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Bulletin d'actualités du 16 novembre 2012


Sommaire



1. Israël/Gaza/Égypte - Entretien téléphonique du président de la République, M. François Hollande, avec le président de la République arabe d'Égypte, M. Mohamed Morsi - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 15 novembre 2012

Le président de la République s'est entretenu par téléphone cet après-midi avec le président de la République arabe d'Égypte, M. Mohamed Morsi pour évoquer la situation préoccupante dans le sud d'Israël et à Gaza.

Le chef de l'État a exprimé la vive préoccupation de la France à la suite du nouveau déchainement de violence à Gaza et dans le sud d'Israël et appelé à la retenue afin d'éviter une escalade qui mettrait en danger les populations.

Le président de la République a souligné le rôle que pouvait jouer l'Égypte pour diminuer les tensions. Tous les efforts de la communauté internationale doivent converger pour éviter toute initiative unilatérale et toute provocation de nature à aggraver la situation. La France est pleinement engagée en ce sens avec ses partenaires de l'Union européenne et au sein du Conseil de sécurité des Nations unies./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Mali - Entretien téléphonique du président de la République, M. François Hollande, avec le président de la République du Mali, M. Dioncounda Traoré - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 15 novembre 2012

Le président de la République s'est entretenu cet après-midi par téléphone avec son homologue malien, M. Dioncounda Traoré.

L'échange a porté sur la situation au Mali et l'occupation illégitime du Nord du pays par des groupes rebelles et terroristes. M. Hollande a confirmé à M. Traoré la volonté de la France qu'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies puisse être adoptée avant la fin de l'année pour autoriser le déploiement d'une force africaine au Mali, ainsi que le demandent explicitement la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union africaine.

Le président de la République s'est réjoui des progrès accomplis dans la préparation des Assises nationales maliennes, dont l'a informé le président Traoré. La France rappelle son souhait que le dialogue politique s'intensifie entre les autorités maliennes et les représentants des populations du Nord du Mali qui rejettent le terrorisme. L'accélération de ce dialogue doit accompagner la progression des efforts africains de planification militaire.

Le chef de l'État a également informé son homologue malien des travaux en cours dans la préparation d'une mission européenne de renforcement de l'armée malienne, qui doit permettre aux Forces armées maliennes de jouer un rôle central dans la libération de leur pays./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Sahel/Niger - Entretien entre le Président de la République, M. François Hollande, et le Président de la République du Niger, M. Mahamadou Issoufou - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 15 novembre 2012

Le président de la République a reçu cet après-midi, au Palais de l'Élysée, son homologue nigérien, M. Mahamadou Issoufou.

L'entretien a porté sur la situation au Sahel. Les deux Présidents ont salué l'adoption par le Mali, la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Union africaine d'un concept d'opérations conjoint, qui permet de préparer un renforcement de l'armée malienne et le déploiement d'une force africaine qui lui viendrait en appui, afin de lutter contre les groupes terroristes présents au Nord du Mali.

Le président de la République a exprimé le souhait de la France qu'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies puisse être adoptée avant la fin de l'année pour autoriser le déploiement de cette force et marqué ainsi le soutien de la communauté internationale aux Africains dans la lutte contre le terrorisme. Il a également souligné la mobilisation de la France pour qu'une mission européenne puisse apporter à l'armée malienne un soutien en matière de formation et d'équipement, afin que les Forces armées maliennes puissent être les premiers acteurs de la libération de leur pays. La France est prête à assumer un rôle de premier plan au sein de cette mission européenne.

Les deux présidents ont insisté sur la nécessité d'un dialogue direct entre les autorités transitoires de Bamako et les représentants des populations du Nord du pays, dès lors que leurs revendications sont exclusivement politiques. Les autorités transitoires de Bamako doivent également adopter une feuille de route comportant notamment un calendrier électoral.

Le président de la République s'est réjoui de l'excellence du partenariat franco-nigérien et du succès de la table ronde des donateurs organisée par le Niger à Paris les 13 et 14 novembre. Par ailleurs, la France et le Niger amplifieront dans les prochains mois leur partenariat en matière d'aide au développement et de sécurité./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. Pérou - Déclaration conjointe du président de la République, M. François Hollande, et du président de la République du Pérou, M. Ollanta Humala - Propos de M. François Hollande - Paris, 15 novembre 2012

J'ai reçu ce matin pour un entretien suivi d'un déjeuner le président du Pérou. C'était pour nous un moment important parce que les relations entre nos deux pays, fondées sur l'Histoire, le sont également sur des échanges culturels et économiques. Nous avons convenu que ces échanges peuvent prendre une autre dimension. La meilleure preuve, c'est que l'Agence française de développement étendra son champ de compétences au Pérou et que l'accord commercial qui a été passé entre l'Union européenne et le Pérou, comme avec la Colombie, donnera encore une nouvelle ampleur à nos échanges.

Nous avons également signé un accord sur les échanges d'étudiants, et notamment d'étudiants péruviens boursiers, pour leur assurer le meilleur accueil et garantir une reconnaissance mutuelle de diplômes. Nous veillons également à ce que les entreprises françaises puissent investir encore d'avantage au Pérou et que toutes les facilités leur soient données - c'est ce que m'a dit le président - notamment dans les domaines des infrastructures, de l'énergie mais également de l'urbanisme et de la ville. Nous ferons en sorte que ces entreprises puissent être appuyées et soutenues, parce qu'il y a des opportunités de développement au Pérou.

Nous avons également abordé la question du réchauffement climatique qui intéresse l'Amérique latine comme l'Europe et particulièrement le Pérou. Nous préparons ensemble les rendez-vous qui viennent, notamment la négociation sur les changements climatiques. Nous aurons des échanges constants, y compris des rencontres sur place, pour que nous puissions mobiliser aussi bien l'Europe que l'Amérique latine sur ce rendez-vous et cet enjeu.

Un dernier point que nous avons également traité - ce n'est pas la première fois que je le fais avec des chefs d'État et de gouvernement : la question du trafic de drogue. Je veux faire de la lutte contre le trafic de drogue un enjeu international majeur. Une lutte doit être menée à ce niveau parce que cela intéresse à la fois les pays hélas producteurs, les pays malheureusement consommateurs mais aussi ceux qui sont, par leur territoire, des lieux de transit et de trafic. Je pense notamment à l'Afrique de l'ouest. C'est donc une cause mondiale sur laquelle nous devons travailler les uns et les autres.

Enfin, j'ai été amicalement invité à venir au Pérou et j'ai répondu favorablement à cette invitation. Je veux encore remercier le président. Il va avoir un agenda chargé puisqu'il va être reçu par les présidents de nos deux Assemblées et également par le maire de Paris. Il y a également eu des échanges ministériels tout à fait fructueux. C'était donc une visite à la fois amicale, parce que nous partageons un certain nombre de priorités communes, et une visite tout à fait précieuse sur le plan des relations entre nos deux pays./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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5. Allemagne - Discours du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, devant des chefs d'entreprise - Berlin, 15 novembre 2012

Mesdames, Messieurs, je suis venu vous parler aujourd'hui du redressement économique de la France, la tâche impérieuse à laquelle s'est attelé mon gouvernement depuis six mois. Et bien évidemment, je vais le faire en français. Je souhaite remercier chaleureusement la Süddeutsche Zeitung pour son invitation. Je connais l'attention qui est portée en Allemagne à la politique économique menée en France. De même, les évolutions en Allemagne sont toujours observées précisément dans mon pays. Cet intérêt croisé est naturel s'agissant de deux États qui ont décidé de lier leurs destins et qui constituent le moteur d'une Europe qui est, plus que jamais, notre avenir à tous. Et l'Europe, dans la situation actuelle, a besoin d'un moteur, d'un moteur puissant et d'un cap clair. Redresser l'économie française, voilà quelle est la priorité du président de la République, François Hollande, et de mon gouvernement depuis six mois. Le retour de la croissance et la réduction du chômage sont notre unique boussole. Cela passe par le désendettement de la France, le retour d'un dialogue social apaisé et fructueux et le redressement de notre compétitivité.

Car notre stratégie économique repose sur un constat lucide sur la situation de la France et sur ses atouts. Elle repose aussi sur une méthode nouvelle, le dialogue et la concertation, gages de réformes consensuelles et durables. Elle repose enfin, sur une volonté sans faille de redresser notre pays qui constitue la cohérence de notre action et je voudrais vous en rappeler les principaux jalons.

Dès le 15 mai, il y a tout juste six mois, le président de la République française est venu ici, à Berlin. Il est venu marquer l'engagement inébranlable de la France dans l'amitié avec l'Allemagne et dans la construction européenne. Dès le 15 mai, qui est aussi le jour où j'ai pris mes fonctions, nous avons travaillé à la stabilisation de la zone euro, qui est la condition première du retour de la croissance en Europe. Le Conseil européen des 28 et 29 juin a constitué un tournant de ce point de vue, avec l'adoption du Pacte européen pour la croissance et l'emploi et la décision de mettre rapidement en place l'union bancaire.

La situation est pour l'essentiel stabilisée, mais il nous faut continuer le travail pour consolider l'apaisement des tensions. Fort de cette stabilisation de la zone euro, le Parlement français a pu ratifier le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance. Le nouveau gouvernement a ainsi saisi sans attendre, pour prendre ses responsabilités et pour contribuer à la stabilité de la zone euro. Mais nous avons également pris nos responsabilités en nous attaquant résolument à nos propres déficits publics.

Le sérieux budgétaire, qui a guidé notre action depuis l'été, constitue d'abord un engagement présidentiel qui a été pris devant les Français pendant la campagne électorale et les Français nous ont donné un mandat clair : cesser de reporter sur les générations futures, le poids d'une dette en augmentation continue et reconstituer les marges de manoeuvre indispensables à l'action publique. Nous sommes conscients que ce redressement des comptes publics est aussi la condition de notre souveraineté.

Dès 2012, dès cette année, le déficit sera réduit à 4,5 % du PIB alors que si rien n'avait été décidé dès cet été, nous serions à plus de 5 %. C'était la situation que nous avons trouvée. Ce travail, nous devons le poursuivre et nous respecterons l'objectif de 3 % qui a été fixé pour 2013. L'effort engagé est considérable, je dirais même qu'il est sans précédent mais en tout cas, c'est la première étape du retour à l'équilibre prévu pour la fin du quinquennat. Cet effort ne peut être accepté que s'il est marqué du sceau de la justice, qui est la préoccupation constante du gouvernement que je dirige. Si nous voulons que les Français, nos concitoyens acceptent, les efforts qui sont réels. Et puis en même temps, tout en décidant cette politique, qui est courageuse, nous avons aussi, nous nous sommes donnés les moyens de continuer à financer nos priorités et ces priorités, ce sont des conditions pour la croissance, pour l'avenir : l'éducation et la formation professionnelle, la recherche et la politique de l'emploi.

Et pour réussir dans la tâche de redressement qui est la nôtre, il nous faut, en effet, vous l'avez rappelé Monsieur le Président, il nous faut mettre tous les acteurs en mouvement. Et dès le mois de mai dernier, le gouvernement s'est employé à recréer les conditions d'un véritable dialogue social et à restaurer la confiance entre l'État et les partenaires sociaux, les employeurs comme les représentants des salariés. Le dialogue social a fait ses preuves depuis longtemps dans votre pays, ici en Allemagne. Il est indispensable pour résoudre les problèmes en profondeur et forger des réformes durables.

Et dès l'été, le gouvernement a rassemblé l'ensemble des partenaires sociaux dans une grande conférence sociale, pour réamorcer ce dialogue au service de la réforme de notre économie, dans le respect aussi de notre modèle social et de nos valeurs communes. La négociation en cours sur le marché du travail constitue un chantier essentiel, pour allier sécurité et capacité d'adaptation et d'anticipation, pour les salariés et pour les entreprises. J'attends beaucoup de cette négociation et qui si elle aboutit, je vous le dis, pour la France, elle constituera un tournant historique dans l'organisation de notre marché du travail.

Stabilisation de la zone euro, rétablissement des comptes publics, renouveau du dialogue social, tous ces éléments constituent un socle nécessaire au redressement de notre économie.

La semaine dernière, le gouvernement a pris des décisions fortes pour restaurer notre compétitivité et remettre en route notre moteur économique. J'ai demandé à M. Louis Gallois, qui est un industriel reconnu et expérimenté, et bien connu, pas seulement en France, mais aussi en Allemagne et en Europe, un rapport qu'il m'a remis et qui est un diagnostic indépendant, mais sévère sur l'évolution de notre économie depuis dix ans et le décrochage réel observé ces dernières années. Il a proposé une série de mesures qui sont fortes, qui sont ambitieuses, qui sont mobilisatrices, et le gouvernement les a fait siennes et je les ai présentées dès le lendemain, comme la feuille de route, le plan d'action du gouvernement.

Les mesures que j'ai annoncées, sont sans précédent pour la France, par leur ampleur - 20 milliards d'euros d'allègement du coût du travail pour les entreprises soit moins 6 % de la masse salariale. Sans précédent également est le recours assumé pour leur financement à de nouvelles économies en dépenses qui seront le résultat des réformes structurelles ambitieuses qui permettront de rendre l'action publique à la fois plus économe de l'argent des contribuables, mais aussi plus efficace, plus performante. Là réside aussi la modernité du nouveau modèle français, que je souhaite promouvoir. La définition de ces réformes dans le dialogue et dans la durée constitue le chantier de l'année à venir.

Mais la France n'est pas seule ! Non, elle n'est pas seule ! Aujourd'hui, notre action s'inscrit évidemment dans le cadre de l'Europe et singulièrement dans la relation franco-allemande. 50 ans après la signature du Traité de l'Élysée, comment serait-il possible d'oublier, un seul instant, les liens fondamentaux qui relient plus que jamais nos deux pays, qui sont les moteurs de l'aventure européenne. Eh bien, il nous faut aujourd'hui travailler autant que nécessaire au renforcement de ce lien, tant sur le plan politique que dans les domaines économique et industriel. Il nous faut par exemple porter haut l'ambition d'une politique énergétique commune, d'une politique industrielle, d'une politique de défense, d'une politique spatiale, au service de nos deux pays bien sûr, mais comme au service de l'Europe toute entière. Car ne nous y trompons pas. L'Europe est aujourd'hui à un tournant. Nous sommes, nous les Français et nous les Allemands, face à une responsabilité historique, j'ose ce mot, dans un monde en transformation radicale.

Nous oublions parfois que l'Europe est la première puissance économique et commerciale au monde. Et nous avons des responsabilités particulières, nous sommes regardés, nous sommes écoutés, nous sommes attendus, parce qu'il n'est plus acceptable qu'en Asie, qu'en Amérique, on s'interroge sur notre propre avenir, sur notre propre destin. Nous devons revenir à un point d'ancrage dans le monde, nous devons redevenir un point d'ancrage dans le monde d'aujourd'hui et cesser d'être un point d'interrogation.

La stabilisation de la situation en Grèce, le redressement rapide de l'Espagne, et dans ces deux cas, je dois dire douloureux pour les peuples, il faut en prendre la mesure, mais ce redressement et cette stabilisation c'est avec l'aide des partenaires, c'est-à-dire nous-mêmes et elle doit être une priorité. Oui, nous avons, nous la France et l'Allemagne, une responsabilité particulière quant à l'avenir et l'intégrité de la zone euro. Je me félicite qu'au-delà des différences naturelles d'appréciation, l'ensemble des responsables politiques, en France comme en Allemagne, et pas seulement d'un bord politique, mais aussi de l'autre, soient unis dans la défense de notre monnaie commune et convaincus de notre intérêt à ne jamais remettre en cause son intégrité. Il y a aussi aujourd'hui un consensus sur le fait qu'il ne saurait y avoir d'Europe sans croissance, mais il ne saurait y avoir d'Europe sans solidarité.

Mais en même temps, il nous faut tourner cette page, parce que nous devons aujourd'hui passer de l'urgence à l'avenir. Et nous devons préparer l'étape suivante. Et l'étape suivante c'est celle de l'intégration de la zone euro. Nous devons aller vers une meilleure coordination des politiques économiques, une plus grande convergence budgétaire et fiscale. Les coopérations renforcées doivent être utilisées lorsqu'elles constituent la voie pour avancer, comme c'est le cas pour la taxe sur les transactions financières. Car ce n'est pas moins d'Europe mais plus d'Europe qu'il nous faut aujourd'hui ; plus de solidarité européenne ; plus d'intégration européenne.

La zone euro intégrée et solidaire que nous appelons de nos voeux impliquera de nouveaux mécanismes de contrôle démocratique qui soient adaptés, qui tiennent compte de notre histoire, qui tiennent compte de l'attente aussi de chacune de nos nations pour que les citoyens de nos deux pays ne voient plus l'approfondissement de la construction européenne comme un obstacle, comme un éloignement mais comme un moyen de leur liberté démocratique. Et si nous voulons que l'Europe redevienne populaire - parce que malheureusement parfois elle ne l'est plus, parfois même plus du tout -, il faut qu'elle soit vécue non pas comme une contrainte, mais comme une espérance, comme un nouveau progrès dans notre histoire commune. Alors, il nous faudra être créatif, il faudra être imaginatif, il faudra être persuasif. Il faudra être patient aussi et pédagogue. Mais soyons clair la zone euro constitue le champ naturel de cet approfondissement. Mais nous ne pouvons pas et nous ne devons pas nous éloigner pour autant de nos partenaires qui ne sont pas encore dans la zone euro, mais qui ont vocation à la rejoindre bientôt, même si tous n'ont pas envie de le faire, ne le décideront pas. Mais certains y sont prêts ou s'y préparent, car il existe un rapport dialectique entre le renforcement de la zone euro et l'approfondissement de l'union à 27.

N'opposons pas l'un à l'autre, prenons l'exemple de la Pologne. La Pologne qui commence à 100 km d'ici. Ce pays que le président de la République française, où il va se rendre demain, considère qu'il constitue pour nous tous un exemple, une référence. Après la disparition du rideau de fer, ce pays a décidé, après quelques hésitations initiales mais qui peuvent parfaitement se comprendre, d'aller résolument vers l'avant en faisant le choix de l'Europe. Il est aujourd'hui devenu l'un des piliers de l'Union européenne et rejoindra bientôt, j'en suis certain, la zone euro : il n'y a donc pas d'opposition entre l'Europe à 27, la zone euro, la souveraineté nationale, bien au contraire, il y a une vraie complémentarité.

L'Europe fait aujourd'hui face à de nombreux défis : le rééquilibrage de la croissance mondiale, le changement climatique, une multiplication des enjeux pour la sécurité. Face à ces défis, nous devons nous placer à l'avant garde et ne pas nous replier. N'oublions jamais que nous avons mis en place, dans la seconde moitié du XXe siècle, la construction politique la plus innovante. Ayons donc, nous responsables politique, en particulier Français et Allemands, le courage, le devoir de le dire à chacun de nos peuples, c'est la construction, je l'ai dit la plus innovante, mais aussi la plus moderne qui soit, après la tragédie de la première partie du XXe siècle. C'est donc que nous en avons été capables et que partout dans le monde on regarde vers nous ce que nous avons été capables de faire. Donc, soyons conscients de cette force, soyons conscients aussi de nos responsabilités et de nos capacités./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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6. Énergie - Tribune conjointe du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, et de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, Mme Delphine Batho, publiée dans «Les Échos» - Paris, 16 novembre 2012

L'Europe doit retrouver une vraie politique de l'énergie

L'Europe est née de l'énergie il y a soixante ans. La première communauté européenne fut celle du charbon et de l'acier, la Ceca, rapidement suivie d'Euratom. Les six nations fondatrices avaient alors compris l'importance du thème de l'énergie et son potentiel comme force d'intégration européenne.

Le moment est venu de renouer avec cette intuition fondatrice pour construire une politique européenne de l'énergie à la mesure des enjeux du XXIe siècle. Si la tendance actuelle se poursuit, la demande énergétique mondiale pourrait en effet doubler à l'horizon 2050. En Europe, la dépendance à l'égard des importations atteindrait alors jusqu'à 90 % ! C'est pourquoi plusieurs pays européens se sont engagés, comme la France, sur la voie de la transition énergétique et font le pari du développement des énergies renouvelables.

Ces enjeux ont une dimension continentale. La réponse doit être européenne. Dans cet esprit, la France entend proposer à ses partenaires une politique énergétique européenne avec plusieurs objectifs : l'environnement, la sobriété et l'efficacité énergétique ; la maîtrise du prix de l'énergie, une clef pour la croissance et la réindustrialisation européenne ; l'industrie, car des filières d'excellence dans les énergies renouvelables et décarbonées sont indispensables pour réussir la transition énergétique ; la sécurité et la souveraineté, alors que la compétition mondiale pour les ressources s'intensifie ; un objectif social, qui vise la création d'emplois de haute qualification et garantisse des conditions tarifaires abordables pour les ménages comme pour les entreprises.

Pour que l'Europe puisse devenir le numéro un mondial des énergies renouvelables, des investissements massifs sont nécessaires. Il nous faut parvenir d'ici à dix-huit mois à identifier les besoins précis d'investissement afin de mobiliser l'ensemble des financements - disponibles et à créer - pour les grands travaux d'infrastructures. Nous devrons aussi renforcer les programmes de recherche et d'innovation spécifiques dans ces secteurs.

Au plan industriel, nos filières d'excellence devront être valorisées. Nous proposerons une réflexion commune sur la constitution de champions européens de l'énergie renouvelable, à partir des entreprises remarquables dont nous disposons dans ce secteur : véhicule électrique, solaire, énergies marines, filières du bois, entreprises de l'efficacité énergétique... Réfléchissons aux conditions permettant l'émergence de succès industriels comparables à Airbus dans le domaine aéronautique. Nous proposons aussi de créer un droit d'accès à l'énergie à un prix raisonnable par la mise en place d'un véritable service public garantissant un accès universel à l'énergie. Les consommateurs les plus vulnérables seront pris en compte à travers la définition de mécanismes tarifaires à visée sociale.

L'Union européenne, premier importateur d'énergie au monde, doit, bien sûr, chercher à réduire sa dépendance. Mais, pour retrouver son rôle d'acteur clef sur le marché mondial, elle doit aussi se doter d'une politique extérieure européenne de l'énergie. La coopération énergétique doit trouver sa place dans les partenariats stratégiques que nous bâtissons avec nos principaux partenaires.

Ces propositions seront abordées à l'occasion du grand débat national sur l'énergie en France, mais elles devraient aussi être discutées entre Européens dans les mois à venir. À nous de les faire prospérer rapidement, en nous appuyant notamment sur la coopération franco-allemande, dans la perspective du Conseil européen qui sera consacré à l'énergie en mai prochain. L'Europe peut retrouver, avec l'énergie, le souffle porteur et fédérateur qui en fut, il y a soixante ans, le fondement./.

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7. Chine/Mesures anti dumping - Communiqué conjoint du ministère du commerce extérieur et du ministère du redressement productif - Paris, 16 novembre 2012

La Commission Européenne a décidé ce jour de soumettre à des mesures antidumping les importations de vaisselle en porcelaine en provenance de Chine en imposant des droits additionnels allant de 17,6 % à 58,8 %.

La Commission avait ouvert le 16 février 2012 une procédure antidumping sur les importations de vaisselle en céramique en provenance de Chine suite à la plainte de la Fédération européenne des industries de porcelaine et de faïence de table et d'ornementation. À l'issue de son enquête, la commission a été en mesure d'établir - ce que tous les professionnels savaient déjà - l'existence de marges de dumping allant de 17,6 % à 58,8 %. La France a dès lors soutenu l'idée d'imposer des droits additionnels sur les importations en provenance de Chine afin de compenser ces pratiques anticoncurrentielles.

La France estime que la filière céramique est un véritable enjeu de savoir-faire et d'emplois. En France, 1.600 emplois directs sont concernés. L'industrie française est essentiellement composée de PME. La France est le 6e producteur européen et représente près de 8 % de la production européenne en volume pour environ 130 Meuro de chiffre d'affaires. À l'instar de nos principaux partenaires européens la filière connaît de fortes difficultés, de nombreuses fermetures de sites ayant notamment eu lieu ces dernières années (emploi en baisse de 35 % depuis 2007). L'industrie européenne a vu depuis 2008 ses ventes chuter de 20 %, dans un marché en repli de 12 % seulement. Sa part de marché sur le marché européen est maintenant réduite à 20.9 %, contre 67 % pour les importations chinoises. Aujourd'hui 25.000 emplois directs sont concernés au niveau européen.

La France soutien la lutte contre la concurrence déloyale et les mesures antidumping qui existent au niveau européen dans le cadre de procédures précises et qui reposent sur des critères objectifs. L'exemple des mesures provisoires prises ce jour par la Commission montre que la mobilisation de l'industrie européenne dans le cadre des règles prévues est efficace et qu'elle porte ses fruits.

Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif saluent donc la décision importante et courageuse prise aujourd'hui par la Commission européenne, faisant preuve d'une volonté manifeste de faire respecter les règles du commerce international et de promouvoir la loyauté des échanges. Ils estiment que ces mesures devront être pérennisées à l'issue de la période provisoire./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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8. République démocratique du Congo - Discours de la ministre déléguée chargée de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui - Paris, 15 novembre 2012

 

Monsieur le Premier Ministre,

Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis

Je suis très heureuse de vous recevoir ce soir, ici au Palais des affaires étrangères, pour ce dîner que j'ai souhaité organiser en votre honneur, Monsieur le Premier Ministre.

J'aimerais tout d'abord remonter dans le temps, lorsqu'après ma nomination, l'une des mes premières missions a été de me rendre à Kinshasa pour l'organisation du 14ème sommet de la Francophonie.

Je me souviens alors de l'entretien que nous avons eu dans mon bureau du Quai d'Orsay, avec M. Tschibanda, ministre des affaires étrangères de RDC.

C'est là, Monsieur le Premier Ministre, que tout a commencé. Dans un climat, je dois dire un peu tendu, M. Tschibanda me faisait part de la rumeur qui circulait en RDC sur le fait que le président François Hollande ne viendrait peut-être pas à ce sommet, et qu'il s'étonnait aussi du silence de la France sur la guerre au Kivu.

J'ai alors proposé à M. Tschibanda de faire «ma'ana» c'est un mot qu'employait souvent ma grand-mère, lorsque nous rencontrons un conflit verbal. Il faut se donner la possibilité d'envelopper mon propos de ma'ana, ce qui voulait dire que je l'enveloppais d'une sphère d'amitié, d'une sphère d'intimité qui autorise un dialogue franc et malgré tout respectueux sur les questions difficiles en utilisant un ton tel qu'on peut en avoir avec un ami, un membre de sa famille et qui, dès qu'on lève le voile de ma'ana, nous permet de reprendre une relation normale sans ombres et dans le plus profond respect. C'est cette première rencontre, Monsieur le Ministre, Cher Ami, qui nous a permis de rapprocher nos points de vue et d'aborder les réformes importantes que vous mettez en oeuvre aujourd'hui.

Monsieur le Premier Ministre,

Parlons maintenant de notre première rencontre lorsque je suis venue dans votre pays en juillet dernier à la demande du président de la République. Nous avions eu un échange particulièrement riche et, je dois dire, particulièrement franc dans lequel j'ai perçu une attente considérable, beaucoup d'incompréhension et une volonté de rapprocher nos points de vue sur des sujets sensibles.

Vous m'avez parlé de la crise qui sévissait dans les Kivus et pour laquelle vous estimiez que la France devait faire plus. Vous m'avez parlé des réformes améliorant la situation des droits de l'Homme, la gouvernance démocratique, éléments auxquels vous le savez nous attachons une importance toute particulière. Vous m'avez parlez des mesures que votre gouvernement avait prises pour favoriser la croissance économique et le développement dans votre pays. Vous attendiez que la France soit un partenaire fort pour oeuvrer à la paix dans les Kivus, accompagner le Congo dans les réformes législatives en cours et sa politique de développement. Vous attendiez de la France, un appui sur l'ensemble de ces sujets.

Je n'ai pas attendu d'être rentrée en France pour demander que le Conseil de sécurité se réunisse rapidement pour négocier une déclaration condamnant le rôle des groupes armés dans la déstabilisation des Kivus. J'ai poursuivi cette mission à New York. En septembre, lors de l'Assemblée générale des Nations unies, par ma voix, la France s'est exprimée pour condamner l'action du M23 et de ses soutiens. La France et ses partenaires du Conseil de sécurité poursuivent actuellement leur action au service d'un retour à la paix et à la stabilité.

Sur les réformes législatives en matière de droit de l'Homme et de gouvernance, nous avons poursuivi le dialogue et nous devons saluer les avancées que vous avez mises en oeuvre avec le président de l'Assemblée nationale, M. Aubin Minaku. Je salue la présence ici, ce soir, de M. Philippe Baumel, président du groupe d'amitié France-RDC de l'Assemblée nationale et de M. Michel Becot, président du groupe d'amitié France-RDC du Sénat qui j'en suis certaine, peuvent vous apporter toute leur expertise et accompagner vos travaux.

Lors de ce premier déplacement, j'étais restée quatre jours en RDC et j'y ai rencontré de nombreuses personnalités politiques, membres du gouvernement, des assemblées et des représentants de l'opposition. J'y ai rencontré des artistes, des représentants de la société civile, les différents représentants des défenseurs des droits de l'Homme, des ONG et des communautés religieuses. J'y ai vu également une population au travail, une population courageuse, une population tournée vers l'avenir et qui aspire à la prospérité. C'est aussi en juillet que j'ai décidé que je devais aller dans les Kivus pour témoigner de la situation de la population civile et plus particulièrement des femmes et des enfants, en proie à la guerre et à une situation humanitaire des plus préoccupante. Je n'ai eu de cesse de dénoncer cette situation à Paris et à New York dans le cadre de l'Assemblée générale des Nations unies et je me réjouis que le comité des sanctions des Nations unies ait décidé d'inscrire sur cette liste le principal chef militaire du M23. C'est une première étape importante. D'autres suivront.

Au lendemain du Sommet de la Francophonie, je me suis donc rendue à Goma. J'ai voulu voir de mes yeux la situation dans lesquelles des centaines de milliers de personnes vivent ou plutôt survivent. J'ai voulu rencontrer les victimes de cette guerre qui dure depuis trop longtemps. J'y ai vu des femmes violées, abîmées, exclues et contaminées par le Sida. J'ai vu des milliers de personnes regroupées dans le camp de Kanyaruchinya. J'ai rencontré les acteurs humanitaires en proie à mille difficultés logistiques et j'ai bien conscience que les 2 millions d'euros que j'ai pu apporter au Programme alimentaire mondial, au HCR ou aux ONG ne sont naturellement pas suffisants.

À Goma, dans le camp des déplacés de Kanyaruchinya, j'ai également été marquée par la situation des enfants. Je me suis ainsi retrouvée assise au milieu d'écoliers, dans un bâtiment transformé en salle de classe. Ils étaient dans un cours de français, avec un seul livre pour plus de 60 garçons et filles, tous silencieux et respectueux du maître d'école. Ce cours de français est pour moi plus que symbolique. Et je voudrais vous dire ce que j'ai ressenti en m'asseyant à leurs côtés et en écoutant le maître leur parler de conjugaison.

Monsieur le Premier Ministre, Chers Amis,

Ces enfants sont le symbole de la reconstruction de votre pays. C'est pour eux que nous devons oeuvrer à la paix, à la stabilité et au développement de la RDC. Ce sont eux qui feront demain l'histoire du Congo. Ils seront les acteurs de son développement. Ils devront être aussi des acteurs de paix.

Vous n'avez de cesse, avec votre gouvernement, de reconstruire, étape par étape, l'ensemble de l'édifice de l'État. Vos défis sont nombreux. Et je sais combien il est important pour le peuple congolais de travailler à la reconstruction des infrastructures routières, ferroviaires, du système éducatif, du système de santé ou encore celles liées à l'énergie, l'agriculture ou à l'agroalimentaire. Ce sont là autant de chantiers sur lesquels la France a toujours apporté son soutien.

Enfin, votre visite aujourd'hui en France, c'est à la fois l'aboutissement de ce long et laborieux travail de relation et le début d'une nouvelle histoire. Pour toutes ces raisons, je suis particulièrement heureuse de vous recevoir ici au Palais des affaires étrangères.

Ce soir, j'ai souhaité réunir autour de vous le recteur Albert Lourde qui dirige l'université Senghor d'Alexandrie. La formation des cadres en Afrique est la clé de la réussite pour favoriser le développement. Je sais que l'Université qu'il dirige a formé de nombreux cadres dirigeants de RDC et je le remercie de sa présence ce soir.

J'ai également souhaité la présence des représentants des grandes entreprises françaises dont l'expertise et l'excellence sont reconnues partout dans le monde. Elles sont également ici car elles sont présentes dans votre pays et y investissent déjà ou le seront peut être un jour, je le souhaite. Mesdames et Messieurs, merci de votre présence ce soir.

J'ai également souhaité que les parlementaires français soient également présents ce soir pour, comme je le disais précédemment, travailler à une meilleure coopération entre nos parlements. Merci Monsieur le Député, Monsieur le Sénateur de votre présence.

Je salue également la présence de diplomates qui travaillent à la paix, à la stabilité et au développement de l'Afrique et de votre pays en particulier. Leur présence témoigne le travail quotidien qu'ils mènent souvent dans l'ombre. Merci d'être là également.

Enfin, j'ai souhaité associé à ce dîner des journalistes pour qu'ils puissent témoigner demain de l'action que vous menez, que nous menons au service de la croissance et du développement de votre pays.

* * *

Comme je l'ai dit souvent, la langue française s'est débarrassée des oripeaux du colonialisme. La Langue française n'appartient plus à la France. Elle appartient au monde francophone. C'est une langue solidaire et égalitaire. C'est une langue qui se parle à hauteur d'hommes.

La Francophonie, c'est aussi un espace. Et l'espace francophone doit d'abord se définir par rapport aux valeurs que cette langue que nous partageons véhicule. L'espace francophone, c'est aussi une communauté dans laquelle la société civile doit être reconnue dans toutes ses composantes. Nous devons accompagner sa créativité, son dynamisme et ses ambitions.

Je vois l'espace francophone et notamment l'Afrique, comme un espace d'avenir, un espace de solidarité et de croissance. Plus que jamais, nous avons aujourd'hui le devoir, de travailler tous ensemble à son développement.

Pour toutes ces raisons, la République démocratique du Congo et la France ont de belles pages d'histoire à écrire ensemble et je souhaite que notre coopération dans de nombreux domaines puisse se renforcer et s'affirmer davantage.

Monsieur le Premier Ministre, Chers Amis,

Je vous remercie de votre attention et je vous souhaite à toutes et à tous une excellente soirée.

Vive la République démocratique du Congo,

Vive la France,

Vive l'Amitié franco-congolaise./.

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9. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Participation de M. Fabius au Conseil affaires étrangères - XXIIe sommet ibero-americain/Déplacement à Cadix de M. Canfin - Visite officielle en Tunisie de Mme Benguigui - Agenda des ministres - Syrie - Burundi - Israël/Territoires palestiniens - Cuba - Pérou - Paris, 16 novembre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Participation de M. Laurent Fabius au Conseil affaires étrangères (19 novembre 2012)

M. Laurent Fabius participera au prochain Conseil affaires étrangères de l'Union européenne, qui se tiendra lundi 19 novembre à Bruxelles sous la présidence de la Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton.

Le Conseil débutera par une réunion commune des ministres de la défense et des ministres des affaires étrangères consacrée aux orientations de la politique de défense, dans la perspective du Conseil européen qui sera organisé en 2013 sur ce sujet.

Cette réunion commune permettra également d'examiner la préparation de la future opération européenne de formation au Mali, dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune. Un point de situation sur la situation au Sahel et les discussions en cours au Nations unies sera également effectué par les ministres des affaires étrangères seuls.

Plusieurs enjeux importants dans le voisinage sud de l'Union européenne feront ensuite l'objet de discussions entre les ministres des affaires étrangères.

Les ministres reviendront, quelques jours après la réunion décisive de Doha, sur la nouvelle Coalition nationale syrienne et sur l'assistance à apporter au peuple syrien. Les sanctions autonomes européennes seront renouvelées pour un an et des conclusions politiques seront adoptées.

Concernant le processus de paix au Proche-Orient, les ministres adopteront des conclusions sur la situation extrêmement tendue à Gaza. Ils auront par ailleurs une discussion sur l'initiative palestinienne portée par le président Abbas, visant à demander un rehaussement du statut de la Palestine aux Nations unies.

Les ministres feront également un point sur la situation en Égypte et sur les résultats de la première Task force UE-Égypte, qui s'est tenue le 13 novembre au Caire.

Enfin, des conclusions seront adoptées sur le Liban et le Yémen et les ministres évoqueront la situation politique en Libye.

D'autres dossiers internationaux feront également l'objet de discussions.

Concernant l'Afrique, outre le Mali, la discussion portera principalement sur la situation dans l'Est de la République démocratique du Congo ; des conclusions seront adoptées.

Au lendemain des élections législatives en Ukraine, les ministres décideront de la politique à mener vis-à-vis de Kiev.

Les ministres auront également un échange sur l'avenir du partenariat transatlantique, à la suite de la réélection du président Obama aux États-Unis.

Enfin, les ministres aborderont les moyens de faire évoluer la position de l'UE vis-à-vis de Cuba, et discuteront d'un éventuel accord bilatéral UE-Cuba.

2 - XXIIe sommet ibéro-américain - Déplacement a Cadix de M. Pascal Canfin, ministre délégué chargé du développement (16 novembre 2012)

Le ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin, représentera la France le 16 novembre 2012 à Cadix lors de l'ouverture du Sommet ibéro-américain, qui réunit chaque année les chefs d'État et de gouvernement de l'ensemble des pays de langues espagnole et portugaise d'Amérique latine et de la péninsule ibérique.

La France participe à ces sommets annuels depuis 2010 en sa qualité d'observateur associé auprès de leur organisateur, le Secrétariat général ibéro-américain (SEGIB). Le Sommet portera essentiellement sur la définition de nouvelles formes de coopération et de positions concertées sur plusieurs dossiers internationaux.

Le ministre délégué rencontrera, en marge du Sommet, plusieurs ministres des affaires étrangères latino-américains ainsi que Mme Alicia Bárcena, secrétaire exécutive de la Commission économique des Nations unies pour l'Amérique latine et les Caraïbes.

Ces entretiens permettront de confirmer les nouvelles orientations de la France à l'égard de l'Amérique latine, où elle entend renforcer son engagement et développer ses liens de coopération et d'amitié, notamment dans la perspective du Sommet Union européenne/Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) de Santiago (26-27 janvier 2013).

3 - Visite officielle en Tunisie de Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée, chargée de la francophonie (18-20 novembre 2012)

Mme Yamina Benguigui se rendra en visite officielle en Tunisie du 18 au 20 novembre 2012 à l'invitation de M. Touhami Abdouli, secrétaire d'État aux affaires européennes de Tunisie, qu'elle avait reçu à Paris le mois dernier.

Mme Benguigui sera porteuse d'un message du Premier ministre à son homologue tunisien.

Mme Benguigui se rendra aux Journées cinématographiques de Carthage, événement culturel majeur de la scène euro-afro-arabe, où elle présentera notamment le nouveau fonds français de soutien aux cinématographies du monde, cofinancé par le Centre national de la cinématographie et de l'image animée et le ministère des affaires étrangères.

Elle aura également plusieurs entretiens politiques et effectuera des visites de terrain, à la rencontre de la société civile.

La France soutient le processus de transition démocratique en cours en Tunisie, pionnière des révolutions arabes. Ce soutien se manifeste par une aide bilatérale accrue par le biais de l'Agence française de développement ainsi que par un rétablissement des contacts politiques dans le dialogue et la confiance, avec toutes les parties prenantes au processus de transition en Tunisie.

4 - Agenda des ministres

Laurent Fabius est en déplacement avec le président de la République, comme vous le savez certainement, en Pologne aujourd'hui, où sont notamment prévus des entretiens avec le président et le Premier ministre polonais. Le président de la République prononcera un discours devant le Parlement polonais également.

Les sujets qui seront abordés sont principalement les sujets européens, en particulier tout ce qui concerne les perspectives financières, également les sujets de sécurité et de défense dans la suite de la réunion au niveau ministériel qui s'est tenu hier en format «Weimar +» à Paris, et puis des sujets bilatéraux, notamment dans les domaines de l'énergie, dont le nucléaire civil, et des transports. Notre objectif est de renforcer les relations entre la France et la Pologne et de reconnaitre à ce pays le rôle de plus en plus important qu'il joue en Europe et au-delà.

Concernant l'agenda de la semaine prochaine et la journée de lundi : il y a un important entretien le matin avec M. Yukiya Amano, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cet entretien portera sur le développement de l'énergie nucléaire civile d'une part et, d'autre part, sur la lutte contre la prolifération, en particulier sur le programme nucléaire iranien. Le message passé par la France à l'agence en la personne de son directeur général, est un message de soutien à ses missions et à son travail, car l'AIEA fait un très important travail, notamment de vérification.

Ensuite le ministre part pour Bruxelles et au Conseil affaires étrangères dont on a dit un mot.

Q - Peut-on revenir sur l'entretien avec M. Najib Mikati, le mardi 20 novembre. Pouvez-vous nous donner des détails sur cette visite ? Concernant le Conseil des affaires étrangères, quelles sont les conclusions sur le Liban et le Yémen, peut-on avoir des détails ?

R - L'entretien avec M. Najib Mikati se tient dans la ligne des relations très étroites que nous avons avec le Liban, pays ami, et avec toutes les personnalités politiques libanaises, à Beyrouth comme à Paris. Plusieurs messages seront passés à cette occasion, sur le volet bilatéral comme sur certaines grandes crises internationales, à commencer par la Syrie. Ce message est double : c'est un message de soutien à la préservation de la souveraineté, de l'indépendance et de la stabilité du Liban ; c'est un message aussi de soutien aux autorités libanaises dans leur politique dite de distanciation, visant à éviter que la crise syrienne ne déborde sur les pays voisins, à commencer par le Liban.

Des conclusions seront en effet adoptées sur le Yémen, faisant état de notre préoccupation vis-à-vis de la situation sur place et surtout appelant à la poursuite du processus de transition politique.

Mercredi, il y a ce déjeuner avec les ambassadeurs des États membres de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), au Quai d'Orsay. C'est un rendez-vous traditionnel qui se tient tous les ans. L'après-midi, se tient une rencontre avec M. El Othmani, ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc, au Quai d'Orsay.

Q - Quel est l'objet de cette réunion qui intervient juste après la réunion de M. Ross, de tournée dans la région concernant le Sahara et aussi par rapport à la Syrie, puisque le Maroc avait déjà proposé d'accueillir une prochaine réunion des amis de la Syrie ?

R - Vous connaissez l'intensité des liens entre la France et le Maroc. Cet entretien permettra aussi de préparer la rencontre de haut niveau les 12 et 13 décembre prochain à laquelle participeront le Premier ministre et le ministre. Cet entretien sera l'occasion d'aborder avec nos amis marocains les grands sujets internationaux, dont le Sahara occidental, et la Syrie, vous y avez fait allusion. Sur le premier point, je vous renvoie aux déclarations que nous avons faites à l'issue de la récente tournée de Christopher Ross. S'agissant de la Syrie, une réunion est en effet prévue à Marrakech en fin d'année, après des réunions à Londres aujourd'hui sur les aspects humanitaires puis au Japon sur les sanctions.

5 - Syrie

Q - Allez-vous essayer de pousser vos partenaires européens à suivre vos pas dans la reconnaissance de la coalition de l'opposition syrienne en tant que «représentante légitime et unique du peuple syrien» ? De plus, concernant l'intention de la France de sauver la question de l'armement de l'opposition, il y a deux questions : un aspect juridique, la procédure et sur le fond, avez-vous eu des contacts sur ce point hier par exemple et quels sont les différentes positions ?

R - Sur la reconnaissance, tout d'abord, vous avez tous entendu les déclarations faites par le président de la République et par le ministre. Tous nos partenaires reconnaissent le caractère majeur de la décision qui a été prise à Doha. La constitution de cette coalition nationale syrienne marque une étape essentielle et vient d'ailleurs à la suite d'efforts déployés par beaucoup, à commencer par la France, pour obtenir que l'opposition syrienne s'unifie, se rassemble, se structure et débouche ainsi sur cette coalition qui est véritablement représentative de la Syrie dans tout la diversité de ses communautés. Je crois que c'est un point d'accord général qu'il faut rappeler, c'est fondamental.

Comme vous l'avez dit, la France a reconnu cette coalition nationale syrienne comme la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie, pour reprendre les termes exacts du président de la République.

Ensuite, en effet, les pays réagissent différemment. Certains sont sur la même ligne que nous, je pense aux États du Conseil de Coopération du Golfe et encore très récemment à la Turquie. D'autres États ont reconnu cette coalition comme étant un représentant légitime des aspirations du peuple syrien, je pense à nos amis américains. D'autres encore ont demandé, avant de prendre position, à cette coalition de fixer très clairement quels sont ses objectifs ; je pense aux Britanniques et aux Allemands.

C'est en effet un sujet dont nous allons parler avec tous nos partenaires, sachant que la France, dès le départ, a eu une position très claire : elle a toujours voulue être à l'avant-garde dans le traitement de la crise syrienne. Elle l'a été sur ce sujet en particulier et elle espère faire partager ses vues bien évidemment au plus grand nombre de ses partenaires. Elle l'a été sur d'autres sujets qui concernent la crise syrienne, non plus sur le volet strictement politique de l'alternative qu'on espère la plus rapide possible au régime de Bachar Al-Assad, mais aussi dans le domaine humanitaire et tout ce qui touche à la diplomatie stricto sensu, notamment dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies.

Ce dont nous allons discuter avec nos partenaires, c'est non seulement de la reconnaissance mais plus largement de toutes les conséquences qu'il faut tirer de cette décision majeure prise par l'opposition syrienne. Pour ce qui nous concerne désormais notre aide humanitaire transitera par la coalition syrienne. Il y a aussi au nombre des conséquences à traiter celle de l'armement de l'opposition syrienne, pour dire les choses clairement, des livraisons d'armes à l'opposition syrienne.

Comme l'a dit le ministre, c'est une question qui nous est posée par la coalition elle-même. Donc on ne peut pas faire comme si elle ne se posait pas. Quand je dis qu'elle nous est posée, elle nous est posée à nous Français, mais en général, elle est posée à la communauté internationale toute entière, notamment aux Européens du fait de l'embargo. La deuxième chose que Laurent Fabius a dite, c'est que bien évidemment ça n'est pas une question facile. Parce qu'il y a d'une part notre volonté de ne pas militariser davantage encore le conflit syrien. Et d'autre part parce que les attaques qui sont portées par le régime de Bachar Al-Assad, d'une violence inouïe, contre des populations civiles sont inacceptables. C'est à a lumière de ces deux considérations que se présente le débat que nous allons avoir avec nos partenaires sur les armes à destination de la Syrie.

Q - Est-ce qu'il faut une unanimité pour lever l'embargo, ne serait-ce que sur les armes défensives ?

R - Il faut une unanimité pour lever l'embargo ou pour le modifier.

Q - Donc il ne faut pas s'attendre à des avancées imminentes lors de la réunion de lundi.

R - Lors de la réunion de lundi j'en doute.

Q - Est-ce que la France va prendre l'initiative de proposer la levée de l'embargo sur les armements ?

R - La question se pose déjà aujourd'hui. C'est une discussion que nous devons avoir avec nos partenaires européens tout simplement parce que la question nous est posée par la coalition syrienne. Je dis «nous» Français, mais à toute la communauté internationale, dont les Européens parce qu'ils ont en place cet embargo. Mais pas seulement à nous, elle se pose également aux Américains. Donc nous y réfléchissons et nous en discutons avec nos partenaires.

Q - Je voudrais revenir sur la reconnaissance de cette coalition. Pourquoi est-ce que c'est tellement important pour la France de se mettre en pointe sur ce dossier ?

Estimez-vous qu'il y a des risques en prenant cette décision puisque vos alliés pour la plupart sont encore un petit peu en retrait, il y a encore des interrogations sur cette coalition ?

R - La France, depuis le début de cette crise, il y a 20 mois maintenant, a toujours estimé que c'était son rôle que d'être à l'avant-garde sur ces sujets et autant que faire se peut, de mobiliser la communauté internationale. Reportez-vous par exemple quelques mois seulement en arrière, au mois d'août, sous présidence française du Conseil de sécurité des Nations unies.

Q - Inaudible

R - Mais parce que nous estimons que la situation aujourd'hui en Syrie est inacceptable. Le sort aujourd'hui qui est réservé à son propre peuple par Bachar Al-Assad est proprement inacceptable. Vingt mois de conflit, d'un conflit commencé par des manifestations pacifiques, il faut quand-même le rappeler, vingt mois de conflit, 40.000 morts. Cela seulement justifie à nos yeux que la France se porte à l'avant-garde et porte vis-à-vis de la communauté internationale un message à la fois d'alerte et de responsabilité. Cette décision prise par le prédisent de la République et formulée très clairement et par lui et par M. Laurent Fabius de reconnaissance, elle est la suite logique et cohérente d'une position qui est affichée par nous très clairement depuis 20 mois maintenant.

Q - Sur la deuxième partie de la question, est-ce que vous estimez qu'il y a quand-même un risque en prenant cette décision ou vous vous mettez en avant quand la plupart de vos alliés sont encore un peu en arrière et ont encore des interrogations sur cette coalition ? Il faut qu'ils montrent sur le terrain qu'ils sont la bonne opposition.

R - Il y a un travail de conviction à faire. On ne cache pas les positions qu'on prend, au contraire, on les affiche très clairement. On espère entraîner un maximum de nos partenaires. Quand par exemple Laurent Fabius a commencé à porter cette idée que, du fait du blocage du Conseil de sécurité sur cette crise syrienne, il fallait trouver d'autres moyens d'apporter de l'aide aux populations civiles en Syrie et à développer l'initiative des zones libérées, c'était une initiative strictement française au départ et qui rallie maintenant nombre de nos partenaires.

Nos positions sont claires et clairement affichées. Elles répondent à un certain nombre de principes en termes de promotion de la démocratie, des droits de l'Homme, des droits des peuples à jouir de leurs droits fondamentaux. On ne peut qu'être choqué par ce qui se passe aujourd'hui en Syrie, c'est proprement inadmissible. Nous espérons rallier sur nos positions un maximum de nos partenaires. La France s'enorgueillit d'être un peu en avance.

Q - Vous avez dit que maintenant toute l'aide humanitaire française allait transiter par la coalition, est-ce que cela change quelque chose pour l'aide directe aux zones libérées qu'on fournissait aux comités révolutionnaires, comités locaux de coordination ? Ça veut dire qu'il y aura plus d'intermédiaires, ça ira plus directement à la frontière.

R - Oui en effet car, au sein de la coalition, ces comités sont représentés. Nous avons maintenant une instance qui est à nos yeux légitime parce qu'elle est représentative, y inclus ces comités révolutionnaires avec lesquels depuis plusieurs mois nous avons des contacts directs.

Q - Est-ce qu'aujourd'hui vous envisagez de donner plus d'aide, d'augmenter votre aide suite à la réunion aujourd'hui.

Deuxièmement, pour revenir sur la reconnaissance, juridiquement qu'est-ce que cela veut dire ? Bien sûr il y a un signal fort mais est-ce que ça veut dire qu'il y des démarches maintenant pour par exemple passer l'ambassade syrienne à cette coalition ? Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?

R - C'est le sujet qui est abordé aujourd'hui à Londres. Nous allons voir quels sont les besoins avec les représentants de la coalition. Je vous signale que son président sera reçu demain par le président de la République et le ministre, qui l'a déjà rencontré au Caire mardi.

Q - Inaudible

R - Nous verrons. Soit aujourd'hui, soit dans la suite de la réunion de Londres.

La deuxième question est tout aussi intéressante et importante. Si je la reformule, c'est : quelles sont les conséquences que l'on tire de la reconnaissance ? Nous avons abordé l'aide humanitaire. Nous avons abordé la question de la livraison d'armes. Il y en a d'autres encore qui sont celles que vous suggérez : quelles conséquences en termes de représentation internationale ? Quid des différents sièges dans les instances multilatérales ? Ce sont des questions de droit très compliquées que nous sommes en train d'examiner.

Q - Spécifiquement sur les instances en France, l'ambassade, je pense que l'ambassadrice n'est plus là, est-ce qu'on peut dire que puisqu'on a reconnu cette coalition, maintenant c'est avec eux qu'on parle c'est leur ambassade maintenant. Est-ce qu'on peut faire cela sans passer à l'international ?

R - Essayons de remettre les choses en perspective et relisons la déclaration du président de la République : la France reconnaît la coalition nationale syrienne comme le seul représentant du peuple syrien et comme le futur gouvernement provisoire syrien. Il y a donc une seconde étape qui vient après la constitution de la coalition : c'est la constitution en son sein d'un gouvernement provisoire. La problématique de la reconnaissance est donc en plusieurs temps elle aussi.

6 - Burundi

Q - J'aurais deux questions à vous poser sur le Burundi et notamment sur la situation de notre correspondant en swahili qui s'appelle Hassan Ruvakuki. Lors d'une audience qui a eu lieu à GITEGA il y a une semaine, le procureur a requis la confirmation d'une peine de prison à vie contre lui. Je voudrais savoir comment la France réagit à cette situation de notre confrère ?

Ma deuxième question est : est-ce que vous avez le sentiment que depuis la conférence des donateurs de Genève qui avait lieu à la fin du mois d'octobre, le Burundi s'est engagé dans un peu plus de respect de la liberté de la presse et des droits de l'Homme ?

R - Oui en effet, nous avons suivi avec la plus grande attention le procès en appel d'Hassan Ruvakuki. J'attire votre attention notamment sur le fait que des représentants de notre ambassade au Burundi ont assisté aux audiences successives de ce procès. Ils l'ont fait aux côtés d'autres membres de la communauté internationale et d'autres représentants d'ONG. Nous avons appelé les autorités burundaises à garantir à M. Ruvakuki un procès juste et équitable. Je relève d'ailleurs que M. Ruvakuki a enfin pu être entendu sur le fond, faire valoir sa défense, et que ses avocats ont pu faire valoir qu'il ne faisait que son métier de journaliste. Enfin, je voudrais ici rappeler l'attachement de la France au libre exercice du métier de journaliste et à la liberté de la presse partout dans le monde. Nous faisons confiance à la justice burundaise qui dispose désormais de tous les éléments pour rendre un jugement que nous souhaitons juste et équitable.

7 - Israël/Territoires palestiniens

Q - Je voudrais que vous expliquiez la position européenne qui appelle Israël à une riposte proportionnée. Je ne comprends pas. Il y a une nouvelle logique qui apparait. D'habitude on appelle les deux parties à la retenue et à éviter tout acte de violence et là on dirait que le monde entier, y compris l'Europe est en train de donner un feu vert à Israël pour riposter contre Gaza. Je ne comprends plus très bien ce qui se passe.

R - La France a fait des déclarations qui sont très claires au contraire sur la situation à Gaza, notamment par la voix de Laurent Fabius, et dès hier. C'est l'expression d'une part, je reprends les termes du ministre, d'une extrême préoccupation vis-à-vis de la dégradation de la situation et d'autre part c'est un appel à la retenue, au calme et à éviter toute escalade.

Le président de la République l'a encore rappelé ce matin. Il s'est entretenu de ce sujet avec le président Morsi pour lui faire passer ce même message d'appel à la retenue et au calme ainsi que pour souligner le rôle régional central de l'Égypte. Il lui a demandé de faire tout ce qui était en son pouvoir pour faire cesser les violences.

Cela rejoint une position française traditionnelle consistant à dire qu'Israël a droit à la sécurité, et nous avons toujours condamné avec la plus grande fermeté les tirs de roquettes depuis Gaza vers le sud d'Israël, mais à dire aussi qu'il est de la responsabilité de toutes les parties de réduire les tensions et que les Palestiniens ont droit à un État. Pour citer le ministre, la violence ne règlera rien.

8 - Cuba

Q - Concernant la dernière partie de l'agenda du Conseil affaires étrangères, en ce qui concerne la position de l'Union européenne vis-à-vis de Cuba : «[ils] discuteront d'un éventuel accord bilatéral». Est-ce que l'Union européenne et la France trouvent que la situation à Cuba a évolué suffisamment pour envisager un accord en ce moment ?

R - Nous appellerons à la poursuite du processus d'ouverture politique à Cuba.

9 - Pérou

Q - Je voulais vous demander par rapport à hier, M. François Hollande a rencontré le président du Pérou, savez-vous si les accords sur l'éducation vont s'étendre aussi à la Colombie étant donné qu'il y a le TLC avec l'Europe ?

R - Il s'agit d'accords bilatéraux entre la France et le Pérou. Il peut y avoir par ailleurs des accords bilatéraux avec d'autres pays d'Amérique latine mais ils ne sont pas liés les uns avec les autres./. 

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10. Israël/Gaza - Déclaration de la Haute représentante de l'Union européenne, Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 16 novembre 2012

Je suis profondément préoccupée par l'escalade de la violence en Israël et dans la Bande de Gaza et déplore les pertes de vies humaines enregistrées des deux côtés au sein de la population civile.

Les tirs de roquettes du Hamas et d'autres factions de Gaza qui ont déclenché la crise actuelle sont totalement inacceptables pour tout gouvernement et doivent cesser. Israël a le droit de protéger sa population de ces types d'attaques. J'invite instamment Israël à veiller à ce que sa riposte soit proportionnée.

Je me suis entretenue avec les dirigeants de la région, y compris le Premier ministre israélien, M. Netanyahu, ainsi qu'avec le cabinet du président égyptien et le Secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon. J'ai souligné qu'il était indispensable d'éviter une nouvelle escalade et une augmentation du nombre des victimes. Dans le cadre de mes discussions, j'ai fait valoir que nous devons nous acheminer vers un règlement du conflit du Proche-Orient afin que les millions de personnes de la région puissent enfin vivre en paix et en sécurité. J'espère que le Premier ministre égyptien, M. Qandil, qui se rend à Gaza aujourd'hui, sera en mesure d'apaiser la situation./.

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