Dans cet espace vous pouvez

- soit faire une recherche avancée sur tous les points de presse et déclarations de politique étrangère

 

- soit sélectionner une date 


Bulletin d'actualit√©s du 31 ao√Ľt 2012


Sommaire



1. Entretien du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęEurope1¬Ľ - Paris, 31 ao√Ľt 2012

 

Q - Vous venez de présider, au nom de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies sur la Syrie. Vous avez tenu des paroles fortes, qu'est-ce qui peut, qu'est-ce qui va bouger ?

R - La réunion était consacrée aux problèmes humanitaires, parce qu'une catastrophe humanitaire est en train de se produire, non seulement en Syrie, mais dans les pays limitrophes de la Syrie : Jordanie, Turquie, Liban et même Irak. C'est la première fois que l'on traitait ces questions humanitaires en tant que telles. J'avais demandé que viennent aussi les ministres des Affaires étrangères de ces pays.

Sur le plan humanitaire, il y a des choses qui peuvent avancer. Il faut en particulier - c'est tr√®s mat√©riel - un financement beaucoup plus important qu'aujourd'hui pour accueillir tous ces r√©fugi√©s. Et puis, il faut surtout que Bachar Al-Assad respecte le droit humanitaire. Les probl√®mes humanitaires sont la cons√©quence des difficult√©s politiques et, sur ce plan, il faut bien reconna√ģtre que le Conseil de s√©curit√©, malheureusement, est divis√© √† cause de l'attitude des Russes et des Chinois.

Q - Cette fois, Hillary Clinton pour les √Čtats-Unis, Sergue√Į Lavrov pour la Russie et le ministre chinois √©taient absents. Ils ne croient pas √† l'efficacit√© des Nations unies, est-ce que c'est, d'apr√®s vous, une r√©union pour rien, m√™me si vous vous battez ?

R - Non, je ne crois pas. Tous les pays - sauf évidemment la Syrie - qui était représentés ont remercié la France d'avoir pris cette initiative, en particulier les pays qui sont le plus directement concernés, c'est-à-dire les pays voisins. C'est positif aussi parce qu'un certain nombre de pays ont annoncé des contributions financières supplémentaires, et puis personne ne pourra dire maintenant qu'il ne savait pas.

Q - Mais l'essentiel, est-ce que c'est de venir en aide aux exilés, aux blessés, aux réfugiés, ou d'empêcher qu'il y ait des réfugiés, des blessés et des morts chaque jour ?

R - Les deux, mais, évidemment, on ne peut pas durablement avoir une influence sur les conséquences si on ne s'attaque pas aux causes. Alors les causes c'est le problème politique, et là les solutions divergent. Il y a le soutien de tous au nouveau médiateur Lakhdar Brahimi mais, en même temps, il y a une résistance des Russes, des Chinois, que l'on va essayer de surmonter. La France est le pays le plus en pointe dans son soutien à l'opposition à Bachar Al-Assad, c'était clair et c'était net.

Q - Est-ce que pour la France et les Européens le moment est venu de saisir la cour pénale internationale ?

R - Oui, nous avons dit, William Hague, le ministre britannique des Affaires étrangères, et moi-même, qu'une commission des Nations unies avait commencé à travailler, qu'il était établi que M. Bachar Al-Assad s'était rendu coupable de crimes contre l'humanité.

Nous tenons à ce que ces crimes ne soient pas impunis. Deux procédures sont envisageables : les tribunaux syriens du futur régime ou la Cour pénale internationale.

Q - Le président Hollande et vous-même, comme Barack Obama, avez menacé Bachar Al-Assad : en cas d'utilisation d'armes chimiques, une intervention directe serait alors légitime, une intervention militaire. Vous le répétez ?

R - Je le r√©p√®te. Nous sommes absolument intransigeants sur ce point. Nous sommes d'ailleurs en relation avec nos partenaires, dont les √Čtats-Unis. Ces armes bact√©riologiques et chimiques sont d'un danger extr√™me.

Q - Vous avez des preuves que la Syrie en poss√®de et vous savez o√Ļ elle les cache ?

R - Bien s√Ľr, nous suivons cela au jour le jour. Je ne vais pas rentrer dans les d√©tails, pour des raisons √©videntes, mais il est certain que nous jugeons M. Bachar Al-Assad responsable de l'utilisation de ces armes. S'il y avait la moindre tentative d'en faire utilisation directement ou indirectement, la r√©ponse serait imm√©diate et fulgurante.

Q - Mais qui déclencherait les premières frappes, ou les premières réactions ?

R - Vous me permettrez de garder cela pour nos partenaires et pour nous-mêmes.

Q - Mais la décision est prise ? L'opération militaire, si elle a lieu, aurait-elle lieu avec, ou même sans l'accord des Nations unies ?

R - Le bactériologique et le chimique c'est d'une autre nature que les armes, j'allais dire, ordinaires.

Q - Donc on peut se passer des Nations unies cette fois-là ?

R - Non, mais la réglementation est différente. Il est certain que compte tenu des conséquences de la diffusion possible, on ne peut pas supporter, même un instant, la manipulation de ces armes.

Q - Mais Bachar Al-Assad est pr√©venu. R√©cemment vous avez confirm√©, vous aussi, Laurent Fabius, qu'il fallait se d√©barrasser du Syrien. Qui doit faire le ¬ęjob¬Ľ et comment ?

R - Il y a un aspect politique, c'est le travail qui est confié à M. Brahimi. La position, en avance j'allais dire, de la France, c'est que nous travaillons beaucoup pour l'unification de l'opposition syrienne, en faisant attention à deux points centraux. D'abord il faut que le nouveau gouvernement qui, nous l'espérons, sera mis en place, soit représentatif de la totalité du spectre ; ce n'est évidemment pas facile puisqu'il faut unifier tout cela. Deuxièmement, il faut qu'il y ait une garantie que le nouveau gouvernement respectera toutes les communautés.

Q - On n'est pas sorti de l'auberge syrienne.

R - Mais non, mais c'est une évidence. Il ne s'agit pas de se débarrasser de Bachar Al-Assad si c'est pour avoir, ou bien les intégristes, ou bien un régime aussi...

Q - Ça veut dire que cette fois-ci on est vigilant à ce qui peut se passer après.

R - On est vigilant, bien s√Ľr.

Q - Vous avez rencontré beaucoup de monde. Qui est prêt à accorder à Bachar Al-Assad et à sa femme l'asile politique, qui en veut ?

R - Je ne pense pas que ce soit la question principale.

Q - Mais on veut se débarrasser, pour lui il y a...

R - J'esp√®re que s'il d√©gage, pour employer un slogan qui a √©t√© utilis√© pour d'autres, un pays l'accueillera, mais l'essentiel c'est qu'il d√©gage et vite. J'ai trouv√© cela √† la fois au Conseil de s√©curit√© et au-del√†. Par exemple, j'ai entendu le commentaire du nouveau pr√©sident √©gyptien, que j'irai voir d'ailleurs dans quelques jours, qui est extr√™mement dur vis-√†-vis du r√©gime syrien, et je m'en r√©jouis. Il a employ√© la m√™me expression que nous-m√™mes avions employ√©e, ¬ęBachar Al-Assad est l'assassin de son peuple¬Ľ.

Q - Laurent Fabius, √† T√©h√©ran, devant 27 √Čtats non-align√©s, le Guide supr√™me, l'Ayatollah Khamenei a affirm√© que l'Iran ne cherchera jamais √† avoir l'arme atomique. Est-ce que vous le croyez ?

R - Nous discutons avec l'Iran depuis d√©j√† beaucoup de temps. Nous avons une double d√©marche, vous le savez, √† la fois des sanctions et un dialogue. Dans ce dialogue, nous disons : autant l'Iran a parfaitement le droit d'acc√®s au nucl√©aire civil, mais pas au nucl√©aire militaire. Jusqu'√† pr√©sent, je dois √† la v√©rit√© de dire que l'Iran n'a pas boug√© de ses positions. Il faut renforcer les sanctions, et il faut en m√™me temps que l'Iran fasse les gestes. L'Agence internationale de l'√Čnergie atomique va rendre un rapport o√Ļ il appara√ģt que l'Iran poursuit son activit√© d'enrichissement de l'uranium qui ne serait pas n√©cessaire si son objectif √©tait purement civil.

Q - Autrement dit, je reprends ma question, est-ce que quand Khamenei dit...

R - Je ne crois que les faits...

Q - Est-ce que vous croyez qu'il dit la vérité quand il dit que l'Iran ne cherchera jamais à avoir l'arme atomique, ou qu'il ment ?

R - Pour l'instant les faits constatés ne vont pas dans cette direction. Si l'Iran décide de changer sa position, tant mieux, mais pour l'instant nous n'avons absolument pas constaté, sur le terrain, cela.

Q - Donc aucune confiance ?

R - Je pense que nous avons appris à être vigilant à l'égard de tout le monde.

Q - Vous l'avez constat√© vous-m√™me, toute la r√©gion est en effervescence, est-ce qu'il faut craindre pour l'avenir de l'existence de l'√Čtat d'Isra√ęl ?

R - Nous tenons √† la s√©curit√© d'Isra√ęl. Quand nous entendons M. Ahmadinejad dire qu'Isra√ęl est une tumeur canc√©reuse et M. Khamenei pr√©tendre qu'il ne veut pas de nucl√©aire militaire, nous disons que c'est inacceptable. Mais de la m√™me fa√ßon, nous disons qu'il faut reconna√ģtre les droits des Palestiniens √† un √Čtat viable, ce qui malheureusement aujourd'hui n'est pas le cas.

Q - Derni√®re question. La France se dit vigilante sur les atteintes multiformes aux droits de l'Homme et aux droits des femmes. Que dit-elle sur la Libye, sur l'Ukraine, apr√®s la d√©tention arbitraire de Mme Timochenko, et sur la Tunisie o√Ļ la libert√© d'expression et de cr√©ation est en ce moment bafou√©e ?

R - Dans tous les pays, nous plaidons avec force pour le respect des droits des femmes. Nous l'avons fait - vous citez l'Ukraine - avec Mme Timochenko et, de la même manière, avec les Tunisiens, dont nous sommes proches. Nous disons que tout ce qui porte atteinte, dans les faits ou par les textes, aux droits des femmes n'est pas acceptable./.

Retour sommaire


2. Syrie - Conseil de s√©curit√© - R√©union minist√©rielle sur les questions humanitaires - Intervention du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius - New York, 30 ao√Ľt 2012

 

Monsieur le Secrétaire Général,

Monsieur le Haut Commissaire,

Mesdames et Messieurs,

D√©j√† 25.000 morts, 250.000 bless√©s, plus de 250.000 r√©fugi√©s hors de Syrie, plus d'un million Syriens ¬ęd√©plac√©s¬Ľ dans leur propre pays et plus de 3 millions de personnes directement touch√©es, souvent sans nourriture, sans √©lectricit√©, sans m√©dicament et sans eau.

Dans ce pays courageux et magnifique qu'est la Syrie, la situation est chaque jour plus intolérable. Et cela parce que fondamentalement M. Bachar Al-Assad veut envers et contre tout garder le pouvoir par la barbarie de sa répression et dans la sauvagerie des combats. Il s'est livré et il se livre à l'usage indiscriminé d'armes lourdes, d'hélicoptères de combat et d'avions de chasse contre la population et a même menacé d'utiliser ses réserves accumulées d'armes chimiques.

Devant cette situation qui heurte la conscience humaine, la conviction de la France est qu'il faut tout faire, tout tenter pour mettre fin aux violences et, sur le plan humanitaire, soulager les populations civiles.

C'est le sens de notre réunion aujourd'hui.

Beaucoup d'entre nous agissent déjà pour apporter une aide matérielle aux réfugiés, conjointement avec les Nations unies, le HCR, l'Europe et d'autres. Je salue l'action du vice Secrétaire général, M. Eliasson, et du Haut commissaire pour les réfugiés, M. Guterres. Pour sa part, la France agit sur le plan humanitaire, sur le plan politique en apportant notamment son appui à l'opposition, et sur le plan diplomatique au soutien du médiateur M. Brahimi, pour essayer de dépasser les blocages et les divisions qui ont jusqu'ici interdit une action internationale sous mandat du Conseil de sécurité.

T√©moigner et r√©agir : c'est ce que nous faisons. C'est une obligation morale face au d√©cha√ģnement de la violence. C'est un devoir de solidarit√© face aux souffrances des Syriens et des populations qui les accueillent. C'est une exigence de s√©curit√© face aux risques de d√©stabilisation de toute la r√©gion.

Aujourd'hui, en vous réunissant, nous avons voulu mettre chaque pays ici représentés devant ses responsabilités.

Certes, nous sommes à des milliers de kilomètres des villes dont l'opinion publique a commencé à apprendre le nom : Deraya, Alep, Homs, Deraa, Damas, ces villes martyres qui pleurent leurs blessés et leurs morts.

Souffrances et détresse, nous en recevons tous les jours le témoignage. Cette situation humanitaire inacceptable existe en Syrie et dans les pays voisins. C'est la raison pour laquelle j'ai souhaité qu'ils soient présents. Je l'ai constatée personnellement en me rendant en Jordanie, au Liban et en Turquie. Ces pays voisins, ainsi que de l'Irak et le HCR, que je remercie d'être là, ont porté leur témoignage direct. Personne ne pourra dire ensuite qu'il ne savait pas.

Il y a dans ma voix, comme dans la v√ītre, de l'√©motion et de la col√®re. Cette col√®re est partag√©e par beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas qu'on laisse M. Bachar Al-Assad assassiner son peuple et qu'un conseil qui s'appelle le Conseil de s√©curit√© des Nations unies jusqu'ici n'ait pas √©t√© capable d'assurer ni la s√©curit√©, ni l'unit√©.

Dans l'immédiat, que pouvons-nous faire ?

L'urgence est d'abord humanitaire. Les divisions qui traversent notre Conseil ne devraient pas nous empêcher d'agir pour soulager la tragédie humanitaire en Syrie.

Je veux me tourner vers les autorités syriennes ici représentées et leur rappeler leurs obligations qui découlent du droit humanitaire et du droit international.

L'utilisation d'armes lourdes contre son propre peuple constitue un crime, tout comme les exécutions extrajudiciaires, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, la torture et les violences contre le personnel médical. Il apparait que M. Bachar Al-Assad pratique tout cela. Ses crimes ne devront pas rester impunis. Nous sommes nombreux à penser que la Cour pénale internationale devra être saisie afin que les responsables soient jugés.

Je veux rappeler aussi au repr√©sentant de Damas ici pr√©sent que l'acc√®s des acteurs humanitaires √† la population doit √™tre garanti. √Ä ce jour, en raison de l'ins√©curit√© grandissante, mais aussi du fait des restrictions de la part des autorit√©s actuelles, les acteurs humanitaires n'ont toujours pas libre acc√®s aux zones o√Ļ les populations civiles sont en d√©tresse. Ces organisations ont m√™me √©t√© contraintes pour certaines d'entre elles de r√©duire leurs effectifs. J'appelle le repr√©sentant de Damas √† respecter l'accord conclu le 28 mai avec les Nations unies pour la mise en oeuvre de l'assistance humanitaire. Les ONG locales et internationales - dont je salue l'action -, le mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge et les agences humanitaires des Nations unies, doivent pouvoir acc√©der librement √† toutes les populations. J'appelle √©galement le repr√©sentant de Damas √† mettre en oeuvre les ¬ępauses humanitaires¬Ľ qui sont demand√©es depuis des mois par le CICR, afin de permettre aux acteurs humanitaires d'√©vacuer les bless√©s et de les soigner, et √† garantir la s√©curit√© du personnel m√©dical afin de lui permettre d'acc√©der √† tous les bless√©s, plut√īt que de l'arr√™ter ou m√™me de le tuer.

Je rencontrai, en d√©but de semaine, une organisation internationale de m√©decins syriens qui soignent clandestinement, avec un grand courage, la population sur place. Ces m√©decins ont d√©j√† perdu pr√®s d'une centaine des leurs et ils rapportent que 700 d'entre eux ont √©t√© arr√™t√©s sans qu'ils en aient aujourd'hui de nouvelles. Ils soignent et op√®rent des enfants, des femmes, des innocents dont le sang coule parce que le pouvoir les attaque. Et savez-vous quel motif ce m√™me pouvoir invoque lorsqu'il vient les arr√™ter ? ¬ęNous vous arr√™tons parce que vous avez sur les mains du sang¬Ľ ; oui, le sang des bless√©s que ces m√™mes m√©decins essayent de sauver.

Face √† la situation des r√©fugi√©s, l'aide ext√©rieure s'organise et notre r√©union d'aujourd'hui a pour objectif d'intensifier cette organisation et cette mobilisation. La communaut√© internationale doit appuyer les pays h√ītes qui font un √©norme effort et les acteurs humanitaires, agences des Nations unies, ONG locales et internationales, mouvement de la Croix Rouge et du Croissant Rouge dans la t√Ęche si difficile qui est la leur.

Il est clair que les pays voisins ne peuvent pas assurer seuls le fardeau de la présence sur leur sol des réfugiés syriens. La Turquie fait face avec solidarité à un afflux important. La Jordanie vient de lancer un appel avec les agences locales des Nations unies pour obtenir de l'aide internationale. Un risque de déstabilisation politique et sécuritaire existe face à l'afflux de réfugiés. Au Liban, les besoins sont immenses, les ferments de discorde existent : le Liban doit être protégé des risques de contagion de la crise syrienne. En Irak, la situation est difficile.

La France, comme plusieurs d'entre vous, est mobilis√©e aux c√īt√©s du peuple syrien et des √Čtats de la r√©gion. Outre notre appui aux ONG, au CICR ou aux agences des Nations unies comme le HCR, nous avons d√©ploy√© en particulier un groupement m√©dico-chirurgical sp√©cial dans le camp de Za'tari en Jordanie. Nos m√©decins et chirurgiens viennent en assistance aux victimes des combats et aux r√©fugi√©s qui fuient les zones de conflit.

Mais il faut davantage de moyens financiers. En France, nous avons dégagé un premier montant d'un peu plus de 3,6 millions d'euros pour l'aide humanitaire en Syrie et auprès des réfugiés. En raison de la situation qui ne cesse de se dégrader, j'annonce que nous avons décidé d'augmenter notre appui financier de 5 millions d'euros. Nous avons également obtenu de l'Union Européenne qu'elle accroisse considérablement son aide humanitaire, ce qui portera l'ensemble de son effort à plus de 100 millions d'euros pour financer la réponse à la crise syrienne, et la France en acquitte naturellement sa part, au total plus de 20 millions d'euros.

3) La situation des réfugiés si difficile dans les pays voisins, grave, ne doit évidemment pas faire oublier le sort dramatique de beaucoup de Syriens dans leur propre pays. Je pense en particulier à plus de 1,2 million de personnes à la fois déplacées qui ont trouvé refuge, dans des conditions précaires, souvent insupportables, dans les zones libérées par l'armée syrienne libre ou qui sont directement touchées.

La Turquie a √©voqu√© la mise en place de ¬ęzones tampons¬Ľ qui doivent √™tre √©tudi√©es.

Pour les déplacés nous avons décidé, pour notre part, d'intensifier notre soutien aux réseaux de solidarité locaux qui oeuvrent sur le terrain et préparent la Syrie de demain. Avec courage nous constatons que les citoyens d'un nombre croissant de villages, de villes et de régions se sont libérés du joug du régime Assad et ont commencé à s'organiser. Les besoins dans ces zones libérées sont considérables : nourriture, collecte des déchets, accès à l'éducation, aux soins... Il est du devoir de la communauté internationale de leur venir en aide. Le président français, M. François Hollande, a annoncé cette semaine notre décision d'aider directement les comités de résistance qui organisent les zones libérées et de mettre en place une aide spécifique pour leurs populations.

Mais nous ne pouvons pas, bien s√Ľr, en rester √† une approche uniquement humanitaire car humanitaire et politique sont li√©s, il faut une action sp√©cifiquement humanitaire. Sur le plan politique, une transition doit √™tre rapidement amorc√©e.

Pour y parvenir, la France encourage l'opposition syrienne √† constituer un gouvernement transitoire, qui sera le repr√©sentant l√©gitime de la Syrie. Ce gouvernement transitoire qu'il ne nous appartient pas de d√©signer devra √™tre repr√©sentatif, c'est √† dire ouvert tr√®s largement, et garantir les droits de toutes les communaut√©s. Nous avons ajout√© que nous reconna√ģtrions ce gouvernement d√®s lors qu'il aura √©t√© ainsi form√©. Je veux le dire √† ceux qui entretiennent des relations particuli√®rement √©troites avec le r√©gime de M. Bachar Al-Assad : ce r√©gime tombera. Mais plus est encourag√© le pourrissement du conflit, plus l'issue est retard√©e, plus longue est la transition, et plus grand sera le risque de d√©stabiliser toute la r√©gion √† travers un conflit qui a cess√© d'√™tre local pour devenir r√©gional, et m√™me international.

Aux soutiens du régime, je dis que s'ils continuent, ils perdront probablement sur tous les tableaux. M. Bachar Al-Assad tombera et alors ceux-là seront coupables, aux yeux des Syriens de demain, du monde arabe et de toute l'opinion, d'avoir été finalement les complices d'un long crime. Ils devraient au contraire tout faire pour répondre au drame humanitaire, mettre fin aux violences et engager avec nous rapidement une transition politique.

Mesdames et Messieurs,

La France a souhaité cette réunion ministérielle, comme je vous l'ai dit, pour aider à la solution des problèmes humanitaires, pour mettre chacun devant ses responsabilités et pour adresser au peuple syrien qui souffre, de la part de ses amis, un message de soutien et de solidarité. J'espère que ces messages seront entendus. Nous savons que notre Conseil est divisé mais malgré les divisions de ce Conseil, il n'y a pas d'autre voie que le respect de la légalité internationale. La France reste fidèle à son engagement en ce sens et affirme que l'ONU et le Conseil de sécurité doivent contribuer au règlement de la crise syrienne. C'est nécessaire aujourd'hui et ce sera nécessaire demain quand il faudra reconstruire la Syrie - une Syrie libre, pacifique et démocratique pour laquelle une majorité de Syriens se battent aujourd'hui avec tant de courage. Nous devons à ces combattants d'être à la hauteur de ce courage./.

Retour sommaire


3. Syrie - Conf√©rence de presse conjointe du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, et du ministre britannique des Affaires √©trang√®res, M. William Hague - Propos de M. Fabius - New York, 30 ao√Ľt 2012

 

Je suis heureux d'√™tre ici avec mon ami et coll√®gue William Hague. La France, qui pr√©side en ce moment le Conseil de s√©curit√© des Nations unies, a d√©cid√© de r√©unir cet apr√®s-midi le Conseil pour traiter essentiellement des questions humanitaires qui concernent la Syrie. √Čvidemment, il est tr√®s difficile d'isoler les questions humanitaires d'une approche politique plus large et ces questions seront abord√©es. En liaison avec ses amis britanniques et d'autres partenaires, la France a pens√© que la situation en Syrie et dans les pays voisins √©tait suffisamment grave et - en d√©pit de l'impossibilit√© d'obtenir une r√©solution √† cause des vetos de la Russie et de la Chine - il √©tait imp√©ratif de soulever ces questions. Ce sont les raisons pour lesquelles nous les aborderons cet apr√®s-midi.

M. William Hague reviendra sans doute sur la gravit√© de la situation syrienne. 25.000 morts d√©j√†, 250.000 bless√©s, plus de 300.000 r√©fugi√©s et plus d'un million de personnes d√©plac√©es, c'est une situation intol√©rable et inacceptable qui pose du point de vue humanitaire beaucoup de questions, que ce soit en Syrie car le droit humanitaire n'est absolument pas respect√© - nous le dirons clairement cet apr√®s-midi et le repr√©sentant du clan Assad sera l√† - o√Ļ dans les pays voisins qui doivent accueillir les r√©fugi√©s. Nous avons invit√© - ils sont l√† et je les en remercie - les ministres des gouvernements qui sont les plus concern√©s par cet accueil : nos coll√®gues turc, libanais, jordanien et irakien.

Nous allons donc aborder toutes ces questions avec bien s√Ľr une attention particuli√®re au volet politique. Sur ces questions, la Grande-Bretagne et la France constatent qu'elles ont des positions convergentes, voire m√™mes absolument analogues. C'est la raison pour laquelle nous avons souhait√©, William Hague et moi-m√™me, tenir cette conf√©rence de presse.

Dans le même temps, nous avons pris ensemble un certain nombre de décisions. D'une part, nous augmentons la contribution de la Grande-Bretagne et de la France pour l'aide humanitaire. D'autre part, nous prenons l'initiative conjointe d'organiser rapidement au niveau des Nations unies, une réunion avec nos collègues qui s'occupent du développement, sur le financement des agences des Nations unies, Nous sommes d'accord l'un et l'autre pour réaffirmer que Bachar Al-Assad et son clan devront répondre de leurs crimes devant la Cour pénale internationale et devant les juridictions syriennes. Nous lançons un nouvel appel à la défection des responsables syriens qui doivent se séparer le plus vite possible de ce clan criminel.

Et puis nous pr√©parons ensemble et avec d'autres partenaires, ce que nous appelons en bon fran√ßais ¬ęthe day after¬Ľ, l'apr√®s Assad. Il est √©vident qu'il faut coordonner notre soutien au peuple syrien dans la transition politique et pr√©parer avec celui-ci les mesures imm√©diates pour les besoins les plus urgents.

Pour résumer voici les objectifs de la réunion de cet après-midi : témoigner des atrocités commises en Syrie et mettre chacun devant ses responsabilités, réitérer notre solidarité au peuple syrien et augmenter notre aide, manifester notre solidarité avec les pays voisins de la Syrie qui accueillent les réfugiés par milliers, rappeler qu'il n'y aura pas d'impunité, encourager les responsables syriens à faire défection, aider l'opposition syrienne à se fédérer, créer une transition et préparer l'avenir, c'est-à-dire l'après Assad.

Q - Nous avons une catastrophe humanitaire qui se déroule actuellement en Syrie, vous vous en êtes rendus compte un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais. Comment serez-vous à même de parler avec vos collègues au Conseil de sécurité, notamment avec la Russie et la Chine, pour surmonter les différences, pour trouver un terrain d'entente, pour sauver les civils syriens de la tragédie en cours, est-ce que vous pouvez le faire, est-ce que vous le ferez ?

R - S'agissant de la France, le message est clair et s'adresse au peuple syrien : Assad va tomber mais nous ne vous laisserons pas tomber. Le Conseil de s√©curit√© a √©t√© bloqu√© trois fois de suite √† cause du veto de certaines puissances. Ce n'est pas parce qu'il a √©t√© bloqu√© qu'il faut lui refuser tout r√īle. C'est le Conseil de s√©curit√© des Nations unies et pourtant il n'a assur√© ni la s√©curit√© ni l'unit√©. Avec William Hague, comme d'autres coll√®gues, nous pensons que la l√©galit√© internationale est importante, et que le syst√®me des Nations unies est important. Et ce n'est pas parce qu'il y a eu, et il existe encore, un blocage sur une r√©solution politique qu'on ne doit pas avancer sur une r√©solution humanitaire. C'est pourquoi j'ai d√©cid√©, au nom de la France, de convoquer ce Conseil qui va essayer d'avancer autant qu'il pourra.

J'ai eu hier au t√©l√©phone Serge√Į Lavrov, le ministre des Affaires √©trang√®res de Russie, qui me demandait de l'excuser de ne pas pouvoir √™tre l√†. Nous avons discut√© du fond, nous allons rediscuter la semaine prochaine. Nous sommes en liaison avec la Chine. Mais nous sommes d'abord en liaison avec nos partenaires qui pensent la m√™me chose que nous, avec la r√©sistance syrienne et avec les pays voisins. Et puis nous sommes en contact avec le nouveau m√©diateur, M. Brahimi, que nous allons voir dans quelques instants et que j'ai invit√© pour qu'il puisse s'entretenir avec un certain nombre de ministres.

C'est un travail difficile, il ne faut pas le dissimuler, mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir. Il faut que le peuple syrien, qui veut la paix, sache qu'il y a des nations - une majorit√© de nations - qui sont √† ses c√īt√©s. Voil√† le sens de cette r√©union.

Q - Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction entre le fait de vouloir conserver la crise syrienne √† l'ONU, comme vous le faites aujourd'hui, et les d√©clarations du pr√©sident Hollande qui se dit pr√™t √† reconna√ģtre unilat√©ralement un gouvernement de l'opposition syrienne ? Enfin, comment expliquez-vous l'absence d'Hillary Clinton √† cette conf√©rence d'aujourd'hui ?

R - Sur la première de vos questions : non, il n'y a pas de contradiction. La France est respectueuse de la légalité internationale. Le fait que, malgré les difficultés, nous ayons convoqué cette réunion ministérielle du Conseil de sécurité s'inscrit dans notre respect de cette légalité internationale.

Dans le m√™me temps il faut faire bouger les choses. L'un des moyens, c'est une √©vidence, c'est qu'il faut aider √† f√©d√©rer l'opposition. Cela ne d√©pend pas de nous, c'est aux Syriens de le faire. Ce n'est pas facile, puisqu'il y a des habitudes s√©par√©es et il peut y avoir telle ou telle contradiction. Mais il est √©vident que le clan - je ne parle pas de r√©gime, je parle de clan - de Bachar Al-Assad joue sur cette situation pour le moment. Dans son attitude criminelle il dit, - c'est un euph√©misme, - : ¬ęil y a des probl√®mes, mais quelle serait l'alternative ?¬Ľ √Čvidemment une opposition largement unie doit √™tre cette alternative.

C'est pour cela que, par différents canaux, aussi bien au Conseil de sécurité qu'ailleurs, la France et d'autres pays dont la Grande-Bretagne essaient de favoriser ce regroupement. Nous souhaitons qu'il soit le plus rapide possible car cela changerait la donne.

Ce qu'apporte en plus la France, ce sont deux choses. D'abord nous demandons que cette force alternative soit tr√®s large, c'est-√†-dire, dans un fran√ßais traduit de l'anglais, ¬ęinclusive¬Ľ. Qu'elle garantisse le respect des diff√©rentes communaut√©s. Il faut que les diff√©rentes communaut√©s qui sont en Syrie, aussi bien les chiites, les sunnites, les alaouites, les chr√©tiens et les autres, sachent qu'avec le nouveau r√©gime, elles seront prot√©g√©s.

Ensuite, nous disons en plus - ça c'est une proposition de la France - que dès lors que cette large représentativité aura été obtenue, que les garanties auront été données et que cette unité aura été réalisée, il faudra que les puissances reconnaissent cette nouvelle entité. Et la France le fera.

Quant √† la repr√©sentation minist√©rielle, nous avons huit ou neuf ministres qui sont ici pr√©sents. Hillary Clinton s'est excus√©e aupr√®s de moi. Ce sera la repr√©sentante permanente des √Čtats-Unis, qui d'ailleurs a rang de ministre, qui sera l√†. Le fait que nous ayons, malgr√© des difficult√©s, plusieurs ministres qui soient l√†, ministres de membres permanents ou non du Conseil de s√©curit√© ainsi que des pays voisins, montre l'importance de cette r√©union.

Q - Revenons à l'humanitaire. On a parlé des zones tampons dont voudrait la Turquie. Est- ce réaliste ou irréaliste, comme le dit Bachar Al-Assad ?

R - La Turquie a abordé cette question et nous le ferons avec notre collègue Ahmet Davutoglu que nous avons invité et qui est présent. Il y a un problème sérieux qui se pose en Turquie comme dans d'autres pays adjacents, car il y a de plus en plus de réfugiés. Les pays concernés sont la Turquie, la Jordanie, l'Irak et le Liban - dans ce dernier pays il faut éviter une contagion entre la situation syrienne et la situation libanaise. Cette notion de zone tampon a été évoquée par notre collègue turc. Nous en discutions avec William Hague à notre conférence, tout est sur la table. Il faut examiner les différents éléments, il ne faut pas dire tout de suite oui ou tout de suite non. Simplement, il faut aussi regarder les réalités, nous allons en discuter.

D'abord, le principe qui est le n√ītre c'est d'agir sur la base de la l√©galit√© internationale. Ensuite, il y a un probl√®me de localisation g√©ographique. En tout √©tat de cause, ceci n'est pas exclusif mais c'est un point sur lequel je veux mettre l'accent, nous pensons qu'il faut √™tre particuli√®rement attentifs aux zones d√©j√† lib√©r√©es ou qui sont en train de se lib√©rer. Il y a en Syrie des zones qui sont d√©j√† lib√©r√©es et qui sont contr√īl√©es par les forces de la r√©sistance.

Nous souhaitons apporter notre aide - mat√©rielle et administrative, aide de toute sorte, √† ces zones d√©j√† lib√©r√©es. Et les soutiens financiers suppl√©mentaires, qu'annonce la France aujourd'hui, de cinq millions d'euros par rapport √† la vingtaine de millions d'euros que nous avions d√©j√† envisag√©e, iront pour une part √† ces zones lib√©r√©es, toujours dans l'esprit qui est le n√ītre de pr√©parer le ¬ęday after¬Ľ. En effet, les responsables de ces zones joueront un r√īle important dans le futur.

Q - Qu'allez-vous dire aux r√©fugi√©s syriens √† la fronti√®re qui souffrent et pour lesquels vous avez convoqu√© cette r√©union tr√®s importante du Conseil de s√©curit√©, lorsqu'ils vont vous dire ¬ęnous comprenons qu'il vous faut une r√©solution du Conseil de s√©curit√© pour avoir des zones s√Ľres, pour avoir des couloirs, des zones d'exclusion a√©riennes¬Ľ. Dans le cas du Kosovo, vous ne l'avez pas fait. Pourquoi est-ce que le Kosovo le m√©riterait davantage, alors que la situation est beaucoup plus tragique en Syrie qu'au Kosovo ? Qu'allez-vous dire aux Syriens qui se tournent vers vous pour l'assistance ?

R - C'est une question qui ne se pose pas au conditionnel, mais qui se pose au pr√©sent, car j'√©tais dans les camps il y a un peu plus de deux semaines. Et j'ai vu les personnes dont vous parlez. Ils m'ont parl√© avec une force et une √©motion consid√©rables que je vais essayer de retraduire. Beaucoup de m√®res avec de tout petits enfants qui n'ont pas de lait, de couches, de m√©dicaments, disaient : ¬ęon en a assez des discussions juridiques¬Ľ. Et ils sont m√™me plus direct : ¬ęenvoyez des avions !¬Ľ. J'ai vu cela en Jordanie dans le d√©sert avec la temp√™te de sable qui n'est pas loin. J'ai vu cela d'une autre fa√ßon en Turquie dans des conditions diff√©rentes, parce que les moyens de la Turquie sont plus importants que les moyens de la Jordanie. Le probl√®me existe aussi en Irak et √©galement tr√®s fortement au Liban.

C'est une des raisons pour lesquelles j'ai demandé aux gouvernements des pays voisins d'être présents cet après-midi. Il y aura aussi le représentant de M. Al-Assad, on verra ce qu'il a à nous dire. Mais ce n'est pas cela l'important, parce que notre jugement est fixé sur le clan Assad : c'est un clan criminel. Et les criminels doivent être jugés et punis.

Ces gens qui n'y sont pour rien du tout, qui ont √©t√© d√©chauss√©s, se tournent vers nous et disent ¬ęaidez-nous¬Ľ. C'est vrai que nous croyons √† la l√©galit√© internationale. Nous apportons toute sorte d'aide. Mais dans le m√™me temps, comme l'a formul√© William Hague, nous sommes √† la fois respectueux de la l√©galit√© internationale et nous n'excluons aucune solution car nous ne savons pas comment le conflit va se d√©velopper. Si M. Bachar Al-Assad tombe vite - ce que nous souhaitons -, la reconstruction aura lieu. Mais imaginez que par malheur cette situation se prolonge. Alors il faudra examiner la diversit√© des solutions. Nous ne sommes pas venus en disant ¬ęce sera toujours comme √ßa et jamais comme √ßa¬Ľ ; nous sommes des gens r√©alistes.

Mais croyez-moi, j'ai dans la mémoire non seulement votre question mais ce que j'ai entendu, ce dont je me souviendrai toute ma vie./.

Retour sommaire


4. Syrie - Conseil de s√©curit√© - Point de presse du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius - New York, 30 ao√Ľt 2012

 

Je viens de présider la séance du Conseil de sécurité consacrée aux questions humanitaires en Syrie.

Quel était le sens de cette réunion ? Non pas d'adopter une résolution, - nous savons que dans l'état actuel ce n'est pas possible -, mais porter témoignage et réagir. Le témoignage a été porté en particulier par le Haut Commissaire pour les Réfugiés, par le vice-Secrétaire général des Nations unies et par les pays voisins de la Syrie. Ces témoignages sont accablants.

Ce témoignage n'a été contesté par personne : déjà 25.000 morts, 250.000 blessés, plus de 250.000 réfugiés, plus d'un million de personnes déplacées en Syrie, près de trois millions de personnes directement touchées par la crise. C'est une catastrophe humanitaire. Face à cette situation, telle qu'elle a été exposée au Conseil de sécurité, personne désormais ne pourra dire qu'il ne savait pas. Il ne s'agit pas seulement de porter témoignage, il s'agit de réagir.

Il y a deux points sur lesquels tous les collègues que j'ai entendus et probablement presque tous à l'exception d'un ou deux autres seront d'accord.

Tout d'abord, il faut absolument augmenter nos moyens pour faire face √† cette catastrophe humanitaire, que ce soit en Syrie ou dans les pays qui accueillent les r√©fugi√©s. C'est une question notamment financi√®re. Les sommes qui auraient d√Ľ √™tre allou√©es √† cette t√Ęche ne l'ont pas encore √©t√©. Il faut donc augmenter l'effort et des orientations ont √©t√© prises en ce sens. La France pour sa part, je l'ai annonc√©, a d√©cid√© d'augmenter de 5 millions d'euros son aide, portant au total son aide √† environ 20 millions d'euros. La Grande-Bretagne a annonc√© qu'elle faisait un m√™me effort, les √Čtats-Unis ont plaid√© en ce sens et d'autres encore. Nous avons donc besoin de financements et les Nations unies prendront des initiatives en ce sens.

Deuxi√®me point sur lequel chacun est d'accord et sur lequel j'ai interpell√© personnellement le repr√©sentant syrien : il faut que les r√®gles humanitaires et de droit international soient respect√©es par les diff√©rentes parties, bien s√Ľr, mais d'abord en premier chef par le clan de M. Bachar Al-Assad ; elles ne le sont pas. J'ai donn√© l'exemple de ces m√©decins : plusieurs dizaines de tu√©s, plusieurs centaines arr√™t√©es et dont on n'a pas de nouvelles. Ils ont √©t√© arr√™t√©s - c'est une ironie dramatique - parce que, selon le r√©gime, ¬ęils avaient du sang sur les mains¬Ľ, le sang des personnes bless√©es par le r√©gime et qu'ils essayaient de sauver.

Financements suppl√©mentaires, respect du droit humanitaire, d'autres √©l√©ments sont apparus aux yeux de beaucoup. D'abord, il faudra que les coupables de ces crimes soient tenus pour responsables, jug√©s et condamn√©s. Ensuite, d'autres √©l√©ments ont √©t√© propos√©s. Le repr√©sentant de la Turquie, en particulier, a abord√© une question tr√®s difficile : comment faire en sorte, si les r√©fugi√©s se multiplient, qu'ils soient accueillis dans des conditions correctes ou qu'on essaye de les maintenir en Syrie ? Les avis peuvent encore √™tre analys√©s et diverger. La notion de ¬ęzone tampon¬Ľ a √©t√© abord√©e. Beaucoup ont soulign√© que cela posait un certain nombre de questions. Pour sa part, la France insiste sur l'aide aux zones lib√©r√©es.

Mais il y a un autre aspect qui est évident. Autant il faut agir - et beaucoup plus fortement que dans le passé - sur le plan humanitaire, autant la cause de tout cela est politique. Et là, évidemment, nous avons senti l'opposition qui existe au sein du Conseil de sécurité - et qui n'a pas encore été résolue - entre l'immense majorité de ceux qui se sont exprimés, qui veulent la chute de M. Bachar Al-Assad, la préparation d'un autre régime et qui ont proposé des dispositions en ce sens, et d'autres qui sont ceux qui jusqu'à présent ont empêché l'adoption d'une position unanime du Conseil de sécurité. Mais tous ont reconnu l'espoir, même si c'est difficile, placé dans la mission de M. Brahimi sur le plan politique, sur le plan diplomatique, étant observé que les questions humanitaires doivent être traitées en tant que telles, mais qu'une plus grande catastrophe ne sera évitée que si une solution politique est donnée à ce très grave conflit.

Tous ceux qui se sont exprimés ont remercié la France de cette initiative, en particulier les pays les plus directement concernés : je pense à la Turquie, au Liban, à la Jordanie, à l'Irak. Je n'ai pas écouté la réponse du représentant syrien mais je n'ai pas besoin de faire preuve de beaucoup d'imagination en pensant que lui n'était pas heureux de cette réunion, ce qui est un élément supplémentaire pour en justifier le bien-fondé.

Q - M. François Hollande a dit que l'usage d'armes chimiques par le régime syrien serait une cause légitime d'intervention de la communauté internationale en Syrie. Pouvez-vous préciser quelle est cette communauté internationale ? Est-ce l'ONU, l'Otan, l'armée française ?

R - Les armes chimiques sont d'une nature particulière et d'une dangerosité encore plus grande que les autres. Elles font l'objet d'un régime international particulier. C'est la raison pour laquelle lorsque le clan de M. Bachar Al-Assad a reconnu qu'il en possédait et s'est exprimé dans des conditions assez obscures d'ailleurs sur leur éventuelle utilisation, il y a eu plusieurs réactions internationales immédiates de pays dont la France fait partie. Le président Obama abordant ce sujet a dit en substance que s'il était fait recourt à ces armes cela changerait sa perception de la crise. D'autres leaders l'ont fait également.

En ce qui concerne la France, nous jugeons totalement inacceptable qu'il puisse être envisagé l'utilisation de ce type d'armes. Nous suivons au jour le jour ce qui se passe sur le terrain, puisqu'il y a les problèmes de localisation d'éventuels déplacements. Nous nous concertons avec nos partenaires pour être certains d'empêcher toute utilisation de ces armes. Si la tentation d'utiliser ces armes venait soit au régime actuel, soit à tel ou tel, la réaction serait immédiate et fulgurante.

Q - Vous avez rencontré M. Brahimi. Quelle est votre compréhension de son mandat à présent ? Pensez-vous qu'il ait un espoir pour une solution diplomatique ou politique à la crise syrienne ?

R - M. Brahimi, qui est un diplomate exp√©riment√©, a dit lui-m√™me que sa t√Ęche √©tait extr√™mement difficile. Lorsque nous l'avons rencontr√© et qu'il lui a √©t√© demand√© quel est son plan, il a r√©pondu : ¬ęcomme je suis tr√®s r√©aliste, je n'ai pas de plan et je vais avancer pas √† pas¬Ľ. Sa t√Ęche est effectivement tr√®s difficile puisque M. Kofi Annan n'a pas r√©ussi √† la mener √† bien. Il part sans id√©e pr√©con√ßue. Il poss√®de un grand atout, c'est qu'il a manifestement la confiance de l'ensemble du Conseil de s√©curit√©. C'est un des points qui a √©t√© soulign√© lors de la r√©union minist√©rielle./.

Retour sommaire


5. Syrie - Entretien du ministre des Affaires √©trang√®res, M. Laurent Fabius, avec ¬ęBFMTV¬Ľ, ¬ęEurope 1¬Ľ, ¬ęRFI¬Ľ, ¬ęFrance Info¬Ľ, ¬ęRTL¬Ľ et ¬ęFranceONU TV¬Ľ - New York, 30 ao√Ľt 2012

 

Q - Sans déclaration ni résolution du Conseil de sécurité, est-ce que vous avez le sentiment d'avoir fait le voyage pour rien ?

R - Pas du tout. Je pense qu'il est très important de mettre l'accent sur le drame humanitaire qui est en train de se produire là-bas. Vous avez 25.000 morts, 250.000 blessés et plus de 250.000 personnes qui sont réfugiés en Jordanie, en Turquie, au Liban, en Irak, ce qui pose d'énormes problèmes. Jusqu'à présent cette question n'était pas prise en compte et désormais elle l'est. Les pays qui étaient invités au Conseil de sécurité ont tous remercié la France d'avoir abordé ce sujet.

Cela demande évidemment beaucoup plus d'argent que les sommes engagées aujourd'hui. La France, le Royaume-Uni et d'autres vont apporter un financement supplémentaire. Cela demande aussi qu'on respecte le droit humanitaire, le droit international et enfin - et c'est le point sur lequel nous sommes malheureusement bloqués - qu'il y ait un changement politique. Mais porter témoignage des graves questions humanitaires qui se posent et tenter d'y apporter des solutions, je pense que c'est utile.

Q - Vous allez apporter 5 millions d'euros suppl√©mentaires pour les r√©fugi√©s syriens. Les Syriens vous demanderont peut-√™tre ¬ęPourquoi pas des armes ?¬Ľ

R - Ce n'est pas la même chose. Il faut apporter des fonds pour les personnes qui n'ont ni médicament, ni eau, ni électricité, ni pain. C'est une situation épouvantable. Je suis allé récemment en Turquie et en Jordanie. Dans ce dernier pays, vous avez des dizaines de milliers de personnes qui sont dans le désert. Des petits enfants qui n'ont pas de lait et des femmes qui sont complètement démunies. Donc, il faut des moyens financiers. C'est bien que la France apporte au total 20 millions d'euros. Les Britanniques, les Allemands et l'Europe le font aussi. Mais il faut aller plus loin. Il faut aussi que le droit humanitaire soit respecté. Ce n'est pas le cas parce que Bachar Al-Assad se comporte comme un sauvage dans ce domaine comme dans d'autres. Mais dans le même temps, il y a des problèmes politiques à régler et eux sont beaucoup plus difficiles.

Pour ne pas ajouter de la guerre à la guerre nous avons décidé - nous c'est-à-dire l'ensemble des Européens - un embargo sur les armes. Nous n'allons pas violer notre propre parole. Nous apportons, et cela n'est pas secret, des moyens non létaux, c'est-à-dire des moyens de communication cryptés et des jumelles de vision nocturne. D'autres, ne soyons pas hypocrites, fournissent des armes. On a parlé d'un certain nombre de pays de la Ligue arabe et en face ce sont les Russes qui apportent des armes.

Mais ce qui est indispensable c'est de trouver une solution politique. C'est l√† o√Ļ la France est en avance par rapport √† beaucoup d'autres. En particulier l'id√©e, qui a √©t√© lanc√©e par le pr√©sident de la R√©publique, qu'il faut d√®s maintenant pr√©parer le jour d'apr√®s. Ce qui se passera apr√®s la chute de Bachar Al-Assad. D'o√Ļ l'id√©e que se cr√©e un gouvernement transitoire tr√®s large pour garantir √† toutes les communaut√©s le respect de leurs droits. Nous travaillons √† cela avec tout le monde et je crois que la France est l'un des pays qui jouit de la plus grande confiance des uns et des autres. Lorsqu'on parle humanitaire, j'ai √©t√© sensible √† ce que tous les pays qui se sont exprim√©s au Conseil de s√©curit√© aient remerci√© particuli√®rement la France d'avoir mis l'accent sur cette question. Car derri√®re un probl√®me qui a l'air th√©orique, il y a des centaines de milliers d'enfants, de m√®res, de civils et de m√©decins qui sont concern√©s.

Q - Beaucoup appellent à des zones tampons ou des zones d'exclusion aérienne etc. Cela n'a pas du tout été évoqué cet après midi.

R - Vous avez constaté cela aussi. L'idée au départ vient de mon collègue turc, parce que c'est vrai la Turquie a un grave problème. Vous avez maintenant près de 100.000 Syriens qui ont fui en Turquie et cela pose des difficultés matérielles considérables. Bachar Al-Assad chasse la partie de son peuple qui est contre lui. Nous n'excluons aucune solution, nous sommes des gens très pragmatiques.

Simplement, comme nous sommes des gens responsables, nous regardons quelles sont les raisons pour s'opposer √† cette demande. Il y en a au moins deux qui entra√ģnent de r√©els probl√®mes. Tout d'abord, il faut une base juridique pour cr√©er ce qu'on appelle une zone tampon. Puis, si nous voulons prot√©ger les populations qui seraient dans cette zone, il faut des moyens militaires tr√®s importants. Parce que ce n'est pas la m√™me chose qu'en Libye : Bachar Al-Assad dispose de beaucoup plus d'armes et en particulier d'avions. Donc c'est quelque chose qu'un pays ne peut pas faire tout seul. Il faut des moyens consid√©rables et nous examinons la question. Nous pensons √† une piste int√©ressante : il y a beaucoup de zones qui ont √©t√© lib√©r√©es, parce que des r√©sistants ont pris le contr√īle de ces zones. Ils y ont pris le contr√īle administratif et politique, donc il faut les aider √† s'organiser et cela permettrait, peut-√™tre, √† des populations de s'installer dans ces zones lib√©r√©es.

En tous cas, toutes les options sont sur la table. Nous n'écartons aucune solution, nous étudions tout cela avec nos partenaires américain, britannique, allemand, italien, mais aussi jordanien, turc et autres.

Q - Pour des zones tampons il faut une exclusion aérienne, donc une résolution ?

R - En effet, il y a d'abord le problème de la nécessité d'une base juridique, d'une résolution des Nations unies. Aujourd'hui, nous constatons malheureusement que la Chine et la Russie bloquent toute résolution. Ensuite, il faut des moyens militaires considérables, puisque nous avons en face de nous, pour le moment, Bachar Al-Assad qui utilise des armes puissantes, des avions, et qui dispose de batteries anti-aériennes et de missiles. Encore une fois nous n'écartons aucune solution parce qu'on ne peut pas savoir comment les choses vont évoluer. Mais nous devons aborder cela de manière très responsable.

Q - Vous avez parlé de votre émotion et de votre colère. Qu'est-ce que vous avez ressenti personnellement dans cette salle du Conseil de sécurité qui ne sert à rien ?

R - J'ai ressenti beaucoup d'√©motions et de col√®re en me r√©f√©rant √† ce que j'avais v√©cu il y a quelques semaines. J'√©tais dans les camps en Jordanie et en Turquie et je me suis rendu au Liban. Et l√† j'ai vu beaucoup de m√®res, en particulier avec des tout petits b√©b√©s, des hommes aussi qui avaient quitt√© leur foyer, et qui disaient ¬ęc'est tr√®s bien la France, les droits de l'Homme, mais on veut des armes, on veut que vous nous aidiez, on ne veut pas de la discussion¬Ľ. Je ne suis pas insensible, c'est √©vident, et √† leur place, je dirais la m√™me chose.

Et après, je me retrouve président du Conseil de sécurité pour quelque temps, et avec des représentants de différents pays : les uns étant sur la même position que nous, une position ouverte, généreuse et les autres sur une position raide et disant non. Et c'est cette émotion-là qui évidemment passe ainsi que cette colère, parce que je pense à la colère d'une certaine partie de la population.

Q - Qu'allez-vous faire maintenant, vous allez aller en √Čgypte ?

R - Oui, je vais aller voir le pr√©sident Morsi et mon coll√®gue des Affaires √©trang√®res. Je verrai aussi le Secr√©taire g√©n√©ral de la Ligue arabe √† la mi-septembre. Le r√īle de l'√Čgypte dans la phase qui s'ouvre est un r√īle probablement nouveau, et vous avez vu, dans l'affaire syrienne, la d√©claration importante du pr√©sident Morsi disant ¬ęOn ne doit pas parler de r√©forme en Syrie. Il faut que Bachar Al-Assad s'en aille¬Ľ, et d'ajouter : ¬ęIl est l'assassin de son peuple¬Ľ. C'est exactement l'expression que j'avais utilis√©e./.

Retour sommaire


6. XXe Conf√©rence des ambassadeurs - R√©ception √† la Chambre de commerce et d'industrie de Paris - Intervention de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui - Paris, 30 ao√Ľt 2012

 

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Je vous remercie, au nom du ministre des Affaires étrangères, d'avoir pris l'initiative de nous accueillir dans cette belle et prestigieuse institution qu'est la Chambre de commerce et d'industrie de Paris et d'avoir organisé cette rencontre. Rencontre qui s'inscrit sous le signe de l'amitié et de l'échange.

La Chambre de commerce et d'industrie de Paris - la ¬ęCCIP¬Ľ - est un partenaire ancien et bien connu du minist√®re des Affaires √©trang√®res, d'abord bien sur de par son activit√© importante d'accompagnement des entreprises du Grand Paris, dans leur d√©veloppement international. Extraordinairement active par le biais de ses s√©minaires, forums, salons, missions qu'elle organise √† l'√©tranger, la CCIP soutient, compl√®te l'action des pouvoirs publics. Son intervention aupr√®s des √©lites politiques et √©conomiques contribue ind√©niablement au rayonnement de notre pays dans le monde.

Je voudrais citer des actions telles que les missions de prospection individuelles ou collectives qui sont régulièrement organisées en direction des pays qui offrent des opportunités à l'export. Vos quatre bureaux de représentation à l'étranger (Moscou, Pékin, Shanghai et Alger) sont les relais opérationnels appréciés des PME exportatrices.

Dans le cadre de vos actions de ¬ędiplomatie √©conomique¬Ľ, vous accueillez de nombreuses personnalit√©s √©trang√®res du monde politique et √©conomique et leurs d√©l√©gations et participez ainsi √† l'action diplomatique de la France tout en facilitant l'environnement des affaires des entreprises franciliennes.

Enfin, vos cercles-pays sont bien connus des entreprises (ainsi que des diplomates du Quai d'Orsay). Citons le Comité d'échanges franco-japonais, CEFJ (140 membres), le Comité d'échanges franco-chinois, CEFC (100 membres), le Club Inde et le Comité d'échanges Afrique-France.

La décision du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, de dédier une direction du Quai d'Orsay spécialement aux entreprises contribuera prochainement à la poursuite et l'amplification de ces échanges.

Mais c'est incontestablement dans le domaine la coop√©ration universitaire que le partenariat entre le MAE et la CCIP s'exprime avec le plus de force et de pertinence. Ce partenariat s'articule autour de projets √† forte visibilit√©, qu'il s'agisse de l'√Čcole sup√©rieure des affaires de Beyrouth, de l'√Čcole sup√©rieure alg√©rienne des Affaires, du Centre franco-vietnamien de formation √† la gestion (CFVG), de l'Institut franco sud-africain de technologie (FSati)...

Ces projets sont de beaux succès et de belles aventures vécues par nos équipes, ensemble sur le terrain. Tous reposent sur le professionnalisme, la confiance, l'estime réciproque. Je voudrais souligner ici, pour avoir suivi de près le fonctionnement de ces grands projets, que leur succès tient également à la qualité du partenariat mis en place avec les partenaires étrangers. C'est sans aucun doute dans cette vision partagée de la coopération que nous nous retrouvons.

Je salue la qualit√© de l'action de la direction des Relations internationales de l'enseignement et notamment son p√īle ing√©nierie et formation internationale qui travaille √©troitement avec nos Services de coop√©ration et d'action culturelle √† l'√©tranger comme avec les directions centrales √† Paris.

Ces partenariats doivent encore se d√©velopper gr√Ęce √† la volont√© du gouvernement de remettre la Francophonie au coeur de nos actions diplomatiques. Nous devons partout o√Ļ cela est possible encourager de nouvelles formes de partenariats entre les universit√©s, les √©coles d'ing√©nieurs ou de techniciens, les entreprises et les √Čtats concern√©s dans le but de permettre √† nos entreprises de prendre place sur de nouveaux march√©s en pleine croissance.

Pour une francophonie au service de la croissance économique et du développement comme un outil au service de l'économie dans les échanges nord-sud et sud-sud. Nous devrons travailler à favoriser la mobilité des personnes dans l'espace francophone, et accompagner des investissements durables pour un développement des relations économiques et commerciales entre les partenaires de la Francophonie. Certaines entreprises déclarent avoir du mal à pénétrer les marchés de certains pays francophones. La Francophonie doit aussi être au service des entreprises et chercher à favoriser les mises en relations et la conquête de nouveaux marchés.

Les enjeux sont considérables en matière d'environnement, de santé, d'alimentation, d'éducation, d'infrastructures. Ce n'est qu'en développant cette relation de confiance autour d'une langue commune que nous pourrons favoriser et accompagner l'essor des pays du Sud.

Les entreprises en devenant partenaires de projets de d√©veloppement de la francophonie peuvent b√Ętir les bases d'une nouvelle forme de croissance. Dans le monde francophone, en Afrique, au Maghreb, en Ha√Įti, en Asie du sud-est et m√™me aux √Čtats-Unis, les besoins des universit√©s sont tr√®s importants. L'Agence universitaire de la Francophonie d√©veloppe √©galement des campus virtuels. Des partenariats avec des entreprises fran√ßaises d√©sireuses de s'implanter sur les march√©s des pays concern√©s pourraient financer des programmes de formations en fran√ßais en lien avec l'activit√© des entreprises qui investiraient ainsi dans la formation de jeunes √©tudiants susceptibles ensuite d'int√©grer leurs √©quipes.

Parmi les acteurs de d√©veloppement, les collectivit√©s territoriales, les d√©partements et territoires d'outre mer, les grandes agences aux services des collectivit√©s locales (exemple : agence du bassin Seine Normandie), les grandes associations (Cit√©s Unies France, les Eco-maires, AMF, ADF, ARF, AIMF, ARIF....) sont √©galement de r√©els promoteurs de la francophonie, notamment √©conomiques, de part leur action dans le domaine de la coop√©ration d√©centralis√©e. L'√Čtat doit travailler √† la mise en oeuvre d'un partenariat renforc√© pour favoriser l'intervention de ces institutions dans les pays de l'espace francophone.

Des travaux interministériels seront nécessaires pour développer cette nouvelle politique dans le cadre d'une stratégie globale. C'est dire l'importance et la nécessité d'intégrer le réseau des chambres de commerce et d'industrie, les conseillers du commerce extérieur, les partenaires sociaux, ainsi que les associations engagées dans cette réflexion.

Pour que ce plan stratégique fonctionne, j'aurais besoin de vous toutes et tous : entrepreneurs, industriels, missions diplomatiques.

Ce que nous proposons est un chantier ambitieux, mais c'est d'abord un combat pour nos valeurs.

Je forme le voeu que ce partenariat de qualité nous permette de développer de nouvelles actions dans de nouvelles géographies. Certaines sont déjà en cours en Russie, en Afrique de l'Ouest, elles seront à leur tour l'expression du succès de notre coopération ancienne et constamment renouvelée.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


7. XXe Conf√©rence des ambassadeurs - Discours de la ministre d√©l√©gu√©e charg√©e de la Francophonie, Mme Yamina Benguigui - Paris, 29 ao√Ľt 2012

 

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs les Députés et les Sénateurs,

Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

Je me réjouis de vous accueillir nombreuses et nombreux à ce déjeuner de travail. Je souhaite remercier les uns et les autres d'avoir répondu à notre invitation. Permettez-moi également de remercier toutes celles et tous ceux, notamment Nicolas Chibaef et son équipe, pour tout le travail réalisé pour cette organisation.

Ce déjeuner thématique que nous avons souhaité organiser Laurent Fabius et moi est très important. Il est à la mesure de la mission que le président de la République et le Premier ministre m'ont confiée.

Les enjeux en mati√®re de Francophonie sont consid√©rables et touchent √† la fois √† la d√©fense de la langue fran√ßaise l√† o√Ļ elle est en d√©clin et √† sa promotion partout ailleurs. Ces enjeux touchent √©galement √† nos valeurs et √† notre politique d'influence. Je sais que vous √™tes toutes et tous impliqu√©s dans cette bataille linguistique que nous devons mener partout et de fa√ßon permanente et je vous en suis tr√®s reconnaissante.

Notre langue commune est source de valeurs et de partage. On lit encore ici ou l√† que le fran√ßais est la langue de la colonisation ou encore la langue de la ¬ęFran√ßafrique¬Ľ. Tout ceci est d√©sormais derri√®re nous. La langue fran√ßaise s'est d√©barrass√©e des oripeaux de la colonisation. Aujourd'hui, c'est une langue solidaire et √©galitaire qui se parle √† hauteur d'homme.

C'est sur cette base que nous devons b√Ętir une nouvelle relation avec nos partenaires francophones. Une relation d'√©gal √† √©gal, une relation faite de solidarit√©, une relation faite d'√©galit√©, de franchise et de respect mutuel.

Quand on appartient à une famille, je parle de la famille francophone, on doit partager les succès mais aussi les échecs pour avancer ensemble et construire un avenir commun.

La langue française, c'est tout cela. C'est avant tout le véhicule de la stabilité et de la cohésion, de la tolérance et de la diversité. C'est aussi et surtout une langue en évolution permanente et qui demeure une source de créativité exceptionnelle dans le domaine culturel notamment. La langue française, nous devons tous en être les militants tant pour sa défense que sa promotion.

Mesdames et Messieurs, chers Amis,

Le président de la République a annoncé lundi soir qu'il participera du 12 au 14 octobre au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. Je me félicite d'avoir contribué à cette décision.

La mission n'était pas simple. En préparant ce déplacement, j'avais souhaité pouvoir rester suffisamment longtemps sur place et ainsi prendre le temps de rencontrer, de dialoguer, d'écouter les colères, les peurs, les incompréhensions, les espoirs, les humiliations et, aussi et surtout, l'expression d'un véritable besoin de reconnaissance.

Durant quatre jours, j'ai ainsi rencontré un peu plus de 100 personnes qui représentaient toutes les composantes de la société congolaise.

Que m'ont dit toutes ces personnes de l'opposition, des organisations de défenseurs des droits de l'homme, des communautés religieuses ainsi que des artistes, des femmes engagées dans la vie publique ? Elles m'ont toutes dit qu'il était nécessaire que le président de la République puisse participer à ce Sommet. J'ai également rencontré le président Kabila, le Premier ministre, le ministre des affaires étrangères, le président de l'Assemblée nationale et le vice-président du Sénat. Nos échanges ont permis d'obtenir de réels engagements de la part des autorités congolaises. Le 22 aout dernier, Aubin Minaku, le président de l'Assemblée nationale de RDC a rendu public le programme de travail des députés à la rentrée prochaine et deux textes très importants seront examinés : le texte sur la réforme de la Commission électorale nationale indépendante et un autre sur la création de la commission nationale des droits de l'Homme. Ce sont là des avancées importantes.

On dit également ici ou là que nous devrions pas y aller car la guerre fait rage dans le Nord Kivu. Je ne suis pas d'accord avec ces affirmations. J'ai rencontré les témoins des exactions commises par les groupes rebelles qui déstabilisent la région depuis trop longtemps. La situation dans le Nord Kivu, les avancées du M23, sont dans tous les esprits.

Pr√©sente sur place et en contact permanent avec le pr√©sident de la R√©publique et le ministre des Affaires √©trang√®res, nous avons demand√© au Conseil de s√©curit√© de se r√©unir sur cette question pour condamner fermement l'action du M23 et de ses soutiens ext√©rieurs. C'est une avanc√©e. Le Sommet de Kinshasa permettra de lever le voile sur cette guerre oubli√©e o√Ļ les armes n'ont rien de conventionnel. Ces armes, ce sont le viol des femmes, l'enr√īlement d'enfants soldats et notamment de jeunes femmes.

Mesdames et Messieurs,

Vous le voyez. Le Sommet de la Francophonie de Kinshasa sera l'occasion, pour le pr√©sident de la R√©publique, de rappeler l'attachement de la France aux valeurs de la Francophonie, √† ses principes et ses id√©aux, √† son n√©cessaire dynamisme et √† sa modernit√©. Cette participation s'inscrit parfaitement dans la volont√© de rappeler au monde entier que le socle des valeurs de la Francophonie constitue les fondations d'une nouvelle relation non seulement entre les √Čtats mais √©galement entre les soci√©t√©s civiles.

Avec Laurent Fabius, nous élaborons actuellement un plan stratégique pour la Francophonie qui s'inscrit dans le plan de relance souhaité par le président de la République. Dans ce plan stratégique, la dimension économique de la Francophonie tiendra une place toute particulière.

Je pense en effet que la langue française doit être un outil au service de la croissance économique. Elle peut s'imposer dans l'espace francophone comme un outil au service de l'économie dans les échanges nord-sud comme dans les échanges sud-sud.

L'un des éléments clés de la réussite est, je le pense sincèrement, qu'il est très important d'investir dans la formation d'ingénieurs, de techniciens. Nous devons promouvoir la mise en oeuvre d'échanges renforcés entre les universités francophones. C'est ce travail de base qui permettra aux entreprises de recruter localement des collaborateurs de qualité. Nous devons également favoriser le développement de la mobilité et renforcer la formation des journalistes et des techniciens.

Certaines entreprises sont pr√™tes √† investir localement dans des programmes de formation. Nous devons partout o√Ļ cela est possible encourager de nouvelles formes de partenariats entre les universit√©s, les √©coles d'ing√©nieurs ou de techniciens, les entreprises et les √Čtats concern√©s dans le but de permettre √† nos entreprises de prendre place sur de nouveaux march√©s en pleine croissance.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

Comme vous le voyez, nous avons beaucoup de travail. La relance de la francophonie est un chantier ambitieux.

C'est un combat pour nos valeurs.

Ne l'oublions pas... C'est en fran√ßais que les femmes maliennes en appellent √† la solidarit√©. C'est en fran√ßais que les femmes victimes des viols dans l'est de la RDC nous tendent les mains. C'est en fran√ßais que les acteurs des printemps arabes se sont exprim√©s avec ce mot si fort : ¬ęD√©gage !!!¬Ľ. C'est encore en fran√ßais que s'inscrit notre vision de la politique en mati√®re de droits de l'Homme et de lutte contre toutes les formes de discrimination. C'est en fran√ßais enfin que nous serons plus forts, tous ensemble, pour transmettre au monde cette ambition universelle.

Je vous remercie de votre attention./.

Retour sommaire


8. XXe Conf√©rence des ambassadeurs - Intervention de la ministre des Droits des femmes, porte-parole du gouvernement, Mme Najat Vallaud-Belkacem - Paris, 30 ao√Ľt 2012

 

Mesdames les Ambassadrices, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames et Messieurs,

Je tenais avant tout à remercier le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, d'avoir permis cette rencontre. Cela ne vous aura pas échappé : si c'est une première pour moi, ce temps d'échange avec une ministre des Droits des femmes est également une première pour la plupart d'entre vous. Et pour cause, 26 années se sont écoulées sans que l'importance de ce sujet n'ait été incarnée dans la constitution d'un ministère de plein exercice, au-delà d'ailleurs de la seule symbolique que cela implique.

Je me réjouis de ce fait que vous soyez nombreuses et nombreux - enfin, à bien regarder notre assemblée ce matin, surtout nombreux et certainement pas par désintérêt des ambassadrices, mais j'y reviendrai - à avoir souhaité participer à cette toute première rencontre.

Vous le savez, le président de la République l'a clairement rappelé dans son discours devant vous, parmi les valeurs universelles qui doivent conduire notre engagement dans le monde, il y a l'égalité entre les femmes et les hommes.

Le cap tracé par le président de la République signifie que l'égalité entre les sexes, dans toutes ses dimensions, doit, plus que jamais, être pensée comme un élément de notre influence dans le monde et, à cet égard, l'une de vos priorités.

Je n'ignore pas les actions que vous avez déjà entreprises. Mais nous manquons encore de la cohérence nécessaire dans ces interventions pour atteindre nos ambitions. En somme, ce dont nous manquons c'est d'une véritable diplomatie des droits des femmes et c'est cette diplomatie dont je voudrais dresser les contours devant vous.

L'actualit√© de ces derni√®res semaines a mis en lumi√®re une s√©rie d'√©v√®nements qui heurtent profond√©ment nos valeurs. Bien s√Ľr, il y a les cas qui font la une des medias internationaux : l'atteinte inacceptable √† la libert√© d'expression et de cr√©ation des Pussy Riot en Russie, les propos scandaleux de Todd Akin et hier Tom Smith aux Etats-Unis sur le viol.

Au-delà de ces évènements, votre réseau comme les associations, nous font remonter chaque jour des évolutions, moins médiatiques mais pas moins préoccupantes.

Nous avons des sujets sur tous les continents.

En Guinée, des dispositions discriminatoires limitent l'accès des femmes à l'éducation, à la santé, au marché du travail, aux postes de décision et à la justice.

Au Mali, o√Ļ la crise politique a des cons√©quences dramatiques pour les femmes. Outre les atteintes du nouveau Code de la famille - qui consacre le statut d'inf√©riorit√© des femmes - les organisations internationales font √©tat de viols r√©p√©t√©s.

En Ha√Įti, o√Ļ des femmes s'√©l√®vent depuis deux ans contre les violences sexuelles dans les camps ha√Įtiens ; plus de 250 cas de viols dans plusieurs camps ont √©t√© signal√©s au cours des 150 premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre de 2010.

En Inde, o√Ļ, selon un rapport de leur minist√®re de la Sant√© et de la Famille, le taux de mortalit√© infantile des filles est 61% plus √©lev√© que celui des gar√ßons.

Dans le Pacifique, o√Ļ l'Australie et la Nouvelle-Z√©lande affichent les taux de repr√©sentation politique des femmes les plus bas au monde (de l'ordre de 3,5 % en moyenne) ;

En Afrique du sud, o√Ļ une femme est assassin√©e toutes les 6 heures par un partenaire intime.

Bien s√Ľr, ces exemples ne sont pas exhaustifs. Les femmes et les filles constituent 80% des quelques 800.000 personnes faisant l'objet d'un trafic annuellement, la majorit√© fait l'objet d'une traite pour exploitation sexuelle. Environ 100 √† 140 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi des mutilations g√©nitales f√©minines et plus de 3 millions de filles d'Afrique y sont chaque ann√©e expos√©es.

Les violences fa√ģtes aux femmes sont la violation des droits de l'Homme la plus courante sur la plan√®te. Chez les femmes entre 15 et 44 ans, elles causent plus de d√©c√®s et de handicaps que le cancer, le paludisme, les accidents de la circulation et les guerres r√©unis.

Un autre sujet de préoccupation brulant est la remise en question du combat pour le droit des femmes à librement disposer de leur corps. Y compris en Europe le droit à l'IVG qu'on croyait acquis se trouve souvent réinterrogé.

Soyez assur√©s que la France sera au c√īt√© de toutes celles et ceux qui rappellent les r√®gles de droit international applicables en la mati√®re.

Le 4 octobre 2011, le Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à la santé a présenté un rapport à l'Assemblée générale qui lance un appel urgent à tous les gouvernements afin qu'ils dépénalisent totalement l'IVG. C'est la première fois dans l'histoire de l'ONU qu'un tel appel est lancé. Je souhaite que vous puissiez le relayer auprès des gouvernements auprès desquels vous représentez notre pays.

Enfin comme vous le savez, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a adopté en juin 2011 une résolution sur les droits de l'Homme, l'orientation sexuelle et l'identité de genre. Cette résolution est une avancée essentielle. Elle exprime sa grave préoccupation pour les actes de violence et de discrimination commis sur ces fondements, dans toutes les régions du monde. 76 pays dans le monde criminalisent encore l'homosexualité qui peut être sanctionnée de la peine de mort dans au moins 5 pays.

Nous ne pouvons admettre cet état de fait.

Là encore, notre diplomatie doit se saisir pleinement de cet instrument, notamment en contribuant à dresser un rapport mondial sur les lois, pratiques discriminatoires et actes de violence commis contre ces personnes.

Une nouvelle diplomatie des droits des femmes doit vous conduire à vous mobiliser donc davantage encore sur ces sujets. Elle doit aussi vous amener à soutenir les mouvements de femmes qui se battent, s'organisent, revendiquent.

J'ai eu ces derni√®res semaines de tr√®s nombreux contacts avec des femmes, qu'elles soient tunisiennes, chiliennes, am√©ricaines, indiennes, su√©doises, ukrainiennes ou congolaises. J'ai √©t√© frapp√©e, au-del√† des diff√©rences de situation nationales, au-del√† des diff√©rences majeures de priorit√©s dans leurs combats pour les droits des femmes (ici l'avortement, l√†, la parit√©, ailleurs le droit de conduire), par la similitude de leur discours et du projet politique qu'il porte. Ce n'est bien s√Ľr pas pareil d'√™tre femmes ou f√©ministe en Europe du Nord qu'en Afrique centrale, en Am√©rique latine qu'en Asie du Sud-Est. Pourtant, dans chacun des pays, les femmes qui se battent pour leur √©mancipation le font avec la m√™me volont√© : montrer que le progr√®s des droits des femmes est la premi√®re marche du progr√®s de l'humanit√©.

La création d'un ministère des Droits des femmes en France n'est absolument pas passée inaperçue auprès de ces mouvements de femmes à l'étranger, dont beaucoup espèrent notre soutien. Je vous le dis assez simplement : si vous avez besoin de mon appui pour soutenir ces mouvements, n'hésitez pas à me solliciter.

Dans le cadre multilatéral, les droits des femmes ont connu au cours des dernières décennies des progrès considérables à travers les quatre grandes conférences des Nations unies et depuis 18 ans le programme d'actions de Pékin. Mais ces engagements sont non seulement trop souvent ignorés, ils sont aussi remis en discussion.

A chaque réunion des Nations unies sur les droits des femmes, nous sommes aujourd'hui crispés pour éviter tout recul. C'est en assumant mieux nos engagements que l'on sortira de cette position défensive.

Nous sommes en effet √† un moment o√Ļ des courants conservateurs, des extr√©mismes religieux et un certain relativisme culturel s'affirment dans la plupart des forums internationaux, depuis le d√©but des ann√©es 2000, et tendent √† remettre en cause les avanc√©es obtenues dans le cadre des Nations unies pour l'√©galit√© et les droits des femmes dans les ann√©es 1990.

Or, en mati√®re de droits humains, lorsque l'on cesse d'avancer, on finit par reculer. J'ai en m√©moire la d√©claration de Michelle Bachelet au moment de l'institution d'ONU-Femmes : elle avait confi√© que la d√©cision d'√©tablir ONU-Femmes refl√©tait une ¬ęfrustration g√©n√©rale face √† la lenteur du changement¬Ľ. Cette parole est d'or au moment o√Ļ nous devons d√©j√† r√©fl√©chir √† la construction du nouveau programme d'actions de Pekin (le cycle Pekin+20). Je souhaite que nous soyons, avec votre concours, pr√©curseurs dans cette r√©flexion.

Mon ministère, en France, est celui de la troisième génération des droits des femmes. La première génération était celle du combat pour les droits civiques et politiques. La deuxième génération, celle des droits économiques et sociaux, de l'égalité devant la santé, de l'IVG, de l'égalité professionnelle.

Ces droits ont été inscrits dans la loi dans les années 70 et 80 et c'est un combat permanent de s'assurer qu'ils sont pleinement mis en oeuvre.

La troisième génération de droits est celle de l'aboutissement de l'égalité. Ce sont les droits du 21ème siècle, ceux que nous devons faire entrer dans le processus de Pékin+20.

Ceux qui feront monter le niveau d'intolérance de la société au sexisme et aux inégalités, ceux qui feront qu'il y aura autant de femmes que d'hommes dans les Parlements ou dans les commissions exécutives des grandes entreprises. Ceux qui feront que les femmes ne seront plus cantonnées dans les emplois précaires et seront payées de la même façon que les hommes. Celle qui permettra in fine de passer d'une égalité de droits à une égalité réelle. Ca n'est une chose évidente pour aucune de nos sociétés. Et pour cause.

Dans nos sociétés, la famille, qui est le lieu de toutes les protections, se construit largement dans une alliance bipolaire entre le père et la mère. Comme s'associent les électrons et les protons dans un atome, la solidité du modèle familial serait en quelque sorte conditionnée à la différence que la société creuse entre les femmes et les hommes.

C'est dans cette vision de la société et de la famille qu'est le noeud gordien de nos problèmes. Nous devons démontrer que la seule alliance solide entre une femme et un homme n'est pas celle qui oppose des moins et des plus. Nous devons dessiner les contours d'une nouvelle société dans laquelle les identités qui naissent d'une relation égalitaire entre les deux parents sont vécues comme des identités positives. C'est en cela que les pays nordiques nous ont devancés et nous devons nous inspirer de la voie qu'ils ont tracée.

La diplomatie des droits des femmes doit garder à l'esprit ces trois générations des droits.

Elles forment un tout. Et cette vision large du chemin d'émancipation des femmes nous prémunira d'un angélisme sur notre propre situation.

Il m'est impossible de ne pas m'arrêter quelques instants sur les révolutions arabes, qui ont, il n'y a même pas deux ans, profondément bouleversé la donne internationale.

Elles entreront dans l'Histoire comme la coalition in√©dite d'une aspiration forte des jeunes √† la modernit√© et d'un mouvement de femmes, organis√© selon des r√©seaux informels et qui ont pris souvent beaucoup de risques. J'ai re√ßu en juin dernier des femmes journalistes et bloggeuses engag√©es dans la transition de leur pays. Elles viennent du Bahre√Įn, d'√Čgypte, de Jordanie, du Maroc, des Territoires Palestiniens, de Tunisie et du Y√©men et ont toutes pour point commun d'avoir choisi la plume pour raconter la transformation de leur soci√©t√© et pour lutter contre tous les int√©grismes.

Ce qui se passe en Tunisie est de ce point de vue essentiel. Cet été, les femmes et les hommes sont descendus dans la rue pour exiger que la nouvelle Constitution garantisse l'égalité. Car les féministes en Tunisie comme partout ailleurs, savent bien que la complémentarité n'est pas exactement synonyme d'égalité.

Il y a dans cette effervescence complexe dont la Tunisie est un exemple, d'abord et surtout un espoir formidable qui se profile et qui requiert toute notre attention.

L'UpM n'a pas pleinement r√©ussi encore √† trouver ses marques sur des questions de soci√©t√© telle que celle-ci. Cela ne signifie pas pour autant qu'elle ne constitue pas un forum adapt√© pour des r√©alisations communes. Apr√®s les r√©unions minist√©rielles qui se sont tenues sur ce th√®me en novembre 2006 √† Istanbul puis √† Marrakech en 2009, nous travaillons actuellement √† la pr√©paration de la troisi√®me r√©union que la France organisera au premier semestre 2013. Ce sera une contribution essentielle √† la ¬ęM√©diterran√©e de projets¬Ľ dont vous a parl√© le pr√©sident de la R√©publique.

Vous l'avez compris, Mesdames les Ambassadrices et Messieurs les Ambassadeurs, je souhaite que notre pays s'engage √† d√©fendre la libert√© et l'autonomie des femmes tout au long de leur vie. O√Ļ qu'elles soient.

Notre action dans ce domaine comme dans d'autres se doit d'être exemplaire et votre action y contribuera. L'action de la France doit assurer la défense des droits des femmes dans tous les domaines :

- le droit des petites filles à accéder à l'école, à l'éducation, au savoir et à pouvoir choisir librement leur orientation ;

- leur droit de se marier avec qui elles le souhaitent. De divorcer. De se remarier. D'aimer quelqu'un d'autre ;

- leur droit à disposer librement de leur corps ;

- leur droit √† travailler et √† √™tre r√©mun√©r√©es pour ce travail. A s'exprimer. A marcher librement dans les rues. A chanter. A rire. A danser. A vivre dignement. A ne pas subir la domination des hommes. Leur droit √† √™tre prot√©g√©es. C'est le sens de la Convention pour l'√©limination de toutes les formes de discriminations √† l'√©gard des femmes dont nous sommes signataire et que tous les √Čtats doivent √™tre encourag√©s, notamment par votre interm√©diaire, √† signer et √† mettre en oeuvre.

C'est le sens également du travail accompli par ONU-Femmes, que nous devons soutenir pleinement.

Enfin, je voudrais dire quelques mots des chantiers européens.

Vous le savez, la lutte contre les inégalités entre femmes et hommes en matière de rémunérations et l'une des plus anciennes compétences de l'Union dans le domaine social, sans doute celle qui a produit la plus large législation. Cette compétence, qui se retrouve à l'article 157 du traité, semble toutefois désormais endormie. Mettre en place des mécanismes de lutte contre les discriminations n'est pas suffisant contre les inégalités salariales.

Il faut intervenir √† la racine en imposant, par des m√©canismes de cong√©s parentaux adapt√©s et la remise √† plat des incitations fiscales, le partage des responsabilit√©s familiales. Le projet d'une directive europ√©enne afin de concilier les diff√©rents types de cong√©s familiaux, comme c'est le cas par exemple dans certains pays d'Europe du Sud, doit √™tre relanc√©. L'Europe doit montrer aux √Čtats membres le chemin de la modernit√© dans ces domaines.

Un deuxième chantier est celui de la place des femmes dans la gouvernance des entreprises. Je pense par exemple au groupe EADS, qui a réussi la contre-performance, aujourd'hui en 2012, d'élire un exécutif exclusivement masculin.

Chacun pense qu'EADS est soumis √† la loi fran√ßaise qui impose un minimum de femmes, mais l'entreprise a son si√®ge aux Pays-Bas. Cela nous montre que nous ne pouvons nous contenter d'adopter des l√©gislations de notre c√īt√©, comme nous l'avons fait avec la loi du 27 janvier 2011, sans envisager un texte plus large. Les initiatives que la Commission europ√©enne prendra dans ce domaine vont dans le bon sens et la France les soutiendra.

Enfin, la question des violences faites aux femmes a indiscutablement une dimension européenne. Les récentes directives prises au niveau européen en matière de renforcement des droits des victimes et de lutte contre la traite des êtres humains et l'exploitation sexuelle des femmes ne pourront être utilement mises en oeuvre que si les institutions communautaires se mobilisent.

Je pense notamment √† Eurojust, qui doit renforcer son r√īle de coordination en la mati√®re. Les r√©seaux ne peuvent √™tre utilement mis en lumi√®re que si l'on remonte la cha√ģne des responsables. Ils ne peuvent √™tre utilement d√©mantel√©s que si l'on se donne les moyens d'√©tablir la traite, de prot√©ger les victimes et de saisir les avoirs.

Au-delà des frontières de l'Union, cette question revêt d'ailleurs une dimension internationale importante.

Sur tous ces sujets je m'entretiendrai dès la semaine prochaine, avec la Commissaire européenne à la justice, aux droits fondamentaux et à la citoyenneté, Mme Viviane Reding.

Permettez-moi, pour conclure, une dernière observation sur des sujets qui concernent votre organisation. Les faits sont têtus, la place des femmes dans l'encadrement supérieur de la plupart des administrations reste encore trop faible. C'est particulièrement le cas à l'Intérieur, à la Défense, aux Finances. Mais cela l'est aussi aux Affaires étrangères. 14% de femmes ambassadeurs et un pourcentage équivalent de Consuls ou de Directrices d'administration - chiffre stable depuis 2009 semble-t-il - c'est trop peu et très loin de l'objectif de parité fixé par le gouvernement. C'est une préoccupation, je le sais, que partage le ministre des Affaires étrangères.

Je ne peux qu'émettre devant vous le souhait d'un rééquilibrage car vous l'aurez compris dans tout mon propos, la diplomatie est aussi une affaire de femmes.

Je vous remercie./.

Retour sommaire


9. XXe Conf√©rence des ambassadeurs - R√©ception des ambassadeurs de France dans les pays des environnements r√©gionaux des Outre-mer - Discours du ministre des Outre-mer, M. Victorin Lurel - Paris, 29 ao√Ľt 2012

 

(Seul le prononcé fait foi)


Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, Cher Laurent Fabius,

Monsieur le Ministre chargé du Développement, Cher Pascal Canfin,

Monsieur l'Ambassadeur, je devrais dire Monsieur le Premier Ministre, Cher Michel Rocard,

Madame la Présidente du Conseil régional de la Guadeloupe, Chère Josette Borel-Lincertin,

Monsieur le Président du Conseil régional de la Guyane, Cher Rodolphe Alexandre,

Monsieur le Président du Conseil régional de la Martinique, Cher Serge Letchimy,

Monsieur le Président du Conseil territorial de Saint Pierre et Miquelon, Cher Stéphane Artano,

Monsieur le Président de l'Assemblée territoriale de Wallis et Futuna, Cher Vetelino Nau,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Messieurs les Préfets,

Mesdames et Messieurs les directeurs,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de vous exprimer la satisfaction qui est la mienne au moment de vous accueillir, √† l'issue de la Conf√©rence des ambassadeurs 2012, ici en l'H√ītel de Montmorin, qui abrite le minist√®re des Outre-mer.

C'est donc un très grand plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue.

Je remercie tout particulièrement mon collègue Laurent Fabius qui, accompagné de Pascal Canfin, a bien voulu accepter de co-présider cette rencontre avec moi.

Par sa pr√©sence, il montre le grand int√©r√™t du minist√®re des Affaires √©trang√®res pour les d√©partements et collectivit√©s d'Outre-mer dont le r√īle est essentiel dans la politique d'influence de la France √† l'√©tranger.

Gr√Ęce aux Outre-mer, c'est en effet la France qui rayonne sur tous les continents et toutes les mers du monde. Ces Outre-mer qui apportent √† notre pays tant d'atouts et tant de richesses qui sont autant d'avantages comparatifs dans un tr√®s grand nombre de domaines : 11millions de km¬≤ de zone √©conomique exclusive (la deuxi√®me plus grande zone √©conomique exclusive du monde apr√®s les √Čtats-Unis), 80% de la biodiversit√© nationale, la plupart des esp√®ces end√©miques, la plus grande fronti√®re terrestre de l'Union europ√©enne avec le Br√©sil, la plus grande fronti√®re maritime europ√©enne avec l'Australie, un immense potentiel √©conomique et strat√©gique avec le nickel de la Nouvelle Cal√©donie, les nodules polym√©talliques de la Polyn√©sie et de Wallis, la base spatiale, le bois, l'or et bient√īt le p√©trole de la Guyane, les nouvelles √©nergies de la R√©union, l'√©cotourisme de la Martinique, la g√©othermie de la Guadeloupe, et j'en oublie...

C'est pourquoi nous devons nous fixer des objectifs ambitieux pour être à la hauteur des enjeux.

Tout d'abord, il est impératif que les Outre-mer soient pleinement insérés dans leur environnement géographique.

Les minist√®res des Affaires √©trang√®res et des Outre-mer travaillent de concert √† faire en sorte que les d√©partements fran√ßais d'Am√©rique int√®grent pleinement les organisations r√©gionales que sont l'AEC, l'OECO, la CARICOM, le CARIFORUM, la CEPALC, que les collectivit√©s du Pacifique approfondissent leur participation au FIP (Forum des √ģles du Pacifique), que la Nouvelle Cal√©donie puisse consolider le si√®ge de la CPS √† Noum√©a, que la R√©union et Mayotte prennent toute leur place au sein de la COI (la communaut√© de l'Oc√©an indien).

Bien avant d'être nommé ministre des Outre-mer, j'ai toujours milité pour que ces territoires disposent de représentations spécifiques dans les ambassades françaises des pays avoisinants.

C'est désormais le cas de la Nouvelle Calédonie en Nouvelle Zélande. Une convention-cadre existe et il appartient à chacun de la mettre en oeuvre et de renforcer ainsi les liens entre nos collectivités et nos postes diplomatiques.

Il ne s'agit pas, bien s√Ľr, de vouloir multiplier les pr√©sences sans aucun sch√©ma directeur, mais bien de penser √† valoriser nos domaines d'excellence chez nos voisins, dans une concertation √©troite.

Ces nouveaux acteurs viendront compléter le dispositif existant qui, autour des Préfets, des ambassadeurs en résidence et des trois ambassadeurs délégués à la coopération régionale, oeuvre à donner du sens à la coopération régionale.

La période qui s'ouvre doit constituer un nouveau départ pour les Outre-mer en tant que socle de cette coopération régionale que Laurent Fabius, Pascal Canfin et moi-même, nous souhaitons voir se développer sur les trois océans.

Pour ce faire, il est impératif que nous puissions disposer d'outils précis d'évaluation de nos performances dans des domaines aussi divers que la coopération éducative et universitaire, la coopération sanitaire, la coopération juridique, douanière, policière.

Je suis avec une attention particulière le cas du traité sur l'orpaillage, qui n'est toujours pas ratifié par la partie brésilienne. Tout comme je plaide pour une relance du groupe de travail de haut niveau avec les Comores.

Au niveau économique, c'est une véritable symbiose qui doit s'imposer entre les ambassadeurs en résidence dans les pays proches et les Préfets.

Aux premiers un r√īle que l'on peut qualifier d'ouvreurs de march√©s pour nos entrepreneurs ultramarins, de facilitateurs, d'int√©grateurs, de d√©fenseurs de la francophonie...

Aux seconds, celui d'incitateurs, d'aiguillons pour aider nos entrepreneurs à investir leur environnement proche.

Pour les y aider, j'ai décidé, suivant en cela les engagements du président de la République lors de la campagne électorale, de repenser le concept de développement endogène. Les trois commissaires en poste aux Antilles, en Guyane et à la Réunion verront leur mission repensée et ils seront, sous l'autorité des Préfets, les relais dans nos Outre-mer du redressement productif.

Nous devons tous être convaincus que le développement économique est une priorité et que ces territoires ont de multiples atouts qui leur permettent d'être innovants en s'insérant dans leur environnement géographique.

Le tourisme est une activit√© de tout premier plan et pr√©sente de belles promesses lorsque l'offre devient collective comme en t√©moigne le concept ¬ęd'Iles Vanille¬Ľ qui permet aux touristes de profiter de l'ensemble Maurice-R√©union, auquel vont bient√īt s'agr√©ger les Seychelles.

Nous travaillons avec le ministère de l'Intérieur à simplifier la procédure des visas afin de fluidifier la venue de ressortissants sud-africains à la Réunion.

Preuve supplémentaire de l'importance de la donne touristique dans les économies des Outre-mer, la tenue probable en mai 2013 de la 95e session du conseil exécutif de l'Organisation mondiale du tourisme à Saint-Denis de la Réunion.

Oui, je le dis ici avec force : les Outre-mer doivent prendre toute leur place dans leur environnement régional au plus grand profit de la France dans son ensemble.

En 2013, l'année de la République dominicaine en Guadeloupe raffermira les liens déjà forts entre Dominicains et Guadeloupéens. De même que l'année de l'Afrique du Sud en France, toujours en 2013, mettra La Réunion au premier plan des échanges culturels, touristiques et - souhaitons-le - économiques, avec la première puissance émergente du continent africain.

Avec la présence d'organismes de recherche de haut niveau, les Outre-mer ont un avantage comparatif indéniable en matière de lutte contre les maladies à vecteur (Dengue, Chikungunya, Paludisme, maladie de Chagas), d'éco-agriculture, de prévention des risques naturels qu'ils peuvent partager avec leurs voisins. L'IRD, le CIRAD, l'INRA, l'Institut Pasteur, le CNRS, sont des centre de recherche internationalement connus qui contribuent à renforcer l'attractivité de nos Outre-mer.

En matière de recherche spatiale, le CNES permet à la Guyane d'être au tout premier plan mondial avec des coopérations internationales de haut niveau à l'instar de celle existante avec Soyouz à Kourou.

Et que dire de la biodiversit√© et du maritime o√Ļ notre savoir-faire peut assur√©ment contribuer au d√©veloppement de fructueuses coop√©rations.

Dans le Pacifique, une grande partie de la soixantaine de projets cofinanc√©s annuellement par le fonds pacifique entre plusieurs √Čtats de la r√©gion et la Nouvelle Cal√©donie, la Polyn√©sie fran√ßaise et Wallis et Futuna a trait √† la conservation de la biodiversit√© marine. C'est le cas du projet CRISP de protection des coraux.

Dans les Cara√Įbes, je peux citer les projets Opaal, concernant les aires marines prot√©g√©es, Cara√Įbes-Hycos sur la coop√©ration internationale en mati√®re de gestion des ressources en eau, Agoa- sanctuaire des mammif√®res marins, Cabare qui est le r√©seau carib√©en pour la pr√©vention et le contr√īle durable des maladies √©mergentes du bananier, Magdalesa de gestion durable de la p√™che dans les Cara√Įbes.

Tous ces projets bénéficient de financements INTERREG IV ou AFD.

En Guyane, les projets REDD (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, CARET2 destiné à la conservation de l'habitat des tortues marines sont financés principalement sur des fonds FEDER.

Dans tous ces domaines, la coopération entre les RUP, les PTOM et les ACP doit être renforcée en facilitant l'articulation du FED et du FEDER au profit de priorités partagées.

Je ne peux évidemment pas être exhaustif puisque le temps m'est compté, mais la coopération scolaire et universitaire - avec comme objectif le développement des universités de la Réunion, du Pacifique, des Antilles et de la Guyane - constitue, là aussi, un atout de nos Outre-mer qu'il convient de faire fructifier en valorisant des filières prometteuses dans les pays avoisinants comme l'apprentissage des langues ou la vulcanologie.

Je suis convaincu du potentiel énorme de nos Outre-mer qui doivent être considérés comme des relais indispensables à la grandeur de la France.

Les partenaires étrangers de la France en sont conscients et le montrent par des gestes diplomatiques forts : une récente tournée du ministre des affaires étrangères néo-zélandais à la tête d'une importante délégation d'entrepreneurs à Nouméa, des demandes d'audiences d'ambassadeurs étrangers au ministre des Outre-mer, des invitations à visiter leurs pays...

Reconnus comme des sources de stabilité politique dans leur environnement géographique, les Outre-mer doivent occuper pleinement leur place sur les trois océans.

Ce pari est en passe d'√™tre gagn√© gr√Ęce √† votre totale implication et √† celle de vos √©quipes.

Enfin, n'oublions pas l'essentiel : ces femmes et ces hommes venus de tous les continents et qui, au cours des siècles, ont peuplé par strates successives ces terres des trois océans et les ont enrichies de leurs cultures.

Ce sont eux qui font de la France, un pays-monde, oui ¬ęun pays poreux au souffle du monde¬Ľ, un archipel si proche de l'Afrique, de l'Inde, du Levant et qui sont autant d'atouts pour construire des ponts entre notre pays et le reste du monde.

Je terminerai en rappelant les futures échéances qui nous permettront à la fois de faire le point sur le travail accompli et de surtout fixer les objectifs pour les douze mois à venir.

Tout d'abord, la conférence de coopération régionale de la zone Antilles et Guyane qui est programmée à Cayenne les 29 et 30 octobre 2012. Puis celle de l'océan indien qui pourrait se tenir mi-novembre 2012 à Saint - Denis de la Réunion.

Pour le Pacifique, une conférence de coopération régionale du Pacifique pourrait être prévue pour le printemps 2013.

Je passe maintenant la parole au ministre des Affaires étrangères./.

(Source : site Internet du ministère des Outre-mer)

Retour sommaire


10. Droits de plantation : vers une position commune avec l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie - Communiqu√© du ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la For√™t - Paris, 30 ao√Ľt 2012

√Ä l'issue de la rencontre avec les repr√©sentants de la fili√®re viticole, jeudi 30 ao√Ľt au minist√®re de l'Agriculture, St√©phane Le Foll a annonc√© la cr√©ation d'une plateforme commune avec notamment l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie afin de revenir sur la suppression des droits de plantation d√©cid√©e en 2008 et planifi√©e pour 2015.

Le ministre de l'Agriculture souhaite cr√©er une dynamique positive en entrainant d'autres pays producteurs afin de peser sur les discussions communautaires. Cette plateforme sera adress√©e √† la Commission avant la prochaine r√©union du groupe √† Haut niveau qui a lieu le 21 septembre prochain. ¬ęL'absence de tout dispositif de r√©gulation du potentiel de production, et donc de l'offre, serait pr√©judiciable au secteur, et nuirait √† une offre de qualit√©¬Ľ, a soulign√© St√©phane Le Foll.

Le ministre a par ailleurs souligné le dynamisme de la filière viticole à l'exportation avec une progression des exportations en 2011 en valeur et en volume, soit plus de 7 milliards d'euros pour 14 millions d'hectolitres. Le chiffre d'affaires des exportations des vins et eaux de vie équivaut à la vente de 154 airbus./.

(Source : site Internet du ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt)

Retour sommaire


11. Point de presse du porte-parole adjoint du minist√®re des Affaires √©trang√®res - R√©union de la 17e session de l'Assembl√©e des Fran√ßais de l'√©tranger (3-8 septembre 2012) - Communiqu√© de presse de Mme Yamina Benguigui/√Čthiopie/D√©placement aux obs√®ques de Meles Zenawi (1-3 septembre 2012) - Maldives/Remise du rapport de la Commission nationale d'enqu√™te (CoNI) - Iran/nucl√©aire/Rapport de l'AIEA - Pakistan - Syrie - R√©mun√©ration des agents de l'√Čtat en poste √† l'√©tranger - √Čgypte - Tunisie - Paris, 31 ao√Ľt 2012

 

Au point de presse de ce jour, le porte-parole adjoint a fait les déclarations et a répondu aux questions suivantes :

1 - Réunion de la 17e session de l'Assemblée des Français de l'étranger (3-8 septembre 2012)

La 17e Session plénière de l'Assemblée des Français de l'étranger (AFE) se réunit à Paris du 3 au 8 septembre 2012 au Centre de conférences ministériel (27, rue de la Convention à Paris). Les membres de l'AFE représentent plus de deux millions de Français établis hors de France. Cette assemblée est formée de 11 députés, 12 sénateurs, 155 conseillers des Français de l'étranger et 12 personnalités qualifiées.

Le ministre des Affaires étrangères, président de l'AFE, prononcera une allocution à l'ouverture de cette Assemblée, lundi 3 septembre à 12h. La ministre déléguée chargée des Français de l'étranger interviendra le vendredi 7 septembre à 11h30.

Le directeur des Français à l'étranger et de l'administration consulaire présentera son rapport annuel d'activités. La sécurité des communautés française fera également l'objet d'une attention spécifique, notamment lors de la présentation du rapport du directeur du Centre de crise.

Au cours de cette semaine, les élus de l'AFE débattront de l'ensemble des questions intéressant les Français établis hors de France, en particulier l'enseignement français à l'étranger, l'aide sociale et la protection sociale de nos compatriotes, les questions de nationalité, de fiscalité, ainsi que de la réforme de l'AFE.

2 - Communiqu√© de presse de Mme Yamina Benguigui - √Čthiopie - D√©placement aux obs√®ques de Meles Zenawi (1-3 septembre 2012)

Mme Yamina Benguigui, ministre déléguée chargée de la Francophonie, se rendra à Addis-Abeba du samedi 1 au lundi 3 septembre à la demande du président de la République, M. François Hollande.

Elle représentera la France aux obsèques nationales de l'ancien Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi.

Elle transmettra à cette occasion un message d'amitié de la France aux autorités éthiopiennes.

La ministre aura également des entretiens bilatéraux.

3 - Maldives - Remise du rapport de la Commission nationale d'enquête (CoNI)

La France salue la remise, jeudi 30 ao√Ľt, du rapport de la Commission nationale d'enqu√™te (CoNI) sur les √©v√©nements du 7 f√©vrier, qui avaient conduit le vice-pr√©sident Mohamed Waheed √† la t√™te de l'√Čtat maldivien, √† la suite de la d√©mission du pr√©sident Mohamed Nasheed.

La France appelle toutes les parties à se conformer aux recommandations de la Commission d'enquête et à poursuivre le dialogue, dans le respect de la Constitution maldivienne.

4 - Iran/nucléaire - Rapport de l'AIEA

L'Agence internationale √† l'√Čnergie atomique a diffus√© hier soir le rapport trimestriel de son Directeur g√©n√©ral sur la mise en oeuvre par l'Iran de son accord de garanties avec l'Agence et des r√©solutions du Conseil de s√©curit√©.

L'Agence met en lumière la poursuite par l'Iran d'activités sensibles menées en violation de ses obligations internationales tout comme l'absence de coopération iranienne avec l'Agence pour résoudre les questions non résolues liées à la possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

Le Conseil des gouverneurs avait demand√© dans sa r√©solution de novembre 2011 que l'Agence et l'Iran intensifient leur dialogue pour r√©soudre d'urgence les questions en suspens li√©es √† la possible dimension militaire du programme nucl√©aire iranien. La France regrette vivement que malgr√© tous les efforts fournis, ¬ęaucun r√©sultat concret¬Ľ n'ait pu √™tre obtenu en raison de l'absence de r√©ponse iranienne aux questions de l'Agence.

La France condamne les activit√©s men√©es par l'Iran sur le site de Parchin, et qui am√®nent l'Agence √† constater que sa capacit√© √† v√©rifier des informations pr√©occupantes ¬ęa √©t√© compromise¬Ľ et que sa capacit√© ¬ę√† proc√©der √† une v√©rification efficace sera consid√©rablement entrav√©e¬Ľ si elle y a acc√®s un jour.

L'installation d'un nombre significatif de nouvelles centrifugeuses dans l'installation de Fordow constitue également un motif d'inquiétude alors même que l'Iran continue, au mépris de ses obligations, d'enrichir de l'uranium à 3,5 et à 20%.

Nous appelons une fois encore l'Iran à faire des gestes concrets allant dans le sens des demandes de la communauté internationale, à coopérer sans délai ni réserves avec l'AIEA pour faire la lumière sur les questions non résolues et à cesser des activités qui compromettent le travail de l'Agence. Nous l'encourageons également à suspendre l'ensemble des activités sensibles menées en violation de ses obligations internationales.

Nous souhaitons que le Conseil des gouverneurs qui se réunira prochainement puisse se prononcer fermement sur le rapport de l'Agence du Directeur général auquel nous réitérons notre plein soutien et dont nous saluons à nouveau le travail.

Enfin, comme l'a indiqué lundi le président de la République, et le ministre l'a rappelé ce matin, nous assumerons notre responsabilité pour renforcer les sanctions à l'encontre de l'Iran tant qu'il ne bougera pas et ne se conformera pas à légalité internationale.

Q - Une réaction aux informations provenant de l'AIEA sur l'Iran et le niveau actuel d'enrichissement d'uranium et le doublement des centrifugeuses sur le site de Fordo, entre autres? Puisque toutes les voies de négociations avec l'Iran semblent épuisées (AIEA et 3+3) par quel chemin va-t-on maintenant ?

R - Le ministre s'est exprimé sur ce sujet ce matin.

Je vous renvoie également à la déclaration que je viens de faire.

5 - Pakistan

Q - La détention provisoire de la jeune pakistanaise (11 ans), souffrant d'une trisomie 21, en accusation de blasphème a été renouvelée de 14 jours. Une réaction ?

R - Le 21 ao√Ľt, les autorit√©s fran√ßaises ont fait part leur pr√©occupation sur le cas de cette jeune Pakistanaise qui selon plusieurs sources souffre d'un retard mental et qui a √©t√© plac√©e en d√©tention provisoire ¬ępour d√©lit de blasph√®me¬Ľ.

Une procédure judiciaire est en cours. Nous la suivons avec la plus grande attention et appelons à la libération de cette adolescente.

6 - Syrie

Q - Après la réunion du Conseil de sécurité jeudi, est-ce-que la France compte militer auprès de ses partenaires européens pour un accroissement de l'aide humanitaire pour la Syrie en vue de l'ampleur de la souffrance et l'explosion du nombre des réfugiés ?

R - La France est résolue à poursuivre et renforcer ses efforts d'aide humanitaire en direction des réfugiés syriens. Comme l'a indiqué hier le ministre lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qu'il présidait, la France continuera, en plus de ses actions à titre national, de militer en faveur d'un accroissement de l'aide humanitaire européenne. Elle appelle tous les donateurs à se mobiliser.

La Commissaire europ√©enne charg√©e de l'aide humanitaire et de la r√©ponse aux crises, Mme Kristalina Georgieva, a fait part publiquement, le 29 ao√Ľt, de son appui √† l'initiative de la Pr√©sidence fran√ßaise du Conseil de s√©curit√© des Nations unies.

Elle a, √† cette occasion, pr√©cis√© que l'Union europ√©enne et ses √Čtats membres avaient d√©j√† mobilis√©s 146 millions d'euros d'aide humanitaire, ce qui repr√©sente plus de 41% du total des moyens mobilis√©s. Ce montant r√©sulte pour partie de la d√©cision prise lors du Conseil des Affaires √©trang√®res du 23 juillet 2012 de doubler les cr√©dits europ√©ens d'aide humanitaire d'urgence.

Cette aide va encore augmenter, notamment pour prendre en compte la récente décision de la France, annoncée hier à New York par le ministre des Affaires étrangères, de mobiliser, en plus de sa contribution indirecte dans le cadre de l'Union européenne, 5 millions d'euros supplémentaires d'aide humanitaire à titre national. Cela portera l'enveloppe nationale bilatérale d'aide française à 8,6 millions d'euros, à laquelle il faut naturellement ajouter la quote-part française engagée dans le cadre de l'aide européenne.

7- R√©mun√©ration des agents de l'√Čtat en poste √† l'√©tranger

Q - Le magazine Challenges.fr sort des chiffres sur les salaires des fonctionnaires qui gagnent davantage que le chef de l'√Čtat et le Premier ministre, notamment au Quai d'Orsay. On peut y lire notamment: ¬ęSur les 656 agents auquel l'√Čtat accorde une r√©mun√©ration sup√©rieure √† celle des deux t√™tes de l'ex√©cutif, 385 sont, en effet, employ√©s par le Quai d'Orsay et travaillent √† l'√©tranger¬Ľ. Ces chiffres sont-ils exacts et quelle est votre r√©action ?

R - La question de la r√©mun√©ration √† l'√©tranger concerne tous les agents expatri√©s de l'√Čtat et donc toutes les administrations : outre les Affaires √©trang√®res, la D√©fense, l'√Čconomie, l'Int√©rieur, etc. soit environ 15.000 agents. La question est donc plus large que celle des seuls ambassadeurs.

La r√©mun√©ration des agents de l'√Čtat en poste √† l'√©tranger, quel que soit leur minist√®re de rattachement, comprend trois √©l√©ments principaux, qui couvrent des charges et des suj√©tions particuli√®res :

a) un salaire de base, qui est similaire à celui de tout fonctionnaire, conformément à la grille salariale de la fonction publique et dépend donc du grade de l'intéressé et de ses responsabilités ;

b) une indemnité de résidence, qui est liée à plusieurs paramètres :

- d'abord les conditions de vie et en particulier l'insécurité, sachant que la situation sécuritaire se dégrade dans un nombre croissant de pays (Afrique, Amérique latine, etc.) ou le risque sanitaire : un ambassadeur à Kaboul ou à Bagdad, par exemple, qui risque sa vie quotidiennement, dispose effectivement d'une prime plus élevée ;

- ensuite, le co√Ľt de la vie : il est li√© aux fluctuations mon√©taires, son estimation varie √† la hausse ou √† la baisse. Des ajustements interviennent tous les trois mois ;

- enfin, l'éloignement : accepter de vivre à des milliers de kilomètres de ses attaches en France, d'avoir à changer de pays tous les deux ou trois ans, est pris en compte;

c) un supplément lié à la famille. Les établissements scolaires à l'étranger sont payants. Les frais de scolarité sont en général très élevés et peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros par an.

Ces facteurs peuvent se combiner pour atteindre des rémunérations d'ensemble qui paraissent effectivement élevées, dans un contexte français.

Ces éléments de rémunération sont ceux retenus par la plupart des pays étrangers pour leurs agents à l'étranger ou par les entreprises qui disposent de personnels expatriés. Les fonctionnaires français à l'étranger ne jouissent pas, d'une manière générale, de conditions de rémunération plus favorables que celles des diplomates des autres pays ou des fonctionnaires des organisations internationales.

Pour les agents de l'√Čtat, les indemnit√©s de r√©sidence sont d√©finies par pays et par ville pour coller au plus pr√®s des besoins et sont revues chaque ann√©e (les plus √©lev√©es concernent Kaboul et Bagdad et les plus faibles Monaco).

8 - √Čgypte

Q - Est-ce que M. Fabius a l'intention de visiter l'√Čgypte durant la prochaine p√©riode ?

R - Oui. Le ministre a d'ailleurs indiqué hier matin sur France Inter qu'il comptait s'y rendre dans le courant du mois de septembre.

Le pr√©sident de la R√©publique s'est √©galement entretenu par t√©l√©phone le 29 ao√Ľt avec le pr√©sident √©gyptien, M. Morsi. Les deux chefs d'√Čtat sont convenus de se rencontrer prochainement et de maintenir une concertation √©troite entre la France et l'√Čgypte au sujet de la Syrie et des autres questions r√©gionales et internationales d'int√©r√™t commun.

L'√Čgypte est un partenaire tr√®s important pour la France et joue un r√īle majeur dans la r√©gion.

9 - Tunisie

Q - Concernant la presse en Tunisie, comment r√©agissez vous au communiqu√© du Syndicat national des journalistes tunisiens d√©non√ßant une ¬ęmainmise du pouvoir sur la ligne √©ditoriale¬Ľ ?

R - La France est attachée à la liberté de la presse, des journalistes et des médias. Cette liberté est essentielle à la démocratie.

Elle encourage les autorités tunisiennes à défendre l'indépendance des organes de communication et de presse, qu'ils soient publics ou privés./.

Retour sommaire