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Bulletin d'actualités du 19 novembre 2012


Sommaire



1. Isra√ęl/Gaza/√Čgypte - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique - Paris, 17 novembre 2012

 

Le pr√©sident de la R√©publique a eu un nouvel entretien t√©l√©phonique avec le pr√©sident de la R√©publique d'√Čgypte, M. Mohamed Morsi, au sujet de la crise de Gaza, dans le cadre des consultations qu'il m√®ne en vue de parvenir √† un cessez-le-feu imm√©diat. √Ä cette occasion, il l'a inform√© des d√©marches que le ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, effectue actuellement dans la r√©gion et l'a assur√© du soutien de la France aux efforts √©gyptiens./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Isra√ęl/Gaza - Conf√©rence de presse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius - Tel Aviv, 18 novembre 2012

 

Je suis donc arriv√© ce matin, √† la demande du pr√©sident de la R√©publique. Premi√®rement, j'ai vu le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ensuite, le ministre des affaires √©trang√®res isra√©lien Avigdor Liberman, puis nous sommes all√©s voir le pr√©sident Mahmoud Abbas et, ensuite, le ministre de la d√©fense isra√©lien Ehoud Barak. J'ai aussi eu des contacts avec ceux qui, √† un titre ou un autre, peuvent intervenir : ce matin tr√®s t√īt avec Mme Clinton, la secr√©taire d'Etat am√©ricaine ; ce soir avec M. Ban Ki-Moon, le Secr√©taire des Nations unies. Je me suis √©galement entretenu avec, notamment, les ministres des affaires √©trang√®res d'√Čgypte, de Turquie et du Qatar.

Il y a deux mots-cl√©s : l'urgence et le cessez-le-feu. L'urgence, parce que la situation, dans la bande de Gaza comme ici en Isra√ęl, est tr√®s difficile. Il y a beaucoup de morts et une pression de plus en plus forte, avec des menaces consid√©rables. Par rapport √† tout cela la guerre, √©videmment, n'est pas une option ; ce n'est jamais une solution. Ce n'est pas par la violence que l'on peut r√©gler ce type de conflit. Donc urgence √† intervenir et la France, qui est une puissance de paix, qui parle avec les uns et avec les autres, est l√† pour aider. Cessez-le-feu, puisque la traduction de cette urgence, c'est justement d'obtenir un cessez-le-feu.

Nous avons bien √©videmment discut√© de cela toute la journ√©e. Il y a des discussions qui ont lieu au Caire en ce moment et il y a des discussions qui ont lieu ici. Le pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise a eu, dans l'apr√®s-midi, le pr√©sident √©gyptien qui joue un r√īle important et nous esp√©rons pouvoir contribuer √† l'avanc√©e sur ce cessez-le-feu.

Après ce cessez-le-feu que nous souhaitons aussi rapide que possible, il y a des questions de fond qui ne peuvent pas être traitées immédiatement, mais on peut envisager de travailler en deux phases : d'abord un cessez-le-feu qui permettrait d'épargner des vies et, ensuite le traitement de toute une série d'autres problèmes qui se posent à Gaza et qui devrait permettre d'obtenir les garanties que souhaitent les uns et les autres.

Q - Il y a quelques instants, vous avez dit que la violence ou la guerre n'était pas une solution pour ce conflit. Comment la France aurait-elle pu résoudre un conflit si, par exemple, des missiles étaient tirés quotidiennement ou régulièrement pendant des années ou des mois sur la population de Biarritz, de Bordeaux ou de Toulouse à partir du pays basque. Comment la France aurait-elle réagi à une telle situation ?

R - C'est la raison pour laquelle nous demandons un cessez-le-feu. Je connais bien cette comparaison, m√™me si comparaison n'est pas raison. Pour r√©pondre sur le fond √† votre question, √©videmment Isra√ęl a droit √† sa s√©curit√©. De la m√™me fa√ßon que les Palestiniens ont droit √† un √Čtat et √† pouvoir vivre de fa√ßon correcte. Donc par rapport √† ce qu'il s'est pass√©, je ne vais pas entrer dans une discussion longue ou chacun a sa th√®se sur le d√©but des hostilit√©s. Quand on discute avec les uns et les autres, on n'a pas la m√™me version mais ce qui est important et m√™me essentiel, c'est que l'on arrive √† faire cesser le feu, puisqu'il y a des gens qui meurent, qui sont bless√©s. Il y en a √† Gaza, il y en a aussi ici en Isra√ęl et donc, face √† un conflit de cette sorte, ce n'est pas une une escalade qui va r√©gler la question. Il faut au contraire trouver les termes d'un cessez-le-feu, ce qui n'est pas facile.

Q - Du c√īt√© isra√©lien, on a affirm√© que l'on souhaitait un cessez-le-feu inconditionnel avant d'examiner les possibilit√©s d'un accord ou d'un arrangement. Qu'en est-il du c√īt√© du Hamas, est-il pr√™t √† accepter ?

R - Je ne vais pas entrer dans les d√©tails techniques. Nous avons pris langue avec les Isra√©liens et avec tous ceux qui sont r√©unis au Caire : les √Čgyptiens, la Ligue arabe, les Turcs et les Qataris. Il faut essayer de rapprocher les peuples, l'objectif √©tant le cessez-le-feu. Chacun devra avoir des garanties. Il ne m'appartient pas d'entrer dans les d√©tails de la n√©gociation mais nous essayons de rapprocher les points de vue.

Q - Vous parait-il envisageable que la communauté internationale ou la France accorde des garanties ou participe à des garanties ?

R - Nous sommes ouverts. C'est d'abord aux bellig√©rants eux-m√™mes de s'engager mais il y a ceux qui peuvent avoir une influence. Il est possible que pour la deuxi√®me phase, c'est-√†-dire celle qui apporte une solution aux probl√®mes de fond, il y ait un certain nombre de garanties internationales. Si l'on demande de l'aide √† l'Union europ√©enne, aux √Čtats-Unis, √† la France, nous sommes √† leur disposition, mais la volont√© doit d'abord √©maner des parties.

Q - La France peut-elle contribuer à un cessez-le-feu en dialoguant avec les Israéliens sans parler avec le Hamas, qui n'est pas, à la base, un partenaire de dialogue ?

R - La France veut aider √† mettre en place un cessez-le-feu. Nous parlons bien s√Ľr avec les Isra√©liens mais, comme vous le savez, nous n'avons pas de contact direct avec le Hamas. Selon la r√®gle g√©n√©rale, tant que le Hamas n'a pas express√©ment renonc√© √† la violence et qu'il n'a pas reconnu, comme doit l'√™tre au niveau international Isra√ęl, la r√®gle depuis longtemps est de ne pas avoir de contact direct avec ce mouvement. Mais dans le m√™me temps, nous parlons avec les √Čgyptiens, avec la Ligue arabe, avec les Qataris et avec les Turcs, et nous sommes bien au courant des demandes des uns et des autres.

Q - Comment expliquez-vous la position du président Morsi ? A-t-il pris parti en faveur du Hamas, puisqu'il y a un lien connu entre les Frères musulmans et le Hamas, ou peut-il être un véritable médiateur dans cette crise ?

R - Je pense que le pr√©sident √©gyptien peut avoir un r√īle important dans cette crise. Nous l'avons constat√© lorsque nous avons eu des contacts avec la partie √©gyptienne mais aussi lors de mes entretiens avec les Isra√©liens, dont le Premier ministre Netanyahou. J'ai pu constater que le r√īle important du pr√©sident √©gyptien √©tait reconnu.

Q - Monsieur le Ministre, quel sens donnez-vous √† votre pr√©sence physique en Isra√ęl et dans les Territoires palestiniens ?

R - Il est compl√®tement normal que la France, qui est une puissance de paix, soit pr√©sente l√† o√Ļ celle-ci est menac√©e. Nous avons une position sp√©cifique: nous sommes des amis d'Isra√ęl, on l'a vu encore r√©cemment lors de la visite du Premier ministre isra√©lien en France, et traditionnellement nous d√©fendons les droits des Palestiniens. Cette position, il est normal de l'affirmer au moment o√Ļ pr√©cis√©ment la tension est tr√®s forte et l'urgence est l√†.

Q - Depuis votre arrivée aux fonctions et l'élection de François Hollande, il semble que le Quai d'Orsay ait amorcé un virage vers une politique plus équilibrée dans le conflit israélo-arabe. Cette politique vous permettra-t-elle d'intervenir à Gaza pour imposer un cessez-le-feu ou une trêve comme cela s'est produit au Liban avec l'envoi des Casques bleus ?

R - D'abord je voudrais ajouter que l'un des moments forts de ma journ√©e a √©t√© ma rencontre avec le pr√©sident Shimon P√©r√®s. Je ne sais pas s'il faut comparer, et je ne suis peut-√™tre pas le mieux placer pour comparer la politique actuelle avec la politique pr√©c√©dente, mais ce que je peux vous dire c'est qu'il s'agit d'une politique tr√®s active. Active bien s√Ľr dans une r√©gion comme celle-ci, si d√©cisive pour la paix, mais active aussi, on l'a vu ces jours derniers, dans d'autres conflits. Inutile de vous rappeler que sur la Syrie, la France est le premier pays d'Europe qui a reconnu la nouvelle coalition.

Je n'ai pas besoin de vous rappeler que cette nuit même, au Conseil de sécurité des Nations unies, nous avons demandé une réunion d'urgence sur ce qui se passe, qui est très grave, en République démocratique du Congo, avec des attaques du M23, qui sont, de fait, des attaques du Rwanda. Dans toute une série d'autres questions la France mène une politique très active. Cela va-t-il pour autant nous permettre de régler directement toute une série de conflits ? Nous le souhaitons mais évidemment, les choses sont complexes. En tout cas, à chaque fois que nous pouvons être utiles à la paix, on peut compter sur la France.

Merci./.

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3. Isra√ęl/Gaza - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęFrance 2¬Ľ - Tel-Aviv, 18 novembre 2012

 

Q - La France a-t-elle encore aujourd'hui un poids, une influence dans la région ?

R - Oui, parce que nous sommes √† la fois des amis d'Isra√ęl et que nous d√©fendons les droits des Palestiniens. Ce soir, les deux mots d'ordre sont : urgence et cessez-le-feu.

L'urgence r√©sulte de vos images : il y a tous les jours des gens qui tombent √† Gaza. Il y a beaucoup de roquettes contre Tel-Aviv. Derri√®re moi, il y a quelques minutes, une roquette a √©t√© arr√™t√©e par le syst√®me de protection que l'on appelle ¬ęiron dome¬Ľ.

Il faut absolument, de mani√®re urgente, qu'on aille vers le cessez-le-feu. C'est l√† o√Ļ la France peut √™tre utile. Fran√ßois Hollande m'a demand√© d'√™tre ici aujourd'hui. J'ai pu m'entretenir avec les uns et les autres afin d'essayer de rapprocher les points de vue, aussi bien du c√īt√© isra√©lien que du c√īt√© palestinien. Beaucoup de choses se passent au Caire aussi. J'ai eu au t√©l√©phone le secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies.

Tout l'effort de la France, qui est une puissance de paix, c'est de pouvoir faire en sorte que l'on aille vers le cessez-le-feu, parce que la guerre doit être évitée.

Q - Pour que l'on comprenne bien la position de la France, estimez-vous, comme le président Obama, que les tirs de roquettes en provenance de Gaza ont précipité la crise, ou vous estimez que finalement les responsabilités sont ici partagées ?

R - Les responsabilit√©s sont partag√©es. Selon que l'on parle aux Palestiniens ou aux Isra√©liens, √©videmment, l'interpr√©tation n'est pas la m√™me. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a des roquettes de longue port√©e tir√©es depuis Gaza et Isra√ęl a droit √† sa s√©curit√©. Mais ce qui est vrai aussi, c'est que des attaques extr√™mement meurtri√®res sont port√©es contre les Gazaouis et c'est pourquoi il faut aller vers un cessez-le-feu, c'est tout le travail que fait la France avec l'√Čgypte, la Turquie, le Qatar et beaucoup d'autres pays.

Q - √Ä la fin du mois, l'ONU devra se prononcer sur le statut d'√Čtat non membre de la Palestine. On ne conna√ģt la position de la France ou est-ce c'est toujours en discussion ?

R - La France n'a pas encore fait conna√ģtre sa position. J'en ai discut√© cet apr√®s-midi avec Mahmoud Abbas, le pr√©sident de l'Autorit√© palestinienne. Nous souhaitons, d'une part, conna√ģtre la r√©daction exacte de cette r√©solution, si elle a lieu. Nous voulons, d'autre part, conna√ģtre la position de nos autres partenaires europ√©ens. Et puis, nous nous d√©terminerons par rapport √† une question simple : cette d√©marche va-elle dans le sens des int√©r√™ts des Palestiniens et de la paix ? Nous ferons conna√ģtre notre position d'ici quelques jours./.

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4. Isra√ęl/Gaza - D√©claration √† la presse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, au si√®ge de la pr√©sidence de l'Autorit√© palestinienne - Ramallah, 18 novembre 2012

 

Merci à tous.

La France est un pays ami du peuple palestinien. Je suis venu ici, à la demande du président Hollande, pour rencontrer les Israéliens et il était également naturel de rencontrer le président Mahmoud Abbas.

La situation √† Gaza et en Isra√ęl est une situation urgente. Nous sommes tr√®s inquiets parce que la tension et l'escalade sont de plus en plus fortes. Nous voulons, nous Fran√ßais, en tant que puissance de paix, aider √† la d√©sescalade car la guerre peut et doit √™tre √©vit√©e. La guerre n'est jamais une bonne solution.

J'ai longuement rencontré le Premier ministre Netanyahou, les ministres israéliens, le président Shimon Peres, je repartirai dans quelques instants pour rencontrer Ehoud Barak et à chaque fois j'ai abordé avec mes homologues la question du cessez-le-feu.

Car l'urgence c'est le cessez-le-feu pour que ni √† Gaza et ni en Isra√ęl il n'y ait les menaces et les morts que nous d√©plorons jour apr√®s jour. Nous avons donc discut√© des conditions de ce cessez-le-feu et la France a offert son appui pour trouver des solutions.

Dans le même temps, nous sommes en contact avec les dirigeants égyptiens, qataris et turcs, avec les dirigeants de la Ligue arabe et d'autres qui se trouvent au Caire, et à partir de ces contacts nous essayons d'être utiles et d'avancer.

Les deux mots d'ordre sont donc ¬ęurgence¬Ľ et ¬ęcessez-le-feu¬Ľ et c'est de cela que nous avons parl√© avec le pr√©sident Mahmoud Abbas que je remercie de son accueil./.

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5. Isra√ęl/Gaza - Propos du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęFrance-info¬Ľ - Ramallah, 18 novembre 2012

La guerre n'est pas une solution. Nous discutons avec tout le monde. Nous avons des contacts avec les Isra√©liens, nous sommes proches des √Čgyptiens, du Qatar et de la Ligue arabe.

Nous connaissons bien l'Autorité palestinienne et je suis venu pour essayer d'avancer vers la mise en place d'un cessez-le-feu./.

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6. Isra√ęl/Gaza - Propos du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęCanal +¬Ľ - Ramallah, 18 novembre 2012

Nous sommes très inquiets parce que la tension et l'escalade sont de plus en plus fortes. Ce que nous voulons, nous Français, en tant que puissance de paix, c'est aider à la désescalade. La guerre peut et doit être évitée. La guerre n'est jamais une bonne solution./.

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7. Isra√ęl/Gaza - Propos du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęIT√©l√©¬Ľ - Ramallah, 18 novembre 2012

Le président de la République française m'a demandé de venir ici aujourd'hui parce que nous sommes dans une situation d'urgence.

Ce qui se passe en Isra√ęl, ce qui se passe dans la bande de Gaza est d'une grande gravit√©. Il y a des morts, des bless√©s, il y a une escalade. Nous pensons que la guerre doit √™tre √©vit√©e et peut √™tre √©vit√©e./.

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8. Isra√ęl/Gaza - √Čchange avec la presse du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, √† son arriv√©e au Conseil affaires √©trang√®res - Bruxelles, 19 novembre 2012

 

Q - (Sur la désignation d'un ambassadeur de la coalition nationale syrienne)

R - Vous m'interrogez sur la position prise par la France à propos de la nouvelle Coalition nationale syrienne : c'est une excellente initiative. La France a pris ses responsabilités et, comme souvent, elle sera suivie par les autres.

Q - Qu'allez-vous dire à vos partenaires sur la Syrie ?

R - Il y a plusieurs questions importantes aujourd'hui.

Il y a la question de la Syrie. Nous allons expliquer pourquoi nous avons pris cette importante d√©cision de reconna√ģtre la Coalition nationale syrienne comme la seule repr√©sentante l√©gitime du peuple syrien. Je pense d'ailleurs que la position de la France sera suivie dans les jours qui viennent par d'autres pays.

Et puis, il y a la question √©videmment tr√®s importante de ce qui se passe √† Gaza et en Isra√ęl. J'ai eu ce matin mon coll√®gue √©gyptien au t√©l√©phone. La France est un facilitateur. Un cessez-le-feu est urgent parce que ce qui se passe √† Gaza et en Isra√ęl est extr√™mement grave. Les √Čgyptiens font un bon travail. La France aide et j'esp√®re que l'Europe va aider aussi./.

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9. Syrie - D√©claration du pr√©sident de la R√©publique suite √† sa rencontre avec M. Ahmad Moaz Al-Khatib - Paris, 17 novembre 2012

 

J'ai reçu ce matin le président de la coalition nationale syrienne, M.Moaz Al-Khatib qui est pour nous le seul représentant légitime du peuple syrien. Nous avons évoqué la manière avec laquelle cette coalition va s'organiser pour assurer non seulement sa légitimité mais sa crédibilité.

Le président de la Coalition nous a fait la démonstration qu'il y aura, non seulement la volonté de rassembler et de réunir toutes les composantes du peuple syrien - ce qui a déjà été largement engagé - mais en plus une centralisation par une organisation de l'aide qui sera installée au Caire pour apporter aux Syriens tout le soutien humanitaire qu'ils attendent.

Il y aura également un commandement militaire intégré de façon à ce que les Syriens puissent, eux-mêmes, assurer la libération de leur territoire de manière cohérente.

La France a rappel√© combien elle √©tait attach√©e √† trouver rapidement une solution et que cette solution devait d'abord passer par l'affirmation d'une transition politique. C'est pourquoi nous avons pris - j'ai pris - la d√©cision de reconna√ģtre la Coalition comme la repr√©sentante l√©gitime du peuple syrien. J'ai m√™me ajout√© une cons√©quence, c'est qu'il y aura un ambassadeur de la Syrie en France qui sera d√©sign√© par le pr√©sident de la Coalition.

J'ai également demandé au ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, dès lundi lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, de poursuivre notre travail de conviction pour que la reconnaissance que la France a déjà faite puisse être prolongée par d'autres déclarations venant de pays européens et de l'Union européenne.

Reste la question de l'embargo sur les armes. Je ne veux pas dissimuler l'importance de cette question : √† la fois le besoin des Syriens de disposer de moyens militaires mais aussi le contr√īle que la communaut√© internationale doit assurer. Cette discussion aura donc √©galement lieu au sein de l'Union europ√©enne pour que les ministres des affaires √©trang√®res puissent prendre les meilleures dispositions.

Enfin, la France continuera à apporter un soutien direct sur le plan humanitaire et notamment dans les zones qui ont été libérées, en liaison étroite avec la Coalition nationale syrienne.

C'√©tait tr√®s important que nous puissions avoir ce contact aujourd'hui pour, √† la fois, marquer notre confiance dans le futur gouvernement de la Syrie et en m√™me temps montrer la mobilisation qui doit √™tre la n√ītre pour que cette situation, qui n'a que trop dur√©, puisse trouver son terme et un terme d√©mocratique.

Je me suis également assuré de la représentation de toutes les composantes de la Syrie. Là aussi, le président m'a donné toutes les garanties, notamment sur la présence de chrétiens et d'alaouites, dans la future organisation de la Syrie démocratique.

Je le remercie d'être venu et je l'assure de tout l'appui de la France pour la plus belle cause qui soit, c'est-à-dire celle de la liberté.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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10. Pologne - Toast prononc√© par le pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, lors du d√ģner officiel offert par le pr√©sident de la r√©publique de Pologne, M. Bronislaw Komorowski - Varsovie, 16 novembre 2012

Monsieur le Président,

Madame la Maréchale de la Diète,

Monsieur le Maréchal du Sénat,

Mesdames, Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs,

Monsieur le Président, je voulais d'abord vous exprimer toute ma gratitude pour l'accueil que vous m'avez réservé tout au long de la journée. Sachez bien que c'est un honneur pour le président de la République française de venir ici en Pologne.

Nous partageons, en effet, tant d'histoire commune, tant de valeurs qui nous unissent, tant de références qui nous mobilisent encore aujourd'hui, la liberté - d'abord la liberté, toujours la liberté - mais aussi la solidarité.

La solidarité, je prends le mot à dessein ce soir, ici, parce que c'est le mot qui a réveillé l'Europe, le mot qui l'a libérée, c'est le mot qui l'a réunie. Et ce mot-là est polonais.

Je sais ce que l'Europe vous doit : son honneur, sa dignité, son unité. Elle doit ce mouvement à des hommes et à des femmes exceptionnels.

Lech Walesa restera une référence pour le monde. Mais il y a un homme - que je veux saluer ici ce soir - qui a fait de la Pologne ce qu'elle est aujourd'hui, c'est Tadeusz Mazowiecki. J'ai également une pensée pour un homme de grande culture qui parlait le français mieux que moi et qui s'appelait Bronislaw Geremek. Mais il y a tant de grandes personnalités qui nous unissent. Napoléon que vous citez souvent et qui, ici, représente un symbole de libération, même si ce n'est pas le cas dans tous les pays du monde. Vous avez évoqué aussi la grande figure du maréchal Poniatowski. Une statue le représente devant votre palais.

Vous avez soulign√© la grande figure de Marie Curie. Je vous remercie d'avoir rappel√© que le jour o√Ļ je me suis install√© dans ma nouvelle responsabilit√© de pr√©sident de la R√©publique, je suis all√© dans le laboratoire o√Ļ elle avait travaill√©. J'ai eu beaucoup de plaisir de retrouver ici, √† Varsovie, la repr√©sentation presque fid√®le du m√™me laboratoire avec beaucoup d'enfants qui reprenaient les exp√©riences de Marie Curie.

La France et la Pologne sont des pays de culture et nous avons en partage, là encore, des hommes et des femmes qui ont créé : des musiciens - vous avez parlé de Chopin - mais également des peintres, des cinéastes de très grande réputation... Nous avons des liens qui vont au-delà de notre histoire et qui se reproduisent génération après génération.

Ce que nous avons aussi √† b√Ętir, c'est une √©conomie commune, ce sont des √©changes, ce sont des investissements, ce sont des activit√©s qui peuvent √™tre utiles aux Polonais comme aux Fran√ßais. C'est pourquoi je remercie les plus grands chefs d'entreprise fran√ßaise d'√™tre venus √† Varsovie pour ce d√©placement. Ils ont compris qu'il ne s'agissait pas ici simplement de pr√©senter des produits, d'aller chercher des contrats, mais de montrer que nous pouvions ensemble d√©velopper nos √©conomies de la meilleure des mani√®res.

Car ce qui est attendu de l'Europe aujourd'hui, dans la situation o√Ļ elle se trouve, dans le doute qu'elle suscite parfois, c'est de cr√©er des emplois et de soutenir la croissance. Seules les entreprises ont la r√©ponse. Nous, les √Čtats, nous devons cr√©er le meilleur environnement, soutenir leurs investissements, permettre leur bonne localisation, accompagner la formation de leur personnel, favoriser les √©changes. Mais ce sont les entreprises qui peuvent demain cr√©er les emplois dont nous avons besoin.

Mais nos responsabilités, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, ne s'arrêtent pas là. Nous avons voulu aujourd'hui relancer la relation entre la France et la Pologne, la placer au niveau le plus élevé, montrer que l'Histoire nous obligeait à préparer l'avenir.

Notre responsabilit√© est de faire avancer l'Europe, de construire le budget dont elle a besoin pour sept ans. Gr√Ęce √† cette journ√©e faite de rencontres aussi bien avec le gouvernement qu'avec le Parlement, nous avons pu nous retrouver sur les m√™mes positions : une conception √©lev√©e de l'action europ√©enne, ma√ģtris√©e quant √† sa d√©pense et organis√©e autour de ces deux piliers que sont les fonds structurels - et donc les politiques de coh√©sion - et la Politique agricole commune. C'est sur cette base l√† que nous irons ensemble au Conseil europ√©en la semaine prochaine.
De la même manière, nous avons vocation à renforcer l'union économique et monétaire dans laquelle la Pologne doit prendre toute sa part. Même si elle n'est pas encore dans la zone euro, elle a vocation à la rejoindre. Dès lors, elle doit être associée à toutes les grandes décisions qui organiseront son architecture, son fonctionnement et donc son avenir.

Enfin, cette visite a permis de relancer le triangle de Weimar. L'idée avait été portée en 1991. Les ministres des affaires étrangères avaient alors donné une première traduction à ce triangle de Weimar. Ensuite, l'idée a gardé sa force, mais n'a pu avoir sa traduction concrète. Notre responsabilité, avec nos amis allemands, sera de donner à ce triangle de Weimar tout son contenu et donc tout son avenir.

Voilà ce qui nous attend. Et je vous attends personnellement, le 8 mai prochain à Paris, pour cette rencontre du triangle de Weimar et cette manifestation que nous pourrions faire, ensemble, pour célébrer le jour de la Victoire de 1945.

Alors d'ici le 8 mai, je vous souhaite une très bonne santé et je lève mon verre à l'amitié et à l'avenir de la relation franco-polonaise.

Merci./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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11. Pologne - Point de presse conjoint du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande et du pr√©sident de la R√©publique de Pologne, M. Bronislaw Komorowski - Propos du pr√©sident de la R√©publique - Varsovie, 16 novembre 2012

 

Je voudrais d'abord remercier le pr√©sident Komorowski pour l'accueil exceptionnel qui m'est r√©serv√© aujourd'hui, non seulement √† l'occasion des entretiens que nous avons d√©j√† eus et de ceux qui vont suivre avec le Premier ministre Tusk, mais √©galement avec le discours qu'il m'a √©t√© propos√© de faire devant la Di√®te polonaise. Tout cela confirme la profondeur de la relation entre la France et la Pologne - li√©e √† l'Histoire, li√©e √† l'√©conomie, li√©e √† la place de nos deux Nations en Europe - et √©galement le partenariat strat√©gique voulu il y a d√©j√† plusieurs ann√©es et que je veux maintenant traduire concr√®tement par des r√©unions au plus haut niveau entre deux chefs d'√Čtat - comme nous l'avons fait ce matin - mais √©galement par des r√©unions au niveau des gouvernements. Tr√®s prochainement, nous en aurons l'illustration.

Je viens √† un moment - vous l'avez rappel√© - o√Ļ l'Europe a un rendez-vous avec elle-m√™me sur son propre budget et √©galement sur son propre avenir mon√©taire. Sur ces deux grands rendez-vous, l'Europe aura √† coeur de prendre les bonnes d√©cisions. La France et la Pologne seront ensemble pour les pr√©parer : ensemble sur la question du budget parce que je n'opposerai pas la politique agricole commune - celle qui est consid√©r√©e comme notre histoire - avec les fonds de coh√©sion auxquels la Pologne est tr√®s attach√©e. Nous serons donc ensemble pour d√©fendre une m√™me conception du budget fond√©e sur la solidarit√©. Nous aurons aussi √† promouvoir une priorit√© pour la croissance.

De la même manière, pour l'avenir de la zone euro, je n'opposerai pas les pays qui en sont membres - la France au premier rang - et des pays qui ont vocation à y adhérer et notamment la Pologne. Je veillerai, pour l'approfondissement de l'union économique et monétaire, à ce que la Pologne et d'autres pays, qui ont la même vision de leur avenir avec la zone euro, puissent être directement impliqués pour les décisions qui les concerneront et qui les concernent déjà.

Nous avons également entre nos deux pays, vous en avez eu l'illustration avec ce char qui renvoyait à notre histoire, des responsabilités en matière de sécurité européenne. La Pologne consacre une part importante de son budget aux dépenses liées à la défense et aux commandes militaires. La France a également une vision de sa propre défense qui s'accorde avec la volonté de donner plus de sécurité à l'Europe. Là encore, nous aurons à en faire la démonstration.

Je suis venu, non seulement avec des parlementaires, et je les en remercie, qui participent à l'amitié entre la France et la Pologne, mais avec beaucoup de chefs d'entreprise. Non pas pour faire pression sur les autorités polonaises : nos entreprises n'ont pas besoin d'être soutenues parce qu'elles ont suffisamment de domaines d'excellence pour faire valoir tout ce qu'elles peuvent apporter à l'économie polonaise. Mais parce que j'ai voulu démontrer un état d'esprit : nous devons hausser la relation entre la France et la Pologne dans tous les domaines culturel, économique, militaire, politique... C'est pourquoi la visite d'aujourd'hui a un caractère exceptionnel.

Q - (inaudible)

R - La France veut d'abord un budget qui soit certes ma√ģtris√© pour l'Europe dans les prochaines ann√©es - compte-tenu des contraintes qui p√®sent dans tous nos pays sur le plan budg√©taire - mais √† un niveau qui permette le financement des grandes politiques europ√©ennes. Parmi ces politiques il y en a deux auxquelles la France est tr√®s attach√©e : d'une part, la politique agricole commune qui n'est pas une sauvegarde, une pr√©servation d'int√©r√™ts ou d'acquis li√©s au pass√© mais une politique de d√©veloppement sur le plan territorial et sur le plan √©conomique ; d'autre part, les politiques dites de coh√©sion auxquelles nous sommes attach√©s pour des raisons de solidarit√© mais √©galement de croissance.

Il faut donc un budget à un niveau suffisant pour permettre de préserver la politique agricole commune et les politiques de cohésion. Cela n'empêchera pas les politiques de croissance parce que ces politiques sont déjà des politiques de croissance. Nous aurons à tenir cette ligne au cours du prochain Conseil européen, sans exprimer, là encore, de chantage ou d'ultimatum. Parce que l'Europe ce n'est pas une suite de chèques ou de contributions. L'Europe c'est un état d'esprit. Qu'est-ce que nous voulons faire ensemble ? Que voulons-nous porter comme politique et comme priorité ?

Q - (Traduction non enregistrée)

R - Pour le budget provisoire, nous sommes conscients que nous devons permettre à l'Europe de fonctionner et de vivre.

Q - (Traduction non enregistrée)

R - Oui je suis tr√®s pr√©occup√© par ce qu'il se passe dans la zone de Gaza. √Ä la fois par ces tirs de roquettes sur Isra√ęl et ensuite par la riposte qui peut entra√ģner une escalade. J'ai donc tout au long de la journ√©e d'hier, avec le ministre des affaires √©trang√®res, pris toutes les initiatives pour √©viter ce d√©cha√ģnement de violence. J'ai eu au t√©l√©phone Benjamin Netanyahu et je lui ai dit que nous √©tions conscients de l'exigence pour sa propre s√©curit√© d'Isra√ęl, mais qu'il fallait aussi √©viter de tomber dans des provocations qui pourraient d√©g√©n√©rer.

J'ai eu le pr√©sident √©gyptien Morsi, pour lui demander d'utiliser toute son influence afin d'√©viter qu'il y ait d'autres actions. C'est la responsabilit√© de la France parce qu'elle peut parler aux uns et aux autres - je ne parle pas du Hamas, je parle des pays - pour √©viter que nous puissions avoir un d√©cha√ģnement et une escalade. Et nous utiliserons donc encore toute notre influence pour que nous puissions √©viter le pire.

Q - Ces dernières années, les relations commerciales entre la Pologne et l'Europe ont été dominé par l'Allemagne. Alors j'aimerais demander aux deux présidents s'ils souhaitent rééquilibrer ces relations au profit de la France ? Est-ce la raison, Monsieur le président de la République française, pour laquelle vous êtes venu avec des chefs d'entreprise français, assez nombreux ?

R - Oui je suis venu à Varsovie aujourd'hui pour franchir une nouvelle étape dans la relation entre la France et la Pologne. Il y a eu la signature d'un partenariat stratégique en 2008, mais il s'est un peu perdu en chemin. Et puis les relations économiques ne sont pas à la hauteur de nos relations politiques. C'est la raison pour laquelle je suis venu avec de nombreux chefs d'entreprise qui sont convaincus que le marché polonais offre des opportunités considérables, à la condition d'être compétitifs.

Comme je l'ai dit tout √† l'heure au pr√©sident polonais, l'amiti√© n'est pas encore un crit√®re de comp√©titivit√©. Il ne suffit pas de se proclamer amis pour gagner des parts de march√©. Nous devons faire la d√©monstration de notre efficacit√© et je suis s√Ľr que dans de nombreux domaines les entreprises fran√ßaises sont capables de r√©pondre aux sollicitations qui peuvent leur √™tre faites. Par exemple, dans le domaine de l'√©nergie, dans le domaine de l'eau, dans le domaine des infrastructures, mais √©galement - nous en avons parl√© - dans le domaine militaire. Mais ce sont les entreprises qui elles-m√™mes d√©cideront de leur propre avenir ici en Pologne, en fonction de ce qu'elles peuvent apporter comme technologies.

Et comme l'a dit le président, les échanges ce n'est pas dans un seul sens. Il doit y avoir des investisseurs également polonais qui viennent en France créer de l'emploi, créer de l'activité dans tous les domaines. Je ne parle pas simplement de la plomberie ! Parce qu'il y a eu trop de malentendus aussi entre la France et la Pologne. Nous devons donc écarter ce qui nous a, à un moment, retenu parce que la France et la Pologne sont deux grandes nations industrielles et technologiques qui doivent coopérer. Il faut en terminer avec un certains nombres de clichés qui ont fait beaucoup de mal. Je veux donc à travers cette visite démontrer aux entreprises polonaises qu'elles peuvent venir en France travailler sans crainte et aux entreprises françaises qu'elles ont toute leur place ici pour faire valoir leurs capacités d'obtenir des marchés.

Nous avons de grandes perspectives, parce que nos niveaux d'échanges ne sont pas - je l'ai dit - à la hauteur de notre relation politique, culturelle et surtout historique. Mais je ne veux pas transformer le président de la République et les ministres en représentants de commerce. Il ne s'agit pas de cela. Il s'agit simplement de montrer qu'il faut faire toute la place à l'économie. Tout à l'heure, je participerai à un forum économique pour dire combien je me félicite de ce nouveau climat entre nos deux pays. La confiance politique et la confiance économique vont de pair.

Q - Et je me permets d'insister de nouveau sur la situation à Gaza, parce que nous aimerions savoir qui, selon vous, est responsable de cette nouvelle escalade au Proche-Orient ? Que peut faire l'Europe et singulièrement la France ?

R - L'urgence n'est pas de condamner, l'urgence c'est d'arr√™ter. Il y a eu des tirs de roquettes venant de Gaza, il y a eu la riposte. Il y a des victimes et ce sont des victimes civiles m√™me s'il y a pu avoir des cibles militaires. La responsabilit√© de la France - vous m'y engagez, vous me le rappelez - c'est justement de pouvoir utiliser, user de son influence, pour dire √† tous ceux qui sont tent√©s d'aller vers la provocation ou d'autres la riposte, de mettre un terme √† ce processus et d'√©viter l'escalade. C'est √ßa la responsabilit√© de la France ! Et je vais dans ces prochaines heures continuer de le faire. Il se trouve que, je l'ai dit, la France peut parler √† tous - sauf √† ceux qu'elle ne reconna√ģt pas - mais est capable de faire entendre le langage de la raison. Nous l'utiliserons donc pleinement pour qu'il n'y ait pas d'autres victimes dans le cadre, h√©las, de ce processus o√Ļ la riposte suit l'agression./.

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12. Pologne - Discours du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, devant les membres des deux chambres du Parlement polonais - Varsovie, 16 novembre 2012

 

Monsieur le président de la République,

Monsieur le Maréchal du Sénat,

Madame la Maréchal de la Diète,

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les Sénateurs,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Et au-delà de vous, Chers Amis polonais,

C'est un immense honneur que vous m'accordez, de pouvoir m'exprimer ici au nom de la France, devant vous, représentants du peuple polonais. C'est le signe d'une relation profonde qui rassemble nos deux pays. Elle est le produit d'une histoire, celle que nous avons construite ensemble et qui permet d'expliquer que, plusieurs fois dans notre passé, nos destins se sont croisés, dans la paix comme dans la guerre, dans l'espoir comme dans l'épreuve, mais toujours autour du même combat que Français et Polonais ont poursuivi inlassablement. Ce combat a un nom, c'est la liberté. La liberté pour laquelle nous avons fait nos révolutions, en 1789 pour la France, en 1830 pour la Pologne et que vous avez également poursuivie lorsque vous vous êtes libérés. Nous avons également en partage d'éminentes personnalités dont on ne sait plus si elles sont polonaises ou françaises. Nous dirons qu'elles sont à la fois polonaises et françaises. Marie Curie en est sans doute le plus beau symbole. Je l'appellerai donc Marie Sklodowska, puisque c'est son nom.

Et puis, il y a ces liens tiss√©s hier dans les usines et les mines fran√ßaises ; et aujourd'hui dans les universit√©s et les laboratoires polonais, dans les entreprises fran√ßaises et polonaises. Il y a eu tant de liens communs qui ont permis, dans les histoires familiales, qu'il y ait des centaines de milliers de fran√ßais qui portent des noms polonais. Je n'oublie pas non plus que Polonais et Fran√ßais ont combattus ensemble et parfois sont tomb√©s ensemble. Nos cimeti√®res militaires en t√©moignent. C'est avec √©motion que je lisais sur votre monument d√©di√© au Soldat inconnu, les noms de villes fran√ßaises o√Ļ des Polonais se sont sacrifi√©s pour qu'elles puissent √™tre prot√©g√©es : Falaise, Chambois... Il y avait m√™me sur ce monument des champs de bataille o√Ļ Fran√ßais et Polonais ont vers√© leur sang. Je pense √† Monte-Cassino, √† Tobrouk.

C'est notre histoire qui nous r√©unit aujourd'hui et c'est votre histoire que je veux saluer. Votre histoire pour votre ind√©pendance. La France a toujours √©t√© √† vos c√īt√©s. Je pense √† ces si√®cles o√Ļ la Pologne a subi la domination de ses voisins, √† ces ann√©es noires durant lesquelles la Pologne a √©t√© d√©chir√©e, partag√©e, domin√©e o√Ļ elle n'avait plus d'√Čtat pour repr√©senter sa Nation. Je pense aussi √† l'apr√®s-guerre o√Ļ la Pologne f√Ľt pendant plus de quarante ans arrach√©e au coeur de son histoire, au coeur de l'Europe. La r√©unification du continent europ√©en, c'est d'abord √† vous Polonais que l'Europe la doit. Votre peuple, par son courage, a montr√© l'exemple face au totalitarisme. D√©j√† en 1956, puis en 1976, enfin en 1980, lorsque Lech Walesa et Solidarnosc ont incarn√© pour toute l'Europe, la lumi√®re qui se levait √† l'Est. La France rend hommage √† votre grand pays d'avoir su ouvrir la br√®che qui a permis l'effondrement du mur de Berlin.

Aujourd'hui, la Pologne a repris toute sa place en Europe en r√©conciliant l'histoire et la g√©ographie. La place d'un grand pays, grande nation, clairement europ√©enne, et d'une √©conomie en plein devenir, en pleine mutation. Mais, c'est une Europe en doute que la Pologne a rejoint il y a 8 ans. Une Europe qui devrait √™tre l√©gitimement fi√®re de se voir d√©cerner le prix Nobel de la paix, pour avoir su surmonter, √† la fois la barbarie et le totalitarisme. Une Europe qui devrait √™tre l√©gitimement fi√®re d'avoir engag√© la plus belle aventure humaine du XX√®me si√®cle. Et une Europe, pourtant, qui est saisie par le doute, par la d√©fiance, et par le retour des √©go√Įsmes.

Je veux devant vous réaffirmer ma confiance dans l'idéal européen et dans les capacités de notre continent à surmonter le défi de la croissance, de l'emploi et de la solidarité. L'Europe, c'est une construction qui demande du mouvement. Elle suffoque dès qu'elle s'arrête, elle ne supporte pas le statu quo, elle tombe quand elle n'avance plus. Voilà pourquoi je suis venu devant vous pour appeler à un mouvement commun. La France et la Pologne doivent unir leur force pour convaincre nos partenaires d'aller plus vite dans le règlement des difficultés de la zone euro, mais surtout d'imaginer ensemble l'Europe de demain.

L'Europe que je propose est fond√©e sur la solidarit√©. C'est elle qui doit inspirer l'union √©conomique et mon√©taire, c'est elle qui doit s'imposer pour assurer l'adh√©sion des peuples qui font le choix fondamental de partager un budget et une monnaie. C'est la solidarit√© qui doit √©galement fonder l'union politique dont nous avons besoin. Cette solidarit√© doit trouver des formes nouvelles dans la r√©gulation des banques au service de l'√©conomie, dans la possibilit√© d'emprunter demain ensemble pour financer les projets d'investissements, dans des r√®gles d'harmonisation fiscale pour favoriser les √©changes. La solidarit√© exige aussi le respect de r√®gles communes et de discipline. C'est pourquoi des instruments communs comme l'union budg√©taire ou le M√©canisme europ√©en de stabilit√© ont √©t√© n√©cessaires. Nous devons garantir √† chaque √©tape la nature d√©mocratique, en donnant aux Parlements nationaux et au Parlement europ√©en, la possibilit√© de surveiller, de contr√īler, de v√©rifier ce qui a √©t√© d√©cid√© √† l'√©chelle de l'Europe.

Dans quelques jours, l'Union européenne sera devant des choix importants. D'abord, son avenir, l'approfondissement de l'union économique et monétaire. Il y a des hésitations, il y a des interrogations, il y a même des contradictions. Est-ce que nous voulons avancer, est-ce que nous voulons partager ? Cela sera sans doute difficile de décider dès le mois de décembre. Je souhaiterais que pour les élections européennes de 2014, c'est tout près, il puisse y avoir un grand débat sur l'avenir de l'Europe. Il y a d'abord la question de la taille de l'Union européenne, de ses cercles différents, de ses rythmes variables.

Je suis très attaché à faire pleinement vivre la zone euro, à en renforcer les compétences, les ressources, et demain les institutions. Mais je n'entends pas figer la zone euro dans sa géographie actuelle et l'isoler du reste de l'Europe. Nous n'avons pas aboli les frontières en Europe qui ont divisé le continent pour en ériger de nouvelles. Je souhaite donc que la Pologne puisse participer dès qu'elle le décidera à l'édification de cette Europe renforcée sur les bases de la zone euro.

Je l'affirme devant vous, la France fera tout pour que la Pologne puisse rejoindre, quand elle en aura pris elle-même la responsabilité, la zone euro. C'est l'intérêt de la Pologne, c'est l'intérêt de la monnaie unique. Mais sans attendre, la Pologne doit être pleinement associée aux travaux sur l'avenir de l'union économique et monétaire. La Pologne, c'est un pays majeur de l'Europe.

J'ai dit que la France était un pays fondateur de l'Europe. Vous, vous êtes un pays libérateur de l'Europe. Vous avez donc à prendre toute votre place dès aujourd'hui dans la construction de la zone euro. Et si vous avez la perspective de vous situer dans la future zone euro, c'est dès maintenant que vous devez être impliqués dans ses décisions.

L'Europe, je l'ai dit, a besoin d'avancer, et donc d'√Čtats pr√©curseurs qui d√©cident d'aller plus vite que les autres. Je souhaite que la Pologne fasse partie de ces pays-l√†.

Nous avons une illustration possible √† travers la taxe sur les transactions financi√®res que onze pays ont d√©cid√© d'introduire en Europe. Je sais les complications, les risques, les inqui√©tudes que cela peut √©ventuellement susciter. Mais j'en vois aussi l'int√©r√™t par rapport √† une ma√ģtrise de la finance et des ressources que nous pouvons tirer.

Et puis, il y a le second rendez-vous qui nous attend, celui du cadre financier de l'Union europ√©enne jusqu'en 2020. Je sais l√†-encore les tensions qui existent et les pressions qui s'exercent. Je veux ici vous faire partager mes convictions. Je suis s√Ľr qu'elles rejoignent les v√ītres. Le budget europ√©en doit √™tre un instrument de croissance et de solidarit√©, ce qui suppose qu'il soit bien orient√©, bien utilis√©, fix√© √† un niveau qui ne soit pas trop haut pour inqui√©ter les pays qui pourraient contribuer davantage, mais qui ne soit pas trop bas, pour emp√™cher toute action volontariste commune. Sinon, c'est une Europe au rabais qui se pr√©pare, une Europe o√Ļ chacun viendra chercher son ch√®que, sa contribution, son retour. Cette Europe, nous n'en voulons pas.

La deuxième conviction que je veux exprimer devant vous, à la veille de ce moment important, c'est que je n'oppose pas les politiques communes. Les nouvelles politiques ne doivent pas remettre en cause les fonds structurels, les fonds de la cohésion et les investissements qu'ils favorisent. Je sais tout le bienfait que la Pologne a su en tirer.

De la même manière, je ne tomberai pas dans le piège qui viserait à opposer les pays qui défendent la politique agricole commune avec les pays qui défendent les fonds de cohésion. Nous avons à défendre, et la Politique agricole, et les fonds de cohésion. Même si, comme dans tout compromis, il faudra faire place à d'autres exigences et notamment pour les grandes infrastructures que nous souhaitons lancer dans nos pays.

L'Europe c'est un tout, c'est l'économie, c'est la monnaie si nous en décidons, c'est un budget, c'est aussi une sécurité que nous devons assurer. Nos deux pays sont alliés dans l'Otan, mais nous avons une responsabilité, là encore, particulière. Vous faites des efforts en matière de défense, vous savez ce que c'est que l'indépendance, et vous voulez la préserver dans toutes les conditions et dans toutes les configurations. Nous devons donc porter ensemble l'ambition d'une Europe de la Défense. Elle exige de renforcer nos industries de défense, de mutualiser nos programmes de recherche, de développer ensemble de nouveaux équipements. Cette Europe-là permettra à la fois d'assurer son avenir avec une industrie forte, mais également, son indépendance pour éviter toute vulnérabilité par rapport à d'éventuelles menaces. Le triangle de Weimar peut devenir le creuset de ces avancées futures de l'Europe. Comme président de la République française, je veux faire en sorte que ce triangle de Weimar puisse être, non seulement une proclamation, mais une traduction complète de notre relation.

Je sais, Amis polonais, que vous √™tes conscients du r√īle qui est le v√ītre par rapport au partenariat oriental. Cette dimension ne s'oppose pas √† d'autres priorit√©s que la France peut poursuivre vis-√†-vis de la M√©diterran√©e ou vis-√†-vis de l'Afrique. C'est aussi votre r√īle de faire en sorte que l'Europe puisse regarder dans toutes les directions, vers tous les horizons et notamment vers l'Est.

Nous avons besoin d'une politique étrangère de sécurité commune dans laquelle vous prenez toute votre part.

Pour ce qui concerne les relations entre nos deux pays - j'en ai parlé avec le président de la République, je le ferai avec le Premier ministre - je veux donner une nouvelle impulsion à nos rapports. Il ne suffit pas de proclamer, cela c'est le plus simple. Il convient de traduire. Nous avons un partenariat stratégique. Il a fixé des principes. Je souhaite qu'il y ait donc des consultations intergouvernementales sur un rythme annuel. Elles s'étaient perdues depuis plusieurs années. Je les reprendrais au plus haut niveau et les prochaines consultations auront lieu dès le début de l'année 2013.

Nous avons de nombreux domaines o√Ļ nous pouvons coop√©rer : coop√©ration scientifique, universitaire... La France et la Pologne, soyons en fiers, disposent d'un potentiel consid√©rable dans le domaine de la recherche et de la technologie. Multiplions aussi le partenariat entre nos industries, augmentons significativement le nombre de doubles dipl√īm√©s, imaginons de nouvelles coop√©rations universitaires ! En faisant de Weimar un exemple, pour que nous puissions avoir l√†-aussi des projets communs dans ce cadre, √©changeons nos ing√©nieurs, nos chercheurs ! Faisons en sorte que les entreprises polonaises puissent √™tre accueillies en France et r√©ciproquement pour nos entreprises fran√ßaises - celles qui ont le niveau d'excellence qui vous int√©resse dans les domaines du d√©veloppement durable, de l'environnement, de l'eau, de l'agronomie, des technologies, de la m√©decine, de l'√©nergie... bref, sur tous les sujets que nous avons √† traiter ensemble. Nous devons √™tre, sur la question de l'√©nergie, o√Ļ nous avons nos d√©bats - j'imagine ici les m√™mes qu'en France - sur le nucl√©aire, sur le gaz, et sur tant d'autres choses. Mais faisons en sorte d'aller de l'avant, ensemble, sur la transition √©nerg√©tique, sur le respect de l'environnement et sur la capacit√© de tirer de nos ressources tout le potentiel n√©cessaire.

Nous pouvons également coopérer en matière spatiale. Vous venez de rejoindre l'agence spatiale européenne. Nous avons, là-encore, des coopérations à mener ensemble, parce que l'espace c'est une formidable aventure humaine.

Et puis, il y a les relations √©conomiques. Nous devons les d√©velopper. Je suis venu avec des ministres du gouvernement, avec des parlementaires fran√ßais qui travaillent avec vous, mais aussi avec des chefs d'entreprise. Non pas pour influencer les d√©cisions de la Pologne, je m'en serais bien gard√©, mais pour faire en sorte que nous puissions vous d√©montrer la capacit√© que nous pouvons offrir ici. Je souhaite, je l'ai dit, que les √©changes soient dans les deux sens et que vous puissiez √©galement venir en France - comme vous l'avez fait par le pass√© - montrer la pleine capacit√© de votre √©conomie. Les entreprises fran√ßaises ont fait le choix tr√®s t√īt de la Pologne. D√®s le d√©but des ann√©es 1990, elles ont apport√© leur capital et leur savoir-faire. Aujourd'hui, il y a 200 000 emplois en Pologne qui sont influenc√©s par les d√©cisions √©conomiques d'entreprises fran√ßaises, dans des secteurs aussi diff√©rents que les t√©l√©communications, la distribution, la banque, l'√©nergie... Je souhaite que nous allions plus loin et les entreprises qui m'accompagnent vont en faire la d√©monstration.

Mesdames, Messieurs,

Chers Amis parlementaires,

La France et la Pologne ont - par la g√©ographie, chacun de nos pays √† sa place, nos √©conomies compl√©mentaires, notre population dynamique - une responsabilit√© √©minente en Europe. L'Histoire nous oblige encore davantage. Je ne peux pas, devant vous √† cette tribune, √©voquer l'Histoire et ne pas de nouveau la rappeler pour nous mettre devant les d√©fis de demain. Je vais m'inspirer, moi aussi, Ch√®re Pr√©sidente, d'un po√®te, un po√®te fran√ßais, Victor Hugo. En 1846, alors que la Pologne avait disparu depuis un demi-si√®cle de la carte politique de l'Europe, Victor Hugo s'adressait devant les parlementaires fran√ßais. Il leur disait cette chose simple : deux Nations entre toutes, depuis quatre si√®cles ont jou√© dans la civilisation europ√©enne un r√īle d√©sint√©ress√©, ces deux Nations sont la France et la Pologne. Et il ajoutait - car les po√®tes ont tout pr√©vu, c'est ce qui rend les politiques modestes, surtout quand ces po√®tes ont √©t√© de grands politiques - ces deux Nations aujourd'hui doivent s'entendre, doivent avoir l'une pour l'autre cette sympathie profonde de deux soeurs qui ont lutt√© ensemble. Toutes deux ont beaucoup fait pour l'Europe. Nous sommes d√©positaires de cet h√©ritage, de cet id√©al, de cette ambition. √Ä nous d'apporter le nouveau souffle ! C'est le sort des grandes Nations comme les n√ītres, Pologne et France, que de savoir d√©passer nos propres int√©r√™ts pour poursuivre une cause, qui nous √©l√®ve encore davantage. Cette cause, hier c'√©tait la libert√©. C'est toujours la libert√© mais aujourd'hui la libert√© a un nom, c'est l'Europe.

Vive l'amitié entre la France et la Pologne./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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13. Pologne - Point de presse du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, √† la chancellerie du Premier ministre, M. Donald Tusk - Propos du pr√©sident de la R√©publique - Varsovie, 16 novembre 2012

Je voudrais une fois encore remercier les autorités polonaises pour l'accueil qui a été réservé à la France, au-delà de ma personne. Tout particulièrement, je veux saluer le Premier ministre, Donald Tusk, que j'apprécie beaucoup pour la qualité de ses interventions au Conseil européen depuis que j'y siège.

Je veux aussi me réjouir de l'état d'esprit qui a plané dans toutes les réunions auxquelles j'ai pu participer, aussi bien avec le président, qu'avec le Premier ministre. Nous avons la volonté commune de relancer notre coopération sous toutes les formes qu'il soit possible d'imaginer.

Les coopérations culturelle et scientifique sont déjà là. Sur le plan économique, nous pouvons faire davantage, dès lors que c'est dans l'intérêt commun de nos deux pays. Au cours de notre rencontre, nous en avons fait la démonstration, notamment pour ce qui concerne l'énergie et la défense. Pour l'énergie, nous avons en commun la même volonté de diversifier nos sources d'énergie et d'aller vers celles qui nous paraissent dignes du futur. Nous pourrons donc utiliser toutes les compétences des entreprises pour y parvenir.

Sur le plan des industries de défense, il y a un double enjeu : celui de notre propre sécurité et celui de notre capacité. Nous sommes deux grands pays d'Europe à préparer l'Europe de la défense.

Sur les questions qui paraissent les plus difficiles pour l'Europe, c'est-à-dire le budget, s'il n'y avait que la France et la Pologne, le compromis serait déjà fait. Mais nous ne sommes pas que deux pays, nous sommes vingt-sept ! Mais c'est déjà beaucoup que ce que représente la Pologne - c'est-à-dire les pays de la cohésion - et ce que représente la France - c'est-à-dire les pays fondateurs - puissions déjà nous mettre d'accord.

Nous consid√©rons en effet qu'il n'y a pas de concurrence, de comp√©tition, de contradiction entre les d√©penses de la Politique agricole commune et celle des fonds de coh√©sion et que ces d√©penses-l√† contribuent √† la croissance plus qu'aucune autre. Quand il est d√©di√© par des cr√©dits de coh√©sion, √† un pays comme la Pologne, des moyens pour investir dans l'√©nergie ou dans les transports, c'est bon pour l'ensemble de la croissance europ√©enne. Et quand, nous soutenons le d√©veloppement rural, nous am√©liorons la qualit√© de notre alimentation, c'est bon pour l'ensemble de l'√©conomie europ√©enne. Nous portons donc ensemble les deux priorit√©s : les fonds de coh√©sion et la politique agricole commune. En m√™me temps, nous avons aussi conscience que le budget europ√©en doit √™tre ma√ģtris√©, qu'il doit donc √™tre fix√© au bon niveau, ni trop haut pour ne pas g√™ner les redressements budg√©taires que nous op√©rons dans chacun de nos pays, ni trop bas pour ne pas entraver les politiques communes.

Nous partons donc avec cette m√™me approche et la m√™me volont√© de trouver ce compromis lors de la prochaine r√©union du Conseil europ√©en. Il faudra tout regarder. On parle beaucoup des d√©penses li√©es √† la coh√©sion, des d√©penses de la politique agricole commune... Nous regarderons toutes les autres d√©penses, pour qu'il puisse y avoir des transferts et qu'il puisse y avoir, justement, la pr√©servation de ce qui nous para√ģt l'essentiel. De la m√™me fa√ßon, nous regarderons aussi les rabais et les ch√®ques qui sont vers√©s, aux uns et aux autres, pour que chacun puisse faire un effort pour ma√ģtriser les d√©penses de l'Union europ√©enne.

Je voudrais terminer par l'euro. Je m'en suis expliqué devant la Diète rassemblée et je la remercie pour son accueil. La Pologne est une nation souveraine. Elle décidera, quand elle le voudra, de son adhésion à la zone euro. Qu'elle sache bien qu'elle sera dès à présent associée à toutes ses décisions. Parce que pour la France, la Pologne a nécessairement sa place dans la construction monétaire européenne.

La Pologne fait partie de ces pays avec lesquels la France veut avancer plus vite qu'avec d'autres pour l'Union européenne de demain. Voilà pourquoi, j'ai été très heureux d'y passer toute la journée. Je ne sais pas ce que les Français vont penser... Ils peuvent penser que je n'ai pas été à mon poste de responsabilité ! Et bien si, en venant ici en Pologne, j'ai défendu les intérêts de la France, les intérêts de l'Europe et en plus l'amitié entre la France et la Pologne./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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14. Pologne - Allocution du Pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande lors de la cl√īture du forum √©conomique franco-polonais, propos du pr√©sident de la R√©publique - Varsovie, 16 novembre 2012

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ministres, aussi bien du gouvernement français que du gouvernement polonais, qui êtes ici présents,

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde des entreprises, français comme polonais,

Je veux vous exprimer toute notre gratitude. Le déplacement que je fais au nom de la France est à la fois un hommage que je rends à la Pologne d'aujourd'hui et d'hier mais également une marque de confiance et d'espérance dans nos relations pour demain.

Je veux en effet faire franchir à nos deux pays une étape nouvelle dans leurs relations. Certes nous échangeons aussi bien des produits culturels que des coopérations scientifiques ; certes nous avons une présence économique, ici en Pologne, comme la Pologne s'efforce d'en avoir une en France. Mais nous avons conscience, le président de la République de Pologne et moi-même - et c'est vrai aussi pour les gouvernements - que notre relation n'est pas au niveau de ce qu'elle pourrait être, de ce qu'elle devrait être.

Je me réjouis donc de pouvoir la relancer de multiples manières.

D'abord par des rencontres entres les chefs d'Etat eux-mêmes. Aujourd'hui je suis à Varsovie, l'année prochaine le président polonais sera en France, à l'occasion d'une rencontre du triangle de Weimar. Nous allons avoir également, dans les prochains mois, de nouvelles consultations intergouvernementales dans le cadre de notre partenariat stratégique. Mais il y a aussi ce que nous devons faire, ce que vous devez faire, au niveau économique et votre forum en est la meilleure des illustrations.

Nous sommes ravis de constater que nos deux nations ont de grandes traditions industrielles. Mais en même temps nous pouvons relever que, au moins en France, la part de l'industrie dans la production nationale a reculé et que les emplois industriels n'ont cessé de se réduire en nombre : 750 000 en moins depuis 10 ans. Nous ne pouvons pas simplement préserver les industries existantes, nous avons vocation à imaginer les transitions vers les nouvelles technologies, les nouvelles formes de production. C'est notre devoir que de les préparer ensemble.

Les entreprises françaises, depuis 20 ans, se sont engagées - sans doute les premières d'ailleurs - en Pologne avec un total cumulé d'investissements de plus de 20 milliards d'euros, ce qui représente pour la Pologne 200 000 emplois. Mais d'avoir été les premiers ne crée aucun droit particulier, aucune préférence, aucun avantage. Nous devons donc faire davantage pour montrer l'excellence - je m'adresse aux entreprises françaises qui sont là et les en remercie - de notre capacité de production ou de services. Nous sommes en effet le cinquième fournisseur de la Pologne mais, comme nous sommes le premier ami, nous avons un écart important à combler. Comme je l'ai dit au président polonais, l'amitié n'est pas un critère de compétitivité, en tout cas je ne l'ai pas trouvé dans ce fameux rapport Gallois qui a été fait à notre intention ! Nous devons donc faire valoir d'autres critères, d'autres qualités et je crois que nous en disposons.

La France est la quatrième destination des exportations polonaises, avec un peu plus de 6%. Là encore, je pense que nous pouvons regarder tout ce que les entreprises polonaises peuvent nous apporter, davantage encore qu'aujourd'hui. Le niveau de nos échanges doit être relevé et je veux mettre un terme à un certain déclin de notre présence ici en Pologne. L'urgence de ce partenariat vient d'être, une fois encore, confirmé. Il faut que les investissements des entreprises françaises puissent être plus nombreux, ici en Pologne, et également que nous puissions faire le meilleur accueil aux investissements polonais en France.

Je remercie les chefs d'entreprises qui m'accompagnent parce qu'ils montrent, par leur mobilisation, leur volonté de se situer sur tous les marchés publics ou privés et d'être les meilleurs dans la compétition. J'ai également tenu à donner une place, au sein de la délégation, aux petites et moyennes entreprises françaises pour que soit démontré, s'il en était besoin, qu'ici, en Pologne, les marchés sont accessibles, les réglementations sont simples et les possibilités d'y travailler sont grandes.

Je suis ravi d'apprendre que ce forum a atteint son objectif et qu'il y aura m√™me une nouvelle r√©union l'ann√©e prochaine. Ce dialogue a √©t√© fructueux, je retiens en particulier le fait que vous vous soyez plac√©s sur nos priorit√©s : l'√©nergie, l'environnement, les infrastructures, la d√©fense. Je veux illustrer ce qui pourrait √™tre, ce qui est d√©j√†, ce partenariat - sans vouloir faire pression sur les autorit√©s polonaises parce que nous sommes dans une √©conomie ouverte avec des r√®gles qui sont transparentes et o√Ļ la diff√©rence se fait simplement par la qualit√© et par les prix. Mais d'ores et d√©j√† il y a des entreprises fran√ßaises - je veux les citer : EDF, GDF-SUEZ, DALKIA - qui contribuent √† la production de 15% de l'√©nergie polonaise. Elles sont mobilis√©es dans les √©nergies renouvelables et dans des centrales qui pourraient valoir d'exemple partout, y compris en France. Je pense notamment √† la centrale de biomasse √† Polaniec.

Je veux aussi dire que nous avons, ici en Pologne, montr√© tout ce que nous pouvions r√©ussir de mieux en mati√®re de valorisation du bois ou des r√©sidus agricoles. Il y a un centre de recherche sur les √©nergies renouvelables qui s'est ouvert √† Cracovie et qui travaille avec de nombreuses universit√©s polonaises et fran√ßaises pour d√©velopper des technologies de co-combustion, de capture et de stockage du CO2 et de toutes les sources d'√©nergie. Voil√† une belle illustration de ce que je voudrais d'ailleurs faire √† l'√©chelle m√™me de l'Europe, c'est-√†-dire une communaut√© de l'√©nergie, o√Ļ nous mettrions en commun tout ce que nous avons comme innovation, comme diversification et comme pr√©paration de l'avenir.

Nous avons également une volonté d'être présents sur le nucléaire pour montrer que notre autorité de sureté peut servir de référence, que nos instituts de recherche peuvent coopérer avec d'autres. C'est le cas ici entre le CEA et le NCBJ - son homologue polonais - et entre les industriels comme EDF et ENERGO-PROJECT. Nous voulons également que nos universités puissent être pleinement associées à ces recherches.

Coop√©ration √©galement dans le domaine de l'environnement o√Ļ, sur le secteur de l'eau, des r√©seaux de chaleur, du traitement des d√©chets, je suis heureux de savoir que ce sont des entreprises fran√ßaises qui g√®rent, par exemple, le r√©seau de chaleur de Varsovie et l'ensemble des services d'eau potable de Gdansk. Ce sont autant de sujets de fiert√© et autant de r√©f√©rences pour de nouveaux partenariats.

Nous avons également une ambition d'être encore davantage choisis pour les infrastructures de transport, notamment ferroviaires. Je pense à la ligne à grande vitesse qui reliera Gdansk et Cracovie en passant par Varsovie.

Enfin nous voulons développer nos industries de défense et le faire ensemble. J'en ai parlé au président de la République, parce que c'est à la fois un enjeu industriel - préserver une capacité de production de matériel de défense - et un enjeu de sécurité. Si l'Europe veut se protéger, elle doit également se doter des industries qui permettent d'avoir des équipements qui nous assurent notre sécurité.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je voulais dire pour illustrer ce que notre partenariat peut contenir. Nous avons une base solide quant à la qualité des relations humaines que nous sommes capables de tisser, nous avons des industries qui sont complémentaires et nous avons la même volonté de préparer l'avenir, d'assurer la transition énergétique, d'être les plus innovants en matière de technologie et d'avoir les meilleures infrastructures. Tout cela peut donner à notre relation la dimension que je voulais lui accorder.

Mais rien ne pourra se faire sans les chefs d'entreprise. C'est vous qui avez la r√©ponse. Les responsables politiques peuvent favoriser, encourager, cr√©er le meilleur climat, montrer l'enjeu. Mais ce sont les entreprises entre elles - parfois les unes par rapport aux autres - qui doivent avoir les meilleures relations pour b√Ętir l'√©conomie que nous voulons entre la France et la Pologne. Ce que j'ai dit aux parlementaires polonais qui me faisaient l'honneur de m'accueillir au sein de la Di√®te, c'est que notre relation historique nous oblige. Nous avons coutume en France de regarder beaucoup notre histoire et d'en parler - l√©gitimement d'ailleurs - avec fiert√©. Les polonais peuvent avoir aussi les m√™mes sentiments. Un pays qui s'est autant battu pour son ind√©pendance, qui a √©t√© aussi farouchement attach√© √† la libert√©, autant, voir d'avantage que la France, dans certaines circonstances.

Nous avons donc des liens très forts mais nous ne sommes pas simplement là pour parler de l'Histoire, nous sommes là pour préparer l'avenir. L'Histoire doit être un moyen de nous créer des obligations nouvelles. C'est la raison pour laquelle je voulais, au cours de ce déplacement qui est trop court et qui donne envie de revenir -- puisque j'ai eu également l'occasion dans ce même lieu de refaire les expériences de Marie Curie, sans les découvrir - je voulais vraiment vous lancer un appel, un appel à un travail commun, à une relation exceptionnelle. Et également un appel à faire l'Europe. Car la France comme la Pologne - la France comme pays fondateur, la Pologne comme pays libérateur - ont des responsabilités pour la construction européenne. Aujourd'hui qu'elle est arrêtée, pour un temps, à cause de la crise de la zone euro qui n'a que trop duré, nous devons lui donner une nouvelle impulsion et c'est aussi le sens de ma visite ici - trop courte - à Varsovie. Elle aura, j'espère, d'autres prolongements et notamment économique.

Merci./.

(Source : site internet de la présidence de la République)

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15. Pologne - Discours du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, devant la communaut√© fran√ßaise - Varsovie, 16 novembre 2012

Monsieur l'Ambassadeur, d'abord toute notre gratitude pour avoir mis à la disposition des français de Varsovie cette belle chancellerie. Merci aussi pour avoir organisé ce déplacement.

C'est une visite officielle, une visite d'√Čtat m√™me et je suis venu avec une imposante d√©l√©gation, comme il a √©t√© dit. D'abord, les ministres : le ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, la ministre du commerce ext√©rieur, Mme Nicole Bricq, le ministre d√©l√©gu√© aux affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve ; puis √©galement des parlementaires : ceux qui sont √©lus par vous, les s√©nateurs des Fran√ßais de l'√©tranger, le d√©put√© des Fran√ßais de l'√©tranger et √©galement les pr√©sidents des groupes d'amiti√© de l'Assembl√©e nationale et du S√©nat. Et comme cela ne suffisait encore pas, j'ai demand√© aux chefs de nos plus grandes entreprises d'√™tre √©galement pr√©sents pour cette visite. Ils sont accompagn√©s eux aussi, par des dirigeants de petites et moyennes entreprises qui veulent acc√©der au march√© polonais, voire m√™me qui ont pr√©c√©d√© les grandes entreprises pour les convaincre de venir √©galement investir en Pologne.

J'ai voulu placer cette visite au niveau le plus √©lev√© parce qu'il y avait n√©cessit√© de mettre la relation entre la France et la Pologne au niveau qui est celui de notre histoire. Je me suis adress√© cet apr√®s-midi √† la Di√®te polonaise et j'ai rappel√© ce qu'√©taient nos liens parfois tr√®s anciens. Il y a m√™me eu un roi de Pologne qui est devenu roi de France ! Il n'a pas laiss√© de meilleur souvenir, je crois, ni en Pologne ni en France, mais cela cr√©e des liens. Ici, les polonais nous parlent de Napol√©on comme si c'√©tait un lib√©rateur - cela n'est pas toujours le cas, l√† o√Ļ nous nous d√©pla√ßons... Et puis, il y a ces liens humains avec des personnalit√©s qui sont r√©clam√©es par la Pologne, comme par la France : Fr√©d√©ric Chopin et Marie Curie. Nous avons eu d'ailleurs la grande chance d'aller dans ce remarquable Centre des sciences Copernic qui abrite un mus√©e d'exception. On nous dit qu'il est copi√© sur le n√ītre, la Cit√© des Sciences de la Villette. Je veux bien le croire, mais il a une invention p√©dagogique tout √† fait exceptionnelle. Je voulais ainsi donner √† ce voyage toute son ampleur li√©e √† l'histoire, mais √©galement la volont√© de pr√©parer le futur.

J'ai rencontré le président de la République polonaise qui m'a dit combien il était lui-même disponible pour aller plus loin : le plus loin possible dans le cadre de la relation franco-polonaise et également dans le cadre du triangle de Weimar. Ce triangle est la bonne manière de mettre chacun devant sa responsabilité : l'amitié entre la France et la Pologne ne doit pas en dissuader une autre, celle entre la Pologne et l'Allemagne ou mettre en doute celle que nous avons pu créer avec l'Allemagne, depuis tant d'années, par un rapprochement avec la Pologne. Nous sommes là trois grands pays qui ont vocation à peser sur le destin de notre continent.

Avec le Premier ministre Donald Tusk, nous avons √©voqu√© les rendez-vous qui nous attendent sur le plan europ√©en. Le plus important aux yeux des polonais et de la France, c'est le budget europ√©en pour les sept prochaines ann√©es. Un d√©bat aurait pu nous opposer : d'un c√īt√©, les Polonais attach√©s au fonds structurels - comme beaucoup d'Europ√©ens du groupe dit de la coh√©sion - parce qu'ils sont un moyen d'investir et de pr√©parer l'avenir ; de l'autre, un pays comme le n√ītre qui veut pr√©server la politique agricole commune. Nous avons veill√©, le Premier ministre et moi-m√™me √† ne pas tomber dans ce pi√®ge. Nous avons plut√īt d√©fini une approche commune. Nous voulons un budget europ√©en au bon niveau, ni trop haut pour ne pas trop peser sur nos finances publiques, ni trop bas pour ne pas diminuer l'ambition europ√©enne. Il ne faut pas couper, √† grands coups de serpe, les deux fleurons de la politique europ√©enne, c'est-√†-dire l'agriculture et le d√©veloppement rural et les fonds structurels et notamment ceux li√©s √† la coh√©sion.

Nous avons aussi parlé de l'avenir de la zone euro. Pour le présent, nous nous en chargeons. Nous sommes dans la phase de conclusion de ces trop longs débats qui ont tant pesés sur la zone euro et sur la confiance des marchés à son endroit. Nous sommes en train de régler la question de la Grèce, il est bien temps ! Nous avons mis en place des mécanismes pour venir en soutien aux pays qui font l'effort de réduire leur déficit budgétaire, mais qui supportent des taux d'intérêt très élevés sur leur dette souveraine, je pense notamment à l'Espagne.

Nous avons défini un pacte de croissance et un pacte budgétaire. Mais une fois réglée la crise de la zone euro, nous devons réfléchir à ce qu'elle doit être ou à ce qu'elle peut être. Pour ma part, j'ai tiré une leçon de ces tumultes sur les marchés. C'est que nous avons besoin d'une zone euro plus cohérente, plus consistante, plus politique, qui puisse être l'image même de la solidarité et de la responsabilité.

Alors les polonais s'interrogent, n'étant pas encore dans la zone euro. Ils veulent savoir s'ils vont être associés aux décisions qui nous concernent, mais qui les concerneraient s'ils faisaient ce choix. J'ai répondu positivement à leur demande parce que je crois que nous avons besoin de la Pologne, d'ores et déjà, dans les instances de préparation et de décision pour la zone euro.

Ils ont pu souffrir, à un moment, d'une certaine suspicion et croire qu'ils n'étaient pas bien les bienvenus. Nous avons envoyé d'autres signaux. La Pologne est la sixième économie de l'Union européenne, c'est celle qui peut apporter un rééquilibrage dans la zone euro. Nous devons créer toutes les conditions pour qu'un jour, si les Polonais eux-mêmes en décident à travers leurs représentants, ils puissent avoir le meilleur accueil. Dans l'attente, qu'ils participent pleinement à nos décisions d'approfondissement de l'Union économique et monétaire !

Je crois aussi à l'union politique. Ce n'est pas encore le moment d'en parler car ce n'est pas lorsque nous avons encore des questions d'intendance à régler qu'il est possible de réfléchir à l'architecture nouvelle. Mais ce débat viendra, notamment à l'occasion des élections européennes de 2014. Elles devront avoir pour sujet l'avenir de l'Union européenne.

Enfin, la Pologne nous a parlé du Partenariat oriental, c'est-à-dire de sa capacité - compte tenu de sa situation géographique - de pouvoir parler à des pays plus à l'Est qui ne sont pas membres de l'Union européenne. Nous avons besoin de prendre appui sur la Pologne pour retrouver ces liens, ces relations, ces modes de dialogue et parfois de pression avec ces pays.

De la m√™me fa√ßon, j'ai indiqu√© aux Polonais - notamment au pr√©sident de la R√©publique et au Premier ministre - de se pr√©occuper aussi de l'autre c√īt√© de la M√©diterran√©e et notamment du Maghreb et de la zone du Sahel, parce que c'est une responsabilit√© collective.

Je voulais vous en rendre compte parce que vous vivez ici pour de multiples raisons : pour des raisons professionnelles, des raisons familiales, des raisons tenant parfois aux hasards des rencontres. Mais vous avez choisi pendant un certain temps, peut-être pendant toute votre vie, d'être Français en Pologne. Tout ce qui intéresse la relation entre la France et la Pologne vous concerne donc directement.

Je voulais m'adresser √† vous pour vous exprimer toute notre reconnaissance. Vous, fran√ßais qui vivez en Pologne, vous participez √† l'action qui doit √™tre la n√ītre. Il y a ici des fonctionnaires : je salue les services de l'ambassade, du consulat ; et aussi tous ceux qui contribuent √† l'√©ducation et √† la culture : les repr√©sentants de l'Institut et de nos √©tablissements scolaires comme le lyc√©e Goscinny, dont j'ai vu les √©l√®ves lors d'une c√©r√©monie sur la tombe du Soldat inconnu polonais.

Je voulais aussi exprimer ma considération aux responsables d'entreprises, aux cadres, aux salariés, aux chercheurs, à tous ceux qui participent à ces échanges et permettent à la France de pouvoir accéder aux marchés polonais pour la réussite commune de la France et de la Pologne.

Je sais aussi ce que beaucoup font pour l'entraide. Il y a toujours une partie de la communauté qui souffre et une solidarité à exprimer. Je sais aussi que cette communauté est pour moitié une communauté qui a la double nationalité. Pour ma part, je ne veux, en aucun cas, remettre en cas les doubles nationaux. C'est une chance de les avoir.

Et puis, il y a une communaut√© jeune. Je l'ai sous les yeux et, l√† encore, elle traduit bien le dynamisme de la relation entre nos deux pays. J'ai rencontr√© beaucoup de jeunes au lyc√©e, mais aussi de jeunes franco-polonais au Centre des sciences Copernic, pour me montrer les recherches de Marie Curie. On m'a m√™me donn√© un kit pour que je les refasse au palais de l'√Člys√©e : cela ne pr√©sentera pas un grand danger, mais enfin, je vous donnerai le r√©sultat ! Tout cela confirme que tous ensemble - ou que nous vivions, quelles que soient nos responsabilit√©s, quelle que soit notre g√©n√©ration - nous devons, dans ce moment difficile pour l'Europe et compliqu√© pour la France, mener √† bien le redressement.

Il y a un effort √† faire et chacun doit y participer. Cet effort n'est pas simplement celui de payer davantage de contributions. Non, l'effort c'est de nous rendre plus solides, plus comp√©titifs. J'emploie le mot, plus comp√©titif. Et la comp√©titivit√© c'est √† la fois le savoir, la connaissance et donc la formation, l'√©ducation, c'est l'innovation, la recherche, c'est aussi la qualit√© du travail, c'est d'√™tre les meilleurs dans les technologies nouvelles, c'est d'avoir la meilleure organisation du travail. Eh bien, nous avons lanc√© ce grand d√©fi, et les Fran√ßais doivent se rassembler au-del√† de leur sensibilit√© et de leurs opinions, parce que l√† c'est quand m√™me l'essentiel qui est en cause, qu'est-ce que va √™tre notre pays, quelle sera sa place dans la mondialisation ? Nous avons encore un r√īle √† jouer, une responsabilit√© √† prendre et je le mesure bien ce r√īle, et je l'√©value bien cette responsabilit√©. Dans les relations d'√Čtat √† √Čtat, dans les grandes n√©gociations, un pays compte par sa population, par son histoire, par sa culture, par sa langue s√Ľrement et compte aussi par son √©conomie. Si on est faible - et quelque fois certains voudraient nous regarder plus faible que l'on est et nous d√©crire plus malheureux que l'on est, pour comprendre leur indulgence pendant tant d'ann√©es - mais en tout cas nous devons faire en sorte d'√™tre les plus forts possibles, pour d√©fendre les int√©r√™ts de notre pays. Et pas simplement les int√©r√™ts de notre pays, parce que la France elle va au-del√† d'elle-m√™me : elle porte des valeurs qui ne concernent pas simplement ses concitoyens, qui mobilisent un esprit, l'esprit europ√©en.

Pour nous l'Europe ce n'est pas une suite de politiques ou chacun viendrait chercher son chèque ou le retour de sa contribution. Si nous avons voulu l'Europe, c'est d'abord parce que elle portait un idéal et si les Polonais sont aussi européen- même si sur la zone euro ils hésitent, compte tenu des circonstances - c'est parce qu'ils savent bien qu'eux-mêmes ont apporté à l'Europe : la liberté, la défense farouche de la dignité, de l'indépendance. Si l'Europe s'est vue attribuer le prix Nobel de la paix, ce n'est pas simplement pour son économie, c'est pour ce qu'elle a été capable de faire depuis la libération, la Seconde guerre mondiale, la fin de cette boucherie, de cette barbarie. D'avoir été capable de surmonter à la fois les guerres et le totalitarisme. Alors nous devons, nous la France, porter cet idéal européen dont beaucoup doutent ou même utilisent l'Europe à des fins de politique intérieure. Donc, il faut que la France soit forte, et pour qu'elle soit forte il faut qu'elle ait tous les éléments de la compétitivité au sens le plus large du terme. Et vous y contribuez, donc merci d'être ces têtes de pont, ces passerelles entre la France et la Pologne. Merci de donner la meilleure image qu'il soit de notre pays, de ses talents, de son renouvellement, de sa diversité.

Nous avons aussi une culture et une langue √† d√©fendre. La Pologne a longtemps √©t√© un pays o√Ļ l'on parlait fran√ßais. Cela est un sujet, dans les r√©unions internationales, entendre les chefs d'√Čtat et de gouvernement ne plus parler fran√ßais, et parler un mauvais anglais. Cela doit √™tre une grande question pour nous tous, diffuser le fran√ßais, non pas parce que c'est notre langue, mais parce que c'est une langue qui contribue √† la diversit√©, √† l'exception, √† la culture. Donc, vous-m√™mes vous y travaillez, vous faites en sorte de donner √† la France ici toute sa place et je voulais dans cette trop br√®ve rencontre vous exprimer au nom de la France toute notre estime, toute notre reconnaissance. Merci./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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16. Union europ√©enne/Perspectives budg√©taires - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique - Paris, 17 novembre 2012

 

Le pr√©sident de la R√©publique a re√ßu M. Jos√© Manuel Barroso, pr√©sident de la Commission europ√©enne le 17 novembre au Palais de l'√Člys√©e.

Le pr√©sident de la R√©publique a marqu√© son souhait de parvenir √† un accord sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 lors du Conseil europ√©en des 22-23 novembre. Il a r√©affirm√© sa volont√© que le budget de l'Union europ√©enne, tout en restant compatible avec la ma√ģtrise de nos finances publiques, contribue √† la croissance et √† l'investissement par le financement des politiques communes, en premier lieu la PAC dont les cr√©dits doivent √™tre pr√©serv√©s, la politique de coh√©sion ainsi que par de nouveaux instruments consacr√©s √† la recherche et √† l'innovation, aux grands projets et aux infrastructures.

Le président de la République a également souligné la nécessité de mettre en oeuvre les décisions prises pour assurer la stabilité de la zone euro. En particulier, les propositions législatives sur la mise en place d'un mécanisme de supervision bancaire unique doivent être adoptées avant la fin de l'année, afin qu'il soit mis en oeuvre de manière opérationnelle en 2013.

Le président de la République a par ailleurs abordé avec le président de la Commission européenne la feuille de route sur l'avenir de l'UEM, qui doit être approuvée lors du Conseil européen de décembre. Il a souhaité qu'elle soit fondée sur une intégration solidaire et comporte des mesures concrètes pour rendre plus efficaces et plus légitimes des mécanismes de décision et de coordination au sein de la zone euro./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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17. AIEA - Entretien du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, avec le directeur g√©n√©ral de l'Agence internationale de l'√©nergie atomique, M. Yukiya Amano - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique - Paris, 19 novembre 2012

Le président de la République a reçu ce matin M. Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le chef de l'√Čtat a rappel√© √† M. Amano l'attachement de la France √† l'action de l'AIEA contre la prolif√©ration, √† ses missions en faveur de la s√Ľret√© et la s√©curit√© nucl√©aire, et √† son r√īle pour la promotion responsable des technologies nucl√©aires civiles. Il a salu√© le travail accompli par M. Amano √† la t√™te de l'Agence.

Ils ont √©voqu√© le n√©cessaire renforcement de la s√Ľret√© nucl√©aire dans le monde, sur la base des enseignements tir√©s de l'accident de Fukushima. Le pr√©sident de la R√©publique a salu√© l'action men√©e par l'AIEA pour promouvoir les plus hauts niveaux de s√Ľret√© nucl√©aire. Il a indiqu√© √† M. Amano que la s√Ľret√© nucl√©aire et son am√©lioration continue sont une priorit√© absolue pour la France.

Ils ont eu √©galement des √©changes approfondis sur la crise nucl√©aire iranienne, au lendemain de la publication, le 16 novembre, d'un rapport de l'AIEA qui confirme une nouvelle fois les inqui√©tudes de la communaut√© internationale sur le programme nucl√©aire iranien. Le chef de l'√Čtat a fait part √† M. Amano du plein soutien de la France pour que l'Iran r√©ponde √† ses obligations internationales et coop√®re pleinement avec l'Agence internationale de l'√©nergie atomique./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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18. Aide publique au d√©veloppement - Audition du ministre d√©l√©gu√© charg√© du d√©veloppement, M. Pascal Canfin, devant la commission des affaires √©trang√®res de l'Assembl√©e nationale - Paris, le 7 novembre 2012

Il est vrai qu'en commission √©largie nous n'avons pas eu l'occasion d'√©changer au-del√† des questions budg√©taires. J'aurais souhait√© venir devant vous plus t√īt afin de vous pr√©senter la vision gouvernementale de la politique de d√©veloppement mais nos contraintes respectives d'agenda n'ont pas permis qu'il en soit ainsi. Mieux vaut donc tard que jamais ! Bien entendu, cette premi√®re discussion en appellera d'autres, peut-√™tre plus th√©matiques et cibl√©es autour d'enjeux d'actualit√© comme ceux que vous avez √©voqu√©s √† l'instant, Madame la Pr√©sidente.

Je me propose de vous présenter les principales priorités de la politique française d'aide au développement à travers plusieurs mots-clé.

Premier d'entre eux : développement.

Il n'aura √©chapp√© √† personne que le nom du minist√®re a chang√©. Ce choix a bien entendu √©t√© effectu√© d√®s les premiers jours de la formation du gouvernement par le Premier ministre et le pr√©sident de la R√©publique, attestant ainsi de leur volont√© de disposer d'un ministre charg√© √† temps plein du d√©veloppement alors qu'auparavant il avait √©galement en charge la coop√©ration. L'int√©gralit√© des relations diplomatiques bilat√©rales rel√®ve donc du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, ainsi que de l'√Člys√©e, et je suis quant √† moi int√©gralement charg√© des politiques de d√©veloppement. Cette distinction me semble conforme √† notre nouvelle vision partenariale de l'Afrique, l'un des continents importants de la mondialisation o√Ļ d'autres acteurs sont √ī combien pr√©sents, au premier rang desquels les Chinois, les Indiens, les Turcs, les Allemands, les Am√©ricains, les Br√©siliens, les pays du Golfe. Apr√®s une p√©riode historique de transition, il importait donc de normaliser nos relations institutionnelles avec l'Afrique.

J'ajoute qu'un futur gouvernement d'une autre couleur politique aurait bien des difficultés à revenir sur une évolution qui me semble acquise en restaurant un ministère de la coopération.

Je pr√©cise, enfin, que la cellule Afrique n'existe plus √† l'√Člys√©e et qu'elle a √©t√© int√©gr√©e au sein de la cellule diplomatique.

Deuxième mot-clé : transparence.

Les parlementaires, depuis des années, réclament une plus grande transparence de notre APD tant dans son impact que dans son contenu - ce que nous incluons dans la fameuse norme des 0,7 % du revenu national brut (RNB) consacrée à l'APD établie par le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE.

Budgétairement, vous avez en effet parfaitement raison ! Notre pays peut d'ailleurs progresser sur ce plan-là, nous aurons l'occasion d'en discuter avec vous lors des Assises du développement et de la solidarité internationale.

Légitimement, les Français s'inquiètent donc plus qu'ailleurs en Europe des résultats obtenus. S'ils sont majoritairement favorables au maintien voire au développement de cette politique, ils s'interrogent en effet plus que les Scandinaves ou les Britanniques sur son efficacité, son utilité et son impact. Nous devons aux contribuables et aux citoyens des pays dans lesquels nous intervenons une telle transparence. En tant que ministre, je ne suis pas en mesure de dire combien de vaccins nous avons contribué à distribuer, combien d'enfants nous avons contribué à scolariser, combien de kilomètres de routes nous avons contribué à construire etc. Il est temps de combler de telles lacunes. Les Britanniques et la Banque mondiale (BM) l'ayant fait, je ne vois pas pourquoi nous n'y parviendrions pas. Je peux d'ores et déjà vous annoncer que, dans le cadre des Assises, nous nous pencherons sur une série d'hypothèses, de scénarios et d'indicateurs potentiels - les méthodes sont complexes - permettant de calculer, par exemple, la part imputable à la France dans l'effort réalisé par la Banque mondiale sur tel ou tel sujet. Là encore, nous en discuterons ensemble et le gouvernement, ensuite, arbitrera.

La transparence concerne √©galement les flux financiers. Ceux qui partent du sud et remontent vers le nord √† travers des montages fiscaux complexes et optimis√©s pouvant passer par des territoires plus ou moins exotiques repr√©sentent dix fois le montant de l'APD. Parce qu'il est essentiel d'agir sur ce plan-l√†, notre politique de d√©veloppement d√©passe donc le cadre strict de l'APD, le travail que nous avons engag√© avec M. Pierre Moscovici, ministre de l'√©conomie et des finances sur la transparence des investissements des multinationales ne co√Ľtant de surcro√ģt rien du tout sur le plan budg√©taire alors que son impact est d√©terminant sur les conditions du d√©veloppement. Avec les pays scandinaves, la France est aujourd'hui le pays le plus en pointe sur cette question dans le contexte de r√©vision de la directive europ√©enne dite ¬ętransparence¬Ľ, laquelle aboutira avant la fin de cette ann√©e √† la d√©finition d'un nouveau cadre. Il s'agit, en effet, de parvenir √† la transparence compl√®te des investissements, pays par pays, projet par projet, de mani√®re √† ce que nous puissions lutter contre la corruption et que les √Čtats puissent collecter des imp√īts leur permettant ensuite de mener √† bien des politiques publiques d'√©ducation, de sant√©, d'infrastructures, sans recourir √† la solidarit√© internationale.

C'est √©galement dans cet esprit que la France a √©t√© le premier pays √† annoncer sa contribution au financement du nouveau Fonds de la Banque mondiale - au tiers du financement global - visant √† promouvoir des contrats √©quitables entre grandes entreprises et √Čtats africains dans un premier temps - le projet est port√© par le vice-pr√©sident Afrique de la BM - afin de pouvoir financer des journ√©es o√Ļ avocats, consultants, fiscalistes permettront aux √Čtats de jouer √† armes √©gales dans les n√©gociations. Aujourd'hui, chacun sait que les entreprises, et c'est l√©gitime, arrivent avec des cohortes de professionnels rompus √† la n√©gociation, au droit international, √† la responsabilit√© juridique quand, en face, les comp√©tences sont parfois beaucoup plus l√©g√®res. Nous avons donc souhait√© un r√©√©quilibrage. L'utilisation des fonds supposera bien entendu de la part des √Čtats concern√©s le respect de conditions de transparence. Cette mesure me para√ģt extr√™mement int√©ressante en raison de l'effet de levier induit qui permettra aux √Čtats, je le r√©p√®te, de se passer in fine de l'APD.

Troisième mot-clé : soutenabilité.

La communaut√© internationale s'interroge sur les Objectifs du mill√©naire pour le d√©veloppement (OMD) et sur l'agenda de lutte contre la pauvret√©. Comment d√©passer les OMD alors qu'ils sont partiellement atteints et qu'ils doivent √™tre r√©vis√©s √† partir de 2015 ? Comment, de surcro√ģt, les int√©grer √† l'agenda plus large de la soutenabilit√© globale ? Plus concr√®tement, comment continuer √† tirer de la pauvret√© 1,3 ou 1,4 milliard de personnes qui vivent avec moins d'un dollar par jour ? Comment faire en sorte que les classes moyennes des pays √©mergents qui, depuis une d√©cennie, acc√®dent √† la richesse puissent vivre comme nous alors que les ressources de la plan√®te sont limit√©es ?

Quelles que soient nos divergences politiques, nos analyses seront les mêmes quant à la tension existant sur les ressources fossiles, les minerais, le changement climatique, l'eau, la biodiversité : tous les indicateurs, au mieux, sont à l'orange et, au pire, au rouge. Personne ne sait, aujourd'hui, comment résoudre ces problèmes mais nous devons y travailler ensemble. Je souhaite que notre politique de développement s'inscrive dans cet agenda-là.

Par ailleurs, M. le ministre Laurent Fabius a √©voqu√© la ¬ęsignature d√©veloppement durable¬Ľ de l'APD fran√ßaise, fa√ßon de souligner que nous devons √™tre les plus exemplaires possible. J'ai quant √† moi entrepris un certain nombre de changements dans ce sens et, tout d'abord, en ce qui concerne le cadre sectoriel ¬ę√©nergie¬Ľ de l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement (AFD), principal op√©rateur de l'APD.

La Cour des Comptes a l√©gitimement critiqu√© la fa√ßon dont l'√Čtat exerce sa tutelle sur l'Agence. Si vous le souhaitez, nous pourrons en discuter.

Lors d'un des premiers Conseil d'administration de l'AFD depuis l'alternance politique, au mois d'octobre, nous avons donc fait valider un nouveau cadre sectoriel en mati√®re d'√©nergie. Pendant les trois prochaines ann√©es, six milliards d'euros seront investis dans ces priorit√©s dont les deux premi√®res sont, respectivement, les √©nergies renouvelables et l'efficacit√© √©nerg√©tique - en Afrique la d√©perdition est en effet colossale entre √©nergie produite et √©nergie consomm√©e, ce qui entra√ģne des co√Ľts financiers et environnementaux tr√®s importants.

Certaines entreprises b√©n√©ficiant des appels d'offres et des financements de l'AFD ne sont pas exemplaires quant √† leurs responsabilit√©s sociales et environnementales. A la fin de l'ann√©e au plus t√īt, au mois de janvier au plus tard - j'en ai encore r√©cemment parl√© avec le directeur g√©n√©ral de l'AFD, M. Dov Zerah -, nous b√©n√©ficierons syst√©matiquement de deux avis avant d'engager les cr√©dits de l'Agence : un avis financier - l'AFD √©tant une banque - sur la rentabilit√©, le retour √©conomique, le risque ; et un second avis dit ¬ęd√©veloppement durable¬Ľ, extra-financier, √©labor√© √† partir de crit√®res sociaux et environnementaux. Voil√† une mesure, parmi d'autres que je pourrais √©ventuellement vous exposer, qui traduit l'engagement du gouvernement √† faire de notre politique publique de d√©veloppement un exemple en termes de soutenabilit√© environnementale et sociale.

Quatrième et dernier mot-clé : dialogue.

Le pr√©sident de la R√©publique s'√©tait engag√© √† organiser les Assises du d√©veloppement lors de la Conf√©rence des ambassadeurs du 27 ao√Ľt. Elles sont ouvertes depuis deux jours et seront cl√ītur√©es au mois de mars par le pr√©sident de la R√©publique et le Premier ministre. Notre id√©e est de d√©battre publiquement de la politique de d√©veloppement, ce qui n'avait pas √©t√© le cas avec une telle ampleur depuis quinze ans. Vous √™tes √©videmment associ√©s √† cet exercice puisque dix d√©put√©s et dix s√©nateurs participent aux cinq chantiers comprenant chacun trois tables rondes, ce qui vous donnera largement l'occasion de discuter des politiques de d√©veloppement, de leur transparence, de leur efficacit√©, des modalit√©s d'association avec les √©lus locaux ou les ONG, de leur articulation avec les OMD, du d√©veloppement durable, de l'innovation. Tous ensemble, nous parviendrons √† r√©nover notre politique. Nous avons commenc√© √† le faire mais j'ai besoin de votre soutien afin de continuer √† agir dans ce sens-l√† et d'inscrire dans le calendrier l√©gislatif la loi de programmation et d'orientation dont vous √™tes demandeurs. C'est ainsi que l'on pourra assurer la pr√©visibilit√© de l'APD et de l'engagement budg√©taire de la France comme le pr√©sident de la R√©publique l'avait promis durant sa campagne √©lectorale.

Je ne reviens pas sur les enjeux budgétaires de l'APD que j'ai évoqués la semaine dernière en commission élargie mais il va de soi que je répondrai à vos questions, qu'elles concernent le 0,7 % ou la taxe sur les transactions financières par exemple.

Que faire de l'Union pour la M√©diterran√©e ? Nous avons d√©cid√© de continuer √† nous y impliquer et donc d'en conserver la structure, non toutefois pour qu'elle reste un outil diplomatique mais afin qu'elle devienne un outil permettant de cofinancer des projets co-structurants pour l'ensemble de la rive sud de la M√©diterran√©e. Dans le contexte que chacun conna√ģt, nous exer√ßons un lobbying aupr√®s de l'Union europ√©enne pour que les cr√©dits de voisinage soient d√©di√©s non seulement au pays de l'est de l'Europe mais pour les deux tiers √† ceux du sud. Je crois pouvoir dire que l'ensemble des partis politiques fran√ßais partage cette orientation strat√©gique, la majorit√© pr√©c√©dente ayant d√©j√† oeuvr√© en ce sens. Nous nous y employons, quant √† nous, dans le cadre de la n√©gociation du ¬ęonzi√®me FED¬Ľ (Fonds europ√©en de d√©veloppement), nouveau programme pluriannuel qui engagera les cr√©dits europ√©ens de 2014 √† 2020.

Au-delà, nous avions pris l'engagement bilatéral, dans le cadre du partenariat de Deauville, de débloquer 2,7 milliards d'euros sur trois ans. À ce jour, 1,5 milliard d'euros environ ont été engagés. Nous respecterons nos engagements. Il est évidemment hors de question de ne pas soutenir les évolutions politiques des pays de la rive sud de la Méditerranée.

En outre, se posent les questions du p√©rim√®tre g√©ographique du partenariat de Deauville - puisque certains pays veulent le rejoindre - et de notre capacit√©, via l'AFD, √† aller au-del√† des actions accomplies en direction de la Tunisie et du Maroc puisque nous sommes √† la limite du risque pays. D'un point de vue strictement bancaire et prudentiel, l'AFD ne le peut pas aujourd'hui mais nous devons r√©fl√©chir, dans une logique globale ¬ępost-printemps arabe¬Ľ et non plus pays par pays, aux moyens d'augmenter la capacit√© d'engagement de l'Agence, par exemple √† travers des garanties d'√Čtat.

(Interventions des parlementaires)

Je vous remercie pour vos questions.

L'opposition des actions bi et multilat√©rales rel√®ve du faux d√©bat. Nous sommes un contributeur tr√®s important du Fonds mondial contre le sida. Quelle est notre capacit√© √† en √™tre l'op√©rateur sur le terrain ? De quelle capacit√© d'influence disposons-nous ? Plus pr√©cis√©ment, quelle est notre capacit√© d'√™tre l'op√©rateur d'UNITAID, qui rel√®ve du multilat√©ral fran√ßais ? Quelle est notre capacit√© √† peser sur l'action du FED, multilat√©ral europ√©en, afin que l'op√©rateur des cr√©dits ¬ęFED¬Ľ soit l'AFD, ce qui rel√®ve cette fois de l'action bilat√©rale ?

Parce que la distinction entre le bi- et le multi- est en fait extr√™mement poreuse, nous devons travailler √† l'optimisation des diff√©rents objectifs. Le premier d'entre eux, dans le domaine multilat√©ral, est de peser sur les grandes orientations des diff√©rents fonds. √Ä cette fin, il faut ¬ęmettre un ticket¬Ľ faute de quoi nous nous excluons des cercles de discussions. Ensuite, si nous faisons preuve d'efficacit√©, nous pouvons peser sur l'ensemble des orientations et b√©n√©ficier d'un effet de levier tr√®s important.

Lorsque les opérateurs multilatéraux financent des projets sur le terrain, il faut faire en sorte que nos opérateurs bilatéraux puissent capter une partie raisonnable de ces fonds. Dans ces cas-là, nous avons le double avantage d'avoir contribué à orienter l'ensemble de la politique en bénéficiant d'un effet de levier très important, sans perdre la visibilité conférée par un opérateur bilatéral. À nous d'être bons dans l'articulation entre les deux au lieu de les opposer !

Le FED n'est pas opérateur direct, une partie de ses projets étant mis en oeuvre par les agences bilatérales. Nous contribuons évidemment à le financer, mais l'AFD est également en mesure d'en capter les fonds. Si l'on raisonne en termes de pure visibilité nationale, nous devons faire porter notre effort sur l'articulation entre celui-ci et celle-là, ce que nous parvenons à faire en l'occurrence de façon satisfaisante, l'Italie considérant même que nous sommes en quelque sorte trop bons.

Je refuse donc toute logique d'opposition entre le bi- et le multi- et je préfère que l'on optimise les différents leviers que constituent ces outils.

S'agissant de l'urbanisation, je partage les diagnostics qui ont √©t√© pos√©s. Nous sommes plut√īt bien plac√©s pour essayer d'apporter des solutions √† la situation que connaissent les pays du sud. Deux types d'acteurs me semblent en l'occurrence d√©terminants : les collectivit√©s locales et les entreprises.

Les collectivités locales, surtout les plus importantes, disposent en effet d'une expertise en matière d'urbanisme, de gestion des réseaux et sur quantité de thèmes liés à la métropolisation. Sans doute pourrions-nous réfléchir à une articulation entre les compétences de ces villes dans le cadre de la coopération décentralisée, et les fonds dont disposent l'AFD. À ce jour, il n'existe pas d'outil permettant, par exemple, de financer la mise à disposition pour l'AFD d'experts urbanistes des collectivités en charge des réseaux d'adduction ou des déchets. Sans doute pourrions-nous travailler ensemble sur ce problème. C'est en tout cas un thème que je souhaite porter dans le cadre des Assises, avec les élus locaux, qui sont les premiers concernés.

Avec le Partenariat fran√ßais pour la ville et les territoires, port√© par le s√©nateur Dauge, nous disposons tout de m√™me d'un outil int√©ressant et d'un savoir-faire parce que, pr√©cis√©ment, ce dispositif rassemble des bureaux d'√©tudes, des collectivit√©s, l'√Čtat, des entreprises, ce qui permet de penser l'ensemble de la cha√ģne de valeur. La gestion de l'urbanisation est en effet incompatible avec un ¬ęsaucissonnage¬Ľ projet par projet. Je compte soutenir et renforcer ce Partenariat et je vous invite √©galement √† l'investir.

Nous pourrions également travailler, M. Destot, à la mise en place d'un fonds spécifique pour les pays en transition démocratique. Il s'agirait tout d'abord, sur un plan diplomatique et politique, de définir ladite transition ainsi qu'un calendrier et de cibler les pays qui pourraient en bénéficier. Vos propositions en la matière sont évidemment les bienvenues.

Le débat sur les dons et les prêts n'est pas nouveau. Il ne faut surtout pas perdre de vue qu'une grande partie de nos dons passent par le FED et, donc, l'Union européenne. Se focaliser sur les seuls dons bilatéraux, c'est donc ne prendre en considération qu'une partie de ces derniers. Si l'on veut avoir une juste mesure de ce qu'ils représentent globalement, il est cohérent d'additionner les deux. Ma responsabilité c'est, une fois encore, de peser sur les orientations du FED car lorsque tel est le cas, je le répète, l'effet de levier est très important.

Le FED, pour la France, est un outil d'influence extraordinaire puisque les fonds sont destin√©s √† des pays dans lesquels nous disposons d'une diplomatie, d'un op√©rateur de d√©veloppement et d'un ensemble de r√©seaux. Nous sommes donc remarquablement plac√©s pour faire fructifier notre action mais le fait est que nous ne le faisons pas toujours parce que, justement, nous consid√©rons qu'il s'agit de fonds europ√©ens, les n√ītres relevant de l'aide bilat√©rale stricte. Cela est doublement contre-productif puisque nous nous amputons d√©lib√©r√©ment d'une dimension importante des dispositifs et que nous nous interdisons d'utiliser notre r√©seau diplomatique pour accro√ģtre notre influence.

J'ajoute que je me rends tr√®s souvent √† Bruxelles pour rencontrer le commissaire en charge de ces questions parce que je consid√®re qu'il faut peser sur les orientations du FED. Je note, √† ce propos, que ce serait peut-√™tre un Fran√ßais qui serait charg√© de coordonner l'action de l'Europe en faveur du Sahel. Parall√®lement au volet politico-diplomatico-militaire de l'op√©ration, qui n'est pas de mon ressort, nous devrons en effet en construire le versant ¬ęhumanitaire et d√©veloppement¬Ľ. En cas d'op√©ration militaire men√©e par des troupes africaines, nous devrons nous monter extr√™mement r√©actifs quant √† d'√©ventuelles cons√©quences humanitaires et √† la mise en place d'une strat√©gie de d√©veloppement. Nous travaillons en ce sens avec l'Union europ√©enne et les commissaires concern√©s. J'ai √©galement propos√© √† M. le ministre Laurent Fabius la d√©finition d'une telle strat√©gie de d√©veloppement √† tous les √©chelons : territoriaux, bilat√©raux, multilat√©raux, europ√©ens, Communaut√© √©conomique des √Čtats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO). Lorsque nous serons parvenus √† trouver un accord, nous pourrons proposer cette strat√©gie √† nos partenaires europ√©ens et, ainsi, b√©n√©ficier d'un effet de levier.

Nous avons √©galement discut√© de la question chinoise avec M. le ministre des affaires √©trang√®res. √Ä ce jour, les pr√™ts que nous conc√©dons ne nous co√Ľtent rien sur un plan budg√©taire. M. Bacquet consid√©rait que cet argent n'est peut-√™tre pas le mieux plac√©, or, d'un point de vue financier, il l'est au contraire excellemment. La concessionnalit√© est en effet minime voire inexistante et cet argent nous revient puisque la Chine proc√®de aux remboursements. Chaque ann√©e, nous r√©cup√©rons donc plusieurs dizaines de millions.

Sur des taux longs qui nous co√Ľtent 3 %, nous pr√™tons √† 5 % et nous respectons la d√©finition de la concessionnalit√© du CAD de l'OCDE qui utilise un taux d'actualisation uniforme de 10 %. Bref, non seulement le contribuable fran√ßais ne d√©pense pas un seul euro pour nos pr√™ts √† la Chine, mais il y gagne.

En outre, nos pr√™ts sont fond√©s sur le mandat ¬ębien public mondial¬Ľ dont il faut s'assurer en permanence qu'il est respect√©, ce √† quoi je m'emploie. Nous avons en effet tout int√©r√™t √† oeuvrer au r√®glement des probl√®mes de changement climatique ou d'urbanisation - dans les dix ou quinze prochaines ann√©es, 400 millions de Chinois de plus habiteront en ville, ce qui repr√©sente quasiment la totalit√© de la population de l'Union europ√©enne -, y compris √† travers des pr√™ts comme ce sera d'ailleurs le cas le mois prochain pour la r√©alisation d'une gare multimodale en Chine. C'est en effet l√† qu'il faut la faire parce que l'effet de levier est le plus important quant √† la gestion des biens publics mondiaux et √† la r√©duction des gaz √† effet de serre. D√®s lors que cela ne nous co√Ľte rien, je ne vois pas pourquoi nous devrions renoncer √† une telle co-gestion de ces biens. Si, de surcro√ģt, cela peut servir des entreprises fran√ßaises, tant mieux, m√™me si tel n'est pas l'objectif principal. Diminuer la production de carbone d'une tonne en Chine en investissant en faveur de l'efficacit√© √©nerg√©tique co√Ľte beaucoup moins cher qu'en France, cette efficacit√© √©tant en Chine bien plus mauvaise que chez nous. Or, qu'elle vienne de France ou de Chine, cette tonne de gaz √† effet de serre contribuerait autant au changement climatique.

Je ne reprendrai pas √† mon compte, Monsieur Glavany, les mots que vous avez utilis√©s s'agissant de l'AFD. Nous aurons toutefois l'occasion d'en savoir plus √† son propos puisque la Cour des Comptes a annonc√© la semaine derni√®re qu'elle s'appr√™tait √† lancer une mission de contr√īle sur promotion et participation pour la coop√©ration √©conomique (PROPARCO), filiale d'investissement priv√© de l'AFD. Nous verrons ce qu'il en ressort. Ma responsabilit√©, c'est d'exercer administrativement la tutelle de l'AFD avec l'ensemble des co-tutelles de l'√Čtat dont, au premier chef, celles du Quai d'Orsay et de Bercy.

S'agissant de la gouvernance de l'AFD, je rencontre son directeur g√©n√©ral tous les quinze jours, ce que ne faisaient pas mes pr√©d√©cesseurs. Nous discutons des grandes orientations de l'Agence, des grands projets et des objectifs strat√©giques que j'ai fix√©s : responsabilit√© sociale des entreprises (RSE), cadres s√©curit√© financi√®re, √©nergie, agriculture et d'autres th√®mes encore. Sans faire de ¬ęmicro-management¬Ľ projet par projet - ce n'est pas mon r√īle -, j'exerce ma responsabilit√© politique tout en faisant confiance aux √©quipes en place. J'ajoute que nous veillons √† ce que les tutelles de l'AFD √©changent avant chaque conseil d'administration de mani√®re √† ce que l'√Čtat n'y parle que d'une seule voix, laquelle est g√©n√©ralement √©cout√©e et entendue. L√† encore, ce n'√©tait pas le cas auparavant, la cr√©dibilit√© de l'√Čtat √©tant alors sujette √† caution. Tr√®s objectivement, je peux donc dire que nous exer√ßons notre tutelle davantage que par le pass√©, ce qui √©tait souhaitable. Aujourd'hui, les choses fonctionnent mieux.

Les informations concernant les Assises ont été transmises via le président de l'Assemblée nationale aux présidents de groupes politiques. Or celui auquel vous appartenez, Monsieur Loncle, n'a pas encore désigné ses représentants. Je suis prêt à utiliser d'autres canaux : si vous m'y invitez, je peux également vous envoyer directement des informations ainsi qu'à l'ensemble de vos collègues.

Les Assises se d√©roulent donc du mois de novembre 2012 au mois de mars 2013. Cinq chantiers comportant chacun trois tables rondes sont ouverts ; le pr√©sident de la R√©publique et le Premier ministre cl√ītureront quant √† eux les travaux. Seront √©voqu√©s les relations entre d√©veloppement et d√©veloppement durable, les OMD, les objectifs de d√©veloppement durable (ODD), l'innovation, les partenariats avec les collectivit√©s locales, les ONG et les entreprises, l'efficacit√© et la transparence ainsi que cette question majeure qu'est la coh√©rence des politiques publiques. Nous avons en l'occurrence d√©fini trois th√®mes : les politiques commerciale, agricole et la sant√©. Je vous invite √† investir cette enceinte en fonction de vos centres d'int√©r√™t pour y faire entendre votre voix.

(Interventions des parlementaires)

Les entreprises sont √©videmment associ√©es aux Assises. Un repr√©sentant du MEDEF International m'a assur√© que son organisation sera repr√©sent√©e alors que ce n'√©tait pas le cas lors de la premi√®re session. Ce n'√©tait pas faute, pourtant, d'avoir lanc√© les invitations. Je compte particuli√®rement sur les repr√©sentants des entreprises pour participer aux travaux du cinqui√®me chantier, d√©di√© √† l'innovation technologique et financi√®re. Ainsi ne nous contenterons-nous pas de travailler sur les secteurs les plus impliqu√©s dans la conduite des projets de d√©veloppement. Par exemple, nous pourrons examiner la situation des t√©l√©coms et nous pencher sur les questions qui se posent en √Čthiopie avec France-T√©l√©com, auxquelles nous devons pouvoir r√©pondre. Il en est de m√™me s'agissant de la capacit√© des petits producteurs paysans √† acc√©der √† l'information concernant les cours mondiaux directement sur leur t√©l√©phone portable puisque l'Afrique n'est pas pass√©e par l'√©tape du t√©l√©phone filaire - aujourd'hui, il est en effet plus facile de proc√©der √† un paiement avec son t√©l√©phone portable √† Nairobi qu'√† New York ou √† Paris. Comment donc utiliser les nouvelles technologies au service du d√©veloppement sinon en identifiant les entreprises susceptibles d'√™tre int√©ress√©es ? Notre diplomatie √©conomique √©prouve des difficult√©s pour contacter les PME, les TPE et parfois m√™me les ETI qui, dans des secteurs comme les High T., n'ont pas l'habitude de travailler avec les administrations. Je tiens √† engager un tel travail. Si certains d'entre vous, dans vos circonscriptions - certains bassins d'emplois √©tant plus concern√©s que d'autres --souhaitent √™tre pionniers en la mati√®re, qu'ils n'h√©sitent surtout pas √† nous contacter pour que l'on puisse examiner lors du chantier ¬ęinnovation¬Ľ la meilleure fa√ßon de travailler en lien avec les territoires et les entreprises qui y sont implant√©es.

La RSE est quant à elle déterminante parce qu'elle permet de tirer la mondialisation vers le haut à travers des clauses sociales et environnementales et qu'elle permet également de répondre à des interrogations légitimes. Par exemple, il ne me semble pas acceptable que des entreprises chinoises financées par l'AFD ne respectent pas sur le terrain les grands principes du droit international dans le domaine social et environnemental. En outre, au sein des appels d'offres, la RSE permet de fixer des règles du jeu a priori plus favorables aux entreprises européennes qu'à d'autres. Si ces règles consistent à ne pas tenir compte des conditions de travail et de logement des ouvriers non plus que de la façon dont sont traités les déchets des chantiers, nous perdrons, car il y aura toujours un administrateur, une ONG ou un journaliste pour, à juste titre, nous rappeler à l'ordre et, dans ce cas-là, le marché nous échappera. Je crois beaucoup à l'introduction des clauses sociales et environnementales dans les marchés de l'AFD et des autres bailleurs. Je prendrai d'ailleurs des initiatives à ce sujet dans les prochaines semaines dans le cadre de notre réflexion autour de l'AFD puisqu'il est difficile de demander aux autres de faire ce que nous ne ferions pas. Notre action portera ses premiers fruits avant la fin de l'année et je ferai en sorte, ensuite, que les autres bailleurs suivent. J'ai déjà évoqué cette question avec le président de la Banque mondiale, j'en parlerai demain aux commissaires européens concernés et je gage que les choses avanceront.

Nous ne sommes pas en l'occurrence dans la pratique de liaison de l'aide car cela ne serait conforme ni aux obligations internationales de l'OCDE, ni au respect de nos valeurs, ni √† notre int√©r√™t. Nous n'avons en effet qu'une tr√®s faible part du ¬ęg√Ęteau¬Ľ des appels d'offres. Si nous lions l'aide en consid√©rant que les financements de l'AFD ne seront accord√©s qu'√† des entreprises fran√ßaises et si tous se comportent de la m√™me mani√®re, nous perdrons. Autant donc travailler sur les conditions sociales et environnementales - en excluant ceux qui se livrent √† de la concurrence d√©loyale - et, ensuite, sur des secteurs utiles tels les √©nergies renouvelables ou l'ensemble des services urbains pour lesquels existent une vraie demande et de vrais enjeux de d√©veloppement. Ce sera √©videmment positif si, au final, une entreprise fran√ßaise peut b√©n√©ficier des cr√©dits.

Monsieur Janquin, vous avez eu raison de rappeler que le changement de nom du ministère ne relève pas d'une opération du Saint-Esprit. Il survient en effet au terme d'un long processus d'une quinzaine d'années engagé par M. Jospin. Nous nous inscrivons dans cet héritage et nous le revendiquons. Il sera d'ailleurs difficile de revenir dessus, je le répète, quelles que soient les majorités.

Le Haut conseil de la coopération internationale (HCCI) est moribond. Le lancement d'une nouvelle structure de concertation pérenne qui ne soit ni complètement informelle ni une usine à gaz constitue l'un des chantiers des Assises. Si vous avez des informations à ce propos - lorsque, bien entendu, celles concernant les Assises vous auront été transmises par des canaux divers et variés ! -, n'hésitez pas à participer aux trois heures de discussion qui seront dédiées à cette question.

S'agissant de la souveraineté monétaire, un sommet de la zone franc a été organisé. À Dakar et à Kinshasa, François Hollande a affirmé qu'il était ouvert à des aménagements - il ne s'agit évidemment pas de détricoter cette zone, ce que d'ailleurs personne ne nous demande - afin de faire en sorte que disparaissent les quelques abus qui ont été pointés s'agissant de la gestion de trésoreries et des banques centrales. Nous travaillons en ce sens. Je le répète : nul ne demande une réforme structurelle de notre coopération monétaire mais si tel était le cas, nous pourrions envisager un dialogue.

La Francophonie, Monsieur Dupré, ne relève pas de mes responsabilités mais de celles de Mme Yamina Benguigui.

Le futur COM de l'AFD, qui commencera en 2014, sera négocié en 2013, ce qui impliquera de lancer un processus d'évaluation de l'actuel contrat.

Au conseil d'administration de l'AFD qui aura lieu demain, sera discut√© le premier cadre dit de ¬ęs√©curit√© financi√®re¬Ľ qui permettra de lutter contre la corruption et de garantir l'absence de tout conflit d'int√©r√™t de mani√®re √† √©viter que l'Agence finance le projet d'une entreprise dont le responsable serait le petit-neveu du chef d'√Čtat du pays concern√©. Des proc√©dures seront d√©sormais formalis√©es afin d'√©viter de tels cas de figure et nous avons v√©rifi√© qu'elles soient compatibles avec les r√®gles internationales comme celles du Groupe d'action financi√®re (GAFI). Je souhaite que l'AFD soit exemplaire en la mati√®re.

Nous n'aurons certes pas fini d'épuiser cette question avec le cadre de sécurité financière même s'il s'agit d'un progrès notable. Nous pourrons aussi oeuvrer, par exemple, à la résolution des problèmes liés aux paradis fiscaux même si l'AFD et le ministère sont contraints par un certain nombre de règles. Ainsi existe-t-il une liste française des paradis fiscaux sur laquelle s'appuie l'AFD mais celle-ci ne peut décréter que la juridiction de tel ou tel pays est non coopérative et refuser les flux ou les projets qui les traverseraient. Nous veillons à faire le maximum dans le cadre actuel des contraintes règlementaire, puis, nous essaierons d'aller au-delà.

Les accords de partenariats √©conomiques (APE) devaient √™tre modifi√©s et des sanctions doivent entrer en vigueur en 2014. Comme le pr√©sident de la R√©publique l'a annonc√©, la position fran√ßaise a chang√©. Nous souhaitons que la date √† partir de laquelle ces sanctions doivent √™tre appliqu√©es soit report√©e √† 2015 voire 2016 - date pour laquelle plaide le Parlement europ√©en - ainsi qu'une ren√©gociation du contenu des accords afin qu'ils soient plus favorables aux pays d'Afrique, des Cara√Įbes et du Pacifique (ACP). A charge pour nous, maintenant, de convaincre nos partenaires europ√©ens en nous appuyant sur la position du Parlement.

L'action de notre pays, Monsieur Dupr√©, peut √™tre valoris√©e sur le plan de l'aide multi- et bilat√©rale. Lorsque nous avons un ¬ęticket¬Ľ important, que nous sommes fortement repr√©sent√©s dans les conseils d'administration et les directions et que nous sommes √† m√™me d'influer sur les d√©cisions, notre visibilit√© est patente. Il ne s'agit ni d'opposer ni d'oublier la visibilit√© au sein des instances - qui rel√®ve de la diplomatie d'influence - et la visibilit√© sur le terrain. Cette derni√®re passe par des op√©rateurs bilat√©raux. Lorsque le groupement d'int√©r√™t public ¬ęEnsemble pour une solidarit√© th√©rapeutique en r√©seau¬Ľ (ESTHER) m√®ne des op√©rations tr√®s largement financ√©es par le Fonds mondial de lutte contre le sida, c'est la marque ¬ęFrance¬Ľ qui est pr√©sente sur le terrain. Tout le probl√®me est de parvenir √† articuler intelligemment le bi- et le multi- et d'optimiser cette articulation plut√īt que d'opposer des op√©rateurs bilat√©raux forc√©ment vertueux √† des op√©rateurs multilat√©raux qui ne le seraient pas.

J'ajoute que, pour être visible, l'équipe de France doit être unie. Or, trop souvent, les relations manquent de fluidité entre le service de coopération et d'action culturelle, le directeur de l'AFD et l'ambassadeur. Cela relève de notre responsabilité.

Enfin, dans les pays o√Ļ nous ne sommes pas tr√®s pr√©sents sur le plan bilat√©ral, par exemple en Afrique anglophone, il nous appartient de consid√©rer qu'une action de l'Union europ√©enne √† laquelle nous avons particip√© √† hauteur de 19 % est aussi notre action.

À nous de faire en sorte que pour, tout le monde, l'Union européenne ce soit aussi la France.

Ce n'est pas uniquement avec notre argent que l'on parviendra à résoudre la crise du Sahel. Nous avons besoin d'un l'effet de levier et donc d'une action commune.

Considérer que l'on perd notre argent dès que l'on agit ensemble ne me semble pas conforme aux valeurs que nous portons tous les deux, Monsieur Bacquet./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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19. R√©publique d√©mocratique du Congo/Goma - D√©claration du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Paris, 17 novembre 2012

 

Le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, a demandé la réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies afin d'examiner la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo. Cette réunion se tiendra cet après-midi à New-York.

La France est tr√®s pr√©occup√©e par la reprise et l'intensification des combats opposant l'arm√©e r√©guli√®re congolaise aux troupes du M23, dont pourrait r√©sulter un nouveau drame humanitaire. Elle appelle √† la cessation imm√©diate des combats, √† la protection des populations civiles et de tous les acteurs humanitaires. Elle demande √† tous les pays de la r√©gion de s'abstenir de toute ing√©rence dans les affaires int√©rieures de la R√©publique d√©mocratique du Congo. Elle soutient le r√īle des Nations unies et en particulier celui de la MONUSCO d√©ploy√©e sur le terrain./.

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20. R√©publique d√©mocratique du Congo/Goma D√©gradation de la situation - D√©claration du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Paris, 18 novembre 2012

 

Le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, exprime sa très vive inquiétude devant la dégradation rapide de la situation dans l'est de la République démocratique du Congo.

À l'issue de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies convoquée hier à la demande de la France, ses membres ont condamné avec force la reprise des hostilités à l'initiative du M23 et exigé leur cessation immédiate, ainsi que la cessation de toute progression en direction de la ville de Goma. Or, le M23 a poursuivi son offensive.

La France est gravement préoccupée par le désastre humanitaire qui menace la ville de Goma et des populations congolaises déjà gravement éprouvées. Elle met en garde quiconque contribuerait, de façon directe ou indirecte, à une nouvelle aggravation de la situation sur le terrain et presse toutes les parties de tout mettre en oeuvre, au contraire, pour l'éviter.

La France demande à la MONUSCO d'exécuter avec détermination sa mission, en particulier s'agissant de la protection des populations civiles./.

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21. R√©publique D√©mocratique du Congo/Goma - Remarques √† la presse du repr√©sentant permanent de la France aupr√®s des Nations unies - New York, 17 novembre 2012

 (en français et en anglais)

Comme vous le savez la situation s'est détériorée gravement au Nord Kivu. Les combats entre le M23 et l'armée congolaise ont repris à la suite de l'offensive du M23.

Il s'agit là de nouveau d'une tragédie puisque cela signifie de nouveau des pertes humaines et des milliers de réfugiés, mais surtout la perspective d'une chute de Goma. La chute de Goma, entre 500.000 et un million d'habitants, serait inévitablement une tragédie humanitaire voire des massacres et des paniques de civils. Il faut donc arrêter le M23. C'est la raison pour laquelle le ministre français des affaires étrangères a appelé ses collègues congolais et rwandais. C'est également la raison pour laquelle la France a demandé cette réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

Nous avons présenté un projet de déclaration à la presse, projet qui d'ailleurs a été durci par les membres du Conseil parce qu'il y a eu un très large consensus du Conseil pour exprimer la condamnation de l'offensive du M23 et des soutiens dont le M23 peut bénéficier. C'est un message envoyé au M23 par le Conseil de sécurité.

Et si la France a demandé cette réunion du Conseil c'est par inquiétude de notre pays face à la perspective d'une véritable tragédie humanitaire. Je crois qu'Hervé Ladsous vous l'a dit, le front est désormais à quatre ou cinq kilomètres d'un camp de 80.000 réfugiés et à quinze km de la ville de Goma, qui compte entre 500.000 et un million d'habitants. On imagine ce que signifierait la prise de cette ville par le M23.

Q - Are there simultaneous attacks ?

R - I do not have the precise information.

Q - Quel signe précis envoyez-vous au M23 ?

R - Dans le texte de la déclaration à la presse on parle de sanctions supplémentaires contre les dirigeants du M23 ; les membres du Conseil vont donc présenter des propositions de sanctions contre les dirigeants du M23.

Q - De quel type de sanctions ?

R - Ce sont les mêmes sanctions que les précédentes. Nous avons déjà sanctionné la semaine dernière un dirigeant du M23. Donc c'est le même régime, c'est le régime de la résolution 1533.

Q - Also on the topic of sanctions, the group of experts has recommended to the Sanctions Committee that Rwandan officials, including the Defence Minister and other M23 rebels be sanctioned. How possible is this ? How many more people might be added ? How soon will you act ?

R - As I have said, we are going to target additional individuals - we have already sanctioned one - in the M23 leadership. How many people that means, I dont' know. We'll see the names that will be tabled in the coming days.

What was striking in the very good briefing presented by Hervé Ladsous was that apparently the M23 has received sophisticated, additional weaponry and equipment, including night vision equiplent, artillery, anti-aircraft artillery. I think it's South Africa that requested that we include in the text a reference to equipment supplies, because there is obviously a problem in that regard.

Who is responsible for these supplies ? There are allegations that we have received, you know them, that came form the DRC authorities, but what DPKO told is that they do not have hard evidence to support these allegations. That is the reason why the text issued by the Security Council does not make any reference to this precise point.

Q - On the ceasefire, does France have any information ? On Monday the M23 said that it had been broken by the FARDC. Does it not matter who broke it ? Or...

R - It is very clear. The information coming from DPKO and MONUSCO is that the M23 broke the ceasefire, that the M23 launched an attack on Tuesday, then there was a sort of lull, and they attacked again on Saturday morning, this very morning, at 4am, which is very surprising because because until now they didn't have the means to fight at night. So one of the concerns that we all have is that the M23 relaunches its attacks tonight towards Goma.

Q - Le communiqué du Conseil et M. Ladsous ont parlé des acteurs extérieurs. Est-ce que la France a exprimé ses craintes aux pays voisins ?

R - Comme je l'ai expliqu√© √† votre coll√®gue, il y a un sentiment que ces armes sophistiqu√©es du M23, comme l'a dit po√©tiquement Herv√© Ladsous, ¬ęn'apparaissent pas comme les champignons dans la ros√©e du matin¬Ľ. Ces armes sophistiqu√©es viennent donc bien de quelque part. Il est √©vident qu'il y a des soutiens ext√©rieurs. Cela √©tant la MONUSCO, les Nations unies, n'ont pas de preuve pour accuser un pays ou un fournisseur. Mais il est a priori √©vident qu'il y a des soutiens ext√©rieurs./.

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22. Point de presse du porte-parole du minist√®re des Affaires √©trang√®res - Visite du Premier ministre libanais, M. Najib Mikati - Participation de M. Cazeneuve au CAG - Entretien de M. Cazeneuve avec son homologue danois, M. Nicolai Wammen - Semaine de la solidarit√© internationale/D√©placement √† Arras de M. Canfin - Arabie Saoudite - √Čtats-Unis/Texas - Colloque ¬ę√Čtendre la protection sociale dans la mondialisation : d√©fis et r√©ponses¬Ľ - Kosovo - Syrie - Ukraine - Iran - Paris, 19 novembre 2012

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Visite du Premier ministre libanais, M. Najib Mikati (19-21 novembre)

Le Premier ministre libanais effectue une visite de travail à Paris du 19 au 21 novembre.

M. Najib Mikati sera reçu par le président de la République, le Premier ministre et le ministre. Il aura également un entretien avec le président de l'Assemblée nationale.

Après les déplacements à Beyrouth du président de la République et des ministres des affaires étrangères, de la défense, du développement et de la francophonie, cette visite sera l'occasion pour les autorités françaises de réaffirmer leur attachement profond aux relations entre la France et le Liban et, dans le contexte actuel de fortes tensions dans la région, à son indépendance, à sa stabilité et à son unité. Tout doit être fait pour assurer la continuité des institutions et lutter contre l'impunité.

Cette visite permettra de renforcer notre coopération bilatérale. Plusieurs accords seront signés dans le domaine de la jeunesse et des sports, de l'audiovisuel ainsi qu'entre les Bibliothèques nationales française et libanaise.

2 - Participation de M. Bernard Cazeneuve au Conseil Affaires générales (Bruxelles, 20 novembre 2012)

Le ministre délégué chargé des affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, participera à la prochaine réunion du Conseil Affaires générales, qui se tient mardi 20 novembre à Bruxelles.

Cette session sera largement d√©di√©e √† la pr√©paration du Conseil europ√©en des 22 et 23 novembre, exclusivement consacr√© au budget europ√©en pour la p√©riode 2014-2020. Dans ce contexte, les ministres du CAG auront ce soir un d√ģner de travail avec le pr√©sident du Conseil europ√©en, M. Herman Van Rompuy.

Lors du Conseil, un échange est prévu sur le suivi du Conseil européen des 18 et 19 octobre 2012. Les ministres évoqueront également le Conseil européen des 13 et 14 décembre, notamment consacré à la définition de la feuille de route sur l'avenir de l'Union économique et monétaire.

Enfin, les ministres discuteront des évolutions de la politique de cohésion après 2013. La Commission européenne présentera pour sa part son programme de travail pour 2013 qu'elle a adopté le 23 octobre dernier.

3 - Entretien de M. Bernard Cazeneuve avec son homologue danois, M. Nicolai Wammen (Paris, 19 novembre 2012)

M. Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé des affaires européennes, recevra ce lundi 19 novembre son homologue M. Nicolai Wammen, ministre des affaires européennes du royaume du Danemark.

Cet entretien, qui se tient à la veille du Conseil Affaires générales à Bruxelles et quelques jours avant le Conseil européen extraordinaire, sera l'occasion d'évoquer les principaux points de l'actualité européenne, au premier rang desquels le budget européen pour la période 2014-2020 et les questions de gouvernance économique.

4 - Semaine de la solidarité internationale - Déplacement à Arras de M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement (20 novembre 2012)

M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement, se rendra le 20 novembre 2012 à Arras dans le cadre de la 15e édition de la Semaine de la solidarité internationale (17 - 25 novembre 2012).

Il inaugurera, à cette occasion, les animations pédagogiques programmées au sein du Lycée Robespierre d'Arras pour promouvoir la solidarité internationale dans le cadre d'un échange scolaire avec le Burkina Faso.

Il rencontrera également des représentants d'associations de solidarité internationale et de réseaux d'appui à la coopération décentralisée.

5 - Arabie Saoudite - Exécution d'un ressortissant du Bangladesh (17 novembre 2012)

La France condamne l'exécution le 17 novembre en Arabie Saoudite de Medhaheb Chenader Kama Chenader, ressortissant du Bangladesh, qui porte à 65 le nombre d'exécutions en Arabie Saoudite en 2012.

Comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères à l'occasion du lancement de la campagne en faveur de l'abolition universelle, la France réaffirme son opposition déterminée et constante à la peine de mort en tous lieux et en toutes circonstances. Elle exhorte l'Arabie Saoudite à mettre un terme aux exécutions et à instaurer un moratoire.

6 - √Čtats-Unis - Ex√©cutions de deux condamn√©s au Texas (14 et 15 novembre 2012)

La France condamne les ex√©cutions, les 14 et 15 novembre au Texas, de Ramon Torres Hernandez et de Preston Hughes. Avec 15 d√©tenus ex√©cut√©s en 2012 et 492 ex√©cutions depuis le r√©tablissement de la peine de mort en 1976, le Texas est responsable de plus du tiers des ex√©cutions aux √Čtats-Unis.

La France exhorte les autorités du Texas à mettre un terme aux exécutions, à observer un moratoire et à engager un débat sur l'abolition de la peine capitale. Elle réaffirme son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances.

7 - Colloque ¬ę√Čtendre la protection sociale dans la mondialisation : d√©fis et r√©ponses¬Ľ (19 novembre 2012)

Le minist√®re des affaires √©trang√®res accueille le 19 octobre 2012 de 13h30 √† 17h30 un colloque sur le th√®me ¬ę√Čtendre la protection sociale dans la mondialisation : d√©fis et r√©ponses¬Ľ en pr√©sence de M. Pascal Canfin, ministre d√©l√©gu√© charg√© du d√©veloppement, de M. Gilles de Robien, pr√©sident du Conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT), de M. Martin Hirsch, pr√©sident de l'Agence du service civique, d'experts d'organisations internationales (OIT, FMI) et de repr√©sentants de pays travaillant √† la mise en oeuvre de socles de protection sociale (Chine, Br√©sil, Afrique du Sud, Indon√©sie et Togo).

Les débats sont organisés autour de deux thèmes principaux :

- Quelle coopération internationale pour la mise en place des socles nationaux de protection sociale ?

- Régulation du marché du travail et croissance durable et créatrice d'emplois.

Cette manifestation, organisée en collaboration avec l'Organisation internationale du travail (OIT) et le Centre d'analyse stratégique, doit permettre d'envisager la mise en place de socles nationaux de protection sociale partout dans le monde, en matière de santé, de revenu ou d'éducation et d'examiner les moyens techniques et financiers qui pourraient permettre de rendre ces systèmes pérennes.

Elle illustre la volonté de la France de continuer à plaider, dans la continuité du G20, pour la mise en place d'un socle universel de protection sociale.

Le colloque est diffusé en direct vidéo sur : www.strategie.gouv.fr

8 - Adhésion du Kosovo à la BERD

La France se f√©licite de la d√©cision de la Banque europ√©enne pour la reconstruction et le d√©veloppement d'accueillir le Kosovo en tant que membre. Cette adh√©sion √† la BERD favorisera le d√©veloppement socio-√©conomique et l'int√©gration r√©gionale de ce nouvel √Čtat. Elle constitue pour tous les citoyens kosovars, quelle que soit leur origine, un gage de prosp√©rit√©, au b√©n√©fice de la stabilit√© des Balkans. La France reste pleinement engag√©e dans son soutien √† l'int√©gration du Kosovo dans la communaut√© internationale.

9 - Syrie

Q - ¬ęJibhat al-Nasra¬Ľ et ¬ęLiwa al-Tawhid¬Ľ (deux groupes combattants li√©s √† ¬ęAl-Qaeda¬Ľ et qui occupent des espaces dans le Nord de la Syrie, viennent d'annoncer leur refus de la coalition de l'Opposition syrienne, et r√©clament ¬ęUne R√©publique islamique¬Ľ. Quelle est la r√©action de la France ? Est-ce que ce fait, vu l'implication de ces deux forces dans les combats contre le r√©gime syrien surtout autour d'Alep, influencera les aides promises par la France √† l'opposition de l'int√©rieur, ou bien sur les discussions (actuelles) √† Bruxelles sur une lev√©e de l'interdiction de livrer des armes aux bellig√©rants?

R - Nous avons soutenu le processus d'unification de l'opposition syrienne afin qu'elle représente toutes les composantes de la société syrienne dans sa diversité et dans le respect des principes démocratiques et des droits de l'Homme.

C'est en ce sens que travaille actuellement la Coalition nationale syrienne que nous considérons comme le seul représentant légitime du peuple syrien. À ce titre, elle sera notre interlocuteur pour la distribution d'aide humanitaire en Syrie.

La question de la levée de l'embargo sur les armes nous a été posée par l'opposition syrienne. Elle devra être étudiée au niveau européen.

10 - Ukraine

Q - Le Conseil Affaires √©trang√®res se r√©unit aujourd'hui √† Bruxelles, et doit notamment examiner le d√©roulement du r√©cent scrutin en Ukraine. Quelle est la position de la France √† propos de la fa√ßon dont ces √©lections se sont d√©roul√©es ? Soutenez-vous l'id√©e de sanctions, telles des interdictions de visa, pour les auteurs des fraudes si jamais l'Union europ√©enne devait reconna√ģtre qu'elles ont √©t√© massives ?

R - Le rapport préliminaire de l'OSCE sur les élections en Ukraine relève que, si les élections ont permis l'expression d'un véritable pluralisme et si le vote lui-même s'est déroulé sans fraudes massives, de nombreuses irrégularités ont été constatées dans la conduite des élections, qui constituent autant de reculs par rapport aux scrutins précédents.

L'OSCE note en particulier une utilisation excessive des ¬ęressources administratives¬Ľ au profit du parti au pouvoir, un d√©s√©quilibre dans la repr√©sentation des partis dans les commissions √©lectorales locales, un manque de pluralisme dans les m√©dias audiovisuels, et un manque de transparence lors de la phase de compilation des r√©sultats. L'OSCE rappelle √©galement que deux importants dirigeants de l'opposition n'ont pas pu participer au scrutin : Ioulia Timochenko, ancien Premier ministre, et Iouri Loutsenko, ancien ministre de l'Int√©rieur, tous deux en prison.

Nous avons par ailleurs observé avec inquiétude le retard pris dans la publication des résultats définitifs ainsi que les incidents qui ont accompagné les dernières étapes du processus électoral. La France a appelé les autorités ukrainiennes à faire toute la lumière sur l'ensemble des irrégularités qui auraient été commises et à les corriger rapidement, afin de garantir la transparence du scrutin et sa conformité aux règles de droit et à la volonté des électeurs.

Le rapport final de la mission d'observation √©lectorale de l'OSCE sera publi√© dans quelques semaines. En tout √©tat de cause, la qualit√© du processus √©lectoral √©tait l'une des trois conditions (avec la fin de la ¬ęjustice s√©lective¬Ľ et la mise en oeuvre de r√©formes) fix√©es par l'Union europ√©enne comme pr√©alable √† la signature d'un accord d'association avec l'Ukraine. Le sujet sera √©voqu√© lors du Conseil Affaires √©trang√®res de ce jour.

11 - Iran

Q - Le directeur général de l'AIEA, M. Amano, vient de rencontrer les autorités françaises, quel est l'avis de la France sur le problème du nucléaire iranien ?

R - Dans le cadre de la visite en France de M. Yakiya Amano, les 19 et 20 novembre, les crises de prolifération ont notamment été à l'ordre du jour de ses entretiens avec les autorités françaises.

Concernant l'Iran, le programme nucléaire iranien continue de se développer en violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. Le rapport du directeur général diffusé vendredi 16 novembre le montre une nouvelle fois. L'Iran poursuit l'accumulation de nouvelles capacités d'enrichissement sur son site enterré de Fordow.

Malgr√© les demandes r√©p√©t√©es du Conseil des gouverneurs, T√©h√©ran ne coop√®re toujours pas avec l'Agence et sape la capacit√© de contr√īle de celle-ci en refusant de faire la lumi√®re sur la possible dimension militaire de son programme nucl√©aire et en continuant de proc√©der √† des travaux sur le site de Parchin, dont les Iraniens refusent toujours l'acc√®s.

Avec tous les pays qui partagent nos vues, nous entendons exprimer ces préoccupations, et réaffirmer notre soutien au directeur général, lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs./.

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23. Nominations

Le Journal officiel du 18 novembre 2012 a publié la nomination de M. Jean-Yves Berthault, en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès du Negara Brunei Darussalam, en remplacement de M. Louis Le Vert.

Le Journal officiel du 18 novembre 2012 publié la nomination de Mme Geneviève Iancu, en qualité d'ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République française auprès de la République des Seychelles, en remplacement de M. Philippe Delacroix./.

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