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Déclarations officielles de politique étrangère du 20 mars 2013


Sommaire



1. Chypre - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 20/03/2013)

Le président de la République s'est entretenu avec le président Anastasiades sur l'état des discussions politiques à Chypre et sur les solutions envisageables pour la mise en oeuvre du plan d'aide de l'Union européenne.

Le président a insisté sur l'importance d'une solution durable et de la contribution convenue de Chypre à ce plan de sauvetage.

Les deux chefs d'État partagent la conviction qu'un accord rapide doit être trouvé sur ces bases avec la Troïka, dans l'intérêt de toutes les parties./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. UE - Déclaration conjointe lors de l'European round table du président de la République, M. François Hollande, de la chancelière allemande, Mme Angela Merkel et du président de la commission européenne, M. José Manuel Barroso - Propos de M. Hollande (Paris, 19/03/2013)

Mesdames et Messieurs, c'est une bonne initiative qui a été prise de rassembler les deux représentants des principales économies européennes, le président de la Commission et des chefs d'entreprise européens. Parce que nous avons, comme l'a dit la chancelière, fait déjà beaucoup, pour ne pas dire l'essentiel, pour assurer la stabilité de la zone euro. C'était la condition.

Mais la priorité, c'est de retrouver le plus haut niveau de croissance. Pour y parvenir, nous devons tout faire pour que la compétitivité de l'économie européenne soit la plus haute possible. Nous y parviendrons, d'abord, en créant le cadre réglementaire et législatif - à l'échelle de l'Europe - dans nos pays respectifs ; mais en ayant une ambition d'innovation, de recherche et de créer le meilleur environnement pour la compétitivité des entreprises.

C'est le sens de ce que nous allons discuter ce soir. À la fois pour préparer les mutations - la transition énergétique, les énergies renouvelables ; prendre de l'avance pour les nouvelles technologies ; faire en sorte que nous puissions développer l'innovation à un niveau encore plus élevé qu'aujourd'hui ; et, enfin, discuter des questions de formation professionnelle, de qualification de la main d'oeuvre, de souplesse pour l'adaptation à la conjoncture sur le marché du travail. Pour que nous puissions être une économie - l'économie européenne est déjà la principale du monde - qui puisse encore gagner des parts dans la mondialisation.

Pour cela, nous avons bien besoin de coopérer davantage et d'avoir des leaders européens qui puissent être, demain, des leaders mondiaux comme certains le sont déjà. C'est donc le sens de cette réunion qui sera suivie par d'autres, puisqu'à Paris j'accueillerai, à mon tour, des chefs d'entreprise, la chancelière, le président de la Commission.

D'ailleurs, à l'ordre du jour du Conseil européen, nous avons inscrit un certain nombre de rendez-vous sur l'industrie, sur l'énergie, sur la défense... Parce que l'Europe n'est pas simplement un marché, n'est pas simplement une monnaie - qu'il nous faut d'ailleurs conforter, consolider. C'est aussi une perspective de croissance que nous devons organiser, du mieux possible. C'est la responsabilité qui nous incombe ce soir./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Syrie - Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale (Paris, 20/03/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Vous posez là une question que chacun bien sûr a à l'esprit. Nous avons déjà eu l'occasion de vous le rappeler, nous avons abordé récemment cela en Commission des affaires étrangères.

En Syrie, vous connaissez la situation. Elle est absolument dramatique, tous les jours une centaine de morts, des réfugiés par milliers et l'embrasement qui gagne l'ensemble de la région. Il n'y a pas opposition entre l'action diplomatique qui est absolument nécessaire et l'action militaire sur le terrain. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, lorsque l'on regarde la situation, d'une part, Bachar Al-Assad refuse d'évoluer dans la mesure où il a le contrôle de l'aviation et peut impunément bombarder la résistance et où les Russes, d'autre part, s'appuient sur ce refus pour dire «nous n'y pouvons rien.»

La bonne solution et vous l'avez esquissée, c'est la solution diplomatique. Mais nous avons acquis la conviction qu'il n'y aura pas d'avancée diplomatique si sur le terrain, les choses ne changent pas. Et c'est à partir de là que la question - qui n'est pas encore tranchée - de la levée de l'embargo est posée. Bien évidemment, et vous avez raison de le souligner, si levée de l'embargo il doit y avoir, il faut avoir certitude à l'égard de ceux qui recevront les armes pour qu'elles ne soient pas retournées contre nous. Nous sommes en train de travailler sur ce point.

Le dernier point que vous avez abordé est celui-ci : vous dites : «En Libye on a livré des armes qui se sont retrouvées au Mali.» Autant nous avons été d'accord, je le rappelais, pour qu'il y ait une intervention en Libye, autant il faut constater qu'aujourd'hui, le suivi n'a pas été fait. Et nous ne voulons pas nous retrouver dans la même situation. Il n'y aura pas en Syrie, les mêmes erreurs que celles qui ont été faites à d'autres endroits./.

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4. Syrie - Armes chimiques - Entretien du porte-parole du ministère des affaires étrangères, avec «RFI» (Paris, 19/03/2013)

C'est en effet très préoccupant, c'est même notre principale préoccupation et nous avons encore eu l'occasion de le dire très récemment au Premier ministre Mikati avec lequel Laurent Fabius s'est entretenu au téléphone.

Notre principale préoccupation, c'est préserver la stabilité du Liban. C'est-à-dire faire en sorte que cette politique, qui est celle des autorités libanaises, de distanciation et de dissociation soit bien maintenue et poursuivie.

Nous savons que c'est difficile parce qu'il y a la question des réfugiés qui sont de plus en plus nombreux à fuir la Syrie et à se réfugier au Liban. C'est presque un quart de la population libanaise aujourd'hui et cela fait peser une charge très lourde sur le Liban. C'est difficile aussi parce qu'il y a des accrochages régulièrement à la frontière entre la Syrie et le Liban. C'est aussi bien évidemment difficile lorsque se produit quelque chose qui est en effet inacceptable.

Il est impératif de maintenir le Liban à l'écart d'une guerre qui n'est pas la sienne./.

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5. Otages - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius avec «BFM-TV» (Paris, 19/03/2013)

Nous sommes extrêmement déterminés et tous les services français sont mobilisés pour obtenir la libération des otages. En même temps, nous sommes obligés, j'espère que vous le comprendrez, à une extrême discrétion parce que, tout renseignement que nous pourrions donner peut être utilisé par les ravisseurs contre les otages.

Le centre de crise du Quai d'Orsay est en contact avec les familles qui font preuve d'un courage vraiment admirable.

Je confirme que notre action est déterminée et qu'en même temps, nous sommes obligés d'être discrets./.

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6. Forum mondial des femmes francophones - Discours du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius (Paris, 20/03/2013)

Bonjour à toutes et à tous,

Il n'est pas très facile de conclure une réunion à laquelle on n'a pas assisté mais c'est la tâche que l'on m'a proposée et je vais donc essayer de m'y atteler.

Je vais d'abord vous dire le plaisir que c'est pour moi de me retrouver avec vous dans ce forum des femmes francophones. Tout à l'heure, je rencontrais une des oratrices de ce matin et elle m'a dit - ce qui prouve qu'elle mérite d'être diplomate - : «c'est très vivant».

C'est la première fois que se réunit, dans le cadre de la Francophonie, un tel forum. Il y a beaucoup de raisons de placer les femmes au coeur de la francophonie. J'ai retrouvé une citation terriblement sexiste du grand écrivain Anatole France, mais il faut entendre la citation dans son ensemble. Anatole France a écrit quelque part : «La langue française est une femme» ajoutant «elle est si aimable qu'on n'est jamais tenté de lui être infidèle». Mais je pense qu'Anatole France, qui est un grand écrivain, est passé un petit peu à côté de la question, parce que la langue française - et c'est la raison pour laquelle nous sommes tous rassemblés -, ce n'est pas seulement une langue, ce sont surtout des droits et des valeurs. Et c'est cela le sens de votre réunion aujourd'hui.

Je veux remercier Yamina Benguigui qui est à l'origine de ce projet - vous savez que l'on ne résiste pas à Yamina surtout quand on est d'accord avec elle ! Je veux saluer, par les forces de l'esprit, Abdou Diouf et le soutien apporté à l'organisation de ce forum par l'OIF. Je veux associer à ces remerciements la directrice de l'UNESCO, Mme Bokova et je veux - je sais qu'elle était parmi vous ce matin - rendre hommage à l'action remarquable de Michelle Bachelet, qui vient de décider de quitter la direction d'ONU Femmes et à laquelle je veux dire que nous la soutenons dans ses combats passé, présents et futurs - je vais me brouiller avec pas mal de monde !

L'organisation de cette journée est partie d'une constatation qui, finalement, est tragiquement simple : les femmes sont les premières victimes de multiples inégalités et de violences, pas seulement mais notamment dans de nombreux pays en développement. Cette réalité est d'autant plus choquante qu'il est établi d'une façon incontestable aujourd'hui que la promotion des droits des femmes, et notamment l'éducation, est une condition et un moteur du développement.

Agir pour les droits des femmes est donc, de toutes les façons qu'on la considère, une exigence, que ce soit sur le plan humain, le plan moral, le plan pratique, le plan économique.

Quand la situation des femmes progresse, c'est toute la société qui s'en trouve mieux. Le gouvernement français n'est pas à l'écart de cette question, et c'est pourquoi nous nous mobilisons, même s'il y a encore beaucoup d'efforts à réaliser dans ce domaine. En nous adressant, comme nous le faisons ici, aux pays du monde francophone pour faire progresser la cause des femmes, soyez convaincus - et j'espère que c'est ainsi que cette journée a été perçue - que nous le faisons sans aucune arrogance ni volonté de donner des leçons, nous n'avons aucun titre à le faire.

Nous voulons simplement avancer ensemble. C'est là le sens de la francophonie. Et c'est pourquoi la francophonie est une enceinte parfaitement adaptée pour promouvoir les droits des femmes.

Je veux saluer la qualité des débats de cette journée, tels qu'on me les a rapportés. Et je vais essayer, à partir de ce qui m'a été dit, de résumer quelques éléments auxquels vous êtes parvenus.

Premier thème de cette journée : les violences. C'est un fléau présent malheureusement presque partout. On a évoqué les combats dans la région des Kivu en RDC ; on a évoqué les témoignages de femmes utilisées - le mot est effroyable - comme des «outils» dans ce conflit ; on a évoqué les agressions sexuelles et les viols qui sont devenus une véritable stratégie de guerre ; et nous avons à l'oreille cette phrase, effrayante dans la mesure où elle traduit une réalité effrayante, «le corps des femmes est devenu le champ de bataille des hommes».

Mme Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire générale des Nations unies pour les enfants dans les conflits armés, souligne que c'est l'avenir de la RDC qui se joue avec le sort de ces femmes. Et je veux saluer l'action de beaucoup de militantes et de militants qui agissent comme ils le font, et en particulier l'action du docteur Mukwege en faveur des survivantes pour leur permettre de se reconstruire.

Au Mali, l'intervention que mène la France, avec toute une série de partenaires africains, a pour origine, vous le savez, les abus insoutenables perpétrés par des groupes terroristes. Et ces abus ont visé, en particulier, les droits des femmes.

Nous devons veiller au déploiement, dans le cadre de la prochaine mission de l'ONU au Mali, de conseillers de protection des femmes qui seront chargés spécifiquement des questions de lutte contre les violences sexuelles.

Les résolutions «Femmes, paix et sécurité» du Conseil de sécurité des Nations unies apportent des outils utiles pour mettre un terme à l'impunité et garantir l'accès des victimes à la justice. C'est une priorité. Il faut absolument, vous en avez parlé, permettre aux femmes de dénoncer les violences dont elles sont victimes sans que cela ne se retourne contre elle : elles ne doivent pas être victimes deux fois. Les auteurs de ces crimes doivent savoir qu'ils ne resteront pas impunis.

Et, autre élément d'ensemble mais évidemment c'est une vie qu'il faudrait y consacrer, il faut d'abord, avant tout, tout le temps, faire évoluer les mentalités. L'éducation dès la première enfance est, nous le savons tous ici, décisive.

Le thème de la deuxième table ronde, précisément, concernait l'éducation. Pas seulement à l'égalité, mais plus largement, à l'éducation des jeunes filles. Les taux de scolarisation des filles, et cela a certainement été rappelé, ont progressé depuis l'adoption des Objectifs du Millénaire, mais il reste énormément à faire. Nous avons plus de 33 millions de jeunes filles qui ne vont pas à l'école dans le monde et deux tiers des analphabètes sont des femmes. En Afrique sub-saharienne, pour évoquer cette région particulière, plus de 40 % des filles n'ont été scolarisées que moins de quatre années.

Les conflits sont un facteur évident de retour en arrière. Par exemple, au Mali, les efforts éducatifs qui avaient été menés ont brutalement été remis en cause. Il y a eu, lors de cette journée, je le sais, beaucoup de témoignages concrets. Je pense au combat de Mme Sharia Falak, qui est la proviseure du lycée franco-afghan de Kaboul ; je l'avais rencontrée sur place et j'avais eu l'occasion de le dire devant ses élèves : au péril de sa vie, elle a organisé une école clandestine pour les filles pendant toute la période des Taliban.

Le maintien des filles à l'école est une condition du développement. C'est un objectif prioritaire. Il faut établir des systèmes éducatifs qui permettent aux jeunes filles de bénéficier d'une éducation complète et de qualité. Chez nous - nous sommes un pays qui a des problèmes mais qui est un pays très riche -, nous avons consacré près de 15 % de notre aide publique au développement au secteur de l'éducation. Et nous travaillons également, en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour l'enfance, sur des projets spécifiques de lutte contre les violences en milieu scolaire en Afrique sub-saharienne.

Le combat pour l'égalité homme-femme est essentiel pour les pays du Sud, mais il ne se limite évidemment pas à ces pays. Chez nous aussi, l'égalité entre femmes et hommes en matière d'éducation, de formation, d'intégration professionnelle n'est pas acquise et nous devons agir davantage pour assurer une égalité réelle. Sans que revienne sans cesse la question dite «des stéréotypes» qui enferme les personnes dans des destins inégaux.

Nous savons que les filles réussissent à l'école aussi bien et même mieux sans doute que les garçons. Mais nous savons aussi que les garçons privilégient des filières de formation qui bénéficient des meilleures chances d'emploi. Donc, ils entrent plus rapidement dans la vie active. À l'inverse, les femmes demeurent par exemple sous-représentées dans les études scientifiques de haut niveau.

Troisième table ronde, les femmes actrices du développement économique.

Au Sud comme au Nord, les femmes participent d'une façon déterminante à la vie économique. Au Burkina 60 % des activités de production sont effectuées par les femmes et elles contribuent à 70 % du produit intérieur brut. Et pourtant, elles ne bénéficient pas pleinement des retombées positives de leur travail et elles se retrouvent beaucoup plus souvent que les hommes en situation de précarité. Là encore, de nombreux stéréotypes représentent un énorme facteur de blocage.

Plusieurs intervenantes - m'a-t-on rapporté - ont rappelé que c'est d'abord par l'emploi que va s'améliorer l'égalité homme-femme. Tous les membres de la Francophonie partagent cette préoccupation. Nous soutenons nous, la France, un projet pluriannuel qui vise l'acquisition par les femmes d'Afrique francophone de leur autonomie économique. Ce programme appuie treize ONG françaises et leurs partenaires locaux dans l'accompagnement des femmes africaines. Pour la période 2013-2015, nous voulons lancer en particulier un programme sur l'emploi des femmes et des jeunes en Tunisie, en Égypte et au Maroc. Ce n'est pas suffisant mais c'est un programme sur lequel nous insistons.

Je veux aussi saluer les approches innovantes comme les réseaux de femmes : ils leur permettent de se soutenir mutuellement, de faire reconnaître leurs compétences et d'accéder à des postes de responsabilité. Cela doit commencer par le haut car il ne s'agit pas que des ministres ou des présidents viennent donner des leçons aux uns et aux autres, sans s'appliquer ces leçons à eux-mêmes.

Modestement, depuis que je suis à la tête de la diplomatie française, nous avons nommé parmi les ambassadeurs 40 % de femmes, ce qui change par rapport à la situation préalable.

Mesdames et Messieurs, j'en ai terminé. Je pense que cette journée vivante, vivace, conviviale et qui n'est pas terminée car on vous attend dans quelques instants, je le sais, à l'Élysée, a été incontestablement positive. Je pense qu'elle a permis d'explorer de nouvelles pistes d'actions concrètes, qu'elle doit permettre une mobilisation accrue du monde francophone en faveur du droit des femmes. Et je veux vous remercier toutes et tous, venus parfois de loin, pour votre participation et vos contributions. Je veux rendre hommage en terminant, en notre nom à tous, j'en suis sûr, aux femmes victimes de violences, d'inégalité, de discrimination. Je veux saluer avec beaucoup de respect et aussi beaucoup de douleur, toutes les femmes qui se battent pour leurs droits. Je pense en particulier, en cet instant, aux femmes des printemps arabes qui ont joué et qui jouent souvent un rôle décisif et qui aujourd'hui sont légitimement et malheureusement inquiètes.

Je terminerai en disant ceci, la Francophonie, ce ne sont pas seulement des mots et une langue que nous avons en commun. La Francophonie, en tout cas pour moi, ce sont aussi et d'abord des valeurs, une certaine conception du développement et je dirais que l'on ne peut pas être francophone authentiquement si l'on n'a pas au coeur et dans sa pratique le respect des droits des femmes. Soutenons-les donc parce que les femmes, vous l'avez confirmé encore aujourd'hui, ce sont elles qui montrent le bon chemin.

Je vous remercie./.

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7. Mali - Réponse du ministre de la défense, M. Jean-Yves Le Drian, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale (Paris, 19/03/2013)

Je vous prie tout d'abord, Monsieur le Député, de bien vouloir excuser l'absence de M. Laurent Fabius, retenu à Lyon cet après-midi pour une conférence sur le Mali.

La Syrie est victime d'une destruction systématique par un tyran et d'une folie meurtrière qui a entraîné la mort de 70.000 personnes, avec un million de réfugiés et une menace de déstabilisation de l'ensemble de la région.

La France apporte son soutien humanitaire et politique à l'opposition syrienne depuis le début, mais il nous semble nécessaire de franchir une nouvelle étape afin de donner aux forces modérées le moyen de protéger la population civile contre le régime et de ne pas laisser le champ libre aux groupes extrémistes.

Lever l'embargo, ce n'est pas renoncer à une solution politique. La France souhaite qu'il y ait un processus politique de dialogue entre l'opposition et des éléments du régime acceptables par elle.

Pour que ce processus s'engage, il faut débloquer le rapport de force sur le terrain et contraindre le régime à négocier. Nous serons évidemment très vigilants quant aux conditions de mise en oeuvre de la levée de l'embargo, en relation avec nos amis britanniques. Nous surveillerons la destination des matériels livrés, et nous nous assurerons qu'ils sont exclusivement destinés à la coalition nationale syrienne, instance responsable et modérée.

Nous respecterons évidemment les mesures européennes en vigueur, afin qu'au terme de la réunion des ministres des affaires étrangères qui se tiendra à Dublin vendredi et à laquelle participera Laurent Fabius, l'Europe puisse se montrer à la hauteur de cet enjeu dramatique./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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8. Mali - Discours du ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin (Lyon, 19/03/2013)

Les collectivités territoriales pour la paix et le développement du Mali

Messieurs les Ministres,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les élus français et maliens,

Mesdames et Messieurs,

Je suis très heureux de nous voir tous réunis. Plus de 500 personnes inscrites, des dizaines de parlementaires, des représentants d'ONG, une soixantaine d'élus maliens et représentants de collectivités territoriales maliennes témoignent du succès de cette rencontre. Nous tenions beaucoup, avec Laurent Fabius, qui vous rejoindra tout à l'heure, à la tenue de cet événement. Il s'inscrit dans la réponse globale que nous entendons donner aux défis du Mali. Les liens qui unissent les collectivités françaises et maliennes sont forts et nombreux.

Laissez-moi rappeler quelques chiffres : plus de cent-soixante-dix collectivités françaises sont aujourd'hui liées à des collectivités maliennes. Près d'une collectivité malienne sur trois est dans une relation de partenariat avec une collectivité française. Au total, ce sont plus de 300 projets de coopération qui ont été menés à ce jour par nos collectivités.

La force de ces liens, qui sont aussi et avant tout des liens humains, est une chance pour atteindre l'objectif qui est le nôtre : gagner la bataille du développement, gagner la paix au Mali. Car nous le savons, il n'y a pas de développement possible sans sécurité mais il n'y aura pas de sécurité durable sans développement.

Vous, qui travaillez avec les collectivités maliennes, le savez, les besoins sont aujourd'hui immenses. Nous avons permis aux Maliens de recouvrer l'intégrité de leur territoire. Nous devons maintenant être à leurs côtés pour construire la paix. Ce défi du développement et de la démocratie est en premier lieu celui des Maliennes et des Maliens, et de leurs responsables politiques. Mais la communauté internationale peut et doit y contribuer. La France souhaite bien entendu être au rendez-vous du développement.

Notre stratégie dans ce domaine repose sur quatre piliers.

Le premier d'entre eux, c'est la reprise de notre aide bilatérale. Cette reprise est en cours. J'étais moi-même à Bamako et à Mopti mi-février lors de la réouverture du bureau de l'agence française de développement. L'agence française de développement travaille, à présent, à la sélection des projets qui seront financés avec les 150 millions d'euros qui avaient été gelés après le coup d'État de mars 2012. Il s'agit d'une part de relancer des projets déjà commencés mais suspendus, par exemple la station de pompage dans le fleuve Niger qui donnera de l'eau potable à 100.000 personnes à Bamako. Ce projet avait été stoppé, il va aujourd'hui reprendre.

Mais une grande partie de cette aide ne pourra pas être mise en oeuvre avant plusieurs mois. Elle s'inscrit dans le temps long. Or il faut absolument réussir à gagner la bataille des six premiers mois, sans quoi les grands projets de développement risquent de ne jamais voir le jour. Les Maliens et Maliennes ont besoin de voir rapidement une amélioration de leur condition de vie. L'euphorie de la libération pourrait sinon laisser la place à la déception.

Il s'agit tout d'abord de continuer à nous mobiliser pour répondre aux besoins humanitaires. Il existe un risque humanitaire réel dans l'extrême Nord du Mali, où les marchés ont du mal à être approvisionnés, ce qui pourrait conduire à une situation critique sur le plan alimentaire. La communauté internationale doit continuer de se mobiliser. La France y prend toute sa part et vient de débloquer 5 millions d'euros supplémentaires pour répondre à ces besoins (20 Meuro en 2012), en plus de sa contribution indirecte via l'Union européenne.

Il s'agit aussi de répondre à des besoins très concrets et immédiats qui ne relèvent ni de l'humanitaire ni du temps long du développement. Le chiffrage n'est pas définitif pour cette réhabilitation sur six mois mais on peut l'évaluer à plusieurs dizaines de millions d'euros. Ce processus de sélection des projets et des priorités se termine et leur mise en oeuvre débute progressivement sur le terrain. Un exemple pour n'en citer qu'un. Il n'y a aujourd'hui que quelques heures d'électricité par jour à Gao et Tombouctou. Pour rétablir l'électricité, l'AFD va débloquer un programme d'action d'urgence de plus de 2 millions d'euros pour réhabiliter les centrales électriques et les stations de pompage dans le Nord du Mali, notamment à Kidal et Tombouctou, à partir des besoins établis par nos partenaires maliens.

Nous allons enfin aider à rétablir les services publics, notamment au Nord du Pays, pour permettre aux déplacés et réfugiés de rentrer chez eux. Il nous faut également aider au rétablissement des services publics essentiels.

Services de santé évidemment. Cela passe en particulier par le réapprovisionnement des stocks de médicaments, le redémarrage des centres de santé communautaire, par l'intermédiaire des ONG qui travaillent déjà dans la zone. Je pense notamment à «Santé Mali Rhônes-Alpes».

Services d'éducation également. Il est urgent de rescolariser les 800.000 enfants déscolarisés depuis un an. La reprise de l'école fin septembre, après la saison des pluies, suppose que les salaires des fonctionnaires soient payés, que les écoles soient reconstruites, que les routes soient sécurisées.

Il faut aussi préparer la prochaine campagne agricole et aider le retour des éleveurs dont une partie a été contraint de se réfugier dans les pays voisins. La saison agricole a été très bonne l'an dernier, il y a donc des réserves. En revanche, la capacité à réussir la saison suivante se joue maintenant. Les travaux agricoles commenceront dès le mois de mai. Si les paysans ne peuvent accéder à leurs champs ou s'ils ne disposent pas de semences, ils ne produiront pas assez pour satisfaire leurs besoins. Le risque existe d'avoir une crise alimentaire sévère l'année prochaine. C'est exactement ça qui est en jeu dans les décisions que nous prenons en ce moment.

Deuxième pilier : nous travaillons dans un cadre européen à la reprise de l'aide des différents partenaires européens. L'Union européenne a d'ores et déjà annoncé une aide de 250 millions d'euros, et nous travaillons à un chiffrage global qui pourra être communiqué lors de la Conférence internationale des donateurs, qui se tiendra le 15 mai à Bruxelles à l'initiative de la France et de l'Union européenne. Le président de la République et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont d'ailleurs confirmé leur présence à cette conférence. Nous allons mobiliser la communauté internationale pour rassembler des financements suffisants pour le Mali, et dégager des priorités d'action qui permettront aux acteurs de coordonner la reprise graduelle de l'aide au développement pour les 18 à 24 mois à venir.

La reprise de cette aide n'est pas sans conditions. Elle dépendra des avancées figurant sur la feuille de route, comme par exemple la tenue des élections et le travail de la commission du dialogue et de la réconciliation récemment créée. Nous sommes évidemment extrêmement attentifs à lier la reprise progressive de notre aide aux avancées inscrites sur la feuille de route.

Le troisième pilier, c'est la mobilisation de la diaspora : 120.000 Franco-Maliens vivent en France, qui ont aussi leur rôle à jouer. C'est pourquoi nous organiserons début avril à Montreuil une grande réunion pour les mobiliser en faveur du développement économique. C'est un enjeu important du fait de la présence de 120.000 Maliens ou franco-maliens présents sur notre territoire et des flux financiers qui sont transférés, pour des montants supérieurs à ceux de l'aide publique au développement. Même s'ils n'ont pas forcément vocation à financer le développement, ils peuvent y contribuer s'il existe des systèmes d'incitation efficaces.

Le quatrième pilier repose sur la mobilisation des collectivités territoriales. Et c'est tout l'objet de notre rendez-vous aujourd'hui. Il y a sept cents collectivités au Mali. Une partie de la solution au défi malien passe aujourd'hui par le renforcement de ces collectivités et leur capacité à répondre aux besoins des populations.

Mesdames et Messieurs,

Les collectivités locales maliennes auront un rôle déterminant à jouer dans la sortie de crise.

Elles, qui peuvent veiller à la remise en route des services publics de proximité.

Elles, qui peuvent relancer les investissements de proximité dont l'économie malienne a besoin pour repartir.

Elles, qui peuvent contribuer à apaiser les tensions entre communautés.

Je suis frappé depuis quelques semaines par le consensus de tous mes interlocuteurs sur ce point. Et, je tiens à souligner, ici, la qualité des échanges que j'ai eu la chance d'avoir, en plusieurs occasions, avec des élus locaux maliens. Nous devons faire confiance à ces collectivités, à ces élus. Car ce sont ces collectivités et élus qui sont les plus proches des populations.

Il est important de s'assurer que l'aide bénéficie bien aux Maliens et aux Maliennes. Dans ce contexte, je souhaite que nous mettions en place un mécanisme innovant de contrôle citoyen. Cela permettrait à des habitants d'une certaine zone qui attendent par exemple la construction d'un centre de santé, ou la réhabilitation d'une école, de pouvoir interpeller directement les bailleurs ou les autorités locales si les objectifs annoncés de construction ne sont pas remplis ; ou tout simplement d'être informés en temps réel de la date à laquelle les travaux débuteront.

Ce message, je l'ai relayé, à Bamako, à Bruxelles, auprès de la communauté des bailleurs qui semble aujourd'hui prête à faire transiter une partie plus importante de l'aide par les collectivités locales.

Ce message, je l'ai également passé à l'agence française de développement qui a pour mission d'étudier les modalités possibles pour apporter une partie de notre aide par ce biais.

Ce message, je vous le passe également, à vous, élus des collectivités françaises. Votre expérience, les compétences de vos services sont autant de leviers pour aider les collectivités maliennes dans cette période de montée en puissance de leur action, notamment en matière de bonne gestion de cette aide, d'équité et d'efficacité dans leur utilisation.

Notre rencontre à Lyon aujourd'hui constitue donc une étape importante de la reprise de la coopération française. Elle s'inscrit dans le cadre de la préparation de la conférence internationale de soutien au Mali qui se tiendra le 15 mai, à Bruxelles et contribue ainsi à construire un volet de la réponse globale que nous construisons. .

Cette journée est donc l'occasion pour vous d'entendre la vision qui sera exprimée par nos partenaires maliens ici présents. C'est aussi l'occasion de faire entendre vos réflexions sur les perspectives de développement du Mali et l'apport de la coopération décentralisée à ce processus. Vos propositions nourriront les réflexions préalables à la conférence de Bruxelles, et les principales conclusions qui émergeront seront présentées le 15 mai, sans doute par la voix de représentants des collectivités maliennes et des collectivités françaises. Ce processus permettra de porter haut et fort les attentes de collectivités maliennes et de donner à la coopération décentralisée toute la place qui peut, et doit, être la sienne dans le relèvement du Mali. Je sais que je peux compter sur votre mobilisation. Sachez que vous pouvez compter sur notre appui.

Je vous remercie./.

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9. UE/Consommation - Communiqué du ministère de l'économie et des finances (Paris, 19/03/2013)

Benoît Hamon, ministre délégué chargé de la consommation, a participé hier à Bruxelles au Sommet Européen de la consommation en vue d'un débat sur la protection des consommateurs. Les discussions ont notamment permis d'aborder les problématiques de l'efficacité des contrôles menés par les autorités de protection des consommateurs ainsi que les questions de coopération entre ces autorités, pour les dossiers impliquant plusieurs États membres.

Ces sujets renvoient à l'actualité récente sur la crise de la «viande de cheval» qui a souligné l'importance pour le consommateur d'avoir accès, au sein de l'Union européenne, à des produits ou services sûrs et de qualité et de disposer à leur égard d'une information claire et transparente. Le maintien de la confiance du consommateur dans le marché intérieur suppose que les autorités de contrôle puissent efficacement protéger les consommateurs.

Benoît Hamon, a ainsi interpellé la Commission européenne indiquant : «il est bien sûr nécessaire dans chaque État membre d'améliorer les contrôles et les sanctions, c'est ce que nous allons faire en France, mais il est également primordial que la législation européenne puisse évoluer en matière de traçabilité et de marquage du pays d'origine des viandes dans les plats préparés. Il est beaucoup plus difficile de tricher quand on impose la transparence.»

Le ministre a également précisé que dans le contexte actuel de crise économique, il fallait veiller à ce que la rationalisation budgétaire ne nuise pas à l'efficacité de l'action des pouvoirs publics. Il a enfin rappelé l'avancée que représentera pour les consommateurs français la mise en oeuvre prochaine d'une action de groupe.

En marge de ce sommet, Benoît Hamon a rencontré, lors d'entretiens bilatéraux, plusieurs de ses homologues européens (Autriche, Portugal et Roumanie). Ces entretiens ont notamment montré les convergences de vues sur l'évolution nécessaire de la législation européenne suite à «l'affaire de la viande de cheval»./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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10. Afghanistan - Déclaration du représentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 19/03/2013)

Je remercie le Secrétaire général et le représentant permanent afghan pour leurs interventions. Je salue la présence parmi nous de M. Kubis, représentant spécial du Secrétaire général et de M. Usackas, représentant spécial de l'Union européenne en Afghanistan et m'associe à la déclaration de ce dernier.

Monsieur le Président,

Avec la fin du retrait de nos troupes combattantes d'Afghanistan, une nouvelle étape s'ouvre dans les relations entre la France et ce pays, une relation différente fondée sur une coopération militaire et civile renforcée.

Depuis 2008, en Kapisa et en Surobi, l'armée française avait la responsabilité de former les forces de sécurité afghanes et d'assurer la transition avec les autorités locales. Cette tâche a été menée à bien. Les soldats français encore présents en Afghanistan se concentrent désormais sur le désengagement du matériel militaire, la formation, la gestion de l'hôpital militaire de Kaboul et de l'aéroport. Elles sont donc au service des forces alliées et de la population. Un traité d'amitié et de coopération a été signé et ratifié entre nos deux pays. Une aide financière a été déployée, elle atteindra environ 300 millions d'euros, ce qui aidera ce pays à passer d'une économie de guerre à une économie de paix.

Monsieur le Président,

L'Afghanistan est en passe de retrouver le plein exercice de sa souveraineté à l'issue du processus de Transition. La communauté internationale s'est engagée à maintenir son soutien pendant la décennie de transformation. Dans ce contexte, je voudrais mettre l'accent sur trois défis auxquels l'Afghanistan doit faire face.

Premièrement, celui de la lutte contre la production et le trafic de drogue. L'ONUDC dresse dans son dernier rapport un tableau inquiétant de la situation et des tendances actuelles. Je ne reviens pas sur les chiffres, ni sur les effets dévastateurs de ce fléau, en Afghanistan et au-delà de ses frontières. Il s'agit d'un sujet de préoccupation pour le gouvernement afghan et pour la communauté internationale, qui sont mobilisés ensemble dans le cadre du Pacte de Paris et du Processus d'Istanbul. L'impact de cette question sur l'avenir de l'Afghanistan est évident. Aussi il nous semble légitime que la MANUA intègre cette question sinon dans le coeur de son mandat actuel, du moins dans sa réflexion sur son avenir en Afghanistan, dans le respect des compétences de l'ONUDC et, cela va sans dire, en appui des efforts louables du gouvernement afghan.

Deuxièmement, les élections présidentielle du 5 avril 2014 et législatives de 2015 seront un jalon important pour la communauté internationale et son soutien de long terme à l'Afghanistan, conformément au cadre agréé à Tokyo. Nous appelons les autorités afghanes à organiser des élections crédibles, inclusives, transparentes et pacifiques, en se dotant d'un registre électoral fiable, d'un cadre législatif adéquat, de mesures anti-fraude robustes et en garantissant l'indépendance de la Commission électorale indépendante (IEC). Nous appuyons le rôle de soutien du représentant spécial du Secrétaire général et du PNUD.

Troisièmement, la réconciliation. Seule un véritable processus politique inter-afghan inclusif permettra de garantir l'émergence d'un Afghanistan stable et pacifié. La France soutient les efforts en faveur de la réconciliation et se tient prête à y contribuer, en accord bien sûr avec les autorités afghanes. Nous avons accueilli en décembre dernier à Chantilly une session de dialogue incluant différentes composantes de la société afghane, organisée en totale transparence avec le gouvernement afghan et dans le plein respect des sanctions édictées par le Conseil de sécurité. Nous avons également contribué, à travers les résolutions 1988 et 2082, à réorienter le régime de sanctions dans un sens plus favorable à la réconciliation.

Permettez-moi de conclure en saluant l'adoption de la résolution 2096. Nous remercions l'Australie pour son rôle de facilitateur. Nous espérons que ce qui n'a pas été possible cette année le sera l'année prochaine, à savoir aboutir à un texte plus court, plus clair, un mandat recentré sur quelques priorités, en phase avec la situation sur le terrain et les priorités du gouvernement Afghan, ce qui permettra de renforcer la cohérence d'action des Nations unies sur place.

Je vous remercie./.

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11. Haïti/MINUSTAH - Intervention du représentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 20/03/2013)

Je remercie le représentant spécial ad interim du Secrétaire général, Monsieur Fisher, pour son intervention.

Je m'associe à la déclaration que feront le représentant de l'Union européenne et le représentant de l'Uruguay au nom du Groupe des Amis.

Monsieur le Président,

Je partage les doutes qui viennent d'être exprimés par mon collègue britannique sur deux sujets : les élections et la police. En effet, lors de notre dernier débat en octobre, j'avais fait état de progrès sur le plan politique et institutionnel. Malheureusement aujourd'hui le rapport du Secrétaire général nous rappelle que les espoirs que nous avions formés ne se sont pas tous concrétisés.

Je voudrais en particulier rappeler aux autorités haïtiennes les termes de la déclaration à la presse adoptée par ce même Conseil le 28 janvier dernier. Or les élections locales et législatives partielles ont été trop longtemps reportées. Il est essentiel qu'elles puissent se tenir cette année et qu'elles soient libres, inclusives et crédibles. Nous appelons toutes les parties concernées à nommer sans tarder tous les membres du Collège transitoire du Conseil électoral permanent.

Nous sommes également troublés par d'autres informations contenues dans ce rapport sur la multiplication des nominations contestées, des déclarations récentes visant la liberté de la presse et, plus généralement, les déficiences systémiques en matière de défense des droits de l'Homme. Nous notons aussi les prévisions économiques et fiscales relativement décevantes qui, couplées aux difficultés liées aux aléas climatiques, expliquent peut-être aussi la multiplication préoccupante des manifestations à caractère économique et social.

Certes, la MINUSTAH a offert à Haïti 10 ans de calme relatif, sans violence politique. Mais ce calme, dû en grande partie à la présence dissuasive de la Force, ne traduit pas de réels progrès sur le fond permettant à la Police nationale haïtienne (PNH) d'assurer seule la sécurité et stabilité. Je reprends toutes les questions soulevées par mon collègue britannique. Nous soutenons certes les orientations présentées par les autorités haïtiennes pour la période 2012-2016, y compris l'objectif de passer de 10.000 à 15.000 policiers. Mais des raisons de douter du caractère réaliste de cet objectif existent. La MINUSTAH doit rester engagée dans cet effort collectif.

Enfin, nous appuyons l'engagement des Nations unies et les efforts personnels du Secrétaire général pour aider Haïti à éradiquer le choléra. Nous considérons qu'il ne s'agit pas d'un objectif inatteignable et nous pensons même qu'il peut l'être à court terme, par des mesures ciblées sur lesquelles nous travaillons actuellement avec les autorités haïtiennes.

Monsieur le Président,

La MINUSTAH doit continuer à s'adapter à l'évolution de la situation, en volume et en nature, de façon à remplir son double objectif : contribuer au maintien du calme, mais aussi contribuer à l'appropriation nationale haïtienne au travers du renforcement de l'État de droit et de ses instruments majeurs que sont la police et la justice.

Nous devons évidemment écarter un départ précipité de la Mission, mais le maintien indéfini d'une OMP de cette envergure n'est pas une option. Le départ de la MINUSTAH ne doit pas être un tabou mais sa perspective doit être un catalyseur. Nous devons définir et créer les conditions de son succès. Nous devrons réfléchir à une date de retrait, au résultat final recherché et à la présence des Nations unies après le retrait de la MINUSTAH .

Nous saluons le plan de consolidation dans ce contexte qui est contenu dans le rapport du Secrétaire général. Il redonne à cette mission un horizon temporel crédible, car nous devons aux Haïtiens de la clarté dans ce que nous pouvons réaliser dans des délais raisonnables. Nous souscrivons aux quatre objectifs prioritaires identifiés et à une approche basée sur des critères de mesure permettant de calibrer l'évolution de la Mission.

Je voudrais, Monsieur le Président, finir par saluer les agents de la MINUSTAH pour leur dévouement et le représentant spécial ad interim pour son action énergique en cette période de transition au sein de la Mission.

Je vous remercie./.

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12. Point de presse du porte-parole - Journée internationale de la Francophonie - Nigeria/Attentat suicide à Kano - Irak/Attentats à Bagdad - OMC/Processus de sélection du futur directeur général - Visite de Mme Anabel Gonzàlez, ministre du commerce extérieur du Costa Rica - République Centrafricaine - Mali (Paris, 20/03/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

Journée internationale de la Francophonie (20 mars 2013)

La journée internationale de la Francophonie est célébrée aujourd'hui comme chaque année dans le monde entier et plus particulièrement dans les 77 pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie. Cette date commémore la signature, le 20 mars 1970, de la convention de Niamey à l'origine du regroupement des États francophones.

La langue française - langue d'enseignement et de communication mais aussi de développement et d'échanges économiques de plus de 220 millions de locuteurs dans le monde - est au coeur de ces célébrations.

Cette édition 2013 met les femmes francophones à l'honneur à l'initiative de la France avec le soutien de l'Organisation internationale de la Francophonie et en partenariat avec l'UNESCO et ONU Femmes. Le premier Forum mondial des femmes francophones réunit aujourd'hui à Paris 400 participantes issues de la société civile des États membres de la Francophonie.

À l'étranger, notre réseau diplomatique, culturel et éducatif s'est également mobilisé pour montrer la diversité de l'espace francophone, le dynamisme de sa création culturelle et promouvoir les valeurs de la Francophonie : respect de l'État de droit et des droits de l'Homme, égalité hommes-femmes, solidarité et diversité culturelle.

2 - Nigeria - Attentat suicide à Kano

La France condamne l'attaque terroriste survenue le 18 mars dans la ville de Kano au Nigéria. Cet acte odieux et lâche a entraîné la mort de plus de 40 personnes et a fait plusieurs dizaines de blessés.

Nous exprimons nos condoléances aux familles ainsi qu'aux proches des victimes.

Comme l'a fait le ministre lors de sa visite à Abuja le 16 mars dernier, la France réaffirme sa solidarité avec le Nigeria dans la lutte qu'il mène contre le terrorisme.

3 - Irak- attentats à Bagdad (19 mars 2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté les attentats meurtriers perpétrés hier en Irak.

Nous présentons nos condoléances au peuple irakien et aux familles des victimes et exprimons notre solidarité aux autorités irakiennes dans leur lutte contre le terrorisme.

Dans ces circonstances tragiques, la France appelle à l'unité et à la concorde nationales et à l'arrêt de toute forme de violence. Elle réaffirme l'importance d'un processus politique inclusif, permettant l'instauration de l'État de droit en Irak.

4 - OMC - Processus de sélection du futur directeur général - Visite de Mme Anabel Gonzàlez, ministre du commerce extérieur du Costa Rica (19 mars 2013)

M. Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des affaires étrangères, a reçu le 19 mars Mme Anabel Gonzàlez, ministre du commerce extérieur du Costa Rica, candidate au poste de directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le secrétaire général avait auparavant reçu quatre autres candidats à la succession de Pascal Lamy : l'ambassadeur du Brésil auprès de l'OMC, M. Roberto Azevedo, la ministre du tourisme et de l'économie créative d'Indonésie, Mme Mari Pangestu, l'ancien ministre du commerce du Mexique, M. Herminio Blanco, et le ministre du commerce et des questions climatiques de Nouvelle-Zélande, M. Tim Groser.

Depuis la clôture des candidatures, le 31 décembre dernier, neufs candidats sont en lice pour la succession de M. Pascal Lamy, qui a assuré deux mandats consécutifs à la tête de l'Organisation. Les États membres de l'OMC doivent choisir d'ici le 31 mai le nouveau directeur général, qui prendra ses fonctions le 1er septembre 2013.

5 - République centrafricaine

Q - Que pensez-vous de la menace des rebelles en République centrafricaine de reprendre les armes si leurs revendications ne sont pas satisfaites?

R - La France reste préoccupée par l'évolution de la situation en République centrafricaine. À notre demande, le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra aujourd'hui des consultations sur la situation en RCA.

La France soutient le processus politique issu des accords de Libreville, signés le 11 janvier, sous les auspices de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC). Nous engageons toutes les parties centrafricaines, qui ont signé ces accords, à les mettre en oeuvre de façon effective et de bonne foi.

Nous pressons les parties de s'abstenir de tout recours à l'option militaire, qui n'aurait pour effet que de dégrader encore la situation sécuritaire et humanitaire en RCA.

6 - Mali

Q - Comment réagissez-vous à l'inculpation du journaliste Bouar Daoud au Mali ?

R - La France exprime sa préoccupation suite à l'inculpation d'un journaliste malien pour «incitation à la désobéissance». Elle appelle à sa libération immédiate.

La France rappelle son attachement à la liberté d'opinion et d'expression ainsi qu'à la liberté de la presse, garanties par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par le Mali. Le respect de ces libertés est un élément indispensable du retour à l'État de droit et de la réussite du processus de réconciliation nationale./.

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13. Nomination - Commonwealth des Bahamas (Paris, 20/03/2013)

Le Journal officiel du 20 mars publie la nomination de Mme Ginette de Matha, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Commonwealth des Bahamas, en résidence à Kingston, en remplacement de M. Marc-Olivier Gendry./.

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14. Communiqué du Conseil des ministres - Réunion du conseil européen des 14 et 15 mars 2013 - extrait (Paris, 20/03/2013)

Le ministre des affaires étrangères, le ministre de l'économie et des finances et le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, ont présenté une communication relative à la réunion du Conseil européen des 14 et 15 mars 2013.

Le Conseil européen a arrêté les priorités de politique économique de l'Union européenne pour 2013. Tout en rappelant la nécessité de poursuivre les stratégies d'assainissement des finances publiques, le Conseil a insisté sur la nécessité, dans un contexte conjoncturel dégradé, d'une approche équilibrée qui mette l'accent sur les efforts pour soutenir la croissance et les initiatives pour lutter contre le chômage, et en particulier le chômage des jeunes.

Lors de ses prochaines réunions, le Conseil européen poursuivra ses travaux sur la mise en oeuvre du Pacte européen pour la croissance et l'emploi décidé en juin 2012, ainsi que sur l'approfondissement de politiques sectorielles à l'échelle de l'Union, notamment en matière industrielle.

Le Conseil européen a également conduit un débat sur les relations de l'Union européenne avec la Russie, partenaire stratégique. À l'initiative de la France, les discussions ont été engagées sur la levée de l'embargo sur les armes destinées à la coalition nationale syrienne.

Un sommet de la zone euro s'est également tenu en marge du Conseil européen./.

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