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Bulletin d'actualités du 18 janvier 2013


Sommaire



1. Algérie-Mali-Portugal - Conférence de presse du président de la République, M. François Hollande et du Premier ministre du Portugal, M. Pedro Passos Coelho - Propos de M. Hollande - (Paris, 17/01/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai reçu le Premier ministre portugais ce matin dans le cadre d'un déplacement qui était prévu depuis plusieurs semaines et qui s'inscrit dans les bonnes relations que nous avons entre nos deux pays et qui, en outre, permettent à la France comme au Portugal d'avancer sur la voie de la réorientation de l'Europe et de la stabilité de la zone euro.

Mais vous comprendrez bien que, dans le contexte d'aujourd'hui, nous avons évoqué le Mali, l'intervention que la France a décidée au nom de la communauté internationale, la préparation de la force dite MISMA - la force africaine pour l'essentiel - qui se met en place et l'objectif qui doit être le nôtre : non seulement arrêter l'agression terroriste, c'est en train d'être fait, mais permettre le retour à l'intégrité du Mali et la préparation d'échéances politiques qui permettront à la démocratie dans ce pays, qui a été longtemps exemplaire, de retrouver tout son rayonnement.

Il y a également ce qui se passe en Algérie sur un site gazier. La situation y est confuse. Je suis en contact permanent avec les autorités algériennes pour que l'issue la meilleure puisse être trouvée. Mais vous comprendrez bien que, dans ces moments, le mieux est de n'en dire que le moins. Je ne donnerai donc aucune précision sur le nombre de nos compatriotes qui pourraient être éventuellement détenus ou retenus. Ce qui compte, c'est de permettre aux Algériens de pouvoir les libérer.

Je dois dire que le Portugal nous a apporté, ce matin, son soutien le plus total, pour l'intervention que nous faisons au Mali avec les Européens, tous cohérents derrière nous. Parce que c'est une solidarité qui s'impose dans l'épreuve. La lutte contre le terrorisme, on le voit, n'a pas de frontières.

Elle nous concerne tous et ce que nous faisons au Mali n'est pas simplement lié à ce pays. On voit bien que nous avons des réseaux terroristes qui, suite notamment à ce qui s'est passé en Libye l'année dernière, se sont installés sur une large partie de l'Afrique de l'Ouest et tentent de déstabiliser des États et d'organiser des trafics. Notre devoir, c'est d'y mettre un terme et la France prendra toute sa place.

(...)

Avant de répondre à vos questions je voudrais revenir sur les trois points qui ont été évoqués lors de notre rencontre, au-delà de ce que j'ai dit du Mali et de la prise d'otages en Algérie.

D'abord, nous nous sommes félicités de nos relations bilatérales. Entre la France et le Portugal il y a des rapports fondés sur l'Histoire, sur une culture commune et aussi sur des hommes et des femmes qui ont migré à un moment, se sont installés en France, ont fondé des familles et parfois sont retournés au Portugal. Nous avons 500.000 ressortissants portugais en France qui ont parfois la double nationalité. Si l'on compte les descendants, cela représente un million et demi de personnes. C'est dire si nous sommes liés par ces forces humaines qui ont contribué à ce qu'est la France aujourd'hui.

Nous avons aussi insisté sur nos langues - française mais aussi portugaise - qui doivent être enseignées dans nos deux pays pour que nous puissions garder, à la fois, les liens et le sens de cette relation exceptionnelle.

Le second sujet a été la zone euro. Nous avons travaillé ensemble ces derniers mois pour introduire des mécanismes de stabilité et aussi pour définir un pacte de croissance. La France comme le Portugal ont besoin de cette stabilité et de cette croissance. Nous avons maintenant l'union bancaire que nous devons mettre en place - le plus vite sera le mieux - et nous avons déjà tous les actes qui nous permettent de poser cette union et ce sera donc au cours de l'année 2013 que nous mettrons effectivement en place cette supervision puis, après, la résolution bancaire.

Et enfin j'ai souligné les efforts accomplis par le Portugal - efforts difficiles, rudes, avec des conséquences pour la population - mais qui commencent à porter leurs fruits. Le Portugal aura bientôt accès aux marchés - d'ici la fin de l'année, en tout cas c'est ce à quoi vous travaillez et nous sommes d'accord sur la perspective.

Enfin, nous avons les mêmes positions sur le budget européen : nous voulons qu'il soit suffisant, même s'il doit y avoir des économies - c'est nécessaire - et que la politique agricole commune comme les fonds de cohésion doivent être préservés, parce que ce sont des outils de croissance et au Portugal et en France.

Nous pouvons répondre à vos questions.

Q - Monsieur le président, la semaine dernière, Jean-Claude Juncker a défendu la modification des conditions de l'ajustement financier portugais comme récompense pour avoir atteint les objectifs de Commission européenne, de la BCE et du FMI. Êtes-vous d'accord avec cela ? Et une petite question à Monsieur le Premier ministre : au Mali, est-ce que le Portugal ne pourrait pas apporter un autre type d'aide à l'État français que la formation dans le cadre de la guerre en cours ? Je pense à un soutien médical par exemple.

(...)

(...)

Je réponds à votre première question sur la proposition de M. Juncker. Je crois qu'elle est bonne et qu'elle va dans le sens souhaité. Il exprimait là, je l'espère, ce qui pourrait être la position de l'Eurogroupe le moment venu.

Sur la question du soutien que la France attend des Européens, je veux y répondre avec le plus de clarté possible. Lorsque la France a décidé d'intervenir, dans les circonstances que l'on sait, suite à une agression terroriste et à la demande du Mali, nous avons pris cette décision en plein soutien avec les Européens. C'était une anticipation par rapport à ce qui devait se faire et qui était prévu par les résolutions du Conseil de sécurité, c'est-à-dire permettre aux forces maliennes de se constituer, engager une force internationale essentiellement composée de contingents africains, afin de permettre le retour à l'intégrité du Mali.

Les Européens avaient une mission dans le cadre de cette opération - avant même qu'elle ne soit accélérée - c'était de former les troupes maliennes pour qu'elles remplissent leur objectif. C'est exactement ce qui va se faire aujourd'hui. Tous les Européens vont donc être mobilisés pour la formation de l'armée malienne qui doit assurer le retour à l'intégrité du Mali.

Certains pays européens font davantage notamment par rapport à des matériels qui peuvent nous être apportés ou qui peuvent être donnés aux troupes africaines. Cela peut être des avions de transport pour mettre les troupes, le plus rapidement possible, en situation ; cela peut être des avions ravitailleurs, cela peut être également du matériel militaire, mais aussi de l'aide humanitaire - et nous en avons besoin.

Et puis il y aura une conférence qui sera organisée pour qu'il y ait des dons qui puissent être apportés. Non pas pour financer cette opération, mais pour permettre au Mali, ensuite, d'assurer au mieux l'après-intervention. Je salue donc ce que vient de dire le Premier ministre portugais car il est pleinement dans la ligne fixée. Les Européens doivent d'abord former les troupes, les forces maliennes, qui sont sur le terrain au Mali, pour restaurer l'intégrité territoriale du pays.

Q - Vous avez dit en préambule que vous ne souhaitiez pas communiquer le nombre de ressortissants français qui seraient aux mains des islamistes en Algérie. Est-ce que vous pouvez nous dire néanmoins s'il y a effectivement des ressortissants français aux mains des islamistes ? Certains se seraient échappés, un autre a eu un contact avec une rédaction française. Seconde question, pouvez-vous nous dire si la France et vous-même avez pris des mesures, compte tenu des engagements Français en première ligne au Mali, pour assurer la sécurité des Français ici même ou à l'étranger ?

R - D'abord, la situation est très confuse sur ce site. Elle évolue heure par heure. Dès lors, toute communication pourrait apparaître presque comme dépassée par les évènements. Ensuite, j'ai à l'esprit la vie de nos ressortissants. Il y en avait, il y en a sur cette base, sur ce site. À partir de là, je ne dis rien qui puisse éventuellement les mettre en danger.

Je fais toute confiance aux autorités algériennes. Je suis en contact avec elles. Je fais toute confiance aux autorités algériennes pour trouver les solutions les meilleures pour mettre un terme à cette prise d'otages.

Sur votre question concernant la sécurité de nos compatriotes, où qu'ils se trouvent et d'abord ici, sur notre territoire. Le plan Vigipirate a été renforcé, les infrastructures de transport font l'objet de surveillance, les bâtiments publics également. Nos services sont également alertés par rapport à tout ce qui pourrait être résurgence de je ne sais quel phénomène terroriste.

Sur la sécurité de nos ressortissants à l'étranger. Là encore, des mesures ont été prises aussi bien pour nos ambassades, consulats et un certain nombre de bâtiments. Nous avons demandé aux entreprises d'être également très attentives par rapport à tout risque et toute menace. Enfin j'ajoute qu'il y a des lieux, des pays, où mieux vaut que notre présence ne soit pas, dans cette période, trop importante. Je fais confiance également à la lucidité et à la conscience de chacun pour ne pas faire de tourisme là où il n'y a pas nécessité à visiter des sites.

Q - Au Portugal, on a coupé les salaires, les pensions, les allocations sociales de chômage. Croyez-vous que ces réformes puissent être possibles en France ?

(...)

R - J'ai confiance dans le retour sur le marché du Portugal, parce qu'il y a eu un ajustement des mesures de redressement avec un coût social très élevé. Vous me posez la question de savoir si la France pourrait prendre cet exemple. Non, parce que les niveaux de dette ne sont pas comparables, parce que les situations économiques sont différentes. Mais c'est parce que nous voulons éviter d'arriver à ces solutions là qu'il faut prendre le problème le plus rapidement possible et le plus efficacement possible.

Voilà pourquoi nous avons nous-mêmes, en France, réduit notre déficit, maitrisé notre dette et fait l'effort de compétitivité. Mieux vaut prendre les mesures avant parce que quand on attend trop, elles peuvent être extrêmement douloureuses.

J'ai confiance parce que la zone euro est en train de retrouver sa stabilité, des mesures ont été prises pour soutenir la croissance. Il y a un environnement économique qui va être encore difficile au premier semestre de cette année mais qui peut s'éclairer vers la fin de l'année. C'est pour cela que nous sommes attentifs à la situation du Portugal, qui a connu une récession en 2012 et qui doit retrouver un début de reprise à la fin de l'année 2013.

Nous avons besoin aussi d'une activité économique en Europe plus forte, parce que si les pays font de la récession, cela a des conséquences sur notre propre croissance et nous l'avons constaté en 2012. Cela vaut également pour l'Allemagne qui a connu une croissance faible en 2012 à cause effectivement d'une demande extérieure qui a été moins forte qu'attendue.

Merci à vous./.

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2. Syrie/Décès d'Yves Debay - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 18/01/2013)

Le Président de la République exprime, au nom de la France, sa très vive émotion après la mort de M. Yves Debay, journaliste français tué à Alep en Syrie alors qu'il était en reportage.

La France condamne cet acte odieux et exprime à la famille et aux proches d'Yves Debay ses condoléances, sa sympathie et sa solidarité.

La France rend hommage à Yves Debay et aux autres journalistes qui, en Syrie, paient de leur vie leur engagement au service de la liberté de l'information./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Diplomatie économique - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères (Paris, 18/01/2013)

Madame la Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Cher(e)s Ami(e)s,

Je remercie ma collègue et amie Nicole Bricq de son invitation à venir m'exprimer devant vous. Je salue les chefs d'entreprise avec lesquels le quai d'Orsay travaille.

Vous êtes des acteurs expérimentés du commerce extérieur et du soutien à nos entreprises à l'international. J'ai, comme vous le savez, fait de la diplomatie économique une priorité de mon action de ministre des affaires étrangères. Je suis donc heureux de pouvoir échanger avec vous au sujet de ce rôle renforcé assigné au Quai d'Orsay dans le soutien à nos entreprises et le développement des investissements étrangers en France, en coopération étroite avec le ministère du commerce extérieur et vos services.

Le président de la République a fait du redressement économique du pays la priorité de notre action. Tous les ministères doivent y contribuer, notamment celui des affaires étrangères. Il serait paradoxal que le quai d'Orsay, ministère des crises partout dans le monde et de l'action extérieure de la France, ne se préoccupe pas de la crise la plus grave, la crise économique et de l'action économique. C'est pour répondre à cette priorité que nous mettons en oeuvre un plan d'action pour la diplomatie économique dont vous connaissez les grandes lignes et que je souhaite évoquer avec vous aujourd'hui.

* *

Je ne reviendrai pas longuement sur le constat, que vous connaissez comme moi. Notre pays dispose d'atouts majeurs - grandes entreprises leader dans leur domaine, PME innovantes, infrastructures performantes, main d'oeuvre qualifiée, recherche de premier plan - mais depuis 10 ans, notre compétitivité s'est dégradée. Juge de paix en la matière, le déficit commercial - la plupart d'entre vous se souviendront que le même solde était positif il y a dix ans.

Le gouvernement a pris la mesure du problème. L'objectif fixé par le Premier ministre est de retrouver l'équilibre de notre balance commerciale hors énergie en 2017. Les clés de notre croissance résident dans la performance de notre appareil productif, dans notre aptitude à conquérir les marchés internationaux et dans notre capacité à attirer investisseurs et entreprises. Depuis mai 2012, de nombreuses décisions ont été prise : le pacte pour la croissance, la compétitivité et l'emploi, qui reprend quasiment toutes les mesures préconisées dans le rapport Gallois, un plan pour les investissements d'avenir, la création de la BPI, etc. Cela s'est également traduit par un effort pour mieux organiser le soutien public à nos entreprises à l'étranger et développer l'attractivité de la France : c'est là le rôle de notre diplomatie économique.

Pour atteindre cet objectif, il faut effectivement mobiliser tous nos outils. Nicole Bricq et le ministère du commerce extérieur ont élaboré un plan export, ciblant à la fois des secteurs prioritaires et des pays à fort potentiel. J'ai pour ma part décidé de mobiliser davantage et mieux notre diplomatie sur les objectifs économiques. Nos administrations et nos réseaux - affaires étrangères, services économiques extérieurs, opérateurs du commerce extérieur, etc. - ont chacun des missions spécifiques, elles sont complémentaires. Nous sommes d'ailleurs habitués de longue date à travailler ensemble, car la diplomatie ne m'a pas attendu pour s'intéresser à l'économie. Il n'y a donc pas lieu de s'engager dans je ne sais quel meccano institutionnel ; l'important est que chacun fasse son travail dans un esprit de coopération.

Le coeur de métier du ministère du commerce extérieur, de ses services et de ses opérateurs, c'est le soutien à l'export, notamment par moyen d'instruments financiers qui permettent financement, portage, garanties. Vous êtes et vous resterez le bras armé de la diplomatie économique. Notre diplomatie a un rôle large et décisif, qui est celui de mobiliser tous nos outils d'influence et de rayonnement au service de nos entreprises et aussi de l'attractivité de notre territoire. Elle a un rôle aussi plus spécifique, c'est le soutien diplomatique aux entreprises. Quand il est besoin d'une intervention, la mobilisation directe de l'ambassadeur est en général un canal efficace.

J'ajoute que le réseau du commerce extérieur a fait des choix stratégiques quant à sa présence et concentrés ses moyens dans un certain nombre de pays prioritaires, comme d'ailleurs d'autres réseaux publics à l'étranger. Le réseau diplomatique est lui resté «universel» et entend le rester. Il peut donc apporter un soutien local utile à nos entreprises dans ce qu'on appelle les «postes orphelins», c'est-à-dire privés de votre présence.

De même que le gouvernement est par nature une équipe et fonctionne en équipe, dirigée par Premier ministre, l'administration française doit travailler en équipe pour aider nos entreprises dans leurs activités à l'étranger, équipe qui a un chef, l'ambassadeur.

* *

Comme je le disais, l'investissement de nos ambassadeurs et de l'ensemble de notre réseau diplomatique au service de nos entreprises n'est pas nouveau.

Mais dans plusieurs domaines, il m'est apparu nécessaire de faire plus et mieux.

1) J'ai souhaité généraliser et développer le «réflexe économique» au sein de notre réseau diplomatique, et vous êtes évidemment au coeur de ce processus :

- Des personnalités à l'expertise reconnue ont été nommées pour accompagner la relation économique dans certains pays clefs : M. Louis Schweitzer pour le Japon, Mme Aubry pour la Chine, M. Jean-Pierre Raffarin pour l'Algérie ou dernièrement M. Jean-Pierre Chevènement pour la Russie et M. Philippe Faure pour le Mexique.

- Les ambassadeurs, placés à la tête de «l'équipe France de l'export», doivent réunir un conseil économique, permettant un dialogue stratégique, régulier et direct entre les entreprises françaises présentes et l'ensemble des acteurs et services de l'ambassade présents sur place, ainsi que certains éventuels experts (économistes, personnalités qualifiées...). Je vous invite donc à vous mobiliser pour participer activement à ces conseils économiques.

- En France, des ambassadeurs seront mis à la disposition des régions qui le souhaitent pour faciliter le soutien de leurs entreprises à l'international. Un certain nombre de régions en ont déjà fait la demande. Ils le feront en coordination avec vous et vos services autant que nécessaire. Cette nouveauté a pu susciter des interrogations. L'idée est simple : il s'agit de faciliter le rapprochement des trois acteurs du triangle : les entreprises des territoires, les collectivités locales en particulier les régions, et le Quai d'Orsay, en chargeant quelques ambassadeurs, qui ont la connaissance de notre réseau diplomatique, de développer la relation entre les territoires et leurs acteurs économiques d'un coté, et le réseau diplomatique de l'autre. C'est donc un appui complémentaire de celui que peuvent apporter, par exemple, les Chambres de commerce ou Ubifrance.

- Pour assurer le suivi du plan d'action, une structure dédiée aux entreprises, la direction des entreprises et de l'économie internationale, est créée au Quai d'Orsay. Elle réunit l'ensemble des services compétents en matière économique. J'ai nommé Jacques Maire à sa tête, diplomate passé par le privé. J'ai souhaité que son directeur adjoint puisse venir de votre administration. Elle pourra également y accueillir les agents de votre administration en mobilité ou en détachement qui le souhaitent : nous connaissons et apprécions vos compétences, et les échanges humains sont nécessaires pour bien travailler ensemble. Elle sera le point d'entrée au Quai d'Orsay des entreprises, grands groupes mais également PME, pour exprimer leurs attentes et leurs préoccupations, concernant leurs intérêts spécifiques mais aussi les sujets liés à la régulation et aux négociations d'accords susceptibles d'avoir un impact sur leurs activités, en étroite coopération avec la direction du Trésor. Ce sera enfin un interlocuteur à votre disposition autant que de besoin. Nous savons d'ailleurs le faire sur les affaires économiques internationales : la collaboration fructueuse entre les services de cette direction et ceux de la DG Trésor sur des affaires économiques essentielles comme le G20 ou l'OCDE le prouve.

- Ces évolutions permettront de mieux associer les acteurs économiques à la préparation des grandes échéances internationales et au suivi des enjeux globaux où nos intérêts économiques sont en jeu.

2) Sur cette base, il est aussi nécessaire de renforcer notre coopération, Mme Bricq et moi-même y veilleront. Le ministère des affaires étrangères adopte le «réflexe économique» ; je vous propose de prendre le «réflexe diplomatique». Nous devons partager plus qu'un plan d'action économique commun.

- Un pôle de diplomatie économique réunira autour du capitaine de l'équipe de France de l'export, l'ambassadeur, l'ensemble des services de l'ambassade concernés par la diplomatie économique, à commencer bien sûr par vous dans les pays bénéficiant de votre présence.

- Il serait utile qu'un plan d'action pour la diplomatie économique commun à nos deux ministères soit réalisé ensemble et valable pour l'ensemble de l'ambassade. Dans les pays où les services économiques que vous dirigez sont présents, vous serez mobilisés au premier chef. Des objectifs partagés seront fixés. Un suivi commun de la direction générale du Trésor et de la direction des entreprises et de l'économie internationale sera réalisé annuellement.

- C'est en effet je crois le meilleur moyen de renforcer notre coopération : s'assurer de l'unité de nos objectifs, de notre action et de son suivi. Cela vaut notamment pour nos priorités géographiques. Aujourd'hui, ce sont les pays en développement et les pays émergents qui connaissent les taux de croissance les plus élevés. Les économies émergentes sont désormais porteuses de la moitié de la croissance mondiale. Nous devons relever le défi de la mondialisation économique là où elle se joue. Nous devons être beaucoup plus présents en Asie notamment, et aussi en Afrique.

3) Mieux prendre en compte la promotion de nos intérêts économiques c'est également mettre nos outils d'influence au service de nos entreprises et de l'attractivité de notre territoire. Ceux-ci sont nombreux et importants pour nos entreprises.

- J'ai demandé que notre réseau culturel contribue à la valorisation de la marque France, par le rayonnement culturel et la promotion de l'art de vivre à la française qui sont des atouts précieux pour nos entreprises. Les cofinancements privés de programmes culturels, qui ont atteint 145 millions d'euros en 2012, continueront car ils permettent d'accompagner l'expansion des entreprises sur des marchés stratégiques.

- Les ambassades disposent de crédits pour la formation des étudiants étrangers, puisque près de 93 millions d'euros sont affectés par la France à la coopération universitaire. Plusieurs postes ont déjà développé des programmes de bourses cofinancées et je souhaite que ce partenariat soit étendu. Nous devons poursuivre la réorientation des bourses vers les pays à fort potentiel et les disciplines correspondant à nos intérêts économiques. Un étudiant étranger formé en France, un ingénieur par exemple, sera demain le meilleur avocat de notre langue, notre pays, et aussi de nos technologies et de nos entreprises.

- Parmi nos outils d'influence, nous disposons des services scientifiques à l'étranger. Nous devons les rapprocher des entreprises et les positionner au plus près des pôles de R&D de niveau mondial, afin d'en faire des instruments de soutien aux efforts de recherche et de développement de nos entreprises.

- La France dispose également du réseau scolaire à l'étranger le plus étendu du monde, puisqu'il comporte, outre les Alliances françaises, 490 écoles dans 130 pays et accueillent 300.000 élèves soit une augmentation de 50 % en 20 ans. Ce réseau est là pour accompagner l'évolution des communautés françaises à l'étranger. Son développement doit s'opérer en lien étroit avec les besoins des entreprises.

- Il importe que nos consulats soient parfaitement informés de demandes spécifiques des acteurs économiques lors des demandes de visas afin que les entreprises et les principaux investisseurs voient leur séjour en France facilité. Nous travaillons avec le ministre de l'Intérieur à un changement de perspective en la matière : l'enjeu de l'attractivité doit dorénavant être un paramètre de l'attribution des visas.

- La francophonie représente pour notre pays un atout important, notamment économique. Dans le cadre de notre diplomatie francophone, nous conforterons la dimension économique de l'espace francophone et développerons les mécanismes de coopération économique dans ce cadre. Cet espace représente 15 % de la richesse mondiale !

- Nous menons aussi une diplomatie du développement active et reconnue. Je souhaite que nous l'articulions mieux avec nos intérêts économiques. Il s'agit de ne pas être plus naïfs que nos pays amis et néanmoins concurrents dans la mondialisation. Des orientations seront données en ce sens, en particulier, à l'Agence française de développement.

* *

Mesdames et Messieurs,

Notre réussite sera collective, elle impliquera autant votre réseau que celui des Affaires étrangères, elle vise à développer une culture de coopération entre nos compétences, nos ressources et nos expertises respectives, qu'il faut conjuguer. C'est ensemble, unis et mieux coordonnés, que nous réussiront à progresser et à faire progresser nos entreprises face à la compétition internationale. Quand, avec Nicole Bricq, nous sommes intervenus en novembre dernier pour soutenir l'offre industrielle française accompagnant le processus démocratique au Kenya, cela a pesé et je crois même que cela a été décisif. À cette occasion, comme dans beaucoup d'autres, nous avons su dépasser telles ou telles réticence et travailler ensemble.

Je connais bien cette maison qui est la vôtre. Je sais votre sens du service public et votre grande compétence. Je compte sur votre mobilisation et votre coopération, dans l'intérêt de la France. /.

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4. Francophonie - Voeux de la ministre déléguée, chargée de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, aux acteurs de la francophonie (Paris, 17/01/2013)

 Mesdames et Messieurs les Représentants personnels,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

En mai dernier le président de la République François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault m'ont confié ce grand ministère de la francophonie.

La francophonie, c'est avant tout un espace composé de 77 pays. Nous, francophones, nous sommes aujourd'hui 220 millions de francophones dans le monde ; en 2050 nous serons 750 millions, dont 80 % en Afrique. La francophonie, c'est un champ d'action pour une politique solidaire, culturelle, éducative et économique à laquelle nous croyons et que vous contribuez à faire rayonner chaque jour. La langue française, aujourd'hui n'appartient pas à la France. Elle est aussi une langue africaine, une langue asiatique, une langue du monde. Elle s'est débarrassée des oripeaux du colonialisme. C'est une langue égalitaire qui se parle à hauteur d'hommes.

Être ministre de la francophonie, c'est contribuer à faire rayonner plus encore les valeurs que nous défendons comme les droits de l'Homme, la démocratie, le dialogue des cultures, l'ouverture à l'autre.

J'aimerais vous remercier toutes et tous pour le travail formidable que vous accomplissez quotidiennement pour cette noble cause. Je souhaite tout d'abord remercier chaleureusement le président Abdou Diouf et les équipes de l'Organisation internationale de la francophonie. Ce midi, j'étais dans la Maison de la francophonie, invitée par le Secrétaire général. Nous avons évoqué les grands enjeux de la francophonie qui nous occuperont dans les semaines et les mois qui viennent.

Je vous remercie toutes et tous, vous qui représentez les opérateurs de la francophonie.

Je souhaite également remercier l'ensemble des collaborateurs du Quai d'Orsay qui ici à Paris, à Nantes ou dans le monde entier font un travail admirable au service de la France. Je les remercie pour leur appui, leur engagement, leur enthousiasme, et leur expertise. Sans votre travail, rien ne serait possible.

Plus largement, je remercie cette grande famille francophone dont vous êtes les représentants aujourd'hui. Quelque soit votre fonction, quelque soit votre métier, vous êtes les passeurs de cette francophonie dont nous sommes si fiers.

Merci à vous toutes et tous.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

La francophonie est notre force. Nous travaillons tous à son rayonnement. La francophonie est dynamique, ouverte, tournée vers l'avenir. Loin des idées reçues, la francophonie ne régresse pas. Bien au contraire. La francophonie se développe et nous nous devons d'accompagner ce développement. Nous ne devons pas être de simples spectateurs. Nous devons êtres des acteurs de promotion, des acteurs de projets, des acteurs ambitieux.

Pour accompagner cette volonté, j'ai effectué, ces huit derniers mois, 22 déplacements pour aller à la rencontre de toutes celles et tous ceux qui, comme vous, font vivre la francophonie dans le monde. De Tunis à Shanghai, de Kinshasa à New York, de Dakar à Beyrouth, je me suis entretenue avec de nombreux dirigeants politiques, acteurs du monde de la culture et des arts, humanitaires, professeurs de français, formateurs, entrepreneurs, associatifs, étudiants...

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

2012 a bien sûr été l'année du sommet de Kinshasa. Un sommet important qui a failli ne jamais avoir lieu. Un sommet très attendu en Afrique et pour lequel je me suis battue, persuadée qu'on ne gagne jamais à mener la politique de la chaise vide. Ce sommet a été un véritable succès.

Il a aussi été l'occasion pour la RDC d'adopter deux lois qui permettent renforcer le fonctionnement démocratique de ses institutions démocratiques. C'est une première avancée. D'autres suivront.

Je ne peux pas parler de la République démocratique du Congo sans évoquer la situation dans les Kivus. C'est en juillet 2012 en me rendant sur place que je me suis rendue compte de la gravité de la situation. Une guerre sévissait dans cette région. Une guerre oubliée des écrans radar des grands médias mais une guerre dans laquelle des milliers de femmes étaient violées, abîmées, exclues, contaminées par le Sida. Une guerre où le viol était devenu une stratégie militaire avec une planification et laissant son lot de désolations. Une guerre aussi où les victimes étaient des enfants, violés eux aussi ou enrôlés de force dans des milices ou des groupes armés, forcés à devenir des assassins.

Ce n'était peut être pas mon rôle mais cette guerre, comme d'autres aujourd'hui, se déroulait dans l'espace francophone. Il fallait faire sortir cette guerre du silence qui l'enveloppait. Avec Laurent Fabius, nous avons entrepris de relancer des projets de résolutions aux Nations unies pour condamner ces crimes, l'action des groupes armés et appeler à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans cette région. Et ces textes ont été votés par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Et c'est pour cela que je me suis rendue à Goma auprès de ces femmes violées au lendemain du Sommet de la Francophonie. Je m'y suis rendue pour témoigner. Je me suis rendue dans un camp de réfugiés qui accueillait plus de 70.000 personnes dans des conditions difficiles. Je suis allée là bas en apportant 2.000.000 euros pour soutenir les agences des Nations unies et les Organisations non gouvernementales. C'est certes une goutte d'eau mais cette goutte d'eau est porteuse d'espoir et de solidarité et a pu aider de nombreuses personnes dans cette situation si difficile.

Vous le comprenez. C'est aussi cette francophonie solidaire que je souhaite défendre. Les grandes crises d'aujourd'hui se déroulent dans l'espace francophone et notre communauté francophone a le devoir de se montrer solidaire des populations.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

En 2012, nous avons engagé un plan d'action stratégique pour donner un nouvel élan à l'enseignement du français, promouvoir la francophonie en France et dans le monde. 2013 sera l'année de la montée en puissance.

Je souhaite que cette nouvelle année soit celle d'une francophonie moderne, que vous avez inspirée, bien avant mon arrivée en ces murs, et que je vous propose de porter ensemble.

Je souhaite que ce soit l'année d'une francophonie tournée toujours plus vers la société civile, vers les femmes, vers les jeunes. Je souhaite que l'année 2013 soit l'année d'une francophonie plus offensive dans la promotion des droits de l'Homme et plus ambitieuse dans la protection de ceux qui souffrent et voient leurs droits régresser. Je pense bien évidemment au Mali ; je pense également à la région des Grands lacs. Je voudrais saluer l'action de l'ambassadeur Zimeray en faveur des droits de l'Homme.

Je souhaite qu'en 2013 nous portions la francophonie au sein même de l'entreprise car la francophonie est aussi au service du développement. Le français doit être un outil au service de la compétitivité et au service des entreprises qui s'exportent, dans l'espace francophone.

Je souhaite également que nous réinvestissions le territoire national. La langue française doit s'affirmer comme ciment de la cohésion sociale, dans les quartiers abîmés de notre République.

Les rendez-vous seront nombreux.

Je pense tout d'abord au Forum mondial des femmes francophones qui se déroulera le 20 mars prochain et que le président de la République a annoncé à Kinshasa. Ce forum réunira à Paris près de 400 femmes venues du monde entier. Ce forum sera leur tribune. Le statut des femmes est le baromètre implacable de l'état d'avancement des sociétés. Et malheureusement, beaucoup de femmes sont violées, mutilées, tuées. Beaucoup sont en perte de droits. Tout cela, dans l'espace francophone. Aucun droit n'est jamais acquis pour les femmes et la francophonie doit porter cette ambition nouvelle de défendre et de promouvoir le droit des femmes.

Ce forum permettra la création d'un réseau actif de femmes de tous horizons, de toutes conditions, prêtes à s'engager. Autour de trois tables rondes, les participantes seront appelées à témoigner. Je souhaite que leur appel soit entendu, et que nous le portions au niveau politique. C'est en unissant nos forces que nous ferons changer les choses pour le droit des femmes, pour plus d'égalité, pour une meilleure représentation des femmes dans la sphère politique, pour permettre l'émancipation du plus grand nombre d'entre elles.

Un second grand rendez-vous nous attend en 2013. Les 7ème Jeux de la francophonie se dérouleront à Nice en septembre. Alors que Marseille est depuis quelques jours, la capitale européenne de la culture, nous allons faire de Nice la capitale mondiale de la francophonie et de la jeunesse. Cet événement sera l'occasion de montrer aux jeunes générations tout ce que le monde francophone peut leur offrir.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

D'autres chantiers nous occuperont.

En 2013, nous poursuivrons notre politique volontariste d'enseignement du français, grâce à l'opération «100.000 professeurs pour l'Afrique», le label FrancEducation, les accords récemment signés mais surtout grâce au travail formidable des enseignants eux-mêmes.

En 2013, nous continuerons de défendre le multilinguisme et l'utilisation du français dans les institutions internationales car il est impératif de maintenir le français dans les organes diplomatiques.

En 2013, nous travaillerons à l'élaboration d'une stratégique économique de la francophonie, une stratégie tournée vers le développement.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Mon engagement, je ne l'ai pas laissé à la porte de mon ministère. Mon métier de cinéaste m'a conduit pendant vingt ans dans de nombreux pays de l'espace francophone où j'ai organisé des débats sur les questions des migrations, du déracinement, des discriminations. Aujourd'hui, dans ce ministère, je mets cet engagement au service de la diplomatie.

Kateb Yacine disait de la langue française au lendemain de l'Indépendance de l'Algérie qu'elle était «un butin de guerre». 50 ans plus tard, au moment du Sommet de la Francophonie de Kinshasa, le président tunisien Moncef Marzouki a déclaré que la langue française était «un butin de paix». Je suis fière d'assumer cet héritage et fière de défendre à vos côtés, avec ce grain de folie, cette si belle langue qui est la nôtre.

Je vous remercie et vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2013./.

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5. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Participation de M. Fabius, au sommet de la CEDEAO - Francophonie/Entretien de Mme Benguigui, avec M. Abdou Diouf - Soudan/Soudan du Sud - Arabie Saoudite/Exécution de Saïd Al-Qahtani - Parlement européen - Coopération décentralisée - UNESCO - Diplomatie économique - Syrie/Décès d'un journaliste français - Mali - Algérie/Prise d'otages - Sahel/Sécurité des ressortissants français (Paris, 18/01/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Participation de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, au sommet de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Abidjan, 19 janvier 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, se rendra le 19 janvier à Abidjan, où il représentera le président de la République, pour participer en tant qu'invité, au sommet de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest.

Ce sommet est d'une importance particulière, au moment où l'Afrique de l'Ouest se mobilise pour déployer, sur le terrain, au Mali, les premiers éléments de la Mission internationale de soutien au Mali, telle que définie par la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies.

La participation du ministre des affaires étrangères à cette réunion permettra de faire le point avec nos partenaires africains sur les développements politiques et militaires en cours au Mali.

2 - Entretien de Mme Yamina Benguigui, avec M. Abdou Diouf, Secrétaire général de la francophonie (17 janvier 2013)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, s'est entretenue hier avec M. Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie. Ils se sont félicités de la qualité du 14ème Sommet de la Francophonie qui s'est tenu en octobre dernier à Kinshasa et ont évoqué la situation dans certains pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Ils ont évoqué les grands rendez-vous de la Francophonie en 2013, comme le colloque international qui aura lieu à Dakar au printemps 2013 pour célébrer le centenaire de la naissance du poète Aimé Césaire et les 7èmes Jeux de la Francophonie qui se préparent activement à Nice en septembre prochain.

Ils ont échangé sur le premier Forum mondial des Femmes francophones qui se tiendra à l'initiative de la France en partenariat avec l'Organisation internationale de la Francophonie le 20 mars 2013, Journée internationale de la Francophonie, à Paris et qui réunira 400 femmes venus des cinq continents sur les grands enjeux que représentent les droits des femmes dans le monde.

3 - Soudan/Soudan du Sud - Retrait des troupes sud-soudanaises de la zone démilitarisée

La France salue l'annonce par le gouvernement du Soudan du Sud de son retrait de la zone démilitarisée à la frontière avec le Soudan. Il s'agit de la première action concrète dans l'application des accords signés le 27 septembre 2012 avec le Soudan et des décisions prises par les deux présidents lors de leur rencontre à Addis Abeba, le 5 janvier.

La France invite le Soudan et le Soudan du Sud à poursuivre sur cette voie de normalisation en mettant intégralement en oeuvre les accords signés précédemment. Il les invite également à appliquer sans tarder la feuille de route de l'Union africaine et la résolution 2046 du Conseil de sécurité en trouvant rapidement un accord sur les questions en suspens, dont celles d'Abyei et du tracé de la frontière.

4 - Arabie Saoudite - Exécution de Saïd Al-Qahtani

La France condamne la décapitation le 17 janvier en Arabie Saoudite de Saïd Al-Qahtani et exprime à nouveau sa vive inquiétude face au nombre toujours croissant d'exécutions dans ce pays. Alors qu'en 2012, 76 personnes ont été exécutées en Arabie Saoudite, il s'agit de la cinquième exécution depuis le début de l'année 2013.

La France est engagée dans une campagne en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et entend être à la pointe de ce combat. Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, la France exprime son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Arabie saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

Q - La France compte-t-elle faire quelque chose d'autre que des déclarations ou vous contentez-vous de dénoncer ces agissements ?

R - Il faut dénoncer. Et, non seulement il faut dénoncer, mais il faut aussi condamner systématiquement cette pratique. Nous ne la condamnons pas seulement en Arabie Saoudite d'ailleurs mais partout où elle existe. Et, malheureusement, elle existe dans un nombre encore trop important de pays. On observe cependant une diminution constante du nombre des pays qui, soit, mettent un terme définitif à l'application de la peine de mort, soit mettent en place un moratoire.

Nous ne faisons pas que des déclarations. C'est une campagne qui a été lancée depuis le mois de septembre dernier. Une grande réunion s'était tenue à New York en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, avec la participation de beaucoup d'États, notamment africains. Ici à l'hôtel du ministre, il y a aussi eu un événement de lancement le 9 octobre dernier en présence de grands témoins, notamment ceux qui, historiquement, ont porté ce débat ici en France. Je pense par exemple à Robert Badinter.

Toute une série d'actions est mise en place par nos ambassades et nos consulats sous la forme de séminaires, de tables rondes, de projection de films. Vous en avez la liste exhaustive sur le site internet du ministère. Nous avons mis en place une carte interactive présentant, pays par pays, ce que la France fait. Cette priorité définie par Laurent Fabius est déclinée dans tout le réseau diplomatique et consulaire.

5 - Parlement européen

L'audition du ministre le 21 janvier devant la Commission des affaires étrangères du Parlement européen portera sur tous les sujets de l'actualité européenne, et bien évidemment, un certain nombre de sujets internationaux, dont la situation au Mali.

6 - Coopération décentralisée

Mercredi prochain, André Laignel remettra à Laurent Fabius un rapport sur la coopération décentralisée. Cela fait partie des priorités fixées par Laurent Fabius. M. Laignel tiendra une conférence de presse ici à 16h30.

7 - UNESCO

Q - L'entretien avec Mme Bokova est-il lié à quelque chose de particulier ?

R - Le ministre et Mme Bokova se voient régulièrement. C'est pour manifester le soutien de la France à cette organisation qui nous est particulièrement chère en raison de ce qu'elle fait et aussi parce qu'elle est installée à Paris.

À cet égard, je vous signale que la France est le cinquième contributeur à l'UNESCO. Si l'on fait le total des contributions obligatoires et volontaires, le total de la contribution française s'élève à 29 millions de dollars par an, avec deux priorités plus particulières : la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et l'éducation, en particulier s'agissant de l'accès des filles à l'éducation. C'est sur ces sujets notamment que portera l'entretien.

8 - Diplomatie économique

Laurent Fabius est actuellement au ministère de l'économie et des finances où il participe avec Mme Bricq à une table ronde sur la diplomatie économique, autre grande priorité fixée par le ministre pour promouvoir les entreprises françaises à l'international, notamment les PME, et améliorer l'attractivité du territoire français pour les investissements étrangers. Un certain nombre des décisions ont été prises quant à l'organisation du ministère, aussi bien à Paris avec la création d'une direction des entreprises qu'à l'étranger avec la mobilisation du réseau diplomatique et consulaire français autour de ces deux objectifs.

9 - Syrie/Décès d'un journaliste français

Q - Avez-vous la confirmation de la mort d'un journaliste français à Alep ?

R - Je n'ai pas de confirmation pour le moment. Je préfère attendre un peu avant de vous en parler.

10 - Mali

Q - Est-il prévu que M. Fabius se rende au Mali, après son déplacement à Abidjan ?

R - Non, pour l'instant, il se rend à Abidjan pour le Sommet de la CEDEAO.

Q - La France a-t-elle fixé un terme aux opérations militaires ?

R - Il n'y a pas de terme, simplement parce que c'est le terrain qui décidera, en fonction de l'évolution de la situation sur place. La question a d'ailleurs été posée au président de la République, elle l'a aussi été à Laurent Fabius et à Jean-Yves Le Drian. Ils ont tous fait cette réponse, une réponse de bon sens : ce sera le temps nécessaire et pas plus, la France n'ayant pas vocation à rester de manière permanente dans ce dispositif au Mali.

Q - Allez-vous demander l'aide de vos partenaires européens et internationaux ?

R - Sur les différents volets des opérations au Mali, il y a déjà beaucoup de soutiens internationaux.

Sur le volet MISMA, c'est-à-dire le volet du déploiement de la force africaine en application de la résolution 2085 du Conseil de sécurité des Nations unies, un nombre croissant d'États africains ont annoncé officiellement leurs contributions à cette force. Non seulement les annonces sont faites, mais on voit maintenant arriver les premiers contingents. C'est le cas des contingents togolais et nigérian. Il y aura aussi des contributions d'autres États, je pense notamment au Bénin, au Tchad, au Sénégal. Il y a eu le 15 janvier une réunion des chefs d'état-major de la CEDEAO, en présence du général nigérian et de son adjoint nigérien qui commanderont cette force. Il y aura samedi le Sommet de la CEDEAO que j'ai déjà mentionné.

Sur le volet de l'opération européenne (EUTM), là aussi les choses se sont très fortement accélérées ces derniers jours. C'est ce qui ressort très clairement de la réunion exceptionnelle du Conseil Affaires étrangères qui s'est tenue hier à la demande de la France. Non seulement il y a eu la manifestation d'un soutien politique unanime à l'intervention française, mais aussi une accélération des annonces de contributions faites par les Européens. Tout cela va se préciser dans les jours qui viennent. D'ores et déjà le général Lecointre qui est français et va commander cette opération, se rendra sur place entre le 20 et le 23 janvier, avec l'objectif d'un premier déploiement d'une petite unité au début du mois de février puis une montée en puissance progressive à partir de mi-février.

Sur le troisième volet, l'opération Serval, là aussi le soutien international est unanime et des contributions ont été confirmées soit dans le cadre européen, soit dans un cadre plus large, je pense notamment à l'aide qui est apportée par le Canada en termes de transport ou par les États-Unis en terme de transports et de renseignements. Tout cela sera complété au fur et à mesure dans les jours qui viennent par les annonces qui seront faites par les uns ou les autres.

Q - Est-ce que des pays européens pourraient s'engager militairement aux côtés de la France ?

R - Des déclarations ont été faites hier, notamment par Mme Ashton, confirmant non seulement un soutien politique, mais aussi logistique - à ce titre je pense par exemple au domaine médical et à ce qu'ont d'ores et déjà annoncé les Allemands. Je cite Mme Ashton : «un certain nombre de pays ont dit très clairement qu'ils étaient prêts à soutenir la France par tous moyens et ils n'ont pas exclu un soutien militaire». On va voir maintenant ce que sont susceptibles de proposer les uns et les autres, c'est une décision qui appartient à ceux de nos partenaires qui souhaiteraient aller plus loin que ce qu'ils ont d'ores et déjà annoncé, notamment pour l'envoi de troupes combattantes.

Q - Déployer les premières missions européennes à la mi-février, cela fait loin tout de même ?

R - Je vais reprendre le calendrier, en soulignant que son accélération est une excellente nouvelle. Première remarque : je rappelle que cette force européenne a pour mission de former les forces armées maliennes. Deuxième remarque : encore une fois, le général Lecointre sera sur place dès le 20 janvier et le premier détachement de personnel européen devrait être prépositionné à Bamako, d'après mes informations, dès le début du mois de février. Ensuite, c'est un déploiement progressif et une montée en puissance : tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. La force comptera au total presque 500 hommes, avec les formateurs et les personnels chargés de sa protection.

Q - La France arrive à mettre 1.400 hommes en 4 jours au Mali et l'Europe va mettre 1 mois presque pour mettre 500 conseillers, dont le rôle ne sera pas de combattre mais de conseiller l'armée malienne...

R - La mission de la force telle que définie dans les conclusions du Conseil Affaires étrangères de décembre, c'est en effet la formation et la restructuration des forces armées maliennes. Il y a au sein de l'armée malienne un certain nombre d'unités qui sont en état de combattre et qui combattent aujourd'hui. Il y a d'autres unités qui ne sont pas en état de combattre, donc c'est celles-ci qu'il va falloir former, restructurer. Il y a tout un volet d'équipement aussi. C'est un diagnostic qui est partagé par tous : l'armée malienne a besoin de formation, de conseils, pour tout ce qui touche à la chaîne de commandement, à l'entraînement, etc. Le besoin tel qu'il a été défini en décembre perdure et il est toujours pertinent de déployer cette force.

Sur le deuxième volet de votre question, il faut faire les choses de manière ordonnée. L'Union européenne a l'habitude de ce genre de mission. Ce n'est pas la première fois qu'au titre de la politique européenne de défense et de sécurité elle déploie une mission de ce type là, notamment en Afrique. Il y a une première étape de diagnostic et de définition précise des besoins, c'est ce que va faire très vite le général Lecointre. Ensuite, les formateurs et la force seront déployés progressivement de manière ordonnée.

Q - Quelles sont les possibilités que les États-Unis n'envoient pas seulement une aide logistique au Mali, mais aussi des soldats ? Qu'attendent-ils ?

R - Il s'agit de discussions que nous avons en ce moment avec les Américains, c'est à eux, comme à tout autre pays, de prendre leurs décisions. Ils nous apportent déjà une aide très importante en termes de transport et de renseignement. Il s'agit d'une contribution essentielle que nous apprécions. Ensuite, c'est à eux de décider s'ils veulent aller un cran plus loin. C'est leur décision souveraine.

Q - Il y a un an, la France avait fourni des armes aux rebelles libyens du Djebel Nefoussa pour éviter leur annihilation devant les forces de Kadhafi. On parle beaucoup d'armes libyennes qui circulent partout. Est-ce qu'on est raisonnablement sûr que ce lot-là n'a pas circulé dans la région ?

R - Sur ce lot-là en particulier, je ne sais pas. Ce que nous savons en revanche, c'est que ces groupes présents dans le Nord-Mali avaient récupéré d'une manière ou d'une autre des armes de Libye. Soit parce que certains groupes, notamment certaines milices libyennes sont passées avec armes et bagages au Nord-Mali. Soit parce que ces groupes ont acheté des armes provenant des stocks libyens. C'est ce qui nous fait dire depuis longtemps, et encore très récemment, que ces groupes étaient puissamment armés, d'armes qui sinon pour toutes, du moins pour certaines, venaient des stocks libyens.

11 - Algérie/Prise d'otages

Q - La France estime-t-elle être bien informée des opérations en cours et soutient-elle la façon dont les autorités algériennes mènent ces opérations ?

R - La situation est encore très confuse et nous n'avons pas aujourd'hui de bilan officiel sur ce qui s'est passé. C'est pourquoi je serai très prudent et me garderai de commentaires trop précis, notamment sur le nombre de Français potentiellement concernés, sur ce qui a pu leur arriver, comme à des ressortissants d'autres nationalités impliqués dans cette prise d'otage - et ils étaient nombreux.

Pour répondre à votre question sur le niveau d'information, je crois que le président l'a dit, en déclarant qu'il était régulièrement informé par les autorités algériennes.

Quant à savoir si les autorités algériennes ont bien fait, dans ces circonstances et compte tenu des informations dont elles disposaient, elles ont estimé - et c'était leur responsabilité - qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de donner l'assaut.

Q - Certaines capitales ont critiqué ce choix. Quelle est la réaction de Paris par rapport à cette décision brutale des autorités algériennes ?

R - J'ai vu les déclarations telles qu'elles étaient relayées par les agences de presse.

Je n'ai pas de commentaire à faire sur les réactions de tel ou tel pays dont les ressortissants étaient impliqués dans la prise d'otages. Je viens de vous répondre pour ce qui concerne les autorités françaises, à la fois sur le niveau d'information et sur l'appréciation que nous portions sur ce qui avait été fait.

Q - Est-ce que Paris avait demandé à Alger d'agir avec retenue ?

R - Il était de la responsabilité des autorités algériennes de traiter cette situation, particulièrement complexe compte tenu de l'ampleur de la prise d'otages.

Q - Auriez-vous aimé être mis au courant de l'intervention comme l'a déclaré le Premier ministre britannique ?

R - Je ne ferai pas d'autres commentaires que celui que je viens de faire.

Q -Est-ce que la France a demandé à ce que l'Algérie accepte des officiels, des diplomates sur place pour voir ce qui s'est passé comme les Anglais ?

R - Cela je ne peux pas vous le dire. Nous avons une ambassade sur place de toute façon.

Q - Beaucoup déclarent que c'est parce que la France est intervenue au Mali que cette prise d'otages à eu lieu...

R - Une remarque générale et de méthode : la situation est encore très confuse sur place et la sagesse commande que nous soyons très prudents dans les commentaires que nous faisons aujourd'hui et a fortiori dans les conclusions que l'on tire sur ce qui s'est passé, sur les causes et sur les conséquences.

Je comprends de ce que je lis ou de ce qu'on m'explique que cette prise d'otages est d'une telle ampleur et d'une telle complexité qu'elle aurait nécessité une longue préparation. Si c'est bien le cas, elle aurait donc commencé à être préparée et planifiée bien avant l'opération française, déclenchée il y a une semaine.

Ce qui s'est passé en Algérie justifie la décision française. Cela montre à quel point le pouvoir de nuisance de ces groupes est important et susceptible de toucher non seulement le Mali mais tous les pays de la région, les intérêts de pays européens, ceux de la France, et au-delà. Parmi les ressortissants présents sur le site, il y avait manifestement d'autres ressortissants que simplement de pays européens, des Japonais, des Américains.

Q - Proposons-nous une aide militaire à plusieurs pays, l'Algérie, la Libye ou la Mauritanie, pour lutter contre Aqmi ?

R - La France a avec beaucoup de ces pays, sinon tous, des relations très étroites. C'est vrai de l'Algérie et de l'ensemble des pays limitrophes du Mali. Nous avons avec eux, de manière générale, des contacts très étroits dans tous les domaines.

Pour évoquer un pays en particulier que vous avez cité, la Libye, les autorités libyennes ont une préoccupation essentielle quant à la sécurité du pays et à celle de ses frontières. La question de la porosité des frontières est essentielle quand on parle de l'action de ces groupes qui agissent dans cette zone du Sahel. C'est non seulement un sujet de préoccupation pour les Libyens, mais c'est aussi un sujet que nous évoquons avec eux, avec une aide qui pourrait leur être apportée tant par la France que dans un cadre européen. Il y a une réflexion en ce moment, assez avancée, sur un programme qui pourrait être mis en place par l'Union européenne pour aider des Libyens à sécuriser leurs frontières et nous aurons bientôt à Paris une conférence consacrée à ce sujet.

Q - Avez-vous confirmation sur la présence d'un Français parmi les ravisseurs, selon l'agence Reuters ?

R - C'est beaucoup trop tôt pour dire ce qu'il en est. Je vous renvoie aux déclarations et aux propos de M. Valls ce matin sur une radio française, où il a abordé ce sujet. Il faut attendre que les choses se décantent pour avoir les idées plus claires et éviter de faire des déclarations intempestives.

Q - Le ministre de l'intérieur a communiqué ce matin en disant que deux Français étaient rentrés ce matin et deux Français seraient potentiellement encore là-bas otages Une source sur place a parlé d'avions qui auraient été affrétés et qui se dirigeraient, ou qui se seraient dirigés vers Paris pour des rapatriements.

R - Je crois qu'il ne faut pas citer de manière sélective les propos de M. Valls ce matin. Il faut relire ses déclarations in-extenso. Il a notamment beaucoup insisté sur la nécessité d'être très prudent dans les déclarations que l'on fait et dans l'appréciation qu'on porte sur ce qui s'est passé ou ce qui se passe encore. Je répète pour être très clair. Au moment où je vous parle, la situation sur place est encore confuse, pour dire le moins. Nous n'avons toujours pas de bilan de cette opération. Dans ces conditions, il serait hasardeux, pour dire le moins, de tirer des conclusions. Dans la ligne de ce qu'a déclaré M. Valls ce matin, je vous appelle également à rester très prudents. Il faut attendre que les choses se décantent et que l'on y voie un peu plus clair. Je ne ferai d'autres commentaires que lorsque j'aurai des informations fiables et recoupées, ce qui n'est pas le cas pour le moment. Pour le reste, non, je n'ai pas connaissance d'avions qui auraient été affrétés par nous qui seraient en ce moment en direction de Paris.

Q - Parmi les otages il y a de très nombreuses nationalités y compris des Japonais, des Asiatiques et les Chinois sont très présents dans ces pays. Est-ce que la France a contacté des pays en dehors de l'Europe ?

R - En effet, ce qui s'est passé en Algérie montre que la présence de groupes terroristes dans cette zone est un enjeu pour la communauté internationale toute entière. Ce n'est pas un hasard si les trois résolutions successives du Conseil de sécurité des Nations unies, la 2056, la 2071 et la 2085, ont été prises sous chapitre 7 de la Charte, «atteinte à la paix et à la sécurité internationales». La présence de ces groupes fait peser une menace grave, non seulement sur ce pays, le Mali, qu'ils maîtrisaient aux deux-tiers, mais au-delà sur l'ensemble de la région et sur nos intérêts. C'est la première observation.

Deuxième observation, nous sommes bien sûr en contact avec tous nos principaux partenaires et nous les tenons informés de ce que nous faisons au Mali. Nous le faisons via notre réseau d'ambassades. Nos ambassades en Asie ont pour instruction de tenir informés leurs interlocuteurs sur place. Nous le faisons ici aussi à Paris. Le ministre s'entretient quotidiennement avec beaucoup de ses homologues pour les informer, pour les mobiliser également. Nous le faisons également sur place à Bamako au Mali via notre ambassade.

12 - Sahel/Sécurité des ressortissants français

Q - Quelles sont vos évaluations sécuritaires sur la région maintenant ? Vous avez émis plusieurs bulletins de précaution pour les ressortissants français pour les touristes, même pour les journalistes. Allez-vous émettre quelque chose de particulier en vue de ce qui s'est passé ?

R - S'agissant des journalistes tout d'abord, un grand nombre d'entre eux est présent aujourd'hui au Mali. Notre souci est de nous assurer que vous puissiez faire votre travail et sans vous mettre en danger. Le message que nous avons souhaité passer avec le ministère de la défense est un message de prudence. Le principal message était «signalez-nous votre présence au Mali, discutons ensemble des meilleures manières pour vous de travailler dans des conditions de sécurité maximales».

Plus généralement, sur la sécurité dans les différents pays de la région, nous avons passé un message général de vigilance à nos ressortissants. Nous le faisons par tous les moyens à notre disposition. Nous avons un réseau très efficace de SMS. Lorsqu'un ressortissant s'inscrit auprès d'un consulat ou d'une ambassade, il nous donne ses coordonnées s'il le souhaite et notamment ses coordonnées SMS, ce qui nous permet de le prévenir en cas de problème très rapidement. Il y a aussi les réseaux Internet, les réseaux sociaux, les téléphones, un système d'ilotage qui permet de faire passer les bons messages très rapidement.

Nous avons pris aussi un certain nombre de mesure de prudence notamment au Mali, au Niger et en Mauritanie, où nous avons décidé de fermer pour la semaine nos lycées pour procéder à un audit de sécurité, de façon à prendre les bonnes décisions ensuite. Nous avons fermé le centre culturel de Bamako pour une semaine.

Je rappelle que la sécurité de ce qu'on appelle «nos emprises», c'est-à-dire les lycées mais aussi les centres culturels et nos ambassades et consulats est la responsabilité première des autorités locales.

Tout le réseau diplomatique et consulaire est mobilisé pour assurer la sécurité de nos ressortissants, ainsi que notre centre de crise, puisque c'est vers lui que converge la totalité de l'information qui remonte de nos ambassades et de nos consulats.

Dernière remarque générale, on procède bien évidemment à une évaluation des conditions de sécurité en temps réel. C'est-à-dire qu'on ajuste ensuite nos dispositifs et les mesures que nous prenons pour la sécurité de nos ressortissants de manière très réactive. C'est du suivi heure par heure.

Voilà pour les remarques générales. Pour l'Algérie, nous allons procéder à une évaluation de sécurité et voir s'il y a des raisons d'ajuster le dispositif tel qu'il existe aujourd'hui compte tenu de ce qui s'est passé.

Q - BP parle d'avions qui sont en train de ramener des Occidentaux en Europe. Est-ce que des entreprises françaises sont en train de rapatrier des salariés ?

R - À ma connaissance non. Je n'ai pas connaissance aujourd'hui d'opérations de rapatriement. Il faut faire très attention aux mots qu'on utilise. J'ai vu dans la presse, notamment dans des dépêches d'agence, des déclarations évoquant la possibilité pour les entreprises françaises de rapatrier leurs salariés. Mais j'ai vu aussi des déclarations en sens inverse de Mme Parisot pour ce qui concerne spécifiquement l'Algérie.

Q -Est-ce que vous avez une estimation des expatriés français, présents dans la zone Sahel et en Algérie ?

R - Premièrement : nous avons un décompte précis du nombre des ressortissants français présents pays par pays. Chaque ambassade et chaque consulat tiennent le décompte précis des ressortissants qui se sont enregistrés auprès d'eux. Je précise qu'il n'y a pas, pour un ressortissant français qui s'expatrie, d'obligation à se déclarer.

Deuxièmement : il y a non seulement les résidents permanents français à l'étranger dans chaque pays, mais il y a aussi des gens qui sont de passage dans ces pays. Ils ont la possibilité de manifester leur séjour auprès du quai d'Orsay par un système qu'on appelle Ariane. Vous déclarez que de telle date à telle date vous serez dans tel pays, ce qui permet en effet aux autorités françaises, en cas de problème, de vous repérer très vite.

Pour résumer, nous avons une vue assez précise, et des résidents permanents et des Français de passage, notamment des touristes, dans chaque pays du monde. Pas simplement de cette zone là, dans chaque pays du monde. Ces données, nous les avons et elles n'ont rien de confidentiel./.

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