Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 20 octobre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Union europ√©enne/Participation de M. Harlem D√©sir au Conseil affaires g√©n√©rales - Irak/Nomination de nouveaux ministres - Irak/Attentat contre une mosqu√©e chiite - √Čgypte/Attaques dans le Sina√Į - Ukraine - Turquie (Paris, 20/10/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Union européenne - Participation de M. Harlem Désir au Conseil affaires générales (Luxembourg, 21 octobre 2014)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat charg√© des Affaires europ√©ennes, participera demain √† Luxembourg au Conseil affaires g√©n√©rales. Les points suivants sont inscrits √† l'ordre du jour :

- la préparation du Conseil européen des 23 et 24 octobre, qui sera notamment consacré aux questions climatiques, aux enjeux économiques et à la lutte contre Ebola ;

- les questions migratoires, un an après les drames survenus en octobre 2013 à Lampedusa, afin de s'assurer que la réponse européenne en la matière est à la hauteur des défis ;

- la problématique des combattants étrangers, qui constitue un danger croissant dans l'Union européenne ;

- la nouvelle répartition des sièges au comité des régions au lendemain de l'adhésion de la Croatie. La France marquera son attachement à la prise en compte du critère démographique dans les équilibres institutionnels.

- le dialogue entre Conseil et commission pour améliorer la programmation législative de l'Union européenne, afin d'assurer la mise en oeuvre de l'agenda stratégique arrêté par le Conseil européen de juin.

2 - Irak - Nomination de nouveaux ministres (18 octobre 2014)

La France félicite le Premier ministre irakien à l'occasion de la nomination des ministres de la Défense et de l'Intérieur, qui viennent compléter le gouvernement investi le 8 septembre, et de la prestation de serment des ministres kurdes. M. Laurent Fabius a salué hier à Pékin devant la presse la constitution de ce gouvernement inclusif, qui est un gage d'unité et d'efficacité dans le combat que l'Irak doit mener contre Daech.

Les conditions sont à présent réunies pour que le gouvernement oeuvre désormais, dans un esprit d'unité, à la résolution des nombreux défis auxquels le pays fait face. La lutte contre Daech passe par une action déterminée sur le plan sécuritaire. Il est également essentiel, afin de favoriser la confiance, que des gestes soient faits en direction des différentes composantes de la société irakienne.

La France continue, dans ces circonstances difficiles, √† se tenir aux c√īt√©s de l'Irak.

3 - Irak - Attentat contre une mosquée chiite (19 octobre 2014)

La France condamne les attentats perpétrés ces derniers jours à Bagdad, notamment celui qui a visé hier une mosquée chiite, faisant au moins 18 morts.

Elle pr√©sente ses condol√©ances aux familles des victimes et r√©it√®re son soutien √† l'√Čtat irakien dans sa lutte contre le terrorisme.

4 - √Čgypte - Attaques dans le Sina√Į (19 octobre 2014)

La France condamne l'attaque terroriste qui a co√Ľt√© la vie √† sept soldats hier dans le Sina√Į.

Nous présentons nos condoléances aux familles des victimes.

La France se tient aux c√īt√©s du peuple et du gouvernement √©gyptiens dans leur lutte contre le terrorisme.

5 - Ukraine

Q - La France, avec l'Allemagne, a proposé d'envoyer des drones, pour surveiller la situation à l'Est de l'Ukraine. Est-ce que la date de livraison est déjà annoncée par l'OSCE ? Est-ce qu'il y a des difficultés pour organiser cette mission ?

R - Le pr√©sident de la R√©publique a indiqu√© vendredi que ¬ędes avanc√©es sur le contr√īle de la fronti√®re et d'une mani√®re g√©n√©rale, le contr√īle du cessez-le-feu¬Ľ avaient eu lieu lors des discussions en marge du sommet Asie-Europe (ASEM) organis√© √† Milan.

Il a rappel√© que l'Organisation pour la s√©curit√© et la coop√©ration en Europe (OSCE) avait sollicit√© la France et l'Allemagne et que nos deux pays avaient ¬ęd√©cid√© de pr√™ter leur concours √† travers des drones¬Ľ. Les discussions sur les modalit√©s de cette assistance sont en cours sous l'√©gide de l'OSCE.

6 - Turquie

Q - La Turquie reste défavorable à tout soutien aux combattants kurdes à Kobané. Quelle est la réaction de la France par rapport à cela ? Y a-t-il d'autres alternatives efficaces pour sauver la ville?

R - Depuis le début de la crise en Syrie, la Turquie est mobilisée et accueille notamment près d'un million et demi de réfugiés sur son territoire. Nous avons des échanges très réguliers avec les autorités turques sur la situation en Syrie et M. Laurent Fabius a reçu son homologue le 10 octobre. Sur la situation à Kobane, les autorités françaises ont rappelé qu'à nos yeux toutes les options méritaient d'être étudiées.

La France prend toute sa part à la mobilisation de la coalition internationale contre Daech. En Irak, nous apportons un soutien militaire aux Kurdes, avec l'accord du gouvernement irakien. En Syrie, nous appuyons la Coalition nationale syrienne sur les plans politique, humanitaire et militaire. D'autres membres de la coalition internationale contre Daech procèdent à des frappes militaires à Kobané et livrent des armes aux défenseurs de la ville./.

Retour sommaire


2. √Čconomie - Conseil strat√©gique de l'attractivit√© - Discours de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Paris, 19/10/2014)

Mesdames, Messieurs les Chefs d'entreprises venant de tous les continents et même certains de France,

Je voulais réunir ce soir le Conseil de l'attractivité, même si vos travaux ont duré quasiment tout l'après-midi, ce Conseil réuni autour des ministres et notamment du Premier ministre, des chefs d'entreprises qui se sont engagés non seulement à investir en France pour beaucoup, mais aussi à réfléchir avec la France sur l'image qu'elle doit donner et sur sa capacité à accueillir de nouveaux investissements et donc de nouveaux emplois.

Nous étions réunis le 17 février dernier, et d'autres chefs d'entreprises nous ont rejoints depuis, et j'avais annoncé lors de ce premier Conseil de l'attractivité que je vous retrouverai six mois plus tard pour évaluer ce que nous avions présenté et fait, et pour annoncer de nouvelles étapes dans nos chantiers de réformes. C'est ce dont vous avez pu discuter tout au long de cet après-midi.

D'abord, je veux partir d'un constat : la France est un pays attractif. Elle ne l'est pas encore suffisamment, mais elle l'est. Et si je veux donner quelques illustrations à ce propos, c'est en évoquant les décisions d'investissement qui ont été prises par des entrepreneurs et des chefs d'entreprises étrangers dans notre pays depuis 6 mois.

D'abord ADECCO a annonc√© la cr√©ation de 1 000 postes de travail en France, ensuite BARILLA a fait de son site de production de Ch√Ęteauroux dans l'Indre une des principales unit√©s de boulangerie industrielle d'Europe, CEVITAL entreprise alg√©rienne a rachet√© FAGORD-BRANDT un investissement de 200 millions d'euros, PEUGEOT a ouvert son capital √† DONGFENG un grand chantier qui sera celui de l'automobile en France et en Chine, MAHINDRA qui est repr√©sent√© ici vient de prendre la majorit√© du capital dans PEUGEOT-SCOOTER, SANTANDER grande banque a d√©cid√© d'implanter √† Paris en juillet dernier son quartier g√©n√©ral ¬ęEurope¬Ľ qui sera charg√© de tout le d√©veloppement de ses activit√©s financi√®res. Je pourrais continuer mais je vous lasserais, donc je veux citer tous ces exemples pour bien montrer que la France est un territoire attractif. Elle occupe d'ailleurs la premi√®re place en Europe par le nombre de projets industriels ou de logistiques qui ont pu s√©duire des investisseurs √©trangers. Je rappelle aussi une autre r√©alit√© peu connue : c'est que pr√®s de la moiti√© du capital des entreprises du CAC40 est d√©tenue par des investisseurs √©trangers, ce qui prouve √† la fois la confiance qu'ils nous portent ainsi qu'aux plus grandes entreprises fran√ßaises et en m√™me temps l'internationalisation de ces entreprises.

Dans le classement du World Economic Forum établi par le professeur Schwab, qui est ici présent et qui organise le Forum de Davos bien connu, selon cet indicateur, je le prends comme un parmi d'autres, nous avons gagné 10 places en terme d'efficacité du marché du travail et 4 en matière d'accès des entreprises aux financements. C'est le fruit des efforts qui ont été engagés depuis 2 ans et qui nous permettent de donner à notre pays une autre image.

Que s'est-il pass√© depuis la premi√®re r√©union du Conseil de l'attractivit√© ? C'√©tait donc il y a 6 mois. 6 mois c'√©tait √† peu pr√®s le moment o√Ļ j'avais pr√©sent√© le pacte de responsabilit√© et de solidarit√© o√Ļ le Premier ministre a √©t√© nomm√©. Nous avons donc mis en oeuvre ce qui √©tait annonc√© dans ce pacte. Parce qu'il fallait fournir un cadre de stabilit√© de r√©f√©rence pour les entreprises fran√ßaises comme pour les entreprises √©trang√®res. L'ensemble des baisses de pr√©l√®vement sur les entreprises a √©t√© approuv√© par le Parlement et une large part de ses all√®gements sera pleinement effective au 1er janvier 2015. J'avais √©galement, avec le Premier ministre pris un autre engagement : faire 50 milliards d'√©conomies sur les trois prochaines ann√©es. Et le ministre des Finances a pr√©sent√© un budget qui est en ce moment en discussion √† l'Assembl√©e nationale qui pr√©voit, rien que pour l'ann√©e 2015, 21 milliards d'√©conomie.

Des r√©formes ont √©t√© lanc√©es depuis six mois et m√™me peut-√™tre davantage pour regrouper nos universit√©s et en faire des p√īles d'excellence en mati√®re de recherche et d'innovation. Il y a √©galement une r√©forme territoriale qui est en discussion au Parlement et qui vise √† r√©duire le nombre des √©chelons administratifs dans notre pays.

Nous avons également introduit davantage de concurrence dans de nombreux secteurs et j'avais souhaité qu'il y ait un choc de simplification, il en est à ses premières étapes, et ce choc vise à simplifier la vie des entreprises comme des particuliers.
Nous avons également veillé à améliorer dans ces réformes l'attractivité. C'est la simplification des régimes d'autorisation pour les grands projets énergétiques, c'est aussi la simplification des visas pour faire venir davantage de créateurs, davantage d'entrepreneurs, davantage d'inventeurs, davantage même d'étudiants. Et le ministre de l'Intérieur comme le ministre des Affaires étrangères sont particulièrement mobilisés par rapport à cet objectif.

Nous avons aussi veill√© √† ce qu'il y ait un dispositif d'accueil des investisseurs √©trangers qui puisse √™tre renforc√© avec l'Agence pour les investissements √©trangers qui a √©t√© d'ailleurs regroup√©e avec d'autres √©tablissements qui avaient le m√™me objet. Elle est dirig√©e par Murielle Penicaud, elle est donc maintenant le point d'entr√©e unique permettant de suivre tous les projets qui peuvent √™tre pr√©sent√©s du d√©but jusqu'√† leur accomplissement. Elle permet aussi avec les minist√®res des Finances et de l'√Čconomie de r√©gler les questions fiscales qui pourraient se poser au cours de la r√©alisation de l'investissement.

Le Conseil strat√©gique de l'attractivit√© qui s'est r√©uni aujourd'hui me fournit, au-del√† de vos propres r√©flexions qui nous seront utiles, l'occasion de vous pr√©senter une nouvelle √©tape de nos r√©formes. Le gouvernement de Manuel Valls a propos√© un projet de loi de relance de l'activit√©. Il porte sur plusieurs domaines. Le domaine du march√© du travail d'abord avec une nouvelle r√®glementation qui sera introduite pour ce qu'on appelle le ¬ętravail le dimanche¬Ľ, visant √† mieux prot√©ger les salari√©s mais aussi √† mieux d√©ployer l¬Ďactivit√© 7 jours sur 7 dans certaines zones lorsque c'est n√©cessaire.

Le projet introduira aussi, en fonction de la négociation qui a été engagée entre les partenaires sociaux, des dispositions pour améliorer le dialogue social et réduire le délai des contentieux qui est beaucoup trop long en France et donc créée de l'insécurité.

Emmanuel Macron a également voulu qu'il y ait une ouverture pour les professions règlementées en favorisant l'accès des plus jeunes professionnels au marché et en introduisant plus de concurrence de façon à ce que les tarifs puissent baisser et les emplois être créés dans de nombreux secteurs. Enfin la loi introduira de nouveaux mécanismes pour promouvoir l'actionnariat salarié, c'était une demande notamment des start-up et des grandes entreprises d'innovation pour davantage intéresser leurs personnels au succès de l'entreprise.

Vos travaux ont contribué à faire avancer nos réflexions dans trois domaines, avec trois questions auxquelles je veux répondre.

La premi√®re question c'est comment attirer davantage les talents en France ? Il est normal qu'il y ait une circulation des meilleurs esprits, des personnels les plus qualifi√©s, en France nous ne craignons rien et quand un certain nombre de nos compatriotes vont √† l'√©tranger cela correspond aussi √† notre id√©e d'ouverture, d'internationalisation, de conqu√™te m√™me des march√©s. Et en m√™me temps nous devons attirer aussi les talents venant de l'√©tranger. C'est une comp√©tition entre les territoires et le gouvernement y r√©pondra par le r√©gime de ce qu'on appelle les ¬ęimpatri√©s¬Ľ, syst√®me fiscal qui permettra d'√™tre encore plus encourageant pour l'accueil de ces talents mais aussi par le d√©veloppement de l'actionnariat et par un soutien encore plus fort √† l'innovation. Je rappelle que le cr√©dit imp√īt-recherche est le m√©canisme le plus puissant pour favoriser l'investissement en haute technologie, il m'a toujours √©t√© demand√© de garantir sa p√©rennit√© et je vous le confirme encore aujourd'hui, le cr√©dit imp√īt-recherche sera sur les trois prochaines ann√©es dans les m√™mes dispositions qu'aujourd'hui. Et nous essayerons d'all√©ger les contr√īles qui suivent l'attribution de ces facilit√©s.

La deuxi√®me question √† laquelle nous devons r√©pondre est comment implanter davantage de grands projets d'investissements en France ? L√† aussi j'y r√©ponds par un all√®gement des proc√©dures, par un accompagnement encore plus personnalis√© pour les entreprises qui sont sur ces grands projets, par la mise √† disposition du financement long, qui peuvent √™tre crois√©s avec un certain nombre d'√©tablissements financiers en France, et par une plus grande visibilit√© pour les investisseurs venant de l'√©tranger, de fa√ßon √† ce qu'il n'y ait aucun risque de r√©troactivit√© fiscale. Lorsqu'un investisseur se pr√©sente ici, il doit conna√ģtre non seulement la r√®gle fiscale qui existe au moment o√Ļ il prend sa d√©cision mais cela doit √™tre la m√™me tout au long de la r√©alisation du projet.

La troisième question qui nous est posée et que vous avez posée, c'est comment donner davantage confiance aux investisseurs étrangers pour qu'ils puissent non seulement créer mais développer ?

Je sais qu'il y avait un doute sur un certain nombre de l√©gislations en France qui pouvaient √™tre mal comprises alors qu'elles ne sont pas appliqu√©es. C'est pourquoi le ministre du travail vous a entendu et a entendu aussi un certain nombre de partenaires sociaux qui peuvent sur cette question √™tre ouverts, d√®s lors que cette l√©gislation cr√©e un doute chez les investisseurs et ne prot√®ge pas mieux les salari√©s. Les peines p√©nales associ√©es au d√©lit d'entrave, qui parfois m√™me pouvaient √™tre des peines de prisons qui n'√©taient bien s√Ľr jamais prononc√©es mais qui n√©anmoins pouvaient inqui√©ter, seront remplac√©es par des sanctions financi√®res, et c'est mieux qu'il en soit ainsi.

Voil√† les r√©formes sont continues. Elles ont √©t√© engag√©es d√®s les premiers mois de mon quinquennat et elles se poursuivront avec un rythme encore acc√©l√©r√© jusqu'√† la fin, parce que la France a besoin de r√©formes, non pas r√©former ¬ępour r√©former¬Ľ, mais r√©former pour cr√©er davantage de richesses, davantage d'activit√©s, davantage d'emplois et aussi pour attirer davantage d'investisseurs et davantage d'entreprises.

Mais l'attractivit√© ce n'est pas simplement, c'est important, le co√Ľt du travail, le march√© du travail, les dispositions fiscales. L'attractivit√© c'est aussi une r√©ponse globale qui prend en compte tous ces param√®tres mais qui en ajoute d'autres : la qualit√© de la vie, l'efficacit√© d'un syst√®me de sant√©, la performance de l'√©ducation et √©galement un bon niveau d'infrastructure et notamment de mode de transport.

L'attractivité c'est aussi la culture et rien que la semaine prochaine, trois grands évènements qui vont se produire en France. Le premier c'est l'inauguration de la fondation LVMH réalisée par le grand architecte Frank Gehry. Et qui va aboutir à un projet d'une immense imagination qui a fait appel à des techniques les plus avancées et qui va être fréquentée par des centaines de milliers de visiteurs, c'est le grand équipement du XXIème siècle. Il vient d'une initiative privée. Nous avons développé le mécénat en France, nous en voyons le résultat.

Il va y avoir un deuxième moment, très fort, qui est la réouverture du musée Picasso. Là aussi c'est un équipement rare exceptionnel, la famille Picasso s'est associée aussi à ce projet et il aura un retentissement mondial.

Et puis il y aura l'Art contemporain avec sa biennale qui va là aussi rassembler des milliers de visiteurs. La culture c'est des touristes qui viennent par centaines de milliers, et pour les entreprises que vous représentez c'est un atout supplémentaire.

Voilà je ne serai pas plus long, je tiens à vous remercier pour votre présence, présence pas simplement à ce niveau mais présence en France par vos investissements, par les emplois que vous avez créés. Mais surtout, je veux vous remercier pour la confiance que vous accordez à mon pays. Vous êtes la meilleure preuve qu'en France les plus grandes entreprises, les plus dynamiques, les plus inventives, les plus exigeantes même en matière de compétitivité s'installent en France, investissent en France, créent des emplois en France et réussissent en France. Peut-être parce que vous avez conscience qu'en France cela va encore mieux qu'ailleurs./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. √Čconomie - Rencontre avec les chefs des organisations internationales - D√©claration de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Paris, 18/10/2014)

Monsieur le Secrétaire général,

Je vous remercie une nouvelle fois pour votre invitation. C'est en effet la troisi√®me fois que nous nous rencontrons, ici, au ch√Ęteau de la Muette, avec la directrice g√©n√©rale du FMI, avec le pr√©sident de la Banque mondiale, avec les directeurs g√©n√©raux de l'Organisation mondiale du commerce et du Bureau international du travail. Et c'est un bon exercice. C'est un exercice de v√©rit√© et de dialogue. De v√©rit√© sur la situation √©conomique du monde, de la France et de dialogue pour savoir dans quelle direction nous devons agir. Les √Čtats, le mien, mais aussi les organisations internationales.

Quel est le constat que nous pouvons partager aujourd'hui et au-delà des fluctuations du marché ? Ce constat, vous l'avez fait, Monsieur le Secrétaire général, c'est celui d'une croissance faible, trop faible à l'échelle du monde. Et comment l'expliquer ? Je dirais que les incertitudes s'ajoutent aux inquiétudes. Les incertitudes, elles sont celles de la situation internationale, des tensions, des menaces, des crises. Il y a d'abord le poison au Moyen-Orient de Daech et les craintes que beaucoup de pays peuvent ressentir par rapport à une situation de guerre et par rapport aussi à des actes terroristes, qui peuvent être commis à tout moment.

Il y a aussi des tensions qui existent dans l'Afrique de l'Ouest, √† la fois au Sahel par rapport encore au fl√©au du terrorisme. Je pense √† la Libye, je pense aussi au Nigeria m√™me s'il y a parfois de bonnes nouvelles, comme celle de la lib√©ration des jeunes filles qui avaient √©t√© enlev√©es. Et puis, il y a une crise sanitaire, Ebola, qui n'est pas que la crise de l'Afrique de l'Ouest mais qui peut devenir une crise mondiale, au sens o√Ļ nous devons tous prendre des d√©cisions et je dois reconnaitre que si elle a parfois tard√©, maintenant la Communaut√© internationale a d√©cid√© de prendre les bonnes attitudes par rapport √† ces risques. Les √Čtats-Unis, le Royaume Uni, la France ont pris des dispositions et d'autres pays - je ne doute pas que l'Europe sera √† l'unisson - feront en sorte que nous puissions d'abord aider les pays qui sont concern√©s et faire en sorte aussi de pr√©venir un certain nombre de risque, y compris, ici, en Europe.

Et puis, il y a la crise ukrainienne. Je reviens de Milan et si nous avons discuté -c'était très important- de ce que l'Europe et l'Asie devraient faire ensemble pour la croissance. Nous avons en marge de ce Sommet, évoqué la question ukrainienne dans de multiples réunions.

Je sors d'une rencontre dans ce que l'on appelle le ¬ę format Normandie ¬Ľ, c'est-√†-dire, la chanceli√®re Angela Merkel, le pr√©sident Poutine, le pr√©sident Porochenko et moi-m√™me.

Des avancées ont été constatées, notamment sur le gaz ou un accord est maintenant à portée de main. Reste des questions de financement que nous aurons à évoquer. Mais c'était un point très important et pour les Ukrainiens, comment allaient-ils se chauffer cet hiver et pour les Russes, comment allaient-ils être payés.

Il y a eu aussi des avanc√©es sur le contr√īle de la fronti√®re et d'une mani√®re g√©n√©rale, le contr√īle du cessez le feu. Et la France et l'Allemagne ont d√©cid√© de pr√™ter leur concours √† travers des drones, peut-√™tre d'autres moyens et l'OSCE, qui est une organisation tr√®s importante pour l'Europe centrale, sera elle-m√™me pleinement impliqu√©e dans ce processus.

Sommes-nous sortis pour autant de la crise ukrainienne ? Non, pas encore. Il y a des discussions en ce moment m√™me entre le pr√©sident Porochenko et le pr√©sident Poutine. Mais, le ¬ęformat Normandie¬Ľ, que nous avions √©tabli le 6 juin dernier, permet d'avancer.

C'est très important, parce que toutes ces incertitudes pèsent sur la croissance, créent une instabilité, un doute et finissent par perturber les marchés et on les a vus notamment ces derniers jours, ces marchés, connaitre une volatilité.

Mais il y a aussi des causes qui sont liées à des incertitudes macro-économiques. Les pays émergents commencent à montrer des signes de ralentissement, encore légers, mais ils sont là.

L'activit√© aux √Čtats-Unis, qui a √©t√© en forte reprise, est moins forte qu'esp√©r√© n√©anmoins. Et puis, l'Europe qui a, il est vrai, r√©tabli une stabilit√© n'a pas encore pris le chemin d'une croissance v√©ritablement franche et durable. √Ä partir de l√†, la zone euro est affect√©e par cette faible croissance, m√™me en Allemagne qui √©tait le pays moteur de ces derniers mois, et par une tr√®s faible inflation qui p√®se sur les politiques √©conomiques et qui r√©duit les possibilit√©s de d√©sendettement. M√™me s'il y a aussi les aspects positifs, les taux d'int√©r√™t ont sensiblement baiss√© et m√™me les √©carts entre les pays sur leur dette souveraine, ont √©t√© r√©duits.

Ce qui nous menace, c'est moins la d√©flation, m√™me si on en parle que la stagnation. Une stagnation qui pourrait √™tre durable √† l'instar de ce que s'est produit dans d'autres r√©gions du monde. Apr√®s des crises, on attend toujours des reprises. Mais l√†, le risque pourrait √™tre une reprise qui comme ¬ęSoeur Anne¬Ľ ne viendrait jamais. (Ce n'est pas ¬ęSoeur Anne¬Ľ qui ne vient pas, c'est ce qu'elle attend qui n'est pas au rendez-vous). Donc, nous devons tout faire pour remettre la priorit√© vers la croissance.

La France est particuli√®rement concern√©e puisque ses pr√©visions qui sont d'ailleurs en ligne avec celles du FMI, comme de l'OCDE. C'est une croissance de 0.4 % en 2014 et de 1 % en 2015, si l'on croit ces estimations. Mais m√™me ces estimations ne permettent pas de r√©duire durablement le ch√īmage et donc, nous devons agir.

Nous devons agir sans nous défausser par rapport à l'Europe ou à la conjoncture mondiale. Agir, agir c'est vrai d'abord en Europe, parce que nous pouvons attendre des pays européens d'abord une priorité. Cette priorité s'appelle l'investissement. L'investissement en Europe par l'action de l'Union européenne, l'investissement dans tous les pays de l'Union européenne.

Il n'y a pas de reprise possible sans investissement. C'est la condition à la fois pour tirer parti de la révolution technologique et pour préparer la croissance de demain.

C'est donc l'enjeu du plan qui a √©t√© annonc√© et qui sera bient√īt pr√©sent√© par Jean-Claude Juncker, le nouveau pr√©sident de la Commission europ√©enne, 300 milliards d'euros. Ce n'est pas tant le montant d'ailleurs qui est en cause, que la rapidit√© avec laquelle il pourra, ce plan, √™tre mis en oeuvre. Il y a aussi la coordination des politiques √©conomiques. Il y a des pays qui doivent faire des efforts pour am√©liorer leur comp√©titivit√©, r√©duire le d√©ficit de leur balance commerciale, tenir compte aussi des enjeux de la dette publique. Et puis, il y a d'autres pays en Europe qui doivent soutenir leur demande et donc relancer. C'est cette coordination des politiques √©conomiques qui devra √™tre affirm√©e lors des prochains sommets, aussi bien de l'Union europ√©enne que de la zone euro.

Sur le plan budgétaire, les règles doivent être respectées et en même temps, les flexibilités doivent être utilisées au mieux, de manière à ce que la croissance reste la priorité, tout en faisant en sorte de réduire les déficits structurels.

La France quant à elle, doit poursuivre ses réformes et nous sommes là pour les évaluer. De quoi s'agit-il ? Des réformes peuvent être nombreuses, des réformes structurelles peuvent être évoquées, mais cela ne veut rien dire. On fait des réformes parce qu'il doit y avoir un sens, une direction, un esprit. Pourquoi faire des réformes, sur le simple plaisir d'annoncer des réformes ? Non, les réformes doivent toutes être organisées pour la croissance et donc pour l'activité et pour l'emploi.

Monsieur le Secrétaire général,

Vous avez bien voulu rappeler les atouts de l'économie française. Je préfère toujours que ce soit d'autres que moi qui le fassent, parce qu'ils peuvent avoir le privilège de l'extériorité. Je le dit d'ailleurs à beaucoup de Français : écoutez ce que l'on dit de vous avant de déplorer votre propre état et votre propre situation.

La France a des atouts : cinquième économie mondiale, des capacités technologiques et scientifiques. Elle est leader dans de nombreux domaines, c'est vrai : L'aéronautique, l'énergie, l'agroalimentaire, ce que l'on appelle aussi l'économie du vivant. Elle a un niveau d'infrastructures parmi les plus élevés du monde mais également des inégalités moins importantes que dans d'autres pays.

Le premier enjeu, c'est la comp√©titivit√©. Et c'est pour cette raison que nous avons d√©cid√© depuis deux ans de baisser le co√Ľt du travail en France. Et cette politique se poursuivra tout au long du quinquennat.

40 milliards d'euros de prélèvements en moins sur les entreprises. Il ne s'agit pas là encore de choisir entre les entreprises et les ménages, parce que d'une certaine façon, c'est la même chose. Si on améliore la situation des entreprises, on améliore la situation de l'emploi et permet même de la distribution de pouvoir d'achat. Mais l'idée, c'est de rendre nos entreprises plus compétitives pour qu'il y ait plus d'emploi créés.

Deuxième enjeu, c'est celui de la dette publique. Le déficit structurel de nos administrations publiques atteindra son plus bas niveau depuis 2001. Cet effort se poursuivra dans le cadre du plan qui a été présenté dans le cadre du pacte de stabilité, avec 50 milliards d'économie pour les trois prochaines années. Et cet effort se traduira notamment en 2015, avec 21 milliards d'économie. C'est inédit depuis que nous gérons la finance publique, j'allais dire depuis trente ans.

Cela repr√©sente 21 milliards, 1 % du PIB. Alors, c'est vrai, nous pouvons discuter de ces √©conomies, √† la fois de leur contenu, ce n'est jamais le bon. Mais on peut aussi discuter de leur mesure, de leur √©valuation par rapport √† une tendance. Mais il s'agit, pour par exemple l'√Čtat, d'avoir moins de d√©penses en 2015 qu'il n'y en a eu d'effectives en 2014.

Et puis, il y a un troisième enjeu, c'est la modernisation du pays, ce que l'on appelle les réformes de structures. Qu'est-ce qu'une réforme de structure ? C'est une réforme qui augmente le potentiel de croissance et d'emploi. Et c'est le sens du rapport qui est aujourd'hui publié par l'OCDE.

Je me souviens de la premi√®re rencontre que j'ai eu avec √Āngel Gurria, lorsque je suis devenu pr√©sident de la R√©publique, il m'a dit qu'il avait pr√©par√© un rapport sur la comp√©titivit√©. Et donc, nous avons tenu le plus grand compte de ces observations, et nous avons agi.

Nous avons agi depuis deux ans et nous avons considéré qu'il fallait continuer dans la même direction et c'est le sens su plan qui a été présenté au Conseil des ministres de mercredi dernier.

Plus de concurrence, assouplissement des règles concernant le travail dans certains secteurs ou pour certains jours. Développement des transports. Tous les modes de transports, assouplissement des règles pour les professions dites réglementées, soutien de l'investissement des entreprises, encouragement de l'actionnariat salarié. Il s'agit de faciliter la vie des entreprises et de rendre du pouvoir d'achat aux ménages. Mais il s'agit surtout de créer de l'activité.

Cela vient en compl√©ment des autres r√©formes que nous avions engag√©es tr√®s t√īt. Le CICE a √©t√© d√©cid√© par exemple en novembre 2012. M√™me s'il connait maintenant un effet plus mesurable et encore davantage l'ann√©e prochaine. Le cr√©dit imp√īt-comp√©titivit√©-emploi, ce n'est rien d'autre que l'all√®gement du co√Ľt du travail pour permettre ensuite aux entreprises d'am√©liorer leur marge. D√©sormais, le co√Ľt du travail en France est moins √©lev√© qu'en Allemagne.

Deuxièmement, nous avions engagé une réforme du marché du travail, dès le mois de janvier 2013. Elle connait maintenant aussi son implication. La réforme de la formation professionnelle qui a été élaborée par les partenaires sociaux, verra sa première date d'application arrivée le 1er janvier 2015. Une nouvelle négociation est en cours pour améliorer le dialogue social et ce n'est pas simplement la question des seuils dont il est beaucoup fait de débat en ce moment, mais c'est la question d'améliorer la représentation des salariés dans l'entreprise, pour qu'il y ait une meilleure efficacité.

Cette n√©gociation doit aboutir et j'ai d'ailleurs averti l'ensemble des acteurs √©conomiques et sociaux. S'il n'y avait pas de progr√®s dans la n√©gociation, l'√Čtat aurait √† prendre ses responsabilit√©s.

Enfin il y a des simplifications qui ont été engagées parce que la simplification c'est la ligne directrice du gouvernement. Et le 30 octobre, je présiderai un Conseil des simplifications à l'occasion duquel 50 mesures seront annoncées pour les entreprises comme pour les ménages.

Enfin, le Parlement est saisi de la r√©forme territoriale et c'√©tait aussi non pas une demande de grandes organisations internationales mais simplement un constat que partout √©tait fait, c'est que nous ne pouvions pas conna√ģtre une superposition d'administrations territoriales.

L'OCDE vient de faire un exercice difficile qui est d'√©valuer l'impact de ces r√©formes. Et je prends ces chiffres avec beaucoup de prudence m√™me s'ils donnent finalement un sens √† ce que nous faisons. C'est vrai que gr√Ęce √† ces r√©formes, celles qui ont √©t√© engag√©es, celles qui ont √©t√© annonc√©es, encore toutes n'ont pas √©t√© mesur√©es, nous pouvons faire plus de croissance et c'est vrai que sur le plan politique, il faudra attendre quelque fois plusieurs ann√©es pour en constater les fruits.

Et c'est souvent √† dix ans que l'on peut mesurer ce que peut √™tre l'effet d'une politique √©conomique. Nous travaillons dans la dur√©e et pour la dur√©e. Mais ce que vous avez relev√©, c'est qu'il y avait le plus d'efficacit√© dans les r√©formes territoriales et dans l'all√®gement du co√Ľt du travail. C'est l√† que nous pouvons avoir le plus d'impact dans les d√©cisions qui ont √©t√© prises.

C'est un encouragement, un encouragement pour poursuivre ces réformes, un encouragement pour aller dans le changement, pour la modernisation de notre pays et ce qui compte, et je le dis devant les ministres qui sont ici présents, ce n'est pas tant les réformes, même si leur contenu est essentiel, que la rapidité avec laquelle elles sont mises en oeuvre.

Si bien que, m√™me si nous devons respecter un certain nombre de proc√©dures parlementaires, par exemple la loi que pr√©sente le ministre de l'√Čconomie ne sera discut√©e qu'√† la fin de l'ann√©e et vot√©e sans doute au d√©but de l'ann√©e prochaine, m√™me si la n√©gociation sur le dialogue social suppose l√†-aussi un certain nombre de d√©lais, nous avons la volont√© d'aller vite dans la mise en oeuvre. Il faut aussi donner un sens √† ce que nous faisons.

Il ne s'agit pas d'austérité mais de modernité. Il ne s'agit pas d'efforts qui seraient demandés mais d'investissement, une génération pour celles qui viendront. Il ne s'agit pas de renoncer à je ne sais quel acquis, mais il s'agit au contraire de construire du progrès.

C'est vrai que les r√©formes mettent du temps √† produire des r√©sultats et j'en suis le premier conscient. Mais quand les r√©sultats apparaissent, ils sont impressionnants. Quand l'Allemagne s'est r√©form√©e, elle n'a connu v√©ritablement de retomb√©es positives sur son √©conomie que plusieurs ann√©es apr√®s. Et d'ailleurs il est souvent demand√© √† l'Allemagne de continuer ses r√©formes au risque de perdre le b√©n√©fice de ce qui a √©t√© engag√©. Mais nous nous consid√©rons que c'est la dur√©e qui va faire la fiabilit√©, la cr√©dibilit√©. La dur√©e cela veut dire ne pas rel√Ęcher le mouvement, ne pas ralentir le rythme et c'est ce qui nous permettra d'am√©liorer la vie des Fran√ßais et de faire la r√©ussite de notre pays.

Et c'est pourquoi je me réjouis que nous puissions en débattre aujourd'hui avec les grandes organisations internationales qui d'ailleurs représentent ce que nous avons à faire, réguler notre finance, éviter les crises.

Ce que nous avons à faire c'est aussi apporter au monde une solidarité. C'est ce que nous aurons à mener pour la conférence sur le climat qui sera un grand rendez-vous et je sais que la Banque mondiale y participe. Faire que les échanges puissent être plus dynamiques encore pour que nous puissions avoir par les apports commerciaux des dynamiques d'activité, dans le respect du travail.

Ce que nous devons faire, le seul enjeu, c'est de r√©duire le ch√īmage et de ce point de vue, tout ce que nous avons engag√©, n'a que ce but et que cette perspective.

Je vous remercie de me poser maintenant avec les dirigeants de ces organisations, toutes les questions que je n'aurais pas traitées, c'est-à-dire aucune. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


4. √Čconomie - Sommet des chefs d'√Čtat et de gouvernement Europe-Asie - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Milan, 17/10/2014)

Q - Les marchés s'effondrent ce matin, est-ce que c'est le signe du retour d'une crise mondiale ?

R - Non, les marchés connaissent des fluctuations. Ils avaient beaucoup monté ces derniers mois. Ils connaissent une faiblesse ces derniers jours. Elle tient à quoi ? Elle tient au fait qu'il y a une incertitude internationale. Nous la voyons en Ukraine, au Moyen-Orient, en Syrie et en Irak. Nous la voyons aussi en Afrique avec le virus Ebola.

Et puis, il y a une deuxi√®me raison : les √Čtats-Unis ralentissent et l'Europe a une croissance tr√®s faible. D'o√Ļ mon combat : il faut que l'Europe puisse reprendre le chemin de la croissance et d'une croissance beaucoup plus vigoureuse.

J'ajoute aussi qu'il y a une nécessité : nous devons avoir une coordination des politiques économiques. C'est ce que nous allons faire, ici à Milan, puisque l'Europe va rencontrer l'ensemble des pays d'Asie. Nous avons besoin que l'Asie tire la croissance européenne - mais à la condition que l'Europe elle-même sache organiser sa politique économique pour qu'elle soit plus favorable à la croissance.

(...)

Je reviens d'un mot sur ce qui se passe sur les march√©s. Les march√©s peuvent conna√ģtre des moments de hausse continue de leur cours. C'est ce qui s'est pass√© ces derni√®res semaines. Mais ils peuvent conna√ģtre aussi des faiblesses. Celles qui sont constat√©es depuis plusieurs jours en Europe, et m√™me aux √Čtats-Unis, tiennent √† deux causes majeures.

La première, c'est l'instabilité de la situation internationale et les incertitudes sur ce qui se passe en Ukraine, au Moyen-Orient, en Syrie, en Irak, en Afrique de l'Ouest avec le virus Ebola... Mais il y a aussi des causes qui sont propres à l'Europe : une croissance aussi faible, des interrogations et des incertitudes sur le plan d'investissement qui doit être mis en place, des plans d'austérité qui s'ajoutent les uns aux autres et créent un doute sur les marchés.

Le prochain Conseil européen, qui se tiendra le 24 octobre, doit donc prendre en compte, non pas la situation des marchés boursiers, mais l'état de faiblesse de l'économie européenne, pour relancer la croissance. Relancer la croissance c'est la meilleure façon de stabiliser les marchés.

Q - La crise n'est donc pas finie Monsieur le Président ?

R - Ah si ! Nous sommes sortis de ce qu'on appelait la ¬ęcrise de la zone euro¬Ľ. Mais l'Europe n'a pas retrouv√© le chemin de la croissance. Elle vit une stagnation. Quand il y a une stagnation, il y a forc√©ment du ch√īmage en plus et du pouvoir d'achat en moins. Au-del√† des r√©formes que nous devons accomplir - la France et son gouvernement en ont pr√©sent√© plusieurs et notamment ces derniers jours - l'Europe doit elle-m√™me organiser la relance. C'est la meilleure r√©ponse √† la situation des peuples et notamment des jeunes. Mais c'est aussi une r√©ponse par rapport aux incertitudes qui p√®sent sur les march√©s. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


5. √Čconomie - Alg√©rie - Communiqu√© du minist√®re de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique (Paris, 17/10/2014)

Le ministre de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique, Emmanuel Macron, a rencontr√© ce matin son homologue alg√©rien M. Abdessalam Bouchouareb, ministre de l'Industrie et des Mines. Ils ont rappel√© les liens culturels, historiques et politiques tr√®s forts qui unissent les deux pays et partag√© le souhait d'un plus haut degr√© d'ambition de leur relation √©conomique. Les deux ministres ont eu un √©change sur les r√©formes lanc√©es dans leurs deux pays, ainsi que sur des cas concrets de partenariats d'entreprises franco-alg√©riennes. Ils ont souhait√© faire progresser les projets d'investissement de leurs entreprises, notamment dans les secteurs du BTP, des transports, de l'√©nergie, de la sant√© et de l'agro-alimentaire.

Plusieurs chantiers ont √©galement √©t√© lanc√©s et devront faire l'objet d'un point d'√©tape lors de leur prochaine rencontre √† Oran le 10 novembre o√Ļ ils co-pr√©sideront, avec leurs homologues des Affaires √©trang√®res, le Comit√© mixte √©conomique franco-alg√©rien (COMEFA) et o√Ļ ils inaugureront ensemble la nouvelle usine Renault Alg√©rie. Le COMEFA a vocation √† pr√©parer le comit√© interminist√©riel de haut niveau (CIHN) qui sera pr√©sid√© par les Premiers ministres fran√ßais et alg√©rien le 4 d√©cembre prochain √† Paris.

En 2013, les exportations françaises vers l'Algérie ont atteint 5,9 Mds euros faisant ainsi de l'Algérie le premier client de la France au Maghreb et en Afrique. Les importations françaises en provenance d'Algérie ont atteint 4,2 Mds euros en 2013, constituées à 97 % d'hydrocarbures. La France est, hors hydrocarbures, le 1er investisseur étranger en Algérie./.

(Source : site Internet du minist√®re de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique)

Retour sommaire


6. Chine - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

Chers Amis,

Merci de venir en cette heure matinale, comme je le fais à chaque fois, je vais faire le point avec vous.

C'est mon 8e déplacement en Chine depuis que je dirige notre diplomatie et je fête ici mon 25e tour du monde. L'objet de ce déplacement c'est à la fois :

- de faire avancer les commémorations du 50e anniversaire, et en particulier, il y avait la cérémonie autour du cheval dragon, très spectaculaire, très réussie et très appréciée par nos amis chinois;

- d'avoir des contacts politiques, à Shanghai et ici à Pékin, avec mon homologue chinois ainsi que le ministre chinois en charge du Commerce extérieur ; j'étais par ailleurs à Milan, avec le président français juste avant de venir en Chine et nous avions rencontré le Premier ministre chinois;

- d'accentuer particuli√®rement √† l'occasion de ce d√©placement les contacts culturels. √Ä Shanghai, j'ai inaugur√© plusieurs expositions qui traduisent la richesse de nos patrimoines, √† savoir une exposition de photographies de l'artiste fran√ßais G√©rard Rancinan, une autre sur l'excellence et le savoir-faire de l'artisanat franco-chinois avec un certain nombre de pi√®ces venant du ch√Ęteau de Versailles, des Gobelins, du mobilier national et de S√®vres;

- dans le domaine culturel et éducatif, nous avons posé ce matin la première pierre du futur lycée international Charles de Gaulle qui va être mis en service fin 2015 début 2016.

Je n'ai cess√© de rappeler au cours de ces deux jours que la France, dont on dit beaucoup de choses pas toujours positives dans le monde anglo-saxon, est quand m√™me ce pays qui a obtenu cette ann√©e √† la fois le prix Nobel de litt√©rature, le prix Nobel d'√©conomie et la m√©daille Fields de math√©matiques. Pour une nation qui a des difficult√©s, je crois qu'un certain nombre d'autres nations les accueilleraient volontiers. Des amis chinois m'ont parl√© des ¬ędeux Mo¬Ľ, rapprochant le fait que l'an dernier Mo Yan avait obtenu le prix Nobel de litt√©rature et que cette ann√©e c'est M. Modiano.

Cet aspect éducatif et culturel est extrêmement important car il fait partie du rayonnement de la France. Je vous ai souvent ennuyé en répétant que c'est une diplomatie globale et que l'on ne peut pas séparer l'aspect économique de l'aspect culturel, scientifique, éducatif, stratégique. Tout cela est une seule et même réalité française.

Sur le plan politique, nous avons abordé la totalité des sujets avec mon collègue des Affaires étrangères. Nous les avions également traités avec le Premier ministre chinois il y a trois jours. Sur le plan du commerce extérieur, nous avons fait le point sur nos échanges bilatéraux et sur ce que nous pouvions faire dans les pays tiers. Ce sont des sujets que nous passons en revue à chaque fois. Le déficit commercial est en effet encore loin d'être résorbé. Nous avons par ailleurs mis l'accent sur ce qui se passe dans les domaines du nucléaire et de l'aéronautique, sur les perspectives en matière d'environnement, de santé et dans l'industrie agro-alimentaire.

Nous avons beaucoup insisté cette fois-ci sur les échanges humains. Nous avions eu récemment la visite de deux vices Premiers ministres que j'ai reçus à Paris: M. Ma Kai pour le dialogue économique et financier et Mme Liu Yandong pour le dialogue sur les échanges humains que nous coprésidons.

Nous avons beaucoup insisté en particulier sur ce point qui concerne les étudiants et les touristes chinois en France et français en Chine. La mesure que nous avons prise en janvier d'octroyer les visas en 48 heures a eu beaucoup d'effet. Mon collègue chinois m'a d'ailleurs dit qu'il y avait eu une augmentation de l'ordre de 60 % de leur nombre ce qui est considérable. Nous allons continuer sur cette lancée et fixer l'objectif de 5 millions de touristes qui pourrait être atteint à brève échéance, du moins je l'espère.

J'ai été impressionné quant Mme Liu Yandong, à Paris, m'a cité le chiffre probable, d'ici une quinzaine d'année, de 500 millions de personnes chinoises voyageant. Cela fait beaucoup de monde et comme ils aiment beaucoup la France vous voyez ce que cela peut donner.

Nous avons aussi beaucoup parlé de la lutte contre le changement climatique et de la lutte contre le virus Ebola. Nous avons publié un communiqué franco-chinois, ce qui est assez rare, pour manifester notre coopération dans ce domaine. L'ambassadeur, que j'ai chargé de suivre l'aspect international du virus Ebola, se rendra prochainement à Pékin.

Nous sommes convenus d'un certain nombre de d√©placements qui vont avoir lieu dans les semaines qui viennent. La semaine prochaine pour la grande foire de Chengdu ce sera le secr√©taire d'√Čtat charg√© du Commerce ext√©rieur, M. Matthias Fekl, qui conduira notre d√©l√©gation. Il sera accompagn√© de M. Raffarin, qui conna√ģt tr√®s bien la Chine et est pr√©sident de la commission des Affaires √©trang√®res du S√©nat, et de 200 entreprises fran√ßaises - ce qui est consid√©rable et positif. Au d√©but de l'ann√©e prochaine, est pr√©vue la venue du Premier ministre fran√ßais en Chine et celle du Premier ministre chinois en France devrait se faire au cours du premier semestre. M. Alain Vidalies, ministre des Transports, aura des contacts avec son homologue et je reviendrai moi-m√™me √† d'autres occasions.

(...)

Nous avons parl√© notamment de ces sujets, o√Ļ il y a une coop√©ration franco-chinoise qui doit se d√©velopper, et de la lutte contre Ebola.

√Ä Shanghai, j'ai eu des rencontres avec des responsables d'affaires et des chefs d'entreprise comme je le fais √† chaque fois. J'ai eu des contacts avec Jack Ma et beaucoup d'autres. J'ai √©galement proc√©d√© √† l'inauguration d'un centre qui √©tait jusqu'√† pr√©sent consacr√© √† Rh√īne Alpes (ERAI) et qui doit devenir une maison de la France, c'est-√†-dire un lieu d'activit√©s √©conomiques, culturelles et de gastronomie pour diff√©rentes r√©gions de France. L'objectif est, dans un certain nombre de grands centres dans le monde - on le fait aux √Čtats-Unis et on va le faire ici - de rassembler les organismes qui d'une mani√®re ou d'une autre s'occupent de la pr√©sence fran√ßaise √† l'√©tranger. Il y aura aussi une repr√©sentation d'Ubifrance que nous fusionnons avec l'AFII, pour qu'il y ait un endroit ressource indispensable. Il y a aussi une dimension du vin dans cette maison de la France. Si on veut absolument parler anglais, cette maison de la France s'appellerait ¬ęFrench tech hub¬Ľ.

Donc un voyage court mais dense, et un accueil extrêmement chaleureux comme toujours de nos amis chinois. La relation dans tous les domaines entre la Chine et la France n'a sans doute jamais été meilleure.

(...)

Q - Est-ce que vous avez abordé Hong Kong lors de vos entretiens ?

R - J'ai défini la position avant de venir. Nous sommes des amis de la Chine, nous sommes attachés à la stabilité. Donc, quand il y a des difficultés, nous souhaitons qu'elles soient résolues par le dialogue et pacifiquement. Nous ne sommes pas entrés dans plus de détails.

Q - Parce qu'ils ne voulaient pas en parler ?

R - Non, nous parlons de tout.

Q - Parce qu'il y a eu le passage à tabac d'un manifestant...

R - Les choses ne sont pas simples. D'ailleurs, il est prévu que d'ici quelque temps le chef de l'exécutif de Hong Kong - c'était d'ailleurs prévu depuis longtemps - vienne en France.

Q - La France a-t-elle un message à faire passer à la Chine dans ce conflit interne ?

R - Le message que nous avons fait passer et que nous faisons passer tout le temps, c'est stabilité et dialogue pour la résolution des conflits.

(...)

Q - Est-ce qu'il est facile de dialoguer avec les Chinois maintenant, en matière diplomatique ?

R - En ce qui concerne les relations franco-chinoises, vous savez comme moi qu'elles n'ont jamais été aussi bonnes. Mais il y a des règles à observer : les Chinois n'aiment pas être surpris. Donc, si on a quelque chose à leur dire, il faut leur dire en amont, parfois pas en public mais en privé lorsque la confiance est établie. Je crois que c'est toujours important de traiter les sujets au fond mais sans qu'il y ait de surprise.

Un deuxième point, c'est que les Chinois comme les Français sont attachés à leur indépendance, et je crois que c'est ce qu'ils apprécient aussi dans la France, le fait que la France est un des cinq membres permanent du Conseil de sécurité et que c'est un pays indépendant, qui dans le monde prend ses décisions en fonction de ce que nous pensons être juste.

Donc, le long terme, l'ind√©pendance, la stabilit√©. Je leur dis souvent, l'amiti√© cela se prouve : ce que nous sommes en train de faire sur le cinquanti√®me anniversaire est vraiment exceptionnel : le fait qu'il y ait 800 manifestations dans nos deux pays, le spectacle ce soir du cheval dragon, le fait que le pr√©sident chinois se soit rendu en mars en France pour une visite exceptionnellement r√©ussie... Nous coop√©rons sur les grands sujets : par exemple, nous allons nous retrouver bient√īt dans le cadre des n√©gociations sur le nucl√©aire iranien.

C'est donc une relation de long terme, fond√©e sur des avanc√©es concr√®tes, une relation qui n'a pas de surprise o√Ļ on se dit les choses sur le fond mais en respectant l'ind√©pendance de chacun

(...)

Q - Vos interlocuteurs chinois sont-ils inquiets de voir les images de la rue à Hong Kong faire le tour du monde des télévisions ? Et quel est l'impact sur le luxe ?

R - J'avais d√©fini au moment o√Ļ se sont d√©clar√©s ces √©v√®nements la position de la France. Nous sommes attach√©s √† la stabilit√© et on conna√ģt une relation d'amiti√© avec la Chine. Et ce que nous souhaitons, c'√©tait vrai hier et c'est vrai aujourd'hui, c'est que s'il y a des difficult√©s et des tensions, il faut qu'elles soient r√©solues par le dialogue. Nous voyons bien la difficult√© des choses mais nous n'avons pas voulu aller plus loin et j'ai r√©p√©t√© les m√™mes propos √† cette occasion.

L'effet sur telle ou telle industrie du luxe à Hong Kong, je ne l'ai pas mesuré. On n'en a pas parlé avec les groupes considérés que je vois de temps en temps et qui sont très représentés là-bas. On peut cependant probablement penser que lorsqu'il y a des tensions, cela ne favorise pas nécessairement le commerce. C'est une règle générale qui peut s'appliquer dans ce cas-là./.

Retour sommaire


7. Chine - Lyc√©e fran√ßais de P√©kin - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

Monsieur le Secrétaire général de la Municipalité,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis extrêmement heureux de me trouver avec vous ici pour poser cette première pierre de ce qui sera dans quelques mois le lycée français international Charles de Gaulle.

Il nous faut un peu d'imagination mais elle est aid√©e par cette maquette pour nous repr√©senter ce que sera dans quelques mois ce magnifique lyc√©e d√Ľ au talent de M. Ferrier et √† l'aide de la municipalit√©, de la France, des entreprises qui vont permettre cette belle r√©alisation.

On mesure le chemin parcouru si l'on compare ce que sera cet établissement avec la très modeste école diplomatique qui en 1965, un an après l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Chine, avait commencé l'enseignement du français ici à Pékin.

Depuis cette d√©cision historique prise par le g√©n√©ral de Gaulle et, √† l'√©poque, par le pr√©sident Mao Zedong, l'enseignement du fran√ßais s'est d√©velopp√© √† proportion de nos relations elles-m√™mes. Et puisqu'aujourd'hui nos relations sont au beau fixe ¬Ė elles n'ont jamais √©t√© meilleures ¬Ė il √©tait n√©cessaire et l√©gitime qu'un nouvel √©tablissement voie le jour.

Jamais en effet ces relations n'ont √©t√© aussi proches, meilleures dans tous les domaines, qu'il s'agisse des domaines traditionnels de notre coop√©ration √©conomique, le nucl√©aire, l'a√©ronautique; de domaines nouveaux comme la sant√©, l'environnement - √ī combien n√©cessaire; dans le domaine culturel aussi, dans le domaine scientifique, dans le domaine politique, o√Ļ apr√®s la visite du pr√©sident fran√ßais en Chine, nous avons eu le plaisir d'accueillir le pr√©sident Xi Jinping au printemps dernier en France pour une visite exceptionnellement r√©ussie. Ces relations sont vraiment excellentes, et ce nouvel √©tablissement traduira l'excellence de ces relations.

Nous voyons sur cette maquette le futur √©tablissement: les b√Ętiments principaux seront sur ma gauche, il y aura un centre culturel, des salles pour les nouvelles technologies et pour pratiquer le sport et, m'a-t-on dit √©galement, un verger. Nous allons planter le neuvi√®me des arbres de ce verger puisqu'en Chine le nombre neuf est un symbole particulier de long√©vit√©.
Tout ceci est évidemment fait pour les enfants, les élèves qui auront une chance exceptionnelle de travailler et d'apprendre dans cet établissement. Nous les avons vus tout à l'heure : ils possèdent déjà un bagage remarquable. Si l'on démarre dans la vie en connaissant le chinois, le français, l'anglais, cela vous donne un atout magnifique pour réussir et celles et ceux qui apprendront dans ce lycée Charles de Gaulle seront certainement des ambassadeurs extraordinaires de l'amitié franco-chinoise.

La France possède le premier réseau éducatif et culturel au monde. C'est une volonté politique, car nous considérons qu'il n'y a pas de puissance diplomatique s'il n'y a pas à la fois une puissance économique et une puissance culturelle. Et la puissance culturelle, ce rayonnement est incarné par tous ces lycées, toutes ces écoles, toutes ces alliances françaises qui représentent notre culture à travers le monde et le lycée international français Charles de Gaulle de Pékin sera au tout premier rang de ce dispositif exceptionnel.

Dans ce lycée il y aura environ un millier d'élèves, une cinquantaine de nationalités, et c'est volontairement que nous créons ce brassage entre français et autres nationalités car c'est le génie de la France que de pratiquer d'autres langues et d'être ouvert sur tous les autres.

Pour les Chinois aussi, la langue fran√ßaise est une r√©alit√© importante et qui le deviendra de plus en plus puisque c'est une des langues les plus parl√©es dans le monde - aujourd'hui environ 200 millions de locuteurs francophones, dans quelques ann√©es 700 √† 800 millions, en particulier avec le d√©veloppement de l'Afrique, un continent o√Ļ nos amis chinois sont de plus en plus pr√©sents.

Les √©l√®ves qui sortent de nos √©coles et lyc√©es fran√ßais sont en g√©n√©ral tr√®s bien arm√©s pour r√©ussir dans la vie. Je r√©unirai d'ailleurs dans quelques mois les personnalit√©s les plus √©minentes sorties de ces √©tablissements. On s'apercevra alors que depuis des ann√©es le r√©seau fran√ßais a form√© des personnalit√©s remarquables, et je veux le dire en particulier cette ann√©e o√Ļ, m√™me s'il n'y a pas eu grand tapage, la France est tout de m√™me le pays qui a obtenu un prix Nobel de litt√©rature, un prix Nobel d'√©conomie et une m√©daille Fields de math√©matiques. Je pense qu'un pays qui est capable de faire cela est capable de donner un bel enseignement √† des centaines de milliers de jeunes √† travers le monde.

Je voudrais remercier tout particulièrement les personnels, enseignants et non enseignants, qui depuis des années travaillent dans ce pays pour développer la culture française et francophone, et souhaiter bonne chance et bon travail à tous ceux qui vont permettre dans les années qui viennent d'éduquer de façon remarquable nos enfants. Je pense que c'est un métier magnifique, difficile et il faut savoir leur rendre hommage, ce que je fais aujourd'hui.

Tout à l'heure nous entendions ces enfants chanter une chanson. Je ne vais pas essayer de les imiter mais j'ai noté qu'à la fin, chacun d'entre elles et d'entre eux disaient son bonheur. En effet, nous sommes heureux d'être ensemble aujourd'hui pour cette première pierre d'une réalisation qui montrera le degré exceptionnel de l'amitié entre la Chine et la France.
Je souhaite une grande réussite à cet établissement, que nous reviendrons inaugurer réellement car à cette pierre devront s'ajouter quelques autres.

Je souhaite longue vie à l'amitié entre la Chine et la France. Ce soir nous irons regarder comment le cheval dragon Long Ma souffle de la fumée et se bat avec l'araignée. Ici Long Ma est un signe de longévité, de ténacité et de talent, donc tout est réuni pour que ce lycée illustre notre amitié.

Je voudrais remercier la municipalité de Pékin qui a été extrêmement positive dans tout cela et vous dire à toutes et à tous rendez-vous dans quelques mois pour pénétrer dans ces classes et rendez-vous dans quelques années pour voir la culture française, la culture internationale de nos jeunes se développer ici et réussir.

Vive l'amitié entre la Chine et la France ! ./.

Retour sommaire


8. Chine - Prosper Giquel - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

Mesdames, Messieurs les Représentants de la ville de Fuzhou,

Monsieur l'Ambassadeur,

Monsieur David Gosset

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

C'est une cérémonie tout à fait exceptionnelle, et en même temps amicale, à laquelle nous allons procéder.

Les obsèques de Prosper Giquel ont été célébrées non pas en Chine mais à Paris en février 1886 dans l'église de la Madeleine. C'était donc il y a 128 ans.

Il y a dans les archives de ce que l'on appelle la Biblioth√®que Nationale de France un petit livret qui r√©unit les discours qui ont √©t√© prononc√©s √† cette occasion. Et il y a parmi ces discours, le discours de l'ambassadeur de Chine en France, qui avait fait sp√©cialement le d√©placement. Et il a prononc√© quelques phrases que je vais prononcer, en partie : ¬ęLe corps de M. Giquel, qui repose depuis deux jours dans les caveaux de la Madeleine, a √©t√© transport√© dans un magnifique catafalque, recouvert de couronnes et de bouquets de fleurs. Un ma√ģtre des c√©r√©monies porte, sur un coussin en velours noir, les nombreuses d√©corations du d√©funt, les m√©dailles comm√©morant ses campagnes et sa pelisse de mandarin en soie jaune imp√©riale¬Ľ.

Ce texte n'est pas fait pour seulement l'agrégation de traduction en chinois.

Cette pelisse jaune, M. Giquel l'avait reçu de la dynastie manchoue des Qing, en hommage à ses actions valeureuses sur le sol chinois. C'était évidemment à l'époque, comme d'ailleurs aujourd'hui, une distinction extrêmement rare pour un Occidental. Elle porte la marque du lien exceptionnel, totalement inconnu aujourd'hui, entre M. Giquel et la Chine.

Alors je vais vous raconter en quelques mots l'histoire de cet homme extraordinaire, non pas à vous les représentants de Fuzhou, que je salue, qui connaissez son histoire, mais au reste de l'audience.

M. Giquel est n√© en Bretagne, dans une ville qui s'appelle Lorient, en 1835. Il est devenu officier de marine et il est arriv√© en Chine, pays assez √©tranger √† l'√©poque, √† 22 ans. Il s'est install√© √† Canton, s'est lanc√© dans l'√©tude du chinois qu'il a appris √† ma√ģtriser en quelques mois. Ce qui personnellement me laisse r√™veur, puisque sorti de ¬ęnihao¬Ľ et ¬ęxiexie¬Ľ, j'ai du mal √† articuler d'autres concepts.

Ensuite, il a servi dans les douanes maritimes imp√©riales chinoises √† Ningbo, qui est une ville portuaire pr√®s de Shanghai. En 1861, au moment de la c√©l√®bre r√©volte des Taiping, il a combattu pendant de longs mois aux c√īt√©s des forces imp√©riales.

Ensuite, en 1866, il a été choisi par le gouverneur du Fujian pour le conseiller dans un grand projet d'arsenal de Fuzhou. L'objectif c'était d'une part de créer une grande flotte de bateau de guerre et de transport, et puis apprendre à des techniciens chinois les méthodes européennes. Le but de tout cela, c'était, à la fin de la dynastie Qing, de faire acquérir aux Chinois un certain nombre de techniques, de connaissances occidentales, pour redonner à ce pays les moyens de sa souveraineté.

Et comme Giquel était un homme très tourné vers les autres, il a décidé aussi de fonder une mission d'instruction, qui était une espèce d'université francophone pour former de jeunes intellectuels chinois, permettant de rapprocher la Chine et la France, à la fin du XIXème siècle.

Alors dans la dernière période de sa vie, Giquel a connu un épisode dramatique, qui le rend particulièrement sympathique et une figure particulière. À partir des années 70, il est conseiller diplomatique auprès du gouvernement impérial, un poste très important, mais voilà le drame : la bataille de Fuzhou en 1884, qui aboutit à la destruction par la marine française de l'arsenal de Fuzhou, qu'il avait contribué à construire. Il faut imaginer le drame de cet homme qui aimait passionnément la Chine, qui avait consacré sa vie à construire l'arsenal et qui voyait son propre pays détruire l'oeuvre de sa vie.

Mais la Chine ne s'y est pas trompée et a gardé une grande admiration, que j'ai vue moi-même à Fuzhou, pour la vie et la contribution de cet homme. L'Histoire a assez largement oublié cet épisode et son héros. C'est cet oubli que j'ai souhaité réparer au nom de la France, en lui rendant devant vous, les élus de Fuzhou, cet hommage et puis aussi en faisant réaliser une des deux seules copies qui existeront du buste de Giquel, puisqu'une copie avait été réalisée par le sculpteur Jules Franceschi, et donnée à la famille de Giquel après sa mort, laquelle famille l'a donné au musée de Rennes. Moi-même, j'ai fait faire une seconde copie pour la rendre aux autorités de Fuzhou.

Alors je ne sais pas o√Ļ est Giquel, ici ou ailleurs, cela d√©pend des convictions de chacun, mais en tout cas, je veux citer les paroles de l'ambassadeur de Chine, au moment de ses obs√®ques : ¬ęIl est des n√ītres par les services qu'il a rendu √† notre pays durant de longues ann√©es. Sa conduite lui attira l'admiration g√©n√©rale¬Ľ. J'ai donc pens√© qu'il √©tait temps, 128 ans apr√®s, que ces paroles ont √©t√© prononc√©es, que la France s'associe officiellement √† cet √©loge m√©rit√©.

Je vais donc vous remettre ce buste en témoignage d'admiration pour Prosper Giquel, précurseur et héros de l'amitié franco-chinoise.

Merci./.

Retour sommaire


9. Lutte contre le terrorisme - Irak - Syrie - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

(...)
Une bonne nouvelle depuis l'Irak : la constitution, cette fois-ci complète, du gouvernement tripartite puisque les ministères de la défense et de l'intérieur ont été pourvus, ce qui est extrêmement important. Nous avions insisté sur ce point et je m'en félicite, parce que si on veut que l'armée irakienne et l'ensemble des irakiens mènent le combat qu'ils veulent et doivent mener contre Daech, ce groupe terroriste, il faut évidemment qu'ils soient unis.

Cette unité passe par la constitution de ce gouvernement tripartite qui n'avait pour l'instant pu être mis en place que partiellement. C'est une très bonne chose car cela va permettre de mobiliser davantage la population irakienne et ses forces contre le terrorisme.

(...)

Q - Le probl√®me du terrorisme et tout ce qu'il se passe en ce moment en Syrie et en Irak, cela fait maintenant un certain temps que les Chinois connaissent un certain nombre d'attentats, est-ce que la teneur de vos conversations √©taient du style ¬ęon est dans le m√™me bateau, nous aussi on est agress√© par le terrorisme international¬Ľ ? Est-ce que les Chinois vous ont dit ce qu'ils voudraient faire √©ventuellement en Syrie et en Irak ? Quelle est leur position sur ce dossier, on a du mal √† la cerner ?

R - Nous avons parlé de cela avec mon collègue des affaires étrangères. Il considère, et nous considérons, que le terrorisme n'a pas de frontière et que c'est un danger pour nous tous. Et je leur ai dit, et je vous le redis, que nous condamnions de la façon la plus nette les actions des terroristes qui ont été menées en Chine. J'ai posé la question en ce qui concerne la présence de terroristes d'origine chinoise en Syrie ou en Irak et mon collègue des affaires étrangères a confirmé qu'il y avait des informations en ce sens.

Sur la question g√©n√©rale Irak-Syrie, oui nous en avons parl√©. Je pense que sur l'Irak, nous avons des analyses voisines. C'est-√†-dire qu'il faut lutter contre ce que l'on appelle Daech de la fa√ßon la plus forte, que la lutte doit √™tre men√©e d'abord par les Irakiens, que cette lutte pour √™tre efficace exige qu'il y ait un rassemblement national, d'o√Ļ l'importance du gouvernement tripartite - nous avons express√©ment parl√© de cela - et aussi du r√īle que pourrait jouer ou ne pas jouer l'Iran.
Sur la Syrie, vous connaissez la position de la France : pour nous les choses sont diff√©rentes de la situation en Irak. En Irak, c'est le gouvernement qui nous appelle et ce qui a permis l'utilisation de l'aviation pour d√©terminer o√Ļ sont les uns, o√Ļ sont les autres. Mais la lutte doit √™tre men√©e par l'arm√©e irakienne, par les Irakiens eux-m√™mes, et l'ennemi est clairement identifi√©, c'est le groupe Daech.

En Syrie, il n'y a non pas un adversaire mais deux adversaires, car l'origine des terroristes c'est largement M. Bachar Al-Assad. On l'oublie peut-être mais c'est lui qui a fait libérer de prisons ceux qui sont maintenant à la tête du terrorisme. Et pendant très longtemps, peut-être même encore aujourd'hui, le pétrole qui était possédé par ces groupes terroristes était acheté par le gouvernement syrien. Aussi, il s'agit de lutter contre Daech, mais en même temps sans faire le jeu de M. Bachar Al-Assad et de toujours avoir en perspective qu'il faudra bien une solution politique. Nous avons parlé de cela.

Pour revenir √† la base de votre question : oui le terrorisme est un mal international. Nous constatons d'ailleurs qu'il y a des fili√®res, des ramifications et des contacts tr√®s pr√©cis entre les groupes terroristes de diff√©rents pays. Et c'est encore plus vrai avec le mouvement terroriste Daech, puisque l√† c'est une esp√®ce de syst√®me de franchise. Ce sont des groupes autonomes qui commettent des forfaits et qui se r√©clament du groupe Daech, qui lui-m√™me a pris comme √©l√©ment d√©terminant d'√©riger telle ou telle r√©gion en califat. Ce qui le distingue d'Al-Qa√Įda qui √©tait une organisation tr√®s centralis√©e et qui n'avait pas de revendications g√©ographiques √† proprement parl√©. Nous sommes tout √† fait d'accord pour coop√©rer si n√©cessaire dans la lutte contre le terrorisme et j'ai pris pour exemple, en particulier, la n√©cessaire unit√© que nous devons avoir pour couper les financements de ce mouvement.

Car si ce mouvement a des financements, il faut bien qu'il trouve des financiers. Si c'est √† partir du p√©trole, cela veut dire qu'il le vend moins cher, mais s'il le vend, c'est qu'il y a des acheteurs. Si nous nous y mettons tous, √† la fois les √Čtats-Unis, la Chine, la Russie, les pays arabes et les autres pour dire qu'il n'y a pas de possibilit√© d'acheter ce p√©trole sur le march√©, nous devrions √™tre efficaces. Il faut absolument le faire car c'est un danger pour nous tous.

Q - À l'égard de la coalition, [vous avez abordé le sujet de la coalition avec la partie chinoise] ?

R - Nous ne l'avons pas abordée en tant que tel. Mais je n'ai pas entendu par ailleurs de condamnation de telle ou telle méthode. (...)./.

Retour sommaire


10. Ukraine - Russie - Sommet des chefs d'√Čtat et de gouvernement Europe-Asie - D√©claration de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Milan, 17/10/2014)

Cette réunion importante entre les pays d'Asie et l'Union européenne a essentiellement pour objet de soutenir la croissance, parce que c'est l'enjeu principal pour l'Asie et pour l'Europe, de faire en sorte que nous puissions conjurer un certain nombre de menaces qui nous sont communes et notamment le terrorisme. Enfin, de pouvoir préparer dans de bonnes conditions la conférence qui va se tenir à Paris, au mois de décembre 2015, sur le climat.

Tel est l'ordre du jour et il a été respecté. C'étaient les priorités que la France voulait évoquer avec l'ensemble de ses interlocuteurs : la croissance, la lutte contre le terrorisme et la préparation de la conférence sur le climat.

Vous comprendrez bien qu'en marge de ce Sommet, il y a la question ukrainienne. Cela a été l'objet - j'en remercie le président Renzi - d'avoir une rencontre ce matin. Il y avait non seulement Matteo Renzi qui préside l'Union européenne pour les six mois de la présidence italienne. Il y avait également le président Barroso, le président Van Rompuy, David Cameron, Angela Merkel et moi-même, avec les deux parties prenantes, c'est-à-dire le président Porochenko et le président Poutine.

Le mérite de cette réunion, c'est d'avoir rappelé les principes. Quels sont-ils ?

Le premier principe, c'est le respect du cessez-le-feu et il doit être vérifié, j'y reviendrai.

Le deuxième principe, c'est l'application de l'accord de Minsk, l'accord qui était intervenu le 5 septembre et qui engageait, avec un calendrier, le règlement de la crise ukrainienne avec l'ensemble des protagonistes, c'est-à-dire d'abord les Ukrainiens mais aussi le président Poutine.

Le troisième principe, c'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine, qui doit être le cadre des élections qui vont se tenir dans les prochains jours.

Le caractère positif de la réunion de ce matin est d'avoir permis de rassembler autour de ces principes tous ceux qui étaient autour de la table. Cela veut dire, la Russie et l'Ukraine.

J'ai souhait√© avec Angela Merkel que nous puissions poursuivre cette discussion, conform√©ment √† ce que nous avions d√©j√† engag√©, vous vous en souvenez, c'√©tait le 6 juin, √† l'occasion des c√©r√©monies li√©es au d√©barquement, en Normandie. Depuis cette date d'ailleurs, nous parlons de ¬ęformat Normandie¬Ľ. Ce format est une r√©f√©rence pour le pass√©, mais aussi pour l'avenir, une r√©f√©rence de paix.

Ce que nous ferons en début d'après-midi avec la chancelière, le président Poutine, le président Porochenko et moi-même, c'est la mise en oeuvre des principes que nous avons rappelés ce matin.

Comment faire respecter le cessez-le-feu ? La France et l'Allemagne ont d√©j√† annonc√© que des drones √©taient √† la disposition de l'OSCE, pour v√©rifier le respect du cessez-le-feu et le contr√īle de la fronti√®re, pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de circulation de combattants ou qu'il y ait le retrait des armements. Et c'est ce que nous devons mettre en oeuvre le plus rapidement possible. C'est le pr√©sident de l'OSCE, le pr√©sident Burkhalter, qui doit √™tre maintenant charg√© d'utiliser ces drones, tous les drones, les drones allemands et les drones fran√ßais, pour faire respecter, v√©rifier le respect du cessez-le-feu.

Ensuite, il y a également une discussion sur le processus électoral qui doit se tenir en Ukraine et qui doit être mené dans le respect de l'intégrité territoriale.

Enfin, il y a tout ce que nous devons obtenir de nos interlocuteurs pour la libération des prisonniers, et pour le désarmement de ces milices qui ont eu comme responsabilité des dizaines de morts depuis le début de ce conflit.

Donc les choses avancent, mais elles ne sont pas réglées. Elles ne le seront que dans le cadre d'un processus qui doit rester dans ce que nous avions défini le 6 juin, c'est-à-dire le dialogue entre d'abord les parties prenantes en Ukraine, et aussi la France et l'Allemagne qui sont prêtes à accompagner ce processus.

Il est très important que nous puissions aider à ce règlement de la crise ukrainienne, parce qu'elle pèse. Elle pèse d'abord sur les Ukrainiens qui souffrent, et je veux dire tous les Ukrainiens. Et il y a une situation alarmante sur le plan humanitaire.

C'est une situation qui pèse sur la Russie, qui subit des sanctions, dès lors que la Russie n'a pas complètement respecté ce qui était prévu, c'est-à-dire la pression indispensable sur les séparatistes.

Cette situation pèse sur l'Europe, parce qu'elle souffre à travers les sanctions aussi d'une situation économique, et donc d'une incertitude.

Cette situation, elle pèse sur le monde. Parce que, dès lors qu'il y a des risques, et notamment des mises en cause de ce que pourrait être l'intégrité territoriale, il y a effectivement un doute, dont on voit la conséquence sur les marchés.

Alors nous devons tous nous mobiliser pour que la crise ukrainienne trouve sa solution. La France et l'Allemagne ont montr√© qu'elles pouvaient jouer un r√īle utile et nous en aurons, je l'esp√®re, la d√©monstration dans la r√©union qui se tiendra en d√©but d'apr√®s-midi. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


11. Ukraine - Russie - Sommet des chefs d'√Čtat et de gouvernement Europe-Asie - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Milan, 17/10/2014)

(...)

Q - Qu'est-ce que vous attendez sur l'Ukraine ?

R - On va en parler demain. Sur l'Ukraine il y a aura des discussions puisque le président Poutine est là - ou sera là dans quelques moments. Nous aurons des discussions, demain matin, avec le président Porochenko et le président Poutine. Ces questions seront traitées. On ne parlera pas des sanctions en tant que telles - cela relève de décisions européennes - mais nous parlerons des moyens de sortir de la crise. Il faut que le cessez-le-feu soit entièrement respecté en Ukraine et que ce qu'on appelle le plan de règlement de la crise, l'accord de Minsk, soit intégralement appliqué.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


12. Ukraine - Russie - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

(...)

Je ne reviens pas sur la réunion de Milan, le président de la République s'est exprimé sur les conversations que nous avons eues avec les responsables ukrainiens et russes, qui ont permis une certaine avancée, notamment l'usage de drones pour surveiller l'observation du cessez-le-feu.

Il y a encore des conversations, parce qu'on n'a pas encore abouti sur le prix du gaz, un certain nombre de discussions sur les √©lections locales qui doivent avoir lieu √† Lougansk et √† Donetsk et surtout l'application du protocole de Minsk en douze points, sur lequel nous avons insist√©, et la France jouant dans tout cela le r√īle de rassembleur - avec l'Allemagne - dans le format ¬ęde Normandie¬Ľ. (...)./.

Retour sommaire


13. Mali - Entretien avec M. Ibrahim Boubacar Keita - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 18/10/2014)

Le pr√©sident de la R√©publique s'est entretenu par t√©l√©phone avec Ibrahim Boubacar Keita, pr√©sident de la R√©publique du Mali. Les deux chefs d'√Čtat ont exprim√© leur solidarit√© dans la lutte contre le terrorisme. Ils ont rappel√© leur appr√©ciation du travail effectu√© par la mission des Nations unies au Mali (MINUSMA) et les pays qui la composent.

Le pr√©sident de la R√©publique a exprim√© au pr√©sident malien son soutien pour les discussions organis√©es √† Alger entre le gouvernement et les groupes arm√©s pr√©sents au Nord du Mali. Il a exprim√© son souhait que ces discussions aboutissent rapidement, afin de permettre √† l'√Čtat malien de se d√©ployer dans l'ensemble du pays et de faciliter la r√©conciliation de tous les Maliens, dans le respect de l'unit√© et de la la√Įcit√© de cet √Čtat.

Enfin, François Hollande a réitéré à Ibrahim Boubacar Keita l'engagement de la France en faveur du développement du Mali./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


14. Nigeria - Boko Haram - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

(...)
Même si des choses restent à confirmer, un accord a été passé entre le Nigeria et Boko Haram. Les négociations étaient secrètes et ont été menées en particulier à l'initiative du président Déby, auquel il faut rendre hommage. Nous en avions été informés.

Il reste encore √† pr√©ciser des choses des deux c√īt√©s et des convergences internes √† op√©rer, mais si les choses sont appliqu√©es comme l'accord a √©t√© pass√©, cela sera extr√™mement positif et l√† aussi je m'en r√©jouis. (...)./.

Retour sommaire


15. Virus Ebola - Sommet des chefs d'√Čtat et de gouvernement Europe-Asie - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Milan, 17/10/2014)

(...)

Q - Sur Ebola, est-ce qu'il faut g√©n√©raliser les contr√īles dans les a√©roports sur le plan europ√©en ?

R - J'ai eu un entretien t√©l√©phonique avec le pr√©sident Obama, la chanceli√®re Merkel, le Premier ministre italien et le Premier ministre britannique. Nous avons convenu qu'il fallait multiplier les contr√īles. D√®s demain, il y aura des contr√īles sur les transports a√©riens entre la Guin√©e et la France. Nous ferons en sorte que ces contr√īles puissent √™tre g√©n√©ralis√©s sur un certain nombre de pays √† risque. Mais nous n'en sommes pas l√†.

Il y a aussi la mobilisation internationale. Elle doit se mettre davantage en mouvement. C'est pourquoi la France a pris des initiatives en Guin√©e. Nous devons √™tre extr√™mement prudents quant √† ce qui peut se produire √† tout moment. Vous avez vu qu'aux √Čtats-Unis il y a eu des cas... Nous n'en n'avons pas connu en France - sauf un qui a √©t√© imm√©diatement trait√© et gu√©ri. Nous avons tous les dispositifs pour permettre que, si un cas se passait en France, il puisse y avoir toute la disponibilit√© m√©dicale pour apporter non seulement un traitement, non seulement une pr√©vention, mais une gu√©rison.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


16. Virus Ebola - Point de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international, en marge du Conseil affaires √©trang√®res (Luxembourg, 20/10/2014)

Nous avons examin√© ce matin la situation en ce qui concerne l'√©pid√©mie Ebola. La France est tr√®s active dans la lutte contre l'√©pid√©mie Ebola. Vous savez que nous avons pris des d√©cisions pour installer trois centres de traitement en Guin√©e, pour former des personnels - qu'ils soient Fran√ßais ou Guin√©ens -, pour contr√īler - parce qu'il y a un contr√īle des transports √† faire - et pour financer tout cela.

Et nous avions lancé une idée au début du mois de septembre pour qu'il y ait une coordination européenne. Les collègues ministres des Affaires étrangères européens sont unanimes à dire que cette idée d'un coordinateur européen pour la lutte contre Ebola est une bonne idée et donc elle va être adoptée dans quelques instants et le nom sera choisi dans les jours qui viennent. Je pense que c'est un pas très important car il faut que tout le monde s'y mette pour lutter contre cette épidémie très grave.

Mais il y a aussi dans ce drame des bonnes nouvelles. Par exemple l'OMS vient de dire qu'au Nigeria et au S√©n√©gal, o√Ļ il y avait des risques, les mesures prises ont √©t√© √† ce point efficaces que l'√©pid√©mie a √©t√© stopp√©e. Je pense qu'il faut continuer l'action, mais il y a des moyens de r√©ussir √† maitriser cette √©pid√©mie.

Q - Vous écartez toujours la possibilité de suspendre les vols en provenance des pays touchés vers la France et la Belgique par exemple ?

R - Tous les coll√®gues qui sont intervenus ont dit que ce n'√©tait pas une bonne solution. Bien entendu on comprend une certaine inqui√©tude de la part des personnels, mais ce qui compte le plus c'est le contr√īle. Et si vous suspendez les vols, il y aura quand m√™me des vols indirects, c'est √† dire qu'au lieu de venir directement vers Bruxelles ou, le cas √©ch√©ant, vers la France, les passagers iront √† Duba√Į ou ailleurs et viendront ensuite en Europe et on ne pourra plus rien contr√īler du tout. Ce qui est tr√®s important c'est que les contr√īles au d√©part et √† l'arriv√©e soient pleinement efficaces et que les syst√®mes internes de contr√īle des diff√©rents pays soient bien organis√©s. Et ce coordinateur que nous allons nommer au niveau europ√©en va veiller √† ce que l'action soit efficace au plan europ√©en et que chaque pays fasse ce qu'il doit faire.

Q - Le texte auquel vous avez souscrit ce matin parle d'une croissance exponentielle de l'épidémie dans les pays qui sont touchés. Que met-on en face ? Y a-t-il une cible à atteindre aujourd'hui du nombre de professionnels de santé, de médecins, d'infirmières, de paramedics, qui pourraient être envoyés d'Europe ?

R - C'est vrai que dans les trois pays concern√©s, c'est √† dire le Lib√©ria, la Sierra Leone et la Guin√©e, les chiffres sont au sens math√©matique en croissance importante ; non pas en croissance lin√©aire mais en croissance exponentielle. En m√™me temps, il y a d'autres pays o√Ļ l'on a arr√™t√© compl√®tement l'√©pid√©mie : le Nigeria, qui est un √©norme pays, et le S√©n√©gal. L'objectif est tout √† fait simple, il s'agit d'inverser la courbe. Pour inverser la courbe il faut √† la fois des centres de traitement, des formations, du contr√īle et du financement. C'est la priorit√© absolue.

Q - Est ce que vous attendez des mesures supplémentaires du sommet à la fin de la semaine ?

R - Cette question sera abord√©e de nouveau au sommet, mais bien s√Ľr elle aura √©t√© pr√©par√©e par les d√©cisions que nous avons prises aujourd'hui./.

Retour sommaire


17. Virus Ebola - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

(...)

Q - Sur Ebola, est-ce que vos interlocuteurs vous ont fait part de leur crainte de voir revenir un Chinois travaillant en Afrique potentiellement infecté ?

R - Non, ils n'ont pas pos√© la question en ces termes. Ils ont dit que ¬ęcompte tenu de l'ampleur et de la rapidit√© du ph√©nom√®ne, compte tenu du fait que nous sommes tr√®s int√©ress√©s par le d√©veloppement de l'Afrique et tr√®s pr√©sents en Afrique, il est absolument essentiel que nous apportions notre contribution¬Ľ. C'est ce qu'ils font de diff√©rentes mani√®res et que nous allons faire ensemble. L√†-dessus le communiqu√© commun est assez explicite et il y aura des compl√©ments lors de la visite de notre ambassadrice pour l'aspect international de la lutte contre Ebola.

Q - Concernant le traitement réservé par la Chine en cas d'urgence à ses propres humanitaires, est-ce qu'il y a une coopération possible ?

R - Je ne suis pas sp√©cialiste mais pour une maladie comme celle-l√† il faut un traitement s√Ľr et un protocole pour g√©rer le risque. Quand il y a eu un risque en France, on a √©tabli un protocole pour isoler les personnes qui pouvaient √™tre contamin√©es, et heureusement rien ne s'est produit.

Q - On peut coopérer avec les Chinois ?

R - Bien s√Ľr, on peut coop√©rer et d'ailleurs nous avons d√©cid√© - vous avez vu le communiqu√© conjoint - de travailler ensemble, notamment lors de la venue de l'ambassadeur charg√© des aspects internationaux de la lutte contre Ebola.
(...)

Q - Demain vous √™tes au Conseil des Affaires √©trang√®res √† Luxembourg, cela va √™tre le th√®me important. OXFAM nous dit que la France serait en train de construire un h√īpital en Guin√©e, et elle souhaiterait que l'on aille plus vite pour mobiliser les personnels de sant√© des arm√©es. On entend dire que les h√ītesses de l'air commencent √† dire qu'elles ne souhaitent plus monter sur les vols Paris-Conakry, qui est me semble-t-il la ligne essentielle pour la logistique humanitaire...

R - Il y a plusieurs choses. D'abord, aucun doute que cette √©pid√©mie progresse malheureusement rapidement. Les chiffres montrent qu'actuellement, sur toutes les personnes qui contractent le virus, la moiti√© d√©c√®de. C'est de l'ordre de 50 %. Et le nombre absolu augmente fortement, c'est quelque chose qui avait √©t√© d√©tect√© par le Centre des contr√īles d'Atlanta et il y a donc une inqui√©tude √©vidente et l√©gitime.

Maintenant, cette inqui√©tude ne doit pas d√©g√©n√©rer en panique car la panique ne donne g√©n√©ralement jamais rien de bon et nous appelle tous, au niveau national comme au niveau international, √† prendre un certain nombre de d√©cisions. La France le fait, elle n'est pas la seule √† le faire heureusement. Il y a toute une s√©rie de pays qui se mobilisent. Demain, j'irai dans le sens de la mobilisation europ√©enne, bien s√Ľr, car il faut qu'aucun pays ne soit √† l'√©cart, ni pour les pr√©cautions qu'ils doivent prendre, ni pour les efforts qu'ils doivent faire.

Pour ce qui concerne les vols, il y a de Conakry deux vols principaux pour aller √† l'ext√©rieur. Il y a un vol par Air France qui, sauf erreur de ma part, fait escale au Maroc, et un vol par Royal Air Maroc. Il y a des controverses - un faux bon sens - qui consiste √† dire ¬ępuisqu'il y a aussi bien en Guin√©e, au Lib√©ria, en Sierra Leone, des cas d'infection, il suffit d'arr√™ter les vols et l'√©pid√©mie s'arr√™tera¬Ľ. Les sp√©cialistes nous disent que c'est exactement l'inverse parce que vous ne pouvez pas emp√™cher les gens, s'ils se sentent en situation de risque, de vouloir aller √† l'ext√©rieur. Et si les voies normales sont coup√©es, √† ce moment-l√† cela se fait en contrebande si je puis dire, et l√† cela devient √©videmment beaucoup plus dangereux.

Mais il faut organiser tout cela, et c'est la raison pour laquelle il est tout √† fait d√©cisif qu'il y ait des contr√īles au d√©part dans les a√©roports, qui ont √©t√© eux-m√™mes plusieurs fois contr√īl√© et qui sont, nous dit-on, de qualit√© excellente. Vous savez que les caract√©ristiques de la maladie font que c'est au moment o√Ļ l'on de la fi√®vre qu'on commence √† pouvoir √™tre contagieux, sous certaines conditions. Il y a donc quelques sympt√īmes dont la temp√©rature et donc il y a la prise de temp√©rature au d√©part. Nous avons jug√© utile de refaire une prise de temp√©rature √† l'arriv√©e m√™me si le parcours n'est pas tr√®s long, mais c'est une seconde garantie. Alors j'ai vu comme vous - je n'ai pas v√©rifi√© les choses donc je ne vais pas porter de jugement qui serait infond√© - que tel ou tel cat√©gorie de personnel pouvait √©mettre une crainte. Ce qu'il faut, bien s√Ľr, c'est que les contr√īles soient faits de telle mani√®re qu'on limite de mani√®re drastique les risques.

Par rapport √† telle ou telle observation - vous citez OXFAM - il peut y avoir d'autres organisations, et puis les gouvernements eux-m√™mes disent qu'il faut √©videmment tout mobiliser. Les Etats-Unis font un certain nombre de choses, nos amis britanniques font un certain nombre de choses, d'autres pays font un certain nombre de choses. Nous, nous avons pris des d√©cisions, √©tant observ√© que c'est surtout sur la Guin√©e qu'on nous a demand√© d'intervenir. Donc, nos d√©cisions portent aussi bien sur les centres de traitement Ebola - et la France en Guin√©e en aura trois -, sur le centre de traitement des soignants - ce qui est une autre question mais tr√®s importante -, sur les √©vacuations sanitaires - o√Ļ l√† il doit y avoir une coop√©ration europ√©enne car il y a des avions √† mettre en commun -, sur la formation elle-m√™me et sur les financements. Sur tous ces sujets, nous avions pris les premi√®res d√©cisions qui ont √©t√© amplifi√©es par d√©cisions gouvernementales, et nous nous mobilisons au maximum.

Q - A Luxembourg, la France va proposer des choses concr√®tes, un h√īpital, appeler des r√©servistes ?

R - Nous avons plusieurs sujets à l'ordre du jour, un de ces sujets c'est Ebola. Le message général de la France, c'est que chaque pays fasse le maximum mais que tout soit bien coordonné. Vous avez un système de pont aérien, notamment pour les rapatriements, ou l'installation de centres, de traitement ou pour la population. La France fait un gros effort en Guinée parce que c'est la Guinée qui lui a été assignée. Et si l'on additionne nos contributions propres avec nos contributions à travers différents organismes, c'est déjà de l'ordre de 70 millions d'euros

Q - Cette ligne Conakry-Paris, qui assure notamment la logistique humanitaire en Afrique de l'Ouest, doit-elle rester ouverte ? On entend des h√ītesses de l'air qui s'inqui√®tent.

R - Tous les sp√©cialistes disent que lorsqu'il y a un pays qui se trouve en grave difficult√©, c'est le cas en Sierra Leone, au Lib√©ria et en Guin√©e, la grave erreur serait d'emp√™cher toute communication. A ce moment-l√†, la population fuit, mais de fa√ßon incontr√īlable et c'est l√† que se trouvent les plus graves risques de contagion. En revanche, ce qui est vrai, c'est qu'il faut prendre des pr√©cautions draconiennes pour qu'au d√©part et √† l'arriv√©e on s¬Ďassure qu'il n'y ait pas de gens contagieux. Cette maladie a ceci de particulier que l'on n'est contagieux qu'√† partir du moment o√Ļ on a de la fi√®vre. Donc on a d√©cid√© de contr√īler au d√©part et √† l'arriv√©e que les gens n'aient pas de fi√®vre. Si, ult√©rieurement, des signes se d√©clarent on remonte toute la cha√ģne. Il y a √©videmment des personnels qui sont directement en contact potentiel avec des gens infect√©s mais d'un point de vue scientifique, tous les sp√©cialistes sont unanimes pour dire que la bonne solution c'est qu'il y ait des possibilit√©s de transport malgr√© l'√©pid√©mie.

Q - Les compagnies aériennes menacent d'arrêter ces vols compte tenu de l'inquiétude des personnels, est-ce que vous avez les moyens d'obliger Air France ?

R - Il y a des discussions avec le personnel qui doit pouvoir bénéficier de conditions normales de travail sans remttre en cause l'intérêt général.

On doit être assez convaincant pour être efficace.

Q - La France fera-t-elle appel aux réservistes spécialistes de santé des armées ?

R - Les sp√©cialistes doivent le dire. Il y a un coordinateur qui est un sp√©cialiste de ces questions. Je crois qu'il peut y avoir des √©l√©ments des arm√©es qui interviennent, notamment le g√©nie pour monter les centres. Il peut aussi y avoir des personnels soignant venant des arm√©es. La question plus large qui est pos√©e, c'est, une fois qu'on construit les centres, qui les ¬ęop√®re¬Ľ, pour utiliser un anglicisme. Et c'est l√† en particulier que les organisations internationales, la Croix Rouge, etc., sont mobilis√©es.

Pour le premier centre, c'est la Croix Rouge fran√ßaise qui l'op√©rera. Pour les autres, il y a des discussions √† avoir, mais toutes les ressources qui doivent √™tre mobilis√©es seront mobilis√©es. En ce qui concerne la France, il n'y a bien s√Ľr aucune h√©sitation d'aucune sorte. (...)./.

Retour sommaire


18. D√©r√®glements climatiques - Chine - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (P√©kin, 19/10/2014)

(...)

Dans la perspective de la conférence climat que Paris accueille à la fin de l'année 2015, le président français a envisagé soit un déplacement en Chine soit une venue du président Xi en France à l'occasion de la préparation de cette conférence extrêmement importante. Pendant cette journée vous avez vécu l'extension de la pollution : l'indice PM2,5 mesurant les particules fines était aujourd'hui à 400, alors qu'en France le niveau d'alerte est à 50. C'est un problème considérable pour nos amis chinois et pour nous tous. Les autorités chinoises sont déterminées à prendre des mesures qui sont absolument nécessaires, cela pose des problèmes de transition mais on voit bien que sur ce sujet il faut travailler ensemble.

(...)

Q - Sur la conférence climat, il y a eu une réunion ici ?

R - Nous en parlons à chaque fois que nous voyons les responsables chinois. Nous en avons parlé avec le Premier ministre qui a eu des mots très forts pour mener un combat contre le dérèglement climatique. Nous en avons parlé avec Wang Yi, mon collègue du commerce extérieur. J'ai vu déjà, et je dois revoir, les personnes qui mènent les négociations pour le compte de la Chine.

Nous sommes convenus que nous pr√©parerions cette conf√©rence de Paris ensemble, puisque la Chine comme les √Čtats-Unis ou l'Inde sont parmi les principaux pays pollueurs.

Q - On les sent dans une approche positive ?

R - Nettement positive. C'√©tait d√©j√† vrai dans les d√©clarations : le mot d'ordre de ¬ęcivilisation √©cologique, de ¬ęnouvelle croissance¬Ľ, de ¬ęlutte contre le r√©chauffement climatique¬Ľ a √©t√© donn√© par le pr√©sident Xi il y a pas mal de temps. Des d√©cisions ont √©t√© prises, aussi bien au niveau national que r√©gional. Un certain nombre de r√©gions fonctionnent avec une √©volution du prix du carbone, ce qui est une bonne mesure et il y a des discussions avec nous pour voir comment aborder la conf√©rence de Paris. Mme Tubiana, l'ambassadeur charg√© de pr√©parer √† mes c√īt√©s cette n√©gociation, √©tait l√†, il n'y a pas si longtemps.

Il y a aussi des discussions avec bien s√Ľr les Am√©ricains, les pays dits ¬ęen d√©veloppement¬Ľ, l'alliance des petites √ģles (AOSIS)...

La Chine est très engagée. C'est pour elle une question absolument décisive parce que c'est la possibilité même d'une vie convenable, et du développement économique qui est posée. Ce n'est pas un mystère de dire qu'un certain nombre de cadres d'entreprises hésitent à venir parce que leurs enfants sont exposés à la pollution. C'est un problème économique et, peut-être, un problème social aussi parce qu'une certaine partie de la population n'accepte pas les choses. C'est aussi un problème très large compte tenu de l'échelle du pays.

Je pense que la Chine a pris la bonne approche qui consiste à faire de cette contrainte une opportunité, en étant au tout premier rang en ce qui concerne les panneaux solaires, les économies d'énergie. Sur le plan technologique, la France qui est très avancée pour tout ce qui concerne le traitement des déchets, les technologies de l'environnement, collaborera avec la Chine. (...)./.

Retour sommaire


19. Sommet Mondial de la Sant√© - Intervention de Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat charg√©e du D√©veloppement et de la Francophonie (Berlin, 19/10/2014)

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

Monsieur le Ministre de la Santé,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Chers Participants,

Je suis heureuse de participer à l'ouverture de ce Sommet mondial de la santé, événement important de la communauté des acteurs mobilisés sur la santé.

Cette ann√©e, le contexte ¬ęsanitaire¬Ľ international est tr√®s particulier et occupe le devant de la sc√®ne politique et m√©diatique dans de nombreux pays. J'√©tais il y a un mois en Guin√©e Conakry et j'ai pu constater combien l'√©pid√©mie d'Ebola, au-del√† du drame humain, √©tait d√©stabilisante pour le syst√®me de sant√© dans son ensemble, le pays et la sous-r√©gion.

J'ai rencontré des soignants Guinéens et expatriés et je voudrais dire une nouvelle fois ici toute l'admiration qui est la mienne, pour leur engagement déterminant au péril de leur vie. Ces personnels soignants sont de véritables héros et méritent notre reconnaissance.

Je souhaite remercier l'Allemagne pour l'organisation de ce Sommet depuis maintenant 6 ans. Avec nos partenaires allemands, nous avons pris de nombreuses initiatives ces derniers mois pour répondre à la gravité des crises auxquelles nous devons faire face. Le dynamisme de notre coopération a encore été illustré mercredi par la venue à Berlin du Ministre français des Affaires étrangères et du développement international, Laurent Fabius, invité par le gouvernement allemand à participer à un conseil des ministres présidé par la chancelière fédérale.

Pour lutter contre le fléau d'Ebola, la France et l'Allemagne ont d'emblée coordonné leurs actions ; nos deux pays ont ainsi décidé de mettre en place un pont aérien, basé à Dakar.

Nos partenariats sont nombreux, et vont de la gestion des crises à leur prévention. C'est pour cela que face au dérèglement climatique nous agissons aussi de concert.

Mais, s'il est urgent de stopper dès maintenant l'expansion d'Ebola, il est également urgent d'anticiper dès aujourd'hui les conséquences de moyen et long terme dont est porteur le dérèglement climatique.

Car le dérèglement climatique est aujourd'hui une des principales menaces qui pèse sur le développement des pays du Sud. La France, qui a fait de la santé une priorité de son action, accueillera en décembre 2015 la XXIème conférence des Nations unies sur le climat.

Nous avons comme mandat de parvenir à trouver un nouvel accord juridique international, avec des engagements pour tous, et permettant de rester en dessous d'une augmentation de 2 C.

1/ Le lien entre le dérèglement climatique et la santé est fort.

Le dérèglement climatique risque en effet de compromettre les progrès accomplis depuis des années. La Banque mondiale souligne par exemple, dans un rapport paru l'an dernier, qu'il pourrait annuler tous les progrès accomplis dans la lutte contre la mortalité infantile au cours des dernières décennies.

Car le dérèglement climatique, c'est avant tout un affaiblissement des systèmes agricoles, des nouvelles menaces sur l'eau et l'assainissement et donc des risques pour la sécurité alimentaire. Et comme à chaque fois, les plus pauvres seront en première ligne.

Le dérèglement climatique c'est aussi de nouvelles menaces : des menaces directes, avec l'évolution de la géographie de certaines épidémies. À ce titre, le chapitre du rapport du GIEC sur les liens entre climat et santé contient plusieurs scénarios tout à fait effrayants, tout le monde a à l'esprit des maladies infectieuses comme le paludisme ou la dengue, qui peuvent atteindre de nouvelles zones. Et il démontre que peu de régions sur la planète seront à l'abri.

Les nouvelles menaces, c'est aussi l'intensification des évènements climatiques extrêmes qui sont des défis immenses pour les professionnels de santé.

Notre devoir aujourd'hui, c'est d'anticiper ces menaces de demain.

Car en mati√®re d'adaptation, nous pouvons d'ores et d√©j√† travailler √† construire la r√©silience des syst√®mes de sant√© : se pr√©parer face aux √©v√®nements climatiques extr√™mes, mettre en place des actions de pr√©ventions des risques. Nous savons que tout cela est moins co√Ľteux et plus efficace sur le moyen terme. C'est un d√©fi pour tous les acteurs de la sant√©, mais aussi de l'urgence : il faut vous y pr√©parer.

2/ La France est engagée pour lutter contre ces menaces, à plusieurs échelles.

1- Au niveau national : des mesures concrètes et simples peuvent être prises dans chaque pays au co-bénéfice de la santé et du climat.

Je pense par exemple à la réduction de la pollution de l'air, en travaillant sur les politiques urbaines. Nous développons des réseaux de transports en commun et promouvons l'utilisation du vélo - même si ce mode de transport n'est pas encore partout aussi populaire qu'à Berlin !

2- L'engagement de la France se décline aussi dans le cadre de son aide publique au développement bilatérale, notamment à travers l'Agence française de développement, dont plus de la moitié des projets a un co-bénéfice climat.

3 - À l'échelon international, la France promeut activement la couverture sanitaire universelle. Il s'agit d'un enjeu majeur.

Le groupe de travail ouvert sur les objectifs de d√©veloppement durable apr√®s 2015 a abouti √† une proposition ambitieuse, o√Ļ la couverture sanitaire universelle est int√©gr√©e comme une des neufs cibles de l'objectif sant√©.

Je me félicite de ce résultat. Il importe désormais de préserver ce consensus afin que la couverture sanitaire universelle conserve une place centrale dans la perspective d'un accord intergouvernemental en septembre 2015.

G√©n√©raliser la couverture sanitaire universelle, c'est aussi s'attaquer aux in√©galit√©s qui sont criantes dans le domaine de la sant√© : in√©galit√©s sociales, mais aussi in√©galit√©s de genre, in√©galit√©s g√©ographiques d'acc√®s √† la sant√© entre les zones rurales et les p√īles urbains. Cette approche est d'autant plus n√©cessaire que de nouvelles menaces sanitaires apparaissent, telles que celles li√©es au d√©r√®glement climatique que j'√©voquais √† l'instant.

4 - La France mobilise également les acteurs de santé mondiale.

La France encourage les différents fonds thématiques de la santé, notamment le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, UNITAID, l'agence internationale d'achat de médicaments, et GAVI, l'alliance globale pour les vaccins et l'immunisation, à agir davantage pour renforcer les systèmes de santé.

Les synergies entre ces programmes et les systèmes de santé doivent se renforcer. Les investissements importants consentis pour lutter contre les grandes pandémies ou augmenter la couverture vaccinale ne pourront être maximisés et durables sans une amélioration des systèmes de santé dans lesquels ils interviennent.

Je souhaite saluer le r√īle des Nations unies et, en particulier, les travaux de l'OMS sur les liens entre climat et sant√©, qui ont fait l'objet d'une conf√©rence internationale de haut niveau en ao√Ľt dernier √† Gen√®ve. La France soutient activement ces travaux.

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Chers Participants,

J'ai souhait√© m'exprimer devant vous en fran√ßais. Je le fais parce que je suis attach√©e √† ma langue, je le fais parce que je suis charg√©e du D√©veloppement et de la Francophonie, mais je le fais surtout aujourd'hui parce que j'ai la conviction qu'un sommet ¬ęmondial¬Ľ doit s'enrichir des contributions de tous, sans frein, surtout d'ordre linguistique ! La sant√© et le savoir sont et doivent rester des biens universels.

Je conclurai sur quatre points :

- L'importance de soutenir les travaux scientifiques au travers de coopérations internationales, comme ceux que nombre d'entre vous ici conduisent, pour mieux comprendre les liens entre dérèglement climatique et santé, pour mieux s'y préparer.

La contribution de ce sommet est essentielle pour l'accord mondial sur le climat que nous devons collectivement construire. Le dérèglement climatique a un impact sur la santé et cet enjeu requiert la mobilisation politique de tous les pays ! Vous pouvez compter sur moi pour que ce thème trouve un écho à Paris, je veux pouvoir compter sur vous pour nous faire des propositions.

La communauté internationale doit poursuivre son appui aux systèmes de santé et à leur financement dans la durée. Cet accompagnement passe par de l'assistance technique, tant il est important de construire des systèmes durables et responsables. C'est ce que nous faisons avec l'Allemagne, dans l'initiative P4H sur le financement de la santé, mise en oeuvre par l'OMS. Mais il passe aussi par une réflexion plus large sur le financement du développement. Soyons clair : l'aide publique au développement seule ne suffira pas à financer tous les ODD, ni en particulier à financer la couverture sanitaire universelle. Travaillons sur les financements innovants, la mobilisation des ressources domestiques, l'implication de nouveaux bailleurs.

J'appelle enfin les instituts de recherche à se mobiliser et travailler ensemble pour la recherche des traitements et vaccins qui permettront d'éradiquer la dramatique épidémie de maladie à virus Ebola.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


20. ONU/Droit de v√©to - R√©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international, √† une question au S√©nat (Paris, 16/10/2014)

Le blocage du Conseil de sécurité des Nations unies dans des situations d'atrocités de masse, comme c'est le cas en Syrie, est inacceptable et contraire à l'esprit de la Charte des Nations unies. C'est une question essentielle pour le maintien de la paix et de la sécurité internationale car la radicalisation et le terrorisme trouvent un terreau fertile lorsque la communauté internationale donne le sentiment de ne pas vouloir agir.

C'est précisément afin de surmonter ce blocage que la France a proposé -par la voix du Président de la République, devant la 68e Assemblée générale des Nations unies- que les membres permanents du Conseil de sécurité s'engagent volontairement à s'abstenir de recourir au veto dans les situations d'atrocités de masse. En effet, pour la France, le veto n'est pas un privilège, ni même un droit. Il correspond au compromis trouvé pour que les membres permanents entrent dans le jeu de la sécurité collective. Cette prérogative implique des devoirs et une responsabilité particulière.

À l'inverse, la paralysie délibérée du Conseil de sécurité face à des atrocités de masse mine les fondements du pacte de 1945 accepté par tous à travers la Charte des Nations unies. Le ministre des Affaires étrangères et du développement international a présidé en marge de la 69e Assemblée générale des Nations unies une réunion ministérielle afin d'amplifier la mobilisation autour de la proposition française. De nombreux pays, responsables des Nations unies et des représentants de la société civile internationale ont exprimé leur soutien à l'initiative française. La France compte maintenir cette dynamique dans la perspective du 70e anniversaire des Nations unies en 2015 afin de convaincre les autres membres permanents de s'engager./.

(Source : site Internet du Sénat)

Retour sommaire


21. D√©sarmement - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s de la Conf√©rence du d√©sarmement (New York, 17/10/2014)

Monsieur le Président,

La France s'associe à la déclaration prononcée au nom de l'Union européenne.

La France est attach√©e √† un d√©sarmement multilat√©ral efficace, qui permette de cr√©er les conditions d'un monde plus s√Ľr, en oeuvrant par √©tapes successives pour le d√©sarmement g√©n√©ral et complet.

Monsieur le Président,

L'ann√©e derni√®re, nous avions d√©j√† exprim√© les pr√©occupations que nous inspiraient un certain nombre d'initiatives parall√®les dans le domaine du d√©sarmement nucl√©aire. Nous continuons de penser qu'elles ne sont pas compatibles avec le plan d'action du TNP, adopt√© par consensus en 2010. En pr√īnant une logique de stigmatisation, elles ne m√®nent qu'√† diviser, plut√īt qu'√† inclure. Elles comportent √©galement le risque d'une remise en cause profonde du TNP, que nous consid√©rons comme extr√™mement pr√©occupante, qui plus est √† la veille de la conf√©rence d'examen de 2015.

La France est attachée à la Conférence du désarmement (CD), seule instance multilatérale chargée de la négociation de traités de désarmement à vocation universelle. C'est d'ailleurs bien à la CD, ou dans les organes qui l'ont précédée, qu'ont été négociés le TNP, la CIAB, la CIAC et le TICE. Au-delà de la légitimité que lui a donnée l'Assemblée générale extraordinaire de 1978 (SSOD I), la Conférence du désarmement présente trois caractéristiques, trois atouts, qui la rendent irremplaçable :

- L'expertise ;

- La pr√©sence de tous les √Čtats disposant de capacit√©s cl√©s ;

- Et enfin la règle du consensus.

La r√®gle du consensus est la garantie de la participation de tous les √Čtats et du respect de leurs int√©r√™ts l√©gitimes de s√©curit√©. Elle est l'assurance que les accords n√©goci√©s seront appliqu√©s par tous ceux qui les auront adopt√©s. Elle est enfin et surtout le meilleur atout pour parvenir √† l'universalit√© des trait√©s. La r√®gle du consensus est une condition du multilat√©ralisme efficace que nous appelons de nos voeux.

Monsieur le Président,

√Ä la Conf√©rence du d√©sarmement, des progr√®s importants ont √©t√© r√©alis√©s. Le calendrier d'activit√©s a permis des discussions de substance sans √©quivalent sur chacun des 4 sujets centraux, qui ont confirm√© en particulier que le sujet du Trait√© d'interdiction de la production de mati√®res fissiles (TIPMF/FMCT) est m√Ľr. Mieux comprendre les positions des uns et des autres, circonscrire les divergences au minimum, identifier les pistes possibles de compromis : tout cela est essentiel pour avancer. Ce n'est certes pas suffisant. Plus que jamais notre objectif demeure de passer √† l'√©tape suivante et de d√©marrer la n√©gociation, conform√©ment √† la priorit√© que nous fixe l'action 15 du plan d'action du TNP, et en coh√©rence avec la d√©cision CD/1864, adopt√©e en 2009 par la Conf√©rence du d√©sarmement. Il n'en reste pas moins que les d√©bats conduits √† la CD cette ann√©e permettent d'avancer dans cette direction. Il est important de prendre acte de ce progr√®s.

Le FMCT a √©galement progress√© gr√Ęce aux discussions tr√®s substantielles lors des deux premi√®res sessions du groupe d'experts gouvernementaux (GGE) qui se sont tenues en 2014. Les travaux du GGE se poursuivront en 2015 et nous comptons parvenir √† un rapport qui contienne les √©l√©ments essentiels pour faciliter la n√©gociation du FMCT √† la Conf√©rence du d√©sarmement, conform√©ment au document 1299 et au mandat qu'elle contient.

Monsieur le Président,

L'UNIDIR fait partie intégrante de la machinerie du désarmement. Tout en étant une institution indépendante, ses travaux sont directement articulés aux négociations ou aux débats en cours. C'est là une plus-value irremplaçable. Je remercie la directrice, Mme Theresa Hitchens, pour le travail accompli depuis 6 ans.

Le bureau des affaires de d√©sarmement (UNODA) joue un r√īle important au service de la machinerie du d√©sarmement. C'est gr√Ęce √† son impartialit√© qu'il pourra utilement faciliter une meilleure compr√©hension des d√©l√©gations et les progr√®s de nos n√©gociations.

Monsieur le Président,

Malgr√© un contexte international d√©favorable, le d√©sarmement et la ma√ģtrise des armements ont progress√© en 2014. Le Trait√© sur le commerce des armes entrera en vigueur d'ici la fin de l'ann√©e ; une r√©flexion sur la question des syst√®mes d'armes l√©taux autonomes s'est tenue en mai dans le cadre de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC/CCW), qui continue par ailleurs d'enregistrer de nouvelles adh√©sions. La conf√©rence d'examen de la convention d'interdiction des mines antipersonnel √† Maputo s'est conclue sur un succ√®s. Dans le cadre du TNP, la mise en oeuvre du plan d'action de 2010 progresse, avec la remise par les cinq √Čtats dot√©s de leur rapport en application des actions 5, 20 et 21 du plan d'action et la signature du protocole au trait√© √©tablissant une zone exempte d'armes nucl√©aires en Asie centrale ; les travaux du P5 se poursuivent.

Comme nous avons déjà eu l'occasion de le rappeler, l'approche étape par étape est la seule susceptible de fonder des progrès durables, tout en renforçant la confiance entre nous tous.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


22. Journ√©e Internationale de l'√©radication de la pauvret√© - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 17/10/2014)

Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

C'est un vrai privilège pour mon équipe et pour moi d'être avec vous aujourd'hui en cette journée qui nous est si chère dédiée aux personnes vivant en situation de pauvreté.

Comme il est devenu à présent une tradition, c'est un grand honneur pour la mission permanente de la France de s'associer à ATD Quart Monde et à la mission du Burkina Faso pour organiser cet événement auquel nous attachons comme vous une importance toute particulière.

Je voudrais remercier chaleureusement le monde associatif, et le mouvement ATD Quart Monde en particulier, nos coll√®gues et amis du Burkina Faso, √† commencer par l'ambassadeur Simplice Honor√© Guibila, et l'ensemble des participants venus partager aujourd'hui leur engagement avec nous, √† commencer bien s√Ľr par Nakyshia Speaks et Joshua Lindsey, nos maitres de c√©r√©monie qui m√©ritent nos applaudissements, ainsi que Monsieur le Secr√©taire g√©n√©ral, tr√®s engag√© dans la lutte contre la pauvret√©, permettez-moi d'y ajouter Madame Wenyan Yang qui repr√©sente le D√©partement des √©tudes politiques et sociales des Nations unies. Je voudrais remercier aussi chacun et chacun d'entre vous pour votre pr√©sence. C'est votre engagement √† tous qui fait la diff√©rence et fera la diff√©rence.

C'est une journ√©e o√Ļ vous avez tous la parole, une parole forte de ¬ęcitoyens non pas comme les autres mais l'√©gal des autres¬Ľ, comme l'a r√©cemment le pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise.

Le Secrétaire général a évoqué l'épidémie d'Ebola qui sévit en Afrique de l'Ouest. La France est à la pointe des efforts de la communauté internationale pour combattre cette terrible épidémie à travers notamment notre action en Guinée.

Mesdames, Messieurs,

Chaque année de nouveaux indicateurs nous donnent des repères pour orienter nos efforts et nous fixer de nouveaux objectifs dans la lutte contre la pauvreté.

Depuis 1990, près de 700 millions sont sorties de l'extrême pauvreté. Mais en 2013, il reste toujours près de 800 millions de personnes sous-alimentées, soit une personne sur neuf dans le monde et seul un quart de l'humanité a accès un système d'assainissement des eaux complet aujourd'hui.

C'est dire combien la t√Ęche reste immense mais si nous sommes engag√©s et unis, nous pouvons r√©ussir.

L'√©radication de la pauvret√© est un objectif qui est au coeur de notre responsabilit√© morale et politique, nous la communaut√© internationale. Il a √©t√© √©rig√© comme le premier des objectifs du Mill√©naire pour le d√©veloppement et reste le premier objectif de d√©veloppement durable dans le rapport de juillet dernier des Nations unies, avec l'objectif ambitieux - mais encore une fois r√©alisable - que plus une personne ne vive sur la plan√®te avec moins d'1,25$ par jour d'ici 2030 et l'ambition aussi de r√©duire de moiti√© la pauvret√© mesur√©e par des indicateurs multidimensionnels utilis√©s par chaque √Čtat d'ici 20130 aussi.

Pour accomplir cet objectif ambitieux, la communaut√© internationale doit se mobiliser et votre voix aujourd'hui l'y encourage, la guide aussi en donnant des exemples concrets - et les t√©moignages donn√©s pendant cette session sont particuli√®rement √©mouvants - de solidarit√©s, d'entraides, de votre h√©ro√Įsme quotidien. Car la pauvret√© extr√™me ne se r√©sume pas √† des chiffres, c'est avant tout une question d'√©galit√© et de respect des droits de l'Homme. Cette approche par les droits est le ciment de notre action commune ici aux Nations unies, le ciment de votre action √† tous au quotidien, au service de la dignit√©, du respect r√©ciproque, car comme le disait le p√®re Joseph Wresinski, le fondateur d'ATD Quart Monde, ¬ęl√† o√Ļ des hommes sont condamn√©s √† vivre dans la mis√®re, les droits de l'Homme sont viol√©s¬Ľ.

C'est cet engagement pour les droits de l'Homme, pour les droits de la dignit√© humaine que nous perp√©tuons ici aujourd'hui ensemble gr√Ęce √† votre engagement √† tous et vous pouvez continuer √† compter sur l'engagement de la France dans la promotion de ces droits, inlassablement, jour apr√®s jour au sein de toutes les instances des Nations unies, mais aussi partout o√Ļ nous le pourrons comme les nombreuses manifestations organis√©es de par le monde en atteste aujourd'hui.

Un grand merci à chacune et chacun d'entre vous du fond du coeur./.

Retour sommaire


23. Nominations - Arm√©nie - Bombay (Paris, 20/10/2014)

Le Journal officiel du 18 octobre 2014 a publié la nomination de M. Jean-François Charpentier, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République d'Arménie, en remplacement de M. Henri Reynaud.

Le Journal officiel du 18 octobre 2014 a publi√© la nomination de M. Yves Perrin, en qualit√© de consul g√©n√©ral de France √† Bombay, en remplacement de M. Jean-Rapha√ęl Peytregnet./.

Retour sommaire