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Bulletin d'actualités du 1er février 2013


Sommaire



1. Jordanie/Syrie/Territoires palestiniens/Mali - Conf√©rence de presse conjointe du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, et de son homologue jordanien, M. Nasser Joudeh - Propos de M. Fabius - (Paris, 01/02/2013)

Tout d'abord je voudrais dire la grande amitié qui existe entre la France et la Jordanie. Nous travaillons ensemble, nous avons un partenariat excellent et nous apprécions beaucoup les positions prises par la Jordanie sur différents sujets. Nous connaissons en même temps les difficultés rencontrées par ce pays dans le contexte régional. C'est un plaisir et un honneur pour moi de recevoir le ministre des affaires étrangères de Jordanie et je lui ai demandé de transmettre à sa Majesté le Roi le témoignage de notre estime et de notre amitié.

Nous avons parl√© bien s√Ľr de nos situations int√©rieures et de toute une s√©rie de sujets auxquels nous sommes tr√®s attentifs. D'abord ce qui se passe en Syrie sur laquelle nos analyses sont tr√®s concordantes. Ensuite, nous avons parl√© du conflit isra√©lo-palestinien. Maintenant que les √©lections ont eut lieu aux √Čtats-Unis et en Isra√ęl le moment est venu o√Ļ il va falloir avancer sur cette question fondamentale. C'est une question qui d√©termine la situation non seulement dans la r√©gion mais aussi de mani√®re beaucoup plus large. Les approches jordanienne et fran√ßaise sont convergentes et nous allons travailler ensemble.

Bien s√Ľr, nous avons parl√© du Mali puisqu'il est n√©cessaire d'avoir un √©change de vues sur ce sujet important et, l√† encore, nos approches sont identiques. Avant de r√©pondre √† vos questions je voudrais r√©p√©ter √† quel point l'amiti√© entre la Jordanie et la France est profonde et nous appr√©cions cette excellente relation.

Q - Monsieur le Ministre, le chef de la Coalition nationale syrienne a créé la surprise en se déclarant prêt, sous conditions, à dialoguer avec le régime syrien. Quel regard portez-vous sur cette déclaration ?

R - Comme vous le savez, la France a √©t√© le premier pays √† reconna√ģtre la Coalition nationale syrienne comme le seul repr√©sentant l√©gitime du peuple syrien. Nous travaillons avec celle-ci et nous avons beaucoup d'estime pour les positions qu'elle prend et pour ses dirigeants. En particulier, nous appr√©cions le fait, tout √† fait fondamental, que cette Coalition, qui pr√©figure l'alternative n√©cessaire √† Bachar Al-Assad, insiste toujours sur la n√©cessit√© que la Syrie de demain fasse sa place √† chaque communaut√©. Il est essentiel que les diff√©rentes communaut√©s de Syrie soient respect√©es demain. Et c'est la position qu'a prise la Coalition et c'est l'une des rasions pour lesquelles nous la soutenons totalement. Alors c'est vrai que le pr√©sident de cette Coalition, qui est un homme tout √† fait remarquable, a pris position en disant qu'il n'√©tait pas question de discuter avec Bachar Al-Assad, mais qu'en revanche il devait y avoir de nombreux contacts. Ceci dans un souci de trouver une solution √† la question syrienne qui chaque jour se traduit pas des morts suppl√©mentaires - on va bient√īt atteindre les 70.000 morts, ce qui est effrayant, avec en plus les r√©fugi√©s. C'est l'esprit de la d√©claration du pr√©sident de la Coalition. Je note d'ailleurs dans le m√™me temps que M. Lakdhar Brahimi, l'envoy√© des Nations unies et de la Ligue arabe, a fait une d√©claration qui va dans le m√™me sens. Revenant sur ¬ęl'accord de Gen√®ve¬Ľ, il a expliqu√© que, dans son esprit, la transition qui devrait intervenir - appel√©e √† Gen√®ve ¬ęthe governing body¬Ľ - signifiait que M. Bachar Al-Assad n'avait plus de r√īle dans cette p√©riode mais qu'en revanche, d'autres personnes avaient le r√īle d√©cisif. J'estime que ces prises de position sont convergentes et sont utiles. Cela ne signifie pas, dans l'esprit du pr√©sident de la Coalition, aucun abandon de ses propres positions. C'est un homme d√©termin√©, qui croit √† ce qu'il fait et qui jouit d'une grande autorit√©. Mais il veut une solution et je pense que la position qu'il a prise est extr√™mement appr√©ciable.

Q - Monsieur le Ministre, comment évaluez-vous les bombardements qui ont eut lieu cette nuit en Syrie. Êtes-vous renseigné sur ce qui s'est passé ?

R - Je n'ai pas plus d'éléments que ce qui est rapporté dans les dépêches.

Q - Monsieur le Ministre. Je reviens à la Syrie. Pour la France, Bachar Al-Assad fait-il partie de la solution de demain ou fait-il toujours partie du problème car négocier avec ceux qui représentent Bachar Al-Assad c'est négocier indirectement avec lui ?

R - Nos avons toujours dit qu'il ne pouvait pas y avoir de solution avec Bachar Al-Assad. Avec le président de la République nous nous sommes exprimés plusieurs fois sur ce point précis. Considérant que M. Bachar Al-Assad avait du sang sur les mains, et beaucoup de sang, il n'est pas question qu'il fasse partie de la solution. C'est très clair.

D'une façon générale, ceux qui ont du sang sur les mains autour de lui ne peuvent pas faire partie de la solution. On comprend bien que les Syriens qui subissent cette situation depuis de longs mois ne peuvent pas envisager que ceux qui sont à l'origine de cette tragédie, et qui l'aggravent tous les jours, soient les dirigeants de demain. Il n'en est pas question. Je suis bien clair. En même temps, il y a des personnes qui n'ont pas de sang sur les mains avec lesquelles il est tout à fait possible de discuter.

Q - Monsieur le Ministre, M. Joe Biden sera à Paris lundi prochain. Qu'attendez-vous des entretiens entre le président de la République et le vice-président américain sur le dossier syrien et la relance du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens ?

R - Le vice-pr√©sident Biden sera lundi √† Paris et il sera re√ßu √† l'√Člys√©e. Nous sommes tr√®s heureux de l'accueillir. Bien √©videmment nous parlerons de toute une s√©rie de sujets puisqu'il s'agit de la premi√®re visite du vice-pr√©sident am√©ricain en France apr√®s la r√©√©lection de Barack Obama, ce dont nous sommes extr√™mement heureux. Nous aborderons les questions syrienne, palestinienne, malienne et les relations entre les √Čtats-Unis et la France. La veille, je serai √† Munich o√Ļ je rencontrerai M. Lakdhar Brahimi et nous aurons l'occasion de faire le point sur la situation en Syrie. Je participerai aussi √† une table ronde o√Ļ nous devrons traiter du Mali, de la Syrie et de l'Iran avec d'autres coll√®gues de plusieurs pays. Cette visite du vice-pr√©sident Biden s'annonce excellente et j'aurai l'occasion de prendre contact avec le Secr√©taire d'√Čtat, John Kerry, qui vient d'√™tre confirm√©. J'attends beaucoup du travail que nous allons faire ensemble.

Pour l'accueil des réfugiés syriens en Jordanie, il faut soutenir ce pays et souligner à quel point l'effort qu'il fait est exceptionnel.

Q - Le président Hollande doit se rendre ce week-end à Bamako et à Tombouctou. Peut-on interpréter ce voyage comme la fin des opérations françaises au Mali ?

R - Nous verrons ce que le président français fera ces prochains jours. Pour ce qui concerne la présence française, nous nous sommes exprimés et je confirme les points suivants : les opérations avancent d'une manière positive. La vocation de la France n'est pas de rester durablement au Mali et les troupes de la MISMA, qui ont commencé à se déployer, vont prendre le relais des troupes françaises, les troupes maliennes font l'objet d'une formation assurée par l'Europe. Je suggère de ne pas fixer le calendrier du président de la République à sa place./.

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2. Mali/Conf√©rence des donateurs - Discours du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Addis Abeba, 29/01/2013)

Monsieur le Président de la Conférence de l'Union,

Madame la Présidente,

Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs

Mesdames et Messieurs,

Depuis de nombreux mois, la CEDEAO, l'Union africaine et les Nations unies se sont mobilis√©s pour venir en aide au Mali. Mais au cours de ces derni√®res semaines, l'Histoire s'est acc√©l√©r√©e. Le raid men√© pr√®s de Mopti, par des groupes terroristes et narcoterroristes arm√©s, mena√ßait l'existence m√™me du Mali comme √Čtat d√©mocratique. Au-del√†, c'est l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest qui √©tait menac√©e.

Appel√©e √† l'aide par les autorit√©s maliennes et consciente de l'urgence, la France n'a pas h√©sit√©. Dans le respect de la l√©galit√© internationale, elle a engag√© une op√©ration militaire, aux c√īt√©s des forces arm√©es maliennes pour, dans un premier temps, stopper cette avanc√©e meurtri√®re. La France a fait son devoir.

C'est cette m√™me urgence qui a pouss√© nos alli√©s √† apporter leur soutien logistique √† notre intervention. Je les remercie chaleureusement. C'est aussi cette urgence qui a conduit la CEDEAO, l'UA et les √Čtats contributeurs de troupes √† acc√©l√©rer leur d√©ploiement. Ils sont d√©sormais plus de 1.000 soldats africains de la MISMA √† Bamako, pour aider le Mali.

Je tiens à renouveler mes remerciements au président Boni Yayi pour ses efforts inlassables au nom de l'Union africaine et à saisir cette occasion pour saluer l'accession à la présidence de l'Union africaine du Premier ministre Hailemariam.

Nous sommes aujourd'hui réunis pour donner à la MISMA les moyens de mener son action de rétablissement de la souveraineté et de l'intégrité du Mali, condition indispensable à une stabilisation politique durable.

Nous devons aussi faire face aux besoins de l'armée malienne, qui doit retrouver la capacité à assurer la sécurité de ses citoyens, de tous ses citoyens. C'est une priorité pour l'avenir du pays, et c'est sur la formation de l'armée malienne que l'Union européenne fera faire porter une partie de ses efforts. Il faut veiller à un financement équilibré sur ces deux axes.

Pour sa part, la France, au-delà de l'effort considérable que représente l'opération Serval (financée entièrement par elle), a décidé de contribuer aux deux parties du Fonds créé par les Nations unies.

Nous apportons un soutien logistique aux contingents de la MISMA en cours de déploiement. Cet appui est de l'ordre de 40 millions d'euros. Nous contribuons aussi à former les bataillons nigériens et sénégalais.

Par ailleurs la France, qui n'a pas vocation à rester durablement engagée militairement au Mali, intervient en appui des Forces armées maliennes et va leur céder des matériels tactiques pour 6,7 million d'euros.

Notre contribution globale à l'effort collectif, acte de solidarité concrète, s'élève donc à 47 millions d'euros soit à 63 millions de dollars.

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

Les contributions que la communaut√© internationale va apporter √† ces deux fonds sont fondamentales. Elles sont le signe de notre engagement politique aux c√īt√©s des forces africaines, d√©j√† en route et mobilis√©es, ainsi que de notre implication aux c√īt√©s du Mali, et √† travers lui de l'ensemble du Sahel et de l'Afrique. Elles s'inscrivent dans la logique du renforcement des capacit√©s africaines de gestion de crise, au coeur des priorit√©s de l'Union africaine. Car nous savons tous que c'est d'abord aux Africains d'assurer la s√©curit√© de l'Afrique.

Comme le prévoient les résolutions des Nations unies, ces contributions permettront d'avancer dans le règlement de l'ensemble des trois volets indispensables, sécuritaire, politique et humanitaire et de développement. Chacun doit être mis devant ses responsabilités.

Pour que la MISMA et les forces armées maliennes aient les moyens de leur action, nous devons contribuer maintenant.

Les autorit√©s maliennes, de leur c√īt√©, et je salue la pr√©sence du pr√©sident Traor√©, devront poursuivre dans la voie du r√©tablissement d√©mocratique, et je souligne, pour m'en f√©liciter, l'adoption r√©cente, par le Conseil des ministres maliens, d'une feuille de route. Elles sont aussi responsables de la fa√ßon dont s'engage la r√©conciliation nationale, et doivent veiller √† √©viter les exactions, que la communaut√© internationale ne saurait tol√©rer.

Enfin nous devons, collectivement, faire un effort particulier pour que les populations civiles qui, depuis de long mois, subissent le joug des groupes criminels terroristes, soient secourues et accompagnées.

Monsieur le Président,

Madame la Présidente,

Messieurs les Présidents,

L'Afrique que vous repr√©sentez est aujourd'hui engag√©e dans une op√©ration majeure. Avec vous tous, la CEDEAO, l'UA ont r√©ussi √† mettre en place une force importante. Il faut vous donner les moyens de poursuivre votre mission. Au nom du pr√©sident Hollande, je souhaite que les √Čtats, ici repr√©sent√©s, r√©pondent √† l'appel qui nous est lanc√©. La France est √† vos c√īt√©s, aux c√īt√©s de l'Afrique, dans votre action contre le terrorisme, pour le d√©veloppement et pour la paix./.

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3. Turquie/Attentat √† Ankara - D√©claration du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Paris, 01/02/2013)

Je condamne avec la plus grande fermet√© l'attentat qui vient de frapper l'ambassade des √Čtats-Unis √† Ankara et qui, selon un premier bilan, aurait tu√© deux personnes.

La France présente ses condoléances aux familles des victimes et exprime sa solidarité aux autorités américaines et turques./.

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4. Politique √©conomique - Communiqu√© du minist√®re du commerce ext√©rieur (Paris, 31/01/2013)

Normes : pour une nouvelle stratégie d'influence française

L'influence sur les r√®gles et normes internationales est une composante essentielle de la comp√©titivit√© des entreprises et des √Čtats. Peu connues du grand public, elles repr√©sentent pourtant des enjeux √©conomiques majeurs et font l'objet d'une concurrence rude entre les pays pour imposer leurs standards. La prise de position r√©cente de la Commission europ√©enne en faveur des standards allemands pour les prises des v√©hicules √©lectriques en est la derni√®re illustration.

Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, a commandé en septembre à Claude Revel, professeur et conseil en influence normative internationale, un rapport pour renforcer l'influence française dans ce domaine.

Ce rapport propose 7 grandes priorités d'action :

1. Mobiliser les entreprises dans les institutions normatives internationales, en renfor√ßant la lisibilit√© du dispositif et en alignant le cr√©dit d'imp√īt normalisation sur le cr√©dit d'imp√īt recherche ;

2. Pousser au sein des enceintes internationales trois sujets stratégiques majeurs : les exigences françaises en matière de responsabilité sociale et environnementale, de propriété intellectuelle et de réciprocité ;

3. Agir en amont de la règle pour ne pas se la faire imposer. La coopération technique et l'aide au développement peuvent contribuer à promouvoir nos règles et normes à l'international.

4. Peser sur les normes des marchés futurs dans l'agroalimentaire (hormones de croissance, clonage du bétail et traçabilité numérique agricole), la ville durable (réseaux intelligents et aménagement durable) et la transition écologique (affichage environnemental et obsolescence programmée des produits) ;

5. Peser sur les accords de libre √©change internationaux. L'accord de libre √©change Union europ√©enne/√Čtats-Unis sera fondamental par sa port√©e juridique car il orientera les r√®gles du commerce mondial ;

6. Mettre en place une ingénierie d'influence professionnelle par l'intermédiaire de formations à l'intelligence économique et à la négociation dans les instituts de formation de l'administration mais aussi dans les écoles publiques comme l'ENA ou Polytechnique ;

7. Renforcer la place accordée aux normes dans le pilotage de l'intelligence économique pour favoriser l'alerte, l'impulsion et le suivi de stratégies d'information, de sécurité et d'influence à une échelle interministérielle.

Pour Mme Nicole Bricq : ¬ęLe rapport de Claude Revel soul√®ve des enjeux essentiels et formule des propositions pr√©cises, qui doivent faire l'objet d'un examen attentif. Il nous faut absolument r√©investir le terrain de la normalisation. La bataille √©conomique, c'est aussi la bataille normative¬Ľ./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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5. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Dimitris Avramopoulos, ministre des Affaires √©trang√®res de la R√©publique hell√©nique - Participation de M. Bernard Cazeneuve au Conseil affaires g√©n√©rales - Iran/Annonce de modernisation du site de Natanz - Explosion √† Mexico - Agenda - Syrie - Mali (Paris, 01/02/2013)

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec M. Dimitris Avramopoulos, ministre des affaires étrangères de la République hellénique (Paris, 4 février 2013)

M. Laurent Fabius recevra, au Quai d'Orsay, pour un entretien, le 4 février 2013, M. Dimitris Avramopoulos, ministre grec des affaires étrangères.

Cet entretien sera l'occasion d'évoquer l'actualité européenne et, en particulier, la situation économique de la zone euro. Il permettra également de réaffirmer le soutien de notre pays vis-à-vis de la Grèce et de marquer notre plein appui au courageux programme de réformes engagé par le gouvernement grec.

Les principales questions internationales, parmi lesquelles la situation au Mali et en Syrie, seront également évoquées par les deux ministres.

2 - Participation de M. Bernard Cazeneuve au Conseil affaires générales (Bruxelles, 4 février)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, participera à la session du Conseil affaires générales qui se tiendra le 4 février à Bruxelles.

Cette réunion aura pour principal objet la préparation du Conseil européen des 7 et 8 février, qui sera consacré aux négociations sur le budget européen pour la période 2014-2020, ainsi qu'à la politique commerciale européenne et à l'actualité internationale. Les ministres participeront également à un déjeuner de travail avec le président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy.

En marge du Conseil affaires générales, M. Bernard Cazeneuve interviendra devant la conférence des Ambassadeurs belges, à l'invitation du ministre belge des affaires étrangères, M. Didier Reynders.

3 - Iran - Annonce de modernisation du site de Natanz

Nous sommes extrêmement préoccupés par l'annonce iranienne de l'installation à venir de centrifugeuses de nouvelle génération pour enrichir l'uranium sur le site de Natanz.

Elle augmentera significativement les capacités iraniennes d'enrichissement et constitue à ce titre une nouvelle violation par l'Iran des résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs.

Il s'agit d'un signal négatif alors que nous nous préparons à tenir de nouvelles discussions avec les Iraniens. Nous appelons donc une fois encore l'Iran à mettre ses actes en conformité avec ses obligations internationales.

Q - Je ne suis pas familier du langage diplomatique, mais un signal n√©gatif par rapport √† une provocation, il s'agit du langage utilis√© la derni√®re fois que l'Iran avait fait quelque chose de similaire. Vous devez quand m√™me sentir que c'√©tait un moment o√Ļ on essayait de remettre sur les rails les discutions entre le 5+1 ou le 5+3 + l'Iran et o√Ļ l'on attend une r√©ponse pour une r√©union au moment o√Ļ l'AIEA dit que les discussions bilat√©rales ne progressent pas. Y a-t-il un signal n√©gatif qui ressemble quand m√™me √† un langage tr√®s diplomatique et par rapport √† vos d√©clarations pr√©c√©dentes qui parlaient d'une provocation ?

R - Pour dire les choses de manière très claire : c'est tout l'inverse de ce que l'on attend des autorités iraniennes. Nous attendons de ces dernières, et cela depuis longtemps, qu'elles s'engagent de bonne foi dans les discussions que nous leur proposons, qu'elles se conforment enfin à leurs obligations internationales, résultant des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et des résolutions du Conseil des gouverneurs à Vienne, qu'elles coopèrent pleinement avec l'AIEA. C'est cela que nous attendons de l'Iran.

Depuis de nombreuses ann√©es, l'Iran ne se conforme pas √† ses obligations, ce qui a entra√ģn√© la mise en oeuvre de trains de sanctions de plus en plus dures. Faute, encore une fois, pour les Iraniens de r√©pondre aux pr√©occupations et aux demandes l√©gitimes de la communaut√© internationale. Donc, c'est un nouvel √©pisode qui non seulement ne va pas dans le bon sens, mais va dans le sens inverse √† celui qui est attendu des Iraniens.

C'est d'autant plus f√Ęcheux que cela survient √† la suite de l'√©chec de la derni√®re r√©union tenue par l'AIEA, le 16 janvier, et que nous attendons des Iraniens une r√©ponse pour une nouvelle r√©union dans le format P5+1. Il y a une forme de procrastination, sur ce dernier sujet en particulier, des Iraniens, consistant √† focaliser l'attention sur le lieu ou sur la date, alors que c'est bien √©videmment le fond qui nous int√©resse.

Q - O√Ļ va-t-on maintenant au niveau des sanctions ? La France va-t-elle pousser pour plus de sanctions contre l'Iran ? Disposez-vous de marge pour mettre plus de sanctions sans vraiment toucher le peuple iranien que vous ne semblez pas souhaiter punir mais le r√©gime ? Avez-vous la marge pour mettre en route d'autres sanctions que n√©cessaire sans toucher le peuple iranien ?

R - Notre position est affich√©e depuis longtemps. Tout d'abord, personne ne conteste aux Iraniens l'acc√®s √† l'√©nergie nucl√©aire civile. Ce qui est inacceptable pour nous, c'est l'acc√®s des Iraniens √† la bombe atomique. Deuxi√®mement, nous disons aux Iraniens : ¬ęnous voulons discuter¬Ľ mais aussi ¬ęsi vous n'entrez pas de bonne foi dans ces discutions, vous vous exposez √† des sanctions¬Ľ. C'est ce qu'on appelle le ¬ędouble track¬Ľ. Les Iraniens refusant ces discussions, nous avons d√Ľ prendre des sanctions. Plus le temps passe, plus ils refusent, plus les sanctions se durcissent en effet, des gels d'avoirs √† des sanctions qui visent des pans entiers de l'√©conomie iranienne. Troisi√®mement, les sanctions ne sont pas dirig√©es contre le peuple iranien, elles sont dirig√©es et calibr√©es au plus juste, contre un r√©gime.

Toute la difficulté en effet des sanctions, c'est de trouver le bon équilibre entre leur donner une efficacité, sans punir une population. J'observe d'ailleurs que les sanctions sont efficaces, puisqu'elles ont produit un certain nombre d'effets sur l'économie et la monnaie iranienne. L'objectif de la communauté internationale est bien de faire pression sur le régime, d'obtenir des réponses aux questions que pose l'agence et ainsi s'assurer que l'Iran respecte ses obligations.

Q - L'ancienne Secr√©taire d'√Čtat Hillary Clinton a d√©clar√© que l'option de n√©gociation avec l'Iran ne peut pas rester ind√©finiment sur la table. Partagez-vous cet √©tat d'esprit ?

R - Nous disons tous la même chose, et depuis plusieurs années. John Kerry et le vice-président Biden ont fait des déclarations qui vont dans le même sens. L'offre est sur la table, mais on ne peut pas éternellement rester dans l'expectative.

Q - Je reprends la précédente question, considérez-vous aussi qu'il y a un temps limité aux Iraniens pour répondre aux exigences de l'AIEA et du groupe P5+1 ? Donnez-vous un délai dans le temps ou bien c'est une estimation vague qui pourrait aller je ne sais pas jusqu'à quand ?

R - Encore une fois, la demande faite aux Iraniens ne date pas d'aujourd'hui, mais si nous regardons l'échéance la plus immédiate, celle pour laquelle nous voulons une réponse rapide maintenant, c'est cette réponse que nous attendons à l'offre faite depuis plus de deux mois maintenant aux Iraniens.

Q - Le ministre avait lui-même fait allusion à cela lors de ses voeux à la presse. Il avait dit que ça ne pouvait pas être interminable, qu'il y avait une sorte de dead line qui se profilait, qu'il y avait une menace et qu'on ne pouvait pas aller éternellement face à cette menace sans rien faire.

R - Lors de ses voeux, le ministre a rappel√© que la d√©tention par l'Iran d'une bombe atomique serait inacceptable et que √ßa le serait pour l'ensemble de la communaut√© internationale. Il a rappel√© aussi que notre approche ne se r√©duisait pas aux sanctions mais comprenait aussi une offre de dialogue. Il a soulign√© que plus le temps passe, plus il y a urgence pour les Iraniens √† r√©pondre aux questions l√©gitimes qui lui sont pos√©es, √† permettre √† l'agence l'acc√®s complet aux sites identifi√©s et √† coop√©rer pleinement avec l'agence. √Ä ma connaissance, personne n'a fix√© de dead line, mais tout le monde dit aux Iraniens : ¬ęil est plus que temps de vous conformer √† vos obligations¬Ľ.

4 - Explosion à Mexico (31 janvier 2013)

Nous avons appris avec une grande tristesse le lourd bilan de l'explosion qui s'est produite le 31 janvier √† Mexico, dans un b√Ętiment de l'entreprise publique Pemex.

La France présente ses condoléances aux proches des victimes et exprime sa solidarité aux autorités et au peuple mexicains.

5 - Agenda

Q - L'entretien du ministre M. Laurent Fabius avec l'Americain Jewish Committee, pensez-vous qu'il sera question des implantations qui commencent √† atteindre un degr√© inacceptable pour la France et si l'Americain Jewish Committee pourrait servir de trait d'union pour que la France et les √Čtats-Unis aient la m√™me attitude, plus productive ?

R - Quelques détails sur cet entretien : la délégation de l'American Jewish Committee sera conduite par M. Robert Elman, son président, et M. David Harris, son directeur. Cette organisation importante de la communauté juive américaine entretient des relations suivies avec les autorités françaises.

Cette rencontre sera l'occasion de passer un certain nombre de messages et d'examiner la situation sur les grands dossiers internationaux du moment : intervention fran√ßaise au Mali, situation en Syrie, relations entre Isra√ęl et les Palestiniens, suites du rehaussement du statut de la Palestine aux Nations unies, colonisation aussi bien s√Ľr et les positions fran√ßaises - qui sont bien connues de la communaut√© juive am√©ricaine et de ses organisations -, processus de paix et comment nous pouvons le relancer alors qu'une nouvelle administration, dont un nouveau Secr√©taire d'√Čtat, prend ses fonctions, lutte contre l'antis√©mitisme dans le monde enfin. Nous traitons de tout cela dans ces entretiens qui sont r√©guliers et qui viennent nourrir une relation √©troite avec les organisations juives de mani√®re g√©n√©rale, et l'AJC en particulier. Je vous signale que le ministre recevra aussi jeudi la conf√©rence des pr√©sidents.

Q - Le cas de Georges Ibrahim Abdallah va-t-il être évoqué durant cette rencontre ?

R - Je peux vous donner les grandes lignes et les sujets qui sont traditionnellement abordés dans ces réunions. Je ne sais pas si ce cas particulier sera abordé. Peut-être. C'est un sujet qui intéresse en effet à la fois nos amis libanais et nos amis américains.

Q - Le ministre nous a dit qu'il allait à Munich ce week-end, il fait Bamako- Munich ?

R - Il fait Bamako-Munich en effet.

Pour finir sur l'agenda de la semaine prochaine, je signale qu'il y aura un stake-out à la sortie de l'entretien avec M. Dimitris Avramopoulos, ministre grec des affaires étrangères, vers 11h30.

6 - Syrie

Q - Pour la Syrie, le président de la Coalition nationale syrienne M. al-Khatib avait annoncé avant-hier qu'il était prêt à aller à la table des négociations avec le régime de Bachar Al-Assad, sans pré-conditions. Hier après une réunion qui a duré 5 heures au Caire, je pense, d'après ma lecture du communiqué qu'il a changé d'avis une deuxième fois Quel est votre commentaire sur les deux communiqués ? Sur son premier communiqué et sur son deuxième communiqué.

R - Première remarque : le Ministre a eu l'occasion de s'exprimer sur cette question ce matin-même à l'issue de son entretien avec son homologue jordanien. Je vous renvoie donc à ce qu'il vient de déclarer.

Deuxi√®me remarque : M. al-Khatib n'a pas appel√© √† une n√©gociation sans pr√©-conditions, ce serait m√™me plut√īt l'inverse. Il a dit √™tre pr√™t √† s'engager dans un dialogue, sous conditions. Il y a eu ensuite des r√©unions, d'ailleurs des r√©unions qui sont toujours en cours au Caire, des instances de direction de la coalition o√Ļ cette position a √©t√© pr√©cis√©e.

Troisi√®me remarque, il n'y aura √† cette crise - et c'est un message que la France passe de mani√®re constante - de solution durable que de nature politique. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nous avons tr√®s t√īt soutenu la Coalition nationale syrienne en tant que repr√©sentant l√©gitime du peuple syrien, c'est-√†-dire aussi en fait en tant qu'alternative cr√©dible √† un r√©gime dont nous estimons qu'√† raison des crimes qu'il a commis et qu'il continue √† commettre, il n'est plus l√©gitime et ne peut en aucune mani√®re participer √† une solution de sortie de crise.

Il faut qu'il y ait un dialogue en effet. C'est d'ailleurs ce qui ressortait principalement, si on veut le résumer à l'essentiel, du document de Genève et c'est ce qui inspirait et inspire toujours les efforts de Lakhdar Brahimi. Avec qui est-ce qu'on parle ? Pour ce qui nous concerne, et là je reprends encore une fois les propos de ce matin de Laurent Fabius, certainement pas avec Bachar Al-Assad, ni avec tous ceux qui ont du sang sur les mains.

Je rappelle tout de même que ce que Bachar a fait et continue à faire a été qualifié par le Conseil des droits de l'Homme de crimes de guerre relevant donc de la compétence de la Cour pénale internationale. On comprendra dès lors que la Coalition nationale syrienne, l'opposition syrienne, ne puisse envisager aujourd'hui de dessiner la Syrie de demain avec ceux là même qui continuent leurs atrocités. C'est aux Syriens eux-mêmes à définir les modalités de ce dialogue, selon le programme de la Coalition syrienne elle-même d'une Syrie démocratique et qui respecte les droits de ses minorités.

Q - Je ne sais pas si le ministre a été interrogé ce matin sur le raid israélien ?

R - Il a répondu : Je ne possède pas plus d'éléments que ce qui est rapporté dans les dépêches.

Q - C'est le ministre o√Ļ vous ?

R - C'est le ministre.

Q - Est-ce que vous, vous avez plus d'éléments ?

R - Je n'ai pas plus d'éléments que le ministre.

Q - Pas de commentaires ? Tout le monde a fait des commentaires là-dessus sauf vous.

R - Tout le monde a lu les dépêches d'agence et les supputations dans un sens ou dans l'autre. Je n'en sais pas plus et je n'ai pas de commentaire particulier à faire.

Q - inaudible... vous êtes inquiets ?

R - De manière générale, nous sommes inquiets sur la situation en Syrie, nous n'avons pas arrêté de le dire.

Q - Dans la m√©thode, vous allez consulter vos homologues isra√©liens et vos homologues syriens, dans la mesure o√Ļ vous en auriez, pour demander une explication. Est-ce qu'on est dans une phase o√Ļ on demande une explication √† quelqu'un parce que si on veut √™tre inform√©, il faut bien √™tre inform√© par soit nos services soit des intervenants de la r√©gion. Donc est-ce qu'on a cherch√© contact avec les Isra√©liens ou on attend qu'ils se manifestent pour expliquer, parce qu'eux-m√™mes n'expliquent pas.

R - Nous avons avec les Israéliens des contacts sur tous les sujets, y compris celui-ci, notamment via notre ambassade.

Q - Et qu'est-ce qu'ils disent ?

R - À nouveau, je n'ai pas de commentaire particulier à faire.

Q - La FINUL a-t-elle été avertie du raid ? L'a-t-elle suivi ? En est-elle au courant ?

R - Je ne sais pas.

Q - Il y a eu une seule attaque, deux attaques ? Il n'y a pas eu d'attaques ?

R - Encore une fois, je n'ai pas d'autre information que ce qu'il y a dans les dépêches.

7 - Mali

Q - Pour revenir sur le d√©placement du pr√©sident Hollande avec les ministres, pouvez-vous nous donner plus de d√©tails sur ce d√©placement, d√©j√† concr√®tement le d√©part et surtout les √©tapes importantes et l'objectif de ce d√©placement important puisqu'il y a tout de m√™me trois ministres et le chef de l'√Čtat.

R - Cela ne vous aura pas √©chapp√©, le d√©placement a √©t√© annonc√© par l'√Člys√©e. Si vous avez des questions concernant ce d√©placement, et notamment sur le programme du chef de l'√Čtat, il faut vous adresser √† l'√Člys√©e et ils vous r√©pondront tr√®s volontiers.

De manière générale, ce sera l'occasion de faire le point sur ce que fait la France aujourd'hui au Mali bien évidemment. Nous avons une opération militaire en cours. Nous devons aussi préparer la suite, notamment sur les deux autres volets, politique et humanitaire, qui sont tout aussi importants pour sortir durablement de cette crise.

Q - Cela peut aussi √™tre l'occasion de rassurer l'opinion malienne sur les objectifs de l'intervention fran√ßaise justement en ce moment o√Ļ √† Bamako l'intervention fran√ßaise et le positionnement de la France vis-√†-vis du MNLA par exemple, est en train de monter tr√®s tr√®s fort ?

R - Sur les objectifs, je crois qu'ils sont clairs, je ne vais pas vous les rappeler ici. Il y en avait trois, ils ont été affichés dès le départ. Le premier d'entre eux (stopper l'avancée des groupes terroristes) est aujourd'hui atteint. Restent les deux autres, en cours : permettre au Mali de recouvrer sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire et accélérer la mise en oeuvre des décisions prises en décembre par la communauté internationale, à New York et à Bruxelles.

Notamment parmi ces sujets, en effet, il y a tout ce qui touche à l'organisation du dialogue inter-malien, selon les termes de la résolution 2085 qui définit les conditions sous lesquelles les groupes rebelles pourraient entrer dans un dialogue de cette nature. Il y aussi tout ce qui touche à la feuille de route adoptée par l'Assemblée nationale malienne. La France, comme d'autres pays, insiste sur le fait qu'il faut engager ce volet politique vite. Le président Traoré a fait des déclarations qui vont dans le bon sens, précisant notamment que les élections devaient être organisées d'ici juillet. Il faut qu'elles le soient dans les conditions de sécurité qui rendent le scrutin incontestable.

Q - Dans la foul√©e le Premier ministre a rencontr√© ce matin son homologue nig√©rien. Ce dernier M. Bazoum s'est dit √† notre micro, tr√®s √©tonn√©, m√™me m√©content de la position de la France par rapport au MNLA. Notamment d'accepter que le MNLA ait pris le contr√īle de Kidal, quelle est la position de la France par rapport √† cette inqui√©tude d'un pays voisin du Mali, d'un partenaire de la France dans cette intervention au Mali ?

R - Je n'ai pas entendu les déclarations de M. Bazoum sur ce point en particulier. L'entretien a porté essentiellement sur la crise malienne, sur le déploiement du contingent nigérien au titre de la MISMA et aussi sur la sécurité de la frontière.

Sur le dialogue avec les groupes rebelles, notre position n'a pas vari√©e et est en ligne avec ce que disent les r√©solutions du Conseil de s√©curit√©, notamment celles de d√©cembre dernier. Pour r√©sumer, elles disent deux choses : elles disent un, ce dialogue est essentiel, il doit √™tre men√© vite. Et elles disent deux, ce dialogue doit √™tre men√© avec les repr√©sentants des populations du nord, notamment touaregs, et les groupes rebelles non-terroristes qui satisfont deux conditions : renoncer explicitement √† la violence et reconna√ģtre l'int√©grit√© territoriale du Mali.

C'est au regard de ces conditions très clairement fixées que doivent être appréciés concrètement les engagements pris par les uns et les autres. Ensuite, il revient aux Maliens de définir eux-mêmes, pour eux-mêmes, ce que doivent être les nouveaux équilibres politiques, sociaux, économiques, culturels qui permettront en effet au Mali de sortir de cette crise de manière durable. C'est leur responsabilité, nous sommes disposés bien évidemment à les y aider mais c'est à eux de conduire ce dialogue, dans les conditions qui ont été fixées encore une fois par le Conseil de sécurité.

Q - Le fait qu'il y ait 4 personnages importants qui se déplacent au Mali, la façon de voyager groupés, est-ce que cela veut dire qu'ils vont aller dans des zones qui ne sont pas à risque ou qu'ils vont rester à Bamako ?

R - Je n'ai pas le détail de leur programme sur place. Ce que cela manifeste, c'est l'intérêt que nous portons au Mali, c'est l'importance pour nous de ce qui se passe aujourd'hui dans ce pays. Et encore une fois ce sera l'occasion de traiter cette crise dans toutes ses dimensions : tout ce qui touche à la sécurité et tout ce qui est politique et tout ce qui est de l'ordre de l'humanitaire et du développement.

Q - Concernant les exactions, les all√©gations d'exactions au Mali, est-ce que vous avez des nouvelles que √ßa cesse, que √ßa s'estompe un petit peu au niveau des exactions contre les populations arabes et touaregs ? Et est-ce que la France une fois que vous avez pris connaissance de ces faits, a pris une initiative particuli√®re, pouss√© pour contr√īler les forces maliennes qui seraient √† l'origine ou les populations locales qui seraient √† l'origine de ces exactions ?

Il y a eu deux rapports, donc un d'Amnesty et un de Human Rights Watch aujourd'hui. Celui d'Amnesty parle de frappes aériennes qui auraient peut-être tué 4, 5 civils maliens, un commentaire sur cela ?

R - Ce sont deux sujets différents. Les exactions d'une part qui par définition seraient délibérées, des dommages collatéraux qui par définition ne le sont pas.

Premier sujet les exactions, sur lequel il y a une extrême vigilance des autorités françaises.

Premi√®rement, le message a √©t√© pass√© aux autorit√©s maliennes directement, et √† tous les niveaux, du plus haut niveau de l'√Čtat jusqu'√† celui des services, soulignant que de telles exactions devaient √™tre √† tout prix √©vit√©es et qu'il n'y aurait aucune esp√®ce d'impunit√©.

La première responsabilité pèse en effet sur les autorités maliennes et nous avons demandé qu'au fur et à mesure que les zones sont sécurisées par l'avancée des troupes maliennes et françaises vers le nord, l'administration malienne puisse y être redéployée.

Deuxièmement, c'est à la demande de la France notamment que dans la résolution 2085, il y a des dispositions spécifiques aux droits de l'Homme, au droit des conflits armés et à la lutte contre l'impunité. Le message que nous avons passé via notre représentation permanente auprès des Nations unies au Secrétariat général des Nations unies, c'est d'accélérer le déploiement des observateurs qui sont prévus au titre de la résolution 2085, et non seulement d'accélérer leur déploiement mais de renforcer le dispositif prévu par la résolution.

Troisi√®mement, nous soutenons bien √©videmment la saisine de la Cour p√©nale internationale, pour tout ce qui concerne les exactions commises au Mali depuis janvier 2012. Je vois des rapports aujourd'hui d'Amnesty International, de Human Rights Watch sur des faits r√©cents. Il y a aussi tout ce qui s'est pass√© avant, √† l'√©poque o√Ļ AQMI, Ansar Ed-dine et le Mujao tenaient les deux-tiers du territoire malien. Ces exactions-l√† sont justiciables du m√™me traitement et du m√™me principe d'absence absolue d'immunit√©.

Enfin, c'est aussi √† la demande de la France que la mission europ√©enne de formation qui sera bient√īt d√©ploy√©e au Mali comprendra un volet important et renforc√© sur tous ces sujets de respect des droits de l'Homme et du droit de la guerre. Le d√©ploiement de l'op√©ration europ√©enne se fera de mani√®re progressive, √† partir du 12 f√©vrier. Nous avons demand√© que, sans attendre, dans les √©l√©ments pr√©curseurs qui sont envoy√©s pour pr√©parer le d√©ploiement de la mission, il y ait des sp√©cialistes de ces questions.

Voil√† ce que nous avons fait √† diff√©rents niveaux - Nations unies, Union europ√©enne, en bilat√©ral avec les autorit√©s maliennes, et nos troupes sont bien s√Ľr tr√®s sensibilis√©es √† ces sujets.

Q - Sur le volet Nations unies, l'accélération et le renforcement, qu'est-ce que les Nations unies ont répondu ? Parce que les quatre points sont les mêmes quatre points que nous avions mardi dernier. Donc la demande a été faite, quelle a été la réponse ? Et pourquoi cela prend-il tant de temps puisque ces faits ne sont pas nouveaux, on en parle depuis le 11 et 12 janvier, depuis 3 semaines ?

R - On en parle depuis longtemps, mais jusqu'à présent, je vous l'ai dit mardi, nous ne sommes pas arrivé à documenter ces accusations, c'est-à-dire à disposer des éléments de preuve, parce que ce sont des accusations extrêmement graves sur des crimes qui sont parmi les pires que l'on puisse commettre. Cela, en dépit des relations très suivies que nous avons avec les ONG. Nous les avons reçues une première fois ici au Centre de crise, et aussi sur place à Bamako, à notre ambassade. Nous aurons la semaine prochaine des réunions de suivi ici au Centre de crise. Je le souligne à nouveau : la responsabilité première, c'est celle des autorités maliennes de faire en sorte qu'il n'y ait ni exaction, ni représailles contre ces populations du nord du Mali. C'est l'une des clés des la réconciliation nationale.

Sur le volet des dommages dits collat√©raux, tout est fait pour les √©viter, dans le choix des cibles, au moment-m√™me de la frappe. Tout est fait pour √©viter des morts civils. L'arm√©e fran√ßaise est r√©put√©e pour √™tre tr√®s sensible √† ce genre de probl√®me. Nous sommes tr√®s pr√©cautionneux, tr√®s prudents, tr√®s vigilants sur ces sujets. Sur le point que vous signalez en particulier, v√©rifiez-le avec l'√©tat-major des arm√©es, mais je comprends que nous n'avons pas frapp√© au moment o√Ļ ces morts de civils sont intervenues.

Q - Amnesty réclame une enquête sur cette affaire.

R - Bien s√Ľr. Nous agissons dans la plus grande clart√©, la plus grande transparence. Nous n'avons strictement rien √† cacher, bien au contraire. Nous sommes les premiers √† voir demand√© le d√©ploiement d'observateurs, qu'il s'agisse d'observateurs des Nations unies ou de sp√©cialistes dans le cadre de la mission europ√©enne. Nous sommes les premiers √† pousser pour que tout cela soit parfaitement transparent.

Q - Sur le sujet des exactions, d'après certains témoignages que nous avons reçus de Human Rights Watch, c'est tout de même assez précis, et vous dites que vous n'avez pas pu documenter ces cas. Mais comment ça marche ? Est-ce que vous demandez donc aux autorités maliennes de vous donner des informations sur les cas qui ont été rapportés ? Si ce sont des responsables maliens qui sont responsables de ces exactions, évidemment, ils ne vont pas vous donner d'informations qui les impliquent eux-mêmes. Donc est-ce que la France fait des enquêtes indépendantes à ce sujet ? Est-ce que les troupes françaises font des enquêtes indépendantes ou est-ce qu'on attend seulement d'avoir une confirmation de la part des Maliens ?

R - Je vous laisse la responsabilité du jugement que vous venez de porter sur la probité des autorités maliennes.

Premi√®rement, il est de la responsabilit√© des autorit√©s maliennes au premier chef d'enqu√™ter lorsque des faits comme ceux-l√† sont port√©s √† leur connaissance. Deuxi√®mement, des consignes en effet ont √©t√© pass√©es √† nos forces de relever tout √©l√©ment de preuve qui viendrait √† l'appui d'accusations comme celles qui sont aujourd'hui port√©es. Troisi√®mement, aujourd'hui, je ne suis pas en mesure de vous dire, de mani√®re ferme, d√©finitive et claire, que tel type d'exaction a √©t√© commis √† tel endroit par telle personne contre telle et telle autre personne. Ce qui en soi n'est pas tr√®s √©tonnant. Il y a le temps de la d√©nonciation (c'est le r√īle notamment des ONG) et puis il y a le temps, plus long, de l'enqu√™te.

Mais je reviens sur ce que je vous ai dit d√©j√†. C'est aux autorit√©s maliennes, et c'est un sujet sur lequel nous avons insist√©, d'exercer leurs responsabilit√©s au premier chef, et rien ne nous laisse soup√ßonner qu'elles ne le feraient pas, contrairement √† ce que vous avez sous-entendu, premi√®rement. Deuxi√®mement, bien s√Ľr ce message de vigilance a √©t√© pass√© √† nos forces et bien s√Ľr nos forces rel√®veront tout √©l√©ment de preuve qui viendrait documenter un cas d'exactions. Et troisi√®mement, il faut certainement un regard ext√©rieur, impartial, neutre et sp√©cialis√©. D'o√Ļ la demande faite par la France et aupr√®s des Nations unies et aupr√®s de l'Union europ√©enne d'inclure ce type de sp√©cialistes et d'en renforcer les contingents par rapport √† ce qui avait √©t√© pr√©vu initialement.

Q - Il y a des informations qui circulent sur votre souhait de retourner devant le Conseil de sécurité pour obtenir une nouvelle résolution suite aux derniers développements. Est-ce que vous pouvez nous éclairer sur ce point ?

R - Ce dont on commence à discuter aujourd'hui, c'est une fois que la MISMA aura rempli sa mission, qui est une mission de stabilisation avec pour objectif d'assurer l'intégrité du territoire malien, qu'est-ce qu'on fait ? Et circule en effet l'idée, et nous y sommes favorables en principe, d'une opération de maintien de la paix. Ce n'est pas à terme rapproché, parce qu'une OMP ne se déploie que dans une environnement stabilisé et sécurisé, ce qui n'est pas encore le cas au Mali, d'une part, et d'autre part, c'est une discussion à avoir non seulement dans le cadre du Conseil de sécurité mais aussi en coordination avec tous nos partenaires africains, la CEDEAO et l'Union africaine en premier lieu.

Q - Pour revenir sur la MISMA et les éventuels casques bleus. La MISMA est en principe une mission d'un an ou 9 mois, c'est une période déterminée. Est-ce que l'idée est de remplacer la MISMA après sa mission ou cela pourrait se passer pendant sa mission si éventuellement c'est stable ?

R - Je crois que la bascule se fera en fonction de l'appréciation qui sera portée sur la situation sur le terrain. Parce qu'une opération de maintien de la paix n'est jamais déployée dans un environnement qui n'est pas stabilisé et sécurisé. Quand nous jugerons que l'environnement est stabilisé et sécurisé, nous jugerons alors que la mission de la MISMA est accomplie. C'est à ce moment-là que se posera la question de l'après. Mais aujourd'hui, c'est le temps de la MISMA.

Q - Ce sera dans deux mois ?

R - La question se posera √† partir du moment o√Ļ on jugera que la situation permet le d√©ploiement d'une OMP. Ce n'est pas le cas aujourd'hui./.

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6. Conseil affaires √©trang√®res - Intervention de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne, Mme Catherine Ashton (Bruxelles, 31/01/2013)

J'ai été très honorée d'accueillir aujourd'hui au Conseil le président somalien, M. Hassan Sheikh Mohamoud, avec qui j'avais également eu le privilège de m'entretenir longuement hier. Nous avons constaté les progrès remarquables accomplis par la Somalie et je suis très fière du partenariat étroit entre l'Union européenne et la Somalie. La Somalie a manifestement aujourd'hui une chance historique de tourner la page de deux décennies de conflit.

Il ressort clairement de nos entretiens qu'il reste beaucoup √† faire et nous demeurons d√©termin√©s √† aider la Somalie √† progresser sur la voie d'une paix et d'une prosp√©rit√© durables. Nous accueillerons, √† l'automne, une conf√©rence au cours de laquelle nous esp√©rons √©tablir un ¬ępacte¬Ľ, un New Deal entre la Somalie et la communaut√© internationale.

Cette conf√©rence sera principalement consacr√©e √† la reconstruction, √† la mise en place des institutions politiques somaliennes, √† la promotion du d√©veloppement √©conomique et √† l'aide visant √† instaurer la s√©curit√© et l'√Čtat de droit. J'esp√®re que les avanc√©es r√©centes accomplies par la Somalie seront un exemple positif pour de nombreux pays de la r√©gion. De nos √©changes avec le pr√©sident et le vice-Premier ministre qui l'accompagnait, il ressort √©galement que la stabilit√© dans le voisinage √©largi de la Somalie est une condition pr√©alable √† la paix.

Le message que nous voulons transmettre aujourd'hui est que beaucoup a √©t√© accompli mais qu'il ne faut bien entendu rel√Ęcher les efforts. L'Union europ√©enne continuera √† tout mettre en oeuvre pour aider la Somalie dans le cadre de ce que nous appelons une ¬ęapproche globale¬Ľ.

Nous avons également unanimement exprimé notre gratitude et notre soutien à la France pour les efforts qu'elle déploie pour combattre le terrorisme au Mali. Depuis la session extraordinaire du Conseil, il y a quinze jours, l'UE a renforcé son action et les préparatifs pour l'envoi d'une mission de formation de l'UE se sont accélérés. Nous avons augmenté l'aide humanitaire et nous nous sommes engagés à appuyer la mission sous conduite africaine au Mali. Pour ce faire, nous avons mis en place un mécanisme de centralisation.

Le gouvernement et l'assembl√©e nationale maliens ont r√©agi en adoptant une ¬ęfeuille de route pour la transition politique¬Ľ.

Mardi prochain, nous accueillerons une réunion ministérielle spéciale du groupe de soutien et de suivi sur le Mali, qui sera coprésidée par l'Union africaine, les Nations unies et la CEDEAO.

Cette réunion sera l'occasion de renforcer la coopération internationale, d'appuyer la mise en oeuvre concrète de la feuille de route et de donner suite à la conférence internationale des bailleurs de fonds, au cours de laquelle l'Union européenne a annoncé qu'elle contribuerait à hauteur de 50 millions d'euros au soutien de l'opération sous conduite africaine (MISMA).

Nous allons prochainement lancer, de mani√®re formelle, notre mission de formation au Mali, dont le chef, le g√©n√©ral Lecointre, a d√©j√† effectu√© une premi√®re visite dans le pays. Cette semaine, les √Čtats membres ont commenc√© √† prendre des engagements en termes de personnel et de ressources pour la mission. Notre r√©ponse a √©t√©, √† mon sens, rapide et bien coordonn√©e et elle continuera de l'√™tre.

En pr√©vision de la r√©union du Conseil europ√©en de la semaine prochaine, nous avons eu une discussion approfondie concernant notre voisinage m√©ridional, et plus particuli√®rement la Syrie et l'√Čgypte. J'ai invit√© l'envoy√© sp√©cial de l'ONU, M. Lakhdar Brahimi, √† participer √† la session du Conseil des affaires √©trang√®res du 18 f√©vrier. Notre priorit√© est de lui apporter tout le soutien possible dans les efforts qu'il d√©ploie pour trouver une solution politique √† cette terrible crise. Nous avons √©tabli des contacts √©troits avec des membres de l'opposition. Nous les avons encourag√©s √† poursuivre les travaux concernant leurs structures internes, tout en demeurant attach√©s aux principes d'une participation sans exclusive, des droits de l'Homme et de l'√Čtat de droit. La situation est manifestement en train d'empirer et le niveau de violence est inacceptable.

Tout en ne ménageant aucun effort pour oeuvrer, avec nos partenaires internationaux, à une solution politique, nous continuerons d'aider la population syrienne dans toute la mesure de nos possibilités.

Avec les 358 millions d'euros déjà débloqués pour venir en aide aux Syriens tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, l'Union européenne est le principal contributeur humanitaire dans cette crise.

Cela s'est une nouvelle fois confirm√© hier, lors de la conf√©rence humanitaire qui s'est tenue au Kowe√Įt. Nous poursuivrons nos efforts et examinerons ces questions encore plus en d√©tail le 18 f√©vrier.

Nous continuons √† suivre de pr√®s l'√©volution de la situation en √Čgypte. Dans les contacts permanents que nous avons tant avec le gouvernement qu'avec l'opposition, nous soulignons l'importance d'un dialogue ouvert √† tous pour l'avenir du pays. Nous sommes d√©termin√©s √† tout mettre en oeuvre pour soutenir la transition vers la d√©mocratie et pour aider √† la reprise √©conomique si importante pour le progr√®s politique. Nous devons rester mobilis√©s. Les violences qui ont √©clat√© r√©cemment √† Port Sa√Įd sont inqui√©tantes et soulignent la n√©cessit√© d'un dialogue politique renforc√© et ouvert √† tous les groupes de la soci√©t√©. √Ä cet √©gard, les signaux √©manant de l'opposition ces derniers temps sont tr√®s encourageants.

Nous avons √©galement abord√© plusieurs autres points, mais je voudrais simplement conclure en √©voquant l'√©change de vues que nous avons eu sur la politique de l'UE concernant l'Arctique, sur la base de la communication publi√©e en juin dernier. L'Arctique est une r√©gion de plus en plus importante pour l'UE et nous avons √† coeur d'intensifier le dialogue avec les √Čtats de cette r√©gion afin, ensemble, de r√©pondre aux d√©fis que pose la sauvegarde de l'environnement et de saisir d'une mani√®re durable les opportunit√©s qu'offre l'Arctique. Comme vous le savez, nous avons d√©pos√© une demande pour obtenir le statut d'observateur au Conseil de l'Arctique.

Je vous remercie./.

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7. Mali - Conseil affaires √©trang√®res - Conclusions (Paris, 31/01/2013)

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes :

1. Rappelant ses conclusions du 17 janvier 2013, l'Union européenne réitère son engagement déterminé et continu en faveur de la souveraineté, l'unité et l'intégrité territoriale du Mali.

Dans ce contexte et en cohérence avec les Résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU), en particulier les résolutions 2071 et 2085, l'UE soutient les efforts de la région et de la communauté internationale. Elle salue l'avance des forces armées maliennes soutenues par la France et la région au détriment des groupes terroristes au nord du Mali, et elle réitère son plein soutien à une telle action. L'UE salue également l'adoption par l'Assemblée nationale malienne de la feuille de route pour la transition.

2. L'UE souligne l'importance de la poursuite de l'engagement international en appui au Mali, en particulier la mobilisation des √Čtats africains. Dans ce contexte, elle salue le r√©sultat de la Conf√©rence des donateurs organis√©e par l'Union africaine (UA) le 29 janvier 2013 et encourage la mise en oeuvre rapide de ses conclusions. L'UE encourage l'UA et la CEDEAO √† acc√©l√©rer le d√©ploiement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA), √† laquelle elle se tient pr√™te √† apporter un appui financier et logistique.

Considérant que le soutien à la MISMA constitue l'une des priorités de l'UE en Afrique, le Conseil réitère sa disponibilité à apporter à la MISMA un soutien significatif à travers la Facilité africaine de Paix. Il demande à cet égard à la Commission et au Service européen d'action extérieure (SEAE) de mettre en oeuvre, sans délai et sur la base d'une requête, les engagements pris par l'UE à la Conférence internationale des donateurs d'Addis-Abeba, notamment l'annonce d'une contribution de 50 millions d'euros par la Commission. L'UE appelle d'autres donateurs à participer au financement durable et prévisible de l'opération.

3. L'adoption de la feuille de route constitue une avanc√©e essentielle dans la perspective du r√©tablissement complet de l'ordre constitutionnel, y compris le contr√īle civil sur les forces arm√©es, et de l'autorit√© de l'√Čtat sur l'ensemble du territoire malien, et l'UE appelle √† sa mise en oeuvre urgente. Cette avanc√©e permet la reprise graduelle de l'aide europ√©enne au d√©veloppement afin de r√©pondre rapidement aux besoins prioritaires du Mali. Le Conseil invite par ailleurs la Haute repr√©sentante et la Commission europ√©enne √† proposer des mesures sp√©cifiques pour soutenir la mise en oeuvre de la feuille de route, y compris l'appui au processus √©lectoral. L'UE rappelle l'importance de r√©tablir un dialogue national inclusif ouvert aux populations du nord et √† tous les groupes rejetant le terrorisme et reconnaissant l'int√©grit√© du Mali. La restauration rapide de l'autorit√© de l'√Čtat, de l'√Čtat de droit et des services publics dans les zones lib√©r√©es du centre et du nord du Mali est √©galement cruciale. √Ä cette fin, en coh√©rence avec l'approche globale europ√©enne, le Conseil salue les efforts conjoints du SEAE et de la Commission en vue de pr√©parer des mesures concr√®tes d'assistance gr√Ęce √† tous les instruments √† sa disposition.

4. Le Conseil salue l'accélération de la préparation de la mission EUTM Mali de formation et de conseil aux Forces armées maliennes qui permettra de contribuer au renforcement de l'autorité civile et au respect des droits de l'Homme. Il rappelle l'objectif agréé par le Conseil du 17 janvier 2013 d'adopter au plus tard à la mi-février la décision de lancement de cette mission afin d'initier les premières actions de conseil.

5. L'UE s'alarme des allégations de violations des droits de l'Homme et elle appelle les autorités maliennes à enquêter immédiatement sur ce sujet. L'UE se tient prête à fournir un appui approprié pour lutter contre ces abus. Elle souligne l'importance du respect du droit international et rappelle en particulier aux autorités maliennes leur responsabilité première de protection des populations civiles. Tous les auteurs de violations des droits de l'Homme doivent être tenus pour responsables de leurs actes. L'UE salue la décision de la Cour pénale internationale d'ouvrir une enquête sur des violations et encourage la collaboration des autorités maliennes. Elle appelle également à la mobilisation rapide d'observateurs et le renforcement de la coopération des organisations internationales pour veiller notamment au respect des droits de l'Homme sur l'ensemble du territoire malien.

6. L'UE salue l'intention de la Haute Représentante d'accueillir à Bruxelles le 5 février la prochaine réunion du Groupe de soutien et de suivi sur la situation au Mali coprésidé par l'UA, la CEDEAO et les Nations unies. Cette réunion fournira une occasion opportune de renforcer la coordination de l'engagement international en faveur du Mali, l'appui à la mise en oeuvre de la feuille de route et le suivi de la conférence de donateurs de l'UA./.

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8. Maghreb - Conseil affaires √©trang√®res - Conclusions (Paris, 31/01/2013)

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes :

1. R√©affirmant l'importance strat√©gique du voisinage europ√©en et rappelant les conclusions du Conseil sur la politique europ√©enne de voisinage (PEV) du 20 Juin 2011, le Conseil se f√©licite de la communication conjointe intitul√©e ¬ęSoutenir le renforcement de la coop√©ration et de l'int√©gration r√©gionale au Maghreb : Alg√©rie, Libye, Mauritanie, Maroc et Tunisie¬Ľ et f√©licite la Haute repr√©sentante et la Commission pour la vaste gamme de propositions √©nonc√©es dans la communication.

2. Le Conseil se f√©licite que la communication ait √©t√© √©labor√©e dans un esprit de solidarit√© et de partenariat √† un moment o√Ļ la r√©gion du Maghreb, qui demeure une priorit√© cl√© pour l'UE, conna√ģt des changements historiques et profonds.

3. Le Conseil accueille favorablement le principe sous-jacent à la communication selon lequel l'élan vers le changement et les décisions quant aux modalités pour réaliser au mieux l'intégration appartiennent uniquement aux pays du Maghreb eux-mêmes.

4. Les propositions de la communication d√©finissent un agenda de soutien de l'UE aux cinq pays du Maghreb dans leurs propres efforts vers une coop√©ration plus √©troite et une plus grande int√©gration r√©gionale, notamment dans le cadre de l'Union du Maghreb arabe (UMA). Les politiques de l'UE envers la r√©gion du Maghreb compl√®tent et d√©veloppent l'√©tendue des mesures figurant dans le Partenariat pour la d√©mocratie et la prosp√©rit√© partag√©e dans le contexte de l'approche renouvel√©e de la Politique europ√©enne de voisinage, laquelle est fond√©e sur le principe de diff√©renciation. Le Conseil se f√©licite √©galement de l'accent mis dans la communication sur les r√©formes d√©mocratiques et le d√©veloppement √©conomique inclusif, ainsi que sur les cadres de coop√©ration existants dans la r√©gion, en particulier l'Union pour la M√©diterran√©e (UpM) et le 5+5, et rappelle le r√īle de la Ligue des √Čtats arabes. Par ailleurs, le Conseil souligne que les initiatives de coop√©ration r√©gionale se renforcent r√©ciproquement.

5. Au vu des derniers événements dans la région du Sahara/Sahel, qui mettent en évidence la gravité de la menace terroriste contre cette région, l'Europe et le Maghreb, le Conseil accueille favorablement les propositions de la communication concernant la coopération en matière de sécurité, y compris la lutte contre le terrorisme et surveillance des frontières, et demande à la Haute représentante et à la Commission d'oeuvrer, en coopération avec le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme, en vue de leur réalisation afin de renforcer l'engagement avec les pays de la région.

6. Le Conseil attend avec int√©r√™t de d√©velopper la discussion au sujet des propositions de la Haute repr√©sentante et de la Commission. Le Conseil souligne l'importance de la poursuite du dialogue sur la communication avec les pays du Maghreb et du partage de son contenu avec le public dans ces pays. Dans ce contexte, il se f√©licite de la proposition de tenir un dialogue √† haut niveau entre l'UE et les pays du Maghreb et esp√®re qu'une premi√®re r√©union pourra avoir lieu bient√īt pour discuter des questions d'int√©r√™t commun. Le Conseil souhaite faire le point sur la mise en oeuvre de la communication en d√©cembre 2013./.

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9. Soci√©t√©s en transition - Conseil affaires √©trang√®res - Conclusions (Bruxelles, 31/01/2013)

Le Conseil a adopté les conclusions suivantes :

1. De nombreux pays dans le monde, dans le voisinage de l'UE ou ailleurs, sont confrontés au défi de transformer leurs sociétés en démocraties ouvertes à tous. Ces efforts passent par la stabilisation, le soutien de la démocratie, le renforcement des institutions et la consolidation des réformes pour que le changement soit durable. L'UE possède une expérience considérable dans ce domaine, expérience qu'elle peut partager avec ses partenaires.

2. Le Conseil accueille avec satisfaction la communication conjointe intitul√©e ¬ęSoutien de l'UE en faveur d'un changement durable dans les soci√©t√©s en transition¬Ľ (1), qui arrive au moment opportun pour contribuer √† √©laborer et √† affiner l'approche de l'UE en faveur de processus de transition d√©mocratique, sociale et √©conomique (2). Cette communication pourrait √©galement contribuer √† la poursuite des d√©bats √† la fois au niveau de l'UE et au niveau international, y compris en ce qui concerne un programme pour l'apr√®s-2015.

3. L'UE doit apporter aux processus de transition une r√©ponse globale, coh√©rente, cibl√©e et √† long terme, fond√©e sur une analyse commune visant √† encourager la gouvernance d√©mocratique, les droits de l'Homme et l'√Čtat de droit, le bien-√™tre √©conomique et social, ainsi que la paix et la stabilit√©. Elle devrait, afin d'atteindre ces objectifs, tirer pleinement parti des politiques, des outils et des ressources de l'UE existants qui vont de la PESC √† la coop√©ration au d√©veloppement. Une importance particuli√®re, lorsqu'on se pr√©occupe de soci√©t√©s en transition, devrait √™tre accord√©e √† l'√©galit√© sociale. Les groupes exclus de la soci√©t√© devraient √™tre d√©fendus par l'UE, une attention particuli√®re √©tant accord√©e aux femmes et aux enfants, ainsi qu'√† la d√©fense de leurs droits.

4. L'approche de l'UE devrait être appliquée de manière efficace et effective, faire l'objet d'une coordination étroite entre les institutions et les instruments de politique étrangère de l'UE, et viser à consolider des réformes sociales, économiques, politiques et environnementales durables. L'objectif ultime devrait être de parvenir à une démocratie ouverte à tous, ainsi qu'à une croissance inclusive et durable, y compris une économie verte et à faibles émissions de CO2, et à la réduction de la pauvreté.

5. Tout en orientant son soutien en faveur de changements durables dans les sociétés en transition du monde entier, le Conseil réaffirme la détermination de l'UE à continuer à travailler avec ses voisins les plus proches pour les aider à effectuer une transition durable.

6. Le point de d√©part de la r√©ponse de l'UE devrait √™tre le contexte du pays et, le cas √©ch√©ant, l'analyse de ses vuln√©rabilit√©s particuli√®res. Par ailleurs, l'UE devrait agir au niveau des pays et √† la demande des pays partenaires, en fonction de leurs besoins et de leurs objectifs, et renforcer la ma√ģtrise des processus de r√©forme au niveau local, sans imposer de mod√®les sp√©cifiques.

7. Dans ce contexte et dans le cadre d'une approche du d√©veloppement fond√©e sur le respect des droits, l'UE souligne le r√īle essentiel que jouent la soci√©t√© civile, y compris les ONG, les partenaires sociaux et √©conomiques, ainsi que le secteur priv√© et les autorit√©s locales, les parlements nationaux et les partis politiques, pour inspirer et faire aboutir les r√©formes internes en vue de garantir un processus ouvert √† tous et transparent.

8. Il convient d'encourager la participation de toutes les parties prenantes au processus de r√©forme et au dialogue sur les politiques √† mener, et d'appliquer pleinement les instruments disponibles pour soutenir la soci√©t√© politique et civile dans le droit fil des conclusions adopt√©es r√©cemment par le Conseil, intitul√©es ¬ęLes racines de la d√©mocratie et du d√©veloppement durable: l'engagement de l'Europe aux c√īt√©s de la soci√©t√© civile dans le domaine des relations ext√©rieures¬Ľ (3). La participation effective de la soci√©t√© civile n√©cessite des structures d√©mocratiques et des acteurs publics qui soient r√©ceptifs aux demandes de la soci√©t√© civile. Il est donc essentiel d'appliquer une strat√©gie pluridimensionnelle englobant la mise en place et la consolidation d'un cadre juridique et institutionnel, tout en renfor√ßant les capacit√©s des pouvoirs publics et l'√©mancipation de la soci√©t√© civile.

9. Le Conseil se f√©licite des propositions visant √† mettre au point la r√©ponse de l'UE aux processus de transition, sur la base d'une √©valuation globale des besoins, et √† s'inspirer de l'exp√©rience acquise dans le cadre du processus d'√©largissement, notamment en recourant √† des missions communes d'√©valuation par les pairs, auxquelles pourraient participer des experts des √Čtats membres de l'UE. Il souligne aussi qu'il convient de coordonner et d'harmoniser les interventions avec les √Čtats membres de l'UE dans toute la mesure possible au niveau des pays.

10. Le Conseil salue par ailleurs la proposition consistant à examiner les pistes qui permettraient de régler rapidement les questions liées aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales, à la lutte contre la corruption, au renforcement des capacités, à la transparence, à la création d'emplois et de revenus, en particulier pour les jeunes, à l'égalité entre les femmes et les hommes et aux droits des femmes, ainsi qu'en ce qui concerne la prestation de services publics, afin de favoriser une adhésion large et continue de l'opinion publique aux processus de réformes, tout en accordant l'attention voulue aux éventuels effets secondaires négatifs.

11. Il convient d'appliquer les incitations et conditions de façon cohérente, au moyen de critères et points de référence clairs et transparents liés aux mesures concrètes prévues dans le programme de réformes (4). Les pays déterminés à entreprendre des réformes devraient être récompensés, mais l'UE devrait aussi réagir aux violations des droits de l'Homme et de la démocratie. Si on peut s'attendre à des revers dans le processus de démocratisation et que les progrès sont parfois lents, il faut néanmoins assurer un dialogue.

12. Le Conseil invite l'UE √† recourir de fa√ßon plus efficace au partage des connaissances et aux m√©thodes de renforcement des capacit√©s, en favorisant, s'il y a lieu, les √©changes d'experts et les jumelages et en mettant davantage √† profit l'exp√©rience des √Čtats membres en mati√®re de transition, le cas √©ch√©ant. Il convient de faire une meilleure et plus grande utilisation du compendium de la transition europ√©enne ainsi que d'autres instruments pertinents tels que TAIEX. Dans ce contexte, le Conseil se f√©licite que des √Čtats membres de l'UE aient offert de mettre largement √† disposition leur exp√©rience et leur savoir-faire, notamment au moyen de centres d'excellence ou de p√īles de connaissance.

13. Le Conseil r√©affirme son attachement √† accro√ģtre la coordination entre les acteurs de l'UE dans les pays partenaires. √Ä cet √©gard, l'UE et ses √Čtats membres devraient renforcer leur coop√©ration dans le cadre d'une √©valuation conjointe des besoins des pays partenaires et d'une programmation commune au niveau des pays, le cas √©ch√©ant (5). Les documents-cadres conjoints propos√©s constitueront un instrument utile √† cette fin.

14. L'existence de capacit√©s ad√©quates est une importante condition pr√©alable √† la r√©ussite des processus de transformation. L'UE devrait accro√ģtre son soutien et son assistance technique en faveur de la mise en place d'institutions impartiales, r√©gies par l'√Čtat de droit, afin d'√©viter les d√©calages entre les r√©formes envisag√©es et leur mise en oeuvre.

15. Le Conseil se félicite également de la proposition visant à explorer la possibilité de coopération triangulaire ainsi que d'autres options en vue d'une coopération avec des pays en développement qui commencent à s'illustrer également comme participants à la coopération au développement et qui ont une expérience récente en matière de transition démocratique.

16. L'UE et ses √Čtats membres devraient √©galement s'appuyer sur le New Deal pour l'engagement dans les √Čtats fragiles, approuv√© lors du quatri√®me forum de haut niveau sur l'efficacit√© de l'aide qui s'est tenu √† Busan en 2011, et accorder une attention toute particuli√®re aux processus de consolidation de la paix et de construction de l'√Čtat dans des pays et r√©gions qui connaissent des situations de fragilit√© ou qui sont touch√©s par des conflits, comme le pr√©voit le Programme pour le changement.

17. La transition implique souvent diverses formes de réconciliation et de réintégration, dans le cadre desquelles l'UE devrait se tenir prête à déployer, de manière cohérente et efficace, tout l'éventail de ses instruments de gestion des conflits, de gestion après un conflit et de gestion de crise, y compris la médiation.

18. L'UE et ses √Čtats membres devraient √©galement continuer √† d√©velopper et √† utiliser de fa√ßon efficace les outils communs existants, tels que les strat√©gies par pays dans le domaine des droits de l'Homme et les plans d'action pour le soutien en faveur de la d√©mocratie.

19. Pour l'avenir, l'UE et ses √Čtats membres devraient s'appuyant sur la communication conjointe comme base pour les actions √† entreprendre en vue de soutenir les pays en transition et d'engager le dialogue avec eux, y compris dans le cadre de la programmation par pays et de la mise en oeuvre de la coop√©ration au d√©veloppement. √Ä cet √©gard, le Conseil invite la Commission et le SEAE √† se pencher sur la communication et √† continuer √† fournir des orientations, y compris sous forme de bonnes pratiques, de m√©thodologies, de formation du personnel et d'actions de sensibilisation.

20. Le Conseil invite la Commission et le SEAE à évaluer les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la communication conjointe et des présentes conclusions, et à en rendre compte une fois par an dans le cadre du rapport annuel, à partir de 2014./.

(1) Doc. 14662/12 et ADD 1.

(2) On entend ¬ętransition¬Ľ au sens large, pour y inclure l'id√©e de stabilisation, de transformation soci√©tale, de renforcement des institutions et de consolidation des r√©formes. Chaque transition, y compris dans les √Čtats se trouvant en situation de conflit ou de fragilit√©, devrait √™tre soutenue en fonction du contexte, toute intervention de l'UE √©tant fond√©e sur une analyse politique, √©conomique et sociale approfondie.

(3) Doc. 14535/12.

(4) Il s'agit de l'approche fond√©e sur des incitations, qui est sp√©cifiquement mentionn√©e dans le cadre de la politique europ√©enne de voisinage (PEV) comme le principe du ¬ędonner plus pour recevoir plus¬Ľ.

(5) Les modalités d'une programmation commune sont définies dans les conclusions du Conseil sur la position commune de l'UE en vue du quatrième forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide (Busan, du 29 novembre au 1er décembre 2011) (doc. 16773/11).

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10. UE/Libye - Communiqu√© de l'Union europ√©enne (Bruxelles, 31/01/2013)

Le Conseil a approuvé ce jour un concept de gestion de crise en vue d'une éventuelle nouvelle mission civile relevant de la politique de sécurité et de défense commune, destinée à soutenir le renforcement des capacités pour la gestion des frontières en Libye.

Les experts européens seront essentiellement chargés d'aider les autorités libyennes à renforcer les capacités en vue d'améliorer la sécurité des frontières à court terme.

Ils contribueront également à la mise au point d'un concept et d'une stratégie de gestion intégrée des frontières inscrits dans la durée, y compris des structures nécessaires, conformément aux priorités arrêtées conjointement avec les autorités libyennes.

Une approche par √©tapes, dont la port√©e sera progressivement √©tendue, sera adopt√©e √† cette fin, sous la forme d'actions de conseil, d'encadrement et de formation. D√®s que les conditions le permettront, la mission de l'UE s'occupera progressivement des diff√©rents aspects terrestres, maritimes et a√©riens de la gestion des fronti√®res, et assurera la coordination que requiert une approche int√©gr√©e en mati√®re de prise de d√©cision et de conduite op√©rationnelle efficace. La gestion des flux migratoires, les droits de l'Homme et les liens avec la r√©forme de l'√Čtat de droit en g√©n√©ral seront √©galement au programme.

¬ęUne mission civile destin√©e √† renforcer les capacit√©s libyennes en mati√®re de s√©curit√© et de gestion des fronti√®res est importante non seulement pour la Libye, mais aussi pour la r√©gion tout enti√®re. Les plans de l'UE ont √©t√© examin√©s en d√©tail avec les autorit√©s libyennes, et leur adh√©sion est pour nous fondamentale¬Ľ, a d√©clar√© Mme Catherine Ashton, Haute repr√©sentante de l'Union pour les affaires √©trang√®res et la politique de s√©curit√© et vice-pr√©sidente de la Commission.

Le mandat initial de la mission serait de deux ans au moins. La formation devrait commencer à Tripoli, mais elle pourrait être étendue ensuite à d'autres lieux, en fonction de la situation en matière de sécurité et des besoins des libyens.

La décision de ce jour marque le véritable lancement de la planification opérationnelle et d'autres préparatifs. Un acte juridique distinct est requis pour établir la mission./.

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