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Bulletin d'actualités du 18 janvier 2013


Sommaire



1. Alg√©rie-Mali-Portugal - Conf√©rence de presse du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande et du Premier ministre du Portugal, M. Pedro Passos Coelho - Propos de M. Hollande - (Paris, 17/01/2013)

Mesdames et Messieurs, j'ai reçu le Premier ministre portugais ce matin dans le cadre d'un déplacement qui était prévu depuis plusieurs semaines et qui s'inscrit dans les bonnes relations que nous avons entre nos deux pays et qui, en outre, permettent à la France comme au Portugal d'avancer sur la voie de la réorientation de l'Europe et de la stabilité de la zone euro.

Mais vous comprendrez bien que, dans le contexte d'aujourd'hui, nous avons √©voqu√© le Mali, l'intervention que la France a d√©cid√©e au nom de la communaut√© internationale, la pr√©paration de la force dite MISMA - la force africaine pour l'essentiel - qui se met en place et l'objectif qui doit √™tre le n√ītre : non seulement arr√™ter l'agression terroriste, c'est en train d'√™tre fait, mais permettre le retour √† l'int√©grit√© du Mali et la pr√©paration d'√©ch√©ances politiques qui permettront √† la d√©mocratie dans ce pays, qui a √©t√© longtemps exemplaire, de retrouver tout son rayonnement.

Il y a également ce qui se passe en Algérie sur un site gazier. La situation y est confuse. Je suis en contact permanent avec les autorités algériennes pour que l'issue la meilleure puisse être trouvée. Mais vous comprendrez bien que, dans ces moments, le mieux est de n'en dire que le moins. Je ne donnerai donc aucune précision sur le nombre de nos compatriotes qui pourraient être éventuellement détenus ou retenus. Ce qui compte, c'est de permettre aux Algériens de pouvoir les libérer.

Je dois dire que le Portugal nous a apporté, ce matin, son soutien le plus total, pour l'intervention que nous faisons au Mali avec les Européens, tous cohérents derrière nous. Parce que c'est une solidarité qui s'impose dans l'épreuve. La lutte contre le terrorisme, on le voit, n'a pas de frontières.

Elle nous concerne tous et ce que nous faisons au Mali n'est pas simplement li√© √† ce pays. On voit bien que nous avons des r√©seaux terroristes qui, suite notamment √† ce qui s'est pass√© en Libye l'ann√©e derni√®re, se sont install√©s sur une large partie de l'Afrique de l'Ouest et tentent de d√©stabiliser des √Čtats et d'organiser des trafics. Notre devoir, c'est d'y mettre un terme et la France prendra toute sa place.

(...)

Avant de répondre à vos questions je voudrais revenir sur les trois points qui ont été évoqués lors de notre rencontre, au-delà de ce que j'ai dit du Mali et de la prise d'otages en Algérie.

D'abord, nous nous sommes félicités de nos relations bilatérales. Entre la France et le Portugal il y a des rapports fondés sur l'Histoire, sur une culture commune et aussi sur des hommes et des femmes qui ont migré à un moment, se sont installés en France, ont fondé des familles et parfois sont retournés au Portugal. Nous avons 500.000 ressortissants portugais en France qui ont parfois la double nationalité. Si l'on compte les descendants, cela représente un million et demi de personnes. C'est dire si nous sommes liés par ces forces humaines qui ont contribué à ce qu'est la France aujourd'hui.

Nous avons aussi insisté sur nos langues - française mais aussi portugaise - qui doivent être enseignées dans nos deux pays pour que nous puissions garder, à la fois, les liens et le sens de cette relation exceptionnelle.

Le second sujet a été la zone euro. Nous avons travaillé ensemble ces derniers mois pour introduire des mécanismes de stabilité et aussi pour définir un pacte de croissance. La France comme le Portugal ont besoin de cette stabilité et de cette croissance. Nous avons maintenant l'union bancaire que nous devons mettre en place - le plus vite sera le mieux - et nous avons déjà tous les actes qui nous permettent de poser cette union et ce sera donc au cours de l'année 2013 que nous mettrons effectivement en place cette supervision puis, après, la résolution bancaire.

Et enfin j'ai soulign√© les efforts accomplis par le Portugal - efforts difficiles, rudes, avec des cons√©quences pour la population - mais qui commencent √† porter leurs fruits. Le Portugal aura bient√īt acc√®s aux march√©s - d'ici la fin de l'ann√©e, en tout cas c'est ce √† quoi vous travaillez et nous sommes d'accord sur la perspective.

Enfin, nous avons les mêmes positions sur le budget européen : nous voulons qu'il soit suffisant, même s'il doit y avoir des économies - c'est nécessaire - et que la politique agricole commune comme les fonds de cohésion doivent être préservés, parce que ce sont des outils de croissance et au Portugal et en France.

Nous pouvons répondre à vos questions.

Q - Monsieur le pr√©sident, la semaine derni√®re, Jean-Claude Juncker a d√©fendu la modification des conditions de l'ajustement financier portugais comme r√©compense pour avoir atteint les objectifs de Commission europ√©enne, de la BCE et du FMI. √ätes-vous d'accord avec cela ? Et une petite question √† Monsieur le Premier ministre : au Mali, est-ce que le Portugal ne pourrait pas apporter un autre type d'aide √† l'√Čtat fran√ßais que la formation dans le cadre de la guerre en cours ? Je pense √† un soutien m√©dical par exemple.

(...)

(...)

Je réponds à votre première question sur la proposition de M. Juncker. Je crois qu'elle est bonne et qu'elle va dans le sens souhaité. Il exprimait là, je l'espère, ce qui pourrait être la position de l'Eurogroupe le moment venu.

Sur la question du soutien que la France attend des Européens, je veux y répondre avec le plus de clarté possible. Lorsque la France a décidé d'intervenir, dans les circonstances que l'on sait, suite à une agression terroriste et à la demande du Mali, nous avons pris cette décision en plein soutien avec les Européens. C'était une anticipation par rapport à ce qui devait se faire et qui était prévu par les résolutions du Conseil de sécurité, c'est-à-dire permettre aux forces maliennes de se constituer, engager une force internationale essentiellement composée de contingents africains, afin de permettre le retour à l'intégrité du Mali.

Les Européens avaient une mission dans le cadre de cette opération - avant même qu'elle ne soit accélérée - c'était de former les troupes maliennes pour qu'elles remplissent leur objectif. C'est exactement ce qui va se faire aujourd'hui. Tous les Européens vont donc être mobilisés pour la formation de l'armée malienne qui doit assurer le retour à l'intégrité du Mali.

Certains pays européens font davantage notamment par rapport à des matériels qui peuvent nous être apportés ou qui peuvent être donnés aux troupes africaines. Cela peut être des avions de transport pour mettre les troupes, le plus rapidement possible, en situation ; cela peut être des avions ravitailleurs, cela peut être également du matériel militaire, mais aussi de l'aide humanitaire - et nous en avons besoin.

Et puis il y aura une conférence qui sera organisée pour qu'il y ait des dons qui puissent être apportés. Non pas pour financer cette opération, mais pour permettre au Mali, ensuite, d'assurer au mieux l'après-intervention. Je salue donc ce que vient de dire le Premier ministre portugais car il est pleinement dans la ligne fixée. Les Européens doivent d'abord former les troupes, les forces maliennes, qui sont sur le terrain au Mali, pour restaurer l'intégrité territoriale du pays.

Q - Vous avez dit en préambule que vous ne souhaitiez pas communiquer le nombre de ressortissants français qui seraient aux mains des islamistes en Algérie. Est-ce que vous pouvez nous dire néanmoins s'il y a effectivement des ressortissants français aux mains des islamistes ? Certains se seraient échappés, un autre a eu un contact avec une rédaction française. Seconde question, pouvez-vous nous dire si la France et vous-même avez pris des mesures, compte tenu des engagements Français en première ligne au Mali, pour assurer la sécurité des Français ici même ou à l'étranger ?

R - D'abord, la situation est tr√®s confuse sur ce site. Elle √©volue heure par heure. D√®s lors, toute communication pourrait appara√ģtre presque comme d√©pass√©e par les √©v√®nements. Ensuite, j'ai √† l'esprit la vie de nos ressortissants. Il y en avait, il y en a sur cette base, sur ce site. √Ä partir de l√†, je ne dis rien qui puisse √©ventuellement les mettre en danger.

Je fais toute confiance aux autorités algériennes. Je suis en contact avec elles. Je fais toute confiance aux autorités algériennes pour trouver les solutions les meilleures pour mettre un terme à cette prise d'otages.

Sur votre question concernant la s√©curit√© de nos compatriotes, o√Ļ qu'ils se trouvent et d'abord ici, sur notre territoire. Le plan Vigipirate a √©t√© renforc√©, les infrastructures de transport font l'objet de surveillance, les b√Ętiments publics √©galement. Nos services sont √©galement alert√©s par rapport √† tout ce qui pourrait √™tre r√©surgence de je ne sais quel ph√©nom√®ne terroriste.

Sur la s√©curit√© de nos ressortissants √† l'√©tranger. L√† encore, des mesures ont √©t√© prises aussi bien pour nos ambassades, consulats et un certain nombre de b√Ętiments. Nous avons demand√© aux entreprises d'√™tre √©galement tr√®s attentives par rapport √† tout risque et toute menace. Enfin j'ajoute qu'il y a des lieux, des pays, o√Ļ mieux vaut que notre pr√©sence ne soit pas, dans cette p√©riode, trop importante. Je fais confiance √©galement √† la lucidit√© et √† la conscience de chacun pour ne pas faire de tourisme l√† o√Ļ il n'y a pas n√©cessit√© √† visiter des sites.

Q - Au Portugal, on a coup√© les salaires, les pensions, les allocations sociales de ch√īmage. Croyez-vous que ces r√©formes puissent √™tre possibles en France ?

(...)

R - J'ai confiance dans le retour sur le march√© du Portugal, parce qu'il y a eu un ajustement des mesures de redressement avec un co√Ľt social tr√®s √©lev√©. Vous me posez la question de savoir si la France pourrait prendre cet exemple. Non, parce que les niveaux de dette ne sont pas comparables, parce que les situations √©conomiques sont diff√©rentes. Mais c'est parce que nous voulons √©viter d'arriver √† ces solutions l√† qu'il faut prendre le probl√®me le plus rapidement possible et le plus efficacement possible.

Voilà pourquoi nous avons nous-mêmes, en France, réduit notre déficit, maitrisé notre dette et fait l'effort de compétitivité. Mieux vaut prendre les mesures avant parce que quand on attend trop, elles peuvent être extrêmement douloureuses.

J'ai confiance parce que la zone euro est en train de retrouver sa stabilité, des mesures ont été prises pour soutenir la croissance. Il y a un environnement économique qui va être encore difficile au premier semestre de cette année mais qui peut s'éclairer vers la fin de l'année. C'est pour cela que nous sommes attentifs à la situation du Portugal, qui a connu une récession en 2012 et qui doit retrouver un début de reprise à la fin de l'année 2013.

Nous avons besoin aussi d'une activité économique en Europe plus forte, parce que si les pays font de la récession, cela a des conséquences sur notre propre croissance et nous l'avons constaté en 2012. Cela vaut également pour l'Allemagne qui a connu une croissance faible en 2012 à cause effectivement d'une demande extérieure qui a été moins forte qu'attendue.

Merci à vous./.

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2. Syrie/D√©c√®s d'Yves Debay - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique (Paris, 18/01/2013)

Le Président de la République exprime, au nom de la France, sa très vive émotion après la mort de M. Yves Debay, journaliste français tué à Alep en Syrie alors qu'il était en reportage.

La France condamne cet acte odieux et exprime à la famille et aux proches d'Yves Debay ses condoléances, sa sympathie et sa solidarité.

La France rend hommage à Yves Debay et aux autres journalistes qui, en Syrie, paient de leur vie leur engagement au service de la liberté de l'information./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Diplomatie √©conomique - Intervention de M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res (Paris, 18/01/2013)

Madame la Ministre,

Mesdames, Messieurs,

Cher(e)s Ami(e)s,

Je remercie ma collègue et amie Nicole Bricq de son invitation à venir m'exprimer devant vous. Je salue les chefs d'entreprise avec lesquels le quai d'Orsay travaille.

Vous √™tes des acteurs exp√©riment√©s du commerce ext√©rieur et du soutien √† nos entreprises √† l'international. J'ai, comme vous le savez, fait de la diplomatie √©conomique une priorit√© de mon action de ministre des affaires √©trang√®res. Je suis donc heureux de pouvoir √©changer avec vous au sujet de ce r√īle renforc√© assign√© au Quai d'Orsay dans le soutien √† nos entreprises et le d√©veloppement des investissements √©trangers en France, en coop√©ration √©troite avec le minist√®re du commerce ext√©rieur et vos services.

Le président de la République a fait du redressement économique du pays la priorité de notre action. Tous les ministères doivent y contribuer, notamment celui des affaires étrangères. Il serait paradoxal que le quai d'Orsay, ministère des crises partout dans le monde et de l'action extérieure de la France, ne se préoccupe pas de la crise la plus grave, la crise économique et de l'action économique. C'est pour répondre à cette priorité que nous mettons en oeuvre un plan d'action pour la diplomatie économique dont vous connaissez les grandes lignes et que je souhaite évoquer avec vous aujourd'hui.

* *

Je ne reviendrai pas longuement sur le constat, que vous connaissez comme moi. Notre pays dispose d'atouts majeurs - grandes entreprises leader dans leur domaine, PME innovantes, infrastructures performantes, main d'oeuvre qualifiée, recherche de premier plan - mais depuis 10 ans, notre compétitivité s'est dégradée. Juge de paix en la matière, le déficit commercial - la plupart d'entre vous se souviendront que le même solde était positif il y a dix ans.

Le gouvernement a pris la mesure du probl√®me. L'objectif fix√© par le Premier ministre est de retrouver l'√©quilibre de notre balance commerciale hors √©nergie en 2017. Les cl√©s de notre croissance r√©sident dans la performance de notre appareil productif, dans notre aptitude √† conqu√©rir les march√©s internationaux et dans notre capacit√© √† attirer investisseurs et entreprises. Depuis mai 2012, de nombreuses d√©cisions ont √©t√© prise : le pacte pour la croissance, la comp√©titivit√© et l'emploi, qui reprend quasiment toutes les mesures pr√©conis√©es dans le rapport Gallois, un plan pour les investissements d'avenir, la cr√©ation de la BPI, etc. Cela s'est √©galement traduit par un effort pour mieux organiser le soutien public √† nos entreprises √† l'√©tranger et d√©velopper l'attractivit√© de la France : c'est l√† le r√īle de notre diplomatie √©conomique.

Pour atteindre cet objectif, il faut effectivement mobiliser tous nos outils. Nicole Bricq et le ministère du commerce extérieur ont élaboré un plan export, ciblant à la fois des secteurs prioritaires et des pays à fort potentiel. J'ai pour ma part décidé de mobiliser davantage et mieux notre diplomatie sur les objectifs économiques. Nos administrations et nos réseaux - affaires étrangères, services économiques extérieurs, opérateurs du commerce extérieur, etc. - ont chacun des missions spécifiques, elles sont complémentaires. Nous sommes d'ailleurs habitués de longue date à travailler ensemble, car la diplomatie ne m'a pas attendu pour s'intéresser à l'économie. Il n'y a donc pas lieu de s'engager dans je ne sais quel meccano institutionnel ; l'important est que chacun fasse son travail dans un esprit de coopération.

Le coeur de m√©tier du minist√®re du commerce ext√©rieur, de ses services et de ses op√©rateurs, c'est le soutien √† l'export, notamment par moyen d'instruments financiers qui permettent financement, portage, garanties. Vous √™tes et vous resterez le bras arm√© de la diplomatie √©conomique. Notre diplomatie a un r√īle large et d√©cisif, qui est celui de mobiliser tous nos outils d'influence et de rayonnement au service de nos entreprises et aussi de l'attractivit√© de notre territoire. Elle a un r√īle aussi plus sp√©cifique, c'est le soutien diplomatique aux entreprises. Quand il est besoin d'une intervention, la mobilisation directe de l'ambassadeur est en g√©n√©ral un canal efficace.

J'ajoute que le r√©seau du commerce ext√©rieur a fait des choix strat√©giques quant √† sa pr√©sence et concentr√©s ses moyens dans un certain nombre de pays prioritaires, comme d'ailleurs d'autres r√©seaux publics √† l'√©tranger. Le r√©seau diplomatique est lui rest√© ¬ęuniversel¬Ľ et entend le rester. Il peut donc apporter un soutien local utile √† nos entreprises dans ce qu'on appelle les ¬ępostes orphelins¬Ľ, c'est-√†-dire priv√©s de votre pr√©sence.

De même que le gouvernement est par nature une équipe et fonctionne en équipe, dirigée par Premier ministre, l'administration française doit travailler en équipe pour aider nos entreprises dans leurs activités à l'étranger, équipe qui a un chef, l'ambassadeur.

* *

Comme je le disais, l'investissement de nos ambassadeurs et de l'ensemble de notre réseau diplomatique au service de nos entreprises n'est pas nouveau.

Mais dans plusieurs domaines, il m'est apparu nécessaire de faire plus et mieux.

1) J'ai souhait√© g√©n√©raliser et d√©velopper le ¬ęr√©flexe √©conomique¬Ľ au sein de notre r√©seau diplomatique, et vous √™tes √©videmment au coeur de ce processus :

- Des personnalités à l'expertise reconnue ont été nommées pour accompagner la relation économique dans certains pays clefs : M. Louis Schweitzer pour le Japon, Mme Aubry pour la Chine, M. Jean-Pierre Raffarin pour l'Algérie ou dernièrement M. Jean-Pierre Chevènement pour la Russie et M. Philippe Faure pour le Mexique.

- Les ambassadeurs, plac√©s √† la t√™te de ¬ęl'√©quipe France de l'export¬Ľ, doivent r√©unir un conseil √©conomique, permettant un dialogue strat√©gique, r√©gulier et direct entre les entreprises fran√ßaises pr√©sentes et l'ensemble des acteurs et services de l'ambassade pr√©sents sur place, ainsi que certains √©ventuels experts (√©conomistes, personnalit√©s qualifi√©es...). Je vous invite donc √† vous mobiliser pour participer activement √† ces conseils √©conomiques.

- En France, des ambassadeurs seront mis à la disposition des régions qui le souhaitent pour faciliter le soutien de leurs entreprises à l'international. Un certain nombre de régions en ont déjà fait la demande. Ils le feront en coordination avec vous et vos services autant que nécessaire. Cette nouveauté a pu susciter des interrogations. L'idée est simple : il s'agit de faciliter le rapprochement des trois acteurs du triangle : les entreprises des territoires, les collectivités locales en particulier les régions, et le Quai d'Orsay, en chargeant quelques ambassadeurs, qui ont la connaissance de notre réseau diplomatique, de développer la relation entre les territoires et leurs acteurs économiques d'un coté, et le réseau diplomatique de l'autre. C'est donc un appui complémentaire de celui que peuvent apporter, par exemple, les Chambres de commerce ou Ubifrance.

- Pour assurer le suivi du plan d'action, une structure dédiée aux entreprises, la direction des entreprises et de l'économie internationale, est créée au Quai d'Orsay. Elle réunit l'ensemble des services compétents en matière économique. J'ai nommé Jacques Maire à sa tête, diplomate passé par le privé. J'ai souhaité que son directeur adjoint puisse venir de votre administration. Elle pourra également y accueillir les agents de votre administration en mobilité ou en détachement qui le souhaitent : nous connaissons et apprécions vos compétences, et les échanges humains sont nécessaires pour bien travailler ensemble. Elle sera le point d'entrée au Quai d'Orsay des entreprises, grands groupes mais également PME, pour exprimer leurs attentes et leurs préoccupations, concernant leurs intérêts spécifiques mais aussi les sujets liés à la régulation et aux négociations d'accords susceptibles d'avoir un impact sur leurs activités, en étroite coopération avec la direction du Trésor. Ce sera enfin un interlocuteur à votre disposition autant que de besoin. Nous savons d'ailleurs le faire sur les affaires économiques internationales : la collaboration fructueuse entre les services de cette direction et ceux de la DG Trésor sur des affaires économiques essentielles comme le G20 ou l'OCDE le prouve.

- Ces √©volutions permettront de mieux associer les acteurs √©conomiques √† la pr√©paration des grandes √©ch√©ances internationales et au suivi des enjeux globaux o√Ļ nos int√©r√™ts √©conomiques sont en jeu.

2) Sur cette base, il est aussi n√©cessaire de renforcer notre coop√©ration, Mme Bricq et moi-m√™me y veilleront. Le minist√®re des affaires √©trang√®res adopte le ¬ęr√©flexe √©conomique¬Ľ ; je vous propose de prendre le ¬ęr√©flexe diplomatique¬Ľ. Nous devons partager plus qu'un plan d'action √©conomique commun.

- Un p√īle de diplomatie √©conomique r√©unira autour du capitaine de l'√©quipe de France de l'export, l'ambassadeur, l'ensemble des services de l'ambassade concern√©s par la diplomatie √©conomique, √† commencer bien s√Ľr par vous dans les pays b√©n√©ficiant de votre pr√©sence.

- Il serait utile qu'un plan d'action pour la diplomatie √©conomique commun √† nos deux minist√®res soit r√©alis√© ensemble et valable pour l'ensemble de l'ambassade. Dans les pays o√Ļ les services √©conomiques que vous dirigez sont pr√©sents, vous serez mobilis√©s au premier chef. Des objectifs partag√©s seront fix√©s. Un suivi commun de la direction g√©n√©rale du Tr√©sor et de la direction des entreprises et de l'√©conomie internationale sera r√©alis√© annuellement.

- C'est en effet je crois le meilleur moyen de renforcer notre coop√©ration : s'assurer de l'unit√© de nos objectifs, de notre action et de son suivi. Cela vaut notamment pour nos priorit√©s g√©ographiques. Aujourd'hui, ce sont les pays en d√©veloppement et les pays √©mergents qui connaissent les taux de croissance les plus √©lev√©s. Les √©conomies √©mergentes sont d√©sormais porteuses de la moiti√© de la croissance mondiale. Nous devons relever le d√©fi de la mondialisation √©conomique l√† o√Ļ elle se joue. Nous devons √™tre beaucoup plus pr√©sents en Asie notamment, et aussi en Afrique.

3) Mieux prendre en compte la promotion de nos intérêts économiques c'est également mettre nos outils d'influence au service de nos entreprises et de l'attractivité de notre territoire. Ceux-ci sont nombreux et importants pour nos entreprises.

- J'ai demandé que notre réseau culturel contribue à la valorisation de la marque France, par le rayonnement culturel et la promotion de l'art de vivre à la française qui sont des atouts précieux pour nos entreprises. Les cofinancements privés de programmes culturels, qui ont atteint 145 millions d'euros en 2012, continueront car ils permettent d'accompagner l'expansion des entreprises sur des marchés stratégiques.

- Les ambassades disposent de crédits pour la formation des étudiants étrangers, puisque près de 93 millions d'euros sont affectés par la France à la coopération universitaire. Plusieurs postes ont déjà développé des programmes de bourses cofinancées et je souhaite que ce partenariat soit étendu. Nous devons poursuivre la réorientation des bourses vers les pays à fort potentiel et les disciplines correspondant à nos intérêts économiques. Un étudiant étranger formé en France, un ingénieur par exemple, sera demain le meilleur avocat de notre langue, notre pays, et aussi de nos technologies et de nos entreprises.

- Parmi nos outils d'influence, nous disposons des services scientifiques √† l'√©tranger. Nous devons les rapprocher des entreprises et les positionner au plus pr√®s des p√īles de R&D de niveau mondial, afin d'en faire des instruments de soutien aux efforts de recherche et de d√©veloppement de nos entreprises.

- La France dispose également du réseau scolaire à l'étranger le plus étendu du monde, puisqu'il comporte, outre les Alliances françaises, 490 écoles dans 130 pays et accueillent 300.000 élèves soit une augmentation de 50 % en 20 ans. Ce réseau est là pour accompagner l'évolution des communautés françaises à l'étranger. Son développement doit s'opérer en lien étroit avec les besoins des entreprises.

- Il importe que nos consulats soient parfaitement informés de demandes spécifiques des acteurs économiques lors des demandes de visas afin que les entreprises et les principaux investisseurs voient leur séjour en France facilité. Nous travaillons avec le ministre de l'Intérieur à un changement de perspective en la matière : l'enjeu de l'attractivité doit dorénavant être un paramètre de l'attribution des visas.

- La francophonie représente pour notre pays un atout important, notamment économique. Dans le cadre de notre diplomatie francophone, nous conforterons la dimension économique de l'espace francophone et développerons les mécanismes de coopération économique dans ce cadre. Cet espace représente 15 % de la richesse mondiale !

- Nous menons aussi une diplomatie du d√©veloppement active et reconnue. Je souhaite que nous l'articulions mieux avec nos int√©r√™ts √©conomiques. Il s'agit de ne pas √™tre plus na√Įfs que nos pays amis et n√©anmoins concurrents dans la mondialisation. Des orientations seront donn√©es en ce sens, en particulier, √† l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement.

* *

Mesdames et Messieurs,

Notre réussite sera collective, elle impliquera autant votre réseau que celui des Affaires étrangères, elle vise à développer une culture de coopération entre nos compétences, nos ressources et nos expertises respectives, qu'il faut conjuguer. C'est ensemble, unis et mieux coordonnés, que nous réussiront à progresser et à faire progresser nos entreprises face à la compétition internationale. Quand, avec Nicole Bricq, nous sommes intervenus en novembre dernier pour soutenir l'offre industrielle française accompagnant le processus démocratique au Kenya, cela a pesé et je crois même que cela a été décisif. À cette occasion, comme dans beaucoup d'autres, nous avons su dépasser telles ou telles réticence et travailler ensemble.

Je connais bien cette maison qui est la v√ītre. Je sais votre sens du service public et votre grande comp√©tence. Je compte sur votre mobilisation et votre coop√©ration, dans l'int√©r√™t de la France. /.

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4. Francophonie - Voeux de la ministre d√©l√©gu√©e, charg√©e de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, aux acteurs de la francophonie (Paris, 17/01/2013)

 Mesdames et Messieurs les Représentants personnels,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis,

En mai dernier le président de la République François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault m'ont confié ce grand ministère de la francophonie.

La francophonie, c'est avant tout un espace composé de 77 pays. Nous, francophones, nous sommes aujourd'hui 220 millions de francophones dans le monde ; en 2050 nous serons 750 millions, dont 80 % en Afrique. La francophonie, c'est un champ d'action pour une politique solidaire, culturelle, éducative et économique à laquelle nous croyons et que vous contribuez à faire rayonner chaque jour. La langue française, aujourd'hui n'appartient pas à la France. Elle est aussi une langue africaine, une langue asiatique, une langue du monde. Elle s'est débarrassée des oripeaux du colonialisme. C'est une langue égalitaire qui se parle à hauteur d'hommes.

Être ministre de la francophonie, c'est contribuer à faire rayonner plus encore les valeurs que nous défendons comme les droits de l'Homme, la démocratie, le dialogue des cultures, l'ouverture à l'autre.

J'aimerais vous remercier toutes et tous pour le travail formidable que vous accomplissez quotidiennement pour cette noble cause. Je souhaite tout d'abord remercier chaleureusement le président Abdou Diouf et les équipes de l'Organisation internationale de la francophonie. Ce midi, j'étais dans la Maison de la francophonie, invitée par le Secrétaire général. Nous avons évoqué les grands enjeux de la francophonie qui nous occuperont dans les semaines et les mois qui viennent.

Je vous remercie toutes et tous, vous qui représentez les opérateurs de la francophonie.

Je souhaite également remercier l'ensemble des collaborateurs du Quai d'Orsay qui ici à Paris, à Nantes ou dans le monde entier font un travail admirable au service de la France. Je les remercie pour leur appui, leur engagement, leur enthousiasme, et leur expertise. Sans votre travail, rien ne serait possible.

Plus largement, je remercie cette grande famille francophone dont vous êtes les représentants aujourd'hui. Quelque soit votre fonction, quelque soit votre métier, vous êtes les passeurs de cette francophonie dont nous sommes si fiers.

Merci à vous toutes et tous.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

La francophonie est notre force. Nous travaillons tous à son rayonnement. La francophonie est dynamique, ouverte, tournée vers l'avenir. Loin des idées reçues, la francophonie ne régresse pas. Bien au contraire. La francophonie se développe et nous nous devons d'accompagner ce développement. Nous ne devons pas être de simples spectateurs. Nous devons êtres des acteurs de promotion, des acteurs de projets, des acteurs ambitieux.

Pour accompagner cette volonté, j'ai effectué, ces huit derniers mois, 22 déplacements pour aller à la rencontre de toutes celles et tous ceux qui, comme vous, font vivre la francophonie dans le monde. De Tunis à Shanghai, de Kinshasa à New York, de Dakar à Beyrouth, je me suis entretenue avec de nombreux dirigeants politiques, acteurs du monde de la culture et des arts, humanitaires, professeurs de français, formateurs, entrepreneurs, associatifs, étudiants...

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

2012 a bien s√Ľr √©t√© l'ann√©e du sommet de Kinshasa. Un sommet important qui a failli ne jamais avoir lieu. Un sommet tr√®s attendu en Afrique et pour lequel je me suis battue, persuad√©e qu'on ne gagne jamais √† mener la politique de la chaise vide. Ce sommet a √©t√© un v√©ritable succ√®s.

Il a aussi été l'occasion pour la RDC d'adopter deux lois qui permettent renforcer le fonctionnement démocratique de ses institutions démocratiques. C'est une première avancée. D'autres suivront.

Je ne peux pas parler de la R√©publique d√©mocratique du Congo sans √©voquer la situation dans les Kivus. C'est en juillet 2012 en me rendant sur place que je me suis rendue compte de la gravit√© de la situation. Une guerre s√©vissait dans cette r√©gion. Une guerre oubli√©e des √©crans radar des grands m√©dias mais une guerre dans laquelle des milliers de femmes √©taient viol√©es, ab√ģm√©es, exclues, contamin√©es par le Sida. Une guerre o√Ļ le viol √©tait devenu une strat√©gie militaire avec une planification et laissant son lot de d√©solations. Une guerre aussi o√Ļ les victimes √©taient des enfants, viol√©s eux aussi ou enr√īl√©s de force dans des milices ou des groupes arm√©s, forc√©s √† devenir des assassins.

Ce n'√©tait peut √™tre pas mon r√īle mais cette guerre, comme d'autres aujourd'hui, se d√©roulait dans l'espace francophone. Il fallait faire sortir cette guerre du silence qui l'enveloppait. Avec Laurent Fabius, nous avons entrepris de relancer des projets de r√©solutions aux Nations unies pour condamner ces crimes, l'action des groupes arm√©s et appeler √† la paix, √† la s√©curit√© et √† la stabilit√© dans cette r√©gion. Et ces textes ont √©t√© vot√©s par le Conseil de s√©curit√© des Nations unies.

Et c'est pour cela que je me suis rendue à Goma auprès de ces femmes violées au lendemain du Sommet de la Francophonie. Je m'y suis rendue pour témoigner. Je me suis rendue dans un camp de réfugiés qui accueillait plus de 70.000 personnes dans des conditions difficiles. Je suis allée là bas en apportant 2.000.000 euros pour soutenir les agences des Nations unies et les Organisations non gouvernementales. C'est certes une goutte d'eau mais cette goutte d'eau est porteuse d'espoir et de solidarité et a pu aider de nombreuses personnes dans cette situation si difficile.

Vous le comprenez. C'est aussi cette francophonie solidaire que je souhaite défendre. Les grandes crises d'aujourd'hui se déroulent dans l'espace francophone et notre communauté francophone a le devoir de se montrer solidaire des populations.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

En 2012, nous avons engagé un plan d'action stratégique pour donner un nouvel élan à l'enseignement du français, promouvoir la francophonie en France et dans le monde. 2013 sera l'année de la montée en puissance.

Je souhaite que cette nouvelle année soit celle d'une francophonie moderne, que vous avez inspirée, bien avant mon arrivée en ces murs, et que je vous propose de porter ensemble.

Je souhaite que ce soit l'année d'une francophonie tournée toujours plus vers la société civile, vers les femmes, vers les jeunes. Je souhaite que l'année 2013 soit l'année d'une francophonie plus offensive dans la promotion des droits de l'Homme et plus ambitieuse dans la protection de ceux qui souffrent et voient leurs droits régresser. Je pense bien évidemment au Mali ; je pense également à la région des Grands lacs. Je voudrais saluer l'action de l'ambassadeur Zimeray en faveur des droits de l'Homme.

Je souhaite qu'en 2013 nous portions la francophonie au sein même de l'entreprise car la francophonie est aussi au service du développement. Le français doit être un outil au service de la compétitivité et au service des entreprises qui s'exportent, dans l'espace francophone.

Je souhaite √©galement que nous r√©investissions le territoire national. La langue fran√ßaise doit s'affirmer comme ciment de la coh√©sion sociale, dans les quartiers ab√ģm√©s de notre R√©publique.

Les rendez-vous seront nombreux.

Je pense tout d'abord au Forum mondial des femmes francophones qui se déroulera le 20 mars prochain et que le président de la République a annoncé à Kinshasa. Ce forum réunira à Paris près de 400 femmes venues du monde entier. Ce forum sera leur tribune. Le statut des femmes est le baromètre implacable de l'état d'avancement des sociétés. Et malheureusement, beaucoup de femmes sont violées, mutilées, tuées. Beaucoup sont en perte de droits. Tout cela, dans l'espace francophone. Aucun droit n'est jamais acquis pour les femmes et la francophonie doit porter cette ambition nouvelle de défendre et de promouvoir le droit des femmes.

Ce forum permettra la création d'un réseau actif de femmes de tous horizons, de toutes conditions, prêtes à s'engager. Autour de trois tables rondes, les participantes seront appelées à témoigner. Je souhaite que leur appel soit entendu, et que nous le portions au niveau politique. C'est en unissant nos forces que nous ferons changer les choses pour le droit des femmes, pour plus d'égalité, pour une meilleure représentation des femmes dans la sphère politique, pour permettre l'émancipation du plus grand nombre d'entre elles.

Un second grand rendez-vous nous attend en 2013. Les 7ème Jeux de la francophonie se dérouleront à Nice en septembre. Alors que Marseille est depuis quelques jours, la capitale européenne de la culture, nous allons faire de Nice la capitale mondiale de la francophonie et de la jeunesse. Cet événement sera l'occasion de montrer aux jeunes générations tout ce que le monde francophone peut leur offrir.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

D'autres chantiers nous occuperont.

En 2013, nous poursuivrons notre politique volontariste d'enseignement du fran√ßais, gr√Ęce √† l'op√©ration ¬ę100.000 professeurs pour l'Afrique¬Ľ, le label FrancEducation, les accords r√©cemment sign√©s mais surtout gr√Ęce au travail formidable des enseignants eux-m√™mes.

En 2013, nous continuerons de défendre le multilinguisme et l'utilisation du français dans les institutions internationales car il est impératif de maintenir le français dans les organes diplomatiques.

En 2013, nous travaillerons à l'élaboration d'une stratégique économique de la francophonie, une stratégie tournée vers le développement.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Mon engagement, je ne l'ai pas laiss√© √† la porte de mon minist√®re. Mon m√©tier de cin√©aste m'a conduit pendant vingt ans dans de nombreux pays de l'espace francophone o√Ļ j'ai organis√© des d√©bats sur les questions des migrations, du d√©racinement, des discriminations. Aujourd'hui, dans ce minist√®re, je mets cet engagement au service de la diplomatie.

Kateb Yacine disait de la langue fran√ßaise au lendemain de l'Ind√©pendance de l'Alg√©rie qu'elle √©tait ¬ęun butin de guerre¬Ľ. 50 ans plus tard, au moment du Sommet de la Francophonie de Kinshasa, le pr√©sident tunisien Moncef Marzouki a d√©clar√© que la langue fran√ßaise √©tait ¬ęun butin de paix¬Ľ. Je suis fi√®re d'assumer cet h√©ritage et fi√®re de d√©fendre √† vos c√īt√©s, avec ce grain de folie, cette si belle langue qui est la n√ītre.

Je vous remercie et vous souhaite à toutes et à tous une excellente année 2013./.

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5. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Participation de M. Fabius, au sommet de la CEDEAO - Francophonie/Entretien de Mme Benguigui, avec M. Abdou Diouf - Soudan/Soudan du Sud - Arabie Saoudite/Ex√©cution de Sa√Įd Al-Qahtani - Parlement europ√©en - Coop√©ration d√©centralis√©e - UNESCO - Diplomatie √©conomique - Syrie/D√©c√®s d'un journaliste fran√ßais - Mali - Alg√©rie/Prise d'otages - Sahel/S√©curit√© des ressortissants fran√ßais (Paris, 18/01/2013)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Participation de M. Laurent Fabius, ministre des Affaires √©trang√®res, au sommet de la Communaut√© √©conomique des √Čtats d'Afrique de l'Ouest (Abidjan, 19 janvier 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires √©trang√®res, se rendra le 19 janvier √† Abidjan, o√Ļ il repr√©sentera le pr√©sident de la R√©publique, pour participer en tant qu'invit√©, au sommet de la Communaut√© √©conomique des √Čtats d'Afrique de l'Ouest.

Ce sommet est d'une importance particuli√®re, au moment o√Ļ l'Afrique de l'Ouest se mobilise pour d√©ployer, sur le terrain, au Mali, les premiers √©l√©ments de la Mission internationale de soutien au Mali, telle que d√©finie par la r√©solution 2085 du Conseil de s√©curit√© des Nations unies.

La participation du ministre des affaires étrangères à cette réunion permettra de faire le point avec nos partenaires africains sur les développements politiques et militaires en cours au Mali.

2 - Entretien de Mme Yamina Benguigui, avec M. Abdou Diouf, Secrétaire général de la francophonie (17 janvier 2013)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, s'est entretenue hier avec M. Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie. Ils se sont félicités de la qualité du 14ème Sommet de la Francophonie qui s'est tenu en octobre dernier à Kinshasa et ont évoqué la situation dans certains pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Ils ont évoqué les grands rendez-vous de la Francophonie en 2013, comme le colloque international qui aura lieu à Dakar au printemps 2013 pour célébrer le centenaire de la naissance du poète Aimé Césaire et les 7èmes Jeux de la Francophonie qui se préparent activement à Nice en septembre prochain.

Ils ont échangé sur le premier Forum mondial des Femmes francophones qui se tiendra à l'initiative de la France en partenariat avec l'Organisation internationale de la Francophonie le 20 mars 2013, Journée internationale de la Francophonie, à Paris et qui réunira 400 femmes venus des cinq continents sur les grands enjeux que représentent les droits des femmes dans le monde.

3 - Soudan/Soudan du Sud - Retrait des troupes sud-soudanaises de la zone démilitarisée

La France salue l'annonce par le gouvernement du Soudan du Sud de son retrait de la zone démilitarisée à la frontière avec le Soudan. Il s'agit de la première action concrète dans l'application des accords signés le 27 septembre 2012 avec le Soudan et des décisions prises par les deux présidents lors de leur rencontre à Addis Abeba, le 5 janvier.

La France invite le Soudan et le Soudan du Sud à poursuivre sur cette voie de normalisation en mettant intégralement en oeuvre les accords signés précédemment. Il les invite également à appliquer sans tarder la feuille de route de l'Union africaine et la résolution 2046 du Conseil de sécurité en trouvant rapidement un accord sur les questions en suspens, dont celles d'Abyei et du tracé de la frontière.

4 - Arabie Saoudite - Ex√©cution de Sa√Įd Al-Qahtani

La France condamne la d√©capitation le 17 janvier en Arabie Saoudite de Sa√Įd Al-Qahtani et exprime √† nouveau sa vive inqui√©tude face au nombre toujours croissant d'ex√©cutions dans ce pays. Alors qu'en 2012, 76 personnes ont √©t√© ex√©cut√©es en Arabie Saoudite, il s'agit de la cinqui√®me ex√©cution depuis le d√©but de l'ann√©e 2013.

La France est engagée dans une campagne en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et entend être à la pointe de ce combat. Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, la France exprime son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Arabie saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

Q - La France compte-t-elle faire quelque chose d'autre que des déclarations ou vous contentez-vous de dénoncer ces agissements ?

R - Il faut d√©noncer. Et, non seulement il faut d√©noncer, mais il faut aussi condamner syst√©matiquement cette pratique. Nous ne la condamnons pas seulement en Arabie Saoudite d'ailleurs mais partout o√Ļ elle existe. Et, malheureusement, elle existe dans un nombre encore trop important de pays. On observe cependant une diminution constante du nombre des pays qui, soit, mettent un terme d√©finitif √† l'application de la peine de mort, soit mettent en place un moratoire.

Nous ne faisons pas que des d√©clarations. C'est une campagne qui a √©t√© lanc√©e depuis le mois de septembre dernier. Une grande r√©union s'√©tait tenue √† New York en marge de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies, avec la participation de beaucoup d'√Čtats, notamment africains. Ici √† l'h√ītel du ministre, il y a aussi eu un √©v√©nement de lancement le 9 octobre dernier en pr√©sence de grands t√©moins, notamment ceux qui, historiquement, ont port√© ce d√©bat ici en France. Je pense par exemple √† Robert Badinter.

Toute une série d'actions est mise en place par nos ambassades et nos consulats sous la forme de séminaires, de tables rondes, de projection de films. Vous en avez la liste exhaustive sur le site internet du ministère. Nous avons mis en place une carte interactive présentant, pays par pays, ce que la France fait. Cette priorité définie par Laurent Fabius est déclinée dans tout le réseau diplomatique et consulaire.

5 - Parlement européen

L'audition du ministre le 21 janvier devant la Commission des affaires étrangères du Parlement européen portera sur tous les sujets de l'actualité européenne, et bien évidemment, un certain nombre de sujets internationaux, dont la situation au Mali.

6 - Coopération décentralisée

Mercredi prochain, André Laignel remettra à Laurent Fabius un rapport sur la coopération décentralisée. Cela fait partie des priorités fixées par Laurent Fabius. M. Laignel tiendra une conférence de presse ici à 16h30.

7 - UNESCO

Q - L'entretien avec Mme Bokova est-il lié à quelque chose de particulier ?

R - Le ministre et Mme Bokova se voient régulièrement. C'est pour manifester le soutien de la France à cette organisation qui nous est particulièrement chère en raison de ce qu'elle fait et aussi parce qu'elle est installée à Paris.

À cet égard, je vous signale que la France est le cinquième contributeur à l'UNESCO. Si l'on fait le total des contributions obligatoires et volontaires, le total de la contribution française s'élève à 29 millions de dollars par an, avec deux priorités plus particulières : la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles et l'éducation, en particulier s'agissant de l'accès des filles à l'éducation. C'est sur ces sujets notamment que portera l'entretien.

8 - Diplomatie économique

Laurent Fabius est actuellement au minist√®re de l'√©conomie et des finances o√Ļ il participe avec Mme Bricq √† une table ronde sur la diplomatie √©conomique, autre grande priorit√© fix√©e par le ministre pour promouvoir les entreprises fran√ßaises √† l'international, notamment les PME, et am√©liorer l'attractivit√© du territoire fran√ßais pour les investissements √©trangers. Un certain nombre des d√©cisions ont √©t√© prises quant √† l'organisation du minist√®re, aussi bien √† Paris avec la cr√©ation d'une direction des entreprises qu'√† l'√©tranger avec la mobilisation du r√©seau diplomatique et consulaire fran√ßais autour de ces deux objectifs.

9 - Syrie/Décès d'un journaliste français

Q - Avez-vous la confirmation de la mort d'un journaliste français à Alep ?

R - Je n'ai pas de confirmation pour le moment. Je préfère attendre un peu avant de vous en parler.

10 - Mali

Q - Est-il prévu que M. Fabius se rende au Mali, après son déplacement à Abidjan ?

R - Non, pour l'instant, il se rend à Abidjan pour le Sommet de la CEDEAO.

Q - La France a-t-elle fixé un terme aux opérations militaires ?

R - Il n'y a pas de terme, simplement parce que c'est le terrain qui décidera, en fonction de l'évolution de la situation sur place. La question a d'ailleurs été posée au président de la République, elle l'a aussi été à Laurent Fabius et à Jean-Yves Le Drian. Ils ont tous fait cette réponse, une réponse de bon sens : ce sera le temps nécessaire et pas plus, la France n'ayant pas vocation à rester de manière permanente dans ce dispositif au Mali.

Q - Allez-vous demander l'aide de vos partenaires européens et internationaux ?

R - Sur les différents volets des opérations au Mali, il y a déjà beaucoup de soutiens internationaux.

Sur le volet MISMA, c'est-√†-dire le volet du d√©ploiement de la force africaine en application de la r√©solution 2085 du Conseil de s√©curit√© des Nations unies, un nombre croissant d'√Čtats africains ont annonc√© officiellement leurs contributions √† cette force. Non seulement les annonces sont faites, mais on voit maintenant arriver les premiers contingents. C'est le cas des contingents togolais et nig√©rian. Il y aura aussi des contributions d'autres √Čtats, je pense notamment au B√©nin, au Tchad, au S√©n√©gal. Il y a eu le 15 janvier une r√©union des chefs d'√©tat-major de la CEDEAO, en pr√©sence du g√©n√©ral nig√©rian et de son adjoint nig√©rien qui commanderont cette force. Il y aura samedi le Sommet de la CEDEAO que j'ai d√©j√† mentionn√©.

Sur le volet de l'opération européenne (EUTM), là aussi les choses se sont très fortement accélérées ces derniers jours. C'est ce qui ressort très clairement de la réunion exceptionnelle du Conseil Affaires étrangères qui s'est tenue hier à la demande de la France. Non seulement il y a eu la manifestation d'un soutien politique unanime à l'intervention française, mais aussi une accélération des annonces de contributions faites par les Européens. Tout cela va se préciser dans les jours qui viennent. D'ores et déjà le général Lecointre qui est français et va commander cette opération, se rendra sur place entre le 20 et le 23 janvier, avec l'objectif d'un premier déploiement d'une petite unité au début du mois de février puis une montée en puissance progressive à partir de mi-février.

Sur le troisi√®me volet, l'op√©ration Serval, l√† aussi le soutien international est unanime et des contributions ont √©t√© confirm√©es soit dans le cadre europ√©en, soit dans un cadre plus large, je pense notamment √† l'aide qui est apport√©e par le Canada en termes de transport ou par les √Čtats-Unis en terme de transports et de renseignements. Tout cela sera compl√©t√© au fur et √† mesure dans les jours qui viennent par les annonces qui seront faites par les uns ou les autres.

Q - Est-ce que des pays europ√©ens pourraient s'engager militairement aux c√īt√©s de la France ?

R - Des d√©clarations ont √©t√© faites hier, notamment par Mme Ashton, confirmant non seulement un soutien politique, mais aussi logistique - √† ce titre je pense par exemple au domaine m√©dical et √† ce qu'ont d'ores et d√©j√† annonc√© les Allemands. Je cite Mme Ashton : ¬ęun certain nombre de pays ont dit tr√®s clairement qu'ils √©taient pr√™ts √† soutenir la France par tous moyens et ils n'ont pas exclu un soutien militaire¬Ľ. On va voir maintenant ce que sont susceptibles de proposer les uns et les autres, c'est une d√©cision qui appartient √† ceux de nos partenaires qui souhaiteraient aller plus loin que ce qu'ils ont d'ores et d√©j√† annonc√©, notamment pour l'envoi de troupes combattantes.

Q - Déployer les premières missions européennes à la mi-février, cela fait loin tout de même ?

R - Je vais reprendre le calendrier, en soulignant que son accélération est une excellente nouvelle. Première remarque : je rappelle que cette force européenne a pour mission de former les forces armées maliennes. Deuxième remarque : encore une fois, le général Lecointre sera sur place dès le 20 janvier et le premier détachement de personnel européen devrait être prépositionné à Bamako, d'après mes informations, dès le début du mois de février. Ensuite, c'est un déploiement progressif et une montée en puissance : tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. La force comptera au total presque 500 hommes, avec les formateurs et les personnels chargés de sa protection.

Q - La France arrive √† mettre 1.400 hommes en 4 jours au Mali et l'Europe va mettre 1 mois presque pour mettre 500 conseillers, dont le r√īle ne sera pas de combattre mais de conseiller l'arm√©e malienne...

R - La mission de la force telle que d√©finie dans les conclusions du Conseil Affaires √©trang√®res de d√©cembre, c'est en effet la formation et la restructuration des forces arm√©es maliennes. Il y a au sein de l'arm√©e malienne un certain nombre d'unit√©s qui sont en √©tat de combattre et qui combattent aujourd'hui. Il y a d'autres unit√©s qui ne sont pas en √©tat de combattre, donc c'est celles-ci qu'il va falloir former, restructurer. Il y a tout un volet d'√©quipement aussi. C'est un diagnostic qui est partag√© par tous : l'arm√©e malienne a besoin de formation, de conseils, pour tout ce qui touche √† la cha√ģne de commandement, √† l'entra√ģnement, etc. Le besoin tel qu'il a √©t√© d√©fini en d√©cembre perdure et il est toujours pertinent de d√©ployer cette force.

Sur le deuxième volet de votre question, il faut faire les choses de manière ordonnée. L'Union européenne a l'habitude de ce genre de mission. Ce n'est pas la première fois qu'au titre de la politique européenne de défense et de sécurité elle déploie une mission de ce type là, notamment en Afrique. Il y a une première étape de diagnostic et de définition précise des besoins, c'est ce que va faire très vite le général Lecointre. Ensuite, les formateurs et la force seront déployés progressivement de manière ordonnée.

Q - Quelles sont les possibilit√©s que les √Čtats-Unis n'envoient pas seulement une aide logistique au Mali, mais aussi des soldats ? Qu'attendent-ils ?

R - Il s'agit de discussions que nous avons en ce moment avec les Américains, c'est à eux, comme à tout autre pays, de prendre leurs décisions. Ils nous apportent déjà une aide très importante en termes de transport et de renseignement. Il s'agit d'une contribution essentielle que nous apprécions. Ensuite, c'est à eux de décider s'ils veulent aller un cran plus loin. C'est leur décision souveraine.

Q - Il y a un an, la France avait fourni des armes aux rebelles libyens du Djebel Nefoussa pour √©viter leur annihilation devant les forces de Kadhafi. On parle beaucoup d'armes libyennes qui circulent partout. Est-ce qu'on est raisonnablement s√Ľr que ce lot-l√† n'a pas circul√© dans la r√©gion ?

R - Sur ce lot-là en particulier, je ne sais pas. Ce que nous savons en revanche, c'est que ces groupes présents dans le Nord-Mali avaient récupéré d'une manière ou d'une autre des armes de Libye. Soit parce que certains groupes, notamment certaines milices libyennes sont passées avec armes et bagages au Nord-Mali. Soit parce que ces groupes ont acheté des armes provenant des stocks libyens. C'est ce qui nous fait dire depuis longtemps, et encore très récemment, que ces groupes étaient puissamment armés, d'armes qui sinon pour toutes, du moins pour certaines, venaient des stocks libyens.

11 - Algérie/Prise d'otages

Q - La France estime-t-elle être bien informée des opérations en cours et soutient-elle la façon dont les autorités algériennes mènent ces opérations ?

R - La situation est encore très confuse et nous n'avons pas aujourd'hui de bilan officiel sur ce qui s'est passé. C'est pourquoi je serai très prudent et me garderai de commentaires trop précis, notamment sur le nombre de Français potentiellement concernés, sur ce qui a pu leur arriver, comme à des ressortissants d'autres nationalités impliqués dans cette prise d'otage - et ils étaient nombreux.

Pour répondre à votre question sur le niveau d'information, je crois que le président l'a dit, en déclarant qu'il était régulièrement informé par les autorités algériennes.

Quant à savoir si les autorités algériennes ont bien fait, dans ces circonstances et compte tenu des informations dont elles disposaient, elles ont estimé - et c'était leur responsabilité - qu'elles n'avaient pas d'autre choix que de donner l'assaut.

Q - Certaines capitales ont critiqué ce choix. Quelle est la réaction de Paris par rapport à cette décision brutale des autorités algériennes ?

R - J'ai vu les déclarations telles qu'elles étaient relayées par les agences de presse.

Je n'ai pas de commentaire à faire sur les réactions de tel ou tel pays dont les ressortissants étaient impliqués dans la prise d'otages. Je viens de vous répondre pour ce qui concerne les autorités françaises, à la fois sur le niveau d'information et sur l'appréciation que nous portions sur ce qui avait été fait.

Q - Est-ce que Paris avait demandé à Alger d'agir avec retenue ?

R - Il était de la responsabilité des autorités algériennes de traiter cette situation, particulièrement complexe compte tenu de l'ampleur de la prise d'otages.

Q - Auriez-vous aimé être mis au courant de l'intervention comme l'a déclaré le Premier ministre britannique ?

R - Je ne ferai pas d'autres commentaires que celui que je viens de faire.

Q -Est-ce que la France a demandé à ce que l'Algérie accepte des officiels, des diplomates sur place pour voir ce qui s'est passé comme les Anglais ?

R - Cela je ne peux pas vous le dire. Nous avons une ambassade sur place de toute façon.

Q - Beaucoup déclarent que c'est parce que la France est intervenue au Mali que cette prise d'otages à eu lieu...

R - Une remarque générale et de méthode : la situation est encore très confuse sur place et la sagesse commande que nous soyons très prudents dans les commentaires que nous faisons aujourd'hui et a fortiori dans les conclusions que l'on tire sur ce qui s'est passé, sur les causes et sur les conséquences.

Je comprends de ce que je lis ou de ce qu'on m'explique que cette prise d'otages est d'une telle ampleur et d'une telle complexité qu'elle aurait nécessité une longue préparation. Si c'est bien le cas, elle aurait donc commencé à être préparée et planifiée bien avant l'opération française, déclenchée il y a une semaine.

Ce qui s'est passé en Algérie justifie la décision française. Cela montre à quel point le pouvoir de nuisance de ces groupes est important et susceptible de toucher non seulement le Mali mais tous les pays de la région, les intérêts de pays européens, ceux de la France, et au-delà. Parmi les ressortissants présents sur le site, il y avait manifestement d'autres ressortissants que simplement de pays européens, des Japonais, des Américains.

Q - Proposons-nous une aide militaire à plusieurs pays, l'Algérie, la Libye ou la Mauritanie, pour lutter contre Aqmi ?

R - La France a avec beaucoup de ces pays, sinon tous, des relations très étroites. C'est vrai de l'Algérie et de l'ensemble des pays limitrophes du Mali. Nous avons avec eux, de manière générale, des contacts très étroits dans tous les domaines.

Pour √©voquer un pays en particulier que vous avez cit√©, la Libye, les autorit√©s libyennes ont une pr√©occupation essentielle quant √† la s√©curit√© du pays et √† celle de ses fronti√®res. La question de la porosit√© des fronti√®res est essentielle quand on parle de l'action de ces groupes qui agissent dans cette zone du Sahel. C'est non seulement un sujet de pr√©occupation pour les Libyens, mais c'est aussi un sujet que nous √©voquons avec eux, avec une aide qui pourrait leur √™tre apport√©e tant par la France que dans un cadre europ√©en. Il y a une r√©flexion en ce moment, assez avanc√©e, sur un programme qui pourrait √™tre mis en place par l'Union europ√©enne pour aider des Libyens √† s√©curiser leurs fronti√®res et nous aurons bient√īt √† Paris une conf√©rence consacr√©e √† ce sujet.

Q - Avez-vous confirmation sur la présence d'un Français parmi les ravisseurs, selon l'agence Reuters ?

R - C'est beaucoup trop t√īt pour dire ce qu'il en est. Je vous renvoie aux d√©clarations et aux propos de M. Valls ce matin sur une radio fran√ßaise, o√Ļ il a abord√© ce sujet. Il faut attendre que les choses se d√©cantent pour avoir les id√©es plus claires et √©viter de faire des d√©clarations intempestives.

Q - Le ministre de l'intérieur a communiqué ce matin en disant que deux Français étaient rentrés ce matin et deux Français seraient potentiellement encore là-bas otages Une source sur place a parlé d'avions qui auraient été affrétés et qui se dirigeraient, ou qui se seraient dirigés vers Paris pour des rapatriements.

R - Je crois qu'il ne faut pas citer de mani√®re s√©lective les propos de M. Valls ce matin. Il faut relire ses d√©clarations in-extenso. Il a notamment beaucoup insist√© sur la n√©cessit√© d'√™tre tr√®s prudent dans les d√©clarations que l'on fait et dans l'appr√©ciation qu'on porte sur ce qui s'est pass√© ou ce qui se passe encore. Je r√©p√®te pour √™tre tr√®s clair. Au moment o√Ļ je vous parle, la situation sur place est encore confuse, pour dire le moins. Nous n'avons toujours pas de bilan de cette op√©ration. Dans ces conditions, il serait hasardeux, pour dire le moins, de tirer des conclusions. Dans la ligne de ce qu'a d√©clar√© M. Valls ce matin, je vous appelle √©galement √† rester tr√®s prudents. Il faut attendre que les choses se d√©cantent et que l'on y voie un peu plus clair. Je ne ferai d'autres commentaires que lorsque j'aurai des informations fiables et recoup√©es, ce qui n'est pas le cas pour le moment. Pour le reste, non, je n'ai pas connaissance d'avions qui auraient √©t√© affr√©t√©s par nous qui seraient en ce moment en direction de Paris.

Q - Parmi les otages il y a de très nombreuses nationalités y compris des Japonais, des Asiatiques et les Chinois sont très présents dans ces pays. Est-ce que la France a contacté des pays en dehors de l'Europe ?

R - En effet, ce qui s'est pass√© en Alg√©rie montre que la pr√©sence de groupes terroristes dans cette zone est un enjeu pour la communaut√© internationale toute enti√®re. Ce n'est pas un hasard si les trois r√©solutions successives du Conseil de s√©curit√© des Nations unies, la 2056, la 2071 et la 2085, ont √©t√© prises sous chapitre 7 de la Charte, ¬ęatteinte √† la paix et √† la s√©curit√© internationales¬Ľ. La pr√©sence de ces groupes fait peser une menace grave, non seulement sur ce pays, le Mali, qu'ils ma√ģtrisaient aux deux-tiers, mais au-del√† sur l'ensemble de la r√©gion et sur nos int√©r√™ts. C'est la premi√®re observation.

Deuxi√®me observation, nous sommes bien s√Ľr en contact avec tous nos principaux partenaires et nous les tenons inform√©s de ce que nous faisons au Mali. Nous le faisons via notre r√©seau d'ambassades. Nos ambassades en Asie ont pour instruction de tenir inform√©s leurs interlocuteurs sur place. Nous le faisons ici aussi √† Paris. Le ministre s'entretient quotidiennement avec beaucoup de ses homologues pour les informer, pour les mobiliser √©galement. Nous le faisons √©galement sur place √† Bamako au Mali via notre ambassade.

12 - Sahel/Sécurité des ressortissants français

Q - Quelles sont vos évaluations sécuritaires sur la région maintenant ? Vous avez émis plusieurs bulletins de précaution pour les ressortissants français pour les touristes, même pour les journalistes. Allez-vous émettre quelque chose de particulier en vue de ce qui s'est passé ?

R - S'agissant des journalistes tout d'abord, un grand nombre d'entre eux est pr√©sent aujourd'hui au Mali. Notre souci est de nous assurer que vous puissiez faire votre travail et sans vous mettre en danger. Le message que nous avons souhait√© passer avec le minist√®re de la d√©fense est un message de prudence. Le principal message √©tait ¬ęsignalez-nous votre pr√©sence au Mali, discutons ensemble des meilleures mani√®res pour vous de travailler dans des conditions de s√©curit√© maximales¬Ľ.

Plus généralement, sur la sécurité dans les différents pays de la région, nous avons passé un message général de vigilance à nos ressortissants. Nous le faisons par tous les moyens à notre disposition. Nous avons un réseau très efficace de SMS. Lorsqu'un ressortissant s'inscrit auprès d'un consulat ou d'une ambassade, il nous donne ses coordonnées s'il le souhaite et notamment ses coordonnées SMS, ce qui nous permet de le prévenir en cas de problème très rapidement. Il y a aussi les réseaux Internet, les réseaux sociaux, les téléphones, un système d'ilotage qui permet de faire passer les bons messages très rapidement.

Nous avons pris aussi un certain nombre de mesure de prudence notamment au Mali, au Niger et en Mauritanie, o√Ļ nous avons d√©cid√© de fermer pour la semaine nos lyc√©es pour proc√©der √† un audit de s√©curit√©, de fa√ßon √† prendre les bonnes d√©cisions ensuite. Nous avons ferm√© le centre culturel de Bamako pour une semaine.

Je rappelle que la s√©curit√© de ce qu'on appelle ¬ęnos emprises¬Ľ, c'est-√†-dire les lyc√©es mais aussi les centres culturels et nos ambassades et consulats est la responsabilit√© premi√®re des autorit√©s locales.

Tout le réseau diplomatique et consulaire est mobilisé pour assurer la sécurité de nos ressortissants, ainsi que notre centre de crise, puisque c'est vers lui que converge la totalité de l'information qui remonte de nos ambassades et de nos consulats.

Dernière remarque générale, on procède bien évidemment à une évaluation des conditions de sécurité en temps réel. C'est-à-dire qu'on ajuste ensuite nos dispositifs et les mesures que nous prenons pour la sécurité de nos ressortissants de manière très réactive. C'est du suivi heure par heure.

Voilà pour les remarques générales. Pour l'Algérie, nous allons procéder à une évaluation de sécurité et voir s'il y a des raisons d'ajuster le dispositif tel qu'il existe aujourd'hui compte tenu de ce qui s'est passé.

Q - BP parle d'avions qui sont en train de ramener des Occidentaux en Europe. Est-ce que des entreprises françaises sont en train de rapatrier des salariés ?

R - À ma connaissance non. Je n'ai pas connaissance aujourd'hui d'opérations de rapatriement. Il faut faire très attention aux mots qu'on utilise. J'ai vu dans la presse, notamment dans des dépêches d'agence, des déclarations évoquant la possibilité pour les entreprises françaises de rapatrier leurs salariés. Mais j'ai vu aussi des déclarations en sens inverse de Mme Parisot pour ce qui concerne spécifiquement l'Algérie.

Q -Est-ce que vous avez une estimation des expatriés français, présents dans la zone Sahel et en Algérie ?

R - Premièrement : nous avons un décompte précis du nombre des ressortissants français présents pays par pays. Chaque ambassade et chaque consulat tiennent le décompte précis des ressortissants qui se sont enregistrés auprès d'eux. Je précise qu'il n'y a pas, pour un ressortissant français qui s'expatrie, d'obligation à se déclarer.

Deuxièmement : il y a non seulement les résidents permanents français à l'étranger dans chaque pays, mais il y a aussi des gens qui sont de passage dans ces pays. Ils ont la possibilité de manifester leur séjour auprès du quai d'Orsay par un système qu'on appelle Ariane. Vous déclarez que de telle date à telle date vous serez dans tel pays, ce qui permet en effet aux autorités françaises, en cas de problème, de vous repérer très vite.

Pour résumer, nous avons une vue assez précise, et des résidents permanents et des Français de passage, notamment des touristes, dans chaque pays du monde. Pas simplement de cette zone là, dans chaque pays du monde. Ces données, nous les avons et elles n'ont rien de confidentiel./.

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