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Déclarations officielles de politique étrangère du 22 août 2013


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole adjoint - IsraĂ«l/Vandalisme (Paris, 22/08/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait la déclaration suivante :

1 - Israël - Vandalisme

Pendant la nuit du 19 au 20 août, un cocktail molotov a été lancé contre l'une des portes d'accès au monastère de Beit Gimal situé en Israël.

La France condamne fermement cet acte de vandalisme, visant un lieu de culte et de paix. Elle exprime sa totale solidarité avec la communauté des religieuses. Nous sommes particulièrement préoccupés par l'augmentation constante des actes de vandalisme et d'intolérance contre les édifices religieux.

La France appelle les autorités israéliennes à faire toute la lumière sur ces actes graves, et à en traduire les responsables en justice.

Notre Consul général à Jérusalem s'est aussitôt rendu sur place./.

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2. Syrie - DĂ©claration du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius (Paris, 21/08/2013)

Je me suis entretenu ce soir avec le président de la Coalition nationale syrienne, M. Ahmed Al-Jarba. Il m'a fait part de l'horreur du massacre perpétré aujourd'hui par le régime syrien dans le pourtour de Damas qui a fait, selon les informations communiquées par M. Al-Jarba, plus de 1.200 victimes identifiées. Les éléments recueillis par la Coalition tendent à corroborer les présomptions d'emploi d'armes chimiques. S'ils sont avérés, ils sont d'une extrême gravité.

Je lui ai indiqué que nous avions saisi le Conseil de sécurité pour qu'il exige que la mission du Dr Ake Sellström, actuellement présente à Damas, se voie accorder un accès immédiat pour établir les faits. Les organisations humanitaires doivent par ailleurs pouvoir apporter sans délais leur assistance aux victimes sur le terrain.

J'ai exprimé au président Al-Jarba mes plus sincères condoléances et la profonde solidarité de la France avec le peuple syrien face à ses souffrances inouïes./.

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3. Ă‰gypte - Syrie - Point de presse conjoint du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, et de son homologue britannique, M. William Hague - Propos de M. Fabius - (Paris, 21/08/2013)

Bien ! Mesdames et Messieurs, merci beaucoup d'être là. J'ai grand plaisir à accueillir mon collègue et ami ministre des affaires étrangères britannique William Hague. Nous étions cet après-midi ensemble à Bruxelles, où nous avons examiné en particulier la situation égyptienne ; et nous avions prévu ce dîner qui va être un dîner de travail. Mais auparavant, quelques mots pour vous.

Cet après-midi donc, nous avons examiné la situation égyptienne, les différents pays d'Europe ont pris une position unie, ce qui est une bonne chose. Vous avez vu certainement les principaux éléments : nous avons bien sûr condamné les violences, appelé au dialogue politique, parce qu'en fin de compte c'est par un dialogue inclusif et puis le moment venu par des élections qu'on va sortir - nous l'espérons - de cette situation très difficile.

Sur le plan économique, nous avons considéré qu'il ne fallait pas ajouter à la détresse du peuple égyptien, et donc ce qui ressort d'un certain nombre d'aides, que l'Europe apporte à la situation sociale des Égyptiens, du peuple égyptien, sera maintenu, même si la coopération dans son ensemble sera réexaminée. Et sur le plan militaire, nous avons pris des décisions qui sont d'ailleurs de bon sens, consistant à interrompre - mais c'était déjà fait en général - toutes les fournitures d'équipements qui pouvaient être utilisés à la répression interne, et de réexaminer le reste des fournitures d'équipements militaires.

Et puis nous avons demandé à Catherine Ashton de se tenir à disposition du dialogue que nous espérons poursuivre avec le peuple égyptien, puisque l'Europe doit pouvoir aider. Il ne s'agit pas de s'ingérer dans les affaires égyptiennes, le peuple égyptien est un grand peuple, mais il s'agit d'aider - dans la mesure où nous le pouvons - à trouver une solution à cette situation extrêmement préoccupante de ce grand pays qu'est l'Égypte.

Par ailleurs, il s'est produit ce matin un drame abominable en Syrie, où il y a eu une attaque massive par le régime de Bachar Al-Assad contre la région de Damas. Je viens d'avoir au téléphone longuement - c'est l'explication de mon retard et je vous prie de m'en excuser - le président de la coalition nationale syrienne qui avait souhaité m'appeler. Il m'a donné un témoignage direct de ce qui s'est passé. Selon lui, il y a plus d'un millier de personnes qui ont été tuées, des femmes et des enfants, à partir d'attaques chimiques et neurotoxiques.

Nous avons, avec nos amis britanniques et d'autres collègues, décidé de saisir immédiatement le Conseil de sécurité des Nations unies, qui va se réunir dans quelques dizaines de minutes, pour faire en sorte que la mission Sellström comme nous l'appelons - qui est une mission de l'ONU qui était à Damas pour justement vérifier l'utilisation d'armes chimiques il y a déjà plusieurs semaines - pour que cette mission puisse immédiatement aller enquêter sur le terrain ; et pour que les organisations humanitaires aussi et les médecins puissent avoir à accès à cela.

Nous allons mettre toutes nos forces dans ce qui est une évidence logique, il est allégué un drame épouvantable, une attaque qui remonte dans les précédents à ce qu'on a connu avec Saddam Hussein en Irak, parce que s'il s'agit de milliers de personnes gazées, c'est un drame quasiment sans précédent. Et donc, on ne comprendrait pas que la mission de l'ONU ne puisse pas accéder directement, alors que les cadavres sont encore là, tout tremblants.

Nous espérons bien sûr que nos collègues des autres pays vont nous suivre, et en fonction de ce qui sera possible, nous aurons telle ou telle réaction. Nous allons certainement parler de cela avec mon collègue et ami William Hague. Je terminerai en disant que nous avons - Britanniques et Français - sur les problèmes internationaux une coopération qui est absolument excellente. Nous sommes en général non seulement tout à fait d'accord sur l'analyse, mais ce qui est important, tout à fait d'accord pour agir, parce que la Grande-Bretagne et la France font partie des pays qui, le moment venu, savent s'engager, y compris d'ailleurs lorsqu'il s'agit d'exposer leurs propres hommes.

De plus, j'ai sur le plan personnel une relation de grande estime et d'amitié pour William Hague, donc je suis extrêmement heureux de l'accueillir ce soir, il sait qu'il est ici chez lui../.

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4. Syrie - Égypte - Iran - Moyen-Orient - Français de l'Ă©tranger - Tunisie - Entretien du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec «BFM TV - RMC» - extraits (Paris, 22/08/2013)

(...)

Q - Merci d'être avec nous ce matin. L'actualité nous bouscule, vous bouscule. Les images venues de Syrie sont terribles. On les a diffusées, on a choisi certaines images, on a choisi aussi de ne pas diffuser d'autres images montrant des enfants atteints apparemment par des armes chimiques, du gaz sarin. L'armée syrienne de Bachar Al-Assad est accusée par les rebelles de bombardements massifs à l'arme chimique. Est-ce que vous confirmez ces informations ? ces accusations ?

R - Je vais vous donner mes sources d'information.

Q - Allez-y.

R - Hier soir, j'ai eu à sa demande longuement le président al-Jarba qui est le président de la coalition nationale syrienne, c'est-à-dire ceux qui dirigent les résistants. Nous avons eu une longue conversation et lui me confirme absolument ces éléments, en disant qu'il y a eu une attaque très, très dure avec des avions, des missiles, et cætera, et qu'il y a eu également utilisation d'armes chimiques massives.

Q - Dans la banlieue de Damas.

R - Dans la banlieue de Damas, essentiellement dans une ville qui s'appelle Mouadamiya al-Cham, au sud-ouest de Damas. Donc lui est formel. Dans une telle circonstance - et vous avez raison : si c'est vrai, c'est un carnage épouvantable - qu'est-ce qu'on doit faire ? Immédiatement, nous avons fait saisir le Conseil de sécurité des Nations unies puisqu'il se trouve qu'il y a en ce moment-même à côté de Damas des enquêteurs des Nations unies sur le chimique. Ce qu'il faut faire, si le régime de Bachar n'a rien à se reprocher, qu'il laisse les enquêteurs enquêter puisqu'ils sont là. C'est ce que nous avons demandé au conseil de sécurité. La réponse a été assez ambigüe, vous l'avez vue.

Q - On va y revenir.

R - Mais maintenant ce qu'il faut faire, c'est que très rapidement, alors que le massacre allégué vient d'avoir lieu, les enquêteurs puissent aller sur place.

Q -Vous demandez Ă  ce que les enquĂŞteurs puissent aller sur place...

R - Immédiatement, exactement.

Q - VĂ©rifier s'il y a eu ou pas utilisation d'armes chimiques et d'oĂą viennent ces armes chimiques.

R - S'il y a eu utilisation d'armes chimiques, tous les spécialistes disent qu'elles viennent de Bachar. Pourquoi ? Parce que les gaz auraient été apportés par les avions, par les missiles et là les résistants n'ont pas la possibilité d'avoir ces armes-là. Mais la question essentielle et la réponse va de soi : il faut immédiatement autoriser les enquêteurs qui sont sur place.

Q - C'est ce que demande la France.

R - Exactement. Et c'est pour ça qu'on a demandé la réunion du conseil de sécurité. La réponse a été assez ambigüe. Les Russes sont intervenus pour moduler cela, mais moi je compte en particulier sur le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui doit faire en sorte que l'enquête puisse avoir lieu immédiatement. Si les Syriens ne veulent pas, cela veut dire qu'ils sont pris la main dans le sac.

Q - Oui. Et pour Bachar Al-Assad, accepter de voir arriver les inspecteurs de l'ONU sur le lieu de ces bombardements, ce serait s'il n'a pas commis...

R - Il démontre son innocence. C'est simple si je puis dire. Mais attention, M. Bourdin, autre chose : la date. Si cela a eu lieu, comme c'est probable, c'est fait au moment où précisément les inspecteurs de l'ONU sont là. Cela veut dire, si vraiment ça a eu lieu : «Moi, Bachar Al-Assad, je me moque de la communauté internationale».

Q - Sentiment d'impunité ?

R - Impunité absolue. Et puisque c'est intervenu exactement un an et un jour après la phrase célèbre d'Obama disant : «Il y a des lignes rouges et si ces lignes rouges sont franchies, les conséquences sont énormes», cela voudrait dire que Bachar Al-Assad et ceux qui l'inspirent - l'Iran tire largement les ficelles dans cette affaire malheureusement - ça veut dire que ces gens-là considèreraient qu'ils ont une impunité absolue. Et cela, la communauté internationale ne peut pas l'accepter.

Q - Oui, c'était le 20 août cette déclaration de Barack Obama, 20 août 2012.

R - L'attaque a eu lieu le 21 août, exactement une année après.

Q - Oui, une année après. Mais le 27, François Hollande disait - je le cite : «L'utilisation d'armes chimiques par le régime syrien serait une cause légitime d'intervention directe». Vous dites toujours la même chose ?

R - Alors si c'est avéré, la position de la France c'est qu'il faut qu'il y ait une réaction. Qu'est-ce que ça veut dire une réaction ? Non pas d'envoyer des militaires sur le terrain, parce que ça demanderait...

Q - C'est impossible.

R - Une réaction non seulement de condamnation internationale, mais une réaction qui peut prendre une forme - je ne veux pas être plus précis - de force.

Q - C'est-à-dire aérienne ?

R - C'est-à-dire qu'il y a des possibilités de répliquer...

Q - Militaire ?

R - Si les Américains, les Britanniques, les Français, pourquoi pas les Russes aussi parce que les Russes avaient eux aussi condamné l'utilisation de l'arme chimique. Vous vous rappelez ? En principe, les Russes ont signé aussi le traité qui interdit l'utilisation de l'arme chimique. Donc si c'est avéré, il faudra qu'il y ait une réaction de la communauté internationale.

Q - Mais une réaction militaire ?

R - Une réaction, je dirai - j'essaye de trouver le mot - de force. De force.

Q - Elle sera militaire si elle est de force.

R - VoilĂ , vous me permettrez de ne pas aller plus loin.

Q - Oui, mais enfin «de force», ça veut dire de force militaire, Laurent Fabius.

R - Je me comprends.

Q - On vous comprend. Enfin, ça peut être une réaction aérienne. Pas question d'envoyer des troupes au sol, on est bien d'accord.

R - Il n'en est pas question.

Q - Pas question, donc une réaction... Ce qui s'est passé en Libye peut-être.

R - L'exemple de la Libye n'est peut-être pas le meilleur exemple, voyez ce qui s'est passé ensuite.

Q - Oui, c'est vrai. C'est vrai.

R - Je pense que l'intervention en Libye était justifiée, il n'y a pas d'ambigüité là-dessus, mais puisque vous citez le mot de «Libye», je trouve que ce qui a été peut-être et même certainement insuffisant, c'est qu'on n'a pas suivi les choses. Il ne suffit pas... Bon, là c'est un autre problème. C'est un autre problème.

Q - Mais pardon, je vais être rude avec vous, avec la communauté internationale.

R - Je vous en prie.

Q - Avec vous, les responsables occidentaux. C'est vous qui avez nourri ce sentiment d'impunité qu'a aujourd'hui Bachar Al-Assad.

R - Quand vous dites la communauté internationale, je pense qu'il faut différencier la France. Le président des résistants m'a appelé hier et m'a dit : «Je voulais d'abord avoir le représentant de la France car c'est vous que nous considérons comme nos meilleurs amis», la France a toujours été en pointe. On nous l'a reproché peut-être mais on ne peut pas tout faire.

Q - La France et la Grande-Bretagne.

R - Et la Grande-Bretagne, c'est vrai. Mais la France ne peut pas tout faire toute seule. Nous avons agi et nous continuerons d'agir sur le plan humanitaire, sur le plan politique pour cette fameuse conférence de Genève 2. Sur le plan des armes mais dans la limite de ce qui est autorisé par l'Europe, et nous sommes vraiment absolument en pointe. Mais évidemment, le problème c'est que ce n'est plus un conflit seulement local : c'est un conflit international.

Q - On va parler de l'Iran.

R - Car derrière monsieur Bachar Al-Assad, il y a l'Iran et il y a les Russes.

Q - Et dans une moindre mesure, les Chinois.

R - Oui, ils sont très peu présents.

Q - Très peu présents. Alors on va revenir sur le rôle de l'Iran, Laurent Fabius.

R - Je vous en prie.

Q - Sur place, il y a donc des inspecteurs de l'ONU.

R - Oui.

Q - Qui sont chargés d'aller enquêter sur une éventuelle utilisation d'armes chimiques sur trois sites.

R - Que nous avions dénoncée les premiers. Je crois d'ailleurs que j'étais venu à votre micro à ce moment-là.

Q - Oui, exactement. Mais leur mandat ne leur permet pas aujourd'hui de désigner les responsables de l'utilisation de ces armes.

R - Alors leur mandat. Reprenons les choses. Il y avait eu des attaques chimiques sur treize sites. Après toute une série de discussions, finalement la Syrie n'a autorisé que la visite sur trois sites. Mais à partir du moment où ils sont sur place et à partir du moment où monsieur Bachar Al-Assad n'aurait rien à se reprocher, il est évident qu'ils peuvent aller à quelques kilomètres au sud-ouest de Damas. Donc si la Syrie de Bachar ou si les alliés de Bachar refusent cela, ça signifie qu'ils sont coupables.

Q - Ils signent le crime ?

R - Mais bien sûr ! Chacun peut comprendre cela.

Q - Oui. Mais Laurent Fabius, l'ONU ira jusque-lĂ  ? Est-ce que l'ONU ira sur ces sites ?

R - Alors l'ONU, s'il y a une décision à prendre c'est le conseil de sécurité de l'ONU et au sein du conseil de sécurité, vous savez qu'il y a notamment comme membres permanents les Russes, les Chinois.

Q - Qui disent non.

R - Il faut que les Russes prennent leurs responsabilités.

Q - Vous leur dites ce matin : «Laissez les inspecteurs de l'ONU aller»...

R - Bien sûr ! Et eux-mêmes ont condamné l'utilisation de l'arme chimique, mais ils condamnent en termes théoriques, en disant, et ils ont raison de ce point de vue-là : l'arme chimique, c'est l'abomination parce que les armes chimiques c'est évidemment une dissémination épouvantable. En plus, vous avez eu raison de ne pas montrer les images les plus horribles, mais il faut imaginer... «Imaginer» : c'est la réalité, c'est ce que me disait al-Jarba hier : des dizaines et des dizaines d'enfants étouffés, ne pouvant plus respirer. Vous imaginez ce que ça veut dire. Et donc, les Russes condamnent cela en termes de principe mais il ne faut pas simplement le condamner en termes de principe. Lorsqu'il y a un doute, pour être neutre, il faut lever ce doute.

Q - Oui mais les Russes ont un droit de veto : s'ils condamnent, vous ne pouvez rien faire.

R - À ce moment-là, le conseil de sécurité ne peut pas prendre de décisions et à ce moment-là les décisions doivent être prises d'une autre façon.

Q - Comment ?

R - Je n'irai pas plus loin.

Q - Elles seront prises d'une autre façon. Si le conseil de sécurité de l'ONU ne décide pas ce que vous souhaitez, elles seront prises d'une autre façon ?

R - Je n'irai pas plus loin.

Q - Elles pourraient l'ĂŞtre ?

R - Écoutez, nous sommes dans une phase où il faut estimer que les membres du conseil de sécurité sont conséquents avec eux-mêmes. Tous les membres du conseil de sécurité ont dit - tous ! - que les armes chimiques ne pouvaient pas être utilisées. Ils ont tous signé l'accord international qui interdit l'utilisation des armes chimiques y compris les Russes. Ceux qui n'ont pas signé, c'est la Syrie de Bachar, la Corée du Nord et deux-trois autres États. Donc si on est d'accord là-dessus, si on veut respecter cette situation, il faut l'autoriser sans préjuger. Sans préjuger, sans préjuger.

Q - Est-ce que vous estimez - s'il est avéré que des armes chimiques ont été employées par Assad dans les faubourgs de Damas - est-ce que vous considérez que la fameuse ligne rouge a été franchie ?

R - Je considère que ça ne peut pas rester sans réaction de ceux qui croient à la légalité internationale.

Q - Bien. L'Iran : quel est le rôle de l'Iran dans cette affaire ? Parce que l'Iran est venu au secours de Bachar Al-Assad dès ce matin en expliquant : «Non, non ! Ce n'est pas le régime syrien qui a employé éventuellement ces armes chimiques».

R - Quand on parle de l'Iran, il y a plusieurs aspects. Il y a l'aspect syrien et il est avéré que l'Iran est engagé aux côtés de Bachar, à la fois directement et indirectement par le Hezbollah. Vous avez vu que le chef du Hezbollah l'autre jour a dit : «Si je dois aller me battre en Iran, j'irai». Il joue donc un rôle, tout le monde le sait, très important en particulier par toute une série d'officiers et puis par des livraisons d'armes. Ça, c'est un aspect. Et puis un autre aspect qui concerne l'Iran, qui me préoccupe beaucoup et doit préoccuper tous ceux qui suivent les affaires internationales, c'est l'affaire du nucléaire militaire. Il y a un nouveau président en Iran, ce qui prouve d'ailleurs que la population iranienne a voulu un changement. Mais pour le moment, le risque du nucléaire militaire iranien n'a pas diminué. Nous attendons donc des gestes concrets de l'Iran en matière nucléaire. Vous me direz que c'est un autre sujet ; ce n'est pas exactement un autre sujet parce que la question est de savoir si l'Iran veut jouer le jeu de la communauté internationale.

Q - Laurent Fabius, parlons de l'Égypte. Là aussi, décision prise par l'Europe qui ne livrera plus d'armes à l'Égypte. Vous n'êtes pas allés jusqu'à supprimer toute aide financière à l'Égypte. Pourquoi ?

R - Non. Alors nous avons eu hier une réunion - qui avait été demandée d'ailleurs par le président Hollande - des ministres des Affaires étrangères. Nous avons décidé trois ou quatre choses précises. Sur l'analyse générale, bien sûr la volonté de désescalade, la condamnation de toute une série de violences des deux côtés d'ailleurs. Sur le plan économique et financier, nous pensons que ce serait une erreur de pénaliser la population égyptienne au moment où elle souffre énormément. Parce que les aides européennes, c'est essentiellement des aides apportées en termes de nourriture, en termes d'hôpitaux. Ces aides-là, nous n'allons pas les supprimer. Il y a un examen de nos liens généraux avec l'Égypte mais pas de suppression de l'aide économique et je pense que c'est justifié. Sur le plan militaire, nous avons décidé - d'ailleurs les pays qui sont concernés l'avaient déjà fait - d'interdire, de suspendre tout ce qui est livraison de matériel qui pourrait être utilisé pour la répression intérieure. En revanche, il y a des contrats plus généraux qui, eux, vont être réexaminés mais pas nécessairement suspendus parce que, je prends un exemple : vous savez qu'il y a des attaques de djihadistes contre les Égyptiens dans le Sinaï. Et les Égyptiens ont besoin d'avoir un certain nombre de moyens pour se défendre qui ne sont pas du tout les mêmes que pour la répression intérieure et ceux-là peuvent continuer.

Q - Oui. Laurent Fabius, est-ce que nous ne sommes pas en train de perdre toute notre influence en Égypte aujourd'hui ? Nous la France, l'Europe aussi ?

R - Je ne pense pas.

Q - Non ?

R - À condition qu'on fasse une analyse juste.

Q - Est-ce que nous ne sommes pas paralysés par l'islam ? par le risque islamique ? D'abord, est-ce que vous condamnez fermement les derniers actes perpétrés à l'initiative du général al-Sissi ?

R - Cela dépend, on ne peut pas tout mélanger. Le général Sissi, s'il est venu au pouvoir, ce n'est pas comme ça par miracle. La population égyptienne était très mécontente de la présidence Morsi même si le président Morsi avait été élu régulièrement. Il a donc été destitué, un nouveau gouvernement arrive, le général Sissi. Il y a eu des répressions que nous avons jugées disproportionnées par rapport à ce qu'il fallait faire mais en même temps, de l'autre côté, il y a eu des actes que l'on ne peut pas accepter : brûler des églises coptes, s'en prendre à la population. Nous, ce que nous voulons, c'est la désescalade. Pour ça, on a besoin de dialogue même si c'est très difficile, et c'est dans ce sens que plaident l'Europe et la France. Et puis, il y a des décisions précises à prendre que nous avons commencé de prendre, mais nous voulons garder le contact, le dialogue. Alors ce qui est vrai, et je pense que c'est à ça que vous faites allusion, c'est que la population égyptienne, en tous cas une grande partie, a pris à partie les journalistes et d'une manière générale l'Europe occidentale, en disant : «Mais vous ne comprenez rien à rien, vous soutenez les Frères Musulmans». Nous ne soutenons pas les Frères Musulmans ! Nous voulons, si vous voulez, que la population ait le choix et que petit à petit, on aille vers le dialogue et les élections.

Q - Qu'est-ce que vous conseillez aux Français qui habitent en Égypte aujourd'hui ? Est-ce qu'ils sont menacés ?

R - Non, je ne pense pas. Nous leur avons dit - il y a à peu près six mille deux cents Français - qu'il ne faut évidemment pas qu'ils se rapprochent des manifestations. Il faut qu'ils soient très discrets dans leurs démarches mais nous n'avons pas donné l'ordre d'évacuation. En revanche M. Bourdin, nous avons dit que nous déconseillons formellement - formellement, ça a un sens - le tourisme.

Q - Bien. En ce qui concerne la Palestine et Israël...

R - Je m'y rends samedi et dimanche. Je verrai à la fois le président Abbas et le Premier ministre Netanyahou et puis d'autres...

Q - Les négociations sont ouvertes. Elles ont commencé à porter leurs fruits ou pas ? Il est peut-être trop tôt.

R - C'est trop tôt pour le dire, c'est trop tôt. Il faut évidemment souhaiter qu'elles réussissent parce qu'on parle moins du conflit israélo-palestinien, mais c'est dans un sens la mère de toutes les batailles si je puis dire. Parce qu'il faut trouver une solution à la fois pour qu'Israël soit en sécurité, une solution pour les deux États, et pour que les Palestiniens aient leurs droits, bien entendu.

Q - On remarque la Une du New York Times, de l'éditorialiste, qui dit : «Il y a aujourd'hui plus de tension entre les Sunnites et les Chiites qu'entre Palestine et Israël». C'est peut-être aller un peu vite.

R - Oui, c'est peut-être aller un peu vite, et il y a aussi des tensions au sein des chiites et au sein des sunnites, c'est ce qui explique que, évidemment, toute cette région du Proche et du Moyen-Orient soit dans une situation très très compliquée. Il y a une bonne nouvelle - il faut aussi trouver, chercher les bonnes nouvelles - je pense, j'espère de toutes mes forces que, en Tunisie, ce peuple raisonnable va trouver des solutions. Et la solution, là comme ailleurs, c'est d'aller vers les élections. Lorsqu'il y a un problème, lorsqu'on ne sait pas qui a la faveur du peuple, il faut aller vers les élections.

(...)

Q - Merci Laurent Fabius.

R - Merci Ă  vous./.

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5. Mali - Otage français - Allocution de la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e des Français de l'Ă©tranger, Mme HĂ©lène Conway-Mouret, Ă  l'occasion de la cĂ©rĂ©monie d'hommage Ă  M. Philippe Verdon (Montferrand-du-PĂ©rigord, 22/08/2013)

Dans la nuit du 23 au 24 novembre 2011, nos compatriotes Philippe Verdon et Serge Lazarevic ont été enlevés par un groupe armé terroriste au Mali.

La mobilisation des services de l'État a été immédiate et constante. La force SERVAL a, dès le déclenchement de son intervention, en janvier dernier, eu pour priorité de retrouver nos otages dans le cadre des opérations de libération du Nord-Mali du joug des groupes terroristes. Le gouvernement et les familles, sont demeurés sans nouvelles de nos compatriotes, outre une preuve de vie datant de mars 2012, jusqu'à la publication d'un communiqué d'AQMI revendiquant l'exécution en mars dernier de Philippe, dont la dépouille recueillie par nos forces armées repose ici désormais.

La France ne peut que condamner cet acte barbare qui a fait une victime innocente, sur une terre que Philippe connaissait, qu'il aimait, qu'il respectait. Ce crime odieux illustre, s'il en Ă©tait besoin, que nous avons affaire Ă  des gens qui n'ont aucun respect pour la vie humaine.

Par cette mort tragique, ce que vise fondamentalement le terrorisme, ce qu'il cherche à atteindre, à anéantir, ce sont la démocratie, la liberté, les droits de l'Homme, c'est le droit pour chacun de penser comme il veut, de s'exprimer comme il le souhaite.

M. Verdon, le terrorisme a pris la vie de votre fils, Clément et Charlotte, celle de votre père. C'était la France et ce qu'elle représente qui était visée. La France vous doit donc, en retour, la plus grande solidarité.

À vous tous, famille et proches de Philippe, je souhaite au nom du président de la République, vous témoigner notre solidarité et notre soutien devant cette perte.

Sachez aussi qu'à votre chagrin, j'aimerais m'associer très étroitement, en vous priant d'accepter mes condoléances attristées.

Je ne souhaite pas ajouter à votre peine par de vaines paroles mais je voudrais ici saluer l'attitude courageuse dont vous avez fait preuve tout au long de la détention de Philippe, et qui fut celle à la fois de la dignité comme du refus de la polémique.

Monsieur Verdon, dans une récente lettre au président de la République, vous avez confié qu'aussi loin qu'il vous souvenait, votre famille s'était donné pour devise : «Faire face !». C'est aussi le sens de l'engagement de la France dans sa lutte contre le terrorisme qu'elle condamne résolument et combat sans merci.

Ce crime révoltant renforce la détermination de l'État à tout mettre en oeuvre pour obtenir la libération de Serge Lazarevic et des otages français encore détenus dans le monde. Je ne doute pas que vos pensées et celles de vos proches vont à leur famille, comme celles du président de la République et du gouvernement qui partagent leur angoisse et leur impatience dans ces moments ô combien difficiles.

Je m'incline devant la tombe de Philippe Verdon, victime du terrorisme, en vous assurant que tout sera entrepris pour que ses lâches assassins rendent des comptes à la justice.

Sachez que c'est bien la Nation toute entière qui s'associe pleinement, et avec émotion, à votre recueillement./.

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6. Ă‰gypte - Intervention de la Haute reprĂ©sentante de l'Union europĂ©enne, Mme Catherine Ashton, Ă  son arrivĂ©e au Conseil affaires Ă©trangères de l'Union europĂ©enne (Bruxelles, 21/08/2013)

Bonjour. Permettez-moi tout d'abord de dire que je me félicite tout particulièrement que les ministres en si grand nombre aient répondu et assistent à ce Conseil des affaires étrangères, au cours duquel nos discussions seront consacrées à l'Égypte.

Je tiens à dire d'emblée que nous avons toujours soutenu les aspirations démocratiques du peuple égyptien. Nous sommes à ses côtés. L'Égypte est un partenaire essentiel et les relations que nous entretenons avec sa population comptent énormément pour nous.

Nous sommes extrêmement préoccupés par l'ampleur de la violence. Nous avons condamné la violence, nous condamnons les actes de terrorisme.

Nous nous réunissons aujourd'hui pour mener un débat politique sur la manière dont l'Union européenne réagit et sur la manière dont nous allons persévérer, comme je l'ai dit, dans notre volonté de soutenir la population de l'Égypte.

J'espère que, dans les prochaines heures, les ministres pourront se joindre à moi pour étudier soigneusement les mesures que nous allons prendre, en gardant bien à l'esprit à la fois les éléments de ce débat politique et la poursuite de notre soutien à la population égyptienne.

Ce dont les ambassadeurs ont discuté lundi au Comité politique et de sécurité, et après eux le COREPER, ce dont parleront évidemment les ministres, c'est de savoir comment nous pouvons nous y prendre au mieux; que peut faire l'Europe?

Nous restons mobilisés aux côtés des Égyptiens, et en particulier des plus pauvres d'entre eux, aux côtés des groupes que nous soutenons depuis de nombreuses années: droits de l'Homme, société civile, etc. Mais il est très important qu'il y ait une feuille de route politique. Nous avons discuté avec les autorités égyptiennes et avec d'autres pour savoir non seulement comment mettre cette feuille de route sur la table des discussions, mais aussi comment la mettre véritablement en oeuvre parce que ce qu'il nous faut, c'est un processus inclusif qui fasse accéder tous les Égyptiens à la démocratie, et à l'avenir auquel nous savons qu'ils aspirent.

J'ai parlé avec les dirigeants d'un certain nombre d'autres pays et avec la Ligue arabe concernant ce qu'il faut faire pour soutenir l'Égypte pour passer ce cap et accéder à une démocratie pacifique et sûre, et c'est la manière la plus efficace dont nous pouvons les aider et les soutenir.

Je vous remercie./.

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7. Zimbabwe - Élections - DĂ©claration de la Haute reprĂ©sentante de l'Union europĂ©enne, Mme Catherine Ashton (Bruxelles, 21/08/2013)

L'Union européenne prend note des résultats annoncés des élections qui se sont tenues au Zimbabwe ainsi que des évaluations réalisées par la Communauté de développement de l'Afrique australe et l'Union africaine. Elle souhaite remercier ces deux organisations pour le rôle positif qu'elles ont joué avant et pendant le processus électoral. L'Union européenne félicite les citoyens du Zimbabwe, qui se sont rendus aux urnes en grand nombre pour ce scrutin dont le déroulement a été pacifique. Elle se félicite que les élections se soient tenues, d'une manière générale, dans le calme et en bon ordre.

L'UE est préoccupée par les allégations d'irrégularités et les informations selon lesquelles la participation aurait été incomplète, ainsi que par les lacunes recensées dans le processus électoral et le manque de transparence. Elle continuera de suivre l'évolution de la situation et de collaborer étroitement avec ses partenaires internationaux dans les semaines qui viennent. L'UE encourage toutes les parties à maintenir le calme et l'ordre.

L'ancienne République yougoslave de Macédoine (1), le Monténégro (1), l'Islande (2) et la Serbie (1), pays candidats, l'Albanie et la Bosnie-Herzégovine, pays du processus de stabilisation et d'association et candidats potentiels, et le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie, se rallient à la présente déclaration./.

(1) L'ancienne République yougoslave de Macédoine, le Monténégro et la Serbie continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.

(2) L'Islande reste membre de l'AELE et de l'Espace économique européen.

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8. Syrie - Remarques Ă  la presse de la prĂ©sidente du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies (New York, 21/08/2013)

(Traduction non officielle)

Je peux dire qu'il existe de fortes inquiétudes parmi les membres du Conseil concernant ces allégations et un sentiment partagé qu'il faut faire la lumière sur ce qui s'est passé et suivre la situation avec attention.

Tous les membres du Conseil s'accordent sur le fait que l'utilisation d'armes chimiques, par quelque partie que ce soit et dans quelque circonstance que ce soit, est une violation du droit international.

Les membres du Conseil s'accordent aussi pour appeler avec détermination à la fin des hostilités ainsi qu'à un cessez-le-feu.

Les membres du Conseil saluent la détermination du Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, à assurer la conduite d'une enquête approfondie, impartiale et rapide.

Les membres du Conseil ont souligné la nécessité d'une assistance humanitaire immédiate aux victimes.

Enfin, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé toute leur compassion envers les victimes et leurs familles./.

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9. Nominations - Argentine - Burkina Faso (Paris, 22/08/2013)

Le Journal officiel du 22 août 2013 publie la nomination de M. Jean-Michel Casa, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République argentine, en remplacement de M. Jean-Pierre Asvazadourian.

Le Journal officiel du 22 août 2013 publie la nomination de M. Gilles Thibault, en qualité ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française au Burkina Faso, en remplacement de M. Emmanuel Beth./.

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