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Déclarations officielles de politique étrangère du 20 mars 2013


Sommaire



1. Chypre - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 20/03/2013)

Le président de la République s'est entretenu avec le président Anastasiades sur l'état des discussions politiques à Chypre et sur les solutions envisageables pour la mise en oeuvre du plan d'aide de l'Union européenne.

Le président a insisté sur l'importance d'une solution durable et de la contribution convenue de Chypre à ce plan de sauvetage.

Les deux chefs d'√Čtat partagent la conviction qu'un accord rapide doit √™tre trouv√© sur ces bases avec la Tro√Įka, dans l'int√©r√™t de toutes les parties./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. UE - D√©claration conjointe lors de l'European round table du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, de la chanceli√®re allemande, Mme Angela Merkel et du pr√©sident de la commission europ√©enne, M. Jos√© Manuel Barroso - Propos de M. Hollande (Paris, 19/03/2013)

Mesdames et Messieurs, c'est une bonne initiative qui a été prise de rassembler les deux représentants des principales économies européennes, le président de la Commission et des chefs d'entreprise européens. Parce que nous avons, comme l'a dit la chancelière, fait déjà beaucoup, pour ne pas dire l'essentiel, pour assurer la stabilité de la zone euro. C'était la condition.

Mais la priorité, c'est de retrouver le plus haut niveau de croissance. Pour y parvenir, nous devons tout faire pour que la compétitivité de l'économie européenne soit la plus haute possible. Nous y parviendrons, d'abord, en créant le cadre réglementaire et législatif - à l'échelle de l'Europe - dans nos pays respectifs ; mais en ayant une ambition d'innovation, de recherche et de créer le meilleur environnement pour la compétitivité des entreprises.

C'est le sens de ce que nous allons discuter ce soir. À la fois pour préparer les mutations - la transition énergétique, les énergies renouvelables ; prendre de l'avance pour les nouvelles technologies ; faire en sorte que nous puissions développer l'innovation à un niveau encore plus élevé qu'aujourd'hui ; et, enfin, discuter des questions de formation professionnelle, de qualification de la main d'oeuvre, de souplesse pour l'adaptation à la conjoncture sur le marché du travail. Pour que nous puissions être une économie - l'économie européenne est déjà la principale du monde - qui puisse encore gagner des parts dans la mondialisation.

Pour cela, nous avons bien besoin de coopérer davantage et d'avoir des leaders européens qui puissent être, demain, des leaders mondiaux comme certains le sont déjà. C'est donc le sens de cette réunion qui sera suivie par d'autres, puisqu'à Paris j'accueillerai, à mon tour, des chefs d'entreprise, la chancelière, le président de la Commission.

D'ailleurs, à l'ordre du jour du Conseil européen, nous avons inscrit un certain nombre de rendez-vous sur l'industrie, sur l'énergie, sur la défense... Parce que l'Europe n'est pas simplement un marché, n'est pas simplement une monnaie - qu'il nous faut d'ailleurs conforter, consolider. C'est aussi une perspective de croissance que nous devons organiser, du mieux possible. C'est la responsabilité qui nous incombe ce soir./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Syrie - R√©ponse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 20/03/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Vous posez l√† une question que chacun bien s√Ľr a √† l'esprit. Nous avons d√©j√† eu l'occasion de vous le rappeler, nous avons abord√© r√©cemment cela en Commission des affaires √©trang√®res.

En Syrie, vous connaissez la situation. Elle est absolument dramatique, tous les jours une centaine de morts, des r√©fugi√©s par milliers et l'embrasement qui gagne l'ensemble de la r√©gion. Il n'y a pas opposition entre l'action diplomatique qui est absolument n√©cessaire et l'action militaire sur le terrain. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, lorsque l'on regarde la situation, d'une part, Bachar Al-Assad refuse d'√©voluer dans la mesure o√Ļ il a le contr√īle de l'aviation et peut impun√©ment bombarder la r√©sistance et o√Ļ les Russes, d'autre part, s'appuient sur ce refus pour dire ¬ęnous n'y pouvons rien.¬Ľ

La bonne solution et vous l'avez esquissée, c'est la solution diplomatique. Mais nous avons acquis la conviction qu'il n'y aura pas d'avancée diplomatique si sur le terrain, les choses ne changent pas. Et c'est à partir de là que la question - qui n'est pas encore tranchée - de la levée de l'embargo est posée. Bien évidemment, et vous avez raison de le souligner, si levée de l'embargo il doit y avoir, il faut avoir certitude à l'égard de ceux qui recevront les armes pour qu'elles ne soient pas retournées contre nous. Nous sommes en train de travailler sur ce point.

Le dernier point que vous avez abord√© est celui-ci : vous dites : ¬ęEn Libye on a livr√© des armes qui se sont retrouv√©es au Mali.¬Ľ Autant nous avons √©t√© d'accord, je le rappelais, pour qu'il y ait une intervention en Libye, autant il faut constater qu'aujourd'hui, le suivi n'a pas √©t√© fait. Et nous ne voulons pas nous retrouver dans la m√™me situation. Il n'y aura pas en Syrie, les m√™mes erreurs que celles qui ont √©t√© faites √† d'autres endroits./.

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4. Syrie - Armes chimiques - Entretien du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res, avec ¬ęRFI¬Ľ (Paris, 19/03/2013)

C'est en effet très préoccupant, c'est même notre principale préoccupation et nous avons encore eu l'occasion de le dire très récemment au Premier ministre Mikati avec lequel Laurent Fabius s'est entretenu au téléphone.

Notre principale préoccupation, c'est préserver la stabilité du Liban. C'est-à-dire faire en sorte que cette politique, qui est celle des autorités libanaises, de distanciation et de dissociation soit bien maintenue et poursuivie.

Nous savons que c'est difficile parce qu'il y a la question des réfugiés qui sont de plus en plus nombreux à fuir la Syrie et à se réfugier au Liban. C'est presque un quart de la population libanaise aujourd'hui et cela fait peser une charge très lourde sur le Liban. C'est difficile aussi parce qu'il y a des accrochages régulièrement à la frontière entre la Syrie et le Liban. C'est aussi bien évidemment difficile lorsque se produit quelque chose qui est en effet inacceptable.

Il est impératif de maintenir le Liban à l'écart d'une guerre qui n'est pas la sienne./.

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5. Otages - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius avec ¬ęBFM-TV¬Ľ (Paris, 19/03/2013)

Nous sommes extrêmement déterminés et tous les services français sont mobilisés pour obtenir la libération des otages. En même temps, nous sommes obligés, j'espère que vous le comprendrez, à une extrême discrétion parce que, tout renseignement que nous pourrions donner peut être utilisé par les ravisseurs contre les otages.

Le centre de crise du Quai d'Orsay est en contact avec les familles qui font preuve d'un courage vraiment admirable.

Je confirme que notre action est déterminée et qu'en même temps, nous sommes obligés d'être discrets./.

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6. Forum mondial des femmes francophones - Discours du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 20/03/2013)

Bonjour à toutes et à tous,

Il n'est pas tr√®s facile de conclure une r√©union √† laquelle on n'a pas assist√© mais c'est la t√Ęche que l'on m'a propos√©e et je vais donc essayer de m'y atteler.

Je vais d'abord vous dire le plaisir que c'est pour moi de me retrouver avec vous dans ce forum des femmes francophones. Tout √† l'heure, je rencontrais une des oratrices de ce matin et elle m'a dit - ce qui prouve qu'elle m√©rite d'√™tre diplomate - : ¬ęc'est tr√®s vivant¬Ľ.

C'est la premi√®re fois que se r√©unit, dans le cadre de la Francophonie, un tel forum. Il y a beaucoup de raisons de placer les femmes au coeur de la francophonie. J'ai retrouv√© une citation terriblement sexiste du grand √©crivain Anatole France, mais il faut entendre la citation dans son ensemble. Anatole France a √©crit quelque part : ¬ęLa langue fran√ßaise est une femme¬Ľ ajoutant ¬ęelle est si aimable qu'on n'est jamais tent√© de lui √™tre infid√®le¬Ľ. Mais je pense qu'Anatole France, qui est un grand √©crivain, est pass√© un petit peu √† c√īt√© de la question, parce que la langue fran√ßaise - et c'est la raison pour laquelle nous sommes tous rassembl√©s -, ce n'est pas seulement une langue, ce sont surtout des droits et des valeurs. Et c'est cela le sens de votre r√©union aujourd'hui.

Je veux remercier Yamina Benguigui qui est à l'origine de ce projet - vous savez que l'on ne résiste pas à Yamina surtout quand on est d'accord avec elle ! Je veux saluer, par les forces de l'esprit, Abdou Diouf et le soutien apporté à l'organisation de ce forum par l'OIF. Je veux associer à ces remerciements la directrice de l'UNESCO, Mme Bokova et je veux - je sais qu'elle était parmi vous ce matin - rendre hommage à l'action remarquable de Michelle Bachelet, qui vient de décider de quitter la direction d'ONU Femmes et à laquelle je veux dire que nous la soutenons dans ses combats passé, présents et futurs - je vais me brouiller avec pas mal de monde !

L'organisation de cette journée est partie d'une constatation qui, finalement, est tragiquement simple : les femmes sont les premières victimes de multiples inégalités et de violences, pas seulement mais notamment dans de nombreux pays en développement. Cette réalité est d'autant plus choquante qu'il est établi d'une façon incontestable aujourd'hui que la promotion des droits des femmes, et notamment l'éducation, est une condition et un moteur du développement.

Agir pour les droits des femmes est donc, de toutes les façons qu'on la considère, une exigence, que ce soit sur le plan humain, le plan moral, le plan pratique, le plan économique.

Quand la situation des femmes progresse, c'est toute la société qui s'en trouve mieux. Le gouvernement français n'est pas à l'écart de cette question, et c'est pourquoi nous nous mobilisons, même s'il y a encore beaucoup d'efforts à réaliser dans ce domaine. En nous adressant, comme nous le faisons ici, aux pays du monde francophone pour faire progresser la cause des femmes, soyez convaincus - et j'espère que c'est ainsi que cette journée a été perçue - que nous le faisons sans aucune arrogance ni volonté de donner des leçons, nous n'avons aucun titre à le faire.

Nous voulons simplement avancer ensemble. C'est là le sens de la francophonie. Et c'est pourquoi la francophonie est une enceinte parfaitement adaptée pour promouvoir les droits des femmes.

Je veux saluer la qualité des débats de cette journée, tels qu'on me les a rapportés. Et je vais essayer, à partir de ce qui m'a été dit, de résumer quelques éléments auxquels vous êtes parvenus.

Premier th√®me de cette journ√©e : les violences. C'est un fl√©au pr√©sent malheureusement presque partout. On a √©voqu√© les combats dans la r√©gion des Kivu en RDC ; on a √©voqu√© les t√©moignages de femmes utilis√©es - le mot est effroyable - comme des ¬ęoutils¬Ľ dans ce conflit ; on a √©voqu√© les agressions sexuelles et les viols qui sont devenus une v√©ritable strat√©gie de guerre ; et nous avons √† l'oreille cette phrase, effrayante dans la mesure o√Ļ elle traduit une r√©alit√© effrayante, ¬ęle corps des femmes est devenu le champ de bataille des hommes¬Ľ.

Mme Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire générale des Nations unies pour les enfants dans les conflits armés, souligne que c'est l'avenir de la RDC qui se joue avec le sort de ces femmes. Et je veux saluer l'action de beaucoup de militantes et de militants qui agissent comme ils le font, et en particulier l'action du docteur Mukwege en faveur des survivantes pour leur permettre de se reconstruire.

Au Mali, l'intervention que mène la France, avec toute une série de partenaires africains, a pour origine, vous le savez, les abus insoutenables perpétrés par des groupes terroristes. Et ces abus ont visé, en particulier, les droits des femmes.

Nous devons veiller au déploiement, dans le cadre de la prochaine mission de l'ONU au Mali, de conseillers de protection des femmes qui seront chargés spécifiquement des questions de lutte contre les violences sexuelles.

Les r√©solutions ¬ęFemmes, paix et s√©curit√©¬Ľ du Conseil de s√©curit√© des Nations unies apportent des outils utiles pour mettre un terme √† l'impunit√© et garantir l'acc√®s des victimes √† la justice. C'est une priorit√©. Il faut absolument, vous en avez parl√©, permettre aux femmes de d√©noncer les violences dont elles sont victimes sans que cela ne se retourne contre elle : elles ne doivent pas √™tre victimes deux fois. Les auteurs de ces crimes doivent savoir qu'ils ne resteront pas impunis.

Et, autre élément d'ensemble mais évidemment c'est une vie qu'il faudrait y consacrer, il faut d'abord, avant tout, tout le temps, faire évoluer les mentalités. L'éducation dès la première enfance est, nous le savons tous ici, décisive.

Le thème de la deuxième table ronde, précisément, concernait l'éducation. Pas seulement à l'égalité, mais plus largement, à l'éducation des jeunes filles. Les taux de scolarisation des filles, et cela a certainement été rappelé, ont progressé depuis l'adoption des Objectifs du Millénaire, mais il reste énormément à faire. Nous avons plus de 33 millions de jeunes filles qui ne vont pas à l'école dans le monde et deux tiers des analphabètes sont des femmes. En Afrique sub-saharienne, pour évoquer cette région particulière, plus de 40 % des filles n'ont été scolarisées que moins de quatre années.

Les conflits sont un facteur évident de retour en arrière. Par exemple, au Mali, les efforts éducatifs qui avaient été menés ont brutalement été remis en cause. Il y a eu, lors de cette journée, je le sais, beaucoup de témoignages concrets. Je pense au combat de Mme Sharia Falak, qui est la proviseure du lycée franco-afghan de Kaboul ; je l'avais rencontrée sur place et j'avais eu l'occasion de le dire devant ses élèves : au péril de sa vie, elle a organisé une école clandestine pour les filles pendant toute la période des Taliban.

Le maintien des filles à l'école est une condition du développement. C'est un objectif prioritaire. Il faut établir des systèmes éducatifs qui permettent aux jeunes filles de bénéficier d'une éducation complète et de qualité. Chez nous - nous sommes un pays qui a des problèmes mais qui est un pays très riche -, nous avons consacré près de 15 % de notre aide publique au développement au secteur de l'éducation. Et nous travaillons également, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l'enfance, sur des projets spécifiques de lutte contre les violences en milieu scolaire en Afrique sub-saharienne.

Le combat pour l'√©galit√© homme-femme est essentiel pour les pays du Sud, mais il ne se limite √©videmment pas √† ces pays. Chez nous aussi, l'√©galit√© entre femmes et hommes en mati√®re d'√©ducation, de formation, d'int√©gration professionnelle n'est pas acquise et nous devons agir davantage pour assurer une √©galit√© r√©elle. Sans que revienne sans cesse la question dite ¬ędes st√©r√©otypes¬Ľ qui enferme les personnes dans des destins in√©gaux.

Nous savons que les filles réussissent à l'école aussi bien et même mieux sans doute que les garçons. Mais nous savons aussi que les garçons privilégient des filières de formation qui bénéficient des meilleures chances d'emploi. Donc, ils entrent plus rapidement dans la vie active. À l'inverse, les femmes demeurent par exemple sous-représentées dans les études scientifiques de haut niveau.

Troisième table ronde, les femmes actrices du développement économique.

Au Sud comme au Nord, les femmes participent d'une façon déterminante à la vie économique. Au Burkina 60 % des activités de production sont effectuées par les femmes et elles contribuent à 70 % du produit intérieur brut. Et pourtant, elles ne bénéficient pas pleinement des retombées positives de leur travail et elles se retrouvent beaucoup plus souvent que les hommes en situation de précarité. Là encore, de nombreux stéréotypes représentent un énorme facteur de blocage.

Plusieurs intervenantes - m'a-t-on rapport√© - ont rappel√© que c'est d'abord par l'emploi que va s'am√©liorer l'√©galit√© homme-femme. Tous les membres de la Francophonie partagent cette pr√©occupation. Nous soutenons nous, la France, un projet pluriannuel qui vise l'acquisition par les femmes d'Afrique francophone de leur autonomie √©conomique. Ce programme appuie treize ONG fran√ßaises et leurs partenaires locaux dans l'accompagnement des femmes africaines. Pour la p√©riode 2013-2015, nous voulons lancer en particulier un programme sur l'emploi des femmes et des jeunes en Tunisie, en √Čgypte et au Maroc. Ce n'est pas suffisant mais c'est un programme sur lequel nous insistons.

Je veux aussi saluer les approches innovantes comme les r√©seaux de femmes : ils leur permettent de se soutenir mutuellement, de faire reconna√ģtre leurs comp√©tences et d'acc√©der √† des postes de responsabilit√©. Cela doit commencer par le haut car il ne s'agit pas que des ministres ou des pr√©sidents viennent donner des le√ßons aux uns et aux autres, sans s'appliquer ces le√ßons √† eux-m√™mes.

Modestement, depuis que je suis à la tête de la diplomatie française, nous avons nommé parmi les ambassadeurs 40 % de femmes, ce qui change par rapport à la situation préalable.

Mesdames et Messieurs, j'en ai termin√©. Je pense que cette journ√©e vivante, vivace, conviviale et qui n'est pas termin√©e car on vous attend dans quelques instants, je le sais, √† l'√Člys√©e, a √©t√© incontestablement positive. Je pense qu'elle a permis d'explorer de nouvelles pistes d'actions concr√®tes, qu'elle doit permettre une mobilisation accrue du monde francophone en faveur du droit des femmes. Et je veux vous remercier toutes et tous, venus parfois de loin, pour votre participation et vos contributions. Je veux rendre hommage en terminant, en notre nom √† tous, j'en suis s√Ľr, aux femmes victimes de violences, d'in√©galit√©, de discrimination. Je veux saluer avec beaucoup de respect et aussi beaucoup de douleur, toutes les femmes qui se battent pour leurs droits. Je pense en particulier, en cet instant, aux femmes des printemps arabes qui ont jou√© et qui jouent souvent un r√īle d√©cisif et qui aujourd'hui sont l√©gitimement et malheureusement inqui√®tes.

Je terminerai en disant ceci, la Francophonie, ce ne sont pas seulement des mots et une langue que nous avons en commun. La Francophonie, en tout cas pour moi, ce sont aussi et d'abord des valeurs, une certaine conception du développement et je dirais que l'on ne peut pas être francophone authentiquement si l'on n'a pas au coeur et dans sa pratique le respect des droits des femmes. Soutenons-les donc parce que les femmes, vous l'avez confirmé encore aujourd'hui, ce sont elles qui montrent le bon chemin.

Je vous remercie./.

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7. Mali - R√©ponse du ministre de la d√©fense, M. Jean-Yves Le Drian, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 19/03/2013)

Je vous prie tout d'abord, Monsieur le Député, de bien vouloir excuser l'absence de M. Laurent Fabius, retenu à Lyon cet après-midi pour une conférence sur le Mali.

La Syrie est victime d'une destruction syst√©matique par un tyran et d'une folie meurtri√®re qui a entra√ģn√© la mort de 70.000 personnes, avec un million de r√©fugi√©s et une menace de d√©stabilisation de l'ensemble de la r√©gion.

La France apporte son soutien humanitaire et politique à l'opposition syrienne depuis le début, mais il nous semble nécessaire de franchir une nouvelle étape afin de donner aux forces modérées le moyen de protéger la population civile contre le régime et de ne pas laisser le champ libre aux groupes extrémistes.

Lever l'embargo, ce n'est pas renoncer à une solution politique. La France souhaite qu'il y ait un processus politique de dialogue entre l'opposition et des éléments du régime acceptables par elle.

Pour que ce processus s'engage, il faut débloquer le rapport de force sur le terrain et contraindre le régime à négocier. Nous serons évidemment très vigilants quant aux conditions de mise en oeuvre de la levée de l'embargo, en relation avec nos amis britanniques. Nous surveillerons la destination des matériels livrés, et nous nous assurerons qu'ils sont exclusivement destinés à la coalition nationale syrienne, instance responsable et modérée.

Nous respecterons évidemment les mesures européennes en vigueur, afin qu'au terme de la réunion des ministres des affaires étrangères qui se tiendra à Dublin vendredi et à laquelle participera Laurent Fabius, l'Europe puisse se montrer à la hauteur de cet enjeu dramatique./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Mali - Discours du ministre d√©l√©gu√© charg√© du d√©veloppement, M. Pascal Canfin (Lyon, 19/03/2013)

Les collectivités territoriales pour la paix et le développement du Mali

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les élus français et maliens,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de nous voir tous réunis. Plus de 500 personnes inscrites, des dizaines de parlementaires, des représentants d'ONG, une soixantaine d'élus maliens et représentants de collectivités territoriales maliennes témoignent du succès de cette rencontre. Nous tenions beaucoup, avec Laurent Fabius, qui vous rejoindra tout à l'heure, à la tenue de cet événement. Il s'inscrit dans la réponse globale que nous entendons donner aux défis du Mali. Les liens qui unissent les collectivités françaises et maliennes sont forts et nombreux.

Laissez-moi rappeler quelques chiffres : plus de cent-soixante-dix collectivités françaises sont aujourd'hui liées à des collectivités maliennes. Près d'une collectivité malienne sur trois est dans une relation de partenariat avec une collectivité française. Au total, ce sont plus de 300 projets de coopération qui ont été menés à ce jour par nos collectivités.

La force de ces liens, qui sont aussi et avant tout des liens humains, est une chance pour atteindre l'objectif qui est le n√ītre : gagner la bataille du d√©veloppement, gagner la paix au Mali. Car nous le savons, il n'y a pas de d√©veloppement possible sans s√©curit√© mais il n'y aura pas de s√©curit√© durable sans d√©veloppement.

Vous, qui travaillez avec les collectivit√©s maliennes, le savez, les besoins sont aujourd'hui immenses. Nous avons permis aux Maliens de recouvrer l'int√©grit√© de leur territoire. Nous devons maintenant √™tre √† leurs c√īt√©s pour construire la paix. Ce d√©fi du d√©veloppement et de la d√©mocratie est en premier lieu celui des Maliennes et des Maliens, et de leurs responsables politiques. Mais la communaut√© internationale peut et doit y contribuer. La France souhaite bien entendu √™tre au rendez-vous du d√©veloppement.

Notre stratégie dans ce domaine repose sur quatre piliers.

Le premier d'entre eux, c'est la reprise de notre aide bilat√©rale. Cette reprise est en cours. J'√©tais moi-m√™me √† Bamako et √† Mopti mi-f√©vrier lors de la r√©ouverture du bureau de l'agence fran√ßaise de d√©veloppement. L'agence fran√ßaise de d√©veloppement travaille, √† pr√©sent, √† la s√©lection des projets qui seront financ√©s avec les 150 millions d'euros qui avaient √©t√© gel√©s apr√®s le coup d'√Čtat de mars 2012. Il s'agit d'une part de relancer des projets d√©j√† commenc√©s mais suspendus, par exemple la station de pompage dans le fleuve Niger qui donnera de l'eau potable √† 100.000 personnes √† Bamako. Ce projet avait √©t√© stopp√©, il va aujourd'hui reprendre.

Mais une grande partie de cette aide ne pourra pas être mise en oeuvre avant plusieurs mois. Elle s'inscrit dans le temps long. Or il faut absolument réussir à gagner la bataille des six premiers mois, sans quoi les grands projets de développement risquent de ne jamais voir le jour. Les Maliens et Maliennes ont besoin de voir rapidement une amélioration de leur condition de vie. L'euphorie de la libération pourrait sinon laisser la place à la déception.

Il s'agit tout d'abord de continuer √† nous mobiliser pour r√©pondre aux besoins humanitaires. Il existe un risque humanitaire r√©el dans l'extr√™me Nord du Mali, o√Ļ les march√©s ont du mal √† √™tre approvisionn√©s, ce qui pourrait conduire √† une situation critique sur le plan alimentaire. La communaut√© internationale doit continuer de se mobiliser. La France y prend toute sa part et vient de d√©bloquer 5 millions d'euros suppl√©mentaires pour r√©pondre √† ces besoins (20 Meuro en 2012), en plus de sa contribution indirecte via l'Union europ√©enne.

Il s'agit aussi de répondre à des besoins très concrets et immédiats qui ne relèvent ni de l'humanitaire ni du temps long du développement. Le chiffrage n'est pas définitif pour cette réhabilitation sur six mois mais on peut l'évaluer à plusieurs dizaines de millions d'euros. Ce processus de sélection des projets et des priorités se termine et leur mise en oeuvre débute progressivement sur le terrain. Un exemple pour n'en citer qu'un. Il n'y a aujourd'hui que quelques heures d'électricité par jour à Gao et Tombouctou. Pour rétablir l'électricité, l'AFD va débloquer un programme d'action d'urgence de plus de 2 millions d'euros pour réhabiliter les centrales électriques et les stations de pompage dans le Nord du Mali, notamment à Kidal et Tombouctou, à partir des besoins établis par nos partenaires maliens.

Nous allons enfin aider à rétablir les services publics, notamment au Nord du Pays, pour permettre aux déplacés et réfugiés de rentrer chez eux. Il nous faut également aider au rétablissement des services publics essentiels.

Services de sant√© √©videmment. Cela passe en particulier par le r√©approvisionnement des stocks de m√©dicaments, le red√©marrage des centres de sant√© communautaire, par l'interm√©diaire des ONG qui travaillent d√©j√† dans la zone. Je pense notamment √† ¬ęSant√© Mali Rh√īnes-Alpes¬Ľ.

Services d'éducation également. Il est urgent de rescolariser les 800.000 enfants déscolarisés depuis un an. La reprise de l'école fin septembre, après la saison des pluies, suppose que les salaires des fonctionnaires soient payés, que les écoles soient reconstruites, que les routes soient sécurisées.

Il faut aussi préparer la prochaine campagne agricole et aider le retour des éleveurs dont une partie a été contraint de se réfugier dans les pays voisins. La saison agricole a été très bonne l'an dernier, il y a donc des réserves. En revanche, la capacité à réussir la saison suivante se joue maintenant. Les travaux agricoles commenceront dès le mois de mai. Si les paysans ne peuvent accéder à leurs champs ou s'ils ne disposent pas de semences, ils ne produiront pas assez pour satisfaire leurs besoins. Le risque existe d'avoir une crise alimentaire sévère l'année prochaine. C'est exactement ça qui est en jeu dans les décisions que nous prenons en ce moment.

Deuxième pilier : nous travaillons dans un cadre européen à la reprise de l'aide des différents partenaires européens. L'Union européenne a d'ores et déjà annoncé une aide de 250 millions d'euros, et nous travaillons à un chiffrage global qui pourra être communiqué lors de la Conférence internationale des donateurs, qui se tiendra le 15 mai à Bruxelles à l'initiative de la France et de l'Union européenne. Le président de la République et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont d'ailleurs confirmé leur présence à cette conférence. Nous allons mobiliser la communauté internationale pour rassembler des financements suffisants pour le Mali, et dégager des priorités d'action qui permettront aux acteurs de coordonner la reprise graduelle de l'aide au développement pour les 18 à 24 mois à venir.

La reprise de cette aide n'est pas sans conditions. Elle dépendra des avancées figurant sur la feuille de route, comme par exemple la tenue des élections et le travail de la commission du dialogue et de la réconciliation récemment créée. Nous sommes évidemment extrêmement attentifs à lier la reprise progressive de notre aide aux avancées inscrites sur la feuille de route.

Le troisi√®me pilier, c'est la mobilisation de la diaspora : 120.000 Franco-Maliens vivent en France, qui ont aussi leur r√īle √† jouer. C'est pourquoi nous organiserons d√©but avril √† Montreuil une grande r√©union pour les mobiliser en faveur du d√©veloppement √©conomique. C'est un enjeu important du fait de la pr√©sence de 120.000 Maliens ou franco-maliens pr√©sents sur notre territoire et des flux financiers qui sont transf√©r√©s, pour des montants sup√©rieurs √† ceux de l'aide publique au d√©veloppement. M√™me s'ils n'ont pas forc√©ment vocation √† financer le d√©veloppement, ils peuvent y contribuer s'il existe des syst√®mes d'incitation efficaces.

Le quatrième pilier repose sur la mobilisation des collectivités territoriales. Et c'est tout l'objet de notre rendez-vous aujourd'hui. Il y a sept cents collectivités au Mali. Une partie de la solution au défi malien passe aujourd'hui par le renforcement de ces collectivités et leur capacité à répondre aux besoins des populations.

Mesdames et Messieurs,

Les collectivit√©s locales maliennes auront un r√īle d√©terminant √† jouer dans la sortie de crise.

Elles, qui peuvent veiller à la remise en route des services publics de proximité.

Elles, qui peuvent relancer les investissements de proximité dont l'économie malienne a besoin pour repartir.

Elles, qui peuvent contribuer à apaiser les tensions entre communautés.

Je suis frappé depuis quelques semaines par le consensus de tous mes interlocuteurs sur ce point. Et, je tiens à souligner, ici, la qualité des échanges que j'ai eu la chance d'avoir, en plusieurs occasions, avec des élus locaux maliens. Nous devons faire confiance à ces collectivités, à ces élus. Car ce sont ces collectivités et élus qui sont les plus proches des populations.

Il est important de s'assurer que l'aide b√©n√©ficie bien aux Maliens et aux Maliennes. Dans ce contexte, je souhaite que nous mettions en place un m√©canisme innovant de contr√īle citoyen. Cela permettrait √† des habitants d'une certaine zone qui attendent par exemple la construction d'un centre de sant√©, ou la r√©habilitation d'une √©cole, de pouvoir interpeller directement les bailleurs ou les autorit√©s locales si les objectifs annonc√©s de construction ne sont pas remplis ; ou tout simplement d'√™tre inform√©s en temps r√©el de la date √† laquelle les travaux d√©buteront.

Ce message, je l'ai relayé, à Bamako, à Bruxelles, auprès de la communauté des bailleurs qui semble aujourd'hui prête à faire transiter une partie plus importante de l'aide par les collectivités locales.

Ce message, je l'ai également passé à l'agence française de développement qui a pour mission d'étudier les modalités possibles pour apporter une partie de notre aide par ce biais.

Ce message, je vous le passe également, à vous, élus des collectivités françaises. Votre expérience, les compétences de vos services sont autant de leviers pour aider les collectivités maliennes dans cette période de montée en puissance de leur action, notamment en matière de bonne gestion de cette aide, d'équité et d'efficacité dans leur utilisation.

Notre rencontre à Lyon aujourd'hui constitue donc une étape importante de la reprise de la coopération française. Elle s'inscrit dans le cadre de la préparation de la conférence internationale de soutien au Mali qui se tiendra le 15 mai, à Bruxelles et contribue ainsi à construire un volet de la réponse globale que nous construisons. .

Cette journée est donc l'occasion pour vous d'entendre la vision qui sera exprimée par nos partenaires maliens ici présents. C'est aussi l'occasion de faire entendre vos réflexions sur les perspectives de développement du Mali et l'apport de la coopération décentralisée à ce processus. Vos propositions nourriront les réflexions préalables à la conférence de Bruxelles, et les principales conclusions qui émergeront seront présentées le 15 mai, sans doute par la voix de représentants des collectivités maliennes et des collectivités françaises. Ce processus permettra de porter haut et fort les attentes de collectivités maliennes et de donner à la coopération décentralisée toute la place qui peut, et doit, être la sienne dans le relèvement du Mali. Je sais que je peux compter sur votre mobilisation. Sachez que vous pouvez compter sur notre appui.

Je vous remercie./.

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9. UE/Consommation - Communiqu√© du minist√®re de l'√©conomie et des finances (Paris, 19/03/2013)

Beno√ģt Hamon, ministre d√©l√©gu√© charg√© de la consommation, a particip√© hier √† Bruxelles au Sommet Europ√©en de la consommation en vue d'un d√©bat sur la protection des consommateurs. Les discussions ont notamment permis d'aborder les probl√©matiques de l'efficacit√© des contr√īles men√©s par les autorit√©s de protection des consommateurs ainsi que les questions de coop√©ration entre ces autorit√©s, pour les dossiers impliquant plusieurs √Čtats membres.

Ces sujets renvoient √† l'actualit√© r√©cente sur la crise de la ¬ęviande de cheval¬Ľ qui a soulign√© l'importance pour le consommateur d'avoir acc√®s, au sein de l'Union europ√©enne, √† des produits ou services s√Ľrs et de qualit√© et de disposer √† leur √©gard d'une information claire et transparente. Le maintien de la confiance du consommateur dans le march√© int√©rieur suppose que les autorit√©s de contr√īle puissent efficacement prot√©ger les consommateurs.

Beno√ģt Hamon, a ainsi interpell√© la Commission europ√©enne indiquant : ¬ęil est bien s√Ľr n√©cessaire dans chaque √Čtat membre d'am√©liorer les contr√īles et les sanctions, c'est ce que nous allons faire en France, mais il est √©galement primordial que la l√©gislation europ√©enne puisse √©voluer en mati√®re de tra√ßabilit√© et de marquage du pays d'origine des viandes dans les plats pr√©par√©s. Il est beaucoup plus difficile de tricher quand on impose la transparence.¬Ľ

Le ministre a également précisé que dans le contexte actuel de crise économique, il fallait veiller à ce que la rationalisation budgétaire ne nuise pas à l'efficacité de l'action des pouvoirs publics. Il a enfin rappelé l'avancée que représentera pour les consommateurs français la mise en oeuvre prochaine d'une action de groupe.

En marge de ce sommet, Beno√ģt Hamon a rencontr√©, lors d'entretiens bilat√©raux, plusieurs de ses homologues europ√©ens (Autriche, Portugal et Roumanie). Ces entretiens ont notamment montr√© les convergences de vues sur l'√©volution n√©cessaire de la l√©gislation europ√©enne suite √† ¬ęl'affaire de la viande de cheval¬Ľ./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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10. Afghanistan - D√©claration du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 19/03/2013)

Je remercie le Secrétaire général et le représentant permanent afghan pour leurs interventions. Je salue la présence parmi nous de M. Kubis, représentant spécial du Secrétaire général et de M. Usackas, représentant spécial de l'Union européenne en Afghanistan et m'associe à la déclaration de ce dernier.

Monsieur le Président,

Avec la fin du retrait de nos troupes combattantes d'Afghanistan, une nouvelle étape s'ouvre dans les relations entre la France et ce pays, une relation différente fondée sur une coopération militaire et civile renforcée.

Depuis 2008, en Kapisa et en Surobi, l'arm√©e fran√ßaise avait la responsabilit√© de former les forces de s√©curit√© afghanes et d'assurer la transition avec les autorit√©s locales. Cette t√Ęche a √©t√© men√©e √† bien. Les soldats fran√ßais encore pr√©sents en Afghanistan se concentrent d√©sormais sur le d√©sengagement du mat√©riel militaire, la formation, la gestion de l'h√īpital militaire de Kaboul et de l'a√©roport. Elles sont donc au service des forces alli√©es et de la population. Un trait√© d'amiti√© et de coop√©ration a √©t√© sign√© et ratifi√© entre nos deux pays. Une aide financi√®re a √©t√© d√©ploy√©e, elle atteindra environ 300 millions d'euros, ce qui aidera ce pays √† passer d'une √©conomie de guerre √† une √©conomie de paix.

Monsieur le Président,

L'Afghanistan est en passe de retrouver le plein exercice de sa souveraineté à l'issue du processus de Transition. La communauté internationale s'est engagée à maintenir son soutien pendant la décennie de transformation. Dans ce contexte, je voudrais mettre l'accent sur trois défis auxquels l'Afghanistan doit faire face.

Premièrement, celui de la lutte contre la production et le trafic de drogue. L'ONUDC dresse dans son dernier rapport un tableau inquiétant de la situation et des tendances actuelles. Je ne reviens pas sur les chiffres, ni sur les effets dévastateurs de ce fléau, en Afghanistan et au-delà de ses frontières. Il s'agit d'un sujet de préoccupation pour le gouvernement afghan et pour la communauté internationale, qui sont mobilisés ensemble dans le cadre du Pacte de Paris et du Processus d'Istanbul. L'impact de cette question sur l'avenir de l'Afghanistan est évident. Aussi il nous semble légitime que la MANUA intègre cette question sinon dans le coeur de son mandat actuel, du moins dans sa réflexion sur son avenir en Afghanistan, dans le respect des compétences de l'ONUDC et, cela va sans dire, en appui des efforts louables du gouvernement afghan.

Deuxi√®mement, les √©lections pr√©sidentielle du 5 avril 2014 et l√©gislatives de 2015 seront un jalon important pour la communaut√© internationale et son soutien de long terme √† l'Afghanistan, conform√©ment au cadre agr√©√© √† Tokyo. Nous appelons les autorit√©s afghanes √† organiser des √©lections cr√©dibles, inclusives, transparentes et pacifiques, en se dotant d'un registre √©lectoral fiable, d'un cadre l√©gislatif ad√©quat, de mesures anti-fraude robustes et en garantissant l'ind√©pendance de la Commission √©lectorale ind√©pendante (IEC). Nous appuyons le r√īle de soutien du repr√©sentant sp√©cial du Secr√©taire g√©n√©ral et du PNUD.

Troisi√®mement, la r√©conciliation. Seule un v√©ritable processus politique inter-afghan inclusif permettra de garantir l'√©mergence d'un Afghanistan stable et pacifi√©. La France soutient les efforts en faveur de la r√©conciliation et se tient pr√™te √† y contribuer, en accord bien s√Ľr avec les autorit√©s afghanes. Nous avons accueilli en d√©cembre dernier √† Chantilly une session de dialogue incluant diff√©rentes composantes de la soci√©t√© afghane, organis√©e en totale transparence avec le gouvernement afghan et dans le plein respect des sanctions √©dict√©es par le Conseil de s√©curit√©. Nous avons √©galement contribu√©, √† travers les r√©solutions 1988 et 2082, √† r√©orienter le r√©gime de sanctions dans un sens plus favorable √† la r√©conciliation.

Permettez-moi de conclure en saluant l'adoption de la r√©solution 2096. Nous remercions l'Australie pour son r√īle de facilitateur. Nous esp√©rons que ce qui n'a pas √©t√© possible cette ann√©e le sera l'ann√©e prochaine, √† savoir aboutir √† un texte plus court, plus clair, un mandat recentr√© sur quelques priorit√©s, en phase avec la situation sur le terrain et les priorit√©s du gouvernement Afghan, ce qui permettra de renforcer la coh√©rence d'action des Nations unies sur place.

Je vous remercie./.

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11. Ha√Įti/MINUSTAH - Intervention du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 20/03/2013)

Je remercie le représentant spécial ad interim du Secrétaire général, Monsieur Fisher, pour son intervention.

Je m'associe à la déclaration que feront le représentant de l'Union européenne et le représentant de l'Uruguay au nom du Groupe des Amis.

Monsieur le Président,

Je partage les doutes qui viennent d'être exprimés par mon collègue britannique sur deux sujets : les élections et la police. En effet, lors de notre dernier débat en octobre, j'avais fait état de progrès sur le plan politique et institutionnel. Malheureusement aujourd'hui le rapport du Secrétaire général nous rappelle que les espoirs que nous avions formés ne se sont pas tous concrétisés.

Je voudrais en particulier rappeler aux autorit√©s ha√Įtiennes les termes de la d√©claration √† la presse adopt√©e par ce m√™me Conseil le 28 janvier dernier. Or les √©lections locales et l√©gislatives partielles ont √©t√© trop longtemps report√©es. Il est essentiel qu'elles puissent se tenir cette ann√©e et qu'elles soient libres, inclusives et cr√©dibles. Nous appelons toutes les parties concern√©es √† nommer sans tarder tous les membres du Coll√®ge transitoire du Conseil √©lectoral permanent.

Nous sommes également troublés par d'autres informations contenues dans ce rapport sur la multiplication des nominations contestées, des déclarations récentes visant la liberté de la presse et, plus généralement, les déficiences systémiques en matière de défense des droits de l'Homme. Nous notons aussi les prévisions économiques et fiscales relativement décevantes qui, couplées aux difficultés liées aux aléas climatiques, expliquent peut-être aussi la multiplication préoccupante des manifestations à caractère économique et social.

Certes, la MINUSTAH a offert √† Ha√Įti 10 ans de calme relatif, sans violence politique. Mais ce calme, d√Ľ en grande partie √† la pr√©sence dissuasive de la Force, ne traduit pas de r√©els progr√®s sur le fond permettant √† la Police nationale ha√Įtienne (PNH) d'assurer seule la s√©curit√© et stabilit√©. Je reprends toutes les questions soulev√©es par mon coll√®gue britannique. Nous soutenons certes les orientations pr√©sent√©es par les autorit√©s ha√Įtiennes pour la p√©riode 2012-2016, y compris l'objectif de passer de 10.000 √† 15.000 policiers. Mais des raisons de douter du caract√®re r√©aliste de cet objectif existent. La MINUSTAH doit rester engag√©e dans cet effort collectif.

Enfin, nous appuyons l'engagement des Nations unies et les efforts personnels du Secr√©taire g√©n√©ral pour aider Ha√Įti √† √©radiquer le chol√©ra. Nous consid√©rons qu'il ne s'agit pas d'un objectif inatteignable et nous pensons m√™me qu'il peut l'√™tre √† court terme, par des mesures cibl√©es sur lesquelles nous travaillons actuellement avec les autorit√©s ha√Įtiennes.

Monsieur le Président,

La MINUSTAH doit continuer √† s'adapter √† l'√©volution de la situation, en volume et en nature, de fa√ßon √† remplir son double objectif : contribuer au maintien du calme, mais aussi contribuer √† l'appropriation nationale ha√Įtienne au travers du renforcement de l'√Čtat de droit et de ses instruments majeurs que sont la police et la justice.

Nous devons évidemment écarter un départ précipité de la Mission, mais le maintien indéfini d'une OMP de cette envergure n'est pas une option. Le départ de la MINUSTAH ne doit pas être un tabou mais sa perspective doit être un catalyseur. Nous devons définir et créer les conditions de son succès. Nous devrons réfléchir à une date de retrait, au résultat final recherché et à la présence des Nations unies après le retrait de la MINUSTAH .

Nous saluons le plan de consolidation dans ce contexte qui est contenu dans le rapport du Secr√©taire g√©n√©ral. Il redonne √† cette mission un horizon temporel cr√©dible, car nous devons aux Ha√Įtiens de la clart√© dans ce que nous pouvons r√©aliser dans des d√©lais raisonnables. Nous souscrivons aux quatre objectifs prioritaires identifi√©s et √† une approche bas√©e sur des crit√®res de mesure permettant de calibrer l'√©volution de la Mission.

Je voudrais, Monsieur le Président, finir par saluer les agents de la MINUSTAH pour leur dévouement et le représentant spécial ad interim pour son action énergique en cette période de transition au sein de la Mission.

Je vous remercie./.

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12. Point de presse du porte-parole - Journ√©e internationale de la Francophonie - Nigeria/Attentat suicide √† Kano - Irak/Attentats √† Bagdad - OMC/Processus de s√©lection du futur directeur g√©n√©ral - Visite de Mme Anabel Gonz√†lez, ministre du commerce ext√©rieur du Costa Rica - R√©publique Centrafricaine - Mali (Paris, 20/03/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

Journée internationale de la Francophonie (20 mars 2013)

La journ√©e internationale de la Francophonie est c√©l√©br√©e aujourd'hui comme chaque ann√©e dans le monde entier et plus particuli√®rement dans les 77 pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Cette date comm√©more la signature, le 20 mars 1970, de la convention de Niamey √† l'origine du regroupement des √Čtats francophones.

La langue française - langue d'enseignement et de communication mais aussi de développement et d'échanges économiques de plus de 220 millions de locuteurs dans le monde - est au coeur de ces célébrations.

Cette √©dition 2013 met les femmes francophones √† l'honneur √† l'initiative de la France avec le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie et en partenariat avec l'UNESCO et ONU Femmes. Le premier Forum mondial des femmes francophones r√©unit aujourd'hui √† Paris 400 participantes issues de la soci√©t√© civile des √Čtats membres de la Francophonie.

√Ä l'√©tranger, notre r√©seau diplomatique, culturel et √©ducatif s'est √©galement mobilis√© pour montrer la diversit√© de l'espace francophone, le dynamisme de sa cr√©ation culturelle et promouvoir les valeurs de la Francophonie : respect de l'√Čtat de droit et des droits de l'Homme, √©galit√© hommes-femmes, solidarit√© et diversit√© culturelle.

2 - Nigeria - Attentat suicide à Kano

La France condamne l'attaque terroriste survenue le 18 mars dans la ville de Kano au Nig√©ria. Cet acte odieux et l√Ęche a entra√ģn√© la mort de plus de 40 personnes et a fait plusieurs dizaines de bless√©s.

Nous exprimons nos condoléances aux familles ainsi qu'aux proches des victimes.

Comme l'a fait le ministre lors de sa visite à Abuja le 16 mars dernier, la France réaffirme sa solidarité avec le Nigeria dans la lutte qu'il mène contre le terrorisme.

3 - Irak- attentats à Bagdad (19 mars 2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté les attentats meurtriers perpétrés hier en Irak.

Nous présentons nos condoléances au peuple irakien et aux familles des victimes et exprimons notre solidarité aux autorités irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme.

Dans ces circonstances tragiques, la France appelle √† l'unit√© et √† la concorde nationales et √† l'arr√™t de toute forme de violence. Elle r√©affirme l'importance d'un processus politique inclusif, permettant l'instauration de l'√Čtat de droit en Irak.

4 - OMC - Processus de sélection du futur directeur général - Visite de Mme Anabel Gonzàlez, ministre du commerce extérieur du Costa Rica (19 mars 2013)

M. Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des affaires étrangères, a reçu le 19 mars Mme Anabel Gonzàlez, ministre du commerce extérieur du Costa Rica, candidate au poste de directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le secrétaire général avait auparavant reçu quatre autres candidats à la succession de Pascal Lamy : l'ambassadeur du Brésil auprès de l'OMC, M. Roberto Azevedo, la ministre du tourisme et de l'économie créative d'Indonésie, Mme Mari Pangestu, l'ancien ministre du commerce du Mexique, M. Herminio Blanco, et le ministre du commerce et des questions climatiques de Nouvelle-Zélande, M. Tim Groser.

Depuis la cl√īture des candidatures, le 31 d√©cembre dernier, neufs candidats sont en lice pour la succession de M. Pascal Lamy, qui a assur√© deux mandats cons√©cutifs √† la t√™te de l'Organisation. Les √Čtats membres de l'OMC doivent choisir d'ici le 31 mai le nouveau directeur g√©n√©ral, qui prendra ses fonctions le 1er septembre 2013.

5 - République centrafricaine

Q - Que pensez-vous de la menace des rebelles en République centrafricaine de reprendre les armes si leurs revendications ne sont pas satisfaites?

R - La France reste préoccupée par l'évolution de la situation en République centrafricaine. À notre demande, le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra aujourd'hui des consultations sur la situation en RCA.

La France soutient le processus politique issu des accords de Libreville, sign√©s le 11 janvier, sous les auspices de la Communaut√© √©conomique des √Čtats d'Afrique centrale (CEEAC). Nous engageons toutes les parties centrafricaines, qui ont sign√© ces accords, √† les mettre en oeuvre de fa√ßon effective et de bonne foi.

Nous pressons les parties de s'abstenir de tout recours à l'option militaire, qui n'aurait pour effet que de dégrader encore la situation sécuritaire et humanitaire en RCA.

6 - Mali

Q - Comment réagissez-vous à l'inculpation du journaliste Bouar Daoud au Mali ?

R - La France exprime sa pr√©occupation suite √† l'inculpation d'un journaliste malien pour ¬ęincitation √† la d√©sob√©issance¬Ľ. Elle appelle √† sa lib√©ration imm√©diate.

La France rappelle son attachement √† la libert√© d'opinion et d'expression ainsi qu'√† la libert√© de la presse, garanties par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifi√© par le Mali. Le respect de ces libert√©s est un √©l√©ment indispensable du retour √† l'√Čtat de droit et de la r√©ussite du processus de r√©conciliation nationale./.

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13. Nomination - Commonwealth des Bahamas (Paris, 20/03/2013)

Le Journal officiel du 20 mars publie la nomination de Mme Ginette de Matha, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Commonwealth des Bahamas, en résidence à Kingston, en remplacement de M. Marc-Olivier Gendry./.

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14. Communiqu√© du Conseil des ministres - R√©union du conseil europ√©en des 14 et 15 mars 2013 - extrait (Paris, 20/03/2013)

Le ministre des affaires étrangères, le ministre de l'économie et des finances et le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, ont présenté une communication relative à la réunion du Conseil européen des 14 et 15 mars 2013.

Le Conseil europ√©en a arr√™t√© les priorit√©s de politique √©conomique de l'Union europ√©enne pour 2013. Tout en rappelant la n√©cessit√© de poursuivre les strat√©gies d'assainissement des finances publiques, le Conseil a insist√© sur la n√©cessit√©, dans un contexte conjoncturel d√©grad√©, d'une approche √©quilibr√©e qui mette l'accent sur les efforts pour soutenir la croissance et les initiatives pour lutter contre le ch√īmage, et en particulier le ch√īmage des jeunes.

Lors de ses prochaines réunions, le Conseil européen poursuivra ses travaux sur la mise en oeuvre du Pacte européen pour la croissance et l'emploi décidé en juin 2012, ainsi que sur l'approfondissement de politiques sectorielles à l'échelle de l'Union, notamment en matière industrielle.

Le Conseil européen a également conduit un débat sur les relations de l'Union européenne avec la Russie, partenaire stratégique. À l'initiative de la France, les discussions ont été engagées sur la levée de l'embargo sur les armes destinées à la coalition nationale syrienne.

Un sommet de la zone euro s'est également tenu en marge du Conseil européen./.

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