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Déclarations officielles de politique étrangère du 15 janvier 2014


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Entretien de Mme Benguigui avec le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OIF - Lancement d'Erasmus + par Mme Conway-Mouret - Processus de paix - Ukraine (Paris, 15/01/2014)

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de Mme Yamina Benguigui avec M. Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (Paris, 15 janvier 2014)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la francophonie et représentante personnelle du président de la République à l'Organisation internationale de la Francophonie, s'entretiendra aujourd'hui avec M. Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Cet entretien sera l'occasion de faire le point sur les grands événements de la Francophonie prévus en 2014, dont le Forum mondial des femmes francophones organisé à Kinshasa les 3 et 4 mars. Il permettra également d'évoquer la préparation du quinzième sommet des chefs d'État et de gouvernement francophones, qui se tiendra à Dakar en novembre sur le thème «Femmes et jeunes en francophonie : vecteurs de paix, acteurs de développement».

2 - Lancement d'Erasmus + par Mme Hélène Conway-Mouret (Bordeaux, 16 janvier 2014)

Mme Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, se rend le 16 janvier à Bordeaux pour lancer le nouveau programme Erasmus + avec l'Agence Europe-Éducation-Formation France.

Ce nouveau programme européen a pour ambition d'amener plus de jeunes vers l'emploi, en favorisant des mobilités d'études, de formation et d'apprentissage, qui constituent des atouts sur le marché du travail.

Avec un budget de 14,7 milliards d'euros sur la période 2014-2020 (soit une hausse de 40 % par rapport à la période précédente), Erasmus + permettra de doubler d'ici 2020 le nombre de bénéficiaires du programme européen et d'augmenter le montant des bourses accordées. Il rassemblera l'ensemble des programmes visant à encourager la mobilité : Erasmus (étudiants), Comenius (scolaires), Grundtvig (adultes) et Leonardo da Vinci (apprentis).

3 - Processus de paix

Q - Le Maroc réunira les 17 et 18 janvier la 20ème session du comité Al Qods. Comment évaluez-vous cette initiative destinée à contribuer à la relance du processus de paix au Proche-Orient ?

R - Toutes les initiatives permettant d'encourager les discussions en cours et d'appuyer les efforts internationaux déployés en faveur de la paix sont les bienvenues.

Nous saluons à ce titre l'initiative du Maroc d'organiser une réunion du comité Al-Qods les 17 et 18 janvier à Marrakech.

4 - Ukraine

Q - Après la journaliste Tatiana Tchernovol, l'opposant ukrainien Youri Loutsenko a été agressé. La France a-t-elle une réaction ?

R - La France condamne les violences à l'encontre du militant d'opposition Youri Loutsenko. Nous espérons que toute la lumière sera faite sur cette agression, dont les auteurs doivent être identifiés et traduits en justice.

La France exprime sa préoccupation face à la multiplication des agressions contre des responsables politiques et des journalistes./.

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2. RĂ©publique centrafricaine - Propos de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, Ă  l'occasion de la confĂ©rence de presse (Paris, 14/01/2014)

(...)

En Centrafrique, la France a été appelée. Pas appelée par un dictateur ou par un chef d'État en péril. Appelée par la communauté internationale, par une résolution du Conseil de sécurité avec les Africains pour éviter une catastrophe humanitaire qui avait déjà, hélas, été suffisamment probante. Parce qu'il y avait eu tant d'exactions et de violences pour que nous n'ayons aucun doute, aucune hésitation à pouvoir intervenir ! Tout n'est pas réglé. J'en connais qui voudraient que, au bout d'un mois, c'en soit terminé. Nous serions venus, les groupes armés qui se combattaient auraient fraternisés et la paix serait revenue... Cela n'est pas vrai. Je le réaffirme ici : nous n'avons pas terminé le travail, nous allons le continuer mais dans un contexte forcément différent.

D'abord parce que l'Europe va venir. Le 20 janvier, il y aura des opérations qui pourront être décidées, aussi bien sur le plan sécuritaire qu'humanitaire. Ensuite, une force de maintien de la paix sera, à un moment, décidée et viendra prendre le relais. Enfin, il y a eu des initiatives politiques qui ont été prises. Nous n'avons pas vocation à choisir les dirigeants de la Centrafrique. La France aide mais ne se substitue pas. Ce temps-là est terminé, révolu. Nous avons alors espoir que progressivement l'apaisement revienne, le désarmement puisse se produire et la transition politique également. Aujourd'hui, il y a 1.600 soldats français aux côtés de 4.000 africains. Là aussi, lorsque la mission aura rencontré le succès attendu, ces forces rentreront. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. RĂ©publique centrafricaine - RĂ©ponses de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères Ă  des questions Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 15/01/2014)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

On m'a interrogé plusieurs fois ces jours-ci sur la République centrafricaine. Il faut se situer sur trois plans : le plan sécuritaire - vous y avez fait allusion - ; le plan politique ; le plan humanitaire.

Sur le plan politique proprement dit, après la démission de MM. Djotodia et Tiangaye, aura lieu la désignation d'un nouveau président et d'un nouveau Premier ministre.

Comme l'a dit hier le président de la République, la France n'a pas à se substituer, elle doit aider. Je pense que ce choix aura lieu dans les jours qui viennent. La seule chose que je puis dire, c'est que j'espère, comme vous tous, qu'il aide à la réconciliation.

Sur le plan humanitaire, la situation reste très difficile. Le 20 janvier prochain, M. Canfin, ministre délégué chargé du développement, représentera la France à Bruxelles, à l'occasion d'une réunion de l'Union européenne et des Nations unies, pour dégager des moyens, précisément en matière humanitaire et de développement.

Sur le plan sécuritaire, Sangaris constitue son action avec les Africains, qui sont à présent un peu plus de 4.000. Une résolution sera discutée lundi à Bruxelles au Conseil des affaires étrangères où je me rendrai. Cette résolution vise à impliquer les Européens dans cette partie du problème centrafricain. Il y a une demande qui concerne la surveillance de l'aéroport, une autre qui concerne la route entre Bangui et le Cameroun. À terme, comme nous l'avons d'ailleurs vu au Mali, il y a une demande qui concerne l'aide à la reconstitution de l'armée de Centrafrique.

Je suis prudent car les choses ne sont pas décidées mais je vous dirai simplement qu'elles sont en bonne voie. Mardi prochain, j'espère être en mesure de vous apporter de bonnes nouvelles./.

 ---

 Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Pour reprendre votre expression, je pense réaliste, quel que soit le mérite de nos soldats et il est immense, de considérer qu'il est absolument hors de question - lorsque l'on connaît le sujet comme c'est notre cas -, d'estimer qu'au bout d'un mois la tâche pourrait être accomplie.

Les buts n'ont pas changé, ils sont extrêmement difficiles à atteindre : le désarmement, l'aspect humanitaire et la préparation de la transition démocratique. C'est très compliqué mais je pense que c'est l'honneur de la France. Personne d'autre ne pouvait le faire, il n'y avait que la France pour aller là-bas et faire son travail. Le président de la République l'avait dit, il l'a répété hier dans sa conférence de presse : Sangaris, 1.600 hommes, c'est notre contribution et elle est importante.

Je vous ai dit tout à l'heure, répondant à un de vos collègues, que j'espérais, tout en restant prudent, que lundi prochain nous aurions une décision de principe de l'Europe dans le même sens.

Vous savez que nous travaillons à la transformation progressive de l'opération actuelle avec les 4.000 Africains, qui seront à terme 6.000, en une opération de maintien de la paix. Les buts sont là, ils n'ont pas changé. Cela mettra du temps car la situation est extraordinairement difficile mais je ne voudrais pas que l'on puisse croire ni que nos soldats ne font pas leur travail - ils font un travail magnifique -, ni que l'affaire est facile.

Si la France est allée là-bas, c'est parce qu'elle a pensé que c'était son devoir international et non pas parce que c'était facile./.

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4. Mali - Propos de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique, Ă  l'occasion de la confĂ©rence de presse (Paris, 14/01/2014)

(...)

Les valeurs de la RĂ©publique sont les valeurs de la France au plan international. C'est la raison pour laquelle elle intervient dans le monde et qu'elle veut tenir son rang et prendre toute sa place.

Au Mali, il y a un an, presque jour pour jour, je décidai d'une intervention militaire dans le cadre des Nations Unies avec les Africains. Le résultat est là. Les djihadistes ont été repoussés, vaincus. Le Mali a retrouvé son intégrité territoriale. Des élections ont eu lieu : présidentielle, législatives. L'État se reconstitue. L'aide au développement peut être enfin mise à la disposition. C'est d'ailleurs le cas puisque sur les 3 milliards d'euros qui avaient été collectés au plan international, 800 millions d'euros sont d'ores et déjà et en toute transparence utilisés pour les Maliens.

Il y a des moments où il faut saluer des victoires. C'en est une. Victoire contre le terrorisme, victoire pour la démocratie, victoire pour le développement. Je veux rendre hommage à nos soldats qui ont combattu dans des conditions extrêmement difficiles avec des chaleurs dont personne ne peut, ici, imaginer l'intensité. Mais l'opération va s'achever. Elle ne comptera que sur 1.600 soldats en février et 1.000 à la fin du printemps. Voilà ce qu'est une intervention utile où la France a pu être à sa place. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Cambodge - RĂ©ponse de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères, Ă  une question Ă  l'AssemblĂ©e nationale (Paris, 15/01/2014)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Vous avez très bien défini la situation et quelle était la position des autorités françaises. Il y a eu des élections en juillet dernier, avec une participation très importante. C'est le parti du Premier ministre qui l'a emporté, mais de peu. À la suite de cela, il y a eu toute une série de troubles. Il ne nous appartient pas bien sûr de nous substituer au processus électoral mais nous avons appelé à la seule bonne solution nous semble-t-il, c'est-à-dire une négociation qui ne remplace pas le processus démocratique mais qui permette une stabilité dans ce pays qui en a bien besoin.

S'agissant des responsables de l'opposition, la position du gouvernement français rejoint exactement la vôtre. Hier, ils ont été entendus par le procureur de la Cour de Phnom Penh et je dois dire, au nom du gouvernement de la République et, j'en suis sûr, au nom de vous toutes et vous tous que le gouvernement français est extrêmement attentif à ce qui sera décidé. Nous pensons qu'il n'y a pas d'autre solution que la prise en compte des mécanismes démocratiques et tout ce qui irait dans le sens d'un affrontement, en particulier de la part du régime, ne pourrait pas trouver notre soutien.

Je me résume, nous sommes aux côtés du peuple cambodgien compte tenu de toute une série de raisons que vous avez très bien rappelée dans votre question : la culture, l'histoire, toute une série d'engagements en commun nous lient. Nous ne laisserons pas tomber le peuple cambodgien et nous appelons à une négociation pour apaiser un climat qui est beaucoup trop tendu./.

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6. Pologne - CommuniquĂ© conjoint Ă  l'occasion de la rencontre entre M. StĂ©phane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forĂŞt et son homologue polonais (Paris, 14/01/2014)

Les ministres de l'agriculture français et polonais, StĂ©phane Le Foll et Stanisław Kalemba, se sont rĂ©unis aujourd'hui Ă  Paris pour inaugurer la mise en place du comitĂ© mixte agricole franco-polonais.

Cette démarche traduit la très bonne entente entre la France et la Pologne, qui s'est manifestée notamment lors des négociations de la réforme de la politique agricole commune. Le comité mixte agricole a pour vocation de consolider la coopération entre les deux pays dans le domaine agricole, compte tenu de l'importance de ce secteur pour leur économie et du caractère stratégique de la relation franco-polonaise. La réunion de ce jour a permis d'aborder, entre autres, les modalités de mise en oeuvre nationales de la nouvelle PAC, l'avenir du secteur laitier en Europe, les négociations commerciales internationales et les sujets sanitaires en cours de discussions au niveau européen.

Les ministres ont souligné qu'ils accordaient tous d'eux beaucoup d'importance à l'avenir du secteur laitier, dans le contexte de la fin du régime des quotas laitiers en 2015. Ils souhaitent par conséquent que la réflexion initiée par la Commission lors de la conférence du mois de septembre 2013 conduise à mettre en place des outils garantissant une bonne réactivité et permettant de faire face efficacement aux crises et que le défi d'une répartition équilibrée de la production sur le territoire soit relevé.

Les deux ministres ont par ailleurs fait part de leur vigilance quant aux négociations commerciales en cours entre l'Union européenne et les États-Unis et en particulier de l'attention à avoir pour le secteur des viandes./.

(Source : site Internet du ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt)

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7. Union europĂ©enne - Zone euro - Propos de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  l'occasion de la confĂ©rence de presse (Paris, 15/01/2014)

(...)

L'avenir de la France, c'est aussi l'avenir de l'Europe. Je pourrais retourner la formule. L'avenir de l'Europe, c'est l'avenir de la France. En 2013, des résultats importants ont été acquis. La zone euro, que l'on disait en péril, elle l'était d'ailleurs, a été stabilisée. Aucun pays n'en est sorti. D'ailleurs, ceux qui étaient les plus mal en point sont aujourd'hui en situation de pouvoir se financer sur les marchés. L'Union bancaire, cela peut paraître compliqué, c'est pourtant simple. C'est pour éviter qu'il puisse y avoir des crises bancaires qui surgissent et qui demandent aux contribuables ensuite de payer l'addition. C'est terminé. L'Union bancaire a été mise en place. Elle nous prémunit des crises. S'il devait y avoir une défaillance d'une banque en Europe, personne, sauf les banques, n'aurait à en assurer le secours.

Oui, il y a eu des progrès, pas suffisamment. Un pacte de croissance, qui, à mes yeux, aurait pu être plus ample. L'emploi des jeunes, qui était considéré comme une priorité, mais avec des moyens qui auraient pu être plus élevés. Il y a eu des progrès sur le sujet du détachement des travailleurs, qui posait, notamment en Bretagne, mais pas simplement en Bretagne, de nombreux secteurs, des problèmes de concurrence insupportables. Là aussi, saluons les victoires qui ont été obtenues.

Mais l'année 2014, elle ne peut plus être simplement de colmater les brèches, d'éviter les crises ou de prévenir simplement la récession. Cela doit être aussi la relance de l'Europe. Je l'avais évoqué lors de la dernière conférence de presse. Ces initiatives pour l'Europe, elles doivent d'abord être entre la France et l'Allemagne. Je fais trois propositions.

Une initiative pour une convergence économique et sociale entre la France et l'Allemagne. De ce point de vue, la décision allemande, dans le cadre de la grande coalition, d'instaurer un salaire minimum, est un premier pas. Mais nous devons aussi, nous - c'est le sens du pacte de responsabilité dont je parlais - harmoniser les règles fiscales, notamment pour les entreprises, entre la France et l'Allemagne.

Deuxième initiative : nous coordonner pour la transition énergétique. Ça, c'est un grand enjeu pour l'Europe. Mais nous devons, France et Allemagne, montrer l'exemple. Dans le développement des énergies renouvelables, l'Allemagne a pris de l'avance. Dans le stockage et les réseaux d'énergie, là, nous pouvons aussi montrer que nous sommes en avant-garde. Et surtout, dans la constitution de filières industrielles communes pour la transition énergétique.

Nous sommes très fiers du résultat d'AIRBUS, exceptionnel, grande entreprise franco-allemande, mais pas simplement franco-allemande, européenne. L'idée, c'est de faire une grande entreprise franco-allemande pour la transition énergétique. Une belle alliance.

Enfin, la dernière initiative pourra surprendre. Je souhaite qu'il y ait un couple franco-allemand qui puisse agir pour l'Europe de la défense. Bien sûr, il y a la Brigade franco-allemande, Jean-Yves Le Drian pourrait en parler mieux que moi. Mais nous devons faire davantage qu'une brigade. Nous devons montrer une responsabilité commune pour la paix et la sécurité dans le monde.

Il va y avoir un Conseil des ministres franco-allemand qui va se réunir à Paris très prochainement, le 19 février. Nous allons poser un principe, la Chancelière et moi-même. Que nos deux gouvernements se coordonnent en amont sur tous les grands projets. Cette dynamique franco-allemande nous permettra, si nous en sommes capables et je crois que nous le serons, de relancer l'idée européenne, au lendemain des élections au Parlement européen.

Nous devons avancer vers une Union économique et monétaire, avec une zone euro qui puisse avoir un vrai gouvernement et avec des objectifs qui seraient la croissance, l'emploi, y compris même sur le plan industriel et avec une capacité financière qui pourrait nous donner des moyens pour agir. Ce serait ça un gouvernement de la zone euro.

Je veux ici rassurer les frileux, notamment à la veille de ce Parlement européen qui va être renouvelé, il ne faut pas avoir peur de l'Europe, il faut plutôt craindre qu'elle ne s'affaiblisse et qu'elle ne finisse par disparaitre. Faire l'Europe, ce n'est pas défaire la France. C'est, au contraire, en renforçant davantage l'Europe que l'on protègera davantage la France.

Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l'idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d'autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l'idée européenne ou ceux qui veulent briser l'acquis communautaire, c'est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations.

Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l'euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu'ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c'est dans l'Europe, mais une Europe que nous devons réorienter. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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8. Diplomatie sportive - Propos de M. Laurent Fabius, ministre des affaires Ă©trangères (Paris, 15/01/2014)

Madame la Ministre,

Chère Valérie,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde sportif,

Mesdames et Messieurs les Sportifs,

Tout d'abord, je vous souhaite la bienvenue. Vous êtes ici chez vous. Pourquoi cette réunion, qui est la première ou l'une des premières du genre ? Parce que le sport est une activité absolument fondamentale dans la vie de nos sociétés. C'est également devenu une activité planétaire. Ce sont des choses que vous vivez et qu'évidemment vous savez depuis longtemps.

Si nous voulons que la France réussisse et rayonne sur le plan sportif, il faut que nous mettions en place ce que nous avons appelé une diplomatie sportive. Cela a été fait jusqu'à présent de manière intuitive. Cela sera désormais fait de manière organisée. Cela aidera le sport - ce qui est essentiel -, et permettra aux dirigeants sportifs français d'être encore plus présents au niveau international. Cela aura une incidence économique car le sport est à présent devenu une activité massive et cela contribuera à une certaine image de la France, ce qui pour moi, comme chef de la diplomatie, est essentiel.

Quand, à travers le monde, on se demande ce qu'est l'image de la France, de ce pays particulier qui ne compte que 66 millions d'habitants mais qui a une image internationale et mondiale ? Ce qui compose l'image de la France, c'est un mélange assez étrange. La France est l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Il n'y en a que cinq sur près de 200 États. Cela veut dire que la France, sur tous les conflits internationaux, peut lever le pouce ou le baisser. Il y a cinq pays dans le monde à pouvoir le faire. Merci au général de Gaulle.

La France est une puissance nucléaire, dont heureusement nous ne nous servons pas. Il y a peu de pays qui ont l'arme nucléaire et qui aient en même temps une capacité de projection militaire pour venir au secours des populations lorsque c'est nécessaire. On le voit en Afrique aujourd'hui, au Mali et en Centrafrique.

La France est un pays qui a une puissance économique en difficulté mais qui reste malgré tout la cinquième du monde.

La France est un pays dont la langue est, aujourd'hui, parlée par 250 millions d'habitants et sera parlée, dans quelques années, par 800 millions de personnes avec le développement de l'Afrique.

La France est un pays qui a une histoire et des principes. C'est le pays de la Révolution française et cette histoire, ces principes ont fait le tour du monde.

Et puis, la France est également un pays représenté par de grandes personnalités à travers l'Histoire. Aujourd'hui, bien sûr, il y a de grands chercheurs, de grandes entreprises, des plus petites, des créateurs, de grands esprits...

La France a le troisième réseau diplomatique du monde. Le réseau culturel de la France est le premier du monde. Et puis, la France est une puissance sportive identifiée à travers des événements, des championnes et des champions.

Ce dernier élément que je mentionne n'est peut-être pas mis au niveau où il devrait l'être. Nous avons donc décidé, avec le ministre des sports, qui est l'artisan de tout cela, avec les représentants des fédérations, des mouvements sportifs, d'unir nos forces et d'être davantage présents dans le monde pour servir le sport.

Mme Fourneyron a organisé son ministère pour qu'il en soit ainsi. Au ministère des affaires étrangères, j'ai nommé Jean Levy ambassadeur pour le sport.

J'ai demandé à des ambassadeurs d'être présents. Je ne peux pas les nommer tous mais il y a notamment ceux qui sont présents dans les plus grands pays : en Chine, au Japon, au Royaume-Uni, en Italie, en Allemagne, au Qatar. Ils sont là aussi pour montrer l'exemple et je vais donner des instructions à tous nos ambassadeurs qui sont le bras de la puissance française dans les différents pays du monde de prendre désormais en compte le sport, totalement et pleinement.

Cela signifie qu'il y a toute une série de dispositions à prendre, pour renforcer les liens entre le Quai d'Orsay, le monde sportif et l'ensemble des acteurs. Dans les années qui viennent, toute une série de manifestations mondiales auront lieu en France. Il y aura aussi de grands événements à l'étranger et il faudra, à chaque fois que nous préparions les choses en équipe. C'est déjà le cas mais il faut que cela soit systématisé.

Il y a, là aussi, un enjeu économique. Selon mes informations, tout ce qui tourne autour de l'économie du sport représente presque 600 milliards chaque année. On pense aux stades, mais il n'y a pas que cela, il y a toute une économie du sport.

Les entreprises françaises sont parfaitement compétentes pour être au premier rang, que ce soit les grandes ou les PME innovantes, pour les infrastructures, pour la main-d'oeuvre qualifiée, pour les aspects juridiques. Nous devons prendre tout cela en compte de façon systématique et anticipée. Il faudra non seulement le faire à l'étranger mais aussi en France. Cet été 2014, la France accueillera, en Basse-Normandie, les jeux équestres mondiaux. Et puis, il y aura l'Euro 2016, la Ryder Cup et d'autres événements encore. Sans compter ceux auxquels nous pouvons penser pour ne pas dire auxquels nous pouvons rêver.

D'une manière plus générale, il faut que tout cela serve au développement du sport car le sport porte nos valeurs. Ne soyons pas arrogants. Lorsqu'on parle de mixité, lorsque l'on parle d'égalité, ce sont ces valeurs que nous portons et de ce point de vue-là, le sport est le meilleur messager. Il faut à la fois que l'on serve la France, le mouvement sportif et le sport. Tout cela est lié.

Je m'adresse en particulier à vous, Mesdames. Il est vrai que vos noms, vos visages et vos actions parlent peut-être plus à toute une série de pays que d'autres éléments dont nous sommes également fiers mais qui sont restés un peu entre «happy few».

C'est l'idée que nous avons eue, avec Valérie et nos sportifs, idée que nous avons voulu matérialiser par cette rencontre.

Au-delà, il faut mettre sur pied une organisation souple pour servir le sport et pour servir l'influence de la France dans le monde. Les deux sont liées par un mouvement dialectique. Je pense que si la France est capable de mettre en avant ses sportifs, et ses dirigeants sportifs, ce sera bénéfique pour les sportifs. Si à leur tour, les sportifs sont davantage présents, si nous sommes mieux coordonnés, ce sera bénéfique pour la France également, pour son économie et pour son influence./.

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9. Politique Ă©conomique - AttractivitĂ© de la France - Propos de M. François Hollande, prĂ©sident de la RĂ©publique Ă  l'occasion de la confĂ©rence de presse (Paris, 14/01/2014)

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Journalistes,

C'est la troisième conférence de presse depuis le début de mon quinquennat. J'avais, le 31 décembre, adressé mes voeux aux Français, et tracé une feuille de route. Elle est simple : c'est la mise en mouvement de la société française.

Car j'ai une conviction. Elle est profonde. C'est que si la France veut garder son influence dans le monde, si la France entend peser sur le cours de l'Europe, si elle veut garder la maîtrise de son destin, alors elle doit impérativement retrouver de la force économique. Or elle en a perdu ces dix dernières années.

Il y a d'abord eu une crise longue, profonde et sans doute sous-estimée, y compris par nous-mêmes. Et puis, il y a eu une fuite en avant, depuis trop longtemps avec un creusement des déficits : déficits des comptes publics, déficit de la balance commerciale.

Un coup d'arrêt a été porté. C'est l'action du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, depuis 18 mois, qui en a été à l'origine.

Les premiers résultats sont là. Ils sont fragiles, trop fragiles. Certes, depuis six mois, le chômage des jeunes a reculé. Certes, il y a eu une stabilisation du chômage et des tendances se dessinent. Mais nous n'avons pas encore gagné la bataille pour l'emploi.

Alors, que faut-il faire ? C'est ce que j'ai annoncé aux Français. Engager une bataille, ouvrir une nouvelle étape. Il ne s'agit pas de changer de chemin, il s'agit d'aller plus vite, d'aller plus loin, d'accélérer, d'approfondir.

En 2014, l'enjeu n'est pas simplement que la France retrouve la croissance - elle se dessine. C'est que cette croissance soit la plus vigoureuse possible. Nous n'y parviendrons qu'avec la mobilisation de tous et notamment des entreprises, sans lesquelles il ne peut y avoir de créations d'emplois dans la durée.

C'est pourquoi j'ai proposé le pacte de responsabilité.

Il a un principe simple : c'est d'alléger les charges des entreprises, de réduire leurs contraintes sur leurs activités ; et en contrepartie de permettre plus d'embauches et davantage de dialogue social.

Pourquoi ce pacte ? Parce que le temps est venu de régler le principal problème de la France : sa production. Oui, je dis bien sa production. Il nous faut produire plus, il nous faut produire mieux. C'est donc sur l'offre qu'il faut agir. Sur l'offre ! Ce n'est pas contradictoire avec la demande. L'offre crée même la demande.

Ce pacte couvre quatre chantiers.

Le premier, c'est la poursuite de l'allègement du coût du travail. Nous l'avons engagé avec le programme que j'avais présenté en novembre dernier, le Crédit Impôt Compétitivité Emploi, qui s'applique cette année en 2014 - 4 % d'allègement de la masse salariale - et 6 % l'année prochaine.

Je fixe un nouvel objectif, c'est que d'ici 2017, pour les entreprises et pour les travailleurs indépendants, ce soit la fin des cotisations familiales. Cela représente 30 milliards d'euros de charge. La discussion portera donc sur l'avenir du CICE - comment il peut s'inscrire dans ce processus - et sur le mode de financement de la protection sociale.

C'est la condition pour que les entreprises retrouvent de la marge. Non pas pour leur faire plaisir, non pas pour leur accorder je ne sais quel cadeau. Je pense qu'ici tout le monde sait que ce que l'on appelle le taux de marge des entreprises qui permet de financer l'investissement est, en 2012, le plus bas de son histoire.

Le deuxième chantier, c'est de donner de la visibilité aux entreprises. Il ne peut pas y avoir d'investissements si le cadre n'est pas clair, si les règles changent. Nous fixerons donc un horizon, 2017, avec une trajectoire de prélèvements obligatoires pour les entreprises. Ma volonté, c'est une modernisation de la fiscalité sur les sociétés et une diminution du nombre des taxes – qui coûtent d'ailleurs parfois plus cher à être recouvrées que ce qu'elles peuvent rapporter – avec deux exigences : l'investissement et l'emploi.

Un premier acte sera posé dès la loi de finances pour 2015.

Le troisième chantier du pacte de responsabilité, c'est la simplification. Il s'agit de réduire le nombre de normes - j'avais annoncé un «choc de simplification» : il est là - et d'aller encore plus loin : de réduire les procédures parfois inutiles ou coûteuses et de faciliter la prise de décisions. C'est un élément clé pour instaurer la confiance. J'ai confié à un parlementaire Thierry Mandon et un chef d'entreprise, Guillaume Poitrinal - cette alliance pourra éventuellement surprendre - pour qu'ils aillent jusqu'au bout et qu'ils animent un conseil de simplification. Ils passeront en revue les « 10 actes-clés » de la vie d'une entreprise, de la création jusqu'à la cession, en passant par l'ouverture des usines, l'accès aux marchés publics, les formalités d'embauche, les obligations comptables, les contrôles administratifs et fiscaux..., bref tout sera passé en revue. Non pas pour diminuer les protections, notamment sur le plan social, sur le plan sanitaire, sur le plan environnemental, mais pour simplifier et faciliter. Et ce mouvement ne s'arrêtera pas jusqu'à la fin du quinquennat.

Le quatrième chantier, ce sont les contreparties.

Elles doivent être définies au niveau national et déclinées par branches professionnelles. Elles porteront sur des objectifs chiffrés d'embauches, d'insertion des jeunes, de travail des séniors, de qualité de l'emploi, de formation, d'ouvertures de négociations sur les rémunérations et la modernisation du dialogue social. Un «Observatoire des contreparties» sera mis en place et le Parlement y sera associé.

Voilà ce qu'est le pacte de responsabilité, c'est un grand compromis social, sans doute le plus grand qu'il ait été proposé depuis des décennies à notre pays. Il implique toutes les parties prenantes : l'État, les collectivités locales et, bien sûr, les partenaires sociaux.

Ma méthode, c'est la négociation. Cette méthode elle a fait ses preuves depuis les discussions sur les contrats de génération, puis ensuite l'accord sur la sécurisation de l'emploi, la réforme des retraites qu'a menée le Premier ministre, et encore tout récemment la formation professionnelle. Cette méthode est la bonne.

Le pacte de responsabilité, c'est une chance. Chacun doit la saisir. Pas simplement pour son intérêt, mais pour la France. Toutes les organisations professionnelles, toutes les familles politiques d'une certaine façon, tous les territoires sont concernés. Le pacte de responsabilité c'est un rassemblement pour l'emploi. Et j'attends que chacun, là encore, comme le nom l'indique, prenne ses responsabilités.

Mais il n'y a pas de temps à perdre. Aucune élection intermédiaire ne doit nous paralyser. C'est maintenant que la France doit rebondir pour repartir. Cela signifie un calendrier particulièrement dense et serré.

Le 21 janvier, je m'adresserai, ici même, à l'ensemble des acteurs économiques et de l'emploi, pour lancer officiellement le pacte et ses chantiers. Les partenaires sociaux seront reçus, dans les jours suivants, par le Premier ministre et les ministres concernés. Avant la fin du mois de janvier, les «Assises de la fiscalité des entreprises» seront installées par Jean-Marc Ayrault. Le Haut conseil du financement de la protection sociale, celui qui doit réfléchir justement à l'évolution du mode de financement, donnera un premier rapport fin février. Enfin, en avril, le gouvernement lancera un deuxième train de mesures de simplification.

Toutes ces discussions se poursuivront et se concluront lors de la grande conférence sociale du printemps. Un document formalisera les engagements du pacte et les modalités de suivi des contreparties. Le gouvernement engagera sa responsabilité devant l'Assemblée nationale sur ce texte.

Une loi de programmation de nos finances publiques et sociales sur la période 2015-2017 sera votée à l'automne. Elle sera en cohérence avec ce qui sera décidé dans le cadre du pacte de responsabilité mais aussi avec la remise à plat de la fiscalité des ménages qui a été engagée par le Premier ministre, parce que tout cela forme un bloc.

Le 31 décembre, lors des voeux, j'ai également indiqué aux Français ma volonté qui est celle de réduire la dépense publique. Pourquoi ? Pas parce que ce serait un but en soi. Je suis attaché, plus qu'aucun autre, au maintien du service public, à notre modèle social.

Alors pourquoi faut-il réduire la dépense publique ? Parce que c'est le passage obligé pour réduire les déficits publics. Parce que c'est le préalable à toute baisse d'impôts. Parce que c'est la condition pour la réalisation du pacte de responsabilité, qui ne doit pas se traduire par un transfert de charges des entreprises vers les ménages. Je ne le supporterai pas, compte tenu aujourd'hui de l'état du pouvoir d'achat.

Comment s'y prendre ? J'estime qu'il est possible de faire des économies, nombreuses, tout en préservant notre modèle social. D'autres pays l'ont fait, et des pays qui avaient cette tradition sociale, je pense aux pays d'Europe du nord notamment. Ils en sont sortis plus dynamiques et plus solidaires. Nous pouvons être confiants dans ce processus parce qu'il a déjà été engagé.

Je rappelle que la dépense publique a été maîtrisée en 2013 puisque l'État aura dépensé moins que ce qui avait été voté par le Parlement. Il y a eu même sur les dépenses d'assurance maladie moins qu'il n'avait été programmé. Je rappelle qu'en 2014, cette année, nous allons réaliser 15 milliards d'euros d'économies.

Alors, que nous reste-t-il Ă  faire ?

Entre 2015 et 2017, nous devrons dégager au moins 50 milliards de plus. C'est beaucoup - cela n'a même jamais été fait - c'est l'équivalent néanmoins, si on ramène les choses à leur réalité, à 4 % de l'ensemble de nos dépenses collectives, 4 % seulement. Mais faut-il encore le faire. Pour y parvenir, j'ai décidé d'une nouvelle méthode.

Plutôt que de procéder à des coupes budgétaires aveugles - comme cela a pu se faire dans le passé - et indifférenciées qui touchent tout le monde et qui sont injustes, je propose de mener des réformes structurelles, de redéfinir les principales missions de l'État et de revoir nos mécanismes de redistribution pour les rendre plus justes, plus écologiques et plus efficaces.

Je constituerai donc autour de moi, un Conseil stratégique de la dépense. Il se réunira chaque mois pour évaluer les politiques publiques.

Le calendrier de la procédure budgétaire - pardon de rentrer dans ce détail - commencera dès aujourd'hui. En avril, le Premier ministre adressera les lettres de cadrage pour fixer le montant de la dépense aux ministres du Gouvernement, en fixant non seulement le volume des économies à atteindre en 2015 mais le volume des économies à faire jusqu'en 2017.

Toutes les dépenses, toutes les politiques, toutes les structures seront concernées. L'État, c'est son rôle, montrera l'exemple. Mais il ne peut pas être seul dans ce processus puisqu'il ne représente qu'un peu plus d'un tiers de la dépense publique. Le reste étant à la charge des collectivités locales et de ce qu'on appelle la protection sociale. (...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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10. Politique Ă©conomique - AttractivitĂ© de la France - Tribune de Mme HĂ©lène Conway-Mouret, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e des Français de l'Ă©tranger (Paris, 15/01/2014)

Non, la France n'est pas un pays en déclin

Quelle mouche a donc piqué Janine Di Giovanni ? Le 3 janvier, dans Newsweek, la journaliste porte un regard réducteur et caricatural sur la France, qui n'est pas sans rappeler une certaine presse tabloïd anglophone. Son propos est nourri d'anecdotes, de clichés et d'approximations. Cette forme de «French bashing» étonne de la part d'une journaliste dont je sais l'attachement à notre pays. Pour preuve, elle a choisi d'y vivre. J'aimerais alors lui apporter quelques éclairages basés sur des données chiffrées plutôt que des ressentis.

Les chefs d'entreprises américains que j'ai rencontrés lors de mon dernier déplacement aux États-Unis ont choisi d'investir en France car ils y trouvent un environnement favorable et stable : un personnel qualifié, des infrastructures modernes, des capacités d'innovation et une bonne qualité de vie pour leurs collaborateurs. Ce n'est donc pas un hasard si la France reste le quatrième pays au monde pour sa capacité à attirer des investissements étrangers. Newsweek prétend que la France verrait ses forces vives la quitter. Rien n'est plus faux. Pour preuve, le nombre de nos compatriotes qui s'expatrient, de manière provisoire ou définitive, pour des raisons professionnelles ou personnelles, décélère. On est passé de + 4 % par an pour les dix dernières années à + 1,5% en moyenne pour 2012 et 2013. Convaincus que la mobilité internationale constitue une chance, les Français continuent à saisir les opportunités qui s'offrent à eux à l'étranger. Ils reviennent cependant, pour la grande majorité d'entre eux, forts d'une expérience et de nouvelles compétences. Beaucoup brillent d'ailleurs par leurs talents dans des domaines très variés. Ils renforcent l'image positive d'une France innovante, moderne et reconnue. Ceux qui réussissent sont nombreux et sont autant de relais de notre langue, culture mais aussi savoir-faire, services et biens. C'est le cas du nouveau propriétaire de Newsweek, Etienne Uzac. Ce média en ligne estime que la France est un pays en déclin. Elle est pourtant la deuxième économie européenne, la cinquième au monde, le sixième exportateur mondial de biens. Elle est au premier rang européen pour l'industrie aéronautique et le nucléaire, au second dans la chimie, au troisième dans l'agroalimentaire. Elle est la première destination touristique mondiale (83 millions de touristes), le premier pays européen créateur d'entreprises (550.000 en 2012), le deuxième pays au monde pour la qualité de vie, le quatrième pour la productivité horaire de sa main-d'oeuvre, dont le coût est inférieur à celui observé aux Pays-Bas, aux États-Unis ou en Allemagne.

La France ne serait plus attractive. Elle est la première destination des investissements étrangers dans l'industrie et dans la logistique, le premier pays d'accueil des investissements américains créateurs d'emplois, mais aussi pour le soutien public à la recherche et développement. Elle compte plus de 20 000 entreprises étrangères qui emploient 2 millions de personnes (13,5 % des salariés), dont un quart pour le seul secteur industriel qui représente 33 des exportations et 29 % de la recherche et développement. Elle est aussi une destination très prisée par les étudiants étrangers.

La France n'offrirait plus de perspectives d'avenir. Ses infrastructures et ses services publics sont sans égal dans le monde. Elle affiche un taux de pénétration du haut débit (35,5 %) supérieur à l'Allemagne (33,8 %) et au Royaume-Uni (33,6 %). En matière d'innovation, la France se classe au sixième rang mondial pour le dépôt de brevets.

Je n'ignore pas pour autant les difficultés de notre pays notamment dans le domaine de l'emploi. Le premier défi que nous nous employons à relever est le retour à une croissance durable par l'amélioration, entre autres, de notre compétitivité. Notre administration et notre fiscalité seront réformées grâce au «choc de simplification» pour les rendre plus simples, plus efficaces et donc plus compréhensibles par les citoyens.

Le gouvernement a conduit des réformes pour redresser le pays et soutenir les entreprises. Mentionnons deux exemples : le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et le crédit d'impôt innovation. Enfin, le président de la République vient d'annoncer un Pacte de responsabilité avec les entreprises qui prévoit, en contrepartie de la création d'emplois, une baisse des charges patronales. Le ministère des affaires étrangères, comme tous les ministères, est mobilisé pour accompagner nos entreprises, les faire connaître, relancer nos exportations dans une action globale au service de l'offre française à l'étranger. Autant de faits qui éclairent d'un autre jour la réalité économique et sociale de la France, loin des pamphlets simplistes et biaisés que certains nous donnent à lire./.

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