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Bulletin d'actualités du 12 février 2013


Sommaire



1. Nig√©ria - Mali - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, et de son homologue nig√©rian - Propos de M. Hollande - (Paris, 11/02/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai √©t√© particuli√®rement ravi d'accueillir cet apr√®s-midi le pr√©sident du Nig√©ria, Jonathan Goodluck, dans un contexte qui est √† la fois heureux pour le Nig√©ria puisqu'il y a eu une grande victoire √† la Coupe d'Afrique des Nations, mais en m√™me temps qui est pr√©occupant pour la r√©gion. C'est sur ce sujet l√† que nous nous sommes concert√©s, lui et moi, d√®s lors que le Nig√©ria joue un r√īle majeur dans l'Afrique de l'ouest et notamment dans l'op√©ration qui est en cours au titre de la MISMA.

D'abord, j'ai remercié le Nigéria pour son appui entier dans le cadre de l'intervention française au Mali et également sa participation au niveau qui - je l'espère - sera dans les prochains jours le plus élevé possible dans la MISMA. Nous nous sommes félicités des premiers résultats de l'opération Serval, pour ce qui nous concerne, puisque l'essentiel du territoire malien est aujourd'hui libéré.

Mais nous n'avons pas termin√© notre t√Ęche. Il y a encore des poches terroristes, notamment dans l'extr√™me nord du Mali, et des op√©rations qui sont encore men√©es par un certain nombre de groupes. D'o√Ļ le double devoir que nous devons poursuivre : devoir de la France d'aller jusqu'au bout de son op√©ration pour ne pas laisser un seul espace territorial du Mali sous le contr√īle des terroristes ; mais aussi le devoir des Africains de venir prendre le relais √† mesure que nous terminons notre propre op√©ration.

Nous avons également évoqué la nécessité d'une transition politique réussie pour le Mali. Ce qui fait que nous devons tout faire pour que l'objectif d'élection présidentielle au mois de juillet puisse être atteint. Enfin, nous sommes pour le dialogue, la réconciliation mais sur les bases qui sont celles définies par les Maliens et par eux seuls.

Nous sommes également conscients que le terrorisme n'est pas qu'au Mali. Le président du Nigéria en est parfaitement informé puisqu'il affronte depuis plusieurs mois, pour ne pas dire depuis plusieurs années, un terrorisme que nous connaissons sous le nom de Boko Haram. Il est également clair qu'un certain nombre de ces réseaux, de ces groupes, voire même de ces dirigeants, ont pu se réfugier ailleurs qu'au Mali.

Nous devons donc poursuivre notre coopération au niveau de l'ensemble de l'Afrique de l'ouest mais aussi de l'Europe pour que nous puissions donner tout le soutien nécessaire à la lutte contre le terrorisme. Je rappelle que l'Europe est pleinement engagée et qu'elle met en oeuvre une action de formation de l'armée malienne et également de la MISMA.

Nous avons aussi - avec les ministres des affaires étrangères - évoqué l'avenir de l'opération qui prendra une forme nouvelle dans quelques semaines dans le cadre de ce que l'on appelle l'opération de maintien de la paix.

Nous avons √©voqu√© apr√®s nos relations bilat√©rales qui sont excellentes et notamment dans le domaine √©conomique o√Ļ de nombreuses entreprises fran√ßaises sont pr√©sentes, notamment dans le domaine √©nerg√©tique avec Total. Mais d'autres sont aussi pr√™tes √† r√©pondre √† un certain nombre d'appels d'offre, dans les domaines des transports, dans les domaines √©galement de tout ce qui est l'am√©nagement. Bref, nous sommes au contact des autorit√©s du Nig√©ria pour faire en sorte que nous puissions √™tre dans cette √©conomie - qui va √™tre √† l'horizon 2020 la 20√®me du monde - √† la hauteur des besoins qui sont massifs dans un pays aussi peupl√©.

Pour terminer, le président du Nigéria m'a fait part de sa volonté de voir son pays figurer parmi les membres du Conseil de sécurité. Vous savez que nous sommes très attachés à ce qu'un grand pays de l'Afrique de l'ouest puisse à chaque fois être présent au Conseil de sécurité.

Voilà ce que je voulais dire pour cette réception à laquelle j'attachais grand prix. D'abord, parce que nous sommes dans le contexte de ce qui se passe au Mali. Ensuite, parce que le Nigéria est un grand pays, qui ne parle pas notre langue, mais qui a également un grand respect pour notre culture, pour les bonnes relations que l'Afrique et l'Europe doivent nouées et notamment le Nigéria et la France.

Je rappelle que 10 % des ressources pétrolières de Total sont tirés du Nigéria. C'est dire s'il y a là des liens qui sont profonds, historiques et qui ne demandent qu'à être renforcés. Merci.

(...)

Je voudrais - en remerciant encore le président Jonathan Goodluck pour sa visite - évoquer les deux sujets dont il vient de parler.

Le premier, c'est la piraterie dans le golfe de Guinée. Vous savez qu'un tanker a été capturé, il n'y a pas d'autres mots, il y a quelques jours et dévalisé pour sa cargaison. Nous devons donc lutter avec efficacité contre la piraterie dans le golfe de Guinée, ce qui suppose de mettre tous les moyens nécessaires.

Et puis, second sujet, c'est l'instabilité qui peut régner dans une partie du territoire de l'Afrique de l'ouest. Nous en avons eu une illustration avec la prise d'otages par le groupe Ansaru de notre ressortissant Francis Collomp. Je remercie le Nigéria de nous aider pour obtenir, dans les meilleures conditions et le plus vite possible, sa libération.

Q - Le président Goodluck Jonathan s'est entretenu aujourd'hui avec le Premier ministre britannique et a parlé de l'importance d'exercer une certaine pression sur le G8 afin que les sociétés qui raffinent du pétrole volé puissent être sanctionnées. Le suivez-vous sur ce terrain ?

R - Oui, le président du Nigéria m'a parlé de cette question, c'est-à-dire du recyclage, par les groupes, du pétrole volé. Ce qui est une incitation forte à un tel trafic et je dois dire aussi le financement de groupes qui ont aussi des activités terroristes. Car il y a un mélange entre le banditisme et le terrorisme. Je partage donc complètement la démarche du président Jonathan : éviter que des groupes, par esprits lucratifs, puissent recycler de telles ressources pétrolières, de pétrole raffiné.

Q - Ce qui s'est passé ce week-end à Gao montre que les djihadistes ont encore les moyens de passer à l'offensive. Tout le monde savait que le début de l'intervention militaire française serait sans doute ce qu'il y avait de plus facile et que l'après est beaucoup plus difficile. Est-ce que vous pensez qu'ils ont encore les moyens de mener des offensives extrêmement meurtrières, est-ce qu'ils ont des moyens de continuer à déstabiliser longtemps cette région ? Est-ce que vous pensez que Boko Haram et AQMI ont les moyens de coopérer ensemble pour frapper la région ? Concernant cet otage français, est-ce que vous avez quelques nouvelles, Monsieur le président, que vous pourriez nous donner ?

R - Peut-√™tre d'abord le pr√©sident du Nigeria sur le lien Boko Haram avec Aqmi, Al-Qa√Įda. Sur l'otage, j'ai dit ce que j'avais √† dire et je n'en rajouterai pas.

(...)

Nous sommes le 11 février, c'est-à-dire qu'il y a un mois jour pour jour, je décidais l'intervention de la France au Mali avec l'appui des Africains. Un mois après, l'essentiel du territoire malien a été libéré ; aucune ville n'est occupée par un groupe terroriste ; les réseaux ou groupes qui jusque-là mettaient en péril la vie des Maliens, aucun de ces groupes n'est capable de mener une véritable offensive.

Pendant ce mois, les forces africaines de la MISMA se sont mises en place et il y a aujourd'hui plus de soldats africains que de soldats fran√ßais au Mali. Quand je dis ¬ęsoldats africains¬Ľ, j'entends des contingents hors l'arm√©e malienne. En un mois nos deux objectifs - la lib√©ration totale du territoire malien et le relais par la MISMA de nos troupes - sont donc en voie d'√™tre atteints.

En avons-nous termin√© ? Non, puisqu'il y a encore de mani√®re plus ou moins organis√©e des groupes qui peuvent se livrer soit √† des attentats soit √† des op√©rations de gu√©rilla. Nous devons donc poursuivre non plus la lib√©ration, mais la s√©curisation du territoire malien et faire en sorte que ne se cachent plus un certain nombre de groupes. Nous avons notamment √† l'extr√™me nord du Mali √† faire un exercice de clarification, pour savoir o√Ļ sont encore un certain nombre de commandos terroristes et √©ventuellement les chefs de ces groupes. Enfin, il y a toujours nos ressortissants qui sont retenus en otages.

Mais je considère que, pour l'essentiel de ce que j'avais décidé il y a un mois, les objectifs ont été atteints. S'il y a encore un certain nombre d'insécurités, nous veillerons dans les prochains jours, avec les forces africaines, à lever tous les doutes. Car nous devons avoir comme perspective l'élection présidentielle au Mali au mois de juillet. Il ne peut pas y avoir de scrutin organisé s'il n'y a pas la certitude de la liberté pour les électeurs de faire leur devoir.

Est-ce qu'il y a des risques ? Oui, il y a toujours des risques puisque les terroristes se sont dispersés, éparpillés ; d'autres se sont cachés. C'est pourquoi nous n'en n'avons pas terminé. Je vous l'ai dit, le prochain objectif est la sécurisation du territoire malien et la mise hors d'état de nuire des groupes qui ont pendant trop longtemps soumis le Nord-Mali à une domination barbare.

Ensuite, il y a ce que nous devons faire dans toute l'Afrique de l'ouest, éviter qu'un certain nombre de groupes terroristes qui ont pu quitter le Mali viennent jeter là encore la terreur ailleurs. Nous devons donc travailler en bonne intelligence avec l'ensemble des pays concernés.

Q - Ma question s'adresse au président Hollande. Vous avez dit que le Nigéria et la France partageraient des rapports de renseignement, je sais qu'il n'est pas facile d'échanger des renseignements dans ce domaine. Mais comment allez-vous faire, concrètement, ces échanges d'informations, de renseignements ?

R - Nous échangeons des informations, des renseignements, y compris en nous rencontrant. Pour le reste, nos armées travaillent bien ensemble au Mali. Nous avons veillé à ce que ce soit bien le cas. Je me félicite de la présence au Mali du chef d'état-major qui est lui-même nigérian et qui commande les forces de la CEDEAO. Pour tout ce qui est service du renseignement, il y a là encore une très bonne collaboration.

Maintenant si je vous donnais les renseignements, cela voudrait dire que notre objectif pourrait ne pas être atteint.

Q - La question s'adresse √† vous deux. √ätes-vous surpris tout d'abord ? Est ce que vous consid√©rez que c'est un signe de modernit√© qu'un Pape, qui estime ne pas √™tre en mesure d'assurer sa t√Ęche, d√©missionne ? Une question plus directement au pr√©sident du Nig√©ria : pensez-vous qu'il soit l'heure qu'un Pape africain soit √©lu, que ce serait une bonne chose pour votre pays et pour l'ensemble du continent en g√©n√©ral ?

R - Je ne peux pas répondre à votre place sur le second sujet !

(...)

La d√©cision de Beno√ģt XVI suscite le plus grand respect. C'est une d√©cision courageuse, et aussi exceptionnelle, mais je ne veux pas ajouter d'autre commentaire. Le pr√©sident du Nig√©ria d'ailleurs a dit les choses : nous devons laisser l'√©glise catholique d√©terminer comment elle entend organiser cette succession et nous ne pr√©sentons pas de candidat. Enfin, je dois saluer le pontificat de Beno√ģt XVI pour tous les efforts qui ont √©t√© men√©s en faveur de la paix./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Cor√©e du Nord/Essai nucl√©aire - D√©claration du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Paris, 12/02/2013)

Je condamne avec la plus grande fermeté l'essai nucléaire auquel vient de procéder la Corée du Nord.

La France exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique.

Dans l'imm√©diat, la Cor√©e du Nord doit s'abstenir, sans conditions, de tout geste risquant d'accro√ģtre davantage la tension dans la p√©ninsule cor√©enne et de porter atteinte √† la paix et √† la s√©curit√© internationales.

La France appuiera une action ferme au Conseil de sécurité des Nations unies et travaille en ce sens avec ses partenaires.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. UE - Zone euro - Luxembourg - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, et du Premier ministre du Grand-Duch√© de Luxembourg - Propos de M. Hollande - (Paris, 12/02/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai accueilli avec beaucoup de plaisir Jean-Claude Juncker, le Premier ministre du Luxembourg : pays ami, dirigeant ami et avec lequel nous avons de grandes convergences de vues sur l'ensemble des questions, que ce soit sur le plan bilatéral, que ce soit sur le plan européen ou que ce soit sur le plan international.

Commen√ßons pas les questions bilat√©rales. Nous les avons √©voqu√©es. Le Luxembourg accueille de nombreux Fran√ßais qui viennent y travailler. Nous avons s√Ľrement encore des am√©liorations √† produire pour leur protection sociale, pour la sant√©, pour les retraites... Nous avons l√† une tr√®s bonne collaboration.

Sur le plan bilatéral aussi, en terme d'infrastructure, nous travaillons à des liaisons communes et nous avons aussi à faire en sorte qu'il y ait une très bonne coopération entre le Luxembourg et la région Lorraine. Je remercie le Premier ministre pour tout ce qu'il fait dans cette direction.

Sur le plan europ√©en, nous si√©geons √† la m√™me table du Conseil europ√©en. Jean-Claude Juncker y apporte sa grande exp√©rience : je ne dirai pas depuis combien de temps il y si√®ge, y travaille et y parle. Je dois dire que sur l'accord que nous avons trouv√© vendredi dernier, nous nous sommes nous-m√™mes convaincus que c'√©tait un accord - dans le contexte que nous connaissions, dans la circonstance que nous traversons - le moins mauvais qu'il soit possible de trouver. Notamment en terme de volume de d√©penses - 960 milliards d'euros - en terme de soutien √† la croissance - puisque Jean-Claude Juncker avait d√©fendu avec moi le ¬ępacte de croissance¬Ľ au mois de juin dernier - et √©galement en terme de maintien de la politique agricole commune - puisque la France avait l√†-dessus des int√©r√™ts et en m√™me temps des objectifs √† affirmer.

Sur le plan europ√©en, nous sommes aussi conscients que nous devons, au cours de cette ann√©e 2013 qui sera encore difficile - soutenir autant qu'il sera possible la croissance. Nous y travaillons avec la m√™me opini√Ętret√©.

Sur la question internationale, je voudrais remercier le Luxembourg pour ce qui est fait, non seulement en terme de soutien politique de notre intervention au Mali, mais d'accompagnement puisque le Luxembourg, à la fois en terme d'aide, en terme de présence, nous permettra d'avoir le bon accompagnement de ce que l'on appelle la MISMA et la mission européenne de soutien et de formation de l'armée malienne.

Enfin, je rappelle que le Luxembourg siège au Conseil de sécurité des Nations unies et que nous aurons à travailler sur l'opération de maintien de la paix qui suivra ce que nous avons déjà engagé au Mali.

Voilà, pour toutes ces raisons, j'ai été tout à fait heureux d'accueillir Jean-Claude Juncker. Je sais qu'il va maintenant se rendre auprès de Jean-Marc Ayrault pour encore approfondir les questions que je viens d'aborder. C'est un partenaire, c'est un ami. Je considère qu'il a beaucoup fait pour l'Union européenne, pour l'Eurogroupe. Il en était le président jusqu'à ces dernières heures et je voudrais lui dire toute notre reconnaissance pour l'action qu'il a conduite au sein de l'Eurogroupe et qu'il continue de mener au sein de l'Union européenne.

(...)

Q - Vous avez tous les deux dénoncé ces derniers jours, un euro trop fort. Il semble que vous ayez reçu une fin de non-recevoir de l'Allemagne. Est-ce que l'Europe est condamnée à avoir une devise surévaluée, est-ce que nous avons perdu la guerre des devises sans même l'avoir menée ?

Ensuite, Monsieur le Président vous avez plaidé à Strasbourg pour un objectif de change à moyen terme pour l'euro, mais il semble aussi que cet objectif soit exclu par le communiqué que le G7 vient de diffuser. Je voulais vous demander à tous les deux si vous réitérez tous les deux, l'objectif d'avoir un taux de change à moyen terme pour l'euro.

(...)

R - Vous avez évoqué une déclaration du G7 qui met en garde la communauté internationale par rapport à des dévaluations compétitives. Nous devons donc faire en sorte que les monnaies ne soient pas l'instrument d'écarts de compétitivité qui ne seraient pas réels mais qui seraient simplement monétaires. Nous devons faire en sorte que les parités ne soient pas utilisées à des fins commerciales.

(...)

Q - Bercy annonce une révision des perspectives de croissance la semaine prochaine, vraisemblablement à la baisse. Je voudrais savoir d'abord si vous, Monsieur le Président, vous en tirez des conséquences sur la politique à mener dans les prochains mois, soit pour respecter le critère des 3 % en fin d'année, soit pour soutenir la croissance comme vous l'avez dit. Plus généralement, est-ce que tous les deux vous estimez qu'il est temps, peut-être, de desserrer un peu la contrainte budgétaire pour soutenir la croissance en 2013 ?

(...)

R - Nous, en France, nous avons maintenant depuis plusieurs mois un principe de vérité. C'est-à-dire que nous affichons des objectifs de croissance en fonction de que nous pensons être la réalité économique prévisible. A chaque fois, nous avons réajusté nos objectifs de croissance lorsque nous avons eu ces confirmations. Nous le ferons donc dans les prochains jours si c'est nécessaire. Il ne sert à rien d'afficher des objectifs s'ils ne peuvent pas être atteints.

En revanche, nous devons tout faire pour que dans l'année 2013 nous ayons le sérieux budgétaire sur lequel nous sommes engagés, mais que nous ayons aussi une volonté de préserver l'activité. C'est en fonction de ces deux exigences - exigence de sérieux, exigence d'emploi et d'activité - que nous aurons à faire les choix liés à cette perspective de croissance.

Q - Petite question sur MITTAL. MITTAL ne sera pas présent à la réunion ministérielle à Bruxelles. Est-ce que vous en avez discuté ? La France et le Luxembourg peuvent-elles mener une action de concert sur ce dossier ?

R - Nous en avons discuté, oui, et nous allons continuer à en parler, je le confirme.

(...)

Vous avez votre réponse : il sera trouvé. Mais avant, je dois dire que nous devons veiller à travailler ensemble - Belges, Luxembourgeois, Français - pour éviter que MITTAL, en l'occurrence, utilise les relations bilatérales pour dire à chacun ce qu'il veut entendre. Ce qui compte, c'est ce qui peut être fait sur l'ensemble de la sidérurgie européenne qui concerne notamment nos trois pays.

Merci √† vous. √Ä bient√īt./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Libye - Mali - Turquie - Cor√©e du Nord - Conf√©rence de presse conjointe du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec son homologue libyen, √† l'issue de la r√©union minist√©rielle internationale de soutien √† la Libye dans les domaines de la s√©curit√©, de la justice et de l'√Čtat de droit (Paris, 12/02/2013)

Mesdames et Messieurs, merci beaucoup de vous trouver ici au Quai d'Orsay pour ce point de presse que je vais tenir avec mon ami et collègue le ministre des affaires étrangères libyen, M. Mohamed Abelaziz.

Il y a de cela quelques mois, lorsque je m'√©tais rendu en Libye o√Ļ j'avais √©t√© extr√™mement bien accueilli, nos amis responsables des autorit√©s libyennes avaient lanc√© l'id√©e qu'il pourrait y avoir une conf√©rence internationale sur la s√©curit√© en Libye. Ils avaient √©mis le souhait que celle-ci ait lieu √† Paris. C'est ce que nous avons fait au cours de la journ√©e et je remercie beaucoup toutes les d√©l√©gations internationales qui ont particip√© √† cette conf√©rence.

Cette conf√©rence manifeste notre volont√© commune et notre engagement durable aux c√īt√©s de la Libye √† un moment cruciale de sa transition. √Ä quelques jours pr√®s, cela fait deux ans que la r√©volution libyenne a eu lieu. Depuis, beaucoup de changements sont intervenus et on peut dire qu'un chemin consid√©rable a √©t√© parcouru, mais il reste - et nous en avons discut√© ce matin - un certain nombre de probl√®mes et notamment des probl√®mes de s√©curit√©. Ces probl√®mes prennent diff√©rentes formes : la protection des fronti√®res ; le contr√īle des armements qui sont nombreux ; le d√©veloppement de l'√Čtat de droit et d'autres aspects encore.

Tout en saluant le courage et la détermination des nouvelles autorités libyennes, nous voulons essayer de leur apporter notre appui en matière de recherche de la sécurité. Cet appui prend différentes formes. Il est nécessaire qu'il y ait le déploiement rapide d'une mission européenne de la politique de sécurité et de défense commune pour offrir conseil et formation à la Libye dans le domaine de la gestion des frontières, puisque les frontières libyennes, compte tenu de la géographie, sont un enjeu majeur.

La France a pour sa part proposé son aide à la Libye dans de nombreux domaines, en réponse aux besoins qui existent. Cela peut par exemple concerner la formation de plusieurs milliers de policiers libyens ; cela peut avoir trait avec la formation d'un certain nombre d'officiers de l'armée libyenne ; cela peut aussi concerner l'aide que nous pouvons apporter à nos amis libyens pour reconstituer leur marine, leurs forces aériennes et leur capacité terrestre. D'autres pays qui étaient présents ce matin ont également précisé leurs propositions.

Le projet est simple et, en même temps, essentiel. Il faut que les autorités libyennes, qui ont déjà parcouru un grand chemin depuis maintenant deux ans, puissent continuer dans cette voie dans la sécurité. Pour cela, ils doivent pouvoir compter sur l'ensemble de la communauté internationale, qui est au rendez-vous.

Avant de te laisser la parole, je voudrais donner un dernier √©l√©ment. Nous avons bien s√Ľr parl√© de ce qui se passe en Libye et de ce qui se passe dans les pays voisins. Nous avons parl√© du Mali et d'autres pays encore. Nous sommes tous convaincus que la question de la s√©curit√© est une question absolument majeure, pas seulement pour un pays mais pour l'ensemble de nos pays, car il n'y a pas de s√©curit√© et d√©mocratie sans d√©veloppement durable. Donc, en soutenant la s√©curit√© de la Libye, nous contribuons √† notre propre s√©curit√©. De plus, comme il y a entre les nouvelles autorit√©s de la Libye et la France l'amiti√© que vous savez, nous avons √©t√© extr√™mement heureux de t'accueillir avec mon coll√®gue de la d√©fense et avec d'autres coll√®gues. Demain, nous accueillerons le Premier ministre.

En tout cas, sachez que vous êtes ici chez vous.

Q - Monsieur le ministre, hier votre homologue russe, M. Lavrov, a critiqué la France - et le combat au Mali - et ceux qui ont armé hier la Libye. Quelle est votre réaction à cette déclaration ?

R - Vous connaissez la situation. Nous en avons encore parl√© √† l'heure du d√©jeuner. Pourquoi la France est-elle intervenue ? Elle est intervenue pour sauver le Mali du terrorisme. C'est aussi simple que cela. Il s'est agi d'une question d'heure. Des groupes terroristes qui se situent au Nord avaient d√©cid√© de marcher sur Bamako. Donc, si les troupes fran√ßaises n'√©taient pas intervenues, √† l'heure qu'il est, il y aurait au Mali un √Čtat terroriste qui aurait pris en otage la population malienne et qui menacerait les pays voisins.

J'ajoute - à l'écoute de certains commentaires - que l'essentiel des Maliens sont musulmans et que c'est à la demande du président malien que nous sommes venus pour sauver cette population, laquelle était non-seulement menacée, mais gravement attaquée. Ce qui s'est passé avec les mausolées de Tombouctou ou avec d'autres exactions en témoigne.

C'est la raison pour laquelle la quasi-totalité de la communauté internationale a soutenu la France dans son action, qui n'a pas vocation à rester éternellement. Les forces maliennes, auprès desquelles nous combattons, sont en train d'être formées. De même, les forces africaines de la MISMA sont venues à l'appui de l'opération internationale. Tout cela est mené dans le respect des résolutions des Nations unies et de la légalité internationale.

Quant √† la question des armements, il est vrai que trop nombre d'armes, d'origines diverses, circulent dans la r√©gion. De m√™me, il y a beaucoup trop d'armes en Syrie et on sait d'o√Ļ elles viennent.

Q - Vous avez rencontr√© ce matin M. Davutoglu, vous avez sans doute parl√© de la n√©gation de l'Union europ√©enne ? √Čtiez-vous pr√™t √† ouvrir le chemin, surtout les chapitres 22 et 17 ? Avez-vous eu un r√©sultat concret l√†-dessus ? Enfin, avez-vous abord√© le sujet de la future visite de M. Hollande en Turquie ?

R - C'est une question qui n'est pas directement en lien avec la Libye, mais il est vrai que mon collègue et ami M. Davutoglu participait aujourd'hui à la réunion autour de la sécurité en Libye. Nous nous sommes rencontrés et avons parlé d'autres sujets, parmi lesquels il y a la question des relations entre l'Union européenne et la Turquie. Je lui ai confirmé que la France était favorable à l'ouverture de la discussion sur ce qu'on appelle le chapitre 22 ; c'est-à-dire le chapitre sur la politique régionale.

Pour répondre à votre question sur la visite du président de la République, il y a effectivement une invitation qui lui a été adressée et il souhaite pouvoir l'honorer, c'est tout à fait clair.

D'une façon générale d'ailleurs, parce que c'est là l'essentiel de ma réponse, nous souhaitons et c'est réciproque, avoir des relations très positives avec la Turquie, puisque la Turquie et la France sont deux grands pays, avec une grande stabilité politique. Toutes les raisons de développer nos relations sur le plan éducatif, sur le plan culturel, sur le plan économique et sur le plan politique sont réunies. C'est dans cet esprit que j'avais plaisir à rencontrer mon collègue, M. Davutoglu. Donc, les choses vont bien.

Q - À la suite de l'essai nucléaire de la Corée du nord, est-ce que vous pourriez élaborer les conséquences possibles ?

R - Nous avons condamné de la façon la plus nette, cet essai nucléaire qui est contraire à toutes les résolutions internationales, et qui a d'ailleurs été condamné par les Nations unies. Il y a une réunion spéciale sur ce sujet. Nous notons que l'ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité - sauf erreur de ma part - ont condamné cet essai nucléaire et nous demandons avec beaucoup de force à la Corée du Nord de respecter la légalité internationale. Nous notons que parmi ceux qui ont condamné cette action et contre laquelle la Corée du Nord a été mise en garde, il y a en particulier la Chine ; ce qui n'est pas sans signification.

Q - Deux petites questions en feuilletant ce document qui est assez dense : on ne voit aucune mention des financements, est-ce que c'est la Libye qui finance tout ? Est-ce que l'Union européenne va financer la mission de conseil, je crois que cela tournait autour de 50 ou 70 personnes ? Est-ce que vous avez parlé des affaires économiques, générales, des avoirs bloqués, s'il y a des différents entre les deux pays ?

R - Sur le plan bilatéral, il y a une délégation importante de nos amis libyens qui est ici présente avec un nombre conséquent de ministres. Parallèlement à cette conférence, des entretiens ont lieu, notamment des entretiens économiques. Demain à l'occasion de la visite du Premier ministre libyen, qui sera reçu par le Président de la République et le premier ministre, le point sera fait sur ces aspects bilatéraux. Mais là, nous avions voulu dans cette conférence qui était multilatérale, nous concentrer sur les aspects sécurité.

Je pr√©cise qu'avant cette r√©union internationale, il y a eu, au mois de d√©cembre, une r√©union de hauts-fonctionnaires qui s'est tenue en Grande-Bretagne. Nous avons d√©cid√© ce matin, compte tenu de l'int√©r√™t de ces questions, de constituer ceux qui √©taient l√† en ¬ęcore group¬Ľ sur les questions de s√©curit√© en Libye. Il y aura une prochaine r√©union qui se tiendra en Italie et nos amis turcs aussi ont souhait√© qu'il y ait ensuite une r√©union chez eux. Ce n'est donc pas un ¬ęone shot¬Ľ, c'est vraiment une action continue, internationale pour travailler avec nos amis libyens autour du th√®me de la s√©curit√©.

Q - M. Lavrov a dit que la France combattait au Mali ceux qu'elle avait armés en Libye. Comment répondez-vous à cette question ?

R - La France est contre toutes les actions terroristes, o√Ļ qu'elles soient, que ce soit dans un pays ou dans un autre et je crois qu'en ce qui concerne le Mali, les choses sont assez claires sur les raisons pour lesquelles la France est intervenue, sur le soutien international dont elle dispose et sur les objectifs qu'elle se fixe. /.

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5. Libye/Conf√©rence minist√©rielle internationale de soutien dans les domaines de la s√©curit√©, de la justice et de l'√©tat de droit - Communiqu√© de Paris (Paris, 12/02/2013)

Le gouvernement de l'√Čtat de Libye et ses partenaires internationaux se sont r√©unis aujourd'hui √† Paris pour renouveler leur engagement en faveur du peuple libyen et de ses aspirations √† b√Ętir un √Čtat moderne, d√©mocratique et responsable, dot√© d'un r√©gime, d'institutions et de pratiques solidement ancr√©s dans un √Čtat de droit et respectueux des droits de l'Homme. Les participants √† la Conf√©rence minist√©rielle internationale de ce jour (Allemagne, Danemark, √Čmirats arabes unis, Espagne, √Čtats-Unis d'Am√©rique, France, Italie, Malte, Qatar, Royaume-Uni, Turquie, Conseil de coop√©ration du Golfe, Ligue des √Čtats arabes, Organisation des Nations unies, Union africaine, Union europ√©enne et Union du Maghreb arabe), qui marque une nouvelle √©tape dans les relations entre la Libye et ses partenaires, ont r√©affirm√© leur soutien sans √©quivoque au gouvernement libyen dans sa d√©termination √† b√Ętir une nation s√Ľre, prosp√®re et d√©mocratique et √† relever les d√©fis pos√©s dans les domaines de la s√©curit√© nationale, de l'√©tat de droit et de la justice, sur la base des deux plans ci-joints, le Plan de d√©veloppement de la s√©curit√© nationale et le Plan de d√©veloppement de la justice et de l'√©tat de droit.

R√©affirmant leur soutien au peuple libyen, les partenaires internationaux ont rappel√© la n√©cessit√© d'un engagement mesur√© et coordonn√©, dans le respect des principes des dirigeants libyens et de l'appropriation nationale, et conform√©ment aux besoins et priorit√©s d√©finis par le gouvernement libyen. Les participants √† la Conf√©rence ont √©galement r√©affirm√© leur soutien aux r√©solutions pertinentes du Conseil de s√©curit√© des Nations unies qui proclament le maintien de la souverainet√©, de la s√©curit√©, de la stabilit√© et de la prosp√©rit√© de la Libye ainsi que le r√īle de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL), notamment pour coordonner et faciliter l'assistance internationale au gouvernement libyen. Les participants √† la Conf√©rence reconnaissent √©galement que l'Union europ√©enne est un partenaire strat√©gique essentiel √† long terme pour la Libye, dans le cadre de la zone euro-m√©diterran√©enne de coop√©ration et de dialogue.

Les participants √† la Conf√©rence prennent acte des r√©alisations significatives du peuple libyen et des autorit√©s libyennes √† la suite de la D√©claration de lib√©ration d'octobre 2011. Les √©lections au Congr√®s g√©n√©ral national le 7 juillet 2012 et la prestation de serment, le 14 novembre, du premier gouvernement d√©mocratiquement constitu√© du pays ont marqu√© une √©tape importante dans la transition d√©mocratique en Libye. Tout en reconnaissant le lourd passif dont a h√©rit√© le peuple libyen apr√®s des d√©cennies de r√©gime autocratique (faiblesse des institutions √©tatiques, corruption g√©n√©ralis√©e, opportunit√©s √©conomiques limit√©es, secteur de la s√©curit√© tr√®s affaibli), les participants √† la Conf√©rence ont exprim√© l'espoir que les progr√®s accomplis r√©cemment dans le paysage politique permettent au gouvernement libyen de poursuivre la construction des institutions et de l'√Čtat de mani√®re √† ce que la Libye puisse retrouver la place qui lui revient dans la communaut√© des nations.

Les participants à la Conférence sont cependant convenus qu'il est nécessaire que la Libye et ses partenaires agissent immédiatement, de manière visible et concrète, pour remédier en priorité aux problèmes dans le domaine de la sécurité et de la justice qui sont susceptibles de compromettre les mesures prises récemment par la Libye pour assurer une transition démocratique couronnée de succès et un avenir prospère. Il s'agit notamment de la situation dans le pays en termes de sécurité, de la sécurité et de la gestion des frontières de la Libye, du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des anciens combattants révolutionnaires et des questions liées à la gestion des armes et des munitions. Le gouvernement libyen a présenté les efforts qu'il a déployés récemment pour relever ces défis et souligné son intention de prendre d'autres mesures en coordination avec ses partenaires internationaux.

Il reste donc beaucoup √† faire aux dirigeants libyens pour faire avancer le processus politique, assurer une transition r√©ussie apr√®s la phase de la r√©volution et prendre des mesures concr√®tes pour reconstruire le pays. √Ä cet √©gard, les participants √† la Conf√©rence se sont f√©licit√©s de la d√©termination du gouvernement libyen √† agir rapidement face √† la situation pr√©caire en termes de s√©curit√© nationale, y compris les probl√®mes prioritaires indiqu√©s plus haut, et ils lui ont r√©affirm√© leur solidarit√© et leur total soutien. Les participants √† la Conf√©rence ont exprim√© leur ferme conviction que les progr√®s dans ces domaines placeront la Libye sur la voie du rel√®vement et de la construction d'un √Čtat moderne, d√©mocratique et responsable, reposant sur l'√©tat de droit et le respect des droits de l'Homme.

La Conférence ministérielle internationale de soutien à la Libye s'inscrit dans le prolongement de la réunion des hauts fonctionnaires tenue à Londres le 17 décembre, au cours de laquelle le gouvernement libyen avait présenté un plan d'action global dans les domaines prioritaires que sont le secteur de la sécurité, la justice et l'état de droit. Le gouvernement libyen présente aujourd'hui à ses partenaires internationaux ses priorités pour le développement et la réforme des secteurs de la sécurité, de l'état de droit et de la justice. Les partenaires internationaux de la Libye ont souligné l'importance de ces priorités et se sont engagés à apporter une aide supplémentaire pour soutenir les efforts de la Libye dans ces secteurs.

Pour concr√©tiser ces priorit√©s d√©finies par le gouvernement libyen et mettre en oeuvre sa volont√© de produire des effets tangibles au profit du peuple libyen, de renforcer la transition d√©mocratique de la Libye et de reconstruire un √Čtat moderne, les partenaires internationaux se sont engag√©s √† r√©orienter leur aide en fonction de ces objectifs prioritaires. Les partenaires internationaux ont ainsi rappel√© au gouvernement libyen la n√©cessit√© d'adopter les d√©cisions et de mettre en place les m√©canismes n√©cessaires pour permettre le soutien des partenaires internationaux, de mani√®re √† transformer ces priorit√©s en r√©alisations concr√®tes. √Ä cet effet, les participants √† la Conf√©rence ont reconnu la n√©cessit√© pour le gouvernement libyen de continuer √† se concerter avec le peuple libyen, par l'interm√©diaire de ses organes repr√©sentatifs, de la soci√©t√© civile et d'autres m√©canismes.

Ayant √† l'esprit les r√©solutions pertinentes du Conseil de s√©curit√© concernant le r√īle des Nations unies en mati√®re de coordination de l'aide internationale √† la Libye, les participants √† la Conf√©rence sont convenus que d'autres travaux seraient n√©cessaires pour affiner et rendre op√©rationnelles les conclusions de la Conf√©rence minist√©rielle internationale de soutien √† la Libye r√©unie aujourd'hui. Ils sont convenus que ces travaux seraient r√©alis√©s dans le cadre d'un groupe des principaux partenaires de la Libye en mati√®re de s√©curit√©, qui se r√©unira p√©riodiquement √† Tripoli avec les responsables libyens afin de mesurer les progr√®s accomplis et de passer en revue les autres mesures g√©n√©rales prises dans le secteur de la s√©curit√©.

Le gouvernement libyen a identifi√© six domaines prioritaires du secteur de la s√©curit√©, notamment : i) la coordination et l'architecture de la s√©curit√© nationale ; ii) le d√©sarmement, la d√©mobilisation et la r√©insertion (DDR) ; iii) le contr√īle des armes et des munitions ; iv) la s√©curit√© et la gestion des fronti√®res ; v) la r√©forme et le d√©veloppement du secteur de la d√©fense ; et vi) la r√©forme et le d√©veloppement du secteur de la police.

Les participants à la Conférence ont discuté des priorités du gouvernement libyen en matière de sécurité, comme indiqué ci-dessus. Les partenaires internationaux de la Libye ont exprimé leur soutien politique, technique et matériel au gouvernement libyen pour ses efforts visant à relever ces défis en trouvant des solutions concernant la réforme du secteur de la sécurité et les opérations de sécurité.

Les participants √† la Conf√©rence ont soulign√© combien il est urgent pour la Libye de contr√īler efficacement ses fronti√®res. Les partenaires internationaux de la Libye ont soulign√© qu'ils sont pr√™ts √† aider le gouvernement libyen √† am√©liorer rapidement la s√©curit√© de ses fronti√®res et ils ont encourag√© le gouvernement libyen √† mettre au point et appliquer de toute urgence un plan de gestion int√©gr√©e des fronti√®res. Les participants √† la Conf√©rence se sont f√©licit√©s de la d√©cision prise par l'Union europ√©enne de lancer une mission civile de la Politique de s√©curit√© et de d√©fense commune sur la gestion des fronti√®res, qui sera d√©ploy√©e en juin 2013.

En ce qui concerne l'aide à la réforme et au développement, les partenaires internationaux ont exprimé leur soutien total à la Libye pour ses efforts visant à traiter les enjeux de sécurité que rencontre le pays, ainsi qu'à mettre en place et à déployer des structures efficaces et responsables de défense et de police pour rétablir la paix et la stabilité dans l'ensemble du pays.

Les participants √† la Conf√©rence ont √©galement pris note du fait que la Libye a h√©rit√© de stocks d'armes et d'engins explosifs, dont une grande partie n'est pas contr√īl√©e par le gouvernement libyen et constitue une menace directe pour la s√©curit√© de la Libye et de la r√©gion. Les partenaires internationaux de la Libye ont r√©affirm√© leur engagement de soutenir la Libye dans son action prioritaire de gestion des armes et des munitions.

Les participants à la Conférence se sont également félicités des mesures et des engagements déjà pris par le gouvernement libyen, avec les pays voisins, pour lutter contre les graves problèmes de sécurité que rencontre la Libye dans ses zones frontalières. Dans le prolongement du Plan d'action de Tripoli sur la coordination opérationnelle dans le domaine de la sécurité des frontières, adopté par la Conférence ministérielle régionale tenue à Tripoli les 11 et 12 mars 2012, les partenaires internationaux se sont engagés à apporter leur soutien au gouvernement libyen et à ses voisins régionaux pour faire face à ces menaces.

Les participants √† la Conf√©rence ont soulign√© combien il est important d'assurer la stabilit√© durant la p√©riode de transition, gr√Ęce √† la mise en oeuvre de programmes pour les combattants r√©volutionnaires. Le gouvernement libyen s'est engag√© √† mettre en oeuvre une approche coordonn√©e √† l'√©chelle nationale pour int√©grer les combattants r√©volutionnaires dans les forces de s√©curit√© ou les aider √† se r√©ins√©rer dans la vie civile.

Pour am√©liorer le secteur de l'√©tat de droit et de la justice, le gouvernement libyen a identifi√© ses grandes priorit√©s : i) renforcer les capacit√©s, les comp√©tences, l'ind√©pendance, la coordination et la formation judiciaires ; ii) entreprendre la r√©vision des l√©gislations pertinentes ; iii) renforcer les capacit√©s en termes de parquet et d'enqu√™tes p√©nales ; iv) r√©former le syst√®me p√©nitentiaire libyen ; vi) renforcer la coordination entre les syst√®mes de justice militaire et civil ; vii) promouvoir la justice transitionnelle par des processus de recherche de la v√©rit√© et de r√©conciliation nationale, ainsi qu'en retrouvant et identifiant les personnes disparues ; et viii) b√Ętir des institutions √©tatiques qui respectent et encouragent les droits de l'homme, ainsi qu'une soci√©t√© civile dynamique.

Les participants à la Conférence ont reconnu la nécessité de faire en sorte que le système judiciaire libyen fonctionne dans le respect total des normes internationales. Ils ont souligné le besoin urgent d'adopter une législation efficace, par exemple le projet de loi sur la justice transitionnelle, et de mettre en oeuvre les procédures requises pour favoriser le processus de réconciliation. Les participants internationaux se sont félicités de l'engagement pris par le gouvernement libyen de lutter contre toutes les violations des droits de l'Homme qui se sont produites sous le régime précédent ainsi que pendant et après le conflit armé.

Les participants √† la Conf√©rence se sont f√©licit√©s de l'engagement et des mesures pris par le gouvernement libyen pour placer tous les centres de d√©tention sous le contr√īle de l'√Čtat et pour garantir l'acc√®s √† la justice au plus grand nombre de d√©tenus. Le soutien international vise √† renforcer la mise en oeuvre des normes internationales en mati√®re de droits de l'Homme et d'√©tat de droit, en particulier en ce qui concerne le traitement en d√©tention, la l√©galit√© de la d√©tention et le droit des accus√©s √† b√©n√©ficier d'un proc√®s rapide et √©quitable.

À l'issue de ses délibérations, la Conférence ministérielle internationale a adopté les deux plans ci-joints, à savoir le Plan de développement de la sécurité nationale et le Plan de développement de la justice et de l'état de droit, qui seront mis en oeuvre par les autorités compétentes du gouvernement libyen, avec l'aide et le soutien total des partenaires internationaux représentant les gouvernements et les organisations internationales et régionales.

Les participants à la Conférence ont accueilli favorablement la proposition de réunir la prochaine réunion ministérielle avec la Libye, le moment venu, et en coordination avec tous les acteurs internationaux concernés./.

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6. Renonciation du Pape - D√©claration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res (Paris, 12/02/2013)

Au lendemain de la d√©cision du Saint-P√®re de d√©missionner, je veux souligner la grande qualit√© des relations que la France a entretenues avec le Saint-Si√®ge durant le pontificat de Beno√ģt XVI.

La France respecte cette décision et rend hommage à une personnalité dont la pensée et l'action auront marqué ces dernières années, et qui s'est toujours engagée en faveur de la paix dans le monde./.

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7. Point de presse du porte-parole - R√©sultats du Conseil europ√©en/Audition de M. Bernard Cazeneuve √† l'Assembl√©e nationale - Participation de M. Pascal Canfin √† la r√©union informelle des ministres europ√©ens du d√©veloppement - Cor√©e du Nord/Essai nucl√©aire - Syrie/Turquie/Attentat √† la fronti√®re turco-syrienne - Nations unies/√Člection de Mme Nicole Ameline √† la pr√©sidence du comit√© pour l'√©limination de la discrimination √† l'√©gard des femmes - Liban - Turquie (Paris, 12/02/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Résultats du Conseil européen - Audition de M. Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale (Paris, 12 février 2013)

M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, est auditionné aujourd'hui à 17h30 par les commissions des affaires étrangères et des affaires européennes de l'Assemblée nationale.

L'audition sera consacrée aux résultats du Conseil européen des 7 et 8 février. Elle permettra notamment de procéder à un échange avec les députés sur l'accord obtenu sur le budget européen pour la période 2014-2020.

Cet échange sera l'occasion de remettre en perspective les résultats du Conseil européen au regard des objectifs que la France s'était fixés, en matière de croissance, de solidarité, de financement des politiques commerciales et de réforme du système des ressources propres.

Cette audition est ouverte à la presse.

2 - Participation de M. Pascal Canfin à la réunion informelle des ministres européens du développement (Dublin, 12 février 2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, participe aujourd'hui à la réunion informelle des ministres européens du développement à l'invitation de la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne.

Cette réunion, qui a débuté le 11 février en fin d'après-midi, permettra d'aborder la question de la reprise de l'aide européenne au développement au Mali ainsi que la coordination entre les pays européens sur le terrain.

Les ministres travailleront également sur l'agenda du développement post-2015, dans la continuité du sommet du développement durable Rio+20 en juin 2012.

3 - Corée du Nord - Essai nucléaire

La France condamne avec la plus grande fermeté l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord le 12 février 2013. Cet essai est un acte grave, qui porte une atteinte sérieuse à la paix et à la sécurité régionales et internationales. Il s'agit aussi, après le tir de fusée longue-portée effectué le 12 décembre 2012, d'une nouvelle violation inacceptable par la Corée du Nord de ses obligations internationales.

Nous enjoignons la Corée du Nord à mettre fin immédiatement à ses tentatives de déstabilisation de la région. Elle doit mettre en oeuvre pleinement et sans délai les résolutions 1718, 1874 et 2087 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous l'exhortons, une nouvelle fois, à reprendre le dialogue en vue du démantèlement complet, irréversible et vérifiable de son programme nucléaire et balistique.

La France travaille d'ores et déjà avec ses partenaires du Conseil de sécurité, de l'Union européenne et de la région sur les conséquences de cette nouvelle provocation, et en particulier sur un nouveau renforcement des sanctions à l'égard de la Corée du Nord.

Q - Le Conseil de S√©curit√© des Nations unies doit se r√©unir aujourd'hui suite au test nucl√©aire en Cor√©e du Nord. √Čtant donn√© qu'il s'agit d√©j√† de l'un des pays les plus sanctionn√©s au monde, que peuvent faire les Nations unies ? Pensez-vous que la Chine sera pr√™te √† imposer des sanctions ?

R - Concernant votre première question, je vous renvoie à la déclaration que nous venons de faire sur ce sujet.

S'agissant de votre seconde question, je vous invite à vous référer aux déclarations des autorités chinoises.

4 -Syrie/Turquie - Attentat à la frontière turco-syrienne

La France condamne fermement l'explosion ayant causé la mort d'au moins treize personnes à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes et notre solidarité avec les autorités et le peuple turcs, ainsi qu'avec le peuple syrien.

Nous disons une nouvelle fois notre inquiétude face au risque de débordement de la crise syrienne dans les pays voisins. Il est plus que jamais urgent de trouver une issue à la crise, permettant d'ouvrir la voie à une transition politique conforme aux aspirations démocratiques des Syriens.

5 - Nations unies - √Člection de Mme Nicole Ameline √† la pr√©sidence du comit√© pour l'√©limination de la discrimination √† l'√©gard des femmes (11 f√©vrier 2013)

La France se félicite de l'élection de Mme Nicole Ameline à la présidence du comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes le 11 février 2013.

D√©put√©e et ancienne ministre fran√ßaise de la parit√© et de l'√©galit√© professionnelle, Mme Ameline est membre de ce comit√© depuis 2008 et y a √©t√© r√©√©lue en juin dernier. Son √©lection √† la pr√©sidence vient reconna√ģtre son engagement constant et son travail en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes.

La France souhaite rappeler son attachement √† la promotion des droits des femmes et √† la mise en oeuvre effective de la convention de 1979 sur l'√©limination de toutes les formes de discrimination √† l'√©gard des femmes. Elle appelle les √Čtats √† lever les r√©serves √©ventuelles √† la convention, √† abroger les lois et pratiques discriminantes √† l'√©gard des femmes et √† coop√©rer activement avec le comit√© des Nations unies pour l'√©limination de la discrimination √† l'√©gard des femmes.

6 - Liban

Q - Au Liban la sous-commission parlementaire ad hoc chargée de l'élaboration d'une nouvelle loi électorale ne semble pas pouvoir aboutir à un accord, or les élections sont prévues en juin soit dans trois mois, et un ajournement des élections au Liban semble se profiler. Quelle est la réaction de la France ? Est-ce que vous êtes pour un ajournement qui permettra de donner le temps à la commission et aux partis politiques pour élaborer une loi qui donne satisfaction à tous ?

R - Il appartient aux Libanais de trouver un accord pour l'adoption d'une loi électorale. La France, qui n'a pas à se prononcer sur le mode de scrutin au Liban, est attachée à ce que les échéances électorales soient respectées.

7 - Turquie

Q - Suite à l'entretien de Laurent Fabius avec son homologue turc, la France va t-elle appuyer la Turquie dans ses négociations européennes ?

R - La France souhaite apporter un nouvel élan aux relations entre l'Union européenne et la Turquie.

Elle a décidé d'y apporter sa contribution en proposant, pour commencer, l'ouverture de la discussion du chapitre 22 (politique régionale).

Elle attend de la Turquie qu'elle s'engage de son c√īt√© √† contribuer concr√®tement √† cette dynamique./.

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