Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Bulletin d'actualités du 04 septembre 2012


Sommaire



1. D√©placement en Espagne - Allocution du pr√©sident de la R√©publique, M. Fran√ßois Hollande, devant la communaut√© fran√ßaise - Madrid, 30 ao√Ľt 2012

 

Madame la Ministre,

Monsieur le Député,

Monsieur l'Ambassadeur,

Merci à vous d'abord de nous recevoir ici dans cette belle résidence de France, que je connais pour y être venu dans de multiples qualités, mais aujourd'hui, que je redécouvre comme président de la République.

Je salue le Consul général et, Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre patience et pour votre présence.

J'étais, en effet, retenu par la rencontre que j'avais souhaitée avec le président Rajoy sur la question de la zone euro de l'Espagne et donc de la France. Car, nous ne pouvons pas isoler un pays quel qu'il soit dans la zone euro. Nous sommes tous concernés dès lors qu'il y a une incertitude, un doute, une interrogation sur l'une ou l'autre de nos Nations dans la zone euro.

J'ai, avec le pr√©sident Rajoy, √©voqu√© la situation de l'Espagne, que vous vous connaissez bien, avec un taux de ch√īmage tr√®s √©lev√©, une r√©cession, des efforts consid√©rables qui ont √©t√© faits d√©j√† depuis plusieurs mois et qui sont encore demand√©s. Et, ce sentiment qu'il √©prouvait, mais que les Espagnols doivent encore davantage ressentir, que tant de concessions, tant de sacrifices, tant d'ajustements, pour aussi peu de retour en termes de taux d'int√©r√™t sur la dette souveraine, et surtout, en terme d'activit√© √©conomique avec un taux de ch√īmage, notamment pour les jeunes, qui est un des plus √©lev√©s dans la zone euro.

Je ne suis pas venu exprimer une solidarité, mais une volonté, pour faire en sorte que nous puissions travailler tous pour trouver des réponses durables, aux doutes, aux interrogations, aux scepticismes et parfois aux interpellations dans un délai qui devra être proche.

D√©j√†, nous avons travaill√©, le premier Conseil europ√©en, celui du 29 juin, auquel je participais comme chef de l'√Čtat. Nous avons d√©cid√© un pacte de croissance et je dois dire que l'Espagne nous a soutenu dans cette d√©marche et nous avons fait en sorte, √† c√īt√© du s√©rieux budg√©taire indispensable, de compl√©ter le pacte budg√©taire par un pacte de croissance mobilisant des fonds, Banque europ√©enne d'Investissement, fonds structurels, emprunts qui vont √™tre mobilis√©s pour favoriser des investissements d'avenir.

Nous avons aussi pris des d√©cisions concernant la stabilit√© de la zone euro, avec des m√©canismes, sauf qu'ils tardent √† √™tre mis en oeuvre, ce qui peut permettre de comprendre pourquoi le gouvernement espagnol lui-m√™me ne fait pas forc√©ment appel √† l'Europe, alors qu'il en a la possibilit√©. Parce qu'il y a encore des pr√©alables √† lever. Quel va √™tre le r√īle de la Banque Centrale Europ√©enne ? Est-ce que le m√©canisme europ√©en de stabilit√© va enfin √™tre actionn√© d√®s lors qu'il est suspendu √† la d√©cision d'un tribunal de Karlsruhe ? Comment faire comprendre toutes ces contraintes, toutes ces difficult√©s √† des opinions publiques qui sont travers√©es par l'angoisse du lendemain ou par un certain nombre de r√©gressions sociales ou de pr√©l√®vements suppl√©mentaires.

Ma volont√©, je voulais ici la partager avec vous parce que je souhaite partout o√Ļ je me rends rencontrer les Fran√ßais que l'on appelle de l'√©tranger alors que vous √™tes des Fran√ßais qui sont pour un temps √† l'ext√©rieur et qui travaillent pour leur pays.

Je voulais vous faire partager ma volont√© d'obtenir des r√©sultats car nous ne pouvons plus attendre. Il y a sans doute encore des pr√©alables √† lever concernant la situation de la Gr√®ce, o√Ļ l'ampleur de ce qui peut √™tre demand√© sur le plan du soutien aux banques espagnoles, mais au prochain Conseil europ√©en, celui qui va se tenir le 19 octobre, c'est tout pr√®s, des d√©cisions doivent √™tre prises, comme nous avons √©t√© capables d'en prendre le 29 juin et il nous revient de les faire appliquer.

Je veux aussi vous dire combien nous devons poursuivre notre engagement européen avec nos amis espagnols. Je me souviens encore d'une campagne référendaire que je faisais en 2005, sur le traité constitutionnel européen, un sujet qui n'était pas facile à traiter en France, la preuve, c'est que le résultat a été la victoire du non. Mais, il y avait eu un référendum en Espagne sur le traité constitutionnel européen, et j'avais été invité par José Luis Zapatero à participer à la campagne en Espagne. Je ne sais pas si j'ai apporté quoi que ce soit, mais c'était pour partager notre même ambition pour l'Europe. Je me souviens à l'époque de l'enthousiasme qui existait en Espagne par rapport à l'euro, par rapport à l'union politique, qui s'esquissait.

Et quand je constate aujourd'hui les taux d'adh√©sion des Espagnols √† l'id√©e europ√©enne, je regrette de voir qu'ils ont fondu. Il y a l√† une prise de conscience que nous devons avoir, c'est que nous devons redonner confiance dans le projet europ√©en, et c'est ce qui suppose bien s√Ľr de consid√©rer comme irr√©versible l'euro pour tous les pays qui composent cet ensemble, √† condition que chacun fasse la preuve de sa cr√©dibilit√©. Mais en m√™me temps, que nous puissions d√©finir une perspective, un projet mobilisateur, d'o√Ļ le pacte pour la croissance, mais aussi l'union politique que nous devrons b√Ętir. Car l'id√©e n'√©tait pas simplement de faire une monnaie, mais aussi de concevoir un projet politique, pas forc√©ment avec autant de pays qu'il y en a dans l'Europe, mais au moins avec un certain nombre d'entre eux, qui voulaient aller plus loin. Eh bien, nous avons √† reprendre cette belle id√©e et √† redonner du sens √† la construction europ√©enne. Cela sera s√Ľrement, l√† encore, l'enjeu d'un Conseil europ√©en √† la fin de l'ann√©e o√Ļ √† partir d'une feuille de route, nous devrons d√©finir ce que nous voulons faire pour l'union √©conomique et mon√©taire ainsi que pour l'union politique.

Et, j'ai défini une idée simple : moi je suis pour l'union politique mais à condition que cela corresponde à des étapes qui apparaissent, pour chacun des pays qui constituent l'Europe, comme des progrès. D'accord pour l'union budgétaire, mais à condition qu'il puisse y avoir une mutualisation des dettes, d'accord pour qu'il y ait une union bancaire à condition qu'il y ait une supervision et donc une capacité pour l'Europe de surveiller et d'intervenir pour protéger les épargnants. Il y a aussi, sans doute, des harmonisations à faire sur le plan fiscal, à condition que cela corresponde à des progrès.

Voilà ce que je plaiderai pour le Conseil européen de la fin de l'année.

Mais je veux revenir à ce qu'est la relation entre la France et l'Espagne. C'est une relation qui est fondée sur la confiance, c'est un aspect important que nous avons évoqué avec le président Rajoy et nous avons décidé qu'il y aurait, le 10 octobre prochain le sommet bilatéral entre la France et l'Espagne. Il se tiendra à Paris et nous aborderons les thèmes qui nous unissent, les infrastructures de transport, l'énergie, les autoroutes de la mer, mais également les échanges culturels, la capacité que nous pouvons avoir pour porter des projets ensemble, sur le plan de la recherche, mais également, des coopérations qui sont liées à nos propres sécurités et notamment la lutte contre le trafic de drogue, dont on sait qu'il affecte nos deux sociétés, ainsi que la lutte contre le terrorisme.

Nous nous sommes retrouv√©s, le pr√©sident Rajoy et moi-m√™me, sur les m√™mes positions concernant le Sahel. Vous savez qu'il se passe au Nord du Mali, une occupation par AQMI qui est extr√™mement dangereuse pour les Maliens, bien s√Ľr, pour l'Afrique de l'Ouest, mais aussi pour nos propres int√©r√™ts.

Comme vous pouvez le constater, les relations franco-espagnoles sont en plein essor et je veux ici vous remercier pour ce que vous faites, dans tous les domaines de vos activités, chefs d'entreprise, cadres, mais également fonctionnaires participant à notre réseau culturel ou à notre réseau éducatif, ou à notre réseau consulaire, les personnes qui sont venues passer leur retraite ici ainsi que les jeunes venus ici pour un parcours universitaire ou de recherche.

Je veux vous remercier pour ce que vous faites, pour notre pays, pour la relation entre la France et l'Espagne. Et je veux vous encourager. Il y a près de moi, la ministre Hélène Conway qui a en charge les Français que l'on dit de l'étranger. Et nous devons concevoir cette présence à la fois comme un devoir de vous assurer la meilleure protection, faire que les enfants puissent être accueillis dans les établissements scolaires, j'y reviendrai. Mais également de permettre qu'il y ait tous les soutiens à la création d'activités économiques ou à des investissements qui peuvent se faire ici et qui peuvent aussi se faire en France.

Vous contribuez chacun, chacune à votre place à la fois à l'amélioration de nos relations avec l'Espagne, mais également à ce que l'on appelle le rayonnement de la France.

La France et l'Espagne, c'est une histoire humaine qui a commenc√© depuis longtemps, parfois douloureuse. Je n'exhumerai pas un certain nombre d'√©v√©nements historiques, parfois des √©v√©nements qui ont cr√©√© des liens indissolubles. Samedi dernier, je e participais √† l'anniversaire de la Lib√©ration de Paris et il y avait l√† de nombreux espagnols qui √©taient venus se souvenant qu'il y avait la compagnie ¬ęla nueve¬Ľ qui √©tait intervenue et qui avait pr√™t√© mains fortes aux forces du G√©n√©ral Leclerc et aux r√©sistants fran√ßais pour lib√©rer Paris.

Et puis il y a tous ces liens que nous avons tissés à travers les années qui font que nous avons un potentiel considérable pour notre pays et pour les relations avec l'Espagne. Je rappelle que la France est le premier client de l'Espagne et le second exportateur. Nous sommes le second investisseur étranger en Espagne. Il y a 1800 filiales d'entreprises françaises implantées ici, 300 000 emplois qui sont concernés, c'est considérable. Je sais qu'il y a des conseillers du commerce extérieur, 60. Je salue d'ailleurs leur président, Yves Delmas, je sais qu'il est parmi nous.

C'est de tout cela que nous devons tirer avantage. Cette semaine il y a eu à Paris ce que l'on appelle la Conférence des ambassadeurs, ce qui explique que, pendant quelques jours l'ambassadeur n'a pas pu être là. Mais il est revenu. Dans cette Conférence des ambassadeurs, le thème qui a été développé, c'est la diplomatie économique. La meilleure façon d'utiliser tout notre réseau diplomatique et consulaire, toute notre présence, pour porter davantage d'exportations et favoriser la croissance.

Il y a aussi ce qui rel√®ve de la pr√©sence culturelle, je l'√©voquais, la culture, la langue, la cr√©ation, cela fait partie de l'identit√© de la France. Cela nous permet, l√† encore, de rayonner √† condition qu'on accepte toutes les cultures et je veux saluer tous ceux qui s'y d√©vouent. Il y a les r√©seaux des lyc√©es fran√ßais en Espagne, je salue les personnels, 20 √©tablissements, plus de 20.000 √©l√®ves, des r√©sultats tout √† fait exceptionnels, une r√©putation excellente. Je suis fier notamment de notre lyc√©e √† Madrid qui a f√™t√© son 125√®me anniversaire et qui a tenu un r√īle tout √† fait particulier dans les p√©riodes noires de l'histoire espagnole.

Je sais que les parlementaires aussi bien les sénateurs que les députés, et je salue le député présent aujourd'hui, suivent attentivement la question des frais de scolarité à l'étranger. L'exigence de justice nous a conduit à supprimer la fausse gratuité qui était intervenue pour les classes de lycée, parce que cette mesure avait, en définitive, provoqué un renchérissement de l'accès à l'enseignement. Donc nous allons, sur les économies qui seront faites, tout redéployer pour augmenter les bourses scolaires et améliorer partout l'offre éducative. Faire que toutes les familles françaises qui vivent à l'étranger puissent voir leurs enfants accueillis dans les établissements. Mais aussi en accueillir d'autres, parce que cela contribue au rayonnement de la France que notre langue puisse être pratiquée par un nombre toujours plus grand d'enfants des pays concernés.

Un mot aussi sur les instituts culturels, les alliances fran√ßaises, 5 instituts en Espagne, 22 alliances, c'est une pr√©sence, l√† encore, exceptionnelle et comment ne pas √©voquer la haute qualit√© de la Casa de Velazquez et son r√īle depuis plus d'un si√®cle.

Et puis il y a la langue, il y a une ministre de la Francophonie dans le gouvernement, c'est parce que je considère que la langue n'est pas la propriété de la France. C'est un patrimoine que nous offrons à tous et à toutes, que nous ne gardons pas pour nous-mêmes, que nous offrons comme un modèle de pluralisme, de diversité, d'exception. Je soulignais là encore devant la conférence des ambassadeurs, que demain les principaux locuteurs en français seront africains. Nous devons faire en sorte que cette langue, cette belle langue puisse être un outil de liberté, parce qu'elle évoque des valeurs, mais aussi un outil d'échanges culturels, commerciaux ou économiques.

Je ne veux pas oublier les militaires qui, ici, sont présents, certains d'entre eux servent à l'état-major Terre de l'OTAN situé à Madrid. D'autres travaillent avec nos amis espagnols dans le cadre de notre coopération de défense ou au sein de l'ambassade et c'est très précieux.

Voilà, chaque fois que je me déplace, je rencontrer ce que l'on appelle la communauté française, elle n'a pas pu être entièrement accueillie ici, malgré l'ampleur de l'espace, mais je souhaite que nous puissions avoir des échanges. J'ai souligné l'importance que j'accorde à la présence de la France dans le monde, au réseau diplomatique, au réseau consulaire, indispensables pour protéger nos compatriotes.

Mais je veux insister aussi devant vous sur le redressement √©conomique. Nous faisons face √† une crise, une crise europ√©enne mais aussi mondiale. Nous faisons face √† une situation de croissance ralentie en France, une r√©cession ailleurs. Nous avons des √©quilibres budg√©taires √† retrouver, une comp√©titivit√© √† r√©tablir. Je ne veux rien dissimuler de la situation de la France. D'ailleurs, chacun la conna√ģt. Donc des efforts que nous aurons √† engager dans un temps qui devra √™tre proche pour les d√©cisions budg√©taires. C'est la loi de finance. Des d√©cisions qui devront √™tre prises aussi dans la conf√©rence sociale pour aboutir sur l'emploi, sur la s√©curisation des parcours professionnels, sur le contrat de g√©n√©ration. Des d√©cisions qui devront √™tre prises la comp√©titivit√©, pour le financement de la protection sociale.

Voilà ce qui nous attend. Mais le redressement ne se fait pas simplement à travers des décisions et des mesures. Cela se fait à travers une mobilisation de tous les acteurs. En premier lieu, ceux qui ont à prendre des décisions, des acteurs publics, des entreprises, sans lesquelles il n'y a pas de création d'emploi, mais également les Français qui vivent à l'étranger et qui se dévouent pour leur pays, représentés de multiples façons par des élus, par des organisations professionnelles, par des syndicats, par des associations. Chacun à sa place doit faire en sorte de contribuer au redressement de la France. Et cela se joue partout, à tous niveaux.

Vous ici en Espagne, vous êtes nos ambassadeurs si je puis m'exprimer ainsi. Vous contribuez, vous participez à ce redressement. Sachez bien qu'il est engagé, qu'il se fait avec des principes, celui de la vérité, de dire la situation telle qu'elle est, principe de justice, chacun doit contribuer en fonction de ses capacités, principe aussi de volonté. Si on veut qu'un pays se redresse, on ne peut l'accabler, on ne peut pas simplement lui demander, même s'il faut en faire, des sacrifices. On doit lui donner un espoir. Et l'espoir, c'est la place de notre pays dans le monde. Qu'elle est sa capacité encore à peser dans le destin du monde et dans celui de l'Europe. Qu'est-ce que nous pouvons donner comme perspective à la jeunesse ? Quels seront les atouts de la France en termes de formation, de connaissance, de culture, de recherche.

Mesdames et Messieurs, je veux vous exprimer ma gratitude pour ce que vous faites, pour ce que vous êtes, Français hors de France pour un temps plus ou moins long, sachez que vous êtes pleinement des citoyens de la République.

Vive la République et vive la France./.

(Source : site Internet de la présidence de la République)

Retour sommaire


2. Entretien de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui, avec l'hebdomadaire ¬ęJeune Afrique¬Ľ - Paris, 2 septembre 2012

 

Q - Le président François Hollande se rendra au Sommet de l'OIF à Kinshasa. Y étiez-vous favorable ?

R - Absolument. Avec Abdou Diouf, le secrétaire général de l'OIF, nous avons longuement discuté de l'importance de tenir ce sommet en Afrique. Sa localisation a été décidée lors du Sommet de Montreux, en 2010. La RD Congo est le plus grand pays francophone du monde. Les élections de 2011 y ont été contestées, mais validées par la communauté internationale. On ne pouvait pas pratiquer la politique de la chaise vide.

Q - En juillet, la France avait demand√© au pr√©sident Joseph Kabila des preuves de sa ¬ęr√©elle volont√© de promouvoir la d√©mocratie et l'√Čtat de droit¬Ľ. Qu'en est-il ?

R - Le 22 ao√Ľt, Aubin Minaku, le pr√©sident de l'Assembl√©e nationale, a annonc√© deux lois importantes. D'abord, sur la Commission √©lectorale nationale ind√©pendante, dont l'organisation, le fonctionnement et la composition du bureau seront revus. Ensuite, sur la mise en place d'une commission des droits de l'Homme. Il a pr√©cis√© que ces lois seraient adopt√©es avant le sommet. Ce sont l√† des engagements forts.

Q - Des menaces de mort vous ont √©t√© adress√©es √† propos de l'organisation de ce sommet ? D'o√Ļ venaient-elles ?

R - Je ne sais pas, elles étaient anonymes. Nous avons alerté le ministère de l'Intérieur, mais nous n'avons pas de nouveaux éléments pour l'instant. Je peux simplement dire qu'elles ont été proférées avant, pendant et après mon séjour à Kinshasa, fin juillet. Par e-mail et via Facebook.

Q - Lors de cette visite, vous avez d√©clar√© que la France voulait ¬ę voir cesser tout soutien ext√©rieur aux groupes arm√©s ¬Ľ dans l'est du pays...

R - La RD Congo est un pays agress√©. Dans l'Est, des femmes vont viol√©es, des enfants et des jeunes femmes sont enr√īl√©s de force. J'ai senti les Congolais tristes que la France ne prenne pas position. J'ai appel√© le pr√©sident ainsi que le ministre des Affaires √©trang√®res, Laurent Fabius, et il y a eu cette intervention. Cela a √©t√© possible parce que j'ai pass√© quatre jours sur place.

Q - Ce sommet sera-t-il pour François Hollande l'occasion de prononcer un discours fondateur sur l'Afrique ?

R - Oui, je pense que le président tiendra un discours en rupture philosophique avec le gouvernement précédent. Tout n'est pas parfait sur le continent, c'est certain, mais c'est parce qu'il a hérité d'un système postcolonial, de la façon de voir et de se comporter de l'Occident. Nous devons changer notre regard sur lui.

Q - Un déplacement de Hollande en Algérie avait été évoqué pour septembre. Est-il encore d'actualité ?

R - Nous continuons d'en discuter. Je me rends à Alger le 6 septembre pour préparer cette visite au niveau culturel. Le président ira avant la fin de l'année.

Q - Vous avez des liens personnels ave ce pays qui n'est pas membre de l'OIF. Avez-vous pour objectif de l'y faire entrer ?

R - C'est mon souhait. L'Algérie peut enrichir l'espace francophone à tous les niveaux. Mais on ne peut effacer l'Histoire, je comprends qu'il n'en soit pas encore membre. Le précédent gouvernement français a été très maladroit. Nous devons à présent faire des gestes.

Q - Quelle touche personnelle souhaitez-vous apporter à la Francophonie ?

R - Je veux promouvoir la place des femmes et faire que le français soit une langue créatrice, ouverte et dynamique. L'Afrique et les pays arabes ont été touchés par ma nomination en raison de mes combats, de ce que je représente et de mes origines. Cela facilite le dialogue./.

Retour sommaire


3. R√©ciprocit√© des √©changes commerciaux - Communiqu√© du minist√®re du Commerce ext√©rieur - Paris, 3 septembre 2012

 

Lors de son d√©placement √† Bruxelles, o√Ļ elle a eu des entretiens avec Karel de Gucht, commissaire au Commerce et Michel Barnier, commissaire au March√© int√©rieur et Services, Mme Nicole Bricq a rappel√© la n√©cessit√© pour les entreprises europ√©ennes de concourir √† armes √©gales. La r√©ciprocit√© dans les √©changes commerciaux est une condition essentielle √† la conqu√™te de nouveaux march√©s pour les entreprises europ√©ennes. Pour r√©ussir dans la comp√©tition internationale, les entreprises ont besoin de r√®gles du jeu claires, transparentes et non-discriminatoires sur les march√©s ext√©rieurs.

À ce titre, la ministre a affirmé le soutien de la France à la proposition de la Commission de faciliter l'accès des entreprises européennes aux marchés publics internationaux. Elle prévoit la possibilité d'exclure de la procédure d'appel d'offres les pays dont les marchés publics sont fermés aux entreprises européennes.

Pour Nicole Bricq ¬ęIl est inacceptable que les march√©s publics europ√©ens soient ouverts aux pays tiers et ne b√©n√©ficient pas d'un acc√®s √©quivalent. 90 % des march√©s publics de l'Union europ√©enne font l'objet d'une ouverture transparente contre 32 % aux √Čtats-Unis, 28 % au Japon, 16 % au Canada et 0 % en Chine, en Inde et au Br√©sil. Cette asym√©trie doit cesser¬Ľ.

√Ä d√©faut d'avanc√©es √† l'√©chelle multilat√©rale, la ministre a annonc√© que la France poserait quatre conditions √† l'acceptation des accords de libre √©change en cours de n√©gociation ou en projet (Canada, √Čtats-Unis, Japon...) : r√©ciprocit√©, effet positif sur l'emploi en France, respect d'un haut niveau d'exigence sociale et environnementale et ouverture progressive avec mesures de sauvegarde efficaces et rapides pour les secteurs sensibles. Le cas de la Cor√©e dans le secteur automobile a rappel√© l'importance d'un suivi attentif de la mise en oeuvre de tels accords et la ministre a insist√© aupr√®s de la Commission pour que la clause de surveillance demand√©e par la France soit mise en oeuvre dans les plus brefs d√©lais. La politique commerciale europ√©enne doit √©galement lutter contre les proc√©dures d√©loyales et la France soutient la proposition de la Commission d'ouvrir une enqu√™te antidumping relative aux importations de modules photovolta√Įques en provenance de Chine.

Nicole Bricq se rendra dès cette semaine à Rome, puis à Berlin et à Londres afin de sensibiliser nos principaux partenaires européens sur ces sujets.

Au cours de son déplacement à Bruxelles, la ministre s'est également entretenue avec Vita Moreira, président de la Commission du commerce international (INTA) au Parlement européen et Daniel Caspary, rapporteur sur l'instrument de réciprocité. /.

(Source : site Internet du ministère du Commerce extérieur)

Retour sommaire


4. Point de presse du porte-parole du minist√®re des Affaires √©trang√®res - Abbaye de Latroun/acte de vandalisme - Bahre√Įn - Syrie - Territoires palestiniens - Liban - Maroc/Accident d'autocar - Paris, 4 septembre 2012

Au point de presse de ce jour, le porte-parole a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Abbaye de Latroun : acte de vandalisme

Pendant la nuit, la porte de l'√©glise de l'abbaye de Latroun, proche de J√©rusalem, a √©t√© incendi√©e et des inscriptions antichr√©tiennes et favorables √† la colonisation isra√©lienne des Territoires palestiniens ont √©t√© trac√©es sur ses murs. La France condamne fermement cet acte de vandalisme, qui vise un lieu de culte et de paix. Elle exprime sa totale solidarit√© vis-√†-vis de la communaut√© des moines. L'abbaye cistercienne de Latroun est une des communaut√©s religieuses prot√©g√©e par la France au titre des accords dits Chauvel/Fischer conclus avec l'√Čtat d'Isra√ęl.

La France appelle les autorités israéliennes à faire toute la lumière sur ces actes graves, et à en traduire les responsables en justice.

Notre Consul g√©n√©ral √† J√©rusalem s'est aussit√īt rendu sur place.

Q - S'agissant du statut de ce site, est-ce que vous allez envoyer une lettre officielle de protestation aux autorités israéliennes ?

R - La déclaration se suffit à elle-même.

Q - Est-ce qu'il y a un processus après des déclarations de ce genre ? Y aura-t-il une enquête ?

R - Comme je viens de le dire, nous appelons les autorités israéliennes à faire toute la lumière sur ce qui s'est passé. Cela relève maintenant de leur compétence.

2 - Bahre√Įn

Q - Il y a eu une confirmation en appel des condamnations de plusieurs opposants dont quelques-uns à perpétuité. Est ce que vous avez une réaction ?

R - Nous avons appris avec d√©ception les d√©cisions de la Cour d'appel du Bahre√Įn qui confirment les lourdes peines inflig√©es √† ces opposants. Le cas de M. Khawaja nous pr√©occupe tout sp√©cialement. Nous esp√©rons vivement qu'un r√©examen de ces condamnations aura lieu lors d'un √©ventuel pourvoi en cassation.

Nous restons pr√©occup√©s par la persistance des tensions dans le royaume de Bahre√Įn et rappelons notre profond attachement aux principes de libert√© d'expression et de droit √† manifester pacifiquement. Nous appelons les autorit√©s bahre√Įniennes √† privil√©gier les mesures d'apaisement, dans l'esprit des recommandations du rapport Bassiouni.

3 - Syrie

Q - On parle d'exfiltration de militaires, dont le général Tlass, par des agents des services français. Que pouvez-vous nous dire là-dessus ?

R - J'ai vu la brève du Figaro, nous n'avons pas pour habitude de commenter des articles de presse.

Q - Sur ces fameuses zones libérées, est ce que vous pouvez nous expliquer quelle proportion du territoire syrien est soi-disant libéré ? La France a dit qu'elle allait donner cinq millions d'euros pour ces zones : comment cet argent sera-t-il utilisé? Ces zones libérées sont vulnérables face à des frappes aériennes d'hélicoptères. Comment va-t-on les protéger si on ne fait pas de zones tampons ?

R - C'est assez difficile de répondre à votre première question, car la situation sur le terrain est très fluctuante en fonction du déroulement des combats.

Votre deuxième question porte sur l'aide humanitaire, ce qui est très important comme l'a souligné le ministre dans plusieurs de ses interventions et notamment devant le Conseil de sécurité à New York, jeudi dernier. L'aide que l'on peut apporter à ces zones libérées peut se faire de différentes manières. L'opposition est chargée de l'administration de ces zones. Donc ils ont besoin de quasiment tout. C'est notamment dans les secteurs de l'administration et de la gestion de la vie quotidienne que nous pouvons les aider. Nous avons des contacts avec les comités qui se sont formés pour administrer ces régions. C'est via ces contacts que nous pouvons leur faire passer des aides. Cela va dans la lignée de ce qui s'est fait à Paris, lorsque le ministre a reçu une association de médecins syriens. À eux aussi, nous apportons notre aide.

Pour répondre à votre troisième question relative à la protection de ces zones, la grande difficulté, comme le ministre l'a dit à plusieurs reprises, c'est d'arriver à assurer la sécurité de la population qui y vit. Compte tenu de la situation dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité, et ce n'est pas de notre fait, il est très difficile d'envisager une protection de nature militaire, qui supposerait l'adoption d'une résolution au Conseil de sécurité.

Q - Est-ce que vous pouvez faire un point sur le r√©sultat de cette derni√®re r√©union organis√©e par la France √† New York? Qu'est-ce que la France comptait faire pour faire avancer ce dossier qui para√ģt dans l'impasse ?Est-ce que ce serait toujours en suivant la voie de l'ONU ?

R - L'objectif de cette r√©union du Conseil de s√©curit√© des Nations unies voulue par Laurent Fabius √©tait, il l'a dit lui-m√™me, de t√©moigner et de r√©agir. T√©moigner, c'est t√©moigner d'une situation humanitaire qui se d√©grade et qui est tr√®s inqui√©tante. Vous connaissez les chiffres comme moi. Plus de 25.000 morts, les derni√®res √©valuations que j'ai vues tendent plut√īt vers 30.000. Des centaines de milliers de r√©fugi√©s, plus de 250.000, des bless√©s dans une proportion √† peu pr√®s identique, pr√®s d'un million et demi de d√©plac√©s √† l'int√©rieur de la Syrie. Tout cela dessine un tableau qui est dramatique et l'objectif de cette r√©union √©tait de dire ¬ępersonne ne pourra dire qu'il ne savait pas ce qui se passe en Syrie¬Ľ. Il fallait en t√©moigner. Et c'est la raison pour laquelle le ministre avait souhait√© que participent √† cette r√©union les pays limitrophes tr√®s directement confront√©s √† l'afflux de r√©fugi√©s. Et donc nous avions, repr√©sent√©s √† un niveau minist√©riel lors de cette r√©union jeudi dernier, la Jordanie, le Liban, la Turquie et l'Irak, plus le patron du HCR. C'√©tait la premi√®re chose, t√©moigner de ce qui se passe et faire que personne ne puisse dire ¬ęje ne savais pas¬Ľ.

Mais c'est aussi réagir. Il y a un certain nombre de choses qui ont été annoncées : l'augmentation de la contribution française qui passera de 3,6 millions d'euros à 8,6. L'homologue britannique du ministre lui aussi a fait des annonces dans ce sens. C'était le rappel pour nous que ce qui se passe en Syrie, qualifié par les Nations unies de crime de guerre et de crime contre l'humanité, était passible de la Cour pénale internationale. Pour le dire en d'autres termes, les responsables de ces actes devront être poursuivis et condamnés. C'était aussi un appel de la part du ministre au respect des dispositions de droit international humanitaire, qui aujourd'hui n'est pas garanti par le régime de Damas.

Cela avait une autre vertu je crois, c'√©tait d'ores et d√©j√† de prendre date pour l'apr√®s-Assad. Parce que si le Conseil de s√©curit√© aujourd'hui est bloqu√©, il faut ne pas perdre de vue qu'√† un moment ou un autre, et le plus t√īt sera le mieux, le Conseil de s√©curit√© sera certainement saisi de ce qui se passera une fois que ce r√©gime sera tomb√©. Donc, obtenir une r√©union de niveau minist√©riel centr√©e sur les aspects humanitaires, mais sans perdre de vue les autres aspects de cette crise, c'est une mani√®re de r√©introduire ce sujet au Conseil de s√©curit√©, et de pr√©parer √† ce qui viendra ensuite.

Q - Au-del√† de la position de la France qui est que Bachar Al-Assad doit partir, est-ce que vous avez des informations aujourd'hui qui vous permettent d'avoir un chronogramme, en disant ¬ędans une semaine, dans un mois¬Ľ ?

R - J'aimerais bien pouvoir vous r√©pondre. Je crois que personne n'est en √©tat aujourd'hui de dire combien de temps il lui reste. Ce qu'on peut dire en revanche, et ce qu'on ne cesse de r√©p√©ter, c'est qu'il doit partir, c'est que ce r√©gime n'a pas d'avenir, que ses jours sont compt√©s, autrement dit qu'il doit ¬ęd√©gager¬Ľ. Le plus t√īt sera le mieux. Toute l'action de la France vise √† faire pression non seulement sur ce r√©gime, mais aussi √† encourager l'opposition syrienne √† se rassembler, s'unifier et constituer le plus vite possible une alternative qu'on a qualifi√©e de repr√©sentative, inclusive et l√©gitime, conform√©ment aux d√©clarations faites par le pr√©sident de la R√©publique r√©cemment.

Q - Concernant les réfugiés qui affluent de toute part aux frontières, est-ce que la France estime qu'il y a là une espèce de casus belli, une justification pour une intervention peut-être chapitre 6 et non chapitre 7 ?

R - Deux choses. Si on remonte la chronologie, il y a eu cette r√©union au Conseil de s√©curit√© jeudi, j'y √©tais avec le ministre et je vais revenir dessus. Il y avait eu avant, mi-ao√Ľt, un d√©placement du ministre sur place, c'est-√†-dire qu'il est all√© √† la fronti√®re jordanienne pour visiter le camp de Zaatari, il est all√© ensuite dans d'autres pays de la r√©gion, en Jordanie, au Liban et en Turquie. C'est une priorit√©, un sujet de pr√©occupation constant depuis longtemps sur lequel la France est en pointe.

En effet, la situation est pr√©occupante parce que, bien √©videmment plus les combats se prolongent, plus l'afflux de r√©fugi√©s aux fronti√®res syriennes est important. Vous aviez vu certainement les d√©clarations turques disant au-del√† d'un certain niveau on ne pourra plus faire face. D'o√Ļ notre aide, d'o√Ļ l'installation de l'h√īpital militaire dans le camp de Zaatari.

Q - Et l'ambiance à New York sur cette question-là auprès de vos homologues russes et chinois, selon vous? Sont-ils conscients que la question des réfugiés internationalise le conflit ?

R - En sont-ils conscients ? Je pense qu'il faut leur poser la question directement. Ils ne peuvent pas ne pas savoir, ils voient forcément comment évolue la situation sur le terrain.

Q - Avez-vous senti chez eux une attention particulière pour les sites orthodoxes en Syrie?

R - Nous n'avons pas √©voqu√© ce sujet-l√†, en tout cas pas en ma pr√©sence. Juste un point, cela invalide la th√®se selon laquelle, comme vous y faisiez r√©f√©rence, il s'agirait d'un probl√®me syro-syrien. Cela valide la th√®se qui √©tait et qui reste la th√®se fran√ßaise, c'est-√†-dire que cette crise d√©borde et comporte un risque de d√©stabilisation de toute la r√©gion, √† commencer bien s√Ľr par les pays limitrophes. Et, ce n'est pas le hasard si, lors de cette r√©union minist√©rielle du Conseil de s√©curit√©, nous avions souhait√© convier les quatre pays que j'ai cit√©s tout √† l'heure, et ils sont venus. Il ne s'agit pas d'une affaire syro-syrienne. La crise syrienne a des d√©bordements sur les pays limitrophes et elle met en cause la stabilit√© de toute la r√©gion.

Q - Selon des déclarations de M. Lavrov, les idées des Russes et des Américains ne sont pas si lointaines. Qu'en pensez-vous ?

R - Je n'ai pas vu ces déclarations pour être honnête. Mais, l'impression que j'ai, c'est que les idées des Russes et des Américains ne sont pas si proches que cela. On a vu les vetos russes au Conseil de sécurité, et il n'y a pas eu de veto américain à ma connaissance. Cela fait quand même une grosse différence. Dans les contacts que nous avons eus avec les Américains, on s'aperçoit que nous avons des positions qui sont très proches et sur tous les fronts. Qu'il s'agisse du problème militaire, qu'il s'agisse de notre position diplomatique, qu'il s'agisse du front politique. Il peut y avoir des variations sur la formulation mais les objectifs sont exactement les mêmes : la fin du régime Assad et une alternative qui soit démocratique et assure à la fois l'intégrité de ce pays, la protection de toutes ses communautés et son unité. Sur ces objectifs-là, je pense que nos positions sont très proches, nos positions sont même identiques à celles des Américains. Les Russes peuvent-ils en dire autant ?

4 - Territoires palestiniens

Q - Je constate que la présidence française est timide, la situation est catastrophique entre Israéliens et Palestiniens, tout est bloqué aujourd'hui.

R - C'est un sujet essentiel qui a √©t√© beaucoup mentionn√© et par le pr√©sident de la R√©publique dans son discours d'ouverture de la r√©cente Conf√©rence des ambassadeurs, et par le ministre √† cette m√™me occasion. Vous connaissez notre position sur ce sujet. Elle a √©t√© rappel√©e souvent. Le ministre a d√©clar√© tr√®s r√©cemment que cette question restait la matrice de beaucoup de conflits et que la reprise du dialogue et du processus de paix restait un objectif prioritaire pour nous, toujours d'ailleurs selon les m√™mes lignes, un √Čtat palestinien viable, pacifique et ind√©pendant d'une part, et d'autre part garantir la s√©curit√© d'Isra√ęl.

Q - Est-ce que la France est favorable √† l'admission de la Palestine en tant qu'√Čtat membre aux Nations unies ? Parce que M. Abbas va pr√©senter la demande prochainement. Est-ce que la France y est favorable ?

R - Contrairement √† ce que vous dites, nous n'avons pas encore de confirmation officielle de la position palestinienne. Donc il est un peu trop t√īt pour nous prononcer sur l'hypoth√®se d'une nouvelle initiative palestinienne aux Nations unies. Donc nous attendrons d'avoir cette position officielle, encore une fois nous ne l'avons pas pour l'instant. En tout √©tat de cause, et c'est une position constante de la France, la priorit√© doit rester pour nous √† la relance du dialogue entre les Isra√©liens et les Palestiniens.

5 - Liban

Q - Le ministre Laurent Fabius re√ßoit en fin d'apr√®s-midi M. Saad Hariri. Peut-on conna√ģtre l'objet de cette r√©union et y aura-t-il un point de presse √† la sortie ?

R - En effet, il recevra M. Hariri. Un point de presse n'est pas prévu.

L'entretien portera bien s√Ľr sur tout ce qui est li√© aux relations franco-libanaises. Le ministre avait eu cette formule: ¬ęLe Liban est l'ami de la France¬Ľ. Et ce sera une mani√®re de rappeler notre attachement √† tout ce qui touche √† la stabilit√©, la s√©curit√©, l'ind√©pendance et l'int√©grit√© du Liban. Cela permettra √©galement, je pense, d'avoir une discussion sur l'√©volution de la situation politique libanaise et aussi d'√©voquer la situation r√©gionale et les risques de d√©stabilisation li√©s √† la crise syrienne.

Q - À quel titre l'ancien Premier ministre M. Hariri sera-t-il reçu ?

R - Au même titre que d'autres grandes personnalités politiques libanaises. Nous avons avec les Libanais des relations constantes, étroites et confiantes. Le ministre Laurent Fabius reçoit M. Hariri comme il recevra d'autres personnalités libanaises soit à Paris, soit à l'occasion de ses déplacements dans la région et en particulier au Liban et à Beyrouth.

Q - Recevra-t-il M. Walid Joumblatt ?

R - Concernant une rencontre avec M. Joumblatt, vous serez informés si l'occasion se présente.

6 - Maroc - Accident d'autocar

Nous avons appris avec effroi l'accident d'autocar survenu cette nuit près de Marrakech, dont le dernier bilan fait état de 42 morts et de 24 blessés.

La France adresse ses condoléances aux familles et aux proches des victimes. Elle souhaite témoigner sa vive sympathie au peuple et aux autorités marocaines en ces circonstances douloureuses.

Q - Sait-on s'il y a des Français ?

R - On ne le sait pas encore. Nous venons tout juste d'apprendre la nouvelle. À ce stade et avec toutes les précautions d'usage, il n'y aurait pas de Français parmi les victimes. Mais encore une fois, les identifications sont en cours et en plus, on ne peut pas exclure la présence de binationaux.

Comme √† chaque fois bien s√Ľr que se produit un accident de cette nature, notre consulat est en contact tr√®s √©troit avec les autorit√©s locales et continue √† se renseigner pour conna√ģtre l'identit√© de toutes les victimes./.

Retour sommaire


5. Azerba√Įdjan - Gr√Ęce octroy√©e √† M. Safarov - D√©claration du porte-parole du minist√®re des Affaires √©trang√®res - Paris, 3 septembre 2012

La France fait part de sa pr√©occupation √† la suite de l'annonce de la mesure de gr√Ęce octroy√©e vendredi 31 ao√Ľt par les autorit√©s azerba√Įdjanaises au b√©n√©fice de M. Safarov. Ce dernier avait √©t√© condamn√© en 2006 en Hongrie √† la prison √† perp√©tuit√© par la justice hongroise pour le meurtre inqualifiable dont il s'√©tait rendu coupable en 2004 √† Budapest sur la personne d'un officier arm√©nien.

La France, fortement engagée comme les autres coprésidents du groupe de Minsk en faveur d'une solution pacifique au conflit du Haut-Karabagh, considère que cette décision risque de nuire gravement aux efforts de négociation et à l'établissement d'un climat de confiance entre les parties./.

Retour sommaire


6. C√©l√©bration du 15e anniversaire de l'entr√©e en vigueur de la Convention sur les armes chimiques - D√©claration de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√©, Mme Catherine Ashton - Bruxelles, 3 septembre 2012

 

Je me r√©jouis de marquer le quinzi√®me anniversaire de l'entr√©e en vigueur de la Convention sur les armes chimiques (CAC), c√©l√©br√© aujourd'hui par une manifestation sp√©ciale au si√®ge de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) √† La Haye. La Convention sur les armes chimiques constitue une pi√®ce ma√ģtresse du syst√®me multilat√©ral de d√©sarmement et de non-prolif√©ration. Elle est sans √©quivalent, puisqu'elle interdit compl√®tement et sans exception toute une cat√©gorie d'armes de destruction massive et impose la destruction de toutes les armes chimiques, qu'elle soumet √† un r√©gime de v√©rification internationale.

De l'entr√©e en vigueur de la Convention a d√©coul√© la cr√©ation de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), dont le succ√®s ne se d√©ment pas et qui reste un exemple √† suivre de multilat√©ralisme effectif. Il s'agit l√† d'une r√©ussite collective pour laquelle je tiens √† f√©liciter l'OIAC - tant le Secr√©tariat technique que les √Čtats parties - ainsi que les autres parties prenantes.

L'Union europ√©enne a manifest√© son soutien √† l'Organisation de mani√®re concr√®te, notamment par les contributions financi√®res successives qu'elle a apport√©es aux activit√©s de l'OIAC depuis 2005, pour un montant total d'environ 9,5 millions d'euros. La derni√®re contribution de l'Union europ√©enne, d√©cid√©e en mars de cette ann√©e, est actuellement en cours de mise en oeuvre. Ces contributions montrent que les √Čtats parties peuvent oeuvrer de concert et avec le Secr√©tariat technique au profit de la Convention et de l'application de celle-ci.

L'OIAC a beaucoup avanc√© au cours des quinze derni√®res ann√©es. Des progr√®s appr√©ciables ont √©t√© r√©alis√©s en ce qui concerne la destruction des stocks d√©clar√©s d'armes chimiques, et de nombreux efforts ont √©t√© d√©ploy√©s en vue de la mise en oeuvre int√©grale et effective de toutes les dispositions de la CAC. De plus, le nombre d'√Čtats parties est pass√© √† 188. La Convention est donc proche de l'universalit√©. Toutefois, les √©v√©nements r√©cents ont montr√© que la menace constitu√©e par les armes chimiques restait bien r√©elle. Nous demandons √† tous les √Čtats qui ne sont pas parties √† la Convention de la ratifier ou d'y adh√©rer sans d√©lai.

Nous continuerons à coopérer de manière constructive avec toutes les parties prenantes en vue de réaliser l'objet et le but de la Convention au cours des prochaines années et, à cet égard, attendons avec intérêt la troisième Conférence d'examen, qui aura lieu en avril 2013./.

Retour sommaire


7. G√©orgie - Relations UE/G√©orgie et √©lections l√©gislatives - D√©claration commune de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√©, Mme Catherine Ashton, et du commissaire charg√© de l'√Člargissement et de la Politique europ√©enne de voisinage, M. Stefan F√ľle

Nous tenons à réaffirmer que la Géorgie est un partenaire important pour l'Union européenne et sommes déterminés à approfondir encore nos relations, déjà très dynamiques. Les négociations en vue de la conclusion d'un accord d'association, y compris le volet relatif à un accord de libre-échange approfondi et complet, ainsi que le dialogue sur la question des visas ouvert récemment avec la Géorgie, avancent de manière satisfaisante. Nous confirmons notre volonté de maintenir la dynamique imprimée, de manière à pouvoir achever ces négociations l'année prochaine. En ce qui concerne la mobilité, nous nous donnons pour objectif de présenter d'ici la fin de l'année un plan d'action en matière de libéralisation du régime des visas.

Pour la Géorgie, un certain nombre de défis se profilent à l'horizon: il s'agit notamment de consolider la démocratie, de faire en sorte que les avantages de la croissance bénéficient à tous et de parvenir à une plus grande inclusion des groupes marginalisés, qui sont essentiels pour le développement durable de la société géorgienne.

Nous insistons sur le fait que l'Union européenne attend beaucoup des élections législatives qui doivent se tenir en Géorgie le 1er octobre prochain. Ce scrutin sera capital pour la poursuite du processus de renforcement de la démocratie dans le pays, et il déterminera la qualité et l'intensité de nos relations à l'avenir.

Nous invitons √† la fois le gouvernement et l'opposition √† continuer d'oeuvrer √† ce que le scrutin se d√©roule dans un climat pacifique et dans des conditions de pluralisme, et, dans ce cadre, de faire en sorte que l'environnement m√©diatique soit sain. Nous sommes pr√©occup√©s par la polarisation et la tension grandissantes que l'on observe √† cet √©gard, car les √©lections doivent avant tout permettre de confronter des programmes et des id√©es politiques. Nous insistons sur la responsabilit√© qui incombe √† la fois au gouvernement et √† l'opposition pour ce qui est d'assurer le bon d√©roulement et, partant, la l√©gitimit√© du scrutin. La loi √©lectorale doit √™tre respect√©e, et elle doit √™tre appliqu√©e d'une mani√®re qui maintienne la confiance dans l'√©quit√© du processus √©lectoral et l'√Čtat de droit. Tous les partis et candidats devraient contribuer √† la mise en place d'un environnement √©lectoral calme et propice √† la participation, en s'abstenant de toute action ou d√©claration provocatrice qui soit de nature √† exacerber un climat d√©j√† tendu et √† semer le doute sur le r√©sultat du scrutin. Pour asseoir la d√©mocratie, il faut que toutes les parties fassent preuve de responsabilit√© en d√©passant les clivages politiques.

Nous tenons à réaffirmer que l'Union européenne soutient fermement l'intégrité territoriale de la Géorgie et qu'elle reste déterminée à poursuivre l'action résolue qu'elle mène, notamment dans le cadre des discussions internationales à Genève et de sa mission d'observation en Géorgie./.

Retour sommaire


8. Azerba√Įdjan - Lib√©ration de Ramil Safarov - D√©claration des porte-parole de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√© et du commissaire charg√© de l'√Člargissement et de la Politique europ√©enne de voisinage - Bruxelles, 3 septembre 2012

 

La Haute repr√©sentante et le commissaire F√ľle sont pr√©occup√©s par la d√©cision du pr√©sident azerba√Įdjanais de gracier l'officier azerba√Įdjanais Ramil Safarov, qui avait √©t√© condamn√© √† la perp√©tuit√© pour le meurtre de l'officier arm√©nien Gurgen Margaryan √† Budapest en 2004.

Ramil Safarov a √©t√© transf√©r√© de Hongrie en Azerba√Įdjan le 31 ao√Ľt sur la base d'une demande de l'Azerba√Įdjan formul√©e dans le cadre de la Convention de Strasbourg sur le transf√®rement des personnes condamn√©es du 21 mars 1983, afin d'y purger le reste de sa peine. Des repr√©sentants de l'Union europ√©enne sont en contact avec les autorit√©s comp√©tentes et continueront de suivre la situation de pr√®s.

Dans l'int√©r√™t de la stabilit√© r√©gionale et des efforts d√©ploy√©s actuellement en faveur de la r√©conciliation, la Haute repr√©sentante et le commissaire F√ľle invitent une nouvelle fois l'Azerba√Įdjan et l'Arm√©nie √† faire preuve de retenue, tant sur le terrain que dans leurs d√©clarations publiques, afin d'√©viter que la situation ne s'aggrave./.

Retour sommaire


9. Maldives - Rapport de la commission d'enqu√™te nationale sur le transfert des pouvoirs - D√©claration du porte-parole de la Haute repr√©sentante de l'Union europ√©enne pour les Affaires √©trang√®res et la Politique de s√©curit√© - Bruxelles, 31 ao√Ľt 2012

 

La Haute représentante se félicite de la publication du rapport de la commission d'enquête nationale sur le transfert du pouvoir qui est intervenu aux Maldives le 7 février 2012, prend note de ses conclusions et recommandations et lance un appel à toutes les parties pour qu'elles respectent leur engagement d'accepter les conclusions de la commission.

La Haute représentante demande aux dirigeants des partis politiques des Maldives de s'engager dans un dialogue politique en vue de la consolidation du processus démocratique qui doit mener à des élections présidentielles, conformément à la constitution des Maldives, le plus rapidement possible.

La Haute représentante réitère son appel aux autorités et aux partis politiques des Maldives pour qu'ils s'abstiennent de toute provocation susceptible de remettre en cause ce processus et pour qu'ils fassent preuve de retenue à la suite de la publication du rapport de la commission d'enquête nationale./.

Retour sommaire