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Bulletin d'actualités du 30 octobre 2012


Sommaire



1. Entretien du président de la République, M. François Hollande avec le prix Nobel de la Paix, M. Muhammad Yunus - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 30 octobre 2012

Le président de la République a reçu cet après-midi, au Palais de l'Élysée, M. Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix (2006) qui était accompagné par M. Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique, M. Emmanuel Faber, directeur général adjoint de Danone et par M. Jean-Luc Perron, délégué général de la Fondation Grameen-Crédit agricole. Le ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin, a participé à l'entretien.

Cet entretien a été l'occasion pour le chef de l'État de saluer l'engagement constant et les initiatives visionnaires de M. Yunus pour faire reculer la pauvreté et les inégalités au Bangladesh et dans de nombreux pays qui se sont inspirés du microcrédit et ont pris la Grameen Bank pour modèle.

Le président de la République a exprimé son soutien à la micro-finance et à l'entrepreneuriat social qui a permis à des millions de personnes dans le monde de s'insérer dans la vie économique, y compris en France.

Le chef de l'État a souligné que les initiatives de M. Yunus sont une source d'inspiration précieuse pour le gouvernement français et souhaité que de nombreuses entreprises s'appuient sur l'expérience réussie de la Grameen Bank. Il a indiqué que la France agirait inlassablement dans les enceintes internationales et européennes pour favoriser la mise en place de financements innovants. L'adoption, en 2012, par onze États membres de l'Union européenne d'une taxe sur les transactions financières est un signal important.

Notre pays continuera d'appeler les autorités du Bangladesh à préserver l'identité et l'intégrité de la Grameen Bank./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Google - Communiqué de la présidence de la République - Paris, 29 octobre 2012

 Le président de la République a reçu ce lundi 29 octobre, Éric Schmidt, président de Google Monde, en présence d'Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication et de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique.

Cet entretien a été l'occasion pour le président François Hollande de rappeler la grande ambition que porte la France pour le développement rapide du numérique sur le territoire national au cours des années à venir.

Le président a pris note des engagements de M. Schmidt de renforcer la présence de Google en France à travers notamment un appui au développement numérique des PME et l'installation de l'institut culturel à Paris.

Au cours de l'entretien, le président de la République a indiqué à son interlocuteur que le développement de l'économie numérique appelait une adaptation de la fiscalité afin de mieux appréhender le partage de la valeur ajoutée et le financement de la création de contenus sur chaque territoire.

Le président a par ailleurs souhaité que des négociations puissent rapidement s'engager et être conclusives d'ici la fin de l'année entre Google et les éditeurs de presse. Il a souligné que le dialogue et la négociation entre partenaires lui paraissaient la meilleure voie, mais que si nécessaire, une loi pourrait intervenir sur cette question, à l'instar du projet en cours en Allemagne.

Enfin, le président de la République a souhaité être informé des suites que Google entend donner aux questions qui lui ont été adressées par les autorités de régulation européennes sur la protection des données personnelles et leur utilisation./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Rencontre avec les organisations internationales (BM, FMI, OCDE, OIT, OMC) - Conférence de presse du président de la République, M. François Hollande - Paris, le 29 octobre 2012

 Monsieur le Secrétaire général,

Je voudrais d'abord vous remercier pour l'hospitalité que vous nous accordez ici à l'OCDE et pour la rencontre que vous avez contribué à organiser. C'est en effet la première fois que le président de la République, en France, a rendez-vous avec les cinq grandes organisations internationales, celles qui contribuent à la régulation de l'économie mondiale. Je pense d'abord à votre propre institution l'OCDE, mais également au Fonds monétaire international, à l'Organisation mondiale du commerce, à la Banque mondiale et à l'Organisation internationale du travail.

Dans d'autres pays, cette tradition existe. Je sais que vous serez demain en Allemagne avec la chancelière Merkel. Je vous propose donc que nous puissions institutionnaliser ce rendez-vous et que, chaque année, nous puissions nous retrouver - les membres du gouvernement, moi-même et les cinq grandes organisations - pour faire le point sur l'économie mondiale, pour savoir où nous en sommes en Europe et pour également tirer toutes les conclusions de ce que nous avons à faire au plan de la politique économique en France.

Si je veux résumer nos travaux de cette demi-journée, c'est d'abord un constat. Celui de l'état de l'économie mondiale : une croissance ralentie, à l'arrêt dans un certain nombre de pays - voire même en récession en Europe - et moins ferme que par le passé dans les pays émergents. C'est un chômage élevé et encore plus élevé dans les pays où il n'y a pas eu l'effort de compétitivité et pas davantage l'effort de soutien à l'activité. C'est également une instabilité financière qui, si elle s'est réduite, n'a pas disparue, voire une finance «grise» qui n'a pas été véritablement éradiquée, ni même combattue.

Dernier constat qui n'est pas le plus rassurant : c'est la monté de pratiques protectionnistes qui avait déjà été endiguée et dénoncée au sommet de Los Cabos au Mexique - pays qui vous est cher - lorsque nous nous sommes réunis au sein du G20.

Notre discussion a permis de savoir quelles pouvaient être les actions respectives des organisations ici représentées et des pays. Le G20 doit rester une structure d'impulsion et de coordination des politiques économiques. À cet égard, ce que nous avons engagé à Los Cabos et qui suivait d'autres réunions, c'est une politique de soutien de la croissance et de recherche de la meilleure compétitivité.

Il y a ce que le FMI doit également mener à bien, c'est-à-dire de soutenir les efforts de bon nombre de pays en leur apportant des liquidités. C'est la raison d'ailleurs qui a justifié l'augmentation des ressources du FMI. La Banque mondiale elle-même participe à la lutte contre la crise et notamment dans un certain nombre de régions du monde particulièrement affectées. Et puis l'OMC veille à ce que précisément il puisse y avoir un certain nombre d'accords qui puissent être signés mais surtout que des pratiques, des barrières, des comportements puissent être dissuadés, dès lors qu'ils mettraient en cause des échanges.

Enfin, il y a ce qu'il faut faire au plan des monnaies. Là encore, c'est une responsabilité collective des grandes organisations de faire qu'il puisse y avoir une réforme du système monétaire international. Ma conclusion, sur ce point, c'est que si nous laissons les marchés seuls, si nous attendons des marchés et uniquement d'eux la résolution de la crise, il y a à craindre qu'elle se perpétue encore longtemps. Nous avons besoin de mécanismes, de régulation et d'action.

Ce qui m'a frappé en vous entendant tous ce matin, c'est la grande cohérence - au-delà de la diversité de vos missions et de vos compétences - dans cette prise de conscience et cette volonté de mettre de la régulation là où elle a été trop longtemps absente.

Ensuite, il y a ce qui relève de l'Europe. J'ai insisté sur les décisions très importantes qui ont été prises les 28 et 29 juin et confirmées encore les 18 et 19 octobre pour la zone euro. C'est-à-dire : le Mécanisme européen de stabilité, l'orientation de la BCE, le pacte de croissance et l'union bancaire s'ajoutant aux règles prévues dans le traité budgétaire. La zone euro est sur le point de sortir de la crise qui l'a frappée qui était celle de l'incertitude et de l'instabilité. Mais nous ne sommes pas encore au bout et puisque vous allez demain auprès de la chancelière, je pense que vous ferez le même constat, c'est-à-dire que nous devons prendre les décisions d'ici la fin de l'année concernant la Grèce - le rapport de la troïka nous y aidera - et concernant tout pays qui voudra accéder au MES et à celui que la BCE a bien voulu ajouter.

Et puis, nous avons évoqué la situation de la France. Le constat est établi. La France est devant un triple défi : un défi lié à une situation d'endettement qui pourrait devenir insupportable, un défi lié à une situation de faible croissance et de chômage élevé - c'est le 16ème mois de hausse consécutifs du chômage - et enfin un défi de compétitivité.

Les trois défis sont d'ailleurs liés les uns aux autres. C'est parce que nous ne faisons pas assez de croissance que nous n'avons pas assez de recettes et que nous pouvons connaître des situations d'endettement. C'est parce qu'il y a de l'endettement que nous n'avons pas nécessairement toutes les marges de manoeuvre pour soutenir la croissance. C'est parce qu'il y a un chômage élevé que nous ne pouvons pas avoir toute la capacité nécessaire pour mieux produire, pour être encore plus compétitif.

Cette situation - et vous l'avez relevée dans un rapport que vous allez bientôt faire connaître - est due à des politiques ou à des absences de politiques depuis 10 ans. Le décrochage s'est fait progressivement tout au long de la dernière décennie. Nous avons donc à faire ce que d'autres n'ont pas fait. Nous devons le faire différemment, c'est-à-dire le faire avec justice, responsabilité, volonté et persévérance. Il ne s'agit pas de faire une annonce de plus, un plan de plus, un dispositif de plus, une réforme de plus... Il s'agit de faire, à la fois, un pacte de compétitivité - j'y reviendrai - mais aussi un pacte de croissance et un pacte budgétaire.

Sur nos engagements budgétaires - vous aurez d'ailleurs à les regarder dans le rapport que vous préparerez pour l'année prochaine - nous avons pris nos responsabilités. Nous avons redressé nos comptes publics, déjà en 2012, et nous le ferons en 2013 avec l'objectif de réduire notre déficit à 3 % de la richesse nationale.

Sur le plan de l'emploi et de la croissance, nous avons réservé dans le budget toutes les dépenses - c'était d'ailleurs l'une de vos recommandations - qui peuvent avoir un effet positif sur la croissance, et notamment les budgets de l'emploi et de l'éducation. Sans compter les infrastructures que nous voulons préserver avec la création d'une banque publique qui aura vocation à donner davantage de moyens pour l'innovation, pour l'investissement et pour l'exportation.

Et puis, nous avons à relever le défi de la compétitivité. Le pacte que le gouvernement prépare doit répondre à trois principes. Le premier principe, c'est l'efficacité, c'est-à-dire prendre la compétitivité dans toutes ses dimensions, en occulter aucune, en écarter aucune autre, partir de l'éducation jusqu'au logement en passant par les services publics, par l'innovation, par la recherche, par l'investissement et par le coût du travail. Nous devons avoir un plan qui soit suffisamment cohérent pour pouvoir être efficace.

Le second principe, c'est celui de la réciprocité donc de la négociation. C'est dans ce sens-là que nous avons ouvert plusieurs chantiers. Le premier était sûrement le plus simple. Sur les emplois d'avenir, la concertation a abouti très rapidement à un accord. Sur le contrat de génération, sur lequel vous avez-vous-mêmes insisté, le président de l'OIT a présenté une réalité qui n'est pas que française : c'est-à-dire le chômage des jeunes et le haut niveau de chômage des plus anciens, des seniors et une «employabilité» comme l'on dit insuffisante. Nous avons donc proposé le contrat de génération, les partenaires sociaux s'en sont emparés, un accord a été trouvé, une loi sera donc votée, d'application dès le début de l'année 2013.

Et puis il y a la négociation sur ce que l'on appelle la sécurisation de l'emploi, c'est-à-dire mieux protéger les salariés précaires et permettre des assouplissements, des adaptations face aux mouvements de la conjoncture pour pouvoir donner une double garantie : aux salariés de pouvoir être préparés à des mutations parfois inévitables et aux employeurs de pouvoir organiser ces mutations en gardant les salariés dans l'entreprise. Cela est l'objet de la négociation. Cette négociation est proposée, elle est en cours et chacun devra prendre sa responsabilité, chacun devra faire sa part du travail.

Le troisième principe, c'est la stabilité. Une politique de compétitivité suppose une action dans la durée mais avec une visibilité pour tous les acteurs économiques : pour les employeurs comme pour les salariés, pour les investisseurs comme pour les épargnants, pour les consommateurs comme pour les contribuables. La donne qui va être offerte dans quelques jours - à la suite du rapport Gallois et du rapport également que l'OCDE a bien voulu préparé et qui sera un élément de réflexion supplémentaire - cette donne-là sera celle du quinquennat. Chacun saura exactement ce qui pourra être fait, être engagé et être appelé comme élément de contribution, voire d'allégement de contribution.

Je veux terminer sur ce qui entraîne une politique de compétitivité, un pacte de compétitivité. C'est un ensemble de réformes structurelles qui touche tous les domaines de l'action publique et que nous avons commencé à engager : politique de l'emploi, politique du logement, politique de l'éducation, politique de la décentralisation, réforme financière, introduction de la Banque publique d'investissement, formation professionnelle... La politique de la compétitivité, c'est une politique d'ensemble. Nos interlocuteurs d'aujourd'hui y sont revenus : ce sont les pays qui ont fait le choix de la compétitivité qui ont aussi fait le choix de la croissance et le choix de l'emploi. C'est là où il y a eu le plus de modernisation, le plus de cohésion, le plus de contribution de chacun à l'effort, qu'il y a le plus de résultats et notamment en matière de lutte contre le chômage.

Voilà le sens de cette longue discussion qui nous a été précieuse, utile pour préciser un certain nombre de nos orientations et nous aurons l'occasion bientôt, d'évaluer ce que nous aurons déjà engagé. Aujourd'hui vous nous avez aidés à préparer nos choix.

Merci.

Q - Question à Monsieur le président de la République. Vous avez dit qu'il y a une large gamme de politiques de compétitivité. Souvent on regarde comme un élément essentiel l'ouverture du marché à plus de flexibilité et c'est là qu'on attend encore une réponse de votre gouvernement : vous semblez parfois aller dans l'autre sens, vous êtes entré dans la direction d'un constructeur automobile privé et ce n'est pas forcément ce que l'on regarde souvent comme une politique de réforme structurelle.

R - Je ne peux pas répondre pour l'OCDE. Mais les réformes structurelles, nous les avons déjà engagées, nous les poursuivrons. Mais nous avions aussi l'obligation, en France, de faire une politique de redressement budgétaire. C'était ce qu'il y avait de plus urgent à engager. Parce que c'était de notre crédibilité sur la scène européenne, subsidiairement sur les marchés, qu'il était question. Donc nous n'avons pas différé les choix. Nous avons au contraire, dès notre arrivée aux responsabilités, pris les décisions concernant le redressement des comptes publics. Et ce n'était pas le plus facile, quand il s'agissait de demander trente milliards d'euros aux Français, sous diverses formes : dix milliards d'économie budgétaire, dix milliards de prélèvements sur les ménages - même si c'est essentiellement sur les plus favorisés, cela touche aussi grand nombre de nos compatriotes - et dix milliards sur les entreprises, essentiellement sur les plus grandes.

Cela ne nous dispense pas d'autres réformes. Nous préparons le pacte de compétitivité. Je l'ai dit, et je le répète, aucun sujet ne sera occulté. Tout sera traité. Tout est mis sur la table. Mais pas simplement pour ouvrir une négociation - même si sur le marché du travail et la sécurisation de l'emploi, cette négociation est ouverte et je souhaite qu'elle puisse être conclue avec un accord. Ce serait un moment historique, puisque ce serait la première fois, en France, que nous pourrions ainsi parvenir à des réformes utiles pour les salariés et pour les entreprises.

Il y a également la réforme de ce qu'on appelle le financement de la protection sociale. Et ce sera donc soumis aux partenaires dans les semaines qui viennent pour savoir comment le prélèvement qui sert au financement de la sécurité sociale doit être organisé, sur quelles bases il doit reposer. Mais là encore, cela n'empêchera pas des décisions d'être prises, dès le mois de novembre, dans tous les domaines de la compétitivité.

Mais c'est vrai que l'on nous demande de faire en six mois ce qui n'a pas été fait en dix ans. Et quand on prend du temps pour la négociation, on nous dit que c'est du temps superflu. Mais comment appeler les dix ans qui viennent de s'écouler ?

Donc, nous, nous avons deux méthodes qui ne sont pas contradictoires : la méthode de la négociation et de la discussion sur des éléments qui relèvent des partenaires sociaux - c'est le cas de la sécurisation de l'emploi, du marché du travail, du financement de la protection sociale - et la méthode de la préparation de décisions. Je pense à cet égard au rapport de l'OCDE qui nous a été proposé et qui est le bienvenu et au rapport de M. Gallois que nous avons sollicité et qui sera remis le 5 novembre. À la suite de ces travaux, des décisions seront prises. Chaque fois que nous sommes devant nos responsabilités, nous prenons des décisions.

Q - Monsieur le Président, l'Allemagne a dit aujourd'hui refuser catégoriquement toute restructuration ou tout hair-cut de la dette grecque par les créanciers publics (notamment par la France et elle-même) et qu'elle soutient, par contre, une action de rachat de créance grecque sur le marché secondaire. Est-ce que selon vous ce serait une action efficace ? Est-ce que ce ne serait pas peut-être plus efficace d'avoir une restructuration de la créance publique grecque ? Quelle est la position de la France sur ce dossier ?

R - Sur la Grèce, le rapport de la troïka est attendu maintenant dans les jours qui viennent. Une réunion de l'Eurogroupe est prévue pour le début du mois de novembre. Et c'est dans ce cadre-là que nous regarderons quelles seront les modalités les plus efficaces dès lors que la Grèce tient ses engagements pour trouver une solution durable.

Q - Monsieur le Président, que répondez-vous, comment percevez-vous à l'appel des grands patrons publié dans le Journal du Dimanche ce week-end ? Ils proposent, à la fois, des solutions comme la hausse de la TVA et vous demandent des mesures drastiques pour la compétitivité. Comment percevez-vous à la fois l'appel et la forme de l'appel ?

R - Je ne sais pas si ceux qui ont lancé cet appel voulaient le mettre sous le terme de l'ultimatum. Je ne le crois pas. En tout cas, s'ils m'avaient demandé conseil, je ne leur aurais pas donné celui-là, parce que nous sommes dans un moment où seul doit compter l'intérêt général.

Moi je suis responsable de l'intérêt général du pays. Qu'est-ce que nous pouvons faire de mieux pour la France ? Comment pouvons-nous lui permettre de réussir ? Réussir, cela veut dire des entreprises qui réussissent, des salariés qui gardent leur emploi, d'autres qui y accèdent. Réussir cela veut dire permettre à la jeunesse de trouver une perspective. Voilà, la seule question qui compte, c'est comment nous pouvons faire réussir notre pays. Il y a des mesures à prendre, je l'ai dit, dans tous les domaines de la compétitivité, y compris sur le coût du travail. Tous les indicateurs, et encore ceux qui m'ont été fournis ce matin, montrent que nous ne sommes pas dans la meilleure des positions. Nous avons pris du retard, depuis 10 ans : il y a eu un défaut d'innovation, d'investissement, d'exportations et nos entreprises n'ont pas été soutenues suffisamment. Donc nous avons à prendre des décisions, y compris sur le coût du travail.

Mais moi, j'ai deux responsabilités. La première c'est que l'offre des entreprises doit être demain plus efficace pour répondre à la demande extérieure et à celle qui va nous être adressée ; pour nous permettre de redresser nos comptes extérieurs et notre balance commerciale, aujourd'hui déficitaire de 70 milliards d'euros. Pour mener cette politique, oui, des mesures devront être prises et devront être étalées dans le temps - pas trop longtemps - avec la visibilité nécessaire et la crédibilité indispensable.

Ces mesures ne peuvent pas non plus, c'est ma seconde responsabilité, affecter la demande intérieure. Si la consommation est brutalement amputée, c'est autant d'activité en moins pour les entreprises. Voilà le chemin qui sera celui que le gouvernement empruntera pour aboutir au résultat souhaité. Et chacun devra faire des efforts. Il en est demandé aux contribuables en ce moment ; il en est demandé c'est vrai aux plus fortunés ; il en est demandé aux fonctionnaires ; et donc il est aussi demandé un certain nombre de responsabilités aux plus hauts dirigeants.

Je parle de pacte, c'est bien le mot qui convient. Un pacte, c'est là où chacun vient avec à la fois ce qu'il pense devoir demander - j'entends - mais aussi ce qu'il peut imaginer devoir donner. C'est l'esprit qui m'animera au moment où je prendrais des décisions au début du mois de novembre.

Q - Vous avez cité la situation économique, plus grave par rapport au scénario que l'on avait tracé il y a quelques mois. Dans ce scénario, quelle est la logique de respecter le 3 % en 2013 et de ne pas revoir le calendrier ? Puisque la crise s'aggrave pourquoi ne pas revoir le calendrier de réductions des déficits ? Merci.

R - J'ai pris un engagement devant les Français et devant les Européens. C'est de réduire le déficit public, et d'arriver à 3 % à la fin de l'année 2013. Chaque pays a pris des engagements. Vous évoquez l'Italie : elle a fait, elle fait encore, un effort considérable. Nous voulons une croissance qui soit la plus élevée possible, et pour l'instant nous n'avons aucun élément qui nous permette de penser que notre objectif, celui que nous avons fixé pour la loi de finance ne sera pas atteint.

Si une discussion un jour a lieu, ce n'est pas entre un pays et la commission, c'est entre Européens. Mais pour l'instant cette discussion n'a pas à être ouverte, chacun a à faire un effort compatible avec sa situation - ce n'est pas le même pour chaque nation - et à faire en sorte que nous puissions avoir le plus haut niveau de croissance. C'est ce que j'ai voulu faire en Europe, et je l'ai fait aussi avec la participation de bon nombre de pays, le vôtre en particulier. Il faut que nous puissions avoir du sérieux budgétaire, de la responsabilité, de la discipline, c'est le sens de la ratification du Traité budgétaire qui a été adopté par le Parlement ou qui va l'être. Et puis, il y a aussi ce qui doit être fait pour la croissance. La compétitivité c'est une politique de croissance, et toutes les mesures qui seront annoncées seront des mesures qui favoriseront la reprise de l'activité et la création d'emplois./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. États-Unis/Diplomatie économique/Libye/Mali - Entretien du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec «France 2» - extraits - Paris, 30 octobre 2012

Q - On va commencer avec cet ouragan qui balaie l'Amérique du Nord. À votre connaissance, y a-t-il beaucoup de Français en difficulté sur place ?

R - Je voudrais dire ma solidarité, bien sûr, à nos amis américains. Le centre de crise au Quai d'Orsay n'a pas reçu d'appel de détresse particulier, mais l'ouragan est tellement ample qu'il faut attendre un peu avant de faire le bilan.

Q - On va justement rester en Amérique avec ces élections américaines qui ont lieu la semaine prochaine. On est tout étonné en France de s'apercevoir que les sondages sont très serrés et que, finalement, Obama pourrait être battu. Est-ce que vous-même, vous êtes surpris ?

R - Il est vrai qu'il y a six mois, on ne parlait même pas de possibilité d'échec de Barack Obama. C'est un homme tout à fait remarquable, ainsi qu'Hillary Clinton. Je dois dire que nous avons les meilleures relations avec les États-Unis et, singulièrement, avec cette administration.

Q - Êtes-vous surpris de cette montée en puissance de Romney ?

R - Pas tellement. Je ne connais pas Mitt Romney, mais il est vrai que l'élection se joue à la fois sur l'économie - l'économie américaine repart un peu, ce n'est pas très facile - et puis dans quelques États clés, notamment l'Ohio et la Floride. C'est donc à peu de choses que cela va se jouer. Et cela nous rappelle que rien n'est jamais acquis.

Q - Avez-vous un favori ? Obama est de gauche, la France aujourd'hui est à gauche, est-ce que vous êtes pour Obama ?

R - Laissez-moi être ministre des affaires étrangères, donc diplomate.

Q - C'est-à-dire que vous n'avez pas de favori ?

R - Je le garde pour moi.

Q - Sur le plan économique, hier François Hollande recevait les patrons des grandes organisations économiques mondiales. On a beaucoup parlé de compétitivité. Est-ce qu'un des problèmes ne vous concerne pas directement dans la mesure où les ambassades de France à l'étranger souvent aident très peu les entreprises françaises ?

R - J'ai participé à cette rencontre très intéressante qui réunissait François Hollande, Mme Lagarde qui dirige le FMI, M. Lamy pour l'OMC, le patron du Bureau international du travail et également le président de la Banque mondiale. Nous y avons parlé de compétitivité, de la France et du monde.

La diplomatie économique, c'est une de mes priorités. Je pense que vous êtes un peu injuste. Quand je demande aux entreprises, surtout aux grandes entreprises, si elles sont aidées par nos ambassades, la réponse en général est oui, mais il faut faire beaucoup plus.

Q - Il faut développer cette diplomatie économique ?

R - Oui, absolument.

Q - Lui donner plus de moyens ?

R - Ce n'est pas une question de moyens, c'est une question d'organisation, notamment pour les PME. Quand vous comparez par exemple la France et l'Allemagne, vous observez que nous avons de belles entreprises, mais que les PME ont du mal à aller à l'étranger, tout simplement parce que c'est compliqué, c'est cher, etc. À nous de nous organiser, avec les régions, avec d'autres, pour faciliter leur implantation à l'étranger.

J'ai pris la décision de créer, ce sera une nouveauté, des postes d'ambassadeurs en région. Des ambassadeurs du Quai d'Orsay vont être mis à disposition des régions, si elles le souhaitent, pour aider les PME à l'international. Il y aura également autour de l'ambassadeur, dans chaque pays étranger, une sorte de conseil économique associant les entrepreneurs présents sur place pour arriver à développer notre présence. C'est vraiment ma priorité numéro un.

(...)

Q - Vous voyagez beaucoup.

R - Oui, j'en suis à mon 4ème tour du monde, mais c'est normal. Si un ministre des affaires étrangères n'était pas présent à l'international ce serait paradoxal. Par définition, je suis tout le temps à l'étranger et je mesure que la France est entendue et attendue.

Souvent, en France on dénigre notre influence. Je ne parle pas d'un point de vue politique, mais en général, alors que la voix de la France - qui est l'un des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité - porte. On rejoint là le domaine économique qui compte également, à condition que l'économie soit vaillante.

Q - Vous partez en Libye, je crois ?

R - Je pars à la fin de la semaine pour mon prochain déplacement. D'abord avec le président de la République en Arabie Saoudite, ensuite à Vientiane, au Laos et, dans quelques jours, en Arabie Saoudite. J'irai dans d'autres pays, bien sûr.

Q - Et en Libye ?

R - Et en Lybie.

Q - Qu'allez-vous dire aux Libyens ? La situation est quand même assez catastrophique.

R - La situation est difficile. Certes, ils se sont libérés, bravo ! Kadhafi n'est plus là mais cela ne résout pas tous les problèmes. Il y a, en particulier, un problème majeur de sécurité parce que l'armée et les forces de police, notamment, ne sont pas exactement contrôlées. Et puis, il y avait énormément d'armes sous Kadhafi dont une partie d'ailleurs se trouve désormais au Mali après avoir été récupérée par les terroristes du Mali.

Il y a donc une réorganisation à conduire. La Libye est un pays riche, qui dispose notamment de beaucoup de pétrole. C'est une situation différente d'autres pays voisins qui sont pauvres, mais il y a un problème de réorganisation, elle doit être impérativement menée et nous pouvons aider bien sûr.

Q - De quelle façon ?

R - On peut aider, à la fois économiquement, administrativement, culturellement, par notre présence. Effectivement, on va faire tout cela.

Q - Peut-on les aider à se réorganiser justement du point de vue de la sécurité ?

R - Oui, bien sûr, c'est tout à fait possible mais, dans ce cas, ce n'est pas simplement une question d'organisation au sens administratif. Il y a des forces très différentes là-bas et il faut que le nouveau pouvoir - il y a un président et un Premier ministre - puisse mettre un peu d'ordre.

Q - Vous parliez du Mali tout à l'heure. Il y a deux semaines, le ministre de la défense disait qu'une intervention internationale aurait lieu dans quelques semaines, cela fait déjà deux semaines. Il reste combien de semaines avant cette intervention ?

R - C'est plus complexe que cela.

Q - Il était assez affirmatif, c'était quelques semaines, pas quelques mois.

R - Il y a trois grandes séries de problèmes au Mali.

D'abord, partons de l'essentiel. Il y a un Mali découpé, qui n'a plus d'intégrité territoriale. Le Nord du pays est occupé par des terroristes extrêmement dangereux, à la fois pour le Mali, mais aussi pour l'ensemble de l'Afrique et pour nous. Il faut s'en occuper ; les Africains, d'abord, et nous aussi, si nous le pouvons, en les accompagnant.

Q - Mais aujourd'hui il n'y a plus de date fixée ?

R - Il y a une date.

Q - On ne donne pas d'échéance ?

R - Il y a une date, absolument fixée. Nous avons une trentaine de jours pour présenter un concept, un programme, au Conseil de sécurité des Nations unies et le faire voter. Nous avons présenté une première résolution, adoptée à l'unanimité, qui donne la possibilité de faire beaucoup de choses au Mali.

Dans une trentaine de jours, il y aura une deuxième résolution qui portera sur trois sujets.

Premièrement, le sujet sécuritaire. Il faut que le Mali se réorganise militairement et, ensuite, qu'il y ait des forces suffisantes pour aller affronter les terroristes. C'est ce à quoi faisait allusion M. Le Drian.

Deuxièmement, il faut qu'il y ait un renforcement du pouvoir politique et que le dialogue soit établi avec ceux du Nord qui ne sont pas des terroristes.

Troisièmement, il y a un aspect humanitaire. Il faut conduire des actions de développement parce qu'il y a des gens qui sont dans une misère épouvantable. Nous allons faire cela mais, je le répète, c'est aux Africains d'agir et nous allons les aider.

Q - Mais on ne parle plus de date pour l'intervention militaire ?

R - En ce qui me concerne, je n'ai jamais donné de date précise : le plus tôt sera le mieux. Il faut faire les choses efficacement et c'est aux Africains, d'abord, qu'il appartient d'agir.

Q - Donc, ce n'est pas dans quelques semaines, c'est dans quelques mois ?

R - Il peut déjà y avoir des actions dans quelques semaines. Sur le Mali comme sur d'autres sujets, je tiens à dire que j'essaie, sous l'autorité de François Hollande, d'avoir une diplomatie la plus rassembleuse possible. Je vois les gens, les responsables : j'ai vu Alain Juppé, il y a quelques jours ; je verrai François Bayrou ; je verrai les responsables du Parti communiste, du Parti socialiste et d'autres. Je pense que la politique étrangère de la France doit être menée d'une façon qui rassemble. C'est ce que j'essaie de faire./.

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5. Ouragan Sandy - Déclaration du ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius - Paris, 30 octobre 2012

Face aux effets dévastateurs de l'ouragan Sandy, j'exprime ma pleine solidarité au peuple américain qui, après les pays des Caraïbes, vit des heures particulièrement difficiles. J'adresse aux familles des victimes mes plus sincères condoléances. La France se tient à la disposition des autorités américaines pour leur apporter toute l'aide qu'elles estimeront nécessaire.

Je veux rendre aussi hommage au sang-froid des dizaines de milliers de Français installés dans cette région. Je les appelle à la plus grande prudence dans les jours qui viennent et à suivre les consignes de sécurité qui leur sont données. Nous nous tenons à leurs côtés. Le centre de crise du ministère des affaires étrangères, ainsi que notre ambassade aux États-Unis et nos consulats généraux à Washington, New York, Atlanta et Boston sont pleinement mobilisés au service de nos compatriotes. Tout est fait pour garantir leur sécurité./.

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6. Espagne - communiqué du ministère du commerce extérieur - Paris, 29 octobre 2012

La ministre du commerce extérieur, Mme Nicole Bricq, a effectué un déplacement à Madrid lundi 29 octobre. Elle a rencontré le ministre espagnol de l'économie et de la compétitivité, M. Luis de Guindos Jurado ainsi que le secrétaire d'État au commerce, M. Jaime García-Legaz Ponce.

À l'occasion de leurs entretiens et dans la poursuite des conclusions du 22ème sommet franco-espagnol qui s'est tenu le 10 octobre dernier à Paris, les ministres ont eu l'occasion de rappeler leur attachement commun à la mise en oeuvre effective des décisions des derniers conseils européens, en particulier la mise en place de l'Union bancaire et des mesures de soutien à la croissance au niveau européen. Ils ont également abordé les questions de compétitivité et notamment les dispositifs de soutien aux exportations. L'échange entre les ministres a été l'occasion de mettre en avant les liens forts qui unissent les deux États sur le plan économique.

La France est le premier client de l'Espagne, l'Espagne le troisième client de la France. Le volume total des flux commerciaux bilatéraux s'établissait à plus de 60 milliards d'Euros en 2011. Les ministres ont souligné la confiance réciproque en leurs économies respectives et les opportunités de coopérations - dont celles citées à l'occasion du sommet - et de marchés (dans l'agro-alimentaire, l'énergie, le spatial et le tourisme...) qui existent dans chacun des deux pays. Ils ont salué l'accord intervenu entre leurs deux administrations fiscales s'agissant du statut des Volontaires internationaux en entreprises (V.I.E.) en Espagne et des stagiaires de l'ICEX en France.

Les ministres ont également rappelé leurs convergences de vue sur la politique commerciale de l'Union européenne, en soulignant leur attachement à l'ouverture des marchés respectueuse des règles du commerce international. Ils ont également souligné que cette ouverture des marchés, notamment à travers les accords de libre échange en cours de négociation par l'Union européenne, doit se faire dans un esprit de réciprocité et de bénéfice mutuel et porter aussi bien sur les barrières tarifaires que non tarifaires. Les deux ministres ont souligné l'importance d'accords de libre-échange complets et approfondis avec les pays de la rive sud de la Méditerranée et se sont accordés sur l'importance de relancer les relations économiques et commerciales avec les États-Unis. Ils ont rappelé leur volonté d'examiner rapidement la proposition de règlement de la Commission sur l'accès aux marchés publics avec les pays tiers./.

(Source : site Internet du ministère du commerce extérieur)

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7. Point de presse du porte-parole du ministère des affaires étrangères - Ouragan Sandy - Russie/Rencontre du conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité - Somalie - Assassinat d'un professionnel des médias - Syrie - Parlement européen - Agenda du ministre des affaires étrangères - Égypte - Paris, 30 octobre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Ouragan Sandy - Déclaration de M. Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères

«Face aux effets dévastateurs de l'ouragan Sandy, j'exprime ma pleine solidarité au peuple américain qui, après les pays des Caraïbes, vit des heures particulièrement difficiles. J'adresse aux familles des victimes mes plus sincères condoléances. La France se tient à la disposition des autorités américaines pour leur apporter toute l'aide qu'elles estimeront nécessaire.

Je veux rendre aussi hommage au sang-froid des dizaines de milliers de Français installés dans cette région. Je les appelle à la plus grande prudence dans les jours qui viennent et à suivre les consignes de sécurité qui leur sont données. Nous nous tenons à leurs côtés. Le centre de crise du ministère des affaires étrangères, ainsi que notre ambassade aux États-Unis et nos consulats généraux à Washington, New York, Atlanta et Boston sont pleinement mobilisés au service de nos compatriotes. Tout est fait pour garantir leur sécurité./.»

Je vais vous faire un point rapidement sur l'ouragan Sandy. Vous avez vu qu'il a affecté les Caraïbes dès le 26 octobre, successivement Haïti, la République dominicaine et Cuba, puis les Bahamas. Il y a fait 69 morts. Il n'a pas fait de victime française, même si l'on déplore des dégâts matériels importants causés aux locaux de l'Alliance française de Santiago, sur l'île de Cuba. L'ouragan s'est ensuite déplacé vers la côte est des États-Unis.

Les autorités américaines sont pleinement mobilisées. Nous leur faisons toute confiance. De notre côté, le centre de crise du ministère, notre ambassade à Washington ainsi que les quatre consulats généraux français qui sont concernés sur la côte est, c'est-à-dire en remontant du sud vers le nord Atlanta, Washington, New York et Boston sont également mobilisés.

Nous avons pris trois mesures ici depuis Paris et sur place via nos représentations. Tout d'abord, dans une logique de prévention en amont du passage de l'ouragan, le site Conseil aux voyageurs a été actualisé plusieurs fois notamment pour Cuba puis à deux reprises pour les États-Unis. Des consignes sont également diffusées en temps réel via les sites Internet de notre ambassade et de nos consulats et un message d'alerte a été adressé dès dimanche aux voyageurs à destination des États-Unis qui sont inscrits sur le portail Ariane. Il s'agit du système qui permet aux Français qui voyagent à l'étranger de s'inscrire, de donner leurs coordonnés, de façon qu'ils puissent être contactés très rapidement, particulièrement dans ce genre de circonstances. Une deuxième série de mesures mises en place dans nos postes aux États-Unis consiste en des cellules d'urgence susceptibles d'être activés à tout moment. Enfin, le centre de crise du ministère est en alerte bien sûr et se tient prêt le cas échéant à répondre à d'éventuelles sollicitations de nos compatriotes.

Une dernière remarque pour vous donner une idée de la taille des communautés concernées : ce sont au total à peu près 65.000 Français installés dans cette zone de la côte Nord Est, dont 35.000 à New York, 15.000 à Washington, 8.000 à Boston et 7.000 à Atlanta.

2 - Russie - Rencontre du conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité

Le ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, et le ministre de la défense, M. Jean-Yves Le Drian, recevront le 31 octobre leurs homologues russes, MM. Sergueï Lavrov et Anatoli Serdioukov, pour la onzième session du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité (CCQS). Ils seront, à l'issue, reçus par le président de la République.

Créée en 2002 à l'initiative des chefs d'État français et russe, cette enceinte réunit une fois par an les ministres des affaires étrangères et de la défense de la France et de la Fédération de Russie. Elle constitue un lieu de coopération et dialogue entre nos deux pays, la Russie étant un partenaire de premier rang pour la France.

Le Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité permettra, cette année, d'évoquer les grandes questions relatives à la sécurité européenne et internationale, la coopération OTAN-Russie en matière de défense antimissile, le dossier iranien, les crises en cours, notamment au Mali et en Syrie, ou encore la stabilisation de l'Afghanistan.

3 - Somalie - Assassinat d'un professionnel des médias

La France condamne fermement l'assassinat de l'humoriste et musicien Warsame Shire Awale, survenu le 29 octobre. Nous présentons nos condoléances à ses proches ainsi qu'à ses collègues de la station privée Radio Kulmiye.

Il n'est pas acceptable que des journalistes et des professionnels des médias payent de leur vie l'exercice de leurs fonctions en Somalie.

Nous renouvelons notre appel aux autorités somaliennes afin qu'elles mettent fin aux violences dont les professionnels des médias font l'objet. Ces derniers doivent être en mesure de tenir le public informé sans craindre pour leur sécurité.

Une presse libre et indépendante est nécessaire à la démocratie et à l'instauration d'un État de droit en Somalie.

4 - Syrie

Q - Concernant la Syrie, l'ambassadeur de la Ligue arabe l'autre jour préconisait un retour à l'accord de Genève conclu cet été. Quelle est la position de la France sur cet accord ? Est-ce que M. Fabius va en parler avec M. Lavrov ?

R - Oui, bien sûr ils en parleront. Ils parleront de la crise syrienne de manière générale, c'est-à-dire la rupture du cessez-le-feu qui est évidemment regrettable, la situation sur le terrain avec la reprise à un niveau particulièrement intense des bombardements et tous les autres aspects de cette crise.

S'agissant du communiqué de Genève, c'est un sujet que nous avions traité assez longuement vendredi dernier. Nous avons en effet avec les Russes une divergence d'interprétation de ce texte, sur un point particulier qui concerne le maintien ou non au pouvoir de Bachar Al-Assad.

Je vous avais rappelé les termes exacts de ce communiqué qui renvoie «à la mise en place d'un organe de gouvernement transitoire capable d'instaurer un climat de neutralité dans lequel la transition pourra se faire». Ce texte parle également dans une autre de ses dispositions de consentement mutuel. En d'autres termes, si on met bout à bout les différentes dispositions de ce communiqué, agréé dans le format particulier qui était celui de Genève, comprenant notamment le P5, donc les Russes, on voit mal comment Bachar Al-Assad pourrait participer à une telle instance de transition. Pour le dire encore autrement, et c'est la position constante de France, Bachar Al-Assad doit partir. Il est tout simplement impossible que s'engage une transition politique dans ce pays en sa présence.

J'attire en outre votre attention sur le fait qu'entre le 30 juin, date de ce communiqué de Genève, et aujourd'hui il s'est passé des choses. Et le moins que l'on puisse dire c'est que Bachar Al-Assad n'a pas apporté la preuve qu'il inclinait à trouver une solution permettant cette transition politique. Au contraire, la répression n'en est que plus féroce.

Le communiqué de Genève n'en est pas moins un document important parce que c'est le seul sur lequel les membres permanents du Conseil de sécurité sont tombés d'accord s'agissant de la crise syrienne d'une part, et d'autre part, parce que Lakhdar Brahimi y attache une grande importance pour la suite.

Q - Est-ce que vous refusez de discuter avec Bachar Al-Assad et son régime ou bien vous ne voulez pas discuter du tout avec lui d'une solution tant qu'il est présent ? Est-ce qu'il faut qu'il parte sans qu'on discute avec lui ou bien...

R - Qu'il parte.

Q - Et vous refusez toute discussion avec lui ?

R - Il n'est pas question de discuter avec lui. Enfin quand même je rappelle...

Q - Non mais c'est une autre partie. Ce que je dis, c'est que Bachar Al-Assad représenté peut-être un tiers ou je ne sais pas, avec qui va-t-on discuter alors ?

R - Sans refaire le bilan macabre de ce qui se passe maintenant depuis vingt mois en Syrie, trente-cinq mille morts, trois cent mille blessés, plus d'un million de déplacés, des centaines de milliers de réfugiés, Bachar Al-Assad et son régime sont coupables de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité en Syrie. Ce n'est pas la France seulement qui le dit, c'est le Conseil des droits de l'Homme. On est arrivé à un tel niveau d'atrocités en Syrie que toute forme de maintien de Bachar Al-Assad à la tête de ce pays rend impossible le début d'une transition. Toute solution durable en Syrie passe par une transition politique à laquelle M. Bachar Al-Assad ne peut pas participer.

Q - Inaudible

R - Al-Assad et tous ceux qui auront participé à ce qui s'est passé.

5 - Parlement européen

Q - Étant donné la crise financière qui pèse sur l'Europe et les appels incessants à la réduction des dépenses publiques, à quoi cela sert-il de maintenir le Parlement européen à Strasbourg étant donné que c'est un fonctionnement qui coûte très cher ?

R - Je voudrais faire plusieurs remarques. Premièrement, le siège du Parlement européen est installé à Strasbourg en vertu de deux dispositions des traités, respectivement l'article 341 du Traité sur le fonctionnement de l'UE et le protocole numéro 6. L'installation du siège à Strasbourg est donc le résultat d'un accord unanime des États membres de l'UE, en vertu de traités qui ont été ratifiés par ces derniers. Le traité est la règle commune, il engage non seulement les institutions européennes mais également les États membres de l'UE.

Deuxième remarque, le Parlement européen est installé à Strasbourg depuis 1962. Strasbourg est également le siège d'autres institutions : la cour européenne des droits de l'Homme et le médiateur européen. Dans l'opinion publique non seulement française mais européenne, Strasbourg est devenue au fil du temps, depuis cinquante ans maintenant pour ce qui est du Parlement européen, la capitale parlementaire de l'Europe d'une part et le symbole de la réconciliation entre la France et l'Allemagne d'autre part, ce qui a un sens et une portée particulière en cette année franco-allemande.

Une troisième et dernière remarque, l'Union européenne est organisée de telle manière que les institutions européennes ne sont pas concentrées en un seul lieu. Cela ne permettrait pas un fonctionnement idéal de l'Union européenne à 27 États membres. C'est la raison pour laquelle il y a dans certaines capitales ou grandes villes européennes, d'autres institutions européennes comme par exemple, la banque centrale européenne qui se trouve à Francfort.

6 - Agenda du ministre des affaires étrangères

Q - Les 5 et 6 novembre prochains, Laurent Fabius accompagnera François Hollande à Vientiane pour le Sommet de l'ASEM. Le ministre des affaires étrangères profitera-t-il de ce déplacement en Asie pour faire une visite en Birmanie ?

De plus, comment officiellement, le gouvernement français dénomme-t-il ce pays ? Est-ce toujours le nom de Birmanie ou prend-il l'appellation du gouvernement en place : c'est-à-dire Myanmar ?

R - Concernant le déplacement en Birmanie, ce n'est, à ma connaissance, pas prévu. En effet, vous avez raison, le ministre des affaires étrangères accompagnera le président de la République dans ce déplacement pour le sommet de l'ASEM. Quant au nom, nous utilisons le nom internationalement reconnu pour ce pays, c'est-à-dire Birmanie.

Q - Ce matin, Laurent Fabius sur France 2 a évoqué un déplacement en Libye. Aura-t-il lieu dans la foulée de son déplacement en Asie ou plus tard ?

R - Il effectuera en effet un déplacement prochainement voire très prochainement, mais la date n'en est pas encore fixée. C'est ce déplacement qui avait été reporté, à la demande des autorités libyennes, notamment pour des raisons de sécurité. Ce déplacement est donc reprogrammé probablement courant novembre.

7 - Égypte

Q - Êtes-vous en contact avec l'ambassade d'Égypte concernant un Égyptien qui aurait été maltraité dans un commissariat à la fin du mois de décembre dernier et qui aurait été assez grièvement blessé ?

R - J'ai vu la dépêche en effet. Nous ne sommes pas spécifiquement en contact avec l'ambassade mais si ce que dit la dépêche est exact, il y aura une procédure et les faits seront constatés et sanctionnés. J'ajoute que c'est également une question à poser au ministère de l'intérieur./.

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8. Syrie - Déclaration du porte-parole de la Haute représentante de l'Union européenne - Bruxelles, 29 octobre 2012

La Haute représentante exprime une nouvelle fois son soutien sans faille aux efforts déployés par Lakhdar Brahimi, représentant spécial conjoint, notamment pour sa tentative de faire prévaloir un cessez-le-feu pendant la fête sainte de l'Aïd al-Adha.

La Haute représentante déplore vivement que, après la diminution des violences constatée dans un premier temps, des actions militaires aient été menées de part et d'autre en violation de la trêve.

La Haute représentante formule l'espoir que les parties puissent s'entendre et s'engager en faveur d'un futur cessez-le-feu, qui constituerait la base à partir de laquelle un processus politique pourrait être développé et mené à bien./.

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9. Birmanie - Déclaration du porte-parole de la Haute représentante de l'Union européenne - Bruxelles, 26 octobre 2012

La Haute représentante est profondément bouleversé par les nouveaux affrontements intercommunautaires qui ont éclaté dans l'État de Rakhine, en Birmanie, et exhorte toutes les parties à faire cesser immédiatement cette violence gratuite.

La Haute représentante veut croire qu'une solution pacifique et constructive pour tous les habitants de l'État de Rakhine peut être trouvée. Les dirigeants politiques et religieux devraient diffuser un message de retenue et de modération.

La Haute représentante encourage toutes les parties concernées à trouver des moyens durables de régler les dissensions entre les communautés.

Par ailleurs, l'Union européenne continue d'insister sur l'urgente nécessité de garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire./.

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