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Bulletin d'actualités du 10 janvier 2013


Sommaire



1. Inde - Conf√©rence de presse conjointe du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, et du ministre des relations ext√©rieures de l'Inde, M. Salman Khurshid - Propos de M. Fabius (Paris, 10/01/2013)

Mesdames et Messieurs,

Je vais prononcer quelques propos liminaires. Ensuite, mon collègue et ami, le ministre indien des relations extérieures, s'exprimera et vous pourrez nous poser deux ou trois questions.

Tout d'abord, je veux vous dire à quel point je suis honoré et heureux de recevoir aujourd'hui le ministre indien des relations extérieures, M. Salman Khurshid, pour un déplacement qui intervient moins de trois mois après sa nomination.

Il sera reçu demain par le président de la République et c'est un signe de l'importance que nous attachons à notre partenariat stratégique qui est tout à fait unique avec cette très grande démocratie qu'est l'Inde.

Nous avons passé en revue l'ensemble de notre relation bilatérale. Elle est excellente et nous avons toute une série de projets pour le futur. Nous avons eu une discussion dense et précise qui a confirmé le climat de grande confiance et de grande amitié entre nos deux pays.

L'Inde est un partenaire stratégique pour la France. Notre partenariat est exceptionnel par son dynamisme, par son amplitude, par son caractère équilibré. Il couvre de nombreux domaines. Je citerai particulièrement l'énergie, la défense, l'espace, la sécurité, le domaine culturel, éducatif, le domaine scientifique. Dans tous ces champs, nous travaillons ensemble et nous avons l'intention de travailler encore plus ensemble.

Nos √©changes commerciaux sont importants mais ils peuvent encore s'accro√ģtre ; il y a beaucoup de potentiel. Nous sommes d√©cid√©s √† encourager tous les mouvements, notamment √©conomiques, √† la fois la pr√©sence des entreprises fran√ßaises en Inde et des entreprises indiennes en France.

S'agissant des √©changes humains, nous avons l'intention, en particulier, d'insister sur le d√©veloppement de la pr√©sence en France des √©tudiants indiens qui sont les tr√®s bienvenus. Nous voulons accro√ģtre leur nombre.

Nous avons également passé en revue notre analyse de ce qui se passe dans le vaste monde, à la fois dans la région autour de l'Inde et des pays limitrophes mais aussi sur le continent africain, en Amérique et en Europe. Nous avons constaté, à beaucoup d'égards, de grandes convergences de vues. Nous sommes aussi unis dans l'action pour la paix, dans l'action pour le développement et dans la lutte contre le terrorisme qui est l'une des grandes menaces du XXIe siècle.

Bref, c'est une rencontre extrêmement utile, chaleureuse et amicale qui laisse bien augurer des relations entre l'Inde et la France. Elle va permettre aussi de préparer dans d'excellentes conditions, la visite que fera très prochainement le président de la République française en Inde.

(...)

Je veux faire √©cho √† l'avant-derni√®re remarque de mon coll√®gue et ami : la France est un supporter fervent de la pr√©sence de l'Inde comme membre permanent du Conseil de s√©curit√© des Nations unies. L'Inde est un tr√®s grand pays, c'est m√™me l'un des plus grands pays du monde. C'est une d√©mocratie qui, sur le plan scientifique, technologique, a r√©alis√© des choses magnifiques. Ce pays a un r√īle pacifique dans le monde et nous pensons que la pr√©sence de l'Inde comme membre permanent du Conseil de s√©curit√© des Nations unies donnerait √† ce Conseil une autorit√© encore plus forte et nous souhaitons vivement que cette r√©forme puisse voir le jour.

Q - On a visiblement pris du retard dans le contrat concernant la vente des Rafales. Avez-vous pu avancer aujourd'hui sur les 126 avions qui sont prévus ?

R - Nous avons bien s√Ľr discut√© de cette question. La d√©cision finale appartient au gouvernement indien dans sa souverainet√©. D'apr√®s ce que m'a rapport√© mon coll√®gue et ami, le ministre indien, les choses avancent bien et je peux vous confirmer le soutien plein et entier du gouvernement fran√ßais vis-√†-vis du Rafale qui est un avion exceptionnel qui donne toute satisfaction √† nos arm√©es et qui a d√©montr√© ses capacit√©s op√©rationnelles.

(...)

Q - Avez-vous parlé de l'Afghanistan. Je sais que l'Inde est présente non militairement mais qu'elle a un intérêt de tout premier plan dans le dossier. Êtes-vous confiant sur l'avenir après le retrait total de l'OTAN ?

R - Oui, nous avons bien s√Ľr parl√© de l'Afghanistan et je pense que nous avons des analyses tr√®s voisines. Jusqu'ici, la France √©tait pr√©sente militairement en Afghanistan mais vous savez que nous avons retir√© nos troupes combattantes. Nous restons pr√©sents pour une aide civile et, en m√™me temps, comme nous sommes attach√©s √† l'Afghanistan, nous souhaitons faire le maximum pour que le futur de ce pays soit d√©mocratique et paisible. C'est l√† o√Ļ la discussion avec nos amis indiens est tr√®s importante puisque, compte tenu de leur influence, de leur proximit√© g√©ographique, leur analyse est tout √† fait d√©cisive.

Nous nous sommes retrouvés sur un double constat : d'abord, il faut que les Afghans eux-mêmes progressent en interne pour parvenir à une solution pacifique ; et il faut, deuxième point, que les puissances régionales parmi lesquelles il y a l'Inde, trouvent des terrains d'accord pour que l'Afghanistan puisse se développer d'une manière pacifique.

(...)

Q - Concernant l'enquête sur la tuerie des femmes kurdes qui se poursuit aujourd'hui à Paris, pourriez-vous nous indiquer quelle est la piste de l'enquête et quels sont les liens entre la Turquie et la France ?

R - Vous savez peut-être, Cher Collègue, qu'il y a malheureusement eu hier trois militantes kurdes qui ont été tuées. Je ne peux rien dire de plus que le fait évidemment que c'est un drame extrêmement poignant. L'enquête a été confiée aux autorités qui doivent la mener. Nous souhaitons qu'elle soit menée à bien rapidement et que les coupables soient identifiés et punis. Mais à ce stade, je ne peux rien dire de plus.

Je vous remercie beaucoup, je vais raccompagner mon h√īte et ami. J'aurai r√©sum√© les choses de la fa√ßon la plus simple en disant d'abord mes remerciements √† mon coll√®gue et ami, le ministre des relations ext√©rieures indien, et en disant que cette visite est excellente./.

 

 

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2. Politique spatiale - Allocution de la ministre de l'enseignement sup√©rieur et de la recherche, Mme Genevi√®ve Fioraso, lors de la c√©r√©monie des voeux du CNES - extraits - (Paris, 09/01/2013)

(...)

C'est l'occasion pour moi de dresser un bilan, et de réfléchir avec vous aux enjeux à venir.

Le CNES a parfaitement commencé son deuxième demi-siècle, puisque 2012 a consacré de nouveaux succès impressionnants : 10 lancements réussis, dont le premier Véga, le conseil ministériel de l'ESA à Naples, qui a, entre autres, confirmé le programme Ariane 6.

(...)

Dans l'histoire du spatial, la période des dix années que nous venons de vivre, restera celle de grandes réussites, que symbolise la série de 53 lancements sans échec, série ininterrompue depuis dix ans ! Ces réussites sont collectives, elles doivent beaucoup à l'expertise et au dynamisme du CNES, d'Arianespace ainsi que des industriels qui conçoivent et fabriquent.

(...)

J'ai évoqué les 53 succès successifs d'Ariane 5 : c'est sans doute la réussite la plus visible, la plus symbolique de notre secteur spatial. Mais elle ne doit pas masquer les autres réussites : la mise en place du lancement de Soyouz en Guyane et ses 4 vols parfaitement accomplis, le 1er vol de qualification réussi pour Véga à Kourou, le lancement de plus de 30 satellites, avec toutes les applications essentielles dans la vie courante et dans le domaine militaire : géolocalisation, observation de la terre, télécommunication internet, surveillance de l'espace.

(...)

Le programme spatial fran√ßais est n√© au d√©but des ann√©es 60, sous l'impulsion du g√©n√©ral de Gaulle. D√®s 1961, la France s'est ainsi dot√©e d'une agence spatiale, le CNES, et a d√©cid√© de d√©velopper un lanceur, la fus√©e Diamant. Le succ√®s de ce programme a permis √† la France de devenir en 1965 le troisi√®me pays, apr√®s l'Union sovi√©tique et les √Čtats-Unis, √† envoyer un satellite dans l'espace.

Le soutien de l'√Čtat √† un effort industriel et technologique important en faveur de l'espace ne s'est jamais d√©menti depuis. La France a ainsi d√©velopp√© un programme spatial national ambitieux.

Pour autant, il est vite apparu que le domaine spatial était particulièrement adapté à une coopération européenne. À l'initiative de la France, l'Europe s'est dotée, par étapes successives, de capacités spatiales à la mesure du potentiel offert par l'Espace. Un de mes illustres prédécesseurs, le plus illustre de l'avis général, Hubert Curien, y a beaucoup contribué. Son action en tant que président du CNES puis ministre de la recherche et de l'espace a été déterminante dans la construction de l'Europe spatiale.

En f√©d√©rant ses efforts dans l'Agence spatiale europ√©enne (ESA), cr√©√©e en 1975, l'Europe a acquis, avec Ariane, l'autonomie de l'acc√®s √† l'espace. L'Europe a mis en place un v√©ritable programme scientifique permettant de faire progresser la science mais √©galement de ma√ģtriser les technologies spatiales et d'en explorer les applications possibles.

C'est gr√Ęce √† ses efforts constants et la vision de personnalit√©s comme Hubert Curien, Claudie Haigner√© ensuite, Jean-Jacques Dordain √† la t√™te de l'ESA et l'expertise de tous les industriels que la France occupe, dans le domaine spatial, la premi√®re place en Europe.

Le succès de la France repose sur la convergence des efforts des différents acteurs, et notamment sur son agence spatiale, le CNES, unique en son genre en Europe.

Il est √©vident, mais il est des √©vidences qu'il est parfois bon de rappeler, que la France ne souhaite pas la dilution du r√īle du CNES. L'Europe, l'ESA, le CNES, chacun de ces √©chelons ont leur pertinence.

Le 19 décembre dernier, j'ai eu le plaisir d'assister, en duplex avec Kourou comme aujourd'hui, au dernier lancement d'Ariane 5 de l'année avec l'ensemble des partenaires qui y ont contribué. Ce fut un splendide lancement qui résume parfaitement, je crois, le succès de cette filière des lanceurs européens dont le CNES a été à l'origine et continue d'être un acteur essentiel. C'est le succès d'une aventure européenne engagée, le 24 décembre 1979, avec le premier vol de la fusée Ariane 1.

Ces réussites nous obligent.

Nous venons de vivre des moments très importants pour l'avenir de l'Europe spatiale.

En effet, malgré le contexte économique difficile, des décisions importantes ont pu être prises lors du dernier Conseil ministériel de l'ESA qui s'est déroulé à Naples, les 20 et 21 novembre derniers. Elles permettent de tracer la voie pour un avenir européen enthousiasmant.

Conformément à son mandat, la France a privilégié les secteurs d'excellence de sa recherche et de son industrie, en ligne avec sa politique spatiale. Nous avons obtenu des résultats qui confortent une politique spatiale européenne ambitieuse :

- décision sur ARIANE 6 : Ariane 6 a été actée et une première tranche de travaux 2013-2014 a été décidée, avec une forte synergie entre Ariane 6 et Ariane 5 ME adaptées. Le système européen de lancement est ainsi renforcé à moyen et long terme ;

- préservation du niveau d'excellence de l'Europe dans les satellites de météo et d'observation de la Terre ;

- renforcement de la compétitivité de l'industrie européenne des satellites de télécoms ;

- poursuite d'un programme scientifique de grande qualité ;

- poursuite de l'exploitation de l'ISS, tout en en ma√ģtrisant les d√©penses.

Ces r√©sultats ont pu √™tre obtenus gr√Ęce √† un intense travail de la part de tous les acteurs europ√©ens impliqu√©s : gouvernement, CNES, ESA, industriels, ce qui d√©montre une fois encore que l'Europe du spatial est un exemple concret d'une Europe qui avance.

Je tiens à souligner tout particulièrement la qualité exceptionnelle du travail accompli par l'ESA, le CNES, Arianespace et les industriels, dans la préparation et la conduite de ce conseil qui n'était pas gagné d'avance, comme vous l'avez souligné.

J'ai modestement tiré du Conseil de Naples quelques leçons pour l'industrie et l'ambition française de cette filière spatiale en Europe.

Si nous avons pu faire pr√©valoir notre vision aupr√®s de nos partenaires europ√©ens, et ce, n'a pas √©t√© facile, croyez-moi, c'est que nous avons respect√© quelques conditions qu'il me para√ģt indispensable de conforter √† l'avenir :

- l'expertise d'une filière complète de la recherche fondamentale à la valorisation et au transfert vers l'industrie, grands groupes, E.T.I. et P.M.I./P.M.E. ;

- la solidarit√© d'une √©quipe France qui a jou√© ¬ęgroup√©e¬Ľ et dont les membres ont su renoncer √† faire valoir leurs int√©r√™ts sp√©cifiques pour s'accorder sur un projet commun et coh√©rent. C'est cette intelligence collective qui a pr√©valu √† Naples ;

- l'anticipation de l'avenir, en jouant toujours un coup d'avance car nous sommes dans un monde o√Ļ les mutations sont rapides, avec un march√© tr√®s √©volutif ;

- la préoccupation de préserver et développer l'emploi et l'expertise industrielle, avec la recherche de solutions évitant les ruptures de charges et la fragilisation des emplois ;

- la construction d'un projet fédérateur pour la France et pour l'Europe.

(...)

Le spatial est un exemple dont de grands secteurs industriels peuvent utilement s'inspirer. Il contribue, gr√Ęce √† la diffusion de technologies de pointe dans de nombreux secteurs industriels, au redressement du pays par l'innovation et la comp√©titivit√© qualit√©.

La mont√©e en puissance de l'Union europ√©enne dans le domaine spatial est un atout. Nous la souhaitons, et nous l'accompagnons, en veillant √† une clarification de la gouvernance entre les diff√©rents acteurs. Les discussions sont engag√©es tant du c√īt√© de l'ESA, lors de son conseil de Naples que de l'UE lors du Conseil comp√©titivit√© du 12 d√©cembre. Elles devront se poursuivre en 2013.

La composante nationale de l'activit√© spatiale civile fran√ßaise s'exprime dans le cadre du programme ¬ęmultilat√©ral¬Ľ du CNES et dans celui du Plan d'Investissement d'Avenir. La subvention annuelle du programme ¬Ľmultilat√©ral¬Ľ a pu √™tre maintenue √† un niveau tr√®s substantiel, malgr√© le contexte √©conomique contraint, signe de l'int√©r√™t fort que porte le gouvernement √† cette fili√®re.

(...)./.

(Source : site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)

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3. √Čnergie solaire/Lancement de l'initiative ¬ęFrance Solar Industry¬Ľ - Communiqu√© conjoint du minist√®re du commerce ext√©rieur et du minist√®re de l'√©cologie, du d√©veloppement durable et de l'√©nergie (Paris, 09/01/2013)

Le marché mondial du solaire a connu une forte expansion avec, depuis 2008, une accélération et des taux de croissance supérieurs à 60 %.

Partout dans le monde, les pays font le choix de r√©√©quilibrer leur mix √©nerg√©tique pour accro√ģtre leur part d'√©nergies renouvelables. √Ä titre d'exemple, le Plan solaire m√©diterran√©en a pour objectif de d√©velopper l'√©nergie solaire √† l'horizon 2020 en Alg√©rie, au Maroc, en Tunisie et en √Čgypte, tandis que les pays du Golfe mais aussi l'Inde, l'Afrique du Sud, le Br√©sil, la Turquie, le Mexique... pr√©voient √©galement de mettre l'accent sur les √©nergies renouvelables.

Ces projets constituent autant d'opportunit√©s pour les entreprises fran√ßaises mais la concurrence internationale est rude et la balance commerciale du secteur fortement d√©ficitaire (- 1,5 millions d'euros). La cr√©ation de la marque ¬ęFrance Solar Industry¬Ľ pilot√©e par le Syndicat des √©nergies renouvelables (SER) vise √† servir de vitrine √† l'offre fran√ßaise et √† f√©d√©rer les entreprises et les partenaires institutionnels derri√®re la promotion du savoir-faire fran√ßais en mati√®re d'√©nergie solaire. Il s'agit de se pr√©senter de mani√®re collective √† la conqu√™te de nouveaux march√©s et de proposer des offres int√©gr√©es capables de rivaliser avec nos principaux concurrents.

Pour Nicole Bricq, ministre du commerce ext√©rieur, ¬ęla France poss√®de des entreprises d'excellence dans le domaine de l'√©nergie solaire qui m√©ritent d'√™tre davantage connues et reconnues sur les march√©s √©trangers. Avec France Solar Industry, la fili√®re s'organise, se structure et se donne les moyens de se projeter √† l'international. Nous ne pouvons que saluer cette initiative car nous avons des march√©s √† conqu√©rir et des emplois √† gagner¬Ľ.

Delphine Batho, ministre de l'√©cologie, du d√©veloppement durable et de l'√©nergie a par ailleurs soulign√© que les mesures d'urgence, prises r√©cemment pour relancer le march√© fran√ßais vont √©galement permettre de d√©velopper des technologies innovantes propices √† l'export (solaire photovolta√Įque √† concentration, installations avec suivi du solaire)./.

(Source : site Internet du ministère de commerce extérieur et du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie)

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4. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue indien, M. Salman Khurshid - Entretien de Mme Yamina Benguigui avec le docteur Denis Mukwege - Arabie Saoudite/Ex√©cution de Rizana Nafeek - Assassinat de trois femmes kurdes √† Paris - Sommet CELAC/UE - Mali - Nucl√©aire iranien - Burundi - Isra√ęl/Territoires palestiniens (Paris, 10/01/2013)

 Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue indien, M. Salman Khurshid (10 janvier 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, reçoit aujourd'hui le ministre des relations extérieures de l'Inde, M. Salman Khurshid.

Il s'agit du premier voyage en France d'un ministre des relations extérieures de l'Inde depuis 2001. M. Khurshid sera reçu par le président de la République le 11 janvier.

Ce dialogue s'inscrit dans le contexte du partenariat stratégique entre nos deux pays, auquel le président de la République et le Premier ministre indien, M. Manmohan Singh, ont réaffirmé leur attachement lors de leur rencontre bilatérale en marge du sommet du G20 de Los Cabos, le 20 juin 2012.

Le partenariat stratégique franco-indien, remarquablement dense, couvre un nombre élevé de domaines de coopération : défense, énergie nucléaire civile, coopération universitaire, scientifique et spatiale, lutte contre le terrorisme, développement des échanges économiques et commerciaux, ainsi qu'un nombre toujours croissant d'échanges humains et culturels.

À l'occasion de leur entretien, MM. Fabius et Khurshid procèderont également à un tour d'horizon de la situation en Asie du Sud, auront en particulier une discussion sur l'Afghanistan, et évoqueront les grands sujets internationaux, notamment la Syrie, l'Iran, la Libye et la situation au Sahel.

Les deux ministres tiendront un point de presse conjoint à 14h30.

2 - Entretien de Mme Yamina Benguigui avec le docteur Denis Mukwege (10 janvier 2013)

Dans le cadre de la préparation du Forum mondial des femmes francophones, Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, reçoit ce 10 janvier le docteur Denis Mukwege. M. François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l'Homme, assistera à cet entretien.

Ce m√©decin congolais vient en aide chaque ann√©e √† plus de 3.000 femmes viol√©es par les groupes arm√©s dans l'est de la R√©publique d√©mocratique du Congo. Il a fait l'objet d'une tentative d'assassinat √† Bukavu o√Ļ il r√©side.

Au cours de cet entretien, la ministre déléguée et le docteur Mukwege aborderont la situation des femmes, victimes de viols dans les Kivus, et les efforts réalisés pour leur apporter des soins dans des conditions difficiles.

La ministre déléguée invitera également le docteur Denis Mukwege à intervenir à l'occasion du Forum mondial des femmes francophones, prévu à Paris le 20 mars prochain, au cours duquel un groupe de travail traitera particulièrement des violences faites aux femmes dans les conflits armés.

3 - Arabie saoudite - Exécution de Rizana Nafeek (9 janvier 2013)

La France condamne la décapitation le 9 janvier en Arabie saoudite de Rizana Nafeek, jeune ressortissante du Sri Lanka, mineure au moment des faits.

La France est engagée dans une campagne en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et prend de nombreuses initiatives dans ce domaine.

Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, la France exprime son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Arabie saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

4 - Assassinat de trois femmes kurdes à Paris

Q - Avez-vous des précisions sur les assassinats de trois femmes kurdes à Paris et pouvez-vous confirmer l'identité des victimes, dont l'une, Sakine Cansiz, serait une des fondatrices du PKK ?

R - Nous condamnons très vivement l'assassinat de ces trois personnes. Comme l'a indiqué le ministre de l'intérieur, les autorités françaises sont déterminées à faire toute la lumière sur ces meurtres. Une enquête judiciaire a été ouverte. Ce dossier relève du ministère de la justice.

5 - Sommet CELAC - UE

Q - 1. Quels sont les intérêts spécifiques de la France au sommet CELAC - UE ?

2. La France présentera quelque initiative au sommet ?

3. Quel est l'objectif de la visite du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault en Argentine ?

R - Le sommet UE-CELAC de Santiago (26-27 janvier 2013) constituera le septi√®me sommet entre l'Union europ√©enne et la r√©gion Am√©rique latine et Cara√Įbes. La France y sera repr√©sent√©e par le Premier ministre, qui sera accompagn√© par une d√©l√©gation comptant plusieurs ministres.

La France, qui entend se r√©investir pleinement en Am√©rique latine et dans les Cara√Įbes et renforcer ses liens de coop√©ration et d'amiti√© avec ces pays, accorde une importance prioritaire √† ce rendez-vous. Les objectifs du sommet, qui viseront √† permettre le renforcement de nos partenariats autour du th√®me de l'investissement, feront l'objet d'une communication plus d√©taill√©e en amont du d√©placement.

Par ailleurs, le Premier ministre saisira l'occasion pour effectuer une visite bilat√©rale au Chili et rencontrera le pr√©sident Sebastian Pi√Īera. Il aura √©galement en marge du Sommet des entretiens bilat√©raux avec plusieurs chefs d'√Čtat latino-am√©ricains.

S'agissant de votre troisième question, le Premier ministre effectuera une visite en Argentine le 25 janvier 2013. Il y rencontrera la présidente Cristina Kirchner pour réaffirmer l'attachement que la France porte à ses relations avec cet acteur régional important, membre du G20, qui vient d'entrer au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2013/2014. La France souhaite également renforcer sa coopération avec l'Argentine, notamment dans le domaine de la recherche, et conforter ses intérêts économiques dans ce pays.

6 - Mali

Q - Que pouvez-vous nous dire sur les affrontements entre militaires maliens et les islamistes arm√©s au nord de Mopti ? Qui sont les combattants ? Aqmi, Mujao, Ansar Dine, les trois ? Est-ce que leur avanc√©e vers le Sud se poursuit ? Cela va-t-il h√Ęter l'intervention des forces internationales ?

R - Nous suivons toujours avec attention l'√©volution de la situation au Mali, o√Ļ des affrontements entre des groupes rebelles et les militaires maliens ont effectivement √©t√© signal√©s.

Nous restons préoccupés par ces opérations, qui fragilisent le processus de sortie de crise au Mali, et renouvelons notre appel à une fin immédiate de la progression des groupes armés rebelles vers le Sud du Mali. Il est urgent que des négociations politiques s'engagent dans les meilleurs délais, conformément aux exigences des dernières résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ces derniers événements soulignent une nouvelle fois la nécessité de procéder au déploiement rapide d'une force africaine au Mali ainsi que de la mission européenne de formation et de conseil.

7 - Nucléaire iranien

Q - Mme Ashton aurait fait des propositions pour la reprise de négociations 5+1 sur le programme nucléaire iranien. Pouvez-vous nous dire si une date a été proposée et si l'Iran a répondu ? Ou bien pensez-vous que Téhéran attend pour répondre la rencontre du 16 janvier avec l'AIEA ?

R - Nous sommes prêts à poursuivre notre dialogue avec l'Iran sur le dossier nucléaire. Comme l'ont exprimé hier les services de la Haute représentante, les contacts sont en cours et des propositions de date et de lieu ont été faites à l'Iran. Nous attendons avec nos partenaires du groupe E3+3 une réponse rapide des Iraniens.

Le plus important, c'est surtout que l'Iran respecte pleinement et sans plus tarder ses obligations internationales et interrompe ses activités sensibles dénoncées par la communauté internationale, le Conseil de sécurité et le Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

S'agissant de votre troisi√®me question concernant l'AIEA, nous souhaitons naturellement que l'Iran accepte enfin de conclure avec l'Agence l'accord sur l'¬Ľapproche structur√©e¬Ľ, qui est en discussion depuis de tr√®s longs mois maintenant. Mais nous attendons de sa part des gestes concrets, au-del√† des d√©clarations. Cela passe par un engagement √† coop√©rer sans r√©serve avec l'AIEA, par des r√©ponses aux questions qui lui sont pos√©es et par un acc√®s rapide et sans conditions aux sites et aux personnes d'int√©r√™t qui ont √©t√© signal√©s par l'Agence.

Les résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs sont très claires sur les demandes qui sont faites à l'Iran. Elles doivent être concrètement et pleinement satisfaites.

8 - Burundi

Q - Une réaction sur la condamnation en appel du journaliste burundais Hassan Ruvakuki ?

R - La France a constamment appelé les autorités judiciaires du Burundi à garantir à M. Ruvakuki un procès équitable et respectueux des droits de la défense. Elle continue à suivre avec attention la suite de la procédure.

La France rappelle son attachement à la liberté de la presse et au respect des libertés publiques. Le libre exercice de la fonction de journaliste doit être respecté partout dans le monde.

9 - Isra√ęl/Territoires palestiniens

Q - Avez-vous un commentaire sur la légalisation de fait de l'avant-poste de Nofei Nehemiah en Cisjordanie ?

R - La France est préoccupée par les informations faisant état d'une légalisation de l'avant-poste de Nofei Nehemiah en Cisjordanie. Elle condamne toute régularisation de colonie sauvage et appelle le gouvernement israélien à revenir sur de telles décisions.

La France rappelle que la colonisation, sous toutes ses formes, est ill√©gale tant en Cisjordanie qu'√† J√©rusalem-Est, et constitue un obstacle √† une paix juste fond√©e sur la solution des deux √Čtats. Conform√©ment aux obligations d'Isra√ęl au titre de la feuille de route, les avant-postes doivent √™tre d√©mantel√©s, et non p√©rennis√©s./.

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