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Déclarations officielles de politique étrangère du 07 octobre 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Costa Rica/Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue - Francophonie/Ouverture par Mme Annick Girardin de la conférence «La Francophonie et le numérique» - Lutte contre Daech - Ebola - Chine - Japon (Paris, 07/10/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Costa Rica - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue (Paris, 6 octobre 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a reçu hier M. Manuel González Sanz, ministre des Relations extérieures et du Culte du Costa Rica.

Cet entretien a constitué le premier contact au niveau ministériel avec le nouveau gouvernement costaricien depuis l'élection du président Luis Guillermo Solis en mai dernier.

Les deux ministres ont évoqué l'ensemble des dossiers bilatéraux, notamment économiques, universitaires et culturels. M. Laurent Fabius a également fait le point sur notre coopération en matière de lutte contre les dérèglements climatiques et pour la défense des droits de l'Homme. Il a salué la candidature au statut de pays observateur de l'Organisation internationale de la Francophonie du Costa Rica, seul pays latino-américain où l'enseignement du français est obligatoire dans l'enseignement secondaire.

2 - Francophonie - Ouverture par Mme Annick Girardin de la conférence «La Francophonie et le numérique» (Paris, 7 octobre 2014)

Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie, ouvrira ce soir à l'Assemblée nationale aux côtés d'Axelle Lemaire, secrétaire d'État chargée du Numérique, la conférence «La Francophonie et le numérique». Elle participera en particulier à la table-ronde «Le numérique, une opportunité pour diffuser la francophonie dans le monde ?», organisée par M. Christophe Premat, député des Français établis hors de France.

Alors que la part de l'enseignement numérique s'accroît de façon spectaculaire, la langue française doit rester présente par une offre consistante et diversifiée. Le numérique offre des possibilités nouvelles pour soutenir l'effort de formation en français. Le programme «100.000 professeurs pour l'Afrique», lancé cette année, mise ainsi sur la formation à distance des enseignants et sur leur mise en réseau.

Deux dispositifs novateurs développés par l'Institut français seront présentés le mois prochain à Dakar à l'occasion du sommet de la Francophonie : une banque de donnée numérique pour la formation au français professionnel et le réseau social des professeurs de français, «IF-Profs».

3 - Terrorisme - Lutte contre Daech

Q - Concernant la ville kurde de Kobané qui semblerait sur le point de tomber, alors que les frappes aériennes ne suffisent pas à défendre cette ville, que propose la France ?

R - Le ministre s'exprimera sur ce sujet tout à l'heure devant la représentation nationale à 15 heures. Ses propos seront publics.

Q - Vendredi dernier, vous nous avez parlé d'un partage de tâches. De quoi s'agit-il ?

R - La coalition internationale, qui a été mise en place après la conférence de Paris du 15 septembre dernier, est organisée selon les principes de la convergence des objectifs et de la complémentarité des initiatives. En Irak, la France livre des équipements militaires aux Kurdes avec l'accord des autorités irakiennes. À leur demande, elle leur apporte un soutien aérien. Par ailleurs, nous soutenons les actions militaires menées par des membres de la coalition internationale en Syrie, comme les États-Unis et certains pays arabes.

S'agissant de la position turque, après le vote la semaine dernière du parlement turc, des consultations bilatérales franco-turques sont prévues ce vendredi. Le ministre doit s'entretenir avec son homologue.

Q - Concernant la Syrie, la France a dit plusieurs fois récemment qu'elle continuait à appuyer l'opposition modérée en Syrie. Pourriez-vous nous donner une visibilité sur la manière dont vous le faites ?

R - Il y a eu une réunion à New York, le 24 septembre avec la coalition nationale syrienne, qui est notre interlocuteur en Syrie. Le président de la République et le ministre ont rencontré M. Hadi Albahra, président de la coalition nationale syrienne. La coalition nationale incarne la Syrie de demain. Il ne faut pas condamner le peuple syrien à avoir pour seule alternative le régime de Bachar ou les djihadistes de Daech.

Comme l'a rappelé le président de la République à l'issue du Conseil de défense du 25 septembre, la France poursuit et amplifie son aide à la coalition :

- sur le plan politique : la coalition est pour nous la seule opposition politique crédible. La soutenir, c'est maintenir la perspective d'une transition politique, seule à même de mettre fin à la crise.

- sur le plan humanitaire : depuis le début de la crise syrienne, la France a consacré 45 millions d'euros en appui aux pays voisins qui accueillent des millions de réfugiés et en soutien aux populations civiles, victimes du conflit à l'intérieur de la Syrie. Notre aide bilatérale, apportée directement aux acteurs sur le terrain (associations syriennes et comités locaux), est centrée sur les secteurs suivants : l'aide médicale, la sécurité alimentaire, l'éducation et le soutien direct aux conseils locaux. Par ailleurs, la France participe également aux efforts multilatéraux par ses contributions aux agences des Nations unies.

- sur le plan militaire : la France soutient, par des livraisons d'armements, les groupes modérés qui se battent à la fois contre le régime de Bachar Al-Assad et contre les terroristes de Daech. Vous savez que nous sommes discrets sur notre aide militaire, pour ne pas donner d'informations à ceux qui luttent contre la coalition.

Q - On a entendu des informations selon lesquelles beaucoup de Français ont annulé leur départ pour l'étranger pour la Toussaint à cause des consignes données par le ministère pour les quarante pays à vigilance renforcée. Est-ce que c'est vrai ?

R - Je ne sais pas si cela a eu cet impact-là. Le rôle du ministère des Affaires étrangères, c'est de donner des informations les plus actualisées possibles sur les risques encourus par nos compatriotes lorsqu'ils voyagent. Nous ne sommes pas alarmistes, mais réalistes et nous souhaitons être compétents et efficaces dans les informations que nous apportons.

4 - Ebola

Q - Concernant Ebola, on a un cas d'infection en Espagne, et ce matin à Boulogne des parents n'ont pas voulu laisser leurs enfants aller à l'école. Est-ce que la France va prendre des dispositions internationales ?

R - Nous avons un dispositif international de lutte contre Ebola et nous mettons en ligne, ce matin, une infographie sur la mobilisation de la France dans la lutte contre cette pandémie. Nous développons des coopérations bilatérales avec un certain nombre d'États africains frappés par cette épidémie et en même temps nous sommes actifs pour renforcer la coordination internationale, avec l'Organisation des Nations unies et l'Organisation mondiale de la santé. J'aurai l'occasion d'y revenir sans doute demain au point de presse électronique.

S'agissant du dispositif national, je vous renvoie vers le ministère de la Santé.

5 - Chine

Par ailleurs, je voulais répondre à une question qui nous a été posée par téléphone par un journaliste chinois, au sujet d'un Français à Hong-Kong qui affirme avoir été élu à l'occasion des dernières élections des conseillers à l'assemblée des Français de l'étranger. La question qui m'a été posée est la suivante : «Confirmez-vous qu'un élu de l'assemblée des Français de l'étranger, M. Julien Baron-Fingonnet a fait en cette qualité des déclarations publiques critiquant radicalement la position française sur la situation à Hong-Kong et prenant le parti des manifestants ?»

R - Je réponds : «la personne que vous évoquez n'a pas été élue lors du scrutin du 25 mai 2014 et ne peut donc pas se prévaloir de la qualité de conseiller à l'assemblée des Français de l'étranger. Le document relatif à la proclamation des résultats indiquant que M. Baron-Fingonnet a été élu et dont il se prévaut est un faux».

6 - Japon

Q - Est-ce que la France va faire quelque chose, concernant cet accident au Japon du pilote Jules Bianchi ?

R - La France est très attentive à l'évolution de son état de santé. Il est aujourd'hui hospitalisé au Japon. Nous souhaitons naturellement que toute la lumière soit faire sur les causes de cet accident. La fédération internationale de l'automobile et l'organisation du grand prix du Japon s'y emploient./.

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2. Lutte contre le terrorisme - Irak - Syrie - Réponse de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, à une question à l'Assemblée nationale (Paris, 07/10/2014)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Les drapeaux noirs des terroristes de Daech flottent désormais aux abords de Kobané, ville kurde située à la frontière entre la Syrie et la Turquie.

Malheureusement, rien n'a encore pu endiguer l'assaut de Daech contre cette ville, ni la proximité des forces turques qui sont à quelques kilomètres et qui ont accueillis depuis plusieurs jours 200.000 réfugiés, ni les avions de la coalition américano-arabe dont les frappes n'ont pas pu stopper l'avancée terroriste.

Comme vous l'avez dit, c'est donc une tragédie qui se joue à Kobané et nous devons tous réagir.

Pour sa part, la France a fait le choix clair, vous l'avez rappelé, d'intervenir militairement en Irak, d'abord en livrant des armes aux Kurdes que menaçait un désastre de même nature, puis en engageant notre aviation au soutien à l‘armée irakienne.

Pour Kobané nous nous mobilisons. Ce matin-même, j'ai appelé mon homologue turc et le président de la République française fera de même avec le président turc cet après-midi pour évoquer avec lui les réactions qui s'imposent face à l'urgence de la situation.

De plus, nous sommes en contact étroit avec les États-Unis qui ont conduit et qui vont conduire des frappes dans cette région du nord de la Syrie. Enfin, pour répondre à votre question, nous renforçons notre propre coopération avec les forces armées qui, sur le terrain, combattent Daech. Beaucoup se joue à Kobané, tout doit être fait pour que les terroristes de Daech soient stoppés puis repoussés./.

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3. Union africaine - Mali - République centrafricaine - Déclaration de M. François Hollande, président de la République, à l'issue de l'entretien avec la présidente de la Commission de l'Union africaine (Paris, 06/10/2014)

C'est la troisième fois que je reçois Mme Dlamini-Zuma à Paris. C'est dire l'importance que nous accordons à l'Union africaine. Mme Zuma est la présidente de la commission de l'Union africaine. La semaine dernière, j'ai reçu, le président de l'Union africaine, une présidence tournante qui revient actuellement au Président mauritanien. Les relations entre la France et l'Union africaine se sont considérablement renforcées ces derniers mois, notamment parce que des conflits nous ont appelés à réagir ensemble. Je pense notamment au Mali et à la Centrafrique.

(...)

Sur le Mali, la situation s'est considérablement améliorée grâce à l'intervention menée par les Africains, par la France, par l'Europe, et maintenant par l'ONU. Mais nous avons encore, au nord du Mali de l'insécurité, des foyers djihadistes. Nous attachons beaucoup de prix à la négociation qui est en cours à Alger pour qu'une solution politique soit trouvée. Nous resterons mobilisés, l'Union africaine comme la France, sur le plan politique et sur le plan militaire, pour qu'il n'y ait pas la résurgence du terrorisme.

(...)

En République centrafricaine, là encore, rien n'aurait été possible sans l'intervention de la France et de l'Union africaine. Nous avons pu éviter le pire. Là aussi, la situation sécuritaire s'est améliorée : il y a une baisse très nette des violences à Bangui, un certain calme est revenu. Il y a encore quelques régions qui sont affectées par un certain nombre de conflits, mais nous pensons que nous pouvons, grâce maintenant à l'intervention de l'ONU, venir à bout de cette situation qui, à un moment, pouvait dégénérer en massacre et sans doute en génocide.

L'Union africaine et la France ont laissé la place, le 15 septembre dernier, à la mission des Nations unies. La France va donc réduire, dans les prochains mois, les effectifs qui sont déployés en Centrafrique. Le désengagement a déjà commencé puisqu'une unité qui était en République centrafricaine a été transportée vers le Tchad. Nous sommes dans une stratégie où nous laissons progressivement la place tout en gardant un effectif minimal. Nous avons aussi la responsabilité, avec l'Union africaine et les Nations unies, de préparer les élections. Elles ne pourront pas être organisées dans un délai court, mais une date devra être fixée, l'année prochaine.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Libye - Déclaration de M. François Hollande, président de la République, à l'issue de l'entretien avec la présidente de la Commission de l'Union africaine (Paris, 06/10/2014)

(...)

Il est vrai que ce qui se passe en Libye suscite une très grave préoccupation. Nous en avons parlé avec Mme Zuma. Il y a une situation confuse, il y a des groupes terroristes qui se sont installés au sud, et il y a des risques que les voisins puissent être touchés par cette instabilité. C'est la raison pour laquelle, l'Union africaine, comme la France, travaille avec l'ONU à une solution politique de réconciliation, de restauration de l'État et de lutte contre les terrorismes. L'ONU et l'Union africaine en ont pris la responsabilité à juste raison. La France les appuie.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Dérèglements climatiques - Déclaration de M. François Hollande, président de la République, à l'issue de l'entretien avec la présidente de la Commission de l'Union africaine (Paris, 06/10/2014)

(...)

Nous avons également parlé de la lutte contre le réchauffement climatique, sujet principal de la conférence de Paris et enjeu majeur pour la planète.

L'Afrique, la France et l'Europe ont des positions communes. J'ai rappelé que nous avions promis 1 milliard de dollars pour le Fonds vert. Il s'ajoute à ce que nous faisons déjà comme pays contributeur à travers l'Agence française de développement. C'est ce que j'avais annoncé lors du sommet entre la France et l'Afrique. Il y aura donc 1 milliard d'euros par an via l'Agence française de développement et il y a en plus ce milliard de dollars qui est promis pour le Fonds vert.

Là encore c'est notre intérêt - l'intérêt de la France, l'intérêt de l'Europe et l'intérêt de l'Afrique - de pouvoir participer au développement de ce continent. C'est un grand continent. Il peut être affecté par des crises sur lesquelles nous avons intérêt à intervenir. Elles peuvent être liées à de l'insécurité, à des conflits mais elles peuvent être aussi liées à des drames sanitaires. La France sera toujours solidaire de l'Afrique et c'est le sens de la présence ici de Mme Zuma./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

 

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6. Virus Ebola - Déclaration de M. François Hollande, président de la République, à l'issue de l'entretien avec la présidente de la Commission de l'Union africaine (Paris, 06/10/2014)

(...)

Nous avons également parlé de la lutte contre l'épidémie d'Ebola.

L'épidémie Ebola, pour nous, c'est une menace majeure. Pas simplement pour les pays africains concernés, mais pour l'ensemble du monde. Chacun doit bien prendre conscience qu'une épidémie - qui touche, à un moment, un pays au monde - a des conséquences partout sur la planète. Par les voyages, par les déplacements, par les échanges, il y a nécessairement des risques. Agir pour les pays touchés par Ebola, c'est donc agir pour notre propre sécurité.

La France a pris des décisions importantes. Outre ce que font un certain nombre d'organisations non gouvernementales, je pense à Médecins sans frontières, la France a décidé d'installer un hôpital en Guinée forestière. Il sera bientôt prêt. Nous aurons aussi à renforcer les équipes de l'Institut Pasteur, qui s'installeront à Conakry.

Une infirmière de Médecins sans frontières a été soignée en France. Elle a pu être traitée et guérie, parce que toutes les conditions étaient réunies. Mais cela n'est pas toujours le cas en Afrique. Nous devons donc accélérer, amplifier les recherches pour qu'un vaccin et un traitement puissent être trouvés. Mais avant qu'ils ne puissent être diffusés, il convient de prendre toutes les précautions nécessaires et de faire en sorte qu'il y ait le moins de déplacements inutiles vers ces pays - tout en leur assurant, et c'est toute la difficulté, leur développement.

Nous sommes en situation de pouvoir soigner nos compatriotes, si des cas se produisaient en France. Mais pour nous, ce n'est pas simplement une question française, c'est une question mondiale. C'est pourquoi nous devons prodiguer toute notre solidarité aux pays qui sont concernés. La France a une relation toute particulière avec la Guinée.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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7. Virus Ebola - Entretien de Mme Annick Girardin, secrétaire d'Etat chargée du Développement et de la Francophonie, avec «RFI» (Paris, 07/10/2014)

Q - Un premier cas de contamination par le virus Ebola en Europe a été constaté hier en Espagne, il s'agit d'une aide-soignante, est-ce qu'il faut craindre aujourd'hui que le virus ne se propage en Europe ?

R - La mobilisation de la France, mais aussi de l'Europe, c'est justement de combattre le virus Ebola sur place, notamment pour la France en Guinée, mais au-delà, dans les trois pays les plus touchés, de manière à ce qu'on puisse ne pas ou le moins possible être touché, c'est cette mobilisation. D'un autre côté, on voit bien que la jeune femme qui a été soignée en France est sortie guérie. On peut guérir d'Ebola. Le système français, comme la plupart des systèmes européens, comme d'ailleurs le système des États-Unis - puisque les États-Unis sont également touchés aujourd'hui - sont tout à fait prêts à répondre à ce type de maladie : on est prêt, sur les évacuations, on est prêt sur les traitements, on est prêt sur les procédures. On l'a vu, et tant mieux d'ailleurs, et c'est un soulagement complet de voir cette jeune femme sortir, être guérie, et aujourd'hui, prendre des vacances.

Q - On a dit qu'elle avait bénéficié de traitements expérimentaux, est-ce que cela pourrait servir sur place, en Guinée par exemple ?

R - Elle a bénéficié de traitements qui ont été autorisés par arrêté, il y a aujourd'hui trois traitements et ce sont des traitements effectivement qui ont pu lui permettre d'avoir la vie sauve, ce sont des traitements qui seront utilisés, parce qu'ils ont été autorisés par arrêté. Mais au-delà de cela, il faut se mobiliser aussi sur place, et c'est ce que nous faisons depuis juillet, avec l'ensemble des équipes de mon ministère ou de celui de la Santé. Nous avons travaillé à mobiliser l'Europe sur ces questions, c'est pour cela que le 15 septembre dernier, avec Marisol Touraine, on s'est rendu à Bruxelles pour sensibiliser et coordonner surtout les actions de l'Europe.

Moi, je suis une des ministres européennes, et la première des ministres européennes à m'être rendue sur place, parce que je crois qu'il faut montrer justement qu'on peut en guérir et qu'on va réussir à le faire, à condition effectivement que nous puissions lutter tous ensemble, de manière coordonnée, notamment avec l'OMS et les Nations unies sur cette question, puisqu'il y a une mobilisation internationale forte. Et je crois qu'il faut justement continuer à ouvrir des centres, comme le fait la France, et nous allons le faire en Guinée, début novembre, un centre de traitement, notamment en Guinée forestière, là où a commencé Ebola.

Q - Et dans lequel le traitement qui a été appliqué à cette infirmière française pourrait être proposé aux malades sur place ?

R - Un certain nombre de traitements, est-ce que c'est celui-là exactement ? Vous me permettrez de ne pas répondre.

Q - Le président de la République a annoncé, il y a quelques jours, le renforcement de sa lutte contre le virus Ebola, en Guinée justement, la forme concrète que ça va prendre, c'est ça, c'est l'ouverture de ce nouvel hôpital en Guinée forestière ?

R - ...Oui, tout à fait, qui sera géré avec La Croix Rouge, et donc c'est important de le signaler. Rappelons aussi que Médecins Sans Frontières est très présent sur le terrain, et moi, je peux, après la visite à Conakry que j'ai pu faire, largement vous dire combien il faut sans cesse rappeler leur courage et leur engagement sur le terrain. C'est grâce à des hommes et des femmes comme eux qu'aujourd'hui on va pouvoir réussir à maîtriser, avec l'effort international, cette épidémie. François Hollande, le président de la République, a annoncé l'ouverture de ce centre, il devrait s'ouvrir dès début novembre. C'est l'un des centres, c'est le troisième centre, il en faudra d'autres en Guinée, comme ailleurs.

Après, c'est aussi à plus court terme, à moyen terme, c'est le renforcement des systèmes de santé. Et là aussi, la France est présente à travers un certain nombre de soutiens financiers, il faut savoir qu'autour du sujet Ebola et des systèmes de santé, du renforcement des systèmes de santé, la France va mobiliser 70 millions d'euros. Il y aura aussi l'aide européenne et l'aide internationale.

Donc on a vraiment à structurer ces systèmes de santé, on voit bien comment le Sénégal a pu traiter un cas, et cela a été correctement fait, on voit bien que ce système a résisté, parce qu'il est suffisamment fort, la Côte d'Ivoire est également largement prête ; il faut pouvoir conforter l'ensemble des voisins, de l'Afrique de l'Ouest, qui sont touchés par cette maladie. (...)./.

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8. Aide publique au développement - Entretien de Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie, avec «RFI» (Paris, 07/10/2014)

Q - Dans un moment comme celui-là, face à une crise comme celle-là [Ebola], la baisse de l'aide publique au développement de la France, qui est de l'ordre de 2,5 %, n'est pas une difficulté pour vous ?

R - La baisse de l'aide est réelle, le budget du développement et de la solidarité, comme tous les budgets de la France aujourd'hui, ont fait un effort et devaient faire un effort pour lutter effectivement contre notre endettement, et faire des économies, c'est le souhait, nous y participons à hauteur de moins 1,51 %, tout simplement parce que la TTF, la Taxe sur les transactions financières, passera de 15 %, enfin, une part de 15 à 25 % supplémentaire pour le développement. Donc, on va réussir à garder notre ambition en matière de développement, en matière de soutien et de solidarité, y compris à travers Ebola.

Vous savez, on a rapidement, là, mobilisé 70 millions. Dans un même temps, la France garde son effort ambitieux en matière de développement. On a aussi participé à hauteur d'un milliard au fonds vert, le président de la République l'a annoncé à New York, parce que là, aussi, à travers le fonds vert, il y a de l'adaptation, et donc des actions concrètes en faveur des pays les plus défavorisés. Nous n'avons pas à rougir de notre aide au développement. Nous sommes aujourd'hui, certes, le cinquième pays en volume, mais l'aide n'est pas que financière, nous cherchons aussi à soutenir l'ensemble des pays qui sont aujourd'hui nos partenaires, à mobiliser leurs ressources nationales, ce qui n'est pas aujourd'hui suffisamment fait, à lutter contre les paradis fiscaux...

Q - Est-ce qu'il va quand même falloir faire des choix ? Y a-t-il des programmes auxquels il va falloir renoncer par exemple ?

R - On a fait des choix, on a fait des choix géographiques, puisque la France s'est dotée d'une loi en juillet dernier, qui précise que nous avons 16 pays prioritaires, les pays les plus vulnérables aujourd'hui. Nous avons aussi fait essentiellement des dons. Nous avons aussi une politique de prêt à côté avec l'Agence française de développement, vous savez, c'est vingt milliards d'euros sur cinq ans, que nous allons consacrer à l'Afrique.

L'idée, c'est aussi de travailler mieux et d'être plus efficace ; comment ? En ayant des actions que l'on puisse mener avec des partenaires, des partenaires européens, des partenaires internationaux, mais aussi des partenaires français qui n'ont peut-être pas suffisamment été mobilisés jusqu'à aujourd'hui. Le partenaire classique du développement, c'est l'ONG, c'est aussi les collectivités territoriales, il faut aujourd'hui que l'on sache travailler avec les entreprises qui sont aussi des leviers possibles pour intervenir et pour la lutte contre la pauvreté, puisque c'est bien l'objectif principal. (...)./.

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9. Ã‰conomie - Commission européenne - Entretien de M. Christian Eckert, secrétaire d'État chargé du Budget, avec le quotidien «Le Figaro» (Paris, 07/10/2014)

Q - La Commission européenne pourrait refuser le budget de la France. Est-ce un scénario auquel vous vous préparez ?

R - Nous avons transmis en avril à Bruxelles un programme de stabilité. Est-ce que le gouvernement prévoit plus de dépenses depuis ? La réponse est non. Est-ce que nous abandonnons notre programme d'économies ? Non plus. Est-ce que nous accentuons les réductions d'impôts ? Encore non. Nous faisons dans le budget 2015 ce que nous avions dit que nous ferions.

Q - Au détail près d'un déficit public en hausse cette année (à 4,4 %) et à peine amélioré en 2015...

R - Notre politique n'a pas changé depuis le printemps. Mais les événements, eux, ont évolué. D'abord, un nouveau mode de calcul européen du déficit est intervenu. Ensuite, nous avons, par prudence et en retenant la méthode de la Commission européenne, revu à la baisse notre croissance potentielle, ce qui alourdit mécaniquement le déficit. Enfin, l'inflation a été beaucoup plus faible que prévu. La situation économique ne nous permet pas de réduire davantage les dépenses l'an prochain ni d'augmenter les impôts. Nous l'expliquerons à nos partenaires européens même si la situation actuelle, marquée par la fin de mandat de la Commission Barroso, ne facilite vraiment pas les choses. Mais ce que je veux surtout dire, c'est que notre volontarisme est intact.

Q - Le Haut Conseil des finances publiques doute que les 21 milliards d'économies soient tenus en 2015. Le compte n'y serait pas concernant la protection sociale...

R - Un peu de patience... En matière d'annonces budgétaires, la précision suit un rythme qui va en zoomant. Le projet de loi de finances sur la Sécurité sociale (PLFSS), qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, donnera le détail des économies prévues. Au passage, je rappelle que le total des 21 milliards d'économies programmées permet de freiner le rythme de progression de la dépense publique de façon inégalée, les dépenses des ministères baissant même de 1,8 milliard par rapport à 2014. (...)./.

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