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Déclarations officielles de politique étrangère du 21 janvier 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Participation de M. Laurent Fabius au conseil affaires Ă©trangères de l'Union europĂ©enne - Liban/Attentat dans la banlieue sud de Beyrouth (Paris, 21/01/2014)

 Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes : 

1 - Participation de M. Laurent Fabius au conseil Affaires étrangères de l'Union européenne (Bruxelles, 20 janvier 2014)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, a participé hier à Bruxelles au conseil Affaires étrangères de l'Union européenne. La réunion a notamment permis de prendre des décisions sur les questions suivantes :

- République centrafricaine : le conseil a approuvé le principe d'une opération militaire de l'Union européenne en République centrafricaine. Elle prendra en charge, pour une durée de 4 à 6 mois, des missions à Bangui, comme la sécurisation de l'aéroport, en soutien de la force africaine et de l'opération Sangaris. Nos partenaires européens annonceront prochainement les modalités de leur contribution à cette force, qui témoigne de l'engagement de l'Union européenne en faveur d'une sortie de crise ;

- Iran : les États membres ont adopté la décision et le règlement suspendant certaines des sanctions contre l'Iran, pour une période de six mois, conformément aux dispositions de l'accord intérimaire signé à Genève en novembre dernier ;

- Syrie : les ministres ont adopté des conclusions rappelant leur attachement à la conférence de Genève II. Ils se sont félicités de la courageuse décision de la coalition nationale syrienne d'y prendre part. Les ministres ont rappelé que tous les États participants devaient accepter les principes édictés lors de la première conférence de Genève. L'Union européenne a réaffirmé l'importance de maintenir un fort engagement humanitaire en direction de l'ensemble de la population syrienne ;

- Ukraine : les ministres ont adopté des conclusions marquant leur inquiétude face aux développements de la situation politique en Ukraine ;

- Russie : les ministres ont discuté de la préparation du sommet UE-Russie du 28 janvier et des moyens de relancer la relation de l'Union européenne avec ce partenaire important.

2 - Liban - Attentat dans la banlieue sud de Beyrouth (Haret Hareik)

La France condamne l'attentat survenu dans la banlieue sud de Beyrouth à Haret Hareik, et dont le bilan provisoire s'élève à au moins quatre morts.

Elle adresse ses condoléances aux familles des victimes et appelle les autorités libanaises à faire toute la lumière sur cet acte terroriste.

La France dénonce une nouvelle tentative visant à compromettre la stabilité du Liban et à accroître les tensions. Elle réitère son soutien aux institutions de la République libanaise, et à leur tête le président Michel Sleimane, pour préserver la sécurité du pays et l'unité nationale. Elle appelle toutes les parties à oeuvrer en faveur de la stabilité du Liban et à ne pas se laisser entraîner par l'engrenage de la violence./.

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2. Syrie - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas - Propos de M. Hollande (La Haye, 20/01/2014)

(...)

À propos de la Syrie, il y a la conférence de Genève II qui doit se tenir normalement le 22. L'objet de cette conférence n'est pas de convoquer des participants. L'objet de cette conférence, son ordre du jour, c'est la transition. C'est-à-dire le rassemblement de ceux qui prépareront la Syrie de demain. Cela ne peut être, en aucune manière, la prolongation du mandat de Bachar Al-Assad. La France s'en tiendra à ce seul ordre du jour. Les participants qui viendront à cette conférence devront nécessairement respecter ce qui est à la volonté de ceux qui ont convoqué Genève II, c'est-à-dire la transition politique en Syrie.

(...)

Je tiens à confirmer que la France prendra toute sa part au transport et à la sécurité des armes chimiques qui doivent être détruites. (...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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3. Syrie - Visite de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques - Discours de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (La Haye, 20/01/2014)

(...)

Mais, je le dis, s'est produit, le 21 août 2013 en Syrie, un acte innommable, inqualifiable, l'utilisation des armes chimiques. Une mission a été mandatée par le Secrétaire général des Nations unies et a été menée par le Docteur Sellström - ses préparatifs ont été assurés ici-même. Cette mission est parvenue à des conclusions accablantes avec une responsabilité évidente du régime. C'est pourquoi, il ne pouvait pas être question de rester sans réponse face à un tel acte.

La France a exercé la pression qu'il convenait de mener, c'est-à-dire y compris avec la menace du recours à la force. Cette action, conduite avec d'autres et la communauté internationale dans son ensemble, a permis d'aboutir au résultat que l'on sait, c'est-à-dire l'adhésion de la Syrie à l'OIAC et son engagement de détruire ou de faire détruire par votre organisation l'ensemble de l'arsenal chimique d'ici mi-2014.

Je rappelle que le Conseil de sécurité des Nations unies a apporté sa garantie à ce processus en reconnaissant qu'en cas de manquement aux obligations fixées, ce serait le chapitre VII de la Charte de l'ONU qui serait invoqué, c'est-à-dire l'usage de la force.

Votre organisation travaille donc sans relâche pour atteindre les objectifs qui ont été fixés par la communauté internationale. Puisque je suis ici, je veux saluer tous les inspecteurs, tous les agents, tous les scientifiques qui apportent leurs concours à cette entreprise (parce qu'elle est essentielle pour la paix du monde) : procéder au désarmement chimique d'un pays, la Syrie, alors que le conflit est encore, hélas, en cours.

À ce propos, puisque j'évoque la Syrie, la Conférence de Genève qui doit se tenir le 22 janvier ne peut porter que sur la transition politique. Tout autre objectif - c'est-à-dire pour le régime la perpétuation de son système - ne peut pas être envisagé. Tous les pays qui doivent être membres ou qui ont été invités à y venir doivent accepter l'ordre du jour et seulement cet ordre du jour, c'est-à-dire la transition politique. Aucun pays ne peut venir à la Conférence de Genève, s'il n'a pas pleinement adhéré à l'objectif qui doit être celui de la conférence.(...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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4. Syrie - Allocution de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, devant la communautĂ© française (Amsterdam, 20/01/2014)

(...)

Or, c'est bien ce qui s'est passé en août 2013 où un régime qui n'écoutant que sa lâcheté a utilisé ces armes. C'est parce qu'il y a eu la pression française, pas seulement française - j'étais fier de pouvoir dire que nous étions prêts à recourir à la force pour mettre un terme à ces exactions - c'est parce qu'il y a eu la pression internationale, y compris avec cette menace, que la Syrie, enfin le régime, a fini par adhérer à cette organisation et maintenant le processus de destruction des armes chimiques est engagé. C'est aussi cela la diplomatie française. C'est aussi cela la communauté internationale. Elle est ici représentée.(...)./.

(Source : Site Internet de la présidence de République)

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5. Syrie - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et de son homologue allemand - Propos de M. Fabius (Paris, 21/01/2014)

(...)

Q - Monsieur le Ministre, votre collègue allemand a exprimé des attentes modestes vis-à-vis de la conférence de Genève II qui va commencer demain à Montreux. Est-ce qu'il a préconisé les «petits pas» ? Il a cité trois mesures. Est-ce également votre approche ou êtes-vous encore plus ambitieux concernant cette conférence ?

R - Jean Jaurès, qui est un homme pour lequel nous avons tous les deux beaucoup d'admiration, fixait un objectif à toute action politique et cela vaut aussi pour les ministres des affaires étrangères, il disait «aller à l'idéal et comprendre le réel». Cela définit bien les choses.

L'idéal c'est évidemment la paix. La situation en Syrie et dans les pays voisins est une situation tragique, épouvantable, plus de 130.000 morts, des millions de réfugiés, de déplacés, au moment même où nous parlons des dizaines et des dizaines de gens qui se font tuer, une responsabilité écrasante de M. Bachar Al-Assad, tout cela vous le savez.

L'idéal est donc d'aller vers la paix. Et la paix, nous partageons cette opinion Frank Walter et moi-même, cela passe par une situation politique, il n'y a pas d'autre solution que politique. Et une solution politique cela veut dire discuter, d'où Genève II. Donc c'est cela le grand objectif.

Et, en même temps, le réel ce sont les difficultés, les divisions, les exactions de toute sorte. Les difficultés le mot est faible parce que tous les jours des livraisons d'armes, parce que la présence de troupes étrangères, le Hezbollah, l'Iran, parce que la présence des terroristes et leur action, parce qu'il y a aussi des difficultés à rendre unie l'opposition ; finalement on y est parvenu.

Et donc il faut, sous l'égide des Nations unies, qu'on ait comme objectif des avancées vers la paix.

Il faut savoir que ce sera difficile, mais l'objectif a été fixé par la lettre d'invitation du secrétaire général des Nations unies. Et c'est à cela qu'il faut rester fidèle : l'ordre du jour. L'ordre du jour de la conférence de Genève II, c'est bâtir par consentement mutuel un gouvernement de transition en Syrie doté de tous les pouvoirs exécutifs.

Donc, il y aura, si nous rassemblons tout cela, à la fois une série de pas concrets, ceux qu'a cités Frank-Walter, cessez-le-feu, accès humanitaire, tout ce qui peut permettre d'améliorer la situation sur le terrain, mais sans jamais perdre de vue que l'objectif c'est : gouvernement de transition doté de tous les pouvoirs exécutifs. Et une conférence réussie, c'est une conférence qui saura combiner ces deux approches./.

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6. RĂ©publique centrafricaine - Allocution de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, devant la communautĂ© française (Amsterdam, 20/01/2014)

(...)

Voilà que cette opération paraissait s'achever et un drame surgit en Centrafrique. Que fallait-il faire ? Le conseil de sécurité des Nations unies venait de nous donner mandat. Nous aurions pu attendre. Chaque jour qui passait, c'était des dizaines de morts, centaines même qui étaient hélas constatées.

Alors, nos soldats sont repartis en Centrafrique. Ils n'étaient pas loin, ils étaient positionnés au Tchad, au Gabon. Ils sont venus en Centrafrique faire, non pas un combat, mais empêcher des groupes qui ont encore envie d'en découdre. Aujourd'hui, un peu plus d'un mois et demi après la décision que j'ai prise, difficile, avec toujours les mêmes commentaires. Aussitôt venus, on nous demande : «quand est-ce que vous allez partir ?», alors même que la mission n'est qu'à peine commencée. Aujourd'hui, il y a eu deux décisions importantes qui ont été prises.

D'abord par les Centrafricains, qui se sont dotés de nouvelles autorités de transition, choisi un président, en l'occurrence une présidente, la maire de Bangui, qui aura à agir pour faciliter la réconciliation et permettre le rétablissement de l'Etat. Nous la soutiendrons. Ce sont les Centrafricains qui ont choisi, sans déterminer, vous savez, d'un temps où - Jean-Pierre Cot doit s'en souvenir - c'était la France qui choisissait les départs ou les arrivées de chefs d'Etat africains. C'est fini.

Puis il y a une autre décision, très importante, qui a été prise qui est celle de l'Europe. Vous savez on nous avait dit : «mais la France est seule». Au mois de décembre, dans un conseil européen, j'ai dit : «non la France n'est pas seule, elle sera soutenue par l'Europe». C'est fait. L'Europe vient de décider une opération militaire en appui de celle que nous avons engagée et de la mission africaine. Nous aurons là un apport, et pour la sécurité, et pour l'accès à l'aide humanitaire. Merci l'Europe. Une fois encore, elle a été présente même si la France a été la première.(...)./.

(Source : Site Internet de la présidence de République)

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7. RĂ©publique centrafricaine - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas - Propos de M. Hollande (La Haye, 20/01/2014)

(...)

Je veux terminer également sur la Centrafrique. Nous en avons parlé avec Mark Rutte et les membres de son gouvernement. Il y a, cet après-midi même, une décision qui doit être prise par les ministres des affaires étrangères européens. Je souhaite qu'elle aille dans le sens d'une opération pour favoriser l'accès de l'aide humanitaire et participer à la sécurité de la Centrafrique. Voilà pourquoi il était très important que je puisse venir, aussi bien pour évoquer les liens qui existent entre nos deux pays, que pour rappeler combien nous sommes engagés dans une construction européenne exigeante, c'est-à-dire capable de convaincre les peuples. Merci.

(...)

Sur la Centrafrique, il y a surtout un besoin d'aide humanitaire. Faut-il encore que cette aide humanitaire parvienne aux populations déplacées ou aux populations qui se sont, hélas, rassemblées autour de l'aéroport pour sauver leur propre vie. Il conviendra d'assurer à la fois la sécurité de cet approvisionnement et donc son accès. C'est ce que j'attends de l'Europe.
Vous savez qu'il y a eu au Conseil européen une discussion sur le principe de cette opération et je constate que la voix de la France a été entendue parce que, là, il s'agit de la voix de la conscience humaine.(...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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8. RĂ©publique centrafricaine - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et de son homologue allemand - Propos de M. Fabius (Paris, 21/01/2014)

Q - Qu'est-ce que la France attend exactement de l'Allemagne concernant les dossiers de la Centrafrique et du Mali ? En avez-vous parlé et êtes-vous satisfait de la réponse de votre homologue ?

R - Nous avons évoqué longuement les questions africaines, à la fois au téléphone, en préparant la réunion d'hier et à nouveau lors de cette réunion.

Nous sommes extrêmement satisfaits des décisions prises. Pour la République centrafricaine, la journée d'hier a été marquée par trois décisions très positives. La première, c'est l'élection d'une femme remarquable à la présidence de transition en Centrafrique. La seconde décision, prise à Bruxelles, c'est la promesse de 500 millions de dollars consacrés essentiellement à l'humanitaire et au développement. La troisième décision, c'est que l'Europe accepte la mise en place d'une opération militaire européenne dans ce pays, aux côtés des Africains, des Français, et dans le cadre des Nations unies. La France est donc très satisfaite.

S'agissant de l'Allemagne, elle prendra ses décisions précises et matérielles en fonction de ses possibilités. Elle ne peut pas être partout. Il y a les perspectives sur le Mali et celles en République centrafricaine. Nos ministres de la défense se sont vus hier, nous-mêmes en avons parlé et le gouvernement allemand annoncera certainement dans quelques jours où il souhaite porter son effort.

Le fait que l'Europe apporte son concours aux Africains et à la France est évidemment un aspect très important.

Certains avaient pu regretter que la France soit seule. Non, la France n'est pas seule. Elle a été à l'avant-garde, rejointe par ses amis européens et c'est une bonne chose. (...)./.

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9. RĂ©publique centrafricaine - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 21/01/2014)

Monsieur le Député,

Pour la République centrafricaine et tous ceux qui sont aux côtés des Centrafricains, la journée du 20 janvier 2014 a constitué une triple bonne nouvelle, dans un pays qui ne nous avait pas habitué à cela.

D'abord l'élection de Mme Catherine Samba-Panza, qui est une femme remarquable. Hier, je me suis entretenu avec elle par téléphone et je lui ai apporté votre soutien par anticipation. Je serai à ses côtés jeudi lorsqu'elle sera installée. Sa tâche est immense, mais elle doit savoir qu'elle peut compter sur le soutien de la France.

En ce qui concerne l'aspect humanitaire, 40 pays présents à Bruxelles ont annoncé hier des engagements pour l'année 2014 à hauteur de 496 millions de dollars. Ces crédits seront engagés cette année pour venir au soutien de la population gravement touchée.

Enfin, en matière sécuritaire, nous avons obtenu que l'Union européenne, à l'unanimité, décide le principe d'un soutien militaire aux Centrafricains et à l'action de la France et de l'ONU. Le chiffre de 500 militaires a été évoqué. Cela doit être fait dans les semaines qui viennent, essentiellement à Bangui et, singulièrement, autour de l'aéroport.

On nous avait dit que nous Ă©tions seuls. Non, nous Ă©tions les premiers et c'est Ă  l'honneur de la France./.

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10. Mali - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas - Propos de M. Hollande (La Haye, 20/01/2014)

(...)

Q - Bert Koenders a appelé les pays à mettre à disposition des troupes pour le Mali. Quelle est votre opinion ? Est-ce que des troupes néerlandaises devraient s'y rendre également ? Par ailleurs, qu'attendez-vous en apport financier pour l'aide humanitaire pour la République centrafricaine ? Est-ce que vous allez envoyer des troupes plus tôt, Monsieur le Premier ministre, et quelle est la contribution que les Pays-Bas sont disposés à donner pour la République centrafricaine ?

R - Les Pays-Bas ont fait beaucoup pour le Mali en envoyant 400 soldats et en participant à une opération européenne de formation, d'accompagnement, d'encadrement des forces africaines, ce que l'on appelle l'EUTM. Je veux vraiment renouveler ma reconnaissance pour cette présence des Pays-Bas et cette présence européenne parce que si la France va se désengager du Mali - j'ai annoncé les chiffres, il n'y aura plus que 1.000 soldats français au printemps prochain - il est clair que les Européens et les forces africaines, dans le cadre d'ailleurs du mandat des Nations unies, devront rester le temps nécessaire.(...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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11. ProlifĂ©ration des armes chimiques - Visite de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques - Discours de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (La Haye, 20/01/2014)

 

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Directeur général de l'OIAC,

Mesdames, Messieurs, qui contribuez Ă  l'action de cette organisation,

C'est un honneur d'être le premier chef d'État français à venir visiter le siège de cette grande organisation. Elle contribue à la paix et la sécurité en luttant contre la prolifération chimique et en participant à la destruction des stocks existants.

Le Prix Nobel, qui vous a été remis en 2013, saluait à la fois l'engagement de votre organisation, la qualité de son travail, mais aussi les périls que la prolifération chimique est capable de produire car les armes chimiques ont été utilisées.

Elles ont été utilisées dans le passé. C'est ce qui a justifié, dès 1925, les protocoles qui affirmaient déjà l'interdiction générale et absolue de l'emploi de telles armes, et qui impliquaient de garantir l'effectivité de cette obligation. Mais il a fallu qu'en 1993, c'était à Paris, une Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques soit enfin signée. Ce qui oblige la France à être totalement partie prenante de votre organisation.

Vous vous êtes mis au travail très vite. Entre le moment où était signée la convention - 1993 à Paris - et le moment où vous avez pu engager vos premières initiatives : 4 ans seulement. Puisque c'est en 1997 que vous avez commencé la mission qui vous avait été confiée.

Depuis, c'est-à-dire en 16 ans, des progrès considérables ont été faits. D'abord, 190 États sont aujourd'hui parties prenantes à la Convention. Il en reste six, je dis bien six, dans le monde qui n'en sont pas encore membres. Je leur conseille vivement d'y adhérer. Nous ferons tout, avec notre diplomatie, pour les convaincre parce que c'est un enjeu qui ne peut pas ne pas être partagé. Il est mondial, il est global.

Seconde preuve de votre succès, c'est la destruction par les États possesseurs d'armes chimiques de leurs stocks. C'est en bonne voie. Votre organisation veille aussi à ce que les armes chimiques ne puissent plus réapparaître, ce qui pourrait être un nouveau risque. Vous avez donc assuré la pleine effectivité, la pleine universalité de la mise en oeuvre de la Convention de Paris.

(...)

Pour terminer, vous montrez qu'il est possible d'agir, que les périls peuvent être conjurés, que des armes peuvent être détruites. Quand beaucoup s'interrogent sur le rôle des organisations internationales, sur la capacité de pouvoir faire prévaloir le droit, votre organisation fait la démonstration que, quand il y a une mobilisation internationale, quand il y a une volonté portée par la communauté mondiale, et quand il y a un instrument et une organisation pour traduire les engagements, nous pouvons réussir. C'est cet hommage à votre organisation qui nous rend confiants dans les possibilités de paix dans notre pays et dans notre monde. Merci./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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12. Union europĂ©enne - Allocution de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, devant la communautĂ© française (Amsterdam, 20/01/2014)

(...)

L'Europe, c'est une économie. Nous devons la redresser. L'Europe, c'est une zone monétaire, nous devons, et nous y avons réussi, la stabiliser. Mais l'Europe, c'est aussi une communauté de valeurs, ce sont des principes, ce sont des références. Nous ne devons jamais perdre cette belle idée qui a fait que, au lendemain de la guerre, il y a eu cette utopie qui est devenue réalité.

J'ai rappelé au cours de cette journée que ce fût à La Haye en 1948, qu'un congrès avait réuni des parlementaires venant des pays qui s'étaient pourtant affrontés quelques années plus tôt et qui a posé les bases de ce que pouvait être le projet européen.

Parmi ces parlementaires, il y avait un jeune qui s'appelait François Mitterrand et qui avait exprimé là son enthousiasme pour l'Europe et qui, des décennies plus tard, à Maastricht, a voulu, toujours aux Pays-Bas, qu'il y ait la création de la monnaie unique. En France, ce fût un projet controversé mais aujourd'hui, cette monnaie unique, même s'il a fallu se battre pour en préserver la qualité et surtout l'intégrité de la zone euro, c'est ce qui nous réunit, c'est ce qui nous permet de fédérer cette zone euro qui doit devenir demain une Europe d'avant-garde.

Alors, ne perdons jamais confiance dans les principes de l'Europe. Vous qui vivez ici, vous êtes encore plus animés que d'autres de cette exigence, de cette volonté, qu'il faudra faire partager au moment des élections pour le renouvellement du Parlement européen. (...)./.

(Source : Site Internet de la présidence de République)

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13. Union europĂ©enne - Forum Ă©conomique avec les chefs d'entreprise français et nĂ©erlandais - Discours de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (Amsterdam, 20/01/2014)

 

(...)

Il y a un nouveau contexte économique qui s'ouvre en Europe. Pendant des mois et des mois, la seule préoccupation qui animait les chefs d'État et de gouvernement, ainsi que la Banque centrale européenne, c'était de savoir si nous pourrions sortir la zone euro de son instabilité, préserver l'intégrité-même de cette zone euro, dès lors que certains pays paraissaient incapables de pouvoir y rester.

La seule question qui nous occupait, c'était de mettre en place des instruments de stabilité, ce que nous avons fait. Pendant des mois, nous avons construit l'union bancaire, qui paraissait une utopie dans le cadre d'une crise financière qui avait frappé les établissements et qui avait conduit un certain nombre d'États à, même, nationaliser des banques pour éviter le pire. Nous avons réussi. Tout n'est pas réglé mais l'essentiel est fait.

Quelle est notre responsabilité désormais ? C'est de mettre l'Europe sur le chemin de la croissance et de la compétitivité. La question qui est posée aux Européens, c'est de savoir s'ils resteront une zone qui, sans doute a un passé glorieux, a un présent plus difficile et s'il est possible de faire de cette zone un leader du monde. Car nous ne devons jamais oublier que l'Union européenne, c'est la première puissance économique du monde.

Je sais que nos deux pays sont profondément européens. Nous sommes les fondateurs, mais nous sommes aussi des pays où le scepticisme est grand et où nos peuples se posent toujours la question de savoir si l'Europe nous entraîne ou si elle nous entrave. Alors, nous devons montrer qu'un nouveau temps est venu et que les Européens vont construire ensemble un destin commun, mais fondé sur une économie dynamique.

(...)

Voilà Mesdames et Messieurs, Cher Mark, ce que je voulais dire devant vous. La France et les Pays-Bas, je l'ai dit sont deux pays fondateurs de l'Europe, cela nous crée des responsabilités.

D'abord, de faire aimer l'Europe, vaste tâche, immense travail, et pourtant c'est absolument indispensable si on veut lutter contre le populisme. Faut-il encore que cette Europe soit aimable, c'est-à-dire qu'elle soit capable d'être plus cohérente, plus claire, plus efficace, plus orientée vers la croissance et l'emploi.

Mais nous devons toujours parler de cette grande idée qui est née ici aux Pays-Bas, en 1948 au Congrès de La Haye, après la guerre, où des jeunes parlementaires - François Mitterrand en était un à cette époque - étaient venus témoigner de leur engagement pour l'Europe.

Cette belle idée elle ne doit pas s'éteindre, elle doit se travailler, elle doit se façonner avec les défis d'aujourd'hui et surtout de demain. C'est parce que nous sommes deux vieilles nations, deux grands peuples avec une grande histoire, pour chacun d'entre nous, que nous devons avoir une volonté pour cette Europe de demain.(...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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14. Union europĂ©enne - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas - Propos de M. Hollande (La Haye, 20/01/2014)

(...)

La France et les Pays-Bas ont fait en sorte, avec leurs partenaires du Conseil européen, de réaliser l'Union bancaire. C'est sans-doute une étape très importante de la création de l'Union européenne sur le plan monétaire. Certes, il y a eu d'autres étapes et la monnaie unique en est une majeure. Mais l'Histoire retiendra que l'Union bancaire, c'est ce qui permettra à l'Europe de ne plus connaitre de crises financières telles qu'elle les a traversées douloureusement ces dernières années. S'il n'y avait pas eu l'action conjuguée de la France et des Pays-Bas sur les étapes de cette Union bancaire, peut-être n'en serions-nous pas là aujourd'hui et je veux vraiment en féliciter tous ceux qui ont agi.

Nous devons aller plus loin. Mark Rutte évoque, et il a raison, une méthode qui doit consister, au lendemain des élections au Parlement européen, à donner des priorités claires à la Commission européenne. D'abord, la coordination des politiques économiques : faire que nous puissions avoir plus de croissance dans la stabilité financière.

Seconde priorité, qui doit être autour de l'énergie et le climat, pour que nous puissions réussir en 2015 la Conférence qui se tiendra à Paris sur ce grand enjeu, mais également sur ce que la transition énergétique peut provoquer, procurer comme emplois supplémentaires, innovations nouvelles et surtout activités économiques. Là-dessus nous pouvons agir ensemble. La Commission européenne devra également s'investir davantage sur toutes les questions numériques, technologiques, qui nous permettront d'être les meilleurs dans le monde.

Enfin, je n'oublie pas une dernière priorité qui est l'Europe de la défense et qui doit permettre une meilleure coopération dans le cadre, bien sûr, de nos alliances. À cet égard, je veux remercier les Pays-Bas pour avoir soutenu l'opération au Mali, avoir envoyé 400 soldats et avoir également répondu à toutes les sollicitations sur le plan humanitaire et sur le plan du développement. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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15. Union europĂ©enne - Toast de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, lors du dĂ©jeuner officiel offert par le Roi des Pays-Bas (La Haye, 20/01/2014)

(...)

Les Pays-Bas et la France sont d'abord des pays fondateurs de l'Europe - vous l'avez rappelé - qui doivent donc mobiliser toute leur énergie pour franchir les nouvelles étapes de cette construction européenne.

Mais nous sommes également deux pays dont le scepticisme est grand à l'égard de l'Union européenne. Nous en avons constaté en 2005 l'ampleur. Nous devons donc, à chaque fois que l'Europe est en cause, penser aux idées qui ont justifié sa création. C'est ici, à La Haye, qu'a été posé en mai 1948, lors de ce fameux Congrès, le premier acte de la volonté européenne.

Je n'oublie pas non plus que c'est à Maastricht que l'Europe a décidé de l'Union monétaire et donc de la monnaie unique. L'Europe a naturellement été au coeur des entretiens que nous avons eus ensemble et avec le gouvernement, comme avec les présidentes des chambres des États généraux.

J'ai retenu que l'accord entre nos deux pays est plus grand qu'on ne le dit généralement et que nous avons ensemble posé les bases de ce que pourrait être le travail de la Commission européenne au lendemain du renouvellement du Parlement. Une conviction nous anime, et elle est forte : ce n'est pas en défaisant l'Europe que nous préparerons l'avenir. C'est au contraire en faisant que cette Europe soit plus unie, plus efficace, plus claire sur ses objectifs que nous protégerons nos peuples et rendrons nos pays plus forts.

2014 est une année importante pour l'Europe. Notre responsabilité doit être de donner confiance et espoir aux peuples européens, de lutter contre toutes les peurs, toutes les angoisses, dont certains utilisent l'intensité pour justifier, en fait, la fin du projet européen. Nous formulerons donc les propositions nécessaires pour permettre à l'Union économique et monétaire de retrouver la stabilité - c'est fait - mais aussi la croissance et l'emploi.

Nous voulons que la France et les Pays-Bas soient ensemble pour les rendez-vous, ceux qui nous attendent, et pour porter le projet européen. Vous avez dit que le Tour de France allait, en 2015, partir d'Utrecht. C'est dire si nos deux pays maintenant sont unis ! Ce que certains souverains n'avaient même pas imaginé, le Tour de France va être capable de le réaliser. C'était donc le plus beau symbole que vous pouviez offrir et je suis heureux de pouvoir, à mon tour, lever mon verre à l'amitié entre nos deux pays./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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16. Allemagne - Relations bilatĂ©rales - Union europĂ©enne - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères et de son homologue allemand - Propos de M. Fabius (Paris, 21/01/2014)

Mesdames et Messieurs,

Je veux d'abord vous dire le plaisir que c'est pour moi d'accueillir ici, au Quai d'Orsay, le ministre des affaires étrangères d'Allemagne, mon ami Frank Walter Steinmeier.

Depuis la constitution du nouveau gouvernement allemand, le 17 décembre dernier, nous avons déjà eu, avec Frank Walter, plusieurs occasions de nous rencontrer et d'échanger hors de réunions internationales ou européennes ou en marge de celles-ci. Hier encore, nous étions ensemble au Conseil affaires étrangères à Bruxelles et, demain, nous serons également ensemble à Montreux pour la conférence dite de Genève II.

Ces réunions nous laissent peu de temps pour approfondir un certain nombre de sujets. Or, nous voulons prendre le temps, comme aujourd'hui, d'entretiens à la fois amicaux et substantiels, pour contribuer à la relation exceptionnelle entre nos deux pays. Nous pensons tous les deux qu'il faut tirer profit du moment actuel.

La France et l'Allemagne vont connaître une phase de trois années sans élection nationale. Le Parlement européen et la Commission seront renouvelés dans quelques mois. Il y a là une séquence, un calendrier que nous voulons utiliser pleinement pour donner une impulsion nouvelle à la coopération entre l'Allemagne et la France au bénéfice à la fois de nos deux pays et de l'Union européenne.

À l'issue de cette première réunion de travail, je crois que l'on peut tirer au moins deux enseignements, l'un sur la méthode et l'autre sur le fond.

Pour ce qui est de la méthode, nous avons décidé d'approfondir notre coopération et peut-être de revoir un peu les moyens. Par exemple - et nous l'avons déjà fait très naturellement avant le Conseil des affaires étrangères d'hier -, désormais nous nous consulterons systématiquement avant les réunions européennes pour déterminer dans quelle mesure nos positions peuvent être coordonnées.

Nous avons également décidé de faire un certain nombre de déplacements à l'étranger ensemble, dans des régions qui sont d'intérêt conjoint pour nos deux pays et pour l'Union européenne. Nous pourrons alors rendre compte ensemble de ces déplacements devant le Bundestag et devant l'Assemblée nationale. Frank Walter, je te réserve la primeur de donner le nom de nos premiers déplacements.

Nous avons aussi décidé de lancer ensemble un travail de prospective sur les crises, sur leur anticipation et sur leur prévention. Dans la perspective des élections européennes, nous avons choisi de faire quelques déplacements ensemble pour faire connaître à nos concitoyens l'importance de l'Union européenne et le projet que nous pouvons porter pour son avenir.

Sur le fond, notre réunion d'aujourd'hui a déjà permis d'identifier de premiers axes de travail prioritaires et certains d'entre eux ont été particulièrement soulignés, à la fois récemment par le président de la République et par la chancelière d'Allemagne.

Il y a l'axe de la convergence économique et sociale entre la France et l'Allemagne, qui doit aller de pair avec le renforcement de l'Union économique et monétaire pour renforcer la croissance et l'emploi, pour développer l'investissement, pour préparer l'avenir.

Il y a un axe que nous avons examiné aujourd'hui qui est la lutte contre le changement climatique. Nous sommes déterminés, Frank Walter et moi-même, à agir ensemble pour que l'on prépare bien la conférence «Paris-climat» de 2015 et que l'on mette aussi à profit la présidence allemande du G8 en 2015 pour aller en ce sens. Évidemment, les questions climatiques sont aussi liées à la transition énergétique et il y a beaucoup de choses à faire ensemble dans ce domaine.

Nos pays travailleront également ensemble pour le développement de l'Europe de la défense. Hier, nos collègues de la défense des deux pays, Allemagne et France, se sont réunis. Le Conseil européen de décembre dernier a pris des décisions importantes, il faut maintenant les mettre en oeuvre de façon ambitieuse.

Tous ces aspects et d'autres seront certainement abordés et traduits lors du conseil des ministres franco-allemand qui aura lieu le 19 février prochain. Cette réunion permettra d'ouvrir un nouveau cycle de coopérations franco-allemandes très profondes et très fructueuses.

Il y a donc beaucoup de travail à accomplir et je peux vous assurer que Frank Walter Steinmeier et moi-même sommes déterminés à l'accomplir, dans l'intérêt de nos deux pays et de l'Union européenne.
(...)

Q - Concernant ce que vous allez faire avant les élections, s'agit-il de meetings électoraux en commun ou est-ce une autre démarche plus modeste ?


R - Nous verrons la forme mais, par exemple, nous pourrions aller dans des universités expliquer aux étudiants et, au-delà d'eux - grâce la presse -, à un vaste public comment nous approchons les questions européennes, comment nous voyons l'avenir de l'Europe, quelles sont les difficultés et comment nous pensons les surmonter. Ce ne sont pas des meetings au sens électoral du terme, même si Frank Walter et moi-même nous sommes des responsables politiques. Mais en tant que ministres des affaires étrangères, il faut que nous ayons une vision large, longue et que nous touchions un public important. (...)./.

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17. Pays-Bas - Relations bilatĂ©rales - Allocution de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, devant la communautĂ© française (Amsterdam, 20/01/2014)

Mesdames, Messieurs, qui représentez la communauté française, ici, aux Pays-Bas,

Je tenais à vous saluer et à vous rencontrer. Je suis venu pour cette visite d'Etat avec trois ministres, de nombreux chefs d'entreprise, également des parlementaires, des présidents de groupes d'amitié, le député qui représente cette circonscription.

Il y avait 14 ans qu'un président de la République française n'était pas venu ici aux Pays-Bas. Comment expliquer cette longue absence ? Tout simplement parce que, quand deux pays sont à ce point amis, il est tentant de penser qu'il n'est pas besoin de venir le rappeler.

Pourtant, si cela avait duré trop longtemps, on aurait pu s'interroger. J'ai souhaité faire cette visite et j'ai été, c'est-à-dire vous, parce que je vous représente, j'ai été très bien accueilli. D'abord par le Roi, la Reine, par le Premier ministre, Mark Rutte, par les deux présidentes des assemblées des Pays-Bas. Deux présidentes, ce n'est pas en France que l'on verrait une chose pareille. Enfin, pas pour le moment, cela viendra, surtout si demain la loi sur le non-cumul des mandats est enfin votée.

J'ai été reçu par les chefs d'entreprise de la chambre de commerce, et d'autres qui ont bien voulu les rejoindre, entreprises néerlandaises, entreprises françaises, dans ce lieu magnifique. Je vous retrouve à l'instant, vous qui êtes les Français qui à la fois servez les Pays-Bas. Par vos activités, parce que vous êtes des représentants d'entreprises, parce que vous êtes aussi des enseignants qui permettez l'échange des savoirs, parce que vous êtes aussi des professions libérales, parce que vous êtes venus comme touristes et vous êtes restés. Cela peut arriver, il y a de nombreux binationaux. Parce que vous êtes fonctionnaires au service de la France, mais vous permettez aussi aux Pays-Bas de mieux connaître notre pays.

Bref, vous servez le pays qui vous accueille et vous servez la Nation française. C'est la raison pour laquelle, à chacun de mes déplacements, et même si je suis toujours en retard, je tiens à avoir ce moment - trop bref - de reconnaissance à l'égard des Français de l'étranger.

Entre nos deux pays, je l'ai dit, nous avons des échanges multiples : culturels, touristiques, économiques. Sur le plan commercial, c'est vrai que nous sommes, les Pays-Bas comme pour la France, de bons clients. Nos échanges représentent à peu près 40 milliards d'euros, c'est considérable. Nous avons également des investissements nombreux d'entreprises françaises, ici aux Pays-Bas, et nous avons de même des investissements néerlandais en France, autour de 35 à 40 milliards d'euros.

1 000 entreprises françaises sont présentes aux Pays-Bas, et 500 entreprises néerlandaises en France. Alors, nous pourrions nous satisfaire de cette situation mais, comme je l'ai dit tout à l'heure, nous avons encore plein de projets, notamment dans le domaine de l'énergie, de l'agroalimentaire, de l'économie du vivant, bref autour de l'innovation. C'est vrai qu'il y a des symboles, ici, de ce que nous pouvons faire ensemble sur le plan économique et Air France KLM a été cité abondamment. C'est une grande entreprise européenne, franco-néerlandaise mais de taille mondiale. C'est ce que nous devons d'ailleurs faire.

Si nous voulons que l'Europe reste la première puissance économique du monde, elle doit avoir des leaders à l'échelle de la planète et ne pas craindre pour la concurrence, parce que cela ne doit pas être un critère qui doit nous empêcher de grossir, de prospérer et de nous regrouper.

Nous avons aussi évoqué tout ce que nous pouvons faire sur le plan de l'innovation, de la science, parce que nos deux pays investissent dans ces domaines. Il y a eu des accords tout à fait intéressants qui ont été passés entre des instituts de recherche français et néerlandais. Je veux saluer ici, j'imagine, un certain nombre de ceux qui se dévouent pour cette cause.

Nous avons également souhaité qu'il y ait beaucoup plus d'échanges universitaires car si nous voulons qu'il y ait, là encore à l'échelle du monde, des grandes universités qui pèsent, nous devons aussi rapprocher les nôtres entre la France et les Pays-Bas.

Je dois dire que la Francophonie trouve sa place ici, et que toutes les autorités qui m'ont reçu ont veillé à parler le français, créant une certaine gêne de ma part de ne pouvoir leur répondre dans la langue du pays, malgré le nom que je porte, ce qui est quand même un comble. J'ai mis cela sur le compte qu'un président de la République française ne s'exprime qu'en français. Je suis resté sur des exigences protocolaires.

Cela prouve aussi l'intérêt et la curiosité à l'égard de la culture, de la langue française que vous devez aussi promouvoir Je remercie tous ceux qui la servent, les alliances françaises, le réseau des établissements d'enseignement. On m'a dit qu'il y avait un grand lycée. Il y a toujours des grands lycées français, le lycée Van Gogh. Je pense qu'il y a ici des enseignants et des personnels qui s'y dévouent. Au premier rang comme de bons élèves. Je les en remercie parce que, contrairement à bien des idées reçues, les élèves qui sont accueillis ne sont pas seulement des enfants des Français qui vivent ici. Nous faisons en sorte, précisément, de permettre à des Néerlandais ou à des familles d'autres nationalités, de pouvoir avoir l'accès à notre système d'éducation, qui est excellent. Quand je regarde les résultats des lycées français de l'étranger, je devrais dire à certains parents d'aller mettre leurs enfants dans ces écoles. Mais ils n'en n'ont pas les moyens parce que c'est cher. Je sais que c'est aussi une de vos préoccupations.

Je suis également allé visiter une organisation internationale qui est présente, ici aux Pays-Bas, et qui lutte contre la prolifération chimique. C'est pour nous une grande satisfaction. Pourquoi ? Parce que c'est à Paris qu'a été signée la Convention sur l'interdiction et surtout la destruction des armes chimiques. Cette organisation, l'OIAC, s'est installée aux Pays-Bas mais a comme vocation de détruire, non seulement les stocks qui existaient de par le monde, mais également de lutter contre ceux qui étaient supposés les utiliser.

(...)

Elle est représentée aussi par la Cour internationale de justice. Je n'oublie pas que c'est un hollandais, Grotius, qui a posé les principes du droit international, ce qui permet aujourd'hui à Jean-Pierre Cot de pouvoir être membre de cette intuition.

Mais il y a également la Cour pénale internationale, qui est aussi une oeuvre non pas de la diplomatie française - c'est une oeuvre de la communauté internationale - mais à laquelle la diplomatie française a travaillé pendant des années et des années. Nous devons défendre ces lieux du droit international, notamment pour la Cour pénale, parce qu'elle punit des dictateurs par rapport à des crimes qui ont pu être commis.

(...)

Enfin, la France sait aussi prendre ses responsabilités dans le monde. Cela s'est produit en 2013, d'abord dans une intervention au Mali pour lutter contre le terrorisme. Nous étions appelés par les amis africains, soutenus par les Européens et je remercie les Pays-Bas qui ont envoyé plus de 400 hommes au Mali. Nous avons réussi en un an. Personne n'imaginait que cela puisse aller si vite et avec des institutions qui ont été rétablies et un Président qui a été élu démocratiquement au Mali.

(...)

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j'étais venu vous dire. Vous parler de la France, parce que peut-être n'avez-vous pas encore toutes les informations. Vous parler de la France, vous parler de l'amitié entre la France et les Pays-Bas, vous dire combien nous sommes mobilisés, vous et nous, pour faire que notre pays soit reconnu comme un pays utile au monde et un pays capable d'avoir une belle et grande économie. Un pays qui doit avoir confiance en lui-même et c'est vous qui nous donnez cette crédibilité.

Je vous exprime ici ma reconnaissance, ma gratitude et je salue l'amitié entre la France et les Pays-Bas en vous disant : Vive la République ! Vive la France !./.

(Source : Site Internet de la présidence de République)

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18. Pays-Bas - Relations bilatĂ©rales - Forum Ă©conomique avec les chefs d'entreprise français et nĂ©erlandais - Discours de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique (Amsterdam, 20/01/2014)

Monsieur le Premier Ministre, Cher Mark,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Chefs d'entreprise,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux d'être accueilli comme chef d'État dans cette visite exceptionnelle qui m'est accordée par les autorités néerlandaises. Je m'exprime ici, dans un lieu magnifique qui est chargé d'histoire et, en même temps, porteur d'avenir.

La rencontre que nous avons eue cet après-midi entre les chefs d'entreprise de France, des Pays-Bas, me confirme une nouvelle fois que nous avons beaucoup plus d'intérêts communs que nous le croyons.

C'est souvent vrai en amitié. On pense que l'on n'a pas besoin de se donner des preuves tellement elle est évidente. Il est nécessaire à certains moments, à certaines époques - et pas forcément tous les 14 ans puisque cela fait 14 ans qu'un chef d'État français n'est pas venu ici aux Pays-Bas - il est bon qu'à certains moments, nous nous rappelions ce que nous avons déjà fait ensemble et ce que nous pouvons faire encore, nos deux pays réunis.

(...)

Nos deux pays ont également eu à faire face à un redressement, un rétablissement des comptes publics et également à un effort de compétitivité. Nous n'avons pas encore atteint tous nos objectifs mais nous sommes sur le bon chemin.

Si je viens ici devant vous, ce n'est pas pour parler simplement du passé ou des liens qui nous unissent. C'est pour proposer une forme de nouvelle alliance entre les Pays-Bas et la France, pour porter un message européen. C'est aussi pour nous mettre le plus possible en capacité, nos deux pays, de sortir le plus vite possible de cette croissance trop faible, pour montrer que nous avons de grandes entreprises qui travaillent ensemble et qui sont des leaders mondiaux.

Je veux souligner l'importance de nos échanges. Mark a rappelés ces chiffres : la France est le troisième client des Pays-Bas, les Pays-Bas sont notre septième fournisseur. Le volume de nos commerces extérieurs bilatéraux dépasse 40 milliards d'euros. Les investissements français aux Pays-Bas sont de l'ordre de 38 milliards d'euros et ce que les Néerlandais font en France en termes d'investissement, est proche de 34 ou 35 milliards d'euros. C'est considérable. Nous pourrions d'ailleurs considérer que nous avons atteint nos objectifs, sauf la France parce que nous avons un déficit du commerce extérieur avec les Pays-Bas. Mais je ne suis pas venu ici pour simplement demander que l'on achète davantage français, même s'il faut y songer.

Je pense que nous devons ensemble élever encore le niveau de nos échanges et de nos investissements. Je sais que l'économie néerlandaise est très ouverte, très dynamique avec un port, Rotterdam, qui est le premier port européen et qui permet d'avoir la moitié de notre commerce extérieur qui passe par ce port.

Les entreprises françaises doivent donc venir aux Pays-Bas pour tirer tout le bénéfice de cette situation. À l'inverse, j'invite les entreprises néerlandaises, et elles sont nombreuses - 500 sont déjà implantées en France - à participer aussi au renouveau industriel que nous voulons promouvoir et à la compétitivité que nous devons rétablir. C'est le sens du pacte de responsabilité que j'ai annoncé et qui doit mobiliser tous les acteurs, qui doit convaincre tous les partenaires, que la France est un terrain d'investissement possible, une source de création de richesse. Il doit y avoir de la visibilité.

Nous avons, je l'ai dit, déjà des coopérations industrielles ou économiques tout à fait significatives. Nous avons tous cité, Mark et moi-même, d'autres tout au long de la journée, la référence, l'exemple, d'Air France KLM. Mais on aurait pu également parler de Schiphol et Aéroports de Paris, de Connexion et Transdev et tant d'autres entreprises. Nos énergéticiens, Total, GDF Suez, occupent un rôle de premier plan ici en matière d'exploration, de production de gaz naturel, notamment dans la mer du Nord. J'aurai pu également parler d'Alstom sur le marché des transports, puisqu'il y a 1 000 entreprises françaises qui sont présentes sur le marché néerlandais.

Mais ce que je souhaite, c'est que l'on puisse constituer davantage de partenariats. Dans quels domaines ? Cela a été l'objet de votre séminaire. Nous pouvons évoquer l'aéronautique, le transport, les biotechnologies, l'énergie, les nouvelles économies numériques. Tout cela fait partie de ce que nous avons à faire ensemble.

L'intérêt de cette réunion, ce n'est pas simplement de nouer des alliances pour nos marchés respectifs. C'est d'être capable d'être présents sur les marchés extérieurs partout dans le monde.

Je suis pour que, dans l'Europe, il y ait des leaders mondiaux, c'est-à-dire que des entreprises puissent se former sans crainte pour la concurrence et avoir la capacité de pouvoir peser sur le marché mondial. C'est cela l'enjeu. L'innovation dont nous avons parlé est l'élément essentiel si nous voulons y parvenir.

Dès lors, nous devons regarder ce que nous pouvons faire ensemble. Vous avez choisi deux sujets.

Le premier, c'est l'énergie. C'est la grande question pour les prochaines années. Nous savons tous qu'il va y avoir une transition à accomplir, à la fois fondée sur une certaine sobriété dans la consommation, économiser l'énergie, sur la recherche de nouvelles sources d'énergie, le renouvelable, sur la capacité qu'à chaque pays d'avoir ses propres facteurs énergétiques, ici le gaz, en France, le nucléaire. Mais être capable de pouvoir avoir cette sécurité énergétique avec des prix et des coûts les moins élevés possibles c'est un élément essentiel pour la compétitivité.

Je suggère donc que sur ce sujet-là - il y a de grandes entreprises néerlandaises, de grandes entreprises françaises - nous puissions être les plus dynamiques pour convaincre l'Europe de faire cette communauté de l'énergie.

Le second sujet que vous avez évoqué, c'est la ville durable, c'est-à-dire qu'est-ce que nous allons imaginer comme développement urbain dans les prochaines années ? Comment allons-nous vivre ? Nous pouvons avoir des expériences que nous pouvons partager. Il y a des entreprises, en France, aux Pays-Bas, qui sont les meilleures en termes de transports, de mobilité, de traitement des déchets, de traitement de l'eau. Je crois que nous pouvons aller vers la conquête de marchés extérieurs.

Tout pays doit se demander sur quel secteur il sera, demain, l'un des premiers au monde. Les Pays-Bas ont fait cet effort, ont choisi 9 secteurs. Le dixième étant les sièges sociaux, où vous avez une certaine force compétitive - je le reconnais - qui doit nous amener aussi à réfléchir. Vous avez choisi 10 secteurs où vous pensez pouvoir être les meilleurs. Ce sont souvent d'ailleurs les mêmes que ceux que nous avons choisi : l'énergie, la chimie, l'économie du vivant, les biotechnologies et, d'une manière générale, le numérique ainsi que tout ce qui est relatif aux transports.

Mais qu'importe, chaque pays doit se dire : sur quoi nous pouvons faire la différence. Et nous pouvons à partir de cette sélection, de ces priorités, nous retrouver. Car je l'ai dit, il y a des domaines communs et nous pouvons apporter à chacun de nos pays nos propres expériences.

Les États sont forcément concernés, les gouvernements, en faisant en sorte d'apporter des soutiens pour l'innovation, la recherche, la formation. C'est ce que nous faisons. Les villes peuvent également apporter leur réflexion et je me suis réjoui qu'il y ait eu un accord entre les maires de Paris et d'Amsterdam pour ouvrir la voie à une coopération.

Nous avons adopté une déclaration bilatérale sur notre partenariat. Mark Rutte et moi-même avons voulu qu'il y ait une dimension économique qui soit forte dans cette volonté commune d'action. Ce qui nous importe c'est d'insister sur le rôle des PME, parce que nous voulons qu'il y ait plus de PME qui soient dans le courant de nos échanges et également sur la priorité qui doit être donnée à l'innovation. Partout, dans tous les domaines, les pays les plus performants seront les pays où l'innovation aura été le plus développée.

On m'a posé beaucoup de questions au cours de cet après-midi, beaucoup de chefs d'entreprise ont voulu en savoir davantage sur le pacte de responsabilité. Mais vous savez vous ce que c'est un pacte de responsabilité, parce que si Louis Bonaparte vous a apporté le Code civil, vous vous nous avez apporté une forme de compromis social que vous avez expérimentée pendant des années, et plus récemment que l'expérience que vous avez pu connaitre d'un monarque français.

J'en ai donc tiré des leçons. Nous devons faire en sorte à un certain moment d'avoir un objectif commun. Quel est cet objectif pour un pays : l'emploi, la capacité d'avoir plus de croissance, la compétitivité et donc de rassembler les forces vives autour de cet objectif, c'est ce que vous faites et c'est ce que nous avons aussi à faire.

Je veux terminer sur deux sujets dont on ne parle pas assez souvent dans ce type de réunion et qui pourtant sont essentiels. Le premier c'est le tourisme, parce que c'est un facteur aussi de création de richesse. Nous, nous sommes très fiers, les Français, d'accueillir trois millions de Néerlandais chaque année. Ce qui fait qu'il y en a quinze millions qui ne viennent pas, ce qui est quand même un problème. Mais c'est la première destination, pour les Néerlandais, venir en France.

Maintenant je comprends pourquoi - Mark a donné la raison - c'est parce que la Tour Eiffel est éclairée par une société néerlandaise, mais nous devons faire en sorte et c'est vrai également que plus de touristes français viennent ici ils, sont déjà nombreux au Pays-Bas.

Nous devons considérer cet enjeu non pas simplement de manière bilatérale, non pas simplement comme une volonté européenne, c'est un enjeu mondial le tourisme, parce qu'il y aura des millions et des millions de citoyens qui viendront partout dans le monde, notamment des pays émergents, Chinois, Indiens, Brésiliens et tant d'autres, qui voudront venir connaitre notre Europe. Et nous devons les accueillir de la meilleure des façons.

Deuxièmement, si nous voulons - et cela a été marqué par des accords qui ont été signés - que nos peuples se connaissent davantage, que nos étudiants travaillent ensemble, portent des recherches communes, alors nous devons multiplier les échanges et faire en sorte que nos universités françaises, néerlandaises, puissent être des lieux d'excellence. Et je crois que c'est la perspective que nous avons ouverte.

(...)

J'ai été heureux de participer à cette journée où, plusieurs fois, il a été évoqué la culture française et parlé la langue française. Et quand il y a ce souci de nous faire cette élégance, je vous donne toute ma reconnaissance et - hélas - je n'aurai pas la politesse de vous parler en néerlandais, mais simplement en européen.
Merci./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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19. Pays-Bas - Relations bilatĂ©rales - ConfĂ©rence de presse conjointe de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique et du Premier ministre du Royaume des Pays-Bas - Propos de M. Hollande (La Haye, 20/01/2014)

Mesdames, Messieurs, j'ai été très honoré d'être accueilli, d'abord par le Roi et la Reine, ensuite par les présidentes des deux Assemblées des Pays-Bas, et enfin par mon ami Mark Rutte avec lequel je travaille au sein du Conseil européen.

Cela faisait effectivement 14 ans qu'il n'y avait pas eu de visites d'un chef de l'État français aux Pays-Bas. Sans doute parce que les liens entre nos deux pays sont tellement évidents que nous ne pensons pas toujours nous faire des visites officielles. J'avais néanmoins reçu Mark Rutte il y a quelques mois à Paris et je souhaitais venir en visite d'État à son invitation et à l'invitation du Roi aujourd'hui. D'ailleurs, j'ai également invité le Roi à venir à l'occasion du 70e anniversaire du Débarquement, puisque les Pays-Bas ont été parmi nos alliés à participer à cette grande aventure qui a été la Libération de la France.

C'est vrai que nous avons redéfini notre partenariat stratégique à travers une déclaration qui scelle des engagements communs. D'abord au plan bilatéral, c'est vrai que nous avons des échanges très importants sur le plan économique, qui ont été rappelés - 40 milliards d'euros - et des investissements réciproques tout à fait considérables et à peu près de même niveau. Alors nous pourrions nous satisfaire de cette situation.

Au contraire nous voulons nous en servir pour aller beaucoup plus loin. Cela sera le sens du forum économique qui se tiendra cet après-midi où les grandes entreprises françaises seront présentes. Ce forum permettra à ce que nous nouions encore d'autres coopérations dans le domaine de l'énergie, de l'agriculture, de l'environnement, de l'aménagement urbain. Ceux qui connaissent bien les relations économiques entre nos deux pays savent que sur l'aéronautique et sur l'aviation, nous avons un groupe commun avec Air France KLM et je pense que c'est un très beau symbole et un très bel exemple.

Ce que nous avons à faire aussi, entre la France et les Pays-Bas, c'est à prendre nos responsabilités en Europe. En effet, la France et les Pays-Bas sont deux pays fondateurs de l'Europe. Je rappelle qu'ici, avant même la création du marché commun, à la Haye, s'était tenu un congrès, en 1948. Il avait déjà tracé la voie de la construction et de l'idée européennes. Participait à ce congrès un jeune parlementaire du nom de François Mitterrand qui y avait laissé la trace d'un discours.

(...)

Les Pays-Bas ont une grande tradition de défense de la paix et notamment de lutte contre la prolifération. J'ai confirmé ma présence à ce sommet qui aurait lieu à La Haye sur la sécurité nucléaire. J'ai également rappelé combien nous étions mobilisés contre la prolifération chimique.(...)./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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20. Pays-Bas - Relations bilatĂ©rales - Toast de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, lors du dĂ©jeuner officiel offert par le Roi des Pays-Bas (La Haye, 20/01/2014)

Votre Majesté,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Je suis sensible à l'accueil qui m'est réservé aujourd'hui. C'est, depuis quatorze ans, un rendez-vous qui nous manquait. Je suis fier d'être le président qui vient, après tant d'années, une nouvelle fois, rappeler l'amitié entre nos deux pays. Je veux aussi me tourner vers la reine Beatrix qui a été si précieuse pendant les 33 années de son règne pour renforcer les relations entre nos deux pays.

Je suis venu aujourd'hui pour évoquer un partenariat stratégique entre nos deux pays que scelle une déclaration rédigée avec le Premier ministre.

Nos liens sont inscrits dans l'Histoire. Vous avez bien voulu rappeler un souverain qui avait été français et qui a pu vous apporter le Code civil - vous l'avez néanmoins enrichi depuis, heureusement, et modernisé. Parfois, vous avez été précurseurs, y compris par rapport à des évolutions législatives que nous n'avons connues que récemment en France.

Nos liens sont inscrits dans l'Histoire. Vous auriez pu remonter à plus loin - au Duc de Bourgogne, dont témoigne encore aujourd'hui votre devise en langue française : «Je maintiendrai !». Ce qui est un bon principe et qui vaut dans tous les pays !

Nos liens sont également façonnés par la culture. Descartes, Molière, Racine, Diderot ont trouvé ici, dans ce que l'on appelait vos provinces, une terre de liberté de pensée et d'expression et un humanisme qui a pu les protéger. D'ici, des Pays-Bas, ont rayonné dans toute l'Europe, les idées les plus modernes.

La France aussi est fière d'avoir accueilli plusieurs de vos grands penseurs qui ont exercé une influence majeure à Paris : Grotius qui a posé les principes du droit international qui nous obligent encore aujourd'hui et notamment à agir lorsque la paix est en cause ; et puis Huygens qui a fondé notre Académie des sciences. Chaque fois qu'un prix Nobel est remis à la France, vous en êtes donc, si je puis dire, aussi récipiendaire.

Notre mémoire commune est aussi marquée par des épreuves, celles qui nous ont unies au cours du siècle dernier. Je pense aux guerres. C'est contre la barbarie que nos soldats ont combattu ensemble en Zélande en 1940 et en Drenthe en 1944. Nous n'oublions pas que la brigade néerlandaise «Princesse Irène» a débarqué à Romanches au mois d'août 1944. J'espère, Majesté, que nous pourrons être réunis cette année pour commémorer le 70ème anniversaire de la Libération de la France.

Aujourd'hui, la relation entre nos deux pays est forte, vivante. Nos échanges économiques sont importants et de grande intensité : 40 milliards d'euros. Presque autant d'investissements français, ici aux Pays-Bas mais également néerlandais en France. Il y a plus de 1 000 entreprises françaises. Elles n'ont pas pu être toutes invitées aujourd'hui mais les principales sont ici. Vous avez rappelé Air France/KLM. On aurait pu en citer d'autres, tant ce regroupement et ce rassemblement a donné un exemple fructueux pour d'autres entreprises. Il y a 500 entreprises néerlandaises qui sont présentes également en France.

Nos concitoyens aussi se rapprochent de plus en plus. Il y a des étudiants qui viennent ici apprendre. Il y a également des chercheurs qui coopèrent dans tous les domaines. Il y a des touristes nombreux. La France est la première destination des touristes néerlandais. Nous en sommes fiers car il y a concurrence. Et ce n'est pas la proximité qui explique simplement ce succès.

Nos villes ont appris à coopérer comme en témoigne l'accord qui a été conclu en février 2013, par les maires d'Amsterdam et de Paris, pour lancer de nouveaux projets d'urbanisme et également promouvoir des industries créatives. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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21. Diplomatie Ă©conomique - Entretien de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères, avec le mensuel «La Revue Parlementaire» (Paris, 01/01/2014)

Q - En quoi consiste la diplomatie économique dont vous avez fait une priorité du Quai ?

R - La diplomatie économique consiste à mobiliser le réseau diplomatique français, son influence et ses outils au service des intérêts économiques français.

Elle constitue la contribution du Quai d'Orsay au redressement économique de la France, priorité que tous les ministères doivent appliquer.

Nous adaptons le réseau diplomatique à l'enjeu majeur que la mondialisation et la crise représente pour la France : son rang et sa place dans le monde ne peuvent pas rester durablement déconnectées de sa puissance économique. C'est également la solidité de notre modèle social et de notre pacte républicain qui en dépend.

Comment faire gagner la France dans la mondialisation ? C'est là une question à laquelle j'ai souhaité que le Quai d'Orsay aide à apporter des solutions concrètes, opérationnelles et efficaces.

Q - Quels sont les moyens déployés pour sa mise en oeuvre ?

R - La diplomatie économique implique une adaptation de notre dispositif afin de permettre un appui à nos intérêts économiques à la fois renforcé et en phase avec les changements du monde.

Cette adaptation se fait par redéploiement des ressources, sans coût supplémentaire et dans le cadre budgétaire fixé au ministère. Des effectifs sont redéployés vers les pays émergents à fort potentiel, et à Paris différentes équipes ont été réunies pour créer une direction des entreprises.

De façon plus globale, en dehors du Quai d'Orsay, l'effet de levier est également appréciable, car la diplomatie économique permet de coordonner un dispositif interministériel d'appui aux entreprises jusqu'ici trop morcelé :

- à l'étranger avec le conseil économique à présent en place dans chaque ambassade (tous les services et opérateurs concernés se coordonnent avec les entreprises sous la présidence de l'ambassadeur),

- à Paris avec la coordination par le Quai d'Orsay d'un plan d'action interministériel par ambassade, élaboré avec tous les ministères compétents.

Deux autres exemples concrets sur le renforcement de la coordination grâce à la diplomatie économique :

- Une dizaine de volontariats internationaux (VIA) sont en cours de déploiement dans les «postes orphelins» les plus dynamiques, ces postes diplomatiques dans lesquels le réseau économique est absent,

- Une dizaine d'experts en innovation sont en cours de déploiement dans les pays les plus porteurs pour nos coopérations technologiques, en particulier pour soutenir le développement international de nos pôles de compétitivité.

Q - Aujourd'hui, existe-t-il des pays, des zones géographiques plus particulièrement identifiées comme cibles pour intensifier nos échanges ?

R - La diplomatie économique vise à améliorer nos relations économiques, commerciales et financières avec tous nos partenaires, en adaptant notre stratégie aux besoins, au potentiel et à l'état de nos relations avec chacun.

Puisque la démarche mise en place est par nature interministérielle, elle s'appuie sur l'étude du Trésor identifiant des secteurs porteurs pour l'offre française dans une quarantaine de pays, et toutes les ambassades sont dotées d'un plan d'action interministériel qui engage tous les services de l'ambassade.

Différents dispositifs existent :

- J'ai nommé 9 Représentants spéciaux pour accompagner la relation économique avec un grand pays ou une région émergente dont ils ont une fine connaissance et pour laquelle un soutien politique de haut niveau peut se révéler décisif. Il s'agit de Martine Aubry pour la Chine, Louis Schweitzer pour le Japon, Jean-Pierre Raffarin pour l'Algérie, Jean-Charles Naouri pour le Brésil, Jean-Pierre Chevènement pour la Russie, Alain Richard pour les Balkans, Paul Hermelin pour l'Inde, Pierre Sellal pour les Emirats arabes unis et Philippe Faure pour le Mexique.

- Dans les pays ayant un flux commercial avec la France de plus de 50 millions d'euros : les ambassades (plus de 120 postes concernés) ont créé un Conseil économique réunissant autour de l'ambassadeur et à parité les entreprises privées concernées et les membres de l' «équipe France de l'export» (services économiques, bureaux d'Ubifrance, bureaux de l'Agence française pour les investissements internationaux, chambres de commerce et d'industrie...).

- le lancement de 6 clubs pays pour les pays néo-émergents non couverts par le dispositif des représentants spéciaux est en cours.

Q - Avez-vous déjà des résultats à mettre au crédit de notre diplomatie économique ?

R - Oui, et le bilan de l'année 2013 montre que ce nouveau dispositif répond aux besoins de nos entreprises, qui apprécient que l'ensemble des enjeux auxquels elles sont confrontées soient traités dans leur globalité. Chacun des nouveaux dispositifs évoqués ont déjà obtenu des résultats concrets. Quelques exemples, tout en soulignant qu'un résultat positif est un ensemble qui a en général plusieurs causes.

- M. Faure, Représentant spécial pour le Mexique, a permis à court terme la signature au Quai d'Orsay d'un contrat pour la création de la plus grande ferme solaire au bénéfice d'un consortium français, la création d'un fonds d'investissement franco-mexicain dans l'aéronautique regroupant grands groupes (Airbus, Thalès...) et PME, et la mise en place du conseil stratégique franco-mexicain, regroupant des personnalités publiques et privées.

- Le contrat de vente de 3600 wagons répartis en 600 trains en Afrique du Sud, pour plus de quatre milliards d'euros, a été remporté par Alstom le 17 octobre dernier. Préparé ces neuf derniers mois par l'ambassade et l'administration centrale avec l'entreprise, il a pu être conclu à l'occasion de la visite d'Etat du président de la République,

- L'ambassade de France aux Etats-Unis et le consulat général à Los Angeles ont recréé une Chambre de commerce franco-américaine dans cette ville dynamique économiquement,

- Le suivi du partenariat de coopération économique entre la France et le royaume d'Arabie Saoudite décidé par le Roi d'Arabie Saoudite et le président de la République lors de sa visite officielle a été confié au ministre saoudien des finances et à moi-même, afin de renforcer durablement nos relations économiques. Les financements se concentreront sur trois secteurs principaux : des projets d'infrastructures, en particulier dans le domaine du transport ferroviaire, du crédit à l'exportation, ainsi que d'autres projets industriels innovants.

- Mon déplacement à vocation économique en Mongolie le 25 octobre 2013 a par exemple permis la relance des relations économiques entre nos pays, avec plusieurs contrats importants pour nos entreprises (GDF Suez, Areva, Schneider Electric, mais aussi Egis et Merial).

Q - La promotion de la «destination France» pour développer les investissements étrangers est une des missions de la diplomatie économique. Pourtant récemment 50 dirigeants de filiales étrangères installées en France ont lancé un cri d'alarme expliquant avoir du mal à convaincre leurs maisons mères de venir s'installer en France. Comment pouvez-vous les rassurer ?

R - Vous soulignez à juste titre l'enjeu stratégique que représente pour la France son attractivité, économique et financière mais également humaine, qu'il s'agisse des entrepreneurs, des touristes ou des talents. Malgré les atouts évidents de notre pays, notre image est souvent mise à mal dans le monde.

Beaucoup a été fait depuis 2012 pour améliorer notre attractivité : le pacte pour la croissance, la compétitivité et l'emploi; le plan pour les investissements d'avenir ; la création de la BPI ; les accords sur la sécurisation de l'emploi et plus récemment sur la formation professionnelle ; les plans sectoriels pour la nouvelle France industrielle ou encore la réforme de l'Etat avec la MAP et le choc de simplification. Ces mesures sont positives. La plupart sont opérationnelles, notamment le crédit d'impôt compétitivité-emploi. D'autres améliorations sont prévues, comme le pacte de responsabilité proposé par le président de la République.

Compétitivité, attractivité, économies, c'est le triangle du redressement indispensable, chacun doit y apporter sa pierre, y compris bien sûr le Quai d'Orsay. En 2014, le Quai d'Orsay renforcera son action en faveur de l'attractivité du pays (image de la France innovante et marque France, visas, accueil, etc...)./.

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22. Politique Ă©conomique - Allocution de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, devant la communautĂ© française (Amsterdam, 20/01/2014)


(...)
Je veux terminer sur le rôle de la France. Nous avons à faire encore notre part du chemin pour retrouver un bon niveau de croissance parce que l'Institut national de la statistique, qui nous fait des prévisions, nous a dit que nous allions avoir une croissance poussive. J'ai trouvé que l'expression n'était pas forcément très heureuse. Je me suis posé la question : comment faire ? Au moment où nous sommes, avec un niveau de chômage qui, même si nous faisons tout pour le stabiliser puis le diminuer, reste trop élevé, que devons-nous faire ? Attendre, attendre que cela aille mieux dans le monde. Mais cela ne va pas si mal quand on regarde ce qui se passe du côté des pays émergents ou des États-Unis.

Attendre que l'Europe sorte de ses politiques d'austérité. Il faudra un certain temps. Attendre que la confiance revienne. Comment la stimuler ? Il y a un moment où il faut prendre ses responsabilités. Je les ai prises. J'ai proposé ce pacte de responsabilité, c'est le mot. Tous ceux qui veulent s'engager pour l'emploi et chacun aura à faire leur part d'effort : l'État, en diminuant un certain nombre de charges sur les entreprises, les entreprises en embauchant et en investissant. Puis les partenaires sociaux, en s'engageant dans de nouvelles étapes pour le dialogue et pour l'amélioration des conditions de travail et de l'emploi.

Je ne force personne, c'est une affaire maintenant d'intérêt national, parce que nous devons avoir la croissance la plus forte possible. Nous devons donner un espoir aux Français. C'est vrai que nous sommes un peuple curieux, paradoxal. Nous sommes toujours très fiers de nous-mêmes. Certains disent que nous sommes orgueilleux. Pourquoi pas ? S'il est bien placé cet orgueil. Et de l'autre, nous avons tendance à nous dénigrer, à penser que l'histoire est un âge d'or, qu'avant c'était mieux. Il faut demander aux anciens, ils vous diront si c'était mieux.

Il faut que cette France, cette grande France, cette belle France puisse se mettre de nouveau à croire en son destin. Elle a plein d'atouts, je ne vais pas ici les développer, vous en êtes finalement les représentants de ces atouts. Mais pour s'engager dans le progrès, parce que ce sont les Nations qui ont confiance en elles-mêmes qui avancent plus vite, celles qui se regardent, s'observent, se commentent, restent de côté. Voilà l'idée. (...)./.

(Source : Site Internet de la présidence de République)

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23. Proche-Orient - Intervention du reprĂ©sentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 20/01/2014)

Je remercie M. le Secrétaire général des Nations unies, le représentant de l'État d'Israël et l'observateur permanent de l'État de Palestine de leurs interventions.

J'évoquerai plusieurs points, le processus de paix israélo-palestinien puis la situation en Syrie, avant de dire un mot sur le Liban.

Au Moyen-Orient, tout doit être fait, aujourd'hui, pour que les efforts déployés par le Secrétaire d'État américain soient couronnés de succès :

- La France apporte son plein soutien aux efforts déployés par les États-Unis, et notamment le secrétaire d'État, pour faire progresser les négociations en cours.

- Les paramètres d'une solution sont connus et consacrés par plusieurs résolutions du Conseil de sécurité. L'acceptation éventuelle par les parties, à l'initiative des États-Unis, d'un cadre de négociations traçant les grandes lignes d'un règlement du conflit, pourrait constituer un progrès significatif en vue d'un accord de paix définitif. Une nouvelle formule intérimaire, vingt ans après Oslo, doit être écartée.

- Pour faire progresser les efforts actuels, les parties doivent s'abstenir de tout geste susceptible de nuire au processus en cours, notamment en matière de colonisation. À l'instar de ses partenaires européens, la France a condamné les publications d'appels d'offres par les autorités israéliennes, le 10 janvier, pour la construction de plus de 1 800 logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, qui ont fait suite aux approbations données, le 5 janvier, en vue de la construction de nouveaux logements dans les colonies d'Ofra et de Karnei Shomron (Cisjordanie). Le Président de la République a appelé les autorités israéliennes à un «arrêt total et définitif de la colonisation» lors de sa visite en Israël et en Palestine du 17 au 19 novembre 2013.

- L'Union européenne, dans ses conclusions du 16 décembre dernier, a présenté le contenu du «partenariat privilégié spécial» sans précédent qui serait proposé aux parties en cas d'accord définitif, ce qui est bien l'objectif des efforts en cours. Ce partenariat concernerait les volets économique, politique, sécuritaire et social, permettrait de renforcer la coopération entre l'Union européenne et les deux États, de renforcer et d'accompagner la construction d'un État palestinien, de promouvoir les échanges commerciaux et le développement économique et humain dans la région.

En Syrie, face Ă  la souffrance de la population et Ă  la destruction du pays, le fatalisme ne doit pas l'emporter.

- La semaine qui s'ouvre sera, il faut l'espérer, décisive. Mercredi 22 janvier, après-demain, doit s'ouvrir la conférence de paix de Montreux. La France et ses partenaires internationaux ont fait tout leur possible pour accompagner la Coalition nationale syrienne dans la préparation de cette échéance importante. Il faut se féliciter de la participation de l'opposition syrienne, sous l'égide de la Coalition nationale, à cette conférence, qui a été décidée ce week-end à Istanbul.

- Cette décision n'allait, en effet, pas de soi : 1) du fait de la poursuite de la répression, notamment à Alep ; 2) du fait des populations civiles prises au piège des combats et l'absence d'accès humanitaire accordé aux zones sous le contrôle de l'opposition, dont le cas de Yarmouk ne constitue qu'un des exemples les plus dramatiques ; 3) du fait des déclarations provocantes du régime sur le maintien «à tout prix» de Bachar Al-Assad au pouvoir, y compris au moyen d'élections présidentielles dont personne ne pourra raisonnablement reconnaître la légitimité iv) et du fait de la réponse outrageante adressée par M. Mouallem au Secrétaire général en réponse à l'invitation à cette conférence ; tout a été fait par le régime pour dissuader l'opposition de participer à cet exercice.

- L'invitation adressée par le Secrétaire général des Nations unies à la conférence de Genève II est sans ambiguïté. L'objectif de cette conférence est la mise en oeuvre pleine et entière du communiqué de Genève I, c'est-à-dire la formation d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs exécutifs, y compris sur les forces armées et les services de sécurité. Nous sommes unis dans la reconnaissance de ce texte comme référence pour une solution politique en Syrie. Les tentatives du régime pour imposer sa lecture de la conférence de Genève II ne tromperont personne.

S'agissant de l'Iran, il est clair pour tout le monde que toute participation à Genève II est conditionnée à l'acceptation explicite du mandat fixé dans la lettre d'invitation à la conférence par le Secrétaire général des Nations unies, que je viens de rappeler. On ne peut prétendre parrainer de bonne foi un processus politique de sortie de crise dont on refuse l'objectif et les paramètres. De ce fait, les interrogations de la Coalition nationale syrienne sont légitimes et il faut y répondre.

- Je rappelle également, mais c'est là aussi l'évidence, que ceux qui ont du sang sur les mains, c'est-à-dire qui portent une responsabilité dans les crimes commis depuis plus de deux ans, ne doivent pas pouvoir participer à la transition politique. Nous souhaitons la saisine de la Cour pénale internationale.

Dans ce contexte, nous devons aussi adresser un message de soutien au Liban.

- Nous soutenons la détermination des autorités libanaises à se préserver des retombées politiques de la crise syrienne conformément à la déclaration de Baabda de juin 2012, dans leur combat contre toutes les formes de terrorisme et dans leur engagement à lutter contre l'impunité. L'ouverture du procès au Tribunal spécial pour le Liban marque une étape décisive dans la lutte contre l'impunité des actes terroristes.

- Le Liban a besoin d'urgence d'un gouvernement capable de prendre des décisions face à une situation politique, économique et sociale de plus en plus difficile. Il doit aussi disposer d'institutions fonctionnelles capables de l'aider à faire face à l'afflux de près d'un million de réfugiés venus de Syrie. Nous devons continuer à nous mobiliser pour soutenir ce pays, notamment dans le cadre du Groupe international de soutien (GIS).

Je vous remercie./.

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24. Partenariat transatlantique - CommuniquĂ© du ministère du commerce extĂ©rieur (Paris, 20/01/2014)

Nicole Bricq salue l'annonce faite aux États-membres aujourd'hui par le commissaire européen Karel de Gucht, de l'ouverture prochaine d'une consultation publique de trois mois sur le volet protection des investissements du projet de partenariat transatlantique. Elle portera plus particulièrement sur la possible inclusion d'une clause de règlement des différends entre investisseur et État dans l'accord.

Cette annonce rejoint les demandes françaises de transparence et d'un débat ouvert et démocratique sur cet accord en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis.

L'insertion dans cet accord d'un mécanisme de règlement des différends investisseur-État, permettant à des investisseurs de recourir à un arbitrage international contre les États suscite des interrogations et des doutes que la France a déjà exprimés.

Pour la ministre : «Le Partenariat transatlantique n'est pas un accord comme les autres. Il constitue un enjeu démocratique et doit être ouvert largement au débat public. Le mécanisme de règlement des différends entre investisseur et État doit faire l'objet d'une vigilance particulière. J'invite la société civile française, notamment les organisations non gouvernementales mobilisées sur ce projet, les syndicats de salariés et les entreprises, à participer largement à la consultation qui sera ouverte»./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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