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Bulletin d'actualités du 25 septembre 2012


Sommaire



1. Syrie - Entretien du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius, avec «France Culture» - New York, 24 septembre 2012


Q - Que dit la France à ces rebelles qu'elle refuse toujours d'armer ?

R - J'ai rencontré des combattants quand je suis allé visiter les camps en Turquie et, évidemment, on les comprend. Bachar assassine son peuple et beaucoup de Syriens n'ont qu'une idée, c'est de faire en sorte qu'ils puissent vivre libres. Il est très difficile de répondre parce que ce qu'ils nous demandent, ce sont des armes.

Cela pose évidemment un double problème. D'abord, il n'y a aucune autorisation internationale de livrer des armes et notre principe, c'est la légalité internationale. Et puis, livrer des armes, j'entends des armes puissantes - parce que des armes ordinaires, certains en livrent - cela pose le problème suivant : à qui les livre-t-on ? Car il ne faut pas que dans le désordre syrien, qui est quand même considérable, elles puissent ensuite se retourner contre ceux qui les ont livrées.

Q - Vous voulez dire que vous avez en tête, par exemple, le précédent libyen ? Des armes circulent maintenant et sont, éventuellement, aux mains des djiadistes.

R - Bien sûr, il faut l'avoir en tête. On est à la fois le pays sans doute le plus en pointe dans la lutte contre Bachar Al-Assad mais, en même temps, nous sommes des gens responsables et on ne veut pas que cela puisse se retourner contre les pays qui veulent la chute de Bachar Al-Assad. Mais il faut rendre hommage, en même temps, au courage extraordinaire de ces hommes et de ces femmes, beaucoup de médecins notamment qui agissent d'une façon admirable.

Q - Mais alors justement, quand vous dites : on craint un péril islamiste, a-t-on des pistes sérieuses de crainte ? Connait-on un certain nombre de combattants qui seraient effectivement des « barbus » pour dire simplement, et dont il faudrait plus tard se méfier ?

R - Oui, c'est sûr. Et je dirais que le drame, c'est que plus le conflit dure, plus il risque d'y avoir une exacerbation et plus il peut y avoir de djihadistes. On sait qu'il y a des gens venus de différent pays qui sont des djihadistes. D'ailleurs, récemment, un des médecins français qui est allé soigner les blessés en Syrie disait de manière très honnête que parmi les gens qu'il a soignés, il y avait des djihadistes.

Faisons attention, il ne faut pas non plus inverser la règle et l'exception. La masse des combattants sont des Syriens qui veulent la liberté de leur pays. Mais il est très difficile d'empêcher, dans un conflit qui comme celui-ci qui dure depuis plus d'un an, dans une région déjà très divisée, qu'il n'y ait en même temps des extrémistes qui se mêlent.

Je vous parle des Nations unies où je me trouve en ce moment. C'est un crève-coeur de voir que les Nations unies sont paralysées, alors qu'il y a tous les jours des morts sur le terrain.

Q - Quand François Hollande dit : «on est prêt à reconnaître un gouvernement provisoire». Cela veut dire que l'on demande à l'opposition de s'unir, mais ne venez-vous pas de dire vous-même que plus on laisse le conflit dégénérer sur le terrain, plus il va y avoir éclatement de l'opposition ?

R - C'est pour cela qu'il faut aller vite. Quand on parle de l'opposition, on fait référence à la fois à l'opposition de l'intérieur et de l'extérieur. Il y a des gens qui ont des opinions et des histoires différentes. Si on veut contrer Bachar Al-Assad et répondre son argumentation qui consiste à dire qu'il y aura, après lui, un chaos encore plus épouvantable, il est absolument nécessaire que l'opposition s'allie. La France avec plusieurs pays - les Britanniques, les Allemands, avec les Turcs et d'autres - travaille dans ce sens, parce que c'est absolument indispensable. Cela rejoint la question que je soulevais tout à l'heure : à qui donne-t-on les armes ? À partir du moment où vous avez une armée nouvelle unie, vous avez une opposition unie, et la question de la sécurité de ceux auxquels on donne les armes ne se pose plus.

Q - L'Assemblée générale des Nations unies va s'ouvrir aujourd'hui. C'est un crève-coeur pour vous. Il y a blocage, on le sait, côté russe et côté chinois. En même temps, si vraiment personne ne bouge, peut-on envisager une action hors du cadre onusien ?

R - Quand je parle de ce conflit, je dis toujours : «voilà ce que l'on décide en ce moment». Si la catastrophe devient encore plus grande, si par exemple il y avait la menace effective d'utilisation d'armes chimiques, à ce moment-là la question changerait de dimension. Aujourd'hui, la règle des Européens est de s'en tenir à la légalité internationale.

Compte tenu du blocage de la Russie et de la Chine, la légalité internationale, aujourd'hui, c'est qu'on ne peut pas utiliser «le chapitre 7» de la Charte des Nations unies et rendre nos résolutions applicables. C'est la raison pour laquelle je parle de crève-coeur.

Vous avez raison de souligner que si les choses restent en l'état, il y aura une exacerbation et un risque de partition de la Syrie..Dans le contexte déjà extrêmement divisé de la région - Liban, etc. -, c'est un gage de conflits futurs. La solution, c'est évidemment d'avoir une opposition unie et un renversement de Bachar Al- Assad.

Q - Alors que fait-on concrètement ? On a parlé un moment de zones d'exclusion aériennes. Est-ce que vous réfléchissez encore à cette question ?

R - Oui, nous avons étudié cette possibilité de façon très concrète et précise. Ce sont les Turcs qui ont lancé cette idée. Il y a de plus en plus de réfugiés et il est très difficile pour les Turcs de continuer à les accueillir, même si le doit international leur en fait obligation. Ce sont donc les Turcs qui ont proposé une zone protégée contre les bombardements des avions de Bachar Al-Assad. Nous avons étudié cela très précisément, en comparant la situation de la Syrie avec celle qui prévalait en Libye.

Cela pose deux problèmes. Le premier, encore une fois, c'est qu'il n'y a pas de décision internationale l'autorisant. Le deuxième, surtout, c'est qu'il faudrait déployer, compte tenu des forces de Bachar Al-Assad, des moyens militaires qui seraient - je situe les ordres de grandeur - de quatre à cinq fois plus importants que ceux qui ont été engagés dans l'affaire libyenne. Et en Libye, ce sont les Américains qui avaient fourni beaucoup de moyens.

Q - On n'a plus les moyens, même financièrement, de faire cela ?

R - Je n'exclus aucune piste parce que je suis, comme vous, révolté par ce qui se passe, par le comportement d'un certain nombre de pays au Conseil de sécurité. En même temps, je dois rester ouvert sur la suite. Dans l'état actuel des choses, il n'y a pas de résolution internationale pour soutenir tout cela, et des moyens militaires qui ne sont absolument pas disponibles.

Q - Mais cela donne un sentiment d'impuissance vraiment hallucinant !

R - On ne peut évidemment pas, à nous seuls, les Français, malheureusement, renverser la table. Mais nous faisons - vous y faites sûrement allusion - beaucoup de choses sur le plan humanitaire. Je crois que l'on est en pointe dans ce domaine.

Nous essayons de rassembler l'opposition, mais le problème de fond c'est que face à des crises comme celles-ci, vous n'avez plus aujourd'hui de régulateur international. Le Conseil de sécurité devrait jouer ce rôle. Je suis allé moi-même présider le Conseil de sécurité que la France avait convoqué expressément, au mois d'août dernier, mais les Russes et les Chinois bloquent la situation. Donc, il faut qu'il y ait une pression de l'opinion internationale -l'opinion internationale, c'est vous, c'est moi, c'est tout le monde - pour faire en sorte que leur attitude change.

Q - Mais que dites-vous encore aux Russes, par exemple ? On sait qu'on vend encore des armes à la Russie. Que leur dit-on ? Ils sont inflexibles. Que peut-on encore leur apporter comme parole ?

R - Bien sûr, on parle avec la Russie. Il faut le faire si on veut que les attitudes changent. L'argument des Russes, premièrement, c'est de dire qu'il s'agit d'une affaire intérieure et non internationale. Deuxièmement, si ce n'est pas Bachar, ce sera le chaos.

Je leur réponds que ce n'est pas une affaire intérieure mais une affaire régionale et internationale. Quant au deuxième argument, je leur réponds que le chaos est aujourd'hui une réalité : 30.000 morts, c'est quand même un massacre épouvantable dont il faudra que chacun soit responsable devant l'Histoire. Voilà ce qu'en permanence, nous disons. Mais les États, comme on dit, sont souvent des monstres froids.

Q - Ne sommes-nous pas un peu seul ? N'aurait-on pas une carte européenne à jouer dans cette crise en particulier ? Vous avez donné une interview en juillet où vous rappeliez que, par exemple, les sanctions économiques ne sont même pas respectées de façon totale par l'ensemble de l'Union européenne.

R - Les sanctions économiques ne sont pas assez fortes. C'est pour cela qu'à Chypre, récemment, j'ai demandé, avec les Allemands, qu'elles soient beaucoup plus dures. L'Europe dans cette affaire - comme dans d'autres - est pleinement engagée sur le plan humanitaire, et c'est son rôle, mais sur le plan politique, elle est extrêmement faible. Alors, ce n'est pas un élément pour se décourager parce qu'il faut en permanence remonter la machine, si je puis dire. Mais c'est vrai - je reprends votre expression - que la France se sent un peu seule.

Q - Vous citiez la Grèce qui, par exemple, importe encore du phosphate syrien, c'est toujours d'actualité ?

R - C'est toujours vrai, malheureusement. Les Grecs, qui sont dans une situation difficile, disent : «mais vous comprenez, on a déjà des difficultés, s'il n'y a plus le phosphate, on va en avoir davantage». Les sanctions, quand on les applique, ne sont jamais indolores, ni pour le peuple auquel on les applique, ni pour le peuple qui les applique, mais c'est la seule manière de bouger les choses. Je l'ai vu, cela remonte à très longtemps, dans l'affaire de l'Apartheid en Afrique du Sud. À l'époque, j'étais Premier ministre et on a pris des sanctions extrêmement dures, notamment pour le peuple d'Afrique du Sud, mais c'est quand même comme cela que l'on est arrivé à faire bouger les choses.

Q - À l'Assemblée générale des Nations unies, vous vous attendez à un progrès quelconque sur le terrain syrien ?

R - La Syrie, la crise, les crimes seront évidemment évoqués dans beaucoup de discours, mais je ne pense pas qu'il y aura de décision prise en Assemblée générale. En revanche, il y a des discussions prévues. Une réunion est en particulier prévue, mercredi ou jeudi, avec les Amis du peuple syrien. Lakhdar Brahimi, le médiateur, doit nous rendre compte. J'espère que cela va créer un climat plus fort par rapport à Bachar Al-Assad. En même temps, il y a l'élection américaine qui gèle un petit peu les positions des uns et des autres ; il y a la perspective du nucléaire iranien. Tout cela évidemment n'est pas du tout favorable, mais je pense qu'il ne faut pas se décourager. La France n'a pas d'agenda caché dans cette affaire. Nous, ce que l'on souhaite, c'est que le peuple syrien retrouve ses droits et la paix. Donc, avec quelques pays, trop peu nombreux, on va continuer à aller très fortement en ce sens.

Ce qui se passe, c'est que vous avez un conflit sur le terrain, extrêmement violent, mais aussi, d'une certaine manière, un conflit par procuration entre certains grands États./.

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2. Syrie/Mali - Remarques à la presse du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius - New York, 24 septembre 2012

 

Q - Sur la force au Mali, concrètement qu'est ce que la France est prête à engager comme dispositif pour aider à la reconquête du Nord ?

R - Vous connaissez la situation au Mali : le Mali est coupé en deux et, au nord, un certain nombre de terroristes se sont installés. Le Mali, très légitimement, veut qu'on l'aide à reconquérir l'ensemble de son territoire. Il a donc déposé une demande auprès du Conseil de sécurité des Nations unies pour que des troupes lui permettent de reconquérir l'ensemble de son territoire. Il va y avoir des troupes africaines, de pays voisins. Ces troupes vont étudier des plans pour permettre effectivement de reconquérir le nord.

La France n'est pas en première ligne, elle est un facilitateur. Ce que nous voulons, évidemment, c'est que le Mali puisse reconquérir son territoire. Nous savons que les terroristes installés au nord sont extrêmement dangereux, non seulement pour le Mali mais aussi pour tous les pays voisins d'Afrique, parce qu'ils sont très armés, parce qu'ils ont beaucoup d'argent. Ils sont dangereux aussi pour la France et pour l'Europe car ils ne cachent pas leur volonté de déstabiliser ces pays.

Si le Conseil de sécurité, ce que je crois et que j'espère, donne droit à la demande des autorités maliennes, cela permettra, pas tout de suite mais à terme, d'éradiquer ces inquiétudes.

Q - Concernant les otages, la France est-elle menacée sur le plan intérieur ?

R - Il n'y a pas de menaces précises dans telle ou telle ville, mais, globalement, nous sommes collectivement menacés, comme les pays voisins de l'Afrique, parce que ces terroristes qui relèvent du groupe AQMI ont dit très clairement que leur ennemi c'était l'ensemble des «infidèles».

Q - Il s'agit donc d'aider à la fois le gouvernement malien à retrouver sa souveraineté mais cette action, notamment celle de la France, s'inscrit aussi dans la lutte anti-terroriste plus globale.

R - C'est une présentation tout à fait juste. Qu'on comprenne bien, il ne s'agit pas d'envoyer des troupes françaises au sol, il n'en est pas question. C'est aux Africains, sous mandat des Nations unies, de mener les actions nécessaires. Nous qui sommes opposés au terrorisme, si nous pouvons aider d'une manière ou d'une autre, nous le ferons.

Q - Êtes-vous inquiet pour vos otages ?

R - C'est évidemment une inquiétude chaque jour. Le président de la République et moi-même avons reçu les familles d'otages la semaine dernière. Ce sont des personnes extrêmement responsables, dont le courage force l'admiration. Nous agissons quotidiennement, je pèse mes mots, et discrètement, pour que nous puissions retrouver les otages.

Q - Avez-vous des preuves qu'ils sont en vie ?

R - Oui, il y a eu une preuve récente qu'ils sont en vie.

Q - Pour revenir à la situation dans le nord du Mali, peut-on dire que cette région sert aussi désormais à la formation de terroristes pour d'autres pays ?

R - Oui, ce sont des informations que nous avons. Il y a un certain nombre de terroristes, dont AQMI, qui ont beaucoup d'armes. Une partie de ces armes provient de Libye, l'autre a pu être achetée avec l'argent généré par le trafic de drogue. La région sert de plaque tournante pour former des terroristes qui ensuite vont commettre leurs méfaits dans d'autres pays de l'Afrique, y compris jusqu'au bout de l'Afrique de l'Est. C'est donc un danger, non seulement pour le Mali mais pour l'ensemble de l'Afrique et de l'Europe.

Q - L'ONU est maintenant saisie. Pensez-vous que la mise sur pied d'une force africaine peut aller assez vite ?

R - Je l'espère parce qu'il y avait au cours des derniers mois des difficultés internes, au Mali, entre les différents acteurs pour se mettre d'accord. Heureusement - mais je reste prudent -, il y a un accord pour formuler une demande. La question sera étudiée dans les jours qui viennent et j'espère que le Conseil de sécurité prendra une décision positive. Si c'est le cas, ce sera une bonne décision.

Q - Le dossier syrien peut-il évoluer ? Que peut-on attendre de l'Assemblée générale ?

R - Je crains qu'il n'évolue malheureusement pas beaucoup parce que c'est au Conseil de sécurité de prendre ses responsabilités. Deux États bloquent : la Russie et la Chine. Je ne vois malheureusement pas aujourd'hui ce qui va les faire changer d'avis. C'est d'autant plus grave qu'il y a des morts tous les jours, et que si le conflit dure, cela risque d'exacerber les passions et on risque de s'acheminer vers une sorte de fragmentation de la Syrie, ce qui serait extrêmement dangereux.

C'est la raison pour laquelle la France est aux avant-postes pour essayer à la fois de réunir l'opposition en Syrie, pour trouver une d'alternative à Bachar et pour convaincre les Russes et Chinois, qu'il faut vraiment que Bachar s'en aille et que l'on trouve une solution pour que le peuple syrien puisse enfin vivre en paix.

Q - La crainte des Russes notamment, c'est que des extrémistes musulmans prennent le pouvoir après Bachar Al-Assad. Est-ce que la France considère aussi cette hypothèse avec inquiétude ?

R - Il faut l'éviter, et pour cela et dans ce contexte, il est nécessaire que le remplacement de Bachar Al-Assad soit rapide, puisqu'il y a déjà des éléments intégristes qu'on nous signale ici ou là. Si la crise devait durer, ce risque serait encore plus grand.

Q - Vous avez dit que vous étiez optimiste sur le Mali. Il y avait beaucoup d'inquiétude et d'interrogations pour savoir si la CEDEAO pouvait avoir assez de troupes. On a parlé de 3.000 hommes nécessaires qui n'étaient pas réunis jusqu'à maintenant - est-ce que ça va changer ?

R - Je reste prudent mais il est vrai que c'est le premier signe positif que nous avons en ce qui concerne le Mali puisque le président et le Premier ministre du Mali se sont mis d'accord, pour envoyer une lettre, avec l'accord de la CEDEAO, afin de saisir le Conseil de sécurité. C'est donc une première phase, il y en aura d'autres, et c'est une phase positive. C'est au Conseil de sécurité des Nations unies de répondre à la demande des autorités du Mali, afin de permettre d'envisager que l'intégrité du Mali soit rétablie, ce qui est essentiel, et que les terroristes partent.

Q - Vous pensez que ces pays auront les 3.000 hommes nécessaires ?

R - Je pense que c'est à la portée de nos amis africains./.

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3. Mali - Propos du ministre des Affaires étrangères, M. Laurent Fabius avec «ITélé» - New York, 25 septembre 2012

 

Q - L'intervention de M. François Hollande concernant le Mali est très attendue car Paris pourrait participer à une intervention militaire contre AQMI. Des mots du ministre des Affaires étrangères qui expliquent le contenu de la lettre écrite par Bamako au Secrétaire général des Nations unies.

Les forces régulières demandent l'autorisation d'une intervention militaire internationale, une intervention nécessaire selon M. Laurent Fabius.

R - Ce qui est en train de se développer au nord-mali représente un risque pour tout le monde. Moi je parle souvent de «sahelistan» c'est-à-dire l'équivalent de l'Afghanistan au Sahel. En effet, vous avez là des personnes assez nombreuses qui sont des terroristes qui ont beaucoup d'armes, beaucoup d'argent et qui font des prises d'otages. Tout cela se mêle aux trafics de drogue./.

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4. Entretien du ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, avec «France Inter» - Extraits - - Paris, 25 septembre 2012

 

Q - Le ministre délégué chargé des Affaires européennes est l'invité de France Inter ce matin. Bonjour Bernard Cazeneuve.

R - Bonjour.

Q - Je voudrais d'abord vous interroger sur la déclaration qui a le plus retenu notre attention ces dernières heures, celle du président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. Il considère que l'objectif des 3 % de déficit l'an prochain est intenable et que, en l'absence de croissance, la Commission de Bruxelles doit se poser la question des 3 % et de la faisabilité des efforts demandés. Il a raison ?

R - La politique de la France repose sur deux principes : nous voulons de la croissance et le rétablissement des comptes. Les initiatives que nous avons prises au sein de l'Union européenne, le plan de 120 milliards d'euros, les discussions en cours - j'étais hier à Bruxelles dans une négociation autour du budget de l'Union européenne pour la période 2014-2020 - doivent permettre de faire en sorte qu'il y ait de la croissance. Il faut aussi qu'il y ait...

Q - Mais, pour l'instant, il n'y en a pas.

R - Mais la croissance ne se décrète pas, elle se construit avec nos partenaires de l'Union européenne dans les politiques que nous mettons en place ...

Q - Oui ! Mais c'est parce que pour l'instant il n'y a pas de croissance qu'on se pose la question des 3 %.

R - Il faut par conséquent aussi, pour qu'il y ait de la croissance, que nous rétablissions nos comptes. Nous voyons la situation dans laquelle se trouvent les pays qui ont un niveau d'endettement important, qui ont des déficits substantiels et qui ne sont pas en situation de financer la croissance sur les marchés parce que les marchés leur opposent des taux d'intérêt qui sont extrêmement élevés et qui cassent la croissance. Il faut donc créer les conditions de cet équilibre qui se construit bien entendu en France (la loi de finance matérialisera notre volonté de rétablir les comptes publics et de créer les conditions de la croissance) et, autour de la table des 27 à Bruxelles, ou à Luxembourg, ou dans les conseils européens, il ne faut pas sortir de cet équilibre. Et je pense que nous devons aussi faire en sorte que, si des initiatives doivent être prises par la France - et elle joue et jouera son rôle pour les exprimer - celles-ci le seront non pas de façon individuelle par tel ou tel pays mais par l'ensemble des pays de l'Union européenne pour éviter que des échappées belles ne conduisent à une pénalisation de telle ou telle économie sur les marchés.

Q - Donc, s'il doit y avoir une remise en cause de l'objectif des 3 %, ce sera une remise en cause collective. Qui ne peut venir que de l'ensemble des pays européens ou de la Commission de Bruxelles. À l'initiative de M. Barroso ?

R - Je pense qu'il est important que sur ces sujets-là nous continuions à faire ce que nous faisons depuis quatre mois maintenant - avec des résultats qui sont significatifs - c'est-à-dire faire en sorte que la politique de l'Union européenne soit résolument réorientée sur le chemin de la croissance. On a obtenu des résultats, il reste encore beaucoup à faire, il nous faut aller au bout de l'action que nous avons engagée.

Q - Mais sur...

R - C'est la raison pour laquelle d'ailleurs, je passe à un autre sujet...

Q - Ah non!

R - Nous avons besoin d'avoir de la force.

Q - Non, on ne passe pas à un autre sujet. Parce que sur ces 3%, vous savez, beaucoup d'économistes ont sonné l'alerte...Les 3 % sont-ils tenables, Bernard Cazeneuve ?

R - Je vous répète que notre volonté est de tenir les objectifs de réduction des déficits et de réduction de la dette. La crédibilité de la France et qui doit demeurer dans le concert européen - y compris pour prendre des initiatives en faveur de la croissance et d'autres initiatives - dépend de la capacité dans laquelle nous serons de dire que nous voulons tenir ce cap. Pourquoi ? Vous allez comprendre tout de suite !

Q - Je vais décrypter pour les auditeurs !

R - Non ! Mais je vais expliquer pourquoi.

Q - Oui !

R - Tout simplement parce que, si nous donnons le sentiment que ce que nous voulons pour la croissance n'est rien d'autre qu'une échappatoire à ce que nous devons faire en termes de maîtrise de nos comptes - parce que finalement nous sommes légitimes à ne pas vouloir que les dettes soient transmises aux générations futures et qu'elles soient privées de la possibilité de connaître la croissance durable, l'emploi, parce que nous n'aurons pas été capables de régler les problèmes aujourd'hui - si nous donnons le sentiment que ce que nous voulons pour la croissance est une manière d'échapper au rétablissement des comptes, nous ferons une faute et nous serons durement pénalisés sur les marchés...

Q - Voilà ! Alors... c'est ça.

R - Ce qui sur les marchés nous pénalisera sera autant de moins pour la croissance.

Donc, nous devons être dans une démarche où il y a :

1) des équilibres budgétaires sans dérogation à l'objectif ;

2) des initiatives fortes pour la croissance ;

et faire en sorte que ces deux objectifs-là, ensemble, servent de pivot à la politique de l'Union européenne.

Lorsque nous sommes arrivés, nous avions : un traité, des disciplines budgétaires comme horizon de la politique de l'Union européenne, aucune perspective pour la croissance et de faibles moyens de solidarité. De plus, la manière dont la Banque centrale européenne intervient aujourd'hui sur les marchés était hier inenvisageable. Nous avons engagé une autre politique, cette autre politique n'a pas encore déployé tous ses effets, toutes les mesures qui permettraient de lui donner sa pleine et entière dimension n'ont pas encore été prises, il faut donc aller plus loin, et pour aller plus loin il faut rester crédibles et ne pas perdre de vue les objectifs...

Q - Rester crédible cela veut dire, je décrypte, que si un ministre ou un gouvernement seul en Europe remet en cause les 3 % c'est aussi la perte de confiance des marchés et l'envolée de nos taux d'intérêt...

R - Cela veut dire...

Q - Donc, il ne peut y avoir qu'un débat...

R - Non ! Cela veut dire...

Q - Si !

R - Cela veut dire aussi - et c'est important que nous assumions cette position parce que nous avons aussi été élus sur cet objectif - le rétablissement de nos comptes publics dans un pays où la dette a augmenté de 700 milliards en 5 ans pour atteindre aujourd'hui 1 700 milliards d'Euros, soit un pourcentage du PIB considérable car nous avons un PIB français autour de 1.980 milliards d'euros. Pensez-vous que nous puissions avoir demain de la croissance avec un tel fardeau ? Non ! Donc, nous devons remettre nos comptes en état et cet objectif-là est un objectif qui n'est pas négociable, comme la volonté que nous avons de faire de la croissance ne l'est pas davantage.

Q - Ca veut dire par hypothèse que, si José-Manuel Barroso ou la Commission de Bruxelles ouvre le débat sur les 3 %, vous la France vous direz : «Non, non, il faut respecter les 3 %, il faut tenir le cap» ?

R - Nous pensons que toute la politique de l'Union européenne - et c'est ça la vraie solution pour demain - doit être une politique tournée vers la croissance. Nous avons beaucoup d'initiatives à prendre pour la croissance en Europe qui permettraient d'ailleurs de rendre les objectifs de réduction des déficits tenables.

Q - Vous me parlez de croissance mais je vous parle d'austérité, moi, de ce...

R - Je comprends que vous ayez envie de me parler d'austérité, mais, ce que nous essayons, nous, de construire, ce n'est pas l'austérité à perte de vue pour la France et pour les peuples d'Europe. Nous n'avons pas été élus pour cela, ce n'est pas ce que nous faisons. Nous voulons construire des politiques de croissance et celles-ci supposent qu'un certain nombre de conditions soit réunies et...

Q - Mais la croissance est plus difficile à atteindre quand on comprime les dépenses publiques.

R - Oui ! Mais il est plus difficile aussi d'atteindre les objectifs de réduction des dépenses publiques s'il n'y a pas de croissance, c'est la raison pour laquelle nous devons la construire, c'est la raison pour laquelle c'est notre politique.

(...)

R - La réorientation de l'Europe ne se décrète pas, elle se construit avec les 27 autour de la table et il faut arriver à aller au-delà de ce que nous avons obtenu : la taxe sur les transactions financières, la remise en ordre de la finance avec la supervision bancaire, la mise en place de dispositifs de solidarité qui ont conduit la Banque Centrale Européenne à intervenir pour lutter contre la spéculation./.

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5. Réunion ministérielle du Conseil économique et social des Nations unies - Intervention du ministre délégué chargé du Développement, M. Pascal Canfin - New York, 24 septembre 2012

 

Monsieur le Président,

Comme vous le savez, le Conseil mérite toute notre attention aujourd'hui dans la mesure où il se trouve au croisement des crises et des différents agendas internationaux, parmi lesquels la revue de la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le Développement, la préparation de l'agenda du développement post-2015 et le suivi de la Conférence des Nations unies sur le développement durable des politiques multilatérales de développement durable. Cette actualité impose une plus grande cohérence pour une plus grande efficacité dans notre action collective.

Car la gouvernance du développement durable est aujourd'hui éclatée. Il s'agit là d'un constat partagé à Rio : la commission du développement durable n'avait pas su jouer son rôle, alors même qu'il est nécessaire de donner de grandes impulsions et d'assurer la coordination de l'ensemble du système onusien sur ces questions.

Tout le monde s'accorde sur le rôle de l'ECOSOC dans la coordination générale des fonds, programmes et organismes en matière de développement en veillant à la cohérence du système.

Le mandat ouvert, large et rassembleur donné à l'ECOSOC par la Charte des Nations unies est pertinent à nos yeux et il nous semble le mieux à même de réaliser une intégration équilibrée des trois dimensions du développement durable. Nous devons aujourd'hui réaffirmer le rôle central de l'ECOSOC comme organe de synthèse, de coordination et de rationalisation de notre action.

Nous devons revaloriser l'ECOSOC pour en faire véritablement l'organe de mise en oeuvre de la feuille de route intégrée pour le développement durable actée à Rio.

J'ajoute l'importance d'une vision inclusive, intégrée et partagée du développement durable. Pour que l'ECOSOC gagne en pertinence et en crédibilité, la société civile doit être plus fortement encore associée à ses travaux. Cette relation participative d'ailleurs est une des priorités de mon gouvernement : en France j'organise cette année avec la société civile les Assises du développement et de la Solidarité internationales, cela fait 15 ans que la France n'a pas mis en débat sa politique.

L'un des grands chantiers sera justement la recherche de la convergence entre les Objectifs du Millénaire et les objectifs du développement durable car il ne s'agit pas d'ajouter de nouveaux objectifs en matière de développement durable. La priorité numéro un de l'agenda de la communauté internationale doit rester et restera la lutte contre la pauvreté. Mais pour lutter effectivement contre la pauvreté qui peut prétendre que l'on ne peut pas regarder aujourd'hui la lutte contre le changement climatique, l'impact des sécheresses, l'impact de l'évolution des modèles urbains, de la bidonvilisation dans certains pays du sud.

Prendre en compte ces enjeux relève des politiques de développement durable, c'est un levier important pour lutter contre la pauvreté.

Vous l'avez compris, la France souhaite un ECOSOC modernisé, c'est-à-dire une organisation capable de répondre aux défis nouveaux qui s'imposent à la communauté internationale, à nous tous réunis.

Je vous remercie./.

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6. 67e Assemblée générale des Nations unies - Événement de haut niveau sur l'État de droit - Intervention du ministre délégué chargé du Développement, M. Pascal Canfin - New York, 24 septembre 2012

 

Monsieur le Secrétaire général,

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je salue l'initiative prise par l'Assemblée générale d'organiser ce premier Évènement de haut niveau sur l'État de droit. Un Évènement qui, comme le souligne la Déclaration solennelle que nous adoptons aujourd'hui, concerne «l'ensemble des individus, des institutions et des entités publiques et privées, y compris l'État lui-même,» un Évènement qui aura permis de démontrer le consensus international sur les fondamentaux :

- Le droit de tous nos citoyens à une protection égale devant la loi, sans aucune discrimination ;

- Et la responsabilité de l'État, et des gouvernants, qui doivent rendre des comptes à leurs populations.

Au nom de la France, je voudrais évoquer trois sujets clefs pour notre débat :

Premier sujet, l'importance du cadre normatif international.

Depuis 1945, les États ont mis en place un corpus de normes internationales exceptionnel. Les Conventions de Genève sont des instruments universels, les deux Pactes, la Convention contre le Génocide, les Conventions des Nations contre la torture, contre les discriminations envers les femmes, et pour la protection des droits de l'Enfant sont un cadre de référence pour les gouvernements comme pour la société civile, pour les tribunaux comme pour les Parlements, pour les chefs d'État comme pour les simples citoyens.

Tout l'intérêt de cette journée consiste à nous mobiliser pour renforcer ce cadre normatif et sa mise en oeuvre.

Il reste encore des pans entiers d'activité sans aucune sécurité juridique. Le droit international reste lacunaire face au pillage des ressources naturelles, par exemple, ou au trafic de la faune sauvage.

Le Secrétaire général a proposé un programme d'action pour compléter et mieux appliquer le droit international. La France l'en remercie. La France rend hommage à son engagement personnel, et nous saluons également la façon dont les organes des Nations unies, le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale, se sont mobilisés ces derniers mois pour faire appliquer le droit et pour répondre aux aspirations démocratiques des citoyens libyens et du peuple syrien martyrisé. Les Nations unies doivent rester au centre du dispositif de promotion de l'État de droit. Nous soutiendrons le vice-secrétaire général Eliasson dans son rôle de coordination du système à cet égard.

Pour sa part, tenant compte des recommandations du Secrétariat, la France a engagé une réflexion sur la possibilité de ratifier certains Protocoles et de retirer des réserves ou des déclarations interprétatives. Avec l'Argentine, la France a parrainé le plus récent des instruments internationaux - la Convention sur la protection des personnes contre les disparitions forcées - et la France s'engage aujourd'hui à promouvoir l'universalité de cet instrument. Parmi les priorités de politique étrangère du nouveau gouvernement français, nous avons aussi inscrit la lutte contre les violences et les discriminations commises en raison de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre. Nous avons également inscrit l'abolition de la peine de mort, en lançant une campagne mondiale en faveur de l'abolition universelle.

Deuxième sujet, la place de l'État de droit dans l'agenda du développement.

Le Secrétaire général a mis en place un Panel de haut niveau qui va lui faire des recommandations sur le cadre du développement après 2015. Il ne s'agit pas de préjuger d'une réflexion qui est en cours mais il n'est pas davantage envisageable que ces réflexions ne prennent pas en compte la dimension État de droit. Les stratégies nationales ou internationales en faveur du développement doivent nécessairement se baser sur un cadre normatif stable et respectueux des droits de tous. La construction de l'État, une sécurité juridique propice aux échanges, et la capacité de chacun à participer aux processus de décision sont des conditions indispensables au développement. C'est - aussi - le sens du Printemps arabe. Il était donc important que notre Déclaration fasse ce lien entre État de droit et développement.

Notre Déclaration, grâce aux efforts des co-facilitateurs mexicain et danois, reflète ces convergences entre l'État de droit, la délivrance équitable des services publics de base et le développement.

Dans ses projets bilatéraux, la France s'assure du respect des principes de l'État de droit : droits de l'Homme, indépendance de la justice, accès à la justice pour tous. Privilégier ces fondamentaux universels, cela ne signifie pas pour autant imposer ou plaquer un modèle unique. Il faut marier à la fois les normes communes et la diversité des expériences nationales ; prendre en compte la pluralité des sources du droit comme nous le faisons en Afghanistan et dans le projet de «Maisons du droit» au Sénégal. Nous impliquons également tous les acteurs - société civile, parlementaires, universitaires, journalistes. Nous proposons des réponses adaptées aux réalités locales, par exemple dans le domaine foncier. Construire l'État de droit, concrètement, cela veut dire mettre l'usager, le contribuable, le justiciable en capacité de demander des comptes aux agents publics. Cette prise du pouvoir du citoyen, cette redevabilité, est la condition de la transparence, de la lutte contre la corruption et au final d'un développement durable. La France appuie l'action des ONGs à cet égard, dont la coalition «Publiez ce que vous payez».

Troisième sujet, qui découle de tout ce qui précède, la responsabilité pénale de ceux qui nient les fondamentaux de l'État de droit et attaquent les citoyens qu'ils devaient servir.

Cette organisation est entrée depuis quelques années dans une ère que le Secrétaire général a appelée «l'ère de la responsabilité». C'est l'ère du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, entré en vigueur en 2002, l'ère de la responsabilité de protéger, proclamée en 2005 dans la déclaration du Millénaire. La lutte contre l'impunité des auteurs de violations des droits de l'Homme n'est pas seulement une obligation morale et juridique. C'est aussi une nouvelle façon d'aborder les conflits, en refusant toute légitimité aux auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre.

En conclusion, je voudrais rappeler les six engagements pris par la France à l'occasion de la Conférence : promouvoir la Convention sur les disparitions forcées, soutenir la CPI, travailler sur le droit à la vérité, mettre en oeuvre des plans d'action contre le racisme et l'antisémitisme et contre les discriminations basées sur l'orientation sexuelle et le genre ; faire campagne pour l'abolition de la peine de mort ; s'engager pour le respect et la promotion du droit humanitaire international en toutes circonstances. C'est un programme ambitieux, sur lequel nous sommes prêts, pour notre part, à rendre des comptes dans de futurs débats de cette Assemblée.

Je vous remercie./.

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7. Nomination de la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative, Mme Valérie Fourneyron, au Comité exécutif de l'Agence mondiale antidopage - Communiqué du ministère des Sports, de l'Éducation populaire et de la Vie associative - Paris, 22 septembre 2012

 

À l'occasion de la 18e réunion informelle des ministres des Sports de l'Union européenne, qui s'est déroulée à Nicosie (Chypre), Valérie Fourneyron, ministre des sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative s'est exprimée sur sa détermination à oeuvrer pour renforcer la coordination européenne et internationale afin de préserver la sincérité du résultat sportif et lutter de manière concertée contre le dopage.

Mme Fourneyron a été désignée par le comité des ministres du Conseil de l'Europe pour représenter le continent au Comité exécutif de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Cette nomination doit être entérinée les 17 et 18 novembre 2012 par le Conseil de Fondation de l'AMA, pour une prise de fonction effective au 1er janvier 2013.

S'adressant à ses homologues européens, Valérie Fourneyron a déclaré : «Merci à toux ceux qui m'ont fait confiance pour défendre nos convictions communes au sein de l'AMA. Si j'ai l'honneur d'être confirmée dans ces responsabilités, je saurai me rendre disponible pour vous représenter, vous écouter et faire progresser, en collaboration étroite avec le Conseil de l'Europe et avec les membres de l'UE élus au Conseil de Fondation de l'AMA, une cause qui me tient à coeur et a été la colonne vertébrale de mon parcours personnel, professionnel et politique.»

La ministre a notamment appelé les États membres de l'Union européenne à être vigilants sur la proposition de règlement communautaire sur la protection des données individuelles, actuellement en concertation à la Commission européenne : «Ce projet élaboré avec un objectif majeur : protéger les libertés individuelles de chacun de nos concitoyens, pourrait avoir des conséquences négatives sur l'efficacité de la lutte contre le dopage. Il nous faut travailler ensemble pour trouver les modalités de la préserver», a-t-elle rappelé./.

(Source: site Internet du ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative)

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8. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires étrangères - Somalie - Territoires palestiniens - AGNU/Mali/ Syrie - Syrie/Jordanie - Syrie - Agenda de M. Laurent Fabius / Maroc / Partenariat de Deauville - Iran - Paris, 25 septembre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

Philippe Lalliot, le porte-parole, est à New York avec le ministre.

1 - Somalie

La France condamne fermement les assassinats d'Hassan Youssouf Absuge, journaliste somalien et chef de la radio indépendante Mantaa, abattu le 21 septembre, et du député Mustaf Haji Mohamed, tué le lendemain.

Nous exprimons nos condoléances aux familles, aux proches et aux collaborateurs des victimes ainsi qu'aux autorités somaliennes.

La France dénonce ces tentatives persistantes de déstabilisation du processus de réconciliation nationale en Somalie de la part de groupes terroristes et rappelle son attachement au respect des libertés fondamentales.

Nous réaffirmons notre soutien aux autorités somaliennes dans leur lutte contre le terrorisme et souhaitons que les responsables de ces actes soient identifiés et traduits devant la justice pour répondre de leurs actes.

2 - Territoires palestiniens

Q - Concernant la demande de l'Autorité palestinienne pour être membre des Nations unies. Que va faire la France ? Elle va voter oui ou contre ou abstention ?

R - Les informations qui nous viennent tendent à indiquer que le président Abbas demandera lors de son discours à l'Assemblée générale, ce jeudi, le 27 septembre, un statut rehaussé pour la Palestine aux Nations unies.

Pour l'instant, il ne l'a pas fait, donc il n'y a pas de demande particulière de soutien. Ce sera une annonce. Il est encore trop tôt pour se prononcer. Ce que je peux dire à ce stade, c'est que nous prendrons une décision au vu de la demande et qui tiendra naturellement compte de l'impact de cette démarche sur la solution de deux États que défend la France et le processus de paix.

Q - L'Union européenne et le Quartet ont les moyens de financer l'Autorité palestinienne. La situation là-bas est à zéro.

R - Oui la situation économique est délicate. Comme vous le savez, la France a annoncé hier le versement d'une aide de 10 millions d'euros supplémentaires, c'est la deuxième tranche d'une aide budgétaire française à l'Autorité palestinienne depuis le début de l'année. Nous avons appelé l'ensemble des donateurs à se mobiliser. Nous pensons en particulier aux États-Unis et aux pays du Golfe. C'est un message que la France pousse avec tous ses partenaires, tous les donateurs potentiels, de se mobiliser, d'aider l'Autorité palestinienne.

Q - On a parlé d'une Conférence ici sur la Palestine avec les donateurs pour relancer le processus de paix. Je voulais savoir si cela est toujours d'actualité ?

R - Cette question du processus de paix va être traitée au cours des semaines qui viennent dans le cadre des Nations unies à New York.

De façon générale, la France est prête et souhaite aider la reprise des négociations. Tout ce qui peut faire en sorte que les négociations reprennent, la France est naturellement désireuse de l'appuyer.

3 - AGNU / Mali / Syrie

Q - Concernant la Somalie, c'est bien qu'il y ait cette déclaration, mais concernant le Mali, concernant la Syrie, est-ce qu'il y a une véritable concertation au niveau européen, voulue et alimentée par la France en ce moment avant de passer aux actes et lesquels d'ailleurs ?

R - Ces sujets, le Mali, la Syrie, sont bien sûr évoqués entre Européens. Vous avez vu en ce qui concerne la Syrie, le nombre de mesures que l'Union européenne a prises pour faire pression sur le régime syrien. Dans le domaine des sanctions, l'action de l'Union européenne est très importante. Sur le plan humanitaire, l'Union européenne a également mis en place un certain nombre de projets qui ont fait l'objet de concertations.

Avant la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères, le «Gymnich» des 7 et 8 septembre à Chypre, le ministre a écrit avec son homologue italien pour demander qu'il y ait encore plus de concertation pour avancer, à la fois hâter la transition politique, préparer l'après Bachar Al-Assad, et pour venir en aide aux Syriens à l'extérieur de la Syrie dans les pays où il y a des réfugiés et à l'intérieur de la Syrie, ce que la France a commencé à faire dans les zones libérées.

En ce qui concerne le Mali, il y a également des concertations, à chaque réunion des ministres européens des Affaires étrangères, lors de chaque Conseil Affaires étrangères de l'Union européenne.

Ces sujets sont évoqués en concertation étroite avec tous nos partenaires de l'Union européenne. Il y aura à New York plusieurs réunions européennes, par exemple une réunion humanitaire sur la Syrie mercredi après-midi, une réunion plus générale du Conseil de Sécurité sur les Printemps arabes, présidée par le ministre allemand, M. Guido Westerwelle, au cours de laquelle la crise en Syrie sera à nouveau évoquée. Donc, il y a plusieurs occasions pour les Européens de se concerter.

S'agissant du Mali, le ministre des Affaires étrangères s'est exprimé hier ; le président de la République le fera tout à l'heure dans son allocution à l'Assemblée Générale des Nations unies, vers 12h à New York (18h à Paris). Il y a une réunion de haut niveau demain sur le Sahel, à laquelle la France sera représentée. Cette réunion permettra de renforcer la cohésion de toute la communauté internationale pour essayer d'apporter des réponses à toutes les questions qui concernent le Sahel. Vous avez des problèmes humanitaires, des problèmes politiques bien sûr, des problèmes sécuritaires avec le terrorisme qui s'est développé dans cette région, des questions de développement. Il s'agit de renforcer l'engagement des Nations unies. Et bien sûr, la crise au Mali sera au coeur de cette réunion.

Q - Inaudible (sur le «Core group» Syrie)

R - Comme vous le savez, les Amis du peuple syrien, c'est plus de cent pays et organisations internationales. C'était le cas à Paris. La réunion qui doit se tenir vendredi matin à New York sera dans un format plus restreint.

Q - Inaudible

R - Il y a plusieurs formats de groupes, sur de nombreux sujets d'ailleurs. Sur la reconstruction, par exemple, les Émirats arabes unis président un groupe sur le financement de la reconstruction. Il y a aussi des réunions sur les sanctions. Il y avait la semaine dernière une réunion aux Pays-Bas sur les sanctions, pour mieux coordonner les pressions sur le régime et accélérer la transition politique. La réunion dont on parle, à New York, et celle qu'organiseront plus tard nos amis marocains, c'est plus général, cela reprend l'ensemble des éléments.

Q - Est-ce que l'on sait si c'est la première fois qu'il y a une réunion du «Core group» ou si c'est la deuxième ?

R - Il y a en permanence des réunions en différents formats qui portent différents noms sur des aspects divers du dossier syrien.

Q - D'après vos informations, est-ce que les Allemands comptent toujours présenter un projet de résolution à l'occasion de la réunion ministérielle de mercredi concernant la Syrie ?

Il était question d'un projet de résolution. Est-ce que vous avez eu une copie de ce projet ? Est-ce qu'il a été discuté ? Est-ce que vous êtes au courant ?

R - Je n'ai pas vu de projet de résolution qui serait présenté par les Allemands. Leur réunion est assez générale. Elle porte sur le Moyen-Orient. Quel est le sujet de cette réunion ? Ce sont les relations entre l'Organisation des Nations unies et les organisations régionales, dans le contexte des Printemps arabes, et notamment deux organisations : la Ligue arabe et le Conseil de coopération des États arabes du Golfe qui ont joué un rôle important en Syrie, en Libye, au Yémen et qui ont souvent pris des initiatives courageuses auxquelles la France a rendu hommage. Vous avez vu que dans toutes ces crises, la France a travaillé de façon très étroite ave la Ligue arabe et avec le Conseil de coopération des États arabes du Golfe. Aux Nations unies, c'est ce que l'on appelle si l'on veut être un peu technique, le chapitre 8 de la Charte. Ce chapitre concerne les organisations régionales et leur rôle dans la paix et la sécurité internationales, qui sont des objectifs de la Charte des Nations unies. Voilà quel sera le thème général de la réunion sur le Moyen-Orient de demain.

Q - À ce propos, est-ce qu'on va parler lors de cette réunion de la relation entre la CEDEAO et l'Union africaine ?

R - Je vois bien l'intérêt de votre question, c'est-à-dire que dans la crise sahélienne, la CEDEAO et l'Union africaine jouent un rôle très important. Mais dans ce cas-là, c'est une réunion sur le Moyen-Orient, donc je ne pense pas que ce sera évoqué directement.

4 - Syrie / Jordanie

Q - Pour la Syrie et la Jordanie, vous avez parlé des pays limitrophes qui souffrent notamment de la crise syrienne. Est-ce que vous pouvez nous parler de la dotation exceptionnelle que la France vient de décider sur le budget jordanien par exemple, accordée pour alléger les problèmes budgétaires ? Est-ce que c'est lié spécifiquement avec le fardeau que subit ce pays avec l'accueil des réfugiés de la Syrie ?

R - Le ministre s'est rendu entre le 15 et le 17 août dans la région et a commencé par la Jordanie qui subit une énorme pression avec l'arrivée massive de réfugiés. Il s'est également rendu au Liban et en Turquie qui connaissent également des difficultés. Nous avons déployé en Jordanie un groupe médico-chirurgical pour augmenter notre aide et nous apportons aussi une aide bilatérale financière assez importante. Je crois que nous avons été un des premiers pays à mettre en oeuvre un fonds d'urgence. Pour les montants que la France mobilise pour venir en aide aux personnes touchées par la crise syrienne, il y a d'abord ce fonds humanitaire dont je parlais qui à présent est doté de plus de 8 millions d'euros et qui est utilisé au bénéfice d'agences internationales, d'ONG, de réseaux locaux en Syrie et dans les pays d'accueil.

Et puis, il faut quand même l'évoquer, l'Union Européenne dépense 119 millions d'euros au profit de la Syrie. Vous savez que la part française est de 16,5 %. Donc nous sommes à environ 20 millions d'euros en contribution française qui s'ajoute au chiffre bilatéral que j'ai déjà donné.

Sur le point spécifique que vous évoquez à savoir, le prêt de 150 millions d'euros accordé à la Jordanie par l'AFD hier, il s'agit d'une aide budgétaire à ce pays qui s'inscrit dans le prolongement de notre relation bilatérale privilégiée.

5 - Syrie

Q - Concernant la Syrie, est-ce que vous avez eu des réactions à propos de la réunion des opposants, une frange de l'opposition en Syrie ?

R - Vous savez quelle est notre action vis-à-vis de l'opposition. Nous rencontrons fréquemment l'opposition, à Paris, en Turquie ou ailleurs. Nous les encourageons à s'unir, à se structurer, à présenter une plateforme politique qui permette le respect de la démocratie, des droits des minorités, de s'assurer que cette opposition représente l'ensemble des composantes de la société syrienne. Nous suivons de près leur action.

Q - Le fait justement que le commandement de l'ASL ait été transféré de la Turquie vers la Syrie implique-t-il que lorsque la France apporte son aide non létale à l'ASL, elle sera également obligée de fournir son aide à l'intérieur du territoire syrien puisque c'est là que se trouve désormais le commandement ?

R - Nous avons pris note de cette décision de transfert du commandement vers l'intérieur de la Syrie. Il y a ces zones libérées dans lesquelles la France agit, ces zones que le régime de Bachar Al-Assad ne contrôle plus et où la France apporte un appui pour aider à remettre en place une organisation. Ceci participe de notre souhait de préparer l'après Bachar Al-Assad, la Syrie de demain.

Notre aide consiste là-bas à apporter une réponse aux besoins de base, que ce soit la nourriture, les soins médicaux etc....

Q - Faut-il voir le commandement de l'ASL et les zones libérées comme deux choses séparés ? Si tel est le cas, lorsque l'on donne des lunettes de vue et du matériel de transmission, - ce que la France indique publiquement - comment fait-on maintenant qu'ils sont là ou bien ils ont encore des hommes de l'autre côté de la frontière, ce n'est pas vraiment un problème. Suis-je en train d'inventer un problème qui n'existe pas ?

Faut-il voir les zones libérées et les zones ASL comme deux choses séparées ?

R - Nous ne sommes pas en Syrie, nous apportons notre appui de l'extérieur de la Syrie. Pour nous, il y a les zones libérées où le régime de Bachar Al-Assad n'a pas de contrôle. C'est évolutif en fonction de ce qui se passe sur le terrain. Nous avons cité trois régions notamment où nous apportons une aide pour tenter de répondre aux besoins de base de la population.

Q - Aujourd'hui, ces zones libérées restent-elles à peu près dans la même configuration ou bien s'étendent-elles ?

Depuis quelques temps, certaines zones voient un plus grand retrait de l'État syrien. Selon vous, les zones libérées s'agrandissent-elles ou est-ce trop tôt pour le dire ?

R - Je ne peux pas vous faire un rapport précis sur l'évolution de ces zones mais elles se sont forcément agrandies puisque nous partions de zéro. Il y a effectivement une tendance à l'effritement du régime. Le plus tôt nous parviendrons à cette transition politique, mieux ce sera.

Q - Est-ce que le ministère a des contacts avec les minorités religieuses en Syrie ? Je pense à des gens comme le Père Paolo mais y en a-t-il d'autres ?

Je sais que le collège protestant d'Alep a été saccagé par un groupe ASL ? Viennent-ils vers le ministère ou ont-ils d'autres préoccupations dans l'immédiat ?

R - Je ne peux vous faire qu'une réponse générale, nous avons des contacts avec tout le monde en permanence.

Q - Récemment, le ministre a indiqué qu'il fallait faire très attention à qui on donne quoi en Syrie. Vous êtes en train d'accroître votre aide aux zones autonomes mais, allez-vous aussi accroître la surveillance de qui reçoit quoi comme le stipule les prescriptions du ministre ?

R - Le ministre a dit très clairement qu'il fallait faire attention à qui on donne quoi. Il a répondu de façon très précise à votre question, oui il y a une vigilance bien sûr.

Q - Inaudible

R - Encore une fois, nous ne sommes pas en Syrie. Nous ne donnons pas d'arme il faut le rappeler. Nous essayons de contrôler autant que nous pouvons le faire.

Q - Mais il y a les images satellitaires où on voit très bien des combattants de l'armée syrienne sur beaucoup de zones en Syrie ?

R - Je ne veux pas entrer dans le détail de ce que nous donnons au-delà de ce que j'ai déjà indiqué. Nous avons parlé de matériels de transmission, de jumelles. Je ne dirai rien de plus précis. Ce que nous donnons est non létal.

6 - Agenda de M. Laurent Fabius / Maroc / Partenariat de Deauville

Q - Demain M. Fabius aura un entretien avec son homologue marocain. Que pouvez-vous nous dire des sujets qui seront abordés lors de cet entretien ?

R - Cette relation avec le Maroc est extrêmement étroite. Donc seront abordés des sujets bilatéraux, ces relations très denses que nous avons avec le Maroc. Le ministre abordera certainement les crises régionales, l'ensemble des crises que connaît le Moyen Orient, j'imagine en particulier la Syrie. Il abordera vraisemblablement les évolutions politiques dans le monde arabe. Il évoquera aussi vraisemblablement le développement de la région, de toute cette partie de l'Afrique du nord dont la coopération doit s'accroître.

Q - Inaudible

R - Le Partenariat de Deauville est aussi un sujet que nous évoquons fréquemment avec l'ensemble des partenaires concernés et auquel nous sommes attachés. C'est la France qui l'avait lancé. C'est une initiative que nous suivons de près, que nous continuons de pousser.

7 - Iran

Q - J'ai appris qu'en Iran, l'école française avait été fermée et l'ambassade réduite à seulement une présence minimale d'agents. Est-ce toujours d'actualité ? Ou bien, tout a-t-il été rouvert par ailleurs ?

La liste des vingt pays se proroge-t-elle ou sommes-nous repassés à la norme, sauf l'exception iranienne ?

R - Les manifestations ont été assez limitées à l'exception du Pakistan où il y a quand même eu 14 morts. En majorité, elles n'ont pas eu la France pour cible. En Iran, en effet, il y a eu une manifestation de 400 personnes dimanche devant l'ambassade de France. Les mesures que nous avions prises étaient temporaires, c'étaient des mesures de précaution et elles ont bien fonctionné. Nous avons eu raison de les prendre. Les choses se sont bien passées.

Q - Peut-on dire que les mesures sont grosso modo levées ?

R - Sans trop de risque de me tromper, je peux vous répondre oui. Mais, ces mesures, comme je l'ai indiqué avaient vocation à être temporaires. Ensuite, c'est en liaison avec nos ambassades que nous avons décidé s'il fallait prolonger ou non./.

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9. Biélorussie - Élections législatives - Déclaration de la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 24 septembre 2012

 

Les élections législatives qui se sont tenues hier constituent une nouvelle occasion manquée de mener en Biélorussie des élections conformes aux normes internationales.

L'Union européenne a suivi de près la situation, tant au cours de la période préélectorale que le jour du scrutin. Le processus électoral a connu quelques améliorations, notamment en ce qui concerne le code électoral, mais malheureusement les élections se sont déroulées dans un contexte caractérisé par un climat général de répression et d'intimidation.

Nous prenons acte de l'évaluation réalisée par le Bureau des institutions démocratiques et des droits de l'Homme (BIDDH ) selon laquelle la gestion des élections n'a pas été impartiale et les principaux engagements pris dans le cadre de l'OSCE n'ont pas été pleinement respectés, notamment en ce qui concerne les droits des citoyens de s'associer, de se porter candidat et de s'exprimer librement.

Nous encourageons les autorités à prendre les mesures qui s'imposent pour mettre pleinement en oeuvre les engagements internationaux souscrits par la Biélorussie en faveur des principes démocratiques et des droits de l'Homme; à cette fin, nous sommes prêts à apporter notre soutien à la Biélorussie./.

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10. Vietnam - Condamnations prononcées à l'encontre de blogueurs - Déclaration du porte-parole de Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 24 septembre 2012

La Haute représentante fait part de la vive préoccupation que lui inspirent les condamnations prononcées, lors du procès qui s'est tenu récemment à Ho Chi Minh-Ville (Vietnam), à l'encontre des blogueurs Nguyen Van Hai, Ta Phong Tan et Phan Thanh Hai, condamnés respectivement à des peines de douze, dix et quatre ans d'emprisonnement suivis de cinq, trois et trois ans de probation.

L'Union européenne rappelle que toute personne a droit à la liberté d'opinion et peut librement exprimer ses opinions de manière pacifique, conformément à la Déclaration universelle des droits de l'Homme et à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Vietnam est partie.

Les peines prononcées dans cette affaire semblent particulièrement sévères. Tout en exprimant sa bonne volonté et sa satisfaction à l'égard de l'évolution de plus en plus favorable du partenariat UE-Vietnam, la Haute représentante appelle le Vietnam à respecter les obligations internationales qui lui incombent et à libérer immédiatement les blogueurs condamnés./.

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