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Bulletin d'actualités du 22 novembre 2012


Sommaire



1. Liban - Entretien du président de la République, M. François Hollande, avec le Premier ministre libanais, M. Najib Mikati - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 21 novembre 2012

Le président de la République a reçu cet après-midi à l'Élysée, M. Najib Mikati, Premier ministre du Liban.

Après sa visite à Beyrouth le 4 novembre, le président de la République a renouvelé à Najib Mikati l'amitié, la solidarité de la France avec le Liban et son soutien aux institutions libanaises et notre attachement à l'indépendance, à l'intégrité et à la stabilité du Liban.

Dans les moments difficiles que traverse le Liban et alors que des consultations sont en cours au plus haut niveau pour trouver une formule de gouvernement consensuelle, le président de la République a rappelé l'importance de la lutte contre l'impunité, mais aussi de la préservation de la neutralité de l'État et de l'unité nationale./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Kazakhstan - Entretien du président de la République, M. François Hollande, avec le président du Kazakhstan, M. Noursoultan Nazarbaev - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 21 novembre 2012

Le président de la République a reçu cet après-midi, au Palais de l'Élysée, M. Noursoultan Nazarbaev, président de la République du Kazakhstan, à l'occasion de son déplacement à Paris.

Cette rencontre s'inscrivait dans le cadre du partenariat stratégique établi entre la France et le Kazakhstan.

Les deux présidents ont évoqué le dynamisme des relations bilatérales, en particulier dans le domaine économique.

Ils ont marqué également le souhait de renforcer la coopération bilatérale dans les domaines culturel et de la formation, ainsi qu'entre les administrations (santé, fonction publique notamment).

Ils se sont, enfin, entretenus des grandes questions régionales et internationales d'intérêt commun./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Israël/Gaza - Annonce d'un cessez-le-feu - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 21 novembre 2012

Le président de la République salue l'annonce d'un accord entre Israël et le Hamas et félicite les autorités égyptiennes pour leur rôle actif afin d'y parvenir.

À présent, tout doit être fait pour que la trêve soit immédiatement et effectivement respectée et consolidée.

La France appelle chacun à faire preuve de responsabilité pour que le cessez-le-feu soit durable et permette de protéger efficacement des populations durement éprouvées par les violences.

Dès le début de la crise à Gaza, le chef de l'État a exprimé au président égyptien, M. Morsi ainsi qu'au Premier ministre Israélien, M. Netanyahu, la disponibilité de la France à se mobiliser pour retrouver le chemin de la négociation et du dialogue./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Israël/Gaza - Annonce d'un cessez-le-feu - Déclaration du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius - Paris, 21 novembre 2012

Je salue la conclusion, ce jour, d'un cessez-le-feu à Gaza. Cet accord va interrompre l'escalade des violences qui a fait de nombreuses victimes civiles et causé d'importants dégâts en Israël et à Gaza. Il importe que ses termes soient strictement respectés par toutes les parties.

Je tiens à saluer l'engagement de l'Égypte et de tous les autres acteurs régionaux et internationaux qui ont contribué au succès de la médiation.

La France a, dès le début des hostilités, oeuvré à un cessez-le-feu et multiplié les contacts avec ses partenaires. Je me suis rendu en Israël et dans les Territoires palestiniens le 19 novembre pour porter ce message, mettre en garde contre les risques d'escalade et exprimer la solidarité de la France avec les victimes du conflit.

Tout doit être fait désormais pour consolider cette trêve.

La flambée de violence de ces derniers jours confirme l'urgence d'une relance des négociations en vue d'un règlement global qui débouche sur deux États vivant côte à côte en sécurité et en paix./.

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5. Israël/Gaza - Syrie - Mali - Union européenne - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec BFM TV/RMC - extraits - Paris, 22 novembre 2012

(...)

Q - Laurent Fabius, parlons du Proche-Orient. Trêve au Proche-Orient, accord entre Israéliens et Palestiniens, trêve, pour l'instant, respectée...

R - Oui.

Q - Alors, on a deux sentiments ce matin, on a le sentiment palestinien, à Gaza c'est l'euphorie, on fait la fête, et côté israélien un sentiment de frustration. J'ai vu un sondage, 70% des Israéliens pensent que Israël aurait dû aller plus loin, pénétrer dans la Bande de Gaza, et en terminer une fois pour toute avec ceux qui combattent Israël. Que dites-vous ?

R - Le cessez-le-feu, qui a été respecté cette nuit, est une bonne nouvelle. J'espère qu'il va continuer à être respecté. Et pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Parce qu'on ne peut pas obtenir de solution par la violence. Nous sommes très attachés à la sécurité d'Israël, c'est évident. Dans le même temps cette sécurité passe par la reconnaissance des palestiniens, on le sait. Les derniers événements ont tout fait voler en éclats. Là il y a eu un accord entre les Israéliens et le Hamas, l'Égypte a joué un rôle très important, il faut le souligner.

Q - Oui, d'ailleurs le mécanisme de surveillance est exercé par l'Égypte, c'est l'Égypte qui va surveiller la trêve.

R - Oui, enfin...

Q - En partie.

R - Cela reste encore à définir.

Q - Ah bon ? Ça reste à définir, bon !

R - L'Égypte a joué un rôle important, les États-Unis aussi et nous avons essayé d'aider. Maintenant il faut que ce cessez-le-feu tienne, parce que la violence ne résout rien.

Q - Mais alors comment, à la fois, améliorer les conditions de vie des habitants de Gaza, et comment garantir aussi la sécurité des Israéliens ?

R - C'est tout le problème, et c'est sur ce point que cela a achoppé pendant plusieurs jours. François Hollande m'a demandé d'aller sur place dimanche et nous avons discuté de ce problème. Il y avait d'un côté une demande de la part des Israéliens - qui est parfaitement légitime - consistant à dire que les tirs de roquettes sur Israël devaient cesser et dans ce but il faut en surveiller l'approvisionnement. Symétriquement les Gazaouis veulent que le blocus soit desserré. Et donc, le cessez-le-feu a été décidé, il est respecté, j'espère qu'il va continuer, mais il va falloir surveiller tout cela.

Q - Et aller plus loin maintenant, sinon ça recommencera.

R - Aller plus loin, c'est la recherche de la paix...

Q - Cela veut dire quoi ?

R - Une recherche qui passe par la négociation, qui passe par la sécurité d'Israël et par la reconnaissance des deux États.

Q - Est-ce que vous demandez à Israël de lever le blocus exercé sur Gaza ?

R - À long terme il est évident - je ne sais pas si vous êtes allé à Gaza - mais la situation est absolument invivable. C'est un territoire qui est tout petit, avec un nombre d'habitants au kilomètre carré très important, avec des check-points extrêmement nombreux et des conditions de vie terribles, donc il faut trouver une solution, bien sûr.

Q - Est-ce que vous demandez à lever le blocus ?

R - Nous demandons depuis longtemps qu'il y ait un desserrement du blocus, qui d'ailleurs a été condamné, et dans le même temps nous demandons que la sécurité d'Israël soit garantie.

Q - Mais alors comment faire ? On lève le blocus...

R - La négociation.

Q - La négociation ?

R - Il n'y a pas d'autre solution, il faut qu'il y ait une négociation. Alors là...

Q - Donc vous demandez à Israël un geste, de lever, en partie, le blocus, et vous demandez au Hamas et aux Palestiniens de...

R - Pour l'instant je demande...

Q - La France, je parle de la France, vous.

R- Que l'on respecte le cessez-le-feu.

Q - Oui.

R - Ensuite, il faut, bien sûr, qu'il y ait des discussions, qui seront longues, pour résoudre les problèmes que nous venons d'évoquer.

Q - Est-ce l'Iran qui fournit l'aide militaire au Hamas ?

R - D'après les informations, il y a plusieurs types d'approvisionnement de fourniture. Pour ce qui concerne les missiles à longue portée, portée de 75 kilomètres et poids de 950 kilos qui, menacent pour la première fois, Israël, y compris les villes du Sud, ce sont des missiles de construction iranienne, oui.

Q - Parce que Téhéran vous accuse de porter, je vois la dépêche qui est tombée il y a quelques minutes, de porter une lourde responsabilité dans le conflit de la Bande Gaza pour avoir fourni des armes à longue portée au Hamas, et vous avez accusé Téhéran de porter cette lourde responsabilité...

R - Oui...

Q - Oui, oui, et l'Iran s'indigne de vos propos.

R - Écoutez, je ne vais pas entrer dans une polémique, cela n'a aucun intérêt. Simplement il y a un fait. Dans plusieurs conflits graves actuels, l'Iran est directement impliquée et elle le revendique. En Syrie on sait que l'Iran aide Bachar Al-Assad. On a vu l'Iran envoyer un drone au-dessus d'Israël. Vous savez que nous sommes en négociations pour que l'Iran n'accède pas à l'arme nucléaire. Ce sont des faits, voilà.

Q - Ce sont des faits ?

R - Oui, bien sûr.

Q - Donc pour vous c'est clair, malgré les indignations iraniennes, c'est clair, l'Iran est partie prenante dans ce conflit, et l'Iran arme en partie le Hamas.

R - Il y a des faits que personne ne conteste.

Q - Alors l'Iran justement, parlons-en, que peut-il se passer dans les semaines et les mois qui viennent maintenant ?

R - Sur quel aspect ?

Q - À la fois diplomatique et militaire, concernant l'Iran. Diplomatique et militaire. Parce que si la diplomatie...

R - Vous voulez dire sur l'aspect nucléaire ?

Q - Oui, aspect nucléaire, et l'aspect géopolitique dans la région.

R - Sur le nucléaire, les choses se présentent ainsi. La dissémination nucléaire est un grave danger et l'Agence internationale de l'énergie atomique a établi que l'Iran avait accumulé un nombre de centrifugeuses au-delà de seuil qui était nécessaire pour produire de l'énergie civile nucléaire. On admet tout à fait que l'Iran, qui est un grand peuple, puisse posséder de l'énergie civile nucléaire. Mais nous ne voulons pas, quand je dis nous, ce sont les Russes, les Chinois, les États-Unis, les Anglais, les Français, les Allemands, enfin la communauté internationale, que l'Iran ait l'arme nucléaire. Donc il y a des négociations qui ont lieu et dans le même temps il y a des sanctions...

Q - Mais qui avancent ou qui n'avancent pas ?

R - Pour l'instant ces négociations n'avancent pas et nous espérons que cela va changer. Puisque la seule bonne solution c'est la négociation, pour que l'Iran, qui a le droit à l'énergie nucléaire civile, renonce à la bombe atomique qui serait un danger. Et nous espérons que les négociations vont aboutir, voilà où nous en sommes.

Q - Et si ces négociations qui durent n'aboutissent pas ...

R - Oui, ces négociations durent, depuis longtemps.

Q - Est-ce que l'option militaire est à écarter ?

R - Écoutez, nous travaillons pour que les négociations aboutissent.

Q - Et si elles n'aboutissent pas ?

R - Je vous citerai le président Obama, qui, pendant sa campagne électorale, a dit «l'Iran n'aura pas la bombe atomique». Voilà.

Q - C'est clair. Cela veut dire que l'option militaire s'appliquera si les négociations n'aboutissent pas.

R - Le rôle d'un ministre des affaires étrangères n'est pas d'ajouter des difficultés aux difficultés, c'est d'essayer résoudre les problèmes. Donc je dis, négociations et dans le même temps sanctions. Nous avons pris des sanctions, fortes, et nous espérons que les négociations aboutissent et que l'Iran respecte ses obligations. Voilà.

Q - La Syrie. Est-il vrai que l'OTAN va déployer des missiles en Turquie ?

R - Il y a eu une demande de nos collègues turcs, pour que des missiles Patriot soient déployés à la frontière turque. La demande a été faite sur la base de l'article 4 de l'OTAN. Nous en discutons en ce moment. Deux pays possèdent ces Patriot : les Pays-Bas et l'Allemagne. La demande a été faite, par rapport à des envois de missiles par les Syriens. Nous sommes aux côtés de ceux qui souhaitent que l'article 4 s'applique.

Q - Donc vous soutenez cette demande ?

R - Elle est étudiée en ce moment, mais il n'y a pas de raison de la refuser.

Q - Il n'y a pas de raison de la refuser.

R - À titre purement défensif.

Q - Les combattants djihadistes en Syrie, ne veulent pas faire partie de la coalition nationale que vous avez adoubée.

R - Tant mieux.

Q - Vous dites tant mieux...

R - Bien sûr.

Q - Mais ils se réfugient dans leur fief autour d'Alep.

R - Tant mieux. L'élément nouveau qui est intervenu la semaine dernière, qui est très important, c'est que l'ensemble de l'opposition, j'allais dire démocratique, s'est regroupée dans la coalition nationale syrienne. Nous avons besoin de ce regroupement de l'opposition parce que si l'on veut une alternative à Bachar Al-Assad, il faut que l'on puisse dire, que les Syriens puissent dire, voilà ce que sera l'alternative. Et donc, des gens respectés et respectables se sont unis dans cette coalition.

Elle a été reconnue par les États du Golfe, par la France, par la Grande-Bretagne et par l'Italie, donc les choses progressent. Que va faire cette coalition ? Elle va mettre sur pied un gouvernement provisoire d'ici quelques jours, c'est ce qu'elle nous a annoncé et elle va aussi distribuer de l'aide humanitaire aux populations syriennes qui sont dans une situation très difficile. Petit à petit elle va prendre de l'ampleur pour préparer la Syrie de demain. Et il est tout à fait vrai qu'un ou deux groupes djihadistes a dit qu'ils ne se reconnaissaient pas dans la coalition. Mais la coalition nous a dit, et c'est extrêmement important, qu'elle voulait que la Syrie de demain respecte l'ensemble des communautés, c'est-à-dire les Alaouites, les Russes, les Chrétiens etc. Alors que les djihadistes eux, veulent autre chose.

Q - Laurent Fabius, parlons de ce Français qui a été enlevé à la frontière entre le Mali et la Mauritanie je crois...

R - Oui du côté malien, c'est-à-dire au sud-ouest du Mali dans une zone qui jusqu'à présent n'apparaissait pas comme contrôlée par les terroristes. Alors évidemment...

Q - Est-ce que vous avez des nouvelles ?

R - Oui nous avons eu des informations par les autorités maliennes.

Q - Il est en vie ?

R - D'après ce que l'on peut savoir oui. Il y a eu revendication mais que nous n'avons pas pu encore vérifier. Il aurait été enlevé par un groupe de djihadistes du nord et maintenant il faut se méfier parce que l'on ne connait pas exactement les conditions dans lesquelles cela s'est passé. D'autre part, on ne sait pas si c'est un groupe qui l'a enlevé pour le revendre, excusez l'expression, à un autre groupe, parce qu'il y a...

Q - C'est comme ça que ça se passe.

R - Malheureusement, ou si c'est directement des gens du nord. En tout cas que signifie cette affaire et évidemment nos services sont mobilisés pour faire le maximum. Premièrement, je le redis : il ne faut pas aller dans cette zone parce que c'est extrêmement imprudent d'y aller et je le redis à l'égard de tout le monde. Deuxièmement cela signifie, encore une fois, qu'il faut absolument lutter contre le terrorisme et c'est ce que commencent à faire les Africains à la fois au Mali et dans les pays voisins.

Q - Alors où en est-on de cette éventuelle intervention militaire africaine ?

R - On n'en est pas encore là. Alors...

Q - On en est où ?

R - Le problème du Mali, malheureusement il vient d'être illustré par cet enlèvement supplémentaire qui fait que nous avons maintenant sept otages, c'est que là-bas se développe un terrorisme, un narco-terrorisme souvent, qui menace non seulement le Mali, mais aussi l'ensemble de l'Afrique ? Nous sommes à la frontière de la Mauritanie et nous ne sommes pas loin du Sénégal. Donc vous voyez le risque dans tous ces pays. Et donc la communauté internationale a pris conscience qu'il fallait agir dans trois directions.

Un, une direction politique. Il faut que les autorités du Mali au sud discutent avec les groupes du nord qui refusent le terrorisme. C'est en train de se faire, parce qu'il faut une base politique. Deuxièmement il faut une base sécuritaire. Il faut que l'armée malienne se reconstitue et qu'il y ait autour des forces africaines qui acceptent, le cas échéant, d'intervenir. C'est en train d'être fait, mais cela va prendre du temps, parce qu'il n'y a plus d'armée malienne. Et troisièmement, il faut aider au développement et à l'humanitaire, et tout cela est en train de cheminer au niveau international...

Q - Et quand, vous avez des dates, sur... ?

R - Oui, l'ONU va donner son feu vert à cet ensemble début décembre.

Q - Début décembre. Mais une éventuelle intervention...

R - Nous n'en sommes pas là.

Q - Dans les semaines qui viennent.

R - Non, nous n'en sommes pas là. Il faut d'abord reconstituer les forces maliennes, évidemment car on ne peut pas intervenir sans forces maliennes, et il faut que les pays voisins fournissent des contingents. Mais, j'insiste quand même Monsieur Bourdin, c'est aux Africains, d'abord, de mener les actions nécessaires, la communauté internationale...

Q - Notre soutien ne sera que logistique...

R - C'est en appui. Mais c'est une affaire qui relève d'abord des Africains. Mais sur ce sujet, comme dans l'affaire syrienne et les évènements à Gaza et en Israël, la France essaye de faciliter la paix. La ligne qui est la nôtre est une France puissance de paix.

Q - Bien, Laurent Fabius, l'Europe. La Grèce, c'est toujours aussi catastrophique, solution, peut-être effacer une partie de la dette, oui ou pas ?

R- Nous sommes passés pas loin de l'accord, comme l'a dit Pierre Moscovici, mais nous ne l'avons pas obtenu et il faut l'obtenir dans les jours qui viennent, absolument. Alors, il y a des discussions techniques très compliquées, mais il faut obtenir une solution.

Q - Et le sommet européen de Bruxelles qui s'annonce...

R - Difficile.

Q - Difficile.

R - Très difficile.

Q - Pourquoi ? Je vais résumer. Il s'agit de voter le budget 2014/ 2020. Quelle est la situation ? La Grande-Bretagne veut - c'est un budget de 1000 milliards d'euros à peu près - la Grande-Bretagne veut une économie de 200 milliards d'euros sur ce budget, l'Allemagne 100 milliards...

R - Et garder son chèque.

Q - Et garder son chèque, oui, négocié par Margaret Thatcher en 1984. Et nous, nous disons non, parce que nous, nous voulons préserver la Politique agricole commune.

R - Nous, nous disons que nous pouvons faire des économies, mais qu'il y a deux politiques qui sont des politiques majeures de l'Union : la Politique agricole commune et la politique de cohésion, qui aide les régions. Alors nous disons que l'on peut faire un certain nombre d'économies, mais que sur ces deux points, il en est hors de question.

Q - Combien d'économies ?

R - On peut discuter sur les chiffres.

Q - Cent milliards d'euros demandent les Allemands, c'est... on peut les rejoindre ?

R - Non, c'est au-delà de ce qui est faisable. Mais nous disons qu'il faut garder, pour conserver de la croissance et cela est nécessaire, à la fois une politique agricole solide et une politique régionale, c'est-à-dire la politique de cohésion. Alors que nos partenaires anglais disent, on veut garder notre chèque, et en plus il faut tout ratiboiser. A ce moment-là, il n'y a plus d'Europe.

Q - Mais, ce chèque, il faut le renégocier ou pas ?

R - Les conditions dans lesquelles le rabais britannique a été négocié en 1984 au Sommet de Fontainebleau, font qu'il y a un montant qui est prévu, et juridiquement c'est difficile.

Q - 3 milliards d'euros, par an.

R - Ce qui n'est pas possible c'est que, non seulement ce chèque soit maintenu et que toutes les dépenses soient diminuées. Et puis d'autres pays demandent aussi un chèque. Donc, nous sommes pour un compromis, mais un compromis qui ne casse pas l'Europe et qui ne soit pas au détriment de la France.

Q - Ça va être rude, ce sommet.

R - Cela n'est pas facile./.

 

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6. Israël/Gaza - Réponse du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, à une question d'actualité au Sénat - Paris, 22 novembre 2012

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Monsieur le Sénateur,

D'abord il faut, comme vous l'avez fait, saluer la bonne nouvelle que représente le cessez-le-feu qui est intervenu hier en fin d'après-midi entre Israël et le Hamas.

J'ai eu l'occasion d'avoir au téléphone, ce matin-même, mon collègue le ministre des affaires étrangères égyptien. J'ai salué l'importance de la contribution de l'Égypte dans ce qui n'est qu'un cessez-le-feu ; mais ce qui est un cessez-le-feu.

J'ai pris contact avec nos partenaires israéliens pour approuver aussi, puisque j'ai eu l'occasion de les rencontrer dimanche, le geste qui a été fait par Israël.

C'est une bonne nouvelle et, en même temps, vous l'avez souligné, c'est une nouvelle fragile, d'abord parce que, à partir des heures qui viennent, d'autres discussions s'engagent. Du côté israélien, il y a la demande légitime que bien sûr les tirs de roquettes ne reprennent pas et que l'on évite, c'est la responsabilité de l'Égypte, qu'il y ait de nouveaux afflux d'armes. Il faudra que l'Égypte contrôle, pas seulement ce qui est fait par Damas mais ce qui est fait par l'ensemble des groupes.

Symétriquement, il est demandé qu'il y ait un desserrement du blocus. Ce sont les discussions qui sont devant nous et la France a dit à ses partenaires qu'elle était disponible et qu'elle pouvait aider.

Maintenant, vous posez la question plus générale de la paix et vous posez la question de la résolution qui, probablement va être déposée dans les jours qui viennent et qui, si elle est déposée devrait faire l'objet d'un vote jeudi prochain. On peut discuter sur l'opportunité à cet instant de déposer une résolution, mais si elle est déposée, il faudra bien que nous nous prononcions.

Bien sûr, nous sommes en discussion avec les Palestiniens ainsi qu'avec nos partenaires européens. Je puis vous indiquer une direction qui est d'ailleurs celle prise depuis très longtemps, à la fois par les principaux partis politiques français lors du gouvernement précédent, lorsqu'à propos de la question de savoir si la Palestine devait entrer à l'UNESCO, vote favorable avait été obtenu.

En ce qui concerne le gouvernement actuel, je veux rappeler que l'engagement n°59 du candidat devenu président de la République, François Hollande, indique qu'il y aura une reconnaissance internationale de l'État palestinien.

Voilà où nous en sommes, voilà l'état des discussions. Ce dont il s'agit, Mesdames et Messieurs les Sénateurs, c'est de réaffirmer la position de la France.

La France est l'amie d'Israël et du peuple palestinien. La cause qu'elle défend est celle de la paix, laquelle implique la sécurité d'Israël et le droit des Palestiniens à disposer d'un État viable, démocratique et pacifique./.

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7. Israël/Gaza - Annonce d'un cessez-le-feu - Déclaration de la Haute représentante de l'Union européenne, Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 21 novembre 2012

Je me félicite du cessez-le-feu intervenu dans la bande de Gaza et en Israël. Je salue en particulier les efforts déployés par l'Égypte et par tous ceux qui ont servi de médiateurs entre les parties pour parvenir à ce cessez-le-feu.

L'Union européenne poursuivra ses efforts pour qu'une solution durable soit trouvée à la situation actuelle dans la bande de Gaza, condition sine qua non pour que toutes les violences puissent prendre fin et que la sécurité dans la région puisse être renforcée./.

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8. Turquie/relations économiques - Communiqué du ministère du commerce extérieur - Paris, 21 novembre 2012

 Ce premier rendez-vous économique à haut niveau depuis près de deux ans a permis de confirmer le retour du climat de confiance entre les deux capitales et de dresser une feuille de route ambitieuse pour les relations économiques.

Trois groupes de travail ont été lancés, respectivement sur l'énergie (efficacité énergétique et nucléaire notamment), l'agro-alimentaire et l'agriculture ainsi que sur les services urbains.

Un premier point d'étape de leurs travaux sera établi à l'occasion de la visite qu'effectuera Nicole Bricq mi-janvier en Turquie.

Avec les entreprises présentes lors d'un déjeuner de travail, les ministres ont également insisté sur l'importance des partenariats sur pays tiers entre entreprises françaises et turques. Plusieurs exemples concrets existent déjà, en Irak, en Croatie et au Turkménistan notamment. Les ministres ont convenu d'amplifier ce mouvement. Pour ce faire, un accord a été signé, en présence des ministres, entre les assureurs-crédits (Coface et Turk Exim Bank), afin de financer ensemble ces projets.

«Je crois que nous avons ce jour, avec le ministre de l'économie turc, ouvert une nouvelle page de notre relation économique, dans l'amitié, le respect. Les projets que nous entendons mener ensemble à l'export témoignent de cette nouvelle ambition, au-delà des opportunités majeures que représente ce pays aussi bien en termes d'infrastructures que de consommation courante. J'en fais l'une de mes priorités» souligne Nicole Bricq./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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9. Programme européen d'aide aux plus démunis - Réponse de la ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, Mme Marie-Arlette Carlotti, à une question d'actualité à l'Assemblée nationale - Paris, 21 novembre 2012

Monsieur le Député, soyez-en totalement assuré : le gouvernement est entièrement mobilisé et qu'il ne ménage pas ses efforts pour relayer la position française auprès de ses partenaires européens. Hier encore, Stéphane Le Foll et moi-même étions au Parlement européen, accompagnés des principales associations françaises d'aide alimentaire.

Avec Bernard Cazeneuve, nous voulons pérenniser, dans le cadre des perspectives financières de l'Union européenne 2014-2020, l'aide alimentaire aux plus démunis parce qu'elle permet aujourd'hui à 18 millions d'Européens de dix-neuf pays différents d'avoir accès à une alimentation de qualité, parce que l'Union européenne elle-même s'est engagée à l'horizon 2020 à réduire la pauvreté de 25 % et donc de sortir 20 millions de citoyens européens de la précarité. Cette aide doit passer par un fonds essentiellement dédié à l'alimentaire, qui doit être complémentaire et non concurrent des autres fonds européens - FSE, FEDER ou autres fonds de cohésion.

Ce fonds devra obligatoirement garder - et c'est à construire - un lien avec la PAC pour que les stocks alimentaires soient redistribués aux personnes les plus fragiles de nos sociétés. Stéphane le Foll a convaincu aujourd'hui la Commission sur ce point.

Le président de la République a récemment exprimé la position du pays et la défendra au sein du Conseil des 23 et 24 novembre prochains. La France soutient sans réserve le maintien d'une aide dédiée avec un budget à la hauteur des enjeux. Et si le Conseil statue en ce sens, ce sera Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, qui négociera le montant et le contour de ce nouveau dispositif./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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10. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Maroc/Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue marocain, M. Saad-Eddine El Othmani - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue suédois, M. Carl Bildt - Entretiens de MM. Bernard Cazeneuve et Pascal Canfin avec M. Reinhold Lopatka, secrétaire d'État autrichien - Pakistan - Afghanistan - Vietnam - Mali - MNLA - Paris, 22 novembre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Maroc - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue marocain, M. Saad-Eddine El Othmani

M. Laurent Fabius a reçu hier au Quai d'Orsay son homologue marocain, M. Saad-Eddine El Othmani, à l'occasion d'un entretien extrêmement cordial et chaleureux.

Les deux ministres se sont félicités de la relation exceptionnelle entre la France et le Maroc. Ils ont discuté de la préparation des échéances bilatérales à venir, dont la XIème rencontre de haut niveau qui aura lieu à Casablanca et à Rabat, les 12 et 13 décembre prochain, autour des deux Premier ministres.

L'entretien a été l'occasion de confirmer notre grande convergence de vues sur les principales questions régionales, en particulier le Mali, la Syrie et la situation à Gaza.

Les deux ministres ont également évoqué l'ordre du jour de la présidence marocaine du Conseil de sécurité des Nations unies, le mois prochain, et la préparation de la réunion du Groupe des amis du peuple syrien qui devrait se tenir le 12 décembre à Marrakech.

2 - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue suédois, M. Carl Bildt (22 novembre 2012)

M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, reçoit aujourd'hui M. Carl Bildt, ministre des affaires étrangères du Royaume de Suède.

Les ministres auront un échange de vues sur les perspectives pour la Politique de sécurité et de défense commune de l'Union européenne, dont une mission de formation sera déployée prochainement au Mali.

Cet entretien leur permettra également d'évoquer les principales questions de l'actualité internationale, au premier rang desquels le processus de paix au Proche-Orient et la crise à Gaza, au lendemain de la trêve décidée par les parties au conflit. Les deux ministres feront enfin le point sur la situation en Syrie et en Iran.

3 - Entretiens de MM. Bernard Cazeneuve et Pascal Canfin avec M. Reinhold Lopatka, secrétaire d'État autrichien (23 novembre 2012)

M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, et M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, recevront le 23 novembre M. Reinhold Lopatka, secrétaire d'État au ministère autrichien des affaires européennes et internationales.

La rencontre entre MM. Cazeneuve et Lopatka sera l'occasion d'évoquer les négociations sur le budget européen pour la période 2014-2020, l'avenir de l'Union économique et monétaire, la mise en place d'une taxe sur les transactions financières et la stratégie européenne pour l'espace alpin. Ils discuteront également de l'élargissement de l'Union européenne et des questions de défense et de sécurité commune, dans le prolongement de la réunion des ministres des affaires étrangères et de la défense récemment organisée par la France en format «Weimar plus».

Avec M. Lopatka, M. Canfin évoquera notamment la politique européenne d'aide au développement et la situation humanitaire au Mali et au Sahel. Ils auront également un échange sur les objectifs du Millénaire et les objectifs du développement durable après 2015.

4 - Pakistan - Attentats

La France condamne avec la plus grande fermeté la vague d'attentats qui vient de frapper plusieurs villes du Pakistan.

Nous présentons nos condoléances aux proches des victimes et exprimons notre pleine solidarité avec la population pakistanaise dans son rejet du terrorisme et du fondamentalisme religieux.

5 - Afghanistan - Peine de mort

La France condamne les exécutions qui ont eu lieu les 20 et 21 novembre en Afghanistan. Ces exécutions interviennent au lendemain de l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies, à une large majorité, d'une résolution appelant à l'instauration d'un moratoire universel sur la peine de mort. Cette adoption confirme la tendance mondiale en faveur de l'abolition de ce châtiment cruel et inhumain.

Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères à l'occasion du lancement de la campagne en faveur de l'abolition universelle, la France réaffirme son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Afghanistan à instaurer un moratoire sur la peine de mort et à envisager une abolition définitive.

6 - Vietnam - Confirmation en appel d'une peine de 6 ans de prison pour un blogueur

La France déplore vivement la confirmation de la condamnation en appel à une peine de six ans de prison de M. Dinh Dang Dinh pour «propagande contre l'État».

Ce jugement, prononcé le 21 novembre par la cour d'appel de la province de Dak Nong, intervient à la suite de ceux prononcés le 24 septembre à l'encontre de trois blogueurs et le 30 octobre à l'encontre de deux musiciens et compositeurs.

La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et d'opinion, y compris sur Internet, partout dans le monde.

7 - Mali

Q - Sur le nouvel otage français au Mali, qui est-il, quelle est sa profession, sa région d'origine, les raisons de sa présence dans cette zone de l'Ouest. Était-il seul au moment de son enlèvement ? Que pouvez-vous nous dire au-delà de ce qu'a dit Laurent Fabius ce matin sur RMC ?

R - Nous n'avons rien à ajouter aux propos du ministre. Dans ce cas particulier, comme pour l'ensemble des otages français, nous faisons preuve de la plus grande discrétion. Cela répond à la fois à un souci de sécurité et à l'intérêt des otages comme à celui de leurs familles.

8 - MNLA

Q - Confirmez-vous la présence en France du chef du MNLA Ag Acherif ? Le cas échéant, une rencontre est-elle prévue au Quai d'Orsay ?

R - Une délégation du MNLA est arrivée hier à Paris. Elle sera reçue cet après-midi, à sa demande, par des hauts fonctionnaires du ministère des affaires étrangères.

L'établissement d'un dialogue entre les autorités de Bamako et les groupes non-terroristes du Nord Mali est urgent, au moment où le Conseil de sécurité des Nations unies, à la demande de l'Union africaine, s'apprête à autoriser le déploiement d'une force africaine.

Cette rencontre sera également pour nous l'occasion de rappeler au MNLA la part d'effort qu'il doit effectuer, en renonçant à sa revendication d'indépendance, pour que la paix soit durablement rétablie au Mali.

Conformément à la résolution 2071 du Conseil de sécurité des Nations unies, le dialogue que soutient la communauté internationale ne peut être envisagé qu'avec les groupes qui renoncent à la violence et acceptent l'intégrité territoriale du Mali./.

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11. Journée mondiale de l'enfance - Déclaration de la Haute représentante de l'Union européenne, Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 20 novembre 2012

À l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance, je tiens à réaffirmer que l'Union européenne est résolument attachée à la promotion et à la protection des droits de l'enfant partout dans le monde.

La Convention des droits de l'enfant, qui est l'instrument international relatif aux droits de l'Homme le plus largement ratifié, a fondamentalement changé la manière dont la communauté internationale considère les enfants. Cette année, l'UE a milité dans le monde entier pour que soient universellement ratifiés les protocoles facultatifs à cette convention, qui renforcent la protection des enfants dans les conflits armés et la lutte contre la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants. Je me félicite que, depuis le début de 2011, une douzaine d'États soient devenus parties à ces protocoles et j'espère que d'autres y adhéreront bientôt.

Malheureusement, la souffrance des enfants demeure une réalité quotidienne. Des millions d'enfants sont victimes de conflits, d'actes de violence et de mauvais traitements, n'ont pas accès à l'eau potable ou n'ont pas de foyer sûr. Ou leur voix n'est tout simplement pas entendue. C'est pourquoi je suis très heureuse que le prix 0obel de la paix récemment attribué à l'UE soit utilisé au profit des enfants dans les zones de guerre ou de conflit. L'an prochain, je prévois de lancer une campagne pour lutter contre la violence envers les enfants. Nous poursuivrons également notre partenariat avec les Nations unies et la société civile pour plaider en faveur du respect des droits de l'enfant dans le monde entier./.

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12. Colombie/FARC - Annonce d'un cessez-le-feu - Déclaration du porte-parole de la Haute représentante de l'Union européenne - Bruxelles, 20 novembre 2012

La Haute représentante prend note de l'annonce par les FARC d'une suspension de leurs «opérations militaires et actes de sabotage pendant une période de deux mois». Elle se félicite de toute initiative que pourraient prendre les FARC pour épargner à la population colombienne la violence qu'elle doit subir depuis si longtemps.

Elle espère que les négociations à La Havane permettront d'obtenir rapidement un accord définitif, afin que la Colombie puisse entrer dans une phase de véritable consolidation de la paix./.

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