les opportunités pour les PME liées aux négociations commerciales internationales

Des études d'impact préalables prenant en compte l'intérêt pour les PME seront systématiquement menées avant l'ouverture des négociations pour orienter les positions françaises et la négociation européenne.

Les services de l'État et Business France veilleront à rendre accessible l'information pour les PME sur les opportunités nouvelles liées aux accords signés (préférences douanières, réduction des obstacles au commerce, accès aux marchés publics etc.).

Au plan national, les services de l'État à Paris et en région poursuivront, en lien avec les PME, l'identification des barrières non-tarifaires qui les freinent dans leurs démarches d'exportation afin d'alimenter les démarches bilatérales et de nourrir les positions de la France sur la stratégie commerciale européenne.

Au plan européen, la commission européenne met à disposition des PME des outils pour faciliter leurs démarches d'internationalisation et recenser les difficultés rencontrées dans des pays tiers. L'accès des PME à ces outils sera facilité l'inclusion des dossiers des PME françaises sera soutenu par les autorités françaises dans l'agenda de travail de la Commission européenne.

12. Rendre l'information plus claire et accessible : portail internet et Maisons de la France Ă  l'international

Des travaux seront engagés pour améliorer la lisibilité des sites internet publics dédiés à l'internationalisation des entreprises et les liens entre eux. Les travaux porteront notamment sur le portail de l'international («France international») afin de rationaliser et d'intégrer les actions des différents acteurs du commerce international.

La fédération des acteurs du dispositif de soutien dans les villes cibles pour notre commerce extérieur sera par ailleurs encouragée, avec le développement de Maisons de l'International, dont des «French Tech Hubs» pour les industries innovantes.

13. Favoriser les actions de portage pour soutenir le développement international des PME

Sur la base du bilan des actions déjà menées et des travaux de l'association Pacte PME, les actions de sensibilisation des grands groupes à ces enjeux seront renforcées, afin de favoriser l'échange d'expérience et de bonnes pratiques et les partenariats (Business France, réseaux consulaires...).

Le travail d'identification des actions de portage à l'international pour les PME sera poursuivi et renforcé et les résultats seront restitués en présence des représentants des grandes entreprises.

14. DĂ©velopper un format plus souple de groupement d'entreprises Ă  l'export

Des travaux seront engagés par les services de l'État pour faire le bilan de l'utilisation des formules juridiques de groupement des PME à l'export comme le groupement d'intérêt économique (GIE).

Des formules juridiques plus souples, sur le modèle des unions temporaires d'entreprises existant dans d'autres pays européens, seront examinées en 2015.

15. Renforcer le pilotage stratégique

Un Conseil stratégique de l'export (CSE) de 17 membres, présidé par le ministre en charge du commerce extérieur sera installé. Prévu par l'article 6 du décret 2014-1571 relatif à Business France, il se réunira au moins quatre fois par an et aura pour mission d'émettre des recommandations au directeur général et au Conseil d'administration en vue de la préparation et de l'exécution du volet export du plan stratégique de l'agence, et de renforcer la coordination des acteurs français de l'export ainsi que le lien avec les régions. Sa première réunion se tiendra le 23 mars.

Un rapport annuel sera présenté au Parlement sur la stratégie française d'appui à l'internationalisation des entreprises. Il fera apparaitre sous une forme consolidée les moyens budgétaires alloués, les priorités sectorielles et géographiques, ainsi que les principaux indicateurs d'activité et de résultat disponibles./.

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10. RĂ©publique centrafricaine - CommuniquĂ© du Conseil de l'Union europĂ©enne (Bruxelles, 16/03/2015)

Le Conseil a lancé la mission de conseil militaire de l'UE en République centrafricaine (EUMAM RCA) qu'il avait instituée le 19 janvier 2015. Cette mission a pour tâche de soutenir les autorités du pays dans le cadre de la préparation d'une réforme du secteur de la sécurité concernant les forces armées de la République centrafricaine (FACA).

Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a fait la déclaration suivante: «L'UE continue d'apporter un soutien global à la stabilité et à la sécurité en République centrafricaine. Les experts de l'UE soutiendront les préparatifs de la réforme du secteur de la sécurité, aidant ainsi la République centrafricaine à tourner la page de la crise sécuritaire actuelle».

OEuvrant en étroite collaboration avec la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA), l'EUMAM RCA jouera un rôle essentiel en vue de renforcer le secteur de la sécurité dans ce pays. Parallèlement, elle conseillera les autorités militaires de la RCA sur les réformes nécessaires afin de transformer les forces armées du pays en une armée professionnelle, représentative sur le plan ethnique et soumise à un contrôle démocratique. L'EUMAM RCA aidera également la MINUSCA à mener à bien son mandat dans le domaine de la réforme du secteur de la sécurité et des procédures d'enquête.

Les experts de l'UE seront attachés au ministère de la défense et à l'état-major général de la RCA et donneront des conseils sur la manière de gérer les forces armées ainsi que sur la préparation d'une future réforme globale des FACA. En outre, ils apporteront leur expertise sur les conditions à réunir pour mettre en place un programme de formation des forces armées. Sur la base d'une approche progressive, et sous réserve d'une nouvelle décision politique, la mission pourrait également organiser une formation non opérationnelle limitée afin d'améliorer les conditions de mise en oeuvre des réformes à venir.

L'EUMAM RCA est installée à Bangui, la capitale du pays. Le général de brigade Dominique Laugel, de nationalité française, a été nommé commandant de la mission de l'UE, dont l'effectif comptera jusqu'à soixante personnes. Les coûts communs de l'opération sont estimés à 7,9 millions euro pour 12 mois.

La mission est un volet du soutien global apporté par l'UE en vue du retour à la stabilité en RCA. Elle s'inscrit dans le prolongement de l'opération militaire de l'UE contribuant à la sécurité à Bangui, l'EUFOR RCA. Le 15 mars 2015, au terme de son mandat, celle-ci a passé le relais à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en République centrafricaine (MINUSCA).

Par ailleurs, l'UE est le principal partenaire de la RCA en matière de développement et son premier pourvoyeur d'aide humanitaire. Elle a engagé plus de 360 millions d'euros de nouveaux financements pour faire face à la crise qui a éclaté dans le pays en 2013. Au fil des ans, l'UE a également fourni une aide au développement en vue de répondre aux besoins fondamentaux des personnes les plus vulnérables./.

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