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Déclarations officielles de politique étrangère du 09 octobre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Turquie/Consultations bilat√©rales minist√©rielles - Y√©men/Attentat - √Čtats-Unis/Russie - Gaza/Institut fran√ßais - Ebola - Mali - Iran/Nucl√©aire - Syrie (Paris, 09/10/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Turquie - Consultations bilatérales ministérielles (Paris, 10 octobre 2014)

M. Laurent Fabius recevra demain son homologue turc, M. Mevl√ľt √áavuşoğlu Il s'agira de la premi√®re r√©union s'inscrivant dans le nouveau cadre de notre coop√©ration strat√©gique, adopt√© en janvier √† l'occasion de la visite d'√Čtat du pr√©sident de la R√©publique en Turquie.

Les deux ministres évoqueront les principales questions régionales, et notamment la situation en Irak et en Syrie. Ces consultations permettront également de poursuivre la relance de notre coopération dans tous les domaines. Les ministres signeront un plan d'action conjoint, qui constituera la feuille de route pour la période 2014-2016.

MM. Fabius et √áavuşoğlu rencontreront une d√©l√©gation de chefs d'entreprises fran√ßaises, en pr√©sence de M. Matthias Fekl, secr√©taire d'√Čtat charg√© du Commerce ext√©rieur, de la Promotion du tourisme et des Fran√ßais de l'√©tranger, pour √©voquer le renforcement de notre coop√©ration √©conomique et les perspectives d'investissement en Turquie et en France.

À l'issue, les deux ministres feront une déclaration à la presse à 14h15.

Q - Avez-vous quelque chose à dire à propos de la réaction de la police turque contre les manifestants pro-Kobané en Turquie ?

R - Comme tous les pays voisins de la Syrie, la Turquie doit faire face aux répercussions de la crise et à un afflux croissant de réfugiés. La situation tragique à Kobané suscite une forte émotion en Turquie et partout dans le monde. Elle renforce notre détermination à lutter contre Daech.

2 - Yémen - Attentat (9 octobre 2014)

La France condamne l'attentat ce matin place Tahrir à Sanaa, qui a fait de nombreuses victimes, parmi lesquelles des enfants.

Nous adressons nos condoléances aux familles des victimes et au peuple yéménite.

Seuls le rejet de la violence et le dialogue entre toutes les parties, sur la base de l'accord de paix du 21 septembre, permettront d'apaiser les tensions et de parvenir à une sortie de crise.

3 - √Čtats-Unis/Russie

Q - Une rencontre entre M. Lavrov et M. Kerry est prévue la semaine prochaine à Paris. Est-ce que M. Fabius y participera ? Un entretien avec les ministres est-il prévu ?

R - M. Laurent Fabius rencontrera naturellement M. Kerry et M. Lavrov en début de semaine prochaine.

Gaza - Institut français

Q - Avez-vous plus d'informations sur les circonstances de l'incendie qui a endommagé le Centre culturel français à Gaza ? S'agit-il d'un acte criminel ? Confirmez-vous les témoignages évoquant deux fortes explosions ?

R - À la suite des explosions qui ont endommagé l'Institut français de Gaza, notre consul général à Jérusalem est en contact étroit avec l'Autorité palestinienne pour que toute la lumière soit faite sur les causes de cet incendie.

5 - Ebola

Q - Aupr√®s de quels pays la France envisage-t-elle de mettre en place des contr√īles au d√©part pour lutter contre la propagation d'Ebola ? Et √† quoi ressembleront ces contr√īles ?

R - Mme Marisol Touraine s'est exprimée à ce sujet. Je vous invite à interroger le ministère des Affaires sociales, de la Santé et des droits des femmes.

6 - Mali

Q - L'ONU a dressé hier un sombre tableau de la situation au Mali : aggravation de la situation sécuritaire dans le nord, MINUSMA, prise pour cible par les groupes armés et de plus en plus seule sur le terrain, processus d'Alger enlisé.

Quel est votre commentaire ? L'opération Barkhane va-t-elle se reconcentrer sur le nord Mali pour aider la MINUSMA ? Que pensez-vous de l'absence d'avancée dans le dialogue entre Bamako et les groupes du nord ?

R - La mobilisation de la communaut√© internationale en faveur du Mali est essentielle. Elle a permis d'engager le Mali sur la voie de la stabilisation, gr√Ęce √† l'action d√©terminante de la mission des Nations unies pour la stabilisation du Mali, qui dispose d'un mandat robuste et des instruments pour agir sur le terrain. Nous saluons l'engagement de tous les pays qui y contribuent.

La France, avec l'op√©ration Barkhane lanc√©e le 1er ao√Ľt en partenariat avec les pays de la bande sah√©lo-saharienne (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad), prend toute sa part √† cet effort.

Il est essentiel que les groupes armés renoncent à la violence et que le processus politique malien progresse. Le dialogue est la seule voie de l'instauration d'une paix durable sur l'ensemble du territoire. Nous rappelons à cet égard notre soutien à la médiation conduite par l'Algérie et appelons toutes les parties à reprendre mi-octobre un dialogue constructif.

7 - Iran - Nucléaire

Q - Est-ce que le directeur politique fera partie des négociations nucléaires qui reprennent à Vienne la semaine prochaine ? Si non, pourquoi pas ?

Après New York, il va y avoir une nouvelle trilatérale Ashton-Zarif-Kerry à Vienne. Est-ce le nouveau format des négociations ?

R - Les discussions trilatérales qui se tiendront à Vienne les 14 et 15 octobre font partie des nombreux contacts avant la reprise des négociations des Six avec l'Iran auxquelles la France participe.

Elles s'inscrivent dans la continuité des efforts diplomatiques menés par l'ensemble des Six pour parvenir, avant le 24 novembre, à un accord complet, crédible et durable sur le programme nucléaire iranien.

8 - Syrie

Q - La France a déclaré hier qu'elle soutenait l'idée d'une zone tampon en Syrie. Est-ce que cette initiative aurait besoin d'une résolution au conseil de sécurité ou est-ce que ça pourrait se faire seulement avec un accord des pays de la coalition ?

Est-ce que la France serait prête à aider à mettre cette zone en place ou est-ce que c'est un soutien de l'idée turque seulement ?

R - Compte tenu de l'urgence et des risques, toutes les options doivent être étudiées.

Dans ce contexte, le pr√©sident de la R√©publique a hier ¬ęapport√© son soutien √† l'id√©e avanc√©e par le pr√©sident Erdogan de cr√©er une zone-tampon entre la Syrie et la Turquie pour accueillir et prot√©ger les personnes d√©plac√©es¬Ľ, dont la mise en oeuvre, quelles que soient les modalit√©s envisag√©es, n√©cessite une √©troite coordination internationale.

Q - La France renforce l'opposition syrienne modérée depuis plusieurs mois maintenant selon les déclarations officielles. Est-ce que le rythme de l'aide militaire a augmenté depuis l'offensive de Daech sur Kobané ?

R - Nous avons indiqu√© √† plusieurs reprises que la France apportait de longue date une aide militaire, l√©tale et non l√©tale, √† l'opposition d√©mocratique syrienne. Comme l'a annonc√© M. Laurent Fabius le 7 octobre √† l'Assembl√©e nationale, ¬ęnous renfor√ßons notre propre coop√©ration avec les forces arm√©es qui, sur le terrain, combattent Daech¬Ľ./.

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2. Remise du ¬ęGrand prix du rayonnement fran√ßais 2014¬Ľ - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (Paris, 08/10/2014)

Madame la Sénatrice Garriaud-Maylam,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Chers Amis,

Madame la Sénatrice, je veux tout d'abord vous féliciter de cette initiative. Il est vrai que, représentant les Français de l'étranger, il était légitime que vous soyez sensible au paradoxe que vous avez très justement décrit.

Il est vrai qu'il faut souvent que les Français eux-mêmes sortent de France pour que, y revenant ensuite, ils disent - c'est une phrase que l'on entend sans cesse mais sans arrogance -, la France est quand même le plus beau pays du monde.
Après tout, par un réflexe de simplicité, il serait préférable qu'ils le pensent sans avoir besoin d'aller à l'extérieur.

Je veux vous remercier d'autant plus d'avoir choisi ces murs pour abriter cette cérémonie que vous avez employé une expression extrêmement juste : le rayonnement de notre pays est multifacettes. C'est exactement de cela qu'il s'agit et c'est à cela que je voudrais consacrer mon court propos.

Nous sommes au ministère des Affaires étrangères et pendant très longtemps - c'était la ligne de Talleyrand et de quelques autres - on a considéré que cette maison était uniquement la maison de la grande diplomatie. Mais la grande diplomatie, pour importante qu'elle soit, a beaucoup de facettes surtout dans le monde contemporain.

Qu'est-ce qui fait le rayonnement de la France ? Ce que l'on appelle les grands choix de politique √©trang√®re, bien s√Ľr, et l√† il n'y a pas encore de prix du rayonnement pour cela, notre action militaire, mais au fond, ce qui fait notre caract√©ristique singuli√®re, ce sont ces facettes dont vous avez parl√©.

La francophonie, la langue française : 300 millions de locuteurs, avec le développement de l'Afrique dans quelques années, 600 ou 700 millions. La langue française n'est pas simplement une langue, ce sont des valeurs que cette langue porte avec elle et cela fait partie de notre rayonnement.

L'√©conomie : quand je suis arriv√© ici, peut-√™tre avais-je un certain tropisme √©conomique, mais j'ai tout de suite mis l'accent sur la diplomatie √©conomique et cela pour une raison simple, c'est que si l'√©conomie fran√ßaise n'est pas forte. On a beau avoir des id√©es diplomatiques excellentes, un jour, un beau jour ou plut√īt un triste jour, l'un de mes interlocuteurs au conseil de s√©curit√© des Nations unies me dira une phrase que l'on entend plut√īt chez les psychanalystes : ¬ęCher Ami, d'o√Ļ parlez-vous ?¬Ľ S'il n'y a pas une √©conomie puissante, il ne peut pas y avoir de diplomatie puissante.

C'est la m√™me chose en mati√®re de tourisme. Je voudrais d'ailleurs que vous √©tendiez la liste de ces prix du rayonnement car j'ai not√© qu'√† chaque fois que vous l'√©tendez, la comp√©tence du minist√®re des Affaires √©trang√®res s'√©tend aussi. Cela fait quelques mois que le tourisme, secteur passionnant s'il en est, est attach√© √† cette maison. C'est vrai, c'est une √©vidence, les premiers ambassadeurs, je ne veux pas √™tre d√©sagr√©able pour les ambassadeurs fran√ßais qui sont ici ni pour les ambassadeurs √©trangers en France mais les premiers ambassadeurs sont les touristes. Un touriste qui est satisfait et qui revient dans son pays est le meilleur ambassadeur. Un √©tudiant √©tranger qui vient en France et qui est satisfait de ses √©tudes √† la fois de ses r√©sultats et des personnes qu'il a c√ītoy√©es, sera toute sa vie notre meilleur ambassadeur.

Le tourisme est donc un élément fondamental qui crée beaucoup d'emplois qui ne sont pas délocalisables et qui apportent beaucoup de ressources.

La gastronomie : nous allons d'ailleurs pratiquer cela dans un instant si j'ai bien compris, c'est aussi un ambassadeur formidable. Je parlais de Talleyrand. On raconte une anecdote o√Ļ il va en enfer et le diable qui l'accueille lui dit : ¬ęPrince, vous avez d√©pass√© mes instructions.¬Ľ

Au-delà, Talleyrand qui a été ministre mais qui fut aussi ambassadeur disait deux phrases à propos de la gastronomie :
¬ęLe meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est son cuisinier.¬Ľ

Il avait √©t√© ministre des Affaires √©trang√®res, mais ensuite, compte tenu des √©volutions de la carri√®re, il √©tait redevenu ambassadeur. Il avait d'ailleurs plus de puissance que son ministre. Il faut que je me m√©fie, il avait un ministre qui lui envoyait tout le temps des instructions. Un jour il avait eu cette phrase extraordinaire : ¬ęMonsieur le Ministre, envoyez-moi moins d'instructions et plus de casseroles.¬Ľ

Je suis absolument persuadé que la gastronomie est un ambassadeur extraordinaire.

L'humanitaire : la France n'est pas seulement une économie, des armées, une diplomatie stratégique, le tourisme, des paysages, un patrimoine, la France, ce sont des principes. La Révolution française, c'est une certaine idée de la liberté, de la fraternité et donc aussi de l'humanitaire.

Ce sont toutes ces facettes qui font le rayonnement de la France.

Donc, merci Chère Amie Sénatrice d'avoir non seulement inventer avec le jury ce prix, merci de lui avoir donné une extension, une expansion qui correspond à ce qu'est une diplomatie, c'est-à-dire une diplomatie globale.

D'ailleurs, je songe à changer de nom, non pas à titre personnel mais le ministère des Affaires étrangères est devenu, de fait, le ministère de l'Action extérieure et pourquoi pas du rayonnement extérieur.

Il n'y a pas de différence entre l'intérieur et l'extérieur puisque désormais tout est mondial.

Maintenant, passons aux lauréats et aux lauréates qui vont recevoir leur prix et les félicitations.

Le rayonnement, je ne suis pas tr√®s cal√© en physique mais je sais que l'on invente maintenant des lampes nouvelles que l'on appelle des ¬ęleds¬Ľ.

Ce que je leur souhaite, ce que je vous souhaite, et je suis persuadé que ce sera le cas, ce ne sera pas simplement l'éclat d'un instant. Je souhaite que votre rayonnement soit durable et que vous contribuiez durablement, comme vous l'avez fait dans toute votre vie, au rayonnement de la France. La France n'est pas une abstraction, ce sont des femmes et des hommes dans le passé, aujourd'hui et demain qui permettent que nous soyons ce que nous sommes.

Merci Madame la Sénatrice de nous avoir ainsi rassemblés et bravo aux lauréates et aux lauréats qui montrent que, le rayonnement quand on parle de la France, ce n'est pas simplement une idée théorique ce sont des hommes et des femmes qui illustrent magnifiquement ce qu'est notre pays.

Bonne cérémonie.

Remise du Grand prix à Mme Jacqueline Franjou :

M. Poivre d'Arvor disait √† l'instant qu'il n'y avait pas de grand prix sp√©cifiquement culturel, et bien si, parce que le grand prix que je vais remettre dans un instant couvre largement la culture. La culture entendue avec une certaine profondeur : La culture ce n'est pas un divertissement, c'est un avertissement. C'est un avertissement que l'autre existe, que le monde existe, que d'autres th√©matiques que les n√ītres existent et au fond, c'est le point commun √† tous ceux qui sont l√† qui non seulement ont compris intellectuellement mais dans leur vie ont traduit le fait que l'autre existe et qu'il faut s'ouvrir √† lui et lui donner des chemins.

C'est probablement cela le rayonnement français.

La laur√©ate du grand Prix du rayonnement fran√ßais 2014 que je vais appeler dans quelques instants √† me rejoindre sur sc√®ne mais dans la mesure o√Ļ il s'agit d'une femme et que nous sommes au premier rang, le suspens n'est pas insoutenable.

Vous êtes inclassable Madame, vous appartenez au monde de l'art, de la culture, des médiats, de la communication, des entreprises et d'autres choses que sans doute je ne connais point.

Vous √™tes tr√®s investie au plan international. Depuis 2010, vous √™tes la pr√©sidente directrice g√©n√©rale de ce que l'on appelle en bon fran√ßais ¬ęThe Women's forum for the Economy and the Society¬Ľ. C'est une organisation qui, √† l'initiative d'un grand groupe, Publicis, met en avant la vision des femmes sur les sujets √©conomiques et sociaux.

√Ä travers des forums, au Japon, au Br√©sil, en Birmanie, en Italie, √† Bruxelles √† Duba√Į, ce groupement est d√©sormais l'√©v√©nement international de r√©f√©rence.

La laur√©ate de 2014 est √©galement, c'est quelque chose que beaucoup d'entre nous savent ici, la co-fondatrice du c√©l√®bre festival du th√©√Ętre de Ramatuelle que vous avez tr√®s brillamment anim√© pendant 30 ans aux c√īt√©s de Jean-Claude Brialy qui serait heureux s'il √©tait l√† parce que la notion de rayonnement voulait pour lui aussi dire quelque chose. C'est un th√©√Ętre que vous pr√©sidez encore aujourd'hui aux c√īt√©s de Michel Boujenah.

Sans plus attendre, j'appelle √† me rejoindre celle qui est aussi la pr√©sidente de l'association internationale ¬ęFigure de paix¬Ľ et qui va recevoir ce grand Prix, Madame Jacqueline Franjou./.

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3. Remise du ¬ęGrand prix du rayonnement fran√ßais 2014¬Ľ - D√©claration du porte-parole du minist√®re des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international (Paris, 09/10/2014)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res et du D√©veloppement international, a remis le 8 octobre au Quai d'Orsay le grand prix du rayonnement fran√ßais 2014 √† Mme Jacqueline Franjou, co-fondatrice du Festival d'art dramatique de Ramatuelle et pr√©sidente du ¬ęWomen's Forum for the Economy and Society¬Ľ. Cr√©√© en 2005, le Women's Forum promeut la vision des femmes sur les sujets √©conomiques et sociaux dans leur dimension internationale.

Créé en 2009, le grand prix du rayonnement français récompense chaque année une personnalité ou une institution, française ou étrangère, qui porte haut les couleurs de la France dans le monde.

Cinq prix th√©matiques ont √©galement √©t√© d√©cern√©s √† cette occasion en pr√©sence de Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat charg√©e du d√©veloppement et de la Francophonie et de M. Matthias Fekl, secr√©taire d'√Čtat charg√© du commerce ext√©rieur, de la promotion du tourisme et des Fran√ßais de l'√©tranger :

Prix du rayonnement gastronomique : Mme Anne-Sophie Pic

Prix du rayonnement économique : M. et Mme Daniel et Florence Cathiard

Prix du rayonnement humanitaire : M. Mego Terzian

Prix du rayonnement touristique : MM. Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier

Prix du rayonnement francophone : M. René Légère./.

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4. Union europ√©enne - Sommet sur l'emploi - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Milan, 08/10/2014)

Merci Matteo pour ce sommet sur l'emploi. C'est le troisième. Le premier s'était tenu à l'initiative d'Angela Merkel à Berlin et le second à Paris. Nous avons pu approfondir les décisions que nous avions prises pour l'emploi des jeunes. Mais cette réunion a été aussi l'occasion de revenir sur la question de la croissance en Europe.

Comme l'a dit le président de la Commission, depuis deux ans, l'Europe a été capable de retrouver de la stabilité. La meilleure preuve est que sur les marchés les taux d'intérêt sont à un niveau très bas, presque les plus bas de notre histoire. En plus, les écarts de taux d'intérêt sur les dettes souveraines des différents pays se sont réduits. Cela nous le devons à l'action qui a été menée depuis deux ans au niveau de l'Europe et, particulièrement, de la zone euro.

Mais nous avons un probl√®me de croissance. La reprise a √©t√© trop faible, m√™me si elle est in√©gale entre les pays. Elle a √©t√© trop faible pour permettre une baisse significative du ch√īmage. Dans beaucoup de pays, le ch√īmage, notamment celui des jeunes, reste √† un niveau inacceptable.

√Ä partir de l√†, deux conclusions peuvent √™tre tir√©es. La premi√®re, c'est que chaque pays doit faire des efforts pour retrouver des niveaux de comp√©titivit√© et cr√©er des emplois. C'est ce que l'on appelle les ¬ęr√©formes structurelles¬Ľ - des r√©formes pour permettre qu'il y ait plus d'emplois cr√©√©s et plus de possibilit√© d'avoir un niveau de croissance et de comp√©titivit√© √©lev√©.

L'Italie comme d'autres pays fait ce choix. Certains l'avaient fait il y a d√©j√† plusieurs ann√©es. D'autres sont, comme la France, conduits depuis plusieurs mois √† engager ces r√©formes : baisse du co√Ľt du travail (c'est en France ce que l'on appelle le pacte de responsabilit√©), modernisation du march√© du travail, r√©forme de la formation professionnelle et de l'apprentissage qui doit devenir une vraie voie vers l'emploi et vers de nouveau m√©tiers... En m√™me temps, nous devons faire en sorte que nous puissions avoir une innovation cr√©atrice de croissance. Cela, ce sont les politiques structurelles.

Mais, aussi déterminés que soient les pays européens qui s'engagent dans ces politiques, ils ne pourront pas aboutir à des résultats significatifs, s'il n'y a pas aussi un environnement européen favorable. Cela relève de ce que la nouvelle Commission peut faire - notamment les annonces prononcées par le président Juncker pour ce plan d'investissements.

Mais avant d'en arriver l√†, nous avons √† mener les programmes qui ont d√©j√† √©t√© lanc√©s, notamment pour l'emploi des jeunes. 6 milliards d'euros ont √©t√© d√©gag√©s pour 2014-2015. Nous constatons que si certains pays, l'Italie, la France et d'autres ont eu acc√®s √† ces fonds-l√†, d'autres n'ont pas pu ou n'ont pas su attirer les fonds pour l'emploi des jeunes, alors m√™me que le ch√īmage est √©lev√©.

Nous devons avant de parler de nouveaux financements - même si je souhaite qu'il puisse y en avoir davantage à l'horizon 2020, j'ai parlé de 20 milliards - il faut que les fonds dégagés soient consommés. Ce qui nous a amenés - je remercie les ministres du Travail qui ont été à l'initiative - à demander et à obtenir une simplification des procédures, un raccourcissement des délais, de manière à ce que nous puissions faire plus vite, et faire mieux pour l'emploi des jeunes.

Deuxième décision : favoriser le préfinancement de ces programmes, de manière à ce qu'ils puissent se mettre en place dans chaque pays, plus facilement et plus rapidement.

Troisièmement : amplifier les mécanismes et faire en sorte que nous puissions utiliser les formules de prêt de la Banque européenne d'investissement - c'est vrai que la recapitalisation de cette banque, cela avait été une des premières décisions prises en juin 2012 - puissent être maintenant mobilisées pour l'emploi des jeunes.

Je termine, il y a trois engagements que nous devons prendre vis-à-vis des jeunes, notamment dans le cadre du programme d'investissements des 300 milliards.

D'abord, créer davantage de centres d'apprentissage, de centres de formation, de centres pour la deuxième chance, la troisième chance..., pour les jeunes qui peuvent être les plus en difficultés.

Deuxième engagement : lancer un grand plan numérique à l'échelle de l'Europe, parce que cela va être un enjeu majeur de compétitivité et d'emploi pour les jeunes. Il faut que nous puissions créer avec le numérique une façon à requalifier les jeunes, de sorte qu'ils soient mieux orientés.

Troisièmement : développer pour la création d'entreprises à l'initiative des jeunes toute une palette de crédits ou de micro-crédits. C'est la raison pour laquelle, nous devons considérer le programme pour l'emploi des jeunes, comme l'un des programmes pour le soutien de la croissance en Europe.

Je termine en disant que c'est le grand enjeu de l'Europe. Si elle n'est pas capable d'offrir un espoir à la génération qui vient, les peuples se détourneront de l'Europe. On voit le risque, on voit le danger. L'Europe doit de nouveau être une chance pour la jeunesse.

Q - Bonsoir, la France pr√©sente la semaine prochaine son budget 2015 √† la Commission. Il y a un risque que ce budget soit retoqu√©. Est-ce que vous avez eu l'occasion d'en parler avec M. Barroso ? Comment vous comptez convaincre la Commission ? Et puis, vous parliez √† l'instant de r√©formes structurelles, est-ce que vous envisagez en France de toucher √† l'universalit√© des allocations familiales et au mode d'indemnisation des ch√īmeurs ? On a l'impression qu'il y a, avec Manuel Valls, des versions un peu diff√©rentes. Est-ce que vous pourriez pr√©ciser les choses sur ce point ? Merci.

R - D'abord, ici, nous avons parlé d'emplois, de croissance, pas de budget. Même si les budgets peuvent avoir un effet sur la croissance. Cela viendra, nous avons des réunions qui sont prévues à cette fin, notamment à la fin du mois d'octobre et plus tard, au mois de décembre.

La France fait en sorte de respecter ses engagements et d'utiliser toutes les flexibilit√©s qui sont pr√©vues. La preuve, c'est que nous allons faire 21 milliards d'√©conomie dans le budget pour 2015. Nous allons affecter une partie de ces sommes, c'est vrai, au plan de soutien pour les entreprises, notamment la baisse du co√Ľt du travail qui est la r√©forme structurelle la plus efficace.

Pour ce qui concerne d'autres réformes, nous sommes à la veille d'une rencontre qui va être très importante entre les partenaires sociaux, sur la modernisation du dialogue social, sur les seuils qui parfois peuvent entraver la création d'emplois et, d'une manière générale, sur tout ce qui peux faciliter l'emploi, et notamment l'emploi des jeunes.

Parall√®lement au pacte de responsabilit√©, il y a des discussions qui s'engagent entre les entreprises et les syndicats pour pr√©cis√©ment favoriser l'emploi des jeunes. Par rapport √† ces r√©formes, le nouveau ministre de l'√Čconomie, M. Macron, va porter prochainement un projet de loi. Apr√®s que les partenaires sociaux aient conclu la discussion, nous devons envisager de poursuivre les r√©formes structurelles.

La modulation des allocations familiales n'est pas une réforme structurelle. C'est simplement une technique pour faire des économies. C'est un principe - pour l'instant en discussion - qui n'a pas été retenu.

Sur l'indemnisation du ch√īmage, une convention vient d'√™tre sign√©e en 2014. Une autre est pr√©vue en 2016. Une rencontre est organis√©e entre les partenaires sociaux et P√īle Emploi pour que nous puissions am√©liorer encore le soutien, l'accompagnement pour aller vers l'emploi. La seule r√©forme pour moi qui compte, c'est celle qui peut apporter plus d'emploi.

Q - Monsieur le Pr√©sident, puisque vous avez pr√©sent√© vos r√©formes en France : est-ce que le ¬ęJobs Act¬Ľ italien peut servir de source d'inspiration ? Est-ce que cela peut √™tre un mod√®le, un exemple √† suivre ?

R - Sur la coordination des politiques, il y a des pays qui sont dans une situation qui leur permettent de faire un soutien de la demande intérieure. Des réformes structurelles avaient été engagées, il y a déjà plusieurs années, en Allemagne. En France, pendant toute une période, il n'y avait eu que des déficits et pas de réformes structurelles. Cela nous amène à faire des choix dans un contexte plus difficile, puisqu'il faut faire, à la fois, la réduction des déficits et des réformes structurelles. Nous regardons, si c'est cela la question, avec beaucoup d'intérêt ce que fait l'Italie - comme l'Italie regarde ce que fait la France avec beaucoup d'affection./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Union europ√©enne - Sommet sur l'emploi - Propos de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, en marge du sommet (Milan, 08/10/2014)

Si nous sommes réunis aujourd'hui à Milan, c'est pour que la croissance et l'emploi puissent être les priorités de l'Union européenne. Cela suppose que l'emploi des jeunes soit stimulé : c'est ce que nous allons maintenant engager, discuter, amplifier. 6 milliards ont été dégagés pour 2 ans à l'échelle de l'Europe. C'est trop peu. Il faut aller jusqu'à 20 milliards, simplifier les procédures et puis aussi insister sur le plan d'investissements qui va être engagé dès l'installation de la prochaine commission.

Enfin, il y a la coordination des politiques budgétaires. Il faut ajuster le rythme des politiques budgétaires par rapport à l'enjeu de la croissance. Aujourd'hui, c'est elle qui est menacée. C'est donc vers elle que nous devons tous nous tourner, parce que nous sommes tous concernés.

Q - Est-ce que la r√©forme de l'assurance ch√īmage fait partie de ces dispositions ?

R - Il y a demain une discussion qui s'engage entre les partenaires sociaux pour la modernisation du dialogue social, pour favoriser la représentation des salariés mais également la simplification des procédures. Il y a la loi qui est prévue sur la croissance et, notamment, le travail le dimanche. Il y a suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés, et que nous montrions que nous faisons des réformes utiles à l'emploi. On ne fait pas des réformes pour des réformes, on fait des réformes pour qu'il y ait plus de croissance et plus d'emplois, notamment pour les jeunes. Merci.

Q - On dit que vous arrivez déjà sur la défensive avec un projet 2015 qui est d'ores et déjà jugé insuffisant par Bruxelles ?

R - Le sujet aujourd'hui, c'est la croissance et l'emploi. Lors du sommet de la zone euro, à la fin du mois d'octobre, nous aurons à discuter des politiques budgétaires, des politiques que nous avons engagées pour les prochaines années et notamment pour 2015. Mais là, aujourd'hui, il s'agit d'amplifier ce que nous avions décidé à Paris - c'était la dernière réunion - pour l'emploi des jeunes.

6 milliards d'euros ont √©t√© d√©gag√©s √† l'√©chelle de l'Europe pour l'emploi des jeunes, en 2014-2015. Je vais proposer - notamment avec les Italiens qui nous re√ßoivent - que l'on puisse d√©gager 20 milliards d'euros pour l'emploi des jeunes lors du mandat de la prochaine commission. On va √©galement parler ¬ęplan d'investissements¬Ľ, commencer √† en parler puisque cela sera le mandat confi√© au nouveau pr√©sident de la Commission europ√©enne et √† la nouvelle Commission.

Le sujet d'aujourd'hui, c'est l'emploi et la croissance. Pourquoi en ce moment ? Parce qu'il y a un jeune sur quatre - un jeune sur quatre en Europe ! - qui est au ch√īmage. Parce qu'il y a une croissance qui est loin de reprendre et qui ralentit dans toute l'Europe. C'est le seul sujet d'aujourd'hui.

Q - Vous pensez infléchir la position de Mme Merkel ? M. Renzi souhaite un débat politique sur l'économie européenne pour lui demander de lever un petit peu le pied sur la rigueur, pour relancer l'investissement y compris chez elle...

R - Je crois que nous sommes tous concern√©s par le ralentissement de la croissance. Nous allons tous faire des r√©formes, c'est ce que nous faisons en France. Nous allons avoir une n√©gociation qui va s'ouvrir sur les sujets du travail, du dialogue social et notamment des seuils. C'est un sujet tr√®s important. Nous avons une loi sur la croissance qui va √™tre bient√īt d√©battue au Parlement.

Et puis nous devons aussi ajuster nos politiques budgétaires par rapport à l'enjeu de la croissance. Si tout le monde fait de l'austérité, ce qui n'est pas le cas de la France, alors il y aura un ralentissement encore plus ample de la croissance. Les pays qui sont en excédent, c'est le cas de l'Allemagne, doivent soutenir davantage encore leur demande. Chacun doit faire des efforts avec un seul objectif : la croissance et l'emploi./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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6. Union europ√©enne - Canada - Accord commercial - R√©ponse de M. Matthias Fekl, secr√©taire d'√Čtat charg√© du Commerce ext√©rieur, de la Promotion du tourisme et des Fran√ßais de l'√©tranger, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 09/10/2014)

Monsieur le Député, vous posez une question fondamentale concernant les négociations commerciales de notre pays.

Le 26 septembre dernier, le sommet UE-Canada a conclu à la fin des négociations bilatérales, après cinq années de longues et difficiles discussions. Mais pour apprécier cet accord, nous devons le considérer sous différents aspects.

Le premier tient √† la nature m√™me de cet accord. Je vous confirme qu'il s'agit d'un accord mixte, ce qui signifie qu'il sera soumis √† la discussion par les gouvernements et le Parlement europ√©en puis √† une ratification par les parlements nationaux des √Čtats de l'Union.

Le deuxième est la façon dont nous apprécions le fond de l'accord ainsi que les différents secteurs ouverts à la négociation. Sur ce point, il s'agit selon nous d'un bon accord. En effet, pour la première fois, le Canada accepte d'ouvrir ses marchés publics au niveau national, provincial et local.

En outre, nous avons obtenu la protection de 42 indications géographiques françaises. Là encore, avec le Canada, c'est une situation totalement inédite.

Reste la question du m√©canisme d'arbitrage investisseurs - √Čtat. Celui-ci pose de nombreuses questions de fond que vous venez d'indiquer, monsieur le D√©put√© : accessibilit√© de la justice, droit des √Čtats √† √©dicter des normes et √† les faire respecter, ind√©pendance des arbitres.

Ces sujets sont sur la table aujourd'hui. J'aurai l'occasion d'échanger avec la représentation nationale sur ce sujet et d'associer la société civile au sein d'un comité stratégique auquel j'ai décidé de faire participer des associations comme ATAC, et vous aurez le dernier mot ! ./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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7. Union europ√©enne - R√©union des ministres europ√©ens des Transports - Communiqu√© du secr√©tariat d'√Čtat charg√© des Transports, de la Mer et de la P√™ch (Paris, 08/10/2014)

Le Conseil des ministres européens des Transports a eu lieu ce jour à Luxembourg. Plusieurs dossiers ont été abordés lors de ce Conseil.

FERROVIAIRE

Le secr√©taire d'√Čtat charg√© des Transports, de la Mer et de la P√™che a soulign√© l'importance de respecter les choix des √Čtats membres en mati√®re de gouvernance du syst√®me ferroviaire et a rejet√© toute initiative qui cr√©erait un risque de dumping social.

La France a réitéré l'urgence d'adopter rapidement le volet technique du 4ème paquet ferroviaire pour répondre aux attentes du secteur, en particulier sur la sécurité et l'interopératibilité ferroviaires.

MARITIME

La France a appuy√© l'adoption de la nouvelle r√©glementation sur l'acc√®s √† certains services portuaires et a particuli√®rement veill√© √† pr√©server un haut niveau de s√©curit√© maritime en permettant aux √Čtats de choisir les modes d'organisation du pilotage dans leurs ports.

S√ČCURIT√Č ROUTI√ąRE

La France a soutenu la mise en place d'un syst√®me europ√©en d'√©changes d'information permettant de poursuivre les infractions au code de la route perp√©tr√©es par des automobilistes d'autres √Čtats membres. Alain Vidalies a particuli√®rement insist√© sur la n√©cessit√© de garantir l'√©galit√© de traitement de tous les conducteurs afin de renforcer la lutte contre l'ins√©curit√© routi√®re.

DRONES CIVILS

Les ministres de l'Union européenne en charge des Transports ont échangé sur les drones civils dont le développement, source de croissance et d'emplois, suscite beaucoup d'intérêt. Le débat a montré la nécessité d'une coordination au niveau de l'UE, notamment pour préserver la sécurité et le respect de la vie privée./.

(Source : site Internet du minist√®re de l'√Čcologie, du D√©veloppement durable et de l'√Čnergie)

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8. D√©sarmement - Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies - Intervention de l'ambassadeur, repr√©sentant permanent de la France aupr√®s de la Conf√©rence du d√©sarmement (New York, 09/10/2014)

Monsieur le Président, Mes Chers Collègues,

Voici deux semaines, nous avons franchi le seuil de cinquante ratifications nécessaire à l'entrée en vigueur, d'ici la fin de l'année, du traité sur le commerce des armes (TCA/ATT). Pour tous ceux, encore nombreux dans cette salle, qui comme moi ont participé à cette négociation, c'est une immense satisfaction. C'est la meilleure illustration du multilatéralisme efficace que la France appelle de ses voeux.

Monsieur le Président, Mes Chers Collègues, force est de constater, que depuis l'an dernier, le nombre de crises dans le monde s'est accru de façon préoccupante. Les crises existantes perdurent, et parfois se ravivent comme au Proche-Orient. Des crises nouvelles sont apparues, en Centrafrique, en Libye et en Irak. Elles se font sentir jusqu'en Europe.

Sur de nombreux th√©√Ętres, le Mali l'an dernier, la Centrafrique et l'Irak cette ann√©e, la France a su prendre ses responsabilit√©s. Ces crises nous rappellent que nous vivons dans le monde r√©el, et que notre approche du d√©sarmement et de la ma√ģtrise des armements doit se faire d'une mani√®re r√©aliste, qui garantisse la s√©curit√© de tous les √Čtats, selon les termes m√™mes du document final de la session extraordinaire de l'Assembl√©e g√©n√©rale consacr√©e au d√©sarmement (SSOD 1).

Les derniers développements de la crise syrienne, tels qu'ils sont rapportés par la mission d'établissement des faits, montrent qu'hélas en 2014 des produits chimiques toxiques ont été utilisés comme des armes de manière systématique et répétée. L'utilisation d'hélicoptères ne laisse pas de doute quant à la responsabilité du régime de Damas. Cela soulève naturellement la question de la sincérité de la Syrie dans la mise en oeuvre de ses obligations au titre du protocole de Genève de 1925, de la convention d'interdiction des armes chimiques (CIAC/CWC) et de la résolution 2118 du Conseil de sécurité.

Les crises de prolifération nucléaire demeurent naturellement au coeur de nos préoccupations. Elles sont un frein évident à la poursuite de nos efforts de désarmement nucléaire. Nous ne voyons pas d'avancée sur le cas de la Corée du Nord, qui a fait de la poursuite du développement de ses programmes balistique et nucléaire une priorité, en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité.

Quant à la crise de prolifération nucléaire iranienne, la session de négociation de New-York, en septembre dernier, a été l'occasion de discussions détaillées et utiles mais les négociateurs iraniens ne sont pas revenus vers nous avec les gestes attendus pour permettre une avancée décisive, à deux mois de l'expiration de l'accord de Genève. Le temps est désormais compté. Nous pouvons encore parvenir à un accord et la France, au sein des Six, est engagée avec détermination dans la négociation. Mais l'Iran doit prendre les décisions nécessaires pour établir la finalité exclusivement pacifique de son programme nucléaire.

L'Europe enfin, notre continent que l'on croyait définitivement apaisé, est de nouveau en proie à des tensions. La crise ukrainienne et la violation du mémorandum de Budapest de 1994, adopté dans le cadre de l'accession de l'Ukraine au TNP, ont naturellement une portée très négative sur la sécurité internationale.

Monsieur le Pr√©sident, Mes Chers Coll√®gues, malgr√© la d√©gradation du contexte strat√©gique international que je viens de rappeler, le d√©sarmement et la ma√ģtrise des armements ont progress√© en 2014. J'y vois la d√©monstration de notre engagement et de la bonne volont√© de la tr√®s grande majorit√© d'entre nous.

J'ai rappelé il y a quelques instants l'entrée en vigueur prochaine du TCA, qui marquera une étape historique. Mais il y a d'autres avancées importantes à relever. Dans le cadre de la convention sur certaines armes classiques (CCAC/CCW), nous avons lancé une réflexion prospective sur la question des systèmes d'armes létaux autonomes (SALA/LAWS). Cela démontre la vitalité de cette convention, sa pertinence et sa capacité à se saisir des sujets émergents. Je suis fier d'avoir présidé en mai dernier la réunion d'experts dédiée à cette question. Cette réflexion est en bonne voie ; des convergences sont possibles. La France souhaite que ce travail se poursuive. Je plaiderai en ce sens en novembre lors de la réunion des Hautes Parties Contractantes. Par ailleurs, la France se réjouit de l'accession de l'Irak à la CCAC et à tous ses protocoles. Elle souhaite que ces récents progrès vers I'universalité de la Convention se poursuivent.

Il y a aussi des urgences pour lesquelles des solutions pragmatiques ont √©t√© avanc√©es. Dans l'espace, les d√©bris repr√©sentent une menace imm√©diate pour tous les √Čtats ; dans le monde d'aujourd'hui, la s√©curit√© des activit√©s spatiales est vitale pour tous. L'Union europ√©enne propose un code de conduite qui peut √™tre adopt√© tr√®s rapidement. Dans le domaine biologique, le d√©veloppement rapide des technologies appelle des solutions innovantes.

Monsieur le Président, Mes Chers Collègues,

Le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) est la pierre angulaire du régime de non-prolifération et le fondement de nos efforts de désarmement nucléaire. Le plan d'action adopté par consensus en 2010 est notre feuille de route.

Naturellement, les √Čtats dot√©s doivent √™tre √† la hauteur de leurs engagements et la France est consciente de ses responsabilit√©s √† cet √©gard. Plusieurs avanc√©es importantes ont eu lieu en 2014, notamment la remise de rapports nationaux selon une structure commune aux 5 √Čtats dot√©s, en application des actions 5, 20 et 21 du plan d'action, et la signature du protocole au trait√© instituant une zone exempte d'armes nucl√©aires en Asie centrale. La France compte ratifier ce protocole avant la fin de l'ann√©e - dans les prochaines semaines Les travaux du P5 sur la r√©daction d'un glossaire des termes nucl√©aires se poursuivent. Enfin nous nous tenons pr√™ts √† signer le protocole au trait√© instituant une zone exempte d'armes nucl√©aires en Asie du Sud-Est.

La feuille de route trac√©e par le plan d'action du TNP de 2010, constitue une approche commune, qui engage tous les √Čtats parties : l'approche ¬ę√©tape par √©tape¬Ľ. C'est une s√©quence pour l'action multilat√©rale, avec d'abord l'entr√©e en vigueur du trait√© pour l'interdiction compl√®te des essais nucl√©aires (TICE) et le lancement de la n√©gociation du trait√© d'interdiction de la production de mati√®res fissiles pour les armes nucl√©aires (TIPMF/FMCT). Cette s√©quence est logique. Cette s√©quence ressort tr√®s clairement du plan d'action, en particulier de son action 15 qui appelle √† d√©marrer sans d√©lai la n√©gociation du TIPMF/FMCT √† la conf√©rence du d√©sarmement, conform√©ment au document CD/1299 et au mandat qu'il contient.

De ce point de vue aussi, il nous semble que nous avons progress√©. Le groupe d'experts gouvernementaux (GEG/GGE) mis en place par la r√©solution 67/53 a tenu ses deux premi√®res sessions en mars et en ao√Ľt de cette ann√©e. √Ä la Conf√©rence du D√©sarmement √©galement, des d√©bats d'une substance sans √©quivalent depuis de nombreuses ann√©es ont √©t√© conduits, sur chacun des sujets √† l'ordre du jour et en particulier sur le trait√© d'interdiction de la production de mati√®res fissiles pour les armes nucl√©aires (TIPMF/FMCT). Jamais nous n'√©tions all√©s aussi loin.

Mieux comprendre la position des uns et des autres, circonscrire les divergences au minimum, identifier des pistes possibles de compromis, tout cela est essentiel pour avancer. Ce n'est certes pas suffisant. Plus que jamais, notre objectif demeure de passer à l'étape suivante et de démarrer la négociation, conformément à la priorité que nous fixe l'action 15 du plan d'action du TNP, et en cohérence avec le document CD 1864, adopté en 2009 par la Conférence du désarmement. Il n'en reste pas moins que les débats conduits cette année à la CD permettent d'avancer dans cette direction. Il est important de prendre acte de ce progrès.

Monsieur le Président,

La feuille de route du TNP adopt√©e par consensus en 2010 repose, je l'ai dit, sur une approche pragmatique, l'approche ¬ę√©tape par √©tape¬Ľ. Il est important de mettre en oeuvre cette feuille de route, et donc de s'y tenir, sans d√©vier de la voie trac√©e. Certains voudraient nous entrainer dans une tout autre voie, dans une approche id√©ologique, qui vise √† stigmatiser et non √† rechercher des solutions.

Ce n'est pas ainsi qu'on fera avancer le d√©sarmement et la s√©curit√© internationale. L'approche ¬ę√©tape par √©tape¬Ľ est la seule qui soit r√©aliste et donc la seule qui nous permettra d'avancer. Cette approche est efficace : il suffit de se pencher quelque deux d√©cennies en arri√®re pour voir les progr√®s accomplis. C'est le chemin que nous devons poursuivre avec d√©termination pour aller vers un monde plus s√Ľr.

Je vous remercie, Monsieur le Président./.

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9. Liban - Livraison de mat√©riel aux forces arm√©es - R√©ponse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la D√©fense, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 08/10/2014)

Monsieur le Député, je vous remercie de votre question. Vous avez rappelé avec raison que, à la fin de l'année dernière, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a exprimé l'intention de demander à la France de fournir aux forces armées libanaises des matériels militaires pour un montant de 3 milliards de dollars.

Pour répondre à cette initiative, la France a développé un plan d'équipement - vous l'avez évoqué - qui devrait permettre aux forces armées libanaises de disposer de moyens nouveaux, à la fois terrestres, aéroterrestres et navals. C'est une nécessité.

Vous avez raison de souligner le fait que les forces armées libanaises constituent le dernier rempart de sécurité face à la menace qui pèse sur ce pays : en sus des divisions confessionnelles qui traversent ce pays en raison de l'afflux de réfugiés, le danger est celui de Daesh, comme on l'a vu cet été avec l'attaque de la ville d'Ersal.

Depuis lors, et je serai très précis puisque vous m'interrogez avec raison, ce projet a été validé par la France, avec les forces armées libanaises, en prenant en compte les différentes demandes qui ont été exprimées, en particulier par le chef d'état-major des FAL, le général Kahouadji. Comme il s'agissait d'un projet complexe, associant plusieurs entreprises françaises, nous avons également construit un schéma contractuel qui vient d'être validé par les autorités saoudiennes. Par conséquent, tous les travaux sont terminés et le président de la République a indiqué hier à M. Hariri que les conditions étaient désormais remplies pour la finalisation de ce projet.

Ce projet crucial, particulièrement nécessaire, indispensable pour la sécurité du Liban, va être mené à son terme.

Le gouvernement y est particulièrement attaché et nous avons déjà commencé à agir en permettant aux forces armées libanaises de rénover une partie de leur parc aéroterrestre d'hélicoptères./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. Virus Ebola - R√©ponse de Mme Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Sant√© et des Droits des femmes, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 08/10/2014)

L'Afrique est durement touch√©e et le bilan s'aggrave de jour en jour. Plus de 8 000 personnes ont d√©j√† √©t√© touch√©es et on d√©plore 4 000 d√©c√®s. Sans doute ce bilan est-il sous-estim√©. La France envoie donc d'importants moyens en Afrique afin d'aider √† combattre la maladie l√† o√Ļ elle tue fortement. Vous avez raison, Madame la D√©put√©e, des cas ont √©t√© identifi√©s aux √Čtats-Unis et une aide-soignante a √©t√© contamin√©e en Espagne. Dans ce contexte, des inqui√©tudes sont susceptibles de na√ģtre et j'y suis attentive. Je tiens √† vous le dire de la mani√®re la plus transparente qui soit, Madame la D√©put√©e : il n'existe aucun cas d'Ebola sur le territoire fran√ßais √† l'heure √† laquelle je vous parle.

Le risque z√©ro n'existe pas, c'est pourquoi nous sommes mobilis√©s depuis des mois. Nous avons identifi√© douze centres hospitalo-universitaires capables de prendre en charge des malades dans des conditions de s√©curit√© maximales, comme l'a √©t√© √† l'h√īpital B√©gin la jeune infirmi√®re dont je salue la gu√©rison. Le professionnalisme des √©quipes soignantes de l'h√īpital B√©gin a √©t√© tout √† fait remarquable. Nous avons plac√© en alerte renforc√©e le r√©seau de surveillance de l'Institut national de veille sanitaire, qui fonctionne sept jours sur sept et vingt-quatre heures sur vingt-quatre afin de r√©pondre aux professionnels de sant√© et identifier d'√©ventuelles situations qui pourraient inqui√©ter. Nous sommes mobilis√©s, Madame la D√©put√©e. Toutes les informations seront donn√©es et toute la transparence sera toujours faite, comme cela a √©t√© le cas √† propos de la jeune infirmi√®re qui a √©t√© soign√©e. Nous sommes mobilis√©s, Madame la D√©put√©e ! ./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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11. Royaume-Uni - √Čnergie nucl√©aire - Communiqu√© du minist√®re de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique (Paris, 08/10/2014)

Communiqu√© du minist√®re de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique

Emmanuel Macron, ministre de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique tient √† exprimer sa satisfaction suite √† l'approbation par la Commission europ√©enne du projet de construction de deux r√©acteurs EPR au Royaume-Uni sur le site d'Hinkley point par le groupe EDF.

Cette d√©cision est une avanc√©e majeure vers la r√©alisation du projet. √Ä quelques jours du premier salon international de l'√©nergie nucl√©aire qui se tiendra au Bourget, cette d√©cision t√©moigne de la comp√©titivit√© de la technologie EPR d√©velopp√©e par Areva, de sa r√©ponse aux plus hautes exigences de s√Ľret√© et de sa capacit√© √† conqu√©rir des march√©s √† l'export.

Ce projet d'investissement est un marqueur de la coop√©ration bilat√©rale franco-britannique et de ses retomb√©es en termes d'activit√©s et d'emplois. Il illustre la place que peut jouer l'√©nergie nucl√©aire, aux c√īt√©s des √©nergies renouvelables, dans l'atteinte des objectifs de r√©ductions de gaz √† effet de serre que se sont fix√©s les pays de l'Union europ√©enne./.

(Source : site Internet du minist√®re de l'√Čconomie, de l'Industrie et du Num√©rique)

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