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Bulletin d'actualités du 23 janvier 2013


Sommaire



1. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Conférence de presse conjointe du président de la République, M. François Hollande et de la chancelière allemande, Mme Angela Merkel - Propos de M. Hollande - (Berlin, 22/01/2013)

Madame la Chancelière, Chère Angela, je veux d'abord vous remercier pour l'accueil que vous nous avez réservé pendant ces deux jours, pour célébrer un traité, signé il y a plus de cinquante ans par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, et dont nous sommes les héritiers, les lointains héritiers, mais nous avons cette amitié en partage. Et nous devons la faire vivre, c'est-à-dire l'intensifier. Et pendant ces deux jours, nous avons voulu marquer ce que devait être la priorité, c'est-à-dire : la jeunesse, l'éducation, la culture, bref, tout ce qui concourt à rendre plus simple la vie entre nos deux pays, et plus forte l'espérance dans l'avenir.

C'est vrai que la relation franco-allemande, l'amitié franco-allemande est exceptionnelle. Nous, la France, nous n'avons pas de relations à ce niveau avec aucun autre pays du monde et aucun autre pays d'Europe. Certes, nous avons de très bonnes relations, de très bons rapports avec beaucoup de pays, soit parce qu'ils sont proches géographiquement, soit parce qu'ils correspondent à notre histoire, soit parce qu'ils partagent notre langue. Mais il y a entre la France et l'Allemagne, et notamment par ce qui s'est passé après ces deux guerres mondiales, une volonté, qui a d'abord été celle de responsables politiques, puis ensuite, un échange, un réseau de relations unique en Europe.

Nous avons parlé de l'OFAJE, sans doute pour la jeunesse, mais il y a beaucoup de comités qui réunissent Français et Allemands en matière de culture, nous avons rencontré ce matin des cinéastes, des hommes et des femmes de théâtre, de danse, des auteurs de livres, bref, de musique. Nous avons, là encore, des relations exceptionnelles sur le plan culturel, de la même façon, sur la question des diplômes, de l'éducation, de la recherche, nous avons, entre la France et l'Allemagne, sûrement la meilleure coopération - même si nous pouvons encore l'améliorer - qui existe en Europe.

Et ce dont nous avons décidé aujourd'hui, c'est d'amplifier, cela ne demande pas des moyens, des ressources supplémentaires, cela demande surtout un état d'esprit. Mais cette amitié, aussi forte soit-elle, aussi intense, même si l'histoire a changé, nous ne sommes plus du tout dans le contexte des années 60, l'Allemagne s'est réunifiée, l'Europe s'est élargie, il y a une mondialisation, nous sommes bien loin de ce qu'était la configuration politique, économique du début des années 60, et peut-être même les intentions des signataires. Mais si nous sommes aussi conscients de la force de cette relation, c'est parce que nous voulons la porter pour faire avancer l'Europe.

Et là encore, nous avons pu regarder ce que pouvaient être les prochaines étapes, nous avons progressé ces derniers mois sur la stabilité financière, sur les règles budgétaires, sur l'union bancaire, nous travaillons sur la compétitivité par exemple, comme le rappelait Angela Merkel, nous voulons que les partenaires sociaux soient pleinement partie prenante de cette discussion. Et nous avons même confié à des chefs d'entreprise le soin de regarder ce que nous pouvons faire ensemble, parce que cette compétitivité, nous avons des mesures à prendre dans chacun de nos pays, peut-être davantage en France encore qu'en Allemagne, mais nous avons aussi une compétitivité à rechercher ensemble, et notamment dans des filières d'avenir, la transition énergétique, l'efficacité énergétique, les nouvelles technologies, la santé.

Donc nous avons à donner à l'Europe confiance en son avenir. Des décisions seront à prendre dans les prochains mois pour approfondir l'union économique et monétaire, nous y travaillons, et nous essayerons d'être le plus concrets possible, c'est-à-dire le plus utiles pour que la croissance puisse être renforcée, et pour que la stabilité soit garantie.

Et puis, nous aurons aussi à régler la question du budget de l'Europe, et c'est vrai qu'il y a une part de responsabilité entre la France et l'Allemagne. Les pays européens regardent ce que nous faisons et n'ont aucune appréhension chaque fois que nous nous mettons d'accord, dès lors que notre relation n'est pas exclusive. Elle n'est pas simplement pour les intérêts de la France et de l'Allemagne, nous avons par notre histoire, par notre responsabilité économique et politique, à parler pour l'Europe, mais avec les Européens.

Donc je me félicite de cette célébration, que nous allons poursuivre devant les parlementaires de nos deux pays, c'est assez exceptionnel, cela ne se fait qu'entre la France et l'Allemagne, à ce niveau, à cette ampleur. Alors après, il y a toujours des questions : est-ce que cette relation est aussi forte que par le passé ? J'invite les historiens à regarder les cinquante ans qui viennent de se dérouler pour comprendre que ce que nous vivons est plutôt un point haut de l'amitié entre la France et l'Allemagne.

Q - Nous célébrons aujourd'hui un anniversaire qui est très institutionnel, et sans les populations, croyez-vous que c'est ainsi que la relation franco-allemande peut trouver un nouveau souffle ? Et par ailleurs, sur un plan plus personnel, depuis l'entrée en fonction du président Hollande, on nous répète de part et d'autre que cette relation va très bien, qu'est-ce qui fait alors qu'on a l'impression que le courant ne passe pas toujours entre vous ?

R - D'abord... mais ce n'est pas facile, je vais laisser la parole à Angela là-dessus, mais ce qui n'est pas facile, c'est de vous convaincre, mais entre nous, le courant passe sans qu'il y ait besoin de mettre de l'électricité.

Je vais d'abord répondre à la question sur nos sociétés, nos opinions publiques, nos concitoyens, c'est eux qui ont dans leurs mains l'avenir de la relation entre la France et l'Allemagne. Et donc ce que nous avons à faire, c'est de leur donner tous les instruments pour prendre leur part, pour participer. Déjà, ils le font, il y a 4 000 manifestations qui vont avoir lieu en France et en Allemagne pour célébrer le traité, mais surtout parler de l'avenir, et nous le devons, ce succès, à toutes les associations, tous les jumelages et toutes les collectivités locales qui y contribuent.

Je veux aussi saluer les artistes, les hommes et les femmes de culture qui participent également à tous ces événements. Mais nous devons faire plus fort encore, d'où l'appel que nous avons lancé hier à la jeunesse, l'élargissement que nous voulons faire de l'OFAJ, pour que cet office s'adresse à tous les jeunes et pas simplement à ceux qui font des études supérieures. Donc ça, c'est notre devoir.

Mais vous avez raison, une célébration, ce n'est pas simplement des dirigeants qui se rencontrent, des Conseils des ministres qui se tiennent ensemble, ou des Parlements qui siègent communément, c'est un ensemble d'initiatives. Pour ce qui est de la relation entre la chancelière et moi-même, il ne vous a pas échappé - car je connais votre connaissance de la vie politique - que nous n'appartenons pas aux mêmes formations politiques. Mais il n'empêche....

Il n'empêche, moi je constate les faits. Depuis huit mois, je peux me féliciter de ce qu'a été la contribution de la France et de l'Allemagne à la sortie de la crise de la zone euro. Prenons ce qui a été obtenu. Le mécanisme européen de stabilité : rien n'aurait été possible si la relation entre la France et l'Allemagne n'avait pas été claire. Le pacte budgétaire et sa ratification aussi bien en France qu'en Allemagne : là aussi, c'était un signe de confiance. L'union bancaire dont nous avons fixé les principes, même si les modalités vont prendre encore du temps : ce n'était pas facile ni pour les Allemands, ni pour les Français ; et pourtant, nous allons être en avance par rapport aux règles européennes. Enfin, nous avons travaillé ensemble pour que la Grèce reste dans la zone euro. Écoutez, franchement, jugez les résultats et vous verrez que le courant passe.

Q - J'ai une question pour le président et la chancelière. Vous avez manifesté la volonté d'une coopération encore plus profonde à l'avenir, mais il y a des divergences entre les deux pays. Vous pourriez peut-être nous dire de façon plus précise quelle est la volonté de coopération à propos du Mali par exemple ou la politique étrangère, mais aussi pour ce qui est de l'approfondissement de l'union économique et monétaire. Est-ce que maintenant l'Allemagne est prête à accepter davantage de solidarité ? Et est-ce que la France est prête à s'engager pleinement sur le terrain de la compétitivité ?

R - D'abord sur l'union économique et monétaire, nous en avons parlé la chancelière et moi-même et nous nous trouvons d'accord sur la coordination des politiques économiques, sur également la compétitivité, comment pourrait-on définir davantage les critères de cette compétitivité, faire un effort de convergence et également d'amélioration d'un certain nombre de situations de distorsion de concurrence qui existent encore, y compris sur le plan social.

Nous avons aussi cette même volonté qu'il y ait à la fois du sérieux budgétaire, c'est indispensable, et une place qui doit être toujours donnée à la lutte contre le chômage, notamment le chômage des jeunes. Là-dessus, il y aura des propositions qui viendront de la France et de l'Allemagne.

Sur le Mali, je veux remercier l'Allemagne, la chancelière, le gouvernement, qui ont immédiatement apporté la solidarité politique et l'aide matérielle qui était attendue. La solidarité politique parce que la France, si elle est intervenue suite à la décision que j'ai prise il y a maintenant près de dix jours au Mali, c'est au nom de la communauté internationale et à la demande d'un pays ami qui est l'un des plus pauvres du monde et qui était victime d'une agression terroriste. Je n'avais pas de doute sur la solidarité politique qui pouvait venir de l'Allemagne et des pays européens, mais elle a été là du début jusqu'à aujourd'hui, et elle sera présente jusqu'au terme de l'opération.

L'opération, c'est de permettre à la MISMA, la force internationale composée essentiellement de forces africaines, de pouvoir permettre au Mali de retrouver son intégrité territoriale. C'est là que les soutiens sont précieux, notamment de transport - ce qu'a fait l'Allemagne avec deux avions - et soutiens de formation, soutiens matériels et soutiens financiers puisqu'il y aura une conférence des donateurs et je sais que l'Allemagne, et d'ailleurs l'Europe, sera présente lors de cette conférence et contribuera autant qu'il sera possible. On me dit : «Pourquoi c'est la France qui est intervenue ?» Mais tout simplement parce qu'elle était en capacité de le faire en ayant des troupes qui n'étaient pas loin et qui pouvaient être immédiatement mobilisées. C'est ce que nous avons fait.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas de demander à des Européens de venir participer à une force internationale, mais plutôt d'aider les Africains parce que ce sont les Africains qui vont apporter au Mali les conditions du retour à la stabilité et la possibilité de retrouver son intégrité territoriale. Je l'ai toujours dit : ce sont les Africains qui ont la réponse pour les questions africaines. Mais lorsque la France est appelée et qu'elle peut intervenir, elle le fait et elle le fait en plein accord, en plein soutien des Européens.

Q - Madame la Chancelière, Monsieur le Président, continuons avec les travaux pratiques après les déclarations d'intention. Sur les perspectives financières européennes, il y a la question des rabais notamment du rabais allemand. Est-ce que là vous pensez parvenir à un accord d'ici le conseil du 7 février ? Et puis certains noms circulent pour la présidence de l'Eurogroupe ; est-ce que vous êtes déjà d'accord pour soutenir un de ces noms pour la future présidence de l'Eurogroupe ? Concernant le Mali enfin, question plus spécifiquement adressée à Mme la Chancelière, est-ce qu'il y a des chances un jour que l'on voit la brigade franco-allemande, puisqu'il existe une brigade franco-allemande, intervenir soldats français et soldats allemands côte à côte, dans un pays comme le Mali pour les raisons que l'on sait ? Et est-ce que dans un avenir proche on peut penser voir des soldats allemands effectivement sur le terrain aux côtés des soldats français au Mali ?

R - Sur le budget européen, j'ai dit quelle était notre volonté d'aboutir à un accord. Cela suppose de regarder les dépenses et les recettes et d'avoir un sens de la solidarité et de l'intérêt national. Il faut trouver l'équilibre.

Sur l'Eurogroupe, il a déjà trouvé son président et là encore, cela s'est fait en plein accord entre la France et l'Allemagne.

En revanche, il y a une réunion de l'ECOFIN qui a débouché sur un vote pour l'introduction de la taxe sur les transactions financières. C'était aussi une proposition commune de la France et de l'Allemagne qui se trouve maintenant adoptée à l'échelle d'un grand nombre de pays européens. L'ECOFIN a donné sa validation à cette taxe.

Enfin sur le Mali, j'ai dit ce que j'avais à dire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui ce sont les Africains qui doivent permettre au Mali de retrouver sa souveraineté./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Rencontre avec des représentants de la jeunesse française et allemande - Déclaration introductive du président de la République, M. François Hollande (Berlin, 21/01/2013)

Merci d'abord Angela de nous accueillir ici dans cet amphithéâtre improvisé, heureusement que c'est à Berlin car à l'Élysée, ça n'aurait pas été possible. Nous n'avons pas des lieux qui permettent ce type de réunion. Enfin nous allons essayer de les aménager.

Je voulais à mon tour vous remercier d'avoir fait le choix de l'amitié franco-allemande parce que c'est un choix, on ne naît pas amis, on le devient. Et donc il y a 50 ans, Angela a dit c'était tout récemment, 50 ans c'est très jeune, surtout quand on a 58 ans. Donc il y a 50 ans, deux hommes qui pouvaient apparaitre âgés eux, l'un avait 72 ans, l'autre 87 ans, avaient fait le choix de regarder l'avenir et de tourner les pages douloureuses du passé. Et ils avaient pris comme première priorité pour ce Traité de l'Élysée, la jeunesse et c'est ce qui est resté au-delà de tout, c'est-à-dire cette volonté de permettre à la génération qui est la vôtre aujourd'hui et à toutes les générations qui vous ont précédé, d'avoir confiance dans l'avenir.

Et aujourd'hui encore, nous devons adresser le même message, oui notre responsabilité, l'Allemagne, la France, c'est de donner à la jeunesse de nos deux pays et à la jeunesse européenne, confiance, espérance dans l'avenir.

Il y a 50 ans, ce n'était pas si évident d'avoir confiance, il y avait, Angela l'a rappelé, une Allemagne et une France qui avaient souffert de la guerre, une Allemagne qui était divisée et pourtant, le message était un message de confiance dans notre avenir. 50 ans après, nous sommes touchés par une crise dure, profonde, nous avons failli avoir même une monnaie qui a connu des épreuves et qui aurait pu être mise en cause et nous sommes donc en face de nos responsabilités. Les dirigeants, mais également votre génération.

Qu'est-ce que nous voulons faire ensemble, la France et l'Allemagne ? Est-ce que nous sommes porteurs encore de la même volonté ? Ma réponse est oui. Nous devons, la France et l'Allemagne, continuer à bâtir une amitié exceptionnelle et emmener l'Europe vers son destin qui est celui d'une unité plus profonde encore. Et est-ce que nous pouvons entre Européens, porter un message qui est celui d'un continent qui doit être encore une référence ? Et c'est la raison pour laquelle nous avons des responsabilités particulières vous et nous, parce que les Européens regardent l'amitié franco-allemande avec une attitude paradoxale. Quand nous nous entendons trop bien ils craignent que ce soit à leurs dépens et quand nous ne nous entendons pas assez bien, ils voient que c'est à leurs dépens.

Nous avons donc l'obligation et surtout la volonté de bien nous entendre, d'abord les dirigeants et les peuples, parce que nous avons une responsabilité particulière en Europe qui est de faire en sorte que nous retrouvions confiance en nous dans le progrès et dans le modèle que nous représentons dans le monde. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Réponse du ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale (Paris, 23/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Madame la Députée,

Vous avez raison de souligner l'émotion et la force des événements qui se sont produits à Berlin hier et qui ont rassemblé toute la représentation nationale française et allemande. C'était d'abord pour nous un grand moment de commémoration de la signature du Traité de l'Élysée qui, il y a cinquante ans, avait vu deux hommes politiques visionnaires, le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, faire montre d'audace, dans un contexte historique où la réconciliation n'allait pas de soi.

C'est cette audace, c'est cet esprit, c'est ce souffle qui ont présidé au Conseil des ministres franco-allemands qui s'est tenu hier. La chancelière Angela Merkel et le président de la République avaient souhaité ensemble que nous puissions nous doter d'un agenda ambitieux pour l'avenir. Cet agenda va nous conduire sur tous les sujets que vous avez à juste titre évoqués et à porter des politiques ambitieuses ensemble pour nos deux pays et pour l'Europe.

Il s'agit de redonner des moyens à l'office franco-allemand pour la jeunesse pour que l'apprentissage de nos langues dans nos pays respectifs soit davantage approfondi et que nous puissions faire en sorte que les jeunes Français parlent davantage l'Allemand et inversement.

Il s'agit également pour notre jeunesse d'offrir de nouvelles garanties sociales, un droit à la formation, un droit à l'accès à l'emploi et, dans la volonté qui est la nôtre de renforcer les relations entre les partenaires sociaux, en faisant en sorte que sur les questions de la compétitivité et des garanties sociales, un dialogue puisse se nouer. La question de la jeunesse sera présente.

C'est aussi la politique énergétique avec la volonté de progresser ensemble dans le domaine des énergies renouvelables et du bilan thermique des bâtiments.

C'est la volonté que nous avons en matière de politique industrielle sur l'automobile d'avancer de concert.

C'est la volonté aussi qui nous anime en matière de politique étrangère de sécurité et de défense de contribuer ensemble à la construction de l'Europe.

Le soutien apporté par tous les groupes parlementaires sur le Mali hier témoigne de ce travail en marche./.

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4. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Mali - Entretien du ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, et du député allemand, M. Günther Krichbaum avec «France Inter» - Propos de M. Cazeneuve - (Berlin, 22/01/2013)

Q - Vous êtes ministre français délégué aux affaires européennes. Vous êtes donc conduit à travailler ensemble, à vous parler comme ce matin. J'ai envie de commencer par quelques questions personnelles sur vos rapports à l'autre, parce qu'on dit souvent que les Français et les Allemands sont des peuples qui se fréquentent peu et qui se connaissent mal. Günther Krichbaum, que connaissez-vous de la France et des Français ?

(...)

Même question à Bernard Cazeneuve. Est-ce que vous parlez un peu d'allemand, Bernard Cazeneuve ?

R - Nur ein bisschen. Non, je fais en sorte lorsque j'interviens en Allemagne - et je l'ai fait à l'invitation de Günther la semaine dernière devant l'Assemblée, le Parlement allemand, la commission des affaires étrangères, la commission des affaires européennes - de faire une partie de mon intervention en allemand. Mais mon allemand est beaucoup moins fluide que ne l'est le français de Günther.

Q - Oui. Vous n'êtes pas nombreux dans la classe politique française à parler allemand, ce qui est déjà un premier accroc au Traité de l'Élysée qu'on célèbre aujourd'hui, puisqu'il prévoyait, ce traité, l'enseignement généralisé de l'allemand et du français. En Allemagne comme en France - j'ai fait allemand seconde langue, mais il ne m'en reste pas grand-chose - le français et l'allemand ne sont que les troisièmes langues, loin derrière l'anglais et l'espagnol.

R - Oui, c'est très dommage. Lorsque nous avons préparé avec mon collègue Michael Link, qui est le ministre allemand des affaires européennes, les cérémonies d'aujourd'hui puis toute l'année franco-allemande - puisque nous sommes lui et moi secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, nous avons donc été les chevilles ouvrières, les soutiers de ce qui se passe tout au long de cette année - nous avons constaté que 15 % des jeunes Français apprennent l'allemand et 25 % des jeunes Allemands apprennent le français alors que nos deux pays constituent un axe structurant de l'Union européenne.

Q - Ce n'est pas beaucoup.

R - Dans les sujets qui seront évoqués au conseil des ministres franco-allemand tout à l'heure - je n'ai pas vocation à les déflorer - la question de l'apprentissage des langues en région transfrontalière, dans les universités, avec l'outil extraordinaire que constitue l'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse) sera l'un des sujets centraux de nos préoccupations.

Q - Donc une impulsion nouvelle donnée à l'enseignement de l'allemand en France et au français en Allemagne.

R - Une forte impulsion. Je ne veux pas dévoiler les sujets du Conseil des ministres franco-allemand mais vous verrez que tout à l'heure, nous fixerons pour les années qui viennent un agenda extrêmement riche d'actions communes, très concrètes, très opérationnelles. Nous verrons la relation allemande franchir un pas significatif.

(...)

Q - Bernard Cazeneuve, est-ce qu'on peut progresser dans la relation franco-allemande et dans la relation politique, sans aller jusqu'à l'union politique en Europe, qui est la grande affaire d'Angela Merkel, sans qu'il y ait un rapprochement au moins des deux peuples franco-allemand ?

R - D'abord, je vais vous corriger sur un point, et je réponds en même temps à Bernard Guetta. L'union politique, ce n'est pas l'affaire d'Angela Merkel. C'est une affaire franco-allemande et nous sommes, les Français et les Allemands...

Q - Avec un peu plus d'allant côté allemand que côté français.

R - Non. Permettez-moi de vous répondre précisément sur ce sujet, de vous donner un peu d'espérance. Nous étions ensemble devant le Bundestag à l'invitation de Günther la semaine dernière et j'ai eu l'occasion de dire aux parlementaires allemands qu'il y avait une très forte volonté du gouvernement français d'avancer sur le chemin de l'union politique, mais il faut que sur cette question-là comme sur d'autres - nous l'avons fait sur l'union bancaire, nous l'avons fait sur la croissance - nous trouvions le bon compromis. Quel est le bon compromis ? D'abord que nous soyons d'accord sur le projet que nous voulons porter ensemble. Ce qui va se passer tout à l'heure au Conseil des ministres franco-allemand va montrer que sur la politique industrielle, la politique énergétique, la jeunesse, la coopération transfrontalière...

Q - Et la politique de défense en Afrique ?

R - Sur cette question aussi, nous en parlerons tout à l'heure si vous voulez, nous progressons ensemble. Et par ailleurs, autour de ce projet, il faut créer les conditions d'une évolution politique.

Je suis très favorable, comme l'ensemble des ministres du gouvernement français sous l'autorité du président de la République, à ce que nous ayons une étape supplémentaire dans l'union politique au terme des élections 2014. S'il faut modifier des traités pour donner plus de respiration démocratique à l'Europe, faire en sorte qu'il y ait une meilleure lisibilité, que des compétences lui soient transférées, alors faisons-le. Mais faisons-le avec un projet politique qui soit fort, qui permette sur le terrain de l'harmonisation sociale, de l'harmonisation fiscale, de la croissance, de l'approfondissement du marché intérieur, de cheminer ensemble.

Q - En vous écoutant, Bernard Guetta a levé un sourcil parce qu'il y voit une évolution de discours, en tout cas sur la possibilité de faire évoluer les traités vers l'union politique.

R - Nous y sommes favorables, je vous le redis.

Q - Sur le Mali, est-ce que vous n'avez pas eu le sentiment depuis une semaine qu'aux yeux des Allemands, du gouvernement allemand, de vos amis allemands, l'intervention au Mali reste une affaire française ?

R - Pas du tout. Nous avons eu trois étapes dans le déclenchement de cette opération. D'abord, nous avons, pendant des semaines, travaillé ensemble, l'ensemble des Européens, et notamment les Français et les Allemands, pour définir les conditions dans lesquelles nous allions former les militaires maliens pour que l'armée malienne soit capable de reconquérir le nord, d'assurer l'intégrité territoriale du Mali.

L'opération UTM, qui va conduire des militaires européens à venir former des militaires maliens - et ces militaires sont en train d'être déployés au Mali -, est une opération totalement européenne.

La discussion avec la CEDEAO, l'Union africaine pour faire en sorte que la MISMA - les troupes africaines - puisse être impliquée au Mali dans le rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali et la lutte contre le terrorisme, est une opération européenne.

La France, pour des raisons qui tiennent au fait que les terroristes ont décidé de faire une percée, a pris ses responsabilités. Mais immédiatement après, nous avons vu les Allemands - et ils l'ont d'ailleurs matérialisé au Bundestag la semaine dernière - dire leur soutien au gouvernement français, mobiliser des moyens, des moyens aériens, des moyens humanitaires sans lesquels l'opération...

Q - Deux avions !

R - Oui, deux avions plus les avions néerlandais et les avions britanniques. Si je fais le compte de l'ensemble des moyens militaires qui ont été mobilisés par l'ensemble des pays de l'Union européenne aux côtés de la France pour permettre à la France de conduire dans de bonnes conditions cette opération, vous constaterez que nous avons deux C17 britanniques, deux C130 belges, un C130 danois, deux C160 et un fret sanitaire allemands.

Tout ce qui est raconté aujourd'hui sur l'incapacité de l'Union européenne à mobiliser des moyens aux côtés de la France, qui a été précurseur dans une situation d'urgence, relève soit de la méconnaissance totale de ce qui se passe, soit d'une volonté politicienne d'altérer la portée de ce qui se passe en Europe dans la crise du Mali.

Q - Ce que vous qualifiez de malveillant, on l'a entendu dans les rangs mêmes de la CDU d'Angela Merkel où certaines voix se sont élevées pour dire que le gouvernement allemand pourrait en faire un peu plus. Qu'en pensez-vous Günther Krichbaum ? Le gouvernement allemand en fait assez aux côtés de la France dans cette intervention au Mali et en Afrique ?

(...)

R - Juste un mot sur l'intervention de la France au Mali, parce que j'entends aussi des éditorialistes, parfois des hommes politiques, sur la question de l'intervention au Mali de la Françafrique, faire des confusions qui ne doivent pas avoir lieu. Nous sommes intervenus au Mali tout simplement parce qu'il y a un risque terroriste qui ne menace pas que la France : qui menace toute la région du Sahel et toute l'Europe. Si la situation devenait incontrôlable au Mali, si devait s'affirmer une dissémination du risque terroriste, c'est l'Europe dans son ensemble qui s'en trouverait frappée. C'est parce que nous étions confrontés à cette urgence - que l'intégrité territoriale du Mali remise en cause, c'est un risque de dissémination terroriste dans tout le Sahel et dans toute l'Europe - que nous avons pris cette responsabilité. Nous n'avons aucun intérêt économique au Mali. Ce que nous avons fait, nous l'avons fait pour cette raison. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a, au sein de l'Union européenne, bien avant notre intervention, une coordination des actions et après notre intervention, un soutien. (...)./.

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5. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Mali - Entretien du ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, avec «RFI» (Berlin, 22/01/2013)

Q - Je précise que pour des questions d'agenda, cette interview a été enregistrée quelques heures avant sa diffusion. Vous êtes donc à Berlin, à l'occasion du 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée. L'Allemagne est-elle toujours le plus proche partenaire de la France, sous la présidence de François Hollande ?

R - Oui, je crois qu'on peut le dire, pour des raisons qui tiennent d'abord à l'histoire. Nous sommes dans un exercice de célébration du Traité de l'Élysée, c'est-à-dire de cet acte fondateur signé il y a cinquante ans, par le général de Gaulle et Konrad Adenauer, entre deux nations qui s'étaient, dans l'histoire du XIXe et du XXe siècle, beaucoup combattues. Depuis cinquante ans, de nombreuses politiques, ont été rendues possibles au sein de l'Union européenne, par des initiatives franco-allemandes. Qu'il s'agisse de l'approfondissement du marché intérieur, de la monnaie unique et de quelques actes qui ont été posés dans le domaine de l'Europe de la défense.

Aujourd'hui, lorsque l'on regarde la crise, on se rend compte qu'une grande partie des solutions qui ont été trouvées n'auraient pas été possibles s'il n'y avait pas eu la construction, entre la France et l'Allemagne, de compromis utiles. Je pense à la supervision bancaire où malgré des différences d'approche au début, nous avons réussi à trouver un bon compromis. Je pense à la croissance, je pense à ce que nous essayons de faire pour l'approfondissement du marché intérieur. Je pense aussi à ce que nous ferons au début mois de février, j'en suis convaincu, pour doter l'Union européenne d'un bon budget. Donc le moteur franco-allemand continue à jouer son rôle en Europe.

Q - Et c'est une des choses qui sera d'ailleurs affirmées dans la déclaration conjointe d'Angela Merkel et de François Hollande, je cite : «La relation entre nos deux pays constitue le coeur de l'Europe et nous confère une responsabilité exceptionnelle». Est-ce que tout de même, vous ne pensez pas que ça peut finir par être un petit peu énervant, pour les autres États membres de l'Union d'entendre sans arrêt, répéter, que tout se joue entre Paris et Berlin ?

R - D'abord tout ne se joue pas entre Paris et Berlin. Il y a une relation privilégiée, forte, entre Paris et Berlin. Qui conduit d'ailleurs les autres pays de l'Union européenne à souhaiter que la France et l'Allemagne s'entendent bien, parce que les autres pays européens ont conscience du fait que, si l'Allemagne et la France ne sont pas dans cette proximité de relation, le moteur franco-allemand ne peut pas jouer son rôle d'entraînement de l'ensemble de l'Union européenne.

En même temps, les autres pays de l'Union européenne n'ont pas le souhait de voir la France et l'Allemagne s'ériger en directoire de l'Union. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs le président de la République et la chancelière ont souhaité, dans une relation équilibrée entre la France et l'Allemagne, ouvrir cette relation à d'autres pays de l'Union européenne en les associant à de bons compromis. Cela a été le cas notamment le 14 juin dernier, à Rome, lorsque Mario Monti, Mariano Rajoy ont été associés aux discussions pour permettre au Conseil européen du mois de juin, de pouvoir progresser sur le chemin de la croissance.

Q - Cet anniversaire est aussi l'occasion de relancer, de donner une nouvelle dynamique à la coopération franco-allemande, jusqu'où faut-il aller selon vous, dans l'Union entre nos deux pays ?

R - Je crois que la journée qui se déroule aujourd'hui à Berlin est très importante de ce point de vue-là ! Nous avons un Conseil des ministres franco-allemand, une déclaration commune de la chancelière et du président de la République. Une déclaration commune des parlements, avec une présence des deux chefs d'État et de gouvernement devant les représentations nationales allemandes et françaises.

Et pour nous, cette journée, c'est l'occasion de témoigner de la richesse de l'agenda que nous nous sommes donné à nous-mêmes, pour les années qui viennent dans de nombreux domaines, qui concernent la jeunesse, l'éducation, la culture, les politiques industrielles, la recherche. Je n'ai pas à dévoiler à cette heure, le contenu de la déclaration du Conseil des ministres qui sera rendue publique en fin de matinée.

Mais on pourra constater que la volonté du président de la République et de la chancelière a été de donner un agenda précis, opérationnel, destiné à porter des politiques communes dont l'Europe a besoin pour sortir de la crise. C'est cet agenda qui nous mobilise, que nous avons préparé avec mon collègue Michael Link, qui est, avec moi, secrétaire général pour la coopération franco-allemand. Notre objectif est de faire en sorte que, pour les cinquante prochaines années et dans l'immédiat dans les semaines, les mois qui viennent, nous puissions, autour des grands enjeux de sortie de crise, c'est-à-dire la vision de l'Europe, la politique industrielle, la politique énergétique, la politique en faveur de la jeunesse, la politique de l'emploi, les politiques culturelles, portées en franco-allemand, avoir une ambition forte pour nous-mêmes, pour nos deux pays, mais aussi, surtout, pour l'Union européenne.

Q - La France et l'Allemagne affirment dans leurs déclarations communes, qu'il est question de poursuivre la concertation étroite sur toutes les questions importantes de politique étrangère. Et elles entendent renforcer le rôle, les objectifs et la voix de l'Europe dans le monde pour promouvoir la paix et la sécurité, y compris, à travers une politique de sécurité et de défense commune. On a tout de même l'impression, Bernard Cazeneuve, à l'occasion de la guerre au Mali, qu'on est très loin du but.

R - Oui, j'ai lu d'ailleurs sur ce sujet des déclarations un peu tristes de la part d'un certain nombre de responsables politiques français, alors que nos soldats sont engagés sur un théâtre d'opérations difficile, concernant les conditions de préparation de cette opération et la collaboration qui a pu se nouer avec un certain nombre de nos partenaires européens, dont l'Allemagne. Je veux quand même rappeler que...

Q - Vous parlez de Pierre Lellouche l'ancien secrétaire d'État aux affaires européennes, qui dit : quand on a besoin de l'Allemagne, sur les questions internationales, elle n'est jamais là !

R - Non, je pense que ses propos sont malvenus, qu'ils témoignent d'une vision fausse de ce qu'est la réalité de la relation franco-allemande. Pierre Lellouche a également évoqué les soldats français, la place de la France au Mali, en disant que nous n'avions pas vocation à être les mercenaires de l'Union européenne au Mali. Tous ces propos sont excessifs, outranciers, inadaptés à la réalité de la situation. Pourquoi ? D'abord parce que nous avons avec l'ensemble des pays de l'Union européenne, préparé l'arrivée dans cette situation difficile du Mali, des troupes maliennes et des troupes africaines qui doivent pouvoir assurer la sécurité sur le territoire malien. C'est le cas d'EUTM qui est un ensemble de militaires européens venant de tous nos pays qui vont contribuer à la formation de l'armée malienne pour lui permettre d'assurer la reprise de l'intégrité du territoire malien.

Par ailleurs, nous avons, depuis que nous avons engagé cette opération pour des raisons qui tiennent aux circonstances particulières - la volonté des terroristes de faire une percée vers le sud -, décidé d'engager une opération et, depuis, l'ensemble des pays de l'Union européenne nous ont apporté un concours.

Hier, le président de la République et la chancelière allemande étaient devant les jeunes franco-allemands sur ce sujet. Et l'un et l'autre ont pu affirmer à quel point la France et l'Allemagne se parlaient sur la question du Mali. Et l'Allemagne, comme d'autres pays de l'Union européenne, nous a apporté un concours important sur le plan humanitaire et des transports, qui sont des moyens dont nous avions absolument besoin pour la réussite de l'opération. En termes de coordination aussi, de nos actions sur le terrain. Et vous avez remarqué qu'hier, il a été décidé au sein de l'Union européenne, d'organiser au début du mois de février, une réunion de l'ensemble des pays de l'Union européenne et des institutions pour coordonner davantage encore notre action sur le terrain./.

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6. 50ème anniversaire du Traité de l'Élysée - Communiqué du ministère de l'éducation nationale (Paris, 22/01/2013)

Dans le cadre des festivités du cinquantième anniversaire du Traité de l'Élysée, le ministre de l´éducation nationale, Vincent Peillon, a rencontré, pour un entretien bilatéral, la plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne chargée de la coopération franco-allemande dans le domaine des affaires culturelles, Mme Annegret Kramp-Karrenbauer.

Le temps fort de cette rencontre a été la signature de la charte de qualité franco-allemande pour la mise en place d'écoles maternelles bilingues, élaborée conjointement par le ministère de l'éducation nationale et par l'ensemble des Länder allemands. Les gouvernements des deux pays entendent ainsi créer un réseau performant d'écoles maternelles franco-allemandes, en particulier dans les régions frontalières. À cette occasion, la plénipotentiaire a invité le ministre Vincent Peillon à participer au congrès qu'elle consacrera au multilinguisme dans la petite enfance les 16 et 17 mai 2013 à Sarrebruck.

Ils ont en outre discuté des mesures destinées à promouvoir la langue du pays voisin, notamment le nouveau programme d'échanges individuels de courte durée placé sous la responsabilité de l'Office franco-allemand pour la jeunesse et suivant le modèle du dispositif Schuman, déjà très efficace dans la région sarroise.

La discussion a également porté sur le renforcement de la coopération dans le domaine de la formation et enseignement professionnels. Le ministre et la plénipotentiaire se sont félicités du travail accompli dans ce domaine par le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation et enseignement professionnels (SFA/DFS), qui devra collaborer de façon encore plus étroite avec l'Office franco-allemand pour la jeunesse sur les questions liées à la formation et enseignement professionnels et à l'orientation. Ils ont rappelé l'importance de l'équilibre entre les échanges professionnels et scolaires et entre mobilités individuelles et collectives.

Vincent Peillon a annoncé, à cette occasion, la création pour la prochaine rentrée scolaire de la première section franco-allemande en lycée professionnel, sur le site de l'Aérocampus de Latresne en Gironde, spécialisé dans la maintenance aéronautique, et la perspective de transformer cette section en véritable lycée professionnel franco-allemand. Annegret Kramp-Karrenbauer a salué cette décision et les deux ministres sont convenus d'envisager l'ouverture future d'autres sections similaires, notamment dans le domaine de l'industrie automobile en Sarre et en Lorraine.

Les ministres ont enfin souhaité, à l'heure où l'Europe a plus que jamais besoin du moteur franco-allemand, inscrire leur coopération dans une perspective résolument européenne. Le principe du développement de ressources pédagogiques numériques, entièrement consacrées à l'Europe, qui associeront d'autres pays européens, avec la perspective d'une mise en ligne des premiers modules pédagogiques dans le courant de l'année 2014 a ainsi été approuvé./.

(Source : site Internet du ministère de l'éducation nationale)

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7. Mali/UE - Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale (Paris, 23/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Tout d'abord, il faut avoir à l'esprit qu'au moment où nous nous exprimons, les troupes françaises et les troupes maliennes, côte à côte, sont en train de faire reculer les terroristes. Je veux, j'en suis sûr en votre nom, leur dire notre reconnaissance et notre soutien.

Comme vous le savez, Monsieur le Député, la France agit au nom de la communauté internationale. Compte tenu de la rapidité de l'approche des terroristes en direction de Bamako, il fallait décider vite, sinon, comme vient de le dire le Premier ministre il y a quelques instants, il n'y aurait plus de Mali. Le Mali serait un État terroriste.

Tout cela a été préparé bien sûr, vous vous rappelez qu'au mois de décembre, à la demande de la France, une résolution a été adoptée à l'unanimité par le Conseil de sécurité. Vous savez aussi que l'Europe avait pris des dispositions mais il a fallu aller seule et la France était en situation d'aller vite.

Vous posez une question concernant l'appui de l'Europe. Je veux vous répondre de la manière la plus précise. En ce qui concerne le Royaume-Uni, deux avions de transport C17, un avion A330 et des moyens de renseignements ont été mis à disposition. En ce qui concerne l'Allemagne, dont la chancelière s'est exprimée hier, deux C160. Pour ce qui est de la Belgique, deux C130, et pour le Danemark un C130 ainsi que pour l'Espagne. Pour l'Italie, deux C130 et un 767.

D'ici quelques jours, 500 formateurs européens seront déployés. Et sont déjà à pied d'oeuvre plus de mille militaires africains et ils seront 5.800 dans le cadre de la MISMA.

Voilà ce qui a déjà été acquis. Bien sûr, s'il y a des soutiens supplémentaires et il y en aura, ils seront les très bienvenus. Vous savez, Monsieur le Député, j'ai encore à l'esprit ce que le président de l'Union africaine, qui représente 51 États, a dit l'autre jour à Abidjan lorsqu'il s'est exprimé. Il a dit : «Merci la France, bravo la France !» Et ce merci, et ce bravo, je veux le transmettre à vous tous et au peuple français.

Je terminerai en disant qu'au moment où la communauté internationale est réunie autour du gouvernement français, il serait tout de même paradoxal que la représentation nationale ne le soit pas tout autant./.

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8. Israël - Mali - Mexique/Affaire Cassez - Royaume-Uni/Union européenne - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec «France Info» (Paris, 23/01/2013)

Q - Êtes-vous surpris du résultat des élections en Israël ?

R - On prévoyait - c'est ce que disaient des études d'opinion - une poussée importante de la droite et une difficulté de la gauche et du centre. Et ce n'est pas ce qui s'est passé, puisque M. Netanyahu arrive en tête.

Q - Affaibli, conforté mais affaibli.

R - Il a moins de sièges qu'avant, mais on doit bien sûr le féliciter. Et puis, ce qui est remarquable, c'est la poussée du centre et du centre-gauche, avec en particulier votre ancien collègue, puisqu'il était journaliste, Monsieur Lapid. Il y a aussi un bon score du parti travailliste et de Mme Livni. Cela veut dire que pour Shimon Perez, le président, qui va devoir désigner une personne pour composer le gouvernement, il est probable qu'il y aura une volonté d'un gouvernement large.

Q - Une coalition annoncée, finalement, il va falloir composer avec le centre droit, le centre gauche aussi.

R - On verra ce que nos amis israéliens décideront.

Q - Mais cela signifie quoi ? Cela veut dire que les Israéliens, aujourd'hui, veulent une autre politique ?

R - Cela signifie sûrement une volonté de changements de la part d'un certain nombre.

Mais ce qui me frappe aussi, et il faut faire très attention, c'est que, pour nous, l'une des questions majeures, peut-être la question majeure, c'est le conflit israélo-palestinien. Or, dans la campagne, ce thème n'a recueilli qu'un intérêt assez mineur. Or, c'est essentiel. Je souhaite surtout que 2013 ne soit pas une année blanche pour la paix et quelle que soit sa composition, le gouvernement engage très vite, avec les Palestiniens, des négociations qui sont essentielles pour la paix là-bas.

Q - Alors, puisque vous parlez de paix, venons-en à ce qui se passe en ce moment au Mali. L'UMP dénonce ce matin, l'improvisation de l'opération française là-bas, c'est un peu, hein, je cite Pierre Lellouche, ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes, «comme si on allait en Afghanistan tout seul».

R - Le gouvernement a décidé, et je me tiendrai à cette règle, de ne pas entrer dans la polémique. Les Français sont rassemblés autour de cette opération nécessaire, le monde entier est rassemblé.

(...)

Q - On vous soutient de loin.

R - Non non...

Q - Il n'y a pas de troupes autres que les Français.

R - Pas de loin.

Q - Pas de troupes européennes, sur place au Mali, à nos côtés.

R - Les Européens, et notamment les Allemands, vont envoyer des formateurs pour l'armée malienne. Il y a des éléments logistiques qui nous sont donnés ainsi que des éléments financiers. J'étais samedi à Abidjan, où il y avait une réunion des chefs d'État et de gouvernement d'Afrique, tous ont dit : «Bravo la France, merci la France».

(...)

Q - Mais pardon d'insister, si on est en guerre contre le terrorisme...

R - Oui.

Q - ... et c'est bien ce que l'on a entendu, pourquoi est-ce que la France serait toute seule sur le terrain, face aux terroristes ?

R - Mais la France n'est pas toute seule. La France est avec les Maliens, les Tchadiens, les Sénégalais, les Togolais, les Nigériens et les Burkinabés. C'est ce que l'on voit sur le terrain.

Ce qui est vrai, en même temps, c'est que la France agit au nom de la communauté internationale, et quand j'entends M. Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, dire : «Je félicite la France, bravo la France, nous sommes avec vous», je pense que cela relativise un certain nombre de commentaires internes.

Q - Alors, se pose aussi la question des armes venues de Libye, et du coup celle aussi peut-être du financement. Marine Le Pen, qui était invitée sur France Info vendredi dernier, disait à ce même micro, que Paris, finalement, était un peu responsable de ce qui se passait aujourd'hui au Mali.

R - Non, je ne formulerais pas les choses ainsi. À l'époque, vous vous rappelez, au moment de l'intervention en Libye, c'était M. Sarkozy qui était président de la République. Nous, nous étions dans l'opposition et nous avions approuvé, je le rappelle, l'intervention en Libye.

Simplement, je crois que dans la gestion du conflit, on ne s'est pas beaucoup préoccupé de la suite. Il y a eu des interventions aériennes et après on s'est retiré alors qu'il y avait beaucoup d'armes sur place. Il y avait également de nombreuses factions et une grande partie de ces armes se retrouvent aujourd'hui dans le désert et au Mali. Et c'est peut-être cette suite du conflit qui n'a pas été gérée comme il l'aurait fallu.

Q - La Russie commence à évacuer ses ressortissants de Syrie, avec des avions qui ont été affrétés par Moscou et qui sont à Beyrouth en ce moment, pour commencer le rapatriement. C'est le signe, finalement, pour vous, aujourd'hui, que la Russie change de posture, ou pas, vis-à-vis de Bachar Al-Assad ?

R - Nous en discutions, en arrivant, avec Mme Lemaresquier, moi je n'ai pas encore vérification...

Q - Chef du service diplo de France Info.

R - Oui. Je n'ai pas vérification de ces informations, je vais vérifier, je ne peux pas me prononcer là-dessus, simplement...

Q - Mais si c'était le cas ?

R - Avec des «si», vous savez, on ne fait pas de diplomatie. Mais, en revanche, j'ai eu mon collègue Sergueï Lavrov au téléphone, récemment et je n'ai pas obtenu d'informations sur cette évolution. C'est possible et dans ce cas-là nous réagirons.

Q - Aujourd'hui, la Cour suprême du Mexique doit décider du sort de Florence Cassez. On a dit, évidemment, à maintes reprises, qu'il y avait un espoir pour la France, qui est incarcérée depuis 7 ans. Est-ce que le contexte, aujourd'hui, d'après vous, a vraiment changé, est-ce qu'il est plus favorable qu'hier ?

R - J'attends avec espoir, comme chacun, la décision de la Cour suprême. Lorsque le président mexicain est venu voir François Hollande, il y a de cela quelques semaines, notre accord a été de respecter pleinement la décision de la Cour suprême. Maintenant, il est vrai que le contexte, pour toute une série de raisons, apparaît plus favorable. Je souhaite évidemment très vivement, tout en respectant l'indépendance de la Cour suprême, que la vérité soit reconnue.

Q - Vous avez vu les intentions de David Cameron...

R - Oui.

Q - Oui... Il veut que la population se prononce, par référendum, sur la sortie du Royaume-Uni, de l'Europe.

R - Pas seulement ça...

Q - Il bluffe ?

R - Non, je ne crois pas nécessairement, mais il y a une combinaison dans l'esprit des conservateurs britanniques, si j'ai bien compris. D'un côté, ils disent : «nous allons faire un référendum», et de l'autre ils répètent «oui, mais un référendum sur des demandes, que nous ferions, nous, Britanniques, où toute une série de compétences de l'Europe seraient supprimées» c'est-à-dire une Europe à la carte. Alors, pour nous c'est non. Nous souhaitons bien sûr que les Britanniques puissent apporter une contribution positive à l'Europe.

Q - Mais en étant à l'intérieur.

R - Mais on ne peut pas faire l'Europe à la carte. Si vous voulez, je prendrais une comparaison que nos amis Britanniques vont bien comprendre. Admettons que l'Europe soit un club de football, on adhère à ce club de football, mais une fois que l'on est dedans, on ne peut pas dire «on joue au rugby».

Q - Donc c'est dangereux pour l'Europe.

R - Oui, mais cela risque d'être dangereux pour la Grande-Bretagne elle-même, parce que ce sera difficile pour la Grande-Bretagne d'être hors de l'Europe. L'autre jour, j'étais dans une réunion où il y avait beaucoup de Britanniques, et notamment des hommes d'affaires, et je leur ai dit, avec une certaine astuce : «Si la Grande-Bretagne décide de quitter l'Europe, nous vous déroulerons le tapis rouge»./.

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9. UE/Taxe sur les transactions financières - Communiqué du ministère de l'économie et des finances (Paris, 22/01/2013)

M. Pierre Moscovici, ministre de l'économie et des finances, et M. Benoît Hamon, ministre délégué auprès du ministre de l'économie et des finances, chargé de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, qui le représentait aujourd'hui au conseil ECOFIN, saluent la décision du Conseil européen qui a autorisé aujourd'hui à la majorité qualifiée le lancement d'une coopération renforcée en matière de taxe sur les transactions financières (TTF).

Le Parlement européen avait donné son accord le 12 décembre. Rien ne s'oppose plus désormais au lancement de cette coopération renforcée, la première dans l'histoire de la construction européenne en matière de fiscalité. La coopération renforcée est une procédure qui permet à certains États membres de lancer une action coordonnée entre eux, lorsqu'il n'est pas possible d'obtenir la participation de l'ensemble des États membres.

La Commission doit à présent proposer aux onze États membres participants (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Autriche, Belgique, Slovaquie, Grèce, Estonie, Slovénie) les modalités de cette coopération renforcée. Pierre Moscovici est pleinement mobilisé pour un accord rapide en vue d'une mise en oeuvre prochaine de la taxe européenne. En ces jours de célébration de l'anniversaire du traité de l'Élysée, l'exemple de la TTF souligne la force d'entraînement du couple franco-allemand lorsqu'il oeuvre, avec ses partenaires, à l'approfondissement de la construction européenne./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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10. Mali - Remarques à la presse du représentant permanent de la France auprès des Nations unies (New York, 22/01/2013)

(en français et en anglais)

Mesdames, Messieurs,

La France a réuni le Conseil de sécurité sur la situation au Mali. Il s'agissait d'une séance publique qui a permis d'entendre le Secrétariat des Nations unies mais aussi les pays les plus concernés, c'est-à-dire les pays d'Afrique occidentale. Le Secrétariat a cité le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, qui a «applaudi la décision courageuse de la France». Nous avons ensuite entendu la Côte d'Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le Sénégal, le Bénin, le Nigeria qui ont tous félicité la France de son engagement.

Lors des consultations qui ont suivi, la France a continué d'informer ses partenaires sur l'opération militaire au Mali dans l'esprit de transparence et de responsabilité qui est le nôtre.

L'opération Serval est aujourd'hui un succès. Son premier objectif a été atteint : l'offensive terroriste sur le sud est stoppée grâce à l'action conjointe des forces maliennes et françaises. Les villes de Diabaly, Konna et Douentza ont été reprises par les forces maliennes, avec le soutien français.

Nous avons remercié nos partenaires de leur soutien, logistique et médical. Nous avons également informé des résultats du sommet extraordinaire de la CEDEAO auquel a participé, à Abidjan M. Laurent Fabius, et qui a montré que l'action de la France, soutenue par l'ensemble des pays africains, a suscité une mobilisation sans précédent de leurs forces.

Les premiers soldats du Togo, du Bénin et du Nigéria se déploient actuellement au Mali. Les troupes tchadiennes, burkinabé et nigériennes sont en route. La Côte d'Ivoire, le Ghana et d'autres pays de la région, le Libéria et la Sierra Leone, ont annoncé une participation.

C'est une véritable mobilisation de l'Afrique aux côtés de la France. C'est le premier signe visible de la mise en oeuvre de la résolution 2085, dont la mise en oeuvre complète reste notre objectif.

*

Ladies and Gentlemen,

France has requested the Security Council to meet today in order to discuss the situation in Mali. This public session presented an opportunity to hear the Organization's Secretariat commitment and I quote the declaration of the Secretary-General who said he «applauded France's courageous decision”.

We also heard all the countries of the region : Côte d'Ivoire, Senegal, Chad, Burkina Faso, Niger, Benin and Nigeria. They all expressed their appreciation of the French intervention.

In the consultations which followed, France continued informing its partners in a spirit of transparency and responsibility on the conduct of this operation.

We thanked our partners for their logistical and medical support.

This operation has been a success so far. Its primary goal has been met : the terrorist offensive against the South has been stopped thanks to the joint action of the Malian and French forces. The towns of Diabaly, Konna and Douentza have been retaken by the Malian forces, with French support.

I also want to applaud the mobilisation of all our African partners that Mr Laurent Fabius, the French Minister of Foreign Affairs, has seen in the extraordinary summit of the ECOWAS Heads of States in Abidjan a few days ago.

The first troops are being deployed by Togo, Benin and Nigeria. Troops from Chad, Burkina Faso and Niger are on the way. Côte d'Ivoire, Ghana but also Liberia and Sierra Leone have announced their participation.

It is a real African mobilization to support the French intervention. It is the first visible sign of the implementation of resolution 2085. France's aim is the full implementation of this resolution as quickly as possible.

Q - Monsieur l'Ambassadeur, deux questions. D'abord, avez-vous avancé sur le financement de la MISMA, y a-t-il maintenant de l'argent sur le fonds créé par la résolution ? Et avez-vous été interrogé par le Conseil sur les buts de guerre, y a-t-il eu des questions sur le but final de l'opération de la France ? S'agit-il de reprendre maintenant tous les territoires du Mali ou de s'arrêter à stopper l'offensive vers le Sud ?

R - Nos partenaires n'ont pas posé de questions sur les objectifs de l'opération. L'objectif de l'opération est très clairement la restauration de l'autorité de l'Etat malien sur l'ensemble de son territoire. Ceci doit être fait par les troupes maliennes, les troupes françaises et les troupes africaines ensemble.

En ce qui concerne le financement, il sera d'origines diverses. Il y aura tout d'abord les contributions bilatérales - et nous savons par ailleurs par nos contacts bilatéraux que les Etats-Unis vont contribuer de manière substantielle. Il y aura aussi les contributions de l'Union européenne, en particulier pour le paiement des soldes mais également en termes d'aide humanitaire. Il y aura par ailleurs une conférence des donateurs qui se tiendra à Addis-Abeba le 29 janvier.

Sur la base de ces contributions, nous allons ensuite nous tourner également vers les Nations unies pour voir quels sont les besoins pour avoir un paquet logistique, qui reste une requête de tous les pays africains : tous les pays africains qui ont pris la parole ont demandé un paquet logistique des Nations unies. Il faudra que le Conseil de sécurité se penche sur cette question.

Q - I want to ask about civilian casualties, both of the aerial bombings of Mali and the Malian army you are working with. There are reports of people being rounded up because they were thought to be supportive of the rebellion in Mopti, even French humanitarian organizations like MSF and Action contre la Faim said they couldn't reach areas while they are being bombed. Which steps is France taking to [inaudible] count the casualties and also to avoid them and by its partner, the Malian army ?

R - French forces are acting in respect of the international humanitarian law and of the law of war. This is a military operation ; we are pretty aware of the risks for the civilian population, especially, the risks of human rights violations. That is the reason why when drafting the resolution 2085 - and we were the drafters - , we have introduced significant elements, that had never been introduced before in a UN resolution, requesting UN monitors on the ground. I have, during my intervention today, especially requested the Secretary-General to deploy these UN monitors as quickly as possible.

In our contact with the Malian authorities, we emphasize the need to respect human rights. We know that there are tensions within the Malian population between different groups and we certainly do not want that the period of turmoil that this country is facing could lead to human rights violations. In human terms, in humanitarian terms, it would be against our values.

Q - Could you talk about the differences about what is happening now in Mali and what was being discussed in the most recent Security Council resolutions on Mali : things have certainly accelerated. Did you get the resolution that you wanted with France pushing for a faster response ? Was France planning for an intervention during the drafting of the resolution ?

R - We have drafted three resolutions on Mali since the month of July. All these diplomatic efforts were leading to a longer process, starting with reconciliation between the Malian groups, starting with rebuilding the Malian army. People were discussing and some of them were saying that if there would have been a military intervention, it would have been in September 2013.

Obviously it was not our plan, the plan of France was not to intervene in Mali. It has been stated in the clearest way by my political authorities. We had to rush because suddenly there was an offensive by armed groups, by terrorist groups and suddenly –one week ago now- we had the prospect of the terrorist groups rushing to Bamako with the collapse of Mali. That is the reason why we took this very difficult decision. It is not easy for any Head of State to send its soldiers in a military operation, but we considered it was necessary.

We want to come back as soon as possible to the full implementation of 2085, which means giving the Malian and African forces the responsibility of defending the territorial integrity of Mali and fighting the terrorist groups.

Q - Concernant la MISMA, il semble qu'on soit maintenant à 6 000 soldats promis par les pays africains, ça dépasse de loin les 3 000 soldats qui étaient dans la résolution... Faut-il une nouvelle résolution et surtout, est-ce que cela avait été une sous estimation des besoins en hommes dans la première résolution ?

R - Il n'est pas mention 3.000 soldats dans la résolution. Il n'y a pas de plafond dans la force. Il n'y a pas de chiffres dans la résolution. Deuxièmement, il n'y a pas eu de sous-estimation des besoins : les chiffres de 3.000 hommes qui circulaient étaient peut-être une sous-estimation de la mobilisation des Africains. 6.000 hommes, ce n'est pas ce que nous demandons, c'est ce que les Africains offrent à ce stade : il y a une véritable mobilisation de l'ensemble des pays africains de la région qui, à la suite de cette attaque, ont réalisé à quel point la menace était grave pour l'ensemble de la région. Je le répète, c'est une mobilisation sans précédent des pays africains, de l'Afrique occidentale, et au-delà. C'est la raison pour laquelle, en ajoutant les contingents promis, - de nouveau ce ne sont pas nous qui demandons, ce sont les Africains qui proposent - on arrive en effet à un chiffre entre 5.500 et 6.000.

Q - About the increasing concerns expressed by Egypt and Turkey about the intervention, are you speaking to other countries to examine their position ?

R - President Morsi will go to Paris, it will be a good opportunity to have a dialogue with our Egyptians friends./.

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11. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Déplacement au Burkina Faso de M. Canfin - Taxe sur les transactions financières/Décision du Conseil de l'Union européenne - Bahreïn - Corée du Nord/Programmes nucléaire et balistique - Ukraine - Royaume-Uni (Paris, 23/01/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Déplacement au Burkina Faso de M. Pascal Canfin (23-24 janvier 2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, se rend les 23 et 24 janvier au Burkina Faso en compagnie de Mme Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises.

Après un entretien avec le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, le ministre délégué et la commissaire européenne rencontreront des responsables d'organisations non gouvernementales à vocation humanitaire ainsi que des représentants des agences des Nations unies afin de faire le point sur les questions liées à l'accueil des réfugiés maliens dans les pays frontaliers du Mali.

Ils se rendront également dans un camp du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Selon le bureau conjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA), le Burkina Faso accueille aujourd'hui plus de 40.000 réfugiés maliens.

Mobilisée en faveur de la population malienne, la France a apporté en 2012 une aide humanitaire de 24 millions d'euros à travers l'Union européenne, les agences des Nations unies et les organisations non gouvernementales. Ces fonds permettent notamment de fournir de l'aide alimentaire, des soins médicaux ou de scolariser les enfants des familles réfugiées.

2 - Taxe sur les transactions financières - Décision du Conseil de l'Union européenne (22 janvier 2013)

Le Conseil affaires économiques et financières de l'Union européenne a approuvé hier la décision autorisant l'engagement d'une coopération renforcée pour mettre en place une taxe sur les transactions financières.

La France, qui avait pris avec l'Allemagne l'initiative sur ce sujet, salue ce vote au Conseil de l'Union européenne venant après une large approbation du Parlement européen en décembre.

Il appartient désormais à la Commission européenne de présenter une proposition de directive établissant la taxe sur les transactions financières. Nous souhaitons que cela soit fait le plus rapidement possible. Notre objectif est de mettre en oeuvre au plus vite cette taxe.

Au-delà des onze pays qui participent à cette initiative, nous appelons l'ensemble de nos partenaires à nous rejoindre.

3 - Bahreïn - Ouverture du dialogue national

La France salue l'invitation adressée par le Roi Hamad à l'ensemble des forces politiques bahreïniennes de participer à un nouveau dialogue national.

Il importe désormais que les autorités et l'opposition s'engagent dans cette voie et mettent en place les réformes qui permettront de prendre en compte les aspirations de l'ensemble des Bahreïniens. Seule la reprise d'un dialogue inclusif favorisera la réconciliation nationale et garantira un apaisement durable des tensions, dans le respect des droits de l'Homme et de l'État de droit.

4 - Corée du Nord - Programmes nucléaire et balistique

La France rappelle sa condamnation du lancement d'une fusée longue-portée le 12 décembre par la Corée du Nord. Elle exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique.

La France salue l'adoption à l'unanimité, le 22 janvier, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 2087 condamnant la Corée du Nord pour son tir effectué le 12 décembre 2012 en violation des résolutions 1695, 1718 et 1874 du Conseil de sécurité.

Cette résolution met en place un renforcement des sanctions contre la Corée du Nord avec notamment l'inscription de nouveaux individus et entités, et l'adoption de mesures de vigilance accrues dans le domaine financier. Ces mesures constituent une réponse ferme de la communauté internationale au dernier tir nord-coréen.

Nous appelons à nouveau instamment la Corée du Nord à s'abstenir de tout geste risquant d'accroître davantage la tension dans la péninsule coréenne et de porter atteinte à la paix et à la sécurité internationale.

5 - Ukraine

Q - Avez-vous une réaction après les graves accusations dont a fait l'objet Ioulia Timochenko ?

R - Nous déplorons vivement cette nouvelle mise en examen de Mme Ioulia Timochenko dans le cadre de l'affaire Chtcherban. Nous rappelons les préoccupations déjà exprimées par la France et ses partenaires européens face aux procès manifestement inéquitables et politiquement orientés visant Mme Ioulia Timochenko et d'autres personnalités de l'opposition.

Nous n'avons cessé, depuis un an et demi, d'appeler l'Ukraine à mettre fin au fonctionnement arbitraire de la justice et à se conformer aux principes de l'État de droit et à ses obligations internationales.

Les autorités ukrainiennes disent souhaiter la poursuite du rapprochement de leur pays avec l'Union européenne et parvenir à une signature rapide de l'accord d'association UE-Ukraine. À un mois du sommet UE Ukraine du 25 février prochain, il est temps pour elles de le démontrer.

6 - Royaume-Uni

Q - Avez-vous une réaction après le discours de David Cameron et la confirmation de sa volonté d'organiser un référendum au Royaume-Uni sur l'appartenance à l'Union européenne ?

R - Comme l'a dit le ministre ce matin, nous souhaitons que les Britanniques puissent apporter une contribution positive à l'Europe. Il ne peut toutefois y avoir d'Europe à la carte./.

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12. Nominations (Paris, 23/01/2013)

Le Journal officiel du 23 janvier 2013 publie la nomination de M. Etienne de Montaigne de Poncins, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République fédérale de Somalie.

Le Journal officiel du 23 janvier 2013 publie la nomination de M. Michel Duclos, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la Principauté de Liechtenstein, en remplacement de M. Alain Catta./.

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13. Communiqué du Conseil des ministres - Mesures d'ordre individuelles - extraits - (Paris, 23/01/2013)

Le Conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre des affaires étrangères :

- Mme Michèle Ramis, ministre plénipotentiaire de 2ème classe, est nommée ambassadrice chargée de la lutte contre la criminalité organisée ;

- M. Jacques Lapouge, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, est nommé ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique./.

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