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Bulletin d'actualités du 08 novembre 2012


Sommaire



1. √Člection pr√©sidentielle am√©ricaine - Entretien t√©l√©phonique du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, avec le pr√©sident des √Čtats-Unis d'Am√©rique, M. Barack Obama - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique - Paris, 8 novembre 2012

Le pr√©sident de la R√©publique a appel√© le pr√©sident Barack Obama pour le f√©liciter de vive voix pour sa r√©√©lection √† la pr√©sidence des √Čtats-Unis d'Am√©rique.

Le pr√©sident de la R√©publique a soulign√© l'importance de la victoire du pr√©sident Obama pour les relations entre les √Čtats-Unis et la France mais aussi l'Europe.

Le pr√©sident de la R√©publique et le pr√©sident Obama sont convenus de renforcer leur action commune en vue notamment de favoriser la croissance √©conomique, lutter contre le ch√īmage et apporter une r√©ponse aux principales crises internationales.

Ils ont chargé leurs équipes d'intensifier leurs échanges et d'examiner les moyens de donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale sur l'ensemble des dossiers d'intérêt commun./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. √Člection pr√©sidentielle am√©ricaine/Union europ√©enne/Comp√©titivit√© - Entretien du ministre des affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęBFM TV¬Ľ - Extraits - Paris, 7 novembre 2012

Q - À la sortie du Conseil des ministres, vous vous êtes félicité de l'élection, de la réélection de Barack Obama.

R - D'abord le féliciter, oui !

Q - Mais en fait, il n'a pas vraiment montré un intérêt débordant pour l'Europe et pour la France, Barack Obama...

R - L'Europe, ce n'est pas son souci de tous les jours dans la mesure o√Ļ les √Čtats-Unis sont quand m√™me plus int√©ress√©s par les questions int√©rieures et par les questions de l'Asie, c'est s√Ľr. Mais le pr√©sident Obama a jou√© un r√īle tr√®s important au moment du G8, au mois de juin dernier, lorsqu'il a fallu dire que la croissance √©conomique est prioritaire. Il y a eu une volont√© des Am√©ricains et des Europ√©ens, notamment des Fran√ßais, pour dire : ¬ęBien s√Ľr, il faut √™tre s√©rieux budg√©tairement, mais il faut absolument pousser les feux de la croissance¬Ľ. Il a √©t√© extr√™mement utile, √† ce moment-l√†, parce que lorsque le pr√©sident des √Čtats-Unis dit quelque chose sur le plan √©conomique, cela a une incidence sur le Fonds mon√©taire international et sur un certain nombre de gens en Europe.

Q - Pour poursuivre juste dans cette idée sur les conséquences sur notre continent et sur la France, certains s'inquiètent et se disent qu'il va être plus exigeant maintenant, justement, que dans un deuxième mandat un président est plus exigeant, par exemple sur la stabilité de la zone euro et sur la coopération économique et politique !

R - Sur la croissance, je pense qu'il gardera la même attitude. Je vais avoir un entretien téléphonique avec Hillary Clinton, juste après votre émission, pour faire le point sur différents sujets. Je pense que la ligne du président Obama sera maintenue : une Europe forte, stable, qui soit en capacité d'engendrer de la croissance et qui, en même temps, soit sérieuse budgétairement.

Il va y avoir d'autres incidences, notamment sur toute une série de crises sur lesquelles la politique américaine, depuis quelques semaines, était en suspens. Je pense à la Syrie, aux questions iranienne et israélo-palestinienne. Je pense également au terrorisme dans la région du Sahel. Sur tous ces points, je pense et j'espère que l'Amérique va pouvoir s'engager plus fortement.

Q - Par exemple, sur une opération au Mali, vous avez le sentiment que l'Amérique sera peut-être plus engagée ?

R - On est en phase avec les Américains. Nous avons tous adopté, sur proposition de la France, une résolution aux Nations unies, il y a quelques semaines. Les Américains sont déterminés à lutter contre le terrorisme ! C'est cela le problème numéro 1 au Mali. Je ne prévois pas de difficultés sur ce dossier.

Sur la question iranienne, il faut empêcher Téhéran de fabriquer l'arme nucléaire. Sur la question syrienne, il y a des choses à faire. Sur le conflit israélo-palestinien - très important même si on en parle peu en ce moment - il faut arriver à ce que les droits des Palestiniens soient reconnus.

Q - Un mot sur l'√©lection et la r√©√©lection du pr√©sident des √Čtats-Unis : c'est le seul leader r√©√©lu apr√®s la crise, avec un taux de ch√īmage important ! Quel est son secret ? √Ä votre avis, pourquoi ?

R - Je ne suis pas sp√©cialiste mais j'entends ce qu'on me dit, en particulier mes diplomates. Il est vrai que la situation √©conomique aux √Čtats-Unis n'est pas extraordinaire : il y a un ch√īmage assez important, un d√©ficit budg√©taire massif, des probl√®mes d'√©ducation. C'est donc une performance d'√™tre r√©√©lu dans ces circonstances. Comment l'expliquer ? S√Ľrement le talent de Barack Obama, mais je crois qu'il y a eu aussi d'autres √©l√©ments. M. Romney a pris des positions extr√™mes, en particulier assez hostiles √† la minorit√© latino. Cela ne correspond pas √† la population am√©ricaine. Barack Obama a eu l'intelligence de s'adresser √† la diversit√© du pays. Et puis je crois qu'il y a aussi un aspect technique : Barack Obama a fait une campagne tr√®s forte pour que les minorit√©s aillent voter alors qu'elles ne vont pas beaucoup voter habituellement. Il a donc eu un diff√©rentiel de votes dans ces √Čtats. C'est un visage de l'Am√©rique probablement plus rassembl√© que la position assez extr√™me qu'avait prise M. Romney, m√™me si on ne sait pas s'il aurait appliqu√© son programme s'il avait √©t√© √©lu.

Q - Quelles le√ßons peut-on en tirer, nous, en France ? On a beaucoup parl√© de l'intervention de l'√Čtat, d√©fendu par Barack Obama...

R - Oui, c'est un autre aspect important de la campagne. Mitt Romney disait : ¬ęAu fond moins il y a d'√Čtat, moins il y a d'intervention, plus c'est le march√© qui triomphe, plus on va cr√©er d'emplois¬Ľ. Les gens, semble-t-il, ne l'ont pas suivi. Barack Obama a eu une position qui rassemble davantage. M√™me si ce n'est pas exactement la m√™me chose, il a quand m√™me une approche, je n'allais pas dire social-d√©mocrate mais, en tout cas, qui comprend davantage de r√©gulation. C'est un point, d'ailleurs, tr√®s important dans nos contacts avec les Am√©ricains dans les prochains jours. Nous avons besoin des Am√©ricains pour la r√©gulation √©conomique, pour le climat, pour une certaine attitude vis-√†-vis de la Chine.

Q - On va √©couter ensemble juste une des phrases un peu embl√©matiques du discours de Barack Obama lorsqu'il a √©t√© r√©√©lu, qui veut renouer avec le r√™ve am√©ricain : ¬ęSi vous √™tes pr√™t √† travailler dur, qui que vous soyez, quelles que soient vos origines, quelle que soit la personne que vous √™tes ou qui vous aimez, que vous soyez blanc, que vous soyez noir, d'origine hispanique ou asiatique, jeune, vieux, pauvre, riche, homosexuel ou pas, que vous soyez handicap√© ou pas, vous y arriverez si vous le voulez, si vous essayez ici en Am√©rique¬Ľ.

R - C'est typique √† la fois du r√™ve am√©ricain et, en m√™me temps, de Barack Obama. La premi√®re fois qu'il a √©t√© connu de l'opinion publique, c'est par le discours qu'il avait fait √† la Convention d√©mocrate, je crois. Il disait notamment : ¬ęnous ne sommes pas candidats pour les uns, pour les autres, nous sommes les candidats de la totalit√© des √Čtats-Unis¬Ľ. Et l√†, c'est la m√™me chose.

(...)

Q - Il va pouvoir gouverner ?

R - Vous savez qu'il a une Chambre des repr√©sentants qui est contre lui, et qui l'a bloqu√© d'ailleurs depuis des ann√©es ! C'est une des raisons pour lesquelles il n'est pas arriv√© √† faire toutes ses r√©formes. La question est donc de savoir si les R√©publicains vont persister dans leur hostilit√© - auquel cas cela risque d'√™tre paralysant - ou bien si une partie d'entre eux va comprendre qu'il faut accepter de rassembler l'Am√©rique pour surmonter en particulier ce qu'ils appellent ¬ęfiscal cliff¬Ľ, c'est-√†-dire la ¬ęfalaise budg√©taire¬Ľ, parce qu'ils ont des dettes consid√©rables.

Q - Nous aussi, l'Europe, la France, on a des dettes considérables et une situation économique difficile.

R - Bien s√Ľr !

Q - Aujourd'hui, la Commission européenne a donné des prévisions économiques assez pessimistes, notamment sur la France, avec une prévision de croissance à 0,4 % alors que le gouvernement disait 0,8 % ; et surtout sur le déficit, 3,5 %...

R - Il y a un lien entre les deux.

Q - Au lieu des 3 % qu'on nous annonce et qu'on nous promet comme récompense des efforts fiscaux, par exemple.

R - Il faut toujours rappeler que l'on est parti, il y a six mois, d'un déficit qui était à plus de 5 % ! Donc, déjà descendre une marche d'escalier, c'est difficile. Si nous voulons arriver aux 3 %, cela dépend évidemment de la conjoncture d'ensemble, qui ne prend pas en compte le Plan qui a été annoncé par Jean-Marc Ayrault, hier, pour relancer la compétitivité. Vous dire si ce sera 0,8 %, 0,9 % ou 0,7 %, c'est très difficile mais je pense que cela nous pousse, nous Français comme les autres - je vais y venir dans un instant - à la fois à être très sérieux budgétairement, mais aussi à pousser les feux de la croissance. Dans les prévisions de la Commission, vous avez vu que les prévisions pour l'Allemagne baissent, je crois, de moitié.

Q - De 1,7 à 0,8 %.

R - J'esp√®re que nos amis allemands vont mesurer qu'il n'y a pas de sant√© allemande durable si l'Europe est elle-m√™me en d√©pression. Les Allemands ont su redresser leur situation √©conomique et budg√©taire. Ils en ont donc, pour parler un petit peu vulgairement, ¬ęsous le pied¬Ľ. C'est d'ailleurs ce que nous recommandent l'OCDE et le Fonds mon√©taire international, c'est-√†-dire que les pays qui ont √† faire un effort de s√©rieux budg√©taire, notamment la France, le fassent, mais √©galement que les pays qui ont des disponibilit√©s les mettent √† disposition. Et il faut en m√™me temps que l'Europe avance sur les propositions que nous avons faites : l'union budg√©taire, le pacte de croissance. Si on fait cela, et si on le fait assez vite, je pense qu'on peut arriver aux objectifs qu'on a fix√©s.

Q - Et vous pensez qu'on arrivera aux 3 % ?

R - C'est notre objectif.

Q - Mais vous ne dites pas ¬ęon va y arriver¬Ľ !

R - On fait tout pour y arriver et j'espère que l'on va y arriver ! Simplement, il faut évidemment que l'Europe elle-même accepte de libérer un certain nombre de forces de croissance. Mais cela reste notre objectif, oui, je vous le confirme.

(...)./.

 

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3. Programme Erasmus - R√©ponse du ministre d√©l√©gu√© charg√© des affaires europ√©ennes, M. Bernard Cazeneuve, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale - Extraits - Paris, 7 novembre 2012

Madame la Députée, je vous remercie beaucoup pour votre question. Votre inquiétude est tout à fait légitime. (...)

Nous nous trouvons désormais dans une situation dans laquelle il y a un écart considérable entre le niveau des autorisations de paiement nécessaires au financement de ce programme et celui des crédits de paiement mobilisés. Vous avez évoqué le montant de 90 millions d'euros pour le projet Erasmus. Si l'on y ajoute la formation tout au long de la vie, cela fait 180 millions d'euros. Si l'on tient compte de l'ensemble des moyens qui ont été sous-budgétisés, cela fait 9 milliards d'euros.

(...)

Qu'allons-nous faire ? S'agissant de l'année 2013, un Conseil européen se tient dans quelques jours : ce sera l'occasion de traiter de cette question. Je veux vous assurer que la France est déterminée à faire en sorte que les 270.000 étudiants qui bénéficient des bourses Erasmus aient la garantie que ces bourses seront bien payées.

Concernant les perspectives budgétaires pour 2014-2020, je veux également vous assurer que nous entendons, en dotant convenablement le budget de l'Union européenne (...) créer les conditions pour que ces bourses puissent être financées./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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4. D√©veloppement et solidarit√© internationale - Discours du ministre d√©l√©gu√© charg√© du d√©veloppement, M. Pascal Canfin - Paris, 5 novembre 2012

 

Mesdames, Messieurs,

Dans une assembl√©e qui est plus paritaire que celles que j'ai l'habitude de c√ītoyer, je suis tr√®s heureux d'ouvrir cette premi√®re Journ√©e des Assises du d√©veloppement et de la solidarit√© internationale. Cette journ√©e marque le d√©but de la concertation qui a √©t√© voulue par le pr√©sident de la R√©publique sur la politique fran√ßaise de d√©veloppement, et que le Premier ministre et le ministre des Affaires √©trang√®res m'ont charg√© de mettre en oeuvre lors de son discours devant les ambassadeurs le 27 ao√Ľt dernier.

Je voulais √©videmment remercier celles et ceux qui ont pu √™tre pr√©sents aujourd'hui : parlementaires, √©lus locaux, responsables d'ONG, chercheurs, repr√©sentants des syndicats, des entreprises, de fondations. Vous noterez que nous sommes plus de 80 autour de la table. Je vous remercie d'√™tre l√† dans votre diversit√©. Dans cette diversit√©, il y a aussi des repr√©sentants de nos partenaires du Sud - et j'y tiens particuli√®rement, car je ne souhaitais en aucun cas que ces Assises soient un exercice franco-fran√ßais, mais bien un exercice ouvert sur le monde et sur l'Europe. J'ai pour cela souhait√© que les parlementaires europ√©ens de la ¬ęcommission d√©veloppement¬Ľ soient syst√©matiquement associ√©s en plus des parlementaires nationaux. L'ouverture sur le monde se traduit √©galement par la pr√©sence de deux repr√©sentants des ONG su sud avec lesquelles nous avons l'habitude de travailler sous des modalit√©s diverses. Nous serons rejoints par Amina Mohamed, qui aupr√®s du Secr√©taire g√©n√©ral des Nations unies est en charge des Objectifs du mill√©naire et des Objectifs du d√©veloppement durable.

J'ai souhaité, le gouvernement a souhaité cette concertation dans des formes aussi ambitieuses - concertation qui n'a pas eu lieu depuis plus de quinze ans et c'est vous dire l'importance que collectivement nous attachons à cet exercice de concertation - pour rénover, pour renouveler notre politique de développement et de solidarité internationale. Je voulais en profiter pour remercier les représentants des autres ministères qui se sont associés à cette démarche et à mes collègues du gouvernement en particulier qui ont poussé dans ce sens. Je vais les citer, le protocole certes m'y oblige mais l'amitié également : les ministères chargés de l'économie et des finances, de l'écologie et du développement durable, de l'agriculture, des affaires sociales et de la santé, de la recherche, de l'éducation nationale, du commerce extérieur, du redressement productif, du budget, de l'enseignement supérieur, des droits des femmes, de l'outremer, de l'économie sociale et solidaire, et de l'innovation et des PME. Cette liste vous montre à quel point ce sujet des politiques de développement et de solidarité internationale est un sujet transversal sur lequel chacun compte bien agir et sur lequel chacun dans l'administration peut apporter sa pierre.

Ces Assises, nous avons souhait√© les lancer rapidement. Le discours du Premier ministre date du 27 ao√Ľt, nous sommes le 5 novembre. Ce processus va durer quatre mois, jusqu'√† d√©but mars, date √† laquelle ces Assises seront cl√ītur√©es par le pr√©sident de la R√©publique. Cet exercice est donc engag√© aujourd'hui ; c'est un point de d√©part, ce n'est √©videmment en aucun cas un point d'aboutissement et si ce processus a des r√®gles qui ont d'ailleurs √©t√© discut√©es avec vous en amont, rien ne nous interdit, chemin faisant, de les am√©nager pour tenir compte des demandes majoritaires des uns et des autres pour am√©liorer le processus tel que nous l'avons anticip√©.

Je ne vais pas parler plus longuement de la m√©thode, je vais simplement ouvrir rapidement les grandes probl√©matiques des cinq chantiers que nous avons choisi de cibler. Nous n'avons pas retenu des chantiers g√©ographiques, mais plut√īt des chantiers transversaux dans lesquels chacun, avec son histoire, sa sp√©cificit√©, pourra apporter sa vision des choses soit plus centr√©e sur un territoire, soit plus centr√©e sur une th√©matique.

Le premier thème, que nous allons aborder aujourd'hui, est le lien entre développement et développement soutenable. J'aurai l'occasion d'y revenir en conclusion de mon introduction.

Le second chantier - et je sais qu'il tient à coeur à un certain nombre de participants, notamment des parlementaires - c'est le chantier de la transparence et de l'efficacité. Nous sommes aujourd'hui en retard en France par rapport à d'autres partenaires européens, comme les Britanniques, dans notre capacité à évaluer, à mesurer l'impact de notre aide publique au développement. Je souhaite que ce chantier avance. Nous vous ferons, sur la base de propositions qui sont en cours d'élaboration dans l'administration, parvenir, avant la fin de l'année, un certain nombre de propositions soumises au débat, à la concertation des Assises dans notre capacité à améliorer l'impact de ce que nous faisons : les indicateurs à choisir, comment agréger des choses qui passent par des canaux multilatéraux, bilatéraux, qui sont qualitatifs, quantitatifs, etc. ... Tout cela demande un travail complexe, mais ce n'est pas parce que c'est complexe qu'il ne faut pas le faire - d'autres l'ont fait avant nous et il n'y a donc pas de raison que la France reste à la traine sur ce sujet. La mesure de l'impact, c'est aussi la mesure de ce que l'on met dans les déclarations que l'on peut faire à l'OCDE, au CAD et donc nous travaillerons sur ce point. C'est une demande répétée de la part d'un certain nombre d'acteurs, des ONG comme des parlementaires. Nous nous devons d'avancer concrètement et nous le ferons dans le cadre de ces Assises.

Le troisième chantier que nous avons souhaité ouvrir, est celui de la cohérence des politiques publiques avec l'objectif du développement. Je sais que c'est un chantier récurrent, complexe parce que les intérêts légitimes sont parfois contradictoires et les intérêts contradictoires sont tout aussi légitimes. Donc, comment le dépasser ? Cela fera l'objet des discussions que nous aurons sur trois politiques emblématiques dans leur impact sur le développement : l'agriculture, le commerce et la finance.

Sur deux de ces sujets, je voulais d'ores et déjà vous dire que la position française avait évolué dans un sens qui me semble plus compatible avec les enjeux du développement :

- 1er sujet, le fameux ¬ęreporting¬Ľ pays par pays. Vous savez sans doute qu'une directive est en cours de n√©gociation au niveau europ√©en. Aujourd'hui la France est au Conseil europ√©en le pays le plus ambitieux avec les pays scandinaves en terme de transparence pays par pays et projet par projet. C'est une √©volution de la position fran√ßaise qui s'est affermie et c'est un travail commun r√©alis√© avec Pierre Moscovici. Aujourd'hui, dans les n√©gociations qui commencent et qui, je l'esp√®re, aboutiront avant la fin de l'ann√©e, je peux vous dire que la France est extr√™mement impliqu√©e pour faire en sorte que le niveau d'ambition soit le plus √©lev√© possible.

- 2ème sujet sur lequel le gouvernement a modifié la politique antérieure, c'est la question des accords commerciaux avec l'Afrique, les fameux APE. Dans les négociations qui vont commencer avec le Parlement européen nous souhaitons que ces accords soient repoussés dans le temps et que leur contenu soit plus favorable à nos partenaires de la zone ACP et notamment à nos partenaires africains. Ce sont des inflexions qui étaient de notre responsabilité et maintenant notre responsabilité est de faire partager ces inflexions par une majorité en Europe.

Nous aurons donc l'occasion dans ce 3ème chantier d'évoquer ces sujets mais aussi d'autres qui sont devant nous et sur lesquels nous sommes attentifs à vos analyses pour anticiper les éventuelles contradictions qu'il pourrait y avoir. Dans ce cadre, nous aurons bien évidemment l'occasion de reparler de la Politique agricole commune.

Le quatri√®me chantier √©voquera un sujet qui n'est pas moins r√©current que le pr√©c√©dent mais qui est tout aussi fondamental, c'est la relation entre l'√Čtat et l'ensemble des acteurs du d√©veloppement et de la solidarit√© internationale : les ONG, les collectivit√©s locales, les entreprises, les fondations, nos instituts de recherche (la France peut s'enorgueillir d'avoir parmi les instituts de recherches au service du d√©veloppement les plus dot√©s en terme de chercheurs, qui ont un bilan tr√®s important √† mettre √† leur actif, je veille √† ce que leurs recherches irriguent les politiques publiques men√©es notamment au sein de l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement.). On peut s'interroger par cons√©quent, sur quelle est l'articulation entre l'ensemble de ces acteurs, quel est le r√īle pour la coop√©ration d√©centralis√©e, quelle est l'articulation entre les ONG et l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement, bref trouver des √©l√©ments pour r√©pondre √† des questions qui se posent tr√®s r√©guli√®rement √† une grande partie d'entre vous. La part de l'aide qui passe par les organisations non gouvernementales va augmenter, elle va doubler sur le quinquennat. La tendance s'inscrit d√®s le projet de loi de finance 2013. N√©anmoins qui dit doublement des aides, certains d'entre vous rappelleront que ce n'est qu'un rattrapage, d'un retard par rapport √† d'autres partenaires europ√©ens, et ils auront raison, mais il n'emp√™che ce rattrapage implique aussi de fixer les r√®gles de collaboration entre l'Agence fran√ßaise de d√©veloppement et les ONG. C'est la raison pour laquelle l'AFD travaille sur un document qui permettra de d√©finir ces r√®gles d√®s le d√©but de l'ann√©e prochaine. La question de la coop√©ration d√©centralis√©e est √©videmment d√©terminante. De plus en plus de collectivit√©s locales sont engag√©es, ont d√©pass√© depuis bien longtemps le simple stade du jumelage pour arriver √† des formes tr√®s √©labor√©es de coop√©ration qui d√©passent m√™me, projet par projet, mais qui r√©sonnent plus sur des logiques de territoire √† territoire. Comment tenons-nous compte de ces nouvelles r√©alit√©s ? Quelle relation entre l'√Čtat et les collectivit√©s, √† la fois ici, pour d√©finir ensemble les projets, pour en assurer la compl√©mentarit√©, et √©videmment comment cela se passe sur le terrain. Autant de sujets qui seront √©voqu√©s dans le 4√®me chantier.

Le 5√®me chantier sera celui de l'innovation. J'ai d√©j√† commenc√© √† en parler avec la question des chercheurs. L'innovation, c'est l'innovation financi√®re mais aussi l'innovation technologique, l'innovation organisationnelle. Je crois que nous devons r√©fl√©chir ensemble √† la fa√ßon d'int√©grer ces innovations dans l'Aide publique au d√©veloppement √† tous les niveaux. Vous savez que lorsque l'on demande aux K√©nyans ce qui a le plus transform√© leur vie ces derni√®res ann√©es, ce ne sont pas les projets de l'Aide publique au d√©veloppement, c'est le mobile banking. C'est une technologie qui a modifi√© consid√©rablement leur vie quotidienne et qui a permis √† la plupart des personnes de faire un saut technologique, aujourd'hui il est beaucoup plus facile de payer avec son t√©l√©phone mobile √† Nairobi qu'√† Paris ou √† New York. L'innovation n'est pas seulement ¬ędescendante¬Ľ Nord-Sud, elle est aussi ¬ęremontante¬Ľ Sud-Nord. Nous travaillerons sur ce concept pour faire en sorte que l'Aide publique au d√©veloppement int√®gre ces innovations, voire les stimule. Nous avons un certain nombre d'exemples concrets √† travers la micro-assurance, √† travers l'information en mati√®re agricole, √† travers d'autres secteurs comme les √©nergies renouvelables etc., o√Ļ nous pourrons montrer concr√®tement ce que des nouveaut√©s, des innovations techniques ou financi√®res, peuvent apporter au d√©veloppement.

Chacun de ces chantiers permettra d'avoir des points de consensus, je l'esp√®re, mais aussi des points de d√©saccords, j'en suis s√Ľr. Chacun de ces chantiers permettra, je n'en doute pas, de faire √©merger des nouvelles id√©es qui seront, au final, le carburant de ces Assises et la trace qu'elles laisseront dans le temps, dans les prochains moins, et je l'esp√®re dans les prochaines ann√©es. L'ensemble de ces d√©bats sera synth√©tis√© par des repr√©sentants de l'administration, un repr√©sentant de la direction de la mondialisation du minist√®re des affaires √©trang√®res associ√© √† un repr√©sentant d'une direction d'un autre minist√®re parmi ceux que j'ai cit√©s en introduction. Ces synth√®ses vous seront ainsi soumises √† pour une validation collective. Nous aurons √† la suite de ce premier temps d'√©change une premi√®re synth√®se interm√©diaire qui sera la conclusion de cette premi√®re journ√©e du 1er chantier. Il y aura ensuite un document √©crit qui circulera et qui fera l'objet d'une validation par chacun d'entre nous.

Un point de méthode puisqu'il ne m'a pas échappé que nous étions dans le temps du débat budgétaire qui pouvait intéresser certains d'entre vous, je souhaite que l'on puisse avoir le débat budgétaire dans le cadre budgétaire et le débat qualitatif de rénovation de notre politique du développement dans le cadre des Assises. Il y aura d'autres cénacles pour discuter du 07, pour discuter du projet de loi de finance 2013, pour discuter de la TTF. On peut le faire ici mais je souhaiterais tout de même qu'aujourd'hui nous puissions profiter de l'occasion qui nous est offerte pour discuter qualitativement de notre politique de développement.

Un dernier mot, pour ne pas abuser du temps, sur le chantier que nous allons ouvrir aujourd'hui, √† savoir la relation entre d√©veloppement et d√©veloppement durable. C'est le fameux agenda post-2015. Tout le monde est inform√©, certaines notes ont pu circuler s'il √©tait n√©cessaire, mais je sais que vous travaillez vous-m√™mes beaucoup sur ces questions et l'objectif de ces Assises est d'aider √† formuler, √† formaliser une position fran√ßaise dans les enceintes europ√©ennes puis dans les enceintes onusiennes, position qui soit la plus partag√©e possible. Je dirai en introduction et √† titre personnel qu'il me semble assez logique au moment o√Ļ nous entamons une proc√©dure de r√©vision des Objectifs du mill√©naire, d'acter deux choses. La premi√®re chose est qu'il serait parfaitement contre-productif de perdre le caract√®re ¬ędynamisateur¬Ľ des Objectifs du mill√©naire centr√©s sur la pauvret√©, avec un nombre ramass√© d'objectifs chiffr√©s et potentiellement atteignables - je dis potentiellement car chacun sait que tous ne seront pas atteints mais ils constituent une feuille de route lisible, √©valuable sur laquelle on peut construire de la redevabilit√© - Il ne s'agirait en aucun cas de perdre cela. Deuxi√®me √©l√©ment qui me semble tout aussi √©vident dans le contexte actuel, c'est que pour lutter efficacement contre la pauvret√©, comment ne pas prendre en compte la question de l'eau, comment ne pas prendre en compte l'impact du changement climatique ? Un r√©cent rapport parlementaire montrait, s'il en √©tait besoin, tous les exemples o√Ļ l'impact du changement climatique affecte directement la capacit√© √† lutter contre la pauvret√©. Je pourrais donner l'exemple que tout le monde a en t√™te, celui du Sahel o√Ļ au Niger : il pleut 30 % de moins qu'il y a 10 ans. Ce qui affecte √©videmment les √©cosyst√®mes les plus fragiles et quand il pleut beaucoup, il pleut de mani√®re plus ramass√©e, ce qui les affecte parfois encore plus. Ne pas int√©grer la question du changement climatique dans la lutte contre la pauvret√© me semble un agenda malheureusement d√©pass√© par la r√©alit√©. Comment articuler ces deux dimensions ? Comment √©largir sans perdre en puissance ? Comment int√©grer un agenda universel qui est celui du d√©veloppement durable sorti de Rio ? Comment articuler cela avec une dimension plus sp√©cifiquement centr√©e sur les Objectifs du mill√©naire sur un certain nombre de pays les plus prioritaires ? Autant de questions pour lesquelles, je crois, la communaut√© nationale n'a pas aujourd'hui de r√©ponses mais sur lesquelles aujourd'hui nous avons besoin d'entendre votre analyse pour pouvoir forger ensemble la position fran√ßaise.

Je conclurai en rappelant que nous sommes dans un processus de quatre mois. Aujourd'hui cette journ√©e a forc√©ment une tonalit√© un peu particuli√®re parce que c'est celle de l'ouverture, que nous sommes plus nombreux. Chacun des quinze temps, jusqu'√† la cl√īture par le pr√©sident de la R√©publique, a la m√™me valeur. Je vous invite √† continuer √† assurer un haut niveau d'engagement dans ce processus parce que le succ√®s de ces Assises d√©pendra de la richesse des √©changes. Je vous le r√©p√®te, vous √™tes le carburant de ces Assises et sans carburant - c'est un √©cologiste qui vous le dit - le moteur ne fonctionne pas et le v√©hicule s'arr√™te. Ces Assises aboutiront, d√©boucheront sur des orientations, sur des recommandations. Ces orientations, nous sommes l√† pour en discuter, et bien √©videmment il appartiendra au pr√©sident de la R√©publique dans son discours du 1er mars 2013 de les prendre √† son compte s'il le souhaite et d'ouvrir les chantiers concrets avec un timing pr√©cis ce qui constituera le d√©bouch√© de ces Assises. Ces orientations constituent une opportunit√© assez importante. Nous avons souhait√© que le temps de cette concertation soit ramass√©e - sur quatre mois - mais qu'il permette tout de m√™me √† la concertation de se faire, parce que nous voulons √™tre dans le bon timing, nous voulons √™tre dans le timing du prochain projet de loi de finance, nous voulons √™tre dans le timing de ce qui va se passer en 2014. Si nous avions pris 6 mois, 8 mois, un an de concertation, nous aurions sans doute laiss√© passer quelques fen√™tres d'opportunit√©. J'ai conscience que quatre mois c'est court, j'ai conscience que chacune de vos organisations a d'autres choses √† faire que d'alimenter le carburant des Assises mais en m√™me temps, la fen√™tre d'opportunit√©, c'est maintenant. Vous pouvez compter sur moi pour la laisser ouverte, je compte sur vous pour en profiter.

Merci beaucoup./.

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5. Scolarit√© √† l'√©tranger - R√©ponse de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, √† une question d'actualit√© √† l'Assembl√©e nationale - Extraits - Paris, 7 novembre 2012

Monsieur le Député, je vous remercie pour votre question. Je vous rassure : les engagements du président de la République en matière d'éducation et de justice sociale seront bien tenus, et ce qui vaut pour les Français de l'hexagone vaut aussi pour les Français établis hors de France.

√Ä mon arriv√©e, j'ai annonc√© une r√©forme du dispositif d'aide √† la scolarit√© √† l'√©tranger. Les deux premi√®res √©tapes de cette r√©forme sont d'ores et d√©j√† accomplies. La premi√®re √©tape √©tait la suppression de la prise en charge des frais de scolarit√©, que vous avez mentionn√©e. (...) Nous savons aujourd'hui que 90 % des familles qui b√©n√©ficiaient de cette aide de l'√Čtat n'en avaient pas besoin.

Dans un deuxi√®me temps, nous avons revu les crit√®res d'attribution des bourses, apr√®s avoir men√© une concertation nourrie au sein de la Commission nationale des bourses. Nous avons voulu que le nouveau syst√®me soit plus d√©mocratique et ouvert √† davantage de familles : c'est r√©ussi ! Nous avons √©galement voulu qu'il soit plus √©quitable et tienne mieux compte de la r√©alit√© des co√Ľts de la vie locaux : c'est fait ! Enfin, il est plus lisible pour les familles, puisqu'il ne repose que sur les revenus nets, les frais de scolarit√© et la composition de la famille.

De plus, ce système est compatible avec l'enveloppe budgétaire : il offre une visibilité, absente jusqu'alors, sur le triennum.

Aucun mod√®le n'est parfait, surtout quand il doit s'appliquer de mani√®re uniforme √† l'√©chelle de la plan√®te. C'est pourquoi je tiens √† ce qu'une attention particuli√®re soit port√©e aux situations individuelles et aux pays o√Ļ les corrections induites toucheraient brutalement les familles. Des mesures transitoires pourront donc √™tre appliqu√©es. Je compte sur les commissions locales des bourses pour les mettre en oeuvre.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n'a pas peur de prendre des décisions courageuses pour le redressement des finances publiques. Nous le faisons en répondant aux impératifs de justice et d'équité sociale qui animent notre action.

Enfin, je veux vous redire ma détermination à mener jusqu'au bout cette réforme./.

(Source : site Internet de l'Assemblée nationale)

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6. Point de presse du porte-parole du minist√®re des affaires √©trang√®res - Entretien de M. Fabius avec son homologue n√©erlandais, M. Timmermans - AGNU/Adoption d'une r√©solution relative au trait√© sur le commerce des armes - Serbie-Kosovo - Iran/Situation des droits de l'Homme - Iran/Peine de mort - Prix franco-allemand des droits de l'Homme - Tremblement de terre au Guatemala - Chine - Paris, 8 novembre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint du ministère des affaires étrangères a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien de M. Laurent Fabius avec son homologue néerlandais, M. Frans Timmermans (Paris, 8 novembre 2012)

M. Laurent Fabius reçoit aujourd'hui le ministre des affaires étrangères du Royaume des Pays-Bas, M Frans Timmermans, récemment nommé au sein du nouveau gouvernement néerlandais qui a prêté serment le 5 novembre.

Pour ce premier entretien, les ministres aborderont les questions de gouvernance de l'union économique et monétaire, le budget européen pour la période 2014-2020, ainsi que les grands sujets d'actualité internationale, dont la Syrie, la crise dans le Sahel et le processus de paix au Proche-Orient.

2 - Assemblée générale des Nations unies - Adoption d'une résolution relative au traité sur le commerce des armes (7 novembre 2012)

Une étape importante vient d'être franchie vers la finalisation d'un traité sur le commerce des armes.

La France salue l'adoption par la premi√®re commission de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies d'une r√©solution convoquant en mars 2013 √† New York une nouvelle conf√©rence pour finaliser un trait√©. Cette r√©solution, coparrain√©e par 101 √Čtats membres et ardemment d√©fendue par la France, a b√©n√©fici√© d'un soutien massif.

Après une négociation qui n'avait pu aboutir en juillet 2012, cette nouvelle conférence constitue une occasion pour la communauté internationale de se doter enfin d'un outil de régulation, juridiquement contraignant, du commerce des armes classiques. Elle s'appuiera sur les progrès déjà accomplis en prenant pour base le dernier projet de traité, qui avait recueilli un large soutien.

Ainsi que l'ont rappel√© ensemble l'Allemagne, l'Espagne, la France, l'Italie, le Royaume-Uni, et la Su√®de le 26 septembre dernier, le monde a besoin d'un trait√© sur le commerce des armes : des millions de personnes dans le monde subissent les cons√©quences d'une diss√©mination incontr√īl√©e et des trafics illicites.

Ce trait√© devra imposer aux √Čtats de veiller √† ce que des armes ne soient pas transf√©r√©es, s'il existe un risque √©vident qu'elles soient utilis√©es pour commettre de graves violations du droit humanitaire international et des droits de l'Homme. Il devra couvrir tous les types d'armes classiques, notamment les armes l√©g√®res et de petit calibre, et les munitions. Il aura aussi pour objectif d'apporter de r√©elles avanc√©es en mati√®re de transparence et pr√©venir le d√©tournement d'armes du march√© l√©gal vers des r√©seaux illicites.

L'ambassadeur Roberto Garcia Moritan qui a présidé la conférence diplomatique en juillet 2012, a accompli un excellent travail. Nous souhaitons qu'il soit reconduit à la tête de la future conférence pour la mener à bien avec succès.

Le traité sur le commerce des armes est attendu depuis longtemps. La France et ses partenaires sont déterminés à parvenir au consensus au sein de la communauté internationale. L'adoption de cette résolution constitue une étape décisive vers cet objectif.

3 - Serbie-Kosovo - Reprise du dialogue

La France salue la reprise du dialogue entre Belgrade et Pristina, à un haut niveau politique, celui des chefs de gouvernement. Il s'agit d'un geste important et constructif.

La nouvelle rencontre qui a eu lieu le 7 novembre à Bruxelles confirme la volonté des deux parties de normaliser leurs relations dans le cadre de leur rapprochement européen.

La France soutient l'action de la Haute représentante, Mme Catherine Ashton, qui a organisé ces rencontres, et ses efforts en vue de la réconciliation dans la région des Balkans.

Nous souhaitons que les accords déjà conclus soient mis en oeuvre de bonne foi par les deux parties et que la nouvelle dynamique en cours permette d'aboutir à des avancées concrètes dans de nouveaux domaines.

4 - Iran - Situation des droits de l'Homme

La France exprime sa plus vive inquiétude quant à la dégradation constante de la situation des droits de l'Homme en Iran.

Nous sommes profondément choqués d'apprendre la mort en détention du blogueur Sattar Beheshti. Nous appelons les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur les circonstances de son décès.

La d√©t√©rioration croissante des conditions de d√©tention, r√©cemment d√©nonc√©e par 33 prisonni√®res de la prison d'√Čvin, constitue une source de pr√©occupation majeure pour la France. La r√©pression des voix dissidentes qui s'expriment pacifiquement en Iran est inacceptable.

5 - Iran - Peine de mort

La France condamne les exécutions ces derniers jours de plusieurs personnes pour trafic de stupéfiants.

Elle appelle les autorités iraniennes à mettre un terme à cette pratique et à respecter leurs engagements internationaux, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, convention à laquelle l'Iran a souscrit.

La France exprime son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances. Le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, l'a réaffirmé solennellement, à l'occasion du lancement de la campagne en faveur de l'abolition universelle.

6 - Prix franco-allemand des droits de l'Homme - Visite √† Paris de l'association laur√©ate ¬ęAguas Bravas Nicaragua¬Ľ (Nicaragua)

La France et l'Allemagne ont d√©cid√©, en 2012, de distinguer l'association nicaraguayenne ¬ęAguas Bravas Nicaragua¬Ľ en lui d√©cernant le prix franco-allemand des droits de l'Homme.

Les membres de cette association sont des femmes remarquables qui luttent, depuis la création de cette ONG en 2007, contre toutes les violences faites aux femmes au Nicaragua et soutiennent en particulier les victimes d'abus sexuels, à travers notamment la création de groupes de parole présents dans l'ensemble du pays.

Les lauréates, Mmes Nora Rugama, Zoraida Soza et Brigitte Hauschild sont actuellement à Paris. Elles ont été reçues par Mme Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, porte-parole du gouvernement, et seront accueillies au ministère des affaires étrangères par l'ambassadeur chargé des droits de l'Homme, M. François Zimeray. Des entretiens ont également eu lieu au Sénat, ainsi qu'avec de nombreux acteurs de la société civile.

Les Prix franco-allemands des droits de l'Homme, décernés par plusieurs de nos représentations diplomatiques, dont notre ambassade à Managua, contribuent à appuyer et soutenir les organisations de défense des droits de l'Homme.

7 - Tremblement de terre au Guatemala (7 novembre 2012)

C'est avec une vive √©motion que nous avons pris connaissance du tr√®s violent s√©isme (7,2 sur l'√©chelle de Richter) qui a frapp√© hier l'ouest du Guatemala, dans la r√©gion de San Marcos et qui, selon un bilan encore provisoire, a fait plusieurs dizaines de morts, de nombreux bless√©s et de graves d√©g√Ęts.

Face aux effets dévastateurs de cette épreuve qui touche le Guatemala, la France exprime ses sincères condoléances aux familles des victimes et toute sa solidarité au peuple et aux autorités guatémaltèques, qui vivent des heures particulièrement difficiles.

Le ministère des affaires étrangères, en liaison étroite avec l'ambassade de France au Guatemala, suit la situation avec attention. À ce stade, il n'y aurait aucune victime française.

Avec ses partenaires de l'Union européenne, la France se tient prête à examiner les demandes d'assistance du Guatemala.

8 - Chine

Q - Avez-vous des attentes particulières du Congrès du PCC, notamment en matière de politique étrangère, monétaire et militaire ?

R - Le XVIIIe Congrès du parti communiste est un processus de transition politique interne qui appartient aux Chinois.

Le président de la République s'est exprimé le 5 novembre à Vientiane à l'occasion de son entretien avec le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, en marge du sommet de l'ASEM. Les deux dirigeants ont notamment appelé à l'approfondissement des coopérations franco-chinoises dans de nombreux domaines et ont constaté la nécessité de travailler en commun pour rééquilibrer les relations économiques et commerciales. Je vous renvoie aux propos du président de la République, qui a notamment plaidé pour davantage de réciprocité et d'ouverture des marchés./.

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7. Libye/Rapport du procureur de la Cour p√©nale internationale - Intervention du charg√© d'Affaires a.i. de la France aupr√®s du Conseil de s√©curit√© des Nations unies - New York, 7 novembre 2012

 

Monsieur le Président,

Je remercie Mme Fatou Bensouda de son rapport et de sa présentation aujourd'hui. Ce rapport nous a été remis comme à l'accoutumée en Français, ce dont nous remercions le Bureau du procureur.

Les √©l√©ments que nous a livr√©s aujourd'hui le procureur refl√®tent bien la situation en Libye. Comme le note Mme Bensouda, ce pays est en transition apr√®s 42 ans de dictature. Des milices pro Kadhafi continuent √† √™tre actives. Toutes les zones ne sont pas contr√īl√©es. Des √©v√®nements tragiques, dont l'assassinat de l'ambassadeur des √Čtats-Unis, ont secou√© le pays. Mais les autorit√©s libyennes ont constamment r√©it√©r√© leur attachement √† poursuivre la d√©mocratisation du pays et ce Conseil est mobilis√© pour les aider.

La Libye a demand√© √† juger elle-m√™me Sa√Įf al-islam et Abdallah Senoussi. C'est une possibilit√© ouverte par le Statut de Rome. Et c'est √† l'honneur de ce pays sortant d'un conflit de souhaiter ainsi assumer ses responsabilit√©s. Nous nous f√©licitons que le gouvernement libyen ait choisi de pr√©senter ses recours en admissibilit√© en pleine conformit√© avec le Statut. Comme le procureur l'a rappel√©, la d√©cision finale sur le cas de Sa√Įf al-islam reviendra aux juges de la CPI dont les d√©cisions devront √™tre appliqu√©es. Le respect, par la Libye, de ses obligations internationales et notamment des termes de la r√©solution 1970 (2011) est un indice clef de son attachement √† l'√Čtat de droit.

C'est une leçon pour d'autres pays comme le Soudan, qui refuse de s'engager dans un processus judiciaire avec la Cour, contrairement aux décisions de ce Conseil. Je ne commenterai pas plus avant la procédure en cours d'irrecevabilité devant les juges. La décision leur appartient. Nous ne doutons pas que la Libye, conformément à la résolution 1970 (2011) de ce Conseil, s'y pliera.

S'agissant des personnes détenues par les milices, le procureur a fait état d'exactions contre les civils Tawarga qui ont été la cible de violences à Misarath. Nous saluons les discussions qu'elle tient avec le gouvernement sur une stratégie globale pour mettre fin aux crimes et à l'impunité en Libye. Cela signifie que les responsables doivent être poursuivis, et qu'ils doivent bénéficier de toutes les garanties d'un procès équitable.

Le procureur a aussi indiqué qu'elle poursuivait son enquête sur les allégations de crimes sexuels commis en Libye par les forces de Kadhafi depuis le 15 février jusqu'à la fin du conflit. Nous saluons l'attention portée à la dignité des victimes.

Monsieur le Pr√©sident, la France a √©t√© l'un des co-auteurs de la r√©solution 1970 qui reste un exemple de la capacit√© d'unit√© et d'action rapide du Conseil de s√©curit√© et plus g√©n√©ralement de la communaut√© internationale. Face aux exactions commises par les dirigeants libyens, la Ligue arabe, l'Union africaine, l'Union europ√©enne et l'Organisation de la Conf√©rence islamique avaient alors de concert condamn√© les atrocit√©s commises. La r√©solution 1970 d√©f√©rant la situation en Libye au procureur de la Cour p√©nale internationale a √©t√© au coeur du processus marquant sans ambig√ľit√© l'isolement complet des criminels, quel que soit leur rang. Elle a permis de sauver des milliers de vies humaines.

Il faut tirer des leçons de notre expérience en Libye

Premi√®rement, face √† la commission d'atrocit√©s, la communaut√© internationale et ce Conseil peuvent avoir recours √† une institution judiciaire impartiale et ind√©pendante, permanente et donc imm√©diatement op√©rationnelle, pour identifier les principaux responsables de crimes. Apr√®s l'exemple libyen l'inaction est, plus que jamais, inexcusable. √Ä l'heure o√Ļ les autorit√©s syriennes poursuivent les violences √† l'encontre des populations civiles, ce Conseil doit r√©it√©rer son message sur la primaut√© du droit et la lutte contre l'impunit√© en toutes circonstances. Pour √™tre efficaces, nous devons retrouver notre coh√©rence. Ce n'est pas la menace de la CPI qui contribue √† la violence, c'est l'espoir - que gardent les criminels - qu'ils peuvent √©chapper √† la justice. Nos h√©sitations, notre silence, ne contribuent pas √† sauver des vies.

Deuxi√®mement, la Cour p√©nale internationale a d√©montr√© sa capacit√© √† agir vite en Libye. Je rends hommage √† Mme Bensouda, √† son pr√©d√©cesseur M. Ocampo et √† leurs √©quipes dont le travail a permis de comprendre les rouages de la violence en Libye. La lecture des mandats d'arr√™t, pour crimes contre l'humanit√©, d√©crivent les attaques planifi√©es et syst√©matiques contre les civils et les m√©thodes - disparitions forc√©es, d√©tentions arbitraires, tortures - utilis√©es pour briser toute forme d'opposition. Apr√®s les faits, la communaut√© internationale tend parfois √† oublier l'histoire. Ces mandats d'arr√™t qui exposent les ordres donn√©s pour terrifier et martyriser les civils, sont l√† pour emp√™cher cette ¬ęr√©√©criture de l'histoire¬Ľ.

Troisièmement, ce Conseil doit être plus rigoureux et mieux planifier et se préparer à la coopération avec la CPI lorsqu'il saisit celle-ci. C'est aussi un des enseignements que nous retirons du débat public sur l'interaction avec la CPI organisé sous la présidence du Guatemala. Il faut que nous soyons en mesure, peut être en modifiant les termes de référence groupe de travail informel sur les tribunaux ad hoc, et dans le cadre du comité de sanctions, de mieux gérer les questions de coopération et de non coopération.

Monsieur le Président,

Le processus initi√© par la r√©solution 1970 (2011) doit suivre son cours. La lutte contre l'impunit√© est essentielle pour un pays comme la Libye qui s'est engag√© dans la voie de l'√Čtat de droit. C'est ce que le Conseil a d'ailleurs r√©affirm√© dans ses r√©solutions 1973, 2009 et 2040. La poursuite du processus n√©cessite √† la fois une pleine coop√©ration de la Libye avec le Bureau du procureur et le plein soutien de ce Conseil, du secr√©tariat et de M. Tarek Mitri, chef de la MANUL, √† l'action de la CPI.

Je vous remercie./.

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8. Alg√©rie/Union europ√©enne - Intervention de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne, Mme Catherine Ashton - Alger, 6 novembre 2012

Monsieur le Président,

Ce fut un grand honneur pour moi d'être ici aujourd'hui; bien que de courte durée, cette visite a été très importante. Et je me réjouis à la perspective de revenir.

Cette visite m'a donné l'occasion de féliciter l'Algérie pour les réformes réalisées et de m'entretenir avec le ministre des affaires étrangères, le Premier ministre et le président au sujet des défis économiques auxquels le pays est confronté.

Nous avons notamment évoqué l'importance que revêt le soutien des petites et moyennes entreprises partout dans le pays. J'ai coutume de dire qu'elles constituent l'épine dorsale de l'économie.

Nous avons parlé de la force des liens économiques qui unissent l'Algérie à l'Union européenne ainsi que des possibilités de trouver les moyens de renforcer ces liens.

Nous avons discuté du souhait de l'Algérie de devenir membre de l'Organisation mondiale du commerce.

Nous nous sommes également entretenus de questions politiques. J'ai constaté avec plaisir que 17 des 38 points particuliers soulevés par M. Salafranca - qui a dirigé la mission d'observation électorale de l'UE - ont déjà été mis en oeuvre.

Nous avons également abordé la question de l'importance des droits de l'Homme et de la nécessité de développer les structures politiques.

Et j'ai eu plus particulièrement le privilège de m'entretenir avec vous, Monsieur le Président, des problèmes qui se posent au Mali et dans la région du Sahel. Votre perception des choses et vos connaissances m'ont été très précieuses.

Nous avons également évoqué la question de l'approfondissement et du renforcement des relations avec les pays du Maghreb. C'est un point que nous sommes en train d'examiner de manière approfondie en Europe et nous souhaitons renforcer notre partenariat avec les pays de cette région.

Monsieur le Président, je vous remercie infiniment pour cette visite. Je me réjouis vivement à la perspective de revenir en Algérie.

Je vous remercie./.

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9. Alg√©rie/Union europ√©enne - Intervention de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne, Mme Catherine Ashton - Alger, 6 novembre 2012

 

Je tiens à vous dire, Monsieur le Ministre, que c'est un privilège et un plaisir pour moi d'être ici aujourd'hui.

L'Union européenne attache une très grande importance à cette relation.

Les trois conventions que nous venons de signer en témoignent.

Il ne faut jamais sous-estimer à quel point il est important d'investir dans la jeunesse. J'espère donc que la convention que nous avons signée pour soutenir les jeunes aura des effets très positifs.

Comme vous venez de le dire, Monsieur le Ministre, il est de la plus haute importance de protéger la culture et le patrimoine et de mettre en valeur le caractère unique de l'Algérie. J'espère donc que la convention que nous avons signée sur la protection du patrimoine culturel contribuera à préserver les oeuvres auxquelles vous attachez une grande valeur.

Le secteur des transports est quant √† lui un √©l√©ment vraiment vital pour le d√©veloppement des infrastructures. Il joue un r√īle essentiel pour permettre aux gens de travailler et de mener √† bien leurs activit√©s. J'esp√®re donc, ici encore, que la convention que nous avons sign√©e contribuera √† apporter un soutien suppl√©mentaire au d√©veloppement des transports et des infrastructures.

Ces conventions portent sur un financement total de 58 millions d'euros. Elles sont l'expression de la solidité de la relation qui existe entre nous et de la manière dont l'UE entend collaborer avec l'Algérie.

Je me réjouis donc, Monsieur le Ministre, à la perspective de nombreuses années d'une étroite coopération, et je vous adresse tous mes voeux de réussite.

Je vous remercie./.

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10. Bahre√Įn - D√©claration du porte-parole de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne - Bruxelles, 7 novembre 2012

 

La Haute repr√©sentante est tr√®s pr√©occup√©e par une s√©rie d'explosions provoqu√©es par des engins improvis√©s, qui ont co√Ľt√© la vie √† deux civils et en ont gri√®vement bless√© un troisi√®me √† Bahre√Įn le 5 novembre. Elle pr√©sente ses sinc√®res condol√©ances aux familles des victimes.

La Haute repr√©sentante condamne vigoureusement ces violences et esp√®re que toutes les parties √† Bahre√Įn en feront autant.

Les difficult√©s que conna√ģt actuellement Bahre√Įn ne pourront √™tre surmont√©es que dans le cadre d'un dialogue constructif. L'expression d'une opposition pacifique, y compris le droit de manifester, doit rester l√©gitime. Le recours √† la violence ne cr√©era que des obstacles suppl√©mentaires √† une solution √† long terme./.

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