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Bulletin d'actualités du 04 mars 2013


Sommaire



1. Russie - Intervention du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, lors de son entretien avec le pr√©sident de la F√©d√©ration de Russie, M. Vladimir Poutine (Moscou, 28/02/2013)

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour votre invitation. Vous l'aviez lancée dès le mois de juin.

J'ai mis quelques mois à venir en Russie mais j'y suis pour témoigner de la qualité de notre relation. Elle est ancienne et nous savons quels sont les liens qui unissent nos deux peuples dans l'histoire. Elle est majeure parce que nous sommes deux grands pays, membres du Conseil de sécurité et qui ont des responsabilités pour régler des conflits planétaires et pour nous prémunir de menaces, notamment le terrorisme.

Nous avons une relation qui peut être encore plus forte, car il y a un immense potentiel. Nous pouvons considérer que notre relation est encore prometteuse. Vous avez évoqué les domaines dans lesquels nous pourrions faire davantage, même si c'est en Russie que nos entreprises ont le plus développé leurs exportations ces dernières années. Même s'il y a eu un recul en 2012, il a été très faible.

Je suis venu avec une délégation de chefs d'entreprises françaises. J'ai rencontré de nombreux représentants d'entreprises installés en Russie depuis des années, parce que je veux que nous franchissions une étape. Vous m'avez dit, dès notre première rencontre, que nous devions amplifier nos échanges économiques.

Nous allons tout faire au cours de ces prochaines heures - et lors de tout ce que nous aurons à prolonger avec les ministres et avec le représentant spécial que j'ai désigné, M. Jean-Pierre Chevènement - pour amplifier nos relations économiques.

Vous avez cité tous les domaines : énergie, transport, santé, ville durable. Sur tous ces sujets-là, nous avons des coopérations à engager et une excellence technologique qui n'est plus à démontrer.

Monsieur le Président,

Vous avez évoqué le stock des investissements français en Russie. Un stock important, près de 10 milliards d'euros. Il y a aussi des investissements russes en France. Mais nous souhaitons qu'ils soient plus importants encore avec la même idée de partenariat, de coopération, de partage de technologies. Nous faciliterons, par toutes les procédures possibles, les investissements français en Russie et russes en France.

Avant de rentrer dans le d√©tail, je voudrais vous remercier personnellement. D'abord pour nous avoir permis de sortir un certain nombre d'√©quipements militaires d'Afghanistan, puisque j'avais pris l'engagement de retirer les forces combattantes fran√ßaises d'Afghanistan √† la fin de l'ann√©e 2012. Gr√Ęce √† votre intervention aupr√®s de r√©publiques amies, vous avez pu nous permettre de le faire dans les d√©lais et avec des conditions √©conomiques les meilleures.

Ensuite, vous avez soutenu, dès le premier jour, l'intervention de la France au Mali, comprenant bien que cela s'inscrivait dans une lutte contre le terrorisme qui est à l'échelle du monde. Je sais que la Russie favorisera la transformation de cette opération en opération de maintien de la paix dans les prochaines semaines.

Ce qui m'importe de relever aujourd'hui, au-delà de ce qui peut parfois nous différencier, c'est la conception que nous avons ensemble d'un certain nombre de principes d'indépendance, de souveraineté, d'équilibre dans le monde et de lutte contre des fléaux qui menacent la stabilité.

Nous sommes deux grands peuples qui ont su, dans leur histoire, tisser suffisamment de liens pour savoir quelle est leur responsabilité commune pour l'avenir./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Russie - Intervention du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, devant des chefs d'entreprises (Moscou, 28/02/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de l'organisation de cette réunion et de cette rencontre. C'est-à dire d'avoir, autour des deux présidents, des chefs d'entreprises russes et français qui vont pouvoir partager un certain nombre d'expériences ; peut-être aussi pouvoir nouer des accords et des partenariats ; et enfin pouvoir nous dire franchement ce qui peut encore les retenir dans un certain nombre d'opération, soit en Russie, soit en France.

Je veux d'abord me féliciter de l'ampleur de ce qu'est notre coopération économique aujourd'hui. Parce qu'elle a considérablement progressé ces dix dernières années. La France a multiplié par cinq ses exportations vers la Russie et la Russie par quatre ses exportations vers la France. Ce qui aboutit au chiffre d'une vingtaine de milliards entre nos deux pays.

Lorsque l'on regarde de près cette situation, nous pouvons constater qu'elle a effectivement été améliorée par rapport à il y a dix ans, mais qu'elle peut encore être considérablement amplifiée. C'est notre devoir.

Il y a d'abord ce que les entreprises françaises peuvent faire en Russie et font déjà en Russie - puisqu'il y a un peu plus de mille entreprises françaises qui sont installées ici dans votre pays, Cher Président, et dans des domaines très différents : le ferroviaire, l'automobile, l'énergie, l'agroalimentaire, la distribution.

Ce que je veux favoriser, c'est non seulement la présence de grandes entreprises, mais également, de petites et de moyennes entreprises françaises qui viendraient ici accéder au grand marché russe. Nous devons demander à nos entreprises ici présentes de tout faire pour qu'il puisse y avoir cet accompagnement.

Il y a des domaines o√Ļ notre coop√©ration peut aussi valoir d'exemple. Je pense au spatial, vous l'avez cit√©, √† la sant√©, aux chemins de fer, √† l'a√©ronautique et bien s√Ľr √† l'√©nergie. Nous devons montrer ce qui marche pour convaincre d'autres entreprises de venir ; et faire que ce qui marche aujourd'hui aille beaucoup plus vite pour que nous puissions d√©velopper nos √©changes.

Les investissements français en Russie représentent à peu près 10 milliards d'euros. C'est à peu près autant ou un peu moins que ce que l'Allemagne fait. Nous avons donc une capacité réelle d'investissement en Russie.

√Ä l'inverse, les investissements russes en France sont encore bien trop insuffisants. Nous en avons examin√© les raisons. Il y a ce qui a trait aux proc√©dures bancaires ; il y a ce qui est relatif aux visas : nous allons faciliter leur d√©livrance ; il y a ce qui peut √™tre √©ventuellement la complexit√© pour l'acc√®s aux domaines les plus strat√©giques : cela sera l'objet du fonds commun que nous allons cr√©er avec la Caisse des d√©p√īts et le fonds russe.

Je veux insister sur l'attractivité de l'économie française. Nous devons rappeler que la France est le troisième pays d'accueil des investissements étrangers en Europe et même le premier en termes d'investissement industriel. Nous sommes le deuxième marché d'Europe par sa taille, 65 millions d'habitants. Nous sommes sans doute le marché le plus facile pour y installer un certain nombre d'entreprises. Quant à Paris, elle est la troisième ville au monde - au monde je dis bien - en nombre de sièges d'entreprises.

Nous avons des conditions qui ne sont pas toutes favorables, il y a encore des améliorations à faire en terme de compétitivité. Mais nous sommes un grand pays pour attirer des investissements. Il n'y a aucune raison, dès lors que nous avons pris un certain nombre d'engagement auprès du président Poutine, qu'il n'y ait pas plus d'investissements russes en France.

Ce que je souhaite, c'est qu'il y ait des investissements communs, c'est-à-dire que nous puissions décider, entreprises françaises et entreprises russes, d'aller aussi investir dans d'autres pays et conquérir des marchés.

Voilà l'enjeu. Je suis tout à fait heureux qu'il puisse y avoir cette rencontre, je souhaite que les entreprises puissent accéder facilement aux autorités politiques, dire un certain nombre de difficultés, de blocages...

D'ailleurs, nous en avons examiné un bon nombre avec le président Poutine, à la suite des rencontres avec les entrepreneurs français. Nous avons même été jusqu'aux tickets restaurants pour savoir pourquoi cela ne se développait pas en Russie.

Le président Poutine lui-même nous a posé un certain nombre de questions, sur la manière avec laquelle les entreprises françaises pouvaient travailler ici, ou les entreprises russes pouvaient investir en France.

Profitons de ce moment, de ce temps de dialogue pour essayer, nous de vous convaincre si cela est nécessaire et vous de nous interpeller parce que c'est sans doute nécessaire. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Russie - Syrie - Mali - Iran - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, et du pr√©sident de la F√©d√©ration de Russie, M. Vladimir Poutine - Propos de M. Hollande (Moscou, 28/02/2013)

(...)

Monsieur le Président, je veux vous remercier pour l'invitation que vous m'aviez lancée au mois de juin dernier et pour l'accueil que vous m'avez réservé, ainsi qu'à ma délégation.

Je souhaitais, et vous souhaitiez aussi, approfondir la relation entre la Russie et la France. C'est une relation ancienne, pour ne pas dire historique ; c'est une relation qui est majeure, d√®s qu'elle concerne deux pays qui ont vocation √† peser sur le destin du monde, et une relation qui est encore prometteuse. C'est-√†-dire qu'elle n'a pas donn√© tout ce qu'elle pouvait produire, aussi bien sur le plan politique, culturel qu'√©conomique. C'est donc notre r√īle que de parvenir √† franchir une √©tape nouvelle. Et tout au long de nos discussions - qui ont √©t√© √† la fois franches, amicales et en m√™me temps concr√®tes - nous avons voulu illustrer ce que pouvait √™tre la relation entre la France et la Russie pour les prochaines ann√©es.

D'abord sur le plan politique, nous avons en commun une vision du monde. Nous sommes attentifs à régler les conflits par la négociation et nous souhaitons, au Conseil de sécurité, faire prévaloir des arguments de paix mais également de lutte contre le terrorisme. J'y reviendrai.

Sur le plan √©conomique, nous avons, avec le pr√©sident Poutine, pris tous les domaines - et ils sont nombreux - o√Ļ nous sommes d√©j√† dans une situation qui nous permet de constater que nos √©changes ont consid√©rablement progress√© ces derni√®res ann√©es. Il convient de dire que le d√©veloppement de la Russie est impressionnant, que l'ouverture de son march√© offre des opportunit√©s. Les entreprises fran√ßaises y ont donc pris leur place, mais peuvent encore √©largir cette influence et cette repr√©sentation, ici, en Russie.

Je suis accompagné de bon nombre de chefs d'entreprise, de grandes, de moyennes aussi et de petites parce que c'est aussi avec les PME que nous pouvons réussir à développer nos échanges. Nous avons également un courant d'investissements important, des stocks d'investissements qui représentent à peu près 10 milliards d'euros et que nous pensons encore amplifier.

Les domaines, vous les avez cit√©s, Monsieur le Pr√©sident, c'est l'√©nergie et le gaz ; c'est l'automobile avec nos deux constructeurs, c'est l'a√©ronautique avec EADS ; c'est l'industrie pharmaceutique - un accord a √©t√© sign√© - ; c'est le chemin de fer, o√Ļ nous pouvons illustrer la coop√©ration entre la France et la Russie √† travers les lignes √† grande vitesse et o√Ļ nous avons une technologie exemplaire ; c'est le spatial, et l√† encore deux accords ont √©t√© sign√©s permettant effectivement qu'√† Kourou, nous puissions faire en sorte que Soyouz y ait toute sa place et continuer √† lancer un certain nombre de satellites. Plusieurs projets sont en pr√©figuration. Mais c'est √©galement le domaine nucl√©aire, le domaine militaire et les domaines agroalimentaire et touristique sur lesquels nous pouvons encore travailler.

Nous sommes attentifs à prendre notre part également aux deux grands événements que la Russie prépare, c'est-à-dire Sotchi et la Coupe du monde 2018. Nous avons pu avancer dans nombre de ces domaines pour élargir la place des entreprises françaises. Je veux remercier tout particulièrement le président Poutine parce que nous connaissons bien les blocages qui peuvent parfois exister, les obstacles dans nos administrations respectives, et nous avons trouvé à chaque fois les moyens de les dépasser.

Nous voulons aussi engager des partenariats entre nos entreprises russes et françaises pour être capables de porter ces technologies sur les marchés extérieurs, ensemble. Et là encore, nous avons des possibilités considérables de développement.

Il y a les investissements fran√ßais en Russie, il y a les investissements russes en France. Le pr√©sident Poutine m'avait dit, il y a plusieurs mois, ¬ęnous devons faire un effort commun pour qu'il y ait un accueil de ces investissements¬Ľ. C'est ce que nous avons fait aujourd'hui √† travers un Fonds qui va √™tre cr√©√© entre la Caisse des d√©p√īts et le Fonds souverain russe, de mani√®re √† ce qu'il y ait des investissements ; je ne parle pas des placements financiers, je parle des investissements dans notre √©conomie qui puissent √™tre favorables √† l'emploi.

Il y a peu d'ailleurs, une entreprise russe a pu reprendre une entreprise en France et c'est plusieurs milliers d'emplois qui sont concernés. Et là encore, je souhaite que nous puissions faciliter ces procédures. L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) doit se mobiliser pour leur réserver le meilleur accueil. J'ai pris l'engagement auprès du président Poutine de faciliter l'attribution des visas, car il n'est pas possible de contraindre un certain nombre de personnes qui veulent investir en France de souscrire à des formalités administratives qui sont désuètes. Et d'ailleurs, nous devrons aller beaucoup plus loin puisque, avec l'Union européenne, nous devons lever un certain nombre de procédures concernant les visas, et le ministre de l'intérieur, ici présent, y travaillera.

Voilà pour la coopération économique industrielle. Une base solide existe entre nos deux pays pour que nous puissions élever le niveau de nos investissements, de nos échanges et donc de l'emploi dans nos pays respectifs. Mais nous avons également abordé les questions de coopération culturelle, parce qu'il y a dans notre Histoire, mais également dans notre présent, suffisamment de liens qui se sont tissés et d'événements que nous avons organisés pour que nous puissions être ambitieux dans ce domaine.

D'abord, au niveau de la langue ou des langues, j'ai pris l'engagement que le russe puisse être davantage enseigné en France et le président Poutine fera également en sorte, avec son gouvernement, que le français puisse trouver toute sa place. Nous avons aussi un certain nombre d'événements à célébrer.

D'abord, l'ann√©e 2013, qui pourrait √™tre une ann√©e autour du spectacle, th√©√Ętre, cin√©ma, et l√† encore, nous ferons en sorte qu'il puisse y avoir de nombreuses initiatives qui soient prises. Les ministres y ont travaill√©. Et nous avons √©galement √† organiser, en 2014, deux manifestations tr√®s importantes, en France, mais pas seulement en France : c'est la Comm√©moration du d√©clenchement de la 1√®re Guerre mondiale, car je n'oublie pas ce que la Russie a fait √† cette √©poque ; et aussi, toujours en cette ann√©e 2014, la Lib√©ration de la France et, l√† encore, le peuple fran√ßais n'oublie pas les sacrifices du peuple russe pour nous permettre d'√™tre ce que nous sommes aujourd'hui. Et nous aurons √† participer ensemble √† ces manifestations.

Nous avons aussi des projets qui intéressent nos pays respectifs. Aujourd'hui, c'était l'extension du lycée français de Moscou, mais je n'oublie pas le projet de centre spirituel et culturel orthodoxe russe à Paris. Là encore, les procédures seront facilitées dès lors que le projet architectural a été amélioré pour qu'il y ait cette réalisation à Paris.

Sur les questions internationales, nous avons de nombreux points communs pour appréhender les grands sujets qui préoccupent le monde. D'abord, je veux remercier le président Poutine pour son appui à l'intervention de la France au Mali, dès lors qu'il en a parfaitement compris le sens, c'est-à-dire dans le cadre de la Charte des Nations unies. À l'appel d'un pays, le Mali, nous avons voulu prendre notre part dans la lutte contre le terrorisme. Et je lui ai donné l'état exact de notre intervention. Nous sommes, en ce moment-même, au contact d'un certain nombre de groupes qui se sont réfugiés dans une partie du Mali. La France fera, avec l'Armée malienne et les armées africaines, son devoir. Mais nous avons aussi évoqué la transformation de cette opération en opération de maintien de la paix, et la Russie nous apportera, au Conseil de sécurité, tout son soutien.

De la même manière, notre analyse est commune sur les risques de prolifération nucléaire, et notamment en Iran. Tout doit être fait pour convaincre l'Iran de renoncer. De renoncer sans conditions à l'accès à l'arme nucléaire. Nous préférons, parce que c'est la seule méthode qui vaille, la négociation. S'il y a des progrès, nous les enregistrerons, mais pour l'instant nous constatons que la négociation n'a pas encore permis, malgré les sanctions, d'aboutir à une solution.

Nous avons aussi évoqué la Syrie. Nous avons le même objectif, même si nous divergeons sur le moyen d'y parvenir. Nous divergeons encore mais nous pouvons trouver, là encore, une voie commune. Nous avons le même objectif qui est d'éviter la dislocation de la Syrie, et de laisser les terroristes profiter du chaos. Nous souhaitons le dialogue politique. Nous, nous considérons que ce dialogue doit trouver une forme nouvelle afin de permettre que toutes les parties s'y retrouvent pour qu'une issue soit trouvée.

Enfin, je veux √©voquer la pr√©paration du G8 ainsi que celle du G20 que la Russie a en responsabilit√©. Deux grands sujets y seront √©voqu√©s. Le premier sujet est le plus actuel et le plus crucial pour nos √©conomies. C'est celui de la croissance, de la stabilit√© des changes, de la capacit√© que nous pouvons avoir √† faciliter les √©changes pour que le monde puisse conna√ģtre un cycle qui soit celui de la croissance, et non pas comme dans un certain nombre de pays d'Europe, de l'aust√©rit√©. Car tout se tient et la prosp√©rit√© pour la Russie d√©pend √©galement de la capacit√© qu'ont l'Europe et les √Čtats-Unis d'avoir le plus haut niveau de croissance.

Mais il y a un second sujet sur lequel nous avons souhait√© nous mobiliser, c'est la lutte contre les trafics de drogues, contre ce fl√©au qui entretient aussi le terrorisme. Pour toutes ces raisons, nous avons avanc√©, tout au long de cette journ√©e qui est une √©tape importante, qui m√©ritera d'√™tre prolong√©e. Je veux en remercier tous ceux qui y ont contribu√©. Jean-Pierre Chev√®nement avait pr√©par√© le terrain, et les ministres s'y sont pleinement investis et je sais que du c√īt√© du gouvernement russe, cela a √©t√© la m√™me d√©marche et elle est souhaitable pour les relations entre nos deux pays.

Q - Messieurs les Présidents, d'après vos déclarations, vous avez beaucoup de points communs, de points de vue communs sur le Moyen-Orient et l'Afrique ; je pense au Mali et à la Syrie. Mais Monsieur le Président de la République française, comment expliquer ce fait que la France soit contre les combattants armés au Mali, qui sont contre le gouvernement légitime, et que la France soit pour les combattants armés qui sont contre le gouvernement légitime ? Alors que la Russie est, dans les deux cas, en faveur du gouvernement en place qui est un gouvernement légitime. Est-ce que vous avez, Messieurs les Présidents, réussi à rapprocher vos positions ? Parce que vous dites que vous avez des positions qui sont parallèles, mais se trouver de part et d'autre d'une ligne de front, c'est quand même autre chose.

R - Vous avez dit qu'on avait des démarches parallèles. Nous devons nous efforcer de les faire rencontrer. Ce qui n'est pas facile pour des parallèles ! Mais nous avons progressé. Je l'ai dit, nous avons les mêmes objectifs : éviter la dislocation, lutter contre le terrorisme. Ensuite, il y a la question de la manière d'y parvenir à travers le dialogue politique. Chacun le sait, nous, nous considérons que cela ne peut pas passer par Bachar Al-Assad, d'autres pensent que c'est le représentant qui peut permettre d'engager ce dialogue.

Si nous continuons sur ces positions-l√†, nous ne parviendrons √† aucune convergence. Nous devons donc imaginer un dialogue politique qui fasse que l'opposition puisse discuter avec une partie qui puisse √™tre acceptable. Voil√† o√Ļ nous en sommes. Cherchons le dialogue politique ! √Čvitons de nous figer sur des positions, mais il n'y a pas de temps √† perdre. Parce que chaque jour qui passe, ce sont des dizaines de civils pour ne pas dire des centaines qui meurent, ce sont des attentats qui sont commis, et ce sont des radicalisations qui, √† un moment ou √† un autre, peuvent d√©g√©n√©rer.

Ma responsabilité, c'est de faire que nous puissions trouver une issue politique. C'est ce que nous avons cherché avec le président Poutine et nous verrons dans les prochains jours comment lui donner une traduction.

(...)

Q - J'ai une question pour M. Hollande, mais si M. Poutine peut commenter également... Selon les défenseurs des droits de l'Homme, l'année 2012 a été la pire en Russie pour le respect des libertés fondamentales depuis 1991. Comment, vous, Monsieur le Président de la République, qualifiez-vous l'état des libertés en Russie ?

R - La dimension des droits de l'Homme est pr√©sente dans toute notre politique √©trang√®re. Partout o√Ļ je vais, j'ai √† √©voquer cette question et je le fais avec franchise et en m√™me temps responsabilit√©. Je n'ai pas √† juger, je n'ai pas √† √©valuer. J'ai simplement √† constater et lorsqu'il y a des manquements, je le fais. Je le fais pour qu'ils soient r√©gl√©s et non pas pour qu'ils soient simplement brandis. C'est le r√īle de la France de faire en sorte que, partout, il puisse y avoir un progr√®s.

(...)

Q - À propos de l'argent, question aux deux présidents, sur les investissements. Les investissements français en Russie ont représenté plus de 9 milliards de dollars, alors que les investissements de Russie en France n'ont été que d'un peu plus de 180 millions de dollars. Comment expliquer cela, Monsieur le Président de la Fédération de Russie ? Est-ce que les investisseurs russes sont tellement lents et tellement paresseux à investir en France ou bien est-ce que les conditions en France ne sont pas si favorables ? D'après les statistiques, en fait, on peut juger du contraire. On peut vous demander si les investisseurs français sont satisfaits des conditions en Russie ?

(...)

R - Comme l'a dit le président Poutine, il y a toujours des procédures, toujours des freins, des blocages. Cela existe dans toutes les administrations. Je ne vais pas les accabler, elles font leur travail, cela dépend aussi des consignes qui leur sont données. À nous de faire en sorte que ce soit simplifié et facilité. Pour cela, il y a à la fois des procédures bancaires, des procédures douanières et j'y veillerai tout particulièrement. Parce que je veux qu'il y ait un rééquilibrage des investissements.

Je l'ai dit devant les chefs d'entreprise : je considère que c'est un progrès quand une entreprise française vient investir en Russie pour permettre un courant d'exportations qui va ensuite bénéficier à l'emploi en France. De la même manière, je considère que lorsqu'il y a un investissement étranger, en l'occurrence russe en France, c'est un apport de capitaux, c'est une possibilité de maintenir ou de créer des emplois. On l'a vu pour GEFCO, cela peut être aussi un partenariat qui permet de conquérir d'autres marchés. Il y a donc ces procédures que nous devons simplifier - des procédures également bancaires - pour que, lorsqu'un investisseur se présente, il ne soit pas mis en suspicion.

Deuxi√®mement, le fonds commun que nous allons cr√©er, avec la Caisse des d√©p√īts et consignations et le Fonds souverain russe, permettra justement de faciliter ces mouvements et de les orienter l√† o√Ļ nous pensons que c'est l'int√©r√™t commun.

Enfin, les visas vont être simplifiés pour leur délivrance. Et puis, ensuite, dans le cadre de l'Union européenne, nous verrons comment nous pourrons lever ces procédures. Parce que c'est quand même un comble, quand un artiste, quand un investisseur, quand une personnalité vient en France pour apporter le meilleur -cela peut arriver ! - qu'on vienne lui chercher chicane ou l'empêcher de venir ! Là encore, il y aura donc des progrès immédiats, suite à cette visite.

Q - Messieurs les Pr√©sidents, une question sur vos relations personnelles. On avait observ√©, lors de votre premi√®re rencontre en juin, une relation, disons, assez franche, mais pas tr√®s chaleureuse. Aujourd'hui, on vous voit c√īte-√†-c√īte, de nouveau francs, mais pas tr√®s chaleureux. Alors, est-ce que les relations entre la France et la Russie sont chaleureuses aujourd'hui ? Est-ce que cette rencontre a permis de les r√©chauffer ?

(...)

R - Le président Poutine dit toujours les choses franchement. Et je le fais chaleureusement. Aujourd'hui, c'était notre deuxième rencontre - mais nous avions eu plusieurs échanges téléphoniques entre ces visites : la première qu'il avait faite en France au mois de juin, et celle que je fais aujourd'hui.

Ce qui est simple avec le président Poutine, c'est qu'il dit les choses et que nous pouvons donc, à partir de là, chercher la voie commune, la convergence, quand elle est possible. Ensuite, à nous d'êtres pratiques, concrets et donc de faire en sorte que ce que nous disons sur le plan économique puisse se traduire rapidement. Pour la chaleur, vous jugerez vous-mêmes, vous prendrez régulièrement la température de nos relations. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Russie/Syrie - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 04/03/2013)

Le président de la République s'est entretenu ce matin au téléphone avec le président de la Fédération de Russie, M. Vladimir Poutine.

Ils ont eu un échange approfondi au sujet de la situation en Syrie, dans le prolongement de leurs échanges à Moscou le 28 février dernier.

Le chef de l'√Čtat a exprim√© la pr√©occupation de la France concernant la mont√©e des violences et l'aggravation des risques li√©s √† la crise syrienne. Il a soulign√© la n√©cessit√© que la communaut√© internationale s'implique de mani√®re d√©cisive pour acc√©l√©rer la transition politique en Syrie. Il s'est d√©clar√© pr√™t √† travailler en ce sens avec la Russie et les autres partenaires de la France./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Cl√īture des Assises du d√©veloppement et de la solidarit√© internationale - Mali - Intervention du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Paris, 01/03/2013)

Monsieur le Président de la République du Sénégal, Cher Macky Sall,

Vous nous fa√ģtes un grand honneur d'√™tre pr√©sent parmi nous et vous donnez d'ailleurs, par votre participation √† ces assises, le caract√®re que nous voulons donner √† ce rassemblement. C'est-√†-dire de parler de ce que nous pouvons faire, devons faire, mais √©galement de le penser, de le r√©fl√©chir avec les chefs d'√Čtats et de gouvernements et la soci√©t√© civile des pays avec lesquels nous avons une relation de solidarit√©.

Je salue la commissaire européenne parce que, nous devons le rappeler, l'Europe est exemplaire dans l'action qu'elle mène pour le développement et la solidarité, et, même dans cette période de difficultés budgétaires, elle a assuré pour les années qui viennent plus que le maintien de ses interventions, c'est-à-dire une progression de ses moyens.

Je veux saluer tous les ministres qui sont ici présents, avec une mention particulière pour Pascal Canfin, parce que c'est lui qui a mené à bien ce travail de réflexion, de concertation et qui donnera lieu à un certain nombre de traductions législatives, mais aussi financières, que je vais vous présenter.

Je salue aussi les anciens ministres de la coopération qui sont ici, prouvant qu'il y a au-delà des majorités, des sensibilités, une continuité.

Dans l'exposition qui nous a √©t√© pr√©sent√©e √† l'entr√©e de ces assises, il y avait des photos qui rappelaient l'histoire de ce que l'on appelait la coop√©ration, qui est aujourd'hui le d√©veloppement, et il y avait la figure du g√©n√©ral de Gaulle, avec la volont√© qu'il avait exprim√©e au lendemain de la guerre, de doter l'√Čtat d'une caisse pour assurer le financement du d√©veloppement.

Je vois aussi ici, au-delà des ministres, des parlementaires, des représentants des collectivités locales, des grandes organisations non gouvernementales, représentants aussi des Nations unies avec M. Douste-Blazy, Nicolas Hulot qui est aussi parmi nous. Bref, il y a un rassemblement de toutes les forces qui doivent concourir au développement.

Je veux donc saluer cette initiative qui a √©t√© prise d'organiser une concertation avec tous les acteurs, de faire en sorte que nous puissions √©valuer ce qu'est notre politique de d√©veloppement dans un moment o√Ļ le monde change et o√Ļ l'Europe et la France connaissent des difficult√©s √©conomiques, qui pourraient nous faire renoncer √† nos objectifs.

Donc la politique de développement et de solidarité doit être régulièrement évaluée, confrontée à la réalité. Cet exercice de concertation n'avait pas été entrepris depuis 1997, donc il y avait encore davantage de raisons qui justifiaient que nous le fassions aujourd'hui avec les membres du gouvernement et avec l'ensemble de ceux qui concourent à cette action.

Le contexte mondial depuis 1997 a considérablement changé. L'Asie et l'Amérique latine que nous regardions encore il y a encore quinze ans, vingt ans, avec commisération par rapport à une situation économique, aujourd'hui ces régions connaissent un taux de croissance considérable, parfois à deux chiffres, et sont sorties pour beaucoup de ce que l'on appelait l'émergence pour devenir de véritables puissances économiques, mais avec des inégalités considérables dans ces pays.

L'Afrique, et j'y √©tais il y a peu, au S√©n√©gal et √† Dakar, je relevais √©galement que ce grand continent est un continent d'avenir, qui a des ressources consid√©rables - nous les connaissons - naturelles, humaines, mais a d√©j√† fait des efforts ind√©niables pour assurer sa croissance et son d√©veloppement. Il n'en demeure pas moins qu'il y a toujours des pays qui connaissent l'extr√™me pauvret√© et il y a des continents o√Ļ les in√©galit√©s demeurent insupportables.

Je veux relever néanmoins la mobilisation de la communauté internationale depuis une, voire même deux décennies. Les objectifs du millénaire pour le développement, qui avaient été fixés en l'an 2000 aux Nations unies, ont permis de dégager des moyens, d'engager des efforts pour la sécurité alimentaire, pour l'éducation, pour l'égalité entre les femmes et les hommes, pour la santé, pour la lutte contre les pandémies et notamment contre le sida, et à cet égard je rappelle que la France s'honore d'être le deuxième contributeur du Fond mondial contre le sida.

Voilà le progrès, il est indéniable. Mais nous savons aussi, si nous sommes sincères entre nous, que les objectifs du millénaire ne seront pas atteints, et alors même qu'il y a plus d'1,3 milliard d'êtres humains qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour, et chaque centime compte.

Que s'est -il donc passé pour que, malgré tous ces efforts, malgré tous ces engagements, toutes ces promesses, que s'est-il donc passé pour que nous n'atteignons pas encore nos objectifs ?

La crise est pass√©e par l√†, s√Ľrement, elle a frapp√© les pays riches, mais elle a √©galement aggrav√© la situation de bon nombre de pays pauvres. R√©sultat, les engagements n'ont pas tous √©t√© tenus et il y a eu un certain nombre de situations qui se sont aggrav√©es, dans une partie des continents africains, latino-am√©ricains et asiatiques.

D'o√Ļ la question qui est pos√©e, qui est celle de la solidarit√©. Elle s'√©nonce en r√©alit√© assez simplement, m√™me pour un grand pays comme le n√ītre, la France : pouvons-nous encore, au regard des difficult√©s que nous traversons sur le plan √©conomique, sur le plan budg√©taire, pouvons-nous encore conserver une politique ambitieuse de d√©veloppement ?

√Ä cette question qui est pos√©e notamment √† la France, compte tenu de son rang, de sa place, de son histoire, de ses valeurs, je r√©ponds ¬ęoui¬Ľ. Nous le pouvons, nous le devons, nous le ferons.

Car c'est notre devoir, c'est notre volonté, c'est aussi -parlons franchement- notre intérêt : notre intérêt pour la stabilité du monde, notre intérêt pour la sécurité, notre intérêt pour la dignité que nous voulons promouvoir partout, notre intérêt aussi sur le plan économique.

Et, si nous voulons avoir toujours cette ambition d'une grande politique de d√©veloppement, nous devons la red√©finir, la repenser, la retravailler dans ses objectifs, ses m√©thodes, ses moyens. Et c'√©tait le sens de votre initiative, Monsieur le Ministre, de faire en sorte que nous puissions √† travers une consultation, une participation, une concertation, qu'importe les mots, savoir o√Ļ nous voulons aller et comment.

Nous avons trois objectifs.

Le premier c'est, à travers notre politique de développement et de solidarité, de contribuer au développement économique en utilisant tous les moyens qui sont aujourd'hui à notre portée : les dons qui doivent demeurer, les prêts, les financements de projets, l'assistance technique, l'expertise, le volontariat et parfois, dans les conditions les plus extrêmes, l'aide humanitaire d'urgence.

Si nous voulons mobiliser ces moyens nous devons avoir des critères, des conditions.

D'abord des critères politiques, c'est-à-dire l'exigence démocratique, qui est d'ailleurs une condition du développement et pas simplement son aboutissement.

Ensuite la lutte contre la corruption, qui est un fléau qui concerne aussi bien les pays pauvres que les pays riches. La corruption s'entretient mutuellement, pour qu'il y ait des corrompus, il faut qu'il y ait des corrupteurs. Cela va dans les deux sens.

Et puis un autre crit√®re, qui est le renforcement de l'√Čtat de droit, d'institutions capables de prot√©ger les personnes et aussi de garantir aux entreprises que leurs biens seront prot√©g√©s.

C'est là que j'en viens aux conditions économiques, parce que nous voulons que nos moyens soient au service de stratégie, de projets, d'une cohérence, c'est-à-dire ce qui va permettre à un pays ou à une région de pouvoir se doter d'instruments dans la durée et assurer par le secteur public, mais aussi par le secteur privé, la mise en oeuvre d'objectifs que nous pouvons partager et évaluer régulièrement.

Les soutiens devront donc être également mis au service d'une conception du développement, avec nos propres priorités. Et, pour la France, la promotion des femmes est un critère de notre aide.

Le 20 mars prochain, notre pays accueillera le premier Forum mondial des femmes francophones. Peu de temps apr√®s, il y aura la r√©union minist√©rielle de l'Union pour la M√©diterran√©e consacr√©e pr√©cis√©ment au renforcement du r√īle des femmes.

Pourquoi donc ? Pour une exigence d'√©galit√© s√Ľrement, mais aussi parce que l'exp√©rience a √©t√© faite que lorsque l'aide passe par les femmes, elle est souvent plus efficace et plus durable et mise au service √©galement de l'√©ducation des enfants. Voil√† pour le premier objectif : le d√©veloppement √©conomique qui a des conditions politiques.

Le second objectif, je l'évoquais, c'est la sécurité, car il ne peut y avoir de sécurité sans développement, ni de développement sans sécurité.

C'est pour cela que je considère que l'aide de la France, c'est aussi sa contribution aux opérations de maintien de la paix ou, pour prendre le sujet qui aujourd'hui mobilise nos forces armées, notre participation au maintien de l'intégrité du Mali avec l'égale participation des forces africaines puisqu'aujourd'hui les contingents africains sont même supérieurs à nos armées présentes au Mali.

Ce que nous cherchons, c'est d'abord de donner au Mali toutes les conditions, une fois rétablie son intégrité territoriale, d'assurer son développement, ce qui n'est pas possible s'il y a des forces terroristes qui se livrent d'ailleurs à des trafics, les trafics nourrissant le terrorisme, le terrorisme pouvant également permettre le trafic. S'il y a ces groupes-là, c'est une menace, pas simplement pour le Mali, mais pour l'ensemble de la région.

C'est la raison pour laquelle la CEDEAO s'est autant investie, mobilisée et soutient notre intervention parce que c'est la sienne, parce qu'il n'y a pas de différence, parce que la France agit au Mali au nom de la communauté internationale.

Notre opération n'est pas terminée, elle est dans une phase sans doute ultime d'aller chercher les derniers groupes terroristes qui se sont réfugiés, cachés dans une zone particulièrement difficile. Des informations circulent, je n'ai pas à les confirmer parce nous devons aller jusqu'au bout de l'opération.

Nous le faisons avec les Maliens, avec les Africains. Je veux saluer leur courage, parce que c'est surement la partie la plus délicate de l'intervention que nous engageons.

Le troisième objectif d'une politique de développement, c'est la préservation de la planète.

C'est pourquoi la France est prête, et je le redis à chaque occasion pour que chacun comprenne bien que c'est ici, non pas une position de principe, mais c'est une responsabilité que nous revendiquons, à accueillir la conférence sur le climat en 2015. Si elle en a la charge, elle veillera à préparer ce rendez-vous pour qu'il soit réussi, parce que nous ne pouvons plus nous permettre un nouvel échec.

J'ai rencontr√© il y a encore quelques jours le Secr√©taire d'√Čtat Kerry qui me confirmait qu'elle √©tait bien l'intention de la nouvelle administration am√©ricaine - enfin la m√™me √† travers Obama, mais qui s'inscrit dans un nouveau temps de son action- de faire tout pour que, l√† aussi, cette conf√©rence puisse aboutir.

Partout o√Ļ je vais, je rencontre une prise de conscience nouvelle, y compris parmi les pays √©mergents. J'√©tais en Inde, o√Ļ il y a cette volont√© commune de pouvoir aboutir et nous devons maitriser √† tout prix les √©missions de carbone dans le monde.

Là encore, je pense que nous pourrons être utiles à travers notre politique de développement. Cette ambition je l'ai rappelée au sommet de Rio+20, également aux Nations unies à travers les futurs objectifs du développement durable. C'est le message que j'ai adressé à travers la nomination de Nicolas Hulot comme ambassadeur pour la planète, et la mobilisation de l'ensemble de nos diplomates. Je remercie le ministère des affaires étrangères de s'y consacrer pleinement avec Laurent Fabius et Pascal Canfin pour que nous puissions porter ce message.

Notre pays va ainsi investir 5 à 6 milliards d'euros sur trois ans dans les énergies durables au Sud, via l'Agence française de développement ici représentée. Je souhaite que l'AFD montre la voie, c'est-à-dire la priorité aux énergies renouvelables et le refus de financer des projets qui ne nous paraissent pas correspondre à nos objectifs. Je pense notamment au secteur des centrales à charbon, dès lors qu'elles sont sans captage ou stockage du CO². Là aussi, nous devons être exemplaires dans nos actions.

Voilà les trois objectifs : développement économique, sécurité, préservation de la planète.

Quelle est la méthode ? Quels sont les moyens ?

La méthode, c'est celle qui a été engagée depuis plusieurs mois : rassembler tous les acteurs : parlementaires, élus - j'y reviendrai, car les collectivités font beaucoup pour le développement -, les administrations -parce qu'elles sont indispensables-, les ONG - parce que c'est par elles que passe une partie de nos soutiens -, les syndicats, les instituts de recherche, les entreprises de plus en plus engagées dans les politiques de solidarité, les fondations. Avec vous tous qui comprenez, à travers néanmoins des responsabilités différentes, l'enjeu.

Mais une fois que nous avons fait preuve, √† travers cette d√©marche, de cette m√©thode, nous devons la poursuivre. Ce sera le sens de ce Comit√© interminist√©riel de la coop√©ration internationale et du d√©veloppement (CICID), qui ne s'est plus r√©uni depuis quatre ans et qui se tiendra au cours de l'√©t√©, pr√©sid√©e par le Premier ministre, avec tous les ministres concern√©s. Le r√īle de ce comit√© ce sera d'inscrire les conclusions de ces Assises dans les choix budg√©taires r√©glementaires l√©gislatifs.

Un projet de loi d'orientation et de programmation sur la politique française du développement et de la solidarité internationale sera présenté au Parlement. Il traduira la feuille de route, c'est-à-dire nos engagements. Il pourra donc être débattu à l'automne et adopté au début de l'année prochaine.

Je voulais √©galement que puisse √™tre prolong√© le dialogue avec la soci√©t√© civile. J'ai demand√© au Premier ministre et √† Pascal Canfin de mettre en place un Conseil national du d√©veloppement et de la solidarit√© internationale, qui sera pr√©cis√©ment charg√© de maintenir cette concertation r√©guli√®re de mani√®re souple mais n√©anmoins institutionnelle entre l'√Čtat et la soci√©t√© civile.

Reste la question des moyens, chacun conna√ģt nos contraintes. Je ne vais pas ici m'appesantir trop longuement.

Le ministre de l'économie et des finances est là, un effort est demandé à tous les ministères, certains sont prioritaires - très peu -, d'autres ne le sont pas mais se considèrent aussi comme prioritaires. C'est la difficulté de l'exercice de l'arbitrage. C'est vrai qu'il y a beaucoup de priorités. Cela ne correspond pas nécessairement à l'organisation gouvernementale, ça correspond à la réalité. Néanmoins il nous faut faire des choix.

La loi de finances pour 2013 a préservé les crédits pour la politique du développement et a testé de notre volonté de maintenir un bon niveau d'engagements, encore insuffisant pour beaucoup d'entre vous.

C'est pourquoi, d√®s lors que nous renouerons avec la croissance, et j'esp√®re le plus t√īt possible parce que je ne m'inscris pas dans l'id√©e que nous vivrions n√©cessairement dans les pays d√©velopp√©s avec une tendance qui serait √† la croissance z√©ro -nous avons une ambition, nous aussi, de d√©veloppement durable, de mobiliser toutes nos ressources, nos capacit√©s de faire la transition √©nerg√©tique et √©cologique, de chercher de nouvelles fili√®res pour assurer un niveau de croissance suffisant- d√®s lors que nous l'aurons retrouv√©e, nous pourrons reprendre une trajectoire ascendante vers les objectifs internationaux que nous nous sommes fix√©s.

Au niveau de l'Union europ√©enne, premier pourvoyeur d'aide au monde, au temps o√Ļ l'Europe n'a pas toujours bonne r√©putation et o√Ļ on l'inflige de beaucoup de maux, il convient de relever que, m√™me dans cet exercice budg√©taire qui nous a pris beaucoup de temps et o√Ļ nous n'avons pas toujours √©t√© √† la hauteur des ambitions que nous proclamons, au moins pour le d√©veloppement, il y a eu non seulement la pr√©servation, mais l'augmentation d'un certain nombre de moyens.

Nous aurons - ce n'est pas le plus facile - à mobiliser également ces financements pour que rien ne soit oublié ou que le temps ne soit pas trop long avant que les engagements puissent être traduits en paiements.

Au-delà de ce que nous pouvons faire au niveau national et européen, nous avons à mobiliser des financements innovants si nous voulons assurer les objectifs.

Une taxation des transactions financières a été mise en place au niveau national, il y a déjà plusieurs mois. La part de cette taxe qui sera affectée au développement sera, dès cette année, de 10 % pour les versements effectifs, même si je sais que beaucoup souhaiteraient davantage. Nous avons assuré au moins 10 %.

Elle servira à financer deux urgences : la lutte contre les grandes pandémies, en particulier le sida, mais également la question de l'eau, notamment au Sahel. Dans un futur proche, cette taxation nous permettra de contribuer au fonds vert mis en place dans le cadre de la négociation internationale sur le climat.

Au niveau européen, onze pays - sans doute demain davantage - se sont engagés à créer une taxe, toujours sur les transactions financières, dont l'assiette sera plus large que notre taxe nationale et donc les recettes seront forcément plus importantes puisque onze pays vont contribuer.

Là encore, ce sera une bataille, pas simplement pour introduire la taxe mais pour déterminer l'affectation. Beaucoup de pays voudront récupérer cette somme dès lors qu'ils affrontent un certain nombre de contraintes budgétaires. Nous souhaitons, nous voulons qu'une part significative de cette taxe qui sera européenne puisse être affectée au développement.

Enfin, la taxation des billets d'avion, qui avait été voulue par Jacques Chirac et qui n'a pas été revue depuis la mise en place d'UNITAID en 2005 devra être réactualisée pour que nous puissions disposer de moyens supplémentaires.

L'ambition de ces Assises, c'était aussi de renforcer les acteurs du développement.

D'abord l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement, dont le r√īle et le mandat g√©ographique se sont consid√©rablement accrus ces derni√®res ann√©es.

Je souhaite que l'évaluation et l'impact de notre aide s'améliore. Des indicateurs seront introduits pour gagner en transparence, en efficacité et en respect des objectifs de biodiversité.

J'avais pris l'engagement que la part de l'aide française qui transite par les ONG soit doublée. Cette promesse a commencé à être mise en oeuvre en 2013. Elle sera tenue sur le quinquennat.

Pourquoi ? Parce que les ONG jouent un r√īle majeur dans la solidarit√©. Elles sont √©galement peu suspectes de favoriser tel ou tel √Čtat ou tel ou tel int√©r√™t. Elles peuvent √©galement mobiliser d'autres fonds, des fonds priv√©s.

Je rappelle qu'il y a 300 ONG à dimension nationale et 3 000 dans les territoires. C'est un réseau considérable. Il y a même 2 millions de donateurs qui contribuent eux aussi à la politique de développement. De même, nous devons encourager les volontaires internationaux. Ils sont 2 500 et s'il pouvait y en avoir plus, nous ne nous en plaindrions pas. Il y aura la volonté de promouvoir une partie de notre aide à travers les ONG.

Je m'adresse aussi à nos collectivités territoriales, qui ont voulu là aussi, au-delà des sensibilités, un développement remarquable de leurs activités de coopération internationale. Plus de 5 000 collectivités, communes, régions consacrent une part de leur budget à l'action de coopération.

C'est pourquoi je souhaite que l'Agence française de développement, mais aussi l'Union européenne, Madame la Commissaire, accentuent les efforts de co-financement avec les collectivités locales.

Je retiens également l'idée, avancée par Cités Unies France que préside Michel Delebarre, de reproduire la loi Oudin-Santini en étendant ses bénéfices à la gestion durable des déchets.

Je veux insister sur un acteur, dont on parle peu et qui pourtant était également essentiel dans ce que nous voulions faire en matière de développement. Je pense aux diasporas, représentées ici par le FORIM et de nombreuses associations de migrants qui travaillent en bonne intelligence avec nos collectivités et contribuent aussi au développement de leurs propres pays à travers un certain nombre de transferts de fonds ou même d'expériences.

Je veux saisir cette occasion pour saluer l'initiative de plus de cent collectivités françaises qui sont jumelées avec des collectivités du Mali, qui se réuniront le 19 mars à Lyon, pour envoyer non pas simplement un message de sécurité, je l'ai livré, mais un message de solidarité.

Si nous voulons qu'il y ait du développement, il faut qu'il y ait des échanges, des échanges économiques, des échanges culturels, des échanges financiers, des échanges aussi humains. Je pense aux jeunes, aux étudiants, aux chercheurs, aux créateurs qui aspirent souvent à la mobilité.

Or, ces dernières années, la politique de développement est parfois devenue une contrepartie de la politique migratoire : Je vous soutiens pour que vous ne fassiez pas davantage pour la mobilité, autrement dit que vous fermiez encore davantage les frontières.

Je pense que cette politique, chacun peut la comprendre. Nous avons l'objectif de maitriser les mouvements migratoires, mais nous devons faire en sorte qu'il y ait du mouvement. C'est pourquoi nous avons abrogée une circulaire qui était contestée et que j'ai donné des instructions pour que, sur la délivrance des visas, il puisse y avoir une certaine facilité lorsqu'il s'agit de permettre à des entrepreneurs, à des créateurs, des responsables d'associations de contribuer aux échanges.

Enfin, je veux m'adresser aux entreprises qui, en France, sont 2500 à s'engager dans la solidarité internationale et à investir dans les pays les moins développés.

Ces entreprises apportent de la technologie et de l'innovation. Elles permettent l'√©mergence d'un secteur priv√© dans les pays que nous voulons soutenir. Elles contribuent √† int√©grer les pays en d√©veloppement dans les √©changes mondiaux. Je salue ce que peuvent faire un certain nombre d'organisations professionnelles, patronales, pour favoriser cette mobilisation. √Čgalement du c√īt√© de la finance, o√Ļ il y a √©galement une part de prise de conscience aussi que nous devons avoir des financements diff√©rents de ceux que nous avons mis en place.

C'est ce qu'on appelle la diplomatie √©conomique, que j'ai voulu promouvoir pour que nous puissions avoir une politique qui soit en coh√©rence avec celle de notre d√©veloppement. Elle se fera avec les entreprises. Elle se fera parce que ces entreprises cherchent bien s√Ľr √† acc√©der √† des march√©s, mais ont bien compris qu'elles ne pourront le faire durablement que si elles participent √† une politique de d√©veloppement.

Ceci suppose de la transparence. C'est un principe que nous avons posé et qui doit être également pris en compte au niveau des directives européennes, ou que nous souhaitons également pour les entreprises extractives.

On nous dit : Vous n'allez pas mettre de barri√®res suppl√©mentaires aux entreprises fran√ßaises. Il ne s'agit pas de cela. Il s'agit de faire en sorte qu'il puisse y avoir une clart√© et une transparence pour les industries extractives qui, bien s√Ľr, doivent pouvoir investir dans les pays, mais sans que l'on puisse ignorer ce qui a √©t√© pr√©lev√© et comment.

Beaucoup de nos entreprises se sont engag√©es dans des d√©marches de responsabilit√©s sociale et environnementale. Je n'oublie pas non plus le r√īle de l'√©conomie sociale et solidaire, ou la micro-finance. Tout cela contribue √† approfondir, amplifier encore notre politique de d√©veloppement.

Nous sommes également vigilants pour qu'il y ait des normes sociales et environnementales et que, dans les appels d'offre, les entreprises les plus vertueuses puissent être retenues. Nous défendrons ces objectifs partout, au G8, au G20, au FMI, à la Banque mondiale.

Nous serons également attentifs, pour ne pas dire exigeants, dans la lutte contre les flux illicites de capitaux et également par rapport aux biens mal acquis. La justice fera, en France, en toute indépendance son travail jusqu'au bout.

Je voudrais enfin terminer par l'expertise. Il y a eu un rapport, le rapport Berthou, je demande au gouvernement de prendre rapidement les mesures qui s'imposent pour faire que l'expertise devienne encore plus performante.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que j'étais venu délivrer comme message, un message de cohérence, d'exigence, d'exemplarité, un message aussi de volonté, il en faudra. Il en faudra pour que dans cette période si incertaine nous puissions maintenir un certain nombre de caps : le cap de notre politique économique, le cap aussi de notre politique de développement.

Je remercie tous les acteurs, collectivités, associations, organisations, instituts de recherche, entreprises. C'est par vous aussi que notre politique de développement passe et passera.

Ces Assises ont contribué à rassembler, à réunir. Je souhaite qu'elles puissent maintenant se traduire dans des textes, dans des financements, dans des procédures, dans des méthodes mais surtout qu'elles puissent se traduire dans la réalité.

Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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6. Mali/D√©c√®s d'un soldat fran√ßais - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 03/03/2013)

Le président de la République a appris avec une grande tristesse la mort au combat hier soir dans le nord du Mali d'un soldat du 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers.

Le chef de l'√Čtat exprime son profond respect pour le sacrifice de ce jeune soldat.

Il adresse à sa famille et à ses proches ses condoléances attristées et s'associe pleinement à leur douleur.

Il salue avec √©motion le courage et l'ardeur des forces fran√ßaises engag√©es dans le combat contre les groupes arm√©s terroristes pour restaurer la pleine souverainet√© du Mali, aux c√īt√©s des forces arm√©es maliennes et des contingents africains./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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7. Mali/D√©c√®s d'un soldat fran√ßais - Communiqu√© du Premier ministre (Paris, 03/03/2013)

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appris avec une très grande émotion la mort au combat d'un militaire français de la force Serval, samedi 2 mars, au Mali.

Un chasseur de première classe du premier régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers a été mortellement blessé dans les combats contre les terroristes armés retranchés dans l'Adrar des Ifoghas, au Nord du Mali.

Le Premier ministre présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Il s'associe à leur peine ainsi qu'à celle de ses frères d'armes.

Dans ces circonstances particuli√®rement tragiques, le Premier ministre tient √† affirmer que la France est d√©termin√©e √† tenir ses engagements et √† poursuivre ses actions aux c√īt√©s du peuple malien et des contingents africains engag√©s au sein de la MISMA, pour permettre au Mali de retrouver sa souverainet√© sur l'ensemble de son territoire. Il salue le professionnalisme, l'abn√©gation et l'exceptionnel courage de nos militaires engag√©s au Mali qui, dans des conditions difficiles, obtiennent quotidiennement des r√©sultats remarquables./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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8. France/Am√©rique du Sud - R√©ponse de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, √† une question orale √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 28/02/2013)

Vous avez raison de souligner, Monsieur le Député, que l'Amérique latine a profondément changé au cours des dernières années.

D√©barrass√©e des rigueurs des politiques d'ajustement structurel, attentive aux aspirations des peuples √† la justice et au progr√®s social, cette r√©gion presque enti√®rement acquise √† la d√©mocratie conna√ģt depuis quelques ann√©es une croissance et un d√©veloppement soutenus. L'Am√©rique latine s'affirme aussi de plus en plus sur la sc√®ne internationale, o√Ļ sa voix porte en particulier sur les enjeux globaux, qu'il s'agisse du d√©veloppement durable, du climat, de la gouvernance mondiale ou de la lutte contre le trafic de drogue.

C'est √† tous ces titres que le gouvernement a souhait√© en faire ¬ęun objectif majeur de notre politique √©trang√®re¬Ľ, pour reprendre les propos du ministre des affaires √©trang√®res publi√©s la semaine derni√®re, √† la veille de sa premi√®re tourn√©e dans trois pays de ce continent : le P√©rou, Panam√° et la Colombie.

C'est √† l'occasion de ce d√©placement, o√Ļ vous √©tiez pr√©sent comme vous venez de le rappeler, que M. Fabius a prononc√© le discours fondateur que vous appelez de vos voeux. Il l'a d'ailleurs fait devant les √©l√®ves et les professeurs d'une grande universit√© de Bogot√° que vous connaissez, je crois, fort bien, Monsieur le D√©put√©.

Pour r√©sumer son propos, notre nouvelle approche de l'Am√©rique latine est √† la fois continentale, en ce qu'elle n'exclut aucun pays de la r√©gion, et partenariale car nous traitons d'√©gal √† √©gal avec des √Čtats souverains qui sont confront√©s aux m√™mes difficult√©s que nous dans ce monde globalis√©.

Elle est donc bien, d'abord, politique. C'est pour l'expliquer et pour renouer les fils d'un dialogue quelque peu distendu ces dernières années que le président de la République, le Premier ministre, le président du Sénat et pas moins de neuf membres du Gouvernement se sont rendus dans la région au cours des neuf derniers mois.

C'est en effet un int√©r√™t soutenu et continu que nous souhaitons manifester √† ce continent. Ce dialogue politique pourra √™tre prolong√© au sein des organisations r√©gionales dont vous avez raison de souligner l'importance. La France si√®ge d√©j√† dans plusieurs d'entre elles : l'Organisation des √Čtats am√©ricains, la Commission √©conomique pour l'Am√©rique latine et les Cara√Įbes, l'Organisation des √Čtats de la Cara√Įbe et le Syst√®me d'int√©gration de l'Am√©rique centrale. Les collectivit√©s fran√ßaises des Am√©riques sont d√©sormais candidates √† plusieurs de ces organisations, avec le soutien du gouvernement.

Mais nous souhaitons √©galement parler d'√©conomie. Nos grandes entreprises sont pr√©sentes depuis des d√©cennies en Am√©rique latine, o√Ļ elles ont lourdement investi. Sait-on assez que les investissements fran√ßais au Br√©sil sont plus importants que nos investissements en Russie, en Inde et en Chine r√©unies ? Sait-on que nous sommes le premier investisseur europ√©en en Am√©rique latine ?

Notre commerce courant et nos parts de marché restent néanmoins trop faibles, même si notre balance commerciale avec cette région est positive et si nous y sommes bien placés dans nos secteurs d'excellence, à commencer par ceux en relation avec la croissance verte et solidaire, c'est-à-dire notamment les transports urbains et les énergies alternatives.

Il nous faut faciliter l'accès de ces marchés à nos PME, encourager les investissements croisés, promouvoir notre modèle de responsabilité sociale des entreprises, autant de missions qui reviennent bel et bien à notre nouvelle diplomatie économique.

Enfin, le gouvernement veut encourager les √©changes entre nos soci√©t√©s. D√©j√† tr√®s vivaces, ceux-ci passent notamment par les partenariats interuniversitaires et de recherche dont nous voulons maintenir le dynamisme. Il s'appuie aussi sur notre r√©seau de coop√©ration fort de ses trente-sept lyc√©es et de ses 275 centres de l'Alliance fran√ßaise o√Ļ 160.000 Latino-Am√©ricains √©tudient notre langue. Ces atouts seront pr√©serv√©s./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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9. Madagascar/Assassinat d'une religieuse fran√ßaise - D√©claration du porte-parole (Paris, 02/03/2013)

C'est avec une profonde tristesse que nous avons appris le meurtre de Mme Helesbeux, survenu le 1er mars à Madagascar.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille ainsi qu'à ses proches.

Soeur de la Communaut√© de la Providence, Mme Helesbeux √©tait pleinement investie aupr√®s de la population de Mandritsara, dans le Nord de Madagascar, o√Ļ elle travaillait comme infirmi√®re depuis de nombreuses ann√©es.

Les services de l'ambassade de France à Madagascar sont en relation avec les enquêteurs du commissariat de Mandritsara. Nous espérons que l'enquête ouverte sur place permettra rapidement de faire la lumière sur ce meurtre particulièrement odieux./.

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10. Point de presse du porte-parole - Pakistan/Attentat contre la communaut√© chiite √† Karachi - Retour en France de M. Nadir Dendoune - 18√®me session de l'Assembl√©e des Fran√ßais de l'√©tranger - Maroc/Union europ√©enne - Otages au Sahel - Minist√®re des affaires √©trang√®res (Paris, 04/03/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Pakistan - Attentat contre la communauté chiite à Karachi (3 mars 2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attentat survenu le 3 mars à Karachi. Elle présente ses condoléances aux proches des victimes et renouvelle sa pleine solidarité avec la population pakistanaise face au terrorisme.

Il s'agit de la troisième attaque de grande ampleur qui vise la communauté chiite au Pakistan depuis le début d'année. La France renouvelle son inquiétude face au nombre croissant d'attentats visant les minorités ethniques et religieuses au Pakistan. Elle appelle les autorités pakistanaises à lutter contre toutes les organisations extrémistes présentes sur leur territoire.

2 - Retour en France de M. Nadir Dendoune

Nous saluons le retour en France, ce matin, du journaliste français Nadir Dendoune.

Le ministère des affaires étrangères, via notamment notre ambassade en Irak, est resté pleinement mobilisé pour obtenir la libération de notre compatriote et lui permettre de rejoindre ses proches en France.

3 - 18ème session de l'Assemblée des Français de l'étranger (4-8 mars 2013)

La 18ème session plénière de l'Assemblée des Français de l'étranger, dont les élus représentent plus de deux millions de Français établis hors de France, se tient à Paris du 4 au 8 mars 2013.

Ses membres vont débattre de l'ensemble des questions intéressant les Français établis hors de France - et en particulier du projet de loi relatif à la représentation des Français de l'étranger, de l'enseignement français à l'étranger, de l'aide sociale et la protection sociale, ainsi que des questions fiscales. La sécurité des communautés françaises fera l'objet d'une attention spécifique, notamment à l'occasion d'un point d'information du directeur du Centre de crise du ministère des affaires étrangères.

Mme Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, interviendra le 7 mars devant les élus.

4 - Maroc/Union européenne

Q - Le Maroc et l'Union européenne (UE) ont lancé vendredi les négociations pour un accord de libre échange complet et approfondi (Aleca) à l'occasion de la visite à Rabat du président de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso.

La négociation d'un accord pour faciliter les procédures d'octroi des visas pour certaines catégories de personnes, en particulier les étudiants, les chercheurs et les hommes et femmes d'affaires a été également discutée.

Comment la France accueille-t-elle le lancement de ces négociations ?

R - Sur votre première question, nous sommes satisfaits de l'annonce du lancement des négociations d'un accord de libre-échange complet et approfondi.

Le Maroc, dont les liens avec l'Union européenne sont solides et anciens, est le premier pays du Sud de la Méditerranée à s'engager dans de telles négociations. Au-delà de l'importance de ses échanges commerciaux avec l'Union européenne, supérieurs à 24 milliards d'euros en 2011, le lancement de ces négociations s'inscrit dans une relation de confiance qui a été confirmée ces dernières années (accord d'association de 1996, reconnaissance en 2008 d'un statut avancé).

La proposition faite par l'Union européenne en 2011 de lancer les négociations de tels accords de libre-échange avec plusieurs pays du voisinage Sud de la Méditerranée fait partie intégrante de la politique européenne de voisinage, en cohérence avec le Partenariat de Deauville. Ces accords constituent des instruments efficaces pour la sécurisation des investissements et le développement des échanges commerciaux. Ils permettront de stimuler la croissance économique et la compétitivité en Méditerranée.

S'agissant de votre deuxième question, la France soutient la mise en place d'un partenariat pour la mobilité avec le Maroc. Nous sommes en effet convaincus qu'il permettra à l'Union européenne et au Maroc de disposer d'un cadre opérationnel pour aborder les problématiques de mobilité et les questions migratoires. Notre objectif doit être de parvenir à un accord équilibré, intégrant à la fois des facilitations de visas pour certaines catégories de personnes et des procédures de réadmission efficaces.

5 - Otages au Sahel

Q - Que répondez-vous aux familles de quatre otages au Sahel qui appellent à négocier avec Aqmi ?

R - Nous restons pleinement mobilisés pour obtenir la libération de nos compatriotes.

Le président de la République et le ministre des affaires étrangères ont à plusieurs reprises rappelé notre détermination et la nécessité de travailler dans la discrétion, condition de l'efficacité.

6 - Ministère des affaires étrangères

Q - M. Jean Félix-Paganon est-il toujours représentant spécial de la France au Sahel ? Et M. Laurent Bigot est-il toujours chargé de l'Afrique de l'Ouest au ministère ?

R - Nous ne commentons pas les décisions individuelles d'affectation./.

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