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Déclarations officielles de politique étrangère du 27 mars 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Venezuela/Processus de dialogue - √Čgypte (Paris, 27/03/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait la déclaration et répondu à la question suivante :

1 - Venezuela - Processus de dialogue

La France soutient les efforts déployés par la commission de haut niveau de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), qui s'est rendue au Venezuela afin d'appuyer le processus de dialogue en cours.

Nous espérons que cette initiative débouchera sur un dialogue apaisé et constructif entre toutes les parties concernées. Il devra permettre de mettre un terme aux violences et de faire baisser les tensions, dans le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques, notamment la liberté d'expression et le droit de manifestation pacifique.

2 - √Čgypte

Q - Le mar√©chal Abdel Fatah al-Sissi a annonc√© hier sa candidature aux prochaines √©lections pr√©sidentielles en √Čgypte. Avez-vous une r√©action ?

R - La France souhaite que la feuille de route soit mise en oeuvre et que soient établies dans ce pays, selon le calendrier annoncé, des institutions démocratiques élues garantissant le respect des droits de l'Homme et des libertés publiques, conformément à la Constitution et aux engagements internationaux./.

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2. Chine - D√©claration conjointe adopt√©e par le pr√©sident Xi Jinping et le pr√©sident Fran√ßois Hollande (Paris, 26/03/2014)

Pour une nouvelle étape du partenariat global stratégique franco-chinois étroit et solide

√Ä l'invitation de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise, M. Xi Jinping, pr√©sident de la R√©publique populaire de Chine, a effectu√© du 25 au 28 mars 2014 une visite d'√Čtat en R√©publique fran√ßaise. En cette ann√©e de comm√©moration du cinquanti√®me anniversaire de l'√©tablissement des relations diplomatiques, les deux chefs d'√Čtat ont partag√© le constat que cet acte pionnier avait inaugur√© une nouvelle √®re entre les deux pays. Ils ont r√©affirm√© leur profond attachement aux relations franco-chinois et leur volont√© d'oeuvrer ensemble pour ouvrir une nouvelle √©tape d'un partenariat global strat√©gique franco-chinois √©troit et solide.

I. La Chine et la France, puissances globales et membres permanents du Conseil de s√©curit√© des Nations unies, sont d√©termin√©es √† apporter une contribution active √† la paix et √† la s√©curit√© internationales ainsi qu'au d√©veloppement, conform√©ment aux buts et principes de la Charte des Nations unies. Elles rappellent leur attachement √† la tenue r√©guli√®re du dialogue strat√©gique. Dans cet esprit, les deux chefs d'√Čtat formulent les propositions suivantes :

1. Promouvoir ensemble un monde multipolaire. S'attacher au multilatéralisme et définir les règles internationales à travers la concertation. Approfondir la concertation pour faire face ensemble au défis planétaires que sont le changement climatique, le terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs.

2. Promouvoir le règlement pacifique des différends par le dialogue, travailler activement à la résolution des tensions régionales et internationales telles que le dossier nucléaire iranien, la dénucléarisation de la Péninsule coréenne, le Moyen-Orient, la situation en Afrique, dans le Sahel notamment, l'Afghanistan et l'Ukraine. Renforcer la concertation et la coopération sur les opérations de maintien de la paix des Nations unies et mettre l'accent sur le renforcement des capacités africaines de réponse aux crises.

3. Promouvoir ensemble une croissance forte, durable et équilibrée de l'économie mondiale, oeuvrer pour un système commercial ouvert et fondé sur des règles, et s'opposer à toute forme de protectionnisme. Soutenir l'action du G20 en tant que forum principal de la coopération économique internationale et appuyer l'action menée par celui-ci pour construire une économie mondiale ouverte et développer des stratégies de croissance globales, ambitieuses et réalistes qui seront présentées lors du Sommet de Brisbane. La France espère que la Chine qui n'a jamais organisé de sommet de cette nature, accueillera très prochainement ce sommet du G20. Les deux parties soutiennent le renforcement des règles et des concertations multilatérales sur les questions commerciales, climatiques, énergétiques et de développement durable. Elles rappellent leur soutien à la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement.

4. Promouvoir ensemble l'harmonie entre les cultures. Attacher un grand prix à la diversité et à la richesse des cultures et respecter les spécificités propres à chaque culture. Il convient de promouvoir le dialogue, et l'enrichissement mutuel entre les cultures en vue de partager les fruits des progrès de la civilisation.

5. Renforcer la concertation dans le domaine du changement climatique. S'efforcer d'obtenir lors de la Conférence Paris Climat 2015(COP21) l'adoption d'un protocole, un autre instrument juridique ou un texte convenu d'un commun accord ayant valeur juridique applicable à toutes les parties au titre de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, afin de limiter les émissions de gaz à effet de serre et la hausse de la température globale conformément aux engagements pris lors de la Conférence de Cancun. À cette fin, les deux parties poursuivent leurs échanges sur la préparation du sommet organisé par le secrétaire général des Nations unies en septembre 2014 et développent leurs coopérations autour d'initiatives concrètes liées à la transition énergétique. Elles s'engagent conjointement à présenter leurs contributions respectives, conformément aux arrangements fixés à Varsovie.

II. Les deux chefs d'√Čtat r√©affirment leur volont√© d'approfondir, de r√©√©quilibrer, et d'√©largir davantage la coop√©ration bilat√©rale en mati√®re √©conomique dans le cadre du m√©canisme du Dialogue √©conomique et financier franco-chinois de haut niveau et selon les principes de b√©n√©fice mutuel et de d√©veloppement partag√©.

Les chefs d'√Čtat soulignent l'importance du d√©veloppement des investissements porteurs, dans la dur√©e, de croissance et d'emplois et la n√©cessit√© qu'ils b√©n√©ficient au sein du pays partenaire d'un environnement transparent et non-discriminatoire. Ils s'accordent pour renforcer leur coop√©ration bilat√©rale dans le domaine de la propri√©t√© intellectuelle.

Les deux chefs d'√Čtat saluent √©galement les efforts des banques et des entreprises des deux pays visant √† d√©velopper des op√©rations offshore en renminbi (RMB) √† Paris ainsi que la coop√©ration entre leurs autorit√©s de r√©gulation financi√®re, pour faire de la Place de Paris un important lieu d'√©change des investissements chinois dans la zone euro et des investissements europ√©ens en Chine. La France salue le quota de 80 milliards de yuan RMB qui lui a √©t√© accord√© via le programme RQFII (Renminbi Qualified Foreign Institutional Investors). Les deux parties conviennent de poursuivre les discussions sur la mise en place d'accords de compensation et de r√®glement en RMB √† Paris. Les deux parties s'engagent par ailleurs √† renforcer leur dialogue et leurs √©changes r√©guliers sur les √©volutions significatives du secteur bancaire et financier, notamment des r√©formes r√©glementaires.

1. Encourager les acteurs industriels et institutionnels des deux pays √† faire avancer dans le cadre agr√©√© par les gouvernements, dans le strict respect des plus hauts standards de s√©curit√©, de s√Ľret√© et de protection de l'environnement, la coop√©ration sur l'ensemble du cycle nucl√©aire, y compris l'am√©lioration de la s√Ľret√© des centrales nucl√©aires en service et en construction, l'usine de traitement/recyclage des combustibles us√©s, la r√©alisation conjointe du projet d'Hinckley Point et de nouveaux projets √©lectronucl√©aires au Royaume-Uni, l'exploitation mini√®re d'uranium naturel √† l'√©tranger, ainsi que la construction des tranches 1 et 2 de Taishan et d'autres partenariats en la mati√®re √† l'international sur le long terme.

2. Souligner le caract√®re mutuellement b√©n√©fique de la coop√©ration bilat√©rale dans le secteur de l'aviation civile et de l'industrie a√©ronautique et ses perspectives pour l'avenir. Se f√©liciter de la signature de l'accord renouvelant la coop√©ration sur la cha√ģne d'assemblage d'A320 de Tianjin jusqu'en 2025. OEuvrer √† √©largir et √† renforcer la coop√©ration sur la cha√ģne d'assemblage d'A320 de Tianjin et √† faire en tenant compte des √©volutions du march√©, de Tianjin le centre de production d'Airbus en Asie. Encourager le renforcement de la coop√©ration industrielle d√©j√† existante par le d√©veloppement d'un avion bi-couloir, adapt√© au march√© chinois, sur la base de l'A 330. Saluer la participation des industriels fran√ßais au d√©veloppement et √† la fabrication de l'avion chinois C919, et se f√©liciter du d√©veloppement de la coop√©ration bilat√©rale dans le secteur des h√©licopt√®res civils, des moteurs civils et de la gestion du trafic a√©rien. Se f√©liciter de la mise en place d'un partenariat dans le secteur a√©roportuaire.

3. Poursuivre la coop√©ration sur les projets ¬ęChinese French Oceanic Satellite (CFOSat)¬Ľ et ¬ęSpace Variable Objects Monitor (SVOM)¬Ľ.

4. Soutenir le développement de la coopération dans les nouveaux secteurs. Rappeler l'importance de la coopération bilatérale dans les domaines de l'innovation, du tourisme, des transports ferroviaires et urbains, de l'automobile, de l'énergie et du développement durable de la planification des villes et des infrastructures d'eau, des déchets et des transports. Renforcer la coopération bilatérale dans le domaine du développement urbain durable et veiller ensemble à bien organiser le projet pilote à Wuhan et à mettre en oeuvre les projets d'éco-quartiers à Shenyang et à Chengdu. Approfondir la coopération dans les domaines du renforcement de l'efficacité énergétique, de l'agroalimentaire et de la santé.

III. Les deux chefs d'√Čtat soulignent l'importance, en cette ann√©e particuli√®re de la c√©l√©bration du cinquantenaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France, de continuer √† promouvoir la compr√©hension et la connaissance mutuelle entre les peuples chinois et fran√ßais. √Ä cette fin, ils d√©cident d'√©tablir un m√©canisme de dialogue sur les √©changes humains de haut niveau et de promouvoir les √©changes et la coop√©ration dans les domaines comme l'√©ducation et la culture.

Intensifier davantage les échanges de jeunes scolaires et approfondir la coopération bilatérale dans les domaines de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Se féliciter du développement des partenariats entre établissements d'enseignement supérieur des deux pays. Renforcer la coopération bilatérale dans les domaines audiovisuel et du cinéma en encourageant les coproductions et en augmentant la diffusion des programmes audiovisuels et cinématographiques dans leurs pays réciproques.

Prendre de nouvelles mesures pour faciliter et accro√ģtre la mobilit√© entre les deux pays.

Renforcer la coopération en matière de lutte contre les trafics illicites, les fraudes et la criminalité organisée.

IV. Les deux chefs d'√Čtat r√©affirment l'importance d'approfondir davantage le partenariat strat√©gique sino-europ√©en, se f√©licitent de l'√©lan donn√© par l'Agenda strat√©gique de coop√©ration Chine-UE 2020 adopt√© lors du 16e Sommet Chine-UE et expriment leur volont√© de continuer √† promouvoir le renforcement de la coop√©ration sino-europ√©enne. Ils se f√©licitent √©galement de la r√©solution du contentieux commercial sur les vins par le dialogue.

V. Les deux parties soulignent l'importance, pour le développement de chaque pays, de la promotion et de la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies. Les deux parties réaffirment l'importance de poursuivre le dialogue et les échanges entre l'Union européenne et la Chine sur les droits de l'Homme sur la base de l'égalité et du respect mutuel.

Pour réaliser les objectifs susmentionnés, les deux parties ont élaboré un plan de développement des relations franco-chinoises à moyen et long terme annexé à la présente déclaration conjointe pour orienter leur coopération dans différents domaines./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Chine - Discours de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, √† l'occasion du d√ģner d'√Čtat avec M. XI Jinping, pr√©sident de la R√©publique populaire de Chine (Paris, 26/03/2014)

Monsieur le Président,

Madame,

À travers vous, c'est la Chine que la France accueille, aujourd'hui, en ami. Un pays riche d'un milliard trois cent millions d'habitants, un pays héritier d'une grande civilisation, un pays qui a toujours ébloui la France par ses arts, un pays devenu la deuxième puissance économique du monde, avec des réformes qui ont été engagées continument depuis 30 ans.

Ici m√™me, il y a 50 ans, le g√©n√©ral de Gaulle reconnaissait la R√©publique populaire de Chine. Il avait eu ces mots : ¬ęla Chine, c'est un √Čtat plus ancien que l'Histoire¬Ľ. Ce qui signifiait que la Chine devait √™tre reconnue pour elle-m√™me, au-del√† de son r√©gime, au-del√† des contradictions d'un moment. Reconnaitre la Chine, c'√©tait surmonter l'affrontement des blocs, c'√©tait pr√©f√©rer le dialogue √† la confrontation. Reconnaitre la Chine, c'√©tait surtout faire le choix de l'avenir.

Monsieur le Président,

En souvenir de ce grand √©v√®nement, vous avez d√©cid√© de venir en France pour votre premi√®re visite d'√Čtat en Europe. √Ä votre tour, c'est vous qui avez choisi la France. Et nous y sommes sensibles. Votre s√©jour s'inscrit dans la c√©l√©bration du 50√®me anniversaire de la reconnaissance, par la France, de la Chine populaire et de l'√©tablissement de nos relations diplomatiques. Plus de 300 manifestations ont eu lieu pour c√©l√©brer ce moment et cet acte, aussi bien en Chine qu'en France - des manifestations √©conomiques, universitaires, scientifiques et le plus souvent culturelles.

Je remercie tous les partenaires, tous les m√©c√®nes pour leur contribution √† ces festivit√©s. Ils sont pr√©sents, ici ce soir, √† ce d√ģner d'√Čtat. Je salue tout particuli√®rement Alain M√©rieux qui avait pris cette initiative.

Monsieur le Président,

Hier, vous étiez à Lyon. Les liens de cette ville avec la Chine sont anciens, tissés - si je puis dire - par le commerce de la soie et prolongés au XXème siècle par la présence d'illustres étudiants qui sont devenus, des décennies plus tard, les dirigeants de la Chine. Je pense à Deng Xiaoping, Zhou Enlai et au Marechal Chen Yi.

Demain, Monsieur le Président, vous serez à l'Arc de Triomphe, pour rendre hommage au Soldat inconnu. La France n'oublie pas les 140.000 travailleurs chinois, venus soutenir notre effort national pendant la Grande guerre. 3.000 ont d'ailleurs décidé, au lendemain de ce terrible conflit, de s'installer dans notre pays. Ici, j'ai une pensée pour toute la communauté chinoise qui vit en France.

Demain, vous irez √† l'UNESCO, pour marquer votre attachement qui est aussi le n√ītre, √† la diversit√© culturelle, √† la pluralit√© du monde et √† ce que nous devons faire pour pr√©server l'h√©ritage de nos civilisations.

Demain enfin, nous serons à Versailles. C'est en effet à Versailles que Louis XIV avait décidé d'envoyer des missionnaires - en fait des scientifiques, ce qui n'est pas incompatible - auprès de l'Empereur Kangxi. La confiance que les Chinois ont accordée aux Français de l'époque s'est prolongée, aujourd'hui encore, à travers une coopération universitaire et scientifique exceptionnelle.

Nous avons d√©cid√©, Monsieur le Pr√©sident, de poursuivre le partenariat strat√©gique, conclu en 1997 entre nos deux pays, et de lui donner une ampleur nouvelle. D'abord, notre premi√®re ambition est d'agir ensemble pour la paix dans le monde. C'est ce que nous faisons en Asie, en Afrique, au Proche-Orient face √† de nouvelles menaces : la prolif√©ration nucl√©aire, le terrorisme. Nous d√©fendons des principes communs : l'int√©grit√© territoriale, la souverainet√© des √Čtats, l'ind√©pendance nationale. Je remercie la Chine pour le soutien qu'elle a apport√© √† la France dans son action au Mali. Je salue d'ailleurs la participation, c'est peu connu, de soldats chinois √† la force des Nations unies pour ramener la s√©curit√© dans ce pays. La Chine appuie √©galement nos efforts humanitaires en Centrafrique, parce que la Chine s'est mobilis√©e depuis longtemps pour la s√©curit√© et le d√©veloppement du continent africain.

Notre deuxième ambition, c'est de faire face aux grands enjeux planétaires et d'y répondre, là encore, ensemble. Le G20 est une enceinte internationale de coordination économique qui, pour nous, peut être un instrument de la régulation des échanges, de la finance et plus largement qui peut permettre une gouvernance économique mondiale. La Chine s'y est investie depuis des années. Je souhaite qu'elle puisse organiser très prochainement un sommet du G20 sur son sol.

Nous avons aussi, face à l'enjeu du climat, décidé d'y répondre de la même manière. La Chine soutient la France dans la préparation de la conférence sur le climat qui se tiendra la fin de l'année 2015. Nous n'avons pas le droit d'échouer. La France, comme la Chine, aura à prendre ses responsabilités. Nous avons connu en France, comme en Chine, des pics de pollution, sans doute avec des ampleurs différentes. Nous sommes conscients de ce que le dérèglement du climat peut provoquer dans nos pays respectifs. Nous aurons donc à coeur de faire réussir la conférence sur le climat.

Enfin, l'ambition que nous portons, dans le cadre du partenariat stratégique, c'est de donner toute sa force à la relation bilatérale entre nos deux pays. L'année dernière, nous avons décidé de donner une ampleur nouvelle à cette relation. La France veut rééquilibrer son commerce extérieur avec la Chine. Il y a de quoi faire puisque c'est un déficit de 26 milliards d'euros que nous sommes obligé de constater depuis plusieurs années. C'est pourquoi, la France a vocation à exporter plus en Chine et à y investir davantage.

Je remercie toutes les personnalités qui s'y emploient, aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique. Les résultats sont là : nos coopérations traditionnelles sur le nucléaire civil et sur l'aéronautique se sont renforcées sur ces derniers mois. D'autres projets ont pu aboutir dans des domaines nouveaux : l'agroalimentaire, la santé, le développement urbain, les nouvelles technologies et l'automobile...

Pour l'automobile, un accord historique a √©t√© conclu entre PSA Peugeot Citro√ęn et DONGFENG. L'√Čtat fran√ßais y a pris √©galement sa part. Ce n'est pas n'importe quel accord, ce n'est pas n'importe quel investissement, ce n'est pas n'importe quel secteur. C'est pourquoi cette relation nouvelle, dans le cadre de ce grand champion industriel √† l'√©chelle internationale, annonce d'autres partenariats. La Chine doit investir en France parce que c'est un march√© attractif, parce que c'est aussi un march√© qui permet l'acc√®s √† l'Europe toute enti√®re.

Il y a √©galement le tourisme. Un million cinq cent mille Chinois visitent la France. C'est beaucoup et, en m√™me temps, c'est trop peu si l'on songe aux un milliard trois cent mille Chinois qui n'ont pas tous encore d√©couvert la France ! √Ä travers ce d√ģner d'√Čtat, s'il est bien retransmis partout en Chine, ils auront - j'en suis s√Ľr - envie de suivre les pas du pr√©sident chinois et de son √©pouse !

Nous devons tout faire pour accélérer ces mouvements, les faciliter. C'est la raison pour laquelle, avec le ministère des affaires étrangères, nous avons fait en sorte que les visas puissent être accordés dans des délais plus courts. Comment comprendre que des Chinois qui veulent venir en France, qu'ils soient chefs d'entreprise, étudiants, chercheurs ou touristes ne puissent pas le faire de manière simple ?

La France et la Chine, je le rappelais, sont deux grands pays, de taille différente, de population différente. Mais elles ont un point commun parmi d'autres : la culture. Vous-même, Monsieur le Président, vous connaissez très bien notre pays. Je pensais vous faire découvrir Versailles... J'ai compris que vous étiez déjà venu, il y a plusieurs années. Vous, Madame, vous êtes passionnée par les arts. Et chacun le sait, vous serez sensible à l'exposition du musée Guimet qui permettra aux Français de découvrir les trésors de la dynastie des Han. Parallèlement, vous savez que les chefs d'oeuvre de l'impressionnisme français seront exposés en Chine.

Nous sommes attachés à la création, à l'expression, à l'émancipation, à travers la libre circulation des personnes et des idées qui constituent le socle des droits de l'Homme auxquels la France est attachée. Mais rien ne peut se faire sans la connaissance de nos langues respectives. 50.000 jeunes Français apprennent le chinois, 100.000 Chinois étudient la langue française. Là encore, nous pouvons faire davantage. Et nous devrons donner un nouvel élan à la coopération linguistique. La francophonie n'a rien à craindre. Au contraire, elle peut, en Chine, trouver une force d'expression considérable. La France accueille 35.000 étudiants chinois. Avec le Premier ministre et le gouvernement, nous faisons en sorte qu'il y ait davantage de jeunes Français qui aillent étudier en Chine et de jeunes Chinois qui viennent ici partager leur connaissance.

Monsieur le Président, Madame, il y a cinquante ans, le général de Gaulle en avait ainsi décidé : la France et la Chine reprenaient le fil d'une conversation qui s'était interrompue et qui pourtant n'avait jamais cessé, siècle après siècle, comme une compréhension de nos civilisations respectives.

Aujourd'hui, c'est une nouvelle page que nous devons √©crire. Elle est scientifique, elle est √©conomique, elle est culturelle. La Chine et la France font le choix de l'ouverture. Nous faisons le choix de la comp√©tition. Nous faisons le choix d'un d√©veloppement durable et harmonieux. C'est tout le sens que nous devons donner √† l'amiti√© entre la France et la Chine, qui reste une promesse, une esp√©rance, mais aussi par bonheur, gr√Ęce √† vous, une r√©alit√©.

Je lève mon verre à cette amitié entre la France et la Chine qui trouve ici sa plus belle traduction.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Chine - Seconde d√©claration conjointe de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, et de M. Xi Jinping, pr√©sident de la R√©publique populaire de Chine - Propos de M. Hollande (Paris, 26/03/2014)

Mesdames,

Messieurs,

Une fois encore je renouvelle mes remerciements pour la visite que le pr√©sident Xi Jinping nous r√©serve aujourd'hui √† Paris. Parce que c'est son premier d√©placement en Europe et il a bien voulu que tout commence par la France ! Nous y sommes sensibles, d'abord parce que c'est une marque de confiance √† l'√©gard de notre pays. C'est aussi le rappel de l'Histoire. Il y a 50 ans, en effet, que la France a √©t√© la premi√®re √† reconna√ģtre la R√©publique populaire de Chine. Cette visite du pr√©sident Xi Jinping vient un an apr√®s celle que j'ai faite en Chine √† son invitation.

Depuis un an, les objectifs que nous nous étions fixés ont été en large partie atteints. Nous avions voulu relancer le dialogue politique entre nos deux pays qui, je le rappelle, s'inscrit dans un partenariat stratégique établi en 1997. Mais il nous avait semblé qu'un nouvel élan devait lui être donné. Les conditions politiques avaient changé, les personnes à la tête des deux pays avaient également changé et nous avions besoin de donner un nouveau cadre à ce partenariat stratégique.

C'est ce que nous avons fait, notamment à travers les rencontres que nous avons voulues annuelles, entre le président chinois et le président français ; à travers la visite qu'a rendue le Premier ministre Jean-Marc Ayrault en Chine ; et à travers les nombreux déplacements des ministres français, à commencer par Laurent Fabius qui est allé six fois en Chine. J'ai voulu que chaque ministre du gouvernement se sente impliqué et puisse avoir des échanges avec les homologues chinois.

Nous avons également mis en place deux mécanismes nouveaux. Le premier, sur les questions économiques et financières. La première session s'est déroulée en novembre en Chine. Nous aurons également une nouvelle session en 2014 en France. Enfin, le dernier aspect de ce dialogue, c'est un mécanisme de relation sur les échanges humains, scientifiques, universitaires, culturels... Nous avons décidé aujourd'hui même, le président Xi Jinping et moi-même, de son établissement.

Nous avons un dialogue politique qui n'est pas simplement bilatéral parce que la Chine et la France siègent au Conseil de sécurité comme membre permanent, parce que la France et la Chine sont deux puissances de paix, parce que la Chine et la France ont des principes communs pour la vie internationale, une conception du monde équilibrée respectueuse des souverainetés de chacun.

Alors nous agissons, et nous agissons ensemble, pour la r√©solution des crises r√©gionales, que ce soit au Moyen-Orient - avec la Syrie notamment ou l'Iran avec le risque de prolif√©ration - et m√™me r√©cemment sur l'Ukraine o√Ļ la Chine a pris une position qui d√©montre sa conception de la vie internationale, fond√©e sur la stabilit√©, l'int√©grit√© des fronti√®res et des √Čtats. Je sais aussi que la Chine agit pour la stabilit√© financi√®re et notamment en Ukraine.

Nous avons voulu que le XXIème siècle ne soit pas celui des annexions et des séparatismes. Chacun doit ici le comprendre. Nous avons voulu faire porter nos discussions sur trois dossiers principaux. Le premier, c'est la non-prolifération des armes de destruction massive. La France et la Chine sont deux puissances nucléaires. Mais elles sont conscientes de leur responsabilité. Elles ne veulent pas qu'il y ait des pays qui accèdent à l'arme nucléaire et qui puissent mettre en danger la paix du monde. C'est vrai pour la Corée du Nord, c'est vrai pour l'Iran.

Le second dossier, c'est celui de la sécurité et du développement en Afrique. Je remercie le président chinois pour le soutien qu'il a apporté à la mission de la France au Mali et également pour sa présence même dans ce pays. De la même manière, j'ai été sensible au message d'encouragement lors de la crise humanitaire en Centrafrique. La Chine est présente en Afrique, elle y investit. Elle contribue au développement. Je souhaite que la France et l'Afrique puissent agir ensemble, parce que l'Afrique c'est un continent d'avenir. Nous devons lutter contre le terrorisme, mais nous devons aussi nous mobiliser pour le développement et la croissance du continent africain.

Enfin, il y a un troisième dossier que nous partageons, c'est celui de la lutte contre le réchauffement climatique. La Chine sera plus qu'un partenaire, elle sera un acteur essentiel pour la réussite de la Conférence sur le climat que la France va accueillir à la fin de l'année 2015. Certes, la Chine a une responsabilité. Elle est le premier consommateur d'énergie au monde. Mais le président chinois a surtout fait de la lutte contre les pollutions une priorité de sa stratégie de réforme. Nous savons que la préservation de l'environnement est également un levier de croissance, et que la transition que nous avons à accomplir peut être également un moyen de faire coopérer nos entreprises. Nous en avons donné la preuve, ici même, en signant un certain nombre d'accords notamment sur les transports et la ville durable.

Enfin, nos deux pays sont engag√©s dans une m√™me r√©gulation de l'√©conomie de la plan√®te. Certes, la Chine connait une croissance impressionnante et qui ne ralentit pas. Elle a donc la volont√© d'associer d'autres parties du monde √† ce d√©veloppement. De la m√™me mani√®re, la France a des technologies et des capacit√©s industrielles. Elle a aussi de l'avance dans un certain nombre de domaines et nous sommes pr√™ts √† les partager. Mais nous avons aussi, dans le cadre du G20, √† assurer nos propres responsabilit√©s. La Chine veut y jouer un r√īle accru et elle peut apporter une contribution essentielle √† la gouvernance mondiale. C'est pourquoi la France souhaite que la Chine puisse organiser tr√®s prochainement un sommet du G20.

Nous avons aussi évoqué nos relations bilatérales sur le plan économique et commercial. Nous sommes conscients qu'il y a une situation qui doit être corrigée. C'est celle du déficit commercial entre la France et la Chine. Nous en avions parlé il y a un an. Nous avons la volonté de rééquilibrer le commerce extérieur entre la France et la Chine vers le haut ; en aucune façon de réduire les importations françaises et freiner les exportations chinoises. Ce que nous avons à faire, c'est élever encore notre présence en Chine et nourrir un courant d'exportation de la France vers la Chine.

Nous avons deux domaines sur lesquels nous avons traditionnellement une excellente coopération - et vous en avez eu une nouvelle fois la preuve - c'est le nucléaire civil et l'aéronautique. Là-dessus, nous avons conclu des accords très importants pour asseoir notre partenariat sur toute la filière du nucléaire civil, de l'amont vers l'aval du cycle, y compris le traitement des combustibles usagers.

Dans l'aéronautique, ce n'est pas simplement par rapport au nombre d'avions, même si c'est très important que la Chine nous achète. Là aussi, un contrat très significatif a été conclu. C'est là aussi une conception du partenariat industriel - puisque nous avons négocié un accord sur la chaine d'assemblage d'Airbus de Tianjin - qui va permettre de développer un avion régional et de mettre en oeuvre de nouvelles technologies pour la gestion du trafic aérien. Là encore, c'est un accord global. Je remercie le président chinois pour la confiance qu'il a de nouveau témoigné à l'égard d'Airbus, mais aussi des hélicoptères, puisque un contrat très important a été signé.

Mais au-del√† de ces deux domaines - le nucl√©aire civil et l'a√©ronautique - il y a de nouveaux march√©s qui s'ouvrent dont l'agroalimentaire. Il y a eu notamment sur la charcuterie, sur le lait, sur la confiserie et sur le vin, gr√Ęce √† une bonne intelligence entre nous, la lev√©e des obstacles pour l'acc√®s au march√© chinois. Nous avons donc sur le plan agroalimentaire une pleine confiance entre nos deux pays.

Il y a aussi le d√©veloppement urbain, la ville durable, la sant√©..., o√Ļ il existe, depuis plusieurs ann√©es une coop√©ration entre entreprises sur les nouvelles technologies √† utiliser en cette mati√®re. Nos exportations vers la Chine ont augment√© de 7 % en 2013, c'est donc la preuve d√©j√† que le processus est engag√©.

Mais je veux insister sur un grand projet pr√©sent√© √† travers cette c√©r√©monie de signature et qui illustre ce que peut √™tre le partenariat franco-chinois √† l'avenir. L√†, il ne s'agit plus de vendre simplement, il s'agit d'investir ensemble, de nouer un partenariat entre des entreprises qui sont, dans leur domaine, excellentes. C'est ce qui s'est conclu pour l'automobile √† travers l'accord entre DONGFENG, Peugeot et l'√Čtat fran√ßais. Il va nous permettre d'avoir un constructeur √† taille mondiale pour √™tre pr√©sent sur tous les march√©s gr√Ęce √† cette coop√©ration excellente entre la France et la Chine. Ce partenariat peut √™tre propos√© dans d'autres domaines, notamment tout ce qui est l'environnement et aussi la sant√©.

Enfin, pour développer l'innovation entre nos pays, pour multiplier les investissements, français en Chine, chinois en France, nous avons mis en place des fonds franco-chinois d'investissement communs. Parce que je souhaite qu'il y ait davantage d'investissements chinois en France. Au total, ce sont 50 accords qui ont été signés aujourd'hui, représentant une valeur de 18 milliards d'euros.

Au moment o√Ļ notre √©conomie repart, au moment o√Ļ nous luttons contre le ch√īmage, au moment o√Ļ nous devons am√©liorer notre comp√©titivit√©, au moment o√Ļ je lance le pacte de responsabilit√©, c'est tr√®s important que nous d√©montrions la valeur de nos entreprises et la capacit√© qu'√† la France de pouvoir, avec la Chine, avoir un partenariat √† ce niveau. Dix-huit milliards d'euros de contrats, c'est de l'emploi, de la croissance et surtout des perspectives d'ampleur pour les ann√©es qui viennent.

Je veux terminer sur la troisième priorité de notre partenariat stratégique : le dialogue, acte essentiel de l'économie, et les échanges humains. Il y a 35.000 jeunes Chinois qui viennent étudier en France. Nous pouvons en accueillir encore davantage. Il y a 8.000 Français qui étudient en Chine et nous pouvons, si la Chine le veut bien, en envoyer davantage. Nous voulons aussi qu'il y ait un meilleur apprentissage du chinois en France et du français en Chine. Nous voulons surtout qu'il y ait une plus grande facilité dans les échanges.

C'est pourquoi j'ai pris la décision - et le ministre des affaires étrangères a veillé à ce que cela puisse se faire dans un délai très court - d'avoir une procédure de visa délivrable en 48 heures, pour que nous puissions accueillir plus de touristes chinois. Nous en avons accueilli 1,3 million en 2013. C'est très peu par rapport à 1,3 milliard de Chinois ! Vous voyez la marge de progression qu'il nous reste encore à accomplir ! Nous devons donc nous préparer à faire que le touriste chinois puisse être accueilli dans les meilleures conditions de sécurité et de confort et qu'il ne puisse pas attendre la délivrance d'un visa pour venir visiter la France.

Sur le plan culturel, il y aura des décisions communes d'organiser des expositions, ici en France, notamment pour révéler ce qu'a été la production sous la dynastie des Han à Paris. La Chine aura des expositions de peintres français et notamment des impressionnistes. Mais au-delà de ce que la culture peut porter, de ce que la langue peut offrir, il y a la coopération technologique, celle de la recherche, notamment dans le domaine spatial. Là aussi, la France et la Chine ont conclu un accord très important.

Je pourrais continuer tant ce que nous avons engagé, il y a un an, et que nous poursuivons et amplifions aujourd'hui, est prometteur. Ceci veut dire que cinquante ans après, la reconnaissance de la Chine populaire, aujourd'hui c'est la reconnaissance de ce que notre amitié peut produire pour nos économies respectives, pour nos cultures, pour nos visions du monde. Plus que jamais l'amitié franco chinoise est utile à nos deux pays et surtout précieuse pour le monde entier. Merci./.

(source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Chine - D√©claration conjointe de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, et de M. XI Jinping, pr√©sident de la R√©publique populaire de Chine - Propos de M. Hollande (Paris, 26/03/2014)

Monsieur le Président,

Messieurs les Ministres,

Je suis tr√®s heureux de vous accueillir ici √† Paris pour cette visite d'√Čtat qui marque une √©tape importante de notre histoire, 50 ans apr√®s le r√©tablissement des relations diplomatiques entre nos deux pays et qui va ouvrir une nouvelle phase, comme la visite que j'avais moi-m√™me effectu√©e en Chine, il y a maintenant pr√®s d'un an.

Nous avons voulu célébrer avec éclat le 50ème anniversaire de cet acte historique, celui qui avait été posé par le Général De Gaulle et il y a eu pas moins de 300 manifestations en Chine et en France pour marquer l'importance de cet événement.

Et si nous devons être fidèle à ce passé qui nous unit, et qui remonte d'ailleurs à très loin, nous devons aussi donner un sens au partenariat stratégique que nous avons conclus en 1997.

D'abord un dialogue politique qui doit être au plus haut niveau et c'est la raison pour laquelle, non seulement le Premier ministre français est venu en Chine, mais je pense que Laurent Fabius, le ministre des affaires étrangères a du faire six fois le voyage et j'ai beaucoup de mal à le retenir en France tant il veut aller en Chine régulièrement.

Gr√Ęce √† la qualit√© de cette relation avec vos propres ministres et collaborateurs, nous avons pu sur les sujets internationaux importants, que sont la question de la Syrie, de l'Iran, de l'Ukraine, du Moyen Orient, trouver des positions communes. Parce que la France et la Chine partagent les m√™mes principes √† l'√©chelle du monde.

Le premier principe, c'est l'ind√©pendance, la souverainet√© des √Čtats et le respect du droit international.

Le second principe, c'est l'intégrité territoriale et le refus de tout séparatisme.

Le troisième principe, c'est de servir la paix et donc d'intervenir par tous les moyens diplomatiques pour trouver les solutions aux crises.

Enfin, c'est de permettre la sécurité. Et j'ai été très sensible au soutien que la Chine nous a apporté, notamment pour nos politiques à l'égard du continent africain. Et en ce moment, sur la question de l'Ukraine, nous avons beaucoup apprécié la position de la Chine. Favoriser le dialogue et en même temps, être ferme sur les principes de l'intégrité territoriale.

Sur le plan bilat√©ral, nous avons aussi d'excellentes relations, m√™me si nous avons un devoir pour ce qui nous concerne, c'est de r√©√©quilibrer le commerce ext√©rieur entre nos deux pays. Nous en avions parl√© lors de ma visite d'√Čtat en Chine, et depuis un an, les r√©sultats sont au rendez-vous. Sur le nucl√©aire civil, c'est une coop√©ration ancienne, sur l'a√©ronautique, l√† o√Ļ nous avons d√©j√† multipli√© les √©changes, mais aussi sur de nouveaux domaines. L'agroalimentaire, et je sais que vous y avez veill√©, mais aussi la ¬ęville durable¬Ľ, et √©galement sur toutes les questions des technologies. Et je sais que des contrats importants vont √™tre sign√©s √† l'occasion de votre visite, notamment un qui est √† la fois majeur sur le plan industriel et symbolique de ce que nous voulons faire, c'est l'accord entre Dongfeng et Peugeot.

Parce que notre ambition, ce n'était pas simplement de multiplie les échanges, c'est de multiplier les investissements. Nous n'avons pas que des ambitions économiques, nous avons aussi la volonté de multiplier les échanges entre nos deux pays. Faire qu'il y ait plus de Français qui parlent chinois, plus de Chinois qui parlent français, même si certain le parle déjà excellemment. Mais aussi avoir des échanges entre universités, laboratoires scientifiques, chercheurs, pour que nous puissions être ensemble sur les domaines essentiels. Notamment le spatial, la recherche scientifique, la santé.

Et puis, nous avons la volonté également de faire connaitre davantage à nos compatriotes respectifs la culture que nous pouvons nous-mêmes partager.

Il y aura de grandes expositions en Chine. Les impressionnistes notamment, y seront présentés mais aussi, ici, à Paris, des oeuvres chinoises seront également exposées.

Monsieur le Président, je pourrai parler des heures et des heures de ce que nous avons à faire ensemble. C'est pour cela que nous avons convenu de nous voir une fois par an au moins.

Je veux terminer par un sujet très important, c'est la Conférence sur le climat que la France va accueillir à la fin de l'année 2015. Je sais que la Chine est pleinement investie par rapport à cet objectif de lutter contre le réchauffement du climat. Nous souffrons de la pollution dans les villes. À Paris, il y a quelques jours nous avons même été obligé de réduire la circulation de l'automobile, tant l'air était devenu irrespirable pour des personnes fragiles. Je sais que vous avez le même problème dans vos grandes villes, c'est un devoir pour nous de faire en sorte de prendre les décisions indispensables.

Mais, ce que je voulais, Monsieur le Président, c'est que vous sentiez à travers votre voyage ici, votre visite, combien l'amitié entre la France et la Chine restait intense et ouvrait d'autres domaines de coopération que nos prédécesseurs ne pouvaient même pas imaginer./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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6. Chine - Ouverture du symposium sur les relations franco-chinoises - Discours de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res (Paris, 27/03/2014)

Monsieur le Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je vous remercie, Cher Collègue et Ami Wang Yi, d'avoir accepté d'ouvrir ce symposium avec moi.

Nous avons souhait√© que soit m√©nag√©, √† l'occasion de cette visite exceptionnelle du pr√©sident Xi, un moment pour r√©fl√©chir ensemble √† l'avenir de notre partenariat. Notre dialogue r√©unit des acteurs et des observateurs de cette relation. Il permettra aussi, je l'esp√®re, de nouer des liens personnels entre les participants : les relations d'√Čtat √† √Čtat ont besoin de tels √©changes humains directs.

Trois th√®mes vont structurer vos travaux : le dialogue politique sur les grands sujets internationaux, l'enjeu climatique, et le ¬ęquotidien¬Ľ qui fait la richesse de nos relations, c'est-√†-dire les √©changes √©conomiques, culturels et humains.

Cet après-midi, nos deux présidents fixeront dans ce Palais les grands axes de notre partenariat pour l'avenir. Ce matin, je me limiterai à quelques réflexions issues de mon expérience.

* *

Entre la Chine et la France, beaucoup de bon chemin a d√©j√† √©t√© parcouru et depuis longtemps, mais les progr√®s r√©cents sont particuli√®rement importants. Depuis un an et demi, nous avons su placer notre relation dans une perspective de moyen et de long terme tout en √©vitant les soubresauts qui lui avaient trop souvent nui dans le pass√©. Il ne s'agit pas de mettre ¬ęsous le tapis¬Ľ les probl√®mes qui peuvent surgir mais de les g√©rer comme on doit le faire entre vrais amis dans le cadre d'un dialogue s√©rieux, confiant et r√©gulier, sans gesticulations. Bref, amiti√©, franchise et constance. Nous avons √©tabli des bases solides.

Cela a permis à notre dialogue politique sur les grands dossiers internationaux de prendre une dimension nouvelle. Pendant longtemps, celui-ci était resté assez formel. Les choses ont changé, en mieux. Désormais, nous nous rencontrons très régulièrement : depuis votre prise de fonctions, Cher Collègue et Ami Wang Yi, nous nous sommes déjà vus huit fois, soit un rythme presque mensuel. L'habitude s'est prise de consultations systématiques sur les grands sujets d'actualité. Sur la Syrie, sur l'Iran, sur l'Ukraine, notre dialogue est constant. Un réflexe a été pris, nous travaillons désormais ensemble comme je travaille avec John Kerry par exemple. J'y attache - je veux vous le dire - une grande importance.

Autre évolution significative : l'accent mis sur les échanges humains dans notre partenariat. Des mesures ont été décidées pour lever concrètement les obstacles à la circulation des personnes : simplification des procédures de visas, progrès pour l'accueil des étudiants chinois, dispositions en direction des touristes... Par exemple, nous avons délivré 20 % de visas supplémentaires pour des Chinois en 2013 par rapport à 2012 et je constate pour février 2014 par rapport à février 2013 une augmentation du nombre de visas délivrés par la France de 48% !

Un palier a aussi, je crois, été franchi dans la perception de la France et de son attractivité par les investisseurs chinois. L'engagement des deux présidents sur ce dossier a dissipé les interrogations qui avaient pu exister sur l'accueil réservé aux entreprises chinoises en France. PSA-Dongfeng, Fosun/AXA-Club Med, Hainan Airlines-Aigle Azur, Synutra dans le lait en Bretagne ...

Convenons aussi que, sur d'autres points, les r√©sultats ne sont pas encore au rendez-vous. Je pense en particulier au r√©√©quilibrage de nos relations commerciales. Le d√©ficit commercial demeure proche de 26Mdseuro en 2013, soit toujours 40 % de notre d√©ficit global. Ces r√©sultats, disons les choses, ne sont pas bons. Il nous faut redoubler d'efforts pour un r√©√©quilibrage par le haut. Cette visite d'√Čtat y contribuera.

À cause de ce déséquilibre, la perception qu'ont les Français envers la Chine, très positive dans l'ensemble, comporte cependant certaines inquiétudes. Une enquête récente a montré que 70 % des Français estiment que les relations franco-chinoises sont bonnes ou très bonnes, et même 80 % quand on parle des relations culturelles ; mais les échanges économiques avec la Chine sont vus à la fois comme une opportunité (73 %) et comme un risque pour les technologies (79 %) et les emplois français (76 %). Un cap psychologique reste donc encore à franchir et je souhaite que nous y réfléchissions aujourd'hui.

* *

Comment progresser pour développer ce partenariat au XXIème siècle ? Difficile de prévoir à si long terme. Demeurons lucides, car l'imprévu s'invite toujours. Mais la lucidité n'exclue pas l'ambition. Nous pouvons nous appuyer sur au moins trois évolutions majeures.

- Premi√®re √©volution, les mutations g√©n√©rales et celles du mod√®le √©conomique chinois. La France n'avait pas pris pleinement le tournant de la premi√®re industrialisation chinoise. C'est une des causes du d√©s√©quilibre dont je parlais √† l'instant. Aujourd'hui, le nouveau mod√®le que construit la Chine, plus tourn√© vers le d√©veloppement int√©rieur, la qualit√© de vie, la consommation, l'environnement, offre des perspectives nouvelles. La France veut √™tre au rendez-vous de ce nouvel √Ęge de l'√©conomie et de la soci√©t√© chinoise. Nous en avons, comme vous, besoin : urbanisme, agroalimentaire, √©nergie, environnement, distribution, loisirs, sant√©, la France y poss√®de des savoir-faire reconnus, des entreprises parmi les premi√®res au monde et des technologies de pointe. √Ä nous de nous mobiliser pour √™tre partenaires de ce dont vous avez besoin ; √† vous de confirmer un environnement favorable pour ces nouveaux partenariats qui assureront les emplois et le d√©veloppement durable auxquels vous et nous aspirons.

Cette mutation s'accompagne d'une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux et climatiques, qui doit faire bouger les lignes dans les discussions internationales. Nous rencontrons là l'occasion d'un dialogue renouvelé sur des questions capitales car elles conditionnent la survie même de l'humanité. La France accueillera la grande conférence Paris Climat 2015. Nous entendons travailler avec la Chine pour la préparer afin d'aboutir à un accord universel et différencié.

- La deuxi√®me grande √©volution, c'est la place croissante de la Chine dans les relations internationales, dont la France se f√©licite. Dans les ann√©es √† venir, la Chine, compte tenu de son poids croissant, devra prendre des responsabilit√©s de plus en plus importantes sur la sc√®ne internationale. La France, nation ind√©pendante, membre permanent du CSNU, qui fait partie des rares puissances ¬ęglobales¬Ľ, souhaite accompagner ce mouvement. De grands dossiers permettront d'y travailler. J'ai d√©j√† parl√© du climat. Je pense aussi √† la s√©curit√© et au d√©veloppement de l'Afrique, c'est-√†-dire une pr√©sence commune dans des pays tiers, et plus largement √† l'organisation de ce que l'on appelle la gouvernance globale. C'est dans cet esprit que nous souhaitons que la Chine, qui n'en a pas encore eu l'occasion, puisse accueillir tr√®s prochainement le G20.

Je dis souvent, pour d√©crire la situation actuelle, que nous vivons dans un monde ¬ęz√©ro-polaire¬Ľ, c'est-√†-dire √©clat√©, o√Ļ aucune puissance ou groupe de puissances ne d√©tient seul les moyens d'√™tre le garant en derni√®re instance de la paix et de la s√©curit√©. Chacun voit les dangers de cette situation erratique avec, par exemple, la crise russo-ukrainienne. La bonne r√©ponse, c'est d'aller vers un ¬ęmonde multipolaire organis√©¬Ľ. La Chine, l'Europe doivent constituer quelques-uns de ces grands p√īles d'√©quilibre. L'objectif d'une multipolarit√© organis√©e rassemble la Chine et la France, nations pacifiques. Cet objectif est dans notre int√©r√™t √† tous et doit nous guider.

- La troisi√®me transformation qui doit fonder notre partenariat, c'est le d√©veloppement de la soci√©t√© civile en Chine et la multiplication des liens humains entre Chinois et Fran√ßais. Je vise ici non seulement la n√©cessaire compatibilit√© entre d√©veloppement √©conomique et √©quilibres sociaux, au sein de chacun de nos pays, non seulement la pr√©servation de la diversit√© culturelle dans un contexte de plus en plus mondialis√© mais tout simplement l'enrichissement de nos √©changes et par nos √©changes. Il suffit de se promener dans beaucoup de villes fran√ßaises pour r√©aliser combien la Chine est devenue pr√©sente dans la vie quotidienne des Fran√ßais. En sens inverse, les √©tudiants fran√ßais en Chine sont les plus nombreux parmi les europ√©ens. La communaut√© fran√ßaise de Shanghai - 20.000 personnes - est √©galement de loin la premi√®re communaut√© europ√©enne : tous ces contacts entre peuples et entre soci√©t√©s civiles constituent de plus en plus le coeur de notre relation et de nos √©changes. C'est une grande chance ! Nous devons et pouvons d√©velopper encore ces contacts et ce brassage. C'est pourquoi, pour notre part, nous avons fix√© des objectifs volontaristes. Nous voulons favoriser l'apprentissage du chinois dans le syst√®me √©ducatif fran√ßais, encourager les jeunes dipl√īm√©s fran√ßais √† effectuer des stages en Chine, d√©velopper des programmes √† destination des acteurs de la soci√©t√© civile chinoise : 50.000 √©tudiants chinois au lieu de 35.000, 3 millions de touristes en France au lieu de la moiti√©, voil√† l'objectif √† atteindre rapidement.

Ces √©changes humains sous toutes leurs formes feront l'objet d'un suivi sp√©cifique assur√© par un vice-Premier ministre du c√īt√© chinois, et par le ministre des affaires √©trang√®res fran√ßais, ainsi que cela existe entre la Chine et les √Čtats-Unis ou la Chine et la Russie. Nous retrouvons l√† la vision du g√©n√©ral de Gaulle lorsqu'il d√©cida, ainsi que le pr√©sident Mao il y a 50 ans, d'√©tablir des relations diplomatiques entre la Chine et la France. Je le cite : ¬ęen multipliant les rapports entre les peuples, on [sert] la cause des hommes, c'est-√†-dire celle de la sagesse, du progr√®s et de la paix¬Ľ.

* *

Chers Amis,

Dans la pens√©e fran√ßaise, on oppose souvent le changement et la conservation. Il me semble que la pens√©e chinoise, elle, nous enseigne que tout se transforme et que la vraie question consiste plut√īt √† d√©terminer quel doit √™tre le contenu du changement positif. Pour les 50 ans qui viennent, c'est cette conception-l√† qu'il nous faut retenir : non pas figer le partenariat tel que nous l'avons construit depuis 50 ans mais, pour en maintenir la force, √©largir et enrichir encore son contenu.

Je me suis limit√© ici, selon une expression chinoise, √† ¬ęlancer une brique pour obtenir du jade¬Ľ. De vos travaux, j'en suis s√Ľr, sortira un tr√®s beau jade. Et puisque nous sommes √† la saison des fleurs de prunier, ch√®res aux peintres impressionnistes fran√ßais comme aux peintres chinois, je conclus en souhaitant que naissent de nos √©changes des bourgeons porteurs de continuit√©, de long√©vit√© et de renouveau./.

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7. Chine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, avec ¬ęI-t√©l√©¬Ľ (Paris, 27/03/2014)

(...)

Q - 50 accords sign√©s, 18 milliards de contrats, est-ce que notre rapprochement avec la Chine, incarn√© hier par ce sommet, est une des r√©ponses au ch√īmage ?

R - Oui, parce que de très bonnes relations avec la Chine, ce sont des dizaines de milliers d'emplois en France.

Q - Chez nous vraiment ?

R - Bien s√Ľr. Par exemple, vous avez vu qu'il y a une perspective, un march√© d'h√©licopt√®res de 1.000 h√©licopt√®res dans les ann√©es qui viennent. Une partie va √™tre assembl√©e en Chine, mais une grande partie est faite dans le Sud de la France. Lorsque AIRBUS passe un contrat de 70 AIRBUS, une partie bien s√Ľr est assembl√©e √† Tianjin, √† c√īt√© de P√©kin, mais une grande partie vient soit des usines fran√ßaises, soit des usines allemandes. Et on a √©tendu la gamme de nos √©changes √† des nouveaux secteurs : ce qu'on appelle la ville durable, les produits agricoles et alimentaire, la construction, la sant√©, les services. Donc, on ne peut pas trouver seulement en France les occasions des d√©veloppements, il faut aller de plus en plus √† l'√©tranger. Nous avons un d√©ficit consid√©rable avec les Chinois, 26 milliards d'euros par an, c'est √©norme, c'est 40 % de notre d√©ficit. Avec les excellentes relations nou√©es sur le plan politique, sur le plan √©conomique, cela doit aider beaucoup notre √©conomie.

Q - Mais au prix peut-√™tre d'un transfert de technologie, c'est-√†-dire que dans 15 ans, dans 20 ans, ils nous piqueront des march√©s en vendant leurs h√©licopt√®res fabriqu√©s gr√Ęce √† notre technologie.

R - Le m√™me raisonnement a √©t√© fait lorsqu'on a d√©cid√© d'implanter AIRBUS √† Tianjin, il y a une dizaine d'ann√©es, et on continue √† vendre √©norm√©ment d'avions en Chine. Le cycle est toujours le m√™me, de toutes les mani√®res on ne peut plus dire aujourd'hui aux pays √©mergents - d'ailleurs d√©j√† √©merg√©s : nous allons vous vendre nos produits et la technologie nous la gardons. Il faut partager la technologie mais avoir toujours, d'o√Ļ la recherche fran√ßaise, une technologie d'avance.

Q - Nous ouvrons aussi le territoire fran√ßais aux investisseurs chinois, est-ce qu'il n'y a pas un risque de voir nos fleurons passer sous leur contr√īle comme le proc√®s en a √©t√© fait pour Peugeot ?

R - Ce serait compl√®tement une erreur de consid√©rer cela ainsi. Peugeot avait de grandes difficult√©s de march√© et de capital. L'accord qui a √©t√© pass√© permet √† la fois de faire rentrer du capital et de s'ouvrir au march√© chinois. L√† o√Ļ Peugeot gagne de l'argent, c'est sur le march√© chinois. Prenons un exemple : le tourisme. Nous avons actuellement 1.500.000 touristes qui viennent en France. Chacun d'entre eux - je suis pr√©cis - d√©pense 1.500 euros. Si nous passons de 1.500.000 touristes √† 3 millions de touristes, cela nous baisse de 6 % le d√©ficit ext√©rieur de la France.

Q - Nous faisons vraiment tout pour les accueillir, notamment en matière de sécurité ?

R - Nous ne faisons pas encore assez. Avec le président de la République, nous avons pris une décision. Je vais vous en donner la primeur. Désormais en Chine, pour les Chinois, les visas sont délivrés en 48 heures. Le nombre des visas délivrés aux Chinois en février a ainsi augmenté de 48 % ; 48 % d'une année sur l'autre !

Q - Avec un risque d'immigration clandestine ...

R - Non, chez les Chinois il n'y a aucune immigration clandestine.

Q - La Chine a aussi un r√īle g√©opolitique. Elle s'est abstenue √† l'ONU dans l'affaire Russie - Crim√©e - Ukraine...

R - Alors que l'on ne craignait qu'elle ne vote avec la Russie.

Q - Comment interprétez-vous ce geste ?

R - Nous allons beaucoup discuter avec les dirigeants chinois. Leur position est la suivante : ¬ęil y a en Crim√©e une population russe traditionnelle, il y a des circonstances particuli√®res, nous n'allons donc pas voter contre la Russie¬Ľ. Mais, les Chinois sont pour l'int√©grit√© territoriale, or l'int√©grit√© territoriale a √©t√© viol√©e par les Russes.

D'autre part - le raisonnement est un peu compliqu√©, mais il est important -, vous savez que les Ukrainiens avaient des armes nucl√©aires et qu'ils ont accept√© de s'en dessaisir, en 1994, √† condition d'√™tre prot√©g√©s dans leur int√©grit√©, notamment par les Russes. Or, les Russes non seulement ne les ont pas prot√©g√©, mais on annex√© une partie du territoire. Cela veut donc dire que c'est un encouragement terrible √† tous les pays √† dire : ¬ęsi on veut garder notre int√©grit√© territoriale, il faut avoir une bombe atomique¬Ľ. Les Chinois, comme nous, sont contre la diss√©mination nucl√©aire.

Donc, qu'il s'agisse de l'int√©grit√© territoriale, qui pour les Chinois est un principe absolu ou qu'il s'agisse du refus de la diss√©mination nucl√©aire, ce qu'ont fait les Russes est dangereux, d'o√Ļ l'abstention des Chinois.(...)./.

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8. Chine - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 26/03/2014)

Nicole Bricq, ministre du Commerce ext√©rieur et Gao Hucheng, ministre chinois du Commerce ont sign√© ce jour √† l'√Člys√©e un accord de coop√©ration pour la r√©alisation d'un √©coquartier franco-chinois de 10 km2 √† Shenyang, ville de 7 millions d'habitants situ√©e au Nord-Est de la Chine.

Shenyang est considérée par les autorités chinoises comme zone prioritaire pour le redéveloppement des secteurs industriels traditionnels, les économies d'énergie, la protection de l'environnement et la lutte contre la pollution.

L'Eco quartier franco-chinois sera lancé par une première phase de 3 km2 à réaliser sous 5 ans et se poursuivra sur 7 km2 complémentaires. Ce projet sera réalisé entre les services de la municipalité de Shenyang et un porteur de projet urbain, Centuria Capital, qui a constitué une plate-forme ayant vocation à accueillir toutes les entreprises françaises volontaires pour se positionner sur ce projet.

Pour Nicole Bricq ¬ęIl y a moins d'un an, avec Gao Hucheng, nous avions exprim√© la volont√© de voir aboutir le projet d'√©coquartier de Shenyang. Par cette signature, la ville durable devient un domaine structurant de la coop√©ration franco-chinoise. √Ä nous maintenant de regrouper l'offre fran√ßaise comme nous avons commenc√© √† le faire sous la banni√®re ¬ęVivapolis¬Ľ et de proposer aux chinois notre comp√©tence en mati√®re de r√©seaux intelligents, de gestion de l'eau, des d√©chets, de transports... L'objectif est d'associer l'excellence de nos entreprises au savoir-faire chinois afin de r√©pondre √† leurs attentes croissantes en mati√®re de qualit√© de vie. Je tiens √©galement √† remercier Mich√®le Pappalardo, f√©d√©ratrice de l'offre fran√ßaise dans le domaine de la ville durable, qui a largement contribu√© √† la concr√©tisation de ce projet¬Ľ./.

(Source : site Internet du commerce extérieur)

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9. Ukraine - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, √† l'issue du Conseil europ√©en (Bruxelles, 21/03/2014)

Mesdames, Messieurs, le Conseil europ√©en ce matin a commenc√© par la c√©r√©monie de signature de la partie politique de l'accord d'association entre l'Union et l'Ukraine. Il fallait y voir essentiellement un symbole : celui de la solidarit√© de l'Europe √† l'√©gard de l'Ukraine, √† un moment o√Ļ elle est menac√©e quant √† son int√©grit√© territoriale. L'accord d'association n'est pas encore complet puisqu'il devra √™tre compl√©t√© par la partie commerciale.

Je voulais vous rappeler aussi les décisions prises par le Conseil européen - ce que je vous disais hier soir, ici même.

À la suite du rattachement de la Crimée à la Russie, des sanctions individuelles ont été adoptées, notamment à l'égard de 33 personnalités. Je ne vous donnerai pas la liste puisqu'il convient encore d'adopter les actes juridiques qui auront les conséquences que l'on sait, à la fois, sur la circulation de ces personnes et sur leurs avoirs financiers. La deuxième décision a été de suspendre et même d'annuler un certain nombre de réunions qui devaient avoir lieu, notamment celle entre l'Union européenne et la Russie. Enfin, il a été décidé de réduire les relations commerciales, économiques et financières entre l'Europe et la Crimée.

L'Europe souhaite par ailleurs être utile et ouvrir une possibilité de dialogue, de discussion, de négociation pour qu'il puisse y avoir une désescalade en Ukraine.

C'est le sens de la mission de l'OSCE qui doit être mise en place dans les prochains jours et qui permettra d'évaluer la situation et de préparer, dans les meilleures conditions, l'élection présidentielle du 25 mai en Ukraine. Si cette mission de l'OSCE ne pouvait pas être organisée dans de bonnes conditions avec les effectifs suffisants, ce serait une mission européenne qui, à ce moment-là, s'y substituerait.

Il y a eu aussi la décision d'aider massivement l'Ukraine à travers un soutien financier exceptionnel qui complète celui apporté par le FMI et par d'autres institutions.

Enfin, il y a la nécessité, j'allais dire l'obligation, de donner la parole au peuple ukrainien pour décider de son avenir. Tout doit être fait pour que l'élection présidentielle du 25 mai puisse se tenir dans des conditions d'impartialité, de liberté et de transparence.

(...)

Q - Monsieur le Président, sur l'Ukraine et les conclusions de ce Conseil, vous avez signé le volet politique, avec le Premier ministre ukrainien, qui est hautement symbolique. Mais n'est-il pas seulement symbolique ? Autrement dit, l'Union européenne veut une réponse graduée, mais est-ce qu'on n'est pas trop timide ? Surtout est-ce que cela va vraiment gêner aux entournures Vladimir Poutine ? Est-ce que c'est en train de le pousser à la table des négociations ou pas ?

R - Cela, nous le verrons dans les prochains jours. Mais il était très important d'abord de prendre des sanctions. Il y en a d'immédiates. J'ai évoqué la liste des personnalités et les conséquences que nos décisions vont avoir pour leur circulation et pour leur patrimoine. Il y a également des suspensions de rencontres y compris de coopération qui pouvaient avoir lieu. Et puis, il y a le doute qui s'installe... C'est le doute qui permet de revenir à la négociation, à la discussion, au dialogue, parce que nous avons demandé à la Commission européenne de préparer des mesures ciblées en cas de poursuite de la tension et de l'escalade.

Chacun doit donc bien réfléchir. Nous, nous l'avons fait à 28, ce n'est pas si simple ...

Le président russe doit bien prendre en compte que la volonté du dialogue est là, que la volonté d'apaisement est également là. Il est nécessaire d'en terminer avec cette montée des tensions qui rappelle, effectivement, des moments particulièrement lourds de notre histoire récente - je pense à la Guerre froide - et qui ne peuvent pas durer sans conséquences, notamment économiques.

Aujourd'hui, la dissuasion n'est pas militaire, elle est économique.

Q - Justement dans ce contexte, le 6 juin, c'est le 70ème anniversaire du Débarquement. C'est une célébration de la paix aussi. Est-ce que vous pouvez dans ce contexte continuer à inviter Vladimir Poutine, dont vous dites vous-même qu'il a d'une certaine façon provoqué un regain de tension mondiale ?

R - J'ai invité le président Poutine pour les célébrations du Débarquement le 6 juin et je maintiens cette invitation, car là nous sommes dans une commémoration. Nous avons en partage les millions de morts qui ont été les victimes de ce conflit et aussi ses héros.

Nous devons effectivement trouver l'apaisement sur la question de l'Ukraine. Il peut y avoir des suspensions de rendez-vous, notamment pour ce qui concernait la réunion entre l'Union européenne et la Russie. Mais, pour ces commémorations, nous devons tout faire pour que ce soit l'esprit de paix qui l'emporte. Nous ne devons pas considérer seulement la Russie d'aujourd'hui - pour laquelle nous avons d'ailleurs de l'amitié - mais aussi la Russie qui a été solidaire de la France dans l'épreuve et qui a payé un lourd tribut pour lutter contre le nazisme.

(...)

Q - Le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian a annoncé aujourd'hui l'envoi d'avions de chasse français en Pologne et aux Pays baltes. Est-ce que vous pouvez nous expliquer dans quel cadre ces annonces se situent ? Est-ce qu'il ne faut pas y voir finalement le signe d'une escalade militaire qui est en cours malgré tout ?

R - S√Ľrement pas de notre c√īt√©. Il s'agit simplement d'assurer √† nos amis, √† nos alli√©s, l'expression de notre solidarit√© et de veiller √† ce que des exercices li√©s √† la s√©curit√© puissent √™tre men√©s. Il n'y a pas d'autre message que celui-l√†. C'est une preuve de coop√©ration et de solidarit√©. (...)./.

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10. Russie - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, avec ¬ęI-t√©l√©¬Ľ (Paris, 27/03/2014)

(...)

Q - N'a-t-on pas commis une erreur à annuler le G8 de Sotchi ? On aurait discuté avec les Russes à 7 contre un, ils auraient pu reculer.

R - Non, je pense que nous avons eu raison parce que le G8 est un accord sur des normes internationales communes, sur des façons de procéder communes. Or, ce qu'a fait la Russie en Crimée, c'est une violation des règles internationales, c'est une remise en cause de toutes les frontières. Il faut donc marquer le coup. Cela ne veut pas dire du tout que l'on rompt les relations avec la Russie. Nous avons des relations, je m'entretiens souvent au téléphone en ce moment avec mon collègue M. Lavrov, mais il faut aller vers la désescalade et il faut marquer ce que nous n'acceptons pas.

Q - Maintenez-vous votre menace de ne pas livrer aux Russes les navires militaires que nous leur avons vendus ?

R - Il y a un contrat commercial qui, actuellement, est en train de courir normalement entre l'acheteur russe et le fabricant français. C'est au mois d'octobre que la France devra prendre sa décision d'autorisation, ou pas, d'exportation. Nous pensons qu'au mois d'octobre les circonstances auront évolué.

Q - Les circonstances auront évolué, mais est-ce qu'elles seront favorables ? On a l'impression qu'en Ukraine les ultranationalistes sont en train de mettre leur emprise sur le pays.

R - Non, je ne crois pas. M. Iatseniouk, le Premier ministre, est un homme tr√®s s√©rieux. Il faut aller vers les √©lections pr√©sidentielles libres et transparentes le 25 mai prochain. √Ä partir du moment o√Ļ il y aura un nouveau pr√©sident √©lu, un nouveau pouvoir l√©gitime, nous allons l'aider √©conomiquement. √Ä partir de ce moment-l√†, l'Ukraine doit pouvoir retrouver des relations normales avec les uns et les autres.

Q - Vladimir Poutine doit venir en France au printemps, il est toujours le bienvenu ?

R - Nous allons discuter avec les Russes pour savoir si cette visite, à ce moment-là, est opportune ou s'il y a un autre moment qui est plus opportun. De toute les manières, il vient en France au mois de juin parce qu'il y a la commémoration de la guerre.

Q - Et de ce c√īt√©-l√† il n'y aura pas de prises d'otages si j'ose dire, de ces comm√©morations pourtant aux bras des Russes ?

R - Non, je crois que c'est un hommage qui doit √™tre rendu aux combattants de l'Histoire. Il est tout √† fait normal que les diff√©rentes nations et leurs dirigeants soient l√† pour rendre hommage et pour dire : ¬ęplus jamais √ßa¬Ľ. (...)./.

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11. √Čgypte - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, avec ¬ęI-t√©l√©¬Ľ (Paris, 27/03/2014)

(...)

Q - Des centaines de condamnations √† mort, une candidature pr√©sidentielle pour √©radiquer le terrorisme, est-ce qu'en √Čgypte, Al Sissi √† votre soutien ?

R - Ce n'est pas en ces termes que cela se pose. Vous savez comment tout cela s'est orchestré : d'abord, l'élection de M. Morsi, parfaitement légitime ; ensuite, une déroute économique épouvantable, une révolte de la population, l'arrivée au pouvoir de M. Al Sissi ; maintenant, une élection présidentielle.

À propos des condamnations à mort, qui ont été absolument massives, nous disons que ce processus de condamnation en bloc n'est pas acceptable avec nos normes. En même temps, pour ce qui est de l'élection présidentielle proprement dite, nous allons voir quels sont les candidats, mais nous souhaitons que très vite on revienne à la feuille de route démocratique.

Q - Mais notre int√©r√™t c'est quand m√™me l'ordre en √Čgypte ?

R - La stabilité.

(...)./.

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12. Japon - Prix Pritzker 2014 - Communiqu√© du minist√®re de la culture et de la communication (Paris, 26/03/2014)

N√© √† Tokyo en 1957, dipl√īm√© d'architecture en 1984 aux √Čtats-Unis (Southern California Institute of Architecture puis Cooper Union School de New-York), Shigeru Ban s'est fait conna√ģtre pour son architecture √† base de tubes de carton et sa r√©flexion militante sur une architecture de l'urgence faisant suite √† des catastrophes naturelles ou humaines.

Shigeru Ban aura marqué les esprits lors du tremblement de terre de Kobe en 1995, catastrophe humanitaire à l'issue de laquelle il proposera un habitat éphémère au profit des plus démunis, ce qui lui vaudra de devenir architecte conseiller auprès du Haut Comité aux réfugiés de l'ONU, de 1995 à 1999.

Voyageur inlassable, il va ainsi se rendre aupr√®s de victimes pendant plus de vingt ans autour du monde, intervenant au Japon, en Turquie, en Inde, au Sri Lanka, en Ha√Įti, au Rwanda, en Chine, en Italie ou en Nouvelle-Z√©lande, o√Ļ il vient d'ailleurs d'achever la cath√©drale √©ph√©m√®re de papier de Christchurch, ville √©galement frapp√©e par un tremblement de terre en 2011.

En France, Sieur Ban est connu pour avoir r√©alis√© en collaboration avec Jean de Gastine le Centre Pompidou-Metz inaugur√© en mai 2010, ainsi que la future Cit√© musicale qui doit s'implanter sur l'√ģle Seguin, √† Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le ¬ępont en carton¬Ľ, projet provisoire pr√®s du pont du Gard, ou encore le Consortium, centre d'art contemporain, √† Dijon.

Cette distinction, équivalent du prix Nobel de l'architecture, vient couronner un architecte de grand talent dont le travail et l'engagement ont eu comme principale destination, celle de mettre l'architecture au service des autres.

Le prix Pritzker, cr√©√© en 1979 par la famille Pritzker, propri√©taire de la cha√ģne d'h√ītel Hyatt, est attribu√© chaque ann√©e √† un architecte contemporain. Le jury, compos√© de personnalit√©s parmi lesquelles des architectes de renomm√©e internationale, des historiens et des universitaires, a salu√© en Shigeru Ban ¬ęses incessants efforts humanitaires¬Ľ mais √©galement ses voyages ¬ępendant 20 ans sur les lieux de catastrophes, naturelles ou humaines, pour travailler avec des citoyens, des b√©n√©voles, des √©tudiants, afin de dessiner et construire des abris recyclables, √† bas co√Ľts, qui redonnent de la dignit√©¬Ľ aux victimes.

Il est le sixième architecte japonais à recevoir cette prestigieuse distinction, après son compatriote Toyo Ito, qui l'avait emporté l'an dernier, ainsi que Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa (Sanaa) en 2010.

Doté de 100 000 dollars et symbolisé par une médaille de bronze, conçue par l'architecte américain Louis Sullivan, le prix lui sera officiellement remis le 13 juin prochain, au Rijksmuseum d'Amsterdam./.

(source : site Internet du ministère de la Culture et de la Communication)

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13. Politique africaine - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, √† l'issue du Conseil europ√©en (Bruxelles, 21/03/2014)

(...)

Nous avons enfin abord√© la question de l'Afrique, puisqu'il y a, les 2 et 3 avril, le Sommet entre l'Union europ√©enne et l'Afrique √† un moment important o√Ļ les yeux s'ouvrent sur ce qu'est l'Afrique. Bien s√Ľr, nous parlons beaucoup des questions de s√©curit√©, de terrorisme, parfois sur des r√©alit√©s humanitaires qui sont particuli√®rement bouleversantes ; chacun les a √† l'esprit. Mais l'Afrique, c'est un continent d'avenir. L'Afrique, c'est un enjeu de d√©veloppement √©conomique pour elle-m√™me mais aussi pour l'Europe. C'est pourquoi des pays qui jusqu'√† pr√©sent n'avaient pas les yeux tourn√©s vers l'Afrique commencent √† regarder vers elle. La France veut montrer aussi qu'elle a une politique africaine qui n'est pas simplement pour elle-m√™me, mais dans la volont√© d'associer l'Europe √† cet enjeu-l√†.

Il y aura donc trois volets dans le sommet entre l'Union européenne et l'Afrique. Un volet sécuritaire : comment permettre à l'Afrique d'assurer sa propre défense par elle-même notamment par rapport aux nouvelles menaces (trafic, terrorisme, banditisme et parfois aussi piraterie). Le second volet, c'est l'économie. Et j'y ajoute le troisième volet que j'ai présenté et qui est le climat. Parce que s'il y a un continent qui souffre particulièrement du dérèglement du climat, c'est bien l'Afrique à travers la désertification et parfois aussi un certain nombre de catastrophes humanitaires.

Sur la Centrafrique, j'ai pr√©sent√© l'√©tat de la situation. Mme Ashton ainsi que M. Van Rompuy ont pu aller dans le m√™me sens que moi. Il y a une am√©lioration incontestable sur le plan de la s√©curit√© aussi bien √† Bangui que dans certaines villes. Mais il y a toujours des d√©placements de population, il y a une crise humanitaire, il y a des difficult√©s notamment pour les musulmans de pouvoir rester l√† o√Ļ ils ont toujours v√©cu. Nous devons donc agir.

Il y avait, vous le savez, depuis plusieurs semaines la perspective d'une op√©ration europ√©enne. Elle doit pouvoir √™tre maintenant non seulement d√©cid√©e - c'est fait -, mais concr√®tement mise en oeuvre. J'ai insist√© l√†-dessus parce que c'est une question de cr√©dibilit√© pour l'Europe. Bien s√Ľr, l'Europe fait beaucoup, notamment sur le plan des cr√©dits humanitaires. Mais elle doit aussi faire la d√©monstration que, sur le plan militaire, elle est capable d'apporter aux Africains un soutien indispensable.

Je recevrais pour ma part la présidente de la Centrafrique au début du mois d'avril, avant le Sommet. Au Sommet, je pense que nous aurons toutes les conditions pour aboutir sur cette opération qui va d'ailleurs être préparée, dès lundi prochain, avec les pays concernés.

(...)

Q - Sur l'opération Eufor en République centrafricaine, je voulais savoir si vous espériez d'ici lundi avoir les quelques effectifs qui vous manquent ? Est-ce que vous avez eu des rencontres bilatérales ?

R - Oui.

Q - Avec des chefs qui vous ont fait des engagements, soit fermes soit politiques ?

R - J'ai insisté là-dessus au cours de ce Conseil auprès de chefs de gouvernement qui avaient déjà fait des gestes ou qui avaient émis des promesses, pour que nous puissions, lundi, avoir les effectifs suffisants.

Il faut 500 personnels, il y en a pour l'instant 375. Il y a donc un effort à faire. Je pense que l'appel que j'ai lancé - qui a été relayé par M. Van Rompuy et Mme Ashton - sera à mon sens entendu. Il s'agit non pas de troupes combattantes mais essentiellement de personnels qui pourraient se déployer pour le transport, notamment des troupes africaines, pour la logistique et pour la santé.

C'est une opération très importante, non pas pour la France - la France est présente, elle fait là aussi son devoir - mais pour l'Europe, notamment à la veille de cette rencontre entre l'Europe et l'Afrique. (...)./.

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14. Union europ√©enne - Syst√®me bancaire - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, √† l'issue du Conseil europ√©en (Bruxelles, 21/03/2014)

(...)

Je n'oublie pas les deux décisions qui ont été prises hier et qui sont peut-être passées inaperçues, compte tenu d'une actualité internationale et parfois nationale.

Il y a deux décisions qui sont majeures et qui sont le fruit de tout ce qui a été engagé depuis au moins deux ans : c'est d'abord la levée du secret bancaire dans tous les pays européens, et donc l'échange d'informations qui est maintenant institué dans tous les pays de l'Union ; la seconde décision, c'est l'Union bancaire qui a fait l'objet d'un accord général entre le Parlement, le Conseil et la Commission. (...)./.

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15. Climat/√Čnergie - Conf√©rence de presse de M. Fran√ßois Hollande, √† l'issue du Conseil europ√©en (Bruxelles, 21/03/2014)

(...)

Ensuite, le Conseil europ√©en a abord√© la question du climat, vous savez que la France y est particuli√®rement attach√©e. D'abord pour des raisons de principe. Nous consid√©rons qu'il y a un enjeu majeur pour nos √©conomies et aussi pour nos populations : avoir une ma√ģtrise de notre transition √©nerg√©tique et avoir une diminution des √©missions de gaz √† effet de serre. Mais nous y tenons aussi parce que la France va organiser, √† la fin de l'ann√©e 2015, la conf√©rence sur le climat, pour faire en sorte que ce qui a √©chou√© √† Copenhague puisse r√©ussir √† Paris. Ce n'est pas gagn√© d'avance. L'Europe a n√©cessairement un r√īle majeur √† jouer.

Lequel ? Non pas d'√™tre un meilleur √©l√®ve que les autres au risque de perdre sa comp√©titivit√©, mais d'√™tre capable de d√©montrer que la transition √©nerg√©tique, c'est bon pour la sant√© des populations, c'est bon pour les g√©n√©rations futures et c'est bon pour l'√©conomie. Et capable d'emmener ainsi un certain nombre de pays qui avaient √©t√© r√©ticents - c'est le moins que l'on puisse dire √† Copenhague - vers un accord global et √©quilibr√©. Je pense aux √Čtats-Unis et je me souviens encore du discours qu'a prononc√© Barack Obama y compris en ma pr√©sence lors de ma visite d'√Čtat. Je pense √† la Chine. Je recevrais dans quelques jours le pr√©sident XI Jinping qui est particuli√®rement engag√© dans cette direction. Je pense aussi aux pays d'Afrique. Il va y avoir le sommet entre l'Union europ√©enne et l'Afrique dans quelques jours, j'y reviendrais.

Alors pour marquer notre volonté de trouver un accord, l'Europe devait elle-même déterminer sa position. Elle le fera par étape, c'est sa méthode. Nous aurions préféré tout de suite, au mois de mars, délibérer sur la position de l'Europe. En réalité il y aura trois temps et j'espère qu'un seul mouvement. Le premier temps, c'est aujourd'hui, c'est-à-dire la fixation des principes. Le second temps, ce sera au mois de juin pour déterminer les orientations précises. Et le troisième temps, ce sera la position de l'Europe, ce sera au mois d'octobre. Cela viendra après la conférence de l'ONU, avant donc la réunion de Paris.

D'ores et d√©j√†, il y a eu plusieurs principes et des objectifs qui ont √©t√© pos√©s. Le premier principe, c'est de tout faire pour respecter les objectifs que l'Europe s'est elle-m√™me donn√©e : 80 % de r√©ductions des √©missions de CO2 en 2050. Cela doit donc se traduire pour 2030 avec l'objectif d'une r√©duction de 40 % des √©missions sur le sol europ√©en. C'est un chiffre qui doit √™tre compar√© √† ce qu'√©tait le rejet des √©missions de gaz √† effet de serre en 1990. Voil√† l'ambition que nous allons porter. Deuxi√®mement, cela suppose de r√©former profond√©ment le march√© du carbone, de fa√ßon √† ce que les industriels aient une pr√©visibilit√©, une visibilit√© sur ce que repr√©sente le co√Ľt de leurs √©missions.

Deuxi√®me objectif, int√©grer les renouvelables dans la politique √©nerg√©tique y compris en r√©formant les aides de l'√Čtat. L√† aussi, c'√©tait une position fran√ßaise. Elle a √©t√© adopt√©e au sein du Conseil. L'objectif, c'est d'atteindre 27 % de renouvelables dans le bilan √©nerg√©tique au niveau europ√©en en laissant chaque pays d√©terminer souverainement les moyens d'y parvenir.

Ensuite, il y a l'objectif de l'efficacité énergétique. Nous aurons en France à le traduire dans la loi de transition. Là, il s'agit de faire toutes les économies possibles sur les consommations d'énergie, aussi bien celles des particuliers que celles des entreprises. Ceci permet de redonner du pouvoir d'achat, des marges de financement. Nous devons donc y mettre les instruments financiers indispensables.

Quatrième objectif, la recherche - notamment pour le stockage des énergies - doit être une recherche à l'échelle de l'Europe et à l'échelle de chacun de nos pays.

Enfin il y a la r√©duction de la d√©pendance √©nerg√©tique. Il ne vous a pas √©chapp√© que ce d√©bat a lieu au moment m√™me o√Ļ des inqui√©tudes sur l'approvisionnement en gaz d'une partie de l'Europe se l√®vent. Certains pays peuvent, √† un moment, h√©siter en se posant des questions sur leur propre d√©pendance √† l'√©gard du gaz. Il est donc tr√®s important que nous puissions assurer la s√©curit√© des approvisionnements. C'est tout l'enjeu aussi des interconnexions auxquelles tiennent beaucoup de pays d'Europe du sud. Ils font valoir, non sans raison, que c'est une mani√®re aussi de pouvoir fournir √† l'Europe les produits √©nerg√©tiques dont elle a besoin sans les risques qui sont aujourd'hui relev√©s. Il y aura donc un plan complet pour la r√©duction de la d√©pendance √©nerg√©tique de l'Europe qui sera pr√©sent√© au mois de juin.

Voilà ce qui a été décidé sur cette question importante. Je suis pleinement mobilisé parce que je veux que nous puissions aboutir à un accord en 2015. Non pas simplement, comme certains l'ont dit, parce que la France l'organise et que ce serait bon pour sa diplomatie - même si nous avons pris le risque... Mais parce que je considère que, après l'échec de Copenhague, s'il y avait un échec à Paris, il n'y aurait plus d'engagement à l'échelle planétaire pour la réduction du réchauffement de la planète. (...)./.

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