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Bulletin d'actualités du 07 février 2013


Sommaire



1. UE - Mali - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, et du pr√©sident du Parlement europ√©en, M. Martin Schulz - Propos de M. Hollande - extraits - (Strasbourg, 06/02/2013)

(...)

Je vais aller à l'essentiel pour pouvoir répondre à vos questions. D'abord, en remerciant le président du Parlement européen, Martin Schulz, pour son invitation et pour la qualité du début qui a pu se dérouler ce matin.

J'ai pu constater, et c'est un élément très important pour la politique que je conduis au nom de la France, le soutien du Parlement européen à l'intervention au Mali. C'est une source supplémentaire de légitimité.

Deuxièmement, j'ai pu relever combien, au-delà des sensibilités politiques, au-delà des différences nationales, il y avait une aspiration forte du Parlement européen à disposer pour les sept prochaines années d'un budget qui permette, à la fois, la croissance et la solidarité.

Mon devoir n'est pas d'√™tre porte-parole du Parlement europ√©en - je suis chef d'√Čtat - ; c'est, fort de ce que j'ai entendu dans cette enceinte, pouvoir chercher le compromis qui permettra √† l'Europe d'avancer. Ce compromis doit √† l'√©vidence tenir compte de la situation budg√©taire de chacun des pays, mais il doit aussi tenir compte de l'utilit√© des d√©penses europ√©ennes pour soutenir l'activit√© √©conomique. Je ne peux pas avoir plaid√© pour le pacte de croissance au mois de juin et accepter un budget europ√©en qui n'a pas cette priorit√©.

Ensuite, sur la solidarité, c'est toute la question des ressources et des recettes de l'Union européenne. Je comprends bien qu'il n'est pas encore possible de mettre à bas l'ensemble de ces mécanismes. Mais, à tout le moins, conviendra-t-il d'en plafonner les contributions d'un certain nombre de pays à leur financement, et notamment la France, et d'imaginer à l'avenir un système de ressources propres qui permette de doter l'Union sans qu'il soit besoin de l'ensemble de ces dispositifs.

Enfin, m√™me s'il n'a pas √©t√© l'√©l√©ment le plus discut√© ce matin, je plaide pour une architecture diff√©rente de l'Europe d'aujourd'hui. Je suis pour l'int√©gration, je suis pour la solidarit√©, je suis donc pour l'Union politique. Mais une Union politique qui ne peut pas prendre les formes que nous connaissons aujourd'hui. Non pas que le Parlement europ√©en devienne un Parlement qui serait fractionn√© - je m'y refuse - mais je pense que nous devons avoir une Europe diff√©renci√©e, c'est-√†-dire une Europe qui puisse laisser un certain nombre d'√Čtats, pas forc√©ment les m√™mes, engager des coop√©rations renforc√©es.

Il y en a une qui existe, c'est la zone euro. Elle doit avoir sa place et le Parlement europ√©en doit rester l'organe de contr√īle de la zone euro. Faudra-t-il demain un budget de la zone euro ? Cela ne peut s'imaginer que adoss√© au budget europ√©en et avec des modalit√©s de contr√īle d√©mocratique adapt√©es. Mais, entre les propositions de ceux qui veulent d√©faire le socle et les propositions de ceux qui veulent - sur le socle - monter l'√©difice, il y a le d√©bat que vous connaissez.

Je suis prêt à répondre à vos questions.

Q - Monsieur le Président, vous avez insisté à plusieurs reprises sur le fait qu'il fallait faire des économies, certes, mais sans affaiblir l'économie. Alors qui visez-vous ? Est-ce l'Allemagne, les Pays-Bas, ceux qui pourraient vous demander encore plus de d'efforts si par malheur la croissance est trop faible pour atteindre les 3 % de déficit à la fin de l'année ? Qui visez-vous ? Y a-t-il vraiment une pression, en ce moment, sur la France pour que nous fassions plus d'économie encore ?

R - Il ne s'agit pas d'économies dans chacun de nos budgets. Il s'agit d'économies qui seraient demandées à l'Union européenne en plus de ce qui a été proposé par le président du Conseil européen. Si l'Europe venait à faire des coupes supplémentaires, ce ne serait que des éléments défavorables de plus pour la croissance.

Autant il est légitime de demander à des pays qui connaissent des déficits importants de faire des efforts de redressement de leurs comptes publics - la France y souscrit -, autant à l'inverse nous devons demander à l'Europe de maintenir un niveau de dépenses qui permette d'entretenir l'activité économique, parce que - comme il a été démontré ce matin par un certain nombre d'intervenants - toute dépense européenne est à 90 % une dépense d'investissements, avec un effet multiplicateur - je n'ose employer ce terme car il renvoie à des doctrines économiques qui paraissent aujourd'hui dépassées - qui est démontré.

Ce serait donc f√Ęcheux m√™me pour les politiques de redressement des comptes publics de chacun de nos pays, car comment atteindre nos objectifs de d√©sendettement si nous avons une activit√© √©conomique r√©duite ? Ma formule vaut donc pour l'ensemble des pays membres de l'Union europ√©enne : ¬ęfaire des √©conomies, oui ; affaiblir l'√©conomie, non¬Ľ.

Q - Comment voulez-vous remanier la politique du taux de change de la zone euro ? Souhaitez-vous voir un cours de l'euro plus bas vis-à-vis du dollar afin de stimuler la croissance?

R - Un taux de change ne se d√©cr√®te pas et encore moins pour celui de la zone euro. Mais nous sommes dans un syst√®me mon√©taire international qui n'est pas r√©gul√© et avec des comp√©titions qui se font aussi par le biais des parit√©s et des monnaies. D√®s lors, la zone euro doit, par ses chefs d'√Čtat et de gouvernement, se donner un objectif de change √† moyen terme.

Il ne s'agit pas de faire intervenir la Banque centrale europ√©enne sur les march√©s ; ce n'est pas de notre ressort puisqu'elle est ind√©pendante. Mais nous devons nous d√©terminer, √† moyen terme, sur un niveau de change qui nous para√ģt le plus r√©aliste et le plus compatible avec l'√©tat de notre √©conomie r√©elle.

Sinon - je l'√©voquais - nous demandons √† des pays, en particulier la France, d'am√©liorer la comp√©titivit√© interne et la comp√©titivit√© externe, et elle se d√©t√©riore par l'appr√©ciation du change ! Ce qui veut dire que certains pays comme les √Čtats-Unis ou comme la Chine utilisent aussi leur taux de change √† des fins de soutien √† leur propre croissance. Nous devons donc agir au niveau international pour que nous puissions faire valoir nos propres int√©r√™ts.

Q - Vous avez d√©fendu Strasbourg en tant que ville historique, mais les parlementaires √©voquent le co√Ľt li√© au fait de venir ici ainsi que l'inutilit√© de faire des navettes chaque mois. Que leur r√©pondez-vous ?

R - Ils sont parlementaires européens. Ils ont donc une conception de l'Europe. Ils n'ont pas forcément à n'évoquer que des problèmes de transports qui doivent être améliorés, ou de fonctionnement, sinon ce serait l'ensemble des sièges qu'il faudrait regarder !

Je l'évoquais ce matin devant le Parlement européen, parce que je pense qu'au-delà du Traité - qui est la base juridique et qui justifie le siège - c'est le meilleur argument : Strasbourg a une valeur symbolique tout à fait essentielle pour l'Europe. Sinon il faudrait concentrer le siège de l'Europe dans une seule ville et rapatrier tout ce qui existe dans la plupart des pays européens qui le souhaitent ! Je n'entends pas les parlementaires évoquer cette question.

Q - Monsieur le Pr√©sident, comment envisagez-vous un compromis avec Mme Merkel sur les sujets qui f√Ęchent ?

R - Je ne crois pas que ce soit avec Mme Merkel que ce soit le plus difficile ! Néanmoins, nous avons déjà à chercher la meilleure position commune que nous pourrions éventuellement présenter au Conseil européen. Il se trouve que demain Mme Merkel se trouvera à Paris pour la célébration d'un match pourtant douloureux à nos mémoires - pour la mémoire française ! - : le match France-Allemagne de 1982 à Séville, mais là je parle pour ceux qui ont largement plus de 40 ans !

Je crois que nous pourrons chercher ensemble - avec nos responsabilit√©s, puisque la France et l'Allemagne ont un r√īle dans l'Union europ√©enne que nul ne conteste - pour que, sur la base qui pourrait √™tre commune, nous puissions en convaincre d'autres. Voil√† ce que nous chercherons √† faire. En tout cas, c'est ma responsabilit√©.

Je vous l'ai dit et je l'ai affirm√© ce matin devant le Parlement europ√©en, je pourrais dire ¬ęvoil√†, j'ai entendu le Parlement europ√©en, aucun accord n'est possible !¬Ľ. Non je ne le crois pas. Je pense que si les chefs d'√Čtat et de gouvernement se mettent √† la hauteur de leur propre responsabilit√© et trouvent un √©quilibre, nous pourrons ensuite le d√©fendre devant le Parlement europ√©en.

Q - Pourquoi ne pas simplement poser la question du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union europ√©enne ? Vous avez √©t√© interrog√© sur le pacte de croissance et finalement sur l'incapacit√© de l'Union europ√©enne √† redonner de l'espoir aux salari√©s de l'industrie, notamment de l'industrie automobile en France. Que leur r√©pondez-vous ? Que l'√Čtat ne peut pas tout et que l'Europe est √©galement impuissante ?

R - Ne faites pas les réponses à ma place ! M. Cameron a présenté une conception de l'Europe et il a même annoncé qu'il y aurait, à terme, une consultation du peuple britannique. C'est sa souveraineté et sa liberté. Ma conception de l'Europe n'est pas de remettre en cause les acquis, mais de construire à partir du socle pour élever le niveau de la construction européenne.

Sur le pacte de croissance : une part est d√©j√† activ√©e, celle de la recapitalisation de la banque europ√©enne d'investissement qui aura, l√† aussi, un effet multiplicateur. Il y a aussi les ¬ęprojects bonds¬Ľ - ¬ęobligations de projet¬Ľ en fran√ßais - qui, l√† encore, ont √©t√© introduits et correspondent √† une vraie avanc√©e. Il y a enfin les fonds structurels √† hauteur de plus de 50 milliards d'euros qui n'avaient pas √©t√© d√©pens√©s lors de la s√©quence ant√©rieure et qui doivent donc √™tre r√©cup√©r√©s pour √™tre r√©inject√©s.

Mais j'avais demandé avec Martin Schulz que nous puissions, au moment de la définition du pacte de croissance, réunir l'ensemble des institutions de l'Union européenne pour mieux nous assurer de sa bonne application - ce que l'on appelle une conférence interinstitutionnelle.

Il est dommage que l'idée n'ait pas pu être retenue, parce que le Parlement européen a sa propre responsabilité et notamment pour aller chercher les crédits qui n'ont pas été consommés et les réinvestir dans de nouvelles politiques.

Je suis aussi très sensible à ce que propose le Parlement européen sur ce que l'on appelle la flexibilité qui n'a rien à voir avec la flexibilité du travail. Là en l'occurrence, c'est la flexibilité dans les possibilités de redéploiement entre grandes catégories de dépenses et aussi entre les années d'exécution. Parce que c'est la même idée : faire en sorte que nous dépensions plus vite et mieux ce que nous décidons ensemble.

(...)

Q - Sur le Mali Monsieur le Pr√©sident, vous avez soulign√© que nous allions bient√īt rentrer dans la phase critique et notamment dans celle du processus politique. Si j'ai bien compris, vous avez exhort√© tout √† l'heure vos partenaires europ√©ens √† prendre leurs responsabilit√©s. Qu'allez-vous demander √† vos homologues jeudi en mati√®re de processus politique ? Si vous le permettez, si on revient sur la premi√®re phase diplomatique et militaire, on s'aper√ßoit que l'Europe a √©t√© un peu √©vanescente. M. Jupp√© qui ne parle plus la langue de bois a m√™me affirm√© que l'Europe avait √©t√© ¬ęnulle¬Ľ. Quels enseignements tirez-vous en mati√®re de politique de s√©curit√© et de d√©fense de la premi√®re phase - militaire et diplomatique - de l'intervention au Mali ?

R - D'abord, qu'est-ce que je vais demander aux chefs d'√Čtat et de gouvernement au Conseil europ√©en, si le temps nous en est donn√© ? Mais je pense que nous le trouverons, compte-tenu de l'importance de cette question.

C'est d'abord de former l'arm√©e malienne et les troupes africaines r√©unies dans ce que l'on appelle la MISMA. C'√©tait d'ailleurs un engagement que l'Europe avait pris il y a plusieurs semaines et qui aurait d√Ľ se traduire, si les choses n'avaient pas d√©g√©n√©rer du fait des terroristes, lorsque le processus serait venu √† son terme, c'est-√†-dire √† l'√©t√©. Ce que je vais donc demander √† l'Europe, c'est de faire ce qu'elle avait d√©j√† annonc√©, √™tre pr√™te √† engager mais un peu plus tard. De le faire tout de suite.

Deuxièmement - et l'Europe est là aussi exemplaire en matière d'aides et de contributions, non seulement au niveau bilatéral mais au niveau européen - de rassembler le plus de financements possibles. Non seulement pour couvrir les dépenses de la MISMA même si à terme ce sera une opération de maintien de la paix donc couverte par les Nations unies, mais surtout pour aider le Mali à se reconstruire. Car la phase de dialogue politique et donc d'élection n'a de sens que si l'on permet la sécurisation du territoire malien, mais également, comme l'on dit, l'inclusion de tous dans ce processus. Or, c'est plus facile s'il y a une politique de développement ou s'il n'y en a pas.

Sur la leçon que je tire de l'intervention de la France au Mali - de l'intervention de la seule France au Mali - c'est que l'Europe de la défense n'a pas encore pris la dimension qui était attendue et qu'il n'y a pas, par exemple, de force de projection au plan européen. Dès lors, on l'avait vu dans d'autres situations, ce sont des pays qui se coalisent pour intervenir. Exemple : la Libye. Ou dans une formule encore plus large, il y a quelques années, l'Afghanistan.

Ce qui a conduit la France à intervenir dans les conditions que l'on sait, c'est qu'elle était le seul pays qui pouvait avoir la capacité militaire de le faire et qu'il y avait la proximité par sa situation géographique, c'est-à-dire les bases que nous avons en Afrique. J'ai donc assumé cette décision sans avoir le moindre reproche à adresser aux Européens. J'ai considéré que je ne pouvais pas attendre parce qu'aucun pays européen, dans la situation que l'on sait, ne pouvait se substituer à nous, voire venir avec nous, dans un délai aussi court.

Je n'ai pas de critique à adresser à l'Europe, j'ai simplement un avertissement à lui lancer, c'est-à-dire que pour l'avenir nous devrions avoir les dispositions qui nous permettent d'avoir la projection nécessaire.

Q - J'ai une question pour le pr√©sident Hollande et pour le pr√©sident Schulz. Mme Lagarde l'avait d√©j√† dit, maintenant il y a des rapports du Fonds mon√©taire international qui disent que les mesures qui ont √©t√© impos√©es au Portugal ont provoqu√© une √©norme r√©cession et un ch√īmage qui n'√©tait pas attendu. J'aimerais vous demander ce qu'on fait et si on dit mea culpa et on continue ou si on dit mea culpa et on ren√©gocie ?

(...)

R - Sur la position du FMI, il y a une question à poser, celle de savoir ce que va faire maintenant cette institution par rapport à des pays qui effectivement ont fait des efforts considérables et qui aujourd'hui ont pu revenir sur le marché, mais à un prix social élevé.

Mais cela nous renvoie à la question budgétaire européenne. Car pour des pays comme la Grèce, le Portugal et d'autres encore comme l'Espagne, l'idée était qu'il leur était demandé beaucoup - peut-être trop, mais beaucoup - sur le plan budgétaire national et la compétitivité industrielle, mais que l'Europe viendrait en leur soutien au niveau des fonds structurels et des politiques de cohésion.

Plus nous √©l√®verons le niveau des politiques de croissance et de coh√©sion, plus les pays en question auront de possibilit√©s de conna√ģtre une reprise de l'activit√© √©conomique. Tout l'enjeu pour 2013 est de savoir quand la reprise va s'effectuer et est-ce que nous l'acc√©l√©rons ou est-ce que nous la ralentissons ?

Q - J'ai cru entendre dans votre discours que vous appeliez l'Europe à une renégociation du calendrier des engagements en matière de réduction des déficits budgétaires. Ai-je bien compris ?

R - (...) Sur la question que vous posez de savoir ce que nous pourrions faire en terme de poursuite de nos objectifs s'il y avait un ralentissement conjoncturel : c'est bien la question que nous avons à l'esprit. Je l'ai dit nous devrions en parler collectivement et le moment venu. Ce moment n'est pas venu, mais nous aurons à le faire éventuellement, le cas échéant, collectivement./.

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2. Tha√Įlande - ASEAN - Discours du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, √† l'issue de son entretien avec la Premi√®re ministre, Mme Yingluck Shinawatra (Bangkok, 05/02/2013)

Madame la Première Ministre,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais, tout d'abord, vous dire combien je suis heureux d'√™tre aujourd'hui √† Bangkok pour ma premi√®re visite en Tha√Įlande. Ce sentiment est partag√© par l'ensemble de ma d√©l√©gation et notamment par les deux membres de mon gouvernement qui m'accompagnent, Nicole Bricq et Yamina Benguigui.

J'ai eu l'honneur d'être reçu, cette après-midi, en audience par sa Majesté le Roi, auquel j'ai transmis toutes les amitiés du président de la République, François Hollande. Avec votre Première ministre, que j'ai eu le plaisir d'accueillir à Paris en juillet dernier, nous venons de faire un tour d'horizon de nos relations bilatérales.

Et ces relations bilat√©rales, force est de constater qu'elles sont excellentes. La Tha√Įlande est pour la France un partenaire majeur en Asie du Sud-Est. Nos deux pays sont li√©s par des √©changes culturels, √©ducatifs et scientifiques d'une grande intensit√©. Sur la sc√®ne internationale, ils partagent un √©gal attachement au multilat√©ralisme, au r√®glement pacifique des diff√©rends et √† la diversit√© culturelle. Je me r√©jouis, d'ailleurs, de l'int√©r√™t que la Tha√Įlande porte √† la francophonie dont elle est membre observateur.

Notre partenariat s'√©tend, naturellement, aux √©changes √©conomiques qui augmentent au b√©n√©fice mutuel de nos deux pays et qui font de la Tha√Įlande le 2√®me partenaire de la France en Asie du Sud-Est. Les exportations fran√ßaises vers la Tha√Įlande ont atteint plus de 1,8 milliards d'euros l'an dernier. 350 entreprises fran√ßaises sont pr√©sentes en Tha√Įlande et sont pr√™tes √† mettre leur expertise et leur savoir-faire au service des grands projets d'infrastructures, dans tous les domaines.

À cet égard, nous avons notamment examiné les opportunités qui existent dans les transports aériens, les transports ferroviaires, les transports urbains, l'énergie, la santé ou les technologies spatiales.

La France a √©galement la volont√© de renforcer sa coop√©ration avec la Tha√Įlande dans le domaine de la d√©fense. Nous signerons, dans quelques instants, un accord intergouvernemental qui offrira un cadre utile dans cette perspective.

Nous avons aussi √©voqu√© la situation en Europe et en Asie du Sud-Est. Gr√Ęce √† la d√©termination de la France et de ses partenaires, la zone euro a retrouv√© sa stabilit√© et la priorit√© consiste aujourd'hui √† renouer avec la croissance. L'ASEAN est, quant √† elle, engag√©e dans la mise en place d'une communaut√© √©conomique en 2015, avec un accent sur la connectivit√©.

L'Union europ√©enne a vocation √† √™tre aux c√īt√© de l'ASEAN dans la r√©alisation de cette ambition. Elle souhaite n√©gocier avec plusieurs pays d'Asie du Sud-Est, dont la Tha√Įlande, des accords de libre-√©change qui permettront de donner une nouvelle dynamique √† nos relations.

La France et la Tha√Įlande doivent y prendre toute leur part. C'est la raison pour laquelle il est essentiel que le dialogue politique que nous avons nou√©, ces derniers mois, se poursuive dans la dur√©e. C'est bien l√† le souhait de mon gouvernement.

Je vous remercie./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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3. Tha√Įlande - UE - ASEAN - Climat - Aide au d√©veloppement - Francophonie - √Čtudes en France - Discours du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, √† l'Universit√© Thammasat (Bangkok, 05/02/2013)

Merci, Monsieur le Recteur, pour vos propos d'accueil si chaleureux et merci Monsieur le Pr√©sident, Monsieur le Recteur de me permettre de m'adresser devant vous, Mesdames et Messieurs les Professeurs et √Čtudiants de cette c√©l√®bre universit√©.

Je voudrais saluer bien s√Ľr √† mon tour les personnalit√©s pr√©sentes et le faire avec ceux qui m'accompagnent, Mme la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, et puis les membres de l'Assembl√©e nationale, les d√©put√©s et les s√©nateurs et je voudrais saluer aussi M. l'Ambassadeur de France et aussi tous les autres ambassadeurs qui sont pr√©sents ici. Monsieur le ministre des Transports, merci d'√™tre l√† pour repr√©senter votre gouvernement, de m'avoir accueilli d√®s hier soir et de m'accompagner tout au long de cette journ√©e en Tha√Įlande.

Mais ce qui est important en effet, Monsieur le Recteur, c'est de pouvoir m'exprimer devant les forces vives de votre pays - vous √™tes parmi les meilleurs repr√©sentants de ces forces vives - et je le fais en particulier dans une universit√©, l√† o√Ļ la jeunesse se forme et est pr√™te et d√©termin√©e √† jouer un r√īle majeur pour l'avenir de son pays mais aussi de l'ensemble de l'humanit√© puisque vous accueillez √† l'universit√© Thammasat non seulement des √©tudiants de votre pays mais aussi du monde entier.

Je connais tr√®s bien l'importance de votre universit√©, je sais le r√īle majeur qu'elle a jou√© dans l'histoire contemporaine de votre pays, elle s'est toujours plac√©e √† l'avant-garde des r√©formes, des progr√®s de la d√©mocratie et des droits de l'Homme. Donc c'est pour cela que je suis heureux aussi de saluer votre universit√©, ses professeurs, ses √©tudiants d'aujourd'hui mais aussi ce qu'elle repr√©sente dans votre Histoire mais aussi dans les liens particuliers qu'elle a tenu √† entretenir avec la France.

Vous l'avez rappel√©, celui qui l'a fond√©e en 1934 connaissait bien la France. C'est en effet au cours de ses √©tudes dans mon pays que Pridi Banomyong a imagin√©, para√ģt-il dans un petit h√ītel de la rue du Sommerard √† Paris, la r√©forme constitutionnelle qui aboutira √† la mise en place de la monarchie constitutionnelle en Tha√Įlande. Les d√©tails sont parfois amusants, mais ce ne sont pas toujours des d√©tails, il y a parfois des rencontres, des circonstances qui font que des id√©es naissent et qu'elles vont transformer le monde.

En tout cas, le lien avec la France a continué. Plus de la moitié des professeurs de droit de Thammasat y ont étudié, et c'est votre cas, Monsieur le Recteur. Vous me le rappeliez tout à l'heure, vous êtes venu d'abord en France y apprendre le français et vous avez eu ce courage d'aller dans un pays dont vous ne connaissiez absolument pas la langue, peut-être un mot, ou deux, mais vous avez d'abord commencé à apprendre notre langue, vous êtes resté cinq ans et vous parlez excellemment le français, je voudrais vous en féliciter. C'est vrai.

D'ailleurs la preuve c'est que les murmures dans la salle sans traduction, ont montr√© que vous n'√©tiez pas tout seul √† comprendre et √† parler le fran√ßais, donc je vous f√©licite aussi pour votre d√©partement de fran√ßais qui est l'un des plus dynamique de Tha√Įlande. Et je voudrais vous exprimer √† cette occasion la gratitude de la France, vous savez combien chaque pays est attach√© √† sa langue mais la France l'est particuli√®rement.

La langue fran√ßaise est un lien qui unit nos deux pays. D'ailleurs, la Tha√Įlande comme le Laos, comme d'autres pays autour de cette r√©gion mais vous √™tes les pr√©curseurs, ont choisi de faire partie de l'Organisation internationale de la francophonie. C'est le cas aussi du pays o√Ļ j'√©tais hier, le Cambodge, mais c'est √† l'implication de sa Majest√© le Roi Bumibhol Adulyadev et de sa soeur a√ģn√©e, la Princesse Galyani Vadhana, que nous devons la vigueur de la langue fran√ßaise en Tha√Įlande. Je profite de cette occasion pour leur rendre hommage et les remercier.

Aupr√®s de vous, je voudrais souligner que le fran√ßais n'est pas seulement une langue du patrimoine que l'on conserve mais c'est une langue d'avenir, elle permet d'ouvrir de nombreuses portes. C'est vrai que si on fait la concurrence avec d'autres langues, nous ne gagnerons pas la bataille du nombre, mais aujourd'hui l'on compte plus de 220 millions de Francophones de par le monde, il y en aura probablement trois fois plus en 2050, notamment sur le continent africain dont le dynamisme, notamment √©conomique, se confirme. Il y a des pays d'ailleurs africains, je pense √† l'Afrique du Sud, de langue anglaise qui jouent un r√īle √©conomique et politique tr√®s important sur le continent africain, et pour pouvoir d√©velopper leurs relations avec le reste de l'Afrique, eh bien l'Afrique du sud est un des pays de langue anglaise o√Ļ on apprend le plus le fran√ßais. Mais m√™me en Chine on apprend le fran√ßais et donc comme vous, vous voyez, vous avez donn√© l'exemple, vous avez compris l'enjeu aussi de ma√ģtriser la langue fran√ßaise.

La langue fran√ßaise n'est qu'un des nombreux liens qui nous unissent, ce n'est pas le seul. Nos pays ont d'autres choses en commun, leur taille, leur population, leur organisation administrative. Il y a un conseil d'√Čtat ici inspir√© de l'histoire administrative fran√ßaise. Mais il y a aussi l'attrait touristique. Beaucoup d'autres atouts que vous pr√©sentez pour vos voisins mais aussi pour d'autres pays du monde entier. √Ä ces traits communs s'ajoutent un m√™me attachement √† l'ind√©pendance, un m√™me attachement au patrimoine, aux traditions ; un m√™me go√Ľt pour l'art de vivre qui traduit une certaine id√©e de l'homme et de la civilisation ; et une m√™me volont√© de tirer tout le parti de la mondialisation dans le respect de ce que nous sommes chacun d'entre nous.

Cela fait longtemps d'ailleurs que Fran√ßais et Tha√Įlandais √©prouvent une attraction mutuelle. En Asie du Sud-Est, c'est le Siam avec lequel nous avons √©tabli en premier des relations diplomatiques, d√®s le XVIIe si√®cle, avec les fameux √©changes d'ambassades du roi Narai et de Louis XIV. Vous voyez, avec le temps, nos liens se sont resserr√©s. Plus de 20.000 Fran√ßais vivent dans votre pays et plus de 600.000 s'y rendent chaque ann√©e en vacances.

360 entreprises fran√ßaises sont install√©es dans votre pays et souvent depuis des ann√©es. Parmi nos grands groupes industriels, rares sont ceux qui n'y sont pas implant√©s. La Tha√Įlande est devenue le deuxi√®me partenaire √©conomique de la France en Asie du Sud-Est. Nous sommes le neuvi√®me investisseur √©tranger dans votre pays et d'autres coop√©rations viennent nourrir notre relation bilat√©rale. Je pense √† la recherche, puisque sont install√©s en Tha√Įlande les plus importants groupes de chercheurs fran√ßais de toute l'Asie.

Je pense aux √©changes d'√©tudiants, encore trop peu d'√©tudiants tha√Įlandais en France ; eh bien je tiens √† vous dire que la France est pr√™te √† en accueillir davantage. Les universit√©s fran√ßaises sont pr√™tes √† accueillir beaucoup d'√©tudiants tha√Įlandais. Je vous invite donc √† le dire et, si vous avez envie de le faire, vous serez les bienvenus, Mesdames et Messieurs les √Čtudiants. La formation professionnelle n'est pas moins indispensable au d√©veloppement √©conomique de nos deux pays et je me r√©jouis qu'un accord de coop√©ration soit justement conclu ce soir entre les Instituts universitaires technologiques et leurs homologues tha√Įlandais, les Instituts Rajamangala.

Dans le domaine de la culture, nous avons en commun d'√™tre des pays de cr√©ation, attach√©s √† leur identit√© et √† la diversit√© culturelle. Les artistes de nos pays doivent davantage travailler ensemble et faire na√ģtre des projets conjoints. Le septi√®me art par exemple, n'est-ce pas Madame la Ministre, pourrait √™tre l'un des domaines privil√©gi√©s de cette coop√©ration, de cette cr√©ation commune entre la France et la Tha√Įlande, parce que nos deux pays sont des ¬ępays de cin√©ma¬Ľ. Et vous avez m√™me de grands r√©alisateurs puisque l'un d'entre eux, Apichatpong, a √©t√© palme d'or au Festival de Cannes 2010 pour son film ¬ęOncle Boonmee¬Ľ, je ne sais pas si je prononce bien mais c'est un film qui parle de fant√īmes, il ne faut pas que cela vous fasse peur. En tout cas c'√©tait un magnifique succ√®s.

Mais je voudrais lancer un appel, pas seulement en ma qualit√© de Premier ministre de la R√©publique fran√ßaise, mais aussi en tant qu'ancien maire d'une grande ville fran√ßaise, qui est la ville de Nantes et qui a su d√©velopper un important r√©seau d'√©changes internationaux, notamment sur le plan culturel. Je crois que la coop√©ration entre les villes est quelque chose que nous pouvons davantage d√©velopper. Elle offre pourtant des pistes prometteuses √† chacune de nos populations. J'ai appris d'ailleurs que le maire de Brest allait venir tr√®s prochainement ici pour inaugurer une rue de Brest, parce qu'il existe √† Brest une rue de Siam. Alors c'est l'amorce je suis s√Ľr d'une relation durable. Mais, en tout cas, parfois les choses partent d'id√©es modestes mais c'est tout un symbole, les villes portuaires tourn√©es vers le monde et donc nous devons √©changer, inventer de nouveaux modes d'√©changes, en tout cas ceux de notre temps. Et en tout cas je suis convaincu que ces √©changes pourront se d√©velopper avec votre pays mais aussi avec d'autres pays d'Asie, d'Asie du Sud-est.

Mesdames et Messieurs, les relations bilat√©rales sont importantes, mais je pense que l'une des convictions que la France et la Tha√Įlande partagent, c'est que ces relations bilat√©rales ne suffisent pas √† r√©gler les probl√®mes qui sont devant nous. L'int√©gration r√©gionale et la coop√©ration internationale, dans le cadre d'une gouvernance mondiale renforc√©e, sont √©galement indispensables. Les √©quilibres changent, mais les r√®gles du jeu changent aussi. De nouvelles puissances s'affirment et ces nouvelles puissances l√©gitimement veulent avoir leur mot √† dire. Et dans un monde globalis√©, les √Čtats ne peuvent plus √† eux seuls d√©fendre leurs int√©r√™ts, prot√©ger leurs citoyens et assurer leur prosp√©rit√©.

Cette conviction guide la France depuis l'origine de la construction europ√©enne. Elle s'est forg√©e √† la suite des deux conflits mondiaux particuli√®rement meurtriers, n√©s de diff√©rends qui ont longtemps oppos√© les pays europ√©ens entre eux et en particulier la France et l'Allemagne. Eh bien, notre fiert√©, en France comme en Allemagne, c'est d'avoir b√Ęti sur cette histoire tragique, une amiti√© in√©branlable, dont nous venons de c√©l√©brer √† Berlin le 50√®me anniversaire.

Notre fierté, en Europe, est d'avoir pris la décision, en 1950, de gérer ensemble nos problèmes communs, en recherchant toujours l'intérêt des Européens. La France et l'Allemagne, par l'exemplarité de leur réconciliation et la force du lien qui les unit, constituent le moteur de cette évolution historique, récemment saluée par l'attribution du Prix Nobel de la Paix. Naturellement et je me suis rendu compte de cela dans mes différents déplacements, la crise de l'euro inquiète et elle inquiète y compris sur votre continent. Mais cette crise est maintenant dépassée. Ce que je suis venu vous annoncer, c'est un message de confiance.

L'Europe a pris des décisions, les décisions nécessaires pour stabiliser la zone euro. Décision nécessaire pour elle-même, pour l'Europe, pour chacun des membres de l'Union européenne et d'abord ceux qui font partie de la monnaie unique. Mais nécessaire pour le reste du monde. Quand je viens en Asie - c'est mon deuxième déplacement en quelques mois - ou en Amérique du Sud, on me pose cette question parce que l'économie du monde, pas seulement l'économie, mais la stabilité politique aussi, dépend de la bonne santé de ce qui se passe sur les autres continents. Eh bien ce qui se passe en Europe, vous intéresse. Eh bien je le disais, l'Europe a pris des décisions.

Nous sommes en train de mettre en place une union bancaire. Nous travaillons depuis juin dernier √† l'approfondissement √©quilibr√© de l'union mon√©taire et √©conomique. Les difficult√©s de nos partenaires les plus vuln√©rables, je pense √† la Gr√®ce, sont en passe d'√™tre surmont√©es. Le pacte europ√©en pour la croissance et l'emploi est la premi√®re √©tape d'une r√©orientation de la construction europ√©enne vers la croissance. Et la cr√©ation d'une monnaie commune, d'une monnaie unique, ce fut une premi√®re historique. Mais lorsque cette d√©cision a √©t√© prise, peut-√™tre que nous avons sous-estim√© les cons√©quences des disparit√©s √©conomiques entre √Čtats membres, et pens√© un peu vite que la cr√©ation de l'euro suffirait en elle-m√™me √† faire converger les √©conomies europ√©ennes.

Mais ce qui est important c'est de savoir tirer les leçons de l'histoire, mais de ne pas regretter ce qui s'est passé. Parce que quand l'euro a été décidé, l'Europe traversait une période d'incertitude, c'était la fin de l'Union soviétique, l'effondrement de tout le système communiste non seulement de l'Union soviétique mais de ces pays de l'Europe de l'Est pendant 50 ans sous le joug de la dictature et c'était la fin de l'Allemagne divisée. Division symbolisée par le mur de Berlin qui s'était effondré et ces images vous les avez-vous aussi en mémoire. Elles sont extraordinaires mais elles ont déstabilisé ce qui existait et c'est toute l'intelligence des dirigeants politiques de l'époque, je pense à deux d'entre eux, François Mitterrand pour la France, Helmut Kohl pour l'Allemagne qui ont compris qu'il fallait, au-delà de la nécessaire et juste réunification de l'Allemagne, stabiliser la situation politique et c'était d'abord la première urgence. Que pour cela il fallait reconnaitre les frontières, notamment de l'Allemagne, non pas avec la France à l'Ouest, mais à l'Est avec la Pologne, ce qui fut fait et ce qui était un élément très fort de stabilité politique.

Mais en m√™me temps, une volont√© aussi d'ancrer l'Allemagne r√©unifi√©e, agrandie et aussi les autres d√©mocraties retrouv√©es, √† l'Europe et donc le choix de cr√©er une monnaie unique a d'abord √©t√© un choix politique. C'est pour cela qu'il ne faut pas le regretter bien s√Ľr, au contraire, m√™me s'il y a des choses √† changer et √† am√©liorer, ce que nous sommes en train de faire. C'est-√†-dire tout faire pour consolider cette construction historique unique qui est celle de pays qui se sont affront√©s comme je le rappelais tout √† l'heure et qui ont fond√© une zone de paix et de libert√© depuis 60 ans.

Cela n'empêche pas, malgré les améliorations qu'il faut apporter, que l'Europe est la première puissance économique de la planète. La première puissance commerciale de la planète. Donc on voit bien que l'intérêt que vous nous portez, si loin, est à la fois un intérêt politique, la stabilité du monde, mais aussi un intérêt économique et un intérêt aussi de construire un monde nouveau mais un monde stable, équilibré et porteur de réponses à la question que se pose la jeunesse du monde, c'est-à-dire quel est l'avenir qu'on lui propose.

En tout cas, cette Europe permet de faire vivre ensemble 500 millions d'Europ√©ens dans 27 pays et bient√īt 28 √Čtats membre. Et c'est pour cela qu'en m√™me temps nous sommes tourn√©s vers le reste du monde et nous sommes attentifs √† ce qui se passe aussi chez vous. Nous soutenons avec force la volont√© de l'ASEAN, et en particulier de la Tha√Įlande, de construire sa propre int√©gration r√©gionale. Votre projet de ¬ęcommunaut√© √©conomique¬Ľ, pr√©vue pour 2015, est prometteur. Sa r√©alisation annonce davantage de croissance, davantage de d√©bouch√©s, davantage d'investissements, en Asie et au-del√†.

Plus encore, toutes les coop√©rations que les √Čtats de l'ASEAN pourront nouer, dans tous les domaines, seront utiles. En tout cas, le soutien de la France vous est acquis. Vos initiatives dans le domaine de la s√©curit√© r√©gionale sont essentielles, car il ne saurait y avoir de prosp√©rit√© sans apaisement des tensions. Sur ce sujet √©galement, mon pays est pr√™t √† partager son exp√©rience. Au-del√†, c'est √† l'√©chelle du monde que la France et la Tha√Įlande, qui sont des acteurs responsables sur la sc√®ne internationale, doivent agir ensemble. Aux enjeux mondiaux, nous devons apporter des r√©ponses globales.

La crise majeure que nous traversons depuis 2008 en offre un premier exemple. Il ne faut pas seulement en atténuer les effets, rétablir la confiance, retrouver la croissance. Il faut également prendre les mesures qui éviteront les rechutes. Sans quoi les causes d'hier provoqueront les crises de demain. Ce n'est que par une action concertée, dans le cadre des instances internationales telles que le G20, que nous établirons les nouvelles règles dont le monde a besoin, et que nous réduirons les grands déséquilibres qui sont à l'origine de la crise.

Oui en effet, il faut résister à la tentation qu'à chaque crise, à chaque changement, qui nous tente, c'est la tentation du repli sur soi. Une forme de nationalisme. Le protectionnisme serait ruineux, mais la concurrence déloyale, elle est aussi ruineuse, c'est la raison pour laquelle l'Union européenne souhaite fonder ses relations avec des régions telles que l'Asie du Sud-Est sur le principe du juste échange, sur le principe de la réciprocité. Ce juste échange doit devenir un principe cardinal du commerce mondial. C'est la nouvelle stabilité qu'il nous appartient de construire.

Et puis il y a un autre grand chantier qui nous est commun, c'est la lutte contre le changement climatique qui est un autre domaine o√Ļ il n'y a pas d'autre choix que l'action collective. La Tha√Įlande, comme d'autres pays, en subit d√©j√† les effets, elle n'a pas besoin d'√™tre convaincue, je le sais. C'est dans cet esprit que la France a propos√© d'accueillir la n√©gociation internationale sur le changement climatique en 2015, avec un objectif qui est de mettre en place un nouveau r√©gime international. Eh bien je compte sur votre soutien, celui de votre pays, mais aussi celui de la jeunesse tha√Įlandaise pour que nous puissions ensemble, franchir cette nouvelle √©tape. Je sais que c'est difficile parfois, et en particulier pour les pays qui se d√©veloppent.

J'√©tais il y a peu de temps √† Santiago du Chili √† la rencontre entre l'Union europ√©enne et les pays d'Am√©rique Latine et de la Cara√Įbe ; cette question a √©t√© abord√©e et un pays parmi les plus pauvres a dit ¬ęoui mais nous subissons aussi les cons√©quences d'un certain mod√®le de production √©conomique, nous n'avons pas toujours choisi et parfois on nous a impos√©¬Ľ. Et donc, il y a des choses √† changer, chacun a √† changer. Le mod√®le √©conomique, le mod√®le de production, mais m√™me si certains ont plus d'efforts √† faire que d'autres, c'est une cause collective, c'est une cause mondiale et nulle ne pourra √©chapper √† ses devoirs et √† ses responsabilit√©s. En tout cas je sais que c'est une des pr√©occupations des jeunes g√©n√©rations.

Parce qu'√©videmment les jeunes g√©n√©rations, la jeunesse, pense √† son propre avenir, l'avenir individuellement, l'emploi, la qualit√© de vie, le niveau de vie, eux aussi esp√®rent un monde plus juste, meilleur, plus fraternel, plus s√Ľr, plus protecteur pas seulement pour soi-m√™me, mais aussi pour la plan√®te. Donc c'est une belle cause, une belle cause j'allais dire pour certains utopistes, id√©aliste mais il faut des causes id√©alistes et utopistes qui donnent du sens √† l'engagement personnel.

Enfin, vous savez l'importance que la France attache √† la solidarit√© internationale. Les ressources manquent pour √©pargner aux plus pauvres le sous-d√©veloppement, la malnutrition, les grandes pand√©mies. La communaut√© internationale doit continuer √† se mobiliser, notamment pour mettre fin √† la volatilit√© des prix agricoles, √† la sp√©culation sur les mati√®res premi√®res. L'aide au d√©veloppement doit √©galement trouver de nouveaux financements. L√† aussi, l'Europe montre la voie avec la mise en place d'une taxe sur les transactions financi√®res qui a √©t√© d√©cid√©e par 11 √Čtats membres, dont la France et l'Allemagne, dans le cadre d'une coop√©ration renforc√©e et dont une partie sera consacr√©e √† l'aide au d√©veloppement. Mais l'aide au d√©veloppement c'est aussi lutter contre la sp√©culation financi√®res, c'est lutter contre les paradis fiscaux, voil√† encore tant de causes, tant de sujet qui m√©ritent notre engagement, l'engagement de nos √Čtats, de nos gouvernements mais aussi l'engagement de nos concitoyens. Chacun √† sa part √† prendre.

En tout cas, sur tous ces sujets, la France et la Tha√Įlande, l'Union europ√©enne et l'ASEAN, ont vocation √† travailler ensemble √† la recherche de solutions ambitieuses aux probl√®mes de notre temps. L'excellence de nos relations bilat√©rales, le dialogue entre nos deux peuples, votre enthousiasme sont autant d'atouts qu'il nous appartient de mettre √† profit pour b√Ętir un monde plus juste, plus s√Ľr et plus prosp√®re, plus g√©n√©reux, plus fraternel. C'est le dessein que je propose et que nous puissions ensemble, j'en suis s√Ľr, atteindre, tous les deux, les deux peuples, le peuple fran√ßais et le peuple tha√Įlandais. Je vous remercie.

Q - Bonjour Monsieur le Premier Ministre, je suis étudiant de quatrième de licence de français, est-ce que le gouvernement français modifiera la politique d'accueil des étudiants asiatiques pour ceux qui souhaitent continuer les études en France ou effectuer des stages professionnels dans les entreprises françaises ? Merci beaucoup.

Q - Bonjour monsieur le Premier Ministre, je suis étudiant en deuxième année en master d'études françaises et j'ai connu la nouvelle, vous avez été longtemps maire de Nantes n'est-ce pas, donc je voudrais savoir, il y a des coopérations entre des grandes villes françaises et des grandes villes asiatiques ? Merci.

Q - Donc en Tha√Įlande nous suivons avec int√©r√™t l'affaire d'√©tudes racistes, le gouvernement fran√ßais y soutient que la loi fran√ßaise doit pr√©valoir sur le r√®glement de twitter. Ici en Tha√Įlande, nous avons √©galement un d√©bat sur la loi de l√®se-majest√© qui est toujours en vigueur malgr√© les d√©clarations r√©centes de l'Union europ√©enne √† ce sujet. Quelle est, Monsieur le Premier Ministre, la position de la France par rapport √† ce sujet ? Merci beaucoup.

Q - Bonjour Monsieur le Premier Ministre, je suis étudiante en quatrième année de licence de français. Un accord de libre-échange entre plusieurs pays de Siam doit entrer en vigueur en 2015, la France et l'Union européenne vont-elles modifier leur politique commerciale vis-à-vis du marché commun de la Siam ? Merci beaucoup.

Q - Monsieur le Premier Ministre, je suis pr√©sident de l'Alliance fran√ßaise et aussi le co-pr√©sident du Conseil √©conomique entre la Tha√Įlande et l'Union europ√©enne. Si vous permettez, je voudrais bien savoir, Monsieur le Premier Ministre, la France avait longtemps mis l'accent sur l'Afrique, est-ce que la France sous votre gouvernement, s'engagerait plus activement envers l'Asie et surtout les pays du bassin de ... dans le domaine du commerce et investissement ? Je vous remercie bien Monsieur le Premier Ministre.

R - Merci d'abord aux étudiants qui m'ont posé leur question en français, je voudrais les féliciter, je le disais tout à l'heure, le département français ici est un département très important, mais je vois les résultats Monsieur le Recteur. Je veux féliciter les professeurs et les étudiants. Je me rends compte que vous comprenez directement sans traduction parce qu'il y a toujours un petit décalage entre le mot prononcé et la réaction, et vous réagissez vite, c'est bien la preuve que beaucoup d'entre vous comprennent le français.

Oui, la France veut se montrer plus accueillante aux √©tudiants √©trangers. Il y a eu dans le pass√© une approche un peu frileuse, restrictive et le gouvernement a pris des d√©cisions pour faciliter, dans le respect bien s√Ľr du droit, l'accueil des √©tudiants √©trangers, beaucoup d'universit√©s fran√ßaises le souhaitent, leur proposer aussi des conditions d'accueil qui soient favorables sur le plan mat√©riel pour pouvoir r√©ussir des √©tudes. C'est un atout pour les jeunes eux-m√™mes venant d'autres pays, donc c'est vrai pour les jeunes tha√Įlandais, il y a √† peu pr√®s 1.000 √©tudiants aujourd'hui venant de Tha√Įlande en France, c'est trop peu. Comme il y a tr√®s peu d'√©tudiants fran√ßais ici. Donc c'est l'id√©e d'√©change.

Donc vous me posez la question et en tant que chef de gouvernement je vous r√©ponds favorablement, je poserai la question √† votre Premi√®re ministre quand j'aurai des entretiens avec elle, mais j'ai d√©j√† eu le plaisir de la recevoir √† Paris il y a six mois et le hasard a fait que nous √©tions assis c√īte √† c√īte hier √† la c√©r√©monie de cr√©mation du Roi Norodom Sihanouk, nous avons commenc√© un peu √† discuter. Mais nous aborderons ces questions aussi.

Vous avez aussi √©voqu√© les relations de ville √† ville. Moi j'encourage vraiment, si on veut construire des relations durables, Monsieur le Pr√©sident de l'Alliance fran√ßaise nous l'a dit tout √† l'heure, il faut une alliance durable mais cela passera aussi par les peuples, par la connaissance des gens entre eux et notamment des jeunes. Et c'est ce qui s'est pass√© en Europe que j'√©voquais tout √† l'heure. On a d√©velopp√© beaucoup ce qu'on a appel√© les jumelages de ville √† ville, cela a permis √©norm√©ment, surtout apr√®s la seconde guerre mondiale, la r√©conciliation franco-allemande par exemple quand les gens se connaissent. Donc, moi, j'encourage les √©changes de ville √† ville. Je citais le cas de Brest, mais il y a trop peu encore de cas de ce type, donc avec Mme la ministre de la francophonie je pense que nous allons aborder cela √† notre retour. Mes coll√®gues parlementaires qui sont l√† et qui pr√©sident aussi les groupes d'amiti√© France-Tha√Įlande ou comme hier France-Cambodge, le d√©put√© de la circonscription, de la grande circonscription, Thierry Mariani, vont avec mes coll√®gues, Catherine Tasca, Catherine Quere et ... (inaudible) faire cette contribution j'en suis s√Ľr, en tout cas, je leur lance un appel pour nous aider.

Apr√®s vous m'avez parl√© de twitter. Internet c'est une formidable libert√©, il y a des pays par exemple o√Ļ il n'y a pas de libert√© de la presse et √† titre individuel on se sert d'Internet pour communiquer. Il faut savoir que c'est une libert√©, c'est une formidable invention, alors une libert√© c'est comme toute libert√©, elle conduit aussi √† respecter un certain nombre de devoirs et c'est vrai que cela n√©cessite parfois cet instrument de la r√©gulation. Mais pas d'atteinte √† la libert√© fondamentale et on sait que certains pays s'√©tant rendus compte que malgr√© toutes les contraintes qu'ils mettaient √† la libert√© de la presse et √† la libert√© d'opinion qui permettent que les opinions publiques se constituent dans des vraies d√©mocraties, eh bien que malgr√© cette atteinte √† la libert√© de la presse, des personnes, des citoyens de ces pays se servaient d'Internet pour communiquer et s'exprimer et stoppaient Internet.

Donc évidemment ce n'est pas ma conception et ce n'est pas la conception de la France. La seule chose qu'il faut trouver et inventer c'est la régulation et effectivement que des atteintes à la personne humaine, aux valeurs fondamentales, à tout ce qui peut dégrader les valeurs fondamentales de la personne humaine, je pense au racisme, aux atteintes, au sexisme, à tout ce qui dégrade la personne humaine, doivent être combattu. Donc c'est là qu'il faut trouver des réponses. Après, les autres sujets que vous avez évoqués relèvent évidemment de la législation de chaque pays et je ne connais pas cette question, en tout cas en France, ce délit n'existe pas.

Monsieur le Pr√©sident, merci pour votre intervention. Oui, nous voulons absolument encourager les accords de libre-√©change entre l'Union europ√©enne et les pays d'Asie. Alors ce que nous sommes en train de faire avec la Tha√Įlande et peut-√™tre avec d'autres pays, l'ASEAN pour l'instant n'est pas suffisamment constitu√©e pour qu'on imagine ce type d'accord, mais comme je vous l'ai dit tout √† l'heure, ces accords n√©goci√©s doivent √™tre profitables aux deux parties. Donc ce sont des accords √©quilibr√©s sur la base du principe du juste √©change et de la r√©ciprocit√©. Mais l√† o√Ļ ils existent, l√† o√Ļ ils ont √©t√© bien n√©goci√©s, de fa√ßon √©quitable, √† chaque fois nous pouvons constater qu'ils cr√©ent une dynamique de part et d'autre, ils renforcent la croissance √©conomique et donc la cr√©ation d'emploi et de valeurs ajout√©es.

Alors il y a des moments, des étapes d'évaluation ; s'il y a des corrections à apporter, des mécanismes de sauvegarde ils doivent jouer ; si les règles de départ ne sont pas entièrement respectées, mais lorsque c'est fait, c'est tout à fait convaincant... ./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. Tha√Įlande/ASEAN - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 07/02/2013)

L'ASEAN, une priorité du commerce extérieur français

En marge de la visite officielle du Premier ministre en Tha√Įlande, la ministre du commerce ext√©rieur, Mme Nicole Bricq, et son homologue tha√Įlandais, M. Boonsong Teriyapirom ont tenu le Dialogue √©conomique de haut niveau franco-tha√Įlandais.

Comme ils s'y √©taient commun√©ment engag√©s lors de leur premier entretien en juillet dernier, √† l'occasion de la visite en France du Premier ministre tha√Įlandais, Mme Shinawatra, les deux ministres ont, √† l'occasion du Dialogue √©conomique de haut niveau, √©voqu√© l'ensemble des sujets de coop√©ration √©conomique et commerciale, en ciblant en particulier deux secteurs :

- Les transports (a√©ronautique et ferroviaire). La ministre a souhait√© la signature rapide d'un accord de coop√©ration dans le domaine ferroviaire et la participation fran√ßaise √† plusieurs projets (LGV et transports urbains) qui doivent √™tre lanc√©s d'ici fin 2013 en Tha√Įlande ;

- L'énergie, Alstom venant notamment de signer un important contrat de fourniture d'une centrale de gaz à cycle combiné.

La perspective d'un accord de libre-√©change entre l'Union europ√©enne et la Tha√Įlande a √©galement √©t√© au coeur de cet entretien. Dans la foul√©e du Premier ministre, la ministre a rappel√© le soutien actif de la France, tout en pr√©cisant les conditions pour y parvenir, sur la base d'un √©quilibre r√©ciproque.

La ministre a invit√© son homologue tha√Įlandais √† se rendre en France en 2014, afin de faire le point sur ces diff√©rents sujets et de respecter le rythme annuel des √©changes entre les deux pays.

Pour Mme Nicole Bricq : ¬ęLa Tha√Įlande fait partie de mes pays prioritaires, au m√™me titre que plusieurs pays de l'ASEAN. J'avais √©galement accompagn√© le Premier ministre √† Singapour et aux Philippines en octobre dernier et me rendrai tr√®s prochainement au Vietnam, en Indon√©sie, puis en Birmanie et en Malaisie. La part de march√© fran√ßaise est plafonn√©e √† 1,5% en moyenne dans cette zone, alors que ces pays, r√©silients √† la crise internationale, affichent des taux de croissance sup√©rieurs √† 5 %. Des couches moyennes √©mergent, exigeantes en termes de qualit√© des produits, des d√©fis urbains majeurs se posent. Autant de potentiels pour nos entreprises. Ce d√©placement en Tha√Įlande a pleinement confirm√© ce diagnostic et je suis pleinement engag√©e pour que la France et ses entreprises y soient visibles et pro-actives, dans la dur√©e¬Ľ./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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5. Mali - Tunisie - UE - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęRMC¬Ľ - extraits - (Paris, 07/02/2013)

Q - La situation est s√©rieuse, grave, en Tunisie, l'avocat Chokri Bela√Įd a √©t√© assassin√©, secr√©taire g√©n√©ral du Parti des patriotes, membre de l'opposition, il critiquait fermement le parti islamiste Ennahda. Qui veut semer le chaos en Tunisie, Laurent Fabius ?

R - Les ennemis de la révolution. La révolution, au départ, était une lutte pour la dignité, pour la liberté, et maintenant c'est la violence qui s'installe. Donc, moi, je veux condamner de façon extraordinairement ferme ce qui s'est passé en Tunisie. Il s'agit d'un assassinat politique. Je veux apporter mon soutien et le soutien de la France à ceux qui souhaitent arrêter la violence, et dire qu'on ne peut pas laisser se développer l'obscurantisme et la violence. Donc, les Tunisiens ce sont nos amis, nos frères, nos cousins.

Q - C'est l'obscurantisme qui a tué, Laurent Fabius ?

R - Oui, parce que Chokri Bela√Įd √©tait un opposant, un la√Įc, un avocat...

Q - Il avait été menacé...

R - Il avait été menacé. Je ne sais pas qui est à l'origine de cet assassinat, mais la violence doit être rejetée. On ne peut l'accepter nulle part, notamment pas en Tunisie.

Q - Le Printemps arabe est-il déjà perverti en Tunisie ? Cette révolution qu'on a vantée...

R - Oui, et puis qui a commenc√© en Tunisie. J'ai pens√© que c'√©tait en Tunisie que peut-√™tre les choses se passeraient le mieux, parce que c'est un pays qui est √† taille relativement limit√©e, o√Ļ il y a un niveau d'√©ducation important, o√Ļ il y a un d√©veloppement √©conomique, et puis vous voyez ces violences. Donc, il ne faut absolument pas se laisser entra√ģner dans ce cycle, et j'esp√®re vraiment de tout mon coeur que les Tunisiens vont se ressaisir.

Q - ¬ęLa France est pr√©occup√©e par la mont√©e des violences politiques en Tunisie¬Ľ, c'est ce qu'a dit hier soir le pr√©sident de la R√©publique, mais avant-hier il disait, ¬ęce pays est un exemple des Printemps arabes, qui conna√ģt, √©tape apr√®s √©tape, son aboutissement¬Ľ. Eh bien, les faits l'ont d√©menti tr√®s vite, 24 heures plus tard, Laurent Fabius.

R - Oui, mais le président de Tunisie a tenu le même discours devant le Parlement européen. Ce n'est pas la première fois, là c'est la chose la plus abominable, mais vous savez qu'il y avait déjà eu des attaques avec les extrémistes détruisant toute une série de choses. On ne peut pas accepter cela et j'espère vraiment que les Tunisiens vont se ressaisir.

Q - Le pouvoir est-il trop faible en Tunisie ? C'est ce que dit la rue.

R - Il est divisé : vous avez trois composantes. Et puis, il y a l'adoption d'une Constitution qui n'arrive pas à se faire. Le Premier ministre a décidé de changer le gouvernement, d'après ce que je comprends, et d'aller aux élections. S'il y a des élections, il faut que les Tunisiens s'expriment, et j'espère qu'ils s'exprimeront pour le calme.

Q - Toujours pas de Constitution, effectivement, on l'attend depuis plusieurs mois maintenant.

R - Depuis très longtemps. Alors, il y a des oppositions entre les uns et les autres, bon ! Vous savez, on n'a jamais pensé que la révolution c'était un long fleuve tranquille, que c'était linéaire, mais quand on voit ces exactions et ces violences, évidemment, on ne peut que les condamner.

Q - Avant-hier soir le président de la République, François Hollande, annonçait un prochain déplacement en Tunisie, au printemps...

R - Oui, qui est prévu pour le mois de mai.

Q - Est-ce qu'il est maintenu ?

R - On va voir quelle est la situation. S'il y a des élections, je ne sais pas quand elles vont avoir lieu. En général, nous ne nous mêlons pas des élections...

Q - Il pourrait être reporté donc.

R - En tout cas le soutien de la France, du président, de moi-même, à une Tunisie démocratique, et pacifique, ça c'est absolument...

Q - Mais le soutien à qui ? Parce que qui est au pouvoir en Tunisie aujourd'hui ? On le cherche !

R - Non, il y a un gouvernement, dirigé par Ennahda.

Q - Il y a un président de la République, il y a un gouvernement, dirigé par Ennahda, qui serait peut-être impliqué, je dis peut-être, peut-être impliqué dans cet assassinat politique.

R - On ne peut pas porter de jugement.

Q - Je dis peut-être, Laurent Fabius.

R - On ne peut pas porter de jugement, mais il y a des extrémistes qui veulent que la révolution échoue, et ce n'est pas possible de l'accepter.

Q - Le Mali, maintenant, Laurent Fabius. Est-ce que nos sept otages sont vivants ?

R - Oui. Sur les otages, j'ai toujours la même ligne, consistant à dire : discrétion et détermination. Nous n'avons pas reçu d'éléments nouveaux dans les jours passés. Mais nous considérons que s'il y avait des grandes évolutions, nous le saurions.

Q - Je vous dis cela parce que le général qui dirige la MISMA, les forces africaines, est peut-être allé un peu vite en besogne en affirmant qu'une opération de libération était imminente.

R - Je crois que les éléments d'information n'étaient pas en sa possession.

Q - C'est-√†-dire qu'il ne savait rien. ¬ęLa France restera au Mali le temps qu'il faudra¬Ľ, disait le pr√©sident de la R√©publique le 2 f√©vrier dernier √† Bamako. Il y a eu interpr√©tation sur les premiers d√©parts des troupes fran√ßaises du Mali, on a parl√© du mois de mars.

R - Le calendrier est le suivant. Nous sommes all√©s l√†-bas parce que sinon il n'y avait plus de Mali, c'est clair. Nous sommes intervenus parce que sinon les terroristes prenaient le contr√īle du Mali et il y avait un risque qu'ils prennent le contr√īle de l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest. Le pr√©sident a eu quelques heures pour se d√©cider, nous √©tions les seuls √† pouvoir intervenir.

Nos troupes sont intervenues, très efficacement, mais nous n'avons absolument pas vocation à rester durablement. Nous avons donc déjà prévu un calendrier. Au fur et à mesure que la MISMA, c'est-à-dire les forces africaines et aussi les forces maliennes montent en régime, elles prennent notre relais, ce qui devrait nous permettre, si tout se passe comme prévu, à partir du mois de mars, de diminuer le nombre de nos troupes. Cela ne veut pas dire que nous allons partir du jour au lendemain.

Q - 4.000 soldats français actuellement au Mali.

R - Oui, c'est cela. Et puis, progressivement, une MISMA qui monte en puissance avec plusieurs milliers de soldats, et qui prend notre relai. Nous, nous restons pour un certain nombre d'opérations.

Q - Donc, à partir de mars, si tout se passe bien...

R - On devrait avoir une diminution.

Q - ...on diminue le nombre de soldats français.

R - C'est cela. Une des leçons que nous tirons de toute une série d'opérations qui ont eu lieu dans le monde, c'est qu'il faut se fixer un objectif précis, un calendrier précis, après il faut adapter en fonction de la situation, mais nous n'avons jamais dit que nous avions vocation à rester éternellement au Mali, c'est clair et c'est net. Il va y avoir le relais par les Maliens et les Africains. Parallèlement, il faut qu'il y ait un dialogue politique, des élections et une aide au développement ; ce sont ces trois volets qu'il faut avoir à l'esprit.

Q - Est-ce que l'objectif est de libérer tout le Mali, tout le territoire malien...

R - Bien s√Ľr.

Q - Et de ¬ęliquider¬Ľ tous les djihadistes extr√©mistes...

R - Les militaires disent ¬ętraiter¬Ľ les groupes terroristes. Alors, j'insiste sur le fait que le dialogue est n√©cessaire parce que pendant tr√®s longtemps le Nord a √©t√© laiss√© √† l'√©cart. Il y a donc des populations avec lesquelles il faut que les Maliens entrent en dialogue et, apr√®s, il y aura les √©lections. Le dialogue aura lieu avec les groupes du nord √† condition que, un, ces groupes respectent l'int√©grit√© du Mali et, deux, abandonnent leur armement.

Q - Vous avez commencé à dialoguer, justement ?

R - Oui, bien s√Ľr.

Q - Avec par exemple des musulmans modérés du Nord-Mali ?

R - Bien s√Ľr, mais c'est aux autorit√©s maliennes de le faire. Ils ont adopt√© ce qu'on appelle une feuille de route, et dedans il y a le dialogue politique, et nous, nous pouvons aider, nous allons aider.

Q - Donc le dialogue est engagé.

R - Oui, c'est indispensable. Ce n'est pas uniquement avec des militaires que l'on peut traiter une situation, il y a aussi l'aspect politique et l'aspect du développement.

Q - Cette guerre au Mali, cet engagement, qui a d√©j√† co√Ľt√© 70 millions d'euros je crois, vous confirmez ce chiffre ?

R - Oui, c'est le chiffre qui a √©t√© donn√© par Jean-Yves Le Drian, mon coll√®gue et ami du minist√®re de la d√©fense. Cela repr√©sente un gros effort pour la France, il faut le souligner, bien s√Ľr.

Q - Combien de victimes, on n'a pas trop de bilan. C√īt√© fran√ßais on sait, mais c√īt√© djihadistes ?

R - Le ministère de la défense a dit quelques centaines, ce n'est pas facile à identifier, on parle de choses assez macabres, parce qu'en général les victimes ce sont des pickups, ce sont des camions qui sont visés depuis les airs, et il n'y a pas d'identification possible pour chaque personne, mais c'est l'ordre de grandeur, oui.

Q - Mais quelle est la solution au Mali, parce que, en √Čgypte, en Tunisie, on le voit, en Libye...

R - C'est tout à fait autre chose.

Q - Oui, sauf que les islamistes qualifiés de modérés sont au pouvoir quand même.

R - O√Ļ ?

Q - Plus ou moins. Ennahda en Tunisie...

R - Non, là vous me parlez du Mali.

Q - Oui, je vous parle du Mali, mais est-ce que ce n'est pas l'avenir du Mali ?

R - Non. Le Mali, on verra au moment des élections.

Q - Est-ce que cela ne risque pas d'arriver ?

R - Non, la population choisira qui elle veut, mais c'est un pays qui a vocation à être démocratique.

Q - La classe politique fran√ßaise rang√©e derri√®re Fran√ßois Hollande, √† l'exception notable de No√ęl Mam√®re, Dominique de Villepin, Val√©ry Giscard d'Estaing lui aussi...

R - C'est vrai qu'il y a une unanimité, à la fois nationale, et internationale.

Q - Vous appréciez ?

R - Comme chef de la diplomatie, quand tout le monde dit ¬ęla politique √©trang√®re de la France bravo¬Ľ, je ne suis pas s√Ľr que cela va durer, le concert de louanges, mais, bon ! Nous essayons, d'avoir une politique ext√©rieure de rassemblement, et l√† je crois que tout le monde reconnait - √† part quelques-uns - que c'est ce qu'il fallait faire. Simplement, il faut faire attention, parce qu'il faut tirer les le√ßons de ce qui s'est pass√© ailleurs, il y a des erreurs √† ne pas commettre, par exemple dire que l'on va rester √† long terme, ne pas fixer de but pr√©cis. Il faut avoir des buts pr√©cis, il faut s'appuyer sur la population locale, il faut encourager le dialogue d√©mocratique, penser au d√©veloppement. Ce n'est pas l'Afghanistan, ce n'est pas la Somalie, ce n'est pas cela, mais il y a quand m√™me des le√ßons √† tirer sur des erreurs √† √©viter, que nous voulons √©viter.

Q - ¬ęC'est le plus beau jour de ma vie politique¬Ľ a dit Fran√ßois Hollande √† Bamako...

R - Oui...

Q - Vous-même vous avez versé une larme, Laurent Fabius.

R - Oui, parce que c'était extrêmement fort. On est, que ce soit François Hollande, moi-même, d'autres, des gens habitués à des situations tendues, mais là c'était d'une force extraordinaire, parce que quand vous avez des milliers et des milliers de personnes...

Q - Cela n'a rien de factice tout ça ?

R - Non, vous avez des milliers et des milliers de gens, qui vous disent comme √ßa, avec leurs yeux, avec leur bouche, ¬ęVive la France¬Ľ, ¬ęMerci la France¬Ľ, eh bien cela vous fait quelque chose l√†.

Q - C'est ce qu'a d√Ľ ressentir Nicolas Sarkozy √† Benghazi.

R - Sans doute, sans doute.

Q - La popularité de François Hollande remonte, est-ce qu'il le doit à l'intervention militaire au Mali, franchement ?

R - Je ne suis pas un sp√©cialiste, mais je pense que les gens ont appr√©ci√© qu'il prenne des d√©cisions, et de bonnes d√©cisions. Maintenant, vous savez, la popularit√©, il y a des hauts, il y a des bas, il ne faut pas trop s'occuper de √ßa. Mais, ce qui est vrai, moi je le vois dans une s√©rie de cercles internationaux, c'est que la voix de la France, qui a toujours √©t√© respect√©e, elle est entendue plus fortement, √ßa c'est s√Ľr.

Q - Il va falloir qu'elle soit entendue à Bruxelles maintenant, la voix de la France, Laurent Fabius.

R - Oui, ça c'est autre chose encore.

Q - Parce que vous allez discuter budget à partir d'aujourd'hui.

R - Pas facile.

Q - Pas facile, budget de l'Union europ√©enne, certains pays, et pas des moindres, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, et d'autres, les Pays-Bas, veulent une r√©duction de ce budget europ√©en, vous dites ¬ęnon¬Ľ. Vous dites ¬ęnon¬Ľ ?

R - Nous disons qu'il faut faire des économies, mais qu'il ne faut pas tuer la croissance, c'est cela le chemin. Or, nous avons dans tous les pays des situations de croissance très faible, donc le budget européen est là pour essayer d'encourager la croissance. Maintenant, il faut être sérieux, si on casse la Politique agricole commune, si on empêche les dépenses nouvelles...

Q - Vous dites ce matin : ¬ęOn ne touche pas √† la Politique agricole commune¬Ľ ?

R - Non ; il y a des modifications qui sont proposées.

Q - C'est quoi les modifications ?

R - Il y a une certaine réduction qui est proposée que l'on peut accepter, mais il y a des limites à ne pas dépasser. Et puis, il faut aussi aider ce qu'on appelle les pays de la cohésion, les régions qui sont en retard. Il faut aussi aller vers les dépenses nouvelles : technologie, recherche, transport, etc. Notre idée, c'est donc oui aux économies, mais sans tuer l'économie.

Q - Cela veut dire quoi ? On peut accepter une baisse du budget de 10 % par exemple ?

R - Il y a des discussions : est-ce que c'est quinze milliards ? Vingt milliards ? Trente milliards ? Mais l'attitude de la Grande-Bretagne - on le sait, elle n'est pas possible - consistant √† dire que d'un c√īt√© il faut diminuer ce budget au point que l'on tue la croissance, et de l'autre qu'il faut garder le ch√®que britannique.

Q - Mais c'est possible, ça ?

R - Non, ce n'est pas possible.

Q - Mais que fait la Grande-Bretagne dans l'Union européenne, Laurent Fabius ?

R - Que la Grande-Bretagne soit dans l'Union europ√©enne, c'est tr√®s bien. C'est une puissance importante. Simplement, elle ne peut pas dire : ¬ęje garde les avantages, mais pas les contraintes¬Ľ.

Q - C'est ce que vous allez dire à Cameron ?

R - Ce n'est pas uniquement une discussion avec M. Cameron. Nous voulons arriver √† une solution, √† un compromis. Fran√ßois Hollande va soutenir une position de compromis. Ce n'est pas la France qui arrive en disant : ¬ęC'est ma position¬Ľ et tout le monde s'aligne. Il y a un compromis √† trouver.

Mais il va y avoir une autre difficult√© si on arrive √† ce compromis - et je m'en suis rendu compte en allant au parlement de Strasbourg l'autre jour -, c'est que le Parlement europ√©en lui-m√™me va devoir donner son accord. Nous avons rencontr√© des d√©put√©s europ√©ens, quel que soit leur parti politique, qui disaient : ¬ęOn n'est pas d'accord avec les propositions qui sont faites aujourd'hui.¬Ľ Il y a donc deux accords √† trouver : d'abord, il y a l'accord des chefs d'√Čtat et de gouvernement ; ensuite, l'accord du Parlement europ√©en. On va se battre pour cela, ce ne sera pas facile.

Q - Chaque année, chaque Français donne 300 euros à l'Union européenne. L'Union européenne lui reverse 200 euros. C'est bien cela ? Dans d'autres pays, par exemple la Pologne, un Polonais reçoit quatre fois plus qu'il ne donne.

R - À l'Union européenne, vous voulez dire ?

Q - Oui. Est-ce logique ?

R - Il y a des pays qui sont des contributeurs nets, et il y a des pays qui reçoivent de l'argent, mais en fonction aussi de leur niveau de développement. C'est quand même le principe : il ne peut pas y avoir que des gagnants. C'est le principe de solidarité et de croissance. Quand la Pologne se développe, cela peut aussi aider les autres pays. C'est le principe de l'Europe, c'est la solidarité.

Q - Ce dont ne veulent pas les Anglais. Ils ne veulent pas de politique commune, vous le savez. Pas de solidarité.

R - C'est la raison pour laquelle - l√†, on se projette peut-√™tre vers l'avenir - quand M. Cameron dit : ¬ęMon objectif pour le futur, c'est de r√©duire ce que fait l'Europe et, en ce qui concerne l'Angleterre, moi je prends ce qui m'int√©resse et le reste, je le laisse¬Ľ, nous ne pouvons pas √™tre d'accord. Nous, nous disons si vous voulez : ¬ęl'Europe diff√©renci√©e oui, mais l'Europe self-service, cela ne peut pas fonctionner¬Ľ. (...)./.

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6. Mali - Entretien de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, avec le ¬ęJournal du Dimanche¬Ľ (Paris, 06/02/2013)

Q - Avec quel sentiment repartez-vous à Paris?

R - La gestion de la crise malienne et de la sécurité au Niger et au Mali sont complètement différentes. À Bamako, j'ai eu l'impression d'une vie normale avec une menace invisible. La guerre est loin. Mais cette liberté peut conduire à une prise de risques. On en a la preuve avec l'organisation de cours improvisés en plein air, suite à la fermeture du lycée français. C'est une situation très inquiétante. La menace à Bamako est la même que celle à Niamey mais la réponse nigérienne est dans la prévention. Il y a eu une prise de conscience et il y a une certaine angoisse que je n'ai pas ressentie à Bamako. L'enlèvement de deux jeunes à Niamey est dans la mémoire collective. À Bamako, il n'y a pas ce genre de souvenirs, les gens n'ont pas été choqués par ce qu'il s'est passé. Heureusement pour eux.

Q - À Niamey, certains résidents ou expatriés Français évoquent un trop-plein sécuritaire...

R - Ce sont des mesures de transition. Je comprends leurs angoisses. C'est un moment difficile à traverser. Mais je préfère la prévention à la réaction. Est-ce que sa propre vie ne vaut pas la peine de se priver de quelques libertés pendant une certaine période ? Niamey est géographiquement très proche du conflit. Les terroristes traversent les frontières et rentrent au Niger.

Q - Les parents d'élèves du lycée français de Bamako demandent la réouverture de l'établissement. Concrètement, qu'allez-vous faire?

R - J'ai discuté avec l'ambassadeur de France à Bamako, je lui ai donné la feuille de route. Nous allons tout mettre en place pour que le lycée puisse rouvrir. Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est la mise en place de classes un peu sauvages dans la ville. C'est complètement inconscient, pratiquement criminel. Il faut que les gens prennent leur responsabilité, ce n'est plus de notre ressort. Le lycée de Bamako restera fermé jusqu'à ce que nous ayons les garanties que la sécurité de l'établissement soit complètement assurée.

Q - Selon vous, quel r√īle doit jouer la France au Mali dans les mois √† venir?

R - La France restera le temps qu'il faut pour affaiblir les terroristes et redonner aux Maliens le contr√īle de leur pays. Une fois que cela sera fait, les m√©canismes normaux d'aide au d√©veloppement se mettront en place. L'accompagnement passera par des aides √† la formation, √† l'√©ducation, √† la sant√©, mais aussi dans l'organisation de l'administration et de la s√©curit√© √† tous les niveaux. Les Maliens ont √©t√© un peu bouscul√©s par mon message et ma demande de laisser le lyc√©e fran√ßais ferm√© parce qu'ils ont pris conscience, je crois, de l'importance de la s√©curit√© pour nous et pour eux.

Q - Quelle attitude faut-il avoir par rapport aux touaregs du MNLA ?

R - Des élections vont avoir lieu et la commission va être mise en place. Serons invité autour de la table - c'est ce que m'a dit le Premier ministre - l'ensemble de ceux qui ont vocation à participer à la réorganisation et à la reconstruction du Mali. Laissons aux Maliens le soin de réorganiser leur armée et de tenir leurs élections./.

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7. Mali - Remarques √† la presse du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 06/02/2013)

(en français et en anglais)

Pour la troisième fois depuis le début des opérations françaises au Mali nous avons procédé, à la demande de la France, à une présentation des résultats des opérations devant nos partenaires du Conseil.

Nous avons d'abord souligné les progrès des opérations militaires. Nous avons essayé également d'ouvrir les perspectives.

Perspectives d'abord dans le domaine des droits de l'Homme o√Ļ une fois de plus nous avons insist√© sur la n√©cessit√© de d√©ployer des observateurs des droits de l'Homme dans l'ensemble des territoires lib√©r√©s par les forces franco-maliennes.

Deuxièmement, en ce qui concerne le dialogue politique, la séquence de la résolution 2085 prévoyait la réconciliation politique puis la restauration de l'intégrité territoriale du pays. Les événements font que la séquence est inversée. Nous avons eu d'abord la libération du Mali, maintenant il faut s'engager dans la phase de réconciliation politique sur la base de la feuille de route qui a été adoptée par le gouvernement malien à la fin du mois de janvier.

Troisi√®me √©l√©ment, la France a √©voqu√© pour la premi√®re fois au Conseil de s√©curit√© la perspective de la cr√©ation d'une op√©ration de maintien de la paix lorsque les conditions s√©curitaires leur permettront. Cette op√©ration de maintien de la paix, donc sous casques bleus, permettra d'un c√īt√© la stabilisation du pays, et de l'autre et surtout, la poursuite de la r√©conciliation politique. Il faut que les Nations unies aident les Maliens √† refonder leur pays, c'est-√†-dire √† parvenir √† un nouveau pacte national malien qui soit pas seulement entre le nord et le sud mais qui concerne l'ensemble du Mali.

Q - Quelles sont les réactions de vos quatorze partenaires ?

R - Il faut naturellement leur demander mais il n'y a eu aucune objection. Un certains nombre de pays : les √Čtats-Unis, le Royaume-Uni, le Maroc, le Luxembourg, l'Australie, le Guatemala, l'Argentine et d'autres pays ont exprim√© leur disponibilit√© √† examiner la perspective d'une op√©ration de maintien de la paix.

M. Fabius a annoncé hier que le niveau de nos troupes commencerait à diminuer à partir du mois de mars, donc la création d'une opération de maintien de la paix est une perspective dans plusieurs semaines, donc je lançais aujourd'hui le débat au Conseil de sécurité. Je n'ai pas encore instruction de présenter de résolution.

Q - Sur le commandement qu'aura la MISMA, la force internationale, il semble que l'ONU, le Conseil de s√©curit√© pr√©f√®rent maintenant que ce soit une chaine de commandement qui d√©pende directement de l'ONU plut√īt que des pays africains, quelle est votre pr√©f√©rence ?

R - Hier, le commissaire Lamamra, le commissaire de l'Union africaine, a dit à Bruxelles à M. Feltman, Secrétaire général adjoint pour les affaires politiques, que l'Union africaine acceptait la perspective d'une opération de maintien de la paix classique. Ce ne sera donc pas une force hybride, ce sera une force sous casques bleus avec une chaine de commandement remontant au Conseil de sécurité, comme toute force des Nations unies.

Q - (Inaudible)

R - La logique serait de mettre, si les pays le veulent, des contingents de la MISMA sous casques bleus. Il y aura peut-être d'autres contingents, il y a peut-être des contingents qui refuseront, mais l'idée est d'utiliser les contingents qui sont sur place.

Q - Les gouvernements africains, en particulier le gouvernement malien, sont peu enthousiastes √† l'id√©e d'avoir une force de maintien de la paix de l'ONU. Est-ce que les discussions ont progress√© de ce c√īt√©-l√† ?

R - Il n'y aura pas d'opération de maintien de la paix des Nations unies sans demande du gouvernement malien. Certaines réticences ont en effet été exprimées. Cela fera partie, dans les semaines qui viennent, du nécessaire dialogue que nous allons devoir avoir au Conseil de sécurité, avec nos partenaires africains et en particulier avec nos partenaires maliens.

Le Secr√©tariat a pr√©cis√© que du c√īt√© malien, il y avait des voix diff√©rentes selon l'interlocuteur et que les objections ne portaient pas sur la pr√©sence des Nations unies au Nord mais sur la pr√©sence des Nations unies au Sud, et qu'il fallait donc discuter avec le gouvernement malien de la forme de cette pr√©sence des Nations unies.

Q - Can you tell us exactly how are you going to deploy the UN troops there and how work the relationships with the French troops that are already on the ground ?

R - We are not yet deploying a peacekeeping operation. There is a prospect of a peacekeeping operation. It was the first time that I raised the issue at the Security Council and I insisted on the fact that the deployment will be possible only when the security circumstances permit. I think that we will have to wait several weeks before assessing the security environment and taking the decision of deploying a peacekeeping operation.

As for the French forces, they will stay as long as necessary but they will leave as soon as possible.

Q - But they are protecting the civilians...

R - But there will be a peacekeeping operation. First, you have now the French forces and the African forces of the AFISMA. The AFISMA is not under blue helmets. So, what we will have, and it is not the first time that it happens at the UN, - it happened for instance in C√īte d'Ivoire -, is that we will have to have a transition, from the French and AFISMA to a UN peacekeeping operation. It will be easier because most of the contingents of the peacekeeping operations will be the African contingents, under blue helmets.

Q - Vous parlez d'objections à Bamako sur la présence de cette force dans le Sud. Êtes-vous donc prêt à accepter qu'elle ne soit que dans le Nord ?

R - Nous n'en sommes vraiment pas là. Il est normal qu'il y ait des questions et des objections à Bamako. Il s'agit quand même de leur territoire. Avant de proposer une opération de maintien de la paix, nous devrons avoir un dialogue avec les autorités maliennes, et nous tiendrons compte naturellement des positions de ces autorités maliennes. Le Secrétariat disait lui-même qu'il y avait des voies différentes à Bamako.

Q - Sur le plan de la r√©conciliation nationale, o√Ļ en est-on au niveau du dialogue politique ?

R - Il y a eu l'adoption de la feuille de route. De surcro√ģt, le pr√©sident de la R√©publique a annonc√© qu'il y aurait des √©lections le 31 juillet. Il y a donc tout un processus politique qui se met en branle. Nous pensons qu'il est tr√®s important qu'il y ait un repr√©sentant sp√©cial des Nations unies, qui pourrait d'ailleurs √™tre aussi repr√©sentant de l'Union africaine, qui pousse ce dialogue. Nous savons qu'il y a aussi des tentatives de vengeance, il faut que la r√©conciliation l'emporte sur cet esprit de vengeance. La perspective d'√©lections est n√©cessaire pour donner au pouvoir malien toute la l√©gitimit√© n√©cessaire afin d'assurer la r√©conciliation./.

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8. Tunisie - Entretien de la ministre d√©l√©gu√©e charg√© des Fran√ßais de l'√©tranger, Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, avec ¬ęBFMTV¬Ľ (Paris, 07/02/2013)

Q - Nous sommes de nouveau en ligne avec Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger. Avez-vous des informations particulières pour décider une telle mesure ?

R - Les informations particulières sont celles que vous venez d'évoquer et qui nous amènent à prendre des mesures de précaution simplement pour ne pas exposer les enfants français qui seraient sur le chemin de l'école et qui se trouveraient peut-être en effet, exposés à des risques indus. Vous avez parlé d'une grève générale, les écoles tunisiennes seront fermées et les écoles françaises seront alignées sur ce qui se passe dans le pays.

Q - Il y a les écoles françaises mais il y a aussi je crois un total de 25.000 ressortissants en Tunisie. Y a-t-il des mesures spécifiques aussi qui sont prises pour les ressortissants ?

R - Non, simplement, notre ambassade leur a signal√© de ne pas s'exposer, de ne pas sortir s'il y a des tensions. Ce sont des mesures de pr√©caution qu'ils prendraient n'importe o√Ļ dans le monde. La situation est assez tendue et je crois que les Fran√ßais seront aussi prudents qu'il le faut. Il n'y a pas de mesure particuli√®re au-del√† des mesures que le bon sens nous dicte.

Q - Le pays est sous tension, on est face à une nouvelle crise politique après le Printemps arabe. Redoutez-vous des menaces particulières contre les Français ?

R - Non. Vous savez, je rentre du Mali et du Niger o√Ļ je me suis rendue pour faire le point sur les mesures de s√©curit√© qui sont prises.

Comme vous le savez, nous avons fermé notre établissement scolaire à Bamako mais là, de façon un peu plus pérenne puisqu'il est prévu de l'ouvrir à nouveau dans quelques semaines. Je suis allée ensuite à Niamey, il n'y a aucune comparaison entre les mesures de sécurité que nous devons prendre dans ces deux pays-là et ce qui se passe en Tunisie aujourd'hui.

Nous sommes simplement vigilants, nous préférons prévenir que guérir. Donc nous nous alignons sur ce qui se passe dans le pays. Les écoles françaises seront fermées comme les écoles tunisiennes et nous demandons aux ressortissants français de ne pas prendre de risques inconsidérés./.

 

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9. Lutte contre le terrorisme - R√©ponse du ministre de l'int√©rieur, M. Manuel Valls, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 06/02/2013)

Vous avez raison, Madame la Députée : nous sommes confrontés à une double menace terroriste, que nous combattons.

À l'extérieur tout d'abord. C'est tout le sens de l'action juste et légitime de la France au Mali. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, soulignait ce matin encore que nos soldats trouvent sur place du matériel et des plans qui démontrent la vision et les projets de ces groupes terroristes, prêts à frapper dans la région mais peut-être aussi plus loin.

Nous faisons face ensuite √† une menace int√©rieure, que j'ai appel√©e ¬ęl'ennemi int√©rieur¬Ľ. Nous vivons encore, vous l'avez rappel√© en termes forts, avec le souvenir br√Ľlant des assassinats commis par Mohamed Merah. Nos services ont d√©mantel√© en septembre dernier une cellule qui avait frapp√© √† Sarcelles et s'appr√™tait sans doute √† frapper encore. Nous faisons face √† une menace qui prend la forme de tentatives d'exfiltration d'individus vers la Syrie ou le Sahel. Cela exige √©videmment une mobilisation de tous les instants de nos services. Hier encore, la direction centrale du renseignement int√©rieur a interpell√© quatre individus qui ont sans doute un lien avec une autre personne arr√™t√©e sur la fronti√®re entre le Niger et le Mali.

Je veux dire à l'ensemble de la représentation nationale, qui a adopté la loi antiterroriste, outil supplémentaire pour lutter contre le terrorisme, la détermination des forces de police et de renseignement à lutter contre le terrorisme, contre lequel toute la nation se doit d'être unie !./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. PAC - R√©ponse du ministre d√©l√©gu√© charg√© de l'agroalimentaire, M. Guillaume Garot, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 06/02/2013)

Madame la Députée, je voudrais d'abord excuser Stéphane Le Foll, qui est retenu cet après-midi par d'autres engagements.

Vous parlez du sommet européen qui se tiendra à la fin de cette semaine et qui, nous l'espérons, aboutira à un compromis sur le budget de l'Union européenne qui permettra à la fois de soutenir la croissance et d'accompagner le mieux possible les politiques communes.

Le Premier ministre l'a dit : la politique agricole commune ne peut pas être la variable d'ajustement du budget de l'Union.

Mais il va de soi aussi que c'est à partir du cadre budgétaire qui sera retenu que nous pourrons faire avancer la prochaine politique agricole commune.

Puisque c'est l'objet de votre question, je voudrais vous répondre très concrètement. Nous défendons des orientations majeures pour cette politique agricole commune, avec d'abord l'idée de la justice, pour réorienter les aides, en particulier vers l'élevage. C'est la proposition qu'a formulée Stéphane Le Foll : il s'agit de faire en sorte que nous aboutissions à une majoration des cinquante premiers hectares au bénéfice des régions d'élevage.

Ensuite, nous voulons une politique qui soit plus respectueuse de l'environnement. C'est l'ambition que nous avons d'un ¬ęverdissement¬Ľ, avec l'objectif d'aboutir √† l'√©quivalent de 30 % des aides directes du premier pilier. Bref, ce que nous soutenons, Madame la D√©put√©e, c'est une politique agricole commune qui soit plus efficace, qui reconnaisse la diversit√© des agricultures et qui, surtout, reconnaisse le travail de tous les agriculteurs./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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11. Point de presse du porte-parole - Irak/Situation de M. Nadir Dendoune - Liban - Bulgarie/Hezbollah - Inde/Situation de M. Mazurier (Paris, 07/02/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Irak - Situation de M. Nadir Dendoune (7 février 2013)

L'ambassadeur d'Irak a été convoqué ce matin par le secrétaire général du ministère des affaires étrangères pour évoquer la situation de M. Nadir Dendoune, journaliste français détenu depuis deux semaines en Irak.

Le secrétaire général a insisté sur le nécessaire respect des droits de notre compatriote et sur le prix que nous attachons à ce que notre ambassade à Bagdad puisse exercer la protection consulaire, conformément au droit international.

Il a réitéré le souhait que M. Dendoune soit libéré dans les meilleurs délais et l'attachement indéfectible de la France à la liberté de la presse.

2 - Liban

Q - Vendredi dernier, deux soldats libanais, un commandant et un aspirant ont √©t√© tu√©s √† Ersal lors d'une op√©ration pour interpeller un individu recherch√© par la justice pour des activit√©s li√©es aux jihadistes et au trafic √† travers la fronti√®re libanaise. Des dizaines d'individus ayant tir√© en direction de la troupe, huit autres soldats ont √©t√© bless√©s. Depuis, l'arm√©e libanaise encercle ce village pour arr√™ter les responsables. Ersal se trouvant √† la fronti√®re syrienne il y a une crainte que les combats qui se d√©roulent de l'autre c√īt√© ne se d√©placent vers le Liban. Quelle est la r√©action de la France ?

R - La France condamne les violences inacceptables contre l'armée survenues le 1er février à Ersal qui ont fait deux morts et plusieurs blessés dans l'armée libanaise.

Elle présente ses condoléances aux familles des victimes.

La France rappelle son soutien aux forces arm√©es libanaises, qui jouent un r√īle essentiel pour la stabilit√© de l'√Čtat libanais. Elle a pu le redire la semaine derni√®re au commandant en chef des forces arm√©es libanaises √† l'occasion de sa visite en France.

Face au contexte r√©gional tr√®s difficile en raison de la crise en Syrie, le Liban ne doit pas se laisser entra√ģner dans un conflit qui n'est pas le sien.

3 - Bulgarie - Hezbollah

Q - Suite aux d√©clarations du ministre de l'int√©rieur bulgare au sujet de l'attentat de Burgas, o√Ļ il accuse le Hezbollah. Vous avez dit dans un de vos communiqu√©s que ¬ęvous √©tudiez avec vos partenaires europ√©ens diverses options¬Ľ dont l'inscription du Hezbollah sur les listes europ√©ennes des terroristes.

Mes questions :

- quand est le prochain rendez-vous europ√©en o√Ļ cette question peut √™tre d√©battue ?

- Quelles sont ces diverses options ?

- La France a-t-elle participé à l'enquête bulgare d'une façon ou d'une autre ?

- Est-ce que la Bulgarie a transmis à ses partenaires européens les résultats de l'enquête (contestés par ailleurs par l'opposition bulgare) ?

R - Nous n'avons pour l'heure pas d'autre commentaire à faire à ce sujet. Je vous renvoie à notre déclaration d'hier, ainsi qu'à celle de la Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l'Union européenne, Mme Ashton.

De mani√®re g√©n√©rale, la lutte contre le terrorisme est une pr√©occupation majeure et une priorit√© pour la France. Nous condamnons tout acte de cette nature, o√Ļ qu'il se produise. Nous plaidons avec la plus grande fermet√© pour que leurs auteurs soient traduits en justice et qu'il n'y ait pas d'impunit√©. Les √Čtats membres de l'Union europ√©enne se r√©unissent r√©guli√®rement sur ces sujets.

S'agissant de l'attentat de Burgas, l'Union européenne pourra discuter, à l'occasion d'un prochain Conseil affaires étrangères, des informations données par les autorités bulgares, des prochaines échéances de l'enquête et des conséquences à en tirer.

En fonction de ces discussions, diverses options sont envisageables. La d√©cision sera prise √† l'unanimit√© des √Čtats membres.

4 - Inde- Situation de M. Mazurier

Q - Sur l'affaire de viol à Bangalore dans laquelle un agent consulaire français est soupçonné, que répondez-vous aux accusations selon lesquelles le consul de Bangalore collabore avec la défense de M. Mazurier mais pas avec celle de son épouse ?

- Pourquoi a-t-il fallu cinq jours au consulat et à l'ambassade de France à New Delhi pour informer la police indienne que M. Mazurier ne bénéficiait pas de l'immunité diplomatique ?

- Pourquoi le consul adjoint à Bangalore a-t-il reçu un virement de 250.000 roupies de Pascal Mazurier alors que celui-ci était en prison ?

- Est-ce que la France paie les frais de justice dans cette affaire ?

- Allez-vous répondre à la demande de la mère qui souhaite que l'ambassade à Delhi désigne un représentant neutre pour suivre l'affaire et non les collègues de M. Mazurier, ce qui crée un probable conflit d'intérêt ?

R - Nous nous sommes déjà exprimés hier à ce sujet./.

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