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Bulletin d'actualités du 16 janvier 2013


Sommaire



1. Voeux √† la presse du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande (Paris, 16/01/2013)

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour vos propos. D'abord, d'avoir évoqué cette cérémonie de voeux qui, pour je ne sais quelle raison, avait été un moment suspendue. Je ne pouvais pas manquer de chercher à vous revoir le plus vite possible tant il a été rappelé que votre compagnie pouvait me manquer. Même si j'ai régulièrement l'impression que nous sommes toujours ensemble, même quand vous n'êtes pas là.

Vous avez eu aussi la d√©licatesse de rappeler que ma vie politique avait commenc√© il y a 30 ans. Mais, en fait, mes premiers souvenirs de jeune ¬Ė pas encore citoyen ¬Ė c'√©tait avec une t√©l√©vision o√Ļ il n'y avait qu'une seule cha√ģne. La seconde n'est arriv√©e que bien plus tard me permettant de regarder des d√©bats √† la t√©l√©vision qui sont grav√©s dans ma m√©moire.

√Ä cette √©poque la communication pr√©sidentielle √©tait quand m√™me plus simple qu'aujourd'hui. Le g√©n√©ral de Gaulle s'invitait, parfois m√™me n'avait pas besoin de s'inviter. Il √©tait chez lui. Ensuite, les temps ont pass√©. Georges Pompidou avait parl√© de ¬ęvoix de la France¬Ľ pour la t√©l√©vision qui n'√©tait, d'ailleurs, que publique √† l'√©poque. J'imagine mal un pr√©sident aujourd'hui tenir le m√™me discours. Et puis les lois sont venues et l'ind√©pendance, autant qu'il a √©t√© possible, a √©t√© institu√©e. Faut-il encore qu'elle soit respect√©e.

Je veux, aussi, vous dire que ces voeux à la presse se déroulent dans un contexte que chacun comprend comme exceptionnel. Je voulais, avant de répondre à vos questions sur l'avenir de notre relation et de votre profession, vous parler de l'avenir de l'opération que nous avons engagée au Mali.

Cette d√©cision que j'ai prise vendredi dernier √©tait n√©cessaire. Si ce choix n'avait pas √©t√© fait, la question ne serait plus de savoir ¬ęquand ?¬Ľ puisqu'il serait trop tard. Le Mali aurait √©t√© conquis enti√®rement et les terroristes seraient aujourd'hui en situation de force. Pas simplement pour soumettre la population malienne √† un ordre qu'elle ne veut pas, mais √©galement pour faire pression sur l'ensemble des pays d'Afrique de l'Ouest.

Cette décision nécessaire est également légitime. Elle s'est inscrite dans la légalité internationale à partir des résolutions du Conseil de sécurité de la charte des Nations unies.

La France, si elle a été la première, ne sera pas seule puisqu'elle est soutenue par l'Europe, appuyée même par beaucoup de ses pays. Elle a eu également, lundi soir encore, le soutien du Conseil de sécurité.

Mais, surtout, cette décision n'est pas seulement celle de la France puisque nous avons comme mission de confier à la force africaine - qui d'ailleurs n'est pas limitée aux seuls Africains, ce que l'on appelle la MISMA - le devoir et l'obligation d'assurer l'intégrité du Mali.

Cette décision est lourde de conséquences puisqu'elle mobilise nos forces armées. Nous avons pu constater avec quel courage nos soldats sont entrés dans cette bataille. L'un d'eux, dès les premières heures de l'affrontement, est mort. Je salue la mémoire de Damien Boiteux. Une cérémonie s'est tenue hier. Je veux aussi exprimer notre solidarité à l'égard de sa famille et de tous ceux qui combattent sous le drapeau français et en l'occurrence, aujourd'hui, sous le drapeau des Nations unies.

Je veux aussi avoir une pensée particulière pour ces agents de la DGSE qui sont allés chercher, au péril de leur vie, l'un des leurs connu sous le nom de Denis Allex. Il était retenu depuis 3 ans et demi dans des conditions abominables. Cette opération, je l'ai décidée il y a plusieurs semaines. Elle était prévue ce jour-là, ou plus exactement cette nuit-là. Elle aurait pu réussir, elle devait réussir. Mais en même temps - aussi lourdes que soient les conséquences puisqu'il y a eu la mort, l'assassinat de l'otage et deux soldats qui sont tués - je revendique cette opération, pleinement. Car c'est aussi un message que nous envoyons. La France ne peut pas accepter que ses ressortissants soient détenus. Nous prenons tous les contacts pour que les libérations puissent intervenir dans les meilleures conditions. Encore aujourd'hui, vous imaginez que je pense à chaque instant à la situation de nos otages. Je recevrai encore, prochainement, leur famille.

Je veux dire aussi ce qu'est la position de la France. C'est en étant ferme - y compris en intervenant comme nous le faisons au Mali - que nous faisons céder les ravisseurs et les preneurs d'otages.

Voilà ce que je voulais vous dire sur cette intervention, son caractère nécessaire, sa légitimité, la solidarité qui nous est donnée par la communauté internationale, par les Européens, et également la mobilisation des Africains. Cette intervention est soutenue non seulement par les pays africains riverains du Mali, mais plus largement par l'ensemble de l'Afrique dans toute sa diversité. En outre, quel plus beau retour de légitimité, de confiance, pouvons-nous avoir que d'entendre ces Maliens, de loin, ceux qui ont souffert et qui souffrent encore de la domination des terroristes et qui espèrent s'en libérer, ou ceux qui vivent ici et qui ont des contacts avec des Maliens du Mali, et qui nous disent leur confiance et qui nous donnent une fierté ? Parce que la France, elle libère. Parce que la France, elle porte des valeurs. Elle n'a aucun intérêt au Mali. Elle ne défend aucun calcul économique ou politique. Elle est au service, simplement, de la paix.

Vous, femmes et hommes de presse qui suivez courageusement ces conflits, sachez bien que je respecterai pleinement, strictement, le discours que j'ai prononcé à Dakar et qui montrait qu'il y avait une autre doctrine pour la relation entre la France et l'Afrique.

Cette intervention, qui occupe une large place dans vos organes de presse, ne doit pas occulter la politique du gouvernement. J'aurai √† revenir, au cours des prochains jours, sur les priorit√©s que j'ai fix√©es pour l'ann√©e 2013. La premi√®re √©tant l'emploi, avec cette volont√© que vous pouvez mettre, c'est vrai, non pas en cause quant √† son affirmation mais quant √† ses r√©sultats possibles. C'est votre devoir, c'est votre droit. Mais ma responsabilit√©, c'est de faire en sorte que sur la question de la lutte contre le ch√īmage tous les moyens √©conomiques, sociaux, l√©gislatifs soient utilis√©s pour que nous puissions obtenir l'inversion de la courbe du ch√īmage.

De la m√™me mani√®re, j'ai dit que la jeunesse devait rester la priorit√©, pas simplement de l'ann√©e 2013 mais du quinquennat. Pourquoi ? Parce que les chiffres encore une fois en t√©moignent : nous sommes le pays d'Europe qui a la d√©mographie la plus active, qui arrive √† renouveler ses g√©n√©rations. Nous devons en tirer, au-del√† du sentiment de fiert√© et de vitalit√© de nos familles fran√ßaises que je d√©fends, des conclusions. D√®s lors que nous avons cette confiance en l'avenir, nous devons tout mettre √† la disposition de la g√©n√©ration qui vient pour qu'elle r√©ussisse son destin. D'o√Ļ les r√©formes que nous engageons en mati√®re d'√©ducation mais aussi de formation.

Et puis la dernière priorité que j'ai fixée, et qui se déclinera tout au long de l'année 2013, c'est la préparation de l'avenir, l'investissement dans tous les domaines, en allant chercher les capitaux partout. Ici, à travers une épargne abondante en France. Ailleurs, à travers des investissements qui peuvent se faire - à certaines conditions - dans notre pays et notamment à travers des fonds communs avec un certain nombre de pays qui souhaitent placer leur confiance dans notre industrie, mais qui souhaitent le faire en bonne intelligence avec nous.

Cette intervention au Mali ne doit pas non plus occulter les autres sujets internationaux et notamment ce qu'il se passe en Syrie, o√Ļ encore r√©cemment il y a eu √† l'a√©roport d'Alep - √† l'universit√© aussi - un certain nombre d'attentats, avec des cons√©quences terribles.

Puisque je parle devant vous - vous qui assurez la libert√© de la presse dans le monde - je veux que nous puissions avoir aussi une pens√©e pour vos camarades qui sont morts en faisant leur m√©tier - 89 dans le monde - qui ont √©t√© tu√©s tout simplement parce qu'ils voulaient faire conna√ģtre les exactions ou les massacres auxquels des dictateurs, ou d'autres, se livraient dans tel ou tel pays. En Syrie, deux journalistes fran√ßais - Gilles Jacquier et R√©mi Ochlik - sont morts pour avoir d√©cid√© de couvrir le sursaut du peuple syrien.

Vous m'avez interrogé, Monsieur le président, sur la liberté de la presse en France. Nous devons montrer l'exemple, être une référence. Je ne parle pas de vous - je ne me le permettrais pas - mais de nous, ceux qui assurons - les ministres sont là - l'indépendance, le pluralisme et la vie de la presse. Aujourd'hui respecter le pluralisme et l'indépendance, ce n'est pas seulement donner des moyens juridiques ; c'est veiller à ce qu'il puisse y avoir encore une presse libre, indépendante et politique faisant son travail.

Nous allons prendre alors un certain nombre de décisions, parce que la crise de la presse est à la fois conjoncturelle et structurelle.

Elle est conjoncturelle, car - je ne vous apprends rien - dès lors qu'il y a un ralentissement économique toutes les activités sont touchées. Mais celles de la presse le sont encore davantage, et celles de la presse écrite plus particulièrement. Vous avez parfois - je parle aux patrons de presse - réagi en augmentant encore le prix, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l'accès même à l'information.

La crise est aussi structurelle, avec internet et surtout la gratuité qui laisse penser qu'il n'y aurait plus d'information qui aurait un prix, alors que vous savez tous quel est le prix pour aller chercher l'information. Nous devons donc faire en sorte que cette transition numérique aboutisse à de nouvelles exigences, puisqu'elle vous contraint à inventer de nouveaux modèles économiques. Certains marchent, déjà, avec une presse numérique semi-payante, avec aussi une presse écrite qui se transforme pour être aussi une presse numérique mais qui est obligée de consentir à des sacrifices importants, de faire des investissements lourds sans avoir les recettes correspondantes à travers le numérique.

Face à cette situation, plusieurs décisions ont déjà été prises.

Il y a le dossier Presstalis. Nous l'avons fait pour √©viter un d√©p√īt de bilan - mais cela ne suffit pas - pour faire en sorte que nous puissions accompagner l'entreprise et permettre qu'il puisse y avoir une distribution assur√©e de journaux, car lorsqu'un titre ne para√ģt pas - et m√™me si on en trouve la traduction sur le num√©rique - c'est une privation d'une libert√©. Je respecte les mouvements sociaux, les conflits tels qu'ils peuvent √† un moment √™tre organis√©s. Mais il faut que chacun sache les cons√©quences de ses actes, car s'il n'y a plus de presse, il n'y aura plus non plus de travailleurs pour fabriquer les journaux, ni d'autres pour les distribuer.

Je pense aussi √† cette question des points de vente. Vous avez rappel√© Monsieur le pr√©sident que j'aimais la presse ; d'ailleurs j'aime aussi les journalistes - vous l'avez dit aussi - qui me le rendent bien. Mais j'aime les kiosquiers, c'est une profession essentielle qui a conduit beaucoup de jeunes - quand j'√©tais jeune ! - √† croire √† la presse, √† aller chercher son titre, √† avoir une information. Or - et cela est un devoir qui appartient aux villes de France ¬Ė nous devons maintenir un r√©seau de distribution.

Puis, il y a les aides √† la presse, qui repr√©sentent des sommes importantes et dont on annonce toujours leur r√©forme. Il y a m√™me eu des √Čtats g√©n√©raux qui ont √©t√© constitu√©s en 2008 qui n'ont abouti √† aucune r√©volution.

Nous aurons donc à revoir les aides à la presse. Il y a des contradictions d'intérêts, y compris entre vous, entre celles et ceux qui travaillent dans une presse magazine par rapport à une presse d'information. Mais c'est toute la presse qui est concernée. Nous aurons à revoir ces aides à la presse avec une volonté de mettre la presse d'information politique et générale au premier rang des titres qui doivent bénéficier de ces aides.

Au cours de l'année 2013, la ministre de la culture présentera cette réforme et également les moyens de favoriser l'accompagnement des titres qui souhaitent aller vers le numérique.

Puisque je parle du num√©rique, il y a l√† aussi plusieurs principes impos√©s. D'abord le partage de la valeur. Il est normal que ceux qui tirent profit de l'information produite par votre travail participent √† sa prise en charge. Cela sera le sens de la contribution des moteurs de recherche au financement de la presse, ce qu'on a appel√© la ¬ętaxe Google¬Ľ mais il n'y a pas que Google. Il y a, donc, en ce moment des n√©gociations. Si les n√©gociations n'aboutissent pas, il y aura une disposition l√©gislative et fiscale qui sera introduite.

De la même manière le second principe, au-delà du partage de la valeur, c'est la solidarité.

C'était l'esprit d'une loi qui s'appelait la loi Bichet, loi de 1947 sur la distribution des journaux. Elle rappelle tout simplement que la presse est une, même si elle n'est pas unique, heureusement ! Nous avons besoin de ce partage, là aussi, de responsabilités.

Il y a aussi la solidarit√© interprofessionnelle pour les messageries. Je souhaite l√† encore qu'un accord soit trouv√© sinon l'√Čtat interviendra.

Enfin, je n'oublie pas la presse audiovisuelle. Je réaffirme ici qu'il y aura une loi sur l'audiovisuel qui rapprochera le CSA de ce qu'on appelle l'ARCEP. Elle définira les règles concernant les nominations puisque conformément à un engagement, c'est maintenant cette autorité - le CSA, ou ce qui prendra sa place - qui assurera la nomination des responsables des chaines publiques.

Voil√†, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais vous dire. D'abord un message de confiance dans les relations qui sont les n√ītres. Vous m'avez interrog√© et c'est toujours un dilemme pour le pr√©sident de la R√©publique : soit il est trop proche et il devient banal, je n'ose pas dire normal ; soit il est distant et il s'isole, il s'enferme. J'essaie de trouver la bonne posture.

Suffisamment proche pour rester pr√®s de vous et n√©anmoins suffisamment distant pour ¬Ė et pas simplement dans les moments graves que nous traversons - faire comprendre aux Fran√ßais que le pays est dirig√©, que nous savons o√Ļ nous allons et que nous le faisons avec esprit de responsabilit√©, d'apaisement m√™me.

Il est normal que dans une société il y ait des débats sur de grandes questions. C'est toujours ainsi que nous avons assumé, pas forcément en étant d'accord au départ, les grandes évolutions.

Je respecte toutes les sensibilités, enfin celles qui sont dans le champ démocratique, celles qui font le choix de la République, celles qui s'attachent à la liberté. Après, chacun peut avoir sa conception. Mais ensuite le débat a lieu, son cadre est le Parlement, les décisions sont prises et ensuite si une alternance arrive - cela peut se produire - d'autres choix peuvent être faits. Il ne s'agit pas d'opposer une France contre une autre, parce que chacun peut avoir même des sentiments mélangés. Il s'agit que la France puisse savoir, là encore, ce que doit être son destin. Il y a des modernisations que je veux conduire. Il en sera de même d'ailleurs pour les évolutions institutionnelles.

Sur le rapport que nous pouvons avoir aussi, c'est de faire que vous puissiez, autant que possible, travailler avec le respect des sources qui sont les v√ītres. Il y aura, l√† aussi, une disposition l√©gislative qui sera introduite pour prot√©ger vos sources. Ne craignez rien l√†-dessus, d'abord parce que l'ind√©pendance de la Justice sera garantie, et ensuite parce que nous ne cherchons pas qui vous informe. Ce serait d'ailleurs un tr√®s mauvais calcul car on d√©couvrirait souvent que c'est au plus haut niveau que l'information vient... L√† encore, je souhaite donc que nous ayons une relation apais√©e, pacifi√©e, et que nous nous respections les uns les autres.

Voilà les mots que je souhaitais vous adresser, souhaitant une bonne année à la presse, qui peut être aussi une bonne année pour le président de la République, ce n'est pas incompatible.

Merci./.

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2. √Čmirats Arabes Unis/Energie - Intervention du pr√©sident de la R√©publique devant le World Future Energy Summit (Abou Dabi, 15/01/2013)

Majesté,

Mesdames, Messieurs les Présidents

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Vous me faites un grand honneur de me permettre d'intervenir le premier pour cette conf√©rence. Je veux saluer l'initiative qui a √©t√© prise par Son Altesse Cheikh Zayed qui d√©montre que les √Čmirats Arabes Unis sont en pointe en mati√®re d'√©nergies renouvelables et plus largement de d√©veloppement durable.

J'en ai eu encore la preuve en d√©couvrant la maquette de ce qu'est la ville du futur, celle que vous construisez √† Masdar et qui permet √† beaucoup de pays d'avoir l√† des r√©f√©rences utiles pour leurs propres choix. Je veux aussi reconna√ģtre la place que les √Čmirats ont prise depuis d√©j√† plusieurs ann√©es avec l'Agence internationale des √©nergies renouvelables, dont le si√®ge est ici et qui compte d√©j√† plus de 100 √Čtats membres.

Je suis conscient de l'enjeu qu'a trac√© Cheikh Zayed. Nous devons effectivement relever un d√©fi. Si nous ne faisons rien, n'engageons rien, n'investissons rien, alors nous sommes s√Ľrs que la catastrophe viendra. Les chiffres parlent d'eux-m√™mes.

La demande énergétique devrait augmenter de plus d'un tiers d'ici à 2035. Nous ne pourrons y répondre qu'avec les énergies fossiles c'est-à-dire le pétrole, le gaz, le charbon... Nous savons bien que cela aurait deux conséquences : la première, c'est un prix de ces énergies fossiles insupportable pour toutes les économies, celles qui sont aujourd'hui développées comme les émergentes.

Mais il y aurait une deuxième conséquence qui serait encore plus dommageable. C'est le réchauffement climatique dont nous avons aujourd'hui déjà un certain nombre de preuves. Tout laisse à penser que si nous n'agissons pas, ce n'est pas de 2 degrés à la fin du siècle que nous pouvons craindre l'élévation de la température de la planète, mais de 4 degrés avec tout ce que cela signifierait en terme de dérèglement, de catastrophe et d'impact sur les populations.

Nous avons donc un devoir économique : faire en sorte que nous puissions vivre avec d'autres énergies que celles que nous connaissons aujourd'hui ; et nous avons l'obligation de permettre à notre planète d'être vivable pour les générations qui viennent.

C'est pourquoi nous devons engager le monde dans deux directions

La premi√®re, c'est l'efficacit√© √©nerg√©tique, car l√† nous avons des potentiels consid√©rables de progr√®s. L'Agence internationale de l'√©nergie nous dit que 80 % des sources d'√©conomies d'√©nergie sont dans la construction ou la r√©novation de logements. L√† encore, vous en faites la d√©monstration ici aux √Čmirats. Nous en France, nous avons fait le choix de donner √† cette priorit√© tous les moyens. Nous ferons que toutes les constructions de b√Ętiments et de logements seront avec des normes environnementales √©lev√©es et avec des m√©canismes d'√©conomies d'√©nergie consid√©rables. Nous allons lancer aussi un programme de r√©novation de nos logements. Un million seront concern√©s car c'est un devoir. Toutes les √©conomies d'√©nergie nous permettront, non seulement d'√™tre moins d√©pendants, mais d'innover dans les processus de fabrication.

Nous avons des entreprises de pointe en France. Vous avez bien voulu les reconna√ģtre, notamment en 2012 puisque l'une de ces entreprises, Schneider, leader mondial de l'efficacit√© √©nerg√©tique, a re√ßu ici m√™me le prix Zayed. Nous voulons donc faire le choix de l'efficience √©nerg√©tique.

Mais nous voulons aussi développer les énergies renouvelables. Notre pays développe des moyens considérables, a des compétences reconnues dans toutes les filières : aussi bien les énergies marines, le solaire - et nous participons à cette belle initiative de la Centrale SHAMS 1 qui nous permet d'espérer que le solaire va prendre une place plus importante encore dans les bilans énergétiques -, la géothermie, la biomasse... Là encore, nous disposons de grands groupes et de PME qui nous assurent qu'il y a des gisements considérables de productivité et d'efficacité.

Nous devons aussi agir, la France, avec l'Europe. Nous avons donc affiché un certain nombre d'obligations qui seront telles qu'en 2020 nous aurons réduit de 20 % les émissions de gaz à effet de serre, consommer 20 % d'énergies renouvelables, et réaliser 20 % d'économies d'énergie. J'ai proposé à nos partenaires européens d'aller encore plus loin et de nous donner des objectifs plus élevés pour 2030.

Mais ce dont je suis convaincu, c'est que nous ne devons pas nous opposer les uns et les autres, pays développés par rapport aux pays émergents, pays consommateurs par rapport aux pays producteurs, pays qui ont fait des efforts d'investissement et d'autres moins... Si nous sommes tous lucides et conscients de l'enjeu, nous devons nous réunir. D'autant que la situation économique difficile que nous connaissons est à la fois le produit d'une crise financière, d'une crise économique mais aussi d'une crise écologique et technologique. Nous avons montré que nous étions capables de sortir de la crise financière et notamment la zone euro. Nous devons faire la démonstration que nous pouvons être capables de sortir de la crise économique et que nous le ferons ensemble.

Je suggère plusieurs initiatives pour y parvenir

D'abord, nous avons besoin de mobiliser des financements en faveur de l'énergie durable.

Il y a eu ces dernières années, des investissements importants à l'échelle du monde dans ce secteur. Nous avons même pu évaluer l'ampleur de ces investissements à près de 300 milliards d'euros. Mais il y a un tassement avec la crise et donc un ralentissement de cette intensité d'investissement. Je vous propose que nous puissions lancer un appel pour que nous ayons davantage d'investissements dans les énergies renouvelables. Chacun des pays doit également avoir un cadre réglementaire, fiscal et financier qui permette cette mobilisation. Et là encore, en France, nous allons permettre à travers un grand débat sur la transition énergétique, définir les règles qui nous permettront de mobiliser encore davantage de capitaux pour les énergies renouvelables.

Nous devons faire la démonstration de la rentabilité de ces énergies et donc de la capacité de tirer un avantage qui n'est pas simplement une moindre dépendance par rapport à d'autres sources d'énergie, mais un avantage financier pour les groupes et les fonds qui s'investiraient dans ces secteurs.

C'est également un enjeu de compétitivité et donc de croissance, si nous sommes capables de maitriser d'avantage nos matières premières et notre énergie. Je propose que nous ayons des fonds communs - pays consommateurs, pays producteurs - pour investir dans les énergies nouvelles et que nous puissions préparer l'après-pétrole. Je salue ce que font beaucoup de pays producteurs d'énergies fossiles qui sont conscients - sans qu'il y ait de date précise sur le pic pétrolier - qu'à un moment il va aussi falloir préparer la transition. Nous pouvons donc agir ensemble pour être capables d'inventer ce monde de l'après-pétrole.

Cette transition √©nerg√©tique - et c'est le deuxi√®me appel que je voudrais lancer - suppose de changer l'organisation de nos villes, d'inventer un nouveau mod√®le : ce que l'on appelle la ville du futur avec un habitat bioclimatique, une mobilit√© diff√©rente de celle d'aujourd'hui, une gestion intelligente de l'eau et des d√©chets. L√† encore, je veux souligner l'excellence des entreprises dans ces domaines pour l'am√©nagement de villes durables. C'est le d√©fi architectural, urbain, social, √©conomique, √©cologique. ¬ęComment b√Ętir des villes nouvelles ?¬Ľ, c'est l'enjeu des pays √©mergents et ¬ęcomment r√©nover les villes anciennes ?¬Ľ, c'est l'enjeu des pays d√©velopp√©s.

Enfin, la dernière initiative que nous pourrions prendre - la plus importante - c'est à travers ce rassemblement d'aujourd'hui, de préparer les rendez-vous de demain, c'est à dire la conférence qui doit prendre des décisions en matière de climat.

Celle de Doha avait permis de lancer l'engagement qui a conduit au Protocole de Kyoto et de jeter les bases de la négociation d'un futur accord global pour 2015. Convenons que nous sommes loin du compte, que ce qui avait été affiché et promis n'a pas toujours été tenu. Nous devons réussir en 2015.

Pour montrer la d√©termination de la France, j'ai annonc√© que nous √©tions candidats pour accueillir cette conf√©rence sur le climat. Si nous sommes candidats, ce n'est pas seulement pour organiser une conf√©rence et pour jouer notre r√īle d'hospitalit√© bien connu. Si la France est candidate, c'est parce qu'elle veut que la conf√©rence sur le climat puisse √™tre un succ√®s.

Voilà ce que j'étais venu vous dire, répondant à l'invitation qui m'avait été faite.

Nous devons nous fixer des objectifs réalistes, mais volontaristes.

Nous devons aussi assurer l'égal accès à toutes les énergies et à toutes les matières premières. C'est la raison pour laquelle nous devons aussi faire preuve de solidarité.

J'ai lancé l'idée des financements innovants. La France avait déjà montré l'exemple à travers un certain nombre de taxes qui pouvaient être perçues à l'échelle du monde et dont les recettes pouvaient être affectées à une mission particulière. Cela a été fait avec la taxe sur les billets d'avion. Aujourd'hui, je pense que ces financements innovants peuvent permettre de trouver les ressources qui pourraient s'investir dans le développement durable, mais également dans l'aide aux pays les plus pauvres. C'est aussi le sens de l'initiative lancée par le Secrétaire général des Nations-Unies M. Ban Ki-moon avec le programme énergie durable pour tous et la France est prête à s'investir largement par rapport à cette perspective.

Majesté,

Mesdames, Messieurs les Présidents,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Nous partageons ensemble les mêmes préoccupations. Mais nous devons aussi partager les mêmes ambitions. L'heure n'est plus à la dispersion ou au constat complaisant, mais à l'action. Nous devons donc nous rassembler - c'est fait -, rassembler nos forces - elles sont là -, mais également nos ressources, pour que nous puissions faire de cette semaine du développement durable - qui est organisée ici - un moment et une étape importante.

Je veux donc vous dire que la France sera au rendez-vous : son gouvernement - j'en prends ici l'engagement - ses entreprises - elles sont là, présentes -, nous mettrons toutes nos ressources à la disposition de cet enjeu climatique.

Nous sommes aussi conscients qu'il nous faut faire un effort de recherche et nous sommes prêts à l'engager. Nous voulons montrer l'exemple à travers la transition énergétique, car tout ce que nous faisons dans chacun de nos pays engage le monde entier.

Je vous assure donc de tout notre concours. La France veut faire de la transition énergétique une grande cause nationale, européenne et mondiale. Elle sait qu'ici elle a des partenaires qui seront au rendez-vous de la conférence-climat de 2015 qui, j'espère - à Paris -, permettra de faire le saut que vous attendez tous, pour répondre au défi qui nous est posé et être à la hauteur de l'appel des générations nouvelles, pour que nous leur laissions une planète digne de l'humanité. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Mali - R√©ponse du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, aux six groupes parlementaires √† l'Assembl√©e nationale (Paris, 15/01/2013)

 

Merci Monsieur le Président.

Mesdames, Messieurs les Députés, la France, vous venez de le rappeler, intervient en appui à l'armée malienne et elle le fait à la demande du président du Mali et dans le respect de la charte des Nations unies. L'agression des mouvements terroristes menaçait l'existence même du Mali et faisait peser un risque majeur sur l'Afrique de l'Ouest et sur l'Europe et aussi sur la France.

Les objectifs de l'op√©ration fix√©s par le pr√©sident de la R√©publique sont triples. Je tiens √† les rappeler devant vous apr√®s les avoir expos√©s hier soir √† Matignon devant les repr√©sentants de tous les groupes de l'Assembl√©e nationale et du S√©nat et devant les pr√©sidentes et pr√©sidents de Commissions des Affaires √©trang√®res et de la d√©fense et devant bien s√Ľr, les pr√©sidents de l'Assembl√©e et du S√©nat.
Le premier objectif, c'est d'arr√™ter l'offensive des groupes terroristes. Le deuxi√®me objectif c'est de pr√©server l'existence de l'√Čtat malien et lui permettre de retrouver son int√©grit√© territoriale et sa totale souverainet√©. Le troisi√®me objectif, c'est de pr√©parer le d√©ploiement de la force d'intervention africaine qui a √©t√© autoris√©e le 20 d√©cembre dernier par le Conseil de s√©curit√© dans le cadre de la r√©solution 2085.
Le dispositif militaire que nous déployons conjugue renseignements, frappes aériennes, moyens d'aéromobilité et unités terrestres. Il répond strictement à ces objectifs, il continuera de se renforcer dans les prochains jours. En effet, nous avons porté un coup d'arrêt à la première offensive de ces groupes, de ces trois groupes principaux, de ces trois groupes terroristes, mais leur détermination, il faut en être conscient, reste entière et il convient pour y faire face d'obtenir rapidement des résultats très significatifs.

Cette intervention, le gouvernement en est conscient depuis le début des opérations, fait peser un risque sur nos otages au Sahel mais ce sont ceux-là mêmes qui les détiennent qui menaçaient de s'emparer de la totalité du Mali. Ne rien faire et laisser le Mali devenir un sanctuaire pour les groupes terroristes n'aurait pas contribué à la libération que nous souhaitons tous de nos otages.

Pour la protection du territoire national, plusieurs mesures du plan Vigipirate ont √©t√© renforc√©es notamment dans les transports, les b√Ętiments publics et les lieux de culte. Hier soir, je vous l'ai dit, j'ai r√©uni les repr√©sentants du Parlement, j'ai profit√© de cette r√©union en pr√©sence du ministre de la D√©fense et du ministre de l'Int√©rieur, le ministre des affaires √©trang√®res, Laurent Fabius, √©tant avec le pr√©sident de la R√©publique aux √Čmirats Arabes Unis, √©tait repr√©sent√© par son directeur de cabinet. Nous avons √† cette occasion pr√©sent√© les objectifs de l'intervention et r√©pondu √† de nombreuses questions. Des questions qui √©taient particuli√®rement pr√©cises et je crois utiles au r√īle que vous avez √† jouer en tant que repr√©sentants parlementaires et cela dans le cadre de la Constitution. Vous avez en effet tous en m√©moire l'article 35 de notre Constitution, un d√©bat sans vote aura donc lieu mercredi apr√®s-midi comme monsieur le pr√©sident de l'Assembl√©e nationale vient de le rappeler, il aura lieu en m√™me temps √† l'Assembl√©e nationale et au S√©nat.

En tout cas, d'ores et d√©j√† je me f√©licite du soutien manifest√© depuis le 11 janvier par l'ensemble des forces politiques de notre pays et je remercie tout particuli√®rement les repr√©sentants des groupes et des pr√©sidents de groupes qui se sont exprim√©s cet apr√®s-midi. Notre pays est uni dans ce combat, il est uni dans ce combat contre les groupes terroristes et ce combat est un combat aussi pour nos valeurs et ce combat est un combat pour les valeurs des Nations unies. L'intervention de la France b√©n√©ficie en effet du soutien de la communaut√© internationale √† commencer par les √Čtats africains eux-m√™mes. Plusieurs de nos partenaires, notamment le Royaume-Uni, le Danemark, les √Čtats-Unis, le Canada et l'Allemagne, nous apportent d√©j√† leur appui sous diverses formes. La France est aujourd'hui en premi√®re ligne en appui √† l'arm√©e du Mali mais d'ici une semaine les forces africaines commenceront √† se d√©ployer sur le terrain, un √©chelon pr√©curseur de l'√©tat-major de la MISMA est d√©j√† √† Bamako, plusieurs pays africains ont confirm√© la mise √† disposition de premiers contingents.

La mise en place de la mission de l'Union europ√©enne de formation et de soutien logistique aux forces arm√©es maliennes est √©galement en train de s'acc√©l√©rer. Une r√©union du Conseil des ministres des Affaires √©trang√®res de l'Union europ√©enne se tiendra jeudi dans cette perspective. La perspective, vous l'avez les uns et les autres rappel√©e, elle est politique, elle est de redonner au Mali la stabilit√© √† laquelle il pr√©tend √† juste titre. Elle est aussi de redonner √† ce pays des institutions d√©mocratiques stables et durables au service d'un Mali souverain, pleinement souverain et capable de garantir sa propre s√©curit√©. Et l'ambition qui est la n√ītre, celle du gouvernement et des forces politiques je crois largement rassembl√©es, c'est aussi de donner une perspective de d√©veloppement non seulement au Mali mais √† toute cette r√©gion de l'Afrique particuli√®rement pauvre. Mais il n'y a pas de d√©veloppement sans s√©curit√© et il n'y a pas de s√©curit√© durable sans d√©veloppement.

Et avant de conclure, Mesdames et Messieurs les Députés, je voudrais à mon tour saluer le courage de nos soldats. Je présiderai dans quelques instants avec le ministre de la défense et le ministre chargé des anciens combattants la cérémonie d'hommage national au chef de bataillon, Damien Boiteux, qui a péri vendredi au premier jour, je dirai aux premières heures de l'intervention. Je le ferai juste après cette séance mais, Mesdames et Messieurs les Députés, vous lui avez déjà rendu hommage comme la Nation toute entière le fera. Face à la menace terroriste, la détermination du gouvernement est entière, fort de votre appui, de l'appui de tous les forces politiques nationales de la Nation toute entière et de la communauté internationale, cette détermination ne faiblira pas./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. Mali - Intervention du ministre, M. Laurent Fabius, devant le S√©nat (Paris, 16/01/2013)

(Seul le prononcé fait foi)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Depuis plusieurs années, la montée du terrorisme au Sahel est une source croissante de préoccupation.

La dégradation de la situation au Mali, en 2012, a hélas confirmé que les pires scénarios étaient possibles.

L'assaut des groupes terroristes, qui ont conquis une partie du territoire de ce pays, a provoqu√© une profonde d√©stabilisation de l'√Čtat malien, une atteinte inacceptable √† sa souverainet√©, et la constitution d'un sanctuaire terroriste, √† pr√®s de deux mille cinq cent kilom√®tres du territoire national.

C'est toute une région, déjà vulnérable, dont la sécurité et la stabilité sont mises en danger. C'est une menace qui pèse sur la France et sur l'Europe.

√Ä la tribune de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies, en septembre dernier, le pr√©sident de la R√©publique avait averti que la situation cr√©√©e par l'occupation d'un territoire au nord du Mali par des groupes terroristes √©tait insupportable, inadmissible et inacceptable, non seulement pour le Mali, mais √©galement pour tous les pays de la r√©gion et, au-del√†, pour tous les √Čtats qui font preuve de d√©termination dans la lutte contre le terrorisme.

La France a donc agi pour mobiliser la communauté internationale, et, nous pouvons l'affirmer, nos initiatives diplomatiques ont porté leurs fruits.

Après deux premières résolutions, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé, le 20 décembre dernier, le déploiement d'une force africaine de stabilisation, la MISMA.

L'Union européenne a, quant à elle, décidé d'une opération de soutien, dans le cadre de la Politique de sécurité et de défense commune.

C'est probablement pour y faire obstacle que, pour la première fois, les groupes terroristes présents au Nord du Mali, Aqmi, le Mujao et Ansar Eddine, ont regroupé leurs forces afin de lancer l'offensive contre les villes commandant l'accès à Mopti à l'Est, et à Ségou à l'Ouest, en direction de Bamako.

D√®s le 9 janvier, le pr√©sident du Mali a lanc√© √† la France une demande d'assistance militaire. La prise de Konna, le 10 janvier, a achev√© de nous convaincre que nous √©tions bien devant une agression caract√©ris√©e, mettant en jeu l'existence m√™me de l'√Čtat malien, et que les forces arm√©es maliennes n'avaient pas les moyens d'y r√©sister seules. Le Conseil de s√©curit√© a confirm√© cette menace directe pour la paix et la s√©curit√© internationales, d√®s le 10 janvier.

Le président de la République a donc décidé, le 11 janvier, que la France devait intervenir militairement, en appui aux forces armées maliennes.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Face à des adversaires dangereux, bien équipés et déterminés, la France poursuit des objectifs parfaitement clairs. Je souhaite à nouveau les rappeler devant vous :

- premier objectif : arrêter l'avancée des groupes terroristes vers Bamako ;

- deuxi√®me objectif : pr√©server l'existence de l'√Čtat malien et lui permettre de recouvrer son int√©grit√© territoriale ;

- troisième objectif : favoriser l'application des résolutions internationales à travers le déploiement de la force africaine de stabilisation et l'appui aux forces armées maliennes dans leur reconquête du Nord.

Le président de la République l'a affirmé avec détermination : notre intervention durera le temps nécessaire pour atteindre ces objectifs. Les moyens engagés y répondront strictement.

Aujourd'hui, 1.700 militaires fran√ßais sont engag√©s dans l'op√©ration Serval, dont 800 sur le territoire malien. Notre dispositif a√©rien est compos√© de douze avions de chasse et de cinq ravitailleurs. Notre dispositif terrestre comprend un √Čtat-major tactique, deux compagnies de combat et un escadron blind√©. L'ensemble de nos moyens continue √† monter en puissance.

Leurs efforts se concentrent, d'une part, sur l'aide aux forces armées maliennes, pour arrêter la progression des groupes terroristes, en combinant une action aéroterrestre des forces spéciales, engagées dès les premières heures, des frappes aériennes et un appui par des unités terrestres. Les premiers éléments des compagnies françaises arrivées à Bamako ont commencé leur progression vers la zone de combat.

Les efforts portent, d'autre part, sur les actions aériennes mobilisant nos avions de chasse basés à Ndjamena ou en métropole. Elles visent, dans la profondeur, les bases-arrières des groupes terroristes, pour leur infliger les pertes les plus importantes possible, et neutraliser leur capacité offensive sur l'ensemble du territoire malien.

À cet égard, il ne saurait être question de figer l'actuelle ligne de front, qui n'est rien d'autre que le résultat d'une division artificielle du Mali et d'un rapport de force que nous avons précisément la volonté de modifier.

La France agit à la demande des autorités légitimes du Mali, qui, à deux reprises, lui ont lancé un appel à l'aide. Elle s'inscrit dans le respect de la charte des Nations unies et de son article 51, en parfaite cohérence politique avec les résolutions du Conseil de sécurité.

Le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies a d'ailleurs salu√© notre r√©ponse √† la demande souveraine du Mali. Au Conseil de s√©curit√©, une grande majorit√© d'√Čtats membres a rendu hommage √† la rapidit√© de notre r√©action. Son opportunit√© et sa l√©galit√© sont incontest√©es.

De fait, la France n'est pas seule.

Notre d√©cision b√©n√©ficie d'un large soutien international. Elle a √©t√© accueillie avec soulagement par les √Čtats africains, unanimes, et qui sont pr√™ts √† se mobiliser. L'Alg√©rie nous a accord√© les autorisations de survol n√©cessaires, et a ferm√© sa fronti√®re avec le Mali.

Nos partenaires européens sont eux-aussi au rendez-vous, en mettant à notre disposition des moyens logistiques de transport ou de ravitaillement en vol. Le Royaume Uni, l'Allemagne, la Belgique et le Danemark devraient très rapidement être rejoints par d'autres.

Nous pouvons aussi compter sur le soutien des √Čtats-Unis et du Canada, sans compter les propositions que nous recevons d'autres pays.

Mais, si nous sommes intervenus en urgence pour éviter un effondrement du Mali, qui aurait rendu vaine toute initiative internationale, nous n'avons pas vocation à rester en première ligne. Notre opération n'est pas une fin en soi.

La priorit√© consiste √† acc√©l√©rer le d√©ploiement de l'op√©ration africaine, qui doit aider les autorit√©s maliennes √† reprendre le contr√īle de leur pays.

D'ores et d√©j√†, un √©chelon pr√©curseur de l'√Čtat-major de la force africaine est arriv√© √† Bamako. De nombreux contributeurs de troupes ont exprim√© leur volont√© de participer √† cette op√©ration, du Nigeria au S√©n√©gal, en passant par le B√©nin, le Burkina Faso, la C√īte d'Ivoire, le Niger, le Tchad, le Togo et d'autres pays qui suivront. En cons√©quence, les premi√®res troupes africaines devraient √™tre en mesure d'arriver √† Bamako, d'ici la fin de la semaine.

Une r√©union des chefs d'√Čtat-major de la CEDEAO se poursuit actuellement dans la capitale malienne et un sommet de l'Organisation aura lieu √† Abidjan, le 19 janvier, o√Ļ la France sera repr√©sent√©e comme observateur par le ministre des affaires √©trang√®res. Il s'agit d'autant d'occasions de poursuivre la mobilisation africaine et de pr√©parer le d√©ploiement op√©rationnel de la MISMA.

La France se mobilise également, avec ses partenaires, pour accélérer la mise en place de l'opération européenne EUTM-Mali, qui apportera les indispensables soutiens logistiques et en formation.

Catherine Ashton, dont je salue la contribution, a convoqué, demain à Bruxelles, une session extraordinaire du Conseil des ministres des affaires étrangères. La France souhaite que cette réunion permette de créer EUTM-Mali, d'en désigner le commandement et d'envoyer dans les prochains jours une équipe de précurseurs sur le terrain. Elle examinera également les réponses à apporter à la situation humanitaire sur le terrain.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

J'ai √©voqu√© hier les mesures adopt√©es par le gouvernement, dans le cadre du plan Vigipirate, pour renforcer la s√©curit√© du territoire national, notamment la s√©curit√© des transports et des b√Ętiments publics, ainsi que des lieux de culte.

La même attention est portée à la situation de nos quelque 6.000 compatriotes qui résident au Mali et que nous avons encouragés, pour ceux dont la présence n'est pas indispensable, à quitter ce pays, sans pour autant procéder à leur évacuation. La présence de nos forces offre naturellement une protection à notre communauté.

Enfin, comme je l'ai fait ces derniers jours, je souhaite évoquer la situation de nos otages et l'angoisse de leur famille, dont nous sommes tous pleinement solidaires. Mais, une fois encore, n'oublions pas que ce sont ceux-là mêmes qui détiennent nos otages qui voulaient s'emparer de la totalité du Mali. Ne rien faire n'aurait pas contribué à leur libération.

Dans ces circonstances, je sais pouvoir compter sur l'unité de l'ensemble des forces politiques de notre pays pour soutenir l'action du président de la République et du gouvernement.

Nous le devons √† nos soldats, qui, au p√©ril de leur vie, sont engag√©s sur un terrain difficile aux c√īt√©s de l'arm√©e malienne.

À nouveau, je veux saluer leur courage et leur professionnalisme, qui forcent l'admiration. J'ai présidé hier l'hommage solennel rendu par la Nation au chef de bataillon Boiteux et renouvelle toute ma solidarité à sa famille.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Pour toute démocratie, l'engagement de nos forces armées est une décision grave.

Mais, nous pouvons aujourd'hui le constater, notre intervention a manifestement changé la donne :

- Sur le terrain, nous sommes parvenus à arrêter l'offensive des groupes terroristes, dès le 11 janvier à l'Est et, depuis mardi, à l'Ouest.

- À Bamako, les institutions de transition, qu'il s'agisse du président ou du Premier ministre, sont confortées.

C'est un √©l√©ment essentiel. Car, nous en avons la conviction et la volont√©, une paix durable au Mali passe bien s√Ľr par une solution politique, c'est-√†-dire l'adoption d'une feuille de route de la transition ouvrant la perspective d'√©lections d√©mocratiques organis√©es sur tout le territoire malien.

D'après les indications recueillies à Bamako, le Premier ministre Cissoko souhaite aller vite : il a déjà consulté les partis politiques sur la feuille de route qui sera prochainement présentée au Conseil des ministres, puis au Parlement. Une cellule de suivi sera créée pour en assurer la mise en oeuvre.

La donne devrait √©galement changer entre le sud et le nord du Mali. Le retour √† l'int√©grit√© territoriale devra s'accompagner d'une n√©gociation destin√©e √† √©tablir les modalit√©s d'une paix durable, entre toutes les composantes du Mali, et sur tout son territoire, √† l'exception bien s√Ľr des groupes terroristes.

Notre ambition est également de donner une nouvelle perspective de développement au Mali, et à toute cette région de l'Afrique. Car il n'y aura pas de stabilisation du Mali, sans perspective d'avenir pour sa population.

D'ores et déjà, je salue l'intention de la Commission européenne de reprendre son aide budgétaire au Mali qui représente un apport de 92 millions d'euros. La France reprendra son aide bilatérale, une fois la feuille de route de la transition adoptée.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

En décidant de répondre à l'appel au secours du Mali, la France a montré sa détermination à lutter contre le terrorisme.

Dans ces moments difficiles et alors que nos troupes sont engagées à l'étranger, l'unité de la Nation est un atout irremplaçable. Je salue l'esprit de responsabilité dont toutes les forces politiques ont témoigné, depuis le 11 janvier.

Face à la menace des groupes terroristes, la détermination du gouvernement ne faiblira pas.

Je vous remercie./.

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5. Mali - Entretien du ministre de la d√©fense, M. Jean-Yves Le Drian, avec ¬ęRTL¬Ľ (Paris, 16/01/2013)

Q - Peut-on dire au sixième jour de la guerre, que l'armée française mène au Mali, que leurs adversaires, les islamistes radicaux sont affaiblis, peut-être, désorganisés ?

R - Lorsque le président de la République a décidé vendredi dernier de provoquer l'intervention française avant qu'il ne soit trop tard, il y avait une opération, une offensive forte de groupes terroristes vraiment déterminés à descendre sur Mopti au Sud du Mali et éventuellement après, sur Bamako. Il fallait bloquer immédiatement cette offensive surprise. Alors aujourd'hui...

Q - Ce projet a été contrarié, mais c'est...

R - Tr√®s contrari√© sur l'Est o√Ļ c'√©tait des groupes li√©s √† Ansar Dine, Mujao, ce sont des noms que les auditeurs commencent √† conna√ģtre maintenant, cette offensive-l√† je crois, est en train de bien marcher, c'est un peu plus difficile √† l'Ouest o√Ļ nous avons les groupes les plus durs, les plus fanatiques, les mieux organis√©s et les plus d√©termin√©s et les mieux arm√©s. Et l√† c'est en cours mais c'est difficile, on √©tait bien conscient depuis le d√©part que c'√©tait une op√©ration tr√®s difficile parce qu'on √† affaire a plusieurs centaines, plus d'un millier, 1.200 - 1.300 terroristes bien organis√©s...

Q - Pas plus ? Quelquefois on lit d'autres chiffres...

R - Dans la zone l√† oui notre √©valuation est celle-l√†, dans la zone avec peut-√™tre des renforts demain, voil√† la difficult√©. C'est la raison pour laquelle les forces a√©riennes fran√ßaises frappent les bases arri√®res, en particulier Gao o√Ļ l√† l'op√©ration a parfaitement r√©ussi. Donc on est en situation tout √† fait positive par rapport √† la semaine derni√®re mais le combat continue, et √ßa sera long. Il ne faut pas s'imaginer ; le but c'est de faire en sorte que le Mali retrouve sa souverainet√©, son int√©grit√© sur l'ensemble de son territoire.

Q - C'est-à-dire le but c'est que tous ces combattants, ces islamistes radicaux...

R - Soient extirpés, se diluent...

Q - Ne soient plus sur ce territoire.

R - Absolument.

Q - Aujourd'hui c'est une nouvelle phase de l'action militaire puisque des troupes françaises maintenant combattront au sol.

R - Oui, aujourd'hui les forces terrestres sont en train de se déployer, jusqu'à présent nous avions fait en sorte qu'il y ait quelques forces terrestres à Bamako pour sécuriser d'abord nos populations, nos ressortissants, les ressortissants européens et sécuriser aussi la ville de Bamako, là maintenant, les forces terrestres françaises sont en train de remonter vers le Nord.

Q - Qui arme et finance ces groupes d'islamistes radicaux ? On nous dit le trafic...

R - C'est un peu tout, c'est un mélange de trafics, leurs trafics de drogues bien évidemment, les chemins de la drogue passent par le Sahel, c'est trafics d'armes, les trafics d'armes passent par le Sahel, y compris les armes de Libye. C'est le marché noir des armes d'une certaine manière avec aussi l'argent des otages, argent récupéré dans le passé par toute une série de transactions qui avaient été faites et puis c'est aussi les armes de Libye, c'est aussi les armes laissées par les Maliens.

Q - Des √Čtats ? Des √Čtats ? Quelquefois par l'Arabie Saoudite, du Qatar ou de groupes √† l'int√©rieur de ces pays qui pourraient financer ces combattants...

R - Je ne me prononce pas, je n'ai... peut-être des groupes, peut-être des groupes.

Q - Vous le savez, vous ne pouvez pas le dire.

R - Non ! Non !

Q - La diplomatie vous empêche de le dire.

R - Non, non, je n'ai pas de preuve.

Q - On dit aussi que ces islamistes se ravitaillent beaucoup en carburant, puisqu'on voit, les images sont toujours saisissantes, ces pick-up dans le désert se ravitaillent en carburant en Algérie.

R - Si c'était le cas ça ne l'est plus.

Q - Pourquoi ?

R - L'Algérie a fermé ses frontières avant-hier soir, le président François Hollande s'est entretenu avec le président Bouteflika hier, il a eu le soutien du président Bouteflika.

Q - Pas public ? Aucune autorité algérienne publique ne s'est exprimée encore.

R - Je pense que les Algériens ont posé les actes nécessaires dans les heures qui viennent d'autant plus qu'ils nous ont laissé la liberté de circulation aérienne, ce qui était un acte politique majeur.

Q - Vous êtes certain du soutien de l'Algérie ?

R - Je suis certain que l'Algérie a considéré que sa problématique qui était d'aboutir à un accord entre les Touaregs, ce qui pouvait se concevoir, ce qui était d'ailleurs sans doute souhaitable, cela a échoué parce que, Ansar Dine a renié ses engagements et a préféré s'allié avec Aqmi et Mujao se sont les principaux ennemis de l'Algérie, eux qui ont été au départ à l'origine de cette guerre terrible que l'Algérie a vécue c'est Mujao qui aujourd'hui encore, il faut se le rappeler, a des otages algériens, parce qu'il n'y a pas que des otages français. Il y a aussi des otages algériens tenus aujourd'hui par le groupe terroriste Mujao que nous combattons.

Q - Et donc vous êtes certain du soutien de l'Algérie qui n'a pas encore exprimé publiquement ce soutien, qui le fera peut-être.

R - Je suis convaincu que l'Algérie sait maintenant les enjeux qui sont devant elle et c'est la raison pour laquelle l'Algérie a fermé sa frontière, ce qui n'est pas rien.

Q - Aucun autre pays européen ne souhaite envoyer de soldats au Mali, est-ce un problème pour vous Jean-Yves Le Drian ?

R - Pour l'instant nous avons agi dans l'urgence et personne n'a dit non à rien puisque s'il a fallu...

Q - Les Britanniques ont dit qu'ils n'enverraient pas de troupes.

R - S'il a fallu agir vendredi c'est parce que nous étions face à une offensive extrêmement rapide des groupes terroristes et donc à la demande du gouvernement malien et du président malien, le président Hollande a décidé d'agir très très rapidement, ceci étant, les Européens que nous avons au téléphone régulièrement nous ont soutenu par des équipements dont nous avions besoin, en particulier des équipements de transport, les Britanniques, les Danois, les Belges, tout cela se met en oeuvre et puis il y a une échéance rapide, c'est celle de la réunion de demain des ministres des affaires étrangères européens qui vont, initié par Laurent Fabius à la demande du président de la République et qui va je pense, permettre d'accélérer la mise en place de la mission européenne qui avait été décidée au Conseil européen de décembre...

Q - Des instructeurs qui viendront former l'armée malienne ?

R - Des instructeurs qui viennent former...

Q - Mais pas des combattants, les Français combattront seuls ?

R - Pas de combattants à l'heure actuelle parce que la volonté de la France est de faire en sorte que ce soit les forces africaines, Mali compris, qui permettent au Mali de retrouver sa souveraineté et nous avons cette volonté de soutien et des forces maliennes et des forces africaines pour que ce soit les Africains qui reconquièrent le Mali.

Q - La question est triviale mais elle est in√©vitable, combien co√Ľte une journ√©e de guerre au Mali ?

R - Je ne peux pas l'évaluer encore.

Q - Vous le ferez ?

R - Bien s√Ľr...

Q - Vous le communiquerez ?

R - Tout ça est public, évidemment.

Q - Huit Français sont encore détenus en otage, avez-vous la certitude ce matin Jean-Yves Le Drian que les huit sont encore en vie ?

R - Il n'y a aucun élément qui nous permette de penser le contraire, heureusement, la réalité c'est que, quand il y a un otage il y a un risque pour sa vie, c'est ça la signification d'otage. Donc il y avait risque hier, il y a risque aujourd'hui, il y a risque demain...

Q - Risque accru sans doute aujourd'hui ?

R - Je ne suis pas s√Ľr, je pense que si nous avions laiss√© l'op√©ration des groupes terroristes, parce que ce ne sont pas les m√™mes qui d√©tiennent les huit otages, se d√©ployer jusqu'√† Mopti et Bamako alors, ils avaient tout le pouvoir et donc les otages l√†-dedans pouvaient disparaitre. La r√©alit√© c'est que la France a manifest√© son refus de constitution d'un √Čtat terroriste au centre Mali et donc du coup son refus de c√©der √† tout chantage et l√†, je pense qu'il √©tait utile, n√©cessaire que nous le fassions pour √©viter qu'il y ait en plus de nos huit otages, un √Čtat otage.

Q - Autour du sort de Denis Allex, le premier otage que vous avez essayé de libérer en Somalie, pas d'incertitude pour vous, il est bien mort ?

R - Tout nous laisse à penser qu'il a été assassiné.

Q - Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense faisait le point ce matin sur l'intervention de l'armée française au Mali, bonne journée.

R - Merci./.

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6. 50e anniversaire du Trait√© de l'√Člys√©e - Tribune conjointe du ministre charg√© des affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve et de son homologue allemand, M. Mickael Link, dans le quotidien ¬ęLe Figaro¬Ľ (Paris, 16/01/2013)

¬ęCinquante ans d'amiti√© commune¬Ľ

Les comm√©morations ont une vertu. Elles permettent de m√©diter les enseignements du pass√©, de les confronter aux d√©fis du pr√©sent et d'en tirer d'utiles le√ßons pour l'avenir. Le temps long de l'histoire de la relation franco-allemande t√©moigne de la consubstantialit√© de cette relation √† la construction europ√©enne. Et il rel√®ve de l'erreur de parallaxe que d'interpr√©ter les diff√©rences d'approche entre nos deux pays, sur quelques sujets d'actualit√©, comme la manifestation d'un tournant, qui nous √©loignerait d'un √Ęge d'or.

Mais de quel √Ęge d'or s'agirait-il alors ? De celui consacr√© par le trait√© de l'√Člys√©e, qui constitua un acte fondateur, courageux et visionnaire, dans un contexte historique particulier, o√Ļ la guerre √©tait encore tr√®s pr√©sente dans le coeur de ceux qui avaient eu √† en souffrir ? Faut-il, en raison de la dimension sacr√©e de ce trait√©, qui a contribu√© √† arrimer durablement la relation franco-allemande dans la paix et le progr√®s, dissimuler les diff√©rences d'approche ou de sensibilit√© qui ont exist√© entre le g√©n√©ral de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer ? Le g√©n√©ral de Gaulle aspirait √† une France dont la grandeur et √† une Europe dont l'ambition devaient les conduire, l'une et l'autre, √† se tenir √† une juste distance des √Čtats-Unis. Le chancelier Adenauer, pour sa part, pensait que l'ambition europ√©enne de la France et de l'Allemagne pouvait aussi se trouver confort√©e par la qualit√© du lien transatlantique. C'est donc dans le d√©passement de ces deux approches, rendu possible par l'audace de deux chefs europ√©ens d'une exceptionnelle √©quation, que le compromis historique a trouv√© son point d'√©quilibre. Il en fut souvent de m√™me entre Helmut Schmidt et Val√©ry Giscard d'Estaing, qui avaient d√©cid√© de ne jamais rendre publics leurs d√©saccords, ce qui avait fini par donner le sentiment qu'ils √©taient toujours d'accord sur tout. Quant √† Helmut Kohl et Fran√ßois Mitterrand, ils trouv√®rent au creuset de l'amiti√© profonde qu'ils se portaient l'un √† l'autre l'inspiration des accords qui permirent la cr√©ation de la monnaie unique et le d√©veloppement du march√© int√©rieur. Il en est de m√™me aujourd'hui face √† la crise, o√Ļ la liste des consensus √©tablis est plus longue que celle des divergences per√ßues, qu'il s'agisse de l'union bancaire, du maintien de l'int√©grit√© de la zone euro et de l'affirmation de l'irr√©versibilit√© de la monnaie unique, qu'il s'agisse encore de la mise en perspective de l'Europe de la s√©curit√© et de la d√©fense au sein du triangle de Weimar.

Dans quelques jours, nos deux pays c√©l√©breront le cinquantenaire d'un trait√© entr√© dans l'histoire sous le nom de trait√© de l'√Člys√©e, consacrant l'engagement irr√©vocable de la France et de l'Allemagne √† sceller leur r√©conciliation et √† d√©velopper une relation unique et exemplaire. Ce trait√© n'a pas d'√©quivalent. Il promeut et favorise le rapprochement des gouvernements et des peuples des deux pays, par le d√©veloppement d'une coop√©ration institutionnelle sans pr√©c√©dent et l'implication des soci√©t√©s civiles dans le quotidien d'une relation franco-allemande √©troite et riche. Cinquante ans plus tard, nos deux √©conomies sont plus int√©gr√©es. De grands projets industriels ont √©t√© men√©s √† bien. Le r√©gime matrimonial franco-allemand fournit l'exemple d'un rapprochement dans le domaine du droit civil. La cr√©ation de la cha√ģne de t√©l√©vision culturelle Arte et la publication du manuel d'histoire franco-allemand ont mis en √©vidence, aupr√®s des citoyens, la singularit√© de cette amiti√©.

Leur lien indéfectible, la France et l'Allemagne l'ont d'emblée mise au service d'une aventure européenne dont elles ont toujours été à l'avant-garde. Au lendemain de la guerre en effet, c'est sous l'impulsion de la France et de l'Allemagne que la Communauté européenne s'est construite et imposée en tant qu'espace de liberté et de prospérité. Aujourd'hui, le degré d'intégration de l'Union européenne est sans équivalent dans le monde, au point que ses frontières intérieures sont dématérialisées et qu'une monnaie unique a été instaurée. La France et l'Allemagne ont aujourd'hui encore une responsabilité éminente pour que cette intégration se poursuive.

L'année 2013 ne sera pas seulement commémorative. Elle constituera une occasion privilégiée de démontrer la solidité et la pérennité de l'amitié qui lie nos deux pays. La France et l'Allemagne souhaitent approfondir, sur tous ses aspects, la relation qui les unit, avec pour principaux objectifs l'engagement franco-allemand en faveur de la jeunesse, le développement de notre coopération culturelle, la mise en oeuvre de politiques pour la croissance, la compétitivité, l'emploi et la cohésion sociale.

C'est sur le fondement de cette relation solide que nous pourrons, ensemble, relever les d√©fis de la construction europ√©enne. La crise de la finance devenue d√©mente, les menaces qui p√®sent sur notre s√©curit√© int√©rieure et ext√©rieure, l'√©mergence de nouveaux grands acteurs mondiaux nous obligent √† inventer de nouveaux outils, de nouvelles politiques, √† proposer une nouvelle vision pour r√©tablir la confiance des peuples dans l'Europe. Aujourd'hui, la priorit√© doit aller √† la r√©alisation pleine et enti√®re de l'union √©conomique et mon√©taire, √† travers la mise en place de l'union bancaire et une meilleure coordination des politiques √©conomiques. L'UEM que nous appelons de nos voeux ne pourra se b√Ętir que sur des finances publiques saines, et un endettement public trop √©lev√© ne permettrait pas d'atteindre cet objectif.

La France et l'Allemagne, conscientes de leur r√īle d'entra√ģnement, assument par ailleurs une responsabilit√© commune pour renforcer la comp√©titivit√© de l'Union europ√©enne, tout en confortant le niveau de protection sociale qui caract√©rise le mod√®le europ√©en, et qui se traduit par une soci√©t√© ouverte, tol√©rante et solidaire.

Ces projets ambitieux devront s'accompagner d'un renforcement des m√©canismes de solidarit√© et de contr√īle d√©mocratique. Conscientes de leur devoir d'initiative en la mati√®re, la France et l'Allemagne ont fait le choix de se placer √† l'avant-garde de l'union politique.

Ensemble, elles entendent aussi conforter la place et la voix de l'Union dans le monde. Nous sommes déterminés à nous impliquer pour que l'Europe contribue à la sécurité internationale, au règlement pacifique des conflits, aux progrès des droits de l'Homme, au développement et à la protection de l'environnement. Le développement, notamment, d'une politique extérieure et de sécurité commune plus active, y compris à travers une politique de sécurité et de défense commune, devra répondre à cette préoccupation.

Si nous pouvons nous réjouir de l'oeuvre accomplie, l'amitié franco-allemande est un précieux héritage que nous devons continuer à faire progresser. Alors que le souvenir des conflits mondiaux quitte peu à peu la conscience de nos peuples, il est aujourd'hui plus que jamais nécessaire de rappeler ce que nous devons à l'amitié franco-allemande, de l'ancrer dans l'esprit des jeunes générations et de veiller à ce qu'elle soit résolument tournée vers l'avenir.

La France et l'Allemagne ne constituent pas une seule et m√™me soci√©t√© artificiellement divis√©e par les contingences de l'histoire. Quant √† la construction europ√©enne, elle ne saurait pr√©tendre gommer les diff√©rences ou uniformiser les cultures. L'Union ambitionne tout au contraire d'int√©grer les identit√©s, de les promouvoir et de les d√©passer par l'√©dification d'une v√©ritable conscience europ√©enne. Sur le plan bilat√©ral, le trait√© de l'√Člys√©e a contribu√© √† faire de cette ambition une r√©alit√© pour la France et l'Allemagne. Au niveau europ√©en, l'Union rel√®ve le m√™me d√©fi. Et elle y parviendra, pour s'imposer dans la conscience de ses peuples comme ses p√®res fondateurs l'avaient imagin√© : oeuvre de paix et de prosp√©rit√©, esp√©rance √† l'horizon des citoyens europ√©ens, projet indispensable pour conforter la place de l'Europe dans le monde ; oeuvre de reconnaissance de l'autre et de destins li√©s ; √©vidence int√©rieure./.

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7. Francophonie - Entretien de la ministre charg√©e de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, avec ¬ęBondyblog¬Ľ - Extraits - (Paris, 16/01/2013)

Q - Vous êtes ministre de la Francophonie, une fonction qu'on ne comprend pas. Expliquez-nous.

R - En fait, le minist√®re de la francophonie est au service des valeurs et des peuples de langue fran√ßaise. Le 17 octobre dernier, j'ai pr√©sent√© en Conseil des ministres un plan de relance de la francophonie. Il s'agit de donner un nouvel √©lan √† l'enseignement du fran√ßais, de promouvoir la francophonie en France et dans le monde. Nous sommes 220 millions de personnes √† avoir le fran√ßais comme langue. En 2050, nous serons 750 millions, dont 70 % en Afrique. Et les francophones auront moins de trente ans. √ätre ministre de la francophonie, c'est aussi militer pour un espace francophone o√Ļ les barri√®res √† la mobilit√© s'estompent.

Q - Pour résumer, c'est surtout de permettre les échanges des peuples...

R - L'espace francophone, c'est le partage d'une même langue. Notre action est de favoriser la mobilité, notamment celle des artistes, des chercheurs, des étudiants, comme s'y est engagé le président de la République à Kinshasa. Le français est aujourd'hui une langue économique, par rapport au Commonwealth.

Q - Oui, c'est une image de l'inconscient collectif. L'anglais est LA langue.

R - Les Chinois, les Sud-Africains, les Turcs, les Br√©siliens font de plus en plus le pari du fran√ßais. C'est dans l'espace francophone que se font 20 % des √©changes de marchandises dans le monde. La Francophonie, c'est quelque chose de tr√®s strat√©gique, on ne peut pas mettre de c√īt√© cette Afrique francophone./.

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8. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - D√©placement en Allemagne de M. Bernard Cazeneuve - Madagascar/Annonce du pr√©sident de la Transition, M. Rajoelina. - Syrie/Attaque de l'Universit√© d'Alep - Isra√ęl/Construction de nouveaux logements en Cisjordanie - Mali - Alg√©rie (Paris, 16/01/2013)

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Déplacement en Allemagne de M. Bernard Cazeneuve (Berlin, 16 janvier 2013)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes se rend aujourd'hui à Berlin pour participer, avec son homologue allemand, M. Michael Link, à une audition commune devant la commission des affaires européennes du Bundestag.

Les deux ministres délégués, également secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, s'étaient déjà exprimés dans ce format devant les commissions conjointes des affaires étrangères et européennes de l'Assemblée nationale et du Sénat à Paris, le 18 décembre 2012.

√Ä cette occasion et dans la continuit√© de leurs rencontres r√©guli√®res, les deux ministres d√©l√©gu√©s s'entretiendront √©galement des questions europ√©ennes d'actualit√© et de la pr√©paration du cinquanti√®me anniversaire du trait√© de √Člys√©e, dont les c√©l√©brations √† Berlin, le 22 janvier, pr√©voient notamment la r√©union d'un conseil des ministres franco-allemand en format pl√©nier et une session conjointe du Bundestag et de l'Assembl√©e nationale. Cet anniversaire constituera le point culminant de l' ¬ęAnn√©e franco-allemande : cinquantenaire du trait√© de √Člys√©e¬Ľ, dont les √©v√©nements, particuli√®rement destin√©s √† mobiliser la jeunesse, ont vocation √† marquer l'importance du chemin parcouru en cinquante ans et de pr√©parer les prochaines √©tapes d'une relation d'une exceptionnelle densit√©.

Lors de ce déplacement, les deux secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande inaugureront trois expositions organisées au ministère allemand des affaires étrangères :

- une exposition de bronzes de l'artiste franco-polonais Igor Mitoraj ;

- une exposition ¬ęde Gaulle-Adenauer : les b√Ętisseurs de l'amiti√© franco-allemande ¬Ľ organis√©e par les fondations Charles de Gaulle et ¬ęBundeskanzler-Adenauer-Haus Rh√∂ndorf¬Ľ ;

- une exposition ¬ęPas de deux¬Ľ, pr√©sentant des caricatures et des dessins de jeunes artistes sur le d√©veloppement des relations franco-allemandes dans les cinquante ans √† venir.

2 - Madagascar - Annonce du président de la Transition, M. Rajoelina.

La France salue l'annonce faite par le président de la Transition, Andry Rajoelina, de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Cette décision, à laquelle l'engagement constant de la médiation de la communauté de développement d'Afrique australe a contribué, favorisera notamment la tenue d'un scrutin présidentiel crédible et dans un climat apaisé.

Ces élections doivent permettre à Madagascar de sortir de la longue crise politique ouverte en 2009 et de normaliser ses relations extérieures, au terme du processus de transition. La France prendra toute sa part à l'appui au redressement économique et social de Madagascar.

3 - Syrie - Attaque de l'Université d'Alep (15 janvier 2013)

La France condamne avec la plus grande fermeté l'attaque perpétrée hier contre l'Université d'Alep, qui a causé la mort de plus de 82 personnes et plus de 150 blessés, en grande majorité des étudiants. Les auteurs de ces crimes devront rendre des comptes devant la justice. Nous notons que la Coalition nationale syrienne, seule représentante légitime du peuple syrien, a fortement condamné cette attaque.

Cet √©pisode dramatique, qui a touch√© une nouvelle fois la population civile, vient s'ajouter au bilan accablant de la crise syrienne, qui a fait plus de 60.000 morts. Il nous conforte dans la certitude que Bachar Al-Assad doit quitter au plus t√īt le pouvoir afin de permettre la mise en place d'une transition politique et la fin des violences.

4 - Isra√ęl - Construction de nouveaux logements en Cisjordanie

La France condamne la publication par le gouvernement israélien d'appels d'offres en vue de la construction de 198 nouveaux logements dans deux colonies du sud de la Cisjordanie.

Elle est particuli√®rement inqui√®te de l'impact de ces deux projets sur la contigu√Įt√© territoriale d'un futur √Čtat palestinien. Elle demande par cons√©quent au gouvernement isra√©lien de revenir sur cette d√©cision provocatrice et ill√©gale.

La France rappelle que la poursuite de la colonisation a un impact très négatif sur la confiance entre les parties, qu'elle alimente les tensions sur le terrain et constitue un obstacle à la paix.

5 - Mali

Q - √ätes-vous pr√©occup√© par les risques de violations des droits de l'Homme au Mali et plus pr√©cis√©ment par les repr√©sailles √©ventuelles de l'arm√©e malienne contre les populations touareg ou arabes du Nord, comme le craignent les ONG? Y a-t-il eu des arrestations et qui contr√īle la situation des prisonniers? Une pr√©cision √©galement : la r√©union avec les ONG au Quai d'Orsay sur la situation humanitaire a-t-elle lieu ce jour comme annonc√© lors du briefing hier, ou jeudi comme l'a corrig√© le porte-parole adjoint en soir√©e et avez-vous une date √† pr√©sent sur la r√©ception des ONG √† Bamako par l'ambassadeur Rouyer ?

R - La protection des droits de l'Homme, la protection des civils et la lutte contre l'impunité constituent des priorités de l'action extérieure de la France. Elle fera tout pour que les atteintes aux droits de l'Homme cessent dans l'ensemble du Mali et qu'aucun acte de représailles n'ait lieu.

Nous avons notamment oeuvré au sein du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l'Homme pour que la communauté internationale reste entièrement mobilisée. La France a veillé à une pleine prise en compte de cette question au sein de la résolution 2085 autorisant le déploiement d'une force internationale au Mali, en particulier en ce qui concerne le recrutement d'enfants soldats et les atteintes aux droits des femmes.

Cette résolution rappelle la responsabilité première des autorités maliennes, qui ont un devoir d'exemplarité en matière de protection des populations civiles. Elle prévoit en outre la mise en place d'un mécanisme de suivi du respect du droit international humanitaire et des droits de l'Homme, avec la remise de rapports périodiques. La France soutient également la saisine par le Mali de la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerres.

Sur votre deuxième question, nous vous invitons à consulter le ministère de la défense.

La rencontre avec les ONG, consacrée à la situation humanitaire au Mali, se tiendra jeudi au Centre de crise du ministère des affaires étrangères. Notre ambassadeur à Bamako, M. Christian Rouyer, doit recevoir aujourd'hui les ONG présentes au Mali, notamment pour leur transmettre des consignes de vigilance et de sécurité.

6 - Algérie

Q - Bonjour, est-ce que vous pouvez confirmer que cinq Japonais et un Français ont été enlevés mercredi par des rebelles islamistes sur un site pétrolier vers In Amenas, dans le sud de l'Algérie? Quelles sont les informations disponibles? Merci

L'agence de presse Reuters fait état d'un enlèvement de cinq ressortissants français et japonais en Algérie, sur le site pétrolier d'In Amenas ce mercredi matin. Confirmez-vous cette information et si oui, quelles sont les informations supplémentaires que vous pouvez nous donner ?

R - Nous procédons actuellement à des vérifications. Nous n'avons pas de commentaire à ce stade./.

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9. Lutte contre le terrorisme - Intervention du repr√©sentant permanent adjoint de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 15/01/2013)

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres et Ambassadeurs,

Je remercie la présidence pakistanaise du Conseil de sécurité pour avoir organisé ce débat consacré à la lutte contre le terrorisme et m'associe à la déclaration que prononcera le représentant de l'Union européenne.

Alors que la semaine derni√®re, le Pakistan a √©t√© victime de plusieurs attaques terroristes, en particulier √† Quetta, qui ont fait plus d'une centaine de morts, je tiens √† vous exprimer la solidarit√© de la France, qui se tient √† vos c√īt√©s dans la lutte contre le terrorisme. Ces r√©cents attentats au Pakistan viennent tristement nous rappeler la brutalit√© et le fanatisme des terroristes.

Le terrorisme a évolué mais il continue plus que jamais à constituer une grave menace à la paix et à la sécurité internationales.

La communaut√© internationale doit aujourd'hui faire face √† une n√©buleuse d'organisations locales qui se r√©clament d'Al-Qa√Įda et dont la pr√©sence porte pr√©judice √† la s√©curit√© et au d√©veloppement de r√©gions enti√®res, en particulier au Sahel ou dans la Corne de l'Afrique.

Les groupes terroristes profitent de faiblesses r√©gionales pour se cr√©er des ¬ęsanctuaires¬Ľ, qui risquent de devenir des bases arri√®re permettant de cibler des √Čtats voisins ou de devenir des foyers du terrorisme international.

L'√©mergence de telles zones, o√Ļ les trafics en tout genre nourrissent le terrorisme, repr√©sente une menace tr√®s concr√®te et peut conduire √† remettre en cause l'existence m√™me d'un √Čtat. Dans sa r√©solution 2085, ce Conseil a soulign√© l'urgence de la situation au nord du Mali qui constitue une menace pour la population malienne et pour la stabilit√© du Sahel, de l'Afrique et de la Communaut√© internationale dans son ensemble. Comme vous le savez, depuis l'adoption de cette r√©solution, la menace s'est pr√©cis√©e et la France a r√©pondu √† la demande d'assistance formul√©e par les autorit√©s maliennes pour y faire face.

Ce Conseil n'a eu de cesse de réaffirmer que le terrorisme constituait une grave menace à la paix et la sécurité internationales. C'est ce qu'affirmait déjà la résolution 1368 le 12 septembre 2001. C'est ce qu'affirme de nouveau la déclaration présidentielle que ce Conseil adopte aujourd'hui. Face à cette menace, la communauté internationale doit faire preuve d'unité et de solidarité.

Monsieur le Président,

Pour combattre le terrorisme de manière globale et éviter la constitution de nouvelles zones de non droit propices au développement du terrorisme, il est indispensable que la communauté internationale s'attache à mettre en oeuvre de façon effective des instruments juridiques existants et adopte des stratégies de long terme.

En premier lieu, la mise en oeuvre effective des instruments juridiques internationaux et le renforcement de la coopération internationale sont essentiels pour lutter de façon globale contre le terrorisme.

Les Nations unies ont permis la mise en place d'un cadre juridique dans ce domaine : l'ensemble des Conventions et protocoles des Nations unies dessinent les obligations en matière de lutte contre le terrorisme et nous devons continuer à insister pour leur pleine mise en oeuvre. Les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ont également créé des obligations dans ce domaine et recouvrent un vaste registre, allant de la lutte contre l'incitation à commettre des actes terroristes, ou contre son financement, à l'application de sanctions.

Outre la cr√©ation de ce cadre juridique, les Nations unies ont permis un renforcement de la coop√©ration internationale, en particulier gr√Ęce √† la Strat√©gie anti-terroriste des Nations unies qui vise √† mettre en coh√©rence les m√©canismes existants et √† renforcer la coordination entre les √Čtats et les organisations. Ce renforcement de la coop√©ration porte sur plusieurs types mesures qui permettent aux Nations unies d'avoir une approche globale de la lutte contre le terrorisme : tant au niveau des causes (√©liminer les conditions propices √† la propagation du terrorisme), que pour aider les √Čtats √† combattre le terrorisme en √©toffant leurs moyens, ou encore par la mise en place de mesures garantissant le respect des droits de l'Homme dans la lutte antiterroriste. Ces efforts doivent √™tre poursuivis.

Enfin, la lutte contre le terrorisme doit s'intégrer dans des stratégies plus globales, sur le long-terme.

La mise en place de politiques de s√©curit√© est essentielle pour lutter contre la fragilit√© des √Čtats, qui constituent souvent des conditions propices √† la propagation du terrorisme, mais elles doivent s'accompagner de programmes en faveur du d√©veloppement et de la bonne gouvernance. Il est n√©cessaire que la communaut√© internationale apporte une assistance visant √† renforcer la gouvernance de ses √Čtats et leurs capacit√©s institutionnelles, par exemple, par la mise en place de Strat√©gies r√©gionales. C'est notamment l'approche retenue par l'Union europ√©enne, dont la Strat√©gie pour le Sahel comporte une partie s√©curit√© et une partie d√©veloppement.

Le renforcement des capacit√©s et la promotion de l'√Čtat de droit sont en effet deux composantes essentielles pour une approche de long terme de la lutte contre le terrorisme. Les √Čtats menac√©s par l'activit√© de groupes terroristes doivent pouvoir b√©n√©ficier de la coop√©ration politique et op√©rationnelle entre √Čtats, en particulier au niveau r√©gional. Par exemple, la France participe par exemple √† la mise en place de ¬ęp√īles judiciaires antiterroristes¬Ľ en Mauritanie et au Niger et propose la formation de magistrats. Il est indispensable que ces √Čtats disposent des moyens de juger et condamner les terroristes, dans le respect des droits de l'Homme.

Une approche globale pour lutter contre le terrorisme suppose parfois des actions exceptionnelles mais doit aussi pouvoir s'inscrire dans une stratégie de long-terme.

Je vous remercie./.

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10. Communiqu√© du Conseil des ministres - extraits - Le cinquantenaire du Trait√© de l'√Člys√©e (Paris, 16/01/2013)

Le ministre d√©l√©gu√© aupr√®s du ministre des affaires √©trang√®res, charg√© des affaires europ√©ennes, a pr√©sent√© une communication relative aux c√©l√©brations du cinquantenaire du trait√© de l'√Člys√©e qui se tiendront √† Berlin les 21 et 22 janvier 2013.

Le 21 janvier, le président de la République et la chancelière allemande en donneront le coup d'envoi, en évoquant la relation franco-allemande et l'avenir de l'Europe avec un groupe de 200 jeunes français et allemands. Le lendemain, se tiendront un conseil des ministres franco-allemand (CMFA) et une session conjointe de l'Assemblée nationale et du Bundestag, la première dans ce format plénier depuis 2003. Le président de la République et la chancelière prononceront, à l'occasion de cette session, un discours. Le président allemand, M. Joachim Gauck, recevra ensuite le président de la République et un grand concert franco-allemand se tiendra à son invitation, à la Philharmonie de Berlin.

Les cérémonies du 22 janvier seront marquées par l'adoption d'une déclaration politique et d'une déclaration du CMFA.

La d√©claration politique soulignera la port√©e du trait√© de l'√Člys√©e, mettra en valeur la contribution de l'amiti√© franco allemande √† la construction europ√©enne, et d√©gagera des orientations pour l'avenir. Elle marquera notamment la volont√© de la France et de l'Allemagne d'apporter, ensemble, des r√©ponses aux d√©fis auxquels l'Union europ√©enne est confront√©e.

La déclaration du CMFA présentera, dans les différents domaines de la coopération franco-allemande, les orientations et les objectifs que les deux pays se donnent dans la période qui s'ouvre. Ces orientations porteront notamment sur la jeunesse, la culture et la coopération en faveur de la croissance et de l'emploi.

Les échanges du CMFA porteront aussi sur les autres domaines de coopération, tels que les affaires étrangères et la défense, la transition énergétique et l'intégration de l'espace frontalier.

Le cinquantenaire du trait√© de l'√Člys√©e et le 15e conseil des ministres franco-allemand seront l'occasion de t√©moigner de la vitalit√© et du caract√®re unique de la relation franco-allemande, ainsi que de c√©l√©brer une amiti√© indispensable pour faire avancer l'Europe et conforter l'avenir de la jeunesse europ√©enne./.

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11. Nominations (Paris, 16/01/2013)

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Mich√®le Boccoz, en qualit√© d'ambassadrice extraordinaire et pl√©nipotentiaire de la R√©publique fran√ßaise aupr√®s de la R√©publique de Croatie, en remplacement de M. J√©r√īme Pasquier.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Corinne Breuze, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République d'Indonésie, en remplacement de M. Philippe Zeller.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de M. François Goldblatt, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Madagascar, en remplacement de M. Jean-Christophe Belliard.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de Mme Anne Trarieux-Vidal de la Blache, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République du Botswana, en remplacement de Mme Geneviève Iancu.

Le Journal officiel du 16 janvier 2013 publie la nomination de M. Stéphane Visconti, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République de Lettonie, en remplacement de Mme Chantal Poiret./.

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