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Déclarations officielles de politique étrangère du 16 juillet 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Serbie/Bosnie-Herz√©govine/Cons√©quences des inondations/Conf√©rence des donateurs - Parlement europ√©en/Session pl√©ni√®re/D√©placement de M. Harlem D√©sir √† Strasbourg - Irak/Pr√©sidence du Parlement - Afghanistan/Attentat dans la province de Paktika (Paris, 16/07/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 - Serbie/Bosnie-Herzégovine - Conséquences des inondations - Conférence des donateurs (Bruxelles, 16 juillet 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, participe aujourd'hui √† Bruxelles √† la conf√©rence internationale des donateurs pour l'aide √† la reconstruction en Serbie et Bosnie-Herz√©govine, √† la suite des inondations catastrophiques qui se sont produites en mai. Il copr√©sidera cette r√©union avec la Premi√®re ministre slov√®ne Alenka Bratusek et les commissaires europ√©ens Stefan F√ľle et Kristalina Georgieva.

Organisée à la suite de l'entretien du président de la République avec son homologue serbe le 22 mai, cette conférence permettra de réunir les fonds nécessaires aux besoins les plus urgents : reconstruction des logements d'ici l'hiver, infrastructures routières et ferroviaires, énergie, relance de l'économie et appui aux petites et moyennes entreprises. Elle permettra également de mettre en oeuvre des projets communs dans des domaines essentiels, tels que la gestion régionale de l'eau et la lutte contre les dérèglements climatiques.

La France est, depuis les inondations de mai dernier, mobilisée pour contribuer à la reconstruction des zones sinistrées en Serbie et Bosnie-Herzégovine.

2 - Parlement européen - Session plénière - Déplacement de M. Harlem Désir à Strasbourg (17 juillet 2014)

M. Harlem D√©sir, secr√©taire d'√Čtat aux affaires europ√©ennes, se rendra demain √† Strasbourg √† l'occasion d'une r√©union de travail qu'il organise avec les parlementaires europ√©ens fran√ßais √©lus le 25 mai.

Cette rencontre permettra de présenter aux élus français les priorités majeures qui, selon le gouvernement, doivent être conduites tout au long de la législature (notamment croissance et emploi, climat et énergie, liberté, sécurité et justice).

Elle sera aussi l'occasion de faire le point sur notre dispositif de suivi des activit√©s du Parlement europ√©en, dont le r√īle dans le processus d√©cisionnel est fondamental, en particulier depuis l'entr√©e en vigueur du trait√© de Lisbonne.

3 - Irak - Présidence du Parlement

La France salue l'élection le 15 juillet de M. Salim Al-Joubouri à la présidence du Parlement irakien, ainsi que celle de MM. Haydar Al-Abadi et Aram Mohamad Ali aux postes de premier et second vice-présidents.

Il s'agit d'une étape importante dans la reprise du processus politique et démocratique, indispensable pour faire face aux défis qui se posent à l'Irak.

Seule une solution politique inclusive, acceptable par toutes les composantes de la population irakienne, permettra de sortir de la crise actuelle.

4 - Afghanistan - Attentat dans la province de Paktika (15 juillet 2014)

La France condamne l'attentat perpétré le 15 juillet dans la province de Paktika, dans l'est de l'Afghanistan, qui a causé la mort de nombreux civils.

Nous exprimons nos vives condoléances aux familles des victimes.

En ce moment douloureux, la France assure les autorités et le peuple afghans de sa solidarité./.

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2. Politique √©trang√®re - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - C'est aujourd'hui que s'ouvrent √† Paris les Journ√©es du r√©seau d'action et de coop√©ration culturelle, des journ√©es d√©di√©es √† promouvoir l'action et la diplomatie culturelle fran√ßaise. Nous en parlerons tout √† l'heure. Diplomatie culturelle, mais aussi diplomatie √©conomique, qui reste l'un de vos leviers d'action de pr√©dilection, surtout depuis que votre minist√®re a r√©cup√©r√© le portefeuille du commerce ext√©rieur. Nous allons parler bien s√Ľr, avec vous, de la situation internationale, de l'impossible paix au Proche-Orient, de l'action de la France en Afrique et notamment au Mali o√Ļ un soldat fran√ßais a √©t√© tu√© hier, et puis nous √©voquerons √©galement avec vous les questions climatiques et la pr√©paration de la Conf√©rence internationale Paris Climat 2015.

À travers tous ces champs d'intervention, y a-t-il une doctrine Fabius en matière de diplomatie ?

R - Est-ce qu'il y a une doctrine, non pas Laurent Fabius, mais de la France, sur les problèmes internationaux ? Oui, il y a une doctrine, une approche, qui comporte quatre objectifs :

Le premier objectif - on va en parler √† propos d'Isra√ęl et de la Palestine -, c'est la paix et la s√©curit√©. La France, partout, recherche la paix et la s√©curit√©, non pas le pacifisme, parce que souvent il faut √™tre fort pour aller vers la paix, mais la paix et la s√©curit√©.

Le deuxième objectif, c'est ce que j'appelle la planète, c'est-à-dire l'organisation de la planète, et puis la défense de la planète, la question du climat.

Le troisième objectif, c'est la réorientation de l'Europe, parce que nous sommes Européens, mais nous pensons que la politique européenne, souvent, ne va pas dans le bon sens.

Et le quatrième et dernier objectif, c'est le redressement et le rayonnement de la France. Et à chaque fois que le président de la République, le Premier ministre ou moi-même, avons à prendre des orientations, nous nous référons à ces quatre objectifs.

(...)

Q - Vous avez défini à notre micro ce qu'était la doctrine diplomatique de la France, ce monde zéro polaire, il y a quand même un vocabulaire...

R - Malheureusement zéro polaire, nous voudrions qu'il soit multipolaire organisé...

Q - ...qu'il soit mieux organis√©. Il y a des mots qui reviennent assez r√©guli√®rement notamment dans le discours de Fran√ßois Hollande qui voulait, je cite ¬ępunir ceux qui ont gaz√© les populations civiles¬Ľ, on pense √† Bachar Al-Assad, qui voulait √©craser les terroristes au Sahel, est-ce qu'il n'y a pas un vocabulaire au minimum faucon, voire n√©oconservateur ? Il y a un an et demi, Dominique de Villepin √©crivait dans une tribune ¬ęle virus n√©oconservateur a gagn√© tous les esprits¬Ľ.

R - Nos objectifs sont - je les ai résumés - en particulier la sécurité, la paix, la meilleure organisation du monde, le respect des principes qui sont à la fois les principes de la France et les principes d'une organisation équilibrée du monde. C'est à partir de là que nous décidons d'agir. (...)./.

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3. Isra√ęl - Territoires palestiniens - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Commen√ßons, si vous le voulez bien, Laurent Fabius, par la situation internationale et l'offensive militaire d'Isra√ęl dans la bande de Gaza. Huiti√®me jour du conflit, on d√©nombre plus de 200 morts c√īt√© palestinien, dont 80 % de civils selon l'ONU, un premier mort c√īt√© isra√©lien hier, le cessez-le-feu propos√© par l'√Čgypte qui a fait long-feu. Pour commencer, est-ce que Fran√ßois Hollande a r√©agi maladroitement mercredi en publiant un communiqu√© de soutien √† Isra√ęl sans un seul mot pour les civils palestiniens ?

R - Notre objectif num√©ro 1 c'est le cessez-le-feu, parce que la situation actuelle est terrible. Vous avez d'un c√īt√© plus de 200 morts depuis hier du c√īt√© palestinien.

C'est une situation abominable. Et, de l'autre, vous avez Isra√ęl qui fait l'objet d'envois de roquettes de la part du Hamas.

Notre objectif c'est la paix et la s√©curit√©, c'est la raison pour laquelle nous disons ¬ęcessez-le-feu imm√©diat¬Ľ. C'est la raison pour laquelle j'ai soutenu - je l'avais hier au t√©l√©phone - le ministre des affaires √©trang√®res √©gyptien. L'√Čgypte a propos√© un plan tout √† fait satisfaisant, il a √©t√© accept√© par Isra√ęl, malheureusement le Hamas ne l'a pas accept√©. J'esp√®re qu'on va pouvoir arriver au cessez-le-feu.

Le cessez-le-feu doit d√©boucher sur une tr√™ve, qui elle-m√™me ne pourra √™tre valable que si on discute √† la fois de la s√©curit√© d'Isra√ęl et de l'acc√®s de Gaza, bien s√Ľr ; il y a les deux aspects. Et ensuite il faut - parce que c'est le fond du sujet - aller vraiment vers une n√©gociation politique. Tant que vous aurez une situation o√Ļ, d'un c√īt√©, la s√©curit√© d'Isra√ęl n'est pas assur√©e et, de l'autre c√īt√©, les droits √† la justice des Palestiniens ne sont pas assur√©s, √©videmment vous aurez cette situation dramatique qu'on conna√ģt en ce moment.

Donc, l√† encore, objectif num√©ro 1 de la France : paix et s√©curit√©, et cela s'applique bien s√Ľr au conflit isra√©lo-palestinien.

Q - Donc pas de maladresse diplomatique dans ce communiqu√© de l'√Člys√©e mercredi ?

R - Non, je pense qu'il y a eu une surinterpr√©tation. Je connais bien la position du pr√©sident de la R√©publique, qui est √† la fois bien s√Ľr de d√©fendre le droit √† la s√©curit√© d'Isra√ęl et, en m√™me temps, de dire que les Palestiniens doivent √™tre respect√©s et que des injustices qui sont faites, qui sont tr√®s graves, faites √† leur endroit, ne doivent plus exister.

Q - Vous √©voquiez des objectifs assez fermes ¬ęcessez-le-feu¬Ľ, ¬ętr√™ve¬Ľ et ¬ęprocessus de paix¬Ľ. Or, pour aboutir √† un accord politique il faut des envies politiques fortes. M. Netanyahou est affaibli par son extr√™me droite, M. Abbas est affaibli tout court, si je puis dire, le Hamas est divis√© entre une aile politique qui n√©gocie au Caire et une aile militaire, Obama n'a pas tr√®s envie de s'impliquer plus allant dans le conflit isra√©lo-palestinien, il y a quand m√™me une faiblesse politique g√©n√©ralis√©e dans cette r√©gion et des acteurs principaux, l'Union europ√©enne, on le sait, n'a jamais trop pes√©, il n'y a pas d'envie politique.

R - Malheureusement vous d√©crivez assez bien la situation. Le conflit isra√©lo-palestinien c'est un conflit particulier. Pourquoi ? Tr√®s souvent, dans les conflits internationaux, la question principale c'est ¬ęquelle est la bonne solution ?¬Ľ Et on cherche - c'est l'objet de la diplomatie - √† trouver la meilleure solution. L√†, en ce qui concerne le drame isra√©lo-palestinien, on conna√ģt les param√®tres de la solution, c'est tout ce qu'on dit...

Q - Deux √Čtats, deux reconnaissances.

R - Sur les deux √Čtats. Mais le probl√®me c'est d'arriver √† pousser, et m√™me plus que pousser, les deux parties √† accepter cette solution. C'est donc un conflit d'une nature un peu diff√©rente des autres.

Et c'est vrai que les Américains ont essayé - John Kerry, vraiment, s'est donné à fond - mais cela n'a pas fonctionné.

L'Europe, je l'ai propos√© hier √† mon coll√®gue √©gyptien, est pr√™te √† faire des choses, notamment √† travers ce qu'on appelle EUBAM, c'est-√†-dire des forces qui pourraient contr√īler les passages entre Gaza et Isra√ęl. Les pays arabes ont fait part de leur soutien √† ce projet. Il faudrait √©galement obtenir l'accord des cinq membres permanents du Conseil de s√©curit√©.

Mais je pense que si on se repose uniquement - et je reprends votre r√©flexion qui √©tait juste - sur la bonne volont√© des deux parties, on risque d'y √™tre encore pour un temps ind√©fini. Donc, la solution est connue, et il faut vraiment que la communaut√© internationale - tous ceux que vous avez cit√©s et que j'ai cit√©s - se r√©unisse autour de cela pour dire ¬ęon a l√† un conflit qui est malheureusement fondamental et fondateur de beaucoup d'autres conflits...¬Ľ Il est essentiel d'arriver √† le d√©nouer.

Q - Laurent Fabius, quelle place, alors, pour la diplomatie française en 2014 dans ce conflit ? On n'a pas l'impression que ce soit une priorité de François Hollande.

R - Si, tout √† fait. La France a, et c'est sa force, √† la fois des relations confiantes avec Isra√ęl, il y a des points sur lesquels nous sommes d'accord avec sa politique et des points sur lesquels nous sommes en d√©saccord, et Isra√ęl sait bien que nous sommes tr√®s attach√©s √† sa s√©curit√© et aussi nous avons des relations proches avec Mahmoud Abbas, pas avec le Hamas, mais avec Mahmoud Abbas.

Et la France a donc cette vertu tout √† fait essentielle de pouvoir discuter avec les deux. J'envisage moi-m√™me, le cas √©ch√©ant, si c'est n√©cessaire, de me rendre en √Čgypte, parce que c'est l√†, actuellement, que cela se passe.

Donc, nous avons ce r√īle-l√†. Nous poussons l'Europe √† agir encore davantage et nous pouvons jouer le r√īle de pont, qui est essentiel, pas tout seul bien s√Ľr mais avec les autres, en utilisant notre statut particulier de membre permanent du Conseil de s√©curit√©.

Q - Et au moment o√Ļ nous parlons une d√©p√™che vient de tomber : Isra√ęl appelle 100.000 habitants de Gaza √† √©vacuer leur domicile, peut-√™tre que √ßa pr√©figure une offensive terrestre. Ce matin dans L'Express une interview de l'historien isra√©lien Zeev Sternhell qui dit ¬ęNetanyahou est faible parce qu'il est pris en otage par une opinion publique de plus en plus radicale, de plus en plus religieuse.¬Ľ C'est un peu paradoxal quand il y a plus de 200 morts, mais est-ce qu'effectivement Netanyahou est faible en Isra√ęl ?

R - Je ne vais pas me prononcer par un jugement sur tel ou tel gouvernement. Mais il est vrai que les consid√©rations de politique int√©rieure, dans ce pays, comme dans beaucoup d'autres, jouent un r√īle important.

Moi, je veux me situer par rapport à notre objectif. Compte tenu du caractère désastreux du conflit aujourd'hui il faut, c'est la position de la France, plaider pour le cessez-le-feu, plaider pour la trêve, plaider pour la reprise de la négociation, dont j'ai donné les termes.

(...)

Q - Une r√©action rapide sur Isra√ęl qui vient d'appeler 100.000 habitants de Gaza √† √©vacuer leur domicile et donc ce qui laisserait pr√©figurer une possible intervention militaire terrestre, cette intervention militaire terrestre elle est n√©cessaire.

R - Oui, mais l√† on rentre dans ce dont je parlais tout √† l'heure. C'est la raison pour laquelle nous plaidons pour le cessez-le-feu qu'a accept√© hier Isra√ęl mais qu'a malheureusement refus√© la branche arm√©e du Hamas. Nous ne nous r√©signons pas √† ce que l'escalade continue, c'est une situation d√©sastreuse.

(...)./.

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4. Isra√ęl - Territoires palestiniens - √Čgypte - D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Paris, 15/07/2014)

Je me suis entretenu avec mon homologue √©gyptien, M. Sameh Choukri. J'ai r√©it√©r√© le plein soutien de la France √† l'initiative de l'√Čgypte, endoss√©e par la Ligue arabe, en vue d'un cessez-le-feu imm√©diat. Cette initiative positive a √©t√© accept√©e par le gouvernement isra√©lien, mais rejet√©e jusqu'√† pr√©sent par le Hamas. La France appelle toutes les parties √† la mettre en oeuvre sans d√©lai. Tous les efforts doivent converger pour faire cesser la violence et assurer la protection des populations civiles.

Pour que la tr√™ve soit durable, j'ai soulign√© qu'elle devait r√©pondre aux besoins l√©gitimes d'Isra√ęl en mati√®re de s√©curit√© comme aux besoins humanitaires et √©conomiques palestiniens. L'Autorit√© palestinienne doit y √™tre, bien s√Ľr, √©troitement associ√©e./.

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5. Lutte contre l'antis√©mitisme - R√©ponse de M. Manuel Valls, Premier ministre, √† une question √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 15/07/2014)

Monsieur le Député,

Je souhaiterais que, dans de tels moments, face à des débordements tout à fait intolérables il y ait, de la part de la représentation nationale et de tous les responsables politiques, comme cela a été souvent le cas, une capacité d'union et de rassemblement.

Même sur un sujet qui met en cause - vous n'avez pas tort à cet égard - la cohésion, le ferment même de la nation, vous trouvez une fois encore, et je le regrette le moyen de diviser et de faire porter la responsabilité sur le président de la République.

Sur des sujets comme celui-l√†, sur lesquels, d'ailleurs, comme tous ici, j'ai toujours √©t√© intraitable, que ce soit en tant que ministre de l'int√©rieur, de parlementaire ou, tout simplement, de responsable politique, ne pourrait-on pas se retrouver, plut√īt que de diviser et d'en appeler en permanence √† la confrontation politique ? La lutte contre le racisme, l'antis√©mitisme, la division et le communautarisme devrait nous rassembler, au nom m√™me des valeurs de la R√©publique.

Pourquoi essayer, Mesdames et Messieurs de l'opposition, de diviser et de casser, alors que, au contraire, le rassemblement, la capacité à trouver les mêmes mots, à nous retrouver autour des mêmes valeurs, constituent la meilleure réponse contre ces débordements, contre ceux qui s'en prennent à des synagogues, contre ceux qui s'en prennent aux juifs de France. Car s'en prendre aux synagogues et aux juifs de France, ce n'est pas s'en prendre à une communauté : c'est s'en prendre à la République, à la France et à nos valeurs. Voilà ce qui devrait être en permanence rappelé et qui rendrait d'ailleurs plus forte, votre question.

La police française a parfaitement réagi. Elle a empêché, précisément, les intrusions dans les synagogues du quatrième et du douzième arrondissement. Le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, a reçu hier les représentants de la communauté juive. Le président de la République a dit, ce que je redis devant vous, que nous ne pouvons admettre, en France, un seul instant, que l'on cherche une fois encore à importer sur notre sol le conflit du Proche-Orient.

Je veux dire √† tous nos compatriotes, notamment √† ceux de confession juive, qu'ils ont droit √©videmment √† la s√©curit√©, que nous sommes √† leurs c√īt√©s, que nous saisissons la justice et que jamais nous ne permettrons ces divisions, parce que ce n'est pas cela, la France. Voil√†, comment on rassemble un pays : en agissant pour les valeurs de la R√©publique./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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6. Irak - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Alors justement Laurent Fabius, quelle réponse à apporter à ce califat autoproclamé ? Est-ce qu'il faut le chasser ? Est-ce qu'il faut aider l'armée irakienne à reprendre Mossoul ? Quelle est la position de la diplomatie française sur ce sujet ?

R - La diplomatie fran√ßaise a une position triple. Premi√®rement, nous condamnons de la fa√ßon la plus s√©v√®re et la plus nette, les actions de l'EIIL. D'ailleurs nous avons demand√© √† ce que l'EIIL soit mis sur la liste des organisations terroristes. Quand vous voyez les pratiques de cette organisation, c'est √©pouvantable. Sur Internet il y a des vid√©os o√Ļ l'on voit les militants de l'EIIL qui jouent au ballon avec les t√™tes des gens qu'ils ont assassin√©, c'est effrayant...

Q - Mais alors que faire de ce califat ? Comment on réagit ?

R - Là, une condamnation absolument nette et sans la moindre circonstance atténuante si je peux dire.

Deuxièmement, nous plaidons pour l'unité de l'Irak et de ce point de vue-là, l'élection qui est intervenue hier du président du Parlement, M. Salim Al-Joubouri, va dans le bon sens. Vous savez qu'il y a une tradition en Irak, il faut qu'un poste aille aux Sunnites, un poste aux Chiites et un poste aux Kurdes. J'espère que cela va permettre à l'Irak de trouver maintenant un président de la République et un nouveau président de la République.

Ensuite, troisi√®mement, nous soutenons l'opposition mod√©r√©e en Syrie puisque le califat - pr√©tendu califat -, l'EIIL finalement agit √† la fois sur l'Irak et sur le nord de la Syrie. √Čvidemment si nous ne soutenons pas l'opposition mod√©r√©e en Syrie, cela va faciliter l'action de l'EIIL. Donc notre position est celle-ci : condamnation de l'action de l'EIIL, agir au soutien de l'unit√© irakienne et au soutien de l'opposition mod√©r√©e en Syrie.

Q - Cela veut dire pour le moment, pas d'intervention militaire, pas d'aide à l'armée irakienne, pas de solutions militaires sur le califat précisément ?

R - Non c'est l'armée irakienne, à partir de l'unité du gouvernement irakien, qui doit agir.

(...)./.

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7. Syrie - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Alors, Laurent Fabius, un mot √† propos de la situation en Syrie et en Irak. Au moment de l'offensive de EIIL dans le nord de l'Irak et quelques jours avant la proclamation du califat vous aviez d√©clar√©, en Conseil des ministres ¬ęen 2013 la France avait souhait√© agir plus vite et plus fort en Syrie, le fait qu'il n'ait pas pu y avoir d'action a conduit au fait que la situation se d√©grade.¬Ľ Pensez-vous qu'avec une intervention unilat√©rale de la France il y a 1 an, au moment de la d√©couverte de l'utilisation d'armes chimiques, le califat n'existerait pas aujourd'hui, Laurent Fabius ?

R - Vous savez, c'est toujours très difficile, et cela n'a pas grand sens de refaire l'Histoire, parce que, par définition, on ne sait pas ce qui se serait passé avec des si. Mais je voudrais faire référence à deux moments.

Le premier moment - c'est en mai 2012, une première conférence à Genève. Je me rappelle très bien, c'était la première conférence à laquelle je participais et lors de cette discussion à Genève la question qui était posée n'était absolument pas le départ de M. Bachar Al-Assad. Tout le monde était persuadé que M. Bachar Al-Assad allait partir, au point que...

Q - ...Vous le premier, on préparait déjà l'après Bachar Al-Assad.

R - Bien s√Ľr, au point que dans les couloirs, la question pos√©e c'√©tait ¬ęo√Ļ allez-vous aller Monsieur Bachar Al-Assad ?¬Ľ Pourquoi ?

Que s'est-il passé ? Au départ il y a un petit soulèvement de quelques personnes en Syrie. Puis après Bachar Al-Assad agit d'une telle façon que cela devient un énorme cancer, et tout le monde considérait que Bachar Al-Assad n'avait aucune légitimité à rester. Mais, à l'époque, il n'y avait pas le Hezbollah, et ni de groupes terroristes en Syrie.

Malheureusement on √©tait dans une situation pr√©√©lectorale aux √Čtats-Unis, mais ce ne sont pas du tout les seuls responsables. Ainsi, rien n'a √©t√© fait alors que la France avait eu des propos tr√®s durs. Sept mois ou huit mois apr√®s, il y avait sur place le Hezbollah et des groupes terroristes.

Alors, ensuite, s'est pass√© le deuxi√®me √©l√©ment, celui auquel vous faites allusion. Un certain nombre d'entre nous avaient dit ¬ęmais s'il y a utilisation d'armes chimiques, √† ce moment-l√† cela change la nature du conflit, puisque depuis... ¬Ľ

Q - C'est ce que dit Obama.

R - Oui, c'est ce qu'il avait dit... ¬ę...depuis des d√©cennies et des d√©cennies, nous disons la ligne rouge c'est l'utilisation des armes chimiques.¬Ľ.

Nous avons montré, preuves à l'appui, que Bachar Al-Assad avait utilisé des armes chimiques et tué des centaines de personnes avec les armes chimiques.

Donc, nous nous sommes concert√©s, avec les Am√©ricains, avec les Britanniques, il fallait r√©agir. Nous avons pr√©par√© la r√©action, avec les deux autres, simplement les Britanniques ont soumis cela √† leur Parlement, qui leur a dit ¬ęnon¬Ľ, et ensuite le pr√©sident Obama, c'est son droit...

Q - ...a fait machine arrière.

R - ...a dit ¬ę√©coutez, le moment n'est pas venu.¬Ľ. Et du coup il y a eu un basculement. Ensuite, les Russes sont intervenus. Enfin, vous connaissez toute cette histoire, et je consid√®re, sans refaire l'Histoire, qu'√† ce moment-l√† cela a donn√©, de l'image g√©n√©rale, un sentiment je dirais d'une certaine impunit√©, d'une certaine faiblesse, et qui a eu, √† mon avis, des r√©percussions sur d'autres conflits.

Je ne veux pas refaire l'Histoire, le pr√©sident Obama est tout √† fait ma√ģtre de sa d√©cision, mais je pense, comme d'autres, que lorsqu'il y a un engagement qui est pris, on doit faire preuve de fermet√©.

Q - Est-ce que vous considérez que Barack Obama a peut-être été faible ou indécis ?

R - Non, je ne me permettrais pas ce jugement, d'autant que, il faut √™tre √©quanime par rapport aux √Čtats-Unis. Lorsque les Am√©ricains intervenaient partout, et souvent √† contretemps...

Q - On le leur reprochait.

R - Je pense à l'Irak. On le leur reprochait. Lorsqu'ils donnent le sentiment d'être un peu en arrière de la main, on leur reproche aussi. Et je dis cela en particulier à mon collègue John Kerry, en souriant, c'est le propre des critiques qui sont adressées à la première puissance mondiale.

Je d√©cris cela de la fa√ßon suivante : pendant des d√©cennies, apr√®s la guerre, nous avons eu un monde qui √©tait bipolaire : d'un c√īt√© les √Čtats-Unis et de l'autre l'URSS. Ce n'√©tait pas satisfaisant, mais disons que la plupart des crises √©taient r√©gl√©es par l'alliance objective entre ces deux pays. Cela a dur√© des d√©cennies.

Ensuite nous avons eu une p√©riode, au moment de la chute du Mur de Berlin, o√Ļ les √Čtats-Unis √©taient le seul ma√ģtre √† bord. C'est ce que j'appelle le monde, non pas bipolaire, mais unipolaire.

Et aujourd'hui nous sommes dans un monde ¬ęz√©ropolaire.¬Ľ C'est-√†-dire qu'il n'y a pas de puissance ou de groupe de puissances, compte tenu des difficult√©s de fonctionnement des Nations unies, qui puissent se mettre d'accord - on revient √† l'affaire isra√©lo-palestinienne - pour r√©gler tel ou tel conflit, d'o√Ļ les difficult√©s syriennes, d'o√Ļ les difficult√©s irakiennes. Avec, en plus, des nouveaux ph√©nom√®nes auxquels il va falloir non seulement r√©fl√©chir mais sur lesquels il va falloir agir.

Nous sommes habitu√©s, en diplomatie classique, √† traiter d'√Čtat √† √Čtat, ce qu'on appelle la diplomatie westphalienne. Mais EIIL, dont vous avez parl√©, ce n'est pas un √Čtat, Al-Qa√Įda ce n'est pas un √Čtat, le Hamas non plus et les fronti√®res qui traditionnellement √©taient la protection des uns et des autres, aujourd'hui sont dilu√©es. Le califat vise √† ce qu'il n'y ait plus de fronti√®re entre l'Irak et la Syrie. Il faut donc que nous adaptions notre action internationale - pas seulement nous la France, mais l'ensemble des puissances - √† cette r√©alit√© nouvelle qui est extr√™mement dangereuse. (...)./.

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8. R√©publique centrafricaine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Un mot sur la République centrafricaine ?

R - En R√©publique centrafricaine, notre objectif a √©t√© d'√©viter ce qu'on a appel√©, peut-√™tre trop rapidement, un g√©nocide. Je rappelle que la veille du jour o√Ļ nous sommes intervenus, 1.000 personnes ont √©t√© tu√©es dans le pays. Cette intervention a eu lieu √† la demande des Nations unies, de l'Union africaine et de la R√©publique centrafricaine. (...)./.

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9. Mali - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

Q - La France est-elle devenue le pays occidental le plus interventionniste militairement depuis que François Hollande est au pouvoir ?

R - La France accepte d'intervenir √† condition que les Nations unies et les pays en question nous le demandent. Cela a √©t√© le cas au Mali et en R√©publique centrafricaine. Elle accepte d'exposer les siens, c'est vrai. Une diplomatie sans objectifs de paix, cela n'a pas de sens. Mais vouloir obtenir la paix sans en avoir moyens, cela n'a pas beaucoup d'efficacit√©. S'agissant du Mali, tout le monde reconnait, √† commencer par l'ensemble des pays africains, que si la France - qui en avait les moyens - n'√©tait pas intervenue, les terroristes auraient pris le contr√īle du Mali. Cela n'a pas √©t√© le cas./.

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10. Union europ√©enne - Aide au d√©veloppement - Conseil des ministres (Paris, 16/07/2014)

Le ministre des affaires étrangères et du développement international a présenté un projet de loi autorisant l'approbation de l'accord relatif au financement de l'aide de l'Union européenne au titre du cadre financier pluriannuel pour la période 2014-2020 conformément à l'accord de partenariat ACP-UE et à l'affection des aides financières destinées aux pays et territoires d'outre-mer.

Cet accord institue le 11√®me Fonds europ√©en de d√©veloppement (FED) pour la p√©riode 2014-2020. Il s'agit du principal instrument financier de la coop√©ration de l'Union europ√©enne avec les pays d'Afrique, des Cara√Įbes et du Pacifique (ACP), ainsi qu'avec les pays et territoires d'outre-mer (PTOM).

Ce FED est doté de 30,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020 et reste ainsi quasiment stable par rapport à la période précédente (2008-2013). La France contribue à hauteur de 17,85% de la dotation globale./.

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11. Union europ√©enne - Situation de l'√©conomie - Conseil des ministres (Paris, 16/07/2014)

Le ministre des finances et des comptes publics et le ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique ont présenté une communication relative à la situation de l'économie.

Dans les principales √©conomies de la zone euro, la production industrielle a nettement fl√©chi en mai, notamment dans le secteur manufacturier. Si cette baisse est en partie technique et due au nombre important de ponts cette ann√©e, notamment en France, elle illustre √©galement une reprise encore fragile. La croissance du PIB de la zone euro au premier trimestre est ainsi rest√©e basse (0,2 %) et disparate selon les pays. Bien qu'enregistrant une l√©g√®re reprise de l'emploi au premier trimestre dans la zone euro, le taux de ch√īmage reste √©lev√© et les situations sur le march√© du travail h√©t√©rog√®nes.

En juin, l'inflation totale en zone euro demeure √† 0,5 %, son plus bas niveau depuis novembre 2009. Dans ce contexte, le soutien de la politique mon√©taire marqu√© par les d√©cisions de la BCE du 5 juin et confirm√©es le 3 juillet est bienvenu et coh√©rent avec les objectifs de la BCE, qui pourrait aller plus loin si les √©volutions de l'inflation s'av√©raient d√©favorables. Afin de soutenir la reprise, les politiques doivent √™tre diff√©renci√©es par √Čtat membre et l'Europe doit mener des politiques plus r√©solument en faveur de la croissance : les politiques en faveur de la comp√©titivit√© dans les √Čtats qui en ont besoin doivent s'accompagner d'initiatives permettant de dynamiser la demande dans l'ensemble de la zone euro, notamment en relan√ßant l'investissement au niveau europ√©en comme l'a propos√© le nouveau pr√©sident de la Commission Europ√©enne dans son discours du 15 juillet.

En France, l'indice de la production industrielle est en baisse en mai (-1,7 %) et l'inflation très modérée est en repli au mois de juin (+0,5% sur un an).

Les enquêtes de conjoncture du mois de juin auprès des chefs d'entreprises sont globalement stables, même si elles sont en léger recul sur les segments pénalisés par la faiblesse des carnets de commande. À l'inverse, l'indicateur de confiance des ménages, bien qu'éloigné de sa moyenne de long terme, se redresse légèrement au mois de juin notamment en raison de perspectives financières moins dégradées qu'auparavant.

Ce contexte de reprise encore fragile en zone euro et de ch√īmage √©lev√© justifie la priorit√©, port√©e au Conseil europ√©en, d'une initiative pour la croissance en Europe. Le Pacte de responsabilit√© et de solidarit√© r√©pond au besoin de restaurer d'une part la comp√©titivit√© en France, apr√®s 10 ans de d√©gradation de 2002 √† 2012, et d'autre part les marges des entreprises, √©rod√©es de 2007 √† 2013, leur permettre de soutenir durablement l'emploi, l'innovation et l'investissement, tandis que la pression fiscale sur les m√©nages commence √† √™tre all√©g√©e, d√®s 2014 pour les m√©nages √† revenus modestes./.

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12. Union europ√©enne - Adaptation au droit de l'Union Europ√©enne en mati√®re √©conomique et financi√®re - Conseil des ministres (Paris, 16/07/2014)

Le ministre des finances et des comptes publics a présenté un projet de loi portant diverses dispositions d'adaptation au droit de l'Union européenne en matière économique et financière.

Ce projet de loi s'inscrit dans un contexte d'activit√© l√©gislative europ√©enne tr√®s soutenue au cours des derniers mois, qui va entra√ģner de nouvelles convergences des √Čtats membres dans le domaine √©conomique et financier √† l'horizon 2015 et 2016. Le projet de loi transpose, ou habilite le gouvernement √† transposer par ordonnance, les r√®gles qui contribueront √† la consolidation du march√© int√©rieur et du syst√®me financier europ√©en.

Tel est notamment le cas en matière bancaire et financière :

- Le texte habilite le gouvernement √† transposer la directive 2014/59/UE du 15 mai 2014 √©tablissant un cadre pour le redressement et la r√©solution des √©tablissements de cr√©dit et des entreprises d'investissement. Cette directive tire les enseignements de la crise financi√®re et vise √† doter les √Čtats membres d'outils nouveaux et efficaces permettant de faire face √† la faillite d√©sordonn√©e des √©tablissements de cr√©dits.

- De m√™me, la directive 2014/49/UE du 16 avril 2014 relative aux syst√®mes de garantie des d√©p√īts qui permettra d'offrir une protection accrue et harmonis√©e ainsi qu'une indemnisation plus rapide des d√©posants.

- Enfin, le projet de loi habilite le gouvernement √† transposer par ordonnance la directive 2009/138/CE dite ¬ęSolvabilit√© 2¬Ľ, afin de permettre une entr√©e en vigueur au 1er janvier 2016 du nouveau r√©gime prudentiel applicable aux organismes d'assurances. Celui-ci doit conduire √† un renforcement significatif de la gestion des risques et de la transparence en ce domaine.

Le projet de loi permet également la transposition de textes européens relatifs aux obligations de transparence des entreprises :

- La transposition de la directive n¬į 2013/50/UE du 22 octobre 2013, dite ¬ętransparence¬Ľ, s'inscrit dans le cadre du ¬ęchoc de simplification¬Ľ, avec des mesures concr√®tes en faveur des entreprises, all√©geant certaines obligations d√©claratives et favorisant la prise en compte d'analyses de long terme de la performance √©conomique des soci√©t√©s.

- La directive 2013/34/UE du 26 juin 2013, dite ¬ęcomptable¬Ľ, transpos√©e par le projet de loi, introduit notamment une nouvelle obligation de transparence pour les industries du secteur extractif et forestier afin de permettre la publication des sommes qu'elles versent aux gouvernements des pays dans lesquels elles sont actives. Le pr√©sident de la R√©publique s'est engag√© avec les autres dirigeants europ√©ens du G8 √† transposer rapidement cette disposition de la directive europ√©enne, afin d'encourager un usage responsable des ressources naturelles dans les pays en d√©veloppement.

Enfin, plusieurs mesures du projet de loi intéressent directement les consommateurs et leur protection :

- Le projet de loi habilite ainsi le gouvernement à transposer par voie d'ordonnance la directive 2013/11/UE relative au règlement extrajudiciaire des litiges de consommation. Ce texte permettra de mettre en place des mécanismes de médiation d'un haut niveau de qualité évalués par une autorité indépendante. Les consommateurs pourront ainsi faire aisément valoir leurs droits, quel que soit le professionnel concerné.

- Le projet de loi habilite également le gouvernement à transposer la directive 2014/17/UE relative au crédit immobilier. L'information des clients ainsi que les pratiques des prêteurs et des intermédiaires de crédit seront normalisées. La directive introduit notamment une fiche d'information standardisée qui permettra au client de comparer facilement les différentes offres de prêts. Elle définit en outre un cadre européen pour l'activité d'intermédiaire de crédit./.

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13. Partenariat transatlantique - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Peut-√™tre un mot pour rester sur cette notion de diplomatie culturelle, sur le trait√© transatlantique. La n√©gociation avec les √Čtats-Unis fait quand m√™me pas mal r√Ęler en France en disant que nous sommes justement en train d'abdiquer une forme de souverainet√© culturelle.

R - Pr√©cis√©ment non puisqu'il a √©t√© d√©cid√© de laisser de c√īt√© tout ce champ-l√† pour qu'on respecte la diversit√© culturelle, ce qu'on appelle l'exception culturelle. Il est √©vident que si les n√©gociateurs voulaient revenir sur cette d√©cision, la France ne pourrait pas s'y associer.

Je pr√©cise l√†-dessus, sur ce qu'on appelle le trait√© transatlantique, que je n'ai pas a priori de position pour ou contre. Si on peut avoir un trait√© qui permet √† l'Europe et √† la France d'√™tre plus pr√©sentes aux √Čtats-Unis, pourquoi pas ? Mais √† condition que nos int√©r√™ts et nos pr√©rogatives soient respect√©s.

Je vous ai dit qu'il ne faut pas que soit mise en cause l'exception culturelle, de même il ne faut que soient mises en cause les normes auxquelles nous tenons en matière de nourriture, en matière d'agriculture.

Il faut aussi éventuellement que les juges des différends soient des juges publics et non pas des juges de tribunaux privés. C'est quelque chose que nous avons dit et qui doit être respecté. Il y a toute une série d'éléments et il faut aussi que nous y trouvions un intérêt.

Q - Quel intérêt pourrait y trouver la France justement, Laurent Fabius ?

R - Les marchés publics, c'est très important car cela permet de faire fonctionner les entreprises. Les marchés publics européens sont ouverts à 80 % aux Américains mais les marchés publics américains sont ouverts à 25 % aux Européens. Il faut le corriger et si on le corrige, cela va nous permettre de pénétrer davantage sur les marchés publics de toutes sortes. Là, la négociation n'est pas faite et on jugera donc sur pièce. Si la négociation est positive pour nous, on dira oui, mais si la négociation n'est pas satisfaisante, on dira non./.

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14. D√©r√®glements climatiques - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

Q - J'aimerais qu'on évoque avec vous un autre dossier important qu'est la conférence Paris Climat 2015. Cette conférence est importante puisque si elle aboutit, ce serait le tout premier accord mondial sur le climat, qui devrait déboucher sur un texte en mesure de limiter à deux degrés le réchauffement climatique d'ici 2100. On mesure l'importance du rendez-vous, pour autant les grandes conférences sur le climat se terminent souvent dans des impasses ou par des textes vidés de leur substance. Quelle est votre recette miracle pour éviter un rendez-vous manqué ?

R - Le travail ! La France va effectivement présider cette conférence à la fin de l'année prochaine et c'est une conférence absolument majeure. Vous avez très bien défini la question. Il y a non seulement un réchauffement climatique mais également un dérèglement bien visible.

Q - Vous êtes allé vous-même en Norvège, il n'y a pas longtemps, pour constater la fonte des glaciers.

R - Tous les phénomènes extrêmes, les chaleurs, les froids, les typhons, les tempêtes, sont beaucoup plus importants qu'avant. Chaque citoyen peut le constater.

En plus, il y a un réchauffement, qui se traduit par une augmentation du niveau des mers avec des recouvrements à terme de toute une série de pays. Les inondations ont aussi, par exemple des incidences très fortes sur l'agriculture, ce qui pose un problème pour nourrir, du coup, toute la population mondiale. Ce réchauffement a aussi une incidence sur l'air qu'on respire. C'est donc une affaire majeure. Pas seulement pour 2100, mais dès aujourd'hui.

Donc, il faut arriver à convaincre l'ensemble des pays du monde, qu'il faut à la fois un accord normatif et différencié, et en même temps que nous avons des solutions. L'originalité va donc être, à la fois d'avoir un accord juridique, et en même temps, de montrer qu'il y a des solutions. Il y a toute une série de villes qui ont fait déjà des choses extraordinaires, toute une série de branches professionnelles. Nous avons pour cela 500 jours, donc c'est 500 jours pour éviter la catastrophe. L'enjeu est colossal, c'est probablement l'une des discussions internationales les plus importantes de l'ensemble de ce siècle.

Q - Mais encore une fois, Laurent Fabius, comment éviter un texte ou un sommet qui serait vidé de sa substance, comme le sommet de Vienne par exemple ?

R - Avec plein de crochets.

Q - Avec des crochets, de Copenhague.

R - C'est le travail, c'est la diplomatie. On a des √©l√©ments positifs. Par exemple la Chine, qui dans le pass√© √©tait r√©ticente, se rend compte maintenant qu'il y a un √©norme probl√®me pour elle ; les √Čtats-Unis, en tout cas le pr√©sident Obama, est tr√®s favorable √† un accord ; l'Inde elle-m√™me, o√Ļ je me trouvais la semaine derni√®re, est en train d'√©voluer ; l'Europe avance. Il y a des pays qui sont r√©ticents, donc il va falloir les convaincre. C'est un travail √©norme, mais c'est celui qu'on a confi√©, notamment √† la France.

Q - Et pour autant le charbon reste le principal combustible fossile et sa consommation doit continuer à augmenter, au moins jusqu'en 2030.

R - C'est un énorme problème, parce que, quand on parle des gaz à effets de serre, le principal c'est le CO2, donc à l'origine le charbon, mais il n'y a pas que le CO2, il y a aussi le méthane et d'autres gaz, dont il faut arriver, à terme, à diminuer l'ampleur./.

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15. D√©r√®glements climatiques - Communiqu√© du minist√®re de l'√©cologie, du d√©veloppement durable et de l'√©nergie (Paris, 15/07/2014)

S√©gol√®ne Royal pr√©sente √† Berlin le nouveau mod√®le √©nerg√©tique fran√ßais avec la loi de transition √©nerg√©tique S√©gol√®ne Royal a particip√© √† Berlin, lundi 14 juillet, √† une r√©union minist√©rielle sur le changement climatique dite ¬ędialogue de Petersberg¬Ľ, convi√©e par la chanceli√®re allemande Angela Merkel et le pr√©sident p√©ruvien Ollanta Humala, dont le pays assurera la pr√©sidence de la conf√©rence climat de d√©cembre 2014.

Dans le cadre d'un partage des expériences nationales, Ségolène Royal a présenté le projet de loi de programmation pour un nouveau modèle énergétique français dont la construction prend appui sur les meilleures pratiques internationales et sur les expériences réussies des collectivités locales françaises. Ce projet de loi, l'un des plus avant-gardistes comme l'a récemment souligné le directeur de l'énergie de la Commission européenne, illustre que l'adaptation au changement climatique est non seulement une ardente obligation, mais aussi une chance pour mobiliser de nouveaux leviers de croissance verte et de création d'emplois non délocalisables. Les négociations climatiques doivent passer d'une logique de partage du fardeau à un dialogue sur les moyens concrets de mobiliser les citoyens, les entreprises et les territoires.

Angela Merkel a salué l'initiative française en matière de transition énergétique. Elle a assuré de tout son soutien pour la réunion Paris Climat 2015 et a annoncé qu'elle ferait de l'environnement une priorité du G7.

La r√©union a invit√© les √Čtats participants √† pr√©parer leurs contributions nationales √† l'accord de Paris pour le premier trimestre 2015, comme le fera l'Union europ√©enne. S√©gol√®ne Royal a soulign√© que la France serait, en tant que future pr√©sidente de la COP21, √† l'√©coute des pr√©occupations de l'ensemble des Parties. France et Allemagne ont √©galement confirm√© qu'elles contribueraient √† la hauteur de leurs responsabilit√©s au fonds vert, destin√© √† accompagner les efforts des pays en d√©veloppement.

Le président Humala a rappelé l'importance du succès de la conférence de Lima en décembre 2014, dans la perspective de celle de Paris. Ségolène Royal l'a assuré de l'entière mobilisation de la France pour que des résultats tangibles soient obtenus dès cette année./.

(Source : site Internet du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie)

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16. Journ√©es du r√©seau - Services √©conomiques, r√©seaux Ubifrance et AFII - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Paris, 16/07/2014)

Mesdames, Messieurs,

J'ai choisi de m'adresser √† vous √† l'occasion de ces journ√©es des r√©seaux, ouvertes cette ann√©e aux r√©seaux √† l'√©tranger de la Direction g√©n√©rale Tr√©sor, d'Ubifrance et de l'AFII. C'est une premi√®re, m√™me si, pour beaucoup d'entre vous, j'ai d√©j√† eu l'occasion de vous rencontrer, quelle que soit l'origine ou la mission qui est la v√ītre, chefs des services √©conomiques, personnels d'Ubifrance et de l'AFII, et d'autres, vous travaillez d'une mani√®re ou d'une autre, tous au sein et avec les ambassades. Vous faites partie int√©grante de notre action internationale.

Je ne vais pas revenir longuement sur la nouvelle organisation gouvernementale : c'est maintenant une donnée que vous connaissez. L'objectif qu'ont choisi le président de la République et le Premier ministre, c'est d'améliorer la cohérence et l'efficacité, notamment en évitant les doublons. Je compte sur votre concours pour mettre en oeuvre cette belle organisation.

La nouvelle r√©partition des comp√©tences s'accompagne d'un ¬ęcasting¬Ľ renouvel√©. Je salue le nouveau directeur g√©n√©ral du Tr√©sor, Bruno B√©zard, et la nouvelle pr√©sidente de l'AFII et directrice g√©n√©rale d'Ubifrance, Muriel P√©nicaud. Leur pr√©sence aux c√īt√©s du secr√©taire g√©n√©ral du Quai d'Orsay est une illustration directe de notre nouvelle organisation. Je sais que nous travaillerons efficacement ensemble : en t√©moigne la signature r√©cente d'une convention entre la Direction g√©n√©rale du Tr√©sor et le quai d'Orsay.

Cette organisation, nous l'avons conçue pour améliorer la force de frappe de notre diplomatie économique.

Vers quoi et comment ? C'est √† ces questions que je souhaite r√©pondre aujourd'hui, en vous d√©crivant la feuille de route qui sera d√©sormais la v√ītre.

 

1) Trois objectifs de diplomatie économique

Notre diplomatie économique a trois objectifs principaux.

Le premier, c'est le rééquilibrage de notre commerce extérieur. La diminution des parts de marché de la France dans le monde a abouti à un déficit commercial massif - 61 milliards d'euros en 2013. Un tel chiffre n'est pas tenable pour un grand pays comme la France. Or, ce chiffre, c'est le juge de paix de la compétitivité de notre économie.

On parle beaucoup du déficit des finances publiques et c'est un déficit préoccupant. Mais réduire le déficit des finances publiques et singulièrement le déficit budgétaire relève largement d'une décision du gouvernement même si ce n'est pas toujours simple à appliquer. La situation du commerce extérieur, c'est une autre affaire. Nous pouvons et devons contribuer à son rétablissement, mais en définitive, elle dépend largement des entreprises. L'action publique, votre action dans ce domaine, intervient en soutien des entreprises. Cela implique des mesures générales en faveur de la compétitivité, qui concernent l'ensemble de l'action du gouvernement, et des actions de soutien à l'exportation, qui relèvent plus directement de nous.

Si nous voulons améliorer la situation, et c'est indispensable rapidement, nous devons gagner des parts de marché à l'exportation. Nous devons redresser notre situation en Europe et chaque poste doit y contribuer.

L'autre jour, je recevais notre nouvel ambassadeur aux Pays-Bas qui me disait, après avoir étudié la situation, qu'il avait constaté que le premier poste de notre déficit avec les Pays-Bas était l'agro-alimentaire. Cela montre le chemin qui reste à parcourir en Europe.

L'année prochaine, 90 % de la croissance mondiale sera produite à l'extérieur de l'Europe, dont un tiers par la Chine. Nous devons saisir l'opportunité qu'offrent ces niveaux de croissance élevés enregistrés à l'étranger. La clé de notre succès dans la mondialisation réside dans notre capacité à capter cette croissance.

C'est pourquoi, dès ma prise de fonctions, j'ai demandé aux ambassadeurs et à l'ensemble de notre réseau diplomatique de placer la diplomatie économique en tête de leurs priorités. La diplomatie, mesdames et messieurs est, désormais, une diplomatie globale. Il n'y a pas, séparées par des compartiments étanches, l'action économique, l'action culturelle, l'action scientifique et la grande diplomatie.

Tout cela concourt à la diplomatie globale qui est la présence de la France à l'extérieur. Et ce qu'il faut faire, et l'organisation gouvernementale est là pour y contribuer, c'et décloisonner ces différents éléments. Il faut que chacun travaille avec l'autre avec un but commun. Un plus un dans ce domaine, comme d'en beaucoup d'autres, ne fait jamais deux mais parfois trois voire plus.

J'ai demandé aux ambassadeurs et à l'ensemble de notre réseau diplomatique de placer la diplomatie économique en tête des priorités.

Il s'agit de développer et de systématiser ce que beaucoup faisaient déjà, en veillant notamment à travailler davantage avec les PME et les ETI, soit directement en allant les chercher, soit en incitant leur portage, par les grands groupes. Nous devons mettre toute notre énergie au service des entreprises, qui sont les acteurs de l'exportation.

Sous l'égide de Fleur Pellerin, une stratégie est élaborée pour préciser les axes de notre action. La refonte de notre dispositif public sera accélérée et approfondie, j'y reviendrai, en vous parlant de la fusion Ubifrance-AFII, à compléter par le rapprochement avec la Sopexa. Les instruments que réclament les entreprises, notamment en matière de financement, ont déjà été améliorés mais il y a d'autres améliorations à faire.

La politique, centr√©e autour de ¬ęfamilles¬Ľ de biens et de services, sera poursuivie et √©largie, avec deux autres familles de produits, le tourisme, je vais y revenir, et la culture, En fait, ce que l'on appelle les industries culturelles et cr√©atives.

La liste des pays prioritaires fera l'objet d'une pr√©cision, mais cela ne signifie pas que les ambassades dans les pays qui ne figurent pas sur cette liste devront rel√Ęcher les efforts. Au contraire et priorit√© ne signifie √©videmment pas exclusivit√©.

Donc, notre premier objectif est de redresser le commerce extérieur.

Deuxième objectif, c'est l'attractivité, et plus précisément la promotion des investissements étrangers en France. Nous travaillons beaucoup et bien pour les investissements français à l'étranger et c'est très utile. Je ne suis pas de ceux qui, en application de ceux qui ont une vision simpliste de la délocalisation, opposerait ce qui se passe à l'étranger et ce qui se passe en France. Mais la priorité pour vous, Mesdames et Messieurs, c'est la promotion des investissements étrangers en France.

Tous les services des ambassades doivent contribuer à l'attractivité de notre pays. Cela passe notamment par une meilleure communication, en veillant à porter un message d'innovation, de dynamisme et d'ouverture.

La France est un pays en général apprécié. Mais des clichés, que nous connaissons bien, défavorables parfois très défavorables circulent aussi sur nous. Les classements internationaux et la presse internationale ne nous sont pas toujours favorables et ceux qui les lisent sont, pour la plupart, des étrangers. Nos atouts et nos talents sont parfois méconnus. Nous devons donc davantage et mieux communiquer, de façon ouverte, pédagogique et réactive. Les mesures prises par le gouvernement pour faciliter le travail des entrepreneurs et des exportateurs sont positives : il faut valoriser autour de nous ces éléments favorables.

Promouvoir les investissements √©trangers en France, c'est le m√©tier de l'AFII, qui a d√©velopp√© des dispositifs pour cela. Mais les ambassadeurs, d'une mani√®re personnelle, et les chefs de service √©conomique ont aussi un r√īle direct √† jouer. Pour cet effort de p√©dagogie que j'√©voquais √† l'instant, mais aussi plus sp√©cifiquement, pour identifier des investisseurs potentiels, que ce soient des personnes physiques ou des personnes morales, et les int√©resser √† notre pays. Il faut, Mesdames et Messieurs, et ce n'est pas simplement une image, c'est une r√©alit√©, aller les chercher par le bras et les accompagner par le bras. J'esp√®re moins de macro√©conomique et davantage de r√©sultats concrets.

Vous le savez, a été fixé un objectif de 1000 décisions d'investissements étrangers par an d'ici 2017, j'entends 1000 décisions significatives. Je compte sur vous pour y contribuer. C'est donc le deuxième objectif : des investissements étrangers chez nous.

Le troisi√®me objectif, c'est le tourisme. Ce secteur a √©t√© longtemps d√©laiss√© et d'ailleurs dans la langue fran√ßaise lorsque l'on dit de quelqu'un que c'est un touriste, g√©n√©ralement, ce n'est pas l'appr√©ciation la plus favorable. Or, ce secteur √©conomique est absolument strat√©gique pour notre pays. C'est une composante importante de notre balance des paiements courants : il g√©n√®re un exc√©dent de 12 milliards d'euros, soit l'un des soldes sectoriels les plus √©lev√©s. Il p√®se plus de 7 % de notre richesse nationale et repr√©sente deux millions d'emplois directs et indirects non d√©localisables. La restauration et l'h√ītellerie comptent √† elles seules pour 75 % de ces emplois. C'est aussi un facteur d'attractivit√© et de rayonnement. Premi√®re destination touristique au monde, la France a accueilli 83 millions de touristes √©trangers en 2012, majoritairement en provenance de l'Union europ√©enne, mais aussi 3 millions d'Am√©ricains, 2 millions d'Africains, pr√®s d'1,5 million de Chinois, beaucoup de Br√©siliens, etc. Ces touristes, lorsqu'ils retournent chez eux satisfaits de leur s√©jour en France, peuvent √™tre pour nous des ambassadeurs.

Mais avant de retourner chez eux, il y a les constats que l'on doit faire en France. Ces chiffres sont positifs mais m√™me si nous sommes la premi√®re destination touristique mondiale en flux, nous ne sommes pas la premi√®re destination en termes de recettes. Nous devons faire mieux. Les touristes restent moins longtemps chez nous que dans d'autres pays et y d√©pensent moins. Nous sommes seulement au troisi√®me rang en termes de recettes g√©n√©r√©es par le tourisme, apr√®s les √Čtats-Unis et l'Espagne.

Faire de la France la première puissance touristique mondiale est un objectif que nous pouvons atteindre. Pour y parvenir, nous avons décidé de nous doter d'une politique déterminée dont j'espère que certains, y compris parmi les parlementaires, ne s'efforceront pas de la contredire.

C'est le sens des d√©cisions que j'ai annonc√©es au nom du gouvernement en cl√īturant les Assises du tourisme le 19 juin dernier. Proposer une offre de qualit√© et diversifi√©e ; il n'y a pas qu'√† Paris que l'on peut se rendre. Am√©liorer la cha√ģne de l'accueil : il y a des marges de progression notamment √† Roissy Charles de Gaulle ou √† la gare du Nord, pour ne prendre que ces deux exemples. Il faut faciliter la d√©livrance des visas et porter grande attention au num√©rique car d√©sormais les d√©cisions se prennent par le num√©rique. Il faut renforcer la formation des professionnels et rendre les vacances accessibles √† un plus grand nombre.

Les touristes étrangers, Mesdames et Messieurs, là aussi il faut aller les chercher.

C'est la raison pour laquelle j'ai demand√© √† tous les ambassadeurs d'√©tablir un plan pour le d√©veloppement du tourisme vers la France depuis leur pays de r√©sidence. Ces plans doivent identifier les freins au tourisme dans chaque pays consid√©r√©, et surtout les moyens offensifs pour encourager le tourisme. Dans leurs premi√®res r√©ponses, auxquelles je sais que beaucoup d'entre vous ont contribu√©, nos ambassadeurs ont soulev√© plusieurs points noirs ou gris, dont certains relatifs √† la mani√®re dont ces touristes vivent leur s√©jour en France. Ces points doivent √™tre trait√©s rapidement dans le cadre des mesures annonc√©es √† la fin des Assises du tourisme. Ceci est une √©vidence : aller chercher les touristes l√† o√Ļ ils sont, les faire venir plus nombreux et les accueillir en France, cela c'est √† notre port√©e. Donc, il faut traiter rapidement ce point.

En mati√®re de promotion du tourisme fran√ßais, nous poss√©dons le r√©seau d'Atout France, il est bien mais il n'est pas implant√© partout. Promouvoir le tourisme n'est pas une activit√© isol√©e : elle doit s'articuler avec les autres dimensions de notre action ext√©rieure - d√©sormais plus de ¬ęSaisons crois√©es¬Ľ s'il n'y a pas en m√™me temps une action pour d√©velopper le tourisme des pays concern√©s, du pays concern√© vers le n√ītre -, la promotion de la culture, celle des exportations car les touristes ach√®tent des produits qu'ils exportent en les emportant avec eux, et plus g√©n√©ralement l'attractivit√©. Il est donc coh√©rent que chacune et chacun d'entre vous, quelle que soit sa sp√©cialit√©, contribue √† l'action collective sur cette dimension importante de la diplomatie √©conomique : je vous le demande.

Exportations, attractivit√©, tourisme : voici trois priorit√©s que je nous fixe. Pour leur mise en oeuvre, les chefs de service √©conomique des ambassades ont un r√īle clef √† jouer aux c√īt√©s des ambassadeurs, qui sont nos chefs d'√©quipe √† l'√©tranger. Atout France et les bureaux Ubifrance et Afii fusionn√©s, en sont les op√©rateurs.

2) La diplomatie √©conomique s'inscrit dans la ¬ędiplomatie globale¬Ľ

Si l'on veut qu'elle soit performante, l'action ext√©rieure d'un grand pays comme le n√ītre ne peut pas √™tre la juxtaposition de diplomaties sectorielles et souvent parall√®les. Il existe une seule politique ext√©rieure : c'est ce que j'appelle la ¬ędiplomatie globale¬Ľ, qui regroupe, en les articulant, toutes les dimensions de la diplomatie. C'est le sens de la constitution du minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international. Sont d√©sormais rassembl√©s pour √™tre mises en coh√©rence la diplomatie ¬ęstrat√©gique¬Ľ, la diplomatie √©conomique, la diplomatie culturelle, le d√©veloppement, etc. Toutes ces composantes ne doivent servir qu'un seul objectif : contribuer au rayonnement, √† l'influence et √† la prosp√©rit√© de notre pays.

La diplomatie économique, dans les trois volets que j'ai évoqués, fait partie de cette diplomatie globale, qui associe politique, économie et culture. Pour la mettre en oeuvre, la condition, comme vous le faites déjà souvent, c'est de décloisonner les approches, à Paris et dans les postes à l'étranger.

C'est le sens, notamment, des instructions que j'ai donn√©es en mati√®re de d√©livrance de visas, afin que notre politique concr√®te en la mati√®re appuie nos int√©r√™ts √©conomiques. Nos int√©r√™ts √©conomiques sont √©galement servis par la diplomatie culturelle. Il appartient aux ambassadeurs d'y veiller, mais je vous encourage √† faire vous-m√™mes des propositions en ce sens. Autre exemple √† mentionner, mais il y en a bien d'autres : celui de l'aide publique au d√©veloppement. L'AFD a pour mission le soutien au d√©veloppement des pays o√Ļ elle se d√©ploie, mais rien n'interdit - au contraire - que, ce faisant, elle prenne en consid√©ration les int√©r√™ts √©conomiques de notre pays et de ses entreprises. L√† aussi, vous avez un r√īle √† jouer, aux c√īt√©s de l'ambassadeur, pour que ces int√©r√™ts soient pleinement pris en compte, notamment au stade du lancement des projets. Je sais que c'est la conception que se font beaucoup d'entre vous. Je fais le maximum pour qu'elle soit partag√©e par les responsables de l'AFD. Et, en g√©n√©ral, quand je propose une direction, je veille √† ce qu'elle soit respect√©e.

Bref, je souhaite que l'impératif économique soit renforcé puissamment et rapidement. La nouvelle organisation des compétences, en vous plaçant au coeur de notre appareil diplomatique, vous en donne les moyens. Elle vous permettra - j'en suis convaincu - de travailler mieux.

3) Quelle feuille de route et quelle organisation pour la mettre en oeuvre ?

Bien s√Ľr, la feuille de route pour l'ann√©e √† venir n'est pas identique pour chacun d'entre vous, puisque vous n'exercez pas tous les m√™mes missions. Elle comporte, en tout √©tat de cause et quelle que soit votre fonction, la mise en oeuvre des trois objectifs que j'ai mentionn√©s au d√©but de mon propos : exportations, attractivit√©, promotion du tourisme. Chacun doit y contribuer, √† sa mesure et dans son champ de comp√©tence, dans le cadre de notre nouvelle organisation.

Concr√®tement, la politique et la strat√©gie de la France en mati√®re de commerce ext√©rieur, d'attractivit√© et de promotion du tourisme est et sera d√©finie par le ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international et par la secr√©taire d'√Čtat charg√©e du commerce ext√©rieur, de la promotion du tourisme et des Fran√ßais √† l'√©tranger.

Les services économiques à l'étranger continuent de dépendre administrativement de la Direction générale du Trésor, ils sont placés sous l'autorité conjointe du ministre des finances, du ministre de l'économie, et du ministre des affaires étrangères et du développement international.

Je souligne √©galement le chantier important de la fusion de l'AFII et d'Ubifrance en un op√©rateur unique, pour lequel je fais pleinement confiance √† Muriel P√©nicaud. En tant que tuteur de ce nouvel op√©rateur, nous suivrons avec attention ce chantier, qui ne doit pas ralentir l'action de la nouvelle structure. Il faudra √©galement veiller √† une plus grande synergie avec les autres op√©rateurs ; je pense √† la SOPEXA mais aussi aux chambres de commerce √† l'international, √† la BPI et aux r√©gions. Sans oublier le r√īle important des conseillers du commerce ext√©rieur, avec √† leur t√™te un nouveau pr√©sident.

Cette nouvelle organisation doit permettre davantage de cohésion et une plus grande fluidité de l'information entre services économiques, ambassades et directions du quai d'Orsay. À cette fin, les conseils économiques instaurés dans une centaine d'ambassades devront se réunir régulièrement. Ils constituent un lieu d'échanges et de travail, permettant d'associer les principaux acteurs à la définition de la stratégie économique du poste concerné et à sa mise en oeuvre.

J'attends également de cette organisation une bonne cohésion entre votre action et celle des quelques représentants spéciaux que j'ai nommés pour approfondir les relations économiques avec des pays aux marchés particulièrement prometteurs. Et avec les fédérateurs des familles prioritaires de l'export, dont Mme Fleur Pellerin vous a parlé ce matin.

Votre compétence et votre expertise sur ces sujets - qu'il s'agisse de l'attractivité, du tourisme, du commerce extérieur ou des sujets macro-économiques -, sont reconnues. Je compte m'appuyer sur elles, donc sur vous.

* *

Mesdames et Messieurs, je vous ai demandé de travailler de façon étroite avec la totalité des autres acteurs du réseau. Dans votre métier vous savez vous adapter. Je vous fais donc pleine confiance pour le faire dans cette nouvelle configuration. C'est sur ce mot de confiance que je veux terminer ce propos. Je connais et j'apprécie votre professionnalisme et votre dévouement. Vous avez ma pleine confiance pour mettre en oeuvre cette feuille de route. Je pense qu'elle est assez claire. La feuille de route est tracée, le reste c'est sur vous que cela repose et je vous fais totale confiance./.

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17. Journ√©es du r√©seau - Services de coop√©ration et d'action culturelle - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international (Paris, 16/07/2014)

Madame la Secr√©taire d'√Čtat,

Madame la Présidente,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Conseillers et les Attachés,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis heureux d'ouvrir l'√©dition 2014 des Journ√©es du r√©seau. Depuis notre derni√®re r√©union, le nom du minist√®re des affaires √©trang√®res a √©t√© un peu rallong√©. La facilit√© d'√©nonciation y a perdu mais l'efficacit√© de l'action y a, je l'esp√®re, gagn√©. Ce nom refl√®te l'√©largissement des comp√©tences de notre maison vers le commerce ext√©rieur et la promotion du tourisme. Il traduit l'orientation que le pr√©sident de la R√©publique, le Premier ministre et moi-m√™me souhaitons donner √† notre action ext√©rieure, que je r√©sume par le terme de ¬ędiplomatie globale¬Ľ.

Je veux dire par là que les différentes composantes de notre diplomatie ne sont pas des domaines séparés qui pourraient répondre à des logiques cloisonnées et indépendantes. Toutes doivent concourir aux mêmes objectifs : promouvoir nos principes et nos intérêts, étendre notre influence, projeter une image positive de notre pays. Elles se complètent et se renforcent.

Cette configuration nouvelle place le réseau de coopération et d'action culturelle au centre de notre stratégie. C'est le message que je souhaite vous adresser aujourd'hui.

La culture, l'éducation, la coopération universitaire et scientifique, la francophonie sont au coeur de cette stratégie globale car elles constituent quelques-uns de nos atouts les plus précieux et les plus reconnus. Les autres aspects de notre diplomatie - diplomatie stratégique, diplomatie économique - doivent s'appuyer sur notre rayonnement culturel, intellectuel, scientifique et linguistique. Vous êtes par vos fonctions, un élément central de notre action extérieure.

Un exemple tiré de l'actualité : vous avez peut-être entendu parler des deux expositions de chefs-d'oeuvre de la peinture française organisées à Pékin et Shanghai. Elles ont rencontré un vrai succès avec plus d'un demi-million de visiteurs. L'affluence a été telle qu'il a fallu rallonger les périodes d'ouverture. Ce qui m'intéresse ce sont les retombées positives pour la France. Oui, la culture doit irriguer toute notre action extérieure.

C'est dans cet esprit qu'ont été conçues ces journées du réseau. Elles mettent en avant quelques grands défis que notre diplomatie a à relever et auxquels toutes les composantes de notre diplomatie ont à contribuer. Il s'agit en particulier de la préparation de la Conférence Paris Climat 2015, du développement - Mme Girardin y reviendra -, de notre attractivité et de notre compétitivité. L'innovation a été choisie comme dénominateur commun. Il s'agit à la fois pour nous d'être des innovateurs dans nos actions et de faire la promotion de l'innovation française. J'y reviendrai.

* *

Pour remplir ces missions, une condition essentielle, que beaucoup d'entre vous mettent déjà en oeuvre, c'est de travailler de manière décloisonnée.

Cela vaut, par exemple, pour la pr√©paration de Paris Climat 2015. Elle concerne au premier chef l'√©quipe charg√©e de la pr√©parer, d√©sormais conduite √† mes c√īt√©s par l'ambassadeur Laurence Tubiana. Elle vous concerne aussi, car la lutte contre les d√©r√®glements climatiques appelle une v√©ritable transformation intellectuelle √† laquelle notre action culturelle doit concourir. Il s'agit de bien comprendre que passer √† une √©conomie d√©carbon√©e repr√©sente une chance pour le d√©veloppement et l'emploi et non un poids n√©gatif contre la croissance. Alors que l'accord esp√©r√© sera conclu par consensus, le pays organisateur - la France - doit jouer un r√īle de facilitateur. Il s'agit en particulier de mobiliser la soci√©t√© civile et les acteurs locaux pour susciter une dynamique mondiale ¬ępar le bas¬Ľ. Vous avez un r√īle important √† jouer par vos contacts et votre pr√©sence √† travers le monde. Je compte sur vous pour agir en ce sens.

Dans le m√™me esprit, nous soutenons une red√©finition ambitieuse des objectifs du d√©veloppement apr√®s 2015, qui fusionnent les questions de d√©veloppement et les questions d'environnement et de climat. Les compl√©mentarit√©s entre culture et d√©veloppement ne sont plus √† d√©montrer. Surtout √† un moment o√Ļ notre action en faveur du d√©veloppement doit s'adapter aux bouleversements du monde. Nos relations avec les pays √©mergents comme avec les pays moins avanc√©s doivent √™tre partenariales, d'√©gal √† √©gal. Alors que nos moyens budg√©taires sont limit√©s, nous devons faire preuve d'innovation en mati√®re de financement afin de pr√©server notre rang parmi les grands pays donateurs. C'est essentiel pour agir dans les domaines prioritaires que nous nous sommes fix√©s : la coop√©ration en mati√®re de sant√©, la s√©curit√© alimentaire, notre action en faveur de la jeunesse francophone. La secr√©taire d'√Čtat, Annick Girardin, d√©veloppera ces importants sujets tout √† l'heure, au terme de vos discussions de ce matin.

En mati√®re d'attractivit√© et de comp√©titivit√©, j'ai √©voqu√© l'impact de la culture. Elle contribue √† une image positive de la France et constitue un atout √©conomique puissant pour nos entreprises et notre territoire. √Ä condition de veiller, comme vous le faites, √† ce que cette image soit celle d'un pays d'innovation, d'inventivit√© et de cr√©ativit√© - d'o√Ļ le fil directeur de ces journ√©es. La compl√©mentarit√© entre culture et √©conomie vaut particuli√®rement dans certains domaines.

Je pense d'abord au tourisme, nouvelle comp√©tence de notre maison. Notre action culturelle suscite et doit susciter encore davantage une ¬ęenvie de France¬Ľ, pour amplifier notre attractivit√© touristique. Le tourisme repr√©sente 2 millions d'emplois et 7 % de notre PIB et nous devons tout faire pour d√©velopper ce secteur. Les grandes expositions √† l'√©tranger doivent √™tre des moments de d√©couverte et de promotion de notre patrimoine, de notre savoir-faire, de notre art de vivre. Lors des assises du tourisme de juin 2014, j'ai annonc√© diverses mesures pour d√©velopper et diversifier l'offre touristique fran√ßaise et pour am√©liorer l'accueil des touristes en France. Plusieurs d'entre elles vous concernent directement : je pense notamment aux ann√©es crois√©es d√©velopp√©es avec succ√®s sur le plan culturel, et qui comporteront d√©sormais un volet tourisme. Je pense aussi au Passeport Talent, qui sera mis en place √† l'automne 2014 dans le cadre de la loi immigration. Je vous demande d'√™tre particuli√®rement attentifs √† la mise en oeuvre de ces dossiers prioritaires.

Autre domaine : il n'est pas envisageable de promouvoir notre culture sans appuyer le d√©veloppement international de nos industries culturelles et cr√©atives. C'est un secteur tr√®s important en valeur - il repr√©sente l'√©quivalent des t√©l√©communications, de l'agriculture et du b√Ętiment r√©unis. Gr√Ęce √† ses talents et √† sa cr√©ativit√©, la France est comp√©titive, comme le montre notre solde ext√©rieur positif dans ce domaine. Mais nous pouvons et devons faire encore mieux. Il vous revient d'appuyer nos entreprises, notamment nos ¬ęstart up¬Ľ qui associent inventivit√© artistique et innovation technologique, et les organismes professionnels de soutien √† l'exportation afin de conqu√©rir de nouveaux march√©s, d'atteindre de nouveaux publics, de faire progresser ensemble notre rayonnement, notre culture et notre √©conomie.

L'attractivit√© globale de notre pays s'appuie sur l'attractivit√© envers les jeunes et les √©tudiants. D'o√Ļ l'importance que j'accorde √† notre coop√©ration universitaire. Le nombre d'√©tudiants dans le monde qui poursuivent leurs √©tudes √† l'√©tranger va doubler dans les 5 prochaines ann√©es pour passer de 3 √† 6 millions. Capter une part significative de ces nouveaux flux repr√©sente un enjeu majeur pour notre enseignement sup√©rieur et notre recherche et l'image de la France. La France, 3√®me destination des √©tudiants internationaux, avec 290.000 √©tudiants accueillis, dispose d'atouts, la qualit√© de notre enseignement, notre excellence scientifique, la richesse de notre offre de formation. Sur ce dernier point, je souhaite en particulier appeler votre attention sur l'expertise fran√ßaise en mati√®re de formation professionnelle et, dans ce domaine, sur le r√īle du CIEP. Mais dans un contexte de concurrence exacerb√©e, il faut √™tre offensif. C'est ce que j'attends de vous, de nos ambassades et de notre op√©rateur, Campus France. C'est une pr√©occupation partag√©e avec Beno√ģt Hamon, ministre de l'√©ducation nationale, de l'enseignement sup√©rieur et de la recherche. Notre action doit se porter particuli√®rement en Asie et en Am√©rique latine. Nous devons √©galement faire √©voluer le dispositif des Instituts fran√ßais de recherche √† l'√©tranger et renforcer ces liens avec le syst√®me universitaire fran√ßais.

Nous devons tirer le meilleur profit de l'explosion du num√©rique. Elle transforme les modes de distribution des oeuvres de l'esprit, de diffusion de la pens√©e, de cr√©ation, de production de la culture. Toute l'√©conomie de la culture conna√ģt un profond bouleversement. Notre politique d'influence doit √™tre en phase avec ce monde interconnect√©. √Ä l'automne, Campus France va lancer un projet que j'ai souhait√© et pour lequel je compte sur la mobilisation de tous : une plateforme num√©rique √† destination des anciens √©tudiants √©trangers en France, les alumni. Ce r√©seau social permettra de cr√©er ou de d√©velopper les r√©seaux d'anciens dipl√īm√©s autour des ambassades et de disposer d'un outil d'influence utile aux universit√©s, aux entreprises et √† vous-m√™mes.

Je veux aussi mentionner le domaine du sport. Rassurez-vous : je ne vous demande pas de devenir des coachs sportifs ni d'aménager des salles de sport dans vos instituts. J'ai souhaité créer et développer notre diplomatie sportive qui constitue un enjeu économique et linguistique. Promouvoir la place du français comme langue du sport et notamment comme langue olympique est décisif pour l'avenir de la francophonie. Jean Lévy, ici aussi, notre ambassadeur pour le sport, agira dans ce sens avec l'aide de nos postes et je compte sur votre soutien.

La mise en oeuvre de ces orientations exige une organisation adapt√©e. J'ai demand√© √† nos postes dans les pays avec qui nos √©changes commerciaux d√©passent 50 millions d'euros de disposer de plans d'action √©conomique interminist√©riels. Ceux-ci doivent notamment expliciter les compl√©mentarit√©s entre diplomaties √©conomique, culturelle et scientifique. En France, notre organisation conna√ģt des √©volutions afin de nous rendre plus efficaces : tutelle d√©sormais rationalis√©e pour la diplomatie √©conomique et le commerce ext√©rieur, fusion de l'AFII et d'Ubifrance, mise en place d'une strat√©gie √©conomique √† l'AFD, r√©forme de notre expertise d√®s 2015. Tout cela am√©liorera l'efficacit√© en simplifiant les structures.

* *

Je l'ai dit en commençant : ce décloisonnement ne signifie nullement la dilution de notre diplomatie culturelle. Il s'agit de la placer au coeur de notre action, de la renforcer, de la démultiplier.

La diplomatie culturelle est une marque de fabrique de notre action ext√©rieure. Notre drapeau flotte √† travers le monde sur des b√Ętiments √† vocation culturelle, √©ducative et scientifique : instituts culturels, √Čcoles fran√ßaises, instituts de recherche, √©coles et lyc√©es fran√ßais, mouvement des ¬ęAlliances fran√ßaises¬Ľ, etc. Alors que de nombreux pays investissent ce domaine, nous sommes aujourd'hui fr√©quemment copi√©s. Sur les cinq continents on observe, analyse et parfois on imite notre diplomatie culturelle.

Depuis plus de deux ans, j'ai pu mesurer, notamment lors de mes d√©placements, la qualit√© de votre travail, la diversit√© de vos actions et le dynamisme du r√©seau. Je pense, par exemple, au Festival ¬ęFrench May¬Ľ organis√© chaque ann√©e √† Hong-Kong, auquel j'ai eu le plaisir de participer l'an pass√©. R√©cemment, j'ai constat√© en Inde l'accompagnement exemplaire des √©tudiants √©trangers √† travers les ¬ęs√©minaires de pr√©paration au d√©part¬Ľ. Il me revient par les professionnels, nos artistes et nos op√©rateurs, des t√©moignages nombreux sur la reconnaissance et l'estime de l'action du r√©seau.

Je pense notamment aux ¬ęsaisons¬Ľ que nous lan√ßons avec un certain nombre de nos partenaires, qui sont particuli√®rement appr√©ci√©es. En t√©moigne le calendrier des prochaines ann√©es d√©j√† tr√®s dense : Chine et Vietnam cette ann√©e, Croatie, Cor√©e, Isra√ęl, Abou Dabi, Indon√©sie, Colombie, Qatar demain. Ces rendez-vous font conna√ģtre la cr√©ation fran√ßaise, nos artistes, musiciens, plasticiens, danseurs, chor√©graphes, architectes, et r√©ciproquement quand elles sont ¬ęcrois√©es¬Ľ. Notre sp√©cificit√© - j'y insiste - consiste √† ne pas s√©parer la promotion de la culture fran√ßaise et le soutien aux artistes et aux oeuvres des pays du Sud. Traduction concr√®te de cet engagement : plusieurs r√©alisateurs et films soutenus par le Fonds ou la Fabrique des cin√©mas du monde ont √©t√© prim√©s lors du dernier festival de Cannes, dont la Palme d'or ¬ęWinter sleep¬Ľ de Nuri Bilge.

Je salue √©galement la mobilisation du r√©seau scientifique au service des entreprises fran√ßaises innovantes. Vous les aidez √† renforcer leurs activit√©s de recherche et de d√©veloppement gr√Ęce √† des partenariats internationaux. Quelques actions exemplaires viennent √† l'esprit : la cr√©ation de clubs R&D par nos ambassades en Chine et en Inde, l'organisation en juin 2013 √† Mexico du Forum franco-mexicain pour la recherche et l'innovation, le succ√®s de l'Institut franco-sud-africain de technologie ou encore l'√©largissement du programme ¬ęNETVA¬Ľ de soutien √† l'innovation √† l'ensemble de l'Am√©rique du Nord.

Avec le président de la République et le gouvernement, nous attachons une grande importance à ces actions. Le développement de notre réseau culturel, éducatif et scientifique constitue pour nous une priorité. Ainsi, dans le prochain budget triennal (2015-2017), et dans un contexte de baisse globale, les moyens dédiés au réseau culturel seront, dans la mesure du possible, préservés.

Je me r√©jouis de la r√©ouverture de la Villa Kujoyama √† Kyoto, h√©ritage de Paul Claudel, qui va pouvoir √† nouveau accueillir chaque ann√©e une dizaine d'artistes en r√©sidence, gr√Ęce au soutien de m√©c√®nes et de l'Institut fran√ßais. Je profite de l'occasion pour remercier chaleureusement le pr√©sident Darcos pour son action remarquable √† la t√™te de l'Institut fran√ßais depuis quatre ans et saluer l'arriv√©e de la nouvelle directrice g√©n√©rale, Anne Tallineau. Et je salue J√©r√īme Cl√©ment, qui vient d'√™tre √©lu pr√©sident de la Fondation Alliance Fran√ßaise. Il mettra sa grande exp√©rience de la culture au service de notre rayonnement.

Ces projets, vos projets, nous devons mieux les faire conna√ģtre, y compris au sein m√™me de notre r√©seau. C'est l'objet de la mutualisation des bonnes pratiques conduite par le D√©partement avec la contribution de nos ambassades. Nous devons aussi davantage les valoriser aupr√®s des milieux culturels et du grand public : c'est pourquoi nous avons nou√© cette ann√©e un partenariat avec France Culture. Je remercie son directeur, Olivier Poivre d'Arvor, de couvrir ces Journ√©es du r√©seau. Et Yves Bigot, directeur g√©n√©ral de TV5MONDE, ainsi que Marie-Christine Saragosse, pr√©sidente de France M√©dias Monde pour leur collaboration, notamment pour l'organisation de la soir√©e au Palais de Tokyo.

Le d√©veloppement des ressources propres et des cofinancements constitue un indicateur de la vitalit√© de notre diplomatie culturelle. Vous avez obtenu l'ann√©e derni√®re des r√©sultats qui m√©ritent d'√™tre salu√©s : en 2013, le r√©seau culturel a mobilis√© plus de 300 Meuro de financements extrabudg√©taires. Afin de profiter au maximum de ces cofinancements, j'ai demand√© d'apporter un soutien particulier √† nos implantations les plus performantes en la mati√®re. Cela d√©pend bien-s√Ľr des pays, mais un euro d'argent public d√©pens√© est plus efficace l√† o√Ļ l'effet de levier en termes de cofinancement est le plus √©lev√©.

Il faut également utiliser pleinement les instruments à votre disposition pour développer les financements externes avec nos opérateurs à Paris (Institut français, Campus France). Hier, vous ont été présentés les activités de Campus France et des exemples de mise en oeuvre de programmes de bourses financés par des tiers.

Le renforcement de notre diplomatie culturelle passe par une adaptation de notre dispositif à la nouvelle géographie du monde. Comme vous le savez, je suis attaché au principe d'universalité de notre réseau. Mais, sans jouer les cuistres, cette universalité ne signifie ni uniformité ni exhaustivité. Une révision de la carte du réseau culturel et de coopération a été engagée parallèlement au travail de cartographie diplomatique. Elle repose sur la nécessité d'un redéploiement vers nos priorités géographiques (pays émergents, Sahel, pays en crise), priorités sectorielles (climat et diplomatie économique notamment), et sur une articulation renforcée avec les autres structures contribuant à la présence française (consulats, Alliances françaises, établissements scolaires, représentation des opérateurs).

La mise en oeuvre de cette diplomatie culturelle exige une bonne articulation avec l'ensemble des op√©rateurs du rayonnement culturel, notamment l'AEFE, l'Institut fran√ßais, Campus France, Canal France International et les grands acteurs compl√©mentaires de la diffusion culturelle tels que les Alliances fran√ßaises. Ces relations seront facilit√©es par la clarification du r√īle de chacun. Comme vous le savez, une rationalisation de nos op√©rateurs publics d'expertise est en cours avec la cr√©ation de l'Agence fran√ßaise d'expertise technique internationale. Vous aurez dans ce domaine d√®s 2015 un interlocuteur unique pour monter vos projets.

* *

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

La France poss√®de des atouts remarquables. J'ai confiance dans notre capacit√© √† nous d√©velopper et √† progresser. Notre culture, notre langue, notre recherche, notre enseignement sup√©rieur constituent quelques-uns de ces atouts, tout comme notre r√©seau √† l'√©tranger. C'est pourquoi, quel que soit le champ sp√©cifique dans lequel vous vous d√©ployez, votre action constitue une priorit√© dans le cadre de cette ¬ędiplomatie globale¬Ľ dont j'ai essay√© de dessiner quelques contours.

Je compte sur vous pour mettre en oeuvre ces orientations. Je me réjouis de vous retrouver à l'occasion de mes déplacements et de pouvoir constater les actions que vous menez en ce sens. Mon travail est d'assurer l'anticipation et la coordination de tout cela et je vous fais pleine confiance. Merci et bon travail./.

 

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18. Journ√©es du r√©seau - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - C'est aujourd'hui l'ouverture pour trois jours √† Paris des Journ√©es du r√©seau d'action et de coop√©ration culturelle. Ces journ√©es r√©unissent chaque ann√©e les diff√©rents op√©rateurs de la politique de coop√©ration de la France. Je rappelle que le r√©seau diplomatique fran√ßais est le troisi√®me au monde en ordre d'importance derri√®re les √Čtats-Unis et la Chine et le premier r√©seau culturel mondial. Laurent Fabius, quel est le message de diplomatie culturelle que vous allez porter pendant ces Journ√©es, vous que l'on sait d'habitude plut√īt pr√©occup√© par la diplomatie √©conomique ?

R - Le message est précisément de dire au réseau culturel qu'il est fondamental. Vous avez rappelé la réalité : nous avons le premier réseau culturel au monde. C'est une force extraordinaire pour l'influence et le rayonnement de la France. Mon message sera que je n'oppose pas la diplomatie économique et la diplomatie culturelle, ce sont deux facettes du rayonnement français.

Comme il se trouve que j'ai désormais sous ma tutelle à la fois le réseau culturel et le réseau économique, nous allons les faire interagir de plus en plus.

Quand on pense √† l'influence de la France √† l'√©tranger, c'est quoi ? C'est bien s√Ľr l'apprentissage de la langue, c'est notre culture, ce sont nos valeurs, mais c'est aussi notre rayonnement scientifique et notre rayonnement √©conomique.

Je crois que de plus en plus, on va travailler en termes d'action extérieure de la France et pas de politique étrangère. Nous avons une palette et il faut jouer sur toutes les touches et toutes les couleurs de la palette. C'est cela que je vais dire à l'ensemble des collaborateurs du réseau qui sont là et qui sont des gens de grande qualité. Je pense que c'est une des forces de la France. La France n'est pas le plus grand pays du monde mais nous avons le plus grand réseau culturel et il faut donc le maintenir.

Q - Le plus grand r√©seau culturel certes, mais pour autant un certain nombre d'instituts culturels ont √©t√© ferm√©s ces derni√®res ann√©es. Par ailleurs, la Cour des comptes a dress√© un bilan assez critique de l'√©volution du r√©seau diplomatique depuis 2007 : r√©duction de 5 % des effectifs du Quai d'Orsay mais augmentation du co√Ľt du r√©seau de 20 %.

R - Il faut bien s√Ľr tenir compte des observations de la Cour des comptes. Il y a beaucoup de choses dans ses rapports qui sont tout √† fait justes. Nous devons garder une pr√©sence culturelle extr√™mement forte pour les raisons que je vous ai dites. En m√™me temps, nos moyens financiers ne sont pas infinis. On conna√ģt la situation budg√©taire de la France et d'ailleurs de la plupart des pays.

Il faut donc faire en sorte √† la fois de garder notre pr√©sence culturelle et m√™me de la renforcer, et en m√™me temps de ne pas augmenter nos co√Ľts. En m√™me temps, la troisi√®me n√©cessit√© est de r√©orienter g√©ographiquement notre pr√©sence. Celle-ci reposait sur une vision du monde qui √©tait un peu celle des ann√©es soixante mais maintenant, nous sommes en 2014 et il faut pr√©parer les ann√©es qui viennent.

Q - Concrètement, quelle est cette réorientation géographique ?

R - Concrètement, il faut que nous soyons davantage présents à la fois en Afrique, en Amérique du Sud et dans les pays d'Asie.

Q - Ce qui signifie la fermeture dans quels pays ?

R - Cela ne signifie pas n√©cessairement des fermetures mais parfois des r√©orientations. Et cela signifie aussi l'appel √† des financements priv√©s. Je pense qu'il n'est pas iconoclaste de le dire. √Čvidemment, ce n'est pas possible dans tous les pays. Si vous √™tes dans un pays pauvre, vous n'allez pas faire appel au m√©c√©nat mais si vous √™tes par exemple aux √Čtats-Unis, c'est comme cela que cela fonctionne. Il faut √† la fois anticiper, garder une forte pr√©sence, anticiper les √©volutions, trouver les moyens financiers et trouver surtout les talents. Bien s√Ľr, il y a administrativement un tas de choses √† faire. Mais ce qui fait la force de notre r√©seau culturel, c'est quand m√™me la valeur exceptionnelle des femmes et des hommes qui le composent.

J'ai réuni à la fois le réseau économique et le réseau culturel, c'est la première fois qu'on fait cela. Je vais leur dire de travailler ensemble, de plus en plus en plus ensemble. Ils en sont très demandeurs. (...)./.

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19. Journ√©es du r√©seau - Discours de Mme Annick Girardin, secr√©taire d'√Čtat charg√©e du d√©veloppement et de la francophonie (Paris, 16/07/2014)

Monsieur le Directeur général,

Mesdames et Messieurs les Conseillers et les Attachés,

Mesdames et Messieurs,

C'est avec un grand plaisir et beaucoup d'intérêt que je participe aujourd'hui à vos travaux, dans le cadre de la rencontre annuelle de notre grand réseau de coopération et d'action culturelle. C'est la première fois que j'ai ainsi l'honneur d'intervenir devant vous tous. Car même si j'ai déjà rencontré certains d'entre vous lors de mes déplacements, je n'ai pas encore eu le temps d'aller partout... Je tenais donc à saisir cette occasion pour échanger avec vous et vous faire part de mes premières réflexions, quelques mois après ma prise de fonctions.

Depuis deux ans, la majorité a démontré son attachement aux enjeux qui sont au coeur de votre activité. Le président de la République et Laurent Fabius ont initié une ambitieuse refondation de notre politique de développement et de solidarité internationale. Cette refondation, c'est avant tout plus de clarté, plus de lisibilité, plus de transparence pour plus d'efficacité !

Plusieurs temps sont nécessaires pour y parvenir.

Le premier temps, c'était celui de la concertation. Les Assises du développement et de la solidarité internationale de l'hiver 2012/2013 ont rassemblé, au fil de 15 tables rondes, l'ensemble des acteurs du développement et de la solidarité internationale : des ONG, du Nord comme du Sud, des entreprises, des syndicats, des parlementaires et des élus locaux ainsi que des chercheurs.

Ensuite ce fut le temps du débat parlementaire, qui s'est achevé fin juin avec l'adoption de la loi de programmation et d'orientation relative à la politique de développement et de solidarité internationale. Le débat a été riche, parfois vif, mais toujours passionné car ce sujet mobilise. Il fait partie des valeurs universelles que porte la République. Et l'approbation de notre politique par le Parlement qui en résulte ne constitue pas seulement un progrès démocratique, elle donne de la légitimité à votre action, à notre action. La loi donne un cadre législatif et programmatique aux grandes orientations stratégiques de la politique de développement et de solidarité internationale.

Le cadre est donc d√©sormais clair et partag√© : l'objectif principal est de promouvoir un d√©veloppement durable dans ses composantes √©conomique, sociale et environnementale. Nos priorit√©s sectorielles sont confirm√©es. L'√©galit√© entre les hommes et les femmes ainsi que la lutte contre le changement climatique sont des priorit√©s transversales. En termes de g√©ographies, la loi r√©affirme la priorit√© accord√©e √† l'Afrique et √† la M√©diterran√©e, avec une attention particuli√®re port√©e aux √Čtats fragiles.

Nous entrons désormais dans une nouvelle phase, qui est celle de la mise en oeuvre de ces orientations. C'est le coeur de mon message aujourd'hui : il faut s'assurer que les bonnes intentions sont mises en pratique dès maintenant. Cette loi nous oblige. L'efficacité que nous appelons de nos voeux doit devenir une réalité tangible.

Et vous, qui êtes sur le terrain, vous serez en première ligne de ce chantier. J'ai toute confiance en votre capacité à traduire au quotidien le contenu de la loi.

C'est vous qui assurerez la réussite de cette politique. Et cette politique doit réussir, notamment au regard de trois enjeux globaux qui me semblent tout à fait majeurs.

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Le premier enjeu, c'est d'apporter une r√©ponse aux jeunesses du Sud. Aujourd'hui, il y a 1,2 milliard de jeunes √Ęg√©s de 15 √† 24 ans. Ils devraient √™tre 1,5 milliard en 2035. Pour la seule Afrique subsaharienne, 25 millions de jeunes arriveront sur le march√© du travail chaque ann√©e d√®s 2025.

Ces jeunes sont les travailleurs, les consommateurs, les citoyens et les dirigeants de demain. Ils constituent un enjeu majeur de développement et de solidarité, mais aussi d'influence. Ils sont une formidable opportunité, un facteur de changement considérable dont nous ne mesurons sans doute pas encore tout le potentiel. Ils peuvent, notamment en Afrique, être le moteur de l'innovation et de la prospérité économique des années à venir, mais uniquement si les sociétés qui les accueillent leur offrent des opportunités à la mesure de leurs aspirations.

Cela suppose de mettre en place un ensemble de politiques publiques adaptées. Je pense aux actions en faveur de la formation et de l'emploi, de l'égalité femmes-hommes, de la santé (le VIH/Sida touche particulièrement les jeunes) mais aussi de la citoyenneté, tout en stimulant l'environnement économique.

Je n'ai pas l'intention de bouleverser notre dispositif au service d'une nouvelle priorit√©. Mais il se trouve que nous menons d√©j√† des actions significatives dans ces diff√©rents domaines. En revanche, cette orientation ¬ęjeunesse¬Ľ est insuffisamment lisible et visible. Il appara√ģt important de la renforcer, de lui donner une plus grande coh√©rence, de bien l'identifier et la valoriser. Je compte sur vous pour y parvenir rapidement.

Il nous faut accompagner, en particulier en Afrique francophone, la mise à niveau d'un enseignement de base de qualité, étendu au collège, permettant une alphabétisation durable et un parcours réussi vers la formation ou l'emploi. Le développement de nouveaux outils numériques pour l'apprentissage du français devra être encouragé.

Le réseau français dans son acception large est déjà mobilisé, de l'AFD à l'institut français, en passant par les ambassades, mais cette action reste encore peu valorisée. L'AEFE devra y prendre toute sa part en s'investissant davantage dans la coopération éducative - je sais qu'elle travaille en ce sens.

Nous devons aussi adapter et développer l'enseignement et la formation techniques et professionnels en répondant à la demande de compétences plus opérationnelles et plus en phase avec les opportunités d'emploi. La formation en alternance a fait ses preuves. Il faut la soutenir. La formation dans le secteur informel est capitale, tant ce secteur est prédominant, notamment en Afrique. Pour cela, il nous faut innover, mobiliser davantage les ONG, les associations professionnelles mais aussi les entreprises locales et françaises, et notamment les entreprises porteuses d'initiatives d'économie inclusive. Il nous faut aussi développer la formation professionnelle aux métiers agricoles et aux métiers ruraux non agricoles, ou dans des branches avec un potentiel d'emploi. Nos partenaires le souhaitent, nos entreprises en expriment le besoin, la fondation franco-africaine pour la croissance, lancée hier, nous le montre, nous avons les capacités de le faire, l'AFD ayant une expertise reconnue sur ce terrain. Il n'y a pas à hésiter !

Mais l'éducation est un combat perdu si les conditions sociales et sanitaires ne sont pas réunies. Il nous faut poursuivre notre lutte pour la santé des jeunes, notamment des adolescents. En développant l'accès à la santé des enfants et des femmes. En promouvant les droits sexuels et reproductifs. En luttant contre le VIH/Sida et les maladies associées.

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Le second enjeu majeur auquel nous devons faire face, vous le connaissez bien : c'est la protection de l'environnement et la lutte contre le dérèglement climatique. Laurent Fabius et l'ensemble du gouvernement est pleinement mobilisé à l'approche de la Conférence climat Paris 2015.

Les engagements de réduction d'émissions des grands émetteurs, pays développés ou émergents, sont souvent vus comme essentiels. Ils le sont, certes, mais ne permettront pas seuls de réussir un accord ambitieux à Paris en 2015. La mobilisation des 150 autres pays, dont les émissions comptent peu dans l'équilibre global, mais pour lesquels le dérèglement climatique est un enjeu de survie, sanitaire, humain (migration), social (urbanisation) ou économique (enjeux agricoles) est indispensable.
L'enjeu est avant tout un enjeu de développement. Si rien n'est fait, le dérèglement climatique remettra en cause des années d'efforts de développement, par exemple en termes de mortalité infantile ou de lutte contre la désertification. L'accord de Paris devra donc être universel dans sa portée (c'est-à-dire s'appliquer aussi bien aux pays avancés qu'aux pays en développement) et global dans son approche (c'est à dire aborder aussi bien les enjeux d'atténuation que les enjeux d'adaptation, notamment dans leur dimension financière).

J'aurai l'occasion de revenir sur la traduction concr√®te de cette strat√©gie cet apr√®s-midi. Mais je tiens ici √† souligner un message qui vous concerne particuli√®rement : il est crucial d'encourager l'appropriation des enjeux climatiques par les autorit√©s politiques de ces 150 pays, notamment en Afrique et au sein de l'Alliance des Petits √Čtats Insulaires en D√©veloppement. L'enjeu, c'est qu'ils soient audibles dans la n√©gociation avec des demandes claires r√©pondant √† leurs besoins, et pas ¬ę√† reculons¬Ľ, sous l'emprise d'une m√©fiance diffuse et donc difficile √† surmonter.

Je vais donc m'impliquer dans ce dialogue, pour écouter ces pays, comprendre leurs aspirations et leurs craintes. Mais ce travail d'appropriation dépasse tous les entretiens bilatéraux que je pourrai avoir : il nécessite un vrai débat public, associant les sociétés civiles et les milieux économiques. C'est un travail minutieux, qui implique d'identifier sur chaque territoire les acteurs du changement et de l'immobilisme. Ce travail, vous seuls pouvez le mener, au plus près de vos terrains, en mobilisant les outils à votre disposition. Je vous demande de vous y engager personnellement, avec vos chefs de postes.

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L'autre enjeu majeur, c'est la mise en oeuvre d'une meilleure régulation de la mondialisation. Les entreprises se sont mondialisées mais les pratiques sociales, qui sont au coeur du modèle français et européen, n'ont pas aussi aisément traversé les frontières. C'est une évidence bien connue, mais la tragédie du Rana Plaza au Bangladesh l'an dernier nous l'a brutalement rappelé. Sur cette question grave, il ne faut faire preuve ni d'angélisme ni de cynisme mais de détermination.

Le d√©veloppement √©conomique et humain n√©cessite l'implication de tous les acteurs - les √Čtats, les institutions internationales, les soci√©t√©s civiles, mais aussi bien s√Ľr les entreprises. Dans le soutien au d√©veloppement √©conomique, on a trop longtemps s√©par√© l'action de l'√Čtat de l'action des entreprises. En r√©alit√©, les deux y concourent et doivent y concourir de fa√ßon compl√©mentaire, de fa√ßon coh√©rente, de fa√ßon efficace.

Mais la reconnaissance du r√īle des entreprises am√®ne aussi √† une plus grande reconnaissance de leurs responsabilit√©s. Je pense en particulier √† leur responsabilit√© sociale et environnementale. Toutefois, les initiatives men√©es en solitaire ne feraient que p√©naliser notre propre √©conomie, sans pour autant se traduire par de r√©sultats tangibles. Il nous faut donc convaincre, pour que cet effort de r√©gulation soit partag√©, port√© par tous. Je vois trois pistes d'action.

La première, c'est de poursuivre notre plaidoyer pour un renforcement des normes dans toutes les enceintes internationales pertinentes. D'ailleurs, la loi qui vient d'être promulguée rappelle très clairement l'engagement de la France à promouvoir le renforcement des critères de RSE auprès de nos partenaires. Elle souligne aussi notre volonté d'encourager les entreprises françaises à appliquer les principes directeurs de l'OCDE et des Nations unies.

Au-delà des enceintes multilatérales, nous devons aussi agir sur le terrain. Convainquons les gouvernements partenaires qu'il est bénéfique, pour leur population, d'élever leur niveau d'exigence, notamment dans les marchés publics. Aidons-les à mettre en place les cadres législatifs et réglementaires adaptés. C'est la deuxième piste d'action.

Et justement, la r√©forme nationale de l'expertise technique sera un moyen de peser davantage en ce sens - j'y reviendrai. Ensemble, soyons volontaristes, portons haut nos valeurs et permettons aux entreprises fran√ßaises d'√™tre per√ßues comme des partenaires privil√©gi√©s pour les d√©cideurs des pays en d√©veloppement ou √©mergents. Vous travaillez au quotidien dans les postes avec nos partenaires et avec les entreprises ; votre r√īle dans ce domaine est majeur.

Enfin, troisième axe de travail en la matière, il faut encourager les initiatives innovantes des entreprises en faveur du développement.

- Innovation technologique : les entreprises ont un r√īle de premier plan √† jouer dans la lutte contre le d√©r√®glement climatique par exemple, dans le cadre de l'agenda positif ;

- Innovation numérique, qui sera essentielle pour l'éducation de demain, j'en ai déjà parlé, ou pour le renforcement de la francophonie ;

- Innovation financière, parce qu'en ces temps difficiles au niveau budgétaire, il faut savoir faire mieux avec moins ;

- Innovation sociale enfin, parce que nous devons soutenir les entreprises exemplaires, qui intègrent des préoccupations de développement durable dans leur coeur d'activité, parce qu'elles y ont intérêt, mais bien entendu, également parce qu'elles sont en quête d'un surcroit de sens que réclament de plus en plus fréquemment les salariés ou les consommateurs.

Emmanuel Faber, directeur g√©n√©ral d√©l√©gu√© de Danone, m'a remis le mois dernier un rapport r√©dig√© avec Jay Na√Įdoo sur cette th√©matique. Ce rapport trace plusieurs pistes d'accompagnement. Elles m√©ritent d'√™tre approfondies. L'AFD y travaille actuellement et nous devrons collectivement identifier les acteurs pertinents, les id√©es novatrices, les moyens de partager ces innovations √† grande √©chelle, pour le bien du plus grand nombre.

Toutefois, je ne partage pas le diagnostic posé vendredi dernier par M. Faber dans Le Monde, selon lequel l'aide publique au développement serait à bout de souffle. Au contraire, je crois qu'elle est plus utile que jamais, si elle sait s'adapter à la nouvelle donne d'aujourd'hui. Mais cela implique qu'elle revisite ses concepts, s'ouvre aux autres acteurs, qu'elle soit plus audacieuse et plus catalytique.

Voil√† ce que je souhaitais vous dire sur ces trois th√®mes qui me semblent prioritaires pour r√©pondre, au moins partiellement, aux trois d√©fis majeurs qui se posent √† nous, dans un contexte plus global, celui de la structuration des objectifs de d√©veloppement durable, qui sera ¬ęl'autre¬Ľ grand rendez-vous structurant de 2015, au m√™me titre que Paris-Climat.

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Voilà pour la partie développement. Dans mon portefeuille ministériel, il y a aussi la francophonie. Et d'ailleurs, je ne crois pas qu'il faille dissocier les deux volets. Bien au contraire ! Le développement et la Francophonie se complètent.

Sur la jeunesse, le lien est évident. Le dynamisme de la jeunesse dans les pays francophones du Sud ouvre des perspectives prometteuses pour la pratique de la langue française. Actuellement, 60 % de la population des pays francophone a moins de 30 ans. Et ce n'est qu'un début. Certaines projections suggèrent un potentiel de 700 millions de locuteurs francophones en 2050, dont plus de 80 % en Afrique. C'est au-dessus de la croissance de la population mondiale attendue sur la période.

Mais je le répète : c'est un potentiel. Rien ne nous garantit que ce sera le cas. Tout dépendra de la capacité des systèmes éducatifs de ces pays et de nos opérateurs à former cette jeunesse dans notre langue. Et à ce rythme, ce n'est pas acquis ! C'est pourquoi nous devons renforcer notre effort en faveur des systèmes éducatifs à travers nos systèmes de coopération. Pour que le français reste enseigné à grande échelle, à bon niveau et qu'il soit utilisé dans le milieu professionnel.

Des initiatives encourageantes existent d√©j√† et je suis s√Ľre que nous pouvons r√©ussir. Je reviens du Conseil des ministres europ√©ens en charge du d√©veloppement, qui se d√©roulait √† Florence et o√Ļ j'ai pu constater le dynamisme des formations Esabac, donnant lieu √† l'obtention d'un double baccalaur√©at fran√ßais et italien. √Ä Madagascar, o√Ļ j'ai inaugur√© l'extension du lyc√©e fran√ßais de Tananarive, j'ai pu voir √† quel point l'utilisation des nouvelles technologies dans l'enseignement est d√©j√† une r√©alit√©. De telles initiatives existent partout et doivent nous donner confiance en l'avenir.

Nous devons aussi encourager la mobilité étudiante et le suivi des anciens étudiants, qui constituent un relai d'influence. Campus France est un outil formidable dont le potentiel doit être pleinement utilisé.

La francophonie, c'est aussi un instrument politique, qui regroupe des pays partageant des valeurs communes. Elle doit donc se positionner sur les grands enjeux du moment, notamment :

- l'agenda post 2015, en particulier sur les questions d'éducation ou pour le droit des femmes

- la préparation de Paris climat 2015.

Ces sujets seront à l'ordre du jour du sommet de Dakar. Nous devons porter ensemble la même ambition !

Le lien entre francophonie et entreprises est moins direct mais tout aussi réel. L'environnement des affaires (le droit des affaires par exemple), les références économiques, comme les marques ou les modèles de développement (délégation de service public) sont des connaissances partagées, inconsciemment le plus souvent, et donc profondément marquantes.

Ce brassage est encore plus fort en matière culturelle. Les industries culturelles et créatives et les médias le savent bien. Et je tiens à saluer la présence aujourd'hui de TV5 Monde, de RFI, de France 24.

Nous devons capitaliser sur ces points communs, sur ces communaut√©s de valeurs et d'int√©r√™t ! Le pr√©sident a command√© √† Jacques Attali un rapport sur la dimension √©conomique de la francophonie. Ses conclusions sont attendues √† la fin du mois d'ao√Ľt, une partie du sommet de Dakar sera par ailleurs consacr√©e √† l'√©laboration d'une strat√©gie √©conomique de la francophonie. Le sujet est sur la table. Saisissons-le !

C'est dans cette optique, et de façon très pragmatique, que j'envisage de travailler sur la francophonie. J'aurai d'ailleurs l'occasion d'y revenir ce soir au Palais de Tokyo. Mais sachez que mon ambition, c'est de rendre la francophonie encore plus dynamique et la langue française encore plus attractive.

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Sur tous ces chantiers, votre mobilisation est d'autant plus n√©cessaire que, comme l'a rappel√© Laurent Fabius ce matin en ouvrant vos travaux, les d√©fis qui nous attendent au cours des prochains mois sont consid√©rables. La mobilisation de l'ensemble du r√©seau est absolument essentielle pour notre politique de d√©veloppement. Le r√©seau, c'est vous bien s√Ľr, mais aussi sur le terrain vos partenaires et je pense en particulier √† l'AFD, acteur pivot de notre politique de d√©veloppement sur le terrain.

Tout d'abord, vous êtes ceux qui permettrez de faire de l'efficacité autre chose qu'un concept ou une injonction... L'efficacité doit devenir une réalité tangible. Ne vous méprenez pas : je sais fort bien que vous n'avez pas attendu la loi ou mon arrivée au gouvernement pour travailler dans un souci d'efficacité. Mais les objectifs sont aujourd'hui posés.

Le sens de mon message, c'est qu'au moment o√Ļ le gouvernement a demand√© des efforts cons√©quents aux Fran√ßais pour le redressement des comptes publics, nous devons d√©montrer plus syst√©matiquement l'utilit√© de nos actions. Nous assumons les √©conomies car c'est un effort qui s'impose √† tous les budgets. Une plus grande efficacit√© a donc pour but de compenser la stabilisation des moyens √† disposition. Nous avons un devoir d'efficacit√© et de transparence envers les contribuables et les populations que nous aidons. Il nous faut pour cela renforcer la coh√©rence des actions avec l'ensemble des acteurs du d√©veloppement, l√† o√Ļ chacun est le plus efficace.

Très concrètement, je vois quatre déclinaisons de ce principe :

La première, c'est l'évaluation de nos actions. Mesurer l'impact de chaque action engagée. Pas dans une logique punitive ou comptable mais dans une démarche de prise en compte des retours d'expérience pour améliorer la qualité de nos actions au bénéfice des publics ciblés. La loi définit une trentaine d'indicateurs. Tous ne sont pas pertinents dans votre action quotidienne : à vous de voir, dans chaque situation, comment intégrer cette exigence.

La seconde, c'est la recherche de l'effet de levier par le partenariat : cela passe notamment par un travail d'influence auprès de tous les instruments multilatéraux, européens ou autres, présents dans vos pays et auxquels la France contribue.

Les sommes en jeu dépassent bien souvent l'enveloppe dont vous disposez en gestion directe. En RDC, par exemple, le Service de coopération et d'action culturelle dispose d'une enveloppe d'1,3 millions d'euros en gestion directe mais les fonds investis par la France dans le pays à travers l'ensemble des opérateurs et des bailleurs multilatéraux (FED, Fonds mondial...) s'élève à une cinquantaine de millions d'euros. À vous d'orienter et de valoriser ces investissements.

J'ai sign√© hier, √† Florence, l'acte constitutif du fonds B√©kou, un fonds multi-bailleurs pour la RCA. Je suis fi√®re que cette initiative soit la concr√©tisation d'une id√©e fran√ßaise. C'est un autre exemple de cette d√©marche partenariale o√Ļ les moyens que nous investissons en propre permettront de mobiliser nos partenaires sur nos priorit√©s. Ce sont plus de financement, une meilleure coordination locale, plus de coh√©rence et in fine, plus d'efficacit√© et plus d'impact !

Un mot sur un grand chantier qui a été ouvert dans le cadre de la loi : la réforme de l'expertise technique internationale. Nous allons rassembler sous une seule bannière des acteurs aujourd'hui éparpillés dans tous les ministères, pour créer un seul opérateur, capable d'embrasser, à terme, tous les enjeux, tous les secteurs : il sera universel, en termes de masse critique financière, en termes de compétences ; il s'appuiera sur nos experts dans les différents ministères partenaires, pour la promotion de nos savoir-faire et de projection d'influence... Ce n'est pas un rêve, c'est une réalité en marche. Ce matin-même, le préfigurateur a été nommé en conseil des ministres. Je gage que cette unification attendue de l'offre publique française en matière d'expertise technique internationale vous épargnera bien des tracas

Troisi√®me d√©clinaison : plus d'efficacit√©, c'est aussi plus de transparence. Lors d'un d√©placement au Mali, j'ai pu voir comment la mise en ligne, sur Internet, des projets men√©s pouvaient y contribuer. Les citoyens peuvent nous interpeller tr√®s vite sur ce qui n'a pas r√©ellement √©t√© fait, ce qui ne va pas. C'est un vrai moyen pour conna√ģtre et entreprendre les d√©marches correctives n√©cessaires. La publication des informations relatives √† l'aide va √™tre g√©n√©ralis√©e √† l'ensemble des pays pauvres prioritaires. L'objectif est que, √† terme, tous les citoyens puissent consulter en ligne le d√©tail de chaque projet que nous menons dans ces 16 pays. Ils seront consultables aussi bien en France que dans les pays partenaires. Et je vous demande √† tous de porter une grande attention aux retours que l'on peut vous faire sur ces projets : ils sont indispensables pour mieux faire et pour ne pas gaspiller les moyens financiers.

Quatrième déclinaison : pour être plus efficace, il faut également innover. Et j'ai pu constater ce matin l'ampleur de votre mobilisation au service de l'innovation. Comme je vous l'ai dit, Emmanuel Faber et Jay Naidoo m'ont remis il y a quelques semaines un rapport qui montre l'importance d'innover. Les conclusions de ce rapport vous seront présentées dans le cadre d'un atelier cet après-midi. L'innovation est avant tout un état d'esprit, une mise en mouvement - et je constate avec satisfaction que cet esprit vous anime, dans vos actions au quotidien, à travers le monde, dans vos postes respectifs.

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Enfin l'autre élément structurant de nos actions, c'est la proximité. La rénovation de la politique française de développement, c'est aussi son ouverture résolue envers les acteurs du développement dans leur diversité et la reconnaissance de l'importance de la concertation dans l'élaboration et la mise en oeuvre de la politique de développement. La loi d'orientation et de programmation pour le développement l'affirme très clairement.

Et quand je dis ¬ętravailler tous ensemble¬Ľ, je pense √† tous les acteurs repr√©sent√©s dans le nouveau Conseil national du D√©veloppement et la Solidarit√© internationale, et qui travaillent sur le terrain. Je pense aux acteurs pr√©sents dans les territoires et impliqu√©s dans des projets de d√©veloppement, et qu'il faut accompagner. Je pense aux collectivit√©s territoriales dont le r√īle est reconnu dans la nouvelle loi. Je pense aux ONG, bien s√Ľr, particuli√®rement actives et engag√©es, mais je pense aussi aux entreprises : ce sont des acteurs dont le r√īle doit non seulement √™tre reconnu mais aussi encourag√©, accompagn√©, dans des logiques de co-cr√©ation o√Ļ chaque partenaire apporte le meilleur de son expertise au service de la r√©alisation d'un projet commun.

C'est tout l'int√©r√™t du CNDSI, qui est un espace de dialogue multi-acteurs voulu par le pr√©sident de la R√©publique. Il permet d'√©changer avec tous les acteurs sur les objectifs, les orientations, la coh√©rence et les moyens de la politique fran√ßaise de d√©veloppement. En somme, il permet √† chacun de ¬ęs'apprivoiser¬Ľ au sens o√Ļ le Petit Prince entendait ce terme...

Mais cette concertation que je crois fructueuse, ne doit pas avoir uniquement lieu √† Paris. Non, elle doit √™tre g√©n√©ralis√©e dans les pays partenaires. √Čcoute des besoins des populations, concertation avec les pays partenaires, r√©ponses apport√©es aux initiatives locales doivent √™tre des pratiques du quotidien. L'attention port√©e √† la soci√©t√© civile doit jouer un r√īle pr√©pond√©rant. C'est une condition pour comprendre les besoins, adapter son action, d√©busquer les initiatives qui m√©ritent d'√™tre soutenues et qui produiront le plus d'impact.

Enfin, pour ceux qui travaillent dans un environnement régional comportant une ou plusieurs collectivités d'outre-mer, je veux attirer votre attention sur la nécessité de s'appuyer sur l'une des grandes richesses de notre pays contribuant à son rayonnement. Je veux parler des territoires ultra-marins.

La loi le précise clairement pour le développement : les collectivités d'outre-mer devront être informées des projets menés dans leur environnement régional. Ce doit être aussi le cas de notre action culturelle. Notre politique de développement doit pouvoir s'appuyer sur leur savoir-faire et leurs réseaux dans le cadre d'une politique de développement régional. Je souhaite que vous soyez attentifs à cela.

La proximit√©, c'est aussi faire connaitre les actions entreprises par notre diplomatie aupr√®s de l'ensemble de nos concitoyens. 2015 sera l'ann√©e europ√©enne du d√©veloppement. C'est une opportunit√© extraordinaire pour mettre en avant les projets port√©s. Car si nos concitoyens continuent √† soutenir massivement la solidarit√© internationale, ils souhaitent aussi en √™tre mieux inform√©s. J'esp√®re que vous pourrez faire remonter des projets innovants, des projets qui donnent envie √† la jeunesse de France de s'impliquer dans du volontariat, de soutenir les actions men√©s dans les pays les moins avanc√©s. Pour ceux d'entre vous qui √™tes bas√©s dans un pays europ√©en, c'est le moment de mettre en avant des projets port√©s conjointement par nos deux pays. Il y a l√† une tr√®s belle occasion de faire conna√ģtre ce que la France fait, de ce que vous r√©alisez au quotidien.

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Enfin, dernier point de méthode : restons positifs ! Le climat politique actuel est difficile. L'action de la France en matière d''aide publique au développement reste encore peu visible, et n'est souvent abordée par les journalistes qu'à travers le prisme de la baisse des moyens.

Mais l'aide au développement va bien au-delà des enjeux budgétaires, c'est une démarche. Vous le savez, c'est votre quotidien, et au-delà, ce sera un des grands sujets de discussion onusien de l'année 2015.

Ainsi, aussi bien sur le fonds que sur la forme, le cycle vertueux voulu par le président de la République (passage de la coopération au développement, Assises du développement, projet de loi structurant, exigence de transparence et de concertation) porte ses fruits. Si nos moyens budgétaires sont mis à l'épreuve, c'est une raison de plus pour que nos efforts en faveur d'une aide plus efficace, moins opaque, plus concertée soient visibles et porteurs de résultats.

La politique de développement et la politique culturelle de la France ne sont pas anodines. Elles ne sont pas marginales. Non, elles sont au coeur de notre République car elles permettent d'affirmer et de véhiculer ses valeurs. Des valeurs de générosité. Des valeurs humanistes. Des valeurs universelles. Ces politiques font la fierté de la France et raffermissent sa voix dans le monde. Oui, votre travail quotidien fait bouger les lignes. Soyez en fiers ! Il contribue à construire un monde plus humain. Et c'est là le plus essentiel.

Je vous remercie./.

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20. Diplomatie √©conomique - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

(...)

Q - Avant d'√©voquer la conf√©rence climat, j'ai une question sur la diplomatie √©conomique. Est-ce qu'il n'y a pas pour vous une sorte de mise en danger √† vouloir √™tre √† la fois sur les dossiers diplomatiques et strat√©giques et les dossiers √©conomiques ? Je m'explique par un cas d'√©cole : est-ce que des entreprises fran√ßaises ne pourraient pas vous dire : ¬ęSignez un accord avec l'Iran. On baisse les sanctions parce que c'est un march√© gigantesque √† conqu√©rir pour nous¬Ľ ?

R - Ma réponse serait non. Je vous ai dit tout à l'heure quels étaient les grands objectifs de la France. Le premier, c'est la paix et la sécurité donc quand on évoque l'affaire iranienne, notre point de vue est clair et net. Que l'Iran ait toutes les possibilités en matière de nucléaire civil oui, mais en matière de nucléaire militaire non. Nous ne voulons pas que l'Iran ait la bombe atomique et d'ailleurs pas simplement nous, la France, mais les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Nous définissons une position. On espère trouver un accord et pour le moment c'est très difficile. Mais cet accord ne peut se faire que si on respecte l'objectif que j'ai dit sinon il n'y aura pas d'accord.

Q - Quitte à laisser un gigantesque marché en jachère.

R - Mais bien s√Ľr parce qu'on ne peut pas dire : ¬ęVive l'√©conomie !¬Ľ au d√©triment de la s√©curit√© du monde. Ce ne serait pas responsable. C'est l'objectif de s√©curit√© et de paix qui doit pr√©valoir.

(...)./.

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21. Tourisme - Taxe de s√©jour - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, avec ¬ęFrance Culture¬Ľ (Paris, 16/07/2014)

Q - Et pour commencer, une réaction à ce report de l'augmentation de la taxe de séjour par les députés cette nuit. Vous vous étiez exprimé contre, c'est donc une victoire pour vous ?

R - C'est surtout une bonne décision pour le tourisme. Je rappelle que le tourisme est une industrie absolument majeure en France, qui représente plus de 2 millions d'emplois, et plus de 7 % de notre production nationale. Il y a beaucoup de touristes français, et beaucoup de touristes étrangers. Ce qui était proposé par certains élus, c'était d'augmenter les taxes sur le tourisme. Le gouvernement s'y est opposé, et étant en charge désormais aussi de la promotion du tourisme, je m'y suis opposé. Pourquoi ?

D'abord parce qu'une mesure concernant la taxe de séjour ne peut être décidée qu'après concertation avec les professionnels.

Deuxi√®mement, parce que nous voulons √©viter - c'est la d√©cision du pr√©sident de la R√©publique et du Premier ministre - d'augmenter les taxes, d'une fa√ßon g√©n√©rale. On ne peut pas dire d'un c√īt√©, on n'augmente pas les taxes, et de l'autre on augmente celle-l√†.

Et troisièmement, évidemment, si on avait augmenté dans les proportions qui avaient été proposées, cela aurait été une pénalisation pour les touristes.

Q - On parle d'une augmentation passant de 1,5 euro à 8 euros...

R - Oui, c'est plus deux euros qui étaient prévus pour la région parisienne. Cela fait une multiplication par six. On peut avoir l'idée que c'est une taxe pour le prince étranger qui va séjourner dans un 5 étoiles. Mais il ne faut pas oublier qu'une telle augmentation concernerait l'ensemble des touristes, y compris les touristes français.

Je pense donc que la décision qui a été prise est une décision raisonnable. Cela veut dire qu'on va avoir du temps pour se concerter avec les professionnels et regarder tout cela à la rentrée, et je pense que c'est sage. (...)./.

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22. Nominations - Conseil des ministres (Paris, 16/07/2014)

Sur proposition du ministre des affaires étrangères et du développement international :

- M. Jean-Christophe Donnellier, inspecteur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques, est nommé délégué interministériel à la coopération technique internationale ;

- M. Christian Masset, ministre pl√©nipotentiaire de 1√®re classe, est nomm√© secr√©taire g√©n√©ral du minist√®re des affaires √©trang√®res et du d√©veloppement international, √† compter du 1er ao√Ľt 2014 ;

- M. Pierre Sellal, ambassadeur de France, est nomm√© ambassadeur, repr√©sentant permanent de la France aupr√®s de l'Union europ√©enne √† Bruxelles, √† compter du 1er ao√Ľt 2014 ;

- M. Xavier Sticker, conseiller des affaires étrangères hors classe, est nommé ambassadeur délégué à l'environnement./.

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