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Bulletin d'actualités du 10 janvier 2013


Sommaire



1. Inde - Conférence de presse conjointe du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, et du ministre des relations extérieures de l'Inde, M. Salman Khurshid - Propos de M. Fabius (Paris, 10/01/2013)

Mesdames et Messieurs,

Je vais prononcer quelques propos liminaires. Ensuite, mon collègue et ami, le ministre indien des relations extérieures, s'exprimera et vous pourrez nous poser deux ou trois questions.

Tout d'abord, je veux vous dire à quel point je suis honoré et heureux de recevoir aujourd'hui le ministre indien des relations extérieures, M. Salman Khurshid, pour un déplacement qui intervient moins de trois mois après sa nomination.

Il sera reçu demain par le président de la République et c'est un signe de l'importance que nous attachons à notre partenariat stratégique qui est tout à fait unique avec cette très grande démocratie qu'est l'Inde.

Nous avons passé en revue l'ensemble de notre relation bilatérale. Elle est excellente et nous avons toute une série de projets pour le futur. Nous avons eu une discussion dense et précise qui a confirmé le climat de grande confiance et de grande amitié entre nos deux pays.

L'Inde est un partenaire stratégique pour la France. Notre partenariat est exceptionnel par son dynamisme, par son amplitude, par son caractère équilibré. Il couvre de nombreux domaines. Je citerai particulièrement l'énergie, la défense, l'espace, la sécurité, le domaine culturel, éducatif, le domaine scientifique. Dans tous ces champs, nous travaillons ensemble et nous avons l'intention de travailler encore plus ensemble.

Nos échanges commerciaux sont importants mais ils peuvent encore s'accroître ; il y a beaucoup de potentiel. Nous sommes décidés à encourager tous les mouvements, notamment économiques, à la fois la présence des entreprises françaises en Inde et des entreprises indiennes en France.

S'agissant des échanges humains, nous avons l'intention, en particulier, d'insister sur le développement de la présence en France des étudiants indiens qui sont les très bienvenus. Nous voulons accroître leur nombre.

Nous avons également passé en revue notre analyse de ce qui se passe dans le vaste monde, à la fois dans la région autour de l'Inde et des pays limitrophes mais aussi sur le continent africain, en Amérique et en Europe. Nous avons constaté, à beaucoup d'égards, de grandes convergences de vues. Nous sommes aussi unis dans l'action pour la paix, dans l'action pour le développement et dans la lutte contre le terrorisme qui est l'une des grandes menaces du XXIe siècle.

Bref, c'est une rencontre extrêmement utile, chaleureuse et amicale qui laisse bien augurer des relations entre l'Inde et la France. Elle va permettre aussi de préparer dans d'excellentes conditions, la visite que fera très prochainement le président de la République française en Inde.

(...)

Je veux faire écho à l'avant-dernière remarque de mon collègue et ami : la France est un supporter fervent de la présence de l'Inde comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. L'Inde est un très grand pays, c'est même l'un des plus grands pays du monde. C'est une démocratie qui, sur le plan scientifique, technologique, a réalisé des choses magnifiques. Ce pays a un rôle pacifique dans le monde et nous pensons que la présence de l'Inde comme membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies donnerait à ce Conseil une autorité encore plus forte et nous souhaitons vivement que cette réforme puisse voir le jour.

Q - On a visiblement pris du retard dans le contrat concernant la vente des Rafales. Avez-vous pu avancer aujourd'hui sur les 126 avions qui sont prévus ?

R - Nous avons bien sûr discuté de cette question. La décision finale appartient au gouvernement indien dans sa souveraineté. D'après ce que m'a rapporté mon collègue et ami, le ministre indien, les choses avancent bien et je peux vous confirmer le soutien plein et entier du gouvernement français vis-à-vis du Rafale qui est un avion exceptionnel qui donne toute satisfaction à nos armées et qui a démontré ses capacités opérationnelles.

(...)

Q - Avez-vous parlé de l'Afghanistan. Je sais que l'Inde est présente non militairement mais qu'elle a un intérêt de tout premier plan dans le dossier. Êtes-vous confiant sur l'avenir après le retrait total de l'OTAN ?

R - Oui, nous avons bien sûr parlé de l'Afghanistan et je pense que nous avons des analyses très voisines. Jusqu'ici, la France était présente militairement en Afghanistan mais vous savez que nous avons retiré nos troupes combattantes. Nous restons présents pour une aide civile et, en même temps, comme nous sommes attachés à l'Afghanistan, nous souhaitons faire le maximum pour que le futur de ce pays soit démocratique et paisible. C'est là où la discussion avec nos amis indiens est très importante puisque, compte tenu de leur influence, de leur proximité géographique, leur analyse est tout à fait décisive.

Nous nous sommes retrouvés sur un double constat : d'abord, il faut que les Afghans eux-mêmes progressent en interne pour parvenir à une solution pacifique ; et il faut, deuxième point, que les puissances régionales parmi lesquelles il y a l'Inde, trouvent des terrains d'accord pour que l'Afghanistan puisse se développer d'une manière pacifique.

(...)

Q - Concernant l'enquête sur la tuerie des femmes kurdes qui se poursuit aujourd'hui à Paris, pourriez-vous nous indiquer quelle est la piste de l'enquête et quels sont les liens entre la Turquie et la France ?

R - Vous savez peut-être, Cher Collègue, qu'il y a malheureusement eu hier trois militantes kurdes qui ont été tuées. Je ne peux rien dire de plus que le fait évidemment que c'est un drame extrêmement poignant. L'enquête a été confiée aux autorités qui doivent la mener. Nous souhaitons qu'elle soit menée à bien rapidement et que les coupables soient identifiés et punis. Mais à ce stade, je ne peux rien dire de plus.

Je vous remercie beaucoup, je vais raccompagner mon hôte et ami. J'aurai résumé les choses de la façon la plus simple en disant d'abord mes remerciements à mon collègue et ami, le ministre des relations extérieures indien, et en disant que cette visite est excellente./.

 

 

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2. Politique spatiale - Allocution de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Mme Geneviève Fioraso, lors de la cérémonie des voeux du CNES - extraits - (Paris, 09/01/2013)

(...)

C'est l'occasion pour moi de dresser un bilan, et de réfléchir avec vous aux enjeux à venir.

Le CNES a parfaitement commencé son deuxième demi-siècle, puisque 2012 a consacré de nouveaux succès impressionnants : 10 lancements réussis, dont le premier Véga, le conseil ministériel de l'ESA à Naples, qui a, entre autres, confirmé le programme Ariane 6.

(...)

Dans l'histoire du spatial, la période des dix années que nous venons de vivre, restera celle de grandes réussites, que symbolise la série de 53 lancements sans échec, série ininterrompue depuis dix ans ! Ces réussites sont collectives, elles doivent beaucoup à l'expertise et au dynamisme du CNES, d'Arianespace ainsi que des industriels qui conçoivent et fabriquent.

(...)

J'ai évoqué les 53 succès successifs d'Ariane 5 : c'est sans doute la réussite la plus visible, la plus symbolique de notre secteur spatial. Mais elle ne doit pas masquer les autres réussites : la mise en place du lancement de Soyouz en Guyane et ses 4 vols parfaitement accomplis, le 1er vol de qualification réussi pour Véga à Kourou, le lancement de plus de 30 satellites, avec toutes les applications essentielles dans la vie courante et dans le domaine militaire : géolocalisation, observation de la terre, télécommunication internet, surveillance de l'espace.

(...)

Le programme spatial français est né au début des années 60, sous l'impulsion du général de Gaulle. Dès 1961, la France s'est ainsi dotée d'une agence spatiale, le CNES, et a décidé de développer un lanceur, la fusée Diamant. Le succès de ce programme a permis à la France de devenir en 1965 le troisième pays, après l'Union soviétique et les États-Unis, à envoyer un satellite dans l'espace.

Le soutien de l'État à un effort industriel et technologique important en faveur de l'espace ne s'est jamais démenti depuis. La France a ainsi développé un programme spatial national ambitieux.

Pour autant, il est vite apparu que le domaine spatial était particulièrement adapté à une coopération européenne. À l'initiative de la France, l'Europe s'est dotée, par étapes successives, de capacités spatiales à la mesure du potentiel offert par l'Espace. Un de mes illustres prédécesseurs, le plus illustre de l'avis général, Hubert Curien, y a beaucoup contribué. Son action en tant que président du CNES puis ministre de la recherche et de l'espace a été déterminante dans la construction de l'Europe spatiale.

En fédérant ses efforts dans l'Agence spatiale européenne (ESA), créée en 1975, l'Europe a acquis, avec Ariane, l'autonomie de l'accès à l'espace. L'Europe a mis en place un véritable programme scientifique permettant de faire progresser la science mais également de maîtriser les technologies spatiales et d'en explorer les applications possibles.

C'est grâce à ses efforts constants et la vision de personnalités comme Hubert Curien, Claudie Haigneré ensuite, Jean-Jacques Dordain à la tête de l'ESA et l'expertise de tous les industriels que la France occupe, dans le domaine spatial, la première place en Europe.

Le succès de la France repose sur la convergence des efforts des différents acteurs, et notamment sur son agence spatiale, le CNES, unique en son genre en Europe.

Il est évident, mais il est des évidences qu'il est parfois bon de rappeler, que la France ne souhaite pas la dilution du rôle du CNES. L'Europe, l'ESA, le CNES, chacun de ces échelons ont leur pertinence.

Le 19 décembre dernier, j'ai eu le plaisir d'assister, en duplex avec Kourou comme aujourd'hui, au dernier lancement d'Ariane 5 de l'année avec l'ensemble des partenaires qui y ont contribué. Ce fut un splendide lancement qui résume parfaitement, je crois, le succès de cette filière des lanceurs européens dont le CNES a été à l'origine et continue d'être un acteur essentiel. C'est le succès d'une aventure européenne engagée, le 24 décembre 1979, avec le premier vol de la fusée Ariane 1.

Ces réussites nous obligent.

Nous venons de vivre des moments très importants pour l'avenir de l'Europe spatiale.

En effet, malgré le contexte économique difficile, des décisions importantes ont pu être prises lors du dernier Conseil ministériel de l'ESA qui s'est déroulé à Naples, les 20 et 21 novembre derniers. Elles permettent de tracer la voie pour un avenir européen enthousiasmant.

Conformément à son mandat, la France a privilégié les secteurs d'excellence de sa recherche et de son industrie, en ligne avec sa politique spatiale. Nous avons obtenu des résultats qui confortent une politique spatiale européenne ambitieuse :

- décision sur ARIANE 6 : Ariane 6 a été actée et une première tranche de travaux 2013-2014 a été décidée, avec une forte synergie entre Ariane 6 et Ariane 5 ME adaptées. Le système européen de lancement est ainsi renforcé à moyen et long terme ;

- préservation du niveau d'excellence de l'Europe dans les satellites de météo et d'observation de la Terre ;

- renforcement de la compétitivité de l'industrie européenne des satellites de télécoms ;

- poursuite d'un programme scientifique de grande qualité ;

- poursuite de l'exploitation de l'ISS, tout en en maîtrisant les dépenses.

Ces résultats ont pu être obtenus grâce à un intense travail de la part de tous les acteurs européens impliqués : gouvernement, CNES, ESA, industriels, ce qui démontre une fois encore que l'Europe du spatial est un exemple concret d'une Europe qui avance.

Je tiens à souligner tout particulièrement la qualité exceptionnelle du travail accompli par l'ESA, le CNES, Arianespace et les industriels, dans la préparation et la conduite de ce conseil qui n'était pas gagné d'avance, comme vous l'avez souligné.

J'ai modestement tiré du Conseil de Naples quelques leçons pour l'industrie et l'ambition française de cette filière spatiale en Europe.

Si nous avons pu faire prévaloir notre vision auprès de nos partenaires européens, et ce, n'a pas été facile, croyez-moi, c'est que nous avons respecté quelques conditions qu'il me paraît indispensable de conforter à l'avenir :

- l'expertise d'une filière complète de la recherche fondamentale à la valorisation et au transfert vers l'industrie, grands groupes, E.T.I. et P.M.I./P.M.E. ;

- la solidarité d'une équipe France qui a joué «groupée» et dont les membres ont su renoncer à faire valoir leurs intérêts spécifiques pour s'accorder sur un projet commun et cohérent. C'est cette intelligence collective qui a prévalu à Naples ;

- l'anticipation de l'avenir, en jouant toujours un coup d'avance car nous sommes dans un monde où les mutations sont rapides, avec un marché très évolutif ;

- la préoccupation de préserver et développer l'emploi et l'expertise industrielle, avec la recherche de solutions évitant les ruptures de charges et la fragilisation des emplois ;

- la construction d'un projet fédérateur pour la France et pour l'Europe.

(...)

Le spatial est un exemple dont de grands secteurs industriels peuvent utilement s'inspirer. Il contribue, grâce à la diffusion de technologies de pointe dans de nombreux secteurs industriels, au redressement du pays par l'innovation et la compétitivité qualité.

La montée en puissance de l'Union européenne dans le domaine spatial est un atout. Nous la souhaitons, et nous l'accompagnons, en veillant à une clarification de la gouvernance entre les différents acteurs. Les discussions sont engagées tant du côté de l'ESA, lors de son conseil de Naples que de l'UE lors du Conseil compétitivité du 12 décembre. Elles devront se poursuivre en 2013.

La composante nationale de l'activité spatiale civile française s'exprime dans le cadre du programme «multilatéral» du CNES et dans celui du Plan d'Investissement d'Avenir. La subvention annuelle du programme »multilatéral» a pu être maintenue à un niveau très substantiel, malgré le contexte économique contraint, signe de l'intérêt fort que porte le gouvernement à cette filière.

(...)./.

(Source : site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)

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3. Énergie solaire/Lancement de l'initiative «France Solar Industry» - Communiqué conjoint du ministère du commerce extérieur et du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie (Paris, 09/01/2013)

Le marché mondial du solaire a connu une forte expansion avec, depuis 2008, une accélération et des taux de croissance supérieurs à 60 %.

Partout dans le monde, les pays font le choix de rééquilibrer leur mix énergétique pour accroître leur part d'énergies renouvelables. À titre d'exemple, le Plan solaire méditerranéen a pour objectif de développer l'énergie solaire à l'horizon 2020 en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Égypte, tandis que les pays du Golfe mais aussi l'Inde, l'Afrique du Sud, le Brésil, la Turquie, le Mexique... prévoient également de mettre l'accent sur les énergies renouvelables.

Ces projets constituent autant d'opportunités pour les entreprises françaises mais la concurrence internationale est rude et la balance commerciale du secteur fortement déficitaire (- 1,5 millions d'euros). La création de la marque «France Solar Industry» pilotée par le Syndicat des énergies renouvelables (SER) vise à servir de vitrine à l'offre française et à fédérer les entreprises et les partenaires institutionnels derrière la promotion du savoir-faire français en matière d'énergie solaire. Il s'agit de se présenter de manière collective à la conquête de nouveaux marchés et de proposer des offres intégrées capables de rivaliser avec nos principaux concurrents.

Pour Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, «la France possède des entreprises d'excellence dans le domaine de l'énergie solaire qui méritent d'être davantage connues et reconnues sur les marchés étrangers. Avec France Solar Industry, la filière s'organise, se structure et se donne les moyens de se projeter à l'international. Nous ne pouvons que saluer cette initiative car nous avons des marchés à conquérir et des emplois à gagner».

Delphine Batho, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie a par ailleurs souligné que les mesures d'urgence, prises récemment pour relancer le marché français vont également permettre de développer des technologies innovantes propices à l'export (solaire photovoltaïque à concentration, installations avec suivi du solaire)./.

(Source : site Internet du ministère de commerce extérieur et du ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie)

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4. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue indien, M. Salman Khurshid - Entretien de Mme Yamina Benguigui avec le docteur Denis Mukwege - Arabie Saoudite/Exécution de Rizana Nafeek - Assassinat de trois femmes kurdes à Paris - Sommet CELAC/UE - Mali - Nucléaire iranien - Burundi - Israël/Territoires palestiniens (Paris, 10/01/2013)

 Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue indien, M. Salman Khurshid (10 janvier 2013)

M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, reçoit aujourd'hui le ministre des relations extérieures de l'Inde, M. Salman Khurshid.

Il s'agit du premier voyage en France d'un ministre des relations extérieures de l'Inde depuis 2001. M. Khurshid sera reçu par le président de la République le 11 janvier.

Ce dialogue s'inscrit dans le contexte du partenariat stratégique entre nos deux pays, auquel le président de la République et le Premier ministre indien, M. Manmohan Singh, ont réaffirmé leur attachement lors de leur rencontre bilatérale en marge du sommet du G20 de Los Cabos, le 20 juin 2012.

Le partenariat stratégique franco-indien, remarquablement dense, couvre un nombre élevé de domaines de coopération : défense, énergie nucléaire civile, coopération universitaire, scientifique et spatiale, lutte contre le terrorisme, développement des échanges économiques et commerciaux, ainsi qu'un nombre toujours croissant d'échanges humains et culturels.

À l'occasion de leur entretien, MM. Fabius et Khurshid procèderont également à un tour d'horizon de la situation en Asie du Sud, auront en particulier une discussion sur l'Afghanistan, et évoqueront les grands sujets internationaux, notamment la Syrie, l'Iran, la Libye et la situation au Sahel.

Les deux ministres tiendront un point de presse conjoint à 14h30.

2 - Entretien de Mme Yamina Benguigui avec le docteur Denis Mukwege (10 janvier 2013)

Dans le cadre de la préparation du Forum mondial des femmes francophones, Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, reçoit ce 10 janvier le docteur Denis Mukwege. M. François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l'Homme, assistera à cet entretien.

Ce médecin congolais vient en aide chaque année à plus de 3.000 femmes violées par les groupes armés dans l'est de la République démocratique du Congo. Il a fait l'objet d'une tentative d'assassinat à Bukavu où il réside.

Au cours de cet entretien, la ministre déléguée et le docteur Mukwege aborderont la situation des femmes, victimes de viols dans les Kivus, et les efforts réalisés pour leur apporter des soins dans des conditions difficiles.

La ministre déléguée invitera également le docteur Denis Mukwege à intervenir à l'occasion du Forum mondial des femmes francophones, prévu à Paris le 20 mars prochain, au cours duquel un groupe de travail traitera particulièrement des violences faites aux femmes dans les conflits armés.

3 - Arabie saoudite - Exécution de Rizana Nafeek (9 janvier 2013)

La France condamne la décapitation le 9 janvier en Arabie saoudite de Rizana Nafeek, jeune ressortissante du Sri Lanka, mineure au moment des faits.

La France est engagée dans une campagne en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort et prend de nombreuses initiatives dans ce domaine.

Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, la France exprime son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Arabie saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

4 - Assassinat de trois femmes kurdes à Paris

Q - Avez-vous des précisions sur les assassinats de trois femmes kurdes à Paris et pouvez-vous confirmer l'identité des victimes, dont l'une, Sakine Cansiz, serait une des fondatrices du PKK ?

R - Nous condamnons très vivement l'assassinat de ces trois personnes. Comme l'a indiqué le ministre de l'intérieur, les autorités françaises sont déterminées à faire toute la lumière sur ces meurtres. Une enquête judiciaire a été ouverte. Ce dossier relève du ministère de la justice.

5 - Sommet CELAC - UE

Q - 1. Quels sont les intérêts spécifiques de la France au sommet CELAC - UE ?

2. La France présentera quelque initiative au sommet ?

3. Quel est l'objectif de la visite du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault en Argentine ?

R - Le sommet UE-CELAC de Santiago (26-27 janvier 2013) constituera le septième sommet entre l'Union européenne et la région Amérique latine et Caraïbes. La France y sera représentée par le Premier ministre, qui sera accompagné par une délégation comptant plusieurs ministres.

La France, qui entend se réinvestir pleinement en Amérique latine et dans les Caraïbes et renforcer ses liens de coopération et d'amitié avec ces pays, accorde une importance prioritaire à ce rendez-vous. Les objectifs du sommet, qui viseront à permettre le renforcement de nos partenariats autour du thème de l'investissement, feront l'objet d'une communication plus détaillée en amont du déplacement.

Par ailleurs, le Premier ministre saisira l'occasion pour effectuer une visite bilatérale au Chili et rencontrera le président Sebastian Piñera. Il aura également en marge du Sommet des entretiens bilatéraux avec plusieurs chefs d'État latino-américains.

S'agissant de votre troisième question, le Premier ministre effectuera une visite en Argentine le 25 janvier 2013. Il y rencontrera la présidente Cristina Kirchner pour réaffirmer l'attachement que la France porte à ses relations avec cet acteur régional important, membre du G20, qui vient d'entrer au Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2013/2014. La France souhaite également renforcer sa coopération avec l'Argentine, notamment dans le domaine de la recherche, et conforter ses intérêts économiques dans ce pays.

6 - Mali

Q - Que pouvez-vous nous dire sur les affrontements entre militaires maliens et les islamistes armés au nord de Mopti ? Qui sont les combattants ? Aqmi, Mujao, Ansar Dine, les trois ? Est-ce que leur avancée vers le Sud se poursuit ? Cela va-t-il hâter l'intervention des forces internationales ?

R - Nous suivons toujours avec attention l'évolution de la situation au Mali, où des affrontements entre des groupes rebelles et les militaires maliens ont effectivement été signalés.

Nous restons préoccupés par ces opérations, qui fragilisent le processus de sortie de crise au Mali, et renouvelons notre appel à une fin immédiate de la progression des groupes armés rebelles vers le Sud du Mali. Il est urgent que des négociations politiques s'engagent dans les meilleurs délais, conformément aux exigences des dernières résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ces derniers événements soulignent une nouvelle fois la nécessité de procéder au déploiement rapide d'une force africaine au Mali ainsi que de la mission européenne de formation et de conseil.

7 - Nucléaire iranien

Q - Mme Ashton aurait fait des propositions pour la reprise de négociations 5+1 sur le programme nucléaire iranien. Pouvez-vous nous dire si une date a été proposée et si l'Iran a répondu ? Ou bien pensez-vous que Téhéran attend pour répondre la rencontre du 16 janvier avec l'AIEA ?

R - Nous sommes prêts à poursuivre notre dialogue avec l'Iran sur le dossier nucléaire. Comme l'ont exprimé hier les services de la Haute représentante, les contacts sont en cours et des propositions de date et de lieu ont été faites à l'Iran. Nous attendons avec nos partenaires du groupe E3+3 une réponse rapide des Iraniens.

Le plus important, c'est surtout que l'Iran respecte pleinement et sans plus tarder ses obligations internationales et interrompe ses activités sensibles dénoncées par la communauté internationale, le Conseil de sécurité et le Conseil des gouverneurs de l'AIEA.

S'agissant de votre troisième question concernant l'AIEA, nous souhaitons naturellement que l'Iran accepte enfin de conclure avec l'Agence l'accord sur l'»approche structurée», qui est en discussion depuis de très longs mois maintenant. Mais nous attendons de sa part des gestes concrets, au-delà des déclarations. Cela passe par un engagement à coopérer sans réserve avec l'AIEA, par des réponses aux questions qui lui sont posées et par un accès rapide et sans conditions aux sites et aux personnes d'intérêt qui ont été signalés par l'Agence.

Les résolutions du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs sont très claires sur les demandes qui sont faites à l'Iran. Elles doivent être concrètement et pleinement satisfaites.

8 - Burundi

Q - Une réaction sur la condamnation en appel du journaliste burundais Hassan Ruvakuki ?

R - La France a constamment appelé les autorités judiciaires du Burundi à garantir à M. Ruvakuki un procès équitable et respectueux des droits de la défense. Elle continue à suivre avec attention la suite de la procédure.

La France rappelle son attachement à la liberté de la presse et au respect des libertés publiques. Le libre exercice de la fonction de journaliste doit être respecté partout dans le monde.

9 - Israël/Territoires palestiniens

Q - Avez-vous un commentaire sur la légalisation de fait de l'avant-poste de Nofei Nehemiah en Cisjordanie ?

R - La France est préoccupée par les informations faisant état d'une légalisation de l'avant-poste de Nofei Nehemiah en Cisjordanie. Elle condamne toute régularisation de colonie sauvage et appelle le gouvernement israélien à revenir sur de telles décisions.

La France rappelle que la colonisation, sous toutes ses formes, est illégale tant en Cisjordanie qu'à Jérusalem-Est, et constitue un obstacle à une paix juste fondée sur la solution des deux États. Conformément aux obligations d'Israël au titre de la feuille de route, les avant-postes doivent être démantelés, et non pérennisés./.

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