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Déclarations officielles de politique étrangère du 10 septembre 2013


Sommaire



1. Syrie - Conf√©rence de presse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 10/09/2013)

Depuis le massacre chimique de Damas le 21 ao√Ľt, nous avons poursuivi sans cesse deux objectifs, la sanction des responsables et la dissuasion pour qu'ils ne puissent pas recommencer. Notre attitude de fermet√© r√©fl√©chie nous a permis de recevoir le soutien d'un nombre grandissant d'√Čtats et d'infl√©chir certaines positions. Hier, le ministre des affaires √©trang√®res russe a fait un pas en ce sens, appelant je cite : ¬ęles dirigeants syriens √† non seulement accepter de placer sous contr√īle international leur stock d'armes chimiques et ensuite √† le d√©truire, mais aussi √† rejoindre pleinement l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques.¬Ľ

Cette position a été soutenue notamment aujourd'hui par la Chine.

Nous accueillons cette nouvelle position avec intérêt mais aussi avec précaution. Nous ne voulons pas qu'elle puisse être utilisée comme une manoeuvre de diversion. C'est pourquoi, après en avoir discuté avec le président de la République, nous avons décidé de prendre l'initiative.

La France déposera donc une résolution devant le Conseil de sécurité des Nations unies en ce sens et la procédure sera engagée aujourd'hui même. Le texte sera examiné, le cas échéant amendé par nos partenaires et par le Conseil de sécurité.

Très concrètement, la France proposera aujourd'hui à ses partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution sous chapitre VII qui vise à concrétiser immédiatement ses idées. Quelles idées ?

Premi√®rement, condamner le massacre du 21 ao√Ľt commis par le r√©gime syrien ;

Deuxi√®mement exiger de ce r√©gime qu'il fasse sans d√©lai toute la lumi√®re sur son programme d'armes chimiques, qu'il le place sous contr√īle international et qu'il soit d√©mantel√© ;

Troisi√®mement, mettre en place un dispositif complet d'inspection et de contr√īle de ses obligations sous l'√©gide de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques ;

Quatrièmement, prévoir des conséquences extrêmement sérieuses en cas de violation par la Syrie de ses obligations ;

Enfin cinqui√®mement, sanctionner les auteurs du massacre chimique du 21 ao√Ľt devant la justice p√©nale internationale.

C'est √† l'acceptation de ces conditions pr√©cises que nous jugerons la cr√©dibilit√© des intentions qui ont √©t√© exprim√©es hier. Le peuple syrien a trop souffert, nous ne nous laisserons pas entra√ģner dans des manoeuvres dilatoires, il nous faut donc des r√©sultats rapides. La France veut agir de bonne foi pour qu'une r√©ponse ferme, pr√©cise et v√©rifiable √† la menace chimique syrienne puisse enfin √™tre trouv√©e avec les deux objectifs que nous avions d√®s le d√©part, la sanction et la dissuasion, et toujours la m√™me m√©thode, la fermet√© r√©fl√©chie.

Q - Comment jaugez-vous aujourd'hui la bonne volonté pour l'avenir proche du président Bachar Al-Assad ?

R - Je ne me hasarderai pas, en ce qui le concerne, à parler de bonne volonté. Ce que je prends en considération, c'est la position nouvelle exprimée par mon collègue russe hier et rejoint aujourd'hui par les Chinois, qui s'explique, chacun l'a compris, par la fermeté que nous avons manifestée. J'ai compris que le régime syrien avait pris acte, mais il va de soi qu'il faut être extrêmement vigilant.

Q - Cette résolution retarde-t-elle voire annule-t-elle les frappes ?

R - Nous avons la même attitude depuis le début. Notre objectif, c'est l'élimination de la menace chimique et la protection du peuple syrien. On l'a vu avec les propositions russes hier. C'est notre détermination à agir, y compris d'ailleurs par des moyens militaires, qui a permis qu'émerge hier une voie nouvelle pour y parvenir. Nous voulons explorer, de bonne foi, cette voie nouvelle mais nous ne voulons pas que cela serve des manoeuvres dilatoires. Toutes les options restent actuellement sur la table.

Q - Vous êtes-vous coordonnés avec les Américains au sujet de cette résolution ?

R - Nous sommes en contact permanent avec l'ensemble de nos partenaires et bien s√Ľr avec les Am√©ricains. Le contact est permanent et les √©changes le sont √©galement. J'aurai au t√©l√©phone mon coll√®gue John Kerry √† la fin de cette matin√©e, je m'entretiendrai √©galement avec Mme Ashton et avec M. William Hague. Dans la journ√©e, j'aurai aussi un entretien avec le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, avec M. Lavrov et avec mon coll√®gue chinois.

Q - Avez-vous parlé aux Russes de ce projet de résolution que la France veut déposer ? Avait-il été question de cette initiative russe au sommet du G20 ? Avez-vous finalement un sentiment d'agacement de voir les Russes qui proposent une sortie politique après deux ans de crise et après cent mille morts alors que cette initiative aurait pu être proposée par les Russes depuis très longtemps déjà ?

R - Nous avons, √† plusieurs reprises, avec mon coll√®gue Lavrov et avec d'autres homologues, examin√© cette question de l'interdiction des armes chimiques √©videmment. Mais, jusqu'√† pr√©sent, il n'y avait de ce c√īt√©-l√† aucune perspective. Il se trouve que les choses ont chang√© hier et tant mieux. Je pense, lorsque l'on est de bonne foi, que l'un des √©l√©ments importants qui explique ce changement, c'est la fermet√© que nous avons manifest√©e. Et peut-√™tre aussi, mais je ne veux pas me lancer dans des interpr√©tations, l'approche du rapport des inspecteurs qui montrera √† coup s√Ľr que le massacre chimique est malheureusement √©vident. De plus, les preuves s'accumulent chaque jour que le r√©gime en est responsable.

Je crois, pour répondre à votre seconde question, qu'il faut prendre la perche qui est tendue quelles que soient les interprétations. Il faut prendre la perche tendue mais il ne faut pas tomber dans un piège, c'est la raison pour laquelle la résolution que va proposer aujourd'hui même la France permettra de mettre chacun au pied du mur.

Q - Au G20 on nous a assuré que le sujet de la Syrie n'était même pas encore abordé au moment de la rencontre bilatérale entre le président Poutine et le président Xi Jinping. Mais le président Hollande a eu aussi une rencontre avec le président chinois. Cela fait un moment qu'en France on parle de blocage au sein de l'ONU par la Chine et la Russie. Pensez-vous qu'aujourd'hui le déblocage n'est plus une mission impossible, si ce n'est pas un piège ?

R - Je le souhaite. Lorsque le pr√©sident Hollande a rencontr√© ses homologues √† Saint-P√©tersbourg, il a abord√© bien s√Ľr ce sujet. En ce qui concerne nos coll√®gues chinois, on conna√ģt leur position. Mais je pense que l'√©cho qu'ils ont donn√© √† la proposition russe, √©cho qui nous a √©t√© rapport√© ce matin, est positif. Je souhaite m'entretenir, tout √† l'heure, avec mon coll√®gue chinois, et j'envisage de me rendre √† la fin de la semaine en Chine, et un peu plus tard en Russie.

Q - Monsieur le Ministre, il y a des années que des experts de l'ONU sont en Iran pour le dossier nucléaire pour tenter de savoir quel est l'état du nucléaire en Iran. Est-ce que vous ne craignez pas de tomber dans une situation similaire en Syrie pour le chimique ?

R - Non, la situation n'est pas la m√™me. D'abord parce que, s'agissant de la Syrie, l'utilisation des armes chimiques est av√©r√©e et que, malheureusement, le massacre chimique est av√©r√©. Nous savons donc qu'il y a un arsenal chimique consid√©rable, on parle de plus de 1 000 tonnes. L'objectif est √† la fois d'organiser le contr√īle puis le d√©mant√®lement de l'armement chimique syrien. Sur ce point, la proposition russe est extr√™mement pr√©cise et on peut la reprendre mot pour mot : le contr√īle, le d√©mant√®lement et l'adh√©sion √† la convention sur l'interdiction des armes chimiques. Lorsqu'on adh√®re √† cette convention, ce qui est √©videmment notre d√©termination en ce qui concerne la Syrie, un recensement est imm√©diatement fait, arme par arme, site par site. Dans le cas de la Syrie, cela demandera du temps et sera particuli√®rement compliqu√© en raison du conflit actuel. Mais, comme l'ont dit nos coll√®gues russes et chinois, et comme nous le disions depuis d√©j√† tr√®s longtemps, la seule mani√®re d'emp√™cher que M. Bachar recommence, c'est de faire en sorte qu'il y ait d'abord un contr√īle et qu'il y ait ensuite une destruction de ces armes chimiques qui sont interdites depuis tr√®s longtemps.

En ce qui concerne le nucléaire iranien c'est encore autre chose. Les Iraniens n'ont pas encore l'arme nucléaire. Ce que disent les résolutions internationales, et nous voulons que les Iraniens se conforment aux résolutions internationales, c'est qu'ils n'aillent pas vers l'arme nucléaire. Autant ils ont parfaitement le droit d'utiliser l'énergie du nucléaire civil, autant la possession par l'Iran de l'arme nucléaire serait un grand danger pour toute la région.

Vous connaissez notre position qui n'est pas simplement la position de la France, mais celle des quatre autres membres permanents du Conseil de s√©curit√© (√Čtats-Unis, Grande-Bretagne, Russie et Chine), qui est de dire : n√©gocions. Si la n√©gociation aboutit, √† ce moment-l√† il n'y aura pas d'armes nucl√©aires et on pourra lever les sanctions. Simplement, √† ce jour, les n√©gociations n'ont pas abouti et elles doivent d'ailleurs reprendre d'ici quelques semaines. Mme Ashton, qui n√©gocie pour nous, doit voir son homologue lors de l'assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies et je rencontrerai mon coll√®gue iranien √† New York.

Mais il faut bien comprendre que nous n'en sommes pas du tout au même stade. Dans le cas iranien, ce qui nous préoccupe, et le mot est faible, c'est que les négociations n'ont pas avancé pour le moment et, dans le même temps, les dotations de l'Iran ont beaucoup augmenté, puisque les Iraniens ont plus de 18 000 centrifugeuses y compris des centrifugeuses de deuxième génération qui permettent d'aller beaucoup plus vite depuis un enrichissement faible jusqu'à un enrichissement fort. Ils ont aussi la perspective de la construction d'un réacteur à Arak dit plutonigène, qui dégage du plutonium et donc qui est extrêmement dangereux et proliférant.

Nous sommes très vigilants, attachés à ce que l'utilisation d'énergie du nucléaire civil par les Iraniens soit reconnue mais absolument pas la marche vers la bombe atomique.

Q - Quels seraient les délais d'une vérification acceptable selon vous, parce qu'en fait dans une situation de guerre civile, c'est très compliqué ; les experts disent que les délais sont assez importants même dans une situation de paix ? Donc, quel délai, quelle vérification serait acceptable ?

R - C'est vrai que c'est tr√®s difficile. Il ne faut pas dissimuler cet aspect, et c'est la raison pour laquelle il faut que les premiers engagements de la Syrie soient quasiment imm√©diats. Le premier c'est √©videmment d'adh√©rer √† la convention sur l'interdiction des armes chimiques, qui oblige les √Čtats qui adh√®rent √† donner un recensement de l'ensemble de leur mat√©riel, de leurs sites et de leurs armes. Ensuite, il faut qu'il y ait des contr√īles et vous avez vu que le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies est all√© dans le m√™me sens. Les Russes, qui ont √©t√© √† l'origine, il y a un certain nombre d'ann√©es, du programme chimique syrien, doivent avoir un certain nombre d'indications √† ce sujet. Le contr√īle doit √™tre international bien s√Ľr et il ne s'agit pas, encore une fois, d'accepter des manoeuvres dilatoires.

Donc oui, vous avez raison, c'est quelque chose de tr√®s difficile mais indispensable de toutes les mani√®res, car il faut √īter l'armement des mains du criminel.

Merci beaucoup./.

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2. Syrie - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęEurope 1¬Ľ (Paris, 10/09/2013)

Q - Cette nuit, à la demande du président de la République, vous avez exprimé un oui conditionnel à la démarche russo-syrienne. La France reste-t-elle sceptique ou fait-elle confiance à ceux qui ont fait cette proposition ?

R - Cette proposition, nous l'accueillons à la fois avec intérêt et avec prudence. Intérêt, parce que c'est la première fois qu'il y a cette ouverture et cela peut permettre peut-être de trouver une piste de solution ; prudence, d'abord parce que c'est un revirement quand même brusque et ensuite, parce que, pratiquement, c'est quand même très difficile à organiser, à appliquer.

Q - Pourquoi dites-vous un revirement russe ?

R - Jusqu'à présent, il y a eu une succession de positions. Au départ, les Russes niaient qu'il y ait un armement chimique, un stock chimique en Syrie. Ensuite, ils ont nié qu'il y ait eu un massacre chimique. Ils ont donc évolué. Très bien ! Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est la raison pour laquelle les Russes ont évolué.

Je pense qu'il y a deux grandes raisons. Premièrement, je pense que notre fermeté paie. Deuxièmement, ils se rendent compte que les preuves du massacre chimique sont de plus en plus accablantes. Ils veulent donc - et c'est tout à fait légitime - pouvoir un petit peu se dégager de l'emprise syrienne.

Q - Mais vous n'avez pas peur que ce soit une manipulation ultime de dernière heure ?

R - C'est pour cela que je dis ¬ęint√©r√™t et prudence¬Ľ...

Q - C'est-à-dire que cela peut être une perche tendue pour la paix ou un piège ?

R - Exactement ! C'est tout à fait bien résumé. Si c'est une perche, il faut la saisir. Si c'est un piège, il ne faut pas tomber dedans.

C'est la raison pour laquelle nous avons posé au moins trois conditions, que j'ai exprimées hier, après m'en être entretenu avec François Hollande.

La premi√®re, c'est qu'il faut √©videmment qu'il y ait un engagement √† contr√īler, puis √† d√©truire le stock - engagement pas seulement des Russes mais aussi des Syriens.

Deuxièmement, il faut que cet engagement soit contraignant et donc, s'il n'est pas tenu, qu'il y ait des sanctions.

Troisi√®mement, il y a quand m√™me eu un massacre chimique - ce que M. Ban Ki-moon appelle un crime contre l'humanit√© - il va donc falloir le sanctionner, d'o√Ļ la Cour p√©nale internationale.

Q - Détruire sans délai l'arsenal chimique, c'est...

R - ...très compliqué !

Q - Il faut qu'il le fasse lui-m√™me, cela co√Ľtera des milliards, on se demande qui paie et, d'autre part, cela prend des ann√©es.

R - Oui. C'est pour cela qu'il faut être extrêmement vigilant. On ne va pas rentrer dans les détails techniques, mais on sait que la Syrie a plus de 1 000 tonnes d'armes chimiques ; ce qui est énorme. Ces armes sont très difficiles à la fois à localiser et à détruire ; cela prend beaucoup de temps.

On est dans une r√©alit√© de guerre civile, vous imaginez donc les difficult√©s. Et ce ne sont √©videmment pas aux Syriens et aux Russes seuls que l'on peut faire confiance, c'est-√†-dire qu'il faut qu'il y ait un contr√īle international. D'ailleurs, vous avez vu que M. Ban Ki-moon, le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, est all√© dans le m√™me sens que nous.

Q - Si la proposition russe est recevable, pourquoi n'est-ce pas la France qui la première a fait cette proposition ?

R - Nous avons souvent discut√© avec Sergue√Į Lavrov, avec les Am√©ricains et avec d'autres, du contr√īle et de la destruction des armes chimiques, mais jusqu'√† pr√©sent les Russes refusaient compl√®tement.

Le point qu'il faut avoir présent à l'esprit, c'est que l'attitude que nous avons eue dès le début, la fermeté réfléchie, peut permettre d'avancer.

Q - Vous pensez que vous avez eu raison de marquer par de la fermeté votre position ?

R - Pourquoi pensez-vous que les Russes ont évolué ? C'est parce qu'il y a eu un début de coalition dans laquelle la France a sa pleine place. Nous disons que nous voulons à la fois la sanction et la dissuasion : la sanction du crime contre l'humanité et la dissuasion pour qu'on retire à M. Bachar Al-Assad le permis de tuer. À partir de notre fermeté commune, les Russes évoluent - tant mieux - mais il faut en même temps rester prudent.

Q - Les √Čtats-Unis se disent pr√™ts √† discuter des armes chimiques avec les Russes. Est-ce que ce matin, Laurent Fabius, la France r√©clame, avec votre voix, d'√™tre associ√©e √† toutes ces discussions ?

R - Bien s√Ľr ! La France sera associ√©e √† ces discussions. J'aurai d'ailleurs, dans la journ√©e, un entretien avec mon coll√®gue am√©ricain. Je dois me rendre en Russie au d√©but de la semaine prochaine. J'aurai √©galement des entretiens avec mon coll√®gue chinois, mes coll√®gues europ√©ens, le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies. Il y a une discussion permanente.

Q - À l'égard de Bachar Al-Assad, l'objectif était de l'obliger à négocier une solution politique ?

R - Oui.

Q - Est-ce que vous répétez, ce matin : au bout du bout il doit partir ?

R - Bien s√Ľr qu'il partira ! On imagine mal que quelqu'un responsable de 110.000 morts puisse ind√©finiment rester au pouvoir. Notre objectif est bien la n√©gociation politique mais nous avons dit, et cela commence d'√™tre prouv√© - je l'esp√®re -, que pour arriver √† faire bouger la situation il fallait faire preuve d'une grande fermet√©.

Q - Vous voulez que soient jug√©s par la Cour p√©nale internationale les auteurs du massacre du 21 ao√Ľt ?

R - Oui !

Q - Et Bachar Al-Assad, faut-il aller l'arrêter ou pensez-vous qu'il va se livrer tout seul ?

R - Non, ce n'est pas la proc√©dure. D'ailleurs, une r√©solution du Conseil de s√©curit√©, il y a longtemps, a √©t√© propos√©e qui pourrait aller dans ce sens. M. Ban Ki-moon lui-m√™me a dit qu'il s'agissait d'un ¬ęcrime contre l'humanit√©¬Ľ. Quand il y a crime contre l'humanit√©, il faut qu'il y ait une saisine et cela passe par le Conseil de s√©curit√©. Nous demandons donc - nous l'avons fait d√©j√† depuis longtemps mais nous le redemandons - que la Cour p√©nale internationale puisse avancer.

Q - Les frappes franco-américaines étaient envisagées et préparées ; elles n'auront pas lieu ?

R - Il ne faut pas dire cela ! Je vous le r√©p√®te, c'est la fermet√© qui peut permettre d'avancer. Pour nous, la fermet√© cela veut dire que si Bachar Al-Assad n'accepte pas la dissuasion, c'est-√†-dire qu'on lui supprime son ¬ępermis¬Ľ de tuer, il faudra bien s√Ľr une r√©action.

Q - Oui, mais il continue √† tuer. Il a le ¬ępermis¬Ľ pour tuer avec des armes conventionnelles ?

R - Aujourd'hui, oui !

Q - Il est en train de massacrer peut-être les chrétiens de Malula qui appellent au secours et qu'il faut aider ?

R - Exactement !

Q - Mais cela veut dire que les frappes restent, comme l'épée de Damoclès, une menace sur la tête de Bachar Al-Assad ?

R - Exactement.

Q - Vladimir Poutine n'offre-t-il pas une porte de sortie à Barack Obama qui était indécis et qui, peut-être ce matin, est soulagé ?

R - Je pense que M. Poutine s'offre peut-√™tre une porte de sortie √† lui-m√™me, parce qu'il est tr√®s lourd de rester attach√©, comme √† un rocher, √† M. Bachar Al-Assad, dont tout le monde reconna√ģt maintenant qu'il a un armement chimique terrifiant et qu'il est responsable d'un massacre chimique.

Q - Est-ce que Poutine ne marque pas le retour, malgré tout, sur la scène mondiale de la Russie grande puissance, c'est-à-dire qu'il faut l'écouter ?

R - Il faut bien s√Ľr toujours l'entendre. Nous avons, √† de nombreuses reprises, discut√© avec les Russes. Je vous le dis, je me rends - c'√©tait pr√©vu d'ailleurs - √† la fin de la semaine, au d√©but de la semaine prochaine √† Moscou.

Q - Le pr√©sident Fran√ßois Hollande attendait pour s'exprimer le vote du Congr√®s am√©ricain - on voit qu'il est retard√© - et le rapport des inspecteurs de l'ONU - on n'en parle presque plus. Le pr√©sident va-t-il s'adresser bient√īt aux Fran√ßais ou ne doit-il pas s'adresser plus vite que pr√©vu aux Fran√ßais ?

R - Il s'adressera bien s√Ľr aux Fran√ßais, mais il a eu raison de dire qu'il s'adresserait aux Fran√ßais lorsqu'il aura les diff√©rents √©l√©ments en main.

Les choses ont déjà bougé plusieurs fois. Rappelez-vous que la semaine dernière on nous réclamait un vote à l'Assemblée nationale, quel sens aurait eu le vote ? Il y aura le rapport des inspecteurs - il faut l'avoir - certainement la semaine prochaine. À partir des différents éléments, le président de la République s'exprimera.

Ayez ceci √† l'esprit : depuis le d√©but, nous disons ¬ędissuasion et sanction¬Ľ. Sanction puisqu'il y a eu un crime massif ; dissuasion pour √©viter que cela recommence. C'est cette m√™me ligne de fermet√© r√©fl√©chie que nous tenons.

Q - Une derni√®re question ! La Syrie ne fait-elle pas oublier d'autres dangers, d'autres menaces ? Tout indique que l'Iran est en train de progresser vers le nucl√©aire militaire ? Son armement atomique n'est-il pas devenu in√©luctable et ne va-t-on pas le voir appara√ģtre dans un an ou deux ?

R - Il n'est pas inéluctable mais il est extrêmement dangereux et j'ai toujours considéré que, derrière le drame syrien, il y avait la menace du nucléaire iranien. Vous comprenez bien que c'est seulement en étant très ferme sur l'affaire syrienne que l'on peut parvenir à dissuader les Iraniens d'aller vers l'arme nucléaire ; ce qui, tout le monde le comprend dans cette région éruptive, serait un drame absolu.

Q - Le moment n'est pas venu pour vous d'aller à Téhéran ?

R - J'ai eu mon collègue iranien au téléphone l'autre jour et je le verrai à la fin du mois à l'ONU. Je verrai donc, comme ministre des affaires étrangères français, le ministre des affaires étrangères iranien à New York./.

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3. Syrie - Armes chimiques - D√©claration du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 09/09/2013)

La proposition du ministre russe des affaires √©trang√®res, Sergue√Į Lavrov, m√©rite un examen pr√©cis. Il reconna√ģt maintenant, sous la pression forte que nous avons exerc√©e, qu'il y a un probl√®me grave avec l'√©norme stock d'armes chimiques que poss√®de Bachar Al-Assad. Cette proposition serait recevable √† au moins trois conditions :

- M. Bachar Al-Assad doit s'engager sans d√©lai √† mettre sous contr√īle international et √† laisser d√©truire l'ensemble de son arsenal chimique ;

- cette opération doit se faire sur la base d'une résolution contraignante du Conseil de sécurité, avec un calendrier court et des conséquences fermes s'il ne respectait pas ses engagements ;

- les responsables du massacre chimique du 21 ao√Ľt ne doivent pas rester impunis. La Cour p√©nale internationale devra donc √™tre saisie.

Depuis le début, la France s'est fixé deux buts : la sanction et la dissuasion. C'est pourquoi nous demandons maintenant des engagements précis, rapides et vérifiables de la part du régime syrien./.

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4. Royaume-Uni - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 10/09/2013)

La ministre du commerce extérieur, Mme Nicole Bricq, s'est rendue à Londres le 9 septembre. Ce déplacement s'inscrit dans une volonté forte de relance du commerce intra européen alors que la France a multiplié par 10 son déficit commercial avec les pays de l'Union Européenne ces dix dernières années.

La ministre est ainsi all√©e √† la rencontre des entreprises et des partenaires de l'export du ¬ęmieux se nourrir¬Ľ qui reste notre premier exc√©dent au Royaume-Uni mais qui souffre d'une concurrence accrue, notamment de la part des Pays-Bas qui sont r√©cemment devenus le 1er fournisseur.

Offre trop dispersée, complexe, manque d'adaptation de nos produits à la demande britannique... nos points faibles sont connus. Afin d'y remédier, Nicole Bricq, souhaite développer les "clubs d'exportateurs" pour regrouper sur une filière donnée des PME exportatrices autour d'une stratégie commune.

Ce d√©placement a √©galement √©t√© l'occasion d'aborder les questions de politique commerciale avec Lord Green, Secr√©taire d'√Čtat au commerce et √† l'Investissement. Les deux ministres ont ainsi soulign√© l'importance qu'ils accordaient √† la transparence dans les n√©gociations sur l'Accord de partenariat transatlantique. Compte tenu de la dimension syst√©mique de l'accord, l'association des parlementaires, des entreprises et de la soci√©t√© civile est fondamentale. Tous deux ont √©galement indiqu√© que l'accord devra √™tre ambitieux sur l'ouverture des march√©s publics et porter sur la r√©gulation des services financiers. Ils ont appel√© √† la plus grande vigilance concernant l'inclusion d'un volet de protection des investissements.

La ministre a enfin participé à un débat public avec la communauté française - à l'invitation d'Axelle Lemaire, députée des Français établis en Europe du Nord - sur la compétitivité de la France et l'aide à l'internationalisation des entreprises.

Ce déplacement s'inscrit dans le cadre d'une tournée européenne qui a déjà conduit la ministre en Suède et en Lituanie avant la Pologne, l'Italie, le Danemark et l'Allemagne dans les prochaines semaines./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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