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Bulletin d'actualités du 21 décembre 2012


Sommaire



1. Alg√©rie/Relation bilat√©rale franco-alg√©rienne - Communiqu√© conjoint des ministres alg√©rien et fran√ßais des affaires √©trang√®res (Alger, 20/12/2012)

√Ä l'invitation du pr√©sident de la R√©publique alg√©rienne d√©mocratique et populaire, Abdelaziz Bouteflika, le pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise, Fran√ßois Hollande a effectu√© les 19 et 20 d√©cembre 2012 une visite d'√Čtat en Alg√©rie.

Au cours de cette visite, les deux chefs d'√Čtat ont proc√©d√© √† un large √©change de vues sur un certain nombre de questions li√©es √† l'√©tat des relations bilat√©rales et aux perspectives offertes pour leur d√©veloppement afin d'√©lever les rapports alg√©ro-fran√ßais au niveau des potentialit√©s des deux pays et des attentes des peuples alg√©rien et fran√ßais.

Dans le respect de la tradition de concertation entre les deux pays, les présidents Bouteflika et Hollande ont passé en revue les questions d'actualité régionale et internationale au sujet desquelles de larges convergences de vues ont été relevées.

Les deux présidents ont instruit leurs ministres des affaires étrangères afin qu'ils intensifient leurs contacts et renforcent leur concertation pour permettre une densification de la relation bilatérale et identifier, autant que possible, des points de convergence sur les questions d'intérêt commun.

À l'issue de cette visite, et s'agissant des relations bilatérales, les présidents de la République des deux pays ont fixé, dans la Déclaration d'Alger sur l'amitié et la coopération entre la France et l'Algérie, le cap politique d'une relation forte et renouvelée, cinquante ans après l'indépendance de l'Algérie.

Les deux parties se félicitent de la signature, à l'occasion de la visite du président François Hollande, des documents et accords suivants :

- Document cadre de Partenariat ;

- Procès-verbal d'échange des instruments de ratification et d'approbation de l'Accord de coopération en matière de défense ;

- Mémorandum de coopération financière ;

- Convention de partenariat et de coopération dans les domaines de l'agriculture, du développement rural et de l'agroalimentaire ;

- Déclaration conjointe pour un partenariat industriel et productif ;

- Arrangement administratif relatif à la coopération en matière de protection et de sécurités civiles ;

Les deux parties, s'appuyant sur la nouvelle impulsion donnée par la Déclaration d'Alger sur l'amitié et la coopération entre l'Algérie et la France conviennent de progresser ensemble, dans l'intérêt partagé des deux pays, en particulier sur les volets suivants.

Concertation politique de haut niveau

Les deux parties sont convenues de préciser, par un accord spécifique à conclure ultérieurement, le mécanisme et les modalités de fonctionnement du Comité intergouvernemental de haut niveau, présidé par les deux Premiers ministres, dont une première session sera organisée au cours de l'année 2013.

Elles se félicitent de la reprise du dialogue concernant les archives et de la mise en place d'un groupe de travail pour la prise en charge de cette importante question.

Dimension humaine

Les conditions pratiques de la mobilité des Algériens en France et des Français en Algérie seront améliorées par un dialogue soutenu et régulier, dont les conclusions seront consignées dans un document commun.

Les efforts entrepris de part et d'autre pour faciliter l'entraide judiciaire pénale seront poursuivis.

Les deux parties partagent une même volonté de parvenir, dans le cadre formel d'un groupe de travail mis en place à cette fin, à une résolution des cas d'enfants déplacés issus de couples mixtes.

Les difficultés auxquelles font face certains ressortissants français, propriétaires légaux de biens immobiliers en Algérie, dans l'exercice de leur droit de propriété, seront pris en charge par un groupe de travail, qui aura pour mission de trouver des solutions appropriées, dans le respect de la législation en vigueur.

Les deux parties conviennent de déployer les efforts nécessaires et de mettre en place toutes les facilités requises afin de conforter le bon fonctionnement des services diplomatiques et consulaires algériens en France et français en Algérie.

Les deux parties conviennent des efforts à déployer pour faciliter la présentation par les victimes des essais nucléaires français au Sahara ou leurs ayant-droits des dossiers en vue de leur indemnisation éventuelle. Les deux parties conviennent de mettre en place un mécanisme de discussion à ce sujet.

Les deux parties font part de leur disponibilité à faciliter la recherche et l'échange d'informations pouvant permettre la localisation des sépultures de disparus algériens et français de la guerre d'indépendance.

Les deux parties poursuivront les discussions engag√©es en vue d'apurer d√©finitivement les dettes d√Ľment justifi√©es aupr√®s des √©tablissements hospitaliers fran√ßais et de r√©unir la commission mixte de s√©curit√© sociale.

S'agissant des retraités algériens, un groupe de travail sera mis en place pour rechercher les solutions appropriées.

Relations culturelles et éducatives

Dans le domaine culturel et éducatif, les deux parties affirment leur volonté de poursuivre et intensifier la coopération bilatérale, selon les axes prioritaires définis dans le nouveau Document cadre de Partenariat, signé le 19 décembre à Alger et dont l'appui à la formation de la jeunesse constitue une ligne directrice.

À ce titre, il est prévu notamment que la France accompagnera les efforts de l'Algérie en vue d'ouvrir et de développer un réseau d'une vingtaine d'Instituts d'enseignement supérieur technologique (IEST) à travers le territoire national.

Les deux parties se fixent l'objectif de d√©finir un statut conventionnel pour le Centre culturel alg√©rien et pour l'√Čcole alg√©rienne √† Paris. Deux nouvelles √©coles fran√ßaises √† Oran et Annaba seront ouvertes.

Partenariat économique

La relation économique bilatérale fera l'objet d'une dynamisation et d'un suivi régulier par un comité mixte, de façon à identifier ensemble les moyens de progresser, dans l'intérêt des deux pays, sur les différents aspects de cette relation. Les modalités de ce partenariat seront définies dans un accord spécifique.

Dans la continuité de la Déclaration conjointe sur le partenariat industriel et productif, signée le 19 décembre, le développement de l'investissement français en Algérie et algérien en France sera accompagné, dans une logique d'équilibre des intérêts et de profits partagés. À cet effet, les deux parties se félicitent de la conclusion de plusieurs accords de partenariat, et en particulier de la signature de l'accord entre la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et l'entreprise Renault ce qui permettra la promotion de l'industrie automobile en Algérie.

Les deux parties soulignent la nécessité de stimuler la coopération dans le domaine énergétique, qu'il s'agisse des hydrocarbures, du développement en Algérie de la filière nucléaire civile ou de l'utilisation des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique.

Coopération dans le domaine de la sécurité

Dans le domaine de la coopération en matière de défense, l'accord bilatéral entrera en vigueur en février 2013 et ouvrira ainsi des perspectives prometteuses pour une relation dynamique dans cet important secteur.

L'arrangement administratif conclu entre les deux ministères de l'intérieur en matière de protection civile donnera une impulsion à ce volet de la coopération entre les deux pays.

Les deux parties se félicitent de l'atmosphère constructive et sereine caractérisant le dialogue entre les deux pays, dans les divers domaines de leur relation. Ils décident de tout mettre en oeuvre pour poursuivre et intensifier encore ce dialogue afin que leur partenariat stratégique se traduise dans le bien-être de leurs ressortissants./.

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2. Italie/Conf√©rence des Ambassadeurs italiens - Discours du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius (Rome, 21/12/2012)

Monsieur le Ministre, Cher Giulio,

Madame et Monsieur les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Je vous remercie chaleureusement de m'avoir invit√© √† votre conf√©rence annuelle. C'est pour moi un honneur et un bonheur d'√™tre parmi vous. Vous consacrez en effet votre r√©union √† la diplomatie face √† la crise √©conomique et au r√īle qu'elle doit jouer au service de la croissance. Or, j'ai fait du renforcement de la diplomatie √©conomique une priorit√© de mon action de ministre fran√ßais des affaires √©trang√®res.

De plus, je m'adresse √† vous alors que les relations entre nos deux pays ont rarement - peut-√™tre jamais - √©t√© aussi √©troites et productives. Cela fait un peu plus de sept mois que le pr√©sident et le gouvernement ont chang√© en France. Or, au cours de cette p√©riode, ont eu lieu pas moins de trois d√©placements du pr√©sident Hollande en Italie, une visite d'√Čtat du pr√©sident Napolitano en France, trois visites en France du pr√©sident du Conseil Mario Monti, un sommet franco-italien √† Lyon et de nombreuses rencontres minist√©rielles bilat√©rales. Je ne compte plus pour ma part les occasions de rencontrer mon coll√®gue et ami le ministre Terzi √† Paris, Rome, Bruxelles ou encore la semaine derni√®re √† Marrakech - pour travailler, je le pr√©cise.

Ces rencontres multiples s'expliquent par notre convergence sur de nombreux dossiers, notamment europ√©ens, et par notre volont√© de travailler ensemble. Apr√®s une p√©riode de relations que je qualifierai diplomatiquement de ¬ę mouvement√©es ¬Ľ, la France et l'Italie se sont retrouv√©es. Cela a √©t√© pour nous une grande satisfaction car, au vu de la proximit√© g√©ographique, historique, culturelle, √©conomique et souvent personnelle qui existe entre l'Italie et la France, nos pays ont une vocation naturelle √† s'entendre. Il n'y a pas tant de pays au monde qui peuvent dire que leur amiti√© repose sur plus de deux mill√©naires d'√©changes, d'apports mutuels, de destins communs et de croisements culturels aussi √©troits et intenses que ceux qui existent entre nous.

Nous nous sommes retrouv√©s, aussi, car l'Italie a repris sa place et son rang. La France souhaite une Italie forte et entendue en Europe. C'est le cas. Votre pays est un des six membres fondateurs de la Communaut√© europ√©enne, membre du G8, troisi√®me √©conomie de la zone euro. L'action des derniers mois, notamment le sommet de juin de l'Union europ√©enne, ont rappel√© le r√īle indispensable de l'Italie. Ensemble, Italie et France, nous avons obtenu que l'Europe marche sur ses deux jambes : le s√©rieux budg√©taire et l'impulsion √©conomique, qui ne peuvent aller l'un sans l'autre. Le travail que nous avons men√© ces derniers mois a remis l'Europe en marche sur le chemin de la sortie de crise. √Čvidemment, tout n'est pas r√©gl√©, mais ensemble nous avons pris la mesure des transformations majeures √† op√©rer et commenc√© d'y proc√©der.

* *

Chers amis,

La crise que nous traversons n'est pas, en effet, une crise de conjoncture. On ne reviendra pas, apr√®s elle, exactement √† la situation ant√©rieure. Cette crise, ou plut√īt devrais-je dire ces crises - √† la fois politique, sociale, √©conomique, financi√®re, budg√©taire, environnementale - s'accompagnent d'un v√©ritable changement du monde.

Vous connaissez, comme moi, ces bouleversements. Vous les vivez. D'abord, l'Europe n'est plus le centre du monde. Elle reste la premi√®re zone √©conomique de la plan√®te, mais cette position est de plus en plus remise en cause par la croissance de l'Asie, de l'Am√©rique du Sud et demain de l'Afrique. Ce basculement du monde vers les puissances √©mergentes provoque des d√©s√©quilibres mon√©taires, financiers, commerciaux, sociaux nouveaux face auxquels nous sommes mal arm√©s faute de structures de gouvernance globale permettant d'y apporter des r√©ponses. C'est une autre caract√©ristique de ce nouveau monde : il est moins lisible et moins structur√©. De bipolaire il est devenu non pas ¬ę multipolaire ¬Ľ mais fragment√©, √©clat√© m√™me, sans qu'existe r√©ellement une puissance ou une relation structurante. De m√™me, le travail, l'emploi n'est √©videmment plus celui de jadis. La comp√©tition est devenue mondiale, les changements sont permanents, les distances ne comptent plus, la formation et la recherche sont d√©terminantes. J'ajoute que, pour la premi√®re fois dans l'histoire de l'humanit√©, nos activit√©s humaines menacent la plan√®te elle-m√™me. La croissance de nombreux pays provoque une augmentation des √©missions polluantes et des rejets de gaz √† effet de serre. La lutte contre le d√©r√®glement climatique reste trop timide faute d'une approche coop√©rative √† la mesure du danger.

Les défis qui se présentent à nous - Italie et France - en politique étrangère dans les 3 ou 4 années qui viennent sont largement en relation avec tous ces bouleversements.

* *

Dans ce contexte de fragmentation de la puissance, la résolution des crises politiques est rendue plus difficile. De nombreux foyers d'instabilité existent, qui peuvent nous menacer directement, et qui doivent faire l'objet d'une mobilisation de la communauté internationale. Je veux souligner face à ces crises la proximité de la France et de l'Italie. C'est le cas notamment face au drame syrien, au risque nucléaire iranien, aux tensions sur le processus de paix au Proche-Orient ou face à la menace terroriste au Sahel.

Dans la crise syrienne, nous devons, sur le plan humanitaire, maintenir notre mobilisation en apportant de l'aide aux populations et aux réfugiés ; sur le plan politique, en soutenant l'opposition ; sur le plan diplomatique, en agissant pour isoler le régime du clan Assad et pour le sanctionner. Sans qu'on puisse fixer une date, la fin du régime approche et l'opposition doit se préparer à gouverner, avec la structuration de la Coalition nationale syrienne qui préfigure le gouvernement de la Syrie libérée. L'Italie, comme la France, a reconnu la Coalition comme le représentant légitime du peuple syrien. C'est notre conviction, depuis le début, que le meilleur rempart contre le chaos et l'extrémisme, c'est le soutien à la Coalition nationale syrienne et l'appui à l'aspiration des Syriens à la liberté.

La crise sahélo-malienne devra également continuer de mobiliser toute notre attention. Là aussi, Italie et France sont à l'unisson. La présence au nord du Mali de foyers narcoterroristes est un grave danger qui concerne aussi les pays voisins, l'ensemble de l'Afrique et l'Europe. Nous devons favoriser la négociation entre le Sud et le Nord. Avec l'action des pays africains et le soutien de l'Union européenne, la mise sur pied d'une force pour combattre le terrorisme au nord progresse. Un mandat des Nations unies a été donné hier par une résolution unanime du Conseil de sécurité. Ces progrès sont importants et ils viennent récompenser les efforts qu'avec notamment l'Italie nous avons déployés.

Nous collaborons √©troitement aussi sur l'ensemble du bassin m√©diterran√©en, qui est notre patrimoine commun, et pour lequel la France et l'Italie ont un devoir : celui d'√™tre des partenaires attentifs et actifs pour accompagner les aspirations des peuples de la rive Sud. Nous avons mis en place un groupe de travail bilat√©ral entre nos deux minist√®res afin de d√©velopper des actions communes pour une ¬ęM√©diterran√©e de projets¬Ľ. Nous agissons ensemble dans les enceintes comme le partenariat de Deauville, le 5+5 ou le secr√©tariat de l'UPM. Nous sommes pr√©sents notamment en Libye, pays qui entretient depuis longtemps une relation de proximit√© avec l'Italie.

Autre enjeu, la question du nucléaire iranien est un sujet de grande préoccupation. Une des plus graves incertitudes actuelles tient au risque de prolifération nucléaire et à ses conséquences. L'Iran a le droit, en application des traités internationaux, de se doter de capacités nucléaires civiles, mais la détention par lui de l'arme nucléaire porterait le risque de la prolifération nucléaire et d'une déstabilisation de toute la région. Ce serait inacceptable.

L'Italie, comme la France, a enfin r√©cemment vot√© pour la reconnaissance de la Palestine comme √Čtat non-membre observateur aux Nations unies. Ce vote n'est pas une fin en soi, mais une √©tape sur la voie de l'√©tablissement souhait√© de deux √Čtats vivant en paix et en s√©curit√©. La garantie n√©cessaire de la s√©curit√© √† long terme pour Isra√ęl passe par la cr√©ation d'un √Čtat palestinien. Apr√®s cette √©tape, la n√©gociation devra reprendre, sans conditions pr√©alables et le plus rapidement possible. Nous y apporterons notre appui.

Face à toutes ces tensions et à ces conflits, la France et l'Italie partagent donc une vision globale commune : développement, démocratisation et stabilité politique sont trois objectifs que l'on ne peut conduire séparément.

* *

Mesdames et Messieurs,

Un autre grand d√©fi qui nous rapproche concerne l'√©conomie. Nos pays ont souffert et souffrent encore des cons√©quences de la crise financi√®re et √©conomique et d'une mondialisation mal ma√ģtris√©e. Pour autant, nous avons des atouts consid√©rables √† faire valoir dans la mondialisation.

Nous devons, dans cet esprit, inventer les ressorts de la croissance de demain, afin de reconstruire des économies en expansion. Il nous faut être offensifs afin de muscler notre innovation, notre recherche, la montée en gamme, le verdissement de nos économies.

À cette fin, nous agissons chacun avec nos forces. Compte tenu de notre proximité, de nombreux domaines de coopération s'offrent à nous dans notre intérêt commun. L'Italie est le deuxième client de la France et la France le deuxième fournisseur de l'Italie. Selon plusieurs classements, la France est le premier investisseur en Italie. Sur cette base, comme nous avons eu l'occasion de le souligner lors du récent sommet de Lyon, nous souhaitons développer des coopérations, notamment en matière industrielle. Je prendrai quelques exemples.

Dans le domaine des transports, l'un des enjeux majeurs pour l'avenir est de favoriser le report modal de la route vers le rail. C'est un objectif de développement durable ; c'est aussi un choix porteur de croissance. Nous avons décidé ensemble de lancer l'autoroute ferroviaire alpine en 2009 et nous venons de confirmer notre engagement commun dans la construction de la ligne à grande vitesse Lyon-Turin.

Un autre grand d√©fi est celui de l'√©nergie. Les entreprises fran√ßaises investissent fortement en Italie - je citerai l'exemple de Total √† Tempa Rossa en Basilicate, le plus gros investissement dans le sud italien. L'importance strat√©gique pour nos pays de la s√©curit√© des approvisionnements, de la gestion des d√©chets nucl√©aires apr√®s le d√©mant√®lement des r√©acteurs en Italie, du d√©veloppement des √©nergies renouvelables imposent de renforcer notre coop√©ration et nos √©changes sur le long terme. La France a propos√© une coop√©ration renforc√©e europ√©enne en mati√®re √©nerg√©tique et nous souhaitons pouvoir travailler avec l'Italie afin de progresser dans ce sens. Parmi les domaines d'action concrets figure √©galement l'aire m√©diterran√©enne : capacit√©s additionnelles de production d'√©nergie renouvelable, d√©veloppement de lignes interconnect√©es, renforcement de l'efficacit√© √©nerg√©tique. Nous disposons d'instruments comme le plan solaire m√©diterran√©en ou Medgrid (o√Ļ Fran√ßais et italiens sont pr√©sents) visant √† cr√©er un r√©seau m√©diterran√©en d'interconnexions √©lectriques entre le nord et le sud de la M√©diterran√©e. Nous pourrions aussi coop√©rer en Libye ou en Tunisie sur le transport de gaz.

Dans l'industrie de la d√©fense, nous avons des int√©r√™ts communs, m√™me si nous sommes aussi quelquefois concurrents. Nos efforts pourraient porter sur le d√©veloppement de strat√©gies communes √† l'export et le maintien, par notre coop√©ration, de notre avance sur le plan technologique et de l'innovation. Le r√©cent sommet de Lyon a permis d'√©tablir une feuille de route dans ce domaine et je veillerai, pour ce qui concerne la diplomatie, √† sa mise en oeuvre. Nous partageons √©galement la volont√© de relancer la d√©fense europ√©enne dans tous ses aspects - institutionnels, op√©rationnels et capacitaires - notamment entre les cinq partenaires du groupe ¬ęWeimar +¬Ľ.

Sur le plan commercial, nos positions sont tr√®s proches. On conna√ģt le dynamisme de l'Italie, notamment √† l'export et par ses PME. Nous plaidons pour que l'Europe soit ouverte au monde, c'est une n√©cessit√©. Mais elle ne doit pas √™tre offerte. Le commerce doit se faire sur une base de r√©ciprocit√©. Ce doit √™tre le cas en mati√®re d'ouverture des march√©s publics, de barri√®res tarifaires ou r√©glementaires, de normes sociales et environnementales. C'est un terrain o√Ļ nos diplomaties √©conomiques doivent agir ensemble pour faire avancer la r√©ciprocit√© et l'imp√©ratif du ¬ęjuste √©change¬Ľ. Nous ne sommes certainement pas protectionnistes ; nous ne devons pas non plus √™tre na√Įfs.

L'enjeu économique renvoie plus largement à celui du développement. Les impasses d'une économie dérégulée et sur-financiarisée ne peuvent plus être ignorées, de même que les limites écologiques, énergétiques, sociales, de notre modèle de développement. La France propose, comme l'Italie, une certaine conception du développement au XXIe siècle. Nous pensons que pour être durable, la croissance ne peut pas être la simple répétition du passé. Inégalités massives, destruction de l'environnement, crises financières récurrentes : nous n'oublions pas que les périodes de prospérité passées se fondaient sur un modèle qui n'était pas viable à long terme.

Nous pensons que, face aux enjeux environnementaux, l'Europe doit être à l'avant-garde. L'impératif environnemental, quand il est bien compris, n'est pas contradictoire avec le développement économique. Il peut-être un gisement de croissance et d'une croissance qui soit durable. Pour cela il nous faut construire des structures de régulation - économique, environnementale, sociale, politique - qui permettront d'améliorer le fonctionnement de ce système mondialisé. Là aussi, nous devons agir ensemble.

* *

Mesdames et Messieurs,

Au plan national, face aux difficult√©s √©conomiques, vous comme nous pensons que tous les services de l'√Čtat doivent √™tre mobilis√©s au service de la croissance. C'est le cas notamment de la diplomatie et c'est le th√®me majeur de votre r√©union cette ann√©e, comme cela a √©t√© d'ailleurs le th√®me central de la conf√©rence fran√ßaise des ambassadeurs √† Paris en ao√Ľt dernier. Il est int√©ressant de confronter nos exp√©riences, d'autant plus que nous connaissons l'extr√™me comp√©tence des diplomates italiens.

Nous pensons que la diplomatie a un r√īle essentiel √† jouer sur plusieurs plans. Elle doit se mobiliser pour soutenir les entreprises √† l'exportation. Elle doit agir au service de l'attractivit√© afin notamment de d√©velopper les investissements allant vers l'ext√©rieur ou venant de l'ext√©rieur. Elle doit oeuvrer √† la construction d'un environnement normatif favorable au d√©veloppement de nos √©conomies.

L'Italie a pris, un peu avant nous, la mesure de cet enjeu avec notamment la mise en place du dispositif de promotion du sistema paese √† partir de la fin 2010. Il met au service de vos acteurs √©conomiques l'ensemble du r√©seau ext√©rieur italien afin de promouvoir les int√©r√™ts de vos entreprises √† l'√©tranger. Il pr√©sente plusieurs caract√©ristiques qui ont retenu toute notre attention : la compl√©mentarit√© entre la dimension √©conomique et la dimension culturelle, le pilotage strat√©gique assur√© par le minist√®re des affaires √©trang√®res, le r√īle central des ambassadeurs dans l'animation de la pr√©sence √©conomique √† l'√©tranger, le lien √©troit avec les collectivit√©s locales et les r√©gions.

Le dispositif que j'ai mis en place, pilot√© par une nouvelle direction des entreprises cr√©√©e au sein du Quai d'Orsay, poss√®de des caract√©ristiques proches. Bien entendu, la diplomatie fran√ßaise √©tait d√©j√† active en mati√®re √©conomique. Mais j'ai souhait√© acc√©l√©rer, stimuler et syst√©matiser plusieurs √©volutions en cours. L'imp√©ratif √©conomique, ce que j'appelle le ¬ęr√©flexe √©conomique¬Ľ, est d√©sormais une priorit√© g√©n√©rale et explicite de l'action de nos diplomates. Chaque ambassadeur, form√© √† ces disciplines, aura √† ses c√īt√©s un conseil √©conomique, proposera un plan d'action pr√©cis et dat√©, il sera √©valu√© sur ses r√©sultats. J'ai d√©sign√© des personnalit√©s √©minentes dans quelques pays (Chine, Russie, Japon, Alg√©rie, Mexique) pour suivre nos relations. Je mets √©galement en place des ¬ęambassadeurs en r√©gion¬Ľ, en contact √©troit avec la r√©alit√© √©conomique des territoires, ayant pour mission d'apporter une aide concr√®te et directe aux entreprises, notamment aux PME. Autre traduction concr√®te de l'imp√©ratif √©conomique : l'adaptation de notre r√©seau aux priorit√©s g√©ographiques. Traditionnellement tourn√© surtout vers l'Europe et l'Atlantique, le r√©seau fran√ßais doit d√©sormais se diriger davantage vers les continents en croissance, ce qui implique des transferts de moyens et de ressources. La diplomatie √©conomique - autre point important - se nourrit de la valorisation de tous nos atouts : cela implique de la concevoir en lien avec notre diplomatie culturelle, linguistique, scientifique, √©ducative et aussi politique. Car l'image globale du pays qui est renvoy√©e √† l'ext√©rieur est d√©cisive pour la promotion √©conomique : la France et l'Italie partagent de ce point de vue un extraordinaire avantage commun - la chance de disposer d'une culture rayonnante mondialement connue. Ne perdons pas cet avantage.

Le d√©veloppement de la dimension √©conomique de nos diplomaties est un des exemples des adaptations rendues n√©cessaires par le ¬ęnouveau monde¬Ľ. Nos diplomaties √©conomiques se trouveront quelquefois en concurrence - et il n'y a pas l√† mati√®re √† s'en offusquer d√®s lors que nos pratiques respectives restent loyales - mais elles seront aussi souvent en appui r√©ciproque. D'autant plus que, au-del√† de ces mesures nationales que nous prenons chacun de notre c√īt√©, le continent europ√©en a besoin d'une ambition commune.

* *

Mesdames et Messieurs,

C'est un autre grand défi qui nous rapproche : remettre l'Europe sur les rails de l'avenir. Depuis mai dernier, la France a travaillé en ce sens avec l'Allemagne, comme nous le faisons traditionnellement, mais aussi avec nos autres grands partenaires, en particulier l'Italie, et je veux saluer le succès de notre action commune. La France et l'Italie ont établi ces derniers mois un partenariat incontestablement utile à l'Europe entière.

Si nous avons pu avancer, c'est parce que nous avons concilié le sérieux, la solidarité et la nécessité d'apporter des réponses concrètes aux attentes des peuples européens. Même si de nombreuses difficultés demeurent, nous avons connu depuis juin 2012 un semestre décisif pour l'Europe, qui a commencé de changer la donne.

Le pacte pour la croissance et l'emploi adopté en juin a remis la croissance au coeur des politiques européennes. Ont été décidés dans ce cadre notamment l'augmentation de capital de la BEI pour lui permettre d'élargir son champ d'action, la mobilisation des fonds structurels en faveur de la croissance, le lancement des project bonds. L'engagement total se monte à 120 milliards d'euros, avec un effet de levier double.

En parallèle, nous avons obtenu la mise en place de la Taxe européenne sur les transactions financières sous forme de coopération renforcée, incluant l'Italie, qui permettra d'agir pour le financement du développement et de constituer des ressources propres pour l'Union.

Nous nous sommes mis d'accord, la semaine dernière, avec l'Italie notamment, sur le principe de la supervision bancaire unifiée, première étape vers une union bancaire. C'est sans doute la décision la plus importante pour notre système financier depuis la création de l'Euro. Une crise bancaire comme celle qu'a connue l'Espagne ne pourra pas se reproduire.

Toujours dans ce deuxi√®me semestre europ√©en 2012, l'instauration des instruments de gestion collective des dettes - MES, ¬ęm√©canisme Draghi¬Ľ de rachat d'obligations par la Banque centrale europ√©enne - a permis la stabilisation financi√®re et a repr√©sent√© une s√©ries d'avanc√©es importantes et positives dans le sens de la mutualisation. Nous avons √©galement √©tabli une trajectoire de sortie de crise pour la Gr√®ce, qui lui permettra de retrouver √† terme un niveau d'endettement soutenable. La zone euro a ainsi clairement r√©affirm√© que la place de la Gr√®ce √©tait en Europe et a ainsi sauv√© son int√©grit√©.

Le dernier sommet europ√©en a pris la d√©cision de mettre en place des ¬ęcontrats de comp√©titivit√© et de croissance¬Ľ pour am√©liorer la coordination des politiques √©conomiques, en prenant en compte la dimension budg√©taire, √©conomique et sociale.

D'autres avanc√©es ont eu lieu. Je pense en particulier √† la relance de l'Europe de la d√©fense dans le cadre notamment du ¬ęWeimar+¬Ľ.

En six mois, le travail r√©alis√© a donc √©t√© consid√©rable. Au printemps, on ne parlait que du risque d'√©clatement de la zone euro et de la situation incontr√īl√©e de la Gr√®ce. En d√©cembre, on peut parler, en restant prudents et lucides, de perspectives d'avenir, de croissance et de solidarit√©.

Ces avancées, qui sont de premières étapes, devront être prolongées. Il en va de la place de notre continent dans le monde. Il en va de la pérennité du projet européen, aujourd'hui souvent contesté non par hostilité de principe mais par déception face à ce qui est souvent perçu comme une déconnexion entre le projet européen et l'action. La France défend une approche ambitieuse tournée vers l'intégration solidaire et l'Europe politique qui implique de progresser par étape, car une vision à long terme ne doit pas servir de prétexte pour refuser d'agir à court terme.

Soyons lucides √† cet √©gard. Depuis le d√©but de la crise en 2008, l'Europe a trop souvent agi avec retard, ce qui a consid√©rablement augment√© le co√Ľt de la crise. Le ¬ęsauvetage¬Ľ de la Gr√®ce n'aurait co√Ľt√© que quelques milliards d'euros s'il avait √©t√© d√©cid√© √† temps, au lieu de plusieurs centaines. L'Europe doit apprendre √† agir vite et √† √™tre pragmatique. Cela signifie par exemple que dans un premier temps les avanc√©es devront se faire sans doute sans modification des trait√©s, laquelle viendra ensuite. Pour la France, on devra aller probablement aussi vers une diff√©renciation entre plusieurs cercles. Un premier, la zone euro, ouvert aux autres, avancera vers cette int√©gration renforc√©e. Un second se concentrera davantage sur les acquis de l'Union. Au sein du premier cercle, au fur et √† mesure que l'int√©gration progressera, il faudra adapter les institutions pour garantir la participation citoyenne et d√©mocratique aux d√©cisions.

* *

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Je sais que l'Italie défend une approche volontariste et concrète d'une Union économique et monétaire au service de la croissance. Il nous reviendra, je l'espère, de porter ensemble ce beau projet et nous y sommes d'autant plus disposés que notre coopération bilatérale sur de nombreux sujets rapproche nos points de vue et nos intérêts.

L'histoire a cr√©√© entre nous des affinit√©s puissantes que des int√©r√™ts communs √©vidents renforcent aujourd'hui. Je souhaite que nous puissions mettre cette proximit√© au service d'une Europe de la croissance et de la solidarit√©. La France ¬ępuissance d'influence¬Ľ veut travailler avec une Italie forte et respect√©e. Nos deux diplomaties doivent donc conjuguer sans cesse davantage leurs actions.

Comme le notait Stendhal, le plus italien des √©crivains fran√ßais, ¬ęles peuples n'ont jamais que le degr√© de libert√© que leur audace conquiert sur la peur¬Ľ. Notre monde inspire souvent de la peur aux Europ√©ens. √Ä nous, Italiens et Fran√ßais, d'avoir cette ¬ęaudace de la libert√©¬Ľ en faisant en sorte qu'avenir rime pour l'Europe avec progr√®s. Peu de nations sont mieux dispos√©es par leur caract√®re et leur histoire que la France et l'Italie et que les diplomates qui les servent. Merci Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs pour votre mobilisation pour l'amiti√© franco-italienne, pour l'Europe, pour le progr√®s et pour la paix./.

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3. Italie - Conf√©rence de presse conjointe du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, et du ministre italien des affaires √©trang√®res, M. Giuliomaria Terzi di Sant'Agata - propos de M. Fabius (Rome, 21/12/2012)

Merci beaucoup Mon Cher Giulio. J'ai accept√© avec beaucoup de plaisir l'invitation du ministre des affaires √©trang√®res italien de venir m'exprimer devant la conf√©rence des ambassadeurs. D'abord parce que, comme Giulio l'a soulign√©, c'est la premi√®re fois qu'un tel honneur est propos√© - j'y suis sensible - et parce que le sujet choisi est passionnant pour nos deux pays : la diplomatie et l'√©conomie. Il se trouve que c'est le m√™me sujet qui avait √©t√© choisi, ce n'√©tait pas un hasard, au mois d'ao√Ľt dernier, lors de la conf√©rence des ambassadeurs fran√ßais.

Surtout, cette invitation et ma pr√©sence interviennent √† un moment o√Ļ les relations entre l'Italie et la France n'ont jamais √©t√© aussi √©troites. Quand on regarde ce qui s'est pass√© ces derniers mois, le nombre de visites, leur niveau, leur qualit√©, illustr√©s en particulier par la visite d'√Čtat du pr√©sident Napolitano, r√©cemment, particuli√®rement r√©ussie, par le sommet de Lyon, par les √©changes permanents entre le pr√©sident Monti et le pr√©sident Hollande ainsi que le Premier ministre Ayrault, par nos propres √©changes, nous vivons quasiment ensemble !

C'est donc vraiment une p√©riode extr√™mement faste pour les relations entre l'Italie et la France et j'ai eu l'occasion ce matin, et l'honneur, de m'exprimer devant tous les ambassadeurs italiens - on conna√ģt la qualit√© de la diplomatie italienne - pour leur dire la fa√ßon dont je voyais, dont la France percevait, √† la fois les changements du monde, les principales crises auxquelles nous allons faire face et la fa√ßon dont nous pouvions aborder les questions europ√©ennes et les questions √©conomiques.

Je remercie donc vraiment énormément le ministre des affaires étrangères italien. Nous avons appris à travailler ensemble. Nous sommes non seulement collègues, mais amis, et c'est un bonheur quand on est français de travailler en ce moment avec l'Italie.

Q - En cette p√©riode pr√©√©lectorale en Italie, le pr√©sident Fran√ßois Hollande a apport√© un soutien sans ambigu√Įt√© √† Mario Monti. Premi√®rement, est-ce que ce n'est pas un peu paradoxal de voir un pr√©sident socialiste soutenir quelqu'un qui, de ce c√īt√© des Alpes, est plut√īt soutenu par le centre-droit, par l'√Čglise ? Et, de fa√ßon plus g√©n√©rale, est-ce que ce soutien tr√®s appuy√© des dirigeants europ√©ens √† l'actuel gouvernement italien n'est pas une forme d'ing√©rence, ne peut pas √™tre v√©cu comme une forme d'ing√©rence qui risque d'irriter les √©lecteurs italiens ?

R - Je pense qu'il faut distinguer les diff√©rents plans. Nous avons des relations absolument excellentes avec le gouvernement italien, en ce moment, qui font suite √† une p√©riode, j'y ai fait allusion dans mon propos devant les ambassadeurs, o√Ļ notre relation pouvait √™tre qualifi√©e de mouvement√©e.

Nous travaillons tr√®s bien ensemble, √† la fois sur les relations franco-italiennes et sur beaucoup d'autres sujets. On a cit√© le Mali, mais il y a aussi le Proche-Orient, la Syrie, et bien s√Ľr la construction europ√©enne.

Cela dit, nous n'avons pas, bien s√Ľr, √† nous ing√©rer dans les affaires italiennes. La d√©mocratie italienne est une grande d√©mocratie, et les √©lecteurs voteront comme ils souhaitent voter. Bien √©videmment, il n'est pas question de donner une indication de vote, ce qui n'aurait aucun sens, pour l'un des candidats.

Par ailleurs, je tiens à dire que nous avons des amitiés traditionnelles, ceci n'est pas contradictoire avec cela, et j'aurai l'occasion dans quelques minutes de rencontrer pour un déjeuner le responsable qui a été désigné par les primaires de la gauche italienne.

Donc, ne tirez pas de conséquences sur la politique intérieure, nous travaillons extrêmement bien avec le gouvernement italien, l'Italie et la France sont très proches et je sais, quel que soit le choix des Italiens, que les relations entre l'Italie et la France continueront d'être excellentes, dans la lignée de ce qui a été fait au cours des derniers mois.

Q - Pr√©cis√©ment, sur la base de ce rapport retrouv√© de coop√©ration entre l'Italie et la France sur la voie de l'int√©gration europ√©enne, o√Ļ la solidarit√© est d√©sormais devenue un must, mais pose encore des probl√®mes de faisabilit√©, et dans la perspective d'un autre rendez-vous important, qui est celui du budget europ√©en, o√Ļ les positions sont encore √©loign√©es, quel est le chemin que l'Italie et la France feront ensemble pour arriver √† un point commun ?

R - Il y a eu une première réunion qui a permis d'avancer mais qui n'a pas permis de conclure sur le budget européen. Il ne faut pas non plus dramatiser car nous qui avons l'expérience de ces travaux, nous savons que dans le passé ce n'est pas à la première réunion qu'on a conclu. Et je pense qu'il y a une approche commune de la France et de l'Italie qui consiste à considérer qu'il faut à la fois que la politique agricole, qui est aujourd'hui le coeur concret du budget, dispose de suffisamment de ressources, et que d'autre part les pays dits de la cohésion disposent, eux aussi, de suffisamment de ressources.

Pour ce qui concerne les dépenses d'ensemble, on comprend bien qu'il y a des économies à faire, mais il ne faut pas que ces économies rendent impossible l'action européenne. Et enfin, pour le mécanisme des chèques, il faut qu'il n'y ait pas une habitude qui se crée, qui fait que tous les pays, y compris ceux qui se trouvent dans la meilleure situation économique, auraient un droit à toucher un chèque. Sinon, on pourra prendre le problème dans tous les sens, on n'arrivera pas à une solution.

Nous sommes assez confiants. √Čvidemment, il est important de savoir, par rapport aux √©ventuelles √©lections, quand cette discussion aura lieu. Mais il y a eu un premier travail, une premi√®re r√©union qui a √©t√© utile. Il y aura de nouveaux travaux qui vont intervenir au mois de janvier pour pr√©parer tout cela, mais on voit bien se profiler les lignes d'un accord qui serait raisonnable. Je ne doute pas que l√†-dessus, Italiens et Fran√ßais souhaitent la m√™me chose./.

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4. Changement climatique - R√©ponse du ministre d√©l√©gu√© charg√© du d√©veloppement, M. Pascal Canfin, √† une question d'actualit√© au S√©nat (Paris, 20/12/2012)

Monsieur le Sénateur, vous m'interrogez sur les financements mobilisés par la France en faveur du climat, notamment en direction des pays du Sud.

J'ai participé au sommet de Doha avec Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, et Delphine Batho, ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie. Nous avons pris une part active à ces négociations : la France avait la plus importante représentation ministérielle et une délégation de parlementaires était présente, dont le sénateur Ronan Dantec que je tiens à saluer particulièrement.

Lors de cette négociation, je me suis plus particulièrement impliqué sur les questions financières : pour avoir représenté l'Union européenne avec mon collègue britannique, j'ai mesuré à quel point ces sujets étaient centraux et conditionnaient notre capacité ou notre incapacité à trouver un accord international sur le climat.

La France a tenu les engagements qu'elle avait pris √† Copenhague, ce que l'on appelle les financements ¬ępr√©coces¬Ľ et a mobilis√© 1,2 milliard d'euros sur trois ans. Je tiens √† souligner que si cet engagement a √©t√© tenu en 2010, en 2011 et en 2012, c'est bien gr√Ęce √† l'effort du pr√©c√©dent gouvernement, et je tenais √† le souligner.

Par delà les engagements passés, nous avons une responsabilité sur les engagements futurs et notre responsabilité c'est bien évidemment d'aller au-delà de ce qui a déjà été fait. Nous avons décidé d'affecter en priorité 6 milliards d'euros dans le secteur des énergies, en particulier les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Ce choix n'a pas été fait auparavant. Ces financements contribueront à la lutte contre le changement climatique.

Nous avons d√©cid√© d'affecter 10 % de la taxe sur les transactions financi√®res fran√ßaises au d√©veloppement. La moiti√© de ces 10 % viendra abonder ce que l'on appelle le ¬ęFonds vert pour le climat¬Ľ, qui a √©t√© d√©cid√© √† Copenhague. Par cons√©quent, nous allons augmenter notre financement ¬ęclimat¬Ľ.

Par ailleurs, vous le savez, Monsieur le S√©nateur, la France est le pays le plus actif dans la n√©gociation avec ses dix partenaires europ√©ens pour mettre en place une taxe europ√©enne sur les transactions financi√®res et en affecter une partie au d√©veloppement ainsi qu'√† la mobilisation en mati√®re de financement ¬ęclimat¬Ľ.

En ce qui concerne l'agenda international, non seulement la France a respecté ses engagements passés, mais surtout, aujourd'hui, elle est en pointe. Vous pouvez compter sur nous, mais nous avons aussi besoin de la mobilisation de l'ensemble des parlementaires pour que l'accord de 2015 à Paris soit un succès./.

(Source : site Internet du Sénat)

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5. UE/gestion des ressources halieutiques - Communiqu√© du minist√®re de l'√©cologie du d√©veloppement durable et de l'√©nergie (Paris, 20/12/2012)

 

À l'issue du Conseil des ministres européens de la pêche des 18 et 19 décembre 2012, Fréderic Cuvillier salue l'accord équilibré qui a pu être trouvé sur les TAC et quotas 2013.

Conformément à la demande de la France, cet accord permet de garantir la durabilité des stocks halieutiques en s'appuyant sur les avis scientifiques, tout en préservant l'activité économique des pêcheurs.

Les 27 √Čtats membres et la Commission sont donc parvenus √† s'entendre, dans le respect des engagements pris lors du Conseil de juin dernier sur la r√©forme de la politique commune de la p√™che, afin d'atteindre progressivement le rendement maximum durable.

En cherchant toujours à préserver leur durabilité, Frédéric Cuvillier a obtenu des totaux admissibles de capture (TAC) conformes aux tendances montrées par les travaux scientifiques et satisfaisants d'un point de vue socio-économiques : quotas en hausse ou stabilisés pour la plupart des stocks de mer du Nord, de la Manche, du golfe de Gascogne et de la mer Celtique, quotas en baisse adaptée lorsque les experts scientifiques ont exprimé des inquiétudes sur l'état des stocks.

Après les avis scientifiques positifs ayant permis une hausse ciblée de quotas d'espèces d'eaux profondes au Conseil de novembre 2012, et le relèvement modéré de captures de thon rouge décidé lors des négociations de la CICTA en novembre à Agadir, ces décisions démontrent que la prise de conscience des professionnels du secteur de la pêche et les efforts qu'ils ont réalisés depuis plusieurs années portent leurs fruits.

¬ęCes accords constituent les bases pour qu'une p√™che r√©ellement durable, valid√©e par des avis scientifiques incontestables, puisse √™tre pratiqu√©e par les p√™cheurs au sein de l'Union europ√©enne¬Ľ, indique Fr√©deric Cuvillier.

(Source : site Internet du ministère de l'écologie du développement durable et de l'énergie)

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6. Politique spatiale - Communiqu√© du minist√®re de l'enseignement sup√©rieur et de la recherche (Paris, 20/12/2012)

 

Geneviève Fioraso s'est rendue ce mercredi 19 décembre 2012, sur le site des directions des lanceurs du CNES et de l'ESA de Paris-Daumesnil pour assister au 67e lancement d'Ariane 5. La ministre a assisté à une démonstration de conception de la future ARIANE 6 avec une présentation des grands concepts architecturaux de ce nouveau lanceur.

Plus tard dans la nuit, la ministre a assist√©, aux c√īt√©s de Christian Sautter, ancien ministre et √©lu du 12e arrondissement, Yannick d'Escatha, pr√©sident du CNES, Jean-Jacques Dordain, directeur g√©n√©ral de l'ESA, Jo√ęl Barre, directeur g√©n√©ral d√©l√©gu√© du CNES, de la salle de contr√īle des vols, au lancement d'ARIANE 5 ECA qui a mis en orbite deux satellites : Skynet 5D d'Astrium Services pour le compte du minist√®re britannique de la d√©fense et Mexsat Bicentenario pour le Secr√©tariat mexicain des Communications et des Transports (S.C.T.).

La ministre se r√©jouit d'avoir partag√© un moment fort en √©motion avec ¬ęce 53e lancement r√©ussi d'ARIANE 5 d'affil√©e en 10 ans et ce nouveau record de 10 lancements en 2012 pour Arianespace. Ce succ√®s est celui d'une fili√®re europ√©enne d'excellence dont l'aboutissement s'est traduit, non seulement par ce nombre record de lancements mais aussi par le fait que ces missions aient √©t√© assur√©es par les 3 lanceurs Ariane-Soyuz-Vega op√©r√©s depuis le Centre spatial guyanais (CSG). C'est bien s√Ľr aussi le fruit d'une collaboration √©troite entre les acteurs de la fili√®re : l'ESA, le CNES, les industriels et enfin Arianespace et ses clients¬Ľ.

Ce succ√®s est √©galement le r√©sultat de la constance de la volont√© politique. La ministre tient √† ce sujet √† r√©affirmer son engagement √† conduire une politique spatiale ambitieuse ¬ęcar nous avons besoin d'une Europe √† la pointe technologique, qui cr√©e de l'emploi par la Recherche et l'Innovation. Or le domaine spatial est exemplaire, il repousse sans cesse les fronti√®res de la science et la technologie et diffuse largement ses r√©sultats dans de tr√®s nombreux secteurs industriels (connectique, mat√©riaux composites, cryog√©nie, informatique, √©lectronique ...). De ce point de vue, le Conseil minist√©riel de Naples est une vraie r√©ussite. Plus de 10 milliards d'euros ont √©t√© souscrits et une vision commune des 20 √©tats membres de l'ESA a √©t√© adopt√©e qui donne un nouvel √©lan √† l'Europe spatiale.¬Ľ./.

(Source : site Internet du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche)

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7. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Adoption de la r√©solution 2085 par le Conseil de s√©curit√© - Nouveau rapport de la commission d'enqu√™te des Nations unies pour la Syrie - Adoption d'une r√©solution sur un moratoire sur la peine de mort √† l'AGNU - Adoption √† l'AGNU de r√©solutions visant √† lutter contre les mutilations g√©nitales f√©minines et contre les violences √† l'√©gard des femmes - Droits de l'homme - Otage/Nig√©ria - Dialogue inter-afghan - R√©publique centrafricaine (Paris, 21/12/2012)

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Adoption de la résolution 2085 par le Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies vient d'adopter le projet de résolution porté par la France sur le Mali.

Cette résolution autorise le déploiement d'une force africaine au Mali pour permettre au pays de recouvrer son intégrité territoriale par la reconquête du Nord, tombé aux mains des narco-terroristes et en proie à des fondamentalistes. Elle répond à l'appel à l'aide du Mali et aux attentes de nos partenaires africains qui, au sein de la CEDEAO et de l'Union africaine, ont pris la direction des efforts internationaux pour résoudre la crise.

Le d√©ploiement de la MISMA √©tant autoris√©, la pr√©paration du d√©ploiement (g√©n√©ration de force, entra√ģnement, d√©ploiement effectif sur le terrain) doit s'engager sans tarder. De nombreux pays ont fait part de leur disponibilit√©. √Ä notre initiative, l'Union europ√©enne a d'ores et d√©j√† d√©cid√© d'apporter son soutien, financier et en termes de formation, √† la MISMA.

Comme c'est l'usage, le Conseil de sécurité continuera de suivre attentivement le processus de préparation de l'intervention.

L'opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l'Union européenne sur les plans financier et logistique. Cette résolution est aussi l'occasion pour le Conseil de sécurité de rappeler clairement la nécessité de progresser sur le volet politique, que ce soit dans la poursuite de la transition ou dans la mise en place d'un processus de dialogue et de réconciliation inter-maliens, y compris vis-à-vis du Nord. La résolution prend enfin pleinement en compte les aspects de lutte contre l'impunité et de respect des droits de l'Homme auxquels la France attache une grande importance et au suivi desquels nous resteront très attentifs dans les mois à venir.

Q - Dans la r√©solution il est √©crit que les autorit√©s maliennes doivent ¬ęfaire rapport tous les 60 jours sur le d√©ploiement et les activit√©s de la MISMA, y compris avant le lancement de l'offensive dans le nord du pays¬Ľ. Est-ce que cela veut dire que l'intervention militaire d√©pend du feu vert de Ban Ki-moon ? Est-ce qu'il doit donner son accord ?

R - La résolution 2085 donne l'autorisation de déploiement de la force. Il y a un certain nombre de choses à faire et à préciser pour le déploiement de cette force dont il sera rendu compte régulièrement au Conseil de sécurité, autant de précisions notamment demandées à l'Union africaine, autant de précisions demandées également au Secrétariat général des Nations unies.

Quant à savoir quand la force se déploiera, cela prendra en compte un certain nombre de paramètres : niveau de préparation de la force, niveau de formation des armées maliennes, des considérations liées à l'environnement dans lequel la force devra éventuellement se déployer dans la partie nord du pays, des considérations d'ordre climatique également. C'est l'ensemble de ces paramètres, avec un certain nombre de rapports qui seront faits régulièrement, qui déterminera ou non le déploiement de la force.

À très juste titre, notre représentant permanent auprès des Nations unies, Gérard Araud, comme la déclaration que je viens de faire, a souligné hier soir que cette nouvelle résolution 2085, comme les deux précédentes, traite de l'ensemble des aspects de la crise malienne. Ses aspects politiques, à la fois la nécessité d'une transition politique, de l'adoption d'une feuille de route et de l'organisation d'élections d'une part, et d'autre part, la nécessité d'un dialogue politique entre les autorités maliennes et les groupes rebelles non-terroristes du nord. C'est cet environnement politique-là aussi qui influera sur le calendrier et l'éventuel déploiement de la force.

Je rappelle, pour être complet, qu'il y a une autre force, celle déployée par l'Union européenne, avec son calendrier propre et un déploiement prévu à partir du premier trimestre 2013 pour une mission de formation et de conseil aux forces armées maliennes.

C'est l'ensemble de ces éléments mis ensemble qui forme un tout cohérent pour que le Mali recouvre l'intégrité de son territoire et pour lutter contre le terrorisme au nord de ce pays. C'est une étape importante qui vient d'être franchie, comme le souhaitait la France qui a porté ce sujet depuis plusieurs mois.

Q - La résolution concerne des élections pour avril 2013, ou ?

R - Le plus t√īt possible, pour citer la r√©solution 2085.

Q - Comment organiser des élections dans la situation dans laquelle est le Mali actuellement ?

R - Là encore, le calendrier dépendra aussi de l'évolution de la situation sur place, sur le terrain. Nous avons toujours dit que, pour que ces élections aient un sens, et que les institutions qui en découleront aient une légitimité, il faut qu'un certain nombre de conditions soit rempli. On imagine mal organiser aujourd'hui des élections qui répondent à ces critères, dans un pays coupé en deux avec les deux-tiers de son territoire sous l'emprise de groupes terroristes.

Ces √©lections sont un √©l√©ment essentiel du processus de transition qui doit √™tre mis en place au Mali. Il est √©vident qu'il n'y aura de sortie de crise durable et d√©finitive au Mali que si l'ensemble des aspects de la crise, politique, humanitaire et s√©curitaire, sont trait√©s. Le plus t√īt possible, cela veut dire d√®s que les conditions le permettront pour organiser des √©lections libres et qui puissent d√©signer des institutions qui soient repr√©sentatives et l√©gitimes.

2 - Nouveau rapport de la commission d'enquête des Nations unies pour la Syrie

La dernière actualisation du rapport de la commission d'enquête des Nations unies pour la Syrie jette à nouveau une lumière crue sur la tragédie que vit le peuple syrien, face à un régime prêt à toutes les violences pour assurer sa seule survie.

La commission confirme l'augmentation continue du niveau de violences dans les combats entre les forces du régime de Damas, qui utilise sans retenue ses moyens militaires contre le peuple syrien, et les groupes armés de l'opposition.

La commission confirme des violations massives des droits de l'Homme et de toutes les règles du droit international humanitaire, principalement du fait des forces du régime de Damas. De graves violations commises par les groupes armés de l'opposition sont également documentées par la Commission d'enquête, mais elles sont sans commune mesure avec l'ampleur de celles commises par les forces gouvernementales.

L'usage par le gouvernement d'armements lourds contre les groupes d'opposition et les populations civiles, dans des attaques indiscriminées et d'un niveau de violence disproportionné, est dénoncé. Les forces gouvernementales continuent de cibler directement les populations civiles dans leurs opérations terrestres ou leurs bombardements aériens, en complète violation du droit des conflits armés.

Il est indiqué également que les forces gouvernementales et les milices pro-gouvernementales Shabbiha procèdent de plus en plus à des exécutions sommaires de personnes armées ou non-armées, ainsi que de prisonniers.

Ce rapport r√©v√®le qu'un nombre important de t√©moignages accr√©dite une pratique g√©n√©ralis√©e de la torture dans les centres de d√©tention du r√©gime. Avec les milices pro-gouvernementales Shabbiha, la ¬ębranche 215 de la s√©curit√© militaire¬Ľ est identifi√©e comme l'un des organes plus particuli√®rement responsable des tortures, qui frappent √©galement les enfants.

Le rapport de la commission d'enquête confirme l'ampleur des souffrances que doit endurer tout un peuple en raison de l'obstination criminelle d'un régime dont le seul but est sa propre survie. Un tel régime n'a plus aucune légitimité. Bachar Al-Assad doit partir et laisser la place sans délai à un gouvernement de transition répondant aux aspirations légitimes de liberté du peuple syrien. La France appelle la coalition nationale syrienne à s'engager à ce que les groupes armés qui lui sont affiliés respectent les droits de l'Homme et le droit international humanitaire .Tous les coupables sans exception des crimes dénoncés par la commission d'enquête devront répondre de leurs actes devant la justice.

La Commission rendra son prochain rapport le 25 janvier.

Q - La dernière phrase de la déclaration signifie-t-elle que même les opposants qui sont accusés d'exactions seront poursuivis ?

R - C'est cela exactement.

Q - Le président russe a déclaré hier je crois que son souci n'est pas le régime de Bachar Al-Assad mais l'avenir de la Syrie. Est-ce que cela indique un petit pas en avant dans la position des Russes ?

R - Je ne voudrais pas me livrer à une exégèse, à une paraphrase ou une surinterprétation des propos de M. Poutine. Il me semble d'ailleurs que c'est une déclaration qu'il avait déjà faite, pas exactement dans les même termes, il y a quelques temps. Il avait alors déclaré, je cite de mémoire, que la Russie n'était pas mariée avec M. Bachar Al-Assad. Si on rapproche ces deux déclarations, il n'y a pas véritablement d'inflexion dans la position russe.

Notre souhait, en effet, reste que les autorités russes, avec lesquelles nous sommes en contact très étroit, nous rejoignent à la fois dans l'analyse que nous faisons de la crise syrienne, des risques qu'elle fait peser sur le pays, sur l'ensemble de la région, de la nécessité urgente d'un arrêt des violences et d'une transition politique. De tout cela, nous parlons avec les autorités russes, au plus haut niveau, notamment ministériel, mais également au niveau des services.

3 - Adoption d'une résolution sur un moratoire sur la peine de mort à l'Assemblée générale des Nations unies

La France salue l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies le 20 décembre 2012 de la résolution appelant à un moratoire sur la peine de mort, en vue de son abolition universelle.

Ce texte pr√©sent√© par 90 √Čtats de l'ensemble des continents dont la France et ses partenaires europ√©ens. Il a √©t√© adopt√© √† une tr√®s large majorit√© de 111 √Čtats membres, jamais atteinte auparavant. Cela confirme le renforcement de la mobilisation internationale et la tendance mondiale en faveur de l'abolition universelle de la peine de mort.

M. Laurent Fabius a fait de l'abolition universelle de la peine de mort un axe fort de l'action diplomatique de la France. Ce succès nous montre qu'il convient de poursuivre nos efforts avec nos partenaires.

4 - Adoption à l'Assemblée générale des Nations unies de résolutions visant à lutter contre les mutilations génitales féminines et contre les violences à l'égard des femmes

La France salue l'adoption hier par consensus par l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies de la r√©solution sur l'intensification de l'action mondiale visant √† √©liminer les mutilations g√©nitales f√©minines. Il s'agit de la premi√®re r√©solution adopt√©e sur ce th√®me par l'AGNU. Elle a pour objet de pr√©venir les mutilations g√©nitales f√©minines et appelle les √Čtats √† condamner ces pratiques, √† lutter contre l'impunit√© et √† lancer notamment des campagnes d'√©ducation pour les combattre.

La France se f√©licite √©galement de l'adoption le m√™me jour par consensus de la r√©solution sur l'intensification des efforts en vue d'√©liminer toutes les formes de violence √† l'√©gard des femmes. La France est avec les Pays Bas √† l'initiative de cette r√©solution, adopt√©e par consensus et co-parrain√©e par 103 √Čtats. Cette r√©solution a pour objet la protection des femmes victimes de violence et appelle notamment les √Čtats √† am√©liorer le cadre juridique en mati√®re de protection et d'aide aux femmes victimes de violences. Il s'agit √©galement du th√®me prioritaire de la prochaine session de la Commission de la condition de la femme (4-15 mars 2013).

5 - Droits de l'Homme

L'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies a √©galement adopt√© des r√©solutions concernant la situation tr√®s pr√©occupante des droits de l'Homme en Syrie et en Iran. Je souligne √©galement, l'adoption pour la premi√®re fois par consensus, d'une r√©solution faisant √©tat des violations des droits de l'Homme en Cor√©e du Nord, ainsi que d'une r√©solution sur la Birmanie, o√Ļ, sans √™tre satisfaisante, la situation les droits de l'Homme a r√©cemment √©volu√© de fa√ßon positive.

6 - Otage/Nigéria

Q - Le président François Hollande a déclaré ce matin que les ravisseurs étaient soit liés à AQMI soit à des groupes au Mali. Avez-vous davantage d'informations ?

R - Non, je vous renvoie aux déclarations du président de la République à la fois hier soir et ce matin. Je vous renvoie également aux déclarations faites sur ce même sujet par le ministre des affaires étrangère.

Nous n'avons pas, pour l'instant, de revendication. On ne peut donc pas dire avec certitude qui est responsable de cet enlèvement. Cela étant, dans la zone géographique dans laquelle l'enlèvement a eu lieu, c'est-à-dire le Nord du Nigéria, se trouvent traditionnellement des groupes terroristes liés à Al-Qaida, à AQMI, au Mujao et à Boko Haram.

Q - On sait qu'il y a beaucoup d'enlèvements crapuleux au Nigéria, est-ce que ça peut être le cas ? Vous dirigez-vous vers cette piste ?

R - Cela fait en effet partie des pistes que nous examinons. C'est une possibilité.

Q - Vous n'écartez pas la piste politique non plus ?

R - Aucune piste n'est écartée. Nous ne souhaitons pas être trop précis car l'enlèvement a eu lieu il y a peu de temps et nous essayons d'en vérifier les circonstances exactes.

Q - Avez-vous l'identité du Français qui a été enlevé ?

R - Nous ne communiquons jamais cette information tant que nous n'avons pas eu un contact avec la famille et son accord. Nos sommes en contact très étroit avec elle. Le centre de crise du ministère en est chargé. Toute information recoupée, authentifiée que nous obtenons, nous commençons par en discuter avec la famille. De manière générale, nous restons très discret dans ces affaires-là, à la fois dans le souci de préserver l'otage et de préserver sa famille.

Q - En sait-on plus sur l'objet de son séjour là-bas ? J'ai lu dans la presse qu'il était ingénieur ?

R - On n'en sait pas plus pour l'instant.

Q - On parle de quelqu'un qui serait éventuellement originaire de la Réunion, avez-vous des précisions sur cela ?

R - Nous n'avons pas de commentaires à faire pour l'instant.

Q - Il s'agit du deuxième otage français enlevé dans cette zone géographique depuis quelques semaines. Avez-vous l'impression qu'il y a une recrudescence de prise d'otage spécifiquement contre les Français. Est-ce lié à la situation au Mali ?

R - Ce sont des zones tr√®s dangereuses, aussi bien celle √† la fronti√®re entre la Mauritanie et le Mali, o√Ļ a eu lieu le pr√©c√©dent enl√®vement, que celle se trouvant au Nord du Nig√©ria, pour ce qui concerne cet enl√®vement. Ce sont des zones o√Ļ nous d√©conseillons fortement de se rendre.

Le minist√®re des affaires √©trang√®res a un site conseil aux voyageurs qui √©value le niveau de s√©curit√© de tous les √Čtats du monde et notamment des √Čtats que nous √©voquons aujourd'hui. Ces deux zones sont consid√©r√©es comme extr√™mement dangereuses.

Q - Y a-t-il des similitudes avec d'autres enlèvements de Français notamment par AQMI ?

R - Je ne peux pas r√©pondre √† cette question maintenant car nous sommes en train de v√©rifier ce qui s'est exactement pass√©. Une fois que l'on aura v√©rifi√© et recoup√©, alors nous pourrons tirer des conclusions plus pr√©cises. Aujourd'hui il est beaucoup trop t√īt pour le faire.

7 - Dialogue inter-afghan

Q - Pourquoi ne communiquez-vous pas sur le dialogue inter-afghan ?

R - J'ai été beaucoup interrogé ces derniers temps sur le colloque auquel vous faites référence. Il est organisé par la Fondation pour la recherche stratégique et non pas par le Quai d'Orsay. La fondation a décidé d'organiser ce séminaire de manière fermée et de ne pas communiquer en particulier sur deux sujets : la liste des participants à ce séminaire et les interventions faites au cours de cette rencontre.

Q - Vous attendez-vous à un rapprochement entre les participants de ce séminaire ? Peut-il y avoir des retombées positives sur la situation interne en Afghanistan ?

R - Si cela peut aider au dialogue entre les différents composants de la société afghane, tant mieux. En aucune manière cependant, il ne s'agit d'un cadre de négociation, ou de négociations parallèles qui relèvent de la responsabilité des Afghans, avec le soutien des Nations unies.

8 - République centrafricaine

Q - La situation en République centrafricaine vous inquiète-t-elle ? Même si un dialogue est prévu, la situation reste instable, notamment pour les Français qui y résident.

R - Nous avons condamné l'action des rebelles dès mardi matin et appelé à la tenue d'un dialogue national pour permettre une sortie de crise sans délai.

La solution doit √™tre politique. √Ä cette fin, nous souhaitons qu'une coordination internationale (ONU, UA, UE) soit mise en oeuvre pour la tenue d'une ¬ętable ronde¬Ľ. Cette derni√®re doit permettre d'aborder les questions de mise en oeuvre du processus de d√©sarmement, d√©mobilisation et r√©insertion et marquer la reprise d'un v√©ritable dialogue avec l'opposition.

Notre position n'a pas varié depuis les premières déclarations que nous avons faites.

Q - Il n'y a pas d'inquiétude particulière pour les Français qui sont là-bas ?

R - Non, pas pour l'instant, mis à part les appels classiques à la vigilance. 1 200 Français environ y sont présents et se trouvent pour l'essentiel à Bangui./.

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8. Mali - Remarques √† la presse du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 20/12/2012)

(En français et en anglais)

En votant √† l'unanimit√© la r√©solution 2085 le Conseil de s√©curit√© a r√©pondu aux demandes qui avaient √©t√© pr√©sent√©es de mani√®re claire et forte par le Mali, par la CEDEAO et par l'Union africaine. Nul n'ignore la complexit√© de la t√Ęche qui attend la communaut√© internationale pour restaurer l'int√©grit√© territoriale du Mali et pour mettre un terme aux activit√©s terroristes dans le nord de ce pays.

√Ä cette t√Ęche complexe, la r√©solution qui vient d'√™tre vot√©e apporte une r√©ponse raisonnable. Raisonnable d'abord parce qu'elle privil√©gie le dialogue politique pour atteindre ses objectifs. Notre texte n'est pas une d√©claration de guerre. Notre texte n'est pas le choix de l'option militaire. C'est tout au contraire l'expression de notre espoir qu'un dialogue politique entre les autorit√©s de Bamako et les groupes arm√©s du nord du pays qui se dissocient du terrorisme m√®ne √† un accord politique qui permette la tenue d'√©lections dans l'ensemble du pays et le retour pacifique de l'arm√©e malienne dans ses garnisons.

Raisonnable notre démarche l'est aussi parce qu'elle prend en compte le risque que la crise implique pour la population civile en prévoyant de manière inédite, en ce qui concerne une force qui n'est pas une force des Nations unies, des mécanismes précis d'observation des droits de l'Homme et de la situation humanitaire dans le pays.

Raisonnable enfin parce que si une intervention militaire se révèle nécessaire, elle n'interviendra que le moment venu, une fois que le processus politique aura produit ses effets et que l'armée malienne, reconstituée et soutenue par la force africaine, sera capable de disperser les groupes terroristes.

Cette nouvelle résolution, la troisième que nous votons depuis le mois de juillet sur la crise malienne, est une étape importante pour une solution de la crise malienne. Mais ce n'est qu'une étape. Beaucoup reste à faire sur le terrain et à New York. La France continuera de soutenir ses amis maliens et africains.

Q - Comment sera financée la force ?

R - Dans la r√©solution, nous demandons au Secr√©taire g√©n√©ral de faire un rapport dans les trente jours sur les diff√©rentes mani√®res possibles de soutenir le financement de cette force. Nos amis africains, et cela a encore √©t√© r√©p√©t√© aujourd'hui par le pr√©sident de la CEDEAO, consid√®rent que, comme pour l'AMISOM, il serait n√©cessaire d'avoir un paquet logistique des Nations unies. La France naturellement les soutiendra. L'Union europ√©enne a √©galement annonc√© son intention d'apporter son soutien √† la force africaine. Je ne parle pas au nom des √Čtats-Unis mais je crois qu'ils ont exprim√© leur disponibilit√©. La France √©galement y contribuera.

Notre intention également, et cela figure dans les textes, est d'organiser une conférence des donateurs pour permettre une mobilisation de toutes les sources de financement.

Q - Une indication de combien cela peut co√Ľter ?

R - L'autorisation vient d'√™tre donn√©e, la force va se d√©ployer et ce sera aux sp√©cialistes de nous dire le co√Ľt exact de la force. Nous avons des estimations mais nous n'avons pas le co√Ľt exact.

Q - Some says that the earliest military action operation which could take place would be in September 2013. Do you agree with that assessment ?

R - On the assessment, I am a civilian, so I don't know when it is possible. Nobody knows at the stage when it is possible. The first step is that we have to give operational capabilities to the Malian armed forces. We also have to work with the African forces. Afterwards it will depend on the political process on one side, on the weather and on the status of the armed forces and of the situation. It is premature to indicate when the military operation will take place. In fact, the question is even whether the military operation will take place. Our goal would be to have a real political process which will allow the Malian army to go back to its barracks in the northern part of the country without fighting. That would be our preferred option.

Q - Le capitaine Sanogo n'est visiblement pas pour l'intervention d'une force internationale. Comment cette résolution qui autorise le déploiement d'une force internationale à Bamako pourra se faire, se coordonner avec le gouvernement malien ?

R - Cette force est demandée par les autorités maliennes. La communauté internationale n'a pas à chercher qui est pour ou contre. Les autorités de transition maliennes ont demandé l'intervention de cette force. Son concept d'opération a été élaboré avec l'état major des Forces armées maliennes. À ce stade, nous ne voyons pas de problème : les autorités maliennes sont en faveur de la venue d'une force africaine.

Q - Mais qu'en est-il pour la stabilité ?

R - Un √Čtat de droit comme la France, ou les Nations unies, a comme interlocuteurs les autorit√©s l√©gitimes maliennes, c'est-√†-dire les autorit√©s de transition, c'est-√†-dire le pr√©sident ainsi que le chef du gouvernement./.

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9. Consolidation de la paix post-conflit - Intervention du repr√©sentant permanent adjoint de la France aupr√®s des Nations unies (New York, 20/12/2012)

 

Je remercie le Secrétaire général et le président de la Commission de consolidation de la paix pour leurs présentations. Je m'associe à la déclaration que prononcera l'Union européenne.

Vingt ans apr√®s la publication du rapport de l'ancien Secr√©taire g√©n√©ral, M. Boutros Boutros Ghali, intitul√© ¬ęAgenda pour la Paix¬Ľ, les Nations unies se sont dot√©es de nombreux moyens pour faire face au d√©fi de la consolidation de la paix. Nous avons aujourd'hui l'opportunit√© de faire le bilan des initiatives conduites dans ce domaine.

La consolidation de la paix constitue un v√©ritable d√©fi pour l'Organisation des Nations unies. Il est indispensable que la Communaut√© internationale dispose d'outils efficaces afin d'√©viter la ¬ęrechute¬Ľ et la r√©surgence de la violence dans les √Čtats fragilis√©s par les conflits. L'actualit√© nous offre de nombreux exemples de la persistance des risques dans les situations post-conflits. Il est donc n√©cessaire que les Nations unies, dans leur ensemble, utilisent au mieux les moyens √† leur disposition pour r√©pondre au d√©fi de la consolidation de la paix.

Je souhaiterais revenir sur trois aspects qui ont été présentés comme prioritaires dans le rapport du Secrétaire général :

Premièrement, les processus de consolidation de la paix doivent être inclusifs.

Aucune reconstruction n'est possible sans une véritable appropriation nationale des objectifs de consolidation de la paix. Mais pour être durable, cette reconstruction doit reposer sur un processus inclusif.

Ce Conseil a encore pu constater hier à propos de la situation en République centrafricaine. Il est essentiel que toutes les parties prenantes acceptent les termes du processus de consolidation de la paix et y participent pleinement. Il est indispensable que ces processus passent par la tenue de dialogues politiques larges, dans lesquels l'opposition, dans un cadre démocratique, a toute sa place.

Il faut également prendre en compte l'avis de différents segments de la société. Travailler à la consolidation de la paix dès la fin d'un conflit doit également passer par une valorisation de la contribution des femmes.

Les femmes doivent avoir accès, de manière plus systématique et sur un pied d'égalité avec les hommes, aux domaines politiques, économiques, sociaux et culturels. À cet égard, nous soutenons pleinement la recommandation du Secrétaire général d'assurer une participation active des femmes dans tous les aspects de la consolidation de la paix. Les objectifs de son Plan d'action en sept points doivent être mis en oeuvre.

Deuxièmement, l'effort qui porte sur la mise en place d'institutions doit être renforcé

La mise en place d'institutions est un facteur cl√© pour la r√©ussite de la consolidation de la paix. Mais au-del√† des institutions stricto sensu, c'est tout un environnement propice √† la consolidation de la paix qui doit √™tre mis en place. Cela passe donc √©galement par la mise en oeuvre de RSS (r√©forme de secteur de la s√©curit√©), du processus de DDR (d√©mobilisation, d√©sarmement, r√©int√©gration), d'un soutien √† la r√©conciliation nationale, √† la constitution d'un √Čtat de droit et √† la revitalisation du tissu √©conomique.

La mise en place de tous ces éléments suppose une excellente coordination des acteurs impliqués sur la durée et un séquençage adéquat des transitions.

- La coordination de tous est indispensable √† tous les niveaux. La Commission de consolidation de la paix (CCP), dont je voudrais saluer le travail aujourd'hui, peut jouer ce r√īle de contact entre diff√©rents membres de la communaut√© internationale (√Čtats, organisations internationales, institutions financi√®res). Nous encourageons la CCP √† intensifier ses efforts dans ce domaine.

- Les transitions doivent se prévoir dans la durée. Ces transitions recouvrent de nombreuses réalités (par exemple passage d'une opération de maintien de la paix à une mission politique spéciale, ou d'une mission politique à un retrait de l'action des Nations unies). La mise en place d'une séquence adéquate passe par la définition de critères mais également par l'anticipation. Le plan de transition mis en place avec la MINUT au Timor-Leste, développé sur la durée et en étroite coordination avec les autorités locales, nous donne un exemple dans lesquelles les réformes institutionnelles ont pu être ajustées avec attention afin de préparer le retrait de la mission.

Troisièmement, le soutien international doit être durable et fondé sur le principe de responsabilité mutuelle.

La consolidation de la paix implique des efforts de long terme. Je souhaiterais mettre l'accent sur deux initiatives qui sont sources d'espoir pour une consolidation de la paix durable : le ¬ęNew Deal¬Ľ et l'initiative sur la revue des capacit√©s civiles.

- Le r√īle de la communaut√© internationale est de cr√©er les conditions d'un r√©tablissement du pays. Les √Čtats qui re√ßoivent une aide ne doivent pas √™tre maintenus ind√©finiment sous perfusion. Pour y faire face, une option √† privil√©gier est la mise en place de contrats, tels que le ¬ęCompact¬Ľ du ¬ęNew Deal¬Ľ, qui a √©t√© d√©fini lors du Forum sur l'efficacit√© de l'aide √† Busan. Ces contrats consistent √† d√©finir des engagements des √Čtats et permettent donc de l'impliquer dans la d√©marche.

Les initiatives visant à restaurer un tissu économique viable doivent être particulièrement encouragées. L'organisation d'un événement conjoint entre l'ECOSOC et la Commission de consolidation de la paix au mois de juin sur les partenariats pour la création d'emploi des jeunes a été utile. Mais l'important est qu'il trouve une traduction concrète sur le terrain.

- Pour assurer la durabilité de l'engagement de la communauté internationale, certaines réflexions ont été lancées, comme par exemple la revue des capacités civiles.

Nous tenons à encourager le Secrétaire général à continuer à élargir et à approfondir le vivier d'experts civils pour répondre aux besoins immédiats de renforcement des capacités des pays sortant d'un conflit. La question du développement des partenariats est un élément central de cette revue et nous estimons que là réside le meilleur espoir d'un engagement dans la durée de tous les partenaires. Nous notons avec intérêt le lancement de l'initiative CAPMATCH.

En conclusion, je relève que la mobilisation forte de nombreux acteurs sur cette question cruciale a permis la mise en place de nombreux outils performants. À nous maintenant de les exploiter au mieux, en nous appuyant autant que possible sur les synergies entre les différents instruments dont nous disposons. C'est de cette façon que pourra être assurée la cohérence de l'action internationale et la lisibilité de l'action des Nations unies en matière de consolidation de la paix.

Je vous remercie./.

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