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Déclarations officielles de politique étrangère du 15 mai 2013


Sommaire



1. Point de presse du porte-parole - Participation de M. Pascal Canfin au sĂ©minaire franco-britannique sur la transparence pour le dĂ©veloppement - DĂ©placement de Mme HĂ©lène Conway-Mouret en AmĂ©rique centrale - Français de l'Ă©tranger (circonscriptions 1 et 8)/Élections lĂ©gislatives partielles/Vote par Internet - Mali (Paris, 15/05/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Participation de M. Pascal Canfin au séminaire franco-britannique sur la transparence pour le développement (Lille, 21 mai 2013)

Avant le sommet du G8 des 17-18 juin à Lough Erne, le ministère des affaires étrangères organise une journée d'échanges entre acteurs français et britanniques de la société civile sur le thème de la transparence pour le développement. Ce séminaire sera accueilli le 21 mai par la communauté urbaine Lille métropole.

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, à l'initiative de cet événement, et Mme Justine Greening, ministre britannique du développement international, participeront à ce séminaire. Les travaux seront ouverts par Mme Martine Aubry, maire de Lille et présidente de la communauté urbaine de Lille métropole.

Priorité de la présidence britannique du G8, la transparence est aujourd'hui identifiée comme un puissant levier pour favoriser le développement, améliorer la gouvernance et augmenter les ressources propres des pays en développement.

Ce séminaire s'articule autour de quatre axes de discussion : la transparence dans le secteur des industries extractives ; la transparence dans le domaine foncier et son articulation avec les enjeux de sécurité alimentaire ; la transparence en matière financière et fiscale ; la prise en compte de cette exigence dans les politiques de développement. Ses conclusions alimenteront la position française lors du prochain G8.

2 - Déplacement de Mme Hélène Conway-Mouret en Amérique centrale (16-22 mai)

Mme Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, se rend du 16 au 22 mai en Amérique centrale, au Guatemala, au Salvador et au Costa Rica. Il s'agit de la première visite ministérielle dans ces trois États de la région depuis près de dix ans.

Au Guatemala, Mme Conway-Mouret sera reçue par M. Otto Pérez Molina, président de la République du Guatemala. Elle aura également des entretiens avec M. Mauricio Lopez, ministre de l'intérieur, et M. Ivan Espinosa, vice-ministre des relations extérieures. Elle visitera le lycée français Jules Verne et rencontrera les associations françaises et nos compatriotes. La ministre aura également un échange avec les membres du conseil économique de l'ambassade, dans un pays où les exportations françaises ont progressé de 28 % en 2012.

Au Salvador, la ministre déléguée s'entretiendra avec MM. Hugo Martinez, ministre des relations extérieures, M. David García, vice-ministre des Salvadoriens de l'extérieur, et M. Juan Daniel Alemán, secrétaire général du Système d'intégration centre-américain. Elle se rendra au lycée français de San Salvador et rencontrera les représentants de nos associations, les milieux économiques et la communauté française.

À San José, au Costa Rica, des rencontres sont prévues avec M. Enrique Castillo, ministre des relations extérieures et du culte, et M. Johnny Araya, maire de San José. Mme Conway-Mouret aura une réunion de travail au lycée franco-costaricien et rencontrera nos compatriotes. Avec la communauté d'affaires française de San José, elle participera enfin à la mise en place du conseil économique de l'ambassade.

3 - Français de l'étranger (circonscriptions 1 et 8) - Élections législatives partielles - Vote par Internet

Les Français inscrits sur les listes électorales des circonscriptions 1 (Canada et États-Unis) et 8 (Chypre, Grèce, Israël, Italie, Malte, Saint-Marin, Saint-Siège, Turquie) sont appelés à participer à l'élection de deux députés des Français établis hors de France.

Dès aujourd'hui à partir de 12h (heure de Paris), ils ont la possibilité de voter par Internet pour le 1er tour de ce scrutin. Durant six jours, ils pourront se connecter au portail de vote à partir du site www.votezaletranger.gouv.fr avec l'identifiant et le mot de passe reçus par courrier, SMS ou courriel.

Le vote par Internet sera clôturé le mardi 21 mai à 12h (heure de Paris), avant le vote à l'urne, les samedi 25 et dimanche 26 mai.

Un guide du vote par Internet est disponible Ă  l'adresse suivante : http://www.dailymotion.com/video/xzgq2o_elections-legislatives-partielles-2013-guide-du-vote-par-internet_news.

4 - Mali

Q - Pouvez-vous me dire ce que la France attend de la conférence sur l'aide au Mali. La première réunion n'avait pas eu les résultats attendus. Y a-t-il une mobilisation plus forte des bonnes volontés. Comment voyez-vous la situation politique sur le terrain ? Des élections sont elles possibles en juillet ? Merci.

R - Sur votre première question, M. Laurent Fabius s'est exprimé ce matin à Bruxelles à l'ouverture de la conférence des donateurs, qui réunit autour des Maliens les pays de l'Union européenne et de l'Union africaine : «Nous allons apporter une aide importante au Mali, probablement près de 2 milliards d'euros (...). Depuis février, nous avons repris notre coopération bilatérale : mise en oeuvre d'un plan d'urgence, notamment dans les zones libérées, soutien de l'État malien afin de permettre le redémarrage des services publics essentiels (aide budgétaire, conversion de dette), reprise progressive des projets structurels en matière de gouvernance, d'éducation, de santé, de développement rural, d'infrastructures et de soutien au secteur privé. Dans le cadre de cette conférence, et en réponse au «Plan pour la relance durable» du Mali, nous nous engagerons pour la période 2013-2014 comme nous l'annoncerons aujourd'hui. En plus de cette aide bilatérale, la France apportera une forte contribution via son aide multilatérale».

Sur votre deuxième question, le dialogue et la réconciliation de l'ensemble des forces politiques et sociales sont des éléments-clés d'une sortie de crise durable. La commission nationale de dialogue et de réconciliation, qui vient d'être officiellement installée, est représentative de la diversité du Mali. Elle a maintenant un rôle essentiel à jouer.

S'agissant de votre dernière question sur les élections, M. Laurent Fabius a confirmé hier la nécessité du respect du calendrier. La tenue d'élections libres, transparentes et crédibles est essentielle pour la réussite de la transition et la légitimité politique des nouvelles autorités. Ces élections devront avoir lieu sur l'ensemble du territoire malien./.

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2. Tunisie - Mali - ConfĂ©rence de presse du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius (Tunis, 14/05/2013)

Mes mots d'introduction seront assez rapides et ensuite je serai Ă  votre disposition.

Je suis venu ici une journée, pour rencontrer les principaux dirigeants du pays. J'ai été accueilli par mon collègue et ami le ministre des affaires étrangères, M. Othman Jarandi. Ensuite, nous avons déjeuné ensemble et nous avons fait le tour des problèmes régionaux et internationaux.

Nous avons ensuite rencontré le Premier ministre, M. Ali Larayedh, et différents ministres pour un entretien extrêmement chaleureux et dense. Ensuite, nous sommes allés rencontrer le président de l'Assemblée nationale constituante, M. Mustapha Ben Jaafar que je connais depuis fort longtemps et le président de la République, M. Moncef Marzouki, qui m'a rappelé qu'en 1989 - c'était donc au siècle dernier - alors qu'il était dans un tout petit local où il s'occupait des droits de l'Homme, il avait reçu la visite du président de l'Assemblée nationale française, moi-même à l'époque, et il m'avait remercié sans savoir que quelques années plus tard...

Et puis j'ai rencontré quelques responsables de l'opposition.

Le message que je suis venu porter à mes amis tunisiens est un message d'amitié, un message de confiance et un message de solidarité. L'amitié, c'est tout simplement le lien qui existe entre le peuple tunisien et le peuple français. Ce n'est pas inutile de rappeler que pour nous les Tunisiens sont des amis, des proches. Et beaucoup de choses, dans un monde qui est dur, sont liées à l'amitié.

La confiance parce que nous avons confiance dans ce qu'a commencé à faire la Tunisie et dans son avenir. Il ne faut pas oublier que c'est ici, vous le savez mieux que moi, dans ce pays, qu'a commencé - le printemps arabe ou la transition, je ne sais pas comment il faut dire - en tout cas ce grand mouvement. Et je pense que les Tunisiens peuvent être fiers de ce qui a été fait. Nous les Français, comme les Tunisiens, nous essayons de rester fidèles à cet idéal. Nous avons confiance dans l'avenir de la Tunisie qui est un pays avec une population jeune et éduquée, avec un peuple responsable qui a le sens de la démocratie.

Et puis c'est un message de solidarité tout simplement parce ce que, compte tenu de nos liens d'amitié, de la tradition, de l'histoire, il est bon de travailler main dans la main sur tous les plans. Vous savez que nous sommes actuellement - et nous entendons bien le rester - le premier partenaire de la Tunisie dans à peu près tous les domaines : sur le plan commercial, en termes d'implantations d'entreprises, etc. Et nous voulons aller encore plus loin.

Nous avons un partenariat éducatif et culturel très important. Et puis il y a l'interpénétration de nos sociétés. De très nombreux Tunisiens sont parfaitement intégrés en France et beaucoup de Français sont très heureux d'être ici.

Par ailleurs, nous avons préparé avec mes interlocuteurs la visite du président de la République qui viendra, comme vous le savez, dans quelques semaines, au début du mois de juillet. J'ai été extrêmement heureux de passer cette journée ici, dans ce pays que j'aime.

Q - Monsieur le Ministre, les relations tuniso-françaises ont à l'évidence connu un creux depuis la révolution tunisienne, quand on voit un peu le gel des investissements, du tourisme et de beaucoup d'autres choses. Pensez-vous que votre visite va dépoussiérer les contentieux et contribuer à tourner la page ?

R - Ma visite, j'en suis sûr, est perçue positivement. Je suis très heureux d'avoir été accueilli chaleureusement et j'espère que le message que j'ai fait passer a été bien reçu. Je le crois.

Maintenant, vous me permettrez d'avoir une petite différence d'analyse par rapport à la vôtre. Lorsque vous parlez de gel des touristes, je crois qu'il y en a eu un million l'année dernière. C'est donc un gel assez chaud, même s'il y a eu un creux lié sans doute à des problèmes d'image auxquels la presse n'est pas totalement étrangère. Il n'y a pas autant de touristes que nous le voudrions mais il y a plus de Français que d'Allemands, de Britanniques et d'Italiens réunis. Cela dit, nous voulons qu'il y ait encore plus de touristes et vous auriez dû m'entendre tout à l'heure sur une chaîne de télévision française vanter la beauté de la Tunisie.

Les investissements, non. L'année dernière, il y a eu un mouvement d'investissements important. Je pourrais vous citer Bic et d'autres sociétés. Je vous rappelle d'autre part que nous avons plus de 1 500 entreprises ici et que nous assurons plus de 100.000 emplois pour les Tunisiens. Nous sommes de loin le premier pays investisseur.

Mais nous ne nous satisfaisons pas de tout cela et nous voulons aller plus loin. Comment aller plus loin et c'est le sens de votre question ? En définissant ce qu'est notre relation. Elle est excellente et je n'ai entendu que cela de la part des autorités tunisiennes. Comme j'ai rencontré aussi les dirigeants des principaux partis d'opposition, je pense qu'ils sont parfaitement représentatifs. Il y a donc une volonté, de la part des Tunisiens et de la part des Français de travailler de plus en plus ensemble.

C'est vrai en même temps que l'Europe n'est pas dans une situation facile. Il y a moins de croissance en Europe qu'il n'y en avait auparavant. D'autre part, et les dirigeants tunisiens sont les premiers à le reconnaître, le mouvement - appelons-le printemps arabe, révolution, transition, comme vous voulez - a pu inquiéter certains. Je n'ai pas de jugement moral à porter mais par rapport aux investisseurs économiques, c'est une situation qui n'est pas très facile. Donc nous, notre rôle, c'est de dire qu'il y a une évolution démocratique, que les choses se passent de manière calme et qu'il faut être là et être là de manière forte.

Il reste un dernier point et là, je pense que vous mettez l'accent sur une préoccupation réelle, qui est la question de la sécurité. Pas au sens où souvent on l'entend ! Si les non-Tunisiens ont à l'idée qu'en Tunisie on ne peut pas marcher dans les rues, c'est complètement faux !

En revanche, ce qui est vrai, c'est que compte tenu de l'environnement international - je pense à ce qui s'est passé en Libye, ce qui s'est passé au Mali et dans la sous-région - il y a ici comme ailleurs, on l'a vu aux frontières, un certain nombre de problèmes sérieux. Et l'une des questions que j'ai abordées avec mes interlocuteurs tunisiens c'est : qu'est-ce que l'on peut faire ensemble par rapport à ce problème là ? Parce que nous y sommes confrontés à notre manière.

Lorsque nous sommes intervenus au Mali, ce n'est pas la France qui est intervenue mais c'est l'ensemble de la communauté internationale, parce qu'on ne peut pas admettre que des groupes terroristes prennent en otage tout un pays. Lorsque, l'autre jour, l'ambassade de France a sauté à Tripoli, elle n'a pas sauté toute seule ! Cela veut dire qu'il y a des groupes qui ne sont pas si loin. Donc, c'est un souci pour toutes les démocraties. C'est vrai pour la France, c'est vrai pour la Tunisie. Il y a un travail qui est fait avec des pays voisins. Nous avons parlé de l'Algérie qui collabore avec nous, que ce soit la Tunisie d'ailleurs, ou que ce soit la France. C'est vrai pour d'autres pays. Cela concerne d'une manière générale l'ensemble de l'Afrique, pas seulement l'Afrique du Nord mais l'Afrique noire aussi, l'ensemble du continent africain.

Pour me résumer, je pense qu'il faut être clair : amitié, confiance, solidarité, action commune pour porter plus loin notre partenariat ensemble. Je crois que tout cela sera très bien illustré par la visite prochaine du président de la République.

Q - Je me demandais, comme vous venez de parler de sécurité, quelle était votre analyse de ce qui se passe actuellement au djebel Chaambi à Kasserine ? Est-ce que la France participe d'une façon ou d'une autre, en collaboration sécuritaire par exemple ?

Mon autre question porte sur la visite du président Hollande. Est-ce que les dates exactes ont été arrêtées ou pas encore ?

R - Vous savez que je ne suis pas diplomate de carrière mais simplement ministre des affaires étrangères. Et j'ai appris qu'il y a une tradition, c'est que même si on connaît les dates, on ne les donne pas ce qui est un peu frustrant pour les journalistes ! Ce sera probablement au début du mois de juillet.

Sur l'autre question, non, il n'y a pas de participation française mais ce que j'ai dit concerne aussi toute une série d'événements où, même si les circonstances sont différentes, on ne peut pas accepter quand on est une démocratie qu'il y ait de tels groupes terroristes. Alors les circonstances sont différentes et il faut faire attention à spécifier les choses. Cela a été une partie importante de nos discussions avec vos dirigeants. On aimerait ne pas avoir à se soucier de cela mais que voulez-vous, ce n'est pas un jeu ! Si des groupes organisés, très armés, avec beaucoup de moyens financiers, veulent faire la loi à la place de ceux qui sont chargés de faire la loi, on ne peut pas les laisser faire.

Sur un plan plus général, au-delà de cette circonstance, nous sommes convenus d'échanger de plus en plus parce que c'est un problème qui nous concerne tous. Nous en avions déjà parlé dans le passé puisque le président de la République est venu souvent en France, et l'autre jour dans une réunion qu'on appelle 5+5 où il y avait votre ministre des affaires étrangères.

Au Mali, la France et d'autres ont fait un travail exceptionnel. Nous avons été amenés avec nos militaires à aller dans le nord, dans le massif des Ifoghas, et là nos militaires ont découvert dans des caches, des documents qui établissent qu'une partie des groupes terroristes du Nigéria étaient formée concrètement au nord du Mali, ce qui n'est pas la porte à côté.

Donc, il y a des réseaux terroristes, des réseaux narco-terroristes souvent, alimentés par la drogue, par des trafics d'armes, par des trafics d'êtres humains, et c'est le monde auquel nous avons à faire face. Les responsables sont là pour faire face et pour protéger les citoyens.

Q - À ce sujet, l'armée tunisienne est mise en échec depuis huit mois environ par un groupe de jihadistes dans les montagnes de la frontière algérienne qui a reçu le soutien d'éléments venus du Mali, chassés par l'armée française. Est-ce que vous pensez que la France pourrait apporter un soutien logistique ou autre à cette armée tunisienne qui est bien incapable de lutter contre ce nouveau phénomène ?

R - Écoutez, nous sommes présents au Mali, nous avons repoussé les terroristes, éliminé beaucoup d'entre eux, mais le phénomène terroriste n'est pas éradiqué partout et c'est la raison pour laquelle j'ai dit qu'il devait y avoir des échanges d'information, le cas échéant des équipements. Maintenant, voilà où nous en sommes et nous allons continuer à travailler ensemble.

Q - Au mois de février vous avez dit au journal «Le Point» : « je pensais au départ que la Tunisie était peut-être le pays où la Révolution pouvait aboutir à des résultats positifs ».

R - Oui, parmi tous les pays concernés, je pensais que c'était celui où ce serait le moins difficile. Et j'ai toujours la même opinion.

Q - Qu'est-ce qui motivait votre optimisme de départ et qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

R - Non, mon avis n'a pas changé. Simplement, j'essaye d'être lucide, de ne pas confondre mes espérances et mes analyses. Je pense que la Tunisie a beaucoup d'atouts. C'est d'abord le pays où est née la révolution et ceci n'est pas le fait du hasard. C'est venu de l'intérieur du pays, il faut toujours le rappeler, à travers des revendications de dignité, de lutte contre la corruption et c'était très profond. Donc, c'est le berceau.

Deuxièmement, la Tunisie est un pays dont les dimensions ne sont pas immenses et les problèmes, même s'ils sont lourds, ne sont pas les mêmes que ceux qui peuvent exister en Égypte ou dans d'autres pays de ce type.

Troisièmement, le niveau d'éducation, lié à toute une histoire, est important. Le niveau de développement économique est aussi important. Il y a une proximité avec l'Europe, la France et d'autres pays. Il y a des idéaux démocratiques qui affleurent et qui sont là. Et puis, malgré le drame - que je veux de nouveau condamner - que représente l'assassinat de M. Chokri Belaïd, il y a une tradition quand même paisible, ici en Tunisie. Quand vous regardez la vie politique, elle ne présente pas la violence qu'elle peut avoir dans d'autres pays, si vous comparez par exemple avec la Syrie.

Donc, je suis optimiste. J'ai confiance. En même temps, il y a des difficultés parce que, vous l'avez rappelé, il y a des difficultés économiques, parce que la jeunesse voudrait avoir plus vite un emploi, parce qu'il y a des problèmes qu'on ne va pas cacher comme la hausse des prix, parce qu'il y a des différences entre la côte et l'intérieur... Je vois tout cela parce que je suis un responsable politique et je ne veux pas me raconter d'histoires.

Moi, je suis confiant sur l'avenir de ce pays et sur son évolution. Je pense que vous avez une responsabilité double parce que vous avez collectivement la responsabilité de mener à bien ce que vous avez commencé, mais vous avez en plus une responsabilité vis-à-vis de tous les autres pays parce que c'est vous qui êtes le berceau d'un mouvement. Donc, si la Tunisie réussit - et cela prend du temps - ce sera un exemple pour beaucoup d'autres pays. C'est une responsabilité forte que vous avez sur les épaules. Et c'est pour cela qu'un pays comme la France, qui est la terre de 1789, doit toujours avoir une action particulière à ce niveau.

Merci beaucoup. À bientôt./.

 

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3. Tunisie - Mali - Allocution du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, devant la communautĂ© française (Tunis, 14/05/2013)

Merci beaucoup d'être là, d'avoir pris ce temps, en fin d'après-midi, pour venir dans cette belle maison, car cela me fait plaisir de vous voir.

Je suis venu ce matin. Depuis que François Hollande a eu la grande idée de me nommer au Quai d'Orsay, c'est le 52ème pays que je visite. Je voulais absolument répondre à l'invitation très gentille du gouvernement parce que des ministres français sont venus, notamment mes trois ministres délégués qui ont visité ce pays, mais à quelques semaines de la visite du président de la République, nous avons pensé, avec François Hollande, qu'il était bon de faire le point et d'avoir un contact direct avec des responsables que je connaissais déjà et de les voir en situation.

Et donc, très gentiment, j'ai été accueilli, bien sûr, par mon homologue le nouveau ministre des affaires étrangères, mais aussi par le président de la République, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale. Et puis nous avons rencontré aussi les dirigeants des principaux partis d'opposition, la presse et enfin vous-même. Je repars juste à l'instant pour Paris avant de repartir demain matin pour Bruxelles afin de traiter la question du Mali.

Je suis venu dire aux autorités tunisiennes et, à travers elles, aux Tunisiens, à vous-mêmes, un message tout à fait simple. Parfois il faut des messages simples pour qu'ils passent. C'est un message d'amitié, vis-à-vis de la Tunisie. La France aime la Tunisie. C'est un message de confiance. Nous savons que tout n'est pas facile, et vous le savez encore mieux que moi, mais nous avons confiance dans le futur de la Tunisie, dans ce qu'elle a commencé à faire. Et c'est un message de solidarité puisque la tradition de la France à l'égard de beaucoup de pays, notamment de celui-ci, c'est d'être au soutien de ce qui se fait.

Bien sûr, ici a commencé un processus, je ne sais pas comment il faut l'appeler - on parle de Printemps arabe mais je ne sais pas si le terme est excellent parce qu'on nous dit qu'après le printemps viennent d'autres saisons, etc. On parle aussi de révolution, de transition, d'un grand changement... Mais c'est ici que ça a commencé, à l'intérieur du pays et ce n'est pas ici par hasard.

Du coup, la Tunisie est porteuse de quelque chose de plus. J'ai dit dès le début que la Tunisie, de tous les pays arabes qui connaissaient ce mouvement, était probablement le pays qui avait le plus de chances de surmonter cette évolution positivement et vite.

Pourquoi cet optimisme ? D'abord parce que c'est un pays qui est à taille humaine. Ensuite c'est un pays qui a un niveau d'éducation important et qui, malgré un certain nombre de drames récents, a une tradition pacifique. C'est un peuple dans l'ensemble raisonnable, qui a le soutien de l'Europe, de la France et d'autres. Je pense qu'il y a beaucoup de raisons d'être confiant.

Bien sûr, il y a des hauts et des bas, et vous les vivez. Économiquement, c'est sûr qu'au début, lorsque des pays font leur révolution ce n'est pas une incitation extraordinaire pour les investisseurs à venir. Mais quand on regarde les chiffres, on a tout de même un taux de croissance cette année qui n'est pas mauvais, même s'il est insuffisant par rapport au nombre de jeunes. Quand on regarde le nombre de touristes, il a baissé mais les touristes français représentent plus à eux seuls que les Britanniques, les Italiens et les Allemands réunis, beaucoup plus. Et puis il y a des mouvements d'investissement positifs qui viennent de France.

Il se pose cependant la question de la sécurité. Mais c'est une question - malheureusement, après ce que nous avons vécu au Mali nous sommes bien placés pour le dire - qui concerne toute la région. La question n'est pas «la Tunisie». La question, c'est comment est-ce que les démocraties font face au terrorisme international.

C'est une des questions dont j'ai beaucoup parlé avec le Premier ministre et le président de la République, cet après-midi, parce qu'il faut - c'est déjà le cas mais de plus en plus - que la Tunisie, la France et d'autres pays travaillent ensemble sur ces questions. Il n'est pas possible, face à des groupes qui sont internationalisés, organisés, richissimes malheureusement, que les démocraties y aillent «gamberges au vent», en pensant qu'elles vont s'en sortir comme ça.

Nous avons un chemin de coopération entre la Tunisie et la France extrêmement ouvert. Économiquement, bien sûr. Lorsque le président de la République viendra, il annoncera un certain nombre de choses, les visites présidentielles ont en particulier cette utilité. Nous savons qu'il y a beaucoup d'entreprises françaises ici, 1 500 qui font vivre plus de 100.000 personnes. Donc nous devons essayer de pousser tout cela avec un certain nombre de décisions prises soit par la France, soit par l'Europe, soit par les Tunisiens eux-mêmes, soit par d'autres. Il y a des marchés que nous pouvons aller conquérir ensemble.

Il y a une coopération éducative, culturelle. Le français est parlé par beaucoup de monde et c'est un sujet qui a pu être délicat à certains moments mais qui ne l'est pas vraiment. Tous mes interlocuteurs - et ce n'était pas simplement pour être aimable à mon endroit - m'ont dit : «Oui, on a besoin du français, de la France.» Et puis il y a la coopération en matière de sécurité.

Ce que je voulais vous dire c'est tout simple. C'est que nous pensons nous, en tant que gouvernement français, que la Tunisie est un partenaire solide et que nous avons bien l'attention de ne pas le laisser tomber.

Le tourisme ! Alors j'étais tout à l'heure, quelques minutes, mobilisé par BFM. Et s'il y a des représentants d'agences de tourisme parmi vous, et bien il faut qu'ils m'embauchent ! Je me suis surpris moi-même à dire : «c'est un beau pays, il faut venir». Mais on ne peut prêcher que par l'exemple. Il faut qu'on élimine toute une série de clichés qui ne sont pas exacts et que l'on retrouve le chemin de ce beau pays.

Un dernier mot, avant que la tempête ne nous arrache. Vous êtes très nombreux ici, beaucoup de binationaux. Vous aimez ce pays, sinon vous n'y seriez pas. Vous jouez un rôle particulier. Parce que - ne prenez pas cela en mal Monsieur l'Ambassadeur et Madame la Consule - c'est vous les ambassadeurs. Quand vous agissez, c'est vous-même, individuellement, mais c'est un petit peu de l'image de la France. Et je suis reconnaissant pour ce que vous faites, parce que vous n'avez pas eu une période très facile. Parfois même, on a peut-être pris un peu les Français comme des boucs-émissaires, parce que cela arrive dans ce genre de circonstances. Maintenant on a passé le cap.

Et donc je veux vous remercier de ce que vous faites et de ce que vous êtes. Ce n'est pas à vous de me remercier d'être venu trop peu de temps - je reviendrai avec le président de la République mais à ce moment là je serai bien sagement à cette place là et c'est lui qui sera à la tribune - mais c'est à moi de vous remercier du travail que vous faites pour la France, pour la Tunisie et pour notre avenir commun.

Vive la Tunisie, vive la France et vive l'amitié entre la Tunisie et la France./.

 

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4. Tunisie - Mali - Entretien du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec «BFM TV» - extraits (Tunis, 14/05/2013)

(...)

Q - Vous vous trouvez en Tunisie, François Hollande va s'y trouver d'ici quelques semaines. Il y a beaucoup d'inquiétudes sur la situation politique et sur la situation sécuritaire. Quel rôle doit avoir la France ? Peut-elle accompagner ces mouvements des Printemps arabes et leurs suites sans poser de conditions ? On sait par exemple qu'en Tunisie, des femmes sont gênées, voire agressées par des mouvements salafistes, parfois grâce à l'indulgence du gouvernement. La France doit-elle défendre à tout prix ses valeurs ?

R - Bien sûr que la France défend ses valeurs. Je crois qu'il ne faut pas tout mélanger. Tout d'abord, je suis ici en visite officielle pour voir les principaux dirigeants de la majorité et de l'opposition et je suis ici pour porter un message d'amitié vis-à-vis de la Tunisie, un message de confiance et de solidarité. C'est clair et net.

Il faut se souvenir que la Tunisie est le berceau de ce que l'on a appelé les Printemps arabes. Évidemment, ce n'est jamais facile parce qu'il y a eu des évolutions à opérer et cela prend du temps mais je trouve malgré tout que la Tunisie s'en sort bien. D'abord sur le plan démocratique, il y a malheureusement eu, - et je l'ai condamné très fermement - la mort de M. Belaïd, mais sinon, c'est une transition pacifique, c'est très important.

Ensuite, sur le plan économique, bien sûr la Tunisie a subi le contrecoup d'un certain nombre d'événements, mais il y a cette année une croissance en Tunisie de 3,5 %. Même si ce n'est pas suffisant, ce n'est pas une croissance nulle. Et puis, il y a un processus de transition démocratique. Les Tunisiens sont en train de mettre au point une constitution qui devrait être adoptée d'ici quelques semaines. Des élections sont prévues d'ici la fin de l'année. Bien sûr, ce n'est pas facile.

Quant à la sécurité, vous avez raison d'aborder ce sujet. Il ne s'agit pas d'un problème de sécurité quotidienne mais plutôt de la présence de groupes terroristes autour de la Tunisie, en Libye notamment. Il y a également le risque que des groupes présents au Mali remontent vers la Tunisie.

Nous avons beaucoup parlé de cela, à la fois avec le président de la République et avec le Premier ministre et d'autres ministres encore pour dire que nous étions tous solidaires, nous les démocraties, dans cette défense contre les groupes terroristes et nous avons discuté des initiatives que nous pourrions prendre ensemble. Mon voyage, et ce sera encore plus vrai avec François Hollande dans quelques semaines, c'est pour dire que nous sommes aux côtés de la démocratie tunisienne.

Q - Les touristes français pourront-ils retourner en Tunisie plus massivement l'été prochain ?

R - Bien sûr. Il y a heureusement beaucoup de touristes français, plus d'un million qui représentent un sixième des touristes, c'est donc un chiffre important. Il y a eu une petite baisse mais tout doit être fait et tout est fait pour qu'ils reprennent le chemin de ce magnifique pays qu'est la Tunisie. Je ne vais pas me transformer en ministre du tourisme mais c'est un pays splendide qui accueillera les Français avec beaucoup de plaisir.

Q - Valérie Trierweiler, la compagne du président de la République doit se rendre au Mali demain. Est-ce dans le cadre d'une mission officielle ?

R - Mme Trierweiler est, comme vous le savez, très proche de toutes les questions sociales et des questions qui touchent les enfants. Elle a été invitée par les Maliens notamment pour visiter les hôpitaux. Elle y sera demain. Je pense que c'est une très bonne chose. En même temps, demain et c'est le hasard du calendrier, avec François Hollande, nous serons à Bruxelles pour la conférence internationale qui regroupe une centaine de pays où nous déciderons de l'aide économique à apporter au Mali. Nous sommes en train de gagner la guerre, mais, maintenant il faut gagner la paix et pour cela, on a besoin à la fois de maintenir la sécurité, de faire progresser la démocratie et d'aider au développement. Je pense que la France peut être fière de cette action qu'elle est en train de mener./.

 

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5. Mali/ConfĂ©rence des donateurs - Discours du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius (Bruxelles, 15/05/2013)

Seul le prononcé fait foi

Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Je vous souhaite à mon tour la bienvenue à cette conférence, voulue par l'Union européenne, le Mali et la France afin d'apporter le soutien de la communauté internationale au Mali.

La France, avec notamment l'aide des pays voisins et des Européens, a accepté de mettre en jeu la vie de ses soldats et consacré des moyens importants pour aider le Mali à préserver son intégrité. La guerre est en passe d'être gagnée, il faut maintenant réussir la paix.

***

Le constat qui est à l'origine de cette réunion est simple : il n'y aura pas de sécurité et de stabilité durable sans développement et sans démocratie. Il faut agir de front sur les trois côtés du triangle : sécurité, démocratie, développement. C'est la stratégie de la France depuis le début - nous avons d'ailleurs nous-mêmes repris dès février notre aide au développement. C'est également la conviction de l'Union européenne, dont je salue la mobilisation importante et rapide.

Le titre de la conférence proposé par la France «Ensemble pour le renouveau du Mali» traduit bien cette ambition.

Cette conférence porte sur le Mali, c'est-à-dire ni sur le seul Nord ni sur le Sahel, même si chacun a bien compris qu'à travers la stabilisation et le développement du Mali se jouait l'avenir de la sous-région et au-delà.

Il s'agit de «renouveau» car cette conférence n'est pas une conférence post-conflit. Il ne s'agit pas d'effacer les dommages d'une guerre ; l'objectif n'est pas de reconstruire pour revenir à une situation antérieure. Il s'agit d'aider les Maliens à construire un nouveau Mali. Il s'agit de permettre aux Maliens - à l'ensemble du Mali, nord et sud réunis - de bâtir leur prospérité de demain. C'est pour cela que nous leur avons demandé de préparer un «Plan pour la relance durable du Mali», qui permette de porter un regard rétrospectif lucide sur les racines de la crise et de dégager des axes d'action prioritaires pour en sortir. Cette analyse a été faite et je salue sa qualité. Elle demandait le courage d'observer la réalité des lacunes des décennies passées. La version amendée du Plan, intégrant les réactions des partenaires, sera présentée ce matin.

Nous agissons «Ensemble» : la communauté internationale, les ONG, le gouvernement malien et la société civile s'engagent conjointement. Il faut insister sur le caractère inclusif de cette conférence. De manière tout à fait remarquable, cinq événements préparatoires ont été l'occasion de donner la parole aux acteurs non-gouvernementaux pour recueillir leur vision du développement du Mali : les collectivités locales (à Lyon le 19 mars dernier), les femmes (à Bruxelles le 9 avril), la diaspora malienne (à Montreuil le 10 avril), le secteur privé (à Bamako le 20 avril) et la société civile (à Bamako le 27 avril). Ces réunions ont permis un dialogue fécond avec tous les acteurs concernés, et deux rapporteurs de chacune de ces manifestations viendront aujourd'hui présenter les conclusions de leurs travaux.

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Nous allons apporter une aide importante au Mali, probablement près de 2 milliards d'euros. Cette aide appelle un engagement réciproque pour que l'aide versée soit utilement utilisée. L'idée centrale de cette conférence est la suivante : les événements de 2012 ne sont pas un accident de parcours. Ils sont largement la conséquence d'une stratégie de développement qui n'a pas, ces dernières années, donné les résultats escomptés. Les causes sont internes - fragilité des institutions notamment - et externes - suivi insuffisant de l'aide internationale.

Nous avons donc beaucoup insisté sur la nécessaire traçabilité de l'aide et le suivi des projets. Ce suivi ne sera pas uniquement local : il impliquera les institutions internationales, les pays donateurs, les ONG.

L'aide est également conditionné à un engagement fort de la part du Mali en matière de transparence, de gouvernance et de démocratie. Les autorités maliennes doivent mettre en oeuvre des réformes importantes en matière de décentralisation, de justice, de lutte anti-corruption, de finances publiques. Le déblocage des fonds dépend de l'évolution du processus politique, qui doit permettre la réconciliation nationale, des institutions inclusives et la mise en place d'autorités démocratiques légitimes. C'est pourquoi les élections prévues en juillet doivent avoir lieu aux dates prévues. On ne peut pas déconnecter le développement des enjeux démocratiques. L'aide versée ne servira le Mali qu'en accompagnement de la réconciliation nationale, seul à même de garantir un vivre ensemble durable.

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La France prendra évidemment toute sa part à la mobilisation internationale. Depuis février, nous avons repris notre coopération bilatérale : mise en oeuvre d'un plan d'urgence, notamment dans les zones libérées, soutien de l'État malien afin de permettre le redémarrage des services publics essentiels (aide budgétaire, conversion de dette), reprise progressive des projets structurels en matière de gouvernance, d'éducation, de santé, de développement rural, d'infrastructures et de soutien au secteur privé.

Dans la cadre de cette conférence, et en réponse au «Plan pour la relance durable» du Mali, nous nous engagerons pour la période 2013-2014 comme nous l'annoncerons aujourd'hui. En plus de cette aide bilatérale, la France apportera une forte contribution via son aide multilatérale. Nos contributions au Fonds européen de développement, à la Banque mondiale et au Fonds mondial de lutte contre le sida feront l'objet d'un suivi particulier.

Après avoir pris nos responsabilités depuis janvier en matière militaire, la France continuera donc d'accompagner le Mali en restant parmi les premiers bailleurs. Cela ne se fera pas - j'y insiste - au détriment des pays voisins, car la stabilisation durable de la situation au Mali passe par une réponse globale à l'échelle de l'ensemble des pays de la région du Sahel.

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Ce moment historique de mobilisation doit être pour le Mali un moment d'espoir et de renouveau. Nous adressons à l'ensemble des Maliens un message de confiance : ils peuvent compter sur nous comme nous comptons sur eux pour mettre en oeuvre les engagements réciproques pris aujourd'hui. Je remercie l'ensemble des participants pour leur investissement rapide et déterminé. Merci./.

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6. Mali/ConfĂ©rence des donateurs - Point de presse du ministre des affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius (Bruxelles, 15/05/2013)

Q - Comment la communauté internationale aide-t-elle le Mali aujourd'hui ?

R - C'est une journée importante et positive pour le Mali. Nous sommes en train de gagner la guerre au Mali et il faut maintenant gagner la paix. Pour gagner la paix, il faut maintenir la sécurité mais aussi approfondir la démocratisation et le développement ; et le développement, cela demande de l'argent.

Aujourd'hui, c'est une réunion à l'instigation de la France, de l'UE, du Mali pour recueillir les dons de l'ensemble de la communauté internationale afin de faire des choses très concrètes : aider les agriculteurs, rétablir l'eau, l'électricité, permettre le développement. On sait déjà que les dons seront substantiels et, à partir de là, c'est le renouveau du Mali qui est en route.

Q - Quelle va ĂŞtre la contribution de la France ?

R - Le président de la République, qui préside la réunion, le dira tout à l'heure et annoncera le chiffre exact. Vous savez que la France a été extrêmement présente sur le plan de la sécurité, tout le monde l'a remerciée, et elle sera aussi présente sur le plan économique./.

 

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7. Mali/ConfĂ©rence des donateurs - Entretien du ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© du dĂ©veloppement, M. Pascal Canfin, avec le quotidien «La Croix» (Paris, 15/05/2013)

Q - Bruxelles accueille la conférence des donateurs organisée par la France, le Mali et l'Union européenne. Qu'attendez-vous de cette réunion ?

R - Les Maliens, en concertation avec les bailleurs de fonds, ont chiffré à environ 4 milliards d'euros le budget nécessaire au développement des services, des infrastructures et de l'économie au cours des deux prochaines années. La moitié de cette somme sera financée par les ressources des Maliens eux-mêmes. Pour l'autre moitié, ils sollicitent l'aide de la communauté internationale. L'enjeu de la conférence de Bruxelles est donc d'obtenir des engagements à la hauteur des besoins sous la forme de dons et de prêts.

Q - Les États ne se sont pas bousculés pour soutenir la France lors de son intervention militaire. Pourquoi se mobiliseraient-ils aujourd'hui ?

R - J'ai bon espoir que la mobilisation soit à la hauteur des attentes des Maliens. La France a rassemblé la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, les Nations unies, l'Union européenne, le Japon, les États-Unis et bien d'autres pays. Nous avons eu des réponses très positives de la part de nos partenaires. Précisons que cette aide sera adossée à la tenue des élections et aux avancées du processus de réconciliation. La France tient beaucoup à ce que l'élection soit organisée en juillet comme les Maliens s'y sont engagés dans le cadre de la feuille de route.

Q - Comment sera dépensé l'argent de la communauté internationale ?

R - Les deux milliards d'euros seront consacrés au développement du Mali. Une partie de cette somme sera versée directement à l'État et aux collectivités locales car il est important d'assurer le retour des services publics et de renforcer la décentralisation. Le reste servira à financer des projets structurants pour l'avenir du Mali. Citons par exemple la construction d'une route entre Kidal et Gao pour relier le Nord et le Sud, ou encore le soutien à l'agriculture familiale.

Sans attendre la conférence, la France a déjà repris son aide au Mali en février. Des fonds ont notamment permis de rétablir l'approvisionnement en carburant de la centrale électrique de Gao. Par ailleurs, nous allons affecter une partie de la taxe sur les transactions financières, 30 millions d'euros, à des programmes d'accès aux soins gratuits pour 2 millions d'enfants de la bande sahélienne. Dans cette région, un enfant sur cinq meurt avant d'avoir atteint l'âge de 5 ans. Je suis fier de pouvoir aider ces enfants grâce à une taxe prélevée sur les marchés financiers.

Q - Le gouvernement malien a élaboré cette feuille de route en concertation avec les bailleurs. Mais les communautés du nord du pays n'ont-elles pas été oubliées une fois de plus ?

R - Les élus locaux et les représentants des associations de ces régions ont été associés à la construction du plan d'action lors de réunions organisées au cours des trois derniers mois en France ou au Mali. J'ai rencontré par exemple les maires de Tombouctou, de Gao et de Mopti en février à Bamako. Après la conférence de Bruxelles, nous souhaitons favoriser la participation et le suivi des citoyens maliens aux projets d'aide. La France créera un site Internet sur lequel seront listées l'ensemble des actions financées par nos fonds. Si les habitants constatent par exemple qu'un centre de soin promis n'a pas été construit, ils pourront appeler un numéro pour nous alerter. L'objectif est d'améliorer la traçabilité et l'efficacité de l'aide.

Q - Qui pilotera l'aide internationale ?

R - Ce pilotage est déjà assuré à plusieurs niveaux. La France assure la coprésidence de la conférence des donateurs avec l'Union européenne et a donc un rôle de catalyseur. Sur le terrain, nous avons des réunions de coordination entre les États et les agences multilatérales d'aide. La communauté internationale est attentive à ne pas reproduire deux erreurs : l'éparpillement des bailleurs et la déresponsabilisation de l'État bénéficiaire.

Q - Des sommes colossales ont été englouties en vain pour aider l'Afghanistan. Un pays en guerre peut-il se développer ?

R - Même s'il subsiste des poches d'insécurité au Mali, ce n'est plus un pays en guerre. Après, chacun sait qu'il n'y aura pas de développement sans sécurité ni stabilité politique et vice versa. L'avenir du Mali dépend de la mobilisation de la communauté internationale mais aussi de la volonté des Maliens de trouver les voies de la réconciliation entre le Nord et le Sud. Nous voulons enclencher une dynamique positive : quand les services publics reviennent, la population retrouve confiance en l'État, les communautés se reparlent, la sécurité s'améliore.../.

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8. Mali/ConfĂ©rence des donateurs - Entretien du ministre dĂ©lĂ©guĂ© chargĂ© du dĂ©veloppement, M. Pascal Canfin, avec «le NouvelObs.com» (Paris, 15/05/2013)

Q - La conférence internationale des donateurs qui se tient aujourd'hui à Bruxelles doit permettre de lever des fonds pour assurer le développement au Mali sur le long terme. Quelles sont vos priorités ?

R - La priorité numéro un de la France est de mobiliser la communauté internationale à la hauteur des demandes du Mali, à savoir autour de deux milliards d'euros. Les Maliens eux-mêmes ont chiffré le plan de développement des deux prochaines années à quatre milliards d'euros. Ils apporteront eux-mêmes les deux milliards restant.

Q - Est-ce faisable ?

R - Je suis confiant.

Q - À quelle hauteur contribuera la France ?

R - Un chiffre a été évoqué par des sources diplomatiques (280 millions d'euros, ndlr). Je ne confirme pas, c'est à l'Élysée de l'annoncer mais le montant ne sera pas très éloigné.

Q - Cette aide vat-elle s'ajouter à celle débloquée en février de l'ordre de 150 millions d'euros ?

R - En février, on était sur le déblocage d'une aide qui avait été gelée, et bien évidemment on va aller au-delà. L'aide annoncée mercredi sera additionnelle.

Q - Quelle forme prendra-t-elle ?

R - Il y aura du don et du prêt. Et c'est vrai aussi pour la communauté internationale dans son ensemble. L'Union européenne fera essentiellement du don. Nous allons annoncer un chiffre en bilatéral, mais il faut savoir que 20% du chiffre européen c'est de l'argent du contribuable français.

On ne peut donc pas limiter le simple chiffre de la France à cette aide bilatérale. C'est pour cela qu'on ne va pas rentrer dans une course à l'échalote. Nous sommes dans une logique collective de mobilisation de la communauté internationale pour qu'à la fin il y ait deux milliards d'euros d'engagement.

Q - Avez-vous déjà reçu des promesses ?

R - Oui bien sûr, et chacun fera ses annonces aujourd'hui.

Q - Quelles sont les priorités sur le terrain ?

R - Il y a d'abord la garantie de la traçabilité de l'aide. Car c'est très bien de mobiliser la communauté internationale encore faut-il que l'aide soit engagée au bénéfice des projets des populations et ne fasse pas l'objet d'un détournement et d'une mauvaise gouvernance comme cela a pu être le cas dans le passé. Nous avons donc décidé de mettre en place, de manière pilote, un dispositif qui assure la transparence totale de notre aide bilatérale en permettant un système de contrôle citoyen décentralisé. Ainsi, sur un site Internet, chaque Malien aura accès à ce que la France a financé et au calendrier et pourra constater la réalisation du projet. Il pourra envoyer un SMS à une hotline si ce n'est pas le cas. Les donateurs seront donc alertés et pourront entrer en contact avec les autorités maliennes.

Cela va renforcer l'efficacité de l'aide et renforcer l'appropriation par les Maliens de cette dernière. C'est une priorité qualitative. C'est une exigence que nous devons aux Maliens et aux contribuables français. C'est selon moi, la manière la plus puissante et la moins coûteuse d'assurer la transparence de notre aide.

Ensuite, il nous faut répondre aux demandes des Maliens dans la diversité des projets : il y a le retour du service public en matière de santé, d'éducation, d'eau, d'électricité, la construction d'infrastructures, de routes, de centrales électriques, des investissements dans l'agriculture... et cela dans toutes les régions du Mali. Notre équation est claire et c'est ce que je dis depuis toujours : il n'y a pas de développement sans sécurité et il n'y a pas de sécurité sans développement. C'est pour cela qu'il fallait intervenir, mais la solution ne peut pas être que militaire.

Q - Le déblocage de ces sommes est adossé au respect de la feuille de route adoptée par Bamako qui comprend notamment la tenue d'élections en juillet et un processus de réconciliation. Or plusieurs voix laissent entendre qu'il est encore trop tôt...

R - Pour nous le déblocage de ces sommes est en effet adossé à la feuille de route. C'est un message extrêmement clair et c'est un message sur lequel la France est totalement rejointe par ses partenaires. Je précise même que certains pays, je pense aux États-Unis, ne reprendront leur aide que lorsque les élections auront lieu.

Nous sommes sur une logique différente qui consiste à dire que par la reprise de notre aide, nous allons consolider le retour de l'État, des services publics et des administrations notamment au Nord. Ce qui renforcera la légitimité de l'État. L'une des causes de la crise au Mali a été l'affaiblissement de cet État, notamment sur certains territoires. En renforçant les services publics et en travaillant directement avec les collectivités locales (car nous souhaitons qu'une partie de l'aide passe directement par les collectivités locales) on renforce le processus politique de décentralisation dont on sait qu'il est l'une des clés de la réconciliation politique.

On est dans une logique de cercle vertueux : enclencher une dynamique pour accroître la sécurité, le développement et la réconciliation politique.

Q - La tenue d'Ă©lections fin juillet est-elle tenable, et mĂŞme souhaitable ?

R - Nous y travaillons. Un appel d'offre pour les fichiers électoraux a été passé il y a dix jours, le HCR travaille pour que le scrutin puisse se tenir dans les camps de réfugiés car tout le monde ne sera pas rentré, on travaille aussi pour que les élections puissent se tenir partout, y compris au Nord, et nous discutons du cas de Kidal (toujours tenu par les forces rebelles du MNLA, la France et le Tchad, ndlr). Mais aujourd'hui rien ne nous permet de dire qu'il est techniquement impossible que ces élections n'aient pas lieu le 28 juillet.

Les arguments qui consistent à dire qu'il est trop tôt seront utilisés en août, en septembre et ainsi de suite... Quand est-ce que ce ne sera pas trop tôt ? Il y a aujourd'hui un déficit de crédibilité de la parole politique au Mali, il est donc essentiel de rester sur cette feuille de route parce qu'une fois que vous vous en éloignez, vous allez où ? La date des élections est fondamentale.

Q - La crise malienne s'inscrit dans une crise plus globale qui touche la zone sahélienne. Est-ce que la conférence a pour vocation de discuter aussi de cette question-là ?

R - Aujourd'hui, la conférence est centrée sur le Mali, même si nous sommes les premiers à dire que les enjeux de développement, d'impact du changement climatique, du développement agricole, de lutte contre tous les trafics sont des enjeux régionaux.

Mais au Mali, il y a de réels problèmes internes à régler.

En revanche, il existe un autre processus qui aboutira à la rentrée, piloté par Romano Prodi, qui lui résonne sur l'ensemble du Sahel. Il n'y a pas d'opposition entre les deux processus, il y a une complémentarité.

De notre côté, je suis fier aujourd'hui d'annoncer que nous allons allouer une partie de la taxe française sur les transactions financières (30 millions d'euros) à une initiative qui va permettre l'accès au soin gratuit à deux millions d'enfants au Sahel, au Niger, au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali et en Mauritanie.

Q - La France est à l'initiative de cette conférence internationale des donateurs. Paris continue de rester en première ligne...

R - Nous jouons un rôle de premier plan, tout le monde le sait, mais nous ne jouons pas notre propre partition, nous jouons collectif. Notre valeur ajoutée est de mobiliser la communauté internationale, et cela a un impact financier plus important que notre simple action bilatérale./.

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9. Croatie - CommuniquĂ© conjoint des ministères des affaires europĂ©ennes français et allemand (Paris, 14/05/2013)

À l'approche de l'adhésion le 1er juillet 2013 de la Croatie à l'Union européenne, Thierry Repentin, ministre délégué chargé des affaires européennes, s'est rendu le 13 mai à Zagreb avec son homologue allemand, Michael Link.

Lors de leur visite de travail, MM. Repentin et Link se sont entretenus avec le président de la République, Ivo Josipovic, ainsi qu'avec le président du parlement croate, Josip Leko. Ils ont rencontré également la ministre des affaires étrangères, Vesna Pusic, et le vice-ministre des affaires étrangères, Josko Klisovic. Ce déplacement a été aussi l'occasion de visiter l'école franco-allemande de Zagreb, symbole de notre coopération.

Les ministres ont abordé avec leurs interlocuteurs les modalités de la poursuite de la coopération franco-allemande avec la Croatie après l'adhésion de ce pays à l'Union européenne, ainsi que les grands sujets européens, dont la préparation du Conseil européen du 22 mai et les perspectives européennes des États des Balkans occidentaux. Ils ont également discuté des principales questions internationales, dont la situation au Mali et en Syrie et la politique européenne de voisinage en Méditerranée./.

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10. Politique commerciale - Entretien de la ministre du commerce extĂ©rieur, Mme Nicole Bricq, avec le quotidien «Les Échos» (Paris, 15/05/2013)

Q - En dix ans, les parts de marché des entreprises françaises ont reculé de 35 % à l'export. Comment expliquez-vous cette baisse ?

R - Les raisons sont à la fois structurelles et culturelles. La France a perdu en compétitivité ces dix dernières années et la conjoncture actuelle n'incite pas les PME à investir dans l'export et à aller chercher la croissance dans d'autres pays. Leurs marges étant faibles, elles préfèrent jouer la carte de la proximité en restant sur le marché national, voire local. Nombre d'entre elles possèdent pourtant les capacités et les compétences mais elles n'osent pas. Ce manque de confiance est symptomatique en France contrairement à d'autres pays comme l'Allemagne, qui sait jouer collectif et présenter des offres groupées. C'est pour cette raison que, sur mes quatre familles prioritaires à l'export (agroalimentaire, santé, communication, urbanisation), j'ai souhaité nommer des fédérateurs issus du monde de l'entreprise pour regrouper les énergies et les talents. Je pense également que les PME manquent d'accompagnement à moyen et long terme. Elles réussissent à exporter une fois, mais ont du mal à reproduire l'opération ensuite et à mettre en place une vraie politique d'internationalisation. 70 % des entreprises qui exportent pour la première fois arrêtent leur activité un an après.

Q - Cette prudence est encouragée dans l'écosystème des PME. On leur conseille même de faire leurs premiers pas dans les pays voisins de la France. Comment voyez-vous les choses ?

R - Je comprends cette réaction de proximité. Les pays frontaliers possèdent des normes européennes communes, la même monnaie et une culture proche de la nôtre. Pour les PME, l'Europe reste le débouché le plus naturel. Mais ces dix dernières années, notre position sur le marché communautaire s'est dégradée et les parts de marché avec le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie ont considérablement diminué. Il faut rétablir l'équilibre et encourager les entreprises à reconquérir l'Europe, notamment le Danemark, la Suède, la Norvège ou la Finlande. Ces quatre pays, qui comptabilisent 25 millions de consommateurs, devraient bénéficier d'une croissance durablement plus élevée que la moyenne européenne. Il faut aussi les inciter à s'attaquer à des pays plus lointains et plus diversifiés. Le niveau d'importation des BRIC et des pays émergents de taille intermédiaire comme l'Indonésie, le Mexique ou le Chili représentera un tiers de la demande mondiale en 2022.

Q - Comment comptez-vous aider les PME à cibler les «bons pays» ?

R - Avec la Direction générale du Trésor et Ubifrance, nous avons identifié des couples pays-secteur. Dans de nombreux pays, l'émergence de couches moyennes, l'augmentation du pouvoir d'achat et l'urbanisation galopante font apparaître de nouveaux besoins auxquels la France peut répondre grâce à la qualité de ses produits ou de ses services. Par exemple, nos PME agroalimentaires ont une vraie carte à jouer en Chine, notamment sur les produits transformés, les produits laitiers, l'épicerie fine et les vins et spiritueux. Le taux de croissance des importations sur ce secteur devrait dépasser 10 % par an. Cependant, l'accès au marché n'est pas toujours facile : il est indispensable de mettre en place des événements dédiés, de fédérer les acteurs et de faciliter les relations avec la Chine.

Q - Les Salons à l'étranger sont une occasion pour nouer des contacts commerciaux. Quel doit être selon vous le rôle des services publics français autour de ces événements ?

R - Dans les pays émergents, l'État a un rôle à jouer pour établir des liens avec les autorités locales qui conservent souvent des responsabilités importantes en termes de définition des normes, de commandes et de politiques publiques. J'ai pour mission de rencontrer les autorités de plusieurs pays et, lorsque je voyage, j'invite des chefs d'entreprise à m'accompagner. Lors de mon déplacement au Vietnam en avril, 126 PME étaient présentes. Elles ont participé à un forum d'affaires qui leur a permis d'établir des contacts avec la communauté d'affaires vietnamienne. L'organisme Ubifrance est très actif sur ce volet et organise des missions prospection à l'étranger. Avec les missions économiques, il sélectionne les Salons phares qui peuvent intéresser les PME et organise leur présence sur place.

Q - Le développement à l'international est l'un des domaines où les entreprises ont le plus besoin d'aide. Comment comptez-vous simplifier les dispositifs ?

R - La Banque publique d'investissement (bpifrance) va simplifier la situation. Par l'intermédiaire de ses guichets uniques régionaux, elle proposera l'ensemble des soutiens financiers actuellement distribués par Oséo et la Coface. Dans le même temps, elle assurera un rôle de conseil auprès des entreprises qui souhaitent exporter. Des développeurs à l'international issus des effectifs d'Ubifrance en régions guideront les chefs d'entreprise dans leurs démarches. Des parcours de développement personnalisé seront mis en place avec l'objectif d'accompagner 1.000 entreprises par an. Le but est de fédérer dans un lieu unique l'ensemble des organismes dans une logique de coordination et de mutualisation afin de rendre plus lisible l'offre d'accompagnement pour les chefs d'entreprise. Concrètement, un catalogue regroupant les produits proposés par Ubifrance, Oséo et la Coface sera prochainement proposé par les guichets régionaux de la bpifrance. À terme, l'idée est également de simplifier les formulaires de demande d'aides avec des documents préremplis.

Q - Le financement reste l'un des principaux freins à l'export. Comment envisagez-vous que les choses puissent s'améliorer ?

R - Les entreprises françaises, en l'absence de dispositifs comparables à ceux existant dans d'autres pays européens et faute de financements export compétitifs, ne bénéficient pas des mêmes conditions que leurs concurrentes, notamment allemandes. Pour faire face au repli des banques françaises, un mécanisme de refinancement privé des crédits à l'exportation, avec une garantie à 100 % de la Coface en cas de défaillance de la banque privée prêteuse, va être mis en place. Cela allégera la contrainte de bilan des banques et augmentera leurs capacités à financer les exportations. Pour répondre aux problèmes de fonds propres des PME, une enveloppe de 150 millions d'euros a été octroyée à des fonds d'investissement, qui s'engageront à investir dans des PME exportatrices. Dix fonds se sont manifestés et nous étudions leur labellisation.

Q - Quel rôle peuvent jouer les pôles de compétitivité pour aider les PME innovantes à exporter ?

R - Ils ont un rôle important à jouer pour renforcer le nombre de PME à l'export. En effet, l'innovation est un facteur de réussite à l'international : 60 % des entreprises qui innovent exportent. Ces clusters, qui travaillent en réseau, se sont engagés à mettre en place des plans d'action à l'international pour leurs PME innovantes, à identifier les pays cibles et à définir des actions collaboratives à l'étranger. Ils noueront, par exemple, des partenariats avec leurs homologues européens pour accroître l'attractivité de la France. Ils se sont également engagés à faciliter le portage par les grands groupes des VIE recrutés par les PME appartenant aux pôles. Une progression de 25 % des VIE d'ici à 2015 a d'ailleurs été fixée./.

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11. CommuniquĂ© du Conseil des ministres - Lutte contre les violences Ă  l'Ă©gard des femmes - RĂ©union du G7 Finances Ă  Londres - Situation Ă©conomique et emploi - Exception culturelle - extraits (Paris, 15/05/2013)

Ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes et la violence domestique

La ministre des droits des femmes, porte-parole du gouvernement, a présenté un projet de loi autorisant la ratification de la convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre les violences à l'égard des femmes et la violence domestique.

Cette convention a été adoptée par le comité des ministres du Conseil de l'Europe le 7 avril 2011. Elle a été signée par la France le 11 mai 2011. Elle entrera en vigueur une fois que dix pays l'auront ratifiée.

La ratification de cette convention répond à l'engagement constant de la France, à l'échelle nationale comme sur la scène internationale, pour mieux prévenir et réprimer les violences faites aux femmes, et protéger plus efficacement les victimes de ces violences.

L'objectif de la convention est d'ériger des standards minimums en matière de prévention, de protection des victimes et de poursuite des auteurs. Cette convention est par ailleurs le premier texte international juridiquement contraignant à inclure des dispositions de nature à combattre le phénomène des crimes prétendument commis au nom de l'honneur.

La réunion du G7 Finances à Londres

Le ministre de l'économie et des finances a présenté une communication relative à la réunion du G7 Finances qui s'est tenue les 10 et 11 mai à Londres, sous présidence britannique.

Les débats du G7, qui font suite à ceux du G20 Finances de Washington des 18 et 19 avril derniers, ont permis de poursuivre le rééquilibrage de l'approche de politique économique sur la croissance et la consolidation budgétaire. Dans un contexte où les tensions financières sont relativement apaisées, mais où les perspectives de reprise restent inégales entre les économies des pays du G7, des points d'accord importants ont été constatés. L'équilibre des priorités entre la croissance et l'emploi, d'une part, la consolidation budgétaire, inscrite dans des stratégies de moyen terme ancrées dans un pilotage de l'ajustement structurel, d'autre part, répond désormais aux voeux exprimés par la France.

Le G7 a conforté les avancées sur la lutte contre le secret bancaire, les paradis fiscaux et l'évasion fiscale. La France a rappelé ses priorités : adoption de l'échange automatique d'informations comme nouveau standard européen et mondial ; lutte contre l'érosion des bases fiscales, en particulier dans le numérique ; lutte contre l'opacité des entités juridiques, telles que les trusts, et pour l'identification des bénéficiaires effectifs ; lutte contre le blanchiment et généralisation des obligations de transparence, pays par pays, au-delà des banques. Les orientations communes rejoignent ces priorités ainsi que le souhait d'avancer sur l'ensemble de ces sujets en parallèle, au plan européen et international.

Enfin, le G7 a été l'occasion d'une discussion approfondie sur les progrès de la régulation financière. Ses membres ont renouvelé leur détermination à mettre en oeuvre l'agenda et les principes du G20. Ils ont débattu, en particulier, des principes applicables à la résolution des crises bancaires, en parallèle des discussions en cours sur le projet de directive européenne qui constitue l'une des composantes essentielles du projet d'union bancaire.

Le G7 a permis d'aborder des sujets qui sont au coeur de la gouvernance mondiale des politiques économiques. Il contribue ainsi à la préparation des prochaines échéances européennes et internationales : Conseil européen du 22 mai ; sommet du G8 les 17 et 18 juin à Lough Erne, sous présidence britannique ; Conseil européen des 27 et 28 juin ; sommet du G20 les 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg, sous présidence russe. Il a constitué une caisse de résonance importante aux positions portées avec conviction par la France.

La situation Ă©conomique et l'emploi

Le ministre de l'économie et des finances et le ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social ont présenté une communication sur la situation macroéconomique et l'emploi.

Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l'économie française a vu son produit intérieur brut reculer au cours du premier trimestre 2013 (-0,2 %), après un recul de même ampleur au trimestre précédent.

L'évolution de la situation économique en France résulte d'abord de l'aggravation de la crise économique de la zone euro - même si la France a mieux résisté en fin d'année dernière que la plupart de ses partenaires.

La zone euro souffre du mouvement de désendettement simultané et rapide des agents privés et publics et d'un problème de déficit d'investissement lié aux inquiétudes sur les perspectives de croissance. Dans ce contexte, il importe de réorienter les politiques européennes en faveur de la croissance. Cela passe par l'accélération de la mise en oeuvre des décisions du Conseil européen de juin 2012, en particulier celles relatives à l'union bancaire. Cela suppose aussi une meilleure coordination des politiques économiques dans la zone euro, prenant mieux en compte la situation différenciée des pays et leurs marges de manoeuvre, ainsi que la poursuite d'un agenda de réformes pour restaurer une capacité de croissance et de création d'emplois, notamment en faveur des jeunes.

* * *

Cette situation rend d'autant plus nécessaire la poursuite des actions en faveur de l'investissement et de la croissance.

La poursuite du sérieux budgétaire est également indispensable. Le maintien du rythme de réduction du déficit permet de préserver les classes populaires et moyennes ainsi que les marges des entreprises, afin de garantir la confiance des investisseurs et les conditions de financement les plus favorables pour les agents économiques.

Par ailleurs, la baisse du pouvoir d'achat observée résulte avant tout de la progression du chômage. Les destructions d'emploi ont été marquées en 2012 dans le secteur marchand, amenant le taux de chômage à 10,6 % au dernier trimestre 2012 (10,2 % en France métropolitaine) dans un contexte de dynamisme de la population active. Le nombre d'inscrits à Pôle emploi a progressé dans les mêmes proportions. Les effets des politiques massives conduites en faveur de l'emploi - qui est la première priorité du gouvernement – vont monter en puissance au cours des prochains mois : CICE, contrats de génération, emplois d'avenir, contrats aidés, renforcement des moyens de Pôle emploi.

La sortie de crise et l'inversion de la courbe du chômage à l'horizon de la fin de l'année nécessiteront une mobilisation de l'ensemble des forces vives de la Nation aux côtés du gouvernement pour poursuivre l'effort de réforme et assurer une montée en puissance des nombreux outils déjà mis en place.

Les suites de la mission confiée à M. Lescure sur l'acte II de l'exception culturelle

La ministre de la culture et de la communication a présenté une communication relative aux suites de la mission confiée à M. Lescure sur l'acte II de l'exception culturelle.

Le rapport de Pierre Lescure mène une réflexion globale sur les outils dits de «l'exception culturelle» et leur adaptation à l'ère numérique. Cet acte II de l'exception culturelle est l'un des axes constitutifs du nouveau pacte de politique culturelle qui figurait dans les engagements du président de la République.

La mission débouche sur 80 propositions. Quatre thèmes ont particulièrement retenu l'attention du gouvernement :

- l'amélioration de l'offre légale, par diverses mesures comme les aménagements de la chronologie des médias ;

- la réorientation de la lutte contre le piratage en direction des sites contrefaisants et le réaménagement de la réponse graduée, notamment en supprimant la sanction de la coupure d'accès à internet et la HADOPI, dont une partie des compétences serait transférée au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) ;

- l'extension du champ de compétence du CSA, dans le sens d'une co-régulation des contenus culturels ;

- la vigilance sur le partage des revenus dans l'univers numérique. Le rapport propose de moderniser le dispositif de rémunération pour copie privée et de mettre en place une contribution sur les terminaux connectés à un taux très bas, afin de rééquilibrer le partage de valeur vers les créateurs et de donner des perspectives nouvelles aux industries culturelles. Il s'agit de retrouver un outil adapté de politique culturelle dans l'univers numérique, tel qu'il en existe dans l'univers analogique.

Sur la base de ces propositions, le ministère de la culture et de la communication a engagé une série de réunions avec les professionnels concernés. En parallèle, une analyse juridique et technique va être menée en interministériel par les services de l'État. Un temps de dialogue avec le Parlement sera également prévu. Le gouvernement doit établir le calendrier de mise en oeuvre des dispositions réglementaires et législatives associées aux propositions qu'il décidera de retenir et favorisera l'engagement des négociations interprofessionnelles pour leur mise en oeuvre. Les premières mesures retenues par le gouvernement seront mises en oeuvre avant l'été. La contribution sur les terminaux connectés fera l'objet d'un arbitrage dans le cadre de la préparation du projet de loi de finances pour 2014.

L'objectif est d'ouvrir un nouvel acte de l'exception culturelle. L'enjeu est à la fois économique, pour des industries porteuses de compétitivité et d'emplois en France, et symbolique pour une citoyenneté qui s'incarne dans la production des oeuvres./.

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