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Bulletin d'actualités du 23 janvier 2013


Sommaire



1. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande et de la chanceli√®re allemande, Mme Angela Merkel - Propos de M. Hollande - (Berlin, 22/01/2013)

Madame la Chancelière, Chère Angela, je veux d'abord vous remercier pour l'accueil que vous nous avez réservé pendant ces deux jours, pour célébrer un traité, signé il y a plus de cinquante ans par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, et dont nous sommes les héritiers, les lointains héritiers, mais nous avons cette amitié en partage. Et nous devons la faire vivre, c'est-à-dire l'intensifier. Et pendant ces deux jours, nous avons voulu marquer ce que devait être la priorité, c'est-à-dire : la jeunesse, l'éducation, la culture, bref, tout ce qui concourt à rendre plus simple la vie entre nos deux pays, et plus forte l'espérance dans l'avenir.

C'est vrai que la relation franco-allemande, l'amitié franco-allemande est exceptionnelle. Nous, la France, nous n'avons pas de relations à ce niveau avec aucun autre pays du monde et aucun autre pays d'Europe. Certes, nous avons de très bonnes relations, de très bons rapports avec beaucoup de pays, soit parce qu'ils sont proches géographiquement, soit parce qu'ils correspondent à notre histoire, soit parce qu'ils partagent notre langue. Mais il y a entre la France et l'Allemagne, et notamment par ce qui s'est passé après ces deux guerres mondiales, une volonté, qui a d'abord été celle de responsables politiques, puis ensuite, un échange, un réseau de relations unique en Europe.

Nous avons parl√© de l'OFAJE, sans doute pour la jeunesse, mais il y a beaucoup de comit√©s qui r√©unissent Fran√ßais et Allemands en mati√®re de culture, nous avons rencontr√© ce matin des cin√©astes, des hommes et des femmes de th√©√Ętre, de danse, des auteurs de livres, bref, de musique. Nous avons, l√† encore, des relations exceptionnelles sur le plan culturel, de la m√™me fa√ßon, sur la question des dipl√īmes, de l'√©ducation, de la recherche, nous avons, entre la France et l'Allemagne, s√Ľrement la meilleure coop√©ration - m√™me si nous pouvons encore l'am√©liorer - qui existe en Europe.

Et ce dont nous avons décidé aujourd'hui, c'est d'amplifier, cela ne demande pas des moyens, des ressources supplémentaires, cela demande surtout un état d'esprit. Mais cette amitié, aussi forte soit-elle, aussi intense, même si l'histoire a changé, nous ne sommes plus du tout dans le contexte des années 60, l'Allemagne s'est réunifiée, l'Europe s'est élargie, il y a une mondialisation, nous sommes bien loin de ce qu'était la configuration politique, économique du début des années 60, et peut-être même les intentions des signataires. Mais si nous sommes aussi conscients de la force de cette relation, c'est parce que nous voulons la porter pour faire avancer l'Europe.

Et là encore, nous avons pu regarder ce que pouvaient être les prochaines étapes, nous avons progressé ces derniers mois sur la stabilité financière, sur les règles budgétaires, sur l'union bancaire, nous travaillons sur la compétitivité par exemple, comme le rappelait Angela Merkel, nous voulons que les partenaires sociaux soient pleinement partie prenante de cette discussion. Et nous avons même confié à des chefs d'entreprise le soin de regarder ce que nous pouvons faire ensemble, parce que cette compétitivité, nous avons des mesures à prendre dans chacun de nos pays, peut-être davantage en France encore qu'en Allemagne, mais nous avons aussi une compétitivité à rechercher ensemble, et notamment dans des filières d'avenir, la transition énergétique, l'efficacité énergétique, les nouvelles technologies, la santé.

Donc nous avons à donner à l'Europe confiance en son avenir. Des décisions seront à prendre dans les prochains mois pour approfondir l'union économique et monétaire, nous y travaillons, et nous essayerons d'être le plus concrets possible, c'est-à-dire le plus utiles pour que la croissance puisse être renforcée, et pour que la stabilité soit garantie.

Et puis, nous aurons aussi à régler la question du budget de l'Europe, et c'est vrai qu'il y a une part de responsabilité entre la France et l'Allemagne. Les pays européens regardent ce que nous faisons et n'ont aucune appréhension chaque fois que nous nous mettons d'accord, dès lors que notre relation n'est pas exclusive. Elle n'est pas simplement pour les intérêts de la France et de l'Allemagne, nous avons par notre histoire, par notre responsabilité économique et politique, à parler pour l'Europe, mais avec les Européens.

Donc je me f√©licite de cette c√©l√©bration, que nous allons poursuivre devant les parlementaires de nos deux pays, c'est assez exceptionnel, cela ne se fait qu'entre la France et l'Allemagne, √† ce niveau, √† cette ampleur. Alors apr√®s, il y a toujours des questions : est-ce que cette relation est aussi forte que par le pass√© ? J'invite les historiens √† regarder les cinquante ans qui viennent de se d√©rouler pour comprendre que ce que nous vivons est plut√īt un point haut de l'amiti√© entre la France et l'Allemagne.

Q - Nous célébrons aujourd'hui un anniversaire qui est très institutionnel, et sans les populations, croyez-vous que c'est ainsi que la relation franco-allemande peut trouver un nouveau souffle ? Et par ailleurs, sur un plan plus personnel, depuis l'entrée en fonction du président Hollande, on nous répète de part et d'autre que cette relation va très bien, qu'est-ce qui fait alors qu'on a l'impression que le courant ne passe pas toujours entre vous ?

R - D'abord... mais ce n'est pas facile, je vais laisser la parole à Angela là-dessus, mais ce qui n'est pas facile, c'est de vous convaincre, mais entre nous, le courant passe sans qu'il y ait besoin de mettre de l'électricité.

Je vais d'abord répondre à la question sur nos sociétés, nos opinions publiques, nos concitoyens, c'est eux qui ont dans leurs mains l'avenir de la relation entre la France et l'Allemagne. Et donc ce que nous avons à faire, c'est de leur donner tous les instruments pour prendre leur part, pour participer. Déjà, ils le font, il y a 4 000 manifestations qui vont avoir lieu en France et en Allemagne pour célébrer le traité, mais surtout parler de l'avenir, et nous le devons, ce succès, à toutes les associations, tous les jumelages et toutes les collectivités locales qui y contribuent.

Je veux aussi saluer les artistes, les hommes et les femmes de culture qui participent √©galement √† tous ces √©v√©nements. Mais nous devons faire plus fort encore, d'o√Ļ l'appel que nous avons lanc√© hier √† la jeunesse, l'√©largissement que nous voulons faire de l'OFAJ, pour que cet office s'adresse √† tous les jeunes et pas simplement √† ceux qui font des √©tudes sup√©rieures. Donc √ßa, c'est notre devoir.

Mais vous avez raison, une célébration, ce n'est pas simplement des dirigeants qui se rencontrent, des Conseils des ministres qui se tiennent ensemble, ou des Parlements qui siègent communément, c'est un ensemble d'initiatives. Pour ce qui est de la relation entre la chancelière et moi-même, il ne vous a pas échappé - car je connais votre connaissance de la vie politique - que nous n'appartenons pas aux mêmes formations politiques. Mais il n'empêche....

Il n'emp√™che, moi je constate les faits. Depuis huit mois, je peux me f√©liciter de ce qu'a √©t√© la contribution de la France et de l'Allemagne √† la sortie de la crise de la zone euro. Prenons ce qui a √©t√© obtenu. Le m√©canisme europ√©en de stabilit√© : rien n'aurait √©t√© possible si la relation entre la France et l'Allemagne n'avait pas √©t√© claire. Le pacte budg√©taire et sa ratification aussi bien en France qu'en Allemagne : l√† aussi, c'√©tait un signe de confiance. L'union bancaire dont nous avons fix√© les principes, m√™me si les modalit√©s vont prendre encore du temps : ce n'√©tait pas facile ni pour les Allemands, ni pour les Fran√ßais ; et pourtant, nous allons √™tre en avance par rapport aux r√®gles europ√©ennes. Enfin, nous avons travaill√© ensemble pour que la Gr√®ce reste dans la zone euro. √Čcoutez, franchement, jugez les r√©sultats et vous verrez que le courant passe.

Q - J'ai une question pour le président et la chancelière. Vous avez manifesté la volonté d'une coopération encore plus profonde à l'avenir, mais il y a des divergences entre les deux pays. Vous pourriez peut-être nous dire de façon plus précise quelle est la volonté de coopération à propos du Mali par exemple ou la politique étrangère, mais aussi pour ce qui est de l'approfondissement de l'union économique et monétaire. Est-ce que maintenant l'Allemagne est prête à accepter davantage de solidarité ? Et est-ce que la France est prête à s'engager pleinement sur le terrain de la compétitivité ?

R - D'abord sur l'union économique et monétaire, nous en avons parlé la chancelière et moi-même et nous nous trouvons d'accord sur la coordination des politiques économiques, sur également la compétitivité, comment pourrait-on définir davantage les critères de cette compétitivité, faire un effort de convergence et également d'amélioration d'un certain nombre de situations de distorsion de concurrence qui existent encore, y compris sur le plan social.

Nous avons aussi cette m√™me volont√© qu'il y ait √† la fois du s√©rieux budg√©taire, c'est indispensable, et une place qui doit √™tre toujours donn√©e √† la lutte contre le ch√īmage, notamment le ch√īmage des jeunes. L√†-dessus, il y aura des propositions qui viendront de la France et de l'Allemagne.

Sur le Mali, je veux remercier l'Allemagne, la chancelière, le gouvernement, qui ont immédiatement apporté la solidarité politique et l'aide matérielle qui était attendue. La solidarité politique parce que la France, si elle est intervenue suite à la décision que j'ai prise il y a maintenant près de dix jours au Mali, c'est au nom de la communauté internationale et à la demande d'un pays ami qui est l'un des plus pauvres du monde et qui était victime d'une agression terroriste. Je n'avais pas de doute sur la solidarité politique qui pouvait venir de l'Allemagne et des pays européens, mais elle a été là du début jusqu'à aujourd'hui, et elle sera présente jusqu'au terme de l'opération.

L'op√©ration, c'est de permettre √† la MISMA, la force internationale compos√©e essentiellement de forces africaines, de pouvoir permettre au Mali de retrouver son int√©grit√© territoriale. C'est l√† que les soutiens sont pr√©cieux, notamment de transport - ce qu'a fait l'Allemagne avec deux avions - et soutiens de formation, soutiens mat√©riels et soutiens financiers puisqu'il y aura une conf√©rence des donateurs et je sais que l'Allemagne, et d'ailleurs l'Europe, sera pr√©sente lors de cette conf√©rence et contribuera autant qu'il sera possible. On me dit : ¬ęPourquoi c'est la France qui est intervenue ?¬Ľ Mais tout simplement parce qu'elle √©tait en capacit√© de le faire en ayant des troupes qui n'√©taient pas loin et qui pouvaient √™tre imm√©diatement mobilis√©es. C'est ce que nous avons fait.

Aujourd'hui, il ne s'agit pas de demander √† des Europ√©ens de venir participer √† une force internationale, mais plut√īt d'aider les Africains parce que ce sont les Africains qui vont apporter au Mali les conditions du retour √† la stabilit√© et la possibilit√© de retrouver son int√©grit√© territoriale. Je l'ai toujours dit : ce sont les Africains qui ont la r√©ponse pour les questions africaines. Mais lorsque la France est appel√©e et qu'elle peut intervenir, elle le fait et elle le fait en plein accord, en plein soutien des Europ√©ens.

Q - Madame la Chanceli√®re, Monsieur le Pr√©sident, continuons avec les travaux pratiques apr√®s les d√©clarations d'intention. Sur les perspectives financi√®res europ√©ennes, il y a la question des rabais notamment du rabais allemand. Est-ce que l√† vous pensez parvenir √† un accord d'ici le conseil du 7 f√©vrier ? Et puis certains noms circulent pour la pr√©sidence de l'Eurogroupe ; est-ce que vous √™tes d√©j√† d'accord pour soutenir un de ces noms pour la future pr√©sidence de l'Eurogroupe ? Concernant le Mali enfin, question plus sp√©cifiquement adress√©e √† Mme la Chanceli√®re, est-ce qu'il y a des chances un jour que l'on voit la brigade franco-allemande, puisqu'il existe une brigade franco-allemande, intervenir soldats fran√ßais et soldats allemands c√īte √† c√īte, dans un pays comme le Mali pour les raisons que l'on sait ? Et est-ce que dans un avenir proche on peut penser voir des soldats allemands effectivement sur le terrain aux c√īt√©s des soldats fran√ßais au Mali ?

R - Sur le budget européen, j'ai dit quelle était notre volonté d'aboutir à un accord. Cela suppose de regarder les dépenses et les recettes et d'avoir un sens de la solidarité et de l'intérêt national. Il faut trouver l'équilibre.

Sur l'Eurogroupe, il a déjà trouvé son président et là encore, cela s'est fait en plein accord entre la France et l'Allemagne.

En revanche, il y a une réunion de l'ECOFIN qui a débouché sur un vote pour l'introduction de la taxe sur les transactions financières. C'était aussi une proposition commune de la France et de l'Allemagne qui se trouve maintenant adoptée à l'échelle d'un grand nombre de pays européens. L'ECOFIN a donné sa validation à cette taxe.

Enfin sur le Mali, j'ai dit ce que j'avais à dire, c'est-à-dire qu'aujourd'hui ce sont les Africains qui doivent permettre au Mali de retrouver sa souveraineté./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Rencontre avec des repr√©sentants de la jeunesse fran√ßaise et allemande - D√©claration introductive du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Berlin, 21/01/2013)

Merci d'abord Angela de nous accueillir ici dans cet amphith√©√Ętre improvis√©, heureusement que c'est √† Berlin car √† l'√Člys√©e, √ßa n'aurait pas √©t√© possible. Nous n'avons pas des lieux qui permettent ce type de r√©union. Enfin nous allons essayer de les am√©nager.

Je voulais √† mon tour vous remercier d'avoir fait le choix de l'amiti√© franco-allemande parce que c'est un choix, on ne na√ģt pas amis, on le devient. Et donc il y a 50 ans, Angela a dit c'√©tait tout r√©cemment, 50 ans c'est tr√®s jeune, surtout quand on a 58 ans. Donc il y a 50 ans, deux hommes qui pouvaient apparaitre √Ęg√©s eux, l'un avait 72 ans, l'autre 87 ans, avaient fait le choix de regarder l'avenir et de tourner les pages douloureuses du pass√©. Et ils avaient pris comme premi√®re priorit√© pour ce Trait√© de l'√Člys√©e, la jeunesse et c'est ce qui est rest√© au-del√† de tout, c'est-√†-dire cette volont√© de permettre √† la g√©n√©ration qui est la v√ītre aujourd'hui et √† toutes les g√©n√©rations qui vous ont pr√©c√©d√©, d'avoir confiance dans l'avenir.

Et aujourd'hui encore, nous devons adresser le même message, oui notre responsabilité, l'Allemagne, la France, c'est de donner à la jeunesse de nos deux pays et à la jeunesse européenne, confiance, espérance dans l'avenir.

Il y a 50 ans, ce n'était pas si évident d'avoir confiance, il y avait, Angela l'a rappelé, une Allemagne et une France qui avaient souffert de la guerre, une Allemagne qui était divisée et pourtant, le message était un message de confiance dans notre avenir. 50 ans après, nous sommes touchés par une crise dure, profonde, nous avons failli avoir même une monnaie qui a connu des épreuves et qui aurait pu être mise en cause et nous sommes donc en face de nos responsabilités. Les dirigeants, mais également votre génération.

Qu'est-ce que nous voulons faire ensemble, la France et l'Allemagne ? Est-ce que nous sommes porteurs encore de la m√™me volont√© ? Ma r√©ponse est oui. Nous devons, la France et l'Allemagne, continuer √† b√Ętir une amiti√© exceptionnelle et emmener l'Europe vers son destin qui est celui d'une unit√© plus profonde encore. Et est-ce que nous pouvons entre Europ√©ens, porter un message qui est celui d'un continent qui doit √™tre encore une r√©f√©rence ? Et c'est la raison pour laquelle nous avons des responsabilit√©s particuli√®res vous et nous, parce que les Europ√©ens regardent l'amiti√© franco-allemande avec une attitude paradoxale. Quand nous nous entendons trop bien ils craignent que ce soit √† leurs d√©pens et quand nous ne nous entendons pas assez bien, ils voient que c'est √† leurs d√©pens.

Nous avons donc l'obligation et surtout la volonté de bien nous entendre, d'abord les dirigeants et les peuples, parce que nous avons une responsabilité particulière en Europe qui est de faire en sorte que nous retrouvions confiance en nous dans le progrès et dans le modèle que nous représentons dans le monde. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - R√©ponse du ministre d√©l√©gu√© charg√© des affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 23/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Madame la Députée,

Vous avez raison de souligner l'√©motion et la force des √©v√©nements qui se sont produits √† Berlin hier et qui ont rassembl√© toute la repr√©sentation nationale fran√ßaise et allemande. C'√©tait d'abord pour nous un grand moment de comm√©moration de la signature du Trait√© de l'√Člys√©e qui, il y a cinquante ans, avait vu deux hommes politiques visionnaires, le g√©n√©ral de Gaulle et le chancelier Adenauer, faire montre d'audace, dans un contexte historique o√Ļ la r√©conciliation n'allait pas de soi.

C'est cette audace, c'est cet esprit, c'est ce souffle qui ont présidé au Conseil des ministres franco-allemands qui s'est tenu hier. La chancelière Angela Merkel et le président de la République avaient souhaité ensemble que nous puissions nous doter d'un agenda ambitieux pour l'avenir. Cet agenda va nous conduire sur tous les sujets que vous avez à juste titre évoqués et à porter des politiques ambitieuses ensemble pour nos deux pays et pour l'Europe.

Il s'agit de redonner des moyens à l'office franco-allemand pour la jeunesse pour que l'apprentissage de nos langues dans nos pays respectifs soit davantage approfondi et que nous puissions faire en sorte que les jeunes Français parlent davantage l'Allemand et inversement.

Il s'agit √©galement pour notre jeunesse d'offrir de nouvelles garanties sociales, un droit √† la formation, un droit √† l'acc√®s √† l'emploi et, dans la volont√© qui est la n√ītre de renforcer les relations entre les partenaires sociaux, en faisant en sorte que sur les questions de la comp√©titivit√© et des garanties sociales, un dialogue puisse se nouer. La question de la jeunesse sera pr√©sente.

C'est aussi la politique √©nerg√©tique avec la volont√© de progresser ensemble dans le domaine des √©nergies renouvelables et du bilan thermique des b√Ętiments.

C'est la volonté que nous avons en matière de politique industrielle sur l'automobile d'avancer de concert.

C'est la volonté aussi qui nous anime en matière de politique étrangère de sécurité et de défense de contribuer ensemble à la construction de l'Europe.

Le soutien apporté par tous les groupes parlementaires sur le Mali hier témoigne de ce travail en marche./.

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4. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Mali - Entretien du ministre d√©l√©gu√© charg√© des affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve, et du d√©put√© allemand, M. G√ľnther Krichbaum avec ¬ęFrance Inter¬Ľ - Propos de M. Cazeneuve - (Berlin, 22/01/2013)

Q - Vous √™tes ministre fran√ßais d√©l√©gu√© aux affaires europ√©ennes. Vous √™tes donc conduit √† travailler ensemble, √† vous parler comme ce matin. J'ai envie de commencer par quelques questions personnelles sur vos rapports √† l'autre, parce qu'on dit souvent que les Fran√ßais et les Allemands sont des peuples qui se fr√©quentent peu et qui se connaissent mal. G√ľnther Krichbaum, que connaissez-vous de la France et des Fran√ßais ?

(...)

Même question à Bernard Cazeneuve. Est-ce que vous parlez un peu d'allemand, Bernard Cazeneuve ?

R - Nur ein bisschen. Non, je fais en sorte lorsque j'interviens en Allemagne - et je l'ai fait √† l'invitation de G√ľnther la semaine derni√®re devant l'Assembl√©e, le Parlement allemand, la commission des affaires √©trang√®res, la commission des affaires europ√©ennes - de faire une partie de mon intervention en allemand. Mais mon allemand est beaucoup moins fluide que ne l'est le fran√ßais de G√ľnther.

Q - Oui. Vous n'√™tes pas nombreux dans la classe politique fran√ßaise √† parler allemand, ce qui est d√©j√† un premier accroc au Trait√© de l'√Člys√©e qu'on c√©l√®bre aujourd'hui, puisqu'il pr√©voyait, ce trait√©, l'enseignement g√©n√©ralis√© de l'allemand et du fran√ßais. En Allemagne comme en France - j'ai fait allemand seconde langue, mais il ne m'en reste pas grand-chose - le fran√ßais et l'allemand ne sont que les troisi√®mes langues, loin derri√®re l'anglais et l'espagnol.

R - Oui, c'est très dommage. Lorsque nous avons préparé avec mon collègue Michael Link, qui est le ministre allemand des affaires européennes, les cérémonies d'aujourd'hui puis toute l'année franco-allemande - puisque nous sommes lui et moi secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, nous avons donc été les chevilles ouvrières, les soutiers de ce qui se passe tout au long de cette année - nous avons constaté que 15 % des jeunes Français apprennent l'allemand et 25 % des jeunes Allemands apprennent le français alors que nos deux pays constituent un axe structurant de l'Union européenne.

Q - Ce n'est pas beaucoup.

R - Dans les sujets qui seront évoqués au conseil des ministres franco-allemand tout à l'heure - je n'ai pas vocation à les déflorer - la question de l'apprentissage des langues en région transfrontalière, dans les universités, avec l'outil extraordinaire que constitue l'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse) sera l'un des sujets centraux de nos préoccupations.

Q - Donc une impulsion nouvelle donnée à l'enseignement de l'allemand en France et au français en Allemagne.

R - Une forte impulsion. Je ne veux pas dévoiler les sujets du Conseil des ministres franco-allemand mais vous verrez que tout à l'heure, nous fixerons pour les années qui viennent un agenda extrêmement riche d'actions communes, très concrètes, très opérationnelles. Nous verrons la relation allemande franchir un pas significatif.

(...)

Q - Bernard Cazeneuve, est-ce qu'on peut progresser dans la relation franco-allemande et dans la relation politique, sans aller jusqu'à l'union politique en Europe, qui est la grande affaire d'Angela Merkel, sans qu'il y ait un rapprochement au moins des deux peuples franco-allemand ?

R - D'abord, je vais vous corriger sur un point, et je réponds en même temps à Bernard Guetta. L'union politique, ce n'est pas l'affaire d'Angela Merkel. C'est une affaire franco-allemande et nous sommes, les Français et les Allemands...

Q - Avec un peu plus d'allant c√īt√© allemand que c√īt√© fran√ßais.

R - Non. Permettez-moi de vous r√©pondre pr√©cis√©ment sur ce sujet, de vous donner un peu d'esp√©rance. Nous √©tions ensemble devant le Bundestag √† l'invitation de G√ľnther la semaine derni√®re et j'ai eu l'occasion de dire aux parlementaires allemands qu'il y avait une tr√®s forte volont√© du gouvernement fran√ßais d'avancer sur le chemin de l'union politique, mais il faut que sur cette question-l√† comme sur d'autres - nous l'avons fait sur l'union bancaire, nous l'avons fait sur la croissance - nous trouvions le bon compromis. Quel est le bon compromis ? D'abord que nous soyons d'accord sur le projet que nous voulons porter ensemble. Ce qui va se passer tout √† l'heure au Conseil des ministres franco-allemand va montrer que sur la politique industrielle, la politique √©nerg√©tique, la jeunesse, la coop√©ration transfrontali√®re...

Q - Et la politique de défense en Afrique ?

R - Sur cette question aussi, nous en parlerons tout à l'heure si vous voulez, nous progressons ensemble. Et par ailleurs, autour de ce projet, il faut créer les conditions d'une évolution politique.

Je suis très favorable, comme l'ensemble des ministres du gouvernement français sous l'autorité du président de la République, à ce que nous ayons une étape supplémentaire dans l'union politique au terme des élections 2014. S'il faut modifier des traités pour donner plus de respiration démocratique à l'Europe, faire en sorte qu'il y ait une meilleure lisibilité, que des compétences lui soient transférées, alors faisons-le. Mais faisons-le avec un projet politique qui soit fort, qui permette sur le terrain de l'harmonisation sociale, de l'harmonisation fiscale, de la croissance, de l'approfondissement du marché intérieur, de cheminer ensemble.

Q - En vous écoutant, Bernard Guetta a levé un sourcil parce qu'il y voit une évolution de discours, en tout cas sur la possibilité de faire évoluer les traités vers l'union politique.

R - Nous y sommes favorables, je vous le redis.

Q - Sur le Mali, est-ce que vous n'avez pas eu le sentiment depuis une semaine qu'aux yeux des Allemands, du gouvernement allemand, de vos amis allemands, l'intervention au Mali reste une affaire française ?

R - Pas du tout. Nous avons eu trois étapes dans le déclenchement de cette opération. D'abord, nous avons, pendant des semaines, travaillé ensemble, l'ensemble des Européens, et notamment les Français et les Allemands, pour définir les conditions dans lesquelles nous allions former les militaires maliens pour que l'armée malienne soit capable de reconquérir le nord, d'assurer l'intégrité territoriale du Mali.

L'opération UTM, qui va conduire des militaires européens à venir former des militaires maliens - et ces militaires sont en train d'être déployés au Mali -, est une opération totalement européenne.

La discussion avec la CEDEAO, l'Union africaine pour faire en sorte que la MISMA - les troupes africaines - puisse être impliquée au Mali dans le rétablissement de l'intégrité territoriale du Mali et la lutte contre le terrorisme, est une opération européenne.

La France, pour des raisons qui tiennent au fait que les terroristes ont décidé de faire une percée, a pris ses responsabilités. Mais immédiatement après, nous avons vu les Allemands - et ils l'ont d'ailleurs matérialisé au Bundestag la semaine dernière - dire leur soutien au gouvernement français, mobiliser des moyens, des moyens aériens, des moyens humanitaires sans lesquels l'opération...

Q - Deux avions !

R - Oui, deux avions plus les avions n√©erlandais et les avions britanniques. Si je fais le compte de l'ensemble des moyens militaires qui ont √©t√© mobilis√©s par l'ensemble des pays de l'Union europ√©enne aux c√īt√©s de la France pour permettre √† la France de conduire dans de bonnes conditions cette op√©ration, vous constaterez que nous avons deux C17 britanniques, deux C130 belges, un C130 danois, deux C160 et un fret sanitaire allemands.

Tout ce qui est racont√© aujourd'hui sur l'incapacit√© de l'Union europ√©enne √† mobiliser des moyens aux c√īt√©s de la France, qui a √©t√© pr√©curseur dans une situation d'urgence, rel√®ve soit de la m√©connaissance totale de ce qui se passe, soit d'une volont√© politicienne d'alt√©rer la port√©e de ce qui se passe en Europe dans la crise du Mali.

Q - Ce que vous qualifiez de malveillant, on l'a entendu dans les rangs m√™mes de la CDU d'Angela Merkel o√Ļ certaines voix se sont √©lev√©es pour dire que le gouvernement allemand pourrait en faire un peu plus. Qu'en pensez-vous G√ľnther Krichbaum ? Le gouvernement allemand en fait assez aux c√īt√©s de la France dans cette intervention au Mali et en Afrique ?

(...)

R - Juste un mot sur l'intervention de la France au Mali, parce que j'entends aussi des √©ditorialistes, parfois des hommes politiques, sur la question de l'intervention au Mali de la Fran√ßafrique, faire des confusions qui ne doivent pas avoir lieu. Nous sommes intervenus au Mali tout simplement parce qu'il y a un risque terroriste qui ne menace pas que la France : qui menace toute la r√©gion du Sahel et toute l'Europe. Si la situation devenait incontr√īlable au Mali, si devait s'affirmer une diss√©mination du risque terroriste, c'est l'Europe dans son ensemble qui s'en trouverait frapp√©e. C'est parce que nous √©tions confront√©s √† cette urgence - que l'int√©grit√© territoriale du Mali remise en cause, c'est un risque de diss√©mination terroriste dans tout le Sahel et dans toute l'Europe - que nous avons pris cette responsabilit√©. Nous n'avons aucun int√©r√™t √©conomique au Mali. Ce que nous avons fait, nous l'avons fait pour cette raison. C'est d'ailleurs pour cela qu'il y a, au sein de l'Union europ√©enne, bien avant notre intervention, une coordination des actions et apr√®s notre intervention, un soutien. (...)./.

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5. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Mali - Entretien du ministre d√©l√©gu√© charg√© des affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve, avec ¬ęRFI¬Ľ (Berlin, 22/01/2013)

Q - Je pr√©cise que pour des questions d'agenda, cette interview a √©t√© enregistr√©e quelques heures avant sa diffusion. Vous √™tes donc √† Berlin, √† l'occasion du 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e. L'Allemagne est-elle toujours le plus proche partenaire de la France, sous la pr√©sidence de Fran√ßois Hollande ?

R - Oui, je crois qu'on peut le dire, pour des raisons qui tiennent d'abord √† l'histoire. Nous sommes dans un exercice de c√©l√©bration du Trait√© de l'√Člys√©e, c'est-√†-dire de cet acte fondateur sign√© il y a cinquante ans, par le g√©n√©ral de Gaulle et Konrad Adenauer, entre deux nations qui s'√©taient, dans l'histoire du XIXe et du XXe si√®cle, beaucoup combattues. Depuis cinquante ans, de nombreuses politiques, ont √©t√© rendues possibles au sein de l'Union europ√©enne, par des initiatives franco-allemandes. Qu'il s'agisse de l'approfondissement du march√© int√©rieur, de la monnaie unique et de quelques actes qui ont √©t√© pos√©s dans le domaine de l'Europe de la d√©fense.

Aujourd'hui, lorsque l'on regarde la crise, on se rend compte qu'une grande partie des solutions qui ont √©t√© trouv√©es n'auraient pas √©t√© possibles s'il n'y avait pas eu la construction, entre la France et l'Allemagne, de compromis utiles. Je pense √† la supervision bancaire o√Ļ malgr√© des diff√©rences d'approche au d√©but, nous avons r√©ussi √† trouver un bon compromis. Je pense √† la croissance, je pense √† ce que nous essayons de faire pour l'approfondissement du march√© int√©rieur. Je pense aussi √† ce que nous ferons au d√©but mois de f√©vrier, j'en suis convaincu, pour doter l'Union europ√©enne d'un bon budget. Donc le moteur franco-allemand continue √† jouer son r√īle en Europe.

Q - Et c'est une des choses qui sera d'ailleurs affirm√©es dans la d√©claration conjointe d'Angela Merkel et de Fran√ßois Hollande, je cite : ¬ęLa relation entre nos deux pays constitue le coeur de l'Europe et nous conf√®re une responsabilit√© exceptionnelle¬Ľ. Est-ce que tout de m√™me, vous ne pensez pas que √ßa peut finir par √™tre un petit peu √©nervant, pour les autres √Čtats membres de l'Union d'entendre sans arr√™t, r√©p√©ter, que tout se joue entre Paris et Berlin ?

R - D'abord tout ne se joue pas entre Paris et Berlin. Il y a une relation privil√©gi√©e, forte, entre Paris et Berlin. Qui conduit d'ailleurs les autres pays de l'Union europ√©enne √† souhaiter que la France et l'Allemagne s'entendent bien, parce que les autres pays europ√©ens ont conscience du fait que, si l'Allemagne et la France ne sont pas dans cette proximit√© de relation, le moteur franco-allemand ne peut pas jouer son r√īle d'entra√ģnement de l'ensemble de l'Union europ√©enne.

En même temps, les autres pays de l'Union européenne n'ont pas le souhait de voir la France et l'Allemagne s'ériger en directoire de l'Union. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs le président de la République et la chancelière ont souhaité, dans une relation équilibrée entre la France et l'Allemagne, ouvrir cette relation à d'autres pays de l'Union européenne en les associant à de bons compromis. Cela a été le cas notamment le 14 juin dernier, à Rome, lorsque Mario Monti, Mariano Rajoy ont été associés aux discussions pour permettre au Conseil européen du mois de juin, de pouvoir progresser sur le chemin de la croissance.

Q - Cet anniversaire est aussi l'occasion de relancer, de donner une nouvelle dynamique √† la coop√©ration franco-allemande, jusqu'o√Ļ faut-il aller selon vous, dans l'Union entre nos deux pays ?

R - Je crois que la journ√©e qui se d√©roule aujourd'hui √† Berlin est tr√®s importante de ce point de vue-l√† ! Nous avons un Conseil des ministres franco-allemand, une d√©claration commune de la chanceli√®re et du pr√©sident de la R√©publique. Une d√©claration commune des parlements, avec une pr√©sence des deux chefs d'√Čtat et de gouvernement devant les repr√©sentations nationales allemandes et fran√ßaises.

Et pour nous, cette journée, c'est l'occasion de témoigner de la richesse de l'agenda que nous nous sommes donné à nous-mêmes, pour les années qui viennent dans de nombreux domaines, qui concernent la jeunesse, l'éducation, la culture, les politiques industrielles, la recherche. Je n'ai pas à dévoiler à cette heure, le contenu de la déclaration du Conseil des ministres qui sera rendue publique en fin de matinée.

Mais on pourra constater que la volonté du président de la République et de la chancelière a été de donner un agenda précis, opérationnel, destiné à porter des politiques communes dont l'Europe a besoin pour sortir de la crise. C'est cet agenda qui nous mobilise, que nous avons préparé avec mon collègue Michael Link, qui est, avec moi, secrétaire général pour la coopération franco-allemand. Notre objectif est de faire en sorte que, pour les cinquante prochaines années et dans l'immédiat dans les semaines, les mois qui viennent, nous puissions, autour des grands enjeux de sortie de crise, c'est-à-dire la vision de l'Europe, la politique industrielle, la politique énergétique, la politique en faveur de la jeunesse, la politique de l'emploi, les politiques culturelles, portées en franco-allemand, avoir une ambition forte pour nous-mêmes, pour nos deux pays, mais aussi, surtout, pour l'Union européenne.

Q - La France et l'Allemagne affirment dans leurs d√©clarations communes, qu'il est question de poursuivre la concertation √©troite sur toutes les questions importantes de politique √©trang√®re. Et elles entendent renforcer le r√īle, les objectifs et la voix de l'Europe dans le monde pour promouvoir la paix et la s√©curit√©, y compris, √† travers une politique de s√©curit√© et de d√©fense commune. On a tout de m√™me l'impression, Bernard Cazeneuve, √† l'occasion de la guerre au Mali, qu'on est tr√®s loin du but.

R - Oui, j'ai lu d'ailleurs sur ce sujet des d√©clarations un peu tristes de la part d'un certain nombre de responsables politiques fran√ßais, alors que nos soldats sont engag√©s sur un th√©√Ętre d'op√©rations difficile, concernant les conditions de pr√©paration de cette op√©ration et la collaboration qui a pu se nouer avec un certain nombre de nos partenaires europ√©ens, dont l'Allemagne. Je veux quand m√™me rappeler que...

Q - Vous parlez de Pierre Lellouche l'ancien secr√©taire d'√Čtat aux affaires europ√©ennes, qui dit : quand on a besoin de l'Allemagne, sur les questions internationales, elle n'est jamais l√† !

R - Non, je pense que ses propos sont malvenus, qu'ils témoignent d'une vision fausse de ce qu'est la réalité de la relation franco-allemande. Pierre Lellouche a également évoqué les soldats français, la place de la France au Mali, en disant que nous n'avions pas vocation à être les mercenaires de l'Union européenne au Mali. Tous ces propos sont excessifs, outranciers, inadaptés à la réalité de la situation. Pourquoi ? D'abord parce que nous avons avec l'ensemble des pays de l'Union européenne, préparé l'arrivée dans cette situation difficile du Mali, des troupes maliennes et des troupes africaines qui doivent pouvoir assurer la sécurité sur le territoire malien. C'est le cas d'EUTM qui est un ensemble de militaires européens venant de tous nos pays qui vont contribuer à la formation de l'armée malienne pour lui permettre d'assurer la reprise de l'intégrité du territoire malien.

Par ailleurs, nous avons, depuis que nous avons engagé cette opération pour des raisons qui tiennent aux circonstances particulières - la volonté des terroristes de faire une percée vers le sud -, décidé d'engager une opération et, depuis, l'ensemble des pays de l'Union européenne nous ont apporté un concours.

Hier, le président de la République et la chancelière allemande étaient devant les jeunes franco-allemands sur ce sujet. Et l'un et l'autre ont pu affirmer à quel point la France et l'Allemagne se parlaient sur la question du Mali. Et l'Allemagne, comme d'autres pays de l'Union européenne, nous a apporté un concours important sur le plan humanitaire et des transports, qui sont des moyens dont nous avions absolument besoin pour la réussite de l'opération. En termes de coordination aussi, de nos actions sur le terrain. Et vous avez remarqué qu'hier, il a été décidé au sein de l'Union européenne, d'organiser au début du mois de février, une réunion de l'ensemble des pays de l'Union européenne et des institutions pour coordonner davantage encore notre action sur le terrain./.

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6. 50√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Communiqu√© du minist√®re de l'√©ducation nationale (Paris, 22/01/2013)

Dans le cadre des festivit√©s du cinquanti√®me anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e, le ministre de l¬ī√©ducation nationale, Vincent Peillon, a rencontr√©, pour un entretien bilat√©ral, la pl√©nipotentiaire de la R√©publique f√©d√©rale d'Allemagne charg√©e de la coop√©ration franco-allemande dans le domaine des affaires culturelles, Mme Annegret Kramp-Karrenbauer.

Le temps fort de cette rencontre a été la signature de la charte de qualité franco-allemande pour la mise en place d'écoles maternelles bilingues, élaborée conjointement par le ministère de l'éducation nationale et par l'ensemble des Länder allemands. Les gouvernements des deux pays entendent ainsi créer un réseau performant d'écoles maternelles franco-allemandes, en particulier dans les régions frontalières. À cette occasion, la plénipotentiaire a invité le ministre Vincent Peillon à participer au congrès qu'elle consacrera au multilinguisme dans la petite enfance les 16 et 17 mai 2013 à Sarrebruck.

Ils ont en outre discuté des mesures destinées à promouvoir la langue du pays voisin, notamment le nouveau programme d'échanges individuels de courte durée placé sous la responsabilité de l'Office franco-allemand pour la jeunesse et suivant le modèle du dispositif Schuman, déjà très efficace dans la région sarroise.

La discussion a également porté sur le renforcement de la coopération dans le domaine de la formation et enseignement professionnels. Le ministre et la plénipotentiaire se sont félicités du travail accompli dans ce domaine par le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation et enseignement professionnels (SFA/DFS), qui devra collaborer de façon encore plus étroite avec l'Office franco-allemand pour la jeunesse sur les questions liées à la formation et enseignement professionnels et à l'orientation. Ils ont rappelé l'importance de l'équilibre entre les échanges professionnels et scolaires et entre mobilités individuelles et collectives.

Vincent Peillon a annoncé, à cette occasion, la création pour la prochaine rentrée scolaire de la première section franco-allemande en lycée professionnel, sur le site de l'Aérocampus de Latresne en Gironde, spécialisé dans la maintenance aéronautique, et la perspective de transformer cette section en véritable lycée professionnel franco-allemand. Annegret Kramp-Karrenbauer a salué cette décision et les deux ministres sont convenus d'envisager l'ouverture future d'autres sections similaires, notamment dans le domaine de l'industrie automobile en Sarre et en Lorraine.

Les ministres ont enfin souhait√©, √† l'heure o√Ļ l'Europe a plus que jamais besoin du moteur franco-allemand, inscrire leur coop√©ration dans une perspective r√©solument europ√©enne. Le principe du d√©veloppement de ressources p√©dagogiques num√©riques, enti√®rement consacr√©es √† l'Europe, qui associeront d'autres pays europ√©ens, avec la perspective d'une mise en ligne des premiers modules p√©dagogiques dans le courant de l'ann√©e 2014 a ainsi √©t√© approuv√©./.

(Source : site Internet du ministère de l'éducation nationale)

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7. Mali/UE - R√©ponse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 23/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Monsieur le Député,

Tout d'abord, il faut avoir √† l'esprit qu'au moment o√Ļ nous nous exprimons, les troupes fran√ßaises et les troupes maliennes, c√īte √† c√īte, sont en train de faire reculer les terroristes. Je veux, j'en suis s√Ľr en votre nom, leur dire notre reconnaissance et notre soutien.

Comme vous le savez, Monsieur le D√©put√©, la France agit au nom de la communaut√© internationale. Compte tenu de la rapidit√© de l'approche des terroristes en direction de Bamako, il fallait d√©cider vite, sinon, comme vient de le dire le Premier ministre il y a quelques instants, il n'y aurait plus de Mali. Le Mali serait un √Čtat terroriste.

Tout cela a √©t√© pr√©par√© bien s√Ľr, vous vous rappelez qu'au mois de d√©cembre, √† la demande de la France, une r√©solution a √©t√© adopt√©e √† l'unanimit√© par le Conseil de s√©curit√©. Vous savez aussi que l'Europe avait pris des dispositions mais il a fallu aller seule et la France √©tait en situation d'aller vite.

Vous posez une question concernant l'appui de l'Europe. Je veux vous répondre de la manière la plus précise. En ce qui concerne le Royaume-Uni, deux avions de transport C17, un avion A330 et des moyens de renseignements ont été mis à disposition. En ce qui concerne l'Allemagne, dont la chancelière s'est exprimée hier, deux C160. Pour ce qui est de la Belgique, deux C130, et pour le Danemark un C130 ainsi que pour l'Espagne. Pour l'Italie, deux C130 et un 767.

D'ici quelques jours, 500 formateurs européens seront déployés. Et sont déjà à pied d'oeuvre plus de mille militaires africains et ils seront 5.800 dans le cadre de la MISMA.

Voil√† ce qui a d√©j√† √©t√© acquis. Bien s√Ľr, s'il y a des soutiens suppl√©mentaires et il y en aura, ils seront les tr√®s bienvenus. Vous savez, Monsieur le D√©put√©, j'ai encore √† l'esprit ce que le pr√©sident de l'Union africaine, qui repr√©sente 51 √Čtats, a dit l'autre jour √† Abidjan lorsqu'il s'est exprim√©. Il a dit : ¬ęMerci la France, bravo la France !¬Ľ Et ce merci, et ce bravo, je veux le transmettre √† vous tous et au peuple fran√ßais.

Je terminerai en disant qu'au moment o√Ļ la communaut√© internationale est r√©unie autour du gouvernement fran√ßais, il serait tout de m√™me paradoxal que la repr√©sentation nationale ne le soit pas tout autant./.

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8. Isra√ęl - Mali - Mexique/Affaire Cassez - Royaume-Uni/Union europ√©enne - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęFrance Info¬Ľ (Paris, 23/01/2013)

Q - √ätes-vous surpris du r√©sultat des √©lections en Isra√ęl ?

R - On prévoyait - c'est ce que disaient des études d'opinion - une poussée importante de la droite et une difficulté de la gauche et du centre. Et ce n'est pas ce qui s'est passé, puisque M. Netanyahu arrive en tête.

Q - Affaibli, conforté mais affaibli.

R - Il a moins de si√®ges qu'avant, mais on doit bien s√Ľr le f√©liciter. Et puis, ce qui est remarquable, c'est la pouss√©e du centre et du centre-gauche, avec en particulier votre ancien coll√®gue, puisqu'il √©tait journaliste, Monsieur Lapid. Il y a aussi un bon score du parti travailliste et de Mme Livni. Cela veut dire que pour Shimon Perez, le pr√©sident, qui va devoir d√©signer une personne pour composer le gouvernement, il est probable qu'il y aura une volont√© d'un gouvernement large.

Q - Une coalition annoncée, finalement, il va falloir composer avec le centre droit, le centre gauche aussi.

R - On verra ce que nos amis israéliens décideront.

Q - Mais cela signifie quoi ? Cela veut dire que les Israéliens, aujourd'hui, veulent une autre politique ?

R - Cela signifie s√Ľrement une volont√© de changements de la part d'un certain nombre.

Mais ce qui me frappe aussi, et il faut faire très attention, c'est que, pour nous, l'une des questions majeures, peut-être la question majeure, c'est le conflit israélo-palestinien. Or, dans la campagne, ce thème n'a recueilli qu'un intérêt assez mineur. Or, c'est essentiel. Je souhaite surtout que 2013 ne soit pas une année blanche pour la paix et quelle que soit sa composition, le gouvernement engage très vite, avec les Palestiniens, des négociations qui sont essentielles pour la paix là-bas.

Q - Alors, puisque vous parlez de paix, venons-en √† ce qui se passe en ce moment au Mali. L'UMP d√©nonce ce matin, l'improvisation de l'op√©ration fran√ßaise l√†-bas, c'est un peu, hein, je cite Pierre Lellouche, ancien secr√©taire d'√Čtat aux Affaires europ√©ennes, ¬ęcomme si on allait en Afghanistan tout seul¬Ľ.

R - Le gouvernement a décidé, et je me tiendrai à cette règle, de ne pas entrer dans la polémique. Les Français sont rassemblés autour de cette opération nécessaire, le monde entier est rassemblé.

(...)

Q - On vous soutient de loin.

R - Non non...

Q - Il n'y a pas de troupes autres que les Français.

R - Pas de loin.

Q - Pas de troupes europ√©ennes, sur place au Mali, √† nos c√īt√©s.

R - Les Europ√©ens, et notamment les Allemands, vont envoyer des formateurs pour l'arm√©e malienne. Il y a des √©l√©ments logistiques qui nous sont donn√©s ainsi que des √©l√©ments financiers. J'√©tais samedi √† Abidjan, o√Ļ il y avait une r√©union des chefs d'√Čtat et de gouvernement d'Afrique, tous ont dit : ¬ęBravo la France, merci la France¬Ľ.

(...)

Q - Mais pardon d'insister, si on est en guerre contre le terrorisme...

R - Oui.

Q - ... et c'est bien ce que l'on a entendu, pourquoi est-ce que la France serait toute seule sur le terrain, face aux terroristes ?

R - Mais la France n'est pas toute seule. La France est avec les Maliens, les Tchadiens, les Sénégalais, les Togolais, les Nigériens et les Burkinabés. C'est ce que l'on voit sur le terrain.

Ce qui est vrai, en m√™me temps, c'est que la France agit au nom de la communaut√© internationale, et quand j'entends M. Ban Ki-moon, secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, dire : ¬ęJe f√©licite la France, bravo la France, nous sommes avec vous¬Ľ, je pense que cela relativise un certain nombre de commentaires internes.

Q - Alors, se pose aussi la question des armes venues de Libye, et du coup celle aussi peut-être du financement. Marine Le Pen, qui était invitée sur France Info vendredi dernier, disait à ce même micro, que Paris, finalement, était un peu responsable de ce qui se passait aujourd'hui au Mali.

R - Non, je ne formulerais pas les choses ainsi. À l'époque, vous vous rappelez, au moment de l'intervention en Libye, c'était M. Sarkozy qui était président de la République. Nous, nous étions dans l'opposition et nous avions approuvé, je le rappelle, l'intervention en Libye.

Simplement, je crois que dans la gestion du conflit, on ne s'est pas beaucoup préoccupé de la suite. Il y a eu des interventions aériennes et après on s'est retiré alors qu'il y avait beaucoup d'armes sur place. Il y avait également de nombreuses factions et une grande partie de ces armes se retrouvent aujourd'hui dans le désert et au Mali. Et c'est peut-être cette suite du conflit qui n'a pas été gérée comme il l'aurait fallu.

Q - La Russie commence à évacuer ses ressortissants de Syrie, avec des avions qui ont été affrétés par Moscou et qui sont à Beyrouth en ce moment, pour commencer le rapatriement. C'est le signe, finalement, pour vous, aujourd'hui, que la Russie change de posture, ou pas, vis-à-vis de Bachar Al-Assad ?

R - Nous en discutions, en arrivant, avec Mme Lemaresquier, moi je n'ai pas encore vérification...

Q - Chef du service diplo de France Info.

R - Oui. Je n'ai pas vérification de ces informations, je vais vérifier, je ne peux pas me prononcer là-dessus, simplement...

Q - Mais si c'était le cas ?

R - Avec des ¬ęsi¬Ľ, vous savez, on ne fait pas de diplomatie. Mais, en revanche, j'ai eu mon coll√®gue Sergue√Į Lavrov au t√©l√©phone, r√©cemment et je n'ai pas obtenu d'informations sur cette √©volution. C'est possible et dans ce cas-l√† nous r√©agirons.

Q - Aujourd'hui, la Cour suprême du Mexique doit décider du sort de Florence Cassez. On a dit, évidemment, à maintes reprises, qu'il y avait un espoir pour la France, qui est incarcérée depuis 7 ans. Est-ce que le contexte, aujourd'hui, d'après vous, a vraiment changé, est-ce qu'il est plus favorable qu'hier ?

R - J'attends avec espoir, comme chacun, la d√©cision de la Cour supr√™me. Lorsque le pr√©sident mexicain est venu voir Fran√ßois Hollande, il y a de cela quelques semaines, notre accord a √©t√© de respecter pleinement la d√©cision de la Cour supr√™me. Maintenant, il est vrai que le contexte, pour toute une s√©rie de raisons, appara√ģt plus favorable. Je souhaite √©videmment tr√®s vivement, tout en respectant l'ind√©pendance de la Cour supr√™me, que la v√©rit√© soit reconnue.

Q - Vous avez vu les intentions de David Cameron...

R - Oui.

Q - Oui... Il veut que la population se prononce, par référendum, sur la sortie du Royaume-Uni, de l'Europe.

R - Pas seulement ça...

Q - Il bluffe ?

R - Non, je ne crois pas n√©cessairement, mais il y a une combinaison dans l'esprit des conservateurs britanniques, si j'ai bien compris. D'un c√īt√©, ils disent : ¬ęnous allons faire un r√©f√©rendum¬Ľ, et de l'autre ils r√©p√®tent ¬ęoui, mais un r√©f√©rendum sur des demandes, que nous ferions, nous, Britanniques, o√Ļ toute une s√©rie de comp√©tences de l'Europe seraient supprim√©es¬Ľ c'est-√†-dire une Europe √† la carte. Alors, pour nous c'est non. Nous souhaitons bien s√Ľr que les Britanniques puissent apporter une contribution positive √† l'Europe.

Q - Mais en étant à l'intérieur.

R - Mais on ne peut pas faire l'Europe √† la carte. Si vous voulez, je prendrais une comparaison que nos amis Britanniques vont bien comprendre. Admettons que l'Europe soit un club de football, on adh√®re √† ce club de football, mais une fois que l'on est dedans, on ne peut pas dire ¬ęon joue au rugby¬Ľ.

Q - Donc c'est dangereux pour l'Europe.

R - Oui, mais cela risque d'√™tre dangereux pour la Grande-Bretagne elle-m√™me, parce que ce sera difficile pour la Grande-Bretagne d'√™tre hors de l'Europe. L'autre jour, j'√©tais dans une r√©union o√Ļ il y avait beaucoup de Britanniques, et notamment des hommes d'affaires, et je leur ai dit, avec une certaine astuce : ¬ęSi la Grande-Bretagne d√©cide de quitter l'Europe, nous vous d√©roulerons le tapis rouge¬Ľ./.

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9. UE/Taxe sur les transactions financi√®res - Communiqu√© du minist√®re de l'√©conomie et des finances (Paris, 22/01/2013)

M. Pierre Moscovici, ministre de l'√©conomie et des finances, et M. Beno√ģt Hamon, ministre d√©l√©gu√© aupr√®s du ministre de l'√©conomie et des finances, charg√© de l'√©conomie sociale et solidaire et de la consommation, qui le repr√©sentait aujourd'hui au conseil ECOFIN, saluent la d√©cision du Conseil europ√©en qui a autoris√© aujourd'hui √† la majorit√© qualifi√©e le lancement d'une coop√©ration renforc√©e en mati√®re de taxe sur les transactions financi√®res (TTF).

Le Parlement europ√©en avait donn√© son accord le 12 d√©cembre. Rien ne s'oppose plus d√©sormais au lancement de cette coop√©ration renforc√©e, la premi√®re dans l'histoire de la construction europ√©enne en mati√®re de fiscalit√©. La coop√©ration renforc√©e est une proc√©dure qui permet √† certains √Čtats membres de lancer une action coordonn√©e entre eux, lorsqu'il n'est pas possible d'obtenir la participation de l'ensemble des √Čtats membres.

La Commission doit √† pr√©sent proposer aux onze √Čtats membres participants (France, Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Autriche, Belgique, Slovaquie, Gr√®ce, Estonie, Slov√©nie) les modalit√©s de cette coop√©ration renforc√©e. Pierre Moscovici est pleinement mobilis√© pour un accord rapide en vue d'une mise en oeuvre prochaine de la taxe europ√©enne. En ces jours de c√©l√©bration de l'anniversaire du trait√© de l'√Člys√©e, l'exemple de la TTF souligne la force d'entra√ģnement du couple franco-allemand lorsqu'il oeuvre, avec ses partenaires, √† l'approfondissement de la construction europ√©enne./.

(Source : site Internet du ministère de l'économie et des finances)

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10. Mali - Remarques √† la presse du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 22/01/2013)

(en français et en anglais)

Mesdames, Messieurs,

La France a r√©uni le Conseil de s√©curit√© sur la situation au Mali. Il s'agissait d'une s√©ance publique qui a permis d'entendre le Secr√©tariat des Nations unies mais aussi les pays les plus concern√©s, c'est-√†-dire les pays d'Afrique occidentale. Le Secr√©tariat a cit√© le Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies, M. Ban Ki-moon, qui a ¬ęapplaudi la d√©cision courageuse de la France¬Ľ. Nous avons ensuite entendu la C√īte d'Ivoire, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, le S√©n√©gal, le B√©nin, le Nigeria qui ont tous f√©licit√© la France de son engagement.

Lors des consultations qui ont suivi, la France a continu√© d'informer ses partenaires sur l'op√©ration militaire au Mali dans l'esprit de transparence et de responsabilit√© qui est le n√ītre.

L'op√©ration Serval est aujourd'hui un succ√®s. Son premier objectif a √©t√© atteint : l'offensive terroriste sur le sud est stopp√©e gr√Ęce √† l'action conjointe des forces maliennes et fran√ßaises. Les villes de Diabaly, Konna et Douentza ont √©t√© reprises par les forces maliennes, avec le soutien fran√ßais.

Nous avons remercié nos partenaires de leur soutien, logistique et médical. Nous avons également informé des résultats du sommet extraordinaire de la CEDEAO auquel a participé, à Abidjan M. Laurent Fabius, et qui a montré que l'action de la France, soutenue par l'ensemble des pays africains, a suscité une mobilisation sans précédent de leurs forces.

Les premiers soldats du Togo, du B√©nin et du Nig√©ria se d√©ploient actuellement au Mali. Les troupes tchadiennes, burkinab√© et nig√©riennes sont en route. La C√īte d'Ivoire, le Ghana et d'autres pays de la r√©gion, le Lib√©ria et la Sierra Leone, ont annonc√© une participation.

C'est une v√©ritable mobilisation de l'Afrique aux c√īt√©s de la France. C'est le premier signe visible de la mise en oeuvre de la r√©solution 2085, dont la mise en oeuvre compl√®te reste notre objectif.

*

Ladies and Gentlemen,

France has requested the Security Council to meet today in order to discuss the situation in Mali. This public session presented an opportunity to hear the Organization's Secretariat commitment and I quote the declaration of the Secretary-General who said he ¬ęapplauded France's courageous decision¬Ē.

We also heard all the countries of the region : C√īte d'Ivoire, Senegal, Chad, Burkina Faso, Niger, Benin and Nigeria. They all expressed their appreciation of the French intervention.

In the consultations which followed, France continued informing its partners in a spirit of transparency and responsibility on the conduct of this operation.

We thanked our partners for their logistical and medical support.

This operation has been a success so far. Its primary goal has been met : the terrorist offensive against the South has been stopped thanks to the joint action of the Malian and French forces. The towns of Diabaly, Konna and Douentza have been retaken by the Malian forces, with French support.

I also want to applaud the mobilisation of all our African partners that Mr Laurent Fabius, the French Minister of Foreign Affairs, has seen in the extraordinary summit of the ECOWAS Heads of States in Abidjan a few days ago.

The first troops are being deployed by Togo, Benin and Nigeria. Troops from Chad, Burkina Faso and Niger are on the way. C√īte d'Ivoire, Ghana but also Liberia and Sierra Leone have announced their participation.

It is a real African mobilization to support the French intervention. It is the first visible sign of the implementation of resolution 2085. France's aim is the full implementation of this resolution as quickly as possible.

Q - Monsieur l'Ambassadeur, deux questions. D'abord, avez-vous avancé sur le financement de la MISMA, y a-t-il maintenant de l'argent sur le fonds créé par la résolution ? Et avez-vous été interrogé par le Conseil sur les buts de guerre, y a-t-il eu des questions sur le but final de l'opération de la France ? S'agit-il de reprendre maintenant tous les territoires du Mali ou de s'arrêter à stopper l'offensive vers le Sud ?

R - Nos partenaires n'ont pas posé de questions sur les objectifs de l'opération. L'objectif de l'opération est très clairement la restauration de l'autorité de l'Etat malien sur l'ensemble de son territoire. Ceci doit être fait par les troupes maliennes, les troupes françaises et les troupes africaines ensemble.

En ce qui concerne le financement, il sera d'origines diverses. Il y aura tout d'abord les contributions bilatérales - et nous savons par ailleurs par nos contacts bilatéraux que les Etats-Unis vont contribuer de manière substantielle. Il y aura aussi les contributions de l'Union européenne, en particulier pour le paiement des soldes mais également en termes d'aide humanitaire. Il y aura par ailleurs une conférence des donateurs qui se tiendra à Addis-Abeba le 29 janvier.

Sur la base de ces contributions, nous allons ensuite nous tourner également vers les Nations unies pour voir quels sont les besoins pour avoir un paquet logistique, qui reste une requête de tous les pays africains : tous les pays africains qui ont pris la parole ont demandé un paquet logistique des Nations unies. Il faudra que le Conseil de sécurité se penche sur cette question.

Q - I want to ask about civilian casualties, both of the aerial bombings of Mali and the Malian army you are working with. There are reports of people being rounded up because they were thought to be supportive of the rebellion in Mopti, even French humanitarian organizations like MSF and Action contre la Faim said they couldn't reach areas while they are being bombed. Which steps is France taking to [inaudible] count the casualties and also to avoid them and by its partner, the Malian army ?

R - French forces are acting in respect of the international humanitarian law and of the law of war. This is a military operation ; we are pretty aware of the risks for the civilian population, especially, the risks of human rights violations. That is the reason why when drafting the resolution 2085 - and we were the drafters - , we have introduced significant elements, that had never been introduced before in a UN resolution, requesting UN monitors on the ground. I have, during my intervention today, especially requested the Secretary-General to deploy these UN monitors as quickly as possible.

In our contact with the Malian authorities, we emphasize the need to respect human rights. We know that there are tensions within the Malian population between different groups and we certainly do not want that the period of turmoil that this country is facing could lead to human rights violations. In human terms, in humanitarian terms, it would be against our values.

Q - Could you talk about the differences about what is happening now in Mali and what was being discussed in the most recent Security Council resolutions on Mali : things have certainly accelerated. Did you get the resolution that you wanted with France pushing for a faster response ? Was France planning for an intervention during the drafting of the resolution ?

R - We have drafted three resolutions on Mali since the month of July. All these diplomatic efforts were leading to a longer process, starting with reconciliation between the Malian groups, starting with rebuilding the Malian army. People were discussing and some of them were saying that if there would have been a military intervention, it would have been in September 2013.

Obviously it was not our plan, the plan of France was not to intervene in Mali. It has been stated in the clearest way by my political authorities. We had to rush because suddenly there was an offensive by armed groups, by terrorist groups and suddenly ¬Ėone week ago now- we had the prospect of the terrorist groups rushing to Bamako with the collapse of Mali. That is the reason why we took this very difficult decision. It is not easy for any Head of State to send its soldiers in a military operation, but we considered it was necessary.

We want to come back as soon as possible to the full implementation of 2085, which means giving the Malian and African forces the responsibility of defending the territorial integrity of Mali and fighting the terrorist groups.

Q - Concernant la MISMA, il semble qu'on soit maintenant à 6 000 soldats promis par les pays africains, ça dépasse de loin les 3 000 soldats qui étaient dans la résolution... Faut-il une nouvelle résolution et surtout, est-ce que cela avait été une sous estimation des besoins en hommes dans la première résolution ?

R - Il n'est pas mention 3.000 soldats dans la résolution. Il n'y a pas de plafond dans la force. Il n'y a pas de chiffres dans la résolution. Deuxièmement, il n'y a pas eu de sous-estimation des besoins : les chiffres de 3.000 hommes qui circulaient étaient peut-être une sous-estimation de la mobilisation des Africains. 6.000 hommes, ce n'est pas ce que nous demandons, c'est ce que les Africains offrent à ce stade : il y a une véritable mobilisation de l'ensemble des pays africains de la région qui, à la suite de cette attaque, ont réalisé à quel point la menace était grave pour l'ensemble de la région. Je le répète, c'est une mobilisation sans précédent des pays africains, de l'Afrique occidentale, et au-delà. C'est la raison pour laquelle, en ajoutant les contingents promis, - de nouveau ce ne sont pas nous qui demandons, ce sont les Africains qui proposent - on arrive en effet à un chiffre entre 5.500 et 6.000.

Q - About the increasing concerns expressed by Egypt and Turkey about the intervention, are you speaking to other countries to examine their position ?

R - President Morsi will go to Paris, it will be a good opportunity to have a dialogue with our Egyptians friends./.

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11. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - D√©placement au Burkina Faso de M. Canfin - Taxe sur les transactions financi√®res/D√©cision du Conseil de l'Union europ√©enne - Bahre√Įn - Cor√©e du Nord/Programmes nucl√©aire et balistique - Ukraine - Royaume-Uni (Paris, 23/01/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Déplacement au Burkina Faso de M. Pascal Canfin (23-24 janvier 2013)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, se rend les 23 et 24 janvier au Burkina Faso en compagnie de Mme Kristalina Georgieva, commissaire européenne chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises.

Après un entretien avec le président du Burkina Faso, M. Blaise Compaoré, le ministre délégué et la commissaire européenne rencontreront des responsables d'organisations non gouvernementales à vocation humanitaire ainsi que des représentants des agences des Nations unies afin de faire le point sur les questions liées à l'accueil des réfugiés maliens dans les pays frontaliers du Mali.

Ils se rendront également dans un camp du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Selon le bureau conjoint des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA), le Burkina Faso accueille aujourd'hui plus de 40.000 réfugiés maliens.

Mobilisée en faveur de la population malienne, la France a apporté en 2012 une aide humanitaire de 24 millions d'euros à travers l'Union européenne, les agences des Nations unies et les organisations non gouvernementales. Ces fonds permettent notamment de fournir de l'aide alimentaire, des soins médicaux ou de scolariser les enfants des familles réfugiées.

2 - Taxe sur les transactions financières - Décision du Conseil de l'Union européenne (22 janvier 2013)

Le Conseil affaires économiques et financières de l'Union européenne a approuvé hier la décision autorisant l'engagement d'une coopération renforcée pour mettre en place une taxe sur les transactions financières.

La France, qui avait pris avec l'Allemagne l'initiative sur ce sujet, salue ce vote au Conseil de l'Union européenne venant après une large approbation du Parlement européen en décembre.

Il appartient désormais à la Commission européenne de présenter une proposition de directive établissant la taxe sur les transactions financières. Nous souhaitons que cela soit fait le plus rapidement possible. Notre objectif est de mettre en oeuvre au plus vite cette taxe.

Au-delà des onze pays qui participent à cette initiative, nous appelons l'ensemble de nos partenaires à nous rejoindre.

3 - Bahre√Įn - Ouverture du dialogue national

La France salue l'invitation adress√©e par le Roi Hamad √† l'ensemble des forces politiques bahre√Įniennes de participer √† un nouveau dialogue national.

Il importe d√©sormais que les autorit√©s et l'opposition s'engagent dans cette voie et mettent en place les r√©formes qui permettront de prendre en compte les aspirations de l'ensemble des Bahre√Įniens. Seule la reprise d'un dialogue inclusif favorisera la r√©conciliation nationale et garantira un apaisement durable des tensions, dans le respect des droits de l'Homme et de l'√Čtat de droit.

4 - Corée du Nord - Programmes nucléaire et balistique

La France rappelle sa condamnation du lancement d'une fusée longue-portée le 12 décembre par la Corée du Nord. Elle exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique.

La France salue l'adoption à l'unanimité, le 22 janvier, par le Conseil de sécurité des Nations unies, de la résolution 2087 condamnant la Corée du Nord pour son tir effectué le 12 décembre 2012 en violation des résolutions 1695, 1718 et 1874 du Conseil de sécurité.

Cette résolution met en place un renforcement des sanctions contre la Corée du Nord avec notamment l'inscription de nouveaux individus et entités, et l'adoption de mesures de vigilance accrues dans le domaine financier. Ces mesures constituent une réponse ferme de la communauté internationale au dernier tir nord-coréen.

Nous appelons √† nouveau instamment la Cor√©e du Nord √† s'abstenir de tout geste risquant d'accro√ģtre davantage la tension dans la p√©ninsule cor√©enne et de porter atteinte √† la paix et √† la s√©curit√© internationale.

5 - Ukraine

Q - Avez-vous une réaction après les graves accusations dont a fait l'objet Ioulia Timochenko ?

R - Nous déplorons vivement cette nouvelle mise en examen de Mme Ioulia Timochenko dans le cadre de l'affaire Chtcherban. Nous rappelons les préoccupations déjà exprimées par la France et ses partenaires européens face aux procès manifestement inéquitables et politiquement orientés visant Mme Ioulia Timochenko et d'autres personnalités de l'opposition.

Nous n'avons cess√©, depuis un an et demi, d'appeler l'Ukraine √† mettre fin au fonctionnement arbitraire de la justice et √† se conformer aux principes de l'√Čtat de droit et √† ses obligations internationales.

Les autorités ukrainiennes disent souhaiter la poursuite du rapprochement de leur pays avec l'Union européenne et parvenir à une signature rapide de l'accord d'association UE-Ukraine. À un mois du sommet UE Ukraine du 25 février prochain, il est temps pour elles de le démontrer.

6 - Royaume-Uni

Q - Avez-vous une réaction après le discours de David Cameron et la confirmation de sa volonté d'organiser un référendum au Royaume-Uni sur l'appartenance à l'Union européenne ?

R - Comme l'a dit le ministre ce matin, nous souhaitons que les Britanniques puissent apporter une contribution positive à l'Europe. Il ne peut toutefois y avoir d'Europe à la carte./.

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12. Nominations (Paris, 23/01/2013)

Le Journal officiel du 23 janvier 2013 publie la nomination de M. Etienne de Montaigne de Poncins, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République fédérale de Somalie.

Le Journal officiel du 23 janvier 2013 publie la nomination de M. Michel Duclos, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la Principauté de Liechtenstein, en remplacement de M. Alain Catta./.

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13. Communiqu√© du Conseil des ministres - Mesures d'ordre individuelles - extraits - (Paris, 23/01/2013)

Le Conseil des ministres a adopté les mesures individuelles suivantes :

Sur proposition du ministre des affaires étrangères :

- Mme Michèle Ramis, ministre plénipotentiaire de 2ème classe, est nommée ambassadrice chargée de la lutte contre la criminalité organisée ;

- M. Jacques Lapouge, ministre plénipotentiaire de 1ère classe, est nommé ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique./.

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