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Bulletin d'actualités du 16 janvier 2013


Sommaire



1. Voeux à la presse du président de la République, M. François Hollande (Paris, 16/01/2013)

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour vos propos. D'abord, d'avoir évoqué cette cérémonie de voeux qui, pour je ne sais quelle raison, avait été un moment suspendue. Je ne pouvais pas manquer de chercher à vous revoir le plus vite possible tant il a été rappelé que votre compagnie pouvait me manquer. Même si j'ai régulièrement l'impression que nous sommes toujours ensemble, même quand vous n'êtes pas là.

Vous avez eu aussi la délicatesse de rappeler que ma vie politique avait commencé il y a 30 ans. Mais, en fait, mes premiers souvenirs de jeune – pas encore citoyen – c'était avec une télévision où il n'y avait qu'une seule chaîne. La seconde n'est arrivée que bien plus tard me permettant de regarder des débats à la télévision qui sont gravés dans ma mémoire.

À cette époque la communication présidentielle était quand même plus simple qu'aujourd'hui. Le général de Gaulle s'invitait, parfois même n'avait pas besoin de s'inviter. Il était chez lui. Ensuite, les temps ont passé. Georges Pompidou avait parlé de «voix de la France» pour la télévision qui n'était, d'ailleurs, que publique à l'époque. J'imagine mal un président aujourd'hui tenir le même discours. Et puis les lois sont venues et l'indépendance, autant qu'il a été possible, a été instituée. Faut-il encore qu'elle soit respectée.

Je veux, aussi, vous dire que ces voeux à la presse se déroulent dans un contexte que chacun comprend comme exceptionnel. Je voulais, avant de répondre à vos questions sur l'avenir de notre relation et de votre profession, vous parler de l'avenir de l'opération que nous avons engagée au Mali.

Cette décision que j'ai prise vendredi dernier était nécessaire. Si ce choix n'avait pas été fait, la question ne serait plus de savoir «quand ?» puisqu'il serait trop tard. Le Mali aurait été conquis entièrement et les terroristes seraient aujourd'hui en situation de force. Pas simplement pour soumettre la population malienne à un ordre qu'elle ne veut pas, mais également pour faire pression sur l'ensemble des pays d'Afrique de l'Ouest.

Cette décision nécessaire est également légitime. Elle s'est inscrite dans la légalité internationale à partir des résolutions du Conseil de sécurité de la charte des Nations unies.

La France, si elle a été la première, ne sera pas seule puisqu'elle est soutenue par l'Europe, appuyée même par beaucoup de ses pays. Elle a eu également, lundi soir encore, le soutien du Conseil de sécurité.

Mais, surtout, cette décision n'est pas seulement celle de la France puisque nous avons comme mission de confier à la force africaine - qui d'ailleurs n'est pas limitée aux seuls Africains, ce que l'on appelle la MISMA - le devoir et l'obligation d'assurer l'intégrité du Mali.

Cette décision est lourde de conséquences puisqu'elle mobilise nos forces armées. Nous avons pu constater avec quel courage nos soldats sont entrés dans cette bataille. L'un d'eux, dès les premières heures de l'affrontement, est mort. Je salue la mémoire de Damien Boiteux. Une cérémonie s'est tenue hier. Je veux aussi exprimer notre solidarité à l'égard de sa famille et de tous ceux qui combattent sous le drapeau français et en l'occurrence, aujourd'hui, sous le drapeau des Nations unies.

Je veux aussi avoir une pensée particulière pour ces agents de la DGSE qui sont allés chercher, au péril de leur vie, l'un des leurs connu sous le nom de Denis Allex. Il était retenu depuis 3 ans et demi dans des conditions abominables. Cette opération, je l'ai décidée il y a plusieurs semaines. Elle était prévue ce jour-là, ou plus exactement cette nuit-là. Elle aurait pu réussir, elle devait réussir. Mais en même temps - aussi lourdes que soient les conséquences puisqu'il y a eu la mort, l'assassinat de l'otage et deux soldats qui sont tués - je revendique cette opération, pleinement. Car c'est aussi un message que nous envoyons. La France ne peut pas accepter que ses ressortissants soient détenus. Nous prenons tous les contacts pour que les libérations puissent intervenir dans les meilleures conditions. Encore aujourd'hui, vous imaginez que je pense à chaque instant à la situation de nos otages. Je recevrai encore, prochainement, leur famille.

Je veux dire aussi ce qu'est la position de la France. C'est en étant ferme - y compris en intervenant comme nous le faisons au Mali - que nous faisons céder les ravisseurs et les preneurs d'otages.

Voilà ce que je voulais vous dire sur cette intervention, son caractère nécessaire, sa légitimité, la solidarité qui nous est donnée par la communauté internationale, par les Européens, et également la mobilisation des Africains. Cette intervention est soutenue non seulement par les pays africains riverains du Mali, mais plus largement par l'ensemble de l'Afrique dans toute sa diversité. En outre, quel plus beau retour de légitimité, de confiance, pouvons-nous avoir que d'entendre ces Maliens, de loin, ceux qui ont souffert et qui souffrent encore de la domination des terroristes et qui espèrent s'en libérer, ou ceux qui vivent ici et qui ont des contacts avec des Maliens du Mali, et qui nous disent leur confiance et qui nous donnent une fierté ? Parce que la France, elle libère. Parce que la France, elle porte des valeurs. Elle n'a aucun intérêt au Mali. Elle ne défend aucun calcul économique ou politique. Elle est au service, simplement, de la paix.

Vous, femmes et hommes de presse qui suivez courageusement ces conflits, sachez bien que je respecterai pleinement, strictement, le discours que j'ai prononcé à Dakar et qui montrait qu'il y avait une autre doctrine pour la relation entre la France et l'Afrique.

Cette intervention, qui occupe une large place dans vos organes de presse, ne doit pas occulter la politique du gouvernement. J'aurai à revenir, au cours des prochains jours, sur les priorités que j'ai fixées pour l'année 2013. La première étant l'emploi, avec cette volonté que vous pouvez mettre, c'est vrai, non pas en cause quant à son affirmation mais quant à ses résultats possibles. C'est votre devoir, c'est votre droit. Mais ma responsabilité, c'est de faire en sorte que sur la question de la lutte contre le chômage tous les moyens économiques, sociaux, législatifs soient utilisés pour que nous puissions obtenir l'inversion de la courbe du chômage.

De la même manière, j'ai dit que la jeunesse devait rester la priorité, pas simplement de l'année 2013 mais du quinquennat. Pourquoi ? Parce que les chiffres encore une fois en témoignent : nous sommes le pays d'Europe qui a la démographie la plus active, qui arrive à renouveler ses générations. Nous devons en tirer, au-delà du sentiment de fierté et de vitalité de nos familles françaises que je défends, des conclusions. Dès lors que nous avons cette confiance en l'avenir, nous devons tout mettre à la disposition de la génération qui vient pour qu'elle réussisse son destin. D'où les réformes que nous engageons en matière d'éducation mais aussi de formation.

Et puis la dernière priorité que j'ai fixée, et qui se déclinera tout au long de l'année 2013, c'est la préparation de l'avenir, l'investissement dans tous les domaines, en allant chercher les capitaux partout. Ici, à travers une épargne abondante en France. Ailleurs, à travers des investissements qui peuvent se faire - à certaines conditions - dans notre pays et notamment à travers des fonds communs avec un certain nombre de pays qui souhaitent placer leur confiance dans notre industrie, mais qui souhaitent le faire en bonne intelligence avec nous.

Cette intervention au Mali ne doit pas non plus occulter les autres sujets internationaux et notamment ce qu'il se passe en Syrie, où encore récemment il y a eu à l'aéroport d'Alep - à l'université aussi - un certain nombre d'attentats, avec des conséquences terribles.

Puisque je parle devant vous - vous qui assurez la liberté de la presse dans le monde - je veux que nous puissions avoir aussi une pensée pour vos camarades qui sont morts en faisant leur métier - 89 dans le monde - qui ont été tués tout simplement parce qu'ils voulaient faire connaître les exactions ou les massacres auxquels des dictateurs, ou d'autres, se livraient dans tel ou tel pays. En Syrie, deux journalistes français - Gilles Jacquier et Rémi Ochlik - sont morts pour avoir décidé de couvrir le sursaut du peuple syrien.

Vous m'avez interrogé, Monsieur le président, sur la liberté de la presse en France. Nous devons montrer l'exemple, être une référence. Je ne parle pas de vous - je ne me le permettrais pas - mais de nous, ceux qui assurons - les ministres sont là - l'indépendance, le pluralisme et la vie de la presse. Aujourd'hui respecter le pluralisme et l'indépendance, ce n'est pas seulement donner des moyens juridiques ; c'est veiller à ce qu'il puisse y avoir encore une presse libre, indépendante et politique faisant son travail.

Nous allons prendre alors un certain nombre de décisions, parce que la crise de la presse est à la fois conjoncturelle et structurelle.

Elle est conjoncturelle, car - je ne vous apprends rien - dès lors qu'il y a un ralentissement économique toutes les activités sont touchées. Mais celles de la presse le sont encore davantage, et celles de la presse écrite plus particulièrement. Vous avez parfois - je parle aux patrons de presse - réagi en augmentant encore le prix, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l'accès même à l'information.

La crise est aussi structurelle, avec internet et surtout la gratuité qui laisse penser qu'il n'y aurait plus d'information qui aurait un prix, alors que vous savez tous quel est le prix pour aller chercher l'information. Nous devons donc faire en sorte que cette transition numérique aboutisse à de nouvelles exigences, puisqu'elle vous contraint à inventer de nouveaux modèles économiques. Certains marchent, déjà, avec une presse numérique semi-payante, avec aussi une presse écrite qui se transforme pour être aussi une presse numérique mais qui est obligée de consentir à des sacrifices importants, de faire des investissements lourds sans avoir les recettes correspondantes à travers le numérique.

Face à cette situation, plusieurs décisions ont déjà été prises.

Il y a le dossier Presstalis. Nous l'avons fait pour éviter un dépôt de bilan - mais cela ne suffit pas - pour faire en sorte que nous puissions accompagner l'entreprise et permettre qu'il puisse y avoir une distribution assurée de journaux, car lorsqu'un titre ne paraît pas - et même si on en trouve la traduction sur le numérique - c'est une privation d'une liberté. Je respecte les mouvements sociaux, les conflits tels qu'ils peuvent à un moment être organisés. Mais il faut que chacun sache les conséquences de ses actes, car s'il n'y a plus de presse, il n'y aura plus non plus de travailleurs pour fabriquer les journaux, ni d'autres pour les distribuer.

Je pense aussi à cette question des points de vente. Vous avez rappelé Monsieur le président que j'aimais la presse ; d'ailleurs j'aime aussi les journalistes - vous l'avez dit aussi - qui me le rendent bien. Mais j'aime les kiosquiers, c'est une profession essentielle qui a conduit beaucoup de jeunes - quand j'étais jeune ! - à croire à la presse, à aller chercher son titre, à avoir une information. Or - et cela est un devoir qui appartient aux villes de France – nous devons maintenir un réseau de distribution.

Puis, il y a les aides à la presse, qui représentent des sommes importantes et dont on annonce toujours leur réforme. Il y a même eu des États généraux qui ont été constitués en 2008 qui n'ont abouti à aucune révolution.

Nous aurons donc à revoir les aides à la presse. Il y a des contradictions d'intérêts, y compris entre vous, entre celles et ceux qui travaillent dans une presse magazine par rapport à une presse d'information. Mais c'est toute la presse qui est concernée. Nous aurons à revoir ces aides à la presse avec une volonté de mettre la presse d'information politique et générale au premier rang des titres qui doivent bénéficier de ces aides.

Au cours de l'année 2013, la ministre de la culture présentera cette réforme et également les moyens de favoriser l'accompagnement des titres qui souhaitent aller vers le numérique.

Puisque je parle du numérique, il y a là aussi plusieurs principes imposés. D'abord le partage de la valeur. Il est normal que ceux qui tirent profit de l'information produite par votre travail participent à sa prise en charge. Cela sera le sens de la contribution des moteurs de recherche au financement de la presse, ce qu'on a appelé la «taxe Google» mais il n'y a pas que Google. Il y a, donc, en ce moment des négociations. Si les négociations n'aboutissent pas, il y aura une disposition législative et fiscale qui sera introduite.

De la même manière le second principe, au-delà du partage de la valeur, c'est la solidarité.

C'était l'esprit d'une loi qui s'appelait la loi Bichet, loi de 1947 sur la distribution des journaux. Elle rappelle tout simplement que la presse est une, même si elle n'est pas unique, heureusement ! Nous avons besoin de ce partage, là aussi, de responsabilités.

Il y a aussi la solidarité interprofessionnelle pour les messageries. Je souhaite là encore qu'un accord soit trouvé sinon l'État interviendra.

Enfin, je n'oublie pas la presse audiovisuelle. Je réaffirme ici qu'il y aura une loi sur l'audiovisuel qui rapprochera le CSA de ce qu'on appelle l'ARCEP. Elle définira les règles concernant les nominations puisque conformément à un engagement, c'est maintenant cette autorité - le CSA, ou ce qui prendra sa place - qui assurera la nomination des responsables des chaines publiques.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. D'abord un message de confiance dans les relations qui sont les nôtres. Vous m'avez interrogé et c'est toujours un dilemme pour le président de la République : soit il est trop proche et il devient banal, je n'ose pas dire normal ; soit il est distant et il s'isole, il s'enferme. J'essaie de trouver la bonne posture.

Suffisamment proche pour rester près de vous et néanmoins suffisamment distant pour – et pas simplement dans les moments graves que nous traversons - faire comprendre aux Français que le pays est dirigé, que nous savons où nous allons et que nous le faisons avec esprit de responsabilité, d'apaisement même.

Il est normal que dans une société il y ait des débats sur de grandes questions. C'est toujours ainsi que nous avons assumé, pas forcément en étant d'accord au départ, les grandes évolutions.

Je respecte toutes les sensibilités, enfin celles qui sont dans le champ démocratique, celles qui font le choix de la République, celles qui s'attachent à la liberté. Après, chacun peut avoir sa conception. Mais ensuite le débat a lieu, son cadre est le Parlement, les décisions sont prises et ensuite si une alternance arrive - cela peut se produire - d'autres choix peuvent être faits. Il ne s'agit pas d'opposer une France contre une autre, parce que chacun peut avoir même des sentiments mélangés. Il s'agit que la France puisse savoir, là encore, ce que doit être son destin. Il y a des modernisations que je veux conduire. Il en sera de même d'ailleurs pour les évolutions institutionnelles.

Sur le rapport que nous pouvons avoir aussi, c'est de faire que vous puissiez, autant que possible, travailler avec le respect des sources qui sont les vôtres. Il y aura, là aussi, une disposition législative qui sera introduite pour protéger vos sources. Ne craignez rien là-dessus, d'abord parce que l'indépendance de la Justice sera garantie, et ensuite parce que nous ne cherchons pas qui vous informe. Ce serait d'ailleurs un très mauvais calcul car on découvrirait souvent que c'est au plus haut niveau que l'information vient... Là encore, je souhaite donc que nous ayons une relation apaisée, pacifiée, et que nous nous respections les uns les autres.

Voilà les mots que je souhaitais vous adresser, souhaitant une bonne année à la presse, qui peut être aussi une bonne année pour le président de la République, ce n'est pas incompatible.

Merci./.

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2. Émirats Arabes Unis/Energie - Intervention du président de la République devant le World Future Energy Summit (Abou Dabi, 15/01/2013)

Majesté,

Mesdames, Messieurs les Présidents

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Vous me faites un grand honneur de me permettre d'intervenir le premier pour cette conférence. Je veux saluer l'initiative qui a été prise par Son Altesse Cheikh Zayed qui démontre que les Émirats Arabes Unis sont en pointe en matière d'énergies renouvelables et plus largement de développement durable.

J'en ai eu encore la preuve en découvrant la maquette de ce qu'est la ville du futur, celle que vous construisez à Masdar et qui permet à beaucoup de pays d'avoir là des références utiles pour leurs propres choix. Je veux aussi reconnaître la place que les Émirats ont prise depuis déjà plusieurs années avec l'Agence internationale des énergies renouvelables, dont le siège est ici et qui compte déjà plus de 100 États membres.

Je suis conscient de l'enjeu qu'a tracé Cheikh Zayed. Nous devons effectivement relever un défi. Si nous ne faisons rien, n'engageons rien, n'investissons rien, alors nous sommes sûrs que la catastrophe viendra. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

La demande énergétique devrait augmenter de plus d'un tiers d'ici à 2035. Nous ne pourrons y répondre qu'avec les énergies fossiles c'est-à-dire le pétrole, le gaz, le charbon... Nous savons bien que cela aurait deux conséquences : la première, c'est un prix de ces énergies fossiles insupportable pour toutes les économies, celles qui sont aujourd'hui développées comme les émergentes.

Mais il y aurait une deuxième conséquence qui serait encore plus dommageable. C'est le réchauffement climatique dont nous avons aujourd'hui déjà un certain nombre de preuves. Tout laisse à penser que si nous n'agissons pas, ce n'est pas de 2 degrés à la fin du siècle que nous pouvons craindre l'élévation de la température de la planète, mais de 4 degrés avec tout ce que cela signifierait en terme de dérèglement, de catastrophe et d'impact sur les populations.

Nous avons donc un devoir économique : faire en sorte que nous puissions vivre avec d'autres énergies que celles que nous connaissons aujourd'hui ; et nous avons l'obligation de permettre à notre planète d'être vivable pour les générations qui viennent.

C'est pourquoi nous devons engager le monde dans deux directions

La première, c'est l'efficacité énergétique, car là nous avons des potentiels considérables de progrès. L'Agence internationale de l'énergie nous dit que 80 % des sources d'économies d'énergie sont dans la construction ou la rénovation de logements. Là encore, vous en faites la démonstration ici aux Émirats. Nous en France, nous avons fait le choix de donner à cette priorité tous les moyens. Nous ferons que toutes les constructions de bâtiments et de logements seront avec des normes environnementales élevées et avec des mécanismes d'économies d'énergie considérables. Nous allons lancer aussi un programme de rénovation de nos logements. Un million seront concernés car c'est un devoir. Toutes les économies d'énergie nous permettront, non seulement d'être moins dépendants, mais d'innover dans les processus de fabrication.

Nous avons des entreprises de pointe en France. Vous avez bien voulu les reconnaître, notamment en 2012 puisque l'une de ces entreprises, Schneider, leader mondial de l'efficacité énergétique, a reçu ici même le prix Zayed. Nous voulons donc faire le choix de l'efficience énergétique.

Mais nous voulons aussi développer les énergies renouvelables. Notre pays développe des moyens considérables, a des compétences reconnues dans toutes les filières : aussi bien les énergies marines, le solaire - et nous participons à cette belle initiative de la Centrale SHAMS 1 qui nous permet d'espérer que le solaire va prendre une place plus importante encore dans les bilans énergétiques -, la géothermie, la biomasse... Là encore, nous disposons de grands groupes et de PME qui nous assurent qu'il y a des gisements considérables de productivité et d'efficacité.

Nous devons aussi agir, la France, avec l'Europe. Nous avons donc affiché un certain nombre d'obligations qui seront telles qu'en 2020 nous aurons réduit de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, consommer 20 % d'énergies renouvelables, et réaliser 20 % d'économies d'énergie. J'ai proposé à nos partenaires européens d'aller encore plus loin et de nous donner des objectifs plus élevés pour 2030.

Mais ce dont je suis convaincu, c'est que nous ne devons pas nous opposer les uns et les autres, pays développés par rapport aux pays émergents, pays consommateurs par rapport aux pays producteurs, pays qui ont fait des efforts d'investissement et d'autres moins... Si nous sommes tous lucides et conscients de l'enjeu, nous devons nous réunir. D'autant que la situation économique difficile que nous connaissons est à la fois le produit d'une crise financière, d'une crise économique mais aussi d'une crise écologique et technologique. Nous avons montré que nous étions capables de sortir de la crise financière et notamment la zone euro. Nous devons faire la démonstration que nous pouvons être capables de sortir de la crise économique et que nous le ferons ensemble.

Je suggère plusieurs initiatives pour y parvenir

D'abord, nous avons besoin de mobiliser des financements en faveur de l'énergie durable.

Il y a eu ces dernières années, des investissements importants à l'échelle du monde dans ce secteur. Nous avons même pu évaluer l'ampleur de ces investissements à près de 300 milliards d'euros. Mais il y a un tassement avec la crise et donc un ralentissement de cette intensité d'investissement. Je vous propose que nous puissions lancer un appel pour que nous ayons davantage d'investissements dans les énergies renouvelables. Chacun des pays doit également avoir un cadre réglementaire, fiscal et financier qui permette cette mobilisation. Et là encore, en France, nous allons permettre à travers un grand débat sur la transition énergétique, définir les règles qui nous permettront de mobiliser encore davantage de capitaux pour les énergies renouvelables.

Nous devons faire la démonstration de la rentabilité de ces énergies et donc de la capacité de tirer un avantage qui n'est pas simplement une moindre dépendance par rapport à d'autres sources d'énergie, mais un avantage financier pour les groupes et les fonds qui s'investiraient dans ces secteurs.

C'est également un enjeu de compétitivité et donc de croissance, si nous sommes capables de maitriser d'avantage nos matières premières et notre énergie. Je propose que nous ayons des fonds communs - pays consommateurs, pays producteurs - pour investir dans les énergies nouvelles et que nous puissions préparer l'après-pétrole. Je salue ce que font beaucoup de pays producteurs d'énergies fossiles qui sont conscients - sans qu'il y ait de date précise sur le pic pétrolier - qu'à un moment il va aussi falloir préparer la transition. Nous pouvons donc agir ensemble pour être capables d'inventer ce monde de l'après-pétrole.

Cette transition énergétique - et c'est le deuxième appel que je voudrais lancer - suppose de changer l'organisation de nos villes, d'inventer un nouveau modèle : ce que l'on appelle la ville du futur avec un habitat bioclimatique, une mobilité différente de celle d'aujourd'hui, une gestion intelligente de l'eau et des déchets. Là encore, je veux souligner l'excellence des entreprises dans ces domaines pour l'aménagement de villes durables. C'est le défi architectural, urbain, social, économique, écologique. «Comment bâtir des villes nouvelles ?», c'est l'enjeu des pays émergents et «comment rénover les villes anciennes ?», c'est l'enjeu des pays développés.

Enfin, la dernière initiative que nous pourrions prendre - la plus importante - c'est à travers ce rassemblement d'aujourd'hui, de préparer les rendez-vous de demain, c'est à dire la conférence qui doit prendre des décisions en matière de climat.

Celle de Doha avait permis de lancer l'engagement qui a conduit au Protocole de Kyoto et de jeter les bases de la négociation d'un futur accord global pour 2015. Convenons que nous sommes loin du compte, que ce qui avait été affiché et promis n'a pas toujours été tenu. Nous devons réussir en 2015.

Pour montrer la détermination de la France, j'ai annoncé que nous étions candidats pour accueillir cette conférence sur le climat. Si nous sommes candidats, ce n'est pas seulement pour organiser une conférence et pour jouer notre rôle d'hospitalité bien connu. Si la France est candidate, c'est parce qu'elle veut que la conférence sur le climat puisse être un succès.

Voilà ce que j'étais venu vous dire, répondant à l'invitation qui m'avait été faite.

Nous devons nous fixer des objectifs réalistes, mais volontaristes.

Nous devons aussi assurer l'égal accès à toutes les énergies et à toutes les matières premières. C'est la raison pour laquelle nous devons aussi faire preuve de solidarité.

J'ai lancé l'idée des financements innovants. La France avait déjà montré l'exemple à travers un certain nombre de taxes qui pouvaient être perçues à l'échelle du monde et dont les recettes pouvaient être affectées à une mission particulière. Cela a été fait avec la taxe sur les billets d'avion. Aujourd'hui, je pense que ces financements innovants peuvent permettre de trouver les ressources qui pourraient s'investir dans le développement durable, mais également dans l'aide aux pays les plus pauvres. C'est aussi le sens de l'initiative lancée par le Secrétaire général des Nations-Unies M. Ban Ki-moon avec le programme énergie durable pour tous et la France est prête à s'investir largement par rapport à cette perspective.

Majesté,

Mesdames, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Nous partageons ensemble les mêmes préoccupations. Mais nous devons aussi partager les mêmes ambitions. L'heure n'est plus à la dispersion ou au constat complaisant, mais à l'action. Nous devons donc nous rassembler - c'est fait -, rassembler nos forces - elles sont là -, mais également nos ressources, pour que nous puissions faire de cette semaine du développement durable - qui est organisée ici - un moment et une étape importante.

Je veux donc vous dire que la France sera au rendez-vous : son gouvernement - j'en prends ici l'engagement - ses entreprises - elles sont là, présentes -, nous mettrons toutes nos ressources à la disposition de cet enjeu climatique.

Nous sommes aussi conscients qu'il nous faut faire un effort de recherche et nous sommes prêts à l'engager. Nous voulons montrer l'exemple à travers la transition énergétique, car tout ce que nous faisons dans chacun de nos pays engage le monde entier.

Je vous assure donc de tout notre concours. La France veut faire de la transition énergétique une grande cause nationale, européenne et mondiale. Elle sait qu'ici elle a des partenaires qui seront au rendez-vous de la conférence-climat de 2015 qui, j'espère - à Paris -, permettra de faire le saut que vous attendez tous, pour répondre au défi qui nous est posé et être à la hauteur de l'appel des générations nouvelles, pour que nous leur laissions une planète digne de l'humanité. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Mali - Réponse du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, aux six groupes parlementaires à l'Assemblée nationale (Paris, 15/01/2013)

 

Merci Monsieur le Président.

Mesdames, Messieurs les Députés, la France, vous venez de le rappeler, intervient en appui à l'armée malienne et elle le fait à la demande du président du Mali et dans le respect de la charte des Nations unies. L'agression des mouvements terroristes menaçait l'existence même du Mali et faisait peser un risque majeur sur l'Afrique de l'Ouest et sur l'Europe et aussi sur la France.

Les objectifs de l'opération fixés par le président de la République sont triples. Je tiens à les rappeler devant vous après les avoir exposés hier soir à Matignon devant les représentants de tous les groupes de l'Assemblée nationale et du Sénat et devant les présidentes et présidents de Commissions des Affaires étrangères et de la défense et devant bien sûr, les présidents de l'Assemblée et du Sénat.
Le premier objectif, c'est d'arrêter l'offensive des groupes terroristes. Le deuxième objectif c'est de préserver l'existence de l'État malien et lui permettre de retrouver son intégrité territoriale et sa totale souveraineté. Le troisième objectif, c'est de préparer le déploiement de la force d'intervention africaine qui a été autorisée le 20 décembre dernier par le Conseil de sécurité dans le cadre de la résolution 2085.
Le dispositif militaire que nous déployons conjugue renseignements, frappes aériennes, moyens d'aéromobilité et unités terrestres. Il répond strictement à ces objectifs, il continuera de se renforcer dans les prochains jours. En effet, nous avons porté un coup d'arrêt à la première offensive de ces groupes, de ces trois groupes principaux, de ces trois groupes terroristes, mais leur détermination, il faut en être conscient, reste entière et il convient pour y faire face d'obtenir rapidement des résultats très significatifs.

Cette intervention, le gouvernement en est conscient depuis le début des opérations, fait peser un risque sur nos otages au Sahel mais ce sont ceux-là mêmes qui les détiennent qui menaçaient de s'emparer de la totalité du Mali. Ne rien faire et laisser le Mali devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes n'aurait pas contribué à la libération que nous souhaitons tous de nos otages.

Pour la protection du territoire national, plusieurs mesures du plan Vigipirate ont été renforcées notamment dans les transports, les bâtiments publics et les lieux de culte. Hier soir, je vous l'ai dit, j'ai réuni les représentants du Parlement, j'ai profité de cette réunion en présence du ministre de la Défense et du ministre de l'Intérieur, le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, étant avec le président de la République aux Émirats Arabes Unis, était représenté par son directeur de cabinet. Nous avons à cette occasion présenté les objectifs de l'intervention et répondu à de nombreuses questions. Des questions qui étaient particulièrement précises et je crois utiles au rôle que vous avez à jouer en tant que représentants parlementaires et cela dans le cadre de la Constitution. Vous avez en effet tous en mémoire l'article 35 de notre Constitution, un débat sans vote aura donc lieu mercredi après-midi comme monsieur le président de l'Assemblée nationale vient de le rappeler, il aura lieu en même temps à l'Assemblée nationale et au Sénat.

En tout cas, d'ores et déjà je me félicite du soutien manifesté depuis le 11 janvier par l'ensemble des forces politiques de notre pays et je remercie tout particulièrement les représentants des groupes et des présidents de groupes qui se sont exprimés cet après-midi. Notre pays est uni dans ce combat, il est uni dans ce combat contre les groupes terroristes et ce combat est un combat aussi pour nos valeurs et ce combat est un combat pour les valeurs des Nations unies. L'intervention de la France bénéficie en effet du soutien de la communauté internationale à commencer par les États africains eux-mêmes. Plusieurs de nos partenaires, notamment le Royaume-Uni, le Danemark, les États-Unis, le Canada et l'Allemagne, nous apportent déjà leur appui sous diverses formes. La France est aujourd'hui en première ligne en appui à l'armée du Mali mais d'ici une semaine les forces africaines commenceront à se déployer sur le terrain, un échelon précurseur de l'état-major de la MISMA est déjà à Bamako, plusieurs pays africains ont confirmé la mise à disposition de premiers contingents.

La mise en place de la mission de l'Union européenne de formation et de soutien logistique aux forces armées maliennes est également en train de s'accélérer. Une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se tiendra jeudi dans cette perspective. La perspective, vous l'avez les uns et les autres rappelée, elle est politique, elle est de redonner au Mali la stabilité à laquelle il prétend à juste titre. Elle est aussi de redonner à ce pays des institutions démocratiques stables et durables au service d'un Mali souverain, pleinement souverain et capable de garantir sa propre sécurité. Et l'ambition qui est la nôtre, celle du gouvernement et des forces politiques je crois largement rassemblées, c'est aussi de donner une perspective de développement non seulement au Mali mais à toute cette région de l'Afrique particulièrement pauvre. Mais il n'y a pas de développement sans sécurité et il n'y a pas de sécurité durable sans développement.

Et avant de conclure, Mesdames et Messieurs les Députés, je voudrais à mon tour saluer le courage de nos soldats. Je présiderai dans quelques instants avec le ministre de la défense et le ministre chargé des anciens combattants la cérémonie d'hommage national au chef de bataillon, Damien Boiteux, qui a péri vendredi au premier jour, je dirai aux premières heures de l'intervention. Je le ferai juste après cette séance mais, Mesdames et Messieurs les Députés, vous lui avez déjà rendu hommage comme la Nation toute entière le fera. Face à la menace terroriste, la détermination du gouvernement est entière, fort de votre appui, de l'appui de tous les forces politiques nationales de la Nation toute entière et de la communauté internationale, cette détermination ne faiblira pas./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. Mali - Intervention du ministre, M. Laurent Fabius, devant le Sénat (Paris, 16/01/2013)

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Depuis plusieurs années, la montée du terrorisme au Sahel est une source croissante de préoccupation.

La dégradation de la situation au Mali, en 2012, a hélas confirmé que les pires scénarios étaient possibles.

L'assaut des groupes terroristes, qui ont conquis une partie du territoire de ce pays, a provoqué une profonde déstabilisation de l'État malien, une atteinte inacceptable à sa souveraineté, et la constitution d'un sanctuaire terroriste, à près de deux mille cinq cent kilomètres du territoire national.

C'est toute une région, déjà vulnérable, dont la sécurité et la stabilité sont mises en danger. C'est une menace qui pèse sur la France et sur l'Europe.

À la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre dernier, le président de la République avait averti que la situation créée par l'occupation d'un territoire au nord du Mali par des groupes terroristes était insupportable, inadmissible et inacceptable, non seulement pour le Mali, mais également pour tous les pays de la région et, au-delà, pour tous les États qui font preuve de détermination dans la lutte contre le terrorisme.

La France a donc agi pour mobiliser la communauté internationale, et, nous pouvons l'affirmer, nos initiatives diplomatiques ont porté leurs fruits.

Après deux premières résolutions, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé, le 20 décembre dernier, le déploiement d'une force africaine de stabilisation, la MISMA.

L'Union européenne a, quant à elle, décidé d'une opération de soutien, dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune.

C'est probablement pour y faire obstacle que, pour la première fois, les groupes terroristes présents au Nord du Mali, Aqmi, le Mujao et Ansar Eddine, ont regroupé leurs forces afin de lancer l'offensive contre les villes commandant l'accès à Mopti à l'Est, et à Ségou à l'Ouest, en direction de Bamako.

Dès le 9 janvier, le président du Mali a lancé à la France une demande d'assistance militaire. La prise de Konna, le 10 janvier, a achevé de nous convaincre que nous étions bien devant une agression caractérisée, mettant en jeu l'existence même de l'État malien, et que les forces armées maliennes n'avaient pas les moyens d'y résister seules. Le Conseil de sécurité a confirmé cette menace directe pour la paix et la sécurité internationales, dès le 10 janvier.

Le président de la République a donc décidé, le 11 janvier, que la France devait intervenir militairement, en appui aux forces armées maliennes.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Face à des adversaires dangereux, bien équipés et déterminés, la France poursuit des objectifs parfaitement clairs. Je souhaite à nouveau les rappeler devant vous :

- premier objectif : arrêter l'avancée des groupes terroristes vers Bamako ;

- deuxième objectif : préserver l'existence de l'État malien et lui permettre de recouvrer son intégrité territoriale ;

- troisième objectif : favoriser l'application des résolutions internationales à travers le déploiement de la force africaine de stabilisation et l'appui aux forces armées maliennes dans leur reconquête du Nord.

Le président de la République l'a affirmé avec détermination : notre intervention durera le temps nécessaire pour atteindre ces objectifs. Les moyens engagés y répondront strictement.

Aujourd'hui, 1.700 militaires français sont engagés dans l'opération Serval, dont 800 sur le territoire malien. Notre dispositif aérien est composé de douze avions de chasse et de cinq ravitailleurs. Notre dispositif terrestre comprend un État-major tactique, deux compagnies de combat et un escadron blindé. L'ensemble de nos moyens continue à monter en puissance.

Leurs efforts se concentrent, d'une part, sur l'aide aux forces armées maliennes, pour arrêter la progression des groupes terroristes, en combinant une action aéroterrestre des forces spéciales, engagées dès les premières heures, des frappes aériennes et un appui par des unités terrestres. Les premiers éléments des compagnies françaises arrivées à Bamako ont commencé leur progression vers la zone de combat.

Les efforts portent, d'autre part, sur les actions aériennes mobilisant nos avions de chasse basés à Ndjamena ou en métropole. Elles visent, dans la profondeur, les bases-arrières des groupes terroristes, pour leur infliger les pertes les plus importantes possible, et neutraliser leur capacité offensive sur l'ensemble du territoire malien.

À cet égard, il ne saurait être question de figer l'actuelle ligne de front, qui n'est rien d'autre que le résultat d'une division artificielle du Mali et d'un rapport de force que nous avons précisément la volonté de modifier.

La France agit à la demande des autorités légitimes du Mali, qui, à deux reprises, lui ont lancé un appel à l'aide. Elle s'inscrit dans le respect de la charte des Nations unies et de son article 51, en parfaite cohérence politique avec les résolutions du Conseil de sécurité.

Le secrétaire général des Nations unies a d'ailleurs salué notre réponse à la demande souveraine du Mali. Au Conseil de sécurité, une grande majorité d'États membres a rendu hommage à la rapidité de notre réaction. Son opportunité et sa légalité sont incontestées.

De fait, la France n'est pas seule.

Notre décision bénéficie d'un large soutien international. Elle a été accueillie avec soulagement par les États africains, unanimes, et qui sont prêts à se mobiliser. L'Algérie nous a accordé les autorisations de survol nécessaires, et a fermé sa frontière avec le Mali.

Nos partenaires européens sont eux-aussi au rendez-vous, en mettant à notre disposition des moyens logistiques de transport ou de ravitaillement en vol. Le Royaume Uni, l'Allemagne, la Belgique et le Danemark devraient très rapidement être rejoints par d'autres.

Nous pouvons aussi compter sur le soutien des États-Unis et du Canada, sans compter les propositions que nous recevons d'autres pays.

Mais, si nous sommes intervenus en urgence pour éviter un effondrement du Mali, qui aurait rendu vaine toute initiative internationale, nous n'avons pas vocation à rester en première ligne. Notre opération n'est pas une fin en soi.

La priorité consiste à accélérer le déploiement de l'opération africaine, qui doit aider les autorités maliennes à reprendre le contrôle de leur pays.

D'ores et déjà, un échelon précurseur de l'État-major de la force africaine est arrivé à Bamako. De nombreux contributeurs de troupes ont exprimé leur volonté de participer à cette opération, du Nigeria au Sénégal, en passant par le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Niger, le Tchad, le Togo et d'autres pays qui suivront. En conséquence, les premières troupes africaines devraient être en mesure d'arriver à Bamako, d'ici la fin de la semaine.

Une réunion des chefs d'État-major de la CEDEAO se poursuit actuellement dans la capitale malienne et un sommet de l'Organisation aura lieu à Abidjan, le 19 janvier, où la France sera représentée comme observateur par le ministre des affaires étrangères. Il s'agit d'autant d'occasions de poursuivre la mobilisation africaine et de préparer le déploiement opérationnel de la MISMA.

La France se mobilise également, avec ses partenaires, pour accélérer la mise en place de l'opération européenne EUTM-Mali, qui apportera les indispensables soutiens logistiques et en formation.

Catherine Ashton, dont je salue la contribution, a convoqué, demain à Bruxelles, une session extraordinaire du Conseil des ministres des affaires étrangères. La France souhaite que cette réunion permette de créer EUTM-Mali, d'en désigner le commandement et d'envoyer dans les prochains jours une équipe de précurseurs sur le terrain. Elle examinera également les réponses à apporter à la situation humanitaire sur le terrain.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

J'ai évoqué hier les mesures adoptées par le gouvernement, dans le cadre du plan Vigipirate, pour renforcer la sécurité du territoire national, notamment la sécurité des transports et des bâtiments publics, ainsi que des lieux de culte.

La même attention est portée à la situation de nos quelque 6.000 compatriotes qui résident au Mali et que nous avons encouragés, pour ceux dont la présence n'est pas indispensable, à quitter ce pays, sans pour autant procéder à leur évacuation. La présence de nos forces offre naturellement une protection à notre communauté.

Enfin, comme je l'ai fait ces derniers jours, je souhaite évoquer la situation de nos otages et l'angoisse de leur famille, dont nous sommes tous pleinement solidaires. Mais, une fois encore, n'oublions pas que ce sont ceux-là mêmes qui détiennent nos otages qui voulaient s'emparer de la totalité du Mali. Ne rien faire n'aurait pas contribué à leur libération.

Dans ces circonstances, je sais pouvoir compter sur l'unité de l'ensemble des forces politiques de notre pays pour soutenir l'action du président de la République et du gouvernement.

Nous le devons à nos soldats, qui, au péril de leur vie, sont engagés sur un terrain difficile aux côtés de l'armée malienne.

À nouveau, je veux saluer leur courage et leur professionnalisme, qui forcent l'admiration. J'ai présidé hier l'hommage solennel rendu par la Nation au chef de bataillon Boiteux et renouvelle toute ma solidarité à sa famille.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Pour toute démocratie, l'engagement de nos forces armées est une décision grave.

Mais, nous pouvons aujourd'hui le constater, notre intervention a manifestement changé la donne :

- Sur le terrain, nous sommes parvenus à arrêter l'offensive des groupes terroristes, dès le 11 janvier à l'Est et, depuis mardi, à l'Ouest.

- À Bamako, les institutions de transition, qu'il s'agisse du président ou du Premier ministre, sont confortées.

C'est un élément essentiel. Car, nous en avons la conviction et la volonté, une paix durable au Mali passe bien sûr par une solution politique, c'est-à-dire l'adoption d'une feuille de route de la transition ouvrant la perspective d'élections démocratiques organisées sur tout le territoire malien.

D'après les indications recueillies à Bamako, le Premier ministre Cissoko souhaite aller vite : il a déjà consulté les partis politiques sur la feuille de route qui sera prochainement présentée au Conseil des ministres, puis au Parlement. Une cellule de suivi sera créée pour en assurer la mise en oeuvre.

La donne devrait également changer entre le sud et le nord du Mali. Le retour à l'intégrité territoriale devra s'accompagner d'une négociation destinée à établir les modalités d'une paix durable, entre toutes les composantes du Mali, et sur tout son territoire, à l'exception bien sûr des groupes terroristes.

Notre ambition est également de donner une nouvelle perspective de développement au Mali, et à toute cette région de l'Afrique. Car il n'y aura pas de stabilisation du Mali, sans perspective d'avenir pour sa population.

D'ores et déjà, je salue l'intention de la Commission européenne de reprendre son aide budgétaire au Mali qui représente un apport de 92 millions d'euros. La France reprendra son aide bilatérale, une fois la feuille de route de la transition adoptée.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

En décidant de répondre à l'appel au secours du Mali, la France a montré sa détermination à lutter contre le terrorisme.

Dans ces moments difficiles et alors que nos troupes sont engagées à l'étranger, l'unité de la Nation est un atout irremplaçable. Je salue l'esprit de responsabilité dont toutes les forces politiques ont témoigné, depuis le 11 janvier.

Face à la menace des groupes terroristes, la détermination du gouvernement ne faiblira pas.

Je vous remercie./.

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5. Mali - Entretien du ministre de la défense, M. Jean-Yves Le Drian, avec «RTL» (Paris, 16/01/2013)

Q - Peut-on dire au sixième jour de la guerre, que l'armée française mène au Mali, que leurs adversaires, les islamistes radicaux sont affaiblis, peut-être, désorganisés ?

R - Lorsque le président de la République a décidé vendredi dernier de provoquer l'intervention française avant qu'il ne soit trop tard, il y avait une opération, une offensive forte de groupes terroristes vraiment déterminés à descendre sur Mopti au Sud du Mali et éventuellement après, sur Bamako. Il fallait bloquer immédiatement cette offensive surprise. Alors aujourd'hui...

Q - Ce projet a été contrarié, mais c'est...

R - Très contrarié sur l'Est où c'était des groupes liés à Ansar Dine, Mujao, ce sont des noms que les auditeurs commencent à connaître maintenant, cette offensive-là je crois, est en train de bien marcher, c'est un peu plus difficile à l'Ouest où nous avons les groupes les plus durs, les plus fanatiques, les mieux organisés et les plus déterminés et les mieux armés. Et là c'est en cours mais c'est difficile, on était bien conscient depuis le départ que c'était une opération très difficile parce qu'on à affaire a plusieurs centaines, plus d'un millier, 1.200 - 1.300 terroristes bien organisés...

Q - Pas plus ? Quelquefois on lit d'autres chiffres...

R - Dans la zone là oui notre évaluation est celle-là, dans la zone avec peut-être des renforts demain, voilà la difficulté. C'est la raison pour laquelle les forces aériennes françaises frappent les bases arrières, en particulier Gao où là l'opération a parfaitement réussi. Donc on est en situation tout à fait positive par rapport à la semaine dernière mais le combat continue, et ça sera long. Il ne faut pas s'imaginer ; le but c'est de faire en sorte que le Mali retrouve sa souveraineté, son intégrité sur l'ensemble de son territoire.

Q - C'est-à-dire le but c'est que tous ces combattants, ces islamistes radicaux...

R - Soient extirpés, se diluent...

Q - Ne soient plus sur ce territoire.

R - Absolument.

Q - Aujourd'hui c'est une nouvelle phase de l'action militaire puisque des troupes françaises maintenant combattront au sol.

R - Oui, aujourd'hui les forces terrestres sont en train de se déployer, jusqu'à présent nous avions fait en sorte qu'il y ait quelques forces terrestres à Bamako pour sécuriser d'abord nos populations, nos ressortissants, les ressortissants européens et sécuriser aussi la ville de Bamako, là maintenant, les forces terrestres françaises sont en train de remonter vers le Nord.

Q - Qui arme et finance ces groupes d'islamistes radicaux ? On nous dit le trafic...

R - C'est un peu tout, c'est un mélange de trafics, leurs trafics de drogues bien évidemment, les chemins de la drogue passent par le Sahel, c'est trafics d'armes, les trafics d'armes passent par le Sahel, y compris les armes de Libye. C'est le marché noir des armes d'une certaine manière avec aussi l'argent des otages, argent récupéré dans le passé par toute une série de transactions qui avaient été faites et puis c'est aussi les armes de Libye, c'est aussi les armes laissées par les Maliens.

Q - Des États ? Des États ? Quelquefois par l'Arabie Saoudite, du Qatar ou de groupes à l'intérieur de ces pays qui pourraient financer ces combattants...

R - Je ne me prononce pas, je n'ai... peut-être des groupes, peut-être des groupes.

Q - Vous le savez, vous ne pouvez pas le dire.

R - Non ! Non !

Q - La diplomatie vous empêche de le dire.

R - Non, non, je n'ai pas de preuve.

Q - On dit aussi que ces islamistes se ravitaillent beaucoup en carburant, puisqu'on voit, les images sont toujours saisissantes, ces pick-up dans le désert se ravitaillent en carburant en Algérie.

R - Si c'était le cas ça ne l'est plus.

Q - Pourquoi ?

R - L'Algérie a fermé ses frontières avant-hier soir, le président François Hollande s'est entretenu avec le président Bouteflika hier, il a eu le soutien du président Bouteflika.

Q - Pas public ? Aucune autorité algérienne publique ne s'est exprimée encore.

R - Je pense que les Algériens ont posé les actes nécessaires dans les heures qui viennent d'autant plus qu'ils nous ont laissé la liberté de circulation aérienne, ce qui était un acte politique majeur.

Q - Vous êtes certain du soutien de l'Algérie ?

R - Je suis certain que l'Algérie a considéré que sa problématique qui était d'aboutir à un accord entre les Touaregs, ce qui pouvait se concevoir, ce qui était d'ailleurs sans doute souhaitable, cela a échoué parce que, Ansar Dine a renié ses engagements et a préféré s'allié avec Aqmi et Mujao se sont les principaux ennemis de l'Algérie, eux qui ont été au départ à l'origine de cette guerre terrible que l'Algérie a vécue c'est Mujao qui aujourd'hui encore, il faut se le rappeler, a des otages algériens, parce qu'il n'y a pas que des otages français. Il y a aussi des otages algériens tenus aujourd'hui par le groupe terroriste Mujao que nous combattons.

Q - Et donc vous êtes certain du soutien de l'Algérie qui n'a pas encore exprimé publiquement ce soutien, qui le fera peut-être.

R - Je suis convaincu que l'Algérie sait maintenant les enjeux qui sont devant elle et c'est la raison pour laquelle l'Algérie a fermé sa frontière, ce qui n'est pas rien.

Q - Aucun autre pays européen ne souhaite envoyer de soldats au Mali, est-ce un problème pour vous Jean-Yves Le Drian ?

R - Pour l'instant nous avons agi dans l'urgence et personne n'a dit non à rien puisque s'il a fallu...

Q - Les Britanniques ont dit qu'ils n'enverraient pas de troupes.

R - S'il a fallu agir vendredi c'est parce que nous étions face à une offensive extrêmement rapide des groupes terroristes et donc à la demande du gouvernement malien et du président malien, le président Hollande a décidé d'agir très très rapidement, ceci étant, les Européens que nous avons au téléphone régulièrement nous ont soutenu par des équipements dont nous avions besoin, en particulier des équipements de transport, les Britanniques, les Danois, les Belges, tout cela se met en oeuvre et puis il y a une échéance rapide, c'est celle de la réunion de demain des ministres des affaires étrangères européens qui vont, initié par Laurent Fabius à la demande du président de la République et qui va je pense, permettre d'accélérer la mise en place de la mission européenne qui avait été décidée au Conseil européen de décembre...

Q - Des instructeurs qui viendront former l'armée malienne ?

R - Des instructeurs qui viennent former...

Q - Mais pas des combattants, les Français combattront seuls ?

R - Pas de combattants à l'heure actuelle parce que la volonté de la France est de faire en sorte que ce soit les forces africaines, Mali compris, qui permettent au Mali de retrouver sa souveraineté et nous avons cette volonté de soutien et des forces maliennes et des forces africaines pour que ce soit les Africains qui reconquièrent le Mali.

Q - La question est triviale mais elle est inévitable, combien coûte une journée de guerre au Mali ?

R - Je ne peux pas l'évaluer encore.

Q - Vous le ferez ?

R - Bien sûr...

Q - Vous le communiquerez ?

R - Tout ça est public, évidemment.

Q - Huit Français sont encore détenus en otage, avez-vous la certitude ce matin Jean-Yves Le Drian que les huit sont encore en vie ?

R - Il n'y a aucun élément qui nous permette de penser le contraire, heureusement, la réalité c'est que, quand il y a un otage il y a un risque pour sa vie, c'est ça la signification d'otage. Donc il y avait risque hier, il y a risque aujourd'hui, il y a risque demain...

Q - Risque accru sans doute aujourd'hui ?

R - Je ne suis pas sûr, je pense que si nous avions laissé l'opération des groupes terroristes, parce que ce ne sont pas les mêmes qui détiennent les huit otages, se déployer jusqu'à Mopti et Bamako alors, ils avaient tout le pouvoir et donc les otages là-dedans pouvaient disparaitre. La réalité c'est que la France a manifesté son refus de constitution d'un État terroriste au centre Mali et donc du coup son refus de céder à tout chantage et là, je pense qu'il était utile, nécessaire que nous le fassions pour éviter qu'il y ait en plus de nos huit otages, un État otage.

Q - Autour du sort de Denis Allex, le premier otage que vous avez essayé de libérer en Somalie, pas d'incertitude pour vous, il est bien mort ?

R - Tout nous laisse à penser qu'il a été assassiné.

Q - Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense faisait le point ce matin sur l'intervention de l'armée française au Mali, bonne journée.

R - Merci./.

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6. 50e anniversaire du Traité de l'Élysée - Tribune conjointe du ministre chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve et de son homologue allemand, M. Mickael Link, dans le quotidien «Le Figaro» (Paris, 16/01/2013)

«Cinquante ans d'amitié commune»

Les commémorations ont une vertu. Elles permettent de méditer les enseignements du passé, de les confronter aux défis du présent et d'en tirer d'utiles leçons pour l'avenir. Le temps long de l'histoire de la relation franco-allemande témoigne de la consubstantialité de cette relation à la construction européenne. Et il relève de l'erreur de parallaxe que d'interpréter les différences d'approche entre nos deux pays, sur quelques sujets d'actualité, comme la manifestation d'un tournant, qui nous éloignerait d'un âge d'or.

Mais de quel âge d'or s'agirait-il alors ? De celui consacré par le traité de l'Élysée, qui constitua un acte fondateur, courageux et visionnaire, dans un contexte historique particulier, où la guerre était encore très présente dans le coeur de ceux qui avaient eu à en souffrir ? Faut-il, en raison de la dimension sacrée de ce traité, qui a contribué à arrimer durablement la relation franco-allemande dans la paix et le progrès, dissimuler les différences d'approche ou de sensibilité qui ont existé entre le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer ? Le général de Gaulle aspirait à une France dont la grandeur et à une Europe dont l'ambition devaient les conduire, l'une et l'autre, à se tenir à une juste distance des États-Unis. Le chancelier Adenauer, pour sa part, pensait que l'ambition européenne de la France et de l'Allemagne pouvait aussi se trouver confortée par la qualité du lien transatlantique. C'est donc dans le dépassement de ces deux approches, rendu possible par l'audace de deux chefs européens d'une exceptionnelle équation, que le compromis historique a trouvé son point d'équilibre. Il en fut souvent de même entre Helmut Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing, qui avaient décidé de ne jamais rendre publics leurs désaccords, ce qui avait fini par donner le sentiment qu'ils étaient toujours d'accord sur tout. Quant à Helmut Kohl et François Mitterrand, ils trouvèrent au creuset de l'amitié profonde qu'ils se portaient l'un à l'autre l'inspiration des accords qui permirent la création de la monnaie unique et le développement du marché intérieur. Il en est de même aujourd'hui face à la crise, où la liste des consensus établis est plus longue que celle des divergences perçues, qu'il s'agisse de l'union bancaire, du maintien de l'intégrité de la zone euro et de l'affirmation de l'irréversibilité de la monnaie unique, qu'il s'agisse encore de la mise en perspective de l'Europe de la sécurité et de la défense au sein du triangle de Weimar.

Dans quelques jours, nos deux pays célébreront le cinquantenaire d'un traité entré dans l'histoire sous le nom de traité de l'Élysée, consacrant l'engagement irrévocable de la France et de l'Allemagne à sceller leur réconciliation et à développer une relation unique et exemplaire. Ce traité n'a pas d'équivalent. Il promeut et favorise le rapprochement des gouvernements et des peuples des deux pays, par le développement d'une coopération institutionnelle sans précédent et l'implication des sociétés civiles dans le quotidien d'une relation franco-allemande étroite et riche. Cinquante ans plus tard, nos deux économies sont plus intégrées. De grands projets industriels ont été menés à bien. Le régime matrimonial franco-allemand fournit l'exemple d'un rapprochement dans le domaine du droit civil. La création de la chaîne de télévision culturelle Arte et la publication du manuel d'histoire franco-allemand ont mis en évidence, auprès des citoyens, la singularité de cette amitié.

Leur lien indéfectible, la France et l'Allemagne l'ont d'emblée mise au service d'une aventure européenne dont elles ont toujours été à l'avant-garde. Au lendemain de la guerre en effet, c'est sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne que la Communauté européenne s'est construite et imposée en tant qu'espace de liberté et de prospérité. Aujourd'hui, le degré d'intégration de l'Union européenne est sans équivalent dans le monde, au point que ses frontières intérieures sont dématérialisées et qu'une monnaie unique a été instaurée. La France et l'Allemagne ont aujourd'hui encore une responsabilité éminente pour que cette intégration se poursuive.

L'année 2013 ne sera pas seulement commémorative. Elle constituera une occasion privilégiée de démontrer la solidité et la pérennité de l'amitié qui lie nos deux pays. La France et l'Allemagne souhaitent approfondir, sur tous ses aspects, la relation qui les unit, avec pour principaux objectifs l'engagement franco-allemand en faveur de la jeunesse, le développement de notre coopération culturelle, la mise en oeuvre de politiques pour la croissance, la compétitivité, l'emploi et la cohésion sociale.

C'est sur le fondement de cette relation solide que nous pourrons, ensemble, relever les défis de la construction européenne. La crise de la finance devenue démente, les menaces qui pèsent sur notre sécurité intérieure et extérieure, l'émergence de nouveaux grands acteurs mondiaux nous obligent à inventer de nouveaux outils, de nouvelles politiques, à proposer une nouvelle vision pour rétablir la confiance des peuples dans l'Europe. Aujourd'hui, la priorité doit aller à la réalisation pleine et entière de l'union économique et monétaire, à travers la mise en place de l'union bancaire et une meilleure coordination des politiques économiques. L'UEM que nous appelons de nos voeux ne pourra se bâtir que sur des finances publiques saines, et un endettement public trop élevé ne permettrait pas d'atteindre cet objectif.

La France et l'Allemagne, conscientes de leur rôle d'entraînement, assument par ailleurs une responsabilité commune pour renforcer la compétitivité de l'Union européenne, tout en confortant le niveau de protection sociale qui caractérise le modèle européen, et qui se traduit par une société ouverte, tolérante et solidaire.

Ces projets ambitieux devront s'accompagner d'un renforcement des mécanismes de solidarité et de contrôle démocratique. Conscientes de leur devoir d'initiative en la matière, la France et l'Allemagne ont fait le choix de se placer à l'avant-garde de l'union politique.

Ensemble, elles entendent aussi conforter la place et la voix de l'Union dans le monde. Nous sommes déterminés à nous impliquer pour que l'Europe contribue à la sécurité internationale, au règlement pacifique des conflits, aux progrès des droits de l'Homme, au développement et à la protection de l'environnement. Le développement, notamment, d'une politique extérieure et de sécurité commune plus active, y compris à travers une politique de sécurité et de défense commune, devra répondre à cette préoccupation.

Si nous pouvons nous réjouir de l'oeuvre accomplie, l'amitié franco-allemande est un précieux héritage que nous devons continuer à faire progresser. Alors que le souvenir des conflits mondiaux quitte peu à peu la conscience de nos peuples, il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire de rappeler ce que nous devons à l'amitié franco-allemande, de l'ancrer dans l'esprit des jeunes générations et de veiller à ce qu'elle soit résolument tournée vers l'avenir.

La France et l'Allemagne ne constituent pas une seule et même société artificiellement divisée par les contingences de l'histoire. Quant à la construction européenne, elle ne saurait prétendre gommer les différences ou uniformiser les cultures. L'Union ambitionne tout au contraire d'intégrer les identités, de les promouvoir et de les dépasser par l'édification d'une véritable conscience européenne. Sur le plan bilatéral, le traité de l'Élysée a contribué à faire de cette ambition une réalité pour la France et l'Allemagne. Au niveau européen, l'Union relève le même défi. Et elle y parviendra, pour s'imposer dans la conscience de ses peuples comme ses pères fondateurs l'avaient imaginé : oeuvre de paix et de prospérité, espérance à l'horizon des citoyens européens, projet indispensable pour conforter la place de l'Europe dans le monde ; oeuvre de reconnaissance de l'autre et de destins liés ; évidence intérieure./.

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7. Francophonie - Entretien de la ministre chargée de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, avec «Bondyblog» - Extraits - (Paris, 16/01/2013)

Q - Vous êtes ministre de la Francophonie, une fonction qu'on ne comprend pas. Expliquez-nous.

R - En fait, le ministère de la francophonie est au service des valeurs et des peuples de langue française. Le 17 octobre dernier, j'ai présenté en Conseil des ministres un plan de relance de la francophonie. Il s'agit de donner un nouvel élan à l'enseignement du français, de promouvoir la francophonie en France et dans le monde. Nous sommes 220 millions de personnes à avoir le français comme langue. En 2050, nous serons 750 millions, dont 70 % en Afrique. Et les francophones auront moins de trente ans. Être ministre de la francophonie, c'est aussi militer pour un espace francophone où les barrières à la mobilité s'estompent.

Q - Pour résumer, c'est surtout de permettre les échanges des peuples...

R - L'espace francophone, c'est le partage d'une même langue. Notre action est de favoriser la mobilité, notamment celle des artistes, des chercheurs, des étudiants, comme s'y est engagé le président de la République à Kinshasa. Le français est aujourd'hui une langue économique, par rapport au Commonwealth.

Q - Oui, c'est une image de l'inconscient collectif. L'anglais est LA langue.

R - Les Chinois, les Sud-Africains, les Turcs, les Brésiliens font de plus en plus le pari du français. C'est dans l'espace francophone que se font 20 % des échanges de marchandises dans le monde. La Francophonie, c'est quelque chose de très stratégique, on ne peut pas mettre de côté cette Afrique francophone./.

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8. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Déplacement en Allemagne de M. Bernard Cazeneuve - Madagascar/Annonce du président de la Transition, M. Rajoelina. - Syrie/Attaque de l'Université d'Alep - Israël/Construction de nouveaux logements en Cisjordanie - Mali - Algérie (Paris, 16/01/2013)

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Déplacement en Allemagne de M. Bernard Cazeneuve (Berlin, 16 janvier 2013)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes se rend aujourd'hui à Berlin pour participer, avec son homologue allemand, M. Michael Link, à une audition commune devant la commission des affaires européennes du Bundestag.

Les deux ministres délégués, également secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, s'étaient déjà exprimés dans ce format devant les commissions conjointes des affaires étrangères et européennes de l'Assemblée nationale et du Sénat à Paris, le 18 décembre 2012.

À cette occasion et dans la continuité de leurs rencontres régulières, les deux ministres délégués s'entretiendront également des questions européennes d'actualité et de la préparation du cinquantième anniversaire du traité de Élysée, dont les célébrations à Berlin, le 22 janvier, prévoient notamment la réunion d'un conseil des ministres franco-allemand en format plénier et une session conjointe du Bundestag et de l'Assemblée nationale. Cet anniversaire constituera le point culminant de l' «Année franco-allemande : cinquantenaire du traité de Élysée», dont les événements, particulièrement destinés à mobiliser la jeunesse, ont vocation à marquer l'importance du chemin parcouru en cinquante ans et de préparer les prochaines étapes d'une relation d'une exceptionnelle densité.

Lors de ce déplacement, les deux secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande inaugureront trois expositions organisées au ministère allemand des affaires étrangères :

- une exposition de bronzes de l'artiste franco-polonais Igor Mitoraj ;

- une exposition «de Gaulle-Adenauer : les bâtisseurs de l'amitié franco-allemande » organisée par les fondations Charles de Gaulle et «Bundeskanzler-Adenauer-Haus Rhöndorf» ;

- une exposition «Pas de deux», présentant des caricatures et des dessins de jeunes artistes sur le développement des relations franco-allemandes dans les cinquante ans à venir.

2 - Madagascar - Annonce du président de la Transition, M. Rajoelina.

La France salue l'annonce faite par le président de la Transition, Andry Rajoelina, de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette décision, à laquelle l'engagement constant de la médiation de la communauté de développement d'Afrique australe a contribué, favorisera notamment la tenue d'un scrutin présidentiel crédible et dans un climat apaisé.

Ces élections doivent permettre à Madagascar de sortir de la longue crise politique ouverte en 2009 et de normaliser ses relations extérieures, au terme du processus de transition. La France prendra toute sa part à l'appui au redressement économique et social de Madagascar.

3 - Syrie - Attaque de l'Université d'Alep (15 janvier 2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attaque perpétrée hier contre l'Université d'Alep, qui a causé la mort de plus de 82 personnes et plus de 150 blessés, en grande majorité des étudiants. Les auteurs de ces crimes devront rendre des comptes devant la justice. Nous notons que la Coalition nationale syrienne, seule représentante légitime du peuple syrien, a fortement condamné cette attaque.

Cet épisode dramatique, qui a touché une nouvelle fois la population civile, vient s'ajouter au bilan accablant de la crise syrienne, qui a fait plus de 60.000 morts. Il nous conforte dans la certitude que Bachar Al-Assad doit quitter au plus tôt le pouvoir afin de permettre la mise en place d'une transition politique et la fin des violences.

4 - Israël - Construction de nouveaux logements en Cisjordanie

La France condamne la publication par le gouvernement israélien d'appels d'offres en vue de la construction de 198 nouveaux logements dans deux colonies du sud de la Cisjordanie.

Elle est particulièrement inquiète de l'impact de ces deux projets sur la contiguïté territoriale d'un futur État palestinien. Elle demande par conséquent au gouvernement israélien de revenir sur cette décision provocatrice et illégale.

La France rappelle que la poursuite de la colonisation a un impact très négatif sur la confiance entre les parties, qu'elle alimente les tensions sur le terrain et constitue un obstacle à la paix.

5 - Mali

Q - Êtes-vous préoccupé par les risques de violations des droits de l'Homme au Mali et plus précisément par les représailles éventuelles de l'armée malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG? Y a-t-il eu des arrestations et qui contrôle la situation des prisonniers? Une précision également : la réunion avec les ONG au Quai d'Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annoncé lors du briefing hier, ou jeudi comme l'a corrigé le porte-parole adjoint en soirée et avez-vous une date à présent sur la réception des ONG à Bamako par l'ambassadeur Rouyer ?

R - La protection des droits de l'Homme, la protection des civils et la lutte contre l'impunité constituent des priorités de l'action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l'Homme cessent dans l'ensemble du Mali et qu'aucun acte de représailles n'ait lieu.

Nous avons notamment oeuvré au sein du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l'Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d'une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d'enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d'exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d'un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l'Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra jeudi au Centre de crise du ministère des affaires étrangères. Notre ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd'hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

6 - Algérie

Q - Bonjour, est-ce que vous pouvez confirmer que cinq Japonais et un Français ont été enlevés mercredi par des rebelles islamistes sur un site pétrolier vers In Amenas, dans le sud de l'Algérie? Quelles sont les informations disponibles? Merci

L'agence de presse Reuters fait état d'un enlèvement de cinq ressortissants français et japonais en Algérie, sur le site pétrolier d'In Amenas ce mercredi matin. Confirmez-vous cette information et si oui, quelles sont les informations supplémentaires que vous pouvez nous donner ?

R - Nous procédons actuellement à des vérifications. Nous n'avons pas de commentaire à ce stade./.

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9. Lutte contre le terrorisme - Intervention du représentant permanent adjoint de la France auprès des Nations unies (New York, 15/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres et Ambassadeurs,

Je remercie la présidence pakistanaise du Conseil de sécurité pour avoir organisé ce débat consacré à la lutte contre le terrorisme et m'associe à la déclaration que prononcera le représentant de l'Union européenne.

Alors que la semaine dernière, le Pakistan a été victime de plusieurs attaques terroristes, en particulier à Quetta, qui ont fait plus d'une centaine de morts, je tiens à vous exprimer la solidarité de la France, qui se tient à vos côtés dans la lutte contre le terrorisme. Ces récents attentats au Pakistan viennent tristement nous rappeler la brutalité et le fanatisme des terroristes.

Le terrorisme a évolué mais il continue plus que jamais à constituer une grave menace à la paix et à la sécurité internationales.

La communauté internationale doit aujourd'hui faire face à une nébuleuse d'organisations locales qui se réclament d'Al-Qaïda et dont la présence porte préjudice à la sécurité et au développement de régions entières, en particulier au Sahel ou dans la Corne de l'Afrique.

Les groupes terroristes profitent de faiblesses régionales pour se créer des «sanctuaires», qui risquent de devenir des bases arrière permettant de cibler des États voisins ou de devenir des foyers du terrorisme international.

L'émergence de telles zones, où les trafics en tout genre nourrissent le terrorisme, représente une menace très concrète et peut conduire à remettre en cause l'existence même d'un État. Dans sa résolution 2085, ce Conseil a souligné l'urgence de la situation au nord du Mali qui constitue une menace pour la population malienne et pour la stabilité du Sahel, de l'Afrique et de la Communauté internationale dans son ensemble. Comme vous le savez, depuis l'adoption de cette résolution, la menace s'est précisée et la France a répondu à la demande d'assistance formulée par les autorités maliennes pour y faire face.

Ce Conseil n'a eu de cesse de réaffirmer que le terrorisme constituait une grave menace à la paix et la sécurité internationales. C'est ce qu'affirmait déjà la résolution 1368 le 12 septembre 2001. C'est ce qu'affirme de nouveau la déclaration présidentielle que ce Conseil adopte aujourd'hui. Face à cette menace, la communauté internationale doit faire preuve d'unité et de solidarité.

Monsieur le Président,

Pour combattre le terrorisme de manière globale et éviter la constitution de nouvelles zones de non droit propices au développement du terrorisme, il est indispensable que la communauté internationale s'attache à mettre en oeuvre de façon effective des instruments juridiques existants et adopte des stratégies de long terme.

En premier lieu, la mise en oeuvre effective des instruments juridiques internationaux et le renforcement de la coopération internationale sont essentiels pour lutter de façon globale contre le terrorisme.

Les Nations unies ont permis la mise en place d'un cadre juridique dans ce domaine : l'ensemble des Conventions et protocoles des Nations unies dessinent les obligations en matière de lutte contre le terrorisme et nous devons continuer à insister pour leur pleine mise en oeuvre. Les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ont également créé des obligations dans ce domaine et recouvrent un vaste registre, allant de la lutte contre l'incitation à commettre des actes terroristes, ou contre son financement, à l'application de sanctions.

Outre la création de ce cadre juridique, les Nations unies ont permis un renforcement de la coopération internationale, en particulier grâce à la Stratégie anti-terroriste des Nations unies qui vise à mettre en cohérence les mécanismes existants et à renforcer la coordination entre les États et les organisations. Ce renforcement de la coopération porte sur plusieurs types mesures qui permettent aux Nations unies d'avoir une approche globale de la lutte contre le terrorisme : tant au niveau des causes (éliminer les conditions propices à la propagation du terrorisme), que pour aider les États à combattre le terrorisme en étoffant leurs moyens, ou encore par la mise en place de mesures garantissant le respect des droits de l'Homme dans la lutte antiterroriste. Ces efforts doivent être poursuivis.

Enfin, la lutte contre le terrorisme doit s'intégrer dans des stratégies plus globales, sur le long-terme.

La mise en place de politiques de sécurité est essentielle pour lutter contre la fragilité des États, qui constituent souvent des conditions propices à la propagation du terrorisme, mais elles doivent s'accompagner de programmes en faveur du développement et de la bonne gouvernance. Il est nécessaire que la communauté internationale apporte une assistance visant à renforcer la gouvernance de ses États et leurs capacités institutionnelles, par exemple, par la mise en place de Stratégies régionales. C'est notamment l'approche retenue par l'Union européenne, dont la Stratégie pour le Sahel comporte une partie sécurité et une partie développement.

Le renforcement des capacités et la promotion de l'État de droit sont en effet deux composantes essentielles pour une approche de long terme de la lutte contre le terrorisme. Les États menacés par l'activité de groupes terroristes doivent pouvoir bénéficier de la coopération politique et opérationnelle entre États, en particulier au niveau régional. Par exemple, la France participe par exemple à la mise en place de «pôles judiciaires antiterroristes» en Mauritanie et au Niger et propose la formation de magistrats. Il est indispensable que ces États disposent des moyens de juger et condamner les terroristes, dans le respect des droits de l'Homme.

Une approche globale pour lutter contre le terrorisme suppose parfois des actions exceptionnelles mais doit aussi pouvoir s'inscrire dans une stratégie de long-terme.

Je vous remercie./.

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10. Communiqué du Conseil des ministres - extraits - Le cinquantenaire du Traité de l'Élysée (Paris, 16/01/2013)

Le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, a présenté une communication relative aux célébrations du cinquantenaire du traité de l'Élysée qui se tiendront à Berlin les 21 et 22 janvier 2013.

Le 21 janvier, le président de la République et la chancelière allemande en donneront le coup d'envoi, en évoquant la relation franco-allemande et l'avenir de l'Europe avec un groupe de 200 jeunes français et allemands. Le lendemain, se tiendront un conseil des ministres franco-allemand (CMFA) et une session conjointe de l'Assemblée nationale et du Bundestag, la première dans ce format plénier depuis 2003. Le président de la République et la chancelière prononceront, à l'occasion de cette session, un discours. Le président allemand, M. Joachim Gauck, recevra ensuite le président de la République et un grand concert franco-allemand se tiendra à son invitation, à la Philharmonie de Berlin.

Les cérémonies du 22 janvier seront marquées par l'adoption d'une déclaration politique et d'une déclaration du CMFA.

La déclaration politique soulignera la portée du traité de l'Élysée, mettra en valeur la contribution de l'amitié franco allemande à la construction européenne, et dégagera des orientations pour l'avenir. Elle marquera notamment la volonté de la France et de l'Allemagne d'apporter, ensemble, des réponses aux défis auxquels l'Union européenne est confrontée.

La déclaration du CMFA présentera, dans les différents domaines de la coopération franco-allemande, les orientations et les objectifs que les deux pays se donnent dans la période qui s'ouvre. Ces orientations porteront notamment sur la jeunesse, la culture et la coopération en faveur de la croissance et de l'emploi.

Les échanges du CMFA porteront aussi sur les autres domaines de coopération, tels que les affaires étrangères et la défense, la transition énergétique et l'intégration de l'espace frontalier.

Le cinquantenaire du traité de l'Élysée et le 15e conseil des ministres franco-allemand seront l'occasion de témoigner de la vitalité et du caractère unique de la relation franco-allemande, ainsi que de célébrer une amitié indispensable pour faire avancer l'Europe et conforter l'avenir de la jeunesse européenne./.

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11. Nominations (Paris, 16/01/2013)

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Michèle Boccoz, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Croatie, en remplacement de M. Jérôme Pasquier.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Corinne Breuze, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République d'Indonésie, en remplacement de M. Philippe Zeller.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de M. François Goldblatt, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Madagascar, en remplacement de M. Jean-Christophe Belliard.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Anne Trarieux-Vidal de la Blache, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République du Botswana, en remplacement de Mme Geneviève Iancu.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de M. Stéphane Visconti, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Lettonie, en remplacement de Mme Chantal Poiret./.

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