Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Déclarations officielles de politique étrangère du 09 avril 2013


Sommaire



1. Liban/Entretien avec le Cardinal Raï, Patriarche maronite - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 09/04/2013)

Le président de la République a reçu cet après-midi à l'Élysée le Cardinal Raï, Patriarche maronite.

À l'occasion de cet entretien, le chef de l'État a rappelé l'attachement de la France à la stabilité du Liban et à l'entente politique entre toutes les composantes de la société libanaise pour préserver la paix civile et l'unité nationale. Il a rappelé les liens historiques unissant notre pays aux Maronites du Liban et au Patriarcat.

La France demeure très attentive à la situation des Chrétiens d'Orient qui sont des éléments importants de l'identité des pays dans lesquels ils vivent. Le président de la République a souligné la conviction de la France que la conquête de la démocratie et de l'État de droit par les peuples est le meilleur garant de la pérennité de la diversité religieuse et de la présence chrétienne au Proche et Moyen-Orient./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


2. Maroc - UE/Maghreb - Sahel - Méditerranée/Coopération - Intervention du président de la République, M. François Hollande, devant le Parlement marocain (Rabat, 04/04/2013)

Messieurs les Présidents,

Monsieur le Chef du gouvernement,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Représentants et les Conseillers,

C'est un honneur de m'exprimer devant vous. D'abord parce que vous êtes le Parlement issu du suffrage universel et qui témoigne de la vitalité démocratique de la société marocaine. C'est un honneur ensuite parce que nos deux pays ont su nouer avec le temps une amitié d'une qualité rare, pour ne pas dire exceptionnelle. Il nous revient, ceux qui ont en charge nos deux pays, d'intensifier encore notre relation.

Je viens, accompagné d'une importante délégation, des ministres, des parlementaires des deux assemblées françaises, des élus de régions, des personnalités culturelles, des chefs d'entreprises, des représentants des cultes, culte musulman mais également les juifs de France. Je viens donc, au nom de toute la France, vous dire combien je suis fier de la relation avec le Maroc.

Cette amitié est fondée sur l'histoire - la grande histoire, celle des États, celle des continents, celle des personnalités, et il y en a eu qui nous ont unis - mais il y a aussi la petite histoire ou plus exactement les histoires intimes, familiales, personnelles qui ont fait que nous sommes unis, rassemblés et qu'au cours des générations les liens qui se sont tissés se sont encore resserrés.

Dans notre relation, il y a l'affection profonde que les Français ont pour le Maroc, une nation d'une haute et grande tradition, faite d'identités multiples - vous les avez rappelées Monsieur le Président -, un pays qui a apporté au monde méditerranéen une incomparable culture et une splendide architecture.

C'est ainsi que la France et le Maroc se sont rencontrés au cours des siècles passés dans le plus grand respect, jusqu'au début du XXème siècle, au temps des prétentions coloniales. C'est là que notre histoire a connu plus de tumultes et même une part d'ombre avec les atteintes à la liberté des Marocains, puis la trop longue attente de l'indépendance. Lyautey, ce Français ami du Maroc, premier résident général du Protectorat, avait prévenu - et il aurait dû être écouté - que rien de durable ne pouvait se fonder sur la force, il a néanmoins fallu attendre 1956 pour que la France reconnaisse la pleine souveraineté du Maroc, avec un roi pour l'incarner, Mohamed V, seul chef d'État fait Compagnon de la Libération par le général de Gaulle. Soyez en fiers.

La France n'oubliera pas son courage. Elle n'oubliera pas non plus les dizaines de milliers de soldats marocains qui, en 1914 et en 1940, sont venus défendre notre patrie. Je veux ici vous en exprimer toute ma gratitude.

C'est la raison pour laquelle je veillerai à associer étroitement le Maroc aux commémorations du centenaire de la première guerre mondiale et du 70ème anniversaire des débarquements et de la Libération de la France.

Oui le passé nous unit. Mais c'est le présent, et c'est l'avenir, qui nous rassemble.

Le message que je viens prononcer devant vous est simple. La France a confiance dans le Maroc.

Votre pays chaque jour accomplit des pas décisifs vers la démocratie, conduit de façon cohérente son développement, assure son unité fondée sur la reconnaissance des diversités. Tout ne va pas aussi vite que certains le voudraient, il y a toujours des critiques, des améliorations, c'est votre responsabilité et notre devoir c'est de vous accompagner.

Le Maroc s'affirme comme un pays de stabilité et de sérénité. Je rends hommage à la volonté réformatrice du roi Mohamed VI ainsi qu'à ce qu'il a précisé comme ambition pour le Maroc, et que je partage, d'être au rendez-vous des enjeux du développement humain.

Ces enjeux-là vous les avez, avec votre Conseil économique, social et environnemental, réunis dans un certain nombre de principes, le respect des droits et de l'accès aux services essentiels, le dialogue social, la gouvernance responsable et la protection de l'environnement. Tout cela est un moyen d'accéder à plus de croissance et plus de prospérité. Ici au Maroc, vous avez été capable d'engager une démarche moderne, dans le respect de vos traditions.

Ici au Maroc, vous avez poursuivi le mouvement vers le pluralisme politique. Monsieur le Chef du gouvernement, je sais que vous êtes resté dix ans dans l'opposition. Ce qui prouve bien, d'abord qu'il faut être patient et qu'ensuite l'alternance est un processus irréversible.

Ici au Maroc, les droits des femmes progressent. La réforme du code de la famille, la Moudawana, a été un progrès sur la voie de l'égalité. Je sais l'engagement des femmes marocaines dans la vie publique. Fatima Mernissi a su porter leur voix. Elle est entendue bien au-delà du Maroc.

Ici, un regard courageux a été porté sur les blessures du passé. Une instance a été créée, «Équité et Réconciliation», qui a permis d'engager un processus non seulement pour reconnaître les violations des droits de l'Homme qui ont été commises mais pour indemniser les victimes. Cela sert de référence. Beaucoup de pays devraient s'inspirer de ce modèle, de cet exemple, reconnaitre le passé, apaiser les souffrances et parfois même indemniser les victimes.

Vous avez adopté une Constitution en juillet 2011. C'est plus qu'une Constitution, c'est un programme et c'est une avancée. Elle instaure la séparation des pouvoirs, mais elle garantit la tolérance puisque son préambule reconnaît le caractère multiple de l'identité marocaine : arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, enrichie des multiples affluents, africain, andalou, hébraïque et plus largement méditerranéen.

Je sais aussi, malgré ces progrès, ce que sont encore les attentes du peuple marocain, en matière d'emploi, de santé, de justice, d'équité sociale. Il y a des impatiences partout, il y a des inégalités à réduire. Je sais que vous avez la volonté de faire face et de réaliser ce que vous avez promis aux Marocains.

C'est la raison pour laquelle nous avons un devoir commun : avancer ensemble. C'est notre vocation.

D'abord parce que nous partageons une communauté, une communauté de langue, c'est déjà beaucoup, une communauté de culture, une communauté de voyages, de déplacements. Il y a en France tant d'amoureux du Maroc que je n'ai pas pu les emmener tous dans cette délégation. Il y a des hommes et des femmes qui vivent en France, je pense au million de Marocains qui apportent par leur travail, par leur contribution actuelle, par leur vocation à s'insérer, à s'intégrer, le meilleur de ce que vous êtes au service de la France. Il y a aussi ces 80.000 Français qui résident au Maroc et sans doute bien davantage, qui là aussi contribuent au développement économique, à l'attractivité du Maroc et à une meilleure compréhension.

Nombre de mes compatriotes d'origine marocaine sont devenus pleinement français sans rien oublier de leurs racines. Ils contribuent au rayonnement de la France. Je pourrais citer des intellectuels, des entrepreneurs, même des responsables politiques, des cinéastes, des musiciens, je ne parle pas des humoristes, je ne sais ceux qui sont les plus applaudis. Cette double appartenance nous enrichit tous. Je pense aussi à tous ces jeunes dont les parents étaient nés au Maroc et qui sont aujourd'hui dans nos grandes écoles, dans nos universités et qui sont des cadres performants de nos entreprises mais aussi des vôtres.

Et puis, il y a ces Marocains qui travaillent en France et continuent de transférer une partie de leur épargne ici au Maroc pour entretenir le développement économique comme une vocation patriotique qui conduit à faire ce geste. Un Marocain sur trois qui vit à l'étranger vit en France et vit dans le respect de nos lois, de toutes nos lois, et notamment la première, la laïcité. Raison de plus pour veiller, et c'est ma responsabilité en France, à lutter contre toutes les discriminations, toutes les injustices, toutes les inégalités qui pourraient frapper.

Notre lien c'est aussi la langue française, notre «patrie commune». La patrie de toutes celles et de tous ceux qui nous font l'honneur de la parler. Cette langue française a inspiré vos plus grands écrivains : Abdellatif Laâbi et Tahar Ben Jelloun, l'un et l'autre lauréats du prix Goncourt sont de parfaits exemples de la symbiose de nos deux cultures.

Nulle part ailleurs qu'au Maroc notre coopération linguistique n'est aussi développée. L'Institut français accueille 65.000 étudiants dans ses classes. Cette francophonie, c'est ainsi que je la conçois, se fait dans le respect et la pratique de la langue arabe. C'est forcément le cas ici mais c'est aussi ce qui doit être fait en France où je rappelle que la langue arabe est enseignée depuis le 16ème siècle. Nous avons vocation à continuer de le faire. L'Institut du monde arabe contribuera aussi à développer ce lien.

Ce lien humain, c'est aussi un lien politique.

Au-delà des successions au Maroc et des alternances en France, nos deux pays poursuivent un partenariat exceptionnel.

J'ai été sensible au fait que le Roi Mohamed VI ait choisi la France pour effectuer sa première visite d'État en mars 2000. Moi-même j'ai tenu à le recevoir à l'Élysée pour son premier déplacement officiel au lendemain de mon élection.

Nos liens sont aussi économiques, la France est le premier partenaire commercial du Maroc. Nos échanges représentent 8 milliards d'euros en 2012. Nous sommes votre premier client et nous en sommes heureux, mais nous ne sommes plus votre premier fournisseur, cela nous inquiète. Alors nous allons faire des efforts car la responsabilité dans un univers de concurrence n'est pas de mettre en cause le client, c'est de mieux le servir.

La France est le premier investisseur au Maroc. Près de 6 milliards d'euros ont été investis par des entreprises françaises au cours des dix dernières années, près de 1 milliard au cours de la seule année 2012.

Au Maroc, il y a 800 entreprises françaises de toutes tailles et toutes spécialités qui travaillent et emploient jusqu'à 100.000 personnes.

Alors comment pouvons-nous être meilleurs que nous ne le sommes ? En investissant ? Sûrement. En emmenant des petites et moyennes entreprises ? Assurément. Et vous en assurant le meilleur accueil. Il faut aussi que nous ayons des projets communs.

L'Agence française de développement est un bailleur de fonds important et doit le rester. Elle soutient largement vos projets, je pense au plan «Maroc Vert» ; à l'opération «Halieutis», pour les ressources aquatiques ; la stratégie d'émergence industrielle que vous développez, au plan solaire et d'une manière générale aux énergies renouvelables.

La France sera au rendez-vous des réalisations comme elle l'est pour le port de Tanger Med, pour le tramway de Casablanca ou le train à grande vitesse.

Et nous allons le faire avec une idée, une idée nouvelle que nous portons ensemble, la co-localisation industrielle. Ce qui peut s'énoncer ainsi : ce qui est bon pour le Maroc sera bon pour la France. Les activités créées au Maroc seront favorables à l'emploi en France et nul ne pourra opposer Français et Marocains sur l'idée même d'un investissement. Chaque fois qu'il y aura un investissement, ce sera utile pour nos deux pays et pour nos deux jeunesses.

Il y a une deuxième idée que je veux lancer, c'est l'idée que la France et le Maroc ont une responsabilité particulière, compte-tenu de leur situation géographique. Surtout la vôtre, vous qui êtes un pays arabe, africain, musulman, ouvert sur la Méditerranée, ouvert sur l'Afrique. Nous la France, pays également méditerranéen avec des relations historiques avec l'Afrique, nous pourrions coordonner nos actions, converger dans nos réalisations pour investir largement autour de la Méditerranée et en Afrique. Je lance un appel pour que les entreprises françaises et marocaines s'associent les unes aux autres et fassent cette démarche d'aller développer l'Afrique, grand continent, continent émergent pour que nous puissions être utiles et en même temps servir les intérêts économiques de nos deux pays.

Le Maroc maîtrise son propre changement. Ce n'est pas facile et notamment dans cette région. Je salue les printemps arabes, les processus engagés depuis maintenant deux ans sont prometteurs et en même temps porteurs de risques, parfois chaotiques, nous le voyons.

C'est pourquoi nous devons conjurer toutes les menaces. La France ne veut pas juger. La France ne donne pas de leçons. Elle a simplement des valeurs et des principes, non pas pour elle-même, non pas pour tel ou tel pays mais des valeurs universelles, vous les partagez, l'État de droit, le pluralisme politique, le respect des minorités, l'égalité entre les femmes et les hommes, la démocratie. Si ces promesses sont portées par les peuples et incarnées par ceux qui les représentent, alors les printemps arabes auront été au rendez-vous des espérances qui s'étaient levées. Sinon, si c'est le recul, si c'est le désordre, si c'est le repli qui l'emporte, alors ce seront de nouvelles menaces pour la région et pour le monde.

Je pense notamment à ce qui se passe en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Depuis plusieurs années, cette région est soumise à l'influence de groupes terroristes. Ils ne constituent pas d'ailleurs un péril simplement pout les pays concernés ou les pays voisins mais une menace pour toute l'Afrique et pour l'Europe. C'est la raison pour laquelle la France a pris ses responsabilités au Mali au nom de la communauté internationale. Je remercie le Roi, le gouvernement marocain, le parlement marocain pour son soutien. Parce que vous êtes un pays saharien, riverain du Sahel et vous savez mieux que d'autre ce qui est en jeu. La France, avec la communauté internationale, avec les pays africains, demain avec les Nations unies, aura à assurer l'intégrité et la souveraineté du Mali et empêcher l'établissement au coeur de l'Afrique d'un sanctuaire terroriste.

La France aura bientôt achevé sa mission, dans quelques semaines. Les forces africaines vont prendre le relais. Le Conseil de sécurité va déployer une opération de maintien de la paix, la France y prendra sa part Dans ces conditions, la réconciliation nationale au Mali, le dialogue indispensable entre le Sud et le Nord, entre des populations diverses, devra être engagé et le processus politique devra se poursuivre c'est-à-dire avec des élections qui devront être organisées à la date prévue pour permettre que la démocratie soit au rendez-vous de la souveraineté.

L'action que nous menons ensemble, Français et Marocains, dans cette région, s'inscrit dans un cadre qui est la Méditerranée, cette «blanche mer mitoyenne», comme l'appellent les Arabes.

Voilà notre ambition. Voilà notre belle idée, celle que nous avons en partage. Une Méditerranée de projets. Au moins dix pays sont concernés et nous avons les mêmes intérêts à faciliter les échanges, ouvrir des espaces communs de développement, aller plus loin vers les nouveaux domaines de l'action publique : les énergies renouvelables, la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau, la formation professionnelle et les universités. Voilà ce que nous devons faire autour de la Méditerranée avec un principe, la mobilité, la circulation, la confiance. Alors nous devons avancer.

Avancer d'abord en prenant des initiatives entre l'Europe et le Maghreb, autour des idées que j'ai développées : la co-localisation industrielle et d'ailleurs nous en fournissons une preuve, ce qui se passe à Casablanca avec une centaine d'entreprises françaises et marocaines. Voilà ce que nous devons proposer comme exemple pour l'Europe et le Maghreb.

Le Maroc est un partenaire de l'Union Européenne. Il dispose d'un statut avancé depuis 2008. Il y a des négociations qui vont bientôt se conclure pour un accord de libre-échange. Nous soutenons cette initiative et vous devez prendre toute votre place dans la relation avec l'Europe. Mais cette Méditerranée, si nous voulons la construire, cela ne se fera pas sans les peuples, sans leurs représentants, et donc sans les parlementaires. Je me réjouis qu'il y ait déjà un forum parlementaire franco-marocain qui puisse se tenir d'ici la fin de l'année. C'est une première illustration.

La Méditerranée ne se fera pas sans ses collectivités locales, les régions, les villes. La coopération décentralisée est exemplaire entre la France et le Maroc et je souhaite qu'elle aille encore plus loin.

La Méditerranée ne se fera pas sans les entreprises parce que ce sont elles qui créent les richesses et les emplois. Je clôturerai le troisième forum économique en un an entre les entrepreneurs français et les entrepreneurs marocains.

La Méditerranée ne se fera pas sans la société, toute la société et notamment les femmes et je sais que les ministres des droits des femmes de nos deux gouvernements préparent une initiative de réunir les femmes de la Méditerranée à Paris en juillet prochain.

La Méditerranée ne se fera pas non plus sans les jeunes. Et je veux que nous mettions l'éducation, la formation, les échanges universitaires comme une clé de notre développement commun. En septembre s'ouvrira l'université euro-méditerranée de Fès et nous devons aller vers un Erasmus de la Méditerranée.

Bien sûr les choses seraient plus simples si l'Europe était plus forte, nous y travaillons. Et si le Maghreb était plus uni, vous y travaillez. Parce que nous avons besoin de ces unions régionales. Nous avons besoin de cette confiance, de ces économies qui s'échangent. Je sais la difficulté avec un horizon sans cesse repoussé pour l'union du Maghreb, nous en avons parlé y compris à Malte dans cette réunion en format «5+5». Et pourtant il y a des progrès qui peuvent y contribuer : l'autoroute trans-maghrébine qui a vocation à relier la Libye à la Mauritanie. Je sais d'ailleurs que dans les peuples, les inspirations à cette union sont très grandes, que les capacités, les potentialités économiques sont énormes.

Alors je connais aussi le blocage. Il y a la question du Sahara occidental qui attend son règlement depuis plus de 30 ans. L'impasse actuelle est préjudiciable à tous, je dis bien à tous. Aux familles séparées, aux réfugiés des camps, aux tensions entre les pays du Maghreb. Et s'il y avait un argument de plus qu'il conviendrait d'ajouter, c'est que la crise au Sahel rend encore plus urgente la nécessité de mettre fin à cette situation.

La France soutient les démarches du secrétaire général des Nation unies pour parvenir à un règlement politique mutuellement acceptable sur la base des résolutions du Conseil de sécurité. Le plan présenté en 2007 par le Maroc prévoit un statut de large autonomie pour la population du Sahara occidental. Je le redis ici, c'est une base sérieuse et crédible en vue d'une solution négociée. Mais d'ici là, tout doit être fait pour améliorer les conditions de vie de la population dans cette région.

Mesdames, Messieurs les Parlementaires.

Marocains et Français, nous avons une histoire longue. Cela ne suffit pas à définir une amitié. L'amitié n'est pas un héritage. Une amitié n'est même pas un patrimoine. L'amitié est une relation qui doit chaque jour s'entretenir. Nous avons ensemble une communauté d'intérêt : économique, culturelle, linguistique. Oui, ça c'est un acquis considérable pour une relation.

Mais si nous voulons continuer à être dans ce rapport, celui qui nous unit, nous devons porter une vision politique commune pour la région, pour la Méditerranée et pour l'Afrique. Et nous devons nous réunir autour de grandes causes : le développement durable, la préservation de la planète, la lutte contre les inégalités, la démocratie, la culture, la jeunesse. Et ma conviction elle est aussi la vôtre, rien ne sera grand sans que le Maroc et la France y contribuent.

L'amitié entre le Maroc et la France va bien au-delà de nos deux peuples, de nos deux pays. Cela doit être une référence et que l'on se dise partout que ce que nous sommes en train de faire, ce que nous avons engagé depuis des décennies et que nous allons poursuivre encore pendant des années - je ne veux pas donner de ligne d'horizon, jusqu'à l'infini de l'humanité - ce que nous allons continuer ensemble, c'est d'être un exemple pour le reste du monde, être capable d'être unis pour le progrès de tous.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


3. République tchèque/Accident d'autocar - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 08/04/2013)

Le président de la République a appris avec émotion l'accident d'autocar, qui transportait un groupe d'élèves français du collège Notre Dame de la Maîtrise de Reims, survenu ce matin en République tchèque et qui a causé la mort d'une jeune Française et fait 23 blessés, dont certains grièvement.

Le chef de l'État présente ses condoléances à la famille et aux proches de notre jeune compatriote. Il souhaite un prompt rétablissement à toutes les personnes blessées.

L'ambassade de France et l'ensemble des autorités françaises concernées travaillent étroitement avec le ministère tchèque de l'intérieur et sont mobilisées pour porter secours aux enfants et soutenir les familles. En liaison avec le ministère français de l'intérieur et celui de l'éducation nationale, le rapatriement des enfants et de leurs accompagnateurs est en cours.

La France remercie les autorités tchèques pour toute l'aide apportée pour faire face à ce drame./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


4. Mali - Conférence de presse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius (Bamako, 05/04/2013)

Mesdames et Messieurs,

Merci d'être présents à cette conférence de presse, que nous avons souhaité avec mon ami Tiéman Coulibaly, qui est le ministre des affaires étrangères du Mali, et que chacun d'entre vous connaît.

Je suis ici pour toute la journée afin de rencontrer les principales autorités maliennes pour faire le point sur la situation et confirmer l'appui de la France.

Nous avons aidé le Mali à gagner la guerre contre le terrorisme, nous voulons l'aider à gagner aussi la paix.

Je vais vous dire très brièvement les personnalités que j'ai rencontrées, ensuite mon ami Tiéman Coulibaly tiendra lui-même des propos et nous sommes à votre disposition pour répondre aux questions.

J'étais accueilli hier, venant du Maroc, par le ministre des affaires étrangères et nous avons démarré ce matin, une journée assez bien remplie en rencontrant, bien sûr, le président de la République, en rencontrant le Premier ministre, en rencontrant le collègue des affaires étrangères ainsi que le ministre de l'Administration territoriale.

Nous avons eu une rencontre intéressante pour le déjeuner avec les responsables des principaux partis politiques.

J'ai eu le plaisir de m'entretenir avec le nouveau président de la Commission dialogue et réconciliation, et j'ai bien sûr rencontré des membres de la Communauté française réunis à la résidence de l'ambassade de France, par le nouvel ambassadeur de France, Gilles Huberson, qui m'accompagne et je signale parmi les membres qui m'accompagnent, il y a Mme Élisabeth Guigou, qui est la présidente de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale et je suis très heureux que, elle qui suit attentivement ces problèmes, puisse être avec nous.

Ensuite, dès lors que la Conférence de presse aura été tenue, je rencontrerai les officiers généraux, et des membres à la fois de l'opération EUTM (Formation européenne des forces maliennes) ainsi que les chefs de l'opération SERVAL, la partie proprement française pour aider le Mali.

Quelles sont mes grandes impressions ?

J'ai été frappé par les progrès très importants qui ont été accomplis depuis février cette année, dans cette journée qui a mobilisé la mémoire de chacune et de chacun d'entre nous, où avec le président François Hollande nous avons parcouru à la fois Tombouctou et Bamako avec un accueil que personne n'oubliera.

Des progrès très importants ont été faits, notamment sur la plan de la sécurité puisque les troupes maliennes, les troupes françaises, les troupes tchadiennes l'ensemble des troupes africaines ont fait un travail remarquable et je veux leur rendre hommage.

Ce qui m'a frappé aussi, c'est l'amitié très, très profonde qu'est portée par les Maliens à la France ; c'est quelque chose qui m'a été dit par tous les autres quelle que soit leur sensibilité et c'est quelque chose que l'on ressent y compris par des détails souvent très révélateurs : les drapeaux français et maliens qui ne sont pas simplement côte à côte, mais qui sont cousus ensemble qui montre à la fois l'amitié du Mali et la créativité des Maliens.

Ce qui m'a frappé aussi, puisque j'ai abordé, bien sûr, les questions de sécurité, les questions de paix, les questions de démocratie, les questions de dialogue et de réconciliation, les questions de développement c'est que tous mes interlocuteurs soutiennent la feuille de route adoptée par l'Assemblée nationale, que les élections doivent avoir lieu en juillet.

Je n'ai entendu personne y compris parmi les grands partis politiques proposer quelque chose de différent, et nous la France, même si nous n'avons pas, bien sûr, à nous ingérer dans les décisions maliennes, c'est important pour nous, membre de la Communauté internationale que les élections aient lieu à leur date.

Il y a un gros travail technique qui est fait, on nous en a parlé ce matin, et qui est fait avec diligence, et tous nos interlocuteurs nous ont dit que non seulement cette élection présidentielle à sa date en juillet était souhaitable et qu'elle était possible, et nous nous en réjouissons, car cela fait partie du contrat international : sécurité, démocratie, développement, il y a trois piliers.

S'agissant des élections législatives, les opinions sont plus diverses, mais il y a un souhait général qu'elles aient lieu le plus vite possible, certains disent en même temps ou dans la foulée. Évidemment les questions techniques sont un peu plus complexes parce que c'est un peu plus compliqué quand il y a plusieurs circonscriptions, que quand il y a une seule circonscription. Mais là aussi, il y a la volonté de faire de bonnes élections et de les réaliser rapidement.

Cela m'a frappé également, j'ai été bien sûr aussi très intéressé par l'initiative maintenant qui prend son visage de la Commission dialogue et réconciliation. Le président a été nommé, les deux vice-présidents. Les autorités maliennes m'ont assuré que les autres commissaires de la Commission dialogue et réconciliation allaient être nommés incessamment, et que la Commission dialogue et réconciliation allait se mettre au travail.

C'est un travail de longue haleine qui ira bien au-delà des élections mais qui doit démarrer concrètement dans les jours qui viennent et le président de cette Commission qui est un homme très compétent m'a fait part de sa volonté d'aller en ce sens.

Voilà quelques éléments d'une visite utile, positive dans un pays qui a retrouvé sa confiance. Il reste du travail à accomplir mais les Maliens ont repris espoir, la France est à leur côté, et j'ai été très touché bien sûr de ce qui m'a été dit sur cette formule très utilisée, mais qui reste très vraie. «Il y a eu la première indépendance du Mali, il y a pas mal d'années, et la deuxième indépendance, la renaissance qui est intervenue lorsque un jour difficile de janvier la France appelée par le Mali, a décidé de venir l'aider».

Q - On parle d'organiser des élections en juillet, et l'on parle de présidentielle ; en même temps on parle de reconstruction et de réimplantation des services de l'État alors que les déplacés sont à Bamako. Comment vont-ils pouvoir voter ?

R - Écoutez ce que je peux dire, de tous les contacts que j'ai eu ici, tout le monde est très unanime pour que les élections aient lieu à leur date et la date qui a été fixée par la feuille de route, c'est le mois de juillet.

C'est quelque chose de consensuel et nous nous en réjouissons parce que ça fait partie de ce qu'attend démocratiquement les Maliens, et actuellement nous avons un gouvernement de transition, il a toujours été entendu qu'il faudrait qu'il y ait une élection présidentielle puis des élections législatives, donc l'objectif clair et net, c'est juillet.

Ce que j'ai compris de ce que chacun m'a dit, c'est que sur le plan technique tout était mis en oeuvre pour que les élections présidentielles puissent avoir lieu en juillet. Donc je considère que c'est un acquis. Les élections législatives c'est un peu plus difficile parce que, comme vous l'avez souligné vous-même, ce n'est pas une circonscription unique, c'est toute une série de circonscriptions et il y a tel ou tel territoire ou c'est plus difficile. Mais le souhait, la volonté, le travail c'est pour également respecter les dates. Voilà ce que j'ai retenu de ces conversations.

Q - Je rentre de Gao. Qu'est-ce que la France après tout ce qu'elle a fait, va continuer à faire dans le contexte du vivre ensemble ? Le nord c'est les communautés sonrhaï, touareg, arabes, peulh. Elles sont liées par un pacte qui a été déchiré par quelques individus. Comment peut-on aller aux élections, qu'est-ce que la France va faire pour que les communautés se retrouvent ?

R - La France agira, mais pas seulement elle. La Commission dialogue et réconciliation doit faire en sorte que sur l'ensemble du Mali, des hommes et des femmes qui avaient perdu depuis longtemps l'habitude de dialoguer puissent le faire. Cela commence dès maintenant. Là nous sommes en avril, les élections sont prévues pour juillet, il va y avoir des premières mesures concrètes prises par la Commission dialogue et réconciliation pour assurer le dialogue et la réconciliation.

Alors la France et les autres pays vont agir, à la fois pour assurer la sécurité et pour appuyer ce dialogue et cette réconciliation. C'est la Commission dialogue et réconciliation qui en est chargé, mais nous, amis du Mali, nous allons travailler dans la même direction et faire pression si c'est nécessaire pour que le dialogue s'opère.

Je vais vous dire un mot complémentaire de la sécurité. Parce qu'un certain nombre des annonces qui ont été faites, n'ont peut-être pas été totalement perçues par les Maliens. Je veux être précis comme l'a dit Tiéman Coulibaly, il va y avoir d'ici deux à trois semaines une résolution qui va être adoptée par les Nations unies qui décide ce que l'on appelle une opération de maintien de la paix. En gros, la MISMA qui existe déjà aujourd'hui va être renforcé et devenir une opération plus nombreuse, et elle va s'appeler désormais la MINUSMA, et elle va assurer la stabilisation de toute une série de villes qui ont besoin d'être stabilisées.

Mais parfois nos amis maliens font une objection en disant «bravo» qu'il y ait les Nations unies mais c'est quand même les Français qui nous ont aidé les premiers. Qu'est-ce que vont devenir les troupes françaises ? Et j'entends cette question qui est posée, je vais y répondre comme le président François Hollande l'a fait de façon très précise.

Nous sommes aujourd'hui à peu près 4.500 soldats français présents au Mali. Il n'a jamais été question que nous restions au Mali, le même nombre pour toute l'éternité. D'ailleurs, ce serait à un moment ressenti comme excessif par les Maliens. Mais il a été dit, et nous allons maintenant honorer cet engagement, que le relais serait progressivement pris par d'autres forces, forces africaines, et donc il va y avoir une décrue progressive des soldats français. Des dates ont été précisées, qui ne sont pas précisées au hasard. Il a été dit nous sommes 4.500, nous allons passer à 4.000 au mois d'avril/mai. C'est-à-dire au moment où l'opération de «Maintien de la paix» va être notée. Ensuite en juillet, période où il va y avoir les élections et en épousant le terrain nous pensons qu'avec la montée en régime de la MINUSMA, donc de l'ONU, nous allons pouvoir passer à 2.000.

Mais la question nous est posée, si les groupes terroristes veulent revenir : que va-t-il se passer ?

Et bien ce qu'a proposé la France aux Nations unies et au gouvernement malien, qui j'en ai eu la confirmation ce matin, et tout à fait d'accord, c'est d'avoir une force d'appui française qui sera composée d'un millier d'hommes qui sera permanente et qui sera au Mali et équipée pour lutter contre le terrorisme.

Laquelle force pourra être, si nécessaire, épaulée par d'autres forces dont nous disposons au Tchad et dans des pays voisins, de sorte que c'est là l'essentiel le travail que nous avons fait ensemble pour casser le terrorisme et repousser les terroristes. Ce travail ne puisse pas être détruit.

Je m'exprimerais de manière un peu cavalière, triviale, mais vous le comprenez tous, nous n'avons pas fait ensemble tout ce travail pour que les terroristes reviennent.

Et donc, aussi bien le travail fait par les troupes de l'ONU, le travail fait par l'EUTM qui forment l'armée malienne, le travail fait par la force d'appui française, permettront qu'à la fois la stabilisation soit opérée et que les terroristes ne puissent pas revenir.

Je tenais à le préciser car évidemment c'est un souci qui a été exprimé par les uns et par les autres. Et donc en plein accord avec les propos du président de la République et du ministre de la défense, c'est ainsi que nous proposons de procéder.

Q - Quelle priorité donner aux élections alors que les Maliens du nord sont à l'extérieur du pays ?

Situation à Kidal, quel est le message que vous allez faire passer aux Maliens ?

R - Je vous répondrais sur la deuxième question car vous m'interrogez sur la position de la France. Kidal fait partie du territoire malien. Alors il y a une situation spécifique, c'est vrai, liée au fait qu'un groupe le MNLA y est présent avec des forces. Il y a aussi des forces françaises qui sont là. Il n'y a aucune connexion entre les deux.

Et il y a un problème qui est posé ce n'est pas la peine de se le cacher, qui est «comment arriver à une situation normalisée ?». Nous avons parlé ce matin avec les uns et avec les autres et nous pensons pour notre part, nous français qu'il faut qu'il y ait un dialogue.

Les objectifs, ils sont clairs. Dans un pays républicain et démocratique il ne peut pas y avoir deux armées. Donc il y a une armée qui est l'armée malienne. Et le moment venu il faudra que tout groupe, cela vaut pour le MNLA comme pour un autre, qui auraient des armes acceptent d'être cantonnés et de renoncer à ces armements.

Il est un autre principe qui est que dans les discussions qui doivent avoir lieu et qui nous l'espérons auront lieu comme dialogue et réconciliation, que tous les partisans de dialogue et de réconciliation, tous les acteurs de dialogue et réconciliation, doivent accepter l'intégrité du Mali.

Mais pour arriver à ces solutions, il faut qu'entre gens de bonne volonté, on puisse se parler. Et la France sera en faveur bien sûr de cette bonne volonté et j'ai trouvé chez plusieurs de mes interlocuteurs de ce matin la même volonté du dialogue.

Malheureusement, cela ne va pas se faire entre aujourd'hui vendredi et lundi mais le chemin, il est clair, c'est dans cette direction là qu'il faut aller, où il n'y ait pas des forces armées qui soient autonomes au Mali.

Il peut y avoir des mouvements politiques, les mouvements politiques sont absolument libres de leurs idées, c'est même souhaitable et il faut que les chemins du dialogue soient trouvés.

Mais j'ai cru comprendre d'ailleurs en discutant avec tel ou tel responsable que déjà les dialogues existent même s'ils ne sont pas officialisés et donc nous souhaitons vraiment que le dialogue soit développé.

Je veux ajouter un mot avant de vous quitter, puisque j'ai d'autres rendez-vous, sur les otages.

C'est évidemment une préoccupation de chaque instant. Malheureusement il n'a pas été possible malgré tous nos efforts jusqu'à présent de faire libérer ceux de nos otages qui se trouvent au Mali. Mais nous continuons à être mobilisés en ce sens.

Aujourd'hui même, le président de la République reçoit les familles des otages à Paris, c'est ce qui était prévu. Ce sont des familles extrêmement responsables, d'un courage admirable, nous pensons non seulement à chaque instant à nos otages, nous faisons tout pour les faire libérer mais nous continuons d'agir avec beaucoup de discrétion, chacun le comprendra, mais avec beaucoup de détermination.

Q - En quoi le cas de Kidal est-il si particulier pour que vous nous parliez de dialogue, il n'en a pas été question à la reconquête de Gao et de Tombouctou, on n'a pas dialogué c'est aller vite, pourquoi Kidal est-il si particulier ?

R - Il n'y a pas de raison théorique mais vous savez aussi bien que les responsables politiques et les responsables militaires sont des gens pragmatiques.

Quand vous avez une ville de 62.000 habitants où il y a un groupe armé qui en assure le contrôle, je pense que le maximum doit être fait pour que la situation évolue afin que Kidal retrouve la normalité, et en même temps qu'il y ait de moins de pertes humaines possibles. Voilà l'objectif, c'est la raison pour laquelle nous recherchons le dialogue mais en même temps avec une idée très précise de l'objectif.

Ce n'est pas parce qu'on dialogue, qu'on est moins ferme sur l'objectif./.

Retour sommaire


5. Zone franc - Mali - Communiqué du ministère de l'économie et des finances (Paris, 08/04/2013)

Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances a participé à la réunion des ministres des finances de la zone franc qui s'est déroulée le 8 avril à Dakar au Sénégal.

Cette réunion se tient six mois après le 40ème anniversaire des accords monétaires célébré à Bercy par Pierre Moscovici en présence du président de Côte d'Ivoire.

Après le discours d'ouverture de M. Abdoul M'Baye, Premier ministre du Sénégal, Pierre Moscovici a réaffirmé auprès de ses homologues africains l'importance de la zone franc comme levier de croissance partagée, facteur d'intégration régional, mais aussi espace de solidarité économique et politique.

Les travaux ont notamment porté sur les gains de croissance à attendre d'un renforcement de l'intégration économique régionale, estimés à au moins de 2 points de PIB par an, ainsi que les moyens d'optimiser la gestion des participations publiques.

Les ministres ont également souligné à quel point la reconstruction et le développement économique du Mali les concernaient. L'appartenance du Mali à cette communauté lui a permis de contenir les tensions inflationnistes et d'éviter que des difficultés économiques et sociales viennent s'ajouter à la situation actuelle.

Lors de son entretien avec le président Macky Sall, le ministre Pierre Moscovici a en particulier évoqué la conférence des donateurs pour le Mali qui se tiendra à la mi-mai à Bruxelles en présence du président de la République François Hollande.

Ce déplacement s'inscrit par ailleurs dans la volonté de rénovation de la relation bilatérale entre l'Afrique et la France sur les bases d'un partenariat économique mutuellement bénéfique. Afin de définir les outils d'une telle rénovation, le ministre a sollicité des propositions concrètes d'ici l'été à cinq personnalités : MM. Hubert Védrine, Tidjane Thiam, Jean-Michel Severino, Lionel Zinsou et Hakim El Karoui.

Le ministre a enfin profité de son passage à Dakar pour rencontre et échanger avec la communauté française./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

Retour sommaire


6. Conseil permanent des pays membres de l'OIF - Communiqué de la ministre déléguée chargée de la francophonie, Mme Yamina Benguigui (Paris, 08/04/2013)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie et représentante personnelle du président de la République auprès de l'OIF est intervenue au Conseil permanent de la Francophonie, réuni en session extraordinaire à Paris ce lundi après midi, et à l'issue duquel, il a été décidé de suspendre la République Centrafricaine des instances de la Francophonie.

La ministre déléguée a soutenu le principe de la suspension, en rappelant l'attachement de l'ensemble de la communauté francophone aux principes de l'État de droit et en condamnant la rupture de la démocratie à la suite du changement de régime anticonstitutionnel.

Lors de son intervention, la ministre déléguée a en outre déclaré : «Nous ne voulons surtout pas sanctionner un pays, surtout pas un peuple, mais nous sommes tenus par des principes, adoptés en 2000 à Bamako (déclaration de Bamako), et qui ont prouvé leur pertinence dans l'espace francophone».

La ministre déléguée a salué à cette occasion l'action déterminante de l'OIF et notamment le travail réalisé par Louis Michel, chef de la mission d'information et de contact, qui a fait un rapport aux représentants personnels sur la situation politique à Bangui et en RCA.

Mme Benguigui a aussi rappelé que la France soutient les efforts de la Communauté économique des États d'Afrique centrale, pour mettre en place une transition politique légitime en RCA et demande l'application des principes de l'accord de Libreville. En outre, la France est favorable à une réévaluation de la situation en RCA dès la prochaine réunion du Conseil permanent le 28 juin./.

Retour sommaire


7. Point de presse du porte-parole - Entretien de M. Laurent Fabius avec sa Béatitude Bechara Raï, Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient - Entretien téléphonique de M. Laurent Fabius avec M. Tammam Salam, Premier ministre du Liban - Séminaire «la diaspora malienne pour la paix et le développement au Mali» - Afghanistan/otages - Syrie - Égypte - Corée du Nord (Paris, 09/04/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec sa Béatitude Bechara Raï, Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient (8 avril)

Le ministre a reçu hier Sa Béatitude Bechara Boutros Raï, Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient. Il a réaffirmé le souhait de la France que prévale l'entente nationale au Liban, dans les circonstances difficiles que traversent le pays et la région. Il a salué la désignation, à une très large majorité, du nouveau Premier ministre, Tammam Salam.

Il a également rappelé l'attention particulière accordée par la France à la situation des chrétiens d'Orient, qui forment une composante essentielle de l'identité des pays de la région, et souligné l'intensité de nos liens historiques avec le Patriarcat maronite et les maronites libanais.

Le ministre et le patriarche ont évoqué la crise syrienne et ses retombées au Liban, qui doit accueillir un nombre sans cesse croissant de réfugiés. Le ministre a réitéré la pleine solidarité de la France aux côtés du Liban dans ces moments difficiles, et son attachement à la préservation de la stabilité du pays et au maintien du modèle de coexistence et de vivre-ensemble qu'il constitue pour toute la région.

2 - Entretien téléphonique de M. Laurent Fabius avec M. Tammam Salam, Premier ministre du Liban (9 avril)

M. Laurent Fabius a eu ce matin un entretien téléphonique avec le nouveau Premier ministre libanais, M. Tammam Salam.

Le ministre a félicité M. Salam pour sa nomination qui a réuni un large consensus lors des consultations parlementaires menées par le président Sleimane.

M. Fabius a souligné l'importance que la France attache à la formation d'un gouvernement le plus rapidement possible afin de garantir la continuité des institutions et notamment la tenue d'élections législatives dans le respect des délais constitutionnels. Il a également rappelé l'attachement de la France à la stabilité et à la souveraineté du Liban.

Le ministre a enfin réitéré la solidarité de la France aux efforts faits par le Liban pour accueillir un nombre croissant de réfugiés syriens.

Q - Il y a au Liban une grande inquiétude qui a peut-être été discutée au cours de l'entretien de M. Fabius et du Patriarche maronite ou par téléphone entre le ministre français des affaires étrangères et le nouveau Premier ministre libanais. Cette inquiétude règne depuis que la France a annoncé qu'elle armerait l'opposition syrienne. Cette inquiétude tient notamment à la porosité de la frontière libano-syrienne et à la situation d'instabilité que vous connaissez.

Quel est votre sentiment, la France aurait-elle une parade à un éventuel convoyage de matériel militaire à travers le Liban pour les insurgés syriens ? Comment faire pour, comme vous le dites, que cela n'arrive pas entre de mauvaises mains ?

R - Tout d'abord, nous n'en sommes pas là. Il faut revenir aux déclarations faites par le président de la République et par le ministre des affaires étrangères en plusieurs occasions sur cette question de la livraison des armes. Cette livraison est conditionnée à l'obtention, pour reprendre les termes qu'a utilisés le président de la République, de garanties absolues sur leur destination. Vous avez dit qu'il faut que nous nous assurions qu'elles ne tomberaient pas en de mauvaises mains. C'est le scénario que nous voulons en effet absolument éviter.

Ces garanties absolues, nous ne les avons pas aujourd'hui et c'est l'objet notamment des discussions que nous avons avec la Coalition nationale syrienne. Une réunion doit se tenir comme vous le savez demain, en marge de la ministérielle du G8. C'est également une discussion que nous avons avec nos partenaires européens. Une discussion commencée à Dublin au Gymnich et qui se poursuit dans les groupes techniques à Bruxelles et qui se poursuivront encore jusqu'à la fin du mois de mai, date d'échéance du paquet que constituent les sanctions et l'embargo sur la livraison des armes à destination de la Syrie. Un rendez-vous est d'ores et déjà fixé qui est celui de la réunion du Conseil des affaires étrangères qui se tiendra le 22 avril.

Nous souhaitons en effet avoir des discussions avec les responsables de la Coalition nationale syrienne après certaines annonces faites récemment et qui nous font nous poser des questions. Je veux parler de la démission de Moaz Al-Khatib, de l'élection du nouveau Premier ministre syrien à Istanbul, de l'articulation entre cette présidence de la Coalition nationale et son Premier ministre, de l'articulation entre les structures politiques et les structures militaires de l'opposition, en un mot de l'unité de la coalition. Autant de questions et de sujets qu'il faut que nous discutions avec ces responsables de manière que nous ayons des réponses claires de leur part.

Il y a un vrai enjeu aujourd'hui d'unité de la Coalition nationale syrienne, unité dont nous avons toujours dit qu'elle était le critère et la condition de sa légitimité, à la fois aux yeux des Syriens mais aussi aux yeux des partenaires internationaux de la coalition.

Nous avons toujours dit également qu'à supposer que nous obtenions ces garanties pour lever l'embargo sur les armes à destination de la Syrie, ce n'était pas une fin en soi mais bien un moyen en vue d'une fin qui est, elle, politique. Car il n'y aura - c'est je crois le point de consensus de toute la communauté internationale -, il n'y aura à cette crise syrienne de solution que politique. Nous estimons, en revanche, qu'une décision telle que celle de la levée de l'embargo est de nature à faire bouger les lignes et justement à permettre cette solution politique qui aujourd'hui est dans l'impasse.

Une dernière remarque qui dépasse le seul sujet de l'embargo et qui concerne plus spécifiquement la situation au Liban et celle des réfugiés syriens au Liban. Vous avez raison de souligner que cette situation est préoccupante pour la stabilité du pays parce que le Liban aujourd'hui supporte un nombre de réfugiés qui atteint déjà presque le million, soit un quart de la population libanaise. On imagine le fardeau que cela représente pour le Liban et les risques qu'une telle situation comporte pour sa stabilité.

C'est un sujet de préoccupation pour nous, c'est un sujet dont bien évidemment le ministre s'est entretenu avec le nouveau Premier ministre libanais de même qu'avec le patriarche maronite. C'est un sujet qui doit être discuté aussi dans des cadres plus généraux, voire multilatéraux, on pense bien évidemment aux Nations unies mais aussi à ce que peut faire l'Union européenne.

3 - Séminaire «la diaspora malienne pour la paix et le développement au Mali» (Montreuil, 10 avril 2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, ouvrira le 10 avril, aux côtés de M. Demba Traoré, ministre des Maliens de l'extérieur et de l'intégration africaine et de Mme Dominique Voynet, maire de Montreuil, le séminaire de travail «la diaspora malienne pour la paix et le développement du Mali» organisé par le ministère des affaires étrangères et accueilli par la mairie de Montreuil.

Ce séminaire permettra de réunir les membres de la diaspora malienne établis en France et en Europe pour échanger sur les besoins actuels du pays et sur le rôle que peut jouer la diaspora dans la reconstruction et le développement du Mali.

M. Razzy Hammadi, député de Seine Saint-Denis et président du groupe d'amitié France-Mali à l'Assemblée nationale, M. Jacques Legendre, sénateur du Nord, et M. Joël Labbé, sénateur du Morbihan, président et président délégué du groupe d'amitié France-Afrique de l'Ouest participeront à l'événement.

Des tables rondes seront organisées autour de deux thématiques :

- les retours d'expérience, savoir-faire et expériences acquis par la diaspora malienne au travers des projets de développement local qu'elle met en oeuvre et cofinance ;

- les mécanismes et modalités envisageables pour renforcer la contribution de la diaspora malienne au développement socio-économique du Mali.

Cette consultation de la communauté malienne intervient dans le contexte de la reprise de l'aide française et européenne au développement en direction du Mali. La France, convaincue que les migrants peuvent contribuer de manière très significative au développement de leur pays d'origine, est résolue à faire de la mobilisation de la diaspora malienne un des axes de sa politique d'aide au Mali.

La restitution des travaux et des échanges de cette journée aura lieu à partir de 16h45 et sera ouverte à la presse.

Je précise à nouveau que ce séminaire s'inscrit dans une série de rendez-vous qui ont été organisés par la France. Le prochain se tiendra à Bruxelles le 15 mai. Vous savez que se tient en effet à cette date une conférence des donateurs pour le Mali, en coprésidence française et de l'Union européenne. Ceci concernera donc le volet développement de la sortie de crise au Mali, en plus des volets sécuritaire et politique dont nous avons eu souvent l'occasion de parler ici et sur lesquels je pourrai revenir si vous le souhaitez.

4 - Afghanistan/otages

Q - Comment les deux otages ont-ils été capturés et libérés ? Avez-vous des informations sur les ravisseurs ?

R - Nous avons fait une déclaration hier soir. Ce que je voudrais dire ici, c'est que nous nous en tiendrons, s'agissant de ces deux libérations, à la ligne de conduite qui a été fixée par le président de la République et rappelée à de nombreuses reprises par le ministre des affaires étrangères. Cette ligne de conduite est celle de la plus grande discrétion pour tout ce qui touche à nos compatriotes retenus en otages où que ce soit.

Cette ligne de conduite est justifiée par deux raisons essentiellement. La première, c'est notre volonté de ne pas nuire à la sécurité des otages et de préserver les familles qui traversent des moments particulièrement douloureux et difficiles. La seconde raison, c'est que, malheureusement, l'expérience nous a appris que plus discrets nous sommes, plus efficaces nous sommes. Le dernier épisode, heureux, que vous signalez tend à le montrer aujourd'hui.

Laurent Fabius l'avait résumé en deux mots. La ligne de conduite des autorités françaises est celle de la plus grande détermination à obtenir la libération de nos otages et de la discrétion la plus absolue sur ces situations.

Je n'en dirai pas plus aujourd'hui.

Q - Cela veut-il dire qu'il y aurait d'autres otages dont on ne connaîtrait pas l'existence que les quinze qui restent encore détenus ?

R - Je viens de vous répondre je crois. Cet épisode est heureux et nous nous réjouissons de la libération de nos deux compatriotes. Cela tend à montrer que la discrétion, dans ces circonstances-là, est un gage d'efficacité.

Notre première priorité, notre principale préoccupation, c'est d'obtenir la libération de nos otages le plus rapidement possible et de préserver l'intimité des familles ainsi que je viens de vous le dire. Nous ne devons rien faire qui puisse nuire à la sécurité de nos otages. Nous l'avons vu dans des circonstances encore récentes, la diffusion de certaines rumeurs peut avoir des conséquences dramatiques, tragiques pour les otages. Nous devons donc faire preuve d'une extrême prudence dans ces situations qui sont très complexes.

J'ajoute que ce n'est pas parce qu'on ne dit rien qu'on ne fait rien, bien au contraire.

Q - Nous n'en saurons donc pas plus sur un retour de ces otages, où ils se trouvent actuellement par exemple ? Sont-ce des informations que vous pouvez nous donner ?

R - Je ne vous donnerai aucune information sur ce sujet. Si nos compatriotes souhaitent communiquer, libres à eux de le faire mais, pour ce qui concerne les services de l'État, notre ligne est celle de la plus grande retenue et de la plus grande discrétion.

5 - Syrie

Q - Vladimir Poutine lors d'une rencontre avec la chancelière Merkel dimanche passé a suggéré d'arrêter la fourniture des armes aux protagonistes en Syrie et a parlé d'une façon très objective d'idées que le président Hollande a présentées lors de sa visite à Moscou. Est-ce qu'on peut savoir quelles sont ces idées ?

R - Premièrement, aujourd'hui si la France ne livre pas d'armes, d'autres pays en livrent, à commencer par la Russie.

S'agissant des idées que vous mentionnez, en effet, c'est une proposition qu'avait faite le président Hollande lors de son déplacement à Moscou et des entretiens qu'il avait eus avec M. Poutine. Cela s'inscrivait à la suite de deux autres initiatives dans la même veine et dans le même esprit, visant à accélérer une sortie de crise politique en Syrie.

La première de ces deux initiatives, c'était la proposition très courageuse faite par Moaz Al Khatib de négociations directes entre la Coalition et des représentants du régime, je cite «qui n'auraient pas de sang sur les mains». La seconde initiative, c'était le document dit de Genève, auquel les Russes tiennent particulièrement, en clair comment fait-on pour mettre en oeuvre ce qui avait été discuté et agréé à Genève mais jamais mis en oeuvre concrètement ?

Ayant ces deux initiatives en tête ainsi que la mission et les efforts dans le même sens de Lakhdar Brahimi, nous avions émis l'idée de constituer des listes de personnes qui seraient susceptibles de se parler. Une liste de personnes qui seraient issues de la Coalition nationale syrienne et une liste de personnes qui représenteraient le régime sous la condition que j'ai signalée tout à l'heure. Depuis, cependant, et même si l'esprit général de cette proposition n'en est pas pour autant invalidé, est intervenu le refus opposé par le régime syrien à saisir la main tendue par Moaz Al Khatib ou sous des conditions inacceptables.

Pour résumer, nous tenons toujours sur l'idée qu'il n'y aura de solution que politique à la crise syrienne. Nous percevons bien qu'il y a, dans la proposition de Moaz Al Khatib, dans les idées qui avaient été avancées par Lakhdar Brahimi, une piste qu'il faut creuser. Nous sommes aussi convaincus qu'il faut que nous discutions avec les Russes, parce que si nous sommes d'accord sur l'objectif, cette solution politique, nous ne sommes pas encore d'accord sur les moyens d'y arriver. Nous voulons enfin un certain nombre d'éclaircissements de la part de la Coalition nationale syrienne. Nous pourrons alors avancer. Le plus tôt le mieux parce que, pendant ce temps-là, le bilan macabre des violences et des exactions en Syrie s'allonge, à la fois pour les morts, les déplacés et les réfugiés.

Q - Sur les groupes extrémistes en Syrie, Al Qaïda en Irak vient d'annoncer que le front al-Nosra était l'une de ses branches. Quelle est votre réaction ? Est-ce qu'on peut classer le front al-Nosra dans les organisations terroristes de l'UE comme l'ont fait les États-Unis ?

R - On sait qu'il y a actifs en Syrie des mouvements extrémistes. On sait aussi que, plus les violences se prolongent, plus le risque de radicalisation est fort, ce qui plaide en effet pour prendre des décisions de manière urgente. On sait également que Bachar Al Assad recherche cette radicalisation et qu'il souhaite apparaître au bout du compte comme le dernier rempart contre ce type d'organisations. C'est un piège dans lequel il ne faut pas tomber.

C'est la raison pour laquelle la France a soutenu et très tôt, la Coalition nationale syrienne parce qu'elle affichait un programme reposant sur les principes démocratiques, l'État de droit, la protection des minorités. Autant de valeurs étrangères aux organisations que vous citez, autant de valeurs que la France porte et souhaite voir porter par la Coalition dans la Syrie qui sera la Syrie de l'après Bachar Al Assad.

S'agissant spécifiquement d'al-Nosra, nous verrons dans les jours ou les semaines qui viennent ce qui doit être fait. C'est une discussion que nous devons avoir avec nos partenaires européens et avec nos partenaires du Conseil de sécurité sur une éventuelle inscription sur les listes anti-terroristes. Il faut cependant faire attention lorsque l'on prend ce genre de décision aux conséquences que cela peut avoir sur le terrain également.

Q - Et au-delà de cette décision, est- ce que cela change aussi la donne dans la décision de livrer des armes en Syrie ?

R - Cela entre au nombre des garanties qu'il faut que nous obtenions. Si nous devions livrer des armes, ce devrait être avec la garantie qu'elles atterriraient dans les mains de ceux des combattants de l'opposition syrienne qui portent les mêmes valeurs que nous. Et non pas dans d'autres mains que celles-ci.

Nous voulons éviter la répétition du précédent libyen où, faute d'avoir eu un suivi suffisamment précis des armes que nous avions livrées, nous les avons retrouvées dans les mains de groupes terroristes non seulement en Libye mais dans toute la zone sahélienne.

Q - Parce que le message du chef d'Al Qaïda ce matin est clair, il annonce même que son objectif est d'instaurer un état islamique en Syrie.

R - Cela ne sera pas pour vous surprendre de la part d'Al Qaïda. Ce qui aurait été surprenant, cela aurait été l'annonce de son ralliement aux valeurs de démocratie, d'État de droit et de respect des libertés fondamentales.

Q - Bien sûr, mais si ils sont derrière le front al-Nosra qui est en première ligne dans le combat, cela change la donne.

R - Il ne faut ni sous-estimer le poids que peuvent avoir de tels groupes - et encore une fois je dis qu'il y a un vrai risque de radicalisation -, ni réduire l'opposition armée syrienne au seul front al-Nosra. Ce serait inexact, ce ne serait pas conforme à la réalité de ce qui se passe sur le terrain.

Q - Qu'en est-il des armes chimiques, étant donné que le régime a clairement indiqué qu'il n'était pas prêt à coopérer à ce niveau ?

R - Sur la question des armes chimique, j'ai vu en effet comme vous le refus du régime syrien d'autoriser le déploiement sur son territoire de la mission d'enquête des Nations unies. Je vous rappelle que le Secrétaire général des Nations unies avait demandé que cette mission soit déployée «sans retard, sans condition et sans exception» et bien évidemment, nous soutenons la décision du Secrétaire général et nous soutenons la mission confiée à l'OIAC.

Non seulement la mission doit pouvoir se déployer vite, c'est une condition de réussite des enquêtes qu'elle mènera sur place pour déterminer si oui ou non de telles armes ont été utilisées et qui les auraient utilisées. Il est également important que la mission puisse avoir une totale liberté de mouvement et puisse se rendre partout, en tout lieu qu'elle jugerait nécessaire d'inspecter.

Ce qui est très vivement regrettable, c'est que le régime syrien, après avoir demandé formellement cette enquête, refuse maintenant d'autoriser le déploiement de la mission sur son territoire. Si ce refus devait être maintenu, cela entretiendrait un doute inacceptable pour la communauté internationale sur un sujet de préoccupation majeur, l'emploi d'armes chimique, pour la sécurité des Syriens et de manière plus générale pour la stabilité de la région.

J'ajoute que c'est une manoeuvre dilatoire de plus du régime de Bachar Al-Assad et une nouvelle démonstration de son refus de coopérer avec la communauté internationale alors même que les morts continuent à tomber et les réfugiés à fuir toujours plus nombreux les violences, alors même que son comportement menace chaque jour un peu plus la stabilité de toute cette région.

6 - Égypte

Q - Avez-vous une inquiétude particulière à exprimer concernant les violences qui ont visé les Coptes ces derniers jours ?

R - Il y a en effet eu des violences ce week-end entre coptes et musulmans, notamment dans le quartier d'Al-Khoussous au Caire.

Nous sommes vivement préoccupés par ces violences intercommunautaires qui ont entraîné la mort de plusieurs personnes. Je ne peux ici qu'appeler les autorités à mettre tout en oeuvre pour apaiser ces tensions et établir les responsabilités dans ces violences et les décès qu'elles ont provoqués. Nous relevons d'ailleurs avec satisfaction les appels à la retenue des plus hautes autorités égyptiennes.

Je ne peux également que rappeler ici la nécessité pour chacun de respecter les libertés fondamentales et les principes démocratiques, dont la liberté de religion et de conviction. Le respect de ces droits est une condition essentielle pour bâtir la société libre et démocratique à laquelle aspirent tous les Égyptiens.

7 - Corée du Nord

Q - Ban Ki-moon vient de dire que la situation pouvait devenir incontrôlable, que la tension était très élevée. Il y a eu un appel ce matin nord-coréen aux étrangers à quitter la Corée du Sud. Est-ce qu'on prend des mesures pour évacuer les Français ?

R - Non, nous n'en sommes pas là.

Premièrement, nous suivons la situation avec beaucoup de vigilance et une vraie préoccupation liée au caractère imprévisible de ce régime qui est en train de s'enfermer dans une rhétorique de provocation très inflammatoire.

Deuxièmement, une coordination très étroite se fait entre partenaires européens et avec les principaux pays intéressés, notamment les Américains, les Japonais, les Sud-coréens et d'autres. L'idée est d'avoir une position qui soit arrêtée en commun.

Je précise que la communauté française en Corée du Nord compte une quinzaine de personnes, c'est-à-dire deux personnes travaillant au sein de notre bureau de représentation et une douzaine qui travaillent pour des ONG ou pour des agences des Nations unies qui mettent en oeuvre les programmes humanitaires sur place. Je rappelle que la France est le seul État européen avec l'Estonie à ne pas avoir de relations diplomatiques avec la Corée du Nord, donc nous n'avons pas d'ambassade sur place, nous avons un bureau de représentation.

Pour ce qui concerne notre communauté installée en Corée du Sud, elle est beaucoup plus nombreuse, et compte un peu plus de 2.000 personnes, en contact très étroit avec notre ambassade.

Nous appelons la Corée du Nord à revenir à un comportement plus responsable, respectueux de ses obligations internationales, telles qu'elles lui ont été rappelées à quatre reprises par quatre résolutions du Conseil de sécurité, à revenir au dialogue, à la retenue et au calme. Toute chose que les autorités nord-coréennes ne respectent pas aujourd'hui./.

Retour sommaire


8. Nomination - Mali (Paris, 09/04/2013)

Le Journal officiel du 9 avril 2013 publie la nomination de M. Gilles Huberson, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République du Mali, en remplacement de M. Christian Rouyer./.

Retour sommaire