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Déclarations officielles de politique étrangère du 14 mai 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Mali/DĂ©placement conjoint de Mme Annick Girardin avec M. Andris Piebalgs, commissaire europĂ©en au dĂ©veloppement - Élection des conseillers consulaires/Ouverture du vote par internet - Mer de Chine du Sud - Syrie Paris, 14 mai 2014 (Paris, 14/05/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Mali - Déplacement conjoint de Mme Annick Girardin avec M. Andris Piebalgs, commissaire européen au développement (14-16 mai 2014)

Un an après la conférence internationale des donateurs «Ensemble pour le renouveau du Mali», Mme Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du développement et de la Francophonie, et M. Andris Piebalgs, commissaire européen au développement, effectueront un déplacement conjoint au Mali du 14 au 16 mai. La conférence du 15 mai 2013 avait permis de réunir près de 3,3 milliards d'euros pour soutenir le développement du pays.

Ce déplacement permettra de faire le point sur la mise en oeuvre des engagements des bailleurs et du gouvernement malien et de mesurer les progrès accomplis. Les autorités maliennes présenteront un bilan des réformes engagées en matière de bonne gouvernance et de développement équilibré du territoire. La décentralisation, l'agriculture, l'aménagement urbain et l'éducation feront l'objet d'une attention particulière.

Les deux tiers des 3,3 milliards d'euros promis pour la période 2013-2014 ont déjà été engagés, et un tiers versé. La France a versé 70 millions d'euros, pour un engagement total qui s'élève à 280 millions d'euros. Dans un souci de transparence et pour une meilleure efficacité, un site internet interactif et citoyen rend compte régulièrement de la mise en oeuvre de nos projets de coopération au Mali (http://transparence.ambafrance-ml.org).

À l'occasion de leur déplacement, Mme Annick Girardin et M. Andris Piebalgs s'entretiendront avec les autorités maliennes et la société civile et visiteront des projets financés par la France et l'Union européenne.

2 - Élection des conseillers consulaires - Ouverture du vote par internet (14 mai 2014)

Les Français de l'étranger sont invités à partir d'aujourd'hui à élire leurs conseillers consulaires. Il leur faut être inscrit sur les listes électorales consulaires.

Pendant une période de six jours, les Français établis hors de France ayant fourni une adresse électronique ont la possibilité de voter par internet.

Ils doivent pour cela se connecter au portail de vote sur www.votezaletranger.gouv.fr, munis de leur identifiant, envoyé par courrier postal et par SMS, et de leur mot de passe, envoyé par courriel.

Ils ont jusqu'au mardi 20 mai à midi (heure de Paris) pour voter en quelques clics et de façon sécurisée. En cas de difficulté, une assistance a été mise en place par courriel et par téléphone au + 33 1 72 62 40 41.

Une vidéo présentant le fonctionnement du vote par internet est consultable à l'adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=cjVsVVydjfQ

Pour mémoire, le vote à l'urne pour ces élections aura lieu le 24 mai pour le continent américain et le 25 mai pour le reste du monde.

3 - Mer de Chine du Sud

Q - Suite aux tensions survenues en mer de Chine du Sud, les manifestations antichinoises se multiplient au Vietnam. Avez-vous un commentaire ?

R - La France est préoccupée par les récents incidents et les tensions intervenus en mer de Chine du Sud.
Elle appelle toutes les parties à observer la plus grande retenue et à régler les différends de manière pacifique et par le dialogue.

4 - Syrie

Q - Laurent Fabius est revenu hier Ă  Washington sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie. OĂą en est-on et quelle est votre position ?

R - Le régime de Damas a déjà utilisé, de manière avérée, des armes chimiques à l'encontre de sa population. Il a dissimulé durant des années l'ampleur de son programme. La menace chimique subsistera tant que l'objectif d'un démantèlement complet, rapide et vérifié n'aura pas été atteint.

Une mission d'établissement des faits de l'OIAC a été constituée pour recueillir des informations sur les allégations faisant état de l'usage de gaz de chlore sur plusieurs sites autour du village de Kfar Zeita, dans la province de Hama, à 200 km au nord de Damas.

Comme l'a indiqué M. Laurent Fabius, des experts travaillent. Dans la mesure où il s'agirait de chlorine, celle-ci laisse peu d'empreinte durable à l'issue de son usage./.

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2. RĂ©publique centrafricaine/DĂ©cès de la journaliste Camille Lepage - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 14/05/2014)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Monsieur le Député, l'Assemblée nationale il y a quelques instants a rendu hommage avec raison à Mme Lepage. Assassiner un journaliste, c'est toujours commettre un double crime : un crime contre une personne et un crime contre la liberté d'informer.

Le gouvernement s'associe bien sûr à cet hommage et à la peine de sa famille.

Une enquête est diligentée, en liaison avec les prévôts, qui sont auprès de l'armée française, ainsi qu'avec les troupes locales. Le maximum sera fait pour retrouver les coupables et pour les châtier parce qu'il ne peut pas y avoir d'impunité. (...)./.

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3. RĂ©publique centrafricaine/DĂ©cès de la journaliste Camille Lepage - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 13/05/2014)

Le président de la République a appris avec une grande tristesse le décès de la journaliste Camille Lepage, qui effectuait un reportage en République centrafricaine.

La dépouille mortelle de Mme Lepage a été trouvée lors d'une patrouille de la force Sangaris, à l'occasion d'un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar.

Le chef de l'État a demandé l'envoi immédiat sur le site du drame d'une équipe française et de la police de la force africaine déployée en RCA. Tous les moyens nécessaires seront mis en oeuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote.

Le président de la République présente à la famille de Mme Lepage ses plus sincères condoléances et s'associe à la douleur de ses proches./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. RĂ©publique centrafricaine/DĂ©cès de la journaliste Camille Lepage - DĂ©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Paris, 13/05/2014)

J'ai appris avec une très vive émotion le décès de Camille Lepage, journaliste et photographe de grand courage. Son corps sans vie a été retrouvé aujourd'hui par la force française Sangaris, à l'ouest de Bangui, en République centrafricaine.

J'exprime mes condoléances les plus profondes à la famille et aux proches de Camille Lepage.

Toute la lumière devra être faite sur les circonstances de la mort de notre compatriote, dont les responsables devront être traduits en justice. Il ne saurait y avoir d'impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s'en prennent à la liberté fondamentale d'informer et d'être informé./.

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5. Nigeria - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 14/05/2014)

(...)

Vous avez abordé aussi la question du Nigeria et de l'enlèvement épouvantable de toutes ces jeunes filles. Le président du Nigeria a demandé au président de la République française de réunir samedi prochain un sommet à l'Élysée et d'y inviter, ce qui est fait, le président du Cameroun, du Niger, du Bénin et du Tchad ainsi que les représentants des États-Unis d'Amérique, de Grande-Bretagne et de l'Union européenne.

Au cours de cette réunion, sera étudié, sur le plan bilatéral et multilatéral, comment parvenir à cerner par l'intelligence, comment parvenir à former pour combattre et comment arriver à débusquer les assassins.

La France ne se substitue à personne. Le rôle de la France, c'est d'aider les Africains à assurer la sécurité parce qu'il ne peut pas y avoir de solution sans démocratie, sans développement et sans sécurité./.

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6. Nigeria - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Il faut également aborder les questions qui concernent le Nigeria, avec la tragédie causée par Boko Haram. Vous savez que nous avons envoyé dans ce pays une équipe, qui est à pied d'oeuvre, composée de spécialistes.

Le président de la République a invité samedi prochain à Paris les présidents de plusieurs pays d'Afrique (le Nigeria et ses voisins : le Niger, le Bénin, le Tchad et le Cameroun) ainsi que mes collègues américain, britannique et Mme Catherine Ashton. Il s'agit de voir ce que l'on peut faire pour aider le Nigeria et les pays voisins à faire face aux graves problèmes de sécurité qu'ils ont, dans la perspective bien sûr d'essayer de retrouver ces pauvres petites filles.

Je dois dire d'ailleurs qu'en France on parle parfois de mariages forcés. C'est un terme totalement inadéquat. Il s'agit du viol massif de petites filles, qui pour certaines d'entre elles ont 11 ou 12 ans. Plus de 200 d'entre elles ont été enlevées et ensuite soumises en esclavage. Ce viol de masse doit être poursuivi et puni comme tel.

Q - Que vaut l'indignation sans l'action et quels sont les points d'appui que le gouvernement français a avec le gouvernement nigérian ?

R - L'indignation va de soi, lorsque plus de 200 petites filles sont enlevées et menacées d'être violées par un groupe dont le mot d'ordre est «non à l'éducation». Il s'agit d'une ignominie et d'un crime.

L'émotion a été extrêmement forte à travers le monde. La France, bien évidemment, qui est proche des Africains, du Nigeria et qui est très attachée à la défense des droits et en particulier des droits des femmes, se devait de réagir.

Nous avons fait ce que nous ont demandé immédiatement les Nigérians, c'est-à-dire que nous avons envoyé, Jean-Yves Le Drian et moi-même, une équipe d'experts sur place, capables de repérer d'où viennent, non pas les menaces, mais les enlèvements et de remonter la filière.

C'est une région, à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, que nous connaissons bien. Nous avions eu l'occasion et la chance de sortir des griffes de Boko Haram une famille entière - la famille Moulin-Fournier -, un religieux, le père Vandenbeusch et M. Colomb.

Nous nous sommes mis à la disposition des autorités nigérianes. Et, là aussi, en termes d'action, la France est le pays qui a proposé que l'ensemble des pays d'Afrique concernés se retrouvent à Paris samedi prochain, avec bien sûr d'autres responsables. L'indignation est là, l'action aussi.

Q - Cela signifie-t-il que les Nigérians, qui étaient réticents au départ, ont accepté le survol de leur territoire par les Français ou les Américains éventuellement ? Et qui participera à Paris à la «réunion Nigeria» des États-Unis ? Quel est le participant américain ?

R - Nous agissons bien sûr en accord avec les autorités nigérianes. Il est absolument impossible, cela n'aurait aucun sens, de le faire sans leur aval, leur accord et leur approbation. Pour la réunion à Paris, ont été invités les présidents de plusieurs pays limitrophes d'Afrique, (le Nigeria, bien sûr, le Niger, le Tchad, le Bénin et le Cameroun). L'invitation a été transmise aux ministres des affaires étrangères de la Grande-Bretagne, des États-Unis et à la Haute représentante de l'UE. Je ne sais pas encore, aujourd'hui, qui de ces personnalités sera là ou sera représentée. Selon mes derniers contacts, les chefs d'État africains, qui sont évidemment intéressés, viendront à cette réunion.

Q - Les Américains donnent précisément des chiffres sur le nombre de soldats et de diplomates qui se trouvent au Nigeria. Est-ce que vous pouvez, vous, côté français, nous dire précisément si par exemple des soldats français sont en ce moment au Nigeria et combien de personnels vous avez qui travaillent sur ce dossier ?

R - Les services sont investis mais je ne donnerai pas de précision sur les chiffres.

(...)

Q - On Nigeria, you talked about Massive rape. Are you talking that you have intelligence that these girls have in fact been raped? Are you just talking about your concern, that perhaps this would happen, that they would be raped and sold into slavery, or do you believe that these crimes have already occurred? Thank you.

R - Unfortunately Boko Haram usually carries out its threats. On a recent video, Boko Haram's leader claims he plans to sell the abducted girls into slavery. He also says that he would marry off a girl at the age of nine. These are massive rapes, I repeat it. And we know these people. Recently we were able to free a captive French family and two other hostages that Boko Haram had abducted. (...)./.

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7. Nigeria - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

Q - Sur le Nigeria et l'enlèvement, le rapt de ces lycéennes qui suscite une émotion internationale, aujourd'hui, plusieurs manifestations à Paris. Cette mobilisation, elle est contreproductive ou, au contraire, une force, un atout selon vous ?

R - Je pense que c'est à la fois une nécessité et j'espère que cela peut être utile. On parle de mariages forcés mais il s'agit de viols de petites filles ! Certaines ont dix ans, onze ans. Il s'agit vraiment une abomination. Il n'y a pas d'autre terme.

Dès que nous avons appris cela, nous avons envoyé une équipe d'experts au Nigeria. Samedi prochain à Paris, les présidents du Nigeria, du Niger, du Tchad, du Bénin et du Cameroun seront réunis. J'ai invité aussi mes collègues du Royaume-Uni, des États-Unis et ma collègue européenne afin qu'autour du président français, une réunion se tienne pour voir comment nous pouvons aider à la sécurité du Nigeria et faire le maximum pour retrouver ces jeunes filles.

Q - Alors, justement, on apprend ce soir que le chef des forces armées américaines en Afrique est arrivé dans la capitale du Nigeria. Il y a déjà des missions d'espionnage et de surveillance d'avions américains. Mais nous, Français, qu'est-ce qu'on fait ? Que peut-on faire concrètement ?

R - Je ne vais pas rentrer dans les détails pour des raisons que vous comprendrez. Concrètement, nous avons envoyé sur place des spécialistes, des experts de l'intelligence. Nous avons, dans la région, toute une série d'équipements et notre rôle, c'est d'essayer de tracer, de chasser, de pourchasser ceux qui ont enlevé ces jeunes filles. Je les connais malheureusement puisqu'il s'agit de ce même groupe sinistre qui avait enlevé nos compatriotes, la famille des Moulin-Fournier, qu'heureusement nous avions pu récupérer, le père Vandenbeusch, et encore un autre otage. Ce sont des gens d'une cruauté absolue.

Notre rôle, c'est de nous mettre à la disposition des forces nigériennes pour essayer de remonter le fil.

Q - Justement, est-il question d'aider les forces nigériennes, par exemple, à une opération militaire ?

R - Nous n'en sommes pas là mais, en tout cas, pour le repérage, nous avons sur place des éléments qui nous permettent de voir et d'entendre. (...)./.

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8. Nigeria - RĂ©ponse de Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 13/05/2014)

Madame la Députée, ce que nous montrent ces enlèvements abjects de jeunes filles au Nigeria, c'est que, dans de nombreuses zones du monde, les femmes et les filles continuent d'être systématiquement prises pour cibles, niées dans leurs droits les plus fondamentaux, et en particulier celui à l'éducation, victimes de la traite, de l'exploitation, de l'esclavage à grande échelle.

J'entends trop souvent parler de «mariage forcé» pour décrire ce rapt barbare ; mais, quand on enlève des enfants pour les forcer à se marier avec des adultes, on les réduit à l'esclavage sexuel et on provoque des viols en série sur des mineures. Ces actes sont constitutifs de crimes contre l'humanité ; je crois qu'il nous faut employer les mots qui correspondent à la réalité.

La France, vous le savez, a apporté tout son soutien au Nigeria, en particulier dans le domaine du renseignement, et vous connaissez l'efficacité de nos services en la matière. Elle a envoyé dès la semaine dernière une équipe spécialisée pour assister les autorités nigérianes dans leurs efforts pour libérer ces jeunes filles.

Au-delà du Nigeria, au-delà de la France, c'est la communauté internationale tout entière qui a un devoir de protection envers ces jeunes filles et qui est interpellée. Vendredi dernier, le conseil de sécurité s'est exprimé sans réserves pour condamner ces actes. Lundi, les ministres des affaires étrangères de l'Union européenne ont clairement exprimé leur engagement à renforcer la lutte contre Boko Haram et à soutenir les sanctions. Nous sommes en train de mettre en place une coordination avec tous les pays de la région pour agir avec la plus grande efficacité, et c'est l'enjeu de la réunion que le président de la République a souhaité organiser, à la demande du président du Nigeria, ce samedi 17 mai à l'Élysée, avec les chefs d'État des pays frontaliers du Nigeria et des représentants des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Union européenne. Cette réunion permettra de bâtir des stratégies régionales pour lutter contre le terrorisme de Boko Haram et renforcer nos échanges de renseignement et de sécurisation de cet espace. Ces crimes ne demeureront pas impunis./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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9. Ukraine - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, et de son homologue allemand, Ă  l'issue du conseil des ministres (Paris, 14/05/2014)

(...)

Nous sommes en liaison constante avec Frank-Walter Steinmeier sur toute une série de questions et en particulier, bien sûr, concernant l'Ukraine. Je vous rappelle que nous étions ensemble à Kiev au mois de février et nous avions à l'époque, dans des conditions très difficiles, stoppé ce qui était le début d'une guerre civile à Kiev. Ensuite les choses se sont développées autrement mais nous restons en contact constant, à la fois la France et l'Allemagne mais aussi la France, l'Allemagne, la Russie, l'Ukraine, les États-Unis et nous agissons en permanence et de concert.

Dans les jours qui viennent, à la fois pour le dialogue national qui doit exister et par rapport à l'objectif de l'élection présidentielle ukrainienne le 25 mai, nous agissons en permanence ensemble et nous continuerons de le faire./.

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10. Ukraine - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Q - Sur la situation en Ukraine.

R - La situation en Ukraine est extrêmement difficile, situation de crise grave, avec les derniers événements, dimanche dernier, ce référendum qui n'a aucune valeur. Il n'y a aucun recensement d'aucune sorte et les pays d'Europe, et pas seulement eux, ont considéré le référendum comme n'ayant pas de valeur probante, mais là-bas la situation est extrêmement tendue.

Quelle a été notre démarche dès le début ? Quand je dis notre démarche, c'est celle de la France, et d'une façon plus générale, celle des Européens. Fermeté et dialogue, les deux. Fermeté parce que les actions qui ont été menées, en particulier par les Russes, ne sont pas acceptables. Vous rappelez l'annexion de la Crimée. On ne peut pas accepter sans réagir qu'un pays en annexe un autre ; si les frontières peuvent être violées sans aucune réaction ça signifie que tous les pays sont menacés, d'où la fermeté. De la même façon, fermeté par rapport à un certain nombre de comportements vis-à-vis de l'Ukraine de l'Est et c'est la raison pour laquelle nous avons pris des sanctions - j'y reviendrai pour répondre à votre question.

Nous avons pris deux degrés de sanctions et, hier encore, il y a eu un accord européen. Nous avons ajouté à la liste des sanctions 13 personnalités, plus deux entités, dont certaines concernent les Russes. Donc, une attitude de fermeté pour dire «il y a des choses qui ne sont pas acceptables» et, en même temps, nous continuons à dire qu'il faut aller vers une solution. Personne de raisonnable ne peut proposer de faire la guerre à la Russie. Aussi il faut qu'il y ait à la fois cette pression par les sanctions et le dialogue. Et c'est la raison pour laquelle, depuis le début, dans des circonstances qui ne sont pas toujours faciles, nous dialoguons avec à la fois les Ukrainiens, bien sûr - j'ai fréquemment au téléphone, le Premier ministre, M. Iatseniouk -, et avec les Russes, j'ai moi-même mon collègue Lavrov régulièrement. Le président de la République s'entretient avec M. Poutine et il y a toute une série de contacts, à mon niveau et au niveau du président de la République, avec les différentes parties prenantes.

L'objectif que nous poursuivons, j'insiste là-dessus, c'est de parvenir à ce qu'il y ait une élection présidentielle le 25 mai. Pourquoi ? Parce que, quand on est dans une telle situation de crise, et que, au demeurant, même les adversaires du pouvoir - surtout les adversaires du pouvoir -, considèrent qu'il n'y a pas d'autorité en place, il faut pour sortir de la difficulté, avoir une élection. Et donc, nous plaçons tous nos efforts pour essayer de faire en sorte que cette élection ait lieu le 25 mai. Je vous signale à ce propos, ce qui n'est pas su, que cette élection a déjà 23 candidats : plus de la moitié sont des candidats qui viennent de l'Est, ou du Sud. On ne connaît pas, par définition, quel sera le résultat et nous allons envoyer énormément d'observateurs, pour que ces élections se passent sous les meilleurs contrôles possibles. Voilà où nous en sommes.

Pour ce qui est des sanctions, je disais que nous avions établi trois degrés de sanctions, les deux premiers ont été franchis et pour savoir si nous devons ou non nous orienter vers un troisième degré, nous voulons voir ce qui va se passer en matière d'élections. Si les élections ont lieu, ce qui est la voie démocratique, à ce moment-là il n'y aura pas lieu d'exercer des pressions supplémentaires. Si, par obstruction, les élections étaient impossibles, à ce moment-là, nous devrions examiner un échelon supplémentaire, qui pourrait évidemment concerner toute une série de sujets, le sujet de l'énergie - je vais y revenir - le sujet de la finance, voire le sujet de la défense.

(...)

Q - As I understand it, France is engaging with Germany and trying to make more diplomatic talks between the government in Kiev and the separatists in Ukraine. So I'm wondering, from your perspective, do you see this as a way to stave off additional sanctions, or do you believe that there's actual optimism that President Putin may shift his calculus and may be more willing to abide by a diplomatic pathway? And does Germany - and France, I suppose -have the support of other major European powers, for pursuing this diplomatic path? And do you feel, as some believe, that Ukraine is on the brink of a civil war? Merci beaucoup.

R - Bien sûr nous agissons en liaison avec les autres pays d'Europe, puisque vous savez que dans cette matière, les décisions doivent être prises à l'unanimité. Notre objectif, c'est celui que je vous ai dit tout à l'heure : le dialogue, puisque nous voulons arriver à une solution par le dialogue. Et, en même temps, lorsque le dialogue ne donne pas de résultats suffisants, il y a la nécessité de sanctions.

En l'occurrence, mon collègue M. Steinmeier s'est rendu aujourd'hui à Kiev et devait se rendre à Odessa. Il nous en rendra compte demain puisqu'il est à Paris, pour se rendre au Conseil des ministres.

Il y a également la démarche de l'OSCE avec M. Ischinger qui va chercher à réunir un certain nombre de personnalités autour de lui. Je pense que dans une situation aussi tendue, c'est vrai qu'on n'est pas très loin de la guerre interne, guerre intestine, certains diraient la guerre civile, il faut utiliser sans faiblesse, tout en étant ferme, tous les moyens de la diplomatie possibles pour essayer de trouver une solution par la dialogue. C'est ce que nous faisons. Ce n'est pas «ou bien, ou bien», c'est utiliser les voies du dialogue et les appuyer par les voies de la fermeté. C'est cela la position de la France, qui est partagée par nos autres collègues.

(...)

Jusqu'en 1994, l'Ukraine avait un armement nucléaire important, c'était même le troisième par l'importance dans le monde. Et puis en 1994, l'Ukraine a accepté de renoncer à l'arme nucléaire à condition que son intégrité territoriale soit garantie. Elle l'a été par trois pays qui sont les États-Unis d'Amérique, le Royaume-Uni et la Russie. Et loin de garantir l'intégrité territoriale, l'un de ces pays, en l'occurrence la Russie, a décidé d'annexer la Crimée, c'est-à-dire de violer l'intégrité territoriale de l'Ukraine. C'est quelque chose de très grave au regard de la non-dissémination nucléaire. Pourquoi ? Parce que, imaginez que l'Ukraine ait conservé ses bombes atomiques, on se serait trouvé dans une situation différente.

Mais lorsque - laissons de côté l'Ukraine - la question est posée à d'autres pays, je ne parle même pas de l'Iran mais d'autres, est-ce que, au regard de ce qui s'est passé avec la remise des armes nucléaires et la garantie non tenue, est-ce que certains ne pourraient pas se dire «mais au fond, la seule garantie de l'intégrité, c'est d'avoir la bombe atomique» ?

C'est quelque chose que j'ai dit en particulier à mon collègue M. Lavrov. Je lui ai dit : «tu dis que tu es contre la dissémination nucléaire» - et je pense que c'est réel, parce que personne n'a intérêt à la dissémination nucléaire. «Mais est-ce que, en violant l'engagement de l'intégrité, tu ne donnes pas un argument extraordinaire à ceux qui vont dire qu'au fond, la seule garantie de l'intégrité, c'est d'avoir l'arme nucléaire ?» Et c'est une raison supplémentaire pour laquelle nous ne pouvons pas être du tout d'accord avec l'annexion de la Crimée./.

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11. Ukraine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Q - Vous avez rencontré John Kerry, le secrétaire d'État américain.

R - Oui. Sur l'Ukraine - nous en avons parlé -, notre position est simple, c'est à la fois le dialogue, parce qu'on veut arriver à une élection présidentielle le 25 mai et à une solution pacifique, et la fermeté. Parmi les éléments de fermeté, il y a les sanctions. Nous avons déjà pris deux degrés de sanctions. Vous le savez, encore hier à Bruxelles, nous avons sanctionné treize personnes et deux entités.

(...)

Q - Certains ont le sentiment qu'on a en quelque sorte délégué à l'Allemagne, à Angela Merkel et peut-être à Barack Obama la défense des intérêts sur l'Ukraine, la politique étrangère française. C'est une accusation en pleine élection européenne qu'on entend.

R - Non, je pense que personne de sérieux ne peut soutenir cela. S'agissant de l'Ukraine, vous savez que la semaine dernière, Angela Merkel et François Hollande étaient ensemble. Demain, nous avons invité M. Steinmeier, mon collègue allemand, à venir au Conseil des ministres. Nous sommes en liaison permanente. Je suis en liaison permanente aussi bien avec le Premier ministre ukrainien qu'avec le ministre des affaires étrangères russe, le président français avec ses homologues. Donc, nous travaillons ensemble dans cette affaire qui est très difficile parce qu'on est proche de la guerre civile. Mais nous disons qu'il faut à la fois du dialogue, parce qu'il faut une solution pacifique et, en même temps, de la fermeté. Et croyez-moi, en matière de fermeté, la France est au premier rang.

Q - Est-ce que cela ne vous choque pas - lorsque vous dites : «On est au bord de la guerre civile», on sent bien cette tension très forte...

R - Bien sûr !... (...)./.

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12. Russie - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Q - Sur l'Ukraine, les États-Unis ont exprimé publiquement, récemment et depuis longtemps, leur inquiétude à propos de la vente de navires de guerre du type Mistral par Paris à la Russie. Alors vous sortez d'un entretien avec le secrétaire d'État. Est-ce que M. John Kerry vous a demandé de renoncer ou de suspendre la livraison de ces bateaux à Moscou et si oui qu'est-ce que vous lui avez répondu, est-ce que vous êtes prêts dans le cadre de nouvelles sanctions contre Moscou à renoncer ou à suspendre à ce contrat. Et si non, est-ce que vous pensez que ce contrat doit être honoré pour préserver l'emploi en France ou les bonnes relations entre Paris et Moscou, merci ?

R - Alors non, l'expression de John Kerry n'a pas été celle-là. Je vais peut-être à cette occasion vous dire un certain nombre de choses sur l'Ukraine et puis traiter la question que vous me posez.

À propos de ces contrats concernant deux bateaux, je tiens à dire qu'ils ont été signés en 2011, c'est-à-dire il y a maintenant trois ans, qu'ils concernent deux bateaux, qu'ils ont un montant d'un milliard deux cent millions, dont plus de la moitié ont déjà été versés et la règle dans le domaine des contrats, c'est que les contrats qui ont été passés sont honorés et nous n'avons pas juridiquement la possibilité de ne pas les honorer. Mais la décision finale devra être prise en octobre, c'est à ce moment-là que nous verrons quel sera le contexte juridique de cette décision. Bien évidemment la France fait toute sa part du chemin mais il faut bien réaliser que les sanctions sont dirigées contre les Russes et pas contre l'Europe.

(...)

Q - Vous avez évoqué les sanctions anti russes ; malgré ces sanctions vous avez invité le président Poutine à assister à la cérémonie du D-Day en Normandie. Pourquoi n'y-a-t-il pas de rencontre bilatérale prévue entre le président Poutine et le président Hollande ?

R - Le président français a invité tous les pays qui ont été partie au conflit à l'époque et c'est vrai que les Russes ont perdu des millions de personnes dans cette guerre tragique. Et il était tout à fait normal, au nom de l'Histoire, au nom de tous ceux qui sont morts, que soient invitées, bien sûr, les autorités qui représentent cette population. C'est cela qui explique et justifie l'invitation au président Poutine. Parallèlement, il est prévu qu'il y ait un contact entre le président Poutine et le président Hollande puisque le président Poutine sera en France à ce moment-là.

L'invitation est au début du mois de juin. Nous espérons que l'élection présidentielle en Ukraine, prévue le 25 mai, aura eu lieu et de toutes les manières, il y a des contacts directs et indirects, aussi bien entre le président Poutine et le président Hollande qu'avec les autres présidents, et qu'entre moi-même et mes homologues. Toutes ces personnalités se parlent bien sûr.

(...)./.

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13. Russie - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Q - Vous avez rencontré John Kerry, le secrétaire d'État américain.

R - Oui.

Q - Est-ce que vous lui avez dit que la France suspendrait la livraison de Mistral Ă  la Russie ?

R - Sur la question des Mistral, c'est un contrat qui a été passé en 2011 - donc cela fait déjà trois ans - qui est en train d'être exécuté. Les Russes ont déjà acquitté, sur un milliard deux cents millions, sept cents millions et il n'y a pas de rétroactivité dans ce domaine. Donc j'ai dit à mon interlocuteur américain, comme je dis aux autres, que bien évidemment, nous allons respecter le droit. Aujourd'hui, le droit fait que le contrat est exécuté. La décision définitive sera prise au mois d'octobre.

(...)

Q - Que Vladimir Poutine vienne le 6 juin en France pour le DĂ©barquement, Certains partis politiques trouvent cela choquant puisqu'il serait en partie responsable de la situation...

R - Il y en a qui trouvent que nous sommes les valets des Américains, d'autres que nous sommes les valets des Russes. Non, nous sommes un pays indépendant qui défend ses valeurs. Pour ce qui concerne le 6 juin, il y a une invitation lancée à beaucoup de chefs d'État dans le monde pour tous ceux qui ont été partie prenante dans la guerre. Et il est vrai que les Russes ont perdu des millions de combattants dans la guerre ! Alors, aujourd'hui, c'est M. Poutine qui est le chef de l'État, donc il est invité. Il y aura aussi le président Obama, la reine Elisabeth et toute une série de chefs d'État et de gouvernement à travers le monde.

Q - Est-ce que justement cela pourrait ĂŞtre l'occasion d'un sommet international du coup ?

R - Je crois qu'il est prévu une rencontre entre le président Poutine et le président français. Est-ce que cela s'étendra à d'autres ? Je ne sais pas. (...)./.

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14. Syrie - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Maintenant si on va un petit peu plus au fond, la question qui est posée est celle de l'équilibre entre le dialogue et la fermeté. Et là, mesdames et messieurs, je voudrais absolument être clair : la France n'a de leçon de fermeté à recevoir absolument de personne. Et je voudrais donner quelques exemples.

En ce qui concerne la Syrie, dont nous allons parler dans un instant, on se rappelle, mais je vais vous donner de nouveaux éléments intéressants, que lorsqu'il s'est agi de déceler et de tirer les conséquences des armes chimiques, quel a été le pays qui a pris position le plus rapidement et qui a été le plus ferme ? C'est la France ! Quel a été le pays qui a proposé qu'il y ait des frappes sur le régime de M. Bachar Al-Assad, pour tirer les conséquences de l'utilisation des armes chimiques ? C'est la France ! Quel a été le pays qui, ensuite, aujourd'hui, propose de déférer, devant la Cour pénale internationale, les responsables syriens pour les crimes contre l'humanité qu'ils ont commis ? C'est la France !

Et j'ajoute qu'aujourd'hui même je suis en mesure de vous dire que nous avons des indications selon lesquelles le régime de M. Bachar Al-Assad, au cours des dernières semaines aurait utilisé à nouveau des armes chimiques, cette fois-ci du chlore, et que nous sommes en train de vérifier l'utilisation de ce chlore. Nous avons demandé à l'organisation internationale chargée de lutter contre les armes chimiques, l'OIAC, de faire les vérifications et à d'autres pays, je pense aux États-Unis et à la Grande-Bretagne, de faire de même. Donc en matière de Syrie et de fermeté, personne ne peut donner de leçon à la France.

(...)

Q - I'd like to follow up on a few of the things you just said about Syria - there was an incident a few weeks ago about a chemical weapon. Are you talking that Syria is continuing to use chlorine bombs against its people? And then just on the general sense about France's firmness, it does seem as though France has been pushing on various areas, as you said. On Syria you were looking to provide more robust weapons, perhaps to the rebels; you've been talking about the ICC; in Nigeria, in Mali, in a lot of areas in Africa, France seems to be taking the lead. Do you think that is in any way indicative of France taking more of a leading role on the world stage and America taking a backseat? There's all this talk about America leading from behind but it seems as if France is the one leading the Americans right now.

R - About the general behavior of France. We don't give lessons to anybody. We are not arrogant, and I will not be in a position, a sort of stupid position, saying to other countries, you have to do this, you have to do that, and in particular to our American friends. But what we're saying is that it is well-known and recognized by everybody that the position, the international positions of France are accepted and praised by the vast majority of the democratic nations. When we have intervened in Africa, it was always because we have been authorized to do so by United Nations and by African Union, and it is the honor of France to have acted in that way.

And when it came to Syria, you remember that we have been among the first to say they are using chemical weapons. It is because we did insist that eventually those who were saying that there were no chemical weapons being used - that is to say Mr. Bashar Al-Assad and even the Russians -, had to acknowledge that there chemical weapons had been used. Now, if I am drawing a sort of balance sheet about where we are with the commitments which have been taken by Syria itself, on the chemical weapons side, you know that they have committed to abolish the chemical weapons.

Today, this commitment is fulfilled only to 92 percent, Besides, production facilities are concerned, and they have not been destroyed. Regarding the remaining 8 percent, it is a real danger as it's close to Jabat Al Nusra. More over, we have some reasons to think that the regime has not made everything official, I mean public.

Besides, regarding the latest allegations of use of chemical weapons, we have credible witnesses for uses - at least 14 uses - of chemical agents since October 25th 2013. Those allegations have been estimated as serious as to lead the OPCW Director General to send a mission to Syria to work about what the facts are. Samples were taken - but samples of chlorine are difficult to assess because chlorine can evaporate rather quickly. We are working on that, but it shows that the regime of Bashar Al-Assad is still capable of producing chemical weapons and determined to use them. It is the reason why we are making an inquiry about it. It is the reason why we have asked, and the vote will take place in a few hours, to defer that to the International Criminal Court.

In That context is one other element which shows that the so-called election of Mr. Bashar Al-Assad is a tragic mockery. That is the reason why France and Germany refuse to organize, in France and in Germany, these elections ; as it would mean being the accomplice of these murderers. I think I'm clear.

[Maintenant en français, parce qu'il y a quand même quelques personnes qui parlent le français, heureusement. Le régime de Bachar Al-Assad s'est engagé à détruire complètement les armes chimiques. Aujourd'hui, 92 % de ces armes chimiques sont détruites. Nous avons beaucoup d'éléments qui nous amènent à penser qu'un certain nombre de ces armes chimiques ont été dissimulées et d'autre part nous avons des éléments - au moins 14 éléments - qui montrent que dans les semaines récentes, des armes chimiques - en plus petites quantités - ont été à nouveau utilisées, notamment du chlore, et nous sommes en train de faire examiner les échantillons qui ont été prélevés. Cela montre que le régime de Bachar Al-Assad, malgré ses engagements, continue à être dans une capacité à produire des armes chimiques et de les utiliser. C'est un argument supplémentaire pour ce que nous avons décidé, c'est-à-dire porter devant la Cour pénale internationale la situation en Syrie. Nous avons demandé que dans les jours qui viennent Il y ait un vote au Conseil de sécurité des Nations unies sur la saisine de la cour pénale car, pour nous, il ne peut pas y avoir d'impunité. L'impunité n'est pas une issue.

(...)

Q - As you noted, France was supportive last year when the United States indicated it was willing to launch a military strike against Syria in response to its use of chemical weapons. If it's proven that the regime has again used chemical weapons -or continued to use them, as you say -would you again support a military strike? And secondarily, during his visit here, President Jarba of the Syrian Coalition, has said publicly many times, and privately to the Administration, that they believe that they need to have surface-to-air missiles. The United States has said it does not want to do that, and other countries so far have respected that view of the United States. What would France's position be toward that request from the Coalition?

R - Sur la question des armes chimiques, vous rappelez que la première fois il s'agissait d'une utilisation massive des armes chimiques. À l'époque, un grand dirigeant avait dit «c'est la ligne rouge» et nous nous avions décidé de nous préparer à une frappe avec, notamment, les Britanniques et les Américains. Cela n'a pas été possible parce le Parlement britannique a refusé le principe d'une intervention et ensuite le président américain a dit que finalement il n'y aurait pas d'attaques dans ces conditions. Il n'était pas question que la France agisse toute seule.

Nous le regrettons parce que nous pensons que cela aurait changé beaucoup de choses à beaucoup d'égards, mais c'est un fait nous n'allons pas reconstruire l'histoire. Aujourd'hui les éléments chimiques dont nous disposons sont de moindre importance, il faut avoir l'honnêteté de le reconnaître. D'autre part, on ne peut pas dire que la situation se soit améliorée depuis le moment où cette menace avait été formulée et finalement n'a pas été mise à exécution. Ce n'est pas quelque chose qui est actuel, mais c'est vrai que s'il est établi que, à nouveau, le régime de Bachar Al-Assad a - comme nous le pensons - utilisé des armes chimiques, c'est un nouvel élément extrêmement écrasant s'agissant de sa responsabilité.

Vous avez posé la question des soutiens apportés à l'opposition modérée. Notre position est celle-ci : M. Bachar Al-Assad est l'assassin de son peuple. Il faut toujours avoir à l'esprit que tout a commencé avec une petite révolte de quelques jeunes gens en Syrie, qui a été réprimée de telle façon que, trois ans plus tard, nous en sommes à 150.000 morts. C'est comme cela que les choses ont commencé, à cause de la réaction scandaleuse, et le mot est trop faible, de M. Bachar Al-Assad. Là-dessus, d'autres éléments se sont greffés.

Donc, d'un côté M. Bachar Al-Assad, ne peut pas, bien évidemment, être l'avenir de son peuple. De l'autre côté, il n'est pas question non plus que nous soutenions les groupes terroristes, que nous combattons, Al Qaïda et les autres. Et donc notre soutien va à ce que nous appelons l'opposition modérée représentée par M. Ahmed Jarba qui est je crois présent et que j'ai fréquemment au téléphone. Il exprime cette opposition modérée qui lutte pour une opposition libre, démocratique et faisant sa place à tous les groupes. L'objectif étant, même si c'est extrêmement difficile, de trouver une solution politique où il y aurait un accord entre cette opposition modérée et une partie du régime de M. Bachar Al-Assad, sans M. Bachar Al-Assad. C'est vers quoi on doit essayer d'aller, même si les efforts menés à Genève ont été jusqu'ici sans résultat.

Ces groupes d'opposition modérée ont besoin de soutien et notamment de soutien armé. Du côté de M. Bachar Al-Assad, les armes sont fournies par les Iraniens et les Russes, en particulier et du côté des groupes terroristes, ils se procurent beaucoup d'armes. Il y a, d'ailleurs, souvent une complicité objective entre M. Bachar Al-Assad et les groupes terroristes. Du côté de l'opposition modérée, il y a des armes qui sont fournies mais en ce qui concerne l'Europe, donc la France, il y a des règles qui empêchent la fourniture d'armes létales et la France, bien sûr, se conforme à cette réglementation.

(...)./.

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15. Syrie - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

On ne peut pas donner de leçon de fermeté à la France. Lorsqu'en Syrie, il s'est agi de dénoncer l'utilisation d'armes chimiques, c'est la France qui l'a fait. Lorsqu'on a menacé - finalement, cela n'a pas été possible à cause du comportement de tel ou tel autre pays - de frapper sur M. Bachar Al-Assad, c'est la France qui l'a fait. Lorsqu'aujourd'hui, nous disons qu'il faut mettre devant la cour pénale internationale M. Bachar Al-Assad, c'est la France qui le fait.

Je vous dis aujourd'hui - c'est une nouvelle que je vous apprends - que nous avons des indications selon lesquelles il y aurait de nouvelles utilisations d'armes chimiques par le régime d'Assad et, toujours, la France fait preuve de fermeté, comme nous avons fait preuve de fermeté en Iran, comme nous faisons preuve de fermeté en Afrique. Donc il n'y a pas de leçon de fermeté à recevoir. (...)

Q - Vous avez évoqué la Syrie et l'utilisation d'armes chimiques que vous affirmez avoir encore donc été utilisées. Qu'avez-vous décidé avec John Kerry pour réagir justement ?

R - Nous avons des échantillons sur au moins quatorze utilisations depuis les semaines qui viennent, essentiellement du chlore. C'est assez difficile à prouver, puisque le chlore s'évapore, mais c'est tout à fait contraire aux engagements que la Syrie a pris. Nous allons essayer de le prouver. Les Britanniques et les Américains font de même et le directeur de l'OIAC, s'est engagé à déployer une mission de vérification.

En fonction de ce que nous pourrons vérifier, nous prendrons nos décisions mais, d'ores et déjà, sur la question syrienne, comme vous le savez sans doute, nous avons décidé de demander que la cour pénale internationale soit saisie pour ce qui se passe en Syrie qui est un drame épouvantable dont M. Bachar Al-Assad porte l'essentiel de la responsabilité.

Q - Est-ce que vous regrettez que Barack Obama n'ait pas accompagné l'initiative française, n'ait pas joué son rôle dans la crise syrienne et dans l'offensive qui était programmée et qui n'a pas eu lieu ?

R - Je pense, sans vouloir refaire l'histoire - ce qui n'a pas d'intérêt -, que les choses auraient été différentes. Mais vous vous rappelez sans doute comment, d'une part, les Britanniques n'ont pas obtenu l'autorisation de leur Parlement et comment le président Obama, finalement, a estimé ne pas pouvoir accompagner les frappes. Et il n'était pas question que la France frappe toute seule. Mais il est vrai qu'à la fois sur l'aspect chimique, sur la destitution de M. Bachar Al-Assad et peut-être aussi sur le comportement russe, les choses probablement eussent été différentes. (...)./.

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16. Iran - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

S'agissant de l'Iran, et je pense que vous aurez quelques questions là-dessus, puisque les négociations reprennent aujourd'hui même, vous êtes suffisamment avertis de ces choses pour savoir que, si un accord a pu être trouvé dans des conditions qui ont été jugées satisfaisantes, c'est parce que - en particulier la France -, à un certain moment, a dit non à ce qui était proposé et que le résultat final a été rendu possible parce que la France a fait preuve de fermeté.

(...)

Sur l'Iran je voudrais - puisque les négociations reprennent aujourd'hui et qu'il s'agit d'un point extrêmement important - vous donner quelques éléments. Je ne sais pas si certains d'entre vous étaient présents pour l'allocution que j'ai faite hier devant l'American Jewish Committee, j'ai défini, et je le fais à nouveau en quelques mots devant vous, quelle est la position de la France dans cette négociation qui reprend et qui, normalement si c'est possible, doit aboutir avant le 20 juillet.

La position de la France est la suivante. D'abord nous considérons que la prolifération nucléaire est un danger très sérieux, peut-être le plus grand danger, pour la paix et la sécurité dans le monde. Nous travaillons avec cinq autres partenaires, qui sont les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité, plus l'Allemagne, et jusqu'à présent nous avons réussi - ce qui est très important - à être unis. Nous avons adopté ce qu'on appelle «la double approche», c'est-à-dire : d'un côté des sanctions, mais des sanctions devant permettre un processus politique ; et de l'autre des négociations en espérant que notre dialogue va déboucher.

Notre position repose sur trois principes pour cet accord.

Premier principe, l'accord devra être complet. Nous avons fait inscrire dans l'accord provisoire, que l'Iran a signé, une phrase qui dit qu'en aucun cas l'Iran ne doit ni rechercher ni posséder d'armes nucléaires. Le nucléaire civil oui, la bombe atomique non. Et nous demandons que l'on tire toutes les conséquences dans tous les domaines de cette affirmation - en ce qui concerne les centrifugeuses, le réacteur d'Arak, l'enrichissement et les stocks d'enrichissement - bref tous les sujets pour un accord complet.

Deuxième point : l'accord doit être transparent. Nous demandons, et même nous exigeons, que l'ensemble des travaux auxquels l'Iran a procédé en matière nucléaire soient connus et vérifiés par l'agence internationale de l'énergie atomique pour qu'il n'y ait pas de trou dans la connaissance que nous avons de ce qu'a fait l'Iran en matière nucléaire. Donc un accord complet, un accord transparent.

Enfin, un accord sûr. Nous devons aussi nous placer dans l'hypothèse, qui a existé historiquement, où il y a une signature mais où en l'occurrence l'Iran ne respecte pas sa signature. Nous avons déjà vu ça dans le passé avec en 2003, la Corée du Nord, en 2005 avec l'Iran. Il faut à ce moment que nous prévoyons des mécanismes tels que nous disposions de temps pour réagir. C'est ce qu'on appelle «breakout time» : si jamais on nous a abusés, si jamais l'Iran, ayant conclu un accord, décidait de changer de point de vue, il faut que nous puissions réagir.

Voilà les conditions précises que nous posons. L'accord doit être complet, doit être transparent, doit être sûr. Et on peut faire confiance à la France pour être ferme. C'est encore le terme que j'utilise sur ce plan comme nous l'avons été lors de la première phase de discussion.

(...)

Q - Si je comprends bien la position de la France en ce qui concerne l'Iran, cela recouvre d'ailleurs la position de Washington ou plutôt de Barack Obama, mais ce n'est pas exactement la position des Républicains, ce n'est pas non plus la position du gouvernement israélien, pas plus que la position des Saoudiens. Comment allez-vous essayer de convaincre tous ceux qui bloquent des quatre fers ?

R - Sur les Républicains, je ne suis pas expert en politique interaméricaine mais je me rappelle l'expression du sénateur McCain, que je ne veux pas compromettre, mais qui disait avec son plus bel anglais, lorsque nous sommes intervenus dans la négociation en Iran : «J'ai une chose à dire : vive la France». Et donc je crois que même s'il peut y avoir telle ou telle différence, cette position de fermeté est très largement partagée.

En ce qui concerne Israël, vous savez que nous sommes amis des Israéliens, et des Palestiniens aussi d'ailleurs, et ils nous font connaître leur point de vue. Eux ont un point de vue qui consiste à dire : quelque accord que ce soit, c'était un mauvais accord. En même temps, ils ont rendu hommage, et c'était encore le cas ce matin même, à la position de la France, puisqu'ils considèrent que le premier accord, pas celui-là, qu'on ne connaît pas encore, mais le premier accord n'aurait jamais été aussi solide s'il n'y avait pas eu l'intervention de la France.

Et je dois dire une chose, à laquelle peut-être vous serez sensible : bien évidemment, il faut être très attentif dans cette question du nucléaire iranien aux conséquences que cela peut avoir sur les pays de la région, en particulier pour Israël. Mais la question est plus vaste. C'est la raison pour laquelle j'ai toujours refusé que l'on pose cette question de l'Iran et du nucléaire iranien par rapport à Israël exclusivement. On comprend bien en effet que la question pourrait être retournée : en disant «au fond il n'y pas vraiment de problème, c'est parce qu'Israël...». Non, c'est une question générale qui est celle de la prolifération nucléaire. Parce qu'à partir du moment où vous auriez un pays comme l'Iran qui se doterait de l'arme nucléaire, on comprend bien que, dans cette région, toute une série de pays voisins, et vous les avez à l'esprit comme moi, se diraient «s'il y a un pays qui a l'arme nucléaire, alors nous il faudrait que nous ayons l'arme nucléaire aussi». Autant dans le passé, la possession d'arme nucléaire a pu être dissuasive lorsqu'elle était entre peu de mains, autant s'il y a une dissémination, à ce moment-là, c'est la catastrophe assurée. (...)./.

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17. Iran - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Aujourd'hui même reprennent les négociations avec l'Iran sur l'arme nucléaire. Vous savez notre position qui a encore une fois été et demeure extrêmement ferme : nous disons oui pour le nucléaire civil ; mais non pour la bombe atomique : il n'est pas question que l'Iran puisse l'obtenir. Et là encore, on peut compter sur la France. (...)./.

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18. Allemagne - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, et de son homologue allemand, Ă  l'issue du conseil des ministres (Paris, 14/05/2014)

Mesdames et Messieurs,

Depuis la guerre, il n'y avait jamais eu de ministre des affaires étrangères d'un pays ami invité au Conseil des ministres. Le président de la République, le Premier ministre et moi-même avons souhaité que Frank-Walter Steinmeier puisse venir participer avec nous à cette instance qui est la plus haute du pouvoir exécutif français.

Je vous écoutais parler tout à l'heure, de l'Ukraine, de la situation internationale - puisque nous avons échangé sur ce point - et je dois dire que, même pour nous qui sommes habitués à beaucoup de choses, entendre le ministre des affaires étrangères allemand s'exprimer, dans l'amitié et la fraternité, au sein du Conseil des ministres à un moment où il y a de telles tensions en Europe, je ne sais pas si vous avez eu la même réaction que moi mais, pour moi, c'est une chose très émouvante que j'ai ressentie.

Je suis vraiment très reconnaissant à Frank Walter Steinmeier d'être là. Dans la visite retour, je me rendrai moi-même en Allemagne. Nous travaillons ensemble, côte à côte, tous les jours mais cette visite et cette participation est le plus grand symbole d'amitié qui puisse exister entre l'Allemagne et la France. (...)./.

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19. Turquie - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique (Paris, 14/05/2014)

Le président de la République a appris avec consternation la mort de plus de 200 mineurs après une explosion dans une mine de charbon dans le district de Soma, dans la province de Manisa en Turquie. C'est une tragédie qui suscite une grande émotion.

Il a exprimé au Premier ministre Erdogan tout le soutien et la solidarité de la France à l'égard de la Turquie dans cette épreuve.

Il a proposé à la Turquie de mettre à sa disposition toute assistance dont elle aurait besoin pour porter secours aux survivants./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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20. Ă‰tats-Unis - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «CNN» (Washington, 12/05/2014)

Q - Laurent Fabius. Foreign minister, thanks very much for coming in. You've seen those heartbreaking pictures of what's going on. An Iranian parliament member just said Assad has won in Syria. The regime will stay, the Americans have lost. It certainly looks like Assad, at least for now, has won.

R - Well, I don't think so. In fact, everything started in Homs. And it's because of the reaction of Assad, which was a foolish reaction, very violent, that everything has started. And then today, you have 150,000 dead people.

Q - But he's still in power.

R - Yes, unfortunately, he's still in power. Through terror, through the help of the Iranians, of the Russians and of Hezbollah. And what do we have to do? To support the moderate opposition because we don't accept the fact that a dictator can be the future of its people. Inaction is not an option.

Q - You know, last week, Mike Rogers, the congressman, the chairman of the House Intelligence Committee, was very knowledgeable. He said that he is most worried about Syria right now because there are thousands of what he called «terrorists involved in a jihadist Disneyland there».

R - That's very true.

Q - Westerners have foreign passports. They are training now, and they're getting ready to come to France, the United States, and elsewhere.

R - That's very true. And that's a tragedy. You have on the one hand, Bashar, who is a dictator and on the other hand terrorist groups We can't support either of them. And therefore, we have to support the moderate opposition. President Al-Jarba was there in Washington a few days ago.

Besides, we have to put these mass crimes and crimes against humanity through the International Criminal Court. France today has asked the Security Council to put them into the International Criminal Court.

Q - But the Russians will veto any of those resolutions.

R - You will see that. Russia can veto them indeed. But it means that they have no consideration for any human life, and we cannot accept this.

Q - All right, bottom line in Syria, Bashar al Assad at least for now is there to stay?

R - Indeed, in few days this tragic mockery of the election will take place. Bashar al Assad is supposed to be reelected. How can you organize an election under those circumstances?

Q - All right, let's talk about Ukraine right now. That's a huge mess. Obviously not on the scale of Syria, but potentially could be a real problem. There's been some criticism of France because it's going ahead with military sales to Russia, even at a time of Western sanctions against Russia, including two warships.

R - Well, first, France has done what it has to do. Now, our hope in Ukraine is to organize presidential election on the 25 of May because when you have such a crisis, you have to organize an election. Then you know the action of the Russians and therefore, we have decided sanctions. And all of us -

Q - But you're going to go - look, we're showing you pictures of these warships. These are pretty sophisticated. This is a billion- dollar deal.

R - Yes. These warships, the order dates from 2011. And we have a rule: when there is a contract, it has to be implemented.

Q - So finally Putin is going to get control of these warships?

R - No. The decision will be taken in next October. But if we come to new sanctions, it has to apply to defense, to finance and to energy as well. Not only to defense.

Q - Are you on the same page as the Obama administration when it comes to future tightening of sanctions against Russia because of Ukraine?

R - I think so, provided that everybody does the same sacrifices. It's not a sanction against Europe. It's a sanction against Russia. You must not forget it.

Q - But there will be a price Europeans will be paying, obviously.

R - Yes. Well, two figures. Out of 28 members of Europe, you have six member states who are depending by 100 percent on Russian gas. And you have seven other countries depending more than 50 percent. That means that you have 13 countries depending on Russian gas – it's one of the problems, and everybody has to make sacrifices./.

NB : ce discours est publié dans la langue dans laquelle il a été prononcé.

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21. Ă‰tats-Unis - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, devant The Brookings Institution (Washington, 13/05/2014)

«France in an Age of Geopolitical Upheaval»

Thank you, Mr. President, for your kind introduction. It's a pleasure to be in Washington, one of the very few cities that, surprisingly enough, I had not visited on my own since I became Minister of Foreign Affairs two years ago. The reason is obviously not lack of interest. On the contrary, French-American relations have reached a high point, and our exchanges are extraordinarily intense. The reason I never came is that John Kerry is nearly never here. I was able to catch him in his office at the State Department this morning, but he seemed surprised. Generally our meetings take place in more exotic places like Paris, so it was only time that I repay him the visit.

I'm also happy to be at Brookings, an institution which has blossomed under your leadership. In the late 1990s, Phil Gordon, now President Obama's adviser for the Middle East, created the Center on the US and France, which later grew into the Center on the US and Europe. Since then, exchanges with French scholars have been sustained. We will make sure it continues.

Let me start this address by a rather dark but hardly surprising assessment. We live in dangerous times because the pillars of the international order are increasingly being questioned. It is not just that the world has grown more complex and interdependent. Although certainly true, that was the story of the two previous decades. The novelty is that various taboos of international life are being broken, making the world more chaotic.

In the Middle East, the taboo against chemical weapons has been shattered by the Assad regime. Next door, Iran is challenging the nuclear non-proliferation taboo, already broken by North Korea. Moral taboos are under stress as well. In Syria, a barbaric regime is using mass crimes and famine to prolong its hold on power. In Africa, the specter of genocide has come back in the Central African Republic or South Sudan.

In Europe, the taboo of State sovereignty and territorial integrity – a cornerstone of world order – was violated by Russia when it annexed Crimea. It is troubling and dangerous to see Russia, a permanent member of the Security Council, undermine its international commitments and ignore its role of guarantor of Ukrainian integrity, offered in exchange for Kiev renouncing nuclear weapons in 1994. That contributes to making the non-proliferation taboo less relevant.

These broken taboos reveal something about our world. They tell us of tectonic shifts happening, even though we don't know yet their full scope:

- On one side, emerging countries are increasingly asserting themselves. Don't get me wrong: this is a positive trend and a natural process by which great countries such as China and India regain the central place they had for centuries. It would therefore be pointless and counterproductive to try and resist this evolution. But it is true that those countries need to share the responsibilities in sustaining the international order. We see greater contribution by China to African security or the Iranian proliferation issue, and we commend India's leadership in peacekeeping operations. But we have not yet reached a point where emerging powers would be full-fledged providers of common goods.

- The United States and Europe had been the main purveyors of stability over the past two decades, whether in the Balkans or in Africa. But they have largely turned inwards since the 2008 financial crisis. In your country, war fatigue has made the public reluctant to get dragged in international crises, while the Euro crisis focused the attention European leaders on «domestic» issues.
This conjunction created a sort of vacuum, in which, to put it briefly, there is no stabilizing power nor any sufficient regulation to address crises. I am aware that the long-time promotion by France of a multipolar world raised suspicion in the past that it was just a way to contest American centrality in international relations. But we have moved beyond those theological debates as we are now all confronted with what I call a zero-polar world. We need to address this situation with pragmatic solutions.

In this context of geopolitical upheaval and – relatively speaking - power vacuum, France has done its best to adapt and develop a strategy, both to address immediate challenges and to shape a sustainable world system. Indeed, the risk is to play the fireman and treat international crises as a succession of emergencies without being able to reduce their occurrence or to see the larger picture. We need to anticipate more, and change the conditions in which the future itself will be written. That's why, under the leadership of the French President François Hollande, I have determined four major lines of long-term action for the French diplomacy, which can each be summed up in one word: peace, planet, Europe and growth. Due to time constraints, I won't go into developing each of those axes, but I would like to give concrete illustrations for each of them:

- First, peace. France has been on the forefront of international response to crises and challenges over the past 2 years. We have been side by side with the EU, our American friends and NATO allies on a host of issues, jointly addressing proliferation challenges in Iran and the Korean peninsula, crises in the Middle East or terrorism in Africa. Sometimes, France had to take the initiative on its own to cope with emergency situations. That was the case in Mali when al-Qaeda affiliated terrorist groups threatened to march on the capital. A swift reaction was necessary, and after we helped our Malian friends, with African support, to reconquer their own country, we assisted them in organizing successful elections and setting up a process of reconstruction.

In the Central African Republic, six months ago, disintegration and large-scale religious tensions were threatening lives, and here again, we acted swiftly. In both cases, a UN peacekeeping operation has been approved to take over French and African efforts.

Yet, although we intervened in Africa twice last year, we see each intervention as another collective failure to build robust African capacities. It is for Africans first to take care of Africa's security. Last December, France committed to supporting the establishment of African rapid deployment capacities. The EU Africa Summit in April echoed this commitment. This morning, John Kerry and I decided to increase our joint efforts to this end.

- Then the planet. This covers two dimensions. First, global governance, of which the UN is a pillar. In line with our commitment to international law and multilateralism, we always care to act under the aegis of the United Nations, which remains the key source of international legitimacy. The problem is that the UN Security Council is increasingly paralyzed in the face of mass atrocities. That's why we suggested the adoption of a code of conduct to refrain from using veto when mass crimes are committed. This would be a voluntary and collective agreement by the 5 permanent members. We are now discussing it with partners, starting with the US, with a view to raising the issue during next UN General Assembly. We are not naĂŻve: it will be very difficult, but we are not ready to accept UN paralysis. Our goal is to put this question on the agenda of the 70th anniversary of the United Nations in 2015.

The planet also means, very concretely, our very survival. We are on the edge of a climatic abyss: if the current trend continues, the rise of temperatures may not be limited to 3.6 degrees Fahrenheit (2° Celsius) above pre-industrial levels, but might reach 7 to 9°F (4-5°C), which would be catastrophic. In this context, the UN Conference on climate change which will take place next year in Paris is a top-priority. The goal is to achieve a post-2020 agreement that should include all countries and be legally binding.

This is ambitious, but there are glimmers of hope. Compared with Copenhagen, climate denial is less audible. The latest US report on climate change was a wake-up call. It demonstrates President Obama's personal commitment on this issue. The business community is also moving. The shift is not limited to the developed world. China knows it has to act, and it is acting. I discussed it in depth with Chinese leaders. African states are committing to sustainable development strategies. Brazil and South Africa have set ambitious environmental targets. The way to Paris is not easy but it is indispensable and doable.

Third comes Europe. I am aware of the interrogations, and sometimes skepticism in this country about the future of the EU. It its true that the Euro crisis was so serious that, at some stage, the whole fabric of the EU appeared to be in jeopardy. But, by and large, we have overcome this challenge and moved towards a stronger integration. We are now working towards rapidly achieving a banking union and better governance of the Euro Area. We are putting forward new initiatives for a common energy policy and for better collective action in support of economic growth, particularly in the industrial sector.

Beyond this, the main question is whether Europe genuinely wants to be a power and if its nations are ready to share a part of their sovereignty to do so. We, the French, with others, believe that Europe can and must follow this path and we are working to improve our cooperation. Of course, European states will not disappear. But we must strengthen our collective action. We actively take part in all EU peace operations. We also provide reassurance to fellow EU member States when needed, as when we recently sent jet fighters and surveillance planes in Lithuania and Poland or by supporting Estonia in cyber-defense. We are propping up cooperation with Germany: a few weeks ago, I travelled with M. Steinmeier to Moldova and Georgia in order to demonstrate European commitment in the face of Russian pressure. We then continued our journey to Tunisia to express European support to the political transition in this country. The «Weimar triangle» adds Poland to the French-German engine. In this format, we pushed through an agreement in Ukraine in February, which paved the way to changing the situation in Kiev and avoiding a civil war. The first achievement of the European Union is peace in Europe. The Ukraine crisis is a useful reminder that peace is something that should not be taken for granted, even on European soil.

Last but not least, economic growth and renewal. A country that loses economic strength will sooner or later be weakened on the world scene. Its ability to act and follow through will be questioned. While committing to a policy balancing fiscal consolidation with pro-growth measures, we are undertaking structural reforms. We need to invest more to boost competitiveness and spend less to reduce deficits. We are working to give more oxygen to the French economy. That also implies more efficiency on the part of government. We are particularly focusing on supporting French exports and on attracting in France more investments, more business, more tourists, and more students. Since 2012, I have committed myself to these goals. In this spirit, the perimeter of my ministry has been enlarged to include foreign trade and investments as well as tourism.

Before I conclude, I would like to briefly mention what I consider to be two preconditions of success in this strategy:

- Strengthening the Transatlantic relationship is necessary. That's why, besides the economic impact, France is committed to searching for a balanced and ambitious TTIP agreement. This is a complex negotiation and I am aware of the debates on both sides of the Atlantic, but both sides need to move forward.

- Getting the emerging powers on board. We often meet with the same difficulty: they consider that the international order is biased in favor of «the West». We might disagree but we have to take into account this perception. It's especially true with China, a Security Council permanent member and nuclear-weapons State with a GDP equal to all other BRICS, Mexico, Turkey and Indonesia combined. Like it or not, China is a country we have to work with, without being naïve but with an open mind. That's why China is a top priority of the French diplomacy, with a view to increased cooperation within the UN and G20 and also on the ground with concrete initiatives in Africa. Since I am in office, I've been there 8 times. We also attach a high priority to strengthening our already dense strategic partnership with India.

Let me stress as a final word that French-American cooperation is more necessary than ever to build up a sustainable world order for the 21st Century. We need to do more together and to mobilize our partners to do more with us. Thank you./.

NB : ce discours est publié dans la langue dans laquelle il a été prononcé.

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22. Ă‰tats-Unis - Point de presse conjoint de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, et de son homologue amĂ©ricain - Propos de M. Fabius (Washington, 13/05/2014)

 

(en français et en anglais)

Je suis très heureux d'être ici. Je remercie beaucoup John Kerry de m'accueillir. C'est vrai que je n'étais pas venu ici, sauf pour la visite d'État du président Hollande, mais si je ne suis pas venu ici, c'est que toi, tu n'y es jamais !

John Kerry est à travers le monde, c'est notre cas à tous, et nous travaillons étroitement ensemble. Il n'y a pas de semaine sans que, soit nous nous voyons, soit nous nous passions un coup de fil. C'est vrai que les sujets à traiter sont très nombreux : l'Iran, puisque les négociations recommencent aujourd'hui, les questions qui touchent la Syrie, et nous aurons ensemble jeudi prochain à Londres une réunion des Amis de la Syrie, les questions qui touchent bien sûr l'Ukraine, et puis nos relations bilatérales qui sont très bonnes. Et il y a un point que je veux aborder avec John Kerry, c'est la question du climat, puisque, vous le savez sans doute, l'an prochain la France va accueillir la COP 21, la grande conférence sur le climat, et nous avons en fait 500 jours pour éviter un chaos sur le climat. La situation est très difficile, et très importante aussi, et c'est seulement par l'effort de tous, les Américains, les Chinois, les autres nations - il se trouve que la France présidera cette conférence - que l'on peut arriver à un résultat qui est déterminant pour l'avenir de l'humanité. Je sais que le président Obama et John Kerry sont personnellement très engagés dans cette tâche, et nous allons donc travailler étroitement ensemble sur ce sujet comme sur les autres.

I'm very happy to be with John, there is no week without a phone call or visit between John and myself. We have an agenda with many issues: Iran, because negotiations are resuming today, the question of Syria on which we meet next Thursday in London together. Ukraine as well, and the very important issue of climate change. We have, I said, 500 days to avoid the climate chaos, and I know that president Obama and John Kerry himself are committed on this subject, and I am sure that them with a lot of other friends, we should be able to reach the success of this very important matter.

It's always a pleasure to meet with John, we are working closely together, we speak either French of English, but the most important point, whatever the language is, is to agree. And that's the case. Merci./.

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23. Ă‰tats-Unis - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

Je vais vous dire dans quel cadre se situe mon déplacement et ensuite je suis à votre disposition pour répondre à vos questions. Je suis donc aux États-Unis depuis dimanche. J'ai commencé par Chicago où j'ai eu l'occasion de me rendre à l'université de Chicago où j'ai été pendant longtemps professeur. Ensuite j'ai rencontré le gouverneur de l'Illinois et j'ai discuté avec lui, puisque maintenant ça fait partie de mon portefeuille, des questions de tourisme. J'ai eu des contacts avec des représentants d'affaires qui investissent en France.

J'ai également inauguré ce qu'on appelle «Innovation week», qui est organisée à Chicago. Comme son nom l'indique, c'est une semaine où on montre les innovations qui sont liées à la France, que ce soient les innovations auxquelles on pense, sur le plan culinaire ou autres, ou les innovations industrielles. En particulier, j'ai assisté à une démonstration tout à fait spectaculaire d'une invention de Valeo, qui est un grand groupe français, et qui permet - c'est un rêve pour nous tous - que les voitures se garent toutes seules. C'est-à-dire qu'on arrive, on dépose sa voiture à l'entrée du parking et la voiture avance toute seule, regarde où il y a des places libres et se gare. Et après quand on revient, on appuie sur un petit bip et la voiture revient vers vous. C'est vraiment spectaculaire et c'est une fierté que ce soit une entreprise française qui développe cela.

Et puis j'ai eu un entretien avec les responsables du Chicago Tribune. Chicago est une ville que je connais bien pour y être allé pendant pas mal d'années et que j'ai retrouvée avec beaucoup de plaisir. Je crois que c'est important que des responsables français aillent non seulement, comme on le fait souvent, à New York et à Washington, mais aussi dans d'autres régions de l'Amérique.

Ensuite je suis arrivé ici hier. J'étais l'un des invités d'honneur de l'American Jewish Committee où j'ai prononcé un discours à la fois sur la manière dont nous, Français, traitions les questions d'antisémitisme et aussi faire connaître nos positions sur les questions du Proche et Moyen-Orient, en particulier sur l'Iran - j'y reviendrai. Et puis j'ai donné une interview à vos collègues de CNN. Ensuite j'ai dîné avec un certain nombre de responsables du tourisme aux États-Unis parce que je veux absolument que nous développions l'accueil des touristes américains en France - ils sont déjà très nombreux. Les Américains représentent la deuxième communauté extra-européenne après les Chinois, mais il y a encore des progrès à faire.

Ce matin après avoir rencontré mon collègue israélien qui avait demandé à me voir, j'ai rencontré de grands éditorialistes de la presse, puis je suis allé il y a quelques instants discuter avec mon ami John Kerry - nous passons la moitié de notre vie ensemble. Et je suis maintenant avec vous. Ensuite j'irai à la Brookings Institution, et puis si j'ai un peu de temps libre, je rentrerai à Paris.

(...)

Avec John Kerry, nous avons bien évidemment - même si c'était rapide, mais enfin nous nous téléphonons et nous nous voyons tout le temps - abordé les questions de l'Iran - je vais vous en dire un mot si ça vous intéresse - de la Syrie et de l'Ukraine. Nous avons parlé bien-sûr aussi du Proche et du Moyen-Orient et de l'Afrique. Je n'ai pas besoin de vous dire ce qui s'est passé en Afrique, qu'il s'agisse du Mali ou de la Centrafrique, où le pays qui n'a pas hésité à mobiliser se soldats, au péril de leur vie, pour aller au secours des populations, c'est la France. Donc, qu'il soit bien clair que la France remplit toutes ses obligations, que la France est à la fois pour le dialogue et pour la fermeté. La France fait son devoir, qu'il s'agisse de l'Ukraine ou qu'il s'agisse d'ailleurs.

(...)./.

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24. JournĂ©e nationale des mĂ©moires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition - Allocution de M. Manuel Valls, Premier ministre (Paris, 10/05/2014)

Madame la Ministre,

Madame la Maire de Paris,

Madame la Maire du 17e arrondissement,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Monsieur le Président de l'Association des Amis du Général Dumas,

Mesdames et Messieurs,

Tout a été dit, je voudrais à mon tour m'exprimer.

Des lieux peuvent nous marquer à jamais ; l'Ile de Gorée, au large de Dakar, est de ceux-là. Et je veux rappeler à chaque fois ce lieu, parce que devant ces fers plantés dans le sol, je me rappelle de Gorée, l'île de départ des esclaves.

C'était à l'automne dernier, lors d'un déplacement officiel au Sénégal, j'avais voulu me rendre une nouvelle fois sur ce site, sur ce petit bout de terre face à l'immensité de l'océan. Petit bout de terre, symbole du plus grand des crimes : un crime contre l'humanité.

Une même exigence relie l'Ile de Gorée et cette place parisienne : la dénonciation de l'outrage, la reconnaissance des souffrances. Et aujourd'hui, 10 mai, nous accomplissons un travail indispensable, pour la vérité et contre l'oubli.

D'abord, la vérité historique sur ce que fut la traite négrière, terrible saignée qui, pendant plus de trois siècles, a mutilé l'Afrique, tout en déshonorant l'Europe. 12 millions d'êtres humains, hommes, femmes, enfants, rabaissés, humiliés, violentés, ont été arrachés à leur terre. Moins que des hommes, un peu plus que des marchandises : telle fut l'équation infâme du commerce triangulaire. Cette histoire, c'est notre histoire : l'histoire de la France, de la métropole, et des Outre-mer. Elle doit être dite, rappelée, enseignée, assumée, sans rien occulter.

Bien sûr, notre histoire a sa part de grandeur, de gloire qu'il faut célébrer. Mais elle a aussi une part plus sombre, qu'il faut en permanence éclairer. Car c'est en regardant avec lucidité son passé qu'une nation peut bâtir avec responsabilité son avenir, se réconcilier avec elle-même. C'est ce que nous faisons aujourd'hui.

Ici réunis, nous affirmons une vérité, et nous luttons donc contre l'oubli. Nous nous souvenons de ce que fut l'horreur de la traite, l'enfer de l'esclavage. Nous rappelons également ce long combat qui permit son abolition.

Et l'abolition, c'est notre victoire, c'est la victoire de la République. Elle débute au coeur du Siècle des Lumières, avec Condorcet, Diderot, Olympe de Gouges, plaidant pour la morale et l'humanisme. Elle se poursuit et s'accélère avec la Révolution, sur fond de révolte des esclaves à Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti. L'abbé Grégoire fit alors cette prophétie : «un jour, des députés de couleur franchiront l'océan pour venir siéger ici». Ce présage, à l'époque insensé, est aujourd'hui vérifié. Et c'est la grandeur de la France, sa fierté, d'avoir engagé ce mouvement pour que dans nos assemblées locales, dans l'hémicycle, au gouvernement, des femmes, des hommes, par leur visage, leurs nom et prénom, disent ce qu'est la France, son histoire, sa diversité, sa force.

Et ce mouvement, il faut sans cesse l'encourager, le poursuivre. Il a été initié par de glorieux anciens, eux-mêmes descendants d'esclaves. Je pense à Félix Éboué ou à Gaston Monnerville.

La France aujourd'hui s'est construite pas à pas. Au fil des époques, des individus, au-delà de leurs origines, se sont retrouvés dans les trois couleurs de notre drapeau et dans les valeurs de la République. Une République qui, jeune et enthousiaste, le 4 février 1794, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, a aboli l'esclavage, magnifique avancée offerte au monde entier, au nom des valeurs universelles.

L'histoire nous apprend cependant que les grandes idées peinent souvent à trouver leur chemin. 1794 n'a pas suffi. La République dut recommencer, en 1848, avec Victor Schoelcher, mais aussi - ne les oublions pas - Alexandre Ledru-Rollin ou Alphonse de Lamartine, toutes ces consciences qui ont préparé ce grand moment où les chaînes ont été définitivement brisées.

Ce 10 mai marque un anniversaire : celui de la loi de 2001, portée par Christiane Taubira. La France fut alors la première nation au monde à mettre des mots, les plus lourds qui soient, sur les exactions du passé.

Le 10 mai, voulu par le président Jacques Chirac, et que vient de commémorer le président de la République dans les Jardins du Sénat, est une date primordiale, mais pas une date isolée. Partout, aux Antilles, en Guyane, à Mayotte et à La Réunion, des moments de commémoration et de recueillement sont prévus tout au long de l'année. Ils sont autant de moments utiles, avec le 23 mai, journée de la commémoration de l'esclavage, pour dire et redire ce que furent l'asservissement, l'humiliation, l'arbitraire, la négation de l'homme par l'homme.

Nous devons dire et redire, car si 1848 fut l'année de l'abolition, elle fut aussi le début de l'oubli. L'époque fit le choix du silence, du non-dit. Et pendant longtemps, les faits sont restés cachés, et les plaies enfouies dans la mémoire des descendants. Edouard Glissant a même parlé d'une «mémoire rétive» à reconnaître la réalité.

Si le savoir historique est désormais enseigné dans nos classes, la mémoire n'y est peut-être pas suffisamment présente. Cependant, cette mémoire ne doit pas nourrir les antagonismes, les poussées identitaires ; elle doit être la mémoire collective de tous les Français. L'esclavage, ses souffrances, doivent trouver leur place dans notre histoire nationale, une histoire pacifiée autour des mémoires réconciliées, qui ne deviennent plus qu'une.

La mémoire, je le disais, a ses lieux : l'Ile de Gorée, et bientôt cette oeuvre de paix que sera le Mémorial ACTe de Pointe-à-Pitre. La mémoire a aussi ses grandes figures, ses combattants de la liberté, ses résistants, qui luttèrent pour l'émancipation. Ils viennent d'être rappelés : Toussaint Louverture, Louis Delgrès, la mulâtresse Solitude, et le général Dumas, le premier des trois Alexandre. Fils d'un colon et d'une esclave, il fut privé de droits, privé également de patronyme. Dumas, avant d'être un nom d'écrivain, fut donc le choix d'un nom de soldat.

Mais la Révolution, emportant les règles et les privilèges, devait tout changer. Le courage, l'audace, la témérité firent du soldat Dumas un jeune général, le premier général métis, défenseur de la République et de ses valeurs, que beaucoup d'entre nous découvrirent, il faut bien l'avouer, très tard. Et je fus très heureux de pouvoir inaugurer, il y a quelques années, une allée dans la ville d'Évry consacrée à ce grand républicain.

Celui qui meurt à Villers-Cotterêts est un symbole, symbole de la République qui brise les chaines, qui casse les discriminations, qui affirme que la valeur d'une femme, d'un homme, ne se juge pas à la couleur de sa peau. Et nous avons tenu à ce que le gouvernement soit présent, à travers la présence de George Pau-Langevin, la ministre des Outre-mer. Elle était présente aujourd'hui à Villers-Cotterêts, aux côtés des associations, pour commémorer ce grand homme, alors que certains voulaient installer l'indifférence.

Être républicain, être français, aimer profondément son pays, c'est savoir rendre hommage à celles et ceux qui ont édifié la République. Se soustraire à cette exigence est non seulement une faute, un manquement très grave, mais c'est dire, au fond, qu'on n'aime pas son pays, qu'on n'aime pas notre pays, qu'on n'aime pas la France.

Né esclave, le général Dumas l'est cependant resté : esclave du regard des autres, un regard qui repousse, rejette, et affirme qu'il y a des êtres inférieurs. L'esclavage, c'est en effet établir une hiérarchie, contester à autrui sa condition d'homme. Et comment ne pas voir, dans les arguments qui, hier, justifièrent la traite, une similarité avec ceux qui, aujourd'hui, nourrissent le racisme ? C'est pour cela aussi que cette journée est indispensable. C'est pour cela, d'ailleurs, qu'elle dérange tous ceux qui croient à l'existence des races. C'est pour cela que nous devions être là au rendez-vous, pour ne pas laisser une tribune à ceux qui voudraient nous la confisquer.

Car quand une ministre de la République, la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, un beau visage venu de l'autre côté de l'océan, de la Guyane, subit des mots ou des gestes infâmes, c'est bien que le combat n'est pas terminé. C'est le signe que la République a encore à lutter, avec toute sa force, toute sa détermination, contre toutes les haines, l'intolérance, le racisme et l'antisémitisme. Tous ces combats vont de pair. L'un ne va pas sans l'autre, ils se renforcent mutuellement. Il n'y aurait rien à gagner dans la concurrence des mémoires. Car toutes les souffrances passées sont un même fardeau pour l'humanité. La Traite, la Shoah, et ces autres génocides dont on ne parle pas assez, doivent être dénoncés dans leurs spécificités, mais avec une même force et les mêmes moyens. Car c'est l'humanité que l'on défend, l'humanité que l'on élève au-dessus de cette haine de l'autre, qui a trop souvent frappé, et qui frappe encore trop souvent.

Je sais que la question des réparations de la traite se pose, mais on ne répare pas l'histoire. L'histoire ne peut que parer à l'oubli et préparer l'avenir. La tragédie d'hier doit nous guider aujourd'hui en posant une exigence : celle de toujours mieux combattre toutes les discriminations qui sont à l'oeuvre, des discriminations qui sont autant de barrières invisibles, qui enferment, autant d'entraves qui empêchent et brident les talents. Elles pèsent lourdement sur notre société française, et notamment sur une part de notre jeunesse qui en vient à douter de la France. La lutte contre les discriminations doit donc nous mobiliser encore davantage ; les pouvoirs publics bien sûr, et c'est la tâche du gouvernement, mais au-delà, chacun d'entre nous.

La lutte contre l'esclavage fut un combat du passé, il demeure un combat du présent : pas seulement parce que des représentations rétrogrades se prolongent dans les esprits, mais parce que l'esclavage perdure toujours dans les faits. L'exploitation de l'homme par l'homme, l'utilisation extrême de la main-d'oeuvre, notamment des enfants, la marchandisation de l'humain, toutes ces tristes réalités n'ont pas disparu, elles sont quotidiennes, et pas forcément lointaines. Ce sont des réalités qui défient chaque jour la France, ses valeurs et sa devise. Liberté, égalité, fraternité demeurent donc des combats, tout comme le combat pour les droits de l'Homme, qui réclament notre acharnement.

Et chacun d'entre nous peut avoir en mémoire ces mots de CÉSAIRE, généreux et universels : «une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde». Le respect de la dignité humaine est le plus grand des principes, un principe absolu. Sans lui, nous nous perdons. Ne soyons donc pas moribonds, et écoutons Césaire, prolongeons son combat pour l'égalité et les valeurs de la République. Des valeurs qui comptent pour nous-mêmes, mais qui ont l'ambition de compter également pour le monde. Cela a toujours été le rôle de la France, et il le reste. C'était l'esprit des révolutionnaires, qui a aboli l'esclavage. Cet esprit, mesdames et messieurs, nous en sommes héritiers, c'est à nous de le défendre, de le faire vivre, et de le transmettre inlassablement./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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25. Peine de mort - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Q - Sur la peine de mort, je crois que c'était l'un de vos objectifs quand vous êtes arrivé. Il y a ce soir une exécution au Texas, il y a eu un certain nombre d'exécutions et de problèmes. Qu'est-ce que la France fait et l'Union européenne, est-ce que vous pourriez détailler ? Vous parliez de l'intérêt d'aller dans les provinces américaines. Vous aimez Chicago. Iriez-vous jusqu'à boycotter le Texas ?

R - Écoutez, j'étais à Chicago hier et j'ai félicité le gouverneur de Chicago, puisqu'il a fait passer une loi qui désormais interdit, comme le savez, dans l'Illinois, la peine de mort. C'est un combat très difficile, de longue haleine. Vous avez vu un certain nombre de situations abominables récemment, je crois que c'était dans l'Oklahoma, où du coup a été décidé pendant un certain temps un moratoire. C'est un combat très difficile mais très important et qui correspond aux valeurs de la France.

Chaque année, à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies - et je le ferai de nouveau au mois de septembre lorsque je serai là-bas -, je réunis, en général avec deux ou trois collègues d'autres continents, tous ceux qui sont opposés à la peine de mort pour élargir le cercle, soit des pays qui pratiquent un moratoire, soit des pays qui ont complètement aboli la peine de mort. À chaque fois, nous disons la même chose : le caractère de dissuasion de la peine de mort n'existe pas. C'est absolument prouvé et avéré. D'autre part, par définition, lorsqu'il y a des erreurs judiciaires - malheureusement, des erreurs existent, on en a encore vu dans le passé - la peine de mort lorsqu'elle est prononcée, appliquée, aboutit évidemment à une situation inadmissible.

Et enfin, il y a cette question philosophique : est-ce qu'une société a le droit de retirer la vie à quelqu'un ? La France, quels que soient d'ailleurs les gouvernements, depuis la décision historique prise sous le gouvernement de François Mitterrand, auquel je participais, est contre la peine de mort. Je demande à tous les ambassadeurs de France, partout, donc ça vaut aussi bien sûr pour l'ambassadeur des États-Unis, selon des formes à définir, d'expliquer quelle est la position de notre pays et d'essayer de faire progresser ce combat.

(...)./.

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26. DĂ©règlements climatiques - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 14/05/2014)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Madame la Députée,

Nous avons cinq cents jours pour éviter une catastrophe climatique. Comme vous l'avez dit, c'est la France qui sera l'hôte, en décembre 2015, de la grande conférence sur le climat.

D'ici là, il y a toute une série d'étapes : l'adoption par l'Europe d'une position claire et la France sera au rendez-vous ; le 23 septembre, une conférence organisée par le Secrétaire général des Nations unies où un certain nombre de pays dont la France vont prendre des engagements et, enfin à la fin de l'année, la COP20 qui sera organisée par le Pérou. L'année prochaine, aura lieu la grande conférence de Paris-climat. C'est un enjeu absolument majeur.

S'agissant de l'Europe, si elle veut peser dans la négociation, il faut qu'elle parvienne, sur la base des propositions de la Commission - propositions qui sont bonnes -, à prendre une véritable décision. Cela n'a pas été possible au cours des mois précédents, cela doit être fait soit au mois de juin, soit à la rentrée.

La façon dont nous abordons la grande conférence de l'an prochain, c'est que la France doit être ouverte, et que l'Europe doit y mettre également du sien. La France compte s'appuyer sur les États-Unis d'Amérique, sur la Chine et sur toute une série d'autres pays, pour réussir cette échéance. C'est l'avenir de l'humanité, Mesdames et Messieurs, qui est en jeu dans cette affaire.

La France ne sera pas arrogante mais elle donnera toute la force de sa diplomatie pour parvenir à un succès en décembre 2015./.

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27. DĂ©règlements climatiques - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Nous avons 500 jours pour éviter un chaos climatique à partir d'aujourd'hui. Vous savez que la France va accueillir à la fin de l'année prochaine, en décembre 2015, la «COP 21», que nous appelons la conférence de Paris Climat 2015. C'est à Paris que doivent normalement être prises les décisions pour limiter la progression des températures. Cette limite a été fixée à 2 degrés, alors que les dernières études des scientifiques du GIEC nous disent que la hausse pourrait atteindre 4 ou 5 degrés. Ce qui n'est pas, comme on dit parfois, un réchauffement climatique ni même un changement climatique, mais ce que j'appelle «a climate chaos», un «chaos climatique». Si cela se produisait, cela veut dire que toutes les activités humaines seraient complètement perturbées dans des conditions absolument dramatiques. Et c'est à Paris que doivent être prises normalement des décisions permettant d'éviter cela.

Et donc l'un des aspects principaux de la diplomatie française - puisque c'est la France qui va présider cette conférence - sera de tout mettre en oeuvre pour que cette conférence soit un succès. Nous avons besoin pour cela en particulier de l'appui des États-Unis d'un côté et de la Chine de l'autre puisqu'à eux deux ce sont les deux principaux émetteurs du monde. Et donc vous allez m'entendre tout au cours de ces mois traiter beaucoup de ces sujets parce qu'ils sont absolument capitaux. (...)./.

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28. DĂ©règlements climatiques - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Q - Vous avez rencontré John Kerry, le secrétaire d'État américain.

R - Oui. Nous avons examiné plusieurs sujets (...). J'ai parlé aussi de la question du climat puisque - on n'a pas le temps de l'aborder ici - nous avons cinq cents jours, pas un de plus, pour éviter le chaos climatique mondial. Et c'est la France qui va porter un grand poids sur ses épaules puisque c'est nous qui allons accueillir l'an prochain la grande conférence sur le climat. (...)./.

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29. Lutte contre les filières djihadistes - RĂ©ponses de M. Bernard Cazeneuve, ministre de l'intĂ©rieur, Ă  des questions Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 13/05/2014)

Monsieur le Député, vous posez une question extrêmement grave : celle des conséquences du développement de forme de violences et de radicalisme qui emportent à l'échelle de la planète beaucoup d'êtres humains dans le drame.

Comme Mme Vallaud-Belkacem l'a rappelé dans son intervention, la situation au Nigeria mobilise toute la communauté internationale et notamment la France qui a envoyé des équipes spécialisées pour aider les autorités nigérianes à retrouver ces enfants.

Des actions diplomatiques ont été engagées qui conduiront des chefs d'État et de gouvernement à se retrouver autour du président de la République samedi prochain, car nous pensons que la lutte contre le djihadisme, la barbarie et ces actes épouvantables appellent le renforcement de la coopération internationale.

Par ailleurs, nous sommes résolus à agir de façon puissante contre l'engagement de nos ressortissants dans des actes de djihadisme, notamment en Syrie.

Une opération a été réalisée avec succès ce matin à Strasbourg par le Raid et la direction générale de la sécurité intérieure sous l'autorité de la justice. Elle témoigne, si besoin en était, de notre détermination, de notre résolution et de l'efficacité des actions que nous avons engagées au titre du plan préparé par le Premier ministre lorsqu'il était ministre de l'intérieur et que j'ai présenté en conseil des ministres le 23 avril dernier.

Nous devons empêcher le départ de nos ressortissants et développer la coopération entre les pays de l'Union européenne - c'était l'objet de la réunion qui s'est tenue à Bruxelles la semaine dernière.

Nous devons nous doter des moyens juridiques nous permettant de lutter contre toutes ces formes de djihadisme et de démanteler les filières qui agissent pour emporter nos ressortissants sur un chemin funeste.

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Monsieur le Ministre, merci pour votre question. Comme vous l'avez fait en la posant, je veux rendre hommage à l'ensemble de ceux qui se sont mobilisés, des autorités judiciaires aux policiers du RAID, sans oublier les fonctionnaires et collaborateurs de la direction générale de la sécurité intérieure, qui, par leurs enquêtes, par leurs interventions, ont permis neutraliser ce matin six personnes à Strasbourg, qui avaient été engagées sur le théâtre d'opérations de la Syrie ou qui avaient pu être complices d'un tel engagement. Ce travail, vous l'avez souligné dans votre question, traduit l'importance des missions de la direction générale de la sécurité intérieure. En même temps, il montre l'intérêt de la réforme à laquelle mon prédécesseur Manuel Valls a procédé, afin que ladite direction puisse conforter ses missions de renseignement, d'anticipation et d'observation. Elles sont la condition du bon déroulement des enquêtes et de l'élucidation d'un certain nombre de faits en vue de neutraliser ceux qui s'engagent sur le théâtre des opérations.

Le plan que nous avons mis en place commence à produire des résultats, mais il s'agit là d'un travail au long cours, d'un travail de longue haleine. Il doit se poursuivre dans trois directions. D'abord, nous devons empêcher le départ de nos ressortissants, car cette route vers la Syrie est, pour ceux qui s'engagent dans des opérations djihadistes, une route vers la mort. Ensuite, nous devons démanteler les filières. Un ensemble de dispositions législatives sera présenté au Parlement pour y parvenir. Enfin, nous devons, vous l'avez souligné, accompagner les familles qui voient certains des leurs basculer dans ces opérations à caractère terroriste, de manière à apporter des réponses qui évitent des drames, qui fassent en sorte que tous les moyens de l'État soient mobilisés. Il faut éviter que ce basculement ait lieu, car c'est un basculement vers la mort./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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30. AttractivitĂ© de la France - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Q - Vous avez parlé de l'attractivité de la France aux États-Unis. Promettez-vous aux touristes américains que tous les magasins seront ouverts le dimanche désormais ?

R - J'ai parlé tourisme, bien sûr, parce c'est maintenant dans mes attributions. Les Américains sont, avec les Chinois, l'une des deux nations extérieures à l'Europe qui amènent le plus de touristes et cela représente beaucoup d'emplois. Il faut donc essayer d'aller plus loin.

J'ai vu, aussi bien à Chicago où j'étais avant-hier qu'hier à Washington, les responsables du tourisme américain. Nous avons vu ensemble comment améliorer l'accueil : il faut bien sûr que nos gares et en particulier nos aéroports soient accueillants, que tout soit sûr - il y a un aspect de sécurité. Ils adorent la France mais encore faut-il que la France les accueille bien.

Je pense que dans certains quartiers touristiques - on a pris l'exemple des Galeries Lafayette -, ce serait positif qu'il puisse y avoir une ouverture le dimanche parce que les touristes, eux, ne reviennent pas. Il faut bien sûr que ce soit sur une base de volontariat et que ce soit payé double.

Nous avons besoin de création d'emplois et le tourisme est un des secteurs où nous pouvons créer plus d'emplois dans le futur. La France est une destination qui peut attirer davantage les touristes français et les touristes étrangers qui viennent en France. Songez que pour les Chinois, d'une année sur l'autre, grâce aux mesures que nous avons prises, nous avons une augmentation pour les visas d'entrée de plus de 40 % d'une année sur l'autre. Donc cela fait de l'emploi en plus.

Q - Les Chinois seront accompagnés par des policiers chinois venus de Pékin cet été ? Cela peut choquer...

R - Je pense qu'il faut aller à l'essentiel. Ce sont bien sûr nos agents de sécurité, nos policiers qui doivent faire en sorte que les choses soient sûres. S'il y a telle ou telle mesure psychologique qui peut renforcer les choses, pourquoi pas ? Mais c'est à la France d'assurer sa sécurité et la sécurité de ses hôtes, c'est clair.

Q - Mais vous confirmez qu'il y aura des policiers chinois qui vont patrouiller pour protéger les touristes chinois à Paris ?

R - Ne confondons pas les choses, ce sont des policiers nationaux qui assureront la sécurité. Il y a un gros travail à faire parce que, comme vous le savez sans doute, les Asiatiques, souvent, ont de l'argent sur eux parce qu'ils ne sont pas habitués aux cartes de crédit. Il faut donc absolument que pour eux, comme pour les Français, comme pour tous les touristes, la sécurité soit assurée et on a encore des progrès à faire sur ce plan. L'autre jour, j'étais justement à l'aéroport Charles de Gaulle pour voir comment on pourrait améliorer la sécurité parce que c'est quelque chose qui nous est demandé. (...)./.

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31. Politique de dĂ©fense - CapacitĂ© de projection - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international, avec «BFM TV» (Paris, 13/05/2014)

(...)

Q - L'opposition en France affirme qu'il va y avoir de nouvelles économies au budget de l'armée. Ils parlent de deux milliards d'économies. Est-ce que cela vous inquièterait ? Est-ce que cela affaiblirait notre capacité de projection à l'extérieur ?

R - Je suis depuis plusieurs jours aux États-Unis, puis je repars pour la Chine. Je n'ai donc pas suivi ce débat. Vous m'en excuserez. Mais la position qui était celle du président, chef des armées, est toujours la même : il faut avoir les moyens suffisants pour que nos armées, qui font un travail magnifique, puissent le faire. Jusqu'à présent, cela a été toujours le cas. J'en porte témoignage. Que ce soit au Mali, que ce soit en Centrafrique, partout, l'armée française est admirée.

Alors, bien sûr, il y a un contexte général qui est un contexte rigoureux mais je suis sûr que les armées françaises continueront à pouvoir travailler de manière exemplaire comme elles le font. (...)./.

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32. Situation de M. Kedadouche - ConfĂ©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et du dĂ©veloppement international (Washington, 13/05/2014)

(...)

Q - L'ambassadeur Zahir Kedadouche qui était en poste en Andorre a donné sa démission en disant qu'il avait été victime de discrimination, de racisme et de racisme social dans les pratiques du Quai d'Orsay. Qu'est-ce que vous répondez ?

R - Que c'est sans aucun fondement.

Q - Pourquoi ?

R - Parce qu'il n'y a aucun fondement à cela. Lorsqu'on voit les dossiers, les réalités, cela n'a pas le moindre fondement.

Q - Il dit qu'il devait être consul général à Anvers, et qu'on lui a dit que vu son profil, il ne pouvait pas en raison de l'extrême-droite là-bas, Vlaams Blok à Anvers, et en raison des diamantaires juifs d'Anvers. Jamais ce monsieur n'a été victime de discrimination ?

R - Pour le dossier que je connais, cela n'a pas le début du moindre fondement./.

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33. Conseil des ministres - extraits - Situation internationale - Plan interministĂ©riel de lutte contre la traite des ĂŞtres humains (Paris, 14/05/2014)

Situation internationale

Le point hebdomadaire du ministre des affaires étrangères et du développement international a été l'occasion d'une expression conjointe de la France et de l'Allemagne, le ministre fédéral des affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne, M. Steinmeier, ayant été invité au conseil des ministres.

Les ministres ont fait part des derniers développements sur la grave crise qui se déroule en Ukraine, et exposé la vision commune de la France et de l'Allemagne pour y faire face. Les deux pays coopèrent en effet étroitement au sein de l'Union européenne, et avec leurs partenaires internationaux, afin de mettre en oeuvre les priorités qu'ils ont fixées : la tenue de l'élection présidentielle du 25 mai, la désescalade, le dialogue national, la mise en route d'un processus constitutionnel et la coopération économique de l'ensemble des partenaires de l'Ukraine à son soutien.

Les ministres sont aussi revenus sur leurs initiatives communes, notamment le déplacement qu'ils ont effectué ensemble les 23, 24 et 25 avril derniers, en Moldavie, en Géorgie et en Tunisie, dans le but de renforcer la vision commune de la France et de l'Allemagne sur les voisinages oriental et méridional de l'Union européenne.

Ces initiatives conjointes des ministres français et allemand des affaires étrangères s'inscrivent dans le cadre de la mise en oeuvre du développement des coopérations franco-allemandes décidées lors du conseil des ministres franco-allemand du 19 février dernier.

M. Steinmeier a par ailleurs annoncé le souhait du gouvernement allemand de faire don à la France d'une série de six vitraux réalisée par l'artiste Imi Knoebel, pour orner la cathédrale de Reims, en commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale.

Le plan interministériel de lutte contre la traite des êtres humains

La ministre des droits des femmes, de la ville, de la jeunesse et des sports a présenté une communication relative au plan interministériel de lutte contre la traite des êtres humains.

Ce plan pose les fondements d'une politique publique de lutte contre la traite des êtres humains sous toutes ses formes. Élaboré avec le concours des associations et dont les principes ont été annoncés par le président de la République à l'occasion de la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai dernier, il marque l'engagement du gouvernement dans le combat contre la traite des êtres humains. Il en fait une priorité de l'État.

Cette politique pourra s'appuyer sur un fonds dédié aux victimes de la traite et pour l'insertion des personnes prostituées.

Ce plan d'action répond aux engagements européens de la France, après la ratification de la Convention de Varsovie du Conseil de l'Europe et la transposition de la directive européenne du 5 avril 2011. Il comprend 23 mesures portant sur l'identification et l'accompagnement des victimes, le démantèlement des réseaux et la mise en oeuvre d'une politique publique à part entière sur le sujet.

1. Identifier et accompagner les victimes de la traite. Il est nécessaire de renforcer le soutien aux associations, de former les professionnels, de sensibiliser le grand public et de mobiliser les populations les plus exposées aux différentes formes de la traite. Une prise en charge mieux organisée sera assurée s'agissant notamment de l'accès au séjour, à l'hébergement et aux prestations sociales des victimes. Des mesures complémentaires sont prévues pour les victimes de la prostitution et de la traite des mineurs.

2. Poursuivre et démanteler les réseaux de la traite. La traite des êtres humains est majoritairement un phénomène criminel transnational. Les services publics, les magistrats, les inspecteurs du travail, TRACFIN sont mobilisés pour poursuivre davantage ces infractions, ainsi que saisir et confisquer les biens de leurs auteurs. Cette action se double d'une coopération européenne et internationale renforcée pour démanteler les réseaux.

3. Faire de la lutte contre la traite une politique publique à part entière, au niveau national comme au niveau local. La création d'un outil statistique fiable et la mise en place d'un rapporteur national complètent une architecture institutionnelle conforme aux exigences internationales et tournée vers l'efficacité./.

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