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Déclarations officielles de politique étrangère du 06 mars 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Libye/Participation de M. Laurent Fabius √† la conf√©rence minist√©rielle de Rome - Canada/Signature d'un accord de p√™che - Ukraine - Liban (Paris, 06/03/2014)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Libye - Participation de M. Laurent Fabius à la conférence ministérielle de Rome (6 mars 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, participe aujourd'hui à la conférence ministérielle de Rome sur le soutien international à la Libye, qui s'inscrit dans la continuité de la conférence organisée à Paris en février 2013.

Toute la communaut√© internationale se mobilise aujourd'hui afin de renforcer le suivi et la coordination, autour des Nations unies, de l'action internationale d√©ploy√©e en soutien √† la Libye. La pr√©sence des pays voisins de la Libye permettra notamment d'aborder les questions de contr√īle des fronti√®res et de coop√©ration r√©gionale.

Cette conférence sera l'occasion de marquer notre solidarité avec la Libye, d'assurer le suivi des engagements pris à Paris en février 2013 et de faire de nouvelles propositions en lien avec les demandes libyennes d'assistance en matière de sécurité. Des propositions seront également formulées en matière de gouvernance, la stabilisation durable de la Libye passant par un dialogue national, une feuille de route et un processus constitutionnel.

2 - Canada - Signature d'un accord de pêche (Paris, 5 mars 2014)

La France et le Canada ont signé le 5 mars un accord en matière de pêche.

Ce texte, qui régit la mise en oeuvre de l'accord de pêche du 27 mars 1972, contribuera au dynamisme de notre coopération bilatérale dans le domaine de la pêche, au bénéfice à la fois des pêcheurs de Saint-Pierre-et-Miquelon et du Canada.

La signature de cet accord confirme le développement constant des relations bilatérales, notamment dans le cadre du programme de coopération renforcée, adopté le 14 juin 2013 par le président de la République et le Premier ministre du Canada.

3 - Ukraine

Q - La visite en France vendredi du président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov et (ou) celle du Premier ministre Iatseniouk est-elle confirmée, comme cela avait été évoqué par Laurent Fabius hier ?

R - Ces visites ne sont pas confirmées.

Le ministre des affaires √©trang√®res s'est longuement entretenu hier avec son homologue ukrainien, M. Andre√Į Dechtchitsa, auquel il a rappel√© la mobilisation de la France pour permettre un dialogue constructif et une sortie de crise.

Q - Une réaction à l'annonce d'un referendum sur un rattachement de la Crimée à la Russie ?

R - Nous sommes attachés à l'intégrité territoriale de l'Ukraine, dans le respect de la diversité de ce pays.

4 - Liban

Q - Suite à la réunion du Groupe international de soutien au Liban hier à Paris, pouvez-vous nous donner des précisions sur l'aide de la France à ce pays ?

R - La France poursuivra son appui multiforme dans le contexte de la crise humanitaire que traverse le Liban, √† travers l'aide aux r√©fugi√©s, le soutien aux communaut√©s-h√ītes et une participation √† l'effort d'accueil dans le cadre d'un programme de r√©installation, en lien avec le haut-commissariat aux r√©fugi√©s.

Elle contribuera √† cette fin au fonds fiduciaire de la Banque mondiale √† hauteur de 7 millions d'euros et accro√ģtra sa contribution au Haut-commissariat aux r√©fugi√©s d'un million d'euros. Elle oeuvrera en faveur du renforcement capacitaire des forces arm√©es libanaises en r√©pondant √† leurs besoins de la mani√®re la plus adapt√©e./.

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2. Ukraine - D√©claration de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique, au Conseil europ√©en extraordinaire (Bruxelles, 06/03/2014)

Le Conseil européen va exprimer la voix de l'Union sur la question de l'Ukraine en donnant son soutien au gouvernement ukrainien pour mener les réformes économiques et organiser l'élection présidentielle.

Ensuite, il va y avoir la pression - la plus forte possible - sur la Russie pour engager un processus de d√©sescalade. Dans les pressions, il y a bien s√Ľr le recours √©ventuel √† des sanctions mais des pressions pourquoi faire ? Que recherchons-nous ? Pas pour faire monter, une fois encore, les tensions, mais au contraire ouvrir la voie du dialogue.

C'est ce que nous avons fait déjà, hier à Paris, et cela a été une première étape, je pense utile. Il faut qu'il y ait maintenant une pression suffisamment forte exercée par l'Europe pour diminuer la tension, ouvrir la voie du dialogue et permettre enfin à l'Ukraine de pouvoir décider de son destin.

Q - Tout le monde n'est pas sur cette ligne, la Pologne, la Lituanie ...

R - Il faut être tous ensemble. Pour être efficaces, tous les Européens doivent parler de la même façon, avec la même détermination et avec les mêmes objectifs. Ce que je fais au nom de la France, je le fais pour l'Europe, pour que nous puissions faire les pressions nécessaires afin d'ouvrir la voie du dialogue, de la médiation et de la négociation. C'est ce que j'ai dit à Vladimir Poutine lorsque je l'ai eu au téléphone il y a quelques jours. Je l'ai redit à son ministre des affaires étrangères et nous allons continuer.

Si l'Europe est unie, elle sera à mon sens utile pour aboutir à cette solution : la pression, diminuer la tension et arriver à une médiation dans l'intérêt de l'Ukraine. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Ukraine - Conf√©rence de presse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res (Rome, 06/03/2014)

Q - Est-ce que M. Lavrov, est-ce que les Russes, sur l'Ukraine, ont bougé ?

R - Il se trouve que nous avions ici, aujourd'hui, un peu les m√™mes participants qu'hier, parce qu'il y avait, outre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, √† la fois nos partenaires am√©ricains et les Russes. Nous avons un peu parl√© de l'Ukraine. En m√™me temps, il y a d'autres d√©cisions qui se prennent ailleurs, √† Bruxelles, aujourd'hui, et puis les √Čtats-Unis ont fait conna√ģtre un certain nombre de positions. Les choses ont boug√©. Revenons √† hier soir, puisqu'il faut suivre la totalit√© du film. Hier soir, nous nous sommes mis d'accord avec les Russes pour essayer de mettre en place un groupe de contact qui comprendra √† la fois les Russes, les Ukrainiens bien s√Ľr, les Am√©ricains, nous-m√™mes, d'autres pays et l'OSCE, et nous nous sommes mis d'accord pour essayer de faire cela. Comment ? En r√©digeant des propositions, que M. Lavrov va montrer au pr√©sident Poutine, et s'il y a accord sur ces propositions, le groupe de contact sera mis en place. Les Russes ne nous ont pas encore donn√© leur accord, mais nous avons r√©dig√© une proposition, que nous avons d'ailleurs examin√©e ce matin avec John Kerry. √áa, c'est un √©l√©ment nouveau. En sens diff√©rent, vous avez vu que ce matin, a √©t√© rendu publique par le Parlement de Crim√©e l'id√©e de soumettre √† r√©f√©rendum la question suivante : ou bien une autonomie plus grande de la Crim√©e, ce qu'on peut admettre, ou bien un rattachement direct √† la Russie, alors l√† on change compl√®tement de syst√®me, puisque cela veut dire que l'int√©grit√© territoriale de l'Ukraine ne serait pas respect√©e, alors que pour nous, l'int√©grit√© territoriale du pays est fondamentale.

Q - On s'opposerait à un rattachement ?

R - J'en parlais avec mon coll√®gue chinois r√©cemment : si vous admettez le principe qu'une r√©gion, n'importe laquelle, dans un pays, en contradiction avec les r√®gles constitutionnelles de ce pays, peut d√©cider de se rattacher √† un autre pays, surtout si cet autre pays l'a encourag√©e √† le faire, cela veut dire qu'il n'y a plus de paix internationale et de fronti√®res assur√©es, donc il faut √™tre tr√®s vigilant l√†-dessus. Imaginez ce que cela pourrait vouloir dire en Europe. Telle r√©gion, en contradiction avec les r√®gles constitutionnelles et ce que souhaite son gouvernement, d√©ciderait de changer de pays ? Imaginez ce que cela pourrait vouloir dire en Afrique, au Proche et Moyen-Orient, imaginez ce que cela pourrait vouloir dire en Chine ou ailleurs, donc il faut faire tr√®s attention √† cela. Et puis il y a les d√©cisions qui sont en train d'√™tre prises √† Bruxelles, et d'autre part les √Čtats-Unis ont rendue publique une premi√®re liste de sanctions, donc ce sont des √©l√©ments diff√©rents. Mais revenons √† l'essentiel : pour nous, l'essentiel, c'est, d'une part, de dire que l'intervention russe n'est pas acceptable et qu'il faut faire preuve de fermet√©, parce qu'il y a un principe, l'int√©grit√© territoriale, qu'il faut respecter, et de l'autre c√īt√©, obtenir une d√©sescalade, et c'est le sens de ce groupe de contact dont nous souhaitons qu'il puisse √™tre mis sur pied rapidement.

Q - A propos des sanctions, les √Čtats-Unis ont pris des sanctions, gel des avoirs, etc. Vous avez vu John Kerry, qu'est-ce que vous vous √™tes dit ? Quelle est la position de la France ?

R - John Kerry m'a mis au courant de la d√©cision am√©ricaine, qu'il avait d'ailleurs d√©j√† laiss√©e entendre hier. Et par ailleurs il y a en ce moment m√™me, je pense que ce n'est pas termin√©, une r√©union des chefs d'√Čtat et de gouvernement √† Bruxelles qui d√©lib√®re pr√©cis√©ment de la position qui va √™tre adopt√©e. Je ne veux pas en pr√©juger, mais c'est en train d'√™tre discut√©, puisque vous m'interrogez, il est deux heures de l'apr√®s-midi.

Q - On ne va pas dans le sens d'une d√©sescalade, si d'un c√īt√© la Crim√©e demande le rattachement √† la Russie, et de l'autre les Occidentaux, d√©j√†, adoptent des sanctions ?

R - √Čvidemment, en ce qui concerne l'Ukraine et la Crim√©e, il ne faut pas qu'il y ait des mesures qui soient prises qui violent l'int√©grit√© territoriale, √ßa c'est clair. Donc ce qui est souhait√©, c'est qu'il y ait une baisse de la pression. En ce qui nous concerne, notre attitude en tant qu'Europ√©ens, ce que nous avons d√©cid√© d√©j√† lundi, lors de la r√©union des ministres des affaires √©trang√®res, c'est d'√©voquer des sanctions, mais de les lier √† l'escalade ou √† la d√©sescalade. Il est √©vident que par rapport aux actions qui ont √©t√© men√©es par les Russes et √† ce qui se passe en Ukraine, on ne peut pas rester sans rien faire. Mais en m√™me temps, il ne faut pas prendre des actions qui emp√™cheraient cette d√©sescalade. Donc c'est de cela que les chefs d'√Čtat et de gouvernement sont en train de discuter en ce moment, et la r√©ponse sera apport√©e dans quelques dizaines de minutes.

Q - Les Américains, ça va dans quel sens ?

R - Les Am√©ricains avaient dit qu'ils prendraient des sanctions cibl√©es, mais pas la totalit√©, par exemple, en ce qui concerne les relations √©conomiques, les relations militaires, ou d'autres aspects encore, il n'a pas √©t√© d√©cid√© de prendre des sanctions. L√†, ce sont des mesures qu'on appelle cibl√©es et qui visent quelques personnes. Et nous avons pris des sanctions qui sont maintenant effectives, qui concernent non pas les Russes mais les Ukrainiens, et en particulier ce que j'appellerais ¬ęl'√©quipe Yanoukovitch¬Ľ, et nous avons pris des sanctions qui sont effectives pour geler les avoirs, parce qu'il y a eu certainement des abus financiers. Nous l'avions annonc√©, et nous l'avons fait. Mais cela concerne les Ukrainiens.

Q - Chaque jour, la crise monte ou descend. Aujourd'hui, c'est une journée d'escalade ou de désescalade ?

R - Hier, √† Paris, c'√©tait plut√īt une journ√©e de d√©sescalade.

Q - Et aujourd'hui ?

R - Aujourd'hui, je dirais que cela dépendra de ce qui sera, dans quelques minutes, décidé à Bruxelles, et cela dépendra aussi de la réaction russe. Merci beaucoup./.

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4. Ukraine - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, avec ¬ęIT√©l√©¬Ľ (Rome, 06/03/2014)

Nous allons être dans la ligne de ce que nous avons décidé lundi avec les ministres des affaires étrangères, c'est-à-dire de prendre des sanctions, sauf s'il y a désescalade.

C'est un syst√®me efficace. Si l'on dit aux Russes : ¬ęon ne fait rien, vous pouvez mettre la main sur la Crim√©e, on ne bouge pas¬Ľ, alors il n'y a aucune raison qu'ils renoncent. Si en revanche, d√®s aujourd'hui, on leur d√©voile la fa√ßon dont on frappe √† travers des sanctions, alors il n'y aura pas de discussion. L'id√©e vers laquelle nous allons, c'est de prendre des sanctions mais qui ne s'appliqueront que s'il n'y a pas de d√©sescalade./.

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5. Ukraine - Propos M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, √† l'issue de ses contacts diplomatiques (Paris, 05/03/2014)

Nous avons travaill√© toute la journ√©e. C'est la premi√®re fois que, depuis le d√©but de la crise ukrainienne, nous nous r√©unissions tous - √† la fois M. Lavrov, le ministre des affaires √©trang√®res russe, M. Kerry pour les √Čtats-Unis, le ministre des affaires √©trang√®res ukrainien, nos partenaires europ√©ens et moi-m√™me.

Il a été convenu de poursuivre les négociations. Ce n'est pas terminé. La situation n'est pas facile. Mais nous sommes heureux que cette journée à Paris, pour la première fois, ait permis d'amorcer quelque chose.

Nous sommes convenus d'essayer de trouver dans les jours qui viennent une solution pacifique qui permette de sortir de la crise. Demain √† Rome, nous allons continuer de parler de tout cela, √©galement bien s√Ľr √† Bruxelles. Nous allons continuer dans les jours qui viennent.

Pour la première fois à partir de cette réunion de Paris, quelque chose a bougé dans le bon sens./.

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6. Ukraine - Gel des fonds publics ukrainiens d√©tourn√©s - Communiqu√© de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 05/03/2014)

Ainsi qu'il a été convenu lors de la session du Conseil des affaires étrangères qui a eu lieu le 3 mars, le Conseil a adopté ce jour des sanctions de l'UE portant sur le gel et le recouvrement des fonds publics ukrainiens détournés. La décision de ce jour cible dix-huit personnes identifiées comme étant responsables de détournement, dont les avoirs au sein de l'Union européenne seront gelés. Les sanctions comportent également des dispositions facilitant le recouvrement des fonds gelés, une fois réunies certaines conditions.

Les actes juridiques, y compris la liste des personnes faisant l'objet des sanctions, seront publiés demain au Journal officiel de l'UE. Les mesures s'appliqueront dans un premier temps pendant douze mois, à compter de demain.

La décision de ce jour a été adoptée par procédure écrite./.

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7. Libye - D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res (Rome, 06/03/2014)

C'est une conférence importante sur la situation en Libye. La situation en Libye est très préoccupante parce qu'il y a une sécurité qui est très mal assurée, des actes terroristes et des risques terroristes, notamment au sud du pays, et puis aussi parce que la situation politique est instable. Cette conférence, qui pour la première fois regroupait énormément de pays - et des pays qui jusqu'à présent n'étaient pas là, je pense à la Russie à la Chine - est là pour soutenir la Libye.

Ce que j'ai retenu, c'est une double action : d'abord une action sur le plan politique, on demande aux Libyens de se parler entre eux et de trouver une solution stable. L'envoy√© des Nations unies, qui est quelqu'un de tout √† fait remarquable, doit en particulier y contribuer. On veut agir aussi sur le plan de la s√©curit√©. Beaucoup de pays sont √† disposition de la Libye pour l'aider sur le plan de la s√©curit√© ; C'est vrai notamment de la France et de l'Allemagne, nous avons d√©cid√© de mener une action commune, en particulier pour prot√©ger des d√©p√īts d'armes qui ont √©t√© repris et qu'il faut absolument prot√©ger, car ce n'est pas la peine d'obtenir des pr√©l√®vements d'armes qui se trouvent l√†-bas, si c'est pour que ces d√©p√īts d'armes soient repris par d'autres groupes terroristes.

Vous savez que la France est très proche de la Libye, à chaque fois que je vois les autorités libyennes, elles me disent : la France nous a sauvés, nous a aidés. Mais là, on est dans une situation très compliquée, et donc cette conférence internationale, qui fait suite à la conférence de Paris qui avait lancé le mouvement, je pense, est quelque chose d'utile, et le fait qu'elle ait eu un aussi vaste rayonnement est encourageant./.

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8. Liban - Discours de M. Fran√ßois Hollande, pr√©sident de la R√©publique (Paris, 05/03/2014)

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire général adjoint,

Messieurs et Mesdames les Ministres,

C'est un moment important que de réunir aujourd'hui, ici, avec le président libanais, le Groupe international de soutien au Liban.

Le contexte n'est pas que libanais. Il explique sans doute également l'intérêt qui est porté sur ce rassemblement. C'est bien qu'il en soit ainsi. Le Liban peut aussi offrir des opportunités qui n'avaient pas été identifiées au point de départ, mais qui peuvent être saisies.

La réunion d'aujourd'hui est un évènement : un évènement pour le Liban, un évènement pour la région, un évènement pour la communauté internationale. Il rassemble - et je les en remercie - les ministres des affaires étrangères de dix pays et les représentants de nombreux contributeurs au redressement du Liban. Ce Groupe international est sous l'autorité du Secrétaire général des Nations unies, ici représenté par Jeffrey Feltman.

Qu'avons-nous à faire pour le Liban ? Lui apporter un soutien qui ne peut pas être simplement moral, un appui qui ne peut pas être seulement politique. Nous devons donc faire en sorte que le Liban - qui affronte une crise dans un pays voisin, la Syrie - puisse être capable d'assurer sa stabilité politique et sa sécurité, notamment à ses frontières et, enfin, puisse avoir le développement économique qui est attendu d'un pays comme le Liban.

Il faut savoir qu'aujourd'hui il y a plus d'un million de Syriens qui ont trouv√© refuge au Liban. 50.000 Syriens affluent chaque mois au Liban. Cela repr√©sente pour le Liban, √† la fois, un honneur que d'accueillir une telle population, montrant une fois encore la solidarit√© et la g√©n√©rosit√© du Liban ; mais cela repr√©sente aussi une charge, un fardeau consid√©rable. C'est le r√īle du Groupe international que de pouvoir permettre au Liban de l'assumer, que ce soit √† travers l'effort que ce pays m√®ne pour l'accueil des r√©fugi√©s, pour la scolarisation, pour le logement, pour les soins m√©dicaux.

De la même manière, quand il se produit un drame comme celui de la Syrie, avec les liens qui existent entre le Liban et la Syrie, il y a nécessairement des conséquences qui apparaissent, y compris sur le territoire libanais. Dois-je rappeler les attaques qui ont causé plus de 100 morts sur le territoire libanais ces dernières semaines, des attentats-suicide qui ont également eu lieu, les assassinats ? À partir de là, il y a aussi le soutien politique qui doit être apporté au Liban.

Je veux saluer les efforts du président Sleimane depuis plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs années. C'est à son initiative qu'il y a eu ce rassemblement encore manifesté par la constitution du nouveau gouvernement que je salue autour de Tamam Salam. Mais il y a aussi la volonté du Liban tout entier, à travers toutes ses communautés, d'être autant qu'il est possible préservé de la crise syrienne. C'est l'esprit de la déclaration de Baabda qui doit être à chaque fois rappelée parce que c'est essentiel.

Nous savons aussi que vous ne ménagez pas, Monsieur le Président, tous vos efforts pour qu'il puisse y avoir cette feuille de route, puis l'adoption par le Parlement de la déclaration du gouvernement permettant ainsi sa mise effective au travail, et enfin la préparation de l'élection présidentielle.

Pendant ce temps-là, la communauté internationale, elle, doit se mobiliser et c'est ce qu'elle fait aujourd'hui dans trois directions.

D'abord, l'aide aux r√©fugi√©s. Il y a des montants financiers qui ont √©t√© d√©gag√©s. Ils doivent √™tre compl√©t√©s et amplifi√©s. Ils doivent permettre que le Liban puisse √™tre, autant qu'il est possible, soulag√© de l'effort qu'il consent pour les r√©fugi√©s. Je salue notamment le r√īle majeur d'Antonio Gutteres pour permettre justement que les r√©fugi√©s puissent √™tre accueillis dans les meilleures conditions. C'est la premi√®re priorit√© : l'aide aux r√©fugi√©s.

La seconde priorit√©, c'est le soutien √† l'√©conomie libanaise √† travers les actions de la Banque mondiale, le fonds fiduciaire qui a √©t√© cr√©√©, les projets d'infrastructures qui doivent √™tre financ√©s, le soutien aux finances publiques libanaises, peut-√™tre avec des proc√©dures exceptionnelles de garantie. Nous en parlerons. Nous avons le devoir de permettre √† cette √©conomie libanaise - qui est stable sur le plan financier, qui a r√©ussi √† ma√ģtriser l'inflation, qui a √©t√© √©galement capable de faire en sorte de donner des assurances √† la communaut√© financi√®re internationale - d'√™tre pr√©serv√©e du conflit √† ses portes.

Enfin, la dernière priorité, c'est de garantir la sécurité du Liban et de permettre à l'armée libanaise d'avoir les équipements indispensables. La France y contribue, pour sa part, avec l'Arabie Saoudite.

Voilà ce que je voulais dire de l'ordre du jour de notre réunion d'aujourd'hui. Il doit y avoir, pour les Libanais, un espoir ici à Paris : l'espoir de voir la communauté internationale prendre la dimension de ce que subit et vit le Liban, l'espoir de trouver une issue politique, l'espoir d'avoir aussi la sécurité. Tel est le sens de notre réunion et je veux saluer la communauté internationale, ici représentée, et également dire que nous utiliserons cette réunion à toutes les fins possibles pour faire avancer la paix, que ce soit au Moyen-Orient ou aux confins de l'Europe. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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9. Mozambique - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 05/03/2014)

Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, s'est rendue au Mozambique les 3 et 4 mars accompagnée de plus de 25 entreprises françaises et de représentants de la Région de la Réunion (Préfecture, MEDEF et CGPME). Il s'agissait du 7ème déplacement de la ministre en Afrique subsaharienne et du premier déplacement d'un ministre français depuis plus de 4 ans.

Alors que les échanges commerciaux franco-mozambicains restent assez faibles - 121,3 Meuro en 2013 - les perspectives de développement sont très favorables, en lien notamment avec les récentes découvertes d'importantes réserves de charbon et de gaz (potentiellement classées au huitième rang mondial).

Au cours de ses entretiens avec plusieurs ministres mozambicains (finances, ressources minérales, commerce et industrie et transports), Nicole Bricq a confirmé l'intérêt des pouvoirs publics et des entreprises françaises pour les potentialités du Mozambique et a fixé l'objectif de multiplier nos échanges par 5 d'ici 2020. Afin de soutenir cette dynamique, la ministre a annoncé la réouverture d'un service économique à Maputo, qui sera opérationnel dès le 1er avril.

La ministre a mis en avant le savoir-faire des entreprises françaises dans plusieurs secteurs porteurs :

L'exploration/production d'hydrocarbures et l'ensemble des services associés.

Les transports notamment ferroviaires et a√©riens. √Ä ce titre, la ministre a cosign√© la convention de pr√™t de l'Agence Fran√ßaise de D√©veloppement de 30 Meuro pour financer, aux c√īt√©s de la Banque Europ√©enne d'Investissement, la r√©habilitation des infrastructures de l'a√©roport de Maputo.

La logistique. Nicole Bricq a ainsi participé à l'inauguration du nouveau siège de CMACGM à Maputo et a visité les installations de Bolloré à Pemba, dans le Nord du pays.

L'entreprise Necotrans l'accompagnait également.

La défense et la sécurité maritime. À ce titre, la ministre a pu voir les premiers bateaux livrés par les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN)./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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10. Union europ√©enne - D√©tachement des travailleurs - Communiqu√© du minist√®re du travail, de la formation professionnelle et du dialogue social et du minist√®re des affaires √©trang√®res (Paris, 05/03/2014)

Les √Čtats membres de l'Union europ√©enne ont approuv√© aujourd'hui, √† une tr√®s large majorit√©, le compromis n√©goci√© entre le Parlement europ√©en, le Conseil et la Commission europ√©enne sur la directive d'application concernant le d√©tachement des travailleurs.

Le ministre du travail Michel Sapin et le ministre délégué chargé des affaires européennes Thierry Repentin saluent ce nouveau progrès pour l'Europe sociale, après l'accord sur ce projet de directive obtenu de haute lutte par la France et ses alliés lors du conseil des ministres du travail européens du 9 décembre dernier.

Cet accord est en effet un succès pour la France et pour l'Europe. Il montre que l'Europe peut se construire à travers des propositions sociales ambitieuses. Les nouvelles règles permettront une lutte plus efficace contre les fraudes et le dumping social.

Elles permettront notamment de renforcer les contr√īles et de responsabiliser les entreprises donneuses d'ordres vis-√†-vis de leurs sous-traitants, dans le secteur du b√Ętiment. Elles instaurent en effet un m√©canisme obligatoire de responsabilit√© du donneur d'ordres √† la place de son sous-traitant si celui-ci n'a pas respect√© les r√®gles pos√©es par la directive, notamment en mati√®re de paiement des salaires. Chaque √Čtat devra se doter de ce m√©canisme ou, √† d√©faut, d'un m√©canisme de sanctions √©quivalent √† l'√©gard du donneur d'ordres.

La France a anticip√© la transposition de la directive, √† travers la proposition de loi Savary, examin√©e le mois dernier √† l'Assembl√©e nationale, qui compl√®te notre arsenal l√©gislatif national. Cette proposition va m√™me au-del√† de la directive, en instaurant une responsabilit√© solidaire obligatoire dans tous les secteurs. En parall√®le, le gouvernement m√®ne sur le terrain une politique d√©termin√©e de renforcement des contr√īles, notamment gr√Ęce √† la mobilisation de l'inspection du travail.

Le projet de directive doit à présent être adopté par le Parlement européen lors de sa session d'avril. À quelques mois des élections européennes, ce nouveau progrès prouve que l'Union européenne peut contribuer à apporter des réponses à la hauteur des enjeux et des préoccupations de nos concitoyens./.

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11. Union europ√©enne - Ouganda - D√©claration de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 04/03/2014)

L'Union européenne condamne l'adoption par l'Ouganda, le 24 février, de la loi contre l'homosexualité. L'UE partage entièrement les préoccupations dont ont fait part le Secrétaire général des Nations unies, le Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme et le prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

La promotion des droits de l'Homme dans le monde tient beaucoup à coeur à l'UE, qui dénonce toute législation discriminatoire. Elle examinera la meilleure façon d'atteindre cet objectif en ce qui concerne l'Ouganda dans le nouveau contexte ainsi créé.

La loi contre l'homosexualité est contraire aux engagements internationaux auxquels le gouvernement ougandais a souscrit pour ce qui est du respect et de la protection des libertés fondamentales de tous ses citoyens. L'UE demande à l'Ouganda d'assurer l'égalité devant la loi et la non-discrimination, conformément aux obligations qui lui incombent en vertu du droit international relatif aux droits de l'Homme, et notamment de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples.

L'UE engage l'√Čtat ougandais √† prot√©ger chaque personne contre toute discrimination ou violence et √† abroger la loi contre l'homosexualit√©./.

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12. Conseil repr√©sentatif des institutions juives de France - Discours de M. Fran√ßois Hollande (Paris, 04/03/2014)

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les √Člus,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Madame et Messieurs les Représentants des cultes,

Monsieur le Président du CRIF,

Mesdames, Messieurs,

Nous nous r√©unissons ce soir, comme chaque ann√©e, pour ce d√ģner qui est le cadre de la relation la plus fraternelle entre les juifs de France et la R√©publique. Mais il se trouve que cette ann√©e nous nous retrouvons au moment o√Ļ, en Ukraine, se produisent des √©v√©nements d'une gravit√© exceptionnelle qui rappellent un temps que l'on croyait r√©volu, celui des ing√©rences, des interventions et des d√©monstrations militaires.

La Russie, dans un contexte que l'on sait difficile, a pris le risque d'une escalade dangereuse. Le r√īle de la France avec l'Europe, dans ces circonstances, c'est d'exercer toute la pression n√©cessaire, y compris le recours √©ventuel √† des sanctions, pour imposer la voie du dialogue et rechercher une issue politique √† la crise sur des principes simples : la garantie de l'int√©grit√© territoriale et de la souverainet√© de l'Ukraine, le respect aussi de la diversit√© de la population de ce pays et enfin l'organisation d'√©lections libres sous contr√īle international.

Tel est le sens des démarches qu'avec le ministre des affaires étrangères nous engageons depuis le début de la crise. La Russie, avec laquelle nous dialoguons, doit comprendre qu'elle est devant un choix très important pour l'avenir de ses relations avec l'Europe et que la seule option, je dis bien la seule option raisonnable, c'est la négociation. Quant à l'Ukraine, elle doit pouvoir choisir son destin tout en reconnaissant les liens historiques, culturels, humains qui l'unissent à la Russie et que personne ne conteste.

Ces événements nous rappellent que la paix est décidément toujours une oeuvre difficile, fragile et que des engrenages sont à l'oeuvre, qui peuvent, à tout moment, la menacer. Ces événements nous rappellent aussi que l'actualité convoque toujours l'Histoire et, que si l'on oublie l'Histoire, on ne peut pas régler les crises qui surviennent.

Je rappelle l'Histoire aussi parce que je suis devant vous ici, amis du CRIF, et que votre rendez-vous annuel, je le disais, est un moment fort o√Ļ vous exprimez de mani√®re vibrante votre attachement √† notre pays et √† la R√©publique. En m√™me temps, le d√ģner du CRIF, c'est l'occasion - comme l'a dit le pr√©sident et ce n'est pas forc√©ment agr√©able de l'entendre - de porter aussi un jugement sur la r√©alit√© du racisme et de l'antis√©mitisme dans notre pays et de le faire avec v√©rit√© et lucidit√©. C'est ce que vous avez, Monsieur le Pr√©sident, encore men√© √† bien ce soir.

En 2013, nous pensions avoir v√©cu une accalmie et m√™me un recul des actes et manifestations antis√©mites. C'√©tait h√©las une illusion. Pourquoi ? Parce que si le nombre des faits avait diminu√© de 30 %, le niveau qui permettait cette comparaison √©tait lui-m√™me exceptionnellement √©lev√© puisque c'√©tait l'ann√©e 2012. Dois-je rappeler ce qui s'√©tait produit durant l'ann√©e 2012 et notamment le 19 mars ? C'√©tait une illusion parce que le nombre de d√©p√īts de plainte, 423 pour √™tre pr√©cis, ne tient pas compte de tout ce qui n'est pas d√©clar√©, de ce qui n'est pas connu, de ce qui n'est pas avou√©. Enfin, c'√©tait une illusion, parce qu'au mois de janvier les violences ont doubl√© par rapport au mois de d√©cembre 2013 et que les menaces antis√©mites ont m√™me √©t√© multipli√©es par trois.

Au-delà des statistiques et des chiffres qui sont avancés, de quoi s'agit-il, qu'est-ce qui est en cause ? Ce sont des juifs qui sont agressés sur la voie publique parce qu'ils portent une kippa. Ce sont des enfants dans les écoles de la République qui sont insultés parce que juifs. Ce sont des synagogues qui sont souillées par des croix gammées, voilà ce qu'est la réalité de l'antisémitisme.

Cette flamb√©e de haine ne surgit pas du n√©ant. D'abord, n'accusons pas la crise. Elle a bon dos la crise ! Ce n'est pas une cohorte de ch√īmeurs qui crient ¬ęmort aux juifs !¬Ľ Ce ne sont pas les ¬ędamn√©s de la terre¬Ľ qui s'expriment avec les mots de la haine. Ce ne sont pas les plus pauvres dans la soci√©t√© qui seraient porteurs de ces id√©es malsaines. C'est un peu court de penser que c'est la crise ! Finalement ce serait commode : il suffirait d'en sortir - cela ce n'est pas facile ! - et finalement tout irait bien...

Non, le mal est plus profond. Le mal n'est d'ailleurs pas que fran√ßais, cessons de ne regarder que le tableau de notre propre pays. Le mal est europ√©en, il est m√™me mondial. Il y a des pays o√Ļ il n'y a pas de ch√īmage, o√Ļ la croissance est √©lev√©e, o√Ļ le pouvoir d'achat est parmi le plus haut du monde, et o√Ļ l'on se m√©fie des √©trangers, o√Ļ l'on pense que l'autre est un danger, o√Ļ l'on veut restreindre la libert√© de circulation. Ne laissons pas croire donc qu'il s'agirait simplement d'une mauvaise p√©riode, d'un mauvais temps. Non, le climat comme vous l'avez dit, est plus lourd.

Ce que l'on a entendu dans la manifestation du 26 janvier est exceptionnellement grave, avec des slogans hérités des années 30, des amalgames, des confusions... Des groupes, qui n'avaient rien à voir entre eux, se retrouvaient sur le même objectif, la même haine, celle du juif, cherchant un coupable. Il en faut toujours un pour exorciser les peurs, les malheurs, les rancoeurs. Là encore, ce n'est pas nouveau. On a connu cela à d'autres époques, sauf que là les propagandistes ne se cachent plus, ils publient des livres, ils défilent dans la rue, ils donnent des spectacles et ils utilisent des moyens modernes, c'est-à-dire internet pour colporter des rumeurs qui deviennent des tumeurs.

Nous savons comment cette mécanique infernale se termine, toujours de la même façon, dans la violence et dans le drame.

C'est pourquoi, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, le gouvernement de la République française ne tolérera rien.

C'est ensemble - quand je dis ¬ęensemble¬Ľ c'est √† travers toutes les sensibilit√©s qui sont repr√©sent√©es ici, tous les r√©publicains - que nous devons nous retrouver pour d√©fendre les valeurs qui font la France. Je l'affirme ici : face √† des p√©rils - et l'antis√©mitisme, le racisme, en est un ¬Ė il ne serait y avoir la moindre place pour la division, la pol√©mique et la surench√®re.

Si nous cédions à cette tentation d'utiliser ces dérives et ces comportements à des fins politiques, nous nous perdrions nous-mêmes. Il y a des causes heureusement dans la République - dont je suis le garant - qui nous permettent de nous rassembler sur l'essentiel. C'est d'ailleurs ce qui fait que nous sommes citoyens français et qu'au-delà des oppositions qui doivent exister, des clivages qui ont leur valeur et leur pertinence, la France est une quand il s'agit de combattre le racisme et l'antisémitisme.

Le gouvernement, et vous l'avez rappelé, Monsieur le Président, est d'une intransigeance absolue contre les actes antisémites parce que ce sont autant de coups portés à la France. Les lois existent. La tentation, c'est toujours de vouloir en inventer d'autres et de ne pas appliquer celles qui sont en vigueur. Elles doivent donc être mises en oeuvre avec sévérité et fermeté par les services de sécurité publique comme par la justice.

Encore faut-il que les victimes elles-mêmes ne craignent pas de se faire connaitre et signalent tous les faits. À nous de les aider. La garde des sceaux a donné des instructions en ce sens et je pense qu'en matière d'insultes elle sait ce que signifie le racisme. Mais si la police fait son travail, si la justice condamne les coupables, faut-il encore que les jugements eux-mêmes, ceux qui sont rendus, soient exécutés. Parce que se soustraire à une condamnation est une malhonnêteté de plus et un encouragement à continuer. Certains sont allés très loin. Trop loin.

Que l'on soit bien clair : la libert√© d'expression, la libert√© de cr√©ation, la libert√© de manifestation sont des valeurs fondamentales de la R√©publique, mais elles ne peuvent offrir aux racistes et aux antis√©mites un permis de propager leurs th√®ses. La libert√© de moquer n'est pas la libert√© de ha√Įr. L√† aussi, le droit existe pour pr√©venir ces transgressions. Il a √©t√© appliqu√© par le ministre de l'int√©rieur dans les limites pos√©es par le juge, en l'occurrence le juge administratif.

Nous avons fait la d√©monstration que les lois n'emp√™chent pas d'agir mais peuvent permettre justement d'intervenir, y compris de fa√ßon pr√©ventive. La loi, toute la loi, rien que la loi, y compris pour interdire des groupuscules qui n'ont pas d'autre objet que la propagation d'id√©ologies incitant √† la discrimination, √† la violence et √† la haine. C'est ce que nous avons fait, l√† encore, suite √† un drame qui a co√Ľt√© la vie √† un jeune √©tudiant, Cl√©ment Meric. Il mettait en cause des groupuscules dont on savait bien qu'ils pouvaient √™tre, au moins au niveau des th√®ses propag√©es, √† l'origine de ce genre de trag√©die.

Vous avez √©voqu√©, Monsieur le Pr√©sident, les nouvelles menaces d'internet. Outil merveilleux de diffusion et d'√©change, mais comme le livre avant lui, le num√©rique peut aussi servir de d√©versoir √† l'intol√©rance, √† l'injure, √† l'endoctrinement. Il y a eu des livres, h√©las, qui ont eu aussi ce r√īle dans l'Histoire. Ce n'est donc pas l'instrument qui est en cause, c'est la th√®se qui est diffus√©e. En France et √† l'√©tranger, des manipulateurs et des criminels enseignent ce que Poliakov appelait ¬ęle br√©viaire de la haine¬Ľ. Et nous voyons ceux qui √©coutent, ceux qui adh√®rent √† ces th√®ses, √† ces mensonges et qui s'en font les pros√©lytes.

C'est cela le risque d'internet : c'est la multiplication, c'est le déversement, c'est la diffusion à un niveau jusque-là jamais atteint de mensonges et d'insultes. Le numérique doit donc avoir ses règles. Les fournisseurs d'accès comme les opérateurs doivent les respecter sans que l'extraterritorialité ne puisse constituer une excuse. Je retiens, Monsieur le Président, ce que vous nous avez proposé. Si l'on arrive à lutter contre les images pédophiles, nous devons aussi réussir à lutter contre les messages délibérément racistes et antisémites.

J'ai donc demandé au gouvernement de me faire rapidement des propositions pour améliorer notre réactivité et éventuellement notre appareil répressif par rapport au développement de la cybercriminalité.

Je rappelle ce qui s'est produit par rapport à Twitter l'année dernière. Le gouvernement a négocié avec cette grande entreprise des engagements concrets : suppression des contenus illicites, gel des données d'enquêtes, déréférencement. Nous agirons de la même manière en France, en Europe et dans le monde face aux géants mondiaux du numérique pour aboutir à ce résultat.

Mais l'ambition de la R√©publique, ce n'est pas simplement d'utiliser la sanction. Elle doit faire en sorte que la pr√©vention puisse √™tre la plus efficace. Ce que nous avons comme ambition, c'est de pouvoir √©lever le niveau de conscience citoyenne par l'√©ducation. Tel est l'objet de la morale la√Įque qui est d√©sormais enseign√©e dans nos √©coles : transmettre √† tous les √©l√®ves de France un socle de valeurs communes qui fondent notre identit√©.

C'est quoi notre identit√© ? Le respect de la personne, sa dignit√©, ses origines, sa religion, ses croyances ; le refus de toutes formes de discrimination. C'est cela la morale la√Įque : elle n'exclut personne, elle rassemble tout le monde et elle prot√®ge tous ceux qui ont, par leur histoire, par leur parcours, par leur origine, par leur couleur de peau, √† craindre qu'on les mette en cause. L'√©cole de la R√©publique doit rester ce lieu o√Ļ, depuis des g√©n√©rations, les enfants apprennent √† vivre au milieu des autres selon une r√®gle commune, la m√™me pour tous. Cet enseignement de la vie, cet enseignement de la R√©publique doit intervenir au plus t√īt dans les programmes d'enseignement de notre pays.

Jean Zay - dont j'ai annonc√© qu'il rentrerait au Panth√©on avec Genevi√®ve Anthonioz de Gaulle, Pierre Brossolette et Germaine Tillion l'ann√©e prochaine, Jean Zay donc, ministre de l'√©ducation, avait √©crit une circulaire - d√©j√†, la premi√®re, en 1936 - sur les signes religieux √† l'√©cole. Comme quoi, l√† aussi, on croit toujours avoir invent√©, mais l'on vient toujours trop tard. Mais l√†, en l'occurrence, Jean Zay, lui, il √©tait venu √† temps. Parce que d√©j√†, il y avait ces menaces et il √©crivait dans cette circulaire : ¬ęceux qui voudraient troubler l'exp√©rience √©ducative n'ont pas leur place dans les √©coles, qui doivent rester l'asile inviolable o√Ļ les querelles des hommes ne p√©n√®trent pas.¬Ľ Cela reste encore vrai aujourd'hui.

Nous avons la Charte de la la√Įcit√© comme expression contemporaine de cette exigence. Elle est d√©sormais affich√©e et √©tudi√©e dans tous les lieux d'enseignement. Le ministre en a pris l'initiative. Nous devons √©galement la mettre au programme de la formation permanente des enseignants. Toutes les initiatives doivent √™tre soutenues dans ce sens : la mise en place de r√©f√©rents acad√©miques ¬ęM√©moire et Citoyennet√©¬Ľ, pour coordonner toutes les actions dans les √©coles pour la m√©moire des g√©nocides, en particulier de la Shoah et de tous les crimes contre l'Humanit√© ; l'instauration de modules sp√©cifiques de formation dans les √©coles du professorat ; la priorit√© donn√©e, d√®s cette rentr√©e, pour fixer la lutte contre les discriminations comme objectif de la transmission.

Là aussi, l'éducation nationale soutient toutes les initiatives et il y en a de nombreuses. Je ne vais pas les signaler toutes. Celle de l'Union des étudiants juifs et de SOS Racisme notamment a eu, à travers le programme CoExist, à lutter contre les préjugés. Je souligne aussi ce que font les Académies de Lyon et de Grenoble avec la LICRA, pour attribuer un prix, là aussi, le Prix Gilbert Dru, pour être exemplaire par rapport à cette mission de lutter contre le racisme et l'antisémitisme.

Je veux aussi saluer les efforts de toutes les grandes familles philosophiques et spirituelles dans notre pays, qui oeuvrent au rapprochement entre les Français.

Vous avez, √† l'instant, salu√© le P√®re Patrick Desbois. Il a d√©couvert par son histoire familiale le drame des juifs ukrainiens. Il a oeuvr√© pour que soit reconnue la ¬ęShoah par balles¬Ľ. Car, la Shoah avait commenc√© avant m√™me les camps, et pas seulement en Ukraine. C'est tr√®s important de savoir √† quel moment l'oeuvre g√©nocidaire a commenc√© et comment elle est arriv√©e jusqu'aux camps d'extermination. Aujourd'hui, le P√®re Desbois est le directeur du Service national pour les relations avec le Juda√Įsme √† la Conf√©rence des √©v√™ques. Je veux saluer le dialogue interreligieux, qui ne veut pas effacer les diff√©rences entre les cultes, mais combattre tous ceux qui les utilisent pour les opposer.

Le fanatisme n'est pas une religion. C'est un dévoiement. C'est le fanatisme et non l'islam qui a guidé le bras assassin de Merah à Toulouse et à Montauban, lorsqu'il a abattu Jonathan, Gabriel, Arié, Myriam, Imad Ibn Ziaten, Mohamed Legouad et Abel Chennouf : quatre juifs, trois musulmans, sept Français. Autant d'atteintes aux institutions les plus symboliques de la République : l'école et l'armée.

La semaine dernière, le CRIF, à Toulouse, a rendu un hommage à Latifa Ibn Ziaten, la mère d'Imad. Je veux aussi saluer son combat courageux, je le connais, et celui de tous les militants de l'amitié judéo-musulmane, avec le soutien des plus hautes autorités du culte musulman, représentées ici ce soir. Je veux les remercier pour leur engagement au service de la tolérance et de la paix.

Mesdames et Messieurs, l'année 2014 sera marquée par deux grandes commémorations : centenaire de la Première guerre mondiale et 70ème anniversaire de la Libération de notre pays. Je veux en faire des moments de rassemblement de nos concitoyens, des temps pour la mémoire, pour toutes les mémoires.

C'est pourquoi j'ai rendu hommage aux soldats musulmans à la Grande mosquée de Paris le 18 janvier dernier. Au Mont-Valérien, j'ai rendu hommage, c'était le 21 février dernier, au Groupe Manouchian et j'ai salué l'initiative qu'avait prise Robert Badinter pour que les 1.010 fusillés aient leurs noms gravés dans le bronze d'une cloche au Mont-Valérien. Nommer les morts pour interpeller les vivants, c'est le sens des monuments. Yad Vashem à Jérusalem, que je suis allé visiter, le Mur des Noms, l'Allée des Justes à Paris et tant d'autres lieux..., pour que rien ne soit oublié, travesti, transformé, occulté et pour nous rappeler à chaque fois notre devoir.

Quelle est notre exigence ? Savoir. Tout savoir. D'o√Ļ nous venons, quelles sont les √©preuves que notre pays a travers√©es pour √™tre libre aujourd'hui. Ne rien ignorer des drames d'hier pour mieux les pr√©venir d√©sormais. Connaitre l'Histoire, oui connaitre l'Histoire, pour reconnaitre notre responsabilit√© de l'√©crire √† notre tour.

La m√©moire, je sais que vous y √™tes particuli√®rement attach√©s. Votre m√©moire, ici en France, et la m√©moire aussi entretenue dans la relation des juifs de France avec Isra√ęl. Je sais le lien qui vous unit √† Isra√ęl. Isra√ęl, pour les juifs de France, comme ceux d'ailleurs du monde entier, c'est d'abord l'√Čtat refuge. On raconte - c'est vrai - que c'est en assistant √† la d√©gradation publique de Dreyfus, en 1895, dans la cour des Invalides, que Theodor Herzl, devant le spectacle de l'innocence outrag√©e, en avait conclu que les juifs ne pourraient conqu√©rir la garantie d'une existence digne et libre que le jour o√Ļ ils disposeraient d'une patrie.

Isra√ęl, pour les juifs, c'est aussi l'espoir r√©alis√©. Tr√®s vieil espoir, aussi ancien que le juda√Įsme lui-m√™me. La relation que les juifs fran√ßais ont avec Isra√ęl est constitu√©e de liens multiples, humains, intimes, personnels, familiaux, professionnels... Cette solidarit√© ne vous √©loigne jamais de votre patrie. Elle vous y ram√®ne, tant vous attendez de la France qu'elle joue un r√īle utile dans le monde et particuli√®rement au Proche-Orient. Ce fut le sens de ma visite en Isra√ęl et en Palestine. Vous m'y avez accompagn√© avec une d√©l√©gation du CRIF. Vous m'avez accompagn√© aussi bien en Isra√ęl qu'en Palestine. Je voulais, ici, vous en remercier.

√Ä la Knesset, je me suis exprim√©, en toute franchise, en toute libert√©. J'ai rappel√© la position de la France : deux √Čtats pour deux peuples, l'√Čtat d'Isra√ęl et l'√Čtat de Palestine, avec tous deux J√©rusalem pour capitale, pouvant coexister en paix et en s√©curit√©. Il faut un r√®glement qui mette fin √† toutes les revendications et √©teigne d√©finitivement le conflit. Cet accord n'aura de sens que si la s√©curit√© d'Isra√ęl est renforc√©e et si toute nouvelle menace est √©cart√©e. C'est le langage que j'ai fait passer aussi bien √† Benjamin Netanyahu qui m'a re√ßu avec beaucoup de chaleur, qu'√† Mahmoud Abbas qui a √©t√© attentif √† la position de la France qu'il conna√ģt.

Si on ne veut pas reconna√ģtre l'autre partie, il ne peut pas y avoir de paix. C'est le sens de ce que nous devons chercher, que les Am√©ricains ont √©galement encourag√©. Les Isra√©liens et les Palestiniens, en ce moment m√™me, tentent d'aboutir √† la paix. La poursuite de la n√©gociation, car c'est maintenant l√† l'enjeu, est une opportunit√© d√©cisive. Tout √©chec, s'il se produisait, aggraverait encore la situation de la r√©gion et menacerait donc l'√Čtat d'Isra√ęl.

Or, le Proche-Orient est d√©j√† profond√©ment d√©stabilis√© par la crise syrienne. Alors, on me dira : ¬ęles armes chimiques ont commenc√© d'√™tre d√©truites¬Ľ. Et encore ! La Conf√©rence de Gen√®ve a √©t√© un √©chec, elle n'a abouti √† rien. Pendant ce temps-l√†, les massacres se multiplient. D'ailleurs dans une forme d'indiff√©rence g√©n√©rale, que seule la France entend briser.

Pendant que les r√©fugi√©s s'entassent en Jordanie, en Turquie, au Liban, avec un risque de d√©flagration g√©n√©rale, demain, avec le ministre des affaires √©trang√®res, Laurent Fabius, je recevrai le Groupe international de soutien pour le Liban, pour pr√©server l'unit√© et l'int√©grit√© de ce pays, pour √©galement lui apporter une aide humanitaire. Il se trouve qu'il y aura aussi bien le secr√©taire d'√Čtat am√©ricain que le ministre des affaires √©trang√®res russe. Nous ne parlerons pas que du Liban. Mais si nous pouvions aussi parler du Liban et de l'Ukraine, nous aurions, rien que pour cela, eu le b√©n√©fice de cette initiative.

Je pense au Liban parce que c'est un pays cher à la France et c'est un pays qui doit être absolument préservé de ce conflit. Je sais aussi les forces qui travaillent pour son instabilité. Nous sommes profondément concernés par ce qui se produit en Syrie. Vous l'évoquiez, Monsieur le Président : 700 Français ou résidents français sont aujourd'hui impliqués, c'est-à-dire pris en main par des groupes djihadistes. Ils sont parfois tués - c'est encore arrivé ces jours derniers - ou reviennent avec tous les risques que cela comporte pour notre propre sécurité.

Le ministre de l'int√©rieur a √©t√© particuli√®rement mobilis√© pour dissuader tous ces candidats du Djihad qui pourraient, non seulement perdre leur vie, mais aussi, √† un moment, atteindre la n√ītre. Je rappelle que deux membres de la cellule qui avait agi en septembre 2012 contre l'√©picerie casher de Sarcelles viennent d'√™tre interpell√©s. Ils reviennent de Syrie. Les liens sont √©tablis.

Parler de la Syrie, c'est parler de l'Iran, tant sa responsabilit√© est grande dans la guerre que Bachar Al-Assad a lanc√©e √† l'√©gard de son propre peuple. Avec l'Iran, la France ne se contente pas de paroles, mais veut des actes et l'a clairement montr√© sur le dossier nucl√©aire. C'est le sujet de pr√©occupation majeure, pas simplement pour Isra√ęl, mais pour l'ensemble de la r√©gion et pour la paix du monde. C'est pourquoi la France a tout fait pour que l'accord int√©rimaire avec l'Iran soit √† la fois solide et cr√©dible. Mais le plus dur est √† venir. La position de la France, ce sera qu'un accord d√©finitif apporte la garantie √† Isra√ęl et √† l'ensemble du monde que l'Iran ne disposera jamais, je dis bien jamais, de l'arme nucl√©aire.

Voil√†, Mesdames et Messieurs, ce que j'√©tais venu vous dire : √† la fois la pr√©occupation de l'ensemble du gouvernement, de l'√Čtat par rapport √† ce climat que j'ai d√©crit, l'action que nous menons pour lutter contre l'antis√©mitisme et le racisme, pour le pr√©venir, pour le r√©primer. Je voulais √©galement vous exprimer la position de la France par rapport √† un certain nombre de situations dans le monde. J'ai √©voqu√© l'Ukraine, j'ai fini par la situation au Moyen-Orient et notamment avec l'Iran.

Mais je voulais vous adresser un dernier message. La communaut√© juive est pleinement chez elle en France. Elle a tant donn√© pour notre pays, tant donn√© par ses talents, par ses r√©ussites, par son d√©vouement, par ses sacrifices et surtout par l'amour qu'elle a toujours t√©moign√© √† la France. Alors, √† tous ceux qui s'interrogent, et il y en a ici, sur la protection que la R√©publique peut offrir, sur l'amour de la France √† l'√©gard de tous ses citoyens et notamment aux juifs de France, je veux r√©affirmer que notre pays sera √† la hauteur de l'esp√©rance que vous portez en lui. Parce que la France a besoin de vous, parce que la France a besoin de tous, parce que la France doit r√©ussir, gr√Ęce √† vous. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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