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Déclarations officielles de politique étrangère du 06 novembre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Climat/Entretien de M. Fabius avec M. Nicholas Stern - UE/Entretien de M. D√©sir avec M. Maros Sefcovic, vice-pr√©sident de la Commission charg√© de l'union √©nerg√©tique - Climat/Pr√©paration de la COP 20/D√©placement au Venezuela de Mme Girardin - Burkina Faso - J√©rusalem/Attaque terroriste - Tunisie/Attaque contre un convoi militaire - Chine/Quatri√®mes rencontres franco-chinoises de la coop√©ration d√©centralis√©e - MAEDI/Ambassadeurs th√©matiques - Conf√©rence ¬ęParis Climat 2015¬Ľ/Budget (Paris, 06/11/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Climat - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Nicholas Stern (Paris, 6 novembre 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international, recevra cet apr√®s-midi M. Nicholas Stern, √©conomiste du climat, professeur √† la ¬ęLondon School of Economics and Political Science¬Ľ et auteur d'un rapport de r√©f√©rence en 2006.

Cet entretien s'inscrit dans le cadre de la pr√©paration de la conf√©rence ¬ęParis Climat 2015¬Ľ.

Il sera notamment l'occasion d'évoquer les deux enjeux fondamentaux de la conciliation entre croissance et protection de l'environnement, notamment dans les économies émergentes, et du financement de la lutte contre le dérèglement climatique. Ce sujet avait été l'objet d'un rapport du groupe consultatif de haut niveau des Nations unies en 2010, dont M. Stern était membre.

2 - Union européenne - Entretien de M. Harlem Désir avec M. Maros Sefcovic, vice-président de la Commission chargé de l'union énergétique (Paris, 6 novembre 2014)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des Affaires europ√©ennes, s'est entretenu aujourd'hui avec M. Maros Sefcovic, vice-pr√©sident de la Commission charg√© de l'union √©nerg√©tique, qui a choisi Paris pour son premier d√©placement en Europe depuis sa prise de fonction le 1er novembre.

B√Ętir l'Europe de l'√©nergie est le plus grand projet europ√©en pour les prochaines ann√©es. Ce projet est vital pour la s√©curit√© √©nerg√©tique de l'Europe, la transition √©nerg√©tique et la lutte contre le d√©r√®glement climatique.

MM. D√©sir et Sefcovic ont salu√© l'accord ambitieux sur le cadre europ√©en pour l'√©nergie et le climat √† l'horizon de 2030, auxquels sont parvenus les chefs d'√Čtat ou de gouvernement les 23 et 24 octobre. Ils ont √©galement abord√© sa mise en oeuvre l√©gislative, de mani√®re √† permettre √† l'Union europ√©enne de jouer pleinement son r√īle dans la pr√©paration de la conf√©rence ¬ęParis Climat 2015¬Ľ, que la France accueillera en fin d'ann√©e prochaine.

Cet échange a également permis d'aborder la question de la sécurité énergétique de l'Europe et des grands investissements nécessaires dans les prochaines années dans les réseaux énergétiques. La France souhaite que les enjeux de la transition énergétique trouvent toute leur place dans le programme d'investissement ambitieux de 300 milliards d'euros d'investissements publics et privés sur la période 2015-2017, annoncé par le président de la Commission et sur lequel des décisions devront être prises avant la fin de l'année.

3 - Climat - Préparation de la COP 20 - Déplacement au Venezuela de Mme Annick Girardin (6-7 novembre 2014)

Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat charg√©e du D√©veloppement et de la Francophonie, participe aujourd'hui et demain √† Caracas √† une r√©union minist√©rielle de pr√©paration de la conf√©rence sur le climat qui se d√©roulera √† Lima du 1er au 12 d√©cembre (COP20).

Cette r√©union minist√©rielle permettra de progresser sur les principaux enjeux de la n√©gociation. La France y rappellera notamment l'importance d'une capitalisation du ¬ęfonds vert¬Ľ d'ici la fin de l'ann√©e. Alors que le GIEC vient de publier son cinqui√®me rapport, elle encouragera tous ses partenaires √† poursuivre leurs efforts de r√©duction des √©missions de gaz √† effet de serre, dont les objectifs devront √™tre pr√©sent√©s au premier trimestre 2015.

Mme Girardin rencontrera √† cette occasion des repr√©sentants de la soci√©t√© civile internationale. Dans la perspective de la conf√©rence ¬ęParis Climat 2015¬Ľ, ce sera l'occasion pour la France de souligner l'importance de la mobilisation et de poursuivre le dialogue avec la soci√©t√© civile apr√®s la marche citoyenne de New York.

4 - Burkina Faso

La France soutient les efforts de la communaut√© des √Čtats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour faciliter la mise en place d'une transition civile et consensuelle au Burkina Faso.

Nous saluons la visite √† Ouagadougou du chef de l'√Čtat ghan√©en, pr√©sident en exercice de la CEDEAO, accompagn√© de ses homologues nig√©rians et s√©n√©galais. Elle a permis de rapprocher les parties, qui se sont accord√©es sur le cadre de la transition : la suspension de la constitution devra √™tre lev√©e ; une personnalit√© civile doit √™tre nomm√©e par consensus pour pr√©sider la transition et un gouvernement de transition √™tre form√© pour une p√©riode d'un an. Des √©lections pr√©sidentielles et l√©gislatives devront √™tre organis√©es d'ici novembre 2015.

La France appuie ce schéma, qui doit permettre au Burkina Faso de sortir de la crise, en conformité avec l'esprit de la constitution. Elle demande instamment aux parties de poursuivre leurs consultations afin d'aboutir dans les meilleurs délais à la désignation d'un gouvernement et d'un président de transition.

Nous saluons l'engagement personnel des chefs d'√Čtat de la r√©gion, qui se r√©unissent aujourd'hui √† Accra, ainsi que la nomination du pr√©sident Macky Sall en tant que chef du groupe de contact et repr√©sentant de la CEDEAO.

5 - Jérusalem - Attaque terroriste (5 novembre 2014)

La France condamne l'attaque terroriste commise hier à Jérusalem.

Nous exprimons nos condoléances aux proches de la victime et assurons les blessés et leurs familles de notre solidarité.

Plus que jamais, la dégradation de la situation souligne l'impérieuse nécessité de réaliser des avancées sérieuses en direction de la paix.

6 - Tunisie - Attaque contre un convoi militaire (5 novembre 2014)

La France condamne l'attaque perpétrée le 5 novembre contre un convoi militaire dans l'ouest de la Tunisie.

Nous exprimons nos condoléances aux proches des victimes. Dans ces circonstances douloureuses, nous assurons les autorités et le peuple tunisiens de notre solidarité.

Face à la menace terroriste, il est essentiel que la cohésion de la nation tunisienne permette d'achever la transition démocratique en cours dans le pays.

7 - Chine - Quatrièmes rencontres franco-chinoises de la coopération décentralisée (Strasbourg, 6-7 novembre 2014)

Les quatrièmes rencontres franco-chinoises de la coopération décentralisée franco-chinoise se tiennent cette année à Strasbourg le 6 et 7 novembre sur le thème de l'innovation et de la coopération en faveur du développement des territoires.

Forte de plus de 180 projets entre nos collectivités territoriales, la coopération décentralisée franco-chinoise illustre le dynamisme des relations entre nos deux pays, qui célèbrent cette année le cinquantenaire de leurs relations diplomatiques.

Trois ateliers seront organis√©s sur le d√©veloppement urbain et rural, le r√īle que peuvent jouer les PME-PMI et l'impact territorial de l'innovation. Pour la premi√®re fois cette ann√©e, un forum √©conomique associant des entreprises sera √©galement organis√© √† l'occasion de cet √©v√©nement.

Pour plus d'informations :

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/action-exterieure-des/actualites-et-agenda-de-la/actualites-de-la-cooperation/article/4emes-rencontres-franco-chinoises

8 - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - Ambassadeurs thématiques

Q - La commission des Finances a réduit mercredi les crédits des ambassadeurs thématiques, jugeant que l'utilité de ces postes pose question : quelle est votre réaction ? Combien il y a-t-il d'ambassadeurs thématiques, qui sont-ils et quels sont les thèmes qu'ils ont en charge ?

R - Il y a actuellement 22 ambassadeurs thématiques, dont 14 sont des agents titulaires du ministère des Affaires étrangères et du Développement international. 2 sont des agents détachés par d'autres ministères et rémunérés par le Quai d'Orsay. 6 sont des personnalités extérieures non rémunérées.

Les ambassadeurs th√©matiques jouent un r√īle essentiel : leur nomination r√©pond √† la n√©cessit√© de coordination et d'analyse sur des sujets prioritaires pour notre action diplomatique. Ils assurent des missions transversales sur des th√©matiques sensibles (droits de l'Homme, environnement, changement climatique, criminalit√© organis√©e, etc.), qui impliquent une pr√©sence et une expertise sp√©cifiques dans les instances multilat√©rales. Nos principaux partenaires disposent de dispositifs comparables.

9 - Conf√©rence de ¬ęParis Climat 2015¬Ľ - Budget

Q - La commission des Finances a r√©duit mercredi de 10 millions d'euros le budget pr√©vu pour la conf√©rence de Paris sur le Climat 2015 (179 millions), traduisant une volont√© de voir all√©ger la facture de ce sommet pour l'√Čtat. Quelle est votre r√©action ?

R - L'accueil de la conf√©rence ¬ęParis Climat 2015¬Ľ constitue un √©v√©nement majeur qui contribuera au rayonnement et √† l'attractivit√© de notre pays, avec la participation attendue de plusieurs dizaines de milliers de personnes repr√©sentant √Čtats, organisations non gouvernementales, entreprises et m√©dias.

Le gouvernement est activement engagé dans la recherche de partenaires privés pour contribuer au financement de son organisation. M. Laurent Fabius a ainsi reçu le 30 octobre une soixantaine d'entreprises françaises intéressées par cet événement, qui constituera également une occasion de valoriser nos technologies et notre expertise dans le domaine du développement durable./.

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2. D√©r√®glement climatique - Publication du cinqui√®me rapport du GIEC - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (Paris, 05/11/2014)

Madame la Ministre, Chère Ségolène,

Monsieur le Président du GIEC, Cher Monsieur Pachauri,

Mesdames et Messieurs,

Si la notoriété d'un organisme se mesure à la nécessité ou non d'expliquer ce que signifie son sigle, le GIEC n'a plus aucun problème de notoriété. En effet, qu'il s'agisse du GIEC en français ou de IPCC en anglais, maintenant tout le monde ou presque sait de quoi il s'agit. Les rapports successifs du GIEC sont des modèles de probité scientifique qui combinent la précision de l'analyse et le sens de la synthèse. Ces rapports, et c'est extraordinairement méritoire dans ce domaine, sont incontestés pour la raison qu'ils se donnent les moyens d'être incontestables.

Je veux rendre hommage au docteur Pachauri, le président du GIEC, au professeur Jean Jouzel, le vice-président et à tous ceux qui ont participé à ces travaux remarquables. J'avais eu le plaisir d'accueillir au Quai d'Orsay l'an passé le docteur Pachauri pour la présentation du précédent rapport, je veux saluer tous les membres du GIEC qui sont aujourd'hui parmi nous.

Je pense que ce cinquième rapport de synthèse du GIEC fera date et sera le fondement scientifique de l'accord espéré à Paris.

Il nous dit trois choses assez simples et finalement capitales :

- Premièrement, le climato-scepticisme est injustifiable.

- Deuxièmement, le climato-fatalisme est dangereux.

- Troisièmement, le climato-volontarisme est nécessaire.

Le climato-scepticisme, nous l'avons subi pendant des années, y compris en France d'ailleurs, mais la réalité du dérèglement climatique et de son accélération est désormais une donnée scientifique incontestable. L'influence des activités humaines est démontrée, il existe un lien direct entre le réchauffement et le cumul des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine. Il n'y a plus place aujourd'hui, au plan scientifique, pour le doute à l'égard du dérèglement climatique.

Le climato-fatalisme est dangereux. Certains ne contestent pas ou plus la r√©alit√© du ph√©nom√®ne mais, vous l'entendez peut-√™tre autour de vous, ils disent ¬ę√† quoi bon¬Ľ. Ils pensent qu'il n'est plus temps d'agir. C'est une erreur grave car - et cela est tr√®s bien d√©montr√© dans ce rapport - la cons√©quence du climato-fatalisme, de l'inaction, ce serait un sc√©nario catastrophe qui pourrait conduire √† une hausse de la temp√©rature mondiale de trois √† six degr√©s d'ici la fin du si√®cle. Les cons√©quences en cha√ģne seraient d√©vastatrices, la multiplication des √©v√©nements climatiques extr√™mes, affectant en premier lieu les pays les plus vuln√©rables, des risques accrus pour la biodiversit√©, une √©l√©vation du niveau de la mer pouvant aller jusqu'√† plusieurs m√®tres. Cela entra√ģnerait donc la disparition de certains territoires habit√©s, des menaces extr√™mement graves pour la s√©curit√© alimentaire et des d√©fis sanitaires terribles.

Bref, on ne va pas employer des grands mots, il suffit d'employer des mots simples, nous jouons l'avenir de la planète et certains pays jouent même leur survie.

D'o√Ļ la troisi√®me proposition de ce rapport, le climato-volontarisme est n√©cessaire. Il est encore possible d'agir mais le temps presse. Un sursaut mondial est absolument urgent. Il est encore possible de limiter l'√©l√©vation de la temp√©rature √† deux degr√©s √† condition que les √©missions mondiales des gaz √† effet de serre soient r√©duites, entre 2010 et 2050 de 40 √† 70 %. Et plus nous tardons - ceci est tr√®s bien montr√© dans le rapport - plus ce sera co√Ľteux et plus nous risquons d'√©chouer. En effet, l'inaction pr√©sente le double inconv√©nient du risque de l'√©chec et de la certitude du surco√Ľt.

√Ä nous donc de prendre des d√©cisions pour changer de trajectoire car nous portons une responsabilit√©, au sens √©tymologique, historique. Nous sommes en effet, tous, quel que soit notre √Ęge, la premi√®re g√©n√©ration √† prendre vraiment conscience du ph√©nom√®ne mais nous sommes aussi la derni√®re g√©n√©ration √† pouvoir agir.

Et en abordant la COP20 à Lima d'ici quelques jours, puis la présidence de la COP21 à Paris, je ne suis personnellement ni climato-sceptique, ni climato-fataliste mais, comme vous tous j'imagine, je suis climato-volontaire.

Mesdames et Messieurs, dans un peu plus d'un an, en décembre 2015, la France va accueillir la conférence mondiale sur le climat. Par son ampleur, il s'agira de la plus importante conférence diplomatique jamais organisée en France : 20 000 délégués officiels, 20 000 invités et 3 000 journalistes.

Mon pays est honor√© d'avoir √©t√© d√©sign√© pour l'accueillir, d√©signation comme le faisait remarquer avec humour le pr√©sident de la R√©publique r√©cemment, sans doute facilit√©e par le fait que nous √©tions le seul candidat. Mais je me rappelle fort bien que lorsque la d√©cision a √©t√© prise √† Varsovie, par acclamation comme l'on dit, les repr√©sentants des autres pays sont venus me voir. Les nouveaux m'ont f√©licit√©, et ceux qui ont un peu plus d'exp√©rience ont ajout√©, dans un sourire que je commence √† comprendre, ¬ębonne chance ¬Ľ.

Soyons lucides. À l'exception de Kyoto en 1997, les précédentes conférences - voyez que je suis diplomate - ont souvent été décevantes même si certaines décisions utiles ont été prises. Les causes sont nombreuses, elles tiennent parfois, vous en parliez Docteur, à un manque de préparation suffisamment à l'avance et surtout à l'hostilité de certains grands pays face à la perspective d'un accord. Mais je crois que la situation a changé, ne serait-ce que parce que malheureusement la réalité s'est aggravée.

La Chine est devenue - nous le croyons - favorable, pour des raisons évidentes. Ceux d'entre vous qui se rendent régulièrement en Chine savent que les évolutions climatiques y deviennent insupportables et posent des problèmes, d'ordre économique, social et même politique, considérables aux autorités chinoises.

Aux √Čtats-Unis, quels que soient les r√©sultats √©lectoraux, nous pensons que le pr√©sident Obama est vraiment engag√© sur ces questions et qu'un accord sur le climat constituerait un atout de poids dans le bilan que d√©sormais l'Histoire fera de sa pr√©sidence.

L'Union europ√©enne, comme la ministre S√©gol√®ne Royal l'a fort bien rappel√©, vient de se fixer un objectif qui lui permet d'√™tre la premi√®re √† pr√©senter son objectif de r√©duction des √©missions de gaz √† effet de serre apr√®s 2020. Ce qui va permettre √† l'Europe de jouer un r√īle d'aiguillon, d'incitateur pour dire aux autres ce qui aurait √©t√© impossible si l'accord n'avait pas √©t√© conclu. Voil√† ce que nous avons fait et maintenant, accompagnez-nous.

Heureusement, beaucoup de pays y sont favorables. Mais, avec la m√™me lucidit√©, il faut reconna√ģtre que certains gouvernements sont encore r√©ticents. Et c'est sans doute pourquoi la t√Ęche de trouver un accord va revenir √† la diplomatie.

Nous devons réussir et j'espère bien, comme vous tous, que nous allons y parvenir.

Vers quel accord voulons-nous aller ? Nous allons en parler à Lima et il n'y a pas lieu de trop anticiper. Mais à ce stade, le projet est d'aller vers un accord qui pourrait, avec des différences de portée juridiques, comporter quatre points.

Le premier, qui est majeur, est un protocole juridique qui devra engager tous les pays pour demeurer sous la barre des deux degrés.

Le second, ce sont les engagements des différents pays, indiquant leur projet pour 2025 - 2030 et au-delà, c'est-à-dire, quels seront leurs efforts concrets pour décarbonner leur économie. C'est difficile à obtenir mais c'est indispensable.

Le troisième élément, ce seront les financements et les technologies mises à disposition pour permettre, surtout aux pays les plus pauvres, d'appliquer cet accord. Les pays pauvres, notamment ceux d'Afrique, présentent cette situation insupportable et paradoxale d'être à la fois ceux qui ont le moins pollué et ceux qui seraient les plus touchés. Il faut donc prendre cela en compte.

Le dernier élément de ce que pourrait être un accord sur le climat à Paris, ce sont les solutions qu'apportent des grandes villes, des régions et un certain nombre de grandes entreprises ou de branches professionnelles. D'ores et déjà, ces entités accomplissent un travail tout à fait remarquable. Le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, a demandé à Michael Bloomberg, l'ancien maire de New York, de s'occuper avec d'autres personnalités des villes et nous commençons à réaliser un travail avec les régions.

Récemment, lors du sommet mondial des régions pour le climat organisé à Paris, j'ai eu le plaisir de voir le gouverneur Schwarzenegger s'engager à convaincre les uns et les autres. Et je tiens à souligner que les ONG accomplissent un travail énorme.

S'agissant des branches √©conomiques, certaines se sont d√©j√† engag√©es √† diminuer leurs √©missions de gaz √† effet de serre. C'est le cas notamment, m√™me si cela peut para√ģtre surprenant, de la branche du ciment. Certaines grandes entreprises accomplissent des efforts tr√®s int√©ressants, par exemple pour lutter contre la d√©forestation et pour investir dans des projets verts.

Il existe donc, et on l'a vu durant la semaine de l'Assemblée générale à New York, une convergence des efforts. Si nous réussissons à Paris, je pense que ce sera en prenant en compte ces quatre piliers.

Quel est le calendrier d'ici la conférence de Paris ?

Il y aura de très nombreuses réunions dans les prochains mois, je veux juste en citer quelques-unes, sans ordre hiérarchique.

D'ici la fin novembre, nous avons la r√©union de Berlin pour abonder le Fonds vert et jusqu'√† pr√©sent, il n'y a que l'Allemagne et la France qui ont fait conna√ģtre leur contribution. Mais je crois comprendre que ce ne sont pas, tout de m√™me, les deux seuls pays suppos√©s riches et d√©velopp√©s dans le monde.

Nous avons ensuite la COP20 à Lima au Pérou au mois de décembre qui sera elle-même précédée par la pré-COP de Caracas ces jours-ci.

Cette COP20 de Lima doit nous permettre de nous mettre d'accord sur une première ébauche du texte de Paris et de décider de la nature des objectifs nationaux qui devront être présentés par les uns et par les autres, bien avant Paris et, si possible, à Varsovie d'ici au mois de mars 2015. Nous travaillons avec nos amis péruviens pour qu'ils avancent le plus possible car le travail réalisé cette année n'aura pas besoin de l'être l'an prochain. Lima est donc une échéance extrêmement importante.

Ensuite, de m√™me qu'il y a eu fin septembre 2014 un sommet positif aux Nations unies initi√© par M. Ban Ki-moon, auront lieu des sommets, celui du G7 puis du G20, o√Ļ ces probl√®mes de climat seront sur la table. D'autres r√©unions que je cite p√™le-m√™le : Davos au d√©but de l'an prochain avec un focus sur ces aspects, des r√©unions sur tous les continents, la conf√©rence scientifique √† l'UNESCO que S√©gol√®ne Royal a cit√©e et ensuite de tr√®s nombreuses r√©unions de sensibilisation ou de n√©gociation. Il faut v√©rifier que tout le monde se trouve effectivement bien √† bord.

Enfin, en décembre 2015, ce sera la conférence de Paris, moment clef pour réorienter, car il s'agit de cela, notre modèle de développement. Il faut nous réorienter pour réussir l'après carbone.

Cela signifie que l'accord qui sera, espérons-le, conclu à Paris ne marquera en fait pas la fin du processus. Même le meilleur accord possible - et nous allons travailler en ce sens - devra être complété avant et après 2020. Mais, pour autant, il est indispensable qu'un accord universel, ambitieux et comprenant les engagements de réduction d'émission soit conclu en 2015 pour pouvoir entrer en vigueur en 2020. Ce cinquième rapport du GIEC nous dit avec limpidité que nous n'avons pas d'autres choix raisonnables.

Certains nous demandent d√©j√† ce qui va se passer si on ne parvient pas √† un accord √† Paris. Je pense qu'il n'y a pas de formule meilleure que celle de M. Ban Ki-moon qui a dit et je reprends souvent cette expression : ¬ęIl n'y a pas de plan B car il n'y a pas de plan√®te B¬Ľ.

Nous n'avons pas le droit d'échouer car si c'était le cas, il y aurait, vous le démontrez, des conséquences irréversibles que nous ne pourrions pas rattraper.

√Čvidemment, le succ√®s ne d√©pend pas que de la France. Mais soyez assur√©s - S√©gol√®ne Royal l'a montr√© - que mon pays donnera le meilleur de lui-m√™me et que nous ne m√©nagerons pas nos efforts. Nous ferons tout pour que les pr√©dictions sombres que les rapports successifs du GIEC dessinent au cas o√Ļ il n'y aurait pas d'action ne deviennent pas r√©alit√©, car nous prenons ces rapports du GIEC avant tout comme des appels √† l'action.

Les Grecs anciens disaient que l'art du politique r√©sidait dans le sens de ce qu'ils appellent le ¬ękairos¬Ľ qui est une capacit√© de saisir le moment opportun, le moment pour agir. Aujourd'hui, le kairos du climat est incontestablement venu. C'est aux gouvernements de d√©montrer par leurs actes qu'ils l'ont compris. N'oublions pas qu'en fran√ßais comme dans d'autres langues, ¬ęresponsable¬Ľ veut dire : qui apporte des r√©ponses.

Dans ce cinquième rapport du GIEC, les scientifiques nous lancent un appel à l'action qu'il faut écouter. Paris-2015 doit apporter une réponse politique aux messages incontestables des scientifiques dans le cinquième rapport du GIEC.

Merci beaucoup./.

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3. D√©r√®glement climatique - Publication du cinqui√®me rapport du GIEC - Communiqu√© du minist√®re de l'√Čcologie, du D√©veloppement durable et de l'√Čnergie (Paris, 05/11/2014)

Ségolène Royal et Laurent Fabius ont reçu Rajendra Kumar Pachauri, président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), mercredi 5 novembre à Paris. À cette occasion, le Dr Pachauri a présenté le 5e rapport du GIEC.

La ministre a ouvert la conf√©rence en soulignant ¬ęl'√©norme et remarquable travail accompli pendant sept ann√©es par les scientifiques de tous les pays¬Ľ.

¬ęLe rapport de synth√®se nous donne des cl√©s pour comprendre qui sont aussi des cl√©s pour agir¬Ľ, a poursuivi la ministre. Le changement climatique ¬ęce n'est pas de la science-fiction, c'est d√©j√† la r√©alit√©¬Ľ.

√Ä un an de la conf√©rence climatique qui se tiendra √† Paris, COP21, la ministre a indiqu√© qu'il √©tait encore temps d'agir : ¬ęChacun √† son √©chelle, dans sa vie quotidienne, peut agir efficacement¬Ľ./.

(Source : site Internet du minist√®re de l'√Čcologie, du D√©veloppement durable et de l'√Čnergie)

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4. Union europ√©enne - Anniversaire de la chute du Mur de Berlin - R√©ponse de M. Matthias Fekl, secr√©taire d'√Čtat charg√© du Commerce ext√©rieur, de la Promotion du tourisme et des Fran√ßais de l'√©tranger, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 05/11/2014)

Monsieur le D√©put√©, vous qui √™tes aussi pr√©sident du groupe d'amiti√© France-Allemagne, je vous prie tout d'abord d'excuser le ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international et le secr√©taire d'√Čtat aux Affaires europ√©ennes.

Vous l'avez dit, il y a vingt-cinq ans tombait le mur de Berlin et, avec lui, le rideau de fer qui divisa le monde. À la demande du Premier ministre, je représenterai le gouvernement dimanche à Berlin lors des cérémonies commémoratives.

Le 9 novembre 1989, à Berlin, j'y étais.

Comme vous, sur tous les bancs de cet hémicycle, je n'oublierai jamais ces journées de joie et de liberté enfin retrouvée. Nous n'oublierons jamais non plus les victimes du Mur, abattues en voulant fuir la dictature.

Vous avez √©voqu√© l'esprit de ces journ√©es, mais aussi la situation actuelle, la crise, les populismes au coeur m√™me de l'Europe. Vingt-cinq ans apr√®s, la France est plus que jamais attach√©e √† l'esprit europ√©en. Aucun √Čtat ne peut relever seul les d√©fis du XXIe si√®cle. Les recettes du monde d'hier ne sont pas une boussole pour le monde qui vient.

C'est tout le sens de notre combat pour l'Europe de l'emploi, de la croissance et de l'investissement, qui est au coeur de l'action du pr√©sident de la R√©publique et du gouvernement. C'est la politique de d√©fense et de s√©curit√© pour faire face aux menaces, aux portes de l'Union et ailleurs dans le monde. C'est notre engagement pour l'Europe de la culture, des libert√©s, des droits de l'homme - autant de fers de lance contre les populismes et l'intol√©rance. C'est le sens de l'initiative franco-allemande contre le scandale du ch√īmage des jeunes.

Monsieur le Député, être fidèle à l'esprit de 89, c'est proposer aux jeunes Européens un autre destin, c'est leur permettre un autre avenir./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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5. Union europ√©enne - Immigration - R√©ponse de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Int√©rieur, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 05/11/2014)

(...)

La politique du gouvernement vise d'abord à résoudre un problème humain, celui d'hommes, de femmes, d'enfants poussés sur le chemin de l'exode par les persécutions qu'ils subissent dans leur pays.

Nous voulons que ces personnes, qui relèvent du droit d'asile, puissent se voir proposer l'asile en France, et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé de renforcer considérablement les moyens de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, l'OFII, et de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, l'OFPRA. L'asile permettrait à ces personnes d'échapper aux mains des passeurs qui se livrent à une véritable traite d'êtres humains dans les conditions que l'on sait.

Deuxièmement, nous voulons créer les conditions d'un soutien sanitaire et alimentaire à ces personnes. C'est la raison pour laquelle nous avons donné notre accord à l'ouverture d'un accueil de jour pour ces migrants.

Troisièmement, nous souhaitons démanteler les filières de l'immigration irrégulière à Calais. Nous renforçons dans ce but les effectifs des forces de l'ordre de cent personnes supplémentaires. Ce renfort permettra d'améliorer encore l'efficacité de notre politique en la matière - le nombre de filières démantelées s'est accru de 30 % au cours de la dernière année.

Enfin nous agissons au niveau européen et franco-britannique. Avec les Britanniques, nous avons trouvé un accord qui, dans le cadre du traité du Touquet, leur permettra de financer à hauteur de quinze millions d'euros sur trois ans la sécurisation du port.

Au niveau europ√©en, les √Čtats membres de l'Union europ√©enne sont tomb√©s d'accord pour substituer √† l'op√©ration Mare Nostrum une op√©ration de contr√īle des fronti√®res ext√©rieures de l'Union europ√©enne et combattre ensemble les fili√®res de l'immigration irr√©guli√®re./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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6. Union europ√©enne - Immigration - Lutte contre le terrorisme - R√©union des ministres de l'Int√©rieur du G6 - Entretien de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'Int√©rieur, avec le quotidien ¬ę20 Minutes¬Ľ (Calais, 06/11/2014)

Q - Pourquoi réunir les ministres de l'Intérieur du G6 ce jeudi ?

R - Pour avancer sur deux sujets essentiels : la lutte contre le terrorisme et la question des migrations en Méditerranée.

Q - Cela n'intéresse que 6 des 28 pays de l'Union européenne ?

R - Non bien s√Ľr, mais ces 6 pays ont l'habitude de se rencontrer pour formuler ensuite des propositions concr√®tes √† l'ensemble de l'UE.

Q - Quelles propositions en matière de terrorisme ?

R - Il est impératif que nos polices partagent encore mieux leurs renseignements pour démanteler les filières terroristes.

Q - Elles le font déjà...

R - Il faut aller plus loin, en se dotant d'outils communs comme le PNR européen, permettant de mieux suivre le parcours des terroristes dans l'espace Schengen pour mieux les neutraliser.

Q - L'Europe n'y est pas vraiment favorable...

R - Tous les √Čtats membres soutiennent d√©j√† cette initiative et nous devons maintenant convaincre le Parlement europ√©en, qui est co-d√©cideur. Je souhaite aussi des contr√īles renforc√©s aux fronti√®res sur certaines provenances et destinations.

Q - La Turquie, o√Ļ transitent les candidats au djihad, livre-t-elle assez de renseignements ?

R - Nous sommes avec la Turquie dans une relation de confiance. Mais cette confiance peut être chaque jour approfondie.

Q - Bloquer un site va désormais être possible en France. Mais ailleurs en Europe ?

R - Plusieurs pays européens sont dans la même démarche que nous pour lutter contre la propagande terroriste sur le Net. Nous avons engagé cette réflexion avec les grands opérateurs internet qui nous ont fait part de leur volonté de procéder eux-mêmes à cette régulation. Le projet de loi antiterroriste que j'ai présenté au Parlement et qui vient d'être adopté prévoit que s'ils ne le font pas d'eux-mêmes, nous procéderons alors au blocage administratif.

Q - Même sur les réseaux sociaux ?

R - Les représentants de Facebook ont déjà répondu favorablement à cette demande de régulation. Ils ont reconnu que tout signalement qu'on pourrait leur transmettre en amont permettrait de réagir plus vite. Je rappelle que l'incitation au terrorisme ne relève pas de la liberté d'expression, mais du délit. Les partenaires de l'UE sont mobilisés et nous avançons ensemble.

Q - Autre enjeu du G6, les flux migratoires. Avec la fin du dispositif de secours Mare Nostrum, l'Europe abandonne-t-elle ses migrants en pleine mer ?

R - Bien s√Ľr que non. L'op√©ration Mare Nostrum √©tait d√©ploy√©e par les Italiens pr√®s des c√ītes libyennes, ce qui a malheureusement conduit les fili√®res criminelles de passeurs √† mettre de plus en plus de migrants sur des embarcations de plus en plus dangereuses. D√©sormais, l'op√©ration Triton [nom de la nouvelle op√©ration, NDR], en pla√ßant ses bateaux au plus pr√®s des c√ītes europ√©ennes, permettra un v√©ritable contr√īle des fronti√®res tout en permettant des sauvetages.

Q - L'UE semble se désintéresser de cette question...

R - Au contraire, l'Europe réagit, et la France n'y est pas pour rien: nous avons pris l'initiative de proposer ce plan qui est désormais la feuille de route de l'UE. 120.000 migrants ont traversé la Méditerranée depuis janvier. Toute l'Europe est concernée et sa réponse doit conjuguer humanité et responsabilité. Sur ce sujet comme pour d'autres, l'Europe n'est pas le problème, mais la solution.

Q - Pour résoudre la question des flux migratoires, vous avez suggéré que des policiers britanniques puissent venir à Calais. Pouvez-vous préciser ?

R - Non, je n'ai pas propos√© cela. J'ai dit qu'il pourrait √™tre utile que des fonctionnaires britanniques viennent expliquer aux migrants qu'ils ont int√©r√™t √† demander l'asile en France plut√īt que d'essayer de passer en Grande-Bretagne. Cela figure d'ailleurs dans le plan que nous avons arr√™t√© avec les Britanniques. Il pr√©voit aussi leur participation √† la s√©curisation du port de Calais √† hauteur de 15 millions d'euros sur trois ans, et un travail commun dans le d√©mant√®lement des fili√®res d'immigration irr√©guli√®re. Cet accord obtenu est une bonne nouvelle pour tous les Calaisiens.

Q - L'immigration clandestine est-elle le principal problème que l'UE aura à l'avenir à affronter ?

R - C'est une des problématiques à laquelle l'Europe doit répondre, en gardant à l'esprit que la principale cause de cette pression migratoire réside dans les conflits et guerres civiles qui ont récemment éclaté en Afrique. L'enjeu dépasse les frontières de l'Europe, il est international./.

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7. Union europ√©enne - Justice et s√©curit√© - Examen au S√©nat du projet de loi portant adaptation de la proc√©dure p√©nale au droit de l'Union europ√©enne - Propos liminaires de Mme Christiane Taubira, garde des Sceaux, ministre de la Justice (Paris, 05/11/2014)

Ce texte transpose des d√©cisions-cadres et des directives de l'Union europ√©enne, dans le cadre de la construction de l'espace commun de libert√©, de s√©curit√© et de justice que l'Europe b√Ętit depuis le Conseil europ√©en de Tampere en 1999 et qui aboutit, en 2002, √† la cr√©ation d'Eurojust. Le programme quinquennal de La Haye, entre 2004 et 2009, a consolid√© les droits fondamentaux tout en posant les bases de la lutte contre le terrorisme et la criminalit√© organis√©e ; il a √©t√© suivi par le programme de Stockholm, plus consistant, qui a pr√©cis√© les droits et libert√©s et favoris√© l'acc√®s au droit et √† la justice. Le programme post-Stockholm, adopt√© en juin 2014, renforce Europol et Eurojust et pr√©pare la cr√©ation du parquet europ√©en au 1er semestre 2015.

Le principe de reconnaissance mutuelle des d√©cisions de justice trouvera, avec les trois d√©cisions-cadres transpos√©es dans notre droit interne par ce projet de loi, une r√©elle application. Elles auraient d√Ľ √™tre transpos√©es en novembre 2012. L'une concerne les d√©cisions de probation, une autre, les mesures de contr√īle judiciaire comme alternative √† la d√©cision provisoire ; la troisi√®me concerne la pr√©vention et le r√®glement des conflits lorsqu'il y a des raisons de penser que des proc√©dures parall√®les sont ouvertes dans deux √Čtats ; il s'agit d'√©viter la violation du principe non bis in idem.

Il n'y a pas de mesures contraignantes, mais une incitation √† la recherche d'un consensus. Des exceptions sont pr√©vues, touchant √† la pr√©servation des int√©r√™ts nationaux de s√©curit√© ou la mise en cause possible de la s√©curit√© d'une personne. Les √Čtats sont invit√©s √† consulter Eurojust pour les mati√®res qui rel√®vent de sa comp√©tence.

Dans la même logique, pour éviter l'impunité et mieux protéger les victimes de manière équivalente dans l'ensemble de l'espace européen, nous avons introduit dans ce texte des dispositions relatives aux droits des victimes.

Ce texte comporte aussi des mesures modifiant le code de l'entr√©e et du s√©jour des √©trangers et du droit d'asile (Ceseda), avec la transposition d'une directive qui aurait d√Ľ l'√™tre avant d√©cembre 2013. La Commission europ√©enne a engag√© une proc√©dure pour manquement ; il y a donc urgence car la France risque de subir des pr√©judices p√©cuniaires...

La commission des lois a accepté d'introduire dans ce texte deux autres transpositions de directives relatives aux droits et à la protection des victimes d'infractions pénales. Nous expérimentons déjà le suivi individualisé des victimes, une évaluation est prévue à la fin de l'année, qui sera suivie de la publication des décrets nécessaires. En outre, un amendement du Gouvernement porte sur la contrainte pénale ; l'autre tire les conséquences d'une décision du Conseil constitutionnel interdisant le recours à la garde à vue de 96 heures en cas d'escroquerie en bande organisée.

Texte technique, donc, mais qui fait sens pour la construction d'un espace européen de justice et de sécurité ; il vise à éviter l'impunité des auteurs d'infraction et à améliorer la protection des victimes. Merci de l'accueil que vous lui avez fait./.

(Source : site Internet du Sénat)

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8. Royaume-Uni - Drones de combat - Communiqu√© du minist√®re de la D√©fense (Paris, 05/11/2014)

La DGA et son homologue britannique (DE&S) lancent les études industrielles du futur drone aérien de combat franco-britannique

Le délégué général pour l'armement Laurent Collet-Billon, et son homologue britannique, le Chief of Defence Materiel Bernard Gray, ont procédé au lancement industriel du projet franco-britannique de drone de combat futur (FCAS - Future Combat Air System) le 5 novembre 2014. Ils ont remis solennellement aux partenaires industriels du projet (Dassault Aviation - BAE Systems, Rolls-Royce - Safran et Selex ES - Thales), les contrats d'études de la phase de faisabilité du FCAS.

La signature de ces contrats FCAS marque un nouveau succès pour la coopération franco-britannique qui bénéficie depuis 2010 de la dynamique impulsée par les traités de Lancaster House. Elle fait suite à l'engagement pris lors du Sommet franco-britannique de Brize Norton en janvier 2014 entre le président François Hollande et le Premier ministre David Cameron, et l'accord étatique signé par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian et son homologue britannique à l'occasion du salon de Farnborough en juillet 2014. Elle intervient à l'issue d'une phase préparatoire de deux ans qui a réuni sur ce projet ambitieux Dassault Aviation et BAE Systems comme systémiers, Thales et Selex ES pour l'électronique embarquée et les senseurs, ainsi que Safran et Rolls-Royce pour la propulsion.

L'engagement conjoint, d'un montant de 120M£ (150Meuro) également répartis entre les partenaires, est complété par des études nationales lancées en parallèle, pour un montant d'environ 40M£ (50Meuro) par pays. Cette phase de faisabilité conjointe de deux ans qui débute aujourd'hui portera plus particulièrement sur les architectures de drones de combat, sur certaines technologies-clés et sur la définition des moyens de simulation destinés à valider les choix techniques et les concepts d'emplois. La France comme le Royaume-Uni mettront également à profit l'expérience acquise dans le domaine des drones aériens de combat avec les démonstrateurs technologiques NEURON et TARANIS, projets conduits respectivement par Dassault-Aviation et BAE Systems.

La phase de faisabilité prépare le lancement du développement et de la réalisation d'un démonstrateur de drone de combat prévu début 2017. Avec le projet FCAS, c'est l'avenir de notre industrie aéronautique dans le domaine des aéronefs de combat qui se joue./.

(Source : site Internet du ministère de la Défense)

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9. D√©sarmement nucl√©aire - Intervention √† l'Assembl√©e g√©n√©rale du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s de la Conf√©rence du d√©sarmement (New York, 30/10/2014)

Je me permets de prendre la parole sur la r√©solution L.36 ¬ęUnit√© d'action pour l'√©limination totale des armes nucl√©aires¬Ľ. Mon pays a vot√© en faveur de cette r√©solution, qui refl√®te dans son √©conomie g√©n√©rale les engagements auxquels il a souscrit en mati√®re de d√©sarmement nucl√©aire.

Néanmoins, je souhaiterais souligner les préoccupations de mon pays concernant l'évolution de ce texte depuis plusieurs années et son souhait de continuer à voir le plan d'action TNP adopté par consensus en 2010 repris de manière équilibrée :

- Mon pays reste attach√© √† ce que les r√©solutions pr√©sent√©es √† l'AGNU reconnaissent √† leur juste valeur les efforts entrepris par les √Čtats dot√©s dans ce domaine.

- Par ailleurs, mon pays est pleinement conscient des graves conséquences d'un éventuel emploi de l'arme nucléaire. Il est de l'intérêt de toutes les Nations de l'éviter. Je tiens à rappeler que, pour la France, l'arme nucléaire n'est pas une arme de bataille, mais un moyen de dissuasion, destiné à la seule protection de nos intérêts vitaux. La doctrine de dissuasion française, strictement défensive, limite rigoureusement les cas dans lesquels les armes nucléaires pourraient être employées à des circonstances extrêmes de légitime défense, dans le respect de la Charte des Nations unies.

- Enfin, la France regrette l'absence de référence, dans cette résolution, aux travaux substantiels conduits cette année dans le cadre du groupe des experts gouvernementaux sur le Traité d'interdiction de la production de matières fissiles (FMCT/TIPMF).

La France estime que la priorit√© en mati√®re de d√©sarmement nucl√©aire va √† la mise en oeuvre de mesures concr√®tes, qui correspondent √† une approche r√©aliste et progressive, refl√©t√©e dans le plan d'action du TNP adopt√© par consensus en 2010, seule √† m√™me de renforcer concr√®tement notre s√©curit√© collective. La France continuera √† faire tout son possible pour aller vers un monde plus s√Ľr pour tous et pour cr√©er les conditions d'un monde sans armes nucl√©aires, conform√©ment aux objectifs du TNP.

Je vous remercie./.

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10. APD - √Čpid√©mie Ebola - Francophonie - D√©r√®glements climatiques - Entretien de Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat aupr√®s du ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international, charg√©e du D√©veloppement et de la Francophonie, avec ¬ęTV5-Monde¬Ľ, ¬ęRFI¬Ľ et ¬ęLe Monde¬Ľ (Paris, 26/10/2014)

Q - On a l'impression que l'on diminue l'aide au développement dans l'indifférence des Français ?

R - Je voudrais d'abord vous dire qu'aujourd'hui, nous sommes devant un tel d√©fi en mati√®re de d√©veloppement qu'il faut poser la difficult√© : les √Čtats seuls ne pourront pas r√©pondre au d√©fi du d√©veloppement ; il faudra donc travailler autrement. Cela ne veut pas dire que l'on peut sacrifier l'APD, cela veut dire l'utiliser comme levier.

Fran√ßois Hollande a souhait√© que l'objectif de 0,7 soit maintenu. Cet objectif est inscrit dans la loi et nous avons dit que nous reprendrons cette direction d√®s que l'on pourra le faire, lorsque la France aura retrouv√© le chemin de la croissance. On ne peut pas dire aux Fran√ßais que ce budget de la solidarit√© et de l'aide internationale ne fera pas un effort, alors qu'on leur demande de se serrer la ceinture, alors que l'on conna√ģt aujourd'hui les chiffres du ch√īmage et que l'on voit la situation en France. Chaque budget a √©t√© appel√© √† faire un effort, ce budget a fait son juste effort, rien n'est sacrifi√©, le coeur de l'action est encore l√†, c'est-√†-dire le soutien aux pays les plus d√©favoris√©s, les 16 pays prioritaires, tout cela sans se d√©tourner des autres mais sous diff√©rentes formes.

Q - N'y avait-il pas moyen de sanctuariser ce budget pour l'aide au développement, sachant déjà que la proportion de fonds détournés vers l'Afrique est assez minime par rapport au budget total de la France ? Malgré la crise, la Grande-Bretagne parvient au 0,7 % de revenu national pour le développement.

R - C'est effectivement un souhait des ONG, de certains parlementaires et je l'ai dit en ouvrant ce débat. Ce n'est pas la solution qui a été choisie en ce qui nous concerne. La France n'a pas à rougir de son aide et nous déployons aussi de l'énergie pour travailler avec les autres partenaires du développement que sont les collectivités territoriales et les ONG que je voudrais remercier.

Q - Et ils critiquent cette hausse de budget.

R - C'est normal, c'est leur r√īle. Mais je le redis, nous avons effectivement fait une r√©duction mais ce n'est pas un sacrifice et l'aide n'est pas aujourd'hui, comme certains ont pu le dire, √† la hauteur de ce que nous nous sommes donn√©s comme programmation dans la loi sur le d√©veloppement vot√©e en juillet.

J'aimerais avoir un budget plus important mais il faut √™tre responsable et r√©aliste, c'est ce que je suis. Nous avons fait des choix, des choix g√©ographiques, des choix sur les pays les plus vuln√©rables, des choix de soutenir autrement les autres pays notamment par des pr√™ts AFD qui sont parfois bonifi√©s ou pas bonifi√©s et qui ne co√Ľtent rien √† l'√Čtat.

Q - Quatre années que cela baisse et cela va continuer. Ne faut-il pas mettre un terme parce que l'argent de l'aide publique au développement deviendra invisible ?

R - Ce n'est pas seulement une question qui se pose en France. Je reviens de New York et de Washington o√Ļ il a effectivement √©t√© question de ce d√©bat sur l'APD qui doit rester le levier principal des financements que l'on va pouvoir r√©unir, rassembler pour faire face aux grands d√©fis du d√©veloppement. Les objectifs de d√©veloppement durable qui sont aujourd'hui travaill√©s pour √™tre d√©cid√©s d'ici le milieu de l'ann√©e 2015 montrent que le d√©fi est tel qu'il nous faudra travailler, √Čtats, ONG, entreprises, banques du d√©veloppement, ensemble. Il faut travailler sur les financements innovants, c'est ce que fait la France avec la TTF, la taxe sur les transactions financi√®res ou sur les billets d'avion. Nous r√©fl√©chissons aujourd'hui √† une loterie solidaire, nous travaillons aussi sur le don par SMS. Il nous faut √™tre inventifs, nous mobiliser, il faut anticiper car demain, on ne pourra pas r√©pondre de la m√™me mani√®re qu'aujourd'hui.

Je le redis, l'APD doit être le levier principal de l'aide au développement de demain.

Q - Vous dites que si la croissance repart, ce budget sera revu à la hausse. Avez-vous obtenu des garanties d'ici à 2017 si la croissance est effectivement de retour ?

R - Sur la TTF, nous sommes partis de 10 % orienté vers le développement, nous en sommes aujourd'hui à 25 %. C'est François Hollande, c'est la gauche qui met en place cette taxe sur les transactions financières dont on parlait déjà depuis un certain nombre d'années. Il faut donc s'en féliciter. Nous travaillons également sur d'autres financements innovants et la trajectoire de 0,7 % sera reprise dès que nous pourrons le faire. C'est un engagement.

François Hollande en a pris d'autres : le doublement des aides au ONG d'ici 2017, c'est une trajectoire sur laquelle nous sommes et nous y répondons ; c'est aussi 20 milliards d'euros pour les pays africains les plus défavorisés ; c'est aussi ce que l'on fait aujourd'hui, nous sommes sur cette même trajectoire.

Q - Je reviens sur la terminologie de votre portefeuille ministériel, l'aide au développement. Est-ce pour ne plus avoir à dire, comme autrefois coopération, même si on vous appelle encore parfois ministre de la coopération. Il y avait une connotation un peu France Afrique, parlons clair un peu magouilles, intrigues, avec des liens un peu sulfureux entre la France et les pays africains.

R - La coopération, ce n'est pas un gros mot mais c'est vrai que cela représentait un peu tout ce que vous venez de dire. On a effectivement voulu que la France Afrique soit quelque chose qui soit derrière nous pour travailler différemment avec nos pays partenaires.

Q - Est-ce derrière nous ?

R - Oui et c'est inscrit dans la loi sur le d√©veloppement de juillet dernier, la France Afrique est derri√®re nous. Aujourd'hui nous sommes des partenaires. L'id√©e du d√©veloppement est porteuse de sens, nous avons bien un objectif commun, c'est le d√©veloppement des pays qui sont aujourd'hui nos partenaires. Bien s√Ľr que nous faisons de la coop√©ration pour y parvenir mais l'objectif est le d√©veloppement, c'est travailler en partenariat et que chacun y gagne.

Q - Pourquoi à présent, la personne qui est en charge du développement et de la coopération n'a-t-elle plus rang de ministre, n'est-ce pas un signal ?

R - Vous savez, entre secr√©taire d'√Čtat ou ministre d√©l√©gu√© - ce qu'√©tait mon pr√©d√©cesseur Pascal Canfin √† qui je veux rendre hommage aujourd'hui puisque la loi sur le d√©veloppement, c'est lui qui l'a initi√©e, √† la demande de Fran√ßois Hollande -, cela n'a pas beaucoup de sens pour moi ; peu importe le titre, l'id√©e est d'√™tre dans l'action et de r√©pondre aux besoins.

√Ä c√īt√© du d√©veloppement, j'ai aussi la mission du d√©veloppement de la Francophonie et honn√™tement les deux se rejoignent m√™me si les ONG √©taient un peu inqui√®tes au d√©part sur cette question.

Q - Vous vous occupez également du climat. Puisque la France accueillera la COP21 fin 2015, de nombreux ministères sont concernés et on a l'impression que cette question prend quasiment le pas sur l'objectif de développement. Est-ce le moment, pour les pays qui sont confrontés à l'urgence concernant la pauvreté, d'entonner cette grande marche vers la réduction des gaz à effet de serre ? Est-ce audible pour eux ?

R - Tr√®s rapidement, √† mon arriv√©e car ce n'est pas quelque chose que j'avais pens√© tout de suite comme faisant partie des attributions que j'aurais en prenant ce secr√©tariat d'√Čtat, tr√®s vite - et il n'y a pas que moi -, la lutte contre la pauvret√© va de pair avec la lutte contre le d√©r√®glement climatique.

Qu'est-ce que le d√©r√®glement climatique ? C'est la mont√©e des eaux par exemple. Lorsque l'on se rend au sommet des petits √Čtats insulaires et que l'on constate qu'un certain nombre de gens ont d√©j√† les pieds dans l'eau, que leurs √ģles risquent, dans certains cas, de dispara√ģtre, on voit bien que l'urgence est l√†, que l'on se trouve face √† des pays en d√©veloppement et quelquefois notamment en Afrique, on est en face de pays francophone. Je suis donc tr√®s √† l'aise avec les trois parties de mon portefeuille.

La question du climat, c'est une vraie question, le dérèglement climatique doit totalement être pris en compte aujourd'hui dans toute la politique de développement. Si on ne la prend pas en compte, c'est un siècle de soutien au développement qui peut être réduit à néant. Si on parle de la sécheresse, de la montée des eaux, on voit bien que ce sont les pays les plus vulnérables qui sont touchés en premier même si la France est également touchée.

Q - On peut parler de l'Afrique qi a la double peine, qui ne contribue pas à ce réchauffement climatique mais qui en est directement impactée. Les Européens viennent de se mettre d'accord pour baisser, d'ici à 2030 de 40 % les gaz à effet de serre, l'Afrique subit les méfaits du réchauffement climatique très directement.

R - Il faut tout d'abord se réjouir de la position que viennent de prendre les Européens, il est important pour la France, pour les Européens que l'on prenne ce type de décision, que l'on ait des ambitions, que l'on soit courageux dans les mesures que l'on va prendre parce que, tout simplement, on va porter Paris-climat 2015 et il sera important d'être exemplaire.

Ensuite c'est vrai, lorsque l'on va en Afrique, on se rend bien compte que les effets sont déjà là et que ce sont les moins pollueurs qui subissent aujourd'hui et qu'il nous faut tenir compte de l'adaptation dans toutes nos missions de développement.

√Ä Samoa par exemple, on peut d√©localiser un village mais suffisamment haut pour que, demain, ce qui est d√©j√† advenu deux fois dans les g√©n√©rations pass√©es n'arrive plus et que l'on n'ait pas √† red√©placer le village. Voil√† le type d'initiatives que peut prendre la France. La France, avec ses outremers mais aussi ses c√ītes fran√ßaises est √† la pointe d'un certain nombre d'exp√©rimentations et de technicit√©s, notamment avec nos entreprises qui peuvent r√©pondre √† toutes ces difficult√©s aujourd'hui. Nous devons √™tre aux c√īt√©s de ces petits √Čtats insulaires on doit √™tre aux c√īt√©s de l¬ĎAfrique. Nous avons exp√©riment√© un certain nombre de choses et je crois que nous serons en bonne position pour √™tre des m√©diateurs dans cette ann√©e de n√©gociation en 2015.

Q - Vous √©tiez √† New York o√Ļ vous avez rencontr√© vos partenaires, avez-vous l'impression qu'aujourd'hui, avec la Chine qui a le pied sur le frein, les √Čtats-Unis idem, les conditions soient r√©unies pour avoir ce grand accord sur le climat en France en 2015, dont r√™vent beaucoup de pays ?

R - Il est clair que l'on veut tous - en tout cas la France et plusieurs partenaires - un accord ambitieux. Nous voulons un accord universel, un accord qui pr√©pare o√Ļ qui pr√©sente les solutions.

Q - Avez-vous senti que les autres étaient prêts à cet accord ?

R - √Ä New York, on sent la dynamique dans les discours des chefs d'√Čtat ou de gouvernement qui sont pr√©sents. On voit qu'un certain nombre de discours que la France porte depuis longtemps, notamment sur l'adaptation qui est dans la loi de juillet 2014 pr√©voyant d√©j√† dans tous nos projets de soutien au d√©veloppement la question de l'adaptation au r√©chauffement climatique sont repris. On voit l√† le pr√©sident Obama reprendre ce discours et dire que cette adaptation doit imm√©diatement √™tre dans les faits pour les pays comme pour les soutiens que l'on peut amener √† l'international aux pays en d√©veloppement. On voit que ce discours avance et que les lignes ont boug√© du c√īt√© des √Čtats-Unis comme de la Chine. Ce n'est pas suffisamment √† la hauteur de ce que l'on voudrait mais je crois que l'erreur de Copenhague a √©t√© que certains pays ont voulu d√©cider pour tous les autres. La France souhaite aujourd'hui - et nous sommes trois ministres au travail - rencontrer l'ensemble des pays et que chacun ait sa place dans ce d√©bat et un r√īle dans ces propositions.

Le volet agenda des solutions est très important, car les citoyens et les pays en développement attendent cette réponse.

L'autre r√©ponse qu'attendent les pays en d√©veloppement - et, l√† encore, New York a √©t√© un grand moment -, c'est le fonds vert et la capitalisation du fonds vert qui sera consacr√©e √† 50 % pour les pays les plus d√©favoris√©s, sur l'adaptation notamment, o√Ļ la France a fait une annonce d'un milliard de dollars et a √©t√© rejointe par l'Allemagne. On voit maintenant qu'une dynamique a √©t√© cr√©√©e. Nous devons r√©ussir √† atteindre les 10 milliards d'euros de mani√®re √† donner confiance √† nos pays partenaires.

Q - Et ce milliard d'euros que l'on va mettre dans le fonds vert, sait-on déjà comment il sera financé aujourd'hui ?

R - Bien s√Ľr, il est identifi√©. Nous avons une partie sur la TTF et l'autre partie est budg√©taire.

Q - C'est donc de l'argent qui échappe à l'urgence, à la priorité du développement.

R - C'est de l'argent en faveur du développement à plus long terme puisque la question du fonds vert et du climat rejoint le développement.

Pour parvenir √† l'√©ch√©ance souhait√©e √† Copenhague de 100 milliards, il nous faudra travailler avec tous les acteurs. On voit bien que le d√©veloppement et la question du climat se rejoignent et que ce grand d√©fi, nous ne pourrons le relever que si nous sommes unis, l'ensemble des pays bien s√Ľr, mais les ONG, les entreprises, l'ensemble du priv√©.

Q - On comprend qu'à long terme, ces questions se rejoignent. Mais, pour l'instant, il y a un problème d'urgence, par exemple dans la bande sahélo-saharienne en Afrique. Il y a le djihadisme qui progresse sur fond d'appauvrissement gravissime de ces pays, les enfants qui n'ont pas accès à l'éducation, la nutrition, les conditions de survie extrêmement difficiles et le problème des systèmes de santé. N'y a-t-il pas un problème de priorité ?

R - Il n'y a pas un problème de priorité, il y a un problème de levier insuffisamment fort. Aujourd'hui, même si la France avait un budget APD à la hauteur de 0,7 %, même si d'autres avaient ce budget, nous ne pourrions pas répondre de cette manière-là et que de cette manière-là aux enjeux qui sont devant nous pour la lutte contre la pauvreté et pour traiter, aussi, la question du dérèglement climatique qui, en effet, permettent aux djihadistes et au terrorisme de prospérer sur place. Je vous le rappelle, la France est très présente dans la bande sahélienne, elle répond aux urgences et travaille déjà sur le développement.

Je me suis rendue au Mali, dans un certain nombre des pays du Sahel et on voit bien que la France est active. Elle ne peut pas agir seule elle ne pourra pas faire sans un certain nombre de partenaires classiques ce que nous pouvons faire aujourd'hui, c'est-à-dire travailler avec d'autres pays ou avec la commission européenne. Il faut de nouveaux acteurs pour agir de manière plus forte sur le terrain.

C'est ce que je fais, je me mobilise pour ces questions-là, c'est-à-dire anticiper les solutions et préparer l'avenir.

Q - On voit bien par exemple que pour la lutte contre Ebola, on est en train de trouver un vaccin √©ventuellement. Jusque-l√†, l'√©pid√©mie a eu plusieurs r√©currences et jamais on n'a trouv√©. Maintenant, il y a une urgence et on trouve. N'y a-t-il pas un moment o√Ļ c'est une question de priorit√© ?

R - L'urgence Ebola est là. On peut se féliciter aujourd'hui de l'implication, même si elle peut être tardive et vous avez raison de le dire éventuellement. Même si elle peut être tardive, aujourd'hui, la mobilisation est là. Ce n'est pas toujours un problème financier, on voit bien que pour Ebola, ce n'est pas qu'avec des billets de banque que l'on va lutter contre Ebola, c'est bien par une mobilisation sur le terrain et ce que fait la France, c'est de dire : passons à l'action, allons sur le terrain, ouvrons les centres de traitements, c'est le plus important.

Q - On a le sentiment d'une très grande inquiétude, évidemment ce n'est pas qu'un sentiment. Vous êtes allée sur place, vous allez y retourner, quelle est la proportion à faire entre cette panique et la réalité du danger ?

R - Je me suis rendue sur place √† la demande du gouvernement et du pr√©sident Fran√ßois Hollande pour exprimer la solidarit√© de la France √† la Guin√©e mais pas seulement. C'est aussi de notre responsabilit√© d'agir aujourd'hui en Guin√©e pour ce qui concerne la France et dans la sous-r√©gion, parce que c'est la meilleure mani√®re de lutter contre Ebola et la meilleure mani√®re d'√©viter aussi que ce virus puisse se r√©pandre √† la fois sur l'Europe ou plus largement sur la r√©gion en Afrique de l'Ouest. Cela veut dire renforcer pour le moyen terme et le plus long terme les syst√®mes de sant√© car on voit bien que le probl√®me vient de l√†. Les syst√®mes de sant√© sont si fragiles et tellement d√©faillants qu'ils n'ont pas pu lutter contre ce virus contrairement au S√©n√©gal o√Ļ un cas a √©t√© trait√© et gu√©ri. La C√īte d'Ivoire, que nous soutenons, est aujourd'hui pr√™te, s'il y avait malheureusement un cas qui devait se d√©velopper l√†-bas. On voit bien que les syst√®mes de sant√©, c'est vraiment la vraie garantie.

Il faut être prudent, responsable, mais il ne faut pas paniquer. Que ce soit en Guinée ou aujourd'hui en Europe, il y a un certain nombre de choses qu'il faut éviter. La rumeur est absolument horrible. Je voudrais dire qu'il y a des gens très courageux en Guinée, je pense aux enseignants français qui ont ouvert le lycée français à Conakry normalement, avec un certain nombre de protections qui ont été mises dans le fonctionnement de cette école. Je ne dis pas que l'on peut aller en Guinée, parce que ce n'est pas le moment d'aller prendre des risques, mais pour des obligations, on peut y aller et la France n'a pas aujourd'hui rapatrié ses ressortissants parce que l'on peut vivre en Guinée en prenant des précautions.

Ensuite, soyons raisonnables, les soignants qui rentrent en Europe ou ailleurs, ceux qui sont allés en Guinée doivent aussi prendre un certain nombre de précautions et être responsables pour éviter, si jamais ils devaient être porteur du virus, de contaminer d'autres personnes.

Q - Lorsque l'on apprend un cas comme celui de la petite fille d√©c√©d√©e au Mali et des dizaines de personnes mises en quarantaine, aussi bien dans la r√©gion o√Ļ elle est morte que dans la capitale elle-m√™me, quelle est la r√©ponse ? Y a-t-il une action engag√©e dans l'urgence pour aider parce que le Mali est un pays exsangue √©conomiquement ?

R - Le Mali s'est pr√©par√©e √† agir. La France agit dans toute la r√©gion, nous sommes aux c√īt√©s des Maliens, nous avons une action forte dirig√©e vers le Guin√©e. Ce qui est important, c'est de dire que l'on se trouve dans la phase de concr√©tisation qui est urgente aujourd'hui.

Comme je l'ai dit dans la premi√®re partie de cette √©mission, l'aide financi√®re est l√†, une mobilisation europ√©enne, internationale et la mobilisation fran√ßaise bien √©videmment ; maintenant, il faut aller au-del√† des billets et ouvrir ces centres. La Guin√©e a besoin de dix centres ; sans doute pourrons-nous atteindre sept centres gr√Ęce √† M√©decins sans fronti√®re et notamment √† la France et nous cherchons des partenaires pour en ouvrir davantage.

Fran√ßois Hollande a fait un certain nombre d'annonces o√Ļ il indique l'ouverture du centre en Guin√©e foresti√®re dans les quinze jours qui viennent, avant la fin du mois de novembre. C'est important car c'est l'√©picentre et que c'est l√† qu'il faut intervenir rapidement. Nous allons ouvrir deux autres centres avec la Croix Rouge et d'autres partenaires. Nous ouvrirons un centre sp√©cifiquement r√©serv√© aux soignants volontaires nationaux. Nous allons mettre en place un syst√®me europ√©en de rapatriement sanitaire des soignants internationaux intervenant notamment en Guin√©e et bien au-del√†.

Q - Vous estimez donc que le pays est en mesure de faire face au cas o√Ļ il y ait contamination ?

R - La premi√®re r√©ponse que l'on a, c'est que le Mali s'est mobilis√© ; vous avez entendu les premi√®res annonces. Le Mali s'est pr√©par√©e √† cela et si le Mali a un certain nombre de difficult√©s, la France est d√©j√† √† ses c√īt√©s comme d'autres pays puisque nous sommes aujourd'hui aupr√®s du Mali engag√©s sur la voie du d√©veloppement au-del√† de la solution politique qui doit √™tre apport√©e. Nous sommes sur le volet d√©veloppement et nous renforcerions nos actions si le Mali le souhaitait.

La France intervient aupr√®s de tous ses partenaires, √† la demande de ces partenaires qui ont mis en place un certain nombre de sch√©mas, notamment ici, la lutte contre Ebola et nous sommes √† leurs c√īt√©s.

Q - Vous êtes également en charge de la francophonie. On voit généralement la dimension culturelle, linguistique, elle va au-delà. Dans à peine un mois à Dakar, il y a le sommet de la francophonie, avec une question : qui pour succéder à l'actuel secrétaire général de la francophonie, Abdou Diouf ? Qui la France soutient-elle aujourd'hui ?

R - Aujourd'hui, la France ne soutient aucun candidat, la France n'a pas de candidat. Le pr√©sident Hollande participera au sommet des chefs d'√Čtat, c'est une d√©cision qui appartient aux diff√©rents chefs d'√Čtat.

La France n'a pas de position arrêtée. J'ai trouvé très intéressant, même si je n'étais pas responsable de ces questions auparavant mais quand je regarde comment se sont passés les autres nominations, on voit bien qu'il n'y a pas eu cet élan de campagne, ces candidats qui font le tour des différents pays, qui ont un programme. C'est important de laisser aller le débat jusqu'à son terme. L'idée de la France, c'est quand même de souhaiter et le président Hollande l'a souhaité que les semaines qui vont précéder le sommet puissent être réservées à ce consensus qui pourra être trouvé.

Q - Vous pensez qu'un consensus sera trouvé avant le sommet ?

R - C'est souhaitable. On ne peut l'affirmer, nous sommes 77, la France c'est une voix, nous souhaitons le consensus avant le sommet de manière à ce qu'au sommet, au-delà du choix du futur secrétaire général de l'OIF, il y ait aussi une feuille de route de ce futur secrétaire général.

Q - La francophonie qui est parfois présentée comme un espace un peu institutionnel peut être un acteur diplomatique plus important, intervenir sur par exemple la gouvernance de certains de ses membres qui prolongent indéfiniment leur mandat. Est-il possible que ce soit cela la francophonie ?

R - La francophonie c'est déjà un peu cela, c'est ce que Abdou Diouf a mis en place, c'est-à-dire la lutte pour la paix, le volet démocratique, l'intervention ; Abdou Diouf a travaillé sur un certain nombre de résolutions ou de conflits en Afrique.

Il faut aussi ajouter une autre dimension qui sera débattue à Dakar, c'est le volet économique de la francophonie.

Q - En principe, dans les campagnes politiques, les gens prennent position. Pourquoi refuser ici de prendre position ?

R - Il s'agit pour le choix, d'un consensus entre le diff√©rents √Čtats.

La France prendra bien s√Ľr une position, mais pas avant que la campagne ne soit termin√©e, pas avant que chaque candidat ait fait le tour, pas avant qu'il y ait une discussion entre les chefs d'√Čtat africains qui sont les plus nombreux dans l'OIF et qui, jusqu'√† aujourd'hui avaient un ressortissant √† la t√™te de l'OIF. C'est quelque chose qui peut changer mais c'est quelque chose qui se discute.

Q - Madame Girardin, vous venez d'une terre d'Amérique du nord, qu'est-ce que cela change sur votre vision de la francophonie ?

R - J'ai tendance √† dire, mais ce n'est pas toujours bien compris, que pour moi, la francophonie est plurielle. Cette d√©fense de la langue fran√ßaise est aussi l'arriv√©e de nouvelles cultures, de nouvelles g√©n√©rations avec une francophonie diff√©rente qui v√©hicule des messages culturels diff√©rents et qu'il faut absolument prendre en compte. La francophone d'Am√©rique du nord que je suis a lutt√© dans son territoire √† St-Pierre et Miquelon face au continent nord-am√©ricain √† c√īt√©, o√Ļ la langue anglaise est la plus parl√©e. Nous avons une coop√©ration r√©gionale avec les provinces atlantiques du Canada et la plupart sont anglophones. Nous sommes donc un peu les Gaulois d'Am√©rique du Nord et fiers de l'√™tre avec nos voisins Qu√©b√©cois qui sont un peu plus loin. Mais c'est v√©ritablement une chance. C'est une chance aussi pour tout ce qui est m√©dias car, √† partir de l'ensemble des outremers, √† travers les m√©dias, nous pouvons avoir une action beaucoup plus forte en direction des diff√©rents pays francophones. Et vous avez aussi votre r√īle √† jouer en direction de l'Afrique. Parce que les m√©dias et les nouvelles technologies, pour moi, sont vraiment des forces pour faire progresser la francophonie. Nous avons un potentiel de 700 millions de locuteurs en 2050, il faut absolument y r√©pondre et nous allons y r√©pondre parce que nous allons miser sur l'√©ducation et on va d√©velopper nos m√©dias.

Q - Lorsque vous parlez de développer un volet économique de la francophonie, pouvez-vous développer ? Serait-ce la création d'un espace économique privilégié ?

R - Quand on souhaite parler la langue fran√ßaise, c'est pour ses valeurs, c'est pour sa culture, pour sa gastronomie mais c'est aussi parce que l'on peut trouver un emploi demain gr√Ęce √† la langue fran√ßaise. Lorsque l'on dit aujourd'hui √† un certain nombre de jeunes d'Afrique que c'est une plus-value de parler le fran√ßais, il faut pouvoir r√©pondre qu'en terme d'emplois, cela va aussi √™tre une plus-value ; pour cela, il nous faut travailler avec les entreprises fran√ßaises, les associer au volet francophonie, faire un vrai r√©seau √©conomique pour faire en sorte que tous ces jeunes qui souhaiteront parler la langue fran√ßaise aient une plus-value lorsqu'ils chercheront un emploi.

Puisque la France est présente dans tous les bassins maritimes et à travers les médias qui sont présents, nous pouvons avoir une action beaucoup plus forte en direction des différents pays francophones et au-delà. C'est l'objectif qui est le mien.

Q - La jeunesse est un thème qui vous est cher, avez-vous entendu des choses intéressantes dans les programmes des différents candidats ici et là ?

R - Oui, tout √† fait et chacun a pris conscience, que ce soit la candidate du nord ou les candidats du sud, de l'importance de cette jeunesse avec la d√©mographie africaine qui est explosive. Demain, nous aurons effectivement une jeunesse qui demande √† trouver sa place. Soit on lui r√©pond en mati√®re d'√©ducation, de formations professionnelles ou d'emplois, soit cette jeunesse qui peut √™tre une chance extraordinaire pour l'Afrique et pour la francophonie devient une difficult√©. L√† aussi, mon r√īle est d'anticiper et de travailler sur des r√©formes, y compris une r√©orientation de l'OIF et c'est ce qui sera d√©cid√© au sommet de Dakar. Il y a d√©j√† deux ans que l'OIF travaille sur cette question de l'√©conomie et de la francophonie avec notamment le th√®me de la femme et les jeunes, acteurs de d√©veloppement. On voit bien que tout se rejoint, y compris avec la politique de d√©veloppement. On voit que l'on va faire face √† des exigences diff√©rentes d'un monde qui est en mouvement. La francophonie doit √™tre en mouvement, la francophonie est une chance si on est suffisamment dynamique.

Q - Avez-vous entendu des idées novatrices ? Avez-vous un exemple ? Pour les femmes et les jeunes, on est dans l'incantation depuis longtemps.

R - Le processus ou l'objectif des 100.000 professeurs pour l'Afrique a √©t√© mis en place et va se concr√©tiser ; des annonces seront faites sur les diff√©rents outils √† Dakar au sommet de la francophonie, c'est une premi√®re r√©ponse. Comment soutenir la formation des ma√ģtres ou celle des enseignants en Afrique et √† distance ? Comment utiliser les nouvelles technologies ? Comment revoir notre mani√®re de voir l'√Čducation ? Comment organiser des r√©seaux avec les universit√©s ? Oui il y a beaucoup de propositions.

Sur le volet économique, le rapport Attali qui a été remis au président de la République, il y a très peu de temps, aujourd'hui fait partie aussi d'un certain nombre de propositions qui sont moulinés pour apporter une réponse.

Q - Dans le volet √Čducation, il parle des acteurs priv√©s, y √™tes-vous favorables ?

R - On ne peut pas dire si nous y sommes favorables ou non. Aujourd'hui, le système qui est organisé a besoin d'avoir un élan supplémentaire et comme les moyens ne sont pas tous au rendez-vous - puisque nous connaissons des difficultés budgétaires - et même si la France continue d'être le premier financeur de l'OIF, il faut aujourd'hui avoir une action beaucoup plus importante. Donc, oui, là aussi, il faut travailler avec le levier privé. De là à aller vers un système entièrement privé, c'est une réflexion qu'il nous faut mener au sein de l'OIF./.

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