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Bulletin d'actualités du 11 septembre 2012


Sommaire



1. Qatar - Entretien entre le prĂ©sident de la RĂ©publique, M. François Hollande, et le Premier ministre et ministre des Affaires Ă©trangères du Qatar, Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique - Paris, 11 septembre 2012

 

Le président de la République a reçu, hier en fin d'après-midi au Palais de l'Élysée, Cheikh Hamad bin Jassem Al Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar en visite privée à Paris.

Ils ont évoqué la situation en Syrie et envisagé les prochaines initiatives au sein du groupe des Amis du peuple syrien ainsi que dans la perspective de la prochaine Assemblée générale des Nations unies qui aura lieu à New York à la fin du mois de septembre.

Ils ont également évoqué la coopération économique bilatérale entre les deux pays et affirmé la volonté commune de renforcer le partenariat existant./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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2. Banque mondiale - CommuniquĂ© de la prĂ©sidence de la RĂ©publique - Paris, 10 septembre 2012

 

Le président de la République a reçu M. Jim Yong Kim, nouveau président de la Banque mondiale. Le chef de l'État a rappelé l'attachement de notre pays à l'action de la Banque mondiale en faveur du développement, de la croissance et de l'emploi.

Ils ont eu un échange approfondi sur la situation de l'économie mondiale et la nécessité d'une mobilisation accrue des institutions financières internationales pour la stabilité et la croissance. Dans ce contexte, le président de la République a souligné les priorités de la France :

- lutter contre les déséquilibres économiques mondiaux, en recherchant une meilleure coordination entre les grandes zones économiques ;

- amplifier les mesures en cours de consolidation de la zone euro pour en faire un pôle de stabilité et de croissance au sein de l'économie mondiale ;

- accroître la coopération internationale pour réduire la volatilité des prix des matières premières agricoles qui fait craindre une nouvelle crise alimentaire ;

- renforcer le soutien aux États fragiles, en particulier au Sahel, où les effets de la crise malienne se sont ajoutés à une situation d'insécurité alimentaire chronique. Le chef de l'État a ainsi indiqué son souhait que le développement rural, notamment en zone sahélienne, fasse l'objet d'investissements plus importants. La réunion de haut niveau consacrée au Sahel à New York à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations unies, le 26 septembre, devra être l'occasion d'un engagement renforcé de la communauté internationale au profit des États de cette région (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie, Tchad et Sénégal);

- accompagner le développement économique et social des pays arabes en transition (Égypte, Jordanie, Libye, Maroc, Tunisie) en liaison avec le Partenariat de Deauville qui s'est avéré un cadre efficace pour répondre aux défis politiques, économiques et sociaux auxquels ils sont confrontés ;

- promouvoir l'efficacité énergétique, dans l'ensemble des pays d'intervention de la Banque mondiale, pour lutter contre le changement climatique et limiter les effets sociaux de la hausse des prix de l'énergie.

Le président de la République a également insisté sur la volonté de la France de s'impliquer davantage dans la lutte contre les flux financiers illicites. La Banque mondiale estime que les montants sortant illégalement des pays en développement sont plus importants que le montant total de l'aide publique au développement./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Discours du Premier ministre, M. Jean-Marc Ayrault, au Camp des Milles - Aix-en-Provence, 10 septembre 2012

 

(Seul le prononcé fait foi)


Monsieur le Président de la Fondation,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Élus,

Mesdames et Messieurs les Représentants des cultes,

Mesdames et Messieurs,

Il y a 70 ans, jour pour jour, le dernier convoi de déportés des Milles partait pour Auschwitz. Il y a 70 ans, le régime de Vichy raflait et livrait à l'Allemagne nazie des milliers de Juifs de la zone dite «libre». Nous ne les oublierons jamais.

Nous sommes rassemblés aujourd'hui pour rappeler ce que fut l'histoire tragique de ce camp, honorer la mémoire des internés, des déportés, des «Justes» qui leur ont porté secours.

Nous sommes ici aussi pour transmettre aux jeunes générations un message de confiance dans l'avenir, car c'est l'objet même de ce Mémorial : combattre l'oubli, éduquer et éveiller les consciences, lutter contre toutes les formes de xénophobie, de racisme et d'antisémitisme ; rendre à jamais impossible le retour de la barbarie.

L'histoire du camp des Milles est une histoire française. De septembre 1939 à septembre 1942, il a constamment été placé sous autorité française, d'abord celle de la 3e République finissante, puis celle du régime de Vichy, qui fut délibérément le complice, en 1942, des déportations programmées et mises en oeuvre par l'Allemagne nazie. Ce n'est qu'en novembre 1942 que le camp des Milles, vidé de ses occupants, cesse de fonctionner.

C'est une histoire européenne, car parmi les 10.000 internés qui sont passés par le camp des Milles, de 1939 à 1942, près de 30 nationalités étaient représentées. La plupart de ces internés étaient des réfugiés, fuyant les persécutions de leur pays d'origine. Tous pensaient que la France, patrie des droits de l'Homme, leur offrirait protection et asile.

Aux ambassadeurs présents aujourd'hui, ainsi qu'à leurs représentants, je veux dire que nous conservons le souvenir de chacun de ces réfugiés, dont la confiance a été trahie.

De septembre 1939 jusqu'à l'armistice de 1940, c'est donc la 3e République qui transforma ce bâtiment industriel des Milles en camp d'internement. Il était destiné aux ressortissants de pays en guerre contre la France, considérés comme une menace potentielle par les autorités. Mais parmi les citoyens allemands ou autrichiens qui constituaient l'essentiel des internés, beaucoup étaient des opposants résolus au nazisme, militants, réfugiés politiques, intellectuels.

Il est vrai qu'après 1933, bon nombre de représentants de l'élite intellectuelle de l'Allemagne, puis de l'Autriche, ont trouvé refuge dans le Sud de la France et c'était l'honneur de notre pays. En raison de leur nationalité, beaucoup se retrouvèrent aux Milles après le déclenchement de la seconde Guerre mondiale, désemparés, ne reconnaissant plus la France qu'ils avaient appris à aimer.

Je pense au peintre Max Ernst, envoyant un message désespéré à sa galeriste. Je pense à l'écrivain Lion Feuchtwanger, qui publia dès 1942, exilé aux États-Unis, un récit de ses années d'internement : le Diable en France. Il nous fait prendre conscience du sentiment qu'ont pu éprouver ces amoureux de la République française, soudain ravalés au rang de «sujets ennemis». «En Allemagne, écrit-il, quand quelqu'un vivait confortablement, on disait qu'il vivait comme Dieu en France. (...) Mais si Dieu se sentait bien en France, on pouvait dire également que le Diable n'y vivait pas mal non plus. (...) Je ne crois pas que le Diable auquel nous avons eu affaire en France en 1940 ait été un Diable particulièrement pervers qui aurait pris un plaisir sadique à nous persécuter. Je crois plutôt que c'était le Diable de la négligence, de l'inadvertance, du manque de générosité, du conformisme.»

Rien, pas même la guerre, ne saurait justifier cet internement systématique de ressortissants étrangers, dans des conditions dégradantes. À fortiori de réfugiés antifascistes, qui avaient fui les régimes contre lesquels la France était en guerre.

Aux yeux de milliers de femmes et d'hommes, qui attendaient tellement d'elle, la France, terre d'accueil et d'asile, n'Ă©tait plus vraiment elle-mĂŞme.

La défaite de 1940 et le vote des pleins pouvoirs à Pétain, le 10 juillet, sonnent le glas de leurs espérances. Tous les camps d'internement, dont le camp des Milles, furent mis au service de la politique de Vichy et connurent une évolution tragique.

Dans la France de Vichy, le droit d'asile est foulé aux pieds et la xénophobie se donne libre cours. Tout ressortissant étranger peut désormais être interné et la nationalité française est retirée à plus de 15.000 personnes, dont plus de 6.000 Juifs, qui s'étaient réfugiées en France et en avaient acquis la nationalité à partir de l'année 1927. Boucs émissaires commodes, livrés à la vindicte populaire par le gouvernement lui-même, les étrangers sont devenus des «indésirables».

L'antisémitisme, ancré dans une partie de la société française, devient un antisémitisme d'Etat. Le régime de Vichy promulgue des lois antisémites dès le mois d'octobre 1940, sans même que l'Allemagne nazie n'en formule l'exigence !

Au mépris de nos valeurs les plus fondamentales, les Juifs de France sont humiliés, spoliés, fichés. Des milliers de Juifs étrangers sont arrêtés et internés.

Le camp des Milles, comme d'autres camps de la zone non occupée, devient l'un des rouages de cette politique du déshonneur. À partir de juillet 1940, des étrangers «indésirables», des Juifs, des républicains espagnols s'y entassent, dans des conditions d'hygiène épouvantables. Sous la seule autorité de Vichy.

Quand s'engage ce que le régime nazi qualifie de «solution finale», en 1942, le piège se referme sur les milliers de Juifs internés. Pierre Laval, chef du gouvernement, accepte de livrer aux autorités allemandes 10.000 Juifs arrêtés en zone non occupée. Il pousse l'infamie jusqu'à proposer de déporter les enfants, ce que les Allemands ne demandaient même pas.

Après la rafle du Vel d'Hiv de sinistre mémoire, menée à Paris, en zone occupée, par la police française, c'est donc en zone non occupée, placée sous la seule autorité de l'État français, que le crime se répète. Le 26 août 1942, 6.000 Juifs sont arrêtés dans l'ensemble de la zone Sud par des policiers français, puis déportés vers les camps d'extermination.

Il y aura ensuite d'autres rafles, dans le Sud de la France, notamment après l'arrivée des troupes allemandes, en novembre 1942. Je veux rappeler ici la rafle de l'Opéra, à Marseille, du 22 au 27 janvier 1943 : près de 800 Juifs sont arrêtés, très peu survivront à la déportation. Seul le débarquement des Alliés et des forces de la France combattante mettra fin à ces actes de terreur.

La tragédie frappe le camp des Milles en août et en septembre 1942. Plus de 2.000 Juifs, répartis en cinq convois, sont déportés vers Auschwitz, via Rivesaltes et Drancy. Parmi eux, une centaine d'enfants. J'ai écouté la lecture de leurs noms avec une grande émotion.

Ma présence parmi vous, ainsi que celle de nombreux membres du gouvernement, témoigne de la volonté de la République française de veiller sur la mémoire des martyrs du camp des Milles. De ces femmes, ces hommes, ces enfants, qui ne sont jamais revenus.

C'est pour nous un devoir sacré.

Le camp des Milles doit être aujourd'hui un lieu de mémoire et de recueillement, car depuis ce lieu, des milliers de victimes, qui avaient foi en la France, patrie de la Grande Révolution et des droits de l'Homme, ont été envoyées à la mort.

Mais il y a eu aussi des Français, en nombre, pour sauver l'honneur. Partout en France, des hommes et des femmes courageux entretenaient la flamme de la Résistance. Et beaucoup ont sauvé des vies, au péril de la leur.

Aux Milles, le sort des internés et des déportés a bouleversé certains de ceux qui les ont côtoyés et ont partagé leurs souffrances. Je veux rendre hommage à ces Français anonymes qui ont aidé des internés à s'enfuir, qui ont sauvé des enfants ; à ces hommes et ces femmes, de toutes nationalités, qui ont su dire non à l'inacceptable.

Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, leur a décerné le titre de «justes parmi les nations» et ici, au camp des Milles, le «mur des actes justes» leur est consacré. Je vous invite à honorer leur mémoire.

Je pense aussi à la production artistique qui a caractérisé le camp au cours des premières années, quand tant d'intellectuels, de peintres, de sculpteurs, de musiciens, de metteurs en scène, de comédiens y étaient internés. Les oeuvres qu'ils ont réalisées, les représentations qu'ils ont données, sont autant d'actes de résistance, parfois empreints d'humour et d'ironie, à la situation dramatique qui leur était imposée.

Et si le camp des Milles est aujourd'hui considéré comme l'un des hauts lieux de mémoire français, s'il est reconnu comme monument historique, si le projet de Mémorial a pu voir le jour, avec le soutien de quatre ministères présents au sein du Conseil d'administration de la Fondation, c'est à une exceptionnelle mobilisation associative et citoyenne que nous le devons.

Je veux rendre hommage à celles et ceux qui ont mené ce combat pour la mémoire depuis 30 ans. Et d'abord à Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles, qui porte ce projet avec détermination et conviction depuis tant d'années. Le soutien actif des collectivités locales concernées a été décisif. Que les élus en soient remerciés.

Ce Site-Mémorial est d'abord tourné vers la jeunesse. Il sera un lieu d'histoire, de pédagogie et de transmission, comme l'ont voulu les hautes personnalités qui ont accompagné le projet depuis ses débuts. Je voudrais saluer l'engagement en ce sens de Simone Veil, présidente d'honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, d'Elie Wiesel, de Serge Klarsfeld - infatigable combattant de la mémoire, de Robert Badinter, de Jorge Semprun - disparu depuis.

Le travail de mémoire, avec sa dimension éducative, est essentiel. Il est aussi un lien entre les générations.

Sous l'autorité d'un conseil scientifique présidé par le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, c'est un parcours éducatif innovant et de grande qualité qui a été imaginé. Il fait appel à la réflexion de chacun, à l'analyse des mécanismes qui ont pu conduire à la montée du fascisme et nazisme, à la passivité du plus grand nombre et finalement à l'horreur du génocide. Comment comprendre, aussi, qu'un lieu somme toute banal, une simple tuilerie, située dans un village paisible, puisse devenir l'un des rouages d'un crime de masse ?

Cette approche, fondée sur la compréhension de mécanismes universels, permet de faire converger les mémoires, celle de la Shoah, dont la singularité est indiscutable et celle des autres génocides du siècle passé. Elle permet de faire comprendre aux jeunes générations que le passé est porteur de leçons pour l'avenir.

Faire obstacle à la résurgence de l'intolérance et de la haine, développer l'enseignement de la fraternité et du respect de l'autre, telle doit être l'ambition de la Fondation du camp des Milles.

Et au-delà, telle doit être notre ambition de Français et d'Européens. Car je l'ai dit, l'histoire des Milles est aussi une histoire européenne et nous devons faire vivre aujourd'hui les valeurs fondamentales que nous avons voulu promouvoir après 1945. Pour une Europe de la paix et de la démocratie, où le rejet de l'autre n'a pas sa place.

La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est une priorité de mon gouvernement. Je réunirai un comité interministériel sur ce sujet dans les prochaines semaines, pour adopter un plan d'action. Il sera d'abord fondé sur l'éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l'étranger, sur l'autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées.

Qu'il me soit permis, dans ce lieu, de rendre hommage à une figure exceptionnelle, qui a marqué le pays d'Aix, mais qui est d'abord un grand républicain. Je veux parler de l'historien Jules Isaac. Le célèbre auteur de manuels, engagé, à l'époque de la République de Weimar, en faveur d'un rapprochement franco-allemand, est nommé inspecteur de l'instruction publique en 1936 ; mais il est révoqué par le régime de Vichy, en 1940, parce qu'il s'appelle Isaac. Et c'est alors qu'il se réfugie à Aix-en-Provence. Son histoire, tragique, est celle de beaucoup d'autres. Sa femme, sa fille et l'un de ses fils sont arrêtés en 1943 et déportés à Auschwitz. Seul son fils en reviendra.

Après la guerre, Jules Isaac consacrera le reste de sa vie à combattre l'antisémitisme. Et ce qu'il appelait l'enseignement du mépris. C'est à ce titre qu'il participa à la création des Amitiés judéo-chrétiennes et qu'il fut reconnu, avec l'autorité qui était la sienne, comme un militant inlassable de la tolérance religieuse et de l'amitié entre les peuples.

Sachons, nous aussi, rechercher et mettre en lumière la vérité historique, avec lucidité et sans complaisance. Sachons combattre l'obscurantisme, la haine et l'intolérance. Sachons rester fidèles aux valeurs de la République.

L'histoire du camp des Milles témoigne des crimes contre l'humanité qui ont été perpétrés au coeur de l'Europe. Mais elle nous montre que le meilleur est aussi dans l'homme.

Vive la RĂ©publique, vive la France !./.

(Source : site Internet du Premier ministre)

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4. DĂ©placement Ă  Chypre - Inauguration de l'École franco-chypriote - Discours du ministre des Affaires Ă©trangères, M. Laurent Fabius - Nicosie, le 8 septembre 2012

 

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Ministre de l'Éducation,

Madame le Ministre des Affaires étrangères, Chère Erato,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Monsieur le Président de la République, je veux d'abord vous remercier personnellement, non seulement d'être ici, mais d'avoir accompagné en permanence cet important projet.

Monsieur le Ministre de l'Éducation, Madame la Ministre des Affaires étrangères, je veux également vous remercier chaleureusement, parce que je sais que vous avez été extrêmement actifs dans ce que nous inaugurons aujourd'hui.

Et puis je veux aussi remercier les ambassadeurs qui ont contribué à ce succès. Je veux remercier l'Agence pour l'enseignement du français à l'étranger à travers sa directrice et remercier aussi, bien sûr, la directrice et le personnel de cet établissement qui font des merveilles.

Monsieur le Président de la République, nous inaugurons ensemble un établissement d'enseignement remarquable - je vais en dire quelques mots - mais c'est plus que cela. Ici, dans cette école franco-chypriote, des milliers de jeunes garçons et de jeunes filles vont apprendre le meilleur de l'éducation et de la culture. Ils vont pouvoir commencer, dans les petites classes, à apprendre le français, le grec, se perfectionner, avoir des soutiens en anglais et aller jusqu'au bout de leur scolarité. Et puis, s'ils veulent poursuivre leurs études supérieures, ils pourront le faire ici, en Grèce, en France ou dans les universités anglo-saxonnes. Je suis donc absolument sûr que cet établissement, qui n'a pu voir le jour que grâce à votre générosité, sera un très grand succès.

Mais, je vous le disais, c'est plus qu'un établissement d'enseignement, c'est un symbole que nous inaugurons aujourd'hui, le symbole de l'amitié entre Chypre et la France. Nos deux pays ont énormément en commun en remontant leur longue histoire. Aujourd'hui, nous partageons les mêmes principes et vous le savez - nous en discutions en déjeunant ensemble, Monsieur le Président de la République - au niveau international, la France est à vos côtés.

Il est très important que nous ayons choisi comme symbole de notre amitié l'éducation puisqu'en pariant sur l'éducation, c'est-à-dire la jeunesse et le futur, nous sommes sûrs que cette amitié entre la République de Chypre et la France durera bien au-delà de nous-mêmes. Vous êtes membre de la Francophonie et l'on comprend bien que la Francophonie a quelque chose à voir avec la France, mais la Francophonie ce n'est pas simplement parler une langue, le français, c'est aussi partager des valeurs. Parmi ces valeurs que nous partageons, Chypre et la France, il y a le primat de l'éducation, la justice sociale, le fait que nous avons besoin d'aller vers la paix et le développement, c'est tout cela qui fonde notre amitié.

Monsieur le Président de la République,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,

Je termine ce petit discours en remerciant, tout d'abord, l'ambassadeur pour ses excellentes qualités d'interprète et, surtout, en vous remerciant à nouveau et en pensant au succès certain de cet établissement et à l'amitié entre la République de Chypre et la France. Ce que vous avez fait, Monsieur le Président de la République, Mesdames et Messieurs, c'est un service que vous rendez à la cause des jeunes Chypriotes, des jeunes Français et de beaucoup d'autres, c'est donc une action utile.

Vive la République de Chypre, vive la France et vive l'amitié entre nous./.

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5. DĂ©placement en Italie du ministre du Redressement productif, M. Arnaud Montebourg - Paris, le 10 septembre 2012

Le ministre du Redressement productif s'est rendu Ă  Milan le 10 septembre afin de rencontrer le ministre du DĂ©veloppement Ă©conomique, des Infrastructures et du Transport italien, M. Corrado Passera.

Les deux ministres ont partagé leur volonté de mettre fin au processus de désindustrialisation de l'Europe et d'oeuvrer afin de renouer au plus vite avec la croissance économique. Cela implique de replacer la question industrielle au coeur des préoccupations et des politiques de l'Union européenne, notamment la politique commerciale.

Les deux ministres ont décidé de la mise en place d'un groupe de travail permanent entre leurs deux ministères afin de lancer de nouveaux projets concrets de coopération industrielle entre la France et l'Italie et de renforcer leur coordination politique, notamment dans le cadre de l'Union européenne.

Le ministre a également pu s'entretenir avec M. Giorgio Squinzi, président de la Cofindustria. Ce déplacement s'inscrit dans le cadre de la tournée européenne engagée par le ministre du redressement productif qui lui a déjà permis de rencontrer ses homologues belge, luxembourgeois, allemand et espagnol./.

(Source : site Internet du ministère du Redressement productif)

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6. RĂ©forme de la Politique agricole commune - CommuniquĂ© du ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la ForĂŞt - Paris, 8 septembre 2012

 

Comme il l'avait annoncé en juillet dernier, le ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, M. Stéphane Le Foll, a réuni le premier comité de suivi de la réforme de la PAC dont la composition traduit le souci constant du ministre de dialoguer avec les professionnels, les ONG et les collectivités sur la question de la PAC.

Le ministre a souhaité partager une vision globale des grands objectifs poursuivis par la France à un moment où les négociations avec les autorités communautaires vont entrer dans une phase active et décisive.

Avant d'entamer un échange approfondi et constructif avec les participants, le ministre a rappelé son attachement à la valorisation de toutes les agricultures et son souhait de concilier enjeux économiques et environnementaux pour favoriser la création de valeur ajoutée et d'emploi. Il a également rappelé que l'agriculture ne pouvait être soumise aux seules lois du marché, a fortiori dans un contexte international dégradé.

Le ministre a détaillé la position de la France et les grands objectifs poursuivis dans le cadre de la réforme.

Il a indiqué que ce comité de suivi serait appelé à se réunir tout au long de la négociation communautaire mais aussi ultérieurement au moment de la mise en oeuvre de la nouvelle PAC. «J'ai une ambition pour l'agriculture et pour la France, nous devons désormais dessiner ensemble les contours de l'agriculture de demain et permettre l'émergence de nouveaux modèles agricoles basés sur la performance économique et écologique. Je crois à l'intelligence collective et je sais pouvoir compter sur chacun d'entre vous.»

Position française et grands objectifs poursuivis

- défendre un budget européen cohérent pour privilégier les dynamiques de croissance et d'emploi et pour maintenir le budget de la PAC, le tout dans un contexte global maîtrisé ;

- maintenir des outils de régulation des marchés : outils de maîtrise du potentiel de production viticole (actuels droits de plantation), maintien des quotas sucre jusqu'en 2020 ;

- améliorer les pistes proposées par la Commission dans le projet d'OCM unique ;

- obtenir une répartition juste et équitable des aides directes (1er pilier) entre États membres en veillant à ce que les intérêts des agriculteurs français soient préservés. Le ministre a redit son attachement à ce que l'enveloppe budgétaire du développement rural en France soit augmentée par une répartition plus équitable du 2eme pilier entre États membres ;

- permettre une meilleure équité dans la répartition des aides directes entre les agriculteurs français en sortant progressivement du système des références historiques qui a figé des inégalités. Les modalités de cette convergence interne doivent être discutées mais le ministre a rappelé que la proposition de la Commission n'était en l'état pas acceptable pour la France. Le ministre a rappelé l'importance pour les États membres de pouvoir orienter les aides pour préserver certaines filières notamment les systèmes de polyculture élevage et pour créer de la valeur ajoutée et de l'emploi sur l'ensemble des territoires ;

- soutenir le principe de verdissement des aides du premier pilier qui lie le versement de 30% des aides directes au respect de 3 critères environnementaux et qui est un gage de réconciliation entre les attentes des agriculteurs et celles des citoyens européens. S'agissant du détail des trois critères : le ministre s'est dit en faveur de plus de souplesse quant au maintien des prairies permanentes, d'un engagement ferme à préserver la diversité des assolements et il s'est enfin prononcé favorablement à la mise en place de 7% de surfaces d'intérêt écologique même si la manière de les atteindre doit être discutée pour à la fois traduire une ambition supplémentaire et prendre en compte l'existant ;

- traduire au sein du deuxième pilier des choix en phase avec l'ambition d'encourager certains systèmes de production, de permettre à l'agriculture de s'engager vers de nouveaux modèles agricoles performants écologiquement et économiquement. Enfin, le ministre a rappelé le rôle clef des régions dans la gestion des aides liées au développement rural. Celles-ci se verront confier la gestion des fonds européens consacrés au développement des territoires dans le respect d'une cohérence nationale./.

(Source : site Internet du ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt)

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7. Point de presse du porte-parole du ministère des Affaires Ă©trangères - DĂ©placement conjoint des ministres, M. Cazeneuve et M. Valls, en Roumanie (12-13 septembre 2012) - DĂ©placement au SĂ©nĂ©gal de Mme Benguigui (12-15 septembre) - Somalie/Élection du nouveau prĂ©sident - Fin de l'indĂ©pendance supervisĂ©e du Kosovo - Prix franco-allemand des droits de l'Homme/Visite Ă  Paris de l'association laurĂ©ate «les tisseuses de vie» (Colombie) - Syrie - AlgĂ©rie - IsraĂ«l/Territoires palestiniens - Iran - Roumanie - Mali - Paris, 11 septembre 2012

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - DĂ©placement conjoint des ministres, M. Cazeneuve et M. Valls, en Roumanie (12-13 septembre 2012)

Comme l'a annoncé le président de la République, le ministre délégué chargé des Affaires européennes, M. Bernard Cazeneuve, se rendra en Roumanie conjointement avec le ministre de l'Intérieur, M. Manuel Valls, les 12 et 13 septembre. MM. Cazeneuve et Valls rencontreront le président Traian Basescu ainsi que le Premier ministre Victor Ponta. Ils auront chacun des entretiens avec leur homologue et d'autres membres du gouvernement roumain.

Figureront à l'ordre du jour la question de l'intégration des Roms, mais aussi nombre d'autres sujets européens, sur lesquels nous partageons une vision largement commune, notamment les enjeux liés à la croissance en Europe, au renforcement de la politique industrielle européenne et à la politique agricole commune.

Les ministres se rendront jeudi dans la ville de Cluj pour y visiter un projet de prévention de l'abandon scolaire, cofinancé par la France, qui à vise à améliorer l'intégration des Roms en Roumanie.

2 - Déplacement au Sénégal de Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie (12-15 septembre)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, se rendra à Dakar du 12 au 15 septembre.

Lors de ce déplacement placé sous le signe de la Francophonie et de la culture, elle rencontrera M. Youssou Ndour, ministre de la Culture et du Tourisme et M. Alioune Badara Cissé, ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'extérieur. La ministre déléguée aura un entretien avec le président du Sénégal, M. Macky Sall.

En marge de ces rencontres, la ministre déléguée visitera le lycée français de Dakar Jean Mermoz et aura des échanges sur le thème de la francophonie avec des élèves de l'établissement. Mme Benguigui rencontrera aussi de jeunes artistes sénégalais.

Ce déplacement sera également l'occasion pour la ministre déléguée de rencontrer les acteurs économiques français installés à Dakar, ainsi que des chefs d'entreprises sénégalais.

3 - Somalie - Élection du nouveau Président

M. Hassan Sheikh Mohamud a été élu, le 10 septembre 2012, président de la Somalie.

La France lui adresse ses félicitations et ses voeux de succès à un moment particulièrement important de l'histoire de la Somalie. Son élection marque la fin de la période de transition. Elle constitue une étape cruciale pour la réconciliation nationale et pour le processus politique, qui doit se poursuivre vers l'établissement d'institutions démocratiques.

Conformément aux aspirations du peuple somalien, nous encourageons la Somalie à accorder une place centrale à la protection, au bien-être de la population ainsi qu'au développement. Les efforts, fondés sur une perspective à long terme, doivent être partagés par tous. La France invite l'ensemble des Somaliens, en particulier les femmes et les jeunes, à s'unir en faveur de la paix.

La France reste aux côtés de ceux qui cherchent à conduire la Somalie vers la démocratie, le respect des droits de l'Homme, la bonne gouvernance, la paix, la sécurité et le développement. Elle se tient prête à travailler avec le nouveau président élu. Nous continuerons de soutenir la Somalie dans les instances européennes et internationales.

4 - Fin de l'indépendance supervisée du Kosovo

La France salue la décision du 10 septembre de mettre un terme à la supervision de l'indépendance du Kosovo par le Bureau civil international. Ce Bureau avait été mis en place en 2008, à la suite de la déclaration d'indépendance du Kosovo, pour superviser la mise en oeuvre par le Kosovo des dispositions du «Plan Ahtisaari» pour un règlement global du statut du Kosovo.

Cette décision prend acte des progrès effectués par le Kosovo depuis son indépendance, notamment à l'égard des minorités.

C'est une étape importante qui témoigne de la consolidation du nouvel État et va renforcer son insertion sur la scène internationale.

5 - Prix franco-allemand des droits de l'Homme - Visite à Paris de l'association lauréate «les tisseuses de vie» (Colombie)

Les représentantes de l'association colombienne lauréate du prix franco-allemand des droits de l'Homme «Antonio Nariño», «Tejedoras de Vida» (Tisseuses de vie) sont en France et en Allemagne à compter du 10 septembre.

Les «Tisseuses de vie» regroupent plusieurs organisations de femmes du département du Putumayo, dans le sud de la Colombie, l'un des plus affectés par le conflit armé et ses conséquences. Ces femmes courageuses luttent contre toutes les violences faites aux femmes, que ce soit en raison du conflit armé ou des violences intrafamiliales.

Mmes Fatima Muriel, Amanda Camilo et Emerenciana Chicunque, accompagnées par Mme Gloria Florez, représentante élue du parlement andin et défenseur reconnue des droits de l'Homme, ont notamment été reçues à Paris au ministère des droits des Femmes par le cabinet de Mme Najat Vallaud-Belkacem, et au ministère des Affaires étrangères par l'ambassadeur chargé des droits de l'Homme, M. François Zimeray. Une série d'entretiens est prévue au Sénat et à l'Assemblée nationale, ainsi que des réunions avec de nombreux acteurs de la société civile, y compris la presse. Les «Tisseuses de vie» poursuivront leur visite à Strasbourg où des rencontres auront lieu au Parlement européen et au Conseil de l'Europe, ainsi qu'à Berlin.

Les Prix des droits de l'Homme, mis en place dans plusieurs de nos représentations diplomatiques, dont la Colombie, contribuent à appuyer et promouvoir les organisations de défense des droits de l'Homme et s'inscrivent dans le cadre de notre engagement concret dans ce domaine.

6 - Syrie

Q - Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, était à Paris ce week-end. A-t-il rencontré M. Fabius ?

R - M. Bogdanov a été reçu hier par des hauts fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères. Les discussions ont porté sur la situation dans la zone du Moyen-Orient et plus particulièrement en Syrie.

Ses interlocuteurs français lui ont rappelé notre position, telle qu'exprimée à plusieurs reprises par le président de la République et le ministre des Affaires étrangères. Les autorités françaises et russes maintiennent un dialogue permanent sur la crise syrienne, visant à surmonter leurs divergences pour définir ensemble les modalités de sortie de crise.

Q - Que pensez-vous de la proposition faite par M. Bogdanov d'une Conférence sur le modèle de celle de Taëf ?

R - Du compte-rendu que nous avons eu de ses entretiens à Paris, il n'a pas évoqué cette idée avec nous. Tant qu'il ne nous en a pas parlé officiellement, nous n'avons pas de réaction officielle.

Q - Est ce que vous nous confirmez que les services français ont sorti le général Tlass de Syrie, comme il le prétend ?

R - Sur les informations dans la presse selon lesquelles M. Tlass aurait été sorti de Syrie avec notre aide, nous ne ferons pas de commentaire. Cela ne vous étonnera pas.

Q - Ce n'est pas une information de la presse, c'est lui-mĂŞme qui le dit.

R - C'est lui qui le dit mais cela a été relayé par la presse. Donc pas de commentaire sur ce genre de déclaration.

Q - Comment voyez-vous le rôle du général Tlass dans l'opposition ?

R - Nous avons avec l'opposition syrienne des contacts qui sont réguliers et suivis et qui couvrent tout le spectre politique. Cela, pour une raison qui a été mentionnée plusieurs fois : nous appelons l'opposition syrienne - et nous essayons de l'accompagner dans ce chemin - à se rassembler, à être la plus unie possible, et à être représentative de toutes les communautés syriennes. Le rassemblement de l'opposition syrienne est pour nous la condition de sa représentativité et de sa légitimité, et de sa reconnaissance par le gouvernement français.

Q - Est-ce que vous préparez quelque chose pour d'autres dissidents tentés par la défection ?

R - Plus il y a de défections, mieux c'est. Toute nouvelle défection est un coup porté au régime. C'est en outre un phénomène cumulatif : plus de défections il y a, plus de défections il y aura.

Q - Le Premier ministre qatari était à Paris pour rencontrer le président de la République. Ils ont évoqué la réunion du Groupe de contact des Amis de la Syrie. Quelles sont les prochaines initiatives ?

R - Nous avons pris bonne note de l'initiative égyptienne de la formation d'un Groupe de contact. Il y a beaucoup aujourd'hui d'enceintes et d'organisations qui sont saisies du dossier syrien. L'objectif doit rester tout de même, afin d'éviter la cacophonie, de veiller à une bonne coordination de tous les efforts, notamment avec ceux du représentant spécial des Nations unies et de la Ligue arabe, M. Brahimi.

Q - Et la participation de l'Iran ?

R - Si l'Iran veut contribuer à la stabilité régionale, il y a un certain nombre de choses qu'il doit faire au préalable. Nous n'avons cessé de le rappeler et pourrons d'ailleurs y revenir car en ce moment se tient une réunion importante de l'AIEA à Vienne. L'Iran doit faire la lumière sur la nature exacte de son programme nucléaire ; il doit respecter les résolutions du Conseil de sécurité ; il doit aussi respecter les résolutions le concernant du Conseil des gouverneurs de l'AIEA. Il doit également mettre un terme aux violations répétées et incessantes des droits de l'Homme sur son territoire. À ces conditions-là, il serait le bienvenu pour contribuer à l'objectif que nous poursuivons, qui est celui de la stabilité de cette région.

Q - La partie russe souhaite remettre sur la table la déclaration de Genève, au sein du Conseil de sécurité et dans le cadre d'une résolution. Des réserves ont été exprimées par Mme Clinton. Quelle est votre position ?

R - Il y a en effet des discussions à New York. Pour résumer, la bonne nouvelle, ce serait de retrouver au sein du Conseil de sécurité un accord sur la crise syrienne, mais cela ne se fera pas en ce qui nous concerne à n'importe quel prix. Saisis d'un projet, nous n'accepterons pas un texte que nous jugerions trop faible. Si résolution il doit y avoir, elle doit comprendre les éléments de la position française qui ont déjà été très clairement exposés et qui s'étaient heurtés au refus russe et chinois par trois fois.

Q - Concernant l'initiative quadripartite, est-ce que ce qui vous gĂŞne dans cette initiative, c'est qu'il y ait l'Iran ? Alors que M. Brahimi pense que l'Iran doit faire partie de la solution ?

R - Encore une fois, l'Iran ne pourra véritablement contribuer à la stabilité régionale que s'il répond à un certain nombre de demandes qui sont très claires. Il ne s'agit pas des positions françaises seulement. Ce sont des positions et du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs à Vienne.

Q - Sur la situation sur la frontière turque. Les Turcs ont commencé à inonder une partie de la zone frontalière. Cela vous inquiète-t-il ?

R - Les Turcs ont signalé à plusieurs reprises les difficultés qu'ils rencontraient pour accueillir les réfugiés en provenance de Syrie, pas seulement les Turcs d'ailleurs, les Jordaniens également, et tous les pays limitrophes qui accueillent des réfugiés. Nous sommes pleinement conscients de ces difficultés. C'est d'ailleurs pourquoi le ministre avait convoqué la réunion du Conseil de sécurité le 30 août dernier. Nous sommes bien conscients du fardeau qui pèse, et qui est croissant, sur ces pays limitrophes. Nous faisons tout ce qui est possible pour les aider à y faire face et permettre que les réfugiés soient accueillis dans les moins mauvaises conditions possibles. Il reste qu'il faudra bien que ce problème soit réglé à sa source, et non pas simplement ses symptômes, aussi dramatiques soient-ils. Malheureusement les chiffres qui nous parviennent montrent que les flux de réfugiés ont tendance à augmenter et le problème ne fait qu'empirer. D'où les discussions et les décisions prises au Gymnich par les ministres des Affaires européennes d'augmenter l'aide européenne.

Q - Toujours sur la Syrie, il est fait état dans la presse de citoyens français qui sont engagés dans la rébellion et se revendiquent de Mohamed Merah.

R - Je n'ai pas de commentaire particulier Ă  ce sujet.

7 - Algérie

Q - Je voudrais poser une question sur la visite de M. Hollande en Algérie. Selon le ministère des Affaires étrangères, quel point doit être amélioré concernant les relations entre la France et l'Algérie ? Quel est le point le plus important de cette visite qui doit avoir lieu à l'automne ?

R - L'agenda de ce déplacement n'est pas encore complètement fixé et nous aurons l'occasion d'y revenir. Il devrait y avoir plusieurs catégories de sujets à l'ordre du jour. Des sujets purement diplomatiques, notamment le Sahel, et plus particulièrement la situation au Mali, des sujets économiques, car vous savez que les relations économiques entre la France et l'Algérie sont très importantes et dans de nombreux secteurs d'activité, notamment le secteur énergétique. Il devrait y avoir aussi un volet culturel certainement puisque les liens entre la France et l'Algérie sont très denses, notamment autour de tout ce qui touche à la francophonie. Je vous rappelle d'ailleurs que Mme Yamina Benguigui était encore récemment à Alger. En résumé, cette visite devrait permettre de couvrir de très nombreux sujets d'intérêt commun pour une relation qui est très dense et que nous souhaitons voir se développer au maximum de ses possibilités.

8 - Israël / Territoires palestiniens

Q - Dans les Territoires palestiniens, il y a un mouvement de contestation notamment concentré sur protocole de Paris. Les manifestants demandent de revoir la copie du protocole de Paris. Ils souhaitent que la France intervienne pour rectifier le protocole, signé en 1994, pour qu'il corresponde à la situation actuelle.

R - La réponse courte, qui concerne très directement le protocole de Paris, est que le protocole étant signé entre les Israéliens et les Palestiniens, c'est aux parties à ce protocole d'en discuter directement, si elles l'estiment utile.

La réponse longue, qui porte au-delà du seul protocole de Paris et concerne la situation telle qu'on la constate aujourd'hui dans les Territoires palestiniens, est la suivante : une forte préoccupation de notre côté avec la combinaison de trois phénomènes : la crise financière de l'autorité palestinienne, l'absence de perspective de règlement du conflit israélo-palestinien, enfin les difficultés économiques auxquelles la population palestinienne est confrontée. Et c'est l'ensemble de ces trois éléments : crise financière, crise économique, absence de perspective politique qui crée un terreau favorable aux mouvements sociaux et aux manifestations auxquelles vous faites allusion. Dans ce contexte général, toute mesure qui facilite le développement économique des Territoires, toute mesure visant à relancer le dialogue entre Israéliens et Palestiniens sont les bienvenues et doivent être encouragées. Nous avions d'ailleurs, en août dernier, salué la conclusion d'accords permettant d'améliorer la collecte des droits et des taxes. Nous espérons que, dans cette lignée là, de nouvelles avancées pourront être obtenues en faveur du secteur privé palestinien.

Nous appelons l'ensemble des donateurs internationaux, notamment les États-Unis et les pays du Golfe, à se remobiliser pour soutenir la construction des institutions du futur État palestinien. Pour notre part, nous sommes déterminés à poursuivre notre soutien, notamment sur le plan financier.

S'agissant plus spécifiquement de la situation à Gaza, qui est particulièrement préoccupante, la position française, et ce n'est pas seulement une position française d'ailleurs, c'est une position européenne, est claire. Nous appelons à la levée du blocus par Israël, sans transiger sur les préoccupations sécuritaires d'Israël, à la mise en oeuvre de mesures immédiates telles que l'autorisation d'exporter depuis Gaza, y compris vers Israël et la Cisjordanie, et d'importer à Gaza, notamment des matériaux de construction pour le secteur privé. Nous appelons enfin à faciliter les conditions de circulation des personnes.

9 - Iran

Q - Avez-vous une réaction à la libération du pasteur iranien qui avait été condamné pour apostasie ?

R - Nous nous en félicitons bien évidemment car cela est conforme à la position traditionnelle de la France et à son attachement au respect en toutes circonstances de la liberté de religion et de conscience. J'observe d'ailleurs que ces libertés sont garanties par le pacte international sur les droits civils et politiques auquel l'Iran a librement consenti ainsi que par la Constitution iranienne.

10 - Roumanie

Q - Concernant la visite de M. Cazeneuve en Roumanie, la France finance-t-elle des projets pour aider l'intégration des Roms en Roumanie et en Bulgarie ?

R - Nous vous dirons prochainement très précisément ce que nous finançons sur place. Plus généralement, nous devons trouver ici en France des solutions qui respectent la loi, les décisions de justice, nos engagements européens et internationaux, dans la dignité. Ce sont les termes mêmes qu'a utilisé le président de la République lors de sa récente allocution télévisée, le respect à la fois de la loi et de la dignité des personnes. Mais c'est également à l'échelle européenne - et notamment dans les pays d'origine - que nous devons travailler. C'est ce qui explique le déplacement de M. Cazeneuve et M. Valls en Roumanie. Ces sujets seront discutés sur place. Que peut-on faire ensemble pour permettre la bonne insertion des Roms, favoriser leur accès au marché du travail et à l'éducation sur place en Roumanie.

Je vous renvoie également sur ce sujet aux déclarations de la commissaire Reding qui a explicitement reconnu tous les efforts faits par la France pour modifier sa législation et faciliter l'insertion des Roms en France.

11 - Mali

Q - Concernant les vidéos d'otages de ressortissants français, quelle est votre réaction ?

R - Dimanche, nous avons publié un communiqué à la suite de la diffusion des vidéos sur les otages d'Arlit.

Q - Au Mali, on a appris ce matin les amputations déplorables - c'est moi qui qualifie cela - survenues à Gao.

R - Cela m'Ă©vitera d'avoir Ă  le faire.

Q - Que peut faire la communauté internationale ?

R - Bien évidemment, nous condamnons ce genre d'actes qui sont tout simplement atroces et inadmissibles. Je vous rappelle également notre analyse générale de la question malienne. C'est la combinaison en fait de trois questions : de nature politique à Bamako, avec la nécessité d'avoir, de la part du gouvernement malien, l'approche la plus inclusive possible de toutes les communautés qui composent le Mali ; un enjeu de développement ; enfin, un enjeu de sécurité dans le nord du Mali.

Cette situation est grave et préoccupante au Nord. Elle a des effets sur le Mali, sur sa population, sur la protection de ses sites culturels et religieux par exemple. Mais aussi sur la stabilité de la région toute entière. Elle a aussi un impact direct sur les intérêts français, puisque AQMI a désigné très clairement la France comme l'une de ses cibles prioritaires.

Que peut-on faire ? La première étape est aujourd'hui franchie avec la demande des autorités maliennes adressée à la CEDEAO. Nous rappelons que nous sommes disposés à donner un appui logistique à une opération africaine sous mandat des Nations unies. Je signale qu'il y aura à New York le 26 septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, une réunion spécifiquement consacrée à cette question./.

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8. Liban - RĂ©solution 2064 adoptĂ©e par le Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies - New York, 30 aoĂ»t 2012

 

Le Conseil de sécurité,

Rappelant toutes ses résolutions précédentes concernant le Liban, en particulier les résolutions 425 (1978), 426 (1978), 1559 (2004), 1680 (2006), 1701 (2006), 1773 (2007), 1832 (2008), 1884 (2009), 1937 (2010) et 2004 (2011), ainsi que les déclarations de son président concernant la situation au Liban,

Répondant à la demande formulée par le gouvernement libanais dans la lettre que le ministre libanais des Affaires étrangères a adressée au Secrétaire général le 21 juillet 2012, tendant à ce que le mandat de la FINUL soit prorogé, sans modification, pour une nouvelle période d'un an, et accueillant avec satisfaction la lettre que le Secrétaire général a adressée au président du Conseil le 14 août 2012 (S/2012/632) pour recommander cette prorogation,

Réaffirmant son ferme attachement à l'intégrité territoriale, à la souveraineté et à l'indépendance politique du Liban,

Réaffirmant son attachement à l'application intégrale de toutes les dispositions de la résolution 1701 (2006) et conscient de la responsabilité qui lui incombe d'aider à parvenir à un cessez-le-feu permanent et à une solution à long terme du conflit, comme l'envisage ladite résolution,

Demandant à toutes les parties concernées de redoubler d'efforts pour appliquer intégralement sans plus tarder toutes les dispositions de la résolution 1701 (2006),

Exprimant la vive préoccupation que lui inspirent toutes les violations liées à la résolution 1701 (2006), et comptant que l'enquête de la FINUL sera rapidement achevée afin que de telles violations n'aient plus lieu à l'avenir,

Saluant le rôle constructif que joue le mécanisme tripartite pour désamorcer les tensions et témoignant son soutien à la FINUL dans l'action qu'elle mène pour inciter les deux parties à continuer de mettre en place des dispositifs de liaison et de coordination,

Soulignant qu'il importe que l'interdiction de la vente et de la fourniture d'armes et de matériels connexes imposée par la résolution 1701 (2006) soit strictement respectée,

Rappelant qu'il est extrêmement important que toutes les parties concernées respectent la Ligne bleue dans sa totalité, saluant les progrès accomplis dans le marquage de la Ligne bleue et encourageant les parties à redoubler d'efforts, en coopération avec la FINUL, pour marquer la totalité de la Ligne bleue de façon visible, et pour progresser dans la matérialisation des points litigieux, comme le recommande le bilan stratégique,

Condamnant dans les termes les plus vifs l'attentat terroriste du 9 décembre 2011 dirigé contre les Casques bleus de la FINUL, ainsi que toutes les tentatives d'atteinte à la sécurité et à la stabilité du Liban et réaffirmant qu'il est déterminé à ce que de tels actes d'intimidation n'empêchent pas la FINUL de s'acquitter de son mandat conformément à sa résolution 1701 (2006),

Rappelant les principes pertinents énoncés dans la Convention sur la sécurité du personnel des Nations unies et du personnel associé,

Rendant hommage au dynamisme et au dévouement du personnel de la FINUL, exprimant sa vive gratitude aux États membres qui apportent leur contribution à la FINUL et soulignant qu'il faut impérativement doter celle-ci de tout le matériel et de tous les moyens nécessaires à l'exécution de son mandat,

Rappelant la demande du gouvernement libanais tendant à ce qu'une force internationale soit déployée pour l'aider à exercer son autorité sur l'ensemble du territoire et réaffirmant que la FINUL est autorisée à prendre toutes mesures nécessaires dans les secteurs où opèrent ses forces et, quand elle le juge possible dans les limites de ses capacités, à veiller à ce que son théâtre d'opérations ne soit pas utilisé pour des activités hostiles de quelque nature que ce soit, et à résister à toute tentative visant à l'empêcher par la force de s'acquitter de son mandat,

Se félicitant des efforts que déploie le Secrétaire général pour suivre de près toutes les activités de maintien de la paix, y compris celles de la FINUL, et soulignant qu'il est nécessaire que lui-même adopte une approche rigoureuse et stratégique en ce qui concerne le déploiement des missions de maintien de la paix,

Exprimant son soutien sans réserve aux priorités stratégiques et aux recommandations formulées par le Secrétaire général dans sa lettre du 12 mars 2012 (S/2012/151) à l'issue du bilan stratégique de la FINUL, et priant le Secrétaire général de continuer à le tenir informé de la suite donnée à ce bilan,

Demandant aux États membres de fournir au besoin une assistance à l'armée libanaise pour qu'elle puisse s'acquitter de sa mission, conformément à la résolution 1701 (2006),

Considérant que la situation qui règne au Liban continue de menacer la paix et la sécurité internationales,

1. Décide de proroger jusqu'au 31 août 2013 le mandat actuel de la FINUL ;

2. Salue le rôle positif de la FINUL, dont le déploiement avec l'armée libanaise a contribué à créer un nouvel environnement stratégique dans le sud du Liban, se félicite que la FINUL et l'armée libanaise coordonnent davantage leurs activités et demande à celles-ci de coopérer encore plus ;

3. Se félicite à cet égard que la FINUL et l'armée libanaise participent au dialogue stratégique ayant pour but d'analyser les forces terrestres et les moyens maritimes et de définir une série de critères reflétant la corrélation entre les capacités et responsabilités de la FINUL par rapport à celles de l'armée libanaise afin de déterminer ce dont ces dernières ont besoin pour mener à bien les tâches prescrites dans la résolution 1701 (2006) et demande que ce dialogue s'intensifie, conformément aux recommandations issues du bilan stratégique, notamment grâce à une coordination accrue entre les donateurs, qui aident l'armée libanaise à exécuter le mandat qui lui a été confié par la résolution 1701 (2006) ;

4. Demande instamment à toutes les parties intéressées de respecter la cessation des hostilités, de prévenir toute violation de la Ligne bleue et de respecter celle-ci dans sa totalité, et de coopérer pleinement avec l'ONU et avec la FINUL ;

5. Condamne dans les termes les plus vifs tous les attentats terroristes visant la FINUL et demande instamment à toutes les parties d'honorer scrupuleusement l'obligation qu'elles ont de respecter la sécurité du personnel de la FINUL et des autres membres du personnel des Nations unies et de veiller à ce que la liberté de circulation de la FINUL soit pleinement respectée et exempte d'entraves, conformément à son mandat et à ses règles d'engagement, notamment en évitant toute conduite qui mette en danger le personnel des Nations unies, et, à cet égard, demande que la FINUL et l'armée libanaise continuent de coopérer, surtout en menant des patrouilles coordonnées et adjacentes, salue la détermination des autorités libanaises à poursuivre les auteurs des attentats des 27 mai, 26 juillet et 9 décembre 2011 et à protéger le personnel de la FINUL lors de ses déplacements, et demande de nouveau que l'enquête ouverte par le Liban sur ces attentats soit rapidement menée à bien afin que les auteurs soient traduits en justice ;

6. Prie instamment toutes les parties de coopérer pleinement avec lui et avec le Secrétaire général pour réaliser des progrès tangibles vers un cessez-le-feu permanent et une solution à long terme, comme le prévoit la résolution 1701 (2006), et souligne que les parties doivent en faire plus pour progresser vers la pleine application de la résolution 1701 (2006) ;

7. Engage le gouvernement israélien à procéder sans plus tarder au retrait de son armée de la partie nord de Ghajar, en coordination avec la FINUL, qui a activement collaboré avec Israël et le Liban pour faciliter ce retrait ;

8. Demande à nouveau à tous les États d'appuyer et respecter pleinement l'instauration, entre la Ligne bleue et le Litani, d'une zone d'exclusion de tout personnel armé, biens et armes autres que ceux du gouvernement libanais et de la FINUL ;

9. Se félicite des dispositions que prend la FINUL pour appliquer la politique de tolérance zéro à l'égard de l'exploitation et des atteintes sexuelles décidée par le Secrétaire général et pour faire intégralement respecter le Code de conduite de l'ONU par son personnel, prie le Secrétaire général de continuer à faire tout le nécessaire en ce sens et de le tenir informé, et engage vivement les pays qui fournissent des contingents à prendre des mesures préventives et disciplinaires pour que les actes de ce type fassent l'objet d'enquêtes en bonne et due forme et soient dûment sanctionnés toutes les fois que leur personnel serait en cause ;

10. Prie le Secrétaire général de continuer à lui faire rapport sur l'application de la résolution 1701 (2006) tous les quatre mois, ou toutes les fois qu'il le jugera nécessaire ;

11. Souligne combien il est important et nécessaire de parvenir à une paix globale, juste et durable au Moyen-Orient, sur le fondement de toutes ses résolutions pertinentes, notamment ses résolutions 242 (1967) du 22 novembre 1967, 338 (1973) du 22 octobre 1973, 1515 (2003) du 19 novembre 2003 et 1850 (2008) du 16 décembre 2008 ;

12. DĂ©cide de rester activement saisi de la question./.

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9. Irak - Attentats - DĂ©claration du porte-parole de la Haute reprĂ©sentante de l'Union europĂ©enne pour les Affaires Ă©trangères et la Politique de sĂ©curitĂ© - Bruxelles, 10 septembre 2012

 

 

La Haute représentante condamne fermement la série d'attentats perpétrés hier dans plusieurs villes irakiennes, qui ont tué des dizaines d'innocents et fait encore bien plus de blessés. Elle est consternée par ces violences incessantes qui visent à faire échouer les efforts déployés en vue d'instaurer la stabilité et la prospérité en Irak. Elle adresse ses sincères condoléances aux familles des victimes et souhaite un prompt rétablissement aux blessés./.

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