Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 27 septembre 2013


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole adjoint - La France salue la publication du 5e rapport du GIEC - Inde/Attaque terroriste au Jammu et Cachemire - Mali - GuinĂ©e - Égypte (Paris, 27/09/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - La France salue la publication du 5e rapport du GIEC

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Philippe Martin, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, saluent l'adoption unanime à Stockholm du premier volume du cinquième rapport du GIEC qui confirme la réalité dramatique du changement climatique : la première décennie du XXIe siècle (2001-2010) a été la plus chaude depuis 1850. L'augmentation de la température moyenne à la surface du globe, l'élévation du niveau des océans et l'accélération de la fonte des glaciers sont confirmées comme des faits scientifiques incontestables.

La France est mobilisée pour construire un pacte mondial sur le climat en 2015 qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre afin de contenir l'évolution des températures en deçà de 2°C à l'horizon 2100. Lundi 30 septembre, au Quai d'Orsay, en présence du Dr Pachauri, président du GIEC, se tiendra un forum intitulé «Changement climatique : des données scientifiques à l'action politique», avec les scientifiques et les acteurs de la société civile. Il constituera le coup d'envoi en France de la mobilisation en vue de la conférence mondiale Paris Climat 2015.

2 - Inde - Attaque terroriste au Jammu et Cachemire (25 septembre 2013)

La France condamne l'attaque terroriste qui vient de frapper l'Inde, faisant douze victimes dans l'État du Jammu et Cachemire.

Elle exprime ses condoléances aux proches des victimes de cet acte odieux et réaffirme sa solidarité avec l'Inde dans la lutte contre le terrorisme, qui constitue un pilier de notre partenariat stratégique.

3 - Mali

Q - Au Mali, les mouvements touareg et arabe du MNLA/MAA/HCU ont annoncé suspendre leur participation au processus de paix de Ouagadougou, accusant Bamako de ne pas avoir respecté ses engagements sans plus de précision. Quelle est la réaction de la France ? Craignez-vous une reprise des hostilités ?

R - Il est important que le processus de dialogue se poursuive, en vue de parvenir à une véritable réconciliation entre Maliens.

La France appelle toutes les parties à faire preuve d'une attitude constructive, à s'abstenir de tout recours à la violence et à mettre en oeuvre les mesures de confiances prévues à Ouagadougou.

Nous renouvelons notre soutien au président Keïta dans ses efforts pour relever les défis de la stabilisation, du développement et de la paix au Mali.

4 - Guinée

Q - Guinée : atmosphère très tendue en cette veille de législatives : quelles recommandations ou actions du gouvernement français pour contribuer à la stabilité ?

R - La France suit la situation en Guinée avec attention. Nous avons salué, en début de semaine, le caractère consensuel de la décision du comité de suivi des travaux d'organisation des élections législatives de reporter au 28 septembre la date du scrutin. La France salue également le rôle joué par le facilitateur, M. Saïd Djinnit, représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest.

Pour ces derniers jours de campagne, nous appelons l'ensemble des acteurs politiques à faire preuve de responsabilité et à oeuvrer pour que les élections législatives permettent à la Guinée d'achever son processus de transition démocratique.

5 - Égypte

Q - Le ministre égyptien du tourisme a été reçu hier au Quai d'Orsay, il venait demander, en s'appuyant sur une étude d'une société privée de sécurité, la levée du quasi-embargo posée par la France à ses ressortissants souhaitant se rendre en Égypte. La position de la France a-t-elle évolué après ce rendez-vous ?

R - Le ministre égyptien du tourisme a effectivement été reçu hier au ministère des affaires étrangères.

Nous avons pris bonne note du rapport indépendant sur l'analyse du risque concernant les stations balnéaires et les principaux sites touristiques égyptiens. Nous allons l'étudier avec attention.

D'ores et déjà, nous avons mis à jour la fiche «conseils aux voyageurs», à la suite des évolutions récentes. Pour les éventuelles adaptations des conseils aux voyageurs, notre évaluation sera faite notamment avec nos partenaires européens./.

Retour sommaire


2. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Syrie - Liban - Iran - Kenya - RĂ©publique centrafricaine - Mali - Sahel - Égypte - RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo - UE - ConfĂ©rence de presse du prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande (New York, 24/09/2013)

J'ai exposé devant l'Assemblée générale des Nations unies la position de la France sur les principaux sujets qui sont à l'ordre du jour.

Sur la Syrie, avec nos trois exigences pour l'adoption d'une résolution qui est à caractère contraignant si nous voulons qu'elle soit appliquée.

Sur l'aide aux réfugiés et notamment la situation au Liban qui appelle une mobilisation de la communauté internationale.

J'ai également donné le sens de ma rencontre qui va suivre cette conférence de presse avec le président Rohani. Un dialogue, oui, mais la fermeté pour porter toujours les principes de la diplomatie française par rapport à la prolifération nucléaire et à ses dangers.

J'ai également insisté sur la lutte contre le terrorisme particulièrement en Afrique. Et les drames de Nairobi ne peuvent que, hélas, servir à cette démonstration.

J'ai eu ce matin même le père et également l'époux des deux victimes françaises. Il y a aujourd'hui encore un nombre indéterminé de victimes même s'il nous est dit que c'en était terminé avec l'attaque terroriste. Elle est bien sûr en lien au regard de la revendication par les shebab en lien avec la situation en Somalie. Cela doit donc nous conduire une fois encore, à soutenir les Africains dans leur lutte contre le terrorisme.

La France a, au Mali, montré qu'il était possible de le vaincre mais nous savons bien qu'il y a encore un certain nombre de zones extrêmement sensibles ou menacées ; j'ai évoqué tout à l'heure la Libye.

J'ai également lancé un cri d'alarme concernant la Centrafrique et nous faisons tout avec le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, pour que là encore il y ait une résolution qui puisse être prise par le Conseil de sécurité pour permettre à une force africaine de rétablir la sécurité et la stabilité.

Enfin, j'ai évoqué la question du développement et du climat. Questions qui sont liées d'ailleurs car notre politique de développement est également une politique qui vise à assurer un progrès dans les pays que nous soutenons pour se doter de nouvelles énergies et également pour leur permettre d'assurer eux aussi la transition énergétique.

Nous aurons à organiser, si on nous en donne confirmation, la conférence sur le climat en 2015 et nous voulons tout faire pour qu'un accord soit trouvé. J'ai espoir dès lors que les principaux chefs d'État et de gouvernement se sont engagés, notamment le président Obama mais pas seulement, également le président chinois, le Premier ministre indien, donc il y a là des conditions d'un accord possible. Nous y mettrons toute notre diplomatie mais également nous sommes sensibles à l'initiative qu'a prise le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui va organiser une réunion des chefs d'État et de gouvernement en 2014 pour préparer la conférence climat de 2015.

Enfin, j'ai terminé mon propos sur le rôle des Nations unies. Nous y sommes attachés mais nous voulons qu'il n'y ait pas de blocage de cette grande institution car quand elle se révèle impuissante c'est la paix qui est menacée. J'ai une nouvelle fois présenté devant l'Assemblée générale une proposition française qui consiste à dire que lorsqu'il y a crime de guerre, crime de masse, il puisse être possible à ce moment-là que les membres permanents du Conseil de sécurité renoncent à leur droit de veto pour permettre une intervention.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous rappeler, je suis prêt à répondre à vos questions.

Q - Ma question concerne la résolution des Nations unies sur la Syrie. Vous avez souhaité que le chapitre VII soit inscrit dans la résolution, comme les USA et le Royaume-Uni et il semble que la Russie y soit encore opposée. Est-ce que cela est de nature à bloquer la résolution ou y a-t-il une possibilité de compromis ? Et comment voyez-vous l'avancée de la convention de Genève si Assad n'y prend pas part ? Comment obtenir que le gouvernement d'Assad y participe ?

R - Il y a le chimique qui doit être traité par une résolution et puis il y a Genève II qui doit être organisé dans des délais raisonnables pour permettre la transition.

Je veux être précis sur ces deux questions.

Sur le chimique, nous voulons que la résolution qui sera votée dans les jours qui viennent soit contraignante. Cela veut dire qu'elle indique qu'en cas de manquement, il puisse y avoir recours à des sanctions dans le cadre du chapitre VII. S'il n'y a pas de caractère contraignant dans la résolution, il n'y aura pas d'effectivité dans le respect des engagements. Donc ce que nous demandons, c'est que la résolution mentionne le chapitre VII pour qu'il puisse y avoir justement cette évaluation des éventuels manquements et des sanctions.

Est-ce que la position française est excessive ? Non puisqu'elle prend au mot l'accord qui a été passé entre Russes et Américains là-dessus et il ne serait pas concevable que nous soyons en retrait par rapport à ce qui a été déjà négocié.

Seconde question, Genève II, qui doit bien sûr être l'objectif car si nous avons le devoir de détruire le chimique, nous avons le devoir impérieux d'en terminer avec la guerre en Syrie. Je ne vous rappelle pas les chiffres, vous les connaissez : 120.000 morts, et chaque jour qui passe les armes conventionnelles sont utilisées pour en assassiner davantage. À partir de là, nous voulons que Genève II respecte Genève I.

Que disait Genève I ? Qu'il y aurait une convocation d'une nouvelle Conférence non pas pour parler, non pas pour évoquer la situation de la Syrie ou pour déplorer le nombre de victimes mais pour organiser la transition, c'est-à-dire un gouvernement qui représenterait l'ensemble des communautés, l'ensemble des sensibilités attachées au renouveau de la Syrie.

Tout à l'heure dans l'intervention que j'ai faite, j'ai même dit que pourraient venir à cette conférence tous les pays qui respecteraient cet objectif. Mais s'il n'y a pas Genève II, alors on laisse le régime actuel continuer ses massacres et on laisse les groupes extrémistes attaquer l'armée libre syrienne, c'est-à-dire la coalition démocratique.

Donc nous devons faire avancer les deux questions : le chimique qui a donné lieu ces dernières semaines à la mobilisation que l'on sait et à la pression qu'a exercée la France avec les États-Unis pour permettre justement qu'il y ait maintenant une négociation. Mais aller aussi le plus rapidement possible vers Genève II.

Q - Sur la proposition sur les membres permanents du Conseil de sécurité de renoncement au droit de veto, en quoi le déroulement de la crise syrienne vous a-t-elle incité à formuler cette proposition ? Quel cadre et quel contexte cela pourrait prendre ? Et êtes-vous optimiste quant aux bonnes grâces des membres du Conseil de sécurité à souscrire à cette proposition ?

R - Cette proposition n'est pas nouvelle, elle a été exprimée la première fois par la France en 2005. Mais elle s'inscrit aujourd'hui dans un contexte. Il y a bien eu crime de masse en Syrie. Et si les membres permanents du Conseil de sécurité avaient renoncé collectivement à l'usage de leur droit de veto déjà depuis plusieurs mois, il y aurait eu une action de la communauté internationale.

La France est membre permanent du Conseil de sécurité, la France n'entend pas renoncer à ce droit de veto mais elle est consciente que face à un certain nombre de situations, les crimes de masse, il doit y avoir une action collective. Car on ne peut pas accepter que le Conseil de sécurité puisse être durablement bloqué quand il y a des crimes de masse.

Q - Monsieur le Président, vous venez de dire que dans votre discours vous avez laissé une grande part au Liban et demain, le 25 septembre, aura lieu la grande conférence internationale du groupe de soutien et d'appui au Liban. Quelles sont les attentes de la France à ce sujet, pour cette réunion ?

R - Vous savez l'attachement qu'a la France pour le Liban et encore récemment, c'était à Nice, j'ai rencontré le président Sleiman, nous avons évoqué la situation dans le pays, notamment celle des réfugiés.

Tout à l'heure, je donnais un chiffre, je ne sais même pas s'il est exact. Il y aurait 20 % de la population aujourd'hui au Liban qui serait d'origine syrienne. Certains disent que c'est davantage compte tenu des liens de parenté et des travailleurs qui viennent au Liban se réfugier pour vivre, tout simplement vivre. Quand on ajoute ce que supporte aussi le Liban par rapport à l'accueil d'autres réfugiés, on imagine ce qu'est le fardeau que porte ce pays. Et quand on connait la fragilité, avec encore ces derniers mois des attentats extrêmement meurtriers qui ont été commis, nous devons appuyer financièrement, je dis bien d'abord financièrement, le Liban. Parce que dans l'imagerie peut-être populaire, le Liban n'a pas forcément la réputation d'être un pays pauvre. Mais aujourd'hui, il ne peut plus faire face à l'ensemble des charges qu'il supporte. Donc la mobilisation dans ce groupe international doit d'abord être une mobilisation financière.

C'est également un soutien politique pour l'unité, l'intégrité et la sécurité du Liban. Et, enfin, il y a une dimension humanitaire, puisqu'il y a des organisations qui doivent travailler pour faire en sorte que les réfugiés puissent être accueillis de la meilleure des façons sans que ça nuise à la vie du Liban.

Q - Pourriez-vous nous en dire plus sur les mesures d'austérité qui s'appliquent en Europe, en Grèce, en Italie et en France sans doute, au Royaume-Uni qui perturbent l'Europe ? Et en tant que dirigeant des partis socialistes est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la destruction de ces filets de sécurité qui existent encore : la santé et l'éducation gratuites par exemple, qui ont permis aux Européens un niveau de vie tout à fait correct ?

R - La France est attachée, vous le savez, à une réorientation de la construction européenne dans le sens de la croissance et de l'emploi. Il a néanmoins fallu prendre des mesures pour rétablir les comptes publics, y compris en France, qui ont pu être douloureuses mais qui étaient nécessaires. Aujourd'hui la crise de la zone euro, je l'ai dit plusieurs fois, est derrière nous. En revanche, nous devons aller plus loin dans le soutien à l'activité, à la compétitivité. Et des pays comme l'Espagne, l'Italie, la Grèce mais d'autres encore, le Portugal, doivent avoir plus de souplesse pour leur politique budgétaire. C'est ce que nous avons également plaidé auprès de la Commission européenne et ça nous concerne également. Voilà ce que je pouvais dire sur ce sujet.

Q - Vous venez de dire devant l'Assemble générale que vous attendez des gestes concrets de la part de l'Iran sur son programme nucléaire. Vous allez rencontrer le président Rohani et vous serez le seul dirigeant de premier plan occidental à le faire cet après-midi, quel sera votre message au président Rohani et quels gestes concrets attendez-vous de Téhéran ?

R - J'ai accepté le dialogue avec le président Rohani car lui-même avait fait preuve d'ouverture et avait prononcé des mots qui pouvaient être source d'évolution dans la région. Ce dialogue, je l'ai dit, doit être franc, doit être direct, c'est pour ça que je le rencontre cet après-midi. Le ministre des affaires étrangères rencontrera son homologue peu de temps après. Le dialogue doit être ferme. Pour la France il ne peut pas y avoir d'acceptation de la prolifération nucléaire. C'est une question qui n'est pas liée à l'Iran, c'est une question majeure pour la sécurité du monde.

Il y aura deux sujets parmi d'autres parce qu'il y a aussi nos relations bilatérales, mais il y aura deux sujets qui seront évoqués avec le président iranien.

Le premier, c'est la Syrie car chacun connait le lien qu'il y a entre l'Iran et la Syrie. Donc, à l'Iran de comprendre qu'il doit y avoir une transition politique en Syrie. Si l'Iran veut participer à Genève II, alors cela doit être dans l'objectif de mettre en place ce gouvernement provisoire.

Le second sujet, c'est le nucléaire. Là aussi, nous avons toujours dit depuis dix ans, d'autres avant moi l'on dit, c'est la position constante de la France, que l'Iran peut parfaitement poursuivre un programme nucléaire civil mais ne peut pas aller vers la possession de l'arme nucléaire. À partir de là, j'entends ce que dit le Président iranien, ce que dit son ministre des affaires étrangères. Les mots doivent se transformer en actes. Les gestes doivent venir.

Quels gestes ? Reprendre la négociation. Cela fait dix ans que les discussions sont engagées. Reprenons donc la négociation mais sur des bases solides et claires, c'est-à-dire évitant précisément tout doute sur la prolifération nucléaire et l'accès à l'arme. Cette négociation peut s'engager ou se réengager à tout moment, c'est l'esprit de notre rencontre. En tout cas de mon côté.

Q - Vous avez indiqué que le régime en Syrie poursuivait ses massacres contre des civils et les armes chimiques ne représentent qu'une toute petite partie de ce qui se passe. Pensez-vous que cet accord sur les armes chimiques a donné à Bachar Al-Assad une forme de légitimité ainsi que du temps pour qu'il puisse massacrer son peuple ? Nous sommes tout à fait conscients des efforts visant à établir une sorte de mécanisme parallèle de l'ICC pour traduire en justice les responsables. Que dites-vous de tout cela ?

R - Est-ce que le régime syrien a retrouvé de la légitimité avec le rapport des inspecteurs des Nations unies ? Rapport qui a démontré quoi ?

Qu'il y avait eu utilisation des armes chimiques et que de fortes présomptions existaient que ce soit le régime lui-même qui les ait utilisées. Ce que nous, nous avions déjà démontré. Bachar Al-Assad avait fait un certain nombre d'interventions dans la presse française, américaine ces dernières semaines. Il niait même l'existence des armes chimiques dans son pays.

Je constate qu'en quelques jours sa parole a été discréditée puisque nous avons la démonstration que les armes chimiques ont été utilisées, et par son régime.

Néanmoins, nous devons aller jusqu'au bout de la vérification et de la destruction. Nous ne devons pas perdre de temps. Parce que, si nous nous arrêtons au chimique, alors le régime peut continuer à perpétrer tous ses massacres par la voie conventionnelle.

Je l'ai d'ailleurs plusieurs fois rappelé, il y a une alliance objective entre les groupes djihadistes terroristes et le régime de Bachar Al-Assad au détriment de la Coalition nationale. Je veux rappeler ici que nous soutenons la Coalition nationale. Jeudi il y aura une réunion à l'initiative de la France mais pas seulement, autour du président de la Coalition. Donc, pas de perte de temps, imputabilité claire de la responsabilité de ce qui s'est produit le 21 août et action internationale pour soutenir la Coalition nationale syrienne. Mais avec la perspective de Genève II. Parce que nous, nous voulons en terminer. Donc ce que nous demandons à la Coalition nationale, c'est d'aller aussi vers Genève II.

Q - Concernant la Centrafrique, vous avez parlé d'un cri d'alerte. On sait que vous êtes favorable à une résolution qui puisse donner un cadre juridique à une opération de protection des populations. Est-ce que parallèlement vous êtes favorable à une intervention directe des forces françaises, un renforcement des effectifs. Sous quelle forme pourrait se faire cette participation ?

R - Ce qui se produit en Centrafrique depuis plusieurs semaines, pour ne pas dire plusieurs mois est tragique. Des populations civiles sont directement victimes des exactions. Comme souvent, les femmes et les enfants sont les premières cibles. Un chaos qui s'est installé et les confrontations ont pris un caractère confessionnel. Nous ne sommes pas dans la même situation qu'au Mali, ce ne sont pas des groupes terroristes. Ce sont des bandes qui sèment le désordre et la désolation.

La réponse doit être différente ; situation différente, réponse distincte.

Ce que nous demandons, c'est qu'une résolution du Conseil de sécurité puisse être adoptée permettant l'organisation d'une force africaine qui, elle, assurerait le retour à la stabilité et à la sécurité. Après, les élections pourraient se tenir. La France a déjà 500 hommes sur place mais uniquement dans une opération de sécurité de l'aéroport. Ceux-ci avaient été prévus aussi pour protéger nos ressortissants. Nous ne participerons pas directement à cette force africaine mais nous contribuerons, à notre place, à assurer le retour au calme en Centrafrique. D'où l'importance d'avoir cette résolution du Conseil de sécurité. Mais il ne s'agit pas d'une intervention française.

Q - Ma question concerne la sécurité en Méditerranée et la coopération économique. Tout d'abord concernant la Syrie, nous avons deux points de vue différents en ce qui concerne Genève II. Celui du régime syrien et celui de l'opposition syrienne.

Comment l'opinion publique européenne et la France peuvent-elles envisager une position médiane entre ces deux points de vue ? Est-ce que l'idée d'un partage de pouvoirs pourrait être acceptable dans le cadre d'une phase de transition ? La deuxième question est sur la coopération Méditerranée au vu des évènements en Égypte ? La France a été un partenaire commercial et politique important de l'Égypte pendant de longues années. Quel avenir pour les investissements de la France et donc pour le tourisme ?

R - Il n'y a pas d'ambiguïté sur Genève II. Les conditions de cette Conférence avaient été posées très clairement, c'était la constitution d'un gouvernement provisoire avec des pouvoirs effectifs. Ce n'est pas une position de l'une des parties, ce n'est pas la position française, c'était ce qui avait été écrit à Genève I. Donc il n'y a pas d'un côté ceux qui voudraient garder le régime et ceux qui voudraient le renverser. Cela existe. Mais Genève II, c'est la capacité que doit avoir la communauté internationale d'imposer un régime transitoire permettant à terme l'organisation d'élections et avant le rétablissement de la paix civile. Si bien que nous ne devons pas réfléchir à changer le mandat de Genève II. Nous devons faire en sorte que Genève II puisse se tenir sur ces bases-là et le plus vite possible. Telle est la position de la France.

Second sujet que vous évoquez par rapport à l'Égypte, nous souhaitons que la feuille de route qui avait été évoquée par les nouvelles autorités égyptiennes puisse être respectée et mise en oeuvre. Dans cette feuille de route, il y a l'organisation d'élections et le respect du pluralisme. Nous allons toujours dans cette direction.

Ce que nous avons néanmoins dit à nos ressortissants et à nos touristes français c'est que dans la situation actuelle, la plus grande prudence s'imposait. D'où l'inscription des zones touristiques égyptiennes comme des zones possiblement à risques. Nous souhaitons en terminer le plus rapidement possible par rapport à ces avertissements. Nous sommes conscients que pour l'Égypte le tourisme est un point très important. Plus vite l'Égypte sera respectueuse de la feuille de route et aura retrouvé sa stabilité, plus rapidement reviendront les touristes.

Q - Dans votre discours à l'Assemble générale vous avez parlé de la République centrafricaine, du Mali, de la Guinée-Bissau sur lesquels j'ai écrit récemment des articles. Quelles perspectives voyez-vous pour ces pays dans un avenir immédiat ? Et pouvait-on envisager un plan plus vaste pour l'Afrique qui permettrait d'éviter que des guerres éclatent ici et là en Afrique ?

R - Depuis plusieurs mois, depuis mon élection, je suis allé plusieurs fois en Afrique et à chaque fois j'ai insisté sur la dynamique du continent africain, sur ses grandes capacités de développement, sur son potentiel. Mais j'ai également évoqué les menaces qui pèsent sur ce continent à travers un certain nombre de désordres qui frappent plusieurs pays.

Il y a la zone du Sahel, il y avait le problème du Mali qui nous a beaucoup mobilisés ces derniers mois. Il y a toujours la question de la Libye avec des groupes qui se sont structurés et qui n'ont pas déposé les armes, c'est le moins que l'on puisse dire. Et puis nous avons ces problèmes en Afrique centrale, République démocratique du Congo, Centrafrique. Il y en a d'autres, la Somalie qui n'est toujours pas réglé, même si des progrès ont été constatés.

Plutôt que de procéder j'allais dire pays par pays, la France, ami du continent africain, mais voulant avoir de nouvelles relations avec lui, a invité les chefs d'États et de gouvernements africains à venir à un sommet début décembre à Paris.

Nous avons trois sujets à l'ordre du jour. Le premier c'est la sécurité. L'Europe y sera associée, les Nations unies également. Comment faire pour qu'il y ait des forces africaines qui puissent être mieux équipées, mieux préparées, mieux formées pour lutter contre le terrorisme ?

Deuxième sujet, c'est la lutte contre la piraterie et le trafic de drogue.

Et puis, nous avons voulu également introduire un troisième sujet qui est celui du développement et de la lutte contre le réchauffement climatique, parce que pour nous, c'est aussi un moyen de lutter contre l'insécurité, la violence et le terrorisme.

C'est une politique globale pour l'Afrique. La France ne prétend pas la définir seule, elle agit avec l'Europe, elle agit dans le cadre des Nations unies. Mais j'ai la responsabilité, parce que je suis à la tête d'un pays qui a un lien avec l'Afrique, parce que nous solidaires de ce continent, parce qu'il y a des populations qui se sont mélangées par la mobilité, par les déplacements, j'ai une responsabilité particulière et donc je tiens à ce que la France soit à l'initiative.

Q - Je voudrais poursuivre sur ce que vous avez dit tout à l'heure concernant la résolution sur la Syrie proposée au Conseil de sécurité. Vous avez parlé d'une référence à des sanctions. Est-ce que ces sanctions seraient déclenchées automatiquement si l'on constatait une violation de l'accord cadre par la Syrie ? Et envisagez-vous que l'on cite la possibilité de l'utilisation de la force comme ultime recours ?

R - Nous revenons sur la résolution et sur ce qu'elle doit contenir. Elle doit avoir un caractère contraignant, voire même coercitif, c'est-à-dire évoquer la menace de sanctions et le rôle du Conseil de sécurité pour les prononcer. C'est-à-dire que dès lors que nous avons constaté que l'arme chimique a été utilisée, le Conseil de sécurité doit être saisi. Et il y a des manquements, des sanctions doivent être prises. Ce qui suppose l'évaluation, l'inspection et ensuite la conséquence des manquements. Si la résolution du Conseil de sécurité n'allait pas dans ce sens et écartait toute référence, je dis bien toute référence, au chapitre VII, à ce moment-là, ça priverait de toute capacité et de toute crédibilité, l'action des Nations unies./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Syrie - Remarques Ă  la presse du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius (New York, 26/09/2013)

Bonsoir,

J'ai deux aspects Ă  traiter avec vous.

D'abord, comme vous le savez, dans quelques minutes va être présentée la résolution que nous avons mise au point pour faire en sorte que les armes chimiques soient interdites. Nous y avons travaillé hier et encore cet après-midi. C'est une résolution qui marque un pas en avant. Nous en sommes satisfaits, en particulier la France puisqu'elle reprend les trois exigences que nous avions posées dès le début de la semaine.

D'une part préciser que toute utilisation des armes chimiques est une atteinte à la sécurité internationale, ce qui autorise du même coup les Nations unies à se saisir de cette question.

D'autre part rendre responsables ceux qui ont commis ces actes devant la justice.

Troisièmement, elle fait référence au fameux chapitre VII, c'est-à-dire que si le régime syrien n'accepte pas de respecter cette résolution, il appartient au Conseil de sécurité de prendre les sanctions nécessaires sous chapitre VII.

C'est donc une résolution dont nous sommes satisfaits qui résulte d'un travail en commun. Je pense que nous avons bien avancé. Concrètement, elle est présentée dans quelques minutes.

Il y aura un texte à adopter à La Haye puisque vous savez qu'il y aura aussi le texte de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Ensuite cette résolution sera adoptée juridiquement ici. Mais on peut dire que la question a été traitée et réglée.

D'autre part je viens de présider une réunion à la fois de soutien au peuple syrien, à la Coalition nationale syrienne et au président Al-Jarba. Un résumé de la présidence vous sera communiqué. Cette réunion a réuni plus de cent pays, ce qui est tout à fait remarquable, et plus de soixante ministres. Elle a montré une communauté de vue extrêmement impressionnante.

Je suis heureux que cette réunion ait pu se tenir dans l'enceinte des Nations unies car la Syrie libre et démocratique que nous appelons de nos voeux a vocation le plus rapidement possible à être représentée ici dans cette maison du droit international et de la paix.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


4. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Syrie - Propos du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, diffusĂ©s par «Europe 1» (New York, 27/09/2013)

Il y a toujours la possibilité pour les Russes de mettre leur veto mais je dirais que là, ils sont vraiment au pied du mur.

Les Syriens disaient qu'ils n'avaient pas d'arme chimique, ils ont été obligés de reconnaître qu'ils en avaient et qu'ils les avaient utilisées. Les Russes disaient que ce n'était pas les Syriens, on sait maintenant que ce sont les Syriens.

On est arrivé à une résolution, les choses progressent, trop lentement à notre goût mais elles progressent./.

 

Retour sommaire


5. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Sahel - Propos du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, diffusĂ© par «France24» (New York, 26/09/2013)

Le problème du Sahel demeure et ce qui est arrivé au Mali aurait pu arriver ailleurs. Comme vous le savez, la France est le deuxième bailleur mondial pour le Sahel, avec 300 millions d'euros à titre bilatéral.

Nous avons bien l'intention de continuer notre mission d'appui au Sahel. Cela signifie un effort sur la sécurité, sans quoi rien n'est possible, mais aussi un effort pour que le développement économique sous toutes ses formes soit encouragé. C'est aussi un effort pour que la gouvernance soit améliorée, avec des États contrôlés et vertueux./.

Retour sommaire


6. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Objectifs du millĂ©naire pour le dĂ©veloppement - Intervention du ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© du dĂ©veloppement, M. Pascal Canfin (New York, 25/09/2013)

Mesdames, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs les Ministres

Mesdames, Messieurs, les Ambassadeurs,

Mesdames, Messieurs,

C'est un très grand honneur pour moi que de représenter la France à cet événement spécial. Chacun le sait, il nous reste moins de mille jours pour avancer encore dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) mais aussi pour définir l'agenda qui leur succédera.

Le rapport du Secrétaire général nous montre le cap à suivre. La France s'inscrit pleinement dans cette vision.

Notre premier impératif, c'est donc la réalisation des OMD.

Ces objectifs ont largement contribué aux progrès sans précédents obtenus depuis 2000 dans la lutte contre la pauvreté.

Dans ces deux années d'ici 2015, l'accélération des progrès vers les OMD doit rester notre priorité. Nous devons et pouvons mieux faire en renforçant l'impact de notre action.

La France s'y efforce en poursuivant trois orientations :

- La première consiste à concentrer son aide sur les pays les plus éloignés des OMD. Tel est le sens du renforcement de la concentration de l'aide française vers les pays les moins avancés.

- La France cible également les enjeux qui ont un fort effet de levier. C'est le cas du respect des droits fondamentaux, sans lequel le droit au développement ne reste que théorique. C'est le cas de l'émancipation des femmes.

- Notre troisième orientation vise à assurer tant l'accès universel aux services fondamentaux, que leur qualité, trop souvent négligée. Dans le domaine de la santé, nous lançons grâce au produit de la taxe française sur les transactions financières, une initiative pour donner à 2 millions d'enfants un accès gratuit à la santé. Ainsi, nous aiderons à faire reculer la mortalité infantile. Grâce aux financements innovants, nous dégageons de nouvelles ressources pour le développement.

Ces efforts pour accélérer la réalisation des OMD sont bien évidemment essentiels. Mais nous le savons, ils ne suffiront pas à éradiquer l'extrême pauvreté d'ici 2015. C'est pourquoi nous devons dès à présent penser à l'après-2015. Et notre ambition, doit être de réaliser, l'éradication totale de l'extrême pauvreté d'ici 2030. Notre monde a connu ces dernières décennies un enrichissement sans précédent qui nous permet aujourd'hui de dire, que ce qui était une utopie, est aujourd'hui à notre portée.

Pour autant, nous n'arriverons à éradiquer la pauvreté que si nous sommes capables d'adopter des modèles de développement soutenable. Aujourd'hui, la première menace pour le développement, c'est le réchauffement climatique. Un monde à +4°C est un monde où les rendements agricoles chutent, où la sécurité alimentaire n'est plus assurée, un monde où, de ce fait, la mortalité infantile augmente.

Il n'y pas lieu de choisir entre la lutte contre la pauvreté et le développement durable. Nous ne pourrons réussir à réaliser l'un sans l'autre. L'agenda unique n'est pas une question idéologique, c'est un impératif d'efficacité.

Ce nouvel agenda devra être universel. C'est notre mobilisation collective qui permettra d'inventer les nouveaux modes de production et de consommation qui offriront une vie digne à 9 milliards d'êtres humains dans les limites physiques de notre planète. Cette universalisation ne va pas, bien sûr, sans différenciation. La différenciation est une condition de l'universalisation. Chacun doit participer à cet effort collectif en fonction de ses capacités et les pays les plus riches devront plus que jamais faire preuve de solidarité, solidarité entre pays développés et pays en développement, solidarité également à l'intérieur de nos sociétés.

Nous nous engageons aujourd'hui dans une formidable aventure : celle de définir un agenda commun pour une prospérité durable et partagée. Cet agenda est ambitieux. Il est impératif./.

Retour sommaire


7. AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies - Violences et discriminations contre les personnes LGBT - DĂ©claration du ministère des affaires Ă©trangères (Paris, 27/09/2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, a participé hier à New York à une réunion ministérielle des Nations unies qui a permis l'adoption d'une déclaration commune appelant à une action urgente des États et des Nations unies pour mettre fin aux violences et aux discriminations commises à l'encontre des personnes lesbiennes, gay, bi ou trans (LGBT).

Plus de 76 pays pénalisent encore l'homosexualité, et les personnes LGBT continuent de faire l'objet, partout dans le monde, de nombreuses violences et de violations de leurs droits fondamentaux. Cette situation n'est pas acceptable. La France est résolument engagée à promouvoir, en lien avec les États partenaires et la société civile, le respect des droits de l'Homme de tous les individus, quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre./.

Retour sommaire


8. Rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'Ă©volution du climat - CommuniquĂ© conjoint du ministère des affaires Ă©trangères, du ministère de l'Ă©cologie, du dĂ©veloppement durable et de l'Ă©nergie et du ministère dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© du dĂ©veloppement (Paris, 27/09/2013)

Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Philippe Martin, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, et Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, saluent l'adoption unanime à Stockholm du premier volume du cinquième rapport du GIEC qui confirme la réalité dramatique du changement climatique : la première décennie du XXIème siècle (2001-2010) a été la plus chaude depuis 1850. L'augmentation de la température moyenne à la surface du globe, l'élévation du niveau des océans et l'accélération de la fonte des glaciers sont confirmés comme des faits scientifiques incontestables.

La France est mobilisée pour construire un pacte mondial sur le climat en 2015 qui engagera toutes les parties prenantes sur une limitation des émissions de gaz à effet de serre afin de contenir l'évolution des températures en deçà de 2°C à l'horizon 2100. Lundi 30 septembre, au Quai d'Orsay, en présence du Dr Pachauri, président du GIEC, se tiendra un forum intitulé «Changement climatique : des données scientifiques à l'action politique», avec les scientifiques et les acteurs de la société civile. Il constituera le coup d'envoi en France de la mobilisation en vue de la conférence mondiale Paris Climat 2015./.

Retour sommaire


9. Certification «haute qualitĂ© environnementale» - CommuniquĂ© des ministères de l'Ă©galitĂ© des territoires et du logement et du commerce extĂ©rieur (Paris, 26/09/2013)

Alors que la construction durable se développe partout dans le monde, Certivea et Cerqual unissent leurs forces et créent Cerway, le seul opérateur qui proposera une offre globale de certification HQETM à l'international.

La France a déjà certifié plus de 230 000 opérations, soit plus de 36 millions de m2, notamment en Europe et au Brésil. La création de Cerway, filiale commune des groupes CSTB et QUALITEL, marque une nouvelle étape dans le développement international de la certification HQETM.

Cécile Duflot et Nicole Bricq saluent la création de Cerway.

Les deux ministres estiment qu'alors que la bataille des normes est stratégique dans la compétition internationale, la France se dote avec la création de Cerway, d'un opérateur capable de certifier les bâtiments dans le monde entier selon la norme française HQETM, exigeante et ambitieuse. C'est un atout pour renforcer l'ambition environnementale et la qualité des projets urbains dans le monde, et favoriser notre offre française en matière de ville durable sous la marque Vivapolis./.

(Source : site Internet des ministères de l'égalité des territoires et du logement et du commerce extérieur)

Retour sommaire


10. Dialogue en MĂ©diterranĂ©e occidentale - CommuniquĂ© du ministère de l'enseignement supĂ©rieur et de la recherche (Paris, 25/09/2013)

Vendredi 20 septembre, à Rabat, Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, a participé à la première Conférence des ministres de l'enseignement supérieur et de la recherche des pays du Dialogue en méditerranée occidentale "5+5".

Cette première conférence illustre la démarche de "Méditerranée de projets" réaffirmée par le président de la République à l'occasion de son discours à la 21e conférence des ambassadeurs, le 27 août dernier.

Elle marque une nouvelle étape dans la dynamique de coopération impulsée par Geneviève Fioraso et son homologue marocain, M. Lahcen Daoudi, pour bâtir une Europe des deux rives pour l'enseignement supérieur et la recherche, ouverte sur l'Afrique subsaharienne. Cette coopération a conduit à la signature d'une dizaine d'accords stratégiques au cours des 12 derniers mois, en présence des chefs d'État et de gouvernement. Les deux ministres ont d'ailleurs eu un échange bilatéral sur les projets les plus avancés, en particulier l'École d'architecture au sein de l'Université internationale de Rabat qui démarre sa première rentrée, l'École centrale de Casablanca, le projet de formation des professionnels de santé à Agadir et l'implantation d'I.U.T. pour former les techniciens demandés par les entreprises marocaines.

Lors de cette première conférence, les dix ministres (France, Espagne, Italie, Malte, Portugal, Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) ont réaffirmé l'importance de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation pour le développement économique de la région euroméditerrannée, pour l'emploi des jeunes.

Ils ont débattu concrètement des opportunités de renforcer à haut niveau la coopération scientifique bilatérale et multilatérale, en s'appuyant sur le programme européen pour la recherche et l'innovation, Horizon 2020 (2014-2020). Ils ont réaffirmé leurs priorités communes : faciliter la transformation des connaissances en produits et services innovants, principal levier de compétitivité et de croissance.

Une méthode et un agenda de mise en oeuvre, encadrés par un comité de suivi, ont été définis. Les principaux volets d'action concernent la mutualisation de savoir-faire en matière d'ingénierie de projets (projets collaboratifs d'Horizon 2020), la formation et la mobilité croisées d'étudiants, d'enseignants-chercheurs et de chercheurs, l'accès aux infrastructures de recherche, les jumelages institutionnels, en particulier la création et l'exploitation conjointe de laboratoires et de plates-formes communs.

Parmi les instruments identifiés, la ministre a réaffirmé son plein soutien au principe de l'initiative intergouvernementale sur la coopération euro-méditerranéenne «PRIMA» (Partnership in Research and Innovation in the Mediterranean Area), qui rassemble les pays des rives sud et nord de la Méditerranée, dans les domaines de l'environnement, de l'énergie, de la santé et de l'agronomie, projet qui devrait être soutenu par Horizon 2020.

Le renforcement des partenariats entre les établissements d'enseignement supérieur et de recherche sera également facilité par la montée en puissance du programme européen de mobilité «Erasmus plus» dont le budget augmente de 30 % à partir de 2014, en continuant d'accroître le potentiel de mobilités pour les filières professionnelles et technologiques.

À cet égard, la ministre s'est également félicitée de la montée en charge du projet d'Institut de technologie et d'architecture euro-méditerranéen (INSA international), en partenariat avec l'Université euro-méditerranéenne de Fès. Cette initiative, dont les bases ont été officialisées lors de la visite du président de la République à Rabat, le 4 avril dernier, se construit en partenariat avec les meilleurs établissements d'enseignement supérieur des pays du Dialogue "5+5". Elle porte l'ambition de s'étendre à l'Afrique subsaharienne de façon à contribuer à son développement, et à l'ouverture potentielle de nouveaux marchés. Les premières actions, à titre pilote, sont attendues pour 2014 (cycle de master international en formation continue).

Comme l'a souligné la ministre, «les conclusions de cette première conférence, que j'avais appelée de mes voeux, pose les bases d'un cadre de co-construction universitaire et scientifique concret, innovant et ambitieux. C'est en effet ensemble que nous devons répondre à ces défis sociétaux, économiques, de formation et construire une Méditerranée de projets, dans un esprit de dialogue et d'ouverture sur un continent africain en plein développement».

La conférence a enfin accueilli favorablement la proposition de la ministre de centrer les travaux de la prochaine conférence sur le renforcement des cadres intermédiaires et supérieurs, comme facteur de croissance et d'emploi./.

(Source : site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)

Retour sommaire