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Déclarations officielles de politique étrangère du 13 octobre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - RĂ©publique tchèque/DĂ©placement de M. Harlem DĂ©sir Ă  Prague - Première session de l'AssemblĂ©e des Français de l'Ă©tranger/Bilan - Égypte/Accident de la route - Agence France Presse/Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre - Russie - Ukraine - ConfĂ©rence internationale pour la reconstruction de la bande de Gaza - Bolivie - Maroc (Paris, 13/10/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - République tchèque - Déplacement de M. Harlem Désir à Prague (13 octobre 2014)

M. Harlem Désir, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes, se rend aujourd'hui à Prague afin de s'entretenir avec son homologue tchèque, M. Tomás Prouza. Il sera aussi reçu par M. Lubomír Zaorálek, ministre des Affaires étrangères.

M. Désir évoquera avec ses interlocuteurs les grands enjeux européens, notamment la relance de l'investissement et les questions climatiques et énergétiques dans la perspective du Conseil européen des 23 et 24 octobre.

Ce déplacement sera également l'occasion pour M. Désir de rencontrer des représentants de notre communauté d'affaires en République tchèque et de faire le point sur le renforcement des échanges économiques bilatéraux.

2 - Première session de l'Assemblée des Français de l'étranger (Paris, 6-10 octobre 2014) - Bilan

L'Assemblée des Français de l'étranger a clos le 10 octobre sa première session.

Cette session a notamment permis à l'Assemblée des Français de l'étranger d'élire ses instances dirigeantes. La présidence sera ainsi assurée par M. Marc Villard (circonscription Asie et Océanie), qui sera secondé dans ses fonctions par deux vice-présidents, Mme Martine Schoeppner (circonscription Allemagne, Autriche, Slovaquie, Slovénie, Suisse) et M. Georges-Francis Seingry (circonscription Benelux). Six commissions de travail ont également été créées. Le rapport du gouvernement sur la situation des Français de l'étranger et les politiques en leur faveur a par ailleurs été présenté aux élus.

À cette occasion, M. Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger, a annoncé plusieurs mesures de simplification administrative. L'inscription en ligne au registre des Français établis hors de France sera possible d'ici à deux ans. En outre, dans plusieurs pays, il sera mis fin à la double comparution pour l'obtention d'un passeport : il sera désormais possible soit de venir le chercher son passeport au guichet, soit de se le faire adresser par courrier, aux frais du bénéficiaire.

La prochaine session est prévue le 16 mars 2014.

3 - Égypte - Accident de la route (13 octobre 2014)

Un accident de la route a coûté la vie à trente personnes et fait de nombreux blessés en Haute-Égypte ce matin.

La France adresse toutes ses condoléances aux familles des victimes.

Dans ces circonstances douloureuses, elle assure les autorités et le peuple égyptiens de sa solidarité.

4 - Agence France Presse - Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre (11 octobre 2014)

Nous félicitons chaleureusement MM. Mohammed Al-Shaikh et Bulent Kilic, photographes de l'Agence France Presse, qui ont reçu le 11 octobre les premier et troisième prix Bayeux-Calvados dans la catégorie «photo professionnelle».

Depuis 1994, la ville de Bayeux, associée au conseil général du Calvados, organise ce prix destiné à rendre hommage aux journalistes qui exercent leur métier dans des conditions périlleuses pour nous permettre d'accéder à une information libre.

MM. Al-Shaikh et Kilic ont été récompensés pour leur grand professionnalisme et leur courage au service de la liberté de l'information, à la suite de reportages portant respectivement sur les manifestations au Bahreïn et sur le mouvement de contestation sur la place Maïdan à Kiev.

La France est mobilisée en faveur du travail des journalistes et de leur sécurité. C'est à notre initiative que les Nations unies ont instauré, chaque 2 novembre, une «journée internationale pour mettre fin à l'impunité des crimes contre les journalistes».

5 - Russie

Q - Est-ce que vous avez un commentaire sur la livraison du Mistral ?

R - Nous avons répondu à cette question lors du dernier point de presse électronique en rappelant les propos du Ministre : «s'agissant du Mistral, le président a défini notre position. Un contrat avait été signé en 2011, du temps de la présidence de M. Sarkozy. Ce contrat a été signé et c'est la règle, lorsque les contrats sont signés, qu'ils soient honorés. Mais évidemment il ne peut être honoré que si d'un côté le cessez-le-feu est respecté et de l'autre une solution politique est engagée».

6 - Ukraine

Q - Est-ce que vous avez un commentaire sur la possibilité de déployer les drones de surveillance français en Ukraine ?

R - À la demande de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la France et l'Allemagne sont en train de définir une possible contribution à la mission d'observation en Ukraine.

Une mission exploratoire a eu lieu fin septembre pour étudier la faisabilité de ce projet. Des discussions sont toujours en cours sur les modalités d'un éventuel déploiement.

7 - Conférence internationale pour la reconstruction de la bande de Gaza

Q - Quelle est votre opinion sur les résultats obtenus par la Conférence internationale pour la reconstruction de la bande de Gaza et la promesse des pays donateurs à fournir une aide aux Palestiniens de plus de 5 milliards de dollars ?

R - Je vous rappelle la déclaration que nous avons faite hier soir à l'issue de la conférence organisée au Caire :

«Laurent Fabius a co-présidé dimanche 12 octobre la conférence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza. Il s'est entretenu notamment avec le président Abbas, le secrétaire général de la Ligue arabe et ses homologues américain, égyptien, norvégien, et italienne. Il a annoncé que la France mobilise en 2014 40 millions d'euros en soutien au peuple palestinien.

Laurent Fabius a souligné la nécessité de sortir du cycle tragique de destruction-reconstruction à Gaza. Il a appelé les parties à conclure sans délai un cessez-le-feu durable qui permette de lever le blocus de la Bande de Gaza comme de répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes d'Israël. Il a réitéré au président Abbas le soutien de la France au processus de réconciliation inter-palestinien. Ils sont convenus d'organiser le premier séminaire intergouvernemental franco-palestinien en France début 2015. Laurent Fabius a fait valoir l'urgence de sortir de l'impasse politique et, compte tenu des échecs précédents, d'adapter la méthode de négociations. Il a plaidé pour qu'un élan collectif associant davantage la communauté internationale vienne accompagner la reprise des négociations et permette d'aboutir, enfin, à une conclusion positive.»

Notre effort, conjugué à ceux des autres partenaires internationaux, doit permettre de répondre aux besoins humanitaires les plus urgents et d'envisager concrètement la reconstruction et le développement de Gaza.

8 - Bolivie

Q - Quel est votre réaction pour la réélection du président Evo Morales en Bolivie ? À votre avis, quel est l'avenir des relations entre la France et la Bolivie après cet événement ?

R - Les autorités françaises félicitent le président Morales de sa réélection.

La France est attachée au développement de ses relations avec la Bolivie dans tous les domaines.

Le président de la République l'a encore rappelé le mois dernier, lors de son entretien avec son homologue bolivien en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

9 - Maroc

Q - La décision du Quai d'Orsay de mettre le Maroc parmi les 40 pays placés en zone «grande vigilance» dans la foulée de l'assassinat d'Hervé Gourdel en Algérie a mis à mal le tourisme marocain. Même les professionnels en France déplorent une réaction «épidermique». Avez-vous pris en compte dans votre décision les graves conséquences sur ce secteur clé de l'économie marocaine ?

R - Le rôle du ministère des Affaires étrangères et du Développement international est de fournir à nos compatriotes les recommandations de sécurité les plus actualisées possibles.

Notre analyse tient compte de la situation différente de chaque pays et, au sein d'un pays donné, de la situation dans chaque région. Elle donne lieu à la fois à un référencement par des codes couleur (vert, jaune, orange, rouge) et à des recommandations écrites. C'est de l'ensemble de ces «conseils aux voyageurs» - codes couleur et recommandations écrites qu'il convient de prendre connaissance. Ils font l'objet d'une actualisation en temps réel.

En raison du risque sécuritaire lié à l'intervention contre Daech, nous avons invité depuis le 19 septembre les Français résidant ou de passage dans une quarantaine de pays à renforcer leur vigilance. S'agissant du Maroc, à l'exception d'une bande frontalière au Sud, la quasi-totalité de ce pays figure en vert./.

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2. Prix Nobel d'Ă©conomie - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 13/10/2014)

Le président de la République adresse à Jean Tirole ses plus chaleureuses félicitations. C'est une fierté pour la France.

Le Prix Nobel d'économie qui vient de lui être décerné consacre ses travaux de renommée internationale sur la crise financière et la régulation des industries de réseau et du système bancaire.

Jean Tirole, membre du Conseil d'analyse économique, préside l'Ecole d'économie de Toulouse, dont le rayonnement se voit confirmé par cette distinction.

Jean Tirole est le troisième français à recevoir le prix Nobel d'économie, après Gérard Debreu en 1983 et Maurice Allais en 1988, et c'est la deuxième fois, cette année, qu'un Français reçoit le prix Nobel, Patrick Modiano s'étant vu décerné, vendredi dernier, le Prix Nobel de littérature.

Ce Prix Nobel vient mettre en lumière la qualité de la recherche dans notre pays./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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3. Prix Nobel d'Ă©conomie - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international (Paris, 13/10/2014)

J'adresse mes très chaleureuses félicitations à Jean Tirole, à qui le prix Nobel d'économie vient d'être décerné.

L'un des plus éminents économistes français est ainsi récompensé. Universitaire, président et fondateur de l'École d'économie de Toulouse à laquelle il est resté fidèle depuis les années 1990, Jean Tirole a démontré au fil de ses travaux l'importance d'une régulation efficace des marchés. Dans le monde économiquement troublé d'aujourd'hui, ses travaux sont une inestimable boussole.

Après l'attribution du prix Nobel de littérature à Patrick Modiano, cette distinction constitue une nouvelle marque du rayonnement de la France dans le monde. C'est l'excellence française qui est ainsi reconnue./.

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4. IsraĂ«l - Territoires palestiniens - ConfĂ©rence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec «RFI» (Le Caire, 12/10/2014)

Les conséquences de la tragédie qui a frappé Gaza cet été sont absolument dramatiques. Comment ne pas souligner la difficulté croissante à trouver les financements internationaux pour une reconstruction qui, dans le passé, a été appelé ensuite à une destruction, reconstruction à laquelle - je le souligne en passant - les auteurs de la destruction ne sont même pas appelés à contribuer financièrement.

Or, comme en 2009 et comme en 2012, convenons que rien n'est vraiment réglé sur le fond. Les ferments d'une éventuelle prochaine crise sont déjà là : Gaza est détruite, le territoire est enclavé, le processus de paix n'est pas vraiment enclenché.

Alors, comment sortir de ce cycle ? Un État de la Palestine indépendant, démocratique, contigu, souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d'Israël sur la base des lignes de 67 avec Jérusalem comme capitale des deux États. Mais cette solution des deux États est menacée sur le terrain, notamment par la colonisation. Et, face à ce danger, il nous faudra bien à un moment reconnaître l'État palestinien./.

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5. IsraĂ«l - Territoires palestiniens - ConfĂ©rence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international, avec «France 24» (Le Caire, 12/10/2014)

Q - Sur le gouvernement d'union, pensez-vous que Fatah et Hamas vont ĂŞtre capables de travailler ensemble, notamment sur la reconstruction ?

R - Je viens de voir Mahmoud Abbas. C'est un fait, il y a différentes factions palestiniennes. Il faut travailler ensemble c'est important. Il faut reprendre les négociations car ce qu'on voit depuis 20 ans c'est reconstruction/destruction et quand il y a une négociation elle n'aboutit pas.

Q - Vous avez parlé d'un changement de méthode pour les négociations, pouvez-vous préciser ?

R - Une méthode différente où la communauté internationale serait davantage impliquée. Quand on arrive au bout des négociations rien ne se passe. Il faut que les négociateurs négocient et il faut qu'il y ait une implication internationale pour aider les négociateurs à aller jusqu'au bout.

Q - Que dites-vous de l'absence d'Israël à cette conférence sur la reconstruction ?

R - Nous aurions préféré qu'Israël puisse être là, c'est du bon sens, la destruction de Gaza ne s'est pas faite toute seule. Tous les 2/3 ans, les choses se détériorent donc nous aurions été favorables à leur présence... ./.

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6. IsraĂ«l - Territoires palestiniens - ConfĂ©rence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza - DĂ©claration du porte-parole du ministère des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international (Paris, 12/10/2014)

Laurent Fabius a co-présidé dimanche 12 octobre la conférence du Caire pour la Palestine et la reconstruction de Gaza. Il s'est entretenu notamment avec le président Abbas, le secrétaire général de la Ligue arabe et ses homologues américain, égyptien, norvégien, et italienne. Il a annoncé que la France mobilise en 2014 40 millions d'euros en soutien au peuple palestinien.

Laurent Fabius a souligné la nécessité de sortir du cycle tragique de destruction-reconstruction à Gaza. Il a appelé les parties à conclure sans délai un cessez-le-feu durable qui permette de lever le blocus de la Bande de Gaza comme de répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes d'Israël. Il a réitéré au président Abbas le soutien de la France au processus de réconciliation inter-palestinien. Ils sont convenus d'organiser le premier séminaire intergouvernemental franco-palestinien en France début 2015. Laurent Fabius a fait valoir l'urgence de sortir de l'impasse politique et, compte tenu des échecs précédents, d'adapter la méthode de négociations. Il a plaidé pour qu'un élan collectif associant davantage la communauté internationale vienne accompagner la reprise des négociations et permette d'aboutir, enfin, à une conclusion positive./.

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7. DĂ©règlements climatiques - Ouverture du sommet mondial des rĂ©gions pour le climat - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires Ă©trangères et du DĂ©veloppement international (Paris, 11/10/2014)

Monsieur le Gouverneur,

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Lorsqu'à la conférence de Varsovie, la COP 19, la France a été désignée pour accueillir en 2015 la COP 21 - au passage je souligne que cette désignation était facilitée par le fait que nous étions les seuls candidats - beaucoup de délégués sont venus pour me dire un mot.

Il y en avait trois catégories. Les premiers, peut-être les plus chaleureux mais les moins expérimentés, m'ont félicité. Les seconds ont dit que ce ne serait pas simple et les troisième, - les plus diplomates - ont dit : «good luck».

Cela résume tout.

L'ancien gouverneur de Californie vient d'expliquer avec éloquence les raisons pour lesquelles il ne faut pas attendre le mois de décembre 2015 et la COP 21 à Paris pour se mettre en mouvement. Le succès de Paris en 2015 se construit maintenant. Je serai prudent dans mes propos parce que pour le moment nous ne sommes pas chargé de ce dossier et de toutes les façons, ceux qui accueillent et président la conférence ne sont qu'un des éléments du succès.

Aujourd'hui, ce sont nos amis péruviens qui sont en charge pour le mois de décembre. Mais d'une certaine manière, vous êtes toutes et tous en charge. Ce n'est pas simplement l'affaire des gouvernements même si à Paris, il faudra que les responsables lèvent le doigt pour dire oui.

Quel est l'objectif ? Idéalement, mais il faut être idéaliste pour parvenir à faire avancer les choses, nous visons un accord lors de la COP 21, qui comporterait quatre piliers :

Le premier, celui dont on parle le plus, qui est indispensable mais très difficile, c'est de parvenir à obtenir un accord normatif qui soit universel mais aussi différencié puisque les pays ne sont pas tous dans la même situation. Un accord qui nous permette de ne pas dépasser l'augmentation de deux degrés, même si ce sera, tout le monde le sait, extrêmement difficile. Je n'ai pas besoin de revenir sur les évaluations scientifiques : si nous n'agissons pas très vite et très fort, ce n'est pas deux degrés mais quatre, cinq voire six degrés que nous subirons. Ce n'est pas simplement un réchauffement du climat, ce n'est pas scientifiquement exact, car dans certaines parties du monde, ce réchauffement serait en réalité un refroidissement. Ce n'est pas non plus un changement, car ce terme peut être perçu comme positif. C'est un dérèglement climatique ; c'est de cela qu'il s'agit.

Il n'y a pas besoin d'attendre l'année 2050. Aujourd'hui, tous les pays et les citoyens de tous les pays peuvent se rendre compte des premiers effets de ce dérèglement.

On ne va pas confondre ici dans cette assemblée de spécialistes, la météorologie et la climatologie. La météo, c'est le temps qu'il fait à un jour et à un endroit précis. La climatologie nous montre dès aujourd'hui que les sécheresses sont beaucoup plus graves, que les typhons sont beaucoup plus étendus, que les pluies sont beaucoup plus fortes, que le niveau des océans monte, que les océans sont acidifiés, que les famines s'intensifient, etc.

Ce n'est pas pour demain ou pour après-demain, c'est pour aujourd'hui.

Poursuivre l'objectif d'un accord universel et différencié, c'est compliqué mais indispensable.

Deuxième objectif : à Varsovie, tous les pays se sont engagés, si possible avant la fin du printemps de l'année prochaine, à déposer leurs engagements pour les années qui viennent jusqu'en 2050 pour révéler leurs propositions et leurs prévisions pour ce qui les concerne.

Troisième objectif : le financement et la technologie. C'est capital, d'un point de vue économique, parce que si on veut changer les choses, aller vers un nouveau modèle de développement, il faut que les financements accompagnent cela. C'est aussi capital pour une raison politique, car nous n'arriverons pas à faire évoluer un certain nombre de pays si nous ne sommes pas capables de leur proposer des financements.

Pour la technologie, le gouverneur en a parlé fort bien, c'est aussi capital parce que si l'on veut que les voitures, les méthodes de chauffage et la construction évoluent, cela demande des technologies qui sont déjà à disposition et qui seront de moins en moins chers.

Au-delà de l'accord universel, au-delà des engagements des pays, voilà le troisième élément, ce sera des avancées en matière de financement et en matière de technologie.

Le quatrième objectif, c'est tout ce que vont proposer et s'engager à faire les régions, les villes et les secteurs économiques. C'est l'ensemble de tout cela qui, si nous travaillons bien d'ici-là, permettra d'avoir un succès de «l'alliance de Paris pour le climat».

Il y a un certain nombre de grandes étapes d'ici décembre 2015, mais en fait, les étapes, c'est tous les jours dans la vie quotidienne de chacun.

Il y a eu le sommet de New York - dont je dirai un mot dans un instant - réussi et utile. Il y a en ce moment-même des réunions préparatoires à Lima, il y a dans quelques jours, le sommet européen qui va devoir décider si oui ou non l'Europe parvient à se mettre d'accord. Il est essentiel que l'Europe se mette d'accord. Si l'Europe veut peser auprès des autres États du monde il faut qu'elle-même existe. Nous n'en sommes pas là, ce n'est pas facile, car tel ou tel pays, pour telle ou telle raison apparaît réticent. Il est essentiel qu'il y ait un accord et un accord ambitieux à la fin du mois d'octobre au niveau européen.

Ensuite, nous avons un certain nombre de rendez-vous financiers pour la contribution au fonds vert. Et enfin, nous serons à Lima à la fin de cette année. Ce sera très important, nos amis péruviens devront réussir à mettre d'accord les pays présents pour une ébauche de ce que sera cet accord universel de l'an prochain à Paris.

Entre temps, toute une série d'événements seront intervenus et notamment la publication, au début du mois de novembre, d'un nouveau rapport du GIEC qui devrait nous éclairer sur un certain nombre de sujets non encore couverts.

VoilĂ  le chemin qui nous conduira Ă  Lima, en passant par l'Australie et le G20 et ensuite, Ă  travers d'autres Ă©tapes, vers Paris.

Je parlais de New York. Il y a de cela deux ou trois semaines, à l'initiative de Ban ki-Moon, qui fait un travail formidable - et je salue Mary Robinson, son envoyée spéciale - nous avons vécu deux ou trois jours extrêmement fructueux à New York.

Cela a commencé par une grande manifestation dans les rues de New York, j'y étais et je dois dire que je fus extrêmement heureux de participer à une manifestation, car lorsque l'on appartient à un gouvernement, c'est assez difficile de manifester. En général celles-ci sont tournées contre les gouvernements et il est donc difficile de se dissocier soi-même. Là, ce n'était pas du tout une manifestation contre, c'était une manifestation pour. Elle était très chaleureuse. Ici en France, nous sommes habitués à des manifestations nombreuses mais à New York, c'est plus rare et il y a moins de monde généralement. Là, il y avait entre 300.000 et 400.000 personnes qui avaient les yeux tournés vers nous.

Le lendemain 120 chefs d'État et de gouvernement sont montés à la tribune pour expliquer, - en des termes parfois, à mon sens, pas suffisamment précis -, leurs engagements avec une tonalité générale positive. Ils ont expliqué qu'il fallait aller vers cet accord, que c'était indispensable et que Paris devait être un succès. Puis, il y a eu l'engagement précis d'un certain nombre de villes et de sociétés et j'ai vu un changement. Personne n'est monté à la tribune en disant que scientifiquement c'était douteux. Tout le monde partait de l'idée que c'était nécessaire. C'est un changement très important, le climato-scepticisme existe encore mais dans certains milieux seulement. Simplement, il a fait face à un climato-fatalisme. Beaucoup se disent que le phénomène existe mais que c'est trop ambitieux pour nous ; non, ça ne l'est pas. Le sommet de New York a été positif même si j'ai regretté que les financements annoncés ne soient pas tous au rendez-vous.

Nous ne sommes pas là pour avoir un débat technique à ce stade mais vous savez qu'il faut contribuer à ce que l'on appelle le «fonds vert» à hauteur de 10 ou 15 milliards de dollars.

Pour l'instant, il y a 2 milliards 300 millions de dollars dans la caisse : un milliard apporté par nos amis allemands, un milliard apporté par les Français et 300 millions par quelques autres. Faites la différence, il y a beaucoup de pays qui doivent encore contribuer.

Concernant les régions, je pense qu'elles ont un rôle absolument essentiel. Parce que c'est dans les régions que le phénomène de dérèglement climatique se constate. Les citoyens habitent dans les régions et dans les villes, c'est donc à ce niveau-là que la prise de conscience existe. Les régions ont un rôle essentiel parce qu'elles ont commencé - et le gouverneur nous l'a montré de façon magistrale en ce qui concerne la Californie - à agir concrètement. L'un des risques que nous avons face à cette nécessité d'agir, c'est qu'on nous demande où sont les solutions. Les solutions sont sur le terrain, concrètement, dans les régions et dans les cités. En plus, les régions ont évidemment un rôle majeur à jouer car elles-mêmes ont des décisions à prendre pour anticiper et pour s'adapter. Ce qui a été fait en Californie, ce qui peut être fait dans certaines régions d'Afrique, ce qui est fait en Chine et par toute une série de régions. Ce qui est fait, même dans les pays où les gouvernements sont réticents, comme le Canada et l'Australie, c'est là où l'effort doit être porté. Non pas demain ou après-demain, mais aujourd'hui.

C'est pourquoi, l'appel qui est lancé aujourd'hui et le travail qui va être fait d'ici Paris est absolument central. Ce n'est pas aux autres de le faire, c'est à vous toutes et à vous tous.

Je terminerai en disant ceci et en faisant appel à deux personnalités. Le gouverneur, on le connaît, - il l'a dit lui-même -, comme «Terminator». Mais, il est assez rare qu'un Terminator puisse être un «initiator» et un «visionnator». Cher gouverneur, je veux vous rendre hommage pour cela. Il me fait penser d'ailleurs à une formule que j'applique à ma propre vie et peut-être qu'il a appliqué à la sienne, qui est une jolie formule d'un sage chinois qui dit : «Chaque homme à deux vies et la deuxième commence quand il s'aperçoit qu'il n'en a qu'une.» Je pense que cette formule est un peu plus profonde que ce qui peut paraître.

Un mot maintenant de Ban Ki-moon, je lui ai dit que j'aimais sa formule «Il n'y a pas de plan B parce qu'il n'y a pas de planète B» Je pense que tout est résumé par cela.

L'autre jour, je discutais avec l'une des personnes qui apparaît un peu réticente par rapport à l'accord européen : cette personne me disait que nous demandions des efforts considérables qui seront balayés s'il y a une éruption volcanique. J'ai dit que d'une part, je ne savais pas qu'il y avait des volcans dans notre pays et que d'autre part, chacun doit faire ce qui lui revient.

Le dernier mot est celui-ci : nous sommes, quel que soit notre âge, dans une situation très particulière. Nous sommes la première génération à prendre conscience de ce phénomène et, en même temps, nous sommes la dernière génération à pouvoir agir.

Cette situation particulière nous donne à tous des responsabilités exceptionnelles. La France fera le maximum pour que la conférence de Paris en 2015 soit un succès et si c'est le cas, ce sera d'abord grâce aux régions.

Merci./.

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8. Partenariat commercial transatlantique - Entretien de M. Matthias Fekl, secrĂ©taire d'État chargĂ© du Commerce extĂ©rieur, du Tourisme et des Français de l'Ă©tranger, avec le quotidien «LibĂ©ration» (Paris, 11/10/2014)

Q - Comment accueillez-vous la décision de rendre public le mandat de négociation ?

R - C'était ma première demande après ma nomination auprès de Laurent Fabius. Un accord a été obtenu. Notre mobilisation a payé. La semaine prochaine à Rome avec mes homologues européens, j'évoquerai de nouveau ce sujet de la transparence des négociations commerciales. Il ne peut plus y avoir de négociations opaques. Les Parlements doivent avoir un droit de regard sur ces mandats, et les négociations doivent faire l'objet de comptes rendus réguliers. Nous devons aussi associer très largement la société civile aux étapes de cette négociation.

Q - Comment ?

R - Depuis deux ans, le gouvernement a fait le choix du dialogue. On peut encore améliorer nos instances. C'est pourquoi ma deuxième décision a été de refonder le comité de suivi stratégique du partenariat transatlantique. Il se composera désormais de deux collèges : l'un pour les parlementaires, l'autre pour la société civile. Des syndicats, des associations comme Attac feront donc désormais partie de ce comité de suivi. Je le réunirai à la fin du mois d'octobre.

Q - Ils veulent la fin des négociations...

R - Certaines peurs sont justifiées, d'autres non. Mettons les choses sur la table et ouvrons le débat. Il faut que les opinions publiques soient associées aux négociations. Que tout soit clair. Il est normal de mettre de la démocratie dans les négociations commerciales.

Q - Sous quelle forme ?

R - Je n'ai aucun a priori. Il faut donner accès à l'information, à l'état des lieux des négociations. Que les citoyens soient informés ! C'est le sens de la refonte de ce comité.

Q - N'est-ce pas illusoire de vouloir autant de transparence ?

R - Si les Européens sont les seuls à dévoiler leurs objectifs stratégiques de négociation, ce serait bien sûr contre-productif. Ce sujet doit donc être porté à l'agenda européen mais surtout international. J'ai eu de premiers échanges intéressants à Bruxelles. Il y a, dans de nombreux pays, et pas seulement européens, une maturité démocratique des sociétés civiles qui s'emparent de sujets, les connaissent et ont envie de s'impliquer.

Q - À quelles conditions la France signera-t-elle ce traité ?

R - Nous sommes encore loin de la signature. Je pense qu'il faut se laisser du temps, celui du débat démocratique. Le président de la République et le Premier ministre ont tracé des lignes rouges : diversité culturelle, services publics, secteur audiovisuel, agriculture, alimentation, préférences collectives en général. Pour la France, tout n'est pas négociable.

Q - La France a-t-elle chiffré ce qu'un tel accord peut lui rapporter ?

R - Il n'existe pas de chiffrages incontestables, mais nous avons des intérêts offensifs forts. Je pense d'abord à l'accès aux marchés américains, y compris au niveau des États fédérés : ce serait un levier de croissance très important. Nous sommes aussi compétitifs sur certains secteurs pour lesquels il existe encore des barrières tarifaires assez élevées : produits laitiers, textile... Les États-Unis ont une économie très dynamique, et nous pourrions bénéficier de leur demande. Un accord bien négocié pourrait être bénéfique à nos PME.

Q - Quelle est la position de la France sur les «tribunaux arbitraux» ?

R - Une consultation est en cours au niveau européen. On connaîtra ses résultats en novembre. J'y serai très attentif. De nombreuses questions de fond sont posées : droit des États à réguler, accessibilité de la justice, indépendance des arbitres...

Les sociaux-démocrates allemands ne veulent pas des tribunaux arbitraux, notamment dans l'accord EuropeCanada (Ceta)...

Ces dispositifs ne sont pas nouveaux : ils existent dans de nombreux accords bilatéraux signés par la France elle-même, car c'est notre intérêt de défendre nos investisseurs. C'est un élément de complexité dans ce débat. Si l'on regarde secteur par secteur, le Ceta est positif pour l'économie française : il permettra notamment, s'il est adopté, un accès aux marchés publics canadiens, y compris au niveau des marchés fédérés. C'est une première. Il protégera les productions françaises grâce à 42 indications géographiques françaises reconnues. Ce sont des avancées substantielles, parmi d'autres. Mais la question de l'arbitrage investisseurs-États est clairement sur la table./.

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9. Virus Ebola - Intervention Ă  l'AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale du reprĂ©sentant de la France auprès des Nations unies (New York, 10/10/2014)

Monsieur le Président

Je vous remercie d'avoir organisé cette réunion. Nous sommes confrontés à une crise sanitaire sans précédent, par son ampleur, par sa rapidité, avec près du doublement du nombre de personnes contaminées chaque mois.

Cette catastrophe sanitaire qui a déjà causé des milliers de morts, et c'est d'abord à ces victimes qu'il nous faut penser aujourd'hui, menace des centaines de milliers de personnes. Nous devons absolument faire cesser ce fléau qui est également devenu une menace à la paix, à la sécurité et au développement.

Monsieur le Président,

La France soutient la volonté du Secrétaire général de donner une réponse adaptée à cette catastrophe sanitaire et sociale. La France salue la mise en place de la Mission des Nations unies pour l'Action d'urgence contre Ebola (MINUAUCE), et en particulier le récent déploiement d'une plateforme régionale de coordination à Accra, ainsi que de coordinations nationales en Guinée, Sierra Leone et Libéria, auxquelles nous prenons toute notre part. Pour faire face à une crise sanitaire d'une telle gravité, nous devons tous accentuer nos efforts. Il est essentiel d'éviter les redondances. C'est pourquoi une bonne coordination est un élément essentiel de l'efficacité de la réponse de la communauté internationale.

Monsieur le Président,

La France a répondu présente. Tout d'abord au niveau politique avec la visite de notre secrétaire d'État chargée de la coopération et du développement le 13 septembre en Guinée pour adapter au mieux notre action. Sur le terrain, dès le début du mois de septembre, nos réservistes hospitaliers ont été présents en Guinée forestière à l'épicentre de l'épidémie dans ce pays pour préparer la mise en place de centres de soins. Le premier centre français sera ouvert très prochainement en liaison avec la Croix-Rouge, et disposera d'une cinquantaine de lits. D'ores et déjà, la France a acheminé plusieurs tonnes d'équipements médicaux et de protection pour contribuer au soutien des centres de soins. Au niveau de la recherche, les centres français en infectiologie ont aussi participé à cette lutte. L'Institut Pasteur et l'Inserm ont ainsi identifié l'épidémie dès son origine, facilitant ainsi son suivi et la préparation de futurs traitements. Pour accroître cet effort, la France appuie la création d'un Institut Pasteur de Guinée dans les prochaines semaines.

Au total, l'aide bilatérale de la France s'élève à ce jour à plus de 35 millions d'euros. Elle dépasse les 70 millions d'euros en tenant compte des contributions multilatérales.

Monsieur le Président,

Devant la globalisation de cette menace, il faut aussi construire la prévention. Prévenir, c'est aider les pays voisins, non encore touchés à se préparer à cette éventualité ; les aider à renforcer les systèmes de soins, seuls capables de freiner cette catastrophe. La France a d'ores et déjà engagé des programmes avec plusieurs pays de la région auxquels elle a affecté plus de 15 millions d'euros pour préparer les systèmes de santé d'une éventuelle arrivée d'Ebola.

Pour conclure, je voudrais saluer à nouveau le remarquable dévouement de tous les personnels soignants, avec une pensée particulière pour ceux de Médecins sans Frontières et de la Croix-Rouge, qui sont depuis le début de cette crise aux avant-postes avec un professionnalisme exceptionnel.

Je vous remercie./.

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10. Nomination - RĂ©publique de GuinĂ©e-Bissao (Paris, 13/10/2014)

Le Journal officiel du 12 octobre 2014 a publié la nomination de M. Pierre Voillery, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Guinée-Bissao./.

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