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Bulletin d'actualités du 27 février 2013


Sommaire



1. Décès de Stéphane Hessel - Déclaration du président de la République, M. François Hollande (Paris, 27/02/2013)

J'apprends avec une grande tristesse la disparition de Stéphane Hessel. C'était une grande figure dont la vie exceptionnelle aura été consacrée à la défense de la dignité humaine.

C'est au nom de ses valeurs qu'il s'engagea dans la résistance.

C'est convaincu de la nécessité d'une gouvernance du monde qu'il travailla à la mise en place de l'ONU et qu'il poursuivit une carrière brillante de diplomate au service de la paix.

C'est en Européen marqué par la guerre qu'il s'est mobilisé pour l'unification de notre continent.

C'est en humaniste passionné qu'il s'est livré à tous les combats pour les droits de la personne humaine, pour lutter contre les préjugés, les conformismes, les conservatismes.

Sa capacité d'indignation était sans limite, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s'achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice.

J'adresse à sa famille et à ses proches le témoignage de notre reconnaissance./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Décès de Stéphane Hessel - Communiqué du Premier ministre (Paris, 27/02/2013)

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appris avec une très grande émotion le décès de Stéphane Hessel survenu dans la nuit, à l'âge de 95 ans.

Ancien résistant et déporté, puis ambassadeur aux Nations unies, il a inlassablement porté les valeurs de résistance à l'oppression, et de fraternité entre les hommes.

Figure de la conscience universelle, à jamais debout face aux injustices, Stéphane Hessel s'est battu contre le fatalisme et l'indifférence, contre l'égoïsme et la cupidité.

Son message, universel, a éveillé les consciences sur tous les continents, et dans toutes les générations. Nul doute qu'à l'avenir son oeuvre et son courage continueront d'inspirer les femmes et les hommes engagés pour la liberté.

Le Premier ministre rend hommage à l'homme engagé jusqu'au bout de sa vie pour les valeurs qu'il défendait, et s'associe à la douleur de sa famille et de ses proches./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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3. Décès de Stéphane Hessel - Déclaration du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius (Paris, 27/02/2013)

Avec Stéphane Hessel disparaît un combattant de la liberté et de la dignité humaine.

Engagé avec courage au service de causes justes et généreuses, à travers la diversité des époques qu'il a traversées, il est resté le témoin exigeant des valeurs de la Résistance.

Il fut également un grand diplomate, au service de la France et des Nations unies, défenseur ardent des droits de l'Homme et de la paix. Citoyen engagé, son regard, sa lucidité, sa générosité, son enthousiasme, sa bienveillance et son amour de la justice nous manqueront.

Je m'incline avec gratitude et tristesse devant sa mémoire et j'assure sa famille et tous ses proches de ma profonde solidarité et de ma sympathie./.

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4. Tchad - Lettre du président de la République, M. François Hollande, au président de la République du Tchad, M. Idriss Deby Itno (Paris, 26/02/2013)

Monsieur le Président, Cher Idriss

C'est avec la plus grande tristesse que j'ai appris avec consternation, la mort de vingt-trois soldats tchadiens au cours des combats meurtriers qui ont eu lieu au Nord du Mali, dans le massif des Ifoghas. Nous nous en sommes entretenus par téléphone.

Cette perte, s'il en était besoin, illustre l'engagement, total et courageux, des forces armées tchadiennes pour libérer, aux côtés des forces maliennes et françaises, le Mali du fléau du terrorisme. Elle illustre aussi les dangers de cette mission. Le sacrifice de ces jeunes soldats doit être salué avec le plus profond respect, et nous renforcer dans notre détermination. Il ne sera pas oublié.

C'est pourquoi, en mon nom propre et au nom de la France, je tiens à vous adresser, ainsi qu'aux familles des disparus, mes plus profondes et sincère condoléances.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.

Avec tout mon soutien ./.

(mentions manuscrites en italique)

(Source : site Internet de la présidence la République)

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5. Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme - Communiqué du Premier ministre (Paris, 26/02/2013)

Comme il s'y était engagé à l'occasion de l'inauguration du camp des Milles, le Premier ministre a réuni aujourd'hui le Comité interministériel de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (CILRA), qui ne s'était pas tenu depuis 2009.

Le Premier ministre a rappelé que la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie exigeait une action d'autant plus énergique des pouvoirs publics que le nombre de faits a été multiplié par cinq en vingt ans. L'année 2012 a été dominée par les crimes odieux de Montauban et Toulouse, une forte hausse des faits racistes et xénophobes, antisémites et antimusulmans, et le développement de propos haineux dans certains discours publics, notamment sur Internet et les réseaux sociaux. À cet égard, le Premier ministre a souligné qu'il était nécessaire de disposer de chiffres fiables, et partagés, qui ne donnent pas lieu à polémique, et que le gouvernement s'attacherait à la transparence des chiffres.

Le plan d'actions décidé par le gouvernement à l'issue du comité interministériel marque une nouvelle étape dans la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Chacun des ministres a contribué à l'élaboration des nouvelles actions, dont l'objectif principal est de s'attaquer à la formation des préjugés. Elles font donc une large place à l'éducation, la formation et la sensibilisation. Elles visent en particulier les élèves, les étudiants, les agents de l'État, les personnels au contact du public, les associations investies dans les secteurs de l'éducation populaire et du sport, les internautes et les fournisseurs d'accès à internet. Elles redonnent une place essentielle au rôle de la mémoire et de la culture.

Les principales mesures adoptées sont :

. La création d'un module de formation initiale obligatoire, ou de prise de poste, commun à tous les nouveaux agents de l'État, portant d'une part, sur les valeurs de la République, les Droits de l'Homme, et la lutte contre les préjugés, d'autre part, sur les comportements qui seront attendus d'eux dans l'exercice de leurs fonctions.

. La systématisation en cours de carrière d'une formation pour accompagner les agents publics en contact quotidien avec le public et les aider à surmonter les situations difficiles auxquelles ils peuvent être confrontés : personnels des préfectures, des centres des finances publiques, OFPRA, OFII, caisses d'allocations familiales, caisses de sécurité sociale, Pôle Emploi....

. La mobilisation du réseau des 1200 musées de France : les initiatives en matière de lutte contre les préjugés seront répertoriées pour favoriser le développement d'actions pédagogiques locales à l'intention des élèves, en particulier dans les régions manquant de lieux de mémoire.

. L'amélioration de la prise en charge des victimes par la mise en oeuvre d'une enquête annuelle visant à mieux évaluer leur ressenti et par la simplification des dépôts de plainte.

. Le renforcement des actions de prévention et de lutte contre la tendance à la banalisation des contenus racistes et antisémites sur Internet avec en particulier la mise en place d'une coopération entre l'État, les opérateurs et les associations de lutte contre la haine raciale, et l'élaboration d'outils d'information à destination du public sur les enjeux juridiques et de société soulevés par l'utilisation des nouveaux moyens de communication.

À l'issue du Comité interministériel, le Premier ministre a réaffirmé la nécessité d'une détermination et d'une implication personnelle de chaque membre du gouvernement dans la mise en oeuvre de l'ensemble de ces actions./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

 

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6. États-Unis - Sahel - Mali - Iran - Syrie - Proche-Orient - Climat - UE/États-Unis - Point de presse conjoint du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec le secrétaire d'État américain, M. John Kerry - Propos de M. Fabius (Paris, 27/02/2013)

Mesdames et Messieurs, merci d'être là.

Je suis extrêmement heureux de recevoir le secrétaire d'État John Kerry aujourd'hui pour son premier déplacement en Europe. C'est un honneur et un plaisir d'avoir parmi nous, à la fois une personnalité qui est extrêmement respectée aux États-Unis comme à l'étranger et quelqu'un qui est connu pour être un ami de la France.

La visite de John Kerry s'inscrit dans une période qui est particulièrement favorable aux relations franco-américaines. L'amitié entre nos deux pays est bien connue, elle est à la fois chaleureuse et en même temps exigeante. Les relations entre les États-Unis et la France sont marquées par une grande convergence de vues sur à peu près tous les sujets internationaux et nous l'avons constaté dans nos conversations.

Cette convergence se traduit par le fait que nous agissons ensemble sur le terrain pour la solution des principaux problèmes internationaux et on peut dire que, lorsque les États-Unis et la France s'engagent ensemble, ils sont capables de faire bouger les choses.

C'est le cas au Sahel dont nous avons parlé, au Mali où la France s'est engagée de manière déterminée pour rétablir l'intégrité territoriale du pays et pour stopper l'avancée des terroristes. Nous avons bénéficié du plein appui de nos amis américains sur le plan politique mais aussi sur le terrain. Je veux remercier les États-Unis d'Amérique et John Kerry pour l'aide qu'ils ont apportée et qu'ils continuent d'apporter à l'intervention de la France et des forces africaines dans la lutte contre les terroristes.

Concernant l'Iran, c'est un sujet que nous avons traité. Nous travaillons ensemble dans le cadre de ce que l'on appelle les E3+3, pour conduire par une solution diplomatique l'Iran vers le respect de ses obligations internationales et pour que ce grand pays qu'est l'Iran revienne sur le chemin de la légalité internationale.

Concernant la Syrie, nous faisons le même constat sur le caractère intolérable de la situation, sur la nécessité de trouver les moyens d'une transition et sur le départ de Bachar Al-Assad. Nous nous employons ensemble à parvenir le plus rapidement possible à une solution.

Nous espérons également, par un engagement fort des États-Unis, en lien avec les Européens, relancer le Processus de paix au Proche-Orient.

S'agissant des enjeux globaux, la France a noté avec beaucoup d'espoir, les déclarations du président Obama sur l'urgence d'une action internationale face au dérèglement climatique. Nous connaissons l'engagement de longue date de John Kerry sur ces problèmes. Ce sera un sujet prioritaire de nos échanges dans les mois à venir et de même, nous aurons à porter ensemble, dans les enceintes internationales, notre conviction commune sur la nécessité d'une action internationale coordonnée pour la croissance et pour la réduction des déséquilibres économiques et financiers mondiaux.

Enfin, nous savons que notre dialogue politique doit se fonder sur une relation transatlantique forte, notamment sur le plan économique. C'est pourquoi le président de la République ce matin, en recevant au petit-déjeuner John Kerry, comme moi-même à l'instant, nous avons tenu à dire que nous accueillons favorablement la perspective d'un accord de libre-échange entre l'Union européenne et les États-Unis, dès lors bien sûr que cet accord sera profitable aux deux parties et qu'il contribuera à la croissance et à l'emploi, à la fois en Europe, aux États-Unis et en France.

Nous serons évidemment vigilants sur un certain nombre de sujets. Et, parmi les sujets qui ont été évoqués, il y a l'agriculture, l'ouverture des marchés publics, la propriété intellectuelle à laquelle nous sommes attachés et les services audiovisuels.

Au total, en disant à John Kerry à quel point j'ai été heureux de l'accueillir, je veux dire de la façon la plus simple : Monsieur le Secrétaire d'État, Cher John, c'était à la fois une visite chaleureuse et fructueuse.

Q - Vous me paraissiez très optimiste sur la réunion qui s'est tenue au Kazakhstan au sujet de l'Iran. Pensez-vous que l'on peut négocier avec le régime iranien qui est un régime terroriste ? On dit il ne faut pas négocier avec les terroristes, au Mali où ailleurs. Peut-on véritablement négocier avec l'Iran qui passe son temps à nous balader et à gagner du temps ?

R - En ce qui concerne l'Iran, nous avons adopté depuis plusieurs années, une double approche : d'une part des sanctions et d'autre part des négociations. La première option ayant pour objet de pousser aux négociations. Les sanctions, nous les appliquons. Les États-Unis et la France sont côte à côte, les sanctions ont déjà des effets considérables. Elles ont pour but de pousser l'Iran à négocier.

Nous reconnaissons le droit total de l'Iran de disposer de l'énergie nucléaire à des fins civiles. En revanche, les États-Unis comme la France et les autres membres du P+5 refusent que l'Iran accède à l'arme nucléaire.

C'est l'objet des discussions qui ont eu lieu dans le passé, qui viennent de se terminer il y a quelques heures et qui vont se poursuivre. La bonne solution, c'est la voie diplomatique. Mais il est clair, nous en avons parlé avec le secrétaire d'État américain, que sur le fond autant nous souhaitons une solution diplomatique, raisonnable, autant nous sommes extrêmement fermes en ce qui concerne notre refus de l'accession de l'Iran à l'arme nucléaire.

Q - My question is for Secretary Kerry, but I would like you as well to respond.

Secretary Kerry, you pledge not to leave the Syrian opposition as you said «dangling in the wind wandering where the support is». Is the US now willing to directly aid the fighters on the ground and is that enough to change Assad's calculations ?

R - As you know, France has been the first one to recognise the Syrian national coalition, because if we want to have a new regime, we have to support the opposition. Now they are gathered, they need means, and recently a proposal has been made by Moaz al-Khatib, that is a very interesting one. And now we have to help the situation to move. It is the reason why it was very important that John Kerry could be here today. He will be in Rome tonight, he will have an opportunity particularly to meet with al-Khatib and at the same time, president Hollande and myself will be in Moscow where we shall meet president Putin and Sergey Lavrov that you have met yesterday. We have to make our best, all of us, in order to go towards a new period of time. Because we all agree on the fact that Mr. Bachar al-Assad has to leave as soon as possible. Today, as every day, more than one hundred people have been killed. It is not acceptable. And therefore we are making our best in order to find a solution. The Geneva Agreement has been referred to and it is an interesting moment. Therefore we try to make our best in order to enlarge this way which maybe will be seized to find a solution.

Q - Question for both of you. In North Africa a lot of successes has been credited to the French for driving militants out of Northern Mali. I am curious also with the lot of US support logistical, intelligence, financial, I am curious for both secretary Kerry and yourself what more is the United States prepared to do and what more does France want the United States to do in support of pulling back the terrorists from North Africa ? Thank you.

R - I completely agree with the words used by John Kerry. As you know, we had to intervene because otherwise Mali might have become a terrorist state, which would have been a threat to the entire region. Mali's problems could affect the whole region. And as you know there are threats and hostages in several African countries. Therefore we had to intervene. But exactly as John Kerry said, we don't intend to remain for a long time in Mali.

Three different aspects are to be considered in order to overcome the crisis in Mali. First, as regards to the military aspects, we have to fight against terrorist groups. We are doing that with the help of Chadian troops and African military contingent, with the Malian army, and with the support of our American friends, and other partners, in terms of intelligence and logistics. We are very grateful to the United States of America for what they are doing in favor of Mali's liberty and integrity.

Secondly, there is a need for democracy and dialogue. President Traoré and Prime minister Cissoko have said that they intend to hold elections in July. We support their choice because we need to have a strong and legitimate government. And at the same time, a political dialogue between the North and the South must be initiated. The Prime minister of Mali. M. Cissoko said that he intends to establish this dialogue before the end of February, in the coming days.

And at the same time, we need to have an action in favor of economy, development and humanitarian aid, not only in Mali, but in the whole region. The United States and France share the same analysis about this approach. We try to make our best in order to progress in that direction.

But it is clear that at the end of the day, it is up to the Malian people and the Africans to take their future into their own hands. To summarize, we are there to restore Mali's integrity, to fight against terrorist groups and to contribute to economic and humanitarian development.

Merci beaucoup. Merci à tous./.

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7. Colombie - Prise d'otages - Sahel - Point de presse conjoint du ministre des affaires étrangères français, M. Laurent Fabius et de son homologue colombienne, Mme Maria Angela Holguin - Propos de M. Fabius (Bogota, 25/02/2013)

Je vais remercier d'abord mon amie et collègue la ministre des affaires étrangères de Colombie pour la grande gentillesse de son accueil. Je veux remercier aussi le président Santos qui a eu la délicatesse de me recevoir, un dimanche en fin d'après-midi, et j'ai beaucoup apprécié les attentions des autorités colombiennes tout au long de mon séjour.

Comme Maria Angela vient de le dire, il s'agit de la troisième et dernière étape de ma visite en Amérique Latine. Je suis allé au Pérou, au Panama puis un peu plus longtemps en Colombie. Cette visite en Amérique latine a été très positive.

Nous avons décidé cette visite parce que nous voulons faire de l'Amérique latine un partenaire privilégié de la France, et c'est vrai en particulier de la Colombie.

Nous avons depuis longtemps des relations très proches avec la Colombie qui tiennent à l'histoire et à la communauté de nos valeurs, nous avons d'excellentes relations sur le plan politique, diplomatique, nous avons beaucoup de jeunes Colombiens qui viennent en France et de jeunes Français qui viennent en Colombie et nous avons une présence économique qui se développe fortement dans toute cette partie de l'Amérique latine qui connaît des taux de croissance très favorables.

Avant de répondre à vos questions, je voudrais aborder un sujet en particulier, ce que j'ai déjà fait tout à l'heure lorsque j'ai prononcé ma conférence devant les étudiants et les professeurs de l'Université. La Colombie depuis maintenant très et trop longtemps souffre des questions liées aux FARC. Je tiens à dire au nom de la France que nous apprécions hautement l'initiative qui a été prise par le président Santos d'engager un dialogue afin de mettre fin, si c'est possible, à ce grave conflit. Nous soutenons les efforts de la Colombie et nous souhaitons, nous qui sommes une puissance de paix, qu'une solution soit trouvée le plus vite possible pour que tous les Colombiens puissent vivre en paix.

Q - Quel pourrait être votre rôle par la suite, sur le thème précis de la construction de la paix et de la fin du conflit ? Et une deuxième question : sur le thème des drogues. Allez-vous participer, une fois connu le rapport de l'Organisation des États américains, à la mise en oeuvre notamment de la proposition du président Santos, allez-vous faire partie de cette proposition ?

R - Sur la question de la recherche de la paix et du dialogue qui a été engagé avec les FARC, il ne m'appartient pas bien sûr de m'ingérer dans les affaires intérieures de la Colombie. De plus, nous ne sommes pas directement partie prenante dans ce dialogue mais je tiens à apporter mon soutien total et officiel à cette initiative qui est menée par les parties. C'est la façon, nous l'espérons, la plus efficace qui a été trouvée pour que la Colombie connaisse enfin la fin de ces troubles et de ces difficultés.

Quant au trafic de drogue, c'est un problème malheureusement d'une très grande ampleur qui ne concerne pas seulement un pays ou une région mais l'ensemble du monde. Nous le voyons actuellement au Sahel, au Mali où ce sont des groupes terroristes et narcoterroristes qui se situent dans le nord du Mali et qui ont voulu prendre possession de l'ensemble du Mali. Et il en est de même dans d'autres pays d'Afrique. Le trafic de drogue est donc un mal absolu et tous les pays démocratiques doivent lutter contre lui et s'unir pour lutter contre ces trafics. Nous en avons discuté avec Maria Angela et nous sommes tombés d'accord pour unir nos efforts sur le plan international et notamment dans les contacts que nous avons avec l'Afrique, continent que nous connaissons très bien, pour faire reculer ce fléau.

Q - Aujourd'hui, le groupe Boko Haram revendique la prise des sept otages français au Cameroun et menace de les tuer si vous ne libérez pas ceux qu'ils appellent «les otages en votre pouvoir». Quelle est la position de votre gouvernement à ce sujet ?

R - Le Premier ministre français s'est exprimé sur ce sujet. Les images qui ont été montrées sont des images terriblement choquantes, elles confirment la cruauté sans limite des preneurs d'otage. Nous devons effectuer les vérifications nécessaires lorsque ce type d'images est publié. Mon seul commentaire sera de vous dire à la fois le choc terrible que constituent ces images, la cruauté manifeste des preneurs d'otages et la détermination du gouvernement français à faire le maximum pour obtenir leur libération.

Je voudrais ajouter qu'il faut toujours avoir à l'esprit que les Français qui ont été pris en otages par ce groupe terroriste sont au nombre de sept, trois adultes, un papa, une maman, leur frère et quatre enfants dont le plus petit a l'âge de cinq ans. Vous êtes journalistes et comme tous les citoyens du monde vous pouvez imaginer ce que cela signifie, de prendre en otages des innocents dont des enfants, dont le plus jeune a 5 ans.

Q - Quelle est la position de la France vis-à-vis de l'accord de libre-échange avec la Colombie et en général l'Union européenne. Pour revenir au Sahel, je voudrais savoir si l'intervention française va encore se renforcer après tous ces événements qui ont eu lieu ou vous avez un délai ?

R - Sur la première question, l'accord de libre-échange, les relations avec l'Europe, avec la France, nous y sommes favorables. Le Parlement européen a déjà donné son approbation, et désormais cela va être soumis aux parlements nationaux. Mais en ce qui concerne la France, il n'y aura pas de difficulté.

Vous m'interrogez aussi sur la question du Mali, vous savez les conditions dans lesquelles la France a dû intervenir pour éviter que des groupes terroristes ne s'emparent de la totalité du Mali et prennent en otage les millions de Maliens. Nous nous étions fixés trois buts : le premier but, c'était d'arrêter la progression des terroristes vers le sud, ce but est atteint. Le deuxième objectif, c'était de reconquérir les villes et c'est également un objectif qui a été atteint. Le troisième objectif c'est de permettre au Mali de recouvrer son intégrité et de faire en sorte que les troupes africaines et les troupes maliennes puissent assurer cette intégrité. Nous sommes dans cette troisième phase et les troupes françaises avec d'autres, notamment les troupes tchadiennes, sont en train de livrer des combats durs vis-à-vis des groupes terroristes.

Je remercie beaucoup les pays - nous avons cité tout à l'heure le Pérou, le Panama et la Colombie - qui ont compris parfaitement quel était le sens de l'intervention française en application du droit international. Nous n'avons pas, bien sûr, vocation à rester éternellement au Mali mais nous voulons, c'est notre devoir de pays démocratique et libre, aider à ce que les groupes terroristes ne prennent pas le contrôle du pays, prenant du même coup en otage la population et lui appliquant des méthodes d'une cruauté indigne./.

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8. Colombie - Allocution du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, devant la communauté française (Bogota, 24/02/2013)

Monsieur l'Ambassadeur,

Madame la Présidente de l'Alliance française,

Monsieur le Député,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Je voulais absolument à l'occasion de ce trop court séjour en Amérique latine, à la fois me rendre en Colombie, vous voir quelques instants et échanger avec vous.

Les spécialistes de l'École des chartes nous indiquent qu'il y a peu de visites de ministres des affaires étrangères en Amérique latine, la dernière remonte néanmoins à 2008 pour la Colombie. Au Pérou, c'était plus lointain et à Panama, on m'a parlé de Ferdinand de Lesseps. Or, il y a toutes les raisons que la France et la Colombie soient extrêmement proches, non seulement avec García Márquez, mais aussi tellement de choses nous rapprochent : à commencer par la langue, par les grands principes du droit et par toute une série de convictions que nous partageons. Donc, c'est une très bonne chose que nous puissions nous voir ce soir. Je suis ici depuis deux jours après quelques heures passées à Carthagène.

Et puis, je viens de rencontrer le président Santos qui a été obligé d'interrompre son week-end pour me recevoir, comme quoi le fait d'être président de la République ne présente pas que des avantages. Et demain, j'aurai l'occasion de m'exprimer devant une grande université et ensuite je repartirai pour Paris.

Ce que j'ai ressenti au cours de ce court séjour c'est qu'au fond la Colombie et la France ont toutes les raisons d'être extrêmement proches. Il y a entre elles une espèce de triangle d'or de la coopération sur les plans politique, économique, éducatif et culturel.

Sur le plan politique, je discutais avec le président Santos, sur quasiment tous les grands sujets qui mobilisent la planète. La Colombie et la France, en tout cas ce gouvernement et la France, ont des positions voisines sinon identiques. Il n'y a, je crois, que sur la question de la Palestine que nous avons eu, pour des raisons que chacun connaît, des positions différentes mais sinon sur tout le reste y compris dans notre engagement au Mali ou dans la position prise sur la Syrie ou d'une manière générale sur le multilatéralisme, sur l'attachement au droit, nous sommes vraiment complètement en phase.

Et nous sommes aussi en phase, je tiens à le dire et je le dirai demain lorsque je m'exprimerai publiquement devant la presse, pour soutenir le président Santos et son gouvernement dans la recherche de la paix pour trouver enfin une solution à ce terrible conflit avec les FARC. Chaque pays, bien sûr, est libre d'agir comme il l'entend, mais nous pensons qu'après de trop nombreuses années, le temps est venu de trouver une solution pacifique.

Donc coopération sur le plan politique et aussi coopération sur le plan économique : il y a plus de 100 entreprises françaises qui sont implantées en Colombie et sont très actives. Nos investissements ici augmentent. J'ai demandé au président colombien que la réciprocité commence à être appliquée car il y a aussi des fonds ici qui pourraient être disponibles pour des investissements en France.

Il y a de grands contrats qui sont passés, d'autres qui sont en perspective. Il y a le commerce courant qui se développe. Il y a beaucoup d'occasions de travailler ensemble pour créer de l'emploi en France, pour créer de l'emploi ici et je veux remercier beaucoup les responsables d'entreprises. Certains m'accompagnent, d'autres sont ici à demeure pour travailler dans cette direction.

Et puis, sur le plan éducatif et culturel, Madame la Présidente, on me disait qu'il y a en Colombie 17 Alliances françaises extrêmement dynamiques. Il y a quelques heures, je visitais l'Alliance française de Carthagène. Ici, nous sommes dans le vaisseau amiral, magnifique, c'est une grande réussite. C'est un travail extraordinaire, de même que ce qui est fait à travers nos établissements d'enseignement, en particulier le Lycée.

Nous avons le projet de développer encore le Lycée, mais il faut vraiment que nous soyons convaincants. Il y a une question de terrain, vous connaissez certainement cela. Mais nous serons heureux si le Lycée, avec ses 1.940 élèves, son excellent niveau, ses listes d'attente, peut vraiment s'étendre. C'est du très bon travail.

Nous avons en France beaucoup de jeunes Colombiens présents, plus de 1.600 je crois. C'est un des pays avec lesquels les échanges sont les plus denses. Il y a beaucoup de raisons à cela. Bien sûr, il y a la tradition littéraire, la francophonie - francophilie ambiante - et aussi la tradition scientifique. Je salue, ils sont là parmi vous, à la fois Mme et M. Joliot-Curie et Mme Charpak qui nous rappellent que la France compte de grands scientifiques, des prix Nobel.

Coopération politique, amitié et même plus sur le plan économique, travail en commun sur le plan culturel, sur le plan scientifique avec un pays, la Colombie, qui maintenant a dépassé - évidemment si je disais cela en Argentine ce serait mal vu - l'Argentine sur le plan économique et qui, malgré les difficultés intérieures auxquelles j'ai fait allusion, arrive à des taux de croissance chaque année de 5 % et plus, ce qui nous rend jaloux en Europe.

Et donc nous avons décidé, avec le président de la République et le Premier ministre, de porter l'accent sur l'Amérique latine. Tout simplement parce que, ici, se construit une partie de l'avenir du monde et que la France doit être présente partout où se construit l'avenir.

Alors l'avenir cela ne se construit pas dans l'abstrait. Cela se construit jour après jour grâce à des femmes et des hommes comme vous qui, par choix ou par les hasards de la vie, ont décidé de vivre ici.

Donc, Monsieur l'Ambassadeur, ne soyez pas affecté par ce que je vais vous dire, mais toutes ces personnes sont des ambassadeurs. Alors bon, il y en a un en titre et qui fait très bien son travail, remarquablement même. Mais c'est vrai, vous êtes tout simplement les porte-parole de la France. Je n'ai pas à porter de jugement moral, mais quand vous vous exprimez, quand vous prenez une initiative, quand vous adoptez un comportement, c'est la France qu'à travers vous on juge. Et nous avons la chance d'avoir ici en Colombie, comme dans beaucoup de pays du monde, des Français actifs, des doubles nationaux aussi, qui, aux côtés de nos amis Colombiens, montrent à quel point la France est une puissance d'influence, une puissance qui compte.

J'ai exercé dans ma trop longue carrière politique beaucoup de fonctions. C'est la première fois que je suis à la tête du Quai d'Orsay mais je mesure vraiment à quel point la France, qui n'est pas la plus grande nation du monde, a une influence particulière qui est issue de sources diverses. C'est un mélange, avec d'un côté notre siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies - nous ne sommes que 5 pays dans ce cas là - et notre capacité militaire. Ce que nous avons fait au Mali pour sauver le peuple malien du terrorisme, aucun autre pays ne pouvait le faire. Notre rayonnement économique, notre rayonnement culturel et scientifique et puis notre histoire et nos principes qui font que lorsqu'on dit «liberté, égalité, fraternité», on dit, «c'est la France» et c'est la France grâce à vous. Donc, ce n'est pas à vous de me remercier d'être ici, c'est à moi de vous remercier de ce que vous faites pour notre pays.

Vive la Colombie ! Vive la France ! Et vive l'amitié entre la Colombie et la France ! ./.

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9. Corée du sud - Communiqué du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche (Paris, 26/02/2013)

À la demande du président de la République, Geneviève Fioraso s'est rendue à Séoul le 25 février, afin de représenter la France à l'occasion de l'investiture de la nouvelle présidente de la République de Corée, madame Park Geun-Hye.

La France et la Corée du Sud partagent de longue date un dialogue et une coopération de haut niveau dans les secteurs culturels, éducatifs et scientifiques.

Avec 3,3 millions d'étudiants pour 59 millions d'habitants, des dépenses de R&D représentant 4,32 % du PIB, dont plus de 75 % consentis par le privé (un des taux le plus élevé au sein des pays de l'OCDE), la République de Corée a misé avec volontarisme sur l'enseignement supérieur et la recherche technologique pour dynamiser son économie et son innovation.

Cette visite a été l'occasion de plusieurs temps d'échanges. La ministre était accompagnée de Vincent Berger, président de l'Université Paris Diderot, université en pointe depuis près de 40 ans pour les formations au coréen, avec un succès croissant et des séjours intégrés aux études.

«La France et la Corée sont complémentaires pour plusieurs raisons», souligne Geneviève Fioraso : «tandis que notre pays doit développer davantage la recherche technologique, l'innovation et augmenter la contribution de l'industrie dans les dépenses de R&D, la Corée fait le pari de relever le niveau de sa recherche fondamentale jugée trop faible, en appui à sa puissance technologique.»

Plusieurs priorités communes de recherche sont identifiées :

- la transition énergétique, avec un socle nucléaire pour les deux pays, associé au développement des réseaux intelligents, des énergies renouvelables, des mobilités durables (voiture électrique, pile à combustible, batteries...) ;

- la santé, les biotechnologies ;

- les technologies de l'information et la microélectronique ;

- la participation de la Corée du Sud au projet ITER à hauteur de 9 % : il s'agit du plus important projet de coopération scientifique et technologique au niveau mondial.

Une rencontre avec les dirigeants des principales institutions académiques sud-coréennes, telles que l'Académie des sciences, le Korean Research of Fundamental Science and Technology, le Nuclear Fusion Research Institute, Daegu Gyeongbuk Institute of Science and Technology, Seoul National University, a permis d'identifier les pistes de coopération dans les grands domaines d'intérêt commun. Ces coopérations pourront se faire en bilatéral ou dans le cadre de programmes européens, le volet compétitivité pour lequel la France s'est engagée ayant bénéficié d'une augmentation de 20 %.

Avec les chefs d'entreprises françaises (Alcatel, Thalès, Air liquide, Sanofi, Institut Pasteur de Corée) ayant une activité de R&D en Corée du Sud, la ministre a pu échanger sur les atouts de la Corée du Sud dans le domaine de l'innovation, en particulier l'esprit d'entrepreneuriat, la prise de risque en termes de financement public, et la dynamique de la recherche technologique. En matière contractuelle, la protection de la propriété industrielle et les clauses de commercialisation font l'objet de points de vigilance particuliers.

Une quinzaine d'étudiants français issus de onze établissements français (universités, écoles de management et de gestion, écoles d'ingénieurs), en mobilité dans sept universités sud-coréennes, se sont rendus à la Résidence de France. Ils ont échangé très spontanément avec la ministre, lui faisant part de leurs motivations, parcours et perspectives, ainsi que de leur vision, tant des avantages du système d'enseignement, avec un tutorat systématique et bénévole des étudiants étrangers, que des points à améliorer, en matière d'interactivité pédagogique et de protection sociale.

Deux visites de centres privés de R&D ont permis à la ministre de rencontrer les dirigeants de Samsung Electronics et du Bell Labs Séoul.

Samsung Electronics qui assure les trois quart des ventes de Samsung est la 20e entreprise mondiale et consacre 10 % de son chiffre d'affaire à la R&D (portefeuille de 100 000 brevets) avec 18 centres de recherche à l'étranger et 6 en Corée du Sud.

Le Bell Labs de Séoul, ouvert en 2009 sous l'impulsion de la Mairie de Séoul et en partenariat avec l'Université de Corée, consacre ses recherches au traitement de l'information des réseaux de capteurs, des applications du domaine de la télécommunication et des interfaces homme-machine.

Renforcer la mobilité des étudiants en sciences, bâtir des partenariats pour l'augmentation des doubles diplômes, développer des chaires d'excellence en recherche, autant de pistes ouvertes au terme de cette mission, qui s'inscrit également dans le contexte de la préparation de la loi sur l'enseignement supérieur et de la recherche, que porte la ministre. Fort levier pour la compétitivité qualité, l'ouverture internationale des établissements et organismes de recherche est un enjeu important pour le rayonnement de la France comme pour notre compétitivité.

La presse locale a souligné la proximité de la nouvelle présidente de la République de Corée du Sud avec la France, développée lors d'un séjour comme étudiante à Grenoble en 1974. Au cours d'un entretien particulier, la ministre a transmis à la présidente Park Geun-Hye le message d'invitation à Paris du président de la République./.

(Source : site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)

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10. Point de presse du porte-parole - Décès de Stéphane Hessel/Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères - Déplacement de M. Bernard Cazeneuve à Bruxelles - Déplacement au Burkina Faso de Mme Yamina Benguigui - Madagascar/Aide française après le passage du cyclone Haruna - Syrie/Réunion des Amis du peuple syrien - Arabie saoudite/Exécution de Nimr Ben Fahid al-Soubeï (Paris, 27/02/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Décès de Stéphane Hessel - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères

Avec Stéphane Hessel disparait un combattant de la liberté et de la dignité humaine.

Engagé avec courage au service de causes justes et généreuses, à travers la diversité des époques qu'il a traversées, il est resté le témoin exigeant des valeurs de la Résistance.

Il fut également un grand diplomate, au service de la France et des Nations unies, défenseur ardent des droits de l'homme et de la paix. Citoyen engagé, son regard, sa lucidité, sa générosité, son enthousiasme, sa bienveillance et son amour de la justice nous manqueront.

Je m'incline avec gratitude et tristesse devant sa mémoire et j'assure sa famille et tous ses proches de ma profonde solidarité et de ma sympathie.

2 - Déplacement de M. Bernard Cazeneuve à Bruxelles (27-28 février 2013)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, effectue un déplacement à Bruxelles les 27 et 28 février, à l'occasion de la réunion régionale annuelle des ambassadeurs français dans les pays européens (Union européenne, pays candidats et pays associés).

M. Cazeneuve coprésidera un débat avec le président du Parlement européen, M. Martin Schulz, qui permettra d'aborder avec nos ambassadeurs les suites du Conseil européen de février, et d'avoir un échange sur la gouvernance économique, le marché intérieur et les dossiers commerciaux. Le ministre délégué aura également le 28 février une séance de travail avec les ambassadeurs sur l'ensemble des sujets de l'actualité européenne.

M. Cazeneuve aura par ailleurs des entretiens à la Commission européenne, notamment avec le commissaire chargé du marché intérieur et des services, M. Michel Barnier, ainsi qu'avec le secrétaire général du conseil de l'Union européenne, M. Uwe Corsepius.

3 - Déplacement au Burkina Faso de Mme Yamina Benguigui (27 février-1er mars 2013)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie et représentante personnelle du président de la République pour la Francophonie, se rend au Burkina Faso du 27 février au 1er mars pour la 23e édition du Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO).

Créé en 1969, le FESPACO est le plus grand festival africain de cinéma et se déroule tous les deux ans dans la capitale du Burkina Faso.

Au cours de ce déplacement, la ministre déléguée aura des entretiens avec le président de la République, M. Blaise Compaoré, le Premier ministre, M. Luc-Adolphe Tiaou, ainsi qu'avec le ministre de la culture et du tourisme, M. Baba Hama. Ces rencontres seront l'occasion d'aborder la densité de nos échanges dans le domaine de la culture ainsi que la promotion de la francophonie.

Mme Benguigui rencontrera également des femmes cinéastes et artistes africaines, afin d'évoquer la condition des femmes dans l'espace francophone et le premier Forum mondial des femmes francophones, qui se tiendra à notre initiative à Paris le 20 mars 2013.

4 - Madagascar - Aide française après le passage du cyclone Haruna

La France exprime toute sa solidarité et son soutien aux populations malgaches, victimes des conséquences désastreuses du passage du cyclone Haruna sur la Grande Île.

Considérant l'importance des dégâts provoqués par cet événement dramatique, nous nous sommes immédiatement mobilisés pour fournir une aide matérielle aux sinistrés et répondre, en coordination avec les autres bailleurs, à l'appel international des autorités malgaches.

Une aide humanitaire de la Plateforme d'intervention régionale pour l'Océan indien de la Croix-Rouge, contenant notamment du matériel de reconstruction, des kits de survie ainsi que des systèmes de traitement de l'eau, a ainsi été chargée sur un navire des Forces armées de la zone Sud de l'océan Indien, qui doit l'acheminer au plus vite de La Réunion vers Tuléar.

5 - Syrie - Réunion des amis du peuple syrien (Rome, 28 février 2013)

La France, qui a été la première à reconnaître la Coalition nationale syrienne et a accueilli récemment à Paris une réunion rassemblant une cinquantaine de pays pour encourager un soutien concret à celle-ci, participera à la réunion du Groupe des amis du peuple syrien qui se tiendra à Rome le 28 février. Elle sera représentée par l'ambassadeur pour la Syrie, Éric Chevallier.

Cette réunion intervient alors que la répression contre le peuple syrien s'intensifie et que le flux des déplacés et réfugiés est en en constante augmentation. Elle sera l'occasion pour une part croissante de la communauté internationale de réaffirmer à travers des mesures concrètes son soutien à la Coalition.

6 - Arabie saoudite - Exécution de Nimr Ben Fahid al-Soubeï (26 février 2013)

La France condamne la décapitation de Nimr Ben Fahid al-Soubeï, survenue le 26 février en Arabie saoudite. Cette exécution porte à dix-sept le nombre de personnes exécutées dans ce pays depuis le début de l'année, faisant de l'Arabie saoudite l'un des États qui appliquent le plus la peine capitale.

La France exprime à nouveau sa vive inquiétude face au rythme alarmant des exécutions en Arabie saoudite. Ces exécutions vont à l'encontre de l'évolution mondiale en faveur de l'abolition de ce châtiment inhumain, illustrée par l'adoption en décembre dernier, par l'Assemblée générale des Nations unies, d'une résolution appelant à l'abolition universelle de la peine de mort.

La France est engagée dans une campagne en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et exprime, comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. La France exhorte une fois de plus l'Arabie saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire./.

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11. Nominations (Paris, 27/02/2013)

Le Journal officiel du 27 février 2013 publie la nomination de M. Jacques Sturm, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française à la Barbade, en résidence à Port-d'Espagne, en remplacement de M. Michel Trinquier.

Le Journal officiel du 27 février 2013 publie la nomination de M. Serge Segura, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Royaume du Swaziland, en résidence à Maputo, en remplacement M. Christian Daziano./.

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12. Communiqué du Conseil des ministres - Stratégie de finances publiques - extrait - (Paris, 27/02/2013)

La stratégie de finances publiques

Le ministre de l'économie et des finances a rappelé la stratégie de finances publiques du gouvernement après la publication le 22 février des prévisions de la Commission européenne.

Selon la commission, la France maintiendrait en 2013 une croissance légèrement positive dans une zone euro qui connaîtrait quant à elle une seconde année de récession, avant une reprise en 2014. Cette dégradation de la situation économique appelle un rééquilibrage des politiques économiques européennes en faveur de la croissance, comme le président de la République l'a demandé dès son élection.

La stratégie de finances publiques consiste en premier lieu à sécuriser l'effort d'ajustement structurel de la France en 2013, effort qui est reconnu par la Commission. En effet, selon elle, sur la période 2010-2013, la réduction du déficit structurel, c'est-à-dire du déficit corrigé des variations conjoncturelles, serait de 4,1 points, soit plus d'1 point par an en moyenne, comme la France s'y était engagée auprès de ses partenaires européens. Cet effort est réalisé pour les deux tiers sur les exercices 2012 et 2013, grâce aux mesures adoptées par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances rectificative du 16 août 2012 et des lois financières pour 2013 (loi de finances, loi de financement de la sécurité sociale). En particulier, l'exécution 2012 a été exemplaire, avec une dépense inférieure à celle de 2011 pour l'État et des dépenses d'assurance maladie inférieures à celles votées par le Parlement.

Dans ce contexte, il ne serait pas opportun, pour l'économie française, de prendre cette année des mesures supplémentaires, au-delà de celles qui sont déjà mises en oeuvre. Dès lors, la France plaidera auprès de ses partenaires européens un report à 2014 de l'objectif de retour du déficit sous 3 %, ce qui demandera, outre la sécurisation de l'ajustement structurel en 2013, d'approfondir l'effort en 2014 et au cours des années à venir pour atteindre l'objectif de retour à l'équilibre structurel en fin de quinquennat.

Ceci passera notamment par le processus de modernisation de l'action publique, et une réforme des régimes de retraite selon le calendrier prévu par la grande conférence sociale.

Le gouvernement poursuivra la mise en oeuvre de sa stratégie pour renouer avec une croissance plus forte, plus équilibrée et plus solidaire - condition d'une amélioration durable de la situation des finances publiques - à travers notamment la mise en oeuvre du pacte national pour la compétitivité, la croissance et l'emploi, la transposition dans la loi de l'accord sur la sécurisation de l'emploi conclu par les partenaires sociaux, la mise en place d'une stratégie nationale d'investissement pour développer les filières d'avenir, et des réformes de structure dans les domaines du logement, de l'énergie et des transports.

Le gouvernement présentera les objectifs pluriannuels de finances publiques dans le cadre du programme de stabilité qui sera transmis au Parlement mi-avril et à la Commission européenne à la fin du mois d'avril. Les prévisions économiques seront préalablement présentées au Haut conseil des finances publiques, qui sera installé dans les premiers jours du mois de mars./.

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