Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Bulletin d'actualités du 1er octobre 2012


Sommaire



1. Mali/Syrie - Entretien du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius, avec France 24, Radio France Internationale et Europe 1 - New York, 28 septembre 2012

 

Q - Quand vous êtes arrivé à l'Assemblée générale, il y avait un certain nombre d'attentes sur la situation au Mali, au Sahel. Vous parlez d'une prochaine réunion du Conseil de sécurité : est-ce qu'on a une échéance ? Est-ce qu'on a réellement avancé là-dessus ?

R - Je pense que c'est vraiment le point sur lequel les choses se sont peut-être débloquées, mais je dis «peut-être» parce que j'ai appris à être prudent. Il y a eu une réunion autour du Sahel qui a été forte, d'abord parce que les Maliens eux-mêmes sont venus décrire la situation, plusieurs pays sont intervenus pour dire qu'il faut que le Mali recouvre son intégrité, qu'il faut que le terrorisme soit combattu. Il y a eu le discours de François Hollande qui a été un discours fort, il y a eu les discours d'un certain nombre de responsables. Je ne dis pas que tous les problèmes sont réglés, loin de là, mais j'ai senti chez mes collègues, en particulier chez mes collègues des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité, la conviction qu'il fallait avancer, parce que le terrorisme est un enjeu pour tout le monde, pas seulement pour le Mali, mais pour les pays voisins et pour l'ensemble de l'Afrique.

Q - Pour parler très concrètement, qu'est-ce qui bloque, qui bloque et pourquoi ?

R - Il y a des difficultés, bien sûr. D'abord, quand vous êtes dans un pays qui est amputé comme le Mali aujourd'hui, le pouvoir n'est pas très solidement établi ; il peut donc y avoir des difficultés internes. En plus, le Mali appartient à un ensemble qu'on appelle la CEDEAO et il y a parfois des accords, mais aussi des désaccords au sein de la CEDEAO. Et puis vous avez la sous-région de l'Afrique, donc il peut y avoir des accords entre tels ou tels participants.

Mais il y a quand même un sentiment très fort qu'il ne faut pas laisser de temps aux terroristes.

Q - C'est une question de semaines, de mois pour vous ?

R - La première étape est une réunion du Conseil de sécurité, et une résolution de ce Conseil. Notre représentant permanent, avec ses collègues, est en train de travailler à cela. J'espère que, pour ce qui concerne la résolution elle-même, c'est une question de jours. Mais je vous le dis, je reste prudent parce qu'on a été un peu échaudé dans le passé.

Q - Sur le Mali, sentez-vous que ce qui s'est passé à Benghazi a changé les choses chez les Américains ?

R - On le comprend, c'est évidemment dans leur esprit. J'ai dit à Hillary Clinton, et je pense qu'elle n'avait pas besoin d'être convaincue, que le terrorisme ne se découpait pas en rondelles, si je puis dire. Il faut lutter contre le terrorisme partout et ce qui est en train de se dérouler au Mali est une menace pas seulement pour ce pays, mais pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest, pour toute l'Afrique et, d'une manière générale, pour toutes nos démocraties. Je pense que les Américains, comme d'autres, sont bien conscients des risques très importants que fait courir le terrorisme à toutes nos sociétés.

Q - Concernant les otages, leurs familles s'émeuvent et craignent que l'on ait pris la décision de les sacrifier.

R - Non. Nous avons abordé ce sujet avec François Hollande et les familles des otages lorsque nous les avons reçues, il y a quelques semaines. Ce sont des familles remarquables, dont j'admire le courage, et le courage des otages aussi. Ils nous ont posé la question. Et au fond nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour récupérer nos otages et nous le faisons.

En même temps, il y a une politique générale qui n'est pas seulement la politique de la France, qui est menée par toute une série de pays : on ne peut pas admettre que le terrorisme avance. Le risque, c'est d'autres otages et d'autres crimes. Il faut donc arriver à concilier tous ces aspects.

Q - La notion de leur sécurité ne vous empêchera pas d'agir ?

R - Bien sûr que leur sécurité est prioritaire. La sécurité des otages est présente chaque jour dans nos esprits.

Q - Par quels canaux ĂŞtes-vous en contact avec eux ?

R - Je pense que sur ce sujet il est préférable, vous le comprendrez, d'être discret.

Q - Sur la Syrie, les zones libérées peuvent-elles changer la donne et la façon d'aborder le soutien à l'opposition ?

R - Oui, c'est une initiative prise par la France. J'ai été frappé lors de la réunion qu'on a eue sur la Syrie - avec le Groupe des amis de la Syrie - que beaucoup de pays nous aient demandé quelle était exactement notre expérience et ont demandé à y être associés. Nous leur avons expliqué ce que nous avons fait dans ces zones libérées : nous avons apporté très concrètement la façon de faire du pain pour les gens, la façon de soigner, la façon, avec des élus locaux, de faire une nouvelle police. Au fond, c'est ça la Syrie du futur.

Mais cela ne suffit pas à résoudre la situation parce que la problématique est aussi militaire et diplomatique. Tant que vous aurez le blocage au Conseil de sécurité avec les Chinois et les Russes qui ne bougent pas, vous aurez toujours M. Bachar Al-Assad là. Le premier élément qui m'a frappé, c'est l'intérêt pour les zones libérées. L'autre élément qui m'a frappé est la très forte demande pour l'unité de l'opposition. Si on veut que M. Bachar Al-Assad, pour employer un mot qui a souvent été utilisé, «dégage» et dégage vite avec les crimes qu'il commet chaque jour, il faut que l'opposition soit unie. L'opposition nous demande des choses, c'est normal, mais nous, nous demandons à l'opposition de s'unir.

Q - Êtes-vous rassuré par la capacité de l'opposition à s'unir ?

R - Je ne m'interroge pas beaucoup sur la capacité, je dis que c'est une absolue nécessité. On comprend bien que si on veut se débarrasser vite de M. Al-Assad, qui est un criminel, il faut que le régime alternatif soit mis en place. On a donc besoin d'un projet et d'une opposition./.

Retour sommaire


2. Aide publique au dĂ©veloppement - Entretien du ministre du dĂ©veloppement, M. Pascal Canfin, avec le quotidien «Le Monde» - Paris, 2 octobre 2012

 

Q - Vos prédécesseurs étaient ministres de la coopération. Pourquoi êtes-vous devenu ministre du développement ?

R - C'est la conclusion d'une séquence historique engagée depuis trente ans. La mondialisation a signé la fin d'une relation fondée sur le passé colonial et a rendu indispensable un nouveau partenariat avec l'Afrique. Ministre écologiste du développement, je peux consacrer 100 % de mon temps à une politique qui incite les pays les plus pauvres à adopter un mode de développement soutenable. Autrefois, développement économique et développement durable étaient deux notions distinctes. Il faut les fusionner.

Q - Qui l'aide française doit-elle privilégier ? Les plus pauvres ou les plus dynamiques ?

R - Il s'agit d'un faux débat. Quand nous intervenons dans les pays émergents, nous le faisons sous forme de prêts. Ainsi la Chine ne reçoit plus d'argent du contribuable français, mais l'Agence française de développement (AFD) lui prête des fonds pour décarboner son économie, car il est important - en Chine comme en France - qu'on protège le bien public mondial qu'est le climat.

En revanche, quand nous intervenons en matière d'éducation, de santé ou de lutte contre la pauvreté en Afrique, nous le faisons à travers des dons.

La France a choisi de faire passer par l'Union européenne une grande partie de son aide aux pays les plus pauvres : 20 % des financements européens sont français.

Q - La France a une politique de dons de plus en plus parcimonieuse. Qu'en pensez-vous ?

R - François Hollande a promis durant sa campagne électorale que les dons bilatéraux seraient remontés à leur niveau de 2007. Cette promesse sera tenue.

Il s'était aussi engagé à augmenter la part de ces dons confiée aux organisations non gouvernementales. Le montant dont celles-ci recevront la responsabilité augmentera dès 2013 et passera de 45 millions à 90 millions d'euros d'ici à la fin du quinquennat.

Q - À quoi l'échec de l'économie verte au Sommet Rio +20 est-il dû ?

R - Pour les pays pauvres, ce n'est pas la priorité. Les pays émergents ne veulent pas se faire imposer de modèle. Quant aux pays riches, ils éprouvent le plus grand mal à s'engager dans la voie d'une transition écologique et à financer celle-ci.

Nous sommes dans une situation de blocage. Mon rôle est d'identifier ceux qui, dans le monde en développement, pensent autrement et estiment que le développement durable n'est pas un luxe réservé aux pays riches.

Q - Comment cela se traduira-t-il dans votre politique ?

R - Nous avons réorienté la politique énergétique de l'AFD. Pour les trois prochaines années, les investissements dans ce domaine, soit de 5 à 6 milliards d'euros, auront pour priorités les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique et la décarbonisation. Par ailleurs, je veux promouvoir le concept d'agriculture écologiquement intensive. Il faut, au Sud, augmenter la production agricole, mais pas n'importe comment.

Et, alors que les projets d'investissement de l'agence sont étudiés par un comité d'engagement qui évalue uniquement les risques financiers, l'AFD va se doter d'un deuxième comité qui évaluera les projets à partir de critères sociaux et environnementaux. Nous souhaitons que ces critères soient mieux intégrés dans les appels d'offres des bailleurs.

Q - Quelle sera la part des recettes de la taxe sur les transactions financières affectée à l'aide aux pays pauvres ?

R - Le président de la République a confirmé, le 25 septembre, devant l'Assemblée générale des Nations unies, ce qu'il avait annoncé lors de la campagne électorale, à savoir qu'au moins 10 % de la taxe française sur les transactions financières seraient affectés au développement et à la lutte contre les fléaux sanitaires et les pandémies. Cela représentera environ 160 millions d'euros.

Q - À quoi serviront les Assises du développement et de la solidarité internationale annoncées par le Premier ministre ?

R - Cela fait quinze ans qu'il n'y a pas eu sur le sujet un dialogue de cette ampleur. Il s'agit de réunir tous les acteurs du développement pour discuter de la façon de mettre la politique française de développement au service du développement durable.

Q - Que vous inspirent les négociations européennes sur la transparence des transactions financières ?

R - Les optimisations fiscales des entreprises font perdre aux budgets des pays en développement dix fois le montant de l'aide que ceux-ci reçoivent. Une directive initiée par le commissaire européen Michel Barnier est en cours de négociation afin d'obliger les entreprises européennes à publier, pour chaque pays, ce qu'elles gagnent et ce qu'elles paient comme impôts.

Renforcer la capacité des États du Sud à collecter l'impôt est fondamental, car la finalité de l'aide publique est de s'éteindre : il faut que ces États en aient de moins en moins besoin./.

Retour sommaire


3. Maroc - Intervention de la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e des Français de l'Ă©tranger, Mme HĂ©lène Conway-Mouret avec le quotidien «L'Économiste» - Paris, 28 septembre 2012

 

Q - L'expatriation n'est pas toujours bien perçue en France. On la présente au mieux comme une fuite des cerveaux, au pire comme une fuite de capitaux. Comment soigner ce déficit de perception ?

R - Il s'agit de clichés réducteurs, et heureusement les mentalités évoluent. L'expatriation est une chance : les professionnels français sont recherchés, et les étudiants y gagnent une pratique des langues étrangères sans laquelle ils ne peuvent être compétitifs sur le marché de l'emploi.

Le Maroc en est d'ailleurs un des meilleurs exemples. Quelle chance pour nos deux pays d'accueillir sur nos territoires respectifs une communauté des Français du Maroc et une communauté des Marocains de France. Elles constituent un gage unique de rapprochement et de coopération entre nos deux pays. Ce sont avant tout ces expatriés qui font vivre la relation franco-marocaine ; ils en sont les dépositaires et les garants !

Q - L'augmentation exponentielle des frais de scolarité est au coeur des préoccupations des expatriés du Maroc. Les parents d'élèves trouvent qu'ils n'ont pas été écoutés par le gouvernement sortant. Comptez-vous y remédier ?

R - L'augmentation des frais de scolarité du réseau d'enseignement français à l'étranger est une réalité qui dépasse le seul cas du Maroc. Les contraintes budgétaires de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger ainsi que l'augmentation constante de la demande de scolarisation dans nos établissements ont rendu inéluctables l'augmentation de la participation des familles.

Pour autant, cette hausse ne saurait être qualifiée d'«exponentielle» ni assimilée à un désengagement progressif de la France du financement de ces établissements. Le Maroc reste le premier réseau d'enseignement français dans le monde, dans lequel l'État français met le plus de moyens, avec notamment le plus fort taux d'enseignants titulaires de l'éducation nationale française en détachement. Au total, l'aide annuelle moyenne de l'État français est de 2 235euro par élève, hors bourses et toutes nationalités confondues. Je m'engage d'ailleurs à ce que ce niveau de contribution perdure dans les prochaines années.

Q - Toujours en matière d'éducation, la communauté française se plaint de payer au Maroc des frais de scolarité bien plus importants que ceux pratiqués par l'AEFE dans d'autres pays du monde...

R - Les hausses des frais de scolarité au Maroc restent modérées par rapport aux tarifs appliqués dans les autres établissements dans le reste du monde. Ils comptent même parmi les moins élevés de notre réseau. C'est là une spécificité que nous entendons conserver, eu égard à la place particulière de la langue française et du réseau d'enseignement français au Maroc !

Q - En matière de protection des intérêts français au Maroc, les efforts de sécurité semblent surtout se concentrer sur les services consulaires, les chambres de commerce. En revanche, aucun dispositif n'est prévu devant les portes des écoles et lycées français. Ce n'est pas très rassurant pour les parents d'élèves, en particulier lorsque la situation politique internationale est tendue comme pour l'affaire des caricatures...

R - Sur ce sujet, je tiens en premier lieu à saluer l'exemplarité des autorités, de la presse et du peuple marocains, qui ont refusé tout amalgame et fait la part des choses. Le gouvernement français a appelé à la responsabilité de chacun. Comme l'a rappelé le Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, la liberté d'expression est un principe fondamental de notre République. Cependant, il faut faire attention : dans un monde où l'information circule partout de façon instantanée, les réactions sont différentes d'une culture à l'autre, et je comprends parfaitement que certains aient pu se sentir offensés.

S'agissant de la protection des intérêts français, nous faisons toute confiance aux autorités marocaines pour assurer en toutes circonstances la sécurité de l'ensemble de nos emprises, qu'elles soient éducatives, culturelles, économiques, consulaires ou encore diplomatiques. Je tiens à remercier les autorités marocaines pour leur grande réactivité dans les jours qui ont suivi la publication des caricatures.

Enfin, s'agissant des conseils de prudence à l'égard de nos ressortissants, ils n'ont pas changé pour ce qui concerne le Maroc. Comme dans le reste du monde, nous conseillons aux Français d'y faire preuve de vigilance.

Q - La demande de visas est semĂ©e d'embĂ»ches tant pour les touristes que pour les Ă©tudiants et les hommes d'affaires. Allez-vous engager une rĂ©flexion pour faciliter les procĂ©dures ?‪

R - Le gouvernement a fait le choix d'une nouvelle orientation pour la politique française d'immigration. Ainsi, conformément aux engagements du président François Hollande, les circulaires du précédent gouvernement relatives à la maitrise de l'immigration professionnelle et à l'accès au marché du travail des diplômés étrangers ont été abrogées. Le ministre de l'intérieur, M. Manuel Valls, s'est rendu au Maroc en juillet afin de présenter aux autorités marocaines notre nouvelle politique d'immigration.

En matière de délivrance des visas, je souhaiterais rétablir la réalité de la situation : les services consulaires français au Maroc délivrent près de 160 000 visas par an. Le taux de refus y est parmi les plus bas au monde dans notre réseau consulaire (7% en moyenne). Le nombre de refus ne cesse d'ailleurs de baisser. Nous délivrons dès que cela est possible (dans plus de 40% des cas), des visas dits «de circulation», permettant de se rendre en France plusieurs fois. Je m'inscris donc en faux contre l'image parfois véhiculée d'une France fermée aux Marocains.

Par ailleurs, je tiens à souligner l'effort continu mené par nos services consulaires pour améliorer la qualité du service rendu aux Marocains. Outre des rénovations qui ont permis d'améliorer les conditions d'accueil, l'externalisation du système de prise de rendez-vous a permis de réduire fortement les délais d'attente pour les usagers.

Q - La circulaire GuĂ©ant a Ă©tĂ© retirĂ©e. Est-il pour autant facile pour un Ă©tudiant Ă©tranger d'effectuer les dĂ©marches nĂ©cessaires pour venir Ă©tudier en France ?‪

R - Le gouvernement français considère que l'accueil des étudiants étrangers participe au rayonnement de la France ainsi qu'à l'attractivité nationale et internationale de notre enseignement supérieur. À cet effet, la nouvelle circulaire du 31 mai 2012 donne une nouvelle orientation relative aux modalités d'accès au marché du travail en France des diplômés étrangers.

Près de 5.000 à 6.000 étudiants marocains sur un total de 60.000 étudiants arrivent chaque année en France. Un étudiant étranger sur 10 est donc Marocain et je m'en félicite. Les étudiants marocains en France, plus de 30.000, forment la plus grande communauté d'étudiants étrangers en France. Certains sont inscrits dans les meilleures écoles françaises. La France leur est donc largement ouverte.

Q - Quelle votre réaction suite aux récents actes de vandalisme dans le cimetière européen de Rabat ?

R - Je ne peux évidemment que condamner de tels agissements, qui sont inacceptables ici comme ailleurs. Pour autant, nous avons toute confiance dans la mobilisation des autorités marocaines pour empêcher que de tels actes ne se reproduisent à l'avenir. Notre consul général à Rabat est en contact étroit avec les autorités administratives et de police marocaines sur cette question. Celles-ci se sont engagées à prendre toutes les mesures pour assurer une surveillance continue et renforcée du cimetière, qui est effective à ce jour. Le mobile des détériorations ne semble être ni religieux ni idéologique, mais plutôt financier. Des dispositions ont été prises pour informer en France les familles dont les proches ont été enterrés dans ce cimetière et assurer les réparations des sépultures endommagées.

Q - À l'issue de votre visite, quel message allez-vous faire passer auprès des autorités marocaines ?

R - Comme mes collègues ministres Mme Nicole Bricq, M. Pascal Canfin et M. Manuel Valls, ma venue au Maroc est le témoignage du caractère exceptionnel de notre relation bilatérale.

En tant que ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, j'ai dit aux autorités marocaines notre volonté de préserver la qualité et le dynamisme des principaux piliers de la présence française dans votre pays, à savoir : un réseau consulaire parmi les plus denses de notre diplomatie, au service des Français comme des Marocains ; le plus important réseau d'établissements scolaires français à l'étranger, qui contribue à faire vivre la francophonie dans ce pays ; un réseau culturel très dense, composé de onze instituts français et de deux alliances franco-marocaines ; une présence économique importante, avec plus de 750 filiales d'entreprises françaises installées qui créent des emplois au Maroc tout en générant des bénéfices indirects pour la France. C'est en substance le message que j'ai adressé à Abdelilah Benkirane hier, lors de notre entretien.

Enfin, ma visite s'inscrit également dans le cadre de la préparation de la prochaine Rencontre de Haut niveau franco-marocaine, qui aura lieu au Maroc d'ici la fin de l'année. Cet événement sera encore une occasion de donner une nouvelle impulsion à la coopération, déjà excellente, entre nos deux gouvernements./.

Retour sommaire


4. Maroc - Entretien de la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e des Français de l'Ă©tranger, Mme HĂ©lène Conway-Mouret avec la chaĂ®ne de tĂ©lĂ©vision marocaine «2M» - Rabat, 27 septembre 2012

 

Q - Vous êtes la quatrième ministre du gouvernement Ayrault à vous rendre au Maroc en l'espace de quelques semaines à peine, est-ce que cela veut dire que le Royaume est plus que jamais un partenaire privilégié et stratégique de la France ?

R - Absolument. Je suis le quatrième membre du gouvernement de Jean-Marc Ayrault à venir au Maroc en cinq mois, depuis la formation du gouvernement. Ce qui montre bien le sérieux avec lequel nous entendons travailler avec le gouvernement marocain. Je suis aussi venue pour saluer le processus de réformes engagé sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Nous sommes très impressionnés par le processus de démocratisation, de modernisation du pays qui a été engagé et qui se déroule dans une sérénité et une stabilité très impressionnantes.

Q - Parlons d'un point précis qui relève de votre responsabilité. Vous savez que le Maroc accueille le plus grand réseau d'écoles françaises, des établissements qui, malgré tout, demeurent moins accessibles aux Marocains depuis qu'ils ont vu leurs frais d'inscription s'envoler, plus 150 % en l'espace de cinq ans à peine. Comment justifiez-vous une telle décision ?

R - Le réseau scolaire au Maroc est très important et c'est pour cela que je suis ici, il fait partie de mes attributions. Nous investissons quand même, malgré les frais de scolarité qui augmentent. La scolarisation, la santé, la sécurité sont au coeur des préoccupations des familles, et l'État français fait de gros efforts puisque chaque enfant coûte à l'État 2200 euros par an. C'est une subvention de l'État français pour la scolarisation des enfants dans le réseau scolaire français au Maroc.

Q - Cela veut dire qu'il n'est pas prévu de revoir à la baisse ces frais-là ? Et n'est-ce pas un handicap, à l'heure où l'on défend la francophonie, de voir d'autres établissements, d'autres langues, notamment les établissements américains, plus accessibles ?

R - Oui, mais en même temps nous développons en ce moment le parc immobilier que nous avons. Nous avons besoin de l'entretenir, de le rénover, de le développer, et cela a un coût. Alors si nous voulons offrir un cadre un peu meilleur pour nos enfants, il faut malheureusement que les familles participent au coût de développement de cet immobilier.

Q - Autre point qui intéresse les Marocains, le président Hollande avait promis d'alléger, tout du moins de les faciliter, les procédures d'attribution de visas. Mais il semble qu'à l'heure actuelle, plusieurs mois après son entrée en fonction, les procédures demeurent les mêmes que celles qui étaient en vigueur sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans quels délais cette facilitation d'accès au territoire français se fera-t-elle ?

R - Manuel Valls est venu au Maroc, il a eu une série de réunions. Il travaille en ce moment à une politique d'ouverture. Nous ne sommes plus dans la logique de quotas, de chiffres, du gouvernement précédent. Dès l'arrivée au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, nous avons abrogé les circulaires Guéant qui étaient très embarrassantes pour la France et lui donnaient une très mauvaise image. Aujourd'hui nous avons 160 000 visas par an qui sont donnés aux ressortissants marocains pour venir en France. Nous avons un taux de refus qui est un des plus bas dans le monde et nous pouvons nous satisfaire de la confiance qui règne entre la France et le Maroc. Manuel Valls travaille dans le sens d'une plus grande flexibilité, d'une plus grande ouverture./.

Retour sommaire


5. Chypre - DĂ©placement du ministre de la dĂ©fense, M. Jean-Yves le Drian - Paris 27 septembre 2012

Les 26 et 27 septembre, M. Jean-Yves Le Drian s'est rendu à Chypre dans le cadre d'une réunion informelle des ministres de la défense de l'Union européenne. Il a également saisi cette occasion pour se rendre dans le sas de reconditionnement de l'armée de terre à Paphos accompagné par son homologue chypriote.

Des échanges se sont ainsi déroulés autour des enjeux dans le voisinage sud de l'Union européenne (UE), des opérations en cours et des capacités. Ouverte par M. Demetris Eliades, ministre de la défense chypriote, cette réunion informelle s'est produite dans le cadre de la présidence tournante du Conseil de l'UE exercée actuellement par Chypre. Au cours des discussions, les situations au Sahel-Mali ont fait l'objet de nombreux échanges. À cette occasion, M. Jean-Yves Le Drian a défendu la concrétisation d'un format européen de soutien à la CEDEAO et au gouvernement de Bamako pour stabiliser le Mali et éviter la formation d'un nouveau sanctuaire terroriste.

Par ailleurs, M. Jean-Yves Le Drian a souhaité rendre visite aux 23 membres du détachement de l'Armée de terre, installés à Paphos pour y accueillir les militaires de retour de mission en Afghanistan. Ce sas de reconditionnement permet aux militaires de profiter d'un environnement apaisé et encadré avant leur retour dans leur régiment. L'équipe est notamment formée de moniteurs sportifs et de psychologues. Le ministre de la défense leur a dit toute l'importance qu'il accordait à ce dispositif d'accompagnement humain et le caractère exemplaire de la mission qui y est effectuée. Il était accompagné à cette occasion par le ministre de la défense chypriote, M. Dimitris Eliades.

(Source : site Internet du ministère de la défense)

Retour sommaire


6. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires Ă©trangères - Entretien du ministre avec le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l'OCI - Somalie/Assassinats de deux journalistes Ă  Mogadiscio - Syrie/Destruction du marchĂ© mĂ©diĂ©val de la ville d'Alep - Cambodge/Condamnation de M. Mam Sonando - Mali/Libye - Paris, 1er octobre 2012

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien du ministre avec le secrétaire général de l'OCI (2 octobre 2012)

M. Laurent Fabius recevra demain M. Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI).

Cet entretien permettra de renforcer les relations existant entre la France et l'OCI, à la suite notamment de la désignation de notre consul général à Djeddah comme envoyé spécial auprès de l'organisation, le 23 juillet dernier.

Ils évoqueront également les principales questions régionales, dont la situation en Syrie, au Mali, et le processus de paix au Proche-Orient.

Cet entretien marque la volonté des autorités françaises d'intensifier leur dialogue politique et leurs relations de coopération avec l'OCI et son secrétaire général, compte tenu du rôle majeur qu'ils jouent au sein du monde islamique.

2 - Somalie - Assassinats de deux journalistes Ă  Mogadiscio

La France condamne les assassinats, les 27 et 28 septembre Ă  Mogadiscio, d'Abdirahman Mohamed Ali et d'Ahmed Abdulahi Farah, qui s'ajoutent Ă  d'autres assassinats de journalistes commis en Somalie.

La France présente ses condoléances aux familles, aux collègues et aux amis de ces deux journalistes. Elle est extrêmement préoccupée par l'augmentation, en Somalie, du nombre d'attentats visant des journalistes et des personnes travaillant pour les médias.

Elle demande aux nouvelles autorités somaliennes de prendre des mesures immédiates pour améliorer la sécurité publique. Il leur appartient de garantir la sécurité des journalistes et de leur permettre de fournir de manière indépendante des informations, sans avoir à craindre d'être la cible de violences.

La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et à la protection des journalistes. Elle appelle les États à veiller à la mise en oeuvre des résolutions pertinentes des Nations unies, notamment la résolution 1738 du Conseil de sécurité et la résolution sur la sécurité des journalistes qui vient d'être adoptée au Conseil des droits de l'Homme.

3 - Syrie - Destruction du marché médiéval de la ville d'Alep

La France exprime sa vive condamnation suite à la destruction par les flammes du marché médiéval d'Alep causée par de violents bombardements. Ce site était classé au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cet événement illustre l'intensification de la violence en Syrie et montre que le régime ne recule devant rien pour poursuivre sa répression aveugle.

Nous réitérons notre ferme condamnation des bombardements contre la population civile, à Alep et dans le reste du pays.

La France reste engagée aux côtés du peuple syrien et maintiendra sa pression sur le régime de Damas pour éviter de nouveaux massacres. La violence dont le régime use contre son propre peuple est constitutive de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, comme vient de le rappeler le Conseil des droits de l'Homme, le 28 septembre dernier. Tous ceux qui participent à ces crimes devront rendre des comptes.

4 - Cambodge - Condamnation de M. Mam Sonando, ressortissant franco-cambodgien

Nous sommes troublés par la condamnation de M. Mam Sonando, président de l'Association des Démocrates du Cambodge, journaliste et directeur de Radio Abeille.

La France déplore cette condamnation. Elle appelle les autorités cambodgiennes à garantir que les voies de recours permettront de réexaminer sans tarder cette affaire de manière juste et équitable.

La France appelle instamment le Cambodge à respecter la liberté d'expression et d'opinion, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel il est partie.

M. Mam Sonando, qui possède la nationalité française, bénéficie de la protection consulaire, due à chacun de nos ressortissants. Il a régulièrement reçu, depuis sa mise en détention, la visite du consul de France à Phnom Penh. Celui-ci devrait de nouveau le rencontrer très prochainement. Nous continuons de suivre la situation avec une grande attention.

5 - Mali

Q - Le Premier ministre malien réclame une force d'intervention internationale et des forces spéciales françaises au Mali. La position française «pas de troupes au sol» est-elle intangible ? Et envisagez-vous un appui aérien français à des troupes africaines au sol ?

R - Comme nous l'avons dit à plusieurs reprises, c'est aux Africains qu'il appartient de proposer et de mener les opérations.

La France est disposée à fournir, le moment venu, un appui logistique en réponse aux demandes qui seront formulées par nos partenaires africains dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies.

6 - France / Syrie / Libye

Q - Le «Telegraph» affirme que le gouvernement syrien a fourni à des espions français des informations qui ont permis de repérer Moammar Kadhafi le 20 octobre 2011, en échange d'un répit pour Damas. Confirmez-vous ces allégations ? La France a-t-elle échangé avec la Syrie des informations concernant la Libye à l'époque ?

R - Nous ne commentons pas ce genre d'allégations./.

Retour sommaire


7. Syrie - Adoption d'une rĂ©solution du Conseil des droits de l'Homme - DĂ©claration du porte-parole adjoint du ministère des Affaires Ă©trangères - Paris, 28 septembre 2012

 

La France salue l'adoption ce jour d'une résolution condamnant les violations massives des droits de l'Homme commises en Syrie, par le Conseil des droits de l'Homme lors de sa 21ème session.

Cette résolution, adoptée à une large majorité, confirme la mobilisation grandissante de la communauté internationale contre la répression du régime de Bachar Al Assad et l'atrocité des crimes commis par le régime syrien. Tous ceux qui participent directement à ces exactions savent qu'ils devront rendre des comptes.

Une commission d'enquête présidée par M. Paulo Pinheiro a été instituée en aout 2011. Son mandat a été prolongé jusqu'en mars 2013 et ses moyens d'investigation ont été renforcés. La nomination de deux commissaires supplémentaires, Mme Carla del Ponte et M. Munthaborn, personnalités reconnues pour leurs compétences et leur indépendance, est un signal clair de notre refus déterminé de l'impunité./.

Retour sommaire


8. UE/Conseil des droits de l'Homme - DĂ©claration de Mme Catherine Ashton - Bruxelles, le 28 septembre 2012

 

Je note avec satisfaction que le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, dont la session vient de prendre fin, a montré que la communauté internationale tout entière continuerait de condamner la violation les plus graves des droits de l'Homme à travers le monde. Qu'il s'agisse de la Syrie, du Mali ou du Soudan, le Conseil a pris des décisions qui maintiennent la pression exercée au moyen d'un processus indépendant et rigoureux de contrôle, de rapports et de recommandations.

La poursuite d'un contrôle international est un élément essentiel de la stratégie de l'Union européenne dans le domaine des droits de l'Homme. L'UE s'est engagée activement aux côtés de tous ses partenaires, et ce dès le tout premier jour, en participant à l'organisation d'un forum pour la Syrie se réunissant à haut niveau, où des défenseurs des droits de l'Homme et des journalistes ont pu apporter leur témoignage personnel aux membres des Nations unies.

Il va sans dire que la Syrie a occupé une place prépondérante dans les discussions. Je me félicite de ce qu'une majorité écrasante de pays a adopté une nouvelle résolution qui insiste fortement sur l'obligation de rendre compte. La Commission d'enquête indépendante, dirigée par Paulo Pinheiro, a rédigé un rapport qui offre un récit plus sombre que jamais des atrocités subies à ce jour par la population syrienne. Ses travaux doivent se poursuivre et elle va se trouver substantiellement renforcée par la nomination de Carla del Ponte et de Vitit Muntarbhorn en tant que nouveaux membres.

Au Soudan aussi, l'UE tenait beaucoup à assurer, pour l'ensemble du pays, un suivi impartial et financé au niveau international - y compris au Darfour et dans les régions du Nil bleu et du Kordofan méridional. Nous avons en outre cherché à prolonger notre coopération en vue d'aider le Soudan du Sud à renforcer ses mécanismes nationaux naissants de protection des droits de l'Homme.

Enfin, l'UE jugeait très important que le Conseil continue d'examiner de près la situation au Mali. Elle se réjouit sincèrement du rôle moteur exercé par les États africains eux-mêmes, qui soumettent ces situations à l'attention du Conseil des droits de l'Homme./.

Retour sommaire


9. UE/Cambodge - DĂ©claration du porte-parole de Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 1er octobre 2012

 

La Haute représentante fait part de la vive préoccupation que lui inspirent les condamnations prononcées par le tribunal municipal de Phnom Penh, le 1er octobre 2012, à l'encontre de M. Mom Sonando, responsable de l'Association des démocrates du Cambodge et directeur de la radio Beehive, et de ses co-accusés M. Phorn Sreoun, M. Touch Ream et M. Kann Sovann.

Ces condamnations jettent de sérieux doutes sur l'impartialité et l'indépendance de cette juridiction.

La Haute représentante demande au gouvernement cambodgien de protéger le droit fondamental de toute personne d'avoir des opinions et de les exprimer librement de manière pacifique, conformément à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Cambodge est partie. Les gouvernements ont l'obligation de protéger la liberté d'expression et l'indépendance des médias. Ceci importe particulièrement dans la perspective des élections qui auront lieu au Cambodge en 2013./.

Retour sommaire


10. UE/Serbie - DĂ©claration du porte-parole de Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 28 septembre 2012

Mme Catherine Ashton, Haute reprĂ©sentante, a rencontrĂ© le prĂ©sident de la Serbie, M. Tomislav Nikolić, ce jeudi a New York, pour discuter des progrès accomplis par la Serbie sur la voie menant Ă  l'Union europĂ©enne.

Sur la base des progrès satisfaisants réalisés l'année dernière, la Serbie a obtenu en février le statut de pays candidat à l'adhésion. La Haute représentante a encouragé les autorités à poursuivre les reformes ainsi que leurs efforts sur la voie de l'intégration européenne. En particulier, elle a encouragé la Serbie à prendre des mesures pour améliorer de façon visible et durable ses relations avec le Kosovo, car il s'agit d'une condition essentielle pour entamer les négociations d'adhésion et d'un élément déterminant de la perspective européenne de la Serbie en général.

La Haute reprĂ©sentante et le prĂ©sident Nikolić ont Ă©galement discutĂ© de la poursuite et de l'intensification du dialogue entre Belgrade et Pristina. Mme Ashton a soulignĂ© que la Serbie devait s'engager rĂ©solument dans ces nĂ©gociations et a encouragĂ© le prĂ©sident Nikolić Ă  se tenir prĂŞt Ă  prendre des dĂ©cisions difficiles.

Mme Ashton a par ailleurs salué les progrès réalisés récemment dans la mise en oeuvre des accords conclus jusqu'à présent dans le cadre du dialogue, et elle a souligné que l'ensemble des accords devaient être mis en oeuvre pleinement sans tarder./.

Retour sommaire