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Déclarations officielles de politique étrangère du 26 juillet 2013


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Tunisie/Assassinat de Mohamed Brahmi - Attaque contre l'ambassade des Émirats arabes unis en Libye - Entretien de M. Laurent Fabius avec le ministre des relations extĂ©rieures du Panama - DĂ©placement de M. Thierry Repentin Ă  Rome - Union europĂ©enne (Paris, 26/07/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu à la question suivante :

1 - Tunisie - Assassinat de Mohamed Brahmi (25 juillet 2013)

Le président de la République a condamné hier avec la plus grande fermeté l'odieux assassinat de M. Mohamed Brahmi, député d'opposition, élu à l'Assemblée Nationale Constituante (ANC) en 2011, fondateur et ancien secrétaire général du Mouvement du peuple.

L'assassinat de Mohamed Brahmi comme celui de Chokri Belaïd ne sauraient rester impunis. Toute la lumière doit être faite sur ces crimes qui, comme l'a rappelé hier le ministre des affaires étrangères, visent à faire échouer la transition démocratique en Tunisie et la recherche d'une unité nationale.

Lors de sa visite d'État en Tunisie, les 4 et 5 juillet, le président de la République a réitéré le soutien de notre pays à la transition en cours et sa solidarité avec tous les Tunisiens attachés aux valeurs de la révolution. Il avait aussi appelé à l'esprit de responsabilité nécessaire à la préservation de l'unité nationale comme au succès de la transition démocratique, qui prévoit l'adoption d'une Constitution et l'organisation d'élections d'ici la fin de l'année.

2 - Attaque contre l'ambassade des Émirats arabes unis en Libye (25/07/2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attaque perpétrée jeudi 25 juillet contre l'ambassade des Émirats arabes unis à Tripoli.

Nous exprimons notre solidarité au personnel de cette représentation ainsi qu'aux autorités émiriennes.

La construction d'un État de droit et l'accélération du processus de transition selon un calendrier connu sont les conditions premières de la sécurité.

3 - Entretien de M. Laurent Fabius avec le ministre des relations extérieures du Panama (26 juillet 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, s'est entretenu aujourd'hui avec son homologue panaméen, M. Fernando Núñez Fábrega.

Cet entretien s'inscrit dans la priorité que la France accorde au développement de ses relations avec l'Amérique latine et témoigne du dynamisme de notre relation avec le Panama, après le déplacement de M. Laurent Fabius dans ce pays en février dernier et la venue à Paris fin mai du président Ricardo Martinelli.

Tous les sujets de la relation bilatérale - et notamment les questions économiques - ont été abordés. Le renforcement des coopérations franco-panaméennes en matière de formation professionnelle, de culture, de sécurité, ainsi que les questions internationales figuraient également à l'ordre du jour.

À l'issue de l'entretien, les deux ministres ont signé un nouvel accord sur les services aériens, dans la perspective de l'ouverture d'une ligne aérienne directe d'Air France entre Paris et Panama, à partir de la fin novembre 2013.

4 - DĂ©placement de M. Thierry Repentin Ă  Rome (29 juillet 2013)

M. Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes, se rendra à Rome le 29 juillet pour rencontrer son homologue italien, M. Enzo Moavero Milanesi, ainsi que Mme Marta Dassù, vice-ministre des affaires étrangères, chargée notamment des relations extérieures de l'Union et des questions économiques multilatérales.

Ces entretiens seront l'occasion d'évoquer les principaux dossiers européens, en particulier les résultats du conseil européen des 27 et 28 juin et l'approfondissement de l'Union économique et monétaire. M. Repentin évoquera également avec ses interlocuteurs les relations de l'Union européenne avec ses voisins méditerranéens, le processus d'élargissement ainsi que l'avenir de la Politique de sécurité et de défense commune, dans la perspective du Conseil européen de décembre. Ils discuteront par ailleurs de la perspective de la présidence italienne du conseil de l'Union européenne au second semestre 2014.

MM. Repentin et Moavero Milanesi aborderont enfin le prochain sommet bilatéral franco-italien, prévu à Rome le 20 novembre.

5 - Union européenne

Q - La radio publique allemande cite une lettre des ministres des affaires étrangères et de la défense français et allemands à Catherine Ashton dans laquelle ils demandent plus de responsabilité européenne pour la paix et la sécurité dans le monde. Est-ce un courrier récemment publié? Et si oui est-il possible de nous le communiquer ?

R - Je vous confirme que ce courrier va être prochainement envoyé./.

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2. SlovĂ©nie - Otages français - Relations bilatĂ©rales - ConfĂ©rence de presse conjointe du prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande et du prĂ©sident de la RĂ©publique de SlovĂ©nie, M. Borut Pahor - Propos de M. Hollande (Ljubljana, 25/07/2013)

Monsieur le Président, Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs, je tenais à être en Slovénie aujourd'hui, à l'invitation du président.

La première raison c'est qu'il n'y avait pas eu de visite officielle d'un chef d'État français depuis l'indépendance de la Slovénie, alors même que la Slovénie est membre de l'Union européenne et partie prenante de la zone euro et est une amie de la France. J'entendais donc réparer cette fâcheuse habitude qui consiste à penser qu'en Europe il n'y aurait des relations qu'entre les grands pays. Eh bien non.

La seconde raison de ma venue ici, c'est qu'il y a deux mois à peine, le président de la Slovénie était à Paris. Il venait inaugurer une exposition des impressionnistes slovènes. Nous avions évoqué ensemble le partenariat stratégique entre nos deux pays et l'approfondissement que nous devions donner à notre relation. Sur le plan politique nous sommes en parfait accord. Sur le plan culturel, nous développons un certain nombre de coopérations, nous en avons encore eu une preuve à l'université ici à Ljubljana. Nous avons convenu que c'était sur le plan économique que nous devions encore hausser nos échanges. Ils se situent à un bon niveau puisque le premier investisseur français qui est venu en Slovénie, c'est Renault, et c'était encore du temps de ce qu'on appelait la Yougoslavie. Depuis, de nombreux investisseurs sont venus en Slovénie et ont connu un succès grâce au savoir-faire des travailleurs slovènes et à l'environnement qui est proposé pour ces investisseurs.

Le président Slovène, comme tout à l'heure Mme la Première ministre et le ministre des finances, ont évoqué ces programmes de privatisation. C'est le choix de la Slovénie. Dès lors qu'il y a une opportunité pour les entreprises françaises de présenter des offres, j'ai considéré que la France devait soutenir ce processus et faire en sorte que nous puissions, en parfaite transparence, dans le cadre d'une procédure qui est sous le contrôle des autorités compétentes, avoir la capacité de pouvoir faire valoir les chances des entreprises françaises.

Il y avait cette raison qui tenait à l'organisation de cette conférence de Brdo - j'essaie de prononcer à la slovène pour ne pas donner l'impression que nous avons tenu une conférence à Bordeaux en France - vous aviez choisi ce lieu pour réunir tous les chefs d'État des Balkans, huit chefs d'État, dont la Slovénie. C'est une véritable prouesse d'être capable, après tout ce qui s'est produit, de partager un certain nombre de convictions et d'objectifs communs. Vous y êtes parvenus, avec le président croate. Je voulais vous en féliciter.

La France a été honorée d'être associée à cette conférence. Elle se sent aujourd'hui obligée de poursuivre une relation exceptionnelle avec les Balkans, compte tenu de l'enjeu pour ces pays et de l'enjeu pour l'Europe, l'enjeu pour la stabilité et la sécurité. Pour toutes ces raisons je considère que ce voyage et ce déplacement correspondent à ce qu'est notre histoire.

Vous avez eu l'amabilité de rappeler que c'était Napoléon qui a reconnu la langue slovène et les provinces illyriennes. Nous sommes fiers d'être dans cette référence là au sens de Napoléon le libérateur. Il y a l'attachement à la culture française, à l'histoire française. Tout à l'heure j'irai sur une place de votre capitale qui rappelle la révolution française, c'est dire combien nous sommes fiers de l'image que la France peut avoir auprès des pays amis comme le vôtre. En même temps que nous sommes fiers nous devons être à la hauteur de cette histoire, c'est la raison pour laquelle vous pouvez compter sur l'appui de la France.

Je dois dire aussi sur les questions économiques et financières que nous avons toute confiance dans l'économie de la Slovénie. »

Q - Monsieur le Président, à propos de nos entreprises à l'étranger, le site du journal Libération annonce que les autorités françaises auraient des preuves de vie concernant les quatre otages d'Arlit. Est-ce que vous confirmez ? Est-ce que ce sont des vidéos ? Eventuellement que disent ces vidéos si vous confirmez ?

R - Vous savez que sur les questions d'otages, j'ai une position qui consiste à en dire le moins possible. Le président du Niger avait il y a quelques jours, lui-même annoncé qu'il avait des éléments qui prouvaient que nos otages étaient en vie. Nous avons eu confirmation de ces informations.

Q - J'ai une question pour le président français. Pourriez-vous donner plus de précisions sur la liste des sociétés slovènes mises en vente au cours de la privatisation ? Ensuite à Brdo, vous avez annoncez que la France était prête à aider à trouver une solution pour le nom de la Macédoine. Est-ce que vous avez une idée concrète à nous présenter ? Merci.

R - Il ne m'appartient pas de trouver un nom pour l'ancienne République yougoslave de Macédoine, mais si la France - qui a de si bonnes relations avec la Grèce - peut jouer un rôle pour favoriser ce dialogue, nous y sommes tout à fait prêts. Je ne me permettrai pas de m'instaurer médiateur alors même que je n'en ai pas eu la responsabilité de la part des pays considérés.

Sur la liste des entreprises, oui elles m'ont été communiquées dès la visite du président slovène. Le MEDEF, l'organisation patronale française, a été également saisie de ces possibilités d'investissement ici en Slovénie. Cela couvre des secteurs très différents qui vont de l'agroalimentaire jusqu'aux transports aériens, en passant par la banque et les télécoms. Il est vrai qu'il y a un savoir-faire français, il y une technologie française, il y a des capitaux qui peuvent s'investir utilement ici en Slovénie. Notre idée est plutôt de faire des alliances, de pouvoir être un partenaire et en aucune façon de vouloir contrôler un secteur de l'économie slovène.

Q - L'opposant membre de la constituante tunisienne Mohamed Brahmi a été assassiné devant son domicile, sous les yeux de sa fille. Quelle est votre réaction ? Êtes-vous très inquiet de la situation en Tunisie ?

R - Ma première réaction est l'effroi, par rapport à cet assassinat, qui touche un membre de l'opposition, un démocrate qui s'engageait pour l'avenir de son pays. Ceux qui ont commis cet acte odieux veulent atteindre la Tunisie dans son ensemble et le peuple tunisien. La France doit être aux côtés du peuple tunisien dès lors que le processus démocratique est engagé, il y a des forces qui veulent l'entraver. Je suis allé en Tunisie il y a quelques semaines, je me suis adressé au Parlement tunisien, à l'Assemblée constituante et ce dirigeant était membre de l'Assemblée. La France doit dire aux Tunisiens qu'elle est à leurs côtés dans cette épreuve et qu'ils doivent se rassembler et tenir bon face à ceux qui veulent empêcher la réussite de la révolution tunisienne.

J'ai juste une information à donner. J'ai eu le Roi d'Espagne et Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, pour leur assurer la solidarité de la France dans l'épreuve que le peuple espagnol traverse avec cette catastrophe ferroviaire. Nous avons-nous même connu une tragédie à Brétigny. Celle-là est hélas d'une ampleur encore supérieure. Que le peuple espagnol sache bien que le peuple français compatie dans cette épreuve. Merci./.

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3. SlovĂ©nie - UE - Balkans - Sommet informel des pays des Balkans occidentaux - ConfĂ©rence de presse conjointe du prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande et du prĂ©sident de la RĂ©publique slovène - Propos de M. Hollande (Brdo pri Kranju, 25/07/2013)

(...)

Monsieur le Président, je voulais une nouvelle fois vous remercier pour l'invitation, que vous avez faite à la France, de venir ici pour cette réunion. J'associe le président croate que j'ai reçu le 14 juillet et qui est aussi partie prenante de ce processus.

C'est un honneur pour la France que d'être présente à cette réunion des Balkans. La France est liée à votre grande région par notre histoire, par nos liens politiques, par les relations culturelles, linguistiques - la francophonie y a sa place - et également par des relations économiques.

Je mesure ce que représente l'initiative que vous prenez parce qu'elle est un message d'espoir pour les peuples des Balkans qui ont vécu sur leur sol une tragédie que vous êtes en train de dépasser.

Tout n'est pas encore réglé dans cette région et il y a encore des sujets qui appellent notre vigilance et notre préoccupation. Mais ce que je suis venu dire aux pays représentés, aux huit chefs d'État, c'est que la France est à leurs côtés pour poursuivre l'intégration des Balkans dans l'Union européenne. Je viens dans un contexte, vous l'avez rappelé Monsieur le Président, où la Croatie vient d'adhérer à l'Union, rejoignant ainsi la Slovénie, qui elle-même est membre de la zone euro, et à un moment où Belgrade et Pristina ont scellé un accord historique grâce à l'initiative de l'Europe.

Je suis venu réaffirmer la perspective européenne des Balkans, je le fais avec la continuité de l'engagement de la France. En effet, c'est pendant la présidence française, en 2000 à Zagreb, que cette perspective avait été fixée, que cette volonté avait été affirmée. Plus d'une décennie après, la France est toujours là à vos côtés pour rappeler cette perspective.

Certes, il y a des conditions pour que des pays qui sont candidats ou qui ont été admis dans la négociation, puissent voir le processus aboutir.

La première de ces conditions, et cela c'est chaque pays qui doit la remplir, c'est de mettre en oeuvre des réformes, des réformes économiques, comme tout pays qui a vocation à rentrer dans l'Union européenne. Mais également des réformes politiques, des réformes institutionnelles, des réformes qui portent sur l'État de droit.

La seconde condition, et c'est toute la région qui doit la remplir, c'est la réconciliation, c'est la coopération régionale. C'est ce que vous engagez à travers ce processus. Parce que si les contentieux ne sont pas réglés, si la stabilité n'est pas trouvée, si la sécurité n'est pas assurée, il ne peut alors pas y avoir d'intégration dans l'Europe. L'Europe peut aider, l'Europe peut accompagner mais l'Europe ne peut pas se substituer aux États pour les choix qui les concernent d'abord.

Pourquoi suis-je aussi attaché à cette perspective européenne ? Parce que construire l'Europe, dès lors que nous avons accepté qu'elle soit à l'échelle du continent, construire l'Europe sans les Balkans, c'est d'une certaine façon occulter ce qu'a été la réalité de l'Europe et notamment dans sa phase tragique. Je rappelais que nous allions célébrer l'année prochaine, en France, le centenaire de la Première Guerre mondiale, qui a été déclenchée dans les Balkans à Sarajevo. La dernière guerre qui se soit produite sur le sol européen, c'est également dans les Balkans.

Il n'y aura l'Europe de la paix, l'Europe de la réconciliation que si nous sommes capables, vous et nous, de faire en sorte que les Balkans soient parties prenantes de l'Europe. Il y a des efforts à faire, il y a des conditions à remplir mais il y a des exemples : la Slovénie, la Croatie l'ont démontré. À partir de là, la France sera aux côtés des pays ici représentés pour, notamment au Conseil européen, faire valoir la nécessité de ce processus, de cette perspective et de favoriser à travers ses propres médiations la réconciliation indispensables dans les Balkans.

Tel est le sens de ma présence et je vous renouvelle ici ma gratitude d'avoir compris que la France était ici votre amie.

Q - Monsieur le Président Hollande, quelle est l'importance pour l'Union européenne du rôle de la Slovénie en tant que pont entre l'Union européenne et les Balkans occidentaux ? Et qu'attendez-vous précisément de la Slovénie dans ce contexte particulier ?

R - La Slovénie est d'une certaine façon une référence puisque ce pays a été capable très rapidement d'adhérer à l'Union européenne et d'être partie prenante de la zone euro. La Slovénie aurait pu être un pays à part dans les Balkans et elle a choisi de faire en sorte d'accompagner des pays voisins pour qu'ils puissent trouver leur place dans l'Union européenne. Je souhaite donc que ce rôle-là soit encore davantage reconnu et renforcé. J'aurai cet après-midi des relations avec les autorités slovènes. Le président, nous l'avons déjà marqué à travers un premier entretien, mais également avec la Première ministre et avec le président de l'Assemblée pour bien montrer le rôle que peut jouer la Slovénie et la relation particulière qui peut être celle entre la France et la Slovénie.

Je m'honore aussi d'être le premier chef de l'État français à venir en Slovénie depuis l'indépendance. C'est aussi une forme de reconnaissance de l'influence de la Slovénie en Europe et dans les Balkans.

Q - Une question, Monsieur le Président de la République, un peu en marge du sommet mais je pense que vous la comprendrez. Quel est votre sentiment, quelques jours après Brétigny, face à la catastrophe ferroviaire qui a eu lieu en Espagne et est-ce que vous avez pu joindre Mariano Rajoy ?

R - J'ai appris cette nuit cette terrible catastrophe qui en rappelle une autre - celle de Brétigny - mais qui a une dimension, hélas, encore plus tragique avec un nombre de victimes très élevé et de nombreux blessés. J'ai joint Mariano Rajoy, je ne l'ai pas encore eu personnellement, il était sur les lieux mêmes de la catastrophe. J'ai adressé au peuple espagnol la solidarité du peuple français et exprimé aux familles également toute notre compassion. Il faudra ensuite tirer toutes les conclusions, là encore, sur les causes mêmes de cette catastrophe et sur les choix que nous avons à faire en matière de transport.

(...)

Q - La Macédoine a demandé une assistance pour régler la question du nom au cours de cette réunion, comme cela a été un petit peu le cas entre Pristina et Belgrade ou bien entre Ljubljana et Zagreb. Est-ce que vous êtes prêt à porter votre appui pour régler ce différend ? Et puis vous avez également évoqué le sommet européen du mois de décembre, ma question est la suivante : que peut attendre la Macédoine du sommet de décembre s'agissant de cette question ? Puisque au mois de juin, il n'a même pas été question du nom où le statu quo demeure.

R - Au mois de juin, c'était essentiellement la Serbie qui était concernée, d'autant que ce jour-là nous avions félicité le Premier ministre de Croatie, présent au Conseil européen, pour le succès du processus d'adhésion. Sur l'Ancienne République yougoslave de Macédoine, j'ai rappelé que la France était disposée à chercher, par la qualité des relations que nous pouvons avoir avec la Grèce, une solution. Il vrai que la question du nom bloque, pour l'instant, le processus et que nous ne pouvons pas en rester là. La France est donc prête à jouer, là aussi, son rôle pour favoriser une bonne compréhension de ce sujet qui maintenant - si je puis dire - complique le processus depuis trop longtemps.

Q - Une question pour vous d'abord Monsieur le Président. Je voudrais revenir sur le sens de votre présence ici aujourd'hui. Que pouvez-vous apporter aux pays des Balkans ? Qu'est-ce que la France peut apporter et que pouvez-vous en retirer en échange ? (...)

R - J'ai rappelé les relations historiques que la France a dans les Balkans. J'ai aussi rappelé l'engagement de la France pour ouvrir la perspective européenne pour les pays des Balkans. J'ai enfin conscience qu'il n'y a d'Europe que si nous achevons le processus, ici dans les Balkans, pour les raisons historiques que j'ai rappelées, tragiques même.

Il y a ce que la France peut apporter, c'est-à-dire comme l'un des principaux pays fondateurs de l'Europe. Ce que nous pouvons apporter car nous pouvons parler à tous malgré les blessures de l'histoire. Nous avons de bonnes relations avec tous les pays des Balkans. Nous sommes reconnus, regardés comme pouvant jouer un rôle.

On parlait tout à l'heure de ce problème du nom qui empêche l'Ancienne République yougoslave de Macédoine de pouvoir trouver sa place. Nous avons joué un rôle éminent. Souvenez-vous, ce n'est pas si loin par rapport à la Bosnie-Herzégovine ou par rapport au Kosovo.

Vous demandez ce que nous pouvons en tirer en retour. Mais rien. Si ce n'est la volonté que la stabilité, la paix puissent être la condition de vie des habitants de cette région. Est-ce que je souhaite qu'il y ait davantage d'investissements d'entreprises françaises dans les Balkans ? Oui. Davantage d'échanges économiques ? Sûrement. Et il y a à l'évidence une présence insuffisante de la France sur le plan économique dans cette région. Nous allons veiller à ce qu'il en soit différemment pour l'avenir.

Mais d'abord, c'est notre rôle politique qui est reconnu. Nous ne cherchons pas à en avoir le monopole et il y aura, à l'évidence, d'autres chefs d'État qui viendront pour d'autres réunions dans le cadre de ce processus. Mais que la France ait été invitée prouve bien que nous pouvons être utiles et aux Balkans, et à l'Europe.

(...)

Q - Monsieur Hollande, j'ai une question pour vous. Êtes-vous inquiet que la Slovénie puisse être le prochain pays à avoir besoin d'une aide financière compte tenu des difficultés qu'elle rencontre et si cela se produisait, quel message pour les pays ici présents et le reste du monde ?

Deuxième question : insisterez-vous pour le retard de l'âge de départ à la retraite en France. Ce sont deux questions qui s'adressent au président Hollande.

R - Je ne pensais pas être interrogé sur l'âge de la retraite en France en venant ici en Slovénie. Mais cela sera un sujet de la rentrée puisque nous avons des réformes à faire en France comme dans tous les pays européens pour réduire nos déficits, être plus compétitifs et garder un principe de solidarité.

Mais sur la situation de la Slovénie, nous avions eu l'occasion, lors de la visite du président slovène à Paris, d'en parler. Nous avons confiance dans le système bancaire slovène. Il a, comme dans beaucoup de pays européens, démontré sa fiabilité mais il n'y a pas, ici, d'alarme à prononcer et je ne suis pas informé d'une demande d'aide financière venant de la Slovénie à l'Europe. Il y a des efforts qui sont engagés par le gouvernement slovène que je regarde et qui me permettent d'avoir, je vous l'ai dit, confiance.

Sur la situation économique de l'Europe, je vais être interrogé par les chefs d'État à l'occasion du déjeuner. Parce que c'est ce que l'on dit : il faut ouvrir une perspective européenne. Mais faudrait-il encore que l'Europe soit un espoir et non pas une crainte, que l'Europe soit regardée comme une façon de trouver de la croissance, de l'emploi et pas simplement des mesures restrictives, même si les disciplines sont nécessaires. J'avais, il y a quelques semaines, même mois, dit que nous étions sortis, pour l'essentiel, de la crise de la zone euro. C'est le cas, même si il peut y avoir des problèmes politiques dans tel ou tel pays qui parfois fait ressurgir un certain nombre de craintes. Je constate que, sur les marchés, aujourd'hui, il n'y a plus de doute sur l'appartenance des pays qui sont aujourd'hui membres de la zone euro quant à leur avenir dans cette zone.

Maintenant, l'enjeu, c'est de sortir de la récession et il y a des indices, qui d'ailleurs sont publiés ces derniers jours, qui laissent penser que, effectivement, il y a une sortie de la récession qui est maintenant en vue. Ce que nous devons faire, c'est soutenir cette dynamique qui est encore très fragile, ce rétablissement des comptes, des disciplines pour offrir une perspective de croissance. C'est le message que je porte au niveau européen. Nous devons assouplir un certain nombre de règles, mettre de la croissance, concevoir des politiques plus structurelles, de long terme, pour l'industrie, pour l'énergie. Et ainsi, permettre que les pays qui sont déjà membres de l'Union européenne puissent être consolidés, confortés, et que les pays qui n'en sont pas encore membres puissent regarder l'Europe comme un espoir.

(...)

Q - Monsieur le Président, la politique étrangère française n'a pas été particulièrement active dans la région de l'ex-Yougoslavie. Est-ce que votre visite signifie que la France veut maintenant jouer un rôle plus actif dans la région de l'ex-Yougoslavie ?

R - Oui. Si vous voulez me faire dire que nous n'avons pas été assez présents, nous l'avons été. Je rappelle que lorsqu'il y a eu la crise en Bosnie-Herzégovine, des soldats français sont venus. Nous avons déploré 84 morts. Nous avons joué notre rôle au Kosovo. Mais, au-delà du règlement de ces conflits, c'est vrai que la diplomatie française n'a pas été aussi présente qu'il aurait été nécessaire. À travers cette invitation, à travers cette volonté que j'ai rappelée, à travers l'influence que la France peut jouer pour régler un certain nombre de différends et pour favoriser la perspective européenne, la France sera davantage active dans la région des Balkans durant les prochains mois et les prochaines années. Moi-même, j'aurai l'occasion de le démontrer./.

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4. SlovĂ©nie - Étudiants Ă©trangers en France - Francophonie - Rencontre du prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande, avec des Ă©tudiants francophones Ă  l'UniversitĂ© de Ljubljana (Ljubljana, 25/07/2013)

Q - Le gouvernement français donne-t-il des bourses aux étudiants étrangers qui veulent poursuivre leurs études en France ?

R - Je voudrais remercier Monsieur le Recteur pour l'accueil qu'il nous fait, pour avoir sélectionné des jeunes slovènes et français qui étudient ensemble et qui donnent une belle image de ce que nous pouvons faire entre nos deux pays. Je salue ici le président slovène.

Je suis également sensible au fait que nous avons pour les langues le même attachement. Vous avez rappelé, Monsieur le Recteur, que c'était Napoléon qui avait permis que la langue slovène puisse être parlée, enseignée et diffusée. Aujourd'hui c'est vous qui nous permettez de nous exprimer en français et je vous en remercie tout particulièrement.

Je vais répondre à la question. Oui, il y a des bourses qui sont prévues et qui permettent à des jeunes de venir dans un certain nombre d'universités. Nous voulons même amplifier le nombre de boursiers. Il y a également un programme européen que vous connaissez, ERASMUS, certains d'ailleurs en ont le bénéfice aujourd'hui, mais que nous avons décidé d'élargir à des filières qui jusqu'à présent ne pouvaient pas accéder à ce dispositif, notamment les apprentis, les licences professionnelles, etc.

Je demande au ministre des affaires étrangères, ici présent, de faire en sorte que nous puissions vous accueillir en plus grand nombre dans nos universités à la condition bien sûr que vous puissiez revenir en Slovénie. Parce que le président me ferait le reproche de vouloir garder tous les talents slovènes pour les garder à notre bénéfice. Mais nous sommes aussi heureux de vous voir accueillir des étudiants français même pour quelques semaines et vous avez choisi ceux qui viennent d'écoles de commerce, j'imagine qu'ils vont pénétrer le marché slovène au bénéfice des entreprises françaises.

Q - Monsieur le Président, pourriez-vous me dire quelle est la situation concernant la recherche de l'emploi pour les jeunes diplômés en France et dans les autres pays de l'Union ? Pensez-vous que la situation s'améliore ?

R - La situation n'est pas bonne mais elle va s'améliorer. C'est ce que je dis en France, c'est ce que je dis ici à Ljubljana. Elle n'est pas bonne, pour les jeunes qui sont sans qualification, elle est même tout à fait désastreuse et elle n'est pas facile pour les jeunes qui ont des diplômes. Car il y a aujourd'hui un temps assez long qui s'écoule entre le moment où les jeunes ont le diplôme et le moment où ils trouvent leur premier emploi. Et il peut y avoir même un temps plus long entre le premier emploi et le premier contrat à durée indéterminée. Qu'est-ce que nous avons décidé de faire à l'échelle de l'Europe, c'est un programme pour l'emploi des jeunes. Nous avons dégagé huit milliards d'euros, cela peut paraître beaucoup à l'échelle d'un pays mais c'est très peu à l'échelle du continent européen, de l'Union européenne, mais enfin c'est un premier pas, pour qu'il y ait des programmes qui puissent favoriser l'embauche des jeunes, chaque pays pouvant adapter son dispositif pour y parvenir.

En France, nous avons un jeune sur cinq qui est au chômage, j'entends un jeune sur cinq qui est sur le marché du travail et qui ne trouve pas d'emploi, ce qui est trop, et nous avons donc développé des programmes pour ceux qui sont sans qualification et même pour les jeunes diplômés. Par exemple pour les jeunes diplômés, nous avons mis en place un contrat de génération permettant à une entreprise qui a un salarié expérimenté de pouvoir embaucher un jeune de façon à ce qu'il y ait ce transfert de savoir-faire du senior, comme l'on dit, au jeune. Pour nous c'est une priorité. Il y a aussi cette volonté des pays qui connaissent plus de croissance que d'autres, d'accueillir des jeunes venant d'autres pays plus en difficulté. Mais, moi ce que je souhaite, c'est que les jeunes dans un pays puissent trouver un emploi dans leur propre pays, mais c'est une ambition européenne de lutte contre le chômage des jeunes et notamment contre le chômage des jeunes diplômés. Parce que c'est encore plus frustrant quand on a fait des études, quand on atteint un certain niveau de ne pas trouver d'emploi.

Q - D'après vous quels avantages possèdent les personnes qui maitrisent la langue française ?

R - Un très grand avantage. Un avantage même unique, il ne faut pas le répéter parce que certains parlent d'autres langues que le français, je ne sais pourquoi, mais nous sommes très attachés à la francophonie. Non pas pour la France, mais pour la langue française, ce qui n'est pas la même chose. La langue française elle appartient à celles et ceux qui la parlent. Et nous n'en avons pas du tout le monopole, nous ne voulons pas en avoir le monopole.

Aujourd'hui il y a à peu près 300 millions de personnes dans le monde qui parlent le français. Et selon nos prévisions, nous pensons que d'ici 20 ou 30 ans, il y a aura près de 800 millions, peut être un milliard de personnes, vous vous rendez compte, qui vont parler le français. En Afrique, en Amérique latine, en Asie et nous devons donc dire à tous ces jeunes qui ont une autre langue que le français, le slovène par exemple, qu'ils ont eu parfaitement raison d'apprendre le français parce qu'ils vont avoir un avantage par rapport à ceux qui ne parlent que l'anglais. Parce que parler l'anglais c'est une banalité, tout le monde parle mal l'anglais, alors que vous vous parlez bien le français. Je voulais vous en féliciter et vous dire que vous avez fait le meilleur investissement.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Tunisie - Assassinat de Mohamed Brahmi - Entretien du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec «France-info» (Ljubljana, 25/07/2013)

La France condamne cet assassinat de la façon la plus absolue. Non seulement nous la condamnons, mais nous demandons évidemment que la recherche des criminels soit la plus rapide et la plus efficace possible.

La personne qui a été assassinée était un opposant qui avait suivi le même chemin que M. Choukry Belaid, c'est-à-dire un nationaliste qui s'était rapproché de la gauche et qui était un député d'opposition.

Au-delà de cet assassinat, ce que les auteurs de ce crime cherchent certainement à faire, c'est d'empêcher la transition démocratique en Tunisie et l'unité nationale. Et cela, la France le dénonce d'une façon extrêmement ferme. Je veux redire, au nom des Français, que nous soutenons la population tunisienne contre les gestes épouvantables tels que celui qui a été commis./.

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6. Tunisie - Assassinat de Mohamed Brahmi - DĂ©claration de la Haute reprĂ©sentante de l'Union europĂ©enne, Mme Catherine Ashton (Bruxelles, 25/07/2013)

Je condamne avec la plus grande fermeté l'assassinat à Tunis ce jeudi 25 juillet 2013 du député de l'opposition M. Mohamed Brahmi, intervenu le jour même de l'anniversaire de la proclamation de la République.

Je présente mes condoléances à la famille et aux amis de la victime, ainsi qu'aux militants et membres de son parti. L'UE appelle les autorités tunisiennes à faire toute la lumière sur ce meurtre, pour traduire sans délais devant la justice les responsables, alors que les meurtriers de Choukri Belaid, assassiné le 6 février 2013, n'ont toujours pas été arrêtés ni traduits devant la justice.

Ces assassinats politiques représentent des attaques menées par les ennemis de la démocratie contre la République, le peuple tunisien et les valeurs de la révolution du 14 janvier 2011.

L'UE est convaincue que la finalisation rapide de la rédaction de la Constitution et l'organisation des prochaines élections générales sont la meilleure réponse à ces lâches attentats. Il appartient aujourd'hui aux partis politiques de la majorité et de l'opposition et aux représentants des forces vives de la société tunisienne attachés aux valeurs démocratiques de trouver les compromis nécessaires dans un esprit de consensus, tolérance et de respect mutuel.

L'UE appelle tous les acteurs politiques, économiques et sociaux ainsi que les militants de la société civile attachés au processus démocratique à apporter leur appui à une réponse citoyenne et pacifique au meurtre d'aujourd'hui./.

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7. Conseil de sĂ©curitĂ© - Grands Lacs et RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo - Intervention du ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© du dĂ©veloppement, M. Pascal Canfin (New York, 25/07/2013)

Monsieur le Secrétaire général,

Madame la Présidente,

Monsieur le Secrétaire d'État,

Monsieur le Président de la Banque mondiale, Madame l'Envoyée spéciale,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Je souhaite d'abord remercier chaleureusement le Secrétaire d'État, John Kerry, d'avoir pris l'initiative de cette rencontre à haut niveau consacrée à la situation dans les Grands Lacs et, notamment, en République démocratique du Congo.

Cette rencontre arrive au bon moment. Alors que la situation humanitaire reste dramatique, avec plus de 2,6 millions de déplacés en RDC, et 450.000 réfugiés dans les pays voisins, ces dernières semaines ont été marquées par une nouvelle reprise des hostilités, par le M23 et par d'autres groupes armés contre les forces armées congolaises.

Cette reprise des combats est un test pour la communauté internationale. Un test car le M23 et les autres groupes armés cherchent tout simplement à faire dérailler le processus politique en cours, qui vise justement à mettre un terme à cette tragédie qui dure depuis bien trop longtemps. Un test, car certains acteurs pourraient être tentés de renoncer aux engagements qu'ils ont pris.

Notre message est clair : les pays frontaliers à la RDC doivent cesser le soutien aux groupes armés comme ils s'y sont engagés. Le message d'unité et de fermeté qu'envoie aujourd'hui la communauté internationale est salutaire, pour soutenir les efforts des acteurs sincèrement acquis à la cause d'une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Mesdames, Messieurs,

Nous avons beaucoup progressé ces derniers mois. Nous disposons désormais d'un cadre cohérent, qui nous permet enfin d'espérer mettre un terme à la tragédie que subit la région des Grands Lacs depuis maintenant plus de vingt ans. Ce cadre repose sur deux piliers.

Le premier pilier est l'Accord-cadre signé, le 24 février, par onze pays de la région, à l'initiative du Secrétaire général, dont je salue ici l'action et la détermination. Il revient maintenant aux Etats signataires de cet accord de mettre en oeuvre leurs engagements. Nous avons eu, ces dernières semaines, plusieurs signaux encourageants :

• L'adoption, par le gouvernement congolais, d'un Mécanisme national de suivi des engagements. Il constitue une amorce des réformes indispensables de l'armée et de la police congolaises. Il importe, maintenant, que des mesures d'ampleur soient prises rapidement. Il faut également que l'armée congolaise soit exemplaire sur le terrain et que les exactions commises par les soldats congolais, qui ne sont pas excusables, soient effectivement et sévèrement sanctionnées par la justice de ce pays.

• Au niveau régional, une première réunion du Mécanisme régional de suivi des engagements, a rassemblé le 26 mai, en marge du sommet de l'Union africaine, la plupart des chefs d'Etat de la région. Ce mécanisme se doit d'assurer, en premier lieu, que la souveraineté et l'intégrité territoriale de tous les Etats de la région soient préservées, à commencer par celle de la RDC, mais aussi assurer que leur sécurité ne soit pas menacée.

L'action de Mme Mary Robinson, envoyée spéciale du Secrétaire général pour les Grands Lacs, sera déterminante pour la coordination et l'évaluation des efforts nationaux et régionaux dans la mise en oeuvre des engagements pris. Soyez assurée, Madame la Présidente, du soutien déterminé de la France à vos côtés.

Le deuxième pilier de ce nouvel environnement est la résolution 2098 du Conseil de sécurité, adoptée à l'unanimité le 28 mars dernier.

• Le coeur du mandat de la MONUSCO reste inchangé : c'est la protection des civils. Mais, pour contribuer à cet objectif, la résolution autorise, de façon inédite, le déploiement d'une brigade d'intervention au sein de la MONUSCO. Cette brigade a pour mandat de neutraliser les groupes armés qui entretiennent la violence et qui menacent les civils. La France souhaite maintenant qu'elle soit opérationnelle au plus vite.

• Autre point essentiel de la résolution 2098 : la question des violences sexuelles. Elles continuent d'être une arme de guerre utilisée à grande échelle et le plus souvent en toute impunité. Nous saluons l'initiative de Mary Robinson d'organiser, avec la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), une conférence spécifique sur le rôle des femmes dans le processus de mise en oeuvre de l'Accord-cadre. Nous savons que dans cette région le corps des femmes est trop souvent le champ de bataille des hommes. Comme le Président Kim, c'est une tâche sur notre conscience.

Mesdames, Messieurs,

Avant de conclure, je souhaiterais évoquer la question du développement.

Comme l'a évoqué l'Envoyée spéciale, Mme Mary Robinson, il est temps, désormais, d'envisager «les dividendes de la paix» pour l'ensemble de la région des Grands Lacs.

Je veux saluer l'engagement personnel du président Jim Yong Kim pour la résolution de cette crise, et la récente promesse de financement de la Banque mondiale, qui favorisera l'application des engagements pris par la RDC lors de la signature de l'Accord-cadre. La France et l'Union européenne seront également au rendez-vous du développement dans la région.

La relance de l'économie dans la région, au bénéfice des populations, passera également par un effort de transparence autour de l'exploitation des ressources naturelles. L'opacité dans l'exploitation des ressources minières doit laisser place à la transparence. Comme vous le savez, à l'initiative de la Grande-Bretagne, et avec le plein soutien de la France, les pays du G8 ont adopté au début du mois un plan d'action pour la transparence dans le domaine des industries extractives. Par ailleurs, nous entendons soutenir pleinement, politiquement et techniquement, les efforts de la RDC pour mettre en place un mécanisme de certification des minéraux exploités dans cette région. Tous ces dispositifs permettront de lutter contre les mauvaises pratiques, et d'augmenter les bénéfices de l'exploitation des ressources naturelles de la région pour les populations.

Mesdames et Messieurs,

Alors que le M23 reconduit des offensives autour de Goma, il importe aujourd'hui de tout mettre en oeuvre à la fois pour mettre en échec ceux qui menacent la paix et pour relancer la dynamique politique qui s'est amorcée avec l'Accord-cadre. Pour permettre l'établissement d'une paix durable, il est temps désormais que la coopération entre acteurs de toute la région l'emporte face à la violence et aux pillages. C'est à cette condition, et à cette condition seulement, que l'Accord-cadre pourra ouvrir la voie à une amélioration concrète de la situation sécuritaire et des conditions de vies dans la région des Grands Lacs. Au nom des millions de morts qui ont endeuillée cette région depuis tant d'année, nous avons aujourd'hui collectivement une obligation de réussite.

Je vous remercie./.

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8. Ă‰gypte - DĂ©claration du porte-parole du ministère des affaires Ă©trangères (Paris, 25/07/2013)

La France exprime sa vive préoccupation à l'égard de l'évolution de la situation en Égypte, à la veille des manifestations prévues le 26 juillet.

Dans la période délicate que traverse le pays, il est important que rien ne soit fait pour alimenter les tensions ou susciter des violences.

La France appelle tous les acteurs de la transition et l'ensemble des forces politiques à faire preuve de responsabilité, à privilégier tant le dialogue que la recherche du consensus. Tous doivent oeuvrer à un processus politique conduisant à la mise en place rapide d'institutions démocratiquement élues, conformément aux engagements pris.

Il importe que la transition politique se fasse dans le respect des droits de l'Homme, de l'État de droit et du pluralisme en permettant la participation de toutes les forces et sensibilités politiques.

Ceci implique que soit assuré et respecté le droit de manifester pacifiquement, et que soient évités les arrestations arbitraires comme le recours et l'incitation à la violence./.

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