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Bulletin d'actualités du 12 février 2013


Sommaire



1. Nigéria - Mali - Conférence de presse conjointe du président de la République, M. François Hollande, et de son homologue nigérian - Propos de M. Hollande - (Paris, 11/02/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai été particulièrement ravi d'accueillir cet après-midi le président du Nigéria, Jonathan Goodluck, dans un contexte qui est à la fois heureux pour le Nigéria puisqu'il y a eu une grande victoire à la Coupe d'Afrique des Nations, mais en même temps qui est préoccupant pour la région. C'est sur ce sujet là que nous nous sommes concertés, lui et moi, dès lors que le Nigéria joue un rôle majeur dans l'Afrique de l'ouest et notamment dans l'opération qui est en cours au titre de la MISMA.

D'abord, j'ai remercié le Nigéria pour son appui entier dans le cadre de l'intervention française au Mali et également sa participation au niveau qui - je l'espère - sera dans les prochains jours le plus élevé possible dans la MISMA. Nous nous sommes félicités des premiers résultats de l'opération Serval, pour ce qui nous concerne, puisque l'essentiel du territoire malien est aujourd'hui libéré.

Mais nous n'avons pas terminé notre tâche. Il y a encore des poches terroristes, notamment dans l'extrême nord du Mali, et des opérations qui sont encore menées par un certain nombre de groupes. D'où le double devoir que nous devons poursuivre : devoir de la France d'aller jusqu'au bout de son opération pour ne pas laisser un seul espace territorial du Mali sous le contrôle des terroristes ; mais aussi le devoir des Africains de venir prendre le relais à mesure que nous terminons notre propre opération.

Nous avons également évoqué la nécessité d'une transition politique réussie pour le Mali. Ce qui fait que nous devons tout faire pour que l'objectif d'élection présidentielle au mois de juillet puisse être atteint. Enfin, nous sommes pour le dialogue, la réconciliation mais sur les bases qui sont celles définies par les Maliens et par eux seuls.

Nous sommes également conscients que le terrorisme n'est pas qu'au Mali. Le président du Nigéria en est parfaitement informé puisqu'il affronte depuis plusieurs mois, pour ne pas dire depuis plusieurs années, un terrorisme que nous connaissons sous le nom de Boko Haram. Il est également clair qu'un certain nombre de ces réseaux, de ces groupes, voire même de ces dirigeants, ont pu se réfugier ailleurs qu'au Mali.

Nous devons donc poursuivre notre coopération au niveau de l'ensemble de l'Afrique de l'ouest mais aussi de l'Europe pour que nous puissions donner tout le soutien nécessaire à la lutte contre le terrorisme. Je rappelle que l'Europe est pleinement engagée et qu'elle met en oeuvre une action de formation de l'armée malienne et également de la MISMA.

Nous avons aussi - avec les ministres des affaires étrangères - évoqué l'avenir de l'opération qui prendra une forme nouvelle dans quelques semaines dans le cadre de ce que l'on appelle l'opération de maintien de la paix.

Nous avons évoqué après nos relations bilatérales qui sont excellentes et notamment dans le domaine économique où de nombreuses entreprises françaises sont présentes, notamment dans le domaine énergétique avec Total. Mais d'autres sont aussi prêtes à répondre à un certain nombre d'appels d'offre, dans les domaines des transports, dans les domaines également de tout ce qui est l'aménagement. Bref, nous sommes au contact des autorités du Nigéria pour faire en sorte que nous puissions être dans cette économie - qui va être à l'horizon 2020 la 20ème du monde - à la hauteur des besoins qui sont massifs dans un pays aussi peuplé.

Pour terminer, le président du Nigéria m'a fait part de sa volonté de voir son pays figurer parmi les membres du Conseil de sécurité. Vous savez que nous sommes très attachés à ce qu'un grand pays de l'Afrique de l'ouest puisse à chaque fois être présent au Conseil de sécurité.

Voilà ce que je voulais dire pour cette réception à laquelle j'attachais grand prix. D'abord, parce que nous sommes dans le contexte de ce qui se passe au Mali. Ensuite, parce que le Nigéria est un grand pays, qui ne parle pas notre langue, mais qui a également un grand respect pour notre culture, pour les bonnes relations que l'Afrique et l'Europe doivent nouées et notamment le Nigéria et la France.

Je rappelle que 10 % des ressources pétrolières de Total sont tirés du Nigéria. C'est dire s'il y a là des liens qui sont profonds, historiques et qui ne demandent qu'à être renforcés. Merci.

(...)

Je voudrais - en remerciant encore le président Jonathan Goodluck pour sa visite - évoquer les deux sujets dont il vient de parler.

Le premier, c'est la piraterie dans le golfe de Guinée. Vous savez qu'un tanker a été capturé, il n'y a pas d'autres mots, il y a quelques jours et dévalisé pour sa cargaison. Nous devons donc lutter avec efficacité contre la piraterie dans le golfe de Guinée, ce qui suppose de mettre tous les moyens nécessaires.

Et puis, second sujet, c'est l'instabilité qui peut régner dans une partie du territoire de l'Afrique de l'ouest. Nous en avons eu une illustration avec la prise d'otages par le groupe Ansaru de notre ressortissant Francis Collomp. Je remercie le Nigéria de nous aider pour obtenir, dans les meilleures conditions et le plus vite possible, sa libération.

Q - Le président Goodluck Jonathan s'est entretenu aujourd'hui avec le Premier ministre britannique et a parlé de l'importance d'exercer une certaine pression sur le G8 afin que les sociétés qui raffinent du pétrole volé puissent être sanctionnées. Le suivez-vous sur ce terrain ?

R - Oui, le président du Nigéria m'a parlé de cette question, c'est-à-dire du recyclage, par les groupes, du pétrole volé. Ce qui est une incitation forte à un tel trafic et je dois dire aussi le financement de groupes qui ont aussi des activités terroristes. Car il y a un mélange entre le banditisme et le terrorisme. Je partage donc complètement la démarche du président Jonathan : éviter que des groupes, par esprits lucratifs, puissent recycler de telles ressources pétrolières, de pétrole raffiné.

Q - Ce qui s'est passé ce week-end à Gao montre que les djihadistes ont encore les moyens de passer à l'offensive. Tout le monde savait que le début de l'intervention militaire française serait sans doute ce qu'il y avait de plus facile et que l'après est beaucoup plus difficile. Est-ce que vous pensez qu'ils ont encore les moyens de mener des offensives extrêmement meurtrières, est-ce qu'ils ont des moyens de continuer à déstabiliser longtemps cette région ? Est-ce que vous pensez que Boko Haram et AQMI ont les moyens de coopérer ensemble pour frapper la région ? Concernant cet otage français, est-ce que vous avez quelques nouvelles, Monsieur le président, que vous pourriez nous donner ?

R - Peut-être d'abord le président du Nigeria sur le lien Boko Haram avec Aqmi, Al-Qaïda. Sur l'otage, j'ai dit ce que j'avais à dire et je n'en rajouterai pas.

(...)

Nous sommes le 11 février, c'est-à-dire qu'il y a un mois jour pour jour, je décidais l'intervention de la France au Mali avec l'appui des Africains. Un mois après, l'essentiel du territoire malien a été libéré ; aucune ville n'est occupée par un groupe terroriste ; les réseaux ou groupes qui jusque-là mettaient en péril la vie des Maliens, aucun de ces groupes n'est capable de mener une véritable offensive.

Pendant ce mois, les forces africaines de la MISMA se sont mises en place et il y a aujourd'hui plus de soldats africains que de soldats français au Mali. Quand je dis «soldats africains», j'entends des contingents hors l'armée malienne. En un mois nos deux objectifs - la libération totale du territoire malien et le relais par la MISMA de nos troupes - sont donc en voie d'être atteints.

En avons-nous terminé ? Non, puisqu'il y a encore de manière plus ou moins organisée des groupes qui peuvent se livrer soit à des attentats soit à des opérations de guérilla. Nous devons donc poursuivre non plus la libération, mais la sécurisation du territoire malien et faire en sorte que ne se cachent plus un certain nombre de groupes. Nous avons notamment à l'extrême nord du Mali à faire un exercice de clarification, pour savoir où sont encore un certain nombre de commandos terroristes et éventuellement les chefs de ces groupes. Enfin, il y a toujours nos ressortissants qui sont retenus en otages.

Mais je considère que, pour l'essentiel de ce que j'avais décidé il y a un mois, les objectifs ont été atteints. S'il y a encore un certain nombre d'insécurités, nous veillerons dans les prochains jours, avec les forces africaines, à lever tous les doutes. Car nous devons avoir comme perspective l'élection présidentielle au Mali au mois de juillet. Il ne peut pas y avoir de scrutin organisé s'il n'y a pas la certitude de la liberté pour les électeurs de faire leur devoir.

Est-ce qu'il y a des risques ? Oui, il y a toujours des risques puisque les terroristes se sont dispersés, éparpillés ; d'autres se sont cachés. C'est pourquoi nous n'en n'avons pas terminé. Je vous l'ai dit, le prochain objectif est la sécurisation du territoire malien et la mise hors d'état de nuire des groupes qui ont pendant trop longtemps soumis le Nord-Mali à une domination barbare.

Ensuite, il y a ce que nous devons faire dans toute l'Afrique de l'ouest, éviter qu'un certain nombre de groupes terroristes qui ont pu quitter le Mali viennent jeter là encore la terreur ailleurs. Nous devons donc travailler en bonne intelligence avec l'ensemble des pays concernés.

Q - Ma question s'adresse au président Hollande. Vous avez dit que le Nigéria et la France partageraient des rapports de renseignement, je sais qu'il n'est pas facile d'échanger des renseignements dans ce domaine. Mais comment allez-vous faire, concrètement, ces échanges d'informations, de renseignements ?

R - Nous échangeons des informations, des renseignements, y compris en nous rencontrant. Pour le reste, nos armées travaillent bien ensemble au Mali. Nous avons veillé à ce que ce soit bien le cas. Je me félicite de la présence au Mali du chef d'état-major qui est lui-même nigérian et qui commande les forces de la CEDEAO. Pour tout ce qui est service du renseignement, il y a là encore une très bonne collaboration.

Maintenant si je vous donnais les renseignements, cela voudrait dire que notre objectif pourrait ne pas être atteint.

Q - La question s'adresse à vous deux. Êtes-vous surpris tout d'abord ? Est ce que vous considérez que c'est un signe de modernité qu'un Pape, qui estime ne pas être en mesure d'assurer sa tâche, démissionne ? Une question plus directement au président du Nigéria : pensez-vous qu'il soit l'heure qu'un Pape africain soit élu, que ce serait une bonne chose pour votre pays et pour l'ensemble du continent en général ?

R - Je ne peux pas répondre à votre place sur le second sujet !

(...)

La décision de Benoît XVI suscite le plus grand respect. C'est une décision courageuse, et aussi exceptionnelle, mais je ne veux pas ajouter d'autre commentaire. Le président du Nigéria d'ailleurs a dit les choses : nous devons laisser l'église catholique déterminer comment elle entend organiser cette succession et nous ne présentons pas de candidat. Enfin, je dois saluer le pontificat de Benoît XVI pour tous les efforts qui ont été menés en faveur de la paix./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Corée du Nord/Essai nucléaire - Déclaration du président de la République, M. François Hollande (Paris, 12/02/2013)

Je condamne avec la plus grande fermeté l'essai nucléaire auquel vient de procéder la Corée du Nord.

La France exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique.

Dans l'immédiat, la Corée du Nord doit s'abstenir, sans conditions, de tout geste risquant d'accroître davantage la tension dans la péninsule coréenne et de porter atteinte à la paix et à la sécurité internationales.

La France appuiera une action ferme au Conseil de sécurité des Nations unies et travaille en ce sens avec ses partenaires.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. UE - Zone euro - Luxembourg - Conférence de presse conjointe du président de la République, M. François Hollande, et du Premier ministre du Grand-Duché de Luxembourg - Propos de M. Hollande - (Paris, 12/02/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai accueilli avec beaucoup de plaisir Jean-Claude Juncker, le Premier ministre du Luxembourg : pays ami, dirigeant ami et avec lequel nous avons de grandes convergences de vues sur l'ensemble des questions, que ce soit sur le plan bilatéral, que ce soit sur le plan européen ou que ce soit sur le plan international.

Commençons pas les questions bilatérales. Nous les avons évoquées. Le Luxembourg accueille de nombreux Français qui viennent y travailler. Nous avons sûrement encore des améliorations à produire pour leur protection sociale, pour la santé, pour les retraites... Nous avons là une très bonne collaboration.

Sur le plan bilatéral aussi, en terme d'infrastructure, nous travaillons à des liaisons communes et nous avons aussi à faire en sorte qu'il y ait une très bonne coopération entre le Luxembourg et la région Lorraine. Je remercie le Premier ministre pour tout ce qu'il fait dans cette direction.

Sur le plan européen, nous siégeons à la même table du Conseil européen. Jean-Claude Juncker y apporte sa grande expérience : je ne dirai pas depuis combien de temps il y siège, y travaille et y parle. Je dois dire que sur l'accord que nous avons trouvé vendredi dernier, nous nous sommes nous-mêmes convaincus que c'était un accord - dans le contexte que nous connaissions, dans la circonstance que nous traversons - le moins mauvais qu'il soit possible de trouver. Notamment en terme de volume de dépenses - 960 milliards d'euros - en terme de soutien à la croissance - puisque Jean-Claude Juncker avait défendu avec moi le «pacte de croissance» au mois de juin dernier - et également en terme de maintien de la politique agricole commune - puisque la France avait là-dessus des intérêts et en même temps des objectifs à affirmer.

Sur le plan européen, nous sommes aussi conscients que nous devons, au cours de cette année 2013 qui sera encore difficile - soutenir autant qu'il sera possible la croissance. Nous y travaillons avec la même opiniâtreté.

Sur la question internationale, je voudrais remercier le Luxembourg pour ce qui est fait, non seulement en terme de soutien politique de notre intervention au Mali, mais d'accompagnement puisque le Luxembourg, à la fois en terme d'aide, en terme de présence, nous permettra d'avoir le bon accompagnement de ce que l'on appelle la MISMA et la mission européenne de soutien et de formation de l'armée malienne.

Enfin, je rappelle que le Luxembourg siège au Conseil de sécurité des Nations unies et que nous aurons à travailler sur l'opération de maintien de la paix qui suivra ce que nous avons déjà engagé au Mali.

Voilà, pour toutes ces raisons, j'ai été tout à fait heureux d'accueillir Jean-Claude Juncker. Je sais qu'il va maintenant se rendre auprès de Jean-Marc Ayrault pour encore approfondir les questions que je viens d'aborder. C'est un partenaire, c'est un ami. Je considère qu'il a beaucoup fait pour l'Union européenne, pour l'Eurogroupe. Il en était le président jusqu'à ces dernières heures et je voudrais lui dire toute notre reconnaissance pour l'action qu'il a conduite au sein de l'Eurogroupe et qu'il continue de mener au sein de l'Union européenne.

(...)

Q - Vous avez tous les deux dénoncé ces derniers jours, un euro trop fort. Il semble que vous ayez reçu une fin de non-recevoir de l'Allemagne. Est-ce que l'Europe est condamnée à avoir une devise surévaluée, est-ce que nous avons perdu la guerre des devises sans même l'avoir menée ?

Ensuite, Monsieur le Président vous avez plaidé à Strasbourg pour un objectif de change à moyen terme pour l'euro, mais il semble aussi que cet objectif soit exclu par le communiqué que le G7 vient de diffuser. Je voulais vous demander à tous les deux si vous réitérez tous les deux, l'objectif d'avoir un taux de change à moyen terme pour l'euro.

(...)

R - Vous avez évoqué une déclaration du G7 qui met en garde la communauté internationale par rapport à des dévaluations compétitives. Nous devons donc faire en sorte que les monnaies ne soient pas l'instrument d'écarts de compétitivité qui ne seraient pas réels mais qui seraient simplement monétaires. Nous devons faire en sorte que les parités ne soient pas utilisées à des fins commerciales.

(...)

Q - Bercy annonce une révision des perspectives de croissance la semaine prochaine, vraisemblablement à la baisse. Je voudrais savoir d'abord si vous, Monsieur le Président, vous en tirez des conséquences sur la politique à mener dans les prochains mois, soit pour respecter le critère des 3 % en fin d'année, soit pour soutenir la croissance comme vous l'avez dit. Plus généralement, est-ce que tous les deux vous estimez qu'il est temps, peut-être, de desserrer un peu la contrainte budgétaire pour soutenir la croissance en 2013 ?

(...)

R - Nous, en France, nous avons maintenant depuis plusieurs mois un principe de vérité. C'est-à-dire que nous affichons des objectifs de croissance en fonction de que nous pensons être la réalité économique prévisible. A chaque fois, nous avons réajusté nos objectifs de croissance lorsque nous avons eu ces confirmations. Nous le ferons donc dans les prochains jours si c'est nécessaire. Il ne sert à rien d'afficher des objectifs s'ils ne peuvent pas être atteints.

En revanche, nous devons tout faire pour que dans l'année 2013 nous ayons le sérieux budgétaire sur lequel nous sommes engagés, mais que nous ayons aussi une volonté de préserver l'activité. C'est en fonction de ces deux exigences - exigence de sérieux, exigence d'emploi et d'activité - que nous aurons à faire les choix liés à cette perspective de croissance.

Q - Petite question sur MITTAL. MITTAL ne sera pas présent à la réunion ministérielle à Bruxelles. Est-ce que vous en avez discuté ? La France et le Luxembourg peuvent-elles mener une action de concert sur ce dossier ?

R - Nous en avons discuté, oui, et nous allons continuer à en parler, je le confirme.

(...)

Vous avez votre réponse : il sera trouvé. Mais avant, je dois dire que nous devons veiller à travailler ensemble - Belges, Luxembourgeois, Français - pour éviter que MITTAL, en l'occurrence, utilise les relations bilatérales pour dire à chacun ce qu'il veut entendre. Ce qui compte, c'est ce qui peut être fait sur l'ensemble de la sidérurgie européenne qui concerne notamment nos trois pays.

Merci à vous. À bientôt./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Libye - Mali - Turquie - Corée du Nord - Conférence de presse conjointe du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec son homologue libyen, à l'issue de la réunion ministérielle internationale de soutien à la Libye dans les domaines de la sécurité, de la justice et de l'État de droit (Paris, 12/02/2013)

Mesdames et Messieurs, merci beaucoup de vous trouver ici au Quai d'Orsay pour ce point de presse que je vais tenir avec mon ami et collègue le ministre des affaires étrangères libyen, M. Mohamed Abelaziz.

Il y a de cela quelques mois, lorsque je m'étais rendu en Libye où j'avais été extrêmement bien accueilli, nos amis responsables des autorités libyennes avaient lancé l'idée qu'il pourrait y avoir une conférence internationale sur la sécurité en Libye. Ils avaient émis le souhait que celle-ci ait lieu à Paris. C'est ce que nous avons fait au cours de la journée et je remercie beaucoup toutes les délégations internationales qui ont participé à cette conférence.

Cette conférence manifeste notre volonté commune et notre engagement durable aux côtés de la Libye à un moment cruciale de sa transition. À quelques jours près, cela fait deux ans que la révolution libyenne a eu lieu. Depuis, beaucoup de changements sont intervenus et on peut dire qu'un chemin considérable a été parcouru, mais il reste - et nous en avons discuté ce matin - un certain nombre de problèmes et notamment des problèmes de sécurité. Ces problèmes prennent différentes formes : la protection des frontières ; le contrôle des armements qui sont nombreux ; le développement de l'État de droit et d'autres aspects encore.

Tout en saluant le courage et la détermination des nouvelles autorités libyennes, nous voulons essayer de leur apporter notre appui en matière de recherche de la sécurité. Cet appui prend différentes formes. Il est nécessaire qu'il y ait le déploiement rapide d'une mission européenne de la politique de sécurité et de défense commune pour offrir conseil et formation à la Libye dans le domaine de la gestion des frontières, puisque les frontières libyennes, compte tenu de la géographie, sont un enjeu majeur.

La France a pour sa part proposé son aide à la Libye dans de nombreux domaines, en réponse aux besoins qui existent. Cela peut par exemple concerner la formation de plusieurs milliers de policiers libyens ; cela peut avoir trait avec la formation d'un certain nombre d'officiers de l'armée libyenne ; cela peut aussi concerner l'aide que nous pouvons apporter à nos amis libyens pour reconstituer leur marine, leurs forces aériennes et leur capacité terrestre. D'autres pays qui étaient présents ce matin ont également précisé leurs propositions.

Le projet est simple et, en même temps, essentiel. Il faut que les autorités libyennes, qui ont déjà parcouru un grand chemin depuis maintenant deux ans, puissent continuer dans cette voie dans la sécurité. Pour cela, ils doivent pouvoir compter sur l'ensemble de la communauté internationale, qui est au rendez-vous.

Avant de te laisser la parole, je voudrais donner un dernier élément. Nous avons bien sûr parlé de ce qui se passe en Libye et de ce qui se passe dans les pays voisins. Nous avons parlé du Mali et d'autres pays encore. Nous sommes tous convaincus que la question de la sécurité est une question absolument majeure, pas seulement pour un pays mais pour l'ensemble de nos pays, car il n'y a pas de sécurité et démocratie sans développement durable. Donc, en soutenant la sécurité de la Libye, nous contribuons à notre propre sécurité. De plus, comme il y a entre les nouvelles autorités de la Libye et la France l'amitié que vous savez, nous avons été extrêmement heureux de t'accueillir avec mon collègue de la défense et avec d'autres collègues. Demain, nous accueillerons le Premier ministre.

En tout cas, sachez que vous êtes ici chez vous.

Q - Monsieur le ministre, hier votre homologue russe, M. Lavrov, a critiqué la France - et le combat au Mali - et ceux qui ont armé hier la Libye. Quelle est votre réaction à cette déclaration ?

R - Vous connaissez la situation. Nous en avons encore parlé à l'heure du déjeuner. Pourquoi la France est-elle intervenue ? Elle est intervenue pour sauver le Mali du terrorisme. C'est aussi simple que cela. Il s'est agi d'une question d'heure. Des groupes terroristes qui se situent au Nord avaient décidé de marcher sur Bamako. Donc, si les troupes françaises n'étaient pas intervenues, à l'heure qu'il est, il y aurait au Mali un État terroriste qui aurait pris en otage la population malienne et qui menacerait les pays voisins.

J'ajoute - à l'écoute de certains commentaires - que l'essentiel des Maliens sont musulmans et que c'est à la demande du président malien que nous sommes venus pour sauver cette population, laquelle était non-seulement menacée, mais gravement attaquée. Ce qui s'est passé avec les mausolées de Tombouctou ou avec d'autres exactions en témoigne.

C'est la raison pour laquelle la quasi-totalité de la communauté internationale a soutenu la France dans son action, qui n'a pas vocation à rester éternellement. Les forces maliennes, auprès desquelles nous combattons, sont en train d'être formées. De même, les forces africaines de la MISMA sont venues à l'appui de l'opération internationale. Tout cela est mené dans le respect des résolutions des Nations unies et de la légalité internationale.

Quant à la question des armements, il est vrai que trop nombre d'armes, d'origines diverses, circulent dans la région. De même, il y a beaucoup trop d'armes en Syrie et on sait d'où elles viennent.

Q - Vous avez rencontré ce matin M. Davutoglu, vous avez sans doute parlé de la négation de l'Union européenne ? Étiez-vous prêt à ouvrir le chemin, surtout les chapitres 22 et 17 ? Avez-vous eu un résultat concret là-dessus ? Enfin, avez-vous abordé le sujet de la future visite de M. Hollande en Turquie ?

R - C'est une question qui n'est pas directement en lien avec la Libye, mais il est vrai que mon collègue et ami M. Davutoglu participait aujourd'hui à la réunion autour de la sécurité en Libye. Nous nous sommes rencontrés et avons parlé d'autres sujets, parmi lesquels il y a la question des relations entre l'Union européenne et la Turquie. Je lui ai confirmé que la France était favorable à l'ouverture de la discussion sur ce qu'on appelle le chapitre 22 ; c'est-à-dire le chapitre sur la politique régionale.

Pour répondre à votre question sur la visite du président de la République, il y a effectivement une invitation qui lui a été adressée et il souhaite pouvoir l'honorer, c'est tout à fait clair.

D'une façon générale d'ailleurs, parce que c'est là l'essentiel de ma réponse, nous souhaitons et c'est réciproque, avoir des relations très positives avec la Turquie, puisque la Turquie et la France sont deux grands pays, avec une grande stabilité politique. Toutes les raisons de développer nos relations sur le plan éducatif, sur le plan culturel, sur le plan économique et sur le plan politique sont réunies. C'est dans cet esprit que j'avais plaisir à rencontrer mon collègue, M. Davutoglu. Donc, les choses vont bien.

Q - À la suite de l'essai nucléaire de la Corée du nord, est-ce que vous pourriez élaborer les conséquences possibles ?

R - Nous avons condamné de la façon la plus nette, cet essai nucléaire qui est contraire à toutes les résolutions internationales, et qui a d'ailleurs été condamné par les Nations unies. Il y a une réunion spéciale sur ce sujet. Nous notons que l'ensemble des membres permanents du Conseil de sécurité - sauf erreur de ma part - ont condamné cet essai nucléaire et nous demandons avec beaucoup de force à la Corée du Nord de respecter la légalité internationale. Nous notons que parmi ceux qui ont condamné cette action et contre laquelle la Corée du Nord a été mise en garde, il y a en particulier la Chine ; ce qui n'est pas sans signification.

Q - Deux petites questions en feuilletant ce document qui est assez dense : on ne voit aucune mention des financements, est-ce que c'est la Libye qui finance tout ? Est-ce que l'Union européenne va financer la mission de conseil, je crois que cela tournait autour de 50 ou 70 personnes ? Est-ce que vous avez parlé des affaires économiques, générales, des avoirs bloqués, s'il y a des différents entre les deux pays ?

R - Sur le plan bilatéral, il y a une délégation importante de nos amis libyens qui est ici présente avec un nombre conséquent de ministres. Parallèlement à cette conférence, des entretiens ont lieu, notamment des entretiens économiques. Demain à l'occasion de la visite du Premier ministre libyen, qui sera reçu par le Président de la République et le premier ministre, le point sera fait sur ces aspects bilatéraux. Mais là, nous avions voulu dans cette conférence qui était multilatérale, nous concentrer sur les aspects sécurité.

Je précise qu'avant cette réunion internationale, il y a eu, au mois de décembre, une réunion de hauts-fonctionnaires qui s'est tenue en Grande-Bretagne. Nous avons décidé ce matin, compte tenu de l'intérêt de ces questions, de constituer ceux qui étaient là en «core group» sur les questions de sécurité en Libye. Il y aura une prochaine réunion qui se tiendra en Italie et nos amis turcs aussi ont souhaité qu'il y ait ensuite une réunion chez eux. Ce n'est donc pas un «one shot», c'est vraiment une action continue, internationale pour travailler avec nos amis libyens autour du thème de la sécurité.

Q - M. Lavrov a dit que la France combattait au Mali ceux qu'elle avait armés en Libye. Comment répondez-vous à cette question ?

R - La France est contre toutes les actions terroristes, où qu'elles soient, que ce soit dans un pays ou dans un autre et je crois qu'en ce qui concerne le Mali, les choses sont assez claires sur les raisons pour lesquelles la France est intervenue, sur le soutien international dont elle dispose et sur les objectifs qu'elle se fixe. /.

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5. Libye/Conférence ministérielle internationale de soutien dans les domaines de la sécurité, de la justice et de l'état de droit - Communiqué de Paris (Paris, 12/02/2013)

Le gouvernement de l'État de Libye et ses partenaires internationaux se sont réunis aujourd'hui à Paris pour renouveler leur engagement en faveur du peuple libyen et de ses aspirations à bâtir un État moderne, démocratique et responsable, doté d'un régime, d'institutions et de pratiques solidement ancrés dans un État de droit et respectueux des droits de l'Homme. Les participants à la Conférence ministérielle internationale de ce jour (Allemagne, Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis d'Amérique, France, Italie, Malte, Qatar, Royaume-Uni, Turquie, Conseil de coopération du Golfe, Ligue des États arabes, Organisation des Nations unies, Union africaine, Union européenne et Union du Maghreb arabe), qui marque une nouvelle étape dans les relations entre la Libye et ses partenaires, ont réaffirmé leur soutien sans équivoque au gouvernement libyen dans sa détermination à bâtir une nation sûre, prospère et démocratique et à relever les défis posés dans les domaines de la sécurité nationale, de l'état de droit et de la justice, sur la base des deux plans ci-joints, le Plan de développement de la sécurité nationale et le Plan de développement de la justice et de l'état de droit.

Réaffirmant leur soutien au peuple libyen, les partenaires internationaux ont rappelé la nécessité d'un engagement mesuré et coordonné, dans le respect des principes des dirigeants libyens et de l'appropriation nationale, et conformément aux besoins et priorités définis par le gouvernement libyen. Les participants à la Conférence ont également réaffirmé leur soutien aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies qui proclament le maintien de la souveraineté, de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité de la Libye ainsi que le rôle de la Mission d'appui des Nations unies en Libye (MANUL), notamment pour coordonner et faciliter l'assistance internationale au gouvernement libyen. Les participants à la Conférence reconnaissent également que l'Union européenne est un partenaire stratégique essentiel à long terme pour la Libye, dans le cadre de la zone euro-méditerranéenne de coopération et de dialogue.

Les participants à la Conférence prennent acte des réalisations significatives du peuple libyen et des autorités libyennes à la suite de la Déclaration de libération d'octobre 2011. Les élections au Congrès général national le 7 juillet 2012 et la prestation de serment, le 14 novembre, du premier gouvernement démocratiquement constitué du pays ont marqué une étape importante dans la transition démocratique en Libye. Tout en reconnaissant le lourd passif dont a hérité le peuple libyen après des décennies de régime autocratique (faiblesse des institutions étatiques, corruption généralisée, opportunités économiques limitées, secteur de la sécurité très affaibli), les participants à la Conférence ont exprimé l'espoir que les progrès accomplis récemment dans le paysage politique permettent au gouvernement libyen de poursuivre la construction des institutions et de l'État de manière à ce que la Libye puisse retrouver la place qui lui revient dans la communauté des nations.

Les participants à la Conférence sont cependant convenus qu'il est nécessaire que la Libye et ses partenaires agissent immédiatement, de manière visible et concrète, pour remédier en priorité aux problèmes dans le domaine de la sécurité et de la justice qui sont susceptibles de compromettre les mesures prises récemment par la Libye pour assurer une transition démocratique couronnée de succès et un avenir prospère. Il s'agit notamment de la situation dans le pays en termes de sécurité, de la sécurité et de la gestion des frontières de la Libye, du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion des anciens combattants révolutionnaires et des questions liées à la gestion des armes et des munitions. Le gouvernement libyen a présenté les efforts qu'il a déployés récemment pour relever ces défis et souligné son intention de prendre d'autres mesures en coordination avec ses partenaires internationaux.

Il reste donc beaucoup à faire aux dirigeants libyens pour faire avancer le processus politique, assurer une transition réussie après la phase de la révolution et prendre des mesures concrètes pour reconstruire le pays. À cet égard, les participants à la Conférence se sont félicités de la détermination du gouvernement libyen à agir rapidement face à la situation précaire en termes de sécurité nationale, y compris les problèmes prioritaires indiqués plus haut, et ils lui ont réaffirmé leur solidarité et leur total soutien. Les participants à la Conférence ont exprimé leur ferme conviction que les progrès dans ces domaines placeront la Libye sur la voie du relèvement et de la construction d'un État moderne, démocratique et responsable, reposant sur l'état de droit et le respect des droits de l'Homme.

La Conférence ministérielle internationale de soutien à la Libye s'inscrit dans le prolongement de la réunion des hauts fonctionnaires tenue à Londres le 17 décembre, au cours de laquelle le gouvernement libyen avait présenté un plan d'action global dans les domaines prioritaires que sont le secteur de la sécurité, la justice et l'état de droit. Le gouvernement libyen présente aujourd'hui à ses partenaires internationaux ses priorités pour le développement et la réforme des secteurs de la sécurité, de l'état de droit et de la justice. Les partenaires internationaux de la Libye ont souligné l'importance de ces priorités et se sont engagés à apporter une aide supplémentaire pour soutenir les efforts de la Libye dans ces secteurs.

Pour concrétiser ces priorités définies par le gouvernement libyen et mettre en oeuvre sa volonté de produire des effets tangibles au profit du peuple libyen, de renforcer la transition démocratique de la Libye et de reconstruire un État moderne, les partenaires internationaux se sont engagés à réorienter leur aide en fonction de ces objectifs prioritaires. Les partenaires internationaux ont ainsi rappelé au gouvernement libyen la nécessité d'adopter les décisions et de mettre en place les mécanismes nécessaires pour permettre le soutien des partenaires internationaux, de manière à transformer ces priorités en réalisations concrètes. À cet effet, les participants à la Conférence ont reconnu la nécessité pour le gouvernement libyen de continuer à se concerter avec le peuple libyen, par l'intermédiaire de ses organes représentatifs, de la société civile et d'autres mécanismes.

Ayant à l'esprit les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité concernant le rôle des Nations unies en matière de coordination de l'aide internationale à la Libye, les participants à la Conférence sont convenus que d'autres travaux seraient nécessaires pour affiner et rendre opérationnelles les conclusions de la Conférence ministérielle internationale de soutien à la Libye réunie aujourd'hui. Ils sont convenus que ces travaux seraient réalisés dans le cadre d'un groupe des principaux partenaires de la Libye en matière de sécurité, qui se réunira périodiquement à Tripoli avec les responsables libyens afin de mesurer les progrès accomplis et de passer en revue les autres mesures générales prises dans le secteur de la sécurité.

Le gouvernement libyen a identifié six domaines prioritaires du secteur de la sécurité, notamment : i) la coordination et l'architecture de la sécurité nationale ; ii) le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (DDR) ; iii) le contrôle des armes et des munitions ; iv) la sécurité et la gestion des frontières ; v) la réforme et le développement du secteur de la défense ; et vi) la réforme et le développement du secteur de la police.

Les participants à la Conférence ont discuté des priorités du gouvernement libyen en matière de sécurité, comme indiqué ci-dessus. Les partenaires internationaux de la Libye ont exprimé leur soutien politique, technique et matériel au gouvernement libyen pour ses efforts visant à relever ces défis en trouvant des solutions concernant la réforme du secteur de la sécurité et les opérations de sécurité.

Les participants à la Conférence ont souligné combien il est urgent pour la Libye de contrôler efficacement ses frontières. Les partenaires internationaux de la Libye ont souligné qu'ils sont prêts à aider le gouvernement libyen à améliorer rapidement la sécurité de ses frontières et ils ont encouragé le gouvernement libyen à mettre au point et appliquer de toute urgence un plan de gestion intégrée des frontières. Les participants à la Conférence se sont félicités de la décision prise par l'Union européenne de lancer une mission civile de la Politique de sécurité et de défense commune sur la gestion des frontières, qui sera déployée en juin 2013.

En ce qui concerne l'aide à la réforme et au développement, les partenaires internationaux ont exprimé leur soutien total à la Libye pour ses efforts visant à traiter les enjeux de sécurité que rencontre le pays, ainsi qu'à mettre en place et à déployer des structures efficaces et responsables de défense et de police pour rétablir la paix et la stabilité dans l'ensemble du pays.

Les participants à la Conférence ont également pris note du fait que la Libye a hérité de stocks d'armes et d'engins explosifs, dont une grande partie n'est pas contrôlée par le gouvernement libyen et constitue une menace directe pour la sécurité de la Libye et de la région. Les partenaires internationaux de la Libye ont réaffirmé leur engagement de soutenir la Libye dans son action prioritaire de gestion des armes et des munitions.

Les participants à la Conférence se sont également félicités des mesures et des engagements déjà pris par le gouvernement libyen, avec les pays voisins, pour lutter contre les graves problèmes de sécurité que rencontre la Libye dans ses zones frontalières. Dans le prolongement du Plan d'action de Tripoli sur la coordination opérationnelle dans le domaine de la sécurité des frontières, adopté par la Conférence ministérielle régionale tenue à Tripoli les 11 et 12 mars 2012, les partenaires internationaux se sont engagés à apporter leur soutien au gouvernement libyen et à ses voisins régionaux pour faire face à ces menaces.

Les participants à la Conférence ont souligné combien il est important d'assurer la stabilité durant la période de transition, grâce à la mise en oeuvre de programmes pour les combattants révolutionnaires. Le gouvernement libyen s'est engagé à mettre en oeuvre une approche coordonnée à l'échelle nationale pour intégrer les combattants révolutionnaires dans les forces de sécurité ou les aider à se réinsérer dans la vie civile.

Pour améliorer le secteur de l'état de droit et de la justice, le gouvernement libyen a identifié ses grandes priorités : i) renforcer les capacités, les compétences, l'indépendance, la coordination et la formation judiciaires ; ii) entreprendre la révision des législations pertinentes ; iii) renforcer les capacités en termes de parquet et d'enquêtes pénales ; iv) réformer le système pénitentiaire libyen ; vi) renforcer la coordination entre les systèmes de justice militaire et civil ; vii) promouvoir la justice transitionnelle par des processus de recherche de la vérité et de réconciliation nationale, ainsi qu'en retrouvant et identifiant les personnes disparues ; et viii) bâtir des institutions étatiques qui respectent et encouragent les droits de l'homme, ainsi qu'une société civile dynamique.

Les participants à la Conférence ont reconnu la nécessité de faire en sorte que le système judiciaire libyen fonctionne dans le respect total des normes internationales. Ils ont souligné le besoin urgent d'adopter une législation efficace, par exemple le projet de loi sur la justice transitionnelle, et de mettre en oeuvre les procédures requises pour favoriser le processus de réconciliation. Les participants internationaux se sont félicités de l'engagement pris par le gouvernement libyen de lutter contre toutes les violations des droits de l'Homme qui se sont produites sous le régime précédent ainsi que pendant et après le conflit armé.

Les participants à la Conférence se sont félicités de l'engagement et des mesures pris par le gouvernement libyen pour placer tous les centres de détention sous le contrôle de l'État et pour garantir l'accès à la justice au plus grand nombre de détenus. Le soutien international vise à renforcer la mise en oeuvre des normes internationales en matière de droits de l'Homme et d'état de droit, en particulier en ce qui concerne le traitement en détention, la légalité de la détention et le droit des accusés à bénéficier d'un procès rapide et équitable.

À l'issue de ses délibérations, la Conférence ministérielle internationale a adopté les deux plans ci-joints, à savoir le Plan de développement de la sécurité nationale et le Plan de développement de la justice et de l'état de droit, qui seront mis en oeuvre par les autorités compétentes du gouvernement libyen, avec l'aide et le soutien total des partenaires internationaux représentant les gouvernements et les organisations internationales et régionales.

Les participants à la Conférence ont accueilli favorablement la proposition de réunir la prochaine réunion ministérielle avec la Libye, le moment venu, et en coordination avec tous les acteurs internationaux concernés./.

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6. Renonciation du Pape - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères (Paris, 12/02/2013)

Au lendemain de la décision du Saint-Père de démissionner, je veux souligner la grande qualité des relations que la France a entretenues avec le Saint-Siège durant le pontificat de Benoît XVI.

La France respecte cette décision et rend hommage à une personnalité dont la pensée et l'action auront marqué ces dernières années, et qui s'est toujours engagée en faveur de la paix dans le monde./.

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7. Point de presse du porte-parole - Résultats du Conseil européen/Audition de M. Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale - Participation de M. Pascal Canfin à la réunion informelle des ministres européens du développement - Corée du Nord/Essai nucléaire - Syrie/Turquie/Attentat à la frontière turco-syrienne - Nations unies/Élection de Mme Nicole Ameline à la présidence du comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes - Liban - Turquie (Paris, 12/02/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Résultats du Conseil européen - Audition de M. Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale (Paris, 12 février 2013)

M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, est auditionné aujourd'hui à 17h30 par les commissions des affaires étrangères et des affaires européennes de l'Assemblée nationale.

L'audition sera consacrée aux résultats du Conseil européen des 7 et 8 février. Elle permettra notamment de procéder à un échange avec les députés sur l'accord obtenu sur le budget européen pour la période 2014-2020.

Cet échange sera l'occasion de remettre en perspective les résultats du Conseil européen au regard des objectifs que la France s'était fixés, en matière de croissance, de solidarité, de financement des politiques commerciales et de réforme du système des ressources propres.

Cette audition est ouverte à la presse.

2 - Participation de M. Pascal Canfin à la réunion informelle des ministres européens du développement (Dublin, 12 février 2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, participe aujourd'hui à la réunion informelle des ministres européens du développement à l'invitation de la présidence irlandaise du Conseil de l'Union européenne.

Cette réunion, qui a débuté le 11 février en fin d'après-midi, permettra d'aborder la question de la reprise de l'aide européenne au développement au Mali ainsi que la coordination entre les pays européens sur le terrain.

Les ministres travailleront également sur l'agenda du développement post-2015, dans la continuité du sommet du développement durable Rio+20 en juin 2012.

3 - Corée du Nord - Essai nucléaire

La France condamne avec la plus grande fermeté l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord le 12 février 2013. Cet essai est un acte grave, qui porte une atteinte sérieuse à la paix et à la sécurité régionales et internationales. Il s'agit aussi, après le tir de fusée longue-portée effectué le 12 décembre 2012, d'une nouvelle violation inacceptable par la Corée du Nord de ses obligations internationales.

Nous enjoignons la Corée du Nord à mettre fin immédiatement à ses tentatives de déstabilisation de la région. Elle doit mettre en oeuvre pleinement et sans délai les résolutions 1718, 1874 et 2087 du Conseil de sécurité des Nations unies. Nous l'exhortons, une nouvelle fois, à reprendre le dialogue en vue du démantèlement complet, irréversible et vérifiable de son programme nucléaire et balistique.

La France travaille d'ores et déjà avec ses partenaires du Conseil de sécurité, de l'Union européenne et de la région sur les conséquences de cette nouvelle provocation, et en particulier sur un nouveau renforcement des sanctions à l'égard de la Corée du Nord.

Q - Le Conseil de Sécurité des Nations unies doit se réunir aujourd'hui suite au test nucléaire en Corée du Nord. Étant donné qu'il s'agit déjà de l'un des pays les plus sanctionnés au monde, que peuvent faire les Nations unies ? Pensez-vous que la Chine sera prête à imposer des sanctions ?

R - Concernant votre première question, je vous renvoie à la déclaration que nous venons de faire sur ce sujet.

S'agissant de votre seconde question, je vous invite à vous référer aux déclarations des autorités chinoises.

4 -Syrie/Turquie - Attentat à la frontière turco-syrienne

La France condamne fermement l'explosion ayant causé la mort d'au moins treize personnes à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Nous exprimons nos condoléances aux familles des victimes et notre solidarité avec les autorités et le peuple turcs, ainsi qu'avec le peuple syrien.

Nous disons une nouvelle fois notre inquiétude face au risque de débordement de la crise syrienne dans les pays voisins. Il est plus que jamais urgent de trouver une issue à la crise, permettant d'ouvrir la voie à une transition politique conforme aux aspirations démocratiques des Syriens.

5 - Nations unies - Élection de Mme Nicole Ameline à la présidence du comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (11 février 2013)

La France se félicite de l'élection de Mme Nicole Ameline à la présidence du comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes le 11 février 2013.

Députée et ancienne ministre française de la parité et de l'égalité professionnelle, Mme Ameline est membre de ce comité depuis 2008 et y a été réélue en juin dernier. Son élection à la présidence vient reconnaître son engagement constant et son travail en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes.

La France souhaite rappeler son attachement à la promotion des droits des femmes et à la mise en oeuvre effective de la convention de 1979 sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. Elle appelle les États à lever les réserves éventuelles à la convention, à abroger les lois et pratiques discriminantes à l'égard des femmes et à coopérer activement avec le comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes.

6 - Liban

Q - Au Liban la sous-commission parlementaire ad hoc chargée de l'élaboration d'une nouvelle loi électorale ne semble pas pouvoir aboutir à un accord, or les élections sont prévues en juin soit dans trois mois, et un ajournement des élections au Liban semble se profiler. Quelle est la réaction de la France ? Est-ce que vous êtes pour un ajournement qui permettra de donner le temps à la commission et aux partis politiques pour élaborer une loi qui donne satisfaction à tous ?

R - Il appartient aux Libanais de trouver un accord pour l'adoption d'une loi électorale. La France, qui n'a pas à se prononcer sur le mode de scrutin au Liban, est attachée à ce que les échéances électorales soient respectées.

7 - Turquie

Q - Suite à l'entretien de Laurent Fabius avec son homologue turc, la France va t-elle appuyer la Turquie dans ses négociations européennes ?

R - La France souhaite apporter un nouvel élan aux relations entre l'Union européenne et la Turquie.

Elle a décidé d'y apporter sa contribution en proposant, pour commencer, l'ouverture de la discussion du chapitre 22 (politique régionale).

Elle attend de la Turquie qu'elle s'engage de son côté à contribuer concrètement à cette dynamique./.

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