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Déclarations officielles de politique étrangère du 10 avril 2013


Sommaire



1. Transparence de la vie publique - Lutte contre la fraude fiscale - D√©claration du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Paris, 10/04/2013)

Mesdames, Messieurs,

Mercredi dernier, ici m√™me, j'avais annonc√© que toutes les le√ßons devaient √™tre tir√©es de l'affaire Cahuzac ; affaire qui vient apr√®s tant d'ann√©es o√Ļ des affaires ont √©maill√© la vie publique. Trop d'affaires !

La dernière révèle, une fois encore, la nécessité d'une lutte implacable contre les dérives de l'argent, de la cupidité et de la finance occulte. Elle appelle des réponses fortes, que les Français eux-mêmes exigent.

Parce que l'exemplarité de la République, c'est la condition de son autorité.

Parce que la lutte contre la fraude, c'est la condition pour faire respecter l'√©galit√© devant l'imp√īt.

Parce que les paradis fiscaux doivent être éradiqués en Europe et dans le monde, parce que c'est la condition pour préserver et protéger l'emploi.

C'est le sens des orientations qui ont été présentées par le Premier ministre ce matin. J'ai demandé qu'elles soient mises en oeuvre dans un délai rapide.

***

La première de ces orientations, c'est d'assurer la transparence de la vie publique.

Je le dis très clairement : la défaillance d'un homme ne doit pas jeter le discrédit, le soupçon sur les élus qui se dévouent pour le bien public, sans en retirer le moindre avantage.

C'est pourquoi les r√®gles qui r√©gissent l'√©tablissement, le contr√īle et la publication des patrimoines des responsables publics seront enti√®rement revues.

Une Haute autorit√© sera cr√©√©e. Totalement ind√©pendante, elle contr√īlera les d√©clarations de patrimoine mais aussi les d√©clarations d'int√©r√™ts des membres du gouvernement, des parlementaires, des responsables des grands ex√©cutifs locaux et des dirigeants de grandes administrations.

Cette Haute autorité étudiera de manière approfondie la situation de chaque ministre, avant et après sa nomination.

Dès lundi, les déclarations de patrimoine seront rendues publiques pour tous les membres du gouvernement. Elles le seront pour les parlementaires, une fois le projet de loi adopté.

Enfin, il sera proposé d'étendre l'interdiction du cumul d'un mandat parlementaire avec l'exercice de certaines activités professionnelles pour prévenir tout conflit d'intérêts.

La transparence ! Il ne s'agit pas d'exhiber, il ne s'agit pas de mettre en cause, il s'agit pour les Fran√ßais d'√™tre s√Ľrs que ceux qui les gouvernent, ceux qu'ils ont √©lus, ceux qui sont responsables des deniers publics puissent, pendant la dur√©e des mandats qui leur ont √©t√© confi√©s, ne pas conna√ģtre d'enrichissement.

La seconde orientation, c'est de renforcer la lutte contre la grande délinquance économique et financière.

J'ai donc décidé, et le Premier ministre l'a présentée ce matin, la création d'un parquet financier, c'est-à-dire d'un procureur spécialisé avec une compétence nationale, qui pourra agir sur les affaires de corruption et de grande fraude fiscale. Il conduira et coordonnera toutes les enquêtes relatives à ces graves infractions. Ce qui aura le mérite, à la fois, de la concentration des moyens et de l'efficacité des procédures.

Un office central de lutte contre la fraude et la corruption sera institué. Il regroupera les moyens qui existent au ministère de l'intérieur et au ministère de finances, de façon qu'il puisse y avoir, là encore, coordination, efficacité, mobilisation. Des outils exceptionnels de procédure comme d'investigation seront confiés à cet office.

Quant aux sanctions, si elles doivent intervenir, elles seront renforc√©es en mati√®re de fraude fiscale. Pour les √©lus qui auraient √† conna√ģtre cette condamnation, une in√©ligibilit√© temporaire voire d√©finitive pourra √™tre prononc√©e, d√®s lors que ses motifs auront √©t√© identifi√©s et reconnus par la justice.

Enfin, dernière orientation - et peut-être celle qui permet aux Français de comprendre quel est le sens de la politique que je veux conduire - nous allons nous mobiliser contre les paradis fiscaux.

Première décision, les banques françaises devront rendre publique, chaque année, la liste de toutes leurs filiales, partout dans le monde, et pays par pays. Elles devront indiquer la nature de leurs activités. En d'autres termes, il ne sera pas possible pour une banque de dissimuler les transactions effectuées dans un paradis fiscal. L'ensemble de ces informations seront publiques et à la disposition de tous. Je veux que cette obligation soit également appliquée au niveau de l'Union européenne et, demain, étendue aux grandes entreprises.

La France établira chaque année une liste des paradis fiscaux. Elle l'établira en fonction, non seulement de signatures de conventions avec les pays, mais de la réalité, de l'effectivité des informations qui seront données. Je n'hésiterai pas à considérer comme un paradis fiscal, tout pays qui refuserait de coopérer pleinement avec la France.

Ce que je veux, et avec d'autres pays en Europe - encore récemment l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne se sont jointes à nous -, ce que je veux, c'est qu'il y ait un échange automatique d'informations sur les revenus et les patrimoines détenus par les Français à l'étranger ou par des étrangers en France. Cela doit être la règle en Europe pour que nous puissions mettre un terme au secret bancaire et à la dissimulation des avoirs.

***

Mesdames, Messieurs,

Je mesure la gravité de ce qui a été constaté. Je sais combien les Français veulent le changement par rapport à cette triste succession d'affaires, qui altère l'image même de la République, de notre pays et de la vie politique pour laquelle j'ai grand respect.

Je veux donc que l'ensemble de ces dispositions puissent être mises en oeuvre dans les meilleurs délais. Les projets de loi seront présentés au Conseil des ministres, le 24 avril, pour être ensuite soumis au Parlement. Ces textes viendront d'ailleurs compléter le projet de loi sur le renforcement de l'indépendance de la justice - heureusement que la justice est indépendante, qu'elle n'est pas retenue, qu'elle n'est pas influencée, depuis 10 mois - et également la protection des sources des journalistes - car heureusement que la presse fait son travail.

Je souhaite que le rassemblement le plus large puisse se faire sur ces orientations, cette volonté, cette République exemplaire. C'est l'intérêt de tous : de tous ceux qui ont gouverné hier, gouvernent aujourd'hui et auront à gouverner demain. C'est l'intérêt de la France parce que nous devons être exemplaires, quitte à être les premiers sur la mise en oeuvre de ces orientations et de ces politiques.

Je veux enfin que l'Europe prenne conscience qu'elle doit maintenant mettre tous les moyens - et elle y est pr√™te - pour qu'avec l'Union bancaire nous puissions en terminer avec des pratiques qui n'auraient jamais d√Ľ exister.

Je vous remercie et je suis prêt à répondre à vos questions./.

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2. Transparence de la vie publique - Lutte contre la fraude fiscale - Communication lors du Conseil des ministres (Paris, 10/04/2013)

Le Premier ministre a présenté une communication relative à la transparence de la vie publique et au renforcement des moyens de lutte contre la grande délinquance économique et financière et les paradis fiscaux.

Comme l'a demandé le président de la République dans sa déclaration du 3 avril, le gouvernement prépare un projet de loi organique et un projet de loi ordinaire visant à s'attaquer à la racine de la défiance de l'opinion, qui demande des garanties sur l'intégrité de ceux qui exercent des responsabilités politiques, et une plus grande efficacité dans la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale.

Les nouvelles dispositions qui seront pr√©sent√©es le 11 avril aux pr√©sidents de l'Assembl√©e nationale et du S√©nat, ainsi qu'aux repr√©sentants des groupes politiques de l'Assembl√©e nationale, visent √† instaurer davantage d'obligations de transparence pour les responsables politiques et les plus hauts responsables administratifs, sous le contr√īle d'une autorit√© administrative ind√©pendante, et √† renforcer l'efficacit√© de la lutte contre la grande d√©linquance √©conomique et financi√®re, et notamment contre les paradis fiscaux.

1- Renforcement des obligations de transparence, sous le contr√īle d'une nouvelle autorit√© administrative ind√©pendante.

Le gouvernement proposera de cr√©er une Haute autorit√©. Cette autorit√© administrative ind√©pendante sera pr√©sid√©e par une personnalit√© nomm√©e en conseil des ministres, apr√®s avis du Parlement selon la proc√©dure de l'article 13 de la Constitution, et compos√©e de six membres issus du Conseil d'√Čtat, de la Cour de cassation et de la Cour des comptes.

Les principaux responsables politiques et administratifs de notre pays devront lui transmettre une déclaration de patrimoine et une déclaration d'intérêts, ainsi qu'une déclaration sur l'honneur de l'exhaustivité et de la véracité des informations transmises. Le champ de cette obligation sera sensiblement élargi par rapport au droit existant : membres du gouvernement, parlementaires nationaux et européens, membres du Conseil constitutionnel, principaux responsables exécutifs locaux, membres des autorités administratives indépendantes, collaborateurs des cabinets ministériels et du président de la République, et les titulaires d'emplois à la décision du gouvernement nommés en Conseil des ministres et responsables des principales entreprises publiques. Les sanctions pénales en cas de non-respect de l'obligation de transmission ou d'insincérité des déclarations seront substantiellement renforcées.

La Haute autorit√© contr√īlera le respect de ces obligations et pourra demander des √©l√©ments compl√©mentaires aux int√©ress√©s. Elle disposera √† cet effet des services fiscaux, et se verra attribuer un pouvoir d'injonction. Elle demandera en outre √† l'administration fiscale une v√©rification de la situation fiscale de chaque ministre nouvellement nomm√©. La Haute autorit√© pourra √©galement s'autosaisir, et √™tre saisie par le Premier ministre, les pr√©sidents de l'Assembl√©e nationale et du S√©nat, et les associations agr√©√©es de lutte contre la corruption.

Les d√©clarations de patrimoine et d'int√©r√™ts des membres du gouvernement et des parlementaires nationaux seront rendues publiques. Les d√©clarations de patrimoine feront l'objet d'un contr√īle en d√©but et en fin de mandat.

Dans le même objectif de transparence et de prévention des conflits d'intérêts, et pour tenir compte de la nécessité pour les parlementaires de se consacrer à temps plein à leur mandat, le gouvernement proposera au Parlement d'interdire le cumul du mandat de parlementaire avec l'exercice de toute activité professionnelle, sauf exceptions mentionnées dans la loi. De manière symétrique, et dans un souci d'équité, les fonctionnaires élus au Parlement seront désormais placés en position de disponibilité, et non plus de détachement, pendant la durée de leur mandat.

Le gouvernement proposera également aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat que le Parlement interdise le cumul des fonctions de collaborateur parlementaire avec toute activité professionnelle rémunérée de lobbying, ou de conseil, et publie la liste des collaborateurs parlementaires. D'une manière générale, le gouvernement invite à encadrer davantage l'activité des groupes d'intérêts, et leur publicité, qui ont récemment fait l'objet de plusieurs rapports parlementaires en ce sens.

Par ailleurs, il proposera de supprimer le droit à indemnité des anciens ministres.

L'ensemble de ces dispositions s'ajoutent à celles déjà annoncées lors de la communication du 13 mars 2013 présentant la stratégie du gouvernement en matière de prévention des conflits d'intérêts dans la vie publique.

2- Renforcement des moyens de lutte contre la grande délinquance économique et financière et les paradis fiscaux.

Le renforcement de l'efficacité de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales internationales est à la fois un enjeu de souveraineté et de redressement des comptes publics. Le gouvernement confirme sa détermination pour agir plus efficacement dans ce domaine, aux niveaux national, européen et international.

Les moyens de la justice, de la police, et de l'administration fiscale pour lutter contre les fraudes fiscales les plus complexes et les réseaux de blanchiment seront renforcés.

L'effort portera sur les effectifs, avec le renfort de 50 enquêteurs de police judiciaire, soit un doublement par rapport aux effectifs actuels de la DNIFF, de 50 magistrats, et de 50 agents supplémentaires à la DGFIP pour la lutte contre la fraude fiscale.

Un parquet spécialisé ayant une compétence nationale sur les affaires de grande corruption et de grande fraude fiscale sera créé.

Un office central de lutte contre la fraude et la corruption sera institué au sein de la direction centrale de la police judiciaire. Il reprendra les compétences de la division nationale des infractions financières et fiscales (DNIFF), et sera renforcé par des personnels du ministère des finances (effectifs DGFIP renforcés, DGCCRF, et Douane), soit un total de 95 personnels environ, contre 45 aujourd'hui à la DNIFF. Les techniques spéciales d'enquête seront étendues à la lutte contre les fraudes fiscales les plus complexes et leur blanchiment, sur le modèle des dispositions prévues en matière de criminalité organisée.

Les sanctions p√©nales en mati√®re de fraude fiscale seront renforc√©es pour les infractions les plus lourdes. Une in√©ligibilit√© de dix ans, ou d√©finitive avec possibilit√© de rel√®vement, pourra √™tre prononc√©e pour les √©lus condamn√©s pour fraude fiscale ou corruption. Naturellement, le gouvernement s'opposera √† la proposition de loi organisant une amnistie au b√©n√©fice des ¬ęexil√©s fiscaux¬Ľ pr√©sent√©e par l'opposition √† l'Assembl√©e nationale. Afin de r√©primer plus efficacement les comportements frauduleux dissimul√©s, le gouvernement proposera de modifier les r√®gles de prescription en mati√®re p√©nale pour les infractions les plus graves.

Le gouvernement est mobilisé contre la fraude et l'évasion fiscales internationales, aussi bien s'agissant des particuliers qui dissimulent des avoirs à l'étranger, que des entreprises qui transfèrent leur bénéfice dans les paradis fiscaux.

Des mesures fortes ont √©t√© prises d√®s le changement de majorit√©, dans le collectif d'√©t√© 2012, contre l'√©vasion fiscale des entreprises : les soci√©t√©s qui contr√īlent des filiales install√©es dans des pays √† fiscalit√© privil√©gi√©e doivent d√©sormais d√©montrer que ces filiales ont une activit√© √©conomique r√©elle. Ces mesures ont √©t√© compl√©t√©es en fin d'ann√©e par un alourdissement des sanctions contre les fraudeurs (les sommes plac√©es √† l'√©tranger sur un compte non d√©clar√© sont d√©sormais tax√©es √† 60 % si le contribuable refuse d'en justifier la provenance).

Les banques fran√ßaises devront rendre publique chaque ann√©e la liste de toutes leurs filiales, partout dans le monde, et pays par pays. Elles devront indiquer la nature de l'activit√© de chacune de ces filiales et fournir, pour chaque pays, le chiffre d'affaires, les effectifs, les r√©sultats, les imp√īts pay√©s et les aides publiques re√ßues. L'ensemble de ces informations seront publiques et √† la disposition de tous, en particulier de la soci√©t√© civile et des ONG, qui en formulaient depuis longtemps la demande. Il ne sera plus possible pour une banque de dissimuler les activit√©s qu'elle m√®ne dans un paradis fiscal ; elle devra, le cas √©ch√©ant, s'en expliquer et rendre des comptes. L'initiative fran√ßaise a √©t√© reprise par le Parlement europ√©en et sera g√©n√©ralis√©e √† partir de 2015 en Europe.

La France proposera d'étendre, toujours dans le cadre de l'Union européenne, l'obligation de transparence qu'elle impose aux banques à l'ensemble des entreprises.

Le gouvernement agira pour renforcer les outils de lutte contre les paradis fiscaux, aux niveaux national, communautaire et international.

La liste des paradis fiscaux fixée chaque année par le gouvernement sera revue, non plus seulement en fonction de la signature de conventions d'échanges d'informations avec d'autres pays, mais aussi en s'attachant à une évaluation de la réalité de leur mise en oeuvre.

L'échange automatique d'information doit devenir la règle, pour l'ensemble des éléments de revenu et de patrimoine, afin de mettre fin au secret bancaire et à la dissimulation des avoirs. La généralisation de l'échange automatique d'informations fiscales, notamment sur les comptes bancaires détenus par chaque ressortissant, constitue plus que jamais l'objectif prioritaire dans le cadre des travaux en cours, aussi bien à l'échelle de l'Union européenne que de l'OCDE et du G20. Avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne, la France demande d'ores et déjà que tous les pays de l'Union européenne pratiquent l'échange automatique d'informations, et proposera l'adoption au niveau de l'Union européenne de règles communes de même nature par rapport aux pays tiers, notamment la Suisse.

La France soutiendra les initiatives visant à lutter contre la planification fiscale agressive qui permet aux entreprises de s'organiser afin de réduire leur imposition, contre l'érosion des bases fiscales et le transfert des bénéfices, notamment dans le secteur de l'économie numérique. Des initiatives seront également prises pour réviser la directive anti-blanchiment, et faire progresser la transparence des personnes morales, ainsi que des entités juridiques telles que les trusts.

Les dispositions que le gouvernement présente s'inscrivent donc dans un programme ambitieux de transparence démocratique et de lutte contre les circuits financiers frauduleux. Les projets de loi seront présentés au conseil des ministres du 24 avril./.

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3. Maroc - Intervention du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande lors de la cl√īture de la rencontre des chefs d'entreprise France-Maroc (Rabat, 04/04/2013)

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Madame la Présidente de la Confédération générale des entreprises du Maroc a évoqué la qualité, l'intensité de la relation entre la France et le Maroc. Elle n'a eu que peu de mal à parler de l'histoire de l'homme et de la femme qui concourent, chaque fois, au progrès au Maroc et en France.

Mais elle a insisté aussi sur le devoir qu'une telle relation exigeait de nous : être capables non pas de considérer que notre amitié nous donnerait des droits, pour nous Français, de venir ici investir ou conquérir des marchés ; ou que notre relation affectueuse ferait que le Maroc aurait des privilèges - il n'en demande aucun. Ce que nous avons à faire, c'est de prendre en compte la réalité du Maroc d'aujourd'hui et de faire qu'avec la France nous puissions avancer ensemble.

Vous avez pris les devants, Mesdames et Messieurs les chefs d'entreprise puisque c'est le troisième forum de l'année que vous organisez. Et donc je pense qu'il y a là comme une étroitesse de relation, une confiance réciproque et une capacité à avancer sur des projets. Je remercie d'ailleurs tous les intervenants qui ont fait rapport des réflexions qui vous ont animés tout au long de la journée.

Je veux donc partir du Maroc d'aujourd'hui pour dire, au-del√† de cette assembl√©e, que votre pays le Maroc n'est plus un pays en d√©veloppement, comme il √©tait d√©crit il y a encore quelques ann√©es, mais que sous l'impulsion de Sa Majest√© et des gouvernements successifs, le Maroc est devenu un pays √©mergent. C'est-√†-dire dot√© d'infrastructures solides, avec des p√īles d'excellence dans l'industrie, dans les services. Pleinement int√©gr√© dans le march√© r√©gional, s√Ľrement, mais le march√© mondial aussi. Avec des entreprises puissantes, comme l'Office ch√©rifien des phosphates, qui est le premier producteur mondial mais aussi d'autres qui ont acquis la taille n√©cessaire pour aller sur les march√© mondiaux.

Deuxième réalité, la France est le premier partenaire commercial du Maroc. Avec un niveau d'échange élevé : huit milliards d'euros. Nous sommes le premier client du Maroc et je l'évoquais devant le Parlement, nous ne sommes plus le premier fournisseur et nous en sommes les premiers responsables. Nous ne devons jamais accuser les clients, nous dévons dire que nous devons être meilleurs encore pour que nous puissions retrouver notre place. Mais néanmoins, nous sommes le premier investisseur au Maroc. Près de 6 milliards d'euros au cours de la dernière décennie, 1 milliard d'euros au cours de la seule année 2012.

800 entreprises présentes au Maroc ayant une relation avec la France, 100.000 salariés concernés : c'est dire l'ampleur de la présence de la France. C'est dire aussi si la France a confiance dans le Maroc. Et elle l'a encore démontré au cours de ma visite et j'en remercie tous ceux qui m'ont fait le meilleur accueil. À commencer par le Roi et le chef du gouvernement. Et le Parlement.

La France, une nouvelle fois avec l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement, va pouvoir apporter des fonds et des pr√™ts. Je rappelle que l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement a un stock d'engagements de plus de 2 milliards d'euros. Elle intervient sur l'ensemble des plans sectoriels : le ¬ęMaroc Vert¬Ľ ; la strat√©gie ¬ęHalieutis¬Ľ pour les ressources aquatiques ; le plan d'√©mergence industrielle, le plan solaire - bref nous sommes pleinement impliqu√©s dans les projets du Maroc. Et nous avons des r√©ussites qui nous font honneur, je pense √† TangerMed, la ligne de TGV entre Tanger et Casablanca, le d√©veloppement du tramway √† Casablanca.

Alors partant de cette r√©alit√© - un Maroc qui change, un Maroc qui conna√ģt la croissance, qui gagne une taille √† l'√©chelle de la r√©gion et du monde - par rapport √† une pr√©sence aussi significative de la France, la seule question √† laquelle nous devons r√©pondre c'est : comment am√©liorer ? Comment avancer ? Comment progresser ?

Alors nous devons d'abord réussir trois évolutions :

- La première : amplifier le courant d'investissements français au Maroc dans tous les domaines, dans tous les secteurs et à chaque fois avec une ambition technologique. Mais également susciter des investissements marocains en France. C'est-à-dire considérer que la relation est bilatérale et que des entreprises marocaines ou franco-marocaines peuvent avoir aussi intérêt à venir investir en France. Cela suppose une évolution de nos mentalités ici au Maroc comme en France.

- Deuxième mutation que nous devons accomplir : au Maroc sont présentes, je l'ai dit, de très grandes entreprises, quasiment toutes les entreprises du CAC 40 sont au Maroc. Certaines d'ailleurs depuis plus de 80 ans, comme Renault ou Air Liquide. En revanche, il y a trop peu de PME, ou d'entreprises françaises de taille intermédiaire au Maroc. Et notre responsabilité - celle des grandes entreprises, celle de la France - c'est d'accompagner financièrement les investissements de ces PME ; et la responsabilité du Maroc, c'est d'accueillir ces PME. Nous devons faire en sorte qu'il y ait toutes les tailles d'entreprises françaises présentes au Maroc. Là encore, je fais confiance à toutes les grandes entreprises françaises qui sont ici pour accompagner les plus petites.

- Troisi√®me √©volution, elle a √©t√© √©voqu√©e ici, c'est l'id√©e de la colocalisation. C'est-√†-dire de permettre que tout investissement fran√ßais au Maroc soit b√©n√©fique √† l'emploi local mais aussi √† l'emploi fran√ßais. Faire en sorte que les Fran√ßais comme les Marocains regardent une entreprise qui s'installe au Maroc comme une chance et pas simplement comme la recherche d'un √©cart de co√Ľt du travail ; comme un moyen d'am√©liorer la comp√©titivit√© globale et de cr√©er des activit√©s suppl√©mentaires en France et au Maroc. C'est l'id√©e tr√®s importante de co-investissements, de colocalisation. Si nous y parvenons alors nous pouvons cr√©er une forme d'√©mulation, de confiance r√©ciproque. Je sais aussi que beaucoup de jeunes Fran√ßais issus de l'immigration marocaine sont pr√™ts √©galement √† faire ce choix, √† venir investir dans l'int√©r√™t mutuel de nos deux pays.

Si je voulais évoquer une dernière évolution, au-delà des trois que je viens de souligner comme nécessaires, c'est l'idée de considérer l'Afrique comme un continent d'avenir, comme un continent de croissance. Et dès lors que nous en sommes convaincus, de faire en sorte que Maroc et France unissent leurs talents, leurs atouts, montrent une complémentarité avec la langue française comme patrimoine commun, pour aller chercher des marchés dans toute l'Afrique. C'est l'idée que vous avez développée.

Cela exige donc qu'un partenariat nouveau puisse s'organiser entre entreprises françaises et entreprises marocaines pour permettre d'offrir les meilleures conditions aux pays africains, pour acheter nos produits, nos fabrications ou accueillir nos investissements. Pourquoi je pense que cela peut réussir ? D'abord parce que, cela a été dit, le Maroc est une plateforme qui est tout à fait essentielle sur le plan géographique. Parce que le Maroc a créé un climat de confiance avec les pays africains. Et parce que la France est également présente en Afrique, avec une relation si amicale qu'elle inspire, là aussi, une forme de travail en commun. Donc nous pouvons agir ensemble pour favoriser la croissance en Afrique et en tirer le meilleur retour pour nous-mêmes.

Ensuite dans quels secteurs pouvons-nous faire d'avantage ? Au-delà des évolutions et des mutations que nous pouvons opérer, j'en vois trois :

- Le premier, c'est le d√©veloppement durable et surtout l'am√©nagement des villes. C'est d'ailleurs pas simplement un sujet marocain, c'est un sujet africain et de beaucoup de pays √©mergents. Parce que les villes grossissent avec une rapidit√© consid√©rable. Ce qui g√©n√®re des √©quipements √©galement impressionnants. Nous, en France, nous avons cette exp√©rience du d√©veloppement urbain. Nous pouvons coop√©rer efficacement sur le traitement des d√©chets, j'en ai eu la d√©monstration en inaugurant √† Casablanca avec le Roi, la station d'√©puration de Mediouna. Mais nous pouvons √©galement travailler ensemble sur les transports publics, sur l'acc√®s √† l'eau, sur les grands am√©nagements pour concevoir les villes de demain. L√† encore, le Maroc anticipe. Le Roi m'a montr√©, sur une tr√®s belle maquette, ce que sera la ville verte de Zenata. Alors voil√† un sujet o√Ļ, Fran√ßais et Marocains, nous pouvons travailler dans l'int√©r√™t du Maroc et √©galement offrir une vitrine pour d'autres d√©veloppements.

- Deuxi√®me domaine, les √©nergies renouvelables. La France et le Maroc ont un point commun : nos deux pays n'ont pas de p√©trole. Donc, nous devons faire le pari des √©nergies renouvelables et des accords importants ont √©t√© sign√©s au cours de ma visite et nous devons sur le solaire, sur l'√©olien et sur l'ensemble des √©nergies renouvelables √™tre capables, l√† encore, d'√™tre dans l'excellence. Nous pouvons d√©velopper des fili√®res industrielles en France et au Maroc sur les nouvelles √©nergies ou sur l'efficience √©nerg√©tique. Car quand on construit des villes, mieux vaut que les habitations pr√©vues soient les plus garanties par rapport au climat. Ici c'est plut√īt le chaud, nous c'est plut√īt le froid. Mais c'est la m√™me ambition : faire que nous puissions √©conomiser l'√©nergie.

- Le dernier domaine, c'est l'agroalimentaire. Là aussi, un accord important a été passé entre Sofiproteol et Danone pour réaliser des investissements au Maroc. Je souhaite que nous puissions tirer le meilleur parti de nos agricultures. L'agriculture française est non seulement dynamique, efficace, exportatrice, mais respectueuse de l'environnement. Elle adopte des formes d'exploitation très différentes selon les territoires et, là encore, elle peut être pour l'agriculture marocaine un puissant soutien. L'agriculture, ce n'est pas simplement des agriculteurs, ce sont aussi tout un système économique autour de l'agriculture et vous avez, vous, une agriculture puissante avec une vocation à développer une industrie agroalimentaire de grande qualité.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais souligner. Prendre en compte la réalité du Maroc, encourager la présence française, montrer que nous devons évoluer dans nos comportements. Plus de PME, plus d'investissements marocains en France, plus de colocalisation, plus de partenariats pour aller chercher ensemble la croissance en Afrique, faire le pari des énergies renouvelables, du développement durable, de l'agroalimentaire et dernier message : former les jeunes.

C'est un devoir moral pour assurer aux g√©n√©rations suivantes une vie digne. C'est un devoir √©conomique. Ce ne sera pas possible d'aller dans les nouvelles technologies sans avoir une jeunesse qualifi√©e et form√©e. C'est aussi un devoir commun parce que la langue nous r√©unit. Alors la France fera tous les efforts pour ouvrir ses √©tablissements, pour accueillir des jeunes mais aussi pour les former ici au Maroc. Pour cr√©er des coop√©rations entre universit√©s, entre instituts technologiques, entre centres de formation professionnelle, dans tous les domaines. J'√©voquais l'agriculture. Mais ce que je sais, c'est que si nous ne donnons pas espoir √† la jeunesse qui souffre du ch√īmage parce qu'elle est sous-qualifi√©e, mais qui souffre quelque fois du ch√īmage m√™me quand elle est qualifi√©e, alors nous prendrions un risque pour l'avenir de nos pays respectifs.

Le message que j'adresse aux chefs d'entreprises et notamment aux chefs d'entreprises de France, c'est - et ils le savent - de faire aussi le choix d'investir ici au Maroc pour la formation. Et de faire que les jeunes Marocains, quand ils voient des entreprises françaises, les considèrent aussi comme des entreprises amies et presque marocaines.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Maroc - Intervention du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, devant les √©tudiants de l'universit√© internationale (Rabat, 04/04/2013)

Monsieur le Président,

Je vous remercie de m'accueillir dans cette belle université, avec les enseignants sans lesquels aucune formation et recherche ne sont possibles, et puis les étudiantes et étudiants ici rassemblés.

Vous êtes la force du Maroc, vous êtes son espoir, vous êtes sa chance.

Le Maroc est un pays jeune, 30 % de la population a moins de 25 ans. Certains présentent cette démographie comme une charge, comme une contrainte. Mais c'est en fait une chance, un atout, un capital. À une condition, c'est de valoriser ce que vous êtes, de vous permettre d'accomplir votre destin, de faire le choix de votre vie en toute liberté et en même temps de servir votre pays.

Le Maroc a compris, depuis des années, que la formation était la condition même de son développement, de sa réussite ; qu'il était très important d'avoir des entreprises, indispensable d'avoir des infrastructures ; qu'il convenait de faire des paris audacieux en termes de développement, mais que la formation, l'éducation, la connaissance étaient le levier qui allait permettre à tous ces instruments d'être utilisés pleinement.

L'université internationale de Rabat est une création exceptionnelle. D'abord parce qu'elle traduit la relation elle-même exceptionnelle entre le Maroc et la France. C'est également un lieu d'excellence par les formations qui y sont dispensées, par les coopérations qui sont ouvertes. C'est un site exceptionnel, une réussite architecturale et des moyens considérables qui vous sont apportés pour l'accomplissement de votre parcours. Je salue le professeur Noureddine Mouaddib qui a porté ce projet, qui a fait qu'il est aujourd'hui une réalité même s'il faudra attendre 2016 pour voir l'achèvement de cette ambitieuse réalisation.

Le Maroc a eu la bonne idée - je ne sais si elle a toujours été partagée - de copier un moment le modèle français en matière d'enseignement et d'universités, avec les grandes écoles, avec les classes préparatoires, avec les agrégations, avec les grandes universités, les écoles doctorales. Nous pourrions nous dire : finalement nous avons réussi à exporter ce modèle, cet exemple. Mais vous venez de démontrer qu'il ne s'agit pas de copier, d'imiter. Il s'agit d'inventer et vous avez innové, imaginé un projet nouveau avec l'université internationale de Rabat.

L'id√©e fondatrice, c'est d'incarner une nouvelle g√©n√©ration de formation qui permettra de d√©livrer des doubles dipl√īmes et qui, en r√©alit√©, engage des √©tablissements fran√ßais √† venir, non seulement ici, mais √† mettre √† la disposition de l'universit√© internationale l'exp√©rience, le dipl√īme et ensuite le parcours qui suivra.

Ce projet est porté par des professionnels marocains de l'enseignement supérieur et de la recherche venus du monde entier - 36 au total - qui se sont assigné cette belle idée : ouvrir à la jeunesse marocaine - vous - les portes de la connaissance, de l'excellence, et avec une dimension sociale, permettre que les plus modestes puissent y accéder avec un mécanisme de bourses.

Je veux saluer à la fois l'idée, le projet, la réalisation et le soutien qui a été apporté par Sa Majesté le Roi du Maroc et les autorités de votre pays. Parce que c'est vous qui apportez un modèle nouveau, qui peut maintenant s'exporter également dans bien d'autres pays et dont la France s'honore d'être partie prenante.

La formation est le trait d'union entre le Maroc et la France. Pas seulement à travers cette université internationale, mais également avec les formations que nous dispensons en France auprès d'étudiants marocains. Plus de 32.000 résident en France. C'est la plus importante communauté étudiante étrangère sur le territoire français. Nous aussi, nous accompagnons ces étudiants par un système de bourses. 400 étudiants marocains en ont eu le bénéfice. 10 000 visas pour études sont accordés chaque année aux ressortissants marocains.

J'ai veillé à assouplir d'ailleurs cette procédure, à faire en sorte que des jeunes qui venaient se former puissent y rester pour faire des stages. J'ai rencontré des étudiants marocains, avant même mon élection, qui avaient fait les plus grandes écoles - celles qui sont d'ailleurs représentées ici - et qui voulaient rester encore quelques mois en France mais qui n'étaient pas autorisés à le faire. Nous avons donc décidé d'assouplir, et même d'abroger cette circulaire pour que les étudiants qui sont déjà en France puissent continuer leur parcours et pour que d'autres puissent venir.

Nous faisons en sorte aussi que le Maroc puisse garder sa jeunesse. Car notre idée n'est pas de capter ce que vous êtes : l'excellence, l'avenir, la qualification, au bénéfice de la France, en vous faisant venir en France ou en vous formant ici dans cette université internationale avec l'expérience que nos grandes écoles ou nos universités peuvent vous apporter. Non, notre idée, notre volonté, notre exigence, c'est qu'au-delà de la mobilité qui doit exister, de l'échange qui est indispensable pour une carrière universitaire, ou pour une première expérience professionnelle, au-delà de cette mobilité, de cet échange, vous puissiez revenir, rester au Maroc pour servir l'économie et les projets les plus emblématiques de votre pays.

C'est ainsi que je con√ßois le partenariat, il doit se faire sans crainte : aucune crainte pour la France de vous accueillir si vous en exprimez le besoin ; aucune crainte pour le Maroc de vous voir un moment faire un stage en France parce que le Maroc sait que vous reviendrez ; aucune crainte de faire venir des grandes √©coles et des universit√©s fran√ßaises ici, parce que cela ne d√©valorisera pas le dipl√īme, au contraire, cela le mettra au plus haut sommet des r√©f√©rences internationales.

Vous savez qu'il existe des classements. On classe tout aujourd'hui - les universit√©s notamment dans ce qu'on appelle le classement de Shanga√Į. Les universit√©s qui sont les plus renomm√©es sont pr√©cis√©ment celles o√Ļ il y a ces √©changes, il y a cette pluridisciplinarit√© et il y a aussi un haut niveau de recherche. C'est ce que vous avez voulu engager ici.

Je souhaite donc que vous puissiez faire les meilleures études dans cette université, que vous puissiez également comprendre la chance qui vous est donnée. Parmi les chercheurs qui sont ici, dans cette université, 20 ont été formés en France et sont revenus pour participer au progrès du Maroc. Toujours les allers-retours, toujours cet échange, toujours cette circulation des idées et des personnes...

√Ä l'occasion de ma visite ici, et j'en remercie le Roi et le gouvernement du Maroc, nous avons pu conclure deux accords fondateurs portant cr√©ation d'√©tablissements nouveaux au Maroc : l'√Čcole centrale de Casablanca, en partenariat avec l'√Čcole centrale de Paris - c'est pour cela que pour ceux qui y seront admis, on dira qu'ils sont des centraliens sans savoir s'ils viennent de Casablanca ou d'ailleurs - et l'Institut international des sciences appliqu√©es, en partenariat avec le groupe INSA.

Une √©cole d'architecture sera cr√©√©e ici-m√™me, dans cette universit√© internationale de Rabat avec le P√īle de recherche et d'enseignement sup√©rieur de Paris et l'√©cole d'architecture de Nancy. J'en salue le directeur. Toujours la m√™me id√©e : faire que nous puissions √©changer le meilleur niveau de qualification.

Un Institut m√©diterran√©en de logistique et des transports sera cr√©√© √† Tanger, en liaison avec l'√Čcole nationale des Pont et Chauss√©es en France et l'universit√© de Valenciennes. J'allais dire que toutes les grandes √©coles, toutes les grandes universit√©s, vont √™tre repr√©sent√©es au Maroc.

Certains esprits chagrins - il en existe partout, j'imagine au Maroc aussi -pourraient se dire : oui, mais ce ne sont pas des vraies √©coles, ce ne sont pas des vraies universit√©s comme celles que nous connaissons en France, ce ne sont pas les m√™mes dipl√īmes. Les dipl√īmes seront reconnus dans les deux pays, auront la m√™me valeur. Ils pr√©senteront les m√™mes exigences pour les employeurs, auront les m√™mes garanties en termes de reconnaissance.

Nous essayons de créer ce qui ne s'est jamais fait nulle part ailleurs : un espace commun de formation, sans qu'il soit besoin d'ailleurs de faire des voyages. Il suffit d'être au Maroc, de travailler et de s'inscrire dans les parcours qui vous sont présentés, ce que vous avez fait.

Il n'empêche que les établissements français continueront d'accueillir des étudiants marocains et pourront, là aussi, favoriser l'élévation de la qualification et de l'excellence.

Voilà, Jeunes du Maroc, ce que j'étais venu vous dire. C'est vous qui représentez l'avenir de votre pays, c'est vous qui allez décider de son destin. C'est vous qui allez choisir des filières qui demain permettront au Maroc d'être un grand pays, ce qu'il est déjà aujourd'hui à bien des égards, mais un grand pays émergent, un pays présent sur toutes les filières, sur toutes les qualifications. Un pays qui gardera une relation privilégiée avec la France.

Il n'y a pas de plus grand bonheur, il n'y a pas de plus grand honneur pour le pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise que de savoir qu'une jeune Marocaine ou qu'un jeune Marocain sera lui-m√™me heureux et fier d'avoir un dipl√īme d'une grande √©cole marocaine et fran√ßaise.

Merci à vous./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Diplomatie √©conomique/Rencontres Quai d'Orsay-Entreprises - Discours du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 09/04/2013)

Monsieur le Ministre de l'économie et des finances,

Monsieur le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin,

Madame la Présidente,

Madame la Ministre,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Le Quai d'Orsay doit √™tre aussi, √† travers toutes ses t√Ęches, la maison des entreprises. Et gr√Ęce √† votre pr√©sence, il l'est aujourd'hui, plus sans doute qu'il ne l'a jamais √©t√©. Je suis donc tr√®s heureux d'avoir pu vous y accueillir pour cette premi√®re rencontre ¬ęQuai d'Orsay - Entreprises¬Ľ. On me dit que plus de 800 repr√©sentants d'entreprises, selon les organisateurs, - grands groupes, PME, ETI - ont r√©pondu pr√©sent. Je m'en r√©jouis, je vous salue et je vous remercie beaucoup de votre pr√©sence

Pourquoi faire de la diplomatie économique une priorité de l'action de cette Maison ? La réponse est une évidence. Le redressement économique du pays est la priorité de toute notre action. Tous les ministères, sous l'autorité du président de la République et du Premier ministre, doivent y contribuer. Il serait paradoxal que le quai d'Orsay, ministère des crises partout dans le monde et qui est le ministère de l'action extérieure de la France ne se préoccupe pas de la crise économique et de la mutation la plus profonde qui, précisément, intervient dans ce champ.

Je ne reviendrai pas sur le constat qui vient d'être brillamment dressé et vous le connaissez come moi. Notre pays dispose d'atouts majeurs, de grandes entreprises leaders dans leur domaine, des PME innovantes, des infrastructures performantes, une main-d'oeuvre qualifiée, une recherche de premier plan, mais depuis pas mal d'années, notre compétitivité s'est dégradée. Et le juge de paix en la matière, c'est notre déficit commercial.

Nous nous sommes fixés comme objectif, Pierre l'a rappelé, de retrouver l'équilibre de notre balance commerciale hors énergie en 2017. C'est très ambitieux et pourtant, c'est nécessaire. Les clés de notre croissance, donc de l'emploi, résident dans la performance de notre appareil productif, dans notre aptitude à conquérir les marchés internationaux et dans notre capacité à attirer chez nous des investisseurs et des entreprises. Depuis maintenant plusieurs mois, de nombreuses décisions en ce sens ont été prises ou sont en cours, elles ont été bien rappelées.

Je cite le principal, le pacte pour la croissance, la comp√©titivit√© et l'emploi, un plan pour les investissements d'avenir, la cr√©ation de la BPI, l'accord sur la s√©curisation de l'emploi, la r√©forme de la formation. La plupart de ces mesures sont op√©rationnelles, notamment ce fameux cr√©dit d'imp√īt comp√©titivit√©-emploi. Elles sont √† la disposition de toutes les entreprises, m√™me si, malheureusement, elles sont trop peu connues encore.

Cet objectif exige aussi un effort pour mieux organiser le soutien public √† nos entreprises √† l'√©tranger et d√©velopper l'attractivit√© de la France. C'est le r√īle de la diplomatie √©conomique, contribution dont, en particulier, ce minist√®re a la charge, pour participer, dans les comp√©tences qui sont les siennes, √† l'effort collectif de redressement.

Bien s√Ľr, l'administration ne peut pas se substituer aux entreprises, mais le Quai d'Orsay doit leur √™tre grand ouvert et les appuyer. C'est d'autant plus n√©cessaire que, j'y insiste souvent, a contrario d'un certain nombre de choses que je lis ou que j'entends, nous ne vivons pas seulement une crise et peut-√™tre essentiellement une crise, mais un v√©ritable changement du monde. Celui-ci est √† la fois boulevers√© et √©clat√©. Il est boulevers√© car la hi√©rarchie des puissances est toute transform√©e. √Čclat√©, car les instruments de r√©gulation sont remis en cause, les technologies ¬ęexplosent¬Ľ et parce que de nombreux acteurs nouveaux concurrencent d√©sormais le pouvoir des √Čtats.

Vous êtes confrontés, en tant qu'entrepreneurs, à ces changements, vous devez les prendre en compte, tout comme nous, dont c'est la mission de les penser, de les orienter et d'y adapter notre action extérieure. Dans ce monde très incertain, très concurrentiel, le Quai d'Orsay dispose d'une expertise, par définition internationale, qui doit être utilisée par nos entreprises. J'ajoute que dans de nombreux pays, et non des moindres, la sphère économique, la sphère politique et diplomatique se recoupent largement.

C'est pour répondre à tous ces objectifs que, sous l'impulsion du président de la République et du Premier ministre, nous avons décidé d'agir pour vous et avec vous, selon des modalités, s'agissant de cette Maison, que je souhaite rappeler rapidement.

Bien entendu, la mobilisation de nos ambassadeurs et de l'ensemble de notre r√©seau diplomatique au service de nos entreprises n'est pas une nouveaut√©. On ne m'a pas attendu pour faire de la diplomatie √©conomique. Beaucoup d'entre vous ont d√©j√† b√©n√©fici√© depuis des ann√©es de l'aide et de l'appui de cette maison et de mes pr√©d√©cesseurs. Mais il m'est apparu n√©cessaire et possible de faire plus et mieux pour d√©velopper le ¬ęr√©flexe √©conomique¬Ľ au service de l'activit√© en France. Dans un contexte marqu√© par une concurrence mondiale de plus en plus forte en mati√®re d'exportations ou d'attractivit√© des territoires et du c√īt√© de l'administration, par une exigence d'un usage meilleur des moyens publics.

Nous avons donc décidé de mobiliser l'ensemble des administrations qui sont impliquées dans le domaine économique international avec trois objectifs principaux.

Le premier, c'est de soutenir les entreprises dans leur expansion internationale et dans leur conquête des marchés, le deuxième, c'est promouvoir le site France auprès des investisseurs étrangers et le troisième, plus original mais aussi nécessaire, c'est de systématiser l'intégration de nos intérêts économiques en amont de nos prises de position dans les négociations européennes et internationales. Le plan export élaboré par la Ministre Nicole Bricq, ciblant à la fois des secteurs prioritaires et des pays à fort potentiel est appliqué par l'ensemble du gouvernement. Nous ne pouvons pas nous permettre je ne sais quelle dispersion.

Pierre Moscovici est là - et je l'en remercie - pour témoigner que ce travail donne lieu à une étroite coopération entre cette Maison et Bercy, deux Maisons que je connais - pour des raisons qui ne me rajeunissent pas - assez bien.

Son administration et ses op√©rateurs - les services √©conomiques √† l'√©tranger de la Direction g√©n√©rale du Tr√©sor, Ubifrance, la Coface, l'Agence fran√ßaise pour les Investissements internationaux, d'autres encore, - sont le bras arm√© - et souvent financier - de l'action √©conomique internationale. Notre diplomatie, elle, a un r√īle large et d√©cisif, qui est celui de mobiliser tous nos outils d'action, d'influence et de rayonnement qui ne sont pas seulement √©conomiques au sens imm√©diat, en faveur de nos entreprises et de l'attractivit√© de notre territoire. Cela implique notamment le soutien diplomatique aux entreprises, aux territoires, aux collectivit√©s. Quand il est besoin d'une intervention, la mobilisation directe de l'ambassadeur est en g√©n√©ral un canal efficace.

Ces administrations et ces r√©seaux - affaires √©trang√®res, services √©conomiques ext√©rieurs, op√©rateurs du commerce ext√©rieur, etc. - ont donc des missions compl√©mentaires, c'est le mot qui a √©t√© utilis√© √† juste titre tout √† l'heure. J'ai pens√© qu'il n'y avait pas lieu, au moment o√Ļ cette strat√©gie de diplomatie √©conomique a √©t√© fix√©e de s'engager dans je ne sais quel meccano institutionnel. Mais il fallait mobiliser, dynamiser et coordonner nos actions et c'est ce que nous faisons.

J'ajoute que le r√©seau du commerce ext√©rieur a op√©r√© des choix judicieux, je pense, quant √† sa pr√©sence et concentr√© ses moyens sur un certain nombre de pays prioritaires, comme d'ailleurs la plupart des r√©seaux publics √† l'√©tranger. Bercy dispose d'une centaine de services √©conomiques, Ubifrance est install√© dans une soixantaine de pays. Le r√©seau diplomatique, lui, qui √©volue bien s√Ľr, mais il reste ¬ęuniversel¬Ľ. Nous avons 163 ambassades, 92 consulats et nous couvrons le monde entier. Nous pouvons donc apporter un soutien local indispensable √† nos entreprises, notamment mais pas uniquement, dans ce qu'on appelle les ¬ępostes orphelins¬Ľ, c'est-√†-dire priv√©s de la pr√©sence du r√©seau √©conomique.

Bref, l'administration française doit travailler en équipe pour aider nos entreprises dans leurs activités à l'étranger, équipe qui doit respecter les compétences de chacun mais qui a, juridiquement, administrativement un chef qui est l'ambassadeur.

La priorité pour la diplomatie économique, ce sont donc des améliorations concrètes, rapides, directement utiles.

La première exigence, c'est très à la mode mais c'est nécessaire, c'est de simplifier et mieux coordonner. Un exemple : l'ambassadeur était, jusqu'ici, doté d'une lettre de mission différente de celle de son chef de service économique. Il arrivait donc que leurs objectifs, - il faut que je sois diplomate - ne soient pas pleinement convergents. Par un simple accord entre les deux ministères, sans nouvelle loi, nos processus sont désormais alignés et coordonnés.

√Ä Paris, ici m√™me, au sein de cette Maison, tous les services comp√©tents en mati√®re √©conomique et commerciale ont d√©sormais √©t√© r√©unis dans une seule direction appel√©e la direction des entreprises. Cette r√©organisation s'est faite √† co√Ľt constant. Cette direction constitue ainsi un point de contact unique facilement identifiable pour les entreprises - notamment les PME - et pour les autres acteurs concern√©s. Elle met en oeuvre le plan d'action pour la diplomatie √©conomique et elle coordonne le ¬ęback-office¬Ľ de l'action √©conomique de nos ambassades. Pour les postes ¬ęorphelins¬Ľ, qui n'ont donc pas de service √©conomique ni pr√©sence d'Ubifrance, une √©quipe sp√©cifique leur vient en soutien pour faire le lien notamment avec Bercy. Nous suivons les n√©gociations √©conomiques √† travers cette direction, - notamment le G20, le G8, le FMI -. Cette nouvelle direction structure davantage son dialogue avec les entreprises, afin de mieux prendre en compte en amont les int√©r√™ts offensifs et d√©fensifs.

C'est la première mesure à la fois coordination, ambassadeurs et direction des entreprises.

Dans nos représentations diplomatiques les plus importantes, j'ai également demandé que soient mis en place des conseils économiques autour de nos ambassadeurs, c'est un mot qui peut faire image, il s'agit tout simplement de rassembler à parité autorités publiques et entreprises privées afin d'améliorer le partage d'informations, la réactivité et les besoins des entreprises. À ce jour, plus de 80 conseils économiques ont été mis en place, ce qui est un niveau favorable de mobilisation. Ce n'est pas une institution nouvelle mais une instance, je dirai de gouvernance stratégique, qui, dans certains postes existait déjà mais de manière informelle.

Pour compl√©ter ce dispositif, j'ai nomm√©, et ils sont pr√©sents parmi nous et je les en remercie, des ¬ęrepr√©sentants sp√©ciaux¬Ľ pour accompagner les relations √©conomiques avec certains pays clefs et les porter √† haut niveau : Mme Aubry pour la Chine, M. Chev√®nement pour la Russie, Philippe Faure pour le Mexique, Paul Hermelin pour l'Inde, Louis Schweitzer pour le Japon et Jean-Pierre Raffarin pour l'Alg√©rie ainsi que M. Sellal pour les √Čmirats Arabes Unis. Ils sont pr√©sents aujourd'hui et je veux vraiment chaleureusement les en remercier. Ils appuient b√©n√©volement les efforts de l'√Čtat sur des pays qu'ils connaissent particuli√®rement bien. J'ai d√©j√† pu constater que cela aide.

Dans cette m√™me logique d'aide concr√®te, imm√©diate, des ambassadeurs exp√©riment√©s ont √©t√© mis √† disposition des pr√©sidents de r√©gion qui le souhaitent. C'est une initiative, nous en verrons le r√©sultat pour favoriser le rapprochement entre les r√©gions fran√ßaises, leur tissu √©conomique local et le r√©seau international. Les r√©gions connaissent en effet le potentiel et les atouts des entreprises locales. En proposant une interface claire et souple, ces ¬ęambassadeurs pour les r√©gions¬Ľ - j'en ai rencontr√© d√©j√† plusieurs qui sont extr√™mement int√©ress√©s par le d√©but de leur travail -, ces ambassadeurs vont pouvoir irriguer le r√©seau diplomatique d'informations sur l'offre productive fran√ßaise capable de r√©pondre √† la demande internationale, et valoriser l'excellence de nos territoires aupr√®s des investisseurs √©trangers, en liaison avec l'AFII.

Gr√Ęce √† cette organisation que je pense plus efficace, nous allons √©tendre notre action. D√©j√†, le Quai d'Orsay a pu √©largir le nombre des secteurs strat√©giques suivis. Traditionnellement. Traditionnellement, on me dit que nos diplomates portaient une attention particuli√®re aux grands contrats pass√©s dans les secteurs qui ont faits notre r√©putation d'excellence √† juste titre : d√©fense, a√©ronautique, nucl√©aire civil, transports. D√©sormais un suivi attentif est √©galement effectu√© pour les √©nergies renouvelables, les mines, la chimie, l'agroalimentaire, la sant√©, la ville durable et, bient√īt, le tourisme. De m√™me il ne faut jamais l'oublier, pour le commerce courant.

Nous nous inscrivons aussi dans la pertinente strat√©gie des fili√®res qui a √©t√© mise au point par le minist√®re du redressement productif. Car, derri√®re un grand contrat, il y a des sous-traitants, des √©quipementiers, des fournisseurs fran√ßais qu'il faut aider, porter, soutenir. Un contrat remport√© c'est un √©v√©nement, mais une s√©rie de contrats devient une avanc√©e strat√©gique et en g√©n√©ral aussi statistique. C'est une des nouveaut√©s de cette diplomatie √©conomique : porter √©galement ces sous-traitants, ces p√©pites industrielles, souvent trop petites pour avoir l'habitude ou le courage de franchir le seuil des ambassades. Il nous faut d√©velopper le ¬ęr√©flexe √©conomique¬Ľ mais c'est aux entreprises, on l'avait d√©j√† dit dans la premi√®re conf√©rence des ambassadeurs que j'ai pr√©sid√©e, de d√©velopper le ¬ęr√©flexe diplomatique¬Ľ.

Les grands groupes peuvent nous y aider : ils connaissent bien ces PME, les soutenir est une d√©marche ¬ęgagnant-gagnant¬Ľ. Une PME qui est introduite sur le march√© devient √† son tour un ambassadeur du savoir-faire et des solutions fran√ßaises que propose le grand groupe. Nous travaillons √©galement √† cette fin avec les 71 p√īles de comp√©titivit√© fran√ßais, dont les 18 p√īles mondiaux.

Nous √©tendons √©galement notre action - c'est nouveau - en mati√®re de recherche d'investisseurs notamment aupr√®s des fonds souverains et grands fonds d'investissements susceptibles d'investir en France. L'action de nos ambassadeurs vient en compl√©ment des services de l'AFII dans les pays o√Ļ l'Agence est pr√©sente en participant √† haut niveau √† l'√©tablissement de liens de confiance avec les investisseurs. L√† o√Ļ l'AFII n'est pas repr√©sent√©e, nos ambassadeurs s'y substituent pour rechercher de nouveaux investisseurs. Car il est rare, et ce ne serait pas vraiment √† porter au cr√©dit des ambassadeurs, qu'ils ne connaissent point les personnes physiques ou les personnes priv√©es susceptibles d'investir en France.

Je le disais en commen√ßant : nous vivons un √©vident changement de monde qui voit l'√©mergence de nouvelles puissances, qui sont autant de nouveaux march√©s ou de nouveaux investisseurs potentiels. Nous avons engag√© une adaptation de notre appareil diplomatique afin qu'il se renforce aupr√®s de ces puissances, l√† o√Ļ se construit le monde de demain. Nous nous portons davantage vers l'Asie (notamment l'Asie centrale), vers l'Afrique, l'Am√©rique du sud, la Russie - pays et continents o√Ļ beaucoup d'entre nous se sont rendus r√©cemment.

Nous nous renforçons auprès des grands émergents - Chine, Inde, Brésil. Mais aussi - cela n'a pas été suffisamment le cas dans le passé et pour des raisons diverses, - vers ceux que l'on peut appeler de manière imparfaite les néo-émergents Je pense notamment au Mexique, à la Colombie, au Pérou, à la Turquie, Indonésie, Afrique du Sud, d'autres encore. Ces pays sont souvent de nouvelles cibles de développement et nous devons y être opérationnels avec les moyens nécessaires pour y aider nos entreprises.

Faire de la diplomatie √©conomique une priorit√©, c'est aussi mettre tous nos outils au service de nos entreprises et de l'attractivit√© de notre territoire. Je n'ai jamais pens√© qu'il y avait d'un c√īt√© le culturel, de l'autre le scientifique, le strat√©gique, l'√©conomique, que sais-je encore. L'ensemble de nos actions et de nos politiques doivent √™tre revues √† travers le prisme de la diplomatie √©conomique.

Le président, le Premier ministre, plusieurs de mes collègues du gouvernement et moi-même y contribuons, en incluant dans nos déplacements un volet économique, qui fait l'objet d'un suivi opérationnel précis afin que les engagements se traduisent concrètement.

Parmi nos outils d'influence, nous disposons des services scientifiques √† l'√©tranger. Nous allons les rapprocher des entreprises et des p√īles de comp√©titivit√© et les positionner sur les secteurs innovants √† forte valeur ajout√©e prioritaires pour notre pays. Je pense notamment au d√©veloppement urbain durable, aux nanotechnologies ou aux √©nergies renouvelables. Vous avez abord√©, je le sais, lors d'une table-ronde cette coop√©ration n√©cessaire en mati√®re de recherche et de d√©veloppement entre les entreprises et entreprises et acteurs publics.

Autre domaine important : nous sommes en train de revoir avec Manuel Valls, le ministre de l'intérieur, notre politique des visas pour en faire un véritable outil au service de l'attractivité. Une approche trop étroite a probablement prévalu dans le passé. Cela a pu a représenté un handicap pour notre pays. Je m'explique : il y a un aspect de politique migratoire dans la politique des visas que chaque pays doit avoir mais il y a aussi un aspect attractivité. Il ne faut pas prendre un aspect et oublier l'autre. Des instructions ont donc été adressées à nos consulats afin de faciliter la délivrance des visas de circulation à destination des hommes d'affaires, des chercheurs, des universitaires, des artistes, des intellectuels, et des touristes. Des partenariats avec les entreprises visant à faciliter la circulation de leurs employés et de leurs clients sont également proposés. Au lieu d'envoyer un message généralisé de renfermement, nous voulons adresser un message de bienvenue à tous ceux qui par leur activité ou leur visite contribuent à notre croissance. En complément, un important travail de fond visant à faciliter le tourisme, activité économique tout à fait essentielle pour notre pays, est en cours.

Comme point concret, cela peut para√ģtre tr√®s trivial mais le trivial fait partie de la vie, un passeport ¬ęgrands voyageurs¬Ľ de 48 pages au lieu de 32 est instaur√© afin d'√©viter √† nos compatriotes grands voyageurs - et il y en a, il n'y a pas que moi - de devoir renouveler leurs passeports trop souvent.

Je ne sais pas si ceci sera mal interpr√©t√©, des ¬ęvalises Itin√©ra¬Ľ, v√©ritables consulats mobiles, sont mises en place dans les pays de grande taille afin d'√©viter √† nos expatri√©s de devoir se d√©placer dans les consulats. Les proc√©dures auront lieu lors des tourn√©es consulaires aupr√®s des communaut√©s et implantations fran√ßaises. Cela devrait faciliter la vie des employ√©s des entreprises fran√ßaises expatri√©s.

Au service notamment des expatriés, vous savez que la France dispose du réseau scolaire à l'étranger le plus étendu du monde, puisqu'il comporte, outre les Alliances françaises, près de 500 écoles dans 130 pays et que nous accueillons 300.000 élèves, soit une augmentation en vingt ans de la moitié. C'est une force absolument extraordinaire et ce réseau est là pour accompagner l'évolution des communautés françaises à l'étranger. Son développement accompagnera en particulier les besoins des entreprises.

J'ai aussi souhaité que notre réseau culturel qui dépend aussi de cette Maison contribue à la valorisation de la marque France, par le rayonnement culturel et la promotion de l'art de vivre à la française qui sont des atouts précieux. Les cofinancements privés de programmes culturels, ont atteint près de 150 Meuro en 2012, ils vont continuer. Ils permettent d'accompagner l'expansion des entreprises sur des marchés stratégiques. Dans le même esprit, cela semble être un domaine différent mais tout cela est lié, notre coopération universitaire va aider à notre présence dans les pays prioritaires pour notre développement économique. Toute une série d'efforts avec près de 100 millions d'euros sont affectés par la France à la coopération universitaire, notamment pour la formation indispensable des étudiants étrangers. Il n'y a pas de meilleur ambassadeur qu'un étudiant étranger venu ici, qui a réussi sa scolarité, qui peut-être débute un emploi ici et qui revient ailleurs ; il sera toute la vie l'ambassadeur des technologies françaises, des entreprises françaises et tout simplement de la France.

Plus généralement, je pense aussi à la francophonie qui n'est pas du tout une vieille lune mais qui représentent, outre ses autres vertus, un atout économique également majeur dans le cadre de notre diplomatie francophone.

Nous allons donc développer les mécanismes de coopérations économiques.

N'oublions jamais que cet espace francophone, c'est 15 % de la richesse mondiale !

Enfin, nous menons une diplomatie du développement active et reconnue. Nous devons l'articuler sans doute encore mieux avec nos priorités économiques et nos entreprises. Des orientations ont été données en ce sens, en particulier, à l'Agence française de développement. Leurs résultats seront évalués.

Dernier point : pour mettre en oeuvre cette politique, le Quai d'Orsay a besoin de femmes et d'hommes qui connaissent bien le monde des entreprises. La mobilit√© des collaborateurs du Quai dans les entreprises sera donc facilit√©e afin de permettre √† un plus grand nombre de diplomates d'acqu√©rir une connaissance concr√®te de premi√®re main des entreprises, de leurs besoins et de leur fonctionnement. J'esp√®re que les entreprises - j'en suis s√Ľr - nous y aideront : tout le monde y gagnera, car les diplomates ont beaucoup √† apporter au monde de l'entreprise. En mati√®re de recrutement direct de cette maison, je souhaite √©galement attirer davantage de profils issus de nos √©coles de commerce.

Mesdames et Messieurs,

En quelques mois, je crois que nous avons fait de la priorit√© pour la diplomatie √©conomique une r√©alit√©. Cet effort √©tait sans doute d√©j√† en chemin, mais le Quai d'Orsay s'est fortement mobilis√© et, puisque nous sommes ici, tous ensemble r√©unis, je veux vraiment en remercier tous les collaborateurs quelque soit leur rang hi√©rarchique parce qu'ils ont fait un tr√®s grand travail. L'accueil des milieux √©conomiques √† cette orientation est tr√®s positif. Les principaux outils que nous avons souhait√© mettre en place sont d√©sormais op√©rationnels et √† votre service pour r√©pondre √† vos demandes, l√† o√Ļ sont vos besoins et les march√©s qui vous int√©ressent.

J'ai dit que nous changions de monde, c'est un truisme, ce qui l'est moins c'est que le ministère des Affaires étrangères, comme les autres, doit s'adapter, pour répondre avec vous aux défis de ce nouveau monde. Avec tous mes collègues du gouvernement, nous sommes attachés à agir pour y permettre le redressement et le développement de l'économie française et de ses entreprises, au service de l'emploi.

Ma conclusion tient en peu de mots : cette maison - je m'adresse aux chefs d'entreprise - est aussi votre maison. Elle l'était aujourd'hui, et vous êtes venus nombreux. On ne peut pas vouloir, comme nous le souhaitons tous, soutenir les entreprises et ne pas en même temps soutenir les entrepreneurs. C'est donc ensemble que nous réussirons le redressement de la France. Merci beaucoup./.

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6. Diplomatie √©conomique/Rencontres Quai d'Orsay-Entreprises - Discours du ministre de l'√©conomie et des finances, M. Pierre Moscovici (Paris, 09/04/2013)

Monsieur le Ministre, Cher Laurent,

Mesdames et Messieurs,

C'est avec plaisir que je viens conclure ces rencontres du Quai d'Orsay, avant le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, que je remercie de m'avoir convié à m'exprimer ici, comme il a pu le faire à Bercy. Un plaisir d'autant plus grand que ces rencontres m'offrent l'occasion de m'adresser de nouveau à ces partenaires quotidiens que sont, pour moi, les entreprises. Nous avons établi, ces derniers mois, des relations soutenues, des relations de confiance aussi, et je me félicite que le Quai apporte sa pierre aujourd'hui, à l'un des volets de cette relation : l'expansion à l'international.

L'accent mis par le gouvernement sur la diplomatie √©conomique s'appuie sur une conviction partag√©e : c'est sur les march√©s √©trangers que se trouvent les opportunit√©s majeures de d√©veloppement, mais le contexte √©conomique exige que nous allions plus loin dans le soutien concret et imm√©diat aux entreprises qui ont un projet d'expansion. Bercy, partenaire traditionnel des entreprises dans la conqu√™te de nouveaux march√©s, est totalement mobilis√© dans cette optique, et va faire √©voluer dans les mois √† venir ses outils pour √™tre plus performant encore, √† vos c√īt√©s.

***

Le ministère de l'économie et des finances est aujourd'hui, pour les entreprises qui veulent se développer à l'export, à la fois un partenaire de terrain, un partenaire du quotidien, et un partenaire pour leurs besoins.

Bercy, partenaire de terrain, c'est un réseau dense, présent sur les marchés étrangers qui comptent. Ce partenariat au travers du maillage des pays par les services économiques de mon ministère, qui sont à votre disposition, tout d'abord. Mais aussi au travers d'Ubifrance, qui a enregistré de beaux succès commerciaux en 2012. Pour n'en prendre que deux exemples : OKO EYEWEAR, fabricant de lunettes, a exposé ses produits sur le Pavillon France du Hong Kong Optical Fair, en novembre dernier, avec des résultats immédiats en termes de commandes et suffisamment encourageants sur le marché asiatique pour justifier l'embauche d'un cadre export. Quant à XD Productions, spécialisée dans les technologies d'animation 3D, elle s'est appuyée sur Ubifrance pour pénétrer le marché indien, au travers d'une mission de prospection et d'un programme personnalisé pour identifier le bon partenaire et réseau de distribution. Depuis, l'entreprise a participé à la réalisation d'une émission télévisée indienne animée en 3D. Je pourrais multiplier les exemples, puisque qu'en 2012, Ubifrance, pivot du système français de soutien institutionnel à l'international des entreprises, a assuré l'accompagnement de près de 8 000 compagnies, et l'envoi à l'étranger de près de 5.000 VIE. Bref, sur vos secteurs d'expansion, Bercy vous accompagne, pour que ce qui est terre inconnue un jour soit terrain de jeu demain.

Bercy sur le terrain : c'est tellement vrai que si la ministre au commerce ext√©rieur, Nicole Bricq, ne peut se joindre √† nous aujourd'hui, c'est parce qu'elle est en ce moment m√™me au Vietnam. Et je reviens tout juste moi-m√™me de Dakar, apr√®s un d√©placement en C√īte d'Ivoire, qui peut se pr√©valoir d'une croissance de 8 % par an.

Car c'est cela, aussi, une diplomatie √©conomique performante et dans l'action : ouvrir de nouvelles voies. L'installation de groupes de travail entre administrations ou entre hommes d'affaires de haut niveau, pour ce qui concerne l'Alg√©rie ou le Qatar, les initiatives de Nicole Bricq pour lever les obstacles √† l'acc√®s au march√© en Turquie ou aux Philippines, s'inscrivent dans cette perspective-l√†. C'est aussi le sens des premiers pas en vue d'un accord de libre-√©change avec le Japon, ou plus r√©cemment avec les √Čtats-Unis, qui peuvent venir ouvrir de nouvelles perspectives d'expansion aux entreprises. Nous voulions obtenir l'avis des entreprises sur ce dernier accord : de nombreuses entreprises y ont r√©pondu, signe de leur int√©r√™t manifeste.

Mais les services de Bercy sont √©galement √† vos c√īt√©s pour r√©pondre √† vos besoins concrets et quotidiens, dans toute leur diversit√©.

Vous êtes tous familiers des services d'informations aux entreprises, de prestations individuelles - conseils, tests sur l'offre, opérations de prospection... - ou d'opérations collectives - salons, rencontres B to B que nous offrons. Mais il faut également mentionner ici les autres instruments opérationnels dont Bercy et ses Services économiques à l'étranger disposent pour appuyer vos démarches. Les prêts bonifiés et les dons, tout d'abord, avec le Fonds d'études et d'aides au secteur privé (FASEP), qui disposera en 2013 d'une capacité d'intervention annuelle de 19 millions d'euros, et la Réserve pays émergents (RPE), dotée de 380 millions d'euros, sont ainsi des instruments de soutien à l'export : en réservant les marchés publics de nos partenaires, pour la RPE, ou en augmentant les chances de succès des entreprises françaises sur appels d'offres, pour ce qui est du FASEP, ces instruments sont autant d'outils de conquête des marchés à disposition des entreprises.

Un exemple concret de succ√®s r√©cents de ces instruments, l√† encore. Pensons au consortium ferroviaire d'entreprises fran√ßaises, qui a remport√© un march√© de plus de 110 millions d'euros pour la fourniture des √©quipements du tramway de Cuenca, en √Čquateur, avec un soutien RPE.

Le dispositif d'assurance et de garanties publiques géré par la Coface, avec un encours actuel de 64 milliards d'euros, est un autre outil clé de Bercy pour soutenir les projets d'expansion des entreprises.

En 2012, pr√®s de 12 milliards d'euros de garantie ont √©t√© accept√©s, permettant de soutenir 145 grands contrats. L'une de ces success stories a fait la ¬ęune¬Ľ des m√©dias en d√©cembre : STX France a remport√© la commande d'un navire de croisi√®re pour Royal Caribbean Cruises. Ce contrat repr√©sente 10 millions d'heures de travail et assure une activit√© jusqu'en 2016. Il a √©t√© rendu possible, notamment, par l'octroi d'une assurance de la Coface.

Enfin, en miroir de ces actions orientées vers l'externe, l'Agence française pour les investissements internationaux contribue à attirer sur notre territoire de nouvelles décisions d'investissements: 693 décisions ont ainsi été enregistrées en 2012, soit le 3ème meilleur résultat en 15 ans.

***

Voil√† quelle est notre approche : avant tout, nous voulons faire du concret, pour des succ√®s. Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas chercher √† s'am√©liorer, au contraire. Pour rester le partenaire de terrain, des besoins quotidiens de ces entreprises qu'il conna√ģt si bien, Bercy fait consid√©rablement √©voluer ses instruments.

Nous avons d'abord souhaité, avec Nicole Bricq, réviser le contrat d'objectif et de performance d'Ubifrance. Il s'agit en premier lieu de mettre en oeuvre un programme d'accompagnement à l'export spécifique et ciblé, qui bénéficiera à 1.000 ETI et PME de croissance, et d'augmenter les VIE de 25 %.

La rénovation profonde de nos dispositifs de soutien financier à l'export a également été conçue pour mettre davantage encore les entreprises en position d'engranger les succès internationaux. Face aux bouleversements durables des financements bancaires et aux évolutions des instruments publics, plus compétitifs, dont bénéficient aujourd'hui vos compétiteurs étrangers, plusieurs mesure ont été prises au second semestre 2012. Une garantie de refinancement créera ainsi un nouvel accès à la liquidité des banques et offrira des ressources plus compétitives aux clients des entreprises exportatrices françaises. Et nous achevons de démocratiser l'accès aux financements exports aux PME et ETI, à travers la mue de la Banque Publique d'Investissement. La BPI, que j'ai mise sur pied, représente en effet une solution globale et cohérente pour le financement des PME et des ETI.

Un mot, par ailleurs, de l'Aide publique au développement, qui est parfois critiquée, en période de contrainte budgétaire. Mon approche est pragmatique : nos financements doivent aussi servir à nos entreprises. C'est dans ce contexte que j'ai décidé la création d'un Fonds d'expertise à l'AFD, doté de 20 Meuro, qui permettra de positionner l'expertise française, son savoir faire et surtout ses normes, en amont des projets d'infrastructures dans les pays de notre coopération.

***

Ces actions doivent nous permettre d'atteindre les objectifs fix√©s par le pr√©sident de la R√©publique, singuli√®rement celui d'√©quilibre de la balance commerciale en 2017, hors √©nergie. C'est une t√Ęche ambitieuse √† laquelle travaille Bercy avec beaucoup de d√©termination, et en premier lieu Nicole Bricq et moi-m√™me.

Nous avons développé à cet égard une stratégie export à plusieurs niveaux.

Vous offrir, tout d'abord, la ¬ębo√ģte √† outils¬Ľ la plus performante possible pour vous accompagner √† l'export. J'ai √©voqu√© nos diff√©rents instruments. C'est aussi l'enjeu de la Modernisation de l'action publique, dont l'une des priorit√©s est de renforcer l'efficacit√© de nos politiques publiques de soutien √† l'internationalisation des entreprises, ou encore de la pertinence de nos r√©seaux √† l'√©tranger.

Cette strat√©gie d√©finit √©galement des priorit√©s, pour orienter efficacement notre action. C'√©tait l'objet du travail de Nicole Bricq pour identifier 47 pays prioritaires et quatre familles auxquelles accorder une attention particuli√®re: ¬ęmieux se nourrir¬Ľ, ¬ęmieux communiquer¬Ľ, ¬ęmieux se soigner¬Ľ, ¬ęmieux vivre en ville¬Ľ.

Troisième axe de cette stratégie : définir un cadre commercial propice aux échanges. Au-delà des accords de libre échange, mon action pour renforcer l'économie européenne est ici essentielle. Si j'y passe près d'un tiers de mon temps, c'est avant tout pour créer un cadre propice au développement économique de notre pays, de son tissu productif, alors que l'Union reste notre premier marché export.

Nous suivons coll√©gialement ce cap. Certains, je ne l'ignore pas, s'interrogent sur les nouvelles initiatives, intelligentes, du minist√®re des affaires √©trang√®res : ne sont-elles pas redondantes avec les actions de Bercy ? Ne faut-il pas y voir une sourde concurrence entre deux grands minist√®res, deux grandes administrations, soucieux d'affirmer leur pouvoir, de marquer leur territoire ? Et bien, non je le dis, quitte √† d√©cevoir les amateurs de r√©cits croustillants ! Laurent Fabius le confirmera : la diplomatie √©conomique voulue par le pr√©sident de la R√©publique ne revient pas √† substituer le Quai d'Orsay √† Bercy, ou opposer Bercy au Quai. Nous veillons au contraire, et ma pr√©sence ici en est la preuve, √† travailler ensemble, en faisant jouer nos compl√©mentarit√©s. Une convention entre le Tr√©sor et la nouvelle direction des entreprises du Quai d'Orsay viendra d'ailleurs d√©finir et coordonner les r√īles de chacun. En l'occurrence, il s'agit de combiner nos approches, nos r√©seaux et nos instruments respectifs, pour accompagner le plus efficacement possible nos entreprises √† l'√©tranger. Vous aider sur le long terme passe aussi par une gestion intelligente des visas, ou par nos coop√©rations scientifiques ou culturelles, afin de positionner dans la dur√©e l'influence fran√ßaise √† l'√©tranger. Le Quai d'Orsay peut compter sur les Ambassadeurs et les mobiliser au-del√† de leur champ d'intervention traditionnel, pour les amener progressivement vers les enjeux √©conomiques : tant mieux, ils restent un atout puissant pour ouvrir certaines portes. Mon minist√®re et ses services, je l'ai dit, main dans la main avec eux - je le v√©rifie sur le terrain √† chacun de mes d√©placements, je l'ai encore vu hier au S√©n√©gal - sont √† vos c√īt√©s.

Un mot de rendez-vous, pour finir, puisqu'après ces rencontres du Quai d'Orsay, Bercy vous accueillera cet été pour une journée de présentation détaillée de ses outils de soutien à l'export des entreprises. Ce sera moins l'occasion de découvrir un ministère que ne l'est cet évènement d'aujourd'hui, mais ce sera l'occasion pour mon ministère de présenter plus en détail les innovations qu'il met en place pour répondre, mieux encore, aux besoins des acteurs économiques, et à leurs projets. Ce sera l'occasion, pour moi de rendre à nouveau l'invitation au ministre des affaires étrangères. Merci. /.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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7. Syrie - Mali - Iran - Territoires palestiniens - Printemps arabe - - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec la cha√ģne "Al Jazeera" (Paris, 10/04/2013)

Q - Monsieur le Ministre, merci de nous avoir accordé ce moment et cet entretien.

R - C'est un plaisir.

Q - On commence par la France et le monde arabe. La politique française à l'égard du monde arabe émane de la considération politique, économique et géopolitique. Est-ce qu'elle existe toujours cette politique française à l'égard du monde arabe ?

R - Oui, vous avez raison de souligner que c'est une r√©alit√© historique. Il y a les r√©alit√©s g√©ographiques : les pays arabes sont proches de nous et r√©ciproquement. Il y a la proximit√© culturelle. Il y a l'amiti√©. Il y a les valeurs que nous avons en commun. Il y a l'int√©r√™t g√©ostrat√©gique. Donc oui, nous avons une politique qui reconna√ģt l'importance des pays arabes, qui reconna√ģt leur souverainet√©, qui en m√™me temps, souhaite leur d√©veloppement, leur stabilit√©, qui tient en consid√©ration nos propres valeurs. C'est tout cela qui fait la politique arabe.

Q - Le monde arabe traverse depuis presque deux ans une saison, une p√©riode tr√®s controvers√©e qui s'appelait le ¬ęPrintemps arabe¬Ľ. Comment voyez-vous ce Printemps l√† ?

R - C'est une question compliquée, d'abord parce que je pense qu'il y a des niveaux différents dans ce Printemps arabe, ensuite parce que les causes, les motifs qui ont guidé les peuples sont des motifs que nous partageons. Pourquoi les peuples arabes qui se sont soulevés se sont soulevés ? Pour la dignité, pour l'emploi, contre la corruption. C'est vrai qu'une révolution - puisqu'il s'agit d'une révolution - ne se fait pas de manière linéaire, il y a des périodes. Nous, nous le savons très bien. La révolution française date de 1789, mais avant que la République soit vraiment installée en France, cela a mis presque 100 ans. Donc on ne peut pas demander aux peuples arabes d'attendre 100 ans.

La situation en Libye n'est pas la m√™me que la situation en √Čgypte, qui n'est pas la m√™me que la situation en Syrie - qui est abominable, on va peut-√™tre en parler -, qui n'est pas la m√™me que la situation en Tunisie. Donc nous sommes favorables aux valeurs qui ont conduit les peuples √† ces r√©volutions arabes. Nous ne voulons pas nous ing√©rer dans les choix de ces peuples, cela leur appartient. Mais en m√™me temps, nous avons nos valeurs et nous avons ce que j'appellerais des lignes rouges, c'est-√†-dire que nous mettons en avant les droits, les droits des femmes, la soci√©t√© civile. Donc nous en sommes √† un certain stade du Printemps arabe. Il y aura encore des d√©veloppements et ce que nous pouvons faire, nous, c'est aider, notamment sur le plan √©conomique, sur le plan des valeurs, √† ce que le Printemps d√©bouche sur de bonnes solutions.

Q - Mais vous étiez quand même surpris, par exemple, de la révolution tunisienne.

R - C'√©tait le gouvernement pr√©c√©dent, vous vous le rappelez. C'est vrai que - comment je pourrais dire, il faut que je sois diplomate puisque je suis ministre des affaires √©trang√®res - le gouvernement pr√©c√©dent a r√©agi d'une fa√ßon qui n'√©tait peut-√™tre pas tr√®s bonne et vous vous souvenez d'ailleurs que le ministre, c'√©tait le ministre des affaires √©trang√®res √† l'√©poque, avait √©t√© chang√©. Mais depuis que nous sommes aux responsabilit√©s, puisque vous parlez de la Tunisie, nous avons soutenu bien s√Ľr, l'orientation g√©n√©rale des Printemps arabes. Nous avons re√ßu le pr√©sident Marzouki et le Premier ministre. Nous avons des investissements tr√®s importants et en m√™me temps, lorsque nous avons quelque chose √† dire, tout en respectant bien s√Ľr les choix du peuple tunisien, nous disons qu'il ne faut pas qu'il y ait de violences et il faut que le droit soit respect√©.

Q - Comment expliquez-vous la différence de traitement de la France réservée à la Libye et à la Syrie ?

R - Ce ne sont pas du tout les m√™mes situations. En Libye, vous avez un dictateur, qui s'appelle M. Kadhafi. Vous avez un peuple qui se soul√®ve et √† l'√©poque, c'√©tait M. Sarkozy, mais nous, nous √©tions dans l'opposition et nous avions soutenu le fait que la France aide la r√©volution. Ensuite, on peut discuter parce que, sans engager une pol√©mique, je pense qu'il aurait fallu accompagner et surveiller un peu les choses. C'est ce qui explique, comme il n'y a pas eu d'accompagnements, que finalement, il y avait beaucoup d'armes d√©tenues par Kadhafi et qu'on a retrouv√© ces armes dans d'autres pays. Mais allons √† l'essentiel, c'√©tait une r√©volution populaire et il √©tait normal que la France soit aux c√īt√©s de cette r√©volution populaire.

En Syrie, c'est tout à fait autre chose. Il y a eu le début d'une révolution populaire mais M. Bachar Al-Assad a réprimé, vous vous en souvenez, la révolution populaire dans le sang. C'est donc une situation différente et nous nous trouvons aujourd'hui, évidemment, dans une situation qui est une véritable tragédie en Syrie et nous souhaitons, avec beaucoup d'autres, qu'il y ait une solution politique à cette tragédie. Sinon, la Syrie va éclater, c'est le risque, et qu'est-ce que nous retrouverons à la fin ? Nous retrouverons les extrémismes de part et d'autre, qui vont l'emporter, ce qui serait dramatique pour les Syriens et dramatique pour les pays voisins.

Q - On parle beaucoup des amis de la Syrie, mais la révolution cherche toujours des amis qui lèvent l'embargo. On ne parle plus de la levée de l'embargo ?

R - Prenons les choses une par une, la France est un ami de la Syrie. D'ailleurs, et vous vous le rappelez sans doute, la France a √©t√© le premier pays d'Europe √† reconna√ģtre la Coalition nationale syrienne, c'est-√†-dire les r√©sistants syriens. Alors, o√Ļ en sommes-nous aujourd'hui ? Il y a une trag√©die en Syrie : on dit 70.000 morts, mais probablement plus pr√®s de 100.000 morts, des millions de gens dans la difficult√©. Il faut absolument aller vers une solution politique, ce serait cela la bonne solution, mais M. Bachar Al-Assad dit : ¬ęmoi je vais gagner¬Ľ, ce qui est une absurdit√©, il n'y a pas de victoire militaire de M. Bachar Al-Assad. Il faut donc, si l'on veut aller vers une solution politique, que l'on r√©√©quilibre la situation sur le terrain pour que - comme l'a propos√© d'ailleurs Moaz Al-Khatib, qui est le chef de la Coalition que nous soutenons - il y ait, si vous voulez, un dialogue entre d'un c√īt√© les r√©sistants et puis nous sommes ouverts √† ce qui est un dialogue, non pas avec Bachar Al-Assad, mais certains √©l√©ments de son r√©gime, pour qu'il y ait un gouvernement de transition. Voil√† la bonne solution, mais pour y arriver, il faut que M. Bachar Al-Assad ne puisse pas continuer avec ses avions √† bombarder les r√©sistants qui se font massacrer et c'est l√† o√Ļ se pose la question de l'embargo, de la lev√©e de l'embargo.

La France et la Grande-Bretagne, comme vous le savez, ont soulevé cette question. Simplement, elle n'est pas facile, parce que, si on livre des armes, il faut que les armes ne soient pas détournées, c'est-à-dire qu'on peut envisager de livrer des armes pour rééquilibrer les choses, pour que les résistants puissent se défendre. La condition est qu'on ne retrouve pas ces armes soit à la disposition du régime de Bachar, soit des extrémistes et donc il y a toute une question de garanties, qui n'est pas facile. Nous sommes en train d'en discuter avec nos amis européens, nous avons jusqu'à la fin du mois de mai pour voir comment cela serait possible.

Q - On a lu dans la déclaration de M. le président, la semaine dernière, qu'il y a une sorte de recul.

R - Non, je n'interpr√®te pas cela comme un recul, mais si vous voulez, nous voulons aider √† trouver une solution en Syrie. C'est vraiment l'int√©r√™t, bien s√Ľr, des Syriens, mais de l'ensemble de la r√©gion et du monde m√™me. Simplement, nous voulons que cette solution, et s'il doit y avoir lev√©e de l'embargo, cela ne se fasse pas d'une fa√ßon qui en fait, profite au r√©gime ou aux extr√©mistes plut√īt qu'aux r√©sistants et c'est l√† o√Ļ il faut y avoir un certain nombre de garanties. Je pense que c'est dans l'int√©r√™t de chacun et nous sommes en train d'en discuter avec nos amis europ√©ens et d'y r√©fl√©chir.

Q - Quelles garanties ? Expliquez-moi un peu.

R - C'est simple à comprendre. Si vous voulez aider les résistants avec des armes, il ne faut pas que les armes se retrouvent à la disposition du régime ou des extrémistes. Pour cela, il faut un certain nombre de garanties politiques et puis des garanties, je dirais, matérielles. En Libye, on a vu des armes qui, originellement, étaient à la disposition de la Libye, se retrouver dans d'autres pays. Il faut donc éviter ce détournement. C'est cela qu'on appelle les garanties.

Q - Donc on cherche des garanties mais on ne voit pas en fait la solution très proche ?

R - Je discute √©videmment avec tout le monde. Nous discutons avec les pays arabes, nous discutons avec les Am√©ricains, avec les Britanniques, les Europ√©ens, nous discutons avec les Russes aussi. Il faut discuter avec chacun, mais personne pour le moment ne nous a apport√© la solution en disant ¬ęvoil√† la solution¬Ľ. Il faut en m√™me temps, d'abord, songer √† l'int√©r√™t des Syriens. Ce qui est tr√®s important pour nous c'est que le futur r√©gime - parce que Bachar Al-Assad, nous l'esp√©rons, va finir par tomber - garantisse les droits de chaque communaut√©. Il faut que les Alaouites voient leurs droits garantis. Il faut que les Druzes voient leurs droits garantis, les Chr√©tiens, les Kurdes, chacun. C'est cela la Syrie que nous voulons et non pas une Syrie qui soit d√©chir√©e, qui finalement profitera √† qui ? Pas aux Syriens et en tout cas pas √† la paix.

Q - Est-ce que vous craignez un risque d'extension comme ça, régional ?

R - Oui, je le crains d'autant plus - c'est un point sur lequel je vais insister - qu'il y a des armes chimiques. Vous savez que M. Bachar Al-Assad possède des armes chimiques en très grand nombre. Ces armes chimiques présentent évidemment un danger considérable. Il y a eu de l'imputation disant que les armes chimiques avaient été utilisées par le régime, nous faisons des enquêtes, nous n'avons pas encore la preuve de cela mais nous avons demandé aux Nations unies, vous le savez, d'enquêter sur ce point.

Nous sommes extrêmement vigilants parce que nous avons tous dit, les Français, les Américains, les Russes, je crois les Chinois aussi, tout le monde, qu'il était inacceptable que Bachar Al-Assad utilise les armes chimiques. Il les a en grandes quantités, donc il faut être très attentif là-dessus et nous sommes en train, à travers les Nations unies, de mener l'enquête, parce que c'est un point qui nous inquiète énormément.

Q - Restons sur le problème de l'extension. Comment la France peut-elle protéger le Liban de ce risque ?

R - Jusqu'√† pr√©sent, le Liban, gr√Ęce au pr√©sident Sleimane et au Premier ministre Mikati, avait r√©ussi √† avoir une politique tr√®s pertinente qui √©tait de s√©parer le conflit syrien de ce qui se passait au Liban. Malheureusement, cela devient de plus en plus difficile, d'abord parce qu'il y a beaucoup de Syriens, je vous l'ai dit, qui sont oblig√©s de se r√©fugier au Liban, en plus il y a l'action du Hezbollah. Il y a toute une s√©rie de choses. Nous demandons √† la communaut√© internationale de faire en sorte que le conflit syrien ne soit pas export√© au Liban. Nous ferons vraiment le maximum en tant que membre permanent du Conseil de s√©curit√© pour aider le Liban. Le Liban ne doit pas souffrir de d√©sordre et m√™me du chaos qui existe en Syrie.

Q - Les actions du Hezbollah, vous parlez de la participation des combattants du Hezbollah √† c√īt√© du r√©gime syrien.

R - Ce sont les indications qui nous sont donn√©es de plus en plus, vous en tant que journaliste vous avez certainement les m√™mes indications. Le Hezbollah fait partie du gouvernement libanais, mais en m√™me temps nous avons des indications selon lesquelles il y aurait des combattants du Hezbollah en Syrie sous l'influence de l'Iran. √Čvidemment, c'est quelque chose qui pose √† tous les amis de la paix un tr√®s grave probl√®me.

Q - Pour la révolution syrienne, il y a certains qui pensent que cette révolution est victime de calcul géopolitique dans la région, la Syrie n'est pas isolée un peu comme la Libye, du coup elle est victime de sa situation géopolitique et même géographique.

R - Oui, c'est possible, et si vous voulez, un certain nombre de puissances au fond continue leur bellig√©rance √† travers la Syrie, mais je ne veux pas entrer dans ces calculs compliqu√©s, m√™me si je pourrais partager avec vous. Ce que je vois, c'est un peuple qui souffre terriblement avec des centaines de morts, au moment m√™me o√Ļ nous parlons il y a des morts. On dit : oui, mais pourquoi le Conseil de s√©curit√© n'est pas capable d'agir ? Nous avons essay√© d'agir, mais par deux fois nous avons √©t√© ¬ęblackboul√©s¬Ľ si je puis dire, enfin en tout √©tat de cause dans l'impossibilit√© d'agir parce que deux membres du Conseil de s√©curit√© ont mis leur veto des Nations unies. En tout cas (il faut) c'est l'int√©r√™t de la paix, c'est l'int√©r√™t des Syriens, c'est √©videmment l'int√©r√™t de tous les pays qui sont autour, mais ce n'est pas simplement un conflit r√©gional maintenant, c'est devenu un conflit international, donc tous les pays qui aiment la paix doivent faire effort et c'est le sens de ce que veut faire la France pour arriver √† une solution politique en Syrie.

Q - Est-ce que la France n√©gocie ou non, a un contact avec les Russes pour √©viter l'effondrement de cet √Čtat ?

R - La r√©ponse est oui. R√©cemment, avec le pr√©sident de la R√©publique, Fran√ßois Hollande, nous sommes all√©s en Russie, nous avons discut√© avec le pr√©sident Poutine, vous savez que les positions ne sont pas les m√™mes, mais nous discutons notamment sur un point tr√®s pratiquement. M. Moaz Al-Khatib a fait la proposition courageuse parce qu'il n'a pas √©t√© soutenu par l'ensemble de ses partisans, mais je pense que cette position est courageuse de dire : ¬ę√Čcoutez faisons un premier pas, il n'est pas question de discuter avec Bachar mais il peut y avoir certains √©l√©ments du r√©gime qui n'ont pas les mains dans le sang et puis d'autre part, des r√©sistants qui vont travailler ensemble pour essayer de b√Ętir une transition politique¬Ľ. Et nous avons discut√© de cela avec les Russes et nous leur avons dit et le pr√©sident Poutine a dit son accord, ¬ęessayons de trouver une liste de gens qui soit acceptable par les uns et les autres¬Ľ. Nous sommes en train de discuter de cela, pour le moment, cela n'a pas d√©bouch√©, mais, voyez, il faut, je crois, parler avec tout le monde. Les Russes sont membres permanents du Conseil de s√©curit√©, nous disons aux Russes : ¬ęmais ce que vous redoutez, c'est ce que vous appelez le chaos, mais ce chaos c'est aujourd'hui, donc il faut l'√©viter, on voit bien que si les choses continuent cela va √™tre une sorte de suicide collectif, faites le maximum avec nous pour essayer d'avancer, pour le moment, nous ne sommes pas arriv√©s encore √† une solution, mais il faut faire preuve de volont√© et de t√©nacit√©.

Q - Les Américains et les Russes discutent aussi de Brahimi. Est-ce que la mission Brahimi vous y croyez toujours ?

R - Il essaie de faire de son mieux, mais √† lui seul, il ne peut pas tout r√©soudre, nous essayons de travailler avec lui, avec d'autres pour trouver une solution, c'est tr√®s difficile, mais il y a quand m√™me de temps en temps une pointe d'espoir. Par exemple, vous avez vu que r√©cemment la Ligue arabe a attribu√© le si√®ge de la Syrie √† la Coalition. Donc, nous avons √©t√© les premiers en Europe, je vous le disais, a reconna√ģtre la Coalition, maintenant il y a une centaine de pays qui reconnaissent la Coalition, donc il y a des choses qui progressent ; malheureusement sur le terrain le sang continue de couler.

Q - Vous pensez que nous allons avoir un Yéménite ?

R - Au Yémen on avait le sentiment que moins de puissances internationales étaient impliquées. Le Yémen était perçu comme un plus petit pays, enfin, il y a beaucoup d'éléments... mais en tout cas il faut aller vers une solution, voilà, une solution ne ressemble jamais à une autre, mais nous, nous mettons tous nos efforts possibles dans la recherche d'une solution.

Q - Le sang coule toujours, le mois de mars a connu plus de 6.000 morts, un tiers de civils. Est-ce qu'il √©tait toujours t√īt de saisir la Cour p√©nale internationale ?

R - Il y a eu des crimes qui ont été commis, une mission de l'ONU a qualifié certains parlent de crimes contre l'humanité, donc quand il y a des crimes, il faut qu'il y ait une sanction pénale.

Q - Est-ce qu'il y a une crainte que la chute d'Al-Assad, le chaos qu'on peut imaginer d√©stabilise l'√Čtat d'Isra√ęl ?

R - Les relations avec Isra√ęl, moi je pense qu'il ne faut pas m√™ler Isra√ęl √† cela, de m√™me dans d'autres sujets. Peut √™tre parlera-t-on de l'Iran si vous voulez. Il y a un probl√®me intrins√®que qui existe, qui est tr√®s grave, pour les Syriens d'abord, qui sont les premi√®res victimes et pour l'ensemble de la r√©gion, dont Isra√ęl mais les autres pays aussi. Ce probl√®me-l√† il faut le r√©gler si on veut √©viter toute une s√©rie de cons√©quences dramatiques pour beaucoup d'autres pays.

Q - Comment imaginer la chute d'Al-Assad. Vous-m√™me avez dit √† chaque fois √† plusieurs reprises: ¬ęil va tomber, il va tomber¬Ľ.

R - La solution √† laquelle on peut penser c'est une solution rationnelle dans laquelle M. Bachar Al-Assad, constatant que son peuple est dans la situation o√Ļ il est, accepterait d'abandonner, mais il n'est pas dans cet √©tat d'esprit. Personne de sens√© ne peut, se projetant dans le futur - projetez-vous dans 2 ans, 3 ans, 4 ans, 5 ans -, penser que M. Bachar Al-Assad va diriger la Syrie. Personne.

Q - On va au Mali pour dire : est-ce qu'il n'y a plus de risque d'enlisement puisqu'au d√©but on a parl√© d'enlisement de la France dans cette r√©gion du Sahel, etc. Est-ce qu'on a d√©pass√© ce risque et le retrait des forces fran√ßaises, c'est pour des raisons on va dire √©conomiques, surtout que le co√Ľt quotidien 2,7 millions d'euros par jour, ou bien la mission est accomplie ?

R - La France n'a aucun int√©r√™t imp√©rialiste au Mali. Nous sommes intervenus pour une raison simple. Des groupes terroristes marchaient sur la capitale du Mali, Bamako. Et donc le gouvernement l√©gitime du Mali nous a appel√© en disant : ¬ęMesdames et Messieurs les Fran√ßais, Monsieur le Pr√©sident de la R√©publique, pouvez-vous intervenir ?¬Ľ. Cela s'est pass√© comme cela, j'y √©tais. ¬ęSi vous n'intervenez pas, demain nous serons morts¬Ľ. C'est le gouvernement qui a dit cela.

La France √©tait le seul pays qui √©tait en situation d'intervenir puisque nous avions des troupes qui n'√©taient pas loin. Donc nous sommes intervenus. Pourquoi ? Pour stopper l'attaque des terroristes, pour arriver petit √† petit √† reprendre des villes et pour faire en sorte que la communaut√© internationale puisse dire : ¬ęvoil√† comment il faut agir¬Ľ. Nous l'avons fait et tout le monde reconna√ģt que l'intervention de l'arm√©e fran√ßaise et les arm√©es africaines, les deux en m√™me temps, a √©t√© extr√™mement efficace. Nous y avons laiss√© des hommes malheureusement, des vies. Mais je reviens sur ce point, il y avait des groupes terroristes, des narcoterroristes - il y a un lien entre la drogue et le terrorisme l√†-bas -,qui √©taient sur le point de contr√īler toute la population qui, je le rappelle en passant, est √† 90 % et quelques musulmane ; donc ce sont des terroristes qui voulaient mettre la main sur une population musulmane avec les cons√©quences que cela auraient eu sur tous les pays voisins, c'est-√†-dire la C√īte d'Ivoire, le S√©n√©gal, le Burkina Faso, le Niger, etc....

Nous avons donc stopp√© cela et tous les pays africains disent : ¬ęBravo, vive la France¬Ľ. Mais maintenant nous sommes √† un stade un peu diff√©rent. Il n'est pas question pour la France de rester √©ternellement au Mali. Simplement nous devons petit √† petit passer la suite comme on dit aux troupes africaines.

Il va y avoir au mois d'avril, donc ce mois-ci, une d√©cision des Nations unies √† l'ONU qui va installer ce que l'on appelle une op√©ration de maintien de la paix c'est-√†-dire que d√©sormais cela va √™tre l'ONU √† travers les Casques bleus de prendre le contr√īle de l'ensemble des op√©rations, et les troupes africaines et quelques autres vont passer sous contr√īle de l'ONU. Parall√®lement il faut qu'il y ait un d√©veloppement du dialogue politique, des √©lections, c'est indispensable, et du d√©veloppement √©conomique.

Vous posez la question : pourquoi la France va-t-elle petit √† petit se retirer ? Parce qu'il n'a jamais √©t√© imagin√©, en tout cas par nous, il n'a jamais √©t√© question pour nous que nous restions √©ternellement au Mali. Nous allons le faire progressivement pour que les autres troupes prennent le relais et qu'il y ait une vraie s√©curisation pour que l'int√©grit√© du Mali soit assur√©e. Ce n'est pas du tout une question financi√®re. Cela nous co√Ľte de l'argent, c'est vrai, mais quand la libert√© d'un peuple est en cause il faut assumer cela. C'est pour √™tre conforme √† nos engagements internationaux et nous allons progressivement diminuer notre pr√©sence militaire. Nous resterons l√† pour √©viter que des groupes terroristes reviennent √† la charge et nous allons veiller avec beaucoup d'autres, avec la communaut√© internationale, √† ce qu'il y ait des √©lections l√©gitimes et √† ce que le d√©veloppement √©conomique soit assur√©. Il y aura au mois de mai une grande conf√©rence pour aider au d√©veloppement √©conomique du Mali.

Q - L'Algérie participe-t-elle d'une façon ou d'une autre dans ces opérations là, au moins dans les renseignements ?

R - L'Alg√©rie a elle-m√™me souffert du terrorisme. Vous savez que dans les ann√©es 1990, il y a eu peut-√™tre 100.000 morts ou beaucoup plus encore. Donc l'Alg√©rie sait ce qu'est le terrorisme. L'Alg√©rie a √©t√© choqu√©e en plus, parce qu'un des groupes, qui s'appelle le groupe Ansar Dine, dont l'Alg√©rie pensait qu'il avait rompu avec le terrorisme - en fait pour parler de mani√®re un peu vulgaire - s'est retourn√© et a fait alliance avec les deux autres groupes terroristes : le group AQMI et le groupe MUJAO et c'est l'ensemble de ces trois groupes qui mena√ßait de marcher sur Bamako. L'Alg√©rie a dit : ¬ęce n'est pas possible de laisser les terroristes prendre la main sur l'√Čtat malien¬Ľ. D'une part, l'Alg√©rie a surveill√© ses fronti√®res, puisque si l'on regarde la carte, √©videmment les terroristes maliens auraient pu remonter en Alg√©rie, si l'Alg√©rie n'avait pas ferm√© ses fronti√®res et l'Alg√©rie s'est comport√©e d'une fa√ßon tout √† fait respectable, positive. Elle n'a pas de combattants l√†-bas mais elle fait ce qu'un √Čtat d√©mocratique attach√© √† lutter contre le terrorisme, doit faire.

Q - Que fait la France pour aider les pays r√©volutionnaires, la Tunisie, la Libye et l'√Čgypte, sur le chemin d√©mocratique ?

R - Nous les aidons économiquement. Mais, en même temps, lorsqu'il faut se prononcer sur les principes nous apportons notre soutien à la lutte pour la dignité et pour la démocratie. Mais nous disons aussi nos valeurs. C'est-à-dire que nous disons que ces peuples - qui sont libres de leur choix - doivent respecter les droits de la société civile, la liberté de la presse et les droits des femmes. Ce sont les valeurs de la France depuis 200 ans. Nous ne faisons pas d'ingérence dans les choix de ce pays qui leur appartiennent, nous les aidons sur des plans économique et social et tout en rappelant ce que sont nos valeurs.

Q - La France va-t-elle faire des avancées pour la reconnaissance de la Palestine ?

R - La France a √©t√© tr√®s active notamment quand la question s'est pos√©e, il y a quelques mois, pour que les Palestiniens soient un √Čtat observateur non membre des Nations unies. Je crois dire, sans arrogance, que les choses ont bascul√© dans le bon sens pour les Palestiniens lorsque la France a pris sa d√©cision. La solution √† laquelle nous pensons tous est la solution de deux √Čtats. Mais si le d√©veloppement des colonies se poursuit, la situation des deux √Čtats devient de plus en plus difficile. Nous disons aux Isra√©liens : il y a une fen√™tre d'opportunit√© √† saisir, saisissez-la. Et, dans le m√™me temps, nous disons aux Palestiniens que, comme dans toute solution n√©goci√©e, il faut que chacun fasse un effort. Nous faisons un certain nombre de choses qui n'ont pas √† √™tre rendues publiques. Si nous pouvons aider √† la solution, nous le ferons car ce conflit est le p√®re de beaucoup de conflits. S'agissant d'Isra√ęl il est normal qu'Isra√ęl ait droit √† la s√©curit√©. S'agissant des Palestiniens ils ont droit √† une terre. Tant qu'il n'y pas de justice, il n'y pas de paix

Q - Sur l'Iran. Est-ce que l'option militaire est sur la table ?

R - Toutes les options sont sur la table, comme l'ont dit beaucoup de responsables. Nous, les Français, nous avons une attitude que nous partageons avec les quatre autres membres du Conseil de sécurité, à savoir à la fois les négociations et les sanctions. L'Iran est un grand peuple et il a droit de pouvoir utiliser l'énergie nucléaire à des fins civiles. Mais la bombe atomique pour l'Iran non car ce serait un immense danger pour l'ensemble de la région. Alors il faut pousser les Iraniens dans cette direction. Dans ce but, nous discutons mais cela n'a pas donné de grands résultats. En même temps nous avons ces sanctions - que nous sommes obligés de prendre - pour leur dire que celles-ci pourraient être levées s'ils acceptent d'avancer dans les négociations. Nous souhaitons, vraiment et vigoureusement, que l'Iran comprenne que la bombe atomique ce n'est pas possible. Vous imaginez ce que cela serait dans une région qui est déjà - et votre interview l'a montrée - éruptive. Si l'Iran détient la bombe atomique, cela voudrait dire que d'autres pays voudraient l'avoir aussi et que les menaces seraient plus grandes, cela n'est pas raisonnable

Q - Monsieur le Ministre, merci encore de nous avoir accordé cet entretien./.

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8. Disparition de M. Zao Wou-ki - D√©claration du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 10/04/2013)

J'ai appris avec tristesse la disparition de Zao Wou-ki.

Je salue la m√©moire d'un grand artiste, attach√© √† la France, devenue son pays en 1964. Il a su m√™ler les influences occidentales avec son identit√© chinoise, pour donner √† son oeuvre une port√©e universelle. Avec lui dispara√ģt une figure embl√©matique de l'abstraction lyrique √† laquelle son oeuvre a apport√© une contribution exceptionnelle.

J'adresse mes profondes condoléances à sa famille et à ses proches./.

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9. Vietnam - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 09/04/2013)

La ministre du commerce extérieur, Mme Nicole Bricq, s'est rendue au Vietnam du 7 au 9 avril. Avec une croissance de 5 % en moyenne ces dernières années, ce pays constitue un marché important pour les entreprises françaises encore trop peu présentes. Notre part de marché n'est en effet que de 1 % en 2012, contre 1,5 % en moyenne avec les pays d'Asie du Sud Est. Dans le même temps, la France est le 2ème investisseur européen et le 2ème bailleur bilatéral du Vietnam.

À l'occasion de son déplacement, la ministre a insisté sur la nécessité de rééquilibrer nos échanges commerciaux afin qu'ils soient a la hauteur de la relation politique et culturelle que nous entretenons avec ce pays. Alors que l'Année France-Vietnam a été officiellement lancée le 9 avril par la ministre et que les discussions sont en cours autour de la signature d'un accord de partenariat stratégique, Nicole Bricq souhaite ouvrir un nouveau chapitre de nos relations commerciales. Il repose sur plusieurs actions concrètes :

- faire aboutir les grands projets d'infrastructure et notamment le m√©tro d'Hano√Į, pour lequel la France a apport√© pr√®s de 250 millions d'euros par l'interm√©diaire de la R√©serve pays √©mergents. La ministre a re√ßu lors de son d√©placement l'engagement du ministre vietnamien du plan et de l'investissement que la d√©cision serait prise dans les plus brefs d√©lais.

- renforcer la pr√©sence des PME fran√ßaises. La ministre a ainsi inaugur√© le forum d'affaires UBIFRANCE, organis√© pour la 1√®re fois au Vietnam et qui a r√©uni 126 PME fran√ßaises appartenant aux quatre familles prioritaires d√©finies par la ministre autour du ¬ęmieux se soigner¬Ľ, ¬ęmieux vivre en ville¬Ľ, ¬ęmieux se nourrir¬Ľ et ¬ęmieux communiquer¬Ľ. √Ä travers l'organisation de plus de 1 000 rencontres BtoB, ces entreprises ont pu √©changer et nouer des contacts avec la communaut√© d'affaires vietnamienne.

- nouer des partenariats industriels porteurs d'emploi pour nos deux pays. À ce titre le partenariat signé le 8 avril en présence de la ministre entre Peugeot et la société vietnamienne Thaco pour une usine d'assemblage de véhicules importés d'Europe est un bon exemple.

- mettre en place un dialogue r√©gulier d'√Čtat √† √Čtat afin d'assurer un suivi pr√©cis de nos √©changes et de nos projets communs. Nicole Bricq a tenu le 9 avril avec son homologue vietnamien la premi√®re r√©union du dialogue √©conomique de haut niveau. Celui-ci se r√©unira d√©sormais une fois par an.

- lever les obstacles d'acc√®s au march√© et stabiliser l'environnement r√©glementaire du Vietnam afin que les entreprises fran√ßaises puissent s'y projeter davantage. La ministre a notamment rappel√© l'attachement de la France aux indications g√©ographiques. Nicole Bricq a √©galement ouvert le s√©minaire Campus international du Barreau de Paris, dont l'objectif est de renforcer la coop√©ration sur les questions de droit dans un contexte o√Ļ la stabilit√© juridique et r√©glementaire du Vietnam doit √™tre renforc√©e.

Pour Nicole Bricq : ¬ęPartout ou je me d√©place, je fais de la diplomatie √©conomique de terrain, au plus pr√®s des entreprises, des besoins des PME et fond√©e sur des r√©alisations concr√®tes. Je sens une tr√®s forte mobilisation de nos entreprises pour le Vietnam et je ne peux pas me satisfaire de nos performances actuelles. Nous avons une offre commerciale en phase avec les besoins de ce pays et nous pouvons multiplier par 2 nos parts de march√© d'ici 5 ans. J'en suis convaincue et je serai aux cot√©s des entreprises pour les accompagner et favoriser ce d√©veloppement, dans une zone, l'ASEAN, et un pays, qui sont une priorit√© de l'action du gouvernement¬Ľ./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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10. Point de presse du porte-parole - Soudan du Sud/Attaque contre un convoi des Nations unies - Ukraine/Lib√©ration de MM. Youri Loutsenko et Georgui Filiptchouk - Iran/S√©isme dans la r√©gion de Bouchehr (Paris, 10/04/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations suivantes :

1 -Soudan du Sud - Attaque contre un convoi des Nations unies

La France condamne vivement l'attaque contre une patrouille de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud, qui a co√Ľt√© la vie √† cinq soldats indiens, √† plusieurs civils des Nations unies, et a fait de nombreux bless√©s.

Nous exprimons nos condoléances aux autorités indiennes et notre solidarité avec les familles des victimes. La France appelle le gouvernement sud-soudanais à enquêter dans les meilleurs délais sur cette attaque contre une opération de maintien de la paix et à traduire ses auteurs en justice.

La France r√©affirme son plein soutien √† l'action de la mission de l'ONU au Soudan du Sud ainsi qu'aux √Čtats qui contribuent, par leur participation, √† la consolidation de la paix dans ce pays. Nous saluons la contribution majeure de l'Inde aux troupes de maintien de la paix des Nations unies et pr√©sentons toutes nos condol√©ances au gouvernement indien.

2 - Ukraine - Libération de MM. Youri Loutsenko et Georgui Filiptchouk

Nous notons avec satisfaction la gr√Ęce accord√©e √† l'ancien ministre de l'int√©rieur, M. Youri Loutsenko, et √† l'ancien ministre de l'environnement M. Georgui Filiptchouk. Nous encourageons vivement les autorit√©s ukrainiennes √† poursuivre r√©solument dans cette voie et √† envisager d'autres mesures de cl√©mence √† l'√©gard d'autres personnalit√©s politiques, comme par exemple l'ancien Premier ministre, Mme Ioulia Timochenko.

La France a appel√© les autorit√©s ukrainiennes √† plusieurs reprises √† mettre fin au fonctionnement arbitraire de la justice et √† se conformer aux principes de l'√Čtat de droit et √† leurs obligations internationales.

3 - Iran - Séisme dans la région de Bouchehr

Nous avons appris avec une vive émotion le séisme qui a frappé la région de Bouchehr et qui a fait, selon les derniers bilans, une quarantaine de morts et 850 blessés.

La France adresse ses condoléances au peuple iranien, en particulier aux familles des victimes et se tient à la disposition des autorités iraniennes pour étudier toute demande d'aide d'urgence./.

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11. Sahel/Conf√©rence sur le leadership des femmes dans la r√©gion - Communiqu√© de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 09/04/2013)

Une conf√©rence de haut niveau sur le leadership des femmes dans la r√©gion du Sahel s'est tenue aujourd'hui √† Bruxelles. Cet √©v√©nement a rassembl√© une quarantaine de femmes de la r√©gion : personnalit√©s de diff√©rentes g√©n√©rations de la soci√©t√© civile, experts en mati√®re de paix et de s√©curit√©, militantes pour la paix, responsables gouvernementales et d√©fenseuses de l'√©galit√© des sexes. Des membres du Parlement europ√©en, des ambassadeurs africains et europ√©ens, ainsi que des repr√©sentants de l'Union africaine, de la Communaut√© √©conomique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de l'Union europ√©enne et des Nations unies, ont √©galement particip√© √† l'√©v√©nement. Ils ont pu entendre directement les points de vue et recommandations des femmes de cette r√©gion frapp√©e par les crises afin de renforcer la participation et l'autonomisation politique et √©conomique des femmes, ainsi que leur r√īle pour la paix et le redressement √©conomique.

À la suite de la conférence, la Haute représentante, Catherine Ashton a déclaré :

¬ęPartout √† travers le monde lorsque les femmes prosp√®rent, les soci√©t√©s prosp√®rent aussi; lorsque les femmes souffrent, les soci√©t√©s souffrent √©galement. Cela est √©galement vrai pour le Sahel et c'est pour cette raison que nous avons aujourd'hui rencontr√© des femmes dirigeantes de la r√©gion - une r√©gion o√Ļ les efforts africains et internationaux sont essentiels pour trouver une solution aux crises.

Les discussions d'aujourd'hui ont aid√© √† mettre en forme une vision commune afin de renforcer le r√īle des femmes dans la stabilit√© politique et la prosp√©rit√© √©conomique du Sahel. C'est un pas important pour la Conf√©rence de haut niveau des donateurs sur le d√©veloppement du Mali qui sera organis√©e par l'Union europ√©enne, la France et le Mali le 15 mai prochain √† Bruxelles.¬Ľ./.

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