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D√©clarations officielles de politique √©trang√®re du 28 ao√Ľt 2013


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Edi Rama, Premier ministre d√©sign√© d'Albanie - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Radoslaw Sikorski, ministre des affaires √©trang√®res de Pologne - Entretien de M. Laurent Fabius avec Mme Emma Bonino, ministre des affaires √©trang√®res d'Italie - Incidents dans le camp de Qalandiya - Centrafrique - Syrie (Paris, 28/08/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Edi Rama, Premier ministre d√©sign√© d'Albanie (Paris, 28 ao√Ľt 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, reçoit aujourd'hui M. Edi Rama, Premier ministre désigné d'Albanie.

Cet entretien sera l'occasion d'une première prise de contact, à la suite des élections législatives du 23 juin 2013. Il permettra de faire le point sur les différents aspects de notre relation bilatérale, notamment dans le domaine économique, et d'évoquer la perspective européenne de l'Albanie.

Cette rencontre illustre la relance de la pr√©sence fran√ßaise dans les Balkans, souhait√©e par le pr√©sident de la R√©publique lors du sommet des chefs d'√Čtats des Balkans qui s'est tenu √† Brdo en Slov√©nie le 25 juillet dernier. M. Laurent Fabius a nomm√© M. Alain Richard repr√©sentant sp√©cial dans les Balkans, pour y appuyer notre action.

2 - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Radoslaw Sikorski, ministre des affaires √©trang√®res de Pologne (Paris, 29 ao√Ľt 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, recevra demain son homologue polonais Radoslaw Sikorski. Cette rencontre s'inscrit dans le cadre de l'approfondissement de la relation franco-polonaise souhaitée par nos deux pays.

Les ministres √©voqueront les principales questions r√©gionales, √† commencer par la situation en Syrie, en √Čgypte, au Mali, ainsi que le processus de paix au Proche-Orient.

Ils discuteront ensuite des sujets européens, et en particulier de la stratégie européenne pour la croissance, de la politique commerciale de l'Union européenne et de la politique européenne de l'énergie et du climat en vue de la conférence sur le changement climatique qui se tiendra en novembre en Pologne. Ils aborderont également la politique européenne de voisinage, le Partenariat oriental, la politique d'élargissement ainsi que l'avenir de la politique de sécurité et de défense commune.

Sur le plan bilatéral, les ministres évoqueront enfin la préparation des consultations intergouvernementales qui se tiendront à l'automne en Pologne ainsi que la préparation d'un nouveau programme de coopération pour la période 2013-2018. Ils discuteront également des partenariats industriels entre nos pays, en particulier dans les domaines du nucléaire et de la défense.

M. Radoslaw Sikorski a √©t√© invit√© par M. Laurent Fabius √† participer √† la conf√©rence des ambassadeurs. Il interviendra sur le th√®me du r√īle de l'Union europ√©enne dans la gestion des crises.

3 - Entretien de M. Laurent Fabius avec Mme Emma Bonino, ministre des affaires √©trang√®res d'Italie (Paris, 29 ao√Ľt 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, s'entretiendra demain avec son homologue italienne.

Les deux ministres √©voqueront la situation en Syrie et en √Čgypte ainsi que le processus de paix au Proche-Orient. M. Fabius et Mme Bonino discuteront √©galement des principales questions europ√©ennes, en particulier l'approfondissement de l'Union √©conomique et mon√©taire et la pr√©paration du Conseil europ√©en des 24 et 25 octobre. Ils aborderont enfin la pr√©paration du prochain sommet franco-italien, pr√©vu √† Rome √† l'automne.

Mme Emma Bonino a √©t√© invit√©e par M. Laurent Fabius √† participer √† la conf√©rence des ambassadeurs. Elle interviendra sur le th√®me du r√īle de l'Union europ√©enne dans la gestion des crises.

4 - Incidents dans le camp de Qalandiya

Nous sommes tr√®s pr√©occup√©s par les incidents survenus le 26 ao√Ľt au camp de r√©fugi√©s de Qalandiya au nord de J√©rusalem, qui ont conduit √† la mort de trois Palestiniens.

Nous souhaitons que toute la lumière soit faite sur ces incidents.

Nous appelons à la retenue et au calme.

5 - Centrafrique

Q - Le président Hollande a appelé hier l'Onu et l'UA à agir en Centrafrique. Concrètement, que demande la France ? Quelle est la teneur du projet de résolution au CSNU sur lequel travaille Paris ? Combien de temps la France va-t-elle maintenir ses militaires en Centrafrique ?

R - Le président de la République a rappelé hier la gravité de la situation en Centrafrique et souligné les responsabilités qui incombent à l'Union africaine et au Conseil de sécurité.

Face √† la d√©gradation de la situation s√©curitaire et les exactions perp√©tr√©es contre la population civile, une Mission internationale de soutien √† la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) a r√©cemment √©t√© mise en place pour renforcer l'action d√©j√† conduite par les √Čtats d'Afrique centrale. La France renouvelle son soutien √† cette mission. Elle salue les initiatives des √Čtats de la Communaut√© √©conomique d'Afrique centrale et de l'Union africaine pour parvenir √† une sortie de crise durable en RCA. Comme l'Union europ√©enne, la France a renforc√© son assistance dans le domaine humanitaire.

En liaison avec ses partenaires africains, la France travaille avec les membres du Conseil de sécurité à un projet de résolution pour soutenir ces efforts de stabilisation et renforcer l'action des Nations unies - en particulier pour appuyer une transition politique conforme aux attentes de la communauté internationale, mieux garantir le respect des droits de l'Homme et améliorer l'accès humanitaire aux populations. Nous souhaitons que ce projet puisse être présenté à New York dans les prochaines semaines.

S'agissant des forces du détachement Boali en République centrafricaine, dont la mission principale est d'assurer la sécurité des ressortissants français établis dans le pays, je vous renvoie au ministère de la défense.

6 - Syrie

Q - Le président a annoncé hier que la France augmenterait son soutien militaire à la Coalition national syrienne. Qu'est-ce qu'il entend par cela? S'il est question d'armer la rébellion qu'en est-il des craintes que les armes pourraient tomber entre les mains d'extrémistes?

R - L'augmentation de notre soutien militaire à la Coalition nationale syrienne se fera "dans le respect de nos engagements européens", comme l'a précisé le président de la République hier devant les ambassadeurs.

L'Union européenne a levé l'embargo sur les équipements militaires à destination de la Coalition nationale syrienne le 27 mai 2013.

Nous nous sommes engag√©s avec les autres √Čtats membres √† ne proc√©der √† des livraisons qu'√† la Coalition nationale syrienne, dans le but de prot√©ger la population civile, et √† exiger des garanties sur l'utilisateur final et la destination des √©quipements, afin d'en assurer le suivi attentif./.

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2. XXIe conf√©rence des ambassadeurs - Syrie - Mali - Afrique - UE - Maghreb - Proche-Orient - G20 - Diplomatie √©conomique - Fran√ßais de l'√©tranger - Francophonie - Climat - D√©veloppement - Discours du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Paris, 27/08/2013)

Monsieur le Président du Sénat,

Monsieur le Président de l'Assemblée nationale,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Au moment o√Ļ je m'exprime devant vous, le monde est saisi d'effroi apr√®s la r√©v√©lation de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie.

Tout porte à croire que c'est le régime qui a commis cet acte abjecte. Il le condamne définitivement aux yeux du monde. Car c'est une ignominie que de recourir à des armes que la Communauté des nations a banni depuis 90 ans dans toutes ses conventions internationales.

Dois-je rappeler que ce conflit a fait d√©j√† plus de 100.000 morts. Et qu'il se propage d√©sormais √† l'ensemble de la r√©gion. Au Liban par des attentats. En Jordanie et en Turquie par l'afflux des r√©fugi√©s. En Irak par le d√©cha√ģnement de violences meurtri√®res. Cette guerre civile menace aujourd'hui la paix du monde.

Depuis un an, la France a agi. Elle f√Ľt √† l'initiative de la conf√©rence des Amis du peuple syrien qui s'est r√©unie √† Paris en juillet 2012. Elle fut la premi√®re √† reconna√ģtre en septembre dernier la Coalition nationale comme repr√©sentante l√©gitime du peuple syrien. Tr√®s vite, elle a prodigu√© √† l'opposition les aides humanitaires et mat√©rielles pour mener son combat.

Aujourd'hui, notre responsabilité c'est de rechercher la riposte la plus appropriée aux exactions du régime syrien, une fois achevée l'essentiel de la mission d'enquête des Nations unies.

Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse. La communauté internationale ne peut rester sans réagir face à l'usage d'armes chimiques. La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision effroyable de gazer des innocents.

Ces derniers jours, j'ai multiplié les consultations avec nos alliés, notamment Américains et Européens, comme avec nos partenaires arabes, pour envisager toutes les options. Demain, je réunirai un conseil de défense et le Parlement sera informé de la situation dans les meilleurs délais.

Par ailleurs, j'ai d√©cid√© d'accro√ģtre notre soutien militaire √† la Coalition nationale syrienne, dans le respect de nos engagements europ√©ens.

Ce n'est qu'avec cette fermeté qu'une solution politique pourra un jour prévaloir en Syrie.

La responsabilité de la France, tel est le sens et l'honneur de la politique étrangère que je conduis avec Laurent Fabius depuis mon élection.

Elle se fonde sur trois grands principes :

- l'indépendance, qui nous conduit à chaque instant à décider en plein souveraineté, tout en étant fidèle à nos alliances, à la solidarité européenne et à nos accords bilatéraux. C'est cette liberté qui rend la France utile au monde et à la paix.

- Le respect du droit international.

C'est la meilleure garantie pour respecter les frontières, pour régler les différends et pour faire prévaloir la sécurité collective.

Mais le droit international doit √©voluer avec son temps. Il ne peut √™tre un pr√©texte pour laisser se perp√©trer des massacres de masse. C'est pourquoi je reconnais le principe de ¬ęla responsabilit√© de prot√©ger¬Ľ, les populations civiles que l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies a vot√© en 2005.

- Enfin, l'exigence du dialogue car la France veut √™tre un pont entre les continents et √©viter ce que certains ont appel√© le choc des civilisations. Elle se veut une ¬ępuissance rep√®re¬Ľ, c'est-√†-dire une nation, qui s'exprime au-del√† de ses seuls int√©r√™ts.

- Ces principes, pour √™tre effectifs, s'appuient sur des moyens d'action. D'abord sa diplomatie mais aussi ses capacit√©s militaires qui lui conf√®rent un r√īle particulier, que son statut de membre permanent du conseil de s√©curit√© vient encore renforcer.

La France doit donc s'assurer que son outil de défense reste fiable. C'est ce que garantira la prochaine loi de programmation militaire, inspirée des travaux du Livre blanc sur la défense. Elle maintiendra pour les cinq ans qui viennent les crédits du budget de la défense y compris dans cette période si difficile pour nos finances publiques. Mais c'est la condition indispensable pour préserver notre crédibilité et pour décider d'une intervention chaque fois que notre pays l'estime nécessaire, dans le cadre du droit international.

Ce fut le cas au Mali le 11 janvier. Non pour se substituer aux Africains, mais pour agir avec eux...

Sept soldats français sont morts dans l'opération Serval, des dizaines d'autres ont été blessés. Je veux rendre hommage à leur sacrifice et plus largement à nos forces qui ont permis de libérer le territoire malien et d'organiser la tenue d'une élection présidentielle dont je salue le déroulement. Elle a donné une légitimité forte à son nouveau président, Ibrahim Boubacar Keita.

En huit mois, de janvier à juillet, nous aurons ainsi réussi à écarter les terroristes, sécuriser le Mali et engager la transition politique. Rarement une opération, ces dernières années, aura pu atteindre ses buts dans un si bref délai.

La France va d√©sormais r√©duire sa pr√©sence militaire mais elle continuera d'accompagner le Mali dans les d√©fis qui l'attendent : restaurer l'√Čtat, am√©liorer la gouvernance, assurer la s√©curit√©, mener √† bien le d√©veloppement. Et faire preuve d'une vigilance extr√™me.

Car les groupes violents, les terroristes comme les trafiquants cherchent √† s'installer l√† o√Ļ les √Čtats n'arrivent plus contr√īler leur territoire, et l√† o√Ļ la coop√©ration r√©gionale ne fonctionne pas.

On le voit en R√©publique d√©mocratique du Congo o√Ļ se multiplient les atrocit√©s dont les femmes et les enfants sont les premi√®res victimes. C'est pourquoi nous avons obtenu des Nations unies, la mise en place d'une brigade d'intervention dans les Kivus. Et il revient aujourd'hui √† la MONUSCO de s'opposer √† Goma aux groupes arm√©s qui d√©stabilisent la r√©gion.

De m√™me, il est plus que temps agir en Centrafrique. Ce pays est au bord de la ¬ęsomalisation¬Ľ. J'ai rencontr√© les ONG qui y travaillent. Elles font un travail admirable. Le bilan est accablant. 60 000 enfants risquent de mourir de malnutrition. Un million et demi d'habitants sur 5 millions sont d√©plac√©s

J'appelle l'Union africaine et le conseil de sécurité à se saisir de cette situation. La France les y aidera.

Mais je le rappelle ici, c'est avant tout aux Africains d'assurer leur sécurité.

C'est le sens du Sommet de l'√Člys√©e qui se tiendra en d√©cembre, huit mois apr√®s que l'Union africaine ait d√©cid√© de cr√©er une capacit√© de r√©ponse aux crises, et six mois apr√®s la r√©union sur la s√©curit√© maritime dans le Golfe de Guin√©e qui a engag√© des actions contre la piraterie.

L'Europe sera repr√©sent√©e au Sommet de Paris. Car c'est ensemble que nous devons r√©pondre aux demandes des pays africains en mati√®re de formation, d'encadrement et d'√©quipements de leurs arm√©es. Car ce continent est plein d'avenir. Il doit pouvoir par lui-m√™me ma√ģtriser son destin. La France sera √† ses c√īt√©s. Sans rien chercher pour elle-m√™me.

La responsabilité de la France, c'est aussi d'accompagner les pays arabes dans leurs difficiles transitions.

J'ai rappelé à Tunis qu'aucune religion n'était incompatible avec l'exercice de la démocratie et que l'Islam pouvait en apporter une nouvelle preuve dès lors que les libertés individuelles, l'égalité entre les femmes et les hommes et le pluralisme étaient respectés.

La France est donc solidaire du peuple tunisien pour lui permettre de retrouver la parole à travers l'organisation rapide d'élections aussi incontestables que celles de 2011.

Raison de plus pour dénoncer les auteurs des violences qui frappent en Tunisie des militants politiques et qui mettent sciemment en péril le processus démocratique.

C'est au nom de ces mêmes valeurs que nous appelons les autorités égyptiennes à rétablir au plus vite la paix civile et à aller vers de nouvelles élections avec l'ensemble des parties prenantes de la société. La France est disponible pour contribuer avec d'autres à une médiation. Elle fait cette proposition sans intention d'ingérence, mais dans le seul souci d'être efficace.

Je souhaite élargir mon propos en offrant de nouvelles perspectives de coopération aux pays de la région. J'ai proposé à Malte au Sommet 5+5 que nous construisions ensemble une Méditerranée des projets. Nous ne pouvons en rester aux initiatives sans lendemain de ces dernières années. J'en appelle à de nouveaux partenariats moins ambitieux mais plus concrets.

Mais, j'ai bien conscience que rien de solide ne pourra se faire sans que le conflit israélo-palestinien n'ait été réglé.

La position de la France est constante. Les bases d'une solution juste et durable sont connues. Elles reposent sur la coexistence de deux √Čtats, viables, qui se reconnaissent mutuellement de part et d'autre de fronti√®res s√Ľres.

J'ai soutenu l'admission de la Palestine aux Nations unies comme √Čtat observateur non-membre. Mais aucun vote ne saurait remplacer des discussions directes.

C'est pourquoi je salue la reprise des pourparlers, encouragée avec obstination par l'administration américaine. Que personne ne s'y trompe : c'est l'une des dernières occasions de conclure la paix.

Elle ne doit pas √™tre g√Ęch√©e. Avec ses partenaires europ√©ens, la France est pr√™te √† jouer tout son r√īle aupr√®s des Isra√©liens et des Palestiniens et en concertation avec ses partenaires arabes.

C'est ce que j'irai dire en Isra√ęl et en Palestine cet automne.

Mais un autre dossier menace la paix dans cette région. C'est le programme nucléaire iranien dès lors qu'il a une finalité militaire. Jusqu'à présent les négociations ont échoué. Je veux croire que l'élection du président Rohani pourra changer la donne.

Car l'Iran paie le prix des sanctions et de l'isolement. Et ce prix ira croissant si rien ne change.

Ce grand pays doit faire le choix de la transparence et du respect plein et entier de ses obligations internationales.

Alors j'attends des gestes concrets, rapides, vérifiables et vérifiés.

Mais le temps presse. √Ä mesure que l'Iran se donne les moyens de l'inacceptable, la menace grandit. Et le compte √† rebours est d'ores et d√©j√† enclench√©. D'o√Ļ l'urgence d'une n√©gociation dans le cadre du EU3+ 3. Elle doit d√©boucher rapidement sur des avanc√©es.

Ainsi, sur tous les enjeux, sur tous les conflits, sur toutes les crises, la France fait entendre sa voix. Non pour elle-même, pour son influence et ses intérêts, mais pour l'idée qu'elle se fait de l'équilibre du monde et de sa responsabilité.

Sa responsabilité c'est aussi de tirer toutes les conséquences des changements planétaires.

Les nouvelles puissances se comptent désormais par dizaines. En vingt ans, la part des pays émergents dans le PIB mondial est passée de 36 à 50 %. Les plus grands ont déjà atteint des niveaux technologiques comparables aux pays développés. Ils disposent de réserves de change considérables.

D'immenses classes moyennes s'y développent. On prévoit que les couches urbaines compteront plus de quatre milliards d'individus dans dix ans, dont la moitié en Asie. C'est un défi économique mais c'est aussi une opportunité considérable pour nos entreprises, nos universitaires, nos créateurs.

J'ai confiance dans la capacité de la France à affronter cette compétition.

Encore doit-elle prendre les bonnes décisions, adapter ses politiques, moderniser son économie. Ces réformes, je les ai engagées.

L'objectif que j'ai fixé est de retrouver d'ici 2017 l'équilibre de notre balance commerciale hors énergie.

L'ensemble des outils de l'√Čtat doivent √™tre mobilis√©s. Nos ambassades, nos consulats, les services √©conomiques √† l'√©tranger, Ubifrance, la Coface, l'Agence fran√ßaise pour les investissements internationaux : tous doivent travailler ensemble avec un seul objectif, soutenir nos entreprises dans la conqu√™te de nouveaux march√©s.

Les instruments de financement des exportations doivent également être améliorés : il n'est pas acceptable que de grandes offres industrielles françaises soient pénalisées face à leurs concurrents faute de soutien financier. Le gouvernement y travaille.

Les PME doivent être une des priorités de la diplomatie économique. Derrière chaque grand contrat gagné, les sous-traitants, les équipementiers, les fournisseurs français doivent eux-aussi accéder aux marchés. Je vous demande, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, d'y veiller.

Parallèlement, notre territoire doit davantage attirer les investisseurs, les entrepreneurs, les chercheurs, les étudiants. Toutes les facilités seront accordées, y compris dans la délivrance des visas.

Le tourisme doit être érigé en grande cause nationale, ce qui suppose d'améliorer l'accueil dans les aéroports, de renforcer la sécurité, de relever le niveau des équipements comme celui des prestations. La France est déjà la première destination touristique du monde, elle a pour objectif de dégager le premier solde touristique de tous les pays européens.

Il n'y a pas l'√©conomie d'un c√īt√©, le rayonnement de l'autre. Tout participe √† la pr√©sence de la France dans le monde :

Il en est ainsi de notre politique universitaire. La France accueille 48.000 chercheurs internationaux et 300.000 √©tudiants √©trangers : nous devons faire davantage. C'est le r√īle de Campus France, dont la mission est d'orienter davantage d'√©tudiants prometteurs vers nos universit√©s et nos grandes √©coles.

Notre r√©seau culturel est aussi un levier pour affirmer la ¬ęmarque France¬Ľ, promouvoir nos cr√©ateurs, nos architectes, faire de notre art de vivre une aspiration aupr√®s des classes moyennes √©mergentes.

Une diplomatie active, c'est aussi une diplomatie tournée vers les Français de l'étranger. Hélène Conway s'y emploie. Le nombre de nos compatriotes vivant hors de nos frontières a doublé en 15 ans. Notre pays en compte plus de deux millions, qui participent à la vie économique, culturelle et sociale de leur pays de résidence. Faire une partie de son parcours professionnel dans un autre pays devient une expérience de plus en plus courante. C'est une évolution à laquelle notre diplomatie, doit s'adapter. À la fois pour venir en soutien de nos concitoyens mais aussi pour valoriser leur présence.

Le rayonnement de la France, c'est sa langue : L'espace francophone rassemble 15 % de la richesse mondiale. C'est un atout formidable. En Afrique qui comptera 600 millions de francophones en 2050. Mais aussi en Asie et en Am√©rique o√Ļ notre langue est davantage utilis√©e. Et dans toutes les enceintes o√Ļ se prennent les d√©cisions car pour que le monde de demain se pense en fran√ßais, encore faut-il qu'il le parle. C'est la mission que j'ai confi√©e √† Yamina Benguigui.

La France est une nation universelle. Elle a vocation à définir de véritables partenariats avec de grands pays.

Avec la Chine, je souhaite que le cinquantième anniversaire du rétablissement de nos relations diplomatiques soit l'occasion de poursuivre notre coopération, en matière nucléaire civil et en matière énergétique, mais aussi de rééquilibrer nos échanges.

Le Premier ministre chinois m'avait dit par politesse que la Chine n'avait pas vocation à être, vis-à-vis de la France, excédentaire.

Je lui ai répondu, avec la même courtoisie, que la France n'avait pas vocation non plus à être structurellement déficitaire à l'égard de la Chine. Nous avions surement un mouvement à faire pour nous retrouver, mais aussi pour accueillir davantage d'investisseurs chinois en France.

Je ne voudrais pas ici créer de nouvelles peurs, mais quand nous avons la possibilité d'avoir des capitaux qui s'investissent en France, y compris dans notre appareil industriel, je ne veux pas les repousser.

De la même manière que nous soutenons les investissements qui se font à l'étranger, partant de France, car c'est un moyen d'accéder à des marchés, de concourir des positions, nous devons admettre qu'il y ait des investissements industriels portés par les pays émergents en France. Il y a depuis de nombreuses années un écart très grand entre les investissements français à l'étranger et les investissements étrangers en France.

M√™me si la France est un des pays o√Ļ il y a le plus d'investissements de pays √©trangers qui viennent sur notre territoire, apportant ainsi leurs capitaux.

Avec l'Inde, la plus grande démocratie du monde, je veux amplifier encore nos relations économiques, notre coopération de défense et nos échanges culturels.

Avec le Japon, la visite d'√Čtat que j'ai effectu√©e au mois de juin dernier a √©t√© l'occasion de renouer notre partenariat d'exception avec la 3√®me √©conomie du monde qui a mis la croissance au coeur de son agenda.

Avec le Brésil qui va accueillir des événements internationaux majeurs, la France a des affinités particulières. J'aurai l'occasion d'en apporter témoignage en m'y rendant d'ici la fin de l'année.

Avec l'Afrique du Sud, le dialogue étroit que nos deux pays entretiennent sur la sécurité du continent est particulièrement précieux puisqu'il permet d'en finir avec la coupure entre l'Afrique anglophone et l'Afrique francophone.

Enfin, je veux évoquer la Russie. Nous savons ce qui nous rapproche - l'histoire, l'économie, la culture - mais aussi ce qui nous sépare, et c'est cette franchise qui nous permet d'avancer.

Car j'ai le devoir d'exprimer partout notre attachement au respect des droits de l'Homme.

La France s'honore à les défendre lorsqu'ils sont bafoués. Et à rappeler l'exigence de dignité, d'égalité entre hommes et femmes, mais aussi de lutte contre l'homophobie qui prend des proportions inquiétantes.

La responsabilité de la France, c'est de contribuer à mieux gouverner le monde. Quels sont nos objectifs ?

D'abord poursuivre la lutte contre l'évasion fiscale. Des progrès importants ont été obtenus au G8 sur l'échange économique d'informations, la levée du secret bancaire et la lutte contre l'optimisation fiscale agressive. J'attends du G20 de Saint-Pétersbourg, la semaine prochaine, qu'il prolonge toutes ces avancées.

Ensuite réduire les déséquilibres globaux. Les grandes économies doivent davantage coordonner leurs politiques dans les instances de gouvernance, au FMI, à la Banque mondiale, au G8, au G20. La croissance des uns ne peut plus se faire au détriment des autres. Dans le même esprit, il est essentiel que les monnaies reflètent l'état réel des économies.

Enfin, trouver un accord sur le climat. Nous ne pouvons pas constater le réchauffement planétaire et rester sans réaction.

Ce sera l'objet de la conférence de 2015 qui se tiendra en France. Puisque nous en avons proposé l'organisation.

Pour réussir, nous avons à concilier deux impératifs : l'aspiration au développement, a fortiori des pays les plus pauvres, et la nécessité de contenir le réchauffement climatique dans des limites soutenables.

Notre approche s'appuiera donc sur les contributions volontaires des √Čtats, √©valu√©es selon des crit√®res fiables et transparents, et sur un accord global qui engagera tous les pays, selon les principes de ¬ęresponsabilit√© commune mais diff√©renci√©e¬Ľ.

La France a vocation à montrer l'exemple à travers sa propre transition énergétique et le respect de ses engagements européens. D'ores et déjà, elle a engagé un travail de conviction.

C'est la mission, que j'ai confiée à Nicolas Hulot.

J'ai confiance dans notre capacité à dépasser l'échec de Copenhague.

Le pr√©sident Obama s'est engag√© fortement sur la question du r√©chauffement et mes √©changes avec les dirigeants chinois, indiens, br√©siliens, comme avec les chefs d'√Čtats africains, me confortent dans l'id√©e qu'une voie de compromis est possible.

C'est également vrai pour assurer le financement du développement.

La France est le quatrième donateur mondial. J'avais pris l'engagement de rénover le cadre de cette politique qui représente plus de 9 milliards d'euros par an. C'est l'objet du projet de loi sur notre politique de développement, porté par Pascal Canfin.

L'action de la France sera concentrée sur les pays les plus pauvres et prévoira d'associer l'ensemble des acteurs du développement, notamment les collectivités locales, les ONG, les entreprises.

J'ai également demandé de maintenir notre contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose à son niveau actuel.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La responsabilité de la France, c'est de prendre l'initiative en Europe. Depuis un an, des progrès ont été accomplis : L'intégrité de la zone euro a été préservée. La Grèce a été sauvée, non sans douleur.

Des mécanismes de stabilité et de solidarité ont été introduits. La BCE y a pris sa part.

Le Pacte budgétaire a été ratifié.

L'union bancaire a été engagée.

La croissance a été remise au coeur de l'agenda.

L'emploi des jeunes est devenu notre priorité commune. La France accueillera d'ailleurs une deuxième conférence européenne sur ce thème en novembre.

Ce sont autant d'avancées que peu imaginaient possible en un an.

Aujourd'hui, l'Europe sort de la récession. Tout ce qui peut relancer l'activité et créer des emplois doit être accéléré et amplifié. Nous n'y parviendrons que par une réorientation de l'Europe.

Mes propositions se déclinent en trois points : simplifier, avancer, clarifier.

-· Simplifier, avec une présidence stabilisée de l'Eurogroupe, avec la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro, et avec une harmonisation des règles fiscales et sociales, notamment le salaire minimum.

-· Avancer. C'est donner du contenu au projet européen. Dans au moins trois domaines : d'abord l'énergie. Je plaide pour une communauté de l'énergie qui assure l'interconnexion des réseaux, la sécurité d'approvisionnement, la protection du climat.

Ensuite, le numérique. Je souhaite que l'Europe définisse dès octobre ses propres règles de protection des données privées et les technologies dont elle a besoin sur son sol.

Enfin la défense. Je veux, à l'occasion du conseil européen de décembre, donner une impulsion à une industrie européenne, mettre en oeuvre des programmes structurels et progresser vers l'Europe de la Défense.

-¬∑ Clarifier. Il est temps de tirer les conclusions des rapports diff√©rents qu'entretiennent les pays membres par rapport √† l'Union europ√©enne. Je respecte les choix de ceux qui veulent en rester l√† et m√™me de ceux qui d√©cideraient de se mettre de c√īt√©. Mais j'entends surtout aller plus loin avec les pays qui sont d√©cid√©s √† aller de l'avant. C'est notre projet d'int√©gration solidaire dans une ¬ęEurope diff√©renci√©e¬Ľ O√Ļ les rythmes, les contenus et m√™me les r√®gles de d√©cisions seraient distincts. Tout en gardant l'union de tous comme espace de libert√©, de d√©mocratie et de solidarit√©.

Sur tous ces sujets et donc sur cette initiative, la France entend agir en harmonie avec l'Allemagne. Parce que nos deux pays sont indissociables. Quels que soient les gouvernements, quelles que soient les majorit√©s, nous avons l'obligation de porter le futur de l'Europe. La semaine prochaine, j'accueillerai le pr√©sident de la R√©publique f√©d√©rale, M. Gauck, en visite d'√Čtat en France.

Il a voulu aller dans plusieurs lieux symboliques : √† Paris bien s√Ľr, o√Ļ se tiendra l'essentiel de la visite ; √† Marseille, pour encourager cette grande ville et saluer aussi sa renaissance culturelle ; et enfin √† Oradour-sur-Glane, pour porter le message, le seul qui vaille : ne rien oublier et √™tre capable, en m√™me temps, de construire l'avenir ensemble.

Ce sera une nouvelle démonstration de ce qu'est la force de cette amitié. Cette amitié a la caractéristique de ne pas être repliée sur les deux pays qui en ont décidé ainsi, mais d'être au service exclusif de l'idée européenne.

Au lendemain des élections allemandes, je souhaite que la France et l'Allemagne reprennent l'initiative, comme nos deux pays ont été capables de le faire, à chaque étape de la construction européenne.

Pour toutes ces raisons, et je n'oublie pas le renouvellement du Parlement européen, l'année qui s'ouvre sera décisive pour l'avenir de l'Europe.

Dois-je √™tre presque sch√©matique pour ne pas dire caricatural ? Ou l'Europe est capable de se redessiner un projet, ou lentement mais s√Ľrement elle conna√ģtra un processus de d√©sint√©gration, de d√©classement qui sera fatal, non pas simplement pour l'Europe - qui a constitu√© la grande aventure humaine de ces 70 derni√®res ann√©es -, mais qui sera pr√©judiciable pour l'ensemble du monde, parce que l'Europe est une r√©f√©rence, est un cadre, est m√™me un exemple de coop√©ration r√©gionale.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Vous portez le message de la France. C'est à la fois une charge et un honneur.

J'ai pu constater, au cours de mes nombreux d√©placements, la qualit√© de note outil diplomatique et de tous ceux qui y contribuent, civils et militaires. Laurent Fabius souhaite, √† juste raison, le faire √©voluer. Il ne s'agit pas de ¬ęchanger pour changer¬Ľ, il s'agit d'√™tre capable de relever les d√©fis et les changements du monde.

La France doit √™tre partout en mouvement, c'est cela votre mission et c'est aussi la n√ītre.

- En mouvement pour chercher des solutions politiques aux tensions qui surgissent,

- En mouvement, pour accompagner les aspirations des peuples,

- pour soutenir les pays les plus pauvres,

- pour promouvoir les régulations indispensables,

- pour nouer des partenariats avec les pays émergents,

- enfin, en mouvement, pour exercer notre responsabilité.

Il est des moments o√Ļ cette responsabilit√© est lourde : engager ou ne pas engager la France ? Agir ou ne pas agir ? D√©cider ou ne pas d√©cider ? Intervenir ou laisser faire ? Cette question est pos√©e au chef de l'√Čtat √† des moments particuliers dans l'histoire de notre pays. Une fois encore, cette question revient ou va revenir dans les prochains jours.

Agir ou ne pas agir ? Être là ou laisser les autres ? La France a décidé d'exercer, partout, sa responsabilité pour elle-même et pour l'équilibre du monde.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. XXIe conf√©rence des ambassadeurs - Syrie - Mali - Afrique - UE - Maghreb - Proche-Orient - G20 - Diplomatie √©conomique - Fran√ßais de l'√©tranger - Francophonie - Climat - D√©veloppement - Discours d'ouverture du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 28/08/2013)

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je suis heureux d'ouvrir notre traditionnelle conf√©rence des ambassadeurs et de vous y accueillir. Toute cette ann√©e, j'ai pu mesurer avec mes coll√®gues qui si√®gent √† mes c√īt√©s, l'ampleur de votre engagement, la qualit√© de votre travail et l'importance du r√©sultat obtenu.

Depuis notre pr√©c√©dente r√©union il y a un an, les sujets √† traiter n'ont pas manqu√©. Il y a les crises, il y a eu le Mali, il y a la Syrie, l'√Čgypte, d'autres, des transitions arabes, les otages. Il y a nos priorit√©s d'ensemble √† mettre en oeuvre, la diplomatie √©conomique, une nouvelle politique des visas, l'adaptation de notre r√©seau notamment.

Je veux, sur tous ces sujets, m'adressant aux ambassadeurs, saluer votre efficacit√©, votre professionnalisme, celui de tous vos collaborateurs, et un mot que l'on ne prononce peut-√™tre pas souvent mais qui est particuli√®rement m√©rit√©, votre courage. Je pense particuli√®rement √† toutes celles et √† tous ceux qui ont d√Ľ faire face physiquement √† ce qu'il est convenu d'appeler les risques du m√©tier. Et je veux vous dire pour tout cela, au nom du pr√©sident de la R√©publique et du gouvernement, merci. Je vous le dirai beaucoup plus longuement dans le vrai discours que je prononcerai √† la fin de cette conf√©rence, demain en fin d'apr√®s-midi puisque malheureusement, mes coll√®gues et moi-m√™me devront vous quitter dans quelques minutes : conseil des ministres, conseil de d√©fense, je n'ai pas besoin d'insister sur l'actualit√©.

L'an dernier, j'avais placé notre conférence sous le signe de la diplomatie économique. Il s'agissait de mobiliser l'ensemble de notre réseau au service de la priorité numéro un de notre pays, le redressement économique. Des résultats importants ont été obtenus et je salue l'engagement de tous. Nous en tirerons un premier bilan lors d'une réunion plénière cet après-midi et nous envisagerons les nouvelles actions à engager car cette priorité économique évidemment demeure.

Cette ann√©e, le th√®me g√©n√©ral que j'ai choisi est ¬ęLa France, puissance d'influence¬Ľ. L'objectif, c'est de fixer un cap pour notre diplomatie dans le cadre d'un exercice gouvernemental plus large qui se situe √† horizon de dix ans. Pr√©cis√©ment, ce terme de puissance d'influence ou de puissance rep√®re, que le pr√©sident de la R√©publique a utilis√© √† juste titre hier r√©sume bien la singularit√© de la France. Nous sommes sans doute moins grands que d'autres mais nous disposons dans de tr√®s nombreux domaines d'une capacit√© de peser bien sup√©rieure √† ce qui se d√©duirait m√©caniquement de notre seul poids √©conomique, culturel ou militaire. Notre objectif doit √™tre de pr√©server et de renforcer cette influence pour maintenir notre capacit√© √† affirmer nos int√©r√™ts et nos valeurs. Dans cette perspective, le pr√©sident de la R√©publique hier, le Premier ministre ce soir, ont donn√© et donneront des indications sur l'analyse d'ensemble et la feuille de route du gouvernement. Pour ma part, comme je vous l'indiquais, il y a un instant, j'y reviendrai en conclusion.

J'attends avec mes coll√®gues ministres de ces deux journ√©es qu'elles permettent de fixer dans tous les domaines, les priorit√©s qui doivent √™tre les n√ītres, pour que dans un monde boulevers√© o√Ļ les pays √©mergents auront, √† l'horizon de dix ans, pris un poids encore plus important, la France continue d'√™tre un acteur global dont la parole est respect√©e et une puissance √©conomique attractive, une puissance dont la culture est admir√©e et dont la langue est parl√©e sur tous les continents. Bref, un pays qui compte et qui aura su tirer parti des possibilit√©s offertes par la recomposition du monde.

Comme vous, je suis en effet convaincu que gr√Ęce √† ses atouts, √† condition bien s√Ľr que les choix soient pertinents, la France poss√®de toutes ses chances.

La première séance plénière est consacrée à l'influence de la France face aux changements du monde et aux nouveaux rapports de force. Elle va présenter le cadre général de l'analyse avec des éclairages sur la nouvelle géographie de la puissance, sur l'affirmation de l'Europe et sur notre insertion dans la mondialisation économique et je remercie beaucoup celles et ceux qui ont bien voulu être nos invités.

Sur cette base, le programme se d√©ploiera ensuite autour de quatre lignes directrices. D'abord les crises, car elles sont l'urgence. Crise au Moyen-Orient, Syrie, √Čgypte, Iran et plus globalement, ce qu'il est convenu d'appeler les printemps arabes. Le Sahel aussi en y incluant la Libye. Sur ces deux th√©√Ętres, la France agit pour essayer de trouver des solutions. Nous sommes en bonne voie au Mali mais se pose la question de la s√©curit√© et de la stabilit√© de l'ensemble de la r√©gion. Face au drame syrien, face, dans un autre contexte, √† la crise √©gyptienne, face au nucl√©aire iranien, nous devrons continuer nos efforts. Ces r√©unions seront l'occasion d'envisager notre action pour l'ann√©e qui vient. Nous devrons √† cette fin agir avec l'Europe, ce qui sera le th√®me de la derni√®re s√©ance pl√©ni√®re au cours de laquelle je recevrai mes coll√®gues italien et polonais, Mme Bonino et M. Sikorski.

Par ailleurs, une part importante de notre conférence sera consacrée à la diplomatie économique. Ce n'est pas parce qu'il y a une conférence des ambassadeurs chaque année que l'on doit changer les priorités chaque année. L'économie est le socle de notre influence et on ne peut traiter l'un sans l'autre. Outre la séance plénière de cet après-midi, plusieurs réunions aborderont des sujets spécifiques, la francophonie économique, enjeu majeur et souvent méconnu, le tourisme qualifié hier opportunément par le président de la République de grande cause nationale. Je souhaite en effet, que notre réseau se mobilise davantage afin de contribuer au développement du tourisme en France. C'est un gisement énorme d'emplois non délocalisables et de revenus. En effet, comme il a été dit hier, si la France est la première destination touristique mondiale, elle n'est pas du tout la première puissance en termes de recettes. Comparons-nous avec l'Espagne : nous avons 30 % de touristes en plus et 30 % de recettes en moins.

Alors j'ai souhaité mettre en avant deux secteurs exportateurs importants pour l'avenir. Le secteur énergétique : avantages comparatifs indéniables pour notre pays alors que les enjeux du développement durable se posent partout et que nous devons construire dans les prochaines années un nouveau modèle énergétique. Les secteurs agro-alimentaires sont un autre domaine d'excellence que nous devons porter encore davantage à l'exportation.

Le troisième thème directeur sera les défis de l'influence. Ce matin, la deuxième séance plénière sera consacrée aux projets que nous proposons à l'Europe et pour l'Europe, fondés sur une stratégie de croissance équilibrée et sur l'intégration solidaire. Nous devons mettre tout notre poids pour que le modèle que nous proposons soit au coeur du débat européen qui va s'amplifier compte tenu des échéances électorales, du renouvellement du parlement européen et de la commission l'an prochain.

Demain, nous aborderons en pl√©ni√®re un des grands piliers de notre influence, la culture. Celle-ci est √©videmment une de nos forces mais dans un contexte o√Ļ la concurrence pour l'influence va s'exacerber, nous devons adapter notre strat√©gie culturelle √† cette r√©alit√© nouvelle.

Pour ce qui est des réunions thématiques seront abordées aujourd'hui, la question des Français à l'étranger et la diplomatie que j'appelle des territoires. C'est un aspect moins connu de notre diplomatie démultipliée qui doit être davantage valorisée. Cet après-midi, nous allons parler de l'avenir de la politique de développement, engagement majeur de la France, quatrième bailleur mondial qui contribue et doit contribuer encore davantage à notre influence.

Demain, nous parlerons de la préparation de la conférence de Paris sur le climat en 2015. Cette conférence qui semble lointaine mais que nous commençons à préparer dès maintenant, permettra à la France de s'affirmer comme moteur de la lutte contre le réchauffement climatique et d'asseoir son statut de puissance engagée et responsable face aux enjeux environnementaux. Vous aurez, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, à vous mobiliser fortement sur cette échéance qui semble lointaine, décembre 2015, mais qui commence dès maintenant - si nous voulons arriver, ce qui ne sera pas facile - à un succès. À nous de tout faire pour que cette conférence soit positive.

Enfin et c'est bien normal, plusieurs réunions seront consacrées à l'adaptation de notre maison. La première plénière de demain va aborder le sujet de façon générale, une réunion traitera de la sécurité de nos implantations et de nos ressortissants, questions également liées à la géographie des crises et des conflits.

Avant de vous rejoindre pour ouvrir formellement notre conférence, j'ai présidé une réunion consacrée à la place des femmes dans notre ministère, place qui après une année a déjà permis d'importantes avancées et qui doit être encore accrue.

J'ai lanc√©, c'est toujours dangereux, une plaisanterie que je renouvelle devant vous parce qu'il y a beaucoup plus d'hommes que dans la s√©ance pr√©c√©dente. Ayant au cours des ann√©es d√Ľ d√©fendre √† l'Assembl√©e nationale et au S√©nat un texte sur la parit√© et ne trouvant pas aupr√®s des parlementaires hommes un grand enthousiasme, je leur avais dit √† l'√©poque : ¬ęMessieurs, il faut voter pour la parit√©, cela vous d√©fendra plus tard¬Ľ.

Je pense que cela devient de plus en plus vrai et je m'en réjouis.

La première plénière sera donc une adaptation générale, sécurité des ressortissants et des implantations, la place des femmes.

√Ä c√īt√© de notre conf√©rence ¬ęin¬Ľ - pour insuffler un air avignonnais - le programme ¬ęoff¬Ľ avec des r√©unions g√©ographiques et th√©matiques sur des sujets plus pr√©cis, les exportations d'armement, la criminalit√© organis√©e, les indications de la diplomatie √©conomique, la Cor√©e du nord, la pr√©paration du prochain sommet Afrique-France, l'√©largissement de l'Union europ√©enne, le partenariat oriental et d'autres encore. Des r√©unions ¬ęoff¬Ľ permettront √©galement de compl√©ter le traitement de la diplomatie d'influence de la France sur un certain nombre de sujets qui n'auront pas pu √™tre abord√©s dans la conf√©rence ¬ęin¬Ľ, je pense √† un point important qui est la strat√©gie sportive internationale pour les pays qui sont passionn√©s de judo, je pense que la pr√©sence de M. Teddy Riner est aussi importante que d'autres pr√©sences auxquelles nous sommes plus accoutum√©es, ainsi que la coop√©ration outremer.

Enfin, je souligne une innovation, vendredi, avec ceux d'entre vous qui sont disponibles et qui sont plus particulièrement concernés par le sujet, je me rendrai à Toulouse pour une visite des usines Airbus et pour avoir des échanges avec la direction de cette magnifique entreprise. Cela nous permettra, sous le regard des médias, de resserrer notre relation étroite de travail avec Airbus et d'amplifier notre action pour la performance à l'exportation de notre magnifique avionneur puisqu'il y aura des ambassadeurs français et des ambassadeurs des pays dont j'ai compris qu'ils pouvaient être clients en France.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis, ces journées permettront ainsi d'aborder l'ensemble de vos activités, de recueillir vos analyses et de vous donner un cap.

Ce que j'ai appris des journées analogues de l'an dernier, c'est qu'il y a, au-delà de toutes les nourritures intellectuelles, une atmosphère qui se crée, des échanges qui ont lieu et j'ai tout lieu de penser que, comme l'an dernier, ce sera un grand succès. Ce sont deux journées chargées, à l'image de l'année à venir, marquée en outre en décembre par un conseil européen important consacré à la relance de l'Europe de la défense. En décembre également, se tiendra la réunion du sommet Afrique-France sur la sécurité et notre action décidée face aux crises qui menacent la stabilité du monde. Il faudra du travail, de la détermination, de l'audace et je sais qu'aucune et aucun d'entre vous n'en manque. Je tiens, pour finir, à remercier chaleureusement tous les participants, particulièrement les personnalités extérieures qui nous font l'honneur et la gentillesse d'apporter leur contribution à nos travaux.

Je vous propose, réservant l'essentiel de mon discours pour demain soir, d'ouvrir sans plus tarder, la première séance plénière.

Je vous souhaite donc, Mesdames et Messieurs, une excellente conférence 2013.

Merci beaucoup./.

 

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4. Syrie - Propos du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, √† la sortie du Conseil de d√©fense (Paris, 28/08/2013)

Mesdames et Messieurs,

Nous avons tenu, sous la présidence du président de la République, un Conseil de défense.

Le président s'est exprimé hier sur la situation créée par le massacre chimique à l'initiative du régime.

Nous avons fait l'analyse de la situation, des diff√©rentes hypoth√®ses, sur le plan diplomatique bien s√Ľr, sur le plan de la d√©fense et comme vous le savez, le parlement sera r√©uni mercredi prochain comme c'est normal. Il y a √† la fois l'indignation bien s√Ľr tr√®s compr√©hensible et l√©gitime et en m√™me temps, la r√©flexion qui est n√©cessaire.

Nous allons continuer à suivre la situation de très près, heure par heure, il y a beaucoup de contacts internationaux qui sont pris et le président de la République prendra, le moment venu, les décisions qui s'imposent./.

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5. Communiqu√© du conseil des ministres - Accord de partenariat entre la France et l'Irak - Accord de partenariat et de coop√©ration entre l'Union europ√©enne et l'Irak - R√©forme de l'enseignement fran√ßais √† l'√©tranger - extraits (Paris, 28/08/2013)

Accord de partenariat entre la France et l'Irak, en matière de coopération culturelle, scientifique et technique et de développement

Le ministre des affaires étrangères a présenté un projet de loi autorisant l'approbation de l'accord de partenariat pour la coopération culturelle, scientifique et technique et pour le développement entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République d'Irak.

Cet accord permettra de renforcer, d'élargir et de diversifier les relations de partenariat entre la France et l'Irak et d'adapter la coopération culturelle, scientifique et technique aux nouveaux besoins.

Il couvre l'ensemble des domaines dans lesquels notre expertise est recherchée pour contribuer à la reconstruction du pays : éducation, jeunesse et sport, culture, audiovisuel et journalisme, archéologie et protection du patrimoine, enseignement supérieur et recherche, gouvernance, appui à la société civile et gestion durable des ressources naturelles.

Cet accord donnera un élan nouveau aux actions déjà engagées en matière de formation des élites, de renforcement de l'enseignement du français et de gouvernance, au bénéfice de l'ensemble de la population irakienne.

Accord de partenariat et de coop√©ration entre l'Union europ√©enne et ses √Čtats membres et l'Irak

Le ministre des affaires √©trang√®res a pr√©sent√© un projet de loi autorisant la ratification de l'accord de partenariat et de coop√©ration entre l'Union europ√©enne et ses √Čtats membres, d'une part, et la R√©publique d'Irak, d'autre part.

Sign√© le 11 mai 2012 √† Bruxelles, le trait√© de partenariat et de coop√©ration entre l'Union europ√©enne et l'Irak doit d√©sormais √™tre ratifi√© par l'ensemble des √Čtats membres afin d'entrer en vigueur et de permettre √† l'Irak et √† l'Union europ√©enne d'√©tablir, pour la premi√®re fois des relations contractuelles. Il permettra √† l'Irak et √† l'Union europ√©enne de s'engager dans un dialogue politique structur√© et r√©gulier. Il doit √©galement permettre un renforcement des relations √©conomiques, un d√©veloppement des √©changes commerciaux et un approfondissement des relations de coop√©ration dans un nombre important de domaines, tels que la culture ou l'√©nergie.

Conformément à la pratique européenne, le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme constitue un élément essentiel de l'accord.

L'Irak sera le premier pays du Moyen-Orient à être lié à l'Union européenne par un accord de partenariat et de coopération.

La réforme de l'enseignement français à l'étranger

La ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée des Français de l'étranger, a présenté une communication relative à la réforme de l'enseignement français à l'étranger.

Cette réforme ambitieuse, qui s'inscrit dans les priorités du gouvernement pour la jeunesse et son éducation, intervient à l'issue d'une concertation associant, pour la première fois, l'ensemble des acteurs de la communauté éducative à l'étranger, les représentants de la société civile et du monde économique, pour répondre à l'augmentation de la demande d'enseignement français dans le monde. En effet, le nombre des Français vivant à l'étranger a augmenté de manière significative (+ 40%) ces dix dernières années pour atteindre à ce jour près de 2,5 millions de personnes. Par ailleurs, l'enseignement français à l'étranger, qui repose sur 487 établissements scolarisant 300.000 élèves, dont 115.000 Français, dans 130 pays, constitue un instrument essentiel pour l'influence de la France dans le monde.

Une concertation interministérielle annuelle sur l'enseignement français à l'étranger sera instituée autour du ministre des affaires étrangères, en étroite association avec le ministre de l'éducation nationale, pour permettre d'adapter régulièrement notre stratégie aux nouveaux enjeux mondiaux.

L'offre éducative sera mieux adaptée aux priorités stratégiques de notre diplomatie d'influence. L'accent sera mis sur les pays jugés prioritaires et sur les zones de croissance des communautés françaises expatriées. Des offres supplémentaires seront aussi encouragées pour répondre à une nouvelle demande des familles françaises ou étrangères qui souhaitent scolariser leurs enfants dans les systèmes d'enseignement locaux, tout en leur proposant un enseignement en français./.

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