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Déclarations officielles de politique étrangère du 26 mars 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole adjoint - Signature d'un accord de partenariat entre la CDC et Mubadala - CorĂ©e du Nord/Tirs de missiles (Paris, 26/03/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations suivantes :

1 - Signature d'un accord de partenariat entre la CDC et Mubadala

La France se réjouit de la signature hier à Paris d'un accord entre Mubadala, fonds souverain d'Abou Dabi, et CDC International Capital, filiale de la Caisse des dépôts (CDC), dédiée aux partenariats avec les fonds souverains et les grands investisseurs institutionnels internationaux.

Le fonds commun d'un montant initial de 300 millions d'euros créé, à parité, par les deux partenaires sera tourné en priorité vers des investissements à long terme au profit d'entreprises privées situées en France. Il pourra examiner d'autres investissements, notamment dans le domaine des infrastructures.

Cet accord s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre nos deux pays. Il témoigne à la fois de la qualité de nos relations avec les Émirats arabes unis et de l'attractivité de la France.

La création de ce fonds avait été agréée lors de la visite du président de la République aux Émirats arabes unis en janvier 2013.

2 - Corée du Nord - Tirs de missiles

La France condamne les tirs de missiles balistiques réalisés par la Corée du Nord dans la nuit du 25 au 26 mars 2014.

Ces tirs, qui portent atteinte à la sécurité et à la stabilité régionales, constituent une nouvelle violation des résolutions du conseil de sécurité des Nations unies qui exigent que la Corée du Nord s'abstienne de toute activité liée à un programme de missile balistique.

La France appelle la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique./.

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2. Chine - Toast prononcĂ© par M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères, lors du dĂ®ner offert en l'honneur de M. Xi Jinping, prĂ©sident de la RĂ©publique populaire de Chine et de Mme Peng Liyuan, son Ă©pouse (Lyon, 25/03/2014)

Monsieur le Président,

Madame,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs, vous qui êtes les acteurs de l'amitié entre la Chine et la France,

C'est un grand honneur d'accueillir à Lyon au nom du président et du gouvernement français, aux côtés de mon ami Gérard Collomb, le président Xi Jinping et son épouse.

Monsieur le Président,

On ne connait vraiment un pays que si l'on peut découvrir à la fois sa capitale et ses régions. Demain vous serez à Paris. Aujourd'hui, à Lyon, que vous avez voulu découvrir, excellent choix pour commencer votre visite d'État en France. À la fois pour les qualités propres de Lyon, rappelées par son maire, et pour la place que cette superbe ville occupe dans les relations franco-chinoises.

Car Lyon et la Chine, c'est d'abord l'histoire d'une rencontre autour de la soie. Ce partenariat pionnier préfigure les coopérations industrielles, technologiques et culturelles qui ont caractérisé nos relations et vont guider celles qui nous attendent.

Cet esprit de coopération a traversé les âges, il explique la forte présence des entreprises de Rhône Alpes en Chine et les investissements chinois dans cette région : 27 entreprises chinoises emploient ici plus de 2.000 salariés.

J'en profite pour le souligner avec force : les investissements chinois sont les très bienvenus en France et nous sommes mobilisés pour les faciliter.

Monsieur le Président,

La soie en Chine, c'est plus que de l'économie : c'est un élément de culture et de civilisation. Les échanges entre la Chine et Lyon marquent la fascination réciproque entre nos cultures. Elle se reflète par exemple chez nos grands écrivains, à commencer par Victor Hugo, dont je sais, Monsieur le Président, que vous êtes un admirateur. Hugo qui voyait dans la Chine l'autre grand pôle, avec l'Europe, de la culture universelle.

Cette proximité culturelle a conduit à l'installation en 1921 à Lyon d'un établissement emblématique de notre amitié : l'Institut franco-chinois, que vous visiterez demain et qui a joué un rôle important dans la formation des élites chinoises. Parmi les jeunes travailleurs étudiants liés à cette histoire, quelques-uns sont devenus célèbres. Je pense notamment au Premier ministre Zhou Enlai.

Je me réjouis que cette tradition d'accueil en France soit aujourd'hui en plein essor. La France est la première communauté étudiante parmi les Européens présents en Chine. De même, 35.000 étudiants chinois poursuivent actuellement leurs études supérieures chez nous, c'est-à-dire notre première communauté étrangère estudiantine. Nous voulons bientôt en accueillir 50.000. Et 3.000.000, puis 5.000.000 de touristes. Pour le seul mois de février 2014, le nombre de visas délivrés par la France à des visiteurs chinois a augmenté par rapport à février 2013 de 48 %.

Sur le plan politique, je n'oublie pas que Lyon est la ville qu'avait choisie Deng Xiaoping pour la première visite d'un dirigeant chinois dans un grand pays occidental, en 1975. Une fois de plus, comme en 1964 avec le général de Gaulle, la France et la Chine étaient pionnières pour préparer ensemble l'avenir.

Monsieur le Président,

Votre présence doit permettre de renouveler le geste fondateur d'il y a 50 ans afin de nous projeter dans l'avenir. À Lyon, la ville aux deux collines, nous sommes particulièrement bien placés pour le faire. Nous y invite un célèbre poème de la dynastie des Tang («Du haut du pavillon des cigognes»), pour «prendre de la hauteur» afin d'«embrasser mille lieues d'un regard» ?

Prendre de la hauteur, pour construire ensemble le monde de demain, que nous espérons multipolaire et équilibré : c'est cet esprit qui guide nos partenariats, aujourd'hui dans l'aéronautique, le nucléaire, l'automobile, demain aussi dans la santé, l'agro-alimentaire, la ville durable. C'est aussi dans cet esprit que nous devons agir ensemble pour faire face aux défis globaux, dont le dérèglement climatique qui menace nos économies et nos sociétés.

Monsieur le Président,

Vous avez fait de la réalisation du «rêve chinois» un de vos objectifs. La France vous propose de suivre côte à côte l'appel d'un grand écrivain lyonnais, Saint Exupéry, qui écrivait : «Fais de ta vie un rêve et d'un rêve une réalité» ! Voilà un beau mot d'ordre pour notre relation dans les 50 ans qui viennent !

C'est à cette réalité et à ce rêve que je pense en levant mon verre en votre honneur, en l'honneur de Madame Peng Liyuan et en l'honneur du peuple chinois.

Vive la Chine !

Vive la France !

Vive l'amitié entre la Chine et la France !./.

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3. Chine - Entretien du ministre de l'Ă©conomie et des finances, M. Pierre Moscovici, avec le quotidien «Les Échos» (Paris, 26/03/2014)

Q - Qu'attendez-vous de la visite du président chinois, Xi Jinping ?

R - Cette visite, qui coïncide avec le cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, est extrêmement importante. Elle illustre une volonté politique d'accroître les échanges entre les deux pays et de rééquilibrer les flux à la fois commerciaux et d'investissement, alors que nos échanges se sont légèrement infléchis l'an dernier. Je souhaite aussi qu'il y ait des synergies entre les entreprises qui soient mieux exploitées, afin de permettre aux entrepreneurs chinois de travailler sur le continent européen à partir de la France et aux entreprises françaises de se développer en Chine. Il y a aujourd'hui 250 entreprises chinoises présentes sur le territoire français, alors que les sociétés françaises sont beaucoup plus nombreuses en Chine. Cette visite illustre aussi une volonté commune de rééquilibrer les investissements, alors que nous sommes aujourd'hui dans un rapport de un à trois en faveur de la Chine. À ce titre, l'investissement de Dongfeng dans le capital de PSA est emblématique. C'est en effet le plus gros investissement chinois réalisé à ce jour en France.

Q - L'État entre au capital de PSA à l'occasion de cet accord. Quel rôle va-t-il jouer en tant qu'actionnaire ?

R - L'État, comme actionnaire de long terme, entend jouer un rôle actif. Nous sommes là en actionnaire avisé, bien sûr, mais aussi pour accompagner l'entreprise dans son développement et ses projets, stabiliser son actionnariat, garantir l'ancrage français de PSA, à la fois en termes de sites de production, mais aussi de centres de décision et de R&D. L'État n'est pas là pour observer, mais pour participer à la gouvernance et jouer pleinement son rôle. La qualité de nos relations bilatérales et la relation que j'ai pu nouer avec le vice-Premier ministre, Ma Kai, auront grandement facilité cet accord entre PSA et Dongfeng, qui a une force symbolique très importante pour les Chinois. Il a une dimension financière, mais aussi un sens industriel, en permettant à PSA de se développer sur le marché chinois et à Dongfeng d'accompagner PSA. Avec cet accord, nous faisons la preuve que la France est un pays attractif pour la Chine.

Q - Sur quels secteurs devons-nous miser pour rééquilibrer nos échanges avec la Chine ?

R - Il n'y a aucun secteur à négliger. Lors de sa visite d'État en Chine, le président de la République avait souligné plusieurs priorités : la santé, l'agroalimentaire, l'aéronautique, l'urbanisme, la ville et, bien sûr, l'automobile. C'est d'ailleurs avec cet objectif de rééquilibrage que nous organisons demain, avec Nicole Bricq, un grand forum économique franco-chinois. Il s'agit d'un forum au cours duquel se rencontreront plus de 400 entreprises françaises et chinoises. Nicole Bricq et moi-même voulons offrir l'occasion à toutes ces entreprises de renforcer concrètement leur relation d'affaires, selon un axe triple : commercial, d'investissement et financier.

Q - La Chine souhaite internationaliser sa devise. Comment la France peut-elle tirer profit de cette stratégie ?

R - Nous avons beaucoup travaillé depuis deux ans pour que la place financière parisienne puisse bénéficier de cette internationalisation. J'ai notamment oeuvré, en appui à la Banque de France, pour qu'un accord de swap de devises puisse être annoncé en octobre entre la BCE et la banque centrale chinoise. Il faut aller plus loin dans la coopération financière, parce que c'est un avantage compétitif pour nos entreprises de pouvoir commercer en monnaie chinoise. Dans ce cadre, j'ai initié de nombreuses discussions entre les banques françaises, Paris Europlace et les banques chinoises, et je compte sur des résultats concrets à l'occasion de cette visite. Après Londres et Hong Kong, Paris devrait notamment se voir attribuer par la Chine un quota de même montant, soit 80 milliards de yuans, afin de permettre aux investisseurs institutionnels établis en France d'investir directement en Chine en monnaie chinoise. Il s'agit aussi de compléter un dispositif opérationnel permettant aux banques commerciales chinoises d'investir en France, dans le cadre d'un accord entre l'AMF et son homologue chinoise qui sera signé aujourd'hui. Une autre initiative importante a été lancée sous l'égide de Paris Europlace et de la Banque de France, ainsi que de plusieurs grandes banques françaises et internationales, pour développer depuis Paris un système de paiement en yuan visant à faciliter et à sécuriser les règlements européens en devise chinoise./.

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4. Argentine - DĂ©claration de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (Paris, 19/03/2014)

Mesdames, Messieurs, j'ai accueilli, avec beaucoup de plaisir la présidente de l'Argentine, Cristina Kirchner, qui effectue une visite importante ici en France.

Il y a d'abord les liens culturels entre nos deux pays. Ils vont être symbolisés par l'inauguration, demain, du Salon du livre par la présidente et par le Premier ministre français. Ce Salon du livre est dédié aux auteurs argentins, à la culture argentine et à l'amitié entre nos deux pays.

Les relations entre la France et l'Argentine vont au-delà de la culture. Nous avons un partenariat politique qui, je le rappelle, a été fondé il y a 50 ans, à l'occasion d'un voyage célèbre que le général de Gaulle a fait en Amérique latine et tout particulièrement en Argentine. Nous célébrons, d'une certaine façon, le 50ème anniversaire de cette relance de la relation politique entre nos deux pays.

Nous avons également une relation économique intense avec des priorités que nous avons fixées depuis plusieurs mois, autour de l'énergie, de la médecine, de l'agronomie, des nanotechnologies. L'Argentine est un grand pays scientifique qui a fait des technologies, le coeur de son développement. C'est la raison pour laquelle la Présidente ira visiter, à Grenoble, plusieurs laboratoires et que nous avons établi une coopération entre nos instituts de recherche, le CNRS et son équivalent argentin.

Nous avons aussi la volonté de multiplier les échanges universitaires. Il y aura un accord passé prochainement pour la reconnaissance mutuelle des diplômes entre nos universités. Je rappelle qu'il y a 1.000 étudiants argentins qui sont accueillis en France et que nous avons aussi 1.000 étudiants français qui sont en Argentine. Quand je donne ces chiffres, j'ai conscience que c'est trop peu, bien trop peu, par rapport à ce que nous pouvons faire.

L'Argentine est le troisième partenaire commercial de la France en Amérique du Sud. La France y a d'ailleurs un excédent. C'est la raison pour laquelle la présidente veut que nous augmentions encore nos échanges, notamment dans le transport et dans le spatial. Là encore, des décisions importantes ont été prises par l'Argentine qui vont renforcer notre relation.

La France veut que l'Argentine puisse sortir de ses difficultés financières. L'Argentine est en train d'y parvenir et nous faisons tout pour qu'au Club de Paris, là où se négocient les règlements financiers, nous puissions soutenir les démarches de l'Argentine parce que c'est notre intérêt. C'est bien sûr l'intérêt de l'Argentine, mais c'est également le nôtre de commercer encore davantage avec l'Argentine.

Je veux terminer sur les discussions que nous avons eues sur les problèmes internationaux : Syrie, Liban - puisque ce sont des pays qui comptent en Argentine, compte-tenu des communautés qui y vivent - et l'Ukraine - nous nous sommes retrouvés sur des principes simples, notamment celui du respect du droit international et de l'intégrité des frontières.

Voilà le sens de ce déplacement. Je remercie encore la présidente Cristina Kirchner de sa présence pendant plusieurs jours. Je sais que ce n'est jamais facile. Elle donne un éclat tout particulier au Salon du livre, qui est en l'honneur de l'Argentine, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Julio Cortazar./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Conseil des ministres - BiodiversitĂ© - RĂ©sultats du conseil europĂ©en des 20 et 21 mars 2014 - La situation Ă©conomique (Paris, 26/03/2014)

Biodiversité

Le ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie a présenté un projet de loi relatif à la biodiversité.

La biodiversité, richesse patrimoniale et moteur économique, est menacée par la surexploitation, la destruction et la fragmentation des habitats, l'introduction d'espèces envahissantes, et les pollutions. Près de quarante ans après la loi de protection de la nature de 1976, et comme il s'y était engagé lors de la conférence environnementale de septembre 2012, le gouvernement renforce et renouvelle les politiques publiques en faveur de la biodiversité.

L'évolution de la perception de la biodiversité invite à faire évoluer les grands principes qui structurent la politique de conservation de la biodiversité, en introduisant une vision dynamique des écosystèmes, ainsi que le concept de solidarité écologique.

Afin d'associer toutes les parties prenantes aux questions stratégiques liées à la biodiversité, et de valoriser l'expertise scientifique et technique pour éclairer les décisions publiques, le projet du gouvernement renouvelle et simplifie la gouvernance des politiques en faveur de la biodiversité au niveau national et régional en rassemblant plusieurs organismes existants au sein d'une instance de concertation, le Comité national de la biodiversité, et d'une instance d'expertise, le Conseil national de protection de la nature.

Comme le président de la République l'avait annoncé le 14 septembre 2012 en ouverture de la première conférence environnementale, la France sera dotée d'un opérateur intégré, l'Agence française pour la biodiversité. Issue du rapprochement d'opérateurs existants dont l'office national de l'eau et des milieux aquatiques, et forte de 1200 agents répartis sur l'ensemble du territoire, l'agence appuiera les services de l'État dans la gestion des espaces naturels, la police de l'eau et l'action internationale. Elle organisera la connaissance en matière de biodiversité, sensibilisera les Français à ces questions et participera à la formation des acteurs. Elle contribuera à fournir aux acteurs locaux les données et l'expertise dont ils ont besoin et soutiendra financièrement des projets de restauration des milieux en tant qu'opérateur des programmes d'investissement d'avenir.

Dans le prolongement de la Convention sur la diversité biologique, conclue à Rio en 1992, et du protocole de Nagoya que la France et l'Union européenne s'apprêtent à ratifier, il est créé un régime d'accès aux ressources génétiques et de partage des avantages découlant de leur utilisation, afin notamment de lutter contre la bio-piraterie, de garantir un partage des bénéfices tirés de l'exploitation économique des ressources génétiques et d'assurer la sécurité des transactions à l'export. Le dispositif proposé est conçu pour répondre aux exigences du protocole de Nagoya et respecter le règlement communautaire qui régira, dans l'ensemble des États membres, les conditions d'utilisation des ressources génétiques. Il tient compte à la fois de l'exceptionnelle richesse du territoire, particulièrement ultramarin, en matière de ressources génétiques, qu'il convient de protéger, et du poids dans l'économie nationale de secteurs utilisateurs de premier ordre (industries agroalimentaire, pharmaceutique, cosmétique).

Les outils de protection des espaces naturels et des espèces sauvages seront modernisés, en supprimant des dispositifs devenus obsolètes et en simplifiant certaines procédures. L'action des parcs naturels régionaux et du Conservatoire du littoral est facilitée. Les moyens de protéger et de valoriser les milieux marins sont renforcés. Le projet de loi ouvre notamment la voie au développement d'activités en mer, au-delà du domaine public maritime, et sécurise également l'activité de pêche dans des zones sensibles.

Enfin, en cohérence avec les engagements pris en ratifiant la Charte européenne du paysage, le projet de loi comporte des dispositions qui introduisent en droit français une approche du paysage qui tienne compte de l'évolution des territoires au fil du temps, sous l'influence du milieu, des populations et des activités humaines.

Résultats du Conseil européen des 20 et 21 mars 2014

Le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, a présenté une communication relative aux résultats du Conseil européen des 20 et 21 mars 2014.

Le Conseil européen a évoqué la situation en Ukraine, en rappelant son soutien financier et politique à ce pays et en condamnant le référendum illégal de Crimée. Les chapitres politiques de l'accord d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine ont été signés. Le Conseil européen a adopté des mesures restrictives à l'encontre de 12 personnalités russes supplémentaires et le sommet prévu entre l'Union européenne et la Russie a été annulé, ainsi que les rencontres bilatérales régulières. La commission européenne a reçu un mandat pour travailler sur d'autres mesures ciblées, en lien avec les États membres.

Le Conseil européen a également débattu de la politique de l'Union en matière de climat et d'énergie. Des premières orientations ont été fixées en vue de la définition d'un objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2030. Une décision finale sera prise au plus tard en octobre. La France souhaite qu'un objectif ambitieux soit fixé le plus rapidement possible, notamment dans la perspective du sommet du 23 septembre des Nations unies et de la COP 21 organisée à Paris fin 2015. S'agissant de l'énergie, le Conseil européen a marqué la nécessité de renforcer la sécurité d'approvisionnement, en lien avec les événements en Ukraine. Dans ce cadre, a été soulignée l'importance du renforcement des interconnexions, de l'efficacité énergétique et de la diversification des sources d'énergie.

Le Conseil européen a également permis d'aborder plusieurs sujets économiques majeurs. Tout d'abord, la nécessité de renforcer l'industrie européenne a été soulignée. Une feuille de route sera préparée par la Commission en ce sens, en vue de mobiliser toutes les politiques européennes pertinentes. Un accent particulier a été mis sur les technologies vertes, que la Commission est invitée à promouvoir par des mesures concrètes.

Ensuite, le Conseil européen a entériné deux accords importants : l'un sur la révision de la directive relative à la fiscalité de l'épargne, qui permettra de mieux lutter contre la fraude et l'évasion fiscales en créant une première obligation européenne d'échange automatique d'informations bancaires à des fins fiscales, l'autre sur le mécanisme unique de résolution des crises bancaires, complément indispensable de la supervision unique établie l'an dernier pour mieux protéger les contribuables et les déposants et favoriser la stabilité financière en renforçant la solidarité européenne face aux risques de crises bancaires.
Enfin, comme chaque année au printemps, le Conseil européen a adopté les grandes priorités du semestre européen 2014 et a, par ailleurs, fait un premier bilan de la stratégie Europe 2020.

La situation Ă©conomique

Le ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé du budget, a présenté une communication relative à la situation économique.

L'environnement international de la France semble marqué par un double mouvement de reprise des économies avancées et de ralentissement des économies émergentes. De nombreuses économies émergentes ont en effet souffert d'une hausse de la volatilité des flux de capitaux au cours des derniers mois. Les évolutions récentes en Chine confirment un ralentissement de l'activité, en particulier dans le secteur manufacturier, dans un contexte de décélération du crédit et des prix de l'immobilier. Les incertitudes entourant la situation en Ukraine et la détérioration des relations entre l'Europe et la Russie pèsent par ailleurs sur les perspectives économiques : la relative interdépendance des économies, ainsi que les liens financiers entre les États en cause laissent craindre des effets négatifs sur l'activité dans les deux régions en cas d'accentuation des tensions.

À l'inverse, la reprise se consolide dans les économies avancées. L'économie américaine retrouve peu à peu son dynamisme, après un début d'année marqué par les conditions climatiques difficiles. La croissance au Royaume-Uni demeure soutenue grâce au dynamisme du crédit et de la demande des ménages. Dans la zone euro aussi, la reprise économique se poursuit, comme en témoignent les derniers indicateurs d'activité (indices PMI de l'institut Markit, indice de l'institut allemand de conjoncture IFO) qui se maintiennent à des niveaux relativement élevés. La zone euro bénéficie d'une atténuation de la consolidation budgétaire, qui semble compenser à ce stade les effets de l'appréciation de l'euro, qui a atteint la semaine dernière 1,39 $/euro, son plus haut niveau depuis 2011. Les risques les plus immédiats dans la zone euro sont à relier à la faiblesse de l'inflation totale, qui rend plus difficile la résorption des déséquilibres de compétitivité et des finances publiques, et à la persistance d'une certaine fragmentation financière au sein de l'union monétaire, qui devrait cependant se réduire avec la mise en oeuvre de l'union bancaire.

L'activité économique en France donne également des signes de reprise de plus en plus tangibles. Selon les enquêtes de conjoncture de l'Insee, l'indice du climat des affaires global en France progresse légèrement en mars. Dans l'industrie, les carnets de commande étrangers retrouvent leur niveau de début 2012, et les perspectives de production se redressent. C'est le signe que les mesures en faveur de la compétitivité commencent à porter leurs fruits et permettent aux entreprises françaises de bénéficier du début de reprise en cours chez les partenaires de la France, notamment de la zone euro. Ces évolutions confortent les indicateurs d'activité PMI de l'institut Markit, selon lesquels le secteur privé en France aurait connu en mars 2014 sa plus forte croissance depuis août 2011. La croissance devrait encore connaître quelques à-coups au cours de l'année 2014, comme souvent en période de reprise, mais le changement de tendance se confirme. Le redressement de la compétitivité des entreprises est la clé d'une reprise durable de la croissance, riche en emplois. C'est le sens du Pacte de responsabilité proposé par le président de la République aux forces vives du pays./.

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