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Bulletin d'actualités du 06 septembre 2012


Sommaire



1. D√©placement en Italie - Point de presse conjoint du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande avec le pr√©sident du Conseil des ministres de la R√©publique italienne, M. Mario Monti - Propos de M. Fran√ßois Hollande - Rome, 4 septembre 2012

 

(...)

Mesdames, Messieurs, c'est la troisième fois depuis que je suis devenu président de la République que je me rends ici en Italie et à Rome. C'est le signe de la relation confiante, sérieuse et en même temps forte que nous avons pu établir entre nos deux pays, l'Italie et la France et entre Mario Monti et moi-même et une nouvelle fois, nous en avons fait la démonstration. Nous nous retrouvons en convergence sur les grandes questions qui touchent à la zone euro, à la construction de l'Europe, son avenir mais aussi aux principaux enjeux de l'actualité internationale. Nous avons la même préoccupation, celle de la croissance dans la stabilité. Nous avons la même volonté qui est de faire avancer l'Europe sur un chemin que j'appelle celui de l'intégration solidaire mais nous avons aussi des rapports entre nos deux pays qui exigent de nous retrouver et cela sera le cas à Lyon, au début du mois de décembre. Ce sera le 30ème sommet bilatéral franco-italien. Le premier avait eu lieu entre François Mitterrand et Giovanni Spadolini donc nous sommes dans une continuité et en même temps les situations ont changé, les personnalités ne sont plus les mêmes mais l'amitié, elle, a demeuré.

Nous avons aussi évoqué la situation de la zone euro et nous avons finalement trois étapes : la première étape, nous y sommes, c'est de faire appliquer les conclusions du Conseil européen des 28 et 29 juin. Nous y avions travaillé ensemble et nous avons eu une orientation pour régler les questions de la zone euro aussi bien pour le volet croissance que pour le volet stabilité qui doit être maintenant pleinement appliqué et mis en oeuvre. C'est la première étape.

La seconde √©tape que nous avons maintenant √† franchir, c'est de parvenir √† r√©gler la question de la Gr√®ce, toujours pos√©e depuis des mois et qui apr√®s le rapport de la tro√Įka permettra au Conseil europ√©en des 18 et 19 octobre de poursuivre, en tous cas c'est le voeu que je forme d√®s lors que les Grecs ont fait la d√©monstration de la cr√©dibilit√© de leur politique, nous puissions poursuivre le plan tel qu'il avait √©t√© pr√©vu pour maintenir la Gr√®ce dans la zone euro.

Nous aurons aussi toujours dans cette seconde √©tape √† r√©gler la question de l'Espagne, d√®s lors que l'Espagne a fait appel pour la recapitalisation de ces banques et que l'Espagne voudra s'inscrire, si elle le souhaite dans tel ou tel programme. C'est au Conseil europ√©en que nous devons trouver les solutions et nous sommes en passe de les faire appara√ģtre pour la Gr√®ce, l'Espagne et donc passer √† la troisi√®me √©tape qui se situera √† la fin de l'ann√©e et qui sera l'Union bancaire et l'approfondissement de l'Union √©conomique et mon√©taire. Les Europ√©ens doivent savoir que nous sommes engag√©s dans ce processus et que nous sommes en train de r√©gler les questions qui nous √©taient pos√©es il y a encore quelques mois : le pacte de croissance, la stabilit√©, les m√©canismes d'interventions qui permettent de soutenir des √Čtats qui bien g√©r√©s peuvent avoir des taux d'int√©r√™t que l'on juge excessifs, trouver des solutions d√©finitives pour la Gr√®ce, r√©pondre √† des sollicitations notamment l'Espagne et passer √† l'approfondissement et √† l'union bancaire indispensable si nous voulons mettre en place une supervision et un soutien.

Voil√† le sens de ce que nous faisons et c'est pourquoi, je suis tr√®s attach√© √† ce que ces √©tapes soient clairement expos√©es et franchies par les Conseils europ√©ens √† venir d√®s lors que les conclusions du Conseil europ√©en du 29 juin seront pleinement appliqu√©es. C'est vrai et j'ai entendu une nouvelle fois ce que disait le Pr√©sident du Conseil des ministres italien, c'est vrai qu'il y a des taux d'int√©r√™t qui sont trop √©lev√©s dans un certain nombre de pays sur la dette souveraine alors m√™me qu'il y a toutes les conditions pour d√©montrer la qualit√© des plans qui ont √©t√© men√©s et qui sont en train d'√™tre appliqu√©s dans les pays consid√©r√©s et notamment en Italie. Donc c'est le r√īle de tous ceux qui ont vocation √† intervenir sur la zone Euro d'y contribuer et notamment la Banque centrale europ√©enne, elle va prendre une nouvelle fois des d√©cisions conform√©ment d√©j√† √† ce qu'a dit son pr√©sident et je ne veux pas ici davantage commenter.

Nous avons aussi évoqué et j'en remercie le président Monti un certain nombre de situations internationales, d'abord la Syrie. Nous savons ce qui s'y produit, des massacres, un régime ou plus exactement un clan qui n'est motivé que par son propre avenir, c'est-à-dire la préservation de ses intérêts alors même qu'il se sait condamné. Nous devons donc favoriser la transition politique. C'est la raison pour laquelle j'ai ardemment souhaité qu'il y ait un gouvernement alternatif qui puisse être constitué.

Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a, au Conseil de sécurité des Nations unies, permis qu'il y ait une prise de conscience de ce qui se passe là-bas et d'une aide humanitaire qui doit être apportée et nous devons là-aussi mobiliser tous les concours.

Nous devons par ailleurs être attentif à ce que, dès lors qu'il y a des réfugiés, qu'il y a des zones qui peuvent être dégagées, apporter la protection, le soutien nécessaire dès lors que la demande nous est faite.

Enfin, il y a un sujet que nous avons abord√© qui est le dialogue entre l'Europe et la M√©diterran√©e, ce que l'on appelle le ¬ę5+5¬Ľ, formule compliqu√©e qui permet de comprendre que des deux c√īt√©s de la M√©diterran√©e nous pouvons nous retrouver, et justement au d√©but du mois d'octobre, nous serons pr√©sents Mario Monti et moi-m√™me √† un sommet organis√© dans ce cadre pour bien marquer l'attachement que nous portons √† ce dialogue entre les deux rives de la M√©diterran√©e.

Voilà pourquoi une nouvelle fois je me félicite vraiment de la qualité des rapports que nous avons, des relations qui existent entre nos deux gouvernements ici représentés et aussi bien pour les sujets qui intéressent la France et l'Italie, nous les aborderons lors du Sommet de Lyon que pour les questions de la zone euro, de son approfondissement, de sa consolidation, de son intégrité, nous nous retrouvons sur des positions communes. Heureusement que nous ne sommes pas, nous deux seulement, sur les mêmes positions et que nous sommes effectivement à travers toutes ces rencontres que nous avons multipliées Mario Monti et moi-même ces dernières semaines avec la chancelière Angela Merkel, nous sommes en très grande convergence pour que nous puissions justement régler, lors des Conseils européens qui vont arriver, les questions qui sont celles de tous les Européens parce que nous devons, une fois pour toutes, apporter les réponses pour la zone euro.

Si nous voulons que la croissance revienne, nous avons pris des mesures dans cette direction, si nous voulons donner de la confiance, alors, nous avons besoin qu'il n'y ait pas de doute sur la zone euro. Moi, je pense que d'ici le Conseil europ√©en du mois d'octobre, vous savez qu'il y a un certain nombre d'√©ch√©ances qui vont arriver, le Tribunal de Karlsruhe, savoir ce que va √™tre la demande espagnole, si elle vient, le rapport de la Tro√Įka sur la Gr√®ce, tous ces √©l√©ments nous permettront d'agir, apr√®s un Eurogroupe, au Conseil europ√©en des 18 et 19 octobre. Voil√† les √©tapes, elles seront pour les Europ√©ens autant de responsabilit√©s, mais je crois que nous les avons bien pr√©par√©es.

(...)

Q - Bonjour Monsieur le Pr√©sident, je travaille pour le TGA. C'est une question que je vous adresse √† tous les deux et le probl√®me que j'aimerais aborder concerne les deux pays, il s'agit du ch√īmage bien que les chiffres soient diff√©rents selon les pays. Le pr√©sident Monti va rencontrer les partis politiques mais je sais que le pr√©sident Hollande √©galement a pris des engagements lors de la campagne √©lectorale et le taux de ch√īmage est tr√®s pr√©occupant. Qu'envisagez-vous de faire tous les deux pour inverser la tendance et pour concr√©tiser des mots que l'on a entendu prononcer √† plusieurs reprises qui sont les mots de la croissance.

(...)

R - L'Europe est marqu√©e par un niveau de ch√īmage √©lev√©, trop √©lev√©, insupportable, qui d√©passe dans la plupart des pays plus de 10% de la population active quand ce n'est pas davantage comme en Espagne, donc il y a une responsabilit√©. Et c'est parce que les Europ√©ens en ont √©t√© conscients, qu'au Conseil europ√©en de la fin du mois de juin, il y a eu ce pacte de croissance qui √† la fois a mobilis√© des financements et marqu√© aussi une inflexion, une nouvelle orientation. Notre volont√© est de mettre en oeuvre ce pacte de croissance le plus rapidement possible, que les fonds qui ont √©t√© d√©gag√©s, 120 milliards d'euros, puissent √™tre mobilis√©s partout sur des projets qui peuvent √™tre imm√©diatement utiles pour la croissance et pour l'emploi.

Il y a ce qui rel√®ve aussi des politiques structurelles de croissance dans chacun de nos pays, nous les engageons pour ce qui concerne la France. Cela prendra le temps n√©cessaire mais c'est ce cap qui a √©t√© fix√©. Ensuite, si nous voulons de la croissance et donc lutter contre le ch√īmage nous devons faire en sorte que l'Europe soit regard√©e comme une zone stable o√Ļ la confiance puisse revenir, elle a √©t√© pendant un temps perdue. Et pour que la confiance soit l√†, nous avons besoin de s√©rieux budg√©taires, l'Italie en a fait la preuve, la France va en faire une nouvelle fois la d√©monstration d√®s le projet de loi de finances que nous allons pr√©senter √† la fin du mois parce que c'est le s√©rieux budg√©taire qui permet de r√©duire la dette et de donner de la cr√©dibilit√©.

Je rappelle que la France peut emprunter à court terme pour sa dette à des taux voisins de zéro. Encore hier, ont été levés un certain nombre de fonds avec des taux d'intérêt négatifs à court terme. Nous sommes conscients de ce privilège qui n'est pas, hélas, partagé par tous mais si nous voulons garder cette capacité d'emprunter à des taux faibles, nous devons montrer du sérieux et donner de la confiance.

Ensuite, si nous voulons de la croissance pour de l'emploi, nous devons avoir des √©conomies comp√©titives. Cela ne veut pas dire l'aust√©rit√© la comp√©titivit√©, cela veut dire la capacit√© que nous pouvons donner √† nos entreprises d'affronter les grands march√©s avec des conditions qui leur permettent de gagner la comp√©tition par l'innovation, par la recherche, par la qualit√© des produits, par une ma√ģtrise des co√Ľts, tout cela doit √™tre engag√© pour la croissance.

Mais, c'est vrai, nous ne pouvons pas attendre, il y a l'urgence, trois millions de ch√īmeurs en France, 14 mois cons√©cutifs de hausse du ch√īmage. Je suis pr√©sident depuis trois mois et demi, je prends la France telle qu'elle est, je n'ai pas √† inventer des chiffres, ils sont l√†, ce sont des stocks ! Quand je dis des stocks, c'est en fait une somme de personnes qui sont aujourd'hui en demande d'emploi, donc il y a une urgence pour intervenir. Et c'est la raison pour laquelle pour ce qui concerne la France j'ai demand√© au gouvernement d'agir vite notamment pour les jeunes √† travers ces emplois d'avenir, le contrat de g√©n√©ration, bref, ce que j'avais pr√©sent√© dans la campagne car j'ai eu cette chance de faire campagne pour √™tre ensuite √©lu. Mais il est vrai que chacun doit faire dans son pays ce qu'il pense le plus utile mais nous n'en sortirons qu'ensemble. C'est aussi √ßa la le√ßon, c'est l'Europe qui doit montrer qu'elle peut √™tre une zone de croissance, de comp√©titivit√©, de stabilit√© et de confiance et donc d'emplois. Voil√† l'enjeu que nous partageons.

Q - Vous venez d'√©voquer justement les pistes de la prochaine loi budg√©taire. Vous √™tes accueilli dans un pays o√Ļ pr√©cis√©ment M. Monti s'est engag√© dans un plan d'√©conomie drastique et notamment par des suppressions dans les emplois publics. Est-ce que c'est pour vous un exemple √† suivre ? Est-ce que c'est ce √† quoi il faut s'attendre dans le prochain budget pour la France ou au contraire vous n'irez pas dans cette voie ?

R - Mais la situation de nos pays n'est pas la même. Ici, en Italie, il y avait, je dis il y avait, car les efforts ont déjà porté, un niveau d'endettement public qui était particulièrement élevé. Même si le déficit était moins important en Italie qu'en France. Chacun doit apporter ces réponses, nous, ce sera la traduction lors du prochain budget pour l'année 2013, il y aura une stabilité de la dépense publique et une stabilité des effectifs dans la fonction publique et une réduction du déficit.

Q - (...) Vous avez plusieurs fois not√© que vous souhaitez une application compl√®te, une mise en oeuvre compl√®te des d√©cisions du Conseil europ√©en de juin. Le pr√©sident de la BCE hier a parl√© de conditions s√©v√®res pour celui qui demandera √©ventuellement l'aide du m√©canisme de secours europ√©en en raison des ¬ęspread¬Ľ. Pensez-vous qu'il faut en rester aux d√©cisions du Conseil europ√©en d'apr√®s lesquelles les mesures additionnelles ne seraient pas demand√©es et pensez-vous que la d√©cision sur les conditionnalit√©s revient √† l'Eurogroupe, c'est-√†-dire au gouvernement qui finance le fonds de secours ou bien √† la BCE ?

Et enfin, au cas o√Ļ le rapport de la Tro√Įka sur la Gr√®ce ne serait pas n√©gatif, √™tes-vous d'accord pour donner plus de temps √† Ath√®nes pour qu'elle puisse respecter les engagements pris avec la Tro√Įka, merci.

R - Sur la BCE, je pense que le meilleur commentaire que je puisse faire est de ne pas en faire, parce que ma position c'est celle du Conseil européen du 28 et 29 juin, c'est-à-dire de permettre qu'il puisse y avoir, à travers les mécanismes de stabilité que nous connaissons, et qui seront confirmés une fois que le tribunal de Karlsruhe aura rendu son verdict, et à la Banque centrale européenne d'intervenir ensemble. À la Banque centrale européenne de fixer son orientation, elle en a déjà donné, à travers les déclarations de son président, les principes et aux mécanismes européens d'intervenir rapidement, dès lors qu'ils seront sollicités. Après les conditions peuvent être fixées que par, lorsqu'il s'agit d'un mécanisme européen, ceux qui en ont la charge.

Sur la Gr√®ce, je consid√®re en effet que si le rapport de la Tro√Įka va dans le bon sens, c'est-√†-dire confirme que des efforts ont √©t√© engag√©s, que d'autres vont venir, qu'il y a des cr√©dibilit√©s qui ont √©t√© d√©montr√©es, alors, sans qu'il soit d'ailleurs besoin de remettre des fonds, il puisse √™tre pr√©vu d'appliquer le plan de redressement et donc de garder la Gr√®ce dans la zone euro.

(...)

Q - Monsieur le Président, l'agence Moody's vient d'abaisser de stable à négative la perspective de la note de l'Union européenne et n'exclut pas d'abaisser cette note elle-même à moyen terme. Comment interprétez-vous cette vision de la situation et plus généralement la multiplication des sommets bilatéraux en Europe, comme celui auquel vous participez aujourd'hui. Est-elle vraiment de nature à rassurer les marchés. Ces sommets sont-ils suffisants et même d'une certaine façon ne sont-ils pas un peu inquiétants voire contre productifs.

R - Si je vous r√©pondais oui, vous vous rendez compte, qu'est-ce que j'aurais fait depuis la matin√©e. Et je prendrais l'avion le plus rapidement possible et je vais rester encore quelques temps. Non, je consid√®re que ces rencontres bilat√©rales sont tr√®s utiles. A la condition qu'elles permettent d'arriver aux conclusions lors des r√©unions de l'Eurogroupe et du Conseil europ√©en. C'est ce que j'ai fait observer. Il ne s'agit pas simplement de faire des conciliabules ou des pourparlers ou de se retrouver sur de vagues consid√©rations de principes. Nous avons √† pr√©parer des d√©cisions. Les Conseils europ√©ens, c'est fait pour prendre des d√©cisions, en tous cas c'est ainsi que je le con√ßois. Nous sommes r√©unis pour que, tr√®s rapidement, des d√©cisions soient prises, une fois que seront lev√©s un certain nombre d'obstacles qui sont encore sur notre route ou d'interrogations. J'√©voquais le verdict du tribunal de Karlsruhe ou le rapport de la Tro√Įka sur la Gr√®ce.

Voil√†, d√®s lors que ces √©v√©nements auront eu lieu, nous devrons prendre les bonnes d√©cisions. Nous les avons pr√©par√©es. Comme d'ailleurs je les avais pr√©par√©es avec Mme Merkel pour ce qui concerne la Gr√®ce et d'autres sujets, comme Mario Monti l'a fait avec d'autres chefs d'√Čtat et de gouvernement. Moi-m√™me j'√©tais en Espagne il y a quelques jours.

Ensuite, est-ce que nous ne devrions pas changer nos modes d√©cisions, nos rythmes de rencontres. Je ne parle pas sur le plan bilat√©ral, je veux parler de la zone euro. Je le crois. Mais pour l'instant il est trop t√īt pour faire des changements. Je ne suis pas aujourd'hui dans l'intention de tout bouleverser. Ce serait d'ailleurs le pire moyen de ne pas d√©cider. Mais c'est vrai que nous pouvons nous r√©unir plus r√©guli√®rement et tous ensemble et avec une zone euro qui s'organise davantage. C'est tout l'enjeu de ce que nous allons faire de ce que l'on appelle la feuille de route qui a √©t√© d√©j√† pr√©sent√©e et qui sera approuv√©e, pr√©cis√©e lors du Conseil europ√©en de la fin de l'ann√©e. C'est cela l'id√©e de l'approfondissement de l'union √©conomique et mon√©taire que je partage compl√®tement, avoir des capacit√©s de d√©cisions qui soient plus grandes et des modalit√©s de d√©cisions qui soient plus simples et plus faciles.

Et sur l'agence Moody's, je prends plut√īt la position de ne pas commenter l√† encore les agences. Parce que ce qu'elle signifie c'est par rapport √† une inqui√©tude, un doute. Et donc c'est √† nous d'apporter des r√©ponses. Nous n'avons pas √† formuler des commentaires, nous avons √† apporter des r√©ponses. Quel est le doute ? Il est √† la fois sur notre capacit√© √† d√©cider, nous allons d√©montrer justement que nous pouvons le faire tr√®s rapidement sur les questions de la Gr√®ce notamment, d'autres pays si c'est n√©cessaire et en m√™me temps sur la croissance. Parce que c'est la croissance qui permettra aussi aux pays de respecter leurs engagements budg√©taires. Donc, s√©rieux budg√©taire, stabilit√©, croissance tout cela doit se faire dans le m√™me mouvement.

(...)./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)


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2. D√©placement en Espagne - Conf√©rence de presse conjointe du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, et du pr√©sident du gouvernement du Royaume d'Espagne, M. Mariano Rajoy Brey - Propos de M. Fran√ßois Hollande - Madrid, 30 ao√Ľt 2012

Mesdames, Messieurs,

Je veux, à mon tour remercier le président Rajoy pour son invitation. C'est vrai que c'est la première fois que je viens ici en Espagne depuis que je suis devenu président de la République. Nous avons le président Rajoy et moi-même de bonnes relations personnelles, et nos deux pays, des liens d'amitié.

Pour ce qui concerne le sommet bilatéral, il aura donc lieu le 10 octobre à Paris. Cela faisait trois ans qu'il n'y avait pas eu de rencontre à ce niveau et sous cette forme, et nous aurons l'occasion, nos deux gouvernements, d'aborder le 10 octobre des questions qui nous sont communes, sur les transports, également sur l'économie, la culture, la sécurité. Nous avons aussi de bonnes relations, au-delà de ce que nous devons faire, entre nos deux pays, pour que la zone euro prenne les décisions qui sont attendues.

Nous avons, lui et moi, et d'autres heureusement, pris lors du Conseil européen du 29 juin, de bonnes orientations. Sur la croissance, c'est le pacte qui a été noué à cette occasion. Sur la stabilité, nous avons arrêté un dispositif permettant au mécanisme européen et à la banque centrale d'intervenir, mais également une bonne orientation pour approfondir l'union économique et monétaire et ça sera tout l'enjeu du Conseil européen de la fin de l'année.

Mais avant la fin de l'ann√©e il y a un rendez-vous tr√®s important que les Europ√©ens se sont donn√©s √† eux-m√™mes, et notamment les pays de la zone euro, c'est le conseil du 19 octobre. Je consid√®re que c'est √† cette date, dans ce cadre, apr√®s qu'il y ait eu d√©j√† des r√©unions de l'Eurogroupe, que nous aurons √† prendre les d√©cisions qui concernent la zone euro et j'allais dire des d√©cisions durables. Cela fait trop longtemps que nous reportons un certain nombre de choix et que nous laissons les doutes s'installer. Il est vrai qu'il y a des raisons. Pour la mi-septembre, plusieurs √©v√®nements politiques vont avoir lieu. D'abord nous saurons si le tribunal de Karlsruhe va autoriser le m√©canisme europ√©en de stabilit√©, c'est une question qui est pos√©e en Allemagne. Il y a des √©lections aux Pays-Bas. Il y a aussi des rendez-vous, autour de la solidit√© du syst√®me bancaire. Il y a des travaux qui sont engag√©s dont les conclusions seront surement rendues au cours du mois de septembre. La Tro√Įka doit remettre son rapport pour la fin du mois de septembre, au plus tard au d√©but du mois d'octobre, permettant √† la Gr√®ce, de prendre un certain nombre de d√©cisions au plan parlementaire. Bref, il y a des √©v√®nements qui sont pr√©alables aux d√©cisions mais une fois que les √©v√®nements seront connus les d√©cisions devront √™tre prises.

Le président Rajoy et moi-même sommes attachés à l'intégrité, à l'irréversibilité de l'euro et je crois que c'est le message que nous portons chaque fois que nous nous rencontrons, nous les dirigeants de la zone euro parce que c'est notre responsabilité. Il est très important que les peuples, mais aussi les marchés, puisqu'ils nous observent, soient convaincus de cette irréversibilité, de cette adhésion à un projet qui dépasse d'ailleurs la monnaie unique, puisque c'est ce qui nous permettra d'engager une union plus profonde.

Alors qu'est-ce que cela signifie ?

Pour la Gr√®ce d'abord, j'ai rencontr√© le Premier ministre Samaras √† Paris qui lui-m√™me avait fait une tourn√©e en Europe. J'ai eu la conviction que les Grecs sont engag√©s dans un processus et qu'ils veulent faire la d√©monstration de leur cr√©dibilit√©. Nous aurons √† regarder le rapport de la Tro√Įka. Mais mon √©tat d'esprit, c'est de faire en sorte que si les Grecs font cette d√©monstration des efforts men√©s, nous devons, au moment du Conseil europ√©en du mois d'octobre, permettre la poursuite de l'application du programme et qu'il n'y ait pas de doute sur la suite.

Je suis en Espagne, je parle de l'Espagne. Le pr√©sident Rajoy a bien voulu m'exposer quelle √©tait la situation de son pays. Des efforts importants ont √©t√© engag√©s, des sacrifices douloureux ont √©t√© consentis. Il ne m'appartient pas ici d'en juger. Des r√©sultats sont d√©j√† probants, mais n√©anmoins les taux d'int√©r√™t restent trop √©lev√©s sur les dettes souveraines. D'o√Ļ l'id√©e de ce m√©canisme de fond europ√©en de stabilit√© financi√®re, jusqu'√† ce que le m√©canisme europ√©en de stabilit√© soit valid√©. Que ce fond puisse apporter aux banques lorsqu'il est saisi ou aux √Čtats lorsque cela lui est demand√©, les moyens, les ressources pour trouver des solutions. C'est la responsabilit√© des √Čtats que de le faire. Et pour l'Espagne, c'est de sa souverainet√© de d√©cider du principe ou du moment. Et puis il y a la Banque centrale, je respecte son ind√©pendance mais j'entends ce que d√©clare son pr√©sident, au nom d'ailleurs du coll√®ge qu'il pr√©side, qui a pris une orientation et qui aura √† la pr√©ciser dans les jours qui viennent. Tout cela doit nous permettre justement d'all√©ger les charges d'int√©r√™ts, les co√Ľts des emprunts des pays qui ont fait l'effort et qui sont des √©conomies tr√®s importantes de la zone euro.

Voilà pourquoi je pense que nous devons faire des choix fondés sur la responsabilité, le sérieux et la crédibilité mais aussi sur la compréhension de ce que doit être une économie. Une économie de croissance, une économie qui permet aux peuples d'avoir confiance, et aux marchés de trouver l'occasion de placer des fonds sans risque. Et bien à ce moment-là, la perspective de l'Union européenne sera considérablement renforcée.

Je veux terminer sur les deux sujets de politique internationale que le président Rajoy et moi-même avons abordé au cours de ce déjeuner avec une complète similitude de points de vue.

Sur la Syrie nous sommes l'un et l'autre - mais heureusement que nous ne sommes pas que l'un et l'autre - convaincus de cette nécessité que Bachar Al-Assad doit partir pour qu'il y ait une solution politique en Syrie et pour cela la formation d'un gouvernement alternatif, d'un gouvernement provisoire en est la condition. Ce n'est pas la seule. Il faut qu'il y ait une bonne compréhension des pays, qui aujourd'hui n'en sont pas encore convaincus, je parle de la Russie et de la Chine. Le départ de Bachar Al-Assad n'introduira pas le chaos mais au contraire une solution ordonnée permettant à toutes les minorités d'être représentées. Nous devrons maintenir la pression. Aujourd'hui même, au Conseil de sécurité, Laurent Fabius a convoqué une réunion permettant justement qu'on regarde toutes les solutions, notamment en termes d'aide humanitaire, qui permettent de régler au moins la question des réfugiés et à travers les réfugiés de continuer la pression sur la Syrie, en tout cas sur le régime de Bachar Al-Assad, et d'emmener tous les pays vers cette transition.

Sur le Sahel, j'en parle r√©guli√®rement depuis mon √©lection. Il est extr√™mement grave qu'il puisse y avoir dans un continent qui nous est proche, avec lequel nous avons tant de liens, une partie d'un territoire qui soit occup√© par Aqmi ou des mouvements qui lui sont proches, qu'il y ait des recrutements d'enfants ou en tout cas d'hommes qui soient au service d'une cause terroriste. Qu'il y ait aussi, l√† dans cette r√©gion, l'accumulation de trafics de drogues, trafics d'armes, enl√®vements d'otages et avec des prolongements ailleurs au Mali, c'est-√†-dire dans toute la zone ouest de l'Afrique et peut-√™tre un jour sur notre propre continent. Voil√† ce qui justifie une position de la communaut√© internationale, mais le pr√©alable l√† encore, c'est que nous aidions le gouvernement malien √† asseoir son autorit√© et que les Africains eux-m√™mes CEDEAO, Union africaine, d√©cident de proc√©der √† une intervention sous mandat bien s√Ľr des Nations unies.

Le président Rajoy et moi, ne sommes pas issus de la même formation politique - je n'apprends rien à personne -, mais, nous partageons nos points de vue, sur la question de l'avenir de la zone euro, et c'est ça l'essentiel, parce que nos deux pays sont liés l'un à l'autre et parce que nous avons le sens de nos responsabilités. Nous voulons qu'il n'y ait pas une réponse conjoncturelle aux difficultés de la zone euro, nous voulons qu'il y ait des réponses aussi structurelles qui permettent d'en terminer avec cette période de doute, parfois d'atermoiement ou d'inquiétude. C'est d'autant plus important que, finalement, c'est la croissance qui fait les frais de la perte de confiance.

Lorsqu'il y a des taux d'int√©r√™ts √©lev√©s, lorsqu'il y a des plans d'aust√©rit√© qui s'ajoutent les uns aux autres, lorsqu'il y a un doute pour les investisseurs, qui en p√Ętit ? D'abord l'activit√© √©conomique, et donc l'emploi. √Ä partir de l√†, c'est une spirale infernale.

Nous avons donc le devoir bien s√Ľr de mettre en ordre les finances de chacun nos pays. C'est notre responsabilit√© et, en m√™me temps, nous devons tracer un cap, celui de pouvoir prendre les d√©cisions dans le moment le plus opportun. Le moment est venu au Conseil europ√©en du 19 octobre prochain.

Merci encore au président Rajoy pour son accueil.

Q - Monsieur le Président, vous venez de dire : c'est la croissance qui fait les frais de la perte de confiance. La question de la confiance se pose dans vos deux pays, l'Espagne et la France. Elle est posée par les opinions publiques, à des degrés divers, en cette rentrée. La popularité de vos gouvernements s'érode. Êtes-vous prêts à assumer durablement une perte de popularité et peut-on gouverner dans la durée, sans l'adhésion d'une majorité de citoyens ?

R - Je ne sais pas si nos situations sont comparables et je me garderai bien de rentrer dans le d√©tail. Mais ce qui est vrai c'est que, quand la croissance n'est pas au rendez-vous, quand il y a des efforts qui sont demand√©s, quand il y a de l'inqui√©tude, quand il y a des prix qui ne sont pas maitris√©s, il y a forc√©ment un doute qui s'installe dans les opinions publiques. Donc, mon r√īle - et je ne parle que de la France -, c'est de pouvoir dire la v√©rit√© sur la situation, sur la crise qui est grave : la r√©cession en Espagne, en Italie, dans la plupart des pays europ√©ens ; la croissance nulle en France ; le d√©clin de l'activit√© √©conomique, √† un moindre niveau en Allemagne ; les d√©ficits ; la comp√©titivit√© d√©grad√©e.

Je dis la v√©rit√© aux Fran√ßais. Nous allons mener une politique qui fera d'abord que nous allons redresser nos finances publiques, c'est le premier acte que nous allons poser. Ensuite il y a des discussions qui sont engag√©es pour faire que la comp√©titivit√© soit elle-m√™me rehauss√©e. Et puis enfin nous avons √† r√©gler les probl√®mes au niveau de la zone euro. Je ne me d√©tourne en aucune mani√®re de ces trois objectifs : s√©rieux budg√©taire, croissance et emploi, comp√©titivit√© et puis mise au clair de nos choix dans la zone euro de fa√ßon √† ce que nous puissions dans les prochains mois, avoir des perspectives et donc de l'espoir. Le r√īle du politique c'est de donner √† la fois de la v√©rit√©, des perspectives et de l'espoir.

Q - Hier, M. Draghi a dit qu'il y a des moments o√Ļ il faut prendre des d√©cisions exceptionnelles. Pensez-vous que l'heure est venue de prendre ce genre de mesures exceptionnelles ? Monsieur le Pr√©sident Hollande, j'aimerais vous demander si vous pensez que l'Espagne devrait faire appel √† l'aide europ√©enne et si la Banque centrale europ√©enne doit acheter de la dette de fa√ßon illimit√©e ?

R - Ne comptez pas sur moi pour rendre plus compliqu√©e encore la t√Ęche de M. Draghi. Toute d√©claration, que l'un ou l'autre pourrait faire, dans un sens ou dans un autre, ne conduirait pas n√©cessairement √† lui laisser sa responsabilit√©. Je demande simplement l'application des d√©cisions que nous avons prises lors du Conseil europ√©en du 29 juin, qui effectivement permettent, dans des circonstances exceptionnelles, qu'il puisse y avoir des interventions. Apr√®s, c'est √† la Banque centrale europ√©enne de traduire ce message, compte tenu de ses propres objectifs.

Je rappelle que parmi les missions de la Banque centrale européenne, il y a la stabilité des prix, mais il y a aussi la politique monétaire. Quand nous constatons qu'il y a des écarts de taux d'intérêts d'une telle ampleur, sans justification économique, cela peut donc être une justification pour une intervention au nom des objectifs de la politique monétaire. Je n'en dirai pas davantage. L'application des décisions du Conseil européen et faire en sorte que M. Draghi, compte tenu de ce qu'il a déjà annoncé, puisse donner davantage de précisions le 6 septembre. Ceux qui sont le plus attachés à l'indépendance de la Banque centrale européenne devraient respecter les mêmes principes que ceux que nous appliquons aujourd'hui.

Deuxièmement, vous me posez la question : Quand est-ce que l'Espagne doit faire éventuellement une demande d'aide au mécanisme de stabilité ? C'est la responsabilité pleine et entière de l'Espagne. Je peux comprendre que l'Espagne puisse de toute façon attendre qu'il y ait les clarifications qui sont indispensables.

Vous connaissez les évènements que j'ai rappelés et qui vont avoir lieu. Quand est-ce que va intervenir le mécanisme européen de stabilité ? Que va dire la Cour de Karlsruhe ? Quelle va être la position de la Banque centrale européenne ? Quels seront les conclusions des groupes de travail sur les banques ? Une fois que toutes les informations seront données, ce sera à l'Espagne, comme à d'autres pays de savoir ce qu'elle a à faire.

Je veux terminer sur le fait qu'il y a des politiques qui sont menées en Europe et qui sont rudes. Le président du gouvernement espagnol évoquait trois points de TVA, trois points. Et un certain nombre des décisions sur la fonction publique et sur des prestations. C'est dur pour la population mais cela a des conséquences aussi sur les autres pays. Car même si la compétitivité de l'économie espagnole s'améliore, il y a moins d'importations et donc pour l'économie française, c'est moins d'exportations. La France est le premier partenaire économique et commercial de l'Espagne. Donc nous sommes liés.

C'est pourquoi je souhaite qu'il y ait non seulement des décisions qui soient prises dans les meilleurs délais mais que nous puissions, conformément à ce que nous avons décidé le 29 juin, mettre en place, des mesures budgétaires, variables selon les pays, puisque tout le monde n'est pas dans la même situation. Je rappelle que la France, dans sa dette souveraine, emprunte à des taux qui sont très inférieurs à ceux des espagnols, mais nous avons aussi à mettre de la croissance, à mettre de l'activité économique, à mieux coordonner nos politiques économiques. Voilà ce sur quoi nous avons convergé aujourd'hui./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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3. Qu√©bec - √Člections l√©gislatives qu√©b√©coises du 4 septembre 2012 - Communiqu√© de la pr√©sidence de la R√©publique - Paris, 5 septembre 2012

 

Après les élections législatives qui viennent de se tenir au Québec, le président de la République félicite chaleureusement Mme Pauline Marois pour sa victoire et lui adresse ses voeux de plein succès dans l'accomplissement de sa nouvelle mission.

Hélas, cette soirée électorale a été endeuillée par une fusillade qui a fait une victime. Le président de la République souhaite exprimer son émotion et sa solidarité avec l'ensemble des Québécois profondément choqués par cette violence./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

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4. 50e anniversaire de la visite du g√©n√©ral de Gaulle √† Bonn - Discours du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius - Bonn, 5 septembre 2012

 

Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Mon Cher Guido,

Monsieur le Maire,

Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux et honor√© de r√©pondre √† l'invitation du ministre Guido Westerwelle. C'est avec √©motion que je prends la parole devant vous. Nous pla√ßons en effet modestement nos pas dans ceux de deux grands hommes d'√Čtat - Konrad Adenauer et Charles de Gaulle - en comm√©morant ensemble le s√©jour que le pr√©sident fran√ßais fit ici, √† Bonn, il y a cinquante ans, √† l'invitation du chancelier.

Cette visite du général de Gaulle en septembre 1962 a marqué les mémoires. On se souvient de l'accueil que lui réserva le chancelier dans sa maison de Rhöndorf. C'était un symbole de la volonté partagée d'ouvrir entre la France et l'Allemagne une nouvelle ère d'amitié et de proximité.

De Gaulle avait choisi de dire ici, au balcon de cet h√ītel de Ville l'estime et la confiance qu'il √©prouvait pour le peuple allemand. Ce discours fut bref mais fort. ¬ęNos deux peuples, disait-il, ont √† faire ensemble beaucoup et de grandes choses. [..] Je me sens, plus encore qu'hier, rempli d'estime et de confiance pour le grand peuple que vous √™tes, oui ! Pour le grand peuple allemand.¬Ľ

Nous mesurons, à cinquante ans de distance, le poids des mots, des gestes et des symboles d'alors. Il y avait en effet dans les mémoires et dans les coeurs trois guerres récentes, la dernière surtout, si proche de part et d'autre du Rhin, le souvenir présent de tant d'atrocités et de tant de morts. On mesure aujourd'hui le courage et la force qu'il a fallu à ces deux hommes pour renverser ainsi l'histoire.

* *

Les images d'archives de la visite de 1962 montrent la liesse populaire. En écho, vous avez choisi, Monsieur le Maire, de célébrer ce jubilé par une fête dans votre ville. Je vous félicite pour cet engagement. Bonn est la ville du renouveau et de l'espoir. C'est le berceau de la démocratie allemande après 1945 et de la vocation européenne de l'Allemagne.

L'amitié qu'évoquaient Adenauer et de Gaulle, nous l'avons faite vivre d'abord en construisant l'Europe. Défilent dans nos mémoires les souvenirs de ces échanges et de ces dirigeants qui l'ont fait prospérer. La volonté de construire ensemble, entre Français et Allemands, a rendu possible les grandes réalisations de l'Union européenne, de l'Acte unique à l'Union économique et monétaire en passant par les fondements d'une Europe de la défense.

Je pense aussi aux réalisations bilatérales nombreuses. Conformément au souhait du général de Gaulle et du chancelier Adenauer, la jeunesse y a été largement associée, qu'il s'agisse de l'Office franco-allemand de la jeunesse, qui a permis, depuis 1963, à plus de 8 millions de jeunes Français et Allemands de participer à un programme d'échange, ou de l'Université franco-allemande, à la tête d'un large réseau d'établissements d'enseignement supérieur.

* *

Nous sommes les dépositaires de cet héritage ; nous devons être à sa hauteur. Nous voulons faire progresser encore cette amitié que de Gaulle et Adenauer ont nouée entre nos peuples. C'est un devoir vis-à-vis de ceux qui nous ont précédés comme à l'égard de ceux qui viendront après nous. Ce devoir est d'autant plus actuel qu'il n'est pas question de dissimuler les difficultés que nous devons affronter. La crise qui frappe l'économie mondiale, la situation de la zone euro, le doute qui existe chez certains sur notre avenir commun sont des défis que nous devrons relever ensemble.

C'est pourquoi ¬ęl'ann√©e franco-allemande, cinquantenaire du Trait√© de l'√Člys√©e¬Ľ est si importante. Dans quelques jours, le 22 septembre, la chanceli√®re Merkel et le pr√©sident Hollande l'ouvriront √† Ludwigsburg, 50 ans apr√®s le discours du g√©n√©ral de Gaulle √† la jeunesse allemande.

À nous de mettre à profit cette année pour travailler, avec nos autres partenaires, à relancer notre coopération et à remettre l'Europe sur les rails de l'avenir. Les conditions ont changé, mais la coopération européenne n'est pas moins vitale qu'il y a cinquante ans et l'importance du couple franco-allemand, avec ses paramètres fondamentaux, n'est pas moins décisive. Dans la mondialisation, la construction d'une Europe de la croissance durable, de l'emploi et de la prospérité est incontournable. Il faut pour cela de la coopération, de la discipline évidemment, et davantage de solidarité.

J'aimerais ici le souligner : Allemands et Français, nous devons travailler ensemble de façon étroite, mais sur une base d'égalité et sans exclure quiconque, bien au contraire. C'est la force du message franco-allemand de s'adresser à toute l'Europe.

Pour garantir le succès de cette entreprise, notre position est claire : c'est vers plus d'intégration solidaire que nous devons aller, en garantissant pour cela un approfondissement de la démocratie européenne. L'Allemagne a besoin de l'Europe. La France a besoin de l'Europe. L'Allemagne et la France ont besoin à la fois l'une de l'autre et de l'Europe.

* *

Ce message, je veux le passer notamment √† la jeunesse. Vous √™tes, jeunes participants aux programmes de l'Office franco-allemand de la Jeunesse, jeunes lyc√©ens, les acteurs d'un projet, toujours renouvel√©, qui a besoin de vos id√©aux, de votre dynamisme, de vos indignations pour continuer √† progresser. Peut-√™tre avez-vous le sentiment que l'√©poque o√Ļ cet engagement √©tait l'urgence de tout un continent est r√©volue. Vous avez la chance d'avoir toujours v√©cu dans une Europe en paix et dans un pays libre. Mais rien n'est jamais acquis. La libert√©, la prosp√©rit√© et la paix sont un h√©ritage fragile. Nous devons le prot√©ger en allant de l'avant.

Vous √™tes jeunes, vous √™tes pr√™ts √† voyager, √† tenter l'aventure, √† nouer des liens l√† o√Ļ la vie vous portera. Vos √©tudes le prouvent : vous avez voulu que le champ des possibles ne se limite pas √† votre pays natal, mais comprenne aussi la France et l'Europe. C'est un beau choix. Merci d'avoir fait ce pas. Tenez bon, car c'est √† vous de porter les couleurs de l'Europe de demain ! N'oubliez jamais qu'en vous engageant pour l'Europe, c'est aussi pour vous que vous vous engagez !

Je forme donc aujourd'hui le voeu que le cinquanti√®me anniversaire qui va bient√īt s'ouvrir remette l'Europe sur les rails de l'avenir ; qu'il porte √† la fois la gravit√© qui convient au souvenir et l'espoir qui marque les grandes cr√©ations humaines.

Merci à vous tous et vive l'amitié franco-allemande !./.

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5. Alg√©rie - Entretien de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui, avec le site Internet alg√©rien d'information ¬ęTout sur l'Alg√©rie¬Ľ Paris, 5 septembre 2012

 

Q - Quel est l'objet de votre visite en Algérie et quel en est le programme ?

R - Je suis ici en tant que ministre de la Francophonie et représentante personnelle du président de la République française auprès de l'OIF. Ma présence s'inscrit dans le cadre de la visite que le président François Hollande effectuera avant la fin de l'année.

J'aurai des entretiens avec le ministre des Affaires √©trang√®res, le ministre d√©l√©gu√© charg√© des Affaires maghr√©bines et africaines, la ministre de la Culture et le ministre de l'√Čducation nationale. Je visiterai aussi la cin√©math√®que d'Alger qui est pour moi un lieu charg√© de symboles.

Q - Fran√ßois Hollande a annonc√© qu'il serait pr√©sent au Sommet de la Francophonie du 12 au 14 octobre √† Kinshasa. √ätes-vous porteuse d'une ¬ęinvitation¬Ľ au pr√©sident Bouteflika pour une participation √† ce sommet ?

R - L'Alg√©rie a r√©pondu pr√©sent quant √† sa participation √† Kinshasa. Cette ann√©e, le grand rendez-vous de la Francophonie se passera en terre africaine o√Ļ seront r√©unis 75 √Čtats. L'Alg√©rie, qui est le deuxi√®me pays francophone du monde, est toujours tr√®s attendue au sein du Sommet. √Čvidemment, si l'agenda du pr√©sident Bouteflika le lui permet, sa pr√©sence sera un grand √©v√©nement, comme √† Beyrouth en 2002, √† Ouagadougou en 2004 et √† Qu√©bec en 2008, o√Ļ il √©tait tr√®s attendu.

Q - L'Algérie est le deuxième pays francophone après la France. Mais l'usage du français y recule régulièrement. Avez-vous des idées ou des projets pour remédier à cette situation ?

R - La culture algérienne francophone est connue du monde entier avec ses auteurs comme Assia Djebar, Boualem Sansal, Yasmina Khadra ou des réalisateurs comme Mohamed Lakhdar Hamina, Merzak Allouache, Mohamed Chouikh, Yasmina Chouikh ou Nadir Mokneche.

S'il existe un recul de la langue dans ce grand pays francophone, c'est regrettable. Car aujourd'hui, la langue française a muté, elle s'est débarrassée des oripeaux du colonialisme et c'est à la France qu'il appartient de transmettre de façon visible cette mutation : la langue française est aujourd'hui une langue solidaire, égalitaire, une langue qui rassemble à hauteur d'homme. Elle doit aujourd'hui être le fleuve qui fédère les peuples de la Francophonie.

Q - En tant que réalisatrice, vous avez beaucoup travaillé sur la question de l'immigration et dénoncé les discriminations en France. En tant que membre du gouvernement, comment comptez-vous poursuivre ce combat ?

R - Je n'ai pas laissé mon combat contre les préjugés et les discriminations, la place de l'immigré dans la société, à la porte de mon ministère. Mon engagement sur ces questions m'a suivie dans cette maison de la République et sera toujours présent dans toutes les décisions que je prendrai dans le cadre de ma mission.

Relancer une Francophonie porteuse de valeurs humanistes, de d√©mocratie, tel est mon objectif. Il y aura dans mon projet de relance un volet qui concernera la francophonie en France. Elle sera en direction des territoires ab√ģm√©s, maltrait√©s o√Ļ l'absence de ma√ģtrise de la langue fran√ßaise est un handicap pour l'avenir des jeunes, car la langue est un rempart contre l'ignorance et ses cons√©quences.

Q - L'Algérie célèbre cette année le 50e anniversaire de son indépendance. Votre père a lutté contre le colonialisme. Comment concevez-vous la réconciliation entre les deux pays ?

R - Mon père a lutté pour l'indépendance de son pays et contre la colonisation. Il m'a transmis l'amour et la fierté d'avoir un pays debout. Cette éducation m'a donné une identité de réalisatrice engagée, j'ai toujours utilisé l'image comme une arme incontournable pour lutter contre les préjugés et changer de regard sur l'autre.

Ma volonté était de redonner respect et dignité à nos parents pour que les jeunes puissent se projeter dans le futur. Depuis plus de vingt ans, les débats initiés autour de mes films ont permis de libérer la parole pour regarder vers l'avenir.

Q - La repentance de la France est perçue en Algérie comme un préalable à cette réconciliation...

R - Avec l'élection du président François Hollande, je perçois une embellie dans les relations entre la France et l'Algérie. C'est un humaniste qui a conscience que nous sommes aujourd'hui arrivés au carrefour historique de ce qui doit se défaire et se faire.

Q - Quels sont les rapports que vous entretenez avec votre pays d'origine ?

R - Ce sont des rapports tr√®s forts, de coeur. C'est le pays d'origine de mes parents, le berceau de ma famille. Ces liens de coeur font partie int√©grante de mon identit√© et de ma personnalit√©. Ma passion du cin√©ma est n√©e de ma rencontre avec le cin√©ma alg√©rien, et surtout Chronique des ann√©es de braise, de Mohamed Lakhdar Hamina. Je n'oublierai jamais non plus, ma rencontre avec Boudjemaa Kar√®che, le directeur de la cin√©math√®que d'Alger qui m'a dit : ¬ęva et deviens une cin√©aste¬Ľ.

Q - Est-il vrai que vous ayez reçu des fleurs de la part du président Bouteflika à l'occasion de votre nomination au gouvernement ?

R - En effet, j'ai été très émue et honorée de recevoir des fleurs du président Bouteflika. J'ai eu le sentiment de recevoir des fleurs de tout un pays et qui avaient la couleur de l'élégance du coeur./.

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6. Journ√©e d'accueil 2012 "Jeunes experts associ√©s et Jeunes administrateurs des Nations unies" - Discours de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, Mme H√©l√®ne Conway-Mouret - Paris, 6 septembre 2012

Monsieur le Directeur,

Mesdames et Messieurs les jeunes experts et jeunes administrateurs,

Je me réjouis d'être parmi vous ce matin, pour accueillir la 35e promotion française du programme des Jeunes experts associés et la première promotion française de Jeunes administrateurs de l'ONU depuis 2003.

Le programme JEA, auquel la France adh√®re depuis 1978 et le concours YPP, √† nouveau ouvert aux candidats fran√ßais depuis 2011, sont b√Ętis sur une belle id√©e : permettre √† de jeunes talents de servir les causes universelles et humanistes port√©es par les Nations unies.

Vous avez tous été sélectionnés par l'ONU au terme d'une procédure longue et particulièrement compétitive. 168 candidats pour le concours YPP, pour seulement 8 lauréats. 900 candidatures au programme JEA, pour 18 postes proposés.

À la lecture de vos biographies, j'ai été véritablement impressionnée par la variété de vos champs d'expertise : protection des civils et des réfugiés, analyse politique, analyse des risques, administration/gestion, nutrition, sécurité alimentaire, développement humain, environnement, éducation, communication... L'éventail de vos compétences témoigne à la fois de la richesse des métiers de l'ONU et de l'ampleur de ses domaines d'intervention.

Au-del√† de vos formations acad√©miques et de la solidit√© de vos exp√©riences professionnelles, parfois acquises sur des terrains difficiles, vous avez √©t√© recrut√©s √©galement parce que vous adh√©rez aux valeurs des Nations unies, qui sont des valeurs de solidarit√© et de partage au service d'un monde plus juste et plus s√Ľr.

La Conf√©rence des ambassadeurs qui s'est tenue il y a quelques jours a √©t√© l'occasion pour les plus hautes autorit√©s de notre pays d'√©changes sur les priorit√©s de notre diplomatie et les grands sujets de l'actualit√© internationale. L'instabilit√©, l'affirmation de puissances nouvelles, le manque de coh√©rence... d√©montrent comme jamais que l'ONU doit rester l'instrument privil√©gi√© pour assurer la coh√©sion de la communaut√© internationale face aux p√©rils et aux menaces qui p√®sent sur notre plan√®te. La France assurait la pr√©sidence du Conseil de s√©curit√© au mois d'ao√Ľt. Le ministre rappellera ce mois-ci au si√®ge des Nations unies √† l'occasion de la 67√®me assembl√©e g√©n√©rale l'attachement de la France aux institutions onusiennes et aux valeurs qui les fondent.

L'expertise française de haut niveau, que vous incarnez, est très recherchée. Trois indicateurs en témoignent :

- Nous sommes r√©guli√®rement sollicit√©s, le directeur des Nations unies ne me d√©mentira pas, par les agences des Nations unies pour des cr√©ations de poste de jeunes experts : ainsi, pour cette campagne 2012, nous avons d√Ľ arbitrer entre les tr√®s nombreuses demandes qui nous avaient √©t√© adress√©es pour en retenir 18, en fonction de nos priorit√©s.

- Un autre indicateur, d√©nomm√© dans le jargon onusien ¬ętaux de r√©tention¬Ľ, est le nombre de Jeunes experts associ√©s qui, √† l'issue de leur contrat, restent dans le syst√®me de l'ONU. Nous relevons √† cet √©gard avec fiert√© que nos jeunes compatriotes, tr√®s appr√©ci√©s, permettent √† la France de se situer au premier rang des pays donateurs pour cet indicateur.

- Enfin, le fait que le concours YPP soit de nouveau ouvert aux candidats français, avec un taux d'admission très satisfaisant.

Ces r√©ussites mettent en lumi√®re la qualit√© de la formation de nos jeunes professionnels et vient temp√©rer les appr√©ciations un peu h√Ętives qui ont pu √™tre port√©es, √† partir de classements internationaux discutables, sur notre enseignement sup√©rieur.

Comme ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, je tiens également à vous dire qu'au travers de vos affectations, dans le cadre de votre action, vous participerez de l'influence politique de notre pays, de son dynamisme. Et comme notre langue, notre culture fait partie des atouts de la France ; elle témoigne de sa vitalité et participe de l'attraction qu'elle exerce sur le monde. Chacun d'entre vous, au quotidien, portera une part de ce dynamisme et de ce rayonnement.

Mesdames et Messieurs les jeunes administrateurs, nous espérons que le Secrétariat général des Nations unies vous proposera dans des délais aussi rapides que possible des postes à la hauteur de vos espérances et de vos compétences.

Quant à vous, Mesdames et Messieurs les jeunes experts, vous allez rejoindre dans quelques semaines vos affectations respectives.

√Ä tous je souhaite le plus grand succ√®s dans l'accomplissement de vos missions et, dans la lign√©e de vos a√ģn√©s, de saisir la chance qui vous est donn√©e pour vous √©panouir dans une carri√®re internationale./.

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7. Belgique - Coop√©ration transfrontali√®re - Entretien du ministre de l'Int√©rieur, M. Manuel Valls, avec la vice-Premi√®re ministre et ministre de l'Int√©rieur belge, Mme Jo√ęlle Milquet - Communiqu√© du minist√®re de l'Int√©rieur - Paris, le 6 septembre 2012

 

M. Manuel Valls, ministre de l'Int√©rieur, a rencontr√© son homologue belge, Mme Jo√ęlle Milquet. Lors de cette rencontre, ont √©t√© abord√©s diff√©rents sujets li√©s √† la coop√©ration transfrontali√®re, les deux pays ayant une fronti√®re terrestre commune de 620 kilom√®tres.

Concernant la criminalité transfrontalière, les deux ministres ont décidé de renforcer l'accord de Tournai (2001) mettant en oeuvre la convention d'application de l'Accord de Schengen. L'objectif est d'adapter cet accord aux nouveaux enjeux apparus ces dernières années. Le travail, réalisé tant au niveau local que national, portera sur certaines modalités pratiques de coopération (droit de poursuites d'agents d'un pays sur le territoire de l'autre, extension des patrouilles mixtes etc.), tout en tenant compte de certaines contraintes juridiques.

En matière de sécurité civile, les deux ministres souhaitent renforcer le niveau de coopération, notamment dans l'éventualité de certains risques industriels.

Pour ce qui est de la lutte contre le terrorisme, les deux ministres souhaitent une action déterminée contre la radicalisation violente. Ils ont décidé d'intensifier à cette fin les échanges de bonnes pratiques et de joindre leurs efforts au niveau européen.

Les deux ministres ont également échangé sur les dossiers en cours de discussion au sein du Conseil des ministres de l'Union européenne, et ont pu constater leur grande convergence de vue, notamment sur la révision de la gouvernance de l'Espace Schengen./.

(Source : site Internet du ministère de l'Intérieur)

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8. Industries europ√©ennes - D√©placement en Espagne du ministre du Redressement productif, M. Arnaud Montebourg - Communiqu√© du minist√®re du Redressement productif - Paris, le 6 septembre 2012

 

Le ministre du Redressement productif s'est rendu √† Madrid le 4 septembre afin de rencontrer le ministre de l'Industrie, de l'√Čnergie et du Tourisme espagnol, M. Jose-Manuel Soria qui √©tait accompagn√© du secr√©taire d'√Čtat espagnol au Commerce ext√©rieur, M. Jaime Garcia Legaz. Les deux ministres ont pu constater la proximit√© de leurs analyses concernant l'urgence de mettre fin √† la d√©sindustrialisation de l'Europe et sont convenus de travailler ensemble pour que l'int√©r√™t des industries europ√©ennes soit d√©sormais pleinement pris en compte et d√©fendu dans l'ensemble des politiques de l'Union europ√©enne, notamment la politique commerciale.

Le ministre s'est ensuite entretenu avec M. Jorge Moragas, directeur de cabinet du président du gouvernement espagnol. Ce déplacement s'inscrit dans la cadre de la tournée européenne engagée par le ministre du Redressement productif qui lui a déjà permis de rencontrer ses homologues belge, luxembourgeois et allemand et qui se poursuivra lundi 10 septembre avec une rencontre du ministre de l'Industrie italien./.

(Source : site Internet du ministère du Redressement productif)

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9. Point de presse du porte-parole du MAE - Entretien de M. Burkhalter, des Affaires √©trang√®res de la Conf√©d√©ration suisse avec M. Fabius et de M. Cazeneuve - Entretien de M. Canfin avec M. Jaramillo, du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme - Participation de Mme Conway-Mouret √† la Journ√©e d'accueil 2012 ¬ęJeunes experts associ√©s et Jeunes administrateurs des Nations unies¬Ľ - Quatri√®me session du dialogue strat√©gique franco-isra√©lien - Mali - Turquie - Mauritanie/Libye - Syrie - Paris, 6 septembre 2012

 

Au point de presse de ce jour, le Porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Entretien du chef du département des Affaires étrangères de la Confédération suisse avec le ministre des Affaires étrangères et le ministre délégué chargé des Affaires européennes (6 septembre 2012)

M. Didier Burkhalter, chef du département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération suisse, est reçu aujourd'hui par le ministre des Affaires étrangères et rencontrera également le ministre délégué chargé des Affaires européennes. Il s'agit de la première visite de M. Burkhalter en France depuis sa nomination.

Lors de cette visite de travail, MM. Fabius et Burkhalter s'entretiendront de questions bilat√©rales, europ√©ennes et internationales, dont la crise en Syrie et la situation au Sahel. M. Cazeneuve √©voquera avec M. Burkhalter les sujets europ√©ens, notamment la question des relations institutionnelles entre l'Union europ√©enne et la Suisse ainsi que les sujets du ¬ęvoisinage¬Ľ et de la coop√©ration transfrontali√®re.

2 - Entretien du ministre délégué chargé du Développement, M. Pascal Canfin, avec M. Gabriel Jaramillo, administrateur et directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (4 septembre 2012)

M. Pascal Canfin, ministre délégué auprès de M. Laurent Fabius, chargé du Développement, a reçu le 4 septembre M. Gabriel Jaramillo, administrateur et directeur général du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

Ils ont notamment évoqué les réformes en cours dans la gouvernance du Fonds mondial, à la veille de la réunion du conseil d'administration à Genève (13-14 septembre). Alors que d'importantes transformations de l'organisation sont en cours, la France est attentive à ce que la réorganisation du Fonds mondial préserve la vocation première de l'institution, au service des malades, tout en améliorant son efficacité. L'association des pays bénéficiaires et de la société civile au processus de décision stratégique du Fonds constitue un atout qui doit demeurer.

Depuis sa création il y a dix ans, les programmes financés par le Fonds mondial ont permis de fournir des traitements contre le sida à 3,6 millions de personnes, des traitements antituberculeux à 9,3 millions de personnes et de distribuer 270 millions de moustiquaires imprégnées d'insecticide pour lutter contre le paludisme. Deuxième contributeur mondial et premier donateur européen, la France s'est engagée à hauteur d'1,08 milliard d'euros pour la période 2011-2013 (360 millions par an).

3 - Participation de Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, √† la Journ√©e d'accueil 2012 ¬ęJeunes experts associ√©s et Jeunes administrateurs des Nations unies¬Ľ (6 septembre 2012)

Mme H√©l√®ne Conway-Mouret, ministre d√©l√©gu√©e charg√©e des Fran√ßais de l'√©tranger, a ouvert aujourd'hui les travaux de la journ√©e d'information, organis√©e √† l'intention de la 35e promotion fran√ßaise du programme ¬ęJeunes experts associ√©s¬Ľ (YPP) des Nations unies. Les Jeunes administrateurs fran√ßais laur√©ats, au titre de l'ann√©e 2011, du concours YPP de l'ONU sont associ√©s √† cette manifestation.

√Ä travers le programme ¬ęJeunes experts associ√©s¬Ľ, diff√©rentes organisations du syst√®me des Nations unies offrent √† de jeunes dipl√īm√©s la possibilit√© de suivre un parcours dans un cadre multilat√©ral pendant deux √† trois ans. Comme tous les √Čtats qui soutiennent le programme, la France assure le financement de ses experts pendant la dur√©e de leur contrat.

Cette journ√©e est √©galement l'occasion de r√©affirmer l'engagement du minist√®re des Affaires √©trang√®res aux c√īt√©s des jeunes Fran√ßais qui ont choisi la voie du concours pour construire leur projet professionnel aux Nations unies.

4 - Quatrième session du dialogue stratégique franco-israélien (6 septembre 2012)

La quatrième session du dialogue stratégique franco-israélien se tient aujourd'hui à Paris, sous la coprésidence de M. Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, et de M. Rafael Barak, directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien.

Organis√© chaque ann√©e, ce dialogue strat√©gique permet √† la France et √† Isra√ęl d'examiner l'ensemble des questions d'int√©r√™t commun. Il t√©moigne de la densit√© et de la confiance qui caract√©risent les relations entre nos deux pays.

Les consultations tenues cette ann√©e permettent de faire le point sur les sujets bilat√©raux et la relation entre l'Union europ√©enne et Isra√ęl. Elles portent √©galement sur l'√©tat et les perspectives du processus de paix isra√©lo-palestinien, les √©volutions politiques dans le monde arabe, la crise syrienne et son impact sur les pays voisins, ainsi que d'autres grandes questions r√©gionales, dont le programme nucl√©aire iranien.

La prochaine session aura lieu courant 2013 en Isra√ęl.

5 - Mali

Q - L'annonce par un diplomate français d'une demande malienne d'intervention de troupes ouest-africaines pour libérer le nord du Mali n'a pas été confirmée par Bamako et la présidence ivoirienne affirme même que le Mali a requis l'aide de la CEDEAO mais pas le déploiement de combattants étrangers. À votre connaissance, Bamako a-t-il explicitement demandé une intervention de troupes de la CEDEAO? La prochaine étape va-t-elle se dérouler devant le Conseil de sécurité?

R - Le Secrétaire général de la présidence malienne a confirmé la requête formelle du président Traoré aux pays de la CEDEAO, en vue d'une action concertée pour aider l'armée malienne à lutter contre le terrorisme et à reconquérir le Nord du pays. Cette demande constitue une étape indispensable pour que le Conseil de sécurité des Nations unies autorise une opération de stabilisation au Mali. Le Conseil de sécurité, dans sa résolution 2056 sur le Mali, s'est déclaré prêt à examiner plus avant un appui de la CEDEAO à la stabilisation du Mali une fois les objectifs, moyens et modalités de déploiement précisés.

Le 26 septembre prochain, une conf√©rence de haut niveau consacr√©e au Sahel, pr√©sid√©e par le Secr√©taire g√©n√©ral des Nations Unies et destin√©e √† accro√ģtre la mobilisation internationale, se tiendra en marge de l'Assembl√©e g√©n√©rale des Nations unies. Le pr√©sident de la R√©publique fran√ßaise et le ministre des Affaires √©trang√®res y participeront.

6 - Turquie

Q - Avez-vous reçu une protestation de l'ambassade de Turquie à Paris contre la place accordée au génocide arménien dans les manuels d'histoire des collégiens et lycéens français et le cas échéant, quelle est votre réaction?

R - Le minist√®re des Affaires √©trang√®res a effectivement √©t√© saisi hier d'une question sur le contenu des manuels scolaires fran√ßais. Nous r√©pondrons √† nos coll√®gues turcs, en liaison avec le minist√®re de l'√Čducation nationale.

7 - Mauritanie / Libye - M. Abdallah Al-Senoussi

Q - √ätes-vous d√©√ßu par la d√©cision des autorit√©s mauritaniennes de remettre hier Abdallah Al-Senoussi, l'ancien chef des services de renseignement libyens, √† la Libye plut√īt qu'√† la France qui le r√©clamait aussi ?

R - Il appartenait aux autorités mauritaniennes de se prononcer sur trois demandes d'extradition ou de remise de M. Al Senoussi formulées par la France, la Libye et la Cour pénale internationale. Les autorités mauritaniennes ont souverainement décidé d'accueillir favorablement la demande d'extradition formulée par la Libye.

La France prend acte de ce choix. Elle avait présenté aux autorités mauritaniennes une demande d'extradition d'Abdallah Al-Senoussi, condamné par contumace à une peine de réclusion criminelle à perpétuité le 10 mars 1999, en raison de sa participation à l'attentat de 1989 contre le vol UTA 772.

Nous renouvelons notre soutien intangible aux victimes du terrorisme, si durement frappées sur le territoire national ou hors du territoire de la République. Indépendamment de la suite qui sera donnée à notre demande d'extradition d'Abdallah Al-Senoussi, il est impératif que les familles des victimes de l'attentat contre le vol UTA 772 soient reconnues dans leurs droits.

La France prend note de la déclaration du Premier ministre libyen dans laquelle il s'est engagé à garantir un procès équitable dans le respect des normes internationales à Abdallah Al-Senoussi et aux autres anciens dirigeants de l'ère Kadhafi.

8 - Syrie

Q - Que r√©pondez-vous au pr√©sident russe Poutine qui appelle ses partenaires occidentaux √† ¬ęchanger de position¬Ľ concernant le conflit en Syrie ?

R - La position de la France est bien connue. Le président de la République et le ministre des Affaires étrangères l'ont rappelée à plusieurs reprises.

Lors de son discours aux ambassadeurs, M. Hollande avait notamment indiqu√© : ¬ęLe principe est simple : Bachar El-Assad doit partir. Il n'y a pas de solution politique avec lui. Il constitue une menace, il continue avec une violence inou√Įe √† massacrer la population, √† d√©truire les villes et √† provoquer la mort de femmes et d'enfants, nous en avons encore la preuve ces derniers jours¬Ľ.

Le rapport rendu le 15 ao√Ľt par la commission internationale d'enqu√™te des Nations unies permet d'ailleurs d'√©tablir que des crimes contre l'humanit√© ont √©t√© commis par le r√©gime.

Cette position est aussi celle de la tr√®s grande majorit√© des membres de l'ONU, de la quasi-totalit√© des membres du Conseil de s√©curit√© o√Ļ seules la Russie et la Chine opposent leur veto, de la Ligue arabe, de l'Organisation de la conf√©rence islamique qui a suspendu la Syrie, etc.

Nous dialoguons avec la Russie comme avec tous nos partenaires à ce sujet./.

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10. Nations unies - Responsabilit√© de prot√©ger - Intervention du repr√©sentant permanent adjoint de la France aupr√®s des Nations unies - New York, 5 septembre 2012

Je remercie le Secrétaire général pour ce débat et son rapport sur le troisième pilier de la responsabilité de protéger. Je salue également le nouveau Conseiller spécial pour la prévention du Génocide, M. Adama Dieng. Il a toute la confiance et tout le soutien de la France pour l'accomplissement de sa nouvelle mission.

La responsabilité de protéger (R2P) est un concept auquel la France est profondément attachée. Il reflète la place prééminente des droits de l'Homme dans les relations internationales ; c'est un concept tourné vers l'action ; c'est un concept qui permet de sauver des vies.

Le corpus des instruments internationaux adopt√©s depuis la deuxi√®me guerre mondiale met les droits de l'Homme au centre des obligations de nos pays. Concept politique, la responsabilit√© de prot√©ger renvoie avant tout les √Čtats √† des obligations qu'ils ont contract√©es mais pas toujours respect√©es. Il t√©moigne de cette avanc√©e fondamentale de la conscience de l'humanit√©. Comme l'a rappel√© le Secr√©taire g√©n√©ral, le ¬ęplus jamais √ßa¬Ľ s'incarne d√©sormais dans un concept, dans des outils et des r√©sultats concrets. Le temps de la d√©finition du concept est achev√©.

La responsabilit√© de prot√©ger est avant tout un concept tourn√© vers l'action. Sur la base du large consensus de 2005, il a √©t√© mis en oeuvre avec succ√®s √† de nombreuses reprises, en particulier au Kenya, en Guin√©e, en Libye et en C√īte d'Ivoire. J'appelle √† la prudence sur tout encadrement la responsabilit√© de prot√©ger. Ne cherchons pas d'excuses √† l'inaction.

Il est également essentiel que tous les outils soient mobilisés.

Les trois piliers sont d'égale importance, sans quoi le concept serait incomplet et déséquilibré. Les commissions d'enquêtes, la médiation et la diplomatie préventive, les missions d'observation, le recours à la Cour pénale internationale et les sanctions ciblées sur les responsables des atrocités doivent être mis en oeuvre de concert dans le cadre d'une stratégie d'ensemble et adaptée aux circonstances.

Outre la responsabilité d'agir qui est l'objet de ce débat, la R2P inclut, avec la même nécessité, la responsabilité de prévenir et de reconstruire. Parce qu'elle souhaite contribuer à l'approfondissement du volet préventif, la France a rejoint le réseau des points de contact R2P. Je salue le Danemark, le Ghana, le Costa Rica et le Guatemala pour leur initiative que nous soutenons. Alors que 2012 a été déclarée par le Secrétaire général année de la prévention, il serait opportun que le prochain rapport sur la R2P porte sur ce thème.

Tous les outils, mais aussi tous les partenaires doivent √™tre activ√©s. Le Conseil des droits de l'Homme, les organisations r√©gionales, la Cour p√©nale internationale, les acteurs humanitaires et la soci√©t√© civile concourent tous √† l'objectif commun d'aider √† prot√©ger leurs populations, lorsque les √Čtats n'en ont pas la capacit√©, voire la volont√©.

Aujourd'hui ce concept mérite d'être renforcé et non affaibli.

Alors que nos regards sont tournés vers les populations massacrées de Deraya, de Homs et d'Alep, nous ne pouvons pas débattre de la R2P sans mentionner le drame vécu par le peuple syrien.

Nous devons veiller à ne pas dévoyer le consensus de 2005 avec des contraintes supplémentaires, susceptibles d'être instrumentalisées pour empêcher de sauver des vies humaines. En effet, l'idée d'un séquençage chronologique entre les trois piliers, d'un épuisement préalable des voies pacifiques, ou encore la définition de critères pré-établis à l'action, seraient dans les faits autant de prétextes à l'inaction.

S'il n'est pas souhaitable d'ajouter au concept, il n'est pas souhaitable non plus de le supprimer. Tous les √Čtats doivent respecter leurs citoyens. Toutes les prescriptions de la Charte de l'ONU doivent √™tre appliqu√©es. L'article 54 sur l'obligation d'informer le Conseil, comme nous pensons qu'il l'a √©t√© pendant la crise libyenne, avec des rapports r√©guliers qui lui ont √©t√© remis, doit √™tre mis en oeuvre. L'int√©gralit√© de l'article 2 paragraphe 7, √©galement, qui pr√©voit les limites du principe de non ing√©rence doit √™tre appliqu√©. Face √† des crimes contre l'humanit√©, de guerre, de g√©nocide ou de nettoyage ethnique, la communaut√© internationale doit r√©agir en utilisant toute la gamme des instruments √† sa disposition y compris le chapitre VII et la saisine de la CPI.

Pour revenir au cas syrien, demander le d√©part de Bachar Al Assad aujourd'hui, ce n'est pas pr√īner un changement de r√©gime, c'est reconna√ģtre que ceux qui perp√®trent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanit√© contre des milliers d'individus n'ont plus aucune l√©gitimit√©. Je vous remercie./.

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