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Bulletin d'actualités du 10 décembre 2012


Sommaire



1. Suisse - Conférence de presse conjointe du président de la République, M. François Hollande, et de la présidente de la Confédération suisse, Mme Eveline Widmer-Schlumpf - Propos de M. Hollande - (Paris, 07/12/2012)

J'ai eu grand plaisir d'accueillir ici, à l'Élysée, la présidente de la Confédération Suisse, Éveline Widmer-Schlumpf. Nous avions convenu depuis déjà plusieurs mois du principe d'une venue de la présidente. J'ai moi-même répondu, bien volontiers, à l'invitation qui m'a été faite de me rendre en Suisse dans les prochains mois.

Aujourd'hui, je voulais insister sur la qualité de nos relations entre nos deux pays. Elle repose sur l'Histoire, fondée bien sûr sur une géographie que chacun connaît. Mais elle se traduit, tous les jours, par des relations économiques, culturelles et scientifiques de haut niveau.

Pour en rester sur le seul sujet des relations commerciales et économiques, la Suisse est - avec des entreprises de grande taille - le troisième investisseur étranger en France. Par ailleurs, notre commerce extérieur est équilibré - pour la France, c'est un point positif ! Enfin, nous avons près de 200.000 salariés français qui travaillent chaque jour en Suisse.

Nous avons aussi conscience que la Suisse est un pays pas forcément très peuplé - 8 millions de personnes - mais qui a une économie dynamique et une industrie forte. Elle offre donc toutes les raisons pour amplifier encore nos échanges.

Nous avons aussi une communauté de langue même si elle n'est pas parlée partout en Suisse. La Suisse fait partie de l'espace francophone. Nous nous retrouvons donc, dans cette organisation, pour porter des valeurs et des principes qui nous unissent profondément.

Si je voulais même remonter loin dans notre histoire commune, je crois que la Suisse est l'un des tout premiers pays avec lesquels la France a eu des relations diplomatiques.

Il y a le passé, il y a le présent - l'ampleur des échanges économiques, culturels et humains - et il y a aussi ce que nous avons à faire pour l'avenir. Je pense que nous pouvons multiplier les coopérations universitaires, culturelles et scientifiques. Nous pouvons accroître encore notre partenariat économique pour faire en sorte que nos entreprises puissent travailler davantage ensemble et lever un certain nombre d'obstacles à nos échanges. Et puis nous devons, c'est vrai, régler certaines situations fiscales. Mais elles ne doivent pas être regardées comme le seul enjeu de la relation entre la France et la Suisse.

Parmi les dossiers qui sont les plus souvent cités et que nous avons bien sûr abordés avec la présidente, il y a l'aéroport Bâle-Mulhouse qui, je le rappelle, emploie 6.500 personnes. Nous sommes là sur la base d'un accord. Il est en train de connaître sa dernière rédaction, notamment pour le droit du travail mais aussi pour la fiscalité. Je peux constater là une véritable convergence de vues et le principe d'un accord.

Sur la convention fiscale concernant l'imposition sur les successions, nous avons eu un long travail. Il est maintenant abouti. Les autorités suisses, selon les procédures qui leur appartiennent, vont permettre maintenant la ratification de cette convention.

Il y a également - c'était une demande de la France et la Suisse a bien voulu y accéder - les échanges d'informations fiscales pour lutter contre la fraude. Là encore, nous progressons et je pense que c'est une bonne attitude que nous devons saluer. C'est parce que nous pouvons être capables de régler ces questions que nous pourrons engager un dialogue plus structurel pour mener à bien ces évolutions dans nos relations fiscales.

Nous avons également abordé le sujet de la transition énergétique. La Suisse a pris un certain nombre de décisions par rapport à l'avenir du nucléaire. C'est sa responsabilité mais nous pouvons - France et Suisse - multiplier les projets sur les énergies renouvelables et sur la manière d'économiser les énergies. Nous pouvons aussi pleinement nous engager dans la négociation sur le climat car nous portons les mêmes priorités.

S'agissant de l'actualité internationale, nous avons évoqué trois sujets avec le ministre des affaires étrangères et la présidente de la Confédération. Le premier, c'est l'Iran pour faire que la pression des sanctions puisse être la plus efficace possible. Le second sujet, c'est la Syrie où nous avons, là aussi, une communauté de vues. Enfin, nous avons donné toutes les explications sur notre position par rapport au Sahel. Vous savez que les choses progressent puisqu'il va bientôt y avoir une résolution votée au Conseil de sécurité. Je sais que la Suisse peut être aussi un facteur de dialogue, de mobilisation et de contact dans cette partie-là de l'Afrique.

Tout cela pour vous dire qu'il y a vraiment - même si nous n'avons pas occulté les sujets qui sont les plus délicats - une très bonne entente entre la France et la Suisse, une volonté commune de régler les questions qui ont parfois freiné les relations entre nos deux pays.

Merci Madame.

Q - Monsieur le Président, maintenez-vous l'idée, que vous aviez pendant la campagne, de taxer les exilés fiscaux ? Est-il envisageable que la France signe les accords «Rubik» que la Suisse serait très intéressée de pouvoir signer avec vous ?

R - Dans la campagne présidentielle, il ne vous a pas échappé que plusieurs candidats avaient parlé de fiscaliser les exilés. J'ai simplement posé un principe : il doit y avoir une coopération entre tous les Etats - les membres de l'Union européenne comme ceux qui n'en sont pas - pour que nous puissions avoir des règles fiscales qui nous permettent de lutter contre l'évasion. C'est le sens d'ailleurs des relations que nous avons, par exemple, avec la Suisse, et j'ai également fixé ce même principe avec la Belgique ou avec le Luxembourg. Nous avons des conventions fiscales que nous devons revoir, pour permettre qu'il y ait une appréhension des biens ou des revenus dès lors que nous considérons qu'ils peuvent pour partie être taxés en France. Par exemple - si je peux en donner un - la convention fiscale sur les successions doit permettre de mieux taxer un certain nombre d'évolutions de patrimoine, notamment de citoyens français en Suisse.

Concernant les accords «Rubik», vous avez vu les difficultés qu'a l'Allemagne à faire ratifier ce processus. Donc, avant de nous lancer dans une telle opération, nous voudrions d'abord avoir réglé les problèmes que j'ai posés, c'est-à-dire la convention fiscale sur les successions, l'échange d'informations et puis aussi le dialogue qui permettra justement d'aller plus loin dans la coopération fiscale. Nous en sommes là. Il ne peut pas y avoir - nous en avons d'ailleurs parlé avec la présidente - d'amnistie fiscale.

(...)

Q - Toujours sur cette convention sur les successions, est-ce que vous pouvez préciser quelles modifications la France a proposé ? Quelles modifications ont été proposées ?

R - C'est plutôt les Suisses qui nous ont proposé des modifications.

Q - Alors quelles modifications la Suisse a proposé ?

R - Je laisserai la Suisse en parler, mais nous avons regardé les modifications qui nous étaient demandées. Pour nous il y a un principe que chacun doit comprendre, c'est que dès lors qu'un patrimoine est en France il doit être taxé pour les successions en France. Comme je vous l'ai dit, il n'y a pas que les questions fiscales entre la France et la Suisse, même si j'ai compris que cela préoccupait beaucoup et en France et en Suisse. Je pense que nous devons aller dans ce sens du dialogue, de la clarification et du progrès.

Une question qui ne m'a pas été posée mais qui devait l'être, et qui m'a été posée par la présidente : il semblerait qu'il y ait des interrogations en Suisse sur le fait qu'il pourrait y avoir des agents du fisc français qui viennent passer leurs vacances en Suisse pour surveiller un certain nombre de patrimoines ou de personnes. Eh bien, je vous réponds non, il n'y a pas d'agents du fisc français présents en Suisse, dès lors qu'ils n'ont pas été autorisés à l'être par les autorités de ce pays.

Nous, ce que nous demandons c'est d'avoir des informations qui nous viennent officiellement et nous n'avons pas à les rechercher par d'autres moyens.

Merci beaucoup, si j'ai pu rassurer j'en suis heureux. Si vous voyez des Français, ne pensez pas qu'ils viennent passer leurs vacances parce qu'ils sont agents des impôts. C'est parce qu'ils aiment la Suisse tout simplement./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Monaco - Déjeuner du président de la République, M. François Hollande, avec le Prince Albert de Monaco - Communiqué de la présidence de la République (Paris, 07/12/2012)

Le président de la République a reçu S.A.S. le Prince Albert II, Prince souverain de Monaco, pour un déjeuner de travail le 7 décembre au palais de l'Élysée.

Il s'agissait de leur première rencontre formelle depuis l'élection du chef de l'État. Elle s'est déroulée dans un climat particulièrement confiant.

Le président de la République et le Prince se sont félicités de l'excellence des relations franco-monégasques. La prospérité économique de la Principauté est un atout pour la France. Près de 35.000 Français travaillent à Monaco. Plus de 8.000 y sont installés.

Le président de la République et le Prince ont réaffirmé leur attachement à la communauté de destin entre la France et Monaco, scellée par le traité du 24 octobre 2002, dont cette année marque le dixième anniversaire.

Ils ont eu des échanges approfondis sur plusieurs sujets de politique internationale, notamment la protection de l'environnement, des pôles et de la biodiversité des mers et des océans, et la conférence de Doha sur la lutte contre le changement climatique, à laquelle le Prince a participé. Le président de la République a confirmé que la France était disponible pour accueillir en 2015 la conférence sur le climat.

Le président de la République s'est félicité de l'engagement de Monaco, sous l'impulsion du Prince, pour se conformer aux standards internationaux de transparence fiscale et de lutte contre le blanchiment.

Le président de la République a rappelé que la France souhaite que le processus de dialogue entre Monaco et les instances de l'Union européenne se fasse dans le strict respect des intérêts et des spécificités de la Principauté. L'objectif souhaitable d'une plus grande intégration de dans le marché intérieur devra se concrétiser par un accord-cadre spécifique entre Monaco et l'Union européenne.

À l'invitation du Prince, le président de la République a accepté de se rendre prochainement en visite officielle à Monaco./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Mali-Sahel-Otages français/Syrie/Égypte/Qatar/Algérie/Mexique affaire Cassez/UE-Prix Nobel de la paix/Diplomatie économique/Changement climatique - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec «Le Grand Jury RTL/LCI/Le Figaro» - extraits - (Paris, 09/12/2012)

Q - Le frère d'un otage du Sahel s'adresse ce week-end, via une vidéo, aux ravisseurs des Français qui ont été enlevés il y a plus de deux ans au Niger ; il le fait manifestement par désespoir. Clément Legrand, qui est le frère de Pierre Legrand détenu donc au Sahel, dit ceci : «nous ne comprenons pas pourquoi tout est bloqué». Qu'est-ce que vous lui répondez ?

R - Les questions d'otages sont toujours très difficiles. Il s'agit d'hommes dont la vie est en danger et de familles qui sont évidemment dans l'angoisse. Nous agissons mais nous le faisons dans la discrétion ; j'ai d'ailleurs constaté que cette intervention - que je ne souhaite pas commenter - avait été contestée par d'autres familles. Tout ce que je puis vous dire, c'est que les services agissent. Le président de la République a donné des instructions en ce sens. Dans le même temps, il faut être discret.

Q - Il n'a pas averti les autorités françaises de sa démarche ; est-ce que cela perturbe votre travail ?

R - Je ne veux pas faire d'autres commentaires.

Q - Alors ils interviennent dans la discrétion, les services français, mais en même temps, les familles se retrouvent toutes pour dire qu'elles ne sont pas tenues au courant, qu'elles ne savent pas ce qui se passe, qu'elles sont traitées avec une forme d'indifférence notamment par le Quai d'Orsay.

R - Non, je n'ai pas entendu cela d'autant plus que ce serait inexact. Le Centre de crise du Quai d'Orsay, dirigée par M. Mostura, est en contact permanent avec les familles. Cela dit, je vous l'ai indiqué à l'instant, il faut être à la fois actif - les services le sont, en liaison avec les entreprises - et discret.

Q - Mais est-ce que vous, vous avez les familles parfois au téléphone ? Est-ce que vous allez les recevoir au Quai d'Orsay, pour les tenir informées ?

R - Je les ai reçues, bien sûr.

Q - Ils disent : «on va passer un troisième Noël sans nos proches». Avez-vous des preuves de vie ? Savez-vous qui les retient ?

R - Oui.

Q - Mais vous n'en direz pas plus.

R - Non.

Q - Au-delà de la question des otages, il y a la question du Mali et notamment de cette force d'intervention que nous soutenons, qui a été approuvée par les États de l'Afrique de l'ouest, c'était le 15 novembre ; et puis, depuis, on a l'impression qu'il ne se passe rien, que finalement personne n'est très pressé d'intervenir, que l'ONU gèle l'affaire, que les États africains ne sont pas pressés de mettre des troupes. Donc où en est-on de cette fameuse intervention ?

R - Je vais vous le dire exactement : d'abord, il faut bien comprendre que ce qui se passe au Nord du Mali correspond à la montée de ce qu'on appelle le narco-terrorisme. Il y a au Nord du Mali plusieurs centaines de personnes qui sont des terroristes très lourdement armés...

Q - Des centaines... pas plus ?

R - Plusieurs centaines de personnes très lourdement armées, avec beaucoup d'argent, liées à la fois au trafic des otages et au trafic de drogue. Si on les laisse faire, ce n'est pas seulement le Mali qui sera menacé, mais bien l'ensemble de l'Afrique, de l'Ouest à l'Est, et aussi l'Europe. Il s'agit donc d'un combat contre le terrorisme.

Alors que faut-il faire ? Trois séries de choses. La première action est de nature politique. Elle appartient aux Africains et d'abord aux Maliens. Il s'agit à la fois de bien asseoir le pouvoir de Bamako et d'assurer la mise en place de discussions avec les Maliens du Nord. Cela est en train d'être fait. Deuxièmement, il faut aider au développement, non seulement du Mali mais des pays voisins. Le volet humanitaire est très important parce que ce sont des pays pauvres. Troisièmement, il y a l'aspect sécuritaire. Il faut tout d'abord permettre à l'armée malienne de se reconstituer, et l'Europe vient de décider d'aider à sa formation. Il faut également rassembler des troupes dans les pays d'Afrique voisins pour pouvoir aider à la reconquête du Nord. Au niveau international - aux Nations unies - tout ceci doit enfin être accepté.

Il y a eu, comme vous le soulignez, une première résolution qui, à l'initiative de la France, a été votée il y a de cela quelques semaines. Une deuxième résolution devrait être votée d'ici quelques jours. Bien sûr ce ne sont pas des choses faciles à faire et il appartient d'abord aux Africains d'agir. Cependant les choses avancent.

Q - Mais quand on voit toutes les conditions que vous venez d'énumérer, on se dit...

R - Ce ne sont pas des conditions, ce sont trois actions différentes qui doivent être menées en parallèle.

Q - Mais en vous écoutant, on se dit qu'une intervention n'est pas pour demain et sans doute pas pour l'année prochaine quasiment...

R - Non, je ne tire pas la même conclusion que vous. La reconstitution de l'armée malienne va intervenir d'ici les prochaines semaines. Cela demande de la formation. Il va y avoir la reconquête des villes qui actuellement sont tenues par un certain nombre d'organisations. Il y a la partie la plus difficile qui se situe au Nord, qui est tenu par les troupes d'AQMI, véritablement terroristes. Tout ceci va s'étaler dans le temps mais, je le répète, c'est d'abord aux Africains qu'il appartient d'agir. Nous sommes en soutien, avec bien évidemment l'accord de la communauté internationale.

Q - Normalement, l'objectif c'était une intervention en janvier ou en février...

R - Non, vous ne m'avez jamais entendu, en tant que ministre des affaires étrangères...

Q - Donc ce n'est plus janvier ou février...

R - Des mouvements vont intervenir dès les semaines prochaines, au fur et à mesure de la reconstitution de l'armée malienne. Tout le monde reconnaît que la France et d'autres pays d'Europe ont véritablement permis que se déclenche la reconquête du Nord Mali. La lutte contre le terrorisme et la reconquête de l'intégrité du territoire auraient été impossibles si la France n'avait pas été active, même si elle n'est pas en première ligne mais agit bien en appui.

Q - Alors c'est un peu curieux parce qu'on a l'impression de faire une sorte de guerre par procuration...

R - Non, pourquoi ?

Q - Ce sont des officiers qui se sont débandés devant l'ennemi en abandonnant leurs troupes, on voit rarement cela dans l'histoire. On ne voit pas très bien ce qu'ils vont pouvoir apprendre...

R - Je ne suis pas un philosophe dans cette matière. Je suis quelqu'un qui veut aider au nom de la France à la lutte contre le terrorisme. C'est quelque chose de concret. Si dans quelques mois, il y a des attentats terroristes en France et en Europe, à ce moment-là, on reparlera de cette affaire. Donc le terrorisme, le narco-terrorisme menace, je vous l'ai dit, non seulement le Mali mais l'ensemble de l'Afrique et de l'Europe...

Q - Donc, c'est le terrorisme sanctuarisé, ce n'est pas le développement de la zone sahélienne, la lutte contre la drogue qui posent problème...

R - Non, c'est l'ensemble ! Restons un instant sur cette affaire : qu'est-ce qui se passe ? Vous aviez déjà des terroristes installés dans le passé au Nord du Mali. À la suite de l'opération libyenne, de nombreux terroristes qui étaient implantés dans le Sud de la Libye avec des armes, sont descendus et se sont concentrés au Nord du Mali. Parallèlement, vous avez un flux très important de drogue qui arrive d'Amérique dans l'Ouest de l'Afrique, notamment en Guinée-Bissao, qui se diffuse à l'ensemble de l'Afrique jusqu'à l'Afrique de l'Est et qui remonte en direction de l'Europe par le Mali. Si on veut éviter que, d'ici quelques mois ou quelques années, nos pays et l'ensemble de l'Afrique soient sous la coupe des terroristes et des narcoterroristes, alors il faut aider à agir. C'est ce que fait la France.

Q - Il y a un État qui joue un rôle important ou qui pourrait jouer un rôle important dans cette affaire, c'est l'Algérie, car au fond il suffirait que l'Algérie coupe les bandes armées du Nord Mali de leurs bases arrières et le problème serait à peu près résolu. Est-ce que le président de la République va profiter de sa visite en Algérie fin décembre pour dire aux Algériens : maintenant il faut qu'on en finisse...

R - Ce sont deux choses différentes. D'abord, il est vrai que l'Algérie, compte tenu de sa puissance et de la longueur de la frontière qu'elle a avec les pays que l'on a cités, peut jouer un rôle utile. Par ailleurs, dans le passé, l'Algérie a elle-même énormément souffert du terrorisme, le chiffre de 100.000 morts liés au terrorisme a été avancé. Nous avons donc eu des discussions avec les Algériens et nous nous sommes mis d'accord - quand je dis «nous» ce n'est pas seulement les Français, mais les Africains de l'Ouest - sur la base suivante : on ne peut pas admettre qu'un pays, en l'occurrence le Mali, mais ce serait vrai pour un autre, voit son intégrité territoriale remise en cause. De même, on ne peut pas admettre les pratiques terroristes. Sur cette base, il s'agit à présent d'identifier, parmi les groupes implantés dans le Nord, ceux qui acceptent les principes dont je viens de parler et ceux qui ne les acceptent pas. Les Algériens nous ont dit leur accord pour ne pas accepter les groupes qui refusent ces principes.

Un voyage est prévu de longue date en Algérie. Il aura lieu les 19 et 20 décembre ; l'objet n'est pas la crise malienne ; l'objet, sera, tout en se tournant vers l'avenir, de rapprocher France et Algérie. Ce sont deux pays qui ont vocation à être non seulement amis mais extrêmement proches. Vous verrez que cette visite scellera vraiment un moment où on repartira de l'avant dans le lien entre l'Algérie et la France.

Q - Je voudrais, avant de passer à un autre chapitre, revenir sur la question des otages parce qu'au fond, on évoquait l'intervention au Mali il y a un instant et une question qui se pose et que posent indirectement les familles, puisque vous soutenez... puisque la France soutient l'intervention au Mali, on se dit que cette intervention serait l'équivalent pour nos otages d'une forme de condamnation à mort puisqu'ils sont détenus par les personnes que nous irions combattre.

R - Bien évidemment, nous avons comme vous, comme chacun, cette préoccupation permanente à l'esprit. Comment faire pour essayer de libérer les otages des terroristes ? On dit parfois ravisseurs - c'est un mot qui apparaît neutre comme ça - il s'agit de terroristes, de gens qui n'hésitent pas à tuer, qui vivent de la rapine, du crime, qui violent, qui sont en dehors des règles de l'humanité. C'est de cela dont on parle. Il est donc évident que lorsqu'on a, en face de soi, des personnes de cet acabit, non pas seulement la France mais la communauté internationale ne peut pas admettre la poursuite de ces agissements. Et en même temps, vous avez raison, nous devons faire tout ce qui est possible pour sauver nos otages. Nous agissons donc, et nous sommes discrets.

Q - Vous disiez tout à l'heure que face à ces questions, vous n'étiez pas philosophe mais en l'occurrence se pose un problème, la question de la raison d'État face à la vie de ces sept otages, il y a la question de l'intervention...

R - Cher Monsieur, ce sont des choses auxquelles le président de la République et moi-même avons réfléchi.

Q - Oui, mais ce sont des choses auxquelles les Français sont habitués depuis trente ans maintenant : le retour de l'otage, Villacoublay, le président, on les serre dans les bras et on se demande combien on a payé... Et au bout du compte, on a toujours payé. Depuis le Liban - vous étiez à l'époque Premier ministre - il y a eu des dizaines et des dizaines de Français pris en otages et l'État français... la cote de l'otage français est au plus haut. Là, on a l'impression qu'il y a une rupture, qu'on va aller faire la guerre aux terroristes par armée africaine interposée et qu'on a changé complètement de philosophie, on se trompe ?

R - Ramenons nos otages et ensuite je vous ferai des commentaires.

Q - Laurent Fabius, l'Union européenne va recevoir demain le prix Nobel de la paix. C'est une Europe toujours fragile : en Italie, à la veille du week-end, Silvio Berlusconi a retiré son soutien au président du Conseil Mario Monti, qui va donc devoir présenter sa démission avant Noël ; il y aura des élections anticipées au début de l'année. Silvio Berlusconi sera candidat, c'est une surprise ; est-ce que cela vous inquiète ?

R - D'abord, je voudrais dire que M. Monti et le gouvernement qu'il dirige ont redonné à l'Italie, qui est un grand peuple et une grande nation, son rayonnement et son honneur et qu'à un moment qui est difficile pour Mario Monti puisque, compte tenu de ce que vous venez de dire, il a indiqué son intention de présenter sa démission, je veux marquer de la façon la plus nette, au nom de la France que le gouvernement Monti, est un gouvernement qui mérite le respect.

Maintenant il ne m'appartient pas de m'ingérer dans les affaires italiennes. Alors M. Berlusconi, dont le bilan comme chacun sait est digne d'éloges, a fait connaître ses intentions ; Mario Monti en tire un certain nombre de conséquences. Il y aura des élections, nous verrons bien. Mais je tiens à dire que, du point de vue à la fois de la France et de l'Europe, le gouvernement Monti doit être salué.

Q - On sent que vous ne souhaitez pas le retour de Silvio Berlusconi (...) C'est étonnant de la part d'un ministre des affaires étrangères... puisque vous disiez que vous ne commentiez pas la vie... que vous ne vous ingériez pas...

R - Eh bien, c'est ce que justement je viens de respecter. Vous ne pourrez tirer aucun commentaire.

Q - Quelques-uns quand même...

R - De mon sourire peut-être...

Q - Derrière l'impopularité de Monti qui est réelle en Italie - il y a les mesures de rigueur et d'austérité qui sont appliquées à l'économie italienne - est-ce qu'il ne faudrait pas justement pour redonner de l'oxygène à l'Italie, que l'Europe assouplisse un certain nombre de mesures et de contraintes ?

R - C'est une question de fond. Nous, nous pensons que l'Europe, si elle veut redémarrer, ce qui est nécessaire compte tenu de la situation de l'Italie, de la France, y compris de l'Allemagne dont vous avez vu que les prévisions de croissance sont en train de baisser, doit marcher sur ses deux jambes. Ça, c'est vraiment une décision fondamentale, une orientation fondamentale que nous avons prise avec François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Il y a une jambe du «sérieux budgétaire» et c'était nécessaire parce qu'il y a eu du laisser-aller dans le passé ; et il y a une jambe du «dynamisme économique et croissance». C'est le sens des décisions qui ont été prises en juin et c'est le sens du pacte de compétitivité qui vient d'être noué en France. Et de ce point de vue-là, c'est vrai qu'il s'agisse de la France, c'est vrai qu'il s'agisse de l'Italie, c'est vrai qu'il s'agisse des autres pays. Donc, ayez toujours cela à l'esprit : nous sommes fondamentalement pour l'Europe mais pour une Europe qui marche sur ses deux jambes : sérieux budgétaire, croissance.

Q - Et vous ne craignez pas justement que cette Europe soit la victime des campagnes électorales notamment en Italie au début de l'année, ou en Allemagne à l'automne prochain ?

R - L'alternative qui consisterait à supprimer les élections, poserait quelques problèmes...

Q - Je voulais dire que les campagnes électorales sont souvent un moment notamment en Italie et certains s'en inquiètent déjà, d'europhobie !

R - Cela existe dans plusieurs pays, bien sûr. On l'a vu par exemple en Belgique, on l'a vu dans d'autres pays. J'espère que ce ne sera pas le cas. Je crois que l'opinion internationale, notamment l'opinion européenne, est plus mature qu'on ne le dit. Simplement il faudrait que la maturité des dirigeants soit à l'égal de celle des peuples.

Q - Que pensez-vous de cette Europe qui doit recevoir demain en grande pompe le prix Nobel de la paix dont les principaux dirigeants, que ce soit Barroso, le patron de la Commission, Van Rompuy, celui du Conseil, Martin Schulz, celui du Parlement, se disputent pour savoir qui va obtenir le fameux prix Nobel... va le tenir entre les mains - ça c'est une chose - et puis de l'autre côté, ni David Cameron ni le président tchèque ne seront à cette cérémonie. Elle est quand même sacrément divisée, cette Europe... honorée du prix Nobel de la paix.

R - Je crois que c'et un honneur que nous recevions, nous tous Européens, vous aussi, le prix Nobel de la paix. Simplement cela nous oblige pour le futur. Cela veut dire, quand on prend un peu de hauteur historique, que l'Europe a été une construction absolument magnifique et probablement ce qu'il y a eu de plus important dans la deuxième moitié du XXe siècle. La paix n'est pas menacée en Europe ; heureusement la guerre est derrière nous. Et si nous voulons être à la hauteur sur d'autres terrains de ce qui a été fait en matière de paix, alors à ce moment-là, il faut que nous soyons créatifs, innovants en matière économique, en matière sociale et c'est là où actuellement les choses sont lacunaires. Nous allons recevoir le prix Nobel de la paix surtout comme une incitation à avoir demain ou après-demain le prix Nobel d'économie ! Nous n'en sommes pas encore là.

Q - Vous serez demain à Bruxelles mais pour un Conseil des ministres des affaires étrangères des 27 où il sera notamment question de la Syrie et selon des informations qui ont été diffusées cette semaine par la presse, le régime de Bachar Al-Assad s'apprêterait à utiliser des armes chimiques contre les populations, contre l'opposition ; est-ce que vous êtes en mesure d'abord de confirmer cette information ?

R - Je serai effectivement demain à Bruxelles pour un Conseil des ministres des affaires étrangères où nous avons pas mal de sujets à l'ordre du jour et s'agissant de la Syrie, nous sommes entre l'horreur et l'espoir. Horreur, je vais y venir dans un instant, concernant cette affaire des armes chimiques. Et espoir parce que demain, nous devons recevoir le président de la coalition qui vient d'être mise sur pied, que la France a reconnue, vous le savez comme d'autres pays - la Grande-Bretagne, l'Italie et d'autres encore. Cette coalition exprime ce que pourrait être l'alternative à Bachar demain.

Pour répondre à votre question sur les armes chimiques, il y a eu des informations en ce sens. Elles n'ont pas été expressément confirmées mais, de toutes les manières, il faut les prendre au sérieux. Pourquoi ? Parce qu'il est vrai que la Syrie détient des armes chimiques ; on parle de 31 sites et de mille tonnes, on parle de gaz sarin, on parle de VX et d'autres éléments, mais je ne vais pas entrer dans la technique. Tout ceci est extrêmement dangereux. Certains disent : Bachar, dictateur qui massacre son peuple, pourrait utiliser ses armes dès maintenant ; d'autres disent : faisons attention de toutes les façons car si, comme nous l'espérons, Bachar vient à tomber, il peut demain, après-demain, aller dans ce sens.

Je tiens à dire que l'ensemble des pays - quand je dis l'ensemble des pays, cela veut dire la France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Russie - ont mis en garde le régime de Bachar, en disant qu'il ne pouvait en aucun cas utiliser des armes chimiques. Nous sommes donc extrêmement vigilants. Vous me permettrez de ne pas entrer dans les détails sur les mesures techniques que nous prenons. Il est évident que toute mort est atroce, mais l'utilisation de ces armes représenterait un degré supplémentaire dans l'atrocité.

Q - Deux questions : la première - ce ne sont pas des informations de presse, ce sont les Américains qui ont prétendu, qui ont affirmé que les Syriens avaient commencé à mélanger des gaz pour charger des obus. Et les Américains ont menti comme chacun sait en Irak - tout le monde se souvient de Colin Powell avec ses éprouvettes - qu'est-ce qui vous prouve qu'ils ne mentent pas en Syrie ? Est-ce qu'ils ont apporté des éléments de preuves, des photos, des interceptions de sécurité ? Est-ce qu'il y a quelque chose ou est-ce que c'est uniquement une précaution, une prudence... ? Et est-ce que nos services à nous, vous ont apporté des éléments là-dessus ?

R - Premièrement c'est plus qu'une précaution et une prudence ; deuxièmement, nos services nous apportent des éléments, c'est même leur raison d'être mais il n'est pas absolument indispensable de vous les communiquer.

Q - Selon Le Point, les forces spéciales françaises se prépareraient à intervenir en Syrie, à donner des coups de main avec appui aérien pour justement sécuriser...

R - La réponse est non. Je vous arrête tout de suite. Il n'y a pas de forces spéciales et elles ne sont pas prêtes à intervenir.

Q - Aucun militaire français n'aurait rencontré récemment les forces d'opposition comme cela a été dit ces dernières semaines ?

R - C'est un autre problème ! Pour rencontre les forces d'opposition, il n'y a pas besoin de chercher les militaires, moi-même je les rencontre ! Cette information a été donnée par un journal sérieux ; j'ai vérifié auprès de mon collègue de la Défense, la réponse est non.

Q - Le 15 novembre dernier, vous avez déclaré sur RTL que vous souhaitiez la levée de l'embargo sur les armes défensives à destination des rebelles syriens. Où en est-on ?

R - Non, je me rappelle fort bien ce que j'ai déclaré, ce n'était pas exactement cela. J'ai dit que, compte tenu de ce qui se déroulait en Syrie, il y avait déjà beaucoup de morts, aujourd'hui on en est à 42.000, ce qui est effrayant, des centaines de milliers de réfugiés et des petits enfants qui meurent de froid dans les camps en Jordanie. C'est donc une situation épouvantable. Il faut agir à la fois sur le terrain politique, c'est ce que nous faisons en reconnaissant la coalition - c'est très important que toutes les forces de résistance se réunissent. Il faut également agir sur le plan humanitaire, la France est évidemment à l'avant-garde. Enfin, la question sécuritaire se pose car tous les Européens sont liés par un embargo sur les armes.

Q - Est-ce que ce sera évoqué demain par exemple ?

R - Oui, ce sera évoqué demain, pour une raison simple, c'est que jusqu'à présent, les embargos sur les armes étaient renouvelés de douze mois en douze mois. Or, avec nos amis britanniques, nous avons obtenu que le renouvellement cette fois-ci porterait sur trois mois. Donc cela veut dire que nous sommes liés pour trois mois encore mais cela veut bien dire que nous sommes en train de réfléchir à cette question.

Je n'ai jamais dit que nous allions lever l'embargo. J'ai dit que la question était posée. Pourquoi ? Pour une raison simple ; il ne s'agit pas de faire des grandes théories. Vous avez un dictateur, M. Bachar Al-Assad, qui est en train de massacrer son peuple, je vous ai dit, 42.000 morts. Vous avez des résistants qui peu à peu progressent sur le terrain ; vous avez un risque si les combats durent très longtemps, que des extrémistes djihadistes prennent de plus en plus de poids. Les résistants font un travail magnifique mais M. Bachar Al-Assad possède encore 550 avions et s'en sert pour les bombarder. Donc, quand on est responsable mais aussi tout simplement sérieux et qu'on réfléchit, on doit se dire : est-ce qu'on laisse faire ou est-ce qu'un moment viendra où on décidera d'apporter des armements ? Pour le moment, nous avons dit non.

Q - Et quand ce moment viendra, comment saura-t-on à qui on livre les armes ? Est-ce que ce sont à des nationalistes ou bien des islamistes et on se retrouvera après-demain avec un problème comme par exemple au Mali.

R - Vous avez tout à fait raison et c'est précisément parce que nous nous sommes posés cette question et qu'actuellement nous ne pouvons pas apporter une réponse certaine que nous n'avons pas livré des armes.

Q - Oui mais en attendant le front Al-Nusra, Ghuraba al-Cham etc, tous les groupes djihadistes, eux, tiennent le terrain ; c'est eux qui abattent les avions et c'est eux qui mènent véritablement la guerre plutôt que de racketter les populations... plutôt que de prendre des otages...

R - Non, je crois qu'on ne va pas se lancer dans les mérites comparés des uns et des autres mais ce qui est très important dans la coalition, c'est que, pour la première fois, les forces civiles ont été unies. Je pense que dans les jours qui viennent, on peut avoir la même opération en ce qui concerne les forces militaires, entendez-moi bien, mais des forces militaires qui bien sûr respectent un certain nombre de principes.

Nous avons le 12 décembre prochain, c'est-à-dire la semaine prochaine, une réunion au Maroc, des amis du peuple syrien. Pour mémoire, la dernière réunion avait eu lieu à Paris. L'objectif de cette nouvelle réunion est de faire une nouvelle avancée à la fois pour la reconnaissance de la coalition et sur le plan media. Ce qui veut dire, même si c'est désespérément long, que les choses avancent ; et vous remarquerez qu'à chaque fois, la France a été aux avant-postes pour permettre ces avancées.

Q - Il faut qu'on évoque ce qui se passe en Égypte puisque l'actualité là-bas évolue d'heure en heure. L'opposition égyptienne s'est réunie cet après-midi pour répondre au président Morsi qui a confirmé la tenue d'un référendum constitutionnel, ce sera samedi prochain ; c'est un projet de Constitution qui fait la part belle aux islamistes. La question est simple : est-ce que les Frères musulmans sont en train de confisquer cette révolution ?

R - C'est un des grands problèmes évidemment qui se posent d'abord aux Égyptiens mais également à nous tous. Nous avons besoin d'une Égypte stable et le plus démocratique possible. Il ne faut pas qu'on oublie les exigences du Printemps arabe. Or nous avons deux Égypte qui sont face à face et peut-être même trois : nous avons d'un côté les Frères musulmans, les salafistes, de l'autre, vous avez les partisans de l'ancien régime et puis ceux qu'on appelle les libéraux.

M. Morsi, qui par ailleurs en politique extérieure a fait des choses très utiles, avait pris une disposition qui lui donnait le pouvoir judiciaire ; il vient de l'abandonner. Maintenant je ne sais pas ce qui va être fait concernant le référendum. Il est vrai que, quand on regarde la Constitution, elle est ambigüe. Par exemple sur la question que vous soulevez, c'est-à-dire la place de la charia et donc la place de la religion, vous avez l'article 2 de cette Constitution qui ne fait que reprendre ce qui était dans la Constitution précédente mais vous avez pour être précis, l'article numéro 232 qui, lui, donne une place beaucoup plus importante à l'université Al-Azhar et qui, du même coup, peut permettre une confessionnalisation beaucoup plus poussée du régime. Vous avez également toute une série de dispositions qui, si elles étaient assorties de lois liberticides, pourraient être dangereuses.

Nous n'allons pas nous substituer bien sûr à ce qui se passe en Égypte mais la position de la France sur l'ensemble des pays du Printemps arabe, est la suivante : nous soutenons évidemment tout ce qui va dans le sens de la démocratie et nous le soutenons à la fois sur le plan économique et sur le plan politique. Mais nous y mettons des conditions en matière de droit, notamment le respect de la personne humaine et le respect des femmes.

Q - S'agissant précisément de ce référendum du 15 décembre, vous dites : il doit se tenir ou bien il faudrait mieux le repousser ?

R - Ce n'est pas moi qui vais dicter sa décision au président Morsi. En tout cas, nous avons fait savoir - je le redis ce soir - que pour nous, la priorité en Égypte, c'est qu'il y ait le dialogue et le refus de la violence.

Q - Mais quel peut être le rôle de la France dans ce que vous dites, nous faisons savoir, nous faisons connaître notre position...

R - Écoutez, vous avez remarqué que la France est un des membres permanents du Conseil de sécurité, que la France est très présente dans les pays arabes comme d'ailleurs dans le reste du monde, que lorsque la France s'exprime en général, sa voix porte et que nous sommes amis avec les Égyptiens et que donc ils entendent ce que nous disons.

Q - Y a-t-il, Laurent Fabius, deux positions au gouvernement sur ce dossier Mittal ?

R - Non. Il ne peut pas y avoir deux positions. On peut discuter avant la décision, la communication doit être unique, et une fois la décision prise, elle s'impose à tous. Même si j'étais à l'étranger, j'ai entendu tout cela, j'ai lu les journaux. Je vous le répète : avant la décision, il peut y avoir toute une série de discussions, c'est tout à fait légitime. Après, non... Cela dit, ce qui me frappe aussi dans cette question de Florange, c'est un contraste qui est assez fort entre, d'un côté le résultat final qui est, même si ce n'est pas optimal, que quand même il n'y a pas de suppression d'emploi, qu'il y a des investissements, qu'il va y avoir le projet... appelons-le ULCOS 2. Donc il y a d'un côté cela et de l'autre, il est vrai que les phases intermédiaires ont été quand même assez variables. Et ce contraste-là est très frappant. Maintenant la décision a été prise, il s'agit d'aller de l'avant, de contrôler qu'elle soit effectivement appliquée.

Je voudrais ajouter un autre point qui me frappe beaucoup : la dernière fois que j'ai été au gouvernement, j'étais ministre de l'économie et des finances, c'était il y a dix ans. Je suis très frappé, de voir à quel point l'industrie française et les entreprises françaises ont reculé, c'est considérable, on le voit dans les chiffres - le rapport de M. Gallois évidemment est tout à fait explicite - mais au-delà des chiffres, c'est vraiment un recul considérable. Et il faut bien comprendre - et c'est le choix que nous avons fait - que si on veut redonner de l'emploi, cela passe nécessairement par la croissance, une autre croissance et que la croissance passe par la compétitivité. On ne peut pas biaiser avec ça.

Récemment François Hollande a tenu une conférence de presse et il y a une phrase qui n'a pas été beaucoup relevée mais qui à mon avis est la phrase la plus importante de sa conférence : à un moment, il a dit : «ce qui est devant moi, ce n'est pas simplement une crise, c'est un changement du monde» et c'est de cela qu'il s'agit. On va surmonter la crise mais on ne va pas revenir à la normale. Il y a un changement du monde ; l'Europe n'est plus le centre du monde ; les problèmes de l'environnement, ce sont des problèmes absolument massifs. Aujourd'hui tout le monde va changer de métier deux fois, trois fois sans sa vie...

Q - Mais ça, est-ce qu'on n'a pas tardé à s'en rendre compte ?

R - J'y viens... Ce changement du monde, c'est la tâche historique de ce gouvernement ! Au-delà de la nécessité de surmonter la crise.

Q - Pourquoi est-ce qu'on a agité pendant des jours et des jours cette affaire de nationalisation si c'est aujourd'hui pour nous dire, comme Jean-Marc Ayrault et assez raisonnablement que cela coûtait les yeux de la tête, que cela n'aurait servi à rien et que de toute façon ce n'était pas juridiquement assuré. On ne comprend rien ! D'autant que Montebourg qui a dit ça, ne l'a pas dit tout seul, il a été soutenu par des ministres, par Moscovici, par Sapin, par le président de la République lui-même. Donc il y a bien eu là un changement de ligne ou deux lignes en même temps !

R - Je n'ai pas entendu le président de la République...

Q - Il a dit : la nationalisation est sur la table !

R - Écoutez, je vous répète ce que je vous ai dit et qui est de bon sens ; moi-même j'ai eu l'occasion par le passé de diriger un gouvernement : autant il peut y avoir des discussions, par exemple la question de la nationalisation temporaire, on peut tout à fait l'aborder. Je pense néanmoins comme Jean-Marc Ayrault qu'elle n'aurait pas pu donner des résultats...

Q - Donc il ne fallait pas en parler !

R - C'est autre chose ! On peut s'interroger et ensuite, ayant examiné le problème, on dit oui ou on dit non. Mais une fois que la décision est prise, il faut que tout le monde s'y associe.

Q - Mais on déçoit tous ceux qui ont cru ou espérer en la nationalisation et notamment vos électeurs qui voulaient croire à une solution miracle.

R - C'est vrai qu'il peut y avoir de la déception, bien sûr, je le comprends tout à fait.

Q - Cela ne doit pas être facile de défendre les intérêts de la France ; la diplomatie économique que vous prônez, ne doit pas être à son avantage quand vous entendez Arnaud Montebourg qui dit : je ne veux plus de Mittal en France... Ce n'est pas simple après !

R - La France a une position forte. Qu'est-ce qui fait d'ailleurs la force de la France ? C'est un ensemble qui est assez composite. Nous sommes quand même encore la cinquième puissance économique du monde, nous avons un rayonnement culturel, un rayonnement de recherche, un rayonnement de puissance, nous sommes membre permanent du Conseil de sécurité.

Q - Il faut dire à quelqu'un qui emploie 20.000 personnes en France : nous ne voulons pas de vous chez nous ?

R - Vous ne m'avez pas entendu dire cela...

(...)

Q - En tout cas les Indiens, eux, l'ont entendu... et cela n'a pas fait bon effet là-bas et ça, vous ne pouvez pas y être insensible, vous, le patron de la diplomatie française.

R - Si on élargit un instant le propos, on a la nécessité de la compétitivité, la nécessité d'aller chercher la croissance là où elle est, notamment ici et ailleurs, je pense que cela va marcher... Cela doit marcher...

Q - La diplomatie économique dont vous faisiez la priorité de votre action quand vous êtes arrivé...

R - Oui je pense que cela va marcher parce que d'abord les entreprises le souhaitent et les diplomates que je dirige ont envie que cela marche.

(...)

Q - Je voulais faire un rapide bilan : cela fait deux cents jours pratiquement jour pour jour que vous êtes au Quai d'Orsay. Vous avez fait cinq fois et demie, disiez-vous, le tour de la terre. Alors est-ce qu'il y a un seul dossier qu'on peut approfondir quand on passe ne serait-ce que 24 heures, 36 heures quelque part, qu'on a fait autant d'escales et autant de voyages ?

R - Bien sûr... Prenons quelques exemples : je ne sépare pas l'action du président de la République puisque souvent nous voyageons ensemble ; de toutes les manières quand j'agis, c'est avec son aval. En Afrique - Afrique noire - qui est un grand continent du futur, j'ai le sentiment que depuis que nous sommes là, ce n'est plus l'ancien discours de Dakar qui domine mais le nouveau et que nous avons avancé, que ce soit sur le Mali - on en parlait - que ce soit sur la francophonie, sur d'autres dossiers. Quand je regarde le Proche et le Moyen-Orient, l'action de la France n'a pas été nulle dans l'obtention d'un cessez-le-feu et dans l'affirmation qu'il devait y avoir un État en Palestine, nous avons pris nos responsabilités...

Q - Vous pensez que votre escale à Tel-Aviv et ensuite à Ramallah il y a quinze jours a permis le cessez-le-feu à Gaza ?

R - Non... je suis modeste et conscient des limites...

Q - Ou est-ce que cela se passait, au Caire, avec Hillary Clinton...

R - Cela se passait aussi avec nous y compris physiquement et y compris par téléphone avec les Égyptiens et Mme Clinton. Lorsque je prends l'exemple de l'Europe, vous avez remarqué que désormais, même s'il y a encore beaucoup d'imperfections, nous marchons davantage sur les deux jambes - sérieux budgétaire et relance - ce qui n'était pas le cas avant.

Concernant l'Amérique centrale et l'Amérique du sud. Nous avons eu la visite du président mexicain, des relations sont nouées, qui sont très différentes de celles qui ont été nouées avant. Bien évidemment, nous n'avons pas tout résolu, ce serait absurde de le prétendre, mais je pense que la diplomatie de la France est une diplomatie à la fois active et positive et d'ailleurs qui à l'intérieur n'est pas pour le moment - je souhaite que cela dure - sérieusement contestée et je prends le soin évidemment non seulement de mener la diplomatie en liaison avec Jean-Christophe Cambadelis qui est là, qui s'occupe au Parti socialiste de l'aspect international, mais j'ai reçu Alain Juppé, je reçois M. Borloo. J'ai reçu les responsables de l'opposition comme ceux de la majorité et on essaie de travailler ensemble dans un esprit de rassemblement parce que je pense que la diplomatie de la France, chaque fois que c'est possible, doit être une diplomatie qui rassemble toute la France.

Q - Vous avez évoqué le Mexique. Florence Cassez qui est détenue là-bas depuis de longues années s'est dite cette semaine convaincue qu'elle serait libérée bientôt ; est-ce que vous êtes aussi optimiste ?

R - Écoutez, les éléments d'information que j'ai me viennent du nouveau président du Mexique que nous avons reçu ici et il a été convenu la chose suivante qui, je crois, est très pertinente : nous respectons l'indépendance des décisions de la justice mexicaine. Nous verrons ce qui va être décidé. Mais nous ne voulons évidemment faire aucune intervention...

Q - En fait, il y a un nouveau président et des changements d'ailleurs dans la composition de la Cour suprême.

R - Bien sûr, mais de toutes les manières, sur le plan des relations entre la France et le Mexique, nous allons entrer dans une nouvelle période ; par exemple, vous parliez de diplomatie économique, nous avons mis sur pied un haut Conseil franco-mexicain qui va s'occuper du développement des relations économiques entre les deux et pour la partie française, j'ai nommé à sa tête un ancien diplomate tout à fait remarquable qui s'appelle M. Faure, qui était un de nos secrétaires généraux du ministère, ambassadeur et qui en même temps connaît très bien le Mexique et c'est la façon dont à la fois on rapproche les positions, on fait mieux travailler l'économie française et peut-être aussi on va dans la bonne direction sur d'autres sujets.

Q - Le dossier avance donc... le dossier Florence Cassez...

R - Nous l'espérons.

Q - Je fais un retour en arrière parce qu'on a parlé de Florange, on va parler d'un autre dossier qui est cher à votre coeur, qui est Petroplus. Petroplus qui est dans la difficulté, dont l'activité a été reprise par Shell et on cherche maintenant un repreneur...

R - Alors la réalité est celle-ci : Shell, auparavant, était propriétaire de Petroplus. Et puis Shell a vendu cette raffinerie à Petroplus et Petroplus a fait faillite. Donc Shell garde encore une certaine responsabilité dans tout ce qui se passe. Alors il y a deux problèmes à régler : il y a d'abord à prolonger ce qu'on appelle le contrat de «processing» puisque c'est Shell qui fournit le pétrole pour que la raffinerie puisse opérer. Nous sommes en train de travailler à cela. Et deuxièmement, l'essentiel, c'est de trouver un repreneur. Le tribunal vient d'accorder un délai supplémentaire. Le gouvernement - Arnaud Montebourg et d'autres - travaille sur ce sujet et j'espère bien qu'on va trouver un repreneur.

Q - Est-ce qu'on a des repreneurs sérieux dans cette affaire ?

R - Il y a trois repreneurs qui se sont présentés dans la dernière période et le ministère travaille en liaison avec ces repreneurs, les administrateurs judiciaires aussi et le tribunal doit se prononcer d'ici quelques jours mais j'espère vraiment profondément qu'on va trouver une solution parce qu'il y a 500 personnes qui travaillent dans cette entreprise et 500 autres familles concernées. Les syndicats sont extrêmement responsables et ce serait vraiment un crève-coeur...

Q - On dit qu'il y aurait une offre de Net Oil...

R - Oui mais l'ensemble des offres doit être examiné.

Q - C'est celle en tout cas que Jean-Marc Ayrault a citée nommément ce matin dans une interview au Journal du Dimanche. Est-ce qu'il faut en conclure que c'est celle qui tient la corde ?

R - Écoutez, c'est le tribunal qui va décider.

Q - Il y a toujours près de chez vous... Flamanville, la facture de la centrale 3e génération EPR explose : deux milliards d'euros de plus que prévu, c'est ce qu'a annoncé EDF cette semaine. Est-ce qu'il est simple dans ces conditions de vendre l'EPR, puisqu'on en revient toujours à la diplomatie économique que vous prônez, de vendre l'EPR dans ces conditions ?

R - C'est vrai que cela ne simplifie pas les choses parce que je crois qu'au départ, c'était 3 ou 4 milliards qui étaient prévus et là, on est bien au-delà, ce qui évidemment est très préoccupant. Alors quand on parle de cela à EDF, ils vont nous répondre : oui mais c'est un pilote, c'est-à-dire une première opération ; et il y a eu des difficultés liées au génie civil etc. Et il est ajouté un autre argument qui me paraît quand même plus probant, c'et qu'il y a un EPR qui est en construction en Chine actuellement et celui-là ne dépasse pas les limites et les devis qui étaient prévus. Donc si nous voulons vendre d'autres EPR à l'étranger, c'est sur l'exemple chinois mais réalisé par les Français qu'on se fondera.

Q - Là aussi c'est un sujet de dissensions au sein du gouvernement... Ne me dites pas que vous n'avez pas entendu parler vos collègues écologistes sur le sujet !

R - Oui mais ça, les écologistes ont pris position avant les élections sur le sujet du nucléaire et ils n'étaient pas d'accord avec la position qu'a prise le président de la République ; mais il a été clair que c'était la position du président qui l'emportait.

Q - On va évoquer un sujet qui d'ailleurs est indirectement lié à l'industrie nucléaire, la conférence de Doha qui s'est achevée au Qatar, vous y étiez cette semaine : il y a eu un accord, de manière d'ailleurs petit peu surprenante puisque plus personne ne s'y attendait, le protocole de Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre est prolongé mais sans la Russie, sans le Japon, sans le Canada et du coup, les pays signataires ne représentent plus que 15 % des émissions de gaz et on se dit que franchement ce n'est pas à la hauteur de l'enjeu.

R - C'est exact. C'est pourquoi je dis que c'était un accord nécessaire mais insuffisant par rapport à l'objectif. Il faut bien voir que cette question non pas du réchauffement, mais du dérèglement du climat, est une question absolument majeure. Un rapport de la Banque mondiale vient de sortir, qui dit la chose suivante : jusqu'à présent, on prévoyait qu'on n'allait pas dépasser deux degrés de plus qu'aujourd'hui. Les scientifiques nous indiquent qu'on s'oriente vraisemblablement vers quatre degrés de plus ; ce qui signifie une augmentation des canicules, une détérioration des terres arables, des mouvements migratoires considérables, une élévation du niveau des mers et des océans. Bref c'est absolument catastrophique. Et il faut réagir. C'est le discours que j'ai tenu à Doha.

Il est vrai que l'accord de Doha portait sur deux aspects : d'une part, le prolongement de Kyoto, ce qu'on appelle Kyoto 2 - mais cela ne représente, vos chiffres sont tout à fait exacts, que 15 % des gaz à effet de serre - donc il reste 85 % ; et d'autre part, des financements qu'il faudrait trouver.

Je vous donne un chiffre sur les financements qui vous fera réfléchir : il faut trouver à terme à peu près 100 milliards de dollars par an et aujourd'hui il faudrait trouver 60 milliards de dollars par an pour permettre cette mutation écologique des pays en développement. Le seul ouragan Sandy qui s'est produit aux États-Unis et dont on a tout lieu de penser qu'il s'est produit évidemment à cause du dérèglement climatique, combien pensez-vous que cela coûte aux États-Unis ? Cela coûte 60 milliards d'euros. C'est-à-dire que la somme qui serait nécessaire pour l'ensemble des pays du monde, c'est ce que coûte un cataclysme aux États-Unis, lié précisément au dérèglement climatique.

D'où notre conviction que ce n'est pas simplement une nécessité humanitaire parce que c'est notre planète qui est en jeu, mais aussi une nécessité sociale et économique. Nous sommes tellement persuadés de cela que la France a proposé d'être l'hôte en 2015 de la principale conférence qui va se réunir sur la question du climat. Si notre candidature est acceptée, ce qui est vraisemblable - c'est la seule, donc cela aide - ce sera en France et peut-être, même si c'est extraordinairement difficile à obtenir, que l'on aura un geste positif pour le climat. C'est extrêmement difficile pour les raisons que vous venez de dire : parce que les États-Unis sont réticents, qu'un certain nombre de pays émergents sont réticents. Non seulement je vais mobiliser comme je le fais sur la diplomatie économique mais aussi sur la diplomatie environnementale...

Q - Et là vous aurez le renfort de Nicolas Hulot...

R - Oui, parce qu'il était convenu depuis plusieurs semaines, même si cela a été rendu public cette semaine, que Nicolas Hulot, que je connais bien et que j'apprécie, serait le représentant spécial du président...

Q - Quel va être son rôle exactement ?

R - Son rôle va être, à titre bénévole, de parcourir la planète et notamment tous les pays que nous allons rencontrer en 2015 pour leur expliquer pourquoi il est si important d'aboutir à un accord, pour défendre les positions françaises et alerter l'opinion publique sur la gravité de ces questions. Ce n'est pas simplement comme on le présente parfois, un fardeau à porter, c'est aussi la chance de notre développement. Il est évident que si on veut trouver les éléments de croissance nécessaires, c'est autour de la croissance verte qu'il faut le faire.

Q - Un mot du Qatar, parce que la France accueille une conférence. L'émir vient souvent à Paris et entre diplomatie qatarienne et diplomatie française, il y a énormément de contacts. Mohammed Al-Ajami est un poète qatari. Il a été condamné la semaine dernière à la perpétuité parce qu'il avait fait un poème, le poème du jardin, «nous sommes tous la Tunisie, face à une élite répressive», écrivait-il... Est-ce que cela gêne quelque part le ministre français ? Vous en avez parlé avec l'Émir ? Quelqu'un en France...

R - Bien sûr...

Q - Oui, et qu'est-ce qu'il vous répond ?

R - Écoutez, j'en parle et quand j'en parle, j'espère qu'on va être entendu car évidemment s'en prendre à des poètes, ce n'est pas ce que souhaite ni ce qu'admet la démocratie française.

Q - C'est d'autant plus bizarre quand on arme les djihadistes dans les pays à côté et quand on souffle sur les braises, qu'on met même de l'essence...

R - C'est autre chose. En tout cas, pour ce qui est de la défense des droits de l'Homme, je suis tout à fait d'accord avec vous. Par ailleurs, il est vrai que nous avons des relations économiques développées avec le Qatar, mais pas seulement économiques ; lorsque nous sommes intervenus, on le disait tout à l'heure, pour essayer d'aider le cessez-le-feu entre Israël et Gaza, nous avons mené une action commune avec plusieurs pays, notamment le Qatar.

Je vous signale aussi que nous allons essayer au cours du mois de janvier ou de février, d'avoir une action assez vaste pour aider la Palestine financièrement qui en a besoin. Nous travaillons économiquement ensemble mais cela n'empêche pas, sur tel ou tel point, d'avoir des désaccords et de le dire lorsque c'est le cas.

Q - Juste d'un mot : vous comprenez que cela inquiète les relations économiques qu'on noue et qui se sont approfondies, avec le Qatar, notamment sur les investissements en banlieue ?

R - Non, je crois que c'était une information erronée. Le Qatar investit dans les PME, que ce soit en banlieue ou pas en banlieue, mais je crois que c'est souhaitable. Je vais vous donner un chiffre qui n'enlève absolument rien à ce qu'a dit M. Hervouët et que je partage, sur les droits de l'Homme : le Qatar est le pays qui a la troisième réserve de gaz du monde. Chaque année - et vraisemblablement pendant les cent ans qui viennent - il dégage 50 milliards d'euros de ressources - 25 milliards d'euros consacrés à son équipement intérieur, et cela peut faire vivre des entreprises françaises, et 25 milliards d'euros consacrés à des investissements étrangers. Il ne me paraît pas déraisonnable de souhaiter que les entreprises françaises, donc les travailleurs français, bénéficient d'une partie de cet apport économique. Mais cela ne m'a jamais conduit à mettre ma langue dans ma poche sur les droits de l'Homme (...)./.

 

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4. Droits de l'Homme/Journée mondiale - Rencontre avec les associations soutenues par le Fonds international LGBTI - Déclaration du ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin (Paris, 10/12/2012)

À l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'Homme, M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement a reçu, le 10 décembre, les responsables de trois associations de défense des droits des personnes LGBTI (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexués) venant d'Ouganda, de Chine et de République dominicaine et ayant reçu le soutien du Fonds «droits de l'Homme, orientation sexuelle et identité de genre» (dit Fonds international LGBTI).

M. Pascal Canfin a salué le travail de ces associations et souligné l'importance de leurs actions sur le terrain qui permettent de lutter concrètement contre l'homophobie et la transphobie grâce au dialogue et la sensibilisation.

À l'heure où les relations sexuelles entre personnes majeures du même sexe demeurent interdites ou réprimées dans près de 80 pays, avec des condamnations allant parfois jusqu'à la peine de mort, le ministre a réaffirmé la détermination de la France dans la lutte contre les discriminations à l'égard des personnes LGBTI, ainsi que l'engagement de la France pour une abolition universelle de la peine de mort. Le ministre a notamment exprimé sa vive inquiétude à l'égard du projet de loi actuellement examiné par le Parlement ougandais qui propose de renforcer les peines visant les homosexuels, avec des sentences allant jusqu'à la peine de mort.

Durant la matinée, les responsables de ces associations ont en outre été reçus par M. François Zimeray, ambassadeur chargé des droits de l'Homme.

Les responsables des associations participeront à la conférence mondiale de la fédération ILGA à partir du 11 décembre 2012.

 

Le Fonds LGBTI

Lancé par la France en 2009, le fonds international LGBTI, géré par France Expertise internationale (FEI) est un instrument innovant d'appui aux organisations de la société civile à travers le monde. Piloté conjointement par les donateurs (France, Pays-Bas, Norvège) et la société civile (ILGA, comité IDAHO, Amnesty International, FIDH, CNCDH) avec le concours d'observateurs (l'UNESCO, la fédération Inter-LGBT et l'association norvégienne LLH), il intervient directement dans des contextes où la situation des personnes LGBTI est particulièrement préoccupante afin d'assister les défenseurs des droits et d'engager le débat pour faire évoluer les mentalités. Un premier appel à projets lancé en 2011 a permis de soutenir des actions dans des domaines variés allant de la sensibilisation (organisation de débats impliquant des responsables religieux et politiques ainsi que des enseignants, réalisation de films documentaires, diffusion d'émissions à la radio et la télévision, organisation de débats dans les universités) au travail de terrain (assistance aux défenseurs des droits, dialogue avec les familles de personnes LGBTI, appui à des groupes fragiles et marginalisés tels que les prostitués transgenres). Un deuxième appel à projets sera lancé en 2013./.

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5. Israël/Francophonie - Entretien de la ministre déléguée chargée de la francophonie, Mme Yamina Benguigui, avec le quotidien «Nice-Matin» (Nice, 08/12/2012)

Q - Quel message allez-vous délivrer demain soir à la communauté juive ?

R - L' «affaire Merah» a inscrit dans nos mémoires un degré d'horreur que l'on croyait avoir éradiqué à jamais. Nous n'aurons jamais de mots assez forts pour atténuer la souffrance des familles et de la communauté juive. La France n'aura de cesse de lutter avec la plus grande fermeté contre les actes antisémites. Nous devons rester vigilants et mobilisés. Ces actes inacceptables ont des conséquences sur le vivre ensemble. C'est pourquoi, comme je l'ai fait à Paris comme adjointe au maire de Bertrand Delanoë, en plus de la répression, je préconise des actions envers les jeunes qui doivent permettre de lutter contre les préjugés sur l'autre. J'apporte donc un message de paix et de protection au nom du gouvernement.

Q - Le vote de la France à l'ONU en faveur du statut de pays observateur pour la Palestine affaiblit-il les relations franco-israéliennes ?

R - Non, ce vote était légitime, mais le président de la République n'a de cesse que de travailler au renforcement des relations entre la France et Israël. La voix de la France doit continuer à se faire entendre pour assurer la sécurité du peuple israélien et la justice pour le peuple palestinien.

Q - Qu'attendez-vous des Jeux de la Francophonie organisés à Nice l'an prochain ?

R - L'avenir de la Francophonie, c'est sa jeunesse. J'attends que ces jeunes attendus à Nice, venant de nations différentes, expriment de manière éclatante leur créativité culturelle et leur énergie sportive.

Q - Le choix de Nice a été fait avant votre nomination, vous y souscrivez ?

R - Évidemment. Je souscris au choix d'une ville connue pour la qualité de ses équipements et je suis certaine que le maire de Nice appréciera cette diversité et cette ouverture à l'autre, gage du vivre ensemble...

Q - Ces jeux mêlent sport et culture, c'est important à vos yeux ?

R - Oui, parce que la culture est à la base de tout. Aujourd'hui, je suis à la tête d'un grand combat en faveur de la défense des droits des femmes dans l'espace francophone. Et l'on s'aperçoit que, lorsque la culture régresse, la situation des femmes et des jeunes en fait de même. Le combat en faveur des femmes est donc très important à mes yeux. Je viens de lancer le sommet mondial Femmes et Francophonie, qui se tiendra à Paris le 20 mars... Nous y évoquerons, devant 400 femmes venues du monde entier, les femmes «butin de guerre», les femmes en perte de droit, mais nous aborderons aussi tout le volet économique à travers le regard de celles, en France ou au Canada par exemple, qui conservent tous leurs acquis. François Hollande clôturera d'ailleurs nos travaux.

Q - La Francophonie est-elle un atout pour la diplomatie française ?

R - J'en suis convaincue. Je défends une diplomatie francophone. La France ne regarde pas la francophonie, elle est à l'intérieur de cet espace. Nous avons cette langue en partage et nous nous devons de former des enseignants pour que partout soit dispensé un excellent français, car, bien maîtrisée, la langue française est source de mobilité, de croissance économique et d'ouverture culturelle. La langue française a muté. Elle est une langue égalitaire et solidaire et se parle à hauteur d'homme./.

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6. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Participation de M. Cazeneuve au CAG - Journée internationale des droits de l'Homme - Conférence climat de Doha/Accord final - Soudan et Soudan du Sud/Répression de manifestations - Argentine/Verdict dans le procès des responsables de l'assassinat du Père Longueville - Roumanie - Brésil (Paris, 10/12/2012)

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Participation de M. Bernard Cazeneuve au Conseil Affaires générales (Bruxelles, 11 décembre 2012)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, participera à la prochaine réunion du Conseil affaires générales, qui se tient le mardi 11 décembre à Bruxelles.

Cette session sera en grande partie consacrée à la préparation du Conseil européen des 13 et 14 décembre, qui portera notamment sur la définition d'une feuille de route pour l'avenir de l'Union économique et monétaire, ainsi que sur la politique de sécurité et de défense commune. Dans ce contexte, les ministres auront, en marge du Conseil, un déjeuner de travail autour du président du Conseil européen, M. Herman Van Rompuy.

La Commission européenne présentera également, à l'occasion de ce Conseil, le rapport annuel sur la croissance pour 2013, qu'elle a adopté le 28 novembre dernier et qui lance le semestre européen. En outre, les États membres qui exerceront prochainement la présidence du Conseil, l'Irlande, la Lituanie et la Grèce, feront une présentation du programme de travail pour les dix-huit mois à venir, à compter du 1er janvier 2013.

Lors du Conseil, les ministres se prononceront sur la réforme du Tribunal de l'Union européenne, qui vise, par une augmentation du nombre de ses juges, à améliorer le fonctionnement de ce dernier et à réduire ses délais de jugement.

Enfin, les ministres seront invités à donner leur accord sur le projet de conclusions du Conseil sur l'élargissement de l'Union européenne.

2 - Journée internationale des droits de l'Homme (10 décembre 2012)

En ce 10 décembre, jour anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et journée internationale des droits de l'Homme, la France rappelle son engagement à la promotion et la protection des droits de l'Homme partout dans le monde.

Les droits de l'Homme, tels que consacrés dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme et dans le préambule de notre Constitution, font partie des valeurs fondatrices de la République française. Leur respect est au coeur de l'exercice de la démocratie en France et de notre engagement au sein de l'Union européenne et des organisations internationales.

Dans le cadre de ses relations bilatérales et au sein des enceintes multilatérales, dont l'Assemblée générale des Nations unies, le Conseil des droits de l'Homme et le Conseil de l'Europe, la France oeuvre à la défense de l'universalité des droits de l'Homme et à leur effectivité.

La France est particulièrement engagée sur plusieurs thématiques : l'abolition universelle de la peine de mort, la lutte contre l'impunité, les détentions arbitraires et les disparitions forcées, le respect des droits des femmes, la lutte contre l'enrôlement d'enfants-soldats, la lutte contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre.

La France saisit l'occasion de cette journée pour rendre hommage à tous ceux qui se battent au quotidien pour le respect des droits de l'Homme, parfois au risque de leur propre vie.

3 - Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques de Doha - Accord final (8 décembre 2012)

L'accord trouvé le 8 décembre lors de la conclusion de la conférence de Doha comporte des avancées modestes mais indispensables à la continuité de l'engagement international contre la menace du dérèglement climatique.

La France, représentée par le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Mme Delphine Batho, et le ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin, et l'Union européenne ont souligné, tout au long de la Conférence, l'insuffisance des efforts de lutte contre les changements climatiques et la nécessité d'aller plus loin dans la transition écologique pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L'Union européenne et la France se sont engagées à Doha dans une deuxième période du protocole de Kyoto, prolongeant ainsi cet accord de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu'en 2020. Des efforts devront être faits dans les prochaines années pour relever le niveau d'ambition des réductions d'émissions, afin de limiter le réchauffement de la planète en dessous de 2°C.

Le compromis final permettra aussi de renforcer les efforts en vue de mobiliser 100 milliards de dollars en 2020 au bénéfice des pays les plus pauvres et les plus vulnérables. Un programme de travail devrait permettre d'augmenter le volume des financements en faveur de la lutte contre le changement climatique. Dans ce cadre, la France consacrera une partie de sa taxe sur les transactions financières au financement de la lutte contre le changement climatique dans le cadre du Fonds vert pour le climat notamment.

L'accord adopté définit aussi un programme de travail pour construire un accord mondial, applicable à tous, à compter de 2020. Lors de la Conférence de Doha, la France a confirmé sa proposition d'accueillir en 2015 la Conférence des Parties qui devrait déboucher sur ce nouvel accord mondial.

4 - Soudan et Soudan du Sud - Répression de manifestations

La France est vivement préoccupée par les rapports faisant état de plusieurs morts dans la répression d'une manifestation au Soudan du Sud et de quatre étudiants tués en marge d'une manifestation au Soudan.

La liberté de réunion et d'association constitue un droit fondamental. Nous appelons les autorités du Soudan et du Soudan du Sud à faire au plus vite la lumière sur ces événements et à poursuivre les auteurs de ces crimes en justice.

La France invite également les autorités à s'assurer que les forces de l'ordre ne fassent pas un usage disproportionné de la force dans l'exercice de leurs missions de maintien de l'ordre.

5 - Argentine - Verdict dans le procès des responsables de l'assassinat du Père Longueville (7 décembre 2012)

La justice argentine vient de condamner à la réclusion criminelle à perpétuité les responsables de l'assassinat du prêtre français Gabriel Longueville, perpétré pendant la dictature militaire, le 18 juillet 1976. Détaché en Argentine par le diocèse de Viviers, celui-ci avait la charge d'une paroisse de Chamical, dans la province de La Rioja.

La France salue cette décision qui illustre à nouveau la détermination de l'Argentine à rendre justice aux victimes de la dictature et à leur famille et sa volonté de mener à bien le travail de mémoire entrepris depuis l'abrogation des lois d'amnistie en 2003.

La France suit avec une grande attention les procès engagés contre les responsables d'exactions commises pendant cette période et était attachée à ce que justice soit faite dans cette affaire. Notre ambassade à Buenos Aires était présente au moment de la lecture du verdict et la Conférence épiscopale de France avait dépêché à La Rioja un de ses représentants en octobre dernier.

La France se félicite de l'excellente coopération menée avec son partenaire argentin dans la lutte contre l'impunité et la défense des droits de l'Homme. Cette action commune a conduit notamment à l'adoption de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées signée à Paris en janvier 2007 et entrée en vigueur en décembre 2010.

6 - Roumanie

Q - Les Roumains viennent d'élire leurs représentants dans le Parlement pour les quatre ans suivants. Comment la France envisage la collaboration avec la coalition de centre-gauche qui a largement remporté le scrutin d'hier, mais aussi avec le président de centre-droite Traian Basescu, dont les relations avec cette coalition s'annoncent difficiles ?

R - Nous avons pris connaissance des premiers résultats des élections législatives en Roumanie, qui annoncent une large victoire de la coalition sortante, l'Union sociale libérale du Premier ministre, M. Victor Ponta. Nous en attendons les résultats définitifs.

La France s'attachera à poursuivre avec l'ensemble des composantes de l'exécutif roumain le renforcement des liens politiques, économiques et culturels qui unissent nos deux pays, du point de vue bilatéral comme au sein de l'Union européenne.

7 - Brésil

Q - La question de la vente de 36 Rafale au Brésil va-t-elle être posée au cours de la visite de Mme Dilma Roussef en France ? Avez-vous de l'espoir sur une prochaine signature ?

Plus généralement qu'attendez-vous de cette visite ? Quels en sont les enjeux économiques? Quel est le programme de la visite ?

R - Tous les aspects de notre relation bilatérale pourront être abordés.

À propos du Rafale, nous nous sommes déjà exprimés. La présidente Dilma Rousseff connaît la qualité de notre partenariat, s'agissant notamment des transferts de technologies. Elle sait, comme nous l'avons prouvé dans l'exécution des contrats précédents, la qualité et la réalité des engagements de la France en la matière. Il s'agit d'une décision souveraine qui appartient à la présidente. En ce qui concerne l'offre française, elle a tous les éléments pour décider, lorsqu'elle le souhaitera.

C'est la première visite bilatérale en France de Mme Dilma Rousseff, depuis son élection. Cette visite très importante démontre la force et la solidité des relations entre nos deux pays. La présidence de la République a déjà annoncé des éléments du programme. Une conférence de presse aura lieu mardi après-midi à l'issue de l'entretien entre les deux chefs d'État./.

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7. Colombie/Équateur - Communiqué du ministère du commerce extérieur (Paris, 08/12/2012)

L'Amérique latine est un enjeu important pour le commerce extérieur français.

La Colombie connaît ainsi un taux de croissance annuel de près de 5 % depuis dix ans et constitue une opportunité pour les entreprises françaises à la fois pour ses projets d'infrastructures et pour la consommation courante qui s'y développe.

De son côté, l'Équateur offre de nombreuses perspectives de coopération notamment dans le domaine des transports publics, des énergies renouvelables et des télécommunications, et la relation commerciale, encore faible, qui lie nos deux pays mérite d'être renforcée.

À l'occasion de ce déplacement, Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur - accompagnée d'une quinzaine d'entreprises, dont de nombreuses PME - a promu l'offre française autour de la famille du «mieux vivre en ville» et en particulier des transports de proximité, secteur au coeur des priorités du ministère du commerce extérieur.

En Équateur, la ministre a signé le protocole financier mettant en place, entre les deux gouvernements, un prêt de 90 millions d'euros finançant en partie le projet de tramway de Cuenca - le premier du pays - dont la réalisation sera confiée à un consortium français. Elle a également assisté à la signature de l'ordre de service du tramway de Medellin, fourni par la société française Translohr. Sa mise en service est prévue pour fin 2014.

Mme Nicole Bricq s'est entretenue avec de nombreux interlocuteurs officiels des deux pays, dont M. Lenin Moreno Garces, vice-président de la République d'Équateur et M. Angelino Garzon, vice-président de la République de Colombie. Au cours de ces rencontres, la ministre a insisté sur le vif intérêt des entreprises françaises pour les multiples projets de transport urbain (métros de Quito et de Bogota, métro-câble de Medellin) actuellement en cours dans ces deux pays, ainsi que de la coopération dans le domaine spatial en Colombie.

«L'Amérique latine est une zone de très fort potentiel et les deux signatures effectuées pendant ce déplacement feront que les deux premiers tramways modernes mis en service en Amérique latine seront français. La Colombie fait notamment partie de mes priorités géographiques. Ce pays est en pleine évolution et nous devons bât ensemble un partenariat équilibré et durable. Le dynamisme de son économie et l'émergence d'une couche moyenne consommatrice de biens de qualité sont autant d'opportunités pour nos entreprises, ce que les PME qui m'accompagnaient ont d'ailleurs pu confirmer» souligne Nicole Bricq./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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